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Présentation

  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 18:13

Déception du collectif à l’égard des réformes financières

 

Le Collectif « Pour un Pôle public financier au service des Droits ! », qui comprend de nombreuses organisations syndicales représentant les salariés des secteurs bancaire et financier, ainsi que diverses associations politiques plus généralistes (voir collectif Pole public financier au service des droits), vient de publier ses réflexions concernant l’action du président de la République au premier anniversaire de son entrée à l’Elysée.

 

La lettre au Premier ministre résume ce que pense le collectif de cette première année Hollande. Elle exprime aussi une forte attente que soient corrigées les insuffisances constatées.

 

Monsieur le Premier ministre,

 

Notre Collectif qui rassemble des organisations syndicales de métropole et d’outre-mer, issues des 5 confédérations ainsi que de la FSU et de Solidaires, et des associations emblématiques du mouvement social, a dressé un premier bilan de l’action du Président de la République, sur la période mai 2012 – mai 2013, des mesures adoptées ou envisagées, par votre gouvernement, visant le secteur bancaire et financier et le financement de l’économie, de l’emploi, du logement, de la transition énergétique et de diverses finalités d’intérêt général.

 

Ce bilan, que nous portons à votre connaissance, a été établi sur la base des engagements de campagne de Monsieur François Hollande, pris devant l’ensemble de nos concitoyens. Engagements, qui, il faut le rappeler dans la période que nous traversons, ont fortement contribué à la mobilisation d’une grande partie des acteurs sociaux en faveur de l’alternance intervenue en 2012.

 

Nous rendons public ce bilan au moment où le chômage mais aussi la précarité et le mal-logement, notamment,  atteignent, en France, des sommets historiques. Partageant le sentiment de millions de nos concitoyens, nous ne vous cacherons pas notre profonde déception à l’égard de la politique suivie, notamment sur les dossiers suivants :

 

·         Déception à l’égard d’une réforme bancaire, en cours d’examen au parlement, dont le contenu ne correspond pas à l’engagement de Monsieur François Hollande : "Je séparerai les activités des banques qui sont utiles à l’investissement et à l’emploi, de leurs opérations spéculatives" et qui de l’aveu du ministre de l’économie et des finances, devant la Commission des finances du Sénat, ne vise pas à moraliser le secteur financier mais plutôt à s’assurer que « le système financier fonctionne ».

 

·         Déception à l’égard d’une banque publique d’investissement sous-dotée financièrement et qui est entièrement dédiée au soutien aux entreprises en omettant le nécessaire soutien à l’emploi. Cet objectif, introduit de manière formelle par le parlement dans le texte de loi, n’est absolument pas mentionné dans le projet de loi transmis par le gouvernement à l’Assemblée nationale. L’action de la BPI n’est légalement, aujourd’hui, reliée à aucun critère social ou environnemental. Aussi, le Directeur général de la BPI a pu indiquer, par voie de presse que "La BPI a étudié le dossier" de l'usine ArcelorMittal de Florange mais a rendu un "arbitrage business" selon lequel "on aurait perdu beaucoup d'argent et ce n'aurait pas été un bon business", a confié M. Dufourcq, interrogé en marge de la première réunion du comité national d'orientation de la banque, à Caen. De même, la BPI ne s'est pas engagée dans le dossier de la raffinerie Petroplus, préférant consacrer ses fonds à des projets jugés plus porteurs d'avenir, a-t-il indiqué. "Notre agenda, c'est la France de 2030. Petroplus, est-ce la France de 2030 ? », s'est-il interrogé. Fait significatif, le nouveau Président du comité national d’orientation de la BPI  qui est également Président de l’Association des régions de France s’est déclaré, à l’occasion du congrès de cette association, favorable à ce que cette banque publique puisse financer des « licenciements ». "Si on veut sauver une technologie, il peut être préférable de passer de 250 à 60 salariés", a-t-il expliqué.

 

·         Déception à l’égard d’un projet de loi sur le logement que votre gouvernement envisage de présenter au parlement sans le relier, semble t-il, à une quelconque obligation impérative de résultat conforme à l’engagement de Monsieur François Hollande.  L’objectif de 500 000 constructions par an sera « extrêmement difficile à tenir », a reconnu la ministre du Logement et de l’Egalité des territoires lors de ses vœux à la presse. « Je pense, a-t-elle ajouté, que 2013 sera pire que 2012 », qui s’était soldée par 340 000 mises en chantier. Un chiffre qui inclut 100 000 logements sociaux, encore loin des 150 000 promis par François Hollande chaque année du mandat présidentiel,

 

·         Déception à l’égard du projet d’extinction programmée du Crédit immobilier de France, justifié par votre gouvernement sur la base d’un « mensonge d’Etat » vivement et légitimement contesté par la Commission de Bruxelles. Ce projet  - un gâchis sans nom - pourrait être aisément remis en cause, sur des bases que nous précisons et qui sont partagées par l’Union sociale pour l’Habitat (mouvement HLM), pour autant que votre gouvernement en exprime la volonté,

 

·         Déception à l’égard du plan de démantèlement de la Banque de France, vivement contesté par de nombreux élus locaux et nationaux (y compris par votre successeur à la Présidence du groupe socialiste  à l’Assemblée nationale) qui a été officiellement expertisé et reconnu comme dépourvu de toute justification économique et établi, sans concertation préalable avec les parties prenantes concernées, dans le plus complet mépris du soutien à l’emploi et des TPE-PME, et des impératifs de lutte contre l’exclusion bancaire. Ce Plan dénie par ailleurs l'importance du travail effectué par les agents sur l'assistance au montage des dossiers de surendettement, en  leur substituant internet. Il conduira inévitablement  à davantage de précarité chez ces populations déjà fragilisées, et à un déplacement des tâches sur les travailleurs sociaux déjà surchargés.

Si ce plan de démantèlement est mis en œuvre, il est susceptible d’entraîner des risques réels et très sérieux de sécurité visant les convoyeurs de fonds. Là encore, comme nous l’indiquons dans le bilan, votre gouvernement est en capacité d’intervenir pour favoriser une réorientation de la gestion de ce dossier. Ceci afin de faire évoluer les missions et les moyens de la Banque de France sur des bases aujourd’hui portées par plusieurs centaines d’élus locaux et nationaux, de toutes tendances, et de nombreux conseils généraux et régionaux ainsi que par plusieurs groupes parlementaires des deux assemblées. La mobilisation pleine et entière du réseau des succursales de la Banque de France – qui a déjà permis, à travers la seule mission de médiation du crédit, de sauvegarder 293 444 emplois du secteur privé entre fin 2008 et fin 2012 – doit être priorisée sur tout autre objectif conformément à votre déclaration solennelle du 25 avril 2013 : « Je ne veux pas réformer en passant en force. Plus que jamais, je veux rassembler les Français autour de la bataille de l’emploi. »

 

Prenant acte de votre volonté de dialogue et de rassemblement autour « de la bataille de l’emploi », nous souhaitons répondre à votre appel et nous sollicitons une entrevue auprès de votre cabinet à l’Hôtel Matignon, dans toute la mesure du possible avant le 15 mai, date prévue pour l’examen de la doctrine d’intervention de la BPI à l’Assemblée nationale.

 

Nous souhaitons notamment aborder la question, largement développée dans le bilan joint, de la nécessaire mobilisation de l’épargne réglementée et défiscalisée au service de l’emploi, du logement, de la transition énergétique. Comme vous pourrez le constater, sous réserve de précautions et de diverses modalités (nous demandons notamment, arguments à l’appui, que le débat soit ouvert sur la recentralisation complète des fonds collectés sur Livret A auprès de la CDC), nous réservons un accueil plutôt positif aux préconisations du rapport de Monsieur Pierre Duquesne sur l’épargne réglementée et nous sommes convaincus que l’épargne défiscalisée (notamment l’assurance-vie et ses plus de 1 400 milliards d’euros d’encours) peut constituer un puissant levier pour le redressement productif de notre pays et le financement de la conversion écologique de l’économie. Nous souhaitons également vous faire part de nos propositions en matière de lutte contre l’exclusion bancaire notamment à travers la mise en place d’un service bancaire de base universel et gratuit.

