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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 11:07

La 2ème circonscription, toujours aussi indécise

 

Depuis le second tour de l’élection présidentielle, la compétition est lancée pour les élections législatives des 10 et 17 juin.

Rappel : Législatives 2012 en Mayenne : les votes du 22 avril par circonscription - 29 avril 2012  Présidentielle 2012 : les résultats du 2ème tour en Mayenne (JY Delort) - 7 mai 2012 

 

Arnaud Bélier (Ouest-France, 8 mai 2012) a présenté la carte des résultats du 2ème tour de la présidentielle par circonscription. Voir La bataille des législatives en Mayenne est lancée !

 

François Hollande a recueilli :

- 51,30 % des voix dans la 1ère circonscription (Laval), ce qui conforte la réélection probable du député PS Guillaume Garot,

- 44,76 % dans la 2ème circonscription (Château-Gontier, Sud Mayenne) où le député UMP villepiniste Marc Bernier n’est pas candidat,

- 44,89 % dans la 3ème circonscription (Mayenne, Nord Mayenne), où le député UMP Yannick Favennec sera probablement réélu.

 

Les candidats déclarés dans la 1ère circonscription (dépôt des candidatures 14-18 mai) :

Guillaume Garot (PS, soutien PRG, MRC, EELV), Aurélien Guillot (PCF, Front de Gauche), Samia Soultani-Vigneron (UMP), Isabelle Dutertre (Alliance centriste), Yves Cortès (indépendant, droite UMP ex-RPR), Marie-Alix Le Comte (FN), Emile Seigneur (Parti ouvrier indépendant), Claude Soulié (Mouvement écologique indépendant), Christine de Saint-Genois (Nouveau Centre),.

 

Les candidats déclarés dans la 2ème circonscription :

Marie-Noëlle Tribondeau (soutien PS, PRG, MRC), Julie Cochin (PCF, Front de Gauche), Claude Gourvil (EELV), Guillaume Chevrollier (UMP), Elisabeth Doineau (Alliance centriste), Philippe Henry (indépendant, centre droit), Jocelyne Mallez (FN).

 

Les candidats déclarés dans la 3ème circonscription :

Christian Quinton (EELV, soutien PS), Hervé Eon (PG, Front de Gauche), Yannick Favennec (UMP), Bruno de la Morinière (FN).

 

Nouveautés :

 

1ère circonscription :

            La suppléante de Guillaume Garot est Sylvie Pichot, maire de Bais.

Yves Cortès, maire de Pré-en-Pail, conseiller général UMP du canton de Pré-en-Pail, ancien secrétaire départemental RPR, se présente sans l’investiture UMP (elle est attribuée à Samia Soultani-Vigneron).

Christine de Saint Genois a créé la surprise en étant « parachutée » (voir Commandante Christine de St Genois de Grand Breucq) par le Nouveau Centre en Mayenne. Elle a été l’une des premières femmes pilotes de ligne.

2ème circonscription :

Le suppléant de Philippe Henry est Yannick Borde, maire de Saint-Berthevin, conseiller général du canton de Saint-Berthevin. Ils se présentent tous les deux comme « indépendants » de centre droit. La concurrence sera rude avec la candidate de l’Alliance centriste, Elisabeth Doineau, laquelle a voté Sarkozy au 2ème tour de la présidentielle, comme Jean Arthuis, désormais en « rupture totale avec Bayrou ».

Cet article est le 36ème paru sur ce blog dans la catégorie Législatives 2007-2012

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 16:30

La souveraineté nationale, principe de base pour rebondir

 

MRC national 002A l’occasion du tricentenaire de la naissance du philosophe Jean-Jacques Rousseau, Jean-Pierre Chevènement est intervenu lors du colloque du GIPRI (Institut international de recherche pour la paix) à Genève le 27 avril 2012.

Voici des extraits de son intervention, dont l’intégralité est reproduite sur son blog.

Rousseau, précurseur du fondamental: éclairages pour une république moderne

(…) Venons-en, une fois prises les précautions épistémologiques nécessaires à une bonne compréhension de la pensée de Rousseau, si vaste et apparemment si contrastée, à l’actualité - ou à l’inactualité - de celle-ci confrontée aux grands mouvements de notre époque :

• la mondialisation et le sens de la République dans la mondialisation ;
• l’Europe et les difficultés de la construction européenne ;
• l’universalisme enfin, à travers ses plus récentes moutures, ce qu’on a appelé « le droit de l’hommisme » et le « droit », voire le « devoir d’ingérence »
(…).

 

Que dirait Rousseau aujourd’hui des effets sociaux de la dérégulation ? Un capitalisme financier prédateur et spéculatif a façonné un monde déséquilibré et inégal qui court après des règles dont l’abolition a produit la crise dans laquelle il se débat. Rousseau gémissait sur « l’infortune des peuples écrasés par une poignée d’oppresseurs ». Ce n’est pas s’avancer beaucoup de dire que son aspiration à l’égalité « sans laquelle la liberté ne peut subsister »(Contrat social) et à l’existence morale à laquelle la citoyenneté fait accéder l’homme, serait profondément heurtée par le spectacle des inégalités croissantes, de la démission civique et du primat de l’économique sur le politique, qui caractérisent les sociétés régies par le principe dit de « l’acquisition de la valeur par l’actionnaire ».

Pour réhabiliter le politique, il faudrait restaurer le citoyen. Mais celui-ci se désespère de voir partout bafoués les principes de la souveraineté sans laquelle il ne peut rien et n’est même pas citoyen. Nous voilà « au rouet » comme disait Montaigne …

Cette défaite de la République a été aussi et d’abord une défaite de la France. Dans l’Europe de 1983, les marges de manœuvre, pour elle, étaient infiniment plus grandes qu’elles ne le sont devenues aujourd’hui, dans un monde entièrement dominé par le capitalisme et les marchés financiers, ouvert aux concurrences les plus inégales, et dans une Europe germanocentrée, où elle peine à remplir son rôle de médiateur naturel entre les pays du Nord de notre continent et ceux du Sud
(…).

La messe est-elle dite ? L’Histoire est-elle finie ? N’y a-t-il pas dans le principe de la souveraineté nationale le ressort d’un éventuel rebond ? La crise du néolibéralisme ne peut-elle faire renaître l’exigence républicaine ? L’Humanité a besoin de repères. Ceux que fournit la République sont pour les hommes d’aujourd’hui des repères plus sûrs que la confiance intéressée ou naïve dans la « main invisible » de marchés devenus fous. C’est ce qu’il faudra démontrer
(…).

 

Rousseau ne prohibait pas la guerre. Ce qui l’intéressait c’était à l’intérieur du droit de la guerre, la manière dont on peut la circonscrire et la réglementer, s’agissant notamment du traitement des prisonniers et de la protection des civils.
Nous pouvons, en nous inspirant de Rousseau, concevoir une diplomatie républicaine
, à la fois respectueuse des souverainetés nationales et soucieuse d’instaurer une règle collective, visant à redonner tout son sens au concept de souveraineté. Celle-ci ne peut s’accomplir qu’au service du bien commun.
Rousseau nous enseigne ainsi la distance entre le réel et l’universel mais aussi la manière de nous en accommoder. Ce génial théoricien de la souveraineté rappelle aussi aux hommes qui savent le lire qu’ils ne sont pas des dieux.

 

Voir aussi Jean-Jacques Rousseau pour penser le XXIe siècle

PENSER LA REPUBLIQUE, LA GUERRE ET LA PAIX. Sur les traces de Jean-Jacques Rousseau

 

Jean-Pierre Chevènement le coeur à l'ouvrage (Le souverainisme à l’épreuve de la mondialisation)

 

Cet article est le 156ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT

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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 17:58

Le nouveau président parle beaucoup mais pas de lui

 

Avant la prise de fonction de François Hollande à la présidence de la République, mardi 15 mai, intéressons-nous au candidat qu’il fut. De nombreux livres sont déjà sortis à ce sujet. Je retiens celui d’Eric Dupin, journaliste, dont il est question dans plusieurs publications, notamment :

« Mon déjeuner avec Hollande » (1) - Marianne2, Eric Dupin, 10 mai 2012

« Mon déjeuner avec Hollande » (2)  - Marianne2, Eric Dupin, 11 mai 2012

Présentation par Philippe Cohen : Avec Voyages en France, Eric Dupin avait dressé, voici un an, un portrait saisissant des Français sous la crise, qu'il avait rencontrés aux quatre coins de l'Hexagone.

