Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
  • Contact

Texte libre

Recherche

Courriel

 

 

 

 

Articles RÉCents

28 octobre 2006 6 28 /10 /octobre /2006 22:15

 

La Commission Européenne accélère la libéralisation des services postaux

   Le Parlement français a voté les lois en 1999 et en 2005 qui transposent la législation européenne concernant la libéralisation des services postaux (deux directives de 1997 et 2002). Cette libéralisation a été soutenue par les gouvernements français depuis 1992.

Toutefois, suite au refus du peuple français de ratifier le traité constitutionnel européen, on aurait pu s’attendre à ce que le gouvernement français s’oppose au projet du commissaire européen chargé du marché intérieur, Mr Mac Creevy, de franchir l’ultime étape de la libéralisation du marché postal dès le 1er janvier 2009, qui consiste à ouvrir à la concurrence le transport du courrier de moins de 50 grammes. Il n’en a rien été.

 Le 18 octobre, la Commission européenne a adopté une proposition de directive qui prévoit l’ouverture totale à la concurrence des marchés postaux le 1er janvier 2009.

 En fait, au sein de la Commission européenne, les moins libéraux ont tenté d’encadrer cette libéralisation totale. Mais l’Allemagne, avec l’appui du Royaume-Uni, des Pays-Bas, de la Finlande et de la Suède, a poussé très fort dans le sens de l’ouverture totale du marché. La Deutsche Post étant en position de force en Europe, l’Allemagne a bien l’intention de saisir l’opportunité de sa présidence de l’Union au premier semestre 2007, avec l’appui du Parlement européen, pour mener à bien ce projet.

 Il est vrai que le gouvernement français est inquiet de voir supprimer le dernier monopole dont jouissent les opérateurs publics postaux. Il craint l’accumulation de dossiers sensibles concernant la Poste (différentes procédures à l’initiative des services de la concurrence) à six mois de l’élection présidentielle.

 Mais il ne veut pas s’opposer frontalement à la Commission européenne et à l’Allemagne, car il est en accord avec l’objectif de libéralisation totale.

 Alors, nous sommes en droit de nous interroger : que deviendra « le service universel », mission de service public, selon lequel tout citoyen, même dans des zones reculées ou escarpées, peut poster ou recevoir du courrier, 5 jours par semaine, à des prix abordables ?

 Il ne reste qu’une solution pour faire échec à ce projet, c’est de donner à la France en 2007 un Président et une majorité parlementaire bien décidés à remettre en cause cette politique que les libéraux européens veulent imposer aux peuples qui n’en veulent pas.

Partager cet article
Repost0
27 octobre 2006 5 27 /10 /octobre /2006 21:55

 

Les énergies passées au peigne fin, un débat passionnant, une soirée instructive !

  

 

Une trentaine de personnes avaient pris place jeudi soir autour des tables de la salle Primevère du Centre de Rencontres de Saint-Berthevin. Chacun en a eu pour son argent avec des informations claires de la part des deux conférenciers, mais aussi des participants dans la salle, les uns et les autres s’exprimant en tant que citoyens sur un thème très présent dans l’actualité : le réchauffement climatique et les mesures à prendre dans le choix des énergies afin d’en limiter l’ampleur.

 Le ton et la clarté des exposés préliminaires ont grandement contribué à la qualité du débat. Il faut en remercier les conférenciers :

 Gérard Pierre, membre du collectif « Sauvons le climat », professeur émérite de physique à l’université de Bourgogne, spécialiste scientifique des énergies et favorable au développement des diverses énergies durables qui ne contribuent pas à l’effet de serre,

 Michel Lemosquet, agriculteur mayennais, responsable d’une association, la Coedra Maine, qui milite en faveur de la promotion des énergies renouvelables et s’oppose au développement de l’énergie nucléaire et des énergies fossiles à l’origine des émissions de gaz à effet de serre.

 Points communs et divergences ont été mis en évidence afin d’éclairer le débat, en évitant soigneusement la polémique.

 L’énergie nucléaire avait un brillant défenseur mais l’opposition était tout aussi argumentée et déterminée. Peut-être était-ce la première fois en Mayenne, dans ce département très marqué par les luttes anti-nucléaires (le projet de laboratoire d’étude de l’enfouissement en grande profondeur des déchets radioactifs en 2000, puis le projet de ligne à très haute tension Cotentin - Maine, actuellement), qu’un débat argumenté sur l’énergie nucléaire pouvait se dérouler dans un climat de respect mutuel.

 Nous en ferons le compte rendu, afin d’en faire bénéficier le plus grand nombre.

 L’association CIVIQ, après cette soirée réussie, ne peut qu’être incitée à organiser d’autres rencontres sur le même modèle, dans le but d’aider les citoyens à s’approprier leur avenir.    

Partager cet article
Repost0
25 octobre 2006 3 25 /10 /octobre /2006 16:03

 

Extraits du courriel à la presse départementale 

 « La soirée-débat CIVIQ jeudi soir au Centre de Rencontres de St-Berthevin, portera sur le thème dont il est beaucoup question actuellement : le réchauffement climatique et ses conséquences, notamment dans les choix énergétiques.

 Ce thème sera traité par le professeur de l’université de Bourgogne, Gérard Pierre, qui est membre du collectif « Sauvons le climat » et spécialiste des questions scientifiques liées aux énergies, en particulier l’énergie nucléaire. La priorité exprimée par les scientifiques est de réduire les émissions de gaz à effet de serre sur la planète. Comment y parvenir en sachant que les activités économiques nécessitent de faire toujours plus appel aux ressources énergétiques ?

