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Présentation

  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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2 octobre 2006 1 02 /10 /octobre /2006 14:42

 

Les classes moyennes sont entrées en dissidence politique

 

 L’hebdomadaire Le Point, daté du 24 août 2006, interrogeait le sociologue Emmanuel Todd à propos de l’évolution de la société française depuis sa fameuse note sur la « fracture sociale », qui avait inspiré Chirac dans sa campagne présidentielle en 1995.

 Ses réponses méritent notre attention. Que dit-il ?

 Il commence par rappeler ce qu’était son diagnostic de 1994 : la gauche s’est détachée du peuple.

Les classes populaires ont pris leurs distances avec les élites, mais les classes moyennes continuent de croire à la pensée libérale européenne dans le sillage des classes supérieures.

 Dix ans plus tard, le référendum sur la Constitution européenne prouve que les classes moyennes ont rejoint les classes populaires dans la dissidence politique.

Or, historiquement, ce sont les classes moyennes qui ont fait les révolutions. Aristote estimait déjà qu’un système politique doit s’appuyer sur des classes moyennes prospères et stables.

 Pourquoi cette dissidence ?

 Le démographe met en cause le système économique et financier (la globalisation), dont l’évolution est jugée déraisonnable, et les principaux partis politiques, dont la capacité à réguler la mondialisation n’est pas jugée crédible.

 Les classes moyennes veulent une Europe capable de protéger, une Europe qui ne soit pas le cheval de Troie de la globalisation.

 Elles reprochent aux classes dirigeantes d’accepter le libre-échange, car elles ne souffrent pas des inégalités qu’il génère, et de chercher à neutraliser le suffrage universel, car elles ne veulent pas agir dans le sens souhaité par la population.

 C’est ce qui explique le renvoi à chaque élection de la majorité sortante.

 Parmi les deux grands partis dominants, qui va représenter le NON du 29 mai ? Probablement personne, ce qui risque de bénéficier au Front national.

Le discours idéologique dominant, bâti sur un système de croyances dans les privatisations, le marché et le libre-échange, ne convainc plus les classes moyennes car celles-ci continuent de croire dans la valeur égalitaire, laquelle remonte à la famille paysanne dès le 16ème siècle dans le Bassin parisien.

 

En France, nous avons l’idée que les hommes sont les mêmes partout.

 

   La droite ranime la thématique de l’immigration mais, ce qui intéresse les gens, ce sont les problèmes économiques et le chômage.

 Les classes privilégiées mettent en avant le discours sécuritaire au moment où la société française voudrait entendre parler de modification des règles du jeu économique.

 C’est facile à comprendre : dans une société de plus en plus inégalitaire, les privilégiés veulent jouir en toute sécurité de leurs richesses. La sécurité devient pour eux une obsession.

 Par contre, les classes moyennes et populaires réagissent à l’augmentation des profits des entreprises cotées en Bourse et du nombre de milliardaires dans le monde.

 Pour elles, la question cruciale, c’est qu’il n’y ait plus de limites aux privilèges.   

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1 octobre 2006 7 01 /10 /octobre /2006 11:25

 

La liberté d’expression est-elle menacée ?

 

Comme le signale le journal Libération, le 30 septembre, on constate des « tensions sur la liberté d’expression : opéra autocensuré (à Berlin), enseignant menacé par ses écrits (dans Le Figaro), discours du pape (à Ratisbonne) critiqué… Les manifestations d’intolérance se multiplient... On sent monter une tension de plus en plus vive, en Europe, autour de la question de l’Islam et de ses valeurs. Montée de l’islamisme radical, mais aussi augmentation des attaques polémiques contre l’islam, utilisation de nouveaux moyens de communication qui relient les minorités extrémistes dans le monde, tout cela forme un cocktail explosif … ».

 

 

  Dans le même journal, le même jour, la parole est donnée à trois personnalités sur le thème « Pourquoi est-ce difficile de critiquer l’islam ? ». Les réponses divergent.

Olivier Roy minimise les faits d’intolérance et critique les victimes qui vont trop loin, selon lui, dans la provocation.

Tariq Ramadan met en avant les provocations et regrette qu’elles empêchent un débat raisonnable sur l’islam. Le monde musulman réagit d’une manière ultrasensible sur le registre de l’émotion et de la passion, allant jusqu’à la perte de contrôle du discours.

Caroline Fourest, à l’opposé, constate qu’il est de plus en plus difficile de rester un esprit libre, tant la paranoïa autour de l’islam s’étend, ainsi que les risques de prendre des coups de tous les côtés. La gauche, elle-même, se divise de peur d’apparaître islamophobe ou raciste.

 

 Ce thème est traité dans l’éditorial du journal en ligne ReSPUBLICA, n° 474, sous la signature collective (Evariste) de la rédaction. Cette petite équipe, indépendante (et même, un peu rugueuse), motivée par la mise en œuvre des valeurs de la République, laïque et sociale, défend avec force la liberté d’expression.

A la demande de Bernard Teper, président de l’Union des Familles Laïques (UFAL, voir lien) et membre actif des Amis de ReSPUBLICA (il est intervenu à Laval le 20 avril dernier, lors de la rencontre CIVIQ, ainsi qu’à Nantes lors des assises régionales de la gauche le 16 décembre 2005, voir le compte rendu de ces réunions sur ce blog), j’ai accepté d’être, au moins temporairement, le correspondant de ReSPUBLICA en Mayenne.

Je vous invite à consulter le site de cette association et, si cela vous intéresse, vous abonner au journal en ligne qui paraît deux fois par semaine. N’hésitez pas à me faire part de votre souhait de rejoindre Les Amis de ReSPUBLICA, si vous en avez envie.

 

 Cliquez sur www.gaucherepublicaine.org

 Pour info, afin de mieux connaître l’histoire de cette équipe rédactionnelle composée de bénévoles, je vous propose de lire, ci-après, le début de l’édito du n° 400.

 

 

ReSPUBLICA n° 400 - 25 novembre 2005  

CHRONIQUE D’EVARISTE

Que de chemin parcouru quand, le 14 octobre 1999, un petit noyau de militants lança l'idée d'un journal en ligne qui, se refusant à épouser le " politiquement correct ", s'ancrerait clairement à gauche, sur un axe laïque et républicain.
Six ans et 400 numéros plus tard, certains ne sont plus là, d'autres maintiennent la continuité, et des nouveaux ont assuré la relève.
Qui sommes-nous, aujourd'hui ? Une quinzaine de rédacteurs, qui tous exercent un emploi, à l'exception de deux retraités. Hommes et femmes issus de milieux politiques fort différents, de la LCR au Ceres en passant par le PCF, les Verts ou le PS, syndicalistes, militants associatifs, nous pensons, par nos diversités professionnelles et notre parcours, incarner le cœur de la gauche.
Nous avons aujourd'hui un réseau, dans toute la France, et dans de nombreux pays du monde, qui nous fait parvenir des informations, des articles, des commentaires, et nous les en remercions, même si l'accroissement de ce réseau oblige à un travail énorme de lecture et de classification.
Respublica, qui vient, grâce à nos deux spécialistes en informatique, de changer de présentation, pour votre plus grand plaisir, approche des 20.000 abonnés, ce que les initiateurs de ce journal n'auraient jamais cru possible. Il est lu par bien plus de 20.000 abonnés car il circule beaucoup, et laisse rarement indifférent.
C'est bien l'objectif recherché. Nous n'avons pas de compromis à faire avec qui que ce soit. Aucun d'entre nous ne postule à un poste de député, de maire, ou de ministre pour 2007-2008. Nous avons donc une liberté de ton totale, et entendons bien en profiter amplement.
Certains de nos amis nous disent, avec affection, que parfois nous y allons un peu fort ! Mais il faut en finir avec ces débats aseptisés, ces discussions de salon de thé ! Nous n'insultons jamais nos adversaires de gauche, nous nous contentons de les brocarder (…).

