Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
  • Contact

Texte libre

Recherche

Courriel

 

 

 

 

Articles Récents

5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 16:13

Objectif : revitaliser la démocratie politique

 

C’était le 9 novembre 2012, à l’Elysée. Lionel Jospin remettait le rapport de la Commission de la rénovation et de la déontologie de la vie publique. Voir Le rapport Jospin : 35 propositions pour un renouveau - Michel Sorin - 12 novembre 2012.

Quelles seront les propositions qui seront retenues par le président de la République ?

Affaire à suivre. Dans l’immédiat, remettons-nous en mémoire ces 35 idées de changement dans le fonctionnement du système politique national, avec l’aide de :

- La Lettre du CÉAS de la Mayenne (n° 288 - décembre 2012) - voir le résumé, ci-après,

- Rapport de la commission Jospin : les 35 propositions (L’Express, 9 novembre 2012) - voir la liste des 35 propositions.

 

Rapport Jospin : des idées pour le changement

 

Le 9 novembre 2012, Lionel Jospin a remis au président de la République un rapport de 130 pages émanant de la Commission de la rénovation et de la déontologie de la vie publique (CRDVP). Riche de 35 propositions, intitulé « Pour un renouveau démocratique », ce rapport, produit par l’ancien Premier ministre (1997-2002) et 13 autres membres, pourrait provoquer de nombreux bouleversements dans la vie politique française.

Une idée revient assez souvent : donner plus de pouvoir aux électeurs. Cela passerait par une réforme des différents scrutins :

1)       Election présidentielle : il est proposé de supprimer le système actuel de parrainage par les élus pour passer à un parrainage citoyen. Pour résumer, les 500 signatures d’élus seraient remplacées par 150 000 signatures d’électeurs (0,33 % du total des inscrits sur les listes électorales).

2)       Elections sénatoriales : il est proposé d’élargir le mode d’élection au scrutin proportionnel. Actuellement, cela concerne les départements disposant de 4 sièges ou plus (52 % des sénateurs). Dans le projet, cela concernerait les départements disposant de 3 sièges ou plus (73 % des sénateurs).

3)       Elections législatives : l’application de la proportionnelle se ferait dans l’isoloir, chaque électeur ayant deux enveloppes (une pour son représentant local, une pour son représentant national). Les députés élus à la proportionnelle disposeraient de 58 sièges à l’Assemblée nationale, ce qui pourrait offrir une plus grande diversité de partis dans la répartition des sièges et, surtout, cela obligerait les candidats à faire un choix entre se présenter localement ou nationalement.

Parmi les autres propositions, figure la limitation du cumul des mandats pour les parlementaires. La Commission considère qu’un élu politique ne peut être au Parlement et avoir des responsabilités locales. Il ne serait pas interdit à un parlementaire d’exercer un mandat localement à condition de ne pas dépasser le statut de conseiller (municipal, communautaire, départemental ou régional).

 

Une représentation politique rénovée

Une élection présidentielle modernisée

1. Instaurer un parrainage des candidats à l'élection présidentielle par les citoyens

2. Modifier les modalités de calcul du remboursement public.  

3. Substituer la règle de l'équité à celle de l'égalité pour les temps de parole des candidats pendant la période "intermédiaire". 

4. Fixer à 20h la fermeture des bureaux de vote sur l'ensemble du territoire métropolitain. 

5. Avancer dans l'année la tenue de l'élection présidentielle et des élections législatives. 

6. Réduire le délai entre l'élection présidentielle et les élections législatives. 

Un parlement plus représentatif

7. Introduire une part de proportionnelle pour l'élection des députés

8. Réformer les modalités de l'élection des députés représentant les Français de l'étranger.

9. Éviter les seconds tours à un seul candidat dans le cadre du scrutin majoritaire.  

10. Assurer une représentation plus juste des collectivités territoriales au Sénat par une pondération des voix des grands électeurs et retirer les députés du collège électoral. 

11. Étendre le recours au scrutin proportionnel pour l'élection des sénateurs.  

12. Abaisser à 18 ans l'âge minimal d'éligibilité au Sénat.  

13. Compléter les effets de l'extension de la proportionnelle sur le respect de la parité en renforçant le dispositif de modulation des aides financières aux partis politiques.  

Un exercice des responsabilités exemplaire

Une rupture avec la pratique du cumul des mandats

14. Interdire le cumul de fonctions ministérielles avec l'exercice de tout mandat local. 

15. Rendre incompatible le mandat de parlementaire avec tout mandat électif autre qu'un mandat local simple à compter des prochaines élections locales. 

Un statut juridictionnel du chef de l’Etat et des ministres plus respectueux des principes d’égalité

16. Mieux affirmer le caractère politique de la procédure de destitution du président de la République.  

17. Mettre fin à l'inviolabilité du Président de la République en matière pénale.  

18. Mettre fin à l'inviolabilité du président de la République en matière civile.  

19. Supprimer la Cour de justice de la République

Une stratégie globale de prévention des conflits d’intérêts

20. Renforcer le régime des incompatibilités pour les membres du gouvernement. 

21. Prévoir pour les membres du gouvernement une obligation légale de souscrire une déclaration d'intérêts et d'activités. 

22. Prévoir pour les membres du gouvernement une obligation légale de donner un mandat de gestion de leur patrimoine mobilier. 

23. Étendre aux ministres le contrôle des départs vers le secteur privé et vers certains organismes publics et incriminer la prise illégale d'intérêts à l'issue des fonctions gouvernementales. 

24. Étendre aux collaborateurs du président de la République et aux membres des cabinets ministériels les règles d'incompatibilité applicables aux agents publics. 

25. Prévoir pour les collaborateurs du président de la République et pour les membres des cabinets ministériels une obligation légale de souscrire une déclaration d'intérêts et d'activités.  

26. Prévoir une obligation légale de souscrire une déclaration d'intérêts et d'activités pour les titulaires d'emplois supérieurs de l'État particulièrement exposés au risque de conflit d'intérêts. 

27. Améliorer l'efficacité du contrôle relevant actuellement de la Commission de déontologie de la fonction publique: modifier les conditions de saisine d'office et étendre le champ du contrôle aux départs vers tous les organismes publics exerçant une activité économique. 

28. Harmoniser et renforcer le régime des déclarations d'intérêts et d'activités applicable aux membres des collèges et responsables des autorités administratives indépendantes. 

29. Étendre aux départs vers tous les organismes publics exerçant une activité économique le champ du contrôle relevant actuellement de la Commission de déontologie de la fonction publique pour les membres des collèges et responsables des autorités administratives indépendantes. 

30. Prévoir une obligation légale de déclaration d'intérêts et d'activités pour les parlementaires. 

31. Renforcer le régime des incompatibilités professionnelles applicable aux parlementaires.  

32. Supprimer la catégorie des membres de droit du Conseil constitutionnel et interdire l'exercice de toute activité de conseil à ses membres. 

33. Créer une Autorité de déontologie de la vie publique. 

34. Confier à l'Autorité de déontologie de la vie publique un rôlede validation des règles de bonne conduite applicables aux représentants d'intérêts. 

35. Mettre en place un dispositif ouvert d'"alerte éthique". 

Cet article est le 52ème paru sur ce blog dans la catégorie République Parlement.

Repost 0
Published by Michel SORIN - dans République Parlement
commenter cet article
4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 22:04

Adoption du texte, prévue au premier trimestre 2013

 

Nous en étions restés au texte déposé au Sénat par le gouvernement (voir Projet de loi relatif aux élections locales : la réorganisation est profonde - 28 novembre 2012).

 

Dans La Lettre du CÉAS de la Mayenne (n° 288 – décembre 2012), il y a des précisions importantes.

 

Collectivités territoriales : vers des bouleversements dans les élections locales. Scrutin de liste aux municipales à partir de 1 000 habitants ?

 

Fin novembre 2012, le gouvernement a déposé au Sénat un projet de loi relatif à l’élection des conseillers départementaux, des conseillers municipaux et des délégués communautaires, et modifiant le calendrier électoral. Ce texte dit être débattu au premier trimestre 2013. En cas d’adoption, le contenu serait susceptible de bouleverser le fonctionnement de nos collectivités et établissements publics.

 

D’ores et déjà, le conseiller territorial, qui devait siéger, à partir de 2014, à la fois au conseil régional et au conseil général, fait l’objet d’une abrogation. Indépendamment de cette décision, voici les principales mesures proposées dans le projet de loi :

 

1)       Le conseil général deviendrait conseil départemental et les conseillers généraux, des conseillers départementaux. Ce serait beaucoup plus lisible !

