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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 21:38
Pendant le débat, de nombreuses mesures ont été prises
 

Le départ du gouvernement de Delphine Batho a été justifié par le non respect de la solidarité gouvernementale (doctrine Chevènement, qui veut qu’un ministre ne peut s’exprimer librement que s’il quitte le gouvernement).

Il est vrai que les responsables du gouvernement ne pouvaient admettre que, suite à l’arbitrage budgétaire en sa défaveur, elle mette en doute publiquement l’engagement du Premier ministre en faveur de l’écologie. En fait, la prestation de la ministre n’était peut-être pas tout à fait conforme aux attentes du président de la République, si l’on en croit ce qu’on lit dans la presse.

 
Voir Delphine Batho et la fausse crise de régime (Marianne, 3 juillet 2013)

Le limogeage de Delphine Batho était dans les tuyaux (Challenges, Nicolas Stiel, 3 juillet 2013)

 

Pourtant, elle a beaucoup travaillé sur la réalisation du Débat national sur la transition énergétique

Rappel : 1Débat sur la transition énergétique pour une loi de programmation 2013 - 29 novembre 2012 

 

Ce débat national a déjà porté ses fruits, dans de nombreuses décisions qui ont été prises récemment. Voir, à ce sujet, l’article signé Ludovic Dupin, qui a été publié ce 3 juillet 2013 sur le site de L’Usine Nouvelle. Voici ce texte.

 

Batho embarquée dans la galère du débat national sur la transition énergétique

 

L’ex-ministre de l’écologie avait été mise en charge d’un gigantesque chantier, celui du débat national sur la transition énergétique. Mais entre le sentiment d’une représentativité biaisée et l’impossibilité de trouver des recommandations communes, ce gigantesque débat risque fort d’accoucher d’une souris.

 

En juin 2012, la jeune quadragénaire prend ses fonctions de ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, à la place de Nicole Bricq, avec une lourde mission. Delphine Batho doit tenir une des promesses du nouveau président de la République : la tenue d’un grand débat national sur la transition énergétique (DNTE). Censé être plus fondateur que le Grenelle de l’environnement de 2008, le DNTE présente de grandes ambitions et pour cela, il ne lésine pas sur sa feuille de route. Le DNTE compte de multiples corps (parlement du débat, des groupes d’experts, comité de pilotage…), réalise des dizaines d’auditions, doit réunir les citoyens à travers des débats régionaux et des journées spéciales, doit prendre le temps de la réflexion avec huit mois de débat… Malgré cet immense déploiement de moyens, le président de la République n’a pourtant pas hésité à limoger sa grande ordinatrice à quelques jours de la fin des débats, prévue le 18 juillet prochain… Symbole que ce DNTE ne présente pas vraiment d’enjeu pour la politique gouvernementale et les choix énergétiques de la France.

 

Tous les industriels écartés

La première faute de Delphine Batho a sans doute été celle du casting. À l’image de la conférence environnementale qui s’était tenue en septembre 2012, la ministre Batho a écarté tous les industriels de l’organe cœur du DNTE, le parlement du débat. Ils y étaient représentés uniquement par le Medef et quelques syndicats professionnels. Les industriels se verront relégués à un "Groupe de contact des entreprises de l’Énergie" qui, lors de son audition par le parlement du débat, se fera véritablement laminer par les organisations vertes. Après huit mois de débat, le président de l’Union française de l’électricité (UFE), Robert Durdilly, constate qu’"il y a un problème dans la façon dont le débat a été lancé. La représentation économique est très minimisée et laisse peu de place aux entreprises". Conséquence, selon lui : les participants se bercent "d’illusions sur un avenir radieux" qui ne prend guère en compte les réalités du marché, les équilibres physiques et les coûts d’investissement.

Pour autant, les ONG écologistes ne se sont pas non plus toutes satisfaites du dispositif. Le comité de pilotage du débat comptait à l’origine deux ex-acteurs du monde de l’atome, Anne Lauvergeon, ex-présidente d’Areva, et Pascal Colombani, ancien administrateur général du CEA. Effet immédiat : Greenpeace et les Amis de la Terre refuseront, en novembre dernier, de prendre part au DNTE, même quand Pascal Colombani sera finalement écarté du comité de pilotage. Pour la petite histoire, Anne Lauvergeon, très présente au départ, a  aujourd’hui complètement disparu du débat.

 

L’absence dommageable de Greenpeace

L’absence de Greenpeace, et son immense capacité de communication et d’entraînement, a sans doute fait beaucoup de tort à la médiatisation du DNTE. Fin mai, l’ONG ironisait d’ailleurs en émettant une fausse "Alerte enlèvement" sur le débat national sur la transition énergétique. Et c’est la deuxième faute de Delphine Batho : l’incapacité à médiatiser le DNTE. Le débat n’a intéressé que des gens déjà intéressés, pourrait-on caricaturer. De plus, les débats en régions ont été organisés de manière autonome et sans méthode commune, ce qui a empêché de créer un effet boule de neige dans la mobilisation citoyenne.

Une des raisons du très faible écho du DNTE dans la population est le refus originel d’aborder les deux questions de la place du nucléaire dans le mix énergétique et de l’exploitation du gaz de schiste. Troisième faute, Delphine Batho a très clairement indiqué que le DNTE devait avoir comme postulat le passage du nucléaire de 75 à 50 % en 2025 et l’interdiction de l’exploitation du gaz de schiste, comme voulu par le président Hollande. Le héraut de Batho, Laurence Tubiana, facilitatrice du débat, s’est tenue à cette ligne, au point de s’énerver sur des journalistes quand le sujet des hydrocarbures non conventionnel est évoqué : "Si on croit que c’est ça la discussion, personnellement je n’ai pas de temps à perdre jusqu’en juin pour discuter de ça."

Ces deux sujets ont donc été sobrement oubliés jusqu’à fin mai. À cette date, le groupe sur le mix énergétique rendait ses conclusions devant le Parlement, en assumant le fait de ne pas parvenir à un consensus sur la place du nucléaire. Paradoxalement, c’est à ce moment que le débat fera le plus parler de lui dans la presse. "Oui, c’est conflictuel, parce qu’on est au cœur du débat", commente même Laurence Tubiana. Mais rapidement la ministre Batho siffle la fin de la récréation en affirmant : "Je vous invite à trouver des compromis. Où il n’y a pas de compromis, il faudra que le gouvernement prenne des décisions avec le Parlement".

 

Consensus sinon rien

Ce qui mène à la quatrième faute du débat, la recherche du consensus coûte que coûte, imposée par la ministre. Lors de la huitième réunion du parlement du DNTE, en juin, la facilitatrice du débat propose un brouillon des recommandations. Comme l’impose la ministre Batho, ce document présente des propositions comme étant communes à tous, alors qu’elles ne sont en réalité exprimées que par une partie de l’assemblée. Ni les ONG, ni les représentants des entreprises ne valident la démarche. Le Medef monte au créneau pour faire retirer le document qui proposait par exemple "la mise en place d’une fiscalité environnementale, en particulier d’une contribution climat-énergie"... Après une après-midi de vives discussions, voire de disputes, les participants du débat aboutissent finalement à un consensus... celui de la lassitude après 150 heures de débat.

Enfin la cinquième faute est celle d’avoir fait l’impasse sur de multiples sujets de financements : celui de la transition énergétique, de la diminution du nucléaire, des nouvelles mesures de soutien aux renouvelables, des mécanismes de capacités… D’autres enjeux sont également évincés comme celui de la sécurité d’approvisionnement du pays, l’évolution du transport, le moyen d’atteindre 50 % de nucléaire en 2025...

