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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 23:45

Samedi 26 octobre à Paris, place de la République

 

Peut-être dans quelques années, sera saluée comme il se doit l’innovation lancée par l’association nationale des producteurs de lait indépendants (APLI), qui sera présentée à Paris, place de la République, samedi 26 octobre 2013, entre 11h et 12h30.

Richard Blanc, qui est à l’origine du lancement de la marque « fairefrance » de « Lait équitable » (voir Fairecoop France, est vice-président de l’APLI, après en avoir été président, pendant quelques mois. Voir Richard Blanc (Nord) président de l'Apli après Pascal Massol (Aveyron) - 18 décembre 2011.

Il convient de lui associer le nom de celui qui en est le véritable initiateur, au niveau européen, Erwin Schöpges, belge, président de Fairecoop, membre du bureau de l’EMB (European Milk Board).

  

Voici le texte annonçant le lancement de FaireFrance :

 

Bonjour,

Vous connaissez les difficultés que connaît notre profession d’éleveur laitier.

Depuis nos actions médiatiques de 2009 pour alerter l’opinion sur notre situation et les conséquences sur la sécurité alimentaire, rien n’a changé.

Alors, 800 producteurs de toute la France et moi-même avons décidé de prendre le taureau par les cornes en créant notre propre marque de lait, « fairefrance » que nous commercialisons nous-mêmes.

Outre le fait que ce lait est conditionné sans additifs ou autre complément, lui conférant un goût naturel, il possède la particularité d’être 100 % français et surtout, nous avons mis en place un système permettant un partage équitable des marges entre tous les acteurs de la filière, pour un prix raisonnable pour le consommateur.

Le lancement national de notre marque « fairefrance » aura lieu le :

 

Samedi 26 Octobre 2013 de 11 h 00 à 12 h 30 - Place de la République à Paris

 

Nombreux sont les producteurs qui seront présents à ce baptême, mais nombreux seront aussi ceux qui souhaiteraient participer et qui pour de nombreuses raisons telles que l’astreinte ou la distance ne pourront participer à la fête.

Vous qui êtes sur place ou dans les environs et qui êtes sensibilisés au problème, peut être pourriez vous vous joindre à nous ce jour pour soutenir notre action en tant que consommateur.

Nous sommes les deux maillons d’une chaîne exploitée à outrance. A nous de faire en sorte de retrouver notre pouvoir en imposant nos volontés par notre solidarité…

Rendez-vous le samedi 26 octobre 2013.à 11 h 00 Place de la République. Et merci pour votre soutien…

 

APLI-AG-50913-045-T.jpgEn savoir plus sur FaireFrance, la marque des fermiers français, qui doit devenir le lien entre les producteurs et les consommateurs et ne s’arrêtera pas au lait demi-écrémé.

Voir le site FAIREFRANCE - Le label des fermiers - Le lait équitable

 

Fairefrance ? Suite et surtout en réaction à la crise sans précédent que subit le monde agricole, les agriculteurs français lancent leur propre marque, FAIREFRANCE, nouvelle marque solidaire et  équitable, qui permettra désormais aux agriculteurs  de recevoir une rémunération décente pour une partie de leur travail.

Fairefrance, comment ça marche ?

Ce projet a germé au sein de l’APLI (représentant Français de l’EMB, l’European Milk Board) depuis plus d’un an. Au travers de cette organisation européenne, les agriculteurs de toute l’Europe expriment d’une même voix leur désir de trouver un moyen efficace afin de garantir à tous un prix équitable et des revenus décents. De ce fait, des milliers d’agriculteurs européens se sont regroupés et ont lancé avec leur organisation nationale des campagnes portant comme slogan "The fair milk -Le lait équitable".

En France, c’est la société commerciale agricole FAIRCOOP, ouverte sans distinction à tout agriculteur français, qui a pris le relais en créant sa marque FAIREFRANCE . La mission de cette société sera de valoriser la totalité de la production à un prix équitable.

FAIRECOOP SCA a vu le jour en mai 2012 et regroupe déjà aujourd’hui plus de 1000 agriculteurs répartis sur tout le territoire. Le premier produit FAIREFRANCE lancé sur le marché sera un lait demi-écrémé conditionné en tétrapacks et vendu via la grande distribution. En effet, les membres de FAIRCOOP SCA  espèrent de la part de la grande distribution un accueil positif à cette initiative, afin de proposer à leurs clients des produits de qualité tout en soutenant  les agriculteurs de leurs régions, assurant ainsi la pérennité de notre agriculture nationale.

Sur chaque litre de lait vendu sous le nom FAIREFRANCE, 10 cents par litre de lait seront  redistribués équitablement chaque année entre tous les membres participants quelle que soit la taille de leur exploitation.
Les produits FAIREFRANCE seront vendus dans les magasins à un prix recommandé qui sera le résultat d’une juste répartition des profits entre les acteurs de la chaîne, assurant ainsi un revenu décent à nos agriculteurs.

La philosophie du concept FAIREFRANCE et ce qui fait aussi sa grande originalité, c’est que les 10 cents par litre de lait vendu représenteront pour les fermiers une véritable rémunération pour leur travail de promotion !  Ainsi, chaque agriculteur membre devra participer à la promotion de la marque et des produits FAIREFRANCE en donnant de son temps et de son enthousiasme. Il est en effet crucial pour cette nouvelle marque de se faire connaître et de se faire apprécier des consommateurs. FAIREFRANCE entend bien miser sur le savoir-faire des agriculteurs et sur le capital sympathie du monde rural comme force marketing !

Notez que le nom FAIREFRANCE  fait tout simplement référence au terme FAIR, qui signifie équitable et FRANCE pour signer les racines françaises de cette nouvelle marque !
Le logo reprend la version française de la vache Justine/ Faironika, que l'on voit déja partout en Europe et qui symbolise "Le lait équitable" pour tous.
  

Et le consommateur ?

Le succès d’une initiative comme FAIREFRANCE dépend bien évidemment des consommateurs ! Les membres de FAIRCOOP SCA de même que les différentes organisations de consommateurs ne manquent pas de souligner que, malgré la crise qui devrait inciter à l’achat de produits étrangers à prix plus faible,le consommateur français est de plus en plus sensible à la qualité de son alimentation, à la préservation de son patrimoine national et à  son environnement.

Les ménages français ont été sensibilisés à la situation difficile des fermiers de leur pays. Bon nombre d’entre eux ont manifesté leur soutien et se sont posé la question:"Comment ils pouvaient aider? ". La réponse s’appelle maintenant FAIREFRANCE, des produits de qualité rémunérant tous les acteurs de la chaîne équitablement et assurant la durabilité de notre agriculture nationale.

 

Rappel : L'Apli (EMB) est engagée dans un projet de coopérative lait équitable - 11 février 2012

A Martigné (Mayenne), l'APLI (EMB) a lancé le lait équitable français - 24 mars 2012

700 producteurs de l'APLI lancent le lait équitable au Mont-Saint-Michel - 2 juillet 2013 

Les éleveurs laitiers de l'APLI en AG nationale à Landelles et Coupigny - 12 septembre 2013

Des innovations à l'AG 2013 en Mayenne des producteurs de lait Apli - 22 octobre 2013 

 

Cet article est le 412ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 23:49

Une organisation de producteurs FMB et le Lait équitable

 

Le 10 octobre 2013, à Commer, l’assemblée générale des producteurs de lait indépendants* de l’Apli 53 a élu 11 responsables de l’association en Mayenne. C’est Hervé Delogé qui a présidé l’AG, avec l’appui de Xavier Mézière, secrétaire du bureau, et de Franck Courcelle, engagé dans la promotion de FaireFrance, le « lait équitable ». Denis Jehannin était là en voisin (35) pour parler de l’organisation de producteurs « France Milk Board Grand Ouest », dont il est le président. Olivier Chemin, président de la Coordination rurale en Mayenne, était présent dans la salle.

 

Apli 53 AG 101013 003 TAfin de présenter les positions de l’Apli, Hervé Delogé a lu le rapport présenté à l’Assemblée générale de l’Apli nationale (voir AG 2013 de l'APLI : le président André Lefranc fait le bilan et rassure - 13 septembre 2013 et Les éleveurs laitiers de l'APLI en AG nationale à Landelles et Coupigny - 12 septembre 2013).

 

Photo : Denis Jehannin, Hervé Delogé, Xavier Mézière, Franck Courcelle (de gauche à droite)

 

Les deux interventions marquantes de la soirée ont été celles de Denis Jehannin (FMB) et de Franck Courcelle (Lait équitable).

 

Denis Jehannin est éleveur laitier (vaches de race Normande) à Luîtré (35), près de la Mayenne. Il a été élu à la présidence de l’organisation de producteurs (OP) France Milk Board (FMB) du grand ouest, qui rassemble 310 producteurs qui livrent leur lait à diverses laiteries, de statut non coopératif. C’est l’une des deux OP agréées de FMB (l’autre est le sud-ouest).

Il y a 23 OP agréées en France (les producteurs adhérents des coopératives laitières ne sont pas concernés, c’est-à-dire la moitié des producteurs), dont 17 « verticales » (rattachées à un industriel privé) et 6 « horizontales » (couvrant un bassin laitier et divers acheteurs), dont les trois FMB (Grand-ouest, Sud-ouest, Normandie), qui pourraient se fédérer en association d’OP. L’objectif de FMB est d’instaurer des relations entre les producteurs et les industriels au niveau des laiteries. Les 23 OP (minimum 200 producteurs par OP) rassemblent 7 000 producteurs (2,3 milliards de litres de lait par an).

