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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 23:53

Double faute, contre la souveraineté et la croissance

 

Les opposants au Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernances’organisent.  C’est ainsi qu’une conférence-débat est prévu le 8 octobre à Paris avec la participation de six intervenants, membres d’organisations politiques différentes. Voir LE NOUVEAU TRAITE EUROPÉEN

 

« LE NOUVEAU TRAITÉ EUROPÉEN TSCG, LA CRISE DE L’EURO, LA DÉMOCRATIE ».
Avec : Jacques Nikonoff (M’PEP), Jacques Myard (UMP), Patrick Le Hyaric (Front de gauche), Nicolas Dupont-Aignan (DLR), Marie-Françoise Bechtel (MRC) et François Asselineau (UPR).

 

Ils partagent le point de vue critique de Jacques Myard, l’un des six « Ce traité constitue une double faute, politique et économique. Il organise, en effet, un abandon radical de souveraineté budgétaire et va accélérer la crise actuelle ».

Voir Le traité budgétaire européen ? Une machine infernale qui va accélérer la crise (tribune sur le site du Nouvel Observateur, 4 octobre 2012).

 

Le Mouvement Républicain et Citoyen sera représenté par Marie-Françoise Bechtel, députée de l’Aisne.

 

Voir l’entretien accordé par Jean-Pierre Chevènement au site Atlantico (24 septembre 2012) :

Pourquoi je dis "non" au traité budgétaire européen

Et le discours de Jean-Luc Laurent, Président du Mouvement Républicain et Citoyen et député du Val-de-Marne, prononcé à l’occasion du débat général précédant l’examen par l’Assemblée Nationale du traité TSCG et de la loi organique dite de « la règle d’or », mardi 2 octobre 2012.

"L’euroréalisme doit conduire à la monnaie commune"

Voir aussi Bernard Cassen et le succès du projet néolibéral européen (UE, euro) - 30 septembre 2012 7 30 /09 /Sep /2012 22:56

Désobéissance civique pour une Europe de gauche (Bernard Cassen, Le Monde Diplomatique, octobre 2012)

Deux traités pour un coup d'Etat européen (Raoul Marc Jennar, Le Monde Diplomatique, juin 2012)

Traité flou, conséquences limpides (Raoul Marc Jennar, Le Monde Diplomatique, octobre 2012)

 

Cet article est le 106ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe

Article paru le 5 octobre 2012

http://mrc53.over-blog.com

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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 23:49

L’Europe, « homme malade » de l’économie mondiale

 

La note de conjoncture Insee d'octobre a été présentée à la presse ce 4 octobre. Cette note est intitulée « A l'arrêt ». Voici quelques commentaires utiles.

 

La note d'octobre est, traditionnellement, une simple mise à jour de la note de juin - qui présentait une première prévision pour l'ensemble de l'année 2012. Elle confirme pour l'essentiel mais actualise et précise le diagnostic conjoncturel pour la fin de l'année. La prochaine note, qui fournira des prévisions pour le premier semestre 2013, devrait être publiée le 20 décembre.

 

Le titre « à l'arrêt » s'applique bien à l'économie des « pays avancés » (OCDE) dans leur ensemble et surtout à l'économie française. En raison notamment des « consolidations budgétaires » et de l'augmentation des prix du pétrole, le peu de croissance qui survivait en Europe au début de l'année (Allemagne) s'éteint progressivement et s'effondre au sud (Espagne, Italie...). Le commerce extérieur pâtira de l'appréciation de l'euro entamée cet été.

 

La zone euro entre donc en récession au troisième trimestre et apparaît de plus en plus comme « l'homme malade » de l'économie mondiale. Seuls des grands pays de l'OCDE, les États-Unis conservent un certain dynamisme, le regain observé au Royaume-Uni n'étant pas appelé à persister (effet ponctuel des JO et du jubilé de la reine...). Le « climat des affaires » se dégrade nettement. L'activité des pays « émergents » reste très supérieure mais l'Insee la qualifie d'indécise. Le commerce mondial devrait donc fléchir sensiblement.

 

En France, le PIB stagnerait sur l'ensemble de l'année : croissance nulle en T2, T3 et T4 (2ème, 3ème et 4ème trimestres). La plupart de ses composantes sont très proches de zéro :

·         pertes d'emploi, augmentation des prélèvements obligatoires et hausse des prix du pétrole retentissent sur la consommation des ménages qui sera pénalisée par la baisse du pouvoir d'achat (le revenu disponible brut réel par unité de consommation baisserait de 1,2% en 2012 après -0,1 en 2011) ; la consommation stagnerait donc (0,1 ; -0,1 ; 0,1 et -0,1 de T1 à T4) en dépit d'une baisse significative du taux d'épargne (16,0 en T1 ; 15,1 en T4) elle même imputable en partie aux mesures fiscales qui concernent surtout les hauts revenus ;

·         faute de débouchés notamment intérieurs, l'investissement recule en cours d'année ;

·         les pertes d'emploi s'accumulent : - 31.000 en T3 et -35.000 en T4 pour les secteurs marchands non agricoles ; le chômage atteindrait 10,6% de la population active en fin d'année (10,2 en métropole) ;

 

Seules contributions franchement positives à la croissance en France en 2012 :

·         les dépenses de consommation des administrations (progression de 0,3% par trimestre) ;

·         les exportations en volume, qui auront augmenté plus que les importations en 2012 mais semblent désormais stagner.

 

Remarques :

·         pour atteindre l'objectif de 0,8 % de croissance en 2013, avec un acquis nul en début d'année, il faudrait une croissance d'environ 0,3% par trimestre en cours d'année. C'est peu dans l'absolu mais on voit mal ce qui pourrait permettre cette reprise relative ;

·         les pertes d'emploi sont amorties par la faiblesse inhabituelle des gains de productivité, et ceci en vrai dans la plupart des pays européens (Espagne exceptée) ;

·         outre les incertitudes inhérentes au système monétaire, les aléas principaux signalés par l'Insee pour l'avenir immédiat concernent : le comportement d'épargne des ménages (si l'épargne baisse moins que prévu, la demande intérieure et donc l'activité seront encore plus déprimées) ; le climat des affaires qui est encore plus pessimiste que les données d'activité disponibles ; la croissance des pays émergents qui, à l'inverse, pourrait être plus forte que prévu.

 

Cet article est le 100ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 23:06

Rappel de quelques principes de base et interrogations

 

Le Kremlin-Bicêtre CN 22 03 09 014Conseillère municipale de Nantes et secrétaire nationale du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), chargée de la citoyenneté et des droits des femmes, Christine Meyer m’a transmis ses réflexions sur le rapport entre citoyenneté et « droit au mariage » ou « mariage pour tous », réflexions qu’elle a adressées aux parlementaires MRC (les trois députés Marie-Françoise Bechtel, Christian Hutin et Jean-Luc Laurent, et le sénateur Jean-Pierre Chevènement).

 

Remarque préalable

 

Il est dommage que ce débat, comme beaucoup d’autres, soit préempté par le clivage politique entre droite et gauche, renvoyant en principe à celui entre conservatisme et progressisme.

Il s’agit là d’une véritable question anthropologique dans laquelle il est vraiment trop facile de répondre avec ces catégories toutes faites et qui évitent de réfléchir.

Pour dire les choses autrement, il ne faudrait pas, en général, que le principe démocratique, qui est celui du libre débat (et du débat tout court) soit occulté par celui de la « bonne » réponse a priori. 

 

Rappel de quelques principes

 

Le débat me semble assez pauvre, surtout à gauche, et mal engagé, car il se fonde sur une conception contestable de l’égalité citoyenne et mélange la question des institutions et celle des droits individuels.

Plus précisément, il occulte totalement le sens même de l’idée d’institution pour n’en faire qu’un service au « service » des individus et de leur demande personnelle.

 

Le mariage est une institution de la République, destinée à une fonction précise : assurer l’ordre de la filiation.

Il ne s’agit ni d’un contrat entre 2 individus, en particulier qui serait fondé sur des relations affectives, ni non plus d’un « service public », auquel tous les citoyens auraient par principe accès.

Il ne peut y avoir de « droit au mariage » de même type que le droit à la santé. Le fait que le mariage soit limité à l’union entre un homme et une femme n’est pas nécessairement une entrave au principe d’égalité, de même que le mariage est réservé aux adultes de plus de 18 ans, et interdit entre membres d’une même famille, quelles que soient les profondes et sincères relations d’amour pouvant exister entre ces personnes et même entre enfants ou entre adultes et enfants.

