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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 22:47

L’euro est maintenu en survie artificielle par la BCE

 

C’est une spécialiste de la finance qui l’écrit : l’euro est déjà mort, la Banque Centrale Européenne lui maintient une existence de façade. Cécile Chevré rédige chaque jour La Quotidienne d'Agora, un éclairage lucide et concis sur tous les domaines de la finance. Elle explique dans sa chronique, ce 4 avril 2013, qu’il y a trois règles pour qu’une union monétaire soit réussie (les zones monétaires optimales de Mundell). La zone euro ne les respecte pas et n’est donc pas viable.

On retrouve le diagnostic de Jean-Pierre Chevènement*.

* Voir JP Chevènement explique en quoi consiste le vice constitutif de l'euro - 29 mars 2013 

JP Chevènement : un projet alternatif, pour sortir la France de l'impasse - 3 avril 2013 

 

Voici ce qu’écrit Cécile Chevré sous le titre : La zone euro a-t-elle déjà disparu ?

 

L'euro, j'y ai cru, j'ai même approuvé. Pour qui aime voyager en Europe – et pour une Italophile convaincue comme moi – l'euro est un réel plaisir. Plus besoin de jongler avec les milliers de lires pour s'acheter une glace. Ou de se creuser la tête pour deviner le prix d'une entrée pour le musée de Pergame à Berlin. D'un point de vue historique, l'euro me paraissait une belle idée, un pas supplémentaire vers une Europe non seulement économique mais aussi politique. Mon côté idéaliste sûrement... Economiquement aussi, l'euro était séduisant : renforcer les liens commerciaux, économiques et financiers à tous les niveaux, du citoyen aux Etats en passant par les banques ou les entreprises. Sur le papier donc, l'euro a vraiment de quoi déclencher l'enthousiasme.

 

L'euro a un problème de digestion

Le problème de l'euro, c'est qu'il a eu les yeux plus gros que le ventre. Les Européens ont voulu faire de l'euro une devise d'envergure internationale, capable de rivaliser avec le dollar. Pour cela, il fallait que la monnaie unique ait le plus de poids possible, et donc qu'elle intègre le plus d'économies possibles. L'euro est donc devenu un outil de pouvoir. En intégrant des pays comme la Grèce et plus récemment des pays d'Europe de l'Est (Slovénie, Slovaquie, Estonie...), l'Europe a voulu étendre sa zone d'influence. Et puis faire partie de l'euro signifie aussi profiter de la libre circulation des biens et des personnes. Adieu, droits de douane. Pour les pays exportateurs, et en plein développement économique, rejoindre l'euro a été une occasion qu'il était difficile de refuser.

Malgré ces défauts, l'euro attire donc. Et pour rejoindre le cercle des élus, certains ont été prêts à tout, et surtout à falsifier l'état réel de leurs finances publiques. Ce n'est plus un secret pour personne que la Grèce s'est lancée, avec l'aide de Goldman Sachs, dans un montage financier particulièrement complexe pour minimiser son déficit et ainsi rejoindre la monnaie unique.

 

3 règles pour une union monétaire

Dans les années 1950, les économistes Mundell et Fleming élaborèrent la théorie des zones monétaires optimales, soit les conditions indispensables pour une union monétaire réussie. Les trois principaux critères sont les suivants :
- la capacité d'adaptation aux divergences économiques et financières existant entre les différents membres de l'union monétaire
- intégration économique
- une résistance commune aux chocs économiques

 

Commençons par l'intégration économique. Elle est certes forte, nombre de pays de la zone euro ayant profité de cette union monétaire. Le reste de la zone euro est ainsi devenu l'un des principaux clients de l'industrie exportatrice allemande, l'Espagne exporte produits chimiques, chaussures ou vêtements vers le Portugal, l'Italie, la France ou l'Allemagne et l'Italie exporte à 56% vers le reste de l'Europe. Cependant, comme le souligne Francesco Saraceno, économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), dans un entretien accordé au Monde, l'euro a pu s'accompagner d'une baisse de compétitivité. Et de citer le cas italien : "A part quelques petites niches très compétitives et très présentes sur les marchés internationaux, le pays a perdu en compétitivité, particulièrement depuis 1999, année d'entrée de l'Italie dans la zone euro". Aujourd'hui, alors que toute la zone euro est menacée par la récession, que les pays traditionnellement importateurs revoient à la baisse leur demande, l'intégration économique se délite progressivement. Les entreprises allemandes subissent ainsi de plein fouet le recul de la demande européenne et sont obligées de se tourner vers des horizons plus lointains (les Etats-Unis ou l'Asie) pour trouver de nouveaux débouchés.

 

En matière de résistance aux chocs économiques, les divergences sont flagrantes. Dans la première phase de la crise, ce sont les économies les plus financiarisées, comme l'Irlande, qui ont souffert. Puis ce fut le tour des économies les plus endettées (Grèce) et/ou au secteur bancaire les plus fragiles (Espagne, Portugal, Chypre...). La prochaine vague va frapper des économies plus importantes en taille et qui ne parviennent pas à rassurer les marchés sur l'efficacité de leurs mesures de réduction de l'endettement (Italie, France ?...). Jusque-là, seuls l'Allemagne et les pays du Nord de l'Europe ont plutôt bien résisté à la crise des subprime, puis à celle de l'euro. Pour combien de temps ?

 

Dernier point, la capacité d'adaptation et d'ajustement. Ce que cela signifie ? Par exemple, que si un pays a un coût du travail plus faible que les autres, il attirera capitaux, investissement et entreprises, et que donc, sa croissance décollera et entraînant le niveau de vie et finalement le coût du travail rejoindra la moyenne. Dans les faits, ces mécanismes ne jouent pas tant que cela en Europe. Ces ajustements étaient censés compenser l'impossibilité de chaque pays de mener sa propre politique monétaire. En effet, de manière classique, si un pays fait face à une montée du chômage et à un recul de sa croissance, il baisse ses taux directeurs pour encourager le crédit, l'investissement et la consommation. Et si son économie montre des signes de surchauffe et donc d'inflation, il ressert ses taux.

 

Les pays de la zone euro sont quant à eux pieds et poings liés et doivent appliquer la même politique monétaire, décidée par la BCE. Cette impossibilité de jouer sur l'inflation prolonge manifestement la crise dans les pays du Sud. Quant aux économies encore fortes de la zone euro, elles craignent une baisse des taux qui accentuerait les risques inflationnistes. Comment gérer une union monétaire quand certains membres empruntent à 1,2% sur 10 ans (l'Allemagne) alors que d'autres à plus de 12% (la Grèce) ? La zone euro est devenue ingérable quand les rendements des pays européens se sont mis à diverger, en 2008.

