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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 23:14

Produire une matière première agricole au plus bas prix

 

Le 13 mars 2013, après 1h45 de scrutin portant sur plus de 400 amendements, les députés européens réunis en session plénière à Strasbourg, ont voté les quatre rapports de la réforme de la Politique agricole commune (PAC).

Auparavant, les votes, les 23 et 24 janvier 2013, en Commission de l'agriculture (ComAgri), avaient amendé la réforme de la PAC proposée par la Commission européenne. Voir Parlement européen : pour une Politique Agricole Commune réformée - 11 mars 2013. 

 

Voici trois façons de rendre compte des votes du 13 mars à Strasbourg :

- Celle de Samuel FERET, qui coordonne le groupe Pour une autre PAC » 2013,

- Celle de Jean-Sébastien Lefebvre, qui écrit des articles concernant l’Europe sur le site EurActiv.

- Celle de Patrick Le Hyaric, qui est député au Parlement européen.

 

Samuel Féret (14 mars 2013) : Votes du Parlement Européen : des inflexions qui ne suffisent pas à légitimer la Politique Agricole Commune

 

Verdissement : retour aux propositions de la Commission Européenne

 

Nous saluons la sage décision du Parlement d’acter la part de 30% de verdissement des aides directes et de rejeter les nombreuses dérogations aux trois mesures de verdissement qui vidaient le dispositif de sa substance. Pour autant, ces mesures restent très faibles : la monoculture ne sera pas dissuadée puisque les députés ont rejeté la rotation des cultures, le maintien des prairies permanentes sera contrôlé au niveau national seulement, et les surfaces d'intérêt écologiques seront mises en place de manière très progressive.

Les députés ont logiquement supprimé la possibilité de doubles paiements entre 1er et 2nd pilier de la PAC. Ils ont par ailleurs réintroduit les normes de santé publique (en particulier l’interdiction d’utilisation des hormones en élevage) et autres directives environnementales dans la conditionnalité des aides, qui participent à la légitimité des aides, et que la ComAgri avait supprimées sans scrupules. Le Parlement a également voté l'intégration de la directive « pesticides » dans la conditionnalité mais a malheureusement refusé de renforcer le respect des zones humides et des directives « Habitats » et « Oiseaux ».

 

Le plafonnement à 200.000 euros rejeté à deux voix près !

 

A deux voix près, la proposition du groupe Socio-Démocrate de plafonner les aides à 200.000 euros a été rejetée. Cette proposition, bien que modeste, aurait permis une certaine redistribution des aides entre les agriculteurs. A défaut, le plafond reste à 300.000 euros, un niveau si élevé qu'il rend la mesure ineffective – moins de dix fermes concernées en France- permettant de poursuivre le gaspillage d'argent public. La mise en place de la « maigre » aide aux petites fermes, proposée par la commission européenne et qui aurait concerné un grand nombre d’exploitations, est rendue facultative pour les Etats-Membres.

 

Alors que l'un des objectifs initiaux de la réforme était de mettre fin aux aides profondément injustes, basées sur des références historiques d'avant 2002, le Parlement a voté une convergence des aides beaucoup trop lente avec une tolérance de 20% d'aides historiques en 2020, prolongeant encore l'inéquité de ces subventions.

 

Plus positif pour le maintien des productions fragilisées, les députés ont voté 15% maximum de couplage des aides à ces productions. Les députés ont approuvé la proposition française de bonifier les aides dans la limite des cinquante premiers hectares, un outil qui peut, s'il est correctement ciblé, participer à un certain rééquilibrage des aides en France. Cependant, la surface de 50 hectares n’est pas adaptée aux réalités agricoles de tous les pays européens.

 

Développement rural : les outils de gestion des risques demeurent !

 

Nous notons que le fléchage minimum de 25% de dépenses pour l’environnement, le climat et l'agriculture biologique, est maintenu. Par contre, le 2nd pilier de la PAC risque de se retrouver largement amputé de ses moyens suite à la décision des députés de maintenir les mesures individuelles de gestion des risques (assurances récolte). Ces mesures profitent avant tout au secteur assurantiel privé.

 

Impact des aides sur les pays en développement : tout reste à faire

 

Enfin, le Parlement a rejeté les amendements de la Commission Développement introduisant un mécanisme de suivi et d'évaluation des impacts des aides de la PAC sur l'agriculture et la sécurité alimentaire dans les pays en développement. En outre, il a suivi l'avis du rapporteur Michel Dantin de conserver les aides à l’export avec un budget est fixé à zéro. Ainsi l'Union Européenne ne s'interdit pas de subventionner les exportations de produits agricoles, pourtant si dommageables à l’agriculture des pays du Sud.

 

Après le vote du Parlement, les négociations continuent

 

Finalement, selon les organisations du Groupe PAC 2013, les positions votées par le Parlement Européen se rapprochent plus de celles de la Commission Européenne que des attentes de la société, pour une PAC vraiment juste, écologique et solidaire. Si le Parlement est revenu sur les mauvais compromis de la ComAgri sur le verdissement et la conditionnalité des aides –pourtant qualifiés « d'équilibre global à ne pas remettre en cause » par les autorités françaises !- le résultat demeure insuffisant et ne contribue pas réellement à légitimer la PAC qui représente pourtant près de 40% du budget de l’UE.

 

Le Groupe PAC 2013 reste mobilisé sur les prochaines étapes de la réforme. Le 18 mars, les ministres de l'agriculture des vingt-sept se réunissent pour valider les orientations générales de la réforme. Par conséquent, nous demandons au ministre de l'agriculture français Stéphane Le Foll de défendre la redistribution des aides (notamment via le plafonnement), de s'opposer fermement à tout délai supplémentaire dans la sortie des références historiques et à tout détricotage du verdissement des aides.

 

Jean-Sébastien Lefebvre (14 mars 2013) : Changement de cap au Parlement sur la réforme de la politique agricole commune

Patrick Le Hyaric (19 mars 2013, éditorial du journal « La Terre ») : L’ultralibéralisme européen enserre la PAC

Comme nous l’annoncions ici même la semaine dernière, au terme de plus d’un an de discussion, le Parlement européen s’est prononcé en milieu de semaine sur un projet de réforme de la politique agricole commune. Plus précisément, il a voté pour se donner un mandat de négociations avec le Conseil européen (chefs d’Etat et de gouvernement) et la Commission de Bruxelles.

En effet, les nouvelles règles de fonctionnement des institutions européennes font que le Parlement est dit « co-législateur » avec le Conseil européen. En vérité, son prétendu rôle de « co-législateur » est très limité puisqu’il ne peut lui-même proposer aucune loi européenne. Il ne discute que des projets de loi, initiés par la Commission européenne.

Nous avions dit, ici, comment les quatre rapports votés par la commission agriculture du Parlement européen étaient, par de nombreux aspects, en retrait sur les propositions de la commission qui, elle-même, actait les orientations des précédentes réformes et l’insertion de l’agriculture dans la concurrence mondiale, conformément aux injonctions des traités de Maastricht et de Lisbonne. Cependant, la commission avait cherché à en limiter un certain nombre d’effets en prônant une nouvelle répartition des aides publiques. Evidemment, ceci restait, en tout état de cause, très insuffisant au regard des défis agricoles et alimentaires posés à l’humanité. De même, la rémunération du travail paysan, par de vrais prix stables, est abandonnée.

Ceux qui aujourd’hui refusent le débat sur le prix de base garanti pour les petites et moyennes exploitations creusent, chaque jour, la tombe de l’agriculture familiale au profit de la concentration agricole, poussant vers une agriculture plus industrialisée, dépendante de la chimie, de la pharmacie, des banques et des secteurs d’aval de la distribution et de la transformation, dont une partie est désormais aux mains de fonds financiers, qui veulent de la matière première agricole au prix le plus bas possible pour maintenir ou élever leur taux de profits.

La réforme acte ce recul et elle ne prévoit pas de limiter les importations des pays extérieurs à l’Union européenne. Ceci a pour effet de peser à la baisse sur nos prix à la production. Le combat pour changer le système est donc plus que jamais indispensable. Mais, même les quelques mesures possibles à l’intérieur du cadre de la PAC pour plus de justice et pour une nouvelle efficacité agronomique sont plus que limitées dans le mandat que s’est donné le Parlement européen.

Ainsi, un plafonnement des aides directes a été décidé pour la première fois, avec une dégressivité des aides à partir de 150 000 euros. Mais en fixant la barre à 300 000 euros, ceci modifiera très peu le fait que les grosses exploitations continueront à éliminer les plus petites dans le cadre d’une course à la concentration agraire. Les grosses exploitations céréalières touchent deux fois le « jackpot ». Une fois par les prix élevés du fait de la spéculation mondiale. Une seconde avec les aides à l’hectare. Malheureusement, il n’a manqué que trois voix pour un amendement intermédiaire qui proposait de plafonner les aides publiques à 200 000 euros par exploitation.

