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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 23:25

Prix du lait insuffisant, 1000 tracteurs dans les rues

 

2012-11-19-10.28.58.jpgLundi 26 et mardi 27 novembre, à Bruxelles, des producteurs de lait de toute l’Europe participeront à une grande action de protestation, à l’initiative de la confédération européenne des organisations de producteurs de lait (European Milk Board : EMB) présidée par l’allemand Romuald Schaber et animée par le belge Erwin Schöpges, qui parle allemand et français*.

 

L’association des producteurs de lait indépendants (APLI), présidée actuellement par André Lefranc, est membre de l’EMB. Richard Blanc la représente au comité directeur EMB. Voir Richard Blanc (Nord) président de l'Apli après Pascal Massol (Aveyron) - 18 décembre 2011. 

 

Il y a le feu sur le marché du lait. La situation des producteurs laitiers européens est dramatique. Depuis trop longtemps, les prix du lait ne couvrent plus les coûts de production et des milliers de producteurs ont déjà abandonné. Des agriculteurs et agricultrices de toute l'Europe se rendront à Bruxelles les 26 et 27 novembre 2012, afin d'attirer, à l'aide d'actions de protestation spectaculaires, l'attention sur la situation intenable à laquelle ils font face. Les décideurs politiques doivent prendre leurs responsabilités et décider des mesures législatives efficaces pour le marché.

AG Apli 120911 001 T1000 tracteurs à Bruxelles - Grande manifestation des producteurs laitiers les 26 et 27 Novembre à Bruxelles

Le but de la manifestation est de donner force aux revendications des producteurs, c’est-à-dire des prix couvrant les coûts de production ainsi qu'une rémunération équitable.

L'action est lancée dans le cadre de réunions au Parlement européen (26 et 27 novembre) et au Conseil des ministres (28 et 29 novembre), durant lesquelles des discussions sur l'organisation commune des marchés de l'UE auront lieu et des décisions importantes seront prises. Les producteurs laitiers de l'EMB souhaitent saisir cette occasion pour ouvrir le dialogue avec les décideurs politiques européens. « Les producteurs laitiers européens ne bougeront pas jusqu'à ce que notre exigence d'une régulation flexible de l'offre sur le marché laitier, par le biais d'une agence de surveillance européenne, n'ait été entendue. Les premiers pas vers une telle régulation, tels qu'une réduction volontaire des volumes, doivent également être soutenus. C'est la raison pour laquelle nous allons passer la nuit devant le Parlement européen et, en soirée, discuter de cette thématique avec les décideurs politiques », tels sont les propos du Président de l'EMB, Romuald Schaber.

Voici le programme...

 

* Erwin Schöpges (47 ans, producteur de lait en Belgique dans la province germanophone, près du Luxembourg) est le vrai leader européen du mouvement des producteurs de lait. Il a très souvent participé à des réunions de l’APLI en France. Voir ce qu’il disait dans cet article paru sur le blog de « Solidarité et progrès » (Karel Vereycken, 3 avril 2010) : Crise laitière: si nécessaire, nous durcirons le combat

 

Il a noué de très bonnes relations avec le commissaire européen à l’agriculture, le roumain Dacian Ciolos. Voir L'APLI et l'EMB ont noué des relations avec Dacian Ciolos en Belgique - 26 avril 2012.

AG-Office-du-lait-Avranches-221111-006-T.jpg

 

Voir aussi : L'Apli (EMB) est engagée dans un projet de coopérative lait équitable - 11 février 2012

 

 

Le 22 novembre 2012, Erwin Schöpges était l’invité de TELEVESDRE Télévision Locale

Les producteurs de lait de toute l’Europe se préparent pour aller manifester lundi et mardi prochain devant le Parlement européen à Bruxelles. Objectif ? Attirer l’attention sur la situation dramatique des marchés laitiers en Europe, caractérisés par des prix du lait ne couvrant pas les coûts de production. L'invité de Contrechamp ce jeudi est Erwin Schöpges, Vice-Président du MIG, le groupe de défense des producteurs de lait et un des fondateurs de l’EMB, l’European Milkboard. Agriculteur basé à Amblève, il incarne le combat des producteurs laitiers.

Contrechamp : Erwin SCHOPGES, Administrateur European Milkboard

 

Selon Wikipédia, Télévesdre est la télévision locale de l’arrondissement de Verviers, en Province de Liège (Belgique). Elle fait partie d’un réseau de douze télévisions en Communauté Française de Belgique. Elle est diffusée sur le câble (VOO analogique et numérique canal 54), via l'ADSL (Belgacom TV : canal n°337) et l’ensemble de ses programmes sont aussi disponibles sur son site internet.

Cet article est le 351ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 23:56

Une PAC réformée avec des crédits en moins sur 2014-2020 ?

 

Le ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, Stéphane Le Foll, donne sa vision de la réforme à venir et trace les contours d’une nouvelle PAC (politique agricole commune de l’Union européenne) plus adaptée aux grands enjeux économiques et environnementaux. Lire l’interview

En 50 ans, la PAC a fait de l’Europe une grande puissance agricole, répondant ainsi à sa première mission : fournir aux européens une alimentation saine, sûre, de qualité et en quantité suffisante.

En France, la filière agricole et agroalimentaire est aujourd’hui un des principaux employeurs du pays. La prochaine politique agricole commune doit, à l’échelle européenne, favoriser la montée en puissance de ce secteur stratégique pour notre économie, nos emplois et nos territoires, tout en valorisant la diversité des productions et en poursuivant le virage déjà amorcé vers des pratiques plus durables.

 

Stéphane LE FOLL se félicite du soutien de Dacian CIOLOS à la majoration des aides aux premiers hectares (15 novembre 2012)

Stéphane LE FOLL, Ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, se félicite de la réponse positive apportée par Dacian CIOLOS, Commissaire européen en charge de l’agriculture, à la demande de la France de permettre la surprime des premiers hectares.

La possibilité donnée à chaque État de mettre en place une surprime des premiers hectares constitue pour Stéphane LE FOLL un signal fort dans le sens d’une convergence permettant la prise en compte dans la PAC de la diversité des agricultures françaises et européennes et du maintien de l’emploi. En France en effet, le taux d’emploi en agriculture est le plus important sur les premiers hectares des exploitations.

