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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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28 juillet 2011 4 28 /07 /juillet /2011 23:35

La sécurité alimentaire mise en échec (conflits et sécheresse)

 

Y a-t-il un exemple plus caricatural que la Corne de l’Afrique pour montrer l’impuissance des pouvoirs publics en matière de sécurité alimentaire ?

Rien n’a changé en 11 ans ? Si, la situation est plus grave. On a maintenant la spéculation sur les matières premières agricoles (voir Famine en Afrique et spéculation sur les matières premières agricoles - 25 juillet 2011).

Certaines Organisations Non Gouvernementales (ONG) critiquent l’action de la France, qui ne serait qu’un rideau diplomatique de fumée.Mais Famine en Afrique : Le Maire défend l'action de la France (Le Monde, 28 juillet).

 

AU PARLEMENT EUROPEEN, Patrick Le Hyaric écrit au président du Conseil européen (UE).  

Pendant que le Nord cherche désespérément à sauver ses banques, dans la Corne de l’Afrique, on se bat chaque jour pour la survie. Dans une indifférence qui n’a que trop duré, la famine s’installe, tuant par centaines hommes, femmes et enfants. Cette situation est intolérable ! J'ai interpellé Herman Van Rompuy, Président du Conseil européen, pour lui demander d’être à l’initiative d’une réévaluation mondiale de l’aide urgente à apporter aux populations frappées par la famine dans la Corne de l’Afrique, en portant celle de l’Union européenne à un niveau en rapport avec les immenses besoins. Voir Famine dans la Corne de l'Afrique : l'Union européenne doit agir, vite, et avec force !  

Cet article est le 243ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.    

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25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 18:03

Le G20 agricole veut mettre de l’ordre dans la spéculation

 

Dans le monde, près d’un milliard de personnes souffrent de la faim, certaines au point d’en mourir (voir Agriculture et alimentation : intervention de Michel Sorin à Surgères (17) - 27 juin 2011).

 

L’Afrique est, en outre, pénalisée par une grande sécheresse - voir Sécheresse : Famine en Afrique de l'Est (site de Radio Canada, 20 juillet).

La situation se détériore dans le nord-est de l'Afrique, touché par la pire sécheresse depuis des décennies. Selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), 12 millions de personnes ont désormais besoin d'une aide humanitaire d'urgence. En Somalie, où la guerre civile qui perdure depuis 20 ans complique le travail des organisations humanitaires, le nombre de personnes qui ont besoin d'une aide d'urgence est passé de 2,4 millions à 3,7 millions au cours des six derniers mois, selon l'agence onusienne (…).

 

Les Etats s’organisent (voir Après le G20 agricole à Paris, la France mène des actions contre la faim -  22 juillet 2011). Mais ils ne changent pas les règles du jeu. Ils cherchent à en tirer profit pour leurs banques, qui s’intéressent de plus en plus aux marchés agricoles.

C’est le sens de l’article publié sur le site de Marianne, ce 25 juillet, sous la signature de Jean-Pierre Alliot et sous ce titre : Les banques spéculent aussi sur les récoltes

 

Douze millions de personnes touchées par la sécheresse et la famine en Afrique, dans les pays de la Corne, Somalie, Kenya, Djibouti, Ouganda et Soudan. La FAO, l’organisation de l'ONU chargée de l'alimentation et de l'agriculture a réclamé, le 20 juin, cent vingt millions de dollars supplémentaires pour leur venir en aide. L’urgence est indéniable et la tragédie est d’autant plus révoltante qu’une question se pose : combien de ces millions alimenteront la spéculation ? Car nous n’avons plus seulement affaire aux circuits locaux de corruption par lesquels les autorités et mafias locales détournent une partie de l’aide internationale. Depuis quelques années, la spéculation sur les produits agricoles a atteint des proportions qui provoquent la panique dans les sommets des États les plus puissants de la planète.

Pour favoriser le commerce international, les institutions de la finance et de l’assurance ont créé des instruments financiers, les dérivés de matières premières. À l’origine ce n’étaient que des instruments de couverture contre le risque. Ils sont devenus progressivement des instruments de placement financier, qui s’achètent et se vendent. Les volumes de transactions qu’ils provoquent ont pris une importance qui dépasse sans doute bien des prévisions. Et le plus grave, c’est qu’ils sont de plus en plus souvent déconnectés des échanges réels de matières premières. À la bourse de Chicago, il s’échange chaque année sur les marchés dérivés l’équivalent de quarante six fois la production annuelle mondiale de blé.

Intéressant mais inquiétant, pour les grandes puissances. Et pour les institutions financières privées qu’elles représentent et dont elles prétendent organiser la concurrence. Aussi le G20 a-t-il lancé, le 23 juin dernier une initiative pour  tenter d’organiser la spéculation sur les marchés agricoles. L’accord signé entre les ministres de l'Agriculture porte officiellement sur la lutte contre la volatilité des prix des produits agricoles. Audace des audaces, les ministres ont reconnu « la nécessité de mettre en place sur les marchés des matières premières agricoles des règles de fonctionnement nouvelles » afin de lutter contre « les abus de marché ». Sur cette lancée, ils ont « fortement » encouragé les ministres des finances du G20, qui doivent se retrouver à l'automne, « à prendre les décisions appropriées pour une meilleure régulation et supervision des marchés financiers agricoles ». Depuis des décennies, à chaque crise, à chaque explosion de bulle financière, de telles promesses sont lancées en même temps que des programmes d’austérité pour les populations.

De subtiles tractations ont été menées la semaine dernière à Berlin et à Bruxelles pour savoir qui, des banques françaises ou allemandes, va accaparer, et à quel prix, les richesses de la nouvelle colonie que devient la Grèce. Elles montrent à quel point il est possible de faire confiance aux États et à leur Union pour développer, dans le fracas harmonieux de la guerre économique, la concurrence « libre et non faussée », aux dépens des peuples. Si eux-mêmes, les premiers intéressés, n’y mettent pas bon ordre, on ne voit pas comment, la finance pure ayant montré ses limites, les banques ne s’attaqueraient pas maintenant à grande échelle, en même temps qu’à la Grèce, à l’un des acquis premiers de la civilisation, l’agriculture.

 

Cet article est le 242ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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23 juillet 2011 6 23 /07 /juillet /2011 23:50

Les précisions du rapporteur spécial des Nations Unies

 

J’ai eu l’occasion d’évoquer à plusieurs reprises le droit à l’alimentation, notamment lors de mon intervention en Charente-Maritime le 8 juin 2011 (voir Agriculture et alimentation : intervention de Michel Sorin à Surgères (17) - 27 juin 2011), mais aussi dans des articles, tels que :

- Causes des crises alimentaires : de Schutter (ONU) avance 8 priorités-  2 février 2011

- Souveraineté alimentaire : colloque européen en août 2011 (Autriche) - 12 juillet 2011 

 

Se reporter aux déclarations du rapporteur spécial des Nations Unies pour le Droit à l’alimentation, Olivier De Schutter, pour comprendre la signification du droit à l’alimentation en tant que droit de l’homme : Droit à l'alimentation  

Le droit à une alimentation adéquate est reconnu dans des instruments spécifiques tels que la Convention sur les droits de l’enfant (Art. 24(2) (c) et 27 (3)), la Convention sur l’Elimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (Art. 12 (2)), ou la Convention relative aux droits des personnes handicapées (Art.25 (f) et 28 (1)). Il est néanmoins plus clairement décrit, sur un plan plus général, dans l’Article 25 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme adoptée en vertu de la Résolution 217 A (III) du 10 décembre 1948 de l’Assemblée Générale des Nations Unies et dans l’Article 11 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, adopté le 16 décembre 1966.

En 1996, le Sommet Mondial sur l’Alimentation, qui se tenait à Rome, demanda de donner au Droit à l’alimentation un contenu plus concret et opérationnel. De nombreuses initiatives furent prises en conséquence. En 1999, le Comité des Nations Unies sur les droits économiques, sociaux et culturels – l’organe composé d’experts indépendants chargés de surveiller la mise en œuvre du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels par les Etats parties - adoptait le Commentaire Général N° 12 sur le Droit à l’alimentation. Par sa résolution 2000/10 du 17 avril 2000, la Commission des droits de l’homme établissait le mandat du Rapporteur Spécial sur le droit à l’alimentation.

Suite à la requête du Sommet Mondial de l’Alimentation de 2002 : cinq ans après, un groupe de travail intergouvernemental fut créé sous les auspices de l’Organisation pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), en vue de préparer une série de lignes directrices pour l’application du droit à l’alimentation. Le 23 novembre 2004, ce processus conduisait à l’adoption par 187 états membres du Conseil général de la FAO de lignes directrices volontaires visant à soutenir la réalisation progressive du droit à une alimentation adéquate dans le contexte de la sécurité alimentaire nationale. Il s’agit là d’un ensemble de recommandations que les Etats ont choisi d’adopter pour aider la mise en place d’un droit de l’homme à une alimentation adéquate. Elles offrent aux Etats un guide pratique sur la meilleure manière de concrétiser, dans le cadre de la législation internationale, leur obligation à respecter le droit à une alimentation adéquate et à assurer à tout un chacun qu’il ne souffrira pas de la faim.

