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Présentation

  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 23:51
« L'après-janvier : plus que jamais la République laïque »

 

Le comité Laïcité et République organisait un colloque le 14 mars 2015 sur ce thème. L'occasion pour Jean-Pierre Chevènement* de développer ses idées sur la laïcité dans le cadre d'une République à reconstruire. Voir des extraits de cet article sur son blog :

Nous sommes confrontés à une immense crise de la démocratie

Les attentats des 7, 8 et 9 janvier 2015 à Paris comportent une leçon essentielle : ils illustrent a contrario la pertinence de l’idéal laïc pour nous aider à relever le défi. 

I - La laïcité n’est pas tournée contre les religions. 

Définition de la laïcité : c’est la croyance en la raison naturelle et en la capacité des citoyens (formés par l’Ecole de la République) à s’entendre sur une idée du bien commun  (« Res Publica »), dans un espace public soustrait à l’empire des dogmes. 

La laïcité n’est pas tournée contre les religions ; il y a une déontologie de l’Ecole laïque qu’on trouve dans la lettre de Jules Ferry aux instituteurs. Ne pas confondre laïcité à l’Ecole et liberté d’expression dans l’espace public. La seule limite à cette liberté c’est le refus de l’appel à la haine. Mais un professeur de dessin, à l’Ecole publique, ne peut caricaturer Mahomet. 

 

Manifestation du 11 janvier 2015 :  Ce que signifie « Je suis Charlie » : je n’admets pas qu’on porte atteinte à la liberté d’expression » et non « Je suis sur la ligne éditoriale de Charlie ». Encore moins « Je suis contre l’Islam ».

 

Les premières victimes du terrorisme sont les musulmans. Il ne m’appartient pas de dire ce qu’est l’Islam. Il y a de multiples interprétations. L’Islam n’est pas plus incompatible avec la laïcité que ne l’était le catholicisme. Dans leur immense majorité, les musulmans de France y voient une religion de paix et de miséricorde. Le Coran comporte très souvent un appel à la rationalité. Il incite à aller « chercher le savoir jusqu’en Chine ». 

II - Le terrorisme djihadiste est un défi que la République peut relever avec sang froid, sérénité et sur la base de ses principes. 

Ce défi du terrorisme djihadiste se situe à l’intersection des tensions qui traversent notre société et des conflits qui frappent le monde arabo-musulman (...). 

Il faut assécher le terreau où cette idéologie terroriste mortifère plonge ses racines. 

a) la fracture sociale ; le gouffre du chômage ; l’idéal laïc ne peut que combattre l’intégrisme « ordo-libéral » qui enferme l’Europe dans une stagnation économique à perte de vue. 

b) Les conflits qui frappent le monde arabo-musulman 

  • Un peu de culture historique : les deux réponses du monde musulman au défi de l’Occident ont été : 
    - la réponse modernisatrice (libérale ou socialiste : Wafd, Néo-Destour, nassérisme, Baath, etc.) 
    - la réponse identitaire : Les Frères musulmans créés en 1928, quatre ans après l’abolition du califat.

  • la guerre des Six jours signe la défaite du nationalisme arabe (1967)

  • l’échec ultérieur du processus de paix entre Israël et la Palestine est une blessure jamais refermée.

  • le basculement du centre de gravité du monde arabe vers le Golfe résulte des chocs pétroliers (1973-79).

  • le wahhabisme, le salafisme deviennent « hégémoniques »

  • les ingérences occidentales : 
    - 1990 : la 1ère guerre du Golfe signe la fin de la politique arabe de la France.

  • - A l’attaque contre les Twin Towers, (11/09/2001), les Etats-Unis apportent une réponse inepte : en 2003 c’est l’invasion de l’Irak et la destruction subséquente de l’Etat irakien. 
    - Avec l’effondrement de l’Irak et la prise du pouvoir par les Chittes, l’Iran devient la puissance régionale dominante.

  • S’ensuit le conflit chiites, sunnites (2005 : assassinat d’Hariri. Daesch fait main basse sur la partie sunnite de l’Irak.

  • les révolutions arabes débouchent sur une vague islamiste en Tunisie, en Egypte par la voie des urnes. En Syrie aussi, à travers une féroce guerre civile. 

    Comment faire face ? Retrouver une utopie de progrès partagée ; le binôme France/Algérie peut être structurant pour l’avenir. Il faut saluer les efforts accomplis à partir du voyage de François Hollande à Alger en décembre 2012. 

    Le legs diplomatique des Anglo-Saxons dans la politique menée vis-à-vis de l’Orient musulman : 
    - la subordination à l’Arabie Séoudite (et à Israël) au Proche et Moyen-Orient. 
    - Plus à l’Est, la création du Pakistan, Etat bâti sur la religion. 

    N’y a-t-il pas une autre manière, républicaine, d’affronter le défi ?

     

  • III – L’enjeu : la crise de la démocratie. 

    Trois crises se télescopent : 

  • La crise du monde arabo-musulman

  • Celle du capitalisme financier mondialisé. Une économie casino dominée par les gestionnaires de fonds où les préoccupations du court terme ont relégué à l’arrière plan le souci du long terme. Parallèlement a triomphé l’hyperindividualisme libéral qui dissout la République.

  • La crise d’une Europe hors sol, pensée en dehors des nations et de la démocratie. Cette conception d’une Europe « substitut » aux nations culmine dans le choix d’une monnaie unique. La crise de la monnaie unique fait ressortir le caractère technocratique des institutions européennes actuelles. 

    Nous sommes confrontés à une immense crise de la démocratie. 

  • L’idéologie dite des « droits de l’homme » (de l’individu seul « sujet de droit ») aboutit à la dissolution du « commun », c’est-àç-dire de la politique et des conditions mêmes d’exercice de la démocratie.

  • La pseudo souveraineté de l’individu aboutit à la dissolution du Peuple (des citoyens « en corps »), de la forme politique de l’Etat-nation, soit au nom de la « gouvernance » (européenne ou mondiale), soit au nom du « droit », voire du « devoir d’ingérence », dans l’ordre international.

  • Nous assistons au naufrage de la démocratie comme idéal de maîtrise collective et réfléchie de l’Histoire au nom d’une croyance anhistorique dans l’efficience des marchés. 

    La crise de la démocratie est plus sensible encore dans une République laïque comme la nôtre. Le triomphe d’idéologies obscurantistes résulte de l’abandon ou de la méconnaissance de la laïcité comme condition de validité de la formation d’une volonté générale, d’un bien commun à tous les hommes. 
    C’est cette idée d’un bien commun qu’il faut relever. J’ai dit « un bien commun à tous les hommes » et non à une partie des hommes, par exemple à l’Occident. Il faut rejeter l’occidentalisme et penser un avenir de progrès pour tous, y compris le monde arabo-musulman qu’il faut réconcilier avec la modernité (Palestine, Iran). Mais cette modernité, avons-nous su la rendre aimable ? Poser la question c’est y répondre : la modernité du capital financier mondialisé suscite partout un immense rejet. C’est une autre modernité qu’il faut faire aimer. 