Tout au long du processus de négociation sur la réforme de la PAC la France restera vigilante à la mise en place de la surprime des premiers hectares, permettant ainsi la sortie des références historiques et garantissant une distribution plus juste des aides directes.

Remarque personnelle : cette « surprime » attribuée aux premiers hectares me fait penser au paiement des 450 premiers litres de lait au prix de revient que j’avais proposé en 1972, en relation avec Georges Garot, alors vice-président de la Coopérative des Agriculteurs de la Mayenne, futur député au Parlement européen. Le but était de donner un coup de pouce symbolique aux petits producteurs. Cette mesure, effectivement adoptée par la CAM, avait été  interrompue quelques années plus tard lorsqu’un vent libéral giscardien s’était mis à souffler sur la France.

 

La France n'accepte pas" la diminution des crédits de la PAC (Le Monde, 14 novembre 2012)

Le projet de budget européen 2014-2020 (UE) qui sera présenté par le président du Conseil européen et la présidence chypriote le 22 novembre 2012 devrait être en baisse de 75 milliards d’euros par rapport à celui présenté par la Commission européenne. Et 25 milliards devraient être supportés par le budget PAC (2/3 sur le premier pilier et 1/3 sur le second pilier).

C’est une véritable remise en cause des fondements de la réforme de la PAC, ce qui justifie le Communiqué du Premier ministre relatif à la Politique agricole commune (15 novembre 2012). 

Dans le cadre de la préparation du Conseil européen des 22 et 23 novembre 2012, le président du Conseil européen a diffusé aux Etats membres un projet de conclusions sur le cadre budgétaire pluriannuel. Ce projet ne constitue en aucun cas une base de négociation acceptable par la France sur les plafonds de dépenses proposés pour la politique agricole commune dans ses différentes dimensions.

Portée depuis toujours par la France dans la construction européenne, au cœur de nombreux enjeux majeurs, cette politique devra être préservée afin de répondre aux besoins d’un secteur économique indispensable qui, à travers les industries agroalimentaires, contribue de façon déterminante à la croissance, à l’emploi et au solde commercial extérieur en France et en Europe.

Au cours de ce prochain conseil européen, la France sera prête à travailler de façon constructive à la recherche d’un accord global. Elle demandera un budget de soutien à la croissance permettant de préserver un haut niveau de fonds structurels.

Cet article est le 350ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 22:38

Conserver, ressemer, échanger et vendre ses semences

 

L’association Kokopelli, fondée en 1999, maintient une collection planétaire unique, de plus de 2200 variétés de plantes potagères, céréalières, médicinales, condimentaires, ornementales et une gamme de variétés très peu cultivées, peu connues, voire en voie de disparition. Voir Qui Sommes-Nous ?

 

Le Tribunal de Grande Instance de Nancy et la Cour de Justice de l’Union Européenne ont émis des jugements défavorables à l’association Kokopelli, accusée de concurrence déloyale par l’entreprise Graines Baumaux. Le litige sera plaidé en mars 2013 devant la Cour d’Appel de Nancy. Baumaux réclame 100.000 euros de dommages intérêts et la cessation de certaines activités de Kokopelli.

 

Extraits de la lettre de René Balme, Maire de Grigny, au Président de la République 

Voir François Hollande : Faire annuler la condamnation de Kokopelli. Il vous est proposé de signer la pétition.

 

Il est demandé au Président de la République, François Hollande, la traduction du Traité International sur les Ressources Phytogénétiques pour l’Agriculture et l’Alimentation (TIRPAA) dans notre législation nationale. Ce Traité, voté par la France en 2002 et approuvé nationalement en 2005, reconnaît aux agriculteurs et aux jardiniers le droit de conserver, utiliser, échanger et vendre les semences ou le matériel de multiplication reproduits à la ferme sur son territoire. Il reconnaît la contribution des agriculteurs à la conservation de la biodiversité et stipule que rien ne peut entraver leurs droits de conserver, ressemer, échanger et vendre leurs semences reproduites à la ferme. 

Il est de plus réclamé de faire respecter l’autorisation d’approbation du TIRPAA votée en 2005, en interdisant tout droit de propriété intellectuelle sur le vivant et en limitant les normes commerciales et les droits des obtenteurs là où commencent ceux des agriculteurs, et l’abrogation de la Loi du 28 novembre 2011 relative aux certificats d’obtention végétale*

 

* Rappel: Loi sur le Certificat d'obtention végétale : l'UMP proche des semenciers - 14 déc. 2011 

La Confédération paysanne combat l'idée, celle du gouvernement et les élus de la majorité présidentielle que les intérêts privés de l’industrie semencière sont prioritaires sur ceux des paysans. Les droits des paysans de ressemer et d’échanger leurs propres semences s'inscrivent dans un droit collectif qui fait obstacle à la confiscation de toutes les semences et soutient le droit à la souveraineté alimentaire. Ce droit ancestral est indispensable à l'autonomie des fermes et à l'adaptation des cultures aux changements climatiques et à l'environnemental local.

Semences de fermes, Bernard Lannes, président de la Coordination rurale (Congrès de la CR, 9 décembre 2011).

Semences de fermes, Bernard Lannes veut alerter l'opinion ! La Coordination Rurale (CR) défend les semences de fermes, elle se bat depuis des années contre les projets de loi successifs sur les obtentions végétales, afin que les agriculteurs puissent continuer librement, ce qui évidemment signifie aussi gratuitement, à ressemer le produit de leur récolte.

Voir aussi Semences de ferme : Xavier Beulin, un semencier en confusion d’intérêts (CR, 21 novembre 2011).

 

La position de Guillaume Garot, alors député PS de la Mayenne, aujourd'hui ministre délégué à l'agroalimentaire, sous la responsabilité du ministre de l'agriculture - voir Semences fermières : les députés de la majorité protègent les semenciers au détriment des agriculteurs

Cet article est le 349ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 17:28

Les grandes lignes de l’action du ministre Guillaume Garot

L’agroalimentaire est un secteur économique de grande importance en France. Il représente 13 500 entreprises et 415 000 emplois, avec un chiffre d’affaires de 41 milliards d’euros et 7,6 milliards d’euros d’excédent commercial en 2011 (voir Vient de sortir : le Panorama 2012 des industries agroalimentaires).

