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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 23:25

Confronter les points de vue et définir l’intérêt général

 

Le débat national sur la transition énergétique a été lancé ce 29 novembre afin de réfléchir aux moyens pour la France de réduire ses gaz à effet de serre et d’atteindre différents objectifs pour une part contradictoires. C’est l’engagement du président de la République d’organiser un grand débat national débouchant sur une loi de programmation énergétique fin 2013 qui aura comme finalité principale la lutte contre le réchauffement climatique.

 

Le quotidien d’information en ligne des collectivités locales, Localtis, a résumé ainsi l’évènement dans un article d’Anne Lenormand, ce 29 novembre 2012.

Débat national sur la transition énergétique : c'est parti !

 

Après quelques couacs, le débat national sur la transition énergétique a été lancé ce 29 novembre au ministère de l'Ecologie. Prévu sur plus de six mois, il doit déboucher sur des recommandations qui alimenteront un projet de loi de programmation attendu à la mi-2013.

 

Avec une bonne semaine de retard sur le calendrier initialement annoncé, le débat national sur la transition énergétique a officiellement démarré ce 29 novembre au ministère de l'Ecologie. Il doit permettre de réfléchir aux moyens pour la France "à la fois, de respecter ses engagements européens de réduction de gaz à effet de serre" et "faire évoluer son mix électrique d'ici 2025", a déclaré la ministre de l'Ecologie, Delphine Batho, lors d'une conférence de presse précédant la première réunion du Conseil national du débat. Il est nécessaire au nom de "la compétitivité des entreprises, de la justice sociale, de la sécurité des approvisionnements et de l'indépendance énergétique", a-t-elle ajouté.
"Toutes les idées pourront être défendues. Ceux qui veulent défendre la sortie du nucléaire, ou l'exploitation des gaz de schiste pourront le faire. Il n'y a pas de sujet tabou et toutes les idées pourront s'exprimer", a assuré la ministre, prônant "un grand débat citoyen, populaire et accessible à tous". "Ce débat était un engagement du président de la République", a-t-elle encore rappelé.
Il doit permettre d'étudier plusieurs scénarios avec comme grandes lignes directrices le déploiement d'une politique de sobriété énergétique, une moindre dépendance aux énergies fossiles, dont le coût se renchérit, le développement des énergies renouvelables. Le tout en étant en ligne avec les objectifs de 2050 (diviser par 4 ou 5 les émissions de gaz à effet de serre). Les travaux, qui sont désormais engagés, vont durer plusieurs mois pour produire d'ici l'été des recommandations au gouvernement, en vue de la rédaction d'un projet de loi de programmation en juillet.
Après la mise en place un peu laborieuse des différentes instances, et notamment du comité de pilotage chargé d'animer le débat qui a donné lieu à des tensions avec les ONG environnementales, la première session du Conseil national du débat s'est donc tenue jeudi après-midi à huis clos au ministère de l'Ecologie.