 

Cet article est le 119ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 22:00

La responsabilité politique est d’assurer la sécurité alimentaire

 

Colloque-agriculture-Res-Publica-71111-151-T.jpgLucien Bourgeois est un bon spécialiste des politiques agricoles, ayant conseillé les présidents successifs de l’Assemblée permanente des Chambres d’agriculture. Il est membre de l’Académie d’Agriculture depuis 2000. Voir (sur le site Terrethique.org : Un regard politique et économique sur l'actualité agricole) d’excellentes vidéos dans lesquelles il se montre très pédagogue.

 

La revue « POUR » du GREP publie un texte de lui, daté du 9 février, dans son numéro 217 de mars 2013 (voir GREP - "POUR": N°217) sous le titre « Prix des céréales : histoire d’une baisse annoncée ». Ils m’ont autorisé à le reproduire ici.

 

Il y a des modes. Actuellement, il est habituel d’entendre que les prix des céréales ne peuvent pas descendre tant sont forts les besoins de la planète pour une population qui ne cesse de croître. Mais chacun sait que les modes sont faites pour changer et mettre en valeur ceux qui aiment se montrer. Les mêmes experts qui affirment avec autorité qu’il s’agit d’une tendance incontournable expliqueront demain toutes les raisons non moins évidentes de la baisse. Personne ne peut savoir ni quand ni comment cela se produira. Mais les risques d’une baisse sont loin d’être négligeables. Comment prendre un peu de recul pour mieux anticiper des retournements éventuels ?

 

Le constat : une embellie plus durable que dans le passé

 

On avait rarement connu pareille euphorie dans le secteur des céréales. Il y avait certes eu une forte augmentation en 2008 mais il y avait eu la douche froide de 2009 aussitôt après. Plus les prix montent, plus ils risquent de baisser ensuite. Mais, cette fois-ci, la hausse est plus durable. Le prix s’est relevé depuis la mi-2010 et l’embellie dure depuis bientôt trois ans. On avait connu quelques craintes au printemps dernier car on annonçait une récolte exceptionnelle de maïs aux Etats-Unis. La récolte fut exceptionnelle mais à la baisse à cause d’une des pires sécheresses jamais connues.

 

De ce fait, réchauffement climatique et nourriture de la planète se conjuguent pour accréditer l’idée que la hausse va se poursuivre encore longtemps. Les intempéries ne vont pas se ralentir à l’avenir. Par ailleurs, la population mondiale augmente encore rapidement et on attend encore 2 milliards de personnes supplémentaires d’ici 2050. Il faut ajouter à cela un désir émis par la plupart de ceux dont le revenu augmente d’accéder aux standards de consommation des plus riches en particulier sur la consommation de viande. Cela multiplie d’autant les besoins en céréales. Il en faut en effet 2 Kilos pour produire un Kilo de poulet et trois pour le porc. On ajoute même qu’il en faudrait 7 pour un Kilo de boeuf en oubliant que fort heureusement il reste des bovins qui se nourrissent d’herbe et que rares sont les humains qui valorisent cette denrée fourragère !

 

Il n’empêche, quand on additionne les besoins pour les hommes et les animaux, la demande de céréales semble infinie. Cela alimente donc les discours sur le maintien de prix élevés des céréales dans les années à venir.

 

La demande non solvable existe depuis toujours

 

Mais est-ce là une situation nouvelle ? Malheureusement non. Cela fait des années, voire des décennies pour ne pas dire des siècles qu’une partie de l’humanité souffre de la faim sans que cela n’ait conduit cette même humanité à augmenter les prix pour encourager la production et satisfaire tous les besoins y compris ceux qui ne seraient pas solvables.

Il est vrai qu’il y a eu une époque, en particulier entre 1980 et 1992 où les Etats-Unis et l’UE ont fait assaut de subventions à l’exportation pour écouler «  à tout prix » une production trop importante. Certains pays pauvres en ont profité pour couvrir des besoins peu solvables de leurs populations urbaines déshéritées au risque de ruiner leurs agriculteurs locaux. Mais ce jeu de la concurrence au moins disant a surtout profité à l’URSS qui pouvait ainsi augmenter sa production de viande à bon compte. Mais là encore, cela n’a pas conduit à un développement de la production locale. Même pendant cet épisode de la course aux subventions à l’exportation, le nombre des personnes qui souffraient de la faim n’a pas diminué. Le chiffre était d’environ 850  millions de personnes. On se rassurait en rappelant que, comme la population mondiale augmentait constamment, le maintien du même chiffre en valeur absolue de sous-alimentés correspondait en fait à une diminution en valeur relative. La bonne conscience se satisfait de peu !

 

Mais cette importante demande réelle était malheureusement non solvable. Elle n’a rien changé à la réalité de la politique agricole dans tous les pays. Depuis le début des années 80, l’Union Européenne couvrait les besoins de la consommation intérieure humaine et animale. C’était une belle performance pour un ensemble de pays qui avaient la même population que les Etats-Unis et trois fois moins de terres arables. Mais le diagnostic était désormais aussi clair qu’aux Etats-Unis. Il fallait s’organiser pour produire moins car à chaque fois qu’on produisait un kilo de plus, il fallait dégager des ressources budgétaires pour payer l’aide à l’exportation que cela nécessitait.

 

Cela n’a pas empêché les gouvernements des pays riches de lutter contre les excédents

 

Pendant quelques années, on a pu repousser les échéances en profitant de certaines opportunités mais en 1992, l’Union Européenne n’a pas été capable de  trouver d’autre solution que de copier le système américain d’un alignement sur les prix du marché mondial, du gel des terres et des aides directes au revenu. En matière de prix, le choix est clair. Le prix des céréales doit être le plus bas possible grâce à la concurrence que vont pouvoir exercer les pays exportateurs les plus compétitifs dans le monde. 

Mais cela change la logique du système car l’Europe renonce à donner l’exemple d’un marché protégé au nom de la sécurité alimentaire. Avant la Réforme de la PAC de 1992, les consommateurs européens payaient souvent leurs produits plus chers que sur le marché mondial.. En donnant des aides directes à ses producteurs pour compenser cette baisse de prix, les Etats-Unis et l’UE reconnaissent implicitement qu’ils ne sont pas compétitifs malgré leur équipement sophistiqué et qu’il est nécessaire d’aider les agriculteurs à se maintenir dans un marché dont on organise la dépression durable par exacerbation de la concurrence internationale.

 

Cette nouvelle politique avait un grand avantage. Elle devait permettre d’accentuer la lutte contre l’inflation grâce à des prix agricoles très bas qui permettraient de limiter les hausses des prix alimentaires et donc les salaires. Mis à part un petit épisode de hausse des cours en 1995, le résultat a été clair, les prix sont restés très bas jusqu’en 2007 et ont eu un effet dépressif sur le niveau de production d’un certain nombre de pays et en particulier des pays exportateurs qui n’avaient pas les moyens de soutenir leurs agriculteurs comme l’UE ou les USA.

 

Fort heureusement toutefois ce type de politique ne concerne en fait qu’une partie du Monde. La grande majorité des pays asiatiques, c’est à dire les pays les plus peuplés de la terre, ont maintenu des politiques favorables à la production et ont effectivement fortement augmenté la satisfaction des besoins intérieurs.

 

L’équilibre était fragile et il a suffi d’une baisse de production pour des raisons climatiques pour mettre le feu aux poudres en 2007 et 2008 et provoquer une hausse très rapide, source d’émeutes de la faim. Les explications étaient faciles. La Chine avait de grands besoins et l’Australie souffrait de la sécheresse. Mais quand on examine les chiffres, les importations chinoises de céréales n’ont pas augmenté et la production australienne est insignifiante.