 

Si la ministre Batho n’a pas réussi à mener ce débat à bien, elle a au moins réussi à tenir la promesse du président de la République (qui ne lui en aura pas été reconnaissant…) et à mettre en avant l’importance des économies d’énergies dans la transition.

Mais cet échec est-il si important ? Une fois les recommandations remises au nouveau ministre de l’Écologie Philippe Martin, elles seront passées à la moulinette de la réalité politique... Une réalité déjà bien dessinée puisque durant les huit mois de débat, la ministre Batho et ses collègues ont pris de nombreuses mesures dans l’énergie : les mécanismes d’aides d’urgence pour les renouvelables, lancement du deuxième appel d’offres éolien offshore, fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, loi Duflot sur la rénovation thermique, achèvement de la construction de l’EPR de Flamanville, relance de la géothermie profonde, incitation pour le biogaz… La fin de l’histoire était déjà écrite.

 

Cet article est le 73ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement

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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 22:00

Quelle politique énergétique pour la France et l’Europe ? 

 

La Fondation Res Publica (Voir Présentation de la Fondation) annonce un prochain colloque de grand intérêt sur le thème de l’énergie.  

La France et l'Europe dans le nouveau contexte énergétique mondial  

Lundi 17 Juin 2013 à 18h - 28 rue Saint-Dominique 75007 Paris.  

Avec la participation de :
- Olivier Appert, président du Conseil français de l'énergie (section française du World Energy Council)
- Jean-Paul Bouttes, directeur de la Stratégie et de la Prospective et Chef économiste du Groupe EDF
- Thierry de Montbrial, directeur de l’IFRI

- Etienne Beeker*, économiste de l'énergie, auteur de "La transition énergétique allemande est-elle soutenable ?" (Note d'analyse du Centre d'Analyse stratégique, n° 281, septembre 2012)
- Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica

 

* Etienne Beeker a cosigné (avec Jean Syrota) cet article publié le 6 mai 2013 par Les Echos :

 

  Transition énergétique : le contre-modèle allemand  

 

L’Allemagne a fondé son développement industriel sur le charbon (houille et lignite), dont elle continue à subventionner la production Aujourd’hui encore, rien que pour assurer 45% de sa production d’électricité, elle en consomme plus de 200 millions de tonnes par an qui sont la première source des fortes émissions de CO2 du pays. Ainsi, en moyenne, un citoyen allemand émet moitié plus de ce gaz à effet de serre qu’un citoyen français (10,3 tonnes par an contre 6,3), pour une consommation d’énergie et un niveau de vie comparables.

L’action du gouvernement allemand, ces dernières années, dans le domaine de l’énergie, a été axée principalement autour de :

- la construction de 23 centrales électriques au charbon,

- l’inauguration d’un nouveau gazoduc, Nordstream, permettant des importations massives et directes de Russie,

- un fort développement des énergies renouvelables intermittentes (éolien et photovoltaïque) et de la biomasse avec des cultures dédiées

- une attitude cahoteuse et imprévisible concernant l’avenir du nucléaire, qui faisait l’objet d’un consensus favorable jusqu’en 1998 ; une coalition SPD-Verts planifie alorsla sortie progressive du nucléaire, avec 2020 comme échéance. En 2010, le gouvernement dominé par la CDU prolonge la durée de vie des réacteurs jusqu’en 2036 puis, après l’accident de Fukushima, en 2011, ramène cette date à 2022 et fait arrêter huit réacteurs, dans le cadre d’une transition énergétique, ou « Energiewende ». L’Energiewende : une gigantesque ambition nationale et déjà des interrogations.

 

Ce programme acte l’abandon du nucléaire en Allemagne, mais projette également, d’ici 2050, celui des énergies fossiles (lignite, charbon, pétrole et gaz, qui ont produit plus de 60% de l’électricité en 2012), pour les remplacer par des énergies renouvelables (ENR). Il doit surmonter d’ores et déjà des difficultés considérables, même pour un pays qui ne manque ni de capacités financières, ni de compétences technologiques et qui a pu compter jusqu’à présent sur la mobilisation de ses citoyens :

- la population supporte de plus en plus difficilement un prix de l’électricité qui ne cesse de grimper,

- la production des ENR (éolien et du solaire), par nature intermittente, engendre déjà une très forte volatilité, difficile à gérer, de la puissance produite et des prix ; elle a aussi pour effet de réduire le temps de fonctionnement des centrales à gaz au point de les rendre non rentables, ce qui favorise l’usage du charbon (dont le prix est en baisse, en raison de l’arrivée sur le marché de la production de gaz de schistes aux Etats-Unis),

- les quatre grands électriciens nationaux sont fragilisés, alors qu’ils fournissent la plus grande partie des besoins du pays avec leurs centrales conventionnelles, fermant des unités de production et licenciant massivement du personnel,

- l’Allemagne est en passe de perdre le pari industriel qui visait à mettre sur pied une filière solaire. La concurrence chinoise, conjuguée à la baisse des subventions à cette énergie, ont eu raison des principales start-up du pays, présentées naguère comme des fleurons technologiques,

- il faut construire les milliers de km de nouvelles lignes indispensables pour acheminer la production des ENR, spécialement celle des éoliennes implantées massivement en mer dans le nord-ouest de l’Allemagne, alors que la consommation est élevée dans le sud-est ; le raccordement des éoliennes de la mer du Nord prend dès à présent de longs retards.

Peter Altmaier, ministre fédéral chargé de l’environnement, dans une déclaration faite à la Frankfurter Allgemeine Zeitung le 19 février dernier, a annoncé que mille milliards d’Euros seront nécessaires à l’Allemagne d’ici 2030-2040, pour la seule sortie du nucléaire.

 

Un coût global qui serait insupportable par la France

Ce chiffre est astronomique - il correspond à la moitié du PIB français, mais il ne concerne que 22 tranches nucléaires, alors que la France aurait 58 tranches à arrêter. La France pourrait-elle supporter de perdre un an de PIB réparti sur 40 ans, soit 2,5 points par an ? Si la riche Allemagne disposant d’un excédent commercial important a peut-être les moyens financiers de son aventure énergétique, la France, endettée de presque un an de PIB et cherchant à réduire cet endettement, souffrant, de plus, d’un déficit commercial inquiétant, a toutes chances de ne pas les avoir.

Les tarifs de l’électricité favorables aux ménages en France, favorables à l’industrie en Allemagne ; l’avenir de l’industrie française en jeu

 

Il faut également tenir compte des cultures tarifaires spécifiques à chacun des deux pays. Si la France bénéficie, grâce à l’hydraulique et au nucléaire, de prix relativement bas de l’électricité, c’est le secteur résidentiel qui en a le plus profité ; le chauffage électrique a été la cible commerciale d’EDF depuis le début des années 1970 et, pour l’atteindre, le tarif domestique n’a pas intégré le surcoût de la production de l’électricité en hiver ; ainsi, la France est l’un des très rares pays européens où le chauffage électrique s’est massivement développé. Mais, en contrepartie, l’industrie n’a pas bénéficié des prix aussi bas qu’elle aurait dû ou pu avoir. La stratégie allemande est inverse : pour elle, la compétitivité est un enjeu primordial ; les coûts de l’électricité sont globalement plus élevés qu’en France, mais l’industrie est relativement protégée aux dépens des ménages. Ainsi, les particuliers paient leur kWh deux fois plus cher en Allemagne qu’en France, alors qu’en moyenne l’industrie allemande paie son électricité seulement 20% plus cher que l’industrie française. Bien plus, certains industriels électro-intensifs allemands bénéficient d’un prix de l’électricité moins élevé que leurs homologues français grâce à d’importantes exonérations, une rémunération importante de leur interruptibilité et un tarif d’accès au réseau fort avantageux.