 

Cette limitation renvoie malgré tout au fait même aujourd’hui, avec toutes les techniques de PMA possibles, il faut toujours une cellule mâle et femelle pour engendrer un enfant (sauf à promouvoir le clonage). A ce titre, on pourrait aussi considérer que le fait pour un homme de ne pouvoir porter un enfant est une atteinte au principe d’égalité (ou pour une femme ménopausée de ne plus pouvoir avoir d’enfant). Il ne s’agit pas de fonder le droit social sur la nature, mais de ne pas considérer toutes les limitations naturelles comme des injustices qui doivent être corrigées par le droit.

 

L’égalité des droits est celle existant entre les citoyens et non entre tous les individus, dans leur existence privée. Le fait d’être « gay » ou « homo » relève d’abord d’une inclination personnelle qui, certes, doit être protégée comme toute forme de vie privée qui ne porte pas atteinte aux droits des autres citoyens et ne doit entraîner aucune discrimination dans l’accès aux services publics, mais non nécessairement au mariage.

 

Il faut rappeler aussi que le débat est totalement faussé par le fait que l’on présente ce « mariage pour tous » comme la réparation d’une injustice et discrimination vis-à-vis des homosexuels. Or, l’humanité n’est pas séparée entre homosexuels et hétérosexuels, mais entre hommes et femmes, nécessaires à l’engendrement, et qui peuvent chacun avoir des inclinations plutôt vers un sexe ou plutôt vers l’autre, chaque inclination étant en elle-même parfaitement légitime, mais ne donnant en elle-même aucun droit spécifique par rapport à la citoyenneté et aux institutions.

Si telle inclination affective ou sexuelle ouvre au mariage, alors effectivement, je peux demander un mariage à 3 (ou plus) sous prétexte que j’aime sincèrement 2 hommes ou 2 femmes (ce qui peut être vrai et même une relation très riche)

 

Aujourd’hui, le mouvement culturaliste vise à nous montrer que les différences présentées comme « naturelles » sont en fait culturelles et étendent ce point de vue à la différence des sexes (théories du genre). Si certaines dénonciations sont justes, il faut quand même rappeler que toute culture, quelle qu’elle soit, quel que soit le rôle attribué à chaque sexe (et qui varie énormément, certes) renvoie à une différenciation des sexes.

 

Il y a une volonté d’abolir toute idée de nature, c'est-à-dire de donné initial sur lequel l’homme ne peut rien, qui relève d’une vision totalement prométhéenne de l’homme. Or, ce qui est étonnant, et jamais remarqué, c’est que ce sont les mêmes (les écologistes) qui dénoncent les dégâts de cette vision prométhéenne et défendent en même temps toutes les formes les plus extrêmes de modification des données naturelles en ce qui concerne la procréation. Toute société articule un certain rapport entre nature et culture.

 

En conclusion, ce débat mérite de soulever d’autres enjeux que celui du combat des progressistes et « réactionnaires ». Ces  enjeux sont les suivants :

-          le statut des institutions par rapport à celui de la revendication des droits individuels,

-          la question du rapport entre nature et culture : aujourd’hui le statut du donneur (de sperme ou d’ovocyte) débouche sur un grand vide juridique et aussi psychologique qui donnera sans doute beaucoup de clients aux psychanalystes,

-          la question de la finalité de la médecine : corriger, réparer les imperfections de la nature ou créer une « seconde nature ».

 

Malgré tout, il me semble très difficile d’enrayer ce mouvement visant à étendre toujours plus les droits individuels et à transformer le citoyen en « ayant droit ».

 

- D’une part, le développement de toutes les formes de PMA ne pourra être limité et conduit à une procréation de plus en plus « technique ».

 

- D’autre part, il y a aujourd’hui la possibilité pour les célibataires (quasi exclusivement les femmes) d’adopter des enfants. Ce fait me semble à lui seul, par contre, à la fois une profonde injustice, et aussi, il faut bien le reconnaître, souvent une grande hypocrisie.

C’est une injustice, car je ne vois pas au nom de quoi une femme seule serait plus à même d’élever un enfant qu’un couple homo; en effet, lorsqu’on reste dans le cadre de l’adoption (c'est-à-dire avec une différence claire entre les géniteurs et les parents adoptifs), il n’y a pas de raison de refuser aux uns ce qu’on accorde aux autres.

Enfin, c’est une hypocrisie car, du moins pour les femmes, ces adoptions peuvent très bien masquer une vie de couple homosexuel. C’est pourquoi il me paraît, de fait, aujourd’hui impossible et injuste de ne pas reconnaître la possibilité d’une adoption simple d’un enfant par les couples de même sexe, mais avec un statut particulier pour le conjoint de l’adoptant (position de S.Agacinsky).

 

Adoption simple, sans mariage. Conclusion un peu paradoxale et difficile à tenir politiquement. Je laisse le débat ouvert.

 

Cet article est le 43ème paru sur ce blog dans la catégorie République Parlement.

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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 22:25

Université d’été MRC, agriculture, Europe, titres du mois

 

Depuis 60 mois, au début de chaque mois, nous reprenons les titres des articles parus le mois précédent sur ce blog (voir Titres des articles du mois précédent). C’est l’occasion d’adresser un courriel aux amis inscrits sur les listes de distribution, afin de les informer des thèmes abordés sur ce blog. Ceux-ci évoluent dans le temps, selon l’actualité et nos priorités.   

 

Depuis 2006, 2267 articles - classés en 50 catégories - ont été publiés sur ce blog.

 

Michel SorinLes 13 titres en septembre se répartissent ainsi :

- Université d’été 2012 du MRC à Belfort (8 articles).

- Agriculture, politique laitière, recherche OGM et santé (3 articles),

- Europe, traité européen (2 articles).

 

 

Titres des articles parus en septembre 2012 sur http://mrc53.over-blog.com

Bernard Cassen et le succès du projet néolibéral européen (UE, euro) 30 septembre

Coopératives laitières : leur stratégie mécontente les syndicats et l'APLI – 28 sept.

Maïs OGM pouvant nuire à la santé : Arthur Riedacker élargit le débat – 27 sept.

Université d'été 2012 du MRC à Belfort : le résumé des interventions – 24 sept.

JP Cossin, B Moschetto et C Proust à l'université d'été MRC à Belfort – 23 sept.

C Ramaux, B Romagnan et JP Chevènement à l'université d'été MRC – 22 sept.

Jean-Yves Autexier et Jean-Philippe Huelin à l'université d'été du MRC – 21 sept.

Université d'été du MRC : Marie-Françoise Bechtel et l'idée républicaine – 20 sept.

Université d'été MRC : Chevènement a rappelé ce qu'est la République – 19 sept.

La conclusion par Jean-Luc Laurent de l'université d'été MRC à Belfort – 19 sept.

Programme de l'université d'été MRC les 15 et 16 septembre à Belfort – 13 sept.

Contribution de Clément Lacaille à la réflexion du MRC sur l'Europe – 12 sept.

Politique laitière européenne : André Pflimlin écrit dans L'Eleveur laitier – 11 sept.

Cet article est le 60ème paru sur ce blog dans la catégorie Titres des articles du mois précédent

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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 22:56

Détruire l’Etat social, restaurer la puissance du capital

 

Bernard Cassen (Wikipédia) est parmi ceux qui ont le mieux compris et expliqué en quoi consiste le projet néolibéral. Fondateur et premier président d’Attac, il a créé l’association Mémoire des luttes (voir Bernard Cassen - Mémoire des luttes).

Dans la Lettre d’information publiée en septembre, Bernard Cassen publie cet article, court et clair, daté du 1er septembre :  

Pour les vrais maîtres de l'Europe, l'UE et l'euro sont des réussites

Pour ses partisans, le néolibéralisme n’est pas une idéologie. C’est un projet naturel et évident d’épanouissement des libertés. Il existe toutefois une hiérarchie de ces libertés. Certaines - celles qui concernent l’économie et la finance - sont en effet beaucoup plus importantes que d’autres, et c’est pourquoi, dans ses traités, l’Union européenne (UE) les qualifie significativement de « fondamentales ». Il s’agit des libertés de circulation des capitaux, des biens, des services et des personnes (il faudrait plutôt dire de la main d’œuvre…). Le tout avec comme principe directeur la « concurrence libre et non faussée ».