Poursuivant une œuvre qui s'apparente à une « ethnologie politique » d'autant plus précieuse qu'elle se fait rare dans la presse (il ne faut pas confondre ethnologie et micro-trottoir), Dupin alterne cette fois-ci les rencontres avec les Français de base, cueillis dans leur environnement naturel, et les conversations avec les hommes et femmes politiques, personnalités nationales ou locales qu'il sait si bien faire parler. On appréciera notamment sa percée dans une France mitterrandienne - la Nièvre - partagée entre le vote montebourgien et l'inclinaison envers François Hollande qui a si bien intégré la geste politique de « François Ier »...
La crise et la mondialisation sont omniprésentes, davantage dans les paroles des Français que dans les discours des politiques. Elles finissent pas dessiner les balises entre lesquelles le premier Président en scooter (trois roues mais quand même...) va devoir se faufiler. Eric Dupin lui souhaite presque bonne chance à sa façon. En lui suggérant - sage conseil - de s'émanciper du petit père Queuille, un Corrézien de l'après-guerre dont le nouveau président est admiratif, afin de devenir un Roosevelt français.

Nous publions en deux volets un déjeuner entre le journaliste et le candidat devenu Président qui s'est déroulé quelques semaines avant son arrivée à l'Elysée. Un entretien dans lequel François Hollande, sans doute mis en confiance par l'ancienneté de la relation - Dupin et lui ont frotté leurs
blue jeans sur les bancs de la même promotion de Science Po - donne à lire sa vision de ce que sera son quinquennat

François Hollande et la Chine : de la menace au pragmatisme (Rue89, Pierre Haski, 12 mai 2012)

Dans les coulisses d'une victoire et d'une défaite (Le Monde, Ariane Chemin, 12 mai 2012)

(…) Le dernier livre d'Eric Dupin, ancien éditorialiste à Libération, est le journal de bord de la campagne rédigé sous forme chronologique : du 29 août au 6 mai. Si cette chronique s'attarde plus particulièrement sur les socialistes, elle entremêle rencontres avec des personnalités politiques, des élus locaux et des militants de tous bords.

 

Cet article est le 51ème paru sur ce blog dans la catégorie Présidentielle 2012

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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 23:46

L’euro s’est formé sur un fondement incomplet

 

Thierry Pouch, économiste, responsable du service des études économiques de l'Assemblée Permanente des Chambres d'Agriculture et chercheur associé à l’université de Reims Champagne-Ardenne, interviendra prochainement lors d’une réunion du Mouvement agricole et rural solidaire. Il indiquera les effets de la crise de la zone euro sur l’agriculture, après avoir évoqué les origines de cette crise.

Dans le n° 1205 (mars 2012) de Focus Economie, publication du service économique des Chambres d’agriculture (voir Économie), Thierry Pouch propose une analyse très documentée sur la crise de la zone euro, dont voici un large extrait. Voir aussi, sur le site de la Chambre d’agriculture de la Haute-Marne : La zone euro à quitte ou double.

 

Résumé : La crise de la zone euro, crise des dettes souveraines mais aussi crise économique depuis 2008, entre dans sa troisième année, sans que des solutions viables et durables n’émergent des sommets successifs. Si, en ce début d’année 2012, des avancées ont été réalisées, laissant entendre que les pays membres de la zone euro sont sur une trajectoire de sortie de crise, cette trajectoire reste encore longue et ponctuée d’incertitudes quant à la solidité des instruments mis en place. Au point que l’hypothèse d’un défaut de l’économie grecque, d’un éclatement de la zone euro, n’est plus tabou. Ce qui est en crise, ce sont en réalité les ambitions de la construction européenne, dont la monnaie unique constitue l’un des maillons les plus apparents.

 

La zone euro est entrée dans une crise sans précédent

 

Avec la crise et le déploiement de politiques économiques expansionnistes, les pays membres de la zone euro ne respectent plus, à une ou deux exceptions près, les critères fixés par le Pacte de Stabilité et de Croissance (PSC de 1997 réexaminé en 2005).

 

La forte hétérogénéité des structures économiques des pays membres de la zone euro a pu alors éclater au grand jour. Outre la montée de l’endettement public, c’est bien la polarisation des balances courantes qui illustre le mieux les divergences de compétitivité entre les économies de la zone euro (graphiques 3 et 4). On assiste dès lors à la litanie opposant les économies non vertueuses, sommées de se conformer aux exigences des pays vertueux, à l’instar d’une Allemagne qui en la matière donne le la. Outre les coupes claires que les premières (Grèce, Espagne, Portugal, Irlande…) ont dû effectuer dans leurs dépenses publiques, outre les plans d’austérité adoptés (gel voire diminution des salaires dans la fonction publique, baisse des retraites…), c’est bien sur le redressement de la compétitivité que doivent porter les mesures de politique économique les plus drastiques. Cet aspect de la crise de la zone euro est d’une extrême importance pour comprendre la crise actuelle et la lecture des deux graphiques 3 et 4 va y contribuer.

 

Les excédents courants impressionnants dégagés par l’Allemagne depuis le début des années 2000 sont à articuler avec la perte de la compétitivité de ce pays depuis la réunification une décennie plus tôt. L’économie allemande a de plus intégré la zone euro avec un taux de change apprécié, défavorable à ses exportations. Toute la décennie 1990 s’est donc déroulée pour l’Allemagne sur le mode de la reconstitution de sa compétitivité, passant notamment par une compression massive des coûts de production, salariaux en particulier.

 

De plus, on sait que la population allemande ne progresse plus, posant de façon aiguë le problème du financement des retraites. L’accumulation d’excédents courants était devenue une priorité pour l’économie allemande, excédents formant en quelque sorte une manne financière pour le futur. Elle n’a pu être effective qu’au travers la montée de l’endettement privé dans les autres pays de la zone euro, ainsi qu’on a pu le constater en Espagne, en Irlande, en Grèce ou au Portugal.

Car l’économie d’endettement qui se mit en place durant les années quatre-vingt-dix deux mille dans ces pays là, à la faveur de taux d’intérêt relativement bas et convergents, occasionna une croissance de la demande qui bénéficia à l’Allemagne – dont la stratégie économique est depuis longtemps fondée sur l’exportation – puisqu’elle exporte entre 45 et 50% vers ses « partenaires » de la zone euro.

C’est donc bien la politique menée par l’Allemagne durant les années 2000 qui a amplifié les divergences économiques propres aux pays de la zone, et mis au jour les écarts de compétitivité. Puisque l’Allemagne parvient à dégager des excédents courants réguliers, c’est que son économie est compétitive. Il s’ensuit que les autres pays membres doivent suivre son modèle économique et financier. En réalité, ce recouvrement de la compétitivité de l’Allemagne s’est opéré au détriment des partenaires de la zone euro, dans une sorte de jeu non coopératif. En résumé, l’Allemagne a privilégié ses intérêts au détriment du collectif européen.

La progression de l’endettement privé a donc largement profité à l’Allemagne. Sauf que, dans la crise actuelle, les économies qui se sont endettées hier, qui sont intervenues pour soutenir massivement le système bancaire européen, sont exposées à des risques de défaut de paiement. De ce point de vue, la construction de la zone euro a démontré ses faiblesses et ses graves lacunes. Si l’économie grecque pèse peu dans l’ensemble des membres de l’Union économique et monétaire (2% du PIB et 4,5% de la dette agrégée), elle a formé dans la crise actuelle l’étincelle à partir de laquelle s’est propagé l’incendie européen.

 

La crise est d’autant plus grave qu’un désaccord profond est apparu au sujet du mode de financement des Etats membres et de la mission de la Banque Centrale Européenne (BCE). Le paradoxe réside dans le fait que l’Allemagne, par la voie de sa chancelière, clame l’impératif d’une plus grande intégration européenne, tout en bloquant le chemin qui devrait y conduire. Le premier exemple a trait au refus de la création des Euro Bonds. En mutualisant les dettes des dix-sept États, on réduirait les différentiels de taux d’intérêt, faisant ainsi baisser ceux de pays comme la Grèce ou le Portugal, ceux de l’Allemagne ou des Pays-Bas opérant quant à eux une remontée. Il s’agirait en quelque sorte d’une première avancée vers le fédéralisme dans la zone euro, ce à quoi s’opposent fermement les allemands (graphique 5).