L’arrêt du nucléaire se traduira par une augmentation massive du prix de l’électricité. Qui va payer ? Il suffit d’évoquer les débats qui agitent notre pays chaque année lorsque le prix de l’énergie doit augmenter tant soit peu, que ce soit pour le gaz, l’électricité ou les carburants et les dispositions sans cesse renforcées afin de réduire la précarité énergétique, pour pouvoir affirmer que les particuliers continueront d’être largement protégés, ce qui se traduira par une perte importante de compétitivité pour notre industrie qui en manque déjà.

L’avenir de nombreux secteurs industriels français est en jeu : ainsi, les industries du papier, de la chimie minérale, des fibres artificielles, des métaux non-ferreux et de la fonderie sont à la fois très énergivores et soumis à la concurrence internationale. Elles représentent 3,5% des emplois industriels actuels. L’examen des comptes sociaux industriels représentatifs de ces filières révèle que le prix de l’électricité constitue un des éléments majeurs de leur compétitivité.

 

Des destructions d’emplois en perspective

L’emploi et, ajoutée récemment, la compétitivité des filières industrielles françaises font partie des thèmes centraux du débat national sur la transition énergétique amorcé en novembre dernier. Ce qui précède montre qu’un avenir énergétique en rupture trop importante aurait un coût insupportable qui mettrait à mal la compétitivité de notre économie. Cependant, pour certains, souvent sans qu’ils étayent leur point de vue de la moindre analyse coût-bénéfice, la transition énergétique constitue a contrario une opportunité créatrice d’emplois et de filières d’avenir, ce qui suffirait à la justifier.

Le Centre d’Analyse Stratégique a certes montré que la création d’emplois directs liée au développement et à l’installation de parcs éoliens et photovoltaïques dans un scénario de sortie du nucléaire ferait plus que compenser les destructions d’emplois dans la filière électronucléaire. Mais en ce qui concerne l’impact sur l’économie dans son ensemble, les études montrent que la transition énergétique conduirait in fine à des destructions d’emplois en raison d’un double effet-prix, négatif sur l’économie : d’une part, la perte de pouvoir d’achat des ménages (augmentation de la facture d’électricité), d’autre part, la perte de compétitivité des entreprises. Si lors d’une première phase keynésienne (2010-2020), les investissements immédiats dans l’éolien, le photovoltaïque et les centrales thermiques généreraient des emplois directs en France, la perte d’emplois induits dominerait largement à horizon 2030. Ainsi, en amorçant une réduction de la part du nucléaire dans l’énergie produite, les effets de relance de l’investissement seraient contrebalancés dès 2020 par l’impact négatif sur l’emploi de l’augmentation des prix de l’électricité.

 

Un contre-modèle

Pour l’instant, l’Allemagne a réussi ce tour de force de faire rêver des activistes de l’environnement, tout en étant le plus gros émetteur de CO2 d’Europe, avec des émissions actuellement en hausse. Mais des points de vue critiques apparaissent, y compris en Allemagne. .Ainsi, le journal « die Welt » écrivait récemment: « nous avons, sans analyse ni planification préalable, englouti des milliards dans les niches technologiques les moins rentables. Ce n’est pas ainsi que se présente un modèle de politique énergétique digne de ce nom ».

Jean Syrota est l’ancien président de la commission énergie au Centre d’analyse stratégique. Etienne Beeker est économiste de l’énergie.

 

Voir aussi La transition énergétique à l'allemande critiquée, la France cherche son modèle (Le Monde, Anne Eveno et Gilles Paris, 25 mai 2013).

Deux jours après un rendez-vous des chefs d'Etat et de gouvernement européens consacré en partie à l'énergie et pauvre en résultats, le rapport de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) sur la stratégie allemande, publié vendredi 24 mai, met en évidence la primauté des choix nationaux, mais aussi leurs limites. Comment avoir la garantie d'une énergie propre et bon marché ? Cette ambition vertueuse de Berlin alimente les doutes de l'agence internationale qui n'en discute pas l'objectif, mais les modalités.

 

Rappel : Accumulation de CO2 : le collectif Sauvons le climat réagit et s'inquiète - 14 mai 2013

Sauvons le climat s'est prononcé en AG pour le réalisme énergétique - 15 avril 2013

Débat sur la transition énergétique pour une loi de programmation 2013 - 29 novembre 2012 

 

Cet article est le 72ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 11:18

La France se tromperait-elle dans ses choix énergétiques ?

Le 15 avril 2013, j’avais relayé le communiqué de Sauvons le climat (Wikipédia) - voir Sauvons le climat s'est prononcé en AG pour le réalisme énergétique.

La réalité du réchauffement climatique s’imposant de plus en plus, le collectif* a publié ce nouveau communiqué le 12 mai 2013.

Jusqu’à quand les gouvernements et leurs conseillers refuseront-ils de faire vraiment face à la réalité du réchauffement  climatique ?

 

Le seuil symbolique est atteint, la concentration du CO2 dans l’atmosphère de l’hémisphère nord atteint 400 parties par million à Mauna Loa (Hawaï), loin de toute source de pollution. Certes, ce n’est pas encore la moyenne annuelle, ce n’est pas encore la moyenne globale, c’est le pic saisonnier avant que la pousse de la végétation dans l’hémisphère nord ne fasse quelque peu décroître cette valeur pour 6 mois.  Mais c’est une valeur que l’homme n’a jamais connue, une valeur que la terre n’a pas connue depuis plusieurs millions d’années.

La conséquence de cette accumulation de CO2 est évidente, un réchauffement global déjà bien perçu avec tous les dérèglements climatiques et leurs conséquences : fonte massive de la banquise arctique, météorologie plus contrastée avec des évènements météorologiques violents plus fréquents1, montée du niveau de la mer, dérèglements de la végétation, migration de la faune …

Les émissions de CO2 ne cessent de croître à un rythme inquiétant. La vitesse d'accroissement de la concentration correspond aux scénarios les plus pessimistes étudiés et pris en compte par les rapports du GIEC2. Si on n'infléchit pas cette tendance, la température en 2100 pourrait augmenter de plus de 10°C en moyenne sur les continents, et davantage dans les régions septentrionales. On est, de toute évidence, bien au-delà du réchauffement global de 2°C évoqué dans les grandes messes politiques mondiales dont les engagements ne sont suivis d'aucun effet. Au niveau global,  le charbon est de plus en plus utilisé,  et l‘exploitation de pétroles et de gaz non conventionnels est en pleine expansion.

Et  en France, les gouvernements successifs agissent peu, sauf en parole (dans un débat verrouillé sur la transition énergétique par exemple).  Il y a plus désolant encore pour un pays qui pouvait s’enorgueillir d’avoir un taux d’émission de CO2 par habitant parmi les plus bas des pays développés : pour complaire à l’écologie politique, nos gouvernements n’hésitent pas à favoriser le développement d’énergies émettrices de CO2, soit directement par le chauffage au gaz qu’impose dans la pratique  la RT20123 pour les logements neufs, soit par la perspective d'une réduction brutale de la production bien maîtrisée d’une électricité non carbonée, apportée par le nucléaire, à remplacer par des sources coûteuses  d’électricité intermittentes (solaire et éolien) qui nécessitent l’appoint de centrales au gaz pour pallier les conséquences de leur irrégularité intrinsèque4.

