Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
  • Contact

Texte libre

Recherche

Courriel

 

 

 

 

Articles RÉCents

22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 22:48

L’Allemagne a su se protéger pour tirer son épingle du jeu

 

Le club de réflexion MARS (Mouvement agricole et rural solidaire) a été créé en 1983 à l’initiative de Didier Minot et Joseph Racapé. Actuellement présidé par ce dernier, il organise - selon un rythme mensuel - des réunions sur des thèmes différents avec un intervenant ayant produit un livre ou un travail de réflexion (par exemple, voir André Neveu s'alarme de la pénétration du capitalisme en agriculture - 13 février 2013). Pour y participer, me le faire savoir. Je transmettrai à Joseph Racapé.

 

La  prochaine réunion de « MARS » traitera d’un sujet qui occupe une place de plus en plus importante dans les propos des leaders agricoles français ces dernières années « La perte de compétitivité de notre agriculture par rapport à celle de l’Allemagne ». De manière plus concrète, nous nous attacherons à rechercher ce que pourraient être "Les marges de manoeuvre du gouvernement français dans la PAC à la lumière de l'expérience allemande".

 

On répète toujours que tout se décide à Bruxelles et que les Ministres français de l'agriculture n'ont plus aucun pouvoir. On se désole de la concurrence allemande et des nombreux dangers qui guettent les filières animales en France. On ne retient des décisions allemandes que la nécessité d'importer en France leurs turpitudes Bolkestein en baissant les salaires.

N’y a-t-il pas d'autres enseignements à tirer sur la stratégie de filières, la régionalisation des aides ou la façon d'interpréter la législation sur les énergies renouvelables ou l'environnement.

Autrement dit, peut on s'autoriser en France à construire des stratégies nationales efficaces qui correspondent au contexte et aux besoins des agriculteurs et des IAA, ou de la commercialisation ?

 

Controverses Marciac 3et4 aout 2011 076 TLe sujet sera introduit par Lucien Bourgeois (photo : Les controverses de Marciac, août 2011), économiste, membre de l’Académie d’agriculture, qui vient d’écrire dans le dernier numéro (Janvier-Mars 2013) de La Revue politique et parlementaire sous le titre :

 

« L’agriculture française et le syndrome allemand ».

 

L’introduction  

La PAC a été construite il y a cinquante ans maintenant sur l’idée très ambiguë de l’intérêt commun entre une France « agricole » et une Allemagne « industrielle ». Les Allemands acceptaient de payer une part importante des dépenses parce que c’était le prix à payer pour l’ouverture du marché européen à leurs produits manufacturés. Tel était le dogme qui semblait admis par tous.

Dans ces conditions, on comprend le désarroi devant la percée récente des exportations allemandes même dans le secteur des produits agroalimentaires. Est-ce le signe d’un déclin français dans le domaine agroalimentaire ? Est-ce de nature à remettre en cause la stratégie agricole française par rapport à la PAC ?

Une chose est sûre, la stratégie allemande nous montre qu’il y a, dans le cadre de la PAC, beaucoup plus de marges de manoeuvre qu’on ne le dit souvent. Cette interrogation sur les performances allemandes nous permettra de passer en revue les atouts et handicaps de l ‘agriculture française. Mais ce type de bilan n’a d’intérêt que s’il est complété par une analyse des acteurs qui sont avantagés ou pénalisés et si cela conduit à trouver de nouvelles stratégies.

La crise économique qui se poursuit depuis 2008 est le signe que les stratégies anciennes ont trouvé des limites. Il importe de trouver de nouvelles solutions. Cela passe par plus de concertation entre les États. Il n’est pas indifférent que la PAC qui est toujours la seule politique économique commune de l’UE puisse rester un exemple de mutualisation réussie.

 

Le début  

Avant d’examiner les dernières informations concernant le commerce extérieur, nous rappellerons les éléments essentiels de l’évolution de l’agriculture française. On ne peut comprendre certains aspects de l’actualité qu’en comprenant mieux les logiques en présence et les choix qui ont été faits dans la longue histoire de ce secteur resté très important dans la vie politique de notre pays.

 

Une situation géographique privilégiée

Géographiquement, la France est un pays béni des Dieux pour l’activité agricole.

Située de part et d’autre du 45e parallèle, on peut donc y cultiver à la fois les productions du Sud et celles du Nord. Cela donne des avantages considérables pour certains produits comme les fruits, les légumes et la vigne dont certaines variétés peuvent difficilement être cultivées ailleurs que sur une bande très étroite en latitude.

Entourée de mers, ce pays jouit d’un climat tempéré et d’une pluviométrie suffisante. De nombreux massifs montagneux lui permettent un stockage de l’eau et l’approvisionnement de grands fleuves entourés de plaines alluviales.

 

La France dispose de la plus grande surface agricole utile de l’UE avec 27 millions d’ha soit un sixième du total européen. Ramené au nombre d’habitants, cela représente une surface de 0,4 ha par habitant (4 000 m²).

C’est plus que la moyenne européenne (0,33). C’est deux fois plus qu’en Allemagne (0,20) et quatre fois plus qu’aux Pays-Bas. Ce pays ne dispose que de 1 000 m² par hab. C’est exactement le même chiffre que pour la Chine ! La pression foncière est donc nettement moins élevée dans notre pays que dans la plupart des grands pays industrialisés européens.

Cela explique que le prix des terres cultivables soit l’un des plus bas de l’UE.

 

Une histoire favorable à la compétence des hommes et à l’originalité des produits

La Révolution de 1789 a, plus tôt que dans les autres pays d’Europe, permis un développement de la production en diminuant la surface détenue par les propriétaires absentéistes, en attribuant la terre à ceux qui la travaillent et en sécurisant ce changement par un système de propriété privée consignée dans un Code législatif formalisé et respecté.

Le développement de la production a suscité beaucoup d’innovations pour transformer les produits agricoles, les stocker et les commercialiser plus facilement sous forme de fromages ou de charcuterie fumée ou salée d’une extrême variété entre régions. Cela a donné lieu à une culture vivace et bien ancrée sur le territoire autour de la cuisine régionale et de la gastronomie.

 

À l’abri de la concurrence extérieure

Le Royaume-Uni a aboli ses taxes sur le blé (Corn Laws) en 1846. Mais cet exemple n’a pas été suivi en France. Il y a eu une timide tentative d’ouverture des frontières pendant la deuxième moitié du Second Empire et au début de la Troisième République. Cela a duré une vingtaine d’années entre 1860 et 1880. Mais lorsque la concurrence des blés américains ou russes s’est accentuée grâce à la baisse du coût des transports maritimes puis des chemins de fer, les lois Méline des années 1880 ont protégé les agriculteurs français de la concurrence extérieure. Cela a eu pour effet de ralentir l’exode rural. Il y avait encore presque un actif sur trois dans le secteur agricole à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Il faudra attendre les années 1970 pour voir apparaître les premiers excédents du commerce extérieur de produits agroalimentaires. La « vocation exportatrice » de la France n’a jamais existé dans l’histoire et les excédents structurels ne datent que d’une trentaine d’années.

 

Une modernisation très rapide depuis la guerre

Les agriculteurs français avaient un retard technique important sur leurs voisins d’Europe du Nord à la sortie de la Deuxième Guerre mondiale. En quelques décennies, le retard a été rattrapé. Le graphique sur l’évolution du rendement du blé montre clairement le changement brutal qui a eu lieu depuis la fin de la guerre. En cinquante ans, la population active agricole a été divisée par quatre en passant de 3 millions en 1970 à 750 000 en 2010.

La part de la population active qui travaille dans l’agriculture est donc tombée à moins de 3 % et la part de l’agriculture dans le PIB est inférieure à 2 %.

Sur le plan des structures, l’évolution a aussi été extrêmement rapide. Les exploitations agricoles françaises sont désormais parmi les mieux structurées d’Europe. Il n’en reste plus que 490 000 en 2010 avec une surface moyenne de 55 ha contre 19 en 1970. La moyenne européenne n’est que de 15 ha. Il y a en effet encore 12 millions d’exploitations dans l’UE à 27 pour 170 millions d’ha.

Malgré cette division par quatre du nombre d’actifs dans les cinquante dernières années, la production a doublé en volume grâce à un accroissement extrêmement rapide de la productivité du travail. Cela signifie en clair que chaque actif produit huit fois plus de produits qu’en 1960. Mais cette très forte augmentation de la productivité a été contrebalancée par une diminution considérable des prix à la production. En moyenne, ces prix ont été divisés par deux depuis le début des années 70. Cela explique que la valeur réelle globale de la production ait pu diminuer et que les revenus agricoles aient pu prendre à certains moments du retard par rapport aux revenus des autres catégories socioprofessionnelles.

Notre pays avait aussi un retard considérable sur ses concurrents allemands et anglais sur le plan de ses entreprises de transformation de produits alimentaires. Des entreprises performantes se sont constituées depuis cinquante ans et figurent désormais parmi les plus importantes du monde. Par ailleurs, la France bénéficie d’un flux important d’investissements en provenance d’entreprises étrangères dans le domaine agroalimentaire. Actuellement, les industries agroalimentaires (IAA) sont devenues le premier secteur industriel de la France avec près de 600 000 emplois.