Les instances du débat

Présenté comme le "parlement" du débat, il réunit 112 membres répartis en sept collèges (Etat, employeurs, syndicats, ONG de défense de l'environnement, autres associations, associations d'élus locaux et parlementaires). Il doit fixer les grandes orientations du débat et le calendrier. Il procédera à des auditions publiques. A l'issue du processus, il formulera des recommandations et actera aussi les désaccords.
A ses côtés, siégeront le comité de pilotage, un comité citoyen et un comité d'experts. Le premier est chargé de garantir le pluralisme du débat, de soumettre des questions au Conseil national et d'encourager la participation du plus grand nombre. Autour de Delphine Batho, il réunit six personnalités désignées par le gouvernement : Bruno Rebelle, consultant et ex-dirigeant de Greenpeace France, Laurence Tubiana, directrice de l'Institut du développement durable et des relations internationales, le climatologue Jean Jouzel, l'ex-patronne d'Areva Anne Lauvergeon, Michel Rollier, ex-dirigeant de Michelin, et Georges Mercadal, spécialiste du débat public. Le comité citoyen, qui doit refléter la diversité socioculturelle et géographique française, devra veiller à la prise en compte de ses questionnements. Présidé par l'économiste Alain Grandjean, le comité des experts, composé de scientifiques français ou étrangers, sera sollicité autant que de besoin par le Conseil national du débat. Il évaluera notamment les scénarios énergétiques existants.
Enfin, deux "groupes de contacts" vont aussi être mis en place. Le groupe de contact des collectivités, rassemblant les associations nationales d'élus locaux, devra faciliter et coordonner l'organisation des débats dans les régions tandis que le groupe de contact des entreprises de l'énergie devra assurer le dialogue avec ce secteur, notamment sur les coûts des différentes options. Un site Internet ouvert à tous les citoyens sera mis en place en janvier, et à partir de février des débats seront aussi organisés dans les régions.
"Nous voulons un débat ouvert, riche et transparent", a déclaré Jean Jouzel. Selon Anne Lauvergeon, "il y aura une confrontation des points de vue pour favoriser la recherche de convergences et définir l'intérêt général de la Nation". Tout cela n'ira pas sans friction, tant les positions sont, sur certains dossiers comme le nucléaire ou les gaz de schiste, radicalement différentes. Le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes risque aussi d'être mis sur la table. Greenpeace et Les Amis de la Terre ont d'ailleurs estimé que les conditions d'un débat sur une "réelle transition énergétique (n'étaient) pas réunies" et ont renoncé à participer. Quelques militants de Greenpeace étaient d'ailleurs mobilisés jeudi devant le ministère de l'Ecologie au moment même où le débat commençait.

 

A compléter par cette information (Le Figaro, 29 novembre) : Transition énergétique: la loi repoussée

 

Pour sa part, l’association Sauvons le climat avait publié, le 6 octobre 2012, une réflexion scientifique de Gilbert Ruelle (Académie des technologies, Commission énergie et changement climatique)

 

La transition énergétique est à l'ordre du jour

SOMMAIRE : Une transition énergétique est engagée en Europe. Ce terme recouvre un large éventail de contenus, allant d'une maîtrise améliorée de l'énergie à la sortie du nucléaire en passant par un développement intensif des énergies renouvelables, et le rêve d'un abandon des combustibles fossiles et de l'apparition de l'hydrogène-énergie. Il est souhaitable d'examiner ce qui sous-tend une telle dispersion de contenus, de tenter les classer et de se forger un avis raisonnable sur les choix énergétiques en ce qui concerne la France, le cap de cette transition restant la lutte contre le réchauffement climatique comme vient de le rappeler le Président de la République dans son discours d'inauguration de la Conférence Environnementale le 15 septembre 2012.

Voir Discours d'ouverture de François Hollande à la Conférence environnementale

Rappel : MRC et Res Publica : éléments d'une nouvelle politique énergétique - 26 juin 2011 

 

Cet article est le 69ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement

 

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 18:32

Une loi mal conçue qui détruit l’égalité entre les citoyens  

 

Trop de précipitation au Parlement et inexpérience ministérielle. Voir Logement social : la loi de tous les cafouillages (Le Monde, 24 octobre 2012).

Dans cet article, il est question aussi des avatars au Sénat de la loi sur les tarifs de l’énergie. La loi Brottes sur la tarification progressive de l’énergie souffre d’être mal conçue.

Voir Tarification progressive de l'énergie : 2 objectifs pour une loi complexe - 22 octobre 2012

Tarification progressive de l'énergie : 2 avis et commentaires sur la loi - 23 octobre 2012 

 

Au Sénat, les membres du groupe CRC (Communistes, républicains, citoyens) ont présenté une motion d’irrecevabilité. Voir Proposition de loi Brottes : climat électrique pour l'examen en commission au Sénat (Localtis.info, 17 octobre 2012)