Le problème des coopératives, c’est que les responsables ont un double chapeau : ils représentent à la fois la laiterie et les producteurs.

Le prix du lait reste inférieur au coût de production (environ 400 euros les 1000 litres selon l’évaluation du Centre d’Economie Rurale). Au niveau européen, les producteurs sont rassemblés dans EMB (European Milk Board), dont fait partie l’Apli. L’EMB a lancé le projet d’une agence de surveillance européenne qui permettrait - grâce à un ajustement flexible de la production de lait à la demande du marché - de garantir un équilibre constant du marché et de stabiliser le prix du lait à un niveau couvrant en moyenne le coût de production. Une production laitière durable et extensive et l'approvisionnement de l'UE en lait seraient ainsi garantis. Voir European Milk Board: CP: Conférence sur le lait à Bruxelles.

 

Franck Courcelle présente le concept « Lait équitable » mis en œuvre à l’initiative de l’Apli et, notamment, son vice-président, Richard Blanc, à partir de l’expérience belge (voir L'Apli (EMB) est engagée dans un projet de coopérative lait équitable - 11 février 2012).

C’est une façon pour les producteurs d’amorcer le contrôle de la répartition des revenus sur l’ensemble de la filière laitière, avec une part correcte aux producteurs.

Faircoop, qui a le statut coopératif, emploie actuellement 10 salariés, chargés d’introduire les produits de la marque FaireFrance dans les grandes surfaces de distribution. Ils reçoivent l’aide des producteurs adhérents de Faircoop. Le lait demi-écrémé FaireFrance provient d’une laiterie du Loiret. Il est vendu au prix de 0,93 euro le litre dans les supermarchés (dont 0,10 euro revient aux producteurs).

Franck Courcelle explique comment il a obtenu l’accord des magasins U (Hyper et Système U) en Mayenne et l’intérêt des consommateurs pour l’animation réalisée par des producteurs de lait dans le magasin. Il pense que le Lait équitable devrait se développer en Mayenne et ailleurs.

 

* Voir L'Apli 53, en AG, a adopté les statuts nationaux mais perdu son bureau - 3 mars 2012

 

Cet article est le 411ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 23:51

En France, priorité à l’élevage dans l’attribution des aides

 

Dans le cadre de la réforme de la Politique Agricole Commune européenne (PAC), les Etats membres de l’Union européenne disposent d’une marge de manœuvre sur la façon de distribuer les aides publiques européennes à partir de 2015. Voir Accord européen sur la réforme de la Politique Agricole Commune - 26 juin 2013. Voir aussi Philippe Chotteau : la PAC met sur le même plan éleveurs et céréaliers - 30 juillet 2013. 

 

Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture, a préparé, pendant l’été, la prise de décision française. Voir Réforme de la PAC : le ministère de l'agriculture propose 4 scénarios - 9 août 2013. 

 

On trouve, ce 4 octobre, dans L'Avenir Agricole, les informations concernant les décisions annoncées par le président de la République, François Hollande, le 2 octobre 2013 au Sommet de l’élevage, à Cournon-d’Auvergne, près de Clermont-Ferrand.

Voici l’éditorial de Rémi Hagel, sous le titre : Hollande à Cournon, un tournant ?

Le discours de François Hollande du 2 octobre au Sommet de l’Elevage restera sans doute comme celui qui marque un tournant dans l’histoire des aides de la Pac.

 

L’élevage est clairement désigné comme une priorité. Le président de la République a donc annoncé un arsenal de réorientation des aides, plutôt favorable aux éleveurs : surdotation des 52 premiers hectares, convergence des aides, 15 % du budget alloué aux aides couplées pour les productions animales, soutien renforcé aux zones de montagne, etc. 

Mais la Pac, c’est avant tout une histoire de sous, et de curseur. Malgré ces annonces, la Confédération paysanne ne voit qu’un verre à moitié vide : la majoration des premiers hectares ne portera que sur 20 % du budget, et non 30 % ; la convergence aura pour objectif 70 % et non 100 %. 

Orienter sans tout déséquilibrer, ni sans trop mécontenter: tel a été l’exercice auquel s’est livré le Président.  

 

Et dans Ouest France : François Hollande fait de l'élevage une priorité (Ouest-France, 3 octobre 2013) et Agriculture. À qui profitera la réforme de la PAC ? (Ouest-France, 4 octobre 2013).

 

Pour mieux Comprendre les textes de la Pac (Christophe Zapata, L’Avenir agricole)

 

La réforme de la Pac se décline en quatre textes: règlement OCM unique, paiements directs (1er pilier), développement rural (2e pilier) et gestion et suivi de la Pac.

 

Subsidiarité: principe qui consiste à réserver uniquement à l’échelon supérieur ce que l’échelon inférieur ne pourrait effectuer que de manière moins efficace. En fait, l'Europe laisse aux Etats la gestion de certains rééquilibrages. 

 

Transparence des Gaec: principe propre au droit français, qui permet de multiplier certains plafonds (fiscaux, sociaux etc.) par le nombre d'associés dans les Groupements agricoles d’exploitation en commun (Gaec). Dans les règlements européens, l'agriculteur est une “personne physique ou morale ou un groupement de personnes physiques ou morales”. Par exception, l'Union accepte la transparence des Gaec, ce qui revient à multiplier les plafonds par le nombre d'associés. 

 

Convergence: les DPU sont remplacés par des droits à paiement de base (DPB) avec l'objectif que tous les hectares soient financés au même niveau (convergence 100 %). La France a opté pour un taux de convergence de 70 %. Aucun DPB ne sera inférieur à 70 % de la moyenne nationale. Les DPB supérieurs à la référence nationale seront abaissés. 

 

Paiement vert: chaque Etat a obligation de consacrer 30 % des aides du 1er pilier en contrepartie des trois obligations: rotation longue (au moins trois cultures !), maintien des prairies et 5 % surface d'intérêt écologique. Les agriculteurs « bio » bénéficient automatiquement du paiement vert. 

 

Paiement redistributif : surprime aux 52 premiers hectares (SAU moyenne française) financée par 30 % au plus d'aides du 1er pilier.

 

Ailleurs, dans la presse :

 

Sommet de l'élevage : François Hollande chahuté en arrivant à Cournon d'Auvergne (France3 Auvergne, 3 octobre 2013)

Hollande sur la PAC : la "première priorité sera de soutenir l'élevage" (Le Monde, 3 octobre 2013)

Anniversaire Maria 90 ans 1 08 10 071 TPac 2015 - « Des arbitrages qui préservent l'élevage bovin viande » selon la Fnb (Agrisalon, 4 octobre 2013). Pour la Fédération nationale bovine, François Hollande a pris conscience des difficultés structurelles de revenu mais aussi des enjeux majeurs de la filière viande bovine.

« Le président de la République à Cournon le 2 octobre 213 a affirmé l'ambition forte d'une politique orientée en faveur de l'élevage, et notamment de la production bovin-viande, avec une vraie conscience des difficultés structurelles de revenu mais aussi de ses enjeux majeurs (emploi, exportation, territoires, bénéfices environnementaux,...) », explique la branche viande bovine de la Fnsea dans un communiqué.

« Concernant la future Pac, et dans le contexte d'arbitrages contraints par le cadre communautaire et budgétaire, les choix définis par les pouvoirs publics préservent des outils indispensables aux yeux des éleveurs :

·                       en premier lieu, le maintien de l'enveloppe historique de soutien global à la vache allaitante, à 690 millions d'euros. Le président de la République confirme ainsi le rôle particulièrement structurant des aides couplées,

·                       la confirmation de l'importance de la politique de handicaps sur l'ensemble des zones concernées, et une revalorisation de l'enveloppe à plus de 1,1 milliard d'euros au total, même si les modalités de mise en œuvre restent à éclaircir,

·                       en parallèle, une convergence à un rythme plus modéré et assortie de l'utilisation de "l'amortisseur" de baisse disponible dans le règlement européen,

·                       une enveloppe de crédits pour l'engraissement, demandée par la Fnb dans l'objectif fondamental d'un lien à une contractualisation avec sécurisation de marge,

·                       la confirmation de l'aide aux veaux sous la mère et d'Aveyron,

·                       la forte revalorisation de l'enveloppe de modernisation des bâtiments, levier majeur pour accompagner la compétitivité des exploitations et l'installation.

Pac 2015 - Apca : « Une ambition politique au service d'une agriculture compétitive »  Agrisalon, 4 octobre 2013)

Cet article est le 410ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 23:47

La ferme des 1000 vaches, conforme à l’approche libérale

 

La ferme industrielle de mille vaches laitières et la suite - au total 1750 bovins sur un seul site dans la Somme - est en construction, le démarrage de la traite étant prévu en avril 2014.

Voir cet article du quotidien Le Monde (28 septembre 2013, Laurence Girard) sous le titre L'étable des multiplications.    

 

(...) La ferme des 1 000 vaches est en rupture totale - et elle le revendique - avec ce modèle français d'élevage familial où la moyenne des troupeaux n'excède pas 50 à 80 bovins. Rupture de par l'origine de son promoteur, Michel Ramery, un entrepreneur du Nord qui a bâti dans sa région un groupe de BTP d'envergure, avec un chiffre d'affaires de 541 millions d'euros en 2012 et 3 550 salariés. Le magazine Challenges classe M. Ramery et sa famille, propriétaires de 100 % de l'entreprise, au 349e rang des fortunes françaises, avec un capital estimé à 120 millions d'euros.

