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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 22:45

 

Europe néolibérale oligarchique contre Europe démocratique du progrès social

 

La Grèce, depuis l'accession de Syriza aux responsabilités gouvernementales, en janvier 2015, a déjà contribué à la renaissance de la démocratie. Car elle a révélé « le caractère autoritaire et dépolitisant »des institutions européennes.

Voir cet article de Gaël Brustier, paru sur le site Slate.fr le 2 août 2015 Comment la menace du Grexit pousse les gauches à se défaire de leurs automatismes

La crise grecque et la confrontation de la gauche radicale avec la réalité du processus d’intégration européenne l'obligent à un examen de conscience. Extrait.

La question démocratique est au cœur du débat en cours. Elle n’est pas entre les «pro» et les «anti»-européens (ces derniers brillant souvent par leur analyse faussée et erronée): elle est entre l’acceptation d’une évolution dépolitisante et autoritaire de l’UE et la réaffirmation de la souveraineté populaire et du principe démocratique. Il va donc falloir aux gauches l’énergie de se déprendre de quelques automatismes de la pensée relatifs à l’Europe et à sa«construction».

 

Voir aussi :

 

- Marianne, 3 août 2015, Jean-Pierre Chevènement : Jean-Pierre Chevènement : « la médecine administrée à la Grèce a échoué »

Dimanche 2 août, Jean-Pierre Chevènement était invité sur iTélé. Après avoir rappelé « l’hypocrisie » sur le dossier des migrants et que « la vraie solution » se trouve dans « le co-développement de l’Afrique », le président de la fondation Res Publica s’est attaqué aux maux de l’Europe et précisément à la mauvaise médecine administrée à la Grèce avant de conclure que « L’euro est une mauvaise monnaie, mal conçue » préconisant un passage « de la monnaie unique à une monnaie commune ».

(…) Interrogé sur le dossier grec, Jean-Pierre Chevènement, là-aussi, n’a pas fait dans la demi-mesure. « De toute évidence, ces 177 % (dette grecque par rapport au PIB), c’est le résultat d’une chute de son PIB de 25 % depuis qu’on a appliqué ces remèdes depuis 2010, et de pointer du doigt les choix des dirigeants européens dans leur gestion de la crise, je vous rappelle que les états se sont substitués aux banques, françaises ou allemandes, qui s’étaient engagées en Grèce. On leur a permis de se dégager et ce sont les contribuables qui ont pris le relais. Mais la médecine administrée à la Grèce a échoué. Donc ils ne pourront pas rembourser. Il faudrait se mettre autour d’une table et définir un sentier de croissance possible. » Mais, l'ancien Ministre de l'Intérieur ne s’arrête pas en si bon chemin et fait part de ses doutes sur la "résolution" du cas grec : « Je crains cependant que l’arbre grec nous cache la forêt de l’Euro. L’Euro est une mauvaise monnaie, mal conçue qui juxtapose des pays très différents. Les riches s’enrichissent et les pauvres s’appauvrissent. Il faudrait revoir les règles monétaires européennes. Il faut passer de la monnaie unique à une monnaie commune, c’est à dire une devise que nous aurions en commun qui servirait aux échanges internationaux mais réintroduire des éléments de flexibilité à l’intérieur de l’Europe. »

 

- Marianne, 3 août 2015, Pierre Khalfa : Après la Grèce, l’affrontement inévitable

Pierre Khalfa, coprésident de la Fondation Copernic, tire les leçons de l'épisode grec. Pour lui, il est clair qu'il "n’y aura pas d’alternative aux politiques néolibérales sans l’ouverture d’une crise politique en Europe". "Prendre des mesures unilatérales, même si elles sont contraires aux traités et aux directives européennes, est la condition pour appliquer un programme de rupture", écrit-il ainsi. Quant à la sortie de l'euro, si elle "ne peut être un projet en soi", "la refuser d’emblée, c’est, comme l’a montré l’exemple de la Grèce, se paralyser soi-même."

(…) C’est dans ce cadre que se pose la question de la sortie de l’euro. Sortir de l’euro a d’abord un coût économique important et, de l’aveu même de ses partisans, ses possibles bénéfices prendraient un certain temps. La sortie a aussi un coût politique. Au-delà même du fait que, dans beaucoup de pays européens, la population reste attachée à l’appartenance à la zone euro, la sortie marquerait un échec de la tentative de refondation de l’Europe sur des bases progressistes. Elle risquerait d’isoler le pays qui la pratiquerait et pourrait aggraver la concurrence entre les pays si elle s’accompagne d’une politique répétée de dévaluations compétitives. Elle ne résout pas par miracle la question des rapports de forces dans l’affrontement avec les politiques néolibérales. C’est pourquoi elle ne peut être un projet en soi. Elle ne peut cependant être a priori exclue. Si un pays décide d’entamer un bras de fer avec les institutions européennes, son résultat pourrait aboutir à cette solution. La refuser d’emblée, c’est, comme l’a montré l’exemple de la Grèce, se paralyser soi-même. La sortie de l’euro ne peut être un projet politique, mais elle peut être le résultat circonstanciel d’une bataille politique. Il faut rompre avec l’austérité et le néolibéralisme, dans la zone euro si possible, en dehors si nécessaire.

- La Tribune, 3 août 2015, Michel Santi :  : Grèce : la mort par la dette !

 

Rappel (29 juillet 2015) : Bernard Cassen tire les enseignements des tribulations de la Grèce

 

 

Cet article est le 142ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe

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1 août 2015 6 01 /08 /août /2015 22:56

 

Jaurès, l'inspirateur de la République sociale et laïque, nous enseigne l'audace

 

Le successeur de Jean Jaurès à la direction de l'Humanité, Patrick Le Hyaric, a prononcé un discours le 31 juillet 2015 devant la plaque commémorant l'assassinat de Jean Jaurès au Café du croissant, à Paris, le 31 juillet 1914.

Lire ce discours sur le site de Patrick Le Hyaric, député au Parlement européen, directeur de l'Humanité : Hommage à Jean Jaurès

Extrait.

Jaurès, l’inspirateur de la république sociale et laïque, se lit. Jaurès se médite. Jaurès s’enseigne.

La statue ne demande qu’à être dépoussiérée pour que sa pensée soit commentée et discutée, pour que son œuvre, passée au tamis de l’histoire, puisse continuer à inspirer notre avenir commun.

Jaurès nous enseigne l’audace quand il épouse la cause socialiste après avoir découvert le sort réservé aux mineurs de Carmaux par l’aristocratie locale qui leur déniait tout droit politique, ou quand il se détache de sa condition de naissance pour porter la revendication de droits universels pour tous les travailleurs, quels qu’ils soient, où qu’ils vivent et quoi qu’ils croient.