Le droit à une alimentation adéquate est réalisé lorsque chaque homme, chaque femme et chaque enfant, seul ou en communauté avec autrui, a accès à tout instant, physiquement et économiquement, à une alimentation adéquate ou aux moyens de se la procurer. Le droit à une alimentation adéquate ne peut dès lors être interprété dans un sens étroit et restrictif qui l’assimilerait à une simple teneur en calories, en protéines et en autres nutriments spécifiques. Le droit à une alimentation adéquate devra être réalisé progressivement. Les Etats ont toutefois une obligation fondamentale : prendre les mesures nécessaires pour diminuer et soulager la faim même en période de désastres naturels ou autres (Commentaire général N° 12, §6). Pour le Rapporteur Spécial, le droit à l’alimentation se traduit par un accès régulier, permanent et non-restrictif, soit directement ou au moyen d’achats financiers, à une alimentation quantitativement et qualitativement adéquate et suffisante correspondant aux traditions culturelles du peuple auquel le consommateur appartient, et qui lui procure une vie physique et mentale, individuelle et collective, épanouissante et exempte de peur.

Dans certaines circonstances, les Etats ont l’obligation de fournir la nourriture à ceux qui en ont besoin.Mais le droit à l’alimentation n’est pas essentiellement le fait d’être nourri. C’est aussi la garantie du droit à se nourrir, qui ne requiert pas seulement que la nourriture soit disponible (que le ratio de production soit suffisant pour la population), mais aussi qu’elle soit accessible – par exemple, que chaque ménage ait les moyens de produire sa propre alimentation ou que son pouvoir d’achat soit suffisant pour se procurer la nourriture dont il a besoin. Comme le reconnaissent tant ce genre de dispositions que le droit international coutumier, le droit à l’alimentation impose à tous les Etats des obligations non seulement envers les personnes vivant sur leur territoire national, mais aussi envers les populations d’autres Etats. Ces deux ensembles d’obligations se complètent mutuellement. Le droit à l’alimentation ne peut être réalisé complètement que lorsque les obligations tant nationales qu’internationales sont respectées  : les efforts nationaux n’auront souvent qu’un impact limité dans la lutte contre la malnutrition et l’insécurité alimentaire si l’environnement international, comprenant non seulement l’aide et la coopération au développement, mais également le commerce et les régimes d’investissements ou les efforts visant à s’attaquer au changement climatique sur le plan mondial, ne les facilite pas et ne les reconnaît pas; inversement, l’efficacité de tout effort entrepris par la communauté internationale pour contribuer à ces objectifs dépendra de l’établissement de cadres institutionnels et juridiques à l’échelon national et de politiques qui soient effectivement centrées sur la réalisation du droit à l’alimentation dans les pays concernés.

Cet article est le 241ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 23:52

La sécurité alimentaire est l’objectif à atteindre

 

Le ministre de l’agriculture, de l'alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l'aménagement du territoire - Bruno Le Maire - a utilisé les colonnes du quotidien Le Monde, daté du 21 juillet, pour faire connaître sa ligne de conduite après le G20 agricole  réuni à Paris en juin (voir G20 agricole à Paris : cet accord prétendument historique ne règle rien - 23 juin 2011).

 

La faim : un scandale de notre temps, par Bruno Le Maire

 

Une famine dramatique frappe la Corne de l'Afrique. Elle provoque des milliers de morts. Elle pousse des familles à l'exode. Elle laisse des millions de femmes et d'enfants dans le dénuement le plus total. Depuis des années, nous connaissons ces crises à répétition.

Pourtant, nous devons refuser l’indifférence et combattre la résignation. Car la faim ne rime pas avec des époques révolues et ne disparaîtra pas du jour au lendemain. Elle est le quotidien de millions de personnes à travers la planète. Elle est la première source de la misère et une des causes majeures d'instabilité politique.

La faim est un scandale de notre temps. Elle exige une action immédiate et résolue de la communauté internationale. Elle appelle la mise en place d'une stratégie de développement agricole dans les pays les plus pauvres de la planète, suivant les orientations fixées dans le plan d'action du G20.

Dans l'immédiat, nous voulons apporter notre aide aux ONG et au Programme alimentaire mondial (PAM), qui font sur le terrain un travail exceptionnel. Sans ces hommes et ces femmes engagés, nous n'aurions pas mesuré l'ampleur du drame. Nous leur devons notre reconnaissance.

Avec Alain Juppé et Henri de Raincourt, au titre de la présidence française du G20, nous avons appelé à une réunion d'urgence de l'Organisation mondiale de l'alimentation et de l'agriculture (FAO). Son directeur général, Jacques Diouf, a entendu notre appel. A cette occasion, nous voulons mobiliser toutes les contributions.

Lundi 25 juillet, je me rendrai donc à Rome pour rassembler, avec mes homologues, les soutiens nécessaires. Samedi 23 et dimanche 24 juillet, je me serai rendu au Kenya avec la directrice exécutive du PAM, Josette Sheeran, et la commissaire européenne à la coopération et à l'aide humanitaire, Kristalina Georgieva, pour évaluer les besoins à court et moyen termes des populations touchées.

Mais, au-delà de cette situation de crise, nous faisons face à un enjeu global : nourrir la planète. Nous savons que les épisodes de sécheresse sont appelés à se multiplier à l'avenir. Nous savons que le changement climatique a déjà un impact dramatique sur les capacités de production agricole mondiale.

Toutes les évaluations convergent : il faudra augmenter la production agricole de 70 % d'ici à 2050 pour répondre à l'augmentation des besoins alimentaires mondiaux. En même temps, nous devons faire attention à l'épuisement des sols.

Nous devons combattre la prédation des terres agricoles. Nous ne devons pas retomber dans les errements de la surconsommation des produits phytosanitaires et des engrais. Produire plus et produire mieux, voilà le défi majeur que la communauté internationale doit relever. Avec un objectif : la sécurité alimentaire pour tous.

Le président de la République a voulu que l'agriculture soit au coeur des priorités du G20 : il a vu juste. Le plan d'action que les ministres de l'agriculture du G20 ont adopté à Paris, le 23 juin, comprend des mesures concrètes pour accroître la production agricole mondiale, garantir l'indépendance alimentaire des pays les plus pauvres, renforcer la coopération internationale face aux crises et lutter contre la spéculation sur les matières premières. Pour la première fois, il rompt avec la logique suivant laquelle les pays du Nord produisaient toujours plus pour les pays du Sud, sans considération du besoin d'indépendance de ces derniers.

La famine dans la Corne de l'Afrique nous appelle à mettre en oeuvre d'urgence les mesures de ce plan. Elle demande aussi que nous renforcions encore les dispositifs proposés et que nous testions leur efficacité. La constitution de stocks d'urgence prépositionnés est une des réponses proposées par le plan d'action du G20 : lançons rapidement ce projet nécessaire.

Aujourd'hui, nous nous mobilisons pour la sécurité alimentaire en Afrique. Mais, demain, d'autres continents pourraient être touchés par la faim. Nous en appelons à la responsabilité. Le temps est à l'action. Un peu plus de solidarité contre la faim, un peu moins d'aveuglement. Un peu plus de coopération, un peu moins d'égoïsme. C'est la voie que la France propose.

 

Cet article est le 240ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 23:25

Pour une nouvelle politique agricole et alimentaire

 

Mes amis québécois m’ont fait passer le message. « La société civile européenne intéressée par le concept de souveraineté alimentaire prépare un colloque européen sur la question. Il aura lieu en Autriche, du 11 au 16 août prochain. Sur le plan politique, l'intention est de convenir d'une déclaration finale commune, d'une compréhension commune du concept, à l'heure où la Suisse s'apprête à l'introduire dans sa loi agricole ».

 

Le Forum Nyeleni Europe sur la souveraineté alimentaire aura lieu à Krems en Autriche du 16 au 21 août. Il compte faire converger et catalyser les initiatives régionales et locales sur ce thème.

En Europe, une douzaine de réseaux nationaux et sub-nationaux travaillent activement sur la souveraineté alimentaire. En Europe centrale et de l’Est, de nombreuses initiatives locales existent et sont en train de s’allier au niveau national sous l’impulsion du forum Nyeleni Europe. Tous ces réseaux ont été initiés par des organisations paysannes et sont à présent également portés par des représentants de la société civile, des syndicats, ONG environnementales et de développement, organisations de consommateurs et de jeunes.

 

Forum Nyeleni Europe - L’Appel : Construction d'un mouvement européen pour la souveraineté alimentaire

Nous, les organisateurs et organisatrices du Forum International pour la Souveraineté Alimentaire de Nyéléni au Mali en 2007 (http://www.nyeleni.org/?lang=fr&lang_fixe=ok), appelons tous ceux qui résistent et luttent dans toute l'Europe à se joindre à la construction d'un mouvement européen pour la souveraineté alimentaire.

Du 16 au 21 août, 2011 à Krems, en Autriche, nous espérons réunir un grand nombre de groupes, syndicats, associations et collectifs de paysans et paysannes, étudiants, activistes, écologistes, travailleurs agricoles et jeunes sans terre, et tous ceux et celles qui travaillent pour la souveraineté alimentaire en Europe et dans le monde.

