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Présentation

  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 22:48

André Lefranc : l’Apli est là pour solidariser les producteurs

 

APLI-53-AG-Commer-210512-004-T.jpg

Photo, de gauche à droite: André Lefranc, Hervé Delogé, Jean-Claude Aubry, Isabelle Connan.

 

En Mayenne, depuis le lancement de l’ASSOCIATION NATIONALE DES PRODUCTEURS DE LAIT INDEPENDANTS, Hervé Delogé se démène pour faire vivre l’Apli 53, non sans difficultés, notamment depuis l’assemblée générale, le 28 février 2012 à Commer (voir L'Apli 53, en AG, a adopté les statuts nationaux mais perdu son bureau - 3 mars 2012).

 

Après la démission de nombreux membres du bureau, il a constitué un bureau provisoire (lui-même président, Jean-Claude Aubry secrétaire, et Franck Courcelle trésorier). Puis il a décidé de relancer le mouvement en convoquant une nouvelle assemblée générale hier à Commer (voir Les producteurs de lait de l'APLI 53 (Hervé Delogé) en AG le 21 mai - 20 mai 2012. 

 

Dans la même salle des Lilas, une soixantaine de personnes étaient présentes, dont une dizaine de candidats au Conseil d’administration de l’association, en plus des trois membres du bureau provisoire. Tous élus à l’unanimité (ou presque) des 38 votants, ils se réuniront bientôt pour reconstituer un bureau. Le président provisoire avait atteint son objectif.

 

Cette AG avait aussi pour but de faire le point sur les diverses initiatives nationales de l’Apli, le plus souvent avec ses partenaires (Confédération paysanne et Organisation des producteurs de lait) dans le cadre de l’EMB (European Milk Board) au niveau européen.

En dépit de l’absence de Paul de Montvalon, président de l’Office du lait et de France MilkBoard, excusé, les intervenants étaient de haut niveau : André Lefranc (Manche), président national Apli, Yves Sauvaget (Manche), président national de la section lait de la Confédération paysanne, codirigeant de l’office du lait et de l’association France MilkBoard (FMB), et Isabelle Connan (Côtes-d’Armor), responsable ouest de la coopérative FaireFrance pour le Lait équitable.

Dans la salle, Olivier Chemin, président 53 de la Coordination rurale, Vincent Guillet, président 53 de la Confédération paysanne, et Dominique Morin, président de la section lait de ce syndicat, étaient présents et se sont exprimés en cours de débat.

 

En ouverture de séance, Hervé Delogé a rappelé les positions de l’Apli (voir Agriculture et présidentielle : A Lefranc explicite la politique de l'APLI - 4 mai 2012).

 

Ensuite, André Lefranc a rappelé l’historique de l’Apli et le but poursuivi. Lui-même n’avait aucun engagement professionnel avant l’Apli, née en 2008 de la baisse du prix du lait et des revenus des producteurs. Il milite pour la mise en place d’un système européen de régulation au sein de la filière laitière - et de la profession, plus généralement - avec partage équitable de la valeur ajoutée entre les différents acteurs de la filière.

 

Le problème ne se limite pas à l’Europe. Les producteurs de lait sont, partout dans le monde, soumis à un rapport de forces défavorable à l’égard des grandes firmes industrielles et commerciales (voir la publication, en décembre 2011, de La grande arnaque du lait par l’organisation internationale « Grain »). En se mobilisant, il est possible de changer les choses.

 

La raison d’être de l’Apli, c’est de créer les conditions pour solidariser les producteurs. C’est pourquoi l’Apli s’est engagée dans l’Office du lait et France MilkBoard (voir Débat FMB-Office du lait à Mayenne le 5 décembre : un vent nouveau - 12 décembre 2011) et dans l’opération « Sauvons le lait ».

 

C’est pour revaloriser la place et le revenu du producteur que l’Apli s’est engagée dans le « Lait équitable », une adaptation en France (Fairefrance) de ce qui est fait en Belgique (Fairebel) et au Luxembourg (voir A Martigné (Mayenne), l'APLI (EMB) a lancé le lait équitable français - 24 mars 2012).

Il s’agit de commercialiser du lait dans les grandes surfaces, en commençant par le plus simple (lait UHT demi-écrémé), à un prix équitable (« fair » en anglais), incluant une rémunération correcte de l’éleveur laitier.

Cette initiative (en Belgique, le lancement d’un nouveau produit, une crème glacée « équitable ») a été saluée par le commissaire européen à l’agriculture, Dacian Ciolos (voir L'APLI et l'EMB ont noué des relations avec Dacian Ciolos en Belgique - 26 avril 2012).

 

Dacian Ciolos a expliqué que la consigne à Bruxelles du temps de Mariann Fischer Boel, son prédécesseur, était d’éviter de rencontrer les producteurs de lait contestataires de l’Apli et de l’EMB. Il a félicité le président de Fairecoop Erwin Schöpges, au vu de l’intérêt des réalisations.

 

André Lefranc est favorable au principe de base des coopératives mais il reproche aux coopératives laitières de s’être trop souvent limitées aux productions de beurre et poudre de lait (pour l’export et avec les aides publiques). Elles sont peu performantes au niveau de leurs résultats financiers, tirant à la baisse les prix payés aux producteurs. Les industriels privés sont sur des produits dégageant plus de valeur ajoutée.

La coopérative Lait équitable - qui ne vise à conquérir qu’environ 1 % des parts de marché au niveau français - remet en cause le système qui n’a plus de coopératif que de nom. Il faut adapter l’offre aux besoins de la consommation (le Canada est un bon exemple) et refuser le système des « fermes usines » qui se développe dans le monde.

 

Yves Sauvaget (Confédération paysanne) présente le contrat France MilkBoard (voir Le contrat laitier France MilkBoard pour une nouvelle dynamique de filière- 11 décembre 2011. Les industriels n’ont pas voulu négocier. C’est important de l’avoir comme solution alternative pour s’organiser et se défendre collectivement.

 

La contractualisation a été présentée comme une solution après l’abandon des quotas laitiers, en 2015 (cet abandon n’est plus aussi sûr depuis que 7 pays ont exprimé leurs réserves et on attend la position du nouveau gouvernement français).

