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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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23 septembre 2012 7 23 /09 /septembre /2012 21:49

Retrouver une dynamique productive dans la zone euro 

 

L’université d’été 2012* du Mouvement Républicain et Citoyen s’est terminée dimanche midi 16 septembre par le discours du président du MRC (voir La conclusion par Jean-Luc Laurent de l'université d'été MRC à Belfort - 19 septembre 2012).

Auparavant, Marie-Françoise Bechtel, députée de l’Aisne avait animé la 4ème table ronde dans laquelle est intervenu Jean-Pierre Chevènement. Voir Université d'été du MRC : Marie-Françoise Bechtel et l'idée républicaine - 20 septembre 2012 et Université d'été MRC : Chevènement a rappelé ce qu'est la République - 19 septembre 2012.

La veille, samedi 15 septembre, étaient organisées trois tables rondes (voir Programme de l'université d'été MRC les 15 et 16 septembre à Belfort - 13 septembre 2012), dont la 3ème animée par Catherine Coutard (voir Jean-Yves Autexier et Jean-Philippe Huelin à l'université d'été du MRC - 21 septembre 2012) et la 2ème animée par Julien Landfried (voir C Ramaux, B Romagnan et JP Chevènement à l'université d'été MRC - 22 septembre 2012).

 

Universite-d-ete-MRC-Belfort-15-et-16-09-12-003-T.jpgLa 1ère table ronde, samedi en matinée, était annoncée ainsi :

10h30-12h: Table ronde n° 1 - Quelle politique industrielle et fiscale pour renouer avec la croissance?

François Hollande a réussi à imposer le thème de la croissance au fil des conférences internationales et autres sommets. Parallèlement, les marges de manoeuvre sont maigres et l’équation du « redressement dans la justice » est difficile à résoudre. Plusieurs voies ont été évoquées de part et d’autre du Rhin. Comment retrouver une dynamique productive dans la zone euro ? Les plans de licenciements sont-ils une fatalité ? Jusqu’où la rigueur est-elle négociable ? Quelle politique fiscale pour accompagner le redressement du pays et redynamiser l’économie en France et en Europe
Intervenants :
Patrick Quinqueton, secrétaire national du MRC
Jean-Pierre Cossin, professeur d’économie fiscale et conseiller-maître à la Cour des comptes
Bruno Moschetto, professeur d’économie à HEC

En réalité, cette table ronde (photo : de gauche à droite, Bruno Moschetto, Patrick Quinqueton, Jean-Pierre Cossin, Christian Proust) a compté un 4ème intervenant, en la personne de Christian Proust, élu local, président de la SEMPAT.

Patrick Quinqueton introduit en insistant sur les dimensions économique, industrielle et fiscale, de la croissance. En ce qui concerne l’industrie, le niveau élevé de l’euro par rapport au dollar (actuellement 1,31 dollar pour un euro) continue de pénaliser les exportations industrielles européennes. Le ministre du redressement productif tend à se laisser enfermer dans la gestion des restructurations. La dimension fiscale est à développer.

Christian Proust

 

Il se présente en tant qu’acteur de terrain. Il a l’expérience de la gestion départementale (conseiller général depuis 1979 et président du Conseil général de 1982 à 2004, président de la société d’économie mixte du Territoire de Belfort SEMPAT). Ce département a vécu deux crises violentes : la fermeture de Bull et la réduction des emplois industriels (par externalisation) chez Alstom.

Son action a été orientée vers la coopération entre milieux universitaires et industriels (redéploiement industriel au niveau départemental, services aux entreprises) et la gestion volontariste de l’immobilier d’entreprise, qui est souvent facteur de désertification massive, en dehors des grandes métropoles qui bénéficient de fonds internationaux.

Il pose la question de la gestion des crises. La proposition de François Hollande est ambiguë (sécuriser les entreprises et les travailleurs) car elle revient à faciliter les licenciements, ce que demandent les chefs d’entreprise, et à les restreindre à la demande des syndicats. Il faut sortir de la flexisécurité, ce qui exige beaucoup de travail et de courage car il faut anticiper et cela pose la question des finances locales, trop précaires bien souvent.

Il faudrait un schéma régional des zones d’activité et considérer l’entreprise dans son ensemble comme étant un « trésor vivant » (expression employée par Mme Parisot pour caractériser le seul chef d’entreprise). Concernant le statut des contrats à durée indéterminée (CDI), dans certains cas il y a un excès de protection.

En réponse à une question, il regrette que l’engagement des élus locaux dans l’économie se limite essentiellement à des coups à prendre. Le dynamisme allemand et suisse est lié à l’imbrication entre les entreprises et les collectivités locales. La France a trop laissé s’étendre les zones industrielles et l’immobilier de bureau est trop concentré dans les grandes métropoles (9 emplois sur 10).

Jean-Pierre Cossin

 

Il va répondre à la question : quelle est la fiscalité favorable à l’emploi ? Il fut (auprès d’Edith Cresson) l’auteur d’un plan fiscal pour les PME-PMI, qui est aujourd’hui intégré dans la loi, mais ses résultats sont modestes.

 

Il est inquiet parce que les aides fiscales aux entreprises sont interdites. L’union européenne a interdit les aides ciblées, n’autorisant que les mesures générales, bien peu efficaces (toutefois, les aides crédit-recherche aux banques ont été maintenues…). Les Etats ne peuvent plus avoir de politique économique.

Il faut avoir des idées simples sur la fiscalité. En France, l’impôt sur la consommation est plutôt faible, alors que l’impôt sur les bénéfices et les revenus est élevé. Les niches fiscales ont un coût élevé, sans efficacité. La réduction de la TVA sur la restauration est une erreur.

 

Il reprend son exposé après l’intervention de Bruno Moschetto sur l’euro, précisant que la question monétaire est plus importante que la question fiscale, mais celle-ci plus facile à mettre en place. Les agences de notation financière jugent le pays sur sa capacité de payer, par exemple la France. Ensuite, comment on paie ? C’est le débat politique national. Par la TVA ? Plutôt non. Par la CSG ou l’impôt sur le revenu ? La CSG, ce n’est pas une mauvaise idée.

 

La situation des entreprises par rapport à la fiscalité est moins défavorable que dans d’autres pays. L’impôt moyen réel est 18-20 %, et non le taux nominal, qui est 33 %. Cela, à la suite des déductions diverses. Mais le discours ambiant est d’harmoniser la fiscalité entre la France et l’Allemagne, ce qui aurait pour effet la suppression des aménagements. La ressource budgétaire provenant de l’impôt sur les sociétés est parmi les plus faibles d’Europe.

 

L’attractivité est liée aux services publics et à la formation des salariés. Nous avons des normes qualité qui sont des contraintes. L’Allemagne n’a pas de normes qualité. Sur la formation des salariés, le mécanisme fiscal est trop compliqué. Des déductions fiscales simples seraient préférables (déduction des charges sociales sur le personnel ingénieurs par exemple).

 

Le problème en France, c’est la façon dont sont traitées les entreprises de taille intermédiaire. Et ce qui est important pour les entreprises, c’est la stabilité de la règle fiscale. En France, on en est loin.

 

Bruno Moschetto

 

Ancien banquier, professeur d’économie, Bruno Moschetto a d’abord évoqué le mythe de la compétitivité et critiqué le prétendu modèle allemand. En fait, l’Allemagne est largement responsable de la crise de la zone euro. La cure d’austérité n’est pas la solution, comme l’a indiqué Joseph Stiglitz. Différentes solutions sont possibles mais refusées par l’Allemagne.

 

C’est pourquoi Bruno Moschetto propose « la sortie de l’euro dans l’euro » (voir Du mythe de la compétitivité à la sortie de l'euro dans l'euro). Voir aussi Une sortie pour la Grèce : l'euro drachme(Le Monde, Bruno Moschetto, 29 mai 2012).

 

L’un des participants à l’université d’été, Yohann Duval, a publié un article ce 23 septembre sur son blog, dans lequel il rend compte, notamment, de l’intervention de Bruno Moschetto, parmi d’autres (tables rondes n° 1 et 2). Voir Université d'été du MRC : débats sur l'industrie et l'Europe

 

* Voir la vidéo : Université d'été du MRC à Belfort - France 3 Franche-Comté

 

Cet article est le 110ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 21:51

Plan A, plan B, que faire pour sortir la zone euro de l’impasse ?

 

L’université d’été 2012 du Mouvement Républicain et Citoyen s’est terminée dimanche midi 16 septembre par le discours du président du MRC (voir La conclusion par Jean-Luc Laurent de l'université d'été MRC à Belfort - 19 septembre 2012).

 

Auparavant, Marie-Françoise Bechtel, députée de l’Aisne avait animé la 4ème table ronde dans laquelle est intervenu Jean-Pierre Chevènement. Voir Université d'été du MRC : Marie-Françoise Bechtel et l'idée républicaine - 20 septembre 2012.

 

La veille, samedi 15 septembre, étaient organisées trois tables rondes (voir Programme de l'université d'été MRC les 15 et 16 septembre à Belfort - 13 septembre 2012), dont la 3ème animée par Catherine Coutard (voir Jean-Yves Autexier et Jean-Philippe Huelin à l'université d'été du MRC - 21 septembre 2012).  

 

La 2ème table ronde, samedi en début d’après-midi, était annoncée ainsi :


Universite-d-ete-MRC-Belfort-15-et-16-09-12-007-T.jpg13h45-15h15 : Table ronde n°2 - Quelles réponses économiques et politiques pour sortir l'Europe de l'impasse?