 

2)       On procèderait à l’élection de deux conseillers départementaux (binôme femme-homme) par canton au scrutin binominal majoritaire à deux tours. On conserverait ainsi l’ancrage territorial des élus et on obtiendrait la parité femmes-hommes.

Chacun des candidats du binôme désignerait un remplaçant du même sexe. Une fois élus, les deux conseillers départementaux d’un binôme ne seraient plus solidaires (autonomie dans les décisions et les responsabilités). Des mesures seraient également prévues pour plus de parité au sein des commissions permanentes et pour les postes de vice-président.

Pour conserver au total le même nombre d’élus (32 en Mayenne), on procèderait à un redécoupage des cantons (soit 16 en Mayenne).

Ce serait l’occasion de porter attention à une meilleure cohérence démographique. Le conseil départemental serait entièrement renouvelé tous les six ans (et non plus par moitié tous les trois ans). Les élections des conseillers régionaux et des conseillers départementaux suivraient le même calendrier. La prochaine élection serait reportée de mars 2014 à mars 2015 (pour éviter le trop-plein d’élections en 2014 où il y aura déjà les élections municipales, européennes et sénatoriales).

 

3)       Dans les communes, le seuil de population au-delà duquel les conseillers municipaux seraient élus au scrutin de liste serait abaissé de 3 500 à 1 000 habitants. L’abaissement du seuil serait généralement admis. Initialement, on avancerait un seuil de 500 habitants, mais cela pourrait être aussi bien 1 500, 2 000, ou 2 500 ! Il y aura nécessairement débat… Si le seuil de 1 000 habitants était retenu, cela impliquerait liste complète et paritaire dans les communes concernées, avec impossibilité de panachage comme aujourd’hui dans les communes de 2 500 à 3 500 habitants. Par contre, dans les communes de moins de 1 000 habitants, on conserverait le système actuel avec liste complète ou incomplète, possibilité de panachage, et même la possibilité d’élire un non-candidat…

 

4)       Pour les communautés de communes et les communautés d’agglomération, l’option retenue par le gouvernement est celle d’un mode de scrutin permettant l’élection concomitante des conseillers municipaux et des conseillers communautaires dans le cadre d’un scrutin fléché. Les élus figurant en tête de liste auraient vocation à siéger dans les instances communales et intercommunales. Pour les communes de moins de 1 000 habitants, le gouvernement préconise un système similaire avec « une désignation dans l’ordre du tableau établi lors de l’élection de la municipalité ». Cette orientation apparaît plus imprécise et elle suscitera nécessairement des débats.

 

Pour aller plus loin

 

Les collectivités territoriales, dites de droit commun, correspondent à des catégories qui se retrouvent sur l’ensemble du territoire français. A ce jour, il s’agit des communes, départements et régions. Leur gestion est assurée par des assemblées délibératives élues au suffrage universel direct. C’est la loi qui détermine leurs compétences. Ces diverses caractéristiques les différencient des établissements publics de coopération intercommunale - EPCI (communautés de communes, communautés d’agglomération…).

 

La loi du 16 décembre 2010 de réforme des collectivités territoriales est toujours en vigueur, même si le conseiller territorial a fait l’objet d’une abrogation. Cependant, des textes revenant sur la loi de 2010 sont actuellement en débat, notamment concernant le nombre de conseillers communautaires ou de vice-présidents dans les EPCI.

 

Cet article est le 33ème paru sur ce blog dans la catégorie Collectivités territoriales

Repost 0
3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 18:53

Le rôle du syndicalisme agricole : défendre les producteurs

 

Fairecoop-lait-Martigne-220312-015.T1jpg.jpgIsabelle Connan, responsable de l’Association des producteurs de lait indépendants (APLI) dans les Côtes-d’Armor, ne cache pas son agacement devant la passivité de ceux qui sont en responsabilité de défendre le revenu des agriculteurs, à la tête du syndicalisme majoritaire (Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles - FDSEA 22).

 

Avec ses collègues de l’APLI Bretagne*, dont Denis Jehannin, vice-président de l’APLI nationale, elle a réagi aux déclarations des responsables de la FDSEA 22. Voir Le dos rond en attendant la mise à l'herbe (Paysan Breton Hebdo, 21 décembre 2012).

 

« Faire le dos rond en attendant la mise à l'herbe » !

 

La FDSEA des Côtes d'Armor se félicite dans le dernier Paysan Breton des bons prix du litre de lait engrangés en 2011 et indique que 2012 sera une bonne année en lait, avec un appoint intéressant des céréales vendues. Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes à la FDSEA 22 !

 

La contorsion est difficile quand Hervé Moël indique des prix de correcteurs azotés en hausse, que le prix des céréales pourrait décourager les jeunes producteurs de lait, que le prix du lait sera très fluctuant à l'avenir... Un peu d'auto flagellation : ce sera dur, mais nous y arriverons, car la production laitière va exploser au printemps avec l'herbe ! Et puis les associations d'Organisations de Producteurs seront là, les éleveurs seront sécurisés par les contrats, ... !

 

Difficile à lire, encore plus à vivre quand les comptes de trésorerie s'affolent, que la commande d'aliments est à faire, que les perspectives sont plus que pessimistes pour 2013. Les dirigeants actuels de chambres d'agriculture continuent à relayer les discours des économistes libéraux qui eux, prônent encore les systèmes destructeurs et sans issue comme le modèle Danois. Mme Fischer Boel est-elle aujourd'hui au chevet des éleveurs de son pays qu'elle a poussés à la ruine depuis les années 2000 ?

 

L'APLI Bretagne réagit vivement à ce type de discours. Le prix du lait ne couvre pas les coûts de production et le prix de revient (avec main d’oeuvre, rémunération du capital) est bien à 400€ les mille litres. Quelles sont les propositions de la FDSEA 22 en plein marasme : Faire le dos rond !

 

Au moment de la crise historique de 2009, le soutien aux producteurs les plus courageux qui entamaient la grève du lait aurait permis, dans un mouvement collectif, de changer la destinée des producteurs. Qu'a décidé la FDSEA 22 pour la défense de l'intérêt général ?? De faire le dos rond ! A croire que tous les matins en se levant ils admirent le tableau de Millet "L’Angélus" et s'apprêtent à "faire le dos rond" en attendant des jours meilleurs…

 

Que sont les syndicalistes devenus ? Où a-t-on vu des syndicalistes prôner le "dos rond" ? Ont-ils, seulement un jour, réfléchi au sens de la mission qui devrait être la leur, ou ont-ils tout simplement cédé depuis longtemps aux "intérêts supérieurs" du libéralisme ? En mélangeant les genres, ils ont sacrifié des milliers de vies, enterré des milliers de projets de taille humaine. Pire, ils s'apprêtent à céder des capitaux d'exploitations, devenus inaccessibles aux les jeunes, à la finance.

 

Les Etats-Unis mettent en place un farm bild (loi agricole) avec, à nouveau, l'idée d'une régulation ; les producteurs de lait canadiens et québécois gèrent les volumes avec succès pour sauver leur agriculture et leur autonomie alimentaire.

Observons ce qui se passe de par le monde : seules les régions qui adapteront l'offre à la demande maintiendront une agriculture durable, attractive pour les jeunes, créatrice d'emplois et respectueuse de l'environnement. Le syndicalisme doit défendre les producteurs et non les structures qu'il cogère !

 

A l'APLI, nous travaillerons inlassablement pour obtenir la régulation de l'offre au niveau européen, la prise en compte des coûts de production dans le prix du lait, et la mise en place d'organisations de producteurs transversales par bassins laitiers.

 

AG Apli 120911 001 T* Rappel : L'APLI Bretagne refuse le libéralisme (23 mars 2012)

 

Cet article est le 363ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

Repost 0
Published by Michel SORIN - dans AGRICULTURE et PAC
commenter cet article
2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 22:24

La Chine, 1er producteur de biens de consommation

 

Il m’arrive du Québec un article de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS*) qui propose comme personnalité de l'année 2012 « le camp de travail chinois » et pose la question : derrière notre système économique basé sur la consommation, quel mode de production se cache-t-il ?

 

J’en étais resté à l’affirmation de Michel Aglietta : il existe une voie chinoise originale du développement - 11 novembre 2012. Mais l’IRIS québécois a raison de pointer le système de rééducation par le travail, qui a survécu à Mao et reste très présent dans la Chine actuelle. C’est l’équivalent du « goulag » de l’URSS. Cela s’appelle Laogai (Wikipédia). Lire Une lettre d'un camp de travail chinois retrouvée dans une décoration pour Halloween

 

Voici le texte publié le 2 janvier 2013 par Simon Tremblay-Pepin.