Les sénateurs communistes ont déposé le 17 octobre une motion d'irrecevabilité de la proposition de loi du député PS François Brottes visant à instaurer des tarifs progressifs de l'énergie, lors d'une réunion houleuse de la commission des Affaires économiques. "Ce texte est un mauvais texte, cela va pénaliser les couches populaires, il y a tout à revoir", a déclaré à l'AFP Mireille Schurch (CRC, communiste) lors d'une suspension de séance de la commission. Déjà adoptée par l'Assemblée nationale, la proposition de loi prévoit notamment de créer un bonus-malus sur la facture d'énergie des consommateurs. Les communistes sont farouchement opposés à ce qu'ils considèrent comme "une rupture d'égalité devant l'accès à l'énergie, sur la base de critères contestables".
La discussion du texte en séance au Sénat a déjà été repoussée du 17 au 30 octobre par le gouvernement. La gauche n'est majoritaire dans la Haute Assemblée que de six voix. La droite étant également opposée à cette proposition, la motion d'irrecevabilité a de grandes chances d'être adoptée si le PS n'accepte pas de revoir les dispositions contestées.

 

Le 23 octobre, la commission des affaires économiques du Sénat a à nouveau examiné la proposition de loi. La motion d’irrecevabilité a été adoptée.

Tarifs de l'énergie : le texte "irrecevable" au Sénat

Court-circuit au Sénat. La commission des affaires économiques a déclaré "irrecevable", mardi 23 octobre, la proposition de loi du député (PS) François Brottes sur la transition énergétique, adoptée en première lecture à l'Assemblée nationale et qui doit être examinée en séance au Sénat le 30 octobre. La motion d'irrecevabilité présentée par le groupe Communiste, républicain et citoyen (CRC) a été adoptée par 20 voix contre 19, les sénateurs de la droite et du centre ayant joint leurs voix à celles des 2 communistes.

 

L’avis de Gérard Pierre, responsable du pôle Energies au Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) :

Cette loi, poudre aux yeux, ne sert qu’à faire plaisir à EELV. Elle aura comme résultat, comme la RT2012*, de réorienter la consommation énergétique vers la consommation d’énergie émettrice de gaz à effet de serre. De plus, elle détruit l’égalité entre les citoyens. Revenons aux principes fondamentaux du Conseil National de la Résistance.

Elle est inefficace, très difficile à mettre en œuvre, antisociale et de surcroît anti-écologique dans la mesure où elle contribuera à augmenter les émissions de gaz à effet de serre. Il faut de toute urgence s’opposer à cette loi, mal conçue, déposée à la va-vite.

Il est plus urgent de préparer avec sérieux la transition énergétique. Avec comme critères : l’indépendance nationale, le déficit du commerce extérieur, le développement industriel, le coût de l’énergie pour les particuliers et les entreprises, la diminution des émissions de gaz à effet de serre, la prise en compte de la raréfaction des énergies fossiles.

* Voir Réglementation thermique 

 

Cet article est le 68ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 22:46

Cette loi favorisera les énergies fossiles polluantes

 

Des réactions de Jean-Pierre Lettron (Hauts-de-Seine) et de Hervé Nifenecker (Isère), ce 23 octobre, à l’article Tarification progressive de l'énergie : 2 objectifs pour une loi complexe - 22 octobre 2012. Elles apportent un éclairage complémentaire.

 

Jean-Pierre Lettron

 

Sachez que le projet prévoit pour la fixation des tarifs de l’électricité (et ensuite pour le Gaz peut-être), outre les paramètres climatiques du point de livraison, la surface du logement, son niveau d’isolation, le nombre d’habitants et la nature du parc des appareils électriques du logement. En plus une liste non exhaustive d’appareils qui pourront apporter des dérogations.

Bref un casse tête pour établir les contrats. Au lieu de prendre 3 à 5 minutes pour une mise en service cela prendra entre 3 ou 4 fois plus de temps avec des prises de tête incalculables entre le conseiller client d’EDF et les clients. Ceci entraînera le triplement des effectifs des services clients…qui va payer ?

 

Au-delà des difficultés humaines et informatiques, ce projet ouvre la voie à la connaissance des modes de vie de chaque citoyen par une entreprise commerciale. Dérive qui, une fois faite pour EDF et GDF, pourra s’étendre à bien d’autres sociétés.

Fondamentalement, ce projet ne sert ni la Nation ni les Citoyens, ce n’est qu’un nouvel avatar des anti-nucléaires pour réduire la part de l’électricité dans la consommation globale d’énergie en France, quitte à  favoriser les énergies fossiles émettrices de CO2.  Cet été, la banquise n’a pas souffert du nucléaire mais bien du réchauffement climatique...

