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Présentation

  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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22 février 2007 4 22 /02 /février /2007 12:36

 

Une nouvelle politique agricole française pour l’Europe

 Après la Côte-d’Or le 5 décembre et un débat MRC avec un syndicaliste de la Confédération paysanne, ce sera la Gironde le 16 mars à 20h30 à Libourne et un débat organisé par le MRC local (responsable Patrick Nivet) avec le responsable départemental de la Coordination Rurale, Christopher Derrett, arboriculteur et éleveur né à Londres, vivant en France depuis 1982. Après le Bourgogne, ce sera le Bordeaux, comme si j’étais attiré par le bon vin !

 Effectivement, la viticulture est une composante importante de l’agriculture française. Elle a été l’activité agricole la plus malmenée en 2006 (voir les articles mis en ligne les 26 décembre et 22 janvier sur ce blog, catégorie « Agriculture et PAC ») et elle apparaît comme étant la future victime des projets européens (voir l’article intitulé « La Commission européenne veut libéraliser le marché du vin », 26 novembre, sur ce blog).

 Patrick Nivet m’a transmis une copie d’une coupure du journal Sud Ouest, datée du 19 juin 2006, qui présente le point de vue de Christopher Derrett sur la situation des arboriculteurs et viticulteurs de sa région, sous le titre « Pour un juste prix ». En voici quelques extraits pris dans l’introduction puis dans la conclusion.

 « Partout dans le monde, on arrive maintenant à produire nos spécialités régionales : les cerises proviennent d’Espagne et les pommes de Chine ! Bientôt, ce pays saura tout produire et pourrait nous envahir comme pour les vêtements. Evidemment, les coûts de production sont à des années-lumière des nôtres. Ce qu’on connaît dans les fruits arrive dans la vigne. On fait maintenant du bon vin partout, alors qu’avant, les Français et les Bordelais en tête se sentaient protégés. Et la crise est sévère avec arrachages et distillations à la clef. Les consommateurs français veulent toujours payer moins cher leurs produits alimentaires. Mais ils doivent savoir que leurs actes d’achat conditionnent l’avenir de nombre d’agriculteurs (…). Je regrette que le producteur ne compte plus pour grand-chose dans ce beau pays qui est devenu le mien ».

 Pour ma part, je suis persuadé que les prix à la production doivent être revalorisés mais cela suppose de protéger l’espace européen des distorsions de concurrence, ce qui fait partie des principes fondateurs de la PAC au début des années 1960. On en est bien loin. Je propose, au nom du Mouvement Républicain et Citoyen, de refonder la politique agricole de la France (elle n’existe plus) et de convaincre les partenaires européens de l’adopter dans le cadre de la Politique Agricole Commune, en prenant appui sur la volonté des citoyens.

 Le texte qui suit a été présenté le 17 février dernier à Pontivy aux militants du MRC Bretagne. Il intègre les amendements reçus depuis le 9 décembre, date de sa rédaction en vue de le présenter au Conseil national du MRC le lendemain (en fait, l’ordre du jour a été bouleversé à l’initiative de Jean-Pierre Chevènement, proposant le retrait de sa candidature et le soutien de Ségolène Royal, suite à l’accord politique et électoral passé la veille avec le PS). C’est ce document que j’ai remis hier midi à Changé, d’abord à François Rebsamen, puis à Ségolène Royal elle-même, en souhaitant qu’elle le prenne en compte dans ses orientations de politique agricole pour le futur quinquennat.

 Nouveau texte d’orientation agricole à débattre dans le cadre de la campagne présidentielle

 L’agriculture est directement impliquée dans trois défis à relever dans la première moitié du 21ème siècle : l’eau, l’énergie, l’alimentation.

 L’eau et l’énergie

 L’eau, les sols et la biodiversité sont des biens rares qu’il faudra préserver. L’agriculture y veillera.

L’énergie est utilisée et produite par l’agriculture. Elle est utilisée par les tracteurs de façon beaucoup trop dépendante du pétrole. Il existe une bonne solution : les huiles végétales pures, notamment celle de tournesol.

L’agriculture et la forêt devront produire de plus en plus la matière première de nouvelles sources d’énergie afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre et économiser l’utilisation d’hydrocarbures. La biomasse est du « pétrole frais renouvelable ».

 Deux types de biocarburants peuvent se substituer à court terme au pétrole : le bioéthanol (dans l’essence) à base de céréales ou de sucre d’une part, et le diester (dans le gazole) à base de matières grasses contenues dans les plantes oléagineuses (colza, tournesol) d’autre part.

 Mais ils présentent de sérieux handicaps : leur bilan énergétique est médiocre (surtout l’éthanol), leur rentabilité (sans aides) n’existe qu’avec un pétrole à 85 dollars le baril (diester) et 140 dollars le baril (éthanol), la multiplication des surfaces cultivées en colza (diester) induirait des pollutions supplémentaires (pesticides sur les parasites).

 Il faudra examiner avec prudence leur développement en complément ou substitution au pétrole. La solution viendra avec la transformation industrielle de la biomasse en carburant (écarts forestiers, chutes de scieries, pailles…).

 Le défi alimentaire

 Le troisième défi, alimentaire, est en rapport direct et central avec l’agriculture. Je propose le plan suivant en indiquant mes références.

 1-      Le constat de la fracture agricole et alimentaire mondiale (Marcel Mazoyer et Laurence Roudart).

 2-      Les moyens à prendre pour relever le défi alimentaire (Michel Griffon).

 3-      Les principes d’une nouvelle politique agricole (Edgard Pisani).

 4-     Une politique agricole pour la France et l’Europe (Guy Paillotin).

 Le constat de la fracture agricole et alimentaire mondiale

 Beaucoup de belles paroles lors des Sommets de l’ONU (2000), de l’OMC (2001) ou du G8 (2005), les unes après les autres démenties par les faits.

 Un tiers de l’humanité souffre de malnutrition, 800 millions de personnes de sous-alimentation chronique, dont une majorité de paysans.

 La mécanisation a permis des gains de productivité, à l’origine de la baisse des prix agricoles dans chaque pays et sur les marchés internationaux. Et, pourtant, seulement 10% de la production agricole mondiale est mise sur les marchés.

 Et seulement 2% des actifs agricoles dans le monde utilisent un tracteur. En dépit des inégalités énormes entre les agricultures du monde, les baisses de prix ont été répercutées de la même façon dans la quasi-totalité des pays. La diminution des coûts du transport et la libéralisation du commerce international ont joué en ce sens.

 Jusqu’au début des années 1980, l’agriculture, considérée comme un secteur stratégique par les Etats, était restée en dehors des négociations internationales concernant la libéralisation des échanges.

 Par la volonté des USA et de l’Europe, elle y est entrée en 1986, dans le cadre du GATT puis de l’Organisation Mondiale du Commerce, obligeant les politiques agricoles des Etats à se libéraliser et à diminuer les interventions publiques.

 Depuis 2003, les pays en développement se font entendre, mais les voix qui portent sont surtout celles des pays exportateurs, comme le Brésil, dont les agricultures bénéficient de conditions favorables à la production extensive (vastes espaces et coûts de production très faibles).  

 Les divergences d’intérêt ont donné naissance à de profonds désaccords entre les groupes de pays, à l’origine de blocages dans les négociations.

 Ce qui est en cause, ce n’est pas l’OMC, ce sont les objectifs assignés à l’OMC, qui sont la libéralisation des échanges internationaux, le démantèlement des politiques agricoles et l’alignement des prix agricoles sur les prix mondiaux. 

 Les moyens à prendre pour relever le défi alimentaire

 La population mondiale va s’accroître de trois milliards de personnes à l’horizon 2050. La demande alimentaire va doubler sous l’effet conjugué de l’augmentation de la population et de la hausse du pouvoir d’achat dans les pays émergents.

 Au niveau mondial, il existe encore des possibilités d’accroissement des rendements en utilisant mieux l’eau, mais les surfaces disponibles sont limitées pour des raisons physiques et environnementales.

 En dehors des USA (qui gardent un potentiel d’exportation de matières premières alimentaires) et de l’Union européenne (qui peut trouver de nouvelles capacités de production dans ses parties centrale et orientale) certains continents et groupes de pays sont mieux armés que d’autres.

