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Présentation

  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 22:53

Le député-maire de Laval entre au gouvernement

 

Ils sont quatre nouveaux ministres depuis le 21 juin dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault (II) : Anne-Marie Escoffier, Thierry Repentin, Hélène Conway et Guillaume Garot. Ils s’ajoutent aux 34 ministres nommés après l’élection présidentielle dans le gouvernement Ayrault (I) - voir Les ministres du gouvernement Hollande-Ayrault ont signé une charte - 17 mai 2012. 

La parité reste strictement mise en œuvre (Premier ministre non inclus) parmi les 20 ministres comme parmi les 18 ministres délégués. Voir Gouvernement. Quatre nouveaux ministres, Delphine Batho à l’Ecologie (Ouest-France, 22 juin).

 

Sur le site Internet de l’Elysée, on peut voir la Composition du gouvernement

Nicole Bricq* est remplacée au ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie par Delphine Batho, élue des Deux-Sèvres (la circonscription laissée par Ségolène Royal). Les spécialistes des questions de l’environnement ont été surpris par ce départ de Nicole Bricq - voir Ministère de l’Ecologie. EELV s’interroge sur l’éviction de Nicole Bricq (Ouest-France, 22 juin).

Les autres « ajustements » sont moins marquants. A noter que Frédéric Cuvillier (transports) traitera aussi de la mer et de la pêche. J’ai connu Frédéric quand il était le dynamique responsable des jeunes socialistes en Mayenne (MJS).

* Je l’ai connue et appréciée dans les années 1970 quand nous militions au CERES, l’un des courants de pensée du PS).

 

Guillaume Garot est le 6ème ministre issu de l’ouest de la France, après Jean-Marc Ayrault (Nantes), Stéphane Le Foll (Le Mans), Marylise Lebranchu (Morlaix), Jean-Yves Le Drian (Lorient) et Bernard Cazeneuve (Cherbourg) et le 3ème des Pays de la Loire (avec Ayrault et Le Foll).

Guillaume Garot, ministre de l’Agroalimentaire : « Un grand honneur » (Ouest-France, 22 juin)  

Remaniement. Guillaume Garot, de Laval au ministère de l’Agroalimentaire (OF, 22 juin) 

 

Guillaume Garot devra gérer le dossier de la restructuration du groupe volailler Doux. Il sera aussi l’interlocuteur de Lactalis, dont le siège est à Laval. Il est placé sous l’autorité du ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, Stéphane Le Foll. Voir Stéphane Le Foll (Sarthe), ministre de l'agriculture et de l'agroalimentaire - 18 mai 2012 

 

(…) Mon premier contact avec Stéphane Le Foll date de la période où il était, au siège du PS, à partir de 1991, le collaborateur de Georges Garot, secrétaire national à l’agriculture. Puis Georges Garot est devenu député au Parlement européen en 1997. François Hollande, en prenant la succession de Lionel Jospin à la tête du PS à la fin de cette même année, appelle Stéphane Le Foll à ses côtés, alors que celui-ci avait rejoint le cabinet du ministre de l’agriculture, Louis Le Pensec. Il est devenu ensuite son directeur de cabinet jusqu’à son départ de la direction du PS en 2008. Entre temps, il avait été élu au Parlement européen en 2004, prenant la succession de Georges Garot à la commission agricole. Réélu en 2009, il était vice-président de cette commission et porte-parole du groupe des socialistes et démocrates.  

 

Guillaume Garot (1er secrétaire du PS de la Mayenne) et Stéphane Le Foll (1er secrétaire du PS en Sarthe) se connaissent très bien depuis la période où Stéphane était le collaborateur de Georges Garot, secrétaire national PS à l’agriculture (voir, ci-dessus - Georges avait pris la succession de Bernard Thareau).

 

Guillaume Garot maire de Laval 081010 TBiographie express de Guillaume Garot (Ouest-France, 22 juin)

29 mai 1966. Naissance à Laval. Guillaume Garot est le fils de Georges**, syndicaliste agricole qui deviendra député européen, puis président de la Maison de l’Europe, et de Denise**, infirmière.

1985. Première carte au Parti socialiste. Guillaume Garot est élève à l’Institut d’études politiques de Paris, après des études secondaires au Lycée Douanier-Rousseau à Laval, puis une classe préparatoire au Lycée Chateaubriand à Rennes.

2002. Chargé de la préparation des discours et interventions publiques du maire de Paris, Bertrand Delanoë. Il a été auparavant directeur de cabinet de Daniel Vaillant à la mairie du 18ème arrondissement, puis comme conseiller à son cabinet au ministère de l’Intérieur.

2001. Battu aux élections municipales à Laval, face à François d’Aubert.

2002. Candidat aux législatives dans la 1ère circonscription face à François d’Aubert. Il est battu.

2004. Elu conseiller général de la Mayenne dans le canton de Laval Sud-Ouest. Premier secrétaire fédéral du PS de la Mayenne.

2005. Conseiller politique de Christophe Caresche, adjoint au maire de Paris chargé de la sécurité.

17 juin 2007. Elu député de la Mayenne. Il intègre la commission des Affaires économiques, de l’environnement et du territoire dans un premier temps, puis de la commission de la Défense nationale et des forces armées dans un second temps.

9 mars 2008. Elu maire de Laval au premier tour avec 50,24 % des voix. Il démissionne du conseil général.

2009. Porte-parole de Ségolène Royal.

17 juin 2012. Réélu député avec 58,5 % des suffrages (au 2ème tour).

21 juin 2012. Nommé ministre délégué à l’Agroalimentaire.

** Georges et Denise Garot, étaient mes amis, dès 1970, lorsque je faisais à Laval mon stage de fin d’études ENSAR à l’Etablissement d’élevage de la Mayenne. Je connaissais Guillaume à cette époque où nous ne faisions pas encore de politique (j’avais 24 ans et lui, 4 ans…).

 

Cet article est le 5ème paru sur ce blog dans la catégorie Hollande Ayrault gouv.