 

La demande de céréales pour l’énergie augmente trop rapidement

 

En fait, on n’avait pas remarqué que les Etats-Unis avaient changé de politique agricole en 2001 après l’attaque contre les Twin Towers. Avant cet événement, les USA utilisaient 5% de leur production de maïs pour fabriquer de l’éthanol. Après cette date, on a assisté à une rapide montée en puissance. L’utilisation atteignait 20% en 2007 et a culminé à 50% l’année dernière. Cette demande supplémentaire beaucoup plus solvable que celle des populations pauvres du monde. D’autres pays, y compris la Chine, ont fabriqué de l’éthanol à partir du maïs. D’autres céréales ont été utilisées pour des usages industriels. Au total, cette demande supplémentaire pour des usages qui ne concernent pas l’alimentation humaine ou animale atteint désormais 305 millions de tonnes soit environ un kilo sur 6 de la production mondiale.

 

Les quatre dernières récoltes sont des records historiques : Le Monde est capable de produire

 

Contrairement à une autre idée reçue, la production mondiale vole de record en record. Les 4 dernières années sont les quatre meilleures récoltes de l’histoire. Les prix sont élevés à cause de la demande supplémentaire pour usages industriels. Le point positif de cette situation est le formidable encouragement donné à la production dans tous les pays du monde par les prix élevés.

 

Mais il y a de nombreux points négatifs. Les prix élevés ont limité la demande solvable. Lors de la crise de 2008, le nombre des personnes en sous-nutrition avait fait un bond de 150 millions. Pas fini de voir des mouvements sociaux dans les pays les plus pauvres ! Si les prix montent, cela pousse les utilisateurs à acheter des produits substituables. La situation des éleveurs devient très difficile et celle des industriels de l’agroalimentaire aussi. Il n’est pas impossible non plus que les Etats-Unis changent leur fusil d’épaule pour l’éthanol. Ils ne savent plus quoi faire de leur gaz de schiste dont le prix s’est effondré. S’ils décident de réduire l’utilisation de maïs pour l’énergie ne serait ce que d’un tiers, cela fait augmenter subitement l’offre mondiale de maïs de 50 millions de tonnes, chiffre à rapprocher des 93 millions de tonnes du marché mondial.

 

Du coté de l’offre, Il n’est pas impossible qu’il puisse y avoir une récolte normale, voire bonne, aux Etats-Unis. Cette année, la baisse a été de 40 millions de tonnes. Même raisonnement pour un certain nombre d’autres pays producteurs.

 

La situation actuelle n’est peut-être pas une tendance structurelle. Il n’y a pas de précédent historique. Les gouvernements du monde ont beaucoup de moyens pour changer la donne. Il serait vraiment étonnant qu’ils ne les utilisent pas. L’Europe a été frappée d’inertie politique au point de donner des aides directes à des producteurs de céréales qui n’en avaient pas besoin à cause des prix très élevés. Les propositions de la Commission pour une nouvelle PAC ignorent la crise économique et la crise alimentaire. Ce n’est pas une raison pour que les autres gouvernements dans le Monde restent inactifs devant ce nouveau défi sur l’alimentation de la planète.

 

Pas de sécurité alimentaire sans volontarisme politique

 

Il faut que les prix des céréales soient suffisamment élevés pour encourager la production partout dans le Monde mais il faut aussi que les prix soient acceptables par les consommateurs, y compris les éleveurs. Mais il faudrait surtout que le prix varie peu pour faciliter l’organisation collective de filières de transport, de transformation et de commercialisation les plus efficaces. Si le marché savait réaliser pareil défi de satisfaire les producteurs et les consommateurs, cela se saurait ! Il n’y aura jamais de tendances inéluctables. L’alimentation de la planète nécessite une stratégie et il faut qu’elle soit la plus collective possible. N’est-ce pas en fait une définition intéressante et noble de l’action politique ?

 

Cet article est le 388ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 10:56

 

Elections, politiques d’austérité, agriculture, Europe, titres les plus fréquents

 

Depuis 67 mois, au début de chaque mois, je reprends les titres des articles parus le mois précédent sur ce blog (voir Titres des articles du mois précédent). Puis j'adresse un courriel aux amis inscrits sur mes listes de distribution, afin de les informer des thèmes abordés sur ce blog. Ceux-ci évoluent dans le temps, selon l’actualité et mes priorités. Certains portent sur la situation nationale, d'autres sur des questions plus locales.    

 

Depuis 2006, 2490 articles - classés en 50 catégories - ont été publiés sur ce blog.- sans compter les récapitulatifs mensuels. 

 

Michel SorinLes 31 titres en avril se répartissent ainsi :

- Loi Valls, réformes électorales, décentralisation, scrutin alsacien (7 articles),

- Agriculture, filières d’élevage en péril, Pochon (5 articles),

- Chômage, emploi, politiques d’austérité (5 articles),

- MRC, Chevènement et CiViQ Europe (5 articles),

- Europe, euro, politiques néolibérales (4 articles),

- Mali - rapport des sénateurs Chevènement et Larcher (1 article),

- Le mystère français, livre de Todd et Le Bras (1 article),

- Politique énergétique - position de Sauvons le climat (1 article),

- Loi sur le mariage de couples entre personnes de même sexe (1 article),

- Affaire Cahuzac (1 article).

 

Titres des articles parus en avril 2013 sur http://mrc53.over-blog.com  

 

Europe à refonder : Michel Sorin propose de créer des groupes CiViQ (30 avril)

 

Réorienter l'Europe : JP Chevènement demande de reprendre le débat (29)

 

La gauche a un projet alternatif : le programme de salut public (MRC) - 28

 

Chevènement accepterait de conduire un gouvernement de salut public (27)

 

Le chômage de masse continue son chemin sans rencontrer d'obstacle (26)

 

La France prépare une loi d'avenir rénovant le cadre de son agriculture (25)

 

André Pochon, éleveur breton retraité, plaide pour le retour de la prairie (24)

 

L'ensemble de la filière française de volailles dans une mauvaise passe (23)

 

La filière porcine française se débat dans des difficultés insurmontables (22)

 

Lait et filières agricoles d'élevage : tous les indicateurs sont au rouge (21)

 

Chevènement et Larcher (Sénat) : 10 recommandations pour le Mali (20)

 

Loi Valls réformant les modes de scrutin aux élections locales (Céas 53) - 19

 

Elections municipales et départementales : nouveaux modes de scrutin (18)

 

Mystère français (Todd-Le Bras) : la France a les moyens de rebondir (17)

 

Le débat citoyen sur les politiques d'austérité ne pourra être repoussé (16)

 

Sauvons le climat s'est prononcé en AG pour le réalisme énergétique (15)

 

Parlement : le mariage s'ouvre aux couples de personnes du même sexe (14)

 

Sécurisation de l'emploi : l'ANI contesté a été approuvé par les députés (13)

 

Denis Durand est intervenu lors de l'AG des maires ruraux de France (12)

 

République exemplaire : le lien associatif citoyen créé par Michel Sorin (11)

 

Montebourg en embuscade pour une autre politique gouvernementale (10)

 

Jacques Sapir a pointé une erreur de Jean-Luc Mélenchon sur l'euro (09)

 

Alsace : le détricotage institutionnel de la Nation, repoussé (B Faudot) - 09

 

Collectivités territoriales : le Parlement débat et l'Alsace vote (contre) - 08

 

Jean-Marc Ferry, proeuropéen pessimiste, contre l'Europe néolibérale (07)

 

Acte 3 Décentralisation : le Sénat a obtenu des délais supplémentaires (06)

 

Jean-Pierre Chevènement (2011) : la France malade de ses élites (05)

 

Cécile Chevré : l'euro ne respecte pas les règles d'une union monétaire (04)

 

Référendum alsacien : expérimentation hasardeuse, anti-républicaine (04)

 

Cahuzac, un succès pour Mediapart, un boulet pour le gouvernement (03)

 

JP Chevènement : un projet alternatif, pour sortir la France de l'impasse (03)

 

Cet article est le 67ème paru sur ce blog dans la catégorie Titres des articles du mois précédent

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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 22:19

Réorienter l’Europe pour qu’elle porte le progrès et la démocratie

 

Un an après avoir été élu président de la République française, François Hollande confirme son objectif de réorienter l’Europe mais il se heurte à l’opposition déterminée de la chancelière allemande. En fait, les critiques se multiplient et les politiques d’austérité vacillent.