L’euro arrive au terme de ses contradictions constitutives. La crise de l’euro fait resurgir un dilemme qui nous renvoie à la naissance de la monnaie unique : les uns préconisent une plus forte intégration politique et le fédéralisme budgétaire, les autres le retour au terreau démocratique des nations. La crise politique parait inéluctable : si les peuples semblent vouloir rester dans la zone euro, ils refusent les réformes structurelles qui sont assorties aux différents plans de sauvetage qui ont été concoctés. Les démocraties européennes, et à travers elles, la volonté des citoyens, sont-elles en passe d’être mises sous tutelle ? Le fédéralisme offre-t-il une perspective de sortie de crise ? Faut-il maintenir la monnaie unique et à quel prix ?
Intervenants :
Julien Landfried, secrétaire national du MRC
Christophe Ramaux, professeur d’économie à Paris
Barbara Romagnan, députée PS du Doubs, animatrice de “Un monde d’avance”

En fait, cette table ronde (photo, de gauche à droite : Christophe Ramaux, Yves Le Hénaff, Julien Landfried, Barbara Romagnan) a duré deux heures, de 14h20 à 16h20, avec la participation également de Yves Le Hénaff, secrétaire national MRC, et l’intervention, dans la salle, de Jean-Pierre Chevènement.

 

Introduction par Julien Landfried (qui aura peut-être une seconde chance d’être élu député des Hauts-de-Seine, si l’annulation probable de l’élection du sortant, Patrick Devedjian, est décidée par le Conseil constitutionnel, prochainement).

L’euro a été mal pensé, il a un défaut de conception. Nous avons été contre le traité de Maastricht (1992) et le traité constitutionnel européen (2005). S’agit-il d’une crise de la dette ou d’une crise de l’euro ? Avant l’élection présidentielle 2012, nous avions proposé un plan A (que nous avions en commun avec les fédéralistes européens, mais que penser du « saut fédéral » ?) et un plan B (voir l’intervention de Bruno Moschetto, lors de la 1ère table ronde). La Grèce a perdu 17,5 % de son PIB en deux ans. Question posée à Jean-Pierre Chevènement : les plans A et B sont-ils toujours d’actualité ?

 

Christophe Ramaux

Christophe Ramaux est économiste. Chercheur au Centre d'économie de la Sorbonne, il enseigne à l'Université Paris 1. Il est membre du Conseil scientifique d'Attac et du collectif d'animation des « Economistes atterrés ». Il a publié (en mars 2012 aux Editions Mille et une nuits - Fayard), L'Etat social. Pour sortir du chaos néolibéral.

Son intervention commence par un extrait de son dernier livre. Les 4 piliers de l’Etat social, au 20ème siècle, étaient la sécurité sociale, le droit du travail, les services publics et la politique économique. Nous sommes dans une économie avec du marché, du capital et de l’intervention publique. Le fondement de l’Etat social est la démocratie. En France, nous avons une économie capitaliste (52 % des salariés sont dans des entreprises de statut privé, 30 % public), et un Etat qui n’est pas social.

Le néolibéralisme (finance dérégulée, libre-échange, baisse des salaires, contre-révolution fiscale), qui est le projet porté par l’Europe, a été une remise en cause de l’Etat social depuis le début des années 1980. Ce système n’est pas viable, même s’il a été sauvé par l’endettement public, qui a pris le relais de l’endettement des banques. On a assisté en 2007 à la fin du néolibéralisme.

En Europe, nous avons eu la double peine : le néolibéralisme et la mondialisation (avant tout, celle du capital), qui a contrecarré l’Etat social et la démocratie. La crise néolibérale (2007-2008) a été le prétexte en Europe pour aller plus loin dans la finance libéralisée et la contre-révolution fiscale.

La création de l’euro est à l’origine des déséquilibres commerciaux (la vraie crise, interne à la zone euro, est liée aux excédents allemands). Les dettes publiques ont pris le relais, en 2008, des dettes privées.

Les politiques d’austérité ne marcheront pas. Elles débouchent sur la déflation interne à la zone euro et conduisent à la catastrophe. Le fédéralisme budgétaire n’est pas viable. Il faudrait qu’il y ait un peuple européen, ce qui n’est pas le cas. Rien à voir avec le Limousin et l’Ile-de-France. On ne sauvera l’euro que par des politiques de relance interne (« inflation interne »), c’est-à-dire l’inverse de ce qui a été prévu pour l’euro. On va, donc, vers l’explosion de l’euro, celui-ci devenant monnaie commune.

Que penser du « saut fédéral » ? Actuellement, en France, la dépense publique est à hauteur de 1 100 milliards d’euros (56 % du PIB). La moitié est reversée aux ménages, l’autre moitié allant vers les fonctionnaires. 42 % du revenu des ménages est socialisé (il est productif, car cela rentre dans la consommation des ménages). « Economiste atterré », je ne suis pas fédéraliste. Mais je suis pour multiplier par 3 le budget européen. Quels sont les secteurs d’activité qui pourraient être gérés par des agences européennes ? L’Etat social est toujours présent et d’actualité. Le néolibéralisme a failli, mais par quoi le remplacer ? L’investissement public doit se tourner vers l’écologie.

En réponse aux questions, l’économiste se prononce pour l’inflation, car la déflation menace l’Europe (scénario de déflation à la japonaise). Le principal problème pour les entreprises, ce sont les débouchés (durcir l’austérité, c’est l’impasse). Les évènements obligeront à trouver des solutions. Pour un économiste hétérodoxe, le projet de budget 2013 de la France fait très mal. L’administration de Bercy est convertie aux dogmes néolibéraux, à tel point que le FMI en vient à donner des leçons… Le TSCG, c’est grave, mais le budget, c’est aussi grave.

 

Yves Le Hénaff

Crise de la dette ou crise de l’euro ? Ce n’est pas une crise de la dette, qui n’est pas plus importante qu’il y a 10 ans (compte tenu de la baisse des taux d’intérêts). Ce n’est pas une crise de l’euro, la zone euro étant à l’équilibre et il n’y a pas de défiance à l’égard de l’euro. C’est un problème de cohérence au sein de la zone euro, à l’origine d’un manque de confiance.

Plan A : personne ne prendra politiquement la responsabilité de débrancher l’euro, qui est sous assistance artificielle (il est mourant après chaque rémission). François Hollande a obtenu environ 100 milliards d’euros pour relancer l’économie. Ce n’est pas à l’échelle des enjeux. Le problème est celui de la cohérence de la monnaie unique. Schröder, en 2003, a fait des choix non coopératifs afin d’accroître la compétitivité de son pays. L’Allemagne a exporté son chômage dans la zone euro. Le chômage en Allemagne a baissé (il est à 5 %) mais les salaires allemands sont encore les plus élevés d’Europe. L’erreur, c’est d’avoir une politique unique. Le marché commun de 1958 a été étendu aux facteurs de production, mettant les peuples en concurrence. Cela s’apparente à une déclaration de guerre économique. Avec l’entrée de la Chine dans l’OMC, cela donne un panel explosif.

Plan B : la monnaie commune est-elle la réponse pertinente ? Il y a d’autres pistes à expérimenter. Le comité de Bâle laisse la possibilité d’utiliser des instruments nationaux. S’ils étaient appliqués, il y a moyen d’avoir une politique monétaire réactive. On peut aussi réutiliser les réserves obligatoires par pays, qui sont tombées en désuétude. Il existe des réponses techniques. Dans le passé, ont été mis en place des montants compensatoires monétaires, qui sont, certes, contraires à l’esprit de la monnaie unique mais, s’ils avaient été appliqués à la Grèce, auraient pu corriger les déséquilibres.

Il manque la volonté politique. Le mot nation choque. La monnaie unique est là pour qu’il n’y ait plus de politiques nationales. Il y a nécessité de réconcilier les nations et l’Europe. Les européistes ne se rendent pas compte de ce qu’ils ont fait en décidant du marché unique et de la monnaie unique. Leur démarche s’apparente à celle du Docteur Folamour…

Il faut adopter des politiques nationales dans le cadre de la monnaie unique. Autrement dit, l’euro doit être coordonné et négocié. Sinon, nous n’éviterons pas des phases de chaos.

 

Universite-d-ete-MRC-Belfort-15-et-16-09-12-011-T.jpgBarbara Romagnan

Elue en 2012, députée du Doubs (Besançon), adhérente du PS depuis 1995, elle avait voté contre le TCE en 2005 et votera contre le TSCG en 2012. Mais elle votera le budget 2013.

L’Europe est un cadre pertinent. Mais son rejet par les peuples, notamment les couches populaires, est largement fondé, car elle ne fait rien pour lutter contre la mondialisation libérale. François Hollande a fait évoluer l’Europe. Il y a des avancées (pacte de croissance) mais ce n’est pas suffisant. Ce traité est très mauvais. Le problème est l’aggravation de la situation sociale. L’austérité ne résout rien. La dette est un vrai problème mais le rythme de résorption de la dette, imposé à la Grèce, n’est pas supportable. Et il y a un problème de légitimité démocratique (dessaisissement du pouvoir national démocratique au profit d’instances non élues). Les statuts de la BCE doivent être remis en cause.

Au sein du PS, Barbara Romagnan anime le groupe « Un monde d’avance » dont les leaders sont Benoît Hamon et Henri Emmanuelli. Des contacts ont été pris avec d’autres groupes en Europe, dont un groupe de 23 députés SPD allemands, qui sont contre le traité. Il faut continuer à agir contre le traité, même quand il sera adopté. L’objectif est de préparer les élections européennes et de promouvoir des idées, pas des personnalités.

 

Universite-d-ete-MRC-Belfort-15-et-16-09-12-012-T.jpgJean-Pierre Chevènement

Présent dans la salle, Jean-Pierre Chevènement répond à la question de Julien Landfried concernant la pertinence des plans A et B qu’il avait proposés pendant la campagne présidentielle.