 

 

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 22:45

La France est mal classée pour ses résultats scolaires

 

Université d'été MRC 2010 034 TLa Commission Education du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), présidée par Estelle Folest, a publié ses réflexions et propositions (voir MRC : propositions de la Commission Education et de ses membres - 20 juin 2012). 

 

En introduction, elle rappelle les « données actuelles, quelques chiffres éloquents »

  

- À la sortie de l'école primaire, 25% des élèves sont en difficulté en français et 35% en mathématiques.

- À la sortie du collège, plus de 20% des élèves sont en grande difficulté : 1 élève sur 5 est évalué comme très mauvais ou mauvais par PISA, seuls 8% d'élèves sont évalués comme bons et très bons.

- 20% des élèves quittent le système éducatif sans qualifications.

- Seuls 50% des enfants d'ouvriers obtiennent le bac ; un enfant d'ouvrier a 4 fois moins de chances qu'un enfant issu d'un milieu favorisé d'obtenir un bac général.

- Moins de 70% des élèves atteignent le niveau bac.
En 1985, l'objectif des 80% d'élèves au niveau du bac à l'an 2000 a été fixé en France.
En 2002, l'UE a fixé l'objectif de 85% d'une classe d'âge au niveau bac d'ici 2010.
Depuis 1995, la proportion de jeunes qui obtient le bac stagne.

- En France, l'université conduit 25% d'une génération au niveau Licence (bac+3) ou plus, contre 50% pour la Finlande ou le Danemark, 45% pour les Pays-Bas et la Suède, et 40% pour le Royaume Uni, les Etats Unis et le Japon.
L'UE avait fixé l'objectif de 50% d'une génération au niveau Licence pour 2010.

- Ces 60 dernières années, la France a obtenu 3% des Nobel en sciences, contre 9% pour l'Allemagne et 13% pour le Royaume Uni;

- La France dépose 3% des brevets mondiaux, contre 12% pour l'Allemagne.

Positions et propositions du MRC

La mission de l'école : fonder la nation, la citoyenneté, contribuer au développement économique, social et humain du pays.
Le rôle de l'école est d'instruire et de transmettre des valeurs afin de former des citoyens éclairés et d'assurer la promotion sociale du plus grand nombre, de promouvoir le mérite et la sélection des meilleurs par la promotion de tous.
L'école de la République s'adresse à la raison des élèves qu'elle accueille et cherche à pousser chacun au plus haut de ses capacités
(…).

Le texte programmatique issu des travaux de la commission éducation est disponible ici ou ci-après :

 

Commission éducation 2011-2012: positions et propositions de programme

 

 

Cet article est le 101ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 11:34

Les missions de l’école de la République sont à repréciser

 

Universite-d-ete-MRC-2010-034-T.jpgDiscrètement, le lendemain du 1er tour des élections législatives, le Mouvement Républicain et Citoyen a publié les contributions des membres de sa Commission Education et les positions et propositions de cette Commission, présidée par Estelle Folest, membre du secrétariat national.

 

Contributions de la Commission éducation 2011-2012

A la demande de Jean-Luc Laurent, président du Mouvement Républicain et Citoyen, une Commission éducation s'est réunie ces derniers mois, présidée par Estelle Folest, secrétaire nationale à l'éducation, l'enseignement supérieur et la recherche.
Voici les contributions de ses membres (11 juin 2012).

Quelle formation pour les enseignants ? Par Estelle Folest, Secrétaire nationale à l'éducation, l'enseignement supérieur et la recherche du MRC

La formation des enseignants est un enjeu fondamental pour relever le défi de l'éducation, pilier de la République. Entrée en vigueur en septembre 2010 sur fond d'autonomie des universités et de réforme du mode de recrutement des enseignants, la réforme dite de mastérisation n'est pas à la hauteur des ambitions affichées.

La réforme de la formation des enseignants Estelle Folest.pdf  (176.35 Ko)

La réforme du lycée Par Jean-Marie Duplaà, membre de la Commission éducation du MRC.

La réforme orchestrée par la droite est un pas supplémentaire vers la destitution de l'Ecole Républicaine. En 2008 Xavier Darcos (alors ministre de l'éducation nationale) et sept syndicats d'enseignants signent une feuille de route actant des « points de convergence » en vue d'une réforme du lycée. Dès 2009, plus rien ne converge.

La réforme du lycée J-M Duplaà.pdf (90.29 Ko)

Le collège unique: éléments de réflexion Par Serge Maupouet, membre de la Commission éducation du MRC.

Peut-on proposer une rénovation et une relance ambitieuses du collège unique qui fassent du collège un maillon fiable et fort du système éducatif, qui conservent l’objectif d’une démocratisation élevant le niveau général d’instruction tout en mettant en place l’organisation, les dispositifs, les moyens propres à atteindre cet objectif ?

Le collège unique - éléments de réflexion Serge Maupouet.pdf (71.19 Ko)

Rappel : Le collège mis en cause par les libéraux : réflexions de Serge Maupouet - 8 01 2012 

L'Ecole: lieu protégé Par Véronique Blanc-Blanchard, membre de la Commission éducation du MRC.

Depuis une trentaine d'années, la logique d'ouverture sur l'extérieur soumet l'école à toutes sortes de groupes de pression ; religieux, familiaux, ethniques, communautaires, médiatiques et bien sûr commerciaux. Assimilée, à tort, à un modèle réduit de société, elle devient le reflet du lieu et de l'époque. Le vocabulaire et les pratiques du marché, de la publicité, des médias, de la rue s'y introduisent chaque jour davantage, encouragés par les textes officiels.

L'ecole, lieu protégé Véronique Blanc-Blanchard.pdf (67.55 Ko)

De la présence des parents au sein de l'école de la République Par Jean-Louis Pierre, membre de la Commission éducation du MRC.

L’Ecole n’est pas un lieu comme un autre et les élèves ne sont pas de simples usagers venant recevoir des connaissances – des « informations » ?!- directement utilisables et monnayables. Pour la République, c’est un espace-temps consacré à l’étude pour former des citoyens libres et éclairés, disposant d’un recul permettant à la fois distance critique, autonomie et dépassement des réalités immédiates. L’École est une institution organique de la République.

