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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 23:15

La gauche en centre ville et la droite en périurbain et rural

 

L’université d’été 2012 du Mouvement Républicain et Citoyen s’est terminée dimanche midi 16 septembre par le discours du président du MRC (voir La conclusion par Jean-Luc Laurent de l'université d'été MRC à Belfort - 19 septembre 2012).

 

Auparavant, Marie-Françoise Bechtel, députée de l’Aisne avait animé la 4ème table ronde dans laquelle est intervenu Jean-Pierre Chevènement. Voir Université d'été du MRC : Marie-Françoise Bechtel et l'idée républicaine - 20 septembre 2012.

 

La veille, samedi 15 septembre, étaient organisées trois tables rondes (voir Programme de l'université d'été MRC les 15 et 16 septembre à Belfort - 13 septembre 2012), dont la 3ème :

 

Universite-d-ete-MRC-Belfort-15-et-16-09-12-014-T.jpg15h45-17h15 : Table ronde n° 3 - Les Français et la gauche: géographie électorale et politique au lendemain des élections

La séquence électorale a montré une évolution de la géographie du vote des Français. France de l’Est, France de l’Ouest, France des champs, France des villes. Des Lignes de fractures divisent le pays et dessinent des contrastes parfois saisissants. Au vote des centres urbains, majoritairement à gauche, s’oppose un vote des champs, très ancré à droite et même à l’extrême droite. Si ce phénomène était déjà apparu précédemment, il s’est très largement accru en 2012. La crise de la mondialisation permet-elle de l’expliquer ? Où sont les couches populaires ? Qu’ont-elles voté ? A quoi ressemble le nouvel électorat de la gauche ?
Intervenants :
Catherine Coutard, secrétaire nationale du MRC
Jean-Yves Autexier, ancien parlementaire
Jean-Philippe Huelin, professeur d’Histoire-Géographie

Cette 3ème table ronde (photo, de gauche à droite : Jean-Yves Autexier, Catherine Coutard, Jean-Philippe Huelin), animée par Catherine Coutard (à qui il a manqué peu de voix pour être élue députée MRC de la Drôme en juin dernier), s’est limitée aux interventions de Jean-Philippe Huelin et de Jean-Yves Autexier, en l’absence de Frédéric Dabi (IFOP), excusé.

Catherine Coutard a rappelé que la lutte des classes a disparu des discours de la gauche... mais pas de la droite financière. Ainsi, la déclaration de Warren Buffet, milliardaire américain, 1ère fortune des Etats-Unis "Il y a une guerre des classes, c'est un fait, mais c'est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner."

Jean-Philippe Huelin

 

Jean-Philippe Huelin, originaire de Belfort, ancien militant MRC, était suppléant d’un candidat MRC dans la 1ère circonscription du Jura (il est professeur d’histoire-géographie à Lons-le-Saunier), ce qui lui a valu d’être exclu du PS.

 

Il est membre d’un collectif Internet Gauche populaire qui milite pour une gauche proche des couches populaires (ouvriers et employés, qui rassemblent depuis 50 ans environ 60 % de la population active en France). Il s’inspire des travaux publiés par le géographe Christophe Guilluy (les fractures territoriales françaises, la fable de la mixité urbaine).

 

Au centre des grandes agglomérations : la France intégrée à la mondialisation. A la périphérie : la France de la contestation. Le prix de l’immobilier est un repoussoir pour les couches populaires.

Dans les centres, il n’y a plus de mixité sociale, et la gauche a beaucoup de mal avec la périurbanisation (les pavillons). Historiquement, les grandes villes étaient en harmonie avec leur arrière-pays. Actuellement, elles sont tournées vers l’international.

Le mythe des classes moyennes (collaboration de classes) a explosé. Le sentiment de déclassement est très répandu. Le vote FN se glisse dans ces interstices où la République est peu présente.

Lors des élections 2012, les centres ont voté Hollande, le périurbain a glissé vers la droite et l’extrême droite. Le collectif Gauche populaire met l’accent sur le périurbain et le rural, là où sont les couches populaires, parce que c’est moins cher, et la pauvreté ne se voit pas.

 

Répondant aux questions, le coauteur (avec Gaël Brustier) du livre « Recherche le peuple désespérément » a complété ses propos concernant l’excessive et coûteuse urbanisation pavillonnaire (qui correspond au désir des Français, mais il faut re-densifier les villes), la difficile reconquête du rural par la gauche (Marine Le Pen gagne des voix en milieu rural grâce à son discours plus social) et la « gauche populaire », qui n’est pas liée au PS et est un groupe sans existence matérielle, pour le moment.

 

Jean-Yves Autexier

 

Jean-Yves Autexier constate aussi que la mondialisation imprime sa marque sur les villes. Des usines ferment mais les ouvriers et employés restent. Ils s’éloignent des centres (Oise et Eure autour de l’Ile-de-France). Les proches banlieues évoluent. Selon Olivier Adam (« Les lisières »), le rural est composé de 7 % de paysans, 32 % d’ouvriers et 27 % d’employés.

 

Florence Aubenas a écrit « On cherche des heures » (et non des emplois), reprenant les propos de personnes cherchant du travail. Il y a beaucoup d’insécurité et d’inquiétude. C’est vrai de l’école pour les parents, mais aussi de l’immigration (à Clichy-sous-Bois, en 30 ans, les immigrés sont passés de 20 à 70 %). Cela pose des problèmes qu’il faut traiter.

 

Selon Gilles Keppel, la stratégie d’évitement des populations immigrées laisse le champ libre au Front national. Nos réponses sont plus compliquées. Par exemple, dans le 20ème arrondissement de Paris (vote 75 % à gauche au 2ème tour), ce sont les questions sociétales qui sont mises en avant (« bobos » et immigrés).

Sauf à l’école, il n’y a pas de problèmes d’immigrés dans les villes. Résoudre les problèmes des « prolos », ce n’est pas « facho ». Cela permet de faire marcher la machine républicaine, même si la radio n’en parle pas...

 

Nous sommes face à une « panique morale ». Par exemple, la viande halal. En manger ne fait pas devenir musulman ! De même, les roms (15 000 personnes concernées) : il faut traiter le problème. Le problème de la délinquance : ce sont les gens les plus modestes qui sont le plus touchés.

Il faut donner du sens à l’avenir, réassocier les milieux populaires à la gauche, reprendre le goût du peuple. Ce serait une erreur de « croire disparu ce qui existe encore »…

 

En réponse aux questions, l’ancien sénateur de Paris a évoqué l’authenticité du regard républicain - qui n’est pas un regard racial (les citoyens sont égaux) - et la délinquance, qu’il ne faut pas excuser.

 

Cet article est le 108ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.

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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 23:51

Résister et construire, civisme et patriotisme

 

L’université d’été 2012 du Mouvement Républicain et Citoyen s’est terminée dimanche midi 16 septembre par le discours du président du MRC (voir La conclusion par Jean-Luc Laurent de l'université d'été MRC à Belfort - 19 septembre 2012).

 

Universite-d-ete-MRC-Belfort-15-et-16-09-12-022-T.jpgAuparavant, Marie-Françoise Bechtel, députée de l’Aisne (élue de la circonscription dont le premier représentant avait été Saint-Just), avait animé la 4ème table ronde (voir Programme de l'université d'été MRC les 15 et 16 septembre à Belfort - 13 septembre 2012)

 

Matinée du dimanche 16 septembre

10h-11h45 : Table ronde n° 4 - La gauche à la reconquête de l'idée républicaine

Si elle fut aux sources de l’idée républicaine, la gauche a parfois pris le pli de s’en éloigner. Mais la débâcle du modèle libéral, les périls de la mondialisation et la crise de l’euro rebattent les cartes. Depuis de longues décennies, jamais l’idéal républicain, et son corollaire, la souveraineté du peuple, n’étaient apparus aussi fragilisés. Le contexte favorise la prise de conscience et des voix de plus en plus nombreuses se font entendre pour que la gauche se réapproprie cette part essentielle de son histoire. Qu’est-ce qu’être républicain en 2012 ? Comment l’idée républicaine peut-elle revitaliser la gauche et redresser la France ? Face à la crise, en quoi la République demeure plus que jamais propice et utile ?

Intervenants :
Marie-Françoise Bechtel
, députée de l’Aisne et vice-présidente du MRC
Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, Président d’honneur du MRC

Les propos de Jean-Pierre Chevènement ont été rapportés (voir Université d'été MRC : Chevènement a rappelé ce qu'est la République - 19 septembre 2012). 

Marie-Françoise Bechtel, qui est depuis longtemps proche de l’ancien ministre (elle était membre de son cabinet dès 1984 et il l’avait proposée à la direction de l’ENA en 2000 ; voir aussi Marie-Françoise Bechtel présente le livre de Jean-Pierre Chevènement- 4 janvier 2011), a apporté sa contribution à la définition de l’idée républicaine.