 

Les évolutions par secteur de production

Il est intéressant de regarder les évolutions par secteur de production. De nombreux travaux ont montré les évolutions très rapides de la production française en quantités physiques. Pour ce travail sur l’aspect économique nous nous polariserons sur les évolutions en valeur réelle pour prendre en compte l’impact de la baisse des prix sur la valeur ajoutée du secteur. Au total, il est clair que la Ferme France a vu son chiffre d’affaires baisser depuis le début des années 80. La très forte chute des prix dans les secteurs qui ont connu les gains de productivité les plus importants conduisent à des situations étonnantes. La production céréalière annuelle a augmenté de 42 à 59 millions de tonnes entre le début des années 80 et 2011. C’est une augmentation de 64 %. Mais la valeur réelle de la production a baissé de 16 Mrd € à 10 en 2011 soit une baisse de 37 % ! Inversement, la quantité de vin produite en France n’a pas augmenté depuis cinquante ans mais grâce à la montée en gamme de la majorité de la production, la valeur réelle de la production française a plus que doublé. Les vins ne représentaient qu’à peine la moitié de la valeur produite par les céréales au début des années 60. Ils représentent désormais un chiffre d’affaires de 20 % supérieur. Cet exemple montre les limites des stratégies de développement visant à produire des « matières premières » ou des « commodités » comme on le dit dans le secteur des céréales, ou du « minerai » comme on le dit parfois dans le secteur des viandes. Cette stratégie permet d’approvisionner les industries alimentaires au meilleur coût mais elle permet difficilement de créer beaucoup de valeur ajoutée (…).

 

Voir Agriculture : L Bourgeois compare l'histoire de la France et de l'Allemagne - 21 mai 2013. Extrait qui introduit bien la réunion de MARS.

L’évolution des échanges agroalimentaires nous montre pourtant que nous avons une sorte de naïveté en ce domaine.

La France s’est un peu vite ralliée aux thèses libérales en estimant qu’il ne fallait plus que l’État intervienne car les marchés devaient assurer plus rapidement l’optimum. On voit clairement que cela n’a jamais été la pensée dominante en Allemagne dans le domaine agricole. Ce pays a toujours veillé jalousement au maintien de son potentiel de production agricole par des prix élevés, des aides régionalisées, l’utilisation des politiques fiscales et des incitations financières à la production d’énergie renouvelable…

En pure logique libérale, ce pays aurait pu choisir de sacrifier son agriculture sur l’autel de la spécialisation internationale comme le professe l’OMC. Sa puissance industrielle lui permettait d’importer ses produits alimentaires du reste du monde à l’exemple du Royaume-Uni dont le déficit agricole dépasse 25 Mrd € en 2011, soit l’équivalent de la moitié du déficit énergétique de la France ! Au contraire, l’Allemagne a choisi de relever le défi par une politique « industrielle » de l’agriculture. Pire encore, on peut se demander si la vieille malédiction hitlérienne n’est pas en train de se réaliser avec la désindustrialisation actuelle de la France et sa spécialisation dans la fourniture au reste de l’Europe de matières premières comme les céréales et les animaux vivants.

Les autres pays transforment ces matières premières en produits à plus haute valeur ajoutée qui reviennent sur nos marchés sous forme de découpe de volaille ou de jambon de Parme.

 Cet article est le 391ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

Partager cet article
Repost0
21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 22:50

Miser sur la capacité d’innovation des agriculteurs français

 

Colloque agriculture Res Publica 71111 151 TC’est un remarquable article qu’a écrit Lucien Bourgeois dans La Revue politique et parlementaire parue au 1er trimestre  2013 sous le titre global « L’agriculture française et le syndrome allemand ». En voici un extrait, qui reprend la partie finale.

 

France et Allemagne : une longue histoire pas commune même avec la PAC

 

Essayons de mieux comprendre les ressorts de cette obsession sur les performances allemandes. Les divergences sont historiques. Plus tardivement unifiée que le Royaume-Uni et la France, l’Allemagne n’a pas pu se lancer dans la conquête coloniale. En revanche, elle s’est lancée dans une croissance industrielle très rapide. Dès les années 1870, elle avait dépassé le Royaume-Uni et était devenue la première puissance industrielle européenne. La France avait fait un tout autre choix en se lançant dans l’aventure coloniale. Elle pouvait se permettre de garder une agriculture peu performante, quitte à importer beaucoup de denrées comme les huiles, le vin, le riz de son empire colonial.

L’Allemagne était obligée d’assurer sa sécurité alimentaire en améliorant les rendements.

Cette situation a perduré jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Pendant l’entre-deux-guerres, la moyenne des rendements de blé n’était que de 15 quintaux par ha en France et, en 1939, il nous fallait importer chaque année l’équivalent de deux mois de consommation de blé. Les rendements étaient alors très inférieurs à ceux de l’Europe du Nord. Cette situation avait d’ailleurs conduit Hitler à imaginer, pendant l’Occupation, une répartition du travail très « coloniale » entre nos deux pays. La France avait beaucoup de terres agricoles peu productives. Les Allemands se spécialiseraient sur l’activité industrielle et la France pourrait assurer l’approvisionnement en produits agricoles.

Fort heureusement, ce n’est pas la voie qui a été choisie après la guerre.

 

La France a opté pour un développement industriel très rapide permettant une modernisation concomitante de l’agriculture. Les Français avaient souffert de la faim pendant la guerre et il fallait bien se douter que les colonies aspiraient à l’indépendance.

Les gouvernements ont pris les mesures d’accompagnement nécessaires pour favoriser le développement de la production par des investissements importants dans les exploitations agricoles.

Quand la construction du Mur de Berlin a poussé les pays d’Europe de l’Ouest à concrétiser leur volonté affichée dans le traité de Rome de mutualiser leurs politiques de sécurité alimentaire, l’agriculture française était prête et avait rattrapé une partie de son retard technique.

 

Dans l’Europe des six du début de la PAC, la France disposait de la moitié des terres agricoles disponibles et tous les pays y compris la France avaient un déficit important de leurs échanges extérieurs de produits alimentaires. Il convenait de développer la production le plus rapidement possible. Après de longs arbitrages politiques, le choix s’est porté sur des prix élevés des produits agricoles et la suppression des limitations de garantie par exploitations que la France avait mis en place (Quantums). Les prix allemands étaient plus élevés que les prix français. Si l’on avait voulu favoriser une spécialisation en fonction des facteurs de production disponibles, on aurait fixé un niveau commun proche des prix français.

Ce n’est pas le choix qui a été fait. Les prix communs ont été fixés à un niveau proche du prix allemand. Cela a permis à ce pays de sauver son agriculture et cela a donné une rente de situation aux producteurs de céréales français.

Cela a pénalisé les éleveurs français qui voyaient ainsi se renchérir le prix des aliments du bétail.

Cette stratégie est restée la même pendant les mouvements monétaires des années 70. Les agriculteurs français n’ont pas pu profiter des dévaluations du franc. Les agriculteurs allemands n’ont pas non plus souffert des réévaluations du mark. Les montants compensatoires monétaires institués en 1976 et maintenus pendant vingt ans ont permis de préserver les producteurs agricoles des mouvements monétaires. L’Allemagne a donc pu profiter du marché commun pour étendre ses marchés de produits industriels sans que la concurrence sur les produits agricoles ne puisse affaiblir son potentiel de production national. Les producteurs français de céréales et oléagineux ont bénéficié d’une rente de situation réinvestie dans l’élargissement de la rente par l’agrandissement des structures de production.

 

La réforme de la PAC de 1992 n’a pas non plus permis de réaliser une spécialisation internationale différente entre les deux pays.

On aurait pu penser qu’après la chute du Mur de Berlin tout allait changer. La réunification faisait progresser la surface agricole de l’Allemagne de 50 %. Le niveau des prix devait converger vers le niveau du marché mondial, les aides devaient avoir un effet neutre sur la production et l’agriculture devait respecter des contraintes environnementales communes.

 

L’absence de solidarité de la France pour assumer le coût de la réunification a favorisé les réflexes de renationalisation de la PAC. Les Allemands ont su utiliser les mécanismes de la PAC pour accompagner la modernisation des grandes fermes de la partie Est et maintenir un potentiel important dans les régions de petites exploitations comme la Bavière.

En France, on feint de croire que tout se décide à Bruxelles et que l’objectif est de conserver les retours financiers les plus importants. Les Allemands ont su trouver des marges de manoeuvre nationales. Les mesures prises méritent d’être observées de près. Retenons qu’ils ont réussi à donner les aides à tous les secteurs alors que la pratique française exclut les fruits et légumes et privilégient les exploitations de grandes cultures végétales. Ils ont su régionaliser pour tenir compte des particularismes régionaux. Ils ont su accompagner la PAC de mesures fiscales nationales qui encouragent les pratiques économes en intrants. Ils ont su utiliser la politique d’encouragement aux énergies renouvelables pour avantager les exploitations d’élevage (méthanisation). Or ce sont elles qui emploient le plus de main-d’oeuvre. Dans le même temps, la France avantage les exploitations de grandes cultures par l’éthanol et le diester.

