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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 16:46

Bastien Faudot : « Le MRC, c’est la gauche patriote »

 

Le Mouvement Républicain et Citoyen se distingue du reste de la gauche notamment sur la question de l’Europe. Son fondateur, Jean-Pierre Chevènement, qui était l’auteur du projet socialiste préparant à l’élection présidentielle de 1981, avait, d’ailleurs quitté le gouvernement en 1983 quand le président de la République, François Mitterrand, avait ouvert la « parenthèse libérale » (voir à ce sujet 1983 : comment Mitterrand imposa au PS l'orthodoxie libérale et monétariste - 6 novembre 2013).

 

Lors des réunions interrégionales en cours (voir ce soir Nantes le 7 novembre : réunion publique POUR UNE AUTRE EUROPE - 3 novembre 2013), le MRC présente son projet d’une autre Europe (voir L'AUTRE EUROPE : le MRC explique en quoi sa position est originale - 28 septembre 2013). 

 

Conseil national MRC 240313 015 TInvité à Romilly (Aube) le 21 octobre 2013, Bastien Faudot a donné cette Interview à l'Est Eclair

Bastien Faudot : « Le MRC, c’est la gauche patriote »

Toutes ces dernières années, le MRC n’a jamais caché son euroscepticisme. Le MRC a-t-il encore un pied en Europe ?

Le MRC, c’est la gauche patriote qui a compris que pour avoir les deux pieds en Europe, il faut avoir la tête en France et non à Bruxelles, Berlin ou Washington. Les fédéralistes ont entretenu la confusion en assimilant notre volonté de bâtir une autre Europe à une posture anti-européenne. Mais ce sont eux les archaïques car leur idéal européen n’a tenu aucune de ses promesses : ni l’Europe sociale, ni la prospérité, ni la puissance ; en Espagne, en Italie ou en Grèce, un jeune sur deux est au chômage ! La monnaie unique se révèle trop cher dans la compétition mondiale et n’est pas adaptée à des pays qui ont des structures économiques aussi différentes.

Il y a pourtant une alternative, celle d’une monnaie commune qui laisserait aux nations la capacité de retrouver la souveraineté monétaire au service du développement industriel, de la croissance et de l’emploi.

 

Vous estimez que les peuples sont largement mis à l’écart des décisions prises au niveau européen. Les politiques sont-ils encore au cœur de la construction d’une Europe abandonnée au libéralisme ?

Les politiques ont la possibilité d’être acteurs de notre destin : ils n’ont pas été dépossédés de leur pouvoir par un coup d’Etat, ils se sont dépossédés de leur responsabilité par confort. Il ne tient qu’à eux de l’exercer. Mais le peuple a en effet été tenu pour quantité négligeable. L’Union européenne est une institution post-démocratique. D’abord, sa politique est aujourd’hui menée par une sorte de triumvirat coercitif dont aucun de ses membres n’est élu par les citoyens : la commission de Bruxelles, la cour de justice et la Banque centrale européenne. La seule institution élue, le parlement européen, est un théâtre d’ombres. Ensuite, lorsque les peuples sont consultés par référendum, on ignore leur réponse si elle ne correspond pas à la volonté des bien-pensants.

 

De quelle Europe rêve le Mouvement Républicain et Citoyen ?

Nous voulons l’Europe des réalités et non celle des bisounours ! Notre Europe est celle de la coopération entre les nations, pas dans un magma informel qui est d’abord l’intérêt des rentiers. Il faut une Europe certainement plus modeste sur le papier, à géométrie variable, capable de se coordonner pour bâtir des projets dont tous les peuples européens bénéficieront.

 

Cet article est le 139ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.

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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 22:14

Le journal Fakir fait le récit de la semaine du basculement

 

La « parenthèse libérale » (comme disait Jospin) a été ouverte en 1983 par une décision du président de la République, François Mitterrand. Une longue parenthèse qui n’a pas encore été refermée. Elle avait amené Jean-Pierre Chevènement à démissionner du gouvernement.

Personnellement, j’avais vécu douloureusement cette période (j’étais alors responsable du PS en Mayenne, élu sur les bases des idées de Chevènement, en alliance avec le courant Mitterrand). J’avais écrit une longue lettre à François Mitterrand pour l’informer de mon désaccord avec son choix. Dans une lettre manuscrite, il m’avait répondu que c’était le seul choix raisonnable, compte tenu des contraintes financières.

 

Les travaux de François Ruffin et du journal Fakir permettent de comprendre ce qui s’est passé en 1983 La semaine où la gauche a basculé à droite (+ Vidéo). En dix jours se déroule un thriller politique. Le 13 mars, François Mitterrand souhaite une « autre politique ». Le 23 mars, c’est plié : ce sera le « tournant de la rigueur » et l’Europe de l’austérité. S’ouvre alors la « parenthèse libérale ». Dans laquelle nous sommes encore coincés. Voir la vidéo, excellente. Extraits.

 
14 mars 1983 : Le nœud

Hier, la gauche a subi une défaite, mais pas de débâcle. Un « avertissement », comme cause Lionel Jospin, le premier secrétaire du PS, avec trente et une villes perdues : Grenoble, Roubaix, Tourcoing, Épinal, Nîmes, etc. À l’Élysée, le président attend son Premier ministre. C’est l’heure du choix, désormais, un choix qu’il repousse depuis trop longtemps. Il relit une note, que lui a fait passer Jacques Delors, son ministre de l’économie : « Sur un an, la consommation des Français augmente de 3,7 %, mais la production intérieure que de 2,1 %. La différence est assurée par une flambée d’importations. » Le déficit commercial s’est accru de trente-deux milliards. Sur un an, le taux de couverture en produits manufacturés a baissé de dix points, passant de 88 % à 78 %. C’est net : la relance française profite aux Allemands, aux Américains, aux Japonais. Que faire, alors ? Il n’y a que deux options, et pas de troisième voie : la France doit-elle sortir du Système monétaire européen (SME), prendre des mesures protectionnistes, limiter les importations, et persister dans une politique « de gauche », volontariste, tournée vers l’industrie, vers le progrès social ? Ou doit-elle accepter la discipline du SME, lier le franc au mark, et, dès lors, procéder à un « assainissement » budgétaire, à une « désinflation compétition », bref, à de l’austérité pour l’état comme pour les salariés ? Ce nœud, il faut maintenant le trancher. Un nœud que Mitterrand a lui-même emmêlé, sciemment, depuis un an au moins.