 

Résister et construire

 

- Résister à tout ce qui déconstruit l’Etat et la Nation. C’est l’absence de projet collectif national, le déclinisme et l’abandon de la nation qui sont à l’origine de la montée du Front National.

La notion de progrès (Condorcet) a disparu des consciences, elle est au cœur de la liberté individuelle et du projet collectif ; garder confiance en la recherche scientifique et en l'éducation ; ne pas passer son temps à se désespérer, voir aussi les atouts de nos pays, que nient les « déclinistes ».

 

- Construire en mettant en avant le civisme et le patriotisme. La référence : les Lumières (boîte à outils). Le redressement du pays. Le progrès, au cœur de la liberté individuelle et du projet collectif. La capacité d’inventer le futur humain. Nourrir l’idée de changement. Définir le projet collectif, l’objectif étant le développement humain.

 

Cet article est le 107ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 23:32

L’Europe doit respecter la République et la démocratie

 

Dimanche 16 septembre, lors de l’université d’été du Mouvement Républicain et Citoyen, à Belfort (voir Programme de l'université d'été MRC les 15 et 16 septembre à Belfort - 13 septembre 2012), Jean-Pierre Chevènement s’est exprimé en duo avec Marie-Françoise Bechtel sur le thème « La gauche à la reconquête de l’idée républicaine ». Voici l’essentiel de son intervention.

 

Universite-d-ete-MRC-Belfort-15-et-16-09-12-028-T.jpg"Nous entendons préserver l’acquis européen en réorientant l’Europe"

 

Je voudrais commencer par le rappel de quelques principes pour dissiper le brouillard dont ses adversaires de toujours et plus encore d’aujourd’hui, les tenants du néolibéralisme, ont voulu et veulent envelopper le mot « République ». Non, tout le monde n’est pas « républicain ». La République, ce n’est pas seulement le droit de vote. La République est une construction exigeante qui implique le rappel de quelques notions de base.

Cette exigence est particulièrement actuelle dans une époque dominée par l’Argent roi, celle du capitalisme financier à son apogée, où les marchés financiers rançonnent les Etats et où le Capital met les territoires en concurrence, en n’hésitant pas, à coup de plans sociaux, à délocaliser la production au nom d’intérêts purement financiers.

Actuelle est la République, face au déchainement des intérêts particuliers et corporatismes, à l’explosion de l’individualisme et des inégalités, et à la fragmentation de l’espace public au profit de revendications identitaires et communautaristes qui obscurcissent l’idée même d’un intérêt commun à tous les citoyens.

Commençons par le principe de base. La République a pour fondement la souveraineté populaire : chaque citoyen est une parcelle du souverain. En se soumettant aux lois, il n’abdique pas sa liberté, car l’Etat républicain est légitime pour intervenir, là où l’initiative individuelle ne le peut pas.
Une politique industrielle est nécessaire et Delphine Batho a raison de vouloir imposer le « made in France » quand l’Etat lance un programme d’éoliennes ou de centrales photovoltai
̈ques. Les grands prêtres du libre-échange laisseront-ils faire ?

Répétons-le : la vie sociale implique des règles que seul peut fixer un Etat républicain. La République est un régime de liberté, mais la liberté d’un individu s’arrête là où, comme l’a bien vu Rousseau, elle attenterait à celle des autres. La critique de l’Etat républicain au nom de « l’anti-jacobinisme » est facile, mais elle est bornée. Depuis trente ans, le néolibéralisme triomphant n’a cessé de dénigrer l’Etat, de saper son autorité pour faire triompher la seule loi qu’il révère : celle de la jungle. On a fini par oublier Lacordaire : « Entre le faible et le fort, c’est la liberté qui opprime et c’est la loi qui affranchit » C’était il y a plus d’un siècle et demi !

Parce que le souverain a besoin d’être éclairé, la formation du citoyen est un des buts essentiels de l’Ecole républicaine. La République a besoin du civisme et celui-ci ne va pas sans le patriotisme qu’il ne faut évidemment pas confondre avec le nationalisme qui en est la perversion. Mais, M. Bernard Arnault, quand il veut soustraire sa fortune au fisc, n’est pas l’objet d’une persécution. C’est la nation comme communauté de citoyens qui le rappelle à l’ordre à juste titre. Désastreux exemple qui illustre encore une fois à quel point nos élites, depuis longtemps, hélas, ont perdu le sens des intérêts de la France. Pour « faire France » encore faut-il croire en la France.

La « chose publique » peut se définir à l’échelle de la cité ou de la nation, mais du dialogue des nations peut naître l’idée d’une « République européenne » et plus encore d’une « République universelle ». Ce sont ces règles élémentaires de justice et de droit que l’Europe, fondée sur la dérégulation libérale et la concurrence, se refuse obstinément à définir. C’est pourquoi la République franc
̧aise ne doit pas disparaître. Elle a encore beaucoup de choses à dire et à faire.

La République est laïque : elle n’enseigne pas une religion, sauf peut-être celle de la patrie, bien comprise. La lai
̈cité implique la confiance dans la raison humaine et dans la capacité des citoyens à définir un bien commun dans un espace public soustrait à l’emprise des dogmes. On voit où peut conduire en Libye et au Proche Orient l’exaltation des fanatismes, qu’il s’agisse du fondamentalisme chrétien ou de l’intégrisme djihadiste.

C’est la grande tache de l’Ecole lai
̈que d’apprendre à chaque citoyen à penser par lui-même. La République implique l’intelligence du monde, la lucidité, et pour la définition autant que pour le service du bien commun, l’esprit de responsabilité. Ainsi le citoyen ne va pas sans abnégation. Celle qui manque à M. Arnault.
A notre époque de vive compétition, le maintien de la République franc
̧aise exige de tous un effort, mais un effort équitablement partagé. C’est le sens de la justice sociale que François Hollande a déclaré vouloir instiller dans notre fiscalité. A juste titre.

En effet, la République ne va pas sans l’Egalité. Non pas une égalité niveleuse, mais une égalité des chances à laquelle il lui incombe d’œuvrer constamment. Là est d’ailleurs un des fondements les plus su
̂rs de sa légitimité. Pour faire reculer le Front National, il faut en priorité faire reculer le chômage. Joindre l’action à la parole.
La République civique, celle de tous les citoyens, est sociale par définition. Il n’était pas besoin de l’inscrire dans une Constitution, me
̂me s’il est des choses qui vont mieux quand on les dit.
La République est un idéal. Ses déviations ne peuvent servir d’argument pour la combattre, car c’est en la ressourçant à ses principes qu’on peut toujours la relever.
Ainsi, les fractures sociales observables dans nos villes ne résultent pas d’une faillite de la République, mais d’un défaut de République.

L’exigence républicaine, c’est celle du bien commun, tel que le débat civique permet de la définir. Réapproprions-nous l’héritage des grands républicains venus de l’Antiquité : Aristote, Polybe, Cicéron - de la Renaissance italienne - avec Machiavel-, et du siècle des Lumières avec Montesquieu, Locke mais surtout Rousseau sans oublier Emmanuel Kant. Car il faut une armature théorique à la gauche, qu’elle trouvera plus dans la République que dans le catéchisme de la bien-pensance.

La République du XXIème siècle aurait tout à gagner à se réapproprier aussi l’héritage des penseurs républicains de la IIIème République, non seulement de ses hommes d’Etat - Gambetta, Ferry, Clémenceau - mais de ses penseurs - Alfred Fouillée, Léon Bourgeois, Emile Durkheim, Célestin Bouglé. Ces noms, aujourd’hui largement tombés dans l’oubli, illustrent un effort théorique que les républicains d’aujourd’hui n’ont jamais égalé.

Le Mouvement Républicain et Citoyen se veut le levain dans la pâte de la majorité présidentielle. Cette ambition peut paraître excessive. Nous n’avons que quatre parlementaires. Tous les moyens ont été employés pour nous réduire, depuis notre création, au lendemain du référendum sur le traité de Maastricht, il y a vingt ans.
Nous avons aujourd’hui plus que jamais confiance dans la force de nos idées. Chacun peut voir que les évènements viennent à notre rencontre. « La souveraineté nationale et la démocratie sont », comme disait le général de Gaulle, « l’avers et l’envers d’une même médaille ».

Il n’était pas judicieux d’aliéner la souveraineté monétaire de la France dans un ensemble que nous ne dominons pas. Le TSCG, vingt ans après, retire aux Parlements nationaux la maîtrise de la dépense publique. Il instaure des mécanismes de correction automatiques et prévoit, en cas de déficit supérieur à 3% du PIB, l’intrusion d’instances non élues dans la procédure budgétaire nationale. Où est alors la démocratie ?

On nous parle de « grand saut fédéral ». Mais dans une Europe où coexistent une trentaine de peuples – dix-sept dans la zone euro – on ne peut réduire les différences de charges, de protection ou d’endettement par un oukase qui irait à l’encontre de la volonté des peuples. C’est ce que viennent de signifier les juges rouges de Karlsruhe sans que personne en France, ne pipe mot.