Les parents à l'école J-L Pierre.pdf (99.57 Ko)

L'impact du libéralisme sur la politique éducative Par Annie Munier-Petit, membre de la Commission éducation du MRC.

Depuis les années 70, la recherche, l’enseignement et la conservation du patrimoine sont l’objet de réformes qui ne trouvent leur cohérence que dans un processus de destruction du savoir. Ces réformes résultent de choix politiques inspirés par le libéralisme économique avec pour ligne directrice la privatisation et le renforcement de la concurrence au sein du système éducatif.

L'impact du libéralisme sur la politique éducative Annie Munier-Petit.pdf (102.82 Ko)

Pour un renouveau pédagogique Par Estelle Folest, Secrétaire nationale à l'éducation, l'enseignement supérieur et la recherche du MRC.

Traditionnellement, les Républicains défendent la liberté pédagogique de l'enseignant, à savoir la liberté de choisir les moyens, les outils et la méthode qu'ils jugent les plus appropriés pour atteindre les objectifs fixés par les textes officiels. Attachée à la maîtrise des contenus disciplinaires, la sensibilité républicaine laisse ainsi de côté la question de la méthode pédagogique, jugée secondaire voire accessoire.

Pour un renouveau pédagogique Estelle Folest.pdf (119.71 Ko)

Positions et propositions du MRC

La mission de l'école : fonder la nation, la citoyenneté, contribuer au développement économique, social et humain du pays.
Le rôle de l'école est d'instruire et de transmettre des valeurs afin de former des citoyens éclairés et d'assurer la promotion sociale du plus grand nombre, de promouvoir le mérite et la sélection des meilleurs par la promotion de tous.
L'école de la République s'adresse à la raison des élèves qu'elle accueille et cherche à pousser chacun au plus haut de ses capacités
(…).

Le texte programmatique issu des travaux de la commission éducation est disponible ici ou ci-après :

 

Commission éducation 2011-2012: positions et propositions de programme

 

Cet article est le 30ème paru sur ce blog dans la catégorie L'école

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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 16:59

Changer les règles de la monnaie unique ou un plan B

 

Face à la crise de la dette en Europe, qui se traduit par la crise de l’euro (voir Wikipédia Crise de la dette dans la zone euro), nous assistons à l’offensive des partisans de l’Europe fédérale, selon le modèle allemand ou américain, comme solution aux problèmes posés par le choix erroné du traité de Maastricht il y a 20 ans (voir Le Figaro l' Europe fédérale, la réponse de l'Allemagne à la crise).

 

Rappel : La Commission européenne exige de la France des réformes libérales - 31 mai 2012

Le « fédéralissime » Jean Quatremer, sur son célèbre blog « Coulisses de Bruxelles », a présenté les positions de la France et de l’Allemagne : Zone euro : ce que veut Paris (16 juin) et Zone euro : ce que veut Berlin (17 juin). Extrait (ce que veut l’Allemagne).

À la différence de Paris, Berlin n’a pas encore mis par écrit sa vision du futur de l’Union : cela devrait être fait pour le Conseil européen des 28 et 29 juin. Mais elle l’a déjà dessiné par petites touches. Au cœur de la pensée européenne allemande, l’union politique : comme l’a affirmé à plusieurs reprises la chancelière allemande, elle est un préalable à la solidarité financière, en particulier si les États membres de la zone euro mutualisent totalement ou partiellement les dettes publiques. Tout simplement parce que cela implique au minimum que le budget de chacun soit contrôlé par les autres : on ne peut demander aux Allemands de payer un jour pour les dépenses inconsidérées des Français dès lors qu’ils n’ont pas les moyens d’élire le gouvernement français… Ce n’est pas une surprise. L’Allemagne, depuis le début de l’aventure européenne, a toujours milité pour la création d’une fédération européenne sur le modèle de l’État fédéral allemand. Mais, à chaque fois, elle s’est heurtée à la France qui rechigne à partager sa souveraineté (…)

 

Attac répond par une Lettre ouverte à François Hollande pour un référendum sur le pacte budgétaire

 

Jean-Pierre Chevènement s’est exprimé dans l’hebdomadaire Marianne (16 juin) :

C'est une erreur d'avoir réduit l'Europe à une monnaie

Marianne : Alors que les partisans de l’Europe, tels Michel Rocard, François Bayrou ou François Hollande, ont multiplié leurs autocritiques, les eurosceptiques se montrent très discrets au moment où ils pourraient triompher. Vous-même, pourquoi ne vous manifestez-vous pas davantage sur le sujet?

Jean-Pierre Chevènement : Je ne triomphe pas bêtement pour ne pas provoquer inutilement ceux dont la pensée a commencé d’évoluer : en tant qu’homme politique, je ne pense pas qu’on puisse sortir de Maastricht à moindre frais pour la France et pour l’Europe sans les maastrichtiens d’hier...

La monnaie unique a une force symbolique que je ne sous-estime pas, même si je ne crois pas que, comme disait Nicolas Sarkozy, « l’Europe, c’est l’euro ». L’Europe devrait être un projet de civilisation. C’est une erreur de l’avoir réduite à une monnaie, de surcroît unique. La monnaie unique fait en effet l’impasse sur les nations et leurs irréductibles différences de structures économiques, politiques et culturelles.

Les concepteurs de la monnaie unique pensaient qu’avec le « pacte de stabilité », les économies finiraient par converger. Pari bien léger : l’expérience des unions monétaires a montré, soit qu’elles finissaient par exploser, faute de véritable unité politique (union latine, union scandinave), soit qu’elles renforçaient les inégalités de départ en polarisant la richesse et le sous-développement aux extrémités ; c’est le cas de la lire italienne creusant l’écart entre l’Italie du Nord et le Mezzogiorno, ou de l’unification monétaire allemande de 1990, faisant des Länder de l’Est une zone périphérique. Entre l’Allemagne et les pays du nord de la zone euro d’une part et les pays de la Méditerranée d’autre part, les écarts de compétitivité et de balances commerciales se sont creusés en dix ans
.

