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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 21:44

L’association veut se relancer et peser sur les décisions

 

Depuis les grèves de livraison de lait, en septembre 2009, qui avaient fait connaître l’ASSOCIATION NATIONALE DES PRODUCTEURS DE LAIT INDEPENDANTS, le revenu des éleveurs laitiers s’est redressé mais les causes du malaise n’ont pas été traitées.

 

Les organisations professionnelles (APLI, Confédération paysanne, Coordination rurale) adhérentes de l’Office du lait seront présentes lundi 21 mai 2012 à 20h30, salle des Lilas à Commer, près de Mayenne, lors de l’assemblée générale de l’Apli 53, à l’invitation de son président (par intérim), Hervé Delogé.

 

Le but est de reconstituer le bureau de l’association après la démission de certains de ses membres (voir L'Apli 53, en AG, a adopté les statuts nationaux mais perdu son bureau - 3 mars 2012) et de relancer la dynamique du mouvement, en présence des responsables nationaux de l’Apli et de l’Office du lait.

Interviendront : André Lefranc, président de l’Apli (voir Agriculture et présidentielle : A Lefranc explicite la politique de l'APLI - 4 mai 2012), Paul de Montvalon, président de l’Office du lait et de France MilkBoard (voir Agriculture et présidentielle : A Lefranc explicite la politique de l'APLI - 4 mai 2012) et Isabelle Connan, déléguée Ouest pour le Lait équitable (voir Lait équitable : réunion en mayenne des producteurs de lait apli-emb - 20 mars 2012).

 

Mayenne-Apli-180110-003-T-copie-1.jpgL'Avenir Agricole a eu un entretien avec Hervé Delogé (à gauche sur la photo, au côté d'un éleveur laitier québécois), agriculteur à Commer, et responsable départemental de l’Apli (édition du 18 mai 2012). Voici l’article publié.

 

L’Apli veut rassembler pour les élections et dans ses associations

 

L’association des producteurs de lait indépendants a connu quelques soubresauts mais ses membres veulent encore croire au changement. Une réunion se tient lundi soir afin de relancer une dynamique locale et pour faire le point.

 

Lundi soir, Hervé Delogé aura deux missions : inciter les agriculteurs présents à aller voter aux élections à la chambre d’agriculture et reconstituer le bureau mayennais de l’Apli12:16. En février dernier, le président, le vice-président, la trésorière, notamment, avaient démissionné. En cause, les nouveaux statuts de l’Apli nationale, qui entend se structurer en fédération, et son implication plus politique, ne leur conviennent pas.

Président par intérim, Hervé Delogé ne veut voir là que des « détails » et préfère éluder la question. A ses yeux, l’essentiel est ailleurs. « L’année 2012 est stratégique pour l’avenir des producteurs de lait ». Lundi soir, l’Apli 53 offrira une tribune à des représentants de la Confédération paysanne et de la Coordination rurale - ces deux syndicats adhèrent aussi à l’office du lait - « C’est ouvert, si des gens de la FDSEA veulent venir… On veut surtout inciter les gens à aller voter, en janvier 2013, et élire ceux qui nous défendent vraiment ». 

 

Hervé Delogé l’assure : « L’Apli reste une association neutre ». Mais, comme lors de la campagne présidentielle, elle montre sa préférence. « Qu’a fait Nicolas Sarkozy pour l’agriculture, interroge-t-il ? Pas grand-chose ! Sinon de nous mettre les contrats dans les pattes… Et on y a vu le caractère des laiteries. Ce sera pire qu’actuellement avec le contrat moral. C’est une politique de riches : les contrats favorisent toujours le payeur. On sent que l’idée défendue par Nicolas Sarkozy était de copier le système suisse, mais on sait très bien que cela n’a pas marché ». L’attente est donc grande en direction du nouveau locataire de l’Elysée*.

« Trop de choses ne vont pas dans l’agriculture », poursuit Hervé Delogé. Il énumère : la hausse des charges en général, les aides destinées aux exploitations les plus importantes, l’incitation des industriels à « nous faire toujours travailler plus… On fait un métier intéressant, celui de nourrir la population. Mais quel avenir on a s’il n’y a plus de jeunes à s’installer ? » Il interpelle ses collègues « Les producteurs ont la tête dans le guidon, certains investissent pour produire plus sans même savoir ce que sera le prix du lait demain, ni les besoins du marché ». Et pourtant, il y a de quoi s’interroger, souligne-t-il : « La preuve, les laiteries appliquent la flexibilité quand elles ne savent pas quoi faire du lait et qu’elles n’arrivent plus à suivre quand les éleveurs produisent trop ».

Quant aux OP FNPL (organisations de producteurs liées à la fédération des producteurs de lait FNSEA), « c’est le risque de perdre sa référence laitière ». Des associations indépendantes pourraient ainsi se mettre en place et se fédérer entre laiteries. Mais pour y parvenir, « il faut aussi que les gens cotisent pour soutenir notre action ! »

* L'APLI et l'Office du lait exposent leurs souhaits au président Hollande - 11 mai 2012 

 

A noter que Hervé Delogé avait accepté, à ma demande, de recevoir dans sa ferme Jean-Pierre Chevènement et un groupe d’agriculteurs responsables des organisations membres de l’Office du lait. C’était le 30 novembre 2011, l’ancien ministre, sénateur, étant alors candidat à l’élection présidentielle (il a ensuite décidé de soutenir François Hollande). Ce n’était en rien un acte militant de la part de Hervé Delogé, celui-ci voulant faire savoir les problèmes des producteurs de lait à un élu politique.

Voir, à ce sujet : Agriculture : les propos de Chevènement le 30 nov. 2011 en Mayenne - 22 février 2012 et Jean-Pierre Chevènement en campagne présidentielle 2012 en Mayenne (vidéo, Eric de la Chesnais)

Cet article est le 312ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 23:54

Le nouveau ministre de l’agriculture bien accueilli

 

Les organisations professionnelles agricoles sont satisfaites de la nomination de Stéphane Le Foll au ministère de l’agriculture et de l’agroalimentaire.

 

Jacques Berthelot, économiste, auteur du livre « L’agriculture, talon d’Achille de la mondialisation » (voir Pour un modèle agricole dans les pays du Sud, par Jacques Berthelot), a fait le tour des atouts et des faiblesses du nouveau ministre, à partir de ses déclarations* et des réactions des organisations professionnelles.

* Parmi les déclarations, à noter celle-ci (site agriculture et environnement, 16 mai) : Stéphane Le Foll : « Les quatre enjeux de la proposition de Dacian Ciolos »

 

1) Les atouts : Stéphane Le Foll connaît bien la PAC, par son parcours et notamment les 8 ans passés à la Commission agricole du Parlement Européen (PE). L'accueil favorable unanime des différents syndicats agricoles en témoigne.

 

Il a défendu au Parlement Européen une réforme de la PAC plutôt positive pour le rééquilibrage des aides directes (AD) entre les Etats membres (EM) de l'UE27 et entre les agriculteurs, notamment en insistant sur la dégressivité en fonction des emplois, et pour une agriculture moins intensive en intrants. Il défend aussi le principe de la souveraineté alimentaire par grande région du monde et la nécessité de maintenir des outils de régulation suffisants, déplorant la fin des quotas laitiers, sucriers et des droits de plantation viticoles.