C’est d’un geste intellectuel unique qu’il s’engage dans la lutte sociale, auprès des travailleurs, des ouvriers, des mineurs, dans sa circonscription, n’hésitant pas à gravir l’estrade sur les lieux de travail comme à l’Assemblée nationale où ses prises de parole et ses joutes oratoires contre ses nombreux et résolus adversaires, résonnent encore.

Il nous enseigne la grandeur du combat politique quand il décide de s’engager, en 1902, dans la création du Parti Socialiste Français qui deviendra, trois ans plus tard, la Section Française de l’Internationale Socialiste grâce aux efforts considérables qu’il déploie pour fédérer et unir les différentes chapelles du mouvement ouvrier.

Il nous enseigne le courage quand il prend fait et cause pour le capitaine Dreyfus victime d’une cabale fomentée par l’aristocratie d’Etat et militaire, parce que juif.

« Quelque soit l’être de chair et de sang qui vient à la vie, s’il a figure d’homme, il porte en lui le droit humain» lance-t-il à ceux qui pensent pouvoir trier les hommes et les femmes selon leurs origines, leurs croyances ou leur couleur de peau et qui pensent pouvoir s’exonérer du combat contre le racisme, où qu’il s’exprime.

Il nous enseigne la sagesse quand il fut l’un des plus ardents promoteurs du concept de laïcité, prenant garde, à rebours d’une abjecte mode contemporaine, de n’en jamais faire l’arme contre une religion, mais bien ce puissant principe qui garantit la neutralité de l’Etat vis à vis des cultes, quels qu’ils soient, laissant par la même occasion la liberté la plus totale à chacun de pratiquer sa religion tant que celle-ci ne s’impose pas à la société. « Nous voudrions, écrit-il en 1904, que la séparation des Eglises et de l’Etat n’apparaisse pas comme la victoire d’un groupe sur d’autres groupes mais comme l’œuvre commune de tous les républicains.»

Il nous enseigne la fraternité quand il appelle, depuis l’Amérique latine, terre d’immigration, à une sécurité professionnelle des travailleurs du monde entier, afin d’éviter les divisions et les rancœurs entre ceux qui n’ont que leur travail ou leur retraite pour vivre et afin que « chaque peuple [apprenne] à voir dans l’étranger un travailleur, un frère ».

Intellectuel hors norme, agrégé de philosophie, historien décisif de la Révolution française, journaliste de combat, Jaurès mêle en sa personne les qualités du cœur et celles de l’esprit.

Sa pensée reste un fil conducteur, alimentée par un siècle d’essor des idées progressistes, pour comprendre le monde. Elle est une pensée en mouvement continu qui nous interpelle aujourd’hui encore.

N’est-ce pas le cas, quand la folle mécanique de guerre que certains cherchent à imposer à la porte du vieux continent, en Ukraine, pour mieux asseoir une domination totale et des visées impérialistes, s’enlise en rouvrant les plaies du siècle passé et en ravivant les démons nationalistes.

La pensée de Jaurès nous interpelle quand d’obscurs intérêts géopolitiques et économiques laissent croître la bête immonde du fanatisme religieux dans un Moyen-Orient dépecé et déstabilisé, vidé de ses forces vives progressistes par trente années d’ingérence nord-américaine et de dictatures choyées.

La pensée de Jaurès nous interpelle encore quand la guerre économique, qu’il considérait comme le présage de la guerre militaire, redouble d’intensité à l’échelle de la planète ; quand se multiplient ces traités de libres échanges transatlantique, transpacifique, ou celui qui se négocie dans le plus grand secret contre les services publics, et qui n’ont pour objectif que d’accroître l’emprise du profit sur les activités humaines, sur la production et le travail  et, comble du cynisme, vise a mettre en place un droit des affaires au détriment des droits humains et environnementaux.

Jaurès, c’est la clairvoyance pour que la politique, la coopération et la diplomatie prennent en permanence le pas sur la guerre économique et militaire. Il conservait sans cesse à l’esprit l’objectif de résoudre les conflits par le dialogue et par l’unité populaire, pour dégager les principes d’un intérêt général.

 

Rappel (blog du MRC 53, 11 novembre 2013) : Jean Jaurès, dernier discours avant le désastre de la guerre de 1914

 

Cet article est le 38ème paru sur ce blog dans la catégorie Personnalités et célébrations

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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 22:23

 

Avis à la gauche radicale : l'euro va devenir le fossoyeur de l'idée européenne

 

La gauche radicale est en pleine effervescence depuis le traitement qui a été infligé à la Grèce par les autorités de la zone euro, sous la pression de l'Allemagne et de pays du nord de l'Europe. Le débat fait rage au sein du Front de gauche… sur le site de Marianne :

- 26 juillet 2015, Jacques Sapir : Grèce, Europe, euro : l'illusionniste Pierre Laurent

- 27 juillet 2015 : Alexis Corbière : "Au PG, notre “plan B” envisage la sortie de l'euro"

 

Auparavant, dans un article publié le 17 juillet par Mémoire des luttes, Bernard Cassen avait analysé l'accord accepté sous la contrainte par la Grèce et, en conclusion, demandait à la gauche radicale d'abjurer son « euro-angélisme primaire ».

Voici (Lettre d'information de Mémoire des luttes, n° 47, juillet-août 2015) ce texte de Bernard Cassen

IL FALLAIT PRENDRE SCHÄUBLE AU MOT !

On voit mal un sprinter dont une jambe a été plâtrée affronter des concurrents parfaitement valides dans un meeting d’athlétisme. Aucun spectateur ne parierait un euro sur sa victoire. Face à la coalition des institutions européennes et du FMI, c’est malheureusement dans cette situation handicapante que s’est trouvé Alexis Tsipras. Son boulet se nomme euro.

Fidèle à ses promesses électorales et au sentiment majoritaire de ses concitoyens, le premier ministre avait cru pouvoir obtenir de ses créanciers à la fois un allègement des mesures d’austérité qui ont dévasté la Grèce ET le maintien de cette dernière dans la zone euro.

A sa décharge, il faut dire qu’il se situait dans une sorte de consensus de la quasi totalité de la gauche radicale européenne pour laquelle le principe des bienfaits d’une monnaie unique européenne ne souffrait pas de contestation, ne serait-ce que pour éviter tout compagnonnage coupable avec l’extrême-droite.

Il suffisait pourtant d’un minimum de raisonnement logique pour comprendre que, par définition, une politique monétaire ne peut être la même pour des économies profondément différentes, voire divergentes, comme par exemple celles des Pays-Bas et de Chypre ou de la Grèce. Une solution tout aussi « européenne » aurait été une monnaie commune, seule convertible, permettant de conserver des monnaies nationales aux parités révisables par concertation entre les gouvernements en fonction des situations.