Une autre disposition qui incitait à une rotation des cultures, permettant à la fois d’améliorer la fertilité des sols, une meilleure résistance des cultures aux maladies, tout en permettant de réduire notre dépendance aux protéines, grâce à l’introduction de cultures de légumineuses dans l’assolement a également été annihilée.

Après ce vote, les discussions sur cette réforme ne sont pas terminées. Si elle avait été logique avec elle-même, la majorité du Parlement européen, qui, juste avant de voter les textes de la PAC, avait soutenu une résolution de rejet du budget européen, aurait dû bloquer tout projet de modification de la PAC, au motif que ses crédits vont être sérieusement abaissés.

Maintenant, le conseil des ministres de l’agriculture européen, la Commission européenne et des représentants du Parlement européen vont discuter pour rechercher un « compromis » en vue d’un texte définitif. Il est encore possible de se faire entendre pour une PAC plus juste, plus solidaire et équitable, au service des revenus paysans et du travail agricole.

Cet article est le 381ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 23:27

Le ministre fait adopter un plan de relance de l’élevage

 

La détresse des éleveurs français est immense*. Ils ne savent plus comment faire pour alerter les pouvoirs publics. Depuis quelques jours, ils font signer une pétition qui est adressée au ministre de l’agriculture. Celui-ci est conscient du problème mais manque de moyens d’action. Il a fait adopter par le Conseil des ministres un plan exceptionnel de relance de l’élevage.

 

Une pétition : ICI - Signer en ligne la Pétition pour l'élevage

 

Anniversaire Maria 90 ans 1 08 10 071 TFace à la gravité de la situation de l’élevage en France, il nous faut réagir en urgence. Autour de nous, chaque jour des éleveurs témoignent de leurs difficultés financières et morales. Afin de faire part de la détresse du monde de l'élevage aux décideurs, nous lançons cette pétition.

 

Mesdames, Messieurs,

 

Ce courrier s'adresse aux transformateurs, aux distributeurs, aux décideurs
agricoles, aux élus et à toutes personnes en charge de l'agriculture des services des directions départementales des territoires et de la mer et de la chambre d'agriculture.
Notre demande n'a aucune légitimité, nous n'avons ni les connaissances, ni les compétences de gestion de l'économie agricole, mais nous voulons vous alerter.
Nous sommes des chefs d'entreprise et la plupart d'entre nous sommes installés depuis une vingtaine d'années. Nous sommes des producteurs et nous en arrivons tous au même constat.

L'élevage va disparaître. Il va disparaître pour deux bonnes raisons.
- La première ; les marges de nos exploitations ne nous permettent plus de vivre décemment. Ou bien nous pérennisons nos exploitations avec des investissements mais nous ne pouvons plus nous prélever un salaire, ou bien nous nous prélevons un salaire mais les investissements ne sont plus possibles.
- La deuxième ; l'avenir de nos exploitations passe obligatoirement par des installations et des investissements.

Aucun d'entre nous, qui a un peu de bon sens, ne peut conseiller aujourd'hui à un jeune de s'installer dans l'élevage. Regardez la pyramide des âges du monde agricole, nous avons tous entre 45 et 55 ans. Dans 10 à 15 ans, c'est fini. Mais dans l'élevage, 15 ans, c'est demain. Nous sommes dans un pays où nous avons la chance d'avoir des éleveurs, des transformateurs, des distributeurs. Chacun à une place dans la chaîne. La première maille va se casser. Nos marges ne nous permettent plus d'assurer l'avenir de nos exploitations.

Les terres destinées à l'élevage vont se transformer en terres céréalières, certes avec des rendements moindres, peut-être avec des prix qui vont revenir à une autre réalité, mais sans les contraintes des animaux.
Passionné par ce métier, le monde de l'élevage éprouve des difficultés pour cesser son activité. Cependant, des décisions vont se prendre rapidement. Il sera alors difficile de relancer la machine à produire.

Alors, Mesdames, Messieurs, nous ne voudrions pas que vous soyez pris au dépourvu. Ceci est un premier signal fort, seul un juste prix permettra de pérenniser nos structures d'élevage partout en France et d'assurer le renouvellement des générations. Si rien n'est fait, l'élevage va disparaître, soyez-en certains ! Dans 2 ans, dans 5 ans, ne venez pas nous dire que vous ne le saviez pas. Nous saurons vous rappeler notre démarche, cautionnée par ces quelques signatures.

Collectif d'éleveurs

 

Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, a présenté mercredi 6 mars 2013 une Communication en Conseil des ministres : Plan de relance exceptionnel pour l’élevage

1) Les mesures d’encadrement des relations commerciales et contractuelles seront renforcées.

2) La politique agricole commune (PAC) sera réorientée au profit de l’élevage

3) La performance économique des activités agricoles sera conciliée avec le respect des exigences environnementales fixées dans la réglementation communautaire.

4) Le développement de la production d’énergies renouvelables créera des synergies avec les activités d’élevage.

5) Les éleveurs dont la situation financière est fragile seront soutenus.

* Rappel : Les éleveurs sont à bout (revenus trop bas), les céréaliers sont à l'aise - 23 fév. 2013

Les propositions de la Confédération paysanne pour sauver l'élevage - 18 janvier 20135

Confédération paysanne : sauvons l'élevage français, qui est en danger - 17 janvier 2013

 

Cet article est le 380ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 22:58

Pétition de Plateforme Française Souveraineté Alimentaire

 

A l'appel des organisations suivantes : Amis de la conf', Amis de la Terre, Artisans du Monde, Attac, Confédération paysanne, Fondation Pierre Rabhi, Peuples Solidaires-Action aid, Terre et Humanisme, le collectif pour la souveraineté alimentaire propose une pétition pour une PAC répondant aux exigences sociales, écologiques et territoriales.

 

Cette Pétition est adressée aux députés européens qui voteront le 13 mars 2013 à Strasbourg*, notamment Éric Andrieu, Jean-Louis Cottigny, Sylvie Goulard, Corinne Lepage, Patrick Le Hyaric, Jean-Luc Mélenchon, Michel Dantin, Joseph Daul, Alain Lamassoure, José Bové, François Alfonsi.

 

Le projet de réforme de la Politique agricole commune (PAC), prochainement soumis au Parlement européen, n’apportera pas de changement à notre agriculture et notre alimentation, ainsi qu’à celles des pays du Sud, sans une forte mobilisation des citoyens. Les députés européens s’apprêtent à voter un texte ne remettant pas en cause les graves inégalités causées par la PAC, la perte de l’emploi paysan et la standardisation de notre alimentation.

 

La PAC actuelle conduit notamment à :

- de grandes disparités de revenu entre les producteurs, les grandes exploitations bénéficiant de rentes totalement injustifiées ;

- une forte incitation à l'agrandissement et à la spécialisation des exploitations les plus aidées, avec davantage de pollution et moins d'emplois ;

- des difficultés grandissantes pour les exploitations petites et moyennes diversifiées, pratiquant l'agriculture paysanne et durable ;

- une concurrence déloyale des produits agricoles européens subventionnés sur les marchés des pays du Sud, qui entraîne la ruine des agricultures familiales locales

- une production alimentaire de plus en plus industrialisée avec une alimentation de plus en plus standardisée.

 

Nous refusons l’agriculture productiviste et une politique de l’Union européenne au bénéfice de l'agrobusiness, ne répondant pas aux exigences sociales, écologiques et territoriales et se perpétuant au détriment de l’agriculture paysanne et d’une alimentation de qualité.

 

Au contraire, nous exigeons d'aller vers un système fondé sur :

• des prix rémunérateurs (couvrant les coûts de production), avec des soutiens plus justes et liés à des pratiques exigeantes sur les plans social et écologique,

• la maîtrise et la répartition des volumes, dans le cadre d’une politique d’intervention, de régulation et de protection aux frontières,

• l’interdiction de toute forme de dumping.

 

Nous exigeons une politique agricole et alimentaire favorisant la mise en oeuvre concrète d'une souveraineté alimentaire mondiale :

• une alimentation de qualité accessible à tous,

• le maintien et à l’installation de paysans nombreux sur des exploitations diversifiées,

• une agriculture paysanne et durable,

• la préservation de la biodiversité et de l’environnement,

• la vie dans les territoires.