 

De nombreuses études ont été faites depuis quelques années pour essayer de comprendre pourquoi les entreprises allemandes avaient pu gagner des marchés en particulier sur des articles « premier prix » dans le secteur des produits laitiers et surtout dans les viandes. L’utilisation intelligente de la politique environnementale pour la production d’énergie a permis de faire pression sur les prix au producteur. Mais il faut y ajouter des raisons moins nobles comme une utilisation systématique des possibilités d’emploi de salariés mal payés dans le cadre de la Directive Bolkestein adoptée fin 2006. Comme il n’y a pas de SMIC en Allemagne, les négociations salariales dépendent de l’organisation syndicale de chaque secteur économique. Or certains secteurs comme les abattoirs peuvent utiliser une main-d’œuvre en provenance des pays d’Europe de l’Est avec des salaires très inférieurs.

Cela donne aux entreprises concernées un avantage compétitif important dans ce domaine où les marges sont faibles.

 

La France agricole et l’Allemagne industrielle

Ce rappel de l’histoire montre l’intérêt des comparaisons entre les pays européens pour mieux identifier les marges de manœuvre éventuellement disponibles. Le rapport des Français avec les Allemands est toujours un peu compliqué. Il s’est encore complexifié avec la crise financière de 2008. Nous connaissons une croissance démographique beaucoup plus importante. Nous avons peu à envier sur le plan de la croissance du PIB mais nous sommes dans une position radicalement divergente sur le plan des échanges extérieurs. L’évolution des échanges agroalimentaires nous montre pourtant que nous avons une sorte de naïveté en ce domaine.

La France s’est un peu vite ralliée aux thèses libérales en estimant qu’il ne fallait plus que l’État intervienne car les marchés devaient assurer plus rapidement l’optimum. On voit clairement que cela n’a jamais été la pensée dominante en Allemagne dans le domaine agricole. Ce pays a toujours veillé jalousement au maintien de son potentiel de production agricole par des prix élevés, des aides régionalisées, l’utilisation des politiques fiscales et des incitations financières à la production d’énergie renouvelable… En pure logique libérale, ce pays aurait pu choisir de sacrifier son agriculture sur l’autel de la spécialisation internationale comme le professe l’OMC. Sa puissance industrielle lui permettait d’importer ses produits alimentaires du reste du monde à l’exemple du Royaume-Uni dont le déficit agricole dépasse 25 Mrd € en 2011, soit l’équivalent de la moitié du déficit énergétique de la France !

Au contraire, l’Allemagne a choisi de relever le défi par une politique « industrielle » de l’agriculture. Pire encore, on peut se demander si la vieille malédiction hitlérienne n’est pas en train de se réaliser avec la désindustrialisation actuelle de la France et sa spécialisation dans la fourniture au reste de l’Europe de matières premières comme les céréales et les animaux vivants.

Les autres pays transforment ces matières premières en produits à plus haute valeur ajoutée qui reviennent sur nos marchés sous forme de découpe de volaille ou de jambon de Parme.

 

La malédiction des matières premières

Cette tendance n’a pas encore affecté significativement les résultats du commerce extérieur.

N’est pas dû en partie au succès « involontaire » des vins et boissons ? Contre toute attente et en contradiction avec la logique mise en oeuvre dans les autres domaines, ce secteur a été le seul à augmenter sa part dans le chiffre de la Ferme France et il assure à lui seul la presque totalité de l’excédent du commerce extérieur. Avec des aides PAC nettement plus faibles, ce secteur a montré que la création de valeur ajoutée passait par la qualité en liaison avec l’origine territoriale dans le cadre d’organisations interprofessionnelles efficaces.

On comprend difficilement pourquoi cette belle réussite n’a pas été généralisée. Certes, des secteurs comme celui du sucre et ceux des produits oléagineux et des produits laitiers se sont engagés dans la valorisation industrielle. Mais cela a été peu le cas du secteur céréalier présenté comme emblématique de la puissance agricole de la France.

On peut se demander si ce n’est pas en partie le fait des hauts prix ou des aides importantes imposés par la logique allemande ? Cette situation a freiné le développement de la valeur ajoutée dans l’élevage en France.

Jusqu’à maintenant, cela a été bénéfique aux producteurs de céréales mais ils sont « par construction » de moins en moins nombreux à cause de la mécanique des aides à l’ha. Il suffit aujourd’hui de 600 heures par an pour cultiver 100 ha ! Cette moindre rentabilité de l’élevage a nécessairement des conséquences néfastes sur l’emploi mais aussi sur le territoire.

La politique des prix élevés des céréales n’a pas favorisé l’intégration entre les activités de production de céréales et celles de l’élevage. Cela a poussé à une logique « hors sol » dans les zones proches des ports.

 

L’insolente réussite des Pays-Bas en est en partie la preuve. Il serait intéressant de mieux comprendre comment ce pays peut dégager un excédent agricole deux fois plus important que celui de la France sans avoir la possibilité de produire ni céréales ni vins. On imagine ce que pourraient être les résultats français avec une autre logique de politique agricole.

Nous avons vu que la politique réformée en 1992 atteignait ses limites dans le contexte de crise économique que nous traversons depuis 2008. L’exemple de l’Allemagne et celui des Pays-Bas nous montre qu’il n’y a pas de fatalité et qu’il y a des marges de manoeuvre importantes surtout dans un pays comme la France qui a la possibilité de fabriquer de très nombreux produits alimentaires de qualité.

 

La crise pourrait inciter à changer de paradigme

La crise économique met en lumière les insuffisances des coordinations entre les politiques économiques des pays de l’UE. La PAC faisait un peu exception mais nous avons vu que les risques de renationalisations sont prégnants. Il est étonnant que les propositions faites par la Commission européenne pour la période 2014-2020 ne soient guère différentes de celles qui auraient été faites avant la crise. Il y aurait intérêt à modifier les mécanismes pour favoriser davantage la valeur ajoutée et l’emploi. Mais cela devra se faire dans un contexte budgétaire moins favorable.

Ce sera difficile à cause des pesanteurs. Est-ce qu’un vieux pays jacobin comme la France osera la régionalisation des politiques agricoles pour mieux valoriser la production par les territoires ? Est-ce que, dans un pays où prédominent les logiques d’ingénieurs, on se décidera à encourager la différenciation des produits agricoles ? Se décidera t-on à penser que l’organisation économique dans les filières peut être plus profitable aux consommateurs que le passage obligé par des centrales d’achat de la grande distribution ?

Mais sera t-il possible de modifier les règles actuelles du droit de la concurrence qui semblent plus contraignantes pour les producteurs de pommes à cidre que pour Microsoft ?

 

Peut-on imaginer un système d’aides qui soit plus favorable à l’emploi qu’à la capitalisation et à la concentration des exploitations ? Peut-on imaginer un encouragement plus explicite pour les innovations source de valeur ajoutée ? Les expériences allemandes et hollandaises sont de nature à rassurer les politiques qui souhaiteraient disposer d’exemples concrets. Mais n’oublions pas que le phénomène le plus encourageant, outre les bons résultats actuels du commerce extérieur agroalimentaire, est l’extraordinaire dynamisme des agriculteurs français « sur le terrain ».

Dans toutes les régions, dans tous les secteurs, ils sont nombreux à tenter des expériences innovantes au niveau technique mais aussi pour le travail et (ou) la vente en commun. C’est le meilleur des atouts pour l’avenir à condition qu’on puisse accompagner le mouvement dans de bonnes conditions. 

Cet article est le 390ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

Partager cet article
Repost0
20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 17:41

Parcours incertain d’une réforme sans fil conducteur

 

La ministre, Marylise Lebranchu (Wikipédia), porte le projet gouvernemental de l’Acte 3 de la décentralisation (voir Acte 3 Décentralisation : le Sénat a obtenu des délais supplémentaires - 6 avril 2013).

Les associations d’élus expriment de fortes réticences (voir Denis Durand est intervenu lors de l'AG des maires ruraux de France - 12 avril 2013). 

Les sénateurs réécrivent complètement la décentralisation

La commission des lois du Sénat a adopté, le 16 mai, une version modifiée en profondeur du premier volet de la réforme de la décentralisation. Le pacte de gouvernance territorial est supprimé et le rôle de la conférence territoriale, sensiblement réduit (…). Lire la suite (Acteurs publics, 16 mai 2013).

La commission des lois du Sénat élague le projet de loi Lebranchu (Localtis, 16 mai 2013)

 

La commission présidée par Jean-Pierre Sueur a profondément modifié le volet de la réforme du gouvernement concernant la répartition des compétences et l'articulation des actions locales. Elle a conforté les futures métropoles, en relevant cependant le seuil minimal de population pour obtenir ce statut. Les projets d'établissements publics métropolitains pour les agglomérations de Marseille et Paris sont repoussés d'un an. Le pacte de gouvernance territoriale, qui représentait pourtant pour Marylise Lebranchu la colonne vertébrale du projet, a été carrément supprimé (…).

