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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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Articles RÉCents

11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 22:53

Deux candidats quasi élus et cinq autres en ballotage

 

Le résultat global, le 10 juin, des candidats aux élections législatives estampillés « majorité présidentielle » est une bonne base en vue du second tour le 17 juin. Le président de la République et le Premier ministre ont la quasi certitude d’avoir une majorité parlementaire à l’Assemblée nationale à l’issue de ce second tour qui en précisera l’ampleur.

Le Mouvement Républicain et Citoyen a sa part dans ce succès. Jean-Luc Laurent, son président, dans le Val-de-Marne et Christian Hutin, vice-président, dans le Nord (le seul sortant MRC), sont quasi certains d’être élus.

Cinq autres candidats MRC, qui étaient aussi soutenus par le PS, sont en ballotage plutôt favorable. Marie-Françoise Bechtel, 1ère vice-présidente, dans l’Aisne, Catherine Coutard dans la Drôme, Etienne Butzbach dans le Territoire de Belfort, Julien Landfried dans les Hauts-de-Seine et Ladislas Polski dans le Var, sont qualifiés pour le 2ème tour avec de bonnes chances d’être élus.

 

Voir Législatives 2012: les résultats des candidats MRC (1er tour)

Le Mouvement Républicain et Citoyen présentait une soixantaine de candidats au premier tour des élections législatives du 10 juin 2012, dont 9 avec le soutien du PS. Voici leurs résultats (source : Ministère de l’Intérieur).

Les résultats des candidats d'union MRC-PS

Circonscription

Candidat

Voix

% exprimés

2nd tour

Aisne 4e (#circo0204)

Marie-Françoise Bechtel

10 073

23,37%

qualifiée

Alpes-Maritimes 7e (#circo0607)

Eric Martin

10 769

21,24%

 

Drôme 2e (#circo2602)

Catherine Coutard

17 020

32,90%

qualifiée

Nord 13e (#circo5913)

Christian Hutin

22 564

47,87%

qualifié

Oise 6e (#circo6006)

Jean-Pierre Cossin

8 855

20,49%

 

Var 7e (#circo8307)

Ladislas Polski

15 266

27,27%

qualifié

Territoire-de-Belfort 2e (#circo9002)

Etienne Butzbach

8 403

29,99%

qualifié

Hauts-de-Seine 13e (#circo9213)

Julien Landfried

15 753

29,03%

qualifié

Val-de-Marne 10e (#circo9410)

Jean-Luc Laurent

10 810

33,33%

qualifié

 

Voir aussi Bastien Faudot (MRC) : Les Français ont choisi la cohérence

Chevènement appelle au désistement "partout" pour le candidat de gauche le mieux placé

"Il faut donner une majorité au président" - Entretien de Jean-Pierre Chevènement à Var Matin, vendredi 8 juin 2012.

 

Rappel : Législatives 2012 : le MRC, composante républicaine de la majorité - 7 juin 2012 

 

Cet article est le 44ème paru sur ce blog dans la catégorie Législatives 2007-2012

 

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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 21:54

Il est le nouveau Commissaire général à l’investissement

 

Louis Gallois* vient de quitter la présidence d’EADS - voir EADS change de direction : retour sur le profil de Louis Gallois (BFMTV, 31 mai 2012) - mais il ne reste pas inactif puisqu’il vient d’être nommé Commissaire général à l’investissement.

Voir Louis Gallois serait pressenti pour le Grand emprunt (L’Usine nouvelle, Barbara Leblanc, 6 juin 2012).

Celui qui vient de passer la main chez EADS remplace René Ricol, suite à la décision prise en conseil des ministres ce 6 juin.

La porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem a annoncé à l'issue du conseil des ministres que Louis Gallois va s'occuper du Grand emprunt. Une annonce qui confirme l'information parue dans le quotidien économique Les Echos. Louis Gallois a donc remporté la manche face à Alain Rousset, président de l'Association des régions de France et chargé des questions industrielles dans l'équipe de campagne de François Hollande. Mais aussi face à Jean-Pierre Jouyet, qui aurait manifesté son intérêt pour le poste au cas où il n'aurait pas la direction de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC). Son avantage réside notamment dans son expérience industrielle. Un impératif pour la stratégie du gouvernement tournée avant tout vers la réindustrialisation.

Industrie et politique

Louis Gallois a notamment fait sa carrière à la SNCF, puis à l’Aérospatiale et chez EADS. Mais il est aussi passé par la politique en étant  l’ancien directeur de cabinet de Jean-Pierre Chevènement (en 1981 et 1988). "Fidèle à sa réputation de désintéressement, il est en outre parti sans prime ni retraite-chapeau, ce qui a forcément été apprécié de l'Etat en pleine offensive pour moraliser les revenus des grands patrons", précisent Les Echos. Un point pour lui en plein débat sur les rémunérations des patrons.

Louis Gallois est aussi à la tête de la Fabrique de l’Industrie et a été désigné le 5 juin  président de l'Association nationale de la recherche et de la technologie. Le Grand emprunt représente une enveloppe de 35 milliards d’euros. Mais près de 27 milliards ont d’ores et déjà été affectés sur différents projets. Au total ce sont 91 appels à projets qui ont été lancés et 7 guichets ouverts. Désormais c’est notamment le numérique et le développement durable qui devraient bénéficier du reste de la somme.

 

Voir aussi

Louis Gallois : "L'industrie doit avoir toute sa place dans la campagne"  (L’Usine nouvelle, Laurent Guez, 10 octobre 2011)

 

Louis Gallois chargé du grand emprunt (Ouest-France, Paul Burel, 7 juin 2012)

 

Le PDG sortant d’EADS devient Commissaire général à l’investissement. Il aura à gérer une cagnotte de 35 milliards.

Il a réussi à piloter l’ovni européen qu’est le groupe EADS en désamorçant les bisbilles politiques franco-allemandes. Partout où il est passé - Snecma, Aérospatiale, SNCF - les syndicats l’ont considéré comme un PDG de dialogue. Ils l’ont même regretté quand il a quitté la SNCF. Le Medef, lui aussi, se félicite de la promotion d’un « chef d’entreprise de talent » qui fut, par deux fois, directeur de cabinet de Jean-Pierre Chevènement.

Louis Gallois, 68 ans, socialiste revendiqué, mais « d’abord républicain », est un prototype de patron atypique, même s’il est issu du moule de l’ENA comme la plupart des grands PDG français. On aura d’autant plus de mal à le fabriquer en série qu’il est d’un manque de gourmandise salariale hors norme.

Bref, un grand commis de l’Etat comme on n’en fait plus, à un ou deux Spinetta près (Air France), doté d’un solide humour… sauf quand on le crédite de « diplomate ». « Un patron ne doit pas être un diplomate », assène-t-il. Mais un stratège, pourrait-il ajouter. Car cette perle de patron consensuel a su fédérer les forces d’EADS pour en faire un champion du monde à la barbe de Boeing. Comme il avait su, précédemment, décrocher la SNCF de sa culture « grévicultrice » suicidaire et la remettre sur les rails de l’équilibre, ou encore placer sur orbite industrielle l’Aérospatiale, l’ancêtre d’EADS.