Pour toute réaction, pour tous ceux qui veulent participer au rassemblement des laïques et des républicains de gauche,
contacter:
evariste@gaucherepublicaine.org  

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30 septembre 2006 6 30 /09 /septembre /2006 15:45

 

Rassembler la gauche autour de l’idée républicaine pour gagner en 2007

 

En juin, le MRC 53 avait décidé de participer à l’initiative de rassemblement de la gauche antilibérale en Mayenne.

 

 Nous avions observé que l’appel du 11 mai, au niveau national, « pour un rassemblement antilibéral de gauche et des candidatures communes » n’était pas contradictoire avec nos orientations, que nous avions formulées ainsi :

« Rassembler la gauche autour de propositions concrètes et d’actions de terrain afin de créer une dynamique de réflexions et d’échanges politiques entre les Mayennais »,

en ajoutant (parce que nous étions conscients du problème), « le nom du (de la) candidat(e) à l’élection présidentielle ne doit pas être un préalable ».

 

 Au vu du texte adopté le 10 septembre à St-Denis, lors de la réunion nationale des collectifs unitaires et populaires, nous avons constaté que la troisième partie intitulée « procédure pour le choix de nos candidats » n’est pas compatible avec la démarche adoptée par le MRC pour les élections 2007.

Nous avons donc décidé de ne pas nous engager dans le collectif unitaire et populaire mayennais, dont continuent de faire partie le PCF et l’association PRS (Pour une République Sociale), aux côtés de citoyens à titre individuel.

 

 Le Mouvement Républicain et Citoyen, au niveau national, n’est pas membre de ce collectif, qui se situe dans la mouvance des collectifs antilibéraux pour le NON au traité constitutionnel européen et dont le but est de présenter des candidats communs aux élections 2007. Le seul parti signataire, le PCF, s’est engagé pleinement dans ce collectif, en espérant que Marie-George Buffet sera la candidate commune du PCF et de la gauche antilibérale.

  La gauche est dispersée, à sept mois de l’élection présidentielle, entre plusieurs stratégies et plusieurs orientations politiques.

Le PS, qui n’a pas tiré les leçons des scrutins du 21 avril 2002 et du 29 mai 2005, est obligé de choisir entre trois ou quatre candidats à la candidature, sans compter ceux qui voulaient l’être, à condition de ne pas avoir de concurrents. Le projet du PS est un compromis appelé à être amendé par le (la) futur(e) candidat(e).

 

 Dans ce paysage mouvementé, le MRC milite pour une gauche rassemblée autour d’un projet républicain clair de redressement du pays et de réorientation de la construction européenne (les deux étant liés), conformément à la volonté des citoyens, telle qu’ils l’ont manifestée lors du référendum européen.

 Actuellement, comme l’a dit Jean-Pierre Chevènement devant les militants réunis le 10 septembre à l’université d’été, le MRC attend de savoir ce qui va sortir des votes internes du PS. Il prendra position en décembre sur la question de l’élection présidentielle.

 Pour information complémentaire, je vous invite à lire le texte, ci-après, extrait du blog de Patrick Trannoy, rapportant son intervention au nom du MRC dans les débats de la fête de L’Humanité, à La Courneuve, le 17 septembre dernier.

 

 

 

 

 Extrait du blog www.patrick-trannoy.skyblog.com

 Chers camarades,

Le MRC a un objectif pour les élections de 2007 : faire gagner la gauche, mais une gauche qui ne trahit pas le peuple. Car la gauche a trahi, elle a trahi en 1983, avec le "tournant de la rigueur" ; elle a trahi en 1999-2000, sous Lionel Jospin, avec les privatisations, la non intervention de l'Etat dans les dossiers industriels (ça donne Michelin : "l'Etat ne peut pas tout"), avec la Corse, Barcelone, etc.

Alors, est-ce que ce serait un progrès de faire gagner la gauche, si c'était pour avoir la même politique ? Ce serait surtout, je crois, une étape supplémentaire dans l'escalade du désespoir populaire.

Symétriquement, je veux poser une autre question, notamment à Alain (KRIVINE) : à quoi servirait-il de se borner à la contestation, de se retrancher dans une Tour d'Ivoire supposée idéologiquement pure, sans se confronter à la responsabilité des affaires du pays ? Ce serait se limiter à des mots, qui ne changent pas véritablement la réalité de la vie des Françaises et des Français.

Entre ces deux écueils, il y a un chemin. Celui de l'action républicaine, d'un gouvernement qui ne subisse pas des mouvements qui lui échappent, mais qui traduise en acte le resaisissement par le peuple de son destin.

Pour cela, il ne suffit pas, Henri (EMMANUELLI), d'en appeler comme tu viens en quelque sorte de le faire, au vote utile. Il ne suffit même pas, comme Patrice (COHEN SEAT) l'a fait à l'instant, de proposer des objectifs (même si j'y souscris). Il faut se mettre d'accord sur un axe politique autour duquel construire l'action gouvernementale dans la durée. Il faut que nous décidions d'actionner ensemble le même levier face à la mondialisation néo-libérale. Ce levier, c'est celui de la puissance publique.

Il n'est pas contradictoire avec l'importance du mouvement social. Mais sans la puissance publique, sans la politique monétaire, comment résister à l'hégémonie du Dollar, qui permet aux Etats-Unis de capter les richesses du monde ? Sans la puissance publique, comme jouer sur le levier fiscal pour plus de justice ? Sans la puissance publique, comment protéger notre économie et lutter contre les délocalisations ? Sans la puissance publique, comment faire progresser l'égalité sociale et spatiale, et l'aménagement du territoire, via les services publics ? Bref, la gauche doit réhabiliter la puissance publique.

Cela suppose de se mettre d'accord sur son cadre, et sur sa substance.