 
14 mars 1983 : Le refus

Ce dilemme tourmente le président, ce matin. Mais il déchire le PS, comme en témoigne la presse du jour : dans Le Monde, les chevènementistes s’en prennent aux rocardiens, parlent d’« acquiescement à une fatalité », de « soumission mélancolique aux contraintes d’un environnement hostile », d’une « polémique antiprotectionniste » qui serait « la pointe avancée d’une opération politique de grande envergure », qui conduirait au « libéral déflationnisme ». Il faut trancher. Pierre Mauroy s’assied face à lui. « Je vous garde, lui annonce François Mitterrand, mais pour faire une politique économique plus tranchée qui implique la sortie du franc du SME.
— Non ! lui répond Pierre Mauroy. Je ne saurai pas faire ! Je ne suis pas l’homme d’une telle politique ! » Après ce refus, donc, l’incertitude demeure : de quel côté penchera la balance ?

 
15 mars 1983 : La conversion

La gauche a nommé, comme directeur du Trésor, Michel Camdessus, un libéral convaincu, qui deviendra bientôt directeur du FMI, qui imposera aux pays du Sud des « plans d’ajustement » draconiens. Pareil personnage n’est pas, on le devine, franchement favorable à l’« autre politique ». Il fait même tout pour s’y opposer. En lien avec le groupe Attali, il a prévenu : les caisses sont vides. Et ensemble, les deux compères se rendent ce matin au ministère du Budget. À Laurent Fabius, ils dépeignent « les conséquences terribles que pourraient avoir une sortie du franc du SME : coup d’arrêt à la construction européenne, décrochage du franc d’au moins 20 %, terrible pour les achats de pétrole et la dette ; des taux d’intérêt qui grimpent de 15 à 20 % ; un million de chômeurs en plus et, au bout du compte, un plan d’austérité de la part du FMI ». À côté de ça, les dix plaies d’Égypte sont une partie de plaisir… Jusqu’alors, Laurent Fabius est plutôt proche de l’« autre politique », favorable à une sortie temporaire du SME. À l’automne 1981, il a préparé un budget avec des dépenses publiques en hausse de 30 %, l’embauche de 200 000 fonctionnaires, 500 % d’augmentation pour la recherche, 100 % pour la culture et le travail, 40 % pour le logement, 30 % pour la justice... Après son exposé, Michel Camdessus a « vu brusquement Fabius changer de visage. Il n’avait pas perçu toutes les conséquences d’un flottement généralisé. Mais peut-être n’ai-je convaincu si facilement Fabius que parce que celui-ci savait que le Président pouvait encore changer d’avis ».

 
16 mars 1983 : La décision

Le Conseil des ministres approuve, ce matin, l’abaissement de l’âge de la retraite à 60 ans. Voilà pour la façade. Côté coulisses, le jeune Fabius a demandé rendez-vous au « Vieux », et à son tour « il va s’efforcer alors à faire comprendre les conséquences terribles que pourraient avoir une sortie du franc du SME ». C’est, semble-t-il, l’entretien décisif. Aussitôt après, François Mitterrand reçoit à nouveau Pierre Mauroy et lui demande, cette fois, « de penser à la formation d’un gouvernement dans le cadre du maintien dans le SME ». Les dés sont jetés, en principe. Mais le président n’interviendra, il l’a annoncé, à la télévision que le mercredi 23 mars. Tout peut dépendre, encore, des négociations monétaires – qui doivent se tenir ce week-end à Bruxelles (…).

 

 29 mai 1983 : Le destin

Deux mois après son départ du gouvernement, Jean-Pierre Chevènement proteste devant la convention nationale du Parti socialiste : « L’histoire nous jugera, et d’autant plus sévèrement que, à la différence de ce qui s’était passé sous le Front populaire, le peuple nous a donné, en 1981, toutes les responsabilités… Tout se passe comme si la politique gouvernementale actuelle avait pour philosophie implicite : il faut assurer la convergence des politiques économiques avec l’Allemagne et nos voisins européens… S’agit-il d’une parenthèse, selon l’expression de Lionel Jospin ? Il y a malheureusement trop de signes en sens contraire. On croit ouvrir une parenthèse, et puis on s’aperçoit que c’est un virage, et bientôt, si l’on n’a pas réagi, celui-ci prend la figure du destin ! »

Et dans son livre Défis républicains, il ajoute :

« Comme j’aurais aimé qu’en mars 1983 François Mitterrand prît davantage ses aises avec un Système monétaire européen concocté par son prédécesseur, défendu bec et ongles par toute la technostructure libérale et dont mon collègue allemand me disait avec une pointe de cynisme qu’il fonctionnait comme “un système de subventions à l’industrie allemande” ! C’eût été changer la face de l’Europe en montrant notre liberté vis-à-vis d’un carcan qu’on avait voulu nous imposer. C’eût été rester fidèle au sens que, depuis dix ans, nous avions voulu donner à notre politique. La gauche aurait perdu en 1986, mais sur ses bases, et la suite eût été différente. Le Parti socialiste eût vertébré en Europe une politique réellement alternative dont l’heure eût fini par sonner. Au lieu de cela, le Parti socialiste se coula peu à peu dans un rôle de thuriféraire de l’orthodoxie libérale et monétariste. » (…)

 

Cet article est le 145ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche France

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5 novembre 2013 2 05 /11 /novembre /2013 19:28

Renforcer le pouvoir des acteurs de marché face aux Etats

 

L’Union européenne a pris l’initiative de rechercher des accords bilatéraux de libre-échange avec le Canada d’une part (hors-d’œuvre) et avec les USA (plat de résistance) d’autre part.

Voir Négociation d'un accord de libre-échange entre le Canada et l'Europe - 8 sept. 2013 et Néolibéralisme en action : négociations ouvertes entre les USA et l'UE - 8 juillet 2013.