Ce moine soldat n’étant pas de nature dilettante, nul doute que ce n’est pas cet été qu’on le verra beaucoup flâner à Belle-Île o ù il possède une maison. Ni dans les tribunes du stade du Moustoir, malgré son « immense admiration » pour Christian Gourcuff, l’entraîneur des footballeurs lorientais.

* Louis Gallois est proche de Jean-Pierre Chevènement depuis longtemps

Je me souviens des interventions de Louis Gallois lors des réunions du CERES autour de Jean-Pierre Chevènement dans les années 1970. Je l’avais remarqué parce qu’il était très clair dans ses explications de l’économie. C’est un excellent pédagogue. C’est lui que Chevènement avait nommé directeur de son cabinet au ministère de la recherche et de la technologie en mai 1981, puis de l’industrie par la suite. En septembre 1982, le ministre le nomme directeur général de l’industrie. Au retour de la droite au gouvernement, en 1986, il a été quelque temps chargé de mission au ministère de l’économie, des finances et de la privatisation. Puis, en mai 1988, Jean-Pierre Chevènement le nomme directeur de son cabinet de ministre de la défense. Voir Louis Gallois (Wikipédia).

A Saint-Berthevin sous un faux nom

Le 15 octobre 1987, il était l’intervenant de la soirée-débat organisée par la section PS de Saint-Berthevin (Mayenne) sous le nom de Louis Vincent sur le thème « L’industrie française : comment redresser la pente ? ». Il avait accepté mon invitation mais il était alors employé par un groupe de chefs d’entreprise et ne souhaitait pas que son nom apparaisse dans la presse.

Mon ami Georges Garel, qui était alors le secrétaire de la section, avait enregistré (magnétophone) l’ensemble de la soirée et m’en avait transmis une copie, que j’ai conservée. J’avais fait un compte rendu écrit de la soirée-débat et j’en reprendrai des extraits dans un prochain article.

Cet article est le 23ème paru sur ce blog dans la catégorie Personnalités et célébrations

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 21:52

L’UMP risque de perdre le siège du Sud Mayenne

 

A deux jours du premier tour, les intentions de vote mettent la gauche en tête les 10 et 17 juin (voir Législatives 2012 : le MRC, composante républicaine de la majorité - 7 juin 2012).

Nous allons compléter les éléments décrits précédemment concernant l’ouest de la France et, notamment, la Mayenne (voir Législatives 2012 en Mayenne et Pays de la Loire à 7 jours du 1er tour - 3 juin 2012). 

 

Législatives. Les douze points chauds dans l’Ouest (Ouest-France, 7 juin)

Dissidences à gauche, divisions à droite, rivalités au centre… La bataille des législatives s’annonce rude dans plusieurs des circonscriptions normandes, bretonnes et ligériennes.

  

Basse-Normandie

Calvados 14 (Bayeux) : la droite est divisée, la gauche aussi. L’accord EELV-PS réservant la circonscription du Bessin à l’écologiste Isabelle Attard n’a pas été respecté par le socialiste Jean-Pierre Lavisse, qui est candidat.

Manche 50 (Coutances) : l’UMP est divisée, ce qui donne des chances à la gauche (le premier secrétaire du PS, Stéphane Travert).

Orne 61 (Flers) : la succession de Sylvia Bassot (UMP) s’annonce délicate. Le maire PS de Flers est candidat, n’ayant pas accepté l’accord EELV-PS attribuant cette circonscription à l’écologiste Omar Ayad.

Bretagne

Finistère 29 (Châteaulin) : cette circonscription a voté à 59 % pour Hollande le 6 mai. Richard Ferrant (PS) peut la faire basculer à gauche si Christian Troadec (divers gauche) se désiste en sa faveur.

Ille-et-Vilaine 35 (Saint-Malo) : la succession du maire de St-Malo (ex-UMP) est incertaine pour la droite car deux adjoints au maire sont candidats. La gauche pourrait en profiter mais elle est, elle aussi, divisée (un candidat PS et un candidat PRG).

Côtes-d’Armor 22 (Loudéac) : dans ce département, champion de l’Ouest en faveur de Hollande le 6 mai, il ne manque qu’une circonscription au PS sur les cinq. Loïc Cauret, maire PS de Lamballe est, à nouveau, candidat face à Marc Le Fur (UMP).

Morbihan 56 (Ploërmel) : François Guéant (UMP), fils de l’ancien ministre de l’Intérieur, veut la place du sortant, qui ne se représente pas, mais soutient son ancien suppléant (Alliance centriste). La gauche peut l’emporter mais elle est divisée entre Paul Molac, candidat d’union, et Charles-Edouard Fichet, socialiste qui n’a pas accepté l’accord national.

Pays de la Loire

Loire-Atlantique 44 (Châteaubriant) : Le candidat PS Yves Daniel pourrait l’emporter face au député sortant Michel Hunault (Nouveau Centre), bien implanté.

Maine-et-Loire 49 (Angers) : division à droite (le sortant UMP Hervé de Charette face à André Martin, soutenu par l’UMP 49) et division à gauche (la candidate écologiste Marianne Prodhomme, soutenue par le PS, face à l’ex-premier secrétaire du PS, Serge Bardy). Triangulaire possible au second tour.

Mayenne 53 (Château-Gontier) : ce bastion gaulliste UMP (de Gastines, puis Bernier) du Sud Mayenne est menacé car Guillaume Chevrollier (UMP) affronte deux candidats centristes installés, Philippe Henry et Elisabeth Doineau. La gauche ne peut pas rivaliser.

Sarthe 72 (Sablé) : dans la 4ème circonscription (celle de François Fillon depuis 1981), le socialiste Stéphane Le Foll met son poste de ministre de l’agriculture en jeu, face à Marc Joulaud, remplaçant de Fillon depuis deux mandats.

Vendée 85 (Luçon) : un vrai duel dans le Sud Vendée entre le député sortant MPF Dominique Souchet (divers droite) et son prédécesseur à l’Assemblée, Joël Sarlot (UMP). Cela pourrait profiter au candidat PS Hugues Fourage.

 

Pour en savoir plus sur les trois circonscriptions de la Mayenne

            1ère circonscription : Duel à l'UMP face au député sortant socialiste  (Ouest-France, 5 juin)

            2ème circonscription : Sud-Mayenne : la fin du règne gaulliste (OF, 6 juin)

            3ème circonscription : 7 candidats pour faire trembler Yannick Favennec (OF, 7 juin)

 

Pour plus d’informations

 

Ces ministres qui jouent leur avenir
Jean-Marc Ayrault et 24 membres de son gouvernement sont candidats aux élections législatives, dimanche 10 juin, dans des circonscriptions où François Hollande est arrivé en tête le 6 mai, mais parfois de justesse. Le Premier ministre l’a annoncé : les perdants devront quitter le gouvernement.
Lire la suite (Acteurs publics n° 496, 7 juin 2012)

 

Retrouvez tous les candidats aux élections législatives
6 611 candidats sont en lice pour les élections législatives des 10 et 17 juin. Retrouvez leur nom et leur étiquette politique en cliquant ici (recherche par région, département et commune).
Lire la suite (Acteurs publics n° 497, 8 juin 2012)

 

Cet article est le 43ème paru sur ce blog dans la catégorie Législatives 2007-2012

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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 22:20

Les intentions de vote sont favorables à la gauche

 

La presse s’obstine à passer sous silence le fait que le Mouvement Républicain et Citoyen est l’une des composantes de la majorité présidentielle. Il a passé un accord politique et électoral avec le PS aux élections législatives (voir Législatives 2012 : l'accord PS-MRC entre en application sur le terrain - 22 mars 2012). 

