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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 18:18

Fermeture d’usines Candia par Sodiaal, coop laitière

 

L’automne 2012 n’a pas été tranquille au niveau des producteurs et transformateurs de lait, notamment les Coopératives. Voir Lait : la pression monte autour de Sodiaal (Ouest-France, Jean-Paul Louédoc, 7 septembre 2012).

C’est aussi vrai de l’ensemble des activités d’élevage. Voir Agriculture : lait et activités d'élevage dans la tourmente des marchés - 28 décembre 2012. 

 

Xavier Bonnardel a montré dans Ouest-France (10 novembre 2012) les raisons des difficultés dans le secteur laitier.

 

La bataille européenne fait rage dans la filière lait

 

La fermeture annoncée des trois usines Sodiaal, dont celle du Lude dans la Sarthe (lire cet article de Ouest-France, paru le 10 novembre 2012 sous la plume de Christelle Quintard : Le Lude sonné par la fermeture annoncée de Candia), témoigne de l’âpreté de la bataille sur le créneau du lait de grande consommation.

Trois ans avant leur suppression officielle, les quotas laitiers, qui organisaient et régulaient la production à l’échelle européenne, sont, de fait, déjà morts. Et la grande distribution fait jouer la concurrence entre grands bassins laitiers européens. 7 % du lait de grande consommation arrive désormais d’Allemagne.

Sur le marché du lait UHT, la coopérative géante allemande Muh, vache à lait du hard discount, Sodiaal, la plus coopérative laitière française (marque Candia), et Lactalis, numéro deux mondial du lait (Lactel), se bagarrent à coups de baisse de prix.

Confrontés à la hausse des aliments pour le bétail, les producteurs multiplient les mouvements d’humeur. La Fédération nationale des producteurs de lait a ainsi saisi le médiateur des relations commerciales contre Lactalis et Sodiaal. Appelés à se substituer aux quotas laitiers, les contrats entre industriels et producteurs démarrent dans un climat de suspicion délétère. Yves Sauvaget, de la Confédération paysanne, se montre pessimiste : « Le marché mondial est solvable pour les entreprises. Mais pas pour les paysans car il ne couvre pas nos coûts de production ».

 

« Il y a une fragilité globale des industries agroalimentaires due à la crise », analyse Michel Nalet, de Lactalis. Le pouvoir d’achat en berne des consommateurs exacerbe la concurrence entre les enseignes. C’est ainsi que Géant a sorti le lait UHT Sodiaal de ses rayons, après l’échec des négociations tarifaires.

Dans ce climat tendu, les économistes invitent cependant à rester serein. Les perspectives s’annoncent positives. La France dispose d’acteurs (Danone, Lactalis, Yoplait) capables de se positionner sur le marché mondial. La production internationale fléchit alors que la Chine et l’Inde poussent les feux de la consommation.

Les cotations internationales des produits laitiers industriels (poudre de lait, beurre en vrac) montent en flèche depuis août. « Le marché est assaini. Les prix à la production augmenteront début 2013 », anticipe Benoît Rouyer de l’interprofession laitière.

 

AG Apli 120911 001 TLes Coopératives laitières sont mises en cause, en raison de leurs choix passés et présents en matière d’investissements. Voir Coopératives laitières : leur stratégie mécontente les syndicats et l'APLI - 28 septembre 2012.

 

L’Association des producteurs de lait indépendants (APLI) a réagi ainsi : « Ce plan était totalement prévisible : en contribuant à la surproduction de lait par l’octroi de compléments de volume à ses producteurs, Sodiaal s’est tiré une balle dans le pied. Ceci a entraîné une surproduction de 2 % en France, faisant plonger les cotations du lait spot de plus de 30 %. Candia, comme les autres marques, a dû baisser ses prix de vente devant l’abondance de l’offre concurrentielle, jusqu’à se mettre en difficulté même en imposant une baisse du prix payé aux producteurs, lesquels paient doublement ces erreurs : par la baisse du prix payé et par le coût du plan social à venir ».

 

Dans Ouest-France, 15 septembre 2012, sous le titre « L’office du lait dénonce l’attitude des Coops », Paul de Montvalon, éleveur laitier dans le Maine-et-Loire, président de l’Office du lait, critiquait le système de double quota et ses conséquences pour les éleveurs. Extrait.  

Quelle est votre réaction face à la baisse du prix payé par certaines coopératives laitières à leurs producteurs ?

Depuis trois ans, nous disons que les coopératives poussent les producteurs vers le bas. Aujourd’hui, nous en avons la preuve. Elles ont imposé un système de double quota sans avoir les marchés derrière, le résultat était prévisible. Chez Sodiaal, Coralis, Terra Lacta, les éleveurs ont abandonné le pouvoir aux actionnaires et aux spéculateurs. Les coops veulent nous envoyer sur les marchés mondiaux du beurre et de la poudre alors qu’elles ne sont déjà pas concurrentielles sur le lait UHT en Europe. Elles s’adaptent en baissant le prix à leurs producteurs. Une maîtrise de l’offre du lait est plus que jamais nécessaire en France et en Europe (…).

 

Pierre Messager, porte-parole de la Confédération paysanne dans les Pays de la Loire, déplore « le début d’anarchie » qui s’installe dans la gestion de la filière.

« C’est la Berezina dans la filière laitière » (L’Avenir agricole, Frédéric Gérard, 5 octobre 2012)  

 

« Avec la fin des pénalités (de dépassement de quota) qu’on nous annonce, c’est la fin des quotas et de la régulation, c’est l’anarchie », renchérit le breton Eric Duverger. Et cela pourrait contribuer à accentuer une tendance observée : la mise en place des neuf bassins laitiers a « déjà fortement concentré la production ». Le bassin Grand Ouest, le plus important avec 30 % de la production française, est aussi celui qui a le plus profité du système de redistribution mis en place l’an dernier.

Avec des volumes supplémentaires, des entreprises, surtout des coopératives, misent sur l’exportation. « Pourquoi pas, s’il y a une bonne valorisation au bout ? Mais globalement et actuellement en France, on voit qu’il y a pas mal de laiteries qui ont déjà du mal à bien valoriser leur lait. On passe pour des utopistes, poursuit Pierre Messager. Mais vouloir produire du beurre-poudre pour concurrencer des marchés qui produiront toujours à des coûts bien au-dessous des nôtres, on voit depuis des années ce que cela donne »…

(…) Quant à l’avenir de l’interprofession : « Quelle est son utilité ? C’est l’anarchie sur les prix ! » En cause, la baisse de Sodiaal, puis de Lactalis. « A peine mis en place, les contrats Lactalis sont dénoncés. Cela prouve leur efficacité… », ironise Pierre Messager.

Face à ce constat, affirme Pierre Messager, « les pouvoirs publics doivent d’urgence reprendre en main la gestion de la filière. Aux niveaux français et européen ».

 

Auparavant, le  28 septembre 2012, dans L’Avenir agricole, le patron de la FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait, affiliée à la FNSEA), Thierry Roquefeuil, somme les industriels de changer de stratégie et de faire cause commune. Il attend aussi un geste des distributeurs et se dit attentif aux évolutions politiques. Extraits.

 

La FNPL dresse le tableau d’une filière à la croisée des chemins

Thierry Roquefeuil : « Il n’y a qu’en France qu’on dit qu’il y a trop de lait. Il faut réfléchir à des tailles stratégiques d’investissement, entre entreprises si nécessaire, pour profiter de nouveaux marchés »

Sodiaal a conclu un partenariat pour approvisionner le marché chinois. « J’aurais préféré que Sodiaal fonde une usine et exporte des produits transformés », confie Thierry Roquefeuil. D’autant que le partenaire chinois, Synutra, investit et, donc, possède 90 % de l’usine de séchage (…).