    IV – Il faut faire aimer la République 

    La République porte des valeurs universelles, même si elle s’appuie sur des nations. La nation est l’espace privilégié de la démocratie et la brique de base de l’internationalisme. 

    Faut-il rappeler l’article 3 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen : « Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul ndividu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément. » 

    Naturellement la Nation procède de la France. C’est au moment où celle-ci est devenue adulte qu’elle s’est proclamée souveraine. Ce renversement de principe aboutit, trois ans après, à la proclamation de la République. Il y a donc à la fois une césure et un continuum que les fondateurs de l’Ecole publique ont su mettre en scène. 

    Si j’explicite ainsi le lien qui unit la République à la France, c’est pour mieux mettre en valeur les conditions du rétablissement de la République. 
    1. On ne peut pas aimer la République quand on n ‘aime pas sa langue et son Histoire. Comme ancien ministre de l’Education Nationale, j’observe :

  • l’abandon de l’étude des grandes œuvres dans l’enseignement ;

  • la disparition de fait, dans les programmes, de l’Histoire de France. 

    Or, un pays qui ne s’aime plus ne peut agréger de nouveaux citoyens

  • il faut faire aimer la France à travers sa littérature et le patrimoine des grandes œuvres

  • à travers son Histoire : le peuple qui a fait la Révolution française doit renouer avec un récit national non pénitentiel s’agissant de notre histoire au XIXe et XXe siècles. Il faut mettre en valeur non pas ceux qui ont failli mais ceux qui n’ont pas failli. 

    2. Il faut aussi expliquer la République et la laïcité, redonner sens au combat républicain – inséparable du combat pour la justice -, en France et dans le monde. Ce qui unit doit être plus fort que ce qui divise. Relever l’Ecole de la République n’est pas possible si on ne relève pas la République elle-même. Hannah Arendt disait : « On n’enseigne que cela à quoi on croît ». Ce n’est pas seulement l’affaire du ministère de l’Education nationale. L’enjeu, c’est la parole publique en tous domaines.

 

Que croyons-nous ?  Non pas contre – certes il le faut – Contre le Front National bien sûr, mais en positif : comment voyons-nous l’avenir de notre société ? Et l’avenir du monde ? De quel projet sommes-nous porteurs ? La laïcité est un combat. C’est celui de la Raison qu’il faut remettre à l’œuvre dans l’Histoire, après trois décennies d’obscurantisme consenti, une histoire qui sera inséparablement la nôtre et celle des autres peuples. 

Enoncer ce défi est une manière d’en prendre la mesure. Comme dit l’adage « Il n’y a pas de cap pour qui ne connaît pas le port ». Ce cap c’est celui de la République et de la laïcité retrouvées !

 

* Voir (7 février 2015) : Chevènement, père des frondeurs socialistes, est co-fondateur du PS

 

Cet article est le 195ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT

Jean-Pierre Chevènement, le 6 avril 2014, lors d'une séance du Conseil national du MRC

Jean-Pierre Chevènement, le 6 avril 2014, lors d'une séance du Conseil national du MRC

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1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 21:23

 

Loi Macron, élections départementales, Grèce, MRC, Chevènement...

 

Michel Sorin

 

Au début de chaque mois, je reprends les titres des articles parus le mois précédent sur ce blog (voir Titres des articles du mois précédent).

Depuis 2006, 2748 articles - classés en 50 catégories - ont été publiés sur ce blog.- en comptant les récapitulatifs mensuels. 

Rappel : Articles parus en janvier 2015 sur le blog du MRC 53


Titres des articles parus en février 2015 sur http://mrc53.over-blog.com


Elections départementales 2015 : le MRC 77 dans un accord avec le PCF (20 février)

Le projet de loi Macron n'ayant pas de majorité, Valls recourt au 49-3 (17 février)

Vote du projet de loi Macron : 17 février 2015 à l'Assemblée nationale (16 février)

Le MRC avait débattu de la réforme territoriale le 20 septembre 2014 à Caen (15 février)

Elections départementales 2015 : le MRC dans des alliances diverses (13 février)

La Grèce, talon d'Achille de l'euro, est bien décidée à obtenir un sursis (11 février)

André Brink, l'écrivain afrikaner en rupture avec l'apartheid, est décédé (9 février)

L'originalité de la Grèce avec Syriza est d'être pour l'Europe des peuples (8 février)

Chevènement, père des frondeurs socialistes, est co-fondateur du PS (7 février)

Chevènement : de la marche du 11 janvier à la conversion républicaine (3 février)

 Cet article est le 79ème paru sur ce blog dans la catégorie Titres des articles du mois précédent
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20 février 2015 5 20 /02 /février /2015 23:51

 

Des positions en faveur du renforcement de la République et de la citoyenneté

 

En Seine-et-Marne, le Mouvement Républicain et Citoyen s’est engagé dans le canton de Champs-sur-Marne avec le PCF et EELV, en présentant Marie Soubie-Llado en tant que suppléante de la conseillère générale sortante (PCF), Maud Tallet, elle-même en binôme dans ce canton avec Daniel Badiata (EELV).

Rappel : le Mouvement Républicain et Citoyen, conscient des diversités des situations locales, n’a pas donné de consignes d’alliances à ses fédérations départementales, concernant les prochaines élections départementales.

Voir les modalités électorales sur le blog CiViQ (12 février 2015) : Elections départementales 2015 : cantons et mode de scrutin changent

Voir aussi, pour information, ces deux articles publiés sur le blog du MRC 53 les 13 et 15 février 2013 :

- Elections départementales 2015 : le MRC dans des alliances diverses

- Le MRC avait débattu de la réforme territoriale le 20 septembre 2014 à Caen

 

Voici les précisions communiquées par le MRC 77 sur son blog http://mrc77.fr

 

L’enjeu des élections départementales de mars 2015

 

Au moment même où, après les attentats terroristes de ce début d’année, les français ont exprimé avec force leur attachement à la République et à ses valeurs :

Faire France C’est renforcer la République et la citoyenneté, c’est créer les conditions de l’unité et de l’égalité. Cela exige des élus au service des populations et de l’intérêt général, une mobilisation pour défendre la nécessité du département.

Le sens des réformes territoriales qu’on voudrait nous imposer s’inscrit dans la logique des politiques d’austérité si chères à la Commission européenne et à Mme Angela Merkel.

Le démantèlement de notre République se décline en plusieurs “réformes” qui s’accompagnent d’une baisse drastique des dotations de l’État et d’une remise en cause du service public à la française.

Les régions La réforme des régions se fait à la hâte et sans véritable concertation : le rapprochement autoritaire de régions qui parfois n’ont rien en commun, va mettre grandes villes et territoires en concurrence directe et accentuera l’inégalité territoriale au profit des plus riches.