 

Un accord a été annoncé avec le Canada. Voir L'Union européenne et le Canada ont conclu un accord de libre-échange (site du ministère du commerce extérieur, 22 octobre 2013)

 

José Manuel Barroso, président de la Commission européenne et Stephen Harper, Premier ministre du Canada, ont annoncé le 18 octobre 2013 la conclusion de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada. Nicole Bricq estime que cet accord, pour lequel les négociations avaient été lancées en mai 2009, peut être bénéfique pour les entreprises françaises. Cependant, la ministre exprime sa préoccupation quant à ses conséquences sur les filières viandes.

 

Dans l’attente du texte final et en l’état actuel des informations connues, Nicole Bricq estime que l'accord de libre-échange conclu entre l'Union européenne et le Canada le 18 octobre 2013 peut être bénéfique pour les entreprises françaises. Il devrait prévoir notamment :

- l’ouverture des marchés publics des provinces canadiennes ;

- une baisse des droits de douanes qui pourrait permettre à nos entreprises exportatrices de biens agroalimentaires (notamment dans le domaine des produits laitiers) et industriels une économie d’environ 227 millions d'euros par an ;

- un renforcement des flux d’investissement grâce notamment au relèvement du seuil de contrôle des autorités canadiennes pour les investissements étrangers ;

- la protection de la propriété intellectuelle, par exemple en matière de brevets pharmaceutiques ;

- une meilleure protection des indications géographiques comme le « Comté » ou le « Roquefort » ;

- l’assouplissement des monopoles des vins au Canada.

La ministre du commerce extérieur tient néanmoins à exprimer sa préoccupation quant aux conséquences de cet accord sur les filières viandes, boeuf et porc, qui connaissent aujourd’hui une grave crise en France et en Europe.

 

Voir aussi le point de vue de Patrick Le Hyaric, député au Parlement européen, sur cet accord : Fromage… ou bœuf aux hormones ? (30 octobre 2013).

 

La reprise des négociations avec les USA est imminente. Voir Les États-Unis et l'Union européenne reprennent leurs négociations de libre-échange (site de Radio Canada, 4 nov. 2013).

 

Les actes du colloque du 16 septembre 2013 de la Fondation Res Publica (voir Res Publica : le marché transatlantique, thème de la prochaine réunion - 8 septembre 2013) ont été publiés. Voir Le projet de marché transatlantique

 

Du Transpacifique au Transatlantique (Intervention de Jean-Michel Quatrepoint, journaliste économique, membre du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica)

Le grand marché transatlantique : négocions avec fermeté et vigilance (intervention de Hubert Védrine, Ancien ministre des Affaires étrangères)

 

Projet de partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (intervention de Xavier Bertrand, Député UMP de l’Aisne et ancien Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé)

 

Le triomphe programmé du modèle américain (intervention de Jean-Luc Gréau, économiste, membre du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica)

Débat final animé par Jean-Pierre Chevènement, Président de la Fondation Res Publica.

 

Rappel : Res Publica et traité transatlantique : exposés de Quatrepoint et Gréau - 30 sept. 2013 

Res Publica et marché transatlantique : interventions de Chevènement - 3 octobre 2013 

 

Cet article est le 141ème paru sur ce blog dans la catégorie Capitalisme

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4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 23:06
Repenser l’Europe à partir des nations qui la composent

 

Dans une Tribune publiée par le quotidien Libération le 31 octobre 2013, Alban KETELBUTERS, étudiant en littérature à l'université du Québec à Montréal, s’est montré très sévère à l’égard de Robert Badinter, qui avait prononcé un discours après avoir reçu les insignes de docteur honoris causa à l’université libre de Bruxelles. Voir Elisabeth et Robert Badinter docteurs honoris causa de l'ULB.

Lettre à Robert Badinter : la dérive postdémocratique de l’Europe

 

Comment construire une Europe à l'image de ses peuples ?

 

Alors que vous receviez le titre de docteur honoris causa, vous avez récemment prononcé à l’université libre de Bruxelles un discours sur l’Europe. Si le projet hugolien des Etats-Unis d’Europe a constitué une utopie universaliste, il est aujourd’hui instrumentalisé à des fins politiques par les ennemis de l’universalisme. Le 29 mai 2005  a officialisé cette dérive post-démocratique de l’Europe. ­Affirmer en 2013  que l’Europe «s’est construite démocratiquement par la libre adhésion des peuples», comme si cela correspondait à la réalité du temps présent, est une éclatante contrevérité.

 
Déni de démocratie

Les Français ont rejeté la Constitution européenne qui sacralisait l’union du fédéralisme et du néolibéralisme. Le traité de Lisbonne en conserve pourtant la substance. Vous dites avoir «mesuré ce que signifiait dans toute [son] horreur, le totalitarisme». Mais qu’est-ce qu’un déni de démocratie lorsqu’il recouvre des enjeux aussi fondamentaux ? Aurait-il fallu dissoudre le peuple, comme le préconisait Brecht ? Nos élites paient le prix de cette impunité par une adhésion croissante aux thèses nationalistes de l’extrême droite.

Vous évoquez un «désenchantement à l’égard de la construction européenne». Faible mot pour qualifier l’authentique rejet d’une Europe postdémocratique, technocratique et entachée par le néolibéralisme. Vous parlez de «pessimisme injustifié». La Banque centrale européenne (BCE) établie à Francfort est indépendante, déconnectée du suffrage populaire, et ne mène aucune politique en faveur de l’emploi. Est-il raisonnable de s’en féliciter ?

Votre discours relègue au rang d’accessoire le fond de la politique. Le «rayonnement de l’UE à l’étranger» est invoqué pour masquer le chômage de masse, le recul de l’espérance de vie et la démolition des acquis sociaux : réforme des retraites, «flexisécurité» de l’emploi et autres oxymores incongrus, libéralisation des services publics. Sans oublier la traque des Roms et les 84 millions de citoyens européens ­vivant en dessous du seuil de pauvreté. L’Europe a beau jeu de se réclamer des droits de l’homme. Le préambule de la Déclaration universelle se donnait pour mission de libérer les hommes de la misère. Pourquoi les peuples, écrasés par une mondialisation présentée comme irréversible – la gauche n’a pas vocation à accompagner l’ordre «naturel» des choses – se détournent-ils d’après vous du projet européen ?

