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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 23:57

1968 - 1969 : de l’accord administratif à l’inauguration

 

C’était le 2 mars dernier. Lise Tatin m’a reçu chez elle à Ruillé-le-Gravelais (Mayenne). Nous en avions convenu le 16 février, à l’issue de la visite du musée Robert Tatin à Cossé-le-Vivien (53), le musée qui porte le nom de son illustre mari (1902-1983), que le couple Tatin a construit, à partir de 1962, autour de leur maison sur le site de la Frénouse.  

Elle avait accepté de présenter le musée à un petit groupe avec moi. L’employé à l’accueil, vacataire, ne la connaissait pas et l’avait confondue avec mes invités. Puis le directeur du musée l’avait ensuite croisée sans la saluer précisément. Tout cela est le signe de relations conflictuelles entre Lise Tatin et les dirigeants et actuels propriétaires du musée (la commune de Cossé-le-Vivien).

Voir Lise Tatin veut faire connaître l'ensemble de l'œuvre de Robert Tatin - 10 mars 2013 

Musée Robert Tatin : Lise Tatin souffre de l'attitude de la municipalité - 21 février 2013

 

Le 2 mars, j’ai pris des notes car Lise TATIN, à la suite de nos discussions du 16 février, voulait me parler de la création du musée, à laquelle elle prit une part considérable, à vrai dire décisive.

 

Quelques précisions avant de commencer le récit    

 

Lise est originaire de Haute-Saône. Ses parents, qui ont eu 5 enfants, étaient agriculteurs. Ils n’avaient pas souhaité que Lise fasse des études. Après son CEP, elle est restée à la ferme jusqu’à l’âge de 20 ans, apprenant à tout faire avec ses mains et aidant ses parents.

Lise a 22 ans quand elle rencontre Robert Tatin. Ils sont mariés quand ils arrivent à Cossé-le-Vivien, le 1er juin 1962. Elle n’avait pas accepté de vivre dans le Midi (son mari possédait une maison, près de Nice). En mai, ils avaient acheté une maison, un peu en retrait et indépendante des deux fermes de la Frénouse. Son mari n’avait pas l’intention de construire un musée à cet endroit. Il souhaitait que s’installent autour de la « maison des champs* »  des artisans créateurs et des entreprises. Il en avait parlé à la mairie mais ses interlocuteurs n’étaient pas motivés.

 

* Voir Musée Robert Tatin. « En 1962, Robert Tatin achète, avec son épouse Lise, une petite maison ancienne au lieu dit La Frénouse sur la commune de Cossé-le-Vivien en Mayenne. Il imagine sa « Maison des Champs », une oeuvre monumentale ancrée dans la nature, qui se ferait le carrefour de toutes les civilisations à travers la création d'un langage universel, « un pont entre l'Orient et l'Occident ». Rapidement, les premières sculptures de ciment armé peint apparaissent dans ce qu'il appelle « Le Jardin des Méditations » qui constitue le coeur du musée. En 1967, le chemin communal qui mène à son espace de vie et de création se voit doté du premier des 20 « Géants » qui le bordent aujourd'hui. C'est le début de vingt et un ans de création, sculpturale, architecturale et picturale, en compagnie de Lise qui participe activement à la construction du musée. Robert Tatin décède en 1983. Depuis cette date, et hormis les campagnes de restauration qui se succèdent, cette oeuvre est restée la même... »

 

Marie-Hélène et Zik StB 16-170213 008 TComment ce site est devenu un musée 

 

Un jour de juin 1968, le préfet Bourgin (de la Mayenne) arrive dans la « maison des champs », sans prévenir ni frapper. Il est accompagné du sous-préfet Marmay (de Château-Gontier) et de deux hommes armés (de baïonnettes). Lise leur parle. Ils sont en plein milieu de la maison, pendant que Tatin continue d’écrire, sans les regarder. Puis, il dépose la plume et, théâtralement, il déclame « Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon église »…

Le groupe sort de la maison. Lise les accompagne. Le préfet, avant de partir, la prend par le bras et lui dit « Je ne veux plus entendre parler de vous ! » Lise lui pose la question « Que faut-il faire pour que ce site soit d’intérêt public ? » Le préfet répond (il est dans la DS noire) « Il faut que ce soit un musée ».                                                                                                                           

 

Trois jours après, Lise Tatin téléphone à Bernard Anthonioz (neveu du Général de Gaulle) au ministère des affaires culturelles. Elle demande ce qu’il faut faire pour que le site de la Frénouse soit reconnu musée. Un rendez-vous est pris.

 

Lise se déplace à Paris le 13 juillet 1968 afin de rencontrer Bernard Anthonioz. Elle est dirigée vers la Direction des Musées de France, sans savoir à qui s’adresser. C’est difficile d’obtenir un rendez-vous. Elle décide d’y entrer comme si elle était une habituée de cette administration. Les huissiers la laissent passer. Puis elle pousse la porte d’un bureau et s’explique, provoquant l’hilarité dans le bureau. A une autre porte, elle est mieux reçue. On lui conseille de frapper à la porte 11. Dans ce bureau, un monsieur, administrateur du musée du Louvre, a la gentillesse de l’écouter. Compte tenu de la période de vacances, il lui recommande d’écrire le 26 septembre 1968.

 

De retour à la Frénouse, Lise Tatin déclare « y croire », sans convaincre son entourage. Elle adresse sa lettre à la date convenue. En réponse, elle reçoit un formulaire à remplir, ce qu’elle fait. On lui renvoie le document pour qu’y soient apportées des corrections, ce qu’elle fait également. Puis, plus de nouvelles, jusqu’au 24 décembre 1968. Par téléphone, l’administrateur affirme que la décision est prise : le site de la Frénouse est un musée de France !

 

En janvier 1969, Madame Masson, secrétaire de mairie de Cossé-le-Vivien, fait savoir que le préfet a manifesté son mécontentement d’avoir été court-circuité. Un nouveau dossier est établi par la mairie, avec visa du sous-préfet et du préfet. L’acte officiel de naissance du musée est daté du 1er janvier 1969.

 

Le musée fut inauguré le 14 octobre 1969. Le ministre de la culture, André Malraux, devait être représenté par le préfet Bourgin ou le sous-préfet Marmay (le préfet n’avait pas confirmé sa participation). En fait, il était bien là, le sous-préfet aussi. C’était une très belle inauguration, nocturne, par beau temps, un ciel étoilé, en présence de 200 personnes.

Le préfet était arrivé, très pressé avant d’avoir vu le site illuminé. Lise Tatin lui demande, au micro, s’il voulait que l’inauguration se fasse au pas de charge ou lentement. Par bonheur, il n’était plus pressé… et, dans son discours d’un bon quart d’heure, apparemment spontané, il reconnaissait s’être trompé quand il était venu la première fois et se déclarait très impressionné par ce qu’il voyait. D’ailleurs, il était revenu le lendemain afin de montrer le site à son épouse et, en l’absence des Tatin, avait laissé un petit mot, regrettant que le site ne soit plus illuminé…

 

manif Laval 230910 004 TLes commentaires et précisions de Lise Tatin

 

Robert Tatin regrettait beaucoup que son projet initial n’ait pu être réalisé. En arrivant à la Frénouse, Tatin était connu à plusieurs titres : il avait été artisan à Laval, il s’était implanté au Brésil, il avait prouvé ses capacités.

