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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 18:05

Mittal à portée d’une nationalisation… s’il fait du Mittal

 

Bien au-delà de son poids réel (650 salariés sur les 20 000 d'ArcelorMittal en France), le site lorrain de Florange est devenu le symbole de la désindustrialisation française - 750 000 emplois perdus depuis dix ans. Ce dossier est un symbole à fort enjeu politique pour le président François Hollande. C'est à Florange qu'il s'était engagé pendant la campagne présidentielle à faire voter une loi pour contraindre les groupes qui ferment des usines à les céder à un repreneur.

 

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a choisi de négocier avec le propriétaire afin d’obtenir un compromis, qui n’est peut-être qu’une solution d’attente, évitant un plan social mais ne correspondant pas aux propositions du ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg.

 

Voir Ayrault : "Il n'y aura pas de plan social à Florange" (Le Monde, 30 nov. 2012).

 

Le ton était monté ces derniers jours entre ArcelorMittal, qui souhaitait fermer une partie du site, et le gouvernement socialiste, qui menaçait de le nationaliser. "Les moyens de pression ne disparaissent pas avec l'annonce d'aujourd'hui. Si [M. Mittal] se comportait comme un homme qui ne respecte pas sa parole, il y a des moyens de pression", a-t-on déclaré dans l'entourage du chef de l'Etat. "On garde le revolver sur la table", a même déclaré un conseiller de l'Elysée.

 

Le gouvernement s'est engagé à utiliser "tous les moyens nécessaires en cas de non-respect de l'accord" par ArcelorMittal. Mais Matignon a dit avoir "écarté la nationalisation transitoire" au regard des "engagements inconditionnels" d'ArcelorMittal. Le premier ministre a jugé que cette solution n'était pas efficace "face à un problème de débouchés pour une entreprise ou face à un problème de compétitivité", comme c'est le cas pour les hauts-fourneaux de Florange. 

 

L'accord prévoit que "les activités du site liées à la filière froide, et notamment l'emballage, seront pérennisées et renforcées par un programme d'investissements industriels. Cela permettra de sécuriser les salariés qui travaillent dans ces activités", a détaillé M. Ayrault. Il n'y aura toutefois pas de "redémarrage des hauts-fourneaux à court terme", ce "en raison de la faible activité actuelle en Europe".

 

En revanche, ArcelorMittal s'engage à "maintenir les hauts-fourneaux" de Florange en l'état, dans l'attente de la réalisation du projet de captage et de stockage de CO2 Ulcos, dans lequel l'Etat pourrait augmenter sa participation et qui doit recevoir l'accord pour des financements européens dans les prochaines semaines. Il n'y a cependant pas de garantie à ce stade que Florange accueille ce projet industriel.

 

Voir aussi Florange : les annonces de Jean-Marc Ayrault (l’Humanité, 1er déc. 2012).

 

Le MRC était favorable à une prise de contrôle temporaire par l’Etat

 

Communiqué de presse de Jean-Luc Laurent, président du Mouvement Républicain et Citoyen, député du Val-de-Marne, 28 novembre 2012

 

François Hollande recevait hier soir à l’Élysée Lakshmi Mittal, PDG d'ArcelorMittal pour évoquer l'avenir de Florange. Le Président de la République a demandé la poursuite des discussions entre l'Etat et l'entreprise jusqu'à samedi.
Si la porte ne doit pas être fermée à la négociation, un discours de fermeté s'impose.
Le comportement d'obstruction d'ArcelorMittal à la reprise du site de Florange est proprement inacceptable et met en péril le tissu industriel d'une région clé pour notre pays.

Arnaud Montebourg a eu raison d'évoquer l'hypothèse d'une « prise de contrôle public temporaire » : si le groupe Mittal ne prend pas ses responsabilités, ce sera à l’État de le faire au nom de la préservation des intérêts nationaux en matière économique.
A la politique financière à courte-vue du groupe Mittal, il faut opposer l'impératif de sauvegarde de nos emplois et de notre base industrielle

 

Gouvernement et Mittal: l’État peut (Jean-Luc Laurent, 1er déc. 2012)

 

Le Premier ministre a annoncé le résultat de la négociation entre l'Etat et l'entreprise Arcelor-Mittal: 150 millions d'investissements, pas de plan social et un projet de conversion des hauts-fourneaux sous pilotage public
Les salariés et leurs syndicats restent très prudents, et ont raison de l'être, face à une entreprise déloyale et des pouvoirs publics qui n'ont pas été à la hauteur dans le passé.
Une discussion doit être rapidement ouverte avec les représentants syndicaux des salariés sur les résultats de cette négociation.
Avec l'action de Jean-Marc Ayrault, d’Arnaud Montebourg et l'intervention du Président de la République cette semaine, la gauche a prouvé que l'Etat pouvait, à condition de le vouloir. La fermeté paie et permet de défendre un bassin d'emploi, une région industrielle et l'intérêt national.
Puisque la nationalisation, que le MRC a soutenu, est écartée en raison des engagements pris pour Florange et des garanties pour les autres sites (Dunkerque et Fos), l'Etat doit conserver la possibilité de nationaliser si ces engagements devaient connaître le sort de ceux pris par le passé pour le site de Gandrange.

 

Des commentaires très divers (de l’approbation complète à la critique la plus vive).

 

La lettre de Jaurès (PS, Gauchy, Aisne, 1er déc. 2012) approuve : Florange : Mittal capitule et échappe à la nationalisation

 

Benjamin Coriat, économiste atterré : « Mittal s’en est bien tiré » (Rue89, Le Grand Entretien, Renée Greusard, 1er déc. 2012).

Florange : la CFDT accuse le gouvernement d'avoir menti (Le Figaro, 1er déc. 2012)

FLORANGE: la trahison du “socialisme” compassionnel (Jacques Sapir, 1er déc. 2012)

 

Les déclarations du Premier ministre interprétées comme un désaveu du ministre du redressement productif

Jean-Marc Ayrault s’est-il mal conduit à l’égard du ministre Arnaud Montebourg ? En rejetant sa proposition de nationalisation, il a, en même temps, jeté la suspicion sur sa compétence.

Voir La « Montebourde » de Jean-Marc Ayrault (Marianne, Nicolas Domenach, 2 déc. 2012)

Florange : Montebourg ne décolère pas contre Ayrault (Rue89, Pascal Riché, 1er déc. 2012)

Florange : un désaveu pour Arnaud Montebourg ? (Le Monde, 1er déc. 2012).

Florange : Montebourg restera à son "poste de combat" (Le Monde, 1er déc. 2012)

Invité au journal télévisé de TF1, samedi soir, le ministre du redressement productif a exclu de démissionner du gouvernement, assurant qu'il resterait à son "poste de travail et de combat". "Si ça avait été une question personnelle, oui, j'aurai songé sérieusement [à démissionner]. Mais c'est un combat pour la France et pour la reconstruction de notre industrie. De ce fait, la question devient indécente", a-t-il martelé. Le ministre a indiqué que la nationalisation de Florange, écartée par le gouvernement dans son bras de fer avec ArcelorMittal, était toujours possible si Lakshmi Mittal ne tenait pas ses engagements (…).

 

Un compromis qui ne règle rien ?

Dans cette affaire, la démarche volontariste de Montebourg, approuvée par les syndicats et une majorité de Français, s’est heurtée aux réticences d’une haute administration de l’économie et des finances, formatée par 30 ans de néolibéralisme, qui a trouvé des appuis auprès du ministre Moscovici, lui-même très sensible aux arguments des chefs d’entreprise.

Jean-Marc Ayrault, qui ne partage pas non plus les conceptions de Montebourg, a dérapé dans sa communication. Le président de la République a rattrapé le coup en recevant Arnaud Montebourg, mais il sait que le gouvernement sera bien content de prendre appui sur les propositions du MRP (ministre du redressement productif) quand il faudra se rendre à l’évidence : Mittal n’a accepté cette solution que pour gagner du temps… et de l’argent.

La situation de l’emploi se dégrade. De vraies solutions novatrices devront être trouvées. Il n’est pas dit que les arbitrages du Premier ministre seront toujours en faveur du ministre de l’économie et de finances. Si c’était le cas, nous serions à la veille d’un changement de Premier ministre… Car les pressions seront de plus en plus fortes pour sortir du conformisme néolibéral. Et François Hollande devra prendre ses responsabilités. Heureusement pour lui et les Français, le contexte est différent de celui de 1983. Nous étions au début de la financiarisation de l’économie. Trente ans plus tard, il s’agit de remettre la finance à sa place et de relancer l’économie. C’est le retour du politique au pouvoir.

 

Cet article est le 105ème paru sur ce blog dans la catégorie Travail Economie

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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 17:44

Positions MRC, projets du gouvernement : titres du mois

 

Depuis 62 mois, au début de chaque mois, nous reprenons les titres des articles parus le mois précédent sur ce blog (voir Titres des articles du mois précédent). C’est l’occasion d’adresser un courriel aux amis inscrits sur les listes de distribution, afin de les informer des thèmes abordés sur ce blog. Ceux-ci évoluent dans le temps, selon l’actualité et nos priorités.   