 
Conséquences sociales dramatiques

Comme le résume Chevènement : «L’Europe, c’est à la fois le rejet de l’horreur et de la honte. Il faut qu’il y ait une césure, qu’une page blanche se soit ouverte en 1945 avec Jean Monnet, Robert Schumann, Alcide De Gasperi et Konrad Adenauer, comme si on était en Amérique, avec les Etats-Unis d’Europe […] On ne voulait pas prendre en considération le fait que l’Europe était faite de nations millénaires.» Une Europe républicaine se pense dans le prolongement des nations et de leur diversité. A contrario, du fédéralisme résulte un Etat supranational dans lequel aucun peuple ne se reconnaîtra. Tel est déjà le cas à l’égard de la Commission européenne : combien de Français s’identifient à José Manuel Barroso, Catherine Ashton ou Viviane Reding ? Comment pourraient-ils seulement connaître leurs visages ? Ces commissaires au cœur de la poli­tique européenne sont eux aussi étrangers au suffrage universel.

 

Le fédéralisme européen signerait la fin de la République. Les accords transatlantiques entre l’UE et les Etats-Unis – dissimulés lors de la campagne présidentielle – n’auront pas seulement des conséquences sociales dramatiques pour les peuples, ils signent la vassalisation de l’Europe, désormais conçue par nos élites et les dirigeants américains comme le prolongement des Etats-Unis d’Amérique face à la montée en puissance de la Chine.

Tant que l’Europe ne sera pas repensée démocratiquement à partir des nations qui la composent, les peuples la rejetteront. L’affirmer c’est défendre la refondation républicaine et progressiste d’une Europe à la dérive. Les peuples européens méritent tellement mieux.

 

Cet article est le 132ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe

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4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 21:37

Sur 6 ans (2014-2019), un budget égal à 1,5 % du PIB

 

Jean-Pierre CHEVÈNEMENT s’exprime librement au Sénat sur les différents thèmes abordés. Mais, quand il s’agit des questions militaires, le groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen, dont il est membre, le mandate souvent pour s’exprimer en son nom.

 

MRC national 002

C’est ainsi que le Vice-Président de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat est intervenu, le 21 octobre 2013, dans le cadre du débat sur la loi de programmation militaire.

 

La France doit rester une grande puissance politique et militaire

 

Monsieur le Ministre,

I - Je veux d’abord saluer, en mon nom propre et au nom du groupe RDSE, l’effort qui a été le vôtre, tenace, courageux et en définitive couronné de succès, pour obtenir du Président de la République un arbitrage financier couvrant les six années de la Loi de Programmation militaire (2014-2019), à hauteur de 190 milliards d’euros en valeur 2013 – et non pas en valeur courante, rassurez-nous – de ressources totales dont 183,86 milliards de crédits budgétaires. Ce chiffre qui correspond à 1,5 % du PIB est sans doute la limite basse extrême de l’effort de défense nécessaire au maintien d’un outil de défense performant, au-dessus et même très au-dessus des esquisses dessinées par le Ministère de l’Economie et des Finances avant l’arbitrage présidentiel. Sans doute le Ministère de la Défense doit-il contribuer à l’effort de rigueur auquel s’astreint l’Etat en vertu des engagements européens auxquels il a souscrits. Mais la question se pose de savoir si ceux-ci sont à terme compatibles avec le maintien du rang stratégique et militaire de la France.

Nos armées viennent d’apporter encore une fois, au Mali, la démonstration éclatante de leurs capacités. Elles font l’admiration de tous, et particulièrement de ceux qui ont pu rencontrer sur place nos soldats. La France a fait la preuve de sa réactivité politique au plus haut niveau, de l’excellence de son outil militaire et des hommes qui le servent, et enfin de la capacité diplomatique que lui donne en particulier sa qualité de membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU.

 

La loi de programmation militaire, par un véritable tour de force, de rigueur et d’imagination permet d’apporter à cette question du maintien du rang stratégique de la France une réponse positive, pour autant que de nouvelles secousses économiques ou géostratégiques ne viendront pas bouleverser notre environnement. La loi de programmation militaire nous achemine vers un modèle d’armées qui, à l’horizon 2025, devrait permettre à celles-ci de remplir leurs missions, avec des équipements performants, un niveau de préparation opérationnel suffisant, une condition militaire maintenue à un niveau satisfaisant, et cela malgré l’effort exceptionnel de réduction de format engagé déjà depuis 2009 par la précédente loi de programmation militaire, au total 88 000 suppressions de postes. En 2019, la mission Défense permettra de rémunérer 235 940 équivalents temps plein dont 220 000 militaires. Format réduit au minimum, il est vrai compensé par des équipements de haute technologie.
Comme l’a déclaré, devant la Commission des Affaires étrangères et de la Défense, l’Amiral Guillaud, Chef d’Etat-Major des Armées, « la Loi de programmation militaire permet ainsi de conjuguer engagement opérationnel et préparation de l’avenir. »

II – Un mot d’abord, Monsieur le Ministre, sur l’environnement géostratégique
(…)

III – Ce qui est important, Monsieur le Ministre, c’est le maintien de notre autonomie stratégique, au bénéfice de la liberté d’action de la France
(…)

IV – J’en viens maintenant, Monsieur le Ministre, à notre capacité d’intervention sur des théâtres extérieurs (…)

V – A ce stade de mon propos, Monsieur le Ministre, je voudrais évoquer la question des hommes (…)

 

VI – Ces considérations m’amènent naturellement à souligner les tensions qui risquent de marquer l’application de la loi de programmation (…)

 

VII – Un mot encore Monsieur le Ministre, sur les conséquences de l’étalement de nos programmes sur les industries de défense (…)

 

VIII – Avant de conclure, je voudrais présenter une dernière observation sur l’aspect normatif de la LPM (…)

 

Cet article est le 36ème paru sur ce blog dans la catégorie Chevènement sénateur

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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 20:32

Débat autour des propositions de Chevènement* et du MRC

 

Le Mouvement Républicain et Citoyen a été fondé - c’était alors le Mouvement des Citoyens - en opposition à la ratification du traité européen de Maastricht en 1992. Vingt ans plus tard, il continue son combat en vue des élections européennes du 25 mai 2014 et organise des réunions publiques dans chacune des circonscriptions interrégionales. Voir L'AUTRE EUROPE : le MRC explique en quoi sa position est originale - 28 septembre 2013.