L’UE est ainsi devenue la première entité interétatique organisée en vue d’inscrire dans son ordre juridique les fondements de l’utopie néolibérale, à savoir l’hégémonie des marchés – en premier lieu des marchés financiers - et le désarmement de l’Etat.

 

La création de l’euro, par le traité de Maastricht de 1992, a constitué un pas supplémentaire dans cette direction : elle a installé au cœur de l’UE une forteresse de la finance, la Banque centrale européenne (BCE), dotée de considérables pouvoirs et mise à l’abri de tout contrôle démocratique. La BCE réalise ainsi le fantasme de tout banquier central : être totalement indépendant du pouvoir politique, voire lui dicter sa politique. Il faut rappeler que la Bundesbank d’avant l’euro n’était pas complètement autonome par rapport au gouvernement allemand, pas plus que la Réserve fédérale ne l’est aujourd’hui par rapport à la Maison Blanche.

 

Ce dispositif a été complété par la création de la « troïka » qui, outre la BCE, comprend deux structures tout aussi « indépendantes » : la Commission européenne et le Fonds monétaire international (FMI). Ce sont eux les vrais maîtres de l’Europe, et ils le font sentir sans ménagement aux Etats qui, l’un après l’autre, passent sous leur tutelle et sont rabaissés au statut de protectorats. C’est déjà le cas de l’Irlande, de la Grèce et du Portugal. Cela le sera sans doute bientôt de l’Italie, de Chypre, de la Slovénie et de l’Espagne. En attendant d’autres… Chose impensable il y a encore quelques années, le président de la BCE, Mario Draghi se permet, sans que cela provoque l’indignation générale, de dicter dans le détail aux gouvernements les mesures qu’ils doivent prendre pour « bénéficier » d’un plan de « sauvetage ». Une version européenne des plans d’ajustement structurel longtemps imposés aux pays du Sud par le FMI et la Banque mondiale…

 

Dans son rapport mensuel publié le 9 août, la BCE exige la baisse des salaires (en particulier celle du salaire minimum) ; l’assouplissement, sinon le démantèlement, des lois de protection des travailleurs ; la fin de l’indexation des salaires sur l’inflation dans les pays où elle existe ; une législation favorable aux entreprises ; la suppression des entraves à la concurrence internationale, etc. Peu lui importe que ces recettes, déjà appliquées, pour tout ou partie, dans la plupart des pays, n’aient fait que provoquer la hausse du chômage et de l’endettement public, ainsi qu’une récession en voie de généralisation. Dissimulé derrière le prétexte de la crise, le véritable objectif est autre : il s’agit de détruire l’Etat social mis en place en Europe après le seconde guerre mondiale et d’y restaurer la toute-puissance du capital.

 

Il est naïf de se contenter de déplorer l’échec de ces politiques, même si cet échec est total au regard de leurs objectifs officiellement affichés. Grâce à l’UE et à l’euro, on peut au contraire parler d’une grande réussite dans la mise en œuvre du projet néolibéral. Pour l’instant…

 

Cet article est le 105ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe

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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 23:23

Les producteurs ne se sentent pas bien représentés

 

La baisse du prix du lait initiée par le groupe coopératif Sodiaal a provoqué des réactions, y compris dans les syndicats majoritaires (voir cet article de La France Agricole paru le 5 septembre 2012 : Prix du lait : JA déplore une décision « inacceptable » de Sodiaal.

 

AGE-Apli-Plessis-Mace-310112-022-T.jpgPhilippe Grégoire, président de l’association des producteurs de lait indépendants de Maine-et-Loire (Apli 49), dénonce la stratégie des coopératives laitières et accuse les responsables syndicaux d’avoir cautionné une stratégie conduisant à l’appauvrissement des paysans. C’est dans l’édition du 21 septembre 2012 de L'AVENIR AGRICOLE.

 

« Il faut en finir avec la stratégie des volumes de poudre de lait »

 

Les producteurs laitiers, de moins en moins nombreux mais sur des surfaces de plus en plus grandes, sont aujourd’hui payés au même prix qu’il y a 25 ans, avec des coûts de production non couverts. Qui peut accepter cela ? C’est la conséquence d’une stratégie des industriels laitiers. Nous avions le choix entre produire beaucoup et à bas prix pour exporter de la poudre de lait et gagner des marchés selon les règles de l’OMC (sans protection), ou produire pour un marché européen mieux protégé et n’exporter que des produits de qualité sans aides. C’est la première option qui a été choisie. Cette stratégie, qui consiste à miser sur le beurre-poudre, principalement emmenée par les grandes coop laitières françaises comme Sodiaal ou Laïta, a entraîné la filière vers le bas. Il aurait fallu au contraire miser sur la valeur ajoutée, comme l’ont fait Bongrain ou Lactalis.

 

Cela m’amène à une question : pourquoi nos représentants agricoles, largement présents dans les conseils d’administration des coopératives, ont-ils pu laisser dériver le système jusqu’à l’appauvrissement des paysans ? Quand on consulte l’organigramme des conseils d’administration des coop, on constate que c’est à peu près le même qu’à la FNSEA. Quand des gens sont appelés par leurs responsables syndicaux à manifester devant Sodiaal ou Laïta, il y a donc incohérence !

 

A l’interprofession, les coopératives siègent dans le collège des transformateurs. Un producteur de lait n’est donc pas représenté par son collège mais par celui des transformateurs. Le producteur de lait en coopérative n’a donc pas de représentant direct. Pourquoi nos responsables agricoles ont-ils cautionné la fin des quotas en 2015 alors que dans le même temps ils se sont opposés avec force à la suppression des droits de plantation dans la vigne ? Il semble qu’il y ait deux poids deux mesures ! On est prêt à protéger la gestion des volumes viticoles mais pas les volumes de lait… Il faut en finir avec cette forme de cogestion.

 

Rappel : André Pflimlin, auteur de « Europe laitière : valoriser tous les territoires pour construire l’avenir »  Editions France Agricole, 2010 (voir André Pflimlin présente trois avenirs possibles pour l'Europe laitière - 30 juillet 2012). 

 

Cet article est le 341ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 23:16

Développer les moyens de la recherche publique

 

La publication des résultats des travaux de recherche menés depuis deux ans par Gilles-Eric Séralini a déclenché des réactions diverses. Voir OGM et herbicides : l'étude de Séralini est un bon début (Le Nouvel Observateur, François Veillerette, 24 septembre 2012).

 

Université d'été MRC 2010 017 TMon ami Arthur Riedacker, directeur de recherche honoraire à l’Institut de la Recherche Nationale Agronomique (INRA), membre du Mouvement Républicain et Citoyen (Val-de-Marne), a saisi l’opportunité pour faire le point, en scientifique, sur les recherches menées dans le domaine des produits phytosanitaires en agriculture et des Organismes génétiquement modifiés (OGM).

 

Voici (sans ses nombreux renvois en bas de page, pour des raisons techniques) le texte qu’il m’a transmis.

 

Cette présentation qui a fait la une de la presse le 20 septembre est l’occasion de faire un point sur l’utilisation des produits phytosanitaires en agriculture et les OGM : leurs effets sur les rendements, sur la santé des hommes, le  rôle des organismes publics de recherche et les politiques à mener.


La tonalité des débats à propos de cette question n’est pas surprenante puisqu’elle concerne la santé de chacun d’entre nous en tant que consommateurs, et bien évidemment, les agriculteurs en tant que producteurs et utilisateurs des herbicides. 

 

Mais il faut aller plus loin et clarifier un peu le débat sur le plan scientifique, sans oublier de prendre en compte les dimensions  historiques, politiques et géopolitiques.

 

Au cours de l’histoire, les herbicides se sont révélés comme de précieux auxiliaires des agriculteurs. La destruction des plantes adventices concurrentes des céréales était devenue indispensable après l’abandon de l’agriculture itinérante sur abatis brûlis des forêts. Ce mode de culture qui évitait d’avoir à désherber était encore pratiqué au début du XXème siècle en Finlande, dans les Ardennes et bien sûr sous les tropiques. Ceux qui ont encore enlevé manuellement les chardons des champs de blé, comme moi en France au début des années 1950, se souviendront de la pénibilité de ce travail et de l’intérêt que présentait alors l’utilisation des herbicides. Désherber est essentiel pour obtenir de bons rendements. Ne dit-on pas par ailleurs qu’un binage vaut deux arrosages ? Seuls ceux qui n’ont jamais manié une bêche l’ignorent ?

