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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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12 septembre 2006 2 12 /09 /septembre /2006 13:43

 

Présidentielle: Chevènement pose ses conditions au PS

LES ULIS (AP) - Jean-Pierre Chevènement laisse planer le suspense sur son éventuelle candidature à l'élection présidentielle. Le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC) a expliqué dimanche qu'il se présenterait si le candidat socialiste ne prenait pas en compte ses orientations sur l'Europe.

"Nous ne pourrions soutenir qu'un candidat socialiste qui prendrait en compte le vote du 29 mai 2005 qui a conduit au rejet de la Constitution européenne par 55 % des voix. C'est une question de principe", a averti l'ancien ministre de l'Intérieur dans son discours de clôture de l'université d'été du MRC aux Ulis (Essonne).

Regrettant que le vote de mai 2005 n'ait pas débouché sur une "dynamique du 'non'" au sein du PS depuis la "synthèse molle" du Mans, M. Chevènement, marginalisé depuis la déroute de son "pôle républicain" aux législatives de 2002, n'a pas exclu de soutenir Ségolène Royal. La présidente de la région Poitou-Charentes "paraît symboliser un changement, en tout cas un renouvellement qui peut permettre de sortir des blocages anciens", a-t-il observé.

Mais il a dit "attendre les prises de position sur l'Europe" de la favorite des sondages au PS, qui doit s'exprimer sur le sujet le 13 septembre devant les Amis de l'Europe et la Fondation Robert Schumann.

Jean-Pierre Chevènement, partisan d'une "Confédération de nations républicaines à géométrie variable, partageant un même socle de valeurs et capable de s'unir sur des projets communs", a réaffirmé son refus d'une Europe "postnationale qui déconnecte la démocratie de la nation".

Le président d'honneur du MRC a dit "privilégier la voie d'une contribution positive au redressement de la gauche".

Mais celui qui avait recueilli 5,33% des voix en 2002 -et que beaucoup au Parti socialiste tiennent pour responsable de la défaite de Lionel Jospin- n'exclut pas d'être à nouveau candidat si ses orientations ne sont pas prises en compte par le PS. Il a répété à cet égard que le MRC prendrait sa décision en décembre, après la désignation du candidat socialiste "sur une équation globale, en fonction bien entendu de la place qu'il fera à (ses) préoccupations".

"S'il apparaissait que nous ne puissions pas apporter une contribution positive et que le candidat du PS ne répondait pas aux questions majeures que nous lui posons du point de vue de l'intérêt national, alors il faudrait, si bien sûr les circonstances le permettaient et si un espace stratégique s'ouvrait, que nous l'occupions", a dit M. Chevènement.

Le président d'honneur du MRC entendrait alors être un candidat de "rassemblement de tous les républicains" sur un "projet clair" de "réorientation de la construction européenne au service de l'emploi". 

"Nous devons être prêts à ne pas soutenir le candidat socialiste si son orientation devait ouvrir la voie à de nouvelles déconvenues", a lancé M. Chevènement. AP

 

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16 août 2006 3 16 /08 /août /2006 16:30

 

Résumé de cinq articles lus dans le Figaro entre le 5 et le 12 août 2006

 

 La rubrique « Opinions » du Figaro vient de produire une série de textes de fond concernant le Liban et Israël, l’implication de la Syrie et de l’Iran en arrière-plan et, plus généralement, le Proche et Moyen Orient.

 Dans l’ordre chronologique, j’ai retenu cinq articles qui apportent des informations historiques et stratégiques permettant de mieux comprendre la réalité dans sa complexité :

 « Liban, la guerre qui lève les tabous » par Antoine Sfeir (5 août),

 « Déconstruire la nation libanaise fragilisée, pour mieux la reconstruire » par Fadi Assaf (8 août),

 « Une révolution stratégique au Moyen-Orient » par Pierre Lellouche (9 août),

 « Le transfert d’hostilité occidental sur les Palestiniens et les Libanais » par Georges Corm (11 août),

 « Moyen-Orient : empêcher la jonction des forces radicales et extrémistes » par Olivier Roy (12 août).

 

Antoine Sfeir, directeur de la rédaction des Cahiers de l’Orient, met en avant les motivations de chacun des protagonistes : Israël, le Hezbollah, mais aussi l’Iran qui a bénéficié de l’accès au pouvoir en Irak de la communauté chiite, ce qui a servi son ambition de devenir une puissance régionale dont l’influence s’étend en Irak, en Syrie (les Alaouites au pouvoir sont issus d’une dissidence chiite) et au Liban (par l’intermédiaire du Hezbollah qui représente une partie influente des chiites libanais).

 D’autres pays producteurs de pétrole de la péninsule arabique ont de fortes minorités chiites (Arabie saoudite, Emirats arabes unis), voire une majorité chiite (Bahrein), qui sont très liées à l’Iran. Par ailleurs, ce pays est engagé dans des négociations qui le conduiront à posséder l’arme nucléaire. L’Iran est donc l’acteur principal aujourd’hui. Le président Ahmadinejad ne reflète pas la position de la majorité des dirigeants iraniens, laquelle est plus près des positions traditionnelles des Perses, ennemis des Arabes, et proche des intérêts stratégiques d’Israël et des USA.

 Vu sous cet angle, le conflit israélo-libanais contient les germes de la résolution de tabous dont on ose enfin parler :

 - La partition du Liban en 4 grandes communautés (chrétiens, sunnites, druzes et chiites), ce qui risque de se passer aussi en Irak.

 - Le Hezbollah n’est plus à l’abri de toute critique. Il est désormais fortement interpellé sur son aventurisme.

 - Comme en Irak, il y a risque d’une guerre fratricide entre les sunnites et les chiites, ce qui sonnerait le glas de la nation libanaise. Or, la guerre a démontré la vitalité de celle-ci dans sa diversité, soudée dans l’adversité. Mais elle a aussi mis en évidence l’absence totale d’un Etat libanais, d’autant plus regrettable dans cette région menacée par les extrémismes.

 Il est des constantes au Proche-Orient aussi têtues que l’histoire mouvementée de cette région : le droit sans la force a toujours été impuissant (le Liban devrait s’en souvenir), mais la force sans le droit n’a jamais été juste (les Israéliens ne doivent pas l’oublier).

 

Fadi Assaf, analyste au Centre d’Etudes et de Recherches Stratégiques, porte son regard sur les rapports entre les diverses communautés et ethnies qui forment l’Etat libanais. La crise actuelle est un nouvel épisode de l’histoire mouvementée du Liban.

 Enfermés dans leur logique communautariste, les Libanais ont souvent choisi de voir ce qui les séparait et non ce qu’ils avaient en commun. Les chrétiens maronites et les musulmans sunnites ont emprunté dans le passé la voie contestataire que le Hezbollah chiite utilise aujourd’hui : elle consiste à s’appuyer sur l’étranger pour renforcer sa propre assise politique au détriment, parfois, de l’intérêt national.

 Inversement, les périodes de stabilité que le Liban a connues ont été celles que garantissait un réel équilibre entre les différentes composantes libanaises.

La résolution 1559 votée par l’ONU a été perçue par la communauté chiite libanaise comme hostile, car remettant en question ses droits acquis face à Israël et arrachés aux maronites et sunnites.