« Sauvons Le Climat » associe sa voix à celle de tous les climatologues qui réclament à cor et à cris des actions pour laisser à nos enfants une planète sur laquelle il fera encore bon vivre.

 

1 Selon le réassureur Munich Re, le nombre de catastrophes d’origine climatique a été multiplié par 3 en 30 ans

2 Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat

3Réglementation thermique pour la construction neuve en vigueur depuis le 1er janvier 2013

 4 En Allemagne on constate que la consommation de charbon et de lignite augmente parallèlement à l’accroissement de la part des énergies renouvelables intermittentes.

* Le collectif « Sauvons le Climat », association agréée fondée en 2005, regroupe plus de 30.000 membres, directement et à travers les associations partenaires.  Indépendant de tout groupe de pression ou parti politique, « Sauvons le Climat » a pour ambition d’informer nos concitoyens sur les problèmes relatifs au réchauffement climatique et sur les solutions proposées pour le limiter au moindre coût. Ses travaux prennent en compte les trois piliers - environnemental, économique et social - du développement durable. Ils sont réalisés sous le contrôle d’un Comité Scientifique composé de personnalités de haut rang, présidé par Michel Petit, ancien responsable du groupe français d’experts au GIEC.

 

Cet article est le 71ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement

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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 22:28

Une transition énergétique compatible avec les possibilités

 

Le collectif d’associations adhérentes à « Sauvons le climat » a tenu son Assemblée Générale annuelle le 13 avril. « A cette occasion il a tenu à réaffirmer ses priorités, au moment où le débat national sur la transition énergétique se déroule sans mobiliser les foules ».

 

Voir le communiqué publié ce 15 avril 2013 par Sauvons le climat.

 

(…) « Sauvons le Climat » rappelle que la priorité absolue est de réduire les émissions de gaz à effet de serre en menant une « transition énergétique » où le réalisme économique et social doit l’emporter sur les approches idéologiques.

 

A cet effet il préconise que les options de « transition énergétique » retenues soient compatibles avec les capacités d’investissement des ménages, des entreprises ou des collectivités et ne conduisent pas à devoir remettre en question de façon excessive les libertés et les modes de vie de nos concitoyens. Il en résulte notamment que :

les programmes d’amélioration de l’habitat doivent être sélectionnés selon leur capacité à réduire les émissions de carbone et leur coût en prenant en compte le critère du coût de la tonne de carbone évité.

les énergies renouvelables thermiques (solaire, géothermie individuelle et collective, biomasse…) et les biocarburants de deuxième génération doivent être développés. Ces techniques, contrairement aux énergies renouvelables électriques intermittentes, n'affectent pas la sécurité du réseau électrique et n'ont pas le coût exorbitant des énergies bénéficiant de l'obligation d'achat.

les  usages de l’électricité doivent être fortement développés dans les domaines où ils permettent de  remplacer les combustibles fossiles : véhicules et transports électriques, pompes à chaleur, chauffage à induction et torches à plasma dans l’industrie, etc… Il est rappelé à cet effet que la production d'électricité non carbonée, grâce au nucléaire et à l’hydraulique, est un des secteurs d’excellence du pays et un grand pourvoyeur d’emplois qui a donné de l’avance à la France dans sa lutte contre les changements climatiques.

 

Tout un ensemble de propositions cohérentes et efficaces permettant de réussir la division par quatre de nos émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 sont détaillées dans un scénario énergétique global, NEGATEP. Ce scénario est présenté aux acteurs du débat national sur la transition énergétique. « Sauvons le Climat » ne s’en tiendra cependant pas à cette participation au débat et compte bien se faire entendre lors de la préparation du futur projet de loi d’orientation (…).

 

Conseil-national-MRC-240313-016-T.jpg« Sauvons le climat » (SLC) est un collectif d’associations et d’adhérents individuels de plus de 30000 membres au total à fin 2012. SLC cherche à apporter une contribution indépendante, scientifique, cartésienne au débat, en associant des personnes et experts de haut niveau. L’apport de ces experts est totalement bénévole. Chaque domaine est couvert par des spécialistes expérimentés sous la supervision d’un Conseil Scientifique. SLC se situe hors de tout parti politique.

Photo : Gérard Pierre, membre de "Sauvons le climat" Bourgogne

 

Rappel : Débat sur la transition énergétique pour une loi de programmation 2013 -  29 nov. 2012 

 

Cet article est le 70ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement

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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 23:25

Confronter les points de vue et définir l’intérêt général

 

Le débat national sur la transition énergétique a été lancé ce 29 novembre afin de réfléchir aux moyens pour la France de réduire ses gaz à effet de serre et d’atteindre différents objectifs pour une part contradictoires. C’est l’engagement du président de la République d’organiser un grand débat national débouchant sur une loi de programmation énergétique fin 2013 qui aura comme finalité principale la lutte contre le réchauffement climatique.

 

Le quotidien d’information en ligne des collectivités locales, Localtis, a résumé ainsi l’évènement dans un article d’Anne Lenormand, ce 29 novembre 2012.

Débat national sur la transition énergétique : c'est parti !

 

Après quelques couacs, le débat national sur la transition énergétique a été lancé ce 29 novembre au ministère de l'Ecologie. Prévu sur plus de six mois, il doit déboucher sur des recommandations qui alimenteront un projet de loi de programmation attendu à la mi-2013.

 

Avec une bonne semaine de retard sur le calendrier initialement annoncé, le débat national sur la transition énergétique a officiellement démarré ce 29 novembre au ministère de l'Ecologie. Il doit permettre de réfléchir aux moyens pour la France "à la fois, de respecter ses engagements européens de réduction de gaz à effet de serre" et "faire évoluer son mix électrique d'ici 2025", a déclaré la ministre de l'Ecologie, Delphine Batho, lors d'une conférence de presse précédant la première réunion du Conseil national du débat. Il est nécessaire au nom de "la compétitivité des entreprises, de la justice sociale, de la sécurité des approvisionnements et de l'indépendance énergétique", a-t-elle ajouté.
"Toutes les idées pourront être défendues. Ceux qui veulent défendre la sortie du nucléaire, ou l'exploitation des gaz de schiste pourront le faire. Il n'y a pas de sujet tabou et toutes les idées pourront s'exprimer", a assuré la ministre, prônant "un grand débat citoyen, populaire et accessible à tous". "Ce débat était un engagement du président de la République", a-t-elle encore rappelé.
Il doit permettre d'étudier plusieurs scénarios avec comme grandes lignes directrices le déploiement d'une politique de sobriété énergétique, une moindre dépendance aux énergies fossiles, dont le coût se renchérit, le développement des énergies renouvelables. Le tout en étant en ligne avec les objectifs de 2050 (diviser par 4 ou 5 les émissions de gaz à effet de serre). Les travaux, qui sont désormais engagés, vont durer plusieurs mois pour produire d'ici l'été des recommandations au gouvernement, en vue de la rédaction d'un projet de loi de programmation en juillet.
Après la mise en place un peu laborieuse des différentes instances, et notamment du comité de pilotage chargé d'animer le débat qui a donné lieu à des tensions avec les ONG environnementales, la première session du Conseil national du débat s'est donc tenue jeudi après-midi à huis clos au ministère de l'Ecologie.

