Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
  • Contact

Texte libre

Recherche

Courriel

 

 

 

 

Articles Récents

22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 23:05

Bien encadrer les nombreux projets de méthanisation

 

La méthanisation (encore appelée digestion anaérobie) est une technologie basée sur la dégradation par des micro-organismes de la matière organique, en conditions contrôlées et en l’absence d’oxygène (réaction en milieu anaérobie, contrairement au compostage qui est une réaction aérobie).

Cette dégradation aboutit à la production :

- d’un produit humide riche en matière organique partiellement stabilisée appelé digestat. Il est généralement envisagé le retour au sol du digestat après éventuellement une phase de maturation par compostage ;

- de biogaz, mélange gazeux saturé en eau à la sortie du digesteur et composé d’environ 50% à 70% de méthane (CH4), de 20% à 50% de gaz carbonique (CO2) et de quelques gaz traces (NH3, N2, H2S). Le biogaz a un Pouvoir Calorifique Inférieur de 5 à 7 kWh/Nm3. Cette énergie renouvelable peut être utilisée sous différentes formes : combustion pour la production d’électricité et de chaleur, production d’un carburant.

Il existe 4 secteurs favorables au développement de la méthanisation : (1) agricole, (2) industriel, (3) déchets ménagers, (4) boues urbaines. Comme autres sources de production du biogaz, on peut citer le biogaz issu des installations de stockage des déchets non dangereux, siège de la dégradation anaérobie.

            Voir la définition que donne l’ADEME de la Méthanisation

 

L’Allemagne a développé la méthanisation dans le but d’apporter des compléments de revenus aux agriculteurs. Mais L'exemple allemand n'est pas forcément un modèle

Comme sur beaucoup d’autres sujets, lorsque l’on parle de méthanisation agricole, les regards se tournent vers l’Allemagne. Et c’est pour stigmatiser le retard pris en France dans ce domaine par rapport à nos voisins. Il faut dire que ce pays revendique près de 7 500 installations. La fixation d’un prix d’achat élevé de l’électricité produite par ces unités a contribué à cet essor. Pour autant, il est difficile de parler d’un "modèle allemand" qui serait transposable. En effet, le méthaniseur ne se contente pas de lisier de porc, matière peu méthanogène. Pour nourrir l’appareil, les Allemands ont recours à du maïs. Ils utilisent des surfaces spécifiques pour produire ces cultures dites énergétiques. Ils en font donc une activité à part entière. En France, l’idée est d’exploiter, aux côtés des effluents d’élevage, des déchets organiques issus de l’industrie agroalimentaire ou de la restauration pour compléter le menu.

Voir Le gouvernement pousse l'agriculture française à développer la méthanisation (Le Monde, Laurence Girard, 29 mars 2013) et Méthanisation : Stéphane LE FOLL salue l’avis positif de l’ANSES concernant l’homologation de digestats (20 déc. 2013).

 

En Mayenne, le GAEC de l’Epine (Pierre et Audrey, ainsi qu’Olivier Besançon, le frère de Pierre) à Saint-Berthevin (proximité des communes de Changé et du Genest-Saint-Isle) a été le premier à se lancer dans une réalisation, grâce à des subventions publiques importantes.

La méthanisation consiste ici à produire de l’électricité et de la chaleur à partir de déchets organiques et des effluents d’élevage. Le dispositif est composé d’une trémie d’insertion des déchets, un fermenteur qui les transforme en biogaz et en digestat, une fosse de stockage de ce digestat, un circuit souterrain de circulation du biogaz et un cogénérateur qui le transforme en chaleur et en électricité.

En plus de la production d’électricité, vendue à ErDF, la chaleur est utilisée pour chauffer les poulaillers, le local de vente directe, la maison d’habitation et le lavage de la salle de traite des vaches. L’installation reçoit tous les déchets verts de la commune.

Voir l’article de Ouest-France, 19 février 2012, intitulé « Première installation de méthanisation agricole en Mayenne » et aussi La méthanisation produit ses premiers kilowatts en Mayenne (Ouest-France, 5 juillet 2012).

 

Les projets en Mayenne sont nombreux, notamment à Charchigné, où une centaine d’agriculteurs du Nord Mayenne et de l’Orne ont un projet d’usine de biogaz, qui alimentera en vapeur la laiterie Lactalis et fournira de l’électricité à 5 000 foyers. Voir Ils vont transformer leur fumier en électricité (Ouest-France, 25 février 2012).

Un projet existe à Château-Gontier (Ouest-France, 18 septembre 2012), conduit par l’entreprise Naskéo. Des agriculteurs fourniront du fumier à l’usine qui produira de la chaleur à des entreprises et vendra de l’électricité à ErDF.

Deux autres projets existent à Craon, dont l’un est de France Biogaz Valorisation qui produira de l’électricité, réinjectée dans le réseau, et de la chaleur, valorisée par l’usine de volailles Sara. Huit agriculteurs sont partenaires du projet. L’autre est entre les mains des seuls agriculteurs (85 répartis sur 32 communes autour de Craon) qui ont créé la société Oudon Biogaz. Le but est de produire du gaz à partir des déjections animales et, à terme, de tous déchets organiques. L’usine sera installée à proximité d’une canalisation GRT Gaz qui dessert les villes de Craon et de Segré.

Voir Agriculteurs, ils se lancent dans la méthanisation (Ouest-France, 5 juillet 2013) et cet article de L’avenir agricole, le 5 juillet 2013 : « En Mayenne, 85 exploitations du Pays de Craon s’engagent dans la méthanisation » - Lire la suite

Ces agriculteurs ont présenté leur projet aux riverains de la parcelle où pourrait s’implanter l’usine de méthanisation. Ceux-ci ne sont pas contre la méthanisation mais ils jugent le projet surdimensionné et trop risqué. Ils se sont organisés en association de défense.

Voir A Craon, la dimension d'un projet de méthanisation les effraie (L’avenir agricole, Frédéric Gérard, 4 octobre 2013)

La réunion d'Oudon biogaz apporte de premières réponses partielles (L’avenir agricole, Frédéric Gérard, 18 octobre 2013).

 

La Confédération paysanne de la Mayenne, syndicat agricole minoritaire, est favorable aux projets de méthanisation mais elle estime que des garde-fous sont nécessaires (Ouest-France, 20 décembre 2013).

 

Dans un Point de vue publié dans l’édition de Ouest-France du 6 décembre 2013, André Pochon, consultant à Vivarmor, association costarmoricaine de protection de l’environnement, a donné son avis en titrant « L’incontournable méthanisation »

 Pour retrouver l’autonomie en énergie, si chère à notre président de la République, la méthanisation (avec l’éolien et le solaire) fait partie des trois priorités. Elle possède un avantage sur l’éolien et le solaire : le méthane peut se stocker pour produire de l’électricité aux heures de pointe.

Mais le fait de méthaniser les déjections animales ne diminue pas leur quantité d’azote. Au final, le digestat (un des résidus issus du processus de méthanisation de la matière organique) est plus riche en azote que le lisier de base, puisqu’on y ajoute des compléments cellulosiques, nécessaires à la production de méthane par le lisier. Si ce digestat est épandu sans discernement sur les terres, on augmente la pollution.

Il faudra donc utiliser le digestat des méthanisateurs pour fertiliser les récoltes avec la même parcimonie que les engrais azotés. Le digestat est bien un substitut à ces engrais. Il accroît notre indépendance énergétique puisque (au-delà de celle produite), il nous permet d’économiser l’engrais minéral. Il faut deux tonnes de pétrole pour produire une tonne d’azote. Mais épandre tel quel ce substitut sans limites sur les terres bretonnes peut accentuer la pollution de l’eau par les nitrates et donc aggraver le phénomène des algues vertes.

Pour résoudre le problème, il faut utiliser le méthane, non seulement pour produire de l’électricité, mais aussi pour sécher le digestat. Et obtenir ainsi un produit facilement transportable et commercialisable dans les régions en panne d’engrais minéraux : c’est ce que font déjà les unités de méthanisation en place, comme celle, collective, du Méné, mais aussi celle individuelle de Plélo (Côtes-d’Armor).

Alors, ce ne sont plus seulement les excédents d’azote mais aussi ceux de phosphore et de potasse qui sont exportés, sous forme d’amendements-engrais, vers les régions céréalières et maraîchères. C’est tout bon pour la balance commerciale de la France et l’avenir des générations futures car, comme le pétrole, le phosphore est limité sur notre planète, alors que cet engrais est indispensable à la croissance des végétaux, et par conséquent, à l’alimentation de milliards d’hommes.

L’attaque musclée de certains écologistes à l’encontre des projets de méthanisation de Stéphane Le Foll vient de ce que le ministre de l’Agriculture ne présente pas, dans nos régions d’élevage intensifs, un projet global comportant la méthanisation d’une part, et la production d’un engrais-amendement, conjointement.

Il reste d’ailleurs aux pouvoirs publics à valider au plus vite, avec des normes précises, ce nouvel engrais que les régions céréalières, maraîchères, viticoles, arboricoles, attendent. Il reste aussi à revoir les contrats de rachat de l’électricité par EDF : le prix devrait être doublé pendant les heures de pointe.

Mais le ministre a raison quand il exclut de produire en France du méthane avec des résidus de maïs et des céréales, comme cela se fait en Allemagne. C’est un contresens du métier de paysan qui a pour vocation première de nourrir les hommes.