 

Angela Merkel propose une union budgétaire en prenant au mot le credo fédéral des socialistes français. Que lui répondre ?

Mme Merkel ne peut subordonner des réponses urgentes à un projet d’intégration politique pour le moins fuligineux : l’élection du Président de la Commission européenne au suffrage universel - que la Cour Constitutionnelle de Karlsruhe aussi bien n’autoriserait pas - ou la nomination d’un Ministre des Finances européen qui équivaudrait à priver les Parlements nationaux de leur attribution essentielle, le vote du budget. Les « nouveaux cabris » nous proposent le « grand saut fédéral ». Mais c’est un saut dans le vide ! Une « union de transferts » impliquerait un effort de partage insupportable et pas seulement pour l’Allemagne. Un petit exercice arithmétique, à la portée d’un élève de sixième, montre que la solidarité en Europe est financée à 97,5 % par les nations. Si la moyenne des prélèvements obligatoires – le meilleur indice de la solidarité – est de 40 % du PIB dans la zone euro, le budget européen n’est que de 1 %. Le projet de porter le niveau de transfert à l’intérieur de l’Europe à 20%, 10%, voire 5%, est totalement impraticable. Le « fédéralisme » dont on nous rebat les oreilles ne peut être qu’un régime disciplinaire et punitif : c’est celui que nous propose aujourd’hui Mme Merkel.

S’agit-il simplement d’un égoïsme allemand?

Je ne donne pas tort à l’Allemagne de mettre l’accent sur la responsabilité des Etats. Les Allemands ont déjà payé plus de 1000 milliards pour l’intégration de leurs Länder de l’Est. Ils ne veulent pas payer encore pour le Péloponnèse ou l’Estramadoure. L’ardoise de la monnaie unique est déjà de plus de 500 milliards. Jusqu’où les peuples sont-ils prêts à aller dans la voie de la solidarité ? Les Français ne sont pas vraiment conscients qu’on leur demande de payer un peu plus de 100 milliards pour sauver non pas la Grèce ou l’Espagne mais la monnaie unique, véritable tonneau des Danaïdes. Les Allemands ont la tête plus près du bonnet.

L’Allemagne vise la compétitivité à l’échelle mondiale. La réponse de Mme Merkel à la crise de la zone euro est de vouloir mettre tout le monde en Europe à la diète. Mais ce faisant, elle ne programme que l’austérité à perte de vue. La récession qui s’ensuivrait se retournerait contre l’Allemagne. La paupérisation des Etats leur permettrait à peine d’exercer leurs fonctions régaliennes. La seule puissance subsistante serait celle des grands groupes industriels et financiers qui sont pour la plupart concentrés dans l’espace rhénan. Le « modèle allemand » ne peut être transféré au reste de l’Europe. L’Europe méditerranéenne ne se laissera pas transformer en un vaste Mezzogiorno. Revenons aux réalités : La Grèce n’est pas l’Allemagne, et la France non plus.

Il faut donc changer les règles de la monnaie unique. Et, en particulier, donner à la Banque Centrale la mission de garantir, bien plus que la stabilité monétaire, la stabilité financière du système. Il serait nécessaire d’adosser le MES (mécanisme européen de stabilité) à la Banque Centrale européenne. Comme le propose François Hollande, une très forte initiative de croissance doit être prise à l’échelle de l’Europe : plan d’investissement d’au moins 1000 milliards d’ici 2020 financé par l’emprunt, relance salariale là où c’est possible, action concertée des banques centrales à l’échelle mondiale pour soutenir la croissance. On ne peut fermer le robinet budgétaire que si on laisse couler le robinet monétaire.

Vous n’étiez pas pour le décollage de cet euro, mais maintenant qu’il est en vol, avez-vous dit, il faut tout faire pour qu’il ne s’écrase pas. A quelles conditions?

Il faudrait un « atterrissage en douceur ». La sagesse voudrait que nous revenions à terme à un euro « monnaie commune ». L’euro resterait la devise commune de tous les pays européens qui le souhaitent : ceux de la zone euro mais d’autres aussi, qui se sont tenus jusqu’ici à l’écart. L’euro vaudrait dans les transactions internationales et les monnaies nationales recréées ne seraient convertibles qu’en euros. Ce SME bis permettrait, à travers des parités négociées, de tenir compte des écarts de compétitivité qui se sont creusés. Cela dit, un tel projet raisonnable est sans doute optimiste…

La crise de l’euro peut s’expliquer par le fait que l’on a voulu politiser un outil économique – la monnaie – au mépris de la réalité des économies nationales. N’est-ce pas la même erreur que fait François Hollande en mettant en avant les Eurobonds, comme un élément de sortie de crise alors qu’ils impliquent un bond en avant fédéral, que la plupart des pays ne semblent pas décidés à accepter?

François Hollande a souhaité dépasser l’opposition du « oui » et du « non » (à Maastricht ou au TCE). Il faut convaincre les dirigeants européens que l’intérêt commun peut quelquefois consister à faire « marche arrière »…

La marche arrière n’existe pas dans la mécanique européenne…

C’est peut-être le moment d’innover : quand on a raté une bifurcation (entre la monnaie unique et la monnaie commune, par exemple) il vaut mieux y revenir. Le « droit à l’erreur » existe. On ne fera avancer l’Europe qu’en partant des réalités, c’est-à-dire des nations elles-mêmes. C’est pourquoi je ne suis pas partisan qu’on mette à la porte ni la Grèce ni l’Espagne qui sont l’une et l’autre deux grandes nations auxquelles l’Europe doit beaucoup. A court terme nous devons trouver des solutions qui nous donnent du temps : celui d’une réflexion collective sur l’Europe que nous voulons faire. Celle-ci, au XXIe siècle, est nécessaire au regard de la nouvelle bipolarité du monde entre la Chine et les Etats-Unis. Mais nous la ferons avec les nations, à leur rythme, c’est-à-dire à géométrie variable, et en l’ouvrant largement vers l’Est et vers le Sud. Non, l’Europe ne doit pas disparaître mais elle doit être construite sur des bases réalistes pour ne pas devenir une nouvelle « prison » des peuples.