 

Dans l’ouest (Bretagne, Pays de la Loire, Poitou-Charentes), c’est Bruno Chevalier* et le MRC Pays de la Loire - Mouvement Républicain et Citoyen qui proposent une réunion publique « POUR UNE AUTRE EUROPE » jeudi 7 novembre 2013 à 19h30, salle Jacques Demy, à la Médiathèque, 24, Quai de la Fosse, à Nantes. Les intervenants seront Christine Meyer, conseillère régionale MRC, et Catherine Coutard, vice-présidente nationale MRC.

 

De quelle Europe voulons nous ? L’Europe est elle responsable des problèmes d’emploi et chômage ? L’Euro n’est-il pas devenu une monnaie encombrante pour le développement des économies européennes ? Quelle est la place de l’humain dans la construction européenne ? Autant de questions auxquelles nous souhaitons apporter des réponses et débattre avec vous.

 

* Rappel : Prenant appui sur son livre, Chevènement revient dans le jeu politique - 2 nov. 2013

MRC Pays de la Loire : Bruno Chevalier (44) succède à Michel Sorin - 31 janvier 2013 

 

Cet article est le 38ème sur ce blog dans la catégorie MRC 53 et Pays de la Loire

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 23:39

Il pourrait être l’homme du redressement national

 

Après la sortie de son livre le 16 octobre (voir 1914-2014 : l'Europe sortie de l'histoire?), Jean-Pierre Chevènement s’exprime dans les médias. Voir JP Chevènement, invité par les médias à commenter son livre d'histoire - 19 octobre 2013. 

 

A signaler aussi : "Le débat sur le droit du sol est un leurre" (22 octobre, LCP)

"A terme, la monnaie unique n'est pas viable" (23 octobre, Le Figaro)

"La logique des "élites" n'est pas le bien du peuple mais la préservation de leurs privilèges". Jean-Pierre Chevènement était présent mardi 22 octobre 2013 dans les locaux de Twitter France, pour une séance de questions/réponses libre avec les utilisateurs du réseau social. C'était la première "tweetinterview" du genre en France pour un homme politique.

"Le déclin des nations européennes n'est pas irréversible" (23 octobre, Europe 1 Nuit)

 

Dans un article publié sur son blog, le 1er novembre 2013, Jacques Sapir réfléchit aux différentes possibilités qui restent au président de la République, François Hollande, pour redresser la barre.

Le gouvernement français vient donc d’être contraint à deux reculs, l’un sur la taxation rétroactive des revenus de l’épargne et l’autre sur l’écotaxe. Ces deux mesures ont cristallisé un mécontentement latent et le recul sur l’écotaxe est particulièrement symbolique. Il s’est fait dans des conditions politiques très dégradées. Mais ce recul ne change rien aux problèmes de la Bretagne. On voit bien comment l’Euro, mais aussi les différentes réglementations européennes ruinent l’économie de cette région et de la France en général. On le voit une nouvelle fois avec les problèmes des abattoirs, de sociétés comme Doux et Gad. Un nouvel exemple est donné par l’usine Tilly-Sabco de Guerlesquin (Finistère). La production de poulets entiers devrait s’y arrêter en janvier 2014. Ce volailler est en réalité numéro 2 européen ; c’est donc une entreprise importante. Les exportations y représentent 90 % de la production. Mais avec un Euro fort, la concurrence des pays émergents et la suppression des aides européennes, cette entreprise accumule les pertes, ce qui a contraint le directeur à annoncer la suspension de l’activité.

 

Les raisons d’une reculade

Les raisons de cette reculade sont multiples. La première est politique. Jamais la popularité de François Hollande n’aura été aussi basse. C’est à un effondrement auquel on assiste, un effondrement sans précédent dans la Vème République. Le mouvement social qui couvait en Bretagne menaçait de faire tache d’huile, et aurait pu conduire à un embrasement généralisé.

C’est à une situation sans précédent à laquelle on est aujourd’hui confronté. L’impopularité du Président, comme celle du gouvernement, restreint drastiquement ses marges de manœuvres. Dès qu’il est, ou qu’il sera, confronté à des mouvements d’opposition un tant soit peu virulents il n’aura plus d’autres solutions que de reculer. Il en donne l’exemple sur la Bretagne et sur les mesures fiscales qu’il souhaitait prendre, mais ce faisant il envoie aussi un signal à tous les groupes de pression. Ce n’est pas la « fermeté » dont il a fait preuve le 31 octobre devant les dirigeants des clubs de football français qui pourra y changer quoi que ce soit.

À cette raison évidemment d’ordre politique vient s’ajouter une raison économique. On l’a dit auparavant, la cause fondamentale du marasme de la Bretagne, et plus avant de la France entière, porte un nom : l’Euro. Mais, alors que nous fêtons le vingtième anniversaire du traité de Maastricht (1993), il ne saurait être question pour un politicien habitué aux compromis comme François Hollande de mettre en cause ce qu’il pense être un traité fondateur. On a prétendu que l’Union Economique et Monétaire, soit la zone Euro, allait engendrer par sa seule existence de 1% à 1,5% de croissance supplémentaire. On a fait litière, dans une précédente note de ces affirmations qui confinent à la « funkpropaganda ». En réalité c’est tout le contraire auquel nous avons assisté. L’Euro a été le début d’un effacement économique de l’Europe, à l’exception de l’Allemagne. L’Euro impose aux pays qui y participent des contraintes insupportables du fait de la présence de l’Allemagne dans le mécanisme. C’est bien l’esprit du traité de Maastricht qui est en cause, et non simplement ses conditions d’application. Même si l’on avait mieux appliqué le traité, si on avait progressé vers l’Europe sociale et l’Europe fiscale aussi vite que l’on a avancé vers l’Union Économique et Monétaire, les différences de compétitivité se seraient manifestées en raisons des différences de structures des pays concernés. L’Euro impose une monnaie unique à des pays dont les économies sont structurellement différentes, et c’est là la cause de tout le mal.

