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Présentation

  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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31 juillet 2006 1 31 /07 /juillet /2006 13:50

 

Emploi : les propositions du MRC

Politique européenne, politique industrielle.

Comme l’écrit Eric Dacheux dans Le Monde du 25 mai 2006, il faut sortir de la « spirale régressive qui aspire l’Union Européenne et l’ensemble des pays membres ».

L’auteur note qu’en France, « la spirale régressive est freinée par une dynamique militante. Pour l’instant, la révolte de la jeunesse et l’énergie associative préservent une contestation démocratique nationale tout en réparant le tissu social de proximité. Jusqu’à quand ? ».

 

Nous pensons que la « contestation démocratique », à l’origine du NON du 29 mai puis du recul du pouvoir sur le CPE, a ouvert la perspective d’une autre politique, antilibérale.

 

La gauche est placée devant une alternative, qui concerne à la fois la France et l’Europe.

 

Soit elle continue d’accompagner la mondialisation libérale et d’accepter la régression sociale (baisse du coût du travail, de la fiscalité, renforcement de la flexibilité, prise en charge d’une partie croissante des salaires par la collectivité, tout cela au détriment de la protection sociale, de l’investissement public),

Soit elle décide de résister à la mondialisation libérale pour renouer avec le progrès social (dans la continuité du NON du 29 mai, refus de la liberté absolue des mouvements de capitaux et des marchandises, levée des verrous communautaires empêchant de conduire une véritable politique économique).

 

La gauche française doit choisir la résistance à la mondialisation et se préparer à réorienter la politique économique européenne, car il faudra corriger les énormes déséquilibres dont souffrent l’Europe et la France (quand les USA feront peser sur nous les conséquences de leurs déficits actuels).

Nous préconisons trois changements fondamentaux

dans la conduite de la politique économique européenne.

 

Une préférence commerciale communautaire, qui pourrait prendre différentes formes (dont des tarifs et quotas douaniers sectoriels) afin d’enlever aux multinationales tout intérêt à exploiter les dumpings sociaux et environnementaux.

Une politique monétaire offensive (Eurogroupe + BCE) afin de garantir les conditions d’une croissance soutenant les activités économiques utiles.

Un investissement public ambitieux (hors contraintes des plafonds selon les critères de Maastricht) afin de favoriser les projets d’intérêt général en Europe.

 

Nous voulons que l’Etat se saisisse

de tous les leviers nationaux de politique industrielle.

 

Rééquilibrer l’économie en évitant de faire le grand écart entre les emplois hyper-qualifiés et les emplois très peu qualifiés.

Faire de l’Etat un stratège favorisant la coopération entre les acteurs industriels (la cohérence des actions publiques aidant les entreprises à se projeter dans le long terme et à faire des choix correspondant à l’intérêt du pays).

Financer les projets assurant une production sur le territoire français et une utilité pour la France, avec un effort particulier en direction des PME/TPE.

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31 juillet 2006 1 31 /07 /juillet /2006 13:31

 

NOTE CONCERNANT LE DEFICIT DE L’ASSURANCE MALADIE

  A) Des éléments récents viennent confirmer les réticences que nous avions exprimées concernant la réforme de l’Assurance Maladie :

 1) Le 8 juin, le rapport de la commission des comptes annonce que le déficit du régime général devrait atteindre 10,3 milliards d’euro en 2006, contre 11,6 milliards en 2005 : la prévision de ramener le déficit à 8,9 milliards ne sera pas atteinte, et l’objectif d’un retour à l’équilibre des comptes à l’horizon 2007 est très peu probable.

Même si la branche maladie voit une modeste diminution de son déficit, -contrairement aux branches vieillesse et famille qui voient leur situation s’aggraver-, la part majeure du déficit de la Sécurité sociale provient de la branche maladie (8 milliards en 2005).

  2) Le 8 juin toujours, à l’occasion du congrès de la Mutualité Française, son président Jean-Pierre Davant, en présence de Jacques Chirac, a prononcé un discours très critique, déclarant notamment que « la somme [des] intérêts particuliers ne peut pas constituer une politique de santé ».

  3) Lors des élections professionnelles du 2 juin dernier, les médecins libéraux ont voté majoritairement pour les organisations qui s’étaient opposées à la convention médicale qui instituait la réforme du « médecin traitant ». C’est un signe du désaveu des médecins face à un gouvernement qui ne ménage pourtant pas ses efforts de clientélisme pour s’attirer la sympathie du « corps médical ».

 B) La politique du gouvernement va à l’encontre de notre conception de la Sécurité Sociale.

 1) Plusieurs mesures prises tendent à renforcer la part individuelle du financement : forfait de un euro par acte, augmentation du forfait journalier hospitalier, forfait de 1 euro pour les actes d’un montant supérieur à 91 euro, introduction de nouveaux dépassements d’honoraires non remboursables.

 

Ces mesures diminuent donc encore la part collective du financement du système de soins, principe de base de notre pacte républicain puisqu’il garantit la solidarité du système.

 2) La réforme dite du « médecin traitant », en instituant à la fois un parcours de soins et la possibilité pour les plus favorisés de le contourner en payant des dépassements d’honoraires non remboursables, va à l’encontre du principe d’égalité car elle favorise l’instauration d’une médecine à deux vitesses.

 C) Notre approche de la question du financement de la Sécurité sociale doit envisager la question des recettes et celle des dépenses :

1) Concernant les recettes : il faut cesser d’augmenter la part individuelle du financement du système, le financement collectif repose sur les cotisations (salariales et patronales) et sur la CSG :

 a) les cotisations salariales doivent être transférées sur la CSG.

 b) pour le calcul des cotisations patronales, la prise en compte de la valeur ajoutée des entreprises plutôt que de la masse salariale doit permettre de favoriser une politique de l’emploi indissociable des préoccupations quant au financement du système. Cette mesure, que nous avions préconisée depuis longtemps, a récemment été reprise à son compte par le Président de la République. Nous serons vigilants quant à la suite qui sera donnée à ces déclarations.

c) le financement par la CSG reste satisfaisant car, portant sur l’ensemble des revenus, y compris sur les revenus financiers des ménages, il comporte une dimension égalitaire. Son apport aux recettes de la Sécurité sociale doit donc être renforcé, quitte à rendre la CSG progressive donc plus juste.

d) par ailleurs, dans le cadre de la politique d’augmentation des recettes, il convient d’envisager les modalités d’une taxation accrue des revenus financiers des entreprises, de mettre largement à contribution l’industrie pharmaceutique.

 

 

 2) Concernant les dépenses, il faudra notamment :

a) mener une vraie politique du médicament, premier poste de dépenses après l’hôpital. Pour cela il faut : continuer de renforcer l’usage des génériques,

pratiquer une gestion conventionnelle du prix du médicament,

poursuivre le déremboursement des médicaments à service médical rendu insuffisant, tout en menant une réflexion sur les conditions d’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) des médicaments, afin que seules les molécules ayant réellement prouvé leur efficacité soient considérées comme des médicaments et donc légitimement remboursées à taux maximal.

b) développer avec ambition la prévention et l’éducation à la santé.

c) entreprendre une réflexion profonde concernant la rémunération des médecins à l’acte et la légitimité éventuelle de l’introduction d’une rémunération forfaitaire assortie d’un encouragement liant une part des revenus à l’activité réelle.

Enfin, il est indispensable que ces questions soient débattues publiquement devant les citoyens : aussi, il conviendra de renforcer le rôle du Parlement dans le pilotage de notre système de santé.  

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31 juillet 2006 1 31 /07 /juillet /2006 13:12

 

Pour un système de santé solidaire et progressiste

 Notre système de santé, pilier du pacte républicain, se doit d’assurer une couverture médicale universelle, égalitaire et solidaire. Pour le défendre, pérennisons son financement.

Dès lors qu’une société souhaite accorder à la santé la place qu’elle mérite, elle doit accepter que la santé a un coût. Les recettes doivent reposer sur un financement collectif : ce principe républicain, qui garantit la solidarité, s’est vu récemment mis à mal par de nombreuses mesures renforçant la part du financement à la charge du patient.

En effet, la volonté de rendre le financement individuel plutôt que collectif est à la base de l’idéologie des libéraux. En renfort du financement collectif, plusieurs pistes sont à explorer. Parmi elles, la taxation accrue des revenus financiers des entreprises et la mise à contribution de l’industrie pharmaceutique, tant est choquant le contraste entre les immenses profits des multinationales du médicament, et le déficit de la Sécurité sociale, toujours ressassé.