 

(…) Le patron nordiste, qui possède une exploitation dans la Somme, est le seul gérant de la société civile d'exploitation agricole Côte de la justice qui porte le projet de la ferme des 1 000 vaches. Il s'est associé en 2009 à trois producteurs de lait au sein d'une société civile laitière baptisée Lait Pis Carde pour mettre en commun leurs quotas laitiers et constituer progressivement le futur cheptel. Deux autres producteurs l'ont rejoint en 2013. Ils gèrent désormais dans cette structure commune 300 vaches. Leur production de 2,8 millions de litres de lait est livrée à Senagral, filiale commune au fabricant de produits laitiers Senoble et à la coopérative Agrial.

 

(…) Autre rupture : pour gérer cette structure d'élevage et piloter l'installation de la future ferme, M. Ramery a recruté un chef de projet salarié, Michel Welter, et des employés. Enfin, les promoteurs du projet, qu'ils appellent, eux, "lait positif", sont allés chercher leur inspiration hors des frontières. Des Etats-Unis à l'Allemagne, en passant par l'Espagne ou Israël. Sachant que l'Allemagne, où les fermes de 1 000 vaches sont légion, produit désormais plus de lait que la France.

De retour de leurs pérégrinations, ils ont dessiné le modèle de leur future étable géante. Les 1 000 vaches seront cantonnées dans un bâtiment ouvert, juste couvert d'un toit. Des stores mobiles protégeront les bêtes des intempéries.

La traite, automatisée, mais pas robotisée, aura lieu trois fois par jour, contre deux habituellement en France. Le recours à des salariés autorise ce rythme intensif. "La production de lait passera de 9 000 à 11 500 litres par an et par bête" assure Philippe Beauchamps, président du directoire du groupe Ramery, qui chiffre l'investissement pour la ferme à 6 millions d'euros.

 

Cet élevage industriel à grande échelle constitue une rupture avec le modèle français.

Voir, à ce sujet, des interventions de spécialistes de l’économie laitière et du financement de l’agriculture, André Pflimlin et André Neveu, à lire dans ces articles :

Lors de l'AG 2013 de l'APLI, André Pflimlin a parlé de l'Europe laitière - 14 sept. 2013

AG 2013 APLI : André Pflimlin, les bases d'une autre politique laitière - 15 sept. 2013 

André Neveu s'alarme de la pénétration du capitalisme en agriculture - 13 février 2013

 

Le projet a provoqué la mobilisation d’opposants, réunis dans l’association NOVISSEN

 

L'association NOVISSEN a été créée le 17 novembre 2011. Son nom est l'acronyme de NOs VIllages Se Soucient de leur ENvironnement. Comme il se prononce " Nos vies saines ! ", il rappelle avec force notre souhait à tous.

Pourquoi cette association ? 

Fin août 2011, la population d'une petite commune de la Somme apprend que sur ses terres (et celles de la commune voisine) va être installée, sous peu, la plus grande ferme-usine de France. Un élevage laitier géant (qui donne son nom au projet, dit des "Mille vaches") sera associé à un méthaniseur de puissance industrielle (sous couvert agricole).

Les risques évidents alertent aussitôt la population ! La lutte s'organise pour faire annuler pareil projet qui met en péril la santé, la sécurité, l'environnement, l'emploi, qui pose la question de la condition animale, et montre de façon évidente les dérives de tout un système !

Quel est ce projet ? 

La "SCEA Côte de la Justice" de M. Ramery (entrepreneur de BTP du Nord-Pas-de-Calais) envisage d’implanter une étable de 1000 vaches laitières et 750 veaux, et un méthaniseur, sur les terres de Drucat-le-Plessiel et de Buigny-Saint- Maclou, dans les Communautés de Communes d'Abbeville et de Nouvion. Un projet hors normes, jamais vu en France !

Les risques sont énormes !

La santé est en danger. Même si, cyniquement, les rejets du méthaniseur sont déclarés «acceptables en termes toxiques et cancérigènes », il y aura dans cette concentration animale, épidémies, abattages en masse, mutation incontrôlable de virus, utilisation d’antibiotiques augmentant l’«antibio-résistance ». Ces bêtes, emprisonnées à l'année dans des conditions de vie contraires à leurs besoins physiologiques naturels, au régime alimentaire modifié pour produire au maximum, donneront un lait industriel, puis une viande de réforme, de piètre qualité. Pour les nourrir artificiellement, au lieu des pâtures favorables à leur bien-être et au bon équilibre général, il faudra des aliments importés (sans parler des OGM) ou poussant chez nous avec engrais chimiques et pesticides.

Le méthaniseur, prétendument agricole malgré sa taille, sera exempté des normes de sécurité industrielle : tant pis pour les accidents ! Il recevra des entrants multiples, récoltés dans un rayon de 110 km. Il faudra 2700 hectares pour épandre les 40 000 tonnes annuelles de boues résiduelles. Vingt-quatre communes sont déjà concernées. Les épandre, c’est risquer un air vicié, une terre polluée rendant les cultures impropres à la consommation, des infiltrations dans les nappes phréatiques. En Baie de Somme, on peut craindre des algues vertes, comme en Bretagne. Les véhicules lents, lourds, boueux dans la circulation déjà dense, multiplieront les risques d'accidents.  Les riverains supporteront le va-et-vient, et payeront pour la réfection des chaussées dégradées. Certains épandages étant à 40 km, le bilan carbone (absent du projet !) est certainement défavorable.

Cette étable industrielle va accélérer la disparition des exploitations actuelles. M. Ramery, en rachetant beaucoup de terres, empêche les jeunes agriculteurs de s’installer. Et on nous fait miroiter la création d'à peine une dizaine d'emplois! Et que penser de l'impact sur le tourisme en ce lieu proche d'une des plus belles baies du monde? Ce projet s'inscrit dans une course effrénée à la productivité intensive, à des fins purement financières, au profit du seul promoteur. Et c’est avec des subventions publiques que M. Ramery (soutenu par des amis influents) prétend s’installer, alors que la population le refuse ! (…)

 

Voir aussi : 1000 vaches, la Confédération paysanne bouscule Ramery (France3 Picardie, 12 septembre 2013, Sabine Godard) et Nouvelle manifestation contre la ferme industrielle des mille vaches (Le Monde, 29 sept 2013).

"L'objectif, c'était une manifestation pacifique, et de montrer à ceux qui ne le connaissaient pas l'importance du chantier. Tous ceux qui sont là se sont rendu compte du côté débile de la taille de cette ferme. Démesurée", a commenté Marc Dupont, secrétaire de Novissen. Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne, a de son côté répété son inquiétude pour "les agricultures de petite taille" : "on va les mettre à mal avec des projets comme ça".

A la mi-septembre, des membres de la Confédération paysanne s'étaient introduits dans la nuit sur le chantier et avaient crevé les pneus de tracteurs afin de l'immobiliser temporairement, avant d'occuper, le lendemain, les locaux de l'entreprise Ramery, l'investisseur. "On a un projet qui est réglementaire, donc je ne comprends pas qu'on vienne manifester pour une cause nationale devant ma ferme", a réagi, samedi, Michel Welter, le responsable de l'exploitation.

Voir VIDEO. Manifestation contre la "ferme des 1 000 vaches" dans la Somme

 

Cet article est le 409ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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15 septembre 2013 7 15 /09 /septembre /2013 11:33

Maîtriser l’offre de lait au niveau européen

 

APLI-AG-50913-056-T.jpgAndré Pflimlin, l’auteur du livre « Europe laitière » (Editions France Agricole, 2010) - voir Dans son livre, Europe laitière, André Pflimlin condamne le libéralisme, était l’invité de l’assemblée générale de l’APLI le 5 septembre 2013.

Voir AG 2013 de l'APLI : le président André Lefranc fait le bilan et rassure - 13 septembre 2013 

Les éleveurs laitiers de l'APLI en AG nationale à Landelles et Coupigny - 12 septembre 2013

 

Il est intervenu sur le thème « Europe laitière, la double impasse : le marché libéral et le modèle de production. Comment en sortir ? »

Plan de l’exposé

I - Le marché mondial beurre-poudre est un leurre pour les producteurs européens.

II  - La dérégulation et la mise en compétition des éleveurs et des régions de l’UE à 27 est une arme de destruction massive…

III - Pour une autre politique laitière et rurale :

-          La privatisation du marché laitier UE… pour l’OMC ?

-          La plupart des autres grands pays se protègent

-          La nécessité d’une régulation européenne

Conclusion

 

Les deux premières parties de cette intervention sont à lire ici : Lors de l'AG 2013 de l'APLI, André Pflimlin a parlé de l'Europe laitière - 14 septembre 2013.

 

Voici le résumé de la 3ème partie et de la conclusion.

 

III – Une autre politique laitière pour l’UE

 

La Commission européenne a oublié les principes des traités de Rome (1960) et de Lisbonne (2009) au profit du libre-échange et de l’OMC. Rappel de ces principes :

-          la sécurité alimentaire pour l’Europe,

-          un niveau de vie équitable pour les agriculteurs et des prix raisonnables pour les consommateurs,

-          la préférence communautaire : la stabilité des marchés avec soutiens internes, taxes à l’import, aides à l’export.

 

Réforme de la PAC votée malgré de fortes critiques

… de la Cour des comptes européenne (novembre 2009) :

-          la PAC lait n’a pas respecté les principes fondateurs de la PAC,

-          l’UE n’est pas compétitive pour l’export de beurre-poudre.