Les instances du débat

Présenté comme le "parlement" du débat, il réunit 112 membres répartis en sept collèges (Etat, employeurs, syndicats, ONG de défense de l'environnement, autres associations, associations d'élus locaux et parlementaires). Il doit fixer les grandes orientations du débat et le calendrier. Il procédera à des auditions publiques. A l'issue du processus, il formulera des recommandations et actera aussi les désaccords.
A ses côtés, siégeront le comité de pilotage, un comité citoyen et un comité d'experts. Le premier est chargé de garantir le pluralisme du débat, de soumettre des questions au Conseil national et d'encourager la participation du plus grand nombre. Autour de Delphine Batho, il réunit six personnalités désignées par le gouvernement : Bruno Rebelle, consultant et ex-dirigeant de Greenpeace France, Laurence Tubiana, directrice de l'Institut du développement durable et des relations internationales, le climatologue Jean Jouzel, l'ex-patronne d'Areva Anne Lauvergeon, Michel Rollier, ex-dirigeant de Michelin, et Georges Mercadal, spécialiste du débat public. Le comité citoyen, qui doit refléter la diversité socioculturelle et géographique française, devra veiller à la prise en compte de ses questionnements. Présidé par l'économiste Alain Grandjean, le comité des experts, composé de scientifiques français ou étrangers, sera sollicité autant que de besoin par le Conseil national du débat. Il évaluera notamment les scénarios énergétiques existants.
Enfin, deux "groupes de contacts" vont aussi être mis en place. Le groupe de contact des collectivités, rassemblant les associations nationales d'élus locaux, devra faciliter et coordonner l'organisation des débats dans les régions tandis que le groupe de contact des entreprises de l'énergie devra assurer le dialogue avec ce secteur, notamment sur les coûts des différentes options. Un site Internet ouvert à tous les citoyens sera mis en place en janvier, et à partir de février des débats seront aussi organisés dans les régions.
"Nous voulons un débat ouvert, riche et transparent", a déclaré Jean Jouzel. Selon Anne Lauvergeon, "il y aura une confrontation des points de vue pour favoriser la recherche de convergences et définir l'intérêt général de la Nation". Tout cela n'ira pas sans friction, tant les positions sont, sur certains dossiers comme le nucléaire ou les gaz de schiste, radicalement différentes. Le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes risque aussi d'être mis sur la table. Greenpeace et Les Amis de la Terre ont d'ailleurs estimé que les conditions d'un débat sur une "réelle transition énergétique (n'étaient) pas réunies" et ont renoncé à participer. Quelques militants de Greenpeace étaient d'ailleurs mobilisés jeudi devant le ministère de l'Ecologie au moment même où le débat commençait.

 

A compléter par cette information (Le Figaro, 29 novembre) : Transition énergétique: la loi repoussée

 

Pour sa part, l’association Sauvons le climat avait publié, le 6 octobre 2012, une réflexion scientifique de Gilbert Ruelle (Académie des technologies, Commission énergie et changement climatique)

 

La transition énergétique est à l'ordre du jour

SOMMAIRE : Une transition énergétique est engagée en Europe. Ce terme recouvre un large éventail de contenus, allant d'une maîtrise améliorée de l'énergie à la sortie du nucléaire en passant par un développement intensif des énergies renouvelables, et le rêve d'un abandon des combustibles fossiles et de l'apparition de l'hydrogène-énergie. Il est souhaitable d'examiner ce qui sous-tend une telle dispersion de contenus, de tenter les classer et de se forger un avis raisonnable sur les choix énergétiques en ce qui concerne la France, le cap de cette transition restant la lutte contre le réchauffement climatique comme vient de le rappeler le Président de la République dans son discours d'inauguration de la Conférence Environnementale le 15 septembre 2012.

Voir Discours d'ouverture de François Hollande à la Conférence environnementale

Rappel : MRC et Res Publica : éléments d'une nouvelle politique énergétique - 26 juin 2011 

 

Cet article est le 69ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement

 

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 18:32

Une loi mal conçue qui détruit l’égalité entre les citoyens  

 

Trop de précipitation au Parlement et inexpérience ministérielle. Voir Logement social : la loi de tous les cafouillages (Le Monde, 24 octobre 2012).

Dans cet article, il est question aussi des avatars au Sénat de la loi sur les tarifs de l’énergie. La loi Brottes sur la tarification progressive de l’énergie souffre d’être mal conçue.

Voir Tarification progressive de l'énergie : 2 objectifs pour une loi complexe - 22 octobre 2012

Tarification progressive de l'énergie : 2 avis et commentaires sur la loi - 23 octobre 2012 

 

Au Sénat, les membres du groupe CRC (Communistes, républicains, citoyens) ont présenté une motion d’irrecevabilité. Voir Proposition de loi Brottes : climat électrique pour l'examen en commission au Sénat (Localtis.info, 17 octobre 2012)

Les sénateurs communistes ont déposé le 17 octobre une motion d'irrecevabilité de la proposition de loi du député PS François Brottes visant à instaurer des tarifs progressifs de l'énergie, lors d'une réunion houleuse de la commission des Affaires économiques. "Ce texte est un mauvais texte, cela va pénaliser les couches populaires, il y a tout à revoir", a déclaré à l'AFP Mireille Schurch (CRC, communiste) lors d'une suspension de séance de la commission. Déjà adoptée par l'Assemblée nationale, la proposition de loi prévoit notamment de créer un bonus-malus sur la facture d'énergie des consommateurs. Les communistes sont farouchement opposés à ce qu'ils considèrent comme "une rupture d'égalité devant l'accès à l'énergie, sur la base de critères contestables".
La discussion du texte en séance au Sénat a déjà été repoussée du 17 au 30 octobre par le gouvernement. La gauche n'est majoritaire dans la Haute Assemblée que de six voix. La droite étant également opposée à cette proposition, la motion d'irrecevabilité a de grandes chances d'être adoptée si le PS n'accepte pas de revoir les dispositions contestées.

 

Le 23 octobre, la commission des affaires économiques du Sénat a à nouveau examiné la proposition de loi. La motion d’irrecevabilité a été adoptée.

Tarifs de l'énergie : le texte "irrecevable" au Sénat

Court-circuit au Sénat. La commission des affaires économiques a déclaré "irrecevable", mardi 23 octobre, la proposition de loi du député (PS) François Brottes sur la transition énergétique, adoptée en première lecture à l'Assemblée nationale et qui doit être examinée en séance au Sénat le 30 octobre. La motion d'irrecevabilité présentée par le groupe Communiste, républicain et citoyen (CRC) a été adoptée par 20 voix contre 19, les sénateurs de la droite et du centre ayant joint leurs voix à celles des 2 communistes.

 

L’avis de Gérard Pierre, responsable du pôle Energies au Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) :

Cette loi, poudre aux yeux, ne sert qu’à faire plaisir à EELV. Elle aura comme résultat, comme la RT2012*, de réorienter la consommation énergétique vers la consommation d’énergie émettrice de gaz à effet de serre. De plus, elle détruit l’égalité entre les citoyens. Revenons aux principes fondamentaux du Conseil National de la Résistance.