 

Depuis 2006, 2338 articles - classés en 50 catégories - ont été publiés sur ce blog.

 

Michel SorinLes 37 titres en novembre se répartissent ainsi :

 

- Congrès MRC, Jean-Pierre Chevènement (10 articles),

- Décisions et projets du gouvernement, Louis Gallois, François Hollande (10 articles),

- Agriculture et PAC, politique laitière européenne (4 articles),

- Saint-Berthevin : espace sportif, Ligne ferroviaire Grande Vitesse (4 articles),

- Allemagne et Europe (3 articles),

- Chine (2 articles),

- Projet d’aéroport Notre-Dame-des-Landes (1 article),

- Manifestations européennes contre les politiques d’austérité (1 article),

- Hébergements d’urgence à Laval et en Mayenne, association Revivre (1 article),

- Crédit Immobilier de France, positions syndicales (1 article).

 

Titres des articles parus en novembre 2012 sur http://mrc53.over-blog.com

 

Les producteurs de lait européens ont manifesté deux jours à Bruxelles (30 nov.)

 

Débat sur la transition énergétique pour une loi de programmation 2013 (29)

 

Projet de loi relatif aux élections locales : la réorganisation est profonde (28)

 

Mariage pour tous : Christine Meyer n'est pas favorable au projet de loi (27)

 

Projet de transfert de l'aéroport de Nantes : des opposants déterminés (26)

 

Jean-Luc Laurent demande au MRC d'être une boussole républicaine (25)

 

L'avenir de la PAC se joue dans les négociations du budget européen (24)

 

Bruxelles : grande manifestation antilibérale des producteurs de lait EMB (23)

 

Saint-Berthevin (53) : l'histoire de trois bourgs devenus une petite ville (22)

 

Inquiétude de riverains de la base de travaux LGV à Saint-Berthevin (21)

 

La Ligne à Grande Vitesse Le Mans-Rennes fait du bruit à St-Berthevin (20)

 

Hébergement d'urgence en Mayenne : des besoins croissants (Revivre) – (19)

 

Saint-Berthevin (53) : inauguration de l'espace sportif Bernard Le Godais (18)

 

Réforme et budget de la PAC, objets d'âpres négociations entre Etats (17)

 

Congrès MRC : le projet de motion rappelle le rôle d'influence du MRC (16)

 

Congrès 2012 : le projet de motion rappelle les fondamentaux du MRC (16)

 

Congrès du MRC : une ligne politique qui a commencé avec le CERES (15)

 

Mouvement Républicain et Citoyen : congrès à Paris 15-16 décembre (15)

 

Contre les politiques d'austérité en Europe : le rassemblement à Laval (14)

 

François Hollande devant la presse le 13 novembre 2012 : faire nation (13)

 

L'Allemagne pousse la France à s'aligner sur sa politique d'austérité (12)

 

Le rapport Jospin : 35 propositions pour un renouveau démocratique (12)

 

Michel Aglietta : il existe une voie chinoise originale du développement (11)

 

Congrès du parti communiste chinois : maîtriser les crises et scandales (10)

 

Indépendant mais influent, Chevènement s'est rapproché du pouvoir (09)

 

JP Chevènement comme L Gallois : renouer avec la politique industrielle (08)

 

Le MRC dit oui au pacte de compétitivité Ayrault-Gallois, Attac dit non (07)

 

Le gouvernement s'engage résolument dans le sillage de Louis Gallois (06)

 

Rapport Gallois : les 22 propositions pour reconquérir la compétitivité (06)

 

Louis Gallois propose un pacte de compétitivité pour l'industrie française (05)

 

Débat sur l'industrie avec Louis Gallois à Saint-Berthevin (53) - 15 oct.1987 (05)

 

Soirée-débat avec Louis Gallois le 15 octobre 1987 à Saint-Berthevin (04)

 

Jacques Omnès critique l'ancien chancelier allemand Gerhard Schröder (04)

 

L'Allemagne, donneuse de leçons d'austérité, cherche à imposer sa loi (03)

 

Crédit Immobilier de France : les syndicats pour une nouvelle structure (03)

 

Hauts-de-Seine (13ème circonscription) : élection législative 9 et 16 déc. (02)

 

Au Sénat, Chevènement explique pourquoi il vote contre la règle d'or (02)

 

 Cet article est le 62ème paru sur ce blog dans la catégorie Titres des articles du mois précédent

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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 23:07

Ils demandent des prix pour ne pas produire à perte

 

C’est un scandale. La gestion néolibérale de la politique laitière par les institutions qui portent (bien mal) le nom d’Union européenne est calamiteuse. Tout est fait en dépit du bon sens. Sauf quand il s’agit de respecter les intérêts des grands groupes industriels et commerciaux.

 

Voici ce qu’ont déclaré trois grandes organisations de producteurs, à l’occasion de la conférence sur la politique laitière européenne organisée à Fougères le 29 novembre 2012 par la Confédération paysanne et la Coordination européenne Via Campesina (ECVC).

Il s’agit de ECVC, EMB (European Milk Board) et FFE (Fairness for Farmers in Europe), qui ont publié la déclaration suivante.

 

Résumé

Les producteurs ne veulent pas produire plus pour gagner moins.

On ne peut baser une économie laitière saine sur la vente à perte (prix du lait au-dessous des coûts de production).

Non à la privatisation de la politique laitière européenne (contractualisation).

La régulation de la production est indispensable au maintien d’une production laitière paysanne durable bien répartie sur le territoire européen.

 

Le « paquet lait » adopté au début de cette année par l’UE, au lieu de résoudre les problèmes auxquels font face les producteurs européens, livre ceux-ci au bon vouloir de l’industrie de transformation.

Sans maîtrise de la production, le pouvoir de marché des producteurs et de leurs OP (organisations de producteurs) ne sera pas renforcé. Quand il y a trop de lait, le prix est bas.

La contractualisation, qui ne prend pas en compte les coûts de production, sera favorable à l’industrie, pas aux producteurs.

 

Faire croire aux producteurs européens que leur avenir est dans l’exportation est un leurre : l’industrie et la grande distribution veulent surtout disposer d’une matière première à des prix plus bas. Or, nous ne voulons pas produire plus pour gagner moins. Rappelons que l’UE est déjà excédentaire et importe beaucoup d’intrants nécessaires à ces exportations.

 

La priorité, au contraire, doit être donnée à l’approvisionnement du marché européen, avec arrêt des exportations à des prix inférieurs aux coûts de production européens. Pour que les producteurs cessent de vendre à perte, nous proposons qu’un couloir de prix soit établi autour du coût moyen de production, qui serve à une adaptation à la baisse ou à la hausse de la production des exploitations.

Une politique publique forte est plus que jamais nécessaire, pour ne pas laisser les producteurs, maillon faible du secteur, entre les mains des firmes d’amont et d’aval.

 

Les producteurs de lait EMB ont rappelé aux institutions européennes qu’ils existent :

Deux jours de manifestations des producteurs de lait à Bruxelles

 

AG Apli 120911 001 TLe marché du lait est en flammes. C’est pourquoi les producteurs et productrices de lait se sont rendus à Bruxelles, afin d’attirer l’attention sur leur situation intenable et d’éteindre de façon symbolique le feu qui ravage les marchés laitiers. Depuis longtemps, les prix du lait sont inférieurs aux coûts de production, ce qui a déjà poussé des milliers de producteurs à abandonner leur ferme.

Bruxelles, les 26 et 27 novembre 2012. Environ 2500 membres du European Milk Board (EMB), la confédération européenne des organisations de producteurs laitiers, ainsi que des organisations sympathisantes, sont venus manifester avec près de 1000 tracteurs dans la capitale européenne, dans le cadre de l’action « 1000 tracteurs à Bruxelles ».

Le but de la manifestation est d’amener les décideurs politiques à assumer leurs responsabilités et à prendre des mesures efficaces pour le marché. Pour souligner leurs revendications, les producteurs laitiers ne quitteront pas les lieux pendant deux jours et passeront la nuit dans un grand chapiteau dressé devant le Parlement européen. « Les collègues du secteur sont venus en grand nombre de toute l’Europe. Cela montre à quel point l’avenir de l’agriculture paysanne au service des consommateurs leur tient à cœur. Cet avenir ne peut être assuré que grâce à une régulation flexible de l'offre, par le biais d'une agence de surveillance européenne pour le marché laitier », explique le président de l’EMB, Romuald Schaber.

bruxelles-mille-tracteurs-281.Tjpg.jpgLa surproduction actuelle met le feu aux marchés laitiers en Europe. Il incombe dès lors aux Institutions européennes de prendre les mesures adéquates afin d’éteindre ce feu. C’est ce que les manifestants ont voulu montrer de manière symbolique, en arrosant de lait les bâtiments du Parlement européen à l’aide de tuyaux d’incendie. Une action de commémoration sur le thème de la disparition des fermes partout en Europe est également prévue. Par ces actions, les producteurs de lait souhaitent montrer aux décideurs politiques européens leur situation dramatique et souligner l’importance de mesures efficaces dans le cadre de la réforme de L'UE de l’organisation commune des marchés agricoles.

