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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 20:48

Avec des entreprises qui peinent à être compétitives

 

La situation de la France est paradoxale. Son économie est de moins en moins compétitive mais cela ne l’empêche pas de bénéficier des conditions les plus favorables quand elle emprunte afin de financer sa dette. Pourvu que ça dure…

Cela tient peut-être au fait que les marchés financiers respectent la position déterminante de la France en Europe. Elle tient l’édifice branlant de la zone euro sur ses frêles épaules. Dans le cadre de la mutualisation des risques, son rôle est irremplaçable au côté de l’Allemagne. Si elle s’effondre, c’est comme une mêlée de rugby, l’Europe prend une pénalité et, si cela se renouvelle, il y a un risque de mettre en cause la monnaie unique européenne.

 

La France emprunte à 1 an à taux négatifs (Les Echos, 10 décembre 2012)

La dette française finit l'année en fanfare. La France a emprunté à taux négatifs à une échéance d'un an (48 semaines) ce lundi, ce qui lui était rarement arrivé. Elle a en effet levé 1,293 milliard d'euros au taux de -0,012%. Autrement dit, les investisseurs perdront de l'argent en prêtant cette somme pendant un an à la France.

Au total, l'Agence France Trésor, chargée de gérer la dette de l'Etat, a levé 5,984 milliards d'euros sur trois lignes. Elle a obtenu des taux de -0,026% à 3 mois, de -0,015% à 6 mois et, donc, de -0,012% à un an. Les taux à long terme restent extrêmement bas puisque, ce lundi matin, de 1,91%.

lire la suite de l'article

 

France : le sandwich (Patrick Artus, 11 décembre 2012)

 

L'économie française est prise en tenaille (en sandwich) :

                        - entre les économies sophistiquées des pays dont les productions sont plus hautes en gamme et qui accaparent la production du haut de gamme (Allemagne) ;

                        - et entre les économies des pays à coûts de production faibles qui prennent à la France les productions de milieu et de bas de gamme (pays émergents, et maintenant Espagne, Etats-Unis).

Puisqu'il est très difficile pour la France :

                        - de réduire ses coûts de production pour redevenir compétitive dans le milieu et le bas de gamme ;

                        - ou de monter en gamme ;

la situation de l'économie française est très compliquée et très inquiétante, avec une perte de substance à tous les niveaux de gammes.

           

Lire Espace Entreprises - Natixis - Flash éco (Recherche économique, Patrick Artus)

 

Si la France est en difficulté, toute la construction de soutien de la zone euro s’effondre

(…) En effet, tous les nouveaux instruments de soutien des pays en difficulté (EFSF-ESM, achats de la BCE…) sont basés sur la mutualisation des risques, ce qui n’est plus possible si la France est en difficulté et si l’Allemagne reste le seul grand pays solide (4 déc. 2012).

 

Le problème dans la zone euro ce ne sont pas les chocs asymétriques, ce sont les structures asymétriques

(…) La question à poser est donc celle de l'hétérogénéité structurelle des pays de la zone euro et de sa compatibilité avec l'Union Monétaire. La flexibilité des prix et des salaires n'aide pas : elle ne corrige pas par exemple le fait que des pays ont des croissances potentielles différentes. Il ne reste en fait que deux possibilités : une forte mobilité du travail entre les pays de la zone euro, ou un degré important de fédéralisme (un budget commun de grande taille), si on veut éviter la divergence des économies des pays de la zone euro (4 déc. 2012).

 

Le futur Président de la République française sera confronté à une situation économique très difficile à partir de 2012 :

la désindustrialisation se prolonge et accélère et, en 2012, l’industrie française sera de petite taille, positionnée en milieu de gamme, peu exportatrice, menacée sur ses niches traditionnellement fortes, d’où une croissance potentielle faible, la déqualification des emplois, une perte de croissance, la sensibilité au taux de change de l’euro ;

en conséquence, le déficit extérieur continuera, au-delà des cycles, à augmenter, d’où une menace structurelle sur la solvabilité du pays ;

les coûts salariaux, la pression fiscale, la structure de la fiscalité, le recul de la profitabilité des entreprises depuis la fin des années 1990, les obstacles à la croissance des PME, les problèmes du système éducatif sont défavorables à la compétitivité et à l’emploi, génèrent un chômage structurel élevé ; mais peut-on réduire les salaires et réformer complètement la fiscalité ?

dans cette situation de croissance potentielle faible, d’endettement extérieur croissant signifiant que l’endettement domestique doit aussi être croissant, il sera difficile de réduire le déficit public, et la solvabilité de l’Etat est en danger à terme.

 

Rappel : Rapport Gallois : les 22 propositions pour reconquérir la compétitivité - 6 nov. 2012

Le gouvernement s'engage résolument dans le sillage de Louis Gallois - 6 nov. 2012. 

 

Cet article est le 108ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 23:55

L’électorat de gauche ne s’est pas mobilisé au 1er tour

 

L’ambiance n’est plus celle de juin 2012. Il y avait eu le changement de président de la République le 6 mai et les Français, dans leur majorité, attendaient un succès de la gauche aux élections législatives des 10 et 17 juin. Dans cette 13e circonscription des Hauts-de-Seine (villes d’Antony, Bourg-la-Reine, Châtenay-Malabry et Sceaux), le résultat avait été très serré. Voir Législatives 2012 Hauts-de-Seine - Résultats 13ème circonscription (L’Express).

 

Six mois plus tard, la décision du Conseil constitutionnel ayant invalidé le résultat (voir Hauts-de-Seine (13ème circonscription) : élection législative 9 et 16 déc.), les conditions politiques ont bien changé.

 

La participation au scrutin du 9 décembre a été seulement de 36,75 % alors qu’elle avait été de 63,54 % le 10 juin. C’est principalement l’électorat de gauche et écologiste qui s’est abstenu.

 

Législatives partielles : "L'électorat de gauche ne s'est pas mobilisé" (Le Monde, 10 décembre 2012)

Législatives partielles : le PS minimise la déconvenue (Nouvel Observateur, Nicolas Chapuis, 10 décembre 2012)

Rappel : Elections législatives partielles : l'abstention favorise l'UMP au 1er tour - 9 décembre 2012 

 

Résultats du 1er tour - 9 décembre 2012 (source : sous-préfecture d’Antony) :

Inscrits : 85 592
Abstentions : 54 137 (63,25%)
Votants : 31 455 (36,75%)
Blanc et nuls : 640 (2,03%)
exprimés : 30 815 (97,97%)

Patrick Devedjian (UMP) : 15 352 (49,82%)
Julien Landfried (MRC/PS) : 10 022 (32,52%)
Pascale Le Néouannic (Front de gauche) : 2 135 (6,93%)
Michel Georget (Front national) : 1 472 (4,78%)
Brieuc Martin (Parti du vote blanc) : 809 (2,63%)
Emmanuel Pruvost (MEI) : 532 (1,73%)
Manuel Brun (Debout la République) : 405 (1,31%)

 
Université d'été MRC 2011 004 TJulien Landfried s’est lancé dans la campagne du second tour. Voir Le MRC Julien Landfried espère toujours battre Patrick Devedjian (France Info, 10 décembre 2012).