 

Le musée est l’œuvre du couple. Lise n’était pas une potiche. Sans elle, le musée n’aurait pas été fini. Ils ont été aidés, à certains moments, par des artisans. Tatin voulait que ce musée soit un lieu inaliénable, ouvert à tous. C’est pourquoi il l’a cédé à la commune.

 

Lise a été salariée, de 1976 à 2004 (retraite à 65 ans). En 1978, le musée recevait déjà 15 000 visiteurs par an. En 2004, il y en avait 20 000 (attestation de Lise, qui en était la directrice), comme actuellement (selon les chiffres annoncés par le sous-préfet, lors de l’inauguration de la « maison des illustres »).

 

Lise est usufruitière de la « maison des champs ». Elle éprouve certaines difficultés à consulter les documents qui sont conservés dans les réserves du musée. Au moment de la décision prise par Tatin et elle de céder le musée à la Commune, ils pensaient pouvoir conserver un droit de regard sur le devenir du site, ce qui n’est pas le cas, Lise ayant été écartée par la municipalité de tout ce qui concerne le musée.

 

Cet article est le 17ème paru sur ce blog dans la catégorie Culture langue medias histoire

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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 22:58

Pétition de Plateforme Française Souveraineté Alimentaire

 

A l'appel des organisations suivantes : Amis de la conf', Amis de la Terre, Artisans du Monde, Attac, Confédération paysanne, Fondation Pierre Rabhi, Peuples Solidaires-Action aid, Terre et Humanisme, le collectif pour la souveraineté alimentaire propose une pétition pour une PAC répondant aux exigences sociales, écologiques et territoriales.

 

Cette Pétition est adressée aux députés européens qui voteront le 13 mars 2013 à Strasbourg*, notamment Éric Andrieu, Jean-Louis Cottigny, Sylvie Goulard, Corinne Lepage, Patrick Le Hyaric, Jean-Luc Mélenchon, Michel Dantin, Joseph Daul, Alain Lamassoure, José Bové, François Alfonsi.

 

Le projet de réforme de la Politique agricole commune (PAC), prochainement soumis au Parlement européen, n’apportera pas de changement à notre agriculture et notre alimentation, ainsi qu’à celles des pays du Sud, sans une forte mobilisation des citoyens. Les députés européens s’apprêtent à voter un texte ne remettant pas en cause les graves inégalités causées par la PAC, la perte de l’emploi paysan et la standardisation de notre alimentation.

 

La PAC actuelle conduit notamment à :

- de grandes disparités de revenu entre les producteurs, les grandes exploitations bénéficiant de rentes totalement injustifiées ;

- une forte incitation à l'agrandissement et à la spécialisation des exploitations les plus aidées, avec davantage de pollution et moins d'emplois ;

- des difficultés grandissantes pour les exploitations petites et moyennes diversifiées, pratiquant l'agriculture paysanne et durable ;

- une concurrence déloyale des produits agricoles européens subventionnés sur les marchés des pays du Sud, qui entraîne la ruine des agricultures familiales locales

- une production alimentaire de plus en plus industrialisée avec une alimentation de plus en plus standardisée.

 

Nous refusons l’agriculture productiviste et une politique de l’Union européenne au bénéfice de l'agrobusiness, ne répondant pas aux exigences sociales, écologiques et territoriales et se perpétuant au détriment de l’agriculture paysanne et d’une alimentation de qualité.

 

Au contraire, nous exigeons d'aller vers un système fondé sur :

• des prix rémunérateurs (couvrant les coûts de production), avec des soutiens plus justes et liés à des pratiques exigeantes sur les plans social et écologique,

• la maîtrise et la répartition des volumes, dans le cadre d’une politique d’intervention, de régulation et de protection aux frontières,

• l’interdiction de toute forme de dumping.

 

Nous exigeons une politique agricole et alimentaire favorisant la mise en oeuvre concrète d'une souveraineté alimentaire mondiale :

• une alimentation de qualité accessible à tous,

• le maintien et à l’installation de paysans nombreux sur des exploitations diversifiées,

• une agriculture paysanne et durable,

• la préservation de la biodiversité et de l’environnement,

• la vie dans les territoires.

 

Aujourd'hui, il s'agit d'obtenir une réforme allant dans ce sens et comportant notamment :

• un plafonnement, obligatoire pour tous les états membres, des aides par exploitation à 100 000€ maximum ;

• une convergence obligatoire, rapide et complète des aides par hectare au sein de chaque Etat-membre en 2020, permettant un rééquilibrage et une meilleure équité des aides ;

• un soutien spécifique, obligatoire et significatif aux petites fermes, s’ajoutant aux aides directes de la PAC ;

• un maximum d'aides couplées aux quantités produites et ciblées aux productions fragilisées ;

• une obligation de rotation avec au moins 3 cultures différentes dont une culture légumineuse pour améliorer la fertilité des sols et contribuer à l’autonomie protéique de l’Europe ;

• un deuxième pilier de la PAC avec un budget revalorisé et une réelle vocation de développement rural : il doit conforter le dynamisme social et économique des territoires ainsi que la cohérence environnementale des systèmes de production. Aucun système assurantiel ne doit être financé dans le 2e pilier ;

• un débat public européen sur les conséquences de la suppression des outils de maîtrise des productions (quotas laitiers notamment) et de régulation publique des échanges.

 

Vous pouvez signer cette pétition en cliquant ici.

La plateforme Arc2020 composée de 120 organisations, mobilise à Strasbourg ses troupes pour défendre une Pac « plus équitable, plus verte et plus locale ». Selon la Coordination Européenne Via Campesina (Ecvc), se joue en effet mercredi 13 mars, la légitimité sociale de la Politique agricole commune.

A 15h30, mardi 12 mars, les députés sont invités à partager un bol de soupe avec les militants d'Arc2020 (1) réunis devant le Parlement européen (PE) avant les ultimes débats en plénière sur la réforme de la Pac. « En réaction au vote désastreux de la commission agricole du Parlement européen en janvier dernier, Arc2020 a lancé la campagne "Go Meet A Deputy !" dont l'objectif est de rencontrer un maximum de députés européens avant le vote de la réforme de la Pac le 13 mars 2013. ». L'invitation à partager un bol de soupe est l'évènement clé de la "Disco Soupe" (cuisine en plein air et musique live) organisée par Arc2020 dès 9h30 mardi 12 mars devant le PE.

Y participeront évidemment des membres d'Ecvc (Coordination Européenne Via Campesina) dont sont membres en France la Confédération paysanne et le Modef. Pour Ecvc, à travers le vote de cette réforme, c'est la légitimité sociale de la Pac qui est en jeu.