Selon Romuald Schaber, « il est impératif de mettre fin à la disparition des fermes en Europe, aux conséquences dramatiques pour notre société. Cette réalité est due à la surproduction absurde et à la pression sur les prix qui s’en suit. Des actions de commémoration pour tous nos collègues qui ont été poussés à abandonner leur ferme ne peuvent devenir la règle. »

Voir les images : ASSOCIATION NATIONALE DES PRODUCTEURS DE LAIT indépendants

Et le compte rendu de la manifestation de Bruxelles 26-27 novembre, par André LEFRANC, président de l’APLI (ASSOCIATION NATIONALE DES PRODUCTEURS DE LAIT INDEPENDANTS) - Télécharger le PDF

 

Seule l’EMB est capable de réunir plus de 13 pays dont la Pologne, la Lituanie et la Croatie. Il faut noter également la présence remarquée des JA belges venus rejoindre l’EMB.

Aucune autre profession ou production n’est capable de fédérer de la sorte pour la défense d’idées communes ou d’organiser un tel rassemblement. Il fallait voir ce défilé de plus de huit cents tracteurs, cette manifestation gigantesque, les rues de Bruxelles saturées, les bâtiments de la Commission Européenne arrosés de lait pendant qu’à l’intérieur, on discutait, bien au chaud, de notre avenir.

Alors une fois de plus, on peut tirer un coup de chapeau pour l’excellente organisation de l’EMB avec son chef d’orchestre hors normes : Erwin Schöpges*.

 

Nous étions plus de 2000, lundi pour cette première journée, très réussie, unis pour la défense des producteurs de lait européens et faire infléchir les responsables afin qu’ils prennent les décisions politiques qui s’imposent pour une régulation de l’offre, seule solution qui permettra d’obtenir des prix payés aux producteurs qui couvrent leurs coûts de productions.

Chaque pays a présenté l’actualité laitière de son pays. Il est clair que les prix payés ne couvrent aucun coût de production européen !

 

Après la démonstration de force, place, le lendemain aux rencontres avec les responsables. M. Paolo de Castro, président de la commission agricole du parlement européen,

(http://www.europarl.europa.eu/meps/fr/96891/PAOLO_DE%20CASTRO.html) s’étant dérobé la veille, est finalement venu à la table ronde. Il aurait peut-être mieux valu qu’il ne se déplace pas, car nous avons, hélas, pu découvrir un président de la Commission Agricole, coupé du monde et de la réalité, qui ressemble plus à un extraterrestre venu parler à des gueux de terriens qu’à un représentant du peuple (italien) s’adressant à des responsables professionnels. Son arrogance et son comportement étaient insupportables. Il était plus soucieux du nettoyage de ses vitres que du devenir des paysans.

S’il veut vraiment une libéralisation de la production laitière pour envahir le marché mondial, dans ce cas qu’il se rémunère au prix de la main d’oeuvre mondiale. Pressé de retourner travailler ( ?) ou à ses affaires, il n’a eu que peu de temps à nous consacrer. Et pourtant, une heure passée avec les paysans lui aurait sûrement plus appris que trois semaines dans son cocon avec la vision « science-fiction » des européens dominant le marché agricole mondial.

En réalité, nous avons eu face à nous, un président de la commission agroalimentaire qui spécule et serait capable de manger du caviar devant des affamés.

Ces gens que nous payons, créent la famine et la misère sous couvert de nourrir le monde.

 

Oxfam nous a affirmé son soutien en précisant que la régulation contribuera au respect des éleveurs européens, et surtout à la non concurrence avec les éleveurs des pays émergents. Nous avons ainsi obtenu le soutient du Bénin, du Mali et de la Mauritanie pour cette manifestation. Ensuite nous avons eu la commémoration émouvante rassemblant tous les pays autour de bougies symbolisant les 157 000 producteurs disparus depuis 2009.Un agriculteur de chaque pays est venu déposer une bougie à l’effigie de son pays en énonçant le nombre d’exploitations disparues depuis 2009.

 

Dacian Ciolos, commissaire à l’agriculture et au développement rural, quant à lui, a pris le temps de venir nous rencontrer, d échanger et de nous assurer de sa volonté de mettre en place des groupes de travail indépendants dans chaque pays pour avoir de réelles informations objectives malgré la difficulté de faire changer les choses rapidement.

Une manifestation de plus ? Certains le diront, ceux qui se résignent, ceux qui se désespèrent, ceux qui pensent s’en sortir tout seuls ? Ce mouvement aurait vraiment mérité une présence beaucoup plus suivie des français. Nous ne pouvons que déplorer notre faible participation. Bravo, cependant, aux 40 tracteurs de la Meuse et du Nord ainsi qu’à toutes les voitures organisées par les départements.

En ce moment, où tous les autres pays attendent de voir ce que donnera la contractualisation française, copiée sur le désastre suisse, il est temps de nous ressaisir, de nous mobiliser pour rejoindre FMB et faire adhérer nos collègues à cette seule OP transversale pouvant nous sortir de ce marasme.

Je demande solennellement à tous les départements de se mobiliser, d’organiser des réunions dans tous les cantons afin de faire adhérer massivement les producteurs à FMB, c’est le meilleur moyen, pour nous, de peser dans les négociations et d’être entendus dans les groupes de travail prochainement mis en place.

           

* Voir LES VACHES ET LES PRISONNIERS (vidéo de la radiotélévision belge francophone).

 

Erwin Schöpges (47 ans, producteur de lait en Belgique dans la province germanophone, près de Liège, est le vrai leader européen du mouvement EMB des producteurs de lait. Il a très souvent participé à des réunions de l’APLI en France. Voir ce qu’il disait dans cet article paru sur le blog de « Solidarité et progrès » (Karel Vereycken, 3 avril 2010) : Crise laitière: si nécessaire, nous durcirons le combat

Voir Bruxelles : grande manifestation antilibérale des producteurs de lait EMB - 23 novembre 2012. 

 

Des députés au Parlement européenétaient présents aux côtés des manifestants. C’est le cas de José Bové et d’Isabelle Durant, vice présidente (belge) du Parlement Européen.

Voir Nous_n-avons_pas_besoin_de_lait_chinois par pk65.

 

Les organisations de solidarité internationales soutiennent les producteurs laitiers

Lorsqu’il y a trois ans la crise du lait éclata, les ONG belges et de nombreuses organisations paysannes d’Afrique s’étaient mobilisées pour soutenir les revendications légitimes des producteurs laitiers engagés dans la grève du lait. Défendre un prix juste et rémunérateur pour les productions des paysans du Nord, comme pour les agriculteurs et paysans du Sud, était et est toujours une demande légitime et fondée, vu la dégringolade des revenus de nombreux producteurs laitiers.

Producteurs du Nord et du Sud victimes de la dérégulation
Mais
les ONG s’étaient également mobilisées parce qu’à la source de la crise du lait, crise dont nous ne sommes toujours pas sortis, il y avait cette volonté manifeste de la Commission européenne de déréguler davantage le marché laitier, à travers une augmentation progressive des quotas.
Cette augmentation de la production – qui ne peut être écoulée sur le marché interne, étant donné que l’Union se trouve déjà dans une situation de surproduction structurelle – ne réglera pas le problème de prix rémunérateurs et stables, bien au contraire. Elle mène à encore plus de production et des prix trop bas. Les laiteries doivent écouler une plus grande partie de leur production sur les marchés extérieurs (voir tableau ci-dessous), sans que les producteurs laitiers ne bénéficient de prix rémunérateurs. Ces exportations empêchent les producteurs laitiers des pays du Sud de développer leurs propres filières laitières et de vendre leur lait sur leurs marchés locaux.

Régulation des volumes est la seule solution
En supprimant les quotas laitiers, l’Union Européenne a décidé de se défaire de son instrument de régulation principal. La commission européenne, avec son nouveau commissaire, reconnaît aujourd’hui la nécessité de réguler les prix, mais elle ne sait comment sortir d’un problème dans lequel elle s’est elle-même enfermée en démantelant les outils de régulation permettant d’y arriver. Les ONG s’opposent à " exporter " les conséquences de la dérégulation du marché laitier européen, rappelant les effets désastreux sur les pays du Sud. Quel sens y a-t-il à soutenir les efforts des organisations paysannes des pays du Sud pour développer leurs productions locales, via l’aide au développement, si cette même production est mise à mal par une politique agricole qui produit des excédents ? C’est pourquoi nous soutenons la revendication centrale des producteurs laitiers, qui est de réguler les volumes de production pour les ajuster à la demande réelle.

Cet article est le 353ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 23:25

Confronter les points de vue et définir l’intérêt général

 

Le débat national sur la transition énergétique a été lancé ce 29 novembre afin de réfléchir aux moyens pour la France de réduire ses gaz à effet de serre et d’atteindre différents objectifs pour une part contradictoires. C’est l’engagement du président de la République d’organiser un grand débat national débouchant sur une loi de programmation énergétique fin 2013 qui aura comme finalité principale la lutte contre le réchauffement climatique.

