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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 19:14

Régimes autocratiques déstabilisés par les réseaux sociaux

 

Les dictatures arabes vieillissantes ne résistent pas à la contestation des jeunes générations qui, grâce à Internet, ont envie des libertés qu’ils voient exister ailleurs. On ne peut sous-estimer le coup de pouce donné par les USA à ces mouvements non politisés utilisant les nouvelles technologies américaines.

"La peur a changé de camp" (Antoine Basbous, Le Point, 21 février)

Le monde arabe est confronté à une révolte sans précédent. En Libye, à Bahreïn, au Yémen, mais aussi en Algérie et au Maroc, les mouvements de protestation enflent : après la chute des régimes tunisien et égyptien, l'ensemble du monde arabe fait aujourd'hui face à une vague de contestation qui semble résister jusqu'aux tentatives de répression les plus brutales. Pour le politologue Antoine Basbous, directeur de l'Observatoire des pays arabes, les dictatures usées de la zone ne peuvent avoir raison d'une jeune génération avide de liberté, et qui se jette dans la bataille avec l'aide d'Internet.

 

Les analyses d'Ahmed Bensaada (23 février). Cela concerne essentiellement l’Egypte et la Tunisie.

(…) Autre élément qui attire l'attention : la surmédiatisation de bloggeurs, leur association avec une révolution qualifiée de « facebookienne » et l’insistance sur leur non-appartenance à un mouvement politique quelconque. Ce sont donc des personnes jeunes et apolitiques qui utilisent les nouvelles technologies pour déstabiliser des régimes autocratiques ancrés dans le paysage politiques depuis des décennies (…). Voir le site de Ahmed Bensaada.

 

Le monde arabe vit sa chute du mur de Berlin (Pierre Haski, Rue89, 29 janvier)

Depuis le départ du président tunisien Ben Ali et la « contagion » dans d'autres pays arabes, la comparaison a souvent été faite avec la chute du mur de Berlin, en octobre 1989, et l'effet domino qu'elle a entraîné dans l'effondrement du bloc communiste en Europe. La comparaison a ses limites, mais n'est pas totalement inutile.

Le cas de la Libye est différent.

- Dossier de Libération Répression sanglante en Libye.

- La folie meurtrière de Kadhafi (Edito de Laurent Marchand, Ouest-France, 22 février)

 

- "Kadhafi est une machine à survivre politiquement" (Le Monde, 19 février, entretien avec Antoine Vitkine, auteur du documentaire "Kadhafi, notre meilleur ennemi").  

-  Pourquoi l'Occident ne vole pas au secours des Libyens  (Marie Kostrz, Rue89, 23 février)

 

- Kadhafi et la France : quarante ans de « coopération » (Marie Kostrz, Rue89, 25 février)

 

Cet article est le 21ème paru sur ce blog dans la catégorie Afrique.

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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 23:29

Le régime autoritaire, mauvais gestionnaire du pays

 

L’Algérie n’est pas la Tunisie (voir Tunisie libérée : la révolution de jasmin a débuté dans le monde rural - 18 janvier 2011), encore moins l’Egypte (voir Egypte : la violence face au peuple qui veut tourner la page Moubarak - 3 février 2011).

 

Et, pourtant, c’est le pays qui a le plus grand potentiel de développement économique en Afrique du Nord. D’abord, parce qu’il produit du pétrole et du gaz, mais aussi parce qu’il a les infrastructures, une jeunesse motivée, une presse relativement libre.

 

A titre personnel, je l’ai perdu de vue depuis 1973 et un voyage avec des amis qui étaient avec moi à l’Institut de technologie agricole de Mostaganem, de novembre 1970 à février 1972. Nous avions été volontaires pour un service national actif dans le cadre de la Coopération entre l’Algérie et la France.

 

Je propose de commencer par un petit tour d’horizon de la presse :

 

Manifestations en Algérie : "Le pays est miné de toute part" (Rue89, Zineb Dryef, 22 janvier 2011)

Révolte en algérie « Ici comme ailleurs, la colère est avant tout sociale (l’Humanité, hassane Zerrouky, 19 février)

L'Algérie, en manque d'opposition (Le Monde, Flora Genoux, 19 février).

 

Ensuite, je fais appel aux informations en provenance du site de la Mission Agrobiosciences, très pointu sur les questions concernant l’agriculture et la société des pays méditerranéens. Notez que la Mission d’animation des agrobiosciences est un centre public de débats, financé par la Région Midi-Pyrénées et l’Etat (ministère de l’agriculture).

 

Deux entretiens ont été réalisés fin janvier avec des chercheurs qui connaissent bien l’Algérie.

 

Un entretien avec Omar Bessaoud :

La société civile algérienne est en colère mais épuisée. Ses élites ont été décapitées

A l’heure où les médias français titrent sur la "contagion tunisienne" en Algérie, la Mission Agrobiosciencesa choisi de recueillir le point de vue de Omar Bessaoud, enseignant-chercheur à l’Institut Agronomique Méditerranéen de Montpellier dans le domaine des « Sociétés rurales et ingénierie du développement. Né à Tlemcen, travaillant régulièrement en Algérie où il est d’ailleurs membre du Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culture, il en connaît parfaitement les rouages économiques, culturels et politiques. A travers ses propos très libres, si l’on comprend qu’il y a certes un terreau commun à la Tunisie et à l’Algérie sur lequel lève la colère - corruption, autoritarisme, inégalités...-, on appréhende aussi le poids des différences. Où l’islamisme, la stratégie des Etats-Unis et les hydrocarbures dessinent un contexte singulier qui rend difficilement transposable telle quelle une révolution à la tunisienne.

 

Un entretien avec Slimane Bedrani :

La faillite du régime algérien ? Par manque de compétences, la rente pétrolière n’est pas investie de façon suffisamment productive

Interviewé fin janvier par la Mission Agrobiosciences sur le climat social en Algérie, à la lumière des révoltes des pays arabes, le chercheur en économie algérien, Slimane Bedrani, affirmait que le calme régnait alors, mais que le pouvoir scrutait d’un œil très attentif la déstabilisation à l’œuvre dans les pays voisins, et qu’il en tirerait certainement des conclusions. Ce qu’il commença à faire sans trop attendre.
Rappelons qu’en début d’année, plusieurs régions d’Algérie ont été le siège d’émeutes provoquées par la flambée des prix des denrées alimentaires (faisant 2 ou 5 morts selon les sources, et plusieurs centaines de blessés), et que le nombre de décès par immolation, depuis la mi-janvier se monte à trois (sans compter les tentatives ratées).
Comme annoncé par Slimane Bedrani, donc, le jeudi 3 février 2011, le président Abdelaziz Bouteflika, conscient de l’affaiblissement du régime, annonçait la prochaine levée de l’état d’urgence, en vigueur dans le pays depuis 1992, la mise en place de plusieurs mesures en faveur des libertés, notamment plus d’ouverture pour l’opposition, en particulier au travers de la radio et de la télévision publiques. Las, la grogne monte.
Le 8 février, le personnel paramédical algérien des hôpitaux publics et des polycliniques se mettait en grève illimitée, sur la base de revendications socioprofessionnelles. Et puis, à venir, ce samedi 12 février, où tous les regards seront suspendus sur Alger. La Coordination nationale pour le changement et la démocratie maintient, en effet, la manifestation pourtant interdite dans la capitale.
Dans cette interview, Slimane Bedrani revient sur la situation tunisienne et explique en quoi le contexte algérien est différent. Surtout, il pointe le déficit de compétences au sommet de l’Etat et le manque d’efficacité dans l’investissement de la rente pétrolière, qui conduit à un retard de développement du pays. Et à des aberrations comme l’embauche de main d’œuvre chinoise pour la construction de logements alors que, selon des rapports du FMI et de l’OCDE, le taux de chômage du pays reste incroyablement élevé (13,8% en 2007) par rapport aux pays en transition et ceux de la région Afrique du Nord et Moyen-Orient (Mena).