Franç
ois Hollande, j’en suis sûr, comprend tout cela. Les évènements le conduiront à faire encore bouger les lignes. Nous soutenons donc François Hollande les yeux ouverts, avec le désir d’œuvrer à son succès. Sa réussite sera celle de la France.
Chacun le sait, nous ne croyons pas que le destin de notre pays soit la dilution dans une Europe sans rivage, banlieue d’un Empire dont les centres nerveux ont depuis longtemps passé l’Océan.
Nous voulons que la France pèse dans l’organisation de l’Europe et donc n’y disparaisse pas. Nous savons l’effort nécessaire. Nous ne le marchanderons pas mais le sens de l’effort doit être clair. Le chemin à parcourir est encore long.

L’Allemagne a choisi, non d’édifier une Fédération solidaire et d’ailleurs impossible, mais la conquête des marchés au grand large. Prenons quelques exemples. A Pékin, Mme Merkel et M. Wen Ji Bao, le premier ministre chinois, présentent la sortie du 100ème exemplaire de l’Airbus dans l’usine de Tien Tsin comme le symbole de la coopération germano-chinoise. C’était il y a deux semaines. La France, l’Europe, ne sont pas évoquées dans leurs discours. A la trappe ! J’étais à Pékin ce jour-là. Les Franc
̧ais baissaient la tête.

On apprend quelques jours plus tard qu’EADS et BAE pourraient fusionner. Excellente chose sans doute pour l’entreprise qui va rééquilibrer la part du civil et celle du militaire. Mais, du point de vue de la France ? Cette entreprise sera de plus en plus dans la main du Pentagone. Dès aujourd’hui, Airbus fabrique en zone dollar plus qu’en zone euro. Le siège d’EADS restera t-il à Toulouse ? Quel moyen aura l’Etat franc
̧ais de peser encore à son Conseil d’Administration ? Les règles de rotation des dirigeants seront-elles maintenues ? Sous quelle forme ? C’est à ces questions qu’il faut répondre pour défendre convenablement les intérêts français et européen. Sinon EADS sera dominé par un axe américano-germanique.

Prenons encore un autre exemple : le énième sauvetage prétendu de l’euro le 6 septembre dernier à Francfort et le 12 à Karlsruhe. On nous présente ces décisions comme la manifestation la plus éclatante de la solidarité allemande avec l’Europe. Trêve de plaisanterie : en plafonnant à 190 milliards d’euros la contribution de l’Allemagne au MES, les juges de Karlsruhe figent cet outil pare-feu dans son insuffisance. Avec 500 milliards de ressources potentielles, en fait très théoriques, le MES ne pourrait faire front à la crise si elle s’étendait à l’Espagne et à l’Italie. C’est l’hôpital qui vient au secours de la charité !

Des engagements de M. Draghi le 6 septembre, on a retenu le mot « illimité » : on a oublié de rappeler que l’intervention de la BCE se ferait sur un créneau très limité : les obligations à 3 ans sur le marché de la revente, et à des conditions très strictes (plans d’ajustement rigoureux) qui posent le problème de la démocratie dans une Europe soumise avec le TSCG, aux canons de l’ordo- libéralisme allemand. La France, qui offre 142 milliards d’euros, l’a fait sans chichi. Le contribuable franc
̧ais ne l’a jamais su.

Jean-Marc Ayrault s’est engagé à réduire en cinq ans à zéro le déficit de notre balance commerciale, hors énergie. Fort bien ! C’est un très bon objectif ! On attend cependant de savoir par quel moyen: le développement des entreprises de taille intermédiaire, même soutenu par la Banque Nationale d’Investissement, prendra du temps. L’euro remonte. Or, cette monnaie surévaluée pèse sur notre compétitivité.
Le maintien de la souveraineté de la France passe moins par la réduction de la dette que par un choc de compétitivité. Il faut l’expliquer aux Franc
̧ais. François Hollande, comme l’a rappelé Jean-Marc Ayrault, a voulu faire « bouger les lignes ». Grâce à une diplomatie habile, elles ont commencé à bouger, mais d’une manière qui est loin d’être irréversible.

L’Union bancaire, sous l’égide de la BCE, pose un vrai problème de démocratie. Quant à l’adossement du MES à la BCE, nous sommes encore loin du compte. Bien qu’il reste beaucoup de chemin à parcourir, nous soutiendrons le Gouvernement, en votant le budget, mais nous n’approuverons pas le TSCG. En votant le budget, nous donnerons du temps à François Hollande pour qu’il élargisse ses marges de manœuvre. Il existe d’autres issues, que les évènements, éclairés par la volonté des hommes, feront apparaître. Par exemple, l’idée d’une monnaie commune plutôt qu’unique, car nous entendons préserver l’acquis européen en réorientant l’Europe.

Nous voterons le budget par loyauté, parce que cela correspond aux engagements de François Hollande. Me
̂me si le TSCG n’a pas été vraiment renégocié, nous comprenons la difficulté dans laquelle se trouvait et se trouve encore François Hollande, comme Président de la République, vis-à-vis de 23 Chefs d’Etat et de gouvernement de pays qui ont signé ou ratifié le traité.
Mais nos parlementaires ne sont pas dans la même situation. Ils doivent continuer à s’exprimer librement, comme les accords passés avec le Parti Socialiste nous le garantissent. Il y a des élections en Allemagne et en Italie en 2013. Nous comprenons que tout n’est pas possible tout de suite, mais il est décisif que nous sachions où nous allons. Ce que nous voulons, c’est une Europe refondée dans la démocratie des nations et pas un « machin » pseudo-fédéral où un soit disant « ministre européen des Finances » nous dicterait notre politique.

Je ne voudrais pas ne parler que de l’Europe dans cette table ronde consacrée à la République.
Quelques réflexions sur la situation internationale, et particulièrement des révolutions arabes, me paraissent nécessaires. Ces « révolutions » ont ouvert dans chaque pays un processus dans lequel des contradictions des sociétés peuvent s’exprimer.
L’essentiel est qu’elles puissent continuer à le faire dans un cadre constitutionnel qui préserve la liberté d’expression, de vote et par conséquent la possibilité d’une alternance.

La surenchère des extrémismes peut faire capoter ce processus, comme on l’a vu avec le film provocateur conçu et réalisé par une poignée de fondamentalistes chrétiens, en Californie, et avec l’odieux assassinat des diplomates américains de Benghazi par une filiale d’Al Qai
̈da.
Nous avons toujours combattu l’idée d’une « guerre des civilisations », d’où qu’en soit formulée la thèse, en Egypte ou aux Etats-Unis.

 

Le droit international repose sur le respect des souverainetés nationales, le principe de non-ingérence et l’auto-détermination des peuples. La France n’aurait rien à gagner à se laisser entraîner dans des interventions militaires, que ce soit en Syrie ou au Mali. Les problèmes doivent se régler selon les procédures du droit international. La prudence commande de ne pas se laisser entraîner dans des guerres dont on ne mesure pas assez que chacune ouvre une boite de Pandore qu’il devient ensuite impossible de refermer.

Le Mouvement Républicain et Citoyen doit continuer à s’exprimer à haute et intelligible voix. C’est ainsi qu’il contribuera, à travers un cap républicain clair, à orienter la majorité de gauche sur les voies de la réussite. Demain comme hier, nous servirons la République et la France.

 

Cet article est le 106ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 19:48

Alliés du PS, pas ralliés, pour aider la gauche à réussir

 

Commençons par la conclusion de cette université d’été du Mouvement Républicain et Citoyen (voir Programme de l'université d'été MRC les 15 et 16 septembre à Belfort - 13 septembre 2012).

 

 Universite-d-ete-MRC-Belfort-15-et-16-09-12-027-T.jpgVoici l’intervention de Jean-Luc Laurent, président du MRC, le 16 septembre 2012, à Belfort.

 

"Le MRC, la boussole républicaine"

20 ans après notre création, nous sommes toujours vivants et plus forts

 

La raison du choix de Belfort est simple: voici 20 ans, en août 1992, avec Jean-Pierre Chevènement nous avons énoncé ici les raisons de notre non républicain au traité de Maastricht créant la monnaie unique. 20 ans après, j'ai pensé que la tenue de nos travaux, à Belfort, au moment même où la crise de l'euro vient confirmer nos idées, était un choix judicieux et qui s’imposait. D'autant que notre Université d’été a permis de donner un chemin pour sortir de la crise, tracer une perspective pour réorienter la construction européenne et continuer à faire bouger les lignes.

Après le temps de la discussion et de l’analyse durant ces deux journées d'Université d'été, je veux, pour conclure, tracer ce qui me semble être notre tâche: définir un contenu au changement en donnant un cap républicain à la gauche et pour la France. C'est cela qui, dans l'année à venir, constituera notre boussole au sein de la majorité présidentielle dont nous voulons la réussite pour sortir la France de l'impasse dans laquelle elle se trouve depuis trop longtemps. Et il convient de rappeler quelques évidences dont nous avons besoin pour agir.