Son cadre : qui peut croire que c'est au niveau des régions (même Poitou-Charentes !), que l'on va lutter efficacement contre la déferlante néo-libérale ? La gauche doit s'opposer au démantèlement de l'Etat républicain, qu'on appelle parfois la "décentralisation". Elle doit refuser aussi la dillution de cet Etat dans un magma européen castrateur : Bruxelles, ce n'est pas le contre-poids des Etats-Unis en Europe, c'est, comme dit
Jean-Yves AUTEXIER , le chausse-pied de la mondialisation néo-libérale sur notre continent ! Alors le cadre, c'est la France. C'est l'Etat-Nation, et je voudrais que la gauche soit fière de son pays, de la Nation, de l'Etat républicain, qui, je le rappelle, a été sauvé et relevé par la résistance - notamment la résistance communiste.

La substance : c'est la citoyenneté, la République. Parce qu'il ne suffit pas d'être gouverné en France. Il faut être gouverné par les citoyens de France. Cela suppose de relever la démocratie et la citoyenneté, en un mot la République. Relever la démocratie, c'est soigner une démocratie représentative malade au point qu'aujourd'hui, le Parlement est littéralement squatté par 90% de députés et sénateurs qui étaient favorable au OUI au TCE, donc qui représentent seulement 45% des Français ! Il faut changer les règles d'élections des députés et des sénateurs !

 

 

Relever la démocratie, c'est nous permettre de débattre, à travers une presse libérée des tutelles financières et de la mainmise des sphères du pouvoir. Relever la démocratie, c'est permettre aux citoyens de se faire une idée, de comprendre, de participer à la définition de l'intérêt général, de défendre leur point de vue... et pour cela, il faut relever l'Ecole de la République ! Relever la citoyenneté, c'est enfin rejeter le communautarisme. Voulez-vous d'une société dans laquelle blacks, blancs, beurs, jaunes, se battent non pas tous ensemble pour plus de justice, mais les uns contre les autres pour se partager les miettes laissées par l'actionnariat mondialisé ? La gauche doit opposer la laïcité au communautarisme, une laïcité qui, je le rappelle, a été conquise par la gauche, contre les obscurantismes.

Voilà chers camarades : la gauche pourra gagner et ne pas trahir si elle se reconstruit autour d'un axe politique clair, la réhabilitation de la puissance publique, la défense de son cadre (la France), de sa substance (la République), et c'est pourquoi je suis fier de représenter ici la gauche patriotique, internationaliste, républicaine, rassemblée derrière
Jean-Pierre CHEVENEMENT et Georges SARRE . C'est une gauche qui offre une opposition construite à la droite extrême de Nicolas SARKOZY, une opposition que je crois, à terme, plus efficace que le blairisme - que j'observe parfois ici, et que le maximalisme incantatoire - que j'entends parfois là.

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29 septembre 2006 5 29 /09 /septembre /2006 14:32

 

La carte scolaire doit être rénovée pour être légitimée

 La carte scolaire a fait une rentrée fracassante, début septembre, en même temps que les élèves et les enseignants.

 

 J’ai lu, dans Le Monde daté du 9 septembre, un point de vue intéressant de Mme Duru-Bellat et de M. Dubet, intitulé « Carte scolaire : la fin d’un tabou », suivi d’un sous-titre

« Remettre en cause la sectorisation ? Seulement si on propose des solutions aux établissements désertés » et qui se termine ainsi : « L’enjeu n’est donc pas de savoir si l’on est pour ou contre la carte scolaire, tant il est évident qu’elle couvre de grandes injustices, mais il est de savoir ce que l’on fait après. Et là, il peut y avoir une véritable opposition entre la droite et la gauche ».

 

 Dans le texte, ci-après, Patrick Quinqueton apporte un éclairage sur le constat, puis amorce la réflexion sur l’avenir, en pensant aux établissements qui ont le plus de difficultés.

 

 La carte scolaire

             L’avant-campagne présidentielle s’est emparée de la question de la carte scolaire. Nicolas SARKOZY a tout bonnement proposé sa suppression pure et simple. Ségolène ROYAL a évoqué son aménagement ou son assouplissement. Les débats qui s’organisent autour de ces prises de position mêlent souvent la pure tactique, le double langage et la mauvaise foi. Il est utile d’y voir clair.

             La carte scolaire date de 1963 : elle a été mise en place en même temps que la création des collèges d’enseignement secondaire (les CES). Il s’agit de la fixation d’un périmètre à l’intérieur duquel toutes les familles qui résident doivent envoyer leurs enfants dans un établissement scolaire donné.

 

              Si la question est aujourd’hui posée, c’est pour au moins deux raisons, l’une liée aux pratiques personnelles et familiales des couches moyennes supérieures, l’autre résultant d’une analyse lucide de la réalité. Pour la première, il est clair que les couches moyennes supérieures ont engagé depuis longtemps la course au contournement de la carte scolaire. La prise de position contre la carte scolaire est donc une forme d’autojustification. Quant à la seconde, il est clair que, dans sa forme actuelle, elle a sans doute épuisé sa capacité de lutte contre les inégalités. En effet, la constitution de ghettos urbains conduit à enfermer dans certains établissements les enfants des classes populaires, notamment issues de l’immigration, qui deviennent des établissements « déclassés ».

             Les « zones d’éducation prioritaire » mises en place en 1982 visaient à tenir compte de cette réalité en affectant des moyens supplémentaires dans les établissements qui y sont situés. Mais force est de constater que, si certains établissements ont pu ainsi se redresser, ce n’est pas le cas partout. Et, en tout état de cause, les ZEP tenaient compte des inégalités entre établissements plus qu’elles ne les combattaient.

             La suppression pure et simple est une mesure d’inspiration « ultra-libérale », qui vise, au nom des limites de cette politique, à redonner bonne conscience à chacun et à laisser chacun, en fonction de ses moyens et de ses relations, trouver les « bons établissements » pour ses enfants. Elle doit être combattue.

 C’est à son aménagement qu’il faut se consacrer, par une politique de requalification des établissements déclassés. Plusieurs pistes peuvent être explorées.

 

              1 – L’affectation des bons élèves des classes populaires dans des établissements qui constituent des filières de réussite est possible grâce au développement des internats, qui est absolument nécessaire.

             2 – Il est nécessaire de mettre en œuvre la proposition de Patrick Weil qui consiste à décider l’affectation d’un pourcentage fixe des meilleurs élèves de chaque établissement (par exemple, 5%) dans les filières sélectives de l’enseignement supérieur. L’accès aux classes préparatoires aux grandes écoles, par exemple, serait ouvert à autant d’élèves du lycée de Calais ou d’Aubervilliers que des grands lycées réputés. C’est un moyen de redonner de l’attractivité à tous les établissements.

             3 – Une politique volontariste de répartition des options « rares » en direction des collèges et des lycées situés en ZEP serait aussi de nature aussi à redonner de l’attractivité à ces établissements.

             4 – Il pourrait aussi être envisagé un système de double affectation, en tablant d’abord sur le volontariat, de professeurs affectés dans des collèges de centre-ville ou dans des « grands lycées », qui pourraient effectuer une partie de leur service dans un établissement situé en ZEP, tout en restant titulaires de leur poste.