 

Et, pour terminer, une bonne nouvelle !

4166416726 fe9cdcd8f8 s[1]Jean-Pierre Chevènement, nouveau président de l'association France-Algérie

L’Assemblée générale, le Conseil d’administration de l’Association France-Algérie, réunis le 31 janvier 2011 à Paris, ont porté à la présidence de celle-ci Monsieur Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre, sénateur du Territoire de Belfort.
L’Association France-Algérie a été créée à l’initiative du Général de Gaulle en 1963. Elle a pour but le développement des relations amicales et le progrès de la coopération entre Français et Algériens. Son premier Président a été M. Edmond Michelet.

 

Cet article est le 20ème paru sur ce blog dans la catégorie Afrique.

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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 22:28

Les Etats-Unis ont voulu le changement, mais jusqu’où ?

La révolte du peuple égyptien contre le président Moubarak s’accompagne d’agressions policières qui témoignent de la volonté du régime répressif à se maintenir au pouvoir, quelles qu’en soient les conséquences.

Voir Vidéo : police et pro-Moubarak ripostent dans le sang au Caire (Rue89, Zineb Dryef, 3 février). Depuis mercredi soir, le chaos règne dans les rues du Caire. Des centaines de pro-Moubarak sèment la terreur parmi les opposants. Quatre Egyptiens réclamant le départ d'Hosni Moubarak ont été tués ce jeudi matin sur la place Tahrir. Les violences de mercredi soir ont fait treize morts et 1 200 blessés selon les autorités égyptiennes. Depuis 48 heures, les pro et les anti-Moubarak s'affrontent. Les partisans du Président fondent sur les opposants et les rouent de coups de bâtons. Ces milices appuient ainsi la répression policière, accrue depuis quelques jours. Sur ces images, très impressionnantes, une voiture de police fonce sur les manifestants. Plusieurs d'entre eux sont violemment percutés (…).

Pourtant, Obama met la pression sur Moubarak (Le Point, 2 février) pour qu’il y ait une transition pacifique. Rien n’y fait. Mohammed Hosni Moubarak ne lâche pas prise.

 

Voir Les Etats-Unis face à la nouvelle donne (Le Monde, 3 février). (…) La décision américaine n'est pas prise à la légère : comme l'explique le Times, la rupture avec "le plus fidèle allié [des Etats-Unis] dans le monde arabe" bouleverse totalement la politique étrangère américaine, soulevant de nombreuses questions : "Le successeur de Moubarak va-t-il reprendre à son compte le soutien au processus de paix au Moyen-Orient ? Les changements dans la région vont-ils bénéficier aux extrémistes islamistes, qui tenteront de capitaliser sur les troubles, ou au contraire montrer à la rue arabe la puissance d'un soulèvement qui n'a rien de religieux ?" (…)

 

Pour en savoir plus

 

« La répression en Egypte ne cassera pas l'union sacrée » (Rue89, Zineb Dryef, 29 janvier).

Entretien avec Tewfik Aclimandos, chercheur associé à la chaire d'histoire contemporaine du monde arabe au Collège de France.

La France a formé la police égyptienne de Moubarak (Rue89, 29 janvier)

La journée où l’Egypte a vacillé (Libération, Jean-Pierre Perrin, 29 janvier)

Le monde arabe vit sa chute du mur de Berlin (Rue89, Pierre Haski, 29 janvier).

Depuis le départ du président tunisien Ben Ali et la « contagion » dans d'autres pays arabes, la comparaison a souvent été faite avec la chute du mur de Berlin, en octobre 1989, et l'effet domino qu'elle a entraîné dans l'effondrement du bloc communiste en Europe. La comparaison a ses limites, mais n'est pas totalement inutile (…).

 

Appel 53 en solidarité avec le peuple égyptien

 

A l’initiative du PCF 53, une réunion a eu lieu ce soir afin de lancer un appel d’organisations, en complément de l’appel citoyen lancé par Geneviève et Jacques Omnès. Voici le texte :

 

Nous exprimons notre solidarité avec le peuple égyptien dans sa lutte pour le départ de Moubarak, pour la justice sociale, pour la démocratie, la fin de la corruption développée par les oligarchies de ce régime en place depuis 30 ans. Le peuple égyptien doit bénéficier de mesures économiques, sociales et politiques lui permettant de sortir de la pauvreté et d’accéder à la démocratie.

 

Nous condamnons la répression criminelle des manifestants par l’Etat égyptien et nous demandons au gouvernement français et à l’Union européenne de faire pression pour le non-recours à la force et pour une issue démocratique.

 

Nos organisations appellent à un rassemblement samedi 5 février à 14h30, place du jet d’eau à Laval, au même moment que la manifestation prévue à Paris.

 

Par ailleurs, nous soutenons l’appel lancé par des citoyens à un rassemblement le vendredi 4 février, à 17h30, place du jet d’eau à Laval.

 

Premiers signataires : FSU, PCF, PG, MRC 

 

Cet article est le 19ème paru sur ce blog dans la catégorie Afrique.

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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 22:57

Sami Naïr voit l’émergence d’un nouveau cycle politique

 

La Tunisie prend le chemin de la démocratie avec un bel élan. Ce sont les jeunes qui ont lancé le mouvement. Voir Tunisie libérée : la révolution de jasmin a débuté dans le monde rural - 18 janvier 2011. Extrait.

« Les jeunes nous ont vraiment surpris et ô combien agréablement. Nous leur devons une fière chandelle. C’est vraiment la jeunesse qui a tout fait, soutenue et encadrée par deux organisations seulement : les avocats, qui se sont faits avoir au moment de l’affaire de Gafsa (2), en 2008, et l’Union Générale des Travailleurs Tunisiens (UGTT). Personne n’y croyait ! Personne ne s’attendait à une telle rapidité.

Les manifestants ont obtenu un gouvernement vraiment renouvelé, à part le premier ministre qui assure la transition entre l’ancien régime et la démocratie. Voir Tunisie : un universitaire et des chefs d'entreprise entrent au gouvernement (Le Monde, Isabelle Mandraud, 28 janvier).

 

L’Union européenne a bien aidé Ben Ali - voir C'est à l'ombre de l'Europe que l'autoritarisme a perduré en Tunisie (Le Monde, Michel Camau, professeur émérite des universités, 19 janvier) - mais on peut penser que l’ouverture de la Tunisie sur l’Europe a contribué à préparer le peuple à la démocratie.

 

Les observateurs ont porté leur regard sur le Maghreb dans son ensemble, sans occulter les différences importantes entre les pays qui le composent.

Le Maghreb s'enflamme (Le Point, Mireille Duteil, 8 janvier). Au Maghreb, les jeunes manifestent violemment contre une situation économique insupportable dans un contexte politique en crise.