Quant aux dépenses, elles sont à optimiser. Une politique du médicament alliant renforcement de l’usage des génériques et gestion conventionnelle des prix, une réflexion sur les problèmes posés par la rémunération à l’acte des professionnels, un développement majeur de la prévention sont à mettre en œuvre.

 Rationalisons l’architecture du système de soins, autour de deux piliers principaux :

le médecin traitant, coordinateur des soins, justifiant une politique de valorisation de la médecine générale.

l’hôpital public, qui doit assumer son rôle social majeur, sa vocation d’excellence, et sa dimension de vitrine d’un service public égalitaire et performant.

 Réduisons les inégalités, tant géographiques que sociales. Un ouvrier a encore une espérance de vie inférieure de sept ans à celle d’un cadre.

Combattons les réformes de la droite : 

la nouvelle convention médicale qui ouvre la voie à une médecine à deux vitesses en organisant à la fois un parcours de soins, et la possibilité de le contourner au prix de dépassements d’honoraires non remboursables.

la tarification à l’activité, qui appréhende l’hôpital dans une logique de rentabilité pure, au risque d’aboutir à une sélection des malades, et ne garantit qu’insuffisamment les missions sociales de l’hôpital public.

la réforme « hôpital 2007 », qui met en concurrence public et privé, hôpitaux et services entre eux.

 Donnons à la santé toute sa dimension politique.

Rendons-la plus démocratique, en livrant au débat citoyen les enjeux majeurs de son avenir, en renforçant le rôle du Parlement dans le pilotage du système, en développant une gouvernance démocratique de l’hôpital où les syndicats doivent jouer un rôle majeur.

Rendons-la progressiste et laïque en donnant une impulsion majeure à la recherche publique, en assurant l’application optimale de la législation sur l’IVG, en favorisant un débat laïc sur les questions de bioéthique.

Rendons-la ambitieuse en diffusant largement les techniques et thérapeutiques nouvelles, en développant la prévention et l’éducation à la santé.

Nous venons de fêter le soixantième anniversaire de la Sécurité sociale, héritée du programme du Conseil National de la Résistance. Plus que jamais, face aux libéraux, nous devons défendre ce modèle social qu’ils détestent. Car nous le savons, il a été conquis de haute lutte et il constitue un élément fondamental du pacte social de ce pays.  

 
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31 juillet 2006 1 31 /07 /juillet /2006 10:38

 

Reconstruire la gauche

 Réflexions de Michel Sorin                                                                      

 Reconstruire une gauche capable de se rassembler autour d’un projet.                          

 La responsabilité de la gauche est de proposer une alternative réaliste et crédible au « modèle néo-libéral ».                                                                                   

 Propositions de Jean-Pierre Chevènement                                                       

  Remettre la construction européenne à l’endroit.                                                         

 Remettre la France dans le sens de la marche… républicaine.                          

 Réaffirmer les principes républicains.                                                                

 Rééquilibrer les institutions républicaines.                                                   

 Mobiliser les atouts de la France.                                                            

 Revaloriser les services publics et redéfinir leurs missions.                                 

 La France a besoin d’un projet national pour donner des orientations et des impulsions en Europe et dans le monde.                                                          

 En Europe, le NON du 29 mai n’a pas réduit l’influence de la France !                       

 La mondialisation est présentée par la pensée dominante comme un fait, ou une nécessité, auxquels on ne peut que se conformer.                   

 La gauche doit prendre conscience de ce qu’est la mondialisation pour opérer sur des bases solides les redressements qui s’imposent.             

 Reconstruire la gauche 

 

 Comme l’Allemagne, la France hésite dans le choix de son avenir. Dans le tourbillon de la mondialisation libérale, les deux pays réagissent, chacun à sa façon, mais de manière convergente, face au dilemme que l’on peut résumer ainsi : d’un côté, les principes sur lesquels ils ont fondé leur existence, de l’autre, les directives  d’une Europe qui détruit les protections et immerge dans un marché mondial sur lequel les nations (et, donc, la politique) n’ont pas prise.

 Les Français, consultés le 29 mai dernier, ont refusé de s’engager dans la voie tracée par le traité constitutionnel, qui conduisait à l’abandon des principes républicains.

 Ce vote est historique et le clivage apparu lors de cette campagne référendaire est fondateur. Le peuple français a tenu à conserver la maîtrise de son destin.

 Les Allemands, pour leur part, le 18 septembre dernier, ont voulu marquer leur opposition à la remise en cause de leur système social en donnant à la gauche, dans sa diversité, la majorité de leurs suffrages, empêchant ainsi la droite libérale et atlantiste de prendre, seule, les commandes du pays.

Comment ne pas ressentir la puissance de la mondialisation libérale, portée par un capitalisme financier en pleine évolution !

 Mais, dans nos « vieux » pays démocratiques, il nous reste des moyens de résister et de nous opposer à ce déferlement destructeur des cultures humaines et des solidarités sociales.

 En France, nous avons un moyen, c’est la République, à condition de vouloir s’en servir et en ayant une claire conscience des faiblesses, des failles et des contradictions de cette mondialisation qui n’a rien d’inéluctable et qui pourrait être rééquilibrée par les pouvoirs publics, aux niveaux national et européen.

 Le sens des votes du 21 avril 2002 et du 29 mai 2005 est clair. A deux reprises, le peuple français a défié les élites politiques du pays.

 En fait, c’est un appel de détresse qui s’adressait tout particulièrement à la gauche. Car la droite, n’ayant pas trouvé de successeur au général de Gaulle, est clairement engagée dans la voie libérale et ne résiste plus, ou si peu, à l’américanisation de la société française.

 La gauche ne peut esquiver ses responsabilités. Mais elle est émiettée, incapable de se rassembler tant que le Parti Socialiste reste sous l’emprise de l’idéologie européo-libérale de ses dirigeants.  Certes, l’issue du congrès du PS en novembre sera déterminante pour l’avenir de la gauche. Mais il y a urgence. Dès maintenant, jetons les bases d’un projet novateur et réaliste.  

 

     Préparons les conditions de la reconstruction d’une gauche capable de se rassembler et de gagner durablement la confiance des Français.                                          

 La responsabilité de la gauche est de proposer une alternative réaliste et crédible au « modèle néo-libéral »

 Au lieu de se perdre en se diluant dans une Europe attelée au cheval impérial nord-américain et drivée par un cavalier portant les couleurs du capitalisme financier, la France doit se donner les moyens de mettre en œuvre une politique réellement nouvelle et ambitieuse, suffisamment cohérente et compréhensible pour être approuvée et soutenue par les principales composantes du peuple français.  Une politique dont la pertinence serait perceptible et reconnue par les autres peuples européens et dans d’autres parties du monde.  Au lieu de persister à mettre en œuvre une vague copie du modèle anglo-saxon qui ne lui convient pas, notre pays a tout intérêt à réinventer son propre modèle social, en harmonie avec son histoire et en lien direct avec les attentes citoyennes.

 Un vrai modèle, qui soit attractif en Europe et dans le monde.  Réinventer le modèle social français… Cela suppose de proposer une démarche et des perspectives politiques que le peuple français sera en mesure de s’approprier dans la durée, au-delà des alternances électorales… C’est refonder la République, en l’adaptant aux conditions du 21ème siècle.

 Une France qui réinvente son modèle social et fait vivre sa République selon ses valeurs et ses principes, en prenant appui sur les citoyennes et les citoyens, actifs et responsables.

 Une Europe, protectrice de son économie et ouverte sur le monde, qui adopte une nouvelle approche fondée sur la démocratie, la coopération et la solidarité (à la place de l’approche néo-libérale fondée sur l’oligarchie, la concurrence et l’inégalité).

 Au lieu d’accroître les inégalités sociales, nous devons rétablir la cohésion sociale. Cela suppose de faire progresser les bas revenus et de prendre des dispositions pour encadrer les très hauts revenus dans des limites raisonnables.

 A l’initiative et à la liberté individuelles, qui sont indispensables au dynamisme de la société, il faut le complément tout aussi indispensable qu’est l’organisation de la vie sociale et collective. Ensemble, il faut avancer. Ensemble, il faut se protéger face aux aléas et aux duretés de la vie.

 La République doit proposer un mode d’organisation cohérent des pouvoirs publics entre les différents niveaux (Europe, nation et territoires), en précisant le rôle de chacun d’eux dans un souci d’efficacité et de complémentarité.

 L’Europe se construisant dans le prolongement des nations, la République pourra s’affirmer dans ses dimensions, française et européenne, sans déroger aux principes de la souveraineté populaire et de la démocratie.