 

On découvrit alors que certains herbicides, comme l’atrazine utilisé dans les cultures de maïs, étaient non seulement efficaces, mais aussi assez toxiques et fortement rémanents. Ils descendaient lentement des couches superficielles des sols vers les nappes d’eau, puis réapparaissaient quelques années plus tard dans l’eau. L’utilisation de l’atrazine finit donc heureusement par être interdite. D’autres produits remplacèrent ces premières molécules de synthèse.

 

Mais on connaissait, et on connaît toujours très mal, les effets directs sur la santé et l’environnement  de ces produits, et encore plus mal  les effets indirects des produits issus de  la dégradation de ces molécules. Les recherches de ce type sont onéreuses, longues et également peu gratifiantes quand elles ne sont pas soutenues financièrement et socialement.

 

En 1973, lors d’une réunion de l’IUFRO (Union  Internationale des  Instituts de Recherches Forestières), la Suède avait demandé que l’on étudie l’effet de l’utilisation des herbicides sur la santé des ouvriers forestiers qui les épandaient, et des colles à bois sur la santé des ouvriers des industries du bois. La question était simplement et clairement posée. Comment fut-elle évacuée ? L’américain Jemison, le nouveau  et premier président de l’IUFRO non européen depuis 1892, balaya cette proposition sous prétexte qu’elle concernait tout l’environnement : Elle était par conséquent bien trop compliquée à expertiser !

 

Faute de mieux, il fallut attendre le Grenelle de l’environnement en septembre 2008 et le Plan Ecophyto 2018 recommandant la division par deux, d’ici 2018, des quantités de pesticides utilisés annuellement ! En 2009, la surface  agricole utile (SAU) de la France était de 27,5 millions d’hectares, et selon Eurostat, le nombre moyen de doses homologuées par hectare (IFT) était

·       de 3,8 pour les grandes cultures (sur 45% de la  SAU) 

·       de 12,5 pour la vigne (sur 3% de la SAU)

·       de 17,3  pour les fruits, horticulture et autre  (sur 1,6% de la SAU)

·       de 0,4 pour les fourrages (sur 39% de la SAU)

 

Diviser l’emploi des pesticides par 2 d’ici 2018  est donc un objectif intéressant et à soutenir. Un millier de fermes écoles ont été mises en place pour des formations d’agriculteurs.

 

Les praticiens pensent, d’une part, qu’il sera difficile d’atteindre cet objectif sans pertes de productions. Ils craignent cependant aussi que cela entraîne des distorsions de concurrences, surtout  si les pays voisins ne sont pas soumis aux mêmes normes !

 

Or, l’agriculture « bio »  bien menée, sur des sols ni trop pauvres en éléments minéraux et en humus, demanderait au moins 30% de superficie supplémentaire pour l’obtention de productions totales quantitativement  identiques.

Il faudrait donc, pour les grandes cultures, au moins 3,7 millions d’hectares supplémentaires (ou annuellement de l’ordre de 250 millions de quintaux de céréales en moins). Cette superficie serait  à prendre sur des forêts  et des prairies. Ce qui diminuerait d’autant les capacités de production de bois (y compris de bois de chauffage), et de fourrages tout en augmentant les émissions de gaz à effet de serre ainsi que la nécessité de recourir à plus d’énergies fossiles et au nucléaire pour le chauffage dans l’habitat. Si cette surface supplémentaire ne pouvait être obtenue par défrichement en France, il faudrait donc y diminuer les productions, et par conséquent les exportations de céréales, ce qui aggraverait évidemment davantage les déséquilibres actuels de la balance commerciale de notre pays. 

 

Il y a donc de bonnes raisons de préserver le niveau actuel de production, à condition que ce soit de manière acceptable. Cela prendra du temps. Raison de plus pour s’y intéresser sans tarder. Toutes les molécules n’ont en effet  pas les mêmes effets sur la santé. Il faudrait en particulier mieux connaître la gravité des perturbations endocriniennes  occasionnées par les différentes molécules, ce qui, évidemment, implique des moyens publics conséquents.

 

Et les OGM dans tout cela ? 

 

C’est dans cette approche qu’il faut replacer le débat sur les OGM.  Si la culture de certaines plantes, par exemple de cacaoyer, pouvait permettre de prémunir les plantes contre certains parasites sans nécessiter de recourir à des pesticides, tant mieux, a priori tout au moins pour les consommateurs de chocolat ! Cela permettrait de consommer moins de résidus de pesticides. On peut imaginer de créer  plusieurs sites de résistances sur les chromosomes pour éviter que les parasites dont il faut se protéger ne contournent la barrière ainsi créée.  Mais cela peut avoir d’autres conséquences. On s’est aperçu, par exemple en Chine, que le coton OGM pouvait bien résister aux parasites. Mais l’absence de traitements a entraîné le développement d’autres parasites s’attaquant à d’autres plantes dans le voisinage. Décidément,  les choses ne sont pas aussi simples qu’on pourrait le souhaiter.

     

Sur le plan politique on doit aussi ajouter quelques commentaires. Il faut, tout d’abord, rappeler que c’est sous la présidence de Bill Clinton qu’ont été développés aux Etats Unis les productions d’OGM via Monsanto. Et cela, sans mise en place de contrôles scientifiques suffisants. Ce qui a permis à cette multinationale états-unienne d’acquérir une place dominante dans le monde.  De telles recherches devraient évidemment être menées par des organismes publics. A la différence des entreprises privées, celles-ci n'ont en principe  pas d’objectifs immédiats de rentabilité susceptibles de justifier des mises prématurées sur le marché de graines OGM ! Il n’y a, aujourd’hui, pas de menaces de famines dans les pays développés. Et dans les pays les moins avancés, la sécurité alimentaire pourrait sérieusement être améliorée avec les techniques agronomiques traditionnelles déjà connues.

 

Dans les années 1920, on n'avait pas encore redécouvert les lois de Mendel. Même les ouvrages français parlaient alors d’hérédité des caractères acquis, comme  tous les néo-lamarkiens de l'époque. Michurin était aussi de cet avis. Cela n'a cependant  pas pu être vérifié. Lysenko, en revanche, avait prétendu que cela marchait. Mais pour cela, il a dû falsifier les résultats ! Les généticiens classiques de l’URSS,  qui étaient alors sans solution miracle pour régler le problème de la faim (bien réel sous Staline),  furent de ce fait mis sur la touche. C'est ainsi que l'URSS a perdu 50 ans dans les recherches génétiques,  en particulier dans le domaine de l'amélioration végétale. (cf. à ce propos l’excellent livre, quoique déjà ancien, de Dominique Lecourt).

 

N’y a-t-il pas des risques du même genre, aujourd’hui, en France ? N’y a-t-on pas  diabolisé les recherches sur les OGM ? D’aucuns n’ont-ils pas arraché des plants de vignes à l’INRA de Colmar et détruit des plants de coton Bt au Cirad de Montpellier.  Comment la recherche peut-elle dans ces conditions se poursuivre ? Comment cela peut-il encourager des jeunes chercheurs à travailler dans ce domaine ? Cela ne va-t-il pas plutôt les encourager à s’expatrier ou à conduire les recherches ailleurs, dans les organismes de recherches internationaux ou aux Etats-Unis ?


Il est  non seulement  normal, mais encore tout à fait souhaitable  que l'on communique les résultats obtenus. L’important est  d’indiquer la méthodologie pour que cela puisse être reproduit. C'est la b, a,  ba de la science. Cette posture est bien évidemment différente de la militance contre les biotechnologies.

Qu'on se souvienne des travaux de Flemming sur l'effet antibiotique de la pénicilline. Comme cela allait à l'encontre des opinions dominantes de l'époque, ses publications ont d'abord été refusées. Heureusement, on n'en est pas resté là... Car on a pu vérifier la validité de ses conclusions.

Dans les années 1970, un  certain "professeur ( ?)" Kervran parlait de transmutation du calcium en potassium. Cela devait permettre de se dispenser d’apports de potassium au champ.  Ses conclusions étaient très connues  de tous les adeptes de l'agriculture biologique. Quand on a voulu reproduire ses essais on n'a pas pu le faire... Mais personne n'en a parlé.