… du Conseil économique et social européen (février 2010) :

-          la sécurité alimentaire laitière UE pourrait être compromise

-          la fin des quotas en 2015 est incompatible avec l’aménagement du territoire, l’agriculture durable…

La Commission reste sourde. Pour elle, c’est le marché qui doit piloter.

 

Le Paquet Lait de la Commission reste dans la ligne 2003-2008 : poursuite de la dérégulation, fin des quotas, compétitivité, soumission à la politique de l’OMC.

-          contractualisation entre les producteurs et leur laiterie (les coopératives qui collectent 60 % du lait restent en dehors),

-          limite au groupement de producteurs de lait (3,5 % des producteurs de lait de l’UE),

-          l’interprofession laitière se limite à de l’information et n’aborde pas l’orientation des prix et des volumes (sauf AOP-IGP),

-          transparence dans la filière : suivi des prix et des marges.

-          Un soutien des marchés toujours a minima.

Et des promesses… absentes du texte final de mars 2012 :

-          soutien renforcé aux zones en difficulté et zones de montagnes ?

-          si crise, rachat par l’UE des cessations volontaires : trop tard ?

Il manque l’essentiel : une régulation des volumes et des prix, et une véritable politique laitière européenne.

 

Un avis défavorable du Comité des Régions, au niveau européen, le 30 mai 2013, concernant le rapport intermédiaire de la Commission sur la sortie des quotas.

-          il constate que les arguments de la Commission pour supprimer les quotas sont de plus en plus contestés,

-          il regrette l’absence d’étude sur les impacts régionaux (montagne, zones défavorisées, zones mixtes, petits troupeaux),

-          il considère que, ni le Paquet Lait, ni l’OCM unique, ne donnent de garanties de maîtrise des volumes et des prix,

-          il propose un moratoire sur les quotas dans l’attente des réponses de la Commission.

Cet avis, présenté par René Souchon (Auvergne), a été adopté en séance plénière à une très large majorité.

 

Hors UE, la plupart des grands pays se protègent…

-          Pays déficitaires, qui se protègent : Japon, Corée du sud, Chine, voire Inde,

-          Pays autosuffisants, avec quota, qui se protègent : Canada,

-          Pays exportateurs, qui se protègent : USA, Argentine,

-          Pays exportateurs libéraux : Nouvelle-Zélande (depuis 1984) et Australie (depuis 2000).

Constat : la dérégulation a toujours entraîné une baisse du prix du lait à la ferme et une hausse pour le consommateur (selon les études Gouin 2008, Broussard 2010 et Kroll 2010).

 

USA : le contre-exemple parfait ? Une politique laitière forte et continue depuis 1934.

A) Pilotage par Congrès et gestion par le ministère de l’agriculture (USDA) :

-          Même prix de base pour tous les éleveurs par région,

-          Compensation du prix du marché (45 % du prix objectif),

-          Des taxes à l’import, des taxes à l’export (comme UE) et, en plus, aides diverses (assurance revenu, ventes à terme).

Une production peu excédentaire par rapport à la consommation jusqu’en 2005 (entre 2 % et 5 % certaines années).

B) Farm Bill  2013-2016 : plus de sécurité pour le lait US

Après l’année difficile 2009, priorité est donnée à la sécurité (éleveurs et consommateurs). Projet des producteurs présenté au Congrès (loi de sécurité laitière).

a) Garantie de marge : prix du lait diminué du coût alimentaire (VL + G) par tonne de lait :

- aide publique à 100 % sur la marge de base (90 dollars par tonne de lait X 80 % de la quantité),

- assurance individuelle  sur la marge 2 (supplémentaire), en 90 et 180 dollars par tonne de lait. Le niveau et le volume assuré sont choisis et financés par l’éleveur.

b) La régulation de la production se fait par la réduction des livraisons par ferme, jusqu’à 4 % de la référence, sinon le lait livré en trop n’est pas payé. Les deux critères retenus sont le prix du lait US par rapport au prix mondial et la marge sur le coût de l’aliment. Les volets a) et b) sont obligatoirement liés dans un même contrat.

Le débat est en cours dans les deux assemblées, avec le soutien des deux partis, démocrate et républicain. Le texte a été adopté au Sénat et repoussé à la Chambre des représentants (députés).

 

Peut-on faire bouger les lignes UE ?

Tout semble ficelé et voté : paquet lait, PAC… Mais tout ce qui permet une régulation de l’offre est encore en place. Convergence autour de certains objectifs :

-          au niveau européen : EMB et Via Campesina,

-           au niveau français : Organisations de producteurs FMB par bassin laitier régional (APLI, OPL, CP) mais il reste un pas important à concrétiser par rapport aux entreprises.

Mais pas de soutien politique :

-          pas d’ouverture côté Commission et Conseil des ministres,

-          écoute et soutien discret au Parlement européen mais vote du Paquet Lait à 83,5 % pour…

Pas de soutien, non plus, du côté des organisations professionnelles majoritaires (FNSEA, FNPL et Copa-Cogeca).

Donc, encore des mois difficiles, en attendant la prochaine crise

 

Calendrier automne 2013-été 2014

- Finalisation de la réforme PAC de juin 2013. Le Parlement européen peut demander la re-discussion de certains points.

- Journée Lait à Bruxelles le 24 septembre. Avec présentation des études sur les impacts régionaux.

- Discussion nationale des adaptations PAC (ministre, OPA : quel rééquilibrage des céréaliers vers les éleveurs ?)

- Loi d’orientation agricole ? Installation ?

- Négociations commerciales bilatérales UE avec USA, Canada, Mercosur.

- Election des députés au Parlement européen en mai 2014, suivie de la désignation d’une nouvelle Commission à l’automne.

 

Conclusion

1) Une autre PAC respectant les hommes et les territoires, dans un monde non durable, en crises :

- une crise globale : finance folle, inégalités croissantes,

- la sécurité alimentaire non assurée, de plus en plus aléatoire (un milliard d’humains a faim, un autre milliard mange trop et mal)

- la dégradation des ressources naturelles : eau, sols, biodiversité…

- l’énergie fossile plus rare, plus chère, et le changement climatique,

- un chômage record : de 5 à 25 % dans l’UE, en moyenne plus de 10 %, plus important chez les jeunes.

Quelle place pour l’élevage bovin ? Davantage de lait que de viande : rendement en protéines X 3 avec des vaches plus mixtes (Normandes par exemple) sur des prairies plutôt que sur des terres à céréales et à maïs.

 

2) La stratégie libérale (OMC) de la Commission est « incompatible avec une politique de cohésion de l’UE et avec le respect de l’environnement, des hommes et des territoires » (CCE-CESE). Un retour à une maîtrise de l’offre inter-pays et inter-laiteries est incontournable, sauf à risquer l’explosion de l’UE !

 

3) Deux objectifs prioritaires et solidaires :

- régulation de l’offre (souveraineté alimentaire ici et ailleurs (Pays en développement),

- systèmes laitiers durables : des soutiens à l’agriculture paysanne, à l’élevage laitier familial et à l’emploi, pas aux usines à lait !

 

Voir aussi ces résumés d’une intervention d’André Pflimlin sur le même thème :

André Pflimlin et l'Europe des producteurs de lait : une infinie diversité - 27 juillet 2012

André Pflimlin contre la stratégie de produire plus de lait pour l'export - 28 juillet 2012

André Pflimlin et la régulation laitière (Europe, USA, Canada, Suisse) - 29 juillet 2012

André Pflimlin présente trois avenirs possibles pour l'Europe laitière - 30 juillet 2012 

 

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14 septembre 2013 6 14 /09 /septembre /2013 22:59

La double impasse : marché libéral et modèle de production

 

APLI-AG-50913-011-T.jpgAndré Pflimlin, l’auteur du livre « Europe laitière » (Editions France Agricole, 2010) - voir Dans son livre, Europe laitière, André Pflimlin condamne le libéralisme, était l’invité de l’assemblée générale de l’APLI le 5 septembre 2013.

Voir AG 2013 de l'APLI : le président André Lefranc fait le bilan et rassure - 13 septembre 2013 

Les éleveurs laitiers de l'APLI en AG nationale à Landelles et Coupigny - 12 septembre 2013

 

Photo : André Pflimlin avec le président de l'APLI, André Lefranc

 

Il est intervenu sur le thème « Europe laitière, la double impasse : le marché libéral et le modèle de production. Comment en sortir ? ».

Plan de l’exposé

I - Le marché mondial beurre-poudre est un leurre pour les producteurs européens.

II  - La dérégulation et la mise en compétition des éleveurs et des régions de l’UE à 27 est une arme de destruction massive…

III - Pour une autre politique laitière et rurale :

-          La privatisation du marché laitier UE… pour l’OMC ?

-          La plupart des autres grands pays se protègent

-          La nécessité d’une régulation européenne

Conclusion

 

Voici le résumé des deux premières parties.

 

I - L’autorégulation du marché laitier est une utopie ou un mensonge

 

La demande est rigide (aliments au quotidien). L’offre dépend des investissements à long terme (c’est une industrie lourde) mais aussi des aléas climatiques et des rapports de prix lait-concentrés.

L’offre reste atomisée : plus de un million de producteurs, dont beaucoup de petits, alors que la transformation est de plus en plus concentrée : une douzaine de laiteries font plus de la moitié du lait UE… souvent avec une quasi-exclusivité de collecte. On est loin du marché idéal, cher aux économistes libéraux.