Elle est inefficace, très difficile à mettre en œuvre, antisociale et de surcroît anti-écologique dans la mesure où elle contribuera à augmenter les émissions de gaz à effet de serre. Il faut de toute urgence s’opposer à cette loi, mal conçue, déposée à la va-vite.

Il est plus urgent de préparer avec sérieux la transition énergétique. Avec comme critères : l’indépendance nationale, le déficit du commerce extérieur, le développement industriel, le coût de l’énergie pour les particuliers et les entreprises, la diminution des émissions de gaz à effet de serre, la prise en compte de la raréfaction des énergies fossiles.

* Voir Réglementation thermique 

 

Cet article est le 68ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 22:46

Cette loi favorisera les énergies fossiles polluantes

 

Des réactions de Jean-Pierre Lettron (Hauts-de-Seine) et de Hervé Nifenecker (Isère), ce 23 octobre, à l’article Tarification progressive de l'énergie : 2 objectifs pour une loi complexe - 22 octobre 2012. Elles apportent un éclairage complémentaire.

 

Jean-Pierre Lettron

 

Sachez que le projet prévoit pour la fixation des tarifs de l’électricité (et ensuite pour le Gaz peut-être), outre les paramètres climatiques du point de livraison, la surface du logement, son niveau d’isolation, le nombre d’habitants et la nature du parc des appareils électriques du logement. En plus une liste non exhaustive d’appareils qui pourront apporter des dérogations.

Bref un casse tête pour établir les contrats. Au lieu de prendre 3 à 5 minutes pour une mise en service cela prendra entre 3 ou 4 fois plus de temps avec des prises de tête incalculables entre le conseiller client d’EDF et les clients. Ceci entraînera le triplement des effectifs des services clients…qui va payer ?

 

Au-delà des difficultés humaines et informatiques, ce projet ouvre la voie à la connaissance des modes de vie de chaque citoyen par une entreprise commerciale. Dérive qui, une fois faite pour EDF et GDF, pourra s’étendre à bien d’autres sociétés.

Fondamentalement, ce projet ne sert ni la Nation ni les Citoyens, ce n’est qu’un nouvel avatar des anti-nucléaires pour réduire la part de l’électricité dans la consommation globale d’énergie en France, quitte à  favoriser les énergies fossiles émettrices de CO2.  Cet été, la banquise n’a pas souffert du nucléaire mais bien du réchauffement climatique...

Ce projet est fondamentalement anti-républicain ; alors, préparons nous à le combattre avec détermination !

 

Hervé Nifenecker

Il semble que le MRC soit le seul parti qui sache conserver la tête froide dans l'état de confusion qui règne dans la société française: sur le nucléaire, certes, mais aussi sur le rôle des experts et de l'expertise, sur les OGM, sur le gaz de schiste, etc.  Les Ver(t)s sont en train de ronger les fondements mêmes de la République, la rationalité et le cartésianisme. Tout en réclamant une réindustrialisation, on s'acharne contre les industries qui marchent le mieux, qui sont nos atouts dans la compétition internationale (EDF, GDF-Suez, Areva, Total etc.). Et nous faisons de même avec l'agriculture (ceux qui ne font pas de bio pour les bobos sont mis au pilori). Les scientifiques et techniciens n'en peuvent plus de ces discours de méfiance qui les accusent de malhonnêteté. Le résultat est qu'il est de plus en plus difficile de recruter des étudiants dans les matières scientifiques et techniques.

En ce qui concerne la loi dite "Brottes" c'est, effectivement, une machine à gaz qui mélange plusieurs objectifs qui pourraient être louables s'ils n'étaient pas contradictoires. La précarité énergétique est un vrai problème qui devrait être traité en soi, après consultation des organismes sociaux et des associations qui s'en soucient vraiment. Il serait bien préférable, par exemple, d'utiliser une CSPE (réformée pour s'étendre à toutes les consommations énergétiques des secteurs résidentiels et tertiaires comme le gaz et le fioul) pour lutter contre cette précarité plutôt que de favoriser les spéculations sur l'éolien et le photovoltaïque.

Un système de bonus malus pourrait être utilisé de façon intelligente pour encourager les propriétaires à améliorer les performances thermiques des logements. Mais cela n'est possible que si l'industrie est capable de réaliser les rénovations nécessaires. Or cette industrie n'est, actuellement, capable de rénover qu'au maximum 600 000 logements par an alors que la loi Brottes distribuerait près de 12 millions

de malus !

 

Cet article est le 67ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement

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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 22:53

L’Allemagne a ses raisons, la France les siennes

 

Le très grave accident survenu à Fukushima, au Japon, a relancé avec vigueur l’option de la sortie du nucléaire, la fin de l’énergie nucléaire, exercice périlleux dans la mesure où, en France, la part de l’énergie nucléaire dans la production d’électricité est aux environs de 75%.

Les écologistes avaient obtenu du PS un quasi ralliement à leurs thèses. C’est pourquoi ils souhaitaient très fort la désignation de Martine Aubry comme candidate du PS à l’élection présidentielle. François Hollande, qui sera ce candidat, est nettement plus réservé sur la question de la sortie du nucléaire. Il y aura donc des discussions plus tendues entre le PS et EELV, ce qu’on perçoit bien à la lecture de cet article paru dans Ouest-France ce 25 octobre sous la signature de Thierry Richard.

 

Hollande prêt au bras de fer avec les écologistes

La tension monte entre le PS et les Verts, qui s'apprêtent à discuter d'un éventuel accord de gouvernement. Deux dossiers chauffent les esprits : la sortie du nucléaire et l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Sortir du nucléaire ? François Hollande n'en prend pas le chemin. Le candidat du PS s'est donné pour objectif de réduire la part du nucléaire dans la production d'électricité de 75 % à 50 % d'ici à 2025. Pas assez ambitieux pour les écologistes. « Il n'y aura pas d'accord de gouvernement si nous ne sommes pas d'accord sur le fait qu'il faut sortir du nucléaire », a prévenu Eva Joly, candidate d'Europe Écologie-Les Verts.

Cécile Duflot en a remis une couche, dimanche, jour de l'investiture de François Hollande. « La sortie du nucléaire est un horizon obligatoire », a-t-elle indiqué dans un entretien au Journal du dimanche. La secrétaire générale d'EELV a posé d'autres conditions à un accord avec le PS : le retour à la retraite à 60 ans, l'introduction de la proportionnelle dans les élections législatives... (…)

La décision de l’Allemagne de sortir du nucléaire est une référence pour les écologistes, ce que conteste Gérard Pierre (MRC).

Voir Allemagne : la fin du nucléaire passe par le charbon (Le Monde, Frédéric Lemaître, 24 octobre).

Energie : le choix contestable Allemand. Position de Gérard Pierre, secrétaire national à l'énergie au Mouvement Républicain et Citoyen, sur l’énergie nucléaire (site du MRC, 29 septembre).

En Mars 2011 l’Allemagne a décidé un moratoire sur le nucléaire et a fermé 7 centrales nucléaires. Elle s’engage à l’horizon 2022 vers la sortie du nucléaire. Les conséquences de cette décision ont été quasi immédiates. Pour compenser ce manque de production électrique, l’Allemagne a augmenté sa production à partir du charbon et de plus, importe de l’électricité. Depuis cette date, elle a émis 8 Millions de tonnes de CO2 supplémentaires, elle a importé une partie des 8 GW que produisaient ces centrales, ce qui a fait augmenter les prix de gros de l’électricité européenne de 12 % et les certificats d’émissions de CO2 de 10 %.