Belfort-6-09-08-011JPC-et-Andre-Brie--Die-Linke---copie-1.jpgSami Naïr, ancien député européen, professeur à l’université Pablo de Olavide, Séville (photo, lors de l'université d'été à Belfort, le 6 septembre 2008, pendant une conversation entre Jean-Pierre Chevènement et Andre Brie - Die Linke), a publié le 18 janvier sur le site Mémoire des luttes sa réflexion sur ce qui se passe au nord de l’Afrique.

Au Maghreb, la révolte des « va-nu-pieds »

On doit prendre au sérieux la révolte des jeunes qui secoue le Maghreb depuis plusieurs semaines. Elle est pleine d’enseignements sur le renversement des valeurs et des rapports de force dans ces pays. Tout d’abord, les manifestants avancent partout les mêmes revendications : ils veulent du travail, des logements, des opportunités de mobilité sociale qui correspondent à leurs qualifications, en même temps que la liberté de pouvoir s’exprimer sur la situation dans leurs propres pays. Ces aspirations sont exprimées par des actes violents, précisément parce que ces jeunes n’ont pas le droit de le faire démocratiquement. C’est donc l’absence de démocratie qui est la cause de la violence, et non pas une quelconque manipulation ou une méchanceté innée de « voyous » désespérés.

Les régimes dominants ces pays se sont appuyés, depuis plus de vingt cinq ans, sur des couches moyennes qui se sont formées depuis le milieu des années 1980. Or, le processus de formation de ces couches dirigeantes est bloqué depuis le début des années 2000, et la plus grande partie des générations nées dans les années 1990, est désormais dans l’impossibilité d’accéder au marché de l’emploi et donc à un minimum d’intégration socioprofessionnelle.

De façon plus générale, même les vieilles classes moyennes des années 1980 ont subi, ces dernières années, des processus d’érosion et d’appauvrissement très importants. Mais, à la différence des nouvelles générations, ces vieilles couches bénéficient déjà d’une situation, fût-elle précaire, à l’intérieur du système social, alors que même la situation de précarité est refusée à des jeunes pourtant diplômés et en mesure d’entrer dans le marché de l’emploi.

Autrement dit, l’économie de ces pays, traditionnellement divisée entre un secteur plus ou moins légal (où la corruption, le piston, le népotisme règnent en maîtres à côté d’un mince filet de légalité administrative) et un vaste champ de marginalité où les classes pauvres, populaires, vivotent dans des activités en général informelles ou régulières mais très mal rémunérées, --- cette économie d’ensemble est désormais devenue insupportable et paraît plus dangereuse même que la mort que des jeunes peuvent encourir en cassant tout devant et autour d’eux.

Le fait que certains préfèrent se brûler plutôt que continuer à vivre dans cet enfer de l’impossible, est extrêmement significatif. Il traduit à la fois le désespoir et le refus absolu de l’injustice, exprimé par un acte qui transcende toute violence et qui renvoie au pouvoir l’image radicale de sa propre cruauté : celle de la dénégation radicale de toute vie humaine.

Le second point important à relever est que ces révoltes ouvrent une nouvelle période dans la protestation collective au Maghreb. En gros, depuis le début des années 1980, l’on a vu l’islamisme se constituer comme la caisse de résonance du refus de la dualisation sociale et de la marginalisation politique. Sa stratégie, en confessionnalisant la conflictualité sociale, consistait à organiser des prestations sociales parallèles, et cela en développant des formes de solidarité et de soutien à vocation caritative : hôpitaux, écoles de quartier, petits emplois, etc. L’objectif était de réoccuper un espace social abandonné par l’Etat en créant à la fois une organisation para-politique et une contre- société, supposée préfigurer la société religieuse promise. Or cette stratégie ne parvient visiblement plus à capter les aspirations élémentaires des jeunes générations. Les revendications avancées par ces jeunes en colère sont totalement laïcisées : ils veulent des droits sociaux, civiques et politiques, pour assurer eux-mêmes leur vie ici-bas.

L’islamisme n’apparaît pas comme une solution, car il n’est pas parvenu à changer la situation ces vingt dernières années. Plus : beaucoup de jeunes, notamment en Algérie, se plaignent de ce qu’ils sont pris entre deux systèmes, certes antagoniques mais concrètement complices : celui du pouvoir et celui, tout aussi fermé et tout aussi corrompu, de la contre-société islamiste. Leur revendication principale est devenue claire : la démocratie, la liberté d’expression. C’est là un tournant majeur, qui vide de sa substance l’argument avancé par les régimes autoritaires selon lequel toute contestation de leur domination ferait le jeu des islamistes. Ils vont bien sûr tout faire pour « islamiser » cette contestation afin de la réprimer plus facilement aux yeux des couches moyennes et de l’Occident. Car leur hantise, c’est que ces couches moyennes rejoignent la révolte des jeunes déshérités. Ils seront de toute façon dans l’obligation de faire revenir l’armée au premier plan et nul ne sait ce qu’elle fera. Mais rien ne dit qu’elle appuiera des régimes autoritaires aussi gravement délégitimés. En tout état de cause, cette révolte des « va-nu-pieds » signe l’émergence d’un nouveau cycle politique au Maghreb.

Cet article est le 18ème paru sur ce blog dans la catégorie Afrique.

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 23:48

Le chômage et le désengagement de l’Etat, à l’origine de la révolte

 

Les  jeunes ont soulevé la « chape de plomb ». Voir Tunisie libérée : le peuple a mis en fuite le tyran avec l'aide de l'armée - 15 janvier 2011. C’est à Sidi Bouzid, petite ville de 40 000 habitants, en plein centre rural de la Tunisie, que le soulèvement a commencé. Pourquoi Sidi Bouzid et pas Tunis ? La réponse est donnée par Mohamed Elloumi**, agro-économiste à l’Institut national de la recherche agronomique de Tunisie (INRAT).

Ce chercheur avait été invité par la Mission Agrobiosciencesà participer aux Controverses de Marciac sur le monde méditerranéen. Il explique les raisons pour lesquelles le mouvement est parti de Sidi Bouzid, une ville fortement marquée par l’agriculture et le rural, un secteur dévasté par le désengagement de l’Etat, le détournement des aides, voire l’accaparement des terres, générant chômage et disparition de certaines productions.

 

Tunisie : pourquoi c'est à Sidi Bouzid que tout a commencé ...

 

Nous leur devons une fière chandelle

« Les jeunes nous ont vraiment surpris et ô combien agréablement. Nous leur devons une fière chandelle. C’est vraiment la jeunesse qui a tout fait, soutenue et encadrée par deux organisations seulement : les avocats, qui se sont faits avoir au moment de l’affaire de Gafsa (2), en 2008, et l’Union Générale des Travailleurs Tunisiens (UGTT). Personne n’y croyait ! Personne ne s’attendait à une telle rapidité. Après, avec du recul, on peut déceler des signes annonciateurs, mais je me méfie des reconstructions a posteriori… » Nulle trace de rodomontade ou de triomphalisme chez ce quinquagénaire souriant, et visiblement soulagé. Au contraire, ses propos sont teintés de modestie et de franchise : « Pour ma part, même si j’ai un peu évolué ces deux ou trois dernières années, j’ai été aveuglé, comme d’autres de mes collègues, par la propagande officielle. Il faut le reconnaître. Nous étions sous contrôle. Même lorsque j’étais avec vous à Marciac, en France je regardais s’il n’y avait pas dans la salle un représentant de l’ambassade ou du consulat en train d’écouter ce que nous disions ! Et lorsque nous faisons des enquêtes, par exemple sur l’emploi des jeunes dans le rural , nous n’avions pas toute la liberté d’interroger qui nous voulions : c’étaient les délégués qui choisissaient les jeunes et les faisaient venir. Parfois, quand ils étaient nombreux, ils arrivaient à s’exprimer, à Sidi Bouzid même, où nous leur avions expliqué qu’en tant que chercheurs, nous voulions transmettre leurs doléances. Et là, il y avait une certaine virulence, déjà ».