Le clivage relatif à la mission de la BCE est sans doute encore plus tranché. Pour l’Allemagne, fidèle en cela à son attachement à l’indépendance de la Banque centrale afin d’écarter tout risque de monétisation de la dette publique, en raison de son caractère potentiellement inflationniste, la BCE doit se limiter à atteindre l’objectif qui est le sien, à savoir la stabilité des prix et de la monnaie.

Tout juste tolère-t-on de la part de la BCE qu’elle se porte acquéreur de titres publics sur le marché secondaire, marché sur lequel les banques lui cèdent de tels titres. Un contraste existe donc entre les agissements de la BCE et ceux de ses homologues anglaise, japonaise et américaine, lesquelles rachètent directement, c’est-à-dire à l’émission, les obligations d’État. Au milieu de l’année 2011, la FED (la Banque centrale américaine), détenait 14% de la dette fédérale américaine, laquelle s’élève à 15 000 milliards de dollars (graphique 6).

Dans la crise actuelle, un cran supplémentaire a récemment été franchi. Il a trait d’une part aux mesures de politique économique qui ont été adoptées par la plupart des pays membres de la zone euro, puis, d’autre part, à l’imposition, par l’Allemagne, de la « règle d’or » sur laquelle on reviendra plus bas.

Sur le premier point, les politiques restrictives semblent manifestement se généraliser à l’ensemble de la zone euro. Elles débouchent sur une contraction non moins générale de la croissance, véritable cercle vicieux puisque c’est précisément à partir d’une croissance soutenue et durable que les rentrées fiscales augmentent, engendrant du même coup une diminution des déficits et des dettes. Le cercle vicieux dans lequel est enfermée la Grèce peut s’étendre à la zone euro toute entière (graphique 7). Si les débouchés de l’Allemagne se ferment les uns derrière les autres, c’est toute la stratégie d’exportation allemande qui s’effondrera, l’obligeant à rechercher des marchés extérieurs sur lesquels la concurrence est intensive.

 

La zone euro à quitte ou double

 

Ce à quoi nous assistons dans la zone euro n’est rien moins qu’une crise économique doublée d’une crise institutionnelle, qui fragilise sa position dans l’économie mondiale.

Par l’adoption de politiques économiques restrictives, les pays membres de la zone, et l’Allemagne en tout premier lieu, hypothèquent la croissance potentielle future, celle qui permettrait à l’UE de s’interroger sur le rôle qu’elle entend et peut jouer dans l’économie mondiale d’ici à 2050 afin de relever les défis du XXIème siècle (énergie, climat, technologie mais aussi alimentation…).

 

Avec les politiques actuellement menées, l’UE s’installe dans une récession durable, dans une stagnation, et compromet ses chances d’être un acteur qui comptera dans l’économie mondiale de demain. L’adoption de la « Règle d’or » par 25 pays sur 27 lors du Sommet européen de Bruxelles du 30 janvier dernier, offre une bonne occasion de mieux comprendre ce point.

Cette règle, qui sera inscrite dans les constitutions nationales, indique que le déficit public ne devra pas dépasser le seuil de –0,5% du PIB, soit un seuil encore plus drastique que celui en vigueur jusqu’à présent (–3%) et hérité du Traité de Maastricht. Elle intègre les dépenses structurelles des gouvernements, celles qui portent sur l’investissement public (recherche, innovation, infrastructures, éducation…), lequel conditionne la croissance future des économies. On peut du coup se demander si l’adoption de cette « Règle d’or » ne signifie pas que priorité est désormais donnée aux rentes financières d’une Europe vieillissante au détriment des investissements préparant l’avenir de la jeunesse européenne.

 

Outre le fait que l’application stricte de cette « Règle d’or » (elle sera en effet assortie de sanctions financières) stérilise toute réponse étatique à des chocs macroéconomiques comme celui que l’on a connu en 2007-2008, elle induit l’idée que les investissements sont du ressort du seul secteur privé, à moins qu’un État n’administre la preuve qu’il est en mesure d’autofinancer de tels investissements publics. Or l’histoire des économies développées montre que l’investissement public constitue un élément moteur de la croissance économique, ne serait-ce que par ses retombées dans tous les secteurs d’activité. Au regard de l’ampleur de la dégradation des comptes publics de chacun des États membres, de la récession ou, tout au mieux des taux de croissance atones, quelle est l’issue la plus favorable pour la zone euro et, plus globalement pour l’UE ?

 

L’adoption d’un véritable budget européen, par surcroît augmenté dans des proportions importantes et contenant des mécanismes de solidarité financière, permettrait d’envisager des dépenses publiques d’investissements centrées sur des secteurs porteurs et capables de faire converger les économies membres au travers d’une ambition collective. Il sera par ailleurs impératif d’ancrer ce budget européen dans une stratégie de croissance et d’emploi.

 

En ce sens, l’Allemagne n’a finalement que peu d’intérêt à voir éclater la zone euro, puisque ce sont ses exportations, et par voie de conséquence, sa croissance, qui sont en jeu. Dans ce cas de figure, la monnaie unique serait alors adossée à un État fédéral et à un objectif commun. C’est en effet le propre d’une monnaie que d’être articulée à un principe souverain.

 

S’agissant de l’euro, il a été construit sur la base du Traité de Maastricht, qui a juxtaposé différents États, rendant en cela impossible l’appartenance commune à une monnaie et donc toute politique de coopération entre ces États. La formation de l’euro s’est effectuée sur un fondement incomplet. En raison d’une accentuation des pressions exercées sur les pays de la zone euro pour qu’ils réduisent encore davantage leurs déficits et leurs taux d’endettement, ce sont bien des solutions nationales qui émergeront de la crise actuelle, prenant la forme d’une ou de plusieurs sorties unilatérales de la zone euro.

 

Dans le cas de la Grèce, le retour à la monnaie antérieure, la drachme, entraînerait ipso facto une dévaluation massive de sa parité, d’au moins 70 à 80%. Ce changement de parité monétaire se concrétiserait par une envolée du taux d’intérêt, obligeant l’État à demander aux créanciers à la fois un rééchelonnement de la dette et une baisse du taux d’intérêt.

Cela pourrait aller jusqu’à une dévalorisation massive des créances, potentiellement porteuse d’une pénurie de liquidités dans les banques. On peut donc s’attendre à une récession plus accentuée de l’économie grecque durant encore deux à trois ans après la sortie de la zone euro. Ce n’est qu’ensuite que l’effet de la dévaluation –assortie de mesures gouvernementales allant du rétablissement du contrôle des changes à la fermeture des banques, en passant par un gel total des avoirs bancaires afin de dissuader les sorties de capitaux – deviendra positif. Érosion du déficit extérieur courant, redressement des secteurs d’activité nationaux, réenclenchement de la croissance engendrant les recettes fiscales destinées à réduire le déficit et la dette publics.

 

 Cet article est le 93ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 20:29

Un ministère pour la filière agroalimentaire, sans l’énergie

 

Prenant acte de l’élection de François Hollande à la présidence de la République, André Lefranc et Paul de Montvalon, respectivement présidents, au niveau national, de l’Association des producteurs de lait indépendants (APLI) et de l’Office du lait, ont publié une déclaration commune remise à la presse le 10 mai 2012 (voir COMMUNIQUES APLI) et répondu aux questions du quotidien Ouest-France.

 

Une nouvelle donne politique

 

L’APLI a félicité M. François Hollande pour son élection à la Présidence de la République. Dans son message au Président élu, l’APLI Nationale a souligné l’écoute attentive qu’elle avait reçue de la part de l’équipe de campagne du candidat.

La nouvelle organisation ministérielle en 15 pôles retient l’attention de L’APLI Nationale et de l’Office du Lait National. Ne serait ce pas l’occasion de créer un grand pôle regroupant tous les acteurs de la filière tel que nous le concevons à l’Office du Lait National ?