Les revendications d'Ecvc

Selon la Coordination, « les chances de survie des petites et moyennes exploitations paysannes en Europe, qui sont à la base de la sécurité alimentaire, de l'emploi, de l'installation de jeunes agriculteurs et de la vitalité des territoires ruraux européens, dépendront de ce vote. »

Aussi, « la légitimité sociale de la Pac, demandée par les citoyens européens, pourra se réaliser si une majorité de députés européens se prononce en faveur de la baisse du plafonnement des paiements directs par exploitation, d'une surprime aux premiers hectares et d'une prime obligatoire pour les petites exploitations à 1.500 € ».

Ecvc milite aussi en faveur du couplage des paiements directs à la production et d'une rotation réelle des cultures, avec au moins une culture de protéines. Enfin, en dehors de l'agriculture biologique, aucune autre certification ne doit dispenser du verdissement.

(1) Arc2020 est une plateforme rassemblant plus de 120 organisations européennes d'environnement, de développement et de réseaux agricoles et ruraux, qui travaillent ensemble pour une Pac plus équitable, plus verte et plus locale et ce dans le cadre de la campagne “Good Food Good Farming”. Cette campagne a commencé en septembre 2012 avec la “Good Food March”, quatre caravanes qui ont sillonné huit pays en Europe avant de converger le 19 septembre 2012 à Bruxelles pour demander une autre Pac.

Cet article est le 379ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC. 

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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 23:38

Réhabiliter l’œuvre de toute la vie de Robert Tatin

 

J’avais relevé l’amertume de Lise Tatin, rapportée par l’hebdomadaire Le Courrier de la Mayenne (voir Musée Robert Tatin : Lise Tatin souffre de l'attitude de la municipalité - 21 février 2013). Elle n’est pas satisfaite de ses relations avec les gestionnaires du musée Robert Tatin à Cossé-le-Vivien (Mayenne) et de la façon dont ils conçoivent l’évolution du musée, sans concertation avec elle*.

 

Ayant reçu la visite de Jean-François Vallée, membre de la rédaction départementale du quotidien Ouest-France,  Lise Tatin a évoqué son projet de réaliser une exposition, à l’occasion du 30ème anniversaire - en décembre 2013 - de la mort de son mari, afin de mieux faire connaître l’ensemble de l’œuvre de l’artiste, notamment celle qui a précédé son arrivée à la Frénouse, en 1962. Voici l’article paru dans l’édition Mayenne du 10 mars 2013 de Dimanche Ouest-France.

 

Lise veut réveiller la mémoire de Robert Tatin

 

En décembre prochain, on fêtera les 30 ans de la disparition de Robert Tatin. Sa femme se bat pour réhabiliter l’œuvre de son mari avec lequel elle a travaillé. Portrait

 

« Je suis entrée en Mayenne un jour où l’herbe était verte et les pommiers en fleurs », se souvient-elle. Depuis, Lise Tatin n’a plus quitté le pays de son illustre de mari (1). C’était en 1962. Cinquante années plus tard, c’est une petite dame volubile et alerte qui nous accueille dans sa maison de Ruillé-le-Gravelais. « Robert Tatin est en devenir. Je veux réhabiliter l’œuvre de toute une vie » ».

Robert Tatin est mort depuis 30 ans. Depuis, aucune rétrospective n’est venue nous éclairer sur la force et la richesse de son œuvre. On vient du monde entier visiter le musée de Cossé-le-Vivien. Mais hors les murs de la Frénouse, Robert Tatin semble glisser vers l’oubli. Et sa peinture n’est pas cotée. « Cela ne préjuge en rien de la qualité d’un artiste », modère Bruno Godivier, le directeur du site.

« Quand je l’ai connu, Robert pouvait exposer partout », rappelle Lise Tatin. C’est cet artiste-là qu’elle veut réhabiliter. Après guerre, Robert Tatin fréquente André Breton, Jean Dubuffet et Giacometti. L’ancien artisan est devenu artiste. Il travaille beaucoup, la sculpture, la peinture, la céramique. Et plusieurs voyages en Amérique du Sud installent sa réputation.

 

« Un artiste tourné vers le vivant »

 

Quand il revient à Laval en 1962, où il a commencé sa carrière comme peintre décorateur en 1930,  c’est un peu le retour du fils prodigue. « Robert Tatin a proposé au maire de l’époque, Francis Le Basser, le don de 400 œuvres, raconte Lise. En échange, la Ville s’engageait à soutenir un jeune artiste de milieu modeste ». L’élu refuse. L’espace dédié à la culture auquel Robert Tatin rêvait ne se fera pas à Laval.

Ce sera la chance de Cossé-le-Vivien. Le musée de la Frénouse est l’un des lieux les plus visités de la Mayenne (plus de 20 000 visiteurs par an). Un espace étonnant, passionnant, riche de références culturelles et spirituelles, sans doute le chef-d’œuvre de celui qui l’a pensé.

« Oui, mais c’est un mausolée, regrette Lise, Tatin voulait un village d’artistes, pas ce que le musée est devenu ».

Lise Tatin se vit en gardienne d’un temple dont elle n’a plus les clés. D’où le conflit qu’elle entretient avec la commune de Cossé-le-Vivien. Bruno Godivier, le directeur du musée, dit s’en attrister. Et défend ses choix. « Robert Tatin est un artiste tourné vers le vivant. Et le musée rend hommage à cela ».

Sans doute, mais son œuvre aurait besoin d’être revisitée dans son ensemble. Surtout celle d’avant la Frénouse. C’est pourquoi Lise Tatin aimerait qu’une exposition soit réalisée à l’occasion des 30 ans de la mort de son mari en décembre prochain. En attendant, elle essaie de réécrire la biographie de Robert Tatin afin de dire « qui il était » et comment son œuvre s’est construite.

Et peut-être de réhabiliter sa propre vie à elle, Lise Tatin. Car elle n’était pas seulement la muse de l’artiste. Ceux qui l’ont vu pousser la brouette sans relâche à la Frénouse peuvent en témoigner.

Il est temps de partir. Allons faire la photo de la dame devant la haute statue d’un couple enlacé qui est plantée dans le jardin. « Ah, vous avez une œuvre de Tatin, interroge-t-on, Oui, nous répond la dame dans un sourire. Une statue de Lise Tatin.

 

(1) Robert Tatin est né dans le quartier de l’Epine à Laval en 1902.

 

* L’association CiViQ soutient Lise Tatin dans ses démarches pour que soit connue - dans sa globalité sur l’ensemble de sa vie - l’œuvre de Robert Tatin et pour que soit reconnue la contribution de Lise à la réalisation du musée de la Frénouse à Cossé-le-Vivien.

 

Cet article est le 16ème paru sur ce blog dans la catégorie Culture langue medias histoire

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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 23:52

En débat, la durée de cotisation et les retraites complémentaires

 

Les conséquences du sous-emploi chronique se manifestent par des déséquilibres des comptes « retraites », contraignant le gouvernement et les partenaires sociaux à rechercher les moins mauvaises solutions. L’urgence se situe au niveau des retraites complémentaires.

 

Une nouvelle réunion des partenaires sociaux est prévue le 13 mars, après l’échec du 6ème round de négociations le 7 mars. Voir Retraites complémentaires : il faudra se revoir (Ouest-France, Guillaume Le Du, 8 mars 2013). « La solution consistant à ce que les pensions versées par l’Agirc et l’Arrco augmentent moins vite que l’inflation fait son chemin (…). Ces négociations sur les retraites complémentaires sont surveillées de près par le gouvernement, engagé dans une réforme du régime général. Les pouvoirs publics pourraient s’inspirer des solutions trouvées par les partenaires sociaux dans le cadre des retraites complémentaires ».