Voir Des dogmes austéritaires qui s’effondrent (Patrick Le Hyaric, 30 avril 2013)

 

Les rapports entre la France et l’Allemagne sont au cœur du différend européen. C’est un domaine que le sénateur MRC du Territoire de Belfort connaît fort bien. Voir Chevènement accepterait de conduire un gouvernement de salut public - 27 avril 2013.

 

Jean-Pierre Chevènement est très clair. « La nécessaire réorientation de l’Europe, prônée pendant sa campagne par François Hollande, pose le problème des élites conservatrices en France. Elles s’appuient depuis trois décennies pour faire prévaloir leurs intérêts sur la complète superposition de l’idée européenne et du logiciel néolibéral mis en œuvre à partir de l’Acte Unique. Pour rouvrir le débat européen, comme l’exige aujourd’hui la démocratie, il faut rompre avec cette confusion monstrueuse ».

Voir Réorienter l'Europe : JP Chevènement demande de reprendre le débat - 29 avril 2013.

 

L’objectif de la France est d’amener l’Europe à ne plus subir les médecines du Néolibéralisme. Le président de la République a besoin pour cela du soutien exigeant des citoyens. Nous devons l’aider à réorienter l’Europe.

 

Michel SorinEn tant que maire, j’ai contribué à fortifier les fondations de l’Europe. Voir 10 ans du jumelage Saint-Berthevin-Ceuti : les discours des maires - 6 avril 2010.

 

  

En tant que citoyen, avec quelques amis, dont Valérie Bouveri (voir Parmi les violences faites aux femmes, la manipulation destructrice) et Gérard Beillard (voir Accord interprofessionnel Wagram : le point de vue de Gérard Beillard), nous allons lancer CiViQ Europe.

 

CiViQ* pour une Europe refondée sur l’adhésion des peuples

 

Appliquons la règle des 3 R :  

-          Rupture de la confusion entre l’idée européenne et le logiciel néolibéral

-          Refus des pratiques non démocratiques au niveau des instances européennes

-          Respect par les autorités européennes des souverainetés et des langues nationales

 

Et refondons l’Europe démocratiquement dans l’intérêt des peuples qui la composent :

Pour une Europe transparente, à la portée de tous les citoyens

Pour une Europe légitime, respectant les nations et les citoyens

Pour une Europe dont les principes de base sont la coopération et la solidarité

Pour une Europe dans laquelle aucune nation n’est dominante et toutes sont respectées

Pour une Europe qui lance le débat sur ce qu’elle doit être afin de résoudre ses problèmes

Pour une Europe qui lance ce débat dans tous les pays membres de l’Union européenne

Pour une Europe dans laquelle les députés respectent ces principes au Parlement européen

 

* République exemplaire : le lien associatif citoyen créé par Michel Sorin

 

Cet article est le 121ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe

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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 21:59

Cesser de confondre l’Europe et le logiciel néolibéral

 

Certaines vérités concernant l’Allemagne ne sont pas bonnes à dire actuellement. Le PS se fait tancer pour avoir osé critiquer la politique de la chancelière. Le président de l’Assemblée nationale aussi, y compris par des membres du gouvernement. Gilbert Casasus, chroniqueur associé à Marianne, spécialiste des relations franco-allemandes, s’est étonné (Marianne, 29 avril 2013) : Critiquer l'Allemagne, le dernier tabou ?

N’a-t-on pas le droit de critiquer l’Allemagne ? Les Français seraient-ils privés de cette liberté de s’en prendre à la politique de leur voisin ? En revanche, comment accepter que les Allemands, plus particulièrement de droite, attaquent à intervalles réguliers la France et sa politique ?

Pourquoi faudrait-il admettre que Berlin dicte toujours aux autres sa façon de voir ? Si certains Allemands estiment avoir raison par définition, libre à eux de le croire. Sauf que les Français et les autres Européens peuvent être ici d’un un avis contraire. La France et son gouvernement sont parfaitement en droit de remettre en cause la politique d’Angela Merkel. Plus nationaliste qu’européenne, elle est certainement la chancelière la moins franco-allemande de l’histoire de la RFA.

Son approche de la relation entre l’Allemagne et la France se résume alors à un rapport de forces, dont elle détermine elle-même les termes, se sachant vainqueur de l’épreuve qu’elle impose à son principal voisin. Sarkozy en fut d’ailleurs la principale victime. Incapable de défendre ses positions face à Berlin, il se résigna au suivisme et laissa à l’Allemagne un rôle de leader incontesté en Europe.

En ce sens, la droite française devrait montrer plus de retenue qu’elle ne le fait ces derniers temps. Comparée à celle de François Hollande, la politique allemande de l’ancien Président de la République n’a pas plus contribué à préserver les intérêts de la France que ne le fait celle de son successeur à l’Élysée. Ce n’est pas en copiant Angela Merkel – ou Gerhard Schröder - que l’on approfondit les relations entre la France et l’Allemagne, voire au-delà, que l’on redonne à l’Europe ce qui lui fait aujourd’hui le plus cruellement défaut, à savoir une légitimité citoyenne (…).

 

Belfort 6 09 08 011JPC et André Brie (Die Linke) TJean-Pierre Chevènement (à gauche sur cette photo, à Belfort, le 2 septembre 2008, lors de l'université d'été du MRC, au côté du député européen allemand, Andre Brie) a réagi en écrivant ceci sur son blog : Réouvrir le débat interdit pour réorienter l'Europe

 

La nécessaire réorientation de l’Europe, prônée pendant sa campagne par François Hollande, pose le problème des élites conservatrices en France. Elles s’appuient depuis trois décennies pour faire prévaloir leurs intérêts sur la complète superposition de l’idée européenne et du logiciel néolibéral mis en œuvre à partir de l’Acte Unique.

Pour rouvrir le débat européen, comme l’exige aujourd’hui la démocratie, il faut rompre avec cette confusion monstrueuse. N’en déplaise à Monsieur Juppé, parler de relance européenne quand le chômage bat tous les records, ce n’est pas faire de la germanophobie ! Parler de l’euro fort ou du rôle de la Banque Centrale européenne, ce n’est pas faire de la germanophobie ! Que dirait-on si j’incriminais M. Juppé de rechercher l’appui de l’Allemagne pour préserver, en France, l’ordre établi comme les élites françaises l’ont si souvent fait dans le passé ?

Seul un débat serein et argumenté sur l’Europe est digne de la France et, j’ajoute, de l’Allemagne. Evitons s’il vous plait, les noms d’oiseaux ! 
 

 

Jean-Pierre Chevènement n’a cessé, depuis 30 ans, de s’opposer au tournant libéral et européen de la France, qui s’est opéré en 1983 à l’initiative de Jacques Delors sous la présidence de François Mitterrand. Il a été, avec Philippe Seguin, le principal opposant au traité de Maastricht en 1992, comme l’a rappelé Jean-Luc Mélenchon. Voir Jean-Luc Melenchon sur le traité de Maastricht: "C'est Chevènement qui avait raison (18 décembre 2011).