Le plan A est toujours pertinent. La monnaie unique créée en 1999 est considérée comme un acquis mais elle est en crise, car elle a été mal conçue. Une même monnaie pour 17 pays, ce n’est pas viable. Il y a un vice interne rédhibitoire. Même entre la France et l’Allemagne, cela ne marche pas, la France ayant besoin de dévaluer sa monnaie pour compenser un manque de compétitivité. En 2011, 240 milliards d’euros d’excédents commerciaux pour l’Allemagne, 70 milliards de déficits pour la France. L’Espagne, c’est pire. L’euro, c’est une erreur technique. L’Allemagne le voulait. Le Royaume-Uni voulait une monnaie commune. Le choix s’est fait au « doigt mouillé »…

Les mesures Draghi sont de la poudre aux yeux. On a l’impression d’une démarche erratique et titubante. Elles achètent un répit afin de satisfaire l’orthodoxie ordo-libérale allemande, avant un futur ènième sauvetage de l’euro. En les lisant attentivement, on voit : rachats illimités mais dans des conditions de durée - 3 ans -  défavorables, conditions draconiennes d’ajustement structurel liées aux demandes d’aides, plans d’encouragement limités à 10 %, le reste étant à la charge de l’Etat…. Les réserves réelles de fonds MES sont la moitié de ce qui était annoncé (250 milliards au lieu de 500). Dans le cas de l’Italie (dette : 2 000 milliards d’euros), il lui faudrait emprunter un tiers de la dette chaque année (plus de 600 milliards). La dette restant à la charge des Etats en difficulté augmenterait. On mesure la fragilité du dispositif.

Ce traité est inacceptable. Nous avons une référence : le texte MRC-PS (9 mars 2012). La marge de manœuvre de François Hollande est faible. Il faut lui donner du temps. Le plan A, compte tenu de la position allemande, a du plomb dans l’aile. L’Allemagne se sent bridée par la zone euro. Elle devra choisir entre sa politique de compétitivité au niveau mondial (conquête des grands marchés émergents) et le besoin qu’elle a de la zone euro. Récemment, en Chine, Mme Merkel n’évoquait que la coopération Allemagne-Chine. L’Europe n’existait plus.

Plan B ? Si l’Allemagne reste sur cette ligne, il faudra trouver une voie de sortie à l’euro - monnaie unique, vers l’euro - monnaie commune. Cela permettrait d’intégrer la livre, qui ne va pas bien. Certes, ce plan B est indicible pour le gouvernement, mais il est dicible pour les parlementaires. Nous essayons de faire bouger les lignes, afin de ne pas rester à une invocation de la croissance.

 

Cet article est le 109ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.

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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 22:15

La gauche en centre ville et la droite en périurbain et rural

 

L’université d’été 2012 du Mouvement Républicain et Citoyen s’est terminée dimanche midi 16 septembre par le discours du président du MRC (voir La conclusion par Jean-Luc Laurent de l'université d'été MRC à Belfort - 19 septembre 2012).

 

Auparavant, Marie-Françoise Bechtel, députée de l’Aisne avait animé la 4ème table ronde dans laquelle est intervenu Jean-Pierre Chevènement. Voir Université d'été du MRC : Marie-Françoise Bechtel et l'idée républicaine - 20 septembre 2012.

 

La veille, samedi 15 septembre, étaient organisées trois tables rondes (voir Programme de l'université d'été MRC les 15 et 16 septembre à Belfort - 13 septembre 2012), dont la 3ème :

 

Universite-d-ete-MRC-Belfort-15-et-16-09-12-014-T.jpg15h45-17h15 : Table ronde n° 3 - Les Français et la gauche: géographie électorale et politique au lendemain des élections

La séquence électorale a montré une évolution de la géographie du vote des Français. France de l’Est, France de l’Ouest, France des champs, France des villes. Des Lignes de fractures divisent le pays et dessinent des contrastes parfois saisissants. Au vote des centres urbains, majoritairement à gauche, s’oppose un vote des champs, très ancré à droite et même à l’extrême droite. Si ce phénomène était déjà apparu précédemment, il s’est très largement accru en 2012. La crise de la mondialisation permet-elle de l’expliquer ? Où sont les couches populaires ? Qu’ont-elles voté ? A quoi ressemble le nouvel électorat de la gauche ?
Intervenants :
Catherine Coutard, secrétaire nationale du MRC
Jean-Yves Autexier, ancien parlementaire
Jean-Philippe Huelin, professeur d’Histoire-Géographie

Cette 3ème table ronde (photo, de gauche à droite : Jean-Yves Autexier, Catherine Coutard, Jean-Philippe Huelin), animée par Catherine Coutard (à qui il a manqué peu de voix pour être élue députée MRC de la Drôme en juin dernier), s’est limitée aux interventions de Jean-Philippe Huelin et de Jean-Yves Autexier, en l’absence de Frédéric Dabi (IFOP), excusé.

Catherine Coutard a rappelé que la lutte des classes a disparu des discours de la gauche... mais pas de la droite financière. Ainsi, la déclaration de Warren Buffet, milliardaire américain, 1ère fortune des Etats-Unis "Il y a une guerre des classes, c'est un fait, mais c'est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner."

Jean-Philippe Huelin

 

Jean-Philippe Huelin, originaire de Belfort, ancien militant MRC, était suppléant d’un candidat MRC dans la 1ère circonscription du Jura (il est professeur d’histoire-géographie à Lons-le-Saunier), ce qui lui a valu d’être exclu du PS.

 

Il est membre d’un collectif Internet Gauche populaire qui milite pour une gauche proche des couches populaires (ouvriers et employés, qui rassemblent depuis 50 ans environ 60 % de la population active en France). Il s’inspire des travaux publiés par le géographe Christophe Guilluy (les fractures territoriales françaises, la fable de la mixité urbaine).

 

Au centre des grandes agglomérations : la France intégrée à la mondialisation. A la périphérie : la France de la contestation. Le prix de l’immobilier est un repoussoir pour les couches populaires.

Dans les centres, il n’y a plus de mixité sociale, et la gauche a beaucoup de mal avec la périurbanisation (les pavillons). Historiquement, les grandes villes étaient en harmonie avec leur arrière-pays. Actuellement, elles sont tournées vers l’international.

Le mythe des classes moyennes (collaboration de classes) a explosé. Le sentiment de déclassement est très répandu. Le vote FN se glisse dans ces interstices où la République est peu présente.

Lors des élections 2012, les centres ont voté Hollande, le périurbain a glissé vers la droite et l’extrême droite. Le collectif Gauche populaire met l’accent sur le périurbain et le rural, là où sont les couches populaires, parce que c’est moins cher, et la pauvreté ne se voit pas.

 

Répondant aux questions, le coauteur (avec Gaël Brustier) du livre « Recherche le peuple désespérément » a complété ses propos concernant l’excessive et coûteuse urbanisation pavillonnaire (qui correspond au désir des Français, mais il faut re-densifier les villes), la difficile reconquête du rural par la gauche (Marine Le Pen gagne des voix en milieu rural grâce à son discours plus social) et la « gauche populaire », qui n’est pas liée au PS et est un groupe sans existence matérielle, pour le moment.

 

Jean-Yves Autexier

 

Jean-Yves Autexier constate aussi que la mondialisation imprime sa marque sur les villes. Des usines ferment mais les ouvriers et employés restent. Ils s’éloignent des centres (Oise et Eure autour de l’Ile-de-France). Les proches banlieues évoluent. Selon Olivier Adam (« Les lisières »), le rural est composé de 7 % de paysans, 32 % d’ouvriers et 27 % d’employés.

 

Florence Aubenas a écrit « On cherche des heures » (et non des emplois), reprenant les propos de personnes cherchant du travail. Il y a beaucoup d’insécurité et d’inquiétude. C’est vrai de l’école pour les parents, mais aussi de l’immigration (à Clichy-sous-Bois, en 30 ans, les immigrés sont passés de 20 à 70 %). Cela pose des problèmes qu’il faut traiter.

 

Selon Gilles Keppel, la stratégie d’évitement des populations immigrées laisse le champ libre au Front national. Nos réponses sont plus compliquées. Par exemple, dans le 20ème arrondissement de Paris (vote 75 % à gauche au 2ème tour), ce sont les questions sociétales qui sont mises en avant (« bobos » et immigrés).

Sauf à l’école, il n’y a pas de problèmes d’immigrés dans les villes. Résoudre les problèmes des « prolos », ce n’est pas « facho ». Cela permet de faire marcher la machine républicaine, même si la radio n’en parle pas...

 

Nous sommes face à une « panique morale ». Par exemple, la viande halal. En manger ne fait pas devenir musulman ! De même, les roms (15 000 personnes concernées) : il faut traiter le problème. Le problème de la délinquance : ce sont les gens les plus modestes qui sont le plus touchés.

Il faut donner du sens à l’avenir, réassocier les milieux populaires à la gauche, reprendre le goût du peuple. Ce serait une erreur de « croire disparu ce qui existe encore »…

 

En réponse aux questions, l’ancien sénateur de Paris a évoqué l’authenticité du regard républicain - qui n’est pas un regard racial (les citoyens sont égaux) - et la délinquance, qu’il ne faut pas excuser.

 

Cet article est le 108ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.

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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 22:51

Résister et construire, civisme et patriotisme

 

L’université d’été 2012 du Mouvement Républicain et Citoyen s’est terminée dimanche midi 16 septembre par le discours du président du MRC (voir La conclusion par Jean-Luc Laurent de l'université d'été MRC à Belfort - 19 septembre 2012).

 

Universite-d-ete-MRC-Belfort-15-et-16-09-12-022-T.jpgAuparavant, Marie-Françoise Bechtel, députée de l’Aisne (élue de la circonscription dont le premier représentant avait été Saint-Just), avait animé la 4ème table ronde (voir Programme de l'université d'été MRC les 15 et 16 septembre à Belfort - 13 septembre 2012)

 

Matinée du dimanche 16 septembre

10h-11h45 : Table ronde n° 4 - La gauche à la reconquête de l'idée républicaine

Si elle fut aux sources de l’idée républicaine, la gauche a parfois pris le pli de s’en éloigner. Mais la débâcle du modèle libéral, les périls de la mondialisation et la crise de l’euro rebattent les cartes. Depuis de longues décennies, jamais l’idéal républicain, et son corollaire, la souveraineté du peuple, n’étaient apparus aussi fragilisés. Le contexte favorise la prise de conscience et des voix de plus en plus nombreuses se font entendre pour que la gauche se réapproprie cette part essentielle de son histoire. Qu’est-ce qu’être républicain en 2012 ? Comment l’idée républicaine peut-elle revitaliser la gauche et redresser la France ? Face à la crise, en quoi la République demeure plus que jamais propice et utile ?