Pourtant, s’il veut conserver le pouvoir de décider et de gouverner, s’il veut être autre chose qu’une feuille soumise aux vents divers, qu’un fétu de paille dans la tempête, François Hollande devrait comprendre la cause des malheurs qui accablent la France. L’Union Économique et Monétaire n’a apporté que le malheur en France et dans l’Europe du Sud. Il suffit de regarder les chiffres du chômage pour le mois de septembre :

Grèce : 27,6 % de chômage dont 57,3 % de chômage chez les jeunes de moins de 25 ans.

Espagne : 26,6 % de chômage dont 56,5 % de chômage chez les jeunes de moins de 25 ans.

Chypre : 17,1 % de chômage dont 43,9 % chez les jeunes de moins de 25 ans.

Portugal : 16,3 % de chômage dont 36,9 % chez les jeunes de moins de 25 ans.

Italie : 12,5 % de chômage dont 40,4 % chez les jeunes de moins de 25 ans.

En mettant fin à l’UEM, c’est-à-dire à la zone Euro, en redonnant à ces pays, et à la France en premier lieu, leur souveraineté monétaire, il permettrait à ces pays de renouer avec la croissance forte dont ils ont désespérément besoin. On peut cependant douter qu’il soit prêt à un tel tournant qui cependant, en toute rigueur de raisonnement, s’impose.

 

François Hollande au pied du mur ?

François Hollande est donc aujourd’hui au pied du mur, et le gouvernement de Jean-Marc Ayrault en bout de course. L’usure a été trop brutale et trop rapide. Le risque de paralysie le guette alors qu’il a encore trois ans et demi à accomplir comme Président. Quatre possibilités sont ainsi ouvertes.

 

La première, celle qui correspond le plus à la pente naturelle de notre Président, est de ne rien faire, et de tenter de conserver, contre vents et marées, ce gouvernement et cette ligne politique pourtant durablement discréditée. Si tel est son choix, la France doit s’attendre à trois années et demie d’immobilisme. Il n’est pas sûr que la France puisse se le permettre et cet immobilisme pourrait déboucher sur des explosions sociales d’une violence inattendue. Une variante consisterait en un remaniement à la marge ne changeant rien aux principales caractéristiques de ce (non)gouvernement.

 

La seconde possibilité est un remaniement ministériel avec le choix de Manuel Valls, le Ministre de l’Intérieur, comme Premier Ministre. François Hollande chercherait à capitaliser sur la popularité actuelle de Valls. Mais, ce faisant, il prend le risque de l’user prématurément. D’ailleurs, le choix de Manuel Valls n’a de cohérence que s’il s’accompagne d’une ouverture vers le centre-droit. Mais, le centre est en France comme le mythique « triangle des Bermudes » : quand on l’atteint, on disparaît. Ce gouvernement Valls pourrait faire illusion pour une période de 6 mois à un an, mais après la France se retrouverait dans un état pire qu’aujourd’hui. Un gouvernement Valls serait un chiffon rouge devant le Front de Gauche et une partie de la Gauche socialiste alors que, dans le même temps, les forces d’appoint centristes seraient probablement insuffisantes. La pays irait de crise sociales en crises politiques, avec à la clef une probable dissolution de l’Assemblée dans un délai d’un an.

 

Une troisième possibilité serait un gouvernement de technocrates, en apparence apolitique, mais en réalité complètement inféodé à Bruxelles et à l’Union Européenne. Une telle solution serait tellement odieuse pour une majorité de français qu’elle se heurterait à des résistances immédiates qui seraient certainement massives (comme dans le cas breton) et probablement violentes. Loin d’être une garantie de calme politique elle s’accompagnerait d’une montée de plus en plus importante de la contestation dont on pressent aujourd’hui l’existence. Cette possibilité ne serait pas une solution, que ce soit économiquement (car elle serait illégitime) ou politiquement (car elle dresserait la Nation contre elle). D’ailleurs prétendre réaliser l’Europe fédérale reviendrait à imposer un prélèvement annuel de 10% sur le PIB allemand pour compenser les dégâts provoqués par l’Union monétaire. On voit bien que c’est impossible, et en premier lieu pour l’Allemagne elle-même. Il est donc impératif de faire machine arrière, et cela peut être fait très rapidement. Qu’un pays comme la France ou l’Italie annonce son intention de se retirer de la zone Euro et celle-ci se dissoudra immédiatement.

 

Il reste une quatrième possibilité : l’appel à un homme dont le prestige et les positions garantiraient qu’il serait celui d’une rupture dans la politique économique actuelle mais sans rupture avec le cadre démocratique et Républicain. Un homme ayant à la fois les convictions et les compétences pour mener cette « autre politique » à laquelle un nombre grandissant de Français désormais aspirent. Cet homme, ceux qui connaissent la politique française le reconnaissent : il s’agit de Jean-Pierre Chevènement. Il aurait, lui, l’autorité et la légitimité pour mettre en œuvre ce nouveau cours – dont il s’est fait l’apôtre et le héraut depuis de nombreuses années – sans une rupture dramatique avec le cadre légal, rupture qui menace dans tous les autres cas de figure.

 

François Hollande s’est pris, bien à tort, pour François Mitterrand. On savait qu’il n’avait ni l’étoffe d’un Blum ni celle d’un Jaurès. Espérons qu’il aura au moins le courage d’un René Coty !

 

Cet article est le 177ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT

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1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 23:51

République, Chevènement et agriculture, titres les plus fréquents

 

Cela fait 74 mois qu’au début de chaque mois, je reprends les titres des articles parus le mois précédent sur ce blog (voir Titres des articles du mois précédent).