L'Europe a été intégrée dans un système alimentaire mondial non durable, contrôlé par les intérêts des entreprises et basé sur la dégradation de l'environnement, l'exploitation des ressources des autres peuples et les inégalités sociales et économiques – ce processus est facilité par l'impunité des sociétés transnationales et des marchés financiers. Les conséquences de ce modèle néolibéral sont visibles partout dans nos systèmes et politiques alimentaires et agricoles.

Il est temps de changer le cadre actuel des politiques agricoles européennes, fondées sur les règles de l'OMC, pour des politiques fondées sur la souveraineté alimentaire des populations. Une nouvelle politique alimentaire et agricole pour l'Europe doit être basée sur le relocalisation de la production agricole, en soutenant les petits producteurs et productrices et en facilitant l'accès à la terre pour les nouveaux agriculteurs et des collectifs, tout en contestant la prépondérance de l'industrie et des intérêts privés dans la production, la transformation et la distribution de l’alimentation pour les citoyens et citoyennes européens.

Partout en Europe des personnes sont en train de s'organiser, depuis la base, pour reprendre le contrôle de leurs systèmes alimentaires et agricoles. Ces forces de résistance constituent une richesse d'expériences qui sont encore largement dispersées, ignorées, cachées et parfois clandestines.

Il est temps pour ces forces de venir à l'avant de la scène, et de construire une nouvelle façon d'organiser nos systèmes alimentaires - depuis les semences dans les champs jusqu’à la nourriture dans nos assiettes - qui doivent soutenir la biodiversité, l'environnement, les cultures et les traditions locales de nos régions, ainsi que mettre fin à la disparition des paysans et paysannes européens.

Le Forum Nyéléni Europe en Autriche devrait agir comme un catalyseur, en ouvrant un espace en Europe pour définir les luttes et les stratégies nécessaires afin de créer un mouvement pour la souveraineté alimentaire qui peut défier les forces dominantes de la production et la consommation actuelle dans la société.

En sachant que le chemin est aussi important que la destination, nous appelons les organisations et les groupes dans chaque Etat, région, province et territoire à se réunir et définir leur vision de la souveraineté alimentaire pour l'Europe, sur la base des principes définis au forum Nyéléni en 2007, et surtout à participer à l'organisation du forum lui-même.

 

La souveraineté alimentaire désigne le DROIT d’une population, d’une région ou d’un pays à définir leur politique agricole et alimentaire, sans dumping de prix vis-à-vis de pays tiers.
>page spéciale
  

Qu’est-ce que la souveraineté alimentaire ? (UNITERRE) - c’est (La Via Campesina, 1996) :

- La priorité donnée à la production agricole locale pour nourrir la population, l’accès des paysan(ne)s et des sans-terres, à la terre, à l’eau, aux semences et au crédit. D’où la nécessité de réformes agraires, de la lutte contre les OGM pour le libre accès aux semences et de garder l’eau comme un bien public à répartir durablement.

- Le droit des paysan(ne)s à produire des aliments et le droit des consommateurs à pouvoir décider ce qu’ils veulent consommer et par qui et comment l’aliment est produit. - Le droit des Etats à se protéger des importations agricoles et alimentaires à trop bas prix.

- Des prix agricoles liés aux coûts de production. C’est possible à condition que les Etats ou les Unions aient le droit de taxer les importations à trop bas prix, et s’engagent pour une production paysanne durable et maîtrisent la production sur le marché intérieur pour éviter des excédents structurels.

- La participation des populations aux choix des politiques agricoles

- La reconnaissance des droits des paysannes, qui jouent un rôle majeur dans la production agricole et l’alimentation.
 

Cet article est le 239ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 23:35

L’idée de régulation progresse au niveau européen

 

L’actualité politique agricole en juin était fort dense, le Parlement européen étant devenu codécideur pour ce qui concerne l’essentiel de l’agriculture. Il y avait notamment le rapport préparatoire à la réforme de la Politique Agricole Commune (PAC) après 2013 et les travaux de la Commission Agriculture et développement rural traitant des relations contractuelles dans le secteur laitier, avec application 2020.

Patrick Le Hyaric, député au Parlement européen, a fait le point sur son blog, le 28 juin. Voir S’occuper du contenu de la réforme de la PAC

Le Parlement européen a voté la semaine dernière un rapport préparatoire à la future réforme de la Politique agricole commune. Celui-ci, baptisé « Rapport Dess » du nom de son auteur, député européen de la droite allemande, a été plusieurs fois modifié en Commission de l’agriculture. Malgré cela il ne répond toujours pas aux exigences de l’heure.

Comme la communication de la Commission européenne, rendue publique il y a un an, ce texte comporte des orientations intéressantes. C’est le cas de la nouveauté que constitueraient la progressivité des aides en fonction de l’emploi ou de l’environnement, la proposition d’un audit sur les effets des échanges internationaux, d’incitations à faire cesser une bureaucratie tatillonne sur les exploitants familiaux, la reconnaissance de l’acte de production agricole comme facteur de création de biens publics.

Mais, une nouvelle fois, les questions fondamentales ne sont pas traitées convenablement. La première d’entre elle concerne la rémunération du travail. Il n’est plus question dans les cénacles européens que de filet de sécurité. Ceci n’est peut-être pas négligeable. Mais ce concept induit qu’on peut continuer à travailler sans être rémunéré pour la totalité de son travail, au moment même où les cercles de la finance sont rémunérés dès le premier euro jeté dans le feu de la spéculation financière et bancaire (…).

 

La délégation socialiste française exprime sa pleine satisfaction (Catherine Trautmann, 23 juin) : « Réforme de la PAC: un basculement historique vers une politique agricole et alimentaire durable et équitable pour l’emploi »

 « Pendant le travail en commission, les socialistes ont modifié en profondeur le projet du rapporteur conservateur allemand du PPE, considéré par beaucoup comme très insuffisant : plus de 1000 amendements ont été déposés dont plus de 50% provenaient de son propre camp politique. Par leur travail commun, les socialistes ont présenté unis et solidaires 65 amendements, autour desquels s’est construit l’accord politique », explique Stéphane Le Foll.

 « C’est un vote historique ». Après bien des années de combat, l’ensemble des socialistes européens, rassemblés derrière leur négociateur Stéphane Le Foll, sont parvenus à réunir une majorité du Parlement européen sur l’objectif d’une plus juste répartition des aides agricoles. Selon lui « l’abolition des références historiques, l’aide aux petites exploitations, le rééquilibrage en faveur de l’élevage et surtout l’adoption du principe de la dégressivité des aides directes en fonction de l’emploi et de l’environnement constituent sur ce plan des avancées décisives, voire de petites révolutions » dont son groupe peut en revendiquer seul la paternité.

 Stéphane Le Foll ajoute que « l’influence de notre groupe a aussi permis de mettre en place des outils engageant l’agriculture vers un développement plus durable, prenant en compte des objectifs de sécurité alimentaire, d’environnement, de territoire et d’emplois. Le verdissement des aides du premier pilier – contrairement aux idées initiales du rapporteur Dess – permettra ainsi d’inciter les agriculteurs à adopter de bonnes pratiques agricoles et d’être performants économiquement et écologiquement », explique l’eurodéputé

« En matière de marchés agricoles, autre volet essentiel pour les socialistes, nos amendements ont tous également été confirmés. Ils portent sur la nécessité de disposer d’outils de régulation efficaces et généralisés à toutes les productions, pour faire face aux crises, à la volatilité des prix et pour garantir le revenu des agriculteurs. Deux d’entre eux concernent la gestion des volumes de production et le renforcement du pouvoir de négociation des producteurs au sein des filières de production ».

Pour Catherine Trautmann, présidente de la délégation socialiste, « le commissaire Dacian Ciolos doit maintenant se servir de ce rapport pour faire de bonnes propositions d’ici la fin de l’année. Cette politique est essentielle pour nos territoires, c’est pourquoi nous défendons un développement rural basé sur l’aide à l’innovation, la modernisation, le développement des filières de qualité et des circuits courts, la diversification dans les domaines de l’énergie verte et enfin la révision de toute la politique à l’installation des jeunes ».

Les écologistes expriment la satisfaction du devoir accompli (EELV, 23 juin) : Réforme de la PAC : il faut tourner la page du productivisme

Le Parlement européen vient d’adopter sa position sur la réforme et la modernisation du secteur agricole de l’UE. Tout au long des négociations, les écologistes ont influencé les débats notamment pour que les aides directes aux agriculteurs soient plus équitables et prennent en compte l’emploi dans les fermes et les efforts réalisés sur le plan environnemental. Les bonnes mesures contenues dans ce rapport s’accompagnent malgré tout d’une idéologie libérale qui ne met pas en défaut le productivisme historique de la Politique agricole commune (…).

