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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 22:48

Le président n’a rien dit des causes de cette crise

 

Les déclarations du président de la République, hier, dans la capitale du comté, à Poligny (Jura), ont été l’objet de nombreux commentaires. Les mesures ponctuelles, demandées par la FNSEA, sont justifiées, au regard de la situation de trésorerie des exploitations. Mais il a manqué à ce discours les éléments de compréhension de la situation actuelle de l’agriculture.

 

Le président aurait été bien inspiré de reconnaître qu’il s’était trompé en laissant l’ancien ministre de l’agriculture, Michel Barnier, approuver la réforme européenne du marché laitier (suppression des quotas et des mesures de régulation).

 

Son gouvernement a laissé la Commission européenne libéraliser les marchés agricoles, comme le demandait avec insistance, et continue de demander, l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). C’était une grave erreur. Ne pas le reconnaître lui fait perdre beaucoup de crédibilité et rend ses slogans un peu creux.

 

L’actuel ministre de l’agriculture, Bruno Le Maire, prêche en faveur de la régulation mais il sait que les marges de manœuvre de la France sont réduites, en raison de la règle de la majorité qualifiée qui s’applique aux questions agricoles.

 

D’ailleurs, ce plan d’urgence, présenté en grandes pompes à Poligny, a été remis à sa place par la Commission européenne qui a indiqué, ce mercredi, « avoir eu vent à travers les médias des aides de 1,65 milliards d’euros proposées par le président français Nicolas Sarkozy aux agriculteurs, et attend désormais des informations plus précises pour vérifier leur légalité » (voir Plan Sarkozy - Bruxelles attend des informations de Paris).

 

La Commission (sortante, il est vrai) entend bien continuer la politique libérale décidée à Bruxelles par les chefs d’Etat et de gouvernement, dont celui de la France.

 

Voir l’article paru ce 28 octobre sur le site du quotidien Le Monde : Nicolas Sarkozy veut soulager les paysans face à la baisse des prix agricoles. Extrait :

 

 (…) Dans un projet de document censé guider la refonte du budget communautaire à l'horizon 2013, la Commission européenne fixe les deux objectifs d'une prochaine réforme en profondeur de la PAC : poursuivre sa modernisation, afin qu'elle soit plus compétitive et davantage orientée vers le marché ; "stimuler une nouvelle réduction de la part générale dévolue à l'agriculture afin de libérer des fonds pour de nouvelles priorités européennes" telles que la lutte contre le réchauffement, la sécurité énergétique, l'emploi, etc. Le document note que la part du budget européen consacré à la PAC passera de 61 % à en 1988 à 32 % en 2013, et que "cette tendance à la baisse doit se poursuivre au-delà de 2013, même à scénario constant".

 

A aucun moment le texte ne fait référence à la régulation. Les mécanismes d'intervention sur les marchés "devraient reculer davantage, pour devenir un véritable filet de sécurité". Il n'exclut cependant pas que les aides européennes soient versées en soutien du revenu des agriculteurs, en échange de missions publiques : la sécurité alimentaire, le changement climatique, l'agriculture durable...

 

Le président prétend vouloir refonder la PAC comme le capitalisme financier… Il y a de quoi être inquiet, à double titre. D’abord, parce qu’il considère que le capitalisme financier est un modèle à reconstruire. Ensuite, parce que la PAC doit être refondée sur des principes opposés à ceux du capitalisme financier.

 

"La terre fait partie de l'identité nationale française."  Cette autre affirmation du président est hautement contestable, d’abord parce qu’il ferait mieux de parler d’identité républicaine de la France et, surtout, parce que ce « lien charnel avec la terre » renvoie immanquablement à Pétain, qui disait « La terre ne ment pas ».

 

S’il y a bien quelque chose à refonder dans ce pays, c’est la République. Cela ne se fera pas avec ce président, dont la pensée est confuse sur les thèmes politiques les plus fondamentaux.

 

Pour prendre connaissance du contenu des déclarations du chef de l’Etat, lire cet article paru sur le site du Nouvel Observateur : Agriculture : Sarkozy annonce un "nouvel élan" et un gros chèque

Cet article est le 143ème paru sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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27 octobre 2009 2 27 /10 /octobre /2009 23:26

Après la grève du lait, les voisins parlent davantage

 

Jean-Claude et Anita Aubry m’ont fait savoir qu’ils avaient des précisions à apporter à l’article relatant la réunion qu’ils avaient organisée à La Chapelle-Craonnaise (voir Grève du lait : Pascal Massol (APLI) hier soir à La Chapelle-Craonnaise - 18 septembre 2009).

 

Jean-Claude est ce jeune agriculteur mayennais qui sert à boire à Pascal Massol et José Bové, en grande discussion à Bruxelles le 5 octobre (voir photo Bruxelles : Pascal Massol et l'APLI estiment avoir marqué des points - 7 octobre 2009).

 

Anita est cette jeune femme qui avait quitté son emploi salarié de comptable en 2009 pour rejoindre son mari sur l’exploitation laitière de La Chapelle-Craonnaise. « Je ne voudrais pas avoir à le regretter », avait-elle dit, après avoir lu un appel de femmes, qu’elle avait ramené de Brecey, lors d’une réunion dans la Manche (1000 personnes), au début de la grève du lait. Voici ce texte.

 

Nous nous battons quotidiennement pour défendre nos exploitations, faire que les problèmes financiers n’entachent pas la vie de nos familles.

Reprise discours
Pascal MASSOL : « Trop de nos collègues nous ont quittés ces derniers temps, discrètement, à l’image de leur vie, n’ayant comme issue que l’ultime recours, abandonnant épouses et enfants, père et mère, patrimoine et passion, seuls et déshonorés de ne pas avoir su traverser ce terrain qu’on leur avait miné. »

On ne laissera pas nos maris défendre tout seuls ce métier qu’ils aiment. Et à ceux qui sont en train de sombrer dans l’ignorance ou dans le gouffre et l’abandon, on veut les faire réagir et  leur dire, relève-toi, bats-toi pour ton honneur, ta dignité, pour ta ferme et pour tes enfants.

 

L’effondrement du prix du lait, s’il était durable, remettrait en cause l’installation d’Anita sur l’exploitation, au moment où Jean-Claude doit faire face au retrait de sa mère du GAEC. Qui peut dire ce qu’il décidera ? Le redressement du prix du lait est la condition de son avenir d’agriculteur.

 

Jean-Claude est président d’une CUMA (Coopérative d’utilisation de matériel en commun) et est délégué de son groupement de producteurs Lactalis, l’industriel qui collecte son lait. Il tient, d’ailleurs, à relativiser son rôle de délégué, n’ayant pas droit à la parole au sein de ce groupement (il faut être au syndicat majoritaire pour avoir le droit de s’exprimer ; or il n’est membre d’aucun syndicat). De toute façon, les informations de la laiterie n’incitent pas les délégués des producteurs à être revendicatifs.

 

Les délégués des groupements liés aux industriels privés (trois groupements Lactalis – Laval-Charchigné, Fougerolles-du-Plessis et Célia Craon – auxquels s’ajoutent les groupements Perreault (groupe Bongrain), Bel et Vaubernier) se retrouvent au niveau départemental, avec les administrateurs FNPL (section laitière de la FNSEA). Jean-Claude est observateur. Il pense qu’il faut réformer le système de gestion interprofessionnelle de la filière laitière au niveau européen.

 

A propos de la création de l’association des producteurs de lait indépendants (APLI), Jean-Claude indique comment cela s’est passé.

 

En Aveyron, il y a une dizaine d’années, la collecte de lait était partagée entre Lactalis (premier groupe français, dont le siège est à Laval) et Sodiaal (premier groupe coopératif), qui avaient l’habitude de passer « le repas de Noël ensemble », selon l’expression de Pascal Massol, qui regrettait cette entente sur les prix.

 

Avec un groupe de producteurs de sa région, il avait conclu un accord de livraison avec un industriel espagnol, mais celui-ci, au fil des ans, avait fini par s’aligner sur les prix fixés par ses deux collègues.

 

En septembre 2007, le président Sarkozy avait lancé un appel au SPACE (salon de l’élevage de Rennes) pour que les producteurs de lait produisent 15% de plus en France, en raison du déficit dû à la sécheresse en Océanie.

 

A la mi-2008, les trois collecteurs de lait dans l’Aveyron laissent entendre qu’à terme, ils ne collecteront plus le lait car les producteurs ne sont pas assez nombreux. A l’automne, Pascal Massol et deux de ses amis déclenchent un mouvement de grève des livraisons qui prend de l’ampleur dans le Sud-Ouest (450 grévistes en une semaine). Les industriels s’engagent à continuer la collecte.

 

Fin 2008, lors d’une réunion des trois industriels, Pascal Massol leur dit que l’agriculture va droit dans le mur et que des difficultés s’annoncent pour 2009.

Les dirigeants de Lactalis et de Sodiaal ont glissé dans la conversation cette phrase : si les producteurs de lait en France et en Europe étaient unis, nous serions obligés de payer le lait 450 euros la tonne aux producteurs. Cette confidence a été l'étincelle qui a déclenché la décision de créer l’APLI dans le Sud ouest, fin 2008.