 

Depuis 2006, 2657 articles - classés en 50 catégories - ont été publiés sur ce blog.- en comptant les récapitulatifs mensuels. 

 

Les 25 titres en octobre se répartissent ainsi :

- Chevènement et son livre, MRC, Fondation Res Publica (6 articles),

- Agriculture, PAC, Lait équitable, révolte bretonne (6 articles),

- République et Haut conseil à l’intégration (6 articles),

- Président de la République et cas Leonarda (1 article),

- Impasse européenne (1 article),

- Crise syrienne (1 article),

- Migrants et intégration (1 article),

- Leçons de l’élection cantonale à Brignoles (1 article),

- Diagnostic des experts du GIEC sur le climat (1 article),

- Conférences du professeur Barrieu à Saint-Berthevin (1 article).

 

Titres des articles parus en octobre 2013 sur http://mrc53.over-blog.com

 

La révolte des bonnets rouges bretons, signe d'un profond désespoir (31 oct.)

 

L'APLI à Paris : opération de promotion du lait équitable FaireFrance (30)

 

La PAC marche vers sa disparition en favorisant les grandes cultures (24)

 

Le lait équitable, du producteur au consommateur : lancement officiel (23)

 

Des innovations à l'AG 2013 en Mayenne des producteurs de lait Apli (22)

 

Leonarda : François Hollande peine à enfiler le costume de chef d'Etat (21)

 

Gaël Brustier observe l'utile provocation du livre de JP Chevènement (20)

 

JP Chevènement, invité par les médias à commenter son livre d'histoire (19)

 

Projet de loi sur le système des retraites : le MRC dit pourquoi il l'a voté (18)

 

AFLEC St-Berthevin : conférences du professeur Barrieu sur l'Europe (16)

 

L'Europe sortie de l'Histoire : dans son livre, Chevènement le montre (15)

 

Mémoire des luttes : deux articles qui montrent l'impasse européenne (14)

 

Julien Landfried (MRC) a tiré les leçons françaises de la crise syrienne (13)

 

La fête nationale, le 14 juillet, pour célébrer l'appartenance à la Nation (13)

 

Liberté, égalité, fraternité : la devise de la République, idéal universel (12)

 

Le drapeau tricolore, emblème national, l'un des symboles républicains (12)

 

La Marseillaise, chant national patriotique, subit parfois des outrages (11)

 

Un symbole républicain : Marianne, figure allégorique de la République (11)

 

Intégration : connaître les valeurs de la République, notamment la laïcité (09)

 

L'élection de Brignoles (Var) confirme la perte d'influence de la gauche (07)

 

Chevènement : plan du livre "1914-2014 : l'Europe sortie de l'histoire?"  (06)

 

Evolution du climat : les experts du GIEC renforcent leur diagnostic (05)

 

Réforme de la PAC : F Hollande a annoncé ses décisions en Auvergne (04)

 

Res Publica et marché transatlantique : interventions de Chevènement (03)

 

Roms migrants vivant en France : leur intégration à l'origine d'un débat (02)

 

Cet article est le 74ème paru sur ce blog dans la catégorie Titres des articles du mois précédent

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31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 23:22

La France va devenir ingouvernable si rien ne change

 

L’écotaxe a été l’élément qui a déclenché la révolte en Bretagne, mais le fait essentiel est la crise du modèle agricole et agroalimentaire breton, comme l’explique Laurence Girard (Le Monde, 31 octobre 2013). Voir En Bretagne, un modèle agricole intensif à bout de souffle    

Rappel (Le Monde, 16 octobre 2013) : Agroalimentaire : le gouvernement face à la colère de la Bretagne

 

Le mouvement des Bonnets rouges rappelle l’une des plus grandes révoltes de l’Ancien Régime, en 1675, en Bretagne, qui annonçait le mécontentement breton qui a précédé la Révolution de 1789. C’est Jacques Sapir qui l’écrit dans cet article publié sur son site le 27 octobre 2013 : Bonnets rouges

 

… Quand l’Histoire se rappelle à notre bon souvenir

 

On sait, peut-être, que ce nom recouvre l’une des plus grandes révoltes de l’Ancien Régime, qui survint en Bretagne sous le règne de Louis XIV en 1675 et qui fut l’une des grandes révoltes populaires, annonciatrice de la Révolution de 1789.

 

Les bonnets rouges, on les a vus ressurgir en Bretagne, et en particulier ce samedi 26 octobre lors des manifestations qui ont eu des suites tragiques (un blessé avec une grave blessure au cou, un autre avec une main arrachée). Si ces manifestations ont clairement tourné à l’émeute, c’est qu’elles ne font que témoigner du désespoir d’une partie de la population. La Bretagne, on le sait, est durement touchée par la crise actuelle. Celle-ci se traduit par la fermeture, ou par des licenciements, dans des petites et moyennes entreprises dont le rôle est critique sur des bassins d’emplois très segmentés. Une misère néo-rurale, concentrée dans des bourgs ou des gros villages, liée à la fermeture de l’employeur local, est en train de faire tache d’huile en Bretagne.

 

À ce phénomène, qui dure depuis maintenant deux ans est venu s’ajouter la crise spécifique de la filière agro-alimentaire qui entraîne avec elle une partie de l’agriculture. Ce que l’on appelle la « crise de la filière porcine » est le résultat d’un dumping sauvage pratiqué par l’Allemagne abritée derrière l’Euro. Ce dumping est en train de ravager la Bretagne. On le voit avec les problèmes des abattoirs, de sociétés comme Doux et Gad. Ces faillites, et ces fermetures viennent ajouter la misère à la misère ; très souvent c’est un couple et non seulement la femme ou l’homme qui sont employés sans ces entreprises. La fermeture d’un site, souvent l’unique employeur du canton, est une véritable condamnation à mort.

Enfin, goutte d’eau ultime, nous avons l’écotaxe, un impôt fondé sur des principes justes mais tellement mal ficelé qu’il pénalise en premier lieu les producteurs locaux au profit d’un transport autoroutier. De plus, des primeurs qui sont produits à 300 km de Paris vont être plus taxés que des salades ou autres légumes débarquant de l’autre bout du monde par avion à Roissy. C’est bien là toute l’aberration d’un impôt dont la mise en place a été livrée au jeu des lobbys européens et à l’inconséquence de hauts fonctionnaires méconnaissant les réalités locales.