Le 6 mai 2012
, c’était hier. Dans une vie politique dominée par le temps médiatique, par les flux d’information, dans une vie politique où un tweet peut faire événement, où certains journaux semblent soucieux de respecter à la lettre l’impitoyable séquence du « lécher-lâcher-lyncher », nous pouvons être vite déboussolés, les citoyens engagés comme tous ceux qui se tiennent en retrait mais n’en pensent pas moins. Le 6 mai 2012, c’était donc hier et la gauche a gagné. La gauche rassemblée a gagné et nous avons pris part à ce rassemblement victorieux.
Nous ne devons pas négliger la portée historique de cette victoire et nous savons que chaque victoire ne se juge au final que sur le bilan. La victoire de mai apporte plus de responsabilités que de satisfactions. Dans la théologie républicaine, l’élection est nécessaire mais seules les œuvres sont suffisantes !

 

La gauche a gagné et Nicolas Sarkozy a été battu. Le peuple français a donné congé à cet hyper président à l’orientation politique confuse, aux cent premiers jours étourdissants, menant une politique énergique aux premières heures de la crise avant d’accumuler les choix mortifères et les surenchères douteuses. La signature du TSCG au début de l'année, en pleine campagne électorale, est un bon exemple des deux.
Si son désastreux bilan économique et européen ne suffisait pas, il faudrait ajouter que Nicolas Sarkozy a rendu notre pays hystérique collant et légitimant les plus extravagantes exigences instantanées du système médiatique. Le climat politique a changé le 6 mai 2012 : la France n’a pas été libérée, elle a été délivrée.

François Hollande a été élu avec notre soutien dès le premier tour, avec celui des écologistes et du Front de Gauche au second. François Hollande nous le connaissons bien, nous l’avions reçu lors de notre Université d’Eté à Valence en 2010* quand personne ne croyait à sa candidature. Il a mené une campagne dans la droite ligne de ce qu’il nous avait dit à Valence, se démarquant de l'orientation du PS et tenant son cap jusqu’au bout. Se payant même le luxe de refuser d’encaisser le soutien de François Bayrou entre les deux tours.

La gauche a gagné. Première évidence : Nicolas Sarkozy a été battu. Deuxième : François Hollande a été élu. Troisième : et nous, nous sommes vivants. 20 ans après la convention pour un mouvement des Citoyens en août 1992, à Belfort, à quelques encablures d'ici, à la Maison du Peuple, nous sommes bien vivants et debout.

La crise d’identité semble être un article obligé pour une organisation politique. Où sommes-nous ? Où allons-nous ? Il faut d’abord voir la réalité matérielle. Notre représentation parlementaire a doublé. Nous sommes passés d’un député et un sénateur, à trois députés et un sénateur. Les esprits chagrins me diront qu’on parle là de petites quantités. Je répondrai que pour la première fois depuis longtemps le flux s’est inversé. Et nous serons peut-être quatre à l’automne si le Conseil Constitutionnel donne à Julien Landfried l’occasion de faire chuter la maison Devedjian…à la loyale cette fois !

D’autres me diront que nous n’avons pas pu mener au bout la candidature de Jean-Pierre Chevènement à la présidentielle, l’exercice reste compliqué pour les petits et on l’a vu même pour l’enfant chéri des médias qu’est Europe Ecologie. Nous avons fait le bon choix.
Au delà des élections, j'ai plaisir à voir dans cette salle une diversité des âges parmi les participants grâce aux nombreux jeunes, cette génération 2005 qui nous a rejoint.

Le MRC : la boussole républicaine

 

Nous avons fait le choix du soutien de François Hollande dès le premier tour et par l’accord politique avec le Parti Socialiste d’être au cœur de la majorité avec la volonté de peser. Je l’ai dit la gauche a gagné…et quand la gauche gagne avec notre soutien, notre rôle n’est pas de favoriser son échec ou de nous retirer sur un Aventin. Notre rôle est d’être dans l’action, et d'agir en responsabilité pour l’aider à réussir. Nous avons été intéressés par le discours du Bourget, nous avons senti pour la première fois depuis longtemps qu’il y avait sans doute une place pour nos idées dans cette maison. Et nous y avons pris place et nous y sommes.

Nous sommes les gardiens du discours du Bourget et surtout de l'accord politique que nous avons signé avec le PS. Cet accord fait de nous des alliés, pas des ralliés. Composante républicaine de la majorité, le MRC entend agir pour contribuer à la réussite de François Hollande. Mais nous entendons rester fidèles à ce que nous sommes. Et pour cela, nous avons notre liberté d’expression et la liberté de vote au Parlement. Les parlementaires du MRC n’ont pas de muselière ! Nous sommes dans la Maison, plutôt un immeuble avec ses parties communes et plusieurs appartements dont celui du MRC.
Nous aurons des alliés, nous en avons déjà. Nous aurons des adversaires, ceux-là nous les connaissons déjà. Nous les connaissons depuis 1992, ils sont nombreux mais contrairement à nous, leur ardeur est bien émoussée.
Jean-Pierre Chevènement porte une voix forte, écoutée, à laquelle le pays est attentif. Ses livres ont eu un grand succès en 2011, c’est un travail en profondeur pour faire avancer nos idées. Ce qu’il a semé en 2011-2012, nous le récolterons car la force de nos analyses c’est leur clairvoyance.

Traité européen : un non positif

 

Les défauts congénitaux de l’Euro, nous les avons détectés dès 1992. Les dix dernières années de chloroforme ont semblé nous donner tort mais quand survient le choc alors la réalité éclate : la crise de l’Euro n’est pas une crise des dettes. Cela, c'est la fumée. Le foyer de la crise c’est la divergence des économies, les déséquilibres de compétitivité et une politique monétaire au forceps. La crise de la zone euro se niche dans le concept même de monnaie unique.

Le grand sujet de l’automne sera la ratification du traité européen. La donne a changé en Europe depuis l’élection de François Hollande. Le couple Merkozy a disparu et c’est une bonne chose. Ce n’est pas suffisant, nous le savons bien. Nous défendons suffisamment l’Europe des Nations pour savoir qu’il ne suffit pas de gagner les élections dans un pays pour tout changer. C’est la règle du jeu.

Le destin de l’Europe est dans les mains des nations et de leurs dirigeants élus, pas dans celle d’un Parlement supranational ou d’une Commission non élue. Nous ne nous en plaindrons pas et nous ne voulons pas de l'illusoire sortie de crise par le fédéralisme. La crise a été un révélateur de ce point de vue, remettant à leur place le président de la Commission et ne laissant que peu de place au Président du Conseil.

 

Mais l’Europe est lourde à manœuvrer et le président de la République, François Hollande, a le traité d’austérité sur les bras. Nous savons qu'il faut du temps. Le Conseil européen a déjà permis de compléter le traité par un volet de croissance. François Hollande a réussi à imposer l’enjeu de la croissance. Les Conseils européens à venir prouveront que les temps changent en Europe mais, pour le moment, il nous reste l’enfant bancal de l'étrange union de Nicolas et Angela. Traité inutile qui doublonne sur bien des points l’ensemble du droit européen élaboré à Bruxelles avec le Semestre européen, le Six-Pack adopté en 2011, le Two-Pack qui arrive.

Le Conseil Constitutionnel a fait une lecture très particulière, casuistique, du traité et a préféré ne pas voir les enjeux de souveraineté budgétaire contenus dans le traité. Mais il a également écarté le recours à une règle d’or constitutionnelle et ça n’est pas plus mal. Ce traité, ce sont des procédures douteuses au service d’une politique économique absurde, et qui est déjà caduque au moment où l’Allemagne comme la France entrent en récession.

Nous voterons naturellement contre ce traité qui n'a pas été renégocié comme prévu par l'accord politique entre le PS et le MRC. Nous voterons contre, il sera sans doute adopté et tout notre travail consistera à ce qu’il ne soit jamais appliqué. Nous ne sommes pas des fétichistes du droit, nous croyons à la politique et à la volonté. Notre travail est de faire en sorte que ce traité, ses objectifs et ses procédures de contrôles supranationales, soient très rapidement couverts de poussière, comme le Semestre européen, comme le Six-Pack. C’est là le vrai combat contre l’austérité budgétaire bien sûr, mais surtout contre la récession où ces politiques nous conduisent. A l’Assemblée comme au Sénat, nous porterons un non positif.

Avec la poursuite de la crise et notre travail politique viendra la vraie question : l’Euro est-il viable ? Monnaie unique ou monnaie commune ? Les mesures de répit prises par les dirigeants européens, et par le président de la BCE, pour tenter de circonscrire l’incendie, de limiter l’influence des marchés financiers sur les dettes souveraines, ne traiteront jamais le vrai mal constitutif de l’Euro. Il est essentiel d’imposer dans le débat le bon diagnostic de la crise de l'Euro et qui d’autre que le Mouvement Républicain et Citoyen peut le faire ?