Propos recueillis par Philippe Cohen et Eric Conan

 

Cet article est le 95ème paru sur ce blog dans la catégorie France et Europe

 

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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 18:53

François Hollande a toutes les cartes en mains pour agir

 

Au lendemain du 2ème tour des élections législatives, le moment est venu de compléter l’aperçu publié hier (voir Législatives 2012 : le PS majoritaire seul, large majorité pour la gauche - 17 juin 2012).

 

Résultats

Tous les résultats du second tour (Le Point, 18 juin)

Les résultats, circonscription par circonscription (Le Monde, 18 juin)

Tous les résultats du second tour (Newsletter Acteurs publics, 18 juin)

Retrouvez en cliquant ici tous les résultats du second tour des élections législatives, marqué par une nette victoire de la gauche (recherche par départements, par circonscriptions et par communes). Lire la suite

            Ce qu'il faut retenir des résultats des législatives (Le Monde, 18 juin)

Dans le Courrier des Maires, 18 juin, on a des informations utiles :

Les députés élus aux législatives de 2012, classés par partis politiques

Les 155 femmes députées

Législatives : la gauche dispose d'une "hypermajorité" pour gouverner

 

Un mini remaniement le 21 juin

Seuls deux ou trois nouveaux ministres délégués ou secrétaires d’État devraient rejoindre l’équipe de Jean-Marc Ayrault après le grand chelem des ministres candidats aux législatives. Les nouveaux portefeuilles pourraient concerner le Commerce extérieur, la Formation professionnelle, voire la Fonction publique. Le détail du remaniement sera connu jeudi 21 juin.
Lire la suite

 

Les analyses de Eric Dupin et de Mathieu Deslandes (Rue89, 17 juin) :

Le PS engrange sa plus belle victoire législative depuis 1981

Législatives : la vague rose emporte les caricatures de la Sarkozie

Dans l’Ouest

Voir Législatives en Pays-de-La-Loire. Forte poussée de la gauche (Ouest-France, 17 juin)

                   Les dissidents qui ont obtenu leur siège à l’assemblée (Ouest-France, 18 juin)

En Mayenne Statu quo en Mayenne : 2 députés UMP, 1 député PS (Ouest-France, 18 juin)

Rien ne change, ou presque en Mayenne, au soir du second tour des élections législatives. Le plus petit département de l'Ouest compte toujours deux députés UMP et un député PS, comme en 2007. Lire la suite

 

Guillaume Garot (PS), réélu député dans la 1re circonscription

2e circonscription (sud-Mayenne) : battue, Marie-Noëlle Tribondeau (PS) réagit

 

Cet article est le 48ème paru sur ce blog dans la catégorie Législatives 2007-2012

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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 22:55

 

Deux nouveaux députés MRC : Marie-Françoise Bechtel et Jean-Luc Laurent

 

François Hollande et Jean-Marc Ayrault ont gagné. C’est une vraie victoire, encore mieux qu’en 1981, car elle a été préparée avec soin, grâce à l’expérience acquise depuis 1981. Ils ont toutes les cartes en mains pour réaliser le changement. Ce succès est la conséquence de la démobilisation de l’électorat de droite, suite au résultat de la présidentielle.

 

Voir Ouest-France, 17 juin : Législatives. La gauche remporte la majorité absolue (Lire la suite)  

 

Les dissidents du PS ont obtenu de très bons résultats (rappel : Législatives 2012 : de nombreux dissidents PS en bonne position - 14 juin 2012) : les candidats cités dans l’ouest ont tous été élus.  

La gauche s’impose largement dans l’ouest. Voir Législatives en Pays-de-La-Loire. Forte poussée de la gauche

Le Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) avait un sortant, Christian Hutin (Nord), réélu. Il a deux nouveaux députés, Marie-Françoise Bechtel (Aisne) et Jean-Luc Laurent (Val-de-Marne). C’est une belle satisfaction de passer de un à trois élus, mais Julien Landfried (Hauts-de-Seine) et Catherine Coutard (Drôme) sont passés si près (plus de 49 %)… Beaucoup de regrets aussi pour Etienne Butzbach (Territoire de Belfort) et Ladislas Polski (Var).

 

Rappel : Législatives 2012 : les résultats du 1er tour sont très positifs pour le MRC - 11 juin 2012 

  

Voir 3 députés pour le MRC !

7 candidats MRC étaient présents au second tour des élections législatives. 3 d'entre eux ont été élus ce dimanche 17 juin 2012. Voici les résultats (source : Ministère de l’Intérieur)

 

Circonscription

Candidat

Voix

% exprimés

 

Aisne 4e (#circo0204)

Marie-Françoise Bechtel

21 875

53,62%

élue

Drôme 2e (#circo2602)

Catherine Coutard

24 389

49,19%

 

Nord 13e (#circo5913)

Christian Hutin

28 874

64,73%

élu

Var 7e (#circo8307)

Ladislas Polski (triangulaire)

19 976

35,10%

 

Territoire-de-Belfort 2e (#circo9002)

Etienne Butzbach

12 824

48,26%

 

Hauts-de-Seine 13e (#circo9213)

Julien Landfried

26 633

49,82%

 

Val-de-Marne 10e (#circo9410)

Jean-Luc Laurent

17 943

100,00%

élu

 

Jean-Pierre Chevènement : Une contribution ferme et déterminée du MRC à la majorité présidentielle

 

Les Français ont choisi clairement de donner au Président de la République François Hollande et au Gouvernement de Jean-Marc Ayrault les moyens de conduire les changements qu'appelle la situation du Pays. Le Mouvement Republicain et Citoyen (MRC) a apporté une contribution ferme et déterminée à cette victoire de la gauche.
Avec trois députés, dont son Président Jean-Luc Laurent élu dans le Val de Marne, et ses deux Vice-présidents, Marie-François Bechtel élue dans l'Aisne et Christian Hutin réélu dans le Nord, le MRC fera entendre sa voix à l'Assemblée Nationale. Une voix responsable et argumentée pour mettre la gauche à la hauteur du défi que la France doit relever pour réorienter l'Europe.
Je me félicite de l'excellente tenue de nos candidats dont plusieurs ne ratent l'élection que de quelques centaines de voix. Je déplore enfin que dans la 2ème circonscription du Territoire de Belfort, qui a longtemps été la mienne, une candidature dissidente et de mauvais reports de voix au 2nd tour aient permis à nouveau la réélection du député de droite.