 

Toutefois ces positions de principe sont fortement affaiblies par les propositions concrètes de la Commission, acceptées largement par le Parti Socialiste Européen au PE. En particulier :

- le rééquilibrage des AD proposé par la Commission entre les AD des EM de l'UE15 et de l'UE12 est dérisoire : 671 M€ à partir de 2018, alors que l'égalisation des AD supposerait des AD supplémentaires de 3,784 Md€ dans l'UE12. En fait, en 2009, la différence des AD entre l'UE15 et l'UE12 a abouti à un dumping de 1,185 milliard d'€ (Md€) de l'UE15 vers l'UE12. En effet l'UE15 a exporté vers l'UE12 17,2 Md€ de produits alimentaires, soit 23,2% des 74,315 Md€ exportés au total, tandis que l'UE12 a exporté vers l'UE15 13,8 Md€, soit 70,7% des 19,5 Md€ exportés au total. Autrement dit le dumping interne annuel entre l'UE15 et l'UE12 est près du double du soi-disant rattrapage à venir si bien que, loin d'un rattrapage, les différences de compétitivité alimentaire entre l'UE15 et l'UE12 s'accentueront. 

- le rééquilibrage au profit de l'UE15 est d'autant plus nécessaire que la Commission prévoit une accélération de la "restructuration" des exploitations, avec une perte d'actifs agricoles 2 fois plus rapide dans l'UE12 que dans l'UE15 d'ici 2020 : baisse de 32% des actifs (UTA) de la moyenne 2007-10 à 2020 contre de 18% dans l'UE15. Baisse d'autant plus absurde que le taux de chômage a augmenté de 71% de 2008 à 2011 dans l'UE12 contre de 48% dans l'UE15.   

 

2) Les principales faiblesses de Stéphane Le Foll (SLF) sont relatives à sa conception des relations commerciales internationales et du dumping.

 

- Si SLF plaide pour le maintien d'une protection à l'importation de l'UE, il en limite la légitimité au fait que les contraintes sociales et environnementales (et de bien-être animal) sont supérieures dans l'UE à celle des autres pays. Cela implique a contrario que la protection ne serait pas justifiée sur les importations venant des pays qui ont globalement les mêmes contraintes, les pays occidentaux d'où sont venus 22% (15,5 Md€) de ses importations alimentaires en moyenne de 2001 à 2010, alors même que c'est sur ces pays que pèsent les droits de douane les plus élevés puisque la majeure partie des importations venant des PED se font à droits réduits ou nuls. 

 

- Surtout, SLF partage la conception dominante très restrictive du dumping – notamment celle de la Commission européenne et des industries agroalimentaires (IAA) – qui ne serait lié qu'à l'existence de restitutions à l'exportation, qui ont presque disparu, et qu'il n'y pas lieu de tenir compte des aides directes internes même si elles profitent aussi aux produits exportés. D'autant que – c'est ce qu'il m'a dit lors de la rencontre du 9 février 2012 avec une délégation du Groupe PAC2013 –, puisque les DPU sont totalement découplés et dans la boîte verte de l'OMC, ils n'ont pas d'effet de distorsion des échanges!

 

- Ceci est très préoccupant puisque SLF est en charge du ministère de l'agriculture et de l'agroalimentaire, et ceci n'est pas anodin et est dû aux pressions de la FNSEA et en particulier de Xavier Beulin**, patron de la filière des oléo-protéagineux, dont on sait qu'ils ont plus le souci de faire prévaloir les intérêts des IAA que ceux des agriculteurs.

Le risque est donc que l'on continue à maintenir des AD les plus élevées possibles afin de compenser des prix agricoles les plus bas possibles pour le plus grand profit des IAA, lesquelles s'opposent aussi à la hausse des droits de douane pour être plus compétitives pour leurs produits transformés, tant sur le marché intérieur qu'à l'exportation. En mettant aussi en avant que c'est l'intérêt des consommateurs de maintenir des prix agricoles bas pour avoir des prix alimentaires bas, même si l'expérience a montré que cette répercussion ne se fait pas.    

 

** Voir http://www.lafranceagricole.fr/actualite-agricole/futur-gouvernement-la-fnsea-attend-un-ministre-charismatique-pour-soutenir-l-excellence-agricole-francaise-video-57302.html

(La France Agricole, 11 mai). Extrait.  

Dans un communiqué, envoyé peu de temps après l'annonce du gouvernement, la FNSEA félicite Stéphane Le Foll. « C'est un fin connaisseur de l'agriculture et de l'Europe qui fait son entrée au gouvernement », approuve le syndicat. Pour la FNSEA, un ministère de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire conforté « constitue un signe positif, un signal stratégique ». « L'agriculture peut donner le meilleur d'elle-même pour l'emploi, l'environnement, la ruralité, la qualité de l'alimentation, l'innovation et les énergies renouvelables. L'agriculture doit montrer la voie en Europe pour un modèle qui fédère, qui rassemble et protège », continue le syndicat avant de recommander au nouveau ministre d'« emprunter un chemin pour une agriculture et des filières agroalimentaires alliées aux consommateurs et aux citoyens, conscients de l'utilité d'un avenir commun. »

 

Pour conclure, il faudra rester d'autant plus vigilant sur les positions déjà ambiguës de SLF sur les relations commerciales agricoles, notamment Nord-Sud, qu'il subira les fortes pressions du syndicat majoritaire pour faire prévaloir les intérêts des IAA avant même celles des exploitants et en n'ayant que faire de l'impact de leurs exportations sur les pays du Sud, ou même de l'UE12.

Or la survie des agriculteurs de l'UE27 est liée au marché intérieur qui a absorbé, de 2006 à 2008, 85% des produits agricoles non transformés destinés à l'alimentation tandis que les industries agroalimentaires y ont écoulé 75% de leurs produits transformés.

Si le Doha Round devait être conclu avec la baisse moyenne prévue de 54% des droits de douane, les IAA de l'UE n'y survivraient pas, a fortiori si un Accord de libre-échange était signé avec le Mercosur.

 

Rappel : Stéphane Le Foll (Sarthe), ministre de l'agriculture et de l'agroalimentaire - 18 mai 2012 

 

Cet article est le 4ème paru sur ce blog dans la catégorie Hollande Ayrault gouv.

 

 

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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 23:55

Il était le mieux préparé à exercer cette fonction

 

Ce ne fut pas une surprise d’entendre le nom de Stéphane Le Foll dans la liste des ministres du gouvernement Hollande-Ayrault, publiée le 16 mai par le secrétaire général de l’Elysée (voir Les ministres du gouvernement Hollande-Ayrault ont signé une charte - 17 mai 2012).

 

La famille de Stéphane Le Foll est originaire du Finistère (voir Ouest-France Le ministre Stéphane Le Foll, un fils des monts d'Arrée).  

Le Finistère est fier d’avoir donné à la République deux ministres de l’agriculture :

François Tanguy-Prigent (1909-1970) : La petite histoire raconte que c'est à la radio qu'en septembre 1944 François Tanguy-Prigent apprend sa nomination au poste de ministre de l'Agriculture du gouvernement du général de Gaulle. Il conserve cette fonction jusqu'en octobre 1947.