 

Cet article est le 419ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

Repost 0
Published by Michel SORIN - dans AGRICULTURE et PAC
commenter cet article
14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 22:10

Forte baisse de la valeur ajoutée nette de l’agriculture

 

Depuis la sévère crise agricole de 2009 (voir Crise agricole 2009 : les explications des services économiques APCA - 30 déc. 2009), les revenus de l’agriculture ont évolué selon les marchés, de manière erratique. Voir les articles concernant les revenus agricoles en 2010, 2011 et 2012.

 

Revenu agricole 2010 : les céréaliers heureux, les animaliers moins - 17 déc. 2010

Revenu agricole 2011 : écarts croissants selon régions et productions - 7 août 2012

Revenu agricole 2012 : en forte baisse pour les éleveurs (lait, viande) - 29 déc. 2012

 

L’Insee a publié Les comptes prévisionnels de l'agriculture pour 2013. Résumé.

L’année agricole 2013 est marquée, après la flambée de 2012, par une forte baisse des prix des céréales, oléagineux, protéagineux et pommes de terre, ainsi que de ceux des œufs. Les volumes sont globalement stables, ils se réduisent nettement pour le colza et le blé dur tandis qu’ils progressent fortement pour les œufs. Au total, la valeur de la production agricole, y compris subventions, diminue de 3,7 % par rapport à 2012.

Parallèlement, les charges des agriculteurs augmentent à nouveau, principalement en raison du renchérissement de l’alimentation animale et de la progression des quantités d’engrais utilisées. Après trois années de hausse, le résultat de la branche agriculture régresserait globalement. L’emploi agricole continuerait par ailleurs à décroître.

D’après les estimations du compte prévisionnel de l’agriculture, le résultat agricole net (ou valeur ajoutée nette au coût des facteurs) par actif se réduirait de 16 % en termes réels en 2013, après trois années de croissance. Cette évolution résulte de grandes disparités selon les orientations des exploitations.

Les prix des grandes cultures diminuent

En 2013, le volume global des récoltes de céréales décroît légèrement par rapport au niveau élevé de 2012, la hausse des surfaces ne compensant pas tout à fait le repli des rendements. La production d’orge se réduit en raison de moindres rendements ; ces derniers avaient atteint un niveau record en 2012. La récolte de blé dur chute en 2013 sous l’effet d’une baisse importante des surfaces due aux mauvaises conditions climatiques lors des semis. En revanche, les récoltes de blé tendre et de maïs progressent du fait d’une hausse des superficies.

 

Le prix de l’ensemble des céréales décroît fortement en 2013, après une envolée en 2012. En effet, la production mondiale est abondante et les stocks se sont reconstitués. Néanmoins, la demande mondiale reste soutenue, notamment de la part de la Chine. En France, les prix du blé tendre et de l’orge diminuent de 22 % dans ce contexte de hausse des disponibilités. Le prix du maïs recule de 25 % en lien avec le record de production mondiale attendu et la forte concurrence ukrainienne. Les cours du blé dur se replient aussi, limités par la baisse de qualité de l’offre française due aux pluies printanières, et par la vive concurrence canadienne.

 

La récolte d’oléagineux décroît de 14 % par rapport à 2012 et devient inférieure de 12 % à la moyenne quinquennale : la récolte de colza se réduit de 20 % en raison des conditions climatiques défavorables, tandis que celle de tournesol se redresse après une chute en 2012. Les cours des oléagineux régressent fortement en 2013 car la production mondiale est abondante, notamment aux États-Unis, en Argentine et en Ukraine, et les stocks sont élevés. Toutefois, la demande mondiale, en particulier chinoise, reste importante. Le prix du colza diminue de 20 % malgré la baisse de la production française et celui du tournesol se replie de 22 %, dans un contexte de production élevée en Europe et dans les pays de la mer Noire. La récolte de protéagineux diminue à nouveau en 2013 du fait du déclin continu des surfaces et d’une baisse des rendements. Le prix des protéagineux baisse de 22 %, dans le sillage de ceux du blé et des tourteaux de soja auxquels ils peuvent se substituer pour l’alimentation animale.

 

La production de betteraves recule en 2013, comme en 2012, après avoir atteint un niveau record en 2011. Les rendements se replient fortement, pénalisés par le climat défavorable du printemps et les pluies abondantes d’octobre. La richesse en sucre est faible. Le prix des betteraves s’infléchit en lien avec la baisse des cours mondiaux du sucre, la production mondiale étant attendue en excédent.

 

Les récoltes de fruits sont en hausse ; elles s’accroissent fortement pour les cerises, les poires et les pommes, après la chute de 2012, tandis qu’elles déclinent pour les abricots et les pêches. Elles se stabilisent pour les fraises. Les prix des fruits augmentent : ils se redressent nettement pour les abricots et les pêches, favorisés par l’importance de la demande due à la chaleur estivale, tandis qu’ils reculent pour les fraises et les cerises face à une demande affaiblie par le temps froid du printemps.

 

Les récoltes de légumes diminuent à nouveau en 2013 et les prix continuent à monter. Les volumes produits sont en recul pour la plupart des légumes, notamment pour les concombres et les courgettes en raison du climat défavorable du printemps et de la diminution des surfaces.

 

Les quantités de pommes de terre de conservation se redressent en 2013, mais restent inférieures à la production moyenne des cinq dernières années. Les surfaces augmentent, stimulées par les bons prix de la campagne précédente, et les rendements s’améliorent. Après une envolée en 2012, les prix reculent en 2013.

 

La production de vin se redresse en 2013. La récolte est légèrement supérieure à celle historiquement faible de

2012 : elle s’accroît pour les vins de table et de pays et pour les vins de champagne, mais elle continue à décliner pour les autres vins d’appellation en raison des conditions climatiques défavorables, notamment en Bourgogne et dans le Bordelais. Les prix des vins continuent sur une tendance à la hausse dans un contexte de faiblesse des disponibilités, les stocks restant peu élevés. Les exportations poursuivent leur progression initiée en 2010. Les vins courants et le champagne continuent à s’apprécier ; la hausse des prix des autres vins d’appellation s’accélère en 2013.

 

Le prix des œufs régresse

Le prix des gros bovins continue à s’accroître, tiré par le tassement de l’offre. Le volume de la production baisse légèrement. Les abattages se réduisent en 2013, sauf pour les taurillons.

Les exportations de bovins mâles vivants faiblissent également. La diminution du cheptel est moins forte qu’en

2012.

Le prix des veaux continue à augmenter en raison d’une offre maîtrisée et bien adaptée à la demande. Le volume de production poursuit donc son recul.

Pour les porcins, la hausse de prix est modérée dans un contexte d’offre réduite. Les abattages se replient et le cheptel porcin est en baisse, notamment pour les truies.

Pour les ovins, les prix restent soutenus en raison de la faiblesse de l’offre conjuguée à une concurrence extérieure limitée, même si la demande reste peu dynamique. Le volume de production décroît : les abattages augmentent pour les brebis, mais ils se replient fortement pour les agneaux en lien avec la diminution du cheptel reproducteur.

Le volume de production des volailles se stabilise. Les abattages de dindes se réduisent, après une reprise ponctuelle en 2012, tandis que ceux de poulets repartent à la hausse. Les prix continuent à s’accroître en raison d’un meilleur équilibre entre l’offre et la demande.

La production d’oeufs s’accroît fortement après une baisse modérée en 2012, mais très nette en 2011 pendant les travaux de mise aux normes européennes des cages de poules pondeuses. Après la flambée de 2012, le prix des oeufs chute (– 28 %) dans un contexte de surproduction française et européenne.

La collecte de lait reste stable depuis deux ans. Après douze mois consécutifs de baisse, la collecte a progressé à partir de juillet 2013 sous l’effet de conditions climatiques favorables à la repousse de l’herbe, mais aussi d’une réévaluation du prix du lait et d’un fléchissement du prix des aliments pour bétail. En moyenne annuelle, le prix du lait se redresse de 7 % en 2013 en lien avec le renchérissement des prix des produits laitiers industriels (poudres de lait, beurre…).

 

La valeur de la production agricole décroît de 4 %

Au total, en 2013, les volumes produits sont quasiment stables, mais les prix baissent. La valeur de la production agricole, hors subventions sur les produits, décroît de 3,8 % par rapport à 2012, en retrait de 2,9 milliards d’euros : la baisse de 3,8 milliards d’euros pour la production végétale n’est pas compensée par la hausse de 0,9 milliard pour la production animale (graphique 1 et tableau 1).

Les subventions sur les produits (définitions) s’élèvent à 1,1 milliard d’euros, comme en 2012. La prime au maintien du troupeau de vaches allaitantes, qui reste couplée à 75 % à la production, est la subvention la plus importante de cette catégorie.

La production agricole au prix de base (définitions) présente des évolutions en volume et en prix proches de celles de la production hors subventions : respectivement – 0,3 % et – 3,4 %.

 

La remontée du coût des intrants se poursuit

La valeur des consommations intermédiaires de la branche agriculture (définitions) augmente de 2,6 % en 2013 sous l’effet d’une hausse conjuguée des volumes et des prix. Elle s’accroît pour la troisième année consécutive, mais à un rythme moins soutenu qu’en 2011 et 2012.

Les achats d’aliments pour animaux (hors produits agricoles intraconsommés) sont le poste principal des dépenses.

Leurs prix augmentent fortement depuis 2010 du fait de l’envolée des prix des céréales jusqu’à fin 2012. Les quantités consommées sont en recul : elles progressent pour les aliments pour bovins, mais se replient pour les aliments pour volailles et surtout pour porcins.