 

Ensuite, l’effondrement du prix du lait au printemps 2009 d’une part, la détermination et le mode d’organisation, simple et efficace, de l’APLI en France et de l’EMB, au niveau européen d’autre part, ont débouché sur la grève du lait.

 

L’absence de hiérarchie au sein du mouvement a plu à Jean-Claude et à Anita. Ainsi, lors du rassemblement à Ancenis (Loire-Atlantique), Damien Legault a limité les prises de parole aux seuls producteurs. Pascal Massol a joué le principal rôle dans la réussite de cette grève, bien aidé par Pascal Cousté au niveau des données économiques. Et beaucoup d’autres, qui ne se connaissaient pas auparavant, se sont donnés à fond pour qu’il y ait un résultat au bout de l’effort.

 

Jean-Claude a constaté un changement du comportement des voisins depuis la grève : ils parlent davantage et différemment. Ils acceptent la discussion. Il y a moins d’isolement.

Anita, qui venait d’arriver sur l’exploitation, a vécu des moments particulièrement riches sur le plan humain, d’échanges avec les autres. Une ouverture exceptionnelle, qui semble naturelle.

 

Revenant sur la réunion de La Chapelle-Craonnaise, ils précisent que la présence des deux Pascal n’était pas prévue initialement. Ils devaient intervenir de Bruxelles, mais la liaison ne fonctionnait pas dans la salle. Heureusement, l’annulation d’un rendez-vous à Paris le 17 septembre leur a permis de venir au SPACE puis à La Chapelle-Craonnaise le soir, avant de se diriger vers le Mont-Saint-Michel le lendemain.





 

Cet article est le 142ème paru sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 23:14

La doctrine libérale en agriculture a un caractère inhumain

 

Le gaulliste Roland Hureaux a écrit un texte remarquable sur l’agriculture et le marché, publié le 24 octobre sur le site de Marianne.

 

Comment le marché intégral peut tuer l'agriculture européenne

La crise du lait de l'été dernier n'est qu'un des soubresauts du système agricole français. Roland Hureaux nous l'explique, les agriculteurs français sont, comme leurs collègues européens, étranglés par un système libéral qui méconnaît les particularités de la production alimentaire.

Elevage laitier et viande, fruits et légumes, céréales ; tous les secteurs de l’agriculture ou presque sont en crise comme peut-être jamais ils ne l’ont été.
 
Quand l’Union européenne négocia les derniers accords du GATT (1994), les adversaires de la politique agricole commune obtinrent largement gain de cause : la préférence communautaire, tenue pour une relique du passé,  devait être progressivement abolie et l’ensemble des filières ouvertes au marché mondial. 

La France,  plus réticente que d’autres, n’obtient que des délais d’application qui expirent aujourd’hui les uns après les autres : la catastrophique réforme du marché du lait acceptée par Michel Barnier n’a pas d’autre sens.

Il est vrai  que nos négociateurs n’alléguèrent à l’époque que des difficultés « politiques » à mettre en œuvre trop vite des décisions dont ils ne contestaient pas vraiment qu’elles fussent, quant au fond, bonnes. Mais l’étaient-elles vraiment ?

L’idée que le marché est  le meilleur régulateur, même en matière  agricole, doctrine officielle de l’OMC, ne tient pas  compte de la spécificité des marchés de matières premières.

Presque tous  les agents économiques encaissent aujourd’hui assez facilement les impulsions du marché, en les répercutant à l’amont ou à l’aval, le cas échéant par un retrait.

 

Les producteurs de produits primaires, notamment agricoles, seuls, prennent ces impulsions « en pleine gueule »: d’abord parce qu’ils sont en bout de chaîne , mais aussi parce que les marchés de produits primaires sont, selon le jargon des économistes, peu «élastiques», et parce qu’ils ont généralement dû faire des investissements lourds et spécialisés : il est moins facile de vendre, en cas de crise, une mine ou une ferme qu’un fonds de commerce ou des bureaux, voire de délocaliser des machines.

Cet inconvénient est neutralisé pour  la plupart des denrées primaires par l’existence de monopoles de droit ou d’ententes de fait entre grands groupes, contrôlant aussi bien les prix que les quantités : EDF, les « majors » pétrolières (et en amont les pays de l’OPEP), les multinationales minières etc.

 

En définitive,  les seuls marchés « purs et parfaits », hors intervention de l’Etat, sont les marchés agricoles. La commission européenne, impitoyable pour des producteurs de fruits et légumes exsangues dès lors qu’il s’agit de censurer une distorsion de concurrence, ne peut que fermer les yeux sur les ententes invisibles et de tout autre portée des grands producteurs d’énergie.

Le mythe du libre-échange

L’hystérie disproportionnée déclenchée par  certaines épizooties (vache folle, grippe aviaire, grippe porcine) a encore accru la vulnérabilité de la profession agricole.

Cette situation particulière de l’agriculture n’avait au  XIXe siècle que des inconvénients limités du fait que les paysans pratiquaient alors une large autoconsommation, n’avaient ni charges fixes, ni  dettes. La grêle était alors plus redoutée que la mévente.

A partir des années trente, à la suite du drame américain des « Raisins de la Colère », prodrome (déf. signe annonciateur) de la grande dépression,  on considéra assez naturellement que, dans les grand  pays qui pouvaient se le permettre, le progrès social exigeait la mise en place d’amortisseurs institutionnels de ces secousses inhumaines, sous la forme de soutien des cours, de protections, voire de subventions directes.

Mis en pool au sein du Marché commun au cours des années soixante, ce système se perfectionna au fil des temps. Le monde agricole comprit que le contrôle des cours impliquait celui des quantités : ce fut le sens des quotas laitiers, puis des jachères.  

Au XXe siècle, tous les pays développés ont protégé leur agriculture : le Japon  beaucoup, les Etats-Unis moins, l’Europe entre les deux. Les accords de Lomé tentèrent timidement de faire profiter certains pays africains d’une protection analogue.

C’est au démantèlement de ces protections que, par idéologie et sous l’impulsion des Etats-Unis (qui n’hésitent pourtant pas à protéger fortement certains secteurs comme le coton) et de quelques autres pays (le groupe de Cairns), s’est attaché le GATT à partir de 1984.

 

Non seulement la commission européenne fut en la matière son relais efficace (Pascal Lamy passa sans transition de la fonction de commissaire au commerce international à celle de directeur général de l’OMC), mais certains Etats comme la France avaient pris les devants avec la réforme de la PAC de 1992, fondée sur l’idée, elle aussi un peu courte, qu’au soutien des prix devait se substituer l’aide directe, pourtant  beaucoup  plus coûteuse.
  
De ces nouvelles orientations, on voit aujourd’hui les effets, notamment dans notre pays où les charges fixes de l’agriculture (sécurité sociale, impôt foncier, main d’œuvre) sont particulièrement lourdes.  25 suicides à France Télécom mais qui dénombrera ceux, encore plus nombreux, des éleveurs du Massif central ?
Le consommateur, dit-on, y trouve son compte. Pas toujours. Doit-on au demeurant sacrifier les Antilles pour qu’il paye le kilo de bananes 0,50 € au lieu de 0,80 € ?

Les bons apôtres, généralement abrités du  marché par leur statut ou par des monopoles de fait, ont beau jeu de préconiser toujours plus de  progrès de productivité. Savent-ils que l’agriculture en a fait en soixante ans plus que toute autre branche ?  Ou que dans des pays supposés compétitifs, comme le Etats-Unis ou l’Argentine, l’endettement du monde agricole est aussi lourd que chez nous et sa déréliction aussi grande ?    

Il faut accepter le principe que la spécificité technique des marchés agricoles au sein du marché mondial exige une régulation. Il ne faut pas hésiter à le dire : la doctrine du marché intégral, appliquée au seul secteur qui soit pleinement exposé au vent du large, à la fois en bout de chaîne et non contrôlé par des oligopoles, a un caractère inhumain. C’est dans les années 1960-1990, au temps de la préférence communautaire, que l’Europe était dans la vérité, et aujourd’hui qu’elle est dans l’erreur.

 

Cet article est le 141ème paru sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 23:56

 

Objectif : imposer le respect à toute la filière laitière

 

Plus d’un millier d’adhérents de l’association des producteurs de lait indépendants (APLI) dans la salle polyvalente de La Chapelle-d’Andaine (commune de l’Orne, frontalière avec le canton de Lassay-les-Châteaux, en Mayenne) étaient présents le 20 octobre, particulièrement silencieux et attentifs aux propos de Pascal Massol, l’aveyronnais, et de Pascal Cousté, l’armoricain, les deux principaux dirigeants de l’APLI.

 

Il avait suffi d’un message par courriel pour que ces gens motivés des différents départements de l’ouest se mobilisent, sans craindre de rentrer très tard, la réunion se terminant à 0h40, après plus de trois heures d’échanges d’informations*.


Pascal Massol, au micro, et Pascal Cousté

Pascal Massol, président de l’APLI, a commencé son intervention par ces mots « Toute la France attendait le Grand Ouest, car la clé était ici. Et toute l’Europe du lait attendait le signal de la France. Vous avez répondu présent ».