L’autre personnalité 2012 : le camp de travail chinois

 

(…) Par contre, si on a beaucoup parlé de la Chine en 2012, notamment pour la contraction « inquiétante » de sa croissance, on n’a pas beaucoup parlé de ses travailleurs et travailleuses et de leurs conditions de travail. Pourtant, la Chine est désormais le plus grand producteur de biens de consommation au monde et notre vie quotidienne est remplie de ses produits. En effet, le « Made in China » n’est plus seulement l’apanage des babioles cheap, mais bien de plusieurs produits de consommation courante : des ordinateurs à la vaisselle en passant par les voitures, pour ne nommer que quelques exemples. Dans ce contexte, comment sont produits ces biens devrait nous préoccuper, puisque leur mode de production met un peu à mal notre conception de ce qu’est le développement dans notre système économique.

Le système concentrationnaire chinois

Tout récemment, une lettre d’un travailleur Chinois aurait été glissée dans des décorations d’Halloween (quel à-propos macabre, n’est-ce pas?), demandant à qui la trouverait de contacter l’organisation internationale des droits de l’homme pour dire que le camp de travail dans lequel il se trouvait contrevenait à ces droits. Pour nombre d’Occidentaux, cette idée de camp de travail en Chine paraîtra surprenante. Bien qu’on sache que les Chinois sont peu payés au travail, on n’entend rarement parler du fait qu’un nombre des produits que nous consommons sont en fait le produit de travaux forcés, exécutés par des prisonniers en camp de travail.

Les Laogai, des camps de rééducation politique par le travail, sont la pointe de l’iceberg du système de travail forcé en Chine. Dans ces camps, qualifié par un ancien prisonnier comme étant pire que les goulags soviétique, plusieurs centaines de milliers, voire millions de personnes (le nombre exact est inconnu) travaillent plus de 14 heures par jour et on y dénombre viols, exécutions sommaires et meurtres de masse. On peut y être condamné pour avoir partagé une opinion contraire à celle du gouvernement ou pour être réputé avoir des activités séditieuses. La condamnation y est sans appel et on peut y rester plusieurs années, voire plusieurs décennies. Cette vidéo montre quelques images troublantes, tout comme ce reportage de France 24. Ces camps de travail politique ne sont pas les seuls camps de travail. En effet, les conditions normales de travail semblent être en tout point semblables, outre les assassinats, à celles des camps politiques. Voici quelques extraits à propos des conditions de travail (glanées ici et ) chez Foxconn.

« Les ouvriers ne peuvent pas gagner un salaire leur permettant de vivre avec leurs seules heures de travail normales et sont contraints d’effectuer un trop grand nombre d’heures supplémentaires ». […] La durée du travail est comprise entre 10 et 14 heures par jour, avec de fortes variations saisonnières, liées à la demande pour des produits sans cesse mis à jour ou renouvelés. Durant la haute saison manufacturière, les ouvriers font des heures supplémentaires excessives, travaillant souvent jusqu’à l’épuisement […] les ouvriers devaient répéter la tâche qui leur était assignée toutes les trois secondes, debout et sans discontinuer pendant dix heures. » (…) On peut trouver ici quelques photos saisissantes de ces lieux de travail.

Ce que les camps de travail chinois révèlent sur notre économie

Selon la doxa économique dominante, ce qui fait la force de l’économie mondiale, c’est la compétition, le libre-marché et la liberté individuelle. Or, voilà que 20% de la production de biens mondiale, produits dans la deuxième plus grande économie du monde (au niveau du PIB), provient finalement d’un pays :

-       où la structure économique, malgré la présence d’entreprises privées, est largement planifiée et le système politique autoritaire;

-       où il existe des camps de travail où l’on peut être envoyé pour délit d’opinion politique;

-       où une bonne partie de la production qui n’est pas faite dans ces camps est faite dans des conditions de contrainte et d’oppression tel qu’il est impossible de parler même de l’ombre d’une liberté.

Et, bien sûr, la Chine n’est pas le seul pays qui évolue dans ce contexte. Que dire des conditions de travail au Mexique ou aux Philippines? Que dire du caractère autoritaire des organisations économiques de ces États? Devant des consommateurs occidentaux de plus en plus endettés, mais qui veulent et doivent continuer leur même niveau de consommation pour à la fois maintenir leur style de vie et consolider la place occupée par leurs pays dans l’espace économique mondial.

Alors, la prochaine fois qu’on vous dira que l’économie planifiée est un échec ou que c’est la libre compétition entre agents économiques qui produit la richesse, jetez un coup d’œil à votre iPhone et rappelez-vous qu’une bonne part de notre économie est fondée sur le travail forcé et la planification autoritaire.

* L’IRIS, un institut de recherche sans but lucratif, indépendant et progressiste, a été fondé en 2000.

L’Institut produit des recherches sur les grands enjeux de l’heure (partenariats public-privé, fiscalité, éducation, santé, environnement, etc.) et diffuse un contre-discours aux perspectives que défendent les élites économiques. Voir Notre mission

 

Cet article est le 20ème sur ce blog dans la catégorie Asie.

Repost 0
Published by Michel SORIN - dans Asie
commenter cet article
1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 23:01

Agriculture et congrès du MRC : titres les plus fréquents du mois

 

Avant de vous présenter les titres des articles parus en décembre, je vous souhaite une bonne année 2013. Elle sera ce que nous en ferons, avec des aléas que nous ne maîtrisons pas.

 

Pour ma part, j'ai l'intention de proposer une initiative citoyenne afin de rapprocher la République et la gauche, indépendamment des partis politiques, y compris du Mouvement Républicain et Citoyen, même si je continue d'en être membre actif, mais non dirigeant - le président, à l'issue du congrès de Paris, n'ayant pas souhaité me faire confiance. Il en a parfaitement le droit et je ne lui reproche pas. Je n'entre pas dans ses plans, comme on dit d'un entraîneur d'une équipe de football ou d'un autre sport... Cela me permettra d'être plus libre et disponible pour lancer cette initiative, qui, je l'espère, vous intéressera personnellement.

 

Dans l'immédiat, il est encore temps de regarder en arrière. Je vous ai proposé 355 articles en 2012, sans compter les 12 récapitulatifs mensuels.

 

Depuis 63 mois, au début de chaque mois, je reprends les titres des articles parus le mois précédent sur ce blog (voir Titres des articles du mois précédent). Puis j'adresse un courriel aux amis inscrits sur mes listes de distribution, afin de les informer des thèmes abordés sur ce blog. Ceux-ci évoluent dans le temps, selon l’actualité et mes priorités. Certains portent sur la situation nationale, d'autres sur des questions plus locales.   

 

Depuis 2006, 2374 articles - classés en 50 catégories - ont été publiés sur ce blog. (en dehors des récapitulatifs mensuels). 

 

Michel SorinLes 35 titres en décembre se répartissent ainsi :

 

- Congrès MRC (10 articles),

- Agriculture et PAC, filière laitière (10 articles),

- Florange ArcelorMittal (3 articles),

- Elections législatives partielles (3 articles),

- Economie française et européenne (2 articles),

- Crédit Immobilier de France (2 articles),

- Salmson 50 ans d’une entreprise métallurgique à Laval (2 articles),

- Mariage entre personnes du même sexe (1 article),

- Mesures de l’Etat contre la pauvreté (1 article),

- Brzezinski Nouvel Ordre Mondial contrarié (1 article).

Salmson à Laval (suite) : Georges Minzière fait part de ses souvenirs 1er janvier 2013 

 

Titres des articles parus en décembre 2012 sur http://mrc53.over-blog.com

 

Salmson en Mayenne : comment l'entreprise s'est implantée à Laval (31 déc.)