Intervenants :
Marie-Françoise Bechtel
, députée de l’Aisne et vice-présidente du MRC
Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, Président d’honneur du MRC

Les propos de Jean-Pierre Chevènement ont été rapportés (voir Université d'été MRC : Chevènement a rappelé ce qu'est la République - 19 septembre 2012). 

Marie-Françoise Bechtel, qui est depuis longtemps proche de l’ancien ministre (elle était membre de son cabinet dès 1984 et il l’avait proposée à la direction de l’ENA en 2000 ; voir aussi Marie-Françoise Bechtel présente le livre de Jean-Pierre Chevènement- 4 janvier 2011), a apporté sa contribution à la définition de l’idée républicaine.

 

Résister et construire

 

- Résister à tout ce qui déconstruit l’Etat et la Nation. C’est l’absence de projet collectif national, le déclinisme et l’abandon de la nation qui sont à l’origine de la montée du Front National.

La notion de progrès (Condorcet) a disparu des consciences, elle est au cœur de la liberté individuelle et du projet collectif ; garder confiance en la recherche scientifique et en l'éducation ; ne pas passer son temps à se désespérer, voir aussi les atouts de nos pays, que nient les « déclinistes ».

 

- Construire en mettant en avant le civisme et le patriotisme. La référence : les Lumières (boîte à outils). Le redressement du pays. Le progrès, au cœur de la liberté individuelle et du projet collectif. La capacité d’inventer le futur humain. Nourrir l’idée de changement. Définir le projet collectif, l’objectif étant le développement humain.

 

Cet article est le 107ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 22:32

L’Europe doit respecter la République et la démocratie

 

Dimanche 16 septembre, lors de l’université d’été du Mouvement Républicain et Citoyen, à Belfort (voir Programme de l'université d'été MRC les 15 et 16 septembre à Belfort - 13 septembre 2012), Jean-Pierre Chevènement s’est exprimé en duo avec Marie-Françoise Bechtel sur le thème « La gauche à la reconquête de l’idée républicaine ». Voici l’essentiel de son intervention.

 

Universite-d-ete-MRC-Belfort-15-et-16-09-12-028-T.jpg"Nous entendons préserver l’acquis européen en réorientant l’Europe"

 

Je voudrais commencer par le rappel de quelques principes pour dissiper le brouillard dont ses adversaires de toujours et plus encore d’aujourd’hui, les tenants du néolibéralisme, ont voulu et veulent envelopper le mot « République ». Non, tout le monde n’est pas « républicain ». La République, ce n’est pas seulement le droit de vote. La République est une construction exigeante qui implique le rappel de quelques notions de base.

Cette exigence est particulièrement actuelle dans une époque dominée par l’Argent roi, celle du capitalisme financier à son apogée, où les marchés financiers rançonnent les Etats et où le Capital met les territoires en concurrence, en n’hésitant pas, à coup de plans sociaux, à délocaliser la production au nom d’intérêts purement financiers.

Actuelle est la République, face au déchainement des intérêts particuliers et corporatismes, à l’explosion de l’individualisme et des inégalités, et à la fragmentation de l’espace public au profit de revendications identitaires et communautaristes qui obscurcissent l’idée même d’un intérêt commun à tous les citoyens.

Commençons par le principe de base. La République a pour fondement la souveraineté populaire : chaque citoyen est une parcelle du souverain. En se soumettant aux lois, il n’abdique pas sa liberté, car l’Etat républicain est légitime pour intervenir, là où l’initiative individuelle ne le peut pas.
Une politique industrielle est nécessaire et Delphine Batho a raison de vouloir imposer le « made in France » quand l’Etat lance un programme d’éoliennes ou de centrales photovoltai
̈ques. Les grands prêtres du libre-échange laisseront-ils faire ?

Répétons-le : la vie sociale implique des règles que seul peut fixer un Etat républicain. La République est un régime de liberté, mais la liberté d’un individu s’arrête là où, comme l’a bien vu Rousseau, elle attenterait à celle des autres. La critique de l’Etat républicain au nom de « l’anti-jacobinisme » est facile, mais elle est bornée. Depuis trente ans, le néolibéralisme triomphant n’a cessé de dénigrer l’Etat, de saper son autorité pour faire triompher la seule loi qu’il révère : celle de la jungle. On a fini par oublier Lacordaire : « Entre le faible et le fort, c’est la liberté qui opprime et c’est la loi qui affranchit » C’était il y a plus d’un siècle et demi !

Parce que le souverain a besoin d’être éclairé, la formation du citoyen est un des buts essentiels de l’Ecole républicaine. La République a besoin du civisme et celui-ci ne va pas sans le patriotisme qu’il ne faut évidemment pas confondre avec le nationalisme qui en est la perversion. Mais, M. Bernard Arnault, quand il veut soustraire sa fortune au fisc, n’est pas l’objet d’une persécution. C’est la nation comme communauté de citoyens qui le rappelle à l’ordre à juste titre. Désastreux exemple qui illustre encore une fois à quel point nos élites, depuis longtemps, hélas, ont perdu le sens des intérêts de la France. Pour « faire France » encore faut-il croire en la France.

La « chose publique » peut se définir à l’échelle de la cité ou de la nation, mais du dialogue des nations peut naître l’idée d’une « République européenne » et plus encore d’une « République universelle ». Ce sont ces règles élémentaires de justice et de droit que l’Europe, fondée sur la dérégulation libérale et la concurrence, se refuse obstinément à définir. C’est pourquoi la République franc
̧aise ne doit pas disparaître. Elle a encore beaucoup de choses à dire et à faire.

La République est laïque : elle n’enseigne pas une religion, sauf peut-être celle de la patrie, bien comprise. La lai
̈cité implique la confiance dans la raison humaine et dans la capacité des citoyens à définir un bien commun dans un espace public soustrait à l’emprise des dogmes. On voit où peut conduire en Libye et au Proche Orient l’exaltation des fanatismes, qu’il s’agisse du fondamentalisme chrétien ou de l’intégrisme djihadiste.

C’est la grande tache de l’Ecole lai
̈que d’apprendre à chaque citoyen à penser par lui-même. La République implique l’intelligence du monde, la lucidité, et pour la définition autant que pour le service du bien commun, l’esprit de responsabilité. Ainsi le citoyen ne va pas sans abnégation. Celle qui manque à M. Arnault.
A notre époque de vive compétition, le maintien de la République franc
̧aise exige de tous un effort, mais un effort équitablement partagé. C’est le sens de la justice sociale que François Hollande a déclaré vouloir instiller dans notre fiscalité. A juste titre.

En effet, la République ne va pas sans l’Egalité. Non pas une égalité niveleuse, mais une égalité des chances à laquelle il lui incombe d’œuvrer constamment. Là est d’ailleurs un des fondements les plus su
̂rs de sa légitimité. Pour faire reculer le Front National, il faut en priorité faire reculer le chômage. Joindre l’action à la parole.
La République civique, celle de tous les citoyens, est sociale par définition. Il n’était pas besoin de l’inscrire dans une Constitution, me
̂me s’il est des choses qui vont mieux quand on les dit.
La République est un idéal. Ses déviations ne peuvent servir d’argument pour la combattre, car c’est en la ressourçant à ses principes qu’on peut toujours la relever.
Ainsi, les fractures sociales observables dans nos villes ne résultent pas d’une faillite de la République, mais d’un défaut de République.

L’exigence républicaine, c’est celle du bien commun, tel que le débat civique permet de la définir. Réapproprions-nous l’héritage des grands républicains venus de l’Antiquité : Aristote, Polybe, Cicéron - de la Renaissance italienne - avec Machiavel-, et du siècle des Lumières avec Montesquieu, Locke mais surtout Rousseau sans oublier Emmanuel Kant. Car il faut une armature théorique à la gauche, qu’elle trouvera plus dans la République que dans le catéchisme de la bien-pensance.

La République du XXIème siècle aurait tout à gagner à se réapproprier aussi l’héritage des penseurs républicains de la IIIème République, non seulement de ses hommes d’Etat - Gambetta, Ferry, Clémenceau - mais de ses penseurs - Alfred Fouillée, Léon Bourgeois, Emile Durkheim, Célestin Bouglé. Ces noms, aujourd’hui largement tombés dans l’oubli, illustrent un effort théorique que les républicains d’aujourd’hui n’ont jamais égalé.

Le Mouvement Républicain et Citoyen se veut le levain dans la pâte de la majorité présidentielle. Cette ambition peut paraître excessive. Nous n’avons que quatre parlementaires. Tous les moyens ont été employés pour nous réduire, depuis notre création, au lendemain du référendum sur le traité de Maastricht, il y a vingt ans.
Nous avons aujourd’hui plus que jamais confiance dans la force de nos idées. Chacun peut voir que les évènements viennent à notre rencontre. « La souveraineté nationale et la démocratie sont », comme disait le général de Gaulle, « l’avers et l’envers d’une même médaille ».

Il n’était pas judicieux d’aliéner la souveraineté monétaire de la France dans un ensemble que nous ne dominons pas. Le TSCG, vingt ans après, retire aux Parlements nationaux la maîtrise de la dépense publique. Il instaure des mécanismes de correction automatiques et prévoit, en cas de déficit supérieur à 3% du PIB, l’intrusion d’instances non élues dans la procédure budgétaire nationale. Où est alors la démocratie ?

On nous parle de « grand saut fédéral ». Mais dans une Europe où coexistent une trentaine de peuples – dix-sept dans la zone euro – on ne peut réduire les différences de charges, de protection ou d’endettement par un oukase qui irait à l’encontre de la volonté des peuples. C’est ce que viennent de signifier les juges rouges de Karlsruhe sans que personne en France, ne pipe mot.