A l’occasion du salon international de l’alimentation (SIAL), Stéphane le Foll, ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt et Guillaume Garot, ministre délégué à l’agroalimentaire se sont tous deux engagés dans la lutte contre le gaspillage alimentaire (voir Le ministère de l’agriculture s’engage dans la lutte contre le gaspillage alimentaire).

Les deux ministres ont salué la réussite du SIAL 2012 qui s’est tenu à Villepinte (93) du 21 au 25 octobre. Leur présence sur le salon témoigne de l’importance que le gouvernement français accorde à la filière agroalimentaire, comme un des fers de lance du redressement productif de notre pays (voir Stéphane Le Foll et Guillaume Garot saluent la réussite du SIAL 2012).

Le SIAL 2012 a aussi permis à Guillaume Garot de présenter, avec Nicole Bricq, ministre du commerce extérieur, un plan de conquête à l’export de l’industrie agroalimentaire française, qui passe notamment par l’accompagnement dans la durée des entreprises dans l’élaboration de leur stratégie et leur démarche export, le ciblage de zones prioritaires et de marchés à potentiel, avec une priorité donnée aux marchés d’Asie orientale, la formation des entreprises françaises aux exigences sanitaires des pays tiers, la simplification des procédures douanières et administratives, la mobilisation des services de l’Etat pour obtenir la levée des barrières techniques et sanitaires et le regroupement des forces françaises lors des grands salons internationaux.

 

Guillaume Garot maire de Laval 081010 TDans un entretien avec des journalistes de L’Usine Nouvelle, publié le 11 octobre 2012, Guillaume Garot avait détaillé les grandes lignes de son action au ministère pour redonner de la compétitivité à l’agroalimentaire français (voir "Un plan national pour l’agroalimentaire au printemps").

 

L'Usine Nouvelle - L’industrie agroalimentaire française est-elle en danger comme celles de la pharmacie ou de l’automobile ?

Guillaume Garot - L’agroalimentaire est le premier secteur industriel rapporté au PIB, avec 500 000 emplois et une contribution positive à la balance commerciale de plus de 8 milliards d’euros voire 11 milliards si l’on ajoute les céréales. Nous avons des atouts comme les vins et spiritueux ou le lait, mais aussi des secteurs fragilisés comme la volaille. Nous importons 40 % des poulets que nous consommons aujourd’hui. Notre filière s’est fait tailler des croupières depuis dix ans par nos amis allemands notamment. La situation dans le porc est aussi inquiétante. Je me bats pour qu’il n’y ait pas de Doux dans le porc, pour que le secteur génère davantage de valeur ajoutée tout au long de la filière. Cela suppose de nouveaux outils.

Lesquels ?

Il faut porter massivement les efforts sur la recherche et développement. Quand l’industrie consacre en moyenne 1,3 % de son chiffre d’affaires à la R&D, l’agroalimentaire est à 0,7 %. Doux est un exemple frappant du retard d’investissements industriels. Nous avons décidé cet été d’élargir le crédit impôt recherche aux petites PME qui ne pouvaient pas en bénéficier jusqu’à présent. Pour permettre aux entreprises d’accéder aux financements, nous lançons la Banque publique d’investissements (BPI). Il y aura une entrée pour la filière agroalimentaire afin de permettre aux entreprises de bénéficier de fonds spécifiques, dont le montant est aujourd’hui à l’arbitrage.

Et à l’export ?

L’agroalimentaire doit savoir se vendre et développer une stratégie de conquête. Nous avons deux agences, Ubifrance et la Sopexa, qui font un très bon travail mais qui doivent mieux se coordonner. Il faut de la clarté et un seul drapeau France à l’international. Il faut partir aussi des territoires pour construire des parcours d’accompagnement à la carte pour chaque entreprise. Je suis en train de nommer des référents en agroalimentaire dans chaque région dans le cadre des Rencontres régionales de l’agroalimentaire que nous avons lancées fin septembre.

Nous allons définir une première zone de conquête en 2013, vraisemblablement l’Asie. On va déterminer une stratégie par zone, par filière et même par produit. Le foie gras est un bon exemple. Au Japon, les entreprises françaises l’ont d’abord travaillé à la mode japonaise avec un agrume, le yuzu. Aujourd’hui, les Japonais commencent à l’apprécier aussi à la mode française. Dès janvier, je partirai en mission commerciale avec plusieurs fleurons industriels de la gastronomie française.

Quand allez-vous annoncer des mesures pour restaurer la compétitivité du secteur ?

Je souhaite que l’on débouche au début du printemps sur un plan d’actions national, assorti de mesures sur l’emploi, l’export, la recherche et l’investissement. Il y aura une traduction législative dans la loi d'avenir sur l'agriculture, l'agroalimentaire et la forêt prévue pour 2013, une traduction réglementaire par décrets et circulaires et une traduction pour les territoires.

Certaines filières pointent les différences de coût du travail, notamment avec l’Allemagne. Que comptez-vous faire ?

Nous attendons les propositions de Louis Gallois. Le Gouvernement prendra ensuite ses responsabilités. Il y a aussi une conférence sociale en ce moment. La question du financement de la protection sociale est liée à celle de la compétitivité. La question se pose dans le pays mais aussi à l’intérieur des frontières de l’Union et en particulier avec l’Allemagne. Stéphane Le Foll porte d’ailleurs le sujet des contrats de prestation à Bruxelles.

Faut-il réviser la Loi de Modernisation de l’Economie (LME), comme de nombreux industriels le réclament ?

Il faut retrouver un équilibre pour mieux répartir la valeur ajoutée dans la filière. Avec la LME, le partage s’est fait au détriment des producteurs et des transformateurs. Les méthodes de négociations de la grande distribution sont parfois rudes. Il faut donner des marges de manœuvre aux PME pour investir et créer de l’emploi. Une révision de la LME est nécessaire pour éviter la fragilisation de notre industrie. Mais il faut protéger le pouvoir d’achat des consommateurs et ne pas revenir à une spirale inflationniste. Toutes les hypothèses sont ouvertes. Nous allons aussi remettre sur la table l’accord du 3 mai 2011 qui déclenche de nouvelles négociations entre industriels et distributeurs en cas de flambée des matières premières. Il n’est pas satisfaisant, car incomplet. Il ne fixe aucun terme à la négociation. Une réunion aura lieu le 21 novembre avec les acteurs de la filière. Nous souhaitons déboucher au printemps 2013.