 A l’issue de cet engagement contre l’armée israélienne, le conflit opposant les deux branches de l’islam prend une tournure ouvertement favorable aux chiites, le Hezbollah ayant désormais la sympathie des populations arabo-musulmanes, y compris sunnites. Son leader incontesté, Hassan Nasrallah, est en passe de succéder à Nasser dans les cœurs des populations, ce qui l’incitera à revendiquer à l’intérieur du Liban davantage de pouvoir pour les chiites face aux sunnites, les maronites étant eux-mêmes sur la défensive et tentés de passer des compromis avec les plus forts (voir la position du général Aoun).

 Le résultat inattendu de la guerre entre le Hezbollah et Israël pourrait être de jeter les bases d’une coexistence sociopolitique viable entre les trois communautés libanaises, devenues minoritaires dans le contexte actuel. Déconstruire pour mieux reconstruire…

 

Pierre Lellouche, délégué général de l’UMP et président de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, met en évidence trois facteurs stratégiques essentiels pour l’avenir du Moyen-Orient.

 - Le premier est l’émergence de l’Iran comme superpuissance à vocation régionale, brandissant la bannière de l’Islam chiite radical et, grâce au Hezbollah, en prise directe sur Israël.

 C’est une véritable révolution stratégique car cette guerre du Liban pourrait être une répétition générale d’un conflit demain entre deux puissances nucléaires, Israël et l’Iran.

 - Le second fait majeur est l’accumulation d’erreurs stratégiques à mettre au débit du gouvernement israélien depuis le début de cette crise. La riposte israélienne n’était pas seulement « disproportionnée », elle était fondamentalement erronée. Résultat : Israël, bien qu’agressé, a perdu la guerre des images et le Hezbollah sort renforcé.

 - Le troisième facteur dominant est la marginalisation des USA au Proche-Orient.

 Après l’immense gâchis de cette guerre, il importe de faire en sorte que le Liban soit pleinement souverain, ce qui passe par un accord global sur le statut du Liban, avec la participation de la Syrie et de l’Iran.

 La tâche qui attend, notamment, l’Europe et la France est immense. Se contenter de faux-semblants, c’est se condamner à des conséquences encore plus graves.

 

Georges Corm, économiste et historien, ancien ministre libanais des Finances, intervient sur le registre historique et psychologique pour tenter de comprendre la réalité actuelle du Proche-Orient.

 Il évoque d’abord l’anesthésie de beaucoup de consciences face au drame du Liban et au non-respect des règles du droit humanitaire, en notant que ce n’est pas la première fois.

 Face à ce chaos sanglant, l’Europe, qui se félicite d’être enfin en paix, ne réalise pas que le vent de folie meurtrière (Afghanistan, Irak, Palestine, Liban…) n’est, en grande partie, que le sous-produit de sa propre histoire, la convulsion la plus spectaculaire de cette histoire tragique, due à l’horreur causée par le génocide des communautés juives d’Europe sous le 3ème Reich.

Ce génocide est un point culminant d’un antisémitisme de nature raciste qui a sévi durant tout le 19ème siècle, prenant le relais de l’antijudaïsme de nature théologique prêché durant des siècles par les catholiques et les protestants.

 Rappelant le silence consternant qui a entouré l’entreprise démoniaque hitlérienne et la réintégration de l’Allemagne au sein des nations démocratiques à la fin de la guerre, l’auteur fait référence à Raul Hilberg, spécialiste de l’histoire de l’Holocauste, qui a expliqué le « transfert d’hostilité » opéré par les Juifs sur d’autres que leurs bourreaux allemands, d’abord sur l’Angleterre mandataire de la Palestine, accusée de retarder la création de l’Etat d’Israël, puis sur les Arabes, une fois l’Etat créé et reconnu.

Ce mécanisme de transfert d’hostilité aurait pu servir aussi de défouloir à la culpabilité éprouvée par l’Europe du fait de ses traditions antijudaïques et antisémites. C’est ce qui expliquerait pour une part l’attitude bienveillante de l’Europe vis-à-vis d’Israël  (et de ses représailles à l’encontre des populations civiles de Palestine et du Liban).

 La doctrine de l’ennemi unique de l’Occident que serait le terrorisme islamique pourrait relever de ce transfert d’hostilité, après l’ancien ennemi qu’était la subversion communiste. En réalité, le terreau sur lequel s’est développé le Hezbollah est l’occupation d’une large partie du Liban sud par l’armée israélienne entre 1978 et 2002. En faisant de l’Etat d’Israël un Etat hors norme du droit international, n’a-t-on pas introduit une nouvelle forme de racisme inversé, perverse et dangereuse pour l’avenir ?

 Le Proche-Orient continue de payer les dettes morales des guerres et violences survenues au sein de l’Europe. Celle-ci peut-elle ouvrir, enfin, la voie à la paix et à la réconciliation avec son Orient proche ? La Méditerranée pourra-t-elle, enfin, devenir notre mer commune, sans ingérence venant d’outre-Atlantique ?

 

 Olivier Roy, islamologue, spécialiste du Moyen-Orient et de l’Asie centrale, montre que deux logiques profondes sont à l’œuvre au Moyen-Orient : un front du refus anti-israélien, cette fois sous l’égide de l’Iran, d’une part, un clivage croissant entre chiites et sunnites, surtout en Irak, qui menace de s’étendre à toute la zone, d’autre part.

 Ces deux tendances ne sont pas nouvelles. Mais ce qui est nouveau, c’est l’intervention américaine en Irak. La montée en puissance des chiites, dans ce qui constitue l’essentiel des zones pétrolières, inspire une vive inquiétude aux régimes arabes conservateurs de la région. L’obsession iranienne a toujours été de contourner le front arabo-sunnite pour se positionner en champion de la cause arabo-musulmane au Moyen-Orient, tout en influençant fortement les réseaux chiites.

 La seule cause qui permet à l’Iran de connecter les deux est la Palestine. Plus précisément, toute conjonction entre le Hamas palestinien et le Hezbollah libanais permet à l’Iran d’articuler ses deux stratégies. La brutale connexion entre les deux conflits israélo-palestinien et israélo-libanais a permis à l’Iran, conduit par Ahmedinejad, de fusionner Front du refus et arc chiite, et de gagner sur tous les tableaux.

 Les milieux arabo-musulmans traditionnels en ont tiré les conséquences. Ils s’alignent sur la rue arabe.

 Les Européens ont continué leur diplomatie cloisonnée, sans faire de lien entre le programme nucléaire de l’Iran et son soutien au Hezbollah dans la crise libanaise (alors que l’Iran joue la crise au Proche-Orient pour pouvoir continuer son programme nucléaire).

 Quant à Israël, en bombardant tout le Liban, il a réunifié chiites, sunnites et chrétiens !

 Il n’existe pas de solution militaire durable. Seul un accord politique de long terme peut stabiliser la région.

 Mais, pour cela, il faut traiter différemment le Hamas et le Hezbollah, retrouver la spécificité de chaque conflit, au lieu de se gargariser de « guerre au terrorisme » ou de « fascisme islamique ».

 

    Communiqué de Georges SARRE (MRC) le 17 juillet 2006 

 Proche Orient : la France doit agir à tous les niveaux pour stopper la guerre

 Le MRC approuve la position prise au nom de la France par le Président de la République Jacques CHIRAC, qui a demandé le désarmement de toutes les milices, notamment du Hezbollah, et jugé « disproportionnée » la riposte d’Israël.

 Mais on ne peut s’en tenir à cette pétition de principes. Il faut une initiative diplomatique forte pour intercéder auprès de toutes les parties en faveur d’un cessez-le-feu immédiat. La France ne peut pas se borner à constater le blocage de l’ONU et l’impuissance de l’Union Européenne. Le déplacement à Beyrouth du Premier Ministre est un symbole positif fort mais insuffisant. Bien entendu, ce voyage doit contribuer à évaluer et renforcer les moyens nécessaires au rapatriement des Français et de tous ceux qui veulent quitter momentanément le Liban.