 

Dans le bulletin d’informations EMB (European Milk Board - voir EMB France) de juin (cliquer Ici), Sonja Korspeter résume ainsi l’actualité laitière :

 

Débats sur la politique agricole à Bruxelles et actions partout à l’échelle des bases ! Lisez dans ce bulletin où en sont les débats sur le rapport Nicholson, comment les producteurs laitiers français utilisent à Angers leurs tonneaux à lisier et ce que Barack Obama a à dire sur la future politique agricole. De plus, de jeunes agriculteurs et agricultrices, des consommateurs et des militants sont ces jours-ci en route pour rejoindre Berlin depuis de nombreux lieux d’Allemagne et montrer à la Chancelière Angela Merkel la responsabilité qu’elle a de défendre une agriculture durable.

L’action en France évoquée ci-dessus semble avoir soudé les acteurs entre eux car à peine trois jours plus tard, APLI, OPL et la Confédération Paysanne décidaient d’encourager à l’avenir ensemble le regroupement des producteurs dans le cadre du France Milk Board. L’exposition au Parlement européen intitulée « L’homme Le POUVOIR Le lait » a été un succès et même le rapport sur la réforme de la PAC maintenant adopté par la commission agricole européenne représente une véritable amélioration, comparé au rapport de base. La journée mondiale du lait a été fêtée en Autriche par l’association membre de l’EMB, l’IG-Milch qui a organisé de nombreuses actions où les consommateurs ont pu faire connaissance des bons côtés du lait équitable « A faire Milch ». La déclaration de presse de la BDM, l’Union de producteurs laitiers allemands, profite de l’occasion de la journée mondiale du lait pour faire une rétrospective critique de la situation des producteurs laitiers allemands de ces derniers mois. Il n’en est pas vraiment autrement dans la plupart des pays européens (…).

 

Vacances-71-Baudrieres-juin2011-087-T.jpgElle décrit ensuite l’adoption au sein de la commission de l’agriculture du rapport sur la réforme de la PAC

 

La commission de l’agriculture du Parlement européen adopta le 25 mai son rapport sur l'avenir de la réforme agricole de l'UE qui sera maintenant soumis en séance plénière au vote du Parlement. 1284 demandes d’amendement avaient été déposées sur le projet de rapport de l’eurodéputé Albert Deß (CSU). La version actuelle qui vient d’être adoptée représente une véritable amélioration en terme écologique et social mais reste très vague sur de nombreux thèmes.

Le rapport parle ainsi de mesures visant à permettre de réguler avec efficacité le marché et d’empêcher des crises provoquées par une surproduction ; sans entraîner de coûts supplémentaires pour l’Union européenne. Toutefois, à d’autres endroits, ce sont de nouveaux les thèmes d’assurance-risque et d’intervention qui sont cités pour résoudre les problèmes de volatilité des prix sur les marchés agricoles. Au point 59, la Commission européenne est explicitement invitée à soutenir la création de nouvelles organisations de producteurs afin de renforcer la position de force des producteurs agricoles face à la distribution et aux transformateurs.

 

Contrairement au Conseil des Ministres de l’agriculture, le rapport soutient le plafonnement des paiements directs aux agriculteurs qui avait été proposé par le Commissaire à l’agriculture Ciolos. Cela signifie des paiements dégressifs pour les grandes exploitations tenant compte du nombre d’emplois ainsi que des méthodes de production durables. De même, ce rapport soutient la proposition d’instaurer des paiements forfaitaires pour les petits exploitants agricoles ainsi qu’une distribution progressive des subventions entre les États membres en faveur des 8 millions (sur 15) de producteurs des nouveaux États membres fortement défavorisés de l’Europe de l’Est.

 

Autres positions intéressantes du rapport :

Une nouvelle initiative de transparence touchant non seulement le versement des subventions aux producteurs mais aussi l’industrie agro-alimentaire qui se voit obligée de publier ses parts de marchés et ses bénéfices

Des initiatives spéciales qui permettent aux jeunes producteurs d’accéder à la culture agricole

Des mesures visant à réduire les importations en protéines d’outre-mer et à préserver les herbages

Le soutien de la commercialisation directe et autres formes de circuits courts entre producteurs et consommateurs qui sont plus transparents, plus équitables et plus efficaces.

L’adaptation des normes d’hygiène à un niveau raisonnable pour les petites et moyennes exploitations et la commercialisation directe

Un paragraphe relativement court réclame que la politique de développement et de la politique commerciale de la Communauté soient cohérentes avec la politique agricole et n’entravent pas les possibilités des pays émergents à assurer leur autosuffisance.

 

La commission de l’agriculture a elle-même baptisé son rapport « un renouveau de la politique agricole », tous les groupes parlementaires se sont montrés relativement satisfaits du compromis obtenu. Beaucoup étaient avant tout soulagés que les approches porteuses d’avenir du Commissaire à l’agriculture Ciolos n’aient pas été rejetées comme par les Ministres de l’agriculture des différents États.

Toutefois, dans une large mesure, le rapport reste vague dans ses formulations qui parfois se contredisent. Le véritable débat sur la réforme de la PAC se tiendra en automne quand sera présentée la proposition de loi concrète de la Commission européenne. La décision sur le rapport du lait de Nicholson ayant été reportée, il est possible que la réforme de la PAC et le « pack du lait » finissent par être négociés ensemble.

 

Travaux de la Commission Agriculture et développement rural traitant des relations contractuelles dans le secteur laitier : voir Communiqué de presse : Peu de lumière au bout du tunnel (EMB, 28 juin) et Des prix plus équitables pour les producteurs laitiers (28 juin, Parlement européen, Commission Agriculture et développement rural).

 

Pour plus d’informations, voir la  REVUE DE PRESSE de l’Association des producteurs de lait indépendants (Apli), membre de l’EMB.

 

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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 22:45

Un thème qui divise parfois mais rassemble aussi

 

Sur le thème « Agriculture et question alimentaire », le Mouvement Républicain et Citoyen de Charente-Maritime (MRC 17) et son secrétaire, Serge Maupouet, avaient organisé un débat le 8 juin 2011 à Surgères.

 

Pour consulter les articles précédents concernant cette réunion :

Agriculture et alimentation : intervention de Michel Sorin à Surgères (17) - 27 juin 2011

Débat sur l'agriculture à Surgères 8 juin 2011 - communiqué MRC 17 - 18 juin 2011 

MRC : débat participatif sur l'agriculture le 8 juin 2011 à Surgères (17) - 10 juin 2011 

 

J’ai noté les interventions (en dehors des militants ou sympathisants MRC) de : 

- Jacky Emon (vice-président de la commission transport du Conseil régional Poitou-Charentes, en charge du TER et des transports collectifs),

- Benoît Biteau (président de la commission agriculture et ruralité du Conseil régional, PRG, agriculteur, lauréat 2009 du trophée national de l’agriculture durable),

- Jean-Marie Giraudeau, vice-président du Conseil économique, social et environnemental régional, secrétaire régional CGT Poitou-Charentes,

- Marie-Pierre Brunet, conseillère générale (canton de Surgères, PRG), maire de Saint-Saturnin-du-Bois,

- Michel Lachaize, maire de Germignac, ancien conseiller général, représentant le premier secrétaire du PS 17,

- Joseph Gaborit, agriculteur, ancien conseiller régional, actuel responsable de la commission agricole du PS 17,

- Dominique Cotta, secrétaire générale adjointe du PRG 17, candidate PRG en 2011 sur le canton de Pons, avec le soutien du PS et du MRC,

- Pascal Dupuy, qui était candidat EELV sur le canton de Surgères en mars 2011,

- Paul Lebot, militant socialiste de Surgères,

- Jean Tessier, ancien candidat MDC, qui a fait part de son indignation à l’égard de cette société qui laisse trop de personnes au chômage, durablement.

 

Extraits* résumés des interventions pendant le débat, après l’exposé de Michel Sorin

 

Benoît Biteau : oui à la notion de souveraineté alimentaire. L’agriculture est un sujet de société. Il faut entendre les problèmes de société. L’agriculture capte le carbone (25% des gaz à effet de serre) et, ainsi, contribue à relever le défi climatique. Elle doit redécouvrir les vertus de l’agronomie, comme le fait l’agriculture biologique.

 

Joseph Gaborit : oui, il faut remettre en cause le schéma libéral car il y a un échec de l’ultralibéralisme aux niveaux européen et mondial. La question est posée de choisir le protectionnisme au niveau de l’Europe.

 

Jacky Emon : les citoyens doivent intervenir dans le combat politique, mais comment peuvent-ils s’approprier le débat ? En Poitou-Charentes, l’agriculture est marquée par la disparition de la polyculture et la raréfaction de l’élevage au bénéfice des céréaliers, qui sont des entrepreneurs. Il faut favoriser les circuits courts. Il n’y aura pas de « grand soir ». La gauche doit faire de la pédagogie, dialoguer avec les gens, faire de l’action citoyenne.

 

Paul Lebot : oui à la régulation par l’offre pour toutes les productions, afin que les agriculteurs aient un revenu décent, ce qui est le problème pour les éleveurs. L’interprofession renvoie à un besoin de régulation plus globale pour l’ensemble de l’économie. Il est important de débattre entre citoyens qui ne pensent pas pareil. Les partis doivent écouter les gens de la base, qui sont en difficulté.

