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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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27 juillet 2006 4 27 /07 /juillet /2006 21:12

Participation du MRC 53 au « forum sur l’alternative politique »

en présence de Marie-George Buffet.

 Après une introduction par Yannick Peltier, la Secrétaire nationale du PCF a fait une brève intervention générale, présentant les grands axes d’un programme de rupture avec le libéralisme, dans la perspective d’un véritable projet de société. 

Elle a évoqué les moyens à prendre pour une politique nouvelle : pôle bancaire public, réforme de la Banque Centrale Européenne, réforme des institutions européennes, nouveaux pouvoirs aux salariés dans les entreprises, droit à la santé et au logement… 

Puis, la parole était donnée aux représentants des autres partis : François Gloria (PS), Michel Ferron (élus républicains et socialistes), Claude Piou (Pour une République Sociale), Michel Sorin (MRC). 

 

Ensuite,  des représentants syndicaux (la poste, collectivités locales, agriculture) et des élus communistes (Jacques Poirier) sont intervenus, permettant à Marie-George Buffet de préciser ses positions sur l’agriculture, la sécurité sociale, les délocalisations…

 

 

L’objectif du PCF en 2007, c’est l’union populaire, le rassemblement autour d’un programme de haut niveau pour chasser la droite durablement. Marie-George Buffet admet volontiers qu’on n’y est pas encore. Elle se demande s’il est possible de faire bouger la gauche et comment rassembler pour une autre Europe.

 Le PCF contribue à élever le débat sur le contenu et il ne participera au gouvernement que si les conditions sont réunies en 2007 pour réussir le changement.

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27 juillet 2006 4 27 /07 /juillet /2006 18:19

Seconde partie des Rencontres citoyennes (13, 14 et 15 décembre).

 Trois réunions proposées à Château-Gontier, Mayenne et St-Berthevin.

 

 Cette dernière, le 15 décembre, a été caractérisée par une participation un peu plus importante et des échanges intéressants avec des militants du PCF, dont le responsable départemental et régional, Yannick Peltier.

 Convergence des analyses de la situation économique et sociale entre le MRC et le PCF.

Accord pour une initiative commune de réflexion sur le contenu du projet alternatif, dans le cadre de rencontres citoyennes par thèmes (emploi et économie, en priorité). 

 Texte d’invitation 

Rencontres Citoyennes

pour une ALTERNATIVE de GAUCHE en 2007

Résistance citoyenne et mobilisation électorale populaire sont à l’origine du NON le 29 mai :

 

  Un NON défensif qui signifie le refus du peuple français de se laisser ligoter dans des politiques néo-libérales régressives, alignées sur les intérêts du pouvoir financier mondialisé.

 Un sursaut démocratique de la part de citoyens mécontents de l’incompréhension persistante entre eux et les principaux dirigeants politiques malgré le signal d’alarme du 21 avril 2002.

 Après le vote du 29 mai, rien n’est plus comme avant, même si rien n’est résolu…

Deux sondages ont montré clairement la méfiance et le désamour des Européens vis-à-vis du rôle économique et du projet de l’Union européenne. Ce qui a conduit le président Borrell du Parlement de Strasbourg à parler de crise d’identité, d’impasse suite aux NON de la France et des Pays-Bas, et donc d’incertitude sur le devenir européen.

 Le peuple, en votant NON, a donné un coup d’arrêt à l’avancée néo-libérale en France et en Europe. Ce succès est le premier depuis le début de cette offensive idéologique, au début des années 1990.

Mais tout reste à faire pour réorienter la politique à Paris et à Bruxelles !…

Il est évident que l’avenir se jouera lors des prochaines élections nationales en 2007 autour de l’alternative suivante :

Valider le NON du 29 mai ou permettre à l’offensive néo-libérale de se redéployer ? L’enjeu est historique. Mais les pesanteurs internes à la gauche sont grandes !

Les partis, profondément divisés après le 29 mai, ne sont pas prêts à se rassembler spontanément.

Ils ne le feront que si leurs militants et leurs électeurs, eux-même mobilisés, les y poussent. Il est, donc, nécessaire d’innover et de dépasser les vieux clivages ! L’existence d’un projet alternatif réaliste et crédible est la condition du succès.

Nous souhaitons confronter nos idées sur les questions à approfondir et rechercher des synthèses dynamiques entre gauche et peuple, nation et Europe, afin de donner des contenus précis et forts à la souveraineté (populaire et nationale), à la cohésion (sociale et territoriale), à la démocratie (représentative et participative).

 La gauche doit se reconstruire autour d’un projet mobilisateur !

 En Mayenne, nous organisons des Rencontres Citoyennes pour une Alternative de gauche en 2007 à Villaines-la-Juhel, Craon, Evron, Ernée, Château-Gontier, Mayenne et Saint-Berthevin.

 Le but est de réfléchir ensemble, entre citoyens, au contenu du projet alternatif que la gauche portera devant les électeurs en 2007, notamment, comment « consolider notre modèle social » ? » ?

 Ces Rencontres Citoyennes sont équivalentes aux Etats généraux de la gauche évoqués par Jean-Pierre Chevènement et par le MRC au niveau national. Nous souhaitons les compléter par des Assises inter-régionales Ouest, qui pourraient avoir lieu en décembre à Nantes.

Une ALTERNATIVE de GAUCHE en 2007

Pour consolider notre « modèle social »

Le MRC prépare un projet qui remet l’homme à sa place, alors que l’idéologie dominante, néo-libérale, subordonne tout à la logique financière.

 Notre approche est fondée sur la démocratie, la coopération et la solidarité,

à l’opposé de l’approche néo-libérale fondée sur l’oligarchie, la concurrence et l’inégalité.

 Le sens de notre combat politique est de désarmer le pouvoir financier mondialisé, lequel se sert des institutions européennes et de la complicité des dirigeants pour enlever aux nations la capacité de choisir des politiques de régulation de l’économie.

 Ces dernières années, nous le regrettons, la plupart des partis de gauche n’ont pas jugé bon de résister à la neutralisation politique de l’Europe. Ils ont adopté le traité constitutionnel européen, qui grave dans le marbre d’une « constitution européenne » les préceptes néo-libéraux.

La « concurrence libre et non faussée » et toutes les règles du « consensus de Washington », notamment le dogme de la libéralisation du commerce, sont délibérément placées dans ce texte au-dessus des objectifs sociaux et de l’emploi.

 La résistance citoyenne, initiée par les associations alter-mondialistes (notamment ATTAC) et la mobilisation électorale des milieux populaires, sont à la source du NON défensif à la ratification de ce traité constitutionnel, lors du référendum le 29 mai dernier. Mais il reste à valider ce NON, qui est fragile, comme on a pu le constater souvent ces derniers mois.

 Notre « modèle social » est attaqué de toutes parts. Il faut le consolider en le réinventant.

C’est tout particulièrement le cas de nos services publics, dont le nom même est prohibé à Bruxelles, où l’on préfère parler de « services économiques d’intérêt général ».

Notre agriculture et la Politique Agricole Commune, fondée sur la solidarité financière et la préférence communautaire, sont sacrifiées sur l’autel du néo-libéralisme. Certes, la PAC est à revoir de fond en comble, mais son existence doit être défendue.

Ne nous y trompons pas : les instances européennes, notamment la Commission, n’ont pas l’intention de tenir compte des votes populaires en France et aux Pays-Bas, pas plus que des votes en Allemagne et en Pologne, qui mettent en évidence le refus des politiques néo-libérales.

 Pour valider le NON du 29 mai, il faut gagner les élections en 2007. Le temps n’est plus à l’alternance quasi-automatique droite-gauche. L’électorat populaire ne se mobilisera que si la gauche propose une politique économique et sociale réellement alternative aux politiques néo-libérales, c’est-à-dire en rupture sur le fond avec les dix commandements du « consensus de Washington ».

Le temps n’est plus à l’alternance quasi-automatique droite-gauche. L’électorat populaire ne se mobilisera que si la gauche propose une politique économique et sociale réellement alternative aux politiques néo-libérales, c’est-à-dire en rupture sur le fond avec les dix commandements du « consensus de Washington ».