 

Telles sont les raisons de la révolte qui, après avoir couvé pendant de longs mois, est en train d’exploser en Bretagne. Face à cette révolte, les mesures annoncées par le gouvernement ne sont même pas de l’ordre du dérisoire ; elles sont une véritable insulte à ces milliers de personnes que la politique gouvernementale jette dans la rue et sur les routes, et où elles ne trouvent en face que les CRS et la répression.

 

Pourtant des solutions sont à la portée de la main du gouvernement. La première d’entre elles est, bien entendu, la dissolution de zone Euro suivie d’une dévaluation qui seule peut redonner sa compétitivité à l’industrie et à l’économie française. Cette dévaluation rendra inutiles les abattements d’impôts qui sont aujourd’hui nécessaires à la survie de nombreuses entreprises. Sur les 70 milliards que représentent ces diverses « niches fiscales », il devrait être ainsi possible d’en supprimer 30 milliards au moins. Ce gain fiscal important (1,5% du PIB) permettra de réduire le montant d’autres impôts.

Une seconde solution est, bien entendu, une refonte de l’écotaxe afin d’en faire un mécanisme protecteur des productions locales face aux productions à longues distances. Il est insensé que des produits venant de plusieurs milliers de kilomètres payent moins que d’autres qui sont fait quasiment à la porte des consommateurs.

 

Faute de comprendre l’ampleur du désespoir et la profondeur de la révolte, ce gouvernement et ce Président, dont la popularité est au plus bas et dont la légitimité est aujourd’hui clairement en cause, pourraient bien se réveiller avec une France soulevée contre eux.

 

Cet article est le 414ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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30 octobre 2013 3 30 /10 /octobre /2013 23:52

Une vision radicalement différente de l’élevage laitier

 

Depuis le lancement des grèves de livraison et les spectaculaires épandages de lait en septembre 2009, l’Apli (voir ASSOCIATION NATIONALE DES PRODUCTEURS DE LAIT INDEPENDANTS) a multiplié les rencontres avec les consommateurs. Cette nouvelle organisation de producteurs de lait porte une conception radicalement différente de l’élevage laitier, comme l’a dit André Lefranc, président de l’Apli, lors de l’opération de promotion de FaireFrance, le lait équitable, à Paris, le 26 octobre 2013 (voir www.fairefrance.fr).

Lait-equitable-Paris-261013-008-T.jpgDans la REVUE DE PRESSE Apli, plusieurs articles ont évoqué cette opération de communication.
 - Ainsi, dans Plein Champ, le 28 octobre : Des vaches tricolores font la promotion du lait équitable à Paris
- Voir aussi (Le Figaro, Eric de la Chesnais, 25 octobre 2013) : PARIS - Les agriculteurs présentent leur première brique de lait équitable

Ce samedi, près de deux cents éleveurs laitiers feront la promotion de la première brique de lait équitable dans les rues de Paris, et dans plusieurs hypermarchés Carrefour à travers la France. Une opération qui tranche avec les habituels défilés revendicatifs.

Ce samedi matin, des vaches sur roues défileront à Paris. Un cortège de 25 voitures transportant des ruminants en plastique, bleu, blanc, rouge, circuleront du Champs de Mars à la République en passant par l'Assemblée Nationale et l'Élysée. «Nous voulons faire connaître à la population notre brique de lait équitable, la première du type lancée en France en juillet dernier, indique Paul de Montvalon, l'un des organisateurs de l'opération, agriculteur dans le Maine et Loire. A chaque arrêt comme par exemple devant l'Élysée nous distribuerons une brique nominative pour tous les ministres. Même chose devant le palais Bourbon pour les 577 députés».

Vers 11 heures, les éleveurs et leurs vaches tricolores se retrouveront sous un chapiteau place de la République. «Nous expliquerons notre démarche à tous les parisiens autour d'un film pédagogique et d'un verre de lait, poursuit-il. Nous avons invité l'actuel ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll, et son prédécesseur, Bruno Le Maire, ainsi que des députés et sénateurs».

Tout a commencé il y a quatre ans, lors de la grève du lait. Face à la baisse vertigineuse des prix, les éleveurs ont voulu reprendre leur destin en main en maîtrisant la transformation de leur produit et surtout le circuit de distribution pour garantir la transparence des prix. Ils ont créé en juillet dernier une société de commercialisation, FaireCoopSCA, pour vendre leur lait sous la marque FaireFrance. Elle commercialise d'ores et déjà un produit d'entrée de gamme: une brique de lait UHT demi-écrémé. A terme, elle lancera des produits plus élaborés comme un lait chocolaté.

Séduire les consommateurs

«Nous avons décidé de commercialiser notre brique de lait à partir de 93 centimes le litre, c'est à dire un prix où tous les acteurs de la filière s'y retrouvent», explique André Lefranc, éleveur laitier dans la Manche et membre de FaireCoopSCA.

Reste à convaincre les consommateurs d'une telle différence pour leur porte monnaie. Les agriculteurs se chargent de la promotion. «Nous irons ce samedi à la rencontre des clients dans 25 magasins Carrefour du Nord de la France, de l'Île de France et de la Normandie. Nous leur expliquerons que c'est le prix à payer s'ils veulent garder des producteurs à côté de chez eux, explique Paul de Montvalon. C'est pour cela que notre lait est équitable».

Du côté des distributeurs outre Carrefour, Leclerc et Intermarché sont aussi partie prenante. C'est une façon pour eux de montrer qu'ils sont aux côtés des agriculteurs. «Cela fait partie d'une offre de lait parmi d'autres, indique-t-on chez Carrefour. Nous avons lancé le lait de montagne, il y a 15 ans. Tous nos laits à marque Carrefour sont 100% origine France».

 

Rappel : Le lait équitable, du producteur au consommateur : lancement officiel - 23 oct. 2013 

 

Cet article est le 413ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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