 

Jean Tessier : au chômage « je trime, donc je suis » depuis 15 ans. A 63 ans, il me reste 17 trimestres à couvrir. Je fais partie des « indignés ». J’ai fait la marche pour l’emploi des seniors à Strasbourg. Les crises sont multiples (crise alimentaire, crise de l’emploi).

 

Jean-Marie Giraudeau : d’autres crises sont possibles, en dehors de la crise financière. L’agriculture ne doit pas appartenir seulement aux agriculteurs. Il faut une concertation des acteurs, citoyens et consommateurs, au niveau local, afin de débattre des systèmes de production agricole (maïs, irrigation, réserves en eau, viande, céréales, lait).

 

Michel Lachaize a vu le nombre d’agriculteurs divisé par dix dans le sud du département (l’interprofession viticole est dominée par les négociants du Cognac). Il faut rassembler toute la gauche, contre le libéralisme.

 

Pascal Dupuy : il y a eu 50 nouvelles installations en agriculture biologique en 2010 en Charente-Maritime, dont 2 en maraîchage.

 

Benoît Biteau, à propos de sa propre installation en bio, précise qu’il s’est installé sur 180 hectares avec un gérant et deux salariés. Le nombre d’actifs a été multiplié par deux, tout en arrêtant le maïs et l’irrigation. Le modèle bio, c’est d’abord l’agronomie (un retour au bon sens paysan), sans les pesticides. C’est s’engager dans un cercle vertueux au détriment de l’intérêt financier immédiat. Ainsi, en 2009, les aides publiques perçues auraient été supérieures si le maïs (110 ha) avait continué - 70 000 euros, contre 77 000 avec le maïs. Heureusement, la transformation en bio s’est effectuée en bonne entente avec le prédécesseur (le père).

 

Dominique Cotta : les agriculteurs se sont disqualifiés vis-à-vis des consommateurs. Il y a une crise de confiance. Le chômage remet en question le sens du travail.

 

Jacky Emon prolonge les réflexions d’un intervenant en soulignant le manque de volonté politique pour remettre à sa place le pouvoir financier. La logique du profit pousse à l’élimination des petits producteurs. Les normes y contribuent aussi par les coûts induits. Le système fou continue. L’agriculture biologique est le symptôme d’un besoin de réagir en prenant le chemin à l’envers. Il y a une prise de conscience des producteurs et des consommateurs (fraises hors saison, par exemple).

 

Marie-Pierre Brunet se pose en ménagère qui constate que la consommation a changé (offre diversifiée de plats préparés). Il faut y répondre par une agriculture de proximité (les maraîchers bio sont une chance). Dans les chariots des grandes surfaces de vente, il y a beaucoup de produits importés et plus de choses achetées qu’avec les seuls marchés. C’est effrayant de savoir que 40% des produits alimentaires achetés en grandes surfaces seront jetés.

 

Joseph Gaborit évoque la question de l’eau qu’on laisse aller vers la mer. Il faut savoir gérer l’eau en la partageant (par exemple, faire des réserves l’hiver qu’on utilise à la belle saison pour produire du maïs). Les effectifs d’animaux dans les élevages doivent être plafonnés.

 

Dans le cours du débat, je suis intervenu sur plusieurs points : le plafonnement des aides, le protectionnisme européen, les raisons du développement de la culture du maïs. A la fin, je suis revenu sur les enjeux politiques 2012 et la responsabilité de la gauche de présenter un projet alternatif crédible tenant compte de la volonté du peuple français, exprimée lors du référendum européen de 2005, de rompre avec le néolibéralisme.

Par ailleurs (qu’ils ne m’en veuillent pas), je n’ai pas repris ici les interventions des militants et sympathisants MRC.

 

* La retranscription à partir de mes notes est très imparfaite. Je serai réceptif à des compléments et modifications qui me seraient proposés par les auteurs des interventions.

 

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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 22:46

Se donner les moyens de la sécurité alimentaire

 

MRC17-Surgeres-agriculture-080611-022-T.jpgLe débat organisé par le Mouvement Républicain et Citoyen de Charente-Maritime le 8 juin 2011 portait sur la question alimentaire. Voir Débat sur l'agriculture à Surgères 8 juin 2011 - communiqué MRC 17 - 18 juin 2011. Serge Maupouet, responsable du MRC 17, m’avait demandé d’intervenir afin de présenter les éléments en discussion sur ce thème

 

L’agriculture et la question alimentaire

 

La question alimentaire continue d’être posée, avec de plus en plus de gravité. Près d’un milliard de personnes souffrent de la faim dans le monde, dont 150 millions de plus depuis les crises alimentaires depuis 2007. Parmi ces victimes, les plus nombreuses sont des paysans. La faim provoque des émeutes, des insurrections, des contestations des pouvoirs publics.

 

Depuis 2007, les prix des produits agricoles sont erratiques. La spéculation financière s’en est emparée (blé, maïs). En France, en 2009, les revenus agricoles ont été en très forte baisse. En 2010, ils se sont redressés, mais ceux des éleveurs (productions animales) ne sont pas revenus à la normale. Dans tous les pays, les agriculteurs sont dans l’incertitude et ils sont nombreux à être dans la détresse. Les salariés, notamment les classes populaires, les chômeurs, les travailleurs à statut précaire, n’ont plus assez de pouvoir d’achat pour manger correctement.

 

On constate, donc, une aggravation de la question alimentaire depuis trois ou quatre ans. C’est de la responsabilité des Etats. Mais, par incompétence ou inorganisation, ou, le plus souvent, cédant à l’idéologie libérale, les dirigeants ont laissé faire les marchés. La libéralisation du commerce mondial a pris le dessus sur la volonté politique d’organiser l’agriculture dans le but de satisfaire les besoins alimentaires de la population.

 

Ce constat, fait pour l’agriculture et l’alimentation, est à relier aux déséquilibres financiers mondiaux et à la priorité qui a été donnée à la finance et à la rémunération des capitaux sur les considérations d’intérêt général économique et politique. La crise financière 2007-2008, la plus grave qui ait jamais existé, a amené les Etats à reprendre les dettes bancaires afin de sauver les banques du naufrage. Ce faisant, ils se sont endettés à l’excès sans remettre en cause la prédominance de la finance sur l’économie.

 

La crise de ce système ne peut que mal se terminer car les USA n’ont plus de solutions. Il y a de fortes présomptions de krach financier international. Cette fois-ci, les Etats ne peuvent rien faire pour l’empêcher. Les peuples ne veulent plus payer pour l’incompétence des dirigeants de la finance et des Etats. On va revenir à l’économie réelle et la politique va reprendre sa place. Tout doit être remis à plat. Il faut arrêter cette logique folle du capitalisme financier  qui détruit l’économie productive, arrêter les politiques néolibérales qui creusent les inégalités sociales. Une oligarchie financière a pris le pouvoir, provoquant une régression politique, économique et sociale de grande ampleur.

 

Préparons le retour des peuples aux commandes. C’est l’objet des prochaines élections nationales en France. Il serait dramatique de ne pas saisir cette opportunité. Il faut rassembler le peuple français autour d’un projet cohérent de gouvernement et de majorité parlementaire basé sur la reconstruction de l’économie et la refondation républicaine de notre démocratie. Nous allons vivre une période exaltante de reconstruction de la démocratie et, en France, de la République.

 

Notre responsabilité, ce soir, est d’apporter notre contribution à la réflexion politique concernant les moyens d’assurer la sécurité alimentaire en Europe et dans le monde. Pour cela, il faut remettre à leur place, qui est la première, les agriculteurs, producteurs de denrées indispensables à l’alimentation des populations.

 

On croyait que l’agriculture était le point fort de la France. Les exportations du secteur agroalimentaire contribuent, certes, à réduire le déficit du commerce extérieur (grâce, surtout, aux vins et spiritueux). Mais, comme Xavier Beulin, le nouveau président de la FNSEA, l’a reconnu, l’Allemagne et les Pays-Bas font mieux que nous parce qu’ils sont plus compétitifs sur les marchés (coûts de production plus bas, aides publiques ciblées).

 

L’agriculture française est en déclin. Elle est menacée par les renégociations budgétaires* de la PAC à partir de 2013. Pourquoi dépenser de l’argent pour l’agriculture ? L’orientation néolibérale n’a pas totalement disparu à Bruxelles même si le commissaire européen actuel, Dacian Ciolos, est beaucoup moins libéral que son prédécesseur.

* Le budget PAC (environ 40% du budget de l’Union européenne) est important parce que c’est la principale politique commune européenne, longtemps la seule. Les Etats ne conservent qu’une petite partie (environ 10%) des dépenses agricoles.

 

Mais le problème n’est pas que budgétaire. De ce qu’était la PAC au début, dans les années 1960, il ne reste plus que des mécanismes. Les principes ont disparu depuis longtemps, balayés par l’idéologie néolibérale qui fait confiance aux marchés et détruit toute politique de régulation à l’initiative des pouvoirs publics.