 Il nous faut réinventer notre propre modèle social, afin de le rendre attractif et efficace.

Face à la puissance des intérêts liés à la finance mondiale, le soutien à l‘économie réelle s’impose : toutes les entreprises qui ont des activités créatrices d’emplois, utiles à la collectivité, et les entreprises dont la finalité et le statut permettent d’associer les travailleurs et les citoyens à la gestion (les coopératives, mutuelles et associations, qui font partie du secteur de l’économie sociale).

Un 3ème secteur est à valoriser et à développer, si besoin est : les entreprises publiques, dont les fonctions répondent à des nécessités d’intérêt général pour la collectivité.

 

  En prenant appui sur nos principes républicains, nous devons opter pour un mode de développement économique soutenable, global et durable, réducteur des inégalités, où les choix en matière d’énergie, de climat et d’environnement sont liés aux besoins à long terme de la société.

 

 

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27 juillet 2006 4 27 /07 /juillet /2006 16:48

 

Intervention de Stéphane Judique, Secrétaire fédéral PS 44.

 

L’objectif principal est de dépasser 2002

.

Il faut préparer l’avenir en ne restant pas sur deux échecs (21 avril 2002 et 29 mai 2005). Lors de son Congrès, en faisant la synthèse, le PS a choisi de ne faire qu’un, de dépasser le clivage du oui et du non au référendum.

 Il faut regarder les échéances, voir la politique de la droite UMP qui se radicalise en se rapprochant de la droite extrême. En souriant, lui aussi, il fait allusion au PCF qui souhaite rejoindre le MRC…

 La représentation politique est en crise.  Il y a un gouffre entre l’ambition des discours et les réalités. On ne peut que constater l’impuissance politique devant le désastre. Quelles propositions sur le long terme ? Le PS a lancé un appel afin de prendre des initiatives qui marquent notre opposition à la droite. Il faut vaincre les doutes sur le chômage, réussir le changement dans la durée, condition de la crédibilité.

 Le projet doit prendre en compte la notion de contrat (car la loi ne suffit pas à transformer la société) : contrat social (plein emploi), contrat républicain (décentralisation), contrat citoyen (droits et devoirs du citoyen - apport du MRC), contrat écologique (environnement).

 Il y a besoin de contenu, de réformes profondes : réforme de la démocratie sous toutes ses formes (politique, sociale, locale), réforme fiscale (nous sommes frileux quand nous sommes au pouvoir, la réhabilitation de l’impôt est nécessaire), création d’une autorité nationale sur l’eau (afin d’éviter la dictature des entreprises privées) et d’un service public de l’enfance.

 Les conditions sont réunies pour une défaite de la droite (divisions au sein de l’UMP, UDF). On a constaté le rejet du libéralisme (le 29 mai). Il y a besoin d’alternance (après 12 ans de présidence de la droite). Le pays attend un changement profond. Depuis 2002, la droite n’a gagné aucune élection. Elle est minoritaire, rejetée par les Français. Certains, à droite, font diversion, il faut rester vigilants, républicains, ne pas sortir du clivage gauche-droite.

 La victoire de la gauche n’est pas acquise. Il faut une véritable force d’alternative. Il n’y a pas de contradiction entre le mouvement d’en haut et le mouvement d’en bas (ce que font les partis). Nous lancerons les états généraux du projet, au premier trimestre 2006.

 A cet égard, saluons les initiatives du MRC, précurseur avec les assises régionales. Entre le PS et le MRC, il faut dépasser 2002. D’accord avec le PCF pour relever le défi de la gauche.  La balle est dans le camp de chacun.

 

 Précisions de Stéphane Judique dans le débat :

 

Il confirme qu’il a bien dit que le non au référendum avait été un échec de la gauche. Le non l’a emporté. Le Président de la République respectera la volonté du peuple. La question était une prise de position. Le PS veut-il changer la société ? L’avenir le dira. Il est prématuré de parler de mensonge … Oui, le PS veut re-nationaliser EDF, par un financement public et para-public (Caisse des Dépôts et Consignations).

 

 Stéphane Judique propose trois réformes : un gouvernement économique européen, la révision du rôle de la BCE (tout en étant indépendante, elle doit prendre en compte d’autres éléments que l’inflation), une augmentation du budget européen (priorité à la recherche) en faveur de l’économie.

 

Stéphane Judique répond à Bernard Teper (qui demande aux partis de dialoguer avec le mouvement social) : ne faut-il pas inverser la question et parler de la suspicion vis-à-vis des partis ? Puis il affirme que ces débats auront lieu. Il n’y aura pas de recul.

 

Stéphane Judique revient sur les relations entre les partis et le mouvement social. Chacun voit les différences quand les partis sont au gouvernement. Par exemple, c’est le pouvoir politique qui décide des financements accordés aux syndicats et associations, ce qui conditionne leur autonomie. Actuellement, les décisions sont prises « à la tête du client ».

 

Intervention de Michel Rica, Secrétaire du PCF 44, Conseiller de Nantes.

 

Il commence par noter en souriant qu’il est d’accord à 90% avec ce que vient de dire Patrick Trannoy… Puis il constate que, depuis 25 ans, le mécontentement sort les sortants à chaque élection.  Le peuple ne se fait pas entendre. A Nantes, l’abstention est de 50%. L’écart entre le peuple et la politique n’a jamais été aussi grand. La gauche doit dépasser ses divisions, renouer le contact avec les citoyens, rompre avec le libéralisme. Le peuple doit s’en mêler.

 Certains parlent de stratégies différentes, au sein du PS et à la gauche de la gauche… Je crois à une gauche. Si l’on ne se retrouve pas, on ne gagnera pas, y compris le PS.

 Je partage les propositions de Patrick Trannoy. Seule une dynamique pourra faire bouger toute la gauche. Les responsables syndicaux l’attendent. Il faut une démocratie participative.

 Michel Rica préconise une autre politique de financement et de taxations. Et aussi du rôle de la BCE. Il faut faire un bilan lucide de la période 1997-2002 et réfléchir à une nouvelle politique car, sinon, on risque de retrouver en 2007 la droite et l’extrême droite au second tour.

 

Michel Rica voit ce débat comme un commencement. Nous ne sommes pas à l’heure de la conclusion. Celle-ci viendra à l’issue des discussions avec la population.

 

Jean-Yves Corbière (PRG 44) est intervenu dans le débat.

 Il a salué l’initiative d’assises à tous les niveaux. Il rappelle que la politique nationale est très liée aux décisions européennes (deux lois sur trois sont des applications de directives européennes) et internationales (OMC).

 Il s’affirme libéral sur le plan politique, mais pas sur le plan économique, et souhaite une Europe plus influente (budget accru, normes).

 

Jean-Claude Hervé, vice-président ATTAC 44.

  Il rappelle qu’ATTAC n’est pas un parti politique. C’est pourquoi il intervient à partir de la salle. ATTAC est une association d’éducation populaire qui se bat contre la dérive libérale de baisse des impôts, contre la désaffection du politique et pour la re-mobilisation du citoyen, éclairé par des informations pas seulement hexagonales.

Le vocabulaire entendu ici n’est pas celui d’ATTAC. Exemple : le PS parle de l’échec de la gauche le 29 mai, ce n’est pas le point de vue d’ATTAC. L’anti-libéralisme est une valeur de gauche, majoritaire dans le pays. ATTAC analyse les enjeux du libéralisme (décisions de l’OMC, des directives européennes Bolkestein, portuaire et autres) et se bat pour de fortes mobilisations.

 

Les militants interviennent dans le débat.

 

 La première question est posée par un militant MRC du Calvados, qui évoque le clivage du référendum : le non était contre le libéralisme, le oui pour le libéralisme.

 Si le PS semble plein de bonne volonté, il lui manque les moyens d’une politique anti-libérale : rupture avec le libre-échange, contrôle de la politique monétaire. Finalement, n’est-ce pas un mensonge de prétendre vouloir une politique anti-libérale sans rupture avec le libéralisme ?

 Des militants MRC 44 posent des questions concernant la banque créée par la Poste et la Banque Centrale Européenne.