Ce projet est fondamentalement anti-républicain ; alors, préparons nous à le combattre avec détermination !

 

Hervé Nifenecker

Il semble que le MRC soit le seul parti qui sache conserver la tête froide dans l'état de confusion qui règne dans la société française: sur le nucléaire, certes, mais aussi sur le rôle des experts et de l'expertise, sur les OGM, sur le gaz de schiste, etc.  Les Ver(t)s sont en train de ronger les fondements mêmes de la République, la rationalité et le cartésianisme. Tout en réclamant une réindustrialisation, on s'acharne contre les industries qui marchent le mieux, qui sont nos atouts dans la compétition internationale (EDF, GDF-Suez, Areva, Total etc.). Et nous faisons de même avec l'agriculture (ceux qui ne font pas de bio pour les bobos sont mis au pilori). Les scientifiques et techniciens n'en peuvent plus de ces discours de méfiance qui les accusent de malhonnêteté. Le résultat est qu'il est de plus en plus difficile de recruter des étudiants dans les matières scientifiques et techniques.

En ce qui concerne la loi dite "Brottes" c'est, effectivement, une machine à gaz qui mélange plusieurs objectifs qui pourraient être louables s'ils n'étaient pas contradictoires. La précarité énergétique est un vrai problème qui devrait être traité en soi, après consultation des organismes sociaux et des associations qui s'en soucient vraiment. Il serait bien préférable, par exemple, d'utiliser une CSPE (réformée pour s'étendre à toutes les consommations énergétiques des secteurs résidentiels et tertiaires comme le gaz et le fioul) pour lutter contre cette précarité plutôt que de favoriser les spéculations sur l'éolien et le photovoltaïque.

Un système de bonus malus pourrait être utilisé de façon intelligente pour encourager les propriétaires à améliorer les performances thermiques des logements. Mais cela n'est possible que si l'industrie est capable de réaliser les rénovations nécessaires. Or cette industrie n'est, actuellement, capable de rénover qu'au maximum 600 000 logements par an alors que la loi Brottes distribuerait près de 12 millions

de malus !

 

Cet article est le 67ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement

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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 22:53

L’Allemagne a ses raisons, la France les siennes

 

Le très grave accident survenu à Fukushima, au Japon, a relancé avec vigueur l’option de la sortie du nucléaire, la fin de l’énergie nucléaire, exercice périlleux dans la mesure où, en France, la part de l’énergie nucléaire dans la production d’électricité est aux environs de 75%.

Les écologistes avaient obtenu du PS un quasi ralliement à leurs thèses. C’est pourquoi ils souhaitaient très fort la désignation de Martine Aubry comme candidate du PS à l’élection présidentielle. François Hollande, qui sera ce candidat, est nettement plus réservé sur la question de la sortie du nucléaire. Il y aura donc des discussions plus tendues entre le PS et EELV, ce qu’on perçoit bien à la lecture de cet article paru dans Ouest-France ce 25 octobre sous la signature de Thierry Richard.

 

Hollande prêt au bras de fer avec les écologistes

La tension monte entre le PS et les Verts, qui s'apprêtent à discuter d'un éventuel accord de gouvernement. Deux dossiers chauffent les esprits : la sortie du nucléaire et l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Sortir du nucléaire ? François Hollande n'en prend pas le chemin. Le candidat du PS s'est donné pour objectif de réduire la part du nucléaire dans la production d'électricité de 75 % à 50 % d'ici à 2025. Pas assez ambitieux pour les écologistes. « Il n'y aura pas d'accord de gouvernement si nous ne sommes pas d'accord sur le fait qu'il faut sortir du nucléaire », a prévenu Eva Joly, candidate d'Europe Écologie-Les Verts.

Cécile Duflot en a remis une couche, dimanche, jour de l'investiture de François Hollande. « La sortie du nucléaire est un horizon obligatoire », a-t-elle indiqué dans un entretien au Journal du dimanche. La secrétaire générale d'EELV a posé d'autres conditions à un accord avec le PS : le retour à la retraite à 60 ans, l'introduction de la proportionnelle dans les élections législatives... (…)

La décision de l’Allemagne de sortir du nucléaire est une référence pour les écologistes, ce que conteste Gérard Pierre (MRC).