 

A l'époque du traité de Maastricht, il y avait deux thèses: la monnaie unique ou la monnaie commune (site Chevènement, 8 février 2012)

  • Je ne me suis pas résigné facilement à voter contre Maastricht en 1992. J'étais un membre de la direction du Parti Socialiste, le seul à être contre. Il est vrai que j'avais lu le traité, ce qui n'était pas le cas de beaucoup. J'avais vu qu'on transposait à la France et aux autres pays les règles de la Bundesbank allemande : une Banque centrale indépendante qui aurait pour unique but de lutter contre l'inflation.
  • Quand on transfère sa souveraineté à un organisme politique complètement technocratique, on se pose des questions. Je me suis aperçu que le groupe Delors avait adopté ces règles sous la dictée de la Bundesbank. Ces règles ont pourtant été adoptées avant la chute du mur de Berlin.
  • A l'époque il y avait deux thèses : la monnaie unique ou la monnaie commune. La caractéristique de la monnaie unique, dont on subit les conséquences aujourd'hui, est qu'elle ne permet pas la dévaluation. Les écarts de compétitivité se sont creusés, notamment sous la pression de l'Allemagne qui a appliqué une politique de déflation salariale. Cela se traduit par d'énormes excédents pour les uns et d'énormes déficits pour les autres.
  • Nous sommes pris dans le piège et nous continuons de nous y enfoncer en abandonnant notre souveraineté budgétaire.
  • On a fait l'euro car on avait peur de l'Allemagne. Certains ont pensé qu'en prenant le mark à l'Allemagne, on allait s'approprier sa puissance.
  • On a aujourd'hui une "Mezzogiornisation" du Sud de l'Europe comparé à un Nord industriel, mercantiliste, excédentaire. Les autres pays sont en voie de désindustrialisation. La France est un bon exemple.
  • Tous ceux qui parlent de produire en France sont ceux qui ont accepté l'abaissement de nos barrières tarifaires et la libération des mouvements de capitaux.

 

Voir aussi : Pour Chevènement, Hollande doit sortir des sentiers de Maastricht (Marianne, Philippe Cohen, 4 janvier 2012).

Chevènement va tenter d'ouvrir une alternative à la politique néolibérale - 16 mars 2011 

Jean-Pierre Chevènement (2011) : la France malade de ses élites - 5 avril 2013

 

La légitimité européenne ne s’est pas imposée dans l’esprit des citoyens parce qu’ils désapprouvent la confusion entre l’idée européenne et le Néolibéralisme. Chevènement a raison de vouloir en finir avec cette confusion. C’est pourquoi le débat est nécessaire sur la question européenne et ne doit surtout pas être enterré, comme le souhaite Juppé, très représentatif des élites politiques françaises.

 

Cet article est le 120ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe

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28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 17:49

Sur cette base, Chevènement accepterait Matignon

 

Conseil national MRC 240313 013 TSi certaines conditions étaient réunies, amenant le président de la République à opter pour une autre politique, Chevènement accepterait de conduire un gouvernement de salut public. C’est ce qu’il a dit dans l’émission « Zemmour et Naulleau » sur TV Paris Première, le 26 avril 2013.

 

Le Programme de Salut Public du Mouvement Républicain et Citoyen a été adopté lors du congrès 2010. Il avait été préparé par Patrick Quinqueton et lancé à l’initiative de Jean-Pierre Chevènement, lors du congrès 2008, sur la base d’un diagnostic approfondi de la crise financière.

 

On retrouve, sous forme de projet, le plan et les 4 parties de ce programme sur le blog du MRC 53 :

 

Le MRC prépare un programme de Salut public pour la présidentielle - 28 février 2010

Programme MRC de Salut public : une nouvelle politique européenne - 1 mars 2010

Programme MRC de Salut public : une action internationale influente - 2 mars 2010 

Programme MRC de Salut public : une République laïque et sociale - 2 mars 2010 

Programme MRC de Salut public : un développement harmonieux - 2 mars 2010 

 

Avec cet exercice, le MRC veut aller au fond des questions et des réponses qu’il faut apporter à la crise. Ce n’est pas un programme qui vise à aborder tous les sujets ou à formuler toutes les critiques à l’égard de la droite comme de la gauche. Il s’agit d’aller à l’essentiel (…).

 

Le programme de salut public qui est proposé vise à redonner à toutes les femmes et à tous les hommes épris de  progrès un objectif concret, réaliste, fondé sur les valeurs républicaines. Ces valeurs n’appartiennent pas qu’au passé : la nostalgie n’est pas de mise. Elles sont modernes et forment un socle efficace sur lequel prendre appui pour lutter contre l’atomisation de nos sociétés. Elles sont le carburant qui permet à notre pays de conserver une influence sur notre avenir collectif. Elles sont universelles, c’est-à-dire qu’elles peuvent parler et parlent effectivement à tous les peuples.

Jean-Pierre Chevènement, répondant à une question (voir émission TV Paris Première), a indiqué qu’il n’irait pas à Matignon pour conduire la même politique qu’actuellement, bien que celle-ci aille dans le bon sens, mais elle est insuffisante. Il ne pourrait accepter d’aller à Matignon - si le président de la République le lui demandait - que pour mettre en œuvre une politique de salut public, dans le cadre de la majorité présidentielle actuelle.

Cela n’a rien à voir avec les projets d’union nationale qui sont portés par les médias afin de dévaluer le pouvoir en place. Voir Sondages : le fantasme de l'union nationale (Rue89, Pierre Haski, 28 avril 2013).

 

Ce qui se passe en Italie- dans le cadre d’un régime entièrement parlementaire avec deux Chambres ayant le même pouvoir - est différent puisqu’il s’agit de faire face à l’impossibilité de constituer un gouvernement, aucune coalition n’étant majoritaire seule au Sénat. La reconduction du président de la République (87ans) a permis de trouver une solution temporaire (union de tous les partis de gouvernement, en tenant compte des attentes citoyennes) qui semble plutôt satisfaire les italiens. Voir Italie: le nouveau gouvernement Letta prête serment (Le Point, 28 avril 2013).

 

Cet article est le 127ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.

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27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 16:51

Quels rapports avec l’Allemagne pour réorienter l’Europe ?

 

Conseil national MRC 240313 013 TIl faut laisser du temps à Hollande mais la France ne peut attendre trop longtemps pour amorcer son redressement. C’est là que se situe le point d’achoppement. Pas de précipitation mais l’urgence est là, car la situation est grave et la politique, depuis un an, est insuffisante, même si elle va dans le bon sens.

Tel est le message délivré par Jean-Pierre Chevènement lors de l’émission de « Paris Première », où il était l’invité de « Zemmour et Naulleau » le 26 avril 2013. Voir sur le site de Chevènement la vidéo et le résumé*

 

"François Hollande doit approfondir les 'tensions amicales' avec l'Allemagne"