 

Elément aggravant, la crise chypriote a été l'occasion de sérieux coups de couteau dans le contrat nuptial de l'euro. Celui-ci prévoyait une libre circulation des changes à l'intérieur de la zone. Le contrôle des transactions financières qui a été instauré à Chypre – et tout particulièrement celui des virements à l'étranger – est clairement en contradiction avec ce principe.

Sans politique monétaire commune, le fondement même de l'euro disparaît. Allons même plus loin, l'euro est déjà mort. Son existence n'est que de façade, maintenue artificiellement en vie par la BCE qui refuse de reconnaître que les besoins des pays du Sud divergent par trop de ceux des pays du Nord pour continuer de proposer une seule et unique voie.

 

Qu'est-ce que cela signifie pour vous ?
L'aggravation de la crise européenne donne aussi une tribune libre aux opposants à l'euro. Les élections italiennes et les interminables (insolubles ?) tractations sur la nomination d'un gouvernement en sont la dernière preuve. Les partis comme le mouvement Cinque Stelle ainsi que le PDL, de Berlusconi, ont fait leur beurre des thématiques anti-européennes et anti-allemandes.

 

Alors que l'Allemagne concentre le ressentiment des pays du Sud, de l'Italie à l'Espagne en passant par Chypre ou la Grèce, la survie de l'euro tel que nous le connaissions devient de plus en plus douteuse. Cela signifie-t-il que l'euro va exploser en vol dans les semaines qui viennent ? Non. Mais que les crises vont se multiplier, oui. Et que, progressivement, va se mettre en place un euro à deux vitesses. Autre possibilité : les économies du sud, telles Chypre ou la Grèce, vont quitter la zone euro.

 

Cet article est le 115ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe

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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 16:40

Effacer les frontières et mettre le peuple à distance

 

De manière précipitée, la droite alsacienne propose un référendum le 7 avril 2013 dans le but de créer la Collectivité Territoriale d’Alsace en fusionnant les deux départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin avec la région Alsace.

Veut-elle prendre de vitesse la gauche française qui prépare une évolution de la décentralisation ? Mathieu Lavarenne, membre indépendant d’un conseil municipal d’un village alsacien et président du Cercle républicain du Haut-Rhin, a essayé de cerner les motivations des promoteurs du projet (voir Un referendum en Alsace, 2 avril 2013, et Conseil d’Alsace – Un projet précipité).

 

Voir aussi les 10 raisons de voter NON du Mouvement Politique d’Education Populaire (M’PEP) - 1er avril 2013

La collectivité territoriale d'Alsace serait incluse dans une "euro-région" comprenant le nord-ouest de la Suisse et le Bade-Wurtemberg. L'Alsace serait diluée dans cet ensemble et séparée de la République française. Il s'agit d'un test visant à enclencher la déconstruction de la France. Après l'Alsace, d'autres régions seront touchées, livrées aux marchés financiers et aux affairistes. Un black-out total est organisé sur cette opération. Ni les grands médias nationaux, ni les partis politiques n'en font une cause nationale.

 

Pour sa part, le Mouvement Républicain et Citoyen, le 4 avril 2013, a fait connaître sa position dans un texte signé par Claude Nicolet et Martine Souvignet, secrétaires nationaux du MRC :

Collectivité unique d'Alsace: le 7 avril, NON, bien sûr !

 

Le dimanche 7 avril prochain, nos compatriotes des départements du Haut et du Bas Rhin sont appelés aux urnes dans le cadre d'un référendum dont l'objet est la fusion des départements alsaciens et du conseil régional pour créer le CTA: Conseil Territorial d'Alsace.

 

C'est une attaque frontale contre la République. De quoi s'agit-il? Sous couvert d'efficacité administrative quel est l'objectif recherché? Il suffit de prendre connaissance de la résolution du Congrès d'Alsace en décembre 2011: «Si nous acceptons de fonder le Conseil d'Alsace (…) nous renforcerons l'attractivité de nos territoires et leur compétitivité en Europe (…) L’Alsace dans la compétition libérale de grandes régions européennes doit s’intégrer au «Rhin Supérieur» (…) Dans la stratégie de la création de grandes régions économiques européennes, le Conseil d'Alsace doit (…) contribuer, au mieux de ses forces, à renforcer la cohésion territoriale de la Région Métropolitaine Tri nationale du Rhin Supérieur, périmètre d'excellence du développement économique(…)».

Ce projet est fondamentalement d'essence libérale européiste, dans la continuité de l'esprit du référendum du 29 mai 2005. Les frontières actuelles doivent définitivement disparaître afin de laisser le libre marché s'épanouir pleinement et permettre les harmonisations sociales, juridiques et administratives, nécessaires. Harmonisations qui se feront à la baisse bien sûr, car depuis que l'Europe est en marche, la situation du monde du travail s'est-elle améliorée? Faut-il rappeler qu'il n'y a pas de 35 heures ou de salaire minimum dans l'Allemagne voisine. De plus, au moment où s'annonce une nouvelle réforme des collectivités locales, est-ce bien opportun? Ne faut-il pas plutôt y voir cette vieille tentation de "l'autonomisme des riches" qui fleurit un peu partout en Europe. Le MRC lui prône la solidarité nationale et l'égalité des territoires et réaffirme le rôle central de l’État dans cette mission.

 

C'est ni plus ni moins que la poursuite du projet libéral européen qui voit dans les nations et leurs organisations politiques un frein à son développement. L’objectif recherché est de même nature que pour le TCE : permettre le déploiement de “la concurrence libre et non faussée” que les ultras libéraux veulent accélérer en instrumentalisant la vulnérabilité idéologique et la situation géographique de l’Alsace en détricotant le modèle français. Car ne nous y trompons pas, d'autres projets de même nature ne vont pas tarder à éclore qui n'auront rien à voir avec de nécessaires coopérations transfrontalières, mais qui auront pour but de redessiner la carte de l'Europe en de nouvelles féodalités desquelles la démocratie et la République auront disparu. Pour les républicains et pour le monde du travail il ne peut y avoir qu'une seule réponse; un NON franc et massif.

 

Cet article est le 35ème paru sur ce blog dans la catégorie Collectivités territoriales

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 22:49
 

L’évasion fiscale a du plomb dans l’aile en France

 

Jérôme Cahuzac pourrait bien être le vecteur de divers changements, à commencer par celui qui concerne la lutte contre l’évasion fiscale. Voir les déclarations de Antoine Peillon, journaliste français, grand reporter au journal La Croix et auteur d'une investigation sur l'évasion fiscale en France : Affaire Cahuzac : "D'autres surprises à attendre" (Antoine Peillon) - France Info, 3 avril 2013.

 

C’est un succès pour le journal en ligne payant Mediapart et sa conception du journalisme d’investigation. Voir Affaire Cahuzac : Mediapart se pose une nouvelle fois en quatrième pouvoir(La Tribune, Adeline Raynal, 2 avril 2013).