 - L’Asie, l’Afrique du Nord et le Moyen Orient seront importateurs.

 - L’Amérique du Sud, l’Ukraine et la Russie pourront exporter.

 - L’Afrique subsaharienne aura des difficultés techniques pour accroître sa production, mais aussi financières pour importer.

 Les pratiques intensives devront être reconsidérées, en remplaçant la chimie et l’énergie par de l’écologie et des connaissances scientifiques plus poussées. Il faudra utiliser la lutte intégrée biologique contre les maladies des plantes et les ravageurs.

 Les Organismes génétiquement modifiés (OGM) actuels ne sont pas indispensables et peuvent se substituer à des risques existants en faisant courir d’autres risques, notamment en matière de pesticides. La recherche pourrait être utile si elle était orientée vers la résistance des plantes à la sécheresse et à la salinité. Mais l’amélioration des plantes passe plutôt par l’écologie scientifique.

 Les mesures économiques et sociales devront être adaptées aux situations locales et régionales, tant les différences sont grandes entre les grandes exploitations du Brésil, les petites d’Afrique de l’ouest et les micro-parcelles de la Chine côtière.

 Pour réduire la sous-alimentation et sortir de la pauvreté, les pays concernés devront faire un effort productif et recevoir des appuis particuliers. Il s’agira de définir des politiques propres à chaque ensemble régional afin de répondre aux besoins croissants.

 Les principes d’une nouvelle politique agricole

 L’agriculture, en plus de la fonction alimentaire en lien direct avec la vie et la santé des personnes, assure d’autres fonctions utiles au milieu rural.

 Elle nécessite des relations particulières entre producteurs, consommateurs et citoyens. C’est pourquoi la politique agricole et alimentaire doit être aussi rurale et environnementale.

 Le « modèle occidental » ne peut convenir à toutes les agricultures du monde et doit lui-même être corrigé sur de nombreux points.

 Il faut adopter une approche globale tenant compte des besoins des populations dans leur diversité et non se focaliser sur la seule libéralisation des échanges.

 L’agriculture, qui fournit des denrées alimentaires, n’est pas une activité comme les autres. Les prix sont instables et ne reflètent pas les coûts de production. C’est pourquoi une politique d’intervention publique est justifiée. Il faut mettre en place une régulation des marchés agricoles, par produit et par région.

 Une politique agricole de la France pour redéfinir la PAC

 La France n’a plus de politique agricole

 La loi d’orientation agricole en 2005 n’a été qu’une adaptation libérale à la politique européenne, elle-même sous l’influence directe des négociateurs de l’Organisation Mondiale du Commerce.

 Il s’agit de revenir à une politique agricole qui ait suffisamment de souffle pour être prise en considération par les partenaires européens dans le cadre de la PAC.                                                                                 

 L’Europe ne pourra nourrir le monde, faute d’espaces suffisants. Elle devra répondre aux besoins des Européens en assurant la sécurité, quantitative et qualitative, de l’approvisionnement alimentaire.

 Elle développera son industrie agroalimentaire en ce sens et aussi pour exporter des produits transformés, sans bénéficier de subventions.

 Le produit de la valeur ajoutée devra être réparti équitablement sur l’ensemble des partenaires de la filière.

 C’est ainsi que les prix à la production devront être revalorisés car, de 1999 à 2005, les agriculteurs ont subi une baisse de leurs revenus proche de 30% et une diminution d’emploi considérable (50% sur les 25 dernières années) liée à une politique constante d’agrandissement des exploitations, qui s’est amplifiée depuis 2002.

 Les grands bénéficiaires de cette politique ont été l’industrie agroalimentaire et, surtout, la grande distribution.

 Cette nouvelle politique agricole permettra de refonder le lien entre le monde agricole et le reste de la société.                                                                                                                                     

  La PAC n'existe plus

 Il reste des mécanismes qui fonctionnent et qui sont réformés de temps en temps (1992, 1999, 2003) sous la pression des négociations internationales.

 Il faut refonder une PAC en s’inspirant des principes fondateurs de 1962 (libre circulation des produits agricoles au sein de l’espace européen, protection aux frontières, solidarité financière), mais en tenant compte de l’évolution du monde depuis 45 ans.                                                   

 La protection de l’espace européen est indispensable afin d’éviter les distorsions de concurrence et assurer la sécurité sanitaire des aliments. Les incertitudes liées aux changements climatiques et énergétiques plaident en faveur de la sécurité de l’approvisionnement agricole.

 Ces préoccupations seront recevables dès maintenant dans le cadre des négociations de l’OMC, mais plus encore dans la mesure où les objectifs assignés à cette institution auront été revus dans le but de favoriser une bonne régulation des échanges internationaux.

 Les aides directes ont pris, au fil du temps et des réformes de la PAC, une part trop importante dans les revenus agricoles. En 2005, elles représentaient, en moyenne, 93% des revenus nets des agriculteurs.

 Elles seront plafonnées par exploitation et réorientées vers les petites et moyennes exploitations familiales, afin de faciliter leur pérennité, en lien avec des objectifs sociaux et territoriaux définis à l’échelon régional ou interrégional.

 Des critiques diverses visent le dispositif actuel de répartition des aides. Il s’agira de corriger les injustices et légitimer l’existence même de ces aides publiques.

 Voir les autres textes de Michel Sorin, délégué national MRC à l’agriculture, sur www.mrc-france.org (onglet Positions, puis Agriculture) et sur http://mrc53.over-blog.com (Catégorie Agriculture et PAC).

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21 février 2007 3 21 /02 /février /2007 19:18

 

Ségolène Royal sur les pas de François Mitterrand 

 En voyant notre candidate Ségolène Royal s’exprimer ce 21 février 2007 devant un millier de Mayennais dans cette magnifique salle des Ondines à Changé, j’ai pensé à François Mitterrand intervenant le 9 avril 1981 dans la salle des fêtes de Cossé-le-Vivien devant le même nombre de Mayennais, après avoir été reçu par Michel et Yvonne Gaultier dans leur ferme à Méral devant une nuée de journalistes nationaux (nous avions organisé la rencontre agricole de la campagne présidentielle de François Mitterrand pour l’ouest de la France).

 Que de points communs entre les deux candidats socialistes à 26 ans d’intervalle ! Comme, d’ailleurs, entre les candidats de la droite néo-libérale, Giscard d’Estaing et Sarkozy. L’accueil chaleureux réservé à Ségolène est de bon augure. Ceux qui étaient présents à Rennes hier soir ont fait le même constat : la mayonnaise est en train de prendre depuis Villepinte et la présentation du pacte présidentiel et, surtout, depuis l’émission de TF1 lundi soir, regardée par neuf à dix millions de téléspectateurs.

 Certes, ce rendez-vous aujourd’hui était bref mais il a permis à notre candidate de s’exprimer avec clarté pendant une demi-heure, de rencontrer les salariés concernés par des suppressions d’emplois à Laval et beaucoup de personnes, même si ce fut trop brièvement.

 Pour ma part, j’ai pu remettre à François Rebsamen, co-directeur de campagne, deux documents : la note de réflexions et d’orientations que Gérard Beillard m’a demandé de transmettre à Ségolène Royal et le texte de propositions concernant la politique agricole (texte que j’ai remis directement à la candidate avant son départ pour la Normandie en tout début d’après-midi).

 Ce sont ces propositions que j’ai présentées à Pontivy samedi dernier aux militants MRC de Bretagne et qui intègrent les amendements reçus depuis le 9 décembre 2006. J’y reviendrai demain.

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20 février 2007 2 20 /02 /février /2007 19:20

 

Ce qui sépare les deux candidats principaux

 

Après avoir vu et comparé les prestations télévisées, à deux semaines d’intervalle, de Nicolas Sarkozy et de Ségolène Royal, il est clair que ce n’est pas la même France qui sera au bout des cinq ans selon le verdict des urnes le 6 mai 2007. Je me garde bien de sous-évaluer les autres candidats. Mais il ne s’agit pas d’une élection à la proportionnelle. Un seul candidat sera élu. Dans le système électoral français, l’élection présidentielle est la clé de voûte de la République.