* Résumé de l’émission sur Paris Première

A propos de la première année de présidence de François Hollande

  • Un point positif, c'est incontestablement l'adoption du rapport Gallois et le pacte national pour la croissance, la compétitivité et l'emploi. Je pense que le vrai problème c'est le développement de notre base productive qui conditionne absolument tout le reste.
  • Quand on vous dit l'ennemi numéro un, c'est la dette, c'est idiot, c'est le doigt qui montre la lune et c'est l'imbécile qui regarde le doigt. Le fond de l'affaire, c'est la stagnation voire la récession qui creuse les déficits : moins values fiscales, déficits, dette. Et le fond de l'affaire, c'est la réindustrialisation, le redéveloppement de l'économie française.
  • Le point le plus négatif, c'est l'absence - je ne dis pas de communication car je n'ai pas de considération pour la communication - c'est l'absence de pédagogie continue.
  • Je ne dis pas que l'action est bonne. J'ai dit que l'axe, l'orientation générale est juste. Le problème c'est de savoir comment la France qui avait en 2011 un déficit commercial de 73 milliards d'euros - alors que l'Allemagne avait un excédent de 168 milliards - va remonter la pente. On voit bien l'axe de l'effort. Les mesures prises en vertu du rapport Gallois : le crédit d'impôt aux entreprises, mais aussi la politique d'innovation, de recherche, de formation, la canalisation de l'épargne vers l'industrie, la Banque publique d'investissement : est-ce que tout cela va suffire ?
  • Ce qui se passe est la vérification de ce que j'avais prédit et par conséquent je suis à même d'exercer ma pédagogie à l'intérieur de la majorité, auprès de François Hollande autant que je le peux. Sur un certain nombre de points, j'ai pu constater qu'il m'écoutait - un peu. Personne ne peut prétendre à être écouté en tous domaines. J'ajoute que j'ai déclaré qu'il fallait donner du temps à François Hollande parce qu'il doit affronter la dimension de l'Etat, c'est-à-dire la cohésion à long terme, de la cohérence des choix et du rassemblement, qui ne va pas sans la cohésion sociale.
  • Ce grand virage libéral a été effectué. J'ai été contre, non seulement la monnaie unique, mais aussi certaines orientations comme la libération des mouvements de capitaux, qui a été un mouvement tournant, qui a complètement déplacé le centre de gravité de notre politique. Je n'ai pas démissionné parce que je venais de rentrer au gouvernement : on ne peut pas démissionner tous les jours! C'était en application de l'Acte unique. Je suis intervenu en Conseil des ministres pour mettre en garde le gouvernement, mais les arbitrages étaient rendus.
  • Je n'ai en rien renoncé à ma liberté de penser. J'ai voté contre le traité budgétaire européen, je vous le signale. On oublie qu'un certain nombre de choix que j'ai combattus ont été faits. Je dis souvent que la monnaie unique, c'est un avion dont j'étais tout à fait contre le fait qu'il décolle, mais il a décollé. Je suis un réaliste. Je suis un homme d'Etat sérieux, solide, et je considère qu'on ne peut pas sauter par le hublot ou si vous préférez par la porte arrière, mais sans parachute. Je pense qu'il faut reprendre les commandes de l'avion et le faire atterrir. S'agissant de l'euro, il y a deux solutions: ou bien la Banque centrale européenne joue pleinement son rôle de banque centrale, ce qu'elle ne fait pas et le gouvernement économique de la zone euro est capable de produire une relance européenne. La BCE est indépendante mais elle comprend ce qu'il se passe, et je pense que le président de la BCE n'a pas envie de voir se multiplier les faillites bancaires, par exemple, ou les faillites d'entreprises à partir d'un certain seuil. Il y a mille manières de faire comprendre les nécessités.
  • J'observe que même M. Barroso, qui n'est pas un gauchiste - très jeune il a certes été maoiste, ce qui n'est pas un bon point, ce sont souvent devenus les meilleurs serviteurs du marché - dit qu'il serait peut-être temps d'étaler le calendrier de réduction des déficits.
  • Il faut avoir le courage de parler à Mme Merkel en suivant ses conseils. Elle a dit que désormais la politique européenne c'est un peu comme la politique intérieure. Elle avait pris position dans l'élection présidentielle en faveur de M. Sarkozy. Bref, elle s'est immiscée dans le débat politique.
  • François Hollande a parlé de "tensions amicales" avec l'Allemagne. J'aimerai qu'il formule cela d'une manière plus claire, et avant les élections allemandes qui se déroulent en 2013. Ou bien on change les règles de la zone euro et cela dépend des Allemands. Ou bien alors on transforme l'euro de monnaie unique en monnaie commune. On le garderait pour les échanges internationaux et on ressuscite un SME-bis.
  • Je pense qu'il faut aussi comprendre et respecter qui est François Hollande. Il ne fait pas partie de la même génération que moi. Nous n'avons pas partagé les mêmes points de vue. Il a accommodé le PS à la sauce libérale dans une enveloppe démocrate chrétienne : l'Acte unique et la monnaie unique qui est une erreur, un contre-sens majeur, car elle a mis ensemble des économies hétérogènes.
  • Quand j'ai apporté mon soutien à François Hollande "les yeux ouverts", j'ai dit que je n'entendais pas revenir au gouvernement. Il y a des gens jeunes ! Clémenceau est revenu aux affaires à 77 ans, j'ai donc encore une marge, mais pour un gouvernement de salut public si vous voulez. François Hollande est le chef de l'Etat. Il a été élu pour 5 ans. Pour le moment, il ne me l'a pas proposé et la politique que je propose c'est une politique de salut public, qui donne un choix à l'Allemagne, parce que je pense qu'il faut discuter avec les Allemands. Je pense qu'il faut aller plus loin dans la conception de ce que peut être l'Europe de demain.

Sur le "mariage pour tous":

  • Je ne me suis pas abstenu. J'ai annoncé dans un entretien au Monde en décembre que je ne voterai pas ce projet de loi, parce qu'il brouillait en effet la filiation. Je pense qu'un enfant doit avoir sinon un père et une mère, mais l'idée d'un père et l'idée d'une mère. S'agissant des droits des homosexuels, j'ai été à l'origine du PACS, en déposant un projet de loi dès 1992 pour une union civile avec Jean-Pierre Michel et Georges Sarre. J'ai refusé de participer au vote car je ne veux pas être instrumenté par des groupes homophobes ou par des chefs de parti qui donnent des consignes de vote. Dans mon parti, le MRC, c'est la liberté de conscience qui a prévalu.

A la question "ce ne serait pas mieux Jean-Pierre Chevènement à Matignon?" :

  • J'ai beaucoup de sympathie pour Jean-Marc Ayrault. Il agit dans le cadre des institutions. Il n'appartient pas au Premier ministre de fixer les orientations stratégiques. Il fait ce qu'il peut dans les limites étroites qui sont les siennes. Je ferais certainement une autre politique, mais je n'accepterais pas de venir à Matignon pour continuer dans cette orientation, car même si elle va dans le bon sens, elle est quand même insuffisante.
  • Vous posez le problème de François Hollande. Effectivement, il vient d'un autre horizon que le mien. Il était deloriste. Mais il est maintenant en face des problèmes et il voit bien ce que vaut ce discours. Et ce discours ne vaut pas grand-chose. François Hollande est intelligent. Personne ne peut le suspecter de ne pas être un patriote. Je pense que quelque chose chemine dans sa tête. J'essaye moi-même de l'y aider au maximum. Maintenant, je ne suis pas au gouvernement. Il faut lui donner du temps, mais il n'a pas tout le temps, car la France non plus n'a pas tout le temps!

En fait, l’essentiel était écrit par Jean-Pierre Chevènement dans Le livre "La France est-elle finie?". Le cœur du problème posé à la France est sa relation avec l’Allemagne, qui conditionne l’avenir de l’Europe.

« Du pari perdu de Mitterrand au destin commun avec l’Allemagne », c’est ainsi que j’avais résumé la présentation du livre par Marie-Françoise Bechtel dans cet article : Marie-Françoise Bechtel présente le livre de Jean-Pierre Chevènement - 4 janvier 2011.

Rappel : Jean-Pierre Chevènement (2011) : la France malade de ses élites - 5 avril 2013 et JP Chevènement : un projet alternatif, pour sortir la France de l'impasse - 3 avril 2013 

 

Cet article est le 167ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT

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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 22:18

Quand l’emploi et le travail seront-ils la vraie priorité ?

Je suis comme Jean-Pierre Chevènement, je soutiens la gauche au gouvernement les yeux ouverts. Et ce que je vois me déplaît profondément. Je ne comprends pas la priorité, ainsi que la durée des débats, qui ont été mises sur le projet de loi concernant le mariage de personnes du même sexe, pourtant très discutable et très contesté par la droite (voir Parlement : le mariage s'ouvre aux couples de personnes du même sexe - 14 avril 2013) alors qu’un vote bloqué a été demandé par le gouvernement pour le projet de loi sur la sécurisation de l’emploi, très contesté au sein de la gauche (voir Une « agression institutionnelle » qui ne doit pas se reproduire (Eliane Assassi, Lettre au président du Sénat, 22 avril 2013).

Au lieu de mettre en avant une question de société, qui concerne la conscience de chaque personne et a peu à voir avec la décision politique, mieux valait prendre le problème de l’emploi à bras-le-corps en rassemblant la gauche, toute la gauche qui a contribué à l’accession de François Hollande à la présidence de la République. Résultat : comme l’a dit Marie-France Beaufils, le 25 avril au Sénat, Les forces politiques et populaires qui ont chassé Nicolas Sarkozy du pouvoir ne se retrouvent pas dans la politique aujourd'hui menée

 

Le monde du travail est particulièrement soumis à la violence des fermetures de sites comme celui de Florange ou de Pétroplus, mais aussi, à celle d’actionnaires comme ceux de Peugeot qui vont se voir gratifier de 370 millions d’euros de bonus, alors que 11 000 emplois seront supprimés.