Contre le plus élémentaire bon sens, l’euro aura été fétichisé. Il aura fallu la crise des dettes souveraines, et particulièrement le cataclysme grec, pour qu’une partie – encore très minoritaire – de la gauche radicale européenne commence à opérer une révision déchirante et se rende enfin compte que l’euro n’est pas simplement une monnaie, mais aussi une arme politique au service des intérêts de l’Allemagne et accessoirement de ses satellites européens. La survie de l’euro, les mesures d’austérité et les pouvoirs de police de la troïka (rebaptisée les « institutions ») imposés aux pays de la périphérie de l’UE sont structurellement liés.

Forts de leur position dominante dans ce cadre contraignant, Angela Merkel et son ministre des finances, Wolfgang Schäuble, jouaient sur du velours dans leurs relations avec le gouvernement grec : en ignorant, consciemment ou non, la fonction réelle de la monnaie unique, Alexis Tsipras se jetait lui-même dans la gueule du loup en faisant des pieds et des mains pour rester dans la zone euro, c’est-à-dire dans un carcan interdisant toute politique économique alternative au néolibéralisme, et doté à cette fin d’un puissant arsenal répressif. Comme il s’était interdit, et pour cause, le seul plan B susceptible de renforcer sa main dans une négociation – la menace de sortie de l’euro –, il était condamné à capituler devant les créanciers, avec François Hollande dans le rôle de l’aide-soignant distribuant des comprimés anti-douleur pour faire supporter par les Grecs les opérations de vivisection des chirurgiens allemands (et finlandais).

Si, malgré son succès au référendum du 5 juillet, Tsipras n’avait pas de plan B, le tandem Merkel/Schäuble, lui, en avait deux au cas où, pour rester membre du club, Athènes ne se pliait pas à leurs exigences les plus humiliantes : d’une part, l’expulsion de la Grèce de la zone euro (leGrexit) ; d’autre part – une idée de Wolfgang Schäuble – sa sortie temporaire de cette zone (la « clause bye bye »), le temps de restructurer sa dette et de retrouver de la compétitivité avec une drachme dévaluée. Après quelques années, un retour dans la zone euro était envisageable.

Ce qui est frappant dans cette affaire, c’est que ses acteurs ont négocié dans le noir le plus total quant aux implications juridiques, financières et géopolitiques des différents scénarios. Une sortie définitive ou temporaire, forcée ou volontaire de l’eurozone est-elle compatible avec les traités européens ? Quel serait le coût du Grexit pour les créanciers et pour la Grèce ? Des chiffres invérifiables ont circulé. La vérité est que personne n’en sait rien.

Les simulations uniquement comptables à court terme – du type ratio dette/PIB – font l’impasse sur l’histoire, la culture et la géographie, toutes dimensions qu’ignorent (et sans doute méprisent) les « hommes en noir » du FMI, de la BCE et de l’Eurogroupe. Vu la situation géographique de la Grèce (qui en fait une porte d’entrée des immigrants du Proche-Orient), son antagonisme séculaire avec la Turquie (également membre de l’Otan), sa solidarité culturelle avec le monde orthodoxe, il n’est pas sérieux de ne pas prendre en compte les conséquences d’une possible déstabilisation du pays. Et cela ne se fait pas avec une calculette…

En fait, l’ « accord » de Bruxelles est essentiellement politique et idéologique. Il s’est agi de tuer dans l’œuf toute velléité de ruptures nationales avec le formatage néolibéral. Les électeurs, en particulier ceux d’Espagne, sont prévenus : leur éventuel vote pour Podemos n’aura strictement aucune incidence sur les politiques à mettre en œuvre. C’est à Bruxelles, à Francfort et à Washington (siège du FMI) que les choses se décident. Et pas plus à Madrid demain qu’à Athènes aujourd’hui.

Si l’on sous-estime cette priorité donnée à la domestication de peuples européens récalcitrants, on ne s’explique pas le caractère paradoxal, et à la limite irrationnel, des propositions en présence. Car la partie s’est jouée à fronts renversés, chacun des deux camps – un gouvernement contre 18 autres – défendant des positions qui auraient logiquement dû être celles de l’autre.

Du point de vue allemand, la décision d’Alexis Tsipras de faire passer le maintien de la Grèce dans la zone euro avant toute sortie de l’austérité aurait dû être accueillie avec empressement. Or Wolfgang Schäuble a multiplié rageusement les menaces de Grexit en ignorant complètement quelles pourraient en être les conséquences. Il a calmé ses nerfs en durcissant les conditions, pourtant déjà draconiennes, imposées à la Grèce. Son projet de « clause bye bye » était quelque peu improvisé et n’avait guère de chances d’être accepté par Alexis Tsipras qui y verrait une version allégée de sa bête noire, le Grexit.

Si l’on se place du côté des intérêts grecs, on voit rétrospectivement qu’ils auraient été mieux servis si le premier ministre avait fait siens les deux plans B allemands, et surtout le plan Schäuble de « congé sabbatique » de la zone euro. Il aurait fallu prendre le ministre des finances allemand au mot, et tabler sur sa phobie anti-grecque et son désir de réserver l’euro aux Etats « sérieux » pour négocier des conditions d’accompagnement favorables de la sortie – théoriquement provisoire – du dispositif de la monnaie unique.

Rien ne peut être pire que le plan décidé à Bruxelles et dont Tsipras a lui-même admis qu’il n’y croyait pas, tout en demandant à son Parlement de l’adopter... Le prix à payer est en effet énorme : la Grèce devient une sorte de territoire occupé, comme l’avaient été l’Allemagne et le Japon au lendemain de la deuxième guerre mondiale. La première différence entre les deux situations est que les forces d’occupation ne sont pas composées de militaires dirigés par un général américain, mais de civils des « institutions » sous le commandement suprême, mais à distance, de la chancellerie allemande.

L’autre différence, et elle est aussi de taille, est que, après une courte période « punitive » contre les plus notoires des criminels de guerre des pays de l’Axe, les puissances occupantes, qui avaient tiré les enseignements du traité de Versailles, s’inscrivaient dans la perspective de transformer les Etats vaincus en autant de marchés potentiels, en alliés idéologiques et en partenaires stratégiques contre l’Union soviétique et la Chine.

Rien de tel dans la démarche actuelle des « institutions » : pas question de composer avec les ennemis qu’elles ont mis sur leur liste noire, des ennemis non pas de l’extérieur, mais de l’intérieur, à savoir les peuples européens qui, par le suffrage universel, auraient l’outrecuidance de vouloir s’émanciper du régime de tutelle où les enferme l’appartenance à la zone euro.

Nul ne peut nier que l’Allemagne a remporté une victoire à Bruxelles, mais elle n’est que provisoire car, comme les précédents, le plan d’ « aide » adopté va dramatiquement aggraver les maux qu’il prétend combattre. Et la médiatisation européenne et même mondiale de cette expérience de laboratoire devrait permettre d’en dénoncer, à grande échelle et chiffres à l’appui, le caractère à la fois absurde et inhumain.