Les transformateurs sont d’autant plus dans la ligne de mire depuis les décrochages par rapport aux accords interprofessionnels de Coralis, Terra Lacta, Sodiaal, et désormais Lactalis (alignement sur la baisse de Sodiaal). Alors même que « les perspectives pour les produits industriels sont déjà meilleures pour la fin de l’année et le début 2013 ».

Derrière cette protestation, ce sont aussi les coûts de production qui sont sur la table. « Une hausse de 50 % des tourteaux depuis un an. Face au prix des céréales, il faut aussi se poser des questions : comment inciter les éleveurs à continuer à produire du lait ? Le temps de travail doit être rémunéré ».

 

Cet article est le 361ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 23:11

La libéralisation voulue par l’Europe se heurte aux réalités

 

Anniversaire Maria 90 ans 1 08 10 071 TOn voit venir la catastrophe depuis longtemps mais vient le moment où elle va se produire. On y est. Voici deux articles du quotidien Ouest-France qui permettent de comprendre ce qui est en train de se produire.

 

Les paysans dans le tourbillon des marchés (Ouest-France, Xavier Bonnardel, 21 déc. 2012)

Pour le sociologue Roger Le Guen*, en dix ans le paysage agricole a été bouleversé. Entretien.

 

Quelles sont les mutations majeures qui ont transformé le monde agricole et le métier de paysan depuis dix ans ?

L’agriculteur est entré de plain-pied dans la dynamique des marchés. Par exemple, les producteurs de lait sont désormais secoués par la volatilité des prix du lait et de l’aliment.

Ce n’est pas seulement un phénomène économique. C’est aussi un phénomène social et politique : les pouvoirs publics se retirent de la gestion des marchés. Ils donnent plus de pouvoir aux filières agricoles et agroalimentaires au sein desquelles les industriels et la grande distribution ont sur l’agriculteur un pouvoir de donneur d’ordre.

 

Comment les agriculteurs s’adaptent-ils ?

Ils répondent à l’ouverture sur les marchés par la spécialisation et l’augmentation de productivité de leur travail. Ce qui nécessite de leur part une importante capacité économique et sociale d’adaptation, de résistance et de résilience aux crises. Il en résulte des mondes professionnels de plus en plus différenciés avec des intérêts divergents entre les filières animales et végétales.

Les grandes cultures sont portées par des prix tendanciellement à la hausse, en raison de l’augmentation de la population mondiale et de l’accroissement de la consommation de viande.

Les élevages qui consomment le blé ou le maïs pour nourrir les troupeaux ont du mal à faire face à la hausse de leurs coûts de production, sauf s’ils ont assez de terres pour produire l’aliment eux-mêmes. Ceci entraîne des tensions sur le foncier : les agriculteurs agrandissent leurs exploitations, deviennent concurrents entre eux sur le foncier.

 

Les filières animales et végétales, deux planètes opposées ?

La réarticulation des mondes de l’élevage et des grandes cultures est un enjeu majeur. Par des contrats entre filières animales et végétales pour atténuer la fluctuation des marchés. Par des mécanismes de solidarité professionnelle. Qu’observe-t-on ? Les céréaliers, les yeux rivés sur leur ordinateur  et sur les cours des matières premières, cherchent à optimiser la vente de leur production sur les marchés à terme. Les coopératives ont embrayé : elles proposent aux céréaliers de passer des ordres en leur nom. Et quand on propose des contrats sur deux, trois, quatre ans, ça ne va pas de soi. Un certain court-termisme a pris le dessus.

 

L’élevage** semble particulièrement fragilisé…

L’agrandissement des exploitations crée un effet de bascule : avec des surfaces importantes, le départ à la retraite d’un associé se traduit par la fermeture d’un atelier d’élevage. Les éleveurs se disent : « A quoi bon s’embêter à produire du lait ou du porc sans revenu satisfaisant ? »

 

Pourquoi ne pas devenir producteurs de céréales à la place ?

Des ilôts de grandes cultures se développent au cœur du bassin d’élevage du grand Ouest. En dix ans, un quart des exploitations ont disparu. L’ambiance professionnelle s’en ressent : le sentiment d’un isolement croissant, de l’affaiblissement du soutien technique, peut induire une démotivation et accélérer le recul de l’élevage. Les partenaires industriels des agriculteurs peuvent dès lors s’interroger sur la rentabilité future de leurs usines.

 

* Enseignant chercheur à l’Ecole supérieure d’agriculture d’Angers, Roger Le Guen sera le titulaire de la nouvelle chaire de sociologie sur les mutations du monde agricole et rural.

 

** Voir Les marchés pas tendres avec les éleveurs bovins (Ouest-France, Patrice Moyon, 5 oct. 2012)

 

AG Apli 120911 001 TAnticiper de futures crises laitières (Ouest-France, Patrice Moyon, 12 décembre 2012)

Dacian Ciolos n’a pas fermé la porte à la mise en place de nouveaux outils pour prendre en compte les spécificités du secteur laitier.

 

Officiellement, la porte reste fermée. Les quotas laitiers disparaîtront en 2015. Les acteurs de la filière laitière devront faire preuve de leur capacité à nager ou surnager dans les turbulences du marché mondial. Sans soutien de l’Europe.

 

Le sujet reste pourtant controversé. Certains économistes doutent de la capacité de nombreux éleveurs à faire face à des chutes brutales de prix. Et pointent le risque d’une guerre du lait entre les grands bassins laitiers européens.

Lundi, à Bruxelles, devant des journalistes agricoles européens, Dacian Ciolos s’est dit attentif aux risques liés à ce bouleversement. S’il continue à défendre la suppression des quotas qui « avaient montré leurs limites », le Commissaire européen à l’agriculture se dit ouvert : « Peut-être y a-t-il d’autres outils ? ». Sur ce terrain miné, guetté par les partisans d’une orthodoxie libérale, il avance avec prudence. En s’appuyant sur les experts.

 

L’inverse aux USA

 

Une étude sur la spécificité du secteur laitier a été commandée par la Commission européenne. Elle devrait déboucher sur une conférence débat l’an prochain. Moins idéologue que son prédécesseur Mariann Fischer Boel, attaché au développement rural, Dacian Ciolos veut coller aux réalités du terrain. La France, de son côté, sui le dossier de près. Et Stéphane Le Foll, le ministre de l’agriculture, a promis de faire des propositions*.

 

Lors de cette rencontre à Bruxelles, Aurélie Trouvé, économiste et spécialiste du secteur laitier, a souligné les risques liés aux orientations prises par Bruxelles. « Les Etats-Unis prennent le chemin inverse de celui suivi par l’Europe. Ils encadrent leur marché laitier sans aucun complexe. La Suisse a supprimé les quotas et mis en place une contractualisation avec les éleveurs. On peut parler d’échec. Si on ne fait rien, on aura une nouvelle crise du lait. On risque d’assister en France à un déménagement du territoire et à la concentration des élevages dans les régions les plus favorables à cette production ». Un mouvement déjà lancé et non sans risques. La question déjà posée à la Bretagne ces dernières années pourrait soulever les mêmes controverses environnementales au Danemark, aux Pays-Bas mais aussi en Allemagne.