 

« Chacun pensait dans son coin qu’il était seul à ne pas y arriver. Or, le problème touche tout le monde dans tous les pays européens. L’Allemagne a perdu 3000 producteurs laitiers depuis le début de cette année. Et c’est une énorme lame de fond qui a fini par s’imposer, pas seulement au ministre français, mais à la Commission européenne. Madame Fischer Boel doit aujourd’hui faire le deuil de ses cinq années de travail à déréguler les filières agricoles. Nous avons réussi le premier mouvement européen. Et, comme c’est le premier, il va rester dans les annales ».

 

Le dirigeant de l’APLI insiste sur la nécessité de respecter les citoyens. « En dix mois, ce mouvement a été monté sans radicalisation, un mouvement qui sort de nulle part et qui se tient. Et, en un mois et demi, on a fait plus qu’en trente ans ».

 

Pour lui, ce qui a compté, c’est que les producteurs européens ont parlé de la même chose en même temps. La présidence suédoise a changé de comportement et de ton. Il y a besoin de régulation européenne pour régler les problèmes sociaux européens.

 

Il insiste : c’est une erreur de croire que la taille peut sauver. Au-delà de 40 vaches laitières par unité de travail humain, la rentabilité baisse. Refuser la régulation, c’est accepter de décapiter l’avenir du lait en Europe. Les producteurs qui arrêteront, personne ne les remplacera.

 

Le sondage Ouest-France (92% d’opinions favorables à la grève du lait) a été positif. Le milieu rural est accroché à l’élevage, en raison de l’emploi autour. Il a soutenu le mouvement.

 

Pas question d’une régulation à la sauce intégration, dite contractualisation. Le lobbying au niveau européen est bien engagé, notamment avec le Parlement (les échanges sont bons).

 

Des mesures à court terme, pour finir l’année, sont nécessaires. Les prix en France sont autour de 280 euros la tonne, mais en Europe du Nord, c’est moins (220-240). La flexibilité, décidée par les laiteries, c’est du vol. Des pressions devront être faites sur elles pour les amener à changer de méthode. Il faut rester zen. Nous devons être comme les mouches sur le dos des vaches. La queue ne va pas assez loin pour les attraper.

 

Pascal Cousté parle de 60 millions d’euros à redistribuer aux producteurs de lait. Il a proposé d’affecter 80 euros par tonne sur la base des 100 000 premiers litres par UTH de la référence laitière, soit 8000 euros. Par ailleurs, l’intervention serait prolongée jusqu’en février 2010.

 

Pascal Massol constate que les perspectives du marché laitier s’améliorent (remontée des prix en Asie et perspective de sécheresse en Océanie). A moyen terme, il faut mettre en place la régulation, celle proposée par l’EMB (European Milk Board), l’association des producteurs de lait au niveau européen.

 

A partir du lait, la régulation doit toucher les autres productions. Les avancées, maintenant, se font à petits pas. Mais l’obligation de résultat s’applique à tous, ministre de l’agriculture et représentants professionnels inclus.

 

L’hégémonie du pouvoir professionnel devra être limitée. Comme en politique, les mandats devront être ramenés à deux. Il n’est pas acceptable qu’un responsable professionnel cumule une dizaine de casquettes. Deux, ce serait assez.

 

Il faudra du temps pour obtenir la représentativité. L’APLI doit se structurer, tout en restant une association. Elle peut toucher un producteur sur deux. Il faut innover et prendre les bonnes idées (peu importe de qui vient l’idée, si elle est bonne). En matière de reconnaissance d’une association, il y a un précédent (une association horticole).

 


Maryline Chesnel
(Sud Manche) évoque le fonctionnement du CNIEL (Centre national interprofessionnel de l’économie laitière), dont le président est Henri Brichard, président de la FNPL (l’organisation laitière de la FNSEA).

 

Les cotisations obligatoires (1,22 euros par 1000 litres) des producteurs apportent 39 millions d’euros au CNIEL qui dispose d’un bel immeuble dans le 9ème arrondissement de Paris et consacre 52% de son budget à des actions de communication.


Paul de Montvalon (49) informe que les cotisations à la FNPL ne sont pas obligatoires. Il suffit de prévenir la laiterie, mais l'expérience du Maine-et-Loire montre que les réponses sont différentes selon les laiteries.
 


Pascal Cousté
 observe que la filière laitière française, tout en étant la plus riche du monde, a des difficultés, qui ont commencé à partir de l’élargissement de l’Europe, en 2005, et la dérégulation des marchés. Les pertes de parts de marché depuis un an s’élèvent à 28%. Les importations de lait de consommation ont augmenté. C’est toute la filière qu’il faut sortir de l’ornière.

 

Le souci, c’est la contractualisation, comme outil de régulation. Le mot contrat est à bannir. Dans une coopérative, l’éleveur appartient à la coopérative. Il n’a plus la liberté de choisir sa laiterie. L’organisation de producteurs n'est pas la panacée, car ce serait un maillon coûteux et l’outil de vente d’une carte syndicale. Il faut trouver d’autres solutions. 

 

 

Pascal Massol note un apport de poids : le rapport de la Cour des comptes européenne, très critique à l’égard de la politique de dérégulation de la Commission européenne. Madame Fischer Boel  n'a pas aimé. La question de sa succession est évoquée à Bruxelles. Entre un néerlandais ultralibéral et un roumain francophile, la tendance est plutôt en faveur de ce dernier.

A propos des coopératives laitières, il considère que les trois prix ABC relèvent de l'intégration pure et simple. Elles ont l'obligation de moyens, le but étant la valorisation du lait. Il faut un rapport de forces dans la négociation pour la fixation du prix. "Nous frappons à la porte. Si elle s'ouvre, pas besoin de l'arracher". Les producteurs doivent se prendre en mains. C'est la leçon de la grève. Il y a une prise de conscience, un changement de psychologie. On est responsable de ce qui nous arrive.

Un responsable de la Confédération paysanne est intervenu dans le débat pour rappeler que le projet des 21 pays est la régulation d'excédents, alors qu'il faudrait la régulation des volumes. L'objectif est un prix de 400 euros la tonne et la maîtrise des volumes.

Pascal Massol, en réponse à une question de la salle concernant les chambres d'agriculture, a indiqué que cela ne l'intéresse pas. Il ne s'intéresse qu'au lait, à son prix et à ce qui tourne autour. L'APLI va s'organiser, mais rester une association.

A l'EMB, partout, sauf en Autriche, les relations sont bonnes avec les ministres de l'agriculture. La France et l'Allemagne jouent un rôle moteur (35% du lait). Même au Danemark, 60% des producteurs de lait sont pour la régulation, le gouvernement est contre et les syndicats sont passifs. Les échanges de l'EMB (qui a son propre groupe d'experts) sont bons avec le groupe d'experts mis en place par l'Union européenne.

L'Apli va organiser des réunions départementales afin d'asseoir la légitimité des responsables. C'est fait en Mayenne. Sébastien Bellier est délégué principal; Stanislas de Poulpiquet est délégué technique; Hervé Delogé est délégué réseau (adjointe, Rosita Anfray); Ghislaine Laumonnier est délégué financier (adjoint : Jean-Claude Aubry).

Au nom de l'APLI 53, Hervé Delogé a fait applaudir Pascal Massol pour son action à la tête du mouvement et il a lu ce texte :

"Nous, les agriculteurs, on veut être reconnus à notre juste valeur et prouver que nous sommes indispensables. Continuons de le montrer, et fortement. Nous avons fait une bonne partie du chemin. Mais, nous arrêter serait reculer dramatiquement. Nous devons donc continuer d’avancer. Les choses vont très vite. Notre victoire est proche. Mobilisons-nous ! Le monde a trouvé le moyen de faire mourir de faim ceux qui, en cultivant la terre, font vivre les autres. Refusons cela et soyons fiers d’être agriculteurs. Courage ! Devenons européens".


* C'était aussi le cas le 17 septembre à La Chapelle Craonnaise, en Mayenne (voir Grève du lait : Pascal Massol (APLI) hier soir à La Chapelle-Craonnaise - 18 septembre 2009).

Cet article est le 140ème paru sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC

 

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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 23:53

Le préfet des Côtes-d’Armor ne doit pas se résigner

 

Les agriculteurs bretons, par la voix du président de la Chambre régionale d’agriculture, dénoncent des propos irresponsables de la part du préfet des Côtes-d’Armor qui a osé dire la vérité sur les pratiques agricoles qui sont à l’origine de la pollution des plages par les algues vertes.

 

- Voir Les origines du phénomène des algues vertes (communication de la préfecture)

- Algues vertes. Le rapport confidentiel du préfet qui accable les agriculteurs (Ouest-France)

- Algues vertes : les agriculteurs bretons dénoncent la note préfectorale (Le Monde).

 

France Nature Environnement n’a pas manqué de publier, ce 21 octobre, un long communiqué de presse relatif à cet évènement.

Un constat sans appel


Le préfet y dresserait un état des lieux sans complaisance pointant clairement la responsabilité de l’agriculture et de l’élevage en particulier et l’inefficacité des dispositions prise par les autorités publiques, jusqu’à maintenant (directive nitrate, programme d’action bassin versant contentieux, moyens incitatifs, contrôles et renforcement de l’application de la
réglementation).