Après s’être fortement alourdie de 2010 à 2012, la facture énergétique diminue en raison du recul des prix.

Les prix de l’essence et du fioul régressent dans le sillage du prix du baril de pétrole. Toutefois, le prix du gaz et surtout celui de l’électricité se renchérissent. Les dépenses en engrais s’accroissent sensiblement : le prix des engrais reste élevé et les quantités consommées augmentent.

La charge en produits de protection des cultures s’alourdit, mais de façon plus modérée qu’en 2012. Les prix augmentent légèrement et le volume consommé s’accroît : les agriculteurs ont eu davantage recours aux fongicides du fait du climat froid et humide du printemps.

 

Le résultat de la branche agriculture baisserait fortement en 2013

Comme les consommations intermédiaires continuent à progresser en valeur alors que la production au prix de base diminue, la valeur ajoutée brute (définitions) devrait baisser nettement : – 12,7 %après trois années de croissance.

La valeur ajoutée nette de la branche agriculture (définitions) diminuerait de manière plus accentuée (– 21,3 %), la consommation de capital fixe (définitions) étant en hausse de 3,2 %. Elle retrouverait le niveau de 2008, bien supérieur au point bas de 2009.

Les subventions d’exploitation (définitions) versées à la branche agriculture s’élèvent à 8,2 milliards d’euros (tableau 2), en retrait de 3,1 % par rapport à 2012, le « paiement unique » et les aides agro-environnementales ayant baissé.

Après la prise en compte des subventions d’exploitation et des impôts, en 2013, le résultat agricole net (définitions) serait réduit de 17,1 % par rapport à 2012. Comme le volume de l’emploi agricole baisserait tendanciellement de 2,0 % (tableau 3), la baisse du résultat agricole net par actif (définitions) atteindrait

– 15,4 %. Le prix du produit intérieur brut (PIB) augmentant de 1,2 %, le résultat agricole net par actif en termes réels (définitions et graphique 2) chuterait de 16,4 % en 2013. Après trois années de croissance, c’est un retournement sur l’année mais, en tendance, le niveau reste haut.

 

Cet article est le 418ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

Repost 0
Published by Michel SORIN - dans AGRICULTURE et PAC
commenter cet article
13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 16:39

Une alliance citoyenne belge bloquera le Sommet européen

 

AG Apli 120911 001 TPaul de Montvalon, président de l’Office du lait national, lance un appel à l’organisation des producteurs face aux autres membres de la filière laitière française, notamment ceux qu’il appelle les « requins » exploiteurs. Voici ce qu’il écrit (communiqué de presse du 12 décembre 2013) :

 

SCANDALEUX !

 

La filière laitière se porte bien. Les déclarations positives fleurissent. La routine syndicale se met en place. Les industriels (FNIL) soulignent que le prix du lait payé aux producteurs n’a jamais été aussi élevé en France (34 cts en moyenne pour 2013).

Le syndicat majoritaire acquiesce en entamant une esquisse de mobilisation contestataire conventionnelle d’un autre temps selon sa trilogie inefficace fumier-stickage-blocage. Les syndicats minoritaires, aux portes de l’interprofession, boite vide par excellence, attendent sans broncher leurs strapontins pour enfin se donner une contenance et de nouvelles sources de financement.

La majorité ministérielle se réjouit de sa future loi d’avenir comme leurs prédécesseurs se réjouirent d’avoir occupé le temps. Mais la réalité est toute autre. Partout en Europe le prix du lait dépasse les 40 cts. Les pays du nord, aux coopératives efficaces, frôleront les 40 cts de moyenne pour 2013. Le lait spot se négocie à 485 €. Pourtant seul pays d’Europe à s’enorgueillir d’une interprofession (CNIEL) et d’une contractualisation, les éleveurs français restent les dindons de l’embellie générale.

La loi d’avenir ne résoudra rien tellement la production laitière y est absente avec pour seule avancée le pouvoir du médiateur, non dans le sens de l’équité mais comme futur bouc émissaire, chargé d’absorber l’échec du manque de courage politique. Les Organisations de Producteurs verticales sont un échec criant et attendu. Pour preuve, la position du géant Lactalis sur le non respect des accords à minima, pour un prix au producteur dérisoire, et qui  va rapidement faire tâche d’huile, entraînant d’autres industriels dans son sillage.

En 2014, une nouvelle embellie du prix est promise. Elle soulagera les trésoreries des exploitations et c’est un bien. Mais notre rôle d’élus responsables est de ne pas verser dans l’euphorie et d’anticiper, en tant que représentants de chefs d’entreprises, l’avenir.

2014, peut être à la fois année d’espoir et année noire. Année noire si, comme tous nos représentants actuels, nous nions les réalités et ne tirons pas les leçons des échecs récents. Année d’espoir, si dans le laps de temps qui nous reste mais qui s’amenuise chaque jour avant 2015, nous arrivons à nous structurer pour faire face aux requins qui nous exploitent.

L’Office du lait National appelle toutes les organisations responsables et soucieuses de l’avenir des éleveurs, au mieux à rejoindre les France MilkBoard reconnus, au moins à se regrouper en AOP de bassins pluri-représentatives, indépendantes et horizontales pour la mise en place d’un contrat cadre élaboré par les producteurs, pour l’ensemble de la filière.

L’Office du lait National appelle également tous les producteurs, quelle que soit leur appartenance, à faire pression sur leurs représentants pour s’orienter vers cette seule alternative porteuse, évitant ainsi l’absurdité irréversible du modèle Suisse vers lequel nous sommes propulsés. Il est déjà tard. Evitons qu’il ne soit trop tard.

La production européenne dans son ensemble subit les effets de l'ouverture au marché européen de tous les produits à bas prix provenant de pays où les travailleurs sont exploités au mépris de toute justice sociale et où on produit sans se soucier des impacts sur l'environnement. Ce n’est pas nouveau mais cela devient insupportable. C’est ce qui a conduit le MIG, groupe de défense des producteurs de lait en Belgique, présidé par Erwin Schöpges, à participer les 18 et 19 décembre 2013 à Bruxelles à l’action de blocage du Sommet européen (voir Alliance D19-20).  

L’Europe dérive de plus en plus vers l’ultra libéralisme. Nous sommes fiers d’habiter dans des pays où AG Office du lait Avranches 221111 006 Tla solidarité sociale, le respect de la nature et de notre environnement sont des valeurs prioritaires. Or, à l'heure actuelle, ces valeurs sont mises à mal par une logique financière qui anéantit tout.

Dernièrement, nous nous sommes donnés les moyens de rencontrer Mr Barroso à Liège pour lui expliquer les difficultés des jeunes agriculteurs pour s’installer dans le contexte complètement incertain de la nouvelle PAC. Il nous a expliqué les priorités de la politique européenne:

1.        Créer un filet de sécurité ; c'est-à-dire faire en sorte que les producteurs survivent, à défaut de vivre, pour que l’agro-industrie soit alimentée quoi qu’il arrive. Cela peut sembler suffisant pour les agriculteurs en fin de carrière, certainement pas pour des jeunes qui s’installent.

2.        Ouvrir les marchés ; avec comme exemple concret l’exportation de fromages vers le Canada en échange d’importation de bœuf canadien. Qu’on importe ou exporte des choses qui ne peuvent être produites ici ou là, d’accord, mais mettre en concurrence les producteurs de chaque côté de l'Atlantique avec des armes et des normes inégales, au seul profit des multinationales ou pire, opposer producteurs de lait et producteurs de viande, sans oublier, cerise sur le gâteau, le dommage collatéral de la pollution qui découle de tous ces transports, n’est, en aucun cas, justifiable, ni acceptable.

Nous avons également été à la rencontre de Mr le Premier Ministre Di Rupo et de Mr le Ministre Président de la Région Germanophone Lamberts pour qu’ils justifient la signature du traité d’austérité (TSCG) demandée par l’Europe. Celui-ci nous inscrit dans une crise permanente pour longtemps : les restructurations exigées au niveau des administrations et des communes vont entraîner beaucoup de licenciements, une dégradation des services au public et un effet boule de neige sur de nombreux secteurs comme la construction, la santé, ou l'enseignement. Il nous ont expliqué tous deux qu’il n’avaient pas le choix s'ils voulaient qu’une prochaine catastrophe bancaire soit assumée par l’Europe. Autrement dit, ces banques qui nous pressent, nous agriculteurs, au lieu de soutenir nos investissements et ont déjà coûté 3000 milliards d’euros au contribuable, vont à nouveau pouvoir réaliser des opérations à haut risque pour le contribuable, et à haut profit pour leurs dirigeants ! Et c'est pour garantir ces risques, à leur profit, que nous devons encore nous serrer la ceinture ! Impensable ? Et pourtant c'est ça le traité d'austérité ! C'EST INACCEPTABLE !

Mais cette logique destructrice ne touche pas que nous, c’est tout le secteur de la production européenne qui est mis à mal par l'ouverture au marché européen de tous ces produits à bas prix provenant de pays où les travailleurs sont exploités au mépris de toute justice sociale et où on produit sans se soucier des impacts sur l'environnement ! Il faut cesser de dire que nous ne sommes pas concernés : si l'employé et l’ouvrier sont sous-payés ou perdent leur emploi demain, comment voulez vous qu’ils se procurent nos produits de qualité et nous fassent vivre ? Si les chômeurs sont privés de leurs allocations, comment vont-ils se nourrir ?

