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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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10 février 2007 6 10 /02 /février /2007 00:03

 

« Sarkozy est un brocanteur de l'histoire de France »

 

A celles et ceux qui ont un peu de temps, en cette fin de semaine, je conseille d’aller faire une promenade sur www.chevenement.fr . Il y a beaucoup de choses à voir, du texte et de la vidéo. A titre d’exemple, ci-après, une partie de l’entretien de Jean-Pierre Chevènement au journal La Croix (le reste est visible sur la vidéo).

 

Pour ma part, je m’apprête à prendre le TGV pour Paris. Ce samedi après-midi : Bureau et Conseil national du MRC. Demain dimanche, petite visite à Montreuil à la rencontre laïque internationale initiée par l’UFAL (voir l’article du 30 janvier sur ce blog), puis l’après-midi, je ne manquerai pas le rendez-vous de Ségolène à Villepinte. Enfin, lundi dans la soirée, je rejoindrai JPC à la Maison de la Chimie pour participer au colloque de la Fondation Res Publica sur le thème fort intéressant « L’Allemagne, l’Europe et la mondialisation » (voir www.fondation-res-publica.org ).

 

Entretien de Jean-Pierre Chevènement à La Croix  

 

Etes-vous inquiet du début de campagne de votre candidate ?

 
Jean-Pierre Chevènement
: On pouvait dire cela il y a quelques jours, mais depuis le meeting de Paris, mardi soir, le courant s'est renversé. Ségolène Royal a trouvé son ton, campé une France très différente de Nicolas Sarkozy.

 Je crois que dimanche, lorsqu'elle va préciser ses orientations, on va prendre conscience que, contrairement à tout ce qui a été dit, martelé par une certaine presse, Ségolène Royal a des idées claires sur la situation économique, le chômage, les inégalités, la précarité, le désastre environnemental, la sécurité, l'intégration, le pari sur l'intelligence qu'il faut faire faire dans l'éducation ou la recherche.

Le thème de l'argent qui corrompt et du complot des médias, employé par Ségolène Royal, ne vous a pas paru un peu daté ?

 Peu de gens contesteront que les grands intérêts financiers, marchands de canons et marchands de béton, ont pris le pas sur les médias indépendants. Aujourd'hui, les puissances d'argent sont plus puissantes dans la sphère des médias qu'elles ne l'ont jamais été. Avec les médias de masse, la politique c'est la Star Academy.

 Regardez Nicolas Sarkozy devant 100 Français, il avait une solution à tous leurs problèmes particuliers. C'était Monsieur je sais tout… et pour cause puisqu'il connaissait les questions à l'avance. Mais les réponses étaient individualisées et ça, c'est le sommet de la dépolitisation, la super-assistante sociale au niveau élyséen. C'est le contraire de la politique qui consiste à résoudre les problèmes ensemble. Il n'y avait que des individus et plus de citoyens.

 Que pensez-vous du ralliement annoncé à Nicolas Sarkozy de personnalités venant de la gauche comme André Glucksmann ou Max Gallo ?

 André Glucksmann ne vient pas de la gauche, il était maoïste ! Ce n'est pas ce que j'appelle la gauche : les socialistes, les radicaux, les communistes. André Glucksmann était pour l'intervention américaine en Irak ! Vous pensez qu'un homme de gauche peut réagir comme cela ? Non.

 Max Gallo, lui, a dit qu'il avait apprécié le discours de Nicolas Sarkozy et ses références à la France. À mon avis, il l'a lu un peu rapidement car Nicolas Sarkozy est un brocanteur de l'histoire de France. Il achète tout et à peu près n'importe quoi, fait des compressions avec tout cela comme on dit en art plastique. Mais ça, ce n'est pas la France. La France a des valeurs, une histoire, c'est autre chose que la juxtaposition d'Achille Peretti et de Guy Moquet, d'Édouard Balladur et de Jeanne d'Arc.

Pourquoi Ségolène Royal, qui a défendu le « oui » au référendum européen, serait-elle le meilleur choix pour ceux qui, comme vous, avaient voté non ?

 Parce que nous sommes tombés d'accord sur un texte d'orientation qui précise que la construction européenne doit être redressée, les statuts de la Banque centrale européenne modifiés, un gouvernement de la zone euro institué. Et que si un traité devait être adopté, il devrait viser seulement un meilleur fonctionnement des institutions et en aucun cas prévaloir sur notre propre Constitution.

 Ségolène Royal ayant exprimé le souhait de dépasser le clivage du « oui » et du « non », je la crois.

 Je pense que, pour elle, c'est nécessaire, car 65 % des électeurs de gauche ont voté « non ». Si elle veut se faire élire, et elle le veut, elle doit tenir compte de cet électorat.

 

La représentation des femmes en politique - Conférence à Laval

 Le Centre d’Etude et d’Action Sociale de la Mayenne (CEAS) organise une conférence-débat le 15 février à 20h30, salle du Vieux Château à Laval, sur le thème de la représentation des femmes en politique (éclairage historique, question d’actualité), le conférencier étant Yves Palau, universitaire. Renseignements à ceas53@wanadoo.fr ou 02 43 66 94 34. 

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9 février 2007 5 09 /02 /février /2007 16:44

 

Quelle évaluation du chômage est plus près de la réalité ?

 Dans l’article paru le 10 janvier sur ce blog, le collectif « les autres chiffres du chômage » (ACDC) donnait sa version chiffrée du chômage.

 Fin janvier, la décision du gouvernement de reporter la publication des chiffres consolidés du chômage en 2006 a suscité une polémique. François Chérèque, pour la CFDT, s’est exprimé au cours de l’émission « Le franc-parler » sur France-Inter (voir, ci-après, l’article du Nouvel Observateur). Par ailleurs, la CGT va publier dans « Analyse et Documents économiques » un document réalisé à partir des statistiques officielles (INSEE, DARES, notamment). J’en ai eu connaissance par l’intermédiaire d’un membre de la commission « monde du travail » du MRC.

 La CFDT doute de la véracité des chiffres du chômage 

 Sous ce titre, on pouvait lire dans « nouvelobs.com », le 30 janvier, le texte suivant :  

François Chérèque demande au gouvernement de publier rapidement les chiffres consolidés de l'INSEE. Selon lui, il y a "trois millions et demi" de sans-emploi.

A la veille de la publication officielle des chiffres du chômage pour le mois de décembre, le secrétaire général de la CFDT a dénoncé lundi "deux problèmes" liés à ces statistiques.
"Normalement, fin janvier, on a les chiffres certifiés de l'année précédente", a expliqué François Chérèque, invité de l'émission "Le franc-parler" sur i>télé et France-Inter. "L'INSEE nous donne des chiffres et c'est comme ça que l'on fait les comparaisons d'une année sur l'autre."
"Il semble que le gouvernement ne veut pas donner ces chiffres consolidés et qu'il les reporte après les élections. Dans une période où l'on va parler du bilan du gouvernement, on ne peut pas être dans la suspicion sur les chiffres, on a besoin rapidement des chiffres comparables aux autres années", a-t-il ajouté.