 

Un militant MRC 53 insiste sur l’urgence pour la gauche de se fixer un même but, en lien avec le mouvement social. Le 29 mai, le peuple a dit clairement non au libéralisme. Il attend une initiative unitaire de la gauche pour organiser des rencontres et des débats dans les quartiers. Chaque parti est concerné et doit répondre.  En 2006, il faudra tirer dans le même sens avec la volonté d’écouter et d’entendre le peuple.

 Un militant MRC 56 observe que le PPE est majoritaire en Europe. Le changement ne peut venir que de nouvelles majorités de gauche au niveau national.

 Un militant MRC 14 demande à l’ensemble de la gauche d’écouter le peuple. Le changement passe par la fiscalité européenne. Le veto de l’Angleterre n’est pas acceptable. Il va falloir choisir de faire l’Europe avec ou sans elle.

 Un militant MRC 44 souhaite que les réseaux de communication, source de services rentables, soient contrôlés par les pouvoirs publics.  

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27 juillet 2006 4 27 /07 /juillet /2006 10:27

 

Intervention de Patrick Trannoy, Secrétaire national MRC.

 

 Respecter le NON du 29 mai 2005, éviter la répétition de l’échec du 21 avril 2002 (en rappelant, au passage, que celui-ci n’était pas dû à Jean-Pierre Chevènement, dont le projet était différent de celui de Lionel Jospin), cela passe par un nouveau chemin : pluralisme dans les médias, souveraineté populaire, lutte contre la directive Bolkestein et la politique de la BCE, pour la République et la démocratie et la prise en compte de l’exigence sociale.

La dette est forte parce que la croissance est faible. Il faut donc une relance concertée des économies européennes et de l’investissement public (recherche, infrastructures, logement) et, aussi, garantir les services publics.

 Avec quel financement ? Il faudra sortir du pacte de stabilité budgétaire (au moins, en sortir les investissements) et une politique fiscale juste.

Nous serons dans le cadre d’une économie ouverte soumise à la mondialisation et à la logique financière.

Nous refuserons la concurrence libre et non faussée, le dumping social. Il faudra sauvegarder les emplois et préserver les savoir-faire de la concurrence déloyale, en recherchant le co-développement. La politique de désinflation compétitive conduite depuis 1983 devra cesser.

 Choisir entre la République et le chômage de masse ? Nous choisissons la République car nous refusons cette société disloquée qui laisse monter le communautarisme, les violences et les égoïsmes  et ne voit plus d’horizon collectif. L’intégration des immigrés est plus difficile dans ce type de société.

 A la République des mots (de Villiers), nous devons préférer la République des actes.

 La gauche a des différences. Elle doit faire converger des priorités se concrétisant dans les politiques monétaire et budgétaire.

 

Patrick Trannoy propose aux partenaires de la gauche de se mettre d’accord sur 7 priorités :

 Changer de politique monétaire en mettant la BCE sous tutelle de l’Eurogroupe,

 Changer de politique budgétaire en renégociant le pacte de stabilité ou en s’affranchissant de ses règles,

 Changer de politique commerciale pour nous protéger des délocalisations (emplois, savoir faire),

 Changer de politique éducative pour assurer réellement la promotion de tous, grâce à l’exigence républicaine,

 Rétablir les conditions minimales de la démocratie réelle (pluralisme des médias, représentation partiellement proportionnelle),

 Réaffirmer les principes républicains de laïcité, et enrayer la dérive communautaire,

 Respecter l’unité de la République, en cessant la frénésie décentralisatrice et en condamnant les expériences du type processus de Matignon en Corse.

 Il conclut sur un souhait : si l’on peut faire cela demain ensemble, il y a un espoir de retrouver les classes populaires et d’empêcher la droite de se maintenir au pouvoir.

 

 Précisions de Patrick Trannoy (dans le débat)

 :

 La synthèse du Mans du congrès PS prévoit la possibilité de mettre en œuvre des moyens, douaniers par exemple, qui pourraient amorcer la rupture avec le libre-échangisme.

 En ce qui concerne la re-nationalisation d’EDF, le MRC est favorable à la fusion EDF-GDF et à la création d’un Etablissement public national de l’énergie. Actuellement, c’est la politique de la concurrence qui est mise en œuvre dans le secteur de l’énergie, chaque acteur faisant de l’électricité et du gaz.

 Nous préconisons la relance de l’économie (politique keynésienne) par un emprunt public et en utilisant toutes les ressources de la politique fiscale.

Nous sommes favorables à la création d’un pôle bancaire public (autour de la Caisse des Dépôts et Consignations) et à la constitution d’une épargne de précaution populaire.

 Nous ne voulons pas de « la concurrence libre et non faussée » (rupture avec le libre-échangisme).

 Patrick Trannoy (MRC) pense que le pari de la renégociation européenne est raisonnable. L’Allemagne subit autant que la France les conséquences de la politique monétaire. On ne peut pas continuer l’euro sur les mêmes bases. Ce n’est possible qu’à nos conditions.

 

   Patrick Trannoy (MRC) rappelle son opposition au Traité Constitutionnel européen parce qu’il n’y a pas un peuple européen, mais 25 peuples européens, voire plus. La politique européenne ne peut être la recherche d’un consensus autour d’un intérêt général européen qui n’existe pas actuellement. Chaque pays défend ses intérêts. A propos du bilan de la période 1997-2002, on peut considérer que la première partie (1997-2000) a été positive. 

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27 juillet 2006 4 27 /07 /juillet /2006 09:57

 

Intervention de Bernard Teper, président de l’Union des Familles Laïques (UFAL).

 

L’UFAL est dans le champ social, pas dans celui de la politique.

 Il ne peut y avoir de projet alternatif à la droite si ce n’est pas une alternative au libéralisme.

 

 Après l’implosion du communisme soviétique, le « turbo-capitalisme » (selon l’analyse de l’UFAL) ou, plus généralement, la « mondialisation néo-libérale » ( qui commence au milieu des années 1970 et a été théorisée par ATTAC) ont été porteurs de  privatisations et de « marchandisation » des activités humaines, par le biais de décisions aux niveaux mondial et européen (directives).

 L’affaissement de la part des salaires et cotisations sociales dans les richesses produites (- 10%, en faveur des profits) est à l’origine des problèmes de financement des services publics et de la sécurité sociale. Il en a résulté l’accroissement de la pauvreté et des inégalités sociales.

 Les néo-libéraux, minoritaires, ont besoin d’alliés. Il leur faut compenser la réduction des services publics par les actions de charité des communautés ethniques et religieuses (le lien religieux, véhiculé par Sarkozy).

 C’est ainsi que le néo-libéralisme est allié au néo-communautarisme.

 D’où la stratégie nécessaire de lier le combat laïque au combat social, comme Jean Jaurès, qui disait « le socialisme, c’est la république poussée jusqu’au bout ».

 Il y a une double articulation à faire : l’union des anti-libéraux dans le champ social et l’union des gauches dans le champ politique, qui recoupe l’articulation entre le mouvement d’en haut et le mouvement d’en bas. Les partis doivent discuter avec les organisations syndicales et associatives. Et l’éducation populaire, laïque et républicaine, doit renouer le lien qu’elle avait auparavant avec les citoyens.

 Le combat social, c’est l’alliance entre les couches populaires et moyennes, mais aussi avec le « lumpenprolétariat ».

 Ce gouvernement, mais aussi les gouvernements de gauche depuis 20 ans à un moindre niveau, portent la responsabilité de la mise à l’écart des couches populaires.

 Le programme politique doit trouver sa source dans le mouvement social. Par exemple, nous avons réfléchi (ATTAC) à une démarche programmatique pour la santé dans les Etats généraux de la santé et de l’assurance-maladie (ils rassemblent une centaine d’organisations). On ne se reconnaît pas dans les positions « santé et sécurité sociale » des partis politiques.             

 Autre exemple : l’initiative « services publics en milieu rural » (Convergence nationale services publics), après la manifestation de Guéret, a ouvert un lieu pour le dialogue.

 Comme me l’a demandé Michel Sorin, je vais développer la question de la laïcité. Tous les Français sont pour la laïcité… mais que mettent-ils derrière ce mot ?