Les départements Le nouveau mode de scrutin et le redécoupage des cantons avec ces élections “départementales”, et non plus cantonales, inquiètent. De l’avis de ses concepteurs, ce serait un premier pas vers la suppression des départements en 2021. Ainsi déjà, le Grand Lyon a supplanté le département du Rhône. Une mise en cause dangereuse de notre modèle territorial français.

Les intercommunalités La loi dite MAPTAM, (Modernisation de l’action publique territoriale et affirmation des métropoles) rajoute les métropoles aux intercommunalités. Des ensembles toujours plus gros, toujours moins démocratiques qui font que les lieux de décision s’éloignent toujours plus des citoyens.

La commune est la cellule de base de la République, là où s’exerce la citoyenneté au plus près des habitants.

Avec ces nouvelles réformes, la démocratie participative est totalement confisquée. Notre pays va vers une “länderisation” technocratique, vers une Europe des régions contre les Nations. La commune ne sera plus qu’une zone de résidence et le citoyen ne sera plus qu’un administré.

Le Mouvement Républicain et Citoyen n’a pas voté ces réformes. Avec Jean-Pierre Chevènement, nous pensons qu’elles mettent à bas les fondements même de notre construction républicaine.

Avec Maud Tallet Pour défendre les principes de l’unité de la France, de sa République une et indivisible, je me suis engagée en qualité de suppléante pour que Maud Tallet, avec une majorité départementale de Gauche, puisse continuer son travail au service de tous. Il nous faut résister pour nos libertés, nos droits. Les prochaines élections départementales de mars 2015 sont capitales.

Donnons un signal fort pour refuser le démantèlement de la République en votant massivement pour Maud Tallet, votre conseillère sortante et son binôme Daniel Badiata.

Ensemble, nous le pouvons.

Marie SOUBIE-LLADO

Mouvement Républicain et Citoyen, Candidate suppléante de Maud Tallet

Voir Départementales 77 : Marie Soubie-Llado et le MRC avec Maud Tallet sur le canton de Champs/s/Marne 

 

Cet article est le 48ème paru sur ce blog dans la catégorie Collectivités territoriales

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17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 23:49

 

L’habileté de Macron n’a pas suffi pour amadouer les députés frondeurs

La majorité est si branlante que le gouvernement a eu recours à la procédure exceptionnelle que lui permet la Constitution, article 49 alinéa 3, qui consiste en l’adoption sans vote d’un projet de loi, en l’occurrence le projet présenté par le ministre de l’économie, Emmanuel Macron.

Voir Vote du projet de loi Macron : 17 février 2015 à l'Assemblée nationale (16 février).

Le quotidien Le Monde (Thomas Wieder) a titré : En recourant au 49-3, le gouvernement passe en force sans jouer sa peau et parlé d’un incontestable camouflet.

« Désormais, le gouvernement ne peut plus se permettre un tel luxe. Les « frondeurs », naguère peu redoutés, sont dorénavant pris au sérieux. Pour l’exécutif, c’est un signe de vulnérabilité que nul ne peut contester. Cette faiblesse est d’autant plus manifeste que le gouvernement disposait a priori d’un atout qui pouvait laisser penser que l’adoption du projet de loi Macron se ferait plus aisément que celle d’autres textes par le passé.

Cet atout résidait dans le climat politique général de ce début d’année, ce fameux « esprit du 11 janvier » qui, pendant quelques semaines, avait semblé réduire au silence les « frondeurs ». Dans le contexte post-attentats, le gouvernement espérait secrètement que la gravité de la situation allait resserrer les rangs et que les tiraillements internes à la majorité, qui avaient été le quotidien des deux premières années du quinquennat, ne seraient plus que de mauvais souvenirs.

« L’esprit du 11 janvier », pas plus que les efforts considérables déployés par M. Macron pour convaincre les parlementaires de voter son texte n’auront donc suffi. L’on aurait pu penser en effet que les dizaines d’heures de débat, en commission puis en séance, passées à éplucher le texte, auraient fini par avoir raison des plus réticents, voire auraient permis de construire une majorité alternative en compensant les défections à gauche par des soutiens au centre et même à l’UMP. La preuve est qu’il n’en est rien. L’habileté du ministre et des rapporteurs du texte n’y a rien fait là non plus. Pour l’exécutif, c’est un incontestable camouflet ».

 

Le Figaro soutient le Premier ministre : Valls déterminé à continuer les réformes, qui se fait fort de continuer jusqu’en 2017.
"J'ai du carburant pour continuer, personne ne peut douter de notre détermination, nous continuerons les réformes jusqu'au bout, jusqu'en 2017", déclare Manuel Valls qui dit ne pas accepter "l'immobilisme, les conservatismes".

 

Le président du Mouvement Républicain et Citoyen, Jean-Luc Laurent, invite le Premier ministre à ne pas persévérer dans l’erreur et demande aux partis de la majorité de se réunir pour en parler. 

Loi Macron : le Parlement ne peut consacrer tout le printemps à un projet de loi condamné

 

Le Premier Ministre vient de décider d’avoir recours à l’article 49 de la Constitution qui lui permet de faire adopter le projet de loi « Macron » sans vote. Le recours à cette procédure constitutionnelle marque l’échec d’un projet de loi libéral et anachronique contre lequel nous avions décidé de voter. 
L’usage de la procédure 49-3 ne dissout pas les problèmes d’un coup de baguette magique: le Parlement et Gouvernement ne peuvent consacrer tout le printemps à un projet de loi condamné. Il est bien évident que nous ne voterons pas la motion de censure déposée par l’UMP mais nous invitons le Gouvernement à remiser définitivement ce texte obsolète. 
Depuis l’adoption du traité européen TSCG, le Gouvernement légifère trop souvent pour parler à Bruxelles et prouver son «réformisme structurel». Il oublie trop souvent de travailler avec la majorité issue des élections en 2012. 
En ce début d’année 2015, tout invite au changement de cap. Le recul de l’Etat, le recours au marché, la flexibilité sociale et les politiques budgétaires récessives, conduisent la France et la gauche dans une impasse. Nous sommes convaincus que la France ne pourra pas faire face à ses démons (les attentats et les fractures profondes qu’ils ont révélées) avec des politiques social-libérales du siècle dernier. Le Mouvement Républicain et Citoyen invite les partis de la majorité à débattre de cette nouvelle situation. 