Au terme de douze heures de travail consacrées à l'examen de 558 amendements, la commission des lois du Sénat a adopté, dans la nuit du 15 au 16 mai, le projet de loi de modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des métropoles, premier des trois textes de décentralisation présentés par le gouvernement lors du Conseil des ministres du 10 avril dernier.
 

La commission a voté le texte par 17 voix pour (dont les centristes), 3 contre (les communistes et une UMP) et 5 abstentions (les écologistes et le reste de l'UMP). Si une large majorité s'est ralliée à ce texte pourtant très critiqué au palais du Luxembourg, c'est que la commission a procédé à "l'élagage" promis par son président, Jean-Pierre Sueur.

La commission des lois était favorable à un lieu de dialogue entre les élus locaux à l'échelle régionale, mais critiquait la lourdeur de la conférence territoriale de l'action publique prônée par le gouvernement. Elle l'a donc transformée en "une structure de dialogue souple et légère", a expliqué Jean-Pierre Sueur à l'issue de la réunion de la commission. Cette instance n'aurait plus à définir un pacte de gouvernance territoriale censé, comme le formulait récemment la ministre en charge de la décentralisation, "rendre la répartition des compétences plus lisible". Ce pacte passe tout simplement à la trappe. Pierre-Yves Collombat (RDSE), auteur de l'amendement de suppression, estime que ce pacte s'apparente à "une machine administrative destinée à paralyser l'action des collectivités, pour les obliger à dépenser moins".

 
Nouvelle distribution des compétences

C'est un coup dur pour le gouvernement, qui comptait sur cet outil pour pousser les collectivités à "rationaliser" leurs actions (le pacte "constitue l'instrument privilégié de la clarification des compétences", indiquait l'exposé des motifs). Pour lui, le pacte est indissociable du retour de la clause de compétence générale pour les départements et les régions. Les sénateurs naturellement ont accepté cette clause, synonyme de liberté, mais ils ont refusé le pacte, le jugeant trop contraignant.
Les sénateurs ont aussi revu la répartition des compétences entre les collectivités. Les domaines pour lesquels la région sera chef de file sont étendus au tourisme et à l'innovation, en plus de l'aménagement et du développement durable, du développement économique et des transports. Dans le texte du gouvernement, le département était chef de file pour le tourisme. Le département est conforté dans son rôle de solidarité sociale et aura également le numérique en charge. Les sénateurs ont décidé que les communes seront chefs de file pour les services publics de proximité, le développement local et l'aménagement de l'espace, au lieu des seuls thèmes de la qualité de l'air et de la mobilité durable, ce qui était prévu par le gouvernement et que la commission a jugé "inacceptable".
La commission des lois a conforté les métropoles, même si elle a souhaité que celles-ci soient moins nombreuses. Obtiendront ce statut les agglomérations qui en feront la demande et qui satisferont à un critère de taille : 450.000 habitants dans une aire urbaine de 750.000 habitants.

 
Métropoles : pas de transfert automatique des compétences départementales

Les sénateurs ont renforcé les compétences des métropoles en matière de développement économique et leur ont accordé de nouvelles prérogatives dans le domaine de la distribution de gaz et de chaleur. Les métropoles seraient systématiquement, sur leurs territoires, les autorités organisatrices des réseaux, que ce soit en matière de voirie, de transports, d'électricité, etc. Les compétences des départements ne leur seraient, toutefois, pas transférées obligatoirement en 2017. Les sénateurs ont préféré des délégations de compétences définies par convention. Quoi qu'il en soit, les départements conserveraient la gestion de l'aide sociale à l'enfance. Les compétences de la métropole en matière de logement seraient moins étendues que prévu.
En lieu et place des conseils de territoire, "nouvelle structure intermédiaire entre les communes et la métropole, de nature à alourdir et ralentir les décisions et le fonctionnement de celle-ci", les sénateurs ont instauré une "conférence consultative dans laquelle les maires concernés pourraient débattre avec le président de la métropole des sujets d'intérêt commun".
La commission des lois a adopté le principe de l'institution d'une nouvelle collectivité territoriale se substituant au département du Rhône et à la communauté urbaine de Lyon sur le périmètre de celle-ci.

 
Grand Paris : priorité au logement

Elle a différé de 2015 à 2016 la mise en place d'une intercommunalité intégrée à fiscalité propre pour la métropole d'Aix-Marseille-Provence. Par ailleurs, elle a renforcé la déconcentration des compétences de proximité. Enfin, elle a décidé la mise en place de la conférence métropolitaine des maires dès la publication de la loi, pour associer plus étroitement les élus locaux à la mise en place de la métropole dans l'aire urbaine de Marseille.
Rebaptisé "Grand Paris Métropole" – à la place de "Métropole de Paris" – l'établissement public de l'agglomération parisienne monterait en puissance en trois temps. Le 1er octobre 2014 serait institué un syndicat mixte. L'établissement public verrait le jour le 1er janvier 2017, soit un an après la date envisagée par le gouvernement. Les prérogatives de cet établissement sont recentrées sur le logement. Comme pour les métropoles de droit commun, cette compétence serait plus limitée que ce que prévoit le texte du gouvernement. Enfin, "avant le 31 décembre 2021, le conseil métropolitain de Grand Paris Métropole délibérerait sur l'évolution du statut de l'établissement public".
Les sénateurs ont reconnu le statut d'eurométropole aux futures métropoles de Lille et de Strasbourg.

 
Communautés urbaines : un statut plus ouvert

A l'inverse du statut de métropole, celui de communauté urbaine serait plus facilement accessible. La condition d'une taille de 400.000 habitants ne serait plus la seule. Une agglomération disposant d'un centre hospitalier universitaire et d'au moins deux pôles de compétitivité pourrait ainsi obtenir ce "label".
Les sénateurs ont consolidé les compétences des communautés urbaines en matière économique, de recherche et d'enseignement supérieur et les ont étendues aux parcs de stationnement. Les communautés urbaines seraient assurées d'être associées à l'élaboration, la révision et la modification des schémas et documents de planification en matière d'aménagement, ainsi qu'à l'élaboration du contrat de plan conclu entre la région et l'Etat.
La commission a abaissé le seuil de population nécessaire à la constitution d'un pôle métropolitain, de manière à ce que davantage d'intercommunalités puissent se saisir de cet outil apprécié par les élus locaux.
Pour l'ensemble des communes et communautés, elle a accordé de nouvelles possibilités en matière de mutualisation des services. La discussion du texte dans l'hémicycle du Sénat doit en principe débuter le 30 mai prochain.

 

Le chaotique parcours du projet de loi décentralisation (Le Monde, Eric Nunès, 17 mai 2013)

 

Cet article est le 41ème paru sur ce blog dans la catégorie Collectivités territoriales

 

Partager cet article
Repost0
19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 17:25

Moitié moins de cantons, cinq fois plus de femmes élues !

 

Le Conseil Constitutionnel, sous la présidence de Jean-Louis Debré, a rendu sa décision concernant la loi relative à l’élection des conseillers départementaux, des conseillers municipaux et des conseillers communautaires, et modifiant le calendrier électoral (voir Décision n° 2013-668 DC du 16 mai 2013).

L’essentiel de la loi - voir Loi Valls réformant les modes de scrutin aux élections locales (Céas 53), 19 avril 2013 - est déclaré conforme à la Constitution de la République française.

 

L’analyse du Céas de la Mayenne

 

Dans le n° 502 (17 mai 2013) de CÉAS-point-com, bulletin électronique du Centre d'étude et d'action sociale de la Mayenne - Céas53, on trouve, notamment, ces informations :

 

Élections municipales (mars 2014)*

 

L’article 24 abaisse de 3 500 à 1 000 habitants le seuil à partir duquel s’applique un scrutin de liste proportionnel, avec dépôt de listes comportant autant de candidats que de sièges à pourvoir. En outre, les listes sont composées alternativement d’une femme et d’un homme. Les sénateurs qui avaient saisi le Conseil constitutionnel, contestaient cette disposition qui « rendra excessivement difficile la composition de listes dans les communes dont la population est égale ou légèrement supérieure à 1 000 habitants ».

Par ailleurs, dans les communes de moins de 1 000 habitants, les candidats peuvent se présenter de façon isolée ou groupée, mais une déclaration de candidature est obligatoire. Seuls pourront se présenter au second tour de scrutin les candidats présents au premier tour, sauf si le nombre de candidats au premier tour est inférieur au nombre de sièges à pourvoir.

Dans les communes comptant moins de 100 habitants, le nombre de conseillers municipaux est ramené de 9 à 7.