Sur son site landfried2012.fr, on retrouve la profession de foi et le tract. Voir Ma profession de foi de second tour: s'abstenir, c'est voter à droite!

Tract de Julien Landfried, candidat du rassemblement de la gauche : Abstention record!

 

Dimanche dernier, l’élection législative dans notre circonscription a surtout vu un grand vainqueur : les abstentionnistes.

Plus d’un électeur sur deux ne s’est pas déplacé, faisant le jeu d’une droite qui n’attendait pas mieux pour fanfaronner dans la presse et faire oublier ses divisions et son absence totale de projets pour notre pays.

L’UMP n’a pas de projet mais a un bilan, un très triste bilan de dix années de déclin de notre pays.

Sous Nicolas Sarkozy, la France s’est enfoncée dans une grave crise qui a surtout frappé les plus fragiles d’entre nous : les jeunes, les petits retraités, les salariés, les parents isolés…

 

Les faits sont là :

- L’école a été délaissée : 80 000 postes supprimés dans l’Éducation nationale.

- La droite n’a rien fait pour lutter contre le chômage : 1 million de chômeurs supplémentaires sous les 5 années de gestion Sarkozy-Fillon.

- La compétitivité de nos entreprises a été laissée à l’abandon : 750 000 emplois perdus dans l’industrie.

- La pauvreté s’est accrue, touchant toutes les couches de la société : 300 000 pauvres de plus en 5 ans.

- La dette a explosé : 612 milliards d’euros de plus en un seul quinquennat !

 

 Logement, santé, sécurité… malheureusement, les exemples sont nombreux et sans appel pour cette droite incompétente qui tente aujourd’hui de donner des leçons.

La gauche, aux responsabilités depuis mai, est confrontée à un chantier sans précédent, notre avenir et surtout celui de nos enfants ont été mis en danger par 10 ans d’inaction de Patrick Devedjian et de ses amis. Il faut maintenant redresser la barre.

 

Souvenez-vous du bilan catastrophique des 10 années de Nicolas Sarkozy et de la majorité UMP !

Vous qui avez tant souffert de la présidence de Nicolas Sarkozy, vous qui avez voulu lui dire STOP, ne vous faites pas voler votre victoire du 6 mai !

 

Le 16 décembre, VOTEZ !

 

Cet article est le 55ème paru sur ce blog dans la catégorie République Parlement.

 

 

 

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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 23:53

Hauts-de-Seine : Landfried met Devedjian en ballotage

 

Les législatives partielles ne sont jamais favorables aux candidats de la majorité nationale. Cela s’est vérifié ce 9 décembre avec les trois élections organisées à la suite d’une invalidation décidée par le Conseil constitutionnel. Parmi elles, celle de la 13ème circonscription des Hauts-de-Seine, dans laquelle concourait Julien Landfried, candidat MRC, qui avait le soutien du PS, du PRG et des écologistes.

 

Rappel : Législatives partielles : Julien Landfried (MRC) face à Patrick Devedjian - 7 déc. 2012 

 

 Université d'été MRC 2011 004 TLe mérite de Julien Landfried est d’avoir contraint - de justesse (49,82 % pour Devedjian) - le député sortant au second tour, dimanche 16 décembre. Son handicap a été l’abstention, comme c’était prévisible. Voici ce qu’il a écrit ce soir sur son site Internet landfried2012.fr :

Contre la droite antisociale, le 16 décembre, mobilisons-nous!

 

Avec un score de près de 33% des voix sur la circonscription, soit 4 points de plus qu’en juin dernier, j’arrive à mettre Patrick Devedjian en ballotage dans une circonscription dont les quatre villes ont un maire de droite. Ce n’était pas une mince affaire pour une élection partielle alors que la situation économique est évidemment très difficile. Une campagne exceptionnelle de porte à porte m’a permis d’obtenir, et de loin, le meilleur score des trois candidats de gauche en lice lors des partielles de ce jour. Pour autant, d’évidence, la crise interne à l’UMP n’a pas eu d’effet sur le plan électoral.

L’enjeu du 2e tour est parfaitement clair : les habitants d’Antony, Châtenay, Bourg-la-Reine et Sceaux accepteront-ils de réélire un député déjà président du conseil général et qui donc sera absent de l’Assemblée nationale comme il l’a été jusqu’à présent ? Celui qui a soutenu toutes les mesures antisociales de l’ère Sarkozy ? Ou préfèreront-ils un homme de gauche, profondément républicain, qui soutiendra toujours les valeurs de progrès ?

La victoire est possible. Elle implique simplement que l’électorat de gauche se mobilise. Beaucoup attendaient le second tour pour se déplacer. C’est à eux que nous nous adressons en priorité, à tout cet électorat de gauche qui craint plus que tout le retour de Sarkozy et de sa politique.

 

Le 10 juin 2012, au 1er tour, voici les résultats des premiers candidats (abstention : 36,46 %) :

-          Devedjian (UMP) : 21 839 voix (40,24 %),

-          Landfried (MRC-PS) : 15 753 voix (29,03 %),

-          Feuillade (EELV) : 6 273 voix (11,56 %),

-          Le Néouannic (FG) : 3 210 voix (5,91 %),

-          Georget (FN) :       2 968 voix (5,47 %)

 

 

Le 9 décembre 2012, au 1er tour, les résultats sont les suivants (abstention : 63,25 %) :

-          Devedjian (UMP) : 15 352 (49,82 %)

-          Landfried (MRC-PS) : 10 022 (32,52 %)

-          Le Néouannic (FG) : 2 135 (6,93 %)

-          Georget (FN) :    1 472 (4,78 %)

 

Cet article est le 54ème paru sur ce blog dans la catégorie République Parlement.

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8 décembre 2012 6 08 /12 /décembre /2012 18:31

La gauche devra tirer les leçons de Florange

 

La gauche peut-elle défendre une autre option pour Florange et la sidérurgie que celle décidée par le gouvernement Ayrault (voir Florange : la fermeture des hauts fourneaux met en colère les salariés - 6 décembre 2012) ? Plus je m’informe, moins la réponse à cette question me semble évidente. Rappel historique : Voir Wikipédia Affaire Arcelor-Mittal et Trente années de batailles pour l’acier (L’Humanité, 29 novembre 2012).