Franç
ois Hollande, j’en suis sûr, comprend tout cela. Les évènements le conduiront à faire encore bouger les lignes. Nous soutenons donc François Hollande les yeux ouverts, avec le désir d’œuvrer à son succès. Sa réussite sera celle de la France.
Chacun le sait, nous ne croyons pas que le destin de notre pays soit la dilution dans une Europe sans rivage, banlieue d’un Empire dont les centres nerveux ont depuis longtemps passé l’Océan.
Nous voulons que la France pèse dans l’organisation de l’Europe et donc n’y disparaisse pas. Nous savons l’effort nécessaire. Nous ne le marchanderons pas mais le sens de l’effort doit être clair. Le chemin à parcourir est encore long.

L’Allemagne a choisi, non d’édifier une Fédération solidaire et d’ailleurs impossible, mais la conquête des marchés au grand large. Prenons quelques exemples. A Pékin, Mme Merkel et M. Wen Ji Bao, le premier ministre chinois, présentent la sortie du 100ème exemplaire de l’Airbus dans l’usine de Tien Tsin comme le symbole de la coopération germano-chinoise. C’était il y a deux semaines. La France, l’Europe, ne sont pas évoquées dans leurs discours. A la trappe ! J’étais à Pékin ce jour-là. Les Franc
̧ais baissaient la tête.

On apprend quelques jours plus tard qu’EADS et BAE pourraient fusionner. Excellente chose sans doute pour l’entreprise qui va rééquilibrer la part du civil et celle du militaire. Mais, du point de vue de la France ? Cette entreprise sera de plus en plus dans la main du Pentagone. Dès aujourd’hui, Airbus fabrique en zone dollar plus qu’en zone euro. Le siège d’EADS restera t-il à Toulouse ? Quel moyen aura l’Etat franc
̧ais de peser encore à son Conseil d’Administration ? Les règles de rotation des dirigeants seront-elles maintenues ? Sous quelle forme ? C’est à ces questions qu’il faut répondre pour défendre convenablement les intérêts français et européen. Sinon EADS sera dominé par un axe américano-germanique.

Prenons encore un autre exemple : le énième sauvetage prétendu de l’euro le 6 septembre dernier à Francfort et le 12 à Karlsruhe. On nous présente ces décisions comme la manifestation la plus éclatante de la solidarité allemande avec l’Europe. Trêve de plaisanterie : en plafonnant à 190 milliards d’euros la contribution de l’Allemagne au MES, les juges de Karlsruhe figent cet outil pare-feu dans son insuffisance. Avec 500 milliards de ressources potentielles, en fait très théoriques, le MES ne pourrait faire front à la crise si elle s’étendait à l’Espagne et à l’Italie. C’est l’hôpital qui vient au secours de la charité !

Des engagements de M. Draghi le 6 septembre, on a retenu le mot « illimité » : on a oublié de rappeler que l’intervention de la BCE se ferait sur un créneau très limité : les obligations à 3 ans sur le marché de la revente, et à des conditions très strictes (plans d’ajustement rigoureux) qui posent le problème de la démocratie dans une Europe soumise avec le TSCG, aux canons de l’ordo- libéralisme allemand. La France, qui offre 142 milliards d’euros, l’a fait sans chichi. Le contribuable franc
̧ais ne l’a jamais su.

Jean-Marc Ayrault s’est engagé à réduire en cinq ans à zéro le déficit de notre balance commerciale, hors énergie. Fort bien ! C’est un très bon objectif ! On attend cependant de savoir par quel moyen: le développement des entreprises de taille intermédiaire, même soutenu par la Banque Nationale d’Investissement, prendra du temps. L’euro remonte. Or, cette monnaie surévaluée pèse sur notre compétitivité.
Le maintien de la souveraineté de la France passe moins par la réduction de la dette que par un choc de compétitivité. Il faut l’expliquer aux Franc
̧ais. François Hollande, comme l’a rappelé Jean-Marc Ayrault, a voulu faire « bouger les lignes ». Grâce à une diplomatie habile, elles ont commencé à bouger, mais d’une manière qui est loin d’être irréversible.

L’Union bancaire, sous l’égide de la BCE, pose un vrai problème de démocratie. Quant à l’adossement du MES à la BCE, nous sommes encore loin du compte. Bien qu’il reste beaucoup de chemin à parcourir, nous soutiendrons le Gouvernement, en votant le budget, mais nous n’approuverons pas le TSCG. En votant le budget, nous donnerons du temps à François Hollande pour qu’il élargisse ses marges de manœuvre. Il existe d’autres issues, que les évènements, éclairés par la volonté des hommes, feront apparaître. Par exemple, l’idée d’une monnaie commune plutôt qu’unique, car nous entendons préserver l’acquis européen en réorientant l’Europe.

Nous voterons le budget par loyauté, parce que cela correspond aux engagements de François Hollande. Me
̂me si le TSCG n’a pas été vraiment renégocié, nous comprenons la difficulté dans laquelle se trouvait et se trouve encore François Hollande, comme Président de la République, vis-à-vis de 23 Chefs d’Etat et de gouvernement de pays qui ont signé ou ratifié le traité.
Mais nos parlementaires ne sont pas dans la même situation. Ils doivent continuer à s’exprimer librement, comme les accords passés avec le Parti Socialiste nous le garantissent. Il y a des élections en Allemagne et en Italie en 2013. Nous comprenons que tout n’est pas possible tout de suite, mais il est décisif que nous sachions où nous allons. Ce que nous voulons, c’est une Europe refondée dans la démocratie des nations et pas un « machin » pseudo-fédéral où un soit disant « ministre européen des Finances » nous dicterait notre politique.

Je ne voudrais pas ne parler que de l’Europe dans cette table ronde consacrée à la République.
Quelques réflexions sur la situation internationale, et particulièrement des révolutions arabes, me paraissent nécessaires. Ces « révolutions » ont ouvert dans chaque pays un processus dans lequel des contradictions des sociétés peuvent s’exprimer.
L’essentiel est qu’elles puissent continuer à le faire dans un cadre constitutionnel qui préserve la liberté d’expression, de vote et par conséquent la possibilité d’une alternance.

La surenchère des extrémismes peut faire capoter ce processus, comme on l’a vu avec le film provocateur conçu et réalisé par une poignée de fondamentalistes chrétiens, en Californie, et avec l’odieux assassinat des diplomates américains de Benghazi par une filiale d’Al Qai
̈da.
Nous avons toujours combattu l’idée d’une « guerre des civilisations », d’où qu’en soit formulée la thèse, en Egypte ou aux Etats-Unis.

 

Le droit international repose sur le respect des souverainetés nationales, le principe de non-ingérence et l’auto-détermination des peuples. La France n’aurait rien à gagner à se laisser entraîner dans des interventions militaires, que ce soit en Syrie ou au Mali. Les problèmes doivent se régler selon les procédures du droit international. La prudence commande de ne pas se laisser entraîner dans des guerres dont on ne mesure pas assez que chacune ouvre une boite de Pandore qu’il devient ensuite impossible de refermer.

Le Mouvement Républicain et Citoyen doit continuer à s’exprimer à haute et intelligible voix. C’est ainsi qu’il contribuera, à travers un cap républicain clair, à orienter la majorité de gauche sur les voies de la réussite. Demain comme hier, nous servirons la République et la France.

 

Cet article est le 106ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 18:48

Alliés du PS, pas ralliés, pour aider la gauche à réussir

 

Commençons par la conclusion de cette université d’été du Mouvement Républicain et Citoyen (voir Programme de l'université d'été MRC les 15 et 16 septembre à Belfort - 13 septembre 2012).

 

 Universite-d-ete-MRC-Belfort-15-et-16-09-12-027-T.jpgVoici l’intervention de Jean-Luc Laurent, président du MRC, le 16 septembre 2012, à Belfort.

 

"Le MRC, la boussole républicaine"

20 ans après notre création, nous sommes toujours vivants et plus forts

 

La raison du choix de Belfort est simple: voici 20 ans, en août 1992, avec Jean-Pierre Chevènement nous avons énoncé ici les raisons de notre non républicain au traité de Maastricht créant la monnaie unique. 20 ans après, j'ai pensé que la tenue de nos travaux, à Belfort, au moment même où la crise de l'euro vient confirmer nos idées, était un choix judicieux et qui s’imposait. D'autant que notre Université d’été a permis de donner un chemin pour sortir de la crise, tracer une perspective pour réorienter la construction européenne et continuer à faire bouger les lignes.

Après le temps de la discussion et de l’analyse durant ces deux journées d'Université d'été, je veux, pour conclure, tracer ce qui me semble être notre tâche: définir un contenu au changement en donnant un cap républicain à la gauche et pour la France. C'est cela qui, dans l'année à venir, constituera notre boussole au sein de la majorité présidentielle dont nous voulons la réussite pour sortir la France de l'impasse dans laquelle elle se trouve depuis trop longtemps. Et il convient de rappeler quelques évidences dont nous avons besoin pour agir.

Le 6 mai 2012
, c’était hier. Dans une vie politique dominée par le temps médiatique, par les flux d’information, dans une vie politique où un tweet peut faire événement, où certains journaux semblent soucieux de respecter à la lettre l’impitoyable séquence du « lécher-lâcher-lyncher », nous pouvons être vite déboussolés, les citoyens engagés comme tous ceux qui se tiennent en retrait mais n’en pensent pas moins. Le 6 mai 2012, c’était donc hier et la gauche a gagné. La gauche rassemblée a gagné et nous avons pris part à ce rassemblement victorieux.
Nous ne devons pas négliger la portée historique de cette victoire et nous savons que chaque victoire ne se juge au final que sur le bilan. La victoire de mai apporte plus de responsabilités que de satisfactions. Dans la théologie républicaine, l’élection est nécessaire mais seules les œuvres sont suffisantes !

 

La gauche a gagné et Nicolas Sarkozy a été battu. Le peuple français a donné congé à cet hyper président à l’orientation politique confuse, aux cent premiers jours étourdissants, menant une politique énergique aux premières heures de la crise avant d’accumuler les choix mortifères et les surenchères douteuses. La signature du TSCG au début de l'année, en pleine campagne électorale, est un bon exemple des deux.
Si son désastreux bilan économique et européen ne suffisait pas, il faudrait ajouter que Nicolas Sarkozy a rendu notre pays hystérique collant et légitimant les plus extravagantes exigences instantanées du système médiatique. Le climat politique a changé le 6 mai 2012 : la France n’a pas été libérée, elle a été délivrée.