 

Cet accord pourrait permettre l’élection de quelques députés MRC (entre deux et quatre selon la projection en sièges réalisée par Ipsos et publiée par Radio France, France TV et Le Monde le 5 juin - Source : Direct Matin 6 juin). « Alors que la majorité absolue est 289 sièges, l’UMP n’en remporterait qu’entre 209 et 255, auxquels il faut ajouter une dizaine pour le Nouveau Centre et les radicaux. De son côté, le PS devrait se situer entre 249 et 291 sièges (…). EELV est crédité de 17 à 23 sièges, le PRG de 14 à 16 et le MRC de 2 à 4. Quant au Front de gauche, il obtiendrait de 21 à 23 sièges. Le total de gauche se situerait entre 303 et 357 députés. Enfin, le Modem et le FN sont tous deux crédités de 0 à 3 députés ».

En métropole, le PS présente 456 candidats dont 138 sont députés sortants, ses partenaires (EELV, PRG, MRC, DVG) en présentent 114.

Voir Législatives : la gauche majoritaire (sondage Ipsos), Aurélie Marcireau, 6 juin)

 

Voir aussi les différents sondages : Législatives 2012 - Intentions de vote 

Le PS en position de décrocher la majorité absolue à l'Assemblée (Les Echos, 7 juin)

Élections législatives françaises de 2012 - Wikipédia

 

Voici la liste des candidats MRC (9 candidats d’union MRC-PS et 55 MRC autonomes)

Législatives 2012: la liste des candidats MRC

Les candidats d'union MRC-PS

  • 6e circonscription des Alpes-Maritimes (#circo0607) : Eric Martin

Les candidats MRC

  • 1ere circonscription des Alpes de Haute-Provence (#circo0401): Hubert Cabassut
  • 7e circonscription des Bouches de Rhône (#circo1307): Pierre Bonnet
  • 2e circonscription du Calvados (#circo1402): Driss Anhichem
  • 6e circonscription du Calvados (#circo1406): Serge Lèzement
  • 3e circonscription de Charente-Maritime (#circo1703): Serge Maupouet
  • 5e circonscription du Doubs(#circo2505): Renée Rémy
  • 1ere circonscription du Gard (#circo3001): Fatima Rag El Hassi
  • 10e circonscription de Gironde (#circo3310): François Mas
  • 10e circonscription de l'Isère (#circo3810): Eric Glaume
  • 5e circonscription de Loire-Atlantique (#circo4405): Jean-François Lajeunesse
  • 7e circonscription du Maine-et-Loire (#circo4907): Daniel Salé
  • 7e circonscription du Pas-de-Calais (#circo6207): Philippe Blet
  • 1ere circonscription du Puy-de-Dôme (#circo6301): Monique Bonnet
  • 3e circonscription du Puy-de-Dôme (#circo6303): Philippe Gorce
  • 3e circonscription des Pyrénées-Orientales (#circo6603): Ahmed Sobban
  • 5e circonscription du Haut-Rhin (#circo6805): Bastien Faudot
  • 9e circonscription du Rhône (#circo6909): Dominique Vial
  • 7e circonscription de Paris (#circo7507): Bruno Moschetto
  • 9e circonscription de Paris (#circo7509): Grégory Auda
  • 10e circonscription de Paris (#circo7510): Philippe Navarre
  • 11e circonscription de Paris (#circo7511): Marianne Picard
  • 13e circonscription de Paris (#circo7513): Fabien Manhes
  • 5e circonscription de Seine-Maritime (#circo7605): Yohann Duval
  • 2e circonscription de Seine-et-Marne (#circo7702): David Dupré
  • 9e circonscription de Seine-et-Marne (#circo7702): Nadine Lopes
  • 2e circonscription de la Somme (#circo8002): Jacques Goffinon
  • 5e circonscription de l'Essonne (#circo9105): Paul Loridant
  • 3e circonscription des Hauts-de-Seine (#circo9203): Aimée Gourdol
  • 2e circonscription de Seine-Saint-Denis (#circo9302): Françoise Marguerite-Barbeito
  • 7e circonscription de Seine-Saint-Denis (#circo9307): Béatrice Desmartin
  • 11e circonscription de Seine-Saint-Denis (#circo9311): Daniel Kpodé
  • 5e circonscription du Val-de-Marne (#circo9405): Marc Badel
  • 6e circonscription du Val-de-Marne (#circo9406): Laurent Muraro
  • 8e circonscription du Val-de-Marne (#circo9408): Arthur Riedacker

 Cet article est le 42ème paru sur ce blog dans la catégorie Législatives 2007-2012

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 22:13

François Hollande s’est engagé à doubler le plafond

 

Le collectif* « Pôle Public Financier au service des Droits » a appelé « l’ensemble des responsables politiques, syndicaux, associatifs et tous nos concitoyens à exiger le doublement immédiat du plafond du Livret A ».

Ce collectif est, pour une grande part, le successeur du collectif « Pas touche au Livret A ! »** qui s’est mobilisé, en 2007 et 2008, contre la banalisation de ce livret et pour le financement du logement social. Il était lui-même issu de l’intersyndicale du secteur semi-public économique et financier créée en octobre 1995 (une trentaine d’organisations syndicales), qui a porté pendant près de 15 ans une revendication unique : la mise en place d’un pôle public financier. Cette intersyndicale a lutté au côté des personnels de différents établissements contre les logiques de démantèlement mises en œuvre par différents  gouvernements, notamment les tentatives de liquidation du Crédit Foncier de France et l’abandon du statut à but non lucratif des Caisses d’Epargne.

Voir Colloque du collectif Pole public financier au service des droits 

 

Après avoir adressé une Lettre ouverte à François Hollande, candidat à la présidence de la République (voir Lettre ouverte à Monsieur François Hollande, candidat à la Présidence de la République), le collectif s’adresse maintenant au président de la République (communiqué, 6 juin 2012).

Nous appelons aujourd’hui l’ensemble des responsables politiques, associatifs et syndicaux – aux niveaux local, départemental, régional et national – ainsi que l’ensemble de nos concitoyens à exiger avec nous le doublement immédiat du plafond du Livret A. Cette promesse (doubler le plafond du Livret A de 15 300 euros à 30 600 euros) structurellement liée à celle de construire 150 000 logements sociaux par an constituent des éléments majeurs parmi  vos 60 engagements pris lors de la campagne présidentielle.

Or, moins de 15 jours après votre élection, nous assistons, quotidiennement, à une offensive sans précédent du patronat bancaire et du patronat des assurances, puissamment relayée par Monsieur Christian Noyer, Gouverneur de la Banque de France, pour s’opposer au doublement du plafond du Livret A.

Pire encore, la presse nous apprend que les banques sont reçues officiellement au Ministère des Finances et qu’elles s’emploient à miner le bien fondé de votre engagement. Des tractations seraient en cours visant à vider de sa substance cette mesure ou à étaler sa mise en œuvre sur une longue durée. Cela afin de préserver les profits des banques qui préfèrent voir leur clientèle orienter leur épargne vers des produits bancaires ou d'assurance-vie spéculatifs, sans finalité d’intérêt général et en partie défiscalisée. Monsieur Didier Migaud, Président de la Cour des Comptes, a pourtant dénoncé, dans un rapport de janvier 2012 consacré pour partie à l’assurance vie, l’inanité d’une telle politique dont les entreprises françaises bénéficient pas ou peu.