 

Quand le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, voulait résister à la logique du système économique néolibéral, il me semblait que c’était une bonne démarche. Il osait reprendre le mot « nationalisation », même temporaire, qui était un signal de la volonté de la gauche de fermer la « parenthèse libérale » ouverte en 1983. Le ministre se référait à un rapport qu’il avait demandé à Pascal Faure, fin juillet. Voir l’article paru le 6 décembre 2012 sur le site de l’Humanité. Voir ArcelorMittal: le rapport qui pousse le gouvernement à nationaliser Florange.

 

Le monde de la finance réagissait avec vigueur. Le 2 décembre, Georges Ugeux, ancien vice-président de la Bourse de New-York, s’en prenait sans retenue à Arnaud Montebourg.

Voir Florange : Montebourg met en joue la réputation économique de la France.

 

Et la gauche dans tout cela ? Quelles leçons en tire-t-elle ?

 

Il ne faut pas en déduire que Montebourg avait tort de rechercher la voie du contrôle public. Voir Mittal : le PCF veut un contrôle public (Ouest-France, 8 décembre 2012).
Mittal face au gouvernement : le PS a-t-il honte de Marx ? (Nouvel Observateur, Aude Baron, 8 décembre 2012). En refusant la nationalisation du site, Jean-Marc Ayrault s'est éloigné des fondements du socialisme. Analyse de Francis Métivier, philosophe.

 

C’est aussi le point de vue de Gérard Filoche (PS, « Démocratie et socialisme », extrait de la Lettre de D&S, 5 décembre) : « Nationalisation » n’est pas un gros mot ! Il faut une économie mixte

(…) Nationalisation de Florange ! Et soyons clairs, il ne s’agit pas d’une nationalisation « temporaire » superficielle sorte de tour de passe-passe, visant à nationaliser les pertes et à privatiser ensuite les profits lorsqu’ils seront de retour… Cela doit entrer dans une grande politique, dans un grand plan de re-développement de l’économie contre le marasme destructeur qu’impose la finance. Par exemple, il faut inclure Pétroplus dans cette même démarche. De même qu’on a besoin d’acier, on a besoin de raffinerie : hors de question de désertifier la France au nom des « ratios » exigés par les banques ! S’il n’y a « besoin » à court terme que de 11 000 tonnes d’acier au lieu de 19 000 tonnes, demain il n’y en aura pas assez ! Ca vaut le coup d’y placer 1 milliard. De même Petroplus est irremplaçable et si les spéculateurs versatiles sont défaillants, le rôle d’un état volontaire c’est d’y faire face de façon durable. Rappelons que la « déclaration de principe fondamentale » rédigée, discutée, approuvée par le PS sous l’égide de François Hollande en 2008, prônait « une économie mixte ». Nous sommes pour une économie mixte ! Et des nationalisations peuvent être des « modalités » mais aussi des « finalités » car il faut rebâtir un grand périmètre de secteur public cohérent pour protéger, faire vivre l’industrie, l’énergie, un grand pôle financier public, les transports, les communications, les équipements essentiels, la protection sociale, la santé, l’école

 
Lire aussi le point de vue de trois co-animateurs du réseau de la gauche populaire : Laurent Baumel, secrétaire national du Parti socialiste ; François Kalfon, délégué général aux études d’opinion du Parti socialiste, conseiller régional d’Ile-de-France ; Philippe Doucet, député-maire d'Argenteuil.
Texte paru dans Libération, 6 décembre 2012 : Dossier Florange : quatre leçons pour la gauche.

 

Même si le dossier Florange n’a pas encore livré tous ses développements, il est possible d’en tirer quatre leçons sur l’attitude de la France dans la mondialisation et sur la politique industrielle qu’elle doit mener.

 

Première leçon : en finir avec une certaine forme de naïveté qui empêche notre pays de défendre ses intérêts stratégiques et ses emplois.

La concurrence libre et non faussée n’existe que dans les manuels d’économie, et l’économie mondialisée de ce début de XXIe siècle est largement une «économie du hold-up » (1), régie par la brutalité de capitalistes pour lesquels tous les coups sont permis.

L’erreur initiale dans le dossier Mittal a été d’accepter, en 2006, une OPA sur un groupe en bonne situation économique et financière, suite à vingt années d’investissements publics et de restructurations fortes, par un acheteur qui n’était lui-même pas opéable (2).

D’autres pays savent se protéger : le Congrès des États-Unis, que personne ne suspecte d’être gagné par l’idéologie socialiste, s’est opposé par exemple à l’acquisition du groupe pétrolier Unocal par l’entreprise d’Etat chinoise CNOOC. La France ne peut pas être la seule bonne élève d’une mondialisation idéalisée. Elle doit se doter d’un certain nombre d’outils pour la guerre économique : golden share sur les actifs considérés comme stratégiques, accord préalable du Parlement sur les cessions d’actifs à des groupes étrangers, par exemple.

 

Deuxième leçon : comprendre la grammaire du capitalisme international pour mieux l’appréhender.

En France, on pense trop souvent qu’un accord politique suffit. Or, le capitalisme international est régi par la grammaire anglo-saxonne des affaires qui n’existe que sur une base contractuelle, écrite par des avocats et opposable devant les tribunaux. Il n’est pas surprenant, même si on peut le déplorer, de constater que les différents représentants du gouvernement de droite d’alors ont clairement le sentiment de s’être fait flouer par monsieur

Mittal qui n’a tenu aucun de ses engagements. On a d’ailleurs bien senti la gêne de Thierry Breton, ancien ministre de l’Économie de Jacques Chirac, et d’Henri Guaino, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, exprimée dans des interviews publiées les 26 et 27 novembre dernier dans les Echos : en 2006, la France s’est fait avoir. Mais comme ils n’ont signé aucun accord à l’anglo-saxonne, se contentant de belles promesses, fussent-elles publiques,

ils n’ont aujourd’hui, et les Français avec eux, que leurs yeux pour pleurer et pour relire cet accord sans portée juridique.

 

Troisième leçon : il est temps de se redonner les moyens d’une politique industrielle.

Si nous ne voulons pas être dans la main d’investisseurs internationaux, nous devons soutenir notre tissu d’entreprises nationales. La création de la Banque publique d’investissement, les mesures d’aides aux filières comprises dans le pacte de compétitivité, le nouveau crédit d’impôt dont les partenaires sociaux devront contrôler qu’il est bien ciblé sur l’emploi et l’investissement, ou la séparation annoncée des activités bancaires pour recentrer les banques sur le financement de l’économie réelle, portés par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, vont dans le bon sens, sans oublier la nécessaire réorientation du budget européen vers la politique industrielle.