 La définition historique, c’est la séparation de la sphère publique et de la sphère privée, dans les domaines idéologiques et religieux institutionnels et, aussi, économiques.

 La loi du 9 décembre 1905, c’est la liberté de conscience et la liberté de culte.

 La laïcité n’est pas anti-religieuse (la liberté du culte est protégée, ce qui n’est pas le cas en Iran, qui n’est pas un pays laïque) mais elle peut-être anticléricale (exemple : loi 1967-1975 sur le droit à l’avortement, qui allait à l’encontre de la position de l’Eglise catholique).

 La laïcité est née en France, plus grand pays d’immigration d’Europe (depuis Louis XIV), qui se distingue par son caractère de nation républicaine, différent de la nation ethnique (Allemagne).

 La laïcité est un combat universel qui progresse (l’UFAL a des contacts avec 80 pays).

 La Suède a adopté une nouvelle Constitution dans laquelle la laïcité est présente.

 Au Portugal, il y a un début de séparation entre la sphère publique et la sphère privée.

 En Grèce, où la religion orthodoxe est très présente, une loi est en préparation.   

 La loi intervient pour préciser les conditions d’application de la laïcité à l’école.

 Une circulaire de Jean Zay, ministre SFIO du Front populaire, indiquait en 1937 aux enseignants la conduite à tenir face à l’expression des signes religieux à l’école.

Le ministre Lionel Jospin du gouvernement Rocard faisait voter la loi du 10 juillet 1989 sur l’orientation scolaire, qui dans son article 10, libéralisait cette expression au sein des établissements scolaires.

 La loi du 15 mars 2004 revenait aux principes définis par la circulaire Jean Zay.

 La laïcité est un concept extensible.

 La séparation des sphères publique et privée peut aussi s’appliquer aux lits privés dans l’hôpital public. L’eau est-elle un bien commun ou une denrée (à laquelle s’applique la loi du marché) ?

 Il faut éviter que le champ politique soit soumis à des dogmes. Ainsi, celui du libre-échange fait autant de mal que les dogmes religieux il y a 100 ou 200 ans. Avec le dogme de la concurrence, s’appliquant partout, y compris aux pays du Sud, cela nous conduit au capitalisme sauvage.

D’autres dogmes ont conduit à généraliser la sphère publique au détriment de la liberté dans la sphère privée (cas du communisme soviétique).

 Il faut respecter le résultat du 29 mai : il y avait un oui de gauche et un non de gauche.

 Le non de gauche a été majoritaire dans le non et dans la gauche. Cela doit être respecté.

 Et dans les 31% du corps électoral qui a voté non, il n’y avait pas que des MRC + PCF + LCR.

 Il y avait aussi d’autres forces. Il faut les respecter si on veut vraiment une alternative.

 C’est ensemble (partis + organisations du mouvement social) qu’il faut penser une alternative au néo-libéralisme, en faisant une alliance entre les précaires et « sans » (exclus) et les couches populaires et moyennes. Le mouvement social a une influence sur la société, que les partis auraient tort de négliger.

En liant le combat féministe, social, laïque, sans se limiter à des incantations,

nous devons ensemble construire une autre République.

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27 juillet 2006 4 27 /07 /juillet /2006 09:26

 

Bilan des assises

Ces assises ouest étaient initiées par la direction nationale du MRC et organisées par le MRC de Loire-Atlantique sous la responsabilité de Jean-Louis Le Bouëdec, en relation avec le coordonnateur régional, Michel Sorin (MRC 53), qui animait la réunion.

 Les partis de gauche avaient été invités afin d’exprimer leurs positions en vue des échéances électorales 2007. En outre, un intervenant national représentatif du mouvement social et associatif allait apporter son éclairage sur ce sujet, mais aussi sur le thème de la laïcité, au moment du centenaire des lois laïques de 1905.

Une quarantaine de personnes étaient présentes dans la salle des Associations, dont une douzaine de militants MRC issus de plusieurs départements de l’ouest (Finistère, Morbihan, Mayenne, Vienne, Calvados).

 

 Commentaires du MRC 53 lors de sa réunion le 19 janvier 2006

  

"Dans le cadre d’une décision nationale, afin de préparer les états généraux de la gauche, le MRC a décidé d'organiser une réunion publique dans chaque grande région correspondant à la circonscription créée à l’occasion des élections européennes (pour nous : Bretagne, Pays de la Loire et Poitou-Charentes) en invitant les autres partis de gauche.

 

Cette réunion à Nantes était co-organisée par Jean-Louis Le Bouëdec (MRC 44) et Michel Sorin (MRC 53, coordonnateur). Le premier était chargé de la préparation matérielle et des contacts politiques et médiatiques locaux, et le second des contacts nationaux et régionaux ainsi que l’animation de la réunion. 

 

Le 16 décembre, en plus des représentants des partis, Michel Sorin avait sollicité Bernard Teper, président de l’UFAL, pour intervenir sur le thème de la laïcité en raison du centenaire de la loi de 1905.

 

Les interventions à la tribune de Patrick Trannoy (secrétaire national du MRC), de Michel Rica (1er secrétaire départemental 44 du PCF), de Stéphane Junique (secrétaire fédéral 44 du PS) ont été complétées par les interventions dans la salle de Jean-Yves Corbière (pour les Radicaux de gauche 44) et de Jean-Claude Hervé (vice-président ATTAC 44) et celles de nombreux militants. 

 

Une conférence de presse avait permis d’avoir une présentation de la réunion dans les éditions de Ouest-France et Presse-Océan en Loire-Atlantique. Toutefois, la belle salle des associations de Nantes aurait pu accueillir beaucoup plus que la quarantaine de personnes présentes, dont une douzaine venue d’autres départements – le Finistère, le Morbihan, la Vienne et le Calvados. La Mayenne était représentée par Gérard Beillard, Georges Minzière et Michel Sorin. 

 

Les différents intervenants, à la tribune et dans la salle, ont pu exprimer clairement leurs points de vue et débattre dans un climat chaleureux d’attention, d’écoute et de respect.

 

 Tout en percevant des différences entre les positions du PCF, du MRC et de Bernard Teper  d’une part, du PS d’autre part, chacun ressentait le besoin d’unité de la gauche autour d’un projet 2007 réellement alternatif, à préparer d’urgence.

 

En prenant l’initiative de ces assises régionales, le MRC a contribué à faire avancer cette idée de rassemblement autour d’un projet construit et partagé par l’ensemble de la gauche".

 

Texte d’invitation aux assises régionales ouest

Quelle République voulons-nous pour la France ?

 

 Cette question est posée à tous les Français, qu’ils soient de droite ou de gauche.

 D’ailleurs, est-il si facile de se dire de droite ou de gauche aujourd’hui, au vu de ce que nous offrent les partis dirigeants et, surtout, compte tenu de la politique qu’ils ont menée depuis vingt ans ?

 La droite, qui a répudié ce qu’il y avait de positif dans le gaullisme, a choisi la stratégie de l’affrontement et nous invite à laisser tomber le vieux modèle républicain, usé et démodé, pour aller vers une société à l’américaine, libérale et violente, mais douce pour les riches.

Cette droite veut en finir avec l’hypocrisie : elle utilise un discours populiste outrancier, voire ordurier, afin d’obtenir les faveurs d’électeurs attirés par ce type de langage. Au risque de se montrer telle qu’elle est, arrogante et méprisante.

 La gauche est emberlificotée dans un clivage politique flou que personne ne comprend car elle n’a pas le courage d’affronter la réalité et de dire la vérité : sa propre démission depuis vingt ans face au pouvoir financier mondial .

L’enjeu présidentiel ayant pris le dessus sur les questions de fond, la synthèse socialiste du Mans est un compromis qui laisse au futur candidat la liberté de choix de son programme.

 Comment s’étonner, dans ces conditions, que les citoyens soient en plein désarroi !

La gauche et la droite leur semblent très éloignées de ce qu’ils vivent.

Et, pour beaucoup d’entre eux, le clivage droite-gauche est fortement brouillé,

ce qui justifie leurs votes de plus en plus volatils et zappeurs.