François Hollande a été élu avec notre soutien dès le premier tour, avec celui des écologistes et du Front de Gauche au second. François Hollande nous le connaissons bien, nous l’avions reçu lors de notre Université d’Eté à Valence en 2010* quand personne ne croyait à sa candidature. Il a mené une campagne dans la droite ligne de ce qu’il nous avait dit à Valence, se démarquant de l'orientation du PS et tenant son cap jusqu’au bout. Se payant même le luxe de refuser d’encaisser le soutien de François Bayrou entre les deux tours.

La gauche a gagné. Première évidence : Nicolas Sarkozy a été battu. Deuxième : François Hollande a été élu. Troisième : et nous, nous sommes vivants. 20 ans après la convention pour un mouvement des Citoyens en août 1992, à Belfort, à quelques encablures d'ici, à la Maison du Peuple, nous sommes bien vivants et debout.

La crise d’identité semble être un article obligé pour une organisation politique. Où sommes-nous ? Où allons-nous ? Il faut d’abord voir la réalité matérielle. Notre représentation parlementaire a doublé. Nous sommes passés d’un député et un sénateur, à trois députés et un sénateur. Les esprits chagrins me diront qu’on parle là de petites quantités. Je répondrai que pour la première fois depuis longtemps le flux s’est inversé. Et nous serons peut-être quatre à l’automne si le Conseil Constitutionnel donne à Julien Landfried l’occasion de faire chuter la maison Devedjian…à la loyale cette fois !

D’autres me diront que nous n’avons pas pu mener au bout la candidature de Jean-Pierre Chevènement à la présidentielle, l’exercice reste compliqué pour les petits et on l’a vu même pour l’enfant chéri des médias qu’est Europe Ecologie. Nous avons fait le bon choix.
Au delà des élections, j'ai plaisir à voir dans cette salle une diversité des âges parmi les participants grâce aux nombreux jeunes, cette génération 2005 qui nous a rejoint.

Le MRC : la boussole républicaine

 

Nous avons fait le choix du soutien de François Hollande dès le premier tour et par l’accord politique avec le Parti Socialiste d’être au cœur de la majorité avec la volonté de peser. Je l’ai dit la gauche a gagné…et quand la gauche gagne avec notre soutien, notre rôle n’est pas de favoriser son échec ou de nous retirer sur un Aventin. Notre rôle est d’être dans l’action, et d'agir en responsabilité pour l’aider à réussir. Nous avons été intéressés par le discours du Bourget, nous avons senti pour la première fois depuis longtemps qu’il y avait sans doute une place pour nos idées dans cette maison. Et nous y avons pris place et nous y sommes.

Nous sommes les gardiens du discours du Bourget et surtout de l'accord politique que nous avons signé avec le PS. Cet accord fait de nous des alliés, pas des ralliés. Composante républicaine de la majorité, le MRC entend agir pour contribuer à la réussite de François Hollande. Mais nous entendons rester fidèles à ce que nous sommes. Et pour cela, nous avons notre liberté d’expression et la liberté de vote au Parlement. Les parlementaires du MRC n’ont pas de muselière ! Nous sommes dans la Maison, plutôt un immeuble avec ses parties communes et plusieurs appartements dont celui du MRC.
Nous aurons des alliés, nous en avons déjà. Nous aurons des adversaires, ceux-là nous les connaissons déjà. Nous les connaissons depuis 1992, ils sont nombreux mais contrairement à nous, leur ardeur est bien émoussée.
Jean-Pierre Chevènement porte une voix forte, écoutée, à laquelle le pays est attentif. Ses livres ont eu un grand succès en 2011, c’est un travail en profondeur pour faire avancer nos idées. Ce qu’il a semé en 2011-2012, nous le récolterons car la force de nos analyses c’est leur clairvoyance.

Traité européen : un non positif

 

Les défauts congénitaux de l’Euro, nous les avons détectés dès 1992. Les dix dernières années de chloroforme ont semblé nous donner tort mais quand survient le choc alors la réalité éclate : la crise de l’Euro n’est pas une crise des dettes. Cela, c'est la fumée. Le foyer de la crise c’est la divergence des économies, les déséquilibres de compétitivité et une politique monétaire au forceps. La crise de la zone euro se niche dans le concept même de monnaie unique.

Le grand sujet de l’automne sera la ratification du traité européen. La donne a changé en Europe depuis l’élection de François Hollande. Le couple Merkozy a disparu et c’est une bonne chose. Ce n’est pas suffisant, nous le savons bien. Nous défendons suffisamment l’Europe des Nations pour savoir qu’il ne suffit pas de gagner les élections dans un pays pour tout changer. C’est la règle du jeu.

Le destin de l’Europe est dans les mains des nations et de leurs dirigeants élus, pas dans celle d’un Parlement supranational ou d’une Commission non élue. Nous ne nous en plaindrons pas et nous ne voulons pas de l'illusoire sortie de crise par le fédéralisme. La crise a été un révélateur de ce point de vue, remettant à leur place le président de la Commission et ne laissant que peu de place au Président du Conseil.

 

Mais l’Europe est lourde à manœuvrer et le président de la République, François Hollande, a le traité d’austérité sur les bras. Nous savons qu'il faut du temps. Le Conseil européen a déjà permis de compléter le traité par un volet de croissance. François Hollande a réussi à imposer l’enjeu de la croissance. Les Conseils européens à venir prouveront que les temps changent en Europe mais, pour le moment, il nous reste l’enfant bancal de l'étrange union de Nicolas et Angela. Traité inutile qui doublonne sur bien des points l’ensemble du droit européen élaboré à Bruxelles avec le Semestre européen, le Six-Pack adopté en 2011, le Two-Pack qui arrive.

Le Conseil Constitutionnel a fait une lecture très particulière, casuistique, du traité et a préféré ne pas voir les enjeux de souveraineté budgétaire contenus dans le traité. Mais il a également écarté le recours à une règle d’or constitutionnelle et ça n’est pas plus mal. Ce traité, ce sont des procédures douteuses au service d’une politique économique absurde, et qui est déjà caduque au moment où l’Allemagne comme la France entrent en récession.

Nous voterons naturellement contre ce traité qui n'a pas été renégocié comme prévu par l'accord politique entre le PS et le MRC. Nous voterons contre, il sera sans doute adopté et tout notre travail consistera à ce qu’il ne soit jamais appliqué. Nous ne sommes pas des fétichistes du droit, nous croyons à la politique et à la volonté. Notre travail est de faire en sorte que ce traité, ses objectifs et ses procédures de contrôles supranationales, soient très rapidement couverts de poussière, comme le Semestre européen, comme le Six-Pack. C’est là le vrai combat contre l’austérité budgétaire bien sûr, mais surtout contre la récession où ces politiques nous conduisent. A l’Assemblée comme au Sénat, nous porterons un non positif.

Avec la poursuite de la crise et notre travail politique viendra la vraie question : l’Euro est-il viable ? Monnaie unique ou monnaie commune ? Les mesures de répit prises par les dirigeants européens, et par le président de la BCE, pour tenter de circonscrire l’incendie, de limiter l’influence des marchés financiers sur les dettes souveraines, ne traiteront jamais le vrai mal constitutif de l’Euro. Il est essentiel d’imposer dans le débat le bon diagnostic de la crise de l'Euro et qui d’autre que le Mouvement Républicain et Citoyen peut le faire ?

La question monétaire ne doit pas nous prendre toute notre énergie Nous ne sommes pas un groupe de pression mais bien un parti politique. Les défis pour la France sont nombreux. Les dix années de Chirac-Sarkozy ont fait reculer notre pays sur bien des points. Plusieurs ministres ont pris à bras le corps des chantiers qui nous sont chers et pour lesquels il fallait un changement de cap au sein de la gauche : sécurité, éducation, industrie. Nous devons contribuer, contribuer à innover, contribuer à renouer le fil républicain, contribuer à lutter contre les immobilismes et les conformismes. Et contribuer pour continuer à servir l'intérêt général et donner un cap républicain à la gauche et à la France.
La gauche n’a pas - collectivement - mis à profit les dix années d’opposition pour comprendre le monde et adopter sa doctrine. Dans les moments de difficultés, c’est trop facilement les réflexes socio-libéraux qui peuvent l’emporter et les débats de diversion, comme les questions sociétales, qui nous éloignent du fond des choses. Nous sommes lucides, nous savons cela et c’est pour cela que nous avons un rôle non pas comme butte-témoin républicaine mais comme boussole républicaine et force d’entraînement.

La droite ne nous épargnera aucune provocation, la droite politique aura bientôt fini sa guerre des chefs. La droite économique ne lâche pas le morceau et le goût de la Belgique affiché par Bernard Arnault relève de la trahison individuelle, de l’esprit de défaite, de la perte du patriotisme mais aussi de la volonté de créer un rapport défavorable à l’idée d’égalité républicaine et aux exigences de la justice sociale. Il s’agit bien d’un acte idéologique et authentiquement politique pour faire pression sur la gauche et sur le pays. Il paraît qu'il ne fuit pas la fiscalité des revenus mais la fiscalité des successions. Il veut transmettre son patrimoine, une vie de labeur...il veut transmettre son pouvoir à sa famille, ses héritiers. Pour nous autres, républicains, il y a sans doute plus à voir dans ce geste que dans les péripéties des luttes internes de l'UMP. Nos adversaires sont là, les authentiques adversaires de la République

Et notre prochain Congrès, qui aura lieu à Paris les 15 et 16 décembre prochains, doit nous mettre en ordre de bataille sur l’ensemble des sujets, notamment la finance, la fiscalité en est un et celle des successions en particulier. Nous sommes vivants et cela implique des responsabilités :
- d'abord du travail militant pour faire connaître et diffuser nos positions avec une campagne pour expliquer notre non positif, notre non républicain, constructif, pour la réorientation de la construction européenne ;
- ensuite un travail doctrinal pour nous imposer dans les débats politiques des cinq prochaines années ;
- enfin un travail électoral en préparant 2014 : les municipales et les européennes, le Parlement Européen est une institution dérisoire, les grandes régions ne correspondent à rien mais nous ne devons pas rater ce temps du débat.
Ce seront les sujets de notre prochain congrès. D'ici là, travaillons, travaillons sans relâche. Ne ratez pas votre train..., je parle évidemment du train de la refondation républicaine.