 Remettre la construction européenne à l’endroit

 Les signes de la crise de confiance entre les peuples et leurs dirigeants ne manquent pas, surtout au niveau européen.  Le 29 mai, le peuple français a rejeté la manière dont l’Europe a été faite, dans son dos, en dehors de la démocratie. Le 1er juin, le peuple hollandais a refusé, lui aussi, de ratifier le traité constitutionnel européen, craignant la perte de son identité nationale. Les élections européennes 2004 ont été marquées par un taux d’abstention record, notamment dans les pays de l’est européen, mais aussi à l’ouest. Les gouvernements sortants sont le plus souvent désavoués par les électeurs et les majorités parlementaires nationales deviennent de plus en plus introuvables…

 L’Europe est au cœur du malaise politique actuel.  Les citoyens ne refusent pas l’Europe mais ils veulent mettre fin à la dérive libérale, libre-échangiste et bureaucratique de la construction européenne. Conscients que les grands problèmes actuels ne peuvent trouver de solutions au seul niveau national, ils souhaitent que l’Europe les défende, dans une compétition mondiale sans règles, et réduise les inégalités entre les peuples.

 L’Europe a échoué parce que ses dirigeants ont détourné les pouvoirs transférés à Bruxelles à des fins de mise en conformité avec les règles de la mondialisation libérale. Elle a échoué pour une seconde raison. Les conditions précipitées dans lesquelles a été  décidé l’élargissement  aux pays de l’Europe centrale et orientale ont résulté, pour une bonne part, de la soumission des institutions de Bruxelles à la volonté des USA de maîtriser l’avenir de l’Europe et, au-delà, du continent eurasiatique.

 Désormais, l’Europe doit se construire sur de nouvelles bases. 

 Après le vote du 29 mai, rien n’est plus comme avant. Désormais, construction européenne rime avec assentiment populaire. Un changement de méthode s’impose. L’Europe doit se construire dans le prolongement des nations, par délégation de compétences bien ciblées et démocratiquement contrôlées. Faut-il une constitution européenne ? Non, ce n’est pas nécessaire et ce n’est pas une bonne solution pour 25 peuples qui tiennent à vivre dans le cadre de leurs démocraties nationales et coopérer entre eux sur la base de projets clairement définis. Quelle est la solution ? Il faut partir des traités existants et les renégocier en fonction des priorités. La relance durable de l’économie de la zone euro est l’urgence absolue. Cette partie de l’Europe (zone euro : 300 millions d’habitants) est le centre vital de l’Europe, avec en son cœur les six pays fondateurs de la CEE (225 millions d’hab.). C’est la locomotive dont l’Europe entière a besoin. Il faut la doter des institutions et des politiques qui relanceront le développement économique sur tout le continent. 

 

  Un nouveau traité est nécessaire pour réformer les statuts de la Banque Centrale Européenne et attribuer de nouvelles compétences à l’Eurogroupe (élargi aux chefs d’Etat et de gouvernement) concernant la monnaie et la politique de change, la coordination budgétaire (au lieu du pacte de stabilité) et la convergence progressive sur les plans fiscal et social. Dès lors que les compétences de l’Eurogroupe et de la BCE auront été ciblées par la définition d’objectifs clairs (croissance, emploi, rôle international de l’euro), il pourra être admis que, sous le contrôle des Parlements nationaux, les décisions de l’Eurogroupe soient prises à la majorité qualifiée.  Ce traité devrait inclure la possibilité, pour un petit nombre de pays, d’opter pour des coopérations renforcées, sous réserve que celles-ci respectent les acquis communautaires et restent ouvertes aux autres pays. C’est le moyen d’aller vers « un acteur européen stratégique à l’échelle mondiale », qui serait indépendant.

 Cette réorientation de la construction européenne avec les partenaires qui le souhaiteront sera favorisée par l’inévitable distanciation des USA par rapport à l’Europe en raison de leurs engagements prioritaires ailleurs dans le monde.

 Remettre la France dans le sens de la marche… républicaine

Dans le désert des grandes ambitions collectives et la sécheresse des perspectives offertes par les grands partis politiques actuellement, il importe plus que jamais de faire retour à la République. Cette République qui, depuis deux siècles, donne sens à notre histoire et aux luttes pour la démocratie politique, le progrès social, l’indépendance nationale et la fraternité des peuples. Dans ce monde injuste et violent qui serait, dit-on, en train de glisser vers le « choc des civilisations », la voix de la République, qui est aussi celle de la France, doit parler pour l’humanité.

 Réaffirmer les principes républicains.

 Foi dans l’Homme et dans la raison humaine : c’est la base de la démocratie issue des Lumières. Cette confiance dans la capacité humaine à s’affranchir de l’ignorance et de la superstition constitue le socle de la République.

 Souveraineté populaire : le peuple est le creuset de la volonté générale. C’est lui qui tranche en dernier recours. En France, souveraineté nationale et souveraineté populaire sont indissociables. C’est pourquoi nous parlons de nation républicaine, qui peut agréger sans cesse de nouveaux citoyens. A ne pas confondre avec la nation ethnique ou culturelle, qui est tournée vers le passé et beaucoup plus fermée.

 La citoyenneté se déduit de la souveraineté populaire. Elle nourrit la démocratie, ce qui suppose une pleine liberté d’expression et, pour les citoyens, un bon équilibre de droits et de devoirs. Elle s’exerce dans un espace laïc, soustrait aux dogmes. La laïcité fait en sorte que tous les citoyens, au-delà de leur diversité (sociale, ethnique, religieuse, philosophique…), puissent se déterminer ensemble sur le contenu du « bien commun ». Tous les citoyens sont égaux devant la loi. L’autorité de la loi est la base même de la République .Celle-ci est un régime de liberté, qui comporte le droit à la sûreté. La sûreté est la condition de l’exercice de toutes les libertés. L’ordre républicain ne se confond ni avec l’idéologie sécuritaire ni avec le laisser-faire (« angélisme »). 

 L’école laïque est au cœur de la République, de la formation du citoyen et de son esprit critique. L’acquisition des savoirs fondamentaux ne se fait pas sans efforts, mais c’est dans l’intérêt des enfants, notamment ceux issus des milieux populaires. Se limiter à un « socle commun de connaissances » ne correspond pas à ce qu’on attend d’une école républicaine. L’instruction civique et morale sont parties intégrantes de l’école, les jeunes ayant besoin d’avoir à l’esprit les règles républicaines.

 L’égalité est au cœur de la devise républicaine. Dans la République sociale, l’égalité des chances est une réalité. Le droit au travail, à la formation, au logement, sont garantis.  La revalorisation du travail est la première priorité. Elle va de pair avec la revalorisation de l’économie. L’accroissement des salaires directs sera réalisé par le glissement des charges patronales et salariales vers la TVA et la CSG.

 Rééquilibrer les institutions républicaines.

 La Constitution de 1958 prétendait instaurer un « parlementarisme rationalisé ». La pratique a débouché sur un régime présidentiel déséquilibré, l’adoption du quinquennat ayant accru le déséquilibre et la concentration des pouvoirs.  Pour revaloriser le rôle du Parlement, il faut aller vers un régime présidentiel rationalisé, où le Premier Ministre et le gouvernement seront nommés par le Président de la République et ne procèderont plus de la majorité parlementaire. Quelques mesures complémentaires permettront d’équilibrer le dispositif : Suppression de l’article 49-3 de la Constitution qui permet l’adoption d’un projet de loi, sauf adoption d’une motion de censure par l’Assemblée Nationale. Maintien de deux « soupapes de sécurité » : Droit de dissolution (à la disposition du Président de la République face à l’Assemblée), motion de censure (à la disposition de l’Assemblée à l’égard du gouvernement). Mais la nouveauté serait, en cas de conflit, le renvoi simultané des belligérants devant le suffrage universel (élection présidentielle puis législative). En conséquence, le mode de scrutin pour les élections législatives pourrait être réformé afin que l’Assemblée Nationale soit plus représentative. Le maintien des circonscriptions territoriales est souhaitable pour ne pas faire des députés de simples délégués des partis politiques. La représentation proportionnelle serait présente dans le cadre d’un système à l’allemande (deux bulletins pour chaque électeur, l’un pour élire le député de la circonscription, l’autre pour choisir le parti à la proportionnelle).

 Commentaires : Le Président et le gouvernement  (installés à l’issue de l’élection présidentielle) et l’Assemblée Nationale (installée à l’issue des élections législatives qui suivent l’élection présidentielle) seraient placés dans des conditions qui les inciteraient fortement à coopérer. Le peuple serait assuré de trancher les conflits en dernier ressort. Les députés (pouvoir législatif) verraient leurs pouvoirs de contrôle renforcés, du fait de leur moindre dépendance vis-à-vis du pouvoir exécutif. On n’entre pas dans une VIème République. On reste dans une Vème rééquilibrée, après avoir admis qu’il n’est pas réaliste de revenir sur l’élection du Président de la République au suffrage universel, pas plus que sur son rôle majeur dans les institutions.                                 