 

En l’absence de quotas et de toute régulation, les producteurs pourront produire autant qu’ils voudront, les coopératives étant obligées de collecter tout le lait produit, selon leurs statuts, ce qui provoquera la surproduction. Les industriels privés règleront la quantité collectée par contrat avec les producteurs.

Répondant à une question, il précise que les références laitières n’existeront plus à partir de 2015. C’était l’objectif de Mariann Fischer Boel, qui avait augmenté les quotas pour faire tomber les références qui étaient vendues (Danemark)

 

Isabelle Connan présente le concept Lait équitable FaireFrance, qui a pour objet d’arrêter l’engrenage vers l’industrialisation et rémunérer correctement le producteur (voir L'Apli (EMB) est engagée dans un projet de coopérative lait équitable - 12 février 2012).

 

Il s’agit de créer une marque de produits, laitiers dans un premier temps, appartenant au monde agricole, sur la base du concept « bon et équitable », bon par la qualité (naturelle) des produits commercialisés, équitable dans le sens d’un prix juste pour le producteur (le rémunérant correctement).

 

Cet article est le 313ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 18:24

Pour le rassemblement de la gauche et des républicains

 

Ce 21 mai, commence la campagne des élections législatives des 10 et 17 juin. Si la logique et la cohérence politiques sont respectées, le président de la République, François Hollande, et son Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, devraient avoir une majorité à l’Assemblée nationale afin de leur permettre de réaliser leurs engagements.

Voir Les ministres du gouvernement Hollande-Ayrault ont signé une charte - 17 mai 2012 

 

L’important est de rassembler la gauche et les républicains autour d’une politique de progrès social afin de redresser la France et l’Europe. Cela se fera grâce à la mobilisation citoyenne.

Le mouvement d’en haut et d’en bas, comme nous disions au CERES avec Jean-Pierre Chevènement dans les années 1970. Ce qui n’a pu être fait avec François Mitterrand après 1981 (c’était le début de l’emprise des idées néolibérales dans le monde capitaliste, à l’initiative de Reagan et Thatcher) peut réussir après 2012 avec François Hollande, en raison de la crise du capitalisme financier, elle-même due à la faillite des thèses néolibérales.

 

Deux semaines après la victoire de François Hollande à la présidentielle, la campagne pour les législatives est donc officiellement ouverte. 6.591 candidats en lice pour 577 sièges à pourvoir et un objectif à gauche : éviter une cohabitation. Mais pas seulement. Les quatre objectifs : s'assurer une majorité parlementaire, éviter une dispersion de la gauche, préserver l'unité du PS et 25 ministres à élire. Lire Législatives : les enjeux pour la gauche (Europe1).

 

Voir aussi Élections législatives françaises de 2012 (Wikipédia)

Assemblée nationale - Les élections législatives 

La campagne des législatives débute aujourd'hui (Ouest-France, 21 mai)

Top départ pour les 6 540 candidats aux législatives (La Parisien, F Gerschel, 21 mai)

   

Les candidats aux élections législatives en Mayenne

 

Trente candidatures reçues en préfecture (Ouest-France, 19 mai)

 

Première circonscription (Laval – Evron – Pré-en-Pail) :

Marie-Alix Le Comte (Front National), Emile Seigneur (Parti ouvrier indépendant), Isabelle Dutertre (Alliance centriste), Samia Soultani-Vigneron (UMP), Yves Cortes (divers droite), Bernard Fauverte (Lutte ouvrière), Isabelle Kozlowski (Mouvement écologiste indépendant), Christine de Saint-Genois (Nouveau Centre), Aurélien Guillot (Front de Gauche), Bernadette Bresard (Alliance écologie indépendante), Sophie Delord (Nouveau Parti anticapitaliste), Guillaume Garot (Parti socialiste).

 

Deuxième circonscription (Saint-Berthevin – Château-Gontier – Sainte-Suzanne) :

Jocelyne Mallez (Front National), Martine Amelin (Lutte ouvrière), Mégane Manfroi (Debout la République), Elisabeth Doineau (Alliance centriste), Guillaume Chevrollier (UMP), Julie Cochin (Front de Gauche), Philippe Henry (Divers droite), Marie-Noëlle Tribondeau (Parti socialiste), Claude Gourvil (Europe Ecologie-Les Verts), Joachim Carlier (Nouveau Parti anticapitaliste).

 

Troisième circonscription (Loiron – Mayenne – Couptrain) :

Yannick Favennec (UMP), Bruno de la Morinière (Front National), Hervé Eon (Front de Gauche), Marie-Paule Catheline (Lutte ouvrière), Anne Reminiac (Gauche anticapitaliste), Christian Quinton (Europe Ecologie-Les Verts), Alexandra Leuliette (Le Centre pour la France), Esther Lubiato (Debout la République).

 

Rappel : Législatives 2012 en Mayenne : de nouveaux candidats en compétition - 15 mai 2012 

 

Au niveau national

 

Le PS soutient les candidats présentés par le MRC dans 9 circonscriptions :

         Rappel : Législatives 2012 : l'accord PS-MRC entre en application sur le terrain 

 

-          Aisne (4ème) : Marie-Françoise Bechtel 

-          Alpes-Maritimes (7ème) : Eric Martin 

-          Drôme (2ème) : Catherine Coutard 

-          Hauts-de-Seine (13ème) : Julien Landfried 

-          Nord (13ème) : Christian HUTIN 

-         Oise (6ème) : Jean-Pierre Cossin 

-         Territoire de Belfort (2ème) : Étienne Butzbach

-          Val-de-Marne (10ème) : Jean-Luc Laurent

-          Var (7ème) : Ladislas Polski 

   

Cet article est le 37ème paru sur ce blog dans la catégorie Législatives 2007-2012

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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 20:44

L’association veut se relancer et peser sur les décisions

 

Depuis les grèves de livraison de lait, en septembre 2009, qui avaient fait connaître l’ASSOCIATION NATIONALE DES PRODUCTEURS DE LAIT INDEPENDANTS, le revenu des éleveurs laitiers s’est redressé mais les causes du malaise n’ont pas été traitées.