 

* Voir Lait : nouveau système de régulation étudié au ministère de l'agriculture- 12 déc. 2012

André Lefranc (APLI) a vu le changement au ministère de l'agriculture - 27 décembre 2012 

 

Cet article est le 360ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 18:23

Le concept de transition écologique appliqué à l’agriculture

 

Controverses-Marciac-3et4-aout-2011-114-T1.jpgLe ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, veut concilier performance de l’agriculture et respect de l’environnement. Au-delà des bonnes intentions, Stéphane Le Foll* (photo : le 4 août 2011, lors des Controverses de Marciac) a décidé d’agir « Il ne s’agit plus de corriger les erreurs des politiques passées mais d’inventer quelque chose de nouveau ». Il s’agit de concilier performance économique et écologie dans les systèmes de production agricoles, sans introduire de nouvelles contraintes règlementaires. « Nous ferons appel à des expériences pionnières », à travers des groupements d’intérêt économiques et écologiques qui sont prévus. L’objectif est de « faire de la France le leader de l’agro-écologie en Europe. En produisant autant, voire plus, avec moins de phytosanitaires (pesticides) et aussi moins de carburant » (Ouest-France, 11 décembre 2012).

 

Le 18 décembre 2012, à Paris, le ministre de l’agriculture a réaffirmé sa volonté de réconcilier rentabilité agricole et environnement. Il présentait son projet agro-écologique pour la France, devant les professionnels de l’agriculture. Ce plan est le début de la transformation écologique généralisée, souhaitée au niveau des exploitations agricoles. Il veut convaincre, plutôt que contraindre, sortir des logiques individuelles et penser collectif.

Voir cet article, paru le 24 décembre 2012, sur le site du ministère de l’agriculture :

L'agriculture française en route vers la transition écologique

 

De nombreux exemples dans l'Hexagone montrent que l'adoption des modes de production agricole, conciliant performances agricoles et environnementales, est déjà enclenchée. Un constat qui a donné lieu à une présentation des nouveaux modèles agricoles au cours de la conférence nationale "Agricultures : produisons autrement", le 18 décembre au Conseil économique, social et environnemental (Cese).

 

En présentant ce même jour, le projet agro-écologique, Stéphane le Foll a pour ambition d'amplifier et d'installer durablement cette tendance. "Pour encourager les dynamiques nouvelles, je vais mettre en place un nouveau modèle d'organisation collective permettant de réaliser des investissements favorables à l'environnement ou d'effectuer des changements de pratiques agricoles", a déclaré le ministre.

 

Le Projet agro-écologique est structuré en 6 plans d'action ciblés sur des secteurs-clés :

- réduire l'usage des pesticides : Plan écophyto ;

- réduire l'usage des antibiotiques dans l'élevage : Plan écoantibio ;

- mieux gérer la production d'azote dans l'élevage : Plan azote/Méthanisation ;

- améliorer la santé des abeilles et développer la production apicole : Plan biodiversité, apiculture durable ;

- contribuer à l'autonomie fourragère des exploitations : Plan protéines végétales ;

- soutenir le développement de l'agriculture biologique : Programme national ambition Bio 2017.

 

Trois millions d'euros supplémentaires seront au minimum affectés à ce projet en 2013 pour financer sa mise en place, notamment en termes de formation initiale et continue, de sensibilisation, d'information. Les moyens budgétaires de la PAC seront orientés en faveur des actions de développement de l'agro-écologie (aides aux investissements dans de nouveaux systèmes, de nouvelles organisations, aux formations, aux conseils, aux animations...). Tous les partenaires concernés seront mobilisés : chambres d'agriculture, coopératives et instituts techniques agricoles… L'agro-écologie sera une des priorités des dispositifs de soutien déjà existants.

2014 sera l'année du déploiement de l'agro-écologie, portée par le "programme national Ambition-bio 2017". Dans chaque région, un plan sera décliné et sa mise en oeuvre suivie par des comités nationaux et régionaux.

 

Voir Conférence nationale : Stéphane Le Foll présente son projet agro-écologique (18 déc. 2012).

 

* Stéphane Le Foll (Sarthe), ministre de l'agriculture et de l'agroalimentaire - 18 mai 2012 

 

Cet article est le 8ème paru sur ce blog dans la catégorie Hollande Ayrault gouv.

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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 21:46

Préserver la gestion de l’offre dans les accords commerciaux

 

L’Union européenne a décidé de supprimer toute régulation du marché laitier en 2015. C’est une grave erreur, pointée du doigt par les producteurs de lait du Québec qui savent bien que le libre marché, partout dans le monde, a conduit à la baisse des revenus des producteurs. C’est pourquoi la Fédération des producteurs de lait du Québec (FPLQ)*, lors de son Assemblée générale** du 29 novembre 2012, a mis en garde le gouvernement fédéral d’Ottawa contre l’ouverture du marché canadien aux produits laitiers européens.

* Voir Présentation de la Fédération des producteurs de lait du Québec

Rappel : Le système laitier canadien intéresse les producteurs de lait européens- 29 janv. 2010

Le système canadien de la gestion de l'offre, expliqué par Claudette Samson- 14 déc. 2012 

 

** Assemblée générale spéciale de la Fédération des producteurs de lait du Québec

 

Négociation Canada-Europe*** : « Que l'Europe se montre aussi ouverte que nous le sommes déjà avant de réclamer plus d'accès à notre marché! » Bruno Letendre, président

 

QUÉBEC, le 29 nov. 2012 - S'adressant aux participants à l'assemblée semi-annuelle de la Fédération des producteurs de lait du Québec (FPLQ), le président de la FPLQ, Bruno Letendre, a exprimé sa préoccupation pour le modèle laitier québécois dans le contexte des négociations en cours avec plusieurs partenaires commerciaux, notamment avec l'Europe et les pays membres du partenariat transpacifique.

« Malgré les importantes retombées économiques du secteur laitier, malgré sa performance soutenue, malgré la stabilité que la gestion de l'offre nous procure, malgré les résultats qui démontrent la pertinence de notre modèle pour tous les partenaires de la filière, sa préservation demeure un défi pour nous », a affirmé Bruno Letendre.

 

Jusqu'à présent, dans toutes les ententes de libre-échange que notre pays a signées, il a fait exclure la gestion de l'offre. Or, les négociations entre le Canada et l'Europe entrent dans leur dernière ligne droite et il appartiendra bientôt aux ministres de les conclure en abordant les questions les plus difficiles. Bien que ceux-ci se soient réunis la semaine dernière et n'aient pas réussi à s'entendre, ils demeurent persuadés d'y parvenir avant la fin de 2012. L'Europe réclame, notamment, plus d'accès au marché canadien des fromages. Le Canada offre déjà aux importations plus de 6 % de son marché intérieur du fromage. L'Europe en accapare plus des deux tiers, pour une valeur de 156 millions de dollars en 2011. De son côté, l'Europe laisse moins de 2 % d'accès à son marché intérieur des fromages.

 

« Le Canada n'a pas à faire de concessions agricoles pour obtenir plus d'accès au marché agricole européen, il concède déjà assez dans ce secteur et ailleurs. Surtout si l'on considère l'importance des indications géographiques et des règles d'origine pour des pays comme la France, l'Italie et la Grèce. Les offres du Canada, à cet égard, s'avèrent d'une valeur inestimable pour l'Europe. Il serait donc totalement injustifié que le Canada augmente les contingents d'importation de fromage pour offrir un accès garanti à l'Europe » a ajouté M. Letendre.

 

Le président de la FPLQ a aussi fait valoir que le Canada n'est pas le seul à préserver des secteurs dans les ententes qu'il négocie. Tous les pays ont des secteurs sensibles et stratégiques à protéger quand ils concluent des accords commerciaux. Par exemple, l'Europe interdit l'importation du boeuf traité aux hormones en raison du principe de précaution et maintient un régime de subventions découplées à la production laitière qui peuvent représenter de 40 à 60 % du revenu des producteurs. Les États-Unis, de leur côté, ont exclu complètement leur secteur du sucre du libre-échange avec l'Australie et leur industrie laitière ne veut pas faire de concessions à l'Océanie dans la négociation du Partenariat trans-pacifique. Finalement, la Nouvelle-Zélande interdit l'importation de viande fraîche ou congelée de porc ou de volaille sous des prétextes phytosanitaires et protège son régime public de médicaments de la concurrence.