 

Cet article est le 47ème paru sur ce blog dans la catégorie Législatives 2007-2012



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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 15:41

La motion des parlementaires, prise en compte par la ministre

 

Claude Nicolet, attaché parlementaire de Christian Hutin, député du Nord (il sera réélu ce soir), a fait part sur son blog d’une décision importante pour les victimes de l’amiante qui avaient été condamnées par la Cour d’Appel de Douai à rembourser une partie des indemnités qu’elles avaient reçues. Voir Actualités - Claude Nicolet : Amiante: deux folles journées et une belle victoire 

 

Université d'été MRC 2011 029 TChristian Hutin est le président du groupe d'étude sur l'amiante à l'Assemblée nationale. Il avait mobilisé députés et sénateurs pour soutenir les 350 victimes de l’amiante condamnées par la Cour d’Appel de Douai à  rembourser au Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante (FIVA) des sommes importantes que cet organisme leur avait versées trois ans plus tôt.
 

« Une pénible affaire »

Dans la motion*, Christian Hutin dénonce « l'inhumanité des poursuites engagées » et les « méthodes indignes de la République. » Il demande à ce que les victimes puissent « bénéficier d'une remise gracieuse afin de mettre un terme à cette pénible affaire. » Tous les parlementaires, députés et sénateurs, ont reçu la motion rédigée par le groupe d'études sur l'amiante. « Au scandale sanitaire s'ajoute l'injustice. Ce texte a vocation à être signé par l'ensemble des parlementaires de notre pays », a indiqué le député dans la lettre qui accompagnait la motion. Voir Christian Hutin collecte des soutiens auprès des parlementaires (Le Phare Dunkerquois, Suzanne Urgacz, 8 février 2012).


* Extraits de la motion

Par une décision du jeudi 27 octobre dernier, la cour d’appel de Douai rendait un arrêt soulevant une émotion considérable dans le pays et en particulier parmi les victimes de l’amiante. A la suite d’un imbroglio juridique, 17 victimes de l’amiante étaient condamnées à rembourser au Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante (Fiva) une partie importante de leur indemnisation. Ces 17 victimes condamnées venaient s'ajouter à celles qui l'avaient été précédemment. Des sommes pouvant aller jusqu’à 28.000 euros leur sont ainsi réclamées à chacun, ce qui les plonge bien évidemment dans la détresse à la fois financière et psychologique. Le choc est terrible et les associations crient au scandale et à l’injustice. A cela s’ajoute la violence symbolique des lettres de mise en demeure reçues par les victimes et leurs familles, et des visites d’huissiers qui y ont succédé. A la stupeur de la décision de la cour d’appel de Douai s’ajoute l’incompréhension de la démarche du Fiva que toutes les associations de défense des victimes considèrent unanimement comme l’outil pertinent pour l’indemnisation et une réparation du préjudice la plus juste possible.

Nous, parlementaires, de toutes tendances confondues, demandons solennellement au gouvernement que tout soit mis en œuvre pour que le Fiva renonce à la stratégie judiciaire qu'il a récemment adoptée. L'inhumanité des poursuites actuellement engagées à l'encontre de certaines victimes est indigne de la République. Nous demandons également que toutes les victimes d'ores et déjà condamnées à rembourser une partie de leurs indemnités, ainsi que celles qui le seraient dans l’avenir, puissent bénéficier d’une remise gracieuse afin de mettre un terme à cette très pénible affaire. 

  

Voir aussi le blog de la sénatrice PS de Loire-Atlantique Michelle Meunier : Amiante : au scandale sanitaire s'ajoute l'injustice ! 

Cet article est le 22ème paru sur ce blog dans la catégorie Justice Police Défense.

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16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 22:55

Adopter des mécanismes de régulation au niveau européen

 

La suppression des quotas laitiers en 2015 aura des conséquences dramatiques pour les producteurs de lait. A l’initiative de la Commission européenne, le 14 juin 2012, les députés au Parlement européen ont débattu de cette question, mais le commissaire Dacian Ciolos n’était pas présent. Il était remplacé par son collègue John Dalli, commissaire à la santé et à la politique des consommateurs.

 

Patrick Le Hyaric est intervenu lors de cette séance (voir Producteurs de lait européens : empêcher le carnage) en ces termes :

 

Je suis très étonné que la Commission puisse considérer que cela va mieux pour les producteurs de lait. Certes les prix du lait ont un peu augmenté, mais les coûts de production ont progressé bien plus vite. Et la fin des quotas plongera nos agriculteurs dans une concurrence dont les plus petits et moyens ne se relèveront pas. La concentration de la production entre les mains des plus gros producteurs européens va encore s'accélérer.

En même temps, la collecte et la transformation vont aussi se concentrer de plus en plus. Il n'est pas trop tard, Monsieur le Commissaire, pour faire cesser ce carnage annoncé ; pour éviter les millions de destructions d'emplois et les déchirures des territoires que ceci va engendrer. Pour cela il faut avoir la sagesse de revenir à des mécanismes de régulation de la production et de fixation de prix de base couvrant réellement tous les coûts de production.

Je propose la création d'une agence européenne du lait qui aurait pour mission d'évaluer en permanence les besoins en lait et de veiller au respect de prix minimum pour un volume donné de production à définir par pays. Il faut en finir avec l'actuelle logique de double prix, qui place les producteurs dans la violence de la guerre économique mondiale.