 

Aujourd'hui, il s'agit d'obtenir une réforme allant dans ce sens et comportant notamment :

• un plafonnement, obligatoire pour tous les états membres, des aides par exploitation à 100 000€ maximum ;

• une convergence obligatoire, rapide et complète des aides par hectare au sein de chaque Etat-membre en 2020, permettant un rééquilibrage et une meilleure équité des aides ;

• un soutien spécifique, obligatoire et significatif aux petites fermes, s’ajoutant aux aides directes de la PAC ;

• un maximum d'aides couplées aux quantités produites et ciblées aux productions fragilisées ;

• une obligation de rotation avec au moins 3 cultures différentes dont une culture légumineuse pour améliorer la fertilité des sols et contribuer à l’autonomie protéique de l’Europe ;

• un deuxième pilier de la PAC avec un budget revalorisé et une réelle vocation de développement rural : il doit conforter le dynamisme social et économique des territoires ainsi que la cohérence environnementale des systèmes de production. Aucun système assurantiel ne doit être financé dans le 2e pilier ;

• un débat public européen sur les conséquences de la suppression des outils de maîtrise des productions (quotas laitiers notamment) et de régulation publique des échanges.

 

Vous pouvez signer cette pétition en cliquant ici.

* La Pac 2014 au Parlement européen - Mobilisation à Strasbourg des partisans d'une Pac « équitable » et « légitime » (La Lettre Agrisalon, 11 mars 2013)

La plateforme Arc2020 composée de 120 organisations, mobilise à Strasbourg ses troupes pour défendre une Pac « plus équitable, plus verte et plus locale ». Selon la Coordination Européenne Via Campesina (Ecvc), se joue en effet mercredi 13 mars, la légitimité sociale de la Politique agricole commune.

A 15h30, mardi 12 mars, les députés sont invités à partager un bol de soupe avec les militants d'Arc2020 (1) réunis devant le Parlement européen (PE) avant les ultimes débats en plénière sur la réforme de la Pac. « En réaction au vote désastreux de la commission agricole du Parlement européen en janvier dernier, Arc2020 a lancé la campagne "Go Meet A Deputy !" dont l'objectif est de rencontrer un maximum de députés européens avant le vote de la réforme de la Pac le 13 mars 2013. ». L'invitation à partager un bol de soupe est l'évènement clé de la "Disco Soupe" (cuisine en plein air et musique live) organisée par Arc2020 dès 9h30 mardi 12 mars devant le PE.

Y participeront évidemment des membres d'Ecvc (Coordination Européenne Via Campesina) dont sont membres en France la Confédération paysanne et le Modef. Pour Ecvc, à travers le vote de cette réforme, c'est la légitimité sociale de la Pac qui est en jeu.

Les revendications d'Ecvc

Selon la Coordination, « les chances de survie des petites et moyennes exploitations paysannes en Europe, qui sont à la base de la sécurité alimentaire, de l'emploi, de l'installation de jeunes agriculteurs et de la vitalité des territoires ruraux européens, dépendront de ce vote. »

Aussi, « la légitimité sociale de la Pac, demandée par les citoyens européens, pourra se réaliser si une majorité de députés européens se prononce en faveur de la baisse du plafonnement des paiements directs par exploitation, d'une surprime aux premiers hectares et d'une prime obligatoire pour les petites exploitations à 1.500 € ».

Ecvc milite aussi en faveur du couplage des paiements directs à la production et d'une rotation réelle des cultures, avec au moins une culture de protéines. Enfin, en dehors de l'agriculture biologique, aucune autre certification ne doit dispenser du verdissement.

(1) Arc2020 est une plateforme rassemblant plus de 120 organisations européennes d'environnement, de développement et de réseaux agricoles et ruraux, qui travaillent ensemble pour une Pac plus équitable, plus verte et plus locale et ce dans le cadre de la campagne “Good Food Good Farming”. Cette campagne a commencé en septembre 2012 avec la “Good Food March”, quatre caravanes qui ont sillonné huit pays en Europe avant de converger le 19 septembre 2012 à Bruxelles pour demander une autre Pac.

Cet article est le 379ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC. 

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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 23:15

Hausse des coûts non répercutée dans les prix de vente

 

Ce que les uns gagnent, grâce à la hausse des matières premières agricoles (les vendeurs de céréales et produits végétaux), les autres le perdent, en raison de la hausse des coûts de l’alimentation animale (les éleveurs, vendeurs de produits animaux). Les revenus des uns sont très élevés (avec très peu d’heures de travail) pendant que les revenus des autres (avec beaucoup d’heures de travail) sont si insuffisants qu’il y a danger pour leur avenir.

Rappel : Revenu agricole 2012 : en forte baisse pour les éleveurs - 29 décembre 2012.

 

Plusieurs centaines d'éleveurs ont manifesté le 19 février dans les rues de Quimper, la préfecture du Finistère. Voir cet article du quotidien breton Le Télégramme, 19 février 2013 (Extrait) :

 

Agriculteurs. « On est au bout »

 

(…) Les éruptions de colère des agriculteurs sont toujours l'expression d'une rage et d'un désespoir accumulés. Le mouvement n'est pas spontané mais il s'impose et se prépare quand tout déborde. Comment exprimer son désespoir quand tout a été dit, démontré, dénoncé. En vain. Parmi les 250 professionnels présents hier à Quimper, beaucoup laisseront juste échapper : « On est au bout ». « Les plus inquiets ne sont pas là, explique l'un d'eux. Ceux qui viennent ont encore le courage de se battre. Aujourd'hui, même les banques appellent les laiteries pour leur signaler que nos trésoreries sont à plat ». « D'habitude, c'est le mois de mai le plus dur financièrement. Nous disons alors que nous avons notre stock en terre, explique un autre. Là c'est dès le mois de février que nous connaissons cette situation ».

Étranglés par les charges

« Tous les éleveurs, lait, porc, volailles, souffrent, appuie André Sergent, président de la chambre d'agriculture, venu en soutien en début de journée. Il faut que les marchés se relèvent. On sent que ça bouge pour le lait. Il faut que les industriels répercutent tout de suite les hausses ». « On n'en peut plus de l'augmentation des charges, dit un éleveur. Il y a le prix de l'aliment qui flambe et il faut rajouter le centre comptable, le contrôle laitier qui devient un luxe. Et nous en sommes à notre 5e Plan nitrates en 20 ans ». « Pendant ce temps, les distributeurs et les industriels se renvoient la balle sur les prix bas »
(...)

 

Le Salon de l'agriculture a ouvert ses portes samedi 23 février, alors que le scandale qui secoue la filière de la viande s'étend et que les exploitants sont confrontés à une hausse des coûts de production. Voir cet article de Laurence Girard paru le 23 février 2013 sur le site du quotidien Le Monde : Coup de blues chez les éleveurs. Extrait.

 

Anniversaire Maria 90 ans 1 08 10 071 TUN MALAISE LIÉ À UNE CRISE DE REVENUS

 

(…) Mais M. Hollande devra aussi rassurer les éleveurs ; nombre d'entre eux sont inquiets. Le scandale de la viande de cheval n'arrangeant rien. "Le malaise dans le secteur de l'élevage n'est pas lié à une crise de la production mais à une crise des revenus", explique Gérard You de l'Institut de l'élevage.

La publication, en décembre 2012, par le ministère de l'agriculture, des revenus moyens d'un exploitant agricole selon son secteur d'activité, a jeté une lumière crue sur la situation. Céréaliers et betteraviers caracolent en tête, avec un record historique compris entre 72 000 et 80 000 euros en 2012. Quand les éleveurs d'ovins et de bovins ferment la marche à 15 000 euros. Rarement, le différentiel aura été aussi marqué.

Les céréaliers ont bénéficié de la fièvre qui s'est emparée des cours des céréales, mais aussi du colza, depuis l'été 2012. Une envolée qui pèse à l'inverse dans les comptes des éleveurs. "Il y a un an, j'achetais mes protéines, c'est-à-dire du colza, à 230 euros la tonne ; début 2013, je les ai payées 410 euros la tonne", témoigne Gérard Durand qui élève 70 vaches laitières en Loire-Atlantique.

Bien qu'il soit moins dépendant que d'autres, puisqu'il produit sur son exploitation des céréales et de la luzerne, il dit "être sur la corde raide", alors que le prix du lait reste stable, voire s'érode.

 

Voir les interventions (vidéos) du président de la République, François Hollande, lors de l’inauguration du salon de l’agriculture ce 23 février : En 2013, le salon de l’agriculture fête ses 50 ans ! (site du ministère de l'agriculture).

 

Voir aussi son intervention sur la question des plats cuisinés.