 

Le quotidien d’information en ligne des collectivités locales, Localtis, a résumé ainsi l’évènement dans un article d’Anne Lenormand, ce 29 novembre 2012.

Débat national sur la transition énergétique : c'est parti !

 

Après quelques couacs, le débat national sur la transition énergétique a été lancé ce 29 novembre au ministère de l'Ecologie. Prévu sur plus de six mois, il doit déboucher sur des recommandations qui alimenteront un projet de loi de programmation attendu à la mi-2013.

 

Avec une bonne semaine de retard sur le calendrier initialement annoncé, le débat national sur la transition énergétique a officiellement démarré ce 29 novembre au ministère de l'Ecologie. Il doit permettre de réfléchir aux moyens pour la France "à la fois, de respecter ses engagements européens de réduction de gaz à effet de serre" et "faire évoluer son mix électrique d'ici 2025", a déclaré la ministre de l'Ecologie, Delphine Batho, lors d'une conférence de presse précédant la première réunion du Conseil national du débat. Il est nécessaire au nom de "la compétitivité des entreprises, de la justice sociale, de la sécurité des approvisionnements et de l'indépendance énergétique", a-t-elle ajouté.
"Toutes les idées pourront être défendues. Ceux qui veulent défendre la sortie du nucléaire, ou l'exploitation des gaz de schiste pourront le faire. Il n'y a pas de sujet tabou et toutes les idées pourront s'exprimer", a assuré la ministre, prônant "un grand débat citoyen, populaire et accessible à tous". "Ce débat était un engagement du président de la République", a-t-elle encore rappelé.
Il doit permettre d'étudier plusieurs scénarios avec comme grandes lignes directrices le déploiement d'une politique de sobriété énergétique, une moindre dépendance aux énergies fossiles, dont le coût se renchérit, le développement des énergies renouvelables. Le tout en étant en ligne avec les objectifs de 2050 (diviser par 4 ou 5 les émissions de gaz à effet de serre). Les travaux, qui sont désormais engagés, vont durer plusieurs mois pour produire d'ici l'été des recommandations au gouvernement, en vue de la rédaction d'un projet de loi de programmation en juillet.
Après la mise en place un peu laborieuse des différentes instances, et notamment du comité de pilotage chargé d'animer le débat qui a donné lieu à des tensions avec les ONG environnementales, la première session du Conseil national du débat s'est donc tenue jeudi après-midi à huis clos au ministère de l'Ecologie.

Les instances du débat

Présenté comme le "parlement" du débat, il réunit 112 membres répartis en sept collèges (Etat, employeurs, syndicats, ONG de défense de l'environnement, autres associations, associations d'élus locaux et parlementaires). Il doit fixer les grandes orientations du débat et le calendrier. Il procédera à des auditions publiques. A l'issue du processus, il formulera des recommandations et actera aussi les désaccords.
A ses côtés, siégeront le comité de pilotage, un comité citoyen et un comité d'experts. Le premier est chargé de garantir le pluralisme du débat, de soumettre des questions au Conseil national et d'encourager la participation du plus grand nombre. Autour de Delphine Batho, il réunit six personnalités désignées par le gouvernement : Bruno Rebelle, consultant et ex-dirigeant de Greenpeace France, Laurence Tubiana, directrice de l'Institut du développement durable et des relations internationales, le climatologue Jean Jouzel, l'ex-patronne d'Areva Anne Lauvergeon, Michel Rollier, ex-dirigeant de Michelin, et Georges Mercadal, spécialiste du débat public. Le comité citoyen, qui doit refléter la diversité socioculturelle et géographique française, devra veiller à la prise en compte de ses questionnements. Présidé par l'économiste Alain Grandjean, le comité des experts, composé de scientifiques français ou étrangers, sera sollicité autant que de besoin par le Conseil national du débat. Il évaluera notamment les scénarios énergétiques existants.
Enfin, deux "groupes de contacts" vont aussi être mis en place. Le groupe de contact des collectivités, rassemblant les associations nationales d'élus locaux, devra faciliter et coordonner l'organisation des débats dans les régions tandis que le groupe de contact des entreprises de l'énergie devra assurer le dialogue avec ce secteur, notamment sur les coûts des différentes options. Un site Internet ouvert à tous les citoyens sera mis en place en janvier, et à partir de février des débats seront aussi organisés dans les régions.
"Nous voulons un débat ouvert, riche et transparent", a déclaré Jean Jouzel. Selon Anne Lauvergeon, "il y aura une confrontation des points de vue pour favoriser la recherche de convergences et définir l'intérêt général de la Nation". Tout cela n'ira pas sans friction, tant les positions sont, sur certains dossiers comme le nucléaire ou les gaz de schiste, radicalement différentes. Le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes risque aussi d'être mis sur la table. Greenpeace et Les Amis de la Terre ont d'ailleurs estimé que les conditions d'un débat sur une "réelle transition énergétique (n'étaient) pas réunies" et ont renoncé à participer. Quelques militants de Greenpeace étaient d'ailleurs mobilisés jeudi devant le ministère de l'Ecologie au moment même où le débat commençait.

 

A compléter par cette information (Le Figaro, 29 novembre) : Transition énergétique: la loi repoussée

 

Pour sa part, l’association Sauvons le climat avait publié, le 6 octobre 2012, une réflexion scientifique de Gilbert Ruelle (Académie des technologies, Commission énergie et changement climatique)

 

La transition énergétique est à l'ordre du jour

SOMMAIRE : Une transition énergétique est engagée en Europe. Ce terme recouvre un large éventail de contenus, allant d'une maîtrise améliorée de l'énergie à la sortie du nucléaire en passant par un développement intensif des énergies renouvelables, et le rêve d'un abandon des combustibles fossiles et de l'apparition de l'hydrogène-énergie. Il est souhaitable d'examiner ce qui sous-tend une telle dispersion de contenus, de tenter les classer et de se forger un avis raisonnable sur les choix énergétiques en ce qui concerne la France, le cap de cette transition restant la lutte contre le réchauffement climatique comme vient de le rappeler le Président de la République dans son discours d'inauguration de la Conférence Environnementale le 15 septembre 2012.

Voir Discours d'ouverture de François Hollande à la Conférence environnementale

Rappel : MRC et Res Publica : éléments d'une nouvelle politique énergétique - 26 juin 2011 

 

Cet article est le 69ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement

 

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 20:39

Au conseil départemental, autant de femmes que d’hommes

 

Le projet de loi relatif aux élections locales présenté le 28 novembre 2012 en Conseil des ministres est un évènement de grande importance. Suppression du conseiller territorial, création d’un ticket femme-homme aux élections départementales, redécoupage des cantons, fléchage des élus intercommunaux, report à 2015 des élections départementales et régionales, telles sont les grandes lignes de ce projet. Lire la suite de l’article signé Sylvain Henry paru dans la newsletter « acteurs publics » n° 618 de ce 28 novembre.


Une petite révolution pour les élections locales

 

Historique”. C’est ainsi que la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, a qualifié la réorganisation des élections locales, dont le projet de loi a été présenté mercredi 28 novembre en Conseil des ministres par le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls. Alors que les assemblées départementales ne comptent aujourd’hui que 13 % de femmes, les électeurs choisiront désormais deux conseillers départementaux dans chaque canton, dans le cadre d’un scrutin majoritaire à deux tours. Les candidats se présenteront en binôme, chacun étant constitué d’une femme et d’un homme.

Le nombre d’élus au conseil général restant inchangé, la carte cantonale sera modifiée en conséquence. “Près des trois cinquièmes des cantons n’ont pas connu de modification de leurs limites géographiques depuis 1801, précise le compte rendu du Conseil des ministres. Il s’agit par conséquent de doter l’échelon départemental de bases démocratiques adaptées à la France d’aujourd’hui.”

Le projet de loi supprime le conseiller territorial créé par la loi de décembre 2010, qui devait siéger tout à la fois au conseil général et au conseil régional. Et renomme le conseiller général, qui s’appellera désormais “conseiller départemental”.

 

Embouteillage en 2014

Prévues en 2014, les prochaines élections départementales et régionales seront repoussées à 2015. “Les élections des conseillers départementaux et les élections régionales devaient initialement être organisées en mars 2014, soit la même année que les élections municipales, européennes et sénatoriales, justifie le compte rendu du Conseil. Une telle concentration de scrutins la même année aurait risqué de nuire à la participation électorale.”

Par ailleurs, et comme l’avait annoncé François Hollande début octobre à l’occasion des états généraux de la démocratie territoriale organisés par le Sénat, un système de fléchage sera instauré pour que les électeurs puissent identifier les élus municipaux qui siégeront dans les instances intercommunales. “Ce sont les premiers des listes élues qui auront vocation à siéger également au sein des intercommunalités”, a indiqué Manuel Valls au Conseil.