 Protection de l’environnement et développement économique doivent être pris en considération par les pouvoirs publics, aux niveaux national et international. Il n’y a pas de sujet de préoccupation plus important que celui-ci en vue des échéances électorales de 2007.

 Nous vivons en démocratie dans une République, c’est-à-dire, selon les termes de la Constitution française de la Vème République, « le gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple ».

 Ce ne sont pas seulement des mots. Il y a un idéal que ces mots portent : faire en sorte que les citoyens puissent décider des grandes orientations de la politique de la nation. Encore faut-il que les citoyens soient correctement informés, ce qui ne se fait pas sans efforts. Et personne n’est dispensé d’apporter sa contribution à cette recherche de la meilleure information possible des citoyens, à commencer par les citoyens eux-mêmes !

 L’association CIVIQ se situe sur ce terrain de l’éducation à la citoyenneté. Nous vous remercions de participer à votre niveau en informant vos lecteurs et auditeurs ».

 

 

 INVITATION

L’association CIVIQ a choisi de traiter le thème du climat et des énergies

 Jeudi 26 octobre à 20h30 au Centre de Rencontres de Saint-Berthevin

 Salle Primevère, entrée près de la grande salle, face à l’église

 Nous avons sollicité un universitaire de Dijon, proche du président du collectif « Sauvons le climat », pour nous aider à mieux cerner le problème du réchauffement climatique lié à l’effet de serre.

 Le professeur Gérard Pierre fera une présentation scientifique à la portée de ses auditeurs, puis abordera les moyens à prendre afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre sur la planète. Il prendra ensuite le cas de la France pour lequel il est favorable au maintien du programme en cours de développement de l’énergie nucléaire, les autres sources d’énergie n’étant pas suffisantes, selon lui, pour répondre aux besoins du pays.

Comme nous le faisons à chaque rencontre CIVIQ, nous demandons à un second intervenant de présenter une autre vision du problème et des solutions possibles. Ce sera un agriculteur mayennais, qui s’est intéressé aux enjeux énergétiques en s’opposant au projet d’étude de l’enfouissement des déchets radioactifs en Mayenne.

 Michel Lemosquet milite en faveur de la promotion des énergies renouvelables et s’oppose au programme de construction d’un nouveau réacteur nucléaire EPR à Flamanville (Manche) et de la ligne THT (à très haute tension) Cotentin - Maine. Il expliquera pourquoi la France doit cesser de privilégier l’énergie nucléaire et se tourner résolument vers d’autres énergies.

 Les conditions seront alors réunies pour qu’il y ait un débat intéressant, permettant aux citoyens présents de se faire une opinion sur ce thème controversé mais à enjeu très important.

 CIVIQ ne prend pas position. Ce n’est pas un parti politique. Son rôle est d’aider les citoyens à exercer leurs responsabilités dans la vie publique démocratique.  

Partager cet article
Repost0
21 octobre 2006 6 21 /10 /octobre /2006 21:11

 

Diviser par 4 les émissions de gaz à effet de serre

  au cours des 40 prochaines années

  Un rapport remis au gouvernement et rendu public le 9 octobre affirme que c’est possible. A condition de s’y mettre tout de suite et tous ensemble, au niveau mondial. Sous réserve aussi de ne pas faire confiance aux seules forces du marché !

   Et les rapporteurs ajoutent « La lutte contre les changements climatiques implique une transformation de l’économie et de la société mondiale ».

  Autrement dit, une remise en cause de notre modèle de développement.

  Ce rapport justifie, sans l’écrire, le retour du politique aux commandes de la planète et la réorientation de la mondialisation sous contrôle de l’intérêt général public par l’effet de la coopération entre les nations.

  Notre information est puisée dans Le Monde (qui, en l’occurrence, porte bien son nom) daté du 10 octobre dernier.

  Citons quelques extraits, bien utiles avant la rencontre CIVIQ jeudi 26 octobre à St-Berthevin sur « les enjeux climatiques et énergétiques en France et dans le monde ».

  Un rapport qui présente des lignes directrices pour l’action des pouvoirs publics

 « L’énergie nucléaire en Europe représente 6% de l’énergie finale, 2% dans le monde, 17% en France, chiffres qui n’incitent pas, pour bâtir une stratégie climat, à centrer le débat sur l’énergie nucléaire. Quant aux énergies renouvelables, elles ne constitueront pas la panacée et la solution à tous les problèmes, même si la biomasse, notamment la filière bois, semble présenter un potentiel important. L’accent doit être mis sur la maîtrise de la demande d’énergie. Aussi faut-il agir prioritairement sur le transport et le bâtiment, qui sont responsables de plus de la moitié des émissions de gaz à effet de serre en France. L’adaptation de l’habitat représente un marché de plusieurs centaines de milliards d’euros d’ici 2050. Quant aux transports, il faut agir sur la motorisation des voitures, en instaurant une vignette écologique. L’enjeu est énorme. Reste à convaincre les citoyens de cette politique ».

  Le ministre de l’économie en flagrant délit d’électoralisme

  Avec ce rapport, nous sommes bien loin des pompes à bioéthanol (sans carburant disponible !) du ministre de l’économie.