François Hollande au Salon international de l’Agriculture : « Je veux à terme l’étiquetage obligatoire sur les viandes insérées dans les produits cuisinés »

 

Cet article est le 378ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

 

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 23:46

La fin des quotas signe l’avenir libéral, inéquitable et destructeur

 

Avec la disparition des quotas, sans les remplacer par une autre forme de régulation, l’Europe laitière supprime « le dernier maillon de régulation », ce qui inquiète André Pflimlin, auteur du livre « Europe laitière » (Editions La France Agricole, 2010). Voir son intervention lors de la réunion de la Confédération paysanne en Mayenne : André Pflimlin a fait le tour des politiques laitières le 15 janvier à Laval - 26 janvier 2013.

 

AG Apli 120911 001 TRémi Hagel, dans l’édition du 15 février 2013 de L'AVENIR AGRICOLE, est revenu sur cette intervention en posant la question « Quel sera le paysage laitier en Europe demain ? Les militants du « European Milk Board » rêvent de fédérer les producteurs européens. Les réalités nationales sont très contrastées ».

 

Conf paysanne Laval 150113 005 TPartout, la fin du « dernier maillon »

 

Europe. Le monde du lait est en mutation, la fin des quotas en vue. A quoi ressemble l’Europe du lait ? André Pflimlin a dressé un panorama dans son livre « Europe laitière ». La perspective d’un avenir plus libéral l’inquiète.

« On est en train de vivre pour le lait ce qu’on a connu pour le porc. Le lait est le dernier maillon de régulation qui nous reste avant que tout ne lâche ». André Pflimlin, ancien de l’Institut de l’élevage, a présenté les différents systèmes européens dans son livre et lors d’une réunion de la Confédération paysanne en Mayenne. 23:30Avant de savoir où on va, il est bon de connaître ce qui existe.

Danemark, le modèle quitte ou double

Sur une surface à peu près équivalente à la Bretagne, le Danemark est passé de 30 000 troupeaux de 30 VL en 1984 à 4 000 troupeaux de 120 VL en 2012. Les prêts sont à très long terme. Les frais financiers représentent 100 à 150 euros par tonne de lait. Ils ont une laiterie unique, Arla Food, qui pèse également 90 % de la collecte en Suède, un tiers en Grande-Bretagne. « Il y a une organisation professionnelle unique qui contrôle tout, le syndicat, l’appro, la coopérative. Ils sont très organisés, très efficaces. C’est dans leur culture : il y a une règle, on l’applique. Pendant la crise en 2009, ils n’étaient pas si catastrophés, ils disaient : « Il ne restera que le tiers supérieur des éleveurs… N’oubliez pas que la commissaire Mariann Fischer Boel était danoise ».

L’Irlande exporte

L’Irlande présente « un système séduisant, à base d’herbe, économe. Les coûts de production sont faibles, mais ce modèle unique est fragile. Toutes les vaches vêlent en février-mars, la variation saisonnière de collecte est énorme. Avec un million de vaches pour 4 millions d’habitants, 70 % de la production part à l’export en beurre-poudre. Les Irlandais ont pour objectif d’augmenter de 50 % d’ici 2020 ».

Allemagne, trois visages

En Allemagne, André Pflimlin décrit trois modèles contrastés. La Bavière ressemble à la Normandie (troupeaux modestes, prairies), avec une diversification (tourisme, circuits courts). Dans le Nord, des fermes familiales spécialisées, performantes, avec des transmissions sans frais ni démantèlement (herbe et maïs). Dans l’Est, ce sont de grosses exploitations (500 à 1 000 VL), sur un modèle américain, reprises par des financiers. « Demain, ils choisiront peut-être de faire des céréales ou du biogaz ».

Avenir libéral

« La production laitière est déjà concentrée. Les 12 nouveaux pays de l’UE ne représentent que 20 % du lait, mais 80 % des élevages. Avec la fin des quotas, cette différence va s’accentuer. Ce sera plus inéquitable et destructeur. Si on retient le modèle danois, il n’est pas question d’emploi. Le paquet Lait est resté sur une logique libérale. Nos ministres ont cautionné. Il y a eu des promesses de soutien aux zones défavorisées, ou de montagne, mais rien de clair. Il manque l’essentiel : la maîtrise des volumes. On nous dit que le marché régulera, mais ce seront les éleveurs qui ajusteront en disparaissant ». Les paysans roumains, par exemple, passeraient à la trappe. Ce ne serait pas le cas avec le modèle bavarois.

A NOTER : Suite à l’article du 18 janvier, André Pflimlin précise que le titre « l’interdiction du labour des prairies permanentes est suicidaire » « prête à contre-sens. Je suis totalement pour l’encouragement des systèmes herbagers ». Les lecteurs de l’article l’auront compris.

 

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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 23:47

La Coordination rurale est devant la Confédération paysanne

 

Les agriculteurs ont élu leurs représentants dans les chambres d’agriculture, les salariés de l’agriculture aussi. Voir, sur le site du ministère de l’agriculture, le Résultat des élections aux chambres d’agriculture et les résultats département par département

 

Les chambres d’agriculture ont pour mission principale de représenter les intérêts agricoles auprès des pouvoirs publics et de contribuer au développement des entreprises agricoles et des territoires ruraux. Des missions de service public leur sont attribuées depuis plusieurs années comme les Centres de formalités des entreprises(CFE), l’identification, l’enregistrement, et la certification de la parenté des animaux d’élevage qui relève de l’établissement départemental de l’élevage (EDE, service de chambres départementales) ou l’enregistrement de contrats d’apprentissage.

Leur financement provient de la Taxe additionnelle à la taxe sur le foncier non bâti (TATFNB) que viennent compléter des subventions provenant des fonds du développement (Compte d’affectation spéciale pour le développement agricole et rural-CASDAR), des collectivités territoriales (département, région), de l’Union Européenne, et de la vente de prestations.

Les établissements constituant le réseau des « chambres d’agriculture » sont des établissements publics à caractère administratif de l’Etat, régis par les articles du livre V du Code rural et de la pêche maritime (CRPM). Ce réseau est composé de 114 chambres départementales et régionales, et de leur tête de réseau l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA). Il est administré par 4200 membres élus pour un mandat de 6 ans (…).

 

Globalement, les listes FNSEA et JA obtiennent 55,5 % des suffrages, face à une opposition divisée entre trois composantes : Coordination rurale (21,5 %), Confédération paysanne et Modef (ces deux derniers syndicats, classés à gauche, totalisant environ 22 %).

 

L'Avenir Agricole (15 février 2013) commente les résultats.

 

L’élection des représentants aux chambres d’agriculture n’a pas été l’occasion d’un grand bouleversement du paysage syndical. La FNSEA, conforte sa majorité en atteignant, selon les chiffres officiels du ministère de l’Agriculture, 55,57 % des suffrages exprimés (55,19 % en 2007), la Coordination­ rurale 20,49 % (18,70 % en 2007) et la Confédération paysanne 18,54% (19,63 % en 2007) à laquelle on peut associer une liste CP-Modef­ réalisant 1,14% des voix ... > Lire la suite

En Mayenne, la composition de la Chambre d’agriculture est la suivante :

 

Collège des exploitants :

 

FDSEA-JA (56,41 %, 17 sièges) : Philippe Jehan, Florence Désillière, Benoît Faucon (JA), Stéphane Guiouillier, Véronique Quinton, Bruno Rouland, Jérôme Plard, Régine Vovard, Sébastien Chevalier, Sylvain Rousselet (JA), Nathalie Acary, Françoise Pecullier, Dominique Bordeau, Nelly Loupy, Laurent Houdayer, Ivan Leclerc, Virginie Hogret (JA).

Confédération paysanne (25,31 %, 2 sièges) : Daniel Foucher, Claire Garrot.

Coordination rurale (18,28 %, 2 sièges) : Olivier Chemin, Mélissa Belley.

 

Collège des propriétaires :

SDPPR (81,86 %, 2 sièges) : François Couëtoux du Tertre, Hugues Houdiard.

 

Salariés de la production agricole :

FGA-CFDT (31,77 %, 3 sièges) : Isabelle Clairet, Joseph Hatte, Jérôme Jousset.

CFE-CGC (27, 90 %, 1 siège) : Sébastien Leriche.

 

Salariés des organisations professionnelles agricoles :

FGA-CFDT (29,74 %, 3 sièges) : Pascal Dreux, Pascal Jeannin, Catherine Gy.

UNSA (25,46 %, 1 siège) : Jean-Michel Hay.

 

Anciens exploitants :

FDSEA (62,30 %, 2 sièges) : Paul Pautrel, Jean Barreau.

 

Coopératives agricoles de production (Cuma) : Jean-François Gahéry.

 

Autres coopératives agricoles et SICA : Jacky Bachelot, Nathalie Lhotellier, Pierre Hermenier, Dominique Penloup.

 

Caisses de crédit agricole : Guy Guilaumé, Marc Bedouet.