Une disposition nouvelle étendue à une majorité de communes, puisque le scrutin de liste s’appliquera désormais pour les villes de plus de 1 000 habitants, au lieu de plus de 3 500 habitants aujourd’hui.

Le projet du gouvernement sera présenté dans les prochaines semaines au Parlement et s’appliquera à partir des prochaines élections municipales, au printemps 2014.

 

Rappel : Elections municipales et intercommunales : décisions restant en suspens - 27 octobre 2012 

  

Cet article est le 32ème paru sur ce blog dans la catégorie Collectivités territoriales

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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 23:51

Une argumentation serrée qui ne laisse rien dans l’ombre

 

Universite-d-ete-MRC-2010-006-T.jpgChristine Meyer, conseillère municipale de Nantes et conseillère régionale des Pays de la Loire, était professeur de philosophie dans un lycée de Nantes. A titre personnel, elle a rédigé un texte concernant le projet de loi intitulé "Mariage pour tous".

Voici de grands extraits du texte qu’elle m’a transmis, qui est une contribution au débat.

Voir aussi Mariage pour tous : ce que dit le projet de loi (Ouest-France, 8 novembre 2012).

 

 Placer le débat dans le cadre des principes républicains

 

Cette nouvelle contribution s’inscrit pour moi, comme la précédente, dans le cadre d’une réflexion sur la citoyenneté. Ce qui est en jeu (...), c’est l’articulation entre le principe de citoyenneté et la proposition officielle d’un mariage dit « pour tous ». Cette question de la citoyenneté renvoie plus profondément à une certaine idée de l’humanité. Il faut donc éviter deux « mauvaises » questions :

-          pour ou contre le « mariage pour tous » (question qui en elle-même n’a aucun sens)

-          le combat entre « progressistes » et « réactionnaires »

Et replacer le débat dans le cadre politique des principes républicains que nous défendons et des questions anthropologiques sur le propre des sociétés humaines.

 

1)     le principe républicain d’égalité

 

C’est un des arguments avancés. Je voudrais ici dans un 1er temps dénoncer ce que j’appellerai une « hypocrisie sémantique ». En effet,  cette appellation de « mariage pour tous » laisse entendre que, jusqu’à maintenant, certains individus étaient exclus ou interdits de mariage. Et on voit immédiatement qu’il s’agit  de dire que les « homosexuels » étaient discriminés par rapport aux autres. On voudrait clairement placer le débat sous l’angle de la discrimination et du non respect du principe d’égalité. Or, rappelons quelques évidences, même si, je reconnais, elles laissent des problèmes de fond non résolus.

Tout le monde a le droit de se marier, mais pas avec n’importe qui. Quatre limites ou interdits :

- avec un mineur,

- avec un membre de ma famille proche (ascendant, descendant, frère, sœur),

- avec une personne de même sexe,

- avec une personne déjà mariée, ou bien sûr, si je suis déjà marié.

 

Il faut donc déplacer le problème et le replacer dans le cadre des limites d’un droit universel. Cela peut paraître aujourd’hui difficile à entendre, mais il n’y a aucune discrimination a priori des homosexuels. Ceci renvoie à deux questions : le statut des « homosexuels » et le statut du mariage :

- Statut des « homosexuels » : je précise que je n’aime pas du tout le terme « homosexuel » que je vais essayer d’employer le moins possible, pour les raisons que je vais évoquer (…).

Cette digression historique avait pour but de montrer que la notion d’homosexualité est récente, donc pas évidente (je sais aussi jouer le relativisme culturel), et surtout que, en passant de « pratiques » ou comportements à des  êtres, on essentialise ces individus et par là même on contredit le principe d’égalité. Pour dire les choses autrement,  je conteste aussi le terme car, d’une part on peut être « bi » et on peut surtout évoluer au cours d’une vie et, enfin, on n’a surtout pas envie d’être identifié comme « homo » ou « hétéro ». Bientôt, il faudra présenter son identité en précisant cette « qualité ».

 

Ma conclusion est simple. L’humanité n’est pas séparée en « homo «  et « hétéro », comme  le sous-entend l’argumentation de certains défenseurs du projet, mais en hommes et femmes, d’une part nécessaires à l’engendrement, d’autre part qui peuvent avoir soit des pratiques sexuelles diverses, soit, il faut le reconnaître, des inclinations plutôt vers un sexe ou un autre.

Quand je dis que l’humanité est séparée en hommes et femmes, je n’essentialise pas ces deux catégories (et encore moins je les sacralise) ; je ne fais que reconnaître un fait auquel je n’attribue pas de valeur, mais que je ne peux nier; et, aujourd’hui, avec toutes les méthodes de PMA possibles, il faut toujours une cellule mâle et femelle pour engendrer.

 

Pour revenir au principe républicain d’égalité et le traiter sous un autre angle, on peut dire aussi que le fait d’avoir une « préférence » pour un sexe plutôt qu’un autre relève d’une inclination personnelle, et que les institutions ne sont pas là pour valider des inclinations, des goûts personnels.

Les institutions républicaines doivent permettre toutes les relations privées entre individus, protéger ceux qui sont en situation de faiblesse, sous réserve de l’intérêt général. Pour dire les choses crûment, ce n’est pas la différence de sexualité, mais la différence des sexes qui détermine l’engendrement et le mariage. Cette dernière remarque renvoie au statut du mariage (mariage civil, bien sûr).

 

    2) Statut du mariage

 

Remarque préalable : le mariage est une institution, c'est-à-dire ni un service public, ni un contrat.

Ce n’est pas un service public, car ce n’est pas un service tout court : il n’est pas indispensable à l’existence humaine; on peut très bien vivre sans, et ce n’est pas non plus un « guichet » auquel on demande un ticket.

 

Ce n’est pas un contrat, ni au sens juridique, ni au sens moral :

 

- Sens juridique : un contrat est un accord passé entre deux partenaires (individus ou groupes) en vue essentiellement de l’intérêt de chacun; je ne passe un contrat que si j’estime que j’y ai un intérêt; et celui-ci est en général limité à un aspect de ma vie. Le contrat reste un acte privé, validé au mieux par un notaire. Rappelons qu’il existe des contrats de mariage, qui ont en général pour but de protéger les biens d’un des conjoints ou des deux, et qui sont passés devant notaire : ils sont parfaitement légitimes en eux-mêmes, mais le contrat de mariage n’est pas le mariage. Le mariage a besoin de témoins et est validé par l’Officier d’Etat-civil.

 

- Sens moral : le mariage est un engagement global, et si je puis me permettre cet anachronisme, pour « la vie », ce qui évidemment n’exclut pas la possibilité de changer d’avis, mais personne ne peut, au moment où il se marie, envisager que, dans un jour ou dans vingt ans, il ne sera pas dans les mêmes dispositions.

 

Quelle est alors la finalité du mariage ?

 

Je rencontre là les arguments du rabbin Berheim et les contre arguments de Catherine Kinzler.

Pour le rabbin, le mariage est l’alliance de l’homme et de la femme avec succession des générations.

C’est ce que conteste Catherine Kinzler en y voyant un aspect religieux et en essayant de penser un mariage civil totalement distinct du mariage religieux, tout en reconnaissant et affirmant que le mariage n’est pas un contrat. Sa marge de manœuvre est étroite, intéressante, mais pas convaincante, à mon sens. Son argument repose principalement sur l’idée que le mariage civil n’a pas pour but la procréation et que le mariage peut être dissous par volonté des conjoints.

Sur le 2ème point, certes le divorce est possible et profondément civil, mais il ne peut pas non plus être considéré comme un « élément » du mariage; c’est une conséquence possible, mais pas dans « l’essence » du mariage; on ne se marie pas pour pouvoir divorcer; la simple expérience psychologique (et les constats des avocats) le montre.

En ce qui concerne les enfants, elle a raison, et c’est la grandeur des institutions républicaines de ne donner aucune norme de vie intime entre les époux, on ne les oblige pas à avoir des enfants et les raisons pour lesquelles ils se marient restent privées. Mais si le mariage civil et républicain n’oblige pas à faire des enfants, d’une part il y est fortement lié, et surtout il règle l’importante question de la présomption de paternité. Si un enfant naît, il a « automatiquement » une mère et un père.

Et je crois que c’est cette inscription de l’enfant dans une lignée que garantit et ordonne en même temps le mariage. Et c’est, bien sûr, cette question que l’on va retrouver (comme un pavé dans la mare) dans le projet de mariage « homo ».

Enfin, je crois que le lien entre homme et femme et l’engendrement se retrouvent dans toutes les cultures, y compris les cultures « pré-monothéistes » en tous cas. Il renvoie à une double finitude humaine :

- D’une  part, la finitude sexuée : je nais garçon ou fille et jamais je ne serai « les deux », les cas très limites de changement de sexe ne renvoyant même pas à cette complétude.

- D’autre part, finitude générationnelle : je suis toujours l’enfant de quelqu’un, un élément d’une lignée, quel que soit l’appréciation que je porte sur mes ascendants. Je ne suis pas à moi-même ma propre origine.