Dispensés de recherche d'emplois

Il a poursuivi en expliquant "qu'au-delà des chiffres concrets qui sont donnés en comparaison avec les autres pays, il y a tous les salariés qui sont dispensés de recherche d'emplois", soit environ "415.000 salariés de plus de 57 ans indemnisés par l'UNEDIC" et "qui ne sont pas comptés dans les chômeurs".
"Une grande partie des gens qui ont le RMI" ne sont "pas comptés" à partir du moment où ils "ne sont pas inscrits à l'ANPE" dans "les recherches d'emplois", a expliqué François Chérèque.
"On sait très bien que le nombre de chômeurs est plus élevé", a conclu le secrétaire général de la CFDT, qui l'évalue à "trois millions et demi" d'individus.

Selon la CGT, il y aurait 5 millions de personnes privées d’emploi 

Le chômage : quelle évaluation pour mieux rendre compte de la réalité ? L’évolution du chômage constitue un enjeu majeur à la fois pour les salariés en activité et pour les privés d’emploi. En effet, les statistiques du chômage font souvent l’objet d’opérations médiatiques qui en sous-estiment fortement la réalité.

 Pour mieux rendre compte de la réalité du chômage, le « Secteur économique » puis les « Activités économiques » de la CGT élaborent depuis plusieurs années, à partir des statistiques publiques, une série d’indicateurs qui sont régulièrement publiés dans nos publications et notamment dans la revue Analyses et documents économiques.

 Reprenant les travaux antérieurs et s’appuyant sur l’expérience acquise et les échanges avec experts, chercheurs et syndicalistes CGT, la présente note a pour objet de contribuer aux réflexions engagées dans le cadre du groupe de travail mis en place par la Commission exécutive, suite aux décisions du dernier Congrès confédéral.

 Nous nous appuyons sur des statistiques publiques car nous considérons que la préservation et l’amélioration du système public de statistiques est un enjeu important pour le mouvement social et pour les salariés de ce secteur.

 D’une définition médiatisée à une approche de la réalité du chômage

 Le chiffre du chômage (et le taux de chômage) annoncé tous les mois et largement commenté et médiatisé n’exprime en fait qu’un peu plus de la moitié du nombre de privés d’emploi, soit au moins cinq millions de personnes à la fin de 2005. Seule une partie des privés d’emploi est présentée dans les statistiques de l’ANPE. Le reste n’y figure pas.

 Chômage enregistré

L’ANPE regroupe les « demandeurs d’emploi » en huit catégories. Parmi ceux-ci il y en a qui ne sont pas à proprement parler privés d’emploi (ce sont les demandeurs d’emploi dits de « catégories 4 et 5 »)[1]. Tel n’est pas le cas des autres catégories (catégories 1, 2, 3, 6, 7 et 8). L’ensemble de ces six catégories représente ce qu’on peut appeler « chômage enregistré à l’ANPE », soit 3,7 millions de personnes à la fin de 2005.

 Chômage annoncé

Le chiffre le plus souvent mis en avant par le gouvernement et les médias est plus faible : ce sont les personnes sans emploi, immédiatement disponibles, tenues d’accomplir des « actes positifs de recherche d’emploi, et recherchant un emploi à durée indéterminée et à temps plein ». Ce sont les « Demandes d’emploi en fin de mois de catégorie 1 » (DEFM1).

 Ce « chômage annoncé » représente 2,3 millions de personnes à la fin de 2005. Non seulement ce chiffre est le plus faible mais il décroît car il est affecté par de nombreuses mesures gouvernementales et administratives (dispenses de recherche d’emploi, incitation à rechercher des CDD ou des temps partiels, radiations, faible incitation à se présenter aux contrôles…).

 Chômage non enregistré

En plus de ces catégories, il existe d’autres catégories de privés d’emploi qui ne sont nullement enregistrées en tant que tels. On peut estimer leur nombre à plus de 1, 2 millions de personnes fin 2005. Il s’agit :

 - des « dispensés de recherche d’emploi » : 400 000

 - des RMIstes non inscrits à l’ANPE : plus de 700 000

 - des préretraités [2] : 125 000[3]

Eléments de réponse à quelques questions

 1) Où se situe le « chômage au sens du bureau international du travail (BIT) » ?

  Le « chômage réel », tel que nous l’avons défini, a été reconstitué en utilisant des sources administratives. Le chômage « BIT » est calculé selon une méthodologie différente : il se déduit d’un ensemble de questions posées lors de l’enquête emploi de l’Insee. Ne sont comptées ici que les personnes :

 - sans travail (au sens du BIT)

 - immédiatement disponibles pour travailler

 - et à la recherche effective d’un emploi.

 Fin 2005, avec cette définition restrictive du chômage, il y avait 2 622 000 « chômeurs BIT » soit 9,6% de la population active.

 2) Combien de chômeurs sont-ils indemnisés ?

 La réponse dépend de la définition de l’indemnisation et de l’organisme prestataire.

 Si on limite le champ d’indemnisation à l’UNEDIC, le nombre de chômeurs indemnisés est de 2 517 000.

 On peut aussi élargir le champ d’indemnisation, c’est-à-dire tenir compte des indemnisations effectuées par des organismes autres que l’UNEDIC. Dans ce cas, le calcul sera le suivant :

 - chômeurs indemnisé par l’UNEDIC : 2 517 000

 - chômeurs ou privés d’emploi indemnisés par la CNAF ou la MSA (723 000)

 - les préretraités indemnisés par des dispositifs d’aide publique (126 000)

 Selon cette deuxième méthode, il y a 3 366 000 chômeurs ou privés d’emploi indemnisés fin 2005. Cela représente 67 % du chômage réel tel que nous l’avons défini.

 3) N’avons-nous rien oublié ?

 Nous n’avons pas compté ici les  personnes en « temps partiel contraint » ni le « chômage partiel ». Ces données s’intégreraient dans le calcul, plus vaste, du sous-emploi voire du « mal-emploi » (emploi précaire…) mais pas du chômage au sens strict.

 4) Ces chiffres sont-ils rigoureux ?

 Il peut y avoir quelques doubles comptes (personnes qui figureraient dans plusieur s catégories) mais qui ne sauraient excéder quelques milliers. Il pourrait surtout y avoir des omissions (préretraités…).

 Le chiffre du chômage réel retracé ici est donc plutôt un minimum. En tout cas, tous les chiffres cités ici sont définis et référencés à une source statistique officielle.