Le Livret A finance prioritairement le logement social dans notre pays (depuis 1945, 75 % du parc social ont été financés par ce biais) et, de manière secondaire mais bien réelle, divers besoins d’intérêt général : la politique de la ville (opérations de renouvellement urbain, désenclavement des quartiers ...), l’hébergement des personnes fragilisées, la construction et mise aux normes de maison de retraite, de centres d'hébergement pour personnes handicapées, de places d'hébergement d'urgence mais aussi des transports publics (lignes de chemins de fer, tramways notamment), la modernisation des bâtiments hospitaliers, la réhabilitation des bâtiments universitaires, la mise aux normes des stations d'épuration d'eaux usées ... C'est  cette même ressource qui permet le financement de la "réhabilitation thermique" des logements sociaux (1 million sont programmées dans les 5 ans) ainsi que le portage sur le long terme et la mobilisation par les collectivités locales des emprises foncières nécessaires à la construction de nouveaux logements sociaux.

Nous tenons à vous rappeler :

·         Que 3 600 000 personnes sont considérées comme mal logées et 150 000 sans-abri sont recensés, et que d’autre part, depuis 10 ans, les loyers ont flambé, les prix de l’immobilier ont doublé ainsi que le nombre d‘expulsions,

·         Que la crise du logement  que nous connaissons, la plus grave depuis la Libération, exige un effort de construction de logements sociaux sans précédent qui justifie un effort de financement particulièrement ambitieux,

·         Que plus d’un million de ménages sont en attente d’un logement social en France métropolitaine et qu’en outre-mer la situation dramatique du logement appelle à un effort de construction qui doit prendre rang de priorité nationale,

·         Que les politiques de soutien à la spéculation menées au cours de ces 10 dernières années, ont rendu le marché immobilier et le secteur locatif privé  inaccessibles à la plus grande part des Français et ont produit une bulle immobilière qui menace désormais de provoquer une grave crise,

·         Que la précédente crise immobilière, en 1990, avait été amortie  dans le secteur du bâtiment et de l’économie en général par la construction et la réhabilitation massive de logements sociaux, et ce, grâce au concours du Livret A,

·         Que le plafond du Livret A est maintenu depuis 1986 à son niveau actuel (15 300 euros soit 100 000 Francs), sous la pression des banques, ce qui, compte tenu de l’inflation, a réduit d’au moins 50% la valeur réelle de ce plafond,

·         Que les banques, contre tous leurs engagements, ont non seulement obtenu en 2008 la banalisation du Livret A mais également la remise en cause de la centralisation de l’ensemble des fonds collectés auprès de la Caisse des dépôts et consignations. En effet, elles disposent désormais de 35% des fonds collectés, soit environ 100 milliards d’euros, du fait du bon vouloir à leur égard de Monsieur Nicolas Sarkozy alors que la Commission européenne s’était limitée à exiger la banalisation de la distribution du Livret A. Non seulement la Commission européenne ne remettait pas en cause le système de centralisation des fonds collectés qui avait prévalu pendant plus d’un siècle, mais elle avait même indiqué qu'elle considérait que le système de financement du logement social par la ressource d'épargne réglementée centralisée à la CDC constituait un "service d'intérêt économique général".

Monsieur le Président de la République, face au «monde de la finance» que vous avez publiquement désigné comme votre adversaire, nous vous appelons, au nom de l’intérêt général, à respecter les engagements que vous avez pris devant le peuple français : c’est-à-dire à engager le doublement immédiat du plafond du Livret A et le retour légitime et justifié à la centralisation complète et totale des fonds collectés sur ce Livret auprès de la Caisse des Dépôts et consignations. "

* Les organisations, membres du collectif Pôle public financier :

CGTG IEDOM/AFD GUADELOUPE, CGTR IEDOM/AFD REUNION, SNB IEDOM/AFD MARTINIQUE, CGT MA IEDOM MAYOTTE, SNUCLIAS-FSU, CREDIT FONCIER : CFTC, CFE/CGC, CGT, SU/SNA, et CFDT (sous délégation SPUCE), CAISSES D’EPARGNE (COLLECTIF NATIONAL CGT CAISSES D’EPARGNE, SNP FO), SNUP- CAISSE DES DEPOTS ET CONSIGNATIONS – FSU, CGT BANQUE DE FRANCE, CGT AGENCE FRANCAISE DE DEVELOPPEMENT, SPUCE CFDT (PARIS- ILE DE FRANCE : BANQUE DE FRANCE, CAISSES D’EPARGNE, CREDIT FONCIER, AGENCE FRANCAISE DE DEVELOPPEMENT), INDECOSA CGT, UNION SYNDICALE SOLIDAIRES, FEDERATION CGT FINANCES, FEDERATION CGT BANQUE ET ASSURANCE, FEDERATION SUD PTT et AFVS (Association des familles victimes du saturnisme), AITEC (Association internationale des techniciens et chercheurs), ATTAC FRANCE, FONDATION COPERNIC, MARCHES EUROPEENNES, DAL (Droit au Logement), CONVERGENCES POUR LES SERVICES PUBLICS, RESISTANCE SOCIALE

Voir aussi : La bataille du livret A (Le Point, Marc Vignaud, 1er juin 2012). Le doublement du plafond du placement préféré des Français est sur les rails, au grand dam des banquiers. À tort ou à raison ?

Des voix s'élèvent pour un pôle public financier (l’Humanité, Clotilde Mathieu, 5 juin 2012)

Logement : les pistes pour relancer la construction (Le Figaro, 30 mai 2012)

 

 ** Rappel : Le Collectif Pas touche au Livret A remobilisé par un projet de décret - 26 décembre 2010   

 

Cet article est le 26ème sur ce blog dans la catégorie Le logement

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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 11:33

Craintes des agriculteurs, en France et dans le monde

 

L’accès aux terres agricoles est un problème pour les jeunes agriculteurs. Voici des liens vers des articles traitant de la question du foncier agricole. Le plus récent est celui-ci :

Seraient-elles en train d’échapper aux agriculteurs ? La hausse indéniable du prix des terres agricoles cache des évolutions inquiétantes. L’opacité du marché pourrait menacer le modèle familial français et rendre plus difficile encore l’installation, en particulier de ceux qui ne viennent pas du monde agricole.

C’est la crainte de la Fédération nationale des SAFER (FNSafer). En effet, la structure des exploitations françaises a changé. Gaec et EARL se développent à mesure que le nombre d’exploitants baisse. Avec les groupements fonciers et les SCI agricoles, ces formes sociétaires sont de plus en plus présentes sur le marché du foncier agricole. En 2011, elles représentaient 10 % du marché en surfaces et 20 % en valeur.