Voir Allemagne : la fin du nucléaire passe par le charbon (Le Monde, Frédéric Lemaître, 24 octobre).

Energie : le choix contestable Allemand. Position de Gérard Pierre, secrétaire national à l'énergie au Mouvement Républicain et Citoyen, sur l’énergie nucléaire (site du MRC, 29 septembre).

En Mars 2011 l’Allemagne a décidé un moratoire sur le nucléaire et a fermé 7 centrales nucléaires. Elle s’engage à l’horizon 2022 vers la sortie du nucléaire. Les conséquences de cette décision ont été quasi immédiates. Pour compenser ce manque de production électrique, l’Allemagne a augmenté sa production à partir du charbon et de plus, importe de l’électricité. Depuis cette date, elle a émis 8 Millions de tonnes de CO2 supplémentaires, elle a importé une partie des 8 GW que produisaient ces centrales, ce qui a fait augmenter les prix de gros de l’électricité européenne de 12 % et les certificats d’émissions de CO2 de 10 %.

Cette décision prise de façon unilatérale fait courir un risque important de panne électrique généralisée pour l’ensemble des pays interconnectés. Depuis Mars, l’Allemagne importe une quantité d’énergie électrique journalière d’environ 65 GWh à ses voisins (France, Tchéquie, Suisse et Pologne). Mais ces pays, dont le nôtre, auront besoin de cette énergie particulièrement en hiver. Désormais le risque d’une panne électrique généralisée en Europe durant l’hiver est très important.

En France, surfant sur la vague anti-nucléaire, certains candidats potentiels à l’élection présidentielle proposent dans notre pays la diminution de la part du nucléaire, voire sa sortie. Les conséquences seront les mêmes qu’en Allemagne : augmentation du prix de l’électricité ajoutant des problèmes sociaux aux difficultés actuelles, augmentation des émissions de CO2 faisant courir aux générations futures le risque de sortir de l’optimum climatique actuel.

Nos concitoyens seront-ils assez naïfs pour écouter ces responsables politiques du cours terme qui s’appuient sur l’émotion à défaut de s’appuyer sur la raison ? La France est fille des Lumières, aussi il est permis d’en douter. La réponse sera donnée lors des prochaines élections présidentielles.

Par contre, Le Royaume-Uni embrasse le nucléaire (Le Monde, 11 octobre). Voir aussi Mohamed ElBaradei : "On ne peut se passer du nucléaire" (Le Monde, 28 septembre).

 

Dans son plus récent livre - Sortir la France de l'impasse - Jean-Pierre Chevènement traite de cette question (p 126). Le nucléaire, un des grands atouts de la France

 

L’accident de Fukushima a remis à la mode l’idée d’une « sortie du nucléaire ». Ce n’est pas parce que l’Allemagne a décidé, pour des raisons d’opinion publique, de sortir du nucléaire – industrie où, de surcroît, elle n’exerce aucun leadership technologique – que nous devons la suivre sur ce terrain.

L’argument de la sûreté est faible : la centrale de Fukushima avait été conçue pour résister à un tremblement de terre, pas à un tsunami. Elle a résisté au premier, pas au second. Une fois le risque identifié, on sait le traiter. Les risques d’un tsunami sont plus faibles en Europe occidentale qu’au Japon ; les autorités de sûreté y sont plus indépendantes, le contrôle public mieux assuré. Aucun accident grave n’y fut déploré depuis quarante ans que le nucléaire y a été massivement introduit. Surtout, la sécurité ne cesse de s’améliorer. Il y a quelque paradoxe à vouloir continuer l’exploitation des centrales actuelles pendant vingt ans tout en s’opposant à leur remplacement par des centrales de troisième ou de quatrième génération, beaucoup plus sûres.