Cette décision prise de façon unilatérale fait courir un risque important de panne électrique généralisée pour l’ensemble des pays interconnectés. Depuis Mars, l’Allemagne importe une quantité d’énergie électrique journalière d’environ 65 GWh à ses voisins (France, Tchéquie, Suisse et Pologne). Mais ces pays, dont le nôtre, auront besoin de cette énergie particulièrement en hiver. Désormais le risque d’une panne électrique généralisée en Europe durant l’hiver est très important.

En France, surfant sur la vague anti-nucléaire, certains candidats potentiels à l’élection présidentielle proposent dans notre pays la diminution de la part du nucléaire, voire sa sortie. Les conséquences seront les mêmes qu’en Allemagne : augmentation du prix de l’électricité ajoutant des problèmes sociaux aux difficultés actuelles, augmentation des émissions de CO2 faisant courir aux générations futures le risque de sortir de l’optimum climatique actuel.

Nos concitoyens seront-ils assez naïfs pour écouter ces responsables politiques du cours terme qui s’appuient sur l’émotion à défaut de s’appuyer sur la raison ? La France est fille des Lumières, aussi il est permis d’en douter. La réponse sera donnée lors des prochaines élections présidentielles.

Par contre, Le Royaume-Uni embrasse le nucléaire (Le Monde, 11 octobre). Voir aussi Mohamed ElBaradei : "On ne peut se passer du nucléaire" (Le Monde, 28 septembre).

 

Dans son plus récent livre - Sortir la France de l'impasse - Jean-Pierre Chevènement traite de cette question (p 126). Le nucléaire, un des grands atouts de la France

 

L’accident de Fukushima a remis à la mode l’idée d’une « sortie du nucléaire ». Ce n’est pas parce que l’Allemagne a décidé, pour des raisons d’opinion publique, de sortir du nucléaire – industrie où, de surcroît, elle n’exerce aucun leadership technologique – que nous devons la suivre sur ce terrain.

L’argument de la sûreté est faible : la centrale de Fukushima avait été conçue pour résister à un tremblement de terre, pas à un tsunami. Elle a résisté au premier, pas au second. Une fois le risque identifié, on sait le traiter. Les risques d’un tsunami sont plus faibles en Europe occidentale qu’au Japon ; les autorités de sûreté y sont plus indépendantes, le contrôle public mieux assuré. Aucun accident grave n’y fut déploré depuis quarante ans que le nucléaire y a été massivement introduit. Surtout, la sécurité ne cesse de s’améliorer. Il y a quelque paradoxe à vouloir continuer l’exploitation des centrales actuelles pendant vingt ans tout en s’opposant à leur remplacement par des centrales de troisième ou de quatrième génération, beaucoup plus sûres.

 

Deuxième argument : le nucléaire s’opposerait au développement des énergies renouvelables. C’est méconnaître à la fois le coût beaucoup plus élevé de ces énergies et leur caractère intermittent. Il est probable que l’arrêt du nucléaire débouchera en Allemagne sur un recours accru aux énergies fossiles (gaz, charbon, lignite), fortement émettrices, à la différence du nucléaire, de gaz à effet de serre. Or, il nous faut organiser la transition énergétique pour lutter contre l’émission de gaz à effet de serre – ce que les écologistes réclament d’ailleurs – et préparer l’«après-pétrole».

 

Un accord se fera facilement sur la nécessité d’économiser l’énergie. Pour le reste, on ne peut, encore une fois, faire l’impasse sur le coût de électricité. Le kWh d’origine éolienne est près de deux fois plus cher que celui du nucléaire ou du gaz. Le solaire photovoltaïque près de dix fois plus cher en l’état actuel de la recherche. Cet écart ne se résorbera pas avant longtemps, à moins d’une percée technologique que les experts n’entrevoient pas pour le moment. Pourquoi les écologistes montrent-ils une telle confiance dans le progrès technique dès lors qu’il s’agit des énergies renouvelables, et une telle défiance s’agissant du nucléaire ?

Le choix du nucléaire est par ailleurs stratégique pour la France. Nous sommes, dans cette filière, au premier rang mondial. Le choix de l’Allemagne ne modifiera pas ceux de la Chine, de l’Inde et des grands pays émergents. Et c’est heureux, car ces derniers ne semblent pas prêts à accepter d’autres contraintes susceptibles de freiner leur décollage économique qu’un recours accru au nucléaire.

 

Dernier argument entendu : la France, pour ce qui la concerne, raterait le coche des énergies renouvelables. Cet argument n’est pas recevable : ce marché est mondial. Les entreprises chinoises, par exemple, fabriquent des panneaux photovoltaïques, et c’est plutôt en matière de recherche et d’innovation que la France peut prendre place.

Le pari de l’Allemagne sur les énergies renouvelables est un choix aléatoire, déstabilisateur pour ses grandes entreprises énergétiques, à terme coûteux pour son industrie, et potentiellement générateur d’émissions accrues de gaz à effet de serre.

 

Le choix de maintenir la filière nucléaire au cœur de notre approvisionnement énergétique est un choix capital. C’est une éclatante réussite industrielle qui témoigne de ce que peut accomplir un Etat stratège. Cette industrie contribue à l’emploi de milliers de travailleurs convenablement payés, ainsi qu’à nos exportations. Une gauche soucieuse à la fois de l’intérêt national et de son enracinement populaire – et j’ajoute : sensible à la question du réchauffement climatique – ne devrait pas rechigner à soutenir l’option nucléaire française.

Un président de la République comptable de l’intérêt général ne doit pas céder à la démagogie antinucléaire. L’industrie nucléaire est un des grands atouts de la France. Elle n’en compte pas tant, par ailleurs, qu’elle puisse à la légère brader celui-là. C’est à cela aussi qu’on jugera la capacité du prochain président de la République à porter « le destin de la France ».

Pour rendre confiance à la France, il doit la rendre consciente des atouts qui lui restent. Ils ne sont pas minces, mais ils ne doivent pas être gaspillés.

 

Rappel : Sortie du nucléaire : controverses Allemagne-France et gauche-gauche - 6 juin 2011

MRC et Res Publica : éléments d'une nouvelle politique énergétique - 26 juin 2011

 Cet article est le 66ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement

 

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26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 22:52

Faire des choix cohérents pour le développement du pays

 

Signalons deux textes importants pour la compréhension des orientations de Jean-Pierre Chevènement en ce qui concerne les énergies, l’un publié par la Fondation Res Publica, l’autre par le Mouvement Républicain et Citoyen.

Rappel : Sortie du nucléaire : controverses Allemagne-France et gauche-gauche - 6 juin 2011.

 

Vers une nouvelle donne énergétique (Fondation Res Publica, 15 Juin 2011)

Par Pierre Papon, membre du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica. Les fortes contraintes qui pèsent aujourd’hui sur la demande d’énergie (épuisement des réserves, climat, développement des pays émergents) constituent une nouvelle donne énergétique. Celle-ci appelle une politique volontariste, fondée sur une diversification des filières, ainsi que des choix industriels et scientifiques pour préparer l’avenir.