Que vous inspire la gestion du dossier Doux ?

C’est un dossier que je suis quotidiennement depuis mon arrivée. Nous n’avons hélas pas pu anticiper les choses. Le dépôt de bilan est intervenu juste après notre arrivée au pouvoir. Nous n’avons pu que traiter l’urgence sociale et trouver des solutions au cas par cas. Je crois qu’il faut réarmer l’Etat pour être dans une médiation active. L’Etat a la responsabilité d’être à l’initiative d’une stratégie de filière, autour de questions comme la façon de traiter l’entrée de gamme, les filières de qualité, la valeur ajoutée, la stratégie à l’export. Il faut orienter l’offre en fonction de la demande des consommateurs et non l’inverse. Dans le porc, je réunis avec Stéphane Le Foll les acteurs de la filière le 30 octobre, précisément pour ne pas connaître ce que nous connaissons sur la volaille.

Le dossier Fralib est au point mort. Faut-il qu’une loi interdise la fermeture d’usines rentables ?

Les Français ne comprennent plus qu’un groupe qui fait des profits ferme un site rentable, et n’ait aucune obligation vis-à-vis des salariés et du territoire. Il y a quelque chose de scandaleux. Il faut redonner des règles. Dans les hypothèses sur lesquelles nous travaillons, il y a l’obligation qui pourrait être donnée à une entreprise de trouver un repreneur. Rien n’est décidé pour l’instant.

Complément d’info

Un rapport (1999-2000) des sénateurs Marcel Deneux, Jean Bizet et Bernard Dussaut. Il est disponible en une seule pageou consulter Rapport d'information sur l'avenir du secteur agro-alimentaire.

Retrouvez la 1ère intervention du ministre en charge de l'agroalimentaire lors de Food Factory 2012 et le discours intégral en pdf : Discours_integral_GGarot_5_07_12.pdf (voir Conférence sur l'agroalimentaire 2030 : c'était le 5 juillet 2012 à Laval - 6 août 2012).

Cet article est le 348ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 22:27

Réorienter les aides vers les éleveurs et gérer les volumes de lait

 

La page Agriculture de Ouest-France, ce 24 octobre, s’ouvre sur les appels de la Confédération paysanne et de l’Association des producteurs de lait indépendants (Apli) afin de « sauver l’élevage ». Voir La filière agroalimentaire malmenée par la flambée du prix des céréales - 6 octobre 2012

 

Le quotidien régional du Grand Ouest de la France pose trois questions à Gérard Durand, secrétaire national chargé de l’élevage à la Confédération paysanne. Voir Confédération paysanne : « Sauver l'élevage » :

 

La Confédération paysanne diffuse ce tract aux éleveurs. Voir Sauvons l'élevage : des aides justes, pas juste des aides ...

 

UN PROJET POUR LES PAYSANS

 

La Confédération Paysanne se bat pour redonner aux éleveurs des perspectives, pour maintenir les éleveurs en place et favoriser l’installation de jeunes. Un enjeu vital pour l’avenir des zones d’élevage, comme le Massif Central ! Une politique de l’élevage : assurer le revenu des éleveurs

Le maintien de l’élevage est essentiel au développement des territoires ruraux, et plus encore de certaines zones défavorisées. La concentration rapide des élevages est préjudiciable à l’emploi en milieu rural. Pour la Confédération paysanne :

- le revenu des éleveurs doit d’abord être assuré par des prix, fixés en fonction des coûts de production réels, plus que par des primes ;

- la relocalisation de la production est préférable à une politique centrée sur l’exportation, ce qui suppose un renouvellement des éleveurs et le maintien d’outils de transformation (ex. : abattoirs de proximité) ;

- les élevages de petite ou moyenne taille doivent être soutenus en tant que tels et non exclus (comme dans le cas de la prime Jeunes Bovins) ;

- les systèmes herbagers et autonomes doivent être protégés et soutenus ;

- les normes actuelles ou à venir tout comme les contraintes administratives accentuent la concentration et la disparition des élevages.

 

Pour une PAC réformée et plus favorable aux éleveurs :

 

La prochaine réforme de la PAC doit reconnaître les spécificités des élevages et des territoires concernés (zones de montagne, zones défavorisées…). La Confédération paysanne demande :

- une redistribution des aides PAC, réorientées vers les éleveurs à travers les Primes au maintien des troupeaux ruminants (PMTR) et basées sur l’emploi ;

- un positionnement clair de l’UE en faveur de la souveraineté alimentaire européenne et de la régulation des marchés;

- un soutien spécifique et renforcé pour les zones défavorisées, comme l’Indemnité Compensatoire de Handicaps Naturels (ICHN) ;

- un appui à l’évolution vers des systèmes de production plus autonomes, notamment à travers un « plan protéines ».

- une réforme profonde des critères et du système de contrôle des élevages et de la conditionnalité des aides ; avec dans un premier temps, un moratoire immédiat sur les contrôles conditionnalité, notamment dans les élevages petits ruminants.

 

Prix des matières premières : les éleveurs ne doivent pas payer la note

 

La flambée des matières premières (céréales, soja) pénalise les éleveurs, déjà fragilisés ; elle accentue par ailleurs les risques de crises alimentaires à l’échelle mondiale. Pour la Confédération paysanne :

- l’agriculture et l’alimentation ne peuvent être soumises à un marché libéral et doivent sortir de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) ;

- les aliments de 1ère nécessité comme les céréales ne doivent pas faire l’objet de spéculations, en particulier sur les marchés à terme ;

- les aides doivent être redistribuées en direction des éleveurs. Dans l’attente, il faut taxer les céréales à l’exportation au-delà d’un certain seuil, pour arrêter l'augmentation des prix ;

- il faut arrêter le soutien aux agrocarburants.

 

AG Apli 120911 001 TDe son côté, l’Apli réagit aux propos du président de la Chambre d’agriculture des Côtes-d’Armor, Olivier Allain, qui souhaite une meilleure répartition des aides PAC en faveur des éleveurs.