La suite : Les terres agricoles de plus en plus hors de prix  (Ouest-France, Mahaut Launay, 31 mai 2012)

Voir aussi : L'accès à la terre, un problème pour l'installation des jeunes agriculteurs - 26 février 2012 et Terre nourricière, livre de Robert Levesque, pour mieux répartir la terre - 27 février 2012

Et aussi : Le foncier, l'agriculture et l'avenir (Colloque de la Fondation Res Publica, 26 juin 2006)

 

Au niveau mondial, je recommande le livre de Thierry Pouch*, aux éditions Choisel :

Thierry Pouch : La guerre des terres, loin de la souveraineté alimentaire  - 12 janvier 2011.

« L’accumulation des déséquilibres mondiaux depuis plus d’un quart de siècle a largement entamé le crédit qui était accordé à la mondialisation. »

 

Economiste, spécialiste d’économie agricole, Thierry Pouch est responsable du service études économiques de l’Assemblée permanente des Chambres d’agriculture et chercheur associé à l’université de Reims Champagne-Ardenne, laboratoire Organisations marchandes et Institutions.

 

La Guerre des Terres (résumé) : dans le domaine agricole, le libre-échange est un échec, l’OMC une usine à gaz. De crises alimentaires en émeutes de la faim, d’achats agressifs de millions d’hectares de terres cultivables en manipulation concertée des prix des produits agricoles, l’agriculture provoque d’intenses débats et l’avenir s’annonce encore plus sombre. L’avènement de batailles commerciales et de conflits agraires de grande ampleur est proche. La paix par le commerce est un idéal révolu, l’agriculture entre désormais dans l’âge impitoyable de la guerre économique mondiale. Sur le front, les puissances historiques – l’Europe et les États-Unis – font face aux puissances émergentes comme le Brésil. La solution? Un retour à la souveraineté alimentaire des États.

Guerre des Terres (sommaire) :

Introduction
Pourquoi y a-t-il des politiques agricoles ?
Agriculture et économie : virulence historique et actualité d’un débat
Naissance de la politique agricole moderne : les exemples américain et européen
Essai de définition de la politique agricole
Échanges agricoles, la montée des tensions
L’affrontement entre l’Union européenne et les États-Unis au GATT (1986- 1994)
Un choc des nations : l’amplification du conflit commercial agricole à l’OMC Géoéconomie des politiques et des échanges agricoles
L’étrange retour de la « souveraineté alimentaire »
Qu’est-ce que la « souveraineté alimentaire » ?
Les formes contemporaines de la « souveraineté alimentaire »
Vers un « État commercial fermé » en agriculture ?
L’Union européenne va-t-elle renoncer à son agriculture ?
Conclusion

 

* Voir aussi La crise de la zone euro vers des solutions nationales (Thierry Pouch) - 12 mai 2012 

 

Cet article est le 316ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 21:56

Un éditorial et des brèves pour analyser et comprendre

 

« Rendre public ce qui voulait rester caché », c’est l’objectif de Guy Laluc, qui est l’exemple-type du fouineur qui va chercher des informations agricoles précises, ciblées, chiffrées et certifiées, afin de les mettre à la disposition des abonnés à sa lettre mensuelle (60 euros pour 11 numéros de ARGOS Communication agricole). Cela leur permet d’aller au-delà des informations qu’ils trouvent dans la presse. En savoir plus et se faire son opinion concernant l’économie et la politique agricoles.

Voir Argos, revue de presse agricole

 

Dans le n° 234 de mai 2012, j’ai retenu l’éditorial et quelques brèves, dont celle concernant le nouveau ministre de l’agriculture (mais, contrairement à ce qui est écrit, je pense qu’il s’imposera dans la circonscription occupée actuellement par François Fillon).

 

BON SENS…

 

Tout un chacun connaît la chambre d’agriculture de son département. Mais qui connaît l’APCA, Assemblée permanente des chambres d’agriculture, à ne pas confondre avec l’association des plaisanciers de la Côte d’Azur ?

Peu sont les professionnels qui connaissent cet échelon national car il n’en sort pas grand-chose. Ses propositions ne heurtent jamais le discours politiquement correct quand elles ne s’égarent pas sur le chemin de l’utopie avec de belles envolées lyriques du style « il faut produire plus et mieux ».

L’économiste en chef de cette structure va-t-il réveiller la bête ne se souciant apparemment pas de la réforme de la PAC à venir ? Dans sa lettre économique de mars, Thierry Pouch sort le clairon. Pendant que les Etats-Unis sont offensifs en matière agricole, qu’ils font jouer les aides directes en fonction des prix agricoles sur les marchés, maintiennent le dispositif d’aide alimentaire, souhaitent amplifier les outils assuranciels publics et privés, veulent réexaminer les dispositions environnementales pour ne pas entraver la productivité du secteur agricole, envisagent même de mettre en place un dispositif de quotas laitiers, l’Europe démonte ses outils de régulation au profit du verdissement. A quand le sursaut européen, s’interroge à juste titre l’économiste qui attend certainement encore l’écho de son bien légitime propos…

 

Et les FDSEA ? Souvent très corporatistes, gesticulant et ronchonnant, criant au loup et réclamant toujours des sous, celles-ci responsabilisent-elles leurs mandants ? Leur font-elles comprendre les réels enjeux ? En un mot, veulent-elles des chefs d’entreprise ou des assistés ? La FDSEA du Finistère dénote totalement. Elle tape dans la butte et rejoint étonnamment, sur le papier, les revendications des producteurs de lait de l’APLI comme celles de la Coordination rurale. Son rapport d’orientation de fin mars dernier, « osons agir pour ne pas subir », est un pavé dans la mare, un aiguillon dans les fesses de sa mère FNSEA. Il dénonce les dysfonctionnements dans quasiment toutes les filières et plaide, à l’inverse même du syndicat majoritaire, pour les organisations de producteurs sans transfert de propriété. Le document dénonce l’obligation d’achat d’appros liée à la vente de produits agricoles. Il exhorte les producteurs à s’organiser par eux-mêmes, sinon, les industriels et l’administration s’en chargeront… Quant à l’approvisionnement des exploitations, cette FDSEA qui plaide pour la transparence s’interroge à propos du bénéfice retiré par l’exploitant des regroupements de coopératives. L’utilisation de compte courant d’associé-coopérateur est perverse et déresponsabilise l’agriculteur, constate également le syndicat qui invite les agriculteurs à comparer les prix d’appros.

Alors que le verrouillage du marché des intrants s’organise avec des petits arrangements qui conduisent à des exclusivités de distribution notamment pour les semences de maïs, la FDSEA menace de mener des actions qui permettent de défendre collectivement les intérêts de la profession, y compris sur l’amont de la production. Auparavant, le syndicat départemental reconnaît humblement que la plupart des dérives trouvent leur origine dans le comportement passif des agriculteurs. Pour cela, la clef réside dans la formation et la recherche d’information de chacun, telle est l’une des conclusions d’un rapport plein de bon sens. Tellement plein de bon sens qu’à la fin de la lecture on se pince encore pour se demander si l’on n’a pas rêvé. Espérons que ces beaux écrits ne resteront pas vains à l’instar des politiques peu avares de promesses mais dont on attend souvent les actes. A suivre…

   

VOTE FN

 

LIBERATION 28/04/12 fait sa une sur « le FN des champs ». Dans LIBERATION 3/05/12, le sociologue Jean Viard explique le vote FN des agriculteurs par la crise agricole « et surtout, avec le départ de Jacques Chirac, les paysans, les responsables agricoles, ont perdu la ligne directe avec le président qui leur donnait espérance et statut (…) culturellement à droite, plutôt catholiques, conservateurs mais innovants, nombre d’agriculteurs se sentirent délaissés ». « Attention au retour des chemises vertes », en conclut le sociologue. Déjà dans LIBERATION 26/04/12, la géographe Béatrice Giblin observe la forte progression des scores Le Pen dans l’Ouest surtout rural. Elle l’explique en partie par la défense des agriculteurs qui a été un des thèmes de campagne de Marine Le Pen.