 

Cet article est le 67ème paru sur ce blog dans la catégorie République Parlement

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16 février 2015 1 16 /02 /février /2015 23:49

 

Une partie de la gauche va voter contre et parle de régression sociale

 

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Le projet de loi du nom du ministre de l’économie, Emmanuel Macron, sera présenté au vote de l’Assemblée nationale, en 1ère lecture, mardi 17 février, à 16h15.
L'Assemblée se prononce, par scrutin public, sur le projet de loi pour la croissance et l'activité. En savoir plus.
Présenté en Conseil des ministres le 10 décembre 2014, le projet de loi s'articule autour de trois grands principes : libérer, investir et travailler. Il ne sert qu'un seul l'intérêt : l'intérêt général. Adopté le 19 janvier 2015 par la commission spéciale mise en place à l'Assemblée nationale, le projet de loi est examiné en séance publique depuis le 26 janvier.
Voir le dossier de presse (décembre 2014) : Projet de loi pour la croissance et l'activité

 

 

Le Mouvement Républicain et Citoyen est fermement opposé à ce projet. Voir le communiqué de presse, repris par l’AFP, de Jean-Luc Laurent, président du MRC et député du Val-de-Marne :

Loi Macron : les 3 députés du MRC voteront contre une loi de résignation

Demain lors du vote solennel à l’Assemblée Nationale, les trois députés MRC voteront contre le projet de loi « croissance, activité et égalité des chances économiques ». En débat depuis le 12 janvier, avec la commission spéciale dont j’étais membre, puis en séance depuis maintenant 3 semaines, nous avons toujours exprimé aux mieux des réserves et souvent des désaccords aux nombreuses mesures de dérégulation proposées par le texte. 

Que ce soient pour les autocars, la vente des aéroports de Nice et Lyon, la privatisation de Nexter-GIAT dans le domaine de l’armement…l’ensemble témoigne d’une volonté de faire reculer la puissance publique en lien avec l’idéologie de Bercy et de Bruxelles. 

L’ouverture du capital des sociétés d’exercice des professions juridiques témoigne aussi d’une approche étroitement libérale qui traite tout sujet comme une question purement économique. Sur le travail du dimanche, le gouvernement court après la croissance, les emplois et le porte-monnaie des «touristes chinois». 

A l’inverse, le gouvernement a été hostile à la réouverture du dossier «réforme bancaire» bâclée en 2013, aux compensations légales pour les travailleurs dominicaux des grandes enseignes et des boutiques de luxe ou à l’augmentation de la présence des salariés dans les conseils d’administration des entreprises comme nous le proposions. 

Le projet de loi Macron frappe par son anachronisme. Version allégée du rapport Attali de 2007, le projet de loi cherche d’abord à convaincre Bruxelles de la volonté de « réforme » du gouvernement français. Anachronique, ce projet de loi l’est encore plus après les attentats de janvier qui auraient dû nous éloigner des dogmes du moins d’Etat et de la réduction de la dépense publique. Anachronique, le projet de loi l’est aussi 15 jours après la victoire de Syriza en Grèce, suite à laquelle le gouvernement n’a eu aucune volonté d’infléchir les politiques européennes d’austérité qui sont pourtant responsables de la panne de croissance et d’emplois que connaissent la France et la zone euro. 

Maintenir le projet de loi Macron, ses mesurettes structurelles, sa flexibilité sociale, était en soi un choix politique significatif. Le premier trimestre 2015 restera sans doute comme l’occasion manquée d’un nouveau départ pour la majorité présidentielle. Loin du volontarisme affiché, la loi Macron est le symbole de cette résignation.

Voir aussi :

- Benoît Hamon, Marianne, 16 fév. 2015 : Loi Macron : la lettre de l'équilibriste Hamon aux députés

- Gérard Filoche,  blog Mediapart, 11 décembre 2014 : ANALYSE DETAILLE DU PROJET DE LOI MACRON : En route pour le régressisme ? 

 

Cet article est le 66ème paru sur ce blog dans la catégorie République Parlement

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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 21:29

 

Martine Souvignet et Jean-Marc Nicolle, opposés au projet gouvernemental

 

C’était à l’université de rentrée du Mouvement Républicain et Citoyen, le 20 septembre 2014, à Caen, sur le thème « Quel projet pour un sursaut républicain ? » Voir les informations dans le numéro de Citoyens Militants de janvier 2015 et, aussi, les deux articles parus sur ce blog les 25 et 26 janvier 2015 :

- Rétrospective sur l'université de rentrée MRC Caen 20 et 21 sept. 2014

- Table ronde MRC le 20 sept. 2014 à Caen : Europe, lever les tabous

 

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Au programme du début de l’après-midi : l’atelier n° 1 sur le thème « Quel Etat pour quelle réforme territoriale ? » animé par Martine Souvignet, secrétaire nationale du MRC à l’Etat et à la réforme territoriale, et Jean-Marc Nicolle, président de l’Association Républicaine des Elus Citoyens et Apparentés.

 

Voici un résumé de leurs interventions, réalisé à partir de mes notes.

 

 

Jean-Marc Nicolle voit la logique libérale dans tous les textes de la réforme territoriale et l’inspiration dans les länders allemands. Nous sommes dans un pays qui n’a pas confiance dans ses institutions et qui va chercher des réponses à l’extérieur.

 

Nous (MRC) affirmons une vision républicaine par opposition à la vision fédérale allemande. Notre référence est la loi Chevènement, qui a créé les établissements publics de coopération intercommunale. Ceux-ci coopèrent avec les départements, ce qui est très différent du projet de basculement possible d’un département dans une métropole, comme le prévoit la réforme territoriale. Il est vrai qu’un état des lieux s’impose, compte tenu de la multiplication des syndicats intercommunaux, mais il faut se garder de croire que cette réforme fera faire des économies. Par exemple, dans le cas du projet de métropole du Grand Paris, qu’il est prévu de mettre en œuvre au 1er janvier 2016, il y aura remontée de la fiscalité intercommunale.

Cette réforme vise à imposer la régionalisation de la France, suivant la logique fédérale, européiste. Ce sont des textes inquiétants, dans le sens de la compétition entre les territoires, qui n’apporteront rien en matière de développement économique, car ce ne sont pas les régions qui vont remédier à l’absence de politique industrielle. Les services publics vont être transférés de l’Etat vers les intercommunalités. La concentration des richesses dans les métropoles aura pour conséquence l’éviction des catégories populaires vers la périphérie et l’augmentation du vote FN.

Il y a une contradiction entre ce qui est annoncé comme un nouvel acte de la décentralisation (régions, métropoles) et la réduction des financements aux collectivités locales. C’est une vision très libérale. Selon l’article 29 du projet de loi, les collectivités locales devront participer au financement des amendes européennes dans le cas où l’objectif de réduction du déficit public ne serait pas atteint.

Les 36 000 communes vont se mettre en mode survie, en s’appuyant sur les bénévoles. Nous avons un modèle institutionnel qui fonctionne. Pourquoi aller chercher des idées ailleurs pour le réformer ? Pour autant, il ne faut pas dire que tout fonctionne bien. Il est nécessaire de clarifier certains aspects pour rendre la fiscalité plus visible par les citoyens. La spécialisation fiscale pour chaque niveau territorial est souhaitable. Il faut maintenir les différents niveaux territoriaux, notamment les départements. L’Etat doit continuer d’assumer les fonctions régaliennes qui ne peuvent l’être par les autres niveaux territoriaux.

 

Martine Souvignet aborde la question de l’Etat dans la réforme territoriale, une réforme sous injonction de la Commission européenne et qui, de ce fait, répond aux critères de l’idéologie libérale.