Le rapport récent des Nations Unies montre que le changement climatique s’accélère et par leurs décisions, les politiques se rendent complices de ce désastre pour enrichir quelques-uns. Nous ne pouvons pas rester passifs, NOUS DEVONS REAGIR. A notre appel, et avec le soutien d’un grand nombre d’ONG et de syndicats, un groupement de citoyens de tous bords a décidé de se constituer en alliance (www.d19-20.be) contre le traité d’austérité et les accords de libre échange avec l’Amérique du Nord. Étant donné que notre gouvernement, comme la Commission européenne, se laisse conduire par les lobbies de l’argent, nous devons faire un LOBBY CITOYEN pour renverser la vapeur.

 

Cet article est le 417ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

Repost 0
Published by Michel SORIN - dans AGRICULTURE et PAC
commenter cet article
20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 23:23

Des objectifs différents selon les groupements

Les agréments d’Organisations de Producteurs se succèdent par des arrêtés ministériels - voir De nouvelles OP laitières reconnues (L’avenir agricole, 1er novembre 2013).

Le site du ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt indique ce que sont les Organisations de producteurs, nouvelle entité juridique.

Une organisation de producteurs (OP) est constituée à l’initiative d’un ensemble d’agriculteurs qui se regroupent dans l’objectif de mutualiser leurs moyens afin de rééquilibrer les relations commerciales qu’ils entretiennent avec les acteurs économiques de l’aval de leur filière.

Une société coopérative agricole, une union de coopératives agricoles, une société d’intérêt collectif agricole, une association régie par la loi du 1er juillet 1901, une société commerciale ou un groupement d’intérêt économique peut être reconnu, par arrêté ministériel, organisation de producteurs (OP).

Pour obtenir cette reconnaissance des pouvoirs publics, la structure doit, en fonction de son secteur de production, effectuer un certain nombre de missions et avoir notamment pour objet la valorisation de la production agricole ou forestière de ses membres, le renforcement de l’organisation commerciale des producteurs ou encore l’organisation et la pérennisation de la production sur un territoire déterminé. Il s’agit également de renforcer la capacité de négociation des producteurs agricoles dans le cadre strict du respect du droit de la concurrence.

 

Pour ce faire, les OP opèrent deux grandes catégories de fonctions :
 La définition de règles pour adapter l’offre à la demande, instaurer une transparence des transactions, mettre en œuvre la traçabilité et promouvoir des méthodes de production respectueuse de l’environnement ;
 La commercialisation en totalité ou en partie de la production de leurs membres ou la mise à disposition de leurs membres des moyens nécessaires à la commercialisation de leur production.

Une OP doit impérativement justifier d’une activité économique suffisante et être capable d’exercer effectivement les activités qui lui sont confiées par ses membres. Ainsi, pour chaque secteur, les pouvoirs publics ont fixé des seuils de reconnaissance, basés sur le nombre de producteurs ou encore sur la valeur de la production commercialisée, que l’OP doit obligatoirement atteindre pour être reconnue. En outre, une OP doit avoir un mode de fonctionnement démocratique (...). Voir le site du ministère de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt.

 

Deux cas d’OP agréées : les OP de France Milk Board et l’OP de la fromagerie Lait bio du Maine à Entrammes (53)

 

OP de France Milk Board (Organisation de producteurs transversale) : Voir Réunion France Milk Board du 31 octobre 2013

 

Les différents FMB agréés à ce jour par le ministère de l’agriculture en tant qu’OP se sont réunis le jeudi 31 octobre 2013, en vue d’établir la stratégie commune à mettre en place pour les mois à venir. FMB Grand Ouest, Normandie et Sud Ouest ont acté la création d’une Association d’Organisation de Producteurs (AOP France Milk Board), c’est la suite logique des FMB existants.

Elle aura pour but de fédérer de nouveaux groupements ou OP. Sa mission est de centraliser les informations des bassins et de proposer un contrat cadre négocié dans les bassins par les OP, de gérer les volumes et de défendre un prix du lait qui couvre les coûts de productions des éleveurs laitiers.

En ce qui concerne les futures discussions avec les laiteries, les FMB ont validé à l’unanimité une forme de négociation novatrice visant à préserver les intérêts de chacune des parties. Un planning de rendez vous avec les industriels est établi jusqu'à la fin de l’année 2013. De plus, il apparaît indispensable qu’une prise en compte de l'évolution des charges soit intégrée dans la détermination du prix du lait (l’actualité médiatique de cet été le prouve un peu plus tous les jours).

Les FMB se félicitent de leur vision commune à l’approche de l’échéance 2015.

La vocation des FMB de bassin et de l’AOP France Milk Board est la construction d’une filière dynamique après 2015, garante de l’équilibre de nos territoires, dans un esprit de dialogue avec nos partenaires.

 

FMB GRAND OUEST                FMB NORMANDIE                    FMB SUD OUEST

Le Président                                         Le Président                             Le Président

Denis JEHANNIN                                 Mathieu PERIER                       Serge LAGAHE

Rappel : Des innovations à l'AG 2013 en Mayenne des producteurs de lait Apli - 22 oct. 2013 et 2Les éleveurs laitiers de l'APLI en AG nationale à Landelles et Coupigny - 12 sept. 2013 4 12 /09 /Sep /2013 23:11

 

Fromagerie Lait bio du Maine à Entrammes (53). Voir Marc Belouard est vice-président de Lait bio du Maine (L’avenir agricole, 1er novembre 2013).

 

Marc Belouard est vice-président de Lait bio du Maine. La coopérative (45 producteurs) basée à Entrammes, en Mayenne, est la première coop à demander, et à obtenir, l’agrément OP Lait du ministère. “Pour nous, devenir une OP nous permet d’être en prise directe avec Bruxelles” La coopérative Lait bio du Maine avait réclamé l’agrément OP Lait, elle vient de recevoir la reconnaissance du ministère de l’Agriculture. Il s’agit de la toute première coopérative laitière à faire cette démarche, au niveau national. Pourquoi ? La réglementation n’impose rien aux coopératives. “Nous répondions à tous les critères pour être éligibles (obligation de salariés, d’organisation territoriale de producteurs, etc.). Et cela n’ajoute pas beaucoup de contraintes”, explique Marc Belouard. “Ce n’est pas une grande nouveauté non plus. Pour l’instant, cela ne va rien changer à notre fonctionnement” Raison de plus pour s’interroger sur cette démarche volontaire unique.

“Des infos plus rapides”

La coopérative y trouve quand même quelques intérêts. “Etre une OP donne droit à certains avantages au niveau européen [liés au “Paquet lait”], poursuit le vice-président de Lait bio du Maine. Bruxelles distribue plus facilement des renseignements à une OP qu’à une petite coopérative comme nous. Ou alors, il faudrait passer par un syndicat... C’est le mécanisme européen. En OP, on est davantage en prise directe avec Bruxelles, nous avons des informations plus rapides qu’avant, et même certaines qu’on n’avait pas, sur la situation des marchés du lait ou du beurre. Quoi qu’on en dise, l’analyse des marchés arrive souvent six mois après les faits.” Pour renforcer cette “courroie de transmission”, la coop mayennaise a aussi pu intégrer le groupe de lobbying agroalimentaire Breizh Europe.

Le statut d’OP lui permet aussi de pouvoir recourir à des fonds européens pour le conseil et la formation. “A l’avenir, cela peut nous aider à accompagner les exploitations dans leur évolution.” L’organisation de la filière est un autre critère déterminant. “En tant qu’OP, on va rejoindre la fédération nationale des producteurs de lait bio. Cela nous permettra de suivre la structuration de la filière. Aujourd’hui, on ne peut pas rester seul dans son coin.”

 

Voir, pour info : L'ENTRAMMES : UN FROMAGE BIO ET COHÉRENT ! - La fromagerie bio du Maine et L'Entrammes fait revivre le fromage de tradition - La Fromagerie Bio du Maine

Baptisé L’Entrammes, ce fromage est le résultat d’une aventure collective. Celle des huit salariés de la coopérative et des 32 agriculteurs qui produisent le lait bio en Mayenne et dans tout le bassin du Maine. « La volonté est de créer la recette du fromage d’antan, celui qui était fabriqué par l’abbaye d’Entrammes », explique Marc Belouard, le vice-président de la coopérative et producteur de lait à Pommerieux (53).

 

Cet article est le 416ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

Les agréments d’Organisations de Producteurs se succèdent par des arrêtés ministériels - voir De nouvelles OP laitières reconnues (L’avenir agricole, 1er novembre 2013). Le site du ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt indique de quoi il s’agit. Voir Organisations de producteurs (7 novembre 2013) :

Repost 0
Published by Michel SORIN - dans AGRICULTURE et PAC
commenter cet article
18 novembre 2013 1 18 /11 /novembre /2013 21:58

Regain d’intérêt lié à l’envolée des prix du foncier

 

Deux siècles d’économie politique ramassés en une heure, sans oublier la référence à l’actualité (la PAC - politique agricole commune), c’est un exposé magistral qu’a réalisé Thierry Pouch le 13 novembre 2013, à la demande de l’association Mars.

 

MARS est le sigle d’une association qui signifie « Mouvement Agricole et Rural Solidaire ». Cette association  a été crée en 1983 par un petit groupe de militants d’origines diverses et de personnes qui par intérêt personnel ou (et) professionnel, sentaient la nécessité d’approfondir, d’enrichir et de confronter leurs analyses sur les questions agricoles, alimentaires, rurales et territoriales.