 

Les organisations professionnelles (APLI, Confédération paysanne, Coordination rurale) adhérentes de l’Office du lait seront présentes lundi 21 mai 2012 à 20h30, salle des Lilas à Commer, près de Mayenne, lors de l’assemblée générale de l’Apli 53, à l’invitation de son président (par intérim), Hervé Delogé.

 

Le but est de reconstituer le bureau de l’association après la démission de certains de ses membres (voir L'Apli 53, en AG, a adopté les statuts nationaux mais perdu son bureau - 3 mars 2012) et de relancer la dynamique du mouvement, en présence des responsables nationaux de l’Apli et de l’Office du lait.

Interviendront : André Lefranc, président de l’Apli (voir Agriculture et présidentielle : A Lefranc explicite la politique de l'APLI - 4 mai 2012), Paul de Montvalon, président de l’Office du lait et de France MilkBoard (voir Agriculture et présidentielle : A Lefranc explicite la politique de l'APLI - 4 mai 2012) et Isabelle Connan, déléguée Ouest pour le Lait équitable (voir Lait équitable : réunion en mayenne des producteurs de lait apli-emb - 20 mars 2012).

 

Mayenne-Apli-180110-003-T-copie-1.jpgL'Avenir Agricole a eu un entretien avec Hervé Delogé (à gauche sur la photo, au côté d'un éleveur laitier québécois), agriculteur à Commer, et responsable départemental de l’Apli (édition du 18 mai 2012). Voici l’article publié.

 

L’Apli veut rassembler pour les élections et dans ses associations

 

L’association des producteurs de lait indépendants a connu quelques soubresauts mais ses membres veulent encore croire au changement. Une réunion se tient lundi soir afin de relancer une dynamique locale et pour faire le point.

 

Lundi soir, Hervé Delogé aura deux missions : inciter les agriculteurs présents à aller voter aux élections à la chambre d’agriculture et reconstituer le bureau mayennais de l’Apli12:16. En février dernier, le président, le vice-président, la trésorière, notamment, avaient démissionné. En cause, les nouveaux statuts de l’Apli nationale, qui entend se structurer en fédération, et son implication plus politique, ne leur conviennent pas.

Président par intérim, Hervé Delogé ne veut voir là que des « détails » et préfère éluder la question. A ses yeux, l’essentiel est ailleurs. « L’année 2012 est stratégique pour l’avenir des producteurs de lait ». Lundi soir, l’Apli 53 offrira une tribune à des représentants de la Confédération paysanne et de la Coordination rurale - ces deux syndicats adhèrent aussi à l’office du lait - « C’est ouvert, si des gens de la FDSEA veulent venir… On veut surtout inciter les gens à aller voter, en janvier 2013, et élire ceux qui nous défendent vraiment ». 

 

Hervé Delogé l’assure : « L’Apli reste une association neutre ». Mais, comme lors de la campagne présidentielle, elle montre sa préférence. « Qu’a fait Nicolas Sarkozy pour l’agriculture, interroge-t-il ? Pas grand-chose ! Sinon de nous mettre les contrats dans les pattes… Et on y a vu le caractère des laiteries. Ce sera pire qu’actuellement avec le contrat moral. C’est une politique de riches : les contrats favorisent toujours le payeur. On sent que l’idée défendue par Nicolas Sarkozy était de copier le système suisse, mais on sait très bien que cela n’a pas marché ». L’attente est donc grande en direction du nouveau locataire de l’Elysée*.

« Trop de choses ne vont pas dans l’agriculture », poursuit Hervé Delogé. Il énumère : la hausse des charges en général, les aides destinées aux exploitations les plus importantes, l’incitation des industriels à « nous faire toujours travailler plus… On fait un métier intéressant, celui de nourrir la population. Mais quel avenir on a s’il n’y a plus de jeunes à s’installer ? » Il interpelle ses collègues « Les producteurs ont la tête dans le guidon, certains investissent pour produire plus sans même savoir ce que sera le prix du lait demain, ni les besoins du marché ». Et pourtant, il y a de quoi s’interroger, souligne-t-il : « La preuve, les laiteries appliquent la flexibilité quand elles ne savent pas quoi faire du lait et qu’elles n’arrivent plus à suivre quand les éleveurs produisent trop ».

Quant aux OP FNPL (organisations de producteurs liées à la fédération des producteurs de lait FNSEA), « c’est le risque de perdre sa référence laitière ». Des associations indépendantes pourraient ainsi se mettre en place et se fédérer entre laiteries. Mais pour y parvenir, « il faut aussi que les gens cotisent pour soutenir notre action ! »

* L'APLI et l'Office du lait exposent leurs souhaits au président Hollande - 11 mai 2012 

 

A noter que Hervé Delogé avait accepté, à ma demande, de recevoir dans sa ferme Jean-Pierre Chevènement et un groupe d’agriculteurs responsables des organisations membres de l’Office du lait. C’était le 30 novembre 2011, l’ancien ministre, sénateur, étant alors candidat à l’élection présidentielle (il a ensuite décidé de soutenir François Hollande). Ce n’était en rien un acte militant de la part de Hervé Delogé, celui-ci voulant faire savoir les problèmes des producteurs de lait à un élu politique.

Voir, à ce sujet : Agriculture : les propos de Chevènement le 30 nov. 2011 en Mayenne - 22 février 2012 et Jean-Pierre Chevènement en campagne présidentielle 2012 en Mayenne (vidéo, Eric de la Chesnais)

Cet article est le 312ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 22:54

Le nouveau ministre de l’agriculture bien accueilli

 

Les organisations professionnelles agricoles sont satisfaites de la nomination de Stéphane Le Foll au ministère de l’agriculture et de l’agroalimentaire.

 

Jacques Berthelot, économiste, auteur du livre « L’agriculture, talon d’Achille de la mondialisation » (voir Pour un modèle agricole dans les pays du Sud, par Jacques Berthelot), a fait le tour des atouts et des faiblesses du nouveau ministre, à partir de ses déclarations* et des réactions des organisations professionnelles.

* Parmi les déclarations, à noter celle-ci (site agriculture et environnement, 16 mai) : Stéphane Le Foll : « Les quatre enjeux de la proposition de Dacian Ciolos »

 

1) Les atouts : Stéphane Le Foll connaît bien la PAC, par son parcours et notamment les 8 ans passés à la Commission agricole du Parlement Européen (PE). L'accueil favorable unanime des différents syndicats agricoles en témoigne.