La question monétaire ne doit pas nous prendre toute notre énergie Nous ne sommes pas un groupe de pression mais bien un parti politique. Les défis pour la France sont nombreux. Les dix années de Chirac-Sarkozy ont fait reculer notre pays sur bien des points. Plusieurs ministres ont pris à bras le corps des chantiers qui nous sont chers et pour lesquels il fallait un changement de cap au sein de la gauche : sécurité, éducation, industrie. Nous devons contribuer, contribuer à innover, contribuer à renouer le fil républicain, contribuer à lutter contre les immobilismes et les conformismes. Et contribuer pour continuer à servir l'intérêt général et donner un cap républicain à la gauche et à la France.
La gauche n’a pas - collectivement - mis à profit les dix années d’opposition pour comprendre le monde et adopter sa doctrine. Dans les moments de difficultés, c’est trop facilement les réflexes socio-libéraux qui peuvent l’emporter et les débats de diversion, comme les questions sociétales, qui nous éloignent du fond des choses. Nous sommes lucides, nous savons cela et c’est pour cela que nous avons un rôle non pas comme butte-témoin républicaine mais comme boussole républicaine et force d’entraînement.

La droite ne nous épargnera aucune provocation, la droite politique aura bientôt fini sa guerre des chefs. La droite économique ne lâche pas le morceau et le goût de la Belgique affiché par Bernard Arnault relève de la trahison individuelle, de l’esprit de défaite, de la perte du patriotisme mais aussi de la volonté de créer un rapport défavorable à l’idée d’égalité républicaine et aux exigences de la justice sociale. Il s’agit bien d’un acte idéologique et authentiquement politique pour faire pression sur la gauche et sur le pays. Il paraît qu'il ne fuit pas la fiscalité des revenus mais la fiscalité des successions. Il veut transmettre son patrimoine, une vie de labeur...il veut transmettre son pouvoir à sa famille, ses héritiers. Pour nous autres, républicains, il y a sans doute plus à voir dans ce geste que dans les péripéties des luttes internes de l'UMP. Nos adversaires sont là, les authentiques adversaires de la République

Et notre prochain Congrès, qui aura lieu à Paris les 15 et 16 décembre prochains, doit nous mettre en ordre de bataille sur l’ensemble des sujets, notamment la finance, la fiscalité en est un et celle des successions en particulier. Nous sommes vivants et cela implique des responsabilités :
- d'abord du travail militant pour faire connaître et diffuser nos positions avec une campagne pour expliquer notre non positif, notre non républicain, constructif, pour la réorientation de la construction européenne ;
- ensuite un travail doctrinal pour nous imposer dans les débats politiques des cinq prochaines années ;
- enfin un travail électoral en préparant 2014 : les municipales et les européennes, le Parlement Européen est une institution dérisoire, les grandes régions ne correspondent à rien mais nous ne devons pas rater ce temps du débat.
Ce seront les sujets de notre prochain congrès. D'ici là, travaillons, travaillons sans relâche. Ne ratez pas votre train..., je parle évidemment du train de la refondation républicaine.


 * Voir
Université d'été MRC à Valence : le dialogue Chevènement-Hollande 

 

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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 20:49

Quelle gauche pour quel changement ?

 

Il est encore possible de s’inscrire à l’université d’été du Mouvement Républicain et Citoyen, samedi et dimanche à Belfort. Voir Université d'été 2012 du MRC: Quelle gauche pour quel changement?

Voici le programme complet (version finale) de l'Université d'été du MRC qui se tient dans un amphithéâtre de l’Université de technologie de Belfort-Montbéliard les 15 et 16 septembre 2012.  

Dans un contexte de forte instabilité économique, sociale et politique, la victoire de la gauche n’aura pas engendré d’état de grâce. Les citoyens Français sont soucieux et conscients des difficultés majeures qui pointent à l’horizon. Si les marges de manoeuvres s’avèrent effectivement très minces, le champ des possibles reste cependant ouvert.
Pour le MRC, composante non-alignée de la majorité présidentielle, l’édition 2012 de l’université d’été doit être l’occasion de marquer le terrain et d’esquisser quelques orientations de notre positionnement politique pour le mandat qui vient. En écho au slogan intransitif de François Hollande (le changement, c’est maintenant), l’université d’été sera le moment de reprendre le fil du projet présidentiel en proposant un contenu au changement et une perspective républicaine pour la majorité.

Le programme de l'Université d'été

Matinée du samedi 15 septembre

10h – Accueil : Maurice Schwartz, 1er secrétaire fédéral du MRC 90, Christian Hutin, député du Nord, vice-président du MRC

10h15 - Introduction de l’université d’été : Bastien Faudot, Secrétaire National chargé de la formation et des universités d’été

10h30-12h: Table ronde n° 1 - Quelle politique industrielle et fiscale pour renouer avec la croissance?

François Hollande a réussi à imposer le thème de la croissance au fil des conférences internationales et autres sommets. Parallèlement, les marges de manoeuvre sont maigres et l’équation du « redressement dans la justice » est difficile à résoudre. Plusieurs voies ont été évoquées de part et d’autre du Rhin. Comment retrouver une dynamique productive dans la zone euro ? Les plans de licenciements sont-ils une fatalité ? Jusqu’où la rigueur est-elle négociable ? Quelle politique fiscale pour accompagner le redressement du pays et redynamiser l’économie en France et en Europe

Intervenants :
Patrick Quinqueton, secrétaire national du MRC
Jean-Pierre Cossin, professeur d’économie fiscale et conseiller-maître à la Cour des comptes
Bruno Moschetto, professeur d’économie à HEC

Après-midi du samedi 15 septembre

13h45-15h15 : Table ronde n°2 - Quelles réponses économiques et politiques pour sortir l'Europe de l'impasse?

L’euro arrive au terme de ses contradictions constitutives. La crise de l’euro fait resurgir un dilemme qui nous renvoie à la naissance de la monnaie unique : les uns préconisent une plus forte intégration politique et le fédéralisme budgétaire, les autres le retour au terreau démocratique des nations. La crise politique parait inéluctable : si les peuples semblent vouloir rester dans la zone euro, ils refusent les réformes structurelles qui sont assorties aux différents plans de sauvetage qui ont été concoctés. Les démocraties européennes, et à travers elles, la volonté des citoyens, sont-elles en passe d’être mises sous tutelle ? Le fédéralisme offre-t-il une perspective de sortie de crise ? Faut-il maintenir la monnaie unique et à quel prix ?

Intervenants :
Julien Landfried, secrétaire national du MRC
Christophe Ramaux, professeur d’économie à Paris
Barbara Romagnan, députée PS du Doubs, animatrice de “Un monde d’avance”

15h45-17h15 : Table ronde n° 3 - Les Français et la gauche: géographie électorale et politique au lendemain des élections

La séquence électorale a montré une évolution de la géographie du vote des Français. France de l’Est, France de l’Ouest, France des champs, France des villes. Des Lignes de fractures divisent le pays et dessinent des contrastes parfois saisissants. Au vote des centres urbains, majoritairement à gauche, s’oppose un vote des champs, très ancré à droite et même à l’extrême droite. Si ce phénomène était déjà apparu précédemment, il s’est très largement accru en 2012. La crise de la mondialisation permet-elle de l’expliquer ? Où sont les couches populaires ? Qu’ont-elles voté ? A quoi ressemble le nouvel électorat de la gauche ?

Intervenants :
Catherine Coutard, secrétaire nationale du MRC
Jean-Yves Autexier, ancien parlementaire
Frédéric Dabi, Directeur général adjoint de l’IFOP
Jean-Philippe Huelin, professeur d’Histoire-Géographie, co-auteur de Recherche le peuple désespérément

A partir de 17H30: Visite du site du Techn’Hom et présentation du projet de reconversion industrielle

Matinée du dimanche 16 septembre

10h-11h45 : Table ronde n° 4 / La gauche à la reconquête de l'idée républicaine

Si elle fut aux sources de l’idée républicaine, la gauche a parfois pris le pli de s’en éloigner. Mais la débâcle du modèle libéral, les périls de la mondialisation et la crise de l’euro rebattent les cartes. Depuis de longues décennies, jamais l’idéal républicain, et son corollaire, la souveraineté du peuple, n’étaient apparus aussi fragilisés. Le contexte favorise la prise de conscience et des voix de plus en plus nombreuses se font entendre pour que la gauche se réapproprie cette part essentielle de son histoire. Qu’est-ce qu’être républicain en 2012 ? Comment l’idée républicaine peut-elle revitaliser la gauche et redresser la France ? Face à la crise, en quoi la République demeure plus que jamais propice et utile ?