 

Le libre marché dans le lait, si ça fonctionnait, on le saurait depuis longtemps. Toutes les tentatives d'assurer par la déréglementation un revenu suffisant aux producteurs de lait pour couvrir leurs coûts de production ont échoué, et ce, partout dans le monde. C'est justement pour ça que les producteurs et les gouvernements au Canada ont mis en place la gestion de l'offre. Et un des principes fondamentaux de la gestion de l'offre, c'est d'assurer aux producteurs un juste prix qui couvre leurs coûts de production » a indiqué le président. Il cite l'exemple des producteurs laitiers en Europe, qui, malgré les importantes subventions, traversent leur deuxième crise en l'espace de trois ans, une crise qui accule des milliers d'entre eux à la faillite. Il cite également en exemple les producteurs laitiers de la Californie où, selon le Wall Street Journal, 1 600 fermes laitières parmi les plus grosses et performantes luttent pour leur survie. « Notre secteur est durable et entièrement renouvelable, il faut le rappeler. Il génère déjà, année après année, sans subventions ou investissements gouvernementaux, deux fois plus d'emplois et de retombées fiscales qu'on en aura avec le développement du Nord » a ajouté M. Letendre.

 

Finalement, le président a conclu en précisant les trois principaux défis auxquels, selon lui, l'industrie laitière fait face, soit celui de préserver la gestion de l'offre dans les accords commerciaux, d'assurer un contrôle efficace des frontières face aux importations et de mieux vendre le lait pour satisfaire les marchés, en assurant aux producteurs, mais aussi à toute l'industrie, un juste revenu et des bénéfices. À cet égard, il a lancé un appel à ses partenaires : « Nous avons un urgent besoin de dialogue, de volonté de compromis de part et d'autre, de recherche de solutions gagnantes pour tous au sein de cette industrie. Tous les partenaires doivent être de la solution : les producteurs, les transformateurs, les gouvernements provinciaux et le gouvernement fédéral » a conclu M. Letendre.

 

 À propos de la FPLQ

 

La Fédération des producteurs de lait du Québec représente les 13 500 producteurs et productrices de lait et les 6 200 fermes laitières de la province. Les producteurs québécois livrent annuellement près de 3 milliards de litres de lait dont la vente totalise des recettes à la ferme de plus de 2 milliards de dollars. Le secteur laitier québécois représente plus de 32 % des recettes agricoles de la province et une contribution de plus de 83 000 emplois, 1,27 milliard de dollars de retours en fiscalité et un apport au PIB de 5,4 milliards de dollars dans le secteur de la production et de la transformation.

 

*** Voir Négociations Canada - Europe (Fédération internationale des coalitions pour la diversité culturelle, 6 déc. 2012).

 

Complément d’information

 

AG Apli 120911 001 TSur le site de l’APLI - Association nationale des producteurs de lait indépendants (voir Communiqués), on trouve les Notes pour la préparation de l’allocution du président de la FPLQ, Bruno Letendre, lors de l’ Assemblée générale spéciale - 29 novembre 2012. Extraits.

Je vous avoue que je suis partagé entre la confiance et l’inquiétude. En effet, malgré les importantes retombées économiques du secteur laitier, malgré sa performance soutenue, malgré la stabilité que la gestion de l’offre nous procure, malgré les faits, les résultats qui démontrent la pertinence de notre modèle pour tous les partenaires de la filière, j’ai le sentiment qu’il est plus menacé que jamais.
Et je vais être très franc avec vous, la plus grande menace ne vient pas de l’extérieur, ni des négociations commerciales ou de la concurrence étrangère. Elle vient de l’intérieur. Si on n’y voit pas, on pourrait tout perdre. Nous, les producteurs, mais aussi nos transformateurs, nos fournisseurs, nos gouvernements, nos concitoyens.

Vous le savez, depuis 2008, le monde est plongé dans une crise économique majeure. Une crise dont plusieurs ont beaucoup de mal à sortir, l’Europe et les États-Unis particulièrement.
Le Canada s’en est assez bien tiré jusqu’à maintenant. La demande des pays émergents pour nos ressources naturelles a aidé, mais aussi la règlementation des marchés financiers et bancaires, plus serrée chez nous. Il faut se rappeler que la crise est due principalement à la déréglementation du marché financier et à la cupidité des spéculateurs aux États-Unis. Certains économistes et dirigeants politiques l’ont compris. Ils ont tiré des leçons et ils proposent une certaine réforme du capitalisme, mais plusieurs continuent de proposer plus de libéralisation et de déréglementation des marchés comme solution à cette crise. Comme si on pouvait éteindre un feu en l’arrosant d’essence.
L’agriculture mondiale n’a pas été épargnée par la crise. Plusieurs y voient une situation conjoncturelle, temporaire. On nous prédit même un âge d’or pour l’agriculture et l’agroalimentaire dans les décennies qui viennent, notamment en raison de la croissance démographique et du développement des pays émergents, ce qui ferait augmenter la demande et les prix.
Il ne faudrait pas perdre de vue que le secteur agricole est différent des autres secteurs de l’économie. En particulier pour ceux qui cultivent la terre, pour nous les agriculteurs. Le marché libre ne nous rémunère pas adéquatement (…).

Il est temps qu’on reconnaisse les retombées considérables de notre secteur. Un secteur dynamique, créateur d’emplois, qui contribue à la croissance économique de nos régions, année après année, tout en assurant un juste revenu aux producteurs laitiers, sans subventions pour soutenir notre revenu, ce qui est exceptionnel dans le monde agricole.
Ces faits n’ont pas empêché ces derniers mois des leaders d’opinion, particulièrement dans les médias et dans certains milieux économiques du Canada anglais, de multiplier les attaques contre la gestion de l’offre et de réclamer son démantèlement. Pour le bénéfice de qui ? Pour gagner quoi ?
Franchement, je ne comprends pas, même si venant de certains commentateurs ou de certains « think tanks » aux positions idéologiques, cette position n’est pas surprenante. Mais là où j’ai été extrêmement déçu et préoccupé, c’est en prenant connaissance d’une lettre de l’Association des transformateurs laitiers du Canada, adressée à la mi-novembre aux ministres de l’Agriculture et du Commerce international.
Ce sont nos partenaires. Nous avons besoin d’eux, ils ont besoin de nous. Notre avenir est très intimement lié. Pourtant, ce qu’ils réclament dans cette lettre, sous prétexte de moderniser la gestion de l’offre, conduirait à son effondrement. Ils veulent conserver la stabilité et les garanties d’approvisionnement de la gestion de l’offre pour eux et soumettre les producteurs aux conditions du libre marché pour le prix du lait. Le beurre et l’argent du beurre.
Le libre marché dans le lait, si ça fonctionnait, on le saurait depuis longtemps. Toutes les tentatives d’assurer par la déréglementation un revenu suffisant aux producteurs de lait pour couvrir leurs coûts de production ont échoué. Partout dans le monde!
C’est justement pour ça que les producteurs et les gouvernements au Canada ont mis en place la gestion de l’offre. Et un des principes fondamentaux de la gestion de l’offre, c’est d’assurer aux producteurs un juste prix qui couvre leurs coûts de production.
Il serait temps que certains de nos partenaires regardent cette réalité en face et cessent de rêver de développer les exportations avec du lait bon marché. Nous produisons dans un pays nordique. On a six mois de gel par année. On ne pourra jamais concurrencer les Néo-Zélandais sur les marchés mondiaux. Nous n’avons pas 10 mois de pâturage de qualité par année et une température moyenne de 15°C pour produire du lait à faible coût.
Nous n’avons pas de Fonterra, leur grande coop, avec un quasi-monopole sur l’achat du lait, sur sa transformation et son exportation. Pour avoir son équivalent, il faudrait que le gouvernement légifère pour forcer la fusion de Parmalat, Saputo, Agropur et tous les moyens transformateurs au Canada.
Est-ce qu’il y a quelqu’un dans la salle qui croit que c’est faisable?