Louis Le Pensec (né le 8 janvier 1937) : L'ancien maire de Mellac, toujours élu municipal, a été nommé huit fois ministres de 1981 à 1998 dans des gouvernements allant de Pierre Mauroy, à Michel Rocard, mais aussi Édith Cresson et Pierre Bérégovoy. Enfin, il rejoindra le gouvernement de Lionel Jospin où il a été ministre de l'Agriculture et de la Pêche.

Mais le nouveau ministre de l’agriculture est sarthois - voir Ouest-France, 16 mai : Stéphane Le Foll, un Sarthois ministre de l'Agriculture et Portrait. Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture.

Mon premier contact avec Stéphane Le Foll date de la période où il était, au siège du PS, à partir de 1991, le collaborateur de Georges Garot, secrétaire national à l’agriculture. Puis Georges Garot est devenu député au Parlement européen en 1997. François Hollande, en prenant la succession de Lionel Jospin à la tête du PS à la fin de cette même année, appelle Stéphane Le Foll à ses côtés, alors que celui-ci avait rejoint le cabinet du ministre de l’agriculture, Louis Le Pensec. Il est devenu ensuite son directeur de cabinet jusqu’à son départ de la direction du PS en 2008. Entre temps, il avait été élu au Parlement européen en 2004, prenant la succession de Georges Garot à la commission agricole. Réélu en 2009, il était vice-président de cette commission et porte-parole du groupe des socialistes et démocrates.

 

Voir Stéphane Le Foll, un fidèle, spécialiste de l'agriculture (Le Monde, 16 mai)

 

La réforme de la PAC, "enjeu majeur" du ministère de l'agriculture (Le Monde, 17 mai)

"L'enjeu majeur, ce sera l'enjeu européen pour l'agriculture, la réforme de la politique agricole commune", a déclaré Stéphane Le Foll, nouveau ministre de l'agriculture, lors de la passation de pouvoir avec son prédecesseur, Bruno Le Maire.

Pour le nouveau ministre, il convient de s'interroger sur "le sens que l'on doit donner à l'agriculture en Europe et en France". "Comment peut-on offrir des perspectives et permettre à l'agriculture française dans sa diversité de pouvoir se développer et assurer à partir de là, de l'emploi et de la richesse", a poursuivi M. Le Foll devant la presse.

A propos du travail réalisé par Bruno Le Maire, le nouveau ministre de l'agriculture, interrogé plus tôt dans la matinée sur Europe1, l'avait qualifié de "positif". Il avait toutefois ajouté qu'"il y a des chantiers qui restent à négocier : la réforme de la politique agricole commune (PAC), la question européenne et la question de la ruralité".

 

Gouvernement : Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture et de l’agroalimentaire (La France Agricole, 16 mai)

Arrivée de Stéphane Le Foll au ministère de l'agriculture et de l’agroalimentaire (Site du ministère)

 

Cet article est le 3ème paru sur ce blog dans la catégorie Hollande Ayrault gouv.

 

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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 21:39

Des règles de conduite pour une République exemplaire

 

Après l’annonce, hier, de la Composition du Gouvernement* ce 16 mai avait lieu la première séance du Conseil des ministres, marquée par des décisions symboliques de la République exemplaire voulues par le président de la République, François Hollande, et le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault.

536523_10150902385399901_854719900_9591906_1307866000_n.jpgRetrouvez le portrait de chaque ministre en cliquant sur leur visage sur la traditionnelle photo des membres du gouvernement (Le Monde, 17 mai) : 

La photo cliquable du gouvernement Ayrault Visuel interactif

 

D’abord, les ministères :

Des ministères restructurés (Le Monde, Françoise Fressoz, 17 mai). Le gouvernement se structure autour de quatre gros ensembles : le ministère de l'économie (3 ministres), celui du redressement productif (3 ministres), celui des affaires étrangères (4 ministres), celui des affaires sociales et de la santé (4 ministres).

D'autres ministres, comme le Premier ministre, ont un(e) ministre délégué(e) : à l’éducation nationale, à la justice, au logement, à l’écologie, à la défense.

Les autres ministres sont seuls : l’intérieur, le travail, la culture, l’enseignement supérieur, les droits des femmes, l’agriculture, la réforme de l’Etat, l’outre-mer, les sports.

 

Un règlement de bonne conduite :

Une "charte de déontologie" pour les ministres (Le Monde, David Revault d’Allonnes, 17 mai). A la demande du président de la République et du Premier Ministre, les 34 membres du gouvernement ont signé un règlement à l'issue du premier conseil des ministres.

 

Un gouvernement qui a un objectif : obtenir une majorité de députés à l’Assemblée nationale, à l’issue des élections législatives des 10 et 17 juin.

Un gouvernement "de combat" pour remporter les élections législatives - "Il y aura évidemment d'autres nominations à la fin juin" après les législatives, estime ce 17 mai Gérard Courtois, directeur éditorial du "Monde".

 

Des dossiers chauds :

Les dossiers sensibles du gouvernement Ayrault (Le Monde, 17 mai)

Crise de l'euro, Grèce, retraites... les dossiers urgents s'empilent déjà sur les bureaux de François Hollande et de son gouvernement. Les dossiers économiques urgents ne manquent pas sur le bureau du nouveau président de la République.

 

Rappel : Premier gouvernement Hollande-Ayrault : parité, homogénéité, combat - 16 mai 2012 

 

* Composition du Gouvernement 

• M. Jean-Marc AYRAULT, Premier ministre

• M. Laurent FABIUS, ministre des affaires étrangères

• M. Vincent PEILLON, ministre de l'éducation nationale

• Mme Christiane TAUBIRA, garde des sceaux, ministre de la justice

• M. Pierre MOSCOVICI, ministre de l'économie, des finances et du commerce extérieur

• Mme Marisol TOURAINE, ministre des affaires sociales et de la santé

• Mme Cécile DUFLOT, ministre de l'égalité des territoires et du logement

• M. Manuel VALLS, ministre de l'intérieur

• Mme Nicole BRICQ, ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie

• M. Arnaud MONTEBOURG, ministre du redressement productif

• M. Michel SAPIN, ministre du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social

• M. Jean-Yves LE DRIAN, ministre de la défense

• Mme Aurélie FILIPPETTI, ministre de la culture et de la communication

• Mme Geneviève FIORASO, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche

• Mme Najat VALLAUD-BELKACEM, ministre des droits des femmes, porte-parole du Gouvernement

• M. Stéphane LE FOLL, ministre de l'agriculture et de l'agroalimentaire

• Mme Marylise LEBRANCHU, ministre de la réforme de l'Etat, de la décentralisation et de la fonction publique

• M. Victorin LUREL, ministre des outre-mer

• Mme Valérie FOURNEYRON, ministre des sports, de la jeunesse, de l'éducation populaire et de la vie associative

• M. Jérôme CAHUZAC, ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et du commerce extérieur, chargé du budget

• Mme George PAU-LANGEVIN, ministre déléguée auprès du ministre de l'éducation nationale, chargée de la réussite éducative

• M. Alain VIDALIES, ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des relations avec le Parlement