  Comme l’affirme la Confédération Paysanne dans un communiqué de presse daté du 12 octobre, c’est de la désinformation.

 Il est normal que le bioéthanol soit moins cher à la pompe puisqu’il est moins énergétique que l’essence et occasionne une perte de recettes fiscales autour de 0,56 € par litre. Sans oublier que l’Etat reverse aux industriels 0,33 € par litre, ce qui fait d’eux les grands gagnants de l’opération.

  De plus, le ministre n’a pas dit que le bilan énergétique de l’éthanol est loin d’être satisfaisant puisqu’il nécessite presque autant d’énergie pour le produire qu’il n’en restitue. Rien à voir avec l’éthanol issu de la canne à sucre au Brésil.

  Les biocarburants peuvent être utiles dans certaines conditions, mais à un niveau modeste par rapport aux besoins d’économies d’émission de gaz à effet de serre.

 Le gouvernement fait de la propagande au lieu d’informer clairement les citoyens et tous les acteurs énergétiques de la situation et des enjeux réels.

  En ce qui nous concerne, nous prenons nos responsabilités d’éducation à la citoyenneté en organisant un vrai débat avec des intervenants qui font le même constat sur le réchauffement de la planète mais ont un avis différent sur ce qu’il faut penser de l’énergie nucléaire.

 

   Monsieur Gérard Pierre est professeur émérite de physique à l'université de Bourgogne à Dijon. Il est membre du collectif "Sauvons le climat", spécialiste des questions liées à l'énergie, notamment l'énergie nucléaire.

  Monsieur Michel Lemosquet est agriculteur à Champgénéteux (Mayenne) et responsable du Coedra Maine, le collectif créé en opposition à l'enfouissement des déchets radioactifs, auteur de propositions alternatives à l'énergie nucléaire.

  RENCONTRE CIVIQ

  Jeudi 26 octobre 2006 à 20h30 au Centre de Rencontres de Saint-Berthevin

  Les enjeux climatiques et énergétiques en France et dans le monde.     

Partager cet article
Repost0
20 octobre 2006 5 20 /10 /octobre /2006 21:21

 

Les défis de l’économie française en six séances 

Avec Philippe BARRIEU, professeur au Lycée Ambroise Paré de Laval

 J’ai participé à la première des six séances de conférences d’économie politique organisées par l’Association Famille Loisirs et Culture de Saint-Berthevin, dans un but d’éducation populaire.

 Cette association n’en est pas à son coup d’essai puisqu’elle a déjà organisé de nombreuses conférences sur des thèmes divers. J’étais présent en novembre et décembre 2003 lors des conférences avec Philippe BARRIEU sur les thèmes « Comment sont formées nos élites ? » et « Travaillons-nous trop peu ? ».

 Le texte qui suit a été rédigé à partir de mes notes, prises le 9 octobre. Il peut y avoir des erreurs. Cela n’engage ni le conférencier ni les organisateurs.

 Première séance le 9 octobre 2006 :  Où en est l’économie française ?

 Il est fait, en deux heures, un tour d’horizon des principaux résultats économiques et commerciaux de la France (croissance, emploi, finances publiques, échanges commerciaux), comparés à ceux des autres pays d’Europe et du monde.

 Croissance économique (en 2005) :

 Le PIB (Produit intérieur brut) est la capacité de créer des richesses chaque année. C’est la somme des valeurs ajoutées des entreprises et des administrations (pour celles-ci, exprimées par leurs coûts de fonctionnement).

 La France était 6ème avec 1 710 milliards €, devancée par le Royaume-Uni (1 780), la Chine (1 866), l’Allemagne (2 189), le Japon (3 772) et les USA (9 960).

 La Chine est passée devant la France en 2005, comme l’avait fait le Royaume-Uni il y a 5-6 ans. Le revenu / habitant en France est passé de la 6ème à la 17ème place.

 Croissances comparées 1995 – 2005 en volumes (donc, hors hausse des prix) dans les pays industrialisés :

La France se situe dans la moyenne : + 23%.

 Les USA et l’Espagne sont au plus haut, l’Allemagne, l’Italie et le Japon au plus bas.

 Prévisions 2006 de croissance.

 La France serait à + 2,3% (1,4% en 2005), ce qui correspond à la moyenne des pays de la zone euro. Les USA sont à 3,6% (3,5% en 2005). La Chine à 9,7% (9,9% en 2005).

 Taux de chômage :

 En août 2006 : 9% des actifs (après avoir dépassé 10% pendant plusieurs années) en France.

 Ce sont les chiffres officiels : demandeurs d’emploi de catégorie 1 (temps plein, durée indéterminée, moins de 72 heures de travail le mois précédent). En fait, le nombre d’inscrits à l’ANPE est beaucoup plus élevé et beaucoup de gens cherchent du travail par leurs propres moyens.

 Le nombre de personnes privées d’emploi serait, en réalité, entre 5 et 6 millions.

 Le taux de chômage baisse sous l’effet des radiations des listes et des aides publiques à l’emploi, mais le nombre d’emplois n’augmente pas.

 Le taux de chômage s’élève à 21,6% chez les jeunes. Le taux de jeunes ayant un emploi (une profession rémunérée) est le plus faible de tous les pays occidentaux (autour de 25% en France, environ 75% au nord de l’Europe).