 

Elle souligne qu’une simple régulation européenne par les éleveurs eux-mêmes ne coûterait rien au contribuable. L’unique moyen d’obtenir un prix du litre de lait couvrant les coûts de production, afin d’assurer l’écoulement des volumes transformés, c’est en premier lieu de regrouper tous les éleveurs dans une seule et même organisation de producteurs : France Milk Board (voir Paul de Montvalon (FMBoard) lance ses Organisations de Producteurs - 20 octobre 2012). C’est à eux de prendre en main la quantité de lait à produire au niveau du pays afin de subvenir aux besoins des industriels français.

 

L’Apli évoque aussi l’Office du lait (voir Paul de Montvalon a présenté l'office du lait aux producteurs à Ernée), où les producteurs gèreront la régulation des volumes produits afin d’assurer l’approvisionnement de la filière tout en garantissant un prix couvrant les coûts de la production des éleveurs et une juste répartition de la valeur ajoutée. Avant de demander encore une fois des aides de l’Etat, de l’Europe, il faut balayer devant chez soi (…).

Cet article est le 347ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 12:26

Une OP Grand Ouest des éleveurs laitiers indépendants

 

Les éleveurs sont asphyxiés, selon Paul de Montvalon, président de France MilkBoard (voir Paul de Montvalon, paysan, président : fédérer les producteurs de lait - 2 janvier 2012).

 

AG Apli 120911 001 TDans l’hebdo « Paysan Breton » (19-25 octobre 2012), l’éleveur du Maine-et-Loire, membre de l’Association des producteurs de lait indépendants (APLI), exprime le ras-le-bol d’une profession qui risque de sombrer dans le désespoir.

France MilkBoard lance ses propres OP

Destinée à devenir «l’Organisation des producteurs de lait indépendante des éleveurs laitiers du bassin ouest », dès son agrément par le ministère de l’Agriculture, cette association veut proposer « un modèle alternatif » à la filière laitière, explique Paul de Montvalon, président de France MilkBoard. Jusqu’à aujourd’hui, l’ensemble des OP (Organisations de producteurs) créé en France étaient verticales (les producteurs adhérents à ces organisations livrent tous au même industriel). C’est ce modèle que les membres de France MilkBoard souhaitent casser. C’est ainsi la 4e OP transversale (réunissant les producteurs d’un territoire, quel que soit leur collecteur) que lance FMB, après FMB Sud-Est, Sud-Ouest, FMB Normandie et FMB Grand Ouest. « On est persuadé que le système qui se met en place, des OP verticales avec une cogestion syndicale, va être une catastrophe », juge Paul de Montvalon.

Les éleveurs sont « asphyxiés »

Une catastrophe déjà amorcée, à en croire les 200 éleveurs, accompagnés d’une quarantaine de tracteurs, qui ont manifesté ce 11 octobre dans les Deux-Sèvres, à l’appel de France MilkBoard. « On se fout de la gueule des éleveurs ! », fulmine Paul de Montvalon. « Ce n’est qu’un premier avertissement, un cri de désespoir. Nous préparons d’autres actions, pires que celle-là », menace-t-il. En effet, pour le président de FMB, la hausse des charges des éleveurs et les baisses de prix infligé par Terra Lacta, Sodiaal, Lactalis, ou encore Coralis « asphyxient » les éleveurs. « Nous sommes dans une situation pire qu’en 2009, la trésorerie des exploitations est beaucoup moins bonne qu’à l’époque. Les gens sont désespérés », se désole Paul de Montvalon. Et ce ne serait que par ces fameuses OP transversales que les éleveurs pourraient négocier une meilleure rémunération auprès de l’industrie agroalimentaire. Mais pour réellement peser, les OP auront surtout besoin d’adhérents. Nationalement, plus de « 1500 éleveurs ont donné leur mandat de négociation » assure Paul de Montvalon.

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 23:53

Reconnaissance du rôle de l’agriculture familiale

 

Le 15 octobre, à Rome, Marcel Groleau, président général de l’Union des Producteurs Agricoles (UPA) du Québec, et Graziano da Silva, directeur général FAO (l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture), ont signé un mémorandum de collaboration, ce qui est une première historique. Voir Entente historique entre L'Union des producteurs agricoles et l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture

 

Cette entente vise la mise en œuvre « d'actions communes  visant à promouvoir le développement d'une agriculture familiale : performante, économiquement viable, socialement solidaire, équitable et durable, structurée au sein d'organisations professionnelles et insérée dans le marché. »

Pour le président général de l'Union, « cette entente vient couronner vingt ans de coopération avec des organisations paysannes de partout dans le monde.  Vingt ans à tisser des liens afin de faire rayonner au-delà de nos frontières la solidarité que les agriculteurs québécois ont développée au sein de leur organisation professionnelle depuis plus de 80 ans » .

Par ce mémorandum, la FAO reconnaît que la sécurité alimentaire mondiale repose sur la capacité des agriculteurs et des agricultrices à nourrir la planète et que pour y parvenir, ils doivent pouvoir compter sur des politiques agricoles locales, régionales et nationales équitables qui favorisent le développement d'une agriculture familiale et permet l'installation des jeunes pour le renouvellement des générations.

Rappelons que déjà en 2008, dans son rapport annuel, la Banque mondiale soulignait à larges traits que l'agriculture familiale est aussi performante dans sa capacité à réduire la faim que l'agriculture industrielle, mais que ses effets structurants sur les peuples sont beaucoup plus positifs. Elle est la base même de la sécurité alimentaire pour de nombreux États. « La FAO va plus loin aujourd'hui en ajoutant que le maintien et le développement de cette agriculture familiale reposent sur des organisations professionnelles d'agriculteurs bien structurées. Et puisque l'UPA a développé une expertise et accumulé un bagage d'expérience de coopération avec les organisations professionnelles du sud, il était naturel de signer cette première entente de collaboration », d'ajouter Marcel Groleau.