 C’est pourquoi, dans l’intérêt du pays, il ne faut pas se tromper sur le choix de la personnalité qui occupera le palais de l’Elysée et représentera la France pendant les cinq prochaines années. Lors de son point de presse au siège de campagne de Ségolène Royal, hier, Jean-Pierre Chevènement a mis en évidence ce qui se cache derrière les discours du candidat de l’UMP et les lignes de clivage entre les démarches et projets des candidats Sarkozy et Royal .  

 

Nicolas Sarkozy développe une conception amphigourique de la France. « M. Attrape-tout ». C'est toujours la même prétention de la droite à confisquer la nation. Il détrousse les cadavres des héros morts de la gauche. Il détrousse même les vivants (ex. préparations rémunérées aux concours de la Fonction Publique proposition Chevènement , Ecoles de la 2ème chance initiative Edith Cresson).  

 

 

Ségolène Royal expose une conception vertébrée et exigeante de la France à partir des valeurs de la Révolution. Elle récuse la prétendue synthèse entre l'Ancien Régime et la Révolution. Ségolène Royal expose un patriotisme de bon aloi, une politique étrangère « sans humilité et sans arrogance », essentiellement fondée sur le Droit.  

Nicolas Sarkozy c'est la conflictualité. Il veut réglementer le droit de grève et supprimer un poste sur deux dans la Fonction Publique.

  

Ségolène Royal c'est la démocratie sociale, la confiance faite au dialogue, le souci des entreprises innovantes  

 

 

Nicolas Sarkozy, c'est l'appel à l'effort égoïste

 

 

 

Ségolène Royal, c'est l'appel à l'effort partagé. Droits et devoirs s'équilibrent. C'est une République généreuse mais aussi exigeante. Il y a des contreparties à l'allocation d'autonomie pour les jeunes sur critères de ressources. Les jeunes devront passer un contrat. Cela n'a rien à voir avec l'assistanat.  

 

 

Avec Nicolas Sarkozy, les cadeaux fiscaux pour les riches. Inégalités et stagnation économique seront au rendez-vous. Sous couvert de « valeur travail », il redécouvre la plus-value : la détaxation des heures supplémen-taires profitera aux patrons et pas aux chômeurs. Il est en fait l'homme du capitalisme financier.

 

 

 

Ségolène Royal sait ce qu'est la valeur du travail : cela s'appelle les salaires qu'elle propose de revaloriser par une conférence des revenus dès juin 2007. Elle prévoit de lutter contre les délocalisations. La relance du pouvoir d'achat des salariés, à commencer par les travailleurs pauvres, nourrira la croissance 

Nicolas Sarkozy est en phase avec les libéraux européens. Avec lui, c'est la certitude d'une Europe au fil de l'eau

 

 

 

Ségolène Royal se prononce pour une Europe qui protège, pour une Europe redressée sur le plan économique et social (soutien à la croissance et à l'emploi dans les statuts de la BCE, gouvernement économique de la zone euro, politiques communes vigoureuses).  

 

 

Nicolas Sarkozy, c'est l'appel aux communautarismes : Ch. Estrosi: « la communauté juive a un candidat naturel, N. Sarkozy », N.Sarkozy : « Aucun ministre de l'Intérieur n'a autant fait pour les musulmans »  

 

 

Ségolène Royal c'est la République et la laïcité

Pour l'Ecole Nicolas Sarkozy propose de supprimer la moitié des postes des enseignants partant à la retraite.

 

 

 

Ségolène Royal a le souci de l'éducation des plus jeunes, des quartiers, des parents, d'un service de la petite enfance, du soutien scolaire. Elle donne la priorité à l'Education.  

 

 

Comme le gouvernement sortant, Nicolas Sarkozy a un rapport dégradé avec le monde de la recherche

 

 

 

Ségolène Royal propose un pacte de confiance avec les chercheurs : recherche publique, développement universitaire, recherche privée dans les entreprises innovantes.  

 

 

En matière de santé, Nicolas Sarkozy propose une franchise supplémentaire de remboursement pour les assurés sociaux et l'augmentation du tarif des généralistes.

 

 

 

Ségolène Royal demande un effort partagé entre les praticiens, les assurés sociaux et l'industrie du médicament. Elle donne la priorité à l'Hôpital public auquel elle accordera des moyens perennes.  

 

 

En matière de sécurité, Nicolas Sarkozy c'est le « tout répressif ». Il a supprimé la police de proximité et privilégié la police d'intervention et d'interpellation à l'aveuglette. Il a accru les tensions urbaines.

  

Ségolène Royal lie Education, citoyenneté, prévention et répression. Elle veut rétablir une police de quartier, proche de la population.  

Nicolas Sarkozy s'est fait le chantre de l'immigration « choisie », avec de forts relents xénophobes.

 

 

 

Ségolène Royal propose une intégration sur critères et le co-développement avec les pays d'origine, la priorité à l'Afrique en matière de politique étrangère  

 

 

En matière de politique étrangère, Nicolas Sarkozy symbolise l'inféodation extérieure

 

 

 

Ségolène Royal fait entendre la voix juste de la France, une voix de principe fondée sur le droit international.  

 

 

Conclusion : Nicolas Sarkozy joue les rassembleurs mais diviserait gravement le pays. Face au défi de la mondialisation, Nicolas Sarkozy offrirait un pays fracturé et amer, dominé par l'Argent roi, une France dépourvue de charme et d'attrait.

 

 

 

Conclusion : Ségolène Royal est une candidate à l'écoute, ouverte au dialogue, qui rassemble vraiment sur un projet de solidarité et d'ordre juste. Face au défi de la mondialisation, Ségolène Royal c'est la confiance retrouvée, une France au beau visage, accordée aux valeurs humanistes de notre Histoire, aussi bien qu'aux aspirations de notre temps, une France sympathique aux autres peuples, attractive et tournée vers l'avenir.  

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19 février 2007 1 19 /02 /février /2007 17:09

 

Face au réchauffement climatique : informer les citoyens

 Le collectif «Sauvons le climat» fondé en mai 2004, association loi 1901 depuis décembre 2005, a pour ambition d’informer nos concitoyens, de manière indépendante de tout groupe de pression ou parti politique, sur les problèmes relatifs au réchauffement climatique et sur les solutions proposées pour le ralentir. Il est doté d’un comité scientifique, présidé par Michel Petit, ancien responsable du groupe français d’experts au GIEC. Son manifeste a été signé par plusieurs milliers de personnes (www.sauvonsleclimat.org )
 

L’énergie éolienne et la grande panne électrique du 4 novembre 

 Chacun se souvient de la panne électrique du 4 novembre 2006, où l’on avait frôlé la catastrophe (15 millions d’Européens avaient été privés d’électricité - voir sur ce blog l’article paru le 6 novembre).

 Le collectif « Sauvons le climat » avait publié un communiqué le 8 novembre (voir sur son site) dans lequel il laissait entendre qu’il pouvait y avoir une part de responsabilité à rechercher du côté du parc éolien européen, ce qui avait été démenti par le SER (Syndicat des Energies renouvelables).

 Le 8 janvier dernier, dans un nouveau communiqué, le collectif faisait le point sur cette question à partir du rapport publié le  30 novembre par la commission d’enquête internationale.

 Il précisait que la responsabilité directe de l’énergie éolienne n’était pas engagée mais, bien que le rapport ne l’affirme pas explicitement, « le constat suivant est plus que probable : la surcharge de la liaison Landesbergen-Wehrendorf provoquée par la coupure volontaire d’une ligne 400 kV enjambant la rivière Ems (pour qu’un bateau quitte son chantier naval) a sans doute été accentuée, dans la demi-heure qui suivit, par une hausse mal prévue de la production éolienne du Nord de l’Allemagne, comme le démontre l'étude circonstanciée (…) ».

 « Sauvons le climat » conclut : « Sans doute le SER ne tenait-il pas à ce qu'on sache que l'éolien industriel peut s'avérer nuisible pour la stabilité du réseau électrique, sans, pour autant, présenter d’avantages significatifs, en France, dans la lutte contre le réchauffement climatique ».