 Le MRC s’inquiète du sort des populations civiles libanaise et israélienne, qui font l’une comme l’autre les frais d’une escalade ravageuse dans les attaques mutuelles.

Sans une mobilisation puissante de la France et de la communauté internationale, il y a fort à craindre que le conflit s’étende au Proche Orient et se durcisse durablement.

Dans ce conflit grave et particulièrement dangereux, la France, qui a des liens étroits tant avec Israël qu’avec le Liban, doit s’appuyer sur sa liberté pour faire prévaloir le droit et la paix.    

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14 août 2006 1 14 /08 /août /2006 14:50

 

Pour gagner, la gauche doit créer une dynamique populaire

 

Les grands enjeux de 2007 :

 Le message des Français (21 avril 2002, 29 mai 2005) est clair : la conduite du pays doit être assurée par ses élus et non par une technostructure européenne et nationale qui échappe à tout contrôle démocratique. C’est une exigence démocratique et patriotique. En 2007, le nouveau président de la République devra proposer des réformes engageant de vrais changements dans la construction européenne.

 La mondialisation :

 On ne peut se résigner à la domination du monde par la finance mondiale et les intérêts nord-américains, laquelle se traduit par une économie sans règles, une concurrence exacerbée qui conduit au nivellement social et environnemental par le bas, une dilution des pouvoirs et des responsabilités, une citoyenneté qui cède le pas à l’identitarisme et au communautarisme. Il faut mettre de l’ordre et de la justice dans tout cela, instaurer des clauses sociales et environnementales à l’OMC ou protéger le marché européen, organiser des coopérations européennes et internationales.

 La relance de la construction européenne :

 La priorité est économique et sociale : revenir sur les statuts de la Banque Centrale Européenne et remettre la monnaie entre les mains des gouvernants, réformer le pacte de stabilité budgétaire, changer cette politique libre-échangiste stupide qui ouvre l’Europe à tous les courants d’air et provoque les délocalisations.

 L’immigration :

 Il faut revenir à l’immigration maîtrisée avec des critères de régularisation fondés sur la capacité d’intégration, en mettant en place des mesures de coopération et de co-développement avec les pays du sud, pour agir sur les causes de l’immigration.

 La crainte d’un nouveau 21 avril :

 C’est une manœuvre qui cache mal l’absence de dynamique de rassemblement sur des bases politiques nouvelles. Une réorientation du PS est nécessaire. Or, jusqu’à présent, sur le fond et sur les questions électorales, il semble plus soucieux de maintenir le statu quo que de créer les conditions du rassemblement et du succès.

 Le parrainage du candidat socialiste :

François Hollande doit comprendre que, pour gagner, la gauche doit être capable de créer une dynamique. Prendre une mesure administrative ne résout rien.

 En cas de second tour Sarkozy-Royal :

La discipline républicaine devrait jouer. Mais, pour que le courant républicain se mobilise, il serait préférable que les conditions politiques soient réunies en amont.

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31 juillet 2006 1 31 /07 /juillet /2006 21:41

 

Pour un renouveau du monde agricole et rural

  L'effritement de la PAC est exemplaire des dérives de la construction européenne sous l'influence des idées libérales et socio-libérales.

 

A l'origine, elle permettait aux agriculteurs de percevoir, plus ou moins bien il est vrai, des prix fondés sur leurs coûts de production grâce à l'application de la préférence communautaire complétée en tant que de besoin par des mécanismes d'intervention. Maintenant le marché européen est ouvert aux produits de pays dont les normes sociales et environnementales n'ont rien de commun avec les standards européens ; il le sera encore plus avec les négociations en cours à l'OMC.

Dans le même temps, les dispositifs d'intervention et de garantie des prix ont été démantelés.

 Pour faire accepter cette baisse brutale de revenu, l'Union européenne a imaginé un dispositif kafkaïen d'aides directes dissociées ("découplées") des quantités produites. Outre que ce dispositif est mal perçu par le reste de la société, son financement n'est pas assuré à moyen terme, avec pour résultat inéluctable la perte de centaines de milliers de postes de travail agricoles.

 Une PAC rénovée, plus proche de ses buts originels, est possible dans le cadre de la politique européenne que nous préconisons, libérée de la dictature à court terme des marchés financiers et de la tutelle des intérêts géopolitiques des USA. Cette politique permettra de refonder le lien entre le monde agricole et le reste de la société…

Cette réforme de la politique européenne s'accompagnera de mesures nationales visant à simplifier la gestion interne du secteur agricole et rural, notamment en réduisant l'influence disproportionnée des lobbies professionnels sur les orientations politiques.

 Pour garantir simultanément les intérêts des producteurs et des consommateurs, ainsi que la viabilité des industries agricoles et alimentaires (qui génèrent plus d'emplois que l'activité agricole proprement dite), des mesures effectives garantiront une juste répartition de la valeur ajoutée entre les divers échelons de filières agroalimentaires en réduisant les pressions exercées par les grands distributeurs sur leurs fournisseurs.

 Le nombre et le volume des organisations professionnelles de service à l'agriculture ont pu se justifier dans le passé, mais ne sont plus adaptés à la situation actuelle et représentent une charge trop lourde pour les producteurs .Le regroupement de ces organisations sera effectué dans le cadre de Chambres d'Agriculture rénovées, ouvertes aux acteurs des filières agroalimentaires et du monde rural et associées aux collectivités territoriales.

 L'enseignement agricole retrouvera son rôle d'appui au développement agricole et rural pour accompagner les nouvelles activités extra agricoles et les utilisations non-alimentaires des produits agricoles.

 La forêt française constitue une des dernières ressources primaires de notre pays, mais elle est largement sous-exploitée, ce qui permet à certains de "justifier" les importations de bois tropicaux. Une grande politique forestière assurera la mise en valeur de cette richesse nationale en réduisant le pillage du tiers monde et la destruction de ses écosystèmes.

 Les changements climatiques posent avec acuité la question des ressources en eau. Notre pays dispose heureusement d'une situation favorable dans ce domaine, mais une conception étroite de la préservation de la nature s'est opposé à la création de réserves, à grande et petite échelle, qui risquent de s'avérer nécessaires dans le futur. Une relance de la politique hydraulique permettra de garantir la couverture des besoins de la population et de ses diverses activités.

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31 juillet 2006 1 31 /07 /juillet /2006 20:35

 

Quelle sera la place de l’énergie nucléaire en France ?

 

Nous approchons du moment (vers 2010) où la production mondiale de pétrole va diminuer progressivement (pic de Hubbert). Depuis plus d’un an, la demande en produits pétroliers est supérieure à l’offre, ce qui est à l’origine de l’augmentation du prix. Ce n’est pas une crise conjoncturelle, mais durable. Les nouveaux gisements ne pourront résoudre le problème.

 Par ailleurs, l’augmentation de température liée à l’effet de serre est maintenant mesurable. Selon les scientifiques, elle serait au 21ème siècle d’un niveau bien supérieur à celui du passé (entre 2 et 6°C, contre 0,6 à 1°C en moyenne). Une augmentation de 5 à 6 degrés en un siècle serait une amplitude comparable à ce qui se produisait sur plus d’un million d’années (ce qui laissait le temps aux espèces animales et, surtout, végétales, de s’adapter aux nouvelles conditions climatiques).