 

Deuxième argument : le nucléaire s’opposerait au développement des énergies renouvelables. C’est méconnaître à la fois le coût beaucoup plus élevé de ces énergies et leur caractère intermittent. Il est probable que l’arrêt du nucléaire débouchera en Allemagne sur un recours accru aux énergies fossiles (gaz, charbon, lignite), fortement émettrices, à la différence du nucléaire, de gaz à effet de serre. Or, il nous faut organiser la transition énergétique pour lutter contre l’émission de gaz à effet de serre – ce que les écologistes réclament d’ailleurs – et préparer l’«après-pétrole».

 

Un accord se fera facilement sur la nécessité d’économiser l’énergie. Pour le reste, on ne peut, encore une fois, faire l’impasse sur le coût de électricité. Le kWh d’origine éolienne est près de deux fois plus cher que celui du nucléaire ou du gaz. Le solaire photovoltaïque près de dix fois plus cher en l’état actuel de la recherche. Cet écart ne se résorbera pas avant longtemps, à moins d’une percée technologique que les experts n’entrevoient pas pour le moment. Pourquoi les écologistes montrent-ils une telle confiance dans le progrès technique dès lors qu’il s’agit des énergies renouvelables, et une telle défiance s’agissant du nucléaire ?

Le choix du nucléaire est par ailleurs stratégique pour la France. Nous sommes, dans cette filière, au premier rang mondial. Le choix de l’Allemagne ne modifiera pas ceux de la Chine, de l’Inde et des grands pays émergents. Et c’est heureux, car ces derniers ne semblent pas prêts à accepter d’autres contraintes susceptibles de freiner leur décollage économique qu’un recours accru au nucléaire.

 

Dernier argument entendu : la France, pour ce qui la concerne, raterait le coche des énergies renouvelables. Cet argument n’est pas recevable : ce marché est mondial. Les entreprises chinoises, par exemple, fabriquent des panneaux photovoltaïques, et c’est plutôt en matière de recherche et d’innovation que la France peut prendre place.

Le pari de l’Allemagne sur les énergies renouvelables est un choix aléatoire, déstabilisateur pour ses grandes entreprises énergétiques, à terme coûteux pour son industrie, et potentiellement générateur d’émissions accrues de gaz à effet de serre.

 

Le choix de maintenir la filière nucléaire au cœur de notre approvisionnement énergétique est un choix capital. C’est une éclatante réussite industrielle qui témoigne de ce que peut accomplir un Etat stratège. Cette industrie contribue à l’emploi de milliers de travailleurs convenablement payés, ainsi qu’à nos exportations. Une gauche soucieuse à la fois de l’intérêt national et de son enracinement populaire – et j’ajoute : sensible à la question du réchauffement climatique – ne devrait pas rechigner à soutenir l’option nucléaire française.

Un président de la République comptable de l’intérêt général ne doit pas céder à la démagogie antinucléaire. L’industrie nucléaire est un des grands atouts de la France. Elle n’en compte pas tant, par ailleurs, qu’elle puisse à la légère brader celui-là. C’est à cela aussi qu’on jugera la capacité du prochain président de la République à porter « le destin de la France ».

Pour rendre confiance à la France, il doit la rendre consciente des atouts qui lui restent. Ils ne sont pas minces, mais ils ne doivent pas être gaspillés.

 

Rappel : Sortie du nucléaire : controverses Allemagne-France et gauche-gauche - 6 juin 2011

MRC et Res Publica : éléments d'une nouvelle politique énergétique - 26 juin 2011

 Cet article est le 66ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement

 

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26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 22:52

Faire des choix cohérents pour le développement du pays

 

Signalons deux textes importants pour la compréhension des orientations de Jean-Pierre Chevènement en ce qui concerne les énergies, l’un publié par la Fondation Res Publica, l’autre par le Mouvement Républicain et Citoyen.

Rappel : Sortie du nucléaire : controverses Allemagne-France et gauche-gauche - 6 juin 2011.

 

Vers une nouvelle donne énergétique (Fondation Res Publica, 15 Juin 2011)

Par Pierre Papon, membre du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica. Les fortes contraintes qui pèsent aujourd’hui sur la demande d’énergie (épuisement des réserves, climat, développement des pays émergents) constituent une nouvelle donne énergétique. Celle-ci appelle une politique volontariste, fondée sur une diversification des filières, ainsi que des choix industriels et scientifiques pour préparer l’avenir.