 

Le marché mondial des produits laitiers ne représente que 6 % de la production. L’essentiel est consommé dans les pays ! Il est composé pour plus de 80 % de produits industriels (beurres et poudres de lait). Il est pourvu pour moitié par l’Océanie et l’Amérique du Sud avec du lait de pâturage, à faible coût de production mais à forte sensibilité climatique.

L’absence de stockage public (UE et USA) encourage la spéculation et rend le marché de plus en plus volatil. D’où un prix du lait sur le marché mondial qui varie de 180 à 360 euros par tonne équivalent lait.

 

La Nouvelle-Zélande tient le marché beurre-poudre (un tiers du marché mondial) avec 2,5 % de la production de lait. Avec une matière première peu coûteuse, c’est un pays idéal pour faire du lait pas cher (moins de 200 euros par tonne) :

-          pâturage toute l’année sans complément,

-          pas de bâtiment ni de matériel, hors salle de traite,

-          des troupeaux de 400 vaches par élevage et 1 à 2 travailleurs (UTA).

La coopérative Fonterra collecte et exporte plus de 90 % de la production, sous forme de beurre-poudre, essentiellement, en contrat pérenne avec des pays importateurs dans le monde entier. Fonterra contrôle les marchés à terme de la poudre de lait. En 2011-2012, la Nouvelle-Zélande a fait + 10 % de lait (1,5 million de tonnes), ce qui a fait chuter les prix sur le marché mondial. Début 2013, la sécheresse (baisse de 5 % de la production) a provoqué une remontée des prix.

 

Conclusion : l’Europe doit choisir clairement entre deux stratégies :

-          Produire beaucoup et à bas prix pour l’export de poudre et gagner des marchés sur Fonterra, et selon les règles de l’OMC, donc sans aides et sans protections aux frontières.

-          Produire surtout pour un marché européen mieux protégé, avec des produits régionaux, et n’exporter que des produits de qualité sans aides.

 

II  - La dérégulation et la mise en compétition des éleveurs et des régions de l’UE à 27 est une arme de destruction massive…

 

Jusqu’à aujourd’hui, la diversité des élevages et des régions laitières est déjà considérable mais était régulée dans l’UE à 27. Demain, avec la fin des quotas, la compétition entre pays et régions sera plus inéquitable et plus destructrice.

 

Localisation de la production laitière en Europe

- UE à 15 : 80 % du lait. Concentration : 50 % du lait sur 10 % des surfaces. Diversité de taille des troupeaux et de systèmes (moyenne 45 VL par troupeau ; Autriche : 12 ; Danemark : 120).

- 12 nouveaux pays dans l’UE : 20 % du lait UE et 80 % des élevages. Grands troupeaux (100 à 1000 VL, mais aussi de nombreux très petits troupeaux (moins de 5 VL).

Demain, avec la fin des quotas, la compétition entre pays et régions sera plus inéquitable et plus destructrice, même entre les pays de l’Europe de l’ouest (…)

 

Les deux « modèles » extrêmes à ne pas suivre :

-          Danemark : 3 % du lait UE. Modèle unique « quitte ou double » : 150 VL à 9 000 kg.

-          Irlande : 3,5 % du lait UE. Modèle unique herbe : 60 VL à plus de 5 000 kg. Toujours plus de pâturage. Et de poudre ?...

Danemark :

Jutland une autre Bretagne ; 90 % de la SAU labourable pour produire du lait ou du porc.

Une restructuration vertigineuse : de 33 000 troupeaux à 30 VL en 1984 à 3 300 troupeaux à 150 VL en 2013.

Investissements énormes : nouvelles étables, terres, quota, mécanisation, robot, ration complète.

Rachat des fermes pour l’installation avec des prêts à très long terme (30 ans ou plus, dont 10 sans rembourser de capital).

Un taux d’endettement moyen de 20 000 euros par VL et 100 à 150 euros de frais financiers par tonne de lait. Augmentation de la production (+ 1,5 % en 2012-2013) pour les banques et la coopérative ARLA.

 

Irlande : toujours plus de lait à l’herbe !

Un coût de production (hors main-d’œuvre) de 150 euros par tonne de lait (9 à 10 mois de pâture, peu de bâtiments et de stockage, peu de concentrés, davantage d’engrais azoté). Proche du modèle néo-zélandais, avec des vaches plus rustiques.

A l’avenir, face à la crise et au chômage : produire plus et exporter plus (80 % du lait est exporté, sous forme de beurre et de poudre sur le marché mondial). Donc, plus de pâturage et plus de lait, moins de vaches allaitantes et de bœufs. Encore plus de beurre et de poudre (sans aides de l’UE ?).

 

France et filières de qualité ? 16 % du lait UE, 70 000 troupeaux

-          Les systèmes avec maïs ensilage (75 % du quota). Des produits frais mais aussi trop de produits industriels (plus-value faible pour le lait « minerai ».

-          Les systèmes herbagers de plaine (moins de 10 % de maïs ensilage). Moins de 10 % du lait, quelques AOC encore peu rémunérées.

-          Les systèmes herbagers de montagne : 10 % du quota, 30 % des producteurs impliqués dans les AOC et un prix du lait souvent plus élevé (Alpes, Jura, mais pas le Massif central).

Le total lait de vache en France : AOC + bio + produits fermiers = 10 % du lait.

 

Quels modèles pour les régions laitières de l’UE ?

A – Modèle danois : 100 000 fermes à 160 VL ; haut risque pour les éleveurs ; lait minerai ; concentration et pollution ici, déprise ailleurs.

B – Modèle bavarois-normand : un million de fermes à 20-50 VL ; diversité des produits et des territoires ; biens publics avec renforcement du 2ème pilier. Quels équilibres, quels soutiens entre les deux ?

 

La suite dans un autre article…

 

Voir aussi ces résumés d’une intervention d’André Pflimlin sur le même thème :

André Pflimlin et l'Europe des producteurs de lait : une infinie diversité - 27 juillet 2012

André Pflimlin contre la stratégie de produire plus de lait pour l'export - 28 juillet 2012

André Pflimlin et la régulation laitière (Europe, USA, Canada, Suisse) - 29 juillet 2012

André Pflimlin présente trois avenirs possibles pour l'Europe laitière - 30 juillet 2012 

 

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13 septembre 2013 5 13 /09 /septembre /2013 23:34

Un rapport réaliste et encourageant pour l’avenir

APLI-AG-50913-052-T.jpg

 

L’APLI existe et continuera d’exister. André Lefranc, président de l’ASSOCIATION NATIONALE DES PRODUCTEURS DE LAIT INDEPENDANTS, l’a martelé lors de l’assemblée générale, le 5 septembre 2013 dans le Calvados (voir Les éleveurs laitiers de l'APLI en AG nationale à Landelles et Coupigny - 12 septembre 2013).

 

Il restera membre du conseil d’administration mais ne sera pas candidat au renouvellement de son mandat de président, en novembre, ayant besoin d’accorder davantage de temps à son exploitation. Voici le texte du rapport qu’il a présenté.

 

Rapport moral AG APLI 2013

 

En préambule de ce rapport moral, j’aurais aimé pouvoir  vous  annoncer que notre stratégie consistant, certes, à contester et à dénoncer, mais aussi et surtout, à systématiquement  proposer des alternatives crédibles. Que cette stratégie, donc, avait  porté ses fruits.
 
J’aurais aimé pouvoir vous annoncer qu’enfin :
- la régulation était  acquise,
- que les coûts de production étaient effectivement et définitivement pris en considération,
- que les éleveurs s’étaient  regroupés dans une structure unique pour négocier,  faisant par là même, abstraction de leurs diverses sensibilités,
- bref, que notre avenir de producteur laitier s’éclaircissait durablement.

Malheureusement, malgré la légère embellie actuelle du prix du lait, il m’est impossible de tenir un tel discours.
-Parce que les comptabilités de vos fermes vous le rappellent,
-parce que votre voisin a cessé la production  laitière,
- parce que des régions entières perdent leur potentiel de production,

Vous savez que nous sommes loin du compte pour pouvoir  être rassurés sur la sécurité, la visibilité, la confiance et la prospérité dont nous avons tant besoin pour nous-mêmes et pour nos territoires.

Peut-on dire pour autant qu’il faille être pessimiste ? Non. Mille fois non.

Si l’APLI n’avait pas existé, il y a longtemps que nous serions tous contractualisés, isolés et ignorants, devenant, comme programmé par des penseurs intéressés, de la main-d’œuvre bon marché  nécessaire à leurs profits juteux.
L’APLI c’est la petite graine qui a bien germé et réveillé les consciences.
L’APLI, par ses actions médiatiques, a interpellé aussi bien les consommateurs que les décideurs
. Pour preuve notre mouvement est l’objet d’une étude très sérieuse de la part d’étudiants de science politique qui posent cette question : « Quels rôles  les agriculteurs jouent-ils dans l’élaboration des politiques publiques qui les concernent ? » et  justifient l’intérêt de cette étude, « qui aura ( je cite) entre autre pour objectif de démontrer aux agriculteurs l’importance de leur pouvoir d’influence, non seulement dans les couloirs des ministères, mais également dans la rue grâce au soutien médiatique que leurs actions peuvent susciter.
L’APLI c’est bien le grain de sable qui empêche la machine infernale de nous écraser, même si les résultats de notre lutte menée depuis 4 ans ne semblent pas à la hauteur de toutes nos espérances.