Un nouveau courant de pensée sur les questions alimentaires est en train de redéfinir les grands paramètres du développement de l'agriculture à travers le monde et permet d'entrevoir l'avenir avec optimisme. Depuis les années 80, nous avions connu un effritement de l'agriculture familiale au profit d'un modèle industriel qui, aujourd'hui, a démontré ses limites. La FAO reconnaît, depuis plusieurs années, le rôle prépondérant de l'agriculture familiale supportée par des organisations professionnelles structurées.  L'échec quasi annoncé de Doha et la prise de position de la Banque mondiale en faveur de l'agriculture familiale contribuent également à ce tournant.

Une page d'histoire s'ouvre aujourd'hui. L'Union des producteurs agricoles réclame depuis plusieurs années un secrétariat québécois à la spécificité agricole pour faire la promotion de l'exception agricole à l'échelle internationale. Elle en appelle également à la restauration du droit des peuples à définir leur politique agricole et alimentaire dans l'optique du respect des droits humains et du droit des pays à fonder leur sécurité alimentaire nationale sur leurs propres territoires et ressources. L'engagement du gouvernement québécois de mettre en place une politique de souveraineté alimentaire pour le Québec s'inscrit dans cette orientation et nous y souscrivons entièrement.

« Nous sommes au début de quelque chose de nouveau. Les grandes organisations telles que la Banque mondiale et la FAO ont pris une direction claire vers un développement durable et équitable de l'agriculture et l'Union des producteurs agricoles est fière d'y contribuer activement. L'entente signée aujourd'hui nous donne la légitimité et l'élan pour poursuivre notre action », a conclu Marcel Groleau.

À propos d'UPA Développement international
Par l'entremise de sa corporation UPA Développement international, l'Union des producteurs agricoles établit des partenariats avec des organisations paysannes d'Afrique, d'Amérique latine et d'Asie afin de renforcer leur capacité à agir collectivement pour le développement de l'agriculture et le mieux-être des familles paysannes. Cet engagement résulte d'une prise de conscience que l'avenir de chaque famille agricole est intimement lié avec celui de millions d'autres à travers le monde. La libéralisation des échanges commerciaux au plan mondial est source de pressions croissantes sur les agricultures du sud comme du nord. Dans ce contexte, le développement durable de l'agriculture doit nécessairement passer par la mondialisation des solidarités. 
 

Voir aussi : Signature historique à Rome (laterre.ca, 15 octobre). Pour la première fois, la FAO a signé une entente de collaboration avec une organisation de producteurs agricoles : l’UPA.

 Cet article est le 345ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 19:39

L’emprise agro-industrielle de Xavier Beulin en question

 

La colère monte chez les éleveurs laitiers (voir La filière agroalimentaire malmenée par la flambée du prix des céréales - 6 octobre 2012). Elle se focalise sur celui qui a su s’imposer à la tête du monde agricole français, en jouant de sa puissance industrielle (fabrication d’aliments et de carburants à partir de plantes oléo-protéagineuses). Voir Sofiprotéol est l'acteur financier et industriel de la filière française des huiles et protéines végétales.

 

Xavier Beulin est un dirigeant décomplexé. Elu, en 2010, président de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (voir Xavier Beulin (FNSEA) veut une agriculture conquérante et compétitive - 8 avril 2012), il a conservé ses responsabilités à la tête de Sofiprotéol, ce qui lui a valu de s’expliquer au moment de l’affaire Doux. Voir Le président de la FNSEA dément le conflit d'intérêt dans le dossier Doux (L’Usine Nouvelle, Elodie Vallerey, 7 août 2012).

 

AG Apli 120911 001 TL’ASSOCIATION NATIONALE DES PRODUCTEURS DE LAIT s’appuie sur le reportage diffusé le 5 octobre 2012 par France3 sur « l’empire Sofiprotéol » - voir http://www.youtube.com/watch?v=1_0N1rOlHa0). Elle a décidé « d’expliquer ce qui devait rester caché » (voir ZOOM).

 

Et la question va bien au-delà des simples paysans : tout possesseur d'automobile et consommateur de denrées alimentaires paye sa dîme au CARTEL BEULIN-SOFIPROTEOL.... Il EST TEMPS QUE CA SE SACHE, ET QUE CA S’ARRÊTE ! Il s'agit d'un choix de société, rien de moins !

QUI est à la tête de cet empire ? QUI est la tête de la haute cour des coopératives HCCA ? QUI permet aux coopératives d’aller sur des marchés non porteurs en sabotant le prix payé aux producteurs ? QUI assure la sauvegarde de sa filière au détriment de l’élevage ? QUI a validé la demande de contractualiser la production laitière ? QUI veut étendre la contractualisation à toutes les filières pour assurer le débouché et la continuité de son business (nouveau contrat de filière sous peu) ?

Les agriculteurs devenant menottés sont incapables de sortir du gouffre sans fond de ce système. Qui veut développer les OGM et faire payer les paysans qui utilisent leurs propres semences ? Fin des quotas 2015. Fin des aides agro carburants 2015. Les laitiers exploités remplaceront les subventions publiques !!!

Si on laisse faire, tout sera verrouillé avant l’heure ! Le verrouillage étant quasiment acquis !

Une première manifestation dans les Deux-Sèvres jeudi 11 octobre sera le début d’une guérilla !

A l initiative de l’APLI nationale et de l’APLI 79, en collaboration avec la coordination rurale et la confédération paysanne, une manifestation d’éleveurs se déroulera le jeudi 11 octobre. Rassemblement prévu pour 11 h sur une parcelle au carrefour de Bouillé-Saint-Varent (au sud de Thouars) sur la D 938 (direction Monteil).

Voir Les filières agricoles d'élevage dans l'impasse : début de guérilla jeudi - 8 octobre 2012

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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 21:55

Les éleveurs pas plus avancés qu’en 2009 (grève du lait)

 

L’APLI (association des producteurs de lait indépendants) nationale a décidé de repartir au combat, trois ans après les grèves du lait - mémorables - de septembre 2009, en France et dans d’autres pays européens. La raison en est simple : la situation des éleveurs laitiers est pire qu’en 2009 car, à la baisse des prix, s’ajoute la hausse des coûts de production (voir La filière agroalimentaire malmenée par la flambée du prix des céréales - 6 octobre 2012). 