• Mme Delphine BATHO, ministre déléguée auprès de la garde des sceaux, ministre de la justice

• M. François LAMY, ministre délégué auprès de la ministre de l'égalité des territoires et du logement, chargé de la ville

• M. Bernard CAZENEUVE, ministre délégué auprès du ministre des affaires étrangères, chargé des affaires européennes

• Mme Michèle DELAUNAY, ministre déléguée auprès de la ministre des affaires sociales et de la santé, chargée des personnes âgées et de la dépendance

• Mme Sylvia PINEL, ministre déléguée auprès du ministre du redressement productif, chargée de l'artisanat, du commerce et du tourisme

• M. Benoît HAMON, ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et du commerce extérieur, chargé de l'économie sociale et solidaire

• Mme Dominique BERTINOTTI, ministre déléguée auprès de la ministre des affaires sociales et de la santé, chargée de la famille

• Mme Marie-Arlette CARLOTTI, ministre déléguée auprès de la ministre des affaires sociales et de la santé, chargée des personnes handicapées

• M. Pascal CANFIN, ministre délégué auprès du ministre des affaires étrangères, chargé du développement

• Mme Yamina BENGUIGUI, ministre déléguée auprès du ministre des affaires étrangères, chargée des Français de l'étranger et de la francophonie

• M. Frédéric CUVILLIER, ministre délégué auprès de la ministre de l'écologie, du développement durable, et de l'énergie, chargé des transports et de l'économie maritime

• Mme Fleur PELLERIN, ministre déléguée auprès du ministre du redressement productif, chargée des petites et moyennes entreprises, de l'innovation et de l'économie numérique

• M. Kader ARIF, ministre délégué auprès du ministre de la défense, chargé des anciens combattants.

 

Cet article est le 2ème paru sur ce blog dans la catégorie Hollande Ayrault gouv.

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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 23:53

Une équipe de combat pour les élections législatives

 

Le secrétaire général de l'Élysée, Pierre-René Lemas, a annoncé ce mercredi soir la composition du nouveau gouvernement, qui compte 34 ministres et ministres délégués. Lire la suite (Acteurs publics, 16 mai 2012)

 

Qui sont les 34 ministres du gouvernement ? (Le Monde, 16 mai)

"François Hollande adresse un signal aux électeurs de la France du non" (Le Monde, 16 mai) 

Françoise Fressoz analyse les choix qui ont présidé à la constitution du premier gouvernement du quinquennat Hollande.

Un nouveau gouvernement tout en équilibre (Marianne2, 16 mai)

François Hollande avait, comme nombre de ses prédécesseurs, promis un gouvernement resserré. Comme souvent, cela n'est pas vraiment le cas. A l'arrivée, c'est près de 18 ministres et 16 ministres délégués qui ont été nommés. Et ce, avant les législatives, à la suite desquelles il y aura sans doute de nouvelles nominations en fonction des résultats des partenaires de la majorité présidentielle. 

Pour le reste, le premier gouvernement ressemble à un bel équilibre, de ceux auxquels François Hollande nous avait habitué à la tête du Parti socialiste. C'est d'abord le respect de la parité, pas forcément évident au départ.

C'est ensuite un savant mélange des différentes tendances du PS, d'Arnaud Montebourg (fort de ses 17% à la primaire socialiste) à Dominique Bertinotti (très proche de Ségolène Royal), en passant par une (très) large ouverture aux Aubryistes avec Marylise Lebranchu, François Lamy ou encore Benoît Hamon. L'absence de Martine Aubry est donc largement « compensée » et pourrait aider aux bonnes relations, au moins dans un premier temps, entre elle et François Hollande.

Les Verts se voient aussi récompensés avec un ministère pour Cécile Duflot et un poste de ministre délégué pour Pascal Canfin.

Des proches de François Hollande sont aussi présents évidemment, de Michel Sapin à Stéphane Le Foll, en passant par des cadres de sa campagne comme Pierre Moscovici, Aurélie Filippetti ou Delphine Batho.

Et pour finir ce bel exercice de dosage, l'équilibre est aussi trouvé entre expérience et jeunesse, avec des poids lourds comme Laurent Fabius et des têtes plus récentes comme Najat Vallaud-Belkacem. Et enfin on trouve pour finir de vraies surprises, sans doute inconnues du grand public, comme Sylvia Pinel, membre du PRG (à défaut de Baylet) ou Geneviève Fioraso, parlementaire réputée très «bosseuse». 

Le difficile exercice de la création d'un premier gouvernement est donc franchi, plutôt avec talent au premier regard. Reste donc maintenant au Président de la République et à Jean-Marc Ayrault son premier Ministre à animer et diriger cette équipe pour affronter les difficultés auxquelles la France va faire face dans les mois qui viennent. Premier début de réponses sur les aptitudes de cette nouvelle équipe ce jeudi à 15H avec le premier conseil des ministres. 

 

Le Mouvement Républicain et citoyen n’est pas représenté dans ce gouvernement, ainsi que le Front de gauche. Le choix a été fait de l’homogénéité dans le but de gagner les élections législatives. Les ministres qui échoueront aux législatives ne seront pas dans le 2ème gouvernement Hollande-Ayrault. Et si ce gouvernement perd les législatives, ce sera la cohabitation. Il n’y aura plus de gouvernement Hollande-Ayrault. Le rassemblement de l’ensemble de la gauche reste à faire. Pour pouvoir gouverner pendant cinq ans.

 

 Rappel : S'il était élu, le président François Hollande ferait ce qu'il a annoncé - 9 mars 2012 

 

Cet article est le 1er paru sur ce blog dans la catégorie  Hollande Ayrault gouv.

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 11:07

La 2ème circonscription, toujours aussi indécise

 

Depuis le second tour de l’élection présidentielle, la compétition est lancée pour les élections législatives des 10 et 17 juin.

Rappel : Législatives 2012 en Mayenne : les votes du 22 avril par circonscription - 29 avril 2012  Présidentielle 2012 : les résultats du 2ème tour en Mayenne (JY Delort) - 7 mai 2012 

 

Arnaud Bélier (Ouest-France, 8 mai 2012) a présenté la carte des résultats du 2ème tour de la présidentielle par circonscription. Voir La bataille des législatives en Mayenne est lancée !

 

François Hollande a recueilli :

- 51,30 % des voix dans la 1ère circonscription (Laval), ce qui conforte la réélection probable du député PS Guillaume Garot,

- 44,76 % dans la 2ème circonscription (Château-Gontier, Sud Mayenne) où le député UMP villepiniste Marc Bernier n’est pas candidat,

- 44,89 % dans la 3ème circonscription (Mayenne, Nord Mayenne), où le député UMP Yannick Favennec sera probablement réélu.

 

Les candidats déclarés dans la 1ère circonscription (dépôt des candidatures 14-18 mai) :

Guillaume Garot (PS, soutien PRG, MRC, EELV), Aurélien Guillot (PCF, Front de Gauche), Samia Soultani-Vigneron (UMP), Isabelle Dutertre (Alliance centriste), Yves Cortès (indépendant, droite UMP ex-RPR), Marie-Alix Le Comte (FN), Emile Seigneur (Parti ouvrier indépendant), Claude Soulié (Mouvement écologique indépendant), Christine de Saint-Genois (Nouveau Centre),.