 

Si nous soulignons cela, c’est aussi parce que nous pensons qu’il est très important de distinguer les effets des pesticides (qui a envie de manger des molécules nocives pour sa santé ?) des effets des engrais minéraux. On sait que l’agriculture biologique renonce dogmatiquement aux uns et aux autres. Cela peut servir à faire des progrès dans les connaissances. Mais  au niveau mondial, nous ne pensons pas que l’avenir réside dans le « bio », contrairement à ce qui est parfois affirmé, mais dans la « production d’aliments non nocifs pour la santé », en quantités suffisantes, si possible dans tous les pays.


Il y a quelques années, des chercheurs allemands d'un prestigieux institut prétendaient que les parties aériennes des plantes émettaient du méthane et que cela renforçait l'effet de serre!  On les a vite oubliés.

 

Paul Crutzen - chimiste et prix Nobel pour ses travaux sur les CFC, mais pas agronome -  avait également publié au début des années 2000, avec d’autres collègues, un article dont les grands quotidiens s'étaient empressés de reprendre les conclusions afin de démolir les biocarburants. Or cet article a ensuite été tellement critiqué par la communauté scientifique que les auteurs ont dû en publier un second, dans la même revue scientifique, pour reconnaître (une partie seulement de) leurs erreurs.  Les grands quotidiens ont évidemment superbement ignoré ce deuxième article.


On pourrait citer toute une série de prétendues connaissances scientifiques qui sont véhiculées par les uns et les autres et par divers médias, en particulier par certains journaux très friands de nouvelles sensationnelles.

 

La déontologie voudrait que, quand il y a des expériences ou des conclusions ensuite démenties - parfois par les mêmes chercheurs, le plus souvent  par d'autres chercheurs -  ces mêmes journaux accordent la même place aux démentis. C’est malheureusement trop rarement le cas.

 

Alors, revenons sur la question très sérieuse des OGM. Mais il faut ici au préalable souligner qu’il y a bien d’autres applications des techniques à OGM que le développement de plantes résistantes à certains herbicides dont il est question ici. Comme toujours, il peut y avoir des applications intéressantes, et d’autres à éviter, ou même à interdire. Attention donc aux amalgames ! 

 

Pour cette question des OGM résistants aux herbicides, ce n’est toutefois pas le moment de baisser les bras. La nocivité des produits phytosanitaires, d’ailleurs même sans OGM, peut être bien réelle. Il conviendrait donc, entre autre, d’étudier plus spécifiquement les impacts endocriniens des différentes molécules, ceci afin de produire des aliments « non nocifs pour la santé », sans que cela entraîne des baisses significatives de rendements ou des augmentations trop importantes des coûts de production.  Abandonner ces objectifs pourrait, en effet, favoriser le recours à l’agriculture bio pour les plus riches ! Les autres continueront-ils alors à acheter les fruits sans taches, mais sans savoir combien de pesticides ils contiennent ? Cela suppose donc non seulement des recherches quantitatives et qualitatives, mais aussi des efforts de pédagogie en direction des consommateurs et des producteurs.

 

Si ce maïs OGM abreuvé d’herbicides a des effets sur la santé, comme semble le laisser entendre les expériences venant d’être publiées par l’équipe de M. Seralini, il faut évidemment l’interdire, comme l’a souligné le Premier Ministre. Mais cela ne règle pas tout.

 

Plusieurs commentateurs ont indiqué que, pour le moment, il était trop tôt pour en dire plus. Sur le détail sans doute. Il faut répéter les expériences. Mais cela suppose aussi des politiques de long terme, préservant ou développant sérieusement les capacités de recherches qui s’imposent. Et que les organismes publics soient encouragés à développer de telles recherches, en ayant réellement les moyens de le faire. De cela on parle trop rarement dans les journaux. Il faut donc le souligner fortement ici. Evidement, pour certains journaux, il est « plus politiquement correct » de diaboliser l’augmentation des postes dans la fonction publique. Alors que, dans certains domaines, comme celui évoqué ici, la société aurait bien besoin de davantage de recherche publique. Ce n’est donc évidemment pas seulement, comme on a pu le lire, une question de rapport entre l’argent et la vérité. Ce serait bien trop simple !

 Cet article est le 340ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 23:39

Deux jours utiles pour les militants et les cadres

 

Les 15 et 16 septembre 2012, avait lieu, dans un amphithéâtre de l’Université de technologie de Belfort-Montbéliard à Belfort, l’université d’été du Mouvement Républicain et Citoyen (voir Université d'été 2012 du MRC: Quelle gauche pour quel changement?) sur le thème :

 

Quelle gauche pour quel changement ?

 

Dans un contexte de forte instabilité économique, sociale et politique, la victoire de la gauche n’aura pas engendré d’état de grâce. Les citoyens Français sont soucieux et conscients des difficultés majeures qui pointent à l’horizon. Si les marges de manoeuvres s’avèrent effectivement très minces, le champ des possibles reste cependant ouvert.
Pour le MRC, composante non-alignée de la majorité présidentielle, l’édition 2012 de l’université d’été doit être l’occasion de marquer le terrain et d’esquisser quelques orientations de notre positionnement politique pour le mandat qui vient. En écho au slogan intransitif de François Hollande (le changement, c’est maintenant), l’université d’été sera le moment de reprendre le fil du projet présidentiel en proposant un contenu au changement et une perspective républicaine pour la majorité.

 

Matinée du samedi 15 septembre

 

Accueil : Maurice Schwartz, 1er secrétaire fédéral du MRC 90.

 

Christian Hutin, député du Nord, vice-président du MRC, raconte avec son humour habituel à quel point le groupe des députés PS est « verrouillé » (les trois députés MRC sont membres du groupe « socialiste, républicain et citoyen » avec eux dans le cadre d’un accord écrit avec le président du groupe). Il juge que le MRC est indestructible, sachant par où il est passé…


Introduction de l’université d’été par Bastien Faudot, secrétaire national chargé de la formation et des universités d’été, qui plante le décor. Celui qui a grandi à Belfort est heureux de venir se ressourcer dans cette ville où la gauche républicaine est profondément ancrée. « Le changement, c’est maintenant » mais quelle est la nature de ce changement ? L’impatience n’est pas une politique, après trois décennies de chômage structurel. Depuis 2008, la crise est plus présente. Ce n’est pas seulement la crise de la dette, comme certains voudraient le faire croire afin qu’on ne comprenne rien aux causes profondes de cette crise. Il invite à se concentrer sur le réel, qui est notre plus fidèle allié, avant de présenter les 4 tables rondes.

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Table ronde n° 1 - Quelle politique industrielle et fiscale pour renouer avec la croissance?

François Hollande a réussi à imposer le thème de la croissance au fil des conférences internationales et autres sommets. Parallèlement, les marges de manoeuvre sont maigres et l’équation du « redressement dans la justice » est difficile à résoudre. Plusieurs voies ont été évoquées de part et d’autre du Rhin. Comment retrouver une dynamique productive dans la zone euro ? Les plans de licenciements sont-ils une fatalité ? Jusqu’où la rigueur est-elle négociable ? Quelle politique fiscale pour accompagner le redressement du pays et redynamiser l’économie en France et en Europe ?
Intervenants : Patrick Quinqueton, secrétaire national du MRC ; Christian Proust, président de la SEMPAT ; Jean-Pierre Cossin, professeur d’économie fiscale et conseiller-maître à la Cour des comptes ; Bruno Moschetto, professeur d’économie à HEC

Voir JP Cossin, B Moschetto et C Proust à l'université d'été MRC à Belfort - 23 septembre 2012 

Après-midi du samedi 15 septembre

Table ronde n°2 - Quelles réponses économiques et politiques pour sortir l'Europe de l'impasse?

L’euro arrive au terme de ses contradictions constitutives. La crise de l’euro fait resurgir un dilemme qui nous renvoie à la naissance de la monnaie unique : les uns préconisent une plus forte intégration politique et le fédéralisme budgétaire, les autres le retour au terreau démocratique des nations. La crise politique parait inéluctable : si les peuples semblent vouloir rester dans la zone euro, ils refusent les réformes structurelles qui sont assorties aux différents plans de sauvetage qui ont été concoctés. Les démocraties européennes, et à travers elles, la volonté des citoyens, sont-elles en passe d’être mises sous tutelle ? Le fédéralisme offre-t-il une perspective de sortie de crise ? Faut-il maintenir la monnaie unique et à quel prix ?
Intervenants : Julien Landfried, secrétaire national du MRC ; Yves Le Hénaff, secrétaire national MRC ; Christophe Ramaux, professeur d’économie à Paris ; Barbara Romagnan, députée PS du Doubs, animatrice de “Un monde d’avance” ; Jean-Pierre Chevènement (dans la salle).