Il reste à la gauche radicale d’être à la hauteur des combats qui s’annoncent en abjurant son euro-angélisme primaire. Faute de quoi, c’est l’extrême-droite qui, par son discours sans ambiguïté, raflera la mise électorale et politique. Présenté comme l’emblème de l’idée d’Europe, l’euro risque au contraire d’en devenir le fossoyeur.

Voir aussi (Christophe Ventura, 14 juillet 2015) : Après « l'accord » insoutenable de l'Eurogroupe : un protectorat en Europe et une nouvelle ère sous domination de l'Allemagne

Cet article est le 141ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe

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26 juillet 2015 7 26 /07 /juillet /2015 11:15

 

La motion 3 veut la synthèse générale et un changement de pratique du MRC

 

Le congrès 2015 du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) a eu lieu à Paris les 13 et 14 juin 2015. De nombreux articles ont été publiés sur le blog du MRC 53 concernant ce congrès. Voir, notamment (rubrique MRC national) :

- 16 mai 2015 : Congrès MRC 2015 : le 1er congrès non piloté par JP Chevènement

- 21 mai 2015 : Congrès MRC 2015 : les adhérents votent pour l'une des trois motions

- 24 mai 2015 : Congrès MRC 2015 : résumé des motions pour le vote des adhérents

- 24 juillet 2015 : Le congrès 2015 du MRC, le premier sans Jean-Pierre Chevènement

- 25 juillet 2015 : Congrès MRC 2015 : présentation de la motion 3 (Hugo Prod'homme)

Voici le texte de l'intervention de Michel Sorin, lors du débat l'après-midi du 13 juin, au nom de la motion Le Courage d'Avancer (motion 3), dont il était l'un principaux signataires, avec Hugo Prod'homme et Jean-Pierre Lettron.

Bonjour à tous !

La motion 3 est le produit de deux initiatives. Nous avions deux projets de motion qui ont été fusionnés, à l'initiative de Jacques Declosmenil, militant de la Manche, qui nous a transmis un projet que nous avons adopté, avec quelques retouches.

C'est cela, la motion 3 : la rencontre volontaire de deux équipes militantes. Et le résultat est excellent. Nous avons une combinaison de jeunes avec des militants qui ont plus d'expérience politique. Nous communiquons et décidons collectivement, avec le souci de l'efficacité.

Maintenant, nous avons atteint nos premiers objectifs mais il reste l'essentiel : une synthèse dynamique et opérationnelle qui fasse du MRC un mouvement républicain et citoyen, le parti de l'alternative républicaine qui fonde son action sur l'intervention des citoyens et la coopération entre organisations politiques, syndicales et associatives, comités de citoyens, etc.

Et tout cela avec l'objectif de redresser le pays. Nous ne pourrons le faire que tous ensemble, avec ce que nous pouvons apporter, les uns et les autres, qui est complémentaire.

Tous ensemble, cela signifie les trois motions en présence. Mais il est vrai que cela n'a rien d'évident.

Nous avons deux exigences :

- Vis-à-vis de la motion 1, nous voulons un changement dans le mode d'organisation et de décision. Nous l'avions demandé dès le congrès 2010, sans être entendus. La situation est différente aujourd'hui, nous n'avons plus le choix. Il faut aller de l'avant. Ayons le courage d'avancer en décidant de nous organiser autrement, plus collectivement et plus efficacement.

- Vis-à-vis de la motion 2, nous lui demandons de ne pas faire l'erreur qui serait de ne pas vouloir la synthèse. Ce congrès restera historique, Jean-Pierre Chevènement ayant décidé de s'éloigner du MRC, comme il l'a écrit dans son message au congrès lu ce matin par Claude Nicolet. Par conséquent, le MRC a une raison supplémentaire d'affirmer son existence en démontrant son utilité politique.

Sachons valoriser au mieux ce qui a été réalisé autour de Jean-Pierre Chevènement depuis 50 ans. En 1971, le CERES a contribué à changer en profondeur la nature et l'action de la gauche. Aujourd'hui, le MRC a le potentiel pour faire de même. Encore faut-il en prendre les moyens.

Dans les deux ans qui viennent, nous devons préparer activement le rassemblement politique de la gauche afin de rendre effective l'alternative républicaine et citoyenne que notre pays attend et dont il a besoin. L'alternative s'entend face à la politique libérale en vigueur depuis 1983. L'alternative républicaine ne se limite pas à un changement de majorité droite-gauche comme cela s'est produit dans le passé, pour faire la même politique, dont le pays ne veut pas.

Le MRC est en situation pour inventer avec les citoyens le projet social républicain adapté à notre temps. Un projet ambitieux et rassembleur ouvrant des perspectives d'avenir pour la France.

Concrètement, il nous faut procéder tout à fait différemment de notre pratique habituelle. C'est en confrontant le logiciel Chevènement aux citoyens que nous ferons des propositions concrètes concernant nos conceptions de la République (République sociale), de la démocratie (démocratie républicaine et citoyenne) et de la gauche (gauche républicaine). Concilier République et gauche, comme le voulait Jaurès.

Bref, nous devons remettre à plat la politique et la faire vivre au niveau des citoyens. Cela ne se fera que si nous sommes acteurs au sein de la direction qui sera élue demain, sur proposition du président. Notre décision de faire ou non la synthèse sera fonction de ce qui nous sera proposé. Jean-Luc, tu dois nous considérer comme des associés. C'est à toi de décider.

Merci de votre attention.

Cet article est le 172ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 21:32

 

Aller vers les citoyens et leur dire : l'alternative est républicaine et sociale

 

Le congrès 2015 du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) a eu lieu à Paris les 13 et 14 juin 2015. De nombreux articles ont été publiés sur le blog du MRC 53 concernant ce congrès. Voir, notamment (rubrique MRC national) :

- 16 mai 2015 : Congrès MRC 2015 : le 1er congrès non piloté par JP Chevènement

- 21 mai 2015 : Congrès MRC 2015 : les adhérents votent pour l'une des trois motions

- 24 mai 2015 : Congrès MRC 2015 : résumé des motions pour le vote des adhérents

- 24 juillet 2015 : Le congrès 2015 du MRC, le premier sans Jean-Pierre Chevènement

Voici le texte de l'intervention de Hugo Prod'homme, en début de congrès, présentant la motion Le Courage d'Avancer (motion 3).

Pourquoi cette motion ? Parce que nous avons besoin de débattre, de discuter. D'analyser la situation de la France. Car au-delà de la crise économique et sociale, il y a aujourd'hui en France une crise politique. Les français ont vu, depuis 30 ans, un chômage de masse s'installer en France.

Un chômage qui jette les classes populaires dans une pauvreté croissante, qui leur donne un sentiment d'insécurité économique et sociale intolérable. Et, dans cette période, les français ont vu se succéder des gouvernements de droite, de gauche, qui nous ont promis: de lutter contre la fraude sociale, de redonner sa valeur au travail, d'un changement maintenant.