 

Les « réformes » libérales de la PAC ont abouti à payer les agriculteurs, même s’ils ne produisent rien. C’est ce qu’on appelle le découplage des aides. Les aides publiques sont déconnectées des productions, mais pas des hectares de terres, ce qui a favorisé l’agrandissement des exploitations et la concentration de la production. Pour l’essentiel, les réformes successives de 1992, 1999 et 2003 avaient pour but de rapprocher les prix intérieurs européens des prix mondiaux et se conformer aux principes dominants de l’Organisation Mondiale du Commerce.

 

En fait, le bilan de la PAC est surtout favorable à l’industrie (agroalimentaire, équipements). Grâce aux aides publiques européennes, les exploitants ont pu continuer de produire et s’équiper. Et l’industrie agroalimentaire étant en position de force dans ses relations avec les producteurs, elle a fixé les prix du lait comme elle l’entendait.

 

Globalement, en ce qui concerne la PAC, le pire a été évité, principalement grâce aux quotas laitiers qui ont été maintenus jusqu’en 2015. Mais la crise laitière en 2009 a été extrêmement rude, ce qui a donné lieu aux grèves des livraisons de lait à l’initiative d’une nouvelle organisation, l’Association des producteurs de lait indépendants (Apli) qui a apporté des méthodes et une vision nouvelles des rapports de force au sein de la filière laitière. Il y a eu, depuis, des éléments positifs au niveau européen (nouveau commissaire à l’agriculture, nouvelle orientation de la commission agricole du parlement). Les forces en faveur de la régulation sont à l’offensive. Mais rien n’a encore vraiment changé.

 

Ce qui progresse, au niveau européen et au niveau mondial, c’est le principe de la souveraineté alimentaire (au niveau des Etats ou groupe d’Etats) et le concept du droit à l’alimentation (au niveau de l’ONU).

 

Souveraineté alimentaire : il s’agit d’assurer la sécurité alimentaire au niveau d’un pays ou d’un ensemble de pays, comme l’Union européenne, ce qui suppose une politique agricole et alimentaire, qu’il faut réinventer en Europe et ailleurs, sauf au Canada où cela donne d’excellents résultats depuis plus de trente ans. Dans ce pays, à l’initiative du Québec, il y a un équilibre en l’offre et la demande, le but étant de satisfaire les besoins des consommateurs canadiens (l’exportation est secondaire). C’est l’organisation des producteurs qui gère l’offre (pour les filières lait, volailles, oeufs de consommation).

 

La sécurité alimentaire, c’est être très vigilant au niveau sanitaire. On voit les conséquences d’une infection bactériologique sur les aliments, actuellement en Allemagne.

 

La sécurité alimentaire, c’est prendre les moyens de faire face aux aléas climatiques (destructions de récoltes par les intempéries, insuffisance de récolte par la sécheresse, ce qui est le cas actuellement). Il faut distinguer ce qui est exceptionnel de ce qui risque de se produire plus régulièrement. Ainsi, cet épisode de sécheresse est typique de ce qui nous attend dans les années à venir, en raison du réchauffement climatique. C’est l’Institut de Recherche Nationale Agronomique (INRA) qui le dit. Cela pose la question de l’adaptation de l’agriculture au changement climatique. Il y a du bon parce que cela oblige à apporter moins d’eau, moins de pesticides, moins d’engrais, tout ce qui donne à cette agriculture hyper intensive son caractère artificiel. Il faut trouver des réponses à cette évolution, en améliorant l’organisation des cultures, en changeant les plantes, en utilisant des espèces résistantes à la sécheresse…

 

La sécurité alimentaire, c’est réserver les terres productives à l’agriculture. L’espace agricole est utilisé de plus en plus par l’urbanisation, sans doute de manière excessive. Et des plantes comme le maïs ou le blé, Aux USA, servent à produire de l’éthanol. Ce carburant est de plus en plus utilisé dans ce pays, où 40% du maïs est transformé en éthanol. A noter que 15% de la production agricole dans le monde va vers des utilisations non alimentaires.

La sécurité alimentaire, c’est permettre des revenus réguliers et suffisants pour les producteurs. Pendant 20 ans, les cours mondiaux des céréales ont été trop bas. Puis il y a eu explosion des prix en 2007-2008, qui ont été à l’origine d’émeutes de la faim dans certains pays dépendant du marché mondial pour leur approvisionnement alimentaire. Depuis presque un an, nous voyons arriver une nouvelle crise alimentaire. Le prix du blé et d’autres céréales a doublé. L’indice des prix des produits alimentaires a battu son record en mars 2011.

 

Assurer la nourriture à neuf milliards de personnes en 2040, c’est possible, à condition d’éviter certaines erreurs : prix trop bas durablement à la production, suppression des stocks nécessaires, production d’énergie avec une efficacité énergétique très médiocre. Le prix des céréales a doublé alors que les récoltes étaient très bonnes. Qu’en sera-t-il en cas de sécheresse faisant baisser les récoltes ?

Et, comment faire pour que les paysans des pays pauvres ne meurent pas de faim, ce qui est souvent le cas actuellement ? Le concept de droit à l’alimentation, porté par Olivier de Schutter, est un élément nouveau intéressant. Le rapporteur spécial à l’ONU pour le droit à l’alimentation a fait 8 propositions en février 2011 :

  1. Soutenir la capacité de tous les pays à se nourrir eux-mêmes.
  2. Appuyer la constitution de réserves.
  3. S'attaquer à la spéculation des acteurs financiers.
  4. Soutenir la création de filets de sécurité sociale.
  5. Encourager les agriculteurs à s’organiser.
  6. Protéger l'accès à la terre.
  7. Soutenir la transition vers une agriculture durable.
  8. Protéger le droit à l'alimentation 

La faim est, avant tout, une question politique. Les dirigeants des Etats n’assument pas toujours leur responsabilité première, qui est de nourrir la population dont ils ont la charge. C’est la première chose à faire. Il faut aussi que l’ONU ait les moyens de constituer des stocks pour réguler les marchés et de favoriser le développement des cultures vivrières.

Le principe de gestion et, donc, de maîtrise de l’offre de production est à mettre en œuvre au niveau européen. L’Europe doit produire pour assurer sa sécurité alimentaire, d’abord, pour exporter, ensuite, quand c’est possible, mais sans subventions. Les producteurs doivent être rémunérés par l’activité économique, pas par des aides publiques systématiques, comme c’est le cas actuellement. Celles-ci sont utiles au niveau territorial quand les conditions de production sont difficiles.

 

Il faut rapprocher les producteurs des consommateurs, produire de la qualité (sanitaire) et du goût pour satisfaire les consommateurs, à des prix abordables. Les contraintes écologiques (éviter des transports longs de produits alimentaires) rejoignent le souci de la qualité des produits. Il faut permettre à l’agriculture paysanne d’exister et définir les conditions écologiques et sanitaires d’une agriculture plus intensive.

 

En conclusion, il y a deux endroits où il est possible d’avancer :

 

- A l’ONU, autour du concept de droit à l’alimentation, du développement des cultures vivrières et de la régulation des marchés par le stockage.

- En Europe, par la refondation de la PAC sur des bases nouvelles, respectant les producteurs et les plaçant au cœur du système de régulation, avant la mise des produits sur les marchés. C’est ce que propose l’Apli pour la filière laitière, où elle est rejointe par les deux organisations syndicales minoritaires (la Confédération paysanne et la Coordination rurale).

La proposition consiste à organiser la filière laitière en créant une agence de régulation européenne et un office du lait, avec un système de prix évoluant dans un tunnel de fluctuation limitée, permettant d’adapter la production aux possibilités du marché.

Il faut une véritable organisation rassemblant tous les producteurs et une interprofession complète, dans laquelle tous les acteurs de la filière sont représentés. Et il faut introduire de la démocratie dans ce nouveau dispositif, ainsi que de la coordination au niveau européen, car c’est à ce niveau qu’est le pouvoir de décision politique en ce qui concerne l’agriculture.

Le Canada est une référence, à adapter à notre situation européenne. La Suisse s’oriente vers l’adoption du principe de souveraineté alimentaire, la majorité des acteurs politiques de la Confédération étant mobilisés pour son adoption et pour donner un contenu à une vraie politique agricole et alimentaire.

 

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 23:54

Ce n’est pas là que l’Europe doit penser une politique agricole

 

La presse évoque les acclamations qui ont accompagné l’adoption de mesures des principales puissances pour lutter contre la faim dans le monde et limiter la volatilité des prix agricoles. Les ministres de l’agriculture, Le Maire en tête, ont eu l’impression de vivre des moments historiques au cours de ce G20 agricole à Paris. Peut-être parce que cette initiative a le mérite de contrecarrer la désertion des Etats dans le combat politique contre la faim. Mais c’est bien loin de ce qu’il faudrait faire pour aller vers des décisions de souveraineté alimentaire.

Rappel : La question agricole et alimentaire à l'ordre du jour des débats du G20 - 21 juin 2011.

 

Voici deux textes, parmi les meilleurs sur cet évènement.

 

 Accord "historique" trouvé au G20 agricole (L’Usine Nouvelle, Morgane Rémy, 23 juin)

 

Les pays du G20 ont approuvé un plan d'actions pour lutter contre la volatilité des cours des produits agricoles, responsable de nombreuses crises alimentaires.