L’Office du Lait National et l’APLI Nationale rejoignent en cela le président de la FNSEA, dans sa requête d’élargissement du prochain ministère de l’agriculture aux thèmes de l’industrie agroalimentaire, tout en allant au-delà, jusqu’aux consommateurs.

 

Ce souhait honorable, s’il est accepté, permettra de se recentrer sur les objectifs premiers de l’agriculture : la souveraineté alimentaire ainsi que la sécurité et la qualité de l’alimentation.

Il va de soi que cette position implique le rattachement de toute production ayant d’autres fins que l’alimentaire à un ministère différent de celui de l’agriculture et de l’agroalimentaire.

La concurrence entre agro-carburants et alimentation humaine étant la cause de nombreux conflits de la faim à travers le monde, il serait bien d’avoir une réelle ligne politique sur ce sujet.

Ainsi, toute la filière de production d’énergie d’origine végétale, producteurs de matières première compris, se verrait-elle reliée à un autre pôle : vers l’industrie ou l’énergie, libérant ainsi un volume d’aides et de subventions permettant de rémunérer les pertes subies par l’élevage en général, et les producteurs laitiers en particulier.

 

Dans un premier temps, (tant que la base de fixation du prix du lait n’est pas le coût de production, rémunération du travail incluse) ces aides viendraient compenser le différentiel de prix entre les cours du marché et la réalité des charges des élevages laitiers, sans pénaliser les industriels dans leur démarche de développement face à leurs concurrents. Ceci aurait l’avantage de préserver une agriculture familiale garante de diversité, de qualité, de sécurité et de maintien sur le territoire du plan grand nombre d’exploitations comme le souhaitent une majorité de citoyens consommateurs.

 

L’APLI Nationale et l’Office du Lait National rappellent que le but de leur engagement est de réguler, au niveau européen, la production en fonction de la demande afin de garantir :

- Un revenu équitable aux producteurs.

- Une alimentation saine pour les consommateurs.

- Une agriculture respectueuse de l’environnement.

- Un arrêt de la famine, instrumentalisée à des fins financières et politiques, en stoppant la spéculation sur la nourriture.

- Des prix rémunérateurs et non des subventions.

- La place de l’humain, remis enfin au centre des débats.

 

C’est pour cela que l’APLI Nationale et L’Office du Lait National dénoncent la précipitation avec laquelle l’ancien gouvernement à mis en place la contractualisation française, avant même l’adoption par l’Europe du mini paquet lait. Ils demandent à la nouvelle équipe ministérielle d’abroger le décret n°2010-1753 du 30 décembre 2010 afin de permettre aux producteurs de s’organiser.

Ils se sentent soutenus par les récentes déclarations du Comité des Régions d'Europe qui, réuni vendredi 4 mai 2012 en session plénière à Bruxelles, a adopté son avis sur la Pac 2014-2020, qu'il souhaite « plus juste » et « laissant la place à davantage de régulation ». En particulier, il « demande que soient réexaminées les décisions antérieures relatives à la disparition des quotas laitiers et sucriers, ainsi que des droits de plantation viticoles ».

François Hollande s’est engagé, pendant sa campagne, à plus de démocratie dans la représentation des producteurs. C’est pourquoi l’APLI Nationale et l’Office du Lait National demanderont à être reçus par le nouveau ministre de l’agriculture dès que celui-ci aura été nommé.

 

 L'Office du lait et l'Apli face au nouveau Président (Ouest-France, 11 mai)

Les Français ont choisi François Hollande comme président de la République. Est-ce que cela change pour vous la donne agricole ?

La nouvelle organisation en quinze pôles ministériels retient notre attention. L'office du lait et l'Apli souhaitent un élargissement des prérogatives du ministère de l'Agriculture aux thèmes de l'agroalimentaire, comme le souhaite le président de la FNSEA. Nous voudrions qu'elles soient étendues aux consommateurs.
Cela permettrait de recentrer l'action de l'État dans le domaine agricole sur deux priorités : la souveraineté alimentaire et la sécurité et la qualité de l'alimentation. Toutes les productions non alimentaires doivent être rattachées à un ministère différent.

Que voulez-vous dire ?

La concurrence entre agro-carburants et alimentation humaine est la cause de nombreux conflits. Toute la filière énergétique de production d'origine végétale, producteurs de matières premières compris, devrait être rattachée à un pôle énergie ou industrie. Des aides et subventions ainsi libérées pourraient venir compenser les pertes subies par les producteurs de lait et de viande bovine.

Comment ?

Tant que la base de fixation du prix du lait ne tient pas compte du coût de production, rémunération du travail comprise, ces aides viendraient dans un premier temps compenser le différentiel de prix entre les cours du marché et la réalité des charges des élevages laitiers, sans pénaliser les industriels dans leurs projets de développement face à leurs concurrents.

L'action de Bruno Le Maire vous a déçus ?

L'Apli et l'Office du lait regrettent la précipitation avec laquelle l'ancien gouvernement a mis en place la contractualisation française avant même l'adoption par l'Europe du mini-paquet lait. La nouvelle équipe ministérielle doit abroger le décret du 30 décembre 2010, afin de permettre aux producteurs de s'organiser.

Vous avez bon espoir d'être entendus ?

Le comité des régions d’Europe s’est réuni à Bruxelles le 4 mai. Il a adopté un avis sur la PAC 2014-2020. Il souhaite une PAC plus juste et laissant la place à plus de régulation. Il demande notamment le réexamen des décisions antérieures relatives à la disparition des quotas laitiers et sucriers ainsi que les droits de plantation viticoles. François Hollande s’est engagé, pendant sa campagne à plus de démocratie dans la représentation des producteurs. Nous demanderons à être reçus par le ministre de l’agriculture dès que celui-ci sera nommé.

 

 Cet article est le 311ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 14:48

Faire rentrer les recettes, revaloriser le travail et les salaires

 

REsistance SOciale est une association citoyenne présidée par Marinette Bache, conseillère de Paris. Gérard Beillard en est le correspondant en Mayenne.

 

Voici le sommaire de la publication de REsistance SOciale en avril 2012, placée sous cette phrase célèbre de Jean Jaurès « La République sera sociale ou ne sera pas », puis le socle commun :

p.1 : L’édito de Marinette Bache

p.2 : Collectif « Notre santé en danger » : socle commun (voir Socle commun du collectif Notre santé en danger (Résistance sociale) - 10 mai 2012) 

p.3 à 7 : Place au débat : Impact de la crise et de l’austérité sur les femmes / Sauver et reconquérir la Sécurité sociale

Sauver et reconquérir la Sécurité sociale par Jean-Claude CHAILLEY

 

Mme Parisot a lancé un avertissement avant la présidentielle : « LA priorité » du prochain quinquennat (quel que soit le président) doit être « la réforme de l’assurance maladie ». Les médias, sentant la montée de la gauche, enfoncent le clou : « La Dépêche » du 27 mars « L’assurance maladie au bord de la faillite…».  « Les échos » du 26 mars : « Assurance-maladie : les pistes du Haut Conseil face à une situation «extrêmement critique». L’Institut Montaigne (C Bébéar, M. Faugère, directrice générale de l’AP-HP…) fait de la pub sur BFM TV sur la réforme du financement qu’il veut : « la TVA sociale ». Pourquoi ?

 

TVA « SOCIALE » et CSG remplacent la cotisation sociale « patronale  ».

 

De 1983 à 2010, les cotisations patronales ont diminué de 18 points. La part des ménages a augmenté de 19 points sous forme de CSG et impôts/taxes.

 

Le MEDEF, la « troïka » (UE/FMI/ BCE), les marchés financiers, demandent une baisse massive du « coût du travail », notamment des « charges » sociales.

 

Ventilation des cotisations du régime général (source Mutualité)

 

        Cotisations patronales   Cotisations salariales  CSG  Impôts et taxes  Transferts          Autres

 

1983      66 %                                 24 %                  0        2 %                       2 %            6 %

 

2010      48 %                                 11 %                 21 %  11 %                      6 %            3 %

 

De 1983 à 2010 les entreprises ont gagné 18 points, soit 54 Md €

 

Avec la récente TVA « sociale », Sarkozy a décidé d’ajouter 13 Md € d’exonérations de cotisations « patronales ». Pour le MEDEF (et ses nombreux soutiens), ce n’est qu’un début. La branche famille, dit-il, « ne concerne pas l’entreprise », ni la branche maladie. Le MEDEF veut une réforme, idéalement dans la foulée des élections, pour faire disparaître la majeure partie des cotisations sociales « patronales », démantelant la Sécu au profit des assurances privées.