Intervenants :
Marie-Françoise Bechtel
, députée de l’Aisne et vice-présidente du MRC
Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, Président d’honneur du MRC

12h : Intervention de clôture de l’université d’été par Jean-Luc LAURENT, député du Val-de-Marne, Président du MRC

 

Rappel : Programme de l'université d'été du MRC les 15 et 16 septembre 2012 - 2 août 2012 

 

Université d'été MRC à Carros (06) : la table ronde du 4 septembre 2011 - 23 septembre 2011

 Université d'été MRC Valence : un bon crû comme à Toulouse en 2009 - 13 septembre 2010

 

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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 23:07

Analyse des décisions du Conseil européen (juin 2012)

 

Clément Lacaille, délégué national MRC et secrétaire de l’union régionale Bourgogne, m’a transmis ses réflexions, datées du 13 juillet, concernant les décisions du Conseil européen des 28 et 29 juin 2012.

 

La position du MRC a été indiquée le 10 août 2012 par un communiqué publié par Jean-Luc Laurent, président du Mouvement Républicain et Citoyen, député du Val-de-Marne (les trois députés MRC voteront contre le traité) : Malgré l'aveuglement volontaire du Conseil Constitutionnel, le traité européen (TSCG) porte atteinte à la souveraineté budgétaire

De son côté, Jean-Pierre Chevènement, président d’honneur du MRC et sénateur du Territoire de Belfort, était l'invité du 22h de Public Sénat, mercredi 5 septembre 2012. Il répondait aux questions de Sonia Maabrouk et Jean-Louis Gombeaud. Voir "Je ne voterai pas le traité européen"

Voici le texte de la contribution de Clément Lacaille (partie analyse).

 

Conseil européen des 28-29 juin : bientôt le grand saut fédéral !

 

L'UE libérale est ce que nous combattons depuis la création du Mouvement. Le premier Sommet auquel participe F.Hollande est significatif des choix politiques de la nouvelle majorité à l'égard de la construction européenne pour les cinq ans à venir (…).

 

1- La croissance

 

La décision de doter la BEI d'une capacité d'intervention de 120 mds d'€ est positive. Mais 55 mds étant déjà disponibles au titre des fonds structurels inemployés, l'engagement ne porte réellement que sur 65 mds. Personne ne peut croire qu'une somme aussi dérisoire est capable d'inverser la dynamique de récession qui frappe l'Irlande, l'Espagne, le Portugal, bientôt l'Italie, tandis que la Grèce plonge dans la dépression. La France est en stagnation (0,4 % de croissance estimée), son déficit budgétaire atteint 60 mds, la litanie des destructions d'emplois s'allonge chaque semaine…

Ce petit pas symbolique est loin de la réorientation annoncée. Les réductions obligatoires de dépenses budgétaires auront un impact négatif bien supérieur à cette bouffée d'oxygène. Les marchés financiers l'ont qualifié de "hochet politique", et le bond des cotations montre que leurs intérêts sont préservés. La déclaration de F.Hollande affirmant que "la croissance est désormais une priorité" est une opération psychologique qui camoufle une triste réalité.

 

2- Le MES (Mécanisme européen de stabilité)

 

Institution financière abondée par les Etats pour apporter une assistance financière aux Etats (art.3), il est désormais prioritairement destiné à la recapitalisation directe des banques. S'il est nécessaire d'éviter leur faillite, nous avons toujours dit que la contrepartie devrait être la prise de contrôle par l'autorité politique nationale (cf. IV § 36 du Programme de Salut Public); or le "mécanisme unique de surveillance des banques" sera dévolu à une entité européenne sous la houlette de la BCE toujours indépendante. L'occasion était excellente d'instaurer enfin un pouvoir supranational direct et souverain, certainement la décision la plus importante. Un bon pas fédéraliste !

Les 700 mds affichés ne sont pas réels. L'Allemagne, la France, les Pays-Bas pourront verser leur contribution obligatoire à hauteur de 372 mds, mais comment l'Irlande, la Grèce, l'Espagne, le Portugal, l'Italie pourront-ils verser au MES les 255 mds qui leur incombent alors que ces Etats sont déjà débiteurs de 288 mds, et qu'ils sont précisément ceux qui ont un urgent besoin de l'intervention de ce Mécanisme? L'Espagne seule aurait besoin d'environ 220 mds d'ici fin 2012 et d'une centaine supplémentaire en 2013 (dixit J.Sapir), l'Italie a une dette de 2000 mds. Le MES ne sera pas en mesure de contenir les dettes souveraines et bancaires ni de bloquer la spéculation des investisseurs.

Le MES fournit une aide "sous stricte conditionnalité", notamment "le respect d'un programme d'ajustement économique" négocié par la Commission et la BCE (art.3 et 13). Quels assouplissements pouvons-nous en attendre, et s'ils existent, que feront-ils d'autre que donner un peu de temps pour in fine se soumettre à la discipline déflationniste?

Jean-Pierre Chevènement regrette le refus de donner au MES le statut de banque, le refus de la monétisation, l'atteinte aux pouvoirs de la Banque de France, mais F.Hollande s'est-il jamais engagé sur de tels objectifs? Qu'a-t-il à faire de ces regrets?

 

3- Le TSCG (Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance)

 

Il est intact. La "renégociation" dont s'est prévalu notre Président durant la campagne n'a pas eu lieu; elle est un effet de langage mensonger qui cache une soumission, car l'accord sur la croissance ne fait pas partie du Traité. Cette mesure positive n'est-elle pas la concession mineure faite par l'Allemagne pour mieux faire passer ce Traité qui est pour elle fondamental ? Devant le Parlement, F.Hollande ne va-t-il pas demander une ratification unique des décisions du Conseil européen, englobant le TSCG inchangé avec les 120 mds d'investissements, la taxe sur les transactions financières, le MES, la supervision bancaire? Une alouette de croissance pour un cheval de rigueur.

 

Mais l'essentiel est que le "grand saut fédéral" que ne cessent de proclamer les dirigeants de l'UE est entré dans sa phase finale. Nous allons "vers une véritable union économique et monétaire", annonce le rapport Van Rompuy-Barroso-de Juncker-Draghi, vision d'avenir de l'UE fondée sur "un cadre financier intégré,…un cadre budgétaire intégré,…un cadre de politique économique intégré", le tout couronné par "la légitimité démocratique"! Il est d'une totale clarté. F.Hollande y adhère totalement lorsqu'il se félicite d'avoir atteint son objectif de "dessiner à moyen terme le cadre de l'approfondissement de l'union économique et monétaire". Qu'espérons-nous d'une "meilleure information du Parlement" sur ce rapport et sur la supervision bancaire, sinon la rituelle rhétorique européiste?

 

Ce Conseil européen est dans la droite ligne des précédents: des réactions d'urgence destinées à conserver l'essentiel. Au crédit de F.Hollande, il faut mettre la prise en compte d'une croissance nécessaire, ainsi que l'alliance avec l'Espagne et l'Italie face à l'Allemagne; en revanche, il demeure fidèle à ses convictions libérales et se trouve dans son élément au sein de la logique fédéraliste qui avance à grands pas. La social-démocratie ne change pas de stratégie: arrondir les angles du libéralisme pour conforter sa logique. F.Hollande n'a remis en question ni la monnaie unique, ni l'indépendance de la BCE, ni l'atteinte au pouvoir national, ni le marché unique ouvert à la concurrence. La tragédie que vivent les peuples grec, espagnol, portugais pourrait amener notre président et son parti à une prise de conscience de la perversité intrinsèque du système, donc à la volonté d'en changer radicalement la donne. Mais rien de tel n'apparaît.

 

Telle est la réalité que je comprends. Je n'ai donc aucune raison de lui faire confiance, pas davantage aujourd'hui qu'hier.

 

Cet article est le 104ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe

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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 23:45

Pas de remise en cause de la politique de libéralisation

 

AG Office du lait Avranches 221111 032 TAu moment de l’ouverture tranquille du Salon de l’élevage (SPACE) à Rennes - voir l’entretien que le ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll, a accordé à Ouest-France, ce 11 septembre Space 2012. L'État appelé à la rescousse des éleveurs - la revue mensuelle L’Eleveur laitier, dans son édition de septembre, a publié le courrier, ci-après, qui lui a été adressé par André Pflimlin, auteur de « Europe laitière : valoriser tous les territoires pour construire l’avenir »  Editions France Agricole, 2010 (voir André Pflimlin présente trois avenirs possibles pour l'Europe laitière - 30 juillet 2012). 

 

    «  La politique de l’autruche jusqu’à quand ? »                      

 

Il y a les «réalistes», ceux qui ne veulent pas payer pour les autres et qui se félicitent du rattrapage spectaculaire de la production laitière française. Certains, y compris dans ce journal, regrettent que la France ne se soit pas donné les moyens de faire plus et fustigent « un système de redistribution des quotas absurde et anti-économique » Il y a même des Bretons qui portent plainte à Bruxelles contre la  France qui fait payer des pénalités à ceux qui dépassent leur quota, alors que le pays est encore en sous réalisation.