 

Jean-Claude Guesdon et Lucien Bourgeois sont d’abord intervenus pour présenter Thierry Pouch, chef du service des études économiques à l'APCA, par ailleurs chercheur associé au laboratoire REGARDS de l'Université de Reims Champagne Ardenne, et le choix du thème.

 

La rente foncière revient dans l’actualité en raison de l’envolée de certains prix liés au foncier, notamment dans l’immobilier, dans le cadre du modèle de croissance dominé par la finance mondiale. Avec elle, on s’éloigne de la fameuse règle - qui revient à toutes les pages des traités européens - de la concurrence libre et non faussée.

La financiarisation des économies a ouvert la voie à une réappropriation du foncier, mais aussi des sous-sols dans lesquels sont puisées les ressources énergétiques et minières. Un retour sur la question de la rente s'impose donc. Pour effectuer ce retour, il convient de puiser dans l'histoire de la pensée économique, dont on connaît la richesse des controverses au sujet de la rente. L'intervention a été l'occasion de se replonger dans des débats passionnés et passionnants, qui furent constitutifs de la formation de la science économique.

 

La résurgence de la rente foncière : un détour par l’histoire de la pensée économique

 

Une histoire ancienne 

La théorie de la rente foncière, laquelle est appréhendée au travers des manifestations et des conséquences de la valeur d’une étendue ; l’économie comme discours scientifique s’est forgée pour une large part à partir de la théorie de la rente.

En tant que rémunération liée à l’exercice d’un droit de propriété, l’analyse de la rente doit être associée à un regard sur le système juridique d’une société et, surtout, sur les rapports de pouvoir économiques. L’intérêt pour la rente chez les économistes s’émousse à partir des années 1970-1980, notamment en économie rurale (déclin de l’agriculture, développement de production hors sol…). Le début des années 2000 voit resurgir la rente dans les travaux des économistes.

 

Un nécessaire détour par l’H.P.E

De Quesnay et l’école physiocratique jusqu’à Walras en passant par Smith, Malthus, Ricardo et Marx, la problématique de l’usage rationnel du sol agricole est posée et, historiquement, ouvre la voie à une discipline en mesure de prendre son autonomie, l’économie politique puis la science économique. Les échanges et débats passionnés autant que passionnants au sujet de la répartition de la richesse, de la place de la rente dans le système de répartition, vont constituer les plus grandes heures de la formation de l’économie comme champ scientifique.

Paradoxe : le sol comme élément de la nature figure parmi les éléments vis-à-vis duquel il faut s’affranchir pour penser l’autonomie de l’économie, pour donner naissance aux échanges marchands et donc à la modernité. Second paradoxe : accédant à cette autonomie, l’économie va mettre en relief la solitude de l’homme et sa finitude.

 

Rente et théories de la répartition de la richesse

Pour la science nouvelle, il est nécessaire que les richesses puissent être évaluées, ordonnées, mesurées par des nombres, pour pouvoir être comparées et classifiées. Cette réduction de la richesse produite à un nombre permettra alors l’évaluation du revenu d’une nation et sa répartition entre les différents groupes sociaux qui participent de la production de ces richesses. Trois classes sociales, trois types de revenus : le salaire, le profit et la rente.

 

Le « royaume agricole » de François Quesnay

La pensée physiocratique comme aboutissement et résolution d’une tension entre la volonté de contribuer à une réforme de l’Ancien régime en France tout en préservant l’ordre social existant. Dans cet ordre naturel, il est un phénomène qui attira leur attention et qui va jouer un rôle décisif : la place centrale de la terre/agriculture dans le production des richesses

Toute opération productive nécessite des avances en capital, en biens de production, à déduire des richesses créées : le PRODUIT NET des physiocrates (c’est dans le secteur agricole que la richesse créée dépasse la richesse consommée). Le revenu foncier émane donc de l’activité de la classe productive, celle des fermiers/agriculteurs, et in fine, comme un don de la nature (Dieu). Le bon prix payé aux fermiers lui procure un revenu (profit) élevé tout en versant une rente aux propriétaires fonciers (augmentation du capital dans l’agriculture).

 

Division du travail et rente chez A. Smith

Chez Quesnay, le monde économique est présenté comme une superposition de classes sociales, les fermiers/agriculteurs étant les acteurs principaux du processus de production, tout le système économique étant subordonné à leurs intérêts. Smith a une vision plus globale de l’économie, dans laquelle les entreprises sont en articulation, reliées entre elles par le jeu de l’échange marchand. En découle une analyse de la répartition de la richesse créée au sein de laquelle la rente exprime la différence entre le prix de la récolte et la somme des salaires et des profits devant être payés pour acquérir cette récolte.

Cette rente est réglée au propriétaire qui loue sa terre au fermier le plus offrant. Le fermage pour Smith est le prix payé pour l’usage de la terre, prix le plus élevé que le fermier est en état de payer (prix de monopole et non don de la nature).

 

Malthus/Ricardo et l’heure des grands débats (1)

Les interrogations de Malthus sur la rente ne commencent pas avec le débat sur les blés, mais avec l’analyse de l’écart croissant entre la population et la production de subsistances (1798 Le principe de population). L’influence de Smith est réelle et, dans la seconde édition du Principe (1803), Malthus fait de la rente une composante du prix.

Trois ans plus tard, sous l’influence de la découverte de J. Anderson sur les différences de fertilité des sols, Malthus indique que c’est le prix qui détermine la rente de la terre. 1815 (An Inquiry Into the Nature and Progress of Rent) : « la rente de la terre peut être définie  comme cette portion de la valeur du produit total qui reste au propriétaire de la terre, après qu’ont été payées toutes les dépenses (…) nécessaires à sa culture (...) », soit l’excédent du prix au-dessus du coût de production selon le principe de l’offre et de la demande.

 

Malthus/Ricardo et l’heure des grands débats (2)

La conception malthusienne de la rente se détache pourtant assez mal d’une vision de la terre comme don de la nature, et s’inscrit de surcroît dans le principe de l’offre et de la demande. Toute autre est le point de vue de D. Ricardo, qui se place d’emblée dans le registre de la difficulté à produire, et qui s’oppose sans concession à Malthus. La rente est selon Ricardo, un transfert de valeur préalablement créée, et que s’attribuent injustement les propriétaires fonciers.

La rente n’est pas une nouvelle création de revenu, mais une portion des profits antérieurement dégagées du travail de la terre. Y = W + Pr + R, ou l’équation magique, traduisant un conflit de classes sociales antagoniques. Une controverse décisive, aux répercussions politiques d’une actualité troublante (politique agricole) : Ricardo, le véritable fondateur de l’économie politique.

 

Rente et mode de production capitaliste : Marx

Dans le Livre III du Capital, Marx inscrit sa théorie de la rente foncière dans une problématique précise : celle de la conversion du surprofit en rente. La spécificité de la rente foncière ne peut être définie que par le rapport social dans lequel elle est produite. Pour Marx, le propriétaire foncier n’est pas un agent de production nécessaire pour le capitalisme. S’il existe, c’est en tant que legs de rapports précapitalistes, et donc comme obstacle au déploiement du capital

Il faut donc la déposséder de sa maîtrise sur le procès de production, la rente devenant un rapport de distribution. Rente différentielle versus rente absolue chez Marx. Théorie de la rente très importante mais remplie de failles.

 

Marx et la « rente absolue »

La rente absolue chez Marx provient des rapports entre les secteurs de production, émane d’une confrontation entre la sphère agricole et les autres sphères productives. Son fondement économique réside dans le retard de l’agriculture par rapport à la production industrielle.

Un transfert entre ces deux sphères de production aurait dû avoir lieu, dans des conditions de concurrence, mais entrave des propriétaires fonciers qui captent la rente, empêchent la péréquation des taux de profit, et finalement bloquent l’accumulation du capital dans l’agriculture.

Le profit du fermier est calculé sur la base du taux de profit dans le secteur industriel, ce qui permet la formation d’une marge supplémentaire : la rente. Avec le progrès technique, avec l’élimination de la propriété foncière, le retard de l’agriculture sur l’industrie doit être comblé, et in fine, la rente absolue disparaître.

 

La rente aujourd’hui : 2 exemples récents

La théorie « classique » de la rente reste pertinente pour la compréhension d’événements récents : pétrole, immobilier, agriculture.

Exemple 1 : La rente différentielle chez Ricardo établit un rapport entre prix et coûts de production du producteur le moins bien favorisé et lorsque ce prix est supérieur au coûts, une rente se forme, mais avec le progrès technique (coûts d’extraction), baisse du niveau de la rente pétrolière (enjeu considérable renvoyant à la formation du prix, à la propriété du sous-sol…).

Exemple 2 : Dans l’immobilier, une nouvelle « division économique et sociale de l’espace » apparaît dans les années 1990, après que le régime fordiste de croissance soit entré en crise.

Concurrence effrénée pour l’usage des sols, effets de la politique monétaire américaine, dans la zone € (BCE), favorisant le financement et l’envol de certains actifs, dont l’immobilier sans hausse des investissements productifs d’avenir (logement social notamment, mais aussi logements /énergie…). Retour de la rente foncière.

 

Rente et agriculture (1)

Exemple 3 : la période actuelle se caractérise par une double crise : la crise du régime de croissance financiarisé (ou « néolibéral ») proche de celle dite de suraccumulation des années 1930, et la crise écologique au sens large (énergie/climat/alimentation), proche selon certains des crises d’Ancien régime.