 

AG Apli 120911 001 TVoici le communiqué publié ce 8 octobre par André Lefranc, président de l’ASSOCIATION NATIONALE DES PRODUCTEURS DE LAIT et repris ce jour par La France Agricole : Lait : L'Apli « retourne à l'affrontement »

 

Retour à la case départ

 

Trois ans après la grève du lait et les épandages, non seulement la situation des éleveurs laitiers ne s’est pas améliorée, mais elle se dégrade irrémédiablement avec son lot persistant de suicides, cessation d’activité, et autres drames familiaux.

Pourtant, depuis 2009, l’APLI Nationale met en garde contre les causes qui génèrent la situation actuelle :

- Une contractualisation renforçant le pouvoir des industriels et n’apportant aucune solution à l’équation coût de production-prix payé.

- Les dégâts évidents de l’orientation verticale des Organisations de Producteurs où le producteur devient la variable d’ajustement, contrairement à ce qui est proposé par France MilkBoard.

- Une interprofession inutile et dépassée.

- La cogestion qui, par le cumul des mandats et les conflits d’intérêts, se substitue à la défense des éleveurs laitiers.

- La gestion inefficace et dictatoriale des coopératives tirant les prix vers le bas.

- Les ententes illicites entre industriels laitiers.

- L’envahissement de l’huile de palme dans notre alimentation et le développement des agro carburants pour le seul profit de financiers sans scrupules, au détriment de l’alimentation et des filières élevage.

 

D’autant que la solution existe, équitable et objective. Elle est défendue au sein de l’EMB* et de l’Office du Lait National**, nouveau cadre de concertation où des éleveurs, forts de leur analyse initiale, prônent la gestion des volumes, la nécessité de prendre en compte les coûts de production, le maintien d’une production en harmonie avec les territoires.

 

Aujourd’hui, les éleveurs laitiers se scindent en trois catégories :

- Les inconscients.

- Ceux qui n’ont d’autres choix que de signer des contrats sous la menace des industriels.

- Ceux qui ont ou qui vont abandonner la production laitière.

 

Trois ans après, l’APLI Nationale n’a d’autre choix que de retourner à l’affrontement pour exiger :

- Un moratoire sur la contractualisation avec annulation des contrats déjà signés,

- Une expertise sur la réalité économique et fiscale des coopératives laitières,

- La reconnaissance de l’Office du Lait National comme seul lieu de négociation concernant les problèmes laitiers,

- Des mesures d’urgence pour pallier l’augmentation des charges.

 

L’APLI Nationale invite les autres filières de l’élevage à la rejoindre dans ses actions, car il apparaît clairement à ce jour, que tout le secteur de l’élevage, victime d’une exploitation indigne, doit reprendre seul, son destin en main.

 

Rendez-vous le 11 octobre 2012, dans les deux Deux-Sèvres*** pour un premier avertissement !

Trois ans après, le mouvement Apliste ne pourra plus être qualifié d’utopiste et de démagogue. Car le temps lui a donné raison et dans les faits, et pour les solutions.

* EMB (European Milk Board) : Voir les Positions de l’EMB

Notre stratégie pour préserver en Europe la couverture géographique de la production laitière est claire. Il faut une régulation souple des quotas pour assurer une base solide à des prix équitables. Régulation de l'offre souple et à l'écoute du marché assurant à long terme la couverture géographique et la durabilité de la production et de l’industrie laitières en Europe.

 

** Voir Paul de Montvalon, paysan, président : fédérer les producteurs de lait - 2 janvier 2012

*** Une première manifestation dans les Deux-Sèvres jeudi 11 octobre sera le début d’une guérilla !

A l initiative de l’APLI nationale et de l’APLI 79, en collaboration avec la Coordination rurale et la Confédération paysanne, une manifestation d’éleveurs se déroulera le jeudi 11 octobre. Rassemblement prévu pour 11 h sur une parcelle au carrefour de Bouillé-Saint-Varent (au sud de Thouars) sur la D 938 (direction Monteil).

11h : rassemblement
12h : casse croûte, intervention des dirigeants nationaux et politiques
13H30 : point presse
14H15 : épandage de lait
14H45 : opération escargot sur la D 938

Appel à tous les éleveurs, toutes productions confondues, à venir manifester leurs mécontentements face à la conjoncture actuelle : hausse des charges, volatilité des prix, contractualisation… etc.

Face à cette situation critique (280 euros pour 1000 litres en octobre avec Terra Lacta), l’APLI défend des prix à la production qui couvrent les coûts de production grâce à une régulation des volumes nationaux et européens.

Si possible, chaque manifestant viendra avec un tracteur. Nous invitons également tous les acteurs de la filière, élus et politiques de la région à venir écouter nos revendications.

 

L'APLI EST DE RETOUR ET VA EXPLIQUER CE QUI DEVAIT RESTER caché : FAITES LE SAVOIR AU PLUS GRAND NOMBRE !

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6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 23:55

Comment les éleveurs vont faire face à la facture ?

 

Le prix du lait baisse et les coûts de production s’envolent. Comment les éleveurs laitiers vont-ils s’en sortir, sachant que la grande distribution refuse de répercuter les hausses demandées par les industriels, eux-mêmes sous la pression des producteurs ? Il y a une énigme à résoudre.

Un ami du Québec me signale un article de La Charente Libre qui n’est pas passé inaperçu dans son pays. Voir Crise du lait: des éleveurs arrêtent les frais (4 octobre 2012). Philippe Varacher, président départemental de l’association des producteurs de lait indépendants (Apli) arrête la production laitière et passe à la viande bovine.  

Coûts de production qui explosent, concurrence européenne et même mondiale qui tire les prix vers le bas, normes qui obligent à investir et s'endetter... Parallèlement, des prix de vente, et donc des revenus, qui baissent, qui baissent. L'effet ciseau décapite la filière. Philippe Varacher l'assure : «En Charente, seuls 5 à 10% des éleveurs laitiers s'en sortent avec un prix à 300 euros. Ce sont des gens proches de la retraite, qui ont de toutes petites structures et ne sont pas forcément aux normes.»