 

Les candidats déclarés dans la 2ème circonscription :

Marie-Noëlle Tribondeau (soutien PS, PRG, MRC), Julie Cochin (PCF, Front de Gauche), Claude Gourvil (EELV), Guillaume Chevrollier (UMP), Elisabeth Doineau (Alliance centriste), Philippe Henry (indépendant, centre droit), Jocelyne Mallez (FN).

 

Les candidats déclarés dans la 3ème circonscription :

Christian Quinton (EELV, soutien PS), Hervé Eon (PG, Front de Gauche), Yannick Favennec (UMP), Bruno de la Morinière (FN).

 

Nouveautés :

 

1ère circonscription :

            La suppléante de Guillaume Garot est Sylvie Pichot, maire de Bais.

Yves Cortès, maire de Pré-en-Pail, conseiller général UMP du canton de Pré-en-Pail, ancien secrétaire départemental RPR, se présente sans l’investiture UMP (elle est attribuée à Samia Soultani-Vigneron).

Christine de Saint Genois a créé la surprise en étant « parachutée » (voir Commandante Christine de St Genois de Grand Breucq) par le Nouveau Centre en Mayenne. Elle a été l’une des premières femmes pilotes de ligne.

2ème circonscription :

Le suppléant de Philippe Henry est Yannick Borde, maire de Saint-Berthevin, conseiller général du canton de Saint-Berthevin. Ils se présentent tous les deux comme « indépendants » de centre droit. La concurrence sera rude avec la candidate de l’Alliance centriste, Elisabeth Doineau, laquelle a voté Sarkozy au 2ème tour de la présidentielle, comme Jean Arthuis, désormais en « rupture totale avec Bayrou ».

Cet article est le 36ème paru sur ce blog dans la catégorie Législatives 2007-2012

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 16:30

La souveraineté nationale, principe de base pour rebondir

 

MRC national 002A l’occasion du tricentenaire de la naissance du philosophe Jean-Jacques Rousseau, Jean-Pierre Chevènement est intervenu lors du colloque du GIPRI (Institut international de recherche pour la paix) à Genève le 27 avril 2012.

Voici des extraits de son intervention, dont l’intégralité est reproduite sur son blog.

Rousseau, précurseur du fondamental: éclairages pour une république moderne

(…) Venons-en, une fois prises les précautions épistémologiques nécessaires à une bonne compréhension de la pensée de Rousseau, si vaste et apparemment si contrastée, à l’actualité - ou à l’inactualité - de celle-ci confrontée aux grands mouvements de notre époque :

• la mondialisation et le sens de la République dans la mondialisation ;
• l’Europe et les difficultés de la construction européenne ;
• l’universalisme enfin, à travers ses plus récentes moutures, ce qu’on a appelé « le droit de l’hommisme » et le « droit », voire le « devoir d’ingérence »
(…).

 

Que dirait Rousseau aujourd’hui des effets sociaux de la dérégulation ? Un capitalisme financier prédateur et spéculatif a façonné un monde déséquilibré et inégal qui court après des règles dont l’abolition a produit la crise dans laquelle il se débat. Rousseau gémissait sur « l’infortune des peuples écrasés par une poignée d’oppresseurs ». Ce n’est pas s’avancer beaucoup de dire que son aspiration à l’égalité « sans laquelle la liberté ne peut subsister »(Contrat social) et à l’existence morale à laquelle la citoyenneté fait accéder l’homme, serait profondément heurtée par le spectacle des inégalités croissantes, de la démission civique et du primat de l’économique sur le politique, qui caractérisent les sociétés régies par le principe dit de « l’acquisition de la valeur par l’actionnaire ».

Pour réhabiliter le politique, il faudrait restaurer le citoyen. Mais celui-ci se désespère de voir partout bafoués les principes de la souveraineté sans laquelle il ne peut rien et n’est même pas citoyen. Nous voilà « au rouet » comme disait Montaigne …

Cette défaite de la République a été aussi et d’abord une défaite de la France. Dans l’Europe de 1983, les marges de manœuvre, pour elle, étaient infiniment plus grandes qu’elles ne le sont devenues aujourd’hui, dans un monde entièrement dominé par le capitalisme et les marchés financiers, ouvert aux concurrences les plus inégales, et dans une Europe germanocentrée, où elle peine à remplir son rôle de médiateur naturel entre les pays du Nord de notre continent et ceux du Sud
(…).

La messe est-elle dite ? L’Histoire est-elle finie ? N’y a-t-il pas dans le principe de la souveraineté nationale le ressort d’un éventuel rebond ? La crise du néolibéralisme ne peut-elle faire renaître l’exigence républicaine ? L’Humanité a besoin de repères. Ceux que fournit la République sont pour les hommes d’aujourd’hui des repères plus sûrs que la confiance intéressée ou naïve dans la « main invisible » de marchés devenus fous. C’est ce qu’il faudra démontrer
(…).

 

Rousseau ne prohibait pas la guerre. Ce qui l’intéressait c’était à l’intérieur du droit de la guerre, la manière dont on peut la circonscrire et la réglementer, s’agissant notamment du traitement des prisonniers et de la protection des civils.
Nous pouvons, en nous inspirant de Rousseau, concevoir une diplomatie républicaine
, à la fois respectueuse des souverainetés nationales et soucieuse d’instaurer une règle collective, visant à redonner tout son sens au concept de souveraineté. Celle-ci ne peut s’accomplir qu’au service du bien commun.
Rousseau nous enseigne ainsi la distance entre le réel et l’universel mais aussi la manière de nous en accommoder. Ce génial théoricien de la souveraineté rappelle aussi aux hommes qui savent le lire qu’ils ne sont pas des dieux.

 

Voir aussi Jean-Jacques Rousseau pour penser le XXIe siècle

PENSER LA REPUBLIQUE, LA GUERRE ET LA PAIX. Sur les traces de Jean-Jacques Rousseau

 

Jean-Pierre Chevènement le coeur à l'ouvrage (Le souverainisme à l’épreuve de la mondialisation)

 

Cet article est le 156ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT

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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 17:58

Le nouveau président parle beaucoup mais pas de lui

 

Avant la prise de fonction de François Hollande à la présidence de la République, mardi 15 mai, intéressons-nous au candidat qu’il fut. De nombreux livres sont déjà sortis à ce sujet. Je retiens celui d’Eric Dupin, journaliste, dont il est question dans plusieurs publications, notamment :

« Mon déjeuner avec Hollande » (1) - Marianne2, Eric Dupin, 10 mai 2012

« Mon déjeuner avec Hollande » (2)  - Marianne2, Eric Dupin, 11 mai 2012

Présentation par Philippe Cohen : Avec Voyages en France, Eric Dupin avait dressé, voici un an, un portrait saisissant des Français sous la crise, qu'il avait rencontrés aux quatre coins de l'Hexagone.