Retour de la question foncière en agriculture : raréfaction des surfaces cultivables sous le poids de l’urbanisation, télescopage demande de logements/demande de productions alimentaire biologiques, provoquant une crise foncière aiguë. La terre peut recevoir de multiples affectations qui se font concurrence. Conséquence : le raisonnement antérieur (diapo 2) ne tient plus

Enfin, la rente resurgit avec les réformes de la PAC, et notamment l’instauration des DPU.

 

Rente et agriculture (2)

Dérégulation des marchés agricoles à partir de 1992 + prix mondiaux sur une tendance baissière jusqu'en 2007. Recherche d'économies d'échelle entrant en contradiction avec la politique foncière des années 1960. Économies d'échelle destinées à peser sur la productivité du travail et à produire un pouvoir de négociation au sein des filières (amont et aval). Économies d'échelle porteuse d'une recherche de soutiens publics plus élevés, sachant que les DPU, tels qu'ils existent aujourd'hui prédisposent à cet objectif, en raison de la proportionnalité avec la surface détenue, processus enclenchant une dynamique renouvelée des structures agricoles.

Entre en résonance avec la recherche chez les agriculteurs d'alléger le collectif de travail, d'externaliser une partie des travaux agricoles... au détriment de l'élevage. Conjointement, les prix des céréales sont depuis 2007 élevés et sont potentiellement porteurs d'une « végétalisation » de l'agriculture française.

 

Cet article est le 415ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

Repost 0
Published by Michel SORIN - dans AGRICULTURE et PAC
commenter cet article
31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 23:22

La France va devenir ingouvernable si rien ne change

 

L’écotaxe a été l’élément qui a déclenché la révolte en Bretagne, mais le fait essentiel est la crise du modèle agricole et agroalimentaire breton, comme l’explique Laurence Girard (Le Monde, 31 octobre 2013). Voir En Bretagne, un modèle agricole intensif à bout de souffle    

Rappel (Le Monde, 16 octobre 2013) : Agroalimentaire : le gouvernement face à la colère de la Bretagne

 

Le mouvement des Bonnets rouges rappelle l’une des plus grandes révoltes de l’Ancien Régime, en 1675, en Bretagne, qui annonçait le mécontentement breton qui a précédé la Révolution de 1789. C’est Jacques Sapir qui l’écrit dans cet article publié sur son site le 27 octobre 2013 : Bonnets rouges

 

… Quand l’Histoire se rappelle à notre bon souvenir

 

On sait, peut-être, que ce nom recouvre l’une des plus grandes révoltes de l’Ancien Régime, qui survint en Bretagne sous le règne de Louis XIV en 1675 et qui fut l’une des grandes révoltes populaires, annonciatrice de la Révolution de 1789.

 

Les bonnets rouges, on les a vus ressurgir en Bretagne, et en particulier ce samedi 26 octobre lors des manifestations qui ont eu des suites tragiques (un blessé avec une grave blessure au cou, un autre avec une main arrachée). Si ces manifestations ont clairement tourné à l’émeute, c’est qu’elles ne font que témoigner du désespoir d’une partie de la population. La Bretagne, on le sait, est durement touchée par la crise actuelle. Celle-ci se traduit par la fermeture, ou par des licenciements, dans des petites et moyennes entreprises dont le rôle est critique sur des bassins d’emplois très segmentés. Une misère néo-rurale, concentrée dans des bourgs ou des gros villages, liée à la fermeture de l’employeur local, est en train de faire tache d’huile en Bretagne.

 

À ce phénomène, qui dure depuis maintenant deux ans est venu s’ajouter la crise spécifique de la filière agro-alimentaire qui entraîne avec elle une partie de l’agriculture. Ce que l’on appelle la « crise de la filière porcine » est le résultat d’un dumping sauvage pratiqué par l’Allemagne abritée derrière l’Euro. Ce dumping est en train de ravager la Bretagne. On le voit avec les problèmes des abattoirs, de sociétés comme Doux et Gad. Ces faillites, et ces fermetures viennent ajouter la misère à la misère ; très souvent c’est un couple et non seulement la femme ou l’homme qui sont employés sans ces entreprises. La fermeture d’un site, souvent l’unique employeur du canton, est une véritable condamnation à mort.

Enfin, goutte d’eau ultime, nous avons l’écotaxe, un impôt fondé sur des principes justes mais tellement mal ficelé qu’il pénalise en premier lieu les producteurs locaux au profit d’un transport autoroutier. De plus, des primeurs qui sont produits à 300 km de Paris vont être plus taxés que des salades ou autres légumes débarquant de l’autre bout du monde par avion à Roissy. C’est bien là toute l’aberration d’un impôt dont la mise en place a été livrée au jeu des lobbys européens et à l’inconséquence de hauts fonctionnaires méconnaissant les réalités locales.

 

Telles sont les raisons de la révolte qui, après avoir couvé pendant de longs mois, est en train d’exploser en Bretagne. Face à cette révolte, les mesures annoncées par le gouvernement ne sont même pas de l’ordre du dérisoire ; elles sont une véritable insulte à ces milliers de personnes que la politique gouvernementale jette dans la rue et sur les routes, et où elles ne trouvent en face que les CRS et la répression.

 

Pourtant des solutions sont à la portée de la main du gouvernement. La première d’entre elles est, bien entendu, la dissolution de zone Euro suivie d’une dévaluation qui seule peut redonner sa compétitivité à l’industrie et à l’économie française. Cette dévaluation rendra inutiles les abattements d’impôts qui sont aujourd’hui nécessaires à la survie de nombreuses entreprises. Sur les 70 milliards que représentent ces diverses « niches fiscales », il devrait être ainsi possible d’en supprimer 30 milliards au moins. Ce gain fiscal important (1,5% du PIB) permettra de réduire le montant d’autres impôts.

Une seconde solution est, bien entendu, une refonte de l’écotaxe afin d’en faire un mécanisme protecteur des productions locales face aux productions à longues distances. Il est insensé que des produits venant de plusieurs milliers de kilomètres payent moins que d’autres qui sont fait quasiment à la porte des consommateurs.

 

Faute de comprendre l’ampleur du désespoir et la profondeur de la révolte, ce gouvernement et ce Président, dont la popularité est au plus bas et dont la légitimité est aujourd’hui clairement en cause, pourraient bien se réveiller avec une France soulevée contre eux.

 

Cet article est le 414ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

Repost 0
Published by Michel SORIN - dans AGRICULTURE et PAC
commenter cet article
30 octobre 2013 3 30 /10 /octobre /2013 23:52

Une vision radicalement différente de l’élevage laitier

 

Depuis le lancement des grèves de livraison et les spectaculaires épandages de lait en septembre 2009, l’Apli (voir ASSOCIATION NATIONALE DES PRODUCTEURS DE LAIT INDEPENDANTS) a multiplié les rencontres avec les consommateurs. Cette nouvelle organisation de producteurs de lait porte une conception radicalement différente de l’élevage laitier, comme l’a dit André Lefranc, président de l’Apli, lors de l’opération de promotion de FaireFrance, le lait équitable, à Paris, le 26 octobre 2013 (voir www.fairefrance.fr).

Lait-equitable-Paris-261013-008-T.jpgDans la REVUE DE PRESSE Apli, plusieurs articles ont évoqué cette opération de communication.

 - Ainsi, dans Plein Champ, le 28 octobre : Des vaches tricolores font la promotion du lait équitable à Paris

- Voir aussi (Le Figaro, Eric de la Chesnais, 25 octobre 2013) : PARIS - Les agriculteurs présentent leur première brique de lait équitable

Ce samedi, près de deux cents éleveurs laitiers feront la promotion de la première brique de lait équitable dans les rues de Paris, et dans plusieurs hypermarchés Carrefour à travers la France. Une opération qui tranche avec les habituels défilés revendicatifs.

Ce samedi matin, des vaches sur roues défileront à Paris. Un cortège de 25 voitures transportant des ruminants en plastique, bleu, blanc, rouge, circuleront du Champs de Mars à la République en passant par l'Assemblée Nationale et l'Élysée. «Nous voulons faire connaître à la population notre brique de lait équitable, la première du type lancée en France en juillet dernier, indique Paul de Montvalon, l'un des organisateurs de l'opération, agriculteur dans le Maine et Loire. A chaque arrêt comme par exemple devant l'Élysée nous distribuerons une brique nominative pour tous les ministres. Même chose devant le palais Bourbon pour les 577 députés».

Vers 11 heures, les éleveurs et leurs vaches tricolores se retrouveront sous un chapiteau place de la République. «Nous expliquerons notre démarche à tous les parisiens autour d'un film pédagogique et d'un verre de lait, poursuit-il. Nous avons invité l'actuel ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll, et son prédécesseur, Bruno Le Maire, ainsi que des députés et sénateurs».

Tout a commencé il y a quatre ans, lors de la grève du lait. Face à la baisse vertigineuse des prix, les éleveurs ont voulu reprendre leur destin en main en maîtrisant la transformation de leur produit et surtout le circuit de distribution pour garantir la transparence des prix. Ils ont créé en juillet dernier une société de commercialisation, FaireCoopSCA, pour vendre leur lait sous la marque FaireFrance. Elle commercialise d'ores et déjà un produit d'entrée de gamme: une brique de lait UHT demi-écrémé. A terme, elle lancera des produits plus élaborés comme un lait chocolaté.