 

DEMANDE AU NOUVEAU PRÉSIDENT

 

Jean Ziegler, sociologue et ancien rapporteur spécial des Nations-Unies, lance un cri  d’alarme pour le milliard d’humains qui ne mange pas à sa faim. Dans LE MONDE 21/04/12, il interpelle le nouveau président de la République. Il lui demande d’interdire la spéculation boursière sur les produits alimentaires de base, de faire cesser l’accaparement en Afrique de terres arables par les sociétés multinationales d’origine française, empêcher le dumping agricole, obtenir l’annulation de la dette extérieure des pays les plus pauvres, en finir avec les agrocarburants fabriqués à partir de plantes alimentaires…

Il s’échange chaque année l’équivalent de 46 fois la production mondiale de blé sur le marché financier de Chicago, tonne MOMAGRI dans sa newsletter de mai. Ce laboratoire d’idées mené par Pierre Pagesse, président du groupe Limagrain, milite pour des politiques agricoles stabilisatrices afin de lutter contre la volatilité des prix agricoles et assurer des revenus décents aux agriculteurs…

 

UN MINISTRE DE L’AGRICULTURE DE PASSAGE

 

LE FIGARO ECONOMIE 14/05/12 révélait que la FNSEA souhaitait un ministère de l’agriculture élargi à l’agroalimentaire. Bingo, quelques jours plus tard, Stéphane Le Foll est nommé ministre de l’agriculture et de l’agroalimentaire. De source autorisée, Jean-Michel Baylet, sénateur du Tarn et Garonne, était le candidat pressenti mais au dernier moment Stéphane Le Foll a été désigné. Celui-ci a toujours eu la préférence de la FNSEA mais aussi de la coopération dont il défend les avantages fiscaux.

En défendant la régulation dans le secteur du lait, il a su s’attirer les sympathies de l’APLI. Cet homme de pouvoir ne devrait pas rester très longtemps rue de Varenne car il a peu de chances de devenir député dans le fief de François Fillon…Au fait, à quel titre, Jean-Michel Le Métayer, l’ancien président de la FNSEA était-il présent lors de l’investiture de François Hollande ?

 

RE-VOILA MARIE-HÉLÈNE AUBERT

 

Députée d’Eure et Loir de 1997 à 2002, députée européenne (très consciencieuse) par la suite, sans doute pas assez dogmatique pour rester chez les Verts, elle est récemment passée au PS. Elle a été l’animatrice de l’association Agriculture Ecologiquement Intensive (elle y a côtoyé Stéphane Le Foll) qu’elle a soudainement lâchée. Elle réapparaît sur le devant de la scène comme chargée du pôle environnement de François Hollande.

Dans LE MONDE 9/05/12, elle relève que la transition énergétique est la priorité du nouveau Président. La biodiversité, l’eau et l’agriculture durable sont les autres dossiers urgents et il faut sortir d’une logique de confrontation entre écologistes et agriculteurs, assure-t-elle. Et la FNSEA, lui demande le quotidien ? « Il faut s’appuyer sur des initiatives locales pour faire évoluer les états d’esprit (...) Le monde agricole a besoin de reconnaissance ». Quant à la PAC, elle espère que la France ait une position forte pour que les pratiques vertueuses soient valorisées…

 

Cet article est le 315ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 21:01

Une circonscription vedette : la 4ème de la Sarthe avec Le Foll

 

Contrairement à l’élection présidentielle, qui est unique avec une seule circonscription, la France, les Élections législatives françaises sont multiples, avec des cas de figure très variables selon les 577 circonscriptions. Les électeurs perçoivent plus difficilement l’enjeu qui, globalement, est pourtant tout aussi important puisqu’il s’agit d’élire les 577 députés à l’Assemblée nationale et donner au président de la République une majorité pour mettre en œuvre ses engagements (voir Les ministres du gouvernement Hollande-Ayrault ont signé une charte - 17 mai 2012).

 

La mobilisation électorale (le taux de participation), les 10 et 17 juin 2012, sera nettement plus faible que lors de l’élection présidentielle, ce qui aura des effets sur la composition de l’Assemblée nationale.

Selon « Sondages en France », la tendance de l’électorat à voter majoritairement à gauche est en passe d’être confirmée à l’occasion de ces élections législatives - voir Législatives 2012 - Intentions de vote aux élections - mais la majorité sera probablement restreinte et le PS ne pourra en disposer seul. Voir Stéphane Le Foll : «Les sondages n'annoncent pas une vague rose»  (Le Parisien, 3 juin).

 

Comment se présente la situation électorale

dans les cinq départements des Pays de la Loire ?

 

Ouest-France, le quotidien régional (Bretagne, Pays de la Loire, Basse-Normandie), a titré, dans son édition datée des 26-27 mai 2012, « Législatives : 30 circonscriptions, 322 candidats » et a présenté « Les députés qui ne repartent pas, les circonscriptions qui peuvent basculer ». Résumé.

Loire-Atlantique (44)

Ce département qui compte, avec Nantes, la principale ville de la Région, rassemble à lui seul le tiers de la population régionale. Parmi les 10 députés sortants, 6 sont à gauche (dont Jean-Marc Ayrault à Nantes-Saint-Herblain) et 4 à droite. Pas de changement de cet équilibre en perspective (111 candidats). A suivre tout particulièrement, la 1ère circonscription où le sortant est l’écologiste François de Rugy. Il est à nouveau candidat, avec un suppléant PS.

Maine-et-Loire (49)

Fin de la dynastie Narquin-Bachelot, élue de père en fille depuis 1968. Roselyne n’est pas candidate. Son ancien suppléant aura des difficultés à se faire élire. Sur les 7 circonscriptions (78 candidats), 6 sortants appartiennent à la droite. Marc Goua (PS, Angers-Trélazé) restera-t-il isolé ? La circonscription Angers-Mauges (sortant Hervé de Charette) est la plus déroutante, avec de nombreuses dissidences (dont Serge Bardy, ancien premier secrétaire fédéral PS).

Sarthe (72)

Cinq circonscriptions (51 candidats), dont 4 à droite et une seule à gauche (PS, Marietta Karamanli, Le Mans-Bouloire, la 2ème). Deux points chauds : la 3ème (La Flèche-Saint-Calais, le PS soutient un Vert ; le maire de La Flèche, Guy-Michel Chauveau, est dissident) et la 4ème (Le Mans-Sablé-sur-Sarthe) où François Fillon est sortant, son suppléant étant candidat face à Stéphane Le Foll, le nouveau ministre de l’agriculture, qui a besoin de conquérir ce siège pour rester au gouvernement, selon la règle édictée par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault.