 

Pour nous :

 

► La Sécurité sociale, conquête majeure issue du Conseil national de la Résistance, est un TOUT indissociable (les branches n’existaient pas en 1945, elles ont été créées par ordonnances de Gaulle en 1967) ;

► Les cotisations sociales sont une part de la rémunération du travail qui est collectée par les entreprises et reversée à la Sécu. Ce n'est pas la propriété de l'entreprise mais une cotisation partie du salaire.

Les cotisations dites patronales ne sont pas différentes des cotisations salariales, mais seulement une fiction qui, au moment de leur création a justifié la présence (d'ailleurs contestable) des employeurs dans la gestion des caisses de Sécu.

1/2

Exonérer de cotisations sociales « patronales » c’est coup double pour le MEDEF :

·                     c’est une baisse des salaires, comme en Grèce et ailleurs ;

·                     c’est le démantèlement progressif de la Sécu qui ouvre le « marché » aux complémentaires dont les tarifs explosent depuis plusieurs années.

 

Au nom de la dette qu’ils alimentent en permanence, le gouvernement, la « troïka », font compenser les exonérations de cotisations dites « patronales » par la CSG, les taxes, la TVA « sociale » …

Il y a eu transfert intégral sur les ménages : + 19 points.

 

 

Ménages

Entreprises

Administrations publiques

1983

26 %

61 %

13% 

2010

45 %

45 %

10% 

 

Le patronat ne cesse de répéter que transférer sur la TVA ou la CSG lui est indifférent, car ce sont deux impôts. La CSG, comme la taxe sur le tabac ou l’alcool, est un impôt affecté. C’est un impôt sur les revenus, retenu à la source (d’où les propositions de fusionner impôt sur le revenu et CSG).

Avec la TVA comme avec la CSG, ce sont pour l’essentiel les salariés, retraités, chômeurs qui paient (90 % pour la CSG) ce que les actionnaires gagnent. D’où l’indifférence du CAC 40 !

 

► Nous nous opposons au transfert sur la TVA, et sur la CSG dont le taux est passé de 1,1 % lors de sa création en 1991 à 7,5 %, en parallèle des exonérations de cotisations « patronales » quasi inexistantes à cette époque.

► 20 ans de recul prouvent que l’effet sur l’emploi est inexistant ou négatif par la baisse du pouvoir d’achat, donc de la consommation. L’effet sur la dette est certain. Il est donc temps d’engager le mouvement inverse vers la suppression des exonérations de cotisations sociales patronales, de la CSG, de la CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale) qui en est la conséquence.

► A fortiori la fusion impôt sur le revenu / CSG n’est pas la solution.

 

PEUT-ON FINANCER UNE PROTECTION SOCIALE DE HAUT NIVEAU ? OUI !

 

1) Le MEDEF demande de revenir à l’équilibre des budgets de la Sécurité Sociale et de l’Etat et exige toujours plus d’exonérations (son objectif est au minimum 100 Md € par an). Ces demandes sont incompatibles sur le plan macroéconomique.

 

2) Le problème n’est pas les dépenses trop élevées, mais le manque (astronomique) de recettes qui devraient normalement revenir à la Sécu.

► Augmenter les salaires et l’emploi (SMIC, revaloriser la grille des salaires, CDI et statut comme contrats normaux…). Potentiel: en dizaines de Md €,  sans compter l’effet relance de l’économie.

► Revenir sur les exonérations de cotisations sociales et une large part des « niches » sociales entreprises (leur total est de 66 Md €).

► Revenir sur le vote des 13 Md € de TVA « sociale », ne pas lui substituer la CSG.

► Combattre la fraude sociale (principalement due aux entreprises) : 15 - 20 Md €.

► Combattre la souffrance au travail : estimée à plusieurs dizaines de Md €.

► Combattre la sous-déclaration des accidents de travail.

► 

 

Dégager les recettes pour mettre pleinement en œuvre le rêve des fondateurs de la Sécurité sociale est uniquement un choix politique.

 

LA SÉCURITÉ SOCIALE PEUT ET DOIT ÊTRE DÉFENDUE ET RECONQUISE. NOUS NE CÉDERONS PAS !

 

Cet article est le 60ème paru sur ce blog dans la catégorie Santé et sécu sociale

 

 

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 23:49

Pour un système de santé public, solidaire, pour tous

 

Le 14 avril 2012, a eu lieu à Paris une manifestation du collectif « Notre santé en danger », composé de nombreuses organisations (107 au niveau national, 125 au niveau local ou régional) pour « défendre, promouvoir et construire démocratiquement un système de santé public, solidaire, pour toutes et tous, partout sur le territoire et à s'opposer à la politique gouvernementale mise en place par les Agences Régionales de Santé ».

 

REsistance SOciale - association citoyenne présidée par Marinette Bache, membre du Conseil de Paris, qui a accueilli la manifestation devant la mairie du 20ème arrondissement - est l’une des organisations qui a signé le socle commun en matière de soins. Gérard Beillard est le correspondant en Mayenne de Résistance sociale.

 

Voici le sommaire de la publication de REsistance SOciale en avril 2012, placée sous cette phrase célèbre de Jean Jaurès « La République sera sociale ou ne sera pas », puis le socle commun :

p.1 : L’édito de Marinette Bache

p.2 : Collectif « Notre santé en danger » : socle commun

p.3 à 7 : Place au débat : Impact de la crise et de l’austérité sur les femmes / Sauver et reconquérir la Sécurité sociale (Jean-Claude Chailley)

p.8 : Actualités internationales / Les bras m’en tombent !

 

COLLECTIF « NOTRE SANTÉ EN DANGER »

 

Socle commun signé entre autres par Résistance Sociale

 

L’accès aux soins de proximité

 

► Ce que nous voulons :

-           l’accès aux soins pour toutes et tous partout et à tout instant.

► Ce que nous refusons :

-  toutes les mesures qui tendent à la sélection et à l’exclusion des patients,

-  les franchises et autres forfaits,

-  les dépassements d’honoraires,

-  le déremboursement des médicaments,

-  les restrictions croissantes sur les Affections de Longue Durée (ALD) telle que l’hypertension artérielle sévère,

-  les restrictions sur la Couverture Maladie Universelle (CMU) et l’Aide Médicale d’État (AME).

 

Un service public présent partout et efficace

 

► Ce que nous voulons :

-  un système public de santé (incluant les soins primaires, la prévention, l’information, la lutte en amont contre les causes des maladies), un secteur médico-social et social, public et associatif, développés sur tout le territoire, dotés de moyens suffisants pour répondre aux besoins de toute la population,

-  un service public de l'hébergement d'urgence et du logement, sans conditions d'accès ni restrictions aucune, pour les droits de tous les précaires,

-  un secteur hospitalier public assurant l’accès à des soins de qualité et de proximité en coordination avec l’ensemble des professionnels de la santé, et avec toutes les parties concernées,

-  le maintien et le développement des structures de proximité : centres de santé, centres d’IVG, centres médico-psychologiques, centres d’accueil d’urgence…,

-  un plan d’urgence pour la médecine scolaire, du travail, et la PMI,

-  un secteur psychiatrique public coordonnant et assurant la continuité des soins,

-  l’augmentation du nombre de professionnels de santé formés, un recrutement à la hauteur des besoins et l’exigence d’une répartition équilibrée sur tout le territoire,

-  une recherche publique indépendante,

-  une politique publique du médicament intégrant la recherche, la production et le contrôle.

 

Ce que nous refusons :

- les suppressions d’emplois, les suppressions d’activités, les fermetures de services, les regroupements autoritaires dans tous les secteurs de la santé, du médico-social et du social,

-  le démantèlement de la psychiatrie publique et toute instrumentalisation sécuritaire de celle-ci,

-  l’application de critères de rentabilité financière à l’hôpital et dans tous les établissements,

-  la privatisation des activités et des établissements.