 [1] Les personnes enregistrées en catégories 4 et 5 de l’ANPE ne sont pas considérées comme chômeuses car elles ne sont pas tenues d’effectuer des actes positifs de recherche d’emploi, soit parce qu’elles ont un emploi, et en recherchent un autre, soit parce qu’elles ne sont pas disponibles pour d’autres raisons (stage, longue maladie…). [2] Les préretraités sont bien des « privés d’emploi » même s’ils sont consentants et même s’ils se considèrent parfois plus comme retraités que comme chômeurs. Ils ont bien été privés de leur emploi et sont dans une situation analogue aux « dispensés de recherche d’emploi » qui sont incontestablement des chômeurs. Ils participent sans aucun doute au sous-emploi qui affecte l’économie nationale. [3]  Il s’agit des préretraités indemnisés par des dispositifs de préretraites publiques. On n’a pas compté ici les préretraités ressortissant à d’autres dispositifs, pour lesquels nous ne connaissons pas d’outils statistiques.

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8 février 2007 4 08 /02 /février /2007 17:09

 

Pour une véritable politique de la médecine générale

 Les syndicats de médecins menacent de bloquer la télétransmission des feuilles de soins aux caisses primaires. Les généralistes exigent désormais l’alignement du tarif de consultation (21 € en secteur 1, conventionné) sur celui des spécialistes (23 €), faisant valoir que la médecine générale est devenue une spécialité et qu’il faut donner de l’attractivité au métier, la moitié des généralistes partant à la retraite dans les sept prochaines années. Ils mettent en avant la question de l’égalité dans l’accès aux soins.

 Bien sûr, la période choisie ne doit rien au hasard. On se souvient de 2002 : les médecins généralistes avaient fait pression pendant six mois sur la caisse nationale d’assurance-maladie et sur les candidats à l’élection présidentielle, faisant une grève des gardes. Leur but était alors d’obtenir d’être payés 20 € par consultation à leur cabinet.

 Il importe de réfléchir aux mesures à prendre pour permettre à notre système de santé de mieux répondre aux besoins de la population. C’est ce que fait Ladislas Polski, secrétaire national MRC à la santé, par le biais du texte qui suit. A voir aussi sur le site du MRC www.mrc-france.org .

 VALORISER LA MEDECINE GENERALE

 REFLECHIR À LA QUESTION DU PAIEMENT A L’ACTE

 « Une partie des syndicats de médecins libéraux entend devancer l’aboutissement des négociations avec l’Union des Caisses d’assurance Maladie (UNCAM) en invitant ses adhérents à pratiquer un tarif de 23 euro au lieu de 21 euro pour les consultations au cabinet.

 Sur la forme, cette tentative de passage en force n’est pas acceptable : elle pénalise les patients qui, une fois encore, risquent de voir augmenter le montant de la consultation restant à leur charge. Mais l’aspiration d’une revalorisation de la médecine générale et de sa rémunération est légitime. Depuis la réforme du concours de l’internat de médecine devenu Examen National Classant, la médecine générale bénéficie du statut de spécialité à part entière, censé la revaloriser.

 Le rôle pivot du médecin généraliste

 Par ailleurs, le médecin traitant est amené à jouer un rôle de pivot dans notre système de santé, notamment dans le cadre de la coordination des soins en réseaux, et de la prévention.

 Ce rôle majeur de santé publique implique de conduire une véritable politique de la médecine générale : en la rendant plus attractive auprès des étudiants, en redéfinissant les modalités de la permanence des soins, en axant davantage la formation des étudiants sur l’exercice professionnel ultérieur, en promouvant une formation médicale continue indépendante de l’industrie pharmaceutique, en menant une politique d’incitation à l’installation dans les zones de faible densité médicale.

 La question de la rémunération des médecins

 La question de la rémunération s’inscrit dans le cadre de la valorisation indispensable de la médecine générale. La rémunération moyenne des médecins généralistes reste très inférieure à celle des spécialistes, de même qu’il existe de trop grandes disparités entre les revenus moyens au sein des différentes spécialités médicales.

 Il est donc grand temps d’entreprendre une réflexion profonde sur la rémunération à l’acte des médecins. Plusieurs pistes doivent être envisagées, notamment l’opportunité d’introduire la notion d’une rémunération forfaitaire, éventuellement assortie d’un encouragement liant une part des revenus à l’activité réelle.

 La santé et la sécurité sociale au cœur de notre modèle républicain

 Cette réflexion devra être menée sereinement, à l’abri de tout clientélisme. Il convient de valoriser la médecine générale, pivot d’un système de santé dont la vocation est d’assurer une couverture universelle, égalitaire et solidaire des dépenses de santé de toute personne qui vit en France.

 La réflexion sur notre système de santé doit être portée au cœur du débat présidentiel, parce que le système de santé et de protection sociale, hérité du programme du Conseil National de la Résistance , est un des piliers de notre modèle républicain ».

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7 février 2007 3 07 /02 /février /2007 19:11

 

Les OGM ne sont pas inoffensifs

 J’ai reçu de plusieurs sources une information sur les risques des aliments à base de plantes génétiquement modifiées. Un documentaire produit par Canal+ n’a pas eu l’autorisation de diffusion sur l’antenne mais on peut le voir (temporairement ?) sur la Toile.

Voici un documentaire d'investigation très instructif mettant en évidence la volonté du gouvernement de ne pas rendre publiques les informations existantes sur ce sujet controversé.

 OGM : de quoi parle-t-on ?

 Christophe Beaudouin, dans un texte daté du 9 juin 2006, sous le titre « OGM : réglementation et enjeux » ( http://www.observatoiredeleurope.com ) pose bien le problème. Je reprends ici seulement les définitions, qui sont nécessaires à la compréhension.

 « Les gènes sont des unités d'information contenues dans le noyau des cellules. Le langage génétique étant le même pour tous les êtres vivants, il est possible de transférer un gène - et donc un caractère - d'un être vivant à l'autre. Le "génie génétique" permet ainsi de prélever un ou plusieurs gènes sur un organisme (virus, bactérie, animal, plante, homme...) et de les insérer dans le patrimoine génétique d'un autre organisme : c'est la transgenèse. 

Certes, la mutation a toujours existé et elle est la clé de l'évolution depuis la nuit des temps : sur des milliers d'années, ce processus - jusqu'à présent naturel - a permis, par exemple, aux ancêtres de l'espèce humaine de sortir de l'élément marin, puis d'adopter la station debout. Toutefois, avec la transgenèse, seul le caractère génétique désiré est transmis (elle est donc plus précise qu'un croisement classique). Surtout, elle permet le transfert, impossible naturellement, de gènes entre des espèces différentes (alors que la nature ne voit de croisement qu'entre espèces compatibles) ». 