 

Il a défendu au Parlement Européen une réforme de la PAC plutôt positive pour le rééquilibrage des aides directes (AD) entre les Etats membres (EM) de l'UE27 et entre les agriculteurs, notamment en insistant sur la dégressivité en fonction des emplois, et pour une agriculture moins intensive en intrants. Il défend aussi le principe de la souveraineté alimentaire par grande région du monde et la nécessité de maintenir des outils de régulation suffisants, déplorant la fin des quotas laitiers, sucriers et des droits de plantation viticoles.

 

Toutefois ces positions de principe sont fortement affaiblies par les propositions concrètes de la Commission, acceptées largement par le Parti Socialiste Européen au PE. En particulier :

- le rééquilibrage des AD proposé par la Commission entre les AD des EM de l'UE15 et de l'UE12 est dérisoire : 671 M€ à partir de 2018, alors que l'égalisation des AD supposerait des AD supplémentaires de 3,784 Md€ dans l'UE12. En fait, en 2009, la différence des AD entre l'UE15 et l'UE12 a abouti à un dumping de 1,185 milliard d'€ (Md€) de l'UE15 vers l'UE12. En effet l'UE15 a exporté vers l'UE12 17,2 Md€ de produits alimentaires, soit 23,2% des 74,315 Md€ exportés au total, tandis que l'UE12 a exporté vers l'UE15 13,8 Md€, soit 70,7% des 19,5 Md€ exportés au total. Autrement dit le dumping interne annuel entre l'UE15 et l'UE12 est près du double du soi-disant rattrapage à venir si bien que, loin d'un rattrapage, les différences de compétitivité alimentaire entre l'UE15 et l'UE12 s'accentueront. 

- le rééquilibrage au profit de l'UE15 est d'autant plus nécessaire que la Commission prévoit une accélération de la "restructuration" des exploitations, avec une perte d'actifs agricoles 2 fois plus rapide dans l'UE12 que dans l'UE15 d'ici 2020 : baisse de 32% des actifs (UTA) de la moyenne 2007-10 à 2020 contre de 18% dans l'UE15. Baisse d'autant plus absurde que le taux de chômage a augmenté de 71% de 2008 à 2011 dans l'UE12 contre de 48% dans l'UE15.   

 

2) Les principales faiblesses de Stéphane Le Foll (SLF) sont relatives à sa conception des relations commerciales internationales et du dumping.

 

- Si SLF plaide pour le maintien d'une protection à l'importation de l'UE, il en limite la légitimité au fait que les contraintes sociales et environnementales (et de bien-être animal) sont supérieures dans l'UE à celle des autres pays. Cela implique a contrario que la protection ne serait pas justifiée sur les importations venant des pays qui ont globalement les mêmes contraintes, les pays occidentaux d'où sont venus 22% (15,5 Md€) de ses importations alimentaires en moyenne de 2001 à 2010, alors même que c'est sur ces pays que pèsent les droits de douane les plus élevés puisque la majeure partie des importations venant des PED se font à droits réduits ou nuls. 

 

- Surtout, SLF partage la conception dominante très restrictive du dumping – notamment celle de la Commission européenne et des industries agroalimentaires (IAA) – qui ne serait lié qu'à l'existence de restitutions à l'exportation, qui ont presque disparu, et qu'il n'y pas lieu de tenir compte des aides directes internes même si elles profitent aussi aux produits exportés. D'autant que – c'est ce qu'il m'a dit lors de la rencontre du 9 février 2012 avec une délégation du Groupe PAC2013 –, puisque les DPU sont totalement découplés et dans la boîte verte de l'OMC, ils n'ont pas d'effet de distorsion des échanges!

 

- Ceci est très préoccupant puisque SLF est en charge du ministère de l'agriculture et de l'agroalimentaire, et ceci n'est pas anodin et est dû aux pressions de la FNSEA et en particulier de Xavier Beulin**, patron de la filière des oléo-protéagineux, dont on sait qu'ils ont plus le souci de faire prévaloir les intérêts des IAA que ceux des agriculteurs.

Le risque est donc que l'on continue à maintenir des AD les plus élevées possibles afin de compenser des prix agricoles les plus bas possibles pour le plus grand profit des IAA, lesquelles s'opposent aussi à la hausse des droits de douane pour être plus compétitives pour leurs produits transformés, tant sur le marché intérieur qu'à l'exportation. En mettant aussi en avant que c'est l'intérêt des consommateurs de maintenir des prix agricoles bas pour avoir des prix alimentaires bas, même si l'expérience a montré que cette répercussion ne se fait pas.    

 

** Voir http://www.lafranceagricole.fr/actualite-agricole/futur-gouvernement-la-fnsea-attend-un-ministre-charismatique-pour-soutenir-l-excellence-agricole-francaise-video-57302.html

(La France Agricole, 11 mai). Extrait.  

Dans un communiqué, envoyé peu de temps après l'annonce du gouvernement, la FNSEA félicite Stéphane Le Foll. « C'est un fin connaisseur de l'agriculture et de l'Europe qui fait son entrée au gouvernement », approuve le syndicat. Pour la FNSEA, un ministère de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire conforté « constitue un signe positif, un signal stratégique ». « L'agriculture peut donner le meilleur d'elle-même pour l'emploi, l'environnement, la ruralité, la qualité de l'alimentation, l'innovation et les énergies renouvelables. L'agriculture doit montrer la voie en Europe pour un modèle qui fédère, qui rassemble et protège », continue le syndicat avant de recommander au nouveau ministre d'« emprunter un chemin pour une agriculture et des filières agroalimentaires alliées aux consommateurs et aux citoyens, conscients de l'utilité d'un avenir commun. »

 

Pour conclure, il faudra rester d'autant plus vigilant sur les positions déjà ambiguës de SLF sur les relations commerciales agricoles, notamment Nord-Sud, qu'il subira les fortes pressions du syndicat majoritaire pour faire prévaloir les intérêts des IAA avant même celles des exploitants et en n'ayant que faire de l'impact de leurs exportations sur les pays du Sud, ou même de l'UE12.