Séduire les consommateurs

«Nous avons décidé de commercialiser notre brique de lait à partir de 93 centimes le litre, c'est à dire un prix où tous les acteurs de la filière s'y retrouvent», explique André Lefranc, éleveur laitier dans la Manche et membre de FaireCoopSCA.

Reste à convaincre les consommateurs d'une telle différence pour leur porte monnaie. Les agriculteurs se chargent de la promotion. «Nous irons ce samedi à la rencontre des clients dans 25 magasins Carrefour du Nord de la France, de l'Île de France et de la Normandie. Nous leur expliquerons que c'est le prix à payer s'ils veulent garder des producteurs à côté de chez eux, explique Paul de Montvalon. C'est pour cela que notre lait est équitable».

Du côté des distributeurs outre Carrefour, Leclerc et Intermarché sont aussi partie prenante. C'est une façon pour eux de montrer qu'ils sont aux côtés des agriculteurs. «Cela fait partie d'une offre de lait parmi d'autres, indique-t-on chez Carrefour. Nous avons lancé le lait de montagne, il y a 15 ans. Tous nos laits à marque Carrefour sont 100% origine France».

 

Rappel : Le lait équitable, du producteur au consommateur : lancement officiel - 23 oct. 2013 

 

Cet article est le 413ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

Repost 0
Published by Michel SORIN - dans AGRICULTURE et PAC
commenter cet article
24 octobre 2013 4 24 /10 /octobre /2013 23:48

Une vraie politique agricole se fait toujours attendre

 

Les arbitrages annoncés le 2 octobre 2013 par le président de la République ont été accueillis plutôt favorablement parce que c’était un assemblage habile, fait pour ne mécontenter personne. Voir Réforme de la PAC : F Hollande a annoncé ses décisions en Auvergne - 4 octobre 2013.

 

Les plus déçus ont été les responsables de la Confédération paysanne, les plus engagés dans le processus de réorientation des aides en faveur des moins grandes exploitations. Ils n’ont pas compris pourquoi le président n’a pas suivi jusqu’au bout les propositions du ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll, qui avait obtenu des instances européennes la possibilité de mettre en œuvre une surdotation aux 52 premiers hectares (ce qui est la surface moyenne des exploitations en France). En fait, le président a été sensible aux arguments des opposants, bien représentés par le président du syndicalisme agricole majoritaire, Xavier Beulin.5 Il n’est pas allé au bout de la logique de transfert des aides des grandes cultures vers l’élevage, ni de la logique de convergence des aides. La convergence et le transfert seront limités et se feront progressivement.

 

Lors de sa réunion, le 8 octobre 2013, le groupe de réflexion Mars | Mouvement Agricole et Rural Solidaire a débattu des conséquences des décisions annoncées le 2 octobre.

- Le point le plus positif est ce qui est fait en faveur des zones herbagères de montagne (ICHN). Avec la prime à l’herbe (PHAE), qui est consolidée, cela fait une dotation de 1,1 milliard d’euros.

- Un autre point positif, mais insuffisant, est le recouplage des aides sous la forme de primes aux vaches allaitantes, aux vaches laitières, à l’engraissement de bovins et aux ovins. Mais le taux est limité à 15 %, ce qui est trop peu.

- Par ailleurs, un effort est fait en faveur de l’installation des jeunes, par un prélèvement sur l’enveloppe globale (2 % mais, en fait, seulement 1 %). La référence historique (droit à paiement unique DPU) est transformée en DPB (droit à paiement de base).

 

Anniversaire Maria 90 ans 1 08 10 071 TLes calculs réalisés par l’Institut de l’élevage indiquent que, avec une boîte à outils différente, le résultat est similaire à celui obtenu par le ministre Michel Barnier en 2008, qui voulait aussi transférer des aides des grandes cultures à l’élevage.

La mesure phare 2013 est la surdotation aux 52 premiers hectares. Elle va bénéficier aux exploitations d’élevage, petites et moyennes, mais elle n’est pas liée à l’élevage, parce que découplée, ce qui, paradoxalement, pourrait inciter à la « végétalisation » (céréales remplaçant l’élevage).

 

Pouvait-on faire mieux ? La France avait quelques leviers dont elle pouvait se servir : la surdotation des 52 premiers hectares, la convergence des aides ou pas, le verdissement brut ou pas. L’arbitrage du président de la République a été : 20 % de l’aide (et non 30 %) attribuée à la surdotation des 52 premiers ha et le recouplage de 15 % des aides. C’est peu.

 

De toute façon, cette réforme est à durée déterminée, jusqu’en 2019, avec un examen à mi-parcours. Mais, compte tenu des écarts de revenus constatés en 2012 entre les grandes cultures et l’élevage, il y a 3 milliards d’euros d’aides qui continueront d’aller aux grandes cultures, alors que ces agriculteurs n’en ont pas besoin (même si l’évolution des prix a été moins favorable aux céréaliers en 2013 - environ un tiers de moins).

 

Les pertes les plus lourdes seront pour ceux qui avaient les plus fortes DPU. C’est ainsi que deux tiers des éleveurs laitiers (dont la DPU se situait autour de 400 euros par hectare) perdront 15 % des aides.

 

On le voit, l’Union européenne a choisi de confier la répartition des aides (premier pilier) aux Etats membres. Les Régions auront la responsabilité de la gestion des aides du second pilier (environ 1 milliard d’euros pour la France). Il faudrait revenir à de vraies politiques agricoles, d’autres outils de politiques publiques étant à utiliser (l’accès au foncier, notamment).

 

Le gros problème est la végétalisation (grandes cultures au détriment de l’élevage) depuis une dizaine d’années. L’Union européenne est importatrice nette de produits agricoles (il nous manque l’équivalent de 29 millions d’hectares pour être autonomes). On importe des produits animaux et on produit des céréales pour exporter. Les conséquences sont toutes négatives :

- problèmes agronomiques (insuffisance de matière organique des sols et diminution de la fertilité),

- baisse de l’emploi agricole,

- baisse de l’emploi et de la valeur ajoutée dans l’industrie de transformation (on exporte des céréales non transformées),

- augmentation des besoins en matériel de culture (la France n’en fabrique plus).

C’est un appauvrissement à tous les niveaux. Ce problème concerne toutes les productions d’élevage, ainsi que les fruits (sauf les pommes) et légumes frais.

 

Il manque une politique agricole qui viserait l’autonomie de l’Union européenne et limiterait la végétalisation en France. Depuis 1992, les réformes de la PAC ont favorisé la végétalisation de l’agriculture (grandes cultures se substituant à l’élevage), les DPU favorisant les agrandissements des exploitations et les marchés des céréales étant en hausse, les écarts de revenus se sont accentués, comme jamais auparavant.

 

La PAC ne peut résoudre tous les problèmes. Il faut une organisation des marchés et des soutiens par subventions. Or, l’Union européenne n’a qu’une OCM (organisation commune des marchés) unique et elle a supprimé les outils de régulation, sauf les droits de plantations viticoles. Le paiement identique favorise la végétalisation.

 

Cet article est le 413ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

 

 

Repost 0
Published by Michel SORIN - dans AGRICULTURE et PAC
commenter cet article
23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 23:45

Samedi 26 octobre à Paris, place de la République

 

Peut-être dans quelques années, sera saluée comme il se doit l’innovation lancée par l’association nationale des producteurs de lait indépendants (APLI), qui sera présentée à Paris, place de la République, samedi 26 octobre 2013, entre 11h et 12h30.

Richard Blanc, qui est à l’origine du lancement de la marque « fairefrance » de « Lait équitable » (voir Fairecoop France, est vice-président de l’APLI, après en avoir été président, pendant quelques mois. Voir Richard Blanc (Nord) président de l'Apli après Pascal Massol (Aveyron) - 18 décembre 2011.

Il convient de lui associer le nom de celui qui en est le véritable initiateur, au niveau européen, Erwin Schöpges, belge, président de Fairecoop, membre du bureau de l’EMB (European Milk Board).

  

Voici le texte annonçant le lancement de FaireFrance :

 

Bonjour,

Vous connaissez les difficultés que connaît notre profession d’éleveur laitier.

Depuis nos actions médiatiques de 2009 pour alerter l’opinion sur notre situation et les conséquences sur la sécurité alimentaire, rien n’a changé.

Alors, 800 producteurs de toute la France et moi-même avons décidé de prendre le taureau par les cornes en créant notre propre marque de lait, « fairefrance » que nous commercialisons nous-mêmes.

Outre le fait que ce lait est conditionné sans additifs ou autre complément, lui conférant un goût naturel, il possède la particularité d’être 100 % français et surtout, nous avons mis en place un système permettant un partage équitable des marges entre tous les acteurs de la filière, pour un prix raisonnable pour le consommateur.

Le lancement national de notre marque « fairefrance » aura lieu le :

 

Samedi 26 Octobre 2013 de 11 h 00 à 12 h 30 - Place de la République à Paris

 

Nombreux sont les producteurs qui seront présents à ce baptême, mais nombreux seront aussi ceux qui souhaiteraient participer et qui pour de nombreuses raisons telles que l’astreinte ou la distance ne pourront participer à la fête.

Vous qui êtes sur place ou dans les environs et qui êtes sensibilisés au problème, peut être pourriez vous vous joindre à nous ce jour pour soutenir notre action en tant que consommateur.