 

Élections communautaires (mars 2014)*

 

Les conseillers communautaires représentant les communes de 1 000 habitants et plus au sein des organes délibérants des communautés de communes ou d’agglomération, sont élus en même temps que les conseillers municipaux et figurent sur la liste des candidats au conseil municipal.

La liste des candidats aux sièges de conseiller communautaire figure de manière distincte sur le même bulletin que la liste des candidats au conseil municipal dont elle est issue. La liste des candidats est composée alternativement de candidats de chaque sexe.

Les conseillers communautaires représentant les communes de moins de 1 000 habitants au sein des organes délibérants des communautés de communes ou d’agglomération sont les membres du conseil municipal dans l’ordre du tableau (après le maire, prennent rang les adjoints puis les conseillers municipaux).

 

Élections départementales (mars 2015)

 

Les électeurs de chaque canton du département élisent au Conseil départemental un binôme de deux membres de sexe différent.

En Mayenne, le nombre de cantons va être ramené de 32 à 17. Il y aura donc 34 conseillers départementaux (17 femmes et 17 hommes), contre actuellement 32 (3 femmes et 29 hommes).

Pour se présenter à l’éventuel second tour, le binôme doit avoir obtenu un nombre de suffrages égal au moins à 12,5 % du nombre des électeurs inscrits. Dans le cas où un seul binôme de candidats remplit cette condition, le binôme ayant obtenu après celui-ci le plus grand nombre de suffrages au premier, peut se maintenir au second.

Dorénavant, les conseils départementaux se renouvellent intégralement (et non plus par moitié tous les trois ans).

Les membres de la Commission permanente (autres que le président) sont élus au scrutin de liste. Les listes doivent être composées alternativement d’un candidat de chaque sexe. L’élection des vice-présidents s’effectue également au scrutin de liste. En d’autres termes, on va se rapprocher de la parité également à la Commission permanente et pour les vice-présidences.

Concernant le découpage des futurs cantons, on sait que le territoire de chaque canton est « défini sur des bases essentiellement démographiques ».

 

Élections régionales (mars 2015)

Le mandat des conseillers régionaux est prolongé jusqu’en mars 2015.

 

*Précisions du Courrier de la Mayenne

 

Dans son édition du 16 mai 2013, sous la rubrique « Municipales 2014 », l’hebdomadaire Le Courrier de la Mayenne a indiqué « les nouveautés des municipales 2014 » en s’adressant, tout particulièrement, aux communes entre 1000 et 3 500 habitants, concernées par l’abaissement du seuil de population à partir duquel le vote se fera, à partir de 2014, au scrutin proportionnel de liste à deux tours**.

 

Plus le droit de rayer des noms

Le changement concerne les communes dont le nombre d’habitants est compris entre 1 000 et 3 500. Les électeurs devront y voter pour des listes complètes. Plus question de rayer, de rajouter des noms ou de mélanger des listes. La composition du conseil municipal s’établira alors selon la règle du scrutin proportionnel de liste à deux tours, le gagnant emportant la moitié des sièges. L’autre moitié est ensuite répartie proportionnellement au résultat.

 

Un homme, une femme.

Là encore, le changement concerne les communes de plus de 1 000 habitants. Les femmes devront représenter la moitié des candidats, par stricte alternance.

 

Délégués communautaires.

En votant pour leurs élus municipaux, les habitants sauront précisément à l’avance qui siégera à la communauté de communes s’il est élu. Les candidats aux sièges de conseiller communautaire devront figurer dans l’ordre de présentation dans lequel ils apparaissent sur la liste des candidats au conseil municipal.

 

** Les communes concernées en Mayenne (entre 1 000 et 3 500 habitants) :

Ahuillé, Ambrières-les-Vallées, Andouillé, Argentré, Aron, Azé, La Baconnière, Bais, Ballots, Bazougers, Bouère, Le Bourgneuf-la-Forêt, Chailland, Châtillon-sur-Colmont, Chemazé, Commer, Cossé-le-Vivien, Entrammes, Forcé, Fougerolles-du-Plessis, Le Genest-Saint-Isle, Gorron, Grez-en-Bouère, Javron-les-Chapelles, Juvigné, Landivy, Larchamp, Lassay-les-Châteaux, Loiron, Louvigné, Martigné-sur-Mayenne, Méral, Meslay-du-Maine, Montenay, Montigné-le-Brillant, Montsûrs, Nuillé-sur-Vicoin, Oisseau, Parné-sur-Roc, Port-Brillet, Pré-en-Pail, Quelaines-Saint-Gault, Renazé, Saint-Baudelle, Saint-Denis-d’Anjou, Saint-Denis-de Gastines, Saint-Fort, Saint-Fraimbault-de-Prières, Saint-Georges-Buttavent, Saint-Germain-le-Fouilloux, Saint-Jean-sur-Mayenne, Saint-Ouen-des-Toits, Saint-Pierre-des-Nids, Saint-Pierre-la-Cour, Soulgé-sur-Ouette, Vaiges, Villaines-la-Juhel, Villiers-Charlemagne.

 

Le point de vue de l’opposition

 

A noter dans Ouest-France, édition du 14 mai 2013, le point de vue de Jean-Léonce Dupont, sénateur UDI (opposition), président du Conseil général du Calvados, qui ne voit dans ces réformes, au prétexte de rééquilibrage, qu’un vulgaire tripatouillage par la majorité gouvernementale. Voir Tribune dans Ouest-France : « Réforme électorale, le rural piégé »

 

Cet article est le 40ème paru sur ce blog dans la catégorie Collectivités territoriales

Partager cet article
Repost0
18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 21:06
Le modèle allemand n’en est pas un, sauf pour la précarité
La grande presse française réprime sévèrement toutes les opinions critiques vis-à-vis de la politique « austéritaire » de l’Allemagne. Et, pourtant, il y a beaucoup à dire sur la situation allemande.
 Voir cet article (6 mai 2013) de Pierre Rimbert sur le site du Monde Diplomatique :

Il n’est pas rare qu’un personnage de Tex Avery emporté par son élan franchisse le bord d’une falaise et poursuive sa course quelques instants dans le vide avant de mordre la poussière. Les politiques d’austérité imposées aux pays européens par l’Allemagne, la Banque centrale européenne, et - avec un enthousiasme déclinant - le Fonds monétaire international (FMI) ainsi que la Commission européenne, ont-elle atteint ce point où le coureur, comprenant soudain qu’il n’a plus rien sous les pieds, jette un regard penaud avant de s’écrouler ? Pas encore.

 

Certes l’Italie, l’Espagne, la Grèce, le Portugal, La Hongrie, la République tchèque soumis à l’obligation de coupes claires dans leurs services publics et dépenses d’Etat s’enfoncent dans la récession. Même les Pays-Bas et la Finlande, alliés traditionnels de l’Allemagne en matière de rigueur, ont connu une baisse d’activité en 2012, cependant que la France et le Royaume-Uni stagnaient. Seule la Pologne affichait l’année dernière une croissance supérieure à... 1 %.

 

Certes, la zone euro passée sous la toise de la bureaucratie austéritaire comptait à la fin du mois d’avril 19,2 millions de chômeurs (12,1 % de la population active selon Eurostat), un chiffre record et qui néanmoins ne dit rien de la dégradation vertigineuse des conditions d’existence du peuple grec.

 

Certes, un chef économiste du FMI a reconnu en janvier que son institution avait gravement sous-estimé les dégâts engendrés par l’impératif de restriction budgétaire : là où le modèle prévoyait qu’une réduction d’un euro de la dépense publique entraînerait une baisse de 0,5 euro de la richesse produite, l’analyse empirique montre que la contraction de l’activité serait deux à cinq fois supérieure.

 

Certes enfin, la thèse des illustres économistes de Harvard Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff selon laquelle une dette supérieure à 90 % du produit intérieur brut affaiblirait la croissance a été taillée en pièce par un étudiant de l’Université du Massachusetts, qui s’est amusé à refaire les calculs : les auteurs, cités comme des prophètes par les partisans de l’austérité - du commissaire européen aux affaires économiques et monétaires Olli Rehn à l’ancien directeur de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet - avaient écarté des données contradictoires et construit leur modèle à partir d’un tableur affecté par une erreur de formule. Il n’en faudrait pas tant à un âne pour faire demi-tour.

 

Mais à l’instar des personnages de Tex Avery, banquiers centraux, économistes orthodoxes et dirigeants politiques ignorent les faits et galopent, pour quelques temps encore, dans un éther de croyance. Leur credo du moment porte le nom de « modèle allemand », expression synthétique de la doctrine économique portée par les élites européennes qui associe austérité budgétaire (réduire le déficit de l’Etat et la dette), austérité monétaire (monnaie forte, lutte contre l’inflation) et austérité salariale.