Un aveu d’impuissance…


Ce constat posé le Préfet évoquerait la nécessité de « révolutionner […] les pratiques agricoles et changer complètement le modèle économique existant » mais ajoutant immédiatement que « cette évolution n’est pas envisageable pour le moment » parce que la profession n’y serait pas prête ! Et de conclure que pour éviter les recours l’Etat doit afficher une politique volontariste…


Pourtant des solutions existent


La responsabilité du phénomène des marées verte est collective, partagée entre agriculture, assainissement urbain et tourisme, industrie, particulièrement agroalimentaire et politique conduite par l’Etat. La solution ne pourra donc être que collective. Tout comme le préfet nous considérons que seule une révolution des pratiques agricoles permettra d’endiguer le phénomène. Mais au-delà de la stigmatisation d’une profession en particulier c’est bien l’ensemble du modèle économique et social qu’il faudra revoir en profondeur pour réussir à réduire d’au moins 40% les effluents arrivant à la mer d’ici 2012, engagement pris par l’ensemble des parties prenantes, y compris les organisations professionnelles agricoles, lors du Grenelle de la Mer.


Si l’action doit être drastique pour être efficace il faut se méfier des solutions radicales au point d’être caricaturales. Dans son rapport, le Préfet des Côtes d’Armor évoquerait par exemple « l’arrêt total de l’agriculture sur le bassin versant avec une conversion totale des terres en prairies fauchées mais non fertilisées ».


Pour Jean-Claude Bévillard, secrétaire national de FNE : « Il n’est pas question de stopper l'activité agricole ! La résolution du problème des algues vertes devra en revanche passer par un nouveau projet pour l'agriculture bretonne, comme l'agriculture bio et de Haute Valeur Environnementale (HVE), caractérisée par une faible dépendance aux intrants (engrais, énergie, aliments du bétail,...) et une place laissée à la nature (prairies naturelles, haies, bosquets,...). Dimensionnée en cohérence avec les capacités d'absorption du milieu, cette agriculture, liée au terroir, impacte faiblement l'environnement et permet le maintien de l’agriculture, de l’activité et du tissu social. FNE renouvelle sa demande d’une concertation entre les acteurs poli tiques, économiques, sociaux et environnementaux pour élaborer un plan global. »


Par ailleurs, il nous semble réducteur de focaliser uniquement sur la contribution de l’agriculture, minimisant de fait celle liée à la fréquentation touristique et aux pratiques de certaines collectivités et de certains habitants (assainissement, produits lessiviels et effluents organiques) ou celle de l’industrie.


Agir maintenant


Pour Christian Garnier, vice président de FNE, « FNE a mis sur la table du Grenelle de la mer la nécessaire réduction des rejets agricoles industriels et urbains, et notamment des produits lessiviels des ménages et des entreprises. Le temps n’est plus aux tergiversations, au renoncement, ni à « l’affichage d’une politique volontariste », mais à l’action. S’il faut inventer « un nouveau modèle économique », il est plus que temps de s’y engager effectivement, en s’appuyant au besoin sur les propositions réalistes portées depuis des années par les associations de défense de l’environnement ! La question des algues vertes doit être un chantier exemplaire de la concrétisation du Grenelle de la Mer. »


Pour sa part,  l’association Eaux et Rivières se veut pédagogique : Eau et rivières de Bretagne : Les marées vertes
.


Combattre l'eutrophisation à la source

Les cas de figure suscités ne constituent que des solutions provisoires, puisque c'est à la source que doit être supprimée la pollution, conformément aux définitions convergentes du principe de prévention : l'objectif est une fois de plus la réduction du taux de nitrate dans les cours d'eau.

·         Si le réseau hydrographique s'appuie sur des eaux souterraines, toute intervention est impossible à court ou moyen terme une fois la nappe polluée. C'est donc en amont qu'il faut agir : réduire l'apport d'azote dans les sols et les eaux, ce qui implique un changement des pratiques agricoles, entre autres,

o        remplacement du maïs par de la prairie,

o        réduction drastique des sols nus l'hiver,

o        fertilisation raisonnée.

Un tel schéma repose tout d'abord sur la perception des nuisances par toute la population, puis sur le développement de campagnes d'information et de sensibilisation auprès des agriculteurs.

·         Si le réseau hydrographique s'appuie essentiellement sur des eaux superficielles, une voie à développer est l'augmentation du pouvoir épurateur du bassin versant, entre autres,

·         mise en place de talus, de haies et de zones boisées,

·         préservation et restauration de zones humides en fond de vallée,

·         maîtrise des réseaux drainage vers les zones épuratoires.

Cependant, il est à craindre que, même mise en pratique, ces mesures ne fassent guère diminuer les fuites de nitrates. En revanche, l'adoption d'un modèle agricole non conventionnel, dit durable, comme le CEDAPA, PARADE, ou biologique serait la vraie solution. Ces systèmes engendrent des fuites d'azote incomparablement moindres. De plus, ils utilisent peu ou pas de pesticides. Cette révolution sera sans doute nécessaire pour inverser durablement le cours actuel des choses.

Quoi qu'il en soit, une fois entamées, ces opérations : pas de miracle ! Les marées vertes ne disparaîtront qu'après un temps de réponse plus ou moins long. C'est à dire lorsque les nappes polluées se seront renouvelées, et que l'azote accumulé dans le sol aura été déstocké...

 

 

Cet article est le 139ème paru sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.
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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 22:56

L’enjeu, c’est le maintien d’une agriculture familiale

 

La grève du lait en Europe était strictement professionnelle. Le combat des producteurs de lait (voir sur ce blog Bruxelles : Pascal Massol et l'APLI estiment avoir marqué des points - 7 octobre 2009) s’ouvre désormais sur les autres productions agricoles et sur la société. Il prend une dimension sociale, car il est perçu comme un enjeu de société. C’est la survie d’une agriculture familiale dans toute l’Europe qui est en jeu dans les négociations européennes qui ont lieu à Bruxelles ou à Luxembourg.

 

Les responsabilités des institutions européennes sont lourdes dans le virage libéral qui a été pris dans les années 1990 et, plus encore, lors de la réforme de la Politique Agricole Commune en 2003. La gestion des quotas laitiers par la Commission européenne est calamiteuse, purement idéologique.

 

La Commissaire européenne à l’agriculture, Mme Fischer Boel, bat les records à cet égard, refusant d’agir pour faire baisser les volumes produits (le surplus de production est limité à 3%). Par contre, elle n’hésite pas à demander aux Etats membres de lui accorder des compétences accrues pour réagir aux aléas du marché (voir un article paru le 9 octobre sur le site de La Libre Belgique Lalibre.be - Lait: La Commission UE veut plus de compétences).

 

De nombreux élus politiques mettent en cause la gestion européenne du dossier laitier. Ainsi, le président de la Région Basse Normandie, Laurent Beauvais, défend l’exploitation familiale, ou de taille moyenne, la seule à même de pouvoir permettre le développement d’une agriculture diversifiée et respectueuse du territoire.

Voici ce que Laurent Beauvais écrivait, le 10 octobre, sur son blog, sous le titre Dialogue de sourds à Bruxelles :

Je viens de passer 48 h à Bruxelles comme je m'efforce de le faire une fois par trimestre pour faire le tour des dossiers bas-normands qui ont une dimension fortement européenne. A l'agenda pour ce déplacement : la recherche, la politique régionale (les fonds Feder se consomment mal en Basse-Normandie !) et l'agriculture avec la question laitière.
J'ai ainsi été reçu par Jean Claude DEMARTY, Directeur général de l'agriculture, désigné, après la rencontre ratée des ministres de l'agriculture du 5 octobre dernier, comme chef du groupe d'experts qui doit faire des propositions en juin prochain ( ! ) sur la question des prix du lait.


Dialogue de sourds !

En effet j'ai découvert un haut fonctionnaire complètement fermé aux analyses qui sont faites sur le terrain à propos de la disparition attendue des quotas. Il considère que les pays membres ne reviendront pas sur la décision prise en 2003 de supprimer ce qui avait été crée en 1984.
J'ai présenté les initiatives prises en région et ai rappelé une  revendication immédiate des producteurs : le gel de l'augmentation des libérations des quotas de 1%. Sur cette question il réaffirme que la commissaire danoise, qui termine son mandat, s'y oppose totalement. Il m' a dit qu 'il fallait être moderne, me faisant ainsi comprendre que vouloir défendre un modèle d'exploitation familiale était ringard !

Je me suis heurté à un mur
. Le travail des experts européens est de proposer une nouvelle régulation que l'on définit en ce moment par "contractualisation" et qui est rejetée massivement.

Je suis très inquiet sur la suite des évènements
. On a compris que la FNSEA voulait reprendre la main en organisant des manifestations à sa mode (finie la grève, à l'assaut des préfectures !) et en privilégiant la revendication du très court terme ("l'année blanche " et des aides comme à l'ancienne !),  misant moins sur le long terme (il m'apparaît que le syndicat majoritaire est favorable à la "contractualisation" ? C'est à préciser).