 

Les ruraux ? Les grands laissés pour compte

Sidi Bouzid, justement… Pourquoi cette « grosse bourgade » de 40 000 habitants, entourée de plaines agricoles, a-t-elle été le berceau du soulèvement plutôt que Tunis ? « C’est à cause du chômage qui frappe le milieu rural. Le nombre de sans-emploi est d’ailleurs également très élevé dans d’autres villes de l’Ouest à vocation agricole, comme Kasserine, Jendouba ou Le Kef ». A travers ses enquêtes de terrain, Mohamed Elloumi l’a constaté : la paupérisation de ce secteur ne cesse de s’aggraver depuis 2000. En novembre 2010, il tente d’ailleurs de publier un article sur l’abandon que subit le milieu agricole par les puissances publiques : «  Nous avons fait un rapport au Ministre, le 11 novembre, pour dire qu’il n’y avait plus de gouvernance, plus de subvention, plus de transferts de connaissance. Que nous allions dans le mur. Sur les 860 centres de vulgarisation qui existaient, 600 ont fermé ces dernières années ! Les agriculteurs sont seuls. Même l’accès au marché leur est devenu très difficile… Le monde rural a été l’un des grands laissés pour compte de la politique. Même abandon du côté de l’encadrement de l’usage des ressources naturelles. Alors qu’on disposait d’un bon maillage territorial de la mobilisation de l’eau, cette forme de régulation a laissé place au libre accès, à une utilisation sauvage. Et puis, la famille de Ben Ali commençait à s’accaparer des terres, via des sociétés étrangères. Dernièrement, 160 000 hectares ont ainsi été cédés à une société suisse, dans le sud, pour produire de la biomasse (3). Or, comme on le sait, il n’y avait pas une seule transaction sans que la famille n’en soit partie prenante de manière directe ou indirecte".

 

Une situation d’injustice qui s’est creusée depuis 2008

"Ce n’est donc pas étonnant du tout que tout soit parti de Sidi Bouzid où il n’y a pas eu beaucoup de réalisations durant les vingt dernières années. Dans cette préfecture, jusqu’il y a deux ans, il n’y avait même pas un hôtel où dormir !
Dans les enquêtes participatives que j’y ai menées, le degré d’indigence des populations ressort fortement. Il y avait bien une politique de transferts financiers pour calmer le jeu, mais elle est distribuée via les canaux du parti gouvernemental… Localement, les membres du parti affamaient ainsi ceux qui n’étaient pas de leur clan : aucune subvention, aucune aide sociale, rien. D’ailleurs, même les chiffres officiels l’indiquent : alors que depuis 2005, il semblerait que la paupérisation générale baisse (officiellement), celle des travailleurs et exploitants agricoles augmente
 ». Et la crise de 2008 n’a fait que creuser l’écart : «  On a privilégié les revendications des consommateurs urbains au détriments des producteurs agricoles. En maintenant des prix bas à la production, et en subventionnant des aliments comme le pain, on a créé une situation d’injustice. Ainsi, le secteur de l’élevage ovin a été sacrifié : alors que le prix des céréales ne cessait d’augmenter, le prix de la viande restait stable et les éleveurs ne recevaient aucune aide. Beaucoup ont abandonné l’élevage qui était le secteur traditionnel de Sidi Bouzid. »

 

"Aides familiaux"... pour désigner des chômeurs

Aujourd’hui, dit-il, « je vais moins m’autocensurer. Et si on m’en donne les moyens, je ferai plus de terrain. Jusque là, je ne parvenais pas toujours à disposer des autorisations et des prises en charge pour cela, notamment pour aller dans le sud. Et il y a moins d’un an, il nous a été difficile de présenter l’enquête que nous avons menée avec d’autres collègues au Kef, car le Gouverneur n’était pas d’accord avec nos résultats. »
Pour ce spécialiste des politiques agricoles et du développement rural, le chantier à ouvrir est clair : si on veut résoudre l’emploi, cela passe notamment par l’agriculture, qui représente encore 16% des emplois et 10 à 12% du PIB. Une part moindre, certes, que dans bien d’autres pays voisins, mais des chiffres auxquels il faut ajouter ce fait : dans le rural, toutes les familles tunisiennes sont propriétaires, même si ce n’est que de 3 ou 4 hectares. Ce qui a généré une explosion des exploitations : 516 000 aujourd’hui, alors qu’on n’en comptait que 360 000 en 1961. Or, tout le monde souhaite garder sa terre. D’autant que les mouvements pendulaires qui avaient lieu vers Tunis et les villes du littoral ne sont plus possibles, faute de travail. Les jeunes diplômés restent donc sur l’exploitation, les garçons surtout, car les filles parviennent à travailler dans le textile ou comme bonne… Ce qui fait que l’indicateur le plus fiable du taux de chômage, c’est le nombre d’ « aides familiaux ». Un poste qui ne veut rien dire, si ce n’est qu’il désigne ces jeunes sans emploi, restés sur l’exploitation, et qui vivent grâce à la solidarité de la famille.

 

Une cocotte-minute

Comment changer la donne ? Pour cela, il faut un minimum d’investissements publics et abandonner le modèle (ou l’absence de modèle) actuel. D’abord parce que, malgré le potentiel agricole, l’intensification atteint ses limites dans certaines régions au regard des ressources naturelles. Surtout, le choix opéré dans les 90 s’est avéré catastrophique : « deux écoles en matière de schémas d’aménagement du territoire s’opposaient. L’une prônait un développement équilibré entre les régions pour freiner l’exode rural. C’est celui qui a été adopté en 1973. L’autre privilégie une focalisation sur les régions côtières, jugées plus rentables à court terme. C’est celle là qui, mise en minorité en 1973 et présentée de nouveau en 1993, par le même expert d’ailleurs, a été appliquée. Si vous y ajoutez le désengagement de l’Etat, la facture est lourde. La situation était encore tenable jusqu’en 2000. Depuis 2005, c’est une cocotte minute… »

Mais revenons à Tunis. Les citadins qui le peuvent ont stocké des denrées. Dans la plupart des quartiers, les boulangeries fonctionnent, le métro et les bus, commencent à reprendre. Hier, Mohamed Elloumi exprimait une crainte, c’est "’que les jeunes soient spoliés, alors que c’est à eux que l’on doit tout ça.  ». Et aujourd’hui ? "Maintenant que la composition du gouvernement a été annoncée avec une majorité de membres du RCD et de septuagénaires, mes craintes se confirment, malheureusement."

 

Propos recueillis par Valérie Péan, de la Mission Agrobiosciences, lundi 17 janvier 2011.