 

Si la demande mondiale d’énergie continue à croître (à un rythme annuel de 2%), elle est désormais soumise à trois contraintes majeures. L’épuisement des réserves de combustibles fossiles (80% de l’énergie primaire) à moyen terme est la première (trois à quatre décennies pour le pétrole) : il faut d’ores et déjà préparer l’après-pétrole. La deuxième contrainte est climatique car, selon la grande majorité des climatologues, l’accumulation de gaz carbonique dans l’atmosphère résultant de la consommation d’énergies fossiles est la cause majeure du réchauffement du climat (il subsiste encore des controverses sur l’importance du phénomène). Enfin, la troisième contrainte est la forte croissance économique des pays émergents tels que la Chine (le premier consommateur mondial d’énergie), l’Inde et le Brésil qui contribuent à la hausse de la demande mondiale d’énergie.

Tous les scénarios énergétiques tiennent compte désormais de ces contraintes. Ainsi, en 2010, l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) a-t-elle proposé un scénario volontariste compatible avec les engagements pris lors de la conférence de l’ONU sur le climat à Copenhague (limiter à 2°C le réchauffement de la planète depuis le début de l’âge industriel) : - la consommation mondiale d’énergie ne croîtrait que de 21% d’ici 2035 - la part des combustibles fossiles dans l’énergie primaire passerait de 80% à 63%. Plus récemment, les experts du GIEC (groupe intergouvernemental d’experts du climat) ont proposé un scénario qui fait l’hypothèse que les énergies renouvelables assureraient 77% de la demande mondiale d’énergie primaire en 2050.
Toutes ces contraintes appellent des politiques volontaristes pour économiser l’énergie et remplacer les énergies fossiles par un mix énergétique diversifié (des énergies renouvelables au nucléaire)
.

 

(…) La responsabilité des gouvernements est de faire comprendre à l’opinion qu’il n’y a pas de voie royale pour l’énergie dont le renchérissement est inéluctable, et que la nouvelle donne énergétique impose la diversification des filières et d’investir dans la recherche et l’industrie pour préparer l’avenir.

Energies Nantes G Pierre 290110 004Voici le texte de l'intervention de Gérard Pierre, secrétaire national du Mouvement Républicain et Citoyen, au forum Gauche Avenir sur l'énergie, le 18 juin 2011. Il y présentait les positions du MRC.

"Développement des énergies renouvelables, économies d’énergie et poursuite du nucléaire sont les piliers d’une politique de développement de notre pays"

Il est prévu 9 milliards d’habitants sur terre vers 2050 et l’aspiration de l’ensemble des habitants à souhaiter vivre comme ceux des pays développés entraînera un besoin en énergie supplémentaire que l’on peut chiffrer au double de la consommation actuelle. Les ressources énergétiques fossiles conventionnelles, principalement le pétrole et le gaz, sont en cours d’épuisement ou le seront au cours du 21ème siècle et verront leur coût augmenter dans des proportions importantes. Par ailleurs, l’humanité va devoir faire face au changement climatique : en limiter l’impact humain nécessite un plan d'action développé sans démagogie et sans catastrophisme.

C’est en ayant en tête les données de ce contexte mondial que la France doit préparer sa politique énergétique. Plus particulièrement, la gauche soucieuse du développement humain doit s’orienter vers des systèmes de productions d’énergies décarbonées, sécurisés et cela sans exclusive, en prenant toutefois en compte l’ensemble des facteurs économiques. La France devrait développer un pôle énergétique public, ou au minimum très majoritairement contrôlé par le public, si notre pays souhaite, comme il se doit, avoir la maîtrise de son destin (…).

En définitive, le développement des renouvelables, les économies d’énergie et la poursuite et le développement du nucléaire sont les piliers d’une politique de développement de notre pays.

En conclusion, au moins trois choix énergétiques sont possibles, ayant des conséquences différentes: 
 

Le premier est de continuer à consommer les énergies fossiles, c’est un choix de développement non durable.

Le deuxième consiste à n’utiliser que des énergies renouvelables, c’est un choix de « non développement », mais durable.

Le troisième est le choix de ne rien