Le schéma égalitaire, issu de la Révolution française, est mis à mal par l’accroissement des inégalités, comme l’a souligné Christophe Guilluy. 20 % de la population française vit dans des territoires non marchands et non attractifs.

La nouvelle carte administrative sera en place durablement. Cela justifie de prendre son temps pour l’adopter, alors que le gouvernement veut aller vite. Concernant la fusion des régions, la taille n’est pas l’essentiel, il y a aussi la richesse produite. Le Jura a décidé de consulter les citoyens, ce qui est une bonne initiative. Il n’y a pas de débat public dans le pays. La suppression de la compétence générale pose problème. La position de l’Etat dans cette réforme territoriale n’est pas réfléchie. Dans la République française, dont les institutions majeures sont l’Etat et la Nation, il n’existe qu’un territoire : le territoire national.

Nous ne pouvons que nous opposer à cette tentative de « landerisation » de la France, à la mise en concurrence des régions, à l’instauration d’un contre-pouvoir règlementaire attribué aux régions. L’Etat devient résiduel. Les services déconcentrés de l’Etat perdent du pouvoir par les deux bouts : par la décentralisation et par la mise en concurrence avec les opérateurs privés au niveau des communes. Les sous-préfectures ont un rôle de conseil aux élus locaux. La présence des services départementaux et régionaux de l’Etat est importante. Un Etat stratège doit avoir les moyens d’agir.

Par ailleurs, cette réforme n’est pas accompagnée de la volonté de nourrir le débat démocratique. On est bien loin de la démocratie participative.

 

A l’issue du débat qui a suivi ces deux interventions, Jean-Marc Nicolle a conclu ainsi les travaux de l’atelier, voulant éviter les confusions.

Il y a trois niveaux de collectivités territoriales, comme dans les autres pays européens : région, département, commune.

Peu importe le périmètre des régions. Celles-ci ont une responsabilité stratégique entre l’Etat et les communes (par exemple, la compétence transport en Ile-de-France). Les élus des trois niveaux le sont au suffrage universel direct, ce qui n’est pas le cas des niveaux intermédiaires, qui sont « mutualisés » (intercommunalités avec des établissements publics de coopération intercommunale EPCI). Les intercommunalités n’existent que par les communes. Il faut une articulation entre département et communes. La question est posée de la contractualisation entre région et intercommunalités. Ne pas opposer région et métropole. Les compétences économiques doivent être attribuées aux régions.

 

Cet article est le 47ème paru sur ce blog dans la catégorie Collectivités territoriales

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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 23:51

 

Les candidats MRC confrontés à des situations locales compliquées

 

Le Mouvement Républicain et Citoyen, conscient des diversités des situations locales, n’a pas donné de consignes d’alliances à ses fédérations départementales, concernant les prochaines élections départementales. Voir sur le blog CiViQ (12 février 2015) : Elections départementales 2015 : cantons et mode de scrutin changent.

 

Les départements du Nord et du Pas-de-Calais confirment la tradition d’union entre le MRC et le PS. Voir cet accord dans le Pas-de-Calais :

Le PS, le PRG et le MRC ont conclu, lundi, un accord d’union en vue des élections départementales des 22 et 29 mars. Cet accord sera appliqué quasiment partout dans le Pas-de-Calais, mais pas dans les trois cantons calaisiens, dans lesquels le PS a préféré faire équipe avec le PCF. Philippe Blet, le président (MRC) de Cap Calaisis, déplore cette nouvelle union PS-PC : « Le PS local n’a toujours rien compris à ce qu’il s’est passé en 2008 et en 2014 », souligne celui qui s’est allié avec l’UMP de Natacha Bouchart par opposition à la traditionnelle alliance PS-PC. Pour autant, il n’y aura pas de candidat MRC à Calais : « Je me tiens à la décision prise au niveau de la fédération, précise Philippe Blet. Il est important de conserver une majorité de gauche au Département, et de faire barrage au Front national. »

 

La nouveauté est venue du Territoire de Belfort. Voir (12 février 2015) : Le MRC soutient le rassemblement des forces de gauche dans le Territoire de Belfort

Le secrétariat national du MRC, réuni le 11 février, a approuvé l’accord politique validé par les fédérations MRC, PS et EELV du Territoire de Belfort. Le rassemblement de la gauche prend pleinement effet pour les élections départementales, dans une dynamique de construction de l'avenir. 
Le texte de l’accord repose sur une clarification des orientations politiques. L’austérité européenne sans limites imposée par Bruxelles et Berlin ruine la souveraineté démocratique autant que la croissance et l’emploi. L’égalité, promesse républicaine, reste le maillon indispensable d’une politique territoriale efficace et de proximité. C’est dans ce combat que s’inscrit le rassemblement de la gauche dans le Territoire de Belfort. 
Cet accord ne referme pas le débat à gauche mais fera événement pour les citoyens du Territoire-de-Belfort. La direction nationale du MRC se félicite de voir que, face à la droite et à l’extrême-droite qui menacent l'action départementale, les forces de gauche aient su construire la voie de cet accord dans un esprit de responsabilité. 


Dans le Val-de-Marne, le canton du Kremlin-Bicêtre se distingue par une situation compliquée. Voir (19 décembre 2014) : Départementales au Kremlin : alliances compliquées à gauche et, plus récemment : Le MRC somme le PCF de faire l’union au Kremlin.

 

Dans le Cher, dès le 20 décembre 2014, la gauche était rassemblée pour les élections départementales, mais sans le PS : Le PCF, le PG, le MRC et EELV signaient un accord pour une majorité renouvelée. Voir Elections départementales : un accord des forces de gauche sans le PS.

 

Dans le département de Loire-Atlantique, la situation est compliquée par des considérations liées au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. A Nantes, le PS fait campagne seul : les Verts font alliance avec le Parti de Gauche et Ensemble, tandis que le Parti communiste, le MRC et la Gauche unitaire se retrouvent dans les sept cantons nantais. Voir les explications du MRC sur le site mrc44

Le 11/02/2015, nous avons présenté à la presse régionale, la liste des candidats résultant d'un accord politique pour les élections départementales devant se tenir les 22 et 29 mars 2015. Nous avons formé un front de gauche "à la nantaise" puisque le PG ne souhaitait pas y participer et semblait focaliser son argumentaire sur le question de Notre Dame des Landes.

Nous ne pensons pas que la question de l'aéroport soit l'enjeu des cantonales. Dans un contexte de réductions des dépenses publiques, les budgets des conseils généraux devenant conseils départementaux se réduira dans des proportions importantes, il faudra donc faire plus de gauche avec un budget réduit et plaider pour un maintien des dotations aux conseils départementaux garant de la cohésion sociale.