 Evolution de la dette publique :

 Elle est passée de 90,8 milliards € en 1980 (environ 20% / PIB) à 992 M² € en 2003 (hors inflation), dépassant les seuils autorisés par le traité de Maastricht (60% de dette / PIB).

 En 2004, la dette publique s’élevait à 1 000 M² € (64,4% / PIB), soit 16 000 € par français.

 L’augmentation la plus forte date de 1992 – 1993 et le seuil de Maastricht a été atteint à la fin des années 1990.

 La charge des intérêts est passée de 6% en 1984 à 15% du budget national en 2004.

 A noter que le patrimoine de l’Etat (890 M² €) est actuellement inférieur à la dette. Mais cela n’a aucun sens, le patrimoine de l’Etat n’ayant pas de valeur marchande.

 Evolution de la dette publique en % du PIB : 58,2% (2002), 62,4% (2003), 64,4% (2004), 66,6% (2005), 64,6% (2006) et prévision de 63,6% en 2007.

 Dette publique : place de la France (en 2003) dans l’Union européenne.

 La France, l’Allemagne et le Portugal avaient un taux entre 60 et 64% (en augmentation). Par contre, l’Italie, la Grèce et la Belgique avaient un taux compris entre 100 et 106% (en baisse).

 Les pays de l’Europe du Nord et l’Espagne avaient un taux relativement faible.

 Le Royaume-Uni (40%) aussi mais sans que les besoins sociaux soient satisfaits (hôpitaux, services publics). L’Irlande et, surtout le Luxembourg (5%), avaient les taux les plus faibles.

 Dans le monde, le Japon est le pays le plus endetté (169%), le Canada (100%) réussit à réduire son endettement.

Les USA (63,4%) sont au même niveau que la France en % mais cela fait 7 000 M² € !

Les pays baltes, la République tchèque, sont des pays très peu endettés.

 Répartition de la dette publique française (en 2003) :

 Etat (18%), Organismes divers de l’Administration centrale (33%), Administrations locales (19%), Sécurité sociale (33%) - ce qui fait un peu plus de 100%...

 Charge budgétaire de la dette de l’Etat :

 Cette charge à rembourser chaque année s’élève à 40 M² € (15% du budget, second poste après l’éducation).

 Or, le solde budgétaire primaire (avant remboursement de la dette), qui devrait être au moins 40 M² €, est en fait proche de 0. En conséquence, l’Etat doit emprunter les 40 M² € ! Ce qui génère des charges nouvelles. Cela s’appelle, en droit privé, « faire de la cavalerie ».

Cette dette est inutile (et un ménage aurait des difficultés dans une telle situation) et injuste. Elle favorise les créanciers qui perçoivent des intérêts. C’est une ponction sur les pauvres vers les plus riches. Et cela pénalise les générations futures.

 La charge de la dette ne baisse pas. Par contre, le déficit public est contenu dans les limites de 3% (seuil de Maastricht) : -3,2% (2002), -4,2% (2003), -3,7% (2004), -2,9% (2005), -2,7% (2006) et prévision de -2,5% en 2007. La Suède, elle, n’a pas de déficit.

 Déficit budgétaire :

Il y a de gros progrès dans la réalisation du budget depuis quelques années. On peut penser que de tels écarts en 2002-2003 sont liés à la valse des ministres de l’économie et des finances…

 Loi de finances (réalisé / initial) : -193,3 M² € (2002), -12,4 M² € (2003), +11,8 M² € (2004), +1,7 M² € (2005), + 4, 2 M² € (2006) pour partie grâce à la vente des autoroutes.

 Recettes fiscales en % du PIB (prélèvements obligatoires) :

 La France est dans le peloton de tête de l’UE (autour de 46%). Le Royaume-Uni est à 37%,  la Suède à 51%.

 Dépenses des administrations publiques en 2004 :

 France : 14 245 € /habitant, Allemagne : 12 517, Espagne : 7 615, Suède : 17 706, Danemark : 20 270. Ce pays a refusé d’adopter l’euro pour ne pas avoir à remettre en cause son modèle social (il n’est pas tenu de respecter les critères du traité de Maastricht).

 Par ailleurs, il n’a pas été constaté de corrélation entre les dépenses publiques par habitant et le taux de chômage.

 Place de la France dans les échanges mondiaux (en 2005) :

On constate que les dix plus grands importateurs et les dix plus grands exportateurs sont à peu près les mêmes pays. Les acteurs de la mondialisation ne sont, en fait, qu’une vingtaine de pays.

 Importateurs                                                   Exportateurs

             1- USA (1 733 M² dollars)                              1- Allemagne (971)

             2- Allemagne (774)                                        2- USA (904)

             3- Chine (660)                                                3- Chine (762)

             4- Japon (587)                                                4- Japon (516)

             5- Royaume-Uni (501)                                    5- France (459)

             6- France (496)                                              6- Royaume-Uni (378)

 Les USA importent deux fois plus qu’ils exportent. Le déficit commercial, ajouté au déficit budgétaire, atteint 1 200 M² dollars / an. Les USA sont la finance aspirante mondiale.

 La France, dont les échanges se font pour 2/3 avec les pays de l’UE, avait un excédent commercial qui s’est transformé en déficit depuis deux ou trois ans.

 En dehors de la Chine (qui est la seule à disposer d’un matelas de devises), le coût de la main-d’œuvre n’est pas déterminant dans les échanges commerciaux. Ce qui compte, ce n’est pas le prix des produits mais leur qualité et leur positionnement sur des marchés porteurs (Asie).