 

Ce dernier volet, mis en œuvre par le chancelier social-démocrate Gerhard Schröder dans les années 2000 et systématisé depuis par la droite allemande, repose lui-même sur deux principes. Premièrement, « activation » coercitive des chômeurs par le rabotage des prestations sociales et l’obligation d’accepter des emplois mal payés (les « mini-jobs »). Deuxièmement, création d’un marché du travail flexible et précaire destiné à accueillir ces nouveaux salariés des services dans un pays dépourvu de salaire minimum ; des accords syndicaux de branche troquent simultanément le maintien dans l’emploi des salariés de l’industrie contre la rigueur salariale et l’aménagement du temps de travail à la convenance de l’employeur. Ainsi cet appareil productif rendu « compétitif » par la baisse des « coûts du travail » et dopé par une fiscalité accommodante se tourne-t-il vers l’exportation et la conquête des marchés émergents.

 

Sur le papier, ce « modèle » séduit. Non seulement l’Allemagne présente un taux de chômage officiel très inférieur à celui de ses voisins de l’ouest et du sud (6,9 % en avril), une balance commerciale excédentaire, mais la chancelière Angela Merkel jouit d’une popularité intacte après plus de sept années de pouvoir. L’inflexibilité de Mme Merkel sur la scène européenne rassure en effet une population peu encline à voir le produit de ses sacrifices affecté au renflouage des pays du sud, présentés par la presse germanique comme un club de vacances pour banqueroutiers indolents.

 

Mais la face sombre du « consensus de Berlin » pourrait compromettre l’extension durable de cette politique à l’ensemble des pays de la zone euro. Le paradis des petites et moyennes industries est aussi celui de la précarité où quatre salariés sur dix sont payés moins de 1000 euros par mois. Où l’imaginaire social et les pratiques salariales cantonnent encore largement les femmes aux tâches domestiques, agrémentées ou non d’un « petit boulot » à temps partiel ; payées 23 % de moins que les hommes, elles représentent la majorité des trois millions de salariés rémunérés moins de 6 euros de l’heure. Où le vieillissement explique une part importante de la baisse du chômage - « entre 2000 et 2012, explique le journaliste économique Guillaume Duval, la population allemande âgée de 15 à 64 ans a diminué de 1,7 million de personnes alors qu’elle s’est accrue de 2,8 millions en France ». Même l’indicateur-totem de la réussite économique, la croissance, n’atteint pas des niveaux propres à ravir les investisseurs. Négative au quatrième trimestre de l’année 2012, elle est estimée par les prévisionnistes de Berlin à 0,5 % en 2013.

 

Toute croyance a son église, ses prélats, ses cardinaux. Et ses inquisiteurs, désormais installés à la tête des grandes rédactions françaises. Critiquer le « modèle allemand », ou simplement signaler ses à-côtés, relèverait de l’hérésie. Il a suffi qu’un brouillon de texte du parti socialiste émette, vendredi 26 avril, des réserves sur la politique économique menée à Berlin pour que Libération (29 avril) titre « Le PS dérape », son éditorialiste évoquant la convergence du « populisme », de la « xénophobie » et d’une « douteuse germanophobie » ; pour que Le Figaro (27-28 avril) annonce en Une que « Le PS déclare la guerre à l’Allemagne » ; pour que l’éditorial du Monde (28-29 avril) morigène « ce petit jeu infantile [...] extrêmement dangereux » mêlant « démagogie » et « populisme ». Et pour que le directeur du Point (2 mai), Franz-Olivier Giesbert, mal remis d’une condamnation pour diffamation, conjure les puissances malfaisantes de l’hétérodoxie avec son sens coutumier de la mesure : « Mélangez morphine, hallucinogènes, paresse intellectuelle et vous aurez le texte du PS, un copier-coller des bouffonneries involontaires que l’on peut lire dans Le Monde diplomatique ou dans Alternatives économiques, nos deux bibles du vaudouisme appliqué aux finances publiques. »

S’ils ont le diable en tête, faut-il également exorciser les lecteurs du « Monde diplomatique » ?

 

A l’opposé, un directeur de banque allemande constate que "Le modèle allemand atteint ses limites" (La Tribune, 22 avril 2013) mais cela ne doit pas empêcher la France d’adopter ce modèle de dérégulation (propos recueillis par Romain Renier).

 

L’avis de Jean-Pierre Chevènement, qui connaît très bien l’Allemagne

"François Hollande doit approfondir les 'tensions amicales' avec l'Allemagne"

François Hollande a parlé de "tensions amicales" avec l'Allemagne. J'aimerai qu'il formule cela d'une manière plus claire, et avant les élections allemandes qui se déroulent en 2013. Ou bien on change les règles de la zone euro et cela dépend des Allemands. Ou bien alors on transforme l'euro de monnaie unique en monnaie commune. On le garderait pour les échanges internationaux et on ressuscite un SME-bis.

 

Réorienter l'Europe : JP Chevènement demande de reprendre le débat - 29 avril 2013

Marie-Françoise Bechtel présente le livre de Jean-Pierre Chevènement - 4 janvier 2011

 

 Cet article est le 58ème sur ce blog dans la catégorie Etats Union européenne

Partager cet article
Repost0
17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 22:22

Il faut comprendre les erreurs qui ont été commises

 

Je reviens sur l’entretien accordé par Jean-Pierre Chevènement à France 24 (voir Le républicain Chevènement s'exprime en toute liberté sur France 24 - 16 mai 2013) car un résumé de ses propos a été mis en ligne sur son blog.

MRC national 002"Il faut une grande vue d'homme d’État pour sortir la France de la nasse"

Jean-Pierre Chevènement était l'invité de "Politiques" sur France 24 en partenariat avec L’Express et RFI, mercredi 15 mai. Il répondait aux questions de Roselyne Febvre (France 24), Frédéric Rivière (RFI), et Christian Makarian (L'Express).

 

A propos des accusations de laxisme adressées à Manuel Valls concernant les débordements du Trocadéro :

  • C'est ridicule. Manuel Valls n'est ni un naïf, ni un angélique. Ce n'est pas parce qu'on est dans l'opposition qu'on peut dire n'importe quelle bêtise. Elle devrait essayer de hausser sa mire.
  • Ces violences au cœur de Paris sont tout à fait détestables. […] Ces débordements sont regrettables tout d'abord pour le sport. Cela donne une très mauvaise image, ce qui n'est pas tout à fait nouveau. J'entends tout ce qui se dit sur le PSG. Le club ferait bien de mettre un peu d'ordre parmi ses supporters. Deuxième chose : il y a le problème des « sauvageons » dont j'avais parlé. C'est un problème d'éducation.
  • Je ne veux pas m'immiscer dans les rapports entre M. Valls et Mme Taubira. C'est toujours difficile entre Ministres de l’Intérieur et de la Justice mais ils essaient de bien s'entendre. Cela ne fonctionne pas aussi mal que l'on aurait pu le craindre. Un certain nombre d'individus ont été interpellées. Ils peuvent être déférés en comparution immédiate. J'espère que la justice fera quelques exemples. « Sauvageons » c'est encore assez gentil car étymologiquement, c'est un arbre non greffé. Ce sont donc des enfants qui n'ont pas été éduqués et dont l'école n'a pas su s'occuper. Il y a une certaine démission de l'autorité. Il y a des limites que l'on n'ose plus tracer sous prétexte que distinguer ce serait discriminer.

Concernant Bercy et ses 7 ministères

  • Honnêtement, je ne pense pas que ce soit le nombre de ministres qui pose problème. Cependant, on n'entend pas la même chose dans la bouche de M. Montebourg et dans celle de M. Moscovici. Je trouve que ce qu'Arnaud Montebourg dit sur le « Made in France » et sur le nucléaire est juste. Sur l'affaire de Florange, il était pour une nationalisation partielle. Cette position était un peu critiquable : il aurait fallu soit une nationalisation de toute la sidérurgie, soit une solution comme celle retenue par Jean-Marc Ayrault.
  • Un choix économique important a été fait avec le rapport Gallois : celui de la reconquête de la compétitivité de l'économie française. Sur ce choix, François Hollande demande à être jugé au bout de 5 ans. Le cap est fixé dans la bonne direction mais les moyens pris jusqu'à présent ne sont pas suffisants.