 100 millions d’hectares en 2006 dans le monde

 Dans un article du Monde daté du 20 janvier 2007, Hervé Kempf fait état d’un bilan des cultures OGM, réalisé par une association émanant des firmes privées concernées directement par le développement des plantes transgéniques. C’est le seul recensement existant, en l’absence de toute source publique.

 En 2006, dix ans après leur lancement, les cultures commerciales d’organismes génétiquement modifiés (OGM) couvrent 100 millions d’hectares dans le monde (7% de la surface des terres arables, en augmentation de 13% par rapport à l’année précédente).

 Les OGM sont limités à quatre plantes (soja, maïs, coton et colza) et concentrés (88%) dans quatre pays (USA, Argentine, Brésil et Canada). Ils sont cultivés par, environ, 9 millions d’agriculteurs (un peu moins de 1% des paysans du monde).

 Les citoyens face à un diktat

 Dans un « point de vue » diffusé par Ouest-France le 11 août 2006, Corinne Lepage indique que « le dossier des OGM est sans doute la meilleure illustration des errements de l’état de droit dans notre pays et de la cassure entre les élites et les politiques ». Elle évoque d’abord la situation juridique : l’incompatibilité du droit français avec le droit communautaire et l’illégalité, et l’illégalité indiscutable des autorisations d’expérimentations données par le ministre de l’agriculture, M. Bussereau.

 Curieusement, le gouvernement agit en toute impunité en se moquant des décisions de justice, alors que Greenpeace est condamnée pour des informations jugées nécessaires par la justice dans le cadre des autorisations, et les faucheurs volontaires de champs illégalement autorisés sont poursuivis. Faucher est une infraction, mais il s’agit de champs qui n’auraient pas dû être plantés. On le voit, le droit s’applique à sens unique.

 Sur le plan scientifique, la directive communautaire exige des études sur les effets sanitaires des OGM. Celles-ci sont quasi inexistantes, de telle sorte qu’aucune autorisation ne devrait être délivrée. Quelques études mettent en lumière des effets significatifs des OGM sur la formule sanguine, les foies et les reins des rats qui les consomment (voir le documentaire de Canal+). Après les scandales sanitaires qui ont eu lieu en Europe et aux Etats-Unis, ces résultats ne sont pas soumis à la controverse scientifique et la recherche publique ne finance pas des études indépendantes.

 Mieux, « pour éviter de nuire à la position concurrentielle de l’entreprise » et de mettre en cause « la confiance des consommateurs » dans les OGM, la France prend l’initiative de réclamer que le secret industriel soit étendu aux études concernant la santé et l’environnement (secret industriel que la directive communautaire exclut expressément).

 Ainsi, nous devrions accepter de force une technologie que les français refusent (à 80% selon les sondages), illégale en l’état, et sans en connaître les risques ni les avantages (…).

 Un bilan peu flatteur pour le gouvernement

La Commission européenne, le 12 décembre 2006, a demandé à la Cour de justice européenne d’infliger de lourdes sanctions financières à la France (entre 20 et 50 millions € ?) pour non transposition d’une directive européenne (publiée en 2001) sur la dissémination des OGM.

 Un texte a été adopté par le Sénat en mars 2006 mais l’Assemblée nationale en a différé l’examen, faute de majorité (au sein de l’UMP) pour le voter.

 En fait, ce texte n’est pas à la hauteur de l’enjeu. La future majorité, en juin, aura la responsabilité de tout reprendre à zéro. Quel bilan de la majorité sortante !

 Pour en savoir plus sur les OGM, voir l’article mis en ligne sur ce blog le 27 novembre 2006, reprenant l’information parue dans Le Monde diplomatique sous la signature de Aurélien Bernier, ce mois-là. 

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6 février 2007 2 06 /02 /février /2007 15:25

 

« Le capitalisme français s’est financiarisé et mondialisé »

 

Hier matin, Laurence Parisot était l’invitée de Nicolas Demorand sur France Inter. Le journaliste lui ayant demandé de réagir aux propos de Jean-Pierre Chevènement dans Le Parisien (voir sur ce blog hier « M. Sarkozy est le candidat du grand capital financier mondialisé »), la présidente du MEDEF a répliqué « C’est une phrase qu’on aurait pu entendre il y a vingt ou trente ans ».

 On peut lire sur www.chevenement.fr la réponse immédiate de Jean-Pierre Chevènement, qui apporte la preuve de ce qu’il affirmait le 4 février dans Le Parisien.

 Cette question devrait être au cœur des débats dans cette campagne électorale. Cette fois-ci, la gauche ne peut éviter la question de fond : la nécessité de brider le capitalisme financier pour développer l’emploi et répondre aux attentes sociales ?

 Je renvoie à la lecture de l’article de l’économiste Frédéric Lordon (résumé sur ce blog, 4 février) et invite à prendre connaissance, ci-après, du texte de JP Chevènement (les intertitres sont de ma composition).

 Les arguments de Jean-Pierre Chevènement en réponse à Mme Parisot

 Madame Parisot est pourtant bien placée comme Président du MEDEF pour mesurer :
1. En premier lieu, le poids croissant du capital étranger dans l'économie française, qu'il s'agisse d'investissements directs ou de prises de participation dans le capital de nos entreprises. Je ne lui apprendrai certes pas que les fonds d'investissement, principalement anglo-saxons, détiennent près de la moitié du capital des quarante plus grandes entreprises françaises, celles du CAC 40.
2. En second lieu, Madame Parisot ne peut ignorer que nos entreprises réalisent une part toujours croissante de leurs chiffres d'affaires, de leurs investissements et de leurs profits à l'étranger, notamment hors d'Europe, que ce soit aux Etats-Unis ou dans les grands pays émergents.

En 1987 et à plus forte raison en 1977, les mouvements de capitaux n'étaient pas libres. Le capital de nos grandes entreprises n'était pas détenu, comme il l'est aujourd'hui, par des fonds spéculatifs. Ce n'est pas à Madame Parisot que j'apprendrai ce qu'est la théorie reine du capitalisme financier mondialisé : l'acquisition de la valeur par l'actionnaire. Nos grandes entreprises sont de plus en plus soumises au diktat d'un actionnariat dont la nationalité n'est pas française. Faisant de plus en plus leurs bénéfices à l'étranger, elles se soucient de moins en moins du territoire national et de ceux qui y travaillent, sauf quand il s'agit de trouver un appui en cas de coup dur.