Or la survie des agriculteurs de l'UE27 est liée au marché intérieur qui a absorbé, de 2006 à 2008, 85% des produits agricoles non transformés destinés à l'alimentation tandis que les industries agroalimentaires y ont écoulé 75% de leurs produits transformés.

Si le Doha Round devait être conclu avec la baisse moyenne prévue de 54% des droits de douane, les IAA de l'UE n'y survivraient pas, a fortiori si un Accord de libre-échange était signé avec le Mercosur.

 

Rappel : Stéphane Le Foll (Sarthe), ministre de l'agriculture et de l'agroalimentaire - 18 mai 2012 

 

Cet article est le 4ème paru sur ce blog dans la catégorie Hollande Ayrault gouv.

 

 

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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 22:55

Il était le mieux préparé à exercer cette fonction

 

Ce ne fut pas une surprise d’entendre le nom de Stéphane Le Foll dans la liste des ministres du gouvernement Hollande-Ayrault, publiée le 16 mai par le secrétaire général de l’Elysée (voir Les ministres du gouvernement Hollande-Ayrault ont signé une charte - 17 mai 2012).

 

La famille de Stéphane Le Foll est originaire du Finistère (voir Ouest-France Le ministre Stéphane Le Foll, un fils des monts d'Arrée).  

Le Finistère est fier d’avoir donné à la République deux ministres de l’agriculture :

François Tanguy-Prigent (1909-1970) : La petite histoire raconte que c'est à la radio qu'en septembre 1944 François Tanguy-Prigent apprend sa nomination au poste de ministre de l'Agriculture du gouvernement du général de Gaulle. Il conserve cette fonction jusqu'en octobre 1947.

Louis Le Pensec (né le 8 janvier 1937) : L'ancien maire de Mellac, toujours élu municipal, a été nommé huit fois ministres de 1981 à 1998 dans des gouvernements allant de Pierre Mauroy, à Michel Rocard, mais aussi Édith Cresson et Pierre Bérégovoy. Enfin, il rejoindra le gouvernement de Lionel Jospin où il a été ministre de l'Agriculture et de la Pêche.

Mais le nouveau ministre de l’agriculture est sarthois - voir Ouest-France, 16 mai : Stéphane Le Foll, un Sarthois ministre de l'Agriculture et Portrait. Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture.

Mon premier contact avec Stéphane Le Foll date de la période où il était, au siège du PS, à partir de 1991, le collaborateur de Georges Garot, secrétaire national à l’agriculture. Puis Georges Garot est devenu député au Parlement européen en 1997. François Hollande, en prenant la succession de Lionel Jospin à la tête du PS à la fin de cette même année, appelle Stéphane Le Foll à ses côtés, alors que celui-ci avait rejoint le cabinet du ministre de l’agriculture, Louis Le Pensec. Il est devenu ensuite son directeur de cabinet jusqu’à son départ de la direction du PS en 2008. Entre temps, il avait été élu au Parlement européen en 2004, prenant la succession de Georges Garot à la commission agricole. Réélu en 2009, il était vice-président de cette commission et porte-parole du groupe des socialistes et démocrates.

 

Voir Stéphane Le Foll, un fidèle, spécialiste de l'agriculture (Le Monde, 16 mai)

 

La réforme de la PAC, "enjeu majeur" du ministère de l'agriculture (Le Monde, 17 mai)

"L'enjeu majeur, ce sera l'enjeu européen pour l'agriculture, la réforme de la politique agricole commune", a déclaré Stéphane Le Foll, nouveau ministre de l'agriculture, lors de la passation de pouvoir avec son prédecesseur, Bruno Le Maire.

Pour le nouveau ministre, il convient de s'interroger sur "le sens que l'on doit donner à l'agriculture en Europe et en France". "Comment peut-on offrir des perspectives et permettre à l'agriculture française dans sa diversité de pouvoir se développer et assurer à partir de là, de l'emploi et de la richesse", a poursuivi M. Le Foll devant la presse.

A propos du travail réalisé par Bruno Le Maire, le nouveau ministre de l'agriculture, interrogé plus tôt dans la matinée sur Europe1, l'avait qualifié de "positif". Il avait toutefois ajouté qu'"il y a des chantiers qui restent à négocier : la réforme de la politique agricole commune (PAC), la question européenne et la question de la ruralité".

 

Gouvernement : Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture et de l’agroalimentaire (La France Agricole, 16 mai)

Arrivée de Stéphane Le Foll au ministère de l'agriculture et de l’agroalimentaire (Site du ministère)

 

Cet article est le 3ème paru sur ce blog dans la catégorie Hollande Ayrault gouv.

 

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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 20:39

Des règles de conduite pour une République exemplaire

 

Après l’annonce, hier, de la Composition du Gouvernement* ce 16 mai avait lieu la première séance du Conseil des ministres, marquée par des décisions symboliques de la République exemplaire voulues par le président de la République, François Hollande, et le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault.

536523_10150902385399901_854719900_9591906_1307866000_n.jpgRetrouvez le portrait de chaque ministre en cliquant sur leur visage sur la traditionnelle photo des membres du gouvernement (Le Monde, 17 mai) : 

La photo cliquable du gouvernement Ayrault Visuel interactif

 

D’abord, les ministères :

Des ministères restructurés (Le Monde, Françoise Fressoz, 17 mai). Le gouvernement se structure autour de quatre gros ensembles : le ministère de l'économie (3 ministres), celui du redressement productif (3 ministres), celui des affaires étrangères (4 ministres), celui des affaires sociales et de la santé (4 ministres).

D'autres ministres, comme le Premier ministre, ont un(e) ministre délégué(e) : à l’éducation nationale, à la justice, au logement, à l’écologie, à la défense.

Les autres ministres sont seuls : l’intérieur, le travail, la culture, l’enseignement supérieur, les droits des femmes, l’agriculture, la réforme de l’Etat, l’outre-mer, les sports.

 

Un règlement de bonne conduite :

Une "charte de déontologie" pour les ministres (Le Monde, David Revault d’Allonnes, 17 mai). A la demande du président de la République et du Premier Ministre, les 34 membres du gouvernement ont signé un règlement à l'issue du premier conseil des ministres.

 

Un gouvernement qui a un objectif : obtenir une majorité de députés à l’Assemblée nationale, à l’issue des élections législatives des 10 et 17 juin.