 

* Depuis des siècles, le jasmin est considéré en Orient comme le symbole de la beauté et de la tentation féminine. Le jasmin blanc est d'ailleurs la fleur emblématique de la Tunisie : en offrir est une preuve d'amour. (Wikipédia).

** Spécialiste des politiques agricoles et du développement rural. Il a dirigé la rédaction de l’ouvrage Mondialisation et sociétés rurales en Méditerranée. Etats, société civile et stratégies des acteurs (2002, Edition Karthala).

 

Cet article est le 17ème paru sur ce blog dans la catégorie Afrique.

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15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 23:38

Ouvrir la voie de la République et de la démocratie en Afrique du Nord

 

Ben Ali se voyait président à vie. Le peuple tunisien l’en a empêché, mettant fin à 23 ans de règne pseudo démocratique, en réalité tyrannique, car ses opposants étaient privés de liberté et contraints de quitter le pays. La vie démocratique est désormais possible.

 

Voici ce qu’écrivait la correspondante du quotidien Le Monde, Florence Beaugé, dans un article paru le 7 novembre 2007, sous le titre « La Tunisie des illusions perdues ».

« On y a tous cru. Le 7 novembre 1987, Ben Ali, c’était le sauveur (…). On n’en pouvait plus de trente ans de bourguibisme (…). On a assez vite déchanté. La réalité ne collait pas avec les engagements (…). Puis il y a eu les arrestations des islamistes. Puis le musellement de la gauche, puis de tous les démocrates. Et ça n’a jamais cessé… ». Les propos de Lofti, pharmacien dans un village proche de Monastir, on les entend à l’infini en Tunisie, en ce 20ème anniversaire de l’arrivée au pouvoir de Zine El-Abidine Ben Ali. Le 7 novembre 1987, celui qui est à l’époque premier ministre évince en douceur le vieux chef de l’Etat, Habib Bourguiba, devenu sénile. Pas une goutte de sang. La population n’en a alors que plus de gratitude pour le nouveau venu qui promet la démocratie et déclare « On ne saurait être président à vie » (…).

L’ombre de Bourguiba

(…) Les Tunisiens parlent librement de celui qui a projeté leur pays dans l’ère moderne et lui a donné une aura internationale.

Ils n’ont pas oublié que, dès 1957, au lendemain de l’indépendance, Bourguiba a accordé aux femmes le droit de vote et l’éligibilité, puis interdit la répudiation et la polygamie. Aujourd’hui encore, les Tunisiennes bénéficient d’un statut inégalé dans le monde arabo-musulman, le président Ben Ali ayant poursuivi la politique de son prédécesseur (…)

Le nom de Bourguiba revient souvent dans les conversations. On oublie son despotisme et ses incohérences de fin de parcours pour mieux souligner (…) sa probité. On ne peut en dire autant  de la famille de Ben Ali, accusée de tous côtés de s’infiltrer, de grignoter, de s’imposer, dès qu’il y a de l’argent à gagner en Tunisie (…).

 

Florence Beaugé titrait déjà, dans Le Monde daté du 16 novembre 2005, « Entre soumission et révolte, la société tunisienne prise au piège du système Ben Ali. Chaque année, 5 millions de personnes visitent la Tunisie souvent sans rien voir de la peur qui règne dans le pays, instaurée par dix-huit ans de régime Ben Ali ».

 

Dans Le Monde des 24 et 25 octobre 2004, Jean-Pierre Tuquoi, présentait le livre de Sihem Bensedrine et Omar Mestiri, intitulé « L’Europe et ses despotes ». Il commençait ainsi « C’est une Tunisie au rebours de celle vantée par le régime que nous décrivent les auteurs de cet ouvrage : un Etat despotique bon teint où la justice est bafouée, la presse muselée et le culte de la personnalité omniprésent* (…). Les chapitres les plus sensibles touchent à la corruption et à l’affairisme du clan présidentiel avec une mise en cause directe de l’épouse du chef de l’Etat » (…).

* Je l’avais constaté lors d’une visite dans une coopérative viticole, en juin 2001, avec mon groupe de la Coopérative des agriculteurs de la Mayenne. Il y avait des photos de Ben Ali partout, au moment de la réception.

Dernier témoignage, celui de Danielle Mitterrand, en tant que présidente de la Fondation France Libertés (Le Monde, 16 août 2001) « Le peuple tunisien de la souffrance à la résistance ». « La communauté internationale ne peut continuer à fermer pudiquement les yeux et laisser libre cours aux dérives autoritaires du régime tunisien (…). Le temps des soumissions à la force et à un pouvoir injustement répressif verra son terme lorsque s’établira une concordance entre un pouvoir public soucieux de vérité et de démocratie et son peuple. La Tunisie n’a rien à gagner à s’accrocher à des archaïsmes de gouvernance. Qu’on la laisse grandir à l’air libre et elle n’en sera que plus forte ».

 

Revue de presse

Continuité de la position de la France : Paris a défendu jusqu'au bout le régime tunisien (Le Monde, 15 janvier 2011). Michèle Alliot-Marie réduisait les troubles à un problème de professionnalisme des forces de sécurité.   

Ben Ali, 23 ans de règne (Le Monde, 15 janvier). Un dictateur honni par son peuple et choyé par les dirigeants occidentaux.

« Les Tunisiens, fatigués d'un pays tenu par quelques familles » (Rue89, Jean-Sébastien Mora, 2 janvier 2011). L'avocate engagée Bochra Beljaj Hamida détaille pour Rue89 les caractéristiques de cette mobilisation « sans précédent ». 

Edito du "Monde" : A Tunis, l'espoir d'une transition démocratique (Le Monde, 15 janvier)  

Foued Mebazaa, apparatchik devenu le nouvel homme fort de la Tunisie (Le Monde, 15 janvier)

Des médias tunisiens pris de court (Courrier international, 15 janvier)

Changement de siècle en Tunisie (Abdallah Rihani, politologue, installé à Montréal, 15 janvier). Révolte spontanée et révolution sociale contre la dictature de Ben Ali, les tenants et l’aboutissement.

La «révolution du Jasmin», de Sidi Bouzid à la fuite de Ben Ali (Libération, 15 janvier)

Tunisie : quelle opposition pourra intégrer le futur gouvernement ? (Rue89, Marie Kostrz, 15 janvier). Le président Mebazaa n'a pour l'instant approché que « l'opposition de façade » pour former le gouvernement d'union nationale.

 

Jean-Pierre Chevènement

Les idéaux républicains et démocratiques peuvent s'épanouir dans un pays de tradition musulmane (Jean-Pierre Chevènement, 15 janvier)

Le peuple tunisien nous est proche. Il vient de montrer une détermination et un courage exemplaires pour ouvrir la voie à une démocratie qu'il mérite pleinement. On ne peut que déplorer le sang versé mais des élections maintenant vont être organisées.

 

Je souhaite qu'elles débouchent sur un gouvernement républicain, d'abord respectueux de ses citoyens et capable d'offrir à la jeunesse tunisienne les perspectives d'avenir en matière d'emploi et d'accomplissement civique auxquelles elle aspire justement.

La France et l'Europe ont une responsabilité essentielle pour associer la Tunisie à leur développement par l'investissement et par une offre croissante de débouchés. Il nous revient d'aider à la création d'une véritable euro-méditerranée.