Poursuivant une œuvre qui s'apparente à une « ethnologie politique » d'autant plus précieuse qu'elle se fait rare dans la presse (il ne faut pas confondre ethnologie et micro-trottoir), Dupin alterne cette fois-ci les rencontres avec les Français de base, cueillis dans leur environnement naturel, et les conversations avec les hommes et femmes politiques, personnalités nationales ou locales qu'il sait si bien faire parler. On appréciera notamment sa percée dans une France mitterrandienne - la Nièvre - partagée entre le vote montebourgien et l'inclinaison envers François Hollande qui a si bien intégré la geste politique de « François Ier »...
La crise et la mondialisation sont omniprésentes, davantage dans les paroles des Français que dans les discours des politiques. Elles finissent pas dessiner les balises entre lesquelles le premier Président en scooter (trois roues mais quand même...) va devoir se faufiler. Eric Dupin lui souhaite presque bonne chance à sa façon. En lui suggérant - sage conseil - de s'émanciper du petit père Queuille, un Corrézien de l'après-guerre dont le nouveau président est admiratif, afin de devenir un Roosevelt français.

Nous publions en deux volets un déjeuner entre le journaliste et le candidat devenu Président qui s'est déroulé quelques semaines avant son arrivée à l'Elysée. Un entretien dans lequel François Hollande, sans doute mis en confiance par l'ancienneté de la relation - Dupin et lui ont frotté leurs
blue jeans sur les bancs de la même promotion de Science Po - donne à lire sa vision de ce que sera son quinquennat

François Hollande et la Chine : de la menace au pragmatisme (Rue89, Pierre Haski, 12 mai 2012)

Dans les coulisses d'une victoire et d'une défaite (Le Monde, Ariane Chemin, 12 mai 2012)

(…) Le dernier livre d'Eric Dupin, ancien éditorialiste à Libération, est le journal de bord de la campagne rédigé sous forme chronologique : du 29 août au 6 mai. Si cette chronique s'attarde plus particulièrement sur les socialistes, elle entremêle rencontres avec des personnalités politiques, des élus locaux et des militants de tous bords.

 

Cet article est le 51ème paru sur ce blog dans la catégorie Présidentielle 2012

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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 23:46

L’euro s’est formé sur un fondement incomplet

 

Thierry Pouch, économiste, responsable du service des études économiques de l'Assemblée Permanente des Chambres d'Agriculture et chercheur associé à l’université de Reims Champagne-Ardenne, interviendra prochainement lors d’une réunion du Mouvement agricole et rural solidaire. Il indiquera les effets de la crise de la zone euro sur l’agriculture, après avoir évoqué les origines de cette crise.

Dans le n° 1205 (mars 2012) de Focus Economie, publication du service économique des Chambres d’agriculture (voir Économie), Thierry Pouch propose une analyse très documentée sur la crise de la zone euro, dont voici un large extrait. Voir aussi, sur le site de la Chambre d’agriculture de la Haute-Marne : La zone euro à quitte ou double.

 

Résumé : La crise de la zone euro, crise des dettes souveraines mais aussi crise économique depuis 2008, entre dans sa troisième année, sans que des solutions viables et durables n’émergent des sommets successifs. Si, en ce début d’année 2012, des avancées ont été réalisées, laissant entendre que les pays membres de la zone euro sont sur une trajectoire de sortie de crise, cette trajectoire reste encore longue et ponctuée d’incertitudes quant à la solidité des instruments mis en place. Au point que l’hypothèse d’un défaut de l’économie grecque, d’un éclatement de la zone euro, n’est plus tabou. Ce qui est en crise, ce sont en réalité les ambitions de la construction européenne, dont la monnaie unique constitue l’un des maillons les plus apparents.

 

La zone euro est entrée dans une crise sans précédent

 

Avec la crise et le déploiement de politiques économiques expansionnistes, les pays membres de la zone euro ne respectent plus, à une ou deux exceptions près, les critères fixés par le Pacte de Stabilité et de Croissance (PSC de 1997 réexaminé en 2005).

 

La forte hétérogénéité des structures économiques des pays membres de la zone euro a pu alors éclater au grand jour. Outre la montée de l’endettement public, c’est bien la polarisation des balances courantes qui illustre le mieux les divergences de compétitivité entre les économies de la zone euro (graphiques 3 et 4). On assiste dès lors à la litanie opposant les économies non vertueuses, sommées de se conformer aux exigences des pays vertueux, à l’instar d’une Allemagne qui en la matière donne le la. Outre les coupes claires que les premières (Grèce, Espagne, Portugal, Irlande…) ont dû effectuer dans leurs dépenses publiques, outre les plans d’austérité adoptés (gel voire diminution des salaires dans la fonction publique, baisse des retraites…), c’est bien sur le redressement de la compétitivité que doivent porter les mesures de politique économique les plus drastiques. Cet aspect de la crise de la zone euro est d’une extrême importance pour comprendre la crise actuelle et la lecture des deux graphiques 3 et 4 va y contribuer.

 

Les excédents courants impressionnants dégagés par l’Allemagne depuis le début des années 2000 sont à articuler avec la perte de la compétitivité de ce pays depuis la réunification une décennie plus tôt. L’économie allemande a de plus intégré la zone euro avec un taux de change apprécié, défavorable à ses exportations. Toute la décennie 1990 s’est donc déroulée pour l’Allemagne sur le mode de la reconstitution de sa compétitivité, passant notamment par une compression massive des coûts de production, salariaux en particulier.

 

De plus, on sait que la population allemande ne progresse plus, posant de façon aiguë le problème du financement des retraites. L’accumulation d’excédents courants était devenue une priorité pour l’économie allemande, excédents formant en quelque sorte une manne financière pour le futur. Elle n’a pu être effective qu’au travers la montée de l’endettement privé dans les autres pays de la zone euro, ainsi qu’on a pu le constater en Espagne, en Irlande, en Grèce ou au Portugal.

Car l’économie d’endettement qui se mit en place durant les années quatre-vingt-dix deux mille dans ces pays là, à la faveur de taux d’intérêt relativement bas et convergents, occasionna une croissance de la demande qui bénéficia à l’Allemagne – dont la stratégie économique est depuis longtemps fondée sur l’exportation – puisqu’elle exporte entre 45 et 50% vers ses « partenaires » de la zone euro.

C’est donc bien la politique menée par l’Allemagne durant les années 2000 qui a amplifié les divergences économiques propres aux pays de la zone, et mis au jour les écarts de compétitivité. Puisque l’Allemagne parvient à dégager des excédents courants réguliers, c’est que son économie est compétitive. Il s’ensuit que les autres pays membres doivent suivre son modèle économique et financier. En réalité, ce recouvrement de la compétitivité de l’Allemagne s’est opéré au détriment des partenaires de la zone euro, dans une sorte de jeu non coopératif. En résumé, l’Allemagne a privilégié ses intérêts au détriment du collectif européen.

La progression de l’endettement privé a donc largement profité à l’Allemagne. Sauf que, dans la crise actuelle, les économies qui se sont endettées hier, qui sont intervenues pour soutenir massivement le système bancaire européen, sont exposées à des risques de défaut de paiement. De ce point de vue, la construction de la zone euro a démontré ses faiblesses et ses graves lacunes. Si l’économie grecque pèse peu dans l’ensemble des membres de l’Union économique et monétaire (2% du PIB et 4,5% de la dette agrégée), elle a formé dans la crise actuelle l’étincelle à partir de laquelle s’est propagé l’incendie européen.