 Des précisions après les déclarations de Ségolène Royal

 Un autre communiqué (début février 2007) de « Sauvons le climat » évoquait les déclarations, jugées inexactes, de Ségolène Royal, à l’occasion de la signature de la charte Nicolas Hulot par les candidats à l’élection présidentielle le 31 janvier. Le collectif apportait des précisions importantes, d’abord à propos des panneaux solaires, puis de l’évolution des parts respectives d’énergies renouvelables et d’énergie nucléaire à l’horizon 2020.

 Les panneaux solaires

 « Le terme « panneaux solaires » recouvre sans doute, ici, aussi bien les capteurs thermiques, chauffant de l’eau, que les capteurs photovoltaïques produisant de l’électricité. Dans les deux cas, il existe un certain nombre de fabricants sur le territoire national. La France compte même un « pionnier » dans chacun des domaines : Giordano en thermique, à Aubagne, et Photowatt en photovoltaïque, établi aujourd’hui à Bourgoin Jallieu, et 11ème producteur mondial. Photowatt à Caen a racheté en 1979 à Philips RTC l’activité photovoltaïque qui a installé en 1968 les premiers générateurs photovoltaïques terrestres au monde. Photowatt a fourni ensuite les modules alimentant toutes les premières mondiales en applications photovoltaïques, anticipations quasiment toutes françaises. Si nous savons anticiper, peut-être oublions-nous ensuite de concrétiser ? La France accueille trois autres fabricants : Free Energy à Lens, Solems à Palaiseau, et surtout Tenesol à Toulouse. Tenesol, filiale d’EDF et Total, produit aussi en Afrique du Sud, et devrait dépasser Photowatt en 2007 ».  

 Accroître les énergies renouvelables au détriment de l’énergie nucléaire ?

 La lutte contre le réchauffement climatique est une priorité absolue largement admise. Seules les énergies renouvelables et le nucléaire ne contribuent pratiquement pas à ce réchauffement.

 S’agissant de productions nationale et européenne d’électricité, l’hydraulique a peu de capacités supplémentaires (l’essentiel du potentiel français a été équipé et la nouvelle Loi sur l’eau et les milieux aquatiques entravera vraisemblablement l’exploitation des sites encore disponibles) et la biomasse n’a que des possibilités réduites pour la production d’électricité.

 Le solaire photovoltaïque comme l’éolien sont des énergies intermittentes. Les réseaux ne peuvent absorber une proportion d’énergies intermittentes importante, faute de moyens massifs de stockage d’électricité, moyens non envisageables sinon, peut-être, à très long terme.

 Par ailleurs, ces énergies ne produisent leur puissance maximale que pendant 20% du temps environ. La conjonction des ces deux facteurs limite, pour longtemps encore, à moins de 10% la contribution de ces énergies intermittentes dans le « mix » de production d’électricité européen.

 Dans ces conditions, la réduction de la part du nucléaire à 50 % ne pourra se réaliser sans recours aux énergies fossiles augmentant l’effet de serre.

 Les énergies renouvelables sont fortement subventionnées

Rappelons que, dès maintenant, les énergies renouvelables sont fortement subventionnées, soit directement, soit indirectement par la pratique de l’obligation d’achat. Nous avons déjà attiré l’attention sur la rente offerte par la construction d’éoliennes. Pour le photovoltaïque, les subventions (y compris un crédit d’impôt de 50% du prix du matériel) atteignent 75% dans certaines régions. Le prix de rachat de 55 c€ par kWh assure alors un retour sur investissement en 4 à 5 ans. Dans ces conditions, pour les particuliers c’est, de loin, l’investissement le plus rentable à la fois dans le domaine des économies d’énergie et dans celui des énergies renouvelables.

 Cette excellente rentabilité a d’ailleurs l’effet pervers de décourager les investissements dans les économies d’énergie puisque le crédit d’impôt est calculé sur une période de 5 ans et porte indistinctement sur les dépenses d’économie d’énergie et les investissements dans les énergies renouvelables. Nous suggérons que les deux types de dépenses soient traités indépendamment.

 Concentrer les subventions sur les dépenses efficaces contre les gaz à effet de serre

 La question se pose d’ailleurs de savoir s’il ne vaudrait pas mieux subventionner davantage les dépenses ayant une efficacité certaine sur les émissions de gaz à effet de serre (comme l’isolation des logements, ou les installations solaires thermiques) que celles relatives au développement de la production d’électricité renouvelable, alors que le contraire est fait actuellement (crédit d’impôt de 25% pour les matériaux isolants contre 50% pour le solaire photovoltaïque). Ajoutons que :

 - le solaire photovoltaïque autonome, avec stockage sur batteries, a un brillant avenir dans les zones non reliées à un réseau électrique des pays en développement pour apporter, avec l’électricité, un confort minimum, la santé, l’éducation et une amorce de développement économique. De plus il y est, dès maintenant, économiquement rentable en se substituant à des équipements archaïques (bougies par exemple) ou polluants et onéreux (groupes électrogènes, piles).

 - le solaire thermique peut contribuer au chauffage partiel (50 à 75%) d’une maison et à la production d’eau chaude sanitaire. L’impact peut en être important, vu la place primordiale du chauffage dans le bilan énergétique national. Dans les conditions françaises, c’est une des formes d’énergie renouvelable à soutenir fortement.

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18 février 2007 7 18 /02 /février /2007 14:14

 

La gauche doit se mobiliser et mieux s'organiser 

 Entre Rennes où elle tiendra un meeting mardi soir (puis rencontrera des lecteurs de Ouest-France mercredi matin) et Caen où elle sera mercredi soir, Ségolène Royal fera une halte en Mayenne mercredi midi, entre 12h et 14h, bref déjeuner compris. L’événement aura lieu salle des Ondines, près de la mairie, à Changé, près de Laval.

 La candidate à l’élection présidentielle veut rencontrer les Mayennais à l’heure de l’apéritif (qui sera à base de produits mayennais, bien entendu) entre 12h et 13h30. Il est prévu qu’elle fasse une intervention d’une dizaine de minutes vers 12h45 et, le reste du temps, elle souhaite aller vers les personnes présentes, les écouter et engager une courte conversation. A l’extérieur de la salle, celles et ceux qui souhaiteront se restaurer rapidement avant de reprendre le travail pourront le faire.

 Ces informations sont issues de la réunion vendredi du comité de campagne présidé par Guillaume Garot, où le MRC était représenté par Georges Minzière et moi-même. Ambiance sympathique. J’ai souligné que les sondages actuels sont à prendre comme une source de motivation supplémentaire pour participer activement à la campagne de soutien à Ségolène Royal. La menace Sarkozy doit être utile pour se serrer les coudes et mobiliser nos forces.

 A cet égard, on ne peut que regretter le fait que le MRC n’a pas été associé à l’invitation au meeting de Rennes mardi soir.  Mes amis du MRC Bretagne, où j’étais invité hier pour animer une réunion de travail à Pontivy sur les questions agricoles, m’ont affirmé que le PS a oublié volontairement le MRC car il privilégierait ses alliés UDB et Alternatifs. Cela reste à vérifier mais je note que le logo du MRC n’est pas présent sur les tracts et les affiches. J’en conclus que l’accord PS-MRC du 9 décembre n’est pas appliqué à Rennes.

 Pour sa part, Jean-Pierre Chevènement* continue de soutenir et de représenter Ségolène Royal de toutes ses forces. C’est ainsi qu’il a accordé un entretien au Parisien hier dont j’ai pris connaissance sur www.chevenement.fr . En voici le texte.

 « Le résultat de l’élection se jouera sur la mobilisation populaire »

Ségolène Royal semble en difficulté. Que doit-elle faire ?
Jean-Pierre Chevènement
:
Son discours de Villepinte sur la France, sur l'Europe et sur le monde était très cohérent et de haute tenue.
Par exemple en matière de politique étrangère, elle est cent coudées au-dessus de Sarkozy. Elle doit maintenant décliner les différents thèmes comme la politique industrielle - expliquer, par exemple, ce qu'on fait contre les délocalisations- ou la sécurité. Elle doit aussi enrichir ses propositions puisque, naturellement, elle n'a pas pu tout dire. Mais il est important de ne pas s'écarter de la ligne de Villepinte.