Notre action  aura  cependant permis de  prendre  du temps.

Temps précieux de la réflexion et de l’analyse pour chacun d’entre nous, avant de s’engager individuellement dans la poursuite de l’activité laitière ou de la réorientation de nos exploitations, voire de la cessation.

Temps précieux également pour notre association, cette petite graine qui après avoir bien germé doit prendre racine. Il lui faut du temps pour bien asseoir ses orientations. Certains peuvent s’impatienter mais nous, paysans, savons pourtant bien qu’avant la récolte il faut laisser à la plante le temps de croître et d’arriver à maturité.

Beaucoup d’éleveurs, et moi le premier, avions pensé que l’épreuve de force de la grève du lait serait une guerre  éclair, que nous gagnerions facilement. L’arrêt, sans doute prématuré, de l’action a pu être durement vécu par certains. Mais nous avons  été et sommes toujours confrontés à des difficultés qui nous contraignent plutôt à mener une guerre de tranchées. On ne lâche rien et avançons pas à pas.

Nos principales difficultés, dois je le rappeler, sont:
 
- Le manque de moyens d’abord qui nous empêche de mener de front toutes les actions et constructions, nous obligeant à hiérarchiser selon l’actualité, la législation ou les besoins.
- Le manque de soutien ensuite.
Nous sommes les seuls à n’avoir qu’un unique objectif, la défense du producteur de lait.
Certains défendent un type d’agriculture au détriment de l’homme, d’autres défendent prioritairement leur structure.
Sur ce sujet précis, s’il est une leçon à tirer c’est bien celle de la stratégie de l’indépendance. Nous ne devons plus nous égarer dans des relations trop consensuelles avec comme seul objectif de fédérer coûte que coûte.
Nous devons définir notre voie et la suivre contre vents et marées, acceptant ceux qui s’y reconnaissent et veulent la rendre plus dynamique, mais écartant  ceux qui s’y greffent pour d’autres fins.
- Et, enfin, ne nous voilons pas la face, des difficultés internes. Se soustraire à la pensée unique reste une règle incontournable de l’APLI. Elle a d’innombrables avantages dont la possibilité de débats contradictoires permettant des analyses fines et des solutions adaptées.
Elle implique aussi des différences de positions qui ne peuvent se clarifier que par le vote majoritaire démocratique. Certains de nos membres, semant le trouble, n’ont pas compris que l’APLI ne dérogerait jamais à cette règle et ont quitté notre conseil d’administration. C’est regrettable mais il ne pouvait en être autrement.

Malgré toutes ces embûches et ces  handicaps, l’APLI a dépensé énormément d’énergie et remporté nombre de batailles :
-    Nous sommes enfin invités, n’en déplaise à Mr Beulin et consorts, aux réunions de travail ministérielles sur l’après quotas. Et nous  y sommes écoutés.
-    Avec l’Office du lait, créé faut il le rappeler par l’APLI, nous avons organisé de nombreuses réunions d’information  et permis  la création des FranceMilkboard, Il faut saluer ici l’acharnement de Paul pour la mise en place et l’agrément de ces structures.
-    Le projet de lait équitable (une révolution en soi) a déjà bien démarré, le lancement national de FaireFrance sera le 28 septembre à Paris, et là je donnerai un coup de chapeau à Richard et à son conseil d’administration qui, avec ténacité, ont porté le projet jusqu’au bout contre vent et marées.
-    Nous travaillons également l’agrément de l’AOP. Après avoir fait reconnaître plusieurs OP FMB.

L’APLI  reste  donc bien le coordonnateur entre ces différentes entités,
L’APLI assure le lien avec l’EMB,
L’APLI reste prête à tout autre type d’action de construction ou de contestation, nationale ou européenne.

Le bilan de l’APLI est donc  largement positif. Comment pourrait-il en être autrement alors que nous partions du néant? Il reste cependant beaucoup de chemin à parcourir, c’est une lutte contre la montre car le nombre de cessations laitières ne cesse de croître.

Il nous faut assurément analyser posément les avancées et les erreurs commises, non pour se lamenter mais pour en tirer l’essence d’améliorations possibles. Compenser le manque de moyens par une re-mobilisation des troupes maintenant que nos arguments, à l’épreuve du temps, montrent toute leur pertinence.

Rester fidèle à nos valeurs de départ.

Sans doute aussi, faut il se rapprocher de ceux qui connaissent les mêmes déboires que nous, j’entends par là les autres filières d’élevage. Il ne s’agit pas de déclencher une guerre fratricide qui laisserait à penser que l’on veut déshabiller Pierre pour habiller Paul. Mais, nul ne peut le nier, le monde animal n’a pas les mêmes problèmes que le monde végétal.

Mais, en récusant le poids des normes et en défendant ensemble, tous éleveurs réunis, les leviers qui nous paraissent évidents: les coûts de production, la rémunération du travail et du capital, la gestion des volumes, nous pourrions  jouer un rôle d’autant plus important tant au niveau des décideurs que des consommateurs.

L’APLI existe et continuera d’exister

 

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12 septembre 2013 4 12 /09 /septembre /2013 23:11

Modeste mais combative, l’Apli s’organise dans la sérénité

Toute jeune (elle est née en 2008 avec la crise laitière), l’Association des producteurs de lait indépendants tenait son assemblée générale nationale 2013 le 5 septembre dans le sud du Calvados, près de Vire, à Landelles-et-Coupigny.

 

Après un début d’année perturbé en interne, suite aux divisions provoquées par les élections aux chambres d’agriculture, suivies de démissions de quelques membres de l’équipe nationale, l’édifice est resté debout et se retrouve avec une meilleure stabilité.

 

APLI-AG-50913-059-T.jpgLes responsables sortants ont soumis leurs rapports à l’approbation de la centaine de membres présents, qui représentaient le millier d’adhérents au niveau national.

Photo : Isabelle Connan, Paul de Montvalon, Hubert Marin, André Lefranc, André Pflimlin (de gauche à droite)

 

Rapport d’activité présenté par Isabelle Connan (22), rapport financier par Hubert Marin (61), rapport moral (voir par ailleurs) par André Lefranc (50), président du conseil d’administration, qui ne se représentera pas en novembre pour un nouveau mandat.

Paul de Montvalon (Pays de la Loire, 49) a présenté le document réalisé par European Milk Board: EMB, (l’organisation confédérale européenne à laquelle adhère l’Apli) sur le coût de la production laitière en France (qui ne prend pas en compte le capital).

Sur l’année 2012, il a été constaté de grandes différences selon les 9 régions laitières (bassins laitiers définis par le ministère de l’agriculture pour l’attribution des quotas laitiers) et une moyenne de 39 centimes par kilo de lait produit (33 dans le Grand Ouest, 47 dans le Massif central). Les producteurs laitiers ont perçu sur la même période, en moyenne nationale, 31,4 centimes d’euros par kilo de lait. Cet écart (8 centimes en moyenne) est à l’origine des trop nombreuses cessations d’activité laitière.

 

Richard Blanc (Nord) a présenté l’opération FaireFrance, nouvelle marque qui commercialise du lait UHT dont le prix est réparti équitablement entre les producteurs, les transformateurs et les distributeurs. Voir La première brique de lait équitable «made in France» en magasin (Le Figaro, Eric de la Chesnais, 2 juillet 2013).

Le prix est un peu plus élevé pour les consommateurs mais la formule leur plaît car ils sont attachés à l’agriculture et cette formule leur garantit que 10 centimes par litre sont redistribués aux producteurs sociétaires (c’est la société coopérative FaireCoop qui gère le dispositif).

L’objectif est d’associer les consommateurs et, ainsi, de faire en sorte que les agriculteurs ne soient pas seulement des producteurs de lait mais des éleveurs qui contrôlent la filière laitière. Au niveau national, ils sont 800 producteurs adhérents à FaireCoop. Chaque adhérent assure quelque journées d’animation dans les grandes et moyennes surfaces de sa région : présentation du concept et dégustation de « Lait équitable ». Ils sont aidés par 8 animateurs salariés, au niveau national, qui vérifient si les produits FaireFrance sont effectivement présents dans les magasins (actuellement 500 000 bouteilles produites, distribuées dans un peu moins de la moitié des magasins).

L’objectif est d’atteindre 2 % du marché national et, à plus long terme, 4 %. L’inauguration nationale de FaireFrance aura lieu le 28 septembre 2013 au Champ de Mars à Paris.

Le président rappelle que l’objectif est de tirer l’ensemble des prix du lait vers le haut (alors que les coopératives laitières ont fait le contraire depuis des années).

 

André Pflimlin intervient en qualité d’expert sur les perspectives de l’économie laitière dans le monde et la situation en Europe en 2015 après les quotas (voir par ailleurs).

 

Au cours du débat avec la salle, Richard Blanc et Paul de Montvalon, notamment, ont répondu aux questions.

Richard Blanc, qui se situe près de la frontière belge, dans l’Avenois (il est adhérent d’une coopérative laitière belge), note que les coopératives acceptent des augmentations de volume de lait produit par les adhérents, ce qui n’est pas le cas de Lactalis. Elles laissent produire, s’occupant du reste. La référence pour l’Apli, c’est le Poulet de Loué. Les producteurs maîtrisent l’ensemble. Le plus difficile, c’est de se lancer dans la communication avec les consommateurs dans les magasins.

Nous sommes dans un monde économique dominé par la finance, laquelle confisque 40 % des bénéfices et 18 % des remises d’impôts. 170 personnes maîtrisent la richesse mondiale et les riches ne sont pas partageurs.