 

Les 50 ans des Pompes Salmson à Laval : une belle histoire industrielle (30)

 

Revenu agricole 2012 : en forte baisse pour les éleveurs (lait, viande) – (29)

 

Filière laitière désorganisée, emplois supprimés, producteurs mal payés (29)

 

Agriculture : lait et activités d'élevage dans la tourmente des marchés (28)

 

Le Foll : le projet agro-écologique du ministre de l'agriculture est lancé (28)

 

Au Québec, les producteurs de lait se défendent face au libre-échange (27)

 

André Lefranc (APLI) a vu le changement au ministère de l'agriculture (27)

 

L'étude Séralini sur le maïs OGM mangé par des rats est suivie d'effet (26)

 

Mariage de deux personnes du même sexe : Christine Meyer sceptique (26)

 

Les producteurs de lait européens de l'EMB ont vu des lueurs en 2012 (25)

 

Congrès MRC 2012 : Christian Proust (Territoire de Belfort) en mission (23)

 

Congrès MRC 2012 : intervention de Michel Sorin, délégué du MRC 53 (22)

 

Congrès MRC 2012 : le président JL Laurent, réélu, avec une équipe (21)

 

Congrès MRC 2012 : les encouragements de Jean-Pierre Chevènement (21)

 

Congrès MRC 2012 : développer le MRC par une action du faible au fort (20)

 

Congrès MRC 2012 : la gauche a besoin d'une refondation républicaine (20)

 

Congrès MRC 2012 : les fondamentaux républicains, logiciel du MRC (19)

 

Congrès MRC 2012 : du CERES, à l'intérieur du PS, au MRC, allié du PS (19)

 

L'horreur économique, cela n'arrive pas qu'aux autres, l'Europe aussi (18)

 

Congrès MRC 2012 : la motion d'orientation a été adoptée à l'unanimité (17)

 

Congrès MRC : aller à l'essentiel, le redressement du pays, les repères républicains (14)

 

Le système canadien de la gestion de l'offre, expliqué par Claudette Samson (14)

 

Mesures contre la pauvreté, liées aux politiques européennes d'austérité (13)

 

Lait : nouveau système de régulation étudié au ministère de l'agriculture (12)

 

L'économie française bénéficie de la clémence des marchés financiers (11)

 

Julien Landfried face, à nouveau, à Patrick Devedjian le 16 décembre (10)

 

Elections législatives partielles : l'abstention favorise l'UMP au 1er tour (09)

 

ArcelorMittal Florange : nécessité de réorienter la politique industrielle (08)

 

Législatives partielles : Julien Landfried (MRC) face à Patrick Devedjian (07)

 

Florange : la fermeture des hauts fourneaux met en colère les salariés (06)

 

Crédit Immobilier de France : pas de survie, les salariés en partie repris (05)

 

Brzezinski : le nouvel ordre mondial contrarié par un activisme populiste (03)

 

L'Elysée a tranché en faveur de la survie du Crédit Immobilier de France (04)

 

Florange : Ayrault et Moscovici s'opposent à la proposition Montebourg (02) 

 

Cet article est le 63ème paru sur ce blog dans la catégorie Titres des articles du mois précédent

Repost 0
1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 21:22

Des points essentiels, non dits, dans l’histoire de Salmson

 

Georges-Minziere-Laval-300312-001-T.jpgGeorges Minzière*, ancien salarié Salmson, syndicaliste, secrétaire du comité central d’entreprise, voulait d’abord réagir à l’article de Ouest-France (voir Laval. Salmson, des pompes tournées vers l’étranger), afin de rétablir la vérité concernant le rôle de Robert Buron, ancien ministre et député de la Mayenne, et de Francis Le Basser, sénateur maire de Laval, dans l’implantation de Salmson à Laval en 1962.

 

Parler de « copinages » avec Robert Buron pour expliquer la décision d’implanter l’entreprise à Laval, c’est introduire le risque d’un malentendu. Pourquoi ne pas dire clairement que les relations entretenues par Georges Salmson et Robert Buron dans un réseau de Résistance lié au général de Gaulle, en 1942, ont été déterminantes dans ce choix ?

Pourquoi ne pas rappeler les efforts financiers consentis par la ville et, notamment, le rôle décisif du maire, Francis Le Basser, afin de faciliter l’implantation de Salmson à Laval ?

Voir Salmson en Mayenne : comment l'entreprise s'est implantée à Laval - 31 déc. 2012.

 

Georges Minzière voulait aussi souligner le parcours exceptionnel du fondateur Emile Salmson, sa capacité d’adaptation et d’invention de nouveaux produits, contribuant ainsi à l’effort de guerre entre 1914 et 1918, au service de l’Etat.

Né le 12 septembre 1859 à Paris, il était le fils de Jean-Baptiste Salmson, d’origine suédoise, arrivé à Paris en 1822. Devenu ingénieur, en 1890, Emile installe à Paris une entreprise qui fabrique, notamment, des pompes centrifuges. En 1896, la société devient « Emile Salmson et Cie », ingénieurs constructeurs. L’entreprise emploie dix ouvriers à Paris et dispose d’un magasin d’exposition. Sa production est variée, allant des pompes aux ascenseurs, en passant par les moteurs. Voir les repères historiques sur l’évolution de l’entreprise Salmson dans l’article :

Voir Les 50 ans des Pompes Salmson à Laval : une belle histoire industrielle - 30 déc. 2012.

 

Georges Minzière ne sait pas ce qui a conduit la famille Salmson à vendre l’entreprise au groupe américain Nash, en 1961, pendant la construction de la nouvelle usine à Laval. Cela ne manqua pas d’inquiéter les élus qui avaient accepté l’implantation de l’entreprise en consentant d’importants efforts financiers, au nom des contribuables lavallois.

 

Il se souvient de la décision, en 1976, de la holding américaine ITT (téléphonie), de vendre LMT et Salmson, achetées en 1962. ITT voulait vendre LMT (Le Matériel Téléphonique) et garder les Pompes Salmson. Le président Giscard d’Estaing s’y était opposé. Thomson (avec des fonds publics) a tout racheté à ITT.

 

Par la suite, Salmson a pris le nom de « Société Electro-Hydraulique » au sein du groupe Thomson (téléphonie et mécanique), lequel s’est désintéressé de ce secteur de production. Un PDG, nouvellement embauché, avait licencié 80 personnes (ingénieurs et cadres), ce qui montrait à l’évidence qu’il ne voyait pas d’avenir à Laval pour Salmson. Georges Minzière, secrétaire du comité central d’entreprise (à partir de 1979), était très inquiet de l’évolution de la situation.

 

Ce qui a sauvé Salmson est la nationalisation du groupe Thomson. Voir Wikipédia Loi de nationalisation du 13 février 1982. Thomson-Brandt et Thomson-CSF (dont fait partie LMT et, donc la SEH, ex-Salmson) sont nationalisés en 1982 et regroupés en un seul groupe, Thomson SA, en 1983, avec organisation autour de deux pôles : l’électronique grand public et l’électronique professionnelle, essentiellement militaire.

 

Alain Gomez, proche de Jean-Pierre Chevènement (ils avaient créé le CERES ensemble en 1966) est le nouveau président de Thomson en 1982. Il a reçu Georges Minzière**, accompagné d’une délégation du comité d’entreprise, qui veut lui présenter la situation très particulière de la SEH. Un collaborateur du président Gomez, Paul Calandra, qui sera nommé directeur des ressources humaines de Thomson, s’est déplacé à Laval. Il fera en sorte de consolider la SEH avec des investissements. Le PDG de la SEH, qui avait licencié 80 cadres, a disparu de l’organigramme SEH, suite aux protestations des représentants des salariés. Ceux-ci reprennent confiance, car ils sont écoutés par la direction de Thomson. Celle-ci prépare la vente de la SEH, car la fabrication de pompes ne peut pas rester dans le groupe Thomson restructuré.

 

L’évènement se produit en 1984. L’allemand Wilo (le groupe Opländer, société familiale, Dortmund) est acheteur. Il produit le même type de circulateurs, selon le même brevet de fabrication, qu’à Laval. Les syndicats de Salmson Laval se rendent sur place en Allemagne.

La direction Thomson propose la dénationalisation, démarche complexe qui rend possible la vente de Salmson. Le comité d’entreprise, les syndicats, pouvaient s’y opposer. Ils ne l’ont pas fait.

 

Les Allemands disposent d’un bon système de fabrication et du financement. Ils ont un projet industriel de développement européen à l’international. Les deux entreprises (Wilo et Salmson) conservent leurs spécialités et leurs marchés. Elles restent concurrentes et autonomes, mais pratiquent la coopération au sein du groupe Wilo-Salmson entre les deux entreprises. La langue commune est l’anglais.

 

La rencontre entre Salmson et Wilo a montré des différences de culture d’entreprises.

- Salmson, qui avait sur le site de Laval, des ingénieurs, des concepteurs, des laboratoires d’essais, savait s’adapter au marché en pratiquant la flexibilité (moins de stocks), avec le travail par équipes. Les salaires et charges étaient 30 % moins élevés qu'en Allemagne.

- Wilo ne travaillait pas le vendredi après-midi, ne pratiquait pas le travail par équipes. Il a été contraint d’évoluer dans son fonctionnement, vers davantage de flexibilité. Le syndicat IG Metal contrôle le recrutement (40 à 50 % des salariés sont syndiqués à IG Metal). Le président est un salarié en Allemagne.

 

Deux directeurs ont joué un rôle décisif dans la réussite de Wilo et de Salmson, séparément puis ensemble : Messieurs Opländer (Wilo) et Crupaux (Salmson).