 

Caisses d’assurance mutuelle (MSA) : Georgette Rousselet, Marie-Jeanne Rousière.

 

Organisations syndicales d’exploitants agricoles : Daniel Doyen, Christine Verleur.

 

Chambre régionale :

FDSEA : Florence Désillière, Philippe Jehan, Bruno Rouland, Dominique Bordeau.

Confédération paysanne : Daniel Foucher.

 

A la suite des élections à la Chambre d’agriculture, la FDSEA a désigné Florence Désillière candidate à la présidence de la Chambre d’agriculture. Philippe Jehan lui succède à la présidence de la FDSEA.

 

Confédération paysanne 

Avec 25 % et deux élus (Daniel Foucher et Claire Garrot), la Confédération paysanne reste le 2ème syndicat départemental. Elle s’inquiète toutefois du fort taux d’abstention. « Beaucoup de paysans n’ont aucune activité avec la Chambre, et ils ne voient pas les répercussions que leur vote a pourtant sur les CDOA, la répartition des droits à produire, etc », commente Daniel Foucher (…).

Le syndicat reste loin derrière la FDSEA. Ses idées ne parlent pas à tous les agriculteurs. « Nous avons une vision sociétale et moins corporatiste. Cela nous ramène peut-être moins de voix, mais nous fait durer dans le temps. Les thèmes qu’on défendait il y a 15 ans sont repris aujourd’hui. Mais c’est vrai que vouloir défendre l’intérêt général peut ne pas nous servir… A la fin, ne votent que ceux qui restent ».

En interne, la Conf’ a perçu « une dynamique, avec beaucoup d’échanges. Nous avons mené une campagne positive, sans dénigrement. Cela restera notre ligne à la Chambre : une opposition constructive ». (Rémi Hagel, L’avenir agricole, 15 février 2013).

 

Rappel : Confédération paysanne : un meeting en Mayenne avec Gérard Durand - 16 janvier 2013 

Les propositions de la Confédération paysanne pour sauver l'élevage - 18 janvier 2013 

Elections Chambres d'agriculture : la Coordination rurale est confiante - 24 janvier 2013 

Elections Chambres : l'Apli appelle les producteurs de lait à voter utile - 25 janvier 2013 

 

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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 23:33

Les Etats peuvent y opposer la souveraineté alimentaire

 

André Neveu, agronome, ancien responsable du département agriculture de la caisse nationale de crédit agricole, intervenait le 12 février 2013 - répondant à l’invitation du « Mouvement agricole et rural solidaire » - afin de présenter le contenu de son livre Agriculture mondiale : un désastre annoncé, publié en 2012 aux éditions Autrement.

 

Résumé : « Le système capitaliste entre en force dans la production agricole. C’est un phénomène mondial, récent, rapide et de grande ampleur. Il conduit à la disparition de beaucoup d’exploitations moyennes et n’aura bientôt plus en face de lui que les centaines de millions de micro-exploitations du Tiers monde. Les conséquences en seront dramatiques.  Il faut impérativement réagir au plus vite. »

 

Une nouvelle révolution agricole : la pénétration du système capitaliste en agriculture

 

Pendant longtemps, le système capitaliste a ignoré la production agricole.

 

Trois obstacles majeurs expliquaient cette absence: le morcellement des terres, une rentabilité insuffisante et les difficultés de gestion d’une très grande exploitation agricole. Mais tout change à la fin du 20ème siècle.

En effet, vers 1990, la mondialisation des échanges se généralise et offre de nouvelles opportunités notamment en ouvrant de nouveaux espaces à l’activité agricole, la rentabilité des capitaux investis dans l’agriculture s’améliore et les techniques de production s’adaptent aux grandes structures.

De plus, le changement de régime dans les pays de l’ex-bloc soviétique laisse de grandes structures en quasi-déshérence et l’émergence des agro-carburants nécessite de grandes quantités de matières premières à bon marché.

 

Qu’est-ce donc qu’une exploitation agricole capitaliste ?

 

C’est une exploitation de très grande dimension économique, appliquant des techniques modernes de production et dont les capitaux appartiennent à des investisseurs autres que le chef d’exploitation ou sa famille.

 

Mais de nombreuses exploitations qui ne répondent pas à l’ensemble de ces critères peuvent plus ou moins rapidement basculer à leur tour dans le système capitaliste, par exemple après quelques opérations de regroupement avec des exploitations voisines.

Sans constituer le seul critère de reconnaissance, la superficie des exploitations agricoles capitalistes frappe fortement les esprits. Car celle-ci atteint souvent des milliers, voire des dizaines de milliers d’hectares, éventuellement répartis sur plusieurs unités de production différentes. Mais il est évident que pour les élevages industriels, c’est le nombre d’animaux ou le chiffre d’affaires qu’il convient de retenir.

 

Les instruments de l’offensive du système capitaliste en agriculture

 

Comme le système capitaliste nécessite beaucoup d’espace (sauf pour les élevages industriels), on comprend son développement rapide en Amérique du Sud. Mais en Russie ou en Ukraine, les anciens kolkhozes sont des proies toutes désignées de même que les forêts massivement défrichées du Sud-Est asiatique et, maintenant, les savanes africaines.

Toutes ces grandes exploitations ont besoin de capitaux apportés par des investisseurs privés (des fonds d’investissement par exemple) et de l’aide des banques commerciales pour leur fonctionnement courant.

 

L’appui, sinon la complicité des gouvernements leur est également bien utile, qui leur assure ouverture des frontières, accès à la terre ou à l’eau d’irrigation, contraintes environnementales allégées et politique sociale « souple ».

Les grandes exploitations travaillent en étroite relation avec les firmes agro-industrielles d’amont et d’aval, le négoce international et en bout de chaîne la grande distribution. En effet, ces entreprises exigent de grandes quantités de produits, des prix bas et le respect strict d’un cahier des charges, toutes choses que les grandes exploitations sont en mesure de leur fournir.

 

Une offensive sur les 5 continents

 

Le degré et les modalités d’implantation des exploitations capitalistes varient néanmoins beaucoup d’un pays à l’autre. L’Amérique du Nord en fut le berceau avec les grands vergers californiens et les ateliers géants d’engraissement des bovins. Mais c’est en Amérique du Sud que les grandes exploitations ont connu le plus grand essor suivi par les pays de l’ex URSS et de ses anciens satellites.

 

En Europe occidentale, le système capitaliste se contente, pour l’instant, de quelques créneaux spécialisés comme l’élevage industriel ou les vignobles de prestige.

Pour sa part, l’Afrique subsaharienne constitue une nouvelle terre promise pour les investisseurs étrangers. Enfin dans tout le Sud Est asiatique et en Océanie on trouve tout à la fois des millions de micro-exploitations comme en Chine ou en Inde et de grandes exploitations comme en Australie ou en Nouvelle Zélande.

Au total, c’est peut-être entre un cinquième et un quart de la production agricole mondiale qui, dès maintenant ou à moyen terme, pourrait relever de l’agriculture capitaliste.

 

Les dangers de l’expansion du capitalisme en agriculture

 

Les conséquences de cette nouvelle révolution agricole en sont multiples et inquiétantes : la première tient à la profonde fracture que pourrait connaître l’agriculture mondiale si l’évolution actuelle va à son terme. Cette agriculture ne sera plus composée que de quelques dizaines de milliers d’exploitations capitalistes d’une part et de plusieurs centaines de millions de micro-exploitations de l’autre. Les moyennes exploitations auront disparu, hormis sur quelques petits créneaux spécialisés.

 

Le monde rural sera partout déstabilisé car les grandes exploitations emploient peu de main-d’œuvre et ne font pas appel aux multiples services traditionnels des petites entreprises du voisinage. L’accélération de l’exode rural et la destruction du tissu social sont inévitables.

Enfin, les grandes exploitations contribuent à la dégradation de l’environnement. Car comment protéger les espaces naturels et la biodiversité lorsqu’on doit faire travailler d’énormes engins sur des milliers d’hectares ? Comment éviter la baisse de la fertilité des sols, en particulier dans les pays tropicaux, dès lors que la rentabilité maximum et à court terme est l’objectif unique ?

 

Les grandes exploitations sont néanmoins fragiles.

 

La volatilité croissante des prix agricoles constitue déjà une menace permanente pour la rentabilité des capitaux investis. Les gestionnaires eux-mêmes ne sont pas à l’abri d’erreurs de gestion ni du surendettement. Enfin, des baisses de rendement des cultures sont prévisibles tandis que l’accroissement du coût des facteurs (terre, capital, eau…) pourrait pénaliser fortement les grandes exploitations grosses consommatrices de ces facteurs.