C’est un énorme souci pour le président de la République, qui n’a pas été bien regardant en nommant ministre délégué au budget cet homme qui avait bénéficié des largesses des laboratoires pharmaceutiques. Voir Affaire Cahuzac : la journée noire pour l'exécutif (Le Monde, 3 avril 2013).

 

C’est un évènement à fortes répercussions. Voir Cahuzac, la triple déflagration (Marianne, Joseph Macé-Scaron, 2 avril 2013).
 

Pour les militants du Parti socialiste, c’est un cauchemar. Voir Affaire Cahuzac : Gérard Filoche, un socialiste au bord de la crise de nerfs (Le Point, 2 avril 2013). En fait, le PS récolte ce qu’il a semé, en accompagnant le néolibéralisme et le capitalisme financier. Ce ne peut être un hasard si de fortes personnalités (Dominique Strauss-Kahn et Jérôme Cahuzac, notamment) ont été bloquées dans leur élan politique par la Justice. Et il y en aura d’autres. C’est le produit d’un abandon de la morale en politique.

 
Le président du Mouvement républicain et citoyen, député du Val-de-Marne, a commenté ainsi l’évènement :

Aveu de Jérôme Cahuzac: dont acte en bloc et en détails (Jean-Luc Laurent, 2 avril 2013)

 

L’ancien ministre du budget a été mis en examen cet après-midi. Je prends acte en bloc et en détails des déclarations de l’intéressé devant le juge : elles constituent un aveu.
La justice fait son travail dans la sérénité, c’est la marque du changement.

La déception est immense car, après sa déclaration solennelle devant l'Assemblée nationale le 5 décembre, je lui ai accordé et témoigné ma confiance comme beaucoup de responsables politiques.

Par son comportement, Jérôme Cahuzac porte un immense coup à la République.
Je laisse la morale aux professeurs de morale, c’est la faute politique que je juge impardonnable.

La République, c'est d'abord la rectitude. Au comportement délictueux sur lequel la justice fera toute la lumière, Jérôme Cahuzac a ajouté le mensonge et la duplicité devant les citoyens et leurs représentants.

 

 

Cet article est le 26ème paru sur ce blog dans la catégorie Justice Police Défense.

 

 

 

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 20:50

La République n’est rien sans un projet porté par les citoyens

 

Chevènement Le Mans 280111 002 TLa France s’est mise dans une redoutable impasse* dans les années 1980-1990 en faisant des choix politiques erronés (dérégulation, monnaie unique). Comment en sortir ? C’était la question posée par Jean-Pierre Chevènement dans son livre (Fayard, octobre 2011) : 

 

Sortir la France de l'impasse

 

Les choix politiques (dérégulation, monnaie unique) effectués dans les années 1980-1990 ont mis la France dans une redoutable impasse. Peut-on faire confiance, pour nous en sortir, aux idéologues qui nous ont fourvoyés ?

La crise de l’euro résulte de son vice initial de conception. Elle est devant nous. L’Allemagne détient la clé, mais sait-elle ce qu’elle veut ? Et la France, là-dedans, que veut-elle ?

 

Jean-Pierre Chevènement montre comment remettre le peuple français debout. Il propose ensuite à la France deux scénarios de sortie de crise pour construire une « Europe européenne », maîtresse de son destin dans le siècle qui vient.

 

Jean-Pierre Chevènement a été l’un des refondateurs du Parti socialiste d’Epinay (1971) et un artisan de l’union de la gauche. Plusieurs fois ministre de 1981 à 2000, il est aujourd’hui sénateur du Territoire de Belfort et président d’honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC).

 

Introduction

 

Pour la France, l’heure des temps difficiles est venue. Elle ne sait plus où elle va. Elle a abandonné son marché, sa monnaie, son droit, c’est-à-dire son Etat, sa défense, à l’exception encore notable de sa dissuasion, et jusqu’à l’idée que, pendant des siècles, elle s’était faite d’elle-même : un pays libre, « franc » - c’est sa définition - capable de s’assumer lui-même. Le roi était « empereur en son royaume » et la souveraineté était l’attribut essentiel de la République. Or, qui ne ressent aujourd’hui, même confusément, la tragique impasse dans laquelle la crise du capitalisme financier mondialisé et la crise de l’euro nous enferment ?

 

L’avenir de la France est en déshérence. Le symptôme le plus frappant est le chômage où se morfond depuis bientôt trois décennies un cinquième de sa jeunesse. Elle n’a plus de projet, sinon de conserver le « triple A » que lui attribuent encore les agences de notation. Or, qu’est-ce que la République française sans un projet dans lequel puissent se reconnaître ses citoyens ?

 

Ce diagnostic reste vrai, bientôt un an après l’élection présidentielle. Nous ressentons le besoin d’une autre politique, dans laquelle les citoyens se reconnaîtront.

 

* Rappel : Sortir la France de l'impasse dans laquelle elle s'est mise il y a 20 ans - 26 mars 2013

JP Chevènement explique en quoi consiste le vice constitutif de l'euro - 29 mars 2013 

 

Pour information, voir l’autre livre de Jean-Pierre Chevènement publié en 2011, celui pour lequel il a reçu le prix du livre politique de l’année : "La France est-elle finie?" de Jean-Pierre Chevènement - Résumé du livre (Fayard, janvier 2011) en 10 pages.

 

Cet article est le 165ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 19:31

La gauche, le Parlement et l’agriculture, titres les plus fréquents

 

Depuis 66 mois, au début de chaque mois, je reprends les titres des articles parus le mois précédent sur ce blog (voir Titres des articles du mois précédent). Puis j'adresse un courriel aux amis inscrits sur mes listes de distribution, afin de les informer des thèmes abordés sur ce blog. Ceux-ci évoluent dans le temps, selon l’actualité et mes priorités. Certains portent sur la situation nationale, d'autres sur des questions plus locales.    

Depuis 2006, 2458 articles - classés en 50 catégories - ont été publiés sur ce blog.- sans compter les récapitulatifs mensuels. 

 

Michel SorinLes 26 titres en mars se répartissent ainsi :

- MRC, Chevènement et Gramsci (7 articles),

- Débats parlementaires, école, retraites (6 articles),

- Agriculture, élevage en péril, réforme de la PAC (4 articles),

- Chômage en forte augmentation (2 articles),

- Chypre, zone euro et Parlement européen (2 articles),

- Lise et Robert Tatin, musée de Cossé-le-Vivien en Mayenne (2 articles).

- Journée des droits des femmes (1 article),

- Rester ou pas dans le commandement intégré de l’OTAN (1 article),

- L’écriteau d’Hervé Eon ne méritait pas une sanction pénale (1 article).