Aussi, le passage en force du gouvernement pour faire voter le texte dit « de la sécurisation de l’emploi et de la formation professionnelle » puis son opposition soudaine à l’amnistie des salariés en lutte, pourtant votée par notre assemblée, sont des signes particulièrement négatifs en direction de tous ceux qui n’ont que leur capacité de travail pour vivre.

 

Les chiffres du chômage, l’étude de l’INSEE sur le pouvoir d’achat sont là pour confirmer que le mal-être des salariés employés, retraités, demandeurs d’emploi dans notre pays n’est pas qu’un ressenti momentané. Le pouvoir d’achat des ménages est en baisse pour la première fois depuis 30 ans et frappe particulièrement les plus pauvres. C’est la première fois, insiste l’INSEE, que nous constatons une accentuation aussi importante des inégalités.

 

Or, ce sont ces populations qui ont le plus besoin des politiques publiques, des services publics. Or, vous avez décidé de poursuivre une politique inscrite dans le Pacte de stabilité européen que de plus en plus de pays considèrent comme un carcan contre-productif pour sortir de la crise.

 

N’est-il pas temps, au contraire, M. le Ministre, de changer de cap ? Les forces politiques et populaires qui ont chassé Nicolas Sarkozy du pouvoir le 6 mai 2012 ne se retrouvent pas dans la politique aujourd’hui menée. Il est donc urgent d’envoyer des signes forts, sur les libertés syndicales, sur l’emploi, le pouvoir d’achat et ainsi, redonner le goût de la victoire à celles et ceux qui l’ont voulue !

 

M. le Ministre, quand allez-vous agir, au nom de la France, en Europe pour définir une autre politique économique, budgétaire et publique, qui retrouvera les voies de la croissance (et de la réduction des déficits !) par une dépense publique nouvelle et efficace, une plus grande justice fiscale mettant un terme aux cadeaux indécents accordés aux plus riches et aux entreprises les plus profitables, une mobilisation constante des forces du changement ?

 

Le président de la République a compris les effets nocifs de l’allongement de la durée des débats et des manifestations publiques concernant le mariage. On sent qu’il était impatient d’en finir avec ce qui est important pour une minorité qui veut aller toujours plus loin dans les avancées sociétales, et de passer à une question vitale pour la majorité des Français qui mettent au premier plan de leurs priorités les questions économiques et sociales. Voir Le Télégramme, 24 avril 2013 : Mariage gay. Au lendemain du vote, Hollande appelle à se rassembler sur l’emploi.

 

Ce mercredi, François Hollande, s'exprimant au lendemain du vote définitif par le Parlement de l'ouverture du mariage aux couples homosexuels, a appelé à "l'apaisement" et au rassemblement du pays sur "l'essentiel", à savoir l'emploi et le redressement économique. Aujourd'hui, plus que jamais, le rassemblement du pays doit se faire sur ce qui est attendu par beaucoup de nos compatriotes : l'emploi, le redressement et la confiance", a déclaré François Hollande dans une courte allocution à l'Elysée à la sortie du Conseil des ministres.

"J'appelle chacun à chercher l'apaisement"
Le chef de l'Etat a précisé qu'il promulguerait la loi sur le mariage homosexuel "aussitôt donnée" la décision du Conseil constitutionnel, saisi, ce mardi, d'un recours par les parlementaires UMP. Les Sages disposent d'un délai d'un mois pour se prononcer. "D'ici là, a dit François Hollande, je cherche et j'appelle chacun à chercher l'apaisement, c'est-à-dire la compréhension et le respect, parce que tout maintenant doit être concentré, consacré à ce qui est l'essentiel, c'est-à-dire la réussite économique de notre pays et la cohésion nationale" (…).

 

Rien n’arrête la poussée du Chômage

 

Le journal Les Echos, le 3 avril, évoquait La fatalité du chômage de masse.

 

Le Monde, ce 26 avril, a choisi un titre-choc : Chômage de masse, impuissance française

 

Marianne, le 25 avril : Chômage : l’insupportable addition de la rigueur Le nombre de demandeurs d'emploi sans activité en métropole a bondi en mars pour atteindre un pic historique, avec 3,224 millions d'inscrits (+36.900 en un mois), battant le record de 1997 (3,195 millions).

 

Rappel : La tendance à la hausse du chômage, confirmée en février en France - 27 mars 2013 

 

En Mayenne (CÉAS-point-com, 12 avril 2013), pour les catégories A, B et C à fin février 2013 : poursuite de l’augmentation

 

La Mayenne compte, fin février 2013, en données brutes, 20 097 demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi, dont 17 347 (86,3 %) tenus à des actes positifs de recherche d’emploi (catégories A, B et C). Parmi ces 17 350 demandeurs d’emploi, environ 3 700 ont moins de 25 ans et 3 300 ont 50 ans ou plus. Les 25 à 49 ans (près de 10 500) représentent 60 % de l’effectif total des catégories A, B et C.

 

Concernant ces trois catégories A, B et C, le nombre de demandeurs d’emploi a augmenté sur un mois (+ 0,3 % – augmentation quasi identique pour les Pays de la Loire et la France), ainsi que sur un an (+ 15,5 %). Cette variation annuelle est très supérieure à celle de la région (+ 10,4 %) ou celle de la France (+ 9,6 %).

Toujours en variation annuelle pour ces trois catégories et pour le département, on constate, sur un an, une augmentation des demandeurs d’emploi âgés de moins de 25 ans (+ 17,4 %). Pour cette tranche d’âge, sur un an, le chômage s’accroît moins fortement pour les femmes (+ 13,7 %) que pour les hommes (+ 21,3 %). Il en est de même pour les 25 à 49 ans : l’évolution est de 17,6 % pour les hommes et 10,5 % pour les femmes ; et pour les 50 ans ou plus : + 21,3 % pour les hommes et + 16,9 %μ pour les femmes.

La Mayenne, comme les Pays de la Loire, se caractérise par une part élevée de jeunes de moins de 25 ans parmi les demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi (catégories A, B et C). A contrario, la Mayenne compte moins de demandeurs d’emploi de longue durée. Concernant les femmes et les demandeurs d’emploi de 50 ans ou plus, leur part dans l’effectif total est quasiment la même en Mayenne, dans les Pays de la Loire et en France.

 

 Cet article est le 118ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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25 avril 2013 4 25 /04 /avril /2013 15:22

Le ministre veut une agriculture compétitive et écologique

 

Le 15 avril 2013, le ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, Stéphane Le Foll, a lancé la concertation sur le volet agricole du projet de loi d’avenir pour l’agriculture, qui sera organisé autour de six thèmes : l’alimentation, la performance économique et environnementale des filières agricoles et agroalimentaires, la protection des terres agricoles et l’installation des jeunes agriculteurs, l’enseignement agricole et la recherche, la forêt, et les agricultures ultramarines. Le projet de loi sera présenté en septembre au Conseil des ministres et examiné en novembre par le Parlement. Sa mise en œuvre coïncidera avec la réforme de la Politique Agricole commune (PAC).

Voir Stéphane LE FOLL lance la concertation sur le volet agricole de la loi d'avenir (site du ministère, 19 avril 2013).

 

Controverses Marciac 3et4 aout 2011 114 T1Le ministre semble bien décidé à mettre en œuvre la transition écologique pour l’agriculture. Voir Le Foll : le projet agro-écologique du ministre de l'agriculture est lancé - 28 décembre 2012. 

 

 

Voir aussi cet article du quotidien Le Monde (Angela Bovis, 24 avril 2013) : 

L'agroécologie est-elle l'avenir de l'agriculture française ?

Cultures associées, emploi des micro-organismes... L'agroécologie a été érigée en priorité du ministère de l'agriculture et de l'INRA. Reportage dans la ferme d'un agriculteur expérimentateur, en Vendée (Jacques Morineau, agriculteur en Vendée, fait déjà de l'agro-écologie - 7 janvier 2013).