Or si la rentabilité baisse, les capitaux se retireront aussi vite qu’ils sont arrivés. En cas de crise agricole sévère, et quelle qu’en soit la cause, un certain nombre de grandes exploitations seraient abandonnées à la friche et mettraient en péril l’approvisionnement des populations urbaines.

 

La riposte doit s’organiser partout dans le monde

 

Pour lutter contre le rouleau compresseur du système capitaliste en agriculture, des moyens d’importance inégale sont possibles. Tout d’abord, le droit des Etats (ou des groupes d’Etats) à la souveraineté alimentaire doit être reconnue par les instances internationales. Il permet de protéger et de développer les cultures vivrières aux dépens des cultures d’exportation. Or, dans de nombreux pays, ce sont ces dernières que privilégient les exploitations capitalistes.

 

L’instauration du droit à la souveraineté alimentaire (combiné avec une politique foncière quelque peu restrictive) constituerait donc une entrave au développement de l’agriculture capitaliste.

La modernisation de la petite agriculture paysanne est le corollaire du choix de la souveraineté alimentaire. Elle implique la reconnaissance du droit à la terre pour ceux qui la cultivent depuis des générations, une politique de l’eau plus démocratique, un appui aux organisations paysannes et bien entendu l’affectation d’importantes ressources financières.

Enfin, l’action diffuse mais multiforme des citoyens consommateurs est aussi susceptible de gêner le développement de l’agriculture capitaliste. Elle passe par la recherche de produits de qualité, de proximité et diversifiés.

Les citoyens souhaitent également un espace rural ouvert à tous, agréable et accueillant. Enfin, ils peuvent soutenir des initiatives favorables aux petits paysans comme celle que développe le commerce équitable.

 

Conclusion

 

Considérée comme irréalisable il y a encore un quart de siècle, la multiplication des très grandes exploitations agricoles capitalistes est le fait majeur de ce début du 21ème siècle. Cette offensive concerne tous les continents et toutes les grandes productions.

Elle va éliminer ou marginaliser les autres formes d’occupation du territoire et plus  particulièrement nos moyennes exploitations européennes.

 

Or, cette évolution n’est pas sans risque pour l’ensemble des consommateurs et en particulier les plus pauvres. Car la recherche du profit maximum pèsera sur l’avenir de la production agricole, sur la sécurité de l’alimentation des hommes et sur la nécessaire protection de l’environnement de la planète toute entière. Il est donc nécessaire de s’opposer vigoureusement à ce raz-de-marée.

 

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 21:14

Question de Clotilde Valter, députée PS du Calvados

 

Le président de l’Association des producteurs de lait indépendants (APLI), André Lefranc (Sud Manche), est en relation avec la députée de la 3ème circonscription du Calvados. Celle-ci a posé en séance une question orale sans débat au ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, Stéphane Le Foll, le 29 janvier 2013. Voici la question de la députée et la réponse du ministre, que l’on trouve (ainsi que les vidéos) sur le blog de la députée Clotilde VALTER.

 

Ma question à Stéphane LE FOLL sur le prix du lait

 

M. le président. La parole est à Mme Clotilde Valter, pour exposer sa question, n° 102, relative à l’évolution du prix du lait.

 

Mme Clotilde Valter. Monsieur le ministre de l’agriculture, les producteurs de lait sont une nouvelle fois confrontés à une baisse du prix du lait alors même que leurs coûts de production augmentent. Lors de la grève du lait en 2009, ils exigeaient un prix du litre de lait de quarante centimes. Aujourd’hui, le prix moyen européen est de vingt-sept centimes alors que la hausse des coûts de production nécessiterait un prix de quarante-cinq centimes pour assurer une juste rémunération des éleveurs laitiers.

 

Face à cette situation, nombre d’entre eux ont d’ores et déjà décidé d’arrêter leur production. Si chaque producteur a un prix dépendant de sa propre situation et de celle de l’entreprise à laquelle il livre, il existe cependant plusieurs échelons collectifs dans la fixation du prix du lait à la production en France. Dans mon département, le Calvados, le groupe coopératif Agrial a fixé le tarif du litre de lait à trente centimes pour janvier 2013, soit le même qu’en 2003, en dépit de l’augmentation du coût de la production et en particulier des matières premières.

 

Quelles mesures pourraient être engagées rapidement pour pallier ces difficultés, en particulier au niveau européen, par exemple une régulation de la production ou un rééquilibrage des aides européennes vers l’élevage... Je vous remercie. 

 

M. le président. La parole est à M. le ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt.

 

M. Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt. Vous évoquez, madame la députée, un effet de ciseaux entre le prix du lait, qui se stabilise à un niveau bas, et le coût de production, qui a augmenté en raison de l’accroissement du coût des céréales, qui semble se stabiliser lui aussi sur le marché mondial, voire baisser, effet de ciseaux qui nous oblige à prendre des mesures.

 

Un certain nombre de producteurs laitiers réclament un prix à quarante centimes. Avec un tel prix à l’échelle européenne, certains producteurs pourraient poursuivre leur activité mais d’autres auraient une rémunération que nous ne pouvons accepter. Il y a des écarts énormes. Il est très difficile de fixer un prix à l’échelle européenne.

 

Toute la bataille que nous devons mener à l’échelle européenne est de faire comprendre à un certain nombre de nos partenaires que nous avons besoin d’une régulation du marché, que nous devons essayer de mieux organiser les producteurs et que nous ne pouvons pas laisser des industriels, voire les grandes coopératives, fixer les lignes stratégiques de la production laitière, surtout que ces dernières se tournent souvent vers l’exportation. Si, un jour, un marché à l’exportation ne trouve pas de débouchés, toute la production revient sur le continent européen, ce qui fait baisser les prix.

 

Nous devons donc être capables, ensemble, surtout avec la perspective de sortie des quotas de 2015, de rediscuter d’un certain nombre de mécanismes. Nous avons mis sur la table des idées pour réguler le marché du lait à l’échelle européenne. Je vous avoue que ce n’est pas facile, mais la France est à l’initiative.

 

Au niveau national, dans un cadre de contractualisation que nous allons faire évoluer, nous avons pris des mesures pour permettre aux producteurs de s’organiser. Neuf organisations de producteurs ont d’ailleurs été reconnues, dont l’une fait partie de France Milk Board.

 

Nous essayons d’organiser la filière et, surtout, de donner du pouvoir aux producteurs. La réforme de la PAC devra tenir compte aussi, dans la répartition des aides, de la déprise laitière que nous constatons vous et moi dans le grand Ouest mais aussi partout ailleurs. Les producteurs laitiers arrêtent souvent la production laitière pour faire des céréales et il faut arrêter ce processus. Nous avons besoin de garder de l’élevage, de la polyculture élevage. Cela fera partie des propositions que j’ai faites et sur lesquelles j’ai obtenu, je le pense, une écoute favorable à l’échelle européenne ; il faut voir comment l’on peut primer les premiers hectares, ceux sur lesquels il y a de l’élevage, de l’emploi.

 

Tel est en tout cas tout le débat qui va nous occuper au cours de cette année 2013, la réforme de la PAC, la loi d’avenir agricole, sur lesquelles nous aurons bien sûr à revenir.

 

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26 janvier 2013 6 26 /01 /janvier /2013 23:30

L’Europe à contre sens de ce qui se fait ailleurs dans le monde

 

André Pflimlin était invité le 15 janvier à Laval au meeting électoral de la Confédération paysanne (voir Confédération paysanne : un meeting en Mayenne avec Gérard Durand - 16 janvier 2013).

Il était chargé de présenter le tableau de la production laitière en Europe. Retraité de l’Institut de l’élevage, il est l’auteur du livre « Europe laitière » (Editions France Agricole, novembre 2010).

Voir André Pflimlin présente trois avenirs possibles pour l'Europe laitière- 30 juillet 2012.

 

Voir aussi André Pflimlin, expert pour l'EMB, en Bretagne sur la politique laitière - 16 janvier 2012 

Dans son livre, Europe laitière, André Pflimlin condamne le libéralisme - 6 mars 2012

 

L’hebdomadaire d’informations générales et agricoles, L'AVENIR AGRICOLE, dans son édition du 18 janvier 2013, sous la signature de Rémi Hagel, a rendu compte d’une partie de son intervention, sous le titre « L’interdiction de labour des prairies permanentes est suicidaire* ».

 

* Ce titre a été rejeté par André Pflimlin. Il conteste le terme « suicidaire » qu’il affirme ne pas avoir utilisé à ce moment de son intervention. Il tient à préciser qu’il est clairement pour les systèmes herbagers et, donc, pour le maintien du maximum de prairies, avec des mesures incitatives fortes (par exemple, 200 euros par hectare de plus pour les prairies par rapport aux hectares de culture), à l’opposé du projet PAC actuel qui est punitif pour les plus vertueux.