 * Voir
Université d'été MRC à Valence : le dialogue Chevènement-Hollande 

 

Cet article est le 105ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.

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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 19:49

Quelle gauche pour quel changement ?

 

Il est encore possible de s’inscrire à l’université d’été du Mouvement Républicain et Citoyen, samedi et dimanche à Belfort. Voir Université d'été 2012 du MRC: Quelle gauche pour quel changement?

Voici le programme complet (version finale) de l'Université d'été du MRC qui se tient dans un amphithéâtre de l’Université de technologie de Belfort-Montbéliard les 15 et 16 septembre 2012.  

Dans un contexte de forte instabilité économique, sociale et politique, la victoire de la gauche n’aura pas engendré d’état de grâce. Les citoyens Français sont soucieux et conscients des difficultés majeures qui pointent à l’horizon. Si les marges de manoeuvres s’avèrent effectivement très minces, le champ des possibles reste cependant ouvert.
Pour le MRC, composante non-alignée de la majorité présidentielle, l’édition 2012 de l’université d’été doit être l’occasion de marquer le terrain et d’esquisser quelques orientations de notre positionnement politique pour le mandat qui vient. En écho au slogan intransitif de François Hollande (le changement, c’est maintenant), l’université d’été sera le moment de reprendre le fil du projet présidentiel en proposant un contenu au changement et une perspective républicaine pour la majorité.

Le programme de l'Université d'été

Matinée du samedi 15 septembre

10h – Accueil : Maurice Schwartz, 1er secrétaire fédéral du MRC 90, Christian Hutin, député du Nord, vice-président du MRC

10h15 - Introduction de l’université d’été : Bastien Faudot, Secrétaire National chargé de la formation et des universités d’été

10h30-12h: Table ronde n° 1 - Quelle politique industrielle et fiscale pour renouer avec la croissance?

François Hollande a réussi à imposer le thème de la croissance au fil des conférences internationales et autres sommets. Parallèlement, les marges de manoeuvre sont maigres et l’équation du « redressement dans la justice » est difficile à résoudre. Plusieurs voies ont été évoquées de part et d’autre du Rhin. Comment retrouver une dynamique productive dans la zone euro ? Les plans de licenciements sont-ils une fatalité ? Jusqu’où la rigueur est-elle négociable ? Quelle politique fiscale pour accompagner le redressement du pays et redynamiser l’économie en France et en Europe

Intervenants :
Patrick Quinqueton, secrétaire national du MRC
Jean-Pierre Cossin, professeur d’économie fiscale et conseiller-maître à la Cour des comptes
Bruno Moschetto, professeur d’économie à HEC

Après-midi du samedi 15 septembre

13h45-15h15 : Table ronde n°2 - Quelles réponses économiques et politiques pour sortir l'Europe de l'impasse?

L’euro arrive au terme de ses contradictions constitutives. La crise de l’euro fait resurgir un dilemme qui nous renvoie à la naissance de la monnaie unique : les uns préconisent une plus forte intégration politique et le fédéralisme budgétaire, les autres le retour au terreau démocratique des nations. La crise politique parait inéluctable : si les peuples semblent vouloir rester dans la zone euro, ils refusent les réformes structurelles qui sont assorties aux différents plans de sauvetage qui ont été concoctés. Les démocraties européennes, et à travers elles, la volonté des citoyens, sont-elles en passe d’être mises sous tutelle ? Le fédéralisme offre-t-il une perspective de sortie de crise ? Faut-il maintenir la monnaie unique et à quel prix ?

Intervenants :
Julien Landfried, secrétaire national du MRC
Christophe Ramaux, professeur d’économie à Paris
Barbara Romagnan, députée PS du Doubs, animatrice de “Un monde d’avance”

15h45-17h15 : Table ronde n° 3 - Les Français et la gauche: géographie électorale et politique au lendemain des élections

La séquence électorale a montré une évolution de la géographie du vote des Français. France de l’Est, France de l’Ouest, France des champs, France des villes. Des Lignes de fractures divisent le pays et dessinent des contrastes parfois saisissants. Au vote des centres urbains, majoritairement à gauche, s’oppose un vote des champs, très ancré à droite et même à l’extrême droite. Si ce phénomène était déjà apparu précédemment, il s’est très largement accru en 2012. La crise de la mondialisation permet-elle de l’expliquer ? Où sont les couches populaires ? Qu’ont-elles voté ? A quoi ressemble le nouvel électorat de la gauche ?

Intervenants :
Catherine Coutard, secrétaire nationale du MRC
Jean-Yves Autexier, ancien parlementaire
Frédéric Dabi, Directeur général adjoint de l’IFOP
Jean-Philippe Huelin, professeur d’Histoire-Géographie, co-auteur de Recherche le peuple désespérément

A partir de 17H30: Visite du site du Techn’Hom et présentation du projet de reconversion industrielle

Matinée du dimanche 16 septembre

10h-11h45 : Table ronde n° 4 / La gauche à la reconquête de l'idée républicaine

Si elle fut aux sources de l’idée républicaine, la gauche a parfois pris le pli de s’en éloigner. Mais la débâcle du modèle libéral, les périls de la mondialisation et la crise de l’euro rebattent les cartes. Depuis de longues décennies, jamais l’idéal républicain, et son corollaire, la souveraineté du peuple, n’étaient apparus aussi fragilisés. Le contexte favorise la prise de conscience et des voix de plus en plus nombreuses se font entendre pour que la gauche se réapproprie cette part essentielle de son histoire. Qu’est-ce qu’être républicain en 2012 ? Comment l’idée républicaine peut-elle revitaliser la gauche et redresser la France ? Face à la crise, en quoi la République demeure plus que jamais propice et utile ?

Intervenants :
Marie-Françoise Bechtel
, députée de l’Aisne et vice-présidente du MRC
Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort, Président d’honneur du MRC

12h : Intervention de clôture de l’université d’été par Jean-Luc LAURENT, député du Val-de-Marne, Président du MRC

 

Rappel : Programme de l'université d'été du MRC les 15 et 16 septembre 2012 - 2 août 2012 

 

Université d'été MRC à Carros (06) : la table ronde du 4 septembre 2011 - 23 septembre 2011

 Université d'été MRC Valence : un bon crû comme à Toulouse en 2009 - 13 septembre 2010

 

Cet article est le 104ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.

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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 22:07

Analyse des décisions du Conseil européen (juin 2012)

 

Clément Lacaille, délégué national MRC et secrétaire de l’union régionale Bourgogne, m’a transmis ses réflexions, datées du 13 juillet, concernant les décisions du Conseil européen des 28 et 29 juin 2012.

 

La position du MRC a été indiquée le 10 août 2012 par un communiqué publié par Jean-Luc Laurent, président du Mouvement Républicain et Citoyen, député du Val-de-Marne (les trois députés MRC voteront contre le traité) : Malgré l'aveuglement volontaire du Conseil Constitutionnel, le traité européen (TSCG) porte atteinte à la souveraineté budgétaire

De son côté, Jean-Pierre Chevènement, président d’honneur du MRC et sénateur du Territoire de Belfort, était l'invité du 22h de Public Sénat, mercredi 5 septembre 2012. Il répondait aux questions de Sonia Maabrouk et Jean-Louis Gombeaud. Voir "Je ne voterai pas le traité européen"

Voici le texte de la contribution de Clément Lacaille (partie analyse).

 

Conseil européen des 28-29 juin : bientôt le grand saut fédéral !

 

L'UE libérale est ce que nous combattons depuis la création du Mouvement. Le premier Sommet auquel participe F.Hollande est significatif des choix politiques de la nouvelle majorité à l'égard de la construction européenne pour les cinq ans à venir (…).

 

1- La croissance

 

La décision de doter la BEI d'une capacité d'intervention de 120 mds d'€ est positive. Mais 55 mds étant déjà disponibles au titre des fonds structurels inemployés, l'engagement ne porte réellement que sur 65 mds. Personne ne peut croire qu'une somme aussi dérisoire est capable d'inverser la dynamique de récession qui frappe l'Irlande, l'Espagne, le Portugal, bientôt l'Italie, tandis que la Grèce plonge dans la dépression. La France est en stagnation (0,4 % de croissance estimée), son déficit budgétaire atteint 60 mds, la litanie des destructions d'emplois s'allonge chaque semaine…

Ce petit pas symbolique est loin de la réorientation annoncée. Les réductions obligatoires de dépenses budgétaires auront un impact négatif bien supérieur à cette bouffée d'oxygène. Les marchés financiers l'ont qualifié de "hochet politique", et le bond des cotations montre que leurs intérêts sont préservés. La déclaration de F.Hollande affirmant que "la croissance est désormais une priorité" est une opération psychologique qui camoufle une triste réalité.

 

2- Le MES (Mécanisme européen de stabilité)

 

Institution financière abondée par les Etats pour apporter une assistance financière aux Etats (art.3), il est désormais prioritairement destiné à la recapitalisation directe des banques. S'il est nécessaire d'éviter leur faillite, nous avons toujours dit que la contrepartie devrait être la prise de contrôle par l'autorité politique nationale (cf. IV § 36 du Programme de Salut Public); or le "mécanisme unique de surveillance des banques" sera dévolu à une entité européenne sous la houlette de la BCE toujours indépendante. L'occasion était excellente d'instaurer enfin un pouvoir supranational direct et souverain, certainement la décision la plus importante. Un bon pas fédéraliste !