 Mobiliser tous les atouts de la France.

 Limitons-nous à quelques-uns d’entre eux, plus importants. La réforme des prélèvements obligatoires doit servir un double objectif d’efficacité économique et de justice sociale. L’égalité homme-femme doit être promue systématiquement. L’épargne doit être détournée des placements spéculatifs et canalisée vers l’investissement productif. La hausse des taux d’activité sera encouragée par la mise en œuvre d’une retraite progressive et par une politique permettant aux femmes de mieux concilier une activité professionnelle avec leur désir d’enfants (crèches, assistantes maternelles, etc.). On sait que ce désir est aujourd’hui loin d’être satisfait. La politique industrielle sera relancée en prenant appui sur l’épargne collective et sur un secteur public revitalisé . La politique agricole commune sera maintenue et réformée, dans un sens favorable aux exploitations moyennes.

 Revaloriser les services publics et redéfinir leurs missions.

 Les services publics sont le socle de la compétitivité  d’un pays moderne. La priorité ira à l’éducation, à la formation continue, à l’université qui en a grand besoin, et à la recherche. Une politique énergétique répondant aux besoins du pays et respectueuse de l’environnement mettra l’accent sur les énergies nouvelles, y compris les réacteurs nucléaires de nouvelle génération (EPR, puis réacteurs hybrides), la biomasse, les économies d’énergie et la recherche concernant le traitement des déchets nucléaires ultimes et les énergies du futur (hydrogène, fusion). Une politique gazière sera élaborée à l’échelle européenne, en coopération avec la Russie et les pays du Maghreb. La priorité à la réduction des gaz à effet de serre doit également se décliner en matière de transports (nouvelles infrastructures fluviales et de chemins de fer, lignes à grande vitesse, développement du ferroutage). La politique de santé mettra l’accent sur la prévention et l’éducation à la santé. La retraite par répartition sera maintenue. L’immigration, quand elle est définitive, doit aller de pair avec l’intégration républicaine. Elle suppose l’accès égal à la citoyenneté et le respect de ses valeurs et de ses règles. Des migrations temporaires peuvent et doivent faire l’objet d’une politique de coopération avec les pays d’origine.

 La France a besoin d’un projet national pour donner des orientations et des impulsions en Europe et dans le monde.   

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31 juillet 2006 1 31 /07 /juillet /2006 10:23

 

Réunion publique du CLUB LAICITE

« Choc des civilisations ou dérivatifs de choc ? »

Mesdames, Messieurs,

Chers Amis,

Depuis une dizaine d’années, depuis que l’universitaire américain Samuel Huntington a publié son livre au titre en français sans équivoque, « Le choc des civilisations », ce thème est peu à peu devenu trop souvent une grille de lecture et d’interprétation des évènements du monde. Les attentats du 11 septembre 2001 ont semblé donner du crédit à cette thèse. Et, incontestablement, la guerre menée en Irak depuis trois ans l’a confortée. Mais, au-delà des apparences et des évidences trop faciles, qu’en est-il réellement ? Existe-t-il une confrontation entre d’une part une civilisation, qui serait occidentale, et d’autre part une religion qui serait par nature plus islamiste qu’islamique ? Des deux côtés, certains voudraient nous le faire croire. Les fondamentalistes chrétiens et les intégristes musulmans, sans compter quelques littéralistes juifs, se nourrissent respectivement de cette vision de l’histoire et s’alimentent mutuellement de leur opposition qui, bien qu’irréductible dans la vie quotidienne, se ressemble tellement dans le ciel des idées.

 

Certes, il est vrai que, depuis bientôt quatorze siècles, depuis l’Hégire en 622, l’Occident et l’Islam, l’Islam et l’Occident se sont souvent affrontés. Mais, il est tout aussi vrai que durant ces mêmes quatorze siècles, il y eut encore plus de conflits tant au sein de l’Occident qu’au sein de l’Islam. Ces conflits pouvaient avoir des causes religieuses. Orthodoxes et catholiques s’opposèrent avec violence, et le pillage de Constantinople par la quatrième croisade en 1204 a encore été évoqué récemment dans les Balkans. Catholiques et protestants se combattirent longtemps au sein de l’Occident, et leur hostilité n’est pas toujours achevée, comme nous le montre encore l’Irlande du Nord. Sunnites et chiites n’ont pas fini la guerre qu’ils se mènent au sein de l’Islam depuis la bataille de Karbala en 680, comme le montrent chaque jour les attentats d’Irak ou du Pakistan. Et puis, tous ces conflits pouvaient avoir des prétextes religieux, mais surtout des causes purement politiques ou des visées économiques.

 

Au cours du quasi millénaire et demi écoulé depuis l’Hégire, il n’y eut pas que des oppositions sanglantes. Il exista aussi des moments de coopération intense. C’est par l’Espagne musulmane, et Andalouse, que parvinrent à Paris la science et la philosophie grecques, qui avaient été oubliées depuis longtemps en Occident. Cet apport fut décisif pour son réveil intellectuel. Plus tard, François Ier sut trouver l’alliance de Soliman le Magnifique pour ouvrir un front de revers contre Charles Quint, dont les possessions encerclaient alors la France. Le succès de cette manœuvre diplomatique fut limité. Les Turcs devaient simultanément combattre à l’est contre la Perse, dominée depuis peu par les Séfévides musulmans chiites.

 

J’arrête ici les évocations historiques. Mais, n’oublions pas que l’histoire appartient à l’espace public, parce qu’elle se fonde sur les faits remis dans le contexte de leur époque et de leur espace, en s’efforçant de tendre vers l’impossible objectivité. Bannissons hors du débat public la mémoire, qui enferme le passé dans la subjectivité de chacun, que chacun soit un groupe ou un individu. Laissons la mémoire dans le particulier de chaque conscience, dans la sphère privée de chaque être humain. Les mémoires poursuivent à travers le temps les haines, dont les causes ont disparu, dont les motifs sont oubliés, dont les responsables sont morts. Les mémoires crient vengeance jusqu’à l’épuisement des protagonistes. Au contraire, l’histoire demande de comprendre pour ne plus recommencer les mêmes erreurs, les mêmes crimes. On peut toujours vouloir agiter la croisade contre le djihad, ou l’inverse. On peut toujours vouloir brandir les martyrs d’ici contre les victimes de là-bas. On peut toujours vouloir dresser la liste infinie des accusations mutuelles à partir d’un passé plus ou moins reconstitué, mythifié, imaginé. On ne construit pas l’avenir à coup de repentances et de contritions. On ne construit pas l’avenir avec des éternels coupables et des innocents par nature. L’avenir en commun suppose la vérité dans toute sa complexité, sans facile manichéisme.

 

La réalité aujourd’hui est moins le choc des civilisations que la mondialisation libérale, que la mise en concurrence des civilisations pour le plus grand profit du marché. Les termes de cette concurrence ne se trouvent ni dans la Torah, ni dans l’Evangile, ni dans le Coran. Les termes de cette concurrence se trouvent dans les codes du Travail et surtout dans l’absence de code du Travail. La compétition n’est pas entre Bouddha, Confucius, Jésus et Mahomet. La confrontation est entre les législations sociales ou même l’absence de législation sociale. De cette mêlée ouverte, le pays qui semblera sortir victorieux sera le moins-disant social et le moins-disant environnemental. Le choc des civilisations est un dérivatif, qui permet de dissimuler la course aux dividendes, l’enrichissement des plus riches, l’exploitation des plus pauvres, à l’échelle planétaire.

 

Bien sûr, il existe des extrémistes. Bien sûr, il existe des terroristes. Bien sûr, il existe des fanatiques. Les responsables des attentats aveugles doivent être condamnés sans faiblesse et sans hésitation. Mais tous ces comportements répréhensibles, tous ces actes odieux, servent aussi d’alibis à d’autres, sont aussi utilisés à cacher les véritables enjeux, permettent de parler d’autres sujets que de la domination sans borne du capital, détournent l’attention des problèmes graves que connait l’humanité tout entière. Mais, n’est-il pas préférable pour les couches sociales dominantes et dirigeantes au niveau mondial de favoriser les antagonismes entre les hommes à partir de leur religion, de leurs origines ethniques ou de la couleur de leur peau, plutôt qu’en fonction de leur place dans le circuit économique ?