 

Un financement solidaire

 

► Ce que nous voulons :

-  une protection sociale, ouverte à toute la population, basée sur le principe « chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins »,

-  a prise en charge de la perte d’autonomie dans le cadre de la sécurité sociale avec la garantie d’un droit universel assuré à 100%,

-  une évolution vers la suppression de tous les « restes à charge ».

► Ce que nous refusons :

-  tout transfert de prestations de l’assurance-maladie obligatoire vers les complémentaires/assurances privées,

-  les exonérations de la part patronale des cotisations sociales,

-  les enveloppes budgétaires fermées et la tarification à l’activité (T2A) conduisant à l’étranglement financier des établissements et structures.

 

La démocratie

 

► Ce que nous voulons :

-  la définition démocratique des besoins de la population, l’élaboration et le suivi des projets, associant usagers, professionnels, élus, sur un plan d’égalité,

-  une réelle représentativité des usagers, des personnels et des élus dans les instances décisionnelles à tous les niveaux.

► Ce que nous refusons :

-  le tout pouvoir autoritaire des ARS, Agences Régionales de Santé,

-  la nouvelle gouvernance hospitalière,

-  le découpage arbitraire des territoires de santé.

 

C’est pour tout cela que nous exigeons l’abrogation de la loi HPST et l’arrêt immédiat de toutes les fermetures et restructurations.

 

Cet article est le 59ème paru sur ce blog dans la catégorie Santé et sécu sociale.

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 12:34

Non aux traités européens, oui pour ne pas en sortir

 

J’ai beaucoup de considération pour Elie Arié, même si je ne suis pas toujours d’accord avec lui. Il faut lui reconnaître un « bagage » - politique et culturel - impressionnant.

Dans cet article publié ce 9 mai sur le site de Marianne, il met en évidence la complexité du problème de la relation entre la France et l’Europe ainsi que les contradictions de l’électorat (refus de ratifier le traité constitutionnel européen le 29 mai 2005, mais vote du 22 avril 2012 en faveur de deux candidats qui avaient défendu le oui au référendum de 2005 et continuent d’approuver les traités européens). Cet article avait été rédigé avant le second tour de l’élection présidentielle.

 

Le nouveau président sera confronté à la mondialisation

 

C’est indiscutablement la campagne électorale la plus surréaliste que la France ait jamais connue qui vient de s’achever : on pourrait la comparer à l’histoire classique du fou qui cherche ses clés non pas dans la rue où il sait qu’il les a perdues et qu’elles se trouvent forcément, mais dans une autre parce qu’elle est mieux éclairée.
 
La France et l’Europe sont prioritairement confrontées à un grand nombre de difficultés, qui relèvent toutes de la façon dont elles se sont organisées pour faire face à la mondialisation ; cette organisation en fait la zone mondiale où la croissance est la plus faible, et la plus compromise pour l’avenir, tous les autres problèmes qui l’assaillent (hausse du chômage, désindustrialisation, difficultés croissantes à financer ses système de protection sociale, d’éducation, de justice, de sécurité, de défense, etc.) n’en étant que les conséquences ; au point que les écologistes ont dû mettre en sourdine leur discours sur la décroissance, à l’heure où celle-ci et ses effets douloureux s’imposent à tous : faire l’apologie de nos malheurs n’est pas électoralement très porteur !
 
Or, on a vite constaté que tous ceux qui prônent une « autre logique » sous la forme de « la démondialisation et de la fin de l’Union Européenne sous sa forme actuelle» ont plutôt perdu du terrain en 10 ans (présidentielle de 2002):
 
- aussi bien à « droite de la droite » où Marine Le Pen (avec ses 17,9%) a fait un peu moins bien que Jean-Marie Le Pen et Bruno Mégret (total cumulé de 19,2 %),
 
- qu’en dehors de l’extrême-droite, où Mélenchon, Dupont-Aignan, Poutou et Arthaud (avec leur total cumulé de 14,6%) ont fait moins bien que Laguillier + Chevènement + Hue + Besancenot + Glucksmann (19,14%) ; quant à Montebourg, il a vite oublié le terme de « démondialisation » qui lui avait assuré un succès relatif aux primaires socialistes ;

- et, au total, on si on additionne tous ceux, qu’ils soient de droite ou de gauche, qui veulent « sortir de la mondialisation et de l’orthodoxie budgétaire du traité de Maastricht », on voit qu’ils sont passés, en dix ans, de 38,34% à 32,5%...avec l’intermède contradictoire, en 2005, du NON au référendum sur le TCE.

Très vite aussi, les sondages, confirmés ensuite par le premier tour de l’élection, ont détaché du lot les deux candidats entre lesquels se jouerait la Présidence : Hollande et Sarkozy, les deux mêmes qui s’étaient fait  photographier  ensemble à la Une de Paris-Match pour prôner le OUI au référendum sur le TCE ; or, il faut bien être conscient de ce paradoxe : ce sont les mêmes électeurs qui ont assez massivement (par 55% de leurs voix) répondu NON au TCE et qui portent aujourd’hui nettement en tête de la présidentielle les deux champions du OUI qu’ils avaient désavoué lors de ce référendum ; tout se passe comme s’il y avait, dans la majorité de l’électorat,  une dissociation entre ce qu’on juge souhaitable et ce qu’on juge possible, entre le rêve et la réalité...
 
D’où cette étrange campagne, où les deux seuls candidats susceptibles d’être élus auront parlé de tout, y inclus du prix du permis de conduire et de l’immunité juridique du président de la République, mais pas de l’essentiel : quelles modifications des principes sur lesquelles l’Union européenne est si mal organisée pour affronter l’inévitable mondialisation et  sur les raisons de la crise des dettes souveraines qui nous condamnent à l’austérité ? Ils ne l’ont abordé que sous l’angle du rythme auquel il faut réduire nos dépenses ou augmenter nos recettes, de la nécessité d’inscrire l’équilibre budgétaire dans la Constitution ou la croissance dans un nouveau traité européen, à défaut de débattre sur la façon concrète d’ atteindre des objectifs sacralisés par leur inscription dans un texte...Voilà qui rappelait beaucoup le programme du regretté Ferdinand Lop, éternel candidat farfelu à toutes les élections dans les années 1950, qui préconisait l’extinction du paupérisme tous les soirs après 20 heures, sans expliquer comment : mais lui, au moins, c’était de l’humour !
 
Mais au lieu de vouer aux gémonies les deux candidats que nous avons nous-mêmes désignés pour le deuxième tour, il faudrait être bien conscient qu’il ne s’agit là que des conséquences du choix de l’électorat, de notre choix majoritaire, et de l’illustration de toutes nos contradictions que nous n’arrivons pas à surmonter : NON aux traités européens, OUI à ceux qui ne veulent pas en sortir.

 

Cet article est le 50ème paru sur ce blog dans la catégorie Présidentielle 2012

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 22:46

Le message du ministre et les mots de Sylvine Thomassin

 

StB-ceremonie-8-mai-080512-002-T.jpgCe matin, avait lieu au monument aux morts de ma ville, Saint-Berthevin, la cérémonie commémorative du 67ème anniversaire de la Victoire du 8 mai 1945.

 

J’ai écouté le maire Lire (voir ci-après) le message du secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Défense et des Anciens Combattants :

 

Nous sommes aujourd'hui réunis pour commémorer le 67ème anniversaire de la victoire remportée par les armées françaises et alliées sur la barbarie nazie.

Après plus de cinq longues années de guerre, le nazisme est anéanti. C'est la fin du cauchemar que l'Europe a enfanté, qu'elle a traversé, qu'elle a vaincu. A l'Ouest, les démocraties sont victorieuses. La liberté l'a emporté.

L'hitlérisme ne menace plus l'Europe et le reste du monde. Si l'humanité découvre l'enfer des camps de concentration et d'extermination, leur oeuvre de destruction monstrueuse a enfin cessé.

Tout au long de ce conflit, les Français ont vécu, ou survécu, entre crainte et espoir. En 1942, dont nous commémorons cette année le 70ème anniversaire, ces deux sentiments sont mêlés comme jamais.