 

Quatrième leçon : la nationalisation temporaire fait partie des mesures nouvelles témoignant du retour de l’État.

Sa mise en oeuvre doit répondre à une doctrine précise : l’entreprise concernée devra appartenir à un secteur stratégique, correspondre, par exemple, à des produits vitaux ou des produits intermédiaires qui irriguent de nombreux secteurs de production ; le portage financier devra être clairement transitoire, en association avec un partenaire industriel. Cette idée a été théorisée il y a quelques années par Dominique Strauss-Kahn qu’on ne peut accuser de «gauchisme». Elle a d’ores et déjà servi à Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, dans le dossier Mittal où elle a été un levier utile de la négociation.

Elle mérite donc d’être intégrée dans la boîte à outils de cette nouvelle politique industrielle.

Les couches populaires et moyennes de ce pays sont réalistes et ne demandent pas que «l’Etat puisse tout». Elles demandent simplement que «l’État puisse quelque chose».

La République française, si elle veut garder la maîtrise de son histoire et redonner au peuple français le sentiment qu’elle sait où elle va, doit s’appuyer sur un État stratège.

 

(1) Voir l’ouvrage de Paul Vacca «la Société du hold-up, le nouveau récit du capitalisme», éditions Mille et une nuits, novembre 2012.

(2) Voir l’ouvrage de Jean-Louis Levet «GDF-Suez, Arcelor, EADS, Pechiney… : les dossiers noirs de la droite », éditions Jean-Claude Gawsewitch, mars 2007.

 

Cet article est le 107ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie 

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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 22:04

Député de la gauche (PS, MRC, PRG, EELV) à plein temps…  

 

Le Conseil constitutionnel avait annulé le résultat de l’élection législative de juin 2012 dans les Hauts-de-Seine (92) - voir Hauts-de-Seine (13ème circonscription) : élection législative 9 et 16 déc. - en raison d’une irrégularité dans le scrutin (le député réélu avait choisi un suppléant qui était déjà remplaçant d’un sénateur).

Une nouvelle élection est organisée les 9 et 16 décembre, offrant une deuxième chance au challenger, Julien Landfried, qui était totalement inconnu dans cette circonscription avant le scrutin de juin et, grâce à une très bonne campagne, avait bien failli devancer l’ancien ministre et actuel président du Conseil général le plus puissant de France, député de cette circonscription depuis près de 30 ans (191 voix d’écart le 17 juin 2012).  

Université d'été MRC 2011 004 TJulien a raison de croire en ses chances car il est le candidat, dès le 1er tour, de l’ensemble de la gauche formant la majorité parlementaire (socialistes, républicains, radicaux et écologistes) et il est très présent sur le terrain. Voir landfried2012.fr et Ma profession de foi de premier tour.

 

Voici deux articles de presse qui montrent bien la difficulté d’établir un pronostic.

Dans les Hauts-de-Seine, la crise de l’UMP peut malmener Devedjian (BFMTV, 7 décembre 2012)

Les législatives partielles, balles dans le pied de l'UMP ? (Nouvel Observateur, 7 décembre 2012)

Hauts-de-Seine : Devedjian en danger

Il ne s'attendait pas à avoir un adversaire aussi coriace. Patrick Devedjian n'arrive pas à se débarrasser de Julien Landfried (ci-contre), le candidat chevènementiste, qui a le soutien du PS et d'EELV. En juin dernier, l'ancien ministre donné largement favori l'avait finalement emporté d'une courte tête. 191 voix d'écart et le sentiment d'avoir frôlé la correctionnelle. "Il y avait l'effet vague rose, je ne m'attends pas à une joute aussi serrée cette fois-ci", explique l'ancien ministre de Sarkozy au "Nouvel Obs". "Les gens ne voient pas se dessiner une ligne politique avec le gouvernement en place", estime Devedjian, qui espère faire de cette élection un test national.

Serait-ce pour oublier ses difficultés locales ? Son adversaire, Julien Landfried, a plusieurs raisons d'espérer. D'abord les conditions de l'annulation du scrutin. Devedjian avait pris comme suppléant le maire d'une importante commune de la 13e circonscription, qui était déjà suppléant au Sénat. Un "cumul" de fonction interdit. "C'est moi qui ait obtenu l'annulation. Les électeurs ont compris que j'étais un opposant opiniâtre, ça a renforcé ma légitimité et ça a crédibilisé ma candidature", affirme Landfried.

Deuxième faille dans la candidature Devedjian : son faible taux de présence à l'Assemblée nationale. Landfried en a fait un argument de campagne. "C'est normal, pendant 1 an et demi, j'ai été secrétaire général de l'UMP, puis j'ai été ministre", se justifie-t-il. "Et alors ?", s'interroge Landfried. "Les gens veulent un député à temps plein. La vérité, c'est qu'il se concentre sur son poste de président du Conseil général et ne met jamais les pieds à l'Assemblée." Pour se démarquer, le chevènementiste mise sur un programme local, en mettant la priorité sur l'éducation, sur la lutte contre le chômage avec les emplois d'avenir, et sur le problème récurrent de la ligne B du RER, qui irrigue la circonscription.

Dernière raison d'espérer pour lui, la situation chaotique à l'UMP. "Il y a un agacement de l'électorat sur nos querelles internes", concède Devedjian lui-même. Mais celui qui a soutenu Fillon enchaîne : "Ils ne m'en rendent pas responsable." Devedjian craint une démobilisation de ses électeurs encore plus importante que d'habitude, les législatives partielles enregistrant souvent un taux de participation assez faible. Une inquiétude partagée par le camp d'en face. "Mon adversaire, c'est plus l'abstention que Devedjian", lâche Landfried.

 

Cet article est le 53ème paru sur ce blog dans la catégorie République Parlement.

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 23:55

Les syndicats lancent un appel à François Hollande

 

Le gouvernement a laissé le ministre du redressement productif montrer sa combativité face à Mittal puis il a décidé de s’en remettre aux solutions Mittal, considérant que la nationalisation temporaire serait trop risquée et trop coûteuse pour les finances publiques.

 

Voir l’article précédent Florange : Ayrault et Moscovici s'opposent à la proposition Montebourg - 2 décembre 2012.

Et L'intégralité de l'accord entre l'Etat et Mittal (Le Monde, 6 décembre 2012).

 

Le Premier ministre est "droit dans ses bottes". Voir Jean-Marc Ayrault assume le choix du gouvernement pour Florange (Le Monde, 6 décembre 2012). Et il semble admettre que l’Etat ne peut rien face aux réalités économiques.  