 

Qui en France prône la discrimination positive, sinon Nicolas Sarkozy et les patrons de l’Institut Montaigne, dirigé par Claude Bébéar, le président du conseil se surveillance d’AXA ? Benoîtement, ils la présentent comme une idée généreuse destinée à combattre et à compenser les discriminations négatives réelles, dont sont victimes nos concitoyens issus de l’immigration ou de l’Outre-Mer. En réalité, elle enfermerait tous les Français dans des catégories sur le critère de leur naissance, les opposant définitivement les uns aux autres sur des bases communautaires. Elle mettrait fin à l’égalité entre les citoyens, conquête essentielle de la Révolution. Elle aggraverait la déconstruction de la République. Elle participerait au démantèlement de la France. Et, loin de mettre fin aux discriminations, elle n’en ajouterait qu’une de plus, car même positive une discrimination reste une discrimination.

 

A juste titre, certains disent qu’il faut bien contrer la montée actuelle du racisme, de l’antisémitisme et du communautarisme en France, mais aussi dans d’autres pays, notamment européens. Ils ont raison. Mais cette montée inquiétante est pour une bonne part la conséquence de la crise économique et du chômage de masse persistant, notamment chez les jeunes. Les idéologies d’exclusion, les discours de haine et les démagogues racistes sont à l’œuvre depuis toujours. Mais ils ne rencontrent une réelle audience que dans des situations économiques dégradées. Regardons la situation actuelle de notre pays et nous n’avons, malheureusement, aucune peine à comprendre leur succès.

 

Les tensions raciales, ethniques ou religieuses détournent l’attention des problèmes économiques. Le social se réduit alors aux relations inter communautaires. La responsabilité des difficultés est attribuée à l’« Autre ». C’est le discours nauséabond sur l’étranger qui vient manger le pain du travailleur français, en lui volant son emploi. En même temps, le discours moralisateur inverse sur le thème, « Tous responsables, tous coupables », permet de donner mauvaise conscience au plus grand nombre pour les paralyser ou pour les contraindre à se « racheter ». La solution, qui consisterait à donner à certains des bon points en fonction de leurs origines et, donc, à d’autres des mauvais points, ne ferait qu’aggraver les divisions au sein de la société. Mais ces divisions protègent le système en place, les situations acquises et les dividendes confortables.

 

Les idéologues libéraux de la discrimination positive confondent l’espace du débat public avec un marché, où les citoyens seraient assimilés à de simples consommateurs. Leur logique conduirait à terme à instituer une représentation populaire à partir de quotas. Alors, l’Assemblée Nationale ne serait plus que l’un de ces « panels », que les publicitaires consultent pour tester les réactions du public. Ainsi, ils savent comment emballer une lessive ou des couches-culottes afin de mieux les vendre. L’élaboration de la loi serait à l’encan. Elle ne résulterait plus de la recherche de l’intérêt général, mais de compromis durement négociés, pour ne pas dire marchander, entre les communautés.

 

La discrimination positive contredit le principe de laïcité. Celui-ci institue la séparation entre l’espace public et la sphère privée. La religion, l’origine ethnique ou encore les préférences sexuelles relèvent désormais de la sphère privée. En les réintroduisant dans l’espace public, non seulement on transgresserait le principe de laïcité, mais on accepterait un retour en arrière. Chacun devrait déclarer publiquement des caractéristiques qui lui appartiennent en propre et qui ne regardent que lui, et encore s’il s’y intéresse. Par exemple, nul aujourd’hui n’est obligé de s’intéresser à son arbre généalogique. Dans la société de messieurs Sarkozy et Bébéar, chacun devrait prendre au moins partiellement en compte ses ancêtres.

 

Avec la loi interdisant le port de signes religieux ostensibles à l’Ecole de la République, nous avons certes remporté une victoire. Mais nous savons qu’elle reste fragile. Au nom de la tolérance, tous les communautaristes espèrent toujours arriver à la faire abroger. Nous savons aussi que d’autres offensives se préparent sur les programmes scolaires ou les menus des cantines. Quel que soit le résultat de l’élection présidentielle de 2007, nous devrons être vigilants, pour que ne soient pas imposées aux Français des mesures qui iraient contre l’esprit de laïcité. Surtout, nous devons rester méfiants vis-à-vis de l’Union européenne. Nous n’oublions pas que le projet de constitution européenne, que le peuple français a largement rejeté le 29 mai 2005, contenait des dispositions en contradiction manifeste avec notre conception de la République et donc d’une société laïque. Or, nous voyons bien que les européistes cherchent à quand même revenir sur l’expression du suffrage universel, soit en préparant des modifications marginales au projet initial, soit en l’introduisant en pièces détachées dans notre législation nationale.

 

Sur le plan international, la guerre d’Irak illustre cette utilisation d’un choc des civilisations, dont le communautarisme est le prolongement interne. Le prétexte en fut la lutte contre le terrorisme et les armes de destruction massive. Le territoire irakien est devenu pour partie un sanctuaire du terrorisme. Elle a donné aux terroristes des arguments pour recruter. En Mésopotamie, aucune arme de destruction massive n’a été trouvée. En revanche, l’antique Perse voisine a compris la leçon et cherche à se doter de l’arme nucléaire, au risque d’un nouveau conflit aux conséquences incalculables. Mais le véritable but de la guerre d’Irak était ailleurs. Il était le contrôle des ressources pétrolières de ce pays par les compagnies américaines.

 

Cette guerre et le comportement de la soldatesque américaine humilient profondément le monde musulman. Le sort réservé aux prisonniers irakiens par leurs geôliers américains a même porté cette humiliation à un paroxysme. L’Europe, dont tant de pays se comportent en supplétifs des Etats-Unis, est confondue avec ces derniers dans la même réprobation. Dans ces conditions, il ne faut pas s’étonner de l’ampleur prise par l’affaire des caricatures de Mahomet. Car, qui au Caire, à Karachi ou à Casablanca, pour ne pas parler de Damas ou de Téhéran, lit la presse danoise ? Au-delà de toute manipulation, et il y eut des manipulations, les manifestations de rue montrent la forte animosité des populations musulmanes contre les pays du Nord. En même temps, les images de cette animosité permettent aux élites dirigeantes du Nord de laisser se développer chez elles un sentiment diffus de crainte. Et, cette peur contribue, sinon à faire oublier, du moins à atténuer la perception de la situation économique réelle et du vertigineux accroissement des inégalités.

 

Face à cette situation, il convient d’abord d’isoler et de réduire les extrémistes de tous bords par les moyens appropriés, en les isolant politiquement et, s’ils transgressent la loi, en les faisant condamner par la justice. Si la répression est nécessaire, ne sombrons pas dans un angélisme naïf, nous savons qu’elle reste insuffisante. De plus, employée sans discernement, elle devient contre productive. Mais, surtout, il convient de ne pas se laisser piéger par la lutte indispensable contre le terrorisme. Je crains moins les mesures que certains qualifient trop facilement de liberticides, que l’information spectacle, que l’information catastrophe, qui pour essayer de gagner une part d’audience donne une vision déformée de la réalité, et qui apporte de l’eau au moulin des démagogues.

 

Ensuite, nous devons militer pour une société internationale plus juste et plus équilibrée, où l’indépendance et la souveraineté de chaque peuple, de chaque nation, seront effectivement respectées, où les échanges commerciaux ne reposeront plus sur la concurrence sauvage, mais sur la coopération et les complémentarités. La France doit utiliser librement sa diplomatie et ne plus chercher à la fondre dans une politique étrangère commune, qui est le triomphe de la paralysie, sauf alignement sur les Etats-Unis.

 

Enfin, il faut revenir aux principes fondamentaux de la République, notamment de la République sociale. Le chômage nourrit le racisme et la xénophobie. Mais, en retour, le racisme et la xénophobie servent à masquer le chômage. Le retour à l’emploi dans notre pays est la première urgence. La transmission des savoirs doit redevenir le centre de l’Ecole. La République n’est pas une idée spontanée. Elle est le fruit d’un apprentissage pour que chacun écoute l’autre dans l’espace public et essaye de le comprendre, et pour que chacun respecte la sphère privée de son voisin sans essayer de l’empiéter. La société humaine ne se réduit pas à un marché, où tout se vend, où tout s’achète, où tout doit se transformer en profit immédiat et individuel. La société humaine est diverse. L’intelligence politique est de savoir s’adapter à cette diversité. Ainsi, sachons redonner une vigueur renouvelée à la notion de service public.