 

Mais quel bilan ? Moi qui vous parle, j'ai vécu toute ma vie avec un chômage de masse autour de moi. Les français le voient, ce bilan. Ils le vivent. Et c'est pour cela qu'aujourd'hui, ils n'ont plus aucune confiance dans nos élites. Et même, c'est toute la communauté politique qui est rejetée avec force par les français. Du gouvernement aux élus locaux, en passant par tous les partis politiques, les syndicats et évidemment les médias, tous subissent l'opprobre du peuple. Nous n'en sommes pas exempts. Quand, dans la rue, on essaie de parler avec des citoyens, en distribuant un tract, on voit bien que la plupart s'esquivent, par méfiance, par défiance.

 

Aujourd'hui, nous le savons, nos gouvernants sont bien contents de se défausser sur l'Europe pour faire appliquer une politique, qu'au fond, ils approuvent. Mais, dans le même temps, par leur action, par leur ratification des traités - Lisbonne, le TSCG - ils empêchent, par avance, leurs successeurs de porter une politique alternative. There Is No Alternative - Il n'y a pas d'alternative. La phrase de Thatcher a été le pilier de la construction européenne !

 

C'est à cause de cette rupture, de cette crise politique qu'aujourd'hui, nous en sommes convaincus au sein de la motion Le Courage d'Avancer, l'alternative républicaine, que les français appellent de leurs voeux, ne pourra venir que d'un mouvement citoyen, du bas vers le haut. C'est le peuple, et seul le peuple, qui pourra retrouver sa souveraineté en France. Souveraineté du peuple face au capital, souveraineté de notre Nation face à l'Union Européenne.

 

C'est donc vers le peuple que nous, Républicain, devons-nous tourner. Nous avons toujours cru à l'intérêt général. Et l'intérêt de la France, aujourd'hui, ce n'est pas de soutenir la casse de notre industrie, ce n'est pas soutenir l'anéantissement de l'Ecole de la République, ce n'est pas soutenir la destruction des droits sociaux ! L'intérêt général aujourd'hui, ce n'est pas soutenir le libéralisme le plus borné et idéologique, l'intérêt général aujourd'hui, ce n'est pas de soutenir le quinquennat de François Hollande !

 

Oui, je le dis, nous le disons avec force, le quinquennat Hollande n'a rien à envier avec le quinquennat Sarkozy. En 2008, au Traité de Lisbonne, ils se sont assis, tous les deux, sur le vote des français. En 2012, François Hollande, alors qu'il avait un mandat clair des français pour renégocier le traité TSCG, l'a approuvé, sans modifications réelles. Nous ne devons pas oublier. Les français ne l'oublieront pas, et Marine le Pen se fera une joie de le leur rappeler.

 

Aujourd'hui, c'est aux côtés du peuple que nous devons nous trouver. Les alliances d'appareil ont vécu, et n'inspirent que la défiance. Il faut ouvrir portes et fenêtres ! Pourquoi notre congrès n'a été annoncé publiquement que depuis deux jours ? Pourquoi les motions n'ont pas été rendu publiques ? Avons-nous honte de nos idées ? Avons-nous honte de débattre ? Débattre n'est pas combattre. C'est même l'inverse.

Le MRC a été trop longtemps absent du débat public. Bien sûr, nous sommes peu écoutés par les médias. Mais peut-on leur en vouloir, quand nous n'avons jamais, de toute l'existence du MRC, participé à des élections nationales ? La dernière fois, c'était en 2002, et ce n'était pas le MRC.

En 2012, nous nous sommes retrouvés, en Congrès, et notre président élu nous a promis des listes citoyennes aux européennes. Un an après, lors de la Convention Nationale sur l'Europe, nous les avons réclamées, unanimement ! Le bilan est clair, nous avons encore une fois esquivé cette échéance.

 

Alors aujourd'hui, comme en 2010, la motion de la direction nationale nous propose une candidature à l'élection présidentielle 2017. Nous leur répondons: CHICHE !

Car si nous avons apparemment les ressources financières, y a-t-il aujourd'hui la volonté politique qui nous a manqué en 2004, en 2007, en 2009, en 2012 et en 2014 ? J'en doute. Mais je l'espère, et aujourd'hui, nous sommes là pour porter cette volonté. Nous voulons avancer, avec notre Parti, et nous voulons lui donner ce courage. Car une élection présidentielle ne s'improvise pas. Nous en avons l’amère expérience. C'est aujourd'hui que nous devons récolter les 500 parrainages. C'est aujourd'hui que nous devons créer une dynamique citoyenne, à travers des comités citoyens. C'est aujourd'hui que nous devons aller vers le peuple, avec ce message : l'alternative est possible: elle est républicaine, elle est sociale, et elle viendra du peuple ! Merci, mes chers camarades.

Cet article est le 171ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

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24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 22:30

 

Le président réélu ne cache pas un désaccord sur la stratégie et les alliances

 

Le congrès 2015 du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) a eu lieu à Paris les 13 et 14 juin 2015. De nombreux articles avaient été publiés avant le congrès. Voir, notamment :

- 16 mai 2015 : Congrès MRC 2015 : le 1er congrès non piloté par JP Chevènement

- 21 mai 2015 : Congrès MRC 2015 : les adhérents votent pour l'une des trois motions

- 24 mai 2015 : Congrès MRC 2015 : résumé des motions pour le vote des adhérents

 

Ce congrès a été marqué par la décision de Jean-Pierre Chevènement de quitter le MRC, dont il avait été le président de 2008 à 2010, puis le président d'honneur ensuite.

Voir (20 juillet 2015) : La République moderne de Chevènement pour sortir la France de l'ornière

 

C'était le premier congrès, depuis le congrès fondateur en 2003, que plusieurs motions d'orientation étaient présentées au vote des adhérents. Une motion de synthèse a été votée par les motions 1 et 3. Voir Congrès de Paris : Motion de synthèse et résultats des votes

 

Voici le début du discours de clôture de Jean-Luc Laurent, réélu président du MRC.

Voir La République a de l'avenir !

Je disais hier combien je considérais ce congrès important, combien il constituait une étape dans notre histoire et dans celle de la gauche républicaine. L’annonce de Jean-Pierre Chevènement, par son message hier, m’aura donné raison sur ce point plus que je n’imaginais. 

La décision de Jean-Pierre Chevènement de quitter le Mouvement Républicain et Citoyen, dont il était président d’honneur, afin de « reprendre sa liberté », ne réjouit personne. Je déplore cette décision au regard de tout ce que nous avons fait à ses côtés : je considère que Jean-Pierre a toujours été un homme libre, que le MRC n’a jamais entravé cette liberté. Bien au contraire le MRC a été le moyen pour Jean-Pierre Chevènement comme pour nous tous, d’être libres. Jean-Pierre nous a élevé, par sa hauteur de vue et sa stature d’homme d’Etat. Il est celui pour qui je me suis engagé en politique il y a maintenant 40 ans et je suis sûr qu’il en est ainsi pour beaucoup d’entre vous. 