En fait, depuis 10 000 ans, la terre a connu une période de grande stabilité des températures, ce qui a été un élément favorable au développement des civilisations. D’autres périodes furent marquées par l’extension des glaciers (tous les 100 000 ans sous nos latitudes) ou par les éruptions volcaniques, ce qui provoqua la disparition de nombreuses espèces.

On sait maintenant qu’en rejetant du gaz carbonique dans l’atmosphère, on contribue à l’effet de serre et, donc, au réchauffement climatique.

La consommation d’énergie mondiale augmente de 2 à 3% par an (doublement en une trentaine d’années). Actuellement, elle provient, pour 80%, de l’énergie fossile, et les 20% restants se répartissent entre la biomasse, le nucléaire, l’hydraulique, et, dans une moindre mesure, le solaire et l’éolien.

Stabiliser l’augmentation de température implique de réduire les émanations de gaz carbonique de moitié en 30 ans.

 Si nous consommons 100 d’énergie aujourd’hui (dont 80 venant de l’énergie fossile), nos besoins en énergie seront 200 dans 30 ans (dont seulement 40 devraient provenir de l’énergie fossile). Au lieu de 20 actuellement, c’est 160 qui devraient être issus des autres énergies.

 Or, l’hydraulique a des limites physiques, la biomasse aussi, mais dans une moindre mesure. Les biocarburants seront limités par la capacité de production des agriculteurs. Le nucléaire pose le problème de la prolifération des armes réalisées à partir du combustible des réacteurs et ne peut, donc, être généralisé au niveau mondial.  

Les énergies alternatives ont chacune leurs avantages mais aussi leurs inconvénients et limites. La production d’électricité à partir des éoliennes et de cellules photovoltaïques doit être interrompue par manque de vent ou de soleil, mais aussi quand les vents sont excessifs, ce qui en limite le fonctionnement réel à 20 ou 25% du temps. Il est nécessaire d’installer en complément une source de production électrique de puissance équivalente qui apporte le déficit. Les centrales nucléaires, qui ont trop d’inertie, ne peuvent le faire. Seules des centrales hydrauliques ou thermiques sont adaptées aux demandes de pics énergétiques. Mais il faut veiller à l’effet de serre et à la cohérence d’ensemble de la production énergétique.

 Les biocarburants n’ayant pas ces inconvénients, il est possible de les développer au maximum des capacités de production. Ce ne sera pas suffisant pour remplacer complètement les sources d’hydrocarbures actuelles.

 La France dispose d’un atout : elle maîtrise la technologie et a la capacité de développer son potentiel nucléaire civil. En dépit d’inconvénients majeurs liés aux déchets qu’il faut stocker, ce qui suscite des oppositions citoyennes très fortes qui se manifestent notamment à l’occasion des enquêtes publiques précédant la construction de l’EPR et des lignes à très haute tension, la nécessité du nucléaire, sous réserve d’une utilisation plus rationnelle et réellement complémentaire des autres sources d’énergie, ne peut être écartée à court et moyen termes.

 Toutefois, l’uranium est un minerai dont les réserves sont limitées, comme celles des énergies fossiles. La limite est estimée à 70 ans avec la consommation actuelle. Il est très important de savoir comment peut évoluer cette filière. Les nouvelles centrales EPR (Réacteurs à Eau Pressurisée) sont appelées à remplacer celles des années 1970, en attendant les réacteurs de 4ème génération fonctionnant au plutonium, non présent à l’état naturel, mais il est produit en petite quantité dans les centrales actuelles.

Le plutonium, qui est assimilé à un déchet dans les conditions de productions actuelles, deviendrait un combustible. Les réserves énergétiques de cette filière seraient ainsi multipliées par 50 voire 100. En plus de brûler des déchets, nous aurions ainsi des réserves énergétiques pour plus de mille ans. C'est le domaine des surgénérateurs qui sont actuellement à l'étude en Russie et au Japon et dont la fermeture de Super Phénix nous aura fait perdre beaucoup de temps et d'argent. 

 

 

Une autre filière est actuellement à l'étude, c'est la fusion du deutérium et du tritium qui cherche à reproduire les réactions qui ont lieu dans le soleil et dans les autres étoiles. C’est cette perspective qui est à l’origine du grand projet mondial de recherche nucléaire sur la fusion contrôlée, qui se réalise en France sur le site de Cadarache, en coopération avec l’ensemble des pays concernés. Ces recherches seront longues et onéreuses, mais sans comparaison avec les sommes investies actuellement dans les énergies fossiles. Le développement de cette filière permet d’envisager la suppression des déchets directs et une pérennité liée à des réserves quasi sans limites.

 

Reste le problème des déchets nucléaires qu’il faut résoudre, soit par l’enfouissement, qui est la solution actuellement à l’étude, mais il existe une autre solution possible qui doit être prise au sérieux : la transmutation des éléments les plus dangereux.

Le projet de loi Bataille sur les déchets nucléaires présente trois volets :

Le développement de la recherche sur la séparation et la transmutation des éléments radioactifs à longue vie.

L’étude des possibilités de stockage dans des formations géologiques profondes.

L’étude des procédés de conditionnement et d’entreposage de longue durée afin d’éviter toute dispersion.

Il s’agit de résoudre le problème des 500 tonnes de déchets nucléaires produits en France chaque année par les centrales. On peut penser que ce n’est pas plus difficile que de s’attaquer au problème des centaines de millions de tonnes de produits chimiques liés à notre consommation.

 En conclusion, et pour résumer les choix énergétiques et leurs conséquences, nous avons trois types d’attitudes, dont deux sont intenables :

 Le premier est de continuer à consommer les énergies fossiles. Les réserves sont, environ, de 40 ans pour le pétrole, 70 ans pour le gaz, 200 ans pour le charbon. Les pénuries de pétrole et de gaz sont proches et l’effet de serre, avec ses incidences sur le changement climatique, oblige à diminuer la consommation de charbon.

Le second consiste à miser uniquement sur les énergies renouvelables. C’est le choix du non-développement (ou de la décroissance) qui risque d'être durable.

Le troisième, le seul viable, vise à répondre aux besoins de croissance et de développement du pays par les trois moyens que sont les énergies renouvelables, le nucléaire et les économies d’énergie, en étant attentifs à l’efficacité des énergies et à leur complémentarité. Car la diminution de la consommation des énergies fossiles (pénurie et répercussion sur le climat) est incontournable.

 

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31 juillet 2006 1 31 /07 /juillet /2006 15:09

 

q       Remettre la construction européenne à l’endroit

        Les signes de la crise de confiance entre les peuples et leurs dirigeants ne manquent pas, surtout au niveau européen. 

·         Le 29 mai, le peuple français a rejeté la manière dont l’Europe a été faite, dans son dos, en dehors de la démocratie.

 ·         Le 1er juin, le peuple hollandais a refusé, lui aussi, de ratifier le traité constitutionnel européen, craignant la perte de son identité nationale.

 ·         Les élections européennes 2004 ont été marquées par un taux d’abstention record, notamment dans les pays de l’est européen, mais aussi à l’ouest.

 ·         Les gouvernements sortants sont le plus souvent désavoués par les électeurs et les majorités parlementaires nationales deviennent de plus en plus introuvables…

 o       L’Europe est au cœur du malaise politique actuel. 

§         Les citoyens ne refusent pas l’Europe mais ils veulent mettre fin à la dérive libérale, libre-échangiste et bureaucratique de la construction européenne.

 §         Conscients que les grands problèmes actuels ne peuvent trouver de solutions au seul niveau national, ils souhaitent que l’Europe les défende, dans une compétition mondiale sans règles, et réduise les inégalités entre les peuples.