 Le cas d’Alstom

 Prenons ainsi le cas d'Alstom qui, sans l'intervention de M. Chirac, en 2003, pour mobiliser les soixante banques créancières et introduire l'Etat au capital, aurait mis la clé sous la porte. Suite au calamiteux rachat d'ABB en 1999, Alstom ne fabrique plus ses turbines à gaz en France mais en Suisse. Les chantiers de l'Atlantique ont été vendus par Alstom au norvégien Aker Yards pour moins qu'une bouchée de pain, afin de satisfaire aux exigences de la Commission européenne. Enfin, Alstom qui vient de remporter un contrat de centrales à vapeur au Vietnam, a tout aussitôt indiqué qu'elles seraient fabriquées à 100 % à partir de ses usines chinoises. 

Le capitalisme français n’est pas en retard sur l’évolution mondiale 

Madame Parisot ne disconviendra pas que depuis vingt ou trente ans, le capitalisme français s'est à la fois financiarisé et mondialisé. Ses patrons n'obéissent plus à la même logique, car leurs actionnaires, devenus omnipotents, leur demandent de faire beaucoup plus de profits, ce qui les amènent à rechercher la main d'œuvre la moins chère, dans les pays où l'existence d'une immense « armée de réserve industrielle » (pour parler comme Marx) maintient durablement des salaires à moins de cent euros par mois, et bien entendu sans charges sociales.

Nos grands patrons ont parfaitement intégré ce système. Ils n'en imaginent d'ailleurs pas d'autre. M. Lachmann, PDG de Schneider Electric, expliquait, il y a deux ans, qu'il n'investirait plus un euro dans la zone euro. Et M. Tchuruk, PDG d'Alcatel, ne se faisait-il pas, il y a quelques années, le thuriféraire de « l'entreprises sans usines » ?

M. Sarkozy est le candidat de ce capitalisme-là 

 Qui peut nier sérieusement que M. Sarkozy soit le candidat de ces patrons-là ? Il peut bien, de temps à autre, verser une larme sur le capitalisme familial de papa, par exemple sur les meubles Parisot dans la Haute-Saône proche.

Mais M. Sarkozy est un homme moderne : il est du côté des actionnaires, du côté de ce fameux « capitalisme patrimonial » chanté par M. Minc, qui d'ailleurs le soutient et tape avec entrain sur Ségolène. CQFD.

 Lundi 05 Février 2007

Jean-Pierre Chevènement sur www.chevenement.fr

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5 février 2007 1 05 /02 /février /2007 14:09

 

« M. Sarkozy est le candidat du grand capital financier mondialisé »

 J’ai lu hier sur le blog  www.chevenement.fr cet entretien que le président d’honneur du Mouvement Républicain et Citoyen a accordé au Parisien dans son édition dimanche 4 février.

 Jean-Pierre Chevènement remet à sa place le candidat de la droite capitaliste, mais aussi celui du centre européiste. Son soutien à Ségolène Royal ne faiblit pas et donne même l’impression de se renforcer.

 Dimanche 11 février, je serai présent à Montreuil avec les délégués départementaux du MRC quand la candidate lancera la seconde phase de sa campagne. Nous saurons alors ce qu’elle aura retenu des débats participatifs citoyens et ce qu’il en est de ses principales propositions.

 Voici le texte de l’entretien réalisé par Le Parisien/Aujourd’hui en France.

 Le Parisien : Dans ses discours, Nicolas Sarkozy se réfère aux grandes figures de la gauche, de Jaurès à Blum...

 Jean-Pierre Chevènement. M. Sarkozy est un grand récupérateur. Son discours, parfaitement démagogique, tend à masquer ses contradictions. Il parle de revaloriser le travail, mais il propose de supprimer l'ISF et l'impôt sur les successions. Or, sur ce sujet justement, Léon Blum, en 1946, dans son livre « A l'échelle humaine », avait expliqué qu'on pouvait créer une société socialiste - c'est-à-dire plus juste - en augmentant l'impôt sur les successions des plus fortunés. M. Sarkozy est donc aux antipodes de la pensée de Blum. En réalité, M. Sarkozy tire, tout à fait provisoirement, parti d'une entrée en campagne remarquablement médiatisée. Dès la fin du mois de février, Mme Royal reprendra l'avantage.

Certains, jusqu'au PS, évoquent pourtant un puissant « trou d'air » ?

Ségolène Royal a eu un excellent mois de décembre. C'est seulement depuis le 15 janvier que M. Sarkozy a marqué un avantage, je le répète, provisoire. Il reste quatre-vingts jours d'ici au 22 avril, date du premier tour. J'ai vu Ségolène Royal mercredi en tête à tête : elle se tient tout à fait ferme et droite dans sa démarche. Elle a conservé tout son sang-froid, sa bonne humeur, son humour. Je lui fais confiance pour s'affirmer dans cette bataille qui est une bataille de mouvement.

Pourtant, bien des électeurs de gauche semblent s'interroger...

Mme Royal a choisi dans une première phase de privilégier l'écoute à travers des débats participatifs. Le 11 février, elle fera ses premières propositions, et lancera l'offensive, à la fois dans la critique et dans les propositions. Elle s'exprimera au fond, car c'est une femme qui a du fond. La situation me fait penser à ce formidable film, « Alexandre Nevski ». Vous vous souvenez ? On voyait l'armée des chevaliers teutoniques s'avancer sur le lac gelé avec des airs terribles. Je vois le grand maître casqué de cet ordre. Il est aussi terrifiant que M. Sarkozy. Comment ça s'est terminé ? Le poids des chevaliers sur leurs montures lourdement caparaçonnées a fait craquer la glace, et tous ont été emportés. Eh bien, Mme Royal est aujourd'hui dans la situation d'Alexandre Nevski. Elle attend patiemment un adversaire trop sûr de lui.

 Certains imaginent pourtant un scénario dans lequel le PS serait condamné à changer de candidat...
C'est totalement surréaliste. Ségolène Royal a été désignée par 60 % des militants du PS en novembre, et elle est aussi devenue en décembre la candidate du Mouvement républicain et citoyen. C'est elle que nous soutenons, et personne d'autre. En face, nous avons un homme dangereux derrière la tête duquel on aperçoit toutes les têtes du CAC 40. M. Sarkozy, c'est le candidat du grand capital financier mondialisé. Les délocalisations, voilà la logique du système qu'il incarne ! La dévalorisation du travail par les multinationales qui exploitent les pays aux salaires de misère.

Avez-vous réussi, Ségolène Royal et vous, à vous mettre finalement d'accord sur l'avenir de l'industrie nucléaire civile ?