Voir Ouest-France, Guillaume Le Du, 7 mars 2013 : Retraites : vers une durée de cotisation rallongée

 

L'idée fait son chemin. Après les réformes de 2003 et 2010, le gouvernement promet de nouvelles mesures avant la fin de l'année, afin d'équilibrer durablement les régimes pour 2040.

 

« L'allongement de la durée de cotisation est un des éléments sur la table... » Michel Sapin, le ministre du Travail, a levé le tabou, mercredi, sur France Inter. Pour garantir l'équilibre des retraites à l'horizon 2040, le gouvernement n'exclut aucune piste.

Le calendrier s'accélère. La feuille de route de l'exécutif concernant la réforme des retraites sera finalisée ce jeudi. Un groupe de dix experts sera chargé de faire des propositions d'ici à juin avant une consultation des partenaires sociaux. La réforme interviendrait avant la fin de l'année.

Les options habituelles

Que lit-on dans la feuille de route ? Ni plus ni moins que les options habituelles pour rétablir l'équilibre des comptes. D'abord en jouant sur l'allongement de la durée d'activité et l'âge de départ. Rappelons qu'il faut déjà 42 annuités d'ici à 2020 pour bénéficier d'une retraite pleine. L'âge de départ a aussi été repoussé à 62 ans dès 2017.

Avec ces mesures prises en 2010, Nicolas Sarkozy promettait un retour à l'équilibre en 2018. Mais trois ans plus tard, ce n'est pas suffisant. « Il est légitime qu'un accroissement de l'espérance de vie se traduise par un allongement de la durée d'activité », anticipe la feuille de route. « Le Medef voudrait que le gouvernement annonce le passage de l'âge légal de la retraite à 63 ans ou plus », affirme Jean-Louis Malys, le monsieur « retraite » de la CFDT. Lundi, le député PS Jean-Marie Le Guen a préconisé de reculer l'âge de la retraite à 62 ans dès 2015.

La réforme passerait aussi par une désindexation partielle des pensions de retraite. Conséquence ? Les pensions progresseraient moins vite que l'inflation. Le gouvernement y serait prêt à condition de remédier aux inégalités entre pensionnés. « Notre système de retraite permet aujourd'hui de garantir un niveau de vie moyen de retraités proche de celui des actifs et légèrement supérieur à celui de l'ensemble de la population », peut-on lire dans le document de travail. Sur cette question, la discussion déjà entamée pour les régimes complémentaires (lire ci-dessous) pourrait inspirer les rédacteurs de la réforme du régime général.

Enfin, la feuille de route évoque le financement des régimes par la hausse des cotisations. Mais cette option présente le risque d'alourdir les charges des entreprises. Et leur compétitivité. Le Medef y est très opposé.

Retraites complémentaires : menaces sur le pouvoir d'achat

Les partenaires sociaux se retrouvent ce jeudi pour une quatrième et dernière séance de négociation sur le financement des retraites complémentaires. Les cinq syndicats de salariés (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC et CFTC) et le patronat doivent trouver une réponse au problème de financement de l'Arrco (tous les salariés du privé) et l'Agirc (cadres du privé). Si rien n'est fait, le déficit de ces deux régimes, qui concerne 11 millions de retraités du secteur privé, atteindra les 10 milliards en 2017 (4,5 milliards en 2012). L'Agirc et Arrco étaient pourtant excédentaires jusqu'en 2008. Mais le déficit se creuse avec la crise économique et l'arrivée à la retraite des papy-boomers.

En réduisant le pouvoir d'achat des retraités...

La désindexation des retraites complémentaires est en marche. Autrement dit : le niveau des pensions augmentera moins vite que l'inflation (1,8 % prévu en 2013). Le patronat a revu ses exigences à la baisse : les retraites complémentaires seraient revalorisées le 1er avril, comme d'habitude, mais un point en dessous de l'inflation au lieu d'un point et demi. Cette désindexation serait renouvelée jusqu'en 2017. L'économie réalisée serait de 3,8 milliards sur trois ans. Pour Jean-Louis Malys, de la CFDT, « cela reviendrait à faire reculer le pouvoir d'achat des retraités de plus de 5 % en cinq ans ».

En augmentant les cotisations...

Mais la désindexation des pensions ne suffira pas pour combler les trous... Les cinq syndicats de salariés réclament une hausse des cotisations. D'abord opposé, le Medef serait finalement favorable à une hausse du taux d'appel, c'est-à-dire une hausse des cotisations qui ne créerait pas de droits supplémentaires pour les futurs retraités. Cette hausse, qui rapporterait 2,5 milliards, n'interviendrait qu'à partir de 2015 et serait étalée jusqu'en 2020. Mais à la condition que l'environnement économique soit favorable et que les charges des entreprises le permettent...

En pensant au régime de base...

La désindexation des régimes complémentaires par rapport à l'inflation pourrait aussi inspirer la future réforme du régime de base des retraites qui doit intervenir avant la fin de l'année... Le gouvernement « ne pourra pas ne pas en tenir compte », a indiqué Jérôme Cahuzac, le ministre du Budget, préparant ainsi les esprits. Mais les partenaires sociaux, qui doivent aboutir à un accord sur les retraites complémentaires, n'entendent pas jouer les poissons pilotes pour le gouvernement.

Cet article est le 47ème sur ce blog dans la catégorie Les retraites

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 19:11

Le 8 mars, journée internationale en faveur de l’égalité

 

Comment être humaniste sans être féministe, au sens de la lutte pour que, partout, les femmes soient les égales des hommes (et les hommes les égaux des femmes) ? Ce 8 mars, Journée internationale de la femme (Wikipédia), c’est le moment de mettre en avant les femmes qui sont engagées dans ce combat, tout en rappelant que Le 8 mars, c'est toute l'année (ministère des droits des femmes).

Le 8 mars demeure une Journée internationale de réflexion et de revendication nécessaire concernant les droits des femmes, mais trop souvent dès le 9 mars, les plus belles indignations restent lettre morte. C'est pourquoi Najat Vallaud-Belkacem et l'ensemble du Gouvernement souhaitent montrer que désormais, en France, "le 8 mars, c'est toute l'année".

 

Ce 8 mars, c’est d’abord la Journée internationale des droits des femmes : la lutte contre toutes les violences (RFI). C’est aussi la Journée internationale des femmes : un enjeu de justice sociale et de démocratie(FSU, Bernadette Groison).

 

Ce 8 mars, c’est aussi le jour de saluer deux femmes d’exception :

 

- Annie Sugier (présidente de la Ligue du droit international des femmes)

- Céline Dumerc - voir Dumerc: "On mouille autant le maillot" (Sports.fr, 8 mars 2013)

 

Ce 8 mars, cela me rappelle Valérie Bouveri et son combat contre les violences faites aux femmes :

Parmi les violences faites aux femmes, la manipulation destructrice- 6 août 2011

Droits des femmes : les associations féministes face aux candidats - 9 mars 2012 

Violences psychologiques faites aux femmes : la loi doit être améliorée - 15 mars 2012

Loi sur les violences faites aux femmes : l'audition de Valérie Bouveri -  25 mars 2012 

 

  Cet article est le 16ème sur ce blog dans la catégorie Femmes.