 §         L’Europe a échoué parce que ses dirigeants ont détourné les pouvoirs transférés à Bruxelles à des fins de mise en conformité avec les règles de la mondialisation libérale.

 §         Elle a échoué pour une seconde raison. Les conditions précipitées dans lesquelles a été  décidé l’élargissement  aux pays de l’Europe centrale et orientale ont résulté, pour une bonne part, de la soumission des institutions de Bruxelles à la volonté des USA de maîtriser l’avenir de l’Europe et, au-delà, du continent eurasiatique.

 o       Désormais, l’Europe doit se construire sur de nouvelles bases. 

v      Après le vote du 29 mai, rien n’est plus comme avant. Désormais, construction européenne rime avec assentiment populaire. Un changement de méthode s’impose.

 L’Europe doit se construire dans le prolongement des nations, par délégation de compétences bien ciblées et démocratiquement contrôlées.

 v      Faut-il une constitution européenne ? Non, ce n’est pas nécessaire et ce n’est pas une bonne solution pour 25 peuples qui tiennent à vivre dans le cadre de leurs démocraties nationales et coopérer entre eux sur la base de projets clairement définis.

 v      Quelle est la solution ? Il faut partir des traités existants et les renégocier en fonction des priorités. La relance durable de l’économie de la zone euro est l’urgence absolue.

 Cette partie de l’Europe (zone euro : 300 millions d’habitants) est le centre vital de l’Europe, avec en son cœur les six pays fondateurs de la CEE (225 millions d’hab.).

 C’est la locomotive dont l’Europe entière a besoin. Il faut la doter des institutions et des politiques qui relanceront le développement économique sur tout le continent.

 v      Un nouveau traité est nécessaire pour réformer les statuts de la Banque Centrale Européenne et attribuer de nouvelles compétences à l’Eurogroupe (élargi aux chefs d’Etat et de gouvernement) concernant la monnaie et la politique de change, la coordination budgétaire (au lieu du pacte de stabilité) et la convergence progressive sur les plans fiscal et social.

 Dès lors que les compétences de l’Eurogroupe et de la BCE auront été ciblées par la définition d’objectifs clairs (croissance, emploi, rôle international de l’euro), il pourra être admis que, sous le contrôle des Parlements nationaux, les décisions de l’Eurogroupe soient prises à la majorité qualifiée.

 v      Ce traité devrait inclure la possibilité, pour un petit nombre de pays, d’opter pour des coopérations renforcées, sous réserve que celles-ci respectent les acquis communautaires et restent ouvertes aux autres pays.

 C’est le moyen d’aller vers « un acteur européen stratégique à l’échelle mondiale », qui serait indépendant.

 Cette réorientation de la construction européenne avec les partenaires qui le souhaiteront sera favorisée par l’inévitable distanciation des USA par rapport à l’Europe en raison de leurs engagements prioritaires ailleurs dans le monde.

 q       Remettre la France dans le sens de la marche… républicaine

 Dans le désert des grandes ambitions collectives et la sécheresse des perspectives offertes par les grands partis politiques actuellement, il importe plus que jamais de faire retour à la République.

 Cette République qui, depuis deux siècles, donne sens à notre histoire et aux luttes pour la démocratie politique, le progrès social, l’indépendance nationale et la fraternité des peuples.

 Dans ce monde injuste et violent qui serait, dit-on, en train de glisser vers le « choc des civilisations », la voix de la République, qui est aussi celle de la France, doit parler pour l’humanité.

 Ø      Réaffirmer les principes républicains.

v      Foi dans l’Homme et dans la raison humaine : c’est la base de la démocratie issue des Lumières. Cette confiance dans la capacité humaine à s’affranchir de l’ignorance et de la superstition constitue le socle de la République.

 v      Souveraineté populaire : le peuple est le creuset de la volonté générale. C’est lui qui tranche en dernier recours.

 En France, souveraineté nationale et souveraineté populaire sont indissociables. C’est pourquoi nous parlons de nation républicaine, qui peut agréger sans cesse de nouveaux citoyens. A ne pas confondre avec la nation ethnique ou culturelle, qui est tournée vers le passé et beaucoup plus fermée.

 v      La citoyenneté se déduit de la souveraineté populaire. Elle nourrit la démocratie, ce qui suppose une pleine liberté d’expression et, pour les citoyens, un bon équilibre de droits et de devoirs.

 v      Elle s’exerce dans un espace laïc, soustrait aux dogmes. La laïcité fait en sorte que tous les citoyens, au-delà de leur diversité (sociale, ethnique, religieuse, philosophique…), puissent se déterminer ensemble sur le contenu du « bien commun ».

 v       Tous les citoyens sont égaux devant la loi. L’autorité de la loi est la base même de la République .Celle-ci est un régime de liberté, qui comporte le droit à la sûreté.

 La sûreté est la condition de l’exercice de toutes les libertés. L’ordre républicain ne se confond ni avec l’idéologie sécuritaire ni avec le laisser-faire (« angélisme »). 

     L’école laïque est au cœur de la République, de la formation du citoyen et de son esprit critique. L’acquisition des savoirs fondamentaux ne se fait pas sans efforts, mais c’est dans l’intérêt des enfants, notamment ceux issus des milieux populaires.

 Se limiter à un « socle commun de connaissances » ne correspond pas à ce qu’on attend d’une école républicaine.  L’instruction civique et morale sont parties intégrantes de l’école, les jeunes ayant besoin d’avoir à l’esprit les règles républicaines.

 v      L’égalité est au cœur de la devise républicaine. Dans la République sociale, l’égalité des chances est une réalité. Le droit au travail, à la formation, au logement, sont garantis.

 La revalorisation du travail est la première priorité. Elle va de pair avec la revalorisation de l’économie. L’accroissement des salaires directs sera réalisé par le glissement des charges patronales et salariales vers la TVA et la CSG.

 Ø      Rééquilibrer les institutions républicaines.

La Constitution de 1958 prétendait instaurer un « parlementarisme rationalisé ». La pratique a débouché sur un régime présidentiel déséquilibré, l’adoption du quinquennat ayant accru le déséquilibre et la concentration des pouvoirs.

 v      Pour revaloriser le rôle du Parlement, il faut aller vers un régime présidentiel rationalisé, où le Premier Ministre et le gouvernement seront nommés par le Président de la République et ne procèderont plus de la majorité parlementaire.

 v      Quelques mesures complémentaires permettront d’équilibrer le dispositif :

 §         Suppression de l’article 49-3 de la Constitution qui permet l’adoption d’un projet de loi, sauf adoption d’une motion de censure par l’Assemblée Nationale.

 §         Maintien de deux « soupapes de sécurité » :

 o        Droit de dissolution (à la disposition du Président de la République face à l’Assemblée),

 o        Motion de censure (à la disposition de l’Assemblée à l’égard du gouvernement).

 Mais la nouveauté serait, en cas de conflit, le renvoi simultané des belligérants devant le suffrage universel (élection présidentielle puis législative).

 v      En conséquence, le mode de scrutin pour les élections législatives pourrait être réformé afin que l’Assemblée Nationale soit plus représentative.

 ·         Le maintien des circonscriptions territoriales est souhaitable pour ne pas faire des députés de simples délégués des partis politiques.

 ·         La représentation proportionnelle serait présente dans le cadre d’un système à l’allemande (deux bulletins pour chaque électeur, l’un pour élire le député de la circonscription, l’autre pour choisir le parti à la proportionnelle).