Elle souhaite développer de façon très volontariste les énergies renouvelables : les éoliennes, la biomasse, les biocarburants, et aussi le solaire photovoltaïque, qui implique des recherches considérables, forcément à long terme. Nous combattrons le réchauffement du climat et, par conséquent, nous favoriserons les énergies qui n'émettent pas de gaz à effets de serre. Les centrales nucléaires ont le double avantage de ne pas émettre de gaz à effet de serre et de procurer une électricité à bon marché. En fonction de cela, on peut examiner comment pourrait évoluer le bouquet énergétique français. Mais je crois qu'il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs. Tous ceux qui connaissent un peu le dossier énergétique savent que le principal gisement est dans les économies d'énergie. Pour le reste, je me fais un devoir de préserver les atouts de la France. Et l'industrie nucléaire est incontestablement, comme l'a rappelé l'accord MRC-PS, un atout majeur de la France dans la compétition mondiale. On vient de le voir avec la vente de deux réacteurs EPR à la Chine.

Comment avez-vous analysé la bourde de Jacques Chirac sur l'Iran ?

La première leçon, c'est qu'il faut être extrêmement prudent avec les journalistes (rires). En fait, M. Chirac a développé une sorte de théorie de la dissuasion stabilisatrice, qui est la vieille théorie française. Et il l'a fait pour montrer que cela n'apporterait rien à l'Iran d'avoir l'arme atomique. Il a rappelé à juste titre les dangers de la prolifération dans une région extrêmement dangereuse et qui n'est pas toujours portée à la rationalité. L'Iran doit se comporter enfin comme un membre responsable de la communauté internationale. Nous en sommes loin.

Avez-vous été surpris par les rémunérations octroyées à Laurence Danon, l'ex-PDG du Printemps, au moment de son départ ?

Ces rémunérations excessives, tout comme les salaires mirobolants de quelques grands patrons, qui se chiffrent par millions d'euros, portent gravement atteinte au moral du pays.

Comment expliquez-vous que François Bayrou intéresse une fraction de la gauche ?

François Bayrou a toujours été un ardent partisan de l'Europe fédérale, et il a été au premier rang de la campagne du oui. Or la majorité des électeurs de gauche - plus de 60 % - a voté non à la Constitution européenne. Je doute donc qu'ils se retrouvent en François Bayrou.

Certains, à l'image de Bernard-Henri Lévy, disent que l'actuelle campagne est d'une rare médiocrité...

Si tel est l'avis de ce milliardaire pseudo-philosophe, il y a beaucoup de chances que mon avis soit inverse (rires)... Soyons sérieux. Le premier tour est le 22 avril. Beaucoup de choses vont se passer d'ici là. Il ne faut donc pas que les électeurs de gauche comme les républicains attachés à l'indépendance du pays qui ne veulent pas de M. Sarkozy à l'Elysée se découragent. Il faut avoir confiance dans Ségolène Royal, qui se tient tout à fait droite, non pas dans ses bottes, mais dans la conviction qu'elle a de répondre à l'espoir du peuple français et d'incarner, demain, l'image d'une France nouvelle qui parlera au monde.

Propos recueillis par Dominique de Montvalon, Le Parisien, dimanche 04 février 2007

 Dimanche 04 Février 2007  http://www.chevenement.fr

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4 février 2007 7 04 /02 /février /2007 21:16

 

Ramener un peu de raison dans la finance

 En lisant Le Monde diplomatique (février 2007), après avoir écouté France Inter (31 janvier, 15h-16h,  Daniel Mermet), j’ai passé de bons moments. Frédéric Lordon, économiste : voilà quelqu’un qui parle clair sur un sujet éminemment important, car ayant des incidences énormes sur la vie quotidienne. Je vais m’efforcer de rédiger une synthèse de son article paru dans Le Monde diplomatique ce mois-ci.

 Une mesure contre la démesure de la finance

D’abord, le titre : « Enfin une mesure contre la démesure de la finance, le SLAM ! » après avoir posé la question « Quelles propositions pour une alternative politique ? ».

 Cela signifie que l’auteur se place sur le terrain politique dans la perspective d’une alternative au néo-libéralisme, cette idéologie (mondialisation, libre-échange, déréglementations, globalisation financière) qui s‘est imposée dans les années 1980.

 Cela signifie aussi que cet économiste ne se limite pas au diagnostic, il propose un moyen politique (une mesure fiscale) pour remédier à une anomalie dans le fonctionnement du système capitaliste.

 Autrement dit, il ne part pas en guerre contre le capitalisme, il propose aux responsables politiques d’agir par la loi dans un domaine où la liberté produit des effets dangereux pour l’équilibre de la vie sociale.

  Les pouvoirs publics ont libéralisé la puissance financière

 Frédéric Lordon montre que la société est menacée par la domination de la finance actionnariale. C’est en 1986 (loi de déréglementation financière) qu’il date le point de départ des transformations structurelles qui ont libéré l’élan de la puissance financière en France.

 En décidant de libéraliser complètement les mouvements de capitaux, le pouvoir politique a permis aux actionnaires de placer les entreprises et leurs dirigeants, non seulement sous leur contrôle mais sous l’emprise de leurs choix de rentabilité à court terme.

 Du haut en bas de la hiérarchie des entreprises, en passant par les sous-traitants, s’est propagé l’impératif du profit réclamé par les actionnaires.

 « Les structures actuelles du capitalisme financier ont levé presque toute restriction aux élans de conquête et d’accaparement des actionnaires. Quand tombent les barrières institutionnelles et réglementaires, ils reprennent leur poussée et explorent à fond leurs nouvelles marges de manœuvre (…). Sans régulation interne ni externe, donc sans limites, le désir de la finance était voué à devenir tyrannique. Nous en sommes là ».

 Le ROE toujours plus haut

 La contrainte de rentabilité imposée aux entreprises par le capital actionnarial s’est manifestée de plus en plus agressivement depuis le début des années 1990. Aujourd’hui, le taux de profit des capitaux apporté par les actionnaires (ROE) doit se situer entre 15 et 25%, alors qu’il était de 2 à 3% il y a quinze ans. Le critère de maintien d’un site en activité est passé de l’absence de déficit à une exigence de rentabilité de 10%. Où sont les limites ? Il n’y en a pas.

 De nouvelles règles ne pourront venir que de l’extérieur. Mais la liberté de circulation des capitaux est sanctuarisée par les traités de l’Union européenne. La solution passe donc par la révision de ces traités, mais cela suppose l’accord, non seulement de la Commission, mais aussi des 27 gouvernements de l’UE.

 La solution proposée : plafonner la marge prélevée par les actionnaires

 Frédéric Lordon envisage une autre solution : empêcher la sur-exploitation des entreprises en limitant réglementairement les profits. A la force du capital, il oppose la force de la loi.

Je ne vais pas ici détailler la proposition de l’auteur, le SLAM (marge actionnariale limite autorisée) qui serait le nom d’un nouveau prélèvement fiscal sur la rémunération globale effective des capitaux investis (TSR), au-delà du seuil légal de rentabilité actionnariale autorisée (celui-ci, par exemple, pouvant être fixé à un niveau de 6%).