C'est dans ce contexte que nous avons œuvré avec nos camarades du Parti Communiste 44 et de la Gauche Unitaire 44, mettant de nos côtés nos divergences pour œuvrer pour l'intérêt général. Ce qui est possible en Grèce, est possible en France, et il est temps que les forces de Gauche voulant mettre fin à cette politique d'austérité qui ne mène nulle part sauf à aggraver nos déficits par moins de rentrées de cotisations sociales et fiscales retroussent leurs manches et s'unissent.

 

Cet article est le 46ème paru sur ce blog dans la catégorie Collectivités territoriales

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11 février 2015 3 11 /02 /février /2015 23:04

 

L’euro a besoin de confiance pour contrebalancer ses handicaps de naissance

 

Le nouveau gouvernement grec a décidé de négocier avec les instances européennes mais en respectant ses engagements électoraux. Ce qui est en jeu, c’est la sortie (ou non) de la zone euro, le « Grexit ». La bonne question est celle qui est posée par Romaric Godin, ce 11 février, sur le site de la Tribune : Zone euro: qui a le plus à perdre d'une sortie de la Grèce ? Extraits. 

Dans le bras de fer (à distance et via l'Eurogroupe et la BCE) qui se joue, ces jours-ci, entre la Grèce et l'Allemagne, la clé qui décidera in fine de tout, sera la peur du Grexit, la sortie de la Grèce de la zone euro. Sur le papier, personne ne veut de ce scénario, mais dans les faits, tout le monde joue avec la peur de l'autre (…).

Au final, on comprend qu'un Grexit fasse peur à tous. Mais, face au choix, les Européens pourraient penser avoir plus à perdre dans cette affaire que les Grecs qui, rappelons-le, viennent de connaître un enfer économique de cinq longues années.

Dans ce contexte, qui peut changer, il semble donc important de jouer la montre pour les Européens, sans avoir l'impression de trop céder (d'où l'action de la BCE). D'où, sans doute, l'avancée vers une solution temporaire, un "programme pont". Ce programme serait une première victoire pour Athènes : il prouverait qu'on accepterait, côté européen, de négocier...

 

Rappel sur les conditions à réunir pour la réussite d’une monnaie unique entre différents pays. 

Pour savoir s'il est préférable pour plusieurs pays d'adopter une monnaie unique ou de conserver chacun leur monnaie nationale, Robert Mundell (économiste prix Nobel d'économie en 1999) préconise que ces derniers comparent 4 critères qu'il pense obligatoire à uniformiser afin d'adopter une monnaie unique entre eux.

Les 4 critères nécessaires à mettre en place sont : la mobilité des travailleurs (ces derniers doivent être prêts à travailler dans n'importe quel pays de la zone), un mouvement libre des flux de capitaux, une économie diversifiée, un système fiscal qui permet de transférer des capitaux d'un pays à un autre. Si ces 4 critères ne sont pas réunis entre les pays et que ces derniers ont des réactions différentes aux chocs extérieurs, Mundell préconise aux pays de garder leurs monnaies nationales, ce qui leur permet de les faire fluctuer et donc de servir d'outils d'ajustement afin de préserver la stabilité économique du pays.

La zone euro ne respecte pas la plupart de ces conditions. Elle rassemble des pays dont les économies sont trop disparates.

 

Nicolas Gonzales, étudiant, a bien résumé le problème de l’euro (Facebook, 10 février 2015) :

La crise financière de 2007-2008 a constitué un choc exogène qui a déstabilisé l'ensemble de la zone euro, mais qui n'est nullement la cause de ses déséquilibres. Dès 2003-2004, les statistiques montraient la profonde divergence à l'intérieur de la zone euro et l'accumulation de dettes publiques et privées dans les pays du sud pour compenser cette divergence.

La constitution d'une Union monétaire ne rend donc pas une zone monétaire optimale de façon endogène : il est donc nécessaire de voir où nous en sommes des conditions "théoriques" de cette optimalité dans la zone euro aujourd'hui.

Petit rappel : pour qu'une union monétaire puisse, en théorie, fonctionner en situation de circulation imparfaite du capital et des travailleurs, il faut : 
1/ Un mécanisme de redistribution de nature fédérale, richement doté, des zones les plus riches vers les zones les plus pauvres
2/ Une harmonisation fiscale entre les pays composants l'Union monétaire
3/ Une harmonisation sociale entre les pays composants l'Union monétaire
4/ Une même politique monétaire sur l'ensemble de la zone.

Prenons quelques exemples d'actualité : 
1/ Le dernier budget communautaire est en légère baisse, et toujours bloqué à seulement 1% du PIB européen ; le refus d'une Union de transfert est une constante forte de l'Europe du nord
et particulièrement de l'Allemagne, qui ne consent son "aide" à l'Europe du sud que dans le cadre d'institutions para-européennes, de nature disciplinaire et instituant des politiques d'austérité ; le soutien européen aux régions les plus en difficulté s'est dilué avec l'élargissement ; la baisse des taux d'intérêts consécutive au lancement de l'euro n'a fait que renforcer des modèles de développements différents (dans leurs forces et leurs faiblesses) et n'a pas abouti à la moindre cohérence européenne d'ensemble ;

2/ La concurrence fiscale s'est développée au point de favoriser une forte progression de la fraude et de l'évasion fiscale (il suffit de penser à l'affaire HSBC) ; sur la longue période on observe une baisse continue de l'impôt sur les sociétés et des tranches élevées de l'impôt sur le revenu, et une hausse des impôts indirects les plus injustes, et notamment de la TVA ; 
3/ La concurrence sociale se traduit par un dumping permanent, qu'il soit institutionnalisé par des directives communautaires (les travailleurs détachés) où l'oeuvre de politiques de passager clandestin des différents Etats (l'Allemagne des années Schröder). Les politiques de déflation salariale sont aujourd'hui institutionnalisées dans l'ensemble des pays du Sud de la zone ;

4/ La politique monétaire unique des années 2000 n'a pas fait converger les taux d'inflation, ce qui montre qu'une part significative de celle-ci était structurelle et de nature institutionnelle et non monétaire. Les politiques d'austérité ont transféré ces taux d'inflations structurels différents vers une explosion du chômage, aboutissant à des taux d'inflations inférieurs à leur moyenne structurelle (situation qu'on peut déjà qualifier de déflationniste) et donc à des taux de croissance inférieurs à la croissance potentielle.

Ce rapide survol permet de voir que, puisque la zone euro n'est toujours pas une zone optimale, la seule façon d'empêcher son explosion sauvage consiste à institutionnaliser les politiques d'austérité ET de déflation. C'est en ce sens que l'euro est bel et bien la clé de voûte du capitalisme financiarisé dans sa version européenne continentale.

Une Europe fédérale, sociale et solidaire est bien, en théorie, une des possibilités de sortir de la crise, mais ses tenants doivent simplement nous expliquer comment ils comptent inverser le cours bien établi de l'histoire ! A défaut, une profonde flexibilisation de l'institution monétaire en Europe est, de toute évidence, indispensable à tous ceux qui envisagent toujours de transformer profondément l'économie, la société et le politique.