Lactalis paie des pénalités pour ne pas publier ses résultats. Ses actifs ont progressé de 2 milliards d’euros en peu de temps.

Ce qu’il y a de mieux dans l’Avenois, ce sont les tribunaux paritaires créés en 1946, et les SAFER pour la maîtrise du foncier.

 

A une question sur la faille dans le système coopératif, il est répondu par André Pflimlin que les coopératives ont échappé aux agriculteurs (sauf les fruitières). Elles sont gérées comme des financiers, pratiquent la course à la concentration.

 

Paul de Montvalon indique que les coopératives veulent mettre en place un comité de surveillance des coopératives, au niveau national, mais il ne sera pas composé de gens indépendants. Ils seront issus du HCCA (Haut Conseil de la Coopération Agricole), dirigé par Christiane Lambert, qui vient de succéder à Xavier Beulin.

 

Va-t-on manquer de lait ? Le fossé se creuse entre les régions. Ainsi, la Bretagne (+ 10 %) et le Sud-Ouest (- 18 %). Chez les industriels, il faut faire la différence entre les gros (Lactalis, Bongrain, Danone, notamment) et les petits, qui font de la valeur ajoutée et du développement, mais qui risquent de manquer d’approvisionnement, si les vivres leur sont coupées pour les faire chuter.

 

A une question sur la politique agricole, il répond qu’il n’y a rien. Le ministre actuel de l’agriculture fait la même politique que son prédécesseur.

 

Changer de laiterie ? Il faudra attendre la fin des contrats de 5 ans. Certains quitteront les coopératives s’ils trouvent une laiterie qui accepte de les collecter. Les opportunités à venir se situent au niveau des coopératives.

 

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15 août 2013 4 15 /08 /août /2013 23:21

Tirer les leçons des accords commerciaux avec les USA

 

Les traités de libre-échange sont fort recherchés par les Etats-Unis d’Amérique. On devine qu’ils y trouvent leur intérêt. Les négociations ont commencé avec l’Union européenne.

Voir, à ce sujet : Les dangers du traité transatlantique UE-USA (Laurent Pinsolle, 24 mai 2013) et Néolibéralisme en action : négociations ouvertes entre les USA et l'UE (Michel Sorin, 8 juillet 2013). 

 

Tirer les leçons des accords commerciaux avec les USA est très important. L’association Mars | Mouvement Agricole et Rural Solidaire, lors de sa réunion du 14 mai 2013, traitait des impacts économiques et sociaux sur l’agriculture mexicaine des accords commerciaux de l’ « ALENA » passés entre les Etats Unis, le Canada et le Mexique en Janvier 1994. Voir Accord de libre-échange nord-américain - Wikipédia

 

Le sujet était introduit par Victor Quintana, enseignant-chercheur à l’université de Chihuahua au Mexique. Il est spécialisé dans l’histoire des mouvements sociaux de son pays et conseiller de l’ANEC, l’un des syndicats d’agriculteurs familiaux les plus représentatifs du Mexique. Voir Víctor Quintana Silveyra – Wikipedia (en espagnol). Membre d’un parti de gauche (PRD), il avait pris position dès le début contre la partie agricole de l’ALENA.

 

Dans son exposé, Victor Quintana avait d’abord présenté les caractéristiques du Mexique…

1 950 000 km² (4 fois la superficie de la France ; le nord est un désert aride) ; 112 millions d’habitants ; République  fédérale ; 31 états, un district fédéral ; Les trois pouvoirs au niveau fédéral et local ; Chambre bicamérale au niveau fédéral (députés et sénateurs par élection directe) ; Chambre monocamérale dans chaque état ; Président de la République et gouverneurs des états : 6 ans, non rééligibles ; Sénateurs : 6 ans ; députés, 3 ans. Non réélection consécutive ; Non cumul des mandats ; Partis politiques. PRI, PAN, PRD, PT, MC. PVEM, PANAL. (MORENA). La constitution mexicaine date de 1917 (Révolution entre 1910 et 1923). Protectionnisme fort jusqu’en 1986.  

… Puis, il avait abordé l’agriculture mexicaine et l’ALENA. Le « miracle agricole mexicain » se traduit par une agriculture à deux vitesses (petits propriétaires entrepreneurs d’un côté, agriculture de subsistance de l’autre).

A partir de 1965, importation de maïs pour la première fois. Enorme transfert de valeur de l’agriculture à l’industrie. Prix garantis gelés. Investissement et production au ralenti. Relance 1970-1982. En 1982, suspension du paiement de la dette du Mexique. Programme d’ajustement structurel avec investissement public en agriculture et libération des prix. Ouverture commerciale abrupte à partir de 1986 (accords GATT). Suppression du système de crédit et d’assurance pour les petits paysans.

Application de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) en 1994. Rébellion des zapatistes. Ralentissement de la croissance agricole depuis le début des années 2 000. Depuis 1990, la productivité n’a plus progressé. L’agriculture mexicaine est moins dynamique que celles des pays hors ALENA. Avec l’ALENA, les exportations agricoles ont augmenté, mais plus encore les importations. La pauvreté a cru de 50 % au Mexique (95 % en campagne), la grande pauvreté concerne 32 % des Mexicains (57,8 % en campagne). La malnutrition s’est développée (70 % des adultes en surpoids, 30 % des enfants), suite à l’abandon de la nourriture traditionnelle (maïs et haricots secs) très équilibrée. « Nous ne vivons pas comme les Américains, mais nous mourons comme eux » …

Le Mexique est un très bon élève des organisations internationales ; il a suivi les préceptes néolibéraux. Le déficit commercial avec les USA s’est accentué. Les USA ont profité de l’ALENA, ainsi que les narcotrafiquants. La démographie a augmenté de 3 % par an entre 1950 et 1970 puis de 1,8 %, suite à des campagnes en faveur des petites familles. La population est passée de 30 millions en 1955 à 112 millions actuellement (dont 20 dans l’agglomération de Mexico). Les jeunes ne trouvent pas de travail. Il y a 12 millions d’habitants d’origine mexicaine aux USA.

L’ALENA est défavorable aux petits paysans et les investissements dans le développement agricole sont insuffisants. Le Mexique a un profil de pays industrialisé (producteur de voitures). Depuis peu (2012), il existe un plan pour aller vers la souveraineté alimentaire en développant la capacité productive des petits paysans. Les subventions agricoles sont concentrées dans les Etats du nord-ouest (irrigation, infrastructures pour les parties arides). Les OGM sont interdits mais des pressions sont exercées par Monsanto sur le gouvernement mexicain. Il y a peu de relations avec les pays voisins. Les pays d’Amérique du Sud ont une croissance plus forte.

Voir, par ailleurs, cet article du Monde Diplomatique : Le jour où le Mexique fut privé de tortillas (Anne Vigna, mars 2008).

Entré en vigueur il y a quatorze ans, l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena) a eu des effets dévastateurs sur l’agriculture du Mexique. Les productions américaines (subventionnées) ont inondé ce pays et ruiné des millions de petits paysans. Mais la situation va encore s’aggraver car, depuis le 1er janvier 2008, la libéralisation des échanges agricoles entre le Canada, les Etats-Unis et le Mexique, déjà fort importante, est devenue totale. Pourtant, les trois pays ont décidé de poursuivre dans cette voie.

 

Voir aussi cet article de Benjamin Sourice (Mediapart), cité le 14 août 2013 dans la revue de presse de l’Association nationale des producteurs de lait indépendants - Apli. Article issu d'une traduction d'un article de Nation of Change paru le 24 juin 2013 sous la plume de Barbara Chicherio, membre du Parti Vert américain.

 

Tirer les leçons des autres accords commerciaux avec les Etats-Unis

Dix ans après la mise en place de L’ALENA signé (Accord de libre-échange nord-américain) entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique, plus d'un million et demi de fermiers mexicains ont fait faillite parce qu’ils n’étaient pas en mesure de rivaliser avec le maïs subventionné et OGM américain qui entrait sur le marché mexicain. En matière d'agriculture, ces accords commerciaux ont provoqué le déplacement de dizaines de millions de petits fermiers, contraints à l'immigration ou la misère des bidonvilles. La destruction des économies alimentaires locales a entraîné une forte hausse des prix (plus de 100%)  jusqu'à provoquer la « crise de la tortilla » et ses émeutes de la faim en 2007. Vingt ans après la signature des accords, le Mexique est passé d’un pays autosuffisant produisant l’intégralité de son maïs à un pays important maintenant au moins le quart de cet aliment de base, et 40% de son alimentation, depuis les Etats-Unis. En 2013, le Mexique devançait cependant les Etats-Unis sur une chose : le pays compte désormais le plus fort taux d'obésité au monde selon la FAO.

 

« Alors que le Traité trans-pacifique est à de nombreux égards semblable à l’ALENA, il apparaît que les entreprises ont également su tirer les leçons des expériences précédentes. Elles peaufinent le PTP afin de s’assurer que les citoyens des pays impliqués n’aient aucun contrôle sur la sécurité alimentaire, sur ce qu’ils vont manger, sur le lieu où cette nourriture sera cultivée, sur les conditions dans lesquelles la nourriture sera cultivée et sur les restrictions d’utilisation d’herbicides ou de pesticides » analyse Chicheria pour Nation of Change. « Si le PTP est adopté, la porte sera alors encore plus ouverte aux abus envers les droits de l’Homme et de l’environnement » poursuit-elle.