"Ce sera fumée blanche ou fumée noire", annonçait le ministre de l’agriculture Bruno Lemaire, mercredi 22 juin. Il parlait des négociations du premier G20 agricole avec la ferme intention de signer un bon accord ou de ne rien signer du tout. Un pari gagnant puisque dès le lendemain, jeudi 23 juin, un consensus a été trouvé. Réunis à Paris, les ministres de l'Agriculture de ce forum des 20 plus grandes économies de la planète ont avalisé presque toutes les mesures du plan en cinq points proposé par la présidence française du G20.

Ils ont ainsi validé une série de mesures sur la transparence des marchés ou la gestion des crises. Un des résultats les plus concrets est la création d'une banque de données internationales, baptisée Amis. Elle doit recenser la production, la consommation et les stocks de produits agricoles. Hébergé au sein de l’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (la FAO), le système Amis améliorera la transparence sur l'état des marchés physiques et contribuera à la prévention de crises alimentaires. Les pays du G20 sont également tombés d'accord pour coordonner leurs politiques de marchés en cas de crise alimentaire via un "Forum de réaction rapide".

Un 5ème point retoqué

Seule ombre au tableau : les ministres de l’Agriculture ont repoussé la décision sur la régulation des marchés financiers, le cinquième point du plan. Ils ont décidé de laisser ce dossier sensible à leurs homologues des Finances. Ils les encouragent néanmoins "à prendre les décisions appropriées". Par exemple, ils recommandent de mettre en place une limite autorisée de prises de position (vendre ou acheter des actions) sur les marchés financiers, dans le but de lutter contre "les manipulations et les abus" spéculatifs.

"Nous jetons les bases de la nouvelle agriculture mondiale, une agriculture qui sera durable, une agriculture qui sera solidaire, une agriculture dont les marchés seront régulés", s'est félicité le ministre français Bruno Le Maire. Son homologue américain Tom Vilsack a salué le caractère "historique" de la volonté commune affichée par les participants "pour combattre les défis pressants de la faim et de volatilité des prix ". La France, qui a fait de la lutte une des priorités de sa présidence du G20, semble avoir remporté la partie. Mais certains soulignent qu’il ne s’agit qu’un début.

Les organisations humanitaires sont les plus critiques. Par exemple, l’ONG Peuples Solidaires-Action Aid déplore que ce premier G20 agricole n'ait pas "pris les décisions qui s'imposaient pour prévenir une nouvelle crise alimentaire imminente". Pour Michel Portier, directeur fondateur de la société de gestion du risque Agritel, la victoire de ce G20 est à nuancer : "Vouloir donner des informations mondiales sur les stocks, la production et la consommation risque, au contraire, d’accentuer la volatilité. Dès que le marché a une information, il réagit et plus le marché réagit, plus il y a de volatilité". Quoiqu'il en soit, après ce consensus, il reste encore à appliquer les décisions concrètement.

Attac (23 juin, communiqué de presse) : Le G-20 agricole accouche d'une souris !

Sous couvert de lutter contre la volatilité des prix, toutes les préconisations vont renforcer l'insécurité alimentaire. La recommandation la plus forte est de conclure au plus vite le cycle actuel de négociations à l'Organisation mondiale du commerce, avec la poursuite de la libéralisation des échanges agricoles et le refus pour les Pays en voie de développement (PED) de renforcer leur protection. La déclaration finale du G20 agricole colle d'ailleurs étroitement au rapport remis à Nicolas Sarkozy le 11 juin par les 10 institutions internationales qui régentent ce désordre alimentaire mondial.

Il s'agit de promouvoir "un marché agricole plus ouvert qui améliore la transmission des signaux du marché", "d'améliorer la coordination internationale des politiques agricoles afin de renforcer la confiance dans les marchés internationaux", de "faciliter les flux internationaux de produits agricoles pour renforcer la sécurité alimentaire mondiale », et pour cela :

·         d'"améliorer et mettre en œuvre les instruments de gestion des risques", avec des préconisations totalement irréalistes de favoriser les marchés à terme agricoles dans les PED alors que les expériences très limitées de la Banque Mondiale en Afrique subsaharienne depuis les années 90 ont été un échec total. Il en irait de même pour les systèmes d'assurances agricoles qui leur sont d'autant moins accessibles qu'ils nécessitent des subventions massives, comme c'est le cas dans les pays riches ;

·         d'"améliorer le fonctionnement des marchés dérivés agricoles", sans plus de précision, la balle étant renvoyée au G-20 des Ministres des finances. La spéculation sur les marchés agricoles, qui contribue fortement à la volatilité des prix alimentaires, ne pourra que continuer à se développer.

Faute de consensus, le G-20 se limite à préconiser la mise en place de stocks de sécurité régionaux dans les seuls PED sujets aux crises alimentaires. Ces stocks régionaux seront impuissants à lutter contre la flambée des prix tant que les Etats-Unis – qui sont "faiseurs des prix mondiaux" des grains – et l'Union européenne continueront à déréguler leurs marchés et à réduire leurs stocks céréaliers.

Aucun consensus n'a été trouvé pour souligner le rôle déterminant de la production d'agrocarburants dans la flambée des prix agricoles, et le rapport demande seulement d'approfondir les analyses sur ce sujet.

La solution avancée par le G20 agricole repose sur l'« augmentation significative de la production et de la productivité agricoles », avec notamment la concentration des efforts sur la recherche sur le génome du blé : il s'agit ainsi de favoriser les intérêts de l'agro-industrie et des multinationales d'OGM au détriment de l'autonomie des paysans. Ceci alors même que les problèmes reposent avant tout sur des inégalités très fortes d'accès à l'alimentation et de développement agricole, pour lequel les OGM sont tout sauf une solution.

On ne pouvait pas s'attendre à d'autres résultats de ce G-20 agricole puisque, sous couvert de lutter contre la "volatilité" des prix, les grands exportateurs mondiaux de céréales et oléagineux – Etats-Unis, Canada, Australie, UE, Argentine, Brésil, plus Indonésie et Malaisie pour les oléagineux – ont intérêt à la poursuite de la flambée des prix qui a fortement augmenté les revenus tout au long de ces filières, même si cela continuera à faire souffrir les importateurs nets du Sud et les éleveurs du monde entier.

Pourtant la reconstruction des politiques agricoles sur la souveraineté alimentaire, basée sur une protection efficace à l'importation et des prix rémunérateurs aux agriculteurs, serait demain, comme hier dans les pays du Nord, le seul moyen de mettre un terme à la faim dans le monde et de promouvoir un développement durable. ATTAC continuera son combat en ce sens, avec tous les mouvements sociaux du Nord et du Sud.

 

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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 23:52

Les paysans appellent les Etats à plus de cohérence

 

Crises alimentaires de plus en plus fréquentes, prix agricoles de plus en plus volatils, comment sera-t-il possible de faire face au défi alimentaire des prochaines décennies ? Comment sortir des calamiteuses politiques néolibérales qui ont conduit à la panique alimentaire et à la désorganisation du monde ?

  

En 2011, jusqu’en novembre, la France préside le G20. Nos dirigeants prétendent vouloir relever ce défi, mais ils se heurtent à des intérêts financiers quasi inébranlables, selon le ministre de l’agriculture, Bruno Le Maire. Les paysans se mobilisent et parlent de plus en plus ouvertement de la souveraineté alimentaire, ce qui ravit les dirigeants agricoles du Québec, qui mettent en œuvre ce système qui leur donne satisfaction depuis 40 ans (politique de gestion de l’offre pour le lait, les volailles et les œufs).

 

Comme l’écrit la Mission Agrobiosciences dans sa revue de presse du 21 juin, il y a besoin d’un retour à des politiques agricoles, délaissées dans le but de laisser l’initiative aux marchés.

 

Du G20 agricole à la PAC : un si grand besoin de politiques

 

L’agriculture revient au cœur des préoccupations des « grands de ce Monde ». Vous en doutiez ? Pourtant, ces 22 et 23 juin se tiendra à Paris le G20 agricole - en préparation de la conférence du G20 en novembre, à Cannes. Il faut dire que depuis les émeutes de la faim de 2007-2008, et alors que les prix alimentaires atteignent encore des sommets, il est une urgence partagée par les politiques, les associations et les économistes de tous bords : faire un sort à la volatilité des prix agricoles.
Reste que, face à l’ordre du jour affiché par les 20 super-puissances mondiales, les ONG se disent déçues (Figaro du 20 juin) : la question des stocks, comme un des outils possible de régulation du marché, aurait été oubliée au programme. Autre sujet de grogne relayé par le quotidien : « Oxfam [1] reproche au G20 agricole de ne pas reconnaître les biocarburants comme l’un des principaux facteurs de la hausse des prix des matières premières agricoles et de s’en tenir à une discussion vague sur le sujet. »
Plus dur, dans un communiqué de presse, le mouvement paysan international La Via Campesina s’insurge contre l’instabilité du prix des produits alimentaires qui, d’après son analyse, serait principalement « la conséquence de (…) la libéralisation du commerce, la dérégulation de marchés, la spéculation et la promotion des agrocarburants ». Et accuse les « gouvernements des pays les plus riches de la planète de s’accaparer et de contrôler les politiques alimentaires » : du continent africain, seule l’Afrique du Sud a été admise dans ce club très fermé. Simple discours militant et altermondialiste ? Pas si sûr.