 

Titres des articles parus en mars 2013 sur http://mrc53.over-blog.com

 

Réforme des élections locales : divergences entre députés et sénateurs (31 mars)

 

La France, intégrée dans l'OTAN : Régis Debray face à Hubert Védrine (30)

 

JP Chevènement explique en quoi consiste le vice constitutif de l'euro (29)

 

Eurogroupe et Chypre : quatre questions de JP Chevènement au Sénat (28)

 

La tendance à la hausse du chômage, confirmée en février en France (27)

 

Sortir la France de l'impasse dans laquelle elle s'est mise il y a 20 ans (26)

 

La poussée du FN dans l'Oise : ce qu'en dit Marie-Françoise Bechtel (25)

 

Occident et mondialisation (Res Publica) avec P Brochand et R Debray (23)

 

Réforme bancaire : elle a été votée sans opposition par le Sénat (22)

 

Chypre : le plan de sauvetage ayant été refusé, ultimatum de la BCE (21)

 

Réforme de la PAC : les ministres de l'agriculture se sont mis d'accord (20)

 

Le Parlement européen adopte un projet de pseudo réforme de la PAC (19)

 

Rythmes scolaires : l'Education nationale sur une pente dangereuse (18)

 

Gaël Brustier suggère à la gauche d'appliquer la pensée de Gramsci (17)

 

Parlement européen : rejet du budget 2014-2020 adopté par le Conseil (16)

 

Assemblée nationale : Vincent Peillon propose une loi refondant l'école (15)

 

La pancarte d'Hervé Eon à Laval en 2008 ne valait pas sanction pénale (14)

 

L'élevage français inquiète, les éleveurs écrivent au ministre Le Foll (13)

 

Comment est né le musée Tatin à Cossé-le-Vivien : Lise Tatin raconte (12)

 

Parlement européen : pour une Politique Agricole Commune réformée (11)

 

Lise Tatin veut faire connaître l'ensemble de l'oeuvre de Robert Tatin (10)

 

Retraites : le sous-emploi conduit à de nouvelles et difficiles décisions (09)

 

Toujours à faire pour le respect des droits des femmes dans le monde (08)

 

En France et en Europe, le chômage ne cesse d'augmenter fortement (07)

 

Le projet de loi de sécurisation de l'emploi bientôt débattu au Parlement (06)

 

Gramsci serait bien utile aujourd'hui à la gauche en Italie et en France (02)

 

 

Cet article est le 66ème paru sur ce blog dans la catégorie Titres des articles du mois précédent

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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 20:25

Vers une Commission mixte paritaire pour conciliation

 

Concernant la réforme des élections locales, nous en étions restés à cet article publié le 4 janvier 2013 (voir Projet de réforme des élections locales : ce qu'en dit La Lettre du Céas). Les débats se poursuivent au Parlement, avec des désaccords assez importants entre l’Assemblée nationale et le Sénat. Voici le point fait par le Centre d'étude et d'action sociale de la Mayenne - Céas53 (CEAS-point-com n° 495 - 29 mars 2013).

 

Sénateurs et députés ne se mettront pas (tout de suite) d’accord

 

Le projet de loi portant sur la réforme des élections locales a été adopté en deuxième lecture par le Sénat, mais avec des modifications. Autant dire qu’à ce stade, on se retrouve au point pratiquement zéro puisque les sénateurs n’ont pas validé l’élection du binôme femme-homme au scrutin majoritaire pour les prochaines élections cantonales (ou départementales).

 

Par ailleurs, dans la partie du texte qu’ils ont adoptée, les sénateurs sont revenus au seuil des 1 000 habitants pour l’application du scrutin de liste proportionnel pour les élections municipales (liste paritaire). En première lecture, les députés avaient descendu le seuil à 500 habitants.

 

Une autre pierre d’achoppement porte sur la réduction du nombre de conseillers municipaux dans les communes de moins de 3 500 habitants : les sénateurs ont complètement écarté cette proposition.

Au final, un accord existe au moins pour l’obligation d’une déclaration de candidature avant chaque tour de scrutin.

 

Le projet de loi est revenu en deuxième lecture à l’Assemblée nationale où il a fait l’objet de discussions en séance publique les 26 et 27 mars. Entre autres, la Commission des lois avait réintroduit le binôme femme-homme pour les élections cantonales (départementales) et fixé à nouveau le seuil pour le scrutin de liste des élections municipales à 500 habitants.

 

Les explications de vote et le vote par scrutin public sont programmés le mardi 2 avril, à 16 h 15. Si le texte est adopté, mais donc avec un contenu différent de celui voté par le Sénat, il y aura désaccord entre le Sénat et l’Assemblée nationale sur plusieurs dispositions importantes.

 

Pour sortir de l’impasse, à l’initiative du Premier ministre, une Commission mixte paritaire, composé de sept sénateurs et de sept députés, cherchera à établir un texte commun.

 

Pour information

 

Voir Dossiers législatifs - Projet de loi relatif à l'élection des conseillers départementaux, des conseillers municipaux et des délégués communautaires, et modifiant le calendrier électoral    (Legifrance, 28 mars 2013)

 

Voir aussi les versions proposées le 15 mars 2013 par les publications électroniques Maire Info (Association des maires de France) et Localtis (Caisse des Dépôts et Consignations) :

Le Sénat adopte le projet Valls mais supprime le scrutin binominal paritaire (Maire Info)
Le Sénat adopte le projet de loi Valls sans le "binôme" pour le scrutin départemental
(Localtis)

 

Le projet de loi de réforme électorale de retour devant les députés (Maire Info, 26 mars 2013)

 

Cet article est le 34ème paru sur ce blog dans la catégorie Collectivités territoriales

 

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 23:51

Plus à perdre qu’à gagner en restant dans l’OTAN

 

Chargé par le président François Hollande de tirer le bilan du retour de la France dans le commandement intégré de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), Hubert Védrine a conclu que revenir sur la décision prise par Nicolas Sarkozy en 2009 « ne donnerait à la France aucun nouveau levier d’influence ». Régis Debray conteste cette analyse dans cette lettre à Hubert Védrine (article publié par Le Monde diplomatique, mars 2013). Extraits.

 

Voir aussi La France doit quitter l'OTAN, par Régis Debray (Cercle des Volontaires, 27 mars 2013).

 

La France doit quitter l’OTAN

 

(…) Ce rapport m’a beaucoup appris, tout en me laissant perplexe. Tu donnes indirectement quitus à M. Nicolas Sarkozy, avec une sorte de oui mais, d’avoir fait retour au bercail atlantique. Réintégration que tu n’aurais pas approuvée en son temps, mais qu’il y aurait plus d’inconvénient à remettre en cause qu’à entériner. Dans l’Union européenne, personne ne nous suivrait. Resterait pour la France à y reprendre fermement l’initiative, sans quoi il y aurait « normalisation et banalisation » du pays. Voilà qui me donne l’envie de poursuivre avec toi un dialogue ininterrompu depuis mai 1981, quand nous nous sommes retrouvés à l’Elysée dans deux bureaux voisins et heureusement communicants.