A propos de la récession en Europe

  • C'est évidemment un problème très largement européen. En Italie, en Espagne, au Portugal la récession est plus profonde encore. Nous sommes aujourd'hui dessaisis de tous nos moyens : nous ne pouvons plus protéger notre économie, nous n'avons plus de souveraineté monétaire. De toutes les monnaies mondiales, l'euro est la plus surévaluée.
  • La monnaie unique est une erreur : on a mis ensemble des pays très hétérogènes par leurs structures économiques, leur niveau de vie, leurs orientations politiques. Il y a, en gros, deux pays excédentaires dans la zone euro : Pays-Bas et Allemagne. On a toujours sous-estimé le poids des facteurs monétaires. A partir du moment où a été fait le choix d'une monnaie forte, la désindustrialisation s'est poursuivie.
  • On ne voit pas trop comment peut être inversée la courbe du chômage sauf s'il y a une redéfinition de la politique monétaire à l'échelle européenne et qu'on essaye de faire de l'Europe une zone de croissance. Le TSCG, que je n'ai pas voté, nous met dans un système où nous avons de fait perdu notre souveraineté budgétaire.
  • Un économiste allemand a dit qu'il y avait 2 manières pour les pays déficitaires de sortir de cette situation : soit une dévaluation interne, donc salariale, soit une dévaluation classique. La première est beaucoup plus douloureuse. Le choix d'une monnaie commune aurait été infiniment plus judicieux que la monnaie unique.
  • Si nous faisons face à un choc extérieur grave, il faudra prendre des mesures courageuses pour reconquérir notre compétitivité. C'est à ce moment-là que François Hollande sera jugé.
  • Il faut avoir une vision large de l'Europe que nous devons construire entre les Etats-Unis et la Chine, la bipolarité du XXIe siècle. Nous ne pouvons pas être coincés entre les pinces de cette mâchoire.
  • Avec la méthode communautaire, la Commission a le monopole de la proposition. Ce n'est plus possible à 27. Cette méthode n'a pas d'avenir. La seule méthode qui s'impose car elle est réaliste est celle de la décision au niveau du Conseil européen.
  • Avec une récession, il y a des moins-values sociales qui se traduisent par des déficits publics, qui se traduisent par un endettement croissant. Par conséquent on peut faire des politiques d'austérité de plus en plus intenables.
  • Il faut une remise en cause profonde et comprendre les erreurs qui ont été commises : l'acte unique et la dérégulation à l'échelle européenne avec la Commission qui dit ce qu'il faut faire du point de vue de la concurrence, la monnaie unique est une hérésie et l'intégration ne conduit pas très loin car un pays comme l'Allemagne refusera toujours d'effectuer des transferts de 2% de PIB. François Hollande comprend qu'il est embarqué dans une situation très difficile
  • Nous avons laissé notre pays se désindustrialiser, et il se désindustrialise encore. Il est important de remuscler notre tissu productif. Il faut une grande vue d'homme d’État pour sortir de la France de la nasse où l'ont mené des choix politiques malheureux.
  • La thèse du patronat est qu'il faut raboter les avantages sociaux qui sont le résultat d'un bon siècle de lutte. La Commission européenne demande de très fortes baisses de dépenses de l'Etat. Sur quoi vont-elles être actées ? Les allocations familiales ? La santé ? La retraite ? Il y a des reformes fines à faire dans tous les domaines. Il y beaucoup à faire en matière d'aide à l’emploi, de formation professionnelle. 

Sur le Mali  et la Syrie

  • Brillante opération militaire au Mali qui part d'une décision rapide et justifiée du Président de la République. La situation politique est plus compliquée. Le fait que la France soit membre du Conseil de sécurité de l'ONU a facilité la mise sur pied d'une solution qui peut stabiliser le Mali : ce qu'on appelle la Minusma.
  • En Syrie, je suis de ceux qui ont suggéré à François Hollande et Laurent Fabius de s'appuyer plutôt sur les intermédiaires. Concernant la Russie, il faut arriver à une solution avec elle.

Rappel : le dialogue Chevènement-Hollande continue. Les deux hommes se connaissent depuis longtemps. Ils sont en désaccord sur des questions importantes, notamment sur l’Europe. Voir à ce sujet : Université d'été MRC à Valence : le dialogue Chevènement-Hollande – 9 sept. 2010.

 

Cet article est le 169ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT

Partager cet article
Repost0
16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 22:54

Euro : l’avion s’est envolé, il faut en prendre le contrôle  

 

Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du Mouvement Républicain et Citoyen , sénateur du Territoire de Belfort était l'invité le 15 mai 2013 de l’émission "Politiques" sur France 24. Interrogé par Roselyne Febvre (France 24), Frédéric Rivière (RFI), et Christian Makarian (L'Express), l'ancien ministre de l'Intérieur est revenu sur les violences survenues à Paris lors de la fête organisée par le PSG pour fêter son titre de champion de France et sur les attaques politiques qui ciblent Manuel Valls.

Voir la vidéo (1ère partie) : Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen  

 

Au menu de la deuxième partie de "Politiques" : Europe, croissance et récession en France. Toujours avec le républicain et souverainiste, Jean-Pierre Chevènement, souvent qualifié d'électron libre de la gauche française.

Voir la seconde partie de la vidéo : Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (partie 2).

 

Conseil national MRC 240313 013 TJean-Pierre Chevènement (Wikipédia) se démarque nettement de François Hollande tout en le ménageant. Il n’est pas candidat à un poste ministériel lors du prochain remaniement. Pourtant, il serait capable d’être le grand ministre de l’économie dont Hollande et Ayrault ont besoin. Avec Louis Gallois à l’industrie et Montebourg aux questions européennes. Un trio pour amadouer l’Allemagne et réorienter l’Europe.

 

Voir Chevènement accepterait de conduire un gouvernement de salut public - 27 avril 2013 

 

Jean-Pierre Chevènement s’exprimait tout aussi librement le 4 mai 2013 lors d’un entretien au journal Le Pays avec Céline Mazeau.

Voir "Il y a toujours des couacs dans un gouvernement"

 

Et d’un entretien accordé à Elsa Freyssenet, journal Les Echos, le 3 mai 2013.

Voir "Halte au Hollande bashing !"    

 

Cet article est le 168ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT

Partager cet article
Repost0
15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 22:35

Vers la pénurie mondiale de lait, faute de producteurs

 

Les décisions prises par l’Union européenne visant à supprimer toutes formes de régulation des prix payés aux producteurs de lait ont des conséquences fâcheuses, comme c’était prévisible*. Il y a ceux qui arrêtent le lait et se tournent vers les céréales, qui ont le vent en poupe sur les marchés mondiaux. Et il y a ceux qui, découragés, arrêtent l’agriculture. Triste bilan d’une politique européenne, qui fut pourtant cautionnée par la France ces dernières années.

 

Patrick Le Hyaric, député au Parlement européen, directeur du quotidien l’Humanité, ne cesse d’alerter sur les dangers de cette politique. Voir Alerte lait, dans l’édito qu’il a écrit pour le journal agricole La Terre (14 mai 2013, Wikipédia) :

 

J’ai, ici même, il y a quelques semaines, alerté sur la distorsion existante entre le risque de pénurie mondiale de lait et la pression à la baisse sur les  prix à la production. Au terme d’une discussion entre organisations de producteurs, industriels et distributeurs, il a été accordé péniblement 2 centimes de plus par litre de lait à la production.

Renseignement pris, les producteurs de lait n’en ont toujours pas vu la couleur. Même avec cette augmentation, les prix à la production seraient encore très en deça de 300 euros la tonne. C’est le prix payé, il y a plusieurs années, alors que la spéculation fait monter les prix des produits céréaliers. On estime ainsi que les revenus issus du lait sont au mieux en stagnation depuis 2010, alors que les coûts des aliments ont augmenté de près de 40%.

 

Ainsi, il est clair que la dérégulation impulsée par la Commission de Bruxelles, avec la fin des prix minimum et la prévision de la suppression des quotas de production, détruit à petit feu la production laitière à base familiale. La loi du précédent gouvernement dite de « modernisation de l’économie » continue à faire sa mauvaise œuvre en permettant aux quelques groupes de la grande distribution d’imposer leurs prix. On peut même dire que ces groupes dominants se comportent comme un cartel qui impose les prix d’achat à l’industrie laitière, sous l’égide de M. Leclerc qui se vante d’aider le pouvoir d’achat des consommateurs, alors qu’il ne fait que remplir ses caisses de profits. Et que dire du chantage à la sortie de certains produits  laitiers, de certaines marques des rayons de supermarché.

 

L’autre phénomène très inquiétant pour la production laitière comme pour l’élevage en général, est la tendance de plus en plus d’agriculteurs de retourner leurs prairies pour semer des céréales dont les cours sont très élevés depuis quelques années. Cette tendance à la « végétalisation » de nos campagnes est mortelle pour la valorisation de nos territoires en provoquant une « décapitalisation » importante des fermes. L’ensemble de ces phénomènes provoquera sans tarder des pénuries de viande et de lait, tout en favorisant de nouvelles concentrations agricoles, à rebours de la valorisation des territoires, de l’emploi et de la souveraineté alimentaire.

 

25 000 exploitations laitières ont été supprimées ces trois dernières années. C’est l’équivalent de dix plans sociaux de PSA. Dans l’industrie laitière, sept usines ont été fermées l’an passé, supprimant 1000 emplois. Toutes les informations montrent un certain épuisement des producteurs, découragés, non reconnus, alors qu’ils sont un maillon essentiel de l’économie nationale, produisant une matière essentielle à la vie et à la santé. Il en est de même des petites et moyennes fromageries dont une cinquantaine risque de fermer cette année, entraînant dans leur chute, la disparition de 10 000 emplois.

Il ne s’agit pas ici du grand mot de « redressement productif ». Il s’agit de maintenir une activité en faisant rémunérer correctement le travail agricole et en redistribuant la valeur issue du lait et des produits laitiers, accaparée par la grande distribution. Il y a urgence !