 

Mesdames, Messieurs,

Chers Amis,

 

Le monde dans lequel nous vivons est certes dangereux. Mais cette dangerosité est moins due aux inévitables extrémistes qu’à l’instrumentation de ces extrémistes par ceux qui veulent que notre attention soit distraite de leurs profits, voire de leurs méfaits. Ils ont besoin de ces dérivatifs que leur donne l’actualité et qu’ils savent exploiter au mieux. A nous de ne pas être dupes, à ne pas nous laisser abuser. A nous de savoir les contrer et de montrer à nos compatriotes comment sont utilisés, amplifiés et déformés des faits réels à des fins de pure propagande. A nous enfin de nous donner les moyens de supprimer les sources qui alimentent les extrémismes.

 

Heureusement, l’humanité est diverse. Heureusement, il existe sur cette planète diverses civilisations. Heureusement, au cours de l’histoire, ces civilisations ne se sont pas seulement heurtées, elles se sont aussi mutuellement fécondées. Aujourd’hui, avec les facilités de transport des êtres humains et de transmission des informations, toutes les civilisations se trouvent simultanément cohabiter, et les zones de contact entre des individus appartenant à des civilisations différentes vont finir par s’étendre à la planète entière. Nous devons savoir gérer cette situation. Nous, républicains, nous avons un idéal à proposer au monde dans sa diversité. La République, avec son principe de laïcité et sa dimension sociale, tend vers l’Universel. Au choc des civilisations, répondons par un républicanisme de choc.

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30 juillet 2006 7 30 /07 /juillet /2006 22:37

 

Mouvement Républicain et Citoyen 

 9 rue du Fbg Poissonnière – 75009 PARIS

 Objet : Agriculture et PAC                                                  

Paris le 1er juillet 2005

                                                       

Chers(e) Camarades,

 L’agriculture et la Politique Agricole Commune (PAC) sont sous les feux de l’actualité, à l’initiative du président en exercice de l’Union européenne. Elles vont le rester.

  La PAC est à réinventer. Il ne suffira pas de la réorienter.  C’est vrai aussi de l’Europe dans son ensemble.

 Cette question a été évoquée, lors de nos travaux du Conseil national le 25 juin, par plusieurs intervenants dont Michel Sorin (voir, ci-joint, le texte de son intervention) et Jean-Pierre Chevènement qui souhaite en faire un élément important du projet (dont le rédacteur est Jean-Yves Autexier).

 Nous en sommes tous d’accord : la PAC doit être au cœur de notre projet.

 L’agriculture est un élément constitutif de base de notre société. Elle s’est développée dans le cadre de la PAC à partir de 1962, mais l’Europe actuelle à 25, bientôt 27, est bien différente de ce qu’on appelait l’Europe des 6, ou encore le Marché commun, avant l’entrée de la Grande-Bretagne en 1973.

 La PAC est perçue aujourd’hui comme une charge qui pèse excessivement sur le budget européen et qui mécontente tout le monde. Elle est ringardisée par les Anglais qui l’ont toujours rejetée, car contraire à leurs intérêts (ils préféraient s’approvisionner en produits alimentaires à moins cher sur le marché mondial, notamment à partir des anciennes colonies britanniques).

En réalité, si nous le voulons, l’agriculture et la PAC seront l’élément novateur de différenciation et de proposition d’un autre modèle de développement, notamment vis-à-vis des pays du Sud.

 Pourquoi l’agriculture est-elle si importante ?

 D’abord en raison de sa fonction nourricière fondamentale (en liant chaîne alimentaire et santé publique). Mais aussi par le rôle qu’elle joue dans l’espace rural, le paysage, le territoire, l’environnement, l’emploi direct et induit (industrie agroalimentaire) et, de plus en plus, comme matière première non alimentaire (énergie, industrie).

 Ensuite, à travers les échanges commerciaux de denrées alimentaires, importations (avec ou sans taxes) et exportations (avec ou sans subventions publiques), les interventions d’aide humanitaire (lutte contre la faim), elle a des implications géopolitiques internationales.  Il faut ajouter l’impact des recherches agronomiques et médicales, comportant à la fois des progrès et des risques considérables.

 L’agriculture est le type même d’activité économique qui oblige à « penser mondial » tout en se préoccupant de ses liens directs et indirects localement avec l’organisation de la vie sociale.

C’est un bon exemple de ce qu’est l’action politique.  Fournir des denrées alimentaires n’est pas une activité comme les autres  C’est pourquoi l’intervention publique se justifie pleinement. Elle nécessite, dans chaque pays, un vrai débat politique sur la place et le rôle de l’agriculture dans la société.

 L’Europe, prolongement des nations, est le bon niveau pour avoir une approche globale et mondiale des problèmes de production agricole, d’alimentation, de population rurale et d’environnement.

 La PAC doit être réinventée sur la base de principes renouvelés, dont ceux-ci :

 Chaque nation est responsable de la sécurité alimentaire et de la sauvegarde de l’environnement sur son territoire. La politique alimentaire et environnementale n’est pas dissociable de la politique agricole. L’Europe doit présenter des propositions géopolitiques pertinentes, visant à assurer l’avenir agricole et alimentaire du monde.

 Dans ce cadre, la PAC aura vocation à définir des objectifs et des moyens conformes à l’intérêt général des paysans et de la société :

 Satisfaction quantitative et qualitative des besoins alimentaires, emploi et revenu des paysans, moindre dépendance en énergie et en protéines, réorientation des aides publiques en veillant à leur légitimité.

 Préférence communautaire, sécurité et souveraineté alimentaires, maîtrise des productions, prix rémunérateurs, exportations dans les conditions du marché, aides publiques ciblées et justifiées.

 Nous présentons ces orientations au nom de la direction du MRC. Ce sont celles proposées au Conseil national par le délégué à l’agriculture.

Faites en sorte de les diffuser auprès des militants. Elles seront sur notre site Internet.

Les avis, remarques et amendements seront les bienvenus et pris en compte dans la rédaction qui sera transmise à Jean-Yves Autexier le 20 juillet.

  

Nous demandons à chaque fédération de nous communiquer les noms et coordonnées des militants ou sympathisants, chargés dans les départements de mener les réflexions sur ce thème de l’agriculture et de la PAC.

 Si vous connaissez des personnes ayant des compétences sur ces questions, n’hésitez pas à les solliciter et leur demander de travailler avec nous. C’est ainsi que nous affirmerons  notre existence politique dans tous les départements.

Nous comptons sur vous et votre mobilisation… même si vous pensez aussi aux vacances !

 Amitiés et salutations républicaines et citoyennes.

 Le délégué national à l’agriculture                                            Le Premier Secrétaire

              Michel SORIN                                                           Georges SARRE   

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29 juillet 2006 6 29 /07 /juillet /2006 17:30

 

Intervention de Michel SORIN (MRC 53)
délégué national à l’agriculture

  

Je vais vous apporter un éclairage sur la Politique Commune Agricole (PAC), dont il a été beaucoup question lors du Conseil européen il y a 8 jours à Bruxelles et ce n’est pas fini.

 Deux agriculteurs sur trois ont voté non le 29 mai.

 Ils se sont « tiré une balle dans le pied »… C’est l’expression employée par Chirac au Salon de l’Agriculture en s’adressant à ceux qui voulaient voter non. Comment voter non quand on dépend des aides publiques européennes en moyenne pour 30 % de son revenu (et, en fait, 50 à 100 % du revenu pour la moitié des paysans français) ?… Et pourtant, ils l’ont fait !

Les paysans… l’Europe, ils connaissent ! S’ils ont dit non, c’est qu’ils désapprouvent la PAC telle qu’elle est devenue, telle qu’elle leur est imposée depuis quelques années.

 Et surtout, cette réforme imposée à la France en 2003, directement inspirée par l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), préparée par la Commission européenne et décidée par les 15 ministres de l’agriculture, ils n’en veulent pas ! Pourtant, elle va entrer en application début 2006.

Dans le document que j’ai rédigé sur la PAC, je pose la question : « 2003 : la réforme qui tue ? » tant cette réforme risque de tuer la PAC elle-même, en confiant aux marchés la régulation du système, ce qui l’éloigne toujours plus de ses principes fondateurs. C’est un abandon politique que le monde paysan n’a pas digéré.  D’autant plus qu’en découplant les aides publiques de l’acte de production, c’est la dignité du producteur agricole qui a été touchée.

 Depuis 1962, la PAC est la seule vraie politique commune européenne.

C’est pourquoi elle compte autant dans le budget, actuellement entre 42 et 43 % (33 % en 2013). Mais il faut replacer ces chiffres dans leur contexte. Le budget de l’Union européenne, c’est 1 % des PIB des 25 pays membres. Dans ce budget, l’agriculture et le développement rural prennent environ 45 milliards €, dont 23 % pour la France, ce qui correspond à peu près à sa part (21 %) dans la production agricole des 25 pays. Mais ces 45 milliards ne font que 1 % de l’ensemble des budgets (nationaux + UE) !