Or, toute société a articulé ces deux finitudes, et ceci n’a rien à voir avec les relations personnelles (et encore moins affectives) existant entre les individus. Et c’est cette double articulation de la finitude humaine que remettent  en cause les défenseurs du « mariage pour tous ». C’est donc une certaine idée de l’humanité qui est en jeu.

 

3)     une certaine idée de l’humanité

 

Il me semble que les « porte drapeaux » de ce nouveau combat se situent dans la perspective d’une humanité à la fois totalement désincarnée et prométhéenne, dépassant, voire niant toutes les données de fait de notre condition pour créer un « nouvel homme, issu de nulle part, et choisissant son sexe à partir de ses inclinations ou affinités (théorie du genre), et choisissant ses enfants non pas à partir de la dissymétrie originelle, dissymétrie renvoyant à la bilatéralité de la filiation, mais à partir de désirs, soit purement personnels, soit liés à une pure relation affective. Le fait d’aimer quelqu’un et ce de façon à la fois, sincère, authentique et même enrichissante sur plusieurs plans n’implique pas que le droit de l’épouser ou de faire des enfants.

Le désir est un élément essentiel de l’existence humaine, mais ce désir justement ne devient humain, ne constitue le sujet humain, que lorsqu’il rencontre son « autre », à savoir le réel, naturel ou symbolique; c’est dans la rencontre (ou confrontation) du désir et des faits, ou de la loi, que je me construis ; sinon je reste dans l’imaginaire de la toute puissance infantile.

 

Le concept de « parents » qui se substitue à celui de père et mère renvoie à la dimension de désincarnation. Le fait de vouloir avoir des enfants alors que la nature ne peut les donner (femme ou homme seul ou couple homo) renvoie à la figure prométhéenne et la transformation de la naissance en une production d’enfant; l’enfant est un « projet » comme un autre, éventuellement un droit.

 

Ceci pose d’énormes problèmes, psychologiques, bien sûr, mais aussi juridiques et philosophiques :

 

- Psychologiquement, l’enfant a besoin de « fantasmer » son origine  (peut-être est-ce l’origine de tout questionnement humain). Or, ici, c’est un mur qui se dresse devant son imaginaire : contrairement aux discours des bisounours, on n’a pas besoin de savoir qu’on est un enfant de l’amour entre deux êtres, mais qui sont ces deux êtres qui nous ont engendrés. Or je ne peux être l’enfant ni d’un homme seul ou de deux hommes de même sexe, en y mettant tout l’amour du monde.

Il y a quelque chose entre le monde des bisounours et un christianisme réduit à sa dimension la plus mièvre dans le discours sur l’amour qui se substituerait à toutes les dimensions fondamentales de la condition humaine.

- Juridiquement, quel statut attribuer au « donneur », au « troisième homme » (ou femme) dans un couple homo pour engendrer l’enfant ? Pour le moment, il est purement et simplement nié. C’est la bilatéralité de la filiation qui est niée au profit d’un amour « pur et désincarné ».

- Philosophiquement, on est entré dans le projet non seulement d’une domination de la nature, mais quasiment d’une création d’une seconde nature. La médecine n’a plus pour rôle de palier les insuffisances de la nature, mais de produire des objets ou des êtres selon les désirs d’un sujet omnipotent. Or, je suis atterrée de constater que ce sont les écologistes qui sont bien sûr le fer de lance de ce projet, eux qui ne cessent de combattre cette conception de l’homme maître et dominateur de la nature et dénoncent chaque jour les méfaits (sur la nature) de cette conception.

Cette contradiction monumentale doit être relevée. On se bat pour sauver une espèce de batracien en voie de disparition et on manipule sans état d’âme ovules et spermatozoïdes.

 

Toutes ces analyses me conduisent, bien sûr, à une position plus que réservée vis-à-vis du projet et même à le combattre. Je crois qu’on fait fausse route. Le mariage pour tous n’est pas la bonne solution. Les bonnes intentions ne font pas les bonnes politiques et cachent souvent un défaut de pensée (…).

                                                              

Cet article est le 52ème paru sur ce blog dans la catégorie République Parlement.

 

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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 21:42

L’Etat se heurte à une profonde dissidence

 

C’était le temps du rapprochement des deux Conseils régionaux de Bretagne et des Pays de la Loire, après les élections régionales de mars 1998. Majorité de droite (Fillon président) et opposition de gauche (Vaugrenard représentant Ayrault, mais aussi Auxiette) des Pays de la Loire étaient sur la même longueur d’onde pour coopérer avec les Bretons dans la perspective du développement du Grand Ouest. A vrai dire, l’opposition bretonne (Le Drian) était plus allante que la majorité (De Rohan, président).

 

J’ai conservé mon dossier de conseiller régional. La réunion commune des Conseils régionaux de Bretagne et des Pays de la Loire avait lieu le 5 juillet 1999 au centre culturel « Le Triangle » à Rennes. Réunion historique, car la seule réunion commune à ce jour dans l’histoire des deux conseils régionaux.

Je retiens de la déclaration liminaire de François Fillon, en tant que président de la Région des Pays de la Loire, lors de cette réunion :

« (…) Il nous faut forcer la porte du schéma de développement de l’espace communautaire, schéma qui néglige aujourd’hui la façade atlantique. Il nous revient de valoriser notre situation géographique, en première ligne face au Grand Large, au cœur de l’Arc atlantique.

A cet égard, l’illustration de deux grands dossiers dont l’issue heureuse réduirait le handicap de notre périphéricité s’avère primordiale.

D’abord sur ce qu’on appelle le barreau Est-Ouest de l’Ile-de-France, c’est-à-dire l’interconnexion des réseaux TGV Ouest et du reste de l’Europe (…).

Second dossier : nos liaisons aériennes. Je veux évoquer ici le projet d’aéroport international de Notre-Dame des Landes. Il s’agit du seul projet d’aéroport international situé à courte distance de nos deux capitales régionales. Je suis convaincu que nous ne mesurons pas encore aujourd’hui complètement l’ampleur des effets bénéfiques que ce projet pourrait avoir pour nos deux économies et pour l’Ouest tout entier. Je pourrais ajouter à ces deux dossiers la modernisation de nos lignes ferroviaires TGV et interrégionales, la promotion des ports bretons et ligériens (…) ».

Dans son intervention finale, François Fillon revenait sur le sujet en déclarant :

« Un aéroport international pour le Grand Ouest ? C’est là un enjeu fondamental pour notre développement ! »

 

On ne comprend rien au projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes si l’on ne prend pas en compte la volonté des grands élus de la région des Pays de la Loire - Fillon, Ayrault et Auxiette, en tête - de contourner le handicap de la situation géographique de l’Ouest de la France, loin de la Banane bleue représentant le cœur industriel européen.
 
Les élus bretons étaient plus intéressés par la ligne nouvelle TGV Le Mans-Rennes afin de rapprocher la Bretagne de Paris (la LGV sera mise en service en 2017, voir à ce sujet cet article : Inquiétude de riverains de la base de travaux LGV à Saint-Berthevin - 21 novembre 2012). 
Il m’est apparu évident que les deux décisions (nouvel aéroport et nouvelle ligne ferroviaire LGV) ont été liées afin d’obtenir les financements des diverses collectivités concernées sur les deux régions Bretagne et Pays de la Loire.
 
Le passage à l’acte n’a pas posé de problème s’agissant de la « LGV Le Mans-Rennes Bretagne Pays de la Loire », d’autant plus que la proposition de la FNAUT concernant La "Virgule de Sablé a été acceptée, apportant une grande satisfaction en Pays de la Loire. De plus, le besoin de ligne ferroviaire à grande vitesse n’est contesté, ni par les écologistes et les citoyens, ni par les agriculteurs concernés.
Par contre, s’agissant d’un aéroport de cette envergure et d’un projet initial qui date de 40 ans (il répondait à des besoins datés), le passage à l’acte est d’autant plus difficile que la crise est passée par là, justifiant de revoir le bien fondé des grands projets d’investissement, notamment quand ils consomment beaucoup d’espace agricole et rural, ce qui est le cas de ce Projet d'aéroport du Grand Ouest (Wikipédia).
 
Depuis le début de la relance du projet (fin des années 1990), les écologistes étaient extrêmement réservés, voire opposés. Les tensions entre eux et les socialistes, lors de la préparation des élections régionales de 2010, étaient lourdes de menaces (voir Futur aéroport Nantes Notre-Dame-des-Landes : Tension PS-écologistes - 24 juillet 2010).
 
La procédure a suivi son cours depuis qu’en 2000, a été présenté officiellement un projet de transfert à Notre-Dame des Landes (à 25 km au nord de Nantes et 80 km de Rennes) de l’aéroport de Nantes-Atlantique, situé à la périphérie de Nantes, au sud de l’agglomération.