 La question technique a été très bien étudiée, mais elle peut être contestée. L’essentiel est que cette proposition nourrisse le débat public. Car, les intentions sont politiques. On objectera qu’une telle mesure ferait fuir les capitaux. C’est possible, mais il faut relativiser l’apport de la Bourse dans le financement des entreprises.

 La Bourse verse plus aux actionnaires qu’elle ne finance les entreprises

 Une étude réalisée aux USA montre que « les prélèvements de dividendes et de rachats d’actions sont devenus supérieurs aux injections de capitaux frais, de sorte que la contribution nette des marchés d’actions au financement des entreprises est maintenant… négative ! ».  En Europe, ce n’est pas encore le cas, mais on s’en rapproche.

 Dans ces conditions, la communauté financière, qui parle sans cesse d’exigence de rendement, ferait bien de se poser la question de son propre rendement, tombé bien bas. C’est donc avec calme qu’il faudrait accueillir les cris d’orfraie qu’elle ne manquerait pas de pousser devant le SLAM.

 Le SLAM, un moyen de faire entendre raison à la puissance financière

 Frédéric Lordon est conscient de la difficulté d’imposer les grands investisseurs internationaux, essentiellement anglo-saxons, qui opèrent en France mais sont taxables chez eux.

 « Le SLAM doit en priorité atteindre les grands concentrateurs de l’épargne collective que sont les fonds de pension et fonds mutuels, vrais détenteurs de la force de frappe financière ». Ce qui importe, c’est que « la puissance actionnariale, à qui, non pas la société, mais une poignée d’élites partagées entre aveuglement et intéressement a décidé de lâcher toute bride, finira un jour par rencontrer sur son chemin une puissance opposée, décidée à l’arrêter ».

L’auteur n’espère pas grand-chose de la droite et de la gauche qui ont fait « voter une Constitution européenne célébrant la libre circulation des capitaux, en tant que droit fondamental ».

 Voici comment se manifeste l’emprise de la finance sur les entreprises

 « L’emprise de la finance actionnariale sur les firmes se présente de deux façons :

 - d’abord, comme une contrainte de performance, qui s’impose aux entreprises (exemple : indicateur du taux de profit, plus exigeant, du point de vue des actionnaires),

 - ensuite, en s’octroyant une rémunération effective  comprenant trois éléments, les deux premiers pesant directement sur l’entreprise, car provenant de prélèvements opérés sur sa richesse (dividendes et rachats de leurs propres titres par les entreprises à leurs actionnaires) et le troisième, les plus-values, provenant du marché financier, lieu de la revente spéculative des actions. Ce troisième élément établit une connexion entre rémunération actionnariale et contrainte de performance, puisque les améliorations de performance sont recherchées précisément pour pousser les cours boursiers à la hausse et accroître les plus-values ».

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3 février 2007 6 03 /02 /février /2007 19:37

 

Un journal progressiste et eurocritique

 La Lettre de BRN, quel drôle de nom pour un journal, mais, attention ! Ce nom a un sens, celui des trois mots qui le composent : Bastille, République, Nations. Ce mensuel, qui se qualifie lui-même « progressiste radicalement eurocritique », a été créé en décembre 2000 par Pierre Lévy, ancien journaliste à l’Humanité, avec l’idée de « livrer des informations, des analyses et des éclairages, qu’on ne trouve nulle part ailleurs ». Certains se souviennent de sa venue en Mayenne, en 2002, dans le cadre de la campagne présidentielle de Jean-Pierre Chevènement.

 Voici ce qu’on peut lire à propos de ce mensuel dans le numéro hors série, daté de février-mars 2007, publié à l’occasion du 50ème anniversaire du traité de Rome, qui sera célébré le 25 mars à Berlin. (Adresse : 8 rue du Faubourg-Poissonnière 75010 Paris et courriel  amisbrn@yahoo.fr ).

 « Bastille République Nations »

 « Son champ rédactionnel couvre l’actualité sociale, économique, politique et géopolitique de l’Europe, pas seulement de l’Union européenne ». Comme son nom l’indique, « sa ligne est clairement engagée : remettre en cohérence le progrès social, la souveraineté populaire et l’indépendance nationale ». Cela le conduit à « une critique radicale de l’intégration européenne car, depuis son origine, celle-ci s’inscrit dans un libre-échange planétaire imposé, forcément au détriment du monde du travail et des conquêtes sociales ».

 Le journal met en priorité « la rigueur du traitement de l’information. Il est totalement indépendant de tout groupe ou parti, a fortiori de toute entreprise commerciale. Il est rédigé par une petite équipe de journalistes professionnels, dont les opinions politiques sont diverses, à l’image de celles de ses lecteurs, qui sont communistes ou gaullistes, chevènementistes et républicains de progrès, ou encore des citoyens qui ne se résignent pas à la dictature de la pensée dominante, notamment de nombreux syndicalistes ».

 « Merkel pense l’Europe globe-allemand »

 Dans le numéro de janvier, l’Allemagne et sa chancelière sont l’objet d’analyses et de titres pertinents.

 En première page : « Merkel pense l’Europe globe-allemand », ce qui caractérise bien ce grand pays jouant à fond la carte du commerce mondial et de la globalisation financière, ce qui le conduit à orienter l’Union européenne dans cette même direction.

 « Berlin entend faire avancer ses intérêts à l’échelle planétaire : grand marché transatlantique, partenariat stratégique avec la Russie, liens avec l’Asie centrale, implication nouvelle au Moyen-Orient. En toile de fond, se profile l’enjeu crucial pour les prochaines décennies : les approvisionnements énergétiques.

 La chancelière compte également pousser la politique de voisinage vers l’est, de même que l’Europe militaire, et surveille de près les Balkans. En revanche, ses tentatives de faire revivre feu la constitution sont vouées à l’échec, du fait de la cacophonie des gouvernements et du rejet croissant des peuples ».

 « L’OTAN mène le Balte »

 Un dossier apporte des informations peu connues sur la Lettonie qui a « adhéré à l’UE en 2004  et multiplié ségrégation et discriminations envers la communauté russophone (40% de la population) sur fond de grave crise sociale ». Avec ce commentaire « Le gouvernement de Riga poursuit ou stigmatise les anciens résistants et honore les anciens nazis ».

 « Bush perd le Sud »

Et, sous le titre « Bush perd le Sud », on peut lire un bon article concernant l’Amérique latine, qui « tente d’inventer une alternative au libre-échange cher à Washington ».

« Longtemps sous l’étroite tutelle des Etats-Unis, de nombreux pays d’Amérique latine connaissent, depuis quelques années, des évolutions politiques majeures.