 

Dans l’édito du journal interne de Salmson (n° spécial 41, mai 1995), Paul Crupaux, directeur de l’entreprise Salmson, mais aussi directeur industriel du groupe Wilo-Salmson, que Georges Minzière qualifie de « vrai patron d’industrie », écrivait, au moment de prendre sa retraite :

 

« Il y a déjà 25 ans que je suis arrivé à Laval pour y lancer la fabrication des moteurs électriques de circulateurs (…). 25 années riches d’expériences, de moments forts, d’échanges et de travail axées vers cette même ambition : faire de SALMSON une usine exemplaire, solide et solidaire, une entreprise pérenne et autonome, dont le savoir-faire, la compétence et la performance fûssent incontournables pour le développement de l’entité dont elle allait finalement faire partie, le groupe OPLAENDER.  (…).

Primordiale pour la crédibilité de SALMSON, cette capacité d’intégration nous a permis de traverser quelques zones de turbulences dont nous sommes sortis sans aucun licenciement. Mais cette victoire n’aurait sans doute pas été possible sans l’aboutissement de la mission que je m’étais donnée parallèlement : assouplir un mode de gestion sociale demeuré trop longtemps directif pour mettre en place un climat le plus serein possible, par la concertation, l’information et la transparence.

Et peut-être est-ce là le point le plus important de nos 25 années de collaboration : j’ai beaucoup appris de vous ; vous avez, de votre côté, intégré mon message… Tout ceci, tous ces échanges, ont apporté à SALMSON sa force et sa richesse : une véritable culture d’entreprise, une spécificité qui sera un formidable atout pour relever les challenges qui vont désormais se jouer à l’échelle de l’Europe, au sein du Groupe OPLAENDER (…).

 

En conclusion, Georges Minzière propose de remercier toutes celles et ceux qui ont apporté leur concours à l’implantation de Salmson en Mayenne, puis à la réussite de son parcours industriel depuis 50 ans.

Merci à Robert Buron et à Francis Le Basser. Merci à la femme de ménage d’origine mayennaise qui n’aurait pas été sans influencer Georges Salmson (ou l’un de ses frères…) de choisir la Mayenne.

Merci au président Giscard d’Estaing, qui a permis de maintenir la fabrication de pompes en France, face à ITT, qualifiée de « sauvage »…

Merci aux acteurs de la nationalisation et aux dirigeants du groupe nationalisé Thomson, qui ont sauvé Salmson !

Et merci au remarquable dirigeant industriel que fut Paul Crupaux à Saint-Melaine.

 

* Voir Georges Minzière, syndicaliste CFDT retraité de l'industrie, citoyen actif - 5 mai 2012

 

** Depuis 1979, en Mayenne, Georges Minzière était secrétaire fédéral du PS aux entreprises, sous ma responsabilité de 1er secrétaire fédéral, cela jusqu’en 1983, et, en collégialité, de 1983 à 1985.

 

Cet article est le 13ème paru sur ce blog dans la catégorie Les élus en Mayenne.

Repost 0
Published by Michel SORIN - dans Elus en Mayenne
commenter cet article
31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 17:33

Robert Buron et Francis Le Basser, les passeurs décisifs

 

En lisant l’article paru dans Ouest-France « Mayenne » le 10 décembre 2012 (voir Laval. Salmson, des pompes tournées vers l’étranger), Georges Minzière, ancien salarié de Salmson, a été stupéfait.

 

Salmson-Laval-001-T.jpgLe directeur de l’usine Salmson de Laval, Pierre-Yves Bailly, expliquant pourquoi Salmson est présent en Mayenne depuis 1962, indiquait (entre guillemets) « C’est en raison des copinages avec Robert Buron ». Et le rédacteur de compléter « l’information » : Robert Buron était « mayennais et ministre des Travaux publics, des Transports et du Tourisme, à l’époque ». Voir Wikipédia Robert Buron.

 

Voir Les 50 ans des Pompes Salmson à Laval : une belle histoire industrielle - 30 décembre 2012.

 

Qualifier de « copinages » les relations entre Salmson et Robert Buron n’est pas acceptable. Cela peut sous-entendre magouilles ou pratiques de corruption. Or, il s’agit de relations qui sont nées pendant l’Occupation allemande, dans le cadre des actions de résistance (réseau « L’Arche de Noé »).

 

Georges Minzière m’a transmis un journal interne de l’entreprise (St MELAINE INFOS Salmson, n° 24, juillet 1992) qui, page 4, fait un rappel historique des premiers contacts entre des membres de la famille Salmson et Robert Buron.

Puis ce fut au sénateur maire de Laval, Francis Le Basser, de peser en faveur de la décision d’accueillir Salmson à Laval. Pas si simple, car l’Etat a décidé de supprimer les primes d’équipement. C’est ce qu’on apprend en lisant un autre n°, daté de septembre 2000, du journal interne de l’entreprise. Voici un résumé de ces articles, permettant de comprendre comment la décision a été prise.

 

D’ « ICI LONDRES » A ST MELAINE : AUTOPSIE D’UN CHOIX

 

1960 : leur usine d’Argenteuil étant devenue trop petite, les fils d’Emile Salmson décident de créer en province une nouvelle unité de production… Ce sera LAVAL, petite ville perdue dans la campagne mayennaise. Le choix peut paraître étonnant : ses racines ne sont rien moins que liées à l’histoire, à la seconde guerre mondiale, à la résistance, à cet idéal prôné par un certain Charles de Gaulle.

 

Maurice PERCHE évoque quelques points d’histoire. C’est Georges, fils du fondateur Emile Salmson, qui a joué un rôle majeur (auprès de ses frères Jacques et Pierre) dans le choix de Laval comme implantation d’une nouvelle usine, plus fonctionnelle que celle d’Argenteuil.

 

Pour comprendre cette surprenante option, il faut retourner en arrière, à ces années d’occupation et de résistance qui ont marqué la France, de 1940 à 1945 et que retrace le livre de Marie-Madeleine Fourcade, « L’Arche de Noé », dans la première partie duquel apparaissent Georges et Jean-Philippe Salmson, fils et petit-fils d’Emile.

 

Ce réseau, « L’Arche de Noé », a été fondé par le commandant Loustaunau-Lacan (pseudonyme Navarre). Georges et Jean-Philippe Salmson ont participé à de nombreuses missions de ce réseau, entre 1940 et 1945. Ils y ont rencontré d’autres combattants de l’ombre. C’est dans ce cadre qu’ils ont noué des relations avec Robert Buron. En 1946, ils ont rejoint la société « Les fils d’Emile Salmson », à Argenteuil, en Ile-de-France. En 1958, quand l’entreprise, qui est en croissance (400 salariés) a besoin d’espace, qu’elle ne trouve pas sur place, les dirigeants de l’entreprise pensent à la décentraliser en province. Mais où ?

 

Les données sont les suivantes. Logiquement, les pompes Salmson ont intérêt à se rapprocher des lieux de fabrication de la fonte, dans l’est de la France. La nouvelle implantation ne doit pas être éloignée de plus de 300 km de Paris afin de ne pas alourdir le coût des approvisionnements. Les cadres, sondés, préfèrent l’ouest de la France. Georges Salmson reprend contact avec Robert Buron, alors ministre dans le gouvernement présidé par le général de Gaulle.

 

Connaissant la réputation de Salmson, le ministre propose Laval, dont le maire est Francis Le Basser et lui-même était le député de la circonscription avant devenir ministre. La mairie de Laval  offre des conditions avantageuses. Depuis 1957, elle met à la disposition des entreprises une zone industrielle entièrement équipée (Saint-Melaine), avec quasi-gratuité du terrain (1F le m²), prêt à long terme pour financer la construction de l’usine, facilités de logement pour le personnel, recrutement d’ouvriers et d’employés…

Dans le cadre de la décentralisation, pour faciliter le transfert de l’entreprise, l’Etat apporte une prime d’équipement de 50 millions de francs (anciens).

 

Sur ces bases, le contact est pris entre le PDG de la société, Jacques Salmson, et le sénateur-maire de Laval, Francis Le Basser, à l’automne 1959. A partir de cette première rencontre à Laval, une véritable relation de confiance s’établit entre les deux hommes. Il y a un excellent climat social et de la main-d’œuvre sérieuse et qualifiée disponible. Les efforts financiers de la ville sont très importants, de l’ordre de 45 millions de francs.

 

Coup de théâtre : l’Etat supprime la prime d’équipement de 50 millions de francs !

 

Dans le bulletin de l’entreprise, intitulé « L’eau vive », n°73, septembre 2000, est relatée « L’Affaire SALMSON », titre de l’article du 2 novembre 1959 de Ouest-France Laval, qui rendait compte de la séance du 30 octobre du Conseil municipal de Laval.