 Reconnaissons-leur des excuses, tant le monde politique s’est éloigné du monde réel. Mais ramenons-les à leurs responsabilités de citoyens dans une République où le peuple est souverain.

 Dans quel type de société voulons-nous vivre ?

 Le modèle américain proposé par la droite (liberté pour les forts et inégalités pour tous) ?

Le modèle français républicain à réinventer (liberté et égalité pour tous, solidarité)  ?

Disons-le clairement : si nous laissons faire, le risque est grand que les inégalités et les injustices croissantes, les exclusions et les violences, nous conduisent bientôt vers une société à l’américaine.

 C’est pourquoi nous demandons aux Socialistes et à la gauche de tirer vraiment les leçons du 21 avril 2002, du 29 mai 2005 et de la crise des banlieues, symptômes du mal être français.

 La promesse républicaine de l’égalité doit être tenue, sinon les libertés ne sont plus que formelles.

La fermeté doit être assortie d’une politique d’émancipation pour tous.

 Les difficultés de la France et des Français ne sont pas à prendre à la légère.

Le sursaut ne peut venir que de la rencontre entre la gauche et le peuple, autour d’un projet républicain exigeant et cohérent. N’oublions pas que la nation démocratique est le cadre historique du développement du progrès social. Face aux menaces de toutes sortes et aux dérives néo-libérales,

 Citoyennes, citoyens, la République vous appelle !

 Après plusieurs mois d’informations, de débats publics et privés, de sondages et de menaces… Qui a voté non le 29 mai ?

Le monde du travail actif, jeune, avec diplômes et revenus peu ou moyennement élevés.

Aux yeux du peuple, ce vote conscient était manifestement un feu rouge pour cette Europe d’inspiration néo-libérale soutenue principalement par la droite en France.

Aux yeux des décideurs, c’était un feu clignotant, qui n’interdit pas de passer…à condition d’avancer prudemment et habilement !

 Nous affirmons que le peuple doit avoir le dernier mot dans une démocratie.

Encore faut-il qu’il soit vigilant, rassemblé et mobilisé pour se faire respecter !…

C’est pourquoi nous proposons les états généraux de la gauche, préparés par

les lieux d’échanges et de débats que sont les assises régionales.

 Au point où nous en sommes, chacun doit être conscient que l’enjeu des élections nationales au printemps 2007 sera de décider dans quelle République nous voulons vivre : celle qui accepte la domination du pouvoir financier sur toutes les activités humaines, ou celle qui met en œuvre la liberté, l’égalité et l’émancipation pour tous.

 Comme dans les grands moments de notre histoire, il importe que des hommes et des femmes, armés de leur lucidité et de leur courage, se mettent en mouvement…

Pour défendre et promouvoir une République vivante, laïque, sociale, démocratique.

Cet appel s’adresse à tous ceux qui pensent que la gauche doit se rassembler et préparer

une véritable alternative aux politiques néo-libérales de la droite,

en sachant que cela ne pourra se faire qu’avec la participation active des citoyens.

Assises régionales de la gauche

Vendredi 16 décembre 2005 à 20h30 à NANTES

Grande salle de la Manufacture, boulevard Stalingrad.

Thème principal de ces assises, en relation avec le centenaire des lois sur la laïcité :

Thème principal de ces assises, en relation avec le centenaire des lois sur la laïcité :

La République sociale et laïque

 

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26 juillet 2006 3 26 /07 /juillet /2006 22:26

 

Jean-Yves Autexier répond aux militants sur le projet du MRC

 

Quel est le sens de la synthèse du congrès du PS ?

Ce congrès a au moins une conséquence : il laisse le futur candidat à l’élection présidentielle libre de définir son programme en fonction de la situation du moment.

 

N’y a-t-il pas des raisons d’espérer ?

Au pessimisme de l’intelligence, il faut ajouter l’optimisme de la volonté.

Le mouvement de mai 1968 est à l’origine de la victoire de la gauche en mai 1981 (renouveau du parti socialiste en 1971).

Les grèves de 1995 sont pour quelque chose dans le vote du 29 mai 2005 (destruction des services publics par l’Europe).

Le 29 mai aura des conséquences à long terme. Le vote non a rassemblé les jeunes, les actifs, les milieux populaires. Le vote oui a été majoritaire seulement parmi les plus de 55 ans, les cadres et professions libérales, les diplômés au-delà de bac +2, les ménages ayant un revenu net mensuel supérieur à 3000 €.

Le vote non a rassemblé 62% des électeurs de gauche.

Le peuple a besoin de changement. Quand pourra-t-il se réaliser ? On ne le sait pas mais il se fera.

Ne mettons pas notre drapeau dans notre poche.

Concernant l’Europe, il existe un attachement populaire aux nations et un vif sentiment d’indignation nationale face au bulldozer libéral qui détruit tout. La chute du mur de Berlin, c’était à la fois la liberté et la nation retrouvées.

Lors des prochains votes, les électeurs donneront une prime à la nation démocratique.

 

Affirmons ce qui nous distingue.

Nous ne sommes pas la gauche du PS. Nous sommes un mouvement républicain.

Nous voulons sauver la France par la gauche et sauver la gauche par la France.

Service national.

La revendication de l’égalité va conduire à la proposition d’un service national.

Cohérence : la renationalisation d’EDF, par exemple, est liée au changement de l’architecture de la zone euro, notamment le rôle de la BCE et le pacte de stabilité.

Le déficit de la France (1100 milliards €) est la conséquence de la revalorisation de l’euro vis-à-vis du dollar (+ 50% en 5 ans). Le coût de la re-nationalisation d’EDF est de 7 milliards €. Comment les trouver dans le contexte actuel ?

Le fait que la Banque Centrale Européenne soit déliée de tout engagement concernant la croissance et l’emploi la conduit à donner priorité à la protection de la rente (le capital) par rapport au travail.

La faible croissance de l’économie française (1,6%) est à l’origine du chômage de masse.

C’est pourquoi la défense du service public (EDF) est liée à la politique de croissance, et, donc, à l’architecture de la zone euro (politique de la BCE).

Cohérence : impossible de maintenir un niveau élevé des salaires et de la protection sociale sans changer l’organisation du commerce mondial.

La fabrication d’un téléphone SAGEM peut se faire au Vietnam au coût salarial de 85 € par mois. L’industrie textile française ne peut supporter la concurrence chinoise. Les Tissages de Picardie (Sarkozy frère) en sont un exemple.

Les délocalisations ne sont donc pas évitables si l’on ne change pas la conception actuelle du libre-échange. Il faut limiter celui-ci à l’intérieur d’une zone de développement comparable, par exemple en Europe.

Le libre-échange intégral n’est pas supportable entre l’Europe et l’Asie du sud-est (ou l’Afrique).

L’idéologie de l’Organisation Mondiale du Commerce (l’OMC chère à Pascal Lamy) doit évoluer vers la conception d’un libre-échange modulé par un système d’écluses entre zones de développement différent.

C’est la condition du maintien des salaires et acquis sociaux en France.

Ce point, évoqué avant le congrès du Mans, a été évacué de la synthèse du PS.

La re-fondation républicaine.

La crise des banlieues a donné lieu à une lecture originale de Jean-Pierre Chevènement.

Cette lecture est sociale (chômage, qui renvoie à la croissance) et républicaine (marques de différence entre Ali et Alain) et non ethnique et religieuse.

La France est digne d’être aimée. Assez de repentance ! La France a été coloniale, la Grande-Bretagne aussi. La France a maltraité les colonisés, les USA aussi (encore actuellement). La France n’est ni exemplaire ni damnée.

Notre analyse de la crise des banlieues est sociale et nationale.

Elle n’est ni ethnique ni religieuse. Elle appelle un discours républicain.

Croissance et inégalités.

La croissance produit des inégalités mais, sans croissance, les inégalités sont multipliées par 1000.

A vrai dire, la non-croissance est souvent préconisée par les libéraux.

La croissance produit des déchets, lesquels suscite une industrie pour les transformer.

Nous disons non à l’écologisme et au pessimisme humain. Depuis près de 5000 ans, l’homme crée et forge un rapport entre lui et la nature, laquelle n’est pas immuable.

L’énergie nucléaire.