Voir C Ramaux, B Romagnan et JP Chevènement à l'université d'été MRC - 22 septembre 2012

Table ronde n° 3 - Les Français et la gauche: géographie électorale et politique au lendemain des élections

La séquence électorale a montré une évolution de la géographie du vote des Français. France de l’Est, France de l’Ouest, France des champs, France des villes. Des Lignes de fractures divisent le pays et dessinent des contrastes parfois saisissants. Au vote des centres urbains, majoritairement à gauche, s’oppose un vote des champs, très ancré à droite et même à l’extrême droite. Si ce phénomène était déjà apparu précédemment, il s’est très largement accru en 2012. La crise de la mondialisation permet-elle de l’expliquer ? Où sont les couches populaires ? Qu’ont-elles voté ? A quoi ressemble le nouvel électorat de la gauche ?
Intervenants : Catherine Coutard, secrétaire nationale du MRC ; Jean-Yves Autexier, ancien parlementaire ; Jean-Philippe Huelin, professeur d’Histoire-Géographie, co-auteur de Recherche le peuple désespérément.

Voir Jean-Yves Autexier et Jean-Philippe Huelin à l'université d'été du MRC - 21 septembre 2012

 

Matinée du dimanche 16 septembre

Table ronde n° 4 - La gauche à la reconquête de l'idée républicaine

 

Si elle fut aux sources de l’idée républicaine, la gauche a parfois pris le pli de s’en éloigner. Mais la débâcle du modèle libéral, les périls de la mondialisation et la crise de l’euro rebattent les cartes. Depuis de longues décennies, jamais l’idéal républicain, et son corollaire, la souveraineté du peuple, n’étaient apparus aussi fragilisés. Le contexte favorise la prise de conscience et des voix de plus en plus nombreuses se font entendre pour que la gauche se réapproprie cette part essentielle de son histoire. Qu’est-ce qu’être républicain en 2012 ? Comment l’idée républicaine peut-elle revitaliser la gauche et redresser la France ? Face à la crise, en quoi la République demeure plus que jamais propice et utile ?
Intervenants :
Marie-Françoise Bechtel
, députée de l’Aisne et vice-présidente du MRC ;
Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, président d’honneur du MRC

 

Voir Université d'été du MRC : Marie-Françoise Bechtel et l'idée républicaine - 20 septembre 2012

Université d'été MRC : Chevènement a rappelé ce qu'est la République - 19 septembre 2012

 

Intervention de clôture de l’université d’été par Jean-Luc LAURENT, député du Val-de-Marne, président du MRC.

 

Voir La conclusion par Jean-Luc Laurent de l'université d'été MRC à Belfort - 19 septembre 2012

 

* Voir aussi la vidéo : Université d'été du MRC à Belfort - France 3 Franche-Comté

 

Rappel : Programme de l'université d'été MRC les 15 et 16 septembre à Belfort - 13 septembre 2012

 

Cet article est le 111ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.

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23 septembre 2012 7 23 /09 /septembre /2012 22:49

Retrouver une dynamique productive dans la zone euro 

 

L’université d’été 2012* du Mouvement Républicain et Citoyen s’est terminée dimanche midi 16 septembre par le discours du président du MRC (voir La conclusion par Jean-Luc Laurent de l'université d'été MRC à Belfort - 19 septembre 2012).

Auparavant, Marie-Françoise Bechtel, députée de l’Aisne avait animé la 4ème table ronde dans laquelle est intervenu Jean-Pierre Chevènement. Voir Université d'été du MRC : Marie-Françoise Bechtel et l'idée républicaine - 20 septembre 2012 et Université d'été MRC : Chevènement a rappelé ce qu'est la République - 19 septembre 2012.

La veille, samedi 15 septembre, étaient organisées trois tables rondes (voir Programme de l'université d'été MRC les 15 et 16 septembre à Belfort - 13 septembre 2012), dont la 3ème animée par Catherine Coutard (voir Jean-Yves Autexier et Jean-Philippe Huelin à l'université d'été du MRC - 21 septembre 2012) et la 2ème animée par Julien Landfried (voir C Ramaux, B Romagnan et JP Chevènement à l'université d'été MRC - 22 septembre 2012).

 

Universite-d-ete-MRC-Belfort-15-et-16-09-12-003-T.jpgLa 1ère table ronde, samedi en matinée, était annoncée ainsi :

10h30-12h: Table ronde n° 1 - Quelle politique industrielle et fiscale pour renouer avec la croissance?

François Hollande a réussi à imposer le thème de la croissance au fil des conférences internationales et autres sommets. Parallèlement, les marges de manoeuvre sont maigres et l’équation du « redressement dans la justice » est difficile à résoudre. Plusieurs voies ont été évoquées de part et d’autre du Rhin. Comment retrouver une dynamique productive dans la zone euro ? Les plans de licenciements sont-ils une fatalité ? Jusqu’où la rigueur est-elle négociable ? Quelle politique fiscale pour accompagner le redressement du pays et redynamiser l’économie en France et en Europe
Intervenants :
Patrick Quinqueton, secrétaire national du MRC
Jean-Pierre Cossin, professeur d’économie fiscale et conseiller-maître à la Cour des comptes
Bruno Moschetto, professeur d’économie à HEC

En réalité, cette table ronde (photo : de gauche à droite, Bruno Moschetto, Patrick Quinqueton, Jean-Pierre Cossin, Christian Proust) a compté un 4ème intervenant, en la personne de Christian Proust, élu local, président de la SEMPAT.

Patrick Quinqueton introduit en insistant sur les dimensions économique, industrielle et fiscale, de la croissance. En ce qui concerne l’industrie, le niveau élevé de l’euro par rapport au dollar (actuellement 1,31 dollar pour un euro) continue de pénaliser les exportations industrielles européennes. Le ministre du redressement productif tend à se laisser enfermer dans la gestion des restructurations. La dimension fiscale est à développer.

Christian Proust

 

Il se présente en tant qu’acteur de terrain. Il a l’expérience de la gestion départementale (conseiller général depuis 1979 et président du Conseil général de 1982 à 2004, président de la société d’économie mixte du Territoire de Belfort SEMPAT). Ce département a vécu deux crises violentes : la fermeture de Bull et la réduction des emplois industriels (par externalisation) chez Alstom.

Son action a été orientée vers la coopération entre milieux universitaires et industriels (redéploiement industriel au niveau départemental, services aux entreprises) et la gestion volontariste de l’immobilier d’entreprise, qui est souvent facteur de désertification massive, en dehors des grandes métropoles qui bénéficient de fonds internationaux.

Il pose la question de la gestion des crises. La proposition de François Hollande est ambiguë (sécuriser les entreprises et les travailleurs) car elle revient à faciliter les licenciements, ce que demandent les chefs d’entreprise, et à les restreindre à la demande des syndicats. Il faut sortir de la flexisécurité, ce qui exige beaucoup de travail et de courage car il faut anticiper et cela pose la question des finances locales, trop précaires bien souvent.

Il faudrait un schéma régional des zones d’activité et considérer l’entreprise dans son ensemble comme étant un « trésor vivant » (expression employée par Mme Parisot pour caractériser le seul chef d’entreprise). Concernant le statut des contrats à durée indéterminée (CDI), dans certains cas il y a un excès de protection.

En réponse à une question, il regrette que l’engagement des élus locaux dans l’économie se limite essentiellement à des coups à prendre. Le dynamisme allemand et suisse est lié à l’imbrication entre les entreprises et les collectivités locales. La France a trop laissé s’étendre les zones industrielles et l’immobilier de bureau est trop concentré dans les grandes métropoles (9 emplois sur 10).

Jean-Pierre Cossin

 

Il va répondre à la question : quelle est la fiscalité favorable à l’emploi ? Il fut (auprès d’Edith Cresson) l’auteur d’un plan fiscal pour les PME-PMI, qui est aujourd’hui intégré dans la loi, mais ses résultats sont modestes.

 

Il est inquiet parce que les aides fiscales aux entreprises sont interdites. L’union européenne a interdit les aides ciblées, n’autorisant que les mesures générales, bien peu efficaces (toutefois, les aides crédit-recherche aux banques ont été maintenues…). Les Etats ne peuvent plus avoir de politique économique.