Je vais vous donner deux petits exemples de ce qui nous attend si le Canada abandonne la gestion de l’offre.

Nos confrères européens vivent actuellement leur deuxième crise en l’espace de 3 ans, depuis que l’Europe a mis fin à son système de prix administrés et qu’elle laisse les prix mondiaux et les transformateurs fixer les prix d’achat du lait des producteurs. En 2008 et 2009, les producteurs ont jeté des milliers de litres de lait à cause de la baisse brutale de leurs prix. Malgré les subventions de la Politique agricole commune, qui peuvent représenter plus de 40 % de leur revenu (selon un rapport spécial de la Cour des comptes européenne publié en 2009), des milliers d’entre eux ont été acculés à la faillite. Lire la suite...

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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 17:53

Changer le système européen de gestion de la filière laitière

 

AG Apli 120911 001 TL’Association nationale des producteurs de lait indépendants (Apli) voit son action aboutir à un résultat concret*, après « Trois ans de combats, des heures et des heures d’investissements, des documents et des propositions remis autant de fois que possible à des centaines de politiques. Pendant ce temps, l’Europe a perdu 157 000 producteurs ».

  * Voir Lait : nouveau système de régulation étudié au ministère de l'agriculture - 12 décembre 2012

 

AG Office du lait Avranches 221111 005 TC’est son président, André Lefranc, qui l’écrit dans le communiqué de presse publié le 22 décembre 2012. Voir Communiques

 

CHANGER LE SYSTEME ! L’APLI creuse son sillon

 

Ce 5 Décembre, les organisations professionnelles, syndicales mais aussi l’APLI Nationale ont participé à la première des réunions de travail organisées par le ministère de l’agriculture. Autour de la table, la FNSEA, FNPL, FNCL, JA, Confédération Paysanne, Coordination rurale, France Agrimer, Chambre d’Agriculture et l’APLI ont découvert la base du travail proposée par la DGPAAT. La direction de l’agriculture se donne pour objectif de développer un projet gratuit et innovant pour l’Europe, projet s’articulant autour de trois axes ; un système de régulation de la production, un observatoire européen et la contractualisation. Notre ministre de l’agriculture défendra près des pays européens l’intérêt d’un tel plan pour les producteurs européens.

« Un paquebot qui doit changer de direction » selon les termes de l’APLI ; « CHANGER LE SYSTEME » pour le ministère...Nous avons entendu une proposition qui va dans le bon sens. Nous ne pouvons que féliciter les décideurs d’avoir pris le bon chemin. Le travail est encore long mais nous ne manquerons pas d’arguments, de documents pour étoffer cette proposition. A nous tous de continuer à travailler et de convaincre un maximum d’acteurs de la filière et de responsables politiques pour que tout ce travail aboutisse dès 2015.

 

En attendant le massacre continue avec des coûts de productions exorbitants un prix du lait indicatif déconnecté du marché et de plus non respecté par certains industriels. Malgré ces prix non rémunérateurs pour les producteurs, des industriels coopératifs envisagent toujours de nourrir le monde en développant la production de produits industriels (tour de séchage) au détriment de la souveraineté alimentaire de ces pays. Résultat de plus en plus de paysans et d’humains crèvent de faim !!! Chercher l’erreur !!!

 

FMB : Les OP transversales c’est fait et reconnu !…**

Le 11 décembre 2012, la commission nationale technique (CNT) a donné un avis favorable pour l’agrément de dix premières organisations de producteurs laitiers (OP). Parmi elles, France Milkboard Sud Ouest et France Milkboard Grand Ouest, deux OP transversales, regroupant tous les producteurs à l’échelle du bassin ont été validées. Autrement dit nos efforts et nos convictions commencent à voir le jour.

Dès le printemps 2013, nous demanderons également un agrément d’OP transversale pour les autres bassins à condition que vous producteurs soyez convaincus de l’importance de ces OP indépendantes.

Vous pouvez toujours signer dans les OP FMB reconnues même si vous vous au préalable engagé dans une OP non validée actuellement (Par exemple OP Bongrain).

 

Notre combat est juste et incontournable. De plus en plus, nos idées sont reprises, alors soyez acteurs pour votre avenir et arrêtez de subir. Les avancées sont là !!! Le changement de système ne se fera que si vous êtes vous-même déterminés … 2012 année du changement … 2013 année des résultats : C.V.O, FAIREFRANCE, FMB par bassin…

 

** Voir Paul de Montvalon, paysan, président : fédérer les producteurs de lait - 2 janvier 2012 

 

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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 21:37

La commission européenne admet les carences des études OGM

 

C’est un signal positif qu’a donné le directeur général de la santé et de la protection des consommateurs de l’Union européenne à Bruxelles. Des financements vont être mobilisés afin de réaliser une étude de deux ans sur l’ingestion de maïs OGM par des rats.

Par déduction, on peut en conclure que c’est une conséquence de l’étude controversée du professeur Séralini (voir Maïs OGM pouvant nuire à la santé : Arthur Riedacker élargit le débat - 27 septembre 2012).

 

Un journal américain a révélé cette décision discrète de la Commission européenne. Rachel Mulot, journaliste Sciences et Avenir, a porté cette information le 18 décembre 2012 à la connaissance des lecteurs du site du Nouvel Observateur. 

OGM: après Séralini, l’Europe va mener des études à deux ans

La Commission reconnaît la nécessité de mener des études sur la vie entière de rats nourris avec des OGM. Elle cherche les crédits nécessaires. Un tournant après l’étude controversée du Professeur Séralini.

À Bruxelles, le patron de la DG Sanco (Direction générale de la santé et de la protection des consommateurs) Ladislav Miko a annoncé discrètement la semaine dernière que la Commission Européenne essayait de réunir un budget pour mener une étude à long terme de deux ans sur les OGM. C’est ce que révèle un article du Journal EU Food Policy en date du 17 décembre. Cette décision fait suite à l’étude controversée sur des rats conduite par le Professeur Gilles-Eric Séralini, de l’Université de Caen. Ce dernier a été entendu le 14 décembre dernier par la Commission Européenne.

Pour le moment, Bruxelles n’a pas été plus précise sur le protocole de l’étude qu’elle chercherait à lancer. Il semblerait toutefois que la Commission envisage de tester un maïs différent de celui testé par le Pr Séralini, le Monsanto 810. Contrairement au NK 603, il n’est pas tolérant à un herbicide, mais sécrète son propre pesticide pour résister à ses prédateurs.

L’Europe reconnaît in fine la nécessité de mener des études à vie entière sur des animaux nourris aux OGM

Cette décision hérissera sans doute bien des industriels mais aussi des experts actuellement chargés de l’évaluation des plantes génétiquement modifiée, notamment ceux de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa).

Cette dernière a longtemps défendu l'idée que les études d’évaluation à trois mois suffisaient pour autoriser la mise des OGM sur le marché. Et son autorité faisait foi, malgré un questionnement croissant des ONG et de la société civile… En cherchant aujourd’hui à financer une telle expérience, l’Europe reconnaît in fine la nécessité de mener des études à vie entière sur des animaux nourris aux OGM.