 5 – Il  pourrait être expérimenté dans une académie une forme de « busing » à la française. Il est rappelé que le busing désigne, dans certains Etats américains, la politique qui consiste, de façon volontariste, à transporter les élèves pour assurer la « mixité sociale » (et, en l’occurrence, aux Etats-Unis, la mixité raciale) des différents établissements. Mais les conditions de réussite d’une telle expérience doivent être soigneusement réunies.

             Ces mesures, qui peuvent être discutées, pourraient être de nature, avec d’autres (ce n’est pas exhaustif), à redonner une légitimité à une carte scolaire rénovée. Il faut placer les parents dans une autre situation que celle d’éviter les mauvais établissements et de rechercher par la débrouille ceux qui sont supposés les meilleurs. C’est la qualité de l’enseignement dans son ensemble qu’il faut reprendre.  

 

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28 septembre 2006 4 28 /09 /septembre /2006 13:21

 

Voici pourquoi la gauche doit gagner en 2007

 La presse aujourd’hui livre aux citoyens et aux partis de gauche de bonnes raisons de préparer les échéances électorales 2007 dans un esprit de rassemblement et de solidarité autour d’un projet républicain ambitieux.

 

  Le journal Le Monde cite l’ancien président Giscard d’Estaing, qui affirme en toute modestie que, « depuis 25 ans, il ne s’est rien passé en France, il n’y a eu aucun projet ».

1981, la fin de l’histoire nationale ? Ce n’est pas l’avis de Jean-Pierre Chevènement, qui a vu dans la politique giscardienne à partir du septennat de Giscard en 1974, la « vraie rupture, après la seconde guerre mondiale » vis-à-vis de ce qu’avait été le volontarisme de l’Etat républicain, initié par de Gaulle en 1944 puis en 1958 (intervention JPC à l’université d’été du MRC le 10 septembre dernier).

 Qui, mieux que Giscard d’Estaing, peut symboliser la soumission des élites politiques aux forces du marché mondialisé, leur mépris du peuple et leur manque d’ambition pour la nation française ?

  Et, aujourd’hui, qui, mieux que son disciple Sarkozy, dans un autre registre mais avec autant de savoir-faire, peut porter les couleurs de ces élites éblouies par l’Amérique de Bush et soucieuses avant tout de préserver leurs privilèges et leur mode de vie, quitte à rendre la société invivable pour une grande partie de la population ?

Avoir osé évoquer l’arrogance de la France devant Bush, parce que ses dirigeants et son peuple refusaient d’accompagner Bush en Irak en 2003, est significatif de la pensée sarkozienne. Trois ans plus tard, l’épopée irakienne est un véritable fiasco pour l’ami de Sarkozy l’américain (voir Libération, ci-après).

Le président de l’UMP est dangereux pour la France mais, par ses excès même, il pourrait bien apporter sa contribution au rassemblement et à la victoire de la gauche en 2007.

 

 Editorial de Pierre Haski, dans Libération, 28 septembre 2006

 Un diplomate européen en poste à Bagdad résumait récemment ainsi la situation en Irak : «Si les Américains partent, c'est un désastre ; s'ils restent, ça s'aggravera...» 

 

Ce choix entre deux mauvaises solutions donne la mesure du piège dans lequel George W. Bush s'est jeté tout seul, et dont, à défaut de pouvoir en sortir, il fait mine de maîtriser parfaitement l'évolution. Avec aplomb, le président américain continue à proclamer qu'il gagne la «guerre contre le terrorisme» quand ses propres services de renseignements affirment le contraire.

Avec les élections de la mi-mandat en ligne de mire, George W. Bush parvient encore à endormir une partie de son opinion publique, alors que le nombre de victimes américaines en Irak vient de dépasser les 2 700 et que la guerre civile, qu'on l'appelle ainsi ou pas, fait rage entre les communautés, et au sein de chaque communauté. Seul le Kurdistan tire son épingle du jeu et prend doucement le large, au risque de faire éclater la fédération irakienne.

Le bilan serait déjà accablant si on se limitait à la seule situation intérieure irakienne. Il devient effrayant lorsqu'on analyse les conséquences régionales et internationales du fiasco irakien : un cadeau fait à l'Iran dans sa quête de puissance, et un sérieux coup de pouce pour le mouvement jihadiste dans le monde.

George W. Bush et son inamovible complice Donald Rumsfeld, ont sans doute commis là une profonde erreur historique, entraînant avec eux quelques-uns de leurs alliés comme Tony Blair. Une erreur que le peuple irakien, qui s'est brièvement cru libéré d'un sinistre dictateur, paie aujourd'hui chèrement. Et dont le monde n'a pas fini de subir l'impact négatif.

  

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27 septembre 2006 3 27 /09 /septembre /2006 16:09

 

Un dossier sur l’agriculture et la Politique Agricole Commune

 

Le compte rendu du colloque sur la PAC organisé le 26 juin par la Fondation Res Publica est disponible sur le site de la Fondation (voir lien, ci-contre) et, par un livre au prix de 10 €, sur commande à la Fondation, 10 rue de Bourgogne 75007 Paris.

 

   Je conseille la lecture de ce compte rendu, car il contient des informations essentielles sur les questions agricoles et la PAC.

  La Fondation organise un ou deux colloques par mois, le lundi, sur des thèmes différents qui sont traités en profondeur et chacun peut s’y inscrire. J’y suis allé le 26 juin, étant concerné directement par le thème à l’ordre du jour.

  Jean-Pierre Chevènement m’a demandé d’intervenir dans le débat, en fin de réunion. Mes propos sont rapportés ainsi dans le compte rendu.

  « Il faut trouver de nouvelles solutions, notamment au niveau des aides. Je propose de distinguer la fonction productive agricole puisqu’il s’agit de rémunérer les ventes par les produits – il faut revenir au marché – et la fonction socio-territoriale qui doit être financée sur fonds publics européens ou autres.

Je propose par ailleurs de revenir pour l’essentiel aux principes fondateurs de la PAC, en les aménageant, notamment en fixant des prix-seuils qui permettent de se protéger mieux qu’on ne le fait actuellement contre les importations, en supprimant pratiquement les aides aux exportations et en essayant de faire respecter la souveraineté alimentaire au niveau mondial (les idées de M Pisani, à cet égard, me semblent bonnes), c’est-à-dire de permettre aux différents pays, ou ensembles dans différentes zones, de nourrir leur population. Cette démarche est à l’opposé du libéralisme.

Est-ce un rêve ? Faut-il sortir l’agriculture de l’OMC ? Sans doute pas totalement mais il faut trouver une démarche qui permette de valoriser l’agriculture alimentaire, non seulement dans nos pays mais partout dans le monde. Si on doit modifier le système, il faut le repenser en profondeur. Il faut trouver le lien entre cette perspective et ce qu’on appelle encore la PAC qu’il faut repenser totalement pour 2013, en adaptant les principes de l’origine à la situation actuelle. Les choses ont beaucoup évolué depuis 1962, ce n’est plus l’Europe des six !