N'est-il pas dangereux d'être en retard à la mi-février ?

En fait, les choses se cristalliseront à partir de la mi-mars. Il est évident, pour moi, que la bataille va se jouer entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. A eux deux, ils totalisent dans les intentions de vote environ 60 %. Il est clair qu'aucun autre ne percera, ni Le Pen, ni Bayrou. C'est mécanique.

La machine Sarkozy apparaît difficile à prendre en défaut...

Sarkozy est très bien organisé, ça s'est sûr. Il embraye directement sur le système des grands médias qui sont très proches de lui. Cela lui donne un réel avantage. Ségolène a dit des choses très fortes, notamment sur l'Europe - une Europe qui protège et dont les statuts de sa Banque centrale doivent être modifiés - qui n'ont pas été reprises par les médias.

 Comment contrer Sarkozy ?
De deux manières : par une meilleure organisation par rapport au système médiatique et par la mobilisation populaire. Nous avons beaucoup de monde dans nos meetings : six cents personnes par exemple, jeudi soir, à Belfort. Et puis, il faudrait une veille plus attentive sur ce que sont les propos et gestes de Sarkozy. Cet homme inquiète les Français : c'est ce filon-là qui doit être exploité !

L'organisation de la campagne de Royal doit-elle être repensée ?

C'est toujours très dur, car tout repose toujours sur le candidat. L'essentiel est que le candidat tienne bon : c'est le cas de Ségolène. Elle encaisse bien, elle ne mollit pas !

On lui reproche de ne pas assez déléguer...

Vous croyez que Sarkozy délègue ? Non, pas du tout. Il ne faut pas renverser les rôles : c'est au PS de se mobiliser derrière sa candidate, qu'il a désignée à une très forte majorité. On ne peut pas tout reporter sur les épaules d'une femme, certes forte. Il faut l'aider. Il faut qu'un sentiment de solidarité se crée. Sur le terrain il y a certains traînards. Il est temps qu'ils montent dans le train ! J'aime citer en meeting la devise du 35 ème régiment d'infanterie de Belfort : « Tous gaillards, pas de traînards ».

Ne devrait-elle pas s'appuyer plus sur Strauss-Kahn et Fabius ?

Elle a confié une mission au premier et elle va en meeting le 24 chez le second. Et, il n'y a pas que le PS mais aussi le MRC et le PRG. Elle doit surtout s'adresser au peuple français. Il y a une attente forte dans le pays. La différence se fera sur la mobilisation populaire. C'est celle-là qui fera bouger les grands médias, qui sont tout acquis à Sarkozy.

Pour vous, il n'y a rien à changer ?

L'essentiel est qu'elle garde son tonus et qu'elle ne se laisse pas intimider. On a encore deux mois et huit jours : je suis tout à fait confiant.

Propos recueillis par
Philippe Martinat, Le Parisien, samedi 17 février 2007.

*A noter que Jean-Pierre Chevènement sera l’invité de France Info lundi 19 février à 8h15

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17 février 2007 6 17 /02 /février /2007 21:02

 

Pour la souveraineté économique européenne

 Le journal en ligne ReSPUBLICA www.gaucherepublicaine.org dans le numéro  512 a publié le 15 février un article signé par Jacques Sapir et cinq autres économistes dans lequel ils demandent « que soit organisée, sous forme de débat public et avec l'aide de la puissance publique, une confrontation égalitaire entre partisans d'un protectionnisme moderne et partisans du libre-échangisme intégriste ».

 Voici ce texte et ses signataires David CAYLA (Paris 1), Bernard GERBIER (Grenoble 2), Jean-Luc GREAU, Edouard HUSSON (Strasbourg), Gérard LAFAY (Paris 2) Jacques SAPIR (EHESS).

 « Plus aucun candidat sérieux à l'élection présidentielle n'ose aujourd'hui évoquer la mondialisation en des termes positifs. Quelques-uns parmi les plus lucides proposent, plus ou moins timidement, des solutions visant à atténuer les effets, jugés désormais globalement négatifs, dans cette ouverture totale aux biens, services, travailleurs et capitaux que nous expérimentons à marche forcée et de manière progressive depuis le début des années 70.

 L'homme de la rue, quant à lui, et toutes les études le démontrent, n'a ni peur ni honte de déplaire à la pensée dominante en place. Il se déclare ouvertement partisan des thèses visant à protéger l'Europe de la concurrence déloyale de certains pays. Il ne croit pas au libre-échange unilatéral. Les sondages montrent que les plus réticents à ce laisser-faire mondial sont les Français (ce qui n'est pas une surprise) et les Américains, dont on nous raconte pourtant qu'ils profitent à fond de cette ouverture.

 D'un côté donc des hommes politiques tiraillés entre un électorat de plus en plus hostile à l'intégrisme libre-échangiste et des experts estampillés comme tels, garants de cette " indépassable Raison " qui nous commande de mettre en concurrence des travailleurs dont les salaires varient de 1 à 20 ou 30 parfois, ainsi que la mise en concurrence " pure et parfaite " avec des pays qui justement refusent ces règles et pratiquent tous les dumpings et protections possibles et imaginables....

 Deux mondes sont donc face à face en 2007 : d'un côté une population mondiale de plus en plus inquiète, et de l'autre " Ceux qui Savent", ces derniers vitupérant de plus en plus fort contre ces peuples ignorants et ingrats et contre des politiques, décidément trop à l'écoute des citoyens et donc peu fiables...

 Le moment semble pourtant venu de se confronter à la réalité, et de rétablir la vérité, la théorie des avantages comparatifs de Ricardo servant aujourd'hui de prétexte à un aveuglement collectif comme il y en a eu jadis avant la crise de 1929.

 S'expriment désormais, sur les 2 rives de l'Atlantique, ceux qui ne croient pas, béatement, que les pays " riches " vont se spécialiser dans la haute valeur ajoutée, et que des pays comme l'Inde et la Chine (2,5 milliards d'habitants), qui forment chaque année une armée d'ingénieurs, vont se contenter de produire les biens les moins rentables.

 N'en déplaise à Patrick Artus, Elie Cohen et Jean Pisani-Ferry, ardents dévôts associés d'une cause perdue, il n'existe pas de créneau sur lequel la guerre des coûts ne fera pas rage. La Chine est déjà le leader mondial de l'exportation de matériel technologique. Des géants de l'informatique tels que Google, Microsoft ou Dell ouvrent à tour de bras des centres de recherche en Inde. Il n'y a pas que les plateformes téléphoniques qui sont délocalisés. A Madagascar, des entreprises proposent dès aujourd'hui, à des sociétés françaises, l'externalisation de leurs services comptables.

 C'est donc l'ensemble des salaires de nos pays, et non plus seulement les salaires des travailleurs peu qualifiés, qui se trouve entraîné dans une spirale de baisse, conduisant par là même à l'atonie de la demande intérieure et de la croissance. C'est tout le paradoxe de l'économie allemande, qui, pour gonfler ses excédents commerciaux et gagner des parts de marché en Chine, assèche sa demande intérieure, fait stagner sa croissance, et connaît finalement un sous-emploi équivalent à celui de la France.

 La logique infernale de croissance molle qui découle de ces distorsions n'en est qu'à mi-chemin. Les dégâts sociaux sont déjà considérables et l'on voit le tissu social des pays européens se déchirer sous nos yeux. Pourtant, ce n'est peut-être que le début car ce qui nous guette c'est - comme en 1929 - une crise de demande mondiale qui débouchera sur un véritable chaos économique et social.

 Nos sociétés et nos économies sont en très grave danger. Il n'y a aucune chance de voir les pays émergents renoncer à leur stratégie de croissance et aux méthodes qui les accompagnent. C'est pourquoi il est indispensable de refuser le terrorisme intellectuel d'une poignée de clercs dont aujourd'hui l'ultime argument est de maudire les partisans du protectionnisme face à l'échec de plus en plus flagrant de leurs théories.