 

Voir aussi la réaction de la Fédération internationale de l'agriculture biologique au projet de Stéphane Le Foll sur Basta Mag

Lettre ouverte à Stéphane Le Foll : La France, modèle mondial de l’agroécologie ? Par Richard Marietta (18 décembre 2012)

L’agriculture française a perdu 160 000 paysans entre 2000 et 2010, soit 21 % de sa population active. Une véritable « hémorragie sociale » qui ne doit pas être ignorée lors de la conférence nationale « Produisons autrement » le 18 décembre. Dans une lettre ouverte au Ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll, la fédération internationale de l’agriculture biologique Nature & Progrès appelle à une réforme agraire. L’enjeu, devenir le « modèle mondial de l’agroécologie » (...)

 

Nous nous félicitons, monsieur le Ministre, de vos récentes déclarations : « La France doit être le modèle mondial de l’agroécologie. Il faut réconcilier écologie et agriculture ». Nous apprécions la prise en compte de pratiques agricoles écologiques comme l’agroforesterie lors de la conférence nationale « Produisons autrement » organisée par le Ministère le 18 décembre 2012. Cependant, il nous semble regrettable que le volet social ne soit pas du tout abordé dans le cadre de cette Conférence nationale, accueillie pourtant au sein du Conseil Economique Social et Environnemental (CESE). Pour la pratiquer et la promouvoir depuis plusieurs décennies, nos membres en témoignent haut et fort : « L’agroécologie ne se résume pas à une technique agronomique ! »

 

Une agriculture plus écologique nécessite plus de main d’œuvre et plus de paysans, de nombreuses études concernant l’agriculture biologique le démontrent. Or en France, c’est l’inverse qui se produit. La réduction et le vieillissement de la population agricole est inquiétante : l’agriculture française a perdu 160 000 paysans entre 2000 et 2010, soit 21 % de sa population active [1]. C’est la plus forte hémorragie sociale toutes professions confondues ! Oserez-vous affirmer que le nombre de paysans doit continuer à diminuer ou au contraire déclarer avec nous que c’est en stimulant les installations et les systèmes autonomes paysans que nous pouvons inverser la tendance pour devenir le « modèle mondial de l’agroécologie » et « produire autrement » ?

 

Nous soutenons la position de Via Campesina dans la déclaration de Surin datée du 11 novembre 2012 [2], qui défend une vision globale de l’agroécologie et des semences paysannes comme moyen d’atteindre et conserver notre souveraineté alimentaire. Via Campesina se positionne pour une autonomie paysanne indépendante des firmes d’intrants agro-industriels, qui ne relègue pas une poignée d’agriculteurs survivants au statut de sous-traitants de l’industrie agroalimentaire. Une approche écologique de l’agriculture implique un positionnement fort pour la production et la consommation locales par des paysans nombreux, ceci afin de reconquérir la souveraineté alimentaire de la France perdue dans les années 80.

 

Nous appelons à une réforme agraire, dans le cadre de l’agroécologie, qui prenne en compte les problématiques majeures telles que : l’accès au foncier, l’accès aux semences paysannes, l’adaptation des normes industrielles et des dispositifs administratifs aux agricultures diversifiées à taille humaine, la promotion des circuits courts et des marchés locaux, le changement du système de subvention à l’hectare vers une aide proportionnelle au nombre d’actifs sur les fermes, la suppression des subventions à l’exportation et la révision du système fiscal pour plus d’équité. Une telle approche permettra de tendre vers un équilibre écologique, social et économique pour les filières agricoles et agro-alimentaires, et servira de base nourricière pour la société dans son ensemble (…).

 

Cet article est le 387ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 15:53

Anniversaire Maria 90 ans 1 08 10 071 T

 

 

Le système maïs-soja en crise,

vive l’herbe pour les vaches !

 

 

Un « Point de vue » dans Ouest-France, le 22 avril 2013, quand il est signé André Pochon*, ne peut passer inaperçu.

J’avais rencontré André Pochon lors d’une réunion à Laval le 23 juin 2005. Il m’avait dédicacé son livre « Les champs du possible. Pour une agriculture durable », Editions Syros La Découverte, collection Alternatives économiques (voir Pour une agriculture durable).

Voir Elevage bovin : les systèmes herbagers (André Pochon) sont rentables - 20 avril 2012. 

 

Crise laitière : crise d'un modèle

 

Dans les années 1950-1960, la révolution fourragère avait incité les éleveurs à nourrir leurs vaches au pré : l'herbe, fourrage équilibré, permettait de produire beaucoup de lait à l'hectare sans complément alimentaire. Période faste où les campagnes sont sorties de la pauvreté, l'exploitation rationnelle des herbages en étant le fer de lance.

Hélas, à la fin des années 1960, sous l'impulsion de la Politique agricole commune (Pac), le maïs fourrage et le soja, tous deux importés des USA, supplantent l'herbe pour l'alimentation des ruminants ; le nouveau système fourrager va s'implanter partout : désormais, point de lait sans maïs !

Cette nouvelle révolution fourragère est favorisée par la Pac signée par les six membres de la Communauté européenne en 1962. En effet, la Pac garantit le prix de la viande et du lait aux éleveurs européens, cependant que le soja, indispensable pour équilibrer le maïs en protéines, est importé sans taxes. L'éleveur se trouve dans cette situation extraordinaire de nourrir ses animaux avec de l'aliment au prix mondial alors que la viande et le lait sont payés au prix garanti européen, soit le double !

Aujourd'hui, cette situation est derrière nous ; sous la pression de la demande des pays émergents comme la Chine et l'Inde, les prix mondiaux des céréales et particulièrement du soja explosent : le soja est passé de 250 à 500 euros la tonne ! Du coup, produire du lait avec du maïs fourrage et du soja devient extrêmement coûteux : il faut deux tonnes de soja pour équilibrer un hectare de maïs, soit désormais 1 000 euros !

Le prix du lait n'augmente pas suffisamment pour combler cette augmentation considérable du prix du soja. D'où la crise actuelle. C'est la fin du système fourrager maïs soja initié par la Pac de 1962 et conforté en 1992 par une prime au maïs fourrage de 400 euros l'hectare, qui n'existe plus.

L'herbe, elle, n'a jamais eu de prime. La solution de la crise laitière est dans le retour à la prairie. Les éleveurs qui nourrissent leurs vaches à l'herbe, fourrage riche en protéines, n'ont que faire du prix du soja et ne sont pas en crise.

La réalité économique est incontournable : les vaches à 10 000 litres, bourrées de maïs, soja et concentrés, ne sont plus rentables ; pour gagner sa vie en produisant du lait, c'est désormais avec des vaches à 6 000 litres pâturant des herbages bien gérés.

Allons-nous pleurer sur la disparition du maïs ? Non, avec la prairie c'est notre autonomie en protéines, l'arrêt des pesticides et des engrais azotés, la fin des algues vertes et le retour à de la viande et du lait riches en oméga 3, au contraire de ceux produits avec des vaches alimentées au maïs-soja qui ont contribué, depuis quarante ans, à l'appauvrissement des sols et au développement des cancers, de l'obésité, du diabète !

Le projet de réforme 2013 de la Pac**, qui maintient le versement de la prime aux céréaliers, va « booster » l'abandon de l'élevage au profit des céréales. Un vrai scandale !

* André Pochon, éleveur en retraite, promoteur de l'agriculture durable, a écrit Le Scandale de l'agriculture folle, Éditions du Rocher, 2009. Voir aussi POCHON André, Les champs du possible (Mediapart) et LES PUBLICATIONS DU CEDAPA. On le retrouve tel qu’il est sur le site de La Croix. Voir André Pochon, un agriculteur en herbe.

 

** Voir Le Parlement européen adopte un projet de pseudo réforme de la PAC - 19 mars 2013 

Lait et filières agricoles d'élevage : tous les indicateurs sont au rouge - 21 avril 2013

L'élevage français inquiète, les éleveurs écrivent au ministre Le Foll - 13 mars 2013

 

Cet article est le 386ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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