La protection ne peut plus être conçue au niveau français mais au niveau européen. J’invite ceux qui auraient des idées à y travailler. On ne peut pas en rester à ce libéralisme qui condamne l’agriculture. C’est actuellement l’OMC qui dicte les réformes de la PAC, le politique doit donc repenser une politique agricole commune ».

  Fondation RES PUBLICA : www.fondation-res-publica.org

 

 

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26 septembre 2006 2 26 /09 /septembre /2006 14:40

 

Lors de l’université d’été du MRC aux Ulis, le 9 septembre 2006, Gérard PIERRE , délégué national à l’énergie, a donné la parole à Hervé NIFENECKER, président de l’association Sauvons le climat. Celui-ci a fait un exposé très technique que je ne vais pas reprendre ici.

 

J’invite le lecteur à consulter le site www.sauvonsleclimat.org

 

Voici le texte du manifeste de cette association, qui a compté Jean-Pierre Chevènement parmi ses premiers adhérents.

 

Manifeste Sauvons le Climat

 

La concentration des gaz à effet de serre dans l'atmosphère de notre planète atteint aujourd'hui un niveau supérieur à tout ce qu'elle a connu depuis plus d'un demi million d'années. Démarrée au début de l'ère industrielle, vers les années 1880, cette hausse est essentiellement due à l'accumulation des émissions croissantes de gaz carbonique et de méthane résultant de l'activité humaine. Si nous ne faisons rien, cette hausse va se poursuivre.

 

En très grande majorité les experts qui observent et étudient ces phénomènes sont formels : sauf à réduire les émissions, notamment celles de gaz carbonique, d'un facteur au moins égal à 2, notre globe verra sa température moyenne augmenter de plusieurs degrés au cours du présent siècle. Une telle augmentation de température, comparable en ordre de grandeur à celles qui ont suivi les périodes glaciaires, mais qui se produira de façon beaucoup plus rapide, aura des conséquences majeures sur le climat. Les conséquences qui en résulteraient sur notre santé, la végétation et les productions agricoles, le niveau des mers, les espèces vivantes, etc. sont évidemment plus difficiles à cerner mais nul ne peut exclure que des évolutions irréversibles catastrophiques, allant jusqu'à mettre en cause les conditions de vie de l'espèce humaine, puissent se produire. Qu'attendons nous pour agir  face au réchauffement climatique qui nous menace? Il nous faut limiter les émissions de gaz à effet de serre par tous les moyens à notre disposition.

 

Si des économies d'énergie importantes sont possibles et souhaitables dans les pays développés, il est impossible d'exiger des efforts similaires de la part des pays en voie de développement. Sauf récession économique catastrophique la consommation énergétique mondiale va continuer à croître. Il est donc capital de mettre en oeuvre, chaque fois que cela est possible, des techniques de production d'énergie ne faisant pas appel aux combustibles fossiles.

De telles techniques existent dans le domaine de la production d'électricité pour les réseaux centralisés : énergie nucléaire, hydroélectricité, éolien. Le solaire photovoltaïque est particulièrement bien adapté aux sites isolés et aux pays dont le réseau de distribution électrique est peu développé. Le solaire thermique, la géothermie, la biomasse bien gérée, les pompes à chaleur doivent prendre davantage de place pour le chauffage des locaux et la production d'eau chaude. Les transports demeureront encore longtemps les plus tributaires des combustibles fossiles ; il n'en est que plus important de rechercher d'autres solutions : développement des transports en commun, véhicules électriques, utilisation de l'hydrogène produit par électrolyse ou décomposition thermochimique de l'eau.

 

Face aux grands pays en émergence qui vont, par nécessité et comme nous l'avons fait au cours des deux siècles passés, fonder leur développement sur le charbon, le gaz et le pétrole, et donc (sauf aboutissement, bien difficile à prévoir, des études en cours sur la séquestration du gaz carbonique) voir croître leurs rejets de gaz carbonique, les pays développés doivent démontrer que la limitation des émissions de gaz à effet de serre grâce aux technologies modernes est possible, sans handicap économique majeur et sans diminution de qualité de vie. La France (qui, grâce au nucléaire, a déjà une position enviée, avec des émissions de 6 tonnes de gaz carbonique par tête et par an, contre 10 en Allemagne et 20 aux USA) doit continuer à montrer l'exemple.

 

Il est temps que les Français se convainquent que l'objet du débat énergétique n'est pas de savoir s'il faut ou non "sortir du nucléaire", un nucléaire qui, maîtrisé comme il l'est dans nos pays, ne présente que des risques minimes comparés à ceux des gaz à effet de serre --- mais plutôt (non pas "sortir des combustibles fossiles", car ce serait totalement irréaliste) de savoir comment "limiter le plus possible ces combustibles fossiles qui menacent notre climat". Nous appelons nos concitoyens et nos dirigeants à engager une politique volontariste et décidée, à la fois d'économies d'énergie et de développement de l'énergie nucléaire et des énergies renouvelables. Une telle politique est la seule qui puisse raisonnablement garantir à notre génération et aux générations futures le maintien de conditions climatiques acceptables et prévisibles.

 

 

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25 septembre 2006 1 25 /09 /septembre /2006 18:27

 

La politique de l’énergie

 Quelle est la nature de cette crise de l’énergie ?

 

     Une crise de transition énergétique

 La crise actuelle n’est pas une crise de pénurie. C’est une crise de transition énergétique majeure, de transition vers une énergie plus chère et mieux utilisée.  Il y a un problème de l’offre, qui se répercute sur les prix du pétrole et du gaz. Et il y a la nécessité d’une efficacité énergétique accrue. La crise se traduit d’abord par la hausse des prix de l’essence et du gaz (les courbes sont proches l’une de l’autre : 20 à 22 % sur un an).

 Les causes sont l’insuffisance de production et de raffinage et, aussi, les privatisations.  Certes, la capacité de production augmente, mais moins vite que la consommation, qui augmente beaucoup sous l’impulsion des pays émergents (Chine et Inde, notamment, qui ont une croissance exponentielle de leur consommation énergétique).

 Comme il s’agit des pays les plus peuplés de la planète, cela provoque des secousses sur le marché de l’énergie. Mais il faut noter de grandes différences de consommation selon les pays, lesquelles reflètent des différences de croissance économique (les besoins de la Chine en électricité sont en rapport avec son taux de croissance annuel de 10 %).

 Les pays de l’OPEP, qui possèdent 75 % des réserves mondiales de pétrole, ont décidé de faire monter les prix à un niveau (70 dollars le baril, au plus haut) qui n’atteint pas encore le niveau du premier choc pétrolier en 1973-1974 (88 dollars, en monnaie actuelle).

 Les réserves et ressources mondiales de pétrole, gaz et charbon sont importantes et il reste des marges de manœuvre importantes : meilleure efficacité énergétique, réorientation des choix économiques en rapport avec l’énergie.