Le prix du pétrole grimpe et ses ressources sont limitées. En outre, le pétrole et le gaz sont à l’origine d’une pollution de l’atmosphère par le gaz carbonique (effet de serre) qui modifie le climat.

L’énergie nucléaire est propre mais laisse des déchets ultimes radio-actifs (environ 500 tonnes provenant des 32 centrales nucléaires françaises). Ils sont stockés provisoirement en surface en attendant un lieu sûr (argile ou granite, en profondeur) et, si possible, une solution de retraitement.

Capter et enfouir du gaz carbonique en zone profonde, c’est traiter 50 millions de tonnes d’un gaz explosif. Par comparaison, les déchets nucléaires (500 t) ne sont pas plus difficiles à stocker.

L’énergie nucléaire est nécessaire pendant 40 ans encore. Développons toutes les énergies renouvelables, en sachant qu’elles ont toutes leurs limites et leurs inconvénients. Par exemple, une éolienne ne peut couvrir les besoins en énergie que d’une centaine de maisons d’habitation.

Priorité n°1 : lutter contre le chômage. Donc, modifier l’architecture de la zone euro.

Les présidents de la BCE et de la Banque de France prétendent avoir de la visibilité sur 10 ans, justifiant ainsi leur indépendance vis-à-vis du suffrage universel.

En réalité, l’architecture actuelle de la zone euro est un affront permanent à la démocratie (le pouvoir est confié à des non élus).

Et si la négociation échouait ? … Est-il envisageable pour la France de sortir de l’euro ?

La France et l’Allemagne sont les deux contributeurs nets majeurs de l’UE. Ils ont un poids particulier et il existe, au sein de la zone euro, d’autres pays mécontents de la gestion actuelle de l’euro.

Avec eux, la France engagerait une concertation dans le but d’établir un rapport de forces face au président Trichet de la BCE. Pas question pour notre pays de sortir seul de l’euro et de s’engager dans une dévaluation compétitive. Ce serait très dangereux ! Nous ne sommes plus en 1991.

Le traité de Maastricht a mis en place une rigidité monétaire qui devient insupportable quand cette politique monétariste s’applique de la même façon à l’Irlande (en pleine croissance + 6%) et à l’Italie (déficit permanent). La solution, c’est de changer l’architecture de la zone euro.

Soutenir l’innovation et la recherche.

Le Conseil européen a décidé, à Lisbonne en 2000, de développer les industries du savoir. Mais ce sont les Etats qui doivent mettre en œuvre et financer cette politique.

Très peu de pays ont une recherche digne de ce nom en Europe. Ceux qui en ont, comme la France, n’ont pas d’argent et ne peuvent investir en raison du pacte de stabilité (verrou à 3% de déficit).

En matière de savoir, il faut aussi commencer par le commencement : savoir lire, écrire et compter en sortant de l’école primaire…

Politique industrielle.

La Commission européenne s’est opposée au ministre des Finances, Sarkozy, quand celui-ci a proposé que l’Etat s’engage dans le capital d’Alstom. Pour cette Europe, seule compte la politique de la concurrence, qui est de sa compétence.

La politique régionale n’est financée que par un ou deux contributeurs.

La proposition concernant l’actionnariat salarié est justifiée par le fait que de nombreuses entreprises ont un actionnariat fragile. Celui-ci serait stabilisé par un actionnariat salarié à hauteur de 10%.

Des services publics modernes.

Le marché a ses avantages mais aussi un gros inconvénient : il est myope. Ce n’est pas un outil adapté quand il s’agit de financer et gérer des équipements à long terme (tunnel sous la Manche, centrales nucléaires, réseau ferroviaire).

Même les capitalistes ont besoin des services publics. Il faut en faire un outil de la croissance, avec garantie pour les citoyens d’y avoir accès.

 

Revaloriser le travail.

D’abord, par de meilleurs salaires perçus par les salariés. Il serait plus juste de transférer les charges sociales, pour partie (charges patronales, sauf les retraites) sur la TVA (la valeur ajoutée, plutôt que l’emploi), pour partie (charges salariales) sur la CSG (tous revenus, y compris du capital).

Il s’agit de revaloriser la rémunération du travail (d’abord, les bas salaires) en priorité sur les revenus de substitution.

L’objectif est d’atteindre un rapport plus équilibré entre le travail et le capital, le travail restant ce qu’il a toujours été : le moyen d’entrer en rapport avec la nature…

S’agissant des paysans, la réforme de la PAC vise l’alignement sur le marché mondial et, par le découplage des aides, cela revient à amener les paysans à vivre d’allocations (voir le texte de Michel Sorin, délégué national à l’agriculture, à ce sujet).

 

Le logement social.

Comment relancer les logements sociaux ? Par la construction publique, alors qu’aujourd’hui la construction privée dicte ses choix. Il faut aussi veiller à la mixité sociale. Le financement devrait être réalisé par la Caisse des Dépôts et consignations en recyclant l’argent du livret A de la Caisse d’Epargne.

Il y a un problème, à Paris et dans les zones urbaines, de crédits publics non consommés

Le plafonnement de l’augmentation des loyers est à remettre à l’ordre du jour afin d’éviter les excès.

Les collectivités locales : loi SRU et ressources stables.

La loi SRU, qui exige dans chaque ville un minimum de 20% de logements sociaux, doit être appliquée, en suspendant les subventions aux communes qui ne le feraient pas.

Celles qui n’auraient pas les moyens financiers peuvent faire jouer la solidarité au niveau de l’agglomération. La loi Chevènement en faveur de la coopération inter-communale est là pour cela.

Les collectivités locales devraient être assurées de ressources stables. Ce n’est plus le cas depuis que les dotations de l’Etat se sont substituées en partie aux impôts locaux (la part des ressources liées à l’impôt soumis à la décision des élus territoriaux est passée de 55% à 30%). Il faut laisser aux communes la fiscalité locale, tout en harmonisant les taux de taxe professionnelle. La liberté des collectivités locales passe par la fiscalité. C’est pourquoi la dérive vers les dotations doit cesser.

Coopération inter-communale : quel mode de scrutin ?

Les conseillers communautaires doivent être élus au suffrage universel direct, le même jour que les conseillers municipaux.

Le dispositif en vigueur à Paris, Lyon et Marseille, avec les arrondissements, pourrait être étendu aux communautés urbaines, communautés d’agglomération et de communes.

Sur chaque liste de candidats au conseil d’arrondissement de Paris, les dix premiers noms sont imprimés en caractères gras, signe qu’ils sont candidats également au conseil de Paris.

 

La citoyenneté et l’égalité : des droits et des devoirs.

Le citoyen dans une collectivité libre (qui se détermine par des lois) est une partie du souverain. L’Europe doit être respectueuse de la souveraineté des peuples et pratiquer la coopération entre les Etats.

La démocratie se situe au niveau des souverainetés nationales. La souveraineté équivaut à la liberté. Le 29 mai, lors du référendum, les lois européennes (directives) n’ont pas été acceptées par les citoyens car elles leur sont extérieures (ils n’en ont pas le contrôle, la maîtrise).

L‘Etat est responsable de l’intérêt général et de l’égalité entre les citoyens.

La décentralisation génère des inégalités. Même les élus n’en veulent plus, sous sa forme actuelle.

L’égalité devant l’emploi, c’est l’enjeu de l’avenir pour les jeunes générations.

Pourquoi pas des CV anonymes, ce qui oblige les employeurs à se poser des questions ?

Il y aura 800 000 fonctionnaires à recruter. Pourquoi pas des classes préparatoires à la fonction publique ?

Nous ne proposons pas la discrimination positive (assimilée à un passe-droit et sans respect de la dignité humaine) mais la promotion sociale volontariste.

Les jeunes ont du talent. Nombre d’exemples le prouvent. Pourquoi pas financer les études supérieures si engagement de servir l’Etat pendant dix ans (ce qui se faisait avec l’IPES) ?

Le respect par l’Etat de la promesse de l’égalité est le meilleur moyen de donner un « coup de jeune » aux services publics et à l’Etat lui-même.

 

L’immigration et la nation : ensemble, faire la France et porter les valeurs de la République.« Français de papier » ? Non, français à 100%. « Votre destin, c’est la France ! ».