 

Xavier Bonnardel, dans Ouest-France (édition datée du 6-7 octobre 2012), montre bien ce qui se passe. « La mauvaise récolte mondiale de grains entraîne la filière alimentaire dans une valse à trois temps. Premier temps : céréales, maïs et soja, ingrédients de base des aliments pour le bétail, flambent. Deuxième temps : la facture payée par les éleveurs pour nourrir leurs troupeaux s’alourdit au point de menacer l’équilibre économique des exploitations. Troisième temps : les éleveurs cherchent à répercuter la hausse de leurs charges à l’industriel du lait ou de la viande qui achète et transforme leur production. Cela n’est possible que si la grande distribution consent à acheter plus cher. La valse s’enraye et se transforme en bras de fer ». Voir Agriculture : Avis de tempête sur les prix alimentaires

 

AG Apli 120911 001 TLa seule organisation de producteurs qui existe vraiment au niveau européen, l’EMB (European Milk Board), avance des explications dans son bulletin de septembre (cliquer sur suite). 

Des hauts et de nombreux bas ont émaillé la saison météorologique mais aussi le marché du lait. La chute du prix du lait s’est prolongée jusqu’au mois d’août, nous confrontant ainsi aussitôt aux mêmes inepties. En raison de la sécheresse aux USA, les spéculateurs sur le marché du lait redoutent un tarissement de l’approvisionnement ; ils se mettent alors à gonfler, de façon effrénée et incontrôlée, la demande, poussant ainsi les prix sur le marché spot à la hausse. Et dire que d’autres prétendus experts avaient pronostiqué un scénario diamétralement opposé… Ce nouveau marché du lait libéralisé nous fait ici deux magnifiques cadeaux, l’incertitude et le manque de transparence ! Tout ce qu’un cours du lait stratosphérique sur le marché spot n’est jamais parvenu à établir, c’est un meilleur prix du lait.

Le Traité de Lisbonne, à l’article 39, alinéa C, prévoit, sans ambiguïté que : « La politique agricole commune a pour but de stabiliser les marchés. » Par sa politique de libéralisation des marchés, la Commission Européenne renie cet objectif. Elle se montre également totalement déconnectée de la réalité. Il y a quelques semaines encore, le Commissaire à l’Agriculture, Dacian Ciolos, expliquait que le marché du lait ne connaissait aucune crise puisque les prix très bas enregistrés en 2009 n’étaient pas encore atteints. Si le Commissaire prenait la mesure de l’énorme augmentation des coûts de production, il comprendrait que la crise actuelle est déjà bien plus grave que l’épisode de 2009.

Le monde politique ne porte pas seul la responsabilité du marasme actuel. L’industrie laitière et les syndicats majoritaires nous donnent aussi du fil à retordre. En Grande-Bretagne, l’organisation de producteurs laitiers « Farmers for Action » a manifesté contre la baisse annoncée du prix du lait et est parvenue à faire plier les laiteries, les supermarchés et les décideurs politiques. Vous en apprendrez davantage sur cette campagne dans ce numéro du bulletin d’information de l’EMB. Mais quelles sont les raisons de ce succès britannique ? Les producteurs de lait ont réussi à convaincre, non seulement, l’opinion publique mais aussi le syndicat majoritaire de leur apporter leur soutien. Avec ce dernier, ils travaillent de concert afin d’user de leur influence sur les décideurs politiques. L’EMB ne peut encore se targuer de pouvoir compter sur un tel allié. En Europe, les grandes associations d’agriculteurs historiques soutiennent, en priorité, l’industrie laitière et le commerce, au détriment de leurs propres adhérents. Ce sont les grands syndicats majoritaires qui insistent auprès des élus et de la Commission Européenne pour ne pas évoquer une crise du lait.

Plus que jamais et en dépit de toutes les oppositions, l’EMB se mobilise pour un prix du lait équitable, capable de garantir la survie économique des producteurs de lait. Nous portons aussi cette revendication avec les participants de la Good Food March 2012 qui a débuté partout en Europe au mois d’août et se terminera à Bruxelles le 19 septembre. Les citoyens et les producteurs luttent ensemble pour l’émergence d’un marché équitable, la garantie d’une alimentation de qualité et la mise en œuvre d’une politique durable. En quelques mots comme en cent : pour une véritable valeur ajoutée.

Voir les Positions de l’EMB

Notre stratégie pour préserver en Europe la couverture géographique de la production laitière est claire. Il faut une régulation souple des quotas pour assurer une base solide à des prix équitables.

Régulation de l'offre souple et à l'écoute du marché assurant à long terme la couverture géographique et la durabilité de la production et de l’industrie laitières en Europe.

 

Guy Laluc, dans son bulletin ARGOS de juillet-août 2012, porte les préoccupations des éleveurs.

ENTENDEZ-VOUS DANS LES CAMPAGNES

 

(…) Et les malheureux éleveurs. Confrontés à la cherté de l’alimentation animale, vous pouvez vous octroyer la médaille d’or des laissés du bénéfice.

J’entends votre incapacité à pouvoir répercuter ces hausses de prix des grains sur le prix de vente de vos animaux (exemple concret fourni par le cabinet Optimes, en production de porc sous label, la rentabilité devient négative avec un cours de maïs excédant 150 euros/tonne alors qu’il dépasse actuellement largement les 200 euros/tonne)… J’entends votre frustration de bosser pour des queues de cerises quand industriels et distributeurs se partagent le fruit de votre travail. J’entends votre ras-le-bol de ces mises aux normes continues, certes utiles, mais qui au niveau du bien-être imposent quasiment plus de respect de la gent animale que celle des Humains.

J’entends vos interrogations sur l’arrêt éventuel de votre activité d’élevage, devenue fastidieuse dans une société dans laquelle le travail semble avoir perdu son sens, au profit d’une exploitation entièrement tournée vers les céréales. J’entends votre compagne inquiète de ne pouvoir acheter sereinement les fournitures pour la rentrée scolaire de vos enfants. J’entends les dirigeants d’Unigrains et de Sofiprotéol vous proposer une aide (alors qu’ils pourraient vous céder à prix dérisoire les tourteaux qui sortent des usines de biocarburants). J’entends le ministre de l’agriculture vous dire que, de toutes façons, votre coopérative est à vos côtés pour les moments difficiles. J’entends aussi certains d’entre vous se régaler du malheur de leurs voisins espérant grappiller quelques hectares au passage…

J’entends aussi et surtout les uns et les autres dans la France entière, pauvres ou plus aisés, se battre pour la liberté d’entreprendre et pour se faire respecter

Cet article est le 342ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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