 La politique énergétique est nationale (pas de politique européenne)

 

    L’énergie (payée en dollars) a coûté 38 milliards € à la France en 2005 (+ 35 % par rapport à 2004). En France, l’électricité disponible, provenant pour moitié d’importations, pour moitié de la production intérieure, doit couvrir 105 % des besoins. La production nationale est d’origine nucléaire (78 %) et hydraulique pour l’essentiel.

 La France est pauvre en énergies fossiles et leader mondial dans la lutte contre l’effet de serre. Il n’y a aucune raison d’aller vers une augmentation des prix de l’électricité. Dans le monde, 5 % de l’électricité produite est d’origine nucléaire. A l’inverse de la France, de nombreux pays restent gros consommateurs de charbon.

Le handicap des éoliennes est de ne fonctionner (et donc de ne fournir de l’énergie) qu’à temps partiel. Leur apport dans la production électrique est très faible en France (0,5 % à comparer aux 4 % en Allemagne). L’énergie solaire (thermique ou photovoltaïque) a été très peu valorisée jusqu’à présent.

 La nécessité d’une politique énergétique cohérente

 

    Nos besoins en énergie les plus forts sont dans le résidentiel tertiaire et les transports (stabilité dans l’industrie, diminution dans l’agriculture). En conséquence, nous devrons réduire les besoins dans le résidentiel tertiaire et développer les transports collectifs. Avant tout, il nous faut une politique énergétique cohérente.

 Il n’existe pas de ministère de l’énergie. C’est le ministre de l’économie et des finances qui a en charge la politique de l’énergie, les yeux fixés sur les marchés.

   Le problème des déchets

 

   Les déchets radioactifs, ainsi que le coût du démantèlement des centrales nucléaires, constituent l’objection majeure au développement de l’énergie nucléaire.  Les déchets sont classés en trois catégories, selon leur degré de radioactivité : faible, moyen, haut. Les déchets hautement radioactifs font 95 % de la radioactivité et la durée de celle-ci peut aller jusqu’à plusieurs centaines de milliers d’années.

 Une loi existe (la loi Bataille) pour le traitement de ces déchets, qui devrait déboucher sur une solution de stockage dans moins de vingt ans. L’entreposage en surface devrait être remplacé par un stockage profond, actuellement en expérimentation dans un laboratoire souterrain dans la Meuse (à 800 mètres de profondeur, l’argile est aussi compact que le granite).

 Selon la procédure prévue dans la loi, la période d’expérimentation pourrait durer encore dix à quinze ans. Ensuite, une décision sera prise concernant la mise en œuvre du stockage.

 Le développement des énergies renouvelables

 

    Par ailleurs, la recherche fondamentale continue. En plus de l’énergie nucléaire, la recherche s’est orientée vers la capture du gaz carbonique issu des centrales à charbon. Il y aurait donc une possibilité de production d’électricité à partir de charbon propre.

 En ce qui concerne les énergies renouvelables, les plus intéressantes sont l’énergie solaire photovoltaïque et le biodiesel. Le secteur du BTP semble très approprié à l’utilisation de ce type d’énergie. Ainsi, la part de l’énergie nucléaire dans la production d’électricité française pourrait être ramenée de 78 % à 65 % en développant les autres sources d’énergie.

 L’enjeu de la nouvelle technologie EPR

 

    La construction d’un réacteur nucléaire EPR (nouvelle technologie plus puissante, plus économique et plus sûre) à Flamanville (Manche) est contestée, notamment, par les Verts, qui en font un enjeu prioritaire dans les discussions avec le PS et donnent l’impression d’être les religieux de l’antinucléaire. En 1997, ils ont réussi à faire arrêter le programme de recherche Superphénix (dont l’absence s’est fait sentir par la suite).

Les conditions ne sont plus les mêmes aujourd’hui, aux niveaux national et international. Au laisser-faire actuel, la volonté politique doit prévaloir demain.

 La France a besoin de démontrer, avec le groupe public AREVA, qu’il est possible de construire, dans les délais, un réacteur de la nouvelle génération EPR. Car la relance du nucléaire est d’actualité dans le monde. Les USA (où l’Etat fédéral contrôle l’énergie), notamment,  préparent un plan de développement des centrales nucléaires.

 La durée de vie des centrales nucléaires et leur démantèlement

 

    En ce qui concerne le démantèlement, un fonds important de provisionnement a été créé par EDF. Jusqu’en 2020, il n’y aura pas de problèmes, s’agissant de petites centrales. Ensuite, ce sera plus difficile, car cela concernera de plus grosses unités.

La durée de vie des centrales en activité n’est pas limitée à trente ans. Arrêter la centrale construite en Alsace en 1975 serait un gâchis. Aux USA, il existe des centrales qui ont été construites il y a cinquante ans. Les nouveaux réacteurs type EPR seront encore plus durables. Il ne faut pas attendre, car la quatrième génération n’existera pas de sitôt.

 *Le député du Nord s’exprime ici en tant que rapporteur de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques et, bien sûr, n’engage pas le MRC.

 **Ce texte a été rédigé à partir de mes notes. Il n’a pas été relu par Christian Bataille.

  

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24 septembre 2006 7 24 /09 /septembre /2006 20:56

 

Réorienter l’Europe. Les chemins de l’indépendance.

 Sami Naïr explicite le titre de son exposé : « Comment redresser la construction européenne ? La question de l’indépendance de l’Europe, condition de son existence ».

 Ce qui est en question, c’est la conception de l’Europe.

L’indépendance, c’est la liberté d’exister. L’existence d’une nation implique certaines conditions (communauté de destin, défense, justice, respect du droit international, notion d’intérêt national et général se situant au-dessus de la droite et de la gauche…).

 La politique est aussi définie par la géographie. Le principal problème, en ce qui concerne l’indépendance de l’Europe, ce sont les USA et leur volonté de dominer le monde.

 Au XXème siècle, le monde était divisé entre les USA et l’URSS, les premiers représentant le monde libre. La première grande division de l’Europe s’est produite en 1917. L’Europe a été divisée par l’URSS.

 Depuis la fin de l’URSS, ce sont les USA qui divisent l’Europe (en 2003, au moment d’envahir l’Irak, ils ont joué de la division entre la vieille et la jeune Europe, celle-ci leur étant favorable).

 En refusant de ratifier le TCE, on a échappé à la liaison constitutionnelle Europe - OTAN.

 Les USA : une stratégie de domination du monde.

 Au duopole USA-URSS, a succédé le monopole hégémonique des USA. Un auteur américain a montré que, de Hawaï (1895) à l’Irak (2003), les USA ont toujours pratiqué l’interventionnisme, parfois déguisé en isolationnisme d’intérêt. Le président Clinton, lui-même, a reconnu que sa politique était multilatérale, mais unilatérale si nécessaire.

 Hubert Védrine, dans sa description de « l’hyperpuissance », évoque un unilatéralisme qui va durer. On pourrait dire qu’il s’agit d’un empire qui vit au détriment du reste de l’humanité.