1942, c'est en effet le temps de la honte, avec la mise en oeuvre de la Shoah, le port de l'Etoile jaune, les grandes rafles, les premiers convois vers Auschwitz. C'est le temps de la faim, de la peur, du mépris, celui des fusillades d'otages, de la Relève, de la conscription obligatoire – avant le S.T.0. – pour aller travailler en Allemagne.

Mais 1942, c'est aussi le temps des espérances : les premières ripostes alliées, l'arrêt de la pénétration allemande sur le front russe, et la lueur d'espoir qui naît dans le désert libyen quand, à Bir Hakeim, des soldats de la France libre enrayent l'avance ennemie ; c'est aussi le débarquement allié en Afrique du Nord, prélude à la reconstitution de l'armée d'Afrique. C'est enfin l'année où, dans l'ombre, se multiplient les contacts entre mouvements et réseaux clandestins qui vont renforcer la

Résistance intérieure.

Le 8 mai 1945, c'est la fin de ce temps de la crainte, l'aboutissement de ce temps de l'espoir, la Victoire.

En France, cette victoire est le fruit de l'effort, du courage, du sacrifice de toutes celles et de tous ceux qui n'ont jamais désespéré. A l'instar du Général de Gaulle, tous ont eu foi en notre pays, en sa capacité à mener le juste combat contre tout ce que le XXème siècle connaissait de plus absurde et de plus monstrueux.

Grâce à ces hommes et à ces femmes, différents par leurs origines, leurs histoires, leurs cultures, mais réunis par un idéal commun, la France a pu, après la guerre, retrouver pleinement son rang dans le concert des Nations.

Leur exemple a toujours valeur d'actualité. Car ils nous ont prouvé ce qu'une Nation riche de son histoire, portée par une même aspiration, unissant ses forces, est capable de réaliser pour surmonter l'insurmontable.

 

En complément, voici les mots adressés ce 8 mai 2012 à ses concitoyens par Sylvine Thomassin, maire de Bondy, conseillère générale de Seine-Saint-Denis, lors de la cérémonie. Voir 8 mai 1945 

 

8 mai 1945...Ce travail de mémoire que nous avons le devoir de transmettre...

Je suis heureuse de pouvoir commémorer aujourd’hui avec vous toutes et tous la victoire des Alliés sur l'Allemagne nazie et la fin de la Seconde Guerre mondiale.

En 1981, François Mitterrand, alors nouveau président de la République, avait pris une double décision : il rétablit la commémoration du 8 mai 1945 et en fit un jour férié, ce qui n'était plus le cas depuis 1959, à l'exception de l'année 1965. Depuis la loi du 23 septembre 1988, le 8 mai est un jour férié célébrant la commémoration de la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Le 8 mai…C’était il y a 67 ans, c’était hier… Grâce à l’union des Forces Françaises Libres, des mouvements de Résistance intérieurs, de l’Armée d’Afrique et avec le concours ô combien précieux des armées alliées, l’Europe obtenait la capitulation de l’Allemagne signée à Berlin et se libérait du joug nazi.

55 millions de victimes, 3 millions de disparus, 1,5 millions de personnes tuées lors des bombardements aériens, 30 millions de civils tués, 6 millions de juifs traqués, pourchassés, lâchement assassinés.

A cause d’une idéologie barbare, folle, destructrice, fondée sur la soi-disant supériorité d’une race, la race aryenne, et qui engendra la Shoah, entraîna l’Europe dans une spirale de l’horreur, où nos valeurs furent piétinées sauvagement.

Ce travail de mémoire que nous avons le devoir de transmettre, doit s’exercer au nom de toutes ces victimes, il doit également intégrer les raisons pour lesquelles le monde en est arrivé là. La misère sociale qui a asphyxié l’Allemagne dans l’entre deux guerres, la folie des possédants qui ont soutenu l’arrivée au pouvoir des nazis pour préserver et accroître leur richesse – ne disait-on pas « plutôt Hitler que le Front Populaire », la lâcheté des puissances européennes qui n’ont pas voulu, quand il était encore temps, choisir clairement l’opposition à cette dictature, ont également entraîné le monde dans ce cataclysme.

C’est aussi un immense espoir qui est né des idéaux de la résistance, matérialisé par le programme élaboré par le conseil national de la résistance, à l’origine de nos nombreux acquis sociaux, menacés jusqu’à présent et qu’il nous faut aujourd’hui défendre avec détermination, pour que les sacrifices de nos aînés ne soient pas balayés au simple profit des plus puissants.

Il faut le dire, peu nombreux étaient ceux au début qui entendirent le 18 juin et les jours suivants les paroles d’un général de brigade quasiment inconnu, du nom de De Gaulle.

Il y eut ceux qui entrèrent dans la milice, collaborant sans honte avec l’ennemi, pourchassant et tuant les résistants, traquant et déportant les juifs. Et puis il y eut ceux qui refusèrent d’aller en Allemagne, réfractaires au Service du Travail Obligatoire; ceux qui organisèrent des réseaux pour créer de faux papiers ; ceux qui cachèrent des enfants, des femmes, des hommes, parfois des familles entières de compatriotes pourchassés parce que nés juifs, et qu’on appelle du beau nom de « Justes ».

C’est à cette France combattante, cette France qui ne renonça pas, cette France résistante que nous rendons hommage. Je veux rappeler en cette occasion que rien n’est jamais définitif. Il suffit de peu de mots, de quelques phrases ou d’actes assassins pour que le poison du nationalisme, du négationnisme et de l’antisémitisme s’insinue. A nous tous d’être unis et vigilants pour condamner tout agissement contraire à nos valeurs.

Enfin, je ne pouvais pas terminer ce discours sans rendre hommage à Raymond Aubrac* qui nous a quitté le 10 avril dernier, ce grand homme, ce grand résistant. Raymond Aubrac soulignait dans ses mémoires que sa rencontre avec Lucie Aubrac avait été une étape décisive dans son itinéraire. Cette « union fut — et est toujours restée — heureuse et fondée sur une profonde connivence : il n'est pas de décision qui n'ait été prise en commun », disait-il…

Je veux donc lui rendre hommage en citant celle qui a partagé sa vie et qui a prononcé cette belle phrase pleine de sens et de vérité : « Le mot résister doit toujours se conjuguer au présent. » Souvenons-nous toujours de ces idéaux portés et défendus par la Résistance, car ils sont le fondement et le ciment de notre République.

 Vive la Paix ! Vive la République ! Vive la France !

* Voir Raymond Aubrac, résistant, patriote républicain, est décédé à 97 ans -  11 avril 2012  

 Cet article est le 21ème paru sur ce blog dans la catégorie Personnalités et célébrations

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 19:16

Partout, en Europe, il faut le rassemblement de la gauche

 

Les élections législatives du 6 mai en Grèce ont mis en évidence le désespoir du peuple grec, la perte de confiance dans les partis politiques qui se sont succédés au pouvoir depuis des décennies et gouvernent ensemble depuis décembre 2011, étant les seuls à avoir accepté les politiques d’austérité imposées par l’Union européenne, la Banque Centrale européenne et le Fonds Monétaire International - voir Le Monde, Alain Salles, 8 mai En Grèce, l'austérité fatale aux partis historiques :

C'est comme si une bombe avait explosé dans les urnes grecques. Aucune majorité ne semble en mesure de pouvoir gouverner la Grèce en crise au lendemain des élections législatives du 6mai, qui traduisent un rejet des politiques d'austérité et des deux partis qui gouvernent ensemble depuis décembre 2011, le Pasok (Parti socialiste) et Nouvelle Démocratie (droite). Ils réunissent à eux deux moins de 33% des suffrages (contre plus de 77% en 2009) et 149 députés (sur 300). Autres leçons historiques du scrutin, la gauche radicale du Syriza dépasse les socialistes du Pasok et une vingtaine de députés issus d'un groupuscule d'extrême droite à tendance néonazie entrent au Parlement.

Le parti de droite Nouvelle Démocratie, arrivé en tête, d’abord chargé de rechercher une coalition majoritaire, a très vite renoncé, aucune autre formation représentée au parlement (en dehors des deux qui étaient associées au gouvernement) n’acceptant le plan de redressement de la « troïka » (UE, BCE, FMI).