 Qu'est-ce que le protectionnisme moderne ? Nos adversaires nous caricaturent en nous taxant de partisans d'une fermeture des économies européennes, comme si notre souhait était de transformer l'Europe en Cuba ou en Corée du Nord, alors qu'une spécialisation maîtrisée peut être bénéfique à tous. D'autres nous prêtent des arrières pensées électorales, que nous ne pouvons avoir car il existe des partisans du protectionnisme situés politiquement à droite comme des partisans du protectionnisme de gauche.

 La réalité est plus prosaïque. Le partisan d'un véritable protectionnisme moderne milite aujourd'hui, comme l'a proposé Hakim El Karoui dans son récent ouvrage " L'avenir d'une exception ", pour le retour d'une souveraineté économique européenne dont l'objet est de mettre en oeuvre des politiques de croissance expansionnistes L'outil qui va permettre que ces politiques expansionnistes profitent à la fois aux populations de nos pays et à celles de nos compétiteurs des pays émergents est la mise en place de barrières, de montants compensatoires ou d' " écluses " tarifaires ( peu importe la terminologie...) à l'entrée de l'Europe rendant équitables les conditions de production et les termes de l'échange , notamment au sein de zones régionales. Il ne s'agit pas là d'un retour en arrière mais de la condition sine qua non d'un retour à des politiques de croissance économique.

 La liberté du commerce n'est pas une fin en soi, et l'absence de règles dans ce commerce constitue bel et bien un choix politique. Celui-ci doit être assumé clairement par nos responsables. Nous lançons donc, à quelques semaines des élections présidentielles, à travers cette lettre, un Défi Public à ceux qui nous ont guidés vers l'abîme au nom de ce qu'ils appellent la Raison mais qui n'est, en fin de compte, que du panurgisme intellectuel.

 Lacordaire écrivait : " entre le faible et le fort, c'est la liberté qui opprime et la loi qui libère ". Nous pensons de la même façon qu'il n'y a aucune contradiction à promouvoir la liberté et à vouloir instaurer en même temps des règles claires pour rendre le commerce mondial soutenable à long terme. Les économistes signataires de cet article demandent par conséquent que soit organisée, sous forme de débat public et avec l'aide de la puissance publique, une confrontation égalitaire entre partisans d'un protectionnisme moderne et partisans du libre-échangisme intégriste, afin que nos compatriotes puissent juger, en leur âme et conscience, du seul et véritable enjeu économique qui vaille la peine, car c'est celui qui conditionne tous les autres ».

 http://www.protectionnisme.eu/ 

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16 février 2007 5 16 /02 /février /2007 16:26

 

Une politique agricole offensive pour relever le défi alimentaire  

 Demain, le rendez-vous est fixé à 10h au palais des congrès de Pontivy.

 La question agricole  n’est pas une affaire de spécialistes. Elle concerne tous les citoyens. L’enjeu est d’abord alimentaire et il est mondial. Nous avons besoin d’une réflexion nouvelle afin de définir une politique agricole de la France et peser en faveur d’une refondation de la Politique Agricole Commune (PAC) au niveau européen.

 Je m’appuierai sur le texte paru sur ce blog le 29 janvier dernier (on le trouve aussi sur le site national du MRC, onglet Positions, puis Agriculture www.mrc-france.org ). Un ami, qui tient à rester discret, m’a fait part de ses trois remarques.

 Première remarque

 La première est en rapport avec la question de l’énergie. Il « rappelle les principales données du problème :

 - le diester n'est rentable, sans aides, qu'avec le pétrole à 85$/baril ; pour l'éthanol, le seuil est à 140$.

 - l'effet sur l'émission de CO2 est négatif : CO2 produit en brûlant le bio carburant + CO2 produit en brûlant du carburant fossile pour produire le biocarburant.

 - la production massive de diester implique de multiplier les surfaces en colza, culture affectée par de nombreux parasites, d'où pollutions supplémentaires par des pesticides.

  La solution ne viendra que de l'étape suivante, quand on saura transformer industriellement la biomasse (écarts forestiers, chutes de scieries, pailles...) en carburant ».

 Deuxième remarque

 La seconde concerne les moyens à prendre pour relever le défi alimentaire. Il ajoute un commentaire à la rédaction du premier alinéa, trop elliptique :

 « La demande alimentaire va doubler sous l'effet conjugué de l'augmentation de la population et de la hausse du pouvoir d'achat dans les pays émergents. Au niveau mondial, sauf catastrophe climatique, il y a des possibilités d'augmenter les rendements, notamment avec une meilleure utilisation de l'eau ».

 Troisième remarque

 La troisième a trait à la politique agricole de la France. Il propose la rédaction suivante du 3ème alinéa :

 « L’Europe ne pourra nourrir le monde, faute d’espaces suffisants. Elle devra répondre aux besoins des Européens, en assurant la sécurité, quantitative et qualitative, de l’approvisionnement alimentaire ».

 Je salue Jo Guenanten, militant paysan morbihannais

 Ce déplacement dans le Morbihan m’a fait penser à renouer le contact avec Joseph Guenanten, ancien syndicaliste paysan et ex-président de coopérative dans ce département. Il avait écrit un « point de vue « dans Ouest-France le 16 janvier 2007 sous le titre « Enjeu majeur : nourrir l’humanité ». Il m’a fait savoir que son texte était directement inspiré des livres de Louis Malassis, qui fut mon professeur d’économie à l’Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Rennes. Je me limite à reprendre ici la conclusion de Jo Guenanten.

 « L’alimentation et l’accès à l’eau demeurent les problèmes centraux de l’humanité. Tout citoyen responsable doit en être conscient. Nourrir correctement l’humanité est la seule manière de trouver des solutions aux inégalités entre continents, et aux problèmes liés à l’immigration ».

 Une information 

 Ségolène Royal sera présente à Laval, mercredi 21 février, à 12h.

 On en saura un peu plus ce soir, à l’occasion d’une réunion du comité départemental de campagne présidé par Guillaume Garot.

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15 février 2007 4 15 /02 /février /2007 23:03

 

Le candidat du CAC 40 masque son libéralisme

 Dans son blog, le 13 février, Jean-Pierre Chevènement se fait pédagogue pour démontrer le talent d’illusionniste du candidat de la droite, quand celui-ci prétend relever la valeur travail alors que sa politique fiscale est toute entière au service des détenteurs de gros patrimoines.

 M. Sarkozy redécouvre « la plus-value » et met Marx au service des patrons   

 Notons d'abord que le candidat de l'UMP distingue soigneusement « la valeur travail » de la valeur du travail que les économistes appellent « salaire ». Il ne propose évidemment ni de relever le SMIC ni le niveau général des salaires.

Bizarrement il propose de détaxer les heures supplémentaires pour que ceux qui travailleront plus puissent gagner plus. Cela coûte cher (4,6 milliards d'euros) mais ne donnera pas de travail à ceux qui n'en ont pas.

M. Sarkozy par ailleurs ne dit mot de la pression des pays à très bas salaires qui constitue la véritable cause de la dévalorisation du travail dans les pays socialement avancés. Rien sur les moyens d'enrayer les délocalisations, à la différence de Ségolène Royal qui évoque « une Europe qui protège et nous protège », l'inclusion de normes sociales et environnementales dans les règles de l'OMC et surtout une dynamisation de l'offre à l'échelle européenne par une politique de soutien à la croissance et à l'emploi et par des politiques communes notamment en matière industrielle.

M. Sarkozy croit tellement à « la valeur travail » qu'il propose de réserver aux détenteurs de gros patrimoines qui n'ont pas besoin de travailler l'essentiel de ses mesures fiscales :
-Suppression de fait de l'impôt sur les successions dans lequel Léon Blum voyait, dans A l'échelle humaine (1946), un des principaux leviers pour réduire les inégalités sociales, en abolissant le privilège des fortunes héréditaires.
-Bouclier fiscal à 50 % du revenu et exonérations de l'ISF (impôt sur la fortune) à hauteur de 50 000 euros, mesures qui signeraient la fin de ce dernier.