 De Gaulle, en 1963, décrivait précisément les USA utilisant l’arme du dollar pour influer sur les exportations, l’inflation…

 L’euro, depuis sa création, travaille pour le dollar. Le maintien de déficits exorbitants (427 milliards de dollars en 2006 de déficit commercial), le rôle des lobbies militaro-industriels et pétroliers, montrent que la priorité des USA est de préserver leur domination par tous les moyens, y compris par la logique de l’exportation du chaos (dont les foyers sont l’Irak et Israël) avec leurs fidèles alliés (la Grande-Bretagne et Israël).

 C’est la stratégie des USA qui a favorisé la montée de l’Iran (en détruisant l’Irak) et la prolifération nucléaire. Israël (Sharon), en détruisant l’OLP, a favorisé la montée de l’islamisme (le Hamas).

  Qui résiste à cette stratégie de domination ?

 La Chine, l’Inde, la Russie, sont capables de penser mondial. L’Europe est impuissante, vassalisée par les USA. A partir de 1970, les deux principaux élargissements ont été guidés par l’atlantisme (la Grande-Bretagne puis l’Europe de l’est). L’Europe a toujours refusé de se structurer à partir des nations, le fédéralisme étant son plus petit commun dénominateur.

 L’indépendance suppose la maîtrise de l’instrument militaire et un consensus identitaire (se sacrifier pour son pays).

 Une période nouvelle.

Nous sommes entrés dans une période nouvelle depuis l’expression des opinions publiques européennes en 2003 refusant la guerre en Irak (certes, pour des raisons différentes) et surtout depuis le NON des peuples français et néerlandais en 2005 (les élites européennes en sont malades).

 Le débat européen est désormais obligatoire et il est en train de s’ouvrir.  La confusion persiste entre les conceptions des euro-libéraux et des partisans de l’Europe - puissance.

 En fait, le type d’Europe dépend de la relation entre la France et l’Allemagne.

 Les Allemands pensent l’Europe dans une logique post-nationale, de type fédéral. Les Français mettent en avant la question de la démocratie, qui ne peut s’épanouir qu’à l’échelle nationale (pas possible à 30 pays et le Parlement européen actuel ne pratique pas la démocratie).

 A partir des nations, l’Europe peut restaurer l’idée d’indépendance, qu’elle n’a plus fait sienne depuis de Gaulle. La France a un rôle à jouer mais ne le fait pas (sa politique arabe a été détruite par la guerre du Golfe).

  Nous sommes des Européens réalistes.

 Nous voulons une Europe indépendante, une Europe européenne. Nous sommes pour les coopérations renforcées à partir du couple franco-allemand, pour la coordination des politiques économiques, pour un euro au service de la croissance européenne (moyenne : 1,9% actuellement, ce qui augmente la précarité, même si le chômage baisse). C’est l’Europe qui conditionne l’emploi en France.

 Nous sommes pour un instrument de défense autonome par rapport à l’OTAN.  Nous ne voulons pas de constitution européenne, nous voulons un traité institutionnel qui définit qui fait quoi et ce que nous voulons faire ensemble. L’Europe se construira par les peuples, sinon elle ne se fera pas.

 L’avis de Jean-Pierre Chevènement.

 Au cours du débat, Jean-Pierre Chevènement a donné son point de vue sur la conception de l’Europe qui réunit la majorité des Allemands. Ils sont influencés par la théorie post-nationale (« Après l’Etat-nation » de Habermas) qui est à l’origine de la philosophie du traité constitutionnel européen.

 C’est la situation de l’Allemagne en 1945 qui a conduit au consensus supra-national. L’ancien Chancelier Schroëder considére la nation allemande parmi d’autres, ayant intégré la Shoah dans son identité sans y être réductible. L’origine de l’Allemagne remonte loin dans le passé.

 Il est vrai qu’elle est sur une ligne libre-échangiste d’adaptation à la mondialisation. Mais son commerce se fait à 70% avec la grande Europe (incluant la Russie). S’il se produisait un retournement de croissance en Allemagne, celle-ci retrouverait ses intérêts nationaux, car il ne faut pas confondre l’intérêt de l’Allemagne avec sa situation historique.

 La dérive du concept national allemand a conduit au nazisme. Le retour à une conception nationale de l’Allemagne est en bonne voie.

  Sami Naïr répond ensuite aux différents intervenants.

 L'eurogroupe est une organisation fédérale, de fait. Ses décisions doivent résulter d’un accord politique entre les nations. Le système peut être reconstruit à partir de cet eurogroupe.

L’expression « Europe sociale » a caché le fait que les nations européennes ont des niveaux de développement différents. Les fonds structurels ont pour objet de réduire les écarts.

 Il faut se mettre d’accord sur ce qu’est l’Europe confédérale (les nations ensemble et seules), revoir les modalités des coopérations renforcées (l’eurogroupe en est une).

 Nous avons besoin de clarifier notre différence avec l’Allemagne en ce qui concerne la conception de la nation. Le nazisme et la seconde guerre mondiale ont transi l’Allemagne, poussant les Allemands à vouloir une démocratie sans puissance.

 Pour le penseur néo-kantien qu’est Habermas, la nation est un particularisme qu’il rejette. Il se situe dans la logique cosmopolite, qui amène à considérer l’Europe comme l’équivalent d’une nation européenne dans une logique transnationale à l’échelle mondiale. Schroëder et Lafontaine, eux, ont une conception de la nation plus proche de la nôtre.

 La place de la Russie devra être reconsidérée dans l’Europe, car elle n’est pas extérieure (Tolstoï est un auteur européen).

Le fait qu’Israël dispose de la bombe atomique ne justifie en rien que tous les pays voisins doivent en disposer également.    

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23 septembre 2006 6 23 /09 /septembre /2006 17:43

 

Retrouver la croissance et l’emploi, en France et en Europe 

 C’est la première priorité car, dans ce domaine, l’Europe est à la traîne. Impossible d’y parvenir sans réorienter l’action européenne de la France, mais aussi la politique économique et sociale de notre pays. Comment ? En mobilisant les outils de la politique monétaire, des politiques structurelles, de la politique commerciale, de la politique du travail et de l’emploi, et aussi la politique d’immigration et de coopération au développement.

 

D’abord, la politique de l’euro.

 Une reconstruction du système monétaire européen est possible à l’initiative des gouvernements. Elle pourrait intervenir en réponse à une crise grave (liée, par exemple, à un effondrement du dollar).

 Ses grands axes en seraient les suivants :

Faire de l’euro une monnaie de réserve internationale à l’égal du dollar.

 Modifier les statuts de la Banque Centrale Européenne en lui permettant d’agir en faveur de la croissance et de l’emploi. Au lieu de favoriser seulement la rémunération de la rente au détriment du travail, ce qui pénalise les entreprises productives et les efforts de recherche.

 La BCE devrait être autorisée à prêter de l’argent en dernier ressort, ce qui implique de confier au groupe des ministres des finances de la zone euro (l’eurogroupe) la responsabilité de piloter l’économie de cette zone (le gouvernement économique).