Vendée (85)

Les 5 sortants (52 candidats) sont à droite, UMP ou MPF (villiériste) et se représentent, sauf dans la 1ère circonscription. Le président du Département, Bruno Retailleau, a rompu avec le président du MPF, Philippe de Villiers. La division à droite pourrait bénéficier à Sylviane Bulteau (PS) dans la 2ème circonscription et à Hugues Fourage dans la 5ème (Sud Vendée).

 

En Mayenne (53), la seule incertitude est dans la 2ème circonscription (Sud Mayenne)

 

Dans la Première circonscription de la Mayenne, Guillaume Garot (PS), maire de Laval, se représente avec de bonnes chances d’être réélu.

Laval. La première circonscription, de Laval aux Avaloirs  (Ouest-France, 29 mai 2012)

 

Dans la Deuxième circonscription de la Mayenne (Château-Gontier), le sortant Marc Bernier (UMP, proche de Villepin) n’est pas candidat. Il soutient l’UMP Guillaume Chevrollier, qui aura fort à faire avec ses deux concurrents de centre droit : Elisabeth Doineau (Alliance centriste) et Philippe Henry, indépendant. Les deux sont dans la majorité du président du Conseil général, le sénateur Jean Arthuis. La gauche risque d’être écartée du 2ème tour.

Sud-Mayenne. La 2ème circonscription, rurale et urbaine à la fois  (Ouest-France, 1er juin)

 

Dans la Troisième circonscription de la Mayenne (Nord Mayenne), le député sortant UMP, Yannick Favennec, est solidement installé et se prépare à être réélu dès le 1er tour.

Nord-Mayenne. La 3e circonscription, rurale et entreprenante (Ouest-France, 25 mai)

 

Rappel : Législatives 2012 : la gauche veut gouverner, l'UMP a la tête ailleurs - 23 mai 2012 

 

Cet article est le 41ème paru sur ce blog dans la catégorie Législatives 2007-2012

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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 20:51

Des indices concordants qui relancent l’enquête

L’enquête n’est pas arrivée à son terme mais les éléments nouveaux en provenance de l’ONU sont de nature à l’éclairer. « Un document, daté de 1994 et dont «Libération» publie la teneur, révèle la présence d’armes françaises dans l’arsenal rwandais et relance le débat sur les auteurs de l’attentat du 6 avril ».

Rwanda : des missiles qui pointent Paris (Libération, Maria Malagardis, 31 mai 2012)

 

Une fois de plus, elle ressurgit : l’une des plus grandes énigmes de l’histoire récente n’en finit pas de se rappeler régulièrement à notre mémoire à coups de nouveaux éléments, indices oubliés, pistes négligées. Qui a tué le président rwandais Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994, lors d’un attentat spectaculaire resté non revendiqué ? Depuis dix-huit ans, cette question suscite des débats passionnés. Car même si l’attentat est le déclencheur et non la cause du génocide de la minorité tutsie, programmé de longue date, l’identité des commanditaires pèse forcément sur la lecture des événements.

 

Lynchage. Longtemps, c’est la thèse d’un attentat fomenté par les rebelles tutsis du FPR qui a dominé. Elle s’impose même dans les minutes qui suivent l’explosion de l’avion de Habyarimana dans le ciel de Kigali. Dès l’annonce de l’attentat, les proches du chef de l’Etat assassiné, sa famille et les barons du régime vont mettre en cause les rebelles et «leurs alliés naturels» au sein de la population, ainsi que les Belges, qui constituaient alors le principal contingent de Casques bleus occidentaux présents dans le pays. Résultat : après le lynchage de dix d’entre eux, les Casques bleus belges quittent le pays, livré du coup aux ultras du régime rwandais qui déciment systématiquement les Tutsis du pays. 800 00 morts en trois mois : c’est le plus fulgurant massacre jamais recensé. On comprend dès lors que l’attentat «déclencheur» suscite autant de curiosités. Et de blocages.

 

Hasard. C’est presque par hasard, dans le cadre d’une recherche historique, que Linda Melvern, journaliste britannique, tombe sur la fameuse liste évoquant la présence de missiles Mistral, dans les archives de l’ONU. Le document avait été adjoint et noyé au milieu d’un autre rapport. Pourquoi est-ce si important ? Parce que, depuis 1994, les anciens officiers rwandais inculpés par le Tribunal pénal international pour le Rwanda n’ont cessé d’affirmer qu’aucun des leurs ne pouvait être mêlé à cet attentat, car ils ne possédaient pas de missiles. Les autorités françaises, qui les ont trop longtemps soutenus, formés et équipés, ont suivi le même raisonnement : sans arme, pas de crime possible. Mais alors, que viennent faire ces Mistral dans les stocks de l’armée rwandaise ? Et qui savait ?

Le 5 avril 1994, le Casque bleu Yves Teyssier aurait assisté aux préparatifs de l’attentat.

Outre la possession de missiles Mistral par les forces armées rwandaises, d’autres pistes demeurent encore inexplorées par la justice. Notamment des témoignages d’anciens Casques bleus qui, en avril 1994 se trouvaient incorporés au sein de la Mission des Nations unies pour l’assistance au Rwanda (Minuar), dans le pays à partir d’octobre 1993 pour veiller au respect des accords de paix signés entre le régime de Habyarimana et les rebelles tutsis du FPR.

Même si la hache de guerre était officiellement enterrée depuis août 1993, le partage du pouvoir et la mise en place des nouvelles institutions butaient continuellement sur les manœuvres dilatoires du camp présidentiel, peu pressé de céder ses prérogatives au FPR comme à l’opposition interne. En raison de ces reports constants, la situation était très tendue en ce début avril, marqué par des assassinats et des explosions de violences qui compliquaient la tâche de la Minuar.

 

Barrage. C’est dans ce contexte qu’Yves Teyssier, un para-commando belge en poste à Kigali en avril 1994, a vécu une situation singulière le 5 avril, soit vingt-quatre heures seulement avant l’attentat et le début des massacres. A l’époque, sa mission principale consiste à patrouiller autour de Kanombé, pour assurer une présence ostensible de l’ONU dans un périmètre stratégique. Car Kanombé n’est pas un endroit anodin à Kigali : c’est dans cette partie de la capitale que se trouvent la résidence du chef de l’Etat, l’aéroport, mais aussi le principal camp de la garde présidentielle. Jusqu’à cette fameuse soirée, les patrouilles auxquelles participait le sergent Teyssier s’étaient déroulées sans la moindre anicroche, malgré le climat tendu qui prévalait ailleurs en ville.

Ce soir-là, le convoi qui inspecte la zone de Kanombé se compose d’un petit camion avec neuf Casques bleus à bord et d’une Jeep. Sa patrouille est prévue pour durer deux heures, de 20 heures à 22 heures. La petite équipe se trouve déjà au niveau du camp de Kanombé quand on lui refuse l’accès aux routes à voie unique menant vers la vallée en contrebas. Un barrage a été curieusement érigé au milieu de la route, comme si on voulait dissuader toute intrusion. Les Casques bleus tentent bien de faire valoir le bien-fondé de leur mission, mais aucune discussion ne semble possible : les militaires rwandais restent intraitables.

 

Tranchées. A la porte principale du camp, Teyssier constate alors que des pièces d’artillerie viennent d’être installées, ainsi que des emplacements de mitrailleuses. Des soldats sont positionnés dans des tranchées fraîchement creusées. Sur le coup pourtant, les Casques bleus font demi-tour. Ils pensent peut-être avoir le temps d’analyser la situation les jours suivants.