Tout cela est parfaitement cohérent : M. Sarkozy a lu Le Capital : il veut accroître la différence entre le travail effectué et le travail payé, ce que Marx (et Ricardo avant lui), appelait « la plus-value ». Il met Marx au service des patrons.

 Jacques Chirac met en garde contre le libéralisme du candidat Sarkozy

 Ce soir, Jean-Pierre Chevènement a publié un nouvel article sur son blog, à propos des confidences du président de la République à Pierre Péan. Selon lui, la mise en garde de Jacques Chirac, est d'autant plus forte qu'elle doit être lue entre les lignes.

« Je connais bien Nicolas Sarkozy, avec ses qualités - qui sont grandes - et avec ses défauts... Sarkozy est spontanément plus libéral que moi. Il existe aussi des différences d'approche, s'agissant notamment de la relation avec les Etats-Unis. Et puis il y a aussi la question du communautarisme... ».

Quelques pages plus loin, Jacques Chirac ajoute : « Le libéralisme est lui aussi dangereux et conduira aux même excès [que le communisme]... Je suis convaincu que le libéralisme est voué au même échec que le communisme, et qu'il conduira aux mêmes excès. L'un comme l'autre sont des perversions de la pensée humaine ».

Le Président de la République n'a sans doute pas tort : l'actuelle « mondialisation libérale », avec les inégalités abyssales et les injustices criantes qu'elle nourrit, peut préparer les pires catastrophes. La « guerre des civilisations » peut conduire demain avec l'Iran ou après-demain avec la Chine, à des confrontations aussi mortelles que la première guerre mondiale qui sonna le glas de la première « mondialisation », celle que Suzanne Berger appelle « la mondialisation anglaise ».

Comment Jacques Chirac pourrait-il nous faire mieux entendre que Nicolas Sarkozy, par les temps qui courent, est un homme dangereux par les idées libérales qu'il professe et par son alignement spontané sur les Etats-Unis ? 

Le Président de la République parle d'expérience. Sa mise en garde doit être lue entre les lignes : elle n'en est que plus forte.

A lire sur www.chevenement.fr

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14 février 2007 3 14 /02 /février /2007 22:32

 

Chevènement : La France et l’Allemagne ont la capacité politique de se projeter dans l’avenir à long terme

 Tous les colloques de la Fondation Res Publica se distinguent par le haut niveau des réflexions présentées par les intervenants. Il suffit d’aller sur le site www.fondation-res-publica.org pour le vérifier.

 Lundi, je m’étais inscrit (l’entrée est gratuite, mais il faut s’inscrire) pour participer au colloque sur le thème « L’Allemagne, l’Europe et la mondialisation » à la Maison de la Chimie à Paris.

 Le fil conducteur était le suivant :

 Après quinze mois de grande coalition, quels sont les choix de l'Allemagne ?

 Comment sont fondées ses performances dans le commerce mondial, et sont-elles pérennes ? Ont-elles un coût social ? Comment conçoit-elle les rapports entre l'insertion dans le marché mondial et l'engagement européen ? Voit-elle son destin comme celui d'une Allemagne mondialisée ou d'une Allemagne européenne ?
Ces questions décisives pour la relation franco-allemande étaient évoquées par des économistes, universitaires et chercheurs lors de ce 23ème colloque de la Fondation Res Publica.

 Les intervenants

 Edouard Husson, maître de conférences à Paris 4, directeur des études de la Fondation, déroulait le fil conducteur du colloque, puis intervenaient successivement : Gilbert Casassus, professeur associé à l'IEP de Paris ; Jean-Luc Gréau, économiste ; Stephan Martens, professeur à Bordeaux 3 - Montaigne ; Wolfram Vogel, chercheur à l'Institut franco-allemand de Ludwigsburg ; Mme Petra Wilke, chercheur à la Fondation Friedrich Ebert Stiftung et, en conclusion, Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation. Ensuite, les participants dans la salle étaient invités à s’exprimer.

 Les actes de ce colloque seront disponibles dans quelques semaines. Dans l’immédiat, je propose un résumé (rédigé à partir de mes notes) de l’intervention de Jean-Pierre Chevènement.

 Les conclusions de Jean-Pierre Chevènement

 L’horizon franco-allemand est incertain. On constate en France des tendances similaires à celles décrites par Mme Wilke en Allemagne, les deux peuples étant cousins germains depuis Charlemagne…

 Nous différons pourtant dans l’approche politique de l’Europe (post-nationalisme selon Habermas, débats politiques nationaux selon nous). Nous différons aussi par le solde du commerce extérieur. Encore faudrait-il compléter la balance commerciale par la balance des « invisibles » (services et revenus) qui est plus favorable à la France. Mais le taux de croissance n’est pas très différent, autour de 2,5% dans les deux pays. Le sentiment de précarité augmente partout.

 Les bourrasques se succèdent en France

 Le NON au TCE a rassemblé près de 55% des français lors du référendum européen. L’Allemagne souhaite préserver la substance ou l’essence du traité constitutionnel européen ? C’est un débat philosophique.

 En France, la « substance », la « Constitution »…ces mots ne passent pas. Reprendre la charte des valeurs ? C’est renforcer le pouvoir de la Cour de Justice.

 Par contre, établir une règle de vote tenant compte de l’intérêt national de l’Allemagne, notamment de la différence de population, est tout à fait admissible. La perspective de l’entrée des Balkans impose de revoir les règles de fonctionnement. Mais le traité de Nice est opérationnel actuellement, même si ceux qui l’ont signé n’en sont pas contents. Les directives « Reach » et « Bolkestein », le budget pour six ans, ont été votés.

 Un NON social et un NON politique à cette Europe

 Le NON français était un NON social (rejet de l’Europe, telle qu’elle fonctionne) et un NON politique (NON à l’idée de constitution en raison de l’attachement à la démocratie, NON à l’élargissement continu, perçu comme étant source d’insécurité politique).

 Voir l’Europe à travers un droit contraignant n’est pas une bonne idée. Nous avons en commun de nombreuses valeurs (à l’exception de la laïcité), les politiques commerciales et monétaires (l’euro).

 Ce qui manque à l’Europe, c’est la croissance de l’économie (afin de résorber le chômage et la précarité, préserver le tissu industriel). L’Allemagne a encore 3,9 millions de chômeurs. C’est seulement ensemble, avec la France,  qu’elle pourra réellement faire le poids, par rapport à la mondialisation (l’euro ne joue aucun rôle, il ne fait guère plus que l’ancien mark allemand).

 Il y a les traités européens, mais il faut utiliser la clause de rendez-vous afin de modifier le rôle de la BCE, son mode de raisonnement, faire en sorte que les gouvernements y mettent leur nez et  donner à l’Europe des objectifs sociaux et fiscaux. Le problème n’est pas d’abord institutionnel (la substance...).

 Les défis de la mondialisation

 La vraie question, c’est comment relever les défis de la mondialisation ? Nous sommes face à des coûts de main-d’œuvre durablement bas et des taux de croissance très hauts (10% en Chine, 8% en Inde, 6% au Brésil). Les coûts salariaux français restent inférieurs aux coûts allemands, même si l’écart s’est réduit.

 Comment la situation va-t-elle évoluer dans les 5-6 ans à venir ? La Chine construit une industrie de biens d’équipement, elle deviendra vite un rival. La croissance européenne est vitale. Il faut arrimer l’Afrique et la Russie à notre développement, hiérarchiser nos priorités (industrie, espace, défense…).

 Une ambition pour l’Europe

 Quelle ambition pour l’Europe ? Quel est son intérêt à long terme ? Les USA, qui oeuvrent au rapprochement avec l’Allemagne, donnent l’impression d’être un grand pays emporté par le poids de sa puissance. Que feront-ils demain avec l’Iran ? Il y a un danger.

 Nous ne sommes pas favorables à la guerre des civilisations. Nous voulons un développement pacifique, régler le problème du Proche-Orient, faire une politique méditerranéenne.

 L’Allemagne et la France ont à rechercher la voie de la raison

 L’Allemagne et la France sont proches et ont des relations étroites, en augmentation depuis cinquante ans. Chaque nation doit défendre ses intérêts sans arrogance et passer des compromis en répondant aux intérêts des deux peuples.