Le Ministre Le Maire tarde à répondre à la demande RV que les 3 Présidents des Région Pays de la Loire, Bretagne et Basse-Normandie, avons faite.


Pour sa part, Pascal Massol et ses amis de l’APLI ont publié un communiqué le 8 octobre sur le site de l’APLI (voir
ASSOCIATION NATIONALE DES PRODUCTEURS DE LAITS INDEPENDANTS est ...)

 

Les actions et la mobilisation générées par l’APLI et l’EMB ont modifié le calendrier de l’ensemble de la filière laitière Française et Européenne. Aujourd’hui, après seulement 6 mois de gestation et quelques semaines d’existence, un bilan s’impose.

 

·         La régulation de production comme arme de maintien du prix est acquise par les élus Européens.

·         Les moyens d‘analyse et de construction ont été instaurés dans la foulée.

·         L’acquisition qu’une interprofession rénovée et plurielle est nécessaire.

·         La contractualisation a disparu du vocabulaire et n’apparaît plus comme l’unique alternative à la crise laitière.

·         La notion de rémunération du travail n’est plus taboue.

·         Tous les cours des produits laitiers sont en hausse. Ces augmentations ne peuvent être répercutées aux producteurs sous couvert, du dernier contrat en vigueur, signé le 3 juin.

·         L’argument de la non valorisation d’une partie de la production, n’est plus recevable. Par voie de conséquence, la flexibilité n’a plus de raison d’être appliquée.

·         La baisse de prix annoncée par les industriels en fin d’année, n’est plus d’actualité.

·         La détresse des éleveurs et l’urgence d’un plan de sauvetage sont reconnues.

·         L’incapacité chronique de Mme Fischer Boel est confirmée.

 

L’APLI se félicite du travail d’écoute, de compréhension, de mobilisation et d’engagement du Ministre de l’agriculture, Monsieur Bruno Le Maire, ainsi que de l’appui d’une majorité d’élus, toutes tendances confondues.

 

L’APLI apporte donc son soutien total et ferme, à Bruno Le Maire, dans la poursuite de ses démarches et s’engage à ne juger son action qu’après propositions concrètes. L’APLI rappelle toutefois qu’en cas de déception ou de manipulation, la réaction de ses adhérents sera proportionnelle au calme et à la rigueur dont l’association a fait preuve jusqu’à ce jour.

 

Association transversale et spécialisée, l’APLI a conscience que toutes les filières agricoles sont touchées par la crise, mais surtout par des années d’immobilisme et de rejet des réalités de terrain.

L’association s’associe au désarroi de tous les agriculteurs, quelque soit la production, et remercie ceux qui les soutiennent dans leur lutte pour un lait équitable. Mais fidèle à sa ligne de conduite, respectant les biens et les personnes, l’APLI ne participera à aucun mouvement de revendication, visant à déranger les consommateurs.

 

Conforté dans ses positions par les acquis obtenus en quelques jours, l’APLI rappelle la méthode qui a généré son succès :

. Se prendre en main individuellement pour des solutions collectives.

. Respecter autrui pour être respecté.

. Etre objectif dans l’analyse et créatif dans les propositions.

. Rester positif, déterminé et droit.


 

Pascal Massol et les producteurs de l'APLI à Bruxelles le 5 octobre, en compagnie de l'eurodéputé José Bové

Cet article est le 138ème paru sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC
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10 octobre 2009 6 10 /10 /octobre /2009 23:48

Le libéralisme n’a pas sa place en agriculture

 

C’était dans les tuyaux depuis une dizaine de jours. Le secrétariat national du MRC a examiné, mercredi, le texte concernant les orientations nouvelles à donner à l’agriculture (voir le texte initial que j’avais modifié avant de le proposer à la décision des instances dirigeantes : Crise laitière : l'Europe agricole doit prendre le virage de la régulation - 4 octobre 2009).

 

Après avoir été amendé, voici le texte d’orientation qui a été mis en ligne, ce 10 octobre, sur le site du Mouvement Républicain et Citoyen. Les militants peuvent s’en saisir, car c’est désormais la position de l’ensemble de notre parti. Elle s’inspire largement, dans sa seconde partie, de l’intervention de notre président, Jean-Pierre Chevènement, au Sénat, le 25 juin 2009.

 

Des orientations nouvelles pour l’agriculture

 

Les situations de crise se multiplient dans les productions agricoles. Les prix s’effondrent. Selon l’INSEE, en juillet 2009, l’indice général des prix des produits agricoles a baissé de 15,6% en un an. C’est une moyenne qui cache de grandes différences, liées à la volatilité des cours. Pour le lait, la baisse est de 24,4%. Pour les fruits (-34%) et les légumes (-19%), ce n’est pas mieux et, pour les porcs (-8%), c’était déjà mauvais il y a un an. Les prix des céréales sont en baisse, la production étant en augmentation cette année. Ce sont donc presque toutes les productions qui sont touchées par la baisse des prix. Même si les rendements compenseront, le revenu agricole 2009 sera probablement médiocre. Les aides publiques européennes montreront leur justification, même si elles sont distribuées selon des critères qu’il faudrait corriger.

L’union européenne a choisi de faire jouer la concurrence et d’aller vers la suppression des mesures de régulation des marchés.
- Les producteurs français de fruits et légumes sont en concurrence avec leurs collègues européens, dont les législations sociales du travail et leurs modalités d’application sont moins favorables aux salariés qu’en France (par exemple, l’Allemagne, sans salaire minimum dans l’agroalimentaire).
- Les producteurs de porcs sont placés dans un environnement européen libéral qui laisse se développer des usines de fabrication de porcs à base de capitaux extérieurs à l’agriculture dans certains pays (la concurrence entre bassins de production est sauvage).
- La dérégulation est à l’œuvre aussi dans la filière laitière, qui bénéficie du système des quotas depuis 1984, mais les gouvernements ont décidé de les supprimer à partir de 2015 et, en attendant, d’accroître la production autorisée de 1% par an, au moment où la surproduction fait baisser les prix.

Plus encore, la politique d’achat des surplus agricoles va être totalement dévoyée. En destinant ces surplus à une remise sur le marché lors d’une meilleure conjoncture, la commission européenne respecte certes le dogme libéral. Elle va surtout interdire à jamais un retour des agriculteurs à des prix décents en pesant sur les prix.

Les producteurs de lait ont été les premiers à réagir en organisant la grève des livraisons aux industriels laitiers, au niveau européen, afin d’obtenir des pouvoirs publics une réorientation de la politique agricole européenne conduisant à des prix suffisamment rémunérateurs (régulation souple de l’offre en fonction du marché). A plus long terme, leur objectif est de maintenir, durablement, une bonne couverture géographique de la production et de l’industrie laitières en Europe.

Ils ont obtenu satisfaction seulement sur un point : les 27 ministres de l’agriculture, réunis à Bruxelles le 5 octobre, ont décidé de demander à un groupe d’experts de proposer (pas avant juin 2010 !) un nouveau système de régulation des marchés laitiers. Mais rien en ce qui concerne les mesures concrètes pour faire remonter les prix du lait à la production.

La Commissaire européenne à l’agriculture, Mme Fischer Boel, est en fin de mandat. Elle est le symbole même de la politique de l’Union européenne de désengagement des pouvoirs publics du secteur agricole, qui a conduit à une extrême volatilité des prix et des revenus agricoles.

Il est de la responsabilité des Etats de proposer à ce poste une personnalité favorable à une politique européenne de régulation et de maîtrise de l’offre de produits agricoles en fonction de la demande.

L’intervention publique est indispensable pour arbitrer entre les intérêts des différents acteurs de la filière (producteurs, transformateurs, distributeurs, consommateurs). Depuis le début de la crise, les producteurs et les consommateurs ont été pénalisés par des prises de marges excessives, variables selon les produits, de la part des industriels et des centrales d’achat liées à la grande distribution.

La puissance publique doit aussi changer les règles de distribution. L’achat par la grande distribution, du litre de lait à 25ct quand le coût de production est supérieur à 30 ct est évidemment intolérable. Mais cet écart devient insupportable quand on considère le prix de vente au public à plus d’un euro.
La grande distribution ne peut avoir le droit de sacrifier les agriculteurs à l’augmentation de ses marges.

L’agriculture a des caractéristiques propres qui nécessitent un traitement particulier de ses producteurs, dont les produits sont essentiels à l’alimentation humaine.

Si le processus libéral initié par l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) devait se poursuivre et si les décisions prises en novembre 2008, à l’occasion du « bilan de santé de la PAC », étaient confirmées, on irait tout droit vers le démantèlement de la Politique Agricole Commune (PAC), ce qui est inacceptable. Il faut une réorientation de la PAC en lui fixant un objectif prioritaire : la sécurité alimentaire, ce qui implique de vérifier la nécessité des importations, comme le font les grands pays asiatiques.

Ce qui implique aussi la nécessité du maintien des moyens des services de l’Etat pour conduire une politique agricole digne de ce nom. En effet, au travers de la RGPP, on assiste à la destruction préjudiciable des services du ministère de l’agriculture (baisse des moyens de l’enseignement agricole, suppression des DDAF, des DDSV, concentration sur les régions).