Teyssier, pour sa part, est envoyé en mission dès le lendemain dans le nord du pays. C’est alors qu’il entend sur le réseau radio de la Minuar la voix d’un de ses collègues. Ce dernier se trouve en faction à l’aéroport de Kigali, plus précisément sur une plateforme du deuxième étage de l’ancienne tour de contrôle. Nous sommes le 6 avril et il vient de voir le premier missile manquer l’avion tandis que le second touchait sa cible, un peu en dessous de l’aile gauche. Le sergent Teyssier réalise que la situation dérape et repense à l’incident de la veille au camp Kanombé.

Si son témoignage a pu échapper jusqu’à présent aux juges Trévidic et Poux, en charge de l’enquête à Paris, son collègue de l’aéroport a été entendu par les services militaires belges dès 1994. Il affirmait alors déjà que les tirs provenaient du camp militaire de Kanombé. Bien avant que les experts des juges parisiens privilégient cette piste eux aussi.

 

Cet article est le 23ème paru sur ce blog dans la catégorie Afrique.

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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 22:33

La monnaie est l’attribut d’un Etat, ce que l’Europe n’est pas

 

François Hollande s’est engagé à réarmer l’économie française, ce qui implique de trouver les moyens d’affecter les capitaux là où ils sont nécessaires pour donner du travail aux salariés. La tendance est, au contraire, à la concentration des richesses dans des mains, toujours moins nombreuses, qui n’investissent pas dans la création de travail. C’est cela qu’il faut changer et ce n’est pas de la rigolade…

Autrement dit, les Etats continuent d’être sous l’emprise de la finance. Pour en sortir, il faudra aux dirigeants de nouvelles visions de l’exercice de leurs responsabilités.

 

Voici ce qui s’écrit dans la presse américaine à propos de l’Europe. Elle a forgé un nouveau mot « Grexit », contraction de Grèce exit (sortie de la Grèce de la zone euro).

Voir Presse américaine : Les Etats-Unis ont les yeux rivés sur le "Grexit" (Sixtine Léon-Dufour, 23 mai 2012).

Cela me conduit à L'Edito Matières Premières & Devises, paru ce 1er juin, sous la signature de Isabelle Mouilleseaux* :

Sans confiance, pas de monnaie
Une monnaie existe parce que ses utilisateurs, vous et moi, avons confiance en elle. Après tout, un billet de 500 euros n’est qu’un vulgaire bout de papier. Ce qui fait sa valeur, c’est la confiance que nous mettons dans ce bout de papier. Nous avons confiance qu’en échange de ce papier, nous pourrons acheter pour une valeur de 500 euros de biens tangibles. La confiance est essentielle. Sans confiance, une monnaie se meurt. Ce principe est bien sûr applicable à l’euro. Mais l’euro est une “monnaie unique”. Et pour assurer sa pérennité, la confiance ne suffit pas. Il lui faut un deuxième élément :

Une seule et unique valeur
L’euro a une valeur unique. Cette valeur est la même dans tous les Etats de la zone euro. Cette unicité de la valeur est l’essence même de la “monnaie unique”. Un euro déposé en Allemagne vaut autant qu’un euro déposé à Palerme, Madrid ou Athènes. Et les utilisateurs ont AUTANT CONFIANCE dans l’euro déposé à Berlin qu’à Athènes. Pas de monnaie unique sans valeur unique. Cette unicité de la valeur est fondamentale et structurante.

 

Voilà pour la théorie. Maintenant, qu’en est-il de la réalité ?

 

Premier constat : le Grexit nous dit que l’euro grec est surévalué de 30 à 50%
Les retraits des Grecs s’élèvent à 72 milliards d’euros depuis janvier 2010. Pourquoi les déposants auraient-ils intérêt à retirer leur argent de leur compte en banque pour le placer en Suisse, en Allemagne (ou ailleurs) ? Peut-être estiment-ils que “leur” euro, l’euro grec, ne vaut pas ce qu’on dit qu’il vaut ; qu’il vaut moins qu’un euro “normal”. L’éventualité d’un retour à la drachme laisse envisager une dévaluation potentielle de la monnaie locale de 30 à 50%. Cela ne revient-il pas à dire que “l’euro grec” est surévalué de 30 à 50% ? Et qu’il ne vaut pas la même chose que l’euro de Paris, Rome ou Berlin ? Le principe d’unicité de la valeur de la monnaie unique est battu en brèche. Dans la tête des détenteurs, l’euro grec est de moindre valeur.

Second constat : L’euro allemand est très recherché. Et s’il valait plus ?
Autant l’euro grec est fuit, autant l’euro allemand est recherché. On va même jusqu’à “payer” pour en détenir. Qu’est-ce que cela veut dire ? Peut-être que les investisseurs se protègent du risque potentiel d’une implosion de l’euro. Ils se ruent vers l’euro allemand parce qu’ils estiment que cet euro allemand vaut plus que la valeur actuelle de l’euro. Dit autrement, si l’euro implosait, le retour au deutschemark entraînerait immédiatement une forte réévaluation de la monnaie locale. Là encore, le principe d’unicité de la valeur de la monnaie unique est battu en brèche. Dans la tête des investisseurs, l’euro allemand à “plus” de valeur.

Que retenir de tout cela ?
1 – Nous assistons actuellement à la désintégration du concept d’unicité de la valeur de la “monnaie unique” dans l’esprit des investisseurs. Dans leurs têtes, la fin de l’euro commence à prendre forme.

2 – Et comme si cela ne suffisait pas, nous assistons par-dessus le marché à une défiance des investisseurs internationaux face à l’euro. Eux ne se posent pas la question de savoir si l’euro allemand vaut plus que l’euro grec ; pour eux c’est “exit l’euro” tout court… et tout de suite.

Sa valeur se délite à toute vitesse sur les marchés internationaux. Les investisseurs le fuient pour se réfugier dans le dollar. Perte de confiance ; unicité de sa valeur mise à mal… l’euro est sur le fil du rasoir.

 

Article lié (20 janvier 2012) : Sortir de la zone euro ? Voilà le sujet qui agite le paysage industriel allemand. Extraits.

Un pavé dans la mare…
C’est comme cela que je qualifierais les propos tenus par le très influent Anton Börner, à la tête de la puissante association des exportateurs allemands : 120 000 entreprises au coeur de la réussite du modèle allemand. Autant dire que son avis compte. Selon lui, les pays en difficulté de la zone euro doivent impérativement réaliser des réformes profondes pour restaurer leur compétitivité. Si tel n’était pas le cas, ou en cas d’échec, “une désagrégation de la zone euro serait la solution” affirme-t-il sans détour dans le plus
Handelsblatt (équivalent des Echos). (…)

Sortir de la zone euro ? Voilà le sujet qui agite le paysage industriel allemand
La question clé n’est plus de savoir si la Grèce doit ou non sortir de la zone, mais bel et bien si l’Allemagne doit y rester et à quel prix ?

* Isabelle Mouilleseaux rédige chaque jour l'Edito Matières Premières & Devises (Publications Agora), une lettre Internet consacrée au marché des matières premières et au marché des devises. Vous pouvez recevoir gratuitement cet édito en cliquant ici.

 

Cet article est le 126ème paru sur ce blog dans la catégorie Capitalisme

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