Je vous demande, Monsieur le Commissaire, d'écouter l'avis émis sur la réforme de la PAC ainsi que les organisations de producteurs le 4 mai dernier par le Comité des régions d'Europe. Nous ne pouvons laisser le lait qui est un bien commun humain entre les seules mains du marché capitaliste.

Pour leur part, l’Apli et l’Office du lait ont réagi, le 14 juin, à la conférence de presse de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL, section de la FNSEA) en publiant ce texte :

 

Pac et filière laitière - « La Fnpl devrait prôner la régulation plutôt que demander des aides », estiment l’Apli et l’Office du lait

Selon les deux structures, « plutôt que de demander des aides pour réduire la production la Fnpl devrait prôner une régulation de la production européenne et une agence de surveillance des marchés ».

 

L’Apli et l’Office du lait, qui milite pour une régulation européenne de la production laitière, assortie d’une organisation transversale des producteurs par région de production, estiment que la Fnpl, « en défendant une “Pac anticrise” », reprend des thèmes portés par leur association depuis 2009 tant au niveau français qu’européen.

« Enfin consciente des effets d’un marché libéral, du coût généré par la gestion de la surproduction, la Fnpl emboîte le pas aux revendications de l’Emb », poursuivent les deux organisations.

Pour ces dernières, la crédibilité de la Fnpl, et plus largement de l’interprofession laitière, passe par une remise en cause de l’organisation de la filière laitière française. Associée à l’Opl, la branche laitière de la Coordination rurale et soutenue par la Confédération paysanne, l’Apli dénonce depuis plus d’un an « la contractualisation voulue par la Fncl et la Fnpl ».

De son côté, la Confédération paysanne a écrit le 15 juin au ministre de l’agriculture :

Au conseil des ministres européens des 18 et 19 juin - La CP demande à Stéphane Le Foll de faire siennes ses revendications pour la Pac

 

La FNSEA, le 16 juin, a demandé au ministre de l’agriculture d’indiquer quelle serait sa politique :

Nommé ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire dans le nouveau gouvernement de François Hollande, Stéphane Le Foll, est un spécialiste de l’agriculture. Il nous livre sa vision de l’agriculture française et ses ambitions pour l’avenir. Extrait.

Quelles sont vos ambitions pour l'agriculture française au plan européen et mondial ?

S. L. F. : La PAC a atteint les grands objectifs qui lui avaient été assignés il y a cinquante ans : sécurité alimentaire, diversité des productions, accès du plus grand nombre à une alimentation en quantité suffisante, maintien des exploitations partout sur le territoire. Elle est surtout un élément décisif de la construction européenne. Sans politique agricole commune, il n’y a plus de projet européen. Cette politique est une politique publique absolument nécessaire pour combiner les attentes légitimes des citoyens, des consommateurs et surtout celle des agriculteurs et des paysans. Aujourd’hui, le nouveau modèle agricole européen doit permettre de faire vivre différentes productions, différentes organisations et c’est tout le sens du débat qui vient. La préservation du budget de la PAC est indissociable du budget de l’UE. Les deux grandes politiques publiques européennes aujourd’hui, c’est la PAC et la politique de cohésion territoriale. Il faut les défendre ensemble. Elles sont liées, en particulier sur la question du développement rural. Il y a une réforme en cours, les discussions se sont engagées, j’entends les poursuivre avec le souci permanent du dialogue et de la concertation pour que la mutation de l’agriculture française se fasse avec les agriculteurs et pas contre eux.

 

Lire l’ensemble de l’entretien : "Il nous faut inventer un nouveau contrat entre l’agriculture et la société" Interview de Mr Stéphane Le Foll.

 

Cet article est le 317ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

 

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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 22:53

Vers une majorité absolue PS et ses alliés (PRG-MRC-MUP)

 

Le 10 juin, le 1er tour des élections législatives était favorable à la gauche (voir Législatives Tous les résultats, circonscription par circonscription  sur le site du quotidien Libération).

 

Les sondages récents confirment cette tendance, donnant après le second tour la majorité absolue au PS et à ses alliés (PRG Baylet, MRC Chevènement, MUP Hue et divers gauche). Avec les écologistes et le Front de gauche, cela ferait une majorité confortable d’une centaine de sièges. 

 

Le Mouvement Républicain et Citoyen a deux candidats quasi élus : Jean-Luc Laurent (Val-de-Marne) et Christian Hutin (Nord). Cinq autres restent en course au second tour. Voir Législatives 2012 : les résultats du 1er tour sont très positifs pour le MRC - 11 juin 2012. 

 

Dans l’article publié le 23 mai - Législatives 2012 : la gauche veut gouverner, l'UMP a la tête ailleurs - la question de l’application de l’accord PS-EELV était évoquée (voir PS et législatives : la carte de France de la dissidence.

 

En fait, les dissidents divers gauche sont bien placés pour l’emporter le 17 juin dans de nombreuses circonscriptions. Dans le Grand Ouest, citons :

Annie Le Houerou à Guingamp (4ème Côtes-d’Armor) a obtenu 32, 02 % - le candidat EELV : 12,42 %.

Hervé Pallois à Vannes (1ère Morbihan) : 26,34 % - le candidat PS : 16,61 %.

Serge Bardy à Angers Ouest (6ème Maine-et-Loire) a obtenu 20,90 % - la candidate EELV : 16,44 %.

Guy-Michel Chauveau à La Flèche (3ème Sarthe) : 29,06 % - le candidat EELV : 15,43 %.

Yves Goasdoué à Argentan-Flers (3ème Orne) : 38,62 % - le candidat EELV : 4,21 %.

 

Cet article est le 46ème paru sur ce blog dans la catégorie Législatives 2007-2012

 

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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 18:28

Le PS et l’UMP en position de force, le centre à terre

 

Le 10 juin, ont eu lieu les élections législatives dans les trois circonscriptions de la Mayenne. Voir Législatives : les résultats en Mayenne  (France3, 11 juin 2012).