 

Si la demande mondiale d’énergie continue à croître (à un rythme annuel de 2%), elle est désormais soumise à trois contraintes majeures. L’épuisement des réserves de combustibles fossiles (80% de l’énergie primaire) à moyen terme est la première (trois à quatre décennies pour le pétrole) : il faut d’ores et déjà préparer l’après-pétrole. La deuxième contrainte est climatique car, selon la grande majorité des climatologues, l’accumulation de gaz carbonique dans l’atmosphère résultant de la consommation d’énergies fossiles est la cause majeure du réchauffement du climat (il subsiste encore des controverses sur l’importance du phénomène). Enfin, la troisième contrainte est la forte croissance économique des pays émergents tels que la Chine (le premier consommateur mondial d’énergie), l’Inde et le Brésil qui contribuent à la hausse de la demande mondiale d’énergie.

Tous les scénarios énergétiques tiennent compte désormais de ces contraintes. Ainsi, en 2010, l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) a-t-elle proposé un scénario volontariste compatible avec les engagements pris lors de la conférence de l’ONU sur le climat à Copenhague (limiter à 2°C le réchauffement de la planète depuis le début de l’âge industriel) : - la consommation mondiale d’énergie ne croîtrait que de 21% d’ici 2035 - la part des combustibles fossiles dans l’énergie primaire passerait de 80% à 63%. Plus récemment, les experts du GIEC (groupe intergouvernemental d’experts du climat) ont proposé un scénario qui fait l’hypothèse que les énergies renouvelables assureraient 77% de la demande mondiale d’énergie primaire en 2050.
Toutes ces contraintes appellent des politiques volontaristes pour économiser l’énergie et remplacer les énergies fossiles par un mix énergétique diversifié (des énergies renouvelables au nucléaire)
.

 

(…) La responsabilité des gouvernements est de faire comprendre à l’opinion qu’il n’y a pas de voie royale pour l’énergie dont le renchérissement est inéluctable, et que la nouvelle donne énergétique impose la diversification des filières et d’investir dans la recherche et l’industrie pour préparer l’avenir.

Energies Nantes G Pierre 290110 004Voici le texte de l'intervention de Gérard Pierre, secrétaire national du Mouvement Républicain et Citoyen, au forum Gauche Avenir sur l'énergie, le 18 juin 2011. Il y présentait les positions du MRC.

"Développement des énergies renouvelables, économies d’énergie et poursuite du nucléaire sont les piliers d’une politique de développement de notre pays"

Il est prévu 9 milliards d’habitants sur terre vers 2050 et l’aspiration de l’ensemble des habitants à souhaiter vivre comme ceux des pays développés entraînera un besoin en énergie supplémentaire que l’on peut chiffrer au double de la consommation actuelle. Les ressources énergétiques fossiles conventionnelles, principalement le pétrole et le gaz, sont en cours d’épuisement ou le seront au cours du 21ème siècle et verront leur coût augmenter dans des proportions importantes. Par ailleurs, l’humanité va devoir faire face au changement climatique : en limiter l’impact humain nécessite un plan d'action développé sans démagogie et sans catastrophisme.

C’est en ayant en tête les données de ce contexte mondial que la France doit préparer sa politique énergétique. Plus particulièrement, la gauche soucieuse du développement humain doit s’orienter vers des systèmes de productions d’énergies décarbonées, sécurisés et cela sans exclusive, en prenant toutefois en compte l’ensemble des facteurs économiques. La France devrait développer un pôle énergétique public, ou au minimum très majoritairement contrôlé par le public, si notre pays souhaite, comme il se doit, avoir la maîtrise de son destin (…).

En définitive, le développement des renouvelables, les économies d’énergie et la poursuite et le développement du nucléaire sont les piliers d’une politique de développement de notre pays.

En conclusion, au moins trois choix énergétiques sont possibles, ayant des conséquences différentes: 
 

Le premier est de continuer à consommer les énergies fossiles, c’est un choix de développement non durable.

Le deuxième consiste à n’utiliser que des énergies renouvelables, c’est un choix de « non développement », mais durable.

Le troisième est le choix de ne rien négliger : ni les énergies renouvelables, ni la gestion raisonnable de l’énergie afin d’en réduire la consommation, ni l’indispensable développement de l’énergie nucléaire.

Des choix cohérents en matière d’énergie doivent être faits afin que la France ne devienne pas un pays en voie de sous développement.

 

Cet article est le 65ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement 

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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 14:40

Choix énergétiques 2012 : la gauche française divisée

 

L’accident nucléaire de Fukushima* - déclenché par le tsunami qui a ravagé la côte nord-est du Japon, à la suite d’un des plus importants séismes mondiaux - a été à l’origine d’une vague de rejet de l’énergie nucléaire un peu partout dans le monde.

* Rappel : Japon : le séisme et le tsunami à l'origine d'un grave accident nucléaire - 15 mars 2011

  Accident nucléaire au Japon : des raisons précises en sont à l'origine - 19 mars 2011

 

L’Allemagne a décidé la sortie du nucléaire progressivement avant 2022, en arrêtant immédiatement 8 réacteurs, puis les 9 autres entre 2015 et 2022, ce qui privera ce pays d’une énergie qui fait aujourd’hui 22% de sa production d’électricité. Le coût de cette décision n’a pas été chiffré officiellement (il sera de 100 à 200 milliards d’euros). Des éoliennes en mer, des centrales au gaz et au charbon, mais aussi des économies d’énergie, compenseront. Curieusement, la valorisation des technologies vertes sera accompagnée d’un surcroît de production de gaz à effet de serre, en raison du recours à des centrales thermiques polluantes.

Voir Nucléaire : la solitude française (Guillaume Malaurie, Nouvel Observateur, 30 mai).

 

L’accident japonais, suivi de cette décision allemande, accentue la pression mise par Europe Ecologie Les Verts (EELV) sur le PS afin qu’il choisisse, lui aussi, la sortie du nucléaire.

Jean-Pierre Chevènement a réagi sur son blog, le 31 mai : Un sujet clé pour l’indépendance nationale - La décision de sortir du nucléaire, que les Verts veulent imposer au PS, serait suicidaire pour la France. J’attends du candidat socialiste, quel qu’il soit, une fermeté exemplaire sur ce sujet qui concerne au premier chef l’intérêt national : celui de notre approvisionnement énergétique et celui d’une des rares filières technologiques d’excellence, où la France se trouve au premier rang mondial, bref un sujet-clé pour l’indépendance nationale.
Fukushima a d’abord été un accident naturel lié à la vague du tsunami qui a noyé les centrales de refroidissement. Aucune décision ne peut être prise en la matière sous le coup d’une émotion même légitime.
Le choix de l’Allemagne est désastreux pour l’Europe et d’abord pour elle-même. C’est le charbon qui va remplacer le nucléaire. Bonjour le CO2 !

Je demande un débat républicain dans les deux chambres du Parlement sur ce sujet capital.

La France n’est pas dans même situation que l’Allemagne, puisque 80% de l’électricité consommée en France provient des centrales nucléaires. Reste à savoir quel compromis pourrait être accepté par le PS et EELV pour aboutir à un accord de gouvernement en 2012. Compte tenu du contexte porteur, les écologistes vont se montrer très gourmands.

Cela pourrait inciter le PS à se tourner vers d’autres partenaires afin de construire un projet énergétique sur des bases plus équilibrées : économies d’énergie, amélioration de l’efficacité énergétique, fort développement des énergies renouvelables et maintien de l’énergie nucléaire permettant de se dégager des énergies fossiles carbonées.

 

Rappel :

Motions écologistes pour sortir du nucléaire : le MRC ne les vote pas - 15 avril 2011 

 

Diversification des énergies : recommandations d'un analyste financier - 19 mai 2011 

 

Cet article est le 64ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement

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