 

Bastien Faudot, dans son intervention lors de la conférence sur le thème « Faut-il sauver l’euro ? », le 28 janvier 2015, à l’Assemblée nationale, a bien précisé : "Il nous faut déterminer si la monnaie unique, dans sa configuration actuelle, est viable économiquement, socialement et au bout du compte, politiquement".

Rappel (31 janv. 2015) : Débat organisé par le MRC le 28 janvier : évolutions possibles de l'euro

 

23:30Cet article est le 137ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe

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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 22:15

 

Très influencé par Albert Camus, il avait « balisé » la route de Nelson Mandela

 

Né en 1935 en Afrique du SudAndré Brink est l'auteur de nombreux livres dont "Au plus noir de la nuit", "Une saison blanche et sèche" (prix Médicis 1980) et "l'Amour et l'oubli". Il a également publié ses Mémoires, chez Actes Sud, en 2010: "Mes bifurcations". Il est mort le 6 février 2015. Voir La dernière lettre d'André Brink à Nelson Mandela, Nouvel Obs, 8 février 2015, et André Brink - Wikipédia
 
Pierre Haski a rappelé ce que fut cet homme dans un article publié par l’Obs le 7 février 2015

 

 

C’était en octobre 2013, à l’hôtel de ville de Paris. L’écrivain sud-africain André Brink était assis dans un grand fauteuil, presque intimidé à côté de Catherine Camus, la fille d’Albert.

L’auteur sud-africain raconta comment, alors qu’il était étudiant à Paris à la fin des années 50, il rêvait de rencontrer Albert Camus, son héros et modèle, et avait imaginé mille stratagèmes pour l’approcher. Mais il n’avait jamais osé... Et André Brink avait ironisé que, comme il considérait Albert Camus comme son père spirituel, il était un peu le frère de Catherine Camus...

C’est un écrivain sud-africain profondément marqué par ses années françaises, y compris un séjour à Paris en mai 68, qui est décédé vendredi, à l’âge de 79 ans. Il revenait d’un voyage en Europe, après avoir été honoré à l’université catholique de Louvain, en Belgique.

Il laisse derrière lui une œuvre importante, qui a joué un grand rôle dans la dénonciation de l’apartheid dans les années 70 et 80, particulièrement auprès du public européen, et particulièrement français.

Je l’avais rencontré dans les années 70 dans la ville de Grahamstown, dans l’est de la province du Cap, où il enseignait à l’université ; un homme obsédé par la place de l’intellectuel dans une société en pleine convulsion, et désireux d’apporter sa pierre au combat contre le système inhumain de l’apartheid.

Blanc en rupture avec l’apartheid

En 1980, en plein apartheid, il avait remporté le prix Médicis étranger pour son roman « Une saison blanche et sèche », qui racontait l’histoire d’un professeur blanc parti en croisade pour connaître la vérité sur la mort d’un détenu noir en prison.

Auparavant, il avait eu un roman interdit en Afrique du Sud, « Au plus noir de la nuit », paru en 1973, qui s’attaquait au tabou absolu des relations sexuelles interraciales, formellement interdites par les lois d’apartheid. Toute l’œuvre d’André Brink est marquée par cette quête de vérité de personnages blancs plongés au cœur de l’injustice extrême que représentait l’apartheid – un thème très « camusien ».

Il appartient à cette génération, avec Nadine Gordimer, le prix Nobel de littérature décédée en juillet 2014, qui a fait de l’apartheid le thème central de leur œuvre littéraire.

Contrairement à Gordimer, qui était anglophone, André Brink était issu d’une famille afrikaner, c’est-à-dire descendante des « Boers » néerlandais qui ont pris le pouvoir en 1948 et ont imposé l’apartheid.

Il était en rupture avec sa communauté, considéré comme un « traître » au même titre qu’un Breyten Breytenbach, son ami, lui aussi passé par la France et plus tard emprisonné pour son action clandestine. Ensemble, ils avaient fondé un mouvement littéraire, les « Sestigers », ceux des années 60, rompant avec l’establishment afrikaans pro-apartheid.

L’hommage de Mandela en 1996

Dans la préface à la publication en France, en 1996, d’un recueil d’articles et d’essais d’André Brink (« Retour au jardin du Luxembourg », Stock), Nelson Mandela, alors premier président de l’Afrique du Sud post-apartheid, écrivait :

« Un trait particulier de notre situation, qui historiquement a opposé les Blancs afrikaners à la majorité noire dans sa recherche de la liberté et l’égalité, fut le nombre important d’intellectuels afrikaners qui, à travers leurs écrits, ont ajouté leur voix à celles qui dénonçaient l’injustice et réclamaient une société dont tous les membres seraient des citoyens égaux.

La longue route parcourue pour arriver là où nous sommes aujourd’hui porte de façon indélébile les traces et les empreintes de ces femmes et de ces hommes courageux qu ont osé défier les puissantes structures de leur propre groupe ethnique pour proclamer leur allégeance à l’idéal d’une Afrique du Sud plus grande. Ce recueil d’essais est un exemple de ces phares qui ont balisé la route. »

André Brink est effectivement l’un de ces hommes qui ont su rompre avec le conformisme de leur « groupe » pour épouser une cause plus grande – même s’il ne cachait pas son désenchantement avec l’Afrique du Sud post-apartheid, loin du mythe de la « nation arc-en-ciel »...

Rappel (articles parus sur le blog du MRC 53 après le décès de Nelson Mandela) :

La méthode Mandela en Afrique du sud : l'Ubuntu et la réconciliation (10 déc. 2013)

L'Ubuntu, manière de vivre des peuples bantous, a façonné Mandela (9 déc. 2013)

Mandela, l'homme du combat du peuple sud-africain pour sa libération (6 déc. 2013)

 

Cet article est le 31ème paru sur ce blog dans la catégorie Afrique

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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 23:12

 

Les dirigeants grecs, souverainistes et pro-européens, sont à la manoeuvre

 

L’année 2015 a commencé de la meilleure façon avec la victoire électorale de Syriza en Grèce, suivie de l’alliance avec un petit parti souverainiste afin de constituer une majorité parlementaire et un gouvernement chargés de la mise en œuvre du programme présenté aux électeurs.

 

Voir, à ce sujet, cet article, daté du 31 décembre 2014, dans lequel Gaël Brustier explique ce qui fait l’originalité de Syriza : Perspectives 2015 : les citoyens grecs et espagnols sur la bonne voie

La percée des mouvements de gauche radicale dans les intentions de vote des citoyens grecs et espagnols signe le retour d'un penseur majeur de la gauche italienne du début du XXe siècle, Antonio Gramsci, et de l'idée de partir de l'expérience concrète des gens pour élaborer une vision du monde à laquelle ils adhèrent. Voir Podemos et Syriza vont-ils enfin combler le fossé entre la gauche et les classes populaires ?