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 21:59

La politique européenne est défavorable à l’emploi

 

Sans surprise, les chiffres du chômage communiqués par l’Insee sont en augmentation, le taux de chômage par rapport à la population active en France dépassant 10 % au 4ème trimestre 2012.

 

Rappel : L'emploi se rétrécit en Mayenne, en France et en Europe, pas aux USA - 25 oct. 2012 

 

Dans la zone euro, la moyenne est proche de 12 % en janvier 2013, avec des écarts très importants entre l’Espagne  (26 % sur l’ensemble de la population dite « active », plus de 50 % des jeunes de moins de 25 ans) et l’Allemagne (moins de 7 %).

Voir Chômage dans l'Union européenne (Wikipédia) et Comparatif : le taux de chômage dans l'UE (9 janvier 2013, site Toute l’Europe).

 

En France, La hausse du taux de chômage se poursuit au quatrième trimestre 2012 (Insee, 7 mars 2013) et Le taux de chômage a franchi le cap de 10 % en 2012 (Le Monde, 7 mars 2013).

Le taux de chômage en France a bondi à 10,2 % au quatrième trimestre 2012, soit 0,3 point de plus qu'au trimestre précédent, franchissant les 10 % de la population active en métropole pour la première fois depuis la mi-1999, a annoncé jeudi 7 mars l'Insee.

 

Un taux de chômage qui se rapproche des records de 1997

Le taux de chômage, qui mesure la proportion de chômeurs parmi les actifs, est en hausse depuis six trimestres (mi-2011). Sur un an, il a augmenté de 0,8 point en métropole, les hommes étant un peu plus touchés que les femmes. Le dernier taux supérieur à 10 % en métropole avait été enregistré au deuxième trimestre 1999 (10,2 % également).

Pour les jeunes (15-24 ans), c'est l'explosion : + 3,4 points sur l'année 2012 (+ 1,6 point en un trimestre). Le taux de chômage des jeunes marque ainsi un nouveau record à 25,7 % des actifs de cette classe d'âge, soit 730 000 personnes. A 7,2 %, le chômage des seniors (55-64 ans) suit la hausse moyenne sur un an. En même temps, leur taux d'emploi, pourcentage de personnes en emploi sur la population totale, progresse encore, à 45,8 % (+3 points sur un an), les seniors étant plus nombreux à rester en activité du fait des réformes des retraites.

 

2,9 MILLIONS DE CHÔMEURS

L'Institut national de la statistique et des études économiques estime désormais que 2,9 millions de personnes sont au chômage en France au sens des normes du Bureau international du travail (BIT). Il précise aussi que 4,9 % des personnes en âge de travailler occupent un temps partiel subi, c'est-à-dire qu'elles souhaiteraient travailler davantage, et 0,4 % ont été mises par leur entreprise au chômage partiel.

Ces chiffres trimestriels sont issus d'une projection établie à partir d'une enquête menée auprès de 100 000 personnes. L'Insee considère comme chômeurs les personnes de plus de 15 ans cherchant activement un emploi et n'ayant pas travaillé au cours de la semaine de référence de l'enquête. Plus généralement en France métropolitaine, 3,7 millions de personnes ne travaillaient pas mais souhaitaient travailler, qu'elles soient ou non disponibles dans les deux semaines pour travailler et qu'elles recherchent ou non un emploi, également selon les normes du BIT.

Selon l'Insee, qui a mesuré une croissance nulle en 2012, la situation n'est pas près de s'arranger. Dans ses dernières prévisions, il prévoit un taux de chômage à 10,5 % au deuxième trimestre 2013 (10,9 % Dom compris). Le record absolu de chômage, pour la métropole, est de 10,8 %. Il avait été atteint en 1994 et 1997.

Selon le ministère du travail, l'autre source statistique sur le chômage, la liste des inscrits à Pôle emploi s'est allongée de 43 900 chômeurs sans activité supplémentaires en janvier. Tout en reconnaissant que ce serait "difficile", le président de la République a réitéré lundi son "objectif" d'inverser la courbe du chômage à la fin de l'année.

 

Cet article est le 117ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 23:48

La gauche rechigne à voter l’ANI sans l’amender

 

La gauche syndicale et politique est au sommet de la division en ce qui concerne les rapports entre patrons et salariés les mieux à même de favoriser l’emploi dans une conjoncture particulièrement défavorable (pas de croissance et chômage très élevé). Le gouvernement attendait des négociations entre patronat et syndicats de salariés qu’elles aboutissent à un accord, qui serait ensuite traduit en loi par le Parlement.

On y est. L’accord national interprofessionnel (ANI) a été signé entre les organisations patronales et juste assez de syndicats (3 sur 5, selon les règles en vigueur). Les deux autres syndicats (CGT et FO), qui représentent une majorité de salariés dans les entreprises privées, affirment que cet accord n’est favorable ni aux salariés ni à l’emploi.

Voir Flexibilité et sécurité de l'emploi : accord entre le patronat et 3 syndicats- 20 janvier 2013

Accord interprofessionnel Wagram : le point de vue de Gérard Beillard- 21 janvier 2013 

Accords de Wagram : l'édito de Marinette Bache (Résistance sociale)- 22 janvier 2013 

 

Le Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) a pris position le 25 janvier 2013 : Accord "sécurisation de l'emploi": un outil à mobiliser pour la croissance, la compétitivité et l’emploi (Patrick Quinqueton)

 

L’accord intervenu entre trois organisations d’employeurs et trois organisations syndicales représentatives des salariés est, comme tout accord, un équilibre entre des demandes et des concessions réciproques. Il n’a pas le caractère d’un « grand accord » qui révolutionnerait les rapports sociaux en France, comme le présentent certains de ses signataires. Ce n’est pas non plus un recul des droits sociaux, comme le présentent certains de ses adversaires. Il ne mérite ni cet excès d’honneur ni cet excès d’indignité.
Sa portée dépendra de sa mobilisation en faveur du redressement de notre pays, objectif énoncé par le rapport Gallois et repris par le pacte gouvernemental pour la croissance, la compétitivité et l’emploi.
La procédure de licenciement pour motif économique est encadrée, notamment dans sa dimension contentieuse, sans que la possibilité de contester les licenciements ne soit atteinte. Le retour à une homologation par l’Etat du plan de sauvegarde de l’emploi rassemble employeurs et salariés. Le compromis sur une compensation rapide et forfaitaire plutôt que procédurière et hypothétique peut être tenté.

Des garanties nouvelles sont mises en œuvre au bénéfice des demandeurs d’emploi et des salariés précaires : un véritable droit à la protection sociale complémentaire, des droits rechargeable à l’assurance chômage, un compte personnel de formation. Ils viennent compenser pour les salariés titulaires de contrats courts la précarité de leur situation. Nombre de ces contrats courts seront en outre surtaxés pour l’assurance chômage. Des garanties nouvelles sur un horaire minimum sont prévues pour les salariés à temps partiel. Cela va – timidement mais réellement – dans le sens d’une moindre précarité de l’emploi.