 

Les réactions syndicales

 

La CGT a marqué sa désapprobation. Voir Bernard Thibault : "Je ne crois pas que Florange soit sauvé" (l’Humanité, 3 décembre 2012).

 

Les syndicats sur place à Florange, qui ont accepté d’aller à Matignon écouter les explications du Premier ministre, ont crié leur colère à leur retour.

Florange : "Vous attendez quoi ? Qu'il y ait un malheur ici ?" (Nouvel Observateur, 6 déc. 2012)

 

Les syndicats en appellent "solennellement à Hollande", et annoncent l'occupation des hauts-fourneaux ainsi qu'une grève à l'usine de Basse-Indre. 

Les "Florange" lancent "la résistance". Des métallos du site d'aciérie vont occuper les hauts fourneaux, a annoncé jeudi 6 décembre le délégué CFDT Edouard Martin après avoir appris qu'ArcelorMittal retire la candidature du site pour le projet Ulcos

"On en appelle solennellement à Hollande", a lancé devant les caméras le syndicaliste, les larmes aux yeux, tout en faisant part de "l'écoeurement" des salariés. "Reprenez le dossier en main ! Dites à Mittal ça suffit, dehors ! Il [Mittal] vient de montrer qu'il avait déjà le mensonge en tête avant de signer l'accord. Vous attendez quoi ? Qu'il y ait un malheur ici ? Et bien nous on va être votre malheur si vous ne cessez pas ce mensonge, cette tromperie ! C'est une promesse. Et nous on a l'habitude de les tenir, les promesses."

"A partir d'aujourd'hui, on prend possession de l'usine, on va dans les hauts fourneaux", a ajouté Edouard Martin, entouré d'une quinzaine de militants. "Il n'y en a pas un qui touchera aux vannes de gaz", qui permettent de maintenir les installations en veille."

Un appel à la grève a par ailleurs été lancé par les syndicats pour lundi sur le site de Basse-Indre.

 

Cet article est le 106ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

 

 

 

Les réactions syndicales

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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 22:32

La Banque postale reprendrait 12 % de l’effectif du CIF

 

La perspective d’une issue acceptable a disparu de l’horizon. Pour les 2310 salariés du Crédit Immobilier de France, c’est la douche froide après l’espoir né de la démarche du nouveau PDG auprès des pouvoirs publics (voir L'Elysée a tranché en faveur de la survie du Crédit Immobilier de France - 4 décembre 2012). 

 

Une reprise très partielle par la Banque postale

 

En fait, « la Banque Postale va reprendre, seule, une partie de l'activité et des salariés du CIF.

L'établissement devrait reprendre quelque 250 salariés du CIF sur les 2.310 actuellement en poste. Outre les 700 personnes employées à la gestion de l'extinction du CIF, 500 devraient être reclassées dans les filiales. Restent donc en balance 900 salariés dont 600 à 700 seraient concernés par le plan social. Les autres pourraient en partie être repris par le secteur bancaire, estiment les sénateurs.

 

Les élus écologistes écrivent à la Commission européenne

 

Les parlementaires écologistes (Eric Alauzet, Assemblée nationale, Jean Desessard, Sénat, Karima Delli, Parlement européen) ont écrit le 4 décembre 2012 au vice-président de la Commission européenne, Joaquin Almunia : 

 

Monsieur le Vice-Président,

 

Le Crédit Immobilier de France s’est trouvé confronté à la fin août à une difficulté d’accès aux financements du marché, et a dû solliciter auprès du Gouvernement français la garantie de l’État. Celui-ci a décidé de l’accorder, mais a assorti cette décision d’une annonce de mise en extinction, qu’il justifie principalement par les exigences de la Commission européenne, comme il l'a exprimé à plusieurs reprises devant le Parlement français.

Or, malgré ses difficultés de refinancement, dues à un modèle aujourd’hui condamné par les agences de notation qui l’acceptaient naguère, le Crédit Immobilier de France (CIF) est un établissement qui fait des bénéfices chaque année, et dispose de fonds propres importants (ratio de solvabilité supérieur à 14%).

 

Le CIF mène une activité de prêts aux ménages présentant un profil que les banques traditionnelles jugent trop peu profitable voire trop risqué, et a développé des méthodes et des métiers permettant à ces ménages d’accéder à la propriété dans des conditions de sécurisation très satisfaisantes pour eux comme pour l’établissement lui-même.

Il remplit donc, avec plus de 40 000 prêts par an, une mission socialement et économiquement utile, et contribue à l’activité de construction de logements sociaux. Ses résultats sont entièrement affectés aux missions sociales des SACICAP (sociétés coopératives d'intérêt collectif pour l'accession à la propriété), actionnaires du CIF, et financent des travaux dans le cadre de la lutte contre la fracture énergétique, du maintien à domicile des propriétaires âgés à revenus modestes, de la réhabilitation de copropriétés dégradées.

 

La mise en extinction condamnerait les emplois des 2 500 salariés et mettrait à mal les activités de production de crédits d’accession sociale à la propriété. En effet, les banques traditionnelles ne traiteront pas les clientèles coeur de cible du CIF, qui non seulement ont des revenus modestes, mais présentent d’autres critères jugés problématiques : faiblesse ou absence d’apport personnel, contrats de travail à durée déterminée ou intérim, personnes seules, emprunteurs trop jeunes ou trop âgés, ou ayant des problèmes de santé, etc. Ce alors même que ces clientèles, qui nécessitent un savoir-faire particulier, sont appelées à se développer.

Il paraît tout à fait envisageable, par une restructuration, de transformer le CIF en un véritable Service économique d’intérêt général (SIEG), oeuvrant dans un domaine où la défaillance du marché est patente. La Commission européenne reconnaît déjà de tels SIEG dans le domaine du financement du logement social.

Les parlementaires français ne pourraient comprendre qu’après avoir permis le sauvetage de nombreuses banques, la Commission condamne ainsi le seul établissement dont le rôle social est avéré et qui réinjecte tous ses résultats dans des activités d'intérêt général, désintéressées et irremplaçables.

 

C’est pourquoi, nous souhaiterions:

* savoir sur quelle base juridique vous avez pris, comme l’affirme le Gouvernement français, une décision de mise en extinction de l’activité du CIF ;

* connaître les options alternatives à la mise en extinction qui permettraient de maintenir l’activité d’utilité sociale qu’assure le CIF (activité que n’assure pas les banques commerciales pour les ménages à revenus modestes) et ce conformément aux dispositions du droit de l’Union Européenne en vigueur, et en particulier des articles 14 et 106.2 TFUE relatifs au service d’intérêt économique général ;

* que vous permettiez de mettre à profit les six mois qui viennent pour examiner, en liaison entre vos services et les parties prenantes, l’ensemble de ces solutions, dans le respect des règles de concurrence (…).