 

Selon Michel Marchand (M’PEP), qui a publié une argumentation contre le projet - voir le texte Non à l’aéroport Notre-Dame-des-Landes - en faisant l’historique, un débat public a eu lieu à partir de 2003, portant notamment sur la non saturation de l’actuel aéroport. Des études ont été réalisées avant l’enquête publique en 2006 et, en avril 2007, la commission d’enquête a donné un avis favorable avec réserves et recommandations. Le transfert est décidé par le gouvernement en 2008 (déclaration d’utilité publique par décret) avec le qualificatif « haute qualité environnementale ». Un recours est rejeté en 2009 par le Conseil d’Etat. Un appel d’offres est lancé en octobre 2009 pour la concession du projet de nouvel aéroport. L’Etat signe un contrat avec le groupe Vinci, le 31 décembre 2010. Les travaux débuteront en 2014 pour une mise en service en 2017. Le nouvel aéroport « sera un équipement essentiel au développement économique du Grand Ouest et exemplaire sur le plan environnemental ». 

  

Ouest-France, dans son édition du 16 novembre 2012, a résumé Le projet d’aéroport, en chiffres, après avoir, le 16 octobre 2010, présenté L'aéroport de Notre-Dame-des-Landes en dix questions.

 

L’opposition au projet s’est accentuée depuis la fin de l’été 2012. Voir La bataille de "Notre-Dame-des-Colères" (Le Monde, 16 novembre 2012).

Voir le site des associations qui s’opposent : Avec l'ACIPA, dites NON! au projet d'aéroport de Notre-Dame des Landes
 
Le président de la République a réagi. Voir Hollande défend le projet de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Le Monde, 16 novembre 2012).
 
Sur le site de Nantes Métropole, le 17 novembre 2012, les présidents de région, de département, d’agglomération et de ville publient un communiqué intitulé « Transfert de l'aéroport : nous ne nous laisserons pas dicter notre destin ». Extrait.

Il y a 20 ans, nous avons refusé le déclin. Nous avons toujours fait le choix du développement et du désenclavement du Grand Ouest.
Il est de notre responsabilité de préparer l'avenir et nous ne permettrons à personne de casser cette dynamique de croissance gage d'emploi, de pouvoir d'achat et de qualité de vie. Nous entendons garder notre destin en main et continuerons à assurer le développement durable de notre territoire, y compris avec le transfert de l'aéroport et le TGV jusqu'à Rennes.
Nous rappelons que les élus de 2 Régions, 4 Départements et plus de 50 communes soutiennent ce transfert qui profitera à tout le grand Ouest.
Nous ne sommes pas le Larzac. Il ne s'agit pas d'implanter un camp militaire, mais de transférer un équipement qui permettra la création de milliers d'emplois et le développement de tout un territoire. Nous défendons l'aéronautique et les emplois industriels.

Pourquoi Notre-Dame-des-Landes cristallise les tensions (Le Figaro, 23 novembre 2012)

FOCUS - Retour sur le projet d'Aéroport du Grand-Ouest vieux de 50 ans, les raisons qui ont motivé sa naissance et les arguments opposés par ses détracteurs.

L’association ATTAC (23 novembre 2012) soutient les opposants. Voir Notre Dame des Landes : faire atterrir le gouvernement. (…) De la même manière que le Larzac est devenu un symbole de la lutte contre la toute-puissance étatique et militaire, Notre-Dame des Landes est devenue le symbole d’un refus : celui d’une politique d’aménagement du territoire héritée du siècle passé, qui préfère la destruction et le bétonnage des terres fertiles à la promotion de la relocalisation de la production agricole et des échanges ; celui de la croyance que la sortie de crise se fera par le développement d’infrastructures inutiles et imposées, prédatrices en énergies fossiles, plutôt que par la conversion écologique de nos sociétés. Notre-Dame des Landes n’est pas seulement un symbole et un refus. Elle est un lieu où s’expérimentent des alternatives : relocalisation, sobriété énergétique, autonomie (…).

Voir aussi : Notre-Dame-des-Landes : les opposants posent les conditions du dialogue (Le Monde, 26 novembre 2012)

Cet article est le 27ème paru sur ce blog dans la catégorie Régions info ouest.

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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 17:54

Avec la gauche pour redresser la France et réorienter l’Europe

 

Le Mouvement républicain et citoyen (MRC) est la résurgence du Mouvement des citoyens (MDC) après la parenthèse électorale en 2002 du Pôle républicain. Le MDC était né en 1993 de la rupture avec le parti socialiste (PS) sur la question européenne (traité de Maastricht).

 

La ligne politique a peu évolué depuis la création du Centre d’études, de recherches et d’éducation socialiste (CERES) en 1966 par Jean-Pierre Chevènement et quelques amis. Ce mouvement s’est affirmé d’abord au sein de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO) puis du nouveau parti socialiste à partir de 1969.

 

Avec l’apport de Georges Sarre et de ses militants parisiens, il s’est fait connaître lors du congrès du PS à Epinay-sur-Seine, en 1971, en faisant basculer la majorité en faveur de François Mitterrand, qui venait de rejoindre le PS avec son parti, la Convention des institutions républicaines (CIR), créé en 1964.

 

Le projet politique

 

Dans le projet de motion d’orientation qui est actuellement proposé au vote des adhérents par la direction sortante du Mouvement républicain et citoyen (MRC), dans le cadre du congrès 2012 qui aura lieu à Paris les 15 et 16 décembre, on retrouve cette longue histoire d’un projet politique qui vient de loin (voir Congrès du MRC : une ligne politique qui a commencé avec le CERES - 15 novembre 2012). « Il se situe dans la lignée d’une expérience constamment mise à jour dans des contextes politiques différents ».

 

Je note - ayant accompagné ce mouvement depuis 1973 (sauf pendant la période MDC, étant resté au PS jusqu’en décembre 2001) - que ce projet doit beaucoup à la personnalité de Jean-Pierre Chevènement, dont la vision politique sur l’essentiel ne bouge pas mais - et c’est à cela qu’on reconnaît l’homme d’Etat - la capacité d’adaptation est très grande. Je l’ai vu rebondir en 2008 en acceptant d’être président du MRC alors qu’il ne le souhaitait pas, afin de relancer le Mouvement sur la voie du réalisme politique (exercer une influence sur la gauche pour qu’elle réponde aux attentes du pays face à la crise financière).
 
Candidat à l’élection présidentielle 2012, à son corps défendant, dans le but de parvenir à se faire entendre du PS et de son candidat, il a réussi à peser suffisamment pour aider le MRC à obtenir un accord politique et électoral avec le PS, dont la validité est aujourd’hui confirmée par les faits.
 
Les trois députés MRC siègent au sein du groupe socialiste, républicain et citoyen (SRC) avec une liberté reconnue de vote et d’expression. Nous pouvons espérer un 4ème député si Julien Landfried réussit à succéder au député invalidé, Devedjian, dans les Hauts-de-Seine (élections les 9 et 16 décembre 2012). Voir, à ce sujet : En porte-à-porte à la Butte rouge avec Harlem Désir et Jean-Luc Laurent.
 

Pour consulter les textes du congrès, voir sur le site du MRC Congrès de Paris du Mouvement Républicain et Citoyen : les textes ou les articles parus sur le blog du MRC 53 :

Mouvement Républicain et Citoyen : congrès à Paris 15-16 décembre - 15 novembre 2012 

Congrès 2012 : le projet de motion rappelle les fondamentaux du MRC - 16 novembre 2012 

Congrès MRC : le projet de motion rappelle le rôle d'influence du MRC - 16 novembre 2012 

 

La ténacité de Jean-Luc Laurent

 

Le maire du Kremlin-Bicêtre, Jean-Luc Laurent (Wikipédia), qui a succédé à Jean-Pierre Chevènement à la présidence du MRC lors du congrès 2010, sera confirmé à son poste lors du congrès 2012. Député du Val-de-Marne (voir Jean-Luc Laurent - Le site), il a réussi les négociations de partenariat avec les socialistes à l’Assemblée nationale, en équipe avec les deux autres députés MRC, Marie-Françoise Bechtel et Christian Hutin, chacun ayant une responsabilité et des possibilités d’intervention (voir "L’euroréalisme doit conduire à la monnaie commune").

 
Université d'été MRC 2011 058 TDans l’éditorial du bulletin d’information du MRC (novembre 2012), le président Jean-Luc Laurent exprime sa satisfaction d’avoir pu rassembler les membres du Conseil national autour du projet de motion d’orientation :

(…) Ce projet de motion d’orientation a été adopté par le conseil national à l’unanimité moins trois membres qui se sont abstenus. Je me félicite du rassemblement qui s’est opéré. J’y vois d’abord le résultat d’un travail collectif qui a eu lieu avant le conseil national avec plusieurs réunions de la direction nationale puis deux réunions du secrétariat national élargi. C’est en­suite le produit d’un large échange à partir de la situation politique et d’une réflexion pros­pective partagée. Enfin la motion d’orientation est fidèle à ce qui constitue notre identité et claire dans les choix politiques présentés afin de nous donner les analyses et les moyens d’exercer une influence dans le débat politique.