Dans un ultime avertissement, la militant prévient que « les choses auxquelles nous devons nous attendre avec certitude sont les suivantes : plus d’exploitations agricoles à grande échelle et plus de monoculture ; la destruction des économies locales ; aucune donnée sur la façon dont notre nourriture sera cultivée ou sur ce que nous mangerons ; plus de déforestation ; une utilisation accrue des herbicides et des pesticides ; plus de pollution industrielle ; un nombre croissant de dépôts de brevets sur le  vivant ; plus de plantes et d’aliments OGM ; aucun étiquetage des OGM contenus dans la nourriture. »


Et demain l'Europe ?

Tout ceci représente un pas en arrière pour les droits de l’Homme et un pas de géant vers le contrôle de notre nourriture par Monsanto et toutes les multinationales de l'agroalimentaire américaines. Malgré ces conséquences désastreuses pour les Droits fondamentaux, ainsi qu'une perte de souveraineté alimentaire sans précédent, la plupart des américains comme les  citoyens des autres pays signataires ne sont au courant ni de cet accord commercial, ni de ses effets plus qu’inquiétants, tous soigneusement maintenus dans l'ignorance la plus crue. 

 

Début juillet 2013, les Etats-Unis ouvraient avec l'Union Européenne des négociations similaires pour répliquer l'accord trans-pacifique avec les pays européens sous le nom de Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP ou TAFTA). De la même manière, l'accord est négocié dans le secret entre les dirigeants européens et les négociateurs américains, de la même manière les multinationales cherchent à imposer des normes moindres pour introduire leur produits en Europe, de la même manière, un système de compensation financière sera érigé en système d'assurance des actionnaires contre la décision des citoyens de se protéger contre des produits indésirables, au premier rang desquels les OGM. Monsanto n'aura alors aucun mal à venir collecter ses « compensations » dans les pays qui maintiendront un moratoire sur ses semences...

 

Pourtant il existe une différence de taille : les négociations viennent tout juste de s'ouvrir pour aboutir en 2015 et déjà des informations fuites sur ces accords du TTIP. Les citoyens européens se montreront dès lors plus aptes à se mobiliser pour éviter cette catastrophe annoncée. De plus, les élections du Parlement européen se tiennent en mai 2014, et « ce seront ces eurodéputés issus du scrutin de 2014 qui auront, in fine, leur mot à dire » comme le rappelait le journal Politis. La mobilisation ne fait donc que commencer ! Suite...

 

Cet article est le 404ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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10 août 2013 6 10 /08 /août /2013 23:52

Il faut réintégrer les protéines par la voie fourragère

 

Dans les fermes d’élevage traditionnel que j’ai connues dans ma jeunesse (je pense, notamment, à celle de mes parents), la luzerne était bien présente. C’était un fourrage apprécié pour son apport azoté (dans le fourrage et dans le sol) et son intérêt dans l’assolement. La fenaison était parfois difficile, selon la pluviométrie, le risque étant la déperdition en valeur fourragère en cas de mauvais temps prolongé. Il fallait aussi des sols filtrants et riches en calcium pour que les rendements soient bons (plusieurs coupes successives à foin).

Jeune diplômé ingénieur agronome, au début des années 1970, quand j’ai commencé mon activité professionnelle en conseillant les adhérents d’une coopérative d’agriculteurs mayennais sur la façon de produire intensivement des fourrages (maïs et prairies temporaires), la luzerne n’avait plus sa place dans le système fourrager.

Depuis 40 ans, cette remarquable plante est marginalisée parce que, sous la pression des USA, l’Europe a accepté d’ouvrir son agriculture aux tourteaux de soja américain, ceux-ci apportant à bas prix la complémentation azotée au maïs ensilé, plante très productive (à condition de trouver l’eau dans le sol) et mécanisable aisément.

Nous en sommes encore là aujourd’hui mais, pour des raisons économiques et environnementales, le changement semble s’amorcer. Cette légumineuse aux qualités multiples qu’est la luzerne pourrait bien reprendre une place intéressante.

 

Voici plusieurs articles de presse, notamment de L'Avenir Agricole, l'Information Agricole des Pays de la Loire, qui vont dans ce sens.

 

D’abord, le témoignage d’éleveurs laitiers mayennais (L’avenir agricole, Frédéric Gérard, 26 août 2011) : « Moins de maïs et moins de prairies mais plus de luzerne par sécurité »

A Courcité, Marie-Françoise et Luc Brizard font évoluer leur système fourrager dans un souci d’économie. Leur exploitation s’étale sur des sols superficiels. Ils prennent toutefois le temps d’appliquer les changements par touches. Depuis quatre ans, ils ont introduit 5 à 6 hectares de luzerne chaque année dans la rotation. Actuellement : 18 ha de luzerne, 20 ha de maïs, 20 ha de prairies temporaires, 15 ha de prairies naturelles. 30 ha de cultures de vente (avoine, blé, triticale). Surface agricole utile : 110 ha. Deux UTH (unités de travail humain). Quota laitier 330 000 litres de lait. 110 animaux au total (vaches, génisses, veaux de lait).

 

Ensuite, les propos de Konrad Schreiber, ancien agriculteur, agronome, consultant indépendant, dans L’avenir agricole, 23 septembre 2011 :

 

« Il faut réintégrer les protéines par la voie fourragère »

Il s’agit de répondre à la fois à la crise économique et à la crise environnementale. Il y a des pollutions de toutes sortes, une perte de biodiversité et de matière organique dans les sols. Les techniques mises en place par l’agrobusiness ne sont pas si performantes que cela : on est trop dépendants d’un système énergivore basé sur des ressources fossiles à pas cher. Or, on ne tiendra pas le coup face à leur raréfaction. Leur coût va augmenter durablement, ce qui va entraîner une perte de compétitivité.

La première énergie à utiliser, c’est le soleil. Les plantes, avec la photosynthèse, produisent de l’énergie carbonée. L’intensification fourragère passe par l’intensification de la photosynthèse. Il faut capter le plus de soleil, réintégrer les protéines par la voie fourragère.  C’est de l’intensification écologique. Il faut donc sélectionner des plantes très productives.  

L’objectif est l’autonomie ?  

Il faut supprimer le plus possible le soja et l’intrant azoté. En enlevant le soja, je dois retrouver de la protéine dans ma ration : des légumineuses, des protéagineux. L’apport de protéines doit se faire par la plante la mieux adaptée localement. Le maïs soja n’est plus le pivot du système. Les légumineuses (trèfle violet, luzerne, vesce, pois, féverole) doivent constituer 60 % de la ration de base. Le maïs doit retrouver sa place normale, c’est-à-dire 30 à 40 % de l’assolement et non plus 60 %. Le système est alors beaucoup moins en danger, on démarre une sécheresse sans souci avec les stocks de l’année déjà réalisés (…).

 

Et aussi, le témoignage du responsable d’une coopérative de déshydratation de fourrage (L’avenir agricole, 23 décembre 2011, Samuel Maignan, responsable administratif d’une coopérative de déshydratation de fourrage (Coopédom, 650 adhérents)

 

« Conservez vos hectares de luzerne, ses atouts sont innombrables »

 

Contrairement à l’ensilage, la déshydratation de fourrage permet de conserver 100 % de la valeur nutritive des aliments. Notre coopérative Coopédom, basée à Domagné, en Ille-et-Vilaine, transforme 2 000 hectares de luzerne, ce qui représente la moitié de notre activité (les autres aliments déshydratés : ray-grass, prairies temporaires, maïs). Les atouts de la luzerne sont innombrables. C’est une culture qui s’intègre parfaitement dans la rotation. On reste très peu de temps sans culture, entre le blé, l’orge et la luzerne. La luzerne nécessite aussi peu, voire pas du tout, de produits phytosanitaires. De plus, c’est une plante épuratrice. Elle améliore la durabilité des exploitations sur le plan économique, environnemental et sociétal. C’est ce qu’a démontré l’étude Idéa menée cette année.  La luzerne est une culture de choix pour l’autonomie protéique et la qualité de l’eau. C’est aussi une plante intéressante en terme de santé animale. Le problème, c’est que c’est un secteur menacé. La PAC est défavorable aux prairies temporaires. La réforme de la PAC 2003 a supprimé les soutiens publics à la déshydratation (…). Il faut conserver cette culture qui aura un atout incontournable dans le cadre de la nouvelle PAC (verdissement).

 

Et, enfin, deux articles plus récents :  

- La hausse du prix des aliments renforce l'intérêt de la luzerne (Réussir Lait, Véronique Bargain, 20 mars 2013). Des essais et simulations en Pays de la Loire montrent l’intérêt technique et économique de l’introduction de la luzerne sur un élevage laitier, encore plus quand le prix des aliments augmente.  

- La conjoncture renforce l’intérêt de la luzerne en élevage laitier (L’avenir agricole, 2 août 2013, Bertrand Daveau pour Réseau lait des Pays de la Loire)

Dans un contexte de prix élevé de la matière azotée, la luzerne peut présenter de nombreux atouts : elle fixe l’azote atmosphérique, elle a une valeur azotée intéressante, une bonne résistance à la sécheresse. Une culture pertinente pour un élevage laitier en remplacement  d’une partie du maïs, si on tire parti de ses atouts tout en minimisant son point faible : des récoltes multiples, coûteuses et exigeantes en temps de travail.

  

Cet article est le 403ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

 

 

  Quel est l’objectif fixé par le système agronomique que vous proposez ?

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