Un gouvernement "de combat" pour remporter les élections législatives - "Il y aura évidemment d'autres nominations à la fin juin" après les législatives, estime ce 17 mai Gérard Courtois, directeur éditorial du "Monde".

 

Des dossiers chauds :

Les dossiers sensibles du gouvernement Ayrault (Le Monde, 17 mai)

Crise de l'euro, Grèce, retraites... les dossiers urgents s'empilent déjà sur les bureaux de François Hollande et de son gouvernement. Les dossiers économiques urgents ne manquent pas sur le bureau du nouveau président de la République.

 

Rappel : Premier gouvernement Hollande-Ayrault : parité, homogénéité, combat - 16 mai 2012 

 

* Composition du Gouvernement 

• M. Jean-Marc AYRAULT, Premier ministre

• M. Laurent FABIUS, ministre des affaires étrangères

• M. Vincent PEILLON, ministre de l'éducation nationale

• Mme Christiane TAUBIRA, garde des sceaux, ministre de la justice

• M. Pierre MOSCOVICI, ministre de l'économie, des finances et du commerce extérieur

• Mme Marisol TOURAINE, ministre des affaires sociales et de la santé

• Mme Cécile DUFLOT, ministre de l'égalité des territoires et du logement

• M. Manuel VALLS, ministre de l'intérieur

• Mme Nicole BRICQ, ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie

• M. Arnaud MONTEBOURG, ministre du redressement productif

• M. Michel SAPIN, ministre du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social

• M. Jean-Yves LE DRIAN, ministre de la défense

• Mme Aurélie FILIPPETTI, ministre de la culture et de la communication

• Mme Geneviève FIORASO, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche

• Mme Najat VALLAUD-BELKACEM, ministre des droits des femmes, porte-parole du Gouvernement

• M. Stéphane LE FOLL, ministre de l'agriculture et de l'agroalimentaire

• Mme Marylise LEBRANCHU, ministre de la réforme de l'Etat, de la décentralisation et de la fonction publique

• M. Victorin LUREL, ministre des outre-mer

• Mme Valérie FOURNEYRON, ministre des sports, de la jeunesse, de l'éducation populaire et de la vie associative

• M. Jérôme CAHUZAC, ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et du commerce extérieur, chargé du budget

• Mme George PAU-LANGEVIN, ministre déléguée auprès du ministre de l'éducation nationale, chargée de la réussite éducative

• M. Alain VIDALIES, ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des relations avec le Parlement

• Mme Delphine BATHO, ministre déléguée auprès de la garde des sceaux, ministre de la justice

• M. François LAMY, ministre délégué auprès de la ministre de l'égalité des territoires et du logement, chargé de la ville

• M. Bernard CAZENEUVE, ministre délégué auprès du ministre des affaires étrangères, chargé des affaires européennes

• Mme Michèle DELAUNAY, ministre déléguée auprès de la ministre des affaires sociales et de la santé, chargée des personnes âgées et de la dépendance

• Mme Sylvia PINEL, ministre déléguée auprès du ministre du redressement productif, chargée de l'artisanat, du commerce et du tourisme

• M. Benoît HAMON, ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et du commerce extérieur, chargé de l'économie sociale et solidaire

• Mme Dominique BERTINOTTI, ministre déléguée auprès de la ministre des affaires sociales et de la santé, chargée de la famille

• Mme Marie-Arlette CARLOTTI, ministre déléguée auprès de la ministre des affaires sociales et de la santé, chargée des personnes handicapées

• M. Pascal CANFIN, ministre délégué auprès du ministre des affaires étrangères, chargé du développement

• Mme Yamina BENGUIGUI, ministre déléguée auprès du ministre des affaires étrangères, chargée des Français de l'étranger et de la francophonie

• M. Frédéric CUVILLIER, ministre délégué auprès de la ministre de l'écologie, du développement durable, et de l'énergie, chargé des transports et de l'économie maritime

• Mme Fleur PELLERIN, ministre déléguée auprès du ministre du redressement productif, chargée des petites et moyennes entreprises, de l'innovation et de l'économie numérique

• M. Kader ARIF, ministre délégué auprès du ministre de la défense, chargé des anciens combattants.

 

Cet article est le 2ème paru sur ce blog dans la catégorie Hollande Ayrault gouv.

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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 22:53

Une équipe de combat pour les élections législatives

 

Le secrétaire général de l'Élysée, Pierre-René Lemas, a annoncé ce mercredi soir la composition du nouveau gouvernement, qui compte 34 ministres et ministres délégués. Lire la suite (Acteurs publics, 16 mai 2012)

 

Qui sont les 34 ministres du gouvernement ? (Le Monde, 16 mai)

"François Hollande adresse un signal aux électeurs de la France du non" (Le Monde, 16 mai) 

Françoise Fressoz analyse les choix qui ont présidé à la constitution du premier gouvernement du quinquennat Hollande.

François Hollande avait, comme nombre de ses prédécesseurs, promis un gouvernement resserré. Comme souvent, cela n'est pas vraiment le cas. A l'arrivée, c'est près de 18 ministres et 16 ministres délégués qui ont été nommés. Et ce, avant les législatives, à la suite desquelles il y aura sans doute de nouvelles nominations en fonction des résultats des partenaires de la majorité présidentielle. 

Pour le reste, le premier gouvernement ressemble à un bel équilibre, de ceux auxquels François Hollande nous avait habitué à la tête du Parti socialiste. C'est d'abord le respect de la parité, pas forcément évident au départ.

C'est ensuite un savant mélange des différentes tendances du PS, d'Arnaud Montebourg (fort de ses 17% à la primaire socialiste) à Dominique Bertinotti (très proche de Ségolène Royal), en passant par une (très) large ouverture aux Aubryistes avec Marylise Lebranchu, François Lamy ou encore Benoît Hamon. L'absence de Martine Aubry est donc largement « compensée » et pourrait aider aux bonnes relations, au moins dans un premier temps, entre elle et François Hollande.

Les Verts se voient aussi récompensés avec un ministère pour Cécile Duflot et un poste de ministre délégué pour Pascal Canfin.