 Le problème de la France, c’est sa capacité d’exportation dans des secteurs stratégiques. 

 Solde des transactions courantes (valeurs brutes) de la France :

 Il était fortement excédentaire à la fin des années 1990, début 2000.

 Depuis 2003-2004, il est déficitaire (de 4 à 9 M² € par trimestre), ce qui est préoccupant.

 Les handicaps de la France :

 son secteur énergétique (dépendance au pétrole),

 son mauvais positionnement sur les marchés porteurs, c’est-à-dire les pays en forte croissance (Asie) où l’Allemagne est beaucoup plus présente,

 ses produits trop peu nombreux à l’exportation, en dehors de l’industrie agroalimentaire, l’automobile et le ferroviaire. Faiblesse en électronique.

L’Allemagne exporte des machines-outils dans les pays en croissance, donc qui s’équipent.  La France est trop peu présente sur ces marchés. 

Partager cet article
Repost0
19 octobre 2006 4 19 /10 /octobre /2006 15:19

 

L’intercommunalité est un bel outil. Encore faut-il savoir s’en servir et tenir compte des réalités communales !

 

J’ai lu avec intérêt les informations relatives à l’assemblée générale des maires et adjoints des communes mayennaises (AMF 53, Craon, Courrier de la Mayenne daté du 19 octobre). Le thème du débat, l’intercommunalité, a suscité beaucoup de réactions de la part des maires, qui ont du mal à vivre la dualité entre la responsabilité municipale et la co-responsabilité intercommunale. Ayant ressenti personnellement cette difficulté au sein du Pays de Laval, puis de Laval Agglo, de 1990 à 2001, je comprends mieux la perplexité des élus sur ce point.

 

    Ayant constaté que Jean-Pierre Chevènement vient de faire connaître son point de vue après la Convention  nationale de l’Association des Districts et Communautés de France (ADCF), j’ai décidé de faire un résumé (voir, ci-après) de la déclaration de l’ancien ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, qui a été le principal responsable de la loi du 12 juillet 1999, dite « loi Chevènement », votée à la quasi-unanimité du Parlement.

   L’intercommunalité est un beau projet ; il ne faut pas lui porter atteinte.

 JP Chevènement commence par rappeler que l’intercommunalité est née, pour l’essentiel, des lois de 1992 et 1999, dont l’objet était de remédier à l’émiettement communal (36 600 communes en France, environ 8 000 en Italie et en Espagne, 1 400 en Allemagne, 589 en Belgique…).

 Il souligne les succès, quantitatif de l’intercommunalité à fiscalité propre, et qualitatif des groupements à taxe professionnelle unique (TPU) qui concernent plus des deux tiers de la population française.

 

     L’instauration de la TPU est une réforme qualitative de grande ampleur, mettant fin à des concurrences fiscales stériles et permettant aux agglomérations de se doter de ressources nécessaires à l’exercice de compétences stratégiques : notamment, le développement économique, l’aménagement de l’espace, l’équilibre social de l’habitat, la politique de la ville…).

 Il faut distinguer l’intercommunalité en milieu rural et en milieu urbain. Pour la première, ce qui compte, c’est le maintien des services publics sur tout le territoire. Le mode de désignation des conseillers communautaires peut évoluer en milieu urbain (communes de plus de 3 500 habitants) vers le système en place pour les trois villes doteées d'arrondissements Paris-Marseille-Lyon (fléchage des conseillers municipaux destinés à siéger aussi au conseil communautaire).

 Faut-il élire le Président du Conseil communautaire au suffrage universel ? En raison des risques de personnalisation et de conflits de légitimités, la réponse est plutôt de maintenir l’élection du Président par les Conseillers communautaires. La légitimité démocratique doit, en effet, rester dans la commune.

 Sept ans après la loi du 12 juillet 1999, dont le développement de l’intercommunalité en milieu urbain était l’un des objectifs, l’ancien ministre exprime sa satisfaction au vu des 14 communautés urbaines, 164 communautés d’agglomération et des nombreuses communautés de communes constituées autour des petites villes.

 Son inquiétude en ce qui concerne l’avenir de l’intercommunalité tient à deux faits, qui se rejoignent :

 - la réforme de la TPU, la plafonnant à 3,5% de la valeur ajoutée des entreprises par la loi de finances 2005 d’une part,

 - le désintérêt de l’Etat ou son incapacité à se servir des structures intercommunales pour promouvoir ses objectifs en matière d’aménagement du territoire et notamment de mixité sociale d’autre part.

 La réforme de la TPU est un mauvais coup porté à l’intercommunalité. Elle risque de favoriser la concurrence fiscale entre les différents niveaux de collectivités. La conséquence du plafonnement des bases pourrait être pour les groupements à TPU de recourir à la fiscalité additionnelle, rendant la perception de l’impôt plus difficile à comprendre par les citoyens.

 Il faut supprimer le plafonnement des bases pour doter les intercommunalités à TPU d’une ressource qui leur permettra de remplir leur rôle au service de la cohésion sociale et territoriale.

 Le second fait est aussi préoccupant : c’est la faiblesse des dotations accordées par l’Etat au volet territorial des « contrats de projet » Etat-Régions.