 Car ce qu’il faut expliquer à Blair, c’est que les budgets nationaux ne subventionnent l’agriculture qu’à hauteur de 15 %, le reste (85 %) étant financé par l’UE. La recherche, c’est l’inverse : dans ce cas, comme pour toutes les autres politiques, ce sont les Etats membres qui financent l’essentiel.

 Au total, la recherche en Europe reçoit près du double de l’agriculture (Etats + UE).

 Que Blair soit de mauvaise foi, c’est évident ! Que Blair soit intelligent, c’est aussi évident !  Il a jugé le moment favorable pour remettre en cause le leadership franco-allemand, et notamment français, sur l’Europe. Il a jaugé le rapport des forces en présence :  

 

    Le Parlement européen est largement en phase avec ses idées. On l’a constaté jeudi : les parlementaires à Strasbourg ont été séduits par son discours, Cohn-Bendit en tête.  

 

 La Commission européenne lui est acquise dans sa grande majorité, le président en tête.  Et il dispose de la sympathie réelle de la majorité des chefs d’Etats et de gouvernements, les dix nouveaux en tête.                                                                                                             

 La France et l’Allemagne sont affaiblies pour des raisons économiques et sociales d’abord, et en conséquence pour des raisons électorales et politiques.

 Chirac est arc-bouté sur la défense de son modèle social et de son agriculture : Son modèle social n’est pas reluisant, avec 10 % de chômeurs. Ses agriculteurs sont en déprime, accusés à la fois d’être les principaux bénéficiaires de la PAC et d’avoir trahi en votant non le 29 mai. Certes, Chirac n’est pas le meilleur combattant mais son combat est un bon combat, pour la France et pour l’Europe, pour le modèle social et pour l’agriculture.

 Blair a choisi ce moment, juste avant la présidence britannique, en pensant obtenir du renfort à l’occasion des prochaines élections allemandes et françaises.

 Qui peut empêcher Blair de gagner ?

 Il n’y a que la France et les français, avec l’aide d’autres européens.  Le combat est à mener sur le terrain économique et social (relance économique de la zone euro) d’une part  et sur le terrain de l’agriculture (PAC) d’autre part. Nous devons être capables de faire des propositions concrètes et stratégiques. Il nous faut convaincre la gauche de se concentrer, de se recentrer et se réorganiser sur la base d’un projet qui intègre ces propositions. Sur la PAC, nous avons une bonne carte à jouer. Nous pouvons avoir le soutien des paysans de base, mais aussi de leurs syndicats, sur le thème du retour aux fondamentaux de la PAC :

 Préférence communautaire, prix rémunérateurs, agriculture paysanne, développement durable, sécurité alimentaire, souveraineté alimentaire sans dumping vis-à-vis des autres pays.

 C’est sur ces bases que nous trouverons de larges appuis. Il faut réinventer la PAC comme il faut réinventer l’Europe.

 Je propose qu’un groupe de réflexion travaille sur le projet agricole et alimentaire de cette nouvelle PAC, à partir du document que j’ai rédigé en février dernier. Je lance un appel aux fédérations pour trouver des volontaires, militants ou sympathisants.

 Deux points, pour terminer. L’un pour la petite histoire, l’autre plus fondamental.

 Le premier concerne les Anglais, qui veulent nous faire la leçon. Ce sont eux qui, par leur laxisme, ont été à l’origine des principales crises sanitaires de ces dernières années : la « vache folle » et la fièvre aphteuse, venues de Grande-Bretagne. Elles ont coûté cher aux budgets européens et nationaux. Et ce sont les mêmes qui, depuis leur entrée en 1973 dans la CEE, n’ont cessé de mettre en cause la PAC par tous les moyens. Les mêmes qui oublient de dire tout ce que la PAC leur a apporté, notamment pour leurs exportations de céréales.

 Le second point porte sur l’OMC. Réorienter l’Europe et la PAC passe par un changement de politique de l’OMC. Je l’ai dit : ces dernières années, l’inspiration de la réforme de la PAC est venue de l’OMC et du Commissaire européen au commerce, le néo-libéral « socialiste » Pascal Lamy, qui va prendre la direction de l’OMC. Avec Blair, nous avons là notre plus redoutable adversaire.

 Le combat se jouera aussi et surtout à ce niveau.  

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29 juillet 2006 6 29 /07 /juillet /2006 16:14

 

Colloque à Paris de la fondation Res Publica

sur l'évolution de la Politique Agricole Commune

 

 Deux fois par mois, cette fondation présidée par Jean-Pierre Chevènement et animée par Jean-Yves Autexier organise un colloque sur un thème d’intérêt public. Le 26 juin, c’était la PAC et son évolution.

 Cinq intervenants de haut niveau : Lucien Bourgeois, responsable du service économie de l’APCA (Chambres d’agriculture) ; David King, secrétaire général de la FIPA (fédération internationale des producteurs agricoles) ; Guy Paillotin, ancien président de l’INRA, secrétaire perpétuel de l’Académie de l’agriculture ; Pierre Cuypers, président de la Chambre d’agriculture de Seine-et Marne, spécialiste des biocarburants ; André Thévennot, président national des SAFER.

 Dans son introduction, Jean-Pierre Chevènement a rappelé que la diminution des exploitations agricoles est trop rapide (il n’en reste que 450 000 en France) et que les aides publiques représentent 93% du revenu net des agriculteurs. La PAC est mise en cause et critiquée de tous côtés. Une vraie réforme est un défi. Crise budgétaire européenne imputée à la PAC, poids excessif des lobbies libre-échangistes, agriculture monnaie d’échange dans les négociations de l’OMC (baisse de la protection douanière des produits agricoles contre baisse de la protection douanière des produits industriels et des services). L’agriculture ne fait pas bon ménage avec le libéralisme.

 

  Dans sa conclusion, il a réaffirmé la nécessité de freiner la diminution d’exploitations agricoles et d’agir sur la politique foncière (conserver le territoire cultivé, ainsi que les prairies et forêts). L’Etat ne joue pas son rôle dans la réduction des inégalités (répartition des aides, suprématie des IAA et priorité aux prix à la consommation). Avec l’entrée des pays de l’est dans l’Europe et les disparités dans les structures d’exploitations, il considère inéluctable la baisse des aides directes aux agriculteurs.

 

 Sa crainte est de voir l’agriculture prise en otage dans les négociations de l’OMC (influence des marchés financiers qui font la loi sur le commerce mondial des services, la France étant bien placée sur ce point). La sécurité des approvisionnements et la sécurité sanitaire (avantage aux circuits courts) sont prioritaires. Les prélèvements douaniers doivent être maintenus (revoir leur répartition entre produits).

 Jean-Pierre Chevènement a tenu, avant la fin du débat qui a suivi les cinq exposés, à donner la parole à Michel Sorin, ce qui a permis au délégué national à l’agriculture du Mouvement Républicain et Citoyen de présenter ses réflexions sur la PAC.

 

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29 juillet 2006 6 29 /07 /juillet /2006 15:40

 

Création d’un collectif départemental d’initiative unitaire et populaire

A l’issue d’une réunion à l’Antidote à Laval, une dizaine de militants mayennais ont décidé de constituer un collectif provisoire de signataires de l’appel national au rassemblement antilibéral de gauche et à des candidatures communes et de créer un comité 53 d’initiative unitaire et populaire.

Le collectif provisoire est composé de trois porte-parole représentant les organisations signataires (Yannick Peltier pour le PCF, Michel Sorin pour le MRC et Hervé Eon pour PRS) et de trois porte-parole représentant les citoyens signataires de l’appel national (Thierry Baffou, Chantal Cimmier et Jacques Omnès).

Autres citoyens présents : Nicole Poupinet, Joseph Papion, Jacques Poirier.

Les objectifs tiennent en trois ou quatre points principaux, développés devant la presse :

Etablir un programme commun antilibéral et désigner des candidatures communes aux élections législatives, dans le but et avec la volonté de gagner les élections 2007,

Appeler au désistement automatique en faveur des candidats de gauche au second tour,

Pas de participation à un gouvernement qui serait dominé par le social-libéralisme.

 

Une Assemblée Générale du Collectif est prévue le 5 septembre à 20h30, avant celle du Collectif national, programmée le 10 septembre 2006.