 

* Voir Lait et filières agricoles d'élevage : tous les indicateurs sont au rouge - 21 avril 2013 et Les éleveurs sont à bout (revenus trop bas), les céréaliers sont à l'aise - 23 février 2013. 

 

Cet article est le 389ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

Partager cet article
Repost0
14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 11:18

La France se tromperait-elle dans ses choix énergétiques ?

Le 15 avril 2013, j’avais relayé le communiqué de Sauvons le climat (Wikipédia) - voir Sauvons le climat s'est prononcé en AG pour le réalisme énergétique.

La réalité du réchauffement climatique s’imposant de plus en plus, le collectif* a publié ce nouveau communiqué le 12 mai 2013.

Jusqu’à quand les gouvernements et leurs conseillers refuseront-ils de faire vraiment face à la réalité du réchauffement  climatique ?

 

Le seuil symbolique est atteint, la concentration du CO2 dans l’atmosphère de l’hémisphère nord atteint 400 parties par million à Mauna Loa (Hawaï), loin de toute source de pollution. Certes, ce n’est pas encore la moyenne annuelle, ce n’est pas encore la moyenne globale, c’est le pic saisonnier avant que la pousse de la végétation dans l’hémisphère nord ne fasse quelque peu décroître cette valeur pour 6 mois.  Mais c’est une valeur que l’homme n’a jamais connue, une valeur que la terre n’a pas connue depuis plusieurs millions d’années.

La conséquence de cette accumulation de CO2 est évidente, un réchauffement global déjà bien perçu avec tous les dérèglements climatiques et leurs conséquences : fonte massive de la banquise arctique, météorologie plus contrastée avec des évènements météorologiques violents plus fréquents1, montée du niveau de la mer, dérèglements de la végétation, migration de la faune …

Les émissions de CO2 ne cessent de croître à un rythme inquiétant. La vitesse d'accroissement de la concentration correspond aux scénarios les plus pessimistes étudiés et pris en compte par les rapports du GIEC2. Si on n'infléchit pas cette tendance, la température en 2100 pourrait augmenter de plus de 10°C en moyenne sur les continents, et davantage dans les régions septentrionales. On est, de toute évidence, bien au-delà du réchauffement global de 2°C évoqué dans les grandes messes politiques mondiales dont les engagements ne sont suivis d'aucun effet. Au niveau global,  le charbon est de plus en plus utilisé,  et l‘exploitation de pétroles et de gaz non conventionnels est en pleine expansion.

Et  en France, les gouvernements successifs agissent peu, sauf en parole (dans un débat verrouillé sur la transition énergétique par exemple).  Il y a plus désolant encore pour un pays qui pouvait s’enorgueillir d’avoir un taux d’émission de CO2 par habitant parmi les plus bas des pays développés : pour complaire à l’écologie politique, nos gouvernements n’hésitent pas à favoriser le développement d’énergies émettrices de CO2, soit directement par le chauffage au gaz qu’impose dans la pratique  la RT20123 pour les logements neufs, soit par la perspective d'une réduction brutale de la production bien maîtrisée d’une électricité non carbonée, apportée par le nucléaire, à remplacer par des sources coûteuses  d’électricité intermittentes (solaire et éolien) qui nécessitent l’appoint de centrales au gaz pour pallier les conséquences de leur irrégularité intrinsèque4.

« Sauvons Le Climat » associe sa voix à celle de tous les climatologues qui réclament à cor et à cris des actions pour laisser à nos enfants une planète sur laquelle il fera encore bon vivre.

 

1 Selon le réassureur Munich Re, le nombre de catastrophes d’origine climatique a été multiplié par 3 en 30 ans

2 Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat

3Réglementation thermique pour la construction neuve en vigueur depuis le 1er janvier 2013

 4 En Allemagne on constate que la consommation de charbon et de lignite augmente parallèlement à l’accroissement de la part des énergies renouvelables intermittentes.

* Le collectif « Sauvons le Climat », association agréée fondée en 2005, regroupe plus de 30.000 membres, directement et à travers les associations partenaires.  Indépendant de tout groupe de pression ou parti politique, « Sauvons le Climat » a pour ambition d’informer nos concitoyens sur les problèmes relatifs au réchauffement climatique et sur les solutions proposées pour le limiter au moindre coût. Ses travaux prennent en compte les trois piliers - environnemental, économique et social - du développement durable. Ils sont réalisés sous le contrôle d’un Comité Scientifique composé de personnalités de haut rang, présidé par Michel Petit, ancien responsable du groupe français d’experts au GIEC.

 

Cet article est le 71ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement

Partager cet article
Repost0
13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 22:52

Adversaire le plus souvent de la gauche républicaine

 

Depuis la publication de l’article Le tribun Mélenchon cite Jaurès mais n'en a pas l'esprit rassembleur - 11 mai 2013, j’ai reçu le commentaire du militant MRC et CGT de Paris, économiste statisticien, Alain Gély.

 

Il exprime ses réserves à l’égard du tribun Jean-Luc Mélenchon, sans la moindre agressivité. C’est seulement un constat de désaccord et il précise qu’il ne souhaite pas s’éterniser sur le « cas Mélenchon », préférant privilégier ses capacités de critique contre le « système » plutôt que contre ceux qui le critiquent en se réclamant de la gauche républicaine. Voici ce qu’il m’a écrit hier, 12 mai, souhaitant apporter les précisions suivantes. 

 

- Mélenchon, venu de l'extrême-gauche et devenu bureaucrate miterrandiste dans l'Essonne, a été en réalité un adversaire de la ligne de gauche au sein du PS, proposée notamment par le CERES puis par Socialisme et République, notamment lors du "virage libéral" de la gauche en 1982-83

 

- le prétexte du combat de Mélenchon contre la gauche républicaine à ce moment décisif est sa vision gauchiste de l'internationalisme : la sortie du Système monétaire européen était présentée à l'époque par Delors  Mauroy Rocard... et Mélenchon comme une rupture avec l'Europe, un repli nationaliste etc. alors que c'était le seul moyen de mener une politique de gauche au lieu d'ouvrir cette "parenthèse libérale", acceptant les inégalités et la domination outrancière de la finance, dont le PS et la France ne sont pas encore sortis ;

 

- c'est la même approche erronée de l'internationalisme - bizarrement confondu avec l'européisme alors que celui-ci n'est que le faux nez du libéralisme - qui l'a conduit à être un des adversaires les plus perfides du Non à Maastricht en 1992 , laissant Chevènement seul au sein du PS à mener ce combat, alors que ce traité consacrait à l'évidence le triomphe du libéralisme financier et la soumission de l'Europe et de la France à l'ordre néolibéral et atlantiste ;

 

- l'internationalisme traditionnel s'accompagne souvent du pacifisme : ceci l'avait conduit à rejeter, à juste titre, la guerre du Golfe en 1991 ; mais l'antimilitarisme qui semble la caractériser aujourd'hui dans son rejet de l'action en Afrique ne me semble pas compatible avec une politique de gauche responsable ; en effet, une telle politique exige que soit maintenue ou reconstituée la souveraineté nationale, pacifique mais pas pacifiste, adaptée au monde tel qu'il est et non à celui qu'on espère ; or, cette souveraineté n'est pas compatible avec le fait de se placer sous la protection des Etats-Unis ou de toute autre puissance ;

 

- concernant le républicanisme de JLM, présenté comme incontestable, je suis sceptique ; là encore, je m'en réfère aux faits, aux prises de position qui ont un impact dans les moments de choix réels et non aux seules déclarations d'estrade ou de tribune : j'ai le souvenir de sa position à propos de la Corse ; il soutenait la politique de Jospin contre celle de Chevènement et disait même préférer perdre la Corse que la République, comme si le fait de livrer la Corse aux nationalistes ethniques ne constituait pas un affaiblissement de la République !  http://discours.vie-publique.fr/notices/003002416.html  ;

 

- JLM a, au contraire de 1992, fait enfin le bon choix en 2005 lors du referendum sur le traité constitutionnel européen... mais sur des bases très contestables puisqu'il appelait (et appelle encore semble-t-il) de ses voeux une Europe fédérale, radicalement incompatible avec la souveraineté populaire et nationale qu'il ne faut pas affaiblir mais au contraire rétablir en retrouvant certains attributs délaissés da la souveraineté, dont la politique monétaire ;

 

Au total, ses choix passés et, semble-t-il, ses pratiques personnelles ne désignent en rien JLM comme un rassembleur ; il a presque toujours été un adversaire de ceux qui tentaient de maintenir une ligne de gauche au sein du PS entre 1981 et 1993 puis de Chevènement et du MDC en 2001-2002 (tenant même de prendre la circonscription de Georges Sarre quand il l'a vu en difficulté au printemps 2002) ; après être resté au PS jusqu'en 2008, assumant de fait les politiques de ce parti jusqu'alors, il semble en avoir fait son adversaire principal, alors que rien de nouveau ne le justitfie, au contraire, et que les adversaires à combattre sont les inégalités, le libéralisme financier et le nationalisme ethnique.

 

Cet article est le 139ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche France

Partager cet article
Repost0