 

Le système pyramidal serait devenu un forum qui n’engage plus à grand-chose, un champ de manoeuvre où chaque membre a ses chances, pourvu qu’il sache parler fort. Bref, cette OTAN affaiblie ne mériterait plus l’opprobre d’antan. Je la jugeais, de loin, plus florissante que cela. Considérablement étendue. Douze pays en 1949, vingt-huit en 2013 (avec neuf cent dix millions d’habitants). Le pasteur a doublé son troupeau. L’Alliance était atlantique, on la retrouve en Irak, dans le Golfe, au large de la Somalie, en Asie centrale, en Libye (où elle a pris en charge les frappes aériennes). Militaire au départ, elle est devenue politico-militaire. Elle était défensive, la voilà privée d’ennemi mais à l’offensive. C’est le nouveau benign neglect des Etats-Unis qui aurait à tes yeux changé la donne. Washington a viré de bord, vers le Pacifique, avec Pékin et non Moscou pour adversaire-partenaire. Changement de portage général. D’où des jeux de scène à la Marivaux : X aime Y, qui aime Z. L’Europe énamourée fixe ses regards vers l’Américain, qui, fasciné, tourne les siens vers l’Asie.

 

Le Vieux Continent a l’air fin, mais le cocu ne s’en fait pas trop. Il demande seulement quelques égards. Nous, Français, devrions nous satisfaire de quelques postes honorifiques ou techniques dans les états-majors, à Norfolk (Etats-Unis), à Mons (Belgique), de vagues espoirs de contrats pour notre industrie, et de quelques centaines d’officiers dans les bureaux, réunions et raouts à foison.

La relation transatlantique a sa dynamique. Evident est le déclin relatif de la puissance américaine dans le système international, mais le nôtre semble être allé encore plus vite. L’OTAN n’est plus ce qu’elle était en 1966 ? Peut-être, mais la France non plus.

Nos compatriotes broient déjà assez du noir pour leur éviter la cruauté d’un avant/après en termes de puissance, de rayonnement international et d’indépendance d’allure (« indépendance », le leitmotiv d’hier, étant désormais gommé par « démocratie »). Emploi, services publics, armée, industrie, francophonie, indice des traductions, grands projets : les chiffres sont connus, mais passons. En taille et en volume, le rapport reste ce qu’il était : de un à cinq. En termes de tonus et de vitalité, il est devenu de un à dix.

 

Une nation normalisée et renfrognée

 

Etats-Unis : une nation convaincue de son exceptionnalité où la bannière étoilée est hissée chaque matin dans les écoles et se promène en pin’s au revers des vestons, et dont le président proclame haut et fort que son seul but est de rétablir le leadership mondial de son pays. « Boosté » par la révolution informatique qui porte ses couleurs et parle sa langue, au coeur, grâce à ses entreprises, du nouvel écosystème numérique, il n’est pas près d’en rabattre. Sans doute, avec ses Latinos et ses Asiatiques, peut-on parler d’un pays posteuropéen dans un monde postoccidental, mais s’il n’est plus seul en piste, avec la moitié des dépenses militaires du monde, il peut garder la tête haute. Et mettre en oeuvre sa nouvelle doctrine : leading from behind (« diriger sans se montrer »).

 

France : une nation normalisée et renfrognée, dont les beaux frontons - Etat, République, justice, armée, université, école - se sont évidés de l’intérieur comme ces nobles édifices délabrés dont on ne garde que la façade. Où la dérégulation libérale a rongé les bases de la puissance publique qui faisait notre force. Où le président doit dérouler le tapis rouge devant le président-directeur général de Google, acteur privé qui jadis eût été reçu par un secrétaire d’Etat. Sidérante diminutio capitis. Nous avons sauvé notre cinéma, par bonheur, mais le reste, le régalien…

Le Français de 1963, s’il était de gauche, espérait en des lendemains chanteurs ; et s’il était de droite, il avait quelque raison de se croire le pivot de la construction européenne, avec les maisons de la culture et la bombe thermonucléaire en plus. Celui de 2013 ne croit en rien ni en personne, bat sa coulpe et a peur autant de son voisin que de lui-même. Son avenir l’angoisse, son passé lui fait honte. Morose, le Français moyen ? C’est sa résilience qui devrait étonner. Pas de suicide collectif : un miracle.  Garder une capacité propre de réflexion et de prévision ? Indispensable, en effet. Quand notre ministre de la défense vient invoquer, pour expliquer l’intervention au Mali, la « lutte contre le terrorisme international », absurdité qui n’a même plus cours outre-Atlantique, force est de constater un état de phagocytose avancée, quoique retardataire. Loger dans le fourre-tout « terrorisme » (un mode d’action universel) les salafistes wahhabites que nous pourchassons au Mali, courtisons en Arabie saoudite et secourons en Syrie conduit à se demander si, à force d’être interopérable, on ne va pas devenir interimbécile.

 

Le défi que tu lances - agir de l’intérieur - exige et des capacités et une volonté.

 

1. Pour montrer « exigence, vigilance et influence », il faut des moyens financiers et des think tanks compétitifs. Il faut surtout des esprits originaux, avec d’autres sources d’inspiration et lieux de rencontre que le Center for Strategic and International Studies (CSIS) de Washington ou l’International Institute for Strategic Studies (IISS) de Londres. Où sont passés les équivalents des maîtres d’oeuvre de la stratégie nucléaire française, les généraux Charles Ailleret, André Beaufre, Pierre Marie Gallois ou Lucien Poirier ? Ces stratèges indépendants, s’ils existent, ont apparemment du mal à se faire connaître.

 

2. Il faut une volonté. Elle peut parfois tirer parti de l’insouciance générale, qui n’a pas que des mauvais côtés. Elle a permis à Pierre Mendès France, dès 1954, et à ses successeurs de lancer et de poursuivre en sous-main la fabrication d’une force de frappe nucléaire. Or l’actuelle démocratie d’opinion porte en première ligne, gauche ou droite, des hommes-baromètres plus sensibles que la moyenne aux pressions atmosphériques. On gouverne à la godille, le dernier sondage en boussole et cap sur les cantonales. En découdre dans les sables avec des gueux isolés et dépourvus d’Etat-sanctuaire, avec un bain de foule à la clé, tous nos présidents, après Georges Pompidou, se sont offert une chevauchée fantastique de ce genre (hausse de la cote garantie). Heurter en revanche la première puissance économique, financière, militaire et médiatique du monde reviendrait à prendre le taureau par les cornes, ce n’est pas dans les habitudes de la maison. La croyance dans le droit et dans la bonté des hommes n’entraîne pas à la virtu, mais débouche régulièrement sur l’obéissance à la loi du plus fort. Le socialiste de 2013 prend l’attache du département d’Etat aussi spontanément qu’en 1936 celui du Foreign Office. Le pli a la vie dure. WikiLeaks nous a appris que, peu après la seconde guerre d’Irak, l’actuel ministre de l’économie et des finances M. Pierre Moscovici, alors chargé des relations internationales au Parti socialiste, s’en est allé rassurer les représentants de l’OTAN sur les bons sentiments de son parti envers les Etats-Unis, jurant que s’il remportait les élections, il ne se conduirait pas comme un Jacques Chirac. M. Michel Rocard avait déjà manifesté auprès de l’ambassadeur américain à Paris, le 24 octobre 2005, sa colère contre le discours de M. Dominique de Villepin à l’Organisation des Nations unies (ONU) en 2003, en précisant que, lui président, il serait resté silencieux. Demander à l’ex-« gauche américaine » de ruer dans les brancards est un pari hasardeux. Napoléon en 1813 n’a pas demandé à ses Saxons de reprendre leur poste sous la mitraille (…).