Le nouveau gouvernement grec s’efforce de convaincre les autres dirigeants des pays membres de la zone euro de réorienter la politique européenne afin de permettre à la Grèce et à d’autres pays en difficulté de trouver des solutions durables à leurs problèmes d’endettement et de compétitivité.

 
La France a indiqué son accord avec cette démarche. Toutefois, en pratique, il faudra l’agrément des dirigeants allemands et le président de la République française n’a pas dévoilé sa position. Voir (Le monde, 4 février 2015) : Entre Hollande et Tsipras, l'entente cordiale… en apparence. Extrait.

En surface, ils sont d’accord. « La France doit jouer un rôle de protagoniste pour un changement de politique en Europe », a expliqué Alexis Tsipras. « Le dialogue entre la Grèce et ses partenaires européens doit se dérouler en vue de trouver un accord », a répondu François Hollande. La déclaration commune du président français et du premier ministre grec, mercredi 4 février après midi à l’Elysée à l’issue de leur premier entretien, a parfaitement respecté les formes. Mais ce premier contact n’augure en rien de la suite des événements, et du jeu exact que jouera Paris, dans les prochaines semaines, entre Athènes, Berlin et Bruxelles.

 

Cela vaut une réaction agacée et argumentée du président du Mouvement Républicain et Citoyen, Jean-Luc Laurent, député du Val-de-Marne, le 5 février 2015 : Pour le Président de la République, Alexis Tsipras est malheureusement un obstacle

Le Président de la République a reçu hier le Premier Ministre grec et a explicité son approche du dossier grec lors de sa conférence de presse. François Hollande choisit malheureusement le suivisme vis-à-vis de l’Allemagne. Il endosse même l’intervention scandaleuse de la Banque Centrale Européenne qui a décidé hier soir d’entraver le refinancement des banques grecques. 
Quand Alexis Tsipras devrait être un allié pour une réorientation d’une politique européenne qui est suicidaire, le Président de la République voit un obstacle à contourner. La soumission aux dogmes de Bercy, de Bruxelles et de Berlin conduit François Hollande dans l’impasse. 
L’erreur est triple. La Grèce ne sortira pas de l’impasse économique par un aménagement rhétorique de la Troïka et de son programme d’ajustement structurel néo-libéral. Politiquement, il est dangereux de laisser la technocratie européenne cracher au visage du peuple grec qui a voté pour une rupture raisonnable avec les politiques passées. Historiquement, mettre la France à la remorque de l’Allemagne fait reculer la construction européenne.

 

Le Premier ministre, Alexis Tsipras, s’est exprimé ce 8 février devant le Parlement grec. Voir (Le Monde, 8 février 2015) : En Grèce, Alexis Tsipras pose ses conditions avant les négociations européennes. Extraits.

Face au nouveau Parlement, le premier ministre a expliqué que son gouvernement veut tenir « toutes ses promesses » vis-à-vis des électeurs, tout en « honorant sa dette » vis-à-vis de ses créanciers.
Devant le nouveau Parlement grec, dimanche 8 février, le premier ministre, Alexis Tsipras, a prononcé un discours de politique générale dans lequel il a répété que son gouvernement veut tenir « toutes ses promesses » vis-à-vis des électeurs, tout en « honorant sa dette » vis-à-vis de ses créanciers. Mais, a rappelé M. Tsipras, la Grèce veut le faire via un « programme relais » et « ne veut pas d'extension du programme d'aide » internationale financé par la troïka (Commission européenne, Fonds monétaire international et la Banque centrale européenne).

« La Grèce veut servir sa dette », en « invitant les partenaires » du pays à « venir à la table des négociations pour discuter du moyen de la rendre viable », a détaillé le premier ministre. Il se donne jusqu'au mois de juin pour la création d'un « programme relais », mais estime que la conclusion d'un tel accord pourrait intervenir dans les quinze jours, malgré des négociations qu'il prévoit difficiles.

A ses yeux, ce « new deal », qui respecterait les règles communautaires, est la seule solution pour que la Grèce ne plonge pas dans une nouvelle récession, alors que sa dette représente toujours près de 175 % du PIB.

L'objectif de son gouvernement, a-t-il poursuivi, est de parvenir à un équilibre budgétaire, argument que la Grèce fera valoir lors des négociations. Sous les applaudissements des nouveaux élus, il a conclu en lançant : « La Grèce fait des proposition, elle ne reçoit plus d'ordres, et donnés par email en plus » (…)
Le ministre des finances, Yanis Varoufakis, sera aux premières lignes

pour présenter et vendre la politique du nouveau gouvernement lors d'une réunion à Bruxelles mercredi, à la veille du sommet des vingt-huit pays de l'Union européenne.

Dans une interview accordée à la télévision italienne Rai, dimanche, M. Varoufakis a expliqué que le problème de la dette grecque devait être replacé dans le cadre du rejet des politiques d'austérité dans l'ensemble de la zone euro et a mis en garde ceux qui voient la sortie de la Grèce comme solution aux problèmes actuels. « L'euro est fragile, comme un château de cartes. Si vous retirez la carte grecque, les autres s'effondrent. »

Si la plupart des partenaires européens, dont Berlin, ont fraîchement accueilli les propositions grecques présentées par Alexis Tsipras et Yanis Varoufakis pendant leur tournée cette semaine à Rome, Paris, Bruxelles, Francfort et Berlin, parvenir à un compromis à Bruxelles ne semble toutefois pas exclu. 

 

Voir les articles Économie sur Le Monde Diplomatique en février 2015. A noter cet article de Frédéric Lordon (6 février) sur son blog : Syriza cernée. Extrait.

On savait que l’expérience Syriza serait une leçon de choses en politique, la mise à nu, toutes technicités juridico-financières envolées, des ressorts fondamentaux de la puissance et de la souveraineté. De ses confiscations dans des institutions aussi. Nous y sommes – et encore plus vite que prévu. Comme on pouvait s’y attendre également, le lieu névralgique du rapport de force se trouve à Francfort, à la Banque centrale européenne (BCE). Ce qu’aucun article des traités européens ne permet juridiquement – mettre à la porte un Etat-membre – c’est la BCE, hors de toute procédure, par une opération entièrement discrétionnaire sans aucun contrôle démocratique, qui le peut. Et qui vient d’en donner l’avant-goût, dix jours à peine après l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement malséant, porté par un mouvement populaire ayant le front de réclamer la fin de l’absurde tourment auquel le pays a été soumis par notre chère Europe, un pays en situation de crise humanitaire [1] – au cœur de l’Union européenne (UE) et, plus encore, par l’Union ! –, un pays pour lequel, après quelques autres, il faudrait maintenant songer à formaliser juridiquement l’idée de persécution économique – et nommer les persécuteurs. Là contre, le peuple grec s’est donné un gouvernement légitime, mandaté pour faire cesser cet état de persécution. Un gouvernement souverain. Comme on le sait depuis longtemps, depuis le début en fait, à la question de la souveraineté, la réponse européenne est non.

 

23:30Cet article est le 136ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe

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