 Dernier exemple en date, le nouveau président équatorien, Rafael Correa, qui a affirmé sa volonté d’orienter son pays vers le socialisme (…).

 Face au vieux projet inspiré par Washington d’établir une zone de libre-échange des Amériques, une alternative se profile sous la forme d’une alliance initiée par Cuba et le Vénézuela, qui concilie coopérations étroites entre pays rejetant l’hégémonie néo-libérale, et respect des souverainetés nationales ».

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2 février 2007 5 02 /02 /février /2007 19:54

 

Donner du sens à la politique et de la force à la République

 Le PS organise ce soir un forum participatif au Centre de rencontres de Saint-Berthevin (voir sur ce blog l’article paru hier). Cette réunion est ouverte à toutes celles et ceux qui veulent « contribuer à enrichir le projet socialiste et bâtir avec Ségolène Royal le projet présidentiel ».

 Il est écrit « Venez exprimez, vos attentes, vos idées, vos propositions… TOUT sera transmis à Ségolène Royal ». Cette formulation me convient.

 J’ai beaucoup de choses à dire, mais il faut aller à l’essentiel. Je n’aime pas la façon dont s’est engagée la campagne présidentielle.

 La tendance n’est pas bonne pour la candidate que je soutiens (depuis que le MRC a ratifié l’accord politique et électoral passé avec le PS au niveau national).

 Je pense qu’elle a eu raison de vouloir débattre avec les citoyens avant de présenter officiellement ses propositions. Mais, en sortant des sentiers battus, elle prend le risque de l’innovation dans notre « démocratie surveillée », selon l’expression retenue par Jean-Pierre Chevènement sur son blog, hier soir, commentant les mésaventures du Président actuel dans ses relations avec la presse (voir www.chevenement.fr ).

 « La démocratie surveillée dans laquelle nous sommes entrés ne tolère plus que le babil inconsistant dicté par la bien-pensance. Malheur à ceux qui, comme Jacques Chirac ou Ségolène Royal, ont gardé un peu de spontanéité ! Ca ne pardonne pas aux yeux des bien-pensants. Mais si c'était ce que le peuple attendait ? Une démocratie en liberté... ».

 Une démocratie en liberté

 De fait, le peuple français vit mal l’évolution de notre société. C’est pourquoi il exprime son insatisfaction quand il est consulté. Ce fut le cas le 29 mai 2005. Il a dit non. Ce non était un refus. Le 22 avril, puis le 6 mai, il aspire à un vrai choix, pas comme en 2002 (le second tour était aussi un refus, après un premier tour qui exprimait l’embarras du choix).

 Dans les conditions de l’élection présidentielle, où le premier tour est décisif pour le résultat du second tour et pour les élections législatives qui suivront en juin, comment notre candidate doit-elle mener sa campagne ?

 A mon avis, elle doit marquer clairement sa différence en faisant comprendre aux français qu’avec elle, la France ira vers « une démocratie en liberté », dans laquelle les libertés individuelles seront réelles et les dirigeants, à tous les niveaux, seront réellement au service du peuple, de l’intérêt général, de la société dans son ensemble.

 Une nouvelle organisation des pouvoirs publics

 C’est d’abord un état d’esprit qui doit venir d’en haut, donc de la présidence de la République, mais c’est aussi une organisation des pouvoirs publics, donc des institutions, qu’il faudra reconsidérer avec le souci de faire vivre la démocratie et la citoyenneté.

 Des institutions républicaines rééquilibrées afin que les différents pouvoirs jouent pleinement leur rôle dans la liberté de chacun, c’est-à-dire de manière séparée (les pouvoirs exécutif, législatif, judiciaire, mais aussi médiatique).

 La future présidente de la république devra partager les responsabilités exécutives avec le gouvernement. Elle doit donc dire, dès maintenant, comment elle a l’intention d’exercer le pouvoir, en veillant au bon fonctionnement de l’ensemble, au respect des principes et des valeurs de la République.

En étant à l’écoute des citoyens, ceux-ci étant les décideurs en dernier ressort. Mais aussi en les informant de la réalité de la situation du pays et des rapports de force avec les institutions européennes et mondiales.

 Celles-ci sont actuellement beaucoup trop soumises, et dans la plus grande discrétion, aux influences des représentants de la finance mondialisée. C’est cela qui doit changer.

 Le rôle de la France et de l’Europe dans la mondialisation

 La candidate Ségolène Royal doit affirmer ce qu’elle fera à la présidence de la République, ses grandes options pour la France et, surtout, les initiatives qu’elle prendra pour réorienter la construction européenne dans le respect de la démocratie et dans la recherche de l’efficacité politique.

 L’enjeu essentiel se situe dans le rôle que doivent jouer l’Europe et les nations européennes dans la mondialisation, afin que les peuples aient confiance dans leurs représentants politiques.

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1 février 2007 4 01 /02 /février /2007 17:35

 

Les forums participatifs avant le 11 février

 Le MRC 53 a participé le 18 janvier à la première réunion du comité départemental de la campagne de soutien à Ségolène Royal, au siège du PS à Laval.

 Guillaume Garot est le président du comité de soutien. Jean-Pierre Le Scornet est le mandataire financier de la candidate. François Gloria est directeur de campagne, chargé de l’organisation.

 

 Il y aura deux phases dans la campagne : avant et après le 11 février.

 - Avant le 11 février : rencontres et écoute. Les sections locales organisent des réunions ouvertes aux habitants, sous la forme de rendez-vous participatifs (voir, ci-après, le programme).

 - Le 11 février, ce sera un temps fort au niveau national, à Montreuil, près de Paris. Ségolène Royal présentera les premières orientations concrètes, ainsi que l’armature du projet présidentiel.

 - Après le 11 février, il y aura des réunions sur l’ensemble des cantons en Mayenne et, peut-être, la venue de la candidate.

 Voici le tract diffusé par le PS pour inviter aux forums participatifs.

 

Forums participatifs

 Pour contribuer à enrichir le projet socialiste et bâtir avec Ségolène Royal, le projet présidentiel,

 Venez exprimez, vos attentes, vos idées, vos propositions…

 TOUT sera transmis à Ségolène Royal.

 Sur tout le département, les socialistes mayennais organisent plusieurs rendez-vous participatifs :

 Mardi 30 janvier 2007

MayenneEspace Grimaldi – Place des Halles à 20h 30

 Jeudi 1er février 2007

LavalMaison de Quartier des Fourches à 20h 30

Vendredi 2 février 2007

Port-Brillet Centre Culturel (Salle Paul Garry) à 20h 30

 Saint-Berthevin Centre de Rencontre (Salle Coquelicot) à 20h 30

 Mercredi 7 février 2007

Craon Salle Pantigny (derrière la Mairie) à 20h 30

 Ils vous invitent à y participer.

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