 

La « famille occidentale », une mystification

 

Rentrer dans le rang pour viabiliser une défense européenne, la grande pensée du règne précédent, témoigne d’un curieux penchant pour les cercles carrés. Neuf Européens sur dix ont pour stratégie l’absence de stratégie. Il n’y a plus d’argent et on ne veut plus risquer sa peau (on a déjà donné). D’où la fumisterie d’un « pilier européen » ou d’un « état-major européen au sein de l’OTAN ». Le seul Etat apte à des accords de défense conséquents avec la France, le Royaume-Uni, conditionne ceux-ci à leur approbation par Washington. Il vient d’ailleurs d’abandonner le porte-avions commun. L’Alliance atlantique ne supplée pas à la faiblesse de l’Union européenne (sa « politique de sécurité et de défense commune »), elle l’entretient et l’accentue. En attendant Godot, nos jeunes et brillants diplomates filent vers un « service diplomatique européen » richement doté, mais chargé d’une tâche surhumaine : assumer l’action extérieure d’une Union sans positions communes, sans armée, sans ambition et sans idéal. Sous l’égide d’une non-personnalité.

 

Quant au langage de l’« influence », il fleure bon la IVe République. « Ceux qui acceptent de devenir piétaille détestent dire qu’ils sont piétaille » (de Gaulle encore, à l’époque). Ils assurent qu’ils ont de l’influence, ou qu’ils en auront demain. Produire des effets sans disposer des causes relève de la pensée magique. Influer veut dire peser sur une décision. Quand avons-nous pesé sur une décision américaine ? Je ne sache pas que M. Barack Obama ait jamais consulté nos influentes autorités nationales avant de décider d’un changement de stratégie ou de tactique en Afghanistan, où nous n’avions rien à faire. Il décide, on aménage.

 

La place du brillant second étant très logiquement occupée par le Royaume-Uni, et l’Allemagne, malgré l’absence d’un siège permanent au Conseil de sécurité, faisant désormais le troisième, nous serons donc le souffleur n° 4 de notre allié n° 1 (et en Afghanistan, nous fûmes bien, avec notre contingent, le quatrième pays contributeur). Evoquer, dans ces conditions,« une influence de premier plan au sein de l’Alliance » revient à faire cocorico sous la table.

 

Nous glissions depuis longtemps le long du toit, me diras-tu, et M. Sarkozy n’a fait que parachever un abandon commencé sous ses prédécesseurs. Certes, mais il lui a donné son point d’orgue symbolique avec cette phrase : « Nous rejoignons notre famille occidentale. » Ce n’est pas d’aujourd’hui qu’un champ clos de rivalités ou un système de domination se déguise en famille. Vieille mystification qu’on croyait réservée à la « grande famille des Etats socialistes ». D’où l’intérêt d’en avoir plusieurs, des familles naturelles et des électives, pour compenser l’une par l’autre.

 

Sentimentalement, j’appartiens à la famille francophone, et me sens autant et plus d’affinités avec un Algérien, un Marocain, un Vietnamien ou un Malgache qu’avec un Albanais, un Danois ou un Turc (tous trois membres de l’OTAN). Culturellement, j’appartiens à la famille latine (Méditerranée et Amérique du Sud). Philosophiquement, à la famille humaine. Pourquoi devrais-je m’enfermer dans une seule ? Pourquoi sortir de la naphtaline la notion chérie de la culture ultraconservatrice (Oswald Spengler, Henri Massis, Maurice Bardèche, les nervis d’Occident, qui ne figure pas, d’ailleurs, dans le traité de l’Atlantique nord de 1949, qui n’apparaît presque jamais sous la plume de de Gaulle et que je ne me souviens pas avoir entendue dans la bouche de Mitterrand ?

 

En réalité, si l’Occident doit aux yeux du monde s’identifier à l’Empire américain, il récoltera plus de haines que d’amour, et suscitera plus de rejet que de respect. Il revenait à la France d’animer un autre Occident, de lui donner un autre visage que Guantánamo, le drone sur les villages, la peine de mort et l’arrogance. Y renoncer, c’est à fois compromettre l’avenir de ce que l’Occident a de meilleur, et déjuger son propre passé. Bref, nous avons raté la marche (…).

 

Et si on prend un peu plus de hauteur, toujours derrière Hegel, il se pourrait bien que l’américanisation des modes de vie et de penser (rouleau compresseur qui n’a pas besoin de l’OTAN pour poursuivre sa course) ne soit que l’autre nom d’une marche en avant de l’individu commencée avec l’avènement du christianisme. Et donc une extension du domaine de la douceur, une bonne nouvelle pour les minorités et dissidences de toutes espèces, sexuelles, religieuses, ethniques et culturelles. Une étape de plus dans le processus de civilisation, comme passage du brut au raffiné, de la rareté à l’abondance, du groupe à la personne, qui vaut bien qu’on en rabatte localement sur la gloriole. Ce qui peut nous rester d’une vision épique de l’histoire, ne devrions-nous pas l’enterrer au plus vite si l’on veut vivre heureux au XXIe siècle de notre ère, et non au XIXe ?

Verdun, Stalingrad, Hiroshima… Alger, Hanoï, Caracas… Des millions de morts, des déluges de souffrances indicibles, dans quel but, finalement ? Il m’arrive de penser que notre indifférence au destin collectif, le repli sur la sphère privée, notre lente sortie de scène ne sont pas qu’un lâche soulagement mais l’épanouissement de la prophétie de Saint-Just, « le bonheur est une idée neuve en Europe ». En conséquence de quoi il y a plus de sens et de dignité dans des luttes pour la qualité de l’air, l’égalité des droits entre homos et hétéros, la sauvegarde des espaces verts et les recherches sur le cancer que dans de sottes et vaines querelles de tabouret sur un théâtre d’ombres (…).

 

La réponse de Hubert Védrine sera publiée dans le Monde Diplomatique d’avril 2013.

 

Cet article est le 25ème paru sur ce blog dans la catégorie Justice Police Défense.