 L’intercommunalité est un bel outil. A condition de savoir s’en servir. Cela dépend, certes, des élus , mais aussi de la politique de l’Etat, qui doit impulser plutôt que freiner la mise en marche d’une réforme dont le pays est loin d’avoir tiré tous les fruits pour l’aménagement du territoire. La réforme a été très vite depuis 1999. Donnons-lui les moyens financiers de produire tous ses effets pour que la France puisse disposer de services publics de qualité.   

Partager cet article
Repost0
18 octobre 2006 3 18 /10 /octobre /2006 20:30

 

Chevènement : ''Ma candidature serait utile et légitime pour élever le débat''
 Propos recueillis par RODOLPHE GEISLER.
 Publié dans Le Figaro le 18 octobre 2006                      
 L'ancien ministre, pour qui « le projet socialiste est faible ou ambigu », décidera avant la fin de l'année s'il se présente ou non à la présidentielle.
 LE FIGARO.- Vous publiez un nouveau livre : La Faute de M. Monnet  (1). Pour vous, l'Europe sera-t-elle au centre du débat 2007 ?
 Jean-Pierre CHEVÈNEMENT. - Bien évidemment, cette question sera au coeur de la campagne. Il faut mettre l'accent non sur une nouvelle Constitution mais sur la réorientation économique, monétaire et par conséquent sociale de la construction européenne. Il faut un gouvernement économique de la zone euro et réformer les statuts de la banque centrale. L'euro cher asphyxie nos exportations. Il faut sortir de la stagnation à laquelle nous avons été condamnés depuis près de quinze ans. Ce livre n'est pas qu'un simple essai de « dépanthéonisation » de Jean Monnet. C'est aussi une critique de l'idéologie « postnationale » chère à Jürgen Habermas. Il faut aller vers une confédération de « nations républi­caines » que j'appelle « République européenne », capable de s'exprimer par elle-même sur la scène du monde. Pour cela, il faut remettre les idées en ordre de ceux qui, comme Dominique Strauss-Kahn, confondent, non sans quelque perversité, nation et nationalisme.
 Pour défendre cette idée de l'Europe, serez-vous candidat en 2007 ?
 Je ressens une profonde inquiétude pour notre pays. Nicolas Sarkozy cède trop souvent à la démagogie. Comment ne pas relier, par exemple, les attaques contre les policiers avec la suppression de la police de proximité que j'avais créée ? Par ailleurs, le projet socialiste est faible ou ambigu sur bien des points.
 Ma candidature serait utile et légitime pour élever le niveau du débat. Je rappelle que j'ai fait plus de voix en 2002 que chacun des candidats vert, communiste, radical, etc. Cela montre qu'il existe dans le pays un courant républicain. J'entends donc peser dans la campagne. Je prendrai ma décision avant la fin de l'année.
 L'un des candidats à l'investiture socialiste a-t-il votre préférence ?
N'étant plus membre du PS depuis 1992, je n'entends pas prendre parti. Je me borne à porter des jugements sur le fond. Laurent Fabius a l'avantage d'avoir pris position en 2005 contre la Constitution européenne. Sa capacité d'homme d'État n'est pas contestable. Malheureusement, sans doute pour donner des gages aux tenants du oui, il prône maintenant une Constitution européenne réduite à ses deux premières parties. Cela ne nous satisfait pas. Inversement, j'observe que Ségolène Royal a déclaré le traité caduc et s'est prononcée pour une Europe de projets. Elle en a énoncé quelques-uns. Cette démarche me paraît seule réaliste. Quant à Dominique Strauss-Kahn, il est contre la nation, sauf si elle est « européenne », autant dire jamais. Il méconnaît la nation républicaine, définie comme « communauté de citoyens » qui est pourtant au coeur de notre histoire.
 (1) La Faute de M. Monnet, Fayard, 148 pages, 10 euros.
 Publications de la Fondation Res Publica
 Jean-Pierre Chevènement publie «La Faute de M. Monnet»
 Second volume de la collection «L'idée républicaine» éditée par la Fondation Res Publica avec les éditions Fayard.
La Faute de M. Monnet. Europe, Nations, République, Jean-Pierre Chevènement, Fayard, 2006

Plus de soixante ans après, le 29 mai 2005, le peuple français a rejeté le projet de «Constitution européenne». La «méthode Monnet», celle des engrenages et des faits accomplis, peut-être utile pendant un temps, a trouvé ses limites. Dans la «mondialisation», la République entend à nouveau faire entendre sa voix, celle des peuples.
 Jean-Pierre Chevènement, La Faute de Monsieur Monnet. Europe, Nations, République
« L’idée républicaine »

Né à Belfort d’un couple d’instituteurs. Économiste, ancien élève de l’ENA. Membre du parti socialiste depuis 1964, animateur du CERES, membre des instances nationales du PS, chargé de l’élaboration du programme du parti en 1971 et en 1979-1980. Député de Belfort. Sous la présidence de François Mitterrand est successivement ministre d’État chargé de la recherche et de l’Industrie, ministre de l’Économie, ministre de la Défense. Crée en 1992 le Mouvement des Citoyens. Élu maire de Belfort (1983, 1997 et 2001). Ministre de l’Intérieur sous le gouvernement Jospin. Auteur d’une dizaine d’ouvrages, dont La République contre les bien-pensants (Plon, 1999) et aux Éditions Fayard Défis républicains (2004) ainsi que Pour l’Europe votez non ! (2005).
  Jean Monnet écrivait d’Alger, en mai 1943, à Henri Hopkins, conseiller du Président Roosevelt : « Il faut le détruire », en parlant du général de Gaulle. La reconstitution des souverainetés nationales en Europe était la hantise de Jean Monnet. Dès cette époque, il pense l’organisation future de l’Europe contre l’idée de souveraineté. Prescience géniale de la nécessité de constituer l’Europe comme un grand marché régi par une autorité supranationale unique ou complot objectif contre le souveraineté populaire, qui est au principe de la République, au bénéfice d’un capitalisme euratlantique dominé par les Etats-Unis ?