Les 700 mds affichés ne sont pas réels. L'Allemagne, la France, les Pays-Bas pourront verser leur contribution obligatoire à hauteur de 372 mds, mais comment l'Irlande, la Grèce, l'Espagne, le Portugal, l'Italie pourront-ils verser au MES les 255 mds qui leur incombent alors que ces Etats sont déjà débiteurs de 288 mds, et qu'ils sont précisément ceux qui ont un urgent besoin de l'intervention de ce Mécanisme? L'Espagne seule aurait besoin d'environ 220 mds d'ici fin 2012 et d'une centaine supplémentaire en 2013 (dixit J.Sapir), l'Italie a une dette de 2000 mds. Le MES ne sera pas en mesure de contenir les dettes souveraines et bancaires ni de bloquer la spéculation des investisseurs.

Le MES fournit une aide "sous stricte conditionnalité", notamment "le respect d'un programme d'ajustement économique" négocié par la Commission et la BCE (art.3 et 13). Quels assouplissements pouvons-nous en attendre, et s'ils existent, que feront-ils d'autre que donner un peu de temps pour in fine se soumettre à la discipline déflationniste?

Jean-Pierre Chevènement regrette le refus de donner au MES le statut de banque, le refus de la monétisation, l'atteinte aux pouvoirs de la Banque de France, mais F.Hollande s'est-il jamais engagé sur de tels objectifs? Qu'a-t-il à faire de ces regrets?

 

3- Le TSCG (Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance)

 

Il est intact. La "renégociation" dont s'est prévalu notre Président durant la campagne n'a pas eu lieu; elle est un effet de langage mensonger qui cache une soumission, car l'accord sur la croissance ne fait pas partie du Traité. Cette mesure positive n'est-elle pas la concession mineure faite par l'Allemagne pour mieux faire passer ce Traité qui est pour elle fondamental ? Devant le Parlement, F.Hollande ne va-t-il pas demander une ratification unique des décisions du Conseil européen, englobant le TSCG inchangé avec les 120 mds d'investissements, la taxe sur les transactions financières, le MES, la supervision bancaire? Une alouette de croissance pour un cheval de rigueur.

 

Mais l'essentiel est que le "grand saut fédéral" que ne cessent de proclamer les dirigeants de l'UE est entré dans sa phase finale. Nous allons "vers une véritable union économique et monétaire", annonce le rapport Van Rompuy-Barroso-de Juncker-Draghi, vision d'avenir de l'UE fondée sur "un cadre financier intégré,…un cadre budgétaire intégré,…un cadre de politique économique intégré", le tout couronné par "la légitimité démocratique"! Il est d'une totale clarté. F.Hollande y adhère totalement lorsqu'il se félicite d'avoir atteint son objectif de "dessiner à moyen terme le cadre de l'approfondissement de l'union économique et monétaire". Qu'espérons-nous d'une "meilleure information du Parlement" sur ce rapport et sur la supervision bancaire, sinon la rituelle rhétorique européiste?

 

Ce Conseil européen est dans la droite ligne des précédents: des réactions d'urgence destinées à conserver l'essentiel. Au crédit de F.Hollande, il faut mettre la prise en compte d'une croissance nécessaire, ainsi que l'alliance avec l'Espagne et l'Italie face à l'Allemagne; en revanche, il demeure fidèle à ses convictions libérales et se trouve dans son élément au sein de la logique fédéraliste qui avance à grands pas. La social-démocratie ne change pas de stratégie: arrondir les angles du libéralisme pour conforter sa logique. F.Hollande n'a remis en question ni la monnaie unique, ni l'indépendance de la BCE, ni l'atteinte au pouvoir national, ni le marché unique ouvert à la concurrence. La tragédie que vivent les peuples grec, espagnol, portugais pourrait amener notre président et son parti à une prise de conscience de la perversité intrinsèque du système, donc à la volonté d'en changer radicalement la donne. Mais rien de tel n'apparaît.

 

Telle est la réalité que je comprends. Je n'ai donc aucune raison de lui faire confiance, pas davantage aujourd'hui qu'hier.

 

Cet article est le 104ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe

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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 22:45

Pas de remise en cause de la politique de libéralisation

 

AG Office du lait Avranches 221111 032 TAu moment de l’ouverture tranquille du Salon de l’élevage (SPACE) à Rennes - voir l’entretien que le ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll, a accordé à Ouest-France, ce 11 septembre Space 2012. L'État appelé à la rescousse des éleveurs - la revue mensuelle L’Eleveur laitier, dans son édition de septembre, a publié le courrier, ci-après, qui lui a été adressé par André Pflimlin, auteur de « Europe laitière : valoriser tous les territoires pour construire l’avenir »  Editions France Agricole, 2010 (voir André Pflimlin présente trois avenirs possibles pour l'Europe laitière - 30 juillet 2012). 

 

    «  La politique de l’autruche jusqu’à quand ? »                      

 

Il y a les «réalistes», ceux qui ne veulent pas payer pour les autres et qui se félicitent du rattrapage spectaculaire de la production laitière française. Certains, y compris dans ce journal, regrettent que la France ne se soit pas donné les moyens de faire plus et fustigent « un système de redistribution des quotas absurde et anti-économique » Il y a même des Bretons qui portent plainte à Bruxelles contre la  France qui fait payer des pénalités à ceux qui dépassent leur quota, alors que le pays est encore en sous réalisation.

 

Il y a les «utopistes» qui refusent la course au volume avec un prix fluctuant au gré du marché mondial beurre-poudre ; ceux qui veulent que le prix du lait soit basé sur le coût de production  et sur sa valorisation régionale ou européenne. Comme la consommation de produits laitiers est assez stable, l’offre peut et doit être régulée par les pouvoirs publics. Car chacun le sait : sur ce type de marché, un faible excédent provoque une  forte chute du prix qui pénalise les producteurs et profite aux transformateurs et aux distributeurs. Inversement, les cours  ayant été attractifs depuis 18 mois, la relance de la production a été spectaculaire partout dans le monde. L’offre a vite dépassé la demande solvable, faisant chuter les prix… au point de troubler nos instances politiques quant à l’efficacité du paquet lait qu’elles ont adopté il y a quelques mois ! On ose reparler de régulation de l’offre, même à la FNPL, pour tenter de repousser ou d’atténuer la crise qui sévit déjà chez les éleveurs anglais, allemands ou belges.

 

Heureusement, le ciel est venu au secours des «réalistes» débordés par leurs propres excédents. La sècheresse aux Etats-Unis et en Europe Centrale a fait exploser le cours des céréales et du soja et devrait donc faire remonter ceux du lait dans la foulée. Mais il y a d’abord des stocks laitiers à écluser. Et il y a aussi des pays qui vont continuer à produire plein pot, du lait d’herbe pas cher, comme la Nouvelle Zélande. Et d’autres comme aux Etats-Unis, qui vont mettre en place un système de garantie de marge sur coût alimentaire associé à une réduction obligatoire des livraisons en cas de surplus. Ainsi les producteurs américains, y compris ceux ayant plusieurs milliers de vaches hors sol, seront assurés d’une marge minima quels que soient les prix du lait, du maïs et du soja !

 

Et nous, en Europe, on fait l’autruche, on fait confiance à l’OMC ! On fait semblant de croire que la contractualisation hexagonale nous protègera des errements du marché mondial, de la spéculation financière et de la guerre entre régions européennes ! Notre ministre vient de publier un rapport critique sur ce sujet mais sans remise en cause de la privatisation du marché laitier. C’est pour quand le changement ?

Cet article est le 339ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 11:14

Agriculture, Europe et capitalisme, titres les plus fréquents

 

Depuis 59 mois, au début de chaque mois, nous reprenons les titres des articles parus le mois précédent sur ce blog (voir Titres des articles du mois précédent). C’est l’occasion d’adresser un courriel aux amis inscrits sur les listes de distribution, afin de les informer des thèmes abordés sur ce blog. Ceux-ci évoluent dans le temps, selon l’actualité et nos priorités.   

 

Depuis 2006, 2253 articles - classés en 50 catégories - ont été publiés sur ce blog.

 

Michel SorinLes 18 titres en août se répartissent ainsi :

 

- Agriculture et alimentation (7 articles),

- Europe, traité européen (3 articles),

- Capitalisme (3 articles),

- Politique nationale Parlement MRC-PS (3 articles),

- Autoroutes spoliation de l’Etat (1 article),

- Livre d’un mayennais sur la ruralité (1 article).

 

Titres des articles parus en août 2012 sur http://mrc53.over-blog.com

Ratification du traité européen : ATTAC veut enclencher la refondation (17 août)

Traité européen Merkel-Sarkozy : duplicité du Conseil Constitutionnel (16)

L'Europe victime de choix économiques libéraux (euro, élargissement) - 15

L'histoire du capitalisme, un livre de Michel Beaud à recommander (14)

Frédéric Lordon : le choc social PSA concentre les enjeux de l'époque (14)

Le bal des frustrés, un roman du mayennais Alain Bouvier sur la ruralité (13)

Les dirigeants de l'APLI ont analysé le rapport sur la contractualisation (13)

Après-quotas laitiers : face à la crise, des producteurs de lait en action (12)

Rapport, sans surprises, sur la contractualisation dans le secteur laitier (11)

Agriculture : le ministre Le Foll veut créer des dynamiques collectives (10)

Agriculture : prix des céréales en ébullition, risque de crise alimentaire (08)

Revenu agricole 2011 : écarts croissants selon régions et productions (07)

Conférence sur l'agroalimentaire 2030 : c'était le 5 juillet 2012 à Laval (06)

Autoroutes en France : le consentement de l'Etat à sa propre spoliation (05)

La création monétaire et la dette entre les mains du système bancaire (04)

Le MRC, au sein de la majorité, veut sortir la République de sa réserve (03)

Programme de l'université d'été du MRC les 15 et 16 septembre 2012 (02)

Loi de finances rectificative : le rapporteur général du budget argumente (01)

Cet article est le 59ème paru sur ce blog dans la catégorie Titres des articles du mois précédent

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