Mais c’est dans la perspective du redressement industriel de notre pays qu’il y aura lieu d’en apprécier le contenu. De ce point de vue, l’introduction d’administrateurs salariés à part entière et le développement d’une base de données unique pour les représentants du personnel sur l’entreprise sont des avancées. Les accords dits de maintien de l’emploi, qui permettent la remise en cause – mais seulement par un accord majoritaire – d’avantages sociaux, tout en garantissant ce qui relève de l’ordre public social et en prévoyant des compensations lors du retour à meilleure fortune, sont correctement encadrés. L’avis des représentants du personnel sur la stratégie de l’entreprise est requis et transmis aux administrateurs. Tout cela va dans le bon sens, si toutes les parties prenantes, au premier rang desquels les employeurs et les travailleurs, s’en emparent.

Pour le MRC, l’accord sur la sécurisation de l’emploi est un moment de la négociation sociale, une étape dans le redressement économique et social de la France. Il ne résout pas, bien sûr, à lui seul, les difficultés que nous rencontrons. Il faut le mobiliser pour aller plus loin. Sa traduction dans la loi est un enjeu important, qui doit être dynamique. Il nous appartient d’écrire les pages suivantes, avec la volonté collective de sortir le pays de l’ornière, par une véritable « alliance des productifs ».

 

Le gouvernement a adopté ce 6 mars en conseil des ministres le projet de loi de Sécurisation de l'emploi

 

Le MRC a aussitôt annoncé sa position, ce 6 mars : Loi de sécurisation de l’emploi : les députés du MRC apportent un soutien critique (Jean-Luc Laurent)

 

Le projet de loi de sécurisation de l’emploi, transposant l’accord national interprofessionnel du 11 janvier dernier, a été présenté ce mercredi en Conseil des Ministres.
Le Mouvement Républicain et Citoyen se félicite de la méthode retenue par le Gouvernement. Ce pari de la démocratie sociale témoigne d’une confiance dans le dialogue entre partenaires sociaux et d’un souci de responsabilisation, loin des effets de manche qui avaient prévalu durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy.
L’Accord National Interprofessionnel est le fruit d’un compromis. Il traduit un équilibre entre des demandes et des concessions réciproques. Il ne mérite ni excès d’honneur, ni excès d’indignité. Certaines avancées réelles doivent être soulignées : généralisation progressive de la complémentaire santé, droits rechargeable à l’assurance chômage ou encore retour à une homologation des plans de sauvegarde de l’emploi par l’administration.

Néanmoins, le projet de loi a vocation à être enrichi lors de son examen parlementaire. Les députés du MRC apportent, en l'état, un soutien critique au texte et effectueront un travail d’amendement. La représentation des salariés au conseil d'administration des entreprises de moins de 5000 employés constituera une de leurs propositions d'amélioration du projet.
Le projet de loi de sécurisation de l’emploi doit constituer un outil précieux pour redresser notre pays. L’objectif d’une véritable alliance des productifs pour la re-industrialisation et l'emploi est le cap à suivre pour servir l’intérêt national.

 

Certains, à la gauche du PS, ne se conforment pas à la position de leur parti, elle-même alignée sur celle du gouvernement (ne pas amender ce texte).

 

Voir cet article de Samuel Laurent (Le Monde, 6 mars 2013) : L'accord sur l'emploi est-il identique à ce que proposait Sarkozy ?

 

L'attaque a d'autant plus de force qu'elle vient du secrétaire national socialiste Emmanuel Maurel. Dans une interview au site de France Télévisions, ce membre de l'aile gauche du Parti socialiste estime que l'accord sur l'emploi signé en janvier par les partenaires sociaux "reprend les fameux accords compétitivité-emploi de Sarkozy, que François Hollande avait condamnés il y a un an avec beaucoup de force". Une idée partagée par beaucoup à gauche du PS, où l'on s'agace de plus en plus fortement d'un "virage libéral" de François Hollande et de son gouvernement. Alors, l'accord sur l'emploi a-t-il copié les propositions de Sarkozy ?

 

Deux précisions tout d'abord : d'une part, l'accord "compétitivité emploi" de Sarkozy ne correspond qu'à une partie de l'accord national interprofessionnel (ANI) signé par les partenaires sociaux. Ensuite, ce sont ces derniers qui ont conclu cet accord, signé par le Medef et trois syndicats (CFDT, CFE-CGC et CFTC). FO et la CGT n'ont pas souhaité les signer, les jugeant trop favorables au patronat. Mais ce ne sont pas des accords directement négociés par le gouvernement, ni par la majorité, même si celle-ci en a lancé les débats, et doit désormais les transformer en loi (…).

 

Nombreuses sont les organisations, à la gauche du PS, qui ont appelé à Signez l'appel : non à l'accord «compétitivité-emploi» !

 

A l’initiative d’Attac et de la Fondation Copernic, associations, syndicats, partis politiques et citoyen-ne-s, lancent un appel afin que l'accord national interprofessionnel (ANI) signé le 11 janvier 2013 par le patronat et trois syndicats ne soit pas transcrit dans la loi.

 

Cet article est le 116ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 23:55

L’indignation et la force de la raison pour changer le monde

 

L’impasse de la situation politique nationale italienne (voir En Italie, les élections reflètent le malaise des citoyens face à l'Europe - 26 février 2013) est à rapprocher de l’incapacité de la gauche en France à ouvrir des perspectives. Culturellement, économiquement et politiquement, sans parler de la géographie, les deux pays sont proches. Ils souffrent de la politique européenne, néolibérale et conservatrice, après avoir cru intensément que l’Europe était leur avenir.

 

La déception et le rejet de cette politique s’expriment par des canaux différents (Le Mouvement cinq étoiles de Beppe Grillo en Italie, principalement le Front national de Marine Le Pen en France), qui sont plus les  symptômes de la mauvaise santé de la politique que des solutions au problème.

 

Quand je militais au Ceres avec Jean-Pierre Chevènement dans les années 1970, j’avais pris connaissance de la pensée de Antonio Gramsci, écrivain et théoricien politique italien, fondateur du Parti communiste italien, mis en prison sous le régime mussolinien.

 

Il est utile de revenir sur le parti communiste italien et sur la pensée de Gramsci (Cahiers de prison).

Le Parti communiste italien s’est dissout en janvier 1991 à Bologne, donnant naissance au parti démocrate de la gauche et au parti de la refondation communiste.

 

Voir PARTI COMMUNISTE ITALIEN - Encyclopédie Universalis

Celui qui devint « le plus puissant parti communiste du monde non communiste » avait été fondé au congrès de Livourne en 1921. Le Parti communiste italien (P.C.I.) ne regroupe d'abord que la minorité ultragauche du Parti socialiste dirigé par Amadeo Bordiga et le groupe qui, autour d'Antonio Gramsci, avait publié à Turin la revue Ordine nuovo. Aux élections de mai 1921, il obtient seize sièges de député. Mais il n'est pas en mesure de s'opposer à l'avènement du fascisme. Au congrès de l'exil à Lyon (1926), la ligne sectaire suivie par Bordiga est condamnée ; Gramsci, puis Palmiro Togliatti, succèdent à Bordiga au poste de secrétaire général du parti.