 

La crise est d’autant plus grave qu’un désaccord profond est apparu au sujet du mode de financement des Etats membres et de la mission de la Banque Centrale Européenne (BCE). Le paradoxe réside dans le fait que l’Allemagne, par la voie de sa chancelière, clame l’impératif d’une plus grande intégration européenne, tout en bloquant le chemin qui devrait y conduire. Le premier exemple a trait au refus de la création des Euro Bonds. En mutualisant les dettes des dix-sept États, on réduirait les différentiels de taux d’intérêt, faisant ainsi baisser ceux de pays comme la Grèce ou le Portugal, ceux de l’Allemagne ou des Pays-Bas opérant quant à eux une remontée. Il s’agirait en quelque sorte d’une première avancée vers le fédéralisme dans la zone euro, ce à quoi s’opposent fermement les allemands (graphique 5).

Le clivage relatif à la mission de la BCE est sans doute encore plus tranché. Pour l’Allemagne, fidèle en cela à son attachement à l’indépendance de la Banque centrale afin d’écarter tout risque de monétisation de la dette publique, en raison de son caractère potentiellement inflationniste, la BCE doit se limiter à atteindre l’objectif qui est le sien, à savoir la stabilité des prix et de la monnaie.

Tout juste tolère-t-on de la part de la BCE qu’elle se porte acquéreur de titres publics sur le marché secondaire, marché sur lequel les banques lui cèdent de tels titres. Un contraste existe donc entre les agissements de la BCE et ceux de ses homologues anglaise, japonaise et américaine, lesquelles rachètent directement, c’est-à-dire à l’émission, les obligations d’État. Au milieu de l’année 2011, la FED (la Banque centrale américaine), détenait 14% de la dette fédérale américaine, laquelle s’élève à 15 000 milliards de dollars (graphique 6).

Dans la crise actuelle, un cran supplémentaire a récemment été franchi. Il a trait d’une part aux mesures de politique économique qui ont été adoptées par la plupart des pays membres de la zone euro, puis, d’autre part, à l’imposition, par l’Allemagne, de la « règle d’or » sur laquelle on reviendra plus bas.

Sur le premier point, les politiques restrictives semblent manifestement se généraliser à l’ensemble de la zone euro. Elles débouchent sur une contraction non moins générale de la croissance, véritable cercle vicieux puisque c’est précisément à partir d’une croissance soutenue et durable que les rentrées fiscales augmentent, engendrant du même coup une diminution des déficits et des dettes. Le cercle vicieux dans lequel est enfermée la Grèce peut s’étendre à la zone euro toute entière (graphique 7). Si les débouchés de l’Allemagne se ferment les uns derrière les autres, c’est toute la stratégie d’exportation allemande qui s’effondrera, l’obligeant à rechercher des marchés extérieurs sur lesquels la concurrence est intensive.

 

La zone euro à quitte ou double

 

Ce à quoi nous assistons dans la zone euro n’est rien moins qu’une crise économique doublée d’une crise institutionnelle, qui fragilise sa position dans l’économie mondiale.

Par l’adoption de politiques économiques restrictives, les pays membres de la zone, et l’Allemagne en tout premier lieu, hypothèquent la croissance potentielle future, celle qui permettrait à l’UE de s’interroger sur le rôle qu’elle entend et peut jouer dans l’économie mondiale d’ici à 2050 afin de relever les défis du XXIème siècle (énergie, climat, technologie mais aussi alimentation…).

 

Avec les politiques actuellement menées, l’UE s’installe dans une récession durable, dans une stagnation, et compromet ses chances d’être un acteur qui comptera dans l’économie mondiale de demain. L’adoption de la « Règle d’or » par 25 pays sur 27 lors du Sommet européen de Bruxelles du 30 janvier dernier, offre une bonne occasion de mieux comprendre ce point.

Cette règle, qui sera inscrite dans les constitutions nationales, indique que le déficit public ne devra pas dépasser le seuil de –0,5% du PIB, soit un seuil encore plus drastique que celui en vigueur jusqu’à présent (–3%) et hérité du Traité de Maastricht. Elle intègre les dépenses structurelles des gouvernements, celles qui portent sur l’investissement public (recherche, innovation, infrastructures, éducation…), lequel conditionne la croissance future des économies. On peut du coup se demander si l’adoption de cette « Règle d’or » ne signifie pas que priorité est désormais donnée aux rentes financières d’une Europe vieillissante au détriment des investissements préparant l’avenir de la jeunesse européenne.

 

Outre le fait que l’application stricte de cette « Règle d’or » (elle sera en effet assortie de sanctions financières) stérilise toute réponse étatique à des chocs macroéconomiques comme celui que l’on a connu en 2007-2008, elle induit l’idée que les investissements sont du ressort du seul secteur privé, à moins qu’un État n’administre la preuve qu’il est en mesure d’autofinancer de tels investissements publics. Or l’histoire des économies développées montre que l’investissement public constitue un élément moteur de la croissance économique, ne serait-ce que par ses retombées dans tous les secteurs d’activité. Au regard de l’ampleur de la dégradation des comptes publics de chacun des États membres, de la récession ou, tout au mieux des taux de croissance atones, quelle est l’issue la plus favorable pour la zone euro et, plus globalement pour l’UE ?

 

L’adoption d’un véritable budget européen, par surcroît augmenté dans des proportions importantes et contenant des mécanismes de solidarité financière, permettrait d’envisager des dépenses publiques d’investissements centrées sur des secteurs porteurs et capables de faire converger les économies membres au travers d’une ambition collective. Il sera par ailleurs impératif d’ancrer ce budget européen dans une stratégie de croissance et d’emploi.

 

En ce sens, l’Allemagne n’a finalement que peu d’intérêt à voir éclater la zone euro, puisque ce sont ses exportations, et par voie de conséquence, sa croissance, qui sont en jeu. Dans ce cas de figure, la monnaie unique serait alors adossée à un État fédéral et à un objectif commun. C’est en effet le propre d’une monnaie que d’être articulée à un principe souverain.

 

S’agissant de l’euro, il a été construit sur la base du Traité de Maastricht, qui a juxtaposé différents États, rendant en cela impossible l’appartenance commune à une monnaie et donc toute politique de coopération entre ces États. La formation de l’euro s’est effectuée sur un fondement incomplet. En raison d’une accentuation des pressions exercées sur les pays de la zone euro pour qu’ils réduisent encore davantage leurs déficits et leurs taux d’endettement, ce sont bien des solutions nationales qui émergeront de la crise actuelle, prenant la forme d’une ou de plusieurs sorties unilatérales de la zone euro.

 

Dans le cas de la Grèce, le retour à la monnaie antérieure, la drachme, entraînerait ipso facto une dévaluation massive de sa parité, d’au moins 70 à 80%. Ce changement de parité monétaire se concrétiserait par une envolée du taux d’intérêt, obligeant l’État à demander aux créanciers à la fois un rééchelonnement de la dette et une baisse du taux d’intérêt.