Il pense avoir utilisé le qualificatif « suicidaire » à propos de la politique laitière menée par la Commission européenne et de son mini paquet lait, rustine dérisoire face au marché laitier mondial et aux politiques inverses, de protection de leur marché laitier, menées par la plupart des grands pays du monde (USA, Canada, Japon, Inde, Chine, Corée…).

 

Voici le texte de l’article de L’avenir agricole.

 

André Pflimlin a passé sa carrière à l’Institut de l’Elevage. « On y a un certain devoir de réserve. J’ai attendu la fin de mon activité professionnelle pour évoquer mon analyse dans un livre ».

Sur ce qui s’annonce pour la PAC 2014. « Il y a peu d’espoir, on en attend peu de changements. Le contexte mondial a énormément bougé, avec l’énergie plus chère, le dérèglement climatique. Et la PAC continue de faire comme si rien ne s’était passé ».

Son inquiétude porte surtout sur les systèmes herbagers. « Limiter le couplage maximum à 10 % va représenter une contrainte forte pour les élevages allaitants ». Mais ce qui le choque le plus, c’est l’obligation de non labour des prairies permanentes. « C’est injuste et contre-productif ». Injuste parce que « cela pénalise ceux qui ont beaucoup d’herbe ». Ceux qui ont déjà retourné leurs prairies se retrouvent à l’abri. Et « c’est une mesure inefficace parce que la prairie conservée n’est intéressante pour l’environnement que si elle est bien localisée. Là, cela revient à une jachère imposée et non indemnisée. C’est suicidaire, c’est un non-sens ».

Il subsiste une infime chance : « Pendant quelques mois, on peut encore apporter des modifications ». Il propose de « rémunérer les biens publics associés aux prairies ». Quant à la dépendance vis-à-vis du soja, « il est scandaleux qu’il n’y ait pas une ligne dessus dans la prochaine PAC ».

 

Espoir déçu

Mais le passé récent laisse peu d’espoir. « Avec le traité de Lisbonne qui renforçait le pouvoir du Parlement, j’étais optimiste. Mais sur le paquet Lait, même s’il y a eu des discussions, le Parti socialiste européen a voté sans réserve ». Pourtant, selon lui, « le paquet Lait (avec la fin des quotas) reste dans une logique libérale. On est en train de vivre pour le lait ce qu’on a connu pour le porc. Après 2015, le marché régulera. Ce sont les éleveurs qui ajusteront… En disparaissant ».

 

Conf-paysanne-Laval-150113-005-T.jpgAndré Pflimlin, l’homme de l’est de la France (sud Alsace), aime le 4 puisqu’il est resté jusqu’à l’âge de 16 ans (4X4) sur la ferme de ses parents (4 enfants, 4 vaches laitières, 4 hectares de prairies…). Ensuite, il parle de ses 40 ans d’activité professionnelle.

A propos de prairies et de l’Institut de l’Elevage, qui l’a employé, il a souligné qu’il avait travaillé à Rennes en relation avec le spécialiste breton de la prairie à base de graminées et de trèfle blanc, André Pochon, et qu’il avait beaucoup voyagé pendant les dix dernières années de carrière afin de cerner au mieux les systèmes laitiers en Europe et en Amérique du nord.

 

Il a décrit les systèmes laitiers, très différents, de 4 pays : le Danemark, l’Irlande, l’Allemagne et la Roumanie, avant d’évoquer ceux du Canada, des USA et de Suisse.

 

Au Danemark, comparable dans ses dimensions à la Bretagne, l’agriculture est dominée par les productions porcine et laitière, les deux étant liées. La transmission des exploitations se fait par rachat aux parents à un prix qui doit être égal ou supérieur à 80 % de la valeur du marché et avec des financements hypothécaires (prêts à vie).

A noter que le prix du foncier a augmenté jusqu’en 2007-2008. Avec ce système de transmission, les producteurs de lait sont endettés en moyenne à un niveau extravagant (20 000 euros par vache laitière).

Le Danemark est entré dans la Communauté économique européenne en 1973, en même temps que le Royaume-Uni. C’est un petit pays dynamique. Il n’a pas cru dans les quotas laitiers, mis en place en 1984, et s’est préparé à leur suppression. Une coopérative laitière, ARLA Food, collecte la quasi-totalité du lait du Danemark et une grande partie du lait de Suède, d’Allemagne et aussi du Royaume-Uni.

Au Danemark, il y a un syndicat unique d’agriculteurs, qui contrôle toute l’agriculture (coopérative, recherche…). C’est un système très organisé, efficace techniquement. Les danois ne cherchent pas à se distinguer par rapport à la règle. Depuis la crise, en 2008, ils continuent de soutenir le système et les banques (Etat, banques en difficulté, exploitations laitières endettées).

 

L’Irlande (4 millions d’habitants, un million de vaches laitières) a un système qui semble beaucoup plus séduisant, basé entièrement sur l’herbe et utilisant très peu de concentrés. Les salles de traite et les laiteries sont fermées pendant un mois chaque année, les vêlages se faisant principalement en février-mars chaque année. Tout le lait est transformé en beurre et poudre de lait (modèle unique). Les vaches (de type Frison) sont petites et fécondes. Les bœufs sont nourris à l’herbe. La production de viande diminue. D’ici 2020, la production laitière devrait augmenter de 50 %.

 

L’Allemagne laitière est divisée en trois parties distinctes : le sud, le nord et l’est.

-          Le modèle bavarois, c’est un troupeau entre 20 et 40 vaches, de race mixte (lait et viande), des petites et moyennes exploitations en propriété et un complément de revenu par le tourisme.

-          Le nord est spécialisé lait avec des vaches de race Hollstein, des grands troupeaux (100 vaches) et le système fourrager maïs-herbe. La reprise après les parents se fait sans démantèlement et sans frais. Le jeune, qui a seulement une pension à verser à ses parents, n’a pas d’emprunts à rembourser, ce qui est un énorme avantage. Le complément de production de biogaz a conduit à l’augmentation du prix des terres.

-          L’est se rapproche du modèle américain, avec des troupeaux de 500 à 1 000 vaches, très productifs, gérés par des managers et des financiers. Le prix du foncier n’est pas élevé.

 

La Roumanie est le pays le plus pauvre de l’Union européenne. Le quart de la population active est agricole, vivant dans des très petites et très nombreuses fermes (un million), qui ont, en général, moins de 5 vaches laitières. Toutefois, l’évolution est rapide, distinguant les fermes de grandes cultures, en proximité du Danube, au sud, avec production de lait et de porcs d’une part, et à l’intérieur du pays (Carpathes), des régions  en voie de désertification, ne recevant pas d’aides.

 

Ainsi, l’Europe laitière est marquée par une extrême diversité. Quels modèles retenir ? Cela relève des choix politiques. La Politique agricole commune (PAC) es gouvernée par la Commission européenne. Le traité de Lisbonne, en 2008, a repris les principes inclus dans le Traité de Rome, en 1957 (sécurité alimentaire, préférence communautaire, notamment).

En 2003, la Commission a fait avaliser par les gouvernements la fin des quotas laitiers en 2015, acceptant que les prix du lait fluctuent comme ceux du porc, selon les marchés. C’est la fin de la régulation politique. Malgré les grèves du lait en Allemagne (en 2008) puis en France et en Europe (en 2009), les quotas ont été augmentés de 8 %, ce qui a  libéralisé la production.

Il n’y a pas eu de remise en cause de la décision politique de libéralisation de 2003. Même si diverses institutions européennes produisent des rapports montrant les effets négatifs de la suppression de la régulation, la Commission européenne n’en tient pas compte. Le Parlement européen a voté le « paquet lait » qui entérine la ligne libérale. Or, la maîtrise des volumes est nécessaire. La Commission reste sous l’emprise des directives de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui privilégie le libre-échange.

 

Dans tous les grands pays, ce n’est pas cette politique libérale qui s’applique.

 

Au Canada, depuis 40 ans, le prix du lait est fixé selon un dispositif décidé en commun par l’Administration et les producteurs de lait. Il n’y a pas exportation sur le marché mondial. C’est, donc, un marché interne. Le prix du lait est indexé sur les coûts de production. Les excédents ou pertes sont répercutés sur les producteurs. L’inconvénient, c’est un marché des quotas, très coûteux (2 euros le litre de lait).