Je tiens donc à le remercier pour son combat, pour ce qu’il nous a apporté mais également pour ce qu’il a apporté et continuera d’apporter à la gauche et à la France. Les fils tissés tout au long de ces années de militantisme ne vont pas se couper. Car j’ai une trop haute idée de la pertinence de nos analyses, et pour qu’elles soient incarnées et portées par de nouvelles générations. 

Le MRC est un parti politique et comme tout parti politique, il a le devoir d’être toujours en marche, tourné vers l’avenir : 2017 bien sûr, mais au-delà car il faut voir loin. Un parti politique a le devoir de rester toujours fidèle aux idées qui l’ont fondé et, je vous l’assure, nous le serons. Car avec Jean-Pierre Chevènement, nous sommes d’accord sur l’essentiel et cela a toujours été. Cela n’a pas de raison de cesser, quand bien même les chemins semblent se séparer. Nous nous ne renonçons pas au chev
ènementisme, magnifique doctrine politique qui a tant à offrir au pays. 

Seulement, oui, nous sommes en désaccord sur la stratégie. En désaccord sur la préparation de l’élection de 2017, à laquelle je considère que nous ne pouvons pas renoncer. En désaccord sur les alliances et le dialogue privilégié avec les « Républicains de l’autre rive » qui, à notre sens, est une voie sans issue. Et quand il y a désaccord, il faut débattre puis décider. Lorsque les désaccords subsistent encore et ne sont pas dépassés, il n’y a pas de drame à les constater et à le dire. Et qui sait ce que la vie nous réserve ? Car la meilleure attitude à avoir avec un ami, c’est de savoir lui dire non quand une erreur ou une bêtise risque d’intervenir. 

Nous devons donc continuer, chers camarades, notre chemin et le rassemblement intervenu avec notre motion d’orientation issue de la commission des résolutions nous offre une base solide pour préparer la suite. Avec cette direction que vous venez d’élire, j’ai confiance dans notre capacité à affronter l’avenir car nous sommes lucides sur nos erreurs d’hier, toujours fidèles à nos valeurs et à notre projet, et plus déterminés que jamais à agir demain
(...)

 

Cet article est le 170ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

Jean-Luc Laurent, le 12 avril 2015, pendant le Conseil national du MRC qui précédait le congrès

Jean-Luc Laurent, le 12 avril 2015, pendant le Conseil national du MRC qui précédait le congrès

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23 juillet 2015 4 23 /07 /juillet /2015 22:18

 

Le Parlement examine un texte concernant les règles applicables aux étrangers

 

Dans le cadre du débat parlementaire, Jean-Luc Laurent, député du Val-de-Marne et président du Mouvement Républicain et Citoyen, s'est exprimé le 22 juillet 2015 sur la question de l'immigration.

 

Des règles pour maîtriser l'immigration

 

Après avoir adopté de nouvelles règles organisant le droit d’asile, le Parlement examine au milieu de l’été un second texte important qui concerne le droit du séjour et les règles applicables aux étrangers. 

L’objectif du gouvernement est de maîtriser l’immigration. L’immigration n’est ni une chance ni une calamité pour la France. Elle constitue une réalité: d’abord une réalité historique qui a façonné la France dans laquelle nous vivons, aussi une réalité contemporaine, plus discutable et moins acceptée dans un pays en stagnation. Comme les biens, les hommes circulent mais il n’est pas interdit de prévoir des règles. Il est même tout à fait légitime de s’interroger sur nos choix et sur les possibilités que nous acceptons d’offrir aux étrangers qui s’installent en France. La France compte 1,8 million d’étrangers ayant une carte de résident (10 ans) et 700 000 étrangers ayant une carte de séjour (1 an). Chaque année, plus de 200 000 personnes bénéficient d’un premier titre de séjour. En matière de règles et droit, dans les cadres des principes républicains, il ne peut y avoir de débat interdit. 

Le projet de loi présenté par le gouvernement crée une carte de séjour pluriannuelle (de 2 à 4 ans). Pour qui a été confronté à la mécanique infernale de la carte de séjour, cette proposition est une vraie avancée. L’Etat comme le demandeur sont gagnants de cet allégement qui repose sur un contrat d’intégration républicaine et une formation civique et linguistique. Cette nouvelle carte ne se substitue pas à la carte de résident valable 10 ans. 

Le projet propose également la création d’un titre de séjour pour « les talents ». Je comprends la nécessité de stabiliser les parcours des étudiants, autant je ne pense pas qu’il faille se lancer dans une chasse aux cerveaux, aux talents et aux diplômés dans les pays d’immigration. La mondialisation est une compétition mais il faut garder en tête l’objectif de codéveloppement, qui ne figure pas dans le projet de loi, et nous interdire d’organiser cet affaiblissement des pays d’origine. L’accueil des « talents » doit être une possibilité, un objectif parfois mais jamais la règle.

 

Etablir des règles nécessite de les faire appliquer : en matière d’immigration, cela veut dire expulser ou reconduire à la frontière. Le projet de loi propose une alternative à la rétention administrative par l’assignation à résidence. Personne ne peut se satisfaire de notre dispositif de rétention et la proposition du gouvernement peut être une solution. 

Lutter contre la fraude est dans l’intérêt de tous, et d’abord des immigrés légaux qui bénéficient d’un titre de séjour. Le projet de loi crée un droit de consultation pour les préfets afin de mieux lutter contre la fraude. Dans son action régalienne de contrôle du séjour, l’Etat ne peut plus être borgne: il est légitime que les préfets aient accès à des informations publiques détenues par d’autres administrations. 

La droite ne manquera pas d’ouvrir de nombreux fronts pour défendre une illusoire « immigration zéro » qu’elle a d’ailleurs été incapable de mettre en œuvre entre 2002 et 2012. La droite ne manquera pas de rouvrir un débat sur la nationalité en faisant, à la suite de Nicolas Sarkozy, des propositions régressives en matière de droit du sol. Cette semaine doit aussi nous permettre de répondre à la droite sur ces
propositions qui naviguent entre le fumeux et le démagogique.

 

- Pour En savoir plus sur le droit des étrangers et la réforme de l'asile, voir le dossier  du projet de loi relatif au droit des étrangers en France (numéos 2183, 2923).

 

- Lu dans la presse : L'Assemblée nationale va examiner le projet de loi sur le droit des étrangers (Le Monde, 20 juillet 2015) et L'Assemblée adopte le titre de séjour pluriannuel pour les étrangers (Le Monde, 22 juillet 2015).