 

Il y a les «utopistes» qui refusent la course au volume avec un prix fluctuant au gré du marché mondial beurre-poudre ; ceux qui veulent que le prix du lait soit basé sur le coût de production  et sur sa valorisation régionale ou européenne. Comme la consommation de produits laitiers est assez stable, l’offre peut et doit être régulée par les pouvoirs publics. Car chacun le sait : sur ce type de marché, un faible excédent provoque une  forte chute du prix qui pénalise les producteurs et profite aux transformateurs et aux distributeurs. Inversement, les cours  ayant été attractifs depuis 18 mois, la relance de la production a été spectaculaire partout dans le monde. L’offre a vite dépassé la demande solvable, faisant chuter les prix… au point de troubler nos instances politiques quant à l’efficacité du paquet lait qu’elles ont adopté il y a quelques mois ! On ose reparler de régulation de l’offre, même à la FNPL, pour tenter de repousser ou d’atténuer la crise qui sévit déjà chez les éleveurs anglais, allemands ou belges.

 

Heureusement, le ciel est venu au secours des «réalistes» débordés par leurs propres excédents. La sècheresse aux Etats-Unis et en Europe Centrale a fait exploser le cours des céréales et du soja et devrait donc faire remonter ceux du lait dans la foulée. Mais il y a d’abord des stocks laitiers à écluser. Et il y a aussi des pays qui vont continuer à produire plein pot, du lait d’herbe pas cher, comme la Nouvelle Zélande. Et d’autres comme aux Etats-Unis, qui vont mettre en place un système de garantie de marge sur coût alimentaire associé à une réduction obligatoire des livraisons en cas de surplus. Ainsi les producteurs américains, y compris ceux ayant plusieurs milliers de vaches hors sol, seront assurés d’une marge minima quels que soient les prix du lait, du maïs et du soja !

 

Et nous, en Europe, on fait l’autruche, on fait confiance à l’OMC ! On fait semblant de croire que la contractualisation hexagonale nous protègera des errements du marché mondial, de la spéculation financière et de la guerre entre régions européennes ! Notre ministre vient de publier un rapport critique sur ce sujet mais sans remise en cause de la privatisation du marché laitier. C’est pour quand le changement ?

Cet article est le 339ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 12:14

Agriculture, Europe et capitalisme, titres les plus fréquents

 

Depuis 59 mois, au début de chaque mois, nous reprenons les titres des articles parus le mois précédent sur ce blog (voir Titres des articles du mois précédent). C’est l’occasion d’adresser un courriel aux amis inscrits sur les listes de distribution, afin de les informer des thèmes abordés sur ce blog. Ceux-ci évoluent dans le temps, selon l’actualité et nos priorités.   

 

Depuis 2006, 2253 articles - classés en 50 catégories - ont été publiés sur ce blog.

 

Michel SorinLes 18 titres en août se répartissent ainsi :

 

- Agriculture et alimentation (7 articles),

- Europe, traité européen (3 articles),

- Capitalisme (3 articles),

- Politique nationale Parlement MRC-PS (3 articles),

- Autoroutes spoliation de l’Etat (1 article),

- Livre d’un mayennais sur la ruralité (1 article).

 

Titres des articles parus en août 2012 sur http://mrc53.over-blog.com

Ratification du traité européen : ATTAC veut enclencher la refondation (17 août)

Traité européen Merkel-Sarkozy : duplicité du Conseil Constitutionnel (16)

L'Europe victime de choix économiques libéraux (euro, élargissement) - 15

L'histoire du capitalisme, un livre de Michel Beaud à recommander (14)

Frédéric Lordon : le choc social PSA concentre les enjeux de l'époque (14)

Le bal des frustrés, un roman du mayennais Alain Bouvier sur la ruralité (13)

Les dirigeants de l'APLI ont analysé le rapport sur la contractualisation (13)

Après-quotas laitiers : face à la crise, des producteurs de lait en action (12)

Rapport, sans surprises, sur la contractualisation dans le secteur laitier (11)

Agriculture : le ministre Le Foll veut créer des dynamiques collectives (10)

Agriculture : prix des céréales en ébullition, risque de crise alimentaire (08)

Revenu agricole 2011 : écarts croissants selon régions et productions (07)

Conférence sur l'agroalimentaire 2030 : c'était le 5 juillet 2012 à Laval (06)

Autoroutes en France : le consentement de l'Etat à sa propre spoliation (05)

La création monétaire et la dette entre les mains du système bancaire (04)

Le MRC, au sein de la majorité, veut sortir la République de sa réserve (03)

Programme de l'université d'été du MRC les 15 et 16 septembre 2012 (02)

Loi de finances rectificative : le rapporteur général du budget argumente (01)

Cet article est le 59ème paru sur ce blog dans la catégorie Titres des articles du mois précédent

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17 août 2012 5 17 /08 /août /2012 14:37

Inciter les parlementaires à rejeter le pacte budgétaire

 

L’association citoyenne Attac est dans son rôle quand elle présente des arguments en faveur du rejet du traité européen. Voici Les 10 raisons de dire non pour rouvrir le débat européen (ATTAC, 13 août 2012). Extraits.

 

En rejetant le Pacte budgétaire, députés et sénateurs peuvent refuser l'austérité perpétuelle et relancer le débat en Europe

 

« Le poids de la dette est devenu écrasant. L'État verse ainsi près de 50 milliards d'euros par an à ses créanciers. Cette somme représente la première dépense, juste devant le budget de l'Éducation nationale; elle est supérieure aux budgets de la recherche, de la justice et de la sécurité réunis. C'est inacceptable ! La dette, c'est moins d'écoles, moins de crèches, moins d'hôpitaux, moins de transports publics... »

 

C'est Jean-Marc Ayrault qui parlait ainsi de la dette publique dans son discours de politique générale en juillet dernier. Mais pour remédier à cette situation, il reprend l'objectif affiché par François

Hollande, une réduction à marche forcée du déficit public, visant 3 % du PIB dès 2013 et le déficit «zéro» en 2017.

Ce n'est pas un hasard : le déficit « zéro » est l'objectif n°1 du Pacte budgétaire, le nouveau traité négocié par Sarkozy et Merkel pour imposer définitivement l'austérité comme seule politique possible en Europe. François Hollande avait promis lors de sa campagne de rompre avec cette logique mortifère. Mais, à l'issue du sommet européen des 28 et 29 juin, le nouveau président français a finalement accepté de ratifier le Pacte.

Selon lui, il aurait obtenu des mesures de croissance permettant de « réorienter l'Europe ».

C'est faux : le Pacte budgétaire, inchangé, est toujours aussi nocif, et le pseudo « Pacte de croissance » adopté le 29 juin n'est que poudre aux yeux.

Au moment où l'Europe s'enfonce dans une inquiétante récession provoquée par les politiques d'austérité, ratifier le Pacte budgétaire signifie accélérer la course à la catastrophe.

 

1. Des coupes injustes et inefficaces

2. Des hausses d'impôts... sans effrayer les riches

3. Austérité-compétitivité : un cocktail à risque

4. Une compétition mortifère dans la zone euro

5. Un indicateur technocratique, arbitraire et instable

6. Une « règle d'or » absurde et injustifiable

7. Une démocratie bafouée

8. L'austérité à perpétuité

9. Un « Pacte de croissance » illusionniste

 

10. Il y a pourtant des alternatives à l'austérité !

 

Rejeter le Pacte budgétaire est indispensable mais ce ne sera qu'un premier pas. Il faut imposer dans tous les pays un véritable débat démocratique autour des enjeux de la dette publique, des alternatives à l'austérité.

Face à la menace de reculs démocratiques, sociaux, écologiques sans précédents, il est plus que jamais nécessaire de mettre en avant les alternatives.

Il faut répondre aux questions essentielles : d'où vient cette dette ?

Comment éviter l'austérité, et la destruction de l'État social ?

 

Une véritable solidarité européenne avec une intervention directe de la BCE pour dissuader la spéculation et sortir de l'asphyxie les économies des pays surendettés par de massifs investissements publics. Dans le même temps, des audits de la dette doivent aboutir à des restructurations importantes, avec participation du secteur privé.

Sortir le financement public des marchés financiers : les États doivent pouvoir emprunter directement à la Banque centrale européenne sans passer par les banques privées ; des mesures de relance publique et d'investissements massifs sont urgentes pour satisfaire les besoins sociaux, renforcer la convergence vers le haut des droits sociaux, et engager la transition écologique.

Lancer une révolution fiscale à l'échelle européenne, en taxant les riches et les profits et en mettant un terme à l'évasion fiscale et aux paradis fiscaux pour redonner des marges de manoeuvre à l'action publique.

Mettre les banques au service de la société : dissocier clairement les activités de banques de détail de celles d'investissement, de financement et de spéculation, mettre sous contrôle public et démocratique le secteur des banques et assurances dans le cadre d'un authentique service public bancaire.

Désarmer les marchés financiers : les paradis fiscaux, et tous les mécanismes spéculatifs comme le trading à haute fréquence, la vente à découvert, les marchés de gré à gré, les CDS et la spéculation sur les produits dérivés doivent être définitivement interdits.