 Les élections en France ? Tout est possible, y compris la défaite de Sarkozy. Les français, comme les allemands, se répartissent en trois parties à peu près égales : ceux qui sont en déshérence, ceux qui sont inquiets et ceux qui se sentent bien.

 La Constitution renvoie à l’idée de fédération européenne. Sur ce point, l’Allemagne est plus pragmatique, grâce à Schroëder. Il n’y a pas de catastrophe en vue. Le traité de Nice est applicable. Il faut trouver la voie de la raison (gouvernement économique de la zone euro, fonctionnement à 30, la France tournée vers la Méditerranée, l’Allemagne vers la Russie).

 C’est possible (à condition de faire un gros effort de compréhension entre français et allemands) avant les élections européennes de 2009, même si ces élections n’ont jamais constitué un événement marquant jusqu’à présent.

 Pendant le débat qui a suivi, Jean-Pierre Chevènement s’est exprimé en réponse à des interventions.

 La Russie et la Chine

 Concernant la Russie et la Chine, il a repris cette idée que la France et l’Allemagne ont de nombreuses similitudes et la capacité politique de se projeter dans l’avenir à long terme.

 C’est une nécessité vitale au moment où les géants (Chine, Inde), endormis pendant cinq siècles d’expansion européenne, se réveillent.

 Quant à la Russie et à l’Ukraine, qui font partie de la famille des nations européennes et de l’espace russophone, il faut leur proposer un partenariat renforcé (voir sur www.fondation-res-publica.org le compte rendu du colloque du 11 octobre 2005 sur le thème « Où va la Russie ? »).

 Après le NON français, laisser passer l’orage

 Le NON français du 29 mai 2005 n’a pas été compris en Allemagne. La France n’a pas le même système politique que l’Allemagne. Mais il ne faut pas dramatiser et voir le long terme. La première période Schroëder n’a pas été facile.

 En 2003, il s’est produit une éclaircie, puis, en 2005, le peuple français s’est exprimé, ce qui est son droit. Il n’y a pas à s’excuser. C’était un NON à cette Europe. La France a contribué beaucoup dans le passé à la construction européenne.

 Si l’on n’est pas compris, il faut laisser passer l’orage, relativiser, prendre de la distance et éviter de se laisser happer par des problématiques subalternes.

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13 février 2007 2 13 /02 /février /2007 18:31

 

Plus juste, la France sera plus forte

 

Excellente répartition des rôles à Villepinte (93) dimanche 11 février, entre François Hollande dont le discours plein d’ironie a été très apprécié par la salle et Ségolène Royal, qui a présenté son pacte présidentiel et ses cent propositions, très attendus par les 15 000 personnes présentes, dont j’étais, et beaucoup d’autres qui ont pu voir l’événement en direct sur une chaîne de la TNT (voir www.segoleneroyal2007.net ).

 Hier matin, Jean-Pierre Chevènement représentait la candidate sur Europe 1 (lire la dépêche d’une agence de presse à ce sujet sur son blog www.chevenement.fr ).

 A lire également sur son blog, son commentaire concernant le discours de Ségolène Royal.

 « Enfin une candidate de gauche qui nous parle de la France »

« Hier à Villepinte Ségolène Royal a développé, s'agissant de la France dans son articulation à l'Europe et au monde, une vision présidentielle à cent coudées au-dessus de celle de Nicolas Sarkozy :

 -une vision exigeante de la France à partir des valeurs qui structurent son Histoire ;
-une vision optimiste de l'Europe qu'il nous faut, une Europe de la croissance et de l'emploi où la concurrence ne remplace pas le projet de société, « une Europe qui se protège et nous protège » ;
- enfin une vision équilibrée du monde où la France « sans humilité et sans arrogance » agit de concert avec les pays émergents pour faire prévaloir le droit international tel que l'énonce le Conseil de Sécurité de l'ONU.

Cette vision, ambitieuse et réaliste à la fois, met le curseur au bon endroit : à partir de cette équation juste des rapports entre la France et son environnement, tout le reste s'enclenche naturellement.

Ainsi a été posée, si le peuple français, à travers le bruitage des médias, peut l'entendre, l'équation d'une vraie réussite, non seulement pour la gauche mais aussi pour la France. Enfin une candidate de gauche qui, d'une voix juste, nous parle de la France ».

 « Ségolène Royal va reprendre l’avantage »

 Ce matin, alors que je prenais le métro pour rentrer en Mayenne, j’ai découvert les commentaires de Jean-Pierre Chevènement dans le journal gratuit Métro, sous le titre « Ségolène Royal va reprendre l'avantage » et le sous-titre « Monsieur Sarkozy ne défend pas l'égalité mais l'inégalité. C'est un Thatcher en complet-veston qui nous prépare une thérapie de choc libérale ! ».

 « Le président d'honneur du MRC revient sur le discours de Ségolène Royal, samedi à Villepinte. 
Ségolène Royal a-t-elle réussi son rendez-vous avec les Français ?  

 Jean-Pierre Chevènement : Oui, incontestablement. On attendait qu'à la fin de la phase d'écoute, Ségolène Royal parle aux Français, et elle l'a fait de manière tout à fait magistrale. Son discours présidentiel a eu à mon sens beaucoup plus de portée que celui de Nicolas Sarkozy, car il a embrassé tous les sujets, y compris la politique européenne et étrangère. Ségolène Royal a posé l'équation de la réussite en s'adressant à la fois aux couches populaires, à la jeunesse et à la France.

N'était-ce pas d'abord un discours destiné à rassurer l'électorat de gauche ?
 
 Ce discours s'adressait à tous les Français, pas seulement à l'électorat de gauche. Je pense que le problème des quartiers, avec le rétablissement d'une police de proximité, appelée «police de quartiers», ça n'intéresse pas que des électeurs de gauche, mais aussi des électeurs de droite, voire d'extrême droite.

La droite critique déjà le coût du projet. Comment vont être financées ces 100 propositions ?
 
Ségolène Royal a parlé d'une réforme de la fiscalité, qui permettrait de taxer davantage le capital que le travail. Et puis prenez par exemple le prêt de 10 000 euros aux jeunes. C'est un prêt gratuit. On peut demander aux banques de faire un effort ! Les profits des banques font partie de ce règne sans frein du profit financier que Ségolène Royal a fustigé à juste titre. Il y a aussi la réforme de l'Etat, diminuer le nombre des ministères, alléger le poids des administrations, mettre un peu de clarté dans les textes législatifs…

 Que fera Ségolène Royal avec les prélèvements obligatoires ? 

Elle n'a pas dit qu'elle les baisserait ni qu'elle les augmenterait. Evitons la démagogie qui consiste à promettre à la fois des dépenses nouvelles et des baisses d'impôts.

L'Etat peut-il garantir un emploi aux jeunes en situation d'échec scolaire ?

 Madame Royal a défini l'école comme un lieu de transmission des savoirs et des valeurs républicaines. Elle veut des «emplois parents», des répétiteurs et du soutien scolaire gratuit. Pour ceux qui sortent de l'école sans qualification -55 000 par an –, il faut leur permettre de s'insérer dans de grands chantiers nationaux.

Craignez-vous toujours une dispersion de la gauche au premier tour ? Au profit de François Bayrou ?

 Non. Monsieur Bayrou améliorera peut-être un peu son score de 2002, de un ou deux points pas plus. Mais l'affaire se jouera entre madame Royal et monsieur Sarkozy. Ça sera très serré et Ségolène Royal va reprendre l'avantage dans les toutes prochaines semaines.

Quand Nicolas Sarkozy parle de «pacte républicain», ça vous dérange ?

 Le mot «République» n'a pas le même sens dans sa bouche et dans la mienne. Pour moi, c'est l'idée du citoyen, de l'intérêt général, connecté à la souveraineté populaire. Monsieur Sarkozy est pour l'abolition de la loi de 1905, il flatte les sensibilités communautaristes. Madame Royal s'adresse, elle, à la France. Monsieur Sarkozy ne défend pas l'égalité mais l'inégalité. C'est un Thatcher en complet-veston qui nous prépare une thérapie de choc libérale ! ».  

 
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