 

Cet article est le 70ème paru sur ce blog dans la catégorie République Parlement

Jean-Luc Laurent, le 12 avril 2015, lors d'une réunion du Conseil national du MRC

Jean-Luc Laurent, le 12 avril 2015, lors d'une réunion du Conseil national du MRC

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20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 22:50

 

L'alternative républicaine au néolibéralisme implique un ancrage à gauche

 

C'est pendant le congrès du Mouvement Républicain et Citoyen, le 13 juin 2015 à Paris, que les militants ont pris connaissance de la décision de Jean-Pierre Chevènement de s'éloigner du parti qu'il avait fondé en janvier 2003 et qu'il avait présidé de 2008 à 2010, avant d'accepter d'en être le président d'honneur.Cette rupture a été motivée par le désaccord stratégique qui l'a opposé à son successeur, Jean-Luc Laurent, à la direction du MRC.

 

Pourtant, il est évident que les deux stratégies sont complémentaires : celle du MRC en tant que parti politique appartenant à la gauche républicaine et celle de Jean-Pierre Chevènement en tant qu'homme politique voulant créer des rapprochements d'idées afin de proposer une alternative républicaine aux politiques néolibérales.

 

L'alternative républicaine implique un ancrage à gauche et une ouverture à toutes celles et ceux pour qui la République est la communauté des citoyens.

Attachons-nous à maintenir les ponts entre les deux stratégies jusqu'à ce qu'elles se rejoignent. Le plus tôt sera le mieux car les deux sont indissociables.

- Le MRC ne peut exister que dans le prolongement des idées portées par Jean-Pierre Chevènement et ses amis depuis la fondation du CERES (Centre d'études, de recherches et d'éducation socialiste, créé en 1964).

- La République moderne n'a de sens et d'avenir que si elle s'appuie sur une double souveraineté, celle du peuple face au capital et celle de la nation citoyenne face à la tentation oligarchique au niveau des institutions européennes.

 

Voir La France en grand

Déclaration de République Moderne, juillet 2015.

Notre pays vit une crise historique de longue durée. Cette crise s’est fortement aggravée avec la dérégulation néolibérale, le choix d’une monnaie unique viciée dans son principe même et l’inféodation qui résulte des traités européens de Luxembourg (1987), Maastricht (1992) et Lisbonne (2008). Avec un PNB stagnant depuis 2007, plus de cinq millions de chômeurs toutes catégories confondues, un parti d’extrême-droite à 25 % des voix, notre pays pressent que le gros des secousses est encore à venir. 

Pourquoi République Moderne, maintenant ? 
On aurait pu espérer que ceux qui mènent la même politique depuis quatre décennies s’avisent d’en changer mais force est de constater qu’ils n’en prennent pas le chemin. L’extrême droite se nourrit de la désespérance du peuple mais ne propose aucune alternative crédible, bien au contraire. Son accession au pouvoir, ruineuse pour l’image de la France dans le monde, nourrirait le « clash des civilisations » que souhaitent les fanatiques et serait un mauvais coup porté à notre pays.

La France mérite autre chose qu’un destin en peau de chagrin. Nous n’acceptons pas de rester enfermés dans l’impasse actuelle. La France, communauté de citoyens, a besoin d’être soudée sur un projet réellement alternatif. C’est ce projet d’alternative républicaine que République Moderne, à travers des rencontres périodiques, se propose de faire surgir. Il s’agit de redresser d’un même mouvement la France et l’Europe. Une Europe que nous voulons réellement européenne, c’est-à-dire indépendante. Une Europe démocratique et donc avec les nations. Une Europe recentrée sur l’essentiel : une monnaie favorisant la croissance et l’emploi, une politique extérieure au service de la paix dans le monde. Nous voulons reprendre le contrôle de la Finance, nous battre contre l’aggravation des inégalités et pour plus de justice sociale, relever le citoyen à travers l’Ecole et reconstruire l’Etat républicain. C’est ainsi que la France, enlisée dans le déclin, ira vers le renouveau. 

République Moderne avec qui et pour qui ? 
RM s’adresse à tous ceux qui ont une vision exigeante de la République et qui ne se résignent pas à voir une gauche et une droite interchangeables se succéder au pouvoir pour y conduire, pour l’essentiel, la même politique néolibérale et inféodée, faisant ainsi le lit du Front National. 
RM s’adresse, au-delà des partis et des clivages politiques obsolètes, à tous ceux, socialistes, communistes, radicaux, gaullistes, démocrates, républicains, femmes et hommes de progrès qui croient que la France, loin d’être finie, a encore un rôle majeur à jouer pour équilibrer l’Europe et donner aux idées républicaines leur portée universelle face aux désordres engendrés par la « globalisation ». 
RM s’adresse à toutes les forces vives, tous ceux pour lesquels le mot «patriotisme » a gardé un sens. 
Ce projet doit être porté par le « peuple des citoyens », c’est-à-dire la communauté civique qu’est la France républicaine. C’est cette communauté que nous voulons relever à travers un projet d’alternative républicaine à la politique néolibérale. Ce projet s’imposera, à travers l’immense crise qui est encore devant nous, avec le concours de tous ceux qui ne désespèrent pas d’un avenir commun. 


République Moderne, au niveau national … 
Espace politique original où peuvent se rencontrer des citoyens de tous horizons (chefs d'entreprises, syndicalistes, élus, chercheurs, enseignants, toutes catégories de salariés, hommes et femmes qui souvent s'ignorent), le Club République Moderne est un lieu de réflexion, de discussion, de débat et de proposition. 
RM n’exclut pas l’action politique. Elle se réserve, le moment venu, d’apporter son soutien à des candidats aux élections locales ou nationales qui partageraient ses valeurs et ses propositions. 

et régional 
RM encourage le développement dans les régions et départements de Comités d’Initiative Citoyenne pour une République moderne. Ces comités sont ouverts à tous ceux qui souhaitent débattre, proposer, agir dans un esprit d’exigence républicaine. Les premiers comités locaux verront le jour en Nord Pas de Calais, Bourgogne, Picardie … 

 

Voir aussi - renouvellement des instances du club "République moderne"

- "Nous sommes passés dans l'allégeance au suzerain américain"

Entretien de Jean-Pierre Chevènement accordé à Marianne, vendredi 10 juillet 2015. Propos recueillis par Anne Rosencher et Alexis Lacroix.

Lu dans la presse (Le Figaro, 15 juin 2015) : Chevènement veut un «mouvement d'idées» allant de Mélenchon à Dupont-Aignan. Extrait.

De Mélenchon à Dupont-Aignan

L'ancien candidat à l'élection présidentielle de 2002, âgé de 76 ans, veut relancer le cercle République moderne, qu'il a créé en 1983 après sont départ du gouvernement Mauroy. Ancien socialiste, Jean-Pierre Chevènement souhaite désormais se rapprocher de Nicolas Dupont-Aignan, qu'il apprécie pour ses engagements souverainistes. «Il faut créer un mouvement d'idées alternatif qui transcende les sensibilités historiques car on ne sortira pas la France de l'ornière sans cela», assure-t-il ce lundi dans les colonnes du Parisien.