 

 Cet article est le 32ème sur ce blog dans la catégorie Le logement

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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 23:54

L’accession sociale à la propriété avec la Banque postale ?

 

La situation a évolué en un mois (voir Crédit Immobilier de France : les syndicats pour une nouvelle structure - 3 novembre 2012). 

 

Le 21 novembre, un article paru dans « Tout sur l’immobilier » indiquait les scénarios qu’allait présenter à l’Elysée le PDG du Crédit Immobilier, Michel Bouvard. Voir CRÉDIT IMMOBILIER DE FRANCE : BOUVARD ENTREVOIT « UN CHEMIN ÉTROIT » POUR LA SURVIE

 

Le 28 novembre, un article (Antoine Landrot) de l’AGEFI est affirmatif : L'Elysée entérine la préservation d'une partie de l'activité du CIF. L’accession sociale à la propriété sera protégée et pérennisée. Une fois de plus, la Banque Postale est appelée à contribution.

 

Le 2 décembre, un article (Isabelle Chaperon), paru dans Le Figaro, met en avant la demande des 56 sociétés coopératives (Sacicap), propriétaires actuels du CIF. Voir CIF : les actionnaires remontent au créneau

 

Les sociétés coopératives propriétaires du Crédit immobilier de France demandent à participer au tour de table de la future banque publique destinée à aider les clientèles modestes à acheter leur logement.

 

Le CIF (Crédit immobilier de France) est mort. Vive le CIF. Si l'Élysée a confirmé la semaine dernière la mise en extinction du réseau bancaire centenaire, ce dernier s'apprête pourtant à renaître sous un autre avatar, recentré sur l'accession sociale à la propriété. Dans les prochains jours, des discussions vont démarrer dans ce sens entre le CIF et La Banque postale (LBP), désignée par l'État pour accompagner le projet. S'il n'est pas sûr que cette demande fasse les affaires de LBP, en train de boucler l'acquisition d'une banque privée, d'autres s'invitent au tour de table: les 56 Sacicap (Sociétés anonymes coopératives d'intérêt collectif pour l'accession à la propriété), les propriétaires actuels du CIF.

 

«Nous souhaitons être actionnaires du nouvel outil destiné à favoriser l'accession sociale à la propriété, confie au Figaro Yannick Borde, élu il y a un mois PDG de l'UES-AP, la branche de la famille HLM qui représente les intérêts des 56 Sacicap. Nous sommes légitimes pour y jouer un rôle compte tenu de nos savoir-faire et de notre histoire.» Après les 28 milliards d'euros de garantie publique accordée au CIF, «nous sommes conscients que le dossier est complexe, assure l'élu de Mayenne. Nos exigences seront mesurées en terme de gouvernance.»

 

Mais, contrairement à Dexia, la banque franco-belge elle aussi mise en liquidation ordonnée, le petit spécialiste de l'immobilier n'est pas en pertes. Le 31 août, il a appelé l'État à la rescousse faute de pouvoir accéder aux marchés suite à la dégradation de sa note par Moody's. Pour autant, au terme du processus d'extinction, un pactole évalué entre 1 et 3 milliards d'euros est espéré. «Nous revendiquons la propriété du boni de liquidation, sachant que nous ne demandons pas à le récupérer immédiatement. Nous souhaitons le réinvestir progressivement dans la nouvelle entité», poursuit Yannick Borde.

 

Et le PDG de marteler: «Depuis le début, les actionnaires n'ont pas suffisamment pu faire entendre leur point de vue alors qu'ils sont un partenaire historique de l'État au travers des missions sociales dans lesquelles ils réinvestissent une bonne partie des dividendes qui remontent du CIF. Aujourd'hui, ils souhaitent participer pleinement aux discussions.»

 

De la remise en état des copropriétés dégradées à la lutte contre la précarité énergétique, 45 millions d'euros ont été engagés en 2011 par les Sacicap, un effort financé en partie grâce aux dividendes des filiales immobilières mais surtout grâce à ceux du CIF. En 2013, le réseau ne devrait rien verser. «Nous sommes capables de tenir une année sans pour autant suspendre nos missions sociales, même si la situation risque d'être tendue pour certaines Sacicap, rassure Yannick Borde. Nous saurons trouver des solutions au sein du réseau.» Mais cela ne durera qu'un temps.

Au final, les demandes des Sacicap promettent d'être politiquement délicates à trancher pour le gouvernement. Bercy avait dans un premier temps exigé qu'elles renoncent au boni de liquidation du CIF. Ce qui correspond à la jurisprudence de la Commission européenne qui tend à priver de toute prétention les actionnaires ayant failli. Reste à savoir si les Sacicap ont été des actionnaires plus défaillants que PSA, dont la filiale bancaire a aussi appelé l'État au secours, pour les mêmes raisons.

 

Cet article est le 31ème sur ce blog dans la catégorie Le logement

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 17:23

La résistance populaire met en échec l’ordre capitaliste

 

Le grand penseur du nouvel ordre capitaliste mondial, Zbigniew Brzeziński (USA), ancien conseiller à la sécurité nationale sous la présidence du démocrate Carter, intervenait récemment en Pologne (voir la vidéo diffusée le 26 novembre 2012 : http://www.infowars.com/brzezinski-populist-resistance-is-derailing-the-new-world-order/). Cela se passait au cours d’un débat organisé par l’European Forum For New Ideas (EFNI), haut lieu du fédéralisme européen.
 
Un compte rendu a été rédigé par Paul Joseph Watson, de l’agence de presse associative Alterinfo*. La traduction en français a été effectuée par le blog Resistance71.
 

La montée d’un “activisme populiste” est une menace au “contrôle extérieur”

 

Durant un discours récent en Pologne, l’ancien conseiller à la sécurité nationale Zbigniew Brzezinski a prévenu ses coreligionnaires élitistes qu’un mouvement de “résistance” mondial mené par un “activisme populiste” contre “le contrôle extérieur” est en train de menacer de faire dérailler la poussée vers le nouvel ordre mondial.

 

Notant au passage que la notion du XXIème siècle devant être le siècle américain est une “folie partagée”, Brzezinski a déclaré que la domination américaine n’était plus possible du fait d’un changement social allant en s’accélérant par le moyen “de communication de masse instantanée telle la radio, la télévision et l’Internet”, qui ont ensemble stimulés cumulativement  “un réveil universel de la conscience politique de masse”.

 

L’ancien conseiller à la sécurité a ajouté que “cette montée d’un activisme populiste mondial prouve être insensible à une domination extérieure du même type que celle qui a prévalu dans l’âge du colonialisme et de l’impérialisme.”