 Commentaires :

 ü       Le Président et le gouvernement  (installés à l’issue de l’élection présidentielle) et l’Assemblée Nationale (installée à l’issue des élections législatives qui suivent l’élection présidentielle) seraient placés dans des conditions qui les inciteraient fortement à coopérer.

ü       Le peuple serait assuré de trancher les conflits en dernier ressort.

 ü       Les députés (pouvoir législatif) verraient leurs pouvoirs de contrôle renforcés, du fait de leur moindre dépendance vis-à-vis du pouvoir exécutif.

 ü       On n’entre pas dans une VIème République. On reste dans une Vème rééquilibrée, après avoir admis qu’il n’est pas réaliste de revenir sur l’élection du Président de la République au suffrage universel, pas plus que sur son rôle majeur dans les institutions.                                 

 Ø       Mobiliser tous les atouts de la France.

Limitons-nous à quelques-uns d’entre eux, plus importants.

 v      La réforme des prélèvements obligatoires doit servir un double objectif d’efficacité économique et de justice sociale.

 v      L’égalité homme-femme doit être promue systématiquement.

 v      L’épargne doit être détournée des placements spéculatifs et canalisée vers l’investissement productif.

 v      La hausse des taux d’activité sera encouragée par la mise en œuvre d’une retraite progressive et par une politique permettant aux femmes de mieux concilier une activité professionnelle avec leur désir d’enfants (crèches, assistantes maternelles, etc.). On sait que ce désir est aujourd’hui loin d’être satisfait.

 v      La politique industrielle sera relancée en prenant appui sur l’épargne collective et sur un secteur public revitalisé .

 v      La politique agricole commune sera maintenue et réformée, dans un sens favorable aux exploitations moyennes.

 Ø      Revaloriser les services publics et redéfinir leurs missions.

Les services publics sont le socle de la compétitivité  d’un pays moderne.

v    La priorité ira à l’éducation, à la formation continue, à l’université qui en a grand besoin, et à la recherche.

     Une politique énergétique répondant aux besoins du pays et respectueuse de l’environnement mettra l’accent sur les énergies nouvelles, y compris les réacteurs nucléaires de nouvelle génération (EPR, puis réacteurs hybrides), la biomasse, les économies d’énergie et la recherche concernant le traitement des déchets nucléaires ultimes et les énergies du futur (hydrogène, fusion).

 Une politique gazière sera élaborée à l’échelle européenne, en coopération avec la Russie et les pays du Maghreb.

 v    La priorité à la réduction des gaz à effet de serre doit également se décliner en matière de transports (nouvelles infrastructures fluviales et de chemins de fer, lignes à grande vitesse, développement du ferroutage).

 v    La politique de santé mettra l’accent sur la prévention et l’éducation à la santé.

 v    La retraite par répartition sera maintenue.

 v    L’immigration, quand elle est définitive, doit aller de pair avec l’intégration républicaine. Elle suppose l’accès égal à la citoyenneté et le respect de ses valeurs et de ses règles. Des migrations temporaires peuvent et doivent faire l’objet d’une politique de coopération avec les pays d’origine.   

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31 juillet 2006 1 31 /07 /juillet /2006 14:45

 

Mondialisation de l'économie = fin de la démocratie* ?

*L’auteur de ce texte n’a pas souhaité rendre public son nom

L'«inéluctable mondialisation de l'économie» découle pour une part des progrès techniques, notamment dans le domaine des communications, qui facilitent les échanges de biens, et surtout de services et de capitaux. La mondialisation résulte encore plus de la volonté persistante des gouvernements et des puissances financières qui les soutiennent d'éliminer tout obstacle aux échanges et toute entrave au libre jeu des forces économiques avec pour premier critère la rentabilité financière.

 

L'internationalisation de l'économie repose sur le postulat selon lequel le libéralisme permet, tel la main invisible d'Adam Smith, la répartition optimale des activités en fonction des potentialités naturelles et du niveau de développement de chaque région. Une des conséquences les plus souvent énoncées est que les pays développés doivent se spécialiser dans des activités, intellectuelles et de service, à contenu intellectuel élevé, et abandonner les secteurs fortement consommateurs de main d'oeuvre aux pays en développement où cette main d'oeuvre est bon marché.

 

De même que les théories d'Adam Smith ont fourni une justification théorique à l'exploitation des travailleurs dans l'Angleterre du XIXème siècle, de même on constate que le triomphe actuel des théories libérales se traduit par la montée irrésistible du chômage et l'instauration d'une société duale, avec les maux qui les accompagnent.

 

Au-delà de ces faits, quelques réflexions de bon sens permettent de mesurer le caractère trompeur des justifications du libéralisme sans freins. En dépit des théories généreuses qui prétendent pouvoir pousser toute personne jusqu'aux études supérieures, une proportion non négligeable de la population, même dans les pays les plus développés, ne peut être employée que dans des tâches à faible contenu intellectuel. De même, si l'emploi constituait vraiment une priorité absolue, il conviendrait par exemple de comptabiliser les emplois créés en France par la vente d'une centrale nucléaire à la Chine et les emplois détruits par les textiles ou le matériel électrique importés en compensation.

 

Tout le monde répète que 1/3 des emplois français sont liés à l'exportation, mais personne ne s'étonne du paradoxe qui fait que les records actuels de solde extérieur s'accompagnent de records de chômage. Cela s'explique si l'on considére que nous échangeons des produits à forte intensité capitalistique contre des produits à forte intensité de travail et que plus nous exportons, plus nous importons de chômage en retour.

 

La seule façon d'atténuer les conséquences sociales de ces destructions d'emplois serait d'augmenter la redistribution des bénéfices commerciaux et financiers réalisés par les secteurs qui profitent de la division internationale du travail. Malheureusement, la libéralisation simultanée des marchés financiers multiplie les possibilités d'évasion fiscale et de localisation des gains dans des pays accueillants.

 

Les assurances prodiguées par les gouvernements pour apaiser les craintes engendrées par la libéralisation incontrôlée des échanges ne sont qu'une farce. Alors que les distorsions commerciales résultant des manipulations monétaires sont évidentes, aucun effort sérieux n'a été fait pour lier l'ouverture de nos frontières à l'acceptation d'une discipline monétaire par les USA. De même, les assurances de clauses sociales dans l'Organisation Mondiale du Commerce restent lettre morte, la récente réunion ministérielle de l'OMC à Singapour l'a confirmé.

 

Dans ces conditions, il ne faut pas s'étonner que le citoyen se sente abandonné et qu'il perde confiance dans les mécanismes démocratiques. En s'en remettant sans garde fou aux lois du marché, le gouvernement retire au citoyen la possibilité d'influer par son vote sur un élément essentiel de sa vie : l'exercice de son droit au travail. Il n'est pas indifférent de souligner qu'au moment où se lèvent tous les jours des défenseurs des droits les plus divers, on passe sous silence ce droit essentiel, pourtant inscrit depuis 1946 dans le préambule de la Constitution.

 

L'opinion se révolte aussi contre le paradoxe qui voudrait que le libéralisme censé être source de richesses se traduise par une remise en cause sans précédent des acquits sociaux et des concepts de solidarité qui sous tendent la société française. Elle ne peut pas non plus admettre que les progrès scientifiques et techniques utilisés pour justifier la mondialisation se traduisent par une décadence matérielle et morale.

 

La tentation de l'extrémisme politique est une réponse naturelle à cette situation. Il est à craindre que lorsque cet extrémisme aura montré ses limites, il ne cède la place comme dans d'autres pays à des comportements encore plus inquiétants : extrémisme religieux, dérives maffieuses ou sectaires, ...