Il faut avoir des idées simples sur la fiscalité. En France, l’impôt sur la consommation est plutôt faible, alors que l’impôt sur les bénéfices et les revenus est élevé. Les niches fiscales ont un coût élevé, sans efficacité. La réduction de la TVA sur la restauration est une erreur.

 

Il reprend son exposé après l’intervention de Bruno Moschetto sur l’euro, précisant que la question monétaire est plus importante que la question fiscale, mais celle-ci plus facile à mettre en place. Les agences de notation financière jugent le pays sur sa capacité de payer, par exemple la France. Ensuite, comment on paie ? C’est le débat politique national. Par la TVA ? Plutôt non. Par la CSG ou l’impôt sur le revenu ? La CSG, ce n’est pas une mauvaise idée.

 

La situation des entreprises par rapport à la fiscalité est moins défavorable que dans d’autres pays. L’impôt moyen réel est 18-20 %, et non le taux nominal, qui est 33 %. Cela, à la suite des déductions diverses. Mais le discours ambiant est d’harmoniser la fiscalité entre la France et l’Allemagne, ce qui aurait pour effet la suppression des aménagements. La ressource budgétaire provenant de l’impôt sur les sociétés est parmi les plus faibles d’Europe.

 

L’attractivité est liée aux services publics et à la formation des salariés. Nous avons des normes qualité qui sont des contraintes. L’Allemagne n’a pas de normes qualité. Sur la formation des salariés, le mécanisme fiscal est trop compliqué. Des déductions fiscales simples seraient préférables (déduction des charges sociales sur le personnel ingénieurs par exemple).

 

Le problème en France, c’est la façon dont sont traitées les entreprises de taille intermédiaire. Et ce qui est important pour les entreprises, c’est la stabilité de la règle fiscale. En France, on en est loin.

 

Bruno Moschetto

 

Ancien banquier, professeur d’économie, Bruno Moschetto a d’abord évoqué le mythe de la compétitivité et critiqué le prétendu modèle allemand. En fait, l’Allemagne est largement responsable de la crise de la zone euro. La cure d’austérité n’est pas la solution, comme l’a indiqué Joseph Stiglitz. Différentes solutions sont possibles mais refusées par l’Allemagne.

 

C’est pourquoi Bruno Moschetto propose « la sortie de l’euro dans l’euro » (voir Du mythe de la compétitivité à la sortie de l'euro dans l'euro). Voir aussi Une sortie pour la Grèce : l'euro drachme(Le Monde, Bruno Moschetto, 29 mai 2012).

 

L’un des participants à l’université d’été, Yohann Duval, a publié un article ce 23 septembre sur son blog, dans lequel il rend compte, notamment, de l’intervention de Bruno Moschetto, parmi d’autres (tables rondes n° 1 et 2). Voir Université d'été du MRC : débats sur l'industrie et l'Europe

 

* Voir la vidéo : Université d'été du MRC à Belfort - France 3 Franche-Comté

 

Cet article est le 110ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 22:51

Plan A, plan B, que faire pour sortir la zone euro de l’impasse ?

 

L’université d’été 2012 du Mouvement Républicain et Citoyen s’est terminée dimanche midi 16 septembre par le discours du président du MRC (voir La conclusion par Jean-Luc Laurent de l'université d'été MRC à Belfort - 19 septembre 2012).

 

Auparavant, Marie-Françoise Bechtel, députée de l’Aisne avait animé la 4ème table ronde dans laquelle est intervenu Jean-Pierre Chevènement. Voir Université d'été du MRC : Marie-Françoise Bechtel et l'idée républicaine - 20 septembre 2012.

 

La veille, samedi 15 septembre, étaient organisées trois tables rondes (voir Programme de l'université d'été MRC les 15 et 16 septembre à Belfort - 13 septembre 2012), dont la 3ème animée par Catherine Coutard (voir Jean-Yves Autexier et Jean-Philippe Huelin à l'université d'été du MRC - 21 septembre 2012).  

 

La 2ème table ronde, samedi en début d’après-midi, était annoncée ainsi :


Universite-d-ete-MRC-Belfort-15-et-16-09-12-007-T.jpg13h45-15h15 : Table ronde n°2 - Quelles réponses économiques et politiques pour sortir l'Europe de l'impasse?

L’euro arrive au terme de ses contradictions constitutives. La crise de l’euro fait resurgir un dilemme qui nous renvoie à la naissance de la monnaie unique : les uns préconisent une plus forte intégration politique et le fédéralisme budgétaire, les autres le retour au terreau démocratique des nations. La crise politique parait inéluctable : si les peuples semblent vouloir rester dans la zone euro, ils refusent les réformes structurelles qui sont assorties aux différents plans de sauvetage qui ont été concoctés. Les démocraties européennes, et à travers elles, la volonté des citoyens, sont-elles en passe d’être mises sous tutelle ? Le fédéralisme offre-t-il une perspective de sortie de crise ? Faut-il maintenir la monnaie unique et à quel prix ?
Intervenants :
Julien Landfried, secrétaire national du MRC
Christophe Ramaux, professeur d’économie à Paris
Barbara Romagnan, députée PS du Doubs, animatrice de “Un monde d’avance”

En fait, cette table ronde (photo, de gauche à droite : Christophe Ramaux, Yves Le Hénaff, Julien Landfried, Barbara Romagnan) a duré deux heures, de 14h20 à 16h20, avec la participation également de Yves Le Hénaff, secrétaire national MRC, et l’intervention, dans la salle, de Jean-Pierre Chevènement.

 

Introduction par Julien Landfried (qui aura peut-être une seconde chance d’être élu député des Hauts-de-Seine, si l’annulation probable de l’élection du sortant, Patrick Devedjian, est décidée par le Conseil constitutionnel, prochainement).

L’euro a été mal pensé, il a un défaut de conception. Nous avons été contre le traité de Maastricht (1992) et le traité constitutionnel européen (2005). S’agit-il d’une crise de la dette ou d’une crise de l’euro ? Avant l’élection présidentielle 2012, nous avions proposé un plan A (que nous avions en commun avec les fédéralistes européens, mais que penser du « saut fédéral » ?) et un plan B (voir l’intervention de Bruno Moschetto, lors de la 1ère table ronde). La Grèce a perdu 17,5 % de son PIB en deux ans. Question posée à Jean-Pierre Chevènement : les plans A et B sont-ils toujours d’actualité ?

 

Christophe Ramaux

Christophe Ramaux est économiste. Chercheur au Centre d'économie de la Sorbonne, il enseigne à l'Université Paris 1. Il est membre du Conseil scientifique d'Attac et du collectif d'animation des « Economistes atterrés ». Il a publié (en mars 2012 aux Editions Mille et une nuits - Fayard), L'Etat social. Pour sortir du chaos néolibéral.

Son intervention commence par un extrait de son dernier livre. Les 4 piliers de l’Etat social, au 20ème siècle, étaient la sécurité sociale, le droit du travail, les services publics et la politique économique. Nous sommes dans une économie avec du marché, du capital et de l’intervention publique. Le fondement de l’Etat social est la démocratie. En France, nous avons une économie capitaliste (52 % des salariés sont dans des entreprises de statut privé, 30 % public), et un Etat qui n’est pas social.

Le néolibéralisme (finance dérégulée, libre-échange, baisse des salaires, contre-révolution fiscale), qui est le projet porté par l’Europe, a été une remise en cause de l’Etat social depuis le début des années 1980. Ce système n’est pas viable, même s’il a été sauvé par l’endettement public, qui a pris le relais de l’endettement des banques. On a assisté en 2007 à la fin du néolibéralisme.

En Europe, nous avons eu la double peine : le néolibéralisme et la mondialisation (avant tout, celle du capital), qui a contrecarré l’Etat social et la démocratie. La crise néolibérale (2007-2008) a été le prétexte en Europe pour aller plus loin dans la finance libéralisée et la contre-révolution fiscale.

La création de l’euro est à l’origine des déséquilibres commerciaux (la vraie crise, interne à la zone euro, est liée aux excédents allemands). Les dettes publiques ont pris le relais, en 2008, des dettes privées.

Les politiques d’austérité ne marcheront pas. Elles débouchent sur la déflation interne à la zone euro et conduisent à la catastrophe. Le fédéralisme budgétaire n’est pas viable. Il faudrait qu’il y ait un peuple européen, ce qui n’est pas le cas. Rien à voir avec le Limousin et l’Ile-de-France. On ne sauvera l’euro que par des politiques de relance interne (« inflation interne »), c’est-à-dire l’inverse de ce qui a été prévu pour l’euro. On va, donc, vers l’explosion de l’euro, celui-ci devenant monnaie commune.