Comme l’a proposé Jean-Pierre Chevènement lors du débat organisé, à sa demande, le 25 juin 2009 au Sénat, il faut revenir à des notions simples :

1- rechercher l’autosuffisance agricole à l’échelle des grandes régions du globe, le commerce agricole étant secondaire.
2- soutenir les revenus et orienter les productions par les marchés et par les prix, rompre avec le système des aides directes.
3- viser l’objectif de régulation, en faisant en sorte de ne pas trop s’éloigner des prix internationaux sur le long terme, et en tenant compte de multiples paramètres régionaux.
4- associer les producteurs aux mécanismes de régulation.

En bref, l’objectif est de trouver un bon équilibre entre le système interne à l’Europe et les relations avec les pays tiers, notamment africains. Les aides au stockage sont préférables pour adapter l’offre aux besoins de consommation. Les aides à l’exportation devront être diminuées, puis supprimées.

Il faut mettre en avant le concept d’une PAC renouvelée et viable, recherchant une certaine autosuffisance alimentaire, ne dépendant qu’à la marge des marchés et des prix mondiaux, afin d’éviter les trop grandes variations de prix et de revenus. Il s’agit d’organiser les relations commerciales dans le cadre de grands espaces agricoles, ce qui permettra de maintenir les paysanneries, en Europe et ailleurs.

La crise alimentaire de 2006-2008 a montré que l’équilibre alimentaire du monde était loin d’être assuré dans le long terme. La situation de l’Afrique est à cet égard particulièrement préoccupante. L’Europe, en raison de son histoire mais aussi de sa proximité géographique, a le devoir de s’en préoccuper si l’on veut éviter de grands mouvements migratoires. On ne peut confier cette mission aux seules lois du marché. L’Afrique est le prolongement naturel de l’Europe.

Notre continent a le droit de se protéger vis-à-vis des grands pays neufs qui n’ont pas les mêmes contraintes. L’Europe peut pourvoir pour l’essentiel à ses besoins alimentaires. Cet objectif d’une relative autosuffisance alimentaire ne nous coupera pas du marché mondial, mais le remettra à sa place qui ne saurait être la première. Car d’autres considérations économiques, sociales, sanitaires, environnementales, doivent primer.

D’une manière générale, il faut opposer au libre-échangisme doctrinaire le principe d’une concurrence équitable dans les échanges internationaux. Nous voyons les produits industriels fabriqués dans les pays à bas coût envahir nos marchés à des prix de dumping, qu’il s’agisse de dumping social, monétaire ou environnemental. La France et l’Europe seraient bien inspirées de ne pas poursuivre dans le domaine agricole le désarmement unilatéral auquel elles ont procédé en matière industrielle.

Nous ne voulons pas que notre agriculture disparaisse comme ont déjà disparu des pans entiers de notre industrie. Nous voulons une Europe qui protège et non une Europe ouverte et offerte, simple relais du libéralisme mondialisé.

--------
Voir aussi les actes de la table-ronde de la Fondation Res Publica "Quelle politique agricole, au défi de la crise alimentaire mondiale ?", tenue le 9 juin 2008 et du colloque "L'avenir de la politique agricole commune", tenu le 26 juin 2006.

 

Cet article est le 137ème paru sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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7 octobre 2009 3 07 /10 /octobre /2009 20:48

 

Comment faire revenir les pouvoirs publics dans le jeu laitier ?

 

Les producteurs de lait sont allés manifester à Bruxelles le 5 octobre, afin de mettre la pression sur les 27 ministres de l’agriculture réunis à l’initiative du ministre français et de sa collègue allemande. Cette réunion, ils le savaient, n’était pas suffisante pour résoudre la crise, mais ils espéraient une prise de conscience du pouvoir politique européen de la gravité de la situation et de l’urgence de trouver une solution.

 

Selon Luc Vernet, correspondant de Ouest-France, L'Europe n'a rien lâché de plus pour le lait (6 octobre). En réalité, ce sont surtout les dirigeants de la FNSEA, des JA et de la FNPL, c’est-à-dire les syndicats majoritaires, qui sont les plus critiques. Normal, ils avaient combattu le mouvement de grève des producteurs de lait qui avait abouti à cette réunion des ministres à Bruxelles.

 

Ce 7 octobre, le même journal enfonçait le clou : Lait : les réactions au sommet de Bruxelles.

 

Le sommet a accouché d'une souris. C'est l'appréciation portée par les syndicats agricoles sur le conseil extraordinaire des ministres européens de l'Agriculture, consacré à la crise laitière, à Bruxelles, lundi.

Selon la FRSEA et les Jeunes agriculteurs de l'Ouest, « la nouvelle régulation européenne est une coquille vide. La Commission européenne persiste dans la libéralisation des marchés. »

Selon la Confédération paysanne de Loire-Atlantique, « la mise en place d'une commission d'experts est un recul. La démonstration de la nécessité de régulation de l'offre à l'échelle européenne n'est plus à faire. »

Le syndicat paysan demande au ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire de « réunir tous les acteurs de la filière pour revoir le prix payé au producteur de façon à ce qu'il couvre, au minimum, le coût de production. Si des entreprises de transformation ont des difficultés, l'État doit les soutenir, comme il l'a fait pour les banques. »

 

La seule note positive à l'issue du sommet émane des députés européens Christophe Béchu et Michel Dantin (UMP, Parti populaire européen). « Les ministres des 27 pays ont conclu que le marché européen des produits laitiers nécessitait une régulation. C'est une avancée politique qui offre la perspective d'une nouvelle gestion du marché. »


 
L’association des producteurs de lait indépendants (APLI) et son président constatent qu’un pas a été fait dans la bonne direction, même si les ministres n’ont pas répondu à l’urgence. Pascal Massol a répondu aux questions de Jacques Ripoche dans Sud-Ouest, le 6 octobre.

 

Voir LAIT « Il nous faut encore 15 000 euros » - Accueil / Actualité ...

 

Quels enseignements tirez-vous de la réunion de lundi à Bruxelles ? Aucune porte n'est fermée. On a même entendu Mme Fischer Boel, la commissaire européenne, parler de régulation. C'est plutôt une bonne nouvelle. Jusqu'à présent le mot « régulation » n'entrait pas dans le vocabulaire de cette ultralibérale (rire) !

Qu'attendez-vous du groupe d'experts qui va se mettre en place ? Dans ce groupe, on va retrouver, en partie, des gens que l'on connaît. Donc, on va continuer à discuter avec eux jusqu'à ce que l'on trouve une solution qui nous satisfasse.

Quelle est la mesure que vous revendiquez le plus ? Incontestablement, la mise en place d'un indicateur de prix européen. Il permettrait, derrière, de fixer les volumes, et ce, sous l'autorité publique.

Pourtant, lundi soir, les organisations agricoles ont exprimé leur déception... Oui. La porte n'est pas fermée à moyen terme. Cela dit, les organisations agricoles attendaient aussi des mesures de court terme pour aider les producteurs laitiers en difficulté à passer le cap. Ces mesures n'étaient pas au rendez-vous.

Que demandez-vous précisément pour passer le cap ? Il nous faut 15 000 euros par tranche de 200 000 litres de lait. Nous pensons que c'est possible.

Que comptez-vous faire ? Nous réfléchissons à des actions intelligentes et innovantes que l'on ne peut pas dévoiler pour le moment. Mais nous allons interpeller l'État, les politiques. Il nous faut obtenir ces 15 000 euros. On ne lâchera pas. On n'a pas d'autre issue que de gagner. Il faut qu'on y aille !

Vous avez fondé l'Apli, en laquelle, au départ, peu de monde croyait. Comment mesurez-vous le chemin parcouru ? On ne peut être que satisfait. Quand vous partez à 3 et que vous vous retrouvez 30 000 à faire la grève du lait, c'est énorme ! Et sans la grève du lait, il n'y aurait pas eu la réunion de Bruxelles, lundi dernier...

Mais qui est Massol : un nouveau Bové ou un autre Lacombe ?

 

 

Mais qui est donc Pascal Massol ? Il fait trembler les institutions européennes au point de convoquer dans l'urgence un sommet informel le 5 octobre. En un été, il a mobilisé les agriculteurs de la France entière avec un point d'orgue : la marée blanche du Mont Saint Michel, le 21 septembre, soit dix jours après le lancement de la grève européenne du lait.

 

Ce paysan de l'Aveyron est issu du Segala, ces terres pauvres au sud de Rodez, juste bonne à produire du seigle. Mais très riches pour faire émerger de grands responsables agricoles nationaux. Il faut citer dans l'ordre chronologique, un président de la FNSEA en 1986 : Raymond Lacombe. Un des créateurs de la Confédération Paysanne, José Bové, en 1987. Un ministre de l'Agriculture, Jean Puech, en 1993. Et enfin un secrétaire général de la FNSEA, Dominique Barrau en 2005. Puis, désormais, avec la grève européenne du lait de septembre 2009 : Pascal Massol, éleveur laitier et créateur de l'APLI (Association des producteurs de lait indépendant).