Brzezinski a conclu en disant que “la résistance populiste persistante et hautement motivée de la part de gens politiquement éveillés et historiquement hostiles à tout contrôle extérieur est de plus en plus difficile à supprimer.”

 

Bien que Brzezinski a expliqué tout ceci d’une voix neutre, le contexte de l’environnement dans lequel il a fait ces déclarations, ajouté à ses commentaires précédents indiqueraient que ceci n’est pas du tout une célébration de la “résistance populiste”, mais bien une lamentation au sujet de l’impact que cette résistance a sur le type de “contrôle extérieur” dont Brzezinski fut un avocat de la première heure.

 

Ces remarques furent faites au cours d’un évènement de l’European Forum For New Ideas (EFNI), une organisation qui se fait l’avocat de la transformation de l’Union européenne en un super-état fédéral anti-démocratique, le type même de “contrôle extérieur” bureaucratique dont Brzezinski disait dans son discours, qu’il était en danger.

Dans ce contexte, il doit bien être compris que Brzezinski montre que la “résistance populiste” est un obstacle majeur à l’imposition d’un nouvel ordre mondial et ceci doit être plus pris comme un avertissement que comme une célébration.

 

Considérons également ce que Brzezinski a écrit dans son livre: Between two ages: America’s role in the Technotronic Era”, livre dans lequel il se faisait l’avocat du contrôle des populations par une élite politique au moyen d’une manipulation technotronique (NdT: technocratique + électronique).

Il écrivait: “L’ère technotronique implique l’apparence graduelle d’une société bien plus sous contrôle. Une telle société serait dominée par une élite qui ne serait plus contrainte par des valeurs traditionnelles. Bientôt il sera possible d’exercer une surveillance presque continue sur tous les citoyens et de maintenir des fichiers mis à jour contenant jusqu’aux informations les plus personnelles de chaque individu. Ces fichiers pourront être consultés de manière instantannée par les autorités…”

“Dans la société technotronique, la tendance sera vers l’agrégation du support individuel de millions de citoyens incoordonnés, qui seront des proies faciles pour des personnalités attractives et magnétiques, exploitant les toutes dernières techniques de communication afin de manipuler les émotions et de contrôler la raison”, écrivait-il dans le même livre.

 

La préoccupation soudaine de Brzezinski au sujet de l’impact d’une population mondiale politiquement éveillée n’est pas née d’une quelconque notion qui s’identifie avec la cause de cette population, bien au contraire.

Brzezinski est l’ultime initié élitiste, l’homme de l’intérieur, le fondateur de la puissante commission trilatérale (NdT: aux ordres de son maître David Rockefeller, financier derrière la trilatérale et le CFR), un membre éminent du Council on Foreign Relations (CFR) et un participant très régulier des réunions du groupe Bilderberg. Il fut décrit par le président Obama comme étant “un de nos meilleurs penseurs”.

Ce n’est pas la première fois que Brzezinski se plaint du bourgeonnement d’une opposition populiste à la domination d’une élite infinitésimale. Pendant son discours du CFR à Montréal en 2010, Brzezinski avait mis en garde les mondialistes que “le réveil politique mondial”, combiné avec les luttes intestines au sein de l’élite même, menaçaient de faire dérailler la poussée vers le gouvernement mondial.

 

 
Voir aussi l’article paru le 2 décembre 2012 sur le blog de Lucien Pons (signalé par les blogs républicains) : Brzezinski: Une "Résistance populiste" fait dérailler le Nouvel ordre Mondial. Article repris sur le blog de Jean Lévy.

 

* Alter Info déclare sa totale indépendance à l'égard de tous gouvernements et institutions, de tous partis politiques et de tous groupes d'influence.

Notre objectif est d'aider à une meilleure connaissance et compréhension des sujets sensibles au cœur de nos sociétés modernes : conflits et évolution des sociétés occidentales, du Moyen-Orient et du monde arabo-musulman, relations entre les religions monothéistes, laïcité, ‘'islamisme'', terrorisme, communautarisme et ‘'antisémitisme'', toutes ces méconnaissances des problématiques engendrent des peurs irrationnelles qui justifient les mesures exceptionnelles -loi Perben I et II-. Nous considérons que l'information concernant le Moyen Orient est, en Occident en général et en France en particulier, diffusée de manière sélective, subjective et en fonction des préjugés manichéens alimentés et distillés, des perceptions dogmatiques, où les sensibilités ethnocentriques l'emportent sur la réalité. Alter Info se donne donc comme mission de promouvoir une information alternative aux antipodes des versions officielles et informer des conflits qui s'y déroulent et de prévenir des conséquences qui en découlent.

 

Cet article est le 133ème paru sur ce blog dans la catégorie Capitalisme

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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 18:05

Mittal à portée d’une nationalisation… s’il fait du Mittal

 

Bien au-delà de son poids réel (650 salariés sur les 20 000 d'ArcelorMittal en France), le site lorrain de Florange est devenu le symbole de la désindustrialisation française - 750 000 emplois perdus depuis dix ans. Ce dossier est un symbole à fort enjeu politique pour le président François Hollande. C'est à Florange qu'il s'était engagé pendant la campagne présidentielle à faire voter une loi pour contraindre les groupes qui ferment des usines à les céder à un repreneur.

 

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a choisi de négocier avec le propriétaire afin d’obtenir un compromis, qui n’est peut-être qu’une solution d’attente, évitant un plan social mais ne correspondant pas aux propositions du ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg.

 

Voir Ayrault : "Il n'y aura pas de plan social à Florange" (Le Monde, 30 nov. 2012).

 

Le ton était monté ces derniers jours entre ArcelorMittal, qui souhaitait fermer une partie du site, et le gouvernement socialiste, qui menaçait de le nationaliser. "Les moyens de pression ne disparaissent pas avec l'annonce d'aujourd'hui. Si [M. Mittal] se comportait comme un homme qui ne respecte pas sa parole, il y a des moyens de pression", a-t-on déclaré dans l'entourage du chef de l'Etat. "On garde le revolver sur la table", a même déclaré un conseiller de l'Elysée.

 

Le gouvernement s'est engagé à utiliser "tous les moyens nécessaires en cas de non-respect de l'accord" par ArcelorMittal. Mais Matignon a dit avoir "écarté la nationalisation transitoire" au regard des "engagements inconditionnels" d'ArcelorMittal. Le premier ministre a jugé que cette solution n'était pas efficace "face à un problème de débouchés pour une entreprise ou face à un problème de compétitivité", comme c'est le cas pour les hauts-fourneaux de Florange. 