Nous sommes les deux maillons d’une chaîne exploitée à outrance. A nous de faire en sorte de retrouver notre pouvoir en imposant nos volontés par notre solidarité…

Rendez-vous le samedi 26 octobre 2013.à 11 h 00 Place de la République. Et merci pour votre soutien…

 

APLI-AG-50913-045-T.jpgEn savoir plus sur FaireFrance, la marque des fermiers français, qui doit devenir le lien entre les producteurs et les consommateurs et ne s’arrêtera pas au lait demi-écrémé.

Voir le site FAIREFRANCE - Le label des fermiers - Le lait équitable

 

Fairefrance ? Suite et surtout en réaction à la crise sans précédent que subit le monde agricole, les agriculteurs français lancent leur propre marque, FAIREFRANCE, nouvelle marque solidaire et  équitable, qui permettra désormais aux agriculteurs  de recevoir une rémunération décente pour une partie de leur travail.

Fairefrance, comment ça marche ?

Ce projet a germé au sein de l’APLI (représentant Français de l’EMB, l’European Milk Board) depuis plus d’un an. Au travers de cette organisation européenne, les agriculteurs de toute l’Europe expriment d’une même voix leur désir de trouver un moyen efficace afin de garantir à tous un prix équitable et des revenus décents. De ce fait, des milliers d’agriculteurs européens se sont regroupés et ont lancé avec leur organisation nationale des campagnes portant comme slogan "The fair milk -Le lait équitable".

En France, c’est la société commerciale agricole FAIRCOOP, ouverte sans distinction à tout agriculteur français, qui a pris le relais en créant sa marque FAIREFRANCE . La mission de cette société sera de valoriser la totalité de la production à un prix équitable.

FAIRECOOP SCA a vu le jour en mai 2012 et regroupe déjà aujourd’hui plus de 1000 agriculteurs répartis sur tout le territoire. Le premier produit FAIREFRANCE lancé sur le marché sera un lait demi-écrémé conditionné en tétrapacks et vendu via la grande distribution. En effet, les membres de FAIRCOOP SCA  espèrent de la part de la grande distribution un accueil positif à cette initiative, afin de proposer à leurs clients des produits de qualité tout en soutenant  les agriculteurs de leurs régions, assurant ainsi la pérennité de notre agriculture nationale.

Sur chaque litre de lait vendu sous le nom FAIREFRANCE, 10 cents par litre de lait seront  redistribués équitablement chaque année entre tous les membres participants quelle que soit la taille de leur exploitation.
Les produits FAIREFRANCE seront vendus dans les magasins à un prix recommandé qui sera le résultat d’une juste répartition des profits entre les acteurs de la chaîne, assurant ainsi un revenu décent à nos agriculteurs.

La philosophie du concept FAIREFRANCE et ce qui fait aussi sa grande originalité, c’est que les 10 cents par litre de lait vendu représenteront pour les fermiers une véritable rémunération pour leur travail de promotion !  Ainsi, chaque agriculteur membre devra participer à la promotion de la marque et des produits FAIREFRANCE en donnant de son temps et de son enthousiasme. Il est en effet crucial pour cette nouvelle marque de se faire connaître et de se faire apprécier des consommateurs. FAIREFRANCE entend bien miser sur le savoir-faire des agriculteurs et sur le capital sympathie du monde rural comme force marketing !

Notez que le nom FAIREFRANCE  fait tout simplement référence au terme FAIR, qui signifie équitable et FRANCE pour signer les racines françaises de cette nouvelle marque !
Le logo reprend la version française de la vache Justine/ Faironika, que l'on voit déja partout en Europe et qui symbolise "Le lait équitable" pour tous.
  

Et le consommateur ?

Le succès d’une initiative comme FAIREFRANCE dépend bien évidemment des consommateurs ! Les membres de FAIRCOOP SCA de même que les différentes organisations de consommateurs ne manquent pas de souligner que, malgré la crise qui devrait inciter à l’achat de produits étrangers à prix plus faible,le consommateur français est de plus en plus sensible à la qualité de son alimentation, à la préservation de son patrimoine national et à  son environnement.

Les ménages français ont été sensibilisés à la situation difficile des fermiers de leur pays. Bon nombre d’entre eux ont manifesté leur soutien et se sont posé la question:"Comment ils pouvaient aider? ". La réponse s’appelle maintenant FAIREFRANCE, des produits de qualité rémunérant tous les acteurs de la chaîne équitablement et assurant la durabilité de notre agriculture nationale.

 

Rappel : L'Apli (EMB) est engagée dans un projet de coopérative lait équitable - 11 février 2012

A Martigné (Mayenne), l'APLI (EMB) a lancé le lait équitable français - 24 mars 2012

700 producteurs de l'APLI lancent le lait équitable au Mont-Saint-Michel - 2 juillet 2013 

Les éleveurs laitiers de l'APLI en AG nationale à Landelles et Coupigny - 12 septembre 2013

Des innovations à l'AG 2013 en Mayenne des producteurs de lait Apli - 22 octobre 2013 

 

Cet article est le 412ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

Repost 0
Published by Michel SORIN - dans AGRICULTURE et PAC
commenter cet article
22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 23:49

Une organisation de producteurs FMB et le Lait équitable

 

Le 10 octobre 2013, à Commer, l’assemblée générale des producteurs de lait indépendants* de l’Apli 53 a élu 11 responsables de l’association en Mayenne. C’est Hervé Delogé qui a présidé l’AG, avec l’appui de Xavier Mézière, secrétaire du bureau, et de Franck Courcelle, engagé dans la promotion de FaireFrance, le « lait équitable ». Denis Jehannin était là en voisin (35) pour parler de l’organisation de producteurs « France Milk Board Grand Ouest », dont il est le président. Olivier Chemin, président de la Coordination rurale en Mayenne, était présent dans la salle.

 

Apli 53 AG 101013 003 TAfin de présenter les positions de l’Apli, Hervé Delogé a lu le rapport présenté à l’Assemblée générale de l’Apli nationale (voir AG 2013 de l'APLI : le président André Lefranc fait le bilan et rassure - 13 septembre 2013 et Les éleveurs laitiers de l'APLI en AG nationale à Landelles et Coupigny - 12 septembre 2013).

 

Photo : Denis Jehannin, Hervé Delogé, Xavier Mézière, Franck Courcelle (de gauche à droite)

 

Les deux interventions marquantes de la soirée ont été celles de Denis Jehannin (FMB) et de Franck Courcelle (Lait équitable).

 

Denis Jehannin est éleveur laitier (vaches de race Normande) à Luîtré (35), près de la Mayenne. Il a été élu à la présidence de l’organisation de producteurs (OP) France Milk Board (FMB) du grand ouest, qui rassemble 310 producteurs qui livrent leur lait à diverses laiteries, de statut non coopératif. C’est l’une des deux OP agréées de FMB (l’autre est le sud-ouest).

Il y a 23 OP agréées en France (les producteurs adhérents des coopératives laitières ne sont pas concernés, c’est-à-dire la moitié des producteurs), dont 17 « verticales » (rattachées à un industriel privé) et 6 « horizontales » (couvrant un bassin laitier et divers acheteurs), dont les trois FMB (Grand-ouest, Sud-ouest, Normandie), qui pourraient se fédérer en association d’OP. L’objectif de FMB est d’instaurer des relations entre les producteurs et les industriels au niveau des laiteries. Les 23 OP (minimum 200 producteurs par OP) rassemblent 7 000 producteurs (2,3 milliards de litres de lait par an).

Le problème des coopératives, c’est que les responsables ont un double chapeau : ils représentent à la fois la laiterie et les producteurs.

Le prix du lait reste inférieur au coût de production (environ 400 euros les 1000 litres selon l’évaluation du Centre d’Economie Rurale). Au niveau européen, les producteurs sont rassemblés dans EMB (European Milk Board), dont fait partie l’Apli. L’EMB a lancé le projet d’une agence de surveillance européenne qui permettrait - grâce à un ajustement flexible de la production de lait à la demande du marché - de garantir un équilibre constant du marché et de stabiliser le prix du lait à un niveau couvrant en moyenne le coût de production. Une production laitière durable et extensive et l'approvisionnement de l'UE en lait seraient ainsi garantis. Voir European Milk Board: CP: Conférence sur le lait à Bruxelles.

 

Franck Courcelle présente le concept « Lait équitable » mis en œuvre à l’initiative de l’Apli et, notamment, son vice-président, Richard Blanc, à partir de l’expérience belge (voir L'Apli (EMB) est engagée dans un projet de coopérative lait équitable - 11 février 2012).

C’est une façon pour les producteurs d’amorcer le contrôle de la répartition des revenus sur l’ensemble de la filière laitière, avec une part correcte aux producteurs.

Faircoop, qui a le statut coopératif, emploie actuellement 10 salariés, chargés d’introduire les produits de la marque FaireFrance dans les grandes surfaces de distribution. Ils reçoivent l’aide des producteurs adhérents de Faircoop. Le lait demi-écrémé FaireFrance provient d’une laiterie du Loiret. Il est vendu au prix de 0,93 euro le litre dans les supermarchés (dont 0,10 euro revient aux producteurs).

Franck Courcelle explique comment il a obtenu l’accord des magasins U (Hyper et Système U) en Mayenne et l’intérêt des consommateurs pour l’animation réalisée par des producteurs de lait dans le magasin. Il pense que le Lait équitable devrait se développer en Mayenne et ailleurs.

 

* Voir L'Apli 53, en AG, a adopté les statuts nationaux mais perdu son bureau - 3 mars 2012

 

Cet article est le 411ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

Repost 0
Published by Michel SORIN - dans AGRICULTURE et PAC
commenter cet article