L’ordre du jour de cette réunion était le vote d’un crédit supplémentaire de 50 millions de francs, suite à la décision de l’Etat de supprimer les primes d’équipement jusqu’alors accordées pour faciliter la décentralisation en province des entreprises localisées dans la région parisienne. Motif : il faut assurer la sauvegarde ou la reconversion des chantiers navals français, ce qui mobilise tous les crédits disponibles de l’enveloppe « Affaires économiques ».

 

Dès cette décision connue par Jacques Salmson, il écrit au maire de Laval, lui demandant de se substituer à l’Etat défaillant. C’est pourquoi le maire a convoqué cette réunion extraordinaire du Conseil municipal. Les débats ont été houleux entre les « pour » et les « contre » le vote d’une subvention de 50 millions d’anciens francs. « Le représentant de la classe ouvrière » ayant apporté son soutien inconditionnel au maire, Francis Le Basser, le Conseil municipal a fini par décider… de se donner une semaine de réflexion.

 

En fin de compte, les 50 millions manquants seront accordés, rejoignant les autres aides de la ville, notamment la quasi-gratuité des 7 hectares de terrain. Les travaux ont commencé en janvier 1961.

 

Georges Minzière 26 03 09Dans un autre article, je reprendrai les informations communiquées par Georges Minzière concernant la période où il était secrétaire du comité central d’entreprise Salmson, dans les années 1970 et 1980. C’est très important et complètement ignoré, notamment :

-          le rôle du président Giscard d’Estaing, qui a tenu à ce que Thomson rachète tout à ITT, y compris les pompes Salmson qu’ITT voulait garder,

-          le rôle du ministre Chevènement, au moment des nationalisations, et du président Gomez du groupe Thomson (que Georges Minzière avait rencontré), qui a contribué à sauver Salmson,

-          le rôle des syndicats de Salmson, qui pouvaient s’opposer à la dénationalisation, en 1984, nécessaire pour que Salmson rejoigne le groupe privé allemand Wilo,

-          la complémentarité des groupes Wilo et Salmson et la qualité du projet industriel, à la base de la réussite du groupe Wilo.

 

Cet article est le 12ème paru sur ce blog dans la catégorie Les élus en Mayenne.

Repost 0
Published by Michel SORIN - dans Elus en Mayenne
commenter cet article
30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 23:46

L’implantation de Salmson à Laval, toute une histoire…

 

Le 50ème anniversaire de Salmson à Laval n’a pas attiré l’attention des médias. Cela s’explique par la date du 1er juin 2012, qui coïncidait avec les élections législatives en France. Toutefois, signalons cet article paru le 4 juin 2012 dans « L’Usine nouvelle » : Les Pompes Salmson

 

À l’occasion du cinquantième anniversaire de l’usine de Laval, les Pompes Salmson, du groupe allemand Wilo, ouvraient le 1er juin un showroom célébrant les anciens succès de la marque dans l’automobile et l’aéronautique. Et, surtout, lance la production d’une nouvelle génération de moteurs.

"Nous vivons une période particulière, mais captivante pour la France. L’Allemagne a suivi l’élection présidentielle plus que toute autre élection, car les relations franco-allemandes sont de première importance". Oliver Hermes, PDG du groupe allemand Wilo, maison mère des Pompes Salmson depuis 1984, a commencé son intervention - en français - par une ode aux relations franco-allemandes. Il inaugurait le showroom de l’usine de Laval (Mayenne) qui rappelle le glorieux passé de la marque Salmson dans le domaine de l’automobile et de l’aviation et célébrait du même coup le cinquantième anniversaire de l’usine de Laval.

Ce site est en cours de modernisation de sa production. Les anciennes chaînes de fabrication de moteurs traditionnels font place à celles destinées à la fabrication de moteurs à aimants permanents. La directive ErP les rend obligatoires dès le premier janvier 2013 en Europe, pour les circulateurs non-intégrés aux chaudières et deux ans plus tard pour les moteurs intégrés. Cette nouvelle génération de moteurs à pilotage électronique, plus compacts, consomme beaucoup moins grâce à un rendement identique quelle que soit la vitesse de rotation. L’économie d’énergie peut atteindre 70 %.

Cette modernisation est réalisée grâce à un investissement de 50 millions d’euros, répartis sur cinq ans. "Cet effort important était indispensable afin de poursuivre l’activité du site, explique Oliver Hermes. Cela prouve l’importance pour nous du site de Laval. Cela correspond aux valeurs de notre entreprise familiale. Nous voulons consolider nos différents sites en Europe par une production à forte valeur ajoutée. L’enrichissement de notre capital humain en est un des éléments importants." L’usine de Laval, qui emploie environ 700 employés, a embauché 110 ingénieurs et 60 techniciens sur les quatre dernières années et consacre 3 % de sa masse salariale pour la formation.

 

La société Salmson, dont le siège est à Chatou (Yvelines) a diffusé un communiqué de presse à l’occasion de l’évènement, le 1er juin 2012. Extrait.

Voir SALMSON inaugure son showroom de Laval

 

A propos de Salmson

 

SALMSON est une SAS (Société par Actions Simplifiées) française au capital de 16 775 000€, intégrée au groupe allemand WILO SE. Basée à Chatou, la société compte 790 salariés, dont 600 sur le site de production de Laval (53 – Mayenne).

SALMSON fabrique, commercialise et assure la maintenance de pompes et de systèmes de pompage.

SALMSON couvre trois marchés : le Bâtiment, le Cycle de l’Eau et l’Industrie. Son offre, l’une des plus complètes du marché, couvre la quasi-totalité des besoins du génie climatique, du cycle de l’eau, et du péri-process industriel.

SALMSON propose des produits et des solutions pour :

- Le génie climatique, les échanges thermiques : circulateurs et pompes In-line (en ligne).

 

- L’adduction, la surpression : pompes multicellulaires, surpresseurs.

 

- Le relevage : pompes et modules pour les eaux claires et chargées.

 

- L’assainissement : pompes et agitateurs pour les eaux de drainage et les eaux usées.

 

Le 10 décembre 2012, le quotidien Ouest-France, dans ses pages « Mayenne », a publié un article présentant les activités du site de Laval, dans la rubrique « Produit en Mayenne ».

 

Laval. Salmson, des pompes tournées vers l'étranger

 

Situé à Laval, le site emploie plus de 600 salariés. Il est spécialisé dans les pompes et les circulateurs de chauffage. 90 % de la production lavalloise est exportée.

 

Boulevard de l’Industrie à Laval, les 26 000 m² de l’usine de métallurgie Salmson sont bien à l’abri derrière les grillages. Et il faut montrer patte blanche pour pénétrer dans l’enceinte. Pierre-Yves Bailly, le directeur de l’usine depuis 2008, reçoit dans une salle de réunion. Avant de se muer en guide de l’usine. Costard gris anthracite, et chaussures de sécurité de rigueur aux pieds, il explique pourquoi Salmson est présent en Mayenne depuis 1962. « C’est en raison des copinages avec Robert Buron », tranche le directeur. Pour mémoire, Buron était mayennais mais surtout, le ministre des Travaux publics, des Transports et du Tourisme de l’époque.

 

L’origine de la société remonte au XIXe siècle. Emile Salmson, un industriel français, concurrent de Renault, développe des pompes, des machines à vapeur et des moteurs. Dans les années 50, les ventes s’effondrent et les fils de l’industriel revendent le bébé. A deux groupes américains d’abord, puis en 1984, aux Allemands de Wilo, l’équivalent de Salmson, outre-Rhin. Le siège du groupe est aujourd’hui basé à Dortmund, en Allemagne (…).

 

Il est nécessaire de compléter les explications du directeur, concernant l’histoire de Salmson. C’est possible, à partir des journaux internes de l’entreprise, qui m’ont été communiqués par Georges Minzière, ancien salarié Salmson, qui fut secrétaire du comité central d’entreprise, dans les années 1970 et 1980.

 

Georges Minzière 26 03 09Dans un autre article, je reprendrai les observations de Georges Minzière, qui sont tout à fait essentielles pour la bonne compréhension des évènements qui ont émaillé l’histoire de l’entreprise, notamment son implantation en Mayenne. On verra précisément le rôle joué par Robert Buron dans le choix de la décentralisation à Laval et les efforts réalisés par les contribuables lavallois, qui ont permis cette implantation.

 

Dans l’immédiat, je me limiterai à présenter un résumé de ce que fut l’itinéraire de la famille Salmson et de l’entreprise depuis 50 ans qu’elle existe sur le site de Laval.