La Tunisie n'est évidemment pas complètement à l'abri de l'intégrisme radical mais elle vient de montrer sa maturité démocratique à travers le comportement de sa jeunesse, de ses syndicats et de ses forces armées qui ont refusé de tirer sur les manifestants.

La Tunisie saura montrer que idéaux républicains et démocratiques peuvent s'épanouir dans un pays de tradition musulmane.

Colloque de la Fondation Res Publica: Quelles perspectives pour la France en Méditerranée?

Poursuite du programme de colloques de la Fondation Res Publica lundi 17 janvier à 18h à l’Institut du Monde Arabe, salle du Haut Conseil,1, rue des Fossés Saint-Bernard, Place Mohammed V, 75236 Paris Cedex 05. En voici le programme ci-dessous. Avec la participation de :

Jean-Yves Autexier, Membre du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica  

Georges Corm, Ancien ministre des Finances de la République libanaise, auteur de « Le nouveau gouvernement du monde » (La Découverte, 2010)

Alain Dejammet, Président du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica

Hubert Védrine, Ancien ministre des Affaires étrangères

Henri Guaino, Conseiller spécial du Président de la République

Jean-Pierre Chevènement, Président de la Fondation Res Publica

Inscrivez-vous à l'adresse électronique info@fondation-res-publica.org (Merci de préciser vos nom et coordonnées complètes). Pour consulter les travaux de la Fondation Res Publica, fondation reconnue d'utilité publique par décret du 30 décembre 2005, une seule adresse : www.fondation-res-publica.org.

 

Cet article est le 16ème paru sur ce blog dans la catégorie Afrique.

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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 17:47

Entendre les conseils pertinents d’experts indépendants

 

Ce pays - que j’aime bien (je l’ai visité, ainsi que le Mali et le Sénégal, en 1969, avec mes camarades de la 118ème promotion de l’ENSA de Rennes) - ne parvient pas à trouver son équilibre démocratique.

Il y a eu une élection présidentielle (qui avait été repoussée depuis cinq ans), dont le second tour, le 28 novembre 2010, a donné la victoire à « l’éternel opposant », ancien directeur adjoint du Fonds Monétaire International (FMI), Alassane Ouattara (54,1% des voix).

C’est le résultat adopté par la commission électorale (dont les membres étaient majoritairement favorables à Ouattara), mais il a été invalidé par le Conseil constitutionnel (dirigé par les amis du président sortant), sur la base d’irrégularités relevées dans le fief de Ouattara, au nord du pays.

Le résultat a été inversé (51,5%) en faveur de Laurent Gbagbo, l’homme fort de la Côte d’Ivoire depuis dix ans, surnommé le « boulanger » parce qu’il a l’habitude de rouler tout le monde dans la farine, ce qui lui vaut d’être détesté par les dirigeants des grands pays occidentaux.

 

Après avoir lu Une chronologie de la Côte d'Ivoire de l'indépendance à 2010 (L'Express), nous consulterons des experts indépendants qui connaissent bien le pays et les conflits en Afrique.

 

Michel Galy est l’un d’eux (voir Galy Michel).

La lecture qu’il fait de la crise ivoirienne s’inscrit dans une réflexion d’ensemble qui porte sur ce qu’il a appelé la “guerre nomade“: il considère en effet que les conflits qui ont déchiré la Sierra Léone, le Libéria, la Côte d’Ivoire et les violences sporadiques qui secouent régulièrement la Guinée (Konakry) possèdent beaucoup de traits communs (…). Voir Conversations avec Michel Galy (3 juin 2007).

 

Politologue, chercheur au « Centre sur les conflits » (Paris) et animateur de la revue « Culture et Conflits », Michel Galy vient de rentrer d’Abidjan où il a suivi le deuxième tour des élections et les évènements qui ont suivi. Voir Michel Galy: un lent pourissement en Côte d'Ivoire -13 décembre 2010.

 

Colette Braeckman, journaliste au quotidien belge Le Soir, est en charge de l’actualité africaine.

Son blog est fort intéressant (voir le carnet de Colette Braeckman).

            Collision frontale en Côte d’Ivoire (Colette Braeckman, 3 décembre)  

            Côte d’Ivoire: quelques questions (Colette Braeckman, 17 décembre)

                Cote d’Ivoire: bifurquer avant l’abîme (Colette Braeckman, 23 décembre)

 

Au cours des dernières décennies, on ne compte plus les chefs d’Etat africains qui ont pris le pouvoir par la force, se sont ensuite réhabilités par des parodies d’élections ou ont tout simplement bénéficié de l’indulgence ou de l’impuissance de la communauté internationale face à leur pouvoir de fait. Dire cela, et s’étonner de la soudaine unanimité qui se forge autour de Laurent Gbagbo, qui ne bénéficie pas du même traitement que les Deby, Compaoré, Sassou Nguesso, dos Santos et autres Mugabe, des hommes qui ont eu le temps de se racheter une légitimité ou qui ont réussi à s’accrocher au pouvoir, cela ne règle rien : les turpitudes du passé ne justifient pas les fraudes du présent. Ce qui compte aujourd’hui, c’est que le peuple ivoirien, qui a voté dans le calme et la dignité, a droit à la paix et au respect des choix exprimés par son suffrage.

A condition que le vote se soit déroulé dans des conditions correctes et que ses conclusions soient incontestables Ce qui n’est pas le cas puisque dans le Nord les forces rebelles n’avaient pas désarmé, que des violences et des intimidations ont été enregistrées en diverses régions du pays, que les chiffres avancés par la Commission électorale indépendante (acquise à l’opposition) et par le Conseil Constitutionnel (contrôlé par Gbagbo) divergent et se contredisent. Face à ces contradictions, à ce bras de fer entre deux hommes mus par une même détermination implacable, la communauté internationale aurait du faire preuve de plus de circonspection : soit exiger une opération de recomptage des votes par une instance reconnue comme neutre, (une procédure longue et fastidieuse, mais moins coûteuse que la guerre), soit pratiquer le jugement de Salomon, mettant en congé les deux hommes qui ont mené le pays à sa perte au profit d’un troisième larron, par exemple Henri Konan Bédié, l’ancien dauphin du président Houphouet Boigny, qui s’était désisté en faveur de Ouattara au deuxième tour.

Aujourd’hui que la course à l’abîme s’accélère, de telles solutions semblent irréalistes. Mais les autres le sont tout autant : Gbagbo qui s’accroche au pouvoir en dépit de sa défaite a définitivement perdu sa légitimité et Ouattara, honni par une moitié du pays qui le considère comme le candidat de l‘étranger et le parrain des rebelles, ne pourra jamais gouverner sereinement. Quant à l’option militaire qui se dessine, elle est la pire de toutes : son issue est incertaine, ses victimes seront nombreuses. En outre, un assassinat politique aurait pour premier résultat de transformer en héros nationaliste Gbagbo le roublard, qui se voit déjà comme un autre Lumumba ! Il déchaînerait aussi la colère des foules contre les trois millions d’étrangers qui vivent en Côte d’Ivoire et contre les 15.000 Français et autres expatriés. Conclusion : une fois encore, refuser les effets d’annonce, les ultimatums bravaches, relancer jusqu’aux dernières limites les chantiers de la négociation à l’africaine et du compromis…

 

COTE D’IVOIRE Avenir (site pour une élection apaisée et sans violence) a publié, le 28 décembre, les communiqués de l’ancien président du Ghana, l’un des rares pays en Afrique, qui soit réellement démocratique « Rawlings opposé à une intervention militaire »

 

Jerry John Rawlings a appelé à "la plus grande modération" dans la gestion de la crise politique en Côte d'Ivoire suscitée par une élection controversée dont deux candidats se sont déclarés vainqueurs. Dans son deuxième communiqué en trois jours à Accra vendredi, il a averti que la situation en Côte d'Ivoire n'était pas "une simple querelle électorale" (…).