Pour l'ancien ministre de l'Éducation nationale du gouvernement Fabius, le «logiciel» des partis de gouvernement est «périmé». «Je suis partisan d'un dialogue sans exclusivité et sans sectarisme avec tous ceux qui souhaitent une alternative républicaine, de Mélenchon à Dupont-Aignan», annonce-t-il. Le président de Debout la France, lui, se dit «content» qu'«un homme d'État» rompe avec «le socialisme de soumission à Bruxelles». «C'est un point positif pour le combat des patriotes», a-t-il souligné au Scan, tout en se défendant de chercher à le «débaucher». «Je serais content de l'accueillir», euphémise-t-il.

«Il n'en est pas question», a quant à lui opposé Jean-Luc Mélenchon, du Parti de gauche. «Il y a une différence substantielle entre moi, qui suis partisan de la République jusqu'au bout et en tous lieux (...) et la vision de M. Dupont-Aignan qui a une vision beaucoup plus nationaliste», a-t-il expliqué. L'eurodéputé a ensuite nuancé: «M. Chevènement aurait sa place au Front de gauche, pas M. Dupont-Aignan, et le dire, c'est nullement être sectaire. C'est juste partir des faits. Donc, je ne suis pas d'accord pour ces sortes de mélanges qui rendent la situation plus confuse au moment où elle a besoin d'être clarifiée».

Cet article est le 203ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT

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18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 21:34

 

Les interventions le 13 avril 2015 montrent les réalités de l'euro et de la Grèce

 

Les actes du colloque du 13 avril 2015 de la Fondation Res Publica ont été publiés.

Pour information, voir la Présentation de la Fondation Res Publica, par Jean-Pierre Chevènement

Rappel des articles publiés concernant ce colloque :

- 31 mars 2015 : La Grèce est un test de la validité de l'euro et des solutions possibles

- 24 avril 2015 : Colloque Res Publica du 13 avril 2015 : le test de la Grèce pour l'euro

- 25 avril 2015 : Colloque Res Publica 13 avril 2015 : la Grèce piégée (Olivier Delorme)

- 30 avril 2015 : Colloque Res Publica 13 avril 2015 : la Grèce par Thanos Contargyris

Toutes les interventions lors de ce colloque sont rapportées dans les actes, ici :

 

L'euro est-il soutenable ? Le nouveau test de la Grèce

 

Accueil par Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica.
 
Le noeud coulant : intervention de M. Jean-Michel Quatrepoint, membre du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica, journaliste économique
 
- L’économie grecque, l’intégration européenne et l’euro : intervention de M. Olivier Delorme, écrivain et historien, ancien Maître de Conférences à Sciences Po.
 
Comment la Grèce est passée de la capitulation à l’intransigeance : intervention de M. Thanos Contargyris, économiste, dirigeant de Dialogos Ltd, membre d’Attac Grèce.
 
L’alternative de la monnaie parallèle : intervention de M. Dominique Garabiol, membre du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica, professeur associé à Paris 8.
 
 
- Débat animé par Jean-Pierre Chevènement.

 

Cet article est le 202ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT

Les intervenants autour du président Jean-Pierre Chevènement (de gauche à droite) : Jean-Michel Quatrepoint, Olivier Delorme, Thanos Contargyris, Dominique Garabiol

Les intervenants autour du président Jean-Pierre Chevènement (de gauche à droite) : Jean-Michel Quatrepoint, Olivier Delorme, Thanos Contargyris, Dominique Garabiol

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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 22:37

 

Les grecs luttent pour la démocratie en Europe, à nous de les soutenir

 

Ce 5 juillet, le peuple grec a demandé aux créanciers de son pays le respect de sa dignité. C'est aussi un appel lancé à tous les responsables politiques européens pour qu'ils fassent de l'Europe un projet politique au service des citoyens.

Voir (site du JDD) : Pour Tsipras, le "non" grec ne veut pas dire "rupture avec l'UE"

Alexis Tsipras a réagi à la victoire du "non" dimanche soir, assurant que ce choix du peuple grec lui donne le droit de renégocier et non d'engager "une rupture" avec l'UE. "Il existe des solutions justes et viables. Je suis certain que la BCE comprend la dimension humanitaire de la crise dans notre pays", a-t-il souligné, répétant qu'il attendait un rééchelonnement de la dette nationale. "Quand un peuple a confiance, il peut surmonter de grandes difficultés, je vous remercie, indépendamment de ce que vous avez voté aujourd'hui", a-t-il aussi déclaré.

Voir aussi (site Europe1) : Référendum grec : conforté par la victoire du "non", Tsipras promet d'ouvrir une nouvelle page de l'histoire

 

Le Mouvement Républicain et Citoyen était présent en Grèce ce 5 juillet. Voir photo et site du MRC :

Le MRC présent en Grèce pour le référendum

Le MRC rencontre Syriza à Athenes

Il a pris une position très favorable à la démarche du gouvernement grec. Voir "La France doit refuser le coup de force de l'Eurogroupe et soutenir la Grèce" et « Contre la folie de Bruxelles, la raison grecque »

 

Les Grecs ont voté majoritairement « non » au référendum organisé par le gouvernement. Après six mois de bras de fer entre la Grèce et ses créanciers, Alexis Tsipras remporte une victoire importante en se faisant confirmer son mandat par le peuple souverain.

 Depuis six mois, les créanciers s’acharnent à faire plier la Grèce et son gouvernement élu pour lutter contre la politique d’austérité. Récessive, déflationniste, cette politique est dangereuse pour tous les pays d’Europe. La victoire de Syriza constitue un point d’appui historique pour desserrer la camisole de l’ordo-libéralisme européen. Les chefs d’Etat européens de gauche, à commencer par François Hollande, doivent s’en saisir. 

 Contre l’Europe folle et dépressive, Syriza incarne depuis six mois la raison et la fidélité à son mandat. Toute entreprise punitive d’expulsion de la Grèce serait une faute devant l’histoire. Les Etats européens et les institutions européennes doivent dès lundi assurer la stabilité de l’Union en soutenant l’économie et les banques grecques. 

 Il faut cesser d’abreuver le continent de fausses informations sur la situation de la Grèce mais il faut aussi prendre en compte l’impossibilité pour les Etats européens d’assumer les solidarités, les contraintes et les interdépendances qu’implique une monnaie unique. Prenons une année pour réinitialiser l’Euro en transformant la monnaie unique actuelle en une monnaie commune.

 

Rappel :

 

Cet article est le 140ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe

Le porte-parole du MRC, Bastien Faudot, le 5 juillet 2015, manifestant à Athènes après la victoire du NON au référendum

Le porte-parole du MRC, Bastien Faudot, le 5 juillet 2015, manifestant à Athènes après la victoire du NON au référendum

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