Dans une chronique publiée dans Le Monde, le 13 juin dernier et intitulée « A quoi sert le G20 agricole ? », l’économiste Philippe Chalmin, grand défenseur de la spéculation sur les marchés agricoles, demande : « qui souffre de cette crise ? ». Ce à quoi il répond : « Les pauvres des pays pauvres, et les éleveurs des pays riches. ». Et propose : « Pour les premiers le G20 doit redire le besoin de véritables politiques agricoles, peut-être aussi créer des stocks régionaux destinés aux situations d’urgence. Pour les seconds, la réponse se trouve aussi dans des politiques agricoles faisant la part belle aux solidarités. » Dont acte.

Puisqu’il est question de politique agricole, signalons enfin la publication, sur le site de la Fondation Robert Schuman, de deux articles sur « La Pac en quête de légitimité ». Daniele Bianchi et Nicolas-Jean Brehon rappellent que, outre la flambée des matières premières agricoles, avec la crise sanitaire d’Escherichia coli « l’agriculture est au cœur de l’actualité et le restera, notamment à l’occasion de la renégociation à venir du prochain budget européen (2014 – 2020). » Or, pour les deux auteurs, les réformes de la Politique agricole commune (ou des solutions comme le verdissement) « ne parviennent pas à répondre aux difficultés du monde agricole car elles ne s’attèlent pas au cœur du sujet : la PAC traverse une crise politique de légitimité et une crise de confiance généralisée. Reste à savoir comment sera renoué le lien avec le citoyen…

Pour tous ceux que cette question intéresse, rappelons qu’elle sera justement, les 3 et 4 août prochains, au cœur des 17emes Controverses de Marciac, organisées par la Mission Agrobiosciences et la Communauté de communes Bastides et Vallons du Gers.

Voir Les 17èmes Controverses de Marciac les 3 et 4 août 2011 sur la PAC - 31 mai 2011.

L’Europe ne prend pas le problème comme il faudrait. C’est le regret du député au Parlement européen, Patrick Le Hyaric, dans son édito du journal La Terre, le 21 juin : C’est le G20 des riches ou … le cri de la multitude des… j’ai faim ?

Cette semaine se tient à Paris une réunion des ministres de l’agriculture des pays dits du « G20 ». Dans le contexte actuel, cette réunion ne devrait pas être banalisée. Elle devrait au contraire prendre la mesure de la profondeur des graves difficultés qui se profilent pour l’avenir. En conséquence, des initiatives politiques nouvelles de grande ampleur, à l’échelle de la planète devraient être prises à partir d’une question fondamentale : entrons-nous dans le siècle de la faim ? Certains diront peut-être que j’exagère. Malheureusement, la question doit non seulement être posée, mais des réponses doivent être trouvées rapidement.

La FAO, organisation importante des Nations-Unies chargée de l’agriculture et de l’alimentation, et la Banque mondiale évaluent à près d’un milliard le nombre d’individus en situation de sous-alimentation et de famine. Selon les prévisions des Nations-Unies, la population mondiale atteindra dix milliards d’habitants d’ici la fin du siècle, soit trois milliards de plus qu’aujourd’hui. Ceci signifie que la production alimentaire mondiale devra sans doute doubler une nouvelle fois. Ceci dans un contexte où le complexe agricole et agroalimentaire mondial qui a vocation à nourrir l’humanité peut-être caractérisé comme étant en danger.

Ce facteur, combiné à l’utilisation, imbécile dans un tel contexte, du blé ou du maïs pour produire de l’éthanol et à la spéculation sur les matières premières agricoles, fait flamber les cours des denrées de base. Ceci a encore aggravé la famine. Cette donnée a d’ailleurs accéléré les « révolutions arabes ». Au cours des années 2007-2008, des émeutes de la faim ont éclaté dans plus de trente pays. A ceci s’ajoute la croissance urbaine qui avale peu à peu des terres agricoles et maintenant une nouvelle spéculation sur les terres par des entreprises privées ou des pays, particulièrement en Afrique, mais aussi en Europe de l’Est, font de la terre et de la production alimentaire des marchandises de rapport ou de spéculation, à l’opposé total du concept de biens communs et de droit fondamental à l’alimentation pour chacune et chacun.

Mais de nombreux scientifiques appellent désormais à prendre en compte un facteur jusque là trop négligé. Celui de la modification climatique qui contribuerait à déstabiliser les systèmes alimentaires et à mettre en cause encore plus la sécurité alimentaire mondiale.

Il est établi que nombre de mauvaises récoltes des dix dernières années résultent des catastrophes météorologiques, des inondations aux Etats-Unis, de la sécheresse en Australie, des canicules en Europe et en Russie. Il semble aussi établi que, contrairement à ce qui avait été projeté dans le passé, l’élévation du niveau des gaz carboniques n’agit pas comme un engrais pour les plantes et ne contrecarre donc pas les effets négatifs du changement climatique.

Ces éléments montrent l’impérieuse nécessité de systèmes de recherche coordonnés à l’échelle de la planète, à la fois sur les effets des modifications climatiques mais aussi sur l’approvisionnement en eau, son stockage et encore sur les plantes à cultiver, les moyens de le faire dans un nouveau contexte climatique.

Dans une telle situation d’extrême urgence, le G20 doit décider d’inverser des choix antérieurs qui ont consisté à réduire les moyens financiers pour la recherche et le développement. Au contraire, il conviendrait de créer un fonds mondial pour les scientifiques et instituts de recherche dont il faut favoriser la mise en réseau et la coopération. Celle-ci doit donc être publique et non accaparée par les grands groupes privés qui n’auront pour souci que leurs profits, au détriment du bien commun.

Cette réunion du G20 doit admettre cette donnée fondamentale selon laquelle l’accès à l’alimentation est un droit humain fondamental et que l’activité de produire ces biens alimentaires de manière soutenable en respectant la terre, les sols, l’eau, l’air, la biodiversité est une mission d’intérêt général. Elle induit le respect de la souveraineté alimentaire des peuples, le refus de la spéculation sur l’alimentation et la rémunération correcte du travail paysan selon les pays et grandes zones géographiques par des mécanismes publics de fixation et de soutien aux prix ; la préservation des terres agricoles ; une orientation générale visant à reconstituer les stocks contrôlés par les élus et les organisations agricoles de producteurs.

La politique générale en tout domaine devrait être celle de la coopération et non plus celle de la concurrence qu’exacerbent l’Organisation mondiale du commerce, le Fonds monétaire international et l’Union européenne. L’efficacité économique, sociale, de vie territoriale et écologique passe par le maintien et la création d’un maximum d’exploitations agricoles à taille humaine et familiale, combinée avec le développement d’un authentique système de coopération agricole pour valoriser au mieux et au plus efficace tous les facteurs de production, dans un période où la production agricole devra doubler d’ici la fin de ce siècle.

L’Union européenne devrait être active pour le relèvement de tels défis. Malheureusement, elle n’en prend pas le chemin. Cette semaine, le Parlement va se prononcer sur un rapport préparatoire de la réforme de la politique agricole commune. Bien qu’amendé par la Commission agriculture du Parlement européen, il est loin de prendre en compte des enjeux cruciaux. Le débat devrait prendre de l’ampleur dans nos sociétés. La conception capitaliste de « libre échange  intégral », inscrit dans les traités européens, n’est pas compatible avec la souveraineté alimentaire et l’action efficace contre la faim.

C’est une question d’intérêt général. Les politiques publiques devraient placer le défi agricole et alimentaire dans leurs priorités pour que ce siècle ne soit pas celui de la faim.  

 

Au Québec, les agriculteurs militent pour la sécurité alimentaire. Ils ne sont plus seuls. Pour mettre fin à la « volatilité en agriculture », une vingtaine de groupes d’agriculteurs de plus de 65 pays, dont le Canada, ont ratifié lundi à Bruxelles une déclaration officielle réclamant plus de cohérence des gouvernements « pour assurer la sécurité alimentaire » sur la planète (…). Sécurité alimentaire : les agriculteurs veulent plus de cohérence (Laterre.ca, Yvon Laprade, 20 juin).  

En France, la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs ont organisé le G120 (120 organisations, 75 pays) à Paris, dans le but de préparer la réunion du G20 agricole. Voir Pourquoi un G120 avant un G20 agricole à Paris ? (Le Figaro, Eric de la Chesnais, 16 juin, entretien avec Christiane Lambert).

Discours de Bruno Le Maire aux agriculteurs du monde (17 juin)

 

Les Québécois étaient satisfaits : Voir Les agriculteurs ont de nouveaux alliés (La presse canadienne, 17 juin).

 

Au G20 agricole, la fumée sera "blanche ou noire" (Euractiv.fr, 17 juin). Bruno Le Maire ne fait pas de pronostic.

 

Cet article est le 234ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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Published by SORIN Michel - dans AGRICULTURE et PAC
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