Selon les règles en vigueur en Grèce, c’était au tour de Syriza, le parti de la gauche radicale -  l’équivalent du Front de gauche en France mais sans le KKE (parti communiste), celui-ci refusant d’entrer dans une coalition de gauche - arrivé en 2ème position, de rechercher une coalition rassemblant au moins 151 députés sur 300, après avoir posé ses conditions (Le Monde, 8 mai) : Tsipras exclut un gouvernement de coalition soutenant l'austérité  

Le chef du parti grec de la gauche radicale grecque du Syriza, Alexis Tsipras, propulsé deuxième parti grec après les législatives de dimanche, a exclu mardi 8 mai de participer à un gouvernement de coalition qui soutiendrait le plan de redressement du pays dicté par l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI). La Grèce n'est plus liée par ses engagements envers l'UE et le FMI après le rejet par les électeurs des partis favorables aux plans de renflouement, a encore estimé le chef de file du Syriza. "Le verdict du peuple (...) exclut un gouvernement qui applique le mémorandum [la feuille de route d'austérité dictée à Athènes par ses bailleurs de fonds] et l'accord de prêt", a-t-il déclaré.

 

Le point de vue de Gérard Filoche (Marianne, 7 mai) - Voir le blog de Gérard Filoche :

Grèce : l’heure du bilan

Certes, la montée de l’organisation néo-nazie « Aube dorée » a de quoi inquiéter (…) Il faut ajouter à ce panorama de la droite de la droite les 10,60 % de voix (33 sièges) obtenus par la formation « Grecs indépendants », une scission de droite du principal parti de droit grec, Nouvelle Démocratie. Si les principaux médias mettent l’accent sur la montée de l’organisation néo-nazie, c’est pour ne pas mettre en évidence les trois éléments essentiels de ce scrutin.

Premier élément : la montée de l’abstention

En 2009, l’abstention s’élevait à 29,08 % des électeurs inscrits quand le Pasok de Papandréou avait été élu contre la « démocratie nouvelle » de Caramanlis. En 2010, elle avait atteint 70,92 % aux municipales de 2010 quand le Pasok avait capitulé devant les exigences des banques, de la troïka, de Merkozy… . En 2012, elle atteint 34,87 %. Ce qui indique que, malgré la crise aiguë que traverse la Grèce, un recul important de l’idée que la politique puisse changer la réalité.
Il est évident que le PASOK (Parti socialiste grec), qui était majoritaire au Parlement et dont le leader Georges Papandréou dirigeait le gouvernement grec jusqu’à ce que la Finance le chasse et le remplace par Lucas Papadémos, porte une très lourde responsabilité dans ce désarroi d’une partie de l’électorat grec.

Deuxième élément : la déroute des partis qui avaient accepté le « mémorandum », le diktat de la troïka UE/BCE/FMI

Le Pasok qui recueillait 43,92 % des suffrages en 2009 n’en obtient plus que 13,67 % en 2012. Il perd 30, 25 % de ses voix. Il ne détient plus que 41 sièges au Parlement, au lieu de 160. Une déroute complète.
La Nouvelle Démocratie (droite) qui atteignait 33,48 % des suffrages en 2009, plafonne à 18,87 % en 2012. Elle perd 14,51 % de ses voix. Une déroute limitée par l’attribution de 50 sièges supplémentaires au Parlement grec au parti arrivé en tête.
Les partis favorables au « mémorandum » signé avec la troïka par ne recueillent plus que 32,54 % des voix en 2012. Ces deux partis représentaient 77,4 % des voix en 2009. Une perte totale de 45 %.
Malgré la prime de 50 sièges supplémentaires, la Nouvelle Démocratie et la PASOK ne disposent que de 149 sièges au Parlement. Or, le Parlement compte 300 députés et il faut 151 députés pour obtenir la majorité. Il manque donc deux sièges aux deux partis favorables au mémorandum pour atteindre la majorité des députés (151 sur un total de 300).
La Grèce paraît être aujourd’hui un pays « ingouvernable », ce qui affole la Finance, les banques et les marchés boursiers.

Troisième élément : la montée de SYRIZA

Syriza est un parti à la gauche du Pasok qui s’oppose à la signature du mémorandum et veut qu’une partie de la dette grecque soit annulée. En 2009, il atteignait 4,60 % des voix. En 2012, 16,77 %. Il devient le 2e parti et gagne 12,17 % de voix.
Syriza est un parti proche du Front de Gauche Français, à une différence près, essentielle en l’occurrence : le parti communiste grec, le KKE n’en fait pas partie. Les conséquences de cette absence du KKE ne sont pas sans importance.
Le total des voix de Syriza et du KKE (8,67 %) atteint 25,44 % des suffrages et 78 sièges. S’ils avaient présenté une formation commune, elle aurait été la première formation grecque (loin devant Nouvelle Démocratie) et aurait obtenu la prime de 50 sièges supplémentaires réservée à la formation arrivée en tête.
Avec 128 sièges, ils n’auraient pas atteint la majorité, mais ils auraient pu passer un accord avec la Gauche démocratique (19 sièges) qui veut renégocier le mémorandum et, peut-être, réussi à faire bouger les députés du Pasok qui doivent sans doute commencer à comprendre combien leur orientation est suicidaire, pour eux-mêmes, leur parti, la gauche grecque et même la démocratie grecque. 

 

Partis représentés au Parlement            % de voix          Nombre de sièges   

  

Aube dorée                                                 6,97 %                             21   
Grecs indépendants                                   10,60 %                             33   

Nouvelle Démocratie                                  18,87 %                             58 + 50 (prime) = 108    
Pasok                                                       13,19 %                             41   
Gauche démocratique                                  6,10 %                             19   

Syriza                                                       16,76 %                             52   

KKE                                                           8,47 %                             26  

 

Le prix payé par le Pasok s’ajoute aux prix payés par les socialistes espagnols et portugais. Qui trahit son peuple et capitule devant les exigences des intégristes néo-libéraux, qui accepte l’austérité imposée par les requins des marchés et des banques, est sanctionné par son peuple. 

 

Papandréou n’a pas envisagé de résister et de défendre son peuple, il a même essayé de « profiter » de la crise pour liquider nombre de droits sociaux, sans oser s’en prendre à l’oligarchie qui, elle, était coupable de tout ce qui arrivait. Il a connu une forte résistance dans le Pasok, mais celle-ci après avoir rassemblé jusqu’à 60 députés, s’est usé, puis divisée : lorsque Papandréou a annoncé le « referendum » qu’il avait promis, lorsque Sarkozy et Merkel ont imposé le 9° plan de destruction social de la Grèce, il n’y a eu que 21 députés Pasok qui ont résisté. Ils ont été exclus par Papandréou qui été écarté à son tour, par Papedemos, puis par Venizelos ! C’est une tragique déroute qui doit servir de leçon. Car cela arrivera inéluctablement à tout autre parti membre du Parti Socialiste Européen (PSE) qui prendra la même voie. À quoi ça sert d’être socialiste, de gauche, de gagner les élections, de promettre le changement si c’est pour exécuter les volontés de Merkel, de la BCE, du FMI ? 

 

Voilà la leçon grecque. Ce n’est pas la montée d’un groupuscule nazi délirant, mais la poussée à gauche qui est le fait marquant. 44,52 % des voix c’est le total des voix des partis qui se réclament de la gauche. Mais le Pasok qui n’a rien compris se propose d’essayer de gouverner… avec la droite et continuer la destruction sociale du pays aux ordres de la troïka. On a aussi un exemple d’une autre gauche qui pourrait diriger si elle s’unissait, car elle dispose de 31, 33 % des voix et serait de loin le principal parti. Le refus de l’austérité, le refus de capituler devant les requins des banques et des marchés, vont de pair avec l’exigence de l’unité de la gauche, là-bas comme partout en Europe.

 

Rappel : Mikis Theodorakis : appel à l'union du peuple grec contre l'austérité - 23 février 2012 

Moody's et la Grèce : une histoire datant de 1931 selon Xavier Tracol - 16 février 2012 

Chevènement : l'Allemagne ne joue pas son rôle, il faut refaire l'Europe - 30 avril 2010 

 

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Published by SORIN Michel - dans Etats Union européenne
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