Pour comprendre cette petite révolution, on peut se plonger dans la dernière enquête de Sciences et Avenir (notre article "OGM et santé, ce que disent vraiment les études" dans le magazine qui sort jeudi). Elle montre que les études sur la santé humaine sont inexistantes mais aussi que les évaluations actuelles laissent à désirer. Elle précise enfin les biais qui animent chacun des acteurs de ce dossier violemment controversé.

Pour le moment, les anti-OGM savourent ce qu’ils veulent voir comme une victoire : « Je me réjouis que la Commission fasse preuve de sens des responsabilités et admette enfin la nécessité de mener des études sur deux ans pour étudier les effets à long terme des OGM », a ainsi commenté illico la députée européenne Corinne Lepage, cofondatrice du Crii-gen avec le Pr Séralini. « Une telle étude devrait cependant chercher à répéter l'étude du Pr Séralini et être menée sur le même maïs NK603 et sur l'herbicide Roundup. Le protocole de cette étude devra en tout cas être élaboré de manière transparente, ouverte, et avec participation de la société civile. » À suivre.  

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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 18:27

Les effets de l’ultralibéralisme au niveau de la société ?

 

Le projet de loi adopté par le gouvernement lors du Conseil des ministres du 07 novembre 2012

(Voir Mariage des couples de personnes de même sexe) sera présenté au parlement en janvier.

 

La garde des sceaux, ministre de la justice, a présenté un projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe. Ce texte, fondé sur une recherche de l’effectivité du principe d’égalité, permet aux couples de même sexe de se marier. Par conséquent, il ouvre également aux personnes de même sexe mariées la voie de l’adoption, que ce soit l’adoption conjointe d’un enfant par les deux époux ou l’adoption de l’enfant du conjoint.

Il permet la célébration d’un mariage entre deux personnes de même sexe résidant en France et la reconnaissance en France des mariages entre deux personnes du même sexe célébrés à l’étranger avant l’entrée en vigueur de la loi.

Le projet de loi ne modifie pas le régime juridique actuel du mariage ou de la filiation adoptive : il ouvre l’institution du mariage avec ses droits et devoirs aux personnes de même sexe. Il comprend néanmoins des dispositions d’adaptation, notamment pour la détermination du nom de l’enfant adopté, la règle actuelle, prévoyant l’attribution du nom du père à défaut de choix fait par les parents, n’étant plus adaptée dans le cas d’un couple de même sexe.

Le texte prévoit également de nombreuses dispositions de coordination dans les différents codes. Lorsque cela est strictement nécessaire, les mots « père et mère » sont remplacés par le mot « parent » et les mots « mari et femme » par le mot « époux ». Ces modifications ne sont pas systématiques. En outre, elles ne concernent pas les actes d’état civil et le livret de famille, dont la forme n’est pas régie par la loi. Ces actes, ainsi que le livret de famille continueront à utiliser les termes de « père et mère » dès lors qu’il s’agira de couples de personnes de sexe différent.

 

Le Kremlin-Bicêtre CN 22 03 09 014Christine Meyer, conseillère municipale de Nantes et conseillère régionale MRC des Pays de la Loire, avait exprimé des doutes sur l’opportunité de ce projet de loi. Voir Mariage pour tous : Christine Meyer n'est pas favorable au projet de loi - 27 novembre 2012.

 

Le quotidien Le Figaro a publié ce 26 décembre plusieurs articles à ce sujet, dont un entretien de Anne Rovan avec Christine Meyer.

 

LE FIGARO. - Vous êtes opposée au mariage homosexuel. Dans quel état d'esprit êtes-vous au juste vis-à-vis de ce projet?

Christine MEYER. - Je suis sceptique. Je n'ai aucun engagement religieux, mais je m'interroge sur le sens de cette revendication en faveur du mariage homosexuel.

 

Qu'est ce qui vous gêne dans le projet de loi?

Il faut d'abord être au clair sur ce qu'est le mariage. Il s'agit d'une institution destinée à assurer la filiation, à partir d'une procréation entre deux sexes. On peut bien entendu critiquer cette institution. Ce qui est d'ailleurs le cas depuis des siècles. Mais on ne peut pas demander à ­cette institution d'être ce qu'elle n'est pas, à savoir un contrat entre deux individus, contrat fondé sur l'amour ou l'inclination sexuelle. Même si ces affirmations peuvent paraître un peu dures, elles permettent d'éclairer le débat. On voudrait que le mariage devienne la reconnaissance par l'État d'un lien affectif entre deux individus, quel que soit leur sexe. À ce titre, pourquoi s'en tenir à une relation entre deux individus? Après tout, un individu peut sincèrement et authentiquement aimer deux ou trois personnes de sexe identique ou différent. Pourquoi alors ne pas les marier aussi? Selon moi, l'État n'a pas à valider ou non une relation privée. Cela reviendrait à considérer les désirs comme des droits individuels que les institutions doivent satisfaire. Or, en tant que femme de gauche, je fais un lien entre le libéralisme économique qui vise à supprimer toute norme ou règle faisant obstacle à la circulation généralisée des marchandises et la libération infinie des désirs qui elle aussi refuse toute norme ou obstacle.

 

La «libération infinie des désirs», est-ce aussi permettre à des couples de même sexe d'avoir des enfants par la PMA?

C'est une des conséquences possibles. Nous voyons d'ores et déjà apparaître cette revendication. J'y suis catégoriquement opposée. Avec la procréation médicalement assistée, on entre dans une conception totalement prométhéenne de l'homme - «maître et possesseur de la nature» -, qui produit des enfants selon ses désirs, à partir des pouvoirs de la technique. De ce point de vue, je m'étonne que les courants écologistes, si respectueux de la nature, soient le fer de lance d'une revendication qui renvoie à une figure de l'homme qu'ils ne cessent de dénoncer.

 

Et l'adoption par les couples homosexuels?

J'y serais plutôt favorable, parce que je dénonce à la fois l'hypocrisie actuelle et la rupture du principe d'égalité républicaine. Si les célibataires ont la possibilité d'adopter, pourquoi alors les célibataires homosexuels vivant en couple ne pourraient-ils pas le faire?

 

Ces positions sont-elles difficiles à tenir dans votre parti?

Que les choses soient claires: si je m'exprime sur ce sujet, c'est à titre personnel. Pour le moment, le MRC n'a pas pris de position. Il le fera en janvier. Les avis sont partagés au sein du mouvement. Mais je m'honore que mon parti ait engagé la réflexion, un débat sans tabou, et qu'il laisse s'exprimer les différents points de vue.

 

Les débats ont-ils été suffisants sur le sujet?

Franchement, non. J'aimerais que la parole soit plus libre et que l'on ne s'enferme pas dans le clivage réactionnaire-progressistes. Il y a, chez nos concitoyens, une véritable attente d'argumentation non passionnelle.

 

Dans la matinée, France Inter a demandé à Christine Meyer d’intervenir au cours du journal de 13h. Vous pouvez (ré)écoutez cette émission sur France Inter (Journal de 13h le 26 décembre 2012, à partir de 13')

 

Cet article est le 56ème paru sur ce blog dans la catégorie République Parlement.

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25 décembre 2012 2 25 /12 /décembre /2012 23:44

Des raisons de continuer la lutte avec détermination

 

La confédération européenne des organisations de producteurs de lait (European Milk Board: EMB), dont font partie, en France, l’Association nationale des producteurs de lait indépendants (APLI) et l’Organisation des producteurs de lait (rattachée à la Coordination rurale), avait organisé une manifestation des producteurs de lait européens les 26 et 27 novembre 2012 à Bruxelles (voir Les producteurs de lait européens ont manifesté deux jours à Bruxelles - 30 novembre 2012). 