 

Pour lutter contre cette dérive, il faut que l'emploi devienne une priorité absolue dans les faits et non seulement dans le discours. Cela implique en premier lieu de combattre les politiques qui conduisent à la disparition d'emplois productifs et d'adopter des mesures qui contribuent à recréer de tels emplois dans notre pays. Il faut signaler à ce propos que pour sympathiques qu'elles soient, les dispositions qui ne créent que des emplois de service (par exemple en abaissant l'âge de la retraite dans les transports) contribuent à accroître les ponctions déjà exagérées sur le secteur productif et entretiennent le cercle vicieux de la redistribution croissante de ressources qui s'amenuisent.

 

Cette priorité réelle accordée à l'emploi constituerait la meilleure réponse au discours démagogique du Front National, qui attribue aux immigrés la responsabilité du chômage et des maux qui l'accompagnent, et dissimule ainsi la responsabilité d'un libéralisme effréné qui casse des pans entiers de l'appareil productif français. Si on veut lutter contre la xénophobie, il est plus utile de s'attaquer réellement au problème du chômage que de faire du tapage sur la loi Debré en "oubliant" de dénoncer l'accord OMC sur les télécommunications qui constitue une avancée majeure vers la déréglementation généralisée.

 

Même si l'on cherche à nous faire croire qu'il est "politiquement incorrect", un certain protectionnisme est nécessaire. Nous devons affirmer haut et fort qu'il ne s'agit pas d'une attitude conservatrice, mais de la constatation de bon sens qu'il n'est pas possible de se réclamer d'une certaine conception de la solidarité et de l'organisation sociale si l'on refuse toute protection contre les pays et les groupes d'intérêt qui n'appliquent pas ces règles. Dans ce contexte, l'attitude vis-à-vis de l'Union Européenne est un élément majeur. Loin de constituer le cadre indispensable à la défense de l'économie française, l'Union Européenne dominée par les tenants du libéralisme économique le plus dogmatique est un relais essentiel de l'internationalisation de l'économie.

 

Depuis au moins 20 ans, nous sommes soumis à un véritable terrorisme intellectuel qui nous répète que faute de développer l'intégration européenne, nous n'aurions qu'une Europe inachevée sans contenu politique et sans poids face aux USA. On n'a développé que l'Europe des marchands en supprimant tous les obstacles aux échanges, alors que l'Europe sociale censée contrebalancer cette évolution reste désespérément au point mort. Dans le même temps, l'élargissement croissant de l'Union Européenne à des pays de niveau économique et social disparate permet toutes les délocalisations et tous les trafics, au détriment des activités productives.

 

Si rien n'est fait, les évolutions en cours de l'Union Européenne conduiront au tournant du millénaire à deux changements majeurs qui rendront quasi impossible le retour en arrière, sinon accompagné de troubles graves. La monnaie unique et les contraintes qui l'accompagnent vont ôter aux Etats un de leurs derniers instruments au service d'une conception politique (et non uniquement économique) de la société. L'élargissement aux pays de l'Est achèvera la dilution de la construction européenne dans une vaste zone de libre échange ouverte à tous les vents.

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31 juillet 2006 1 31 /07 /juillet /2006 14:18

 

Réunion 4 mai 2006 - groupe EMPLOI 29 mai - à l’Antidote Laval

Etaient présents : des représentants d’ATTAC, du PCF, de PRS, de la LCR et du MRC.

 Le but de cette rencontre est de permettre au rapporteur du groupe (le représentant du MRC) de connaître les propositions des différentes organisations sur le thème de l’emploi, afin de mettre en évidence les convergences lors de la réunion publique le 29 mai à Bonchamp.

 ATTAC :

Mettre entre parenthèses les politiques d’aide à l’emploi des 25 dernières années, notamment l’exonération des cotisations sociales supportées par les entreprises.

 

Refonder et augmenter les salaires (y compris dans la fonction publique) : les salaires directs et les cotisations patronales (revalorisation de la protection sociale et des retraites).

 

Libérer les salariés en finançant par le salaire le temps libre en plus du travail subordonné (cf les propositions de Bernard Friot).

Les gains de productivité ont été affectés au profit (10% du PIB, soit 150 milliards € par an, transférés aux profits et enlevés aux salariés), remettant en cause ce que les salariés avaient acquis de haute lutte dans les années 1950, 60 et 70 et transférant sur l’assistance publique (payée par l’impôt, ex : CSG) la charge des gens peu ou non employables (minima sociaux, RMI, CMU, emplois jeunes, etc…).

Remettre du collectif et de la solidarité (inter-entreprises) en France et en Europe, par le biais des conventions collectives.

PCF :

Le CPE a montré l’exigence d’emploi stable, le défi d’éradication du chômage et de la précarité, ce qui implique :

Pour chacun, un parcours professionnel sécurisé,

La révolution des politiques fiscales et de crédit,

La réorientation de la finance vers les créations d’emplois,

La maîtrise réelle des choix de gestion par les salariés eux-mêmes,

Le remplacement de tous les départs à la retraite dans la fonction publique.

 Deux autres propositions au niveau régional : le contrôle de l’utilisation des fonds publics et la mise en place de fonds régionaux pour l’emploi et la formation.

 PRS :

Contre la « marchandisation » de l’être humain, pour une politique fiscale finançant les services publics, pour le maintien des aides à l’emploi.

Pour une politique en faveur des salariés et de leur protection afin de rééquilibrer la masse salariale au détriment des profits,

Licenciements abusifs : renverser la charge de la preuve, contrôle a priori de tous les licenciements (c’est à l’entreprise de solliciter le licenciement),

Interdiction des licenciements si l’entreprise est bénéficiaire,

Suppression des aides publiques aux entreprises,

Respect de la citoyenneté dans l’entreprise (une entreprise dans l’agglomération lavalloise a fait inscrire au 1er point du règlement intérieur « L’entreprise n’est pas une démocratie »),

Contrat de travail unique (à durée indéterminée),

Taxation des produits financiers et du travail précaire,

Réhabilitation du travail : SMIC à 1500 € nets, relèvement des minima, y compris dans la fonction publique. Le RMI n’a plus sa raison d’être dans le cadre de ce système.

LCR :

Renforcer l’inspection du travail, en augmentant ses effectifs et le pouvoir des inspecteurs (pouvoir inopiné, vraies sanctions des employeurs),

Se poser la question de la levée du secret bancaire, pour de meilleurs contrôles,

Non à la loi Sarkozy sur l’immigration choisie, qui est faite pour tirer les salaires vers le bas (c’est l’équivalent du CNE pour les étrangers),

De vrais emplois pour les étrangers, et non leur exploitation,

Un vrai statut pour les stagiaires,

Reversement par les entreprises des primes perçues indûment.

 MRC :

Dix mesures pour l’emploi :

Ressusciter la préférence commerciale communautaire,

Réformer l’Eurogroupe et la BCE pour mener une politique monétaire favorable à la croissance,

Investir avec ambition dans les infrastructures, l’éducation et le logement,

Faire de l’Etat un véritable stratège industriel,

Mieux financer l’économie pour développer un tissu industriel dense,

Œuvrer à un patriotisme populaire qui ancre les entreprises dans les réalités nationales,

Reprendre en main les services publics pour valoriser le territoire,

Prendre appui sur les baisses de charges patronales pour augmenter les salaires et donner un nouvel élan au CDI,

Construire un nouveau pacte salarial entre les Français,

Mettre en œuvre une véritable politique de formation.