Que penser du « saut fédéral » ? Actuellement, en France, la dépense publique est à hauteur de 1 100 milliards d’euros (56 % du PIB). La moitié est reversée aux ménages, l’autre moitié allant vers les fonctionnaires. 42 % du revenu des ménages est socialisé (il est productif, car cela rentre dans la consommation des ménages). « Economiste atterré », je ne suis pas fédéraliste. Mais je suis pour multiplier par 3 le budget européen. Quels sont les secteurs d’activité qui pourraient être gérés par des agences européennes ? L’Etat social est toujours présent et d’actualité. Le néolibéralisme a failli, mais par quoi le remplacer ? L’investissement public doit se tourner vers l’écologie.

En réponse aux questions, l’économiste se prononce pour l’inflation, car la déflation menace l’Europe (scénario de déflation à la japonaise). Le principal problème pour les entreprises, ce sont les débouchés (durcir l’austérité, c’est l’impasse). Les évènements obligeront à trouver des solutions. Pour un économiste hétérodoxe, le projet de budget 2013 de la France fait très mal. L’administration de Bercy est convertie aux dogmes néolibéraux, à tel point que le FMI en vient à donner des leçons… Le TSCG, c’est grave, mais le budget, c’est aussi grave.

 

Yves Le Hénaff

Crise de la dette ou crise de l’euro ? Ce n’est pas une crise de la dette, qui n’est pas plus importante qu’il y a 10 ans (compte tenu de la baisse des taux d’intérêts). Ce n’est pas une crise de l’euro, la zone euro étant à l’équilibre et il n’y a pas de défiance à l’égard de l’euro. C’est un problème de cohérence au sein de la zone euro, à l’origine d’un manque de confiance.

Plan A : personne ne prendra politiquement la responsabilité de débrancher l’euro, qui est sous assistance artificielle (il est mourant après chaque rémission). François Hollande a obtenu environ 100 milliards d’euros pour relancer l’économie. Ce n’est pas à l’échelle des enjeux. Le problème est celui de la cohérence de la monnaie unique. Schröder, en 2003, a fait des choix non coopératifs afin d’accroître la compétitivité de son pays. L’Allemagne a exporté son chômage dans la zone euro. Le chômage en Allemagne a baissé (il est à 5 %) mais les salaires allemands sont encore les plus élevés d’Europe. L’erreur, c’est d’avoir une politique unique. Le marché commun de 1958 a été étendu aux facteurs de production, mettant les peuples en concurrence. Cela s’apparente à une déclaration de guerre économique. Avec l’entrée de la Chine dans l’OMC, cela donne un panel explosif.

Plan B : la monnaie commune est-elle la réponse pertinente ? Il y a d’autres pistes à expérimenter. Le comité de Bâle laisse la possibilité d’utiliser des instruments nationaux. S’ils étaient appliqués, il y a moyen d’avoir une politique monétaire réactive. On peut aussi réutiliser les réserves obligatoires par pays, qui sont tombées en désuétude. Il existe des réponses techniques. Dans le passé, ont été mis en place des montants compensatoires monétaires, qui sont, certes, contraires à l’esprit de la monnaie unique mais, s’ils avaient été appliqués à la Grèce, auraient pu corriger les déséquilibres.

Il manque la volonté politique. Le mot nation choque. La monnaie unique est là pour qu’il n’y ait plus de politiques nationales. Il y a nécessité de réconcilier les nations et l’Europe. Les européistes ne se rendent pas compte de ce qu’ils ont fait en décidant du marché unique et de la monnaie unique. Leur démarche s’apparente à celle du Docteur Folamour…

Il faut adopter des politiques nationales dans le cadre de la monnaie unique. Autrement dit, l’euro doit être coordonné et négocié. Sinon, nous n’éviterons pas des phases de chaos.

 

Universite-d-ete-MRC-Belfort-15-et-16-09-12-011-T.jpgBarbara Romagnan

Elue en 2012, députée du Doubs (Besançon), adhérente du PS depuis 1995, elle avait voté contre le TCE en 2005 et votera contre le TSCG en 2012. Mais elle votera le budget 2013.

L’Europe est un cadre pertinent. Mais son rejet par les peuples, notamment les couches populaires, est largement fondé, car elle ne fait rien pour lutter contre la mondialisation libérale. François Hollande a fait évoluer l’Europe. Il y a des avancées (pacte de croissance) mais ce n’est pas suffisant. Ce traité est très mauvais. Le problème est l’aggravation de la situation sociale. L’austérité ne résout rien. La dette est un vrai problème mais le rythme de résorption de la dette, imposé à la Grèce, n’est pas supportable. Et il y a un problème de légitimité démocratique (dessaisissement du pouvoir national démocratique au profit d’instances non élues). Les statuts de la BCE doivent être remis en cause.

Au sein du PS, Barbara Romagnan anime le groupe « Un monde d’avance » dont les leaders sont Benoît Hamon et Henri Emmanuelli. Des contacts ont été pris avec d’autres groupes en Europe, dont un groupe de 23 députés SPD allemands, qui sont contre le traité. Il faut continuer à agir contre le traité, même quand il sera adopté. L’objectif est de préparer les élections européennes et de promouvoir des idées, pas des personnalités.

 

Universite-d-ete-MRC-Belfort-15-et-16-09-12-012-T.jpgJean-Pierre Chevènement

Présent dans la salle, Jean-Pierre Chevènement répond à la question de Julien Landfried concernant la pertinence des plans A et B qu’il avait proposés pendant la campagne présidentielle.

Le plan A est toujours pertinent. La monnaie unique créée en 1999 est considérée comme un acquis mais elle est en crise, car elle a été mal conçue. Une même monnaie pour 17 pays, ce n’est pas viable. Il y a un vice interne rédhibitoire. Même entre la France et l’Allemagne, cela ne marche pas, la France ayant besoin de dévaluer sa monnaie pour compenser un manque de compétitivité. En 2011, 240 milliards d’euros d’excédents commerciaux pour l’Allemagne, 70 milliards de déficits pour la France. L’Espagne, c’est pire. L’euro, c’est une erreur technique. L’Allemagne le voulait. Le Royaume-Uni voulait une monnaie commune. Le choix s’est fait au « doigt mouillé »…

Les mesures Draghi sont de la poudre aux yeux. On a l’impression d’une démarche erratique et titubante. Elles achètent un répit afin de satisfaire l’orthodoxie ordo-libérale allemande, avant un futur ènième sauvetage de l’euro. En les lisant attentivement, on voit : rachats illimités mais dans des conditions de durée - 3 ans -  défavorables, conditions draconiennes d’ajustement structurel liées aux demandes d’aides, plans d’encouragement limités à 10 %, le reste étant à la charge de l’Etat…. Les réserves réelles de fonds MES sont la moitié de ce qui était annoncé (250 milliards au lieu de 500). Dans le cas de l’Italie (dette : 2 000 milliards d’euros), il lui faudrait emprunter un tiers de la dette chaque année (plus de 600 milliards). La dette restant à la charge des Etats en difficulté augmenterait. On mesure la fragilité du dispositif.

Ce traité est inacceptable. Nous avons une référence : le texte MRC-PS (9 mars 2012). La marge de manœuvre de François Hollande est faible. Il faut lui donner du temps. Le plan A, compte tenu de la position allemande, a du plomb dans l’aile. L’Allemagne se sent bridée par la zone euro. Elle devra choisir entre sa politique de compétitivité au niveau mondial (conquête des grands marchés émergents) et le besoin qu’elle a de la zone euro. Récemment, en Chine, Mme Merkel n’évoquait que la coopération Allemagne-Chine. L’Europe n’existait plus.

Plan B ? Si l’Allemagne reste sur cette ligne, il faudra trouver une voie de sortie à l’euro - monnaie unique, vers l’euro - monnaie commune. Cela permettrait d’intégrer la livre, qui ne va pas bien. Certes, ce plan B est indicible pour le gouvernement, mais il est dicible pour les parlementaires. Nous essayons de faire bouger les lignes, afin de ne pas rester à une invocation de la croissance.

 

Cet article est le 109ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.

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Published by SORIN Michel - dans MRC national
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