 

Repères historiques

 

Emile Salmson (1859-1917), ingénieur, crée en 1890 une entreprise à Paris, qui fabrique, notamment, des pompes centrifuges. Elle devient « Emile Salmson et Cie » en 1896 et s’agrandit, en fabriquant des moteurs.

La « Société des moteurs Salmson » (SMS) s’installe à Boulogne-Billancourt en 1912. Elle travaille pour l’Etat (moteurs d’avion) pendant la guerre. Puis elle s’engage dans la fabrication d’avions en 1916. Les fils Salmson prennent la succession des diverses entreprises, au décès du fondateur, en 1917. Mais, en 1919, ils quittent la SMS, qui choisit la reconversion de ses activités vers la vitesse (automobiles et avions).

 

En 1921, est créée la SARL des « Fils de Emile Salmson », à Argenteuil. En 1956, elle devient la « Société des pompes Salmson », qui développe les circulateurs de chauffage. L’extension du site d’Argenteuil étant impossible, le choix est fait en 1959 de la décentralisation en province.

Au moment où le projet de transfert d’Argenteuil à Laval se concrétise, la société (450 salariés, multiplication du chiffre d’affaires par 5) est vendue, en 1961, au groupe américain Nash.

 

Le 19 mai 1962, est inauguré le site de Saint-Melaine à Laval (Mayenne). Mais, cinq mois plus tard, la Société des Pompes Salmson devient une division de LMT (centraux téléphoniques), qui fait partie de la holding américaine ITT (multinationale spécialisée dans les communications téléphoniques).

En 1976, le groupe Thomson reprend LMT, ce qui englobe la Société des pompes Salmson, qui prend le nom de « Société Electro-Hydraulique ».

 

En 1984, la SEH intègre le groupe Opländer à Dortmund (Allemagne). L’entreprise fabrique le même type de circulateurs que Salmson à Laval. Le site industriel de Laval se transforme. Les deux marques, Salmson et Wilo, continuent séparément.

En 1996, Monsieur Opländer quitte la direction opérationnelle mais reste à la présidence du directoire. Le groupe devient Wilo-Salmson AG. Le site lavallois développe les circulateurs domestiques et les pompes à eau froide. En 2002, le groupe prend le nom de Wilo AG.

En 2011, le chiffre d’affaires du site lavallois est de 222 millions d’euros. Celui du groupe Wilo a franchi la barre du milliard d’euros en 2010.

 

Cet article est le 11ème paru sur ce blog dans la catégorie Les élus en Mayenne.

Repost 0
Published by Michel SORIN - dans Elus en Mayenne
commenter cet article
29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 22:16

Le coût des aliments (céréales) s’est accru de 17,5 %

 

Anniversaire Maria 90 ans 1 08 10 100 TChaque année, en décembre, le ministère de l’agriculture et l’INSEE publient les comptes de l’agriculture de l’année qui s’achève. Ce sont encore des comptes prévisionnels. Les vrais comptes 2012 seront connus l’été 2013.

 

Voici la présentation et les commentaires des services économiques de l’APCA (Assemblée permanente des Chambres d’agriculture) le 18 décembre 2012.

 

Comptes de l'agriculture 2012 - Revenu agricole : menaces sur la diversité de notre agriculture

 

Téléchargez Analyses & Perspectives n° 1214 sur le "Revenu agricole : menaces sur la diversité de notre agriculture"

 

Selon les statistiques publiées par la Commission des Comptes de l'Agriculture Nationale qui s'est réunie le 12 décembre, le revenu moyen des exploitations agricoles s'élèverait à 36 500 € en 2012 et aurait progressé de 3,9 % par rapport à 2011. La conjoncture a été porteuse sur de nombreux marchés agricoles et a tiré les prix vers le haut, sauf dans le secteur laitier. Cependant, les disparités sont importantes par filières et les secteurs de l'élevage d'ovins et de bovins pour la viande dégagent des revenus structurellement faibles.

 

L'INSEE et le Ministère de l'Agriculture viennent de publier les comptes de l'agriculture nationale de 2012. Les indicateurs de revenu globaux sont en hausse mais les disparités sont importantes au sein de la branche agricole en 2012.

Dans le régime de volatilité des marchés qui marque l'agriculture française depuis plus de dix ans, la conjoncture aura été favorable pour les secteurs des grandes cultures, de l'élevage hors-sol et du maraîchage.

 

Notons que les producteurs de grandes cultures ont bénéficié d'une conjoncture mondiale particulière : des cours très élevés liés à la sècheresse aux Etats-Unis, et une récolte abondante en blé tendre en France conduisent à des niveaux de revenu très élevés dans le secteur.

 

Les éleveurs de bovins pour la viande et d'ovins enregistrent une nouvelle baisse de revenu et connaissent des difficultés structurelles avec des revenus d'activité à peine supérieurs à 15 000 € annuels.

 

Dans la filière lait, les éleveurs enregistrent une baisse de revenu en 2012 mais sur moyen terme, leurs résultats sont légèrement supérieurs à la situation d'avant la crise de 2009.

 

Pour la viticulture et l'arboriculture, il faut se garder d'interpréter les chiffres de manière assurée. Dans la viticulture, les revenus auraient baissé de moitié mais cette prévision est fragile car si on observe bien que la récolte est en recul en 2012, on ne sait pas à quel prix elle sera commercialisée dans les années à venir.

Pour l'arboriculture, le revenu moyen est en hausse mais les situations sont très hétérogènes par secteurs. Du côté des pommes, les récoltes ont été très faibles et les producteurs spécialisés dans ce fruit ne se retrouveront certainement pas dans cet indicateur de revenu moyen en hausse.

 

Du côté des charges de production, l'évolution des prix suit la tendance de moyen terme avec des augmentations de prix pour l'énergie, les engrais, les produits phytosanitaires et l'aliment du bétail. Les agriculteurs ont limité l'impact de ces hausses de prix par une réduction de leurs achats.

Les indicateurs de revenu attirent l'attention de tous. Mais il faut les remettre dans le contexte de l'économie agricole générale. D'une part, il faut souligner la progression constante de la productivité agricole et en particulier la productivité du travail, quelque soit la conjoncture sur les marchés agricoles. On peut calculer qu'un agriculteur produit aujourd'hui l'équivalent de ce que produisaient trois agriculteurs en 1960.

 

D'autre part, la filière agroalimentaire (agriculture et Industries Agroalimentaires) est particulièrement performante sur les marchés extérieurs et a dégagé sur 9 premiers mois de l'année un excédent de 8 milliards d'€, résultat d'autant plus remarquable que la balance commerciale de la France est structurellement déficitaire depuis des années.

 

Anniversaire Maria 90 ans 1 08 10 071 TCommentaires lus dans L’avenir agricole, 21 décembre 2012 :

 

Autour d’une moyenne de 4 % de progression, les écarts sont considérables, mesurés par le résultat courant avant impôts : + 46 % pour les grandes cultures, - 9 % pour les producteurs de viande bovine et – 12 % pour les producteurs de lait.

 

Les revenus de l’année 2012 reflètent, en fait, l’impact de la volatilité des prix avec une tendance à la hausse de ceux des productions végétales. Les prix des céréales ont augmenté d’environ 18 % et ceux des oléagineux ont grimpé de 12 %. Largement de quoi compenser les coûts des facteurs de production, même si les produits pétroliers se sont inscrits à la hausse.

 

En revanche, cet effet s’est traduit par un effet ciseau négatif pour les éleveurs. Le coût des aliments pour animaux a progressé de l’ordre de 17,5 % sur l’année et de 25 % sur deux ans. Face à cela, ni les producteurs de viande bovine ni les producteurs de lait n’ont été en mesure d’obtenir une répercussion de leurs coûts de production auprès des industriels ou des distributeurs.

 

Les producteurs de porcs ou de volailles ont été plus heureux. Les premiers ont vu le prix de marché progresser de l’ordre de 20 %, les seconds ont réussi, via les industriels,, à faire passer des hausses auprès des grandes surfaces.

 

Retrouvez des éléments d’information concernant les années précédentes, en parcourant ces articles :

 

Revenu agricole 2011 : écarts croissants selon régions et productions - 7 août 2012 

 Agriculture et alimentation, un lien à protéger (santé, sécheresse, prix) - 5 juin 2011 

Déréglementation : crise alimentaire, bulle céréalière, éleveurs en péril - 20 février 2011

Revenu agricole 2010 : les céréaliers heureux, les animaliers moins - 17 décembre 2010 

 Crise agricole 2009 : les explications des services économiques APCA - 30 décembre 2009 

 

Cet article est le 362ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

Repost 0
Published by Michel SORIN - dans AGRICULTURE et PAC
commenter cet article
29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 18:18

Fermeture d’usines Candia par Sodiaal, coop laitière

 

L’automne 2012 n’a pas été tranquille au niveau des producteurs et transformateurs de lait, notamment les Coopératives. Voir Lait : la pression monte autour de Sodiaal (Ouest-France, Jean-Paul Louédoc, 7 septembre 2012).