 

Il a préconisé d'examiner toutes les options pacifiques disponibles, plutôt qu'une intervention militaire ne pouvant instaurer une transition politique pacifique dans ce pays. M. Rawlings a déclaré que la situation était tout à fait embarrassante pour l'Afrique et qu'il était également préoccupant que plusieurs faits aient été passés sous silence par la presse internationale.
Les rapports de certains observateurs électoraux majeurs condamnant le déroulement des élections dans plusieurs endroits du pays ont été totalement ignorés par la presse internationale, selon lui. M. Rawlings a estimé qu
'il y avait plusieurs questions cruciales sans réponses, en ajoutant que les détails du rapport de l'émissaire de l'UA, l'ex-président sud-africain Thabo Mbeki, devaient être rendus publics pour aider à démêler la situation.
Il a demandé à la CEDEAO de convoquer une réunion d
'urgence pour inviter les deux parties antagonistes ainsi que les représentants de toutes les missions d'observation ayant couvert les élections à présenter leurs arguments. "Nous devons avancer avec prudence dans l'intérêt du peuple de la Côte d'Ivoire, qui est la véritable victime de cette tragédie", a estimé M. Rawlings.

Cet article est le 15ème paru sur ce blog dans la catégorie Afrique.

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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 22:39

Rapprochement entre la France et le Rwanda

 

La visite du président de la République française, ce 25 février, à Kigali venait après le rétablissement des relations diplomatiques entre la France et le Rwanda. Ce qui est en question dans le contentieux entre les deux pays, c’est le rôle qu’a joué la France dans ce pays lors du génocide des Tutsi (800 000 morts en trois mois, d’avril à juin 1994).

 

La présidence de la République (Mitterrand) et le Premier Ministre (Balladur), fortement influencés par les militaires qui étaient en charge du dossier, notamment le général Quesnot, soutenaient le pouvoir en place Hutu, face à la rébellion Tutsi conduite par Paul Kagame et financée par l’Ouganda. Les dirigeants français étaient préoccupés par des aspects de géopolitique (rivalité entre influences anglo-saxonne et française dans cette région d’Afrique), négligeant les informations alarmistes depuis 1990 de menace génocidaire visant les Tutsi, de la part des extrémistes Hutu.

 

Voir les informations Afrique publiées sur ce blog.

 

Voir aussi Sarkozy à Kigali : le Dossier de Presse de "France Rwanda Génocide" du 22 février. Cette association tient à rappeler que ce « réchauffement » ne doit pas occulter les responsabilités françaises dans le génocide des Tutsi du Rwanda en 1994 (…).

 

Le rapport rwandais sur l'attentat du 6 avril 1994 confirme la probable implication des extrémistes hutus dans l'assassinat du président Habyarimana. Reste la question, non abordée par l'enquête rwandaise, du rôle de la France dans l'organisation et l'exécution de cet attentat. L'association FRG-EJR dénonce le fait qu'aucune enquête sérieuse n'ait jamais été engagée en France sur ce point, et demande formellement que le ministère de la défense remette au juge Trévidic, en charge de l'enquête sur ce crime, les éléments dont l'armée française dispose depuis le 6 avril 1994 (…).

 

Dans un « Point de vue » publié sur le site du quotidien Le Monde le 24 février, Rwanda : Que doit dire la France ? par Luc Lamprière, Jean-Marie Fardeau, Michel Roy, ces auteurs montrent le chemin qui reste à parcourir.

(…) Il reste cependant encore à la France à reconnaître le travail fait par nombre d'historiens sur le génocide rwandais et, comme l'a déclaré Bernard Kouchner, de trouver "les mots justes pour évoquer l'attitude des uns et des autres pendant cette tragédie". On pourra alors se réjouir du " rétablissement " des relations diplomatiques franco-rwandaises, en attendant une réelle "normalisation" qui impliquera d'aborder tant les sujets dont on peut se féliciter que les questions qu'on a moins envie d'entendre.

C'est-à-dire souligner l'efficacité de la reconstruction des institutions étatiques après le génocide, la professionnalisation des fonctionnaires, les initiatives pour lutter contre la corruption, le développement économique – du moins au niveau de la capitale – et la promotion active de la participation des femmes en politique.

Mais aussi pointer du doigt les menaces qui, au Rwanda, pèsent sur la société civile, la presse et l'espace démocratique. Dire que le devoir de mémoire et d'inventaire jusqu'en 1994 ne doit pas occulter le fait qu'une loi définissant vaguement "l'idéologie génocidaire" permet, dans les faits, de réprimer le moindre début de débat politique. Que les candidats aux prochaines élections font l'objet d'intimidations diverses. Que les rares organes de presse indépendants font l'objet de pressions – politiques, fiscales ou législatives – systématiques. Et que les populations paysannes – 85 % des Rwandais – subissent actuellement de plein fouet une politique gouvernementale de "révolution verte" inadaptée à la réalité du milieu rural au Rwanda et de l'agriculture de subsistance les obligeant à se consacrer à une culture d'exportation, déterminée par l'Etat en fonction de chaque région, les rendant très vulnérables aux aléas du marché et du climat.

La mémoire retrouvée pour le Rwanda ne devrait pas non plus signifier l'oubli des populations congolaises dont la France a, depuis dix ans, régulièrement défendu la cause au Conseil de sécurité. Nicolas Sarkozy devrait clairement indiquer à Paul Kagame que la communauté internationale attend de sa part des mesures concrètes pour mettre un terme aux agissements des dignitaires rwandais qui continuent de soutenir des groupes armés à l'est de la RDC et de bénéficier de l'exploitation et de la commercialisation des ressources de son sous-sol.

Il devrait aussi l'inviter à contribuer activement aux efforts internationaux de désarmement volontaire des rebelles hutus rwandais encore actifs dans les Kivus, et à offrir à ceux d'entre eux qui n'ont pas participé au génocide des garanties et perspectives véritables de réintégration socio-économique au Rwanda. Pour ceux qui ont participé au génocide, le Rwanda doit leur assurer une justice équitable.

Evoquer ces questions plus difficiles dans le cadre de relations en voie de "normalisation" est nécessaire pour répondre à l'attente d'une population civile à l'Est du Congo qui assigne une très large part de responsabilité à la communauté internationale autant qu'au Rwanda pour les conflits qu'ils ont hérités de l'époque du génocide.

Dans son discours au corps diplomatique le mois dernier, Nicolas Sarkozy a annoncé qu'un "forum pour la coopération dans la région des Grands Lacs" sera organisé en France cette année. Ce projet centré sur l'intégration économique régionale ne devrait pas feindre d'ignorer l'ensemble des facteurs structurels et politiques des conflits des Grands Lacs. La France devrait aider le Rwanda à s'engager dans la voie d'un multipartisme et d'un débat politique véritable en amont des élections prévues en août prochain. Ou se résigner à substituer un silence à un aveuglement, et à en faire payer le prix aux populations de toute la région.