Un second tour, le 17 juin, ne sera pas nécessaire dans la 3ème circonscription (Nord Mayenne) car le député sortant UMP, Yannick Favennec, a obtenu la majorité absolue (près de 54 % des suffrages exprimés).

Comme prévu, dans la 1ère circonscription, le député sortant PS, Guillaume Garot (47%), était près de sa réélection dès le 1er tour.

Le suspense continue dans la 2ème circonscription, où la candidate présentée par le PS, Marie-Noëlle Tribondeau, est en tête avec plus de 30 % des voix, ce qui est excellent et en rapport direct avec l’élection de François Hollande à l’élection présidentielle. Elle a une petite carte à jouer au second tour car les reports des deux candidats centristes éliminés pourraient ne pas être très bons sur le candidat UMP, conseiller d’opposition à Château-Gontier (notamment ceux qui se sont portés sur Philippe Henry, maire de Château-Gontier, même si son suppléant, le maire de Saint-Berthevin, a clairement pris position en faveur du candidat UMP).

 

Les résultats de ce 1er tour ont été analysés par Jean-Yves Delort, journaliste, ancien rédacteur en chef de l’hebdomadaire « Le Courrier de la Mayenne », comme il l’avait fait lors des précédentes élections (voir Présidentielle 2012 : les résultats du 2ème tour en Mayenne (JY Delort) - 7 mai 2012). 1Voici le texte qu’il m’a transmis.

 

Élections législatives en Mayenne : premier tour

 

Les Mayennais ont choisi le Parti socialiste et l’UMP

 

Le premier tour de l’élection législative en Mayenne dimanche dernier se caractérise par trois tendances : la bonne position du Parti socialiste, la solidité de l’UMP et la division du centre.

La bonne position du Parti socialiste se remarque d’abord dans la circonscription de Laval où le député sortant Guillaume Garot obtient plus de 47% des suffrages ; il réalise un très bon score dans toute l’agglomération lavalloise ; le maire de Laval est en passe de retrouver le siège conquis il y a cinq ans sur François d’Aubert. C’est le résultat d’une présence forte sur le terrain depuis cinq ans. Pourtant la différence entre la droite et la gauche reste minime : on est toujours à 50-50 dans la circonscription. Le Parti socialiste fait aussi un excellent résultat à Château-Gontier où sa candidate, Marie Noëlle Tribondeau arrive en première position. Dans une circonscription où la gauche a souvent été absente du second tour, le maire de Bierné a su très bien se positionner pendant la campagne et profiter de la vague nationale qui a porté François Hollande au pouvoir. A Mayenne le candidat de gauche, le Vert Christian Quinton avec 28% des suffrages fait mieux que Jean-Pierre Le Scornet il y a 5 ans. Les électeurs socialistes n’ont pas été gênés de voter pour un candidat écologiste. L’union a bien fonctionné.

L’UMP qui sera vraisemblablement dans l’opposition dimanche prochain se maintient bien en Mayenne. Avec 53% des voix, Yannick Favennec retrouve dès le premier tour son siège de député de Mayenne. Sa présence systématique sur le terrain, les liens qu’il a tissés  lui ont assuré une victoire dans une conjoncture nationale défavorable. Il est un des rares élus de droite de l’Ouest élu au premier tour. Dans le Sud-Mayenne Guillaume Chevrollier avec 20,7% des suffrages réussit une belle opération d’implantation. Ne disposant que du seul mandat de conseiller municipal de Château-Gontier, assez peu connu du public, il a réussi à être qualifié pour le second tour. Il a bénéficié de l’appui du député sortant Marc Bernier et de l’étiquette officielle de l’UMP. A Laval, Samia Soultani avec 22% des voix obtient elle aussi un résultat intéressant pour une première candidature aux législatives. Elle reste peu connue dans le monde rural. Elle sera la seule adversaire de Guillaume Garot pour le second tour. Là encore les électeurs de centre et de droite qui pouvaient aussi voter pour un candidat divers droite (Yves Cortès) ou deux candidats centristes ont largement opté pour le candidat officiel de l’UMP.

C’est le courant centriste qui est le grand perdant des élections mayennaises. Déjà aux présidentielles, le centre avait essuyé un échec en Mayenne, François Bayrou arrivant derrière Marine Le Pen. Dans le sud-Mayenne, le maire centre-droit de Château-Gontier Philippe Henry et la candidate de l’Alliance centriste Elisabeth Doineau récoltent chacun plus de 15% des suffrages. Une seule candidature aurait permis au candidat du centre d’arriver en tête et sans doute de l’emporter au deuxième tour. A Laval aussi, les candidatures centristes restent très marginales et arrivent derrière la candidate du Front national. L’incapacité des responsables centristes à s’entendre a provoqué leur défaite : les centristes se sont battus eux mêmes.

Face à une multitude de candidatures (il y avait 12 candidats à Laval et 30 au total), les électeurs mayennais ont choisi la clarté : à gauche on a voulu confirmer le résultat de l’élection présidentielle et donner une majorité à François Hollande ; à droite on a voté UMP ou centre. Les autres candidats ne dépassent jamais les 10% qu’il s’agisse du maire de Pré-en-Pail Yves Cortes, des écologistes, du Front national (en progression) ou du Front de gauche.

Dimanche prochain, les électeurs de la circonscription de Laval et de Château-Gontier seront à nouveau appelés à voter. L’abstention qui était de 40% dimanche  sera t-elle moins forte ? Sans doute pas. L’élection de Guillaume Garot est vraisemblable à Laval, même si, il y a 5 ans, on avait assisté à une surprise avec la défaite de François d’Aubert. Dans le sud Mayenne, si les reports de voix s’effectuent régulièrement, Guillaume Chevrollier pourrait devenir le nouveau député ; prudence dans le pronostic car en 2007, l’élection de Marc Bernier au deuxième tour avait été difficile.

S’il en était ainsi, la Mayenne se retrouverait avec deux députés de droite et un de gauche, ce qui correspond finalement assez bien à sa physionomie politique générale. 

 

Cet article est le 45ème paru sur ce blog dans la catégorie Législatives 2007-2012

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