Plus de soixante ans après, le 29 mai 2005, le peuple français a rejeté le projet de « Constitution européenne ». La « méthode Monnet », celle des engrenages et des faits accomplis, peut-être utile pendant un temps, a trouvé ses limites. Dans la « mondialisation », la République entend à nouveau faire entendre sa voix, celle des peuples.

C’est cette voie nouvelle, celle d’une autre Europe, que Jean-Pierre Chevènement propose d’explorer : comment articuler l’idée européenne et la souveraineté populaire, le progrès social et l’exigence démocratique ? Ne serait-il pas temps aussi de penser l’Europe dans sa grande dimension, jusqu’à la Russie, pour construire avec les peuples qui le voudront, l’acteur stratégique dont nous avons besoin au XXIe siècle ? Pour faire marcher ensemble l’Europe et la République, le moment est venu d’inventer, audacieusement.  

Partager cet article
Repost0
17 octobre 2006 2 17 /10 /octobre /2006 16:56

 

 

Une rencontre constructive, des échanges et des débats de fond 

  Le point de départ remonte au 8 février 2006 quand cinq partis (PS, PCF, Verts, PRG et MRC) et cinq associations politiques (Alternatifs, Convergence citoyenne, Gauche républicaine, Mouvement pour une Alternative Républicaine et Sociale, Régions et peuples solidaires) réunis à Paris, décident de créer un comité national chargé « d’organiser le débat avec les citoyens » sur les propositions alternatives en vue des échéances 2007.

 Ce comité a décidé, à son tour, le 8 mars, d’organiser des débats publics nationaux et invité les antennes départementales à se rencontrer afin de prendre des initiatives similaires dans les départements.

 A l’initiative du PCF, avec l’appui du MRC, une première réunion est organisée en Mayenne le 30 mars. Les associations politiques, présentes au niveau national, n’étant pas représentées en Mayenne, ce sont des délégués des cinq partis qui se retrouvent rue des Trois Régiments à Laval.

 Lors de la seconde réunion, le 1er juin, il a été décidé d’organiser à la rentrée une soirée-débat, non publique, entre les responsables des cinq partis sur trois thèmes, choisis en raison de leur importance et de l’amplitude forte des positions sur ces thèmes : les questions économiques, énergétiques et européennes.

 Le 7 septembre, puis le 5 octobre, on en arrive aux préparatifs du déroulement concret de la rencontre du 12 octobre. Il est prévu d’aborder les trois thèmes à raison d’une heure par thème, répartie en 5 exposés de 5 minutes, suivis de 35 minutes d’échanges et de débat. Les taches sont distribuées entre les 5 formations politiques (régulateurs, présentation de la rencontre, compte rendu).  Le 12 octobre, tout se passe comme prévu avec une belle autodiscipline.

 Le communiqué de presse collectif (voir, ci-après) met en évidence le travail effectué dans une bonne ambiance. Chacun peut s’en réjouir dans la perspective 2007.

 Communiqué de presse suite à la réunion de la gauche 53 jeudi 12 octobre 2006 à Laval

 Dans le prolongement des accords nationaux (février-mars 2006) entre les partis et organisations de gauche souhaitant battre la droite et gouverner ensemble après les élections 2007, 25 responsables exécutifs des échelons départementaux des formations politiques représentées en Mayenne (PS, PCF, Verts, PRG et MRC) se sont réunis, jeudi 12 octobre à Laval, sur un ordre du jour préalablement décidé en commun.

 Cette réunion de concertation et de travail avait pour objectif de favoriser une meilleure connaissance des positions de chaque parti.

 Sur les 3 thèmes retenus (Economie, Energie, Europe), les échanges et débats ont mis en évidence les convergences sur de nombreux sujets (les inégalités, la relance du pouvoir d’achat, le développement durable…) sans masquer les différences (principalement, la relance politique de l’Europe et l’énergie nucléaire).  

 Cette rencontre a permis des échanges francs et directs, unanimement appréciés, dans le respect et l’écoute de chacun des participants.

 Il s’agit là d’une démarche qui augure bien de l’avenir, dans la perspective des échéances électorales futures en 2007 et 2008.

 MRC – PCF – PRG – PS - Verts    

Partager cet article
Repost0
16 octobre 2006 1 16 /10 /octobre /2006 22:11

 

Soutien à l’action des paysans pénalisés par la répartition des aides publiques

 Je suis allé samedi dernier, place du Jet d’eau à Laval, saluer les agriculteurs en colère, qui sont engagés dans une action de jeûne collectif afin de protester contre les modalités de répartition des aides publiques décidée dans le cadre de la Politique Agricole Commune (PAC).

 Cette action est soutenue par la Confédération paysanne, les agriculteurs bio (CIVAM) et le réseau de l’agriculture durable, avec la volonté d’informer les citoyens, les consommateurs, les élus locaux et responsables politiques.