 

AG Apli 120911 001 TSon comité directeur a fait part de son optimisme dans une déclaration faisant office d’éditorial de son Bulletin EMB décembre en ligne :

 

Pour le European Milk Board, cette année intense et passionnante touche bientôt à sa fin. C'est l'occasion pour le Comité directeur de tirer le bilan et d'oser un coup d'œil prudent sur l'avenir. Mais une chose est déjà claire : il y a du mouvement dans la politique européenne et dans la coopération entre les producteurs laitiers - peut-être plus que les producteurs seuls en ont parfois l'impression. L'EMB a donné des impulsions majeures à ces changements.

L'année de crise 2012

Pour les producteurs laitiers, l'année 2012 entrera dans l'histoire comme la deuxième année de crise depuis 2009. En début de l'année, le prix du lait s'effondra partout en Europe. L'augmentation des coûts de quasi tous les moyens de production a encore aggravé la situation.

Un changement de paradigme à l'horizon

La deuxième crise laitière en seulement trois ans a poussé quelques gouvernements de l'UE à changer leur manière de penser. Dans plusieurs initiatives, la Pologne, l'Espagne, le Portugal et la Lituanie ont appelé à une intervention sur le marché, afin d'apporter un soutien aux prix du lait, catastrophiques. La pensée selon laquelle la main invisible du marché peut tout régler fait place à la conviction que la politique doit fournir un minimum de règles pour le marché. Cette évolution fut soulignée par la proposition du rapporteur Michel Dantin d'instaurer, en tant qu'instrument de crise, un système de réduction volontaire de la production. Dans leurs prises position sur la réforme de la PAC, certains députés européens se sont même prononcés en faveur d'une prolongation des quotas jusqu'en 2020.

Le paquet lait est insuffisant

Le paquet lait, sujet de discussions intenses durant plusieurs mois, a paru soudain insuffisant à de nombreux politiques. Dommage qu'ils se sont rendus compte aussi tard. L'EMB avait, depuis longtemps et de façon répétée, signalé ces lacunes.

Une panoplie d'actions de l'EMB en 2012

Avec toute une série de petites et de grandes actions, l'EMB a attiré l'attention sur la situation intenable que connaissent les producteurs laitiers. En juillet, par exemple, un lac débordant de lait avait été dressé devant le Parlement européen. L'EMB avait également soutenu le Good Food March à Bruxelles, en collaboration avec de nombreuses ONG. La conférence de clôture au Parlement de l'UE constitua une manifestation impressionnante en faveur d'une nouvelle PAC.

Et, finalement, les 26 et 27 novembre, 1000 tracteurs et 3000 producteurs et productrices de lait s'étaient rassemblés devant le Parlement européen. Ils aspergèrent de lait les bâtiments du Parlement dans lesquels s'étaient réunis les décideurs politiques. Leur devise : le marché du lait est encore toujours en flammes et, pour éteindre ce feu, le lait est moins cher que l'eau. Lors de la deuxième journée de l'événement, les manifestants commémorèrent, lors d'une action riche en émotions, les exploitations ayant dû cesser leur production au courant des trois dernières années. Pendant toutes ces actions, nous avons, à chaque fois, souligné notre revendication pour l'instauration d'une agence de surveillance avec une régulation flexible de l'offre. L'objectif : un prix du lait rémunérateur pour les producteurs.

Le Commissaire Ciolos annonce des mesures

Le 27 novembre, deuxième jour de la grande manifestation, le Commissaire à l'agriculture Ciolos s'est adressé aux producteurs. Il constata clairement que le paquet lait entré en vigueur récemment ne suffit pas pour résoudre les problèmes du marché laitier. Il annonça de nouvelles propositions pour 2013, avec le but de stabiliser les prix du lait et d'enfin offrir aux producteurs une perspective. Il ajouta qu'il est cependant difficile de répondre à toutes les attentes. Il appela également l'EMB à présenter des propositions.

Nous sommes sur le bon chemin - il faut continuer la lutte avec vigueur

Les politiques semblent enfin avoir compris que les marchés ne fonctionnent pas tout seuls. Il s'agit maintenant de faire valoir aux lieux stratégiques les propositions réfléchies de l'EMB.

Mais, en vue de cette ouverture apparente, il convient de rester attentif. L'industrie et ses alliés des grands syndicats s'alarment déjà. Ils mettront tout en œuvre pour éviter des prix du lait rémunérateurs et les mesures nécessaires à cet effet, notamment l'ajustement des volumes aux besoins du marché. Mais malgré toutes les difficultés, les producteurs de lait de l'EMB sont sur la bonne voie. Continuons dans cette direction, ça vaut la peine ! 

De tout cœur, nous vous souhaitons un joyeux Noël et une bonne année 2013. 

 

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 23:32

Le sage qui ne voit pas d’autre politique possible

 

J’ai rendu compte de la partie officielle du congrès du Mouvement Républicain et Citoyen, qui s’est déroulée dimanche16 décembre 2012, en matinée, dans la salle du Tapis rouge, face à la mairie du 10ème arrondissement de Paris.

 

La motion d’orientation (voir Le MRC, une boussole républicaine pour la gauche et pour la France) a été adoptée à l’unanimité. Vous la retrouvez dans ces 5 articles (introduction et 4 parties) :

Congrès MRC 2012 : la motion d'orientation a été adoptée à l'unanimité - 17 déc. 2012

Congrès MRC 2012 : du CERES, à l'intérieur du PS, au MRC, allié du PS - 19 déc. 2012

Congrès MRC 2012 : les fondamentaux républicains, logiciel du MRC - 19 déc. 2012 

Congrès MRC 2012 : la gauche a besoin d'une refondation républicaine - 20 déc. 2012 

Congrès MRC 2012 : développer le MRC par une action du faible au fort - 20 déc. 2012 

 

Les interventions de Jean-Pierre Chevènement, président d’honneur, et du président Jean-Luc Laurent ont clos, en fin de matinée, le congrès. Voir :

Congrès MRC 2012 : les encouragements de Jean-Pierre Chevènement - 21 déc. 2012

Congrès MRC 2012 : le président JL Laurent, réélu, avec une équipe - 21 déc. 2012

 

Parmi les nombreuses interventions des délégués (une quarantaine) samedi 15 décembre (dont la mienne - voir Congrès MRC 2012 : intervention de Michel Sorin, délégué du MRC 53 - 22 décembre 2012), celles des représentants du Territoire de Belfort (MRC 90) - Maurice Schwartz, Bastien Faudot et Christian Proust - méritent d’être soulignées, notamment celle de ce dernier.

 

Pourquoi souligner le rôle de Christian Proust ? Parce que le Mouvement Républicain et Citoyen - dans le département du Territoire de Belfort, terre d’élection de Jean-Pierre Chevènement- a connu de vives secousses après les élections législatives de juin 2012.

Le maire de Belfort, Etienne Butzbach, qui avait été candidat MRC dans le cadre de l’accord politique et électoral avec le PS, a quitté le MRC au cours de l’été, afin de rejoindre le PS.

Le sénateur du Territoire de Belfort, Jean-Pierre Chevènement, qui avait proposé à Etienne Butzbach le fauteuil de maire de Belfort en 2007, déplorant cette décision de son successeur à la mairie de Belfort, avait exprimé sa volonté de ne pas laisser détruire 35 ans d’action politique et annoncé la restructuration du MRC dans le département.

 

Congres-MRC-2012-Paris-15-et-16-12-12-019-T.jpgChristian Proust aux avant-postes du MRC

 

Lors de l’université d’été du MRC, les 15 et 16 septembre 2012 à Belfort, il était clair que la reconstruction était dans les mains de Christian Proust, conseiller général depuis 1979 et président du Département de 1982 à 2004 (voir JP Cossin, B Moschetto et C Proust à l'université d'été MRC à Belfort - 23 septembre 2012). 