Des proches de François Hollande sont aussi présents évidemment, de Michel Sapin à Stéphane Le Foll, en passant par des cadres de sa campagne comme Pierre Moscovici, Aurélie Filippetti ou Delphine Batho.

Et pour finir ce bel exercice de dosage, l'équilibre est aussi trouvé entre expérience et jeunesse, avec des poids lourds comme Laurent Fabius et des têtes plus récentes comme Najat Vallaud-Belkacem. Et enfin on trouve pour finir de vraies surprises, sans doute inconnues du grand public, comme Sylvia Pinel, membre du PRG (à défaut de Baylet) ou Geneviève Fioraso, parlementaire réputée très «bosseuse». 

Le difficile exercice de la création d'un premier gouvernement est donc franchi, plutôt avec talent au premier regard. Reste donc maintenant au Président de la République et à Jean-Marc Ayrault son premier Ministre à animer et diriger cette équipe pour affronter les difficultés auxquelles la France va faire face dans les mois qui viennent. Premier début de réponses sur les aptitudes de cette nouvelle équipe ce jeudi à 15H avec le premier conseil des ministres. 

 

Le Mouvement Républicain et citoyen n’est pas représenté dans ce gouvernement, ainsi que le Front de gauche. Le choix a été fait de l’homogénéité dans le but de gagner les élections législatives. Les ministres qui échoueront aux législatives ne seront pas dans le 2ème gouvernement Hollande-Ayrault. Et si ce gouvernement perd les législatives, ce sera la cohabitation. Il n’y aura plus de gouvernement Hollande-Ayrault. Le rassemblement de l’ensemble de la gauche reste à faire. Pour pouvoir gouverner pendant cinq ans.

 

 Rappel : S'il était élu, le président François Hollande ferait ce qu'il a annoncé - 9 mars 2012 

 

Cet article est le 1er paru sur ce blog dans la catégorie  Hollande Ayrault gouv.

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 10:07

La 2ème circonscription, toujours aussi indécise

 

Depuis le second tour de l’élection présidentielle, la compétition est lancée pour les élections législatives des 10 et 17 juin.

Rappel : Législatives 2012 en Mayenne : les votes du 22 avril par circonscription - 29 avril 2012  Présidentielle 2012 : les résultats du 2ème tour en Mayenne (JY Delort) - 7 mai 2012 

 

Arnaud Bélier (Ouest-France, 8 mai 2012) a présenté la carte des résultats du 2ème tour de la présidentielle par circonscription. Voir La bataille des législatives en Mayenne est lancée !

 

François Hollande a recueilli :

- 51,30 % des voix dans la 1ère circonscription (Laval), ce qui conforte la réélection probable du député PS Guillaume Garot,

- 44,76 % dans la 2ème circonscription (Château-Gontier, Sud Mayenne) où le député UMP villepiniste Marc Bernier n’est pas candidat,

- 44,89 % dans la 3ème circonscription (Mayenne, Nord Mayenne), où le député UMP Yannick Favennec sera probablement réélu.

 

Les candidats déclarés dans la 1ère circonscription (dépôt des candidatures 14-18 mai) :

Guillaume Garot (PS, soutien PRG, MRC, EELV), Aurélien Guillot (PCF, Front de Gauche), Samia Soultani-Vigneron (UMP), Isabelle Dutertre (Alliance centriste), Yves Cortès (indépendant, droite UMP ex-RPR), Marie-Alix Le Comte (FN), Emile Seigneur (Parti ouvrier indépendant), Claude Soulié (Mouvement écologique indépendant), Christine de Saint-Genois (Nouveau Centre),.

 

Les candidats déclarés dans la 2ème circonscription :

Marie-Noëlle Tribondeau (soutien PS, PRG, MRC), Julie Cochin (PCF, Front de Gauche), Claude Gourvil (EELV), Guillaume Chevrollier (UMP), Elisabeth Doineau (Alliance centriste), Philippe Henry (indépendant, centre droit), Jocelyne Mallez (FN).

 

Les candidats déclarés dans la 3ème circonscription :

Christian Quinton (EELV, soutien PS), Hervé Eon (PG, Front de Gauche), Yannick Favennec (UMP), Bruno de la Morinière (FN).

 

Nouveautés :

 

1ère circonscription :

            La suppléante de Guillaume Garot est Sylvie Pichot, maire de Bais.

Yves Cortès, maire de Pré-en-Pail, conseiller général UMP du canton de Pré-en-Pail, ancien secrétaire départemental RPR, se présente sans l’investiture UMP (elle est attribuée à Samia Soultani-Vigneron).

Christine de Saint Genois a créé la surprise en étant « parachutée » (voir Commandante Christine de St Genois de Grand Breucq) par le Nouveau Centre en Mayenne. Elle a été l’une des premières femmes pilotes de ligne.

2ème circonscription :

Le suppléant de Philippe Henry est Yannick Borde, maire de Saint-Berthevin, conseiller général du canton de Saint-Berthevin. Ils se présentent tous les deux comme « indépendants » de centre droit. La concurrence sera rude avec la candidate de l’Alliance centriste, Elisabeth Doineau, laquelle a voté Sarkozy au 2ème tour de la présidentielle, comme Jean Arthuis, désormais en « rupture totale avec Bayrou ».

Cet article est le 36ème paru sur ce blog dans la catégorie Législatives 2007-2012

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 15:30

La souveraineté nationale, principe de base pour rebondir

 

MRC national 002A l’occasion du tricentenaire de la naissance du philosophe Jean-Jacques Rousseau, Jean-Pierre Chevènement est intervenu lors du colloque du GIPRI (Institut international de recherche pour la paix) à Genève le 27 avril 2012.

Voici des extraits de son intervention, dont l’intégralité est reproduite sur son blog.

Rousseau, précurseur du fondamental: éclairages pour une république moderne

(…) Venons-en, une fois prises les précautions épistémologiques nécessaires à une bonne compréhension de la pensée de Rousseau, si vaste et apparemment si contrastée, à l’actualité - ou à l’inactualité - de celle-ci confrontée aux grands mouvements de notre époque :

• la mondialisation et le sens de la République dans la mondialisation ;
• l’Europe et les difficultés de la construction européenne ;
• l’universalisme enfin, à travers ses plus récentes moutures, ce qu’on a appelé « le droit de l’hommisme » et le « droit », voire le « devoir d’ingérence »
(…).