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 23:54

La crise de la monnaie unique est due à un vice de conception

 

La France s’est mise dans une redoutable impasse* dans les années 1980-1990 en faisant des choix politiques erronés (dérégulation, monnaie unique). Comment en sortir ? C’était la question posée par Jean-Pierre Chevènement. Voir son livre (Fayard, 2011) : Sortir la France de l'impasse.

Les choix politiques (dérégulation, monnaie unique) effectués dans les années 1980-1990 ont mis la France dans une redoutable impasse. Peut-on faire confiance, pour nous en sortir, aux idéologues qui nous ont fourvoyés ?

La crise de l’euro résulte de son vice initial de conception. Elle est devant nous. L’Allemagne détient la clé, mais sait-elle ce qu’elle veut ? Et la France, là-dedans, que veut-elle ?

Jean-Pierre Chevènement montre comment remettre le peuple français debout. Il propose ensuite à la France deux scénarios de sortie de crise pour construire une « Europe européenne », maîtresse de son destin dans le siècle qui vient.

Jean-Pierre Chevènement a été l’un des refondateurs du Parti socialiste d’Epinay (1971) et un artisan de l’union de la gauche. Plusieurs fois ministre de 1981 à 2000, il est aujourd’hui sénateur du Territoire de Belfort et président d’honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC). 

 

Conseil national MRC 240313 013 TExtraits de la première partie du livre « L’Europe à refaire »

 

III La crise de la monnaie unique

La crise de la monnaie unique met en pleine lumière son vice constitutif.

 

Le vice constitutif

 

Le traité de Maastricht a conduit à réunir dans une même zone monétaire des pays profondément différents par leurs structures économiques, leurs orientations politiques, leurs langues et leurs repères culturels. Il en a résulté une zone monétaire qui est loin d’être optimale, selon les critères de l’économiste canadien Robert Mundell :

-          Pas de gouvernance économique en dehors des critères du pacte de stabilité, à la fois insuffisants (on l’a vu en Espagne, pays qui respectait ces critères et où la crise résulte de l’endettement privé) ou inapplicables (on s’est aperçu en 2008-2009 face à la crise des banques et à la récession, et, en 2010, face à la crise de l’euro).

-          Pas de solidarité entre Etats en matière de transferts financiers, comme il en existe à l’intérieur d’un pays qui compense par le biais des politiques publiques et des transferts sociaux l’insuffisante productivité de telle ou telle région. Au contraire, le traité de Maastricht prohibe les transferts financiers interétatiques, de même qu’il interdit à la Banque centrale européenne de les financer par la voie monétaire. Soumise à la règle de l’unanimité, l’harmonisation fiscale, enfin, n’a jamais pu voir le jour. Un pays comme l’Irlande peut ainsi s’autoriser un dumping fiscal profondément contraire à l’esprit d’une concurrence loyale.

-          Une zone monétaire optimale, selon Mundell, implique enfin une parfaite mobilité des facteurs de production. C’est relativement le cas aux Etats-Unis, mais pas en Europe du fait d’une diversité linguistique et culturelle qui est sa marque de fabrique.

 

Les créateurs de la monnaie unique pariaient que celle-ci allait renforcer les convergences entre les pays membres. C’est le contraire qui s’est produit : les divergences se sont accrues. La monnaie unique a renforcé les forts – l’Allemagne et les pays de sa zone d’influence (Autriche, Pays-Bas) – et affaibli les faibles (tous les autres). Les écarts de salaires, d’inflation et donc de compétitivité, se sont creusés sans qu’il soit désormais possible d’opérer les corrections monétaires (dévaluations) auxquelles on avait l’habitude de procéder.

 

C’est de ces divergences - encore accentuées par les politiques suivies en Allemagne ou en Grèce - que « les marchés » se sont emparés. Je ne crois pas à la théorie d’un complot (anglo-saxon) des marchés financiers contre l’euro. C’est le vice constitutif de celui-ci qui est en cause : la monnaie unique a été bâtie non seulement dans l’ignorance des nations, mais, plus encore, avec la volonté de les conduire à faire le « grand saut fédéral ».

 

* Rappel : Sortir la France de l'impasse dans laquelle elle s'est mise il y a 20 ans - 26 mars 2013 

 

Cet article est le 164ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT

 

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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 23:53

L’Eurogroupe et la troïka imposent leurs solutions

 

Chevènement Commer 301111 007 TConcernant Chypre, le sénateur Chevènement a posé des questions d’actualité au ministre Moscovici, ce 28 mars.

Quatre questions à propos du plan de l'Eurogroupe "pour" Chypre

 

Monsieur le Ministre,

M. Dijsselbloem, Président de l’Eurogroupe, a proposé, le 16 mars dernier, de faire payer tous les déposants des banques chypriotes. Cette proposition, adoptée à l’unanimité par les différents pays membres de la zone euro, a dû être retirée parce qu’elle portait atteinte à la garantie des dépôts inférieurs à 100 000 euros.

Une seconde décision a dû être prise exemptant les comptes inférieurs à 100 000 euros, mais non moins arbitraire pour le reste, imposant par exemple à Chypre une profonde restructuration bancaire et en particulier la fermeture de la deuxième banque du pays, la banque Laïki. Des pertes égales à 30% ont été imposées aux autres déposants. M. Dijsselbloem a déclaré au Monde, je cite :
« Ceux qui ont pris des risques doivent en assumer la responsabilité. Les déposants, les actionnaires et les créanciers obligataires des banques doivent être associés à leur restructuration ».

Ce message a un sens : les pays les plus riches de la zone euro veulent limiter la contribution du Mécanisme européen de stabilité.
On nous dit que Chypre n’est pas « un cas d’école ». Mais ce qui a été fait pour Chypre ne pourra-t-il pas inspirer le traitement appliqué à d’autres pays qui, à travers leur dumping fiscal, jouent le rôle de paradis fiscal au sein de la zone euro ?
Le risque de fuite des capitaux n’a-t-il pas été sous-estimé ?

Première question donc, Monsieur le Ministre : Jusqu’où l’Eurogroupe peut-il imposer à un pays le changement de son modèle économique ?

Par ailleurs, le Président de la BCE, M. Draghi, a menacé Chypre, si un nouvel accord n’intervenait pas avant lundi 25 mars au soir, de couper le robinet à liquidités destinées aux banques chypriotes. On peut dire que la BCE a utilisé la « grosse Bertha » pour faire plier Chypre. Que se serait-il passé si Chypre avait refusé ? La BCE ne s’arroge-t-elle pas ainsi le droit d’expulser un Etat de la zone euro ?

C’est ma deuxième question, Monsieur le Ministre : Est-ce que cette pratique est conforme aux traités et surtout à l’esprit des traités ?

Troisième question : l’instauration d’un contrôle des mouvements de capitaux n’instaure-t-elle pas la création d’un euro à plusieurs vitesses ?