Quoi qu'il arrive désormais, il faudra compter avec lui. Pour mieux comprendre ce nouveau Bové ou ce futur Lacombe qui n'a pas sa langue dans sa poche et est armé de bon sens, il fallait aller chez lui à sa rencontre, voir comment il vivait et vérifier si les rumeurs sur son compte souvent de la part d'opposants étaient vérifiées. A vous de juger, j'ai découpé la visite en 7 séquences pour ne pas lasser l'internaute.

 

Un nouveau José Bové ? Justement, la discussion semble animée entre Pascal Massol et le nouveau député européen, sous les yeux d’un jeune paysan mayennais (Bruxelles, 5 octobre). Voir photo ci-dessous.

 

 



Pour se détendre
, voir une photo réjouissante (Le Figaro, 5 octobre) montrant les forces de l’ordre sur la défensive. A ne pas manquer sur http://minu.me/158l.

 

Plus sérieusement, dans l’Humanité, le 6 octobre, un témoignage de producteurs des Côtes-d’Armor : Crise du lait. "D'ici un an, on n'aura plus rien".

 

Sur son blog, le 2 octobre, Patrick Le Hyaric interpelle la Commissaire à l’agriculture.

 

Cet article est le 136ème paru sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 22:20

Pleins feux sur les 27 ministres de l’agriculture

 

Le mouvement revendicatif des producteurs de lait a été suspendu jusqu’au 5 octobre, date de la réunion convoquée en urgence à Bruxelles pour permettre aux ministres de l’agriculture des 27 pays membres de l’Union européenne de prendre des décisions face à la crise laitière. Voir sur ce blog les articles concernant ce mouvement, dont le plus récent : Suspension de la grève du lait : Pascal Massol (APLI) a réussi son pari - 26 septembre 2009.

 

Les ministres de l’agriculture sont attendus sur deux points :

- Les prix à la ferme doivent remonter dans les meilleurs délais,

- Il faut mettre de la régulation dans le système, afin d’éviter de trop grandes variations de prix.

 

Voici le texte que j’ai proposé, la semaine dernière, à mes camarades du secrétariat national du Mouvement Républicain et Citoyen (l’amendement de Josette Robert a été intégré).

Je remercie, par avance, celles et ceux qui, au sein du MRC ou au-delà, me transmettront leurs observations sur ce texte (sorinmichel@wanadoo.fr).

 

Des orientations nouvelles pour l’agriculture 

 

Les situations de crise se multiplient dans les productions agricoles. Les prix s’effondrent. Selon l’INSEE, en juillet 2009, l’indice général des prix des produits agricoles a baissé de 15,6% en un an.  C’est une moyenne qui cache de grandes différences, liées à la volatilité des cours. Pour le lait, la baisse est de 24,4%. Pour les fruits (-34%) et les légumes (-19%), ce n’est pas mieux et, pour les porcs (-8%), c’était déjà mauvais il y a un an. Les prix des céréales sont en baisse, la production étant en augmentation cette année. Ce sont donc presque toutes les productions qui sont touchées par la baisse des prix. Même si les rendements compenseront, le revenu agricole 2009 sera probablement médiocre. Les aides publiques européennes, très diverses selon les productions et l’historique des exploitations, montreront leur justification.

 

L’union européenne a choisi de faire jouer la concurrence et d’aller vers la suppression des mesures de régulation des marchés.

- Les producteurs français de fruits et légumes sont en concurrence avec leurs collègues européens, dont les législations sociales du travail et leurs modalités d’application sont moins favorables aux salariés qu’en France.

- Les producteurs de porcs sont placés dans un environnement européen libéral qui laisse se développer des usines de fabrication de porcs à base de capitaux extérieurs à l’agriculture dans certains pays.

- La dérégulation est à l’œuvre aussi dans la filière laitière, qui bénéficie du système des quotas depuis 1984, mais les gouvernements ont décidé de les supprimer à partir de 2015 et, en attendant, d’accroître la production autorisée de 1% par an, au moment où la surproduction fait baisser les prix.

 

Les producteurs de lait ont été les premiers à réagir en organisant la grève des livraisons aux industriels laitiers, au niveau européen, afin d’obtenir des pouvoirs publics une réorientation de la politique agricole européenne conduisant à des prix suffisamment rémunérateurs (régulation souple de l’offre en fonction du marché). A plus long terme, l’objectif est de maintenir, durablement, une bonne couverture géographique de la production et de l’industrie laitières en Europe. Dans l’immédiat, ils ont obtenu la réunion du conseil des ministres de l’agriculture, à Bruxelles, le 5 octobre. La grève du lait est suspendue jusqu’à cette date.

 

La France, alliée à l’Allemagne, a réuni les conditions (20 pays, majorité qualifiée) pour que l’Union européenne renoue avec des mesures de régulation. C’est une première victoire des organisations qui ont initié et conduit ces actions revendicatives : APLI - Association des producteurs de lait indépendants - et OPL - Organisation des producteurs de lait - très actives au sein de l’EMB - European Milk Board. La Commission européenne est contrainte de se remettre en question. La Commissaire à l’agriculture, Mariann Fischer Boel, ultralibérale, a décidé de ne pas solliciter le renouvellement de son mandat.

 

Ce mouvement novateur, initié par les producteurs de lait, reflète l’évolution en profondeur du monde agricole. Les agriculteurs sont des gestionnaires qui calculent leur prix de revient et s’informent directement par Internet. Ils constatent l’incapacité de leurs organisations professionnelles à peser sur les politiques agricoles au niveau européen. La défense de leurs intérêts professionnels les pousse à se prendre en mains et à unir leurs forces, au-delà des préférences syndicales.

 

La FNSEA, syndicat majoritaire, et sa branche laitière, la FNPL, sont lourdement remises en cause, car leurs dirigeants ont désapprouvé le mouvement, à la différence de la Coordination Rurale, très engagée au côté de l’OPL, et de la Confédération paysanne, les deux principaux syndicats minoritaires. A noter que la base de la FNSEA a, souvent, rejoint le mouvement ; ainsi, en Aquitaine, avec le slogan « colère noire pour une année blanche » (demande de prise en charge des charges sociales et financières).

 

Le déclic, c’est la colère, le refus de l’injustice de voir le travail mal rémunéré, le sentiment que la vie peut basculer en raison de l’incurie des responsables professionnels et politiques qui n’ont pas su organiser les filières agricoles de manière équitable et durable. Les agriculteurs sont épris de liberté et de responsabilité. Ils font un travail utile à la collectivité et voudraient être respectés à ce titre. Ils ont modernisé leurs équipements selon les normes européennes et sont prêts à faire davantage encore pour respecter l’environnement et produire propre. Mais il y a une condition : être rémunérés de leur travail, correctement et durablement.

 

Pour cela, une politique européenne est nécessaire, visant à la régulation de l’offre en fonction de la demande. Cette politique a été abandonnée pour laisser place à la dérégulation, conformément à la volonté de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), qui reste figée sur la théorie des avantages comparatifs. Son directeur général, Pascal Lamy, fait preuve du libéralisme le plus dogmatique, en voulant obstinément mener le cycle de Doha (libéralisation du commerce) à son terme, objectif que le G20 a repris à son compte à Pittsburgh.

 

Or, l’agriculture a des caractéristiques propres qui nécessitent un traitement particulier de ses producteurs, dont les produits sont essentiels à l’alimentation humaine.

 

Si le processus libéral initié par l’OMC devait se poursuivre et si les décisions prises en novembre 2008, à l’occasion du « bilan de santé de la PAC », étaient confirmées, on irait tout droit vers le démantèlement de la Politique Agricole Commune (PAC), ce qui est inacceptable. Il faut une réorientation de la PAC en lui fixant un objectif prioritaire : la sécurité alimentaire, ce qui implique de vérifier la nécessité des importations, comme le font les grands pays asiatiques.

 

Comme l’a proposé Jean-Pierre Chevènement lors du débat organisé, à sa demande, le 25 juin 2009 au Sénat, il faut revenir à des notions simples :

 

1- rechercher l’autosuffisance agricole à l’échelle des grandes régions du globe, le commerce agricole étant secondaire.

2- soutenir les revenus et orienter les productions par les marchés et par les prix, rompre avec le système des aides directes.

3- viser l’objectif de régulation, en faisant en sorte de ne pas trop s’éloigner des prix internationaux sur le long terme, et en tenant compte de multiples paramètres régionaux.

4- associer les producteurs aux mécanismes de régulation.

 

En bref, l’objectif est de trouver un bon équilibre entre le système interne à l’Europe et les relations avec les pays tiers, notamment africains. Les aides au stockage sont préférables pour adapter l’offre aux besoins de consommation. Les aides à l’exportation devront être diminuées, puis supprimées.

 

Il faut mettre en avant le concept d’une PAC renouvelée et viable, recherchant une certaine autosuffisance alimentaire, ne dépendant qu’à la marge des marchés et des prix mondiaux, afin d’éviter les trop grandes variations de prix et de revenus. Il s’agit d’organiser les relations commerciales dans le cadre de grands espaces agricoles, ce qui permettra de maintenir les paysanneries, en Europe et ailleurs.