Très fidèle à l'internationalisme prolétarien et à Moscou (contrairement à une idée reçue), le P.C.I. reste parfaitement orthodoxe. Mais il reconnaît depuis l'origine la nécessité d'une « voie italienne vers le socialisme », et les analyses, profondément originales, de Gramsci, mort en prison en 1937, placent sa spécificité dans son insertion dans un pays catholique. C'est ce qu'a proclamé avec lucidité Togliatti, l'un des principaux dirigeants du Kominform sous le pseudonyme d'Ercoli, dès son retour de Moscou où il était réfugié pendant la guerre. Toutefois un désaccord existait entre Togliatti et Gramsci sur le « niveau d'alignement » à observer à l'égard de la politique soviétique. Gramsci, à la fin de sa vie, semble bien avoir perdu confiance dans le « centre mondial ».

Durement éprouvé par la répression, le P.C.I., grâce à son action dans la résistance au fascisme, passe de dix mille membres en 1943 à cinq cent mille en 1945. Adjoint de Togliatti, Luigi Longo, alors chef des partisans en haute Italie, réorganise remarquablement l'appareil. Dès septembre 1944, renonçant à toute stratégie insurrectionnelle, Togliatti réclame la coopération avec les catholiques et la « marche légale vers le pouvoir. » (…)

 

Voir aussi dans un autre registre : Marcelle Padovani sur le communisme en Italie

 

Introduction à Antonio Gramsci

Journaliste et militant, Antonio Gramsci arrive à la tête du Parti communiste italien dans les années 1920, puis est arrêté et condamné à vingt ans de prison par le régime fasciste. Il s'éteindra dix ans plus tard, non sans avoir laissé à la postérité ses Cahiers de prison, plus de 2000 pages manuscrites d'incursions intellectuelles aussi audacieuses que profondes sur l'histoire, la culture, la politique ou la révolution.
Ce livre commence par retracer la trajectoire biographique d'Antonio Gramsci, avant d'aborder la conception gramscienne de la vie culturelle et des intellectuels, puis sa réflexion politique avec les notions clés de «société civile », de « guerre de mouvement/position », de « révolution passive » et de « césarisme ». Des éléments de philosophie gramscienne sont présentés, dont l'affirmation selon laquelle « tout homme est un philosophe », l'approche du « sens commun » et la reconstruction du marxisme comme « philosophie de la praxis ». Ainsi sont posés les jalons qui conduisent à la notion d' « hégémonie », idée force qui contient et approfondit les autres apports majeurs de la pensée gramscienne.
Celui-ci n'est pas seulement un auteur classique des sciences sociales ; c'est aussi un passage obligé en vue d'une élucidation critique du capitalisme contemporain.

 

«Pourquoi je hais l'indifférence», Antonio Gramsci (Mohammed Yefsah, 28 février 2013)

 

La raison et le cœur pour transformer le monde

 

La publication d'une nouvelle anthologie du penseur italien Antonio Gramsci (22 janvier 1891 - 27 avril 1937) tombe à pic. La trentaine d'articles rassemblés par les éditions Rivages, sous le titre «Pourquoi je hais l'indifférence », sont un lointain écho du passé qui prend son ampleur dans le présent.

A l'indignation qui implique le simple sentiment du cœur, Antonio Gramsci préfère l'indignation de la raison. La grandeur du cœur se conjugue alors à la force de la raison pour comprendre le monde et le changer. Les textes rassemblés, nouvelle traduction de Martin Rueff, témoignent de cet élan. « Un homme ne peut vivre véritablement sans être un citoyen et sans résister. L’indifférence, c'est l'aboulie, le parasitisme, et la lâcheté, non la vie. C’est pourquoi je hais les indifférents. L’indifférence est le poids mort de l’histoire » (p.55). L'indifférence, synonyme de fatalité, d’absentéisme politique travaillant pour l'intérêt du petit nombre de possédants, est un état qui peut être brisé par l'invention du collectif, la renaissance de l'action.

La défaite des ouvriers de Fiat, le 8 mai 1921, se transforme sous la plume de Gramsci en une sorte de chant à leur gloire. À cette époque où l'industrie automobile s'est massivement implantée en Italie, avec son lot d'exploitation et de résistance des travailleurs pauvres, Gramsci rend un émouvant hommage à la lutte des ouvriers de la fabrique de Turin : « Ils ont résisté pendant un mois. Ils étaient exténués physiquement parce que cela faisait des semaines et des mois que leurs salaires avaient été réduits et ne suffisaient plus au soutien de la famille, et pourtant ils ont résisté pendant un mois. Ils étaient complètement coupés de la nation, submergés par un poids général de fatigue, d’indifférence, d’hostilité, et pourtant ils ont résisté pendant un mois. (…) ils se savaient condamnés à la défaite et pourtant ils ont résisté pendant un mois » (pp.75-76).

Dans le verbe de Gramsci, l'adverbe « pourtant » permute la défaite en une victoire et la bataille d'un mois résonne comme une très longue durée. Ce qui montre la profondeur de son humanité, exprimée avec une sublime écriture conjuguant l'intelligence et le sentiment. Pour lui, l'implication dans la vie de la cité et la politique sont une affaire sérieuse. « Si un savant se trompe dans ses hypothèses au fond, c'est un moindre mal : une certaine quantité de richesses de choses est perdue : une solution a précipité, un ballon a éclaté. Si un homme politique se trompe dans ses hypothèses, c'est la vie des hommes qui est en danger, c'est la faim, c'est la révolte, c'est la révolution pour ne pas mourir de faim » (p.61).

 

En effet, Antonio Gramsci, philosophe et homme politique (député de Turin de 1924 à 1926), est parmi les grands penseurs du XXe siècle. Membre fondateur du Parti Communiste Italien (PCI), journaliste de talent, la grande partie de ses œuvres ont été écrites en prison. « Nous devons empêcher ce cerveau de fonctionner pendant vingt ans », est la tristement célèbre phrase du procureur fasciste Isgro qui, le 4 juin 1928, condamne Gramsci à cette peine de prison, un an et demi après son arrestation. Sa réflexion foisonnante aborde divers sujets : la religion, le fascisme, le mouvement ouvrier, la paysannerie, la philosophie, la linguistique, la littérature, la politique, l'idéologie, le droit. Il développe le concept d'hégémonie culturelle pour expliquer la domination de la bourgeoisie et celui de praxis en tant que moyen de lutte des masses. Pendant ses onze années de captivité, il n'a cessé d'écrire et de tenir une riche correspondance. Ses écrits seront publiés en de monumentaux volumes, sous le titre de Carnets de prison ou parfois Cahiers de prison, Écrits politiques, Textes, par différentes maisons d'édition et avec différentes traductions.