 

Aux USA, le système est très organisé depuis 1934. L’aide alimentaire aux plus démunis s’ajoute aux aides aux grandes fermes. Le système est très stable. Les prix sont différents selon les marchés. La prochaine loi agricole (Farl Bill) introduira une garantie par référence à la marge sur coût alimentaire, sans limite de taille du troupeau, dans le but de sécuriser tous les revenus agricoles, les gros inclus. C’est un système de régulation pour tous. Les laiteries ne sont pas d’accord mais elles devront s’y plier.

 

En Suisse, les producteurs de lait ont subi à leurs dépens la dérégulation et la contractualisation depuis quelques années. La Chambre des députés débat du problème.

 

Cet article est le 373ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 22:50

Avec les syndicats minoritaires dans l’Office du lait

 

L’association des producteurs de lait indépendants (Apli), née en 2008-2009 de la crise européenne du lait (grèves du lait), n’est pas présente dans les élections 2013 aux Chambres d’agriculture. Toutefois, ses affinités sont réelles avec la Coordination rurale, principalement (voir Elections Chambres d'agriculture : la Coordination rurale est confiante - 24 janvier 2013) et avec la Confédération paysanne, secondairement (voir Les propositions de la Confédération paysanne pour sauver l'élevage - 18 janvier 2013).

 

L’Apli veut baisser la représentativité des syndicats majoritaires (FNSEA-JA) et faire avancer les idées de régulation de la production sans qu’il y ait besoin de subventions, dans le cadre d’un mécanisme pouvant évoluer avec les marchés et prenant en compte les coûts de production, la rémunération du travail de l’éleveur. Voici les recommandations de l’APLI nationale ASSOCIATION NATIONALE DES PRODUCTEURS DE LAIT

 

AG Apli 120911 001 TVOTEZ UTILE !!!

 

Votons pour écrire notre avenir en nous servant de notre passé

385 000 producteurs laitiers en France en 1984 ,90 000 en 2009, 30 000 en 2025 (estimation réaliste) soit 90% de disparus.

Des volumes à la hausse, des revenus à la baisse. Qui peut défendre un tel bilan !!!

Ils ont inventé le concept de TRAVAILLER PLUS POUR GAGNER MOINS, et pourtant certains d'entre eux sont devenus ministres.

Le Xème plan agricole, écrit par deux syndicats en mars 1989 stipulait qu'il fallait supprimer toutes les petites et moyennes exploitations familiales, produire à bas prix, et subventionner derrière.

Nous y sommes, rappelez-vous avril 2009 prix du lait à 21cts.

Septembre 2009 la grève du lait…..Qui a amené le changement de cap ?

Nous, APLI, associatifs et sectoriels, n’avons pas vocation à ce jour, à nous présenter aux élections chambres d'agriculture, mais nous voulons être le moteur de ce changement, la vigie du maintien d'un nouveau cap.

Nos valeurs sont fondées sur la rémunération du travail et non sur le culte de la subvention, la régulation de la production en amont des entreprises suivant les marchés et prise en compte de nos coûts de production.

Soyons tous conscients que de nos votes dépendent les orientations futures de la politique agricole.

Soyons acteurs de notre présent, bâtisseur de notre avenir. Changeons les Hommes, changeons de cap. VOTONS !!!

 

L'AVENIR AGRICOLE (édition du 25 janvier 2013) résume ainsi la position de l’APLI.

 

L’association des producteurs de lait indépendants incite les éleveurs à voter pour ces élections aux Chambres d’agriculture.

Si l’ancien président fondateur, Pascal Massol, ne voyait « aucun intérêt » dans les Chambres pour changer l’avenir de la production laitière, ses successeurs veulent, eux, endiguer les cessations d’activité. Et, selon eux, cela passe par une baisse de la représentativité de la FNSEA.

Se voulant « asyndicale », l’Apli se montre plus proche de la Coordination rurale (CR). Mais elle partage aussi des points de vue avec la Confédération paysanne.

C’est avec ces deux syndicats que l’Apli a mis en place France MilkBoard (FMB), une Organisation de producteurs (OP) transversale, « ouverte à tous », organisée par bassins laitiers. FMB Grand-Ouest et FMB Sud-Ouest ont été reconnues par décret en décembre 2012.

 

AG Office du lait Avranches 221111 029 TFrance MilkBoard

 

De son côté, Paul de Montvalon, président de l’Office du lait (voir Paul de Montvalon, paysan, président : fédérer les producteurs de lait) s’est adressé aux producteurs de lait en ces termes (extrait). Voir Notre projet - Office du lait

 

En ce début d’année 2013, mon sentiment est partagé. Je laisserai d’abord s’exprimer ma fibre d’éleveur car l’actualité du prix du lait pour le premier trimestre me désole. Alors que dans la plupart des pays européens le lait flirte avec les 400 EUR (Italie 380, Danemark 390, Allemagne 350,…), nous devons nous contenter d’augmentations dérisoires, issues de calculs savamment pensés, pour nous exploiter jusqu’au sang.

J’entends monter la colère dans la campagne et soyez assurés que si des actions de revendication se mettent en place, malgré mon statut plus consensuel de président de l’Office du Lait National, je serai le premier à monter au front. Car je suis avant tout producteur, avec les mêmes difficultés que vous rencontrez quotidiennement.

 

Cette situation est inacceptable, même si, concernant le moyen et le long terme, je dois avouer que nos idées progressent. Trop lentement sans doute, mais nous partons de tellement loin que je ne peux que me réjouir du moindre  signe d’espoir.

 

En effet, vous avez dû le remarquer, dans tous les discours, de tous bords, les clés que nous agitons depuis 2009 sont devenues monnaie courante. Tous évoquent la nécessité d’une forme de régulation, le poids des coûts de production, l’obligation d’une rémunération du travail et du capital. Même le rôle ambigu et le statut des coopératives sont parfois à l’ordre du jour. J’ose espérer que ces propos pertinents ne sont pas tenus à des fins électoralistes, mais n’ont comme seul objectif la défense du producteur et le maintien de son statut dans la filière laitière.

 

L’amorce d’optimisme dont je vous fais part, tient aussi au fait que la nouvelle équipe ministérielle semble plus attentive et plus préoccupée par notre situation, proposant des solutions plus sensées, plus proches de nos idées et surtout réceptive à tous les courants de pensée. Cela aussi nous le préconisions. C’est du débat et de la fin de la pensée unique que germera la solution.

 

L’agrément de nos deux Organisations de Producteurs transversales, France MilkBoard Sud-Ouest et France MilkBoard Grand-Ouest, est la preuve de cette ouverture. En ce début 2013, et pour ce qui concerne la construction de notre avenir, toute votre énergie doit se concentrer sur la constitution des 7 Organisations de producteurs France MilkBoard non encore agréées. Tous les documents sont disponibles au siège de l’Office du Lait National où Françoise est disponible pour tous renseignements. Mais c’est à chacun de vous de devenir l’ambassadeur de France MilkBoard, en contactant vos représentants, en démarchant vos collègues, en résistant aux pressions.

 

Soyez conscients que, même si nous n’en sommes qu’au commencement et que le plus délicat reste à faire, la négociation avec les industriels, donner mandat à France MilkBoard, reste pour vous la dernière opportunité d’éviter l’intégration, de conserver une forme de liberté, de solidarité, de pouvoir, renforcé inéluctablement par chaque nouvelle adhésion.

 

Si vous êtes coopérateur,  pour l'instant, vous ne pouvez adhérer à aucune Organisation de Producteur officielle. Mais vous pouvez rejoindre le collège producteur de l'Office du Lait National au sein duquel tous les producteurs sont traités de manière égalitaire. Soyez assuré que dans toutes nos contestations, analyses ou solutions, le cas des éleveurs coopérateurs est abordé. Comment pourrait-il en être autrement ? Comment envisager une issue, si seulement la moitié des producteurs et des industriels sont concernés ? Surtout, ne pas croire à cette logique libérale appétissante pour s’en sortir : « Je courbe le dos un temps car, quand les autres auront disparu, le prix du lait augmentera et je ferai les quantités à leur place. » Faux ! Je vais courber le dos toute ma vie et m’asservir par le travail et les investissements de la même manière qu’aujourd’hui. Aujourd’hui, où malgré la tension palpable sur les volumes produits, le prix continue de stagner.

 

Il nous faut également poursuivre notre objectif d’informer et alerter les consommateurs sur notre situation d’un autre âge, où des individus sont exploités sans rémunération, pour le profit d’une minorité. Un clip vidéo sur le sujet («  La vache et le prisonnier ») est disponible sur You tube : http://www.youtube.com/watch?v=5guMYOFphto&list=HL1358516684&feature=mh_lolz

Voir aussi le Bulletin EMB janvier en ligne (7 janvier 2013) de European Milk Board: EMB (confédération européenne d’organisations de producteurs de lait, à laquelle adhère l’APLI).

 

Cet article est le 372ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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