C’est aussi vrai de l’ensemble des activités d’élevage. Voir Agriculture : lait et activités d'élevage dans la tourmente des marchés - 28 décembre 2012. 

 

Xavier Bonnardel a montré dans Ouest-France (10 novembre 2012) les raisons des difficultés dans le secteur laitier.

 

La bataille européenne fait rage dans la filière lait

 

La fermeture annoncée des trois usines Sodiaal, dont celle du Lude dans la Sarthe (lire cet article de Ouest-France, paru le 10 novembre 2012 sous la plume de Christelle Quintard : Le Lude sonné par la fermeture annoncée de Candia), témoigne de l’âpreté de la bataille sur le créneau du lait de grande consommation.

Trois ans avant leur suppression officielle, les quotas laitiers, qui organisaient et régulaient la production à l’échelle européenne, sont, de fait, déjà morts. Et la grande distribution fait jouer la concurrence entre grands bassins laitiers européens. 7 % du lait de grande consommation arrive désormais d’Allemagne.

Sur le marché du lait UHT, la coopérative géante allemande Muh, vache à lait du hard discount, Sodiaal, la plus coopérative laitière française (marque Candia), et Lactalis, numéro deux mondial du lait (Lactel), se bagarrent à coups de baisse de prix.

Confrontés à la hausse des aliments pour le bétail, les producteurs multiplient les mouvements d’humeur. La Fédération nationale des producteurs de lait a ainsi saisi le médiateur des relations commerciales contre Lactalis et Sodiaal. Appelés à se substituer aux quotas laitiers, les contrats entre industriels et producteurs démarrent dans un climat de suspicion délétère. Yves Sauvaget, de la Confédération paysanne, se montre pessimiste : « Le marché mondial est solvable pour les entreprises. Mais pas pour les paysans car il ne couvre pas nos coûts de production ».

 

« Il y a une fragilité globale des industries agroalimentaires due à la crise », analyse Michel Nalet, de Lactalis. Le pouvoir d’achat en berne des consommateurs exacerbe la concurrence entre les enseignes. C’est ainsi que Géant a sorti le lait UHT Sodiaal de ses rayons, après l’échec des négociations tarifaires.

Dans ce climat tendu, les économistes invitent cependant à rester serein. Les perspectives s’annoncent positives. La France dispose d’acteurs (Danone, Lactalis, Yoplait) capables de se positionner sur le marché mondial. La production internationale fléchit alors que la Chine et l’Inde poussent les feux de la consommation.

Les cotations internationales des produits laitiers industriels (poudre de lait, beurre en vrac) montent en flèche depuis août. « Le marché est assaini. Les prix à la production augmenteront début 2013 », anticipe Benoît Rouyer de l’interprofession laitière.

 

AG Apli 120911 001 TLes Coopératives laitières sont mises en cause, en raison de leurs choix passés et présents en matière d’investissements. Voir Coopératives laitières : leur stratégie mécontente les syndicats et l'APLI - 28 septembre 2012.

 

L’Association des producteurs de lait indépendants (APLI) a réagi ainsi : « Ce plan était totalement prévisible : en contribuant à la surproduction de lait par l’octroi de compléments de volume à ses producteurs, Sodiaal s’est tiré une balle dans le pied. Ceci a entraîné une surproduction de 2 % en France, faisant plonger les cotations du lait spot de plus de 30 %. Candia, comme les autres marques, a dû baisser ses prix de vente devant l’abondance de l’offre concurrentielle, jusqu’à se mettre en difficulté même en imposant une baisse du prix payé aux producteurs, lesquels paient doublement ces erreurs : par la baisse du prix payé et par le coût du plan social à venir ».

 

Dans Ouest-France, 15 septembre 2012, sous le titre « L’office du lait dénonce l’attitude des Coops », Paul de Montvalon, éleveur laitier dans le Maine-et-Loire, président de l’Office du lait, critiquait le système de double quota et ses conséquences pour les éleveurs. Extrait.  

Quelle est votre réaction face à la baisse du prix payé par certaines coopératives laitières à leurs producteurs ?

Depuis trois ans, nous disons que les coopératives poussent les producteurs vers le bas. Aujourd’hui, nous en avons la preuve. Elles ont imposé un système de double quota sans avoir les marchés derrière, le résultat était prévisible. Chez Sodiaal, Coralis, Terra Lacta, les éleveurs ont abandonné le pouvoir aux actionnaires et aux spéculateurs. Les coops veulent nous envoyer sur les marchés mondiaux du beurre et de la poudre alors qu’elles ne sont déjà pas concurrentielles sur le lait UHT en Europe. Elles s’adaptent en baissant le prix à leurs producteurs. Une maîtrise de l’offre du lait est plus que jamais nécessaire en France et en Europe (…).

 

Pierre Messager, porte-parole de la Confédération paysanne dans les Pays de la Loire, déplore « le début d’anarchie » qui s’installe dans la gestion de la filière.

« C’est la Berezina dans la filière laitière » (L’Avenir agricole, Frédéric Gérard, 5 octobre 2012)  

 

« Avec la fin des pénalités (de dépassement de quota) qu’on nous annonce, c’est la fin des quotas et de la régulation, c’est l’anarchie », renchérit le breton Eric Duverger. Et cela pourrait contribuer à accentuer une tendance observée : la mise en place des neuf bassins laitiers a « déjà fortement concentré la production ». Le bassin Grand Ouest, le plus important avec 30 % de la production française, est aussi celui qui a le plus profité du système de redistribution mis en place l’an dernier.

Avec des volumes supplémentaires, des entreprises, surtout des coopératives, misent sur l’exportation. « Pourquoi pas, s’il y a une bonne valorisation au bout ? Mais globalement et actuellement en France, on voit qu’il y a pas mal de laiteries qui ont déjà du mal à bien valoriser leur lait. On passe pour des utopistes, poursuit Pierre Messager. Mais vouloir produire du beurre-poudre pour concurrencer des marchés qui produiront toujours à des coûts bien au-dessous des nôtres, on voit depuis des années ce que cela donne »…

(…) Quant à l’avenir de l’interprofession : « Quelle est son utilité ? C’est l’anarchie sur les prix ! » En cause, la baisse de Sodiaal, puis de Lactalis. « A peine mis en place, les contrats Lactalis sont dénoncés. Cela prouve leur efficacité… », ironise Pierre Messager.

Face à ce constat, affirme Pierre Messager, « les pouvoirs publics doivent d’urgence reprendre en main la gestion de la filière. Aux niveaux français et européen ».

 

Auparavant, le  28 septembre 2012, dans L’Avenir agricole, le patron de la FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait, affiliée à la FNSEA), Thierry Roquefeuil, somme les industriels de changer de stratégie et de faire cause commune. Il attend aussi un geste des distributeurs et se dit attentif aux évolutions politiques. Extraits.

 

La FNPL dresse le tableau d’une filière à la croisée des chemins

Thierry Roquefeuil : « Il n’y a qu’en France qu’on dit qu’il y a trop de lait. Il faut réfléchir à des tailles stratégiques d’investissement, entre entreprises si nécessaire, pour profiter de nouveaux marchés »

Sodiaal a conclu un partenariat pour approvisionner le marché chinois. « J’aurais préféré que Sodiaal fonde une usine et exporte des produits transformés », confie Thierry Roquefeuil. D’autant que le partenaire chinois, Synutra, investit et, donc, possède 90 % de l’usine de séchage (…).

Les transformateurs sont d’autant plus dans la ligne de mire depuis les décrochages par rapport aux accords interprofessionnels de Coralis, Terra Lacta, Sodiaal, et désormais Lactalis (alignement sur la baisse de Sodiaal). Alors même que « les perspectives pour les produits industriels sont déjà meilleures pour la fin de l’année et le début 2013 ».

Derrière cette protestation, ce sont aussi les coûts de production qui sont sur la table. « Une hausse de 50 % des tourteaux depuis un an. Face au prix des céréales, il faut aussi se poser des questions : comment inciter les éleveurs à continuer à produire du lait ? Le temps de travail doit être rémunéré ».

 

Cet article est le 361ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

Repost 0
Published by Michel SORIN - dans AGRICULTURE et PAC
commenter cet article