Il rappelle ce que doit être la responsabilité de la gauche dans la période :

(…) La gauche est au pouvoir et a une responsabilité historique après dix années de régression et d’errance pour redresser la France et réorienter l’Europe. Le MRC a choisi d’être dans la majorité, au côté du Parti Socialiste : allié mais pas rallié.

Depuis l’élection de François Hollande, nous avons su faire preuve de notre indépendance en ne votant ni le traité européen d’austérité ni la loi organique qui en était la déclinaison. Nous ferons preuve de solidité en votant le budget de la Nation.

Chaque jour le prouve, la question des repères de la gauche est centrale. Derrière l’écume des loupés montés en épingle par la droite ou des maladresses objectives, c’est bien la ques­tion de la colonne vertébrale de la gauche de gouvernement qui est posée.

Le président de la République, que nous soutenons les yeux ouverts, a eu des paroles fortes pendant la campagne. Face aux responsabilités qui sont les siennes désormais et face aux défis à relever, la gauche doit affronter des chantiers multiples et notre parti doit jouer un rôle important en prenant appui sur la pertinence de nos analyses et de nos propositions, pour définir le projet d’une gauche réconciliée avec la République et ses exigences. Tel est le chemin proposé au MRC, si vous le décidez : être une boussole républicaine pour la gauche et pour la France.

 

Téléchargez le numéro de Citoyens Militants de novembre 2012 consacré au congrès de Paris

 

Cet article est le 118ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 23:12

La France et ses alliés face aux libéraux du nord de l’Europe

 

La Politique Agricole Commune (PAC) - voir Politique agricole commune - Wikipédia - est l’une des rares politiques communes européennes, historiquement la première, et elle reste la principale avec près de 400 milliards d’euros (dont 290 d’aides aux agriculteurs) sur un budget global proche de 1000 milliards (environ 1 % du PIB des 27 Etats de l’Union européenne). Par politique commune, il faut bien comprendre que, dans ce cas, l’UE se substitue aux Etats membres dans leur politique agricole et, donc, dans les dépenses pour l’agriculture.

Rappel : Réforme et budget de la PAC, objets d'âpres négociations entre Etats - 17 novembre 2012 

Les rapports entre la France et l’Allemagne sont complexes. Voir PAC : comment l'agriculture allemande est passée devant la française (Le Monde, Frédéric Lemaître, 22 novembre 2012).  

La France accepte un compromis sur la réduction du budget pluriannuel, mais sans baisser (ou très peu) le budget de la PAC, tout en tentant de faire évoluer le contenu. Voir Agriculture: la PAC doit sortir de sa "logique très libérale (France24, Stéphane Le Foll, 20 novembre 2012).

Le budget européen est peu consistant (1 % du PIB des 27 pays) mais c’est encore trop pour le Royaume-Uni, qui va bientôt se prononcer par référendum sur son engagement, ou non, dans l’Union européenne. Il veut, à la fois, contribuer moins et maintenir le chèque exorbitant que Mitterrand avait accordé à Thatcher quand il présidait, en 1984, le Conseil européen. D’autres pays du Nord européen (Pays-Bas, Suède, Allemagne) sont dans la même logique. Ils veulent contribuer moins au budget (ils plaident pour une réduction du budget) tout en continuant de recevoir le plus possible, même si c’est un peu moins.

 

Le résultat du Sommet est assez piteux. Voir Le sommet européen prend fin "sans accord" sur le budget (Le Monde, 23 septembre 2012).La France cherchait à isoler le Royaume-Uni mais sans succès, l’Allemagne ayant refusé de s’associer à la manœuvre. François Hollande veut réorienter la politique européenne mais n’en a pas les moyens. L’Allemagne tient le manche et le Royaume-Uni est coriace. Voir les observations du Figaro :

-          Budget européen : les 27 se séparent sans accord (23 nov. 2012). La France n'a pas réussi à isoler le Royaume-Uni. L'axe franco-allemand en ressort éreinté. Un second sommet est prévu en janvier.

-          La France dédramatise l'échec du sommet sur le budget (Nicolas Barotte, 23 nov. 2012).
 
En fait, il y aurait une solution, qui serait de changer vraiment de politique : opter pour la relance de la croissance par de grands travaux d’intérêt général, financés par des emprunts européens, et réduire le budget de la PAC (les aides) en faisant en sorte que les filières agricoles rémunèrent correctement les producteurs.
 
C’est ce que demande avec insistance la confédération européenne des organisations de producteurs de lait (EMB), qui organise les 26 et 27 novembre 2012 une manifestation à Bruxelles en direction des décideurs politiques européens, en commençant par les députés au Parlement européen.

Cet article est le 352ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 23:25

Prix du lait insuffisant, 1000 tracteurs dans les rues

 

2012-11-19-10.28.58.jpgLundi 26 et mardi 27 novembre, à Bruxelles, des producteurs de lait de toute l’Europe participeront à une grande action de protestation, à l’initiative de la confédération européenne des organisations de producteurs de lait (European Milk Board : EMB) présidée par l’allemand Romuald Schaber et animée par le belge Erwin Schöpges, qui parle allemand et français*.

 

L’association des producteurs de lait indépendants (APLI), présidée actuellement par André Lefranc, est membre de l’EMB. Richard Blanc la représente au comité directeur EMB. Voir Richard Blanc (Nord) président de l'Apli après Pascal Massol (Aveyron) - 18 décembre 2011. 

 

Il y a le feu sur le marché du lait. La situation des producteurs laitiers européens est dramatique. Depuis trop longtemps, les prix du lait ne couvrent plus les coûts de production et des milliers de producteurs ont déjà abandonné. Des agriculteurs et agricultrices de toute l'Europe se rendront à Bruxelles les 26 et 27 novembre 2012, afin d'attirer, à l'aide d'actions de protestation spectaculaires, l'attention sur la situation intenable à laquelle ils font face. Les décideurs politiques doivent prendre leurs responsabilités et décider des mesures législatives efficaces pour le marché.

AG Apli 120911 001 T1000 tracteurs à Bruxelles - Grande manifestation des producteurs laitiers les 26 et 27 Novembre à Bruxelles

Le but de la manifestation est de donner force aux revendications des producteurs, c’est-à-dire des prix couvrant les coûts de production ainsi qu'une rémunération équitable.

L'action est lancée dans le cadre de réunions au Parlement européen (26 et 27 novembre) et au Conseil des ministres (28 et 29 novembre), durant lesquelles des discussions sur l'organisation commune des marchés de l'UE auront lieu et des décisions importantes seront prises. Les producteurs laitiers de l'EMB souhaitent saisir cette occasion pour ouvrir le dialogue avec les décideurs politiques européens. « Les producteurs laitiers européens ne bougeront pas jusqu'à ce que notre exigence d'une régulation flexible de l'offre sur le marché laitier, par le biais d'une agence de surveillance européenne, n'ait été entendue. Les premiers pas vers une telle régulation, tels qu'une réduction volontaire des volumes, doivent également être soutenus. C'est la raison pour laquelle nous allons passer la nuit devant le Parlement européen et, en soirée, discuter de cette thématique avec les décideurs politiques », tels sont les propos du Président de l'EMB, Romuald Schaber.

Voici le programme...

 

* Erwin Schöpges (47 ans, producteur de lait en Belgique dans la province germanophone, près du Luxembourg) est le vrai leader européen du mouvement des producteurs de lait. Il a très souvent participé à des réunions de l’APLI en France. Voir ce qu’il disait dans cet article paru sur le blog de « Solidarité et progrès » (Karel Vereycken, 3 avril 2010) : Crise laitière: si nécessaire, nous durcirons le combat
 
Il a noué de très bonnes relations avec le commissaire européen à l’agriculture, le roumain Dacian Ciolos. Voir L'APLI et l'EMB ont noué des relations avec Dacian Ciolos en Belgique - 26 avril 2012.
AG-Office-du-lait-Avranches-221111-006-T.jpg
 
 
 
Le 22 novembre 2012, Erwin Schöpges était l’invité de TELEVESDRE Télévision Locale

Les producteurs de lait de toute l’Europe se préparent pour aller manifester lundi et mardi prochain devant le Parlement européen à Bruxelles. Objectif ? Attirer l’attention sur la situation dramatique des marchés laitiers en Europe, caractérisés par des prix du lait ne couvrant pas les coûts de production. L'invité de Contrechamp ce jeudi est Erwin Schöpges, Vice-Président du MIG, le groupe de défense des producteurs de lait et un des fondateurs de l’EMB, l’European Milkboard. Agriculteur basé à Amblève, il incarne le combat des producteurs laitiers.

Contrechamp : Erwin SCHOPGES, Administrateur European Milkboard

 

Selon Wikipédia, Télévesdre est la télévision locale de l’arrondissement de Verviers, en Province de Liège (Belgique). Elle fait partie d’un réseau de douze télévisions en Communauté Française de Belgique. Elle est diffusée sur le câble (VOO analogique et numérique canal 54), via l'ADSL (Belgacom TV : canal n°337) et l’ensemble de ses programmes sont aussi disponibles sur son site internet.

Cet article est le 351ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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