Cela pourrait aller jusqu’à une dévalorisation massive des créances, potentiellement porteuse d’une pénurie de liquidités dans les banques. On peut donc s’attendre à une récession plus accentuée de l’économie grecque durant encore deux à trois ans après la sortie de la zone euro. Ce n’est qu’ensuite que l’effet de la dévaluation –assortie de mesures gouvernementales allant du rétablissement du contrôle des changes à la fermeture des banques, en passant par un gel total des avoirs bancaires afin de dissuader les sorties de capitaux – deviendra positif. Érosion du déficit extérieur courant, redressement des secteurs d’activité nationaux, réenclenchement de la croissance engendrant les recettes fiscales destinées à réduire le déficit et la dette publics.

 

 Cet article est le 93ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 20:29

Un ministère pour la filière agroalimentaire, sans l’énergie

 

Prenant acte de l’élection de François Hollande à la présidence de la République, André Lefranc et Paul de Montvalon, respectivement présidents, au niveau national, de l’Association des producteurs de lait indépendants (APLI) et de l’Office du lait, ont publié une déclaration commune remise à la presse le 10 mai 2012 (voir COMMUNIQUES APLI) et répondu aux questions du quotidien Ouest-France.

 

Une nouvelle donne politique

 

L’APLI a félicité M. François Hollande pour son élection à la Présidence de la République. Dans son message au Président élu, l’APLI Nationale a souligné l’écoute attentive qu’elle avait reçue de la part de l’équipe de campagne du candidat.

La nouvelle organisation ministérielle en 15 pôles retient l’attention de L’APLI Nationale et de l’Office du Lait National. Ne serait ce pas l’occasion de créer un grand pôle regroupant tous les acteurs de la filière tel que nous le concevons à l’Office du Lait National ?

L’Office du Lait National et l’APLI Nationale rejoignent en cela le président de la FNSEA, dans sa requête d’élargissement du prochain ministère de l’agriculture aux thèmes de l’industrie agroalimentaire, tout en allant au-delà, jusqu’aux consommateurs.

 

Ce souhait honorable, s’il est accepté, permettra de se recentrer sur les objectifs premiers de l’agriculture : la souveraineté alimentaire ainsi que la sécurité et la qualité de l’alimentation.

Il va de soi que cette position implique le rattachement de toute production ayant d’autres fins que l’alimentaire à un ministère différent de celui de l’agriculture et de l’agroalimentaire.

La concurrence entre agro-carburants et alimentation humaine étant la cause de nombreux conflits de la faim à travers le monde, il serait bien d’avoir une réelle ligne politique sur ce sujet.

Ainsi, toute la filière de production d’énergie d’origine végétale, producteurs de matières première compris, se verrait-elle reliée à un autre pôle : vers l’industrie ou l’énergie, libérant ainsi un volume d’aides et de subventions permettant de rémunérer les pertes subies par l’élevage en général, et les producteurs laitiers en particulier.

 

Dans un premier temps, (tant que la base de fixation du prix du lait n’est pas le coût de production, rémunération du travail incluse) ces aides viendraient compenser le différentiel de prix entre les cours du marché et la réalité des charges des élevages laitiers, sans pénaliser les industriels dans leur démarche de développement face à leurs concurrents. Ceci aurait l’avantage de préserver une agriculture familiale garante de diversité, de qualité, de sécurité et de maintien sur le territoire du plan grand nombre d’exploitations comme le souhaitent une majorité de citoyens consommateurs.

 

L’APLI Nationale et l’Office du Lait National rappellent que le but de leur engagement est de réguler, au niveau européen, la production en fonction de la demande afin de garantir :

- Un revenu équitable aux producteurs.

- Une alimentation saine pour les consommateurs.

- Une agriculture respectueuse de l’environnement.

- Un arrêt de la famine, instrumentalisée à des fins financières et politiques, en stoppant la spéculation sur la nourriture.

- Des prix rémunérateurs et non des subventions.

- La place de l’humain, remis enfin au centre des débats.

 

C’est pour cela que l’APLI Nationale et L’Office du Lait National dénoncent la précipitation avec laquelle l’ancien gouvernement à mis en place la contractualisation française, avant même l’adoption par l’Europe du mini paquet lait. Ils demandent à la nouvelle équipe ministérielle d’abroger le décret n°2010-1753 du 30 décembre 2010 afin de permettre aux producteurs de s’organiser.

Ils se sentent soutenus par les récentes déclarations du Comité des Régions d'Europe qui, réuni vendredi 4 mai 2012 en session plénière à Bruxelles, a adopté son avis sur la Pac 2014-2020, qu'il souhaite « plus juste » et « laissant la place à davantage de régulation ». En particulier, il « demande que soient réexaminées les décisions antérieures relatives à la disparition des quotas laitiers et sucriers, ainsi que des droits de plantation viticoles ».

François Hollande s’est engagé, pendant sa campagne, à plus de démocratie dans la représentation des producteurs. C’est pourquoi l’APLI Nationale et l’Office du Lait National demanderont à être reçus par le nouveau ministre de l’agriculture dès que celui-ci aura été nommé.

 

 L'Office du lait et l'Apli face au nouveau Président (Ouest-France, 11 mai)

Les Français ont choisi François Hollande comme président de la République. Est-ce que cela change pour vous la donne agricole ?

La nouvelle organisation en quinze pôles ministériels retient notre attention. L'office du lait et l'Apli souhaitent un élargissement des prérogatives du ministère de l'Agriculture aux thèmes de l'agroalimentaire, comme le souhaite le président de la FNSEA. Nous voudrions qu'elles soient étendues aux consommateurs.
Cela permettrait de recentrer l'action de l'État dans le domaine agricole sur deux priorités : la souveraineté alimentaire et la sécurité et la qualité de l'alimentation. Toutes les productions non alimentaires doivent être rattachées à un ministère différent.

Que voulez-vous dire ?

La concurrence entre agro-carburants et alimentation humaine est la cause de nombreux conflits. Toute la filière énergétique de production d'origine végétale, producteurs de matières premières compris, devrait être rattachée à un pôle énergie ou industrie. Des aides et subventions ainsi libérées pourraient venir compenser les pertes subies par les producteurs de lait et de viande bovine.

Comment ?

Tant que la base de fixation du prix du lait ne tient pas compte du coût de production, rémunération du travail comprise, ces aides viendraient dans un premier temps compenser le différentiel de prix entre les cours du marché et la réalité des charges des élevages laitiers, sans pénaliser les industriels dans leurs projets de développement face à leurs concurrents.

L'action de Bruno Le Maire vous a déçus ?

L'Apli et l'Office du lait regrettent la précipitation avec laquelle l'ancien gouvernement a mis en place la contractualisation française avant même l'adoption par l'Europe du mini-paquet lait. La nouvelle équipe ministérielle doit abroger le décret du 30 décembre 2010, afin de permettre aux producteurs de s'organiser.

Vous avez bon espoir d'être entendus ?

Le comité des régions d’Europe s’est réuni à Bruxelles le 4 mai. Il a adopté un avis sur la PAC 2014-2020. Il souhaite une PAC plus juste et laissant la place à plus de régulation. Il demande notamment le réexamen des décisions antérieures relatives à la disparition des quotas laitiers et sucriers ainsi que les droits de plantation viticoles. François Hollande s’est engagé, pendant sa campagne à plus de démocratie dans la représentation des producteurs. Nous demanderons à être reçus par le ministre de l’agriculture dès que celui-ci sera nommé.

 

 Cet article est le 311ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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