 

Le 15 décembre, au congrès MRC de Paris, Christian Proust s’est affirmé, apportant son expérience d’élu et de militant politique pendant de nombreuses années au côté de Jean-Pierre Chevènement. Il a présidé la séance officielle dimanche matin 16 décembre.

 

Voici le résumé de son intervention samedi après-midi, alors que la séance était présidée par Bastien Faudot.

 

Christian Proust a voulu calmer certaines critiques du type « Nous soutenons une politique dont on sait qu’elle va échouer », demandant aux délégués : quelle autre politique possible - on ne va pas rejoindre le Front de gauche ou hurler avec les loups ? Il n’y a pas d’alternative.

Nous soutenons le gouvernement parce que c’est la seule façon d’agir dans la durée. François Hollande n’est pas responsable de la crise. Avec l’Allemagne, c’est une guerre économique. La compétition avec l’Allemagne est à la base du rapport Gallois. Les ouvriers d’aujourd’hui sont les « poilus » d’hier.

Notre position n’est pas facile. Le rôle du MRC est d’être fidèle à ses idées, ce qui ne nous interdit pas d’exercer notre esprit critique, comme Jean-Pierre Chevènement, qui peut apporter son meilleur soutien au gouvernement et l’attaque la plus acérée. Etre un peu plus critiques, oui sans basculer dans l’irresponsabilité. Les prochaines élections seront très difficiles pour la gauche. Le PS aura besoin de nous. Nous avons une carte à jouer. A Belfort, nous devons rester pour assurer la victoire de la gauche.

 

Cet article est le 126ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.

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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 19:08

Faire du MRC une force citoyenne et républicaine

 

J’ai rendu compte de la partie officielle du congrès du Mouvement Républicain et Citoyen, qui s’est déroulée dimanche16 décembre 2012, en matinée, dans la salle du Tapis rouge, face à la mairie du 10ème arrondissement de Paris.

 

La motion d’orientation (voir Le MRC, une boussole républicaine pour la gauche et pour la France) a été adoptée à l’unanimité. Vous la retrouvez dans ces 5 articles (introduction et 4 parties) :

Congrès MRC 2012 : la motion d'orientation a été adoptée à l'unanimité - 17 déc. 2012

Congrès MRC 2012 : du CERES, à l'intérieur du PS, au MRC, allié du PS - 19 déc. 2012

Congrès MRC 2012 : les fondamentaux républicains, logiciel du MRC - 19 déc. 2012 

Congrès MRC 2012 : la gauche a besoin d'une refondation républicaine - 20 déc. 2012 

Congrès MRC 2012 : développer le MRC par une action du faible au fort - 20 déc. 2012 

 

Les interventions de Jean-Pierre Chevènement, président d’honneur, et du président Jean-Luc Laurent ont clos, en fin de matinée, le congrès. Voir :

Congrès MRC 2012 : les encouragements de Jean-Pierre Chevènement - 21 déc. 2012

Congrès MRC 2012 : le président JL Laurent, réélu, avec une équipe - 21 déc. 2012 

 

Cette partie (matinée du 16 décembre) était ouverte à la presse et aux invités des autres partis de gauche qui composent la majorité présidentielle (le PCF était représenté, mais pas le PG). Les grands organes de presse continuent de ne pas s’intéresser au MRC, y compris quand il réunit son congrès, ce qui arrive tous les deux ans. C’est un fait.

 

Samedi 15 décembre, pendant que la commission des résolutions examinait les amendements et en intégrait beaucoup dans le texte de motion, une quarantaine de délégués se succédait toute la journée au micro sur le tapis rouge.

 

Mon intervention a pris en compte ce qui s’était passé lors de la dernière réunion du secrétariat national, avant le congrès, le 12 décembre. J’avais exprimé le regret de constater le manque de dispositions dans notre organisation visant à développer le MRC à la base, dans les départements où il est peu implanté.

N’étant pas suivi au secrétariat sur ce point, j’ai indiqué que je n’étais pas certain de vouloir continuer d’être membre du secrétariat national dans ces conditions (je l’étais depuis le congrès 2008, sur les questions agricoles, à la demande de Jean-Pierre Chevènement, puis seulement membre du secrétariat élargi, sans affectation, en 2010, après avoir présenté au congrès une contribution au débat demandant un changement de gouvernance).

Je n’ai eu aucune surprise quand, le 16 décembre, j’ai vu que mon nom ne figurait pas parmi ceux qui étaient retenus par Jean-Luc Laurent pour composer le secrétariat national jusqu’au prochain congrès (voir Congrès de Paris : le nouveau Secrétariat national élu).

 

Congres-MRC-2012-Paris-15-et-16-12-12-007-T.jpg

Intervention de Michel Sorin, délégué de la Mayenne (MRC 53)

 

Je m’exprime ici au nom du MRC 53, au nom des quelques militants de la Mayenne qui se reconnaissent dans le Mouvement Républicain et Citoyen et dans le blog du MRC 53.

 

Ce blog s’adresse, en priorité, aux militants MRC et aux républicains de gauche mais pas seulement. Y sont abordés divers thèmes liés à l’actualité et proches de nos centres d’intérêt. Plus de 2 300 articles de fond ont été publiés depuis 2006. Le blog a de nombreux lecteurs au niveau national et un peu au-delà.

 

Le MRC 53, ce sont d’anciens militants PS qui ont quitté ce parti en 2001 parce qu’il s’éloignait des milieux populaires et ne combattait pas les politiques néolibérales.

 

Aujourd’hui, les orientations du MRC nous conviennent et nous souhaitons convaincre des citoyens de nous rejoindre, ce qui est difficile dans notre département mais, après dix ans de mise en quarantaine, devrait être possible.

 

La partie finale de la motion, intitulée « Le MRC pour quoi faire ? », pose de bonnes questions mais il manque un fil conducteur qui serait celui de notre action sur le terrain.

Nous voulons le rassemblement des républicains progressistes mobilisés pour le redressement du pays, ce que nous appelons « l’alliance des productifs ».

Mais comment nous faire entendre de celles et ceux qui partagent cet objectif ? Notre Mouvement doit se mobiliser pour y parvenir.

 

Le MRC, c’est trois mots qui ont chacun leur importance et aucun ne doit faire défaut : Mouvement, Républicain, Citoyen. Pour que notre parti soit en mouvement, il faut qu’il marche sur ses deux jambes : la République et les citoyens.

 

Républicains, nous le sommes. Il manque les groupes de citoyens, les réflexions politiques décentralisées qui inciteront des citoyens à se mobiliser avec nous pour la République et le redressement national. Il manque les troupes de citoyens républicains.

 

Lors de notre réunion du secrétariat national élargi, mercredi dernier, j’ai regretté le manque de propositions concrètes en direction des citoyens. L’une des participantes (elle se reconnaîtra) m’a dit, à l’issue de la réunion « Fais une proposition concrète ». J’en ai une.

 

Je propose de donner une dimension nationale à l’association CiViQ (Citoyenneté et Vie Quotidienne) que nous avons créée en Mayenne en 2002, en modifiant quelques points des statuts.

 

Le haut ayant besoin du bas pour se mettre en mouvement, et inversement, nous favoriserons le débat sur le redressement national en créant des groupes locaux et départementaux de réflexion politique.

 

Je demande au congrès de soutenir cette proposition qui consiste à créer des groupes de citoyens mobilisés pour le redressement du pays (groupes CiViQ ou de salut public).

 

Je vous demande, à vous délégués et responsables MRC dans les départements et régions, d’accueillir favorablement cette initiative et de la relayer quand je vous transmettrai des propositions concrètes.

 

Par avance, je vous en remercie et vous remercie de votre attention.

 

Cet article est le 125ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.

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