Quatrième question enfin : La Russie a-t-elle été informée d’une décision qui concerne notamment celles de ses entreprises qui utilisent Chypre pour leurs règlements comme Aeroflot, et pas seulement les fonds d’investissement offshore ?
Il ne faut pas oublier que la Russie détient plus de la moitié de ses réserves – plus de 500 Milliards de dollars – en euros.

Bref, y a-t-il un dialogue, Monsieur le Ministre, entre les instances européennes et la Russie sur la gestion de la crise chypriote, et que pouvez-vous nous en dire ?

Réponse du Ministre
M. Pierre Moscovici, ministre de l'économie et des finances. - La situation de Chypre est exceptionnelle, elle ne peut être en rien un exemple. Son modèle menaçait de s'effondrer.

L'Eurogroupe est intervenu alors que le système était sur le point de faire défaut. La faillite aurait été un cataclysme, pour son économie et sa population ; un choc peut-être fatal pour la zone euro. Nous devions agir. La décision n'a pas été arbitraire. La discussion, à laquelle ont participé les ministres des finances, la BCE, le FMI et la Commission, portait sur un programme. La première proposition a été refusée par le parlement chypriote ; la seconde est équilibrée.

La BCE a été dans son rôle. La BCE, c'est nous-mêmes : solliciter le MES, c'est mettre nos finances publiques à contribution ! Il y avait des responsables à cette hypertrophie du système bancaire chypriote. Nous avons trouvé, à mon sens, une solution, après que, à l'occasion de la première réunion de l'Eurogroupe, j'aie souligné les difficultés créées par la mise à contribution de tous les déposants. Il reste à restructurer l'économie chypriote.

La Russie, que je vous sais chère, a été associée au processus. Elle a estimé qu'il revenait aux Européens de régler la situation, mais le dialogue se poursuit. (Applaudissements sur les bancs socialistes).

 

Cet article est le 33ème paru sur ce blog dans la catégorie Chevènement sénateur

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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 19:19

Cinq millions de demandeurs d’emploi toutes catégories

 

La hausse continue du chômage depuis deux ans va se prolonger jusqu’à la fin de l’année, si l’on se fie aux dires du président de la République française, qui ajoute que la courbe s’inversera en 2014.

Rappel : En France et en Europe, le chômage ne cesse d'augmenter fortement - 7 mars 2013.

 

Voir le baromètre officiel : (Le Monde, 26 février 2013) : Forte hausse du chômage en février

 

Marianne dispose de son propre indicateur du chômage depuis sa création en 1997. Voir l’article du journaliste économique Emmanuel Lévy : Oui, le record du chômage est battu : le baromètre «Marianne» pointe à 5,3 millions de demandeurs d'emplois

 

Tout le monde s’attendait à ce que le record de janvier 1997 soit enfoncé. Si l'on en croit le baromètre officiel, celui sur lequel se basent les gouvernements, ce ne sera pas le cas, malgré 22 mois consécutifs de hausse. Avec « seulement » 18 400 personnes supplémentaires inscrites en catégorie A, le chômage compte désormais 3,187 millions de personnes, contre 3,195 millions en janvier 1997.

Depuis sa création en 1997, notre hebdomadaire a créé son propre indicateur. Le baromètre Marianne du chômage dénombre les personnes maintenues hors de l’emploi, c’est à dire celles inscrites en catégorie A, mais aussi celles qui se déclarent contraintes à un temps partiel -1,5 millions de personnes-, ainsi que les personnes dispensées de recherche d’emploi comme les préretraités -612 000 personnes-.

Entre ce chômage « caché » de 2,131 millions de personnes, et le chômage officiel, de 3,187 millions, ce sont 5,319 millions de personnes qui sont actuellement hors de l’emploi. Le record du baromètre Marianne de décembre 1998 a été battu : il pointait alors à 4,369. Le retour de la croissance sous le gouvernement Jospin avait entamé un reflux que la crise financière a complètement tamponné. En décembre 2009, le baromètre pointait de nouveau sur 4,374 millions.

Face à cette hausse continue du chômage depuis près de deux ans, le gouvernement a annoncé des moyens accrus pour Pôle emploi. En attendant les nouveaux emplois jeunes. Prenant le contre-pied de l'expression utilisée par François Mitterrand en 1993, Jean-Marc Ayrault a réaffirmé que contre le chômage « on n'aura jamais tout essayé ». Oui, mais quoi ? Le premier ministre semble le savoir, lui qui répète « je sais où je vais », comme lors de son discours à l’Assemblée contre la motion de censure, sans pour l’heure développer une politique industrielle. Ainsi le numérique, pour ne citer que cette branche de l’industrie, fait-il figure de grand absent des discours de François Hollande et Jean Marc Ayrault depuis plusieurs mois….

Reste que, en 13 ans, la population active française a cru de 2,35 millions de personnes. Face à cet afflux, l’économie ne s’est enrichie que de 1,4 millions d’emplois. C’est cette faiblesse structurelle, et surtout la destruction de 800 000 emplois dans l’industrie, qui explique aujourd’hui l’état du marché de l’emploi de l’hexagone.

Voir aussi les commentaires et précisions du quotidien Ouest-France (27 mars 2013) : Une 22e hausse consécutive du chômage 

 

Commentaire

 

La France s’est mise dans une redoutable impasse dans les années 1980-1990 en faisant des choix politiques erronés (dérégulation, monnaie unique). Comment en sortir ? C’était la question posée par Jean-Pierre Chevènement dans son livre (Fayard, octobre 2011) : Sortir la France de l'impasse.

 

Extrait de la troisième partie du livre : « Ce qu’on doit attendre du prochain président de la République » : « Mobiliser les atouts de la France pour la remettre sur une pente ascendante »

 

Il faut réinscrire la France sur un trend (une tendance) de croissance à long terme. Il est impossible de préserver l’Etat social sans un appareil productif capable de la financer. Il faut donc veiller à la réindustrialisation de notre pays en lui faisant prendre le train de la révolution technologique du 21ème siècle : la révolution numérique, en drainant vers l’industrie notre abondante épargne (17 % de notre revenu), en re-réglementant le secteur bancaire, en faisant en sorte que les multinationales françaises « renvoient l’ascenseur » en contrepartie de l’aide multiforme qu’elles reçoivent, et qu’elles investissent davantage sur le territoire national ; en suscitant enfin la création et le développement de PMI à haute intensité technologique, sur le modèle allemand.

 

Outre son épargne et son réseau exceptionnel de firmes mondiales, la France conserve de grands atouts : la qualité de son peuple, sa démographie, sa position géographique au cœur de l’Europe occidentale, son ouverture sur l’océan Atlantique, la Méditerranée et l’Afrique, ainsi que vers l’Europe continentale, la modernité de l’idée républicaine, dont l’écho n’a pas fini de se faire entendre, sa langue et sa culture, sa diplomatie mondiale, sa défense et sa dissuasion nucléaire.

 

Cet article est le 118ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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