 

Que dirait Rousseau aujourd’hui des effets sociaux de la dérégulation ? Un capitalisme financier prédateur et spéculatif a façonné un monde déséquilibré et inégal qui court après des règles dont l’abolition a produit la crise dans laquelle il se débat. Rousseau gémissait sur « l’infortune des peuples écrasés par une poignée d’oppresseurs ». Ce n’est pas s’avancer beaucoup de dire que son aspiration à l’égalité « sans laquelle la liberté ne peut subsister »(Contrat social) et à l’existence morale à laquelle la citoyenneté fait accéder l’homme, serait profondément heurtée par le spectacle des inégalités croissantes, de la démission civique et du primat de l’économique sur le politique, qui caractérisent les sociétés régies par le principe dit de « l’acquisition de la valeur par l’actionnaire ».

Pour réhabiliter le politique, il faudrait restaurer le citoyen. Mais celui-ci se désespère de voir partout bafoués les principes de la souveraineté sans laquelle il ne peut rien et n’est même pas citoyen. Nous voilà « au rouet » comme disait Montaigne …

Cette défaite de la République a été aussi et d’abord une défaite de la France. Dans l’Europe de 1983, les marges de manœuvre, pour elle, étaient infiniment plus grandes qu’elles ne le sont devenues aujourd’hui, dans un monde entièrement dominé par le capitalisme et les marchés financiers, ouvert aux concurrences les plus inégales, et dans une Europe germanocentrée, où elle peine à remplir son rôle de médiateur naturel entre les pays du Nord de notre continent et ceux du Sud
(…).

La messe est-elle dite ? L’Histoire est-elle finie ? N’y a-t-il pas dans le principe de la souveraineté nationale le ressort d’un éventuel rebond ? La crise du néolibéralisme ne peut-elle faire renaître l’exigence républicaine ? L’Humanité a besoin de repères. Ceux que fournit la République sont pour les hommes d’aujourd’hui des repères plus sûrs que la confiance intéressée ou naïve dans la « main invisible » de marchés devenus fous. C’est ce qu’il faudra démontrer
(…).

 

Rousseau ne prohibait pas la guerre. Ce qui l’intéressait c’était à l’intérieur du droit de la guerre, la manière dont on peut la circonscrire et la réglementer, s’agissant notamment du traitement des prisonniers et de la protection des civils.
Nous pouvons, en nous inspirant de Rousseau, concevoir une diplomatie républicaine
, à la fois respectueuse des souverainetés nationales et soucieuse d’instaurer une règle collective, visant à redonner tout son sens au concept de souveraineté. Celle-ci ne peut s’accomplir qu’au service du bien commun.
Rousseau nous enseigne ainsi la distance entre le réel et l’universel mais aussi la manière de nous en accommoder. Ce génial théoricien de la souveraineté rappelle aussi aux hommes qui savent le lire qu’ils ne sont pas des dieux.

 

Voir aussi Jean-Jacques Rousseau pour penser le XXIe siècle

PENSER LA REPUBLIQUE, LA GUERRE ET LA PAIX. Sur les traces de Jean-Jacques Rousseau

 

Jean-Pierre Chevènement le coeur à l'ouvrage (Le souverainisme à l’épreuve de la mondialisation)

 

Cet article est le 156ème paru sur ce blog dans la catégorie CHEVENEMENT

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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 16:58

Le nouveau président parle beaucoup mais pas de lui

 

Avant la prise de fonction de François Hollande à la présidence de la République, mardi 15 mai, intéressons-nous au candidat qu’il fut. De nombreux livres sont déjà sortis à ce sujet. Je retiens celui d’Eric Dupin, journaliste, dont il est question dans plusieurs publications, notamment :

« Mon déjeuner avec Hollande » (1) - Marianne2, Eric Dupin, 10 mai 2012

« Mon déjeuner avec Hollande » (2)  - Marianne2, Eric Dupin, 11 mai 2012

Présentation par Philippe Cohen : Avec Voyages en France, Eric Dupin avait dressé, voici un an, un portrait saisissant des Français sous la crise, qu'il avait rencontrés aux quatre coins de l'Hexagone.

Poursuivant une œuvre qui s'apparente à une « ethnologie politique » d'autant plus précieuse qu'elle se fait rare dans la presse (il ne faut pas confondre ethnologie et micro-trottoir), Dupin alterne cette fois-ci les rencontres avec les Français de base, cueillis dans leur environnement naturel, et les conversations avec les hommes et femmes politiques, personnalités nationales ou locales qu'il sait si bien faire parler. On appréciera notamment sa percée dans une France mitterrandienne - la Nièvre - partagée entre le vote montebourgien et l'inclinaison envers François Hollande qui a si bien intégré la geste politique de « François Ier »...
La crise et la mondialisation sont omniprésentes, davantage dans les paroles des Français que dans les discours des politiques. Elles finissent pas dessiner les balises entre lesquelles le premier Président en scooter (trois roues mais quand même...) va devoir se faufiler. Eric Dupin lui souhaite presque bonne chance à sa façon. En lui suggérant - sage conseil - de s'émanciper du petit père Queuille, un Corrézien de l'après-guerre dont le nouveau président est admiratif, afin de devenir un Roosevelt français.

Nous publions en deux volets un déjeuner entre le journaliste et le candidat devenu Président qui s'est déroulé quelques semaines avant son arrivée à l'Elysée. Un entretien dans lequel François Hollande, sans doute mis en confiance par l'ancienneté de la relation - Dupin et lui ont frotté leurs
blue jeans sur les bancs de la même promotion de Science Po - donne à lire sa vision de ce que sera son quinquennat

Dans les coulisses d'une victoire et d'une défaite (Le Monde, Ariane Chemin, 12 mai 2012)

(…) Le dernier livre d'Eric Dupin, ancien éditorialiste à Libération, est le journal de bord de la campagne rédigé sous forme chronologique : du 29 août au 6 mai. Si cette chronique s'attarde plus particulièrement sur les socialistes, elle entremêle rencontres avec des personnalités politiques, des élus locaux et des militants de tous bords.

 

Cet article est le 51ème paru sur ce blog dans la catégorie Présidentielle 2012

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