 

L'accord prévoit que "les activités du site liées à la filière froide, et notamment l'emballage, seront pérennisées et renforcées par un programme d'investissements industriels. Cela permettra de sécuriser les salariés qui travaillent dans ces activités", a détaillé M. Ayrault. Il n'y aura toutefois pas de "redémarrage des hauts-fourneaux à court terme", ce "en raison de la faible activité actuelle en Europe".

 

En revanche, ArcelorMittal s'engage à "maintenir les hauts-fourneaux" de Florange en l'état, dans l'attente de la réalisation du projet de captage et de stockage de CO2 Ulcos, dans lequel l'Etat pourrait augmenter sa participation et qui doit recevoir l'accord pour des financements européens dans les prochaines semaines. Il n'y a cependant pas de garantie à ce stade que Florange accueille ce projet industriel.

 

Voir aussi Florange : les annonces de Jean-Marc Ayrault (l’Humanité, 1er déc. 2012).

 

Le MRC était favorable à une prise de contrôle temporaire par l’Etat

 

Communiqué de presse de Jean-Luc Laurent, président du Mouvement Républicain et Citoyen, député du Val-de-Marne, 28 novembre 2012

 

François Hollande recevait hier soir à l’Élysée Lakshmi Mittal, PDG d'ArcelorMittal pour évoquer l'avenir de Florange. Le Président de la République a demandé la poursuite des discussions entre l'Etat et l'entreprise jusqu'à samedi.
Si la porte ne doit pas être fermée à la négociation, un discours de fermeté s'impose.
Le comportement d'obstruction d'ArcelorMittal à la reprise du site de Florange est proprement inacceptable et met en péril le tissu industriel d'une région clé pour notre pays.

Arnaud Montebourg a eu raison d'évoquer l'hypothèse d'une « prise de contrôle public temporaire » : si le groupe Mittal ne prend pas ses responsabilités, ce sera à l’État de le faire au nom de la préservation des intérêts nationaux en matière économique.
A la politique financière à courte-vue du groupe Mittal, il faut opposer l'impératif de sauvegarde de nos emplois et de notre base industrielle

 

Gouvernement et Mittal: l’État peut (Jean-Luc Laurent, 1er déc. 2012)

 

Le Premier ministre a annoncé le résultat de la négociation entre l'Etat et l'entreprise Arcelor-Mittal: 150 millions d'investissements, pas de plan social et un projet de conversion des hauts-fourneaux sous pilotage public
Les salariés et leurs syndicats restent très prudents, et ont raison de l'être, face à une entreprise déloyale et des pouvoirs publics qui n'ont pas été à la hauteur dans le passé.
Une discussion doit être rapidement ouverte avec les représentants syndicaux des salariés sur les résultats de cette négociation.
Avec l'action de Jean-Marc Ayrault, d’Arnaud Montebourg et l'intervention du Président de la République cette semaine, la gauche a prouvé que l'Etat pouvait, à condition de le vouloir. La fermeté paie et permet de défendre un bassin d'emploi, une région industrielle et l'intérêt national.
Puisque la nationalisation, que le MRC a soutenu, est écartée en raison des engagements pris pour Florange et des garanties pour les autres sites (Dunkerque et Fos), l'Etat doit conserver la possibilité de nationaliser si ces engagements devaient connaître le sort de ceux pris par le passé pour le site de Gandrange.

 

Des commentaires très divers (de l’approbation complète à la critique la plus vive).

 

La lettre de Jaurès (PS, Gauchy, Aisne, 1er déc. 2012) approuve : Florange : Mittal capitule et échappe à la nationalisation

 

Benjamin Coriat, économiste atterré : « Mittal s’en est bien tiré » (Rue89, Le Grand Entretien, Renée Greusard, 1er déc. 2012).

Florange : la CFDT accuse le gouvernement d'avoir menti (Le Figaro, 1er déc. 2012)

FLORANGE: la trahison du “socialisme” compassionnel (Jacques Sapir, 1er déc. 2012)

 

Les déclarations du Premier ministre interprétées comme un désaveu du ministre du redressement productif

Jean-Marc Ayrault s’est-il mal conduit à l’égard du ministre Arnaud Montebourg ? En rejetant sa proposition de nationalisation, il a, en même temps, jeté la suspicion sur sa compétence.

Voir La « Montebourde » de Jean-Marc Ayrault (Marianne, Nicolas Domenach, 2 déc. 2012)

Florange : Montebourg ne décolère pas contre Ayrault (Rue89, Pascal Riché, 1er déc. 2012)

Florange : un désaveu pour Arnaud Montebourg ? (Le Monde, 1er déc. 2012).

Florange : Montebourg restera à son "poste de combat" (Le Monde, 1er déc. 2012)

Invité au journal télévisé de TF1, samedi soir, le ministre du redressement productif a exclu de démissionner du gouvernement, assurant qu'il resterait à son "poste de travail et de combat". "Si ça avait été une question personnelle, oui, j'aurai songé sérieusement [à démissionner]. Mais c'est un combat pour la France et pour la reconstruction de notre industrie. De ce fait, la question devient indécente", a-t-il martelé. Le ministre a indiqué que la nationalisation de Florange, écartée par le gouvernement dans son bras de fer avec ArcelorMittal, était toujours possible si Lakshmi Mittal ne tenait pas ses engagements (…).

 

Un compromis qui ne règle rien ?

Dans cette affaire, la démarche volontariste de Montebourg, approuvée par les syndicats et une majorité de Français, s’est heurtée aux réticences d’une haute administration de l’économie et des finances, formatée par 30 ans de néolibéralisme, qui a trouvé des appuis auprès du ministre Moscovici, lui-même très sensible aux arguments des chefs d’entreprise.

Jean-Marc Ayrault, qui ne partage pas non plus les conceptions de Montebourg, a dérapé dans sa communication. Le président de la République a rattrapé le coup en recevant Arnaud Montebourg, mais il sait que le gouvernement sera bien content de prendre appui sur les propositions du MRP (ministre du redressement productif) quand il faudra se rendre à l’évidence : Mittal n’a accepté cette solution que pour gagner du temps… et de l’argent.

La situation de l’emploi se dégrade. De vraies solutions novatrices devront être trouvées. Il n’est pas dit que les arbitrages du Premier ministre seront toujours en faveur du ministre de l’économie et de finances. Si c’était le cas, nous serions à la veille d’un changement de Premier ministre… Car les pressions seront de plus en plus fortes pour sortir du conformisme néolibéral. Et François Hollande devra prendre ses responsabilités. Heureusement pour lui et les Français, le contexte est différent de celui de 1983. Nous étions au début de la financiarisation de l’économie. Trente ans plus tard, il s’agit de remettre la finance à sa place et de relancer l’économie. C’est le retour du politique au pouvoir.

 

Cet article est le 105ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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