 La coopération renforcée devrait être aménagée afin de permettre l’existence de ce gouvernement économique, lequel devrait être doté de compétences précises aux niveaux monétaire, budgétaire, fiscal et social.

 

Et, aussi, les grands projets d’intérêt communautaire.

 L’urgence est de multiplier les infrastructures de transport combiné, notamment le rail-route, qui sont l’un des leviers de la croissance. Dans le passé, des décisions difficiles à prendre se sont révélées bénéfiques (exemple : TGV Est qui, initialement, n’était pas compatible avec le chemin de fer allemand).

 L’intérêt de la France et de l’Europe est de s’engager dans une grande politique européenne de développement énergétique. Les diverses causes, conjoncturelles et structurelles, de la plus grande rareté de l’énergie justifient le choix nucléaire de la France et mettent notre pays en bonne position pour accompagner les partenaires européens dans une politique concertée de relance de l’énergie nucléaire. Mais c’est aussi, pour la France, l’opportunité de développer les énergies nouvelles (biocarburants, éolien, solaire…) trop délaissées jusqu’à présent.

 Le maintien, au niveau européen, d’un haut niveau de recherche est essentiel, ce qui obligera les Etats européens à structurer leurs efforts en ce sens et l’Union européenne à réformer son pacte de stabilité issu du traité de Maastricht (en n’incluant pas les dépenses publiques de recherche dans la limite des 3% de déficits publics, par exemple).

 Le domaine spatial est aussi un enjeu. La France y joue un rôle moteur sur le plan industriel et dans les lancements. Des projets européens devraient prendre le relais et assurer l’avenir.

La question du commerce international et des clauses sociale et environnementale.

Le commerce n’est pas une question secondaire pour l’Europe, en premier lieu pour l’Allemagne et les débouchés de son industrie, mais aussi pour la France.

 Se protéger contre la concurrence abusive des pays à bas salaire est légitime. C’est possible au moment où le libre-échange généralisé est remis en cause par de nombreux pays.

 Autour de l’OMC, des réflexions s’orientent vers des zones économiques régionales à l’échelle mondiale. Certaines règles sociales encadrant le processus de mondialisation sont désormais évoquées par l’Allemagne face à des interlocuteurs asiatiques. Le droit du travail n’est plus systématiquement écarté de la libéralisation des échanges.

 La clause environnementale est à promouvoir par l’Europe à l’OMC en prenant appui sur le problème de l’effet de serre et la question de l’impact des modes de production sur l’environnement.

La valeur du travail.

 La revalorisation du travail passe par les salaires réels, pas seulement le SMIC, lequel a plus augmenté depuis 2002 que pendant les cinq années précédentes. Ceci est la conséquence du dynamitage du droit du travail par les lois Aubry, qui avait créé cinq SMIC différents.

 Les salariés veulent vivre de leur travail et en vivre correctement, selon leurs compétences. De la consommation des ménages dépend, en partie, la croissance. L‘Europe n’en parle pas. Or, elle pourrait promouvoir un plan européen de convergence des salaires, tenant compte des différences de productivité du travail.

 Que sera la future directive européenne sur les services ? Il reste une ambiguïté relative aux pratiques possibles de dumping par les bas salaires résultant d’une sous-traitance faussée.

 Mais c’est la valeur du travail par rapport à la rente qui est de plus en plus en cause dans le système économique mondialisé. Le niveau de rémunération des dirigeants d’entreprise, les revenus des stock-options et de la rente, n’ont plus rien à voir avec le niveau des salaires. La question de la répartition de la plus-value revient en force.

 Le choix du nouveau dirigeant d’EADS (ex-président de la SNCF) de limiter sa rémunération constitue une position politique intéressante dans le débat sur la rémunération des patrons et des actionnaires.

 La question de la baisse de la syndicalisation n’est pas seulement un problème français, mais concerne toute l’Europe. Il faudrait enclencher une dynamique positive à partir d’initiatives nationales, voire européennes, afin de contrarier la tendance à la déréglementation du travail.

 Enfin, la gauche doit rouvrir le débat sur la question du choix entre le salaire et le temps de travail. On observe chez les jeunes un attachement et une considération pour le travail, ce qui s’accompagne d’exigences quant à sa qualité, son intérêt, ses conditions et sa valeur qui est appréciée par le salaire.

 La réduction du temps de travail prend des formes plus ou moins acceptables. Entre une réduction compensée qui satisfait les salariés des grands groupes et celle qui prévaut dans les emplois à temps partiel coupé, il y a des différences et des inégalités.

 Partis et syndicats européens devraient les prendre en compte et adopter une vision plus nuancée de cette question.

Les politiques d’immigration et de coopération.

Elles ont une dimension économique et sociale incontestable depuis la loi Sarkozy du 24 juillet 2006 sur l’immigration, autorisant l’immigration de travail sans que soit opposée la situation de l’emploi  « pour l’exercice d’une activité professionnelle salariée dans un métier et une zone géographique caractérisés par des difficultés de recrutement ».

 Or, les secteurs concernés par les difficultés de recrutement sont certaines branches du BTP, de l’hôtellerie et de la restauration, où les salariés sont le plus payés au SMIC et les conditions de travail parmi les plus difficiles.  C’est ainsi que l’immigration devient une aubaine pour le patronat, qui ne se sent plus obligé de faire des efforts en matière de salaires, de conditions de travail et de formation professionnelle.

 La pression migratoire en provenance de certains pays africains, à l’origine de drames humains, va se poursuivre. Mais la plus forte immigration irrégulière provient de Chine et il y a de grandes différences entre pays à niveau de développement égal. Il faut donc s’interroger sur les motifs de l’émigration, qui sont complexes.

C’est l’attractivité d’un pays, sa capacité à laisser entrevoir un avenir pour ses ressortissants, qui peut limiter l’émigration de masse. C’est pourquoi il est nécessaire de maîtriser l’immigration à partir de critères clairs et de mener des politiques nouvelles de coopération qui aillent dans le sens d’un véritable co-développement.

 Ceux qui émigrent ne sont pas les paysans africains et chinois, ce sont des commerçants, des intellectuels faisant partie des classes moyennes dans leur pays. Il faut éviter d’organiser le pillage des élites du tiers monde, sous prétexte d’ouverture et de bons sentiments.

 Les politiques d’immigration et de coopération qu’il faut concevoir au niveau européen doivent donc faire partie de la politique économique et sociale. L’immigration peut être une valeur ajoutée pour la société d’accueil comme pour les migrants, à condition qu’elle soit maîtrisée.

En conclusion 

 Pour l’Europe, retrouver la croissance et l’emploi n’est possible qu’au prix de changements significatifs (euro, grands projets européens, commerce, revalorisation du travail, immigration et coopération).

 Les NON français et néerlandais au référendum constitutionnel ont été un point de départ dans la remise en cause de la logique économique et politique de l’Union européenne. Il faut aller plus loin et proposer les termes de la réorientation nécessaire. C’est l’enjeu de la prochaine élection présidentielle.   

 

  

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