 

Coordination du collectif pendant l’été : Hervé Eon, la Haute Marsollière, 53150 La Chapelle-Rainsouin - 06 81 10 81 76 – heon@wanadoo.fr

 Coordination du collectif pendant l’été : Hervé Eon, la Haute Marsollière, 53150 La Chapelle-Rainsouin - 06 81 10 81 76 – heon@wanadoo.fr 

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29 juillet 2006 6 29 /07 /juillet /2006 10:28

 

Vers la création d'un comité 53 d’initiative unitaire et populaire

 Michel Sorin présente au MRC 53 les informations qui vont lui permettre de prendre position.

 Les organisateurs de la soirée de Bonchamp le 29 mai, après en avoir fait le bilan le 8 juin, se sont à nouveau rencontrés le 27 juin, afin de prendre position sur la mise en place d’un comité départemental d’initiative unitaire et populaire, en réponse à l’appel national du 11 mai pour un rassemblement antilibéral de gauche et des candidatures communes aux prochaines élections.

 A cette réunion, participaient des responsables d’organisations politiques (PCF, LCR, PRS, MRC) et des citoyens militants (dont le plus engagé en faveur de l’appel : Jacques Omnès).

 Le PCF est signataire national de l’appel et fortement engagé dans sa mise en œuvre, y compris en Mayenne où il a pris l’initiative, de concert avec Jacques Omnès.  La LCR, PRS et le MRC ne sont pas signataires au niveau national, mais des responsables de la LCR et de PRS l’ont signé, ce qui n’est pas le cas du MRC.

 En Mayenne, les responsables PRS suggèrent d’amender l’appel national pour permettre à la LCR 53 de s’y associer. Le PCF et Jacques Omnès n’y sont pas favorables, considérant que le texte national n’est pas modifiable.  En fait, la LCR reproche à ce texte de ne pas exclure une alliance avec la direction du PS, avec laquelle, selon elle, aucun compromis n’est possible, ce qui la conduit à refuser de s’engager à appeler à voter au 2ème tour pour un candidat PS, quelles qu’en soient les conséquences électorales. Les animateurs de PRS ont le souci de la dynamique locale et de la mobilisation pour battre la droite et l’extrême droite. C’est pourquoi la présence de la LCR serait utile dans ce rassemblement antilibéral.

 Sur proposition du PCF en fin de réunion, il a été décidé, avec l’accord des citoyens présents non liés à une organisation politique, que le comité départemental d’initiative unitaire et populaire sera présenté à la presse le 13 juillet en fin de matinée, à l’issue d’une réunion des signataires de l’appel national pour un rassemblement antilibéral de gauche et des candidatures communes. PRS, MRC et LCR auront alors décidé de leur participation, ou non, à ce comité.

 

 

 La position du MRC 53

 Après une lecture attentive du texte de l'appel national (voir, ci-après) le débat permet de constater l’avis favorable de tous les présents, le contenu de l’appel n’étant pas en contradiction avec les positions développées par le MRC 53.

 Les membres du comité, conscients du non-engagement du MRC national dans cette démarche, considèrent qu’il faut rassembler la gauche autour de propositions concrètes et d’actions de terrain afin de créer une dynamique de réflexions et d’échanges politiques entre les Mayennais. Et le nom du (ou de la) candidat(e) à l’élection présidentielle ne doit pas être un préalable.

 Cette initiative peut permettre de gagner les élections 2007 et 2008. Seule, une mobilisation populaire et unitaire autour de perspectives claires d’alternative au néo-libéralisme, intégrant les leçons du NON du 29 mai, peut créer les conditions les plus favorables au succès.

 Le MRC 53 sera signataire de l’appel du 11 mai en faveur d’un rassemblement antilibéral et s’engagera dans le comité départemental d’initiative unitaire et populaire en cours de création.

 APPEL POUR UN RASSEMBLEMENT ANTILIBERAL DE GAUCHE ET DES CANDIDATURES COMMUNES : IL Y A URGENCE !

 Pour que ça change vraiment, l’heure est venue de passer aux actes : nous proposons la création d’un collectif national d’initiative pour un rassemblement antilibéral de gauche et des candidatures communes.  En moins d’un an, à plusieurs reprises, la société française s’est insurgée contre le libéralisme, destructeur de vies et d’avenir. Le 29 mai 2005, une majorité a sanctionné les choix libéraux des élites européennes.

 A l’automne, la jeunesse de nombreux quartiers populaires, confrontée au chômage, à l’exclusion et aux discriminations, a manifesté sa révolte.  En mars et avril de cette année, c’est par millions que jeunes et salariés se sont soulevés contre la précarité et la destruction du code du travail. Depuis, le refus de la loi sur « l’immigration jetable » s’étend. 

 Ces séismes à répétition et les luttes appellent une réponse politique à la hauteur. Elle ne peut pas être le « réformisme de gauche » accompagnant la mondialisation capitaliste que propose la direction du Parti socialiste. Elle ne peut pas être la réédition de ces alternances sans changement profond qui se terminent immanquablement par des désastres, comme le 21 avril 2002.

 Notre pays a besoin d’une rupture avec le cadre libéral, et non d’un aménagement de celui-ci. Ce choix, qui doit être traduit en propositions précises, correspond à l’attente de millions de femmes et d’hommes de notre pays. Il a vocation à être majoritaire au sein de la gauche, à y battre les politique d’adaptation et de renoncement, ouvrant ainsi la voie à un changement politique et social profond.

 Le discours dominant prétend fixer le cadre des prochaines échéances électorales en les réduisant à la rivalité des deux partis institutionnellement dominants. Tout juste s’inquiète-t-on de la capacité de l’extrême droite à troubler le jeu et s’interroge-t-on, en marge, sur qui décrochera le prix du meilleur second rôle à gauche du PS au terme d’une dérisoire compétition dans la dispersion. Mais l’Histoire n’est pas écrite.

 Nous étions ensemble contre les offensives de la droite et du patronat, refusant de nous incliner devant l’inéluctabilité du modèle libéral que l’on cherche à imposer à tous les pays d’Europe. Dans nos partis, syndicats, associations, dans le cadre des collectifs  unitaires du 29 mai ou d’autres initiatives visant à l’unité, nous avons poursuivi notre démarche.

 Nous affirmons que seule une union de toutes les énergies anti-libérales autour d’un projet commun, seules des candidatures communes antilibérales de gauche aux élections présidentielle et législatives peuvent ouvrir la voie à une authentique alternative : sociale, écologique, anti-discriminations, démocratique. Faute de quoi l’exaspération et la détresse populaires risquent de se traduire en abstention et de profiter à la droite extrême ou à l’extrême droite.

 Les obstacles à l’unité peuvent être levés si la volonté politique prévaut. Nous nous battons pour gagner. Nous voulons en finir avec le pouvoir de la droite, en finir durablement avec une politique dont le pays fait les frais depuis trop longtemps.

 C’est pourquoi nous avons l’ambition de changer en profondeur la donne politique, de bouleverser le rapport de forces à gauche. Nous voulons construire une forte dynamique populaire et citoyenne, œuvrer ainsi à l’essor des mobilisations sociales, avec l’objectif d’une majorité et d’un gouvernement qui appliquent une politique au service du peuple.

 Une politique en rupture avec le libéralisme, opérant des choix respectueux du futur de la planète et des humains qui y vivent. Nous le croyons possible. Si nous n’accédons pas au second tour de la présidentielle, nous nous mobiliserons pour battre la droite et l’extrême droite. Mais nous ne participerons pas à un gouvernement qui serait dominé par le social-libéralisme. Des propositions convergentes existent sur nombre de questions essentielles. Elles fournissent déjà un fondement solide à notre rassemblement. 

 Notre campagne commune aux élections présidentielle et législatives devra s’inspirer de celle menée pour le rejet du traité constitutionnel européen. C’est la même dynamique unitaire que nous devons donner à voir dans les entreprises, les quartiers, les meetings, les médias. Cette campagne devra être portée par les différentes sensibilités engagées dans le processus et ensemble, partout, par les milliers de citoyens qui s’y retrouveront. Un tel cadre collectif permettra d’échapper à la dérive présidentialiste encouragée par les institutions et de désigner celle ou celui qui symbolisera le mieux notre unité à l’élection présidentielle.

 Le temps est venu de concrétiser. Nous proposons la création d’un collectif national d’initiative permettant de discuter de toutes les questions auxquelles ce rassemblement devra répondre, de lever les derniers obstacles et de concrétiser cette campagne. Nous convions toutes les forces, courants, sensibilités de la gauche anti-libérale, féministe, écologiste, citoyenne à être partie prenante de ce collectif qui ne sera pas un cartel figé et restera ouvert. Nous invitons toutes celles et ceux qui partagent notre objectif à créer partout de tels collectifs d’initiative, unitaires et populaires.  Il nous appartient de délivrer ensemble un message d’espoir. Le temps presse. Le défi doit être relevé.  

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