 

La crise alimentaire de 2006-2008 a montré que l’équilibre alimentaire du monde était loin d’être assuré dans le long terme. La situation de l’Afrique est à cet égard particulièrement préoccupante. L’Europe, en raison de son histoire mais aussi de sa proximité géographique, a le devoir de s’en préoccuper si l’on veut éviter de grands mouvements migratoires. On ne peut confier cette mission aux seules lois du marché. L’Afrique est le prolongement naturel de l’Europe.

 

Notre continent a le droit de se protéger vis-à-vis des grands pays neufs qui n’ont pas les mêmes contraintes. L’Europe peut pourvoir pour l’essentiel à ses besoins alimentaires. Cet objectif d’une relative autosuffisance alimentaire ne nous coupera pas du marché mondial, mais le remettra à sa place qui ne saurait être la première. Car d’autres considérations économiques, sociales, sanitaires, environnementales, doivent primer.

D’une manière générale, il faut opposer au libre-échangisme doctrinaire le principe d’une concurrence équitable dans les échanges internationaux. Nous voyons les produits industriels fabriqués dans les pays à bas coût envahir nos marchés à des prix de dumping, qu’il s’agisse de dumping social, monétaire ou environnemental. La France et l’Europe seraient bien inspirées de ne pas poursuivre dans le domaine agricole le désarmement unilatéral auquel elles ont procédé en matière industrielle.

Nous ne voulons pas que notre agriculture disparaisse comme ont déjà disparu des pans entiers de notre industrie. Nous voulons une Europe qui protège et non une Europe ouverte et offerte, simple relais du libéralisme mondialisé.

 

Cet article est le 135ème paru sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 23:04

Des actions laitières innovantes, simples et efficaces

 

Après deux semaines de grève des livraisons de lait (elle avait été lancée le 10 septembre à Paris ; voir sur ce blog La grève du lait remet en cause les industriels et le système européen - 15 septembre 2009), les producteurs engagés dans le mouvement recevaient, le 24 septembre, à 18h, le message suivant : « La grève du lait est suspendue jusqu’au 5 octobre, faites confiance au président de l’APLI Pascal Massol, écoutez ce soir la télé APLI ».


La « télé APLI », c’est la « chaîne TV des producteurs de lait indépendants », qui diffusait le point de presse quotidien de Pascal Massol (voir http://webdev7.gsinfo.ch/SOFTITV_WEB/accueil.awp).



Pascal Massol au micro - voir Grève du lait : Pascal Massol (APLI) hier soir à La Chapelle-Craonnaise - 18 septembre 2009


Le 25 septembre, à Bruxelles, communiqué de l’EMB (l’organisation des producteurs de lait européens) :


« La classe politique bouge. Nous allons pour l’instant suspendre un des éléments de notre révolte, la grève du lait, mais nous la reprendrons immédiatement si aucune décision politique n’est clairement prise pour venir à bout de la situation insupportable du marché laitier
» déclare Pascal Massol, président de l’organisation des producteurs laitiers indépendants APLI, en ajoutant « Une agriculture contractuelle ne saurait être une solution acceptable ».


Le président de l’EMB, Romuald Schaber, réaffirme la nécessité d’une régulation politique européenne : « Le marché laitier a besoin d’une régulation souple de la production à l’échelle européenne, un équilibrage entre l’offre et la demande car le prix doit être équitable pour les producteurs laitiers comme pour les consommateurs »


Aux vues des promesses politiques faites sur le plan national et international, les producteurs laitiers se sont du moins pour l’instant remis à livrer du lait dans en Allemagne, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas, Autriche et Italie. « Le lait est certes de nouveau livré mais les actions de protestation continuent sans relâche dans tous les pays » souligne Daniel Condat de la fédération française OPL.


Aux vues de la grève du lait qui s’étendait à huit pays et des fortes actions de protestation des producteurs laitiers, différents chefs de gouvernements européens (entre autres la Chancelière Angela Merkel et le Président français Nicolas Sarkozy) de même que le Président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, avaient ces derniers jours déclaré leur volonté de s’investir pour trouver une solution efficace du problème laitier à l’échelle européenne. Sarkozy avait déclaré publiquement qu’une régulation du marché laitier et des autres marchés agricoles était nécessaire. Une réunion extraordinaire des Ministres européens de l’agriculture sur le thème du lait a été convoquée pour le 5 octobre.


Ces deux dernières semaines, ce sont 500 millions de litres de lait que les producteurs laitiers européens n’ont pas livré aux laiteries. Le marché du lait y a réagi. Sur le marché comptant, les prix ont monté. Certaines laiteries ont commencé à payer des prix plus élevés aux producteurs. L’assainissement du marché des dernières semaines que l’on doit aux producteurs laitiers devrait faire remonter les prix payés aux producteurs sur un large front.


Ce qu’il faut maintenant, ce sont des décisions politiques qui aillent dans le sens d’une régulation souple de la production telle que la demande l’EMB.
« Nous le répétons encore clairement : les entretiens des prochains jours doivent donner des résultats sans équivoques. Si ce n’est pas le cas, la révolte des producteurs se poursuivra inébranlablement » explique Pascal Massol pour réaffirmer la position des producteurs laitiers européens.


Le 25 septembre, la presse reprenait l’information
. Par exemple, Ouest-France (François Lemarchand) :

 

« Le lait reste sur le feu. Des syndicats minoritaires européens rassemblés au sein de l'EMB ont décidé, hier à Bruxelles, de suspendre la grève du lait jusqu'au 5 octobre. Cette date correspond à la réunion d'un conseil extraordinaire des ministres de l'Agriculture européens. « Mais elle reprendra aussitôt si aucune décision n'est prise », promet Romuald Schaber, président de l'EMB. La grève lancée dans plusieurs pays, le 10 septembre, a été conduite en France par l'Apli et la Coordination rurale avec le soutien de la Confédération paysanne.

Détente. Le blocage de l'usine Entremont à Bouvron (Loire-Atlantique) a été levé hier en début d'après-midi. Autre signe de détente, mercredi soir, dans des réunions qui ont rassemblé plusieurs centaines de producteurs réunis à Guingamp (Côtes-d'Armor) et Brécey (Manche), le climat était favorable à un arrêt des hostilités. Dernier baroud ? Hier encore, de nombreuses actions, y compris d'épandage, ont eu lieu dans l'Ouest.

Que demandaient les grévistes ? Les producteurs de lait touchent actuellement en moyenne annuelle 270 € pour 1 000 litres. Ils réclamaient 400 €. Sur ce plan-là, ils n'ont rien obtenu. De la même façon, la Commission européenne refuse de revenir sur son engagement de supprimer les quotas.

Ce qui a été obtenu. Pour désamorcer le conflit, Bruno Le Maire a multiplié les initiatives. 250 millions d'euros vont être prêtés aux jeunes agriculteurs ayant récemment investi pour les aider à reconstituer leur trésorerie. Les nouveaux accords entre industriels et producteurs seront négociés sous le contrôle de l'État avec la mise en place d'un régulateur national. De son côté la MSA va permettre un report des appels de cotisation de novembre au mois de juin 2010, sans que les producteurs aient à payer d'intérêts. La France et l'Allemagne ont réussi à rallier à leur cause dix-huit autres pays. « Nous avons fait 90 % du trajet », se félicite Pascal Massol pour l'Apli (Association des producteurs de lait indépendants). Reste à savoir si l'Europe va réussir à se mettre d'accord sur de nouvelles règles.

La FNPL persiste. La Fédération nationale des producteurs de lait, émanation de la FNSEA, le syndicat majoritaire opposé à la grève, persiste et signe. Sans l'accord signé au printemps, les producteurs se seraient retrouvés, affirme-t-elle, sans filet de sécurité face aux industriels ».

En réalité, la FNSEA ne sort pas grandie de ces deux semaines d’actions de terrain, sans elle. Sur son blog (site du quotidien Le Figaro), le 25 septembre, Eric de La Chesnais note gravement :

En refusant d'engager la FNSEA dans la grève du lait, le président du syndicat majoritaire, Jean-Michel Lemétayer s'est enfermé dans une impasse de laquelle on a du mal à voir actuellement comment il va en ressortir. En condamnant d'emblée la grève du lait, la qualifiant « d'aberration » pour finalement la « respecter » mais sans jamais pour autant entrer dans le mouvement, il s'est éloigné du monde paysan mais aussi de ses adhérents. Certains n'ont pas hésité à déchirer leurs cartes, gonflant le rang des mécontents après les céréaliers au printemps dernier. Par ailleurs en se laissant déborder par ses pairs lors de l'inauguration officielle d'un événement dont il est également président, le Space à Rennes, il a écorné sa crédibilité de syndicaliste mais aussi celle de politique. Lui à qui Nicolas Sarkozy avait proposé un jour d'être député européen et qui laisse le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, seul face à des agriculteurs en colère scandant "Lemétayer démission, Lemétayer trahison" (…).

Voir http://blog.lefigaro.fr/agriculture/2009/09/jean-michel-lemetayer.html

 

Voir aussi l’article (25 septembre) de Jean Quatremer, correspondant du quotidien Libération à Bruxelles, qui a demandé son avis à Jean-Luc Demarty, directeur général de l'agriculture et du développement à la Commission européenne. Selon lui, La crise du lait est terminée.

 

Cet article est le 134ème paru sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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