Il faut rejeter « l’ethnicisation » de tout, mettre en avant l’égalité. Notre discours doit être pédagogique et optimiste. La France blanche et rurale, c’est le passé.

En 2015, nous serons la première nation d’Europe (la population allemande étant en forte régression). Proposons aux immigrés et à leurs enfants de faire la France avec nous, pas seulement pour faire des affaires, mais pour être des « passeurs » de développement économique entre la France et le Maghreb, par exemple.

La France a une longue histoire et elle ira plus loin. Il ne s’agit pas d’absoudre le crime colonial mais, comme l’Allemagne, la Grande-Bretagne, l’Espagne, le Portugal, l’histoire de France comporte des ombres et des lumières.

La France, c’est un grand projet en commun (Renan) qui porte les valeurs de la République.

 

La laïcité : une loi de liberté.

La laïcité, c’est la distinction entre la sphère publique et la sphère privée.

Il s’agit de rassembler, en mettant en avant ce qui ressemble, plutôt que ce qui distingue.

C’est une loi de liberté : liberté du culte, liberté de s’habiller comme on veut, mais aussi liberté de conscience dans l’espace public. Au 18ème siècle, il s’agissait de casser les prisons communautaires, de libérer l’Homme. Aujourd’hui, la liberté de conscience et de culte est le fondement de la loi de 1905 qu’il faut préserver.

la liberté de conscience et de culte est le fondement de la loi de 1905 qu’il faut préserver.

Refonder l’école.

La société est entrée dans l’école avec ses violences. Le respect du savoir a disparu. La responsabilité se dilue, l’autorité des maîtres est bafouée. C’est le résultat de vingt ans de « pédagogisme », c’est le naufrage de l’école publique en matière de transmission du savoir et de formation du citoyen.

Cohérence républicaine entre politique intérieure et internationale.

A la volonté du progrès social à l’intérieur, correspond la souveraineté et la liberté des peuples à l’extérieur (refus des empires).

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26 juillet 2006 3 26 /07 /juillet /2006 21:57

 La situation politique nationale :

 

 La situation politique nationale est marquée à droite par un violent débat entre les deux tendances de la droite dans la perspective des élections présidentielles.

 La crise des banlieues est interprétée par Sarkozy et la droite libérale, à la manière de la presse anglo-saxonne, comme le symptôme de l’usure du modèle républicain français. Il faut en changer (la rupture par des réformes libérales) pour aller vers une société à l’américaine utilisant en permanence la stratégie de l’affrontement.

 Chirac et de Villepin sont plus proches des thèses selon lesquelles l’abandon de la République depuis vingt ans (l’école, les inégalités raciales et sociales, les ghettos) et non l’intégration républicaine, a conduit au désastre de la crise des banlieues.

 L’économie, l’Europe, font l’objet d’une confrontation idéologique entre les deux camps pour des raisons électorales (il s’agit de récupérer l’électorat Le Pen par un discours populiste, voire ordurier, Sarkozy et de Villiers étant les plus prompts à utiliser les thèmes de Le Pen).

 La césure, plus feutrée, est aussi à gauche, principalement au PS entre ceux qui accompagnent le libéralisme et ceux qui veulent lui résister (selon des déclarations d’avant-congrès.

 Mais ce clivage est éclipsé par l’enjeu de l’élection présidentielle. En fait, les textes du congrès socialiste du Mans sont d’une grande ambiguïté et la synthèse offre un contenu fade et décevant. Rien n’est tranché sur des questions aussi importantes que l’économie et l’énergie ou encore l’Europe et la « constitution ».

 Le risque existe que la gauche soit disqualifiée au premier tour.

On peut souhaiter que le projet du PS, cette fois-ci, se distingue des illusions libérales, mais ce souhait n’est étayé sur rien jusqu’à présent.

 

Le projet du MRC :

 Notre projet veut introduire la cohérence qui manque à la gauche. C’est un projet antilibéral, surtout républicain. Les média ne s’y intéressent pas. Mais il faut aussi réfléchir sur ce que sont les média aujourd’hui, dont les principaux sont contrôlés par de grands groupes (Dassault, Lagardère, Bouygues) ou sous l’emprise d’une idéologie libérale-gauchiste (Libération-Le Monde), les uns et les autres soutenant Sarkozy et influençant directement les journalistes des radios.

 Le MRC s’accroche à ce qui fait sa force : cohérence et projet.

Les citoyens sont dans un grand désarroi. La gauche et la droite leur semblent très éloignées des réalités.

La gauche britannique soutient la guerre des USA en Irak, la gauche allemande s’aligne sur le programme du MEDEF.

Faut-il s’étonner de la volatilité des électeurs et être surpris que le clivage droite-gauche ne soit pas pris au sérieux ?

 Nous voulons un projet qui réponde aux attentes du peuple. Entre le libéralisme selon Strauss-Kahn et le gauchisme selon Besancenot, il y a place pour la République sociale.

 Nous appelons de nos vœux les états généraux de la gauche afin de débattre, sur le fond, de la réorientation de l’Europe pour relancer l’économie et l’emploi.

 Nous espérons que la gauche sera à la hauteur de ses responsabilités dans la lutte contre le chômage, notamment. Elle doit être capable de tirer les leçons du 21 avril 2002, du 29 mai 2005 et de la crise des banlieues.

 Les pauvres laissés à eux-mêmes, les chômeurs abandonnés par l’Europe, 40% de jeunes chômeurs dans les banlieues : où est la promesse d’égalité de la République ? S’intégrer… mais à quoi ? La fermeté implique une politique d’émancipation.

 

 Allons-nous vers une société de violences et d’exclusions comme aux USA (les émeutes de Los Angeles) ?

Il ne nous reste plus que 4 ou 5 ans pour choisir entre ce modèle et la République sociale.

 

 

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26 juillet 2006 3 26 /07 /juillet /2006 21:17

 Quelques éléments de stratégie face à l’oligarchie financière !

 Le « pouvoir financier », celui des firmes multinationales, mène le monde avec la complicité de dirigeants d’Etats et d’administrations désignées par les Etats.

 Depuis le début des années 1990, il y a entente cordiale entre :

 les grands groupes économiques et financiers multinationaux d’une part, qui tirent les ficelles dans l’ombre,

 les administrations d’Etats (les USA), d’union d’Etats (Union européenne, ALENA) et d’organismes mondiaux mis en place par les Etats (FMI, BM, OMC) d’autre part.

 Cette nouvelle aristocratie (cette oligarchie) baigne dans l’idéologie néo-libérale issue du « consensus de Washington », dont les dix commandements adressés aux Etats étaient, en 1990 :

 la réduction des dépenses publiques, de la fiscalité et des déficits budgétaires,

la privatisation des entreprises publiques et la déréglementation de l’économie,

la libéralisation du commerce et un taux de change favorisant les exportations,

 l’appui aux investissements directs étrangers, des taux d’intérêt en faveur de l’épargne,

 une application rigoureuse des droits de propriété.

 A partir de cette période, les marchés financiers (boursiers) ont pris le contrôle des entreprises (et, donc, des salariés qui y travaillent), par l’intermédiaire des actionnaires, qui sont mieux protégés que le personnel des entreprises.

 Evidemment, les nations les plus habiles pour mettre en application ces préceptes néo-libéraux sont celles qui ont le moins de législation sociale et fiscale. Ce n’est pas par hasard si ces recommandations sont datées des années 1989-1990 qui voient l’effondrement du système dirigiste soviétique et le triomphe du capitalisme.

 Par contre, les nations à forte tradition démocratique offrent plus de résistance. C’est le cas de l’Allemagne et de la France, où existe un lien fort entre l’économie, le social et le politique.

 L’économie sociale de marché en Allemagne, l’économie mixte (privée-publique) en France, le niveau de protection sociale, l’existence d’un secteur important d’économie sociale (coopératives, mutuelles, associations) constituent des obstacles à la diffusion des « réformes » (sous-entendu…néo-libérales) dans ces deux pays.

 La République française s’affirme comme étant la plus rétive pour des raisons de fond, qui sont en rapport direct avec le refus de ratifier le traité constitutionnel européen le 29 mai.