Une taxe ambitieuse sur les transactions financières doit voir le jour dans l'Union européenne ou au moins dans la zone euro.

 

Conclusion : la crise politique européenne est inévitable, il faut l'assumer !

 

On nous dit : « la France essaie, mais l'Allemagne ne veut pas bouger » ; « il faut éviter la crise institutionnelle », « créer la confiance entre les dirigeants européens et avec les marchés financiers », « avoir de la patience »…

Mais la confrontation politique n'est pas entre l'Allemagne et la France ou l'Europe du Sud. Elle est entre un projet de construction européenne pour et par les marchés, et un projet d'Europe démocratique, écologique et solidaire.

L'adoption du Pacte budgétaire signifierait un renoncement à cette confrontation. Ce serait le premier acte politique majeur du quinquennat et – les précédents de 1982 et de 1997 le montrent – l'abandon de toute perspective alternative, alors même que l'extrême gravité de la crise la rend si nécessaire.

En Grèce, en Espagne, en France mais aussi en Allemagne des forces sociales potentiellement majoritaires ont un intérêt commun à réorienter radicalement l'Europe pour éviter le désastre social et démocratique en cours. La condition décisive : enclencher un vaste débat démocratique qui lève l'obstacle de la passivité et de la résignation populaire.

En France, l'organisation par les pouvoirs publics d'un débat référendaire, et à défaut d'un référendum d'initiative citoyenne par la société civile, en serait un outil précieux.

 

Un rejet du Pacte budgétaire par la France serait le signal décisif pour enclencher une dynamique de refondation démocratique de la construction européenne.

Aidons les députés et sénateurs de la majorité présidentielle à le comprendre ! 

 

Rappel : Traité européen Merkel-Sarkozy : duplicité du Conseil Constitutionnel -  16 août 2012 

  Cet article est le 103ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe

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16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 22:08

Ce traité porte atteinte à la souveraineté budgétaire

 

François Hollande peut être satisfait. Voir Le Conseil constitutionnel approuve François Hollande (Le Monde, 10 août 2012).

C’est osé ! Telle est la réaction qu’inspire la décision rendue le 9 août par le Conseil constitutionnel concernant le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’Union économique et monétaire, dit «pacte budgétaire». Anne-Marie Le Pourhiet* professeur de droit public, estime l'appréciation des juges constitutionnels «astucieuse et audacieuse». Voir le site de Marianne, 13 août 2012 : Le Conseil constitutionnel invente la règle d'or non contraignante

 

Contrairement à ce qu’ont indiqué certains commentaires trop rapides et superficiels, le Conseil constitutionnel n’a pas du tout «validé» le traité (ce n’est pas son rôle en la matière), mais n’a pas non plus indiqué que sa ratification ne nécessitait aucune révision constitutionnelle

Il a seulement interprété le pacte budgétaire comme offrant aux États une alternative dont une branche, contraignante pour les finances publiques, nécessiterait une révision constitutionnelle, tandis que l’autre branche, non contraignante, n’impliquerait pas de révision. C’est ce que l’on appelle, dans le jargon des juristes, une « interprétation neutralisante ». Mais, en l’espèce, son raffinement quelque peu pervers se discute et il n’est pas certain du tout que l’interprète officiel des traités européens que constitue la Cour de justice de l’Union européenne se laisse séduire par cette duplicité.


Le Conseil constitutionnel juge donc que si le gouvernement français retient la première option hard il faudra réviser la Constitution française, mais que s’il retient, en revanche, la seconde version
soft ce ne sera pas nécessaire. Le traité nous laisserait donc, en quelque sorte, le choix entre Docteur Jekyll et Mr Hyde.

 

Cette décision est à la fois astucieuse et audacieuse. Le Conseil y exploite habilement une ambiguïté rédactionnelle du traité mais le résultat reste d’une logique douteuse et l’interprétation de la Constitution elle-même est légèrement forcée. Quant à la stratégie poursuivie par le Conseil, elle paraît, en revanche, fort claire : il s’agit évidemment de faciliter une ratification rapide d’un traité signé par Nicolas Sarkozy et confirmé à la virgule près par François Hollande.
 

Pour tenter de ménager tous les systèmes constitutionnels et juridiques en vigueur dans l’Union, la disposition phare du pacte budgétaire dite « règle d’or » concernant  l’équilibre des finances publiques a été rédigée de façon ambiguë dans l’article 3 qui stipule qu’elle prend effet «au moyen de dispositions contraignantes et permanentes, de préférence constitutionnelles, ou dont le plein respect et la stricte observance (…) sont garantis de quelque autre façon».

Il faut convenir que cet énoncé n’est pas clair du tout et laisse entendre que les États pourraient adopter soit des normes contraignantes constitutionnelles ou en tous cas hiérarchiquement supérieures aux lois de finances, soit d’autres mesures qui ne seraient donc pas contraignantes mais dont le traité exige cependant que le plein respect et la stricte observance soient garantis.

 

Or, on voit mal comment l’on pourrait garantir le «plein respect» et la «stricte observance» d’une règle autrement que par des dispositions contraignantes placées au-dessus des budgets qu’elles ont pour vocation d’encadrer. Une circulaire comme celle du 4 juin 2010 relative à l’édiction de mesures fiscales ou encore une loi de programmation des finances publiques peuvent se révéler efficaces pour améliorer l’équilibre budgétaire mais ne peuvent sûrement pas le garantir pleinement et strictement. En l’absence de contrainte, donc de sanction, il ne peut y avoir de garantie véritable.

Or, précisément, toute la stratégie du Conseil constitutionnel a consisté à jouer sur l’alternative apparemment ainsi offerte par le traité. Il explique que si la France prend l’option de la norme constitutionnelle ou organique directe et contraignante il faudra évidemment une révision constitutionnelle, mais que si elle choisit d’adopter un système non contraignant, il ne sera alors pas nécessaire de réviser.

Le problème est que l’on ne voit pas du tout à quoi peut ressembler ce mécanisme non contraignant et que le Conseil s’abstient soigneusement d’en suggérer les contours. Curieusement cependant, alors qu’il indique dans son considérant n°22 que cette seconde option, non seulement ne suppose pas de norme contraignante mais n’implique même pas de recourir à une norme d’une autorité supérieure à celle des lois, il est quand même bien obligé de 
«dénicher» ensuite, dans son considérant n°24 la possibilité d’adopter une loi organique pour fonder ce simple encadrement non contraignant des mesures budgétaires.

C’est dire qu’il finit par reconnaître au bout du compte, après l’avoir nié, la nécessité d’adopter quand même un texte normatif qui s’imposera au législateur financier. Tout cela n’est pas très cohérent et l’on devine bien que ce byzantinisme obscur est mis au service d’une stratégie politique.

 

Il reste donc au Gouvernement français, s’il choisit l’option soft comme on peut s’y attendre, à préparer un projet de loi organique qui devra théoriquement s’inspirer des « conditions » définies par le Conseil constitutionnel, qui sont si peu précises et claires qu’il dispose en réalité d’une grande liberté pour réaliser notre mise au pas de l’oie budgétaire.

       
Dans une conférence-débat au parlement européen le 7 février 2012 le professeur allemand Dietrich Murswiek indiquait : 
«Le pacte budgétaire est un projet allemand. Le ministre des finances Schäuble et la chancelière Merkel ont eu l’ambition d’utiliser la crise de l’euro pour transformer l’union monétaire en union budgétaire complète». C’est bientôt chose faite.

 

Le président du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), Jean-Luc Laurent, a indiqué, dans un communiqué publié le 10 août, que ce traité ne serait pas approuvé par les parlementaires MRC (Marie-Françoise Bechtel, Christian Hutin et Jean-Luc Laurent à l’Assemblée nationale, Jean-Pierre Chevènement au Sénat). Voir le site du MRC : Malgré l'aveuglement volontaire du Conseil Constitutionnel, le traité européen (TSCG) porte atteinte à la souveraineté budgétaire

 

Le Conseil Constitutionnel a jugé conforme à la Constitution le Traité européen sur la Solidarité, la Cohésion et la Gouvernance (TSCG), signé au nom de la France par Nicolas Sarkozy le 2 mars dernier.
Le Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) regrette que le Conseil Constitutionnel n'ait pas voulu voir que les mécanismes de discipline introduits par le TSCG portent atteinte en eux-mêmes à la souveraineté budgétaire.
Lorsque le Parlement sera saisi à la fin du mois de septembre, et malgré les avancées substantielles intervenues en faveur de la croissance au sommet européen du 28 juin, le traité ne saurait être approuvé par le MRC.
En prétendant sauver l'Europe, les politiques de coercition et d'austérité conduisent les pays européens dans le gouffre de la dépression.

* Anne-Marie Le Pourhiet est membre du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica, présidée par Jean-Pierre Chevènement.

Cet article est le 102me paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe

 

Article paru le 16 août 2012

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