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31 juillet 2006 1 31 /07 /juillet /2006 13:50

 

Emploi : les propositions du MRC

Politique européenne, politique industrielle.

Comme l’écrit Eric Dacheux dans Le Monde du 25 mai 2006, il faut sortir de la « spirale régressive qui aspire l’Union Européenne et l’ensemble des pays membres ».

L’auteur note qu’en France, « la spirale régressive est freinée par une dynamique militante. Pour l’instant, la révolte de la jeunesse et l’énergie associative préservent une contestation démocratique nationale tout en réparant le tissu social de proximité. Jusqu’à quand ? ».

 

Nous pensons que la « contestation démocratique », à l’origine du NON du 29 mai puis du recul du pouvoir sur le CPE, a ouvert la perspective d’une autre politique, antilibérale.

 

La gauche est placée devant une alternative, qui concerne à la fois la France et l’Europe.

 

Soit elle continue d’accompagner la mondialisation libérale et d’accepter la régression sociale (baisse du coût du travail, de la fiscalité, renforcement de la flexibilité, prise en charge d’une partie croissante des salaires par la collectivité, tout cela au détriment de la protection sociale, de l’investissement public),

Soit elle décide de résister à la mondialisation libérale pour renouer avec le progrès social (dans la continuité du NON du 29 mai, refus de la liberté absolue des mouvements de capitaux et des marchandises, levée des verrous communautaires empêchant de conduire une véritable politique économique).

 

La gauche française doit choisir la résistance à la mondialisation et se préparer à réorienter la politique économique européenne, car il faudra corriger les énormes déséquilibres dont souffrent l’Europe et la France (quand les USA feront peser sur nous les conséquences de leurs déficits actuels).

Nous préconisons trois changements fondamentaux

dans la conduite de la politique économique européenne.

 

Une préférence commerciale communautaire, qui pourrait prendre différentes formes (dont des tarifs et quotas douaniers sectoriels) afin d’enlever aux multinationales tout intérêt à exploiter les dumpings sociaux et environnementaux.

Une politique monétaire offensive (Eurogroupe + BCE) afin de garantir les conditions d’une croissance soutenant les activités économiques utiles.

Un investissement public ambitieux (hors contraintes des plafonds selon les critères de Maastricht) afin de favoriser les projets d’intérêt général en Europe.

 

Nous voulons que l’Etat se saisisse

de tous les leviers nationaux de politique industrielle.

 

Rééquilibrer l’économie en évitant de faire le grand écart entre les emplois hyper-qualifiés et les emplois très peu qualifiés.

Faire de l’Etat un stratège favorisant la coopération entre les acteurs industriels (la cohérence des actions publiques aidant les entreprises à se projeter dans le long terme et à faire des choix correspondant à l’intérêt du pays).

Financer les projets assurant une production sur le territoire français et une utilité pour la France, avec un effort particulier en direction des PME/TPE.

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31 juillet 2006 1 31 /07 /juillet /2006 13:31

 

NOTE CONCERNANT LE DEFICIT DE L’ASSURANCE MALADIE

  A) Des éléments récents viennent confirmer les réticences que nous avions exprimées concernant la réforme de l’Assurance Maladie :

 1) Le 8 juin, le rapport de la commission des comptes annonce que le déficit du régime général devrait atteindre 10,3 milliards d’euro en 2006, contre 11,6 milliards en 2005 : la prévision de ramener le déficit à 8,9 milliards ne sera pas atteinte, et l’objectif d’un retour à l’équilibre des comptes à l’horizon 2007 est très peu probable.

Même si la branche maladie voit une modeste diminution de son déficit, -contrairement aux branches vieillesse et famille qui voient leur situation s’aggraver-, la part majeure du déficit de la Sécurité sociale provient de la branche maladie (8 milliards en 2005).

  2) Le 8 juin toujours, à l’occasion du congrès de la Mutualité Française, son président Jean-Pierre Davant, en présence de Jacques Chirac, a prononcé un discours très critique, déclarant notamment que « la somme [des] intérêts particuliers ne peut pas constituer une politique de santé ».

  3) Lors des élections professionnelles du 2 juin dernier, les médecins libéraux ont voté majoritairement pour les organisations qui s’étaient opposées à la convention médicale qui instituait la réforme du « médecin traitant ». C’est un signe du désaveu des médecins face à un gouvernement qui ne ménage pourtant pas ses efforts de clientélisme pour s’attirer la sympathie du « corps médical ».

 B) La politique du gouvernement va à l’encontre de notre conception de la Sécurité Sociale.

 1) Plusieurs mesures prises tendent à renforcer la part individuelle du financement : forfait de un euro par acte, augmentation du forfait journalier hospitalier, forfait de 1 euro pour les actes d’un montant supérieur à 91 euro, introduction de nouveaux dépassements d’honoraires non remboursables.

 

Ces mesures diminuent donc encore la part collective du financement du système de soins, principe de base de notre pacte républicain puisqu’il garantit la solidarité du système.

 2) La réforme dite du « médecin traitant », en instituant à la fois un parcours de soins et la possibilité pour les plus favorisés de le contourner en payant des dépassements d’honoraires non remboursables, va à l’encontre du principe d’égalité car elle favorise l’instauration d’une médecine à deux vitesses.

 C) Notre approche de la question du financement de la Sécurité sociale doit envisager la question des recettes et celle des dépenses :

1) Concernant les recettes : il faut cesser d’augmenter la part individuelle du financement du système, le financement collectif repose sur les cotisations (salariales et patronales) et sur la CSG :

 a) les cotisations salariales doivent être transférées sur la CSG.

 b) pour le calcul des cotisations patronales, la prise en compte de la valeur ajoutée des entreprises plutôt que de la masse salariale doit permettre de favoriser une politique de l’emploi indissociable des préoccupations quant au financement du système. Cette mesure, que nous avions préconisée depuis longtemps, a récemment été reprise à son compte par le Président de la République. Nous serons vigilants quant à la suite qui sera donnée à ces déclarations.

c) le financement par la CSG reste satisfaisant car, portant sur l’ensemble des revenus, y compris sur les revenus financiers des ménages, il comporte une dimension égalitaire. Son apport aux recettes de la Sécurité sociale doit donc être renforcé, quitte à rendre la CSG progressive donc plus juste.

d) par ailleurs, dans le cadre de la politique d’augmentation des recettes, il convient d’envisager les modalités d’une taxation accrue des revenus financiers des entreprises, de mettre largement à contribution l’industrie pharmaceutique.

 

 

 2) Concernant les dépenses, il faudra notamment :

a) mener une vraie politique du médicament, premier poste de dépenses après l’hôpital. Pour cela il faut : continuer de renforcer l’usage des génériques,

pratiquer une gestion conventionnelle du prix du médicament,

poursuivre le déremboursement des médicaments à service médical rendu insuffisant, tout en menant une réflexion sur les conditions d’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) des médicaments, afin que seules les molécules ayant réellement prouvé leur efficacité soient considérées comme des médicaments et donc légitimement remboursées à taux maximal.

b) développer avec ambition la prévention et l’éducation à la santé.

c) entreprendre une réflexion profonde concernant la rémunération des médecins à l’acte et la légitimité éventuelle de l’introduction d’une rémunération forfaitaire assortie d’un encouragement liant une part des revenus à l’activité réelle.

Enfin, il est indispensable que ces questions soient débattues publiquement devant les citoyens : aussi, il conviendra de renforcer le rôle du Parlement dans le pilotage de notre système de santé.  

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