 Le malaise du peuple français est essentiellement lié au sentiment que les partis et dirigeants politiques ont été incapables de présenter un projet réellement alternatif qui puisse concilier croissance économique et cohésion sociale, dans le contexte de la mondialisation néo-libérale.

Depuis l’été, la pression gouvernementale s’est considérablement accentuée pour faire accepter les « réformes » et préparer les échéances 2007, dans le but d’effacer le NON du 29 mai.

 Le monde se portera mieux quand la France, l’Allemagne et une partie de l’Europe, avec l’appui de leurs citoyens, auront opté d’un commun accord pour la relance de l’économie réelle dans la zone euro et la recherche de la cohésion sociale et territoriale, avec le souci de préserver les ressources de la planète et la qualité de l’environnement.

 Au lieu de subir des pseudo-réformes imposées par le « pouvoir financier », ils auront décidé par eux-mêmes des vraies réformes à réaliser pour redresser leur économie, stimuler l’innovation et la recherche, tout en se protégeant des distorsions de concurrence, provenant de pays qui produisent dans des conditions sociales et environnementales d’un autre âge.  Ces pays, à l’initiative de la France en 2007, auront apporté la preuve qu’une autre politique est possible, mise en œuvre par des Etats républicains et démocratiques, pratiquant la coopération.    

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26 juillet 2006 3 26 /07 /juillet /2006 20:46

 Un projet alternatif au « modèle » néo-libéral 

 Pour un vrai redressement de la France et de l’Europe

 Le système néo-libéral (c’est sa force) n’a pas d’adversaire étatique capable de le combattre sur le terrain politique avec les moyens dont dispose la puissance publique et avec le soutien actif  des citoyens, organisés et informés, utilisant les moyens modernes de communication…

 Cet adversaire, en tant que puissance publique, n’existe pas encore. Mais il a été initié en novembre 1999, à Seattle (USA), quand des militants alter-mondialistes se sont opposés à l’ouverture de la conférence de lancement d’un nouveau cycle de négociations de l’OMC.

 Et il a pris de l’ampleur depuis la création, par les alter-mondialistes, du premier Forum Social Mondial à Porto Alegre (Brésil) en 2001, se situant clairement face à l’évolution du capitalisme et affirmant haut et fort le nouvel objectif à atteindre pour les citoyens du monde entier : 

 « Le désarmement du pouvoir financier doit devenir un chantier civique majeur ».

 Le mérite des alter-mondialistes est d’avoir ciblé les responsabilités de ceux qui détiennent le vrai pouvoir aujourd’hui : les dirigeants du capitalisme selon les principes de « la gouvernance mondiale » néo-libérale.

Qui sont-ils ? Il sont le fruit d’une alliance politico-économique entre les firmes multinationales et les organismes mondiaux mis en place par les Etats (Fonds Monétaire International, Banque Mondiale, Organisation Mondiale du Commerce) d’une part, l’Administration des USA et les Unions régionales d’Etats (Europe, Amérique, Asie…) d’autre part.

 La résistance citoyenne, qui s’est mise en place à l’initiative d’associations alter-mondialistes (ATTAC) est à la source du succès le 29 mai du NON défensif à la ratification du traité constitutionnel. Maintenant, il faut passer à l’offensive et définir les contours de l’autre politique à mettre en œuvre en France et en Europe… une véritable alternative au néo-libéralisme.

 C’est l’avenir du mouvement citoyen anti-libéral qui sera en jeu en France en 2007. 

 

  On a vu, le 29 mai 2005, que les milieux populaires se sont mobilisés pour voter NON.

En 2007, lors de l’élection présidentielle, ils se mobiliseront de la même façon s’il existe un candidat porteur de l’alternative au « pouvoir financier » et s’ils voient dans cette option un avenir réellement meilleur pour eux et pour le pays.

 Le mode de scrutin impose le rassemblement dès le premier tour autour de ce candidat, porteur d’un projet de société alternatif.

 La réussite suppose de réunir deux caractéristiques complémentaires qui, habituellement, s’opposent : radicalité (sociale) et réalisme (républicain).

 Il s’agit de concilier changement radical sur le fond du projet et crédibilité pour le mettre en œuvre avec intelligence et discernement, dans les conditions qui prévaudront en 2007 et après.

 Cela signifie clairement que le fond doit être en rupture avec le « modèle néo-libéral »  et que les mesures de redressement à prendre doivent être réalisables avec l’appui populaire dans le cadre d’une démocratie revitalisée et d’une Europe réorientée.

 Quels sont les axes forts  de ce projet alternatif ?

 Opter pour un mode de développement soutenable (réduction des inégalités, choix en matière d’énergie, de climat, d’environnement selon les besoins à long terme de la société…),

 Soutenir l’économie réelle (l’emploi, le travail) afin de l’aider face à la finance mondiale,

 Réorganiser les pouvoirs publics (France, Europe, territoires) et réorienter l’Europe.

 Un projet alternatif qui remet l’homme à sa place !

 Un mode de développement soutenable (économique, social et environnemental).

 Notre mode de développement économique et social est remis en cause par tous ceux qui  veulent l’alignement de la France sur les règles néo-libérales. En fait, il a besoin d’être consolidé car il est critiqué de toutes parts, y compris en raison de son inefficacité à réduire les inégalités. Sur ce point, selon le président national d’une association de solidarité, notre pays serait « en état de quasi-insurrection » face à l’injustice sociale.

 Il y a donc urgence à repenser de fond en comble notre mode de développement en le mettant au service du projet alternatif national.

 La question énergétique est la plus importante, car étant à l’origine de bouleversements possibles au niveau planétaire (raréfaction du pétrole) et de risques pour la santé (gaz à effet de serre, pollution des airs). Le problème des transports est parmi les plus difficiles dans la recherche de solutions alternatives.

 Le sauvetage du climat passe par l’extinction, à terme, de la production d’électricité à partir de charbon ou de gaz, au nom de la lutte contre l’effet de serre.

 Toutes les énergies présentant des inconvénients ou des risques, il convient d’investir dans la recherche et la diversité, en équilibrant entre les énergies renouvelables et le nucléaire.  Il est essentiel que cet investissement soit porté par une entreprise nationale.

 Afin de soutenir l’économie réelle en lien avec le territoire, redéfinir l’entreprise.

 Quand l’économie est dominée par la finance mondiale, les pouvoirs publics ont le devoir d’apporter leur appui aux activités et entreprises créatrices d’emplois et utiles à la collectivité.

 Il s’agit de soutenir l’économie réelle et rééquilibrer le rapport capital-travail.

 Il importe de redéfinir l’entreprise, en mettant l’emploi, l’utilité sociale et territoriale de l’entreprise à leur vraie place. Pour cela, il faut distinguer ses différentes fonctions :

 Le capital (dirigeants, statut juridique), Le travail (travailleurs, activités productives),  L’impact territorial (utilité sociale, importance pour le territoire).

 En fonction de l’intérêt pour la collectivité, celle-ci pourrait intervenir en faveur d’une filière économique, d’une profession ou d’une entreprise. Il y a différents niveaux d’intervention et différents niveaux de collectivité publique, selon le territoire concerné.

 Réorienter l’Europe, réorganiser les pouvoirs publics républicains.

 En Europe, après le 29 mai, rien n’est plus comme avant. Désormais, construction européenne rime avec assentiment populaire. Un changement de méthode s’impose.

La relance de l’économie dans la zone euro est l’urgence absolue.

 Un nouveau traité est nécessaire pour réformer les statuts de la Banque Centrale Européenne, attribuer de nouvelles compétences à l’Eurogroupe (avec chefs d’Etat et de gouvernement), permettre à un petit nombre de pays d’opter pour des coopérations renforcées.

 La République doit proposer un mode d’organisation cohérent des pouvoirs publics entre les différents niveaux (Europe, nation et territoires) en précisant le rôle de chacun d’eux dans un souci d’efficacité et de complémentarité.

 L’Europe se construisant dans le prolongement des nations, la République pourra s’affirmer dans ses dimensions, française et européenne, sans déroger aux principes de la souveraineté populaire et de la démocratie.   

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