 

Gramsci ravagé par la maladie, tuberculose et artériosclérose, est transféré dans une clinique en octobre 1933, après une campagne internationale de solidarité en sa faveur. Préparant sa sortie de clinique à Rome et son retour en Sardaigne, sa région natale, il meurt le 27 avril 1937.

 

 Cet article est le 56ème sur ce blog dans la catégorie Etats Union européenne

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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 20:47

CiViQ, l’agriculture et l’économie, titres les plus fréquents

 

Depuis 65 mois, au début de chaque mois, je reprends les titres des articles parus le mois précédent sur ce blog (voir Titres des articles du mois précédent). Puis j'adresse un courriel aux amis inscrits sur mes listes de distribution, afin de les informer des thèmes abordés sur ce blog. Ceux-ci évoluent dans le temps, selon l’actualité et mes priorités. Certains portent sur la situation nationale, d'autres sur des questions plus locales.    

 

Depuis 2006, 2431 articles - classés en 50 catégories - ont été publiés sur ce blog.- sans compter les récapitulatifs mensuels. 

 

Michel SorinLes 22 titres en février se répartissent ainsi :

- CiViQ, initiative citoyenne (8 articles),

- Agriculture : l’élevage en danger, les élections aux Chambres d’agriculture, capitalisme (4 articles),

- Economie : compétitivité, euro, CIF, Russie (4 articles),

- Parlement : BPI, réforme des élections locales (3 articles),

- Samir Amin : les partis se revendiquant de l’islam (1 article),

- Stéphane Hessel (1 article).

- Le château de Laval (1 article).

 

Titres des articles parus en février 2013 sur http://mrc53.over-blog.com

 

Stéphane Hessel, mort hier, était un résistant dont la vie fut un roman (28 février)

 

France-Russie : Chevènement avec Hollande pour dégeler les relations (28)

 

Réforme des modes de scrutin aux élections municipales et cantonales (27)

 

En Italie, les élections reflètent le malaise des citoyens face à l'Europe (26)

 

Compétitivité : Louis Gallois était l'invité de JP Chevènement à Belfort (25)

 

Crédit Immobilier de France : 6 mois pour se restructurer si l'Etat le veut (24)

 

Les éleveurs sont à bout (revenus trop bas), les céréaliers sont à l'aise (23)

 

Le château de Laval et la lignée des Guy de Laval, fondateurs de la ville (22)

 

Musée Robert Tatin : Lise Tatin souffre de l'attitude de la municipalité (21)

 

Lancement de la Banque publique d'investissement (BPI) le 21 février (20)

 

Elections municipales 2014 : CiViQ veut être un ferment démocratique (19)

 

Res Publica : Quatrepoint et Gréau proposent de repenser la zone euro (18)

 

L'économiste Samir Amin qualifie les partis se revendiquant de l'islam (17)

 

André Pflimlin souligne la diversité des modèles laitiers selon les pays (16)

 

Elections aux Chambres d'agriculture : stabilité des forces syndicales (15)

 

André Neveu s'alarme de la pénétration du capitalisme en agriculture (13)

 

Mutation du réseau associatif CiViQ (Citoyenneté et Vie Quotidienne) - 11

 

Les raisons de créer des groupes CiViQ, les mêmes qu'en octobre 2007 (10)

 

Préparons la reconstruction citoyenne du pays avec des comités CiViQ (8)

 

Réorganisation des élections locales : débats parlementaires animés (7)

 

Dans la perspective de troubles sociaux et politiques : le réseau CiViQ (6)

 

Michel Sorin : pour rassembler la gauche, il faut une initiative citoyenne (2)

 

 

 Cet article est le 65ème paru sur ce blog dans la catégorie Titres des articles du mois précédent

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 23:10

Il nous reste à transformer l’indignation en projet européen

 

La vie de Stéphane Hessel (voir Wikipédia) a été à la hauteur du personnage de roman qu’il a été d’emblée. Sa vie s’appelle « Résistance ». Il a perçu, avec plus d’acuité que d’autres, la crise de l’Europe dont le dévoiement l’indignait.
A tous ceux qui, aujourd’hui, perdent un ami, il appartient, comme dit le Chant des Partisans, de prendre sa place.
Il faut transformer son indignation en projet* pour mettre les peuples au cœur de la construction européenne.
Signé Jean-Pierre Chevènement (27 février 2013). Voir
La vie de Stéphane Hessel s’appelle "Résistance".

 

Stéphane Hessel

Naît le 20 octobre 1917 à Berlin. Son père, Franz Hessel, essayiste, ami de Walter Benjamin et traducteur de Proust, appartient à l'intelligentsia de la République de Weimar. Sa mère, Helen Grund, a inspiré le roman Jules et Jim d'Henri-Pierre Roché, adapté au cinéma par François Truffaut (1962). Elevé dès le début des années 1920 en France, Stéphane Hessel intègre l'Ecole normale supérieure en 1937 et fait des études de philosophie.

Après la débâcle de 1940, il est proche de l'Américain Varian Fry qui s'efforce alors de faire sortir les intellectuels allemands menacés de la France occupée, puis gagne Londres où il travaille pour le Bureau central de renseignements et d'action. Arrêté au cours d'une mission en 1944, il est déporté à Buchenwald, Dora puis Bergen-Belsen et ne retrouve Paris qu'en mai 1945. Devenu diplomate, il assiste à la naissance de l'ONU. Il y sera chef de la délégation française à partir de 1977 et élevé à la dignité d'ambassadeur de France en 1981.

Infatigable signataire de pétitions en faveur des causes qui lui tenaient à coeur, la lutte contre la pauvreté, la défense des Palestiniens ou celle des objectifs du Conseil national de la Résistance. Ce proche de Michel Rocard et amateur de poésie s'est engagé jusqu'à la fin de son existence à travers son texte Indignez-vous ! (Indigène, 2010), dont le retentissement fut mondial. Il est mort le 27 février à Paris.

 

Cette biographie conclut cet article du quotidien Le Monde : Hessel - Morin : réinventer la politique

"Le Monde" publie le 28 février 2013 un dialogue inédit de Stéphane Hessel et Edgar Morin, fruit de la rencontre de deux tontons flingueurs de la pensée. Propos recueillis par Nicolas Truong.

Stéphane Hessel et Edgar Morin : deux résistants, deux tempéraments, deux figures phares de l'engagement. L'ancien diplomate et le sociologue se sont rencontrés le 19 juillet 2011, au Théâtre des idées, le cycle de rencontres intellectuelles du Festival d'Avignon. Vifs, graves, alertes et enjoués, ils ont donné ce jour-là quelques raisons d'espérer, malgré la crise mondiale, quelques motifs de croire en la politique en dépit de toutes les désillusions auxquelles nous a conduit le règne des cyniques. En tontons flingueurs de la pensée, ils s'en sont même pris aux nouvelles forces réactionnaires droitières comme aux impasses d'un progressisme de reniement (…).

 

Voir aussi "Quand j'ai rencontré Stéphane Hessel" (Le Monde, 28 février 2013).

 

* Transformer l’indignation en projet : c’est que nous proposons avec CiViQ. Voir CiViQ 2013

Cet article est le 30ème paru sur ce blog dans la catégorie Personnalités et célébrations

 

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