 

   Une réforme de la PAC difficile à justifier

 Depuis le début de cette année, suite à une réforme de la PAC décidée en 2003 par les 15 ministres de l’agriculture de l’Union européenne, les aides PAC attribuées à chaque exploitation sont calculées sur la base des aides perçues en moyenne annuelle sur les trois années 2000-2001-2002.

 Cette référence historique a servi pour établir le montant des droits à paiement unique (DPU) que percevra chaque année l’agriculteur, indépendamment de la production de son exploitation.

 On parle de « découplage » des aides parce qu’elles ne sont plus liées, pour l’essentiel, aux productions en cours mais au montant des primes (liées à la production) dont l’exploitation a bénéficié dans le passé.

 

    Une agriculture plus autonome et plus économe

 

     Les organisations et les paysans qui manifestent leur colère sont ceux qui ont préconisé et mis en œuvre depuis longtemps les bonnes pratiques agricoles, c’est-à-dire des systèmes autonomes (moins de protéines importées) et économes (moins d’engrais azotés et de pesticides, donc moins de risques de contribuer à la pollution). Ce sont des systèmes de production qui font la part belle aux prairies et réduisent le maïs.

 Ils ont fait ce choix par respect de l’environnement et par souci de contribuer à la qualité de la vie sociale.   Pourtant, les aides à la production de maïs ont toujours été bien supérieures à celles attribuées à l’herbe ! Aujourd’hui, par la volonté de l’Union européenne, ils voient leurs collègues, non seulement percevoir des DPU beaucoup plus élevés, mais, en outre, pouvoir adopter des systèmes de production plus économes ou faire le choix de productions moins contraignantes et être assurés durablement de ces avantages acquis.

 Cette différence de DPU entre deux agriculteurs n’est pas négligeable, puisqu’elle peut atteindre 200 € à l’hectare.

 On comprend le mécontentement qui se propage vis-à-vis de pouvoirs publics qui pénalisent financièrement les paysans qui appliquent le mieux les recommandations de Bruxelles en ce qui concerne la qualité des produits et la protection de l’environnement.

  Cherchez l'erreur !

 

C’est pourquoi je me suis associé à leur protestation. Mais cela ne suffit pas. Avec certains de mes interlocuteurs, nous avons convenu de la nécessité de s’en prendre aux choix injustes et injustifiables de la PAC, réorientée en 2003 sous la pression des négociateurs européens à l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et avec l’accord des pouvoirs politiques nationaux, favorables aux grosses entreprises agricoles.

 Alors que les primes PAC représentent 93% du revenu net agricole moyen en France, comment accepter que la répartition de ces aides soit à contre-sens ?

 Pour en savoir plus sur la PAC, lire les actes du colloque sur l’avenir de la PAC, qui a été organisé le 26 juin 2006 à l’initiative de la fondation Res Publica, présidée par Jean-Pierre Chevènement et consulter la rubrique Agriculture du site du MRC ou ce blog du MRC 53, catégorie « Agriculture et PAC ».

 

  Fondation Res Publica  : www.fondation-res-publica.org    

Partager cet article
Repost0
15 octobre 2006 7 15 /10 /octobre /2006 19:25

 

CIVIQ organise une soirée-débat le 26 octobre à Saint-Berthevin (53) sur le thème :                            

 Les enjeux climatiques et énergétiques en France et dans le monde.

L'association Réseau CIVIQ* s'est donné pour but de permettre aux citoyens de se faire leur propre idée sur les questions de société, afin d'exercer au mieux leurs responsabilités dans la vie publique démocratique.

* CIVIQ (Citoyenneté et Vie Quotidienne), association d’éducation citoyenne, n’est pas un mouvement politique. Elle ne prend pas de position politique, son rôle étant de favoriser la promotion de la citoyenneté.

  Notre prochaine rencontre aura lieu sur le thème du climat et des ressources énergétiques :

 Jeudi 26 octobre 2006 à 20h30

 Centre de Rencontres de St-Berthevin (salle Primevère), face à l'église.

 Avec deux intervenants de sensibilité différente : un universitaire bourguignon et un agriculteur mayennais. Leurs exposés seront suivis d'un débat.

 Monsieur Gérard Pierre est professeur émérite de physique à l'université de Bourgogne à Dijon. Il est membre du collectif "Sauvons le climat", spécialiste des questions liées à l'énergie, notamment l'énergie nucléaire.

 Monsieur Michel Lemosquet est agriculteur à Champgénéteux (Mayenne) et responsable du Coedra Maine, le collectif créé en opposition à l'enfouissement des déchets radioactifs, auteur de propositions alternatives à l'énergie nucléaire.

 La question du réchauffement climatique lié à l'effet de serre est au coeur de l'actualité. Nous avons besoin, en tant que citoyens, de disposer d'informations claires et fiables sur ce problème qui concerne l'avenir de notre planète.

 Par ailleurs, l'énergie nucléaire fait débat en Europe, en France, plus particulièrement en Mayenne, département concerné par le projet de ligne à très haute tension Cotentin-Maine dans le cadre du projet de réalisation par EDF d'un réacteur EPR à Flamanville (Manche).

 Cette réunion est, bien sûr, ouverte à tous. Il sera demandé une participation volontaire (1€) pour les frais d'organisation.

 Michel Sorin      

Partager cet article
Repost0