Le président français Nicolas Sarkozy a reconnu de «graves erreurs d’appréciation» et «une forme d’aveuglement» de la France
et de la communauté internationale lors du génocide de 1994 au Rwanda, lors d’une conférence de presse à Kigali ce 25 février avec son homologue rwandais Paul Kagame. Voir Sarkozy au Rwanda : "la France doit réfléchir à ses erreurs".


"Nous devons voir plus loin, pour organiser la réconciliation. Des erreurs d
'appréciation, des erreurs politiques ont été commises ici et ont eu des conséquences absolument dramatiques", a poursuivi le président. "Nous voulons que les responsables du génocide soient retrouvés et soient punis. Il n'y a aucune ambiguïté. Je l'ai dit au président Kagamé, ceux qui ont fait ça, où qu'ils se trouvent, doivent être retrouvés et punis", a encore déclaré M. Sarkozy. "Est-ce qu'il y en a en France ? C'est à la justice de le dire. Nous venons de refuser l'asile politique à une des personnes concernées, et il y a une procédure judiciaire engagée", a-t-il également indiqué en faisant référence, sans la nommer, à Agathe Habyarimana, la veuve du prédécesseur de Paul Kagamé.

 

"Nous allons essayer de construire une relation bilatérale où nous allons explorer une nouvelle façon de s'entraider. La France veut aider le Rwanda et nous allons construire une coopération politique, économique et culturelle", a conclu le chef de l'Etat, dans une optique de réchauffement des relations franco-rwandaises (…).

 

La visite du président français au Rwanda est destinée à sceller la réconciliation entre la France et le Rwanda après des années de brouille. Au début de sa visite, le chef de l'Etat français, accompagné des ministres rwandais des affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, et de la culture, Joseph Habineza, a d'abord observé une minute de silence devant l'une des quatorze fosses communes du mémorial, où sont inhumés les corps de plus de deux cent cinquante mille victimes, et y a déposé une gerbe. Avec sa délégation, qui comprend le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, Nicolas Sarkozy a ensuite visité le musée pendant vingt minutes.

 

Celui-ci retrace l'histoire du Rwanda depuis la colonisation belge jusqu'au génocide, qui a fait plus de huit cent mille morts (selon l'ONU) en grande majorité des Tutsis, et l'arrivée au pouvoir de l'actuel président Paul Kagamé. A deux reprises, M. Sarkozy a été interpellé par le guide du musée sur le rôle de la France dans les événements de 1994. Depuis cette date, le régime de Paul Kagamé accuse la France de complicité dans le génocide pour avoir soutenu le régime de son prédécesseur Juvenal Habyarimana. Paris a toujours rejeté ces accusations (…).


Cet article est le 14ème paru sur ce blog dans la catégorie Afrique
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3 juillet 2009 5 03 /07 /juillet /2009 22:59

Un républicain qui décrit les racines du mal africain

 

Mon collègue Serge Lezement, membre du secrétariat national du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a en charge le développement du MRC en Normandie, a recommandé la lecture d’un livre dont l’auteur, Michel Tsiba, était, comme lui, membre du PS, puis du Mouvement des Citoyens (MDC), à Hérouville-Saint-Clair, près de Caen (14).

 

Après avoir travaillé pendant quelques années dans son pays natal, le Congo Brazzaville, en tant que haut fonctionnaire, il l’a quitté à la suite du coup d’Etat qui a porté au pouvoir le président actuel, Denis Sassou Nguesso. Il habite, maintenant, près d’Evreux (27).

 

Retrouver ce livre en cliquant sur http://www.publibook.com/boutique2006/detailu-4425-PB.html.

 

Pour en savoir plus sur la République démocratique du Congo, et sur son président, je propose une revue de presse :

Denis Sassou Nguesso en route vers le pouvoir à vie (Rue89, 3 juillet),

L'affaire des "biens mal acquis" relancée à Paris - Afrique - Le ... (Le Monde, 6 mai),

 

La chasse aux biens mal acquis entrouverte - Libération (Libération, 7 mai),

 

Congo : Sassou Nguesso candidat à la présidentielle, Afrique ... (Nouvel Observateur, 7 juin),

 

Sassou Nguesso - Pillage du Congo-Brazzaville (vidéo),

 

 

Cet article est le 13ème paru sur ce blog dans la catégorie Afrique.

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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 21:56

Conflit d’intérêts, conflit de générations… au suivant !

 

La couleur rouge (brique) de ses hauts plateaux a déteint sur la colère d’une partie de ses habitants de la capitale Antananarivo (Tananarive - pour tout savoir sur l’île, cliquer sur Madagascar).

 

Le président de la République, Marc Ravalomanana, réélu en décembre 2006 pour un second mandat de 5 ans, est prié de démissionner par Andry Rajoelina, soutenu par l’armée malgache (voir l’article paru ce 16 mars sur le site du Monde Madagascar : l'armée occupe les bureaux du président).

 

Pour Sylvain Urfer, fondateur de l'Observatoire de la vie publique à Antananarivo, "le rapport de force joue désormais clairement en faveur d'Andry Rajoelina" (Le Monde, 13 mars A Madagascar, "il n'est plus question de revenir en arrière"

Sur le site de Rue89, le 31 janvier 2009, on pouvait lire Les raisons de la colère contre le président de Madagascar.

La colère des Malgaches a décuplé quand ils ont été informés de la cession de trois cent mille hectares de terres à Daewoo, la firme multinationale coréenne (voir l’article de Rémi Carayol, paru le 24 février sur le site de Libération Madagascar, la braderie de l’île).

 

Un ami malgache, qui habitait Laval avant de rejoindre Nantes, a été très clair sur la situation de son pays. Voici ce qu’il écrit :

 

Concernant la situation à Madagascar, il s'agit de problèmes multiples qui  minent la société malgache. Les principaux sont :

 

- La mauvaise gouvernance : le président confond l'argent public et les intérêts de sa société (celle-ci ne paie ni TVA ni frais de douane alors que c'est devenu l'une des plus grandes  sociétés agroalimentaires de l'Océan Indien).

- Il a aussi créé des Sociétés annexes dans tous les secteurs existants (bâtiment, travaux publics etc.) et acquis des marchés sans appels d'offres. Par conséquent, cela crée un conflit d'intérêt avec le patronat local.

 

- Le conflit de génération : les jeunes sont totalement acquis aux causes défendues par le jeune Maire, dont la pauvreté grandissante de la population (de loin le plus grand problème).

 

- La corruption généralisée mais je dirais surtout la corruption institutionnalisée (députés, sénateurs et membres du bureau politique proches du Président sont grassement payés - un député arrive à gagner jusqu'à presque 4000 euros ! d'où l'écart entre les pauvres 30 euros par mois et les riches).

 

- La vente de terrain aux Coréens et aux étrangers ; le président qui s'est acquis un avion à 60 millions de dollars dans un pays pauvre comme le notre ; le manquement à la démocratie…

 

Maintenant l'Armée est divisée après que le président a opté pour la violence afin de mater les manifestants. Mais une partie de l'Armée réclame sa démission. Nous espérons qu'une solution soit trouvée dans les deux ou trois semaines qui viennent.

 

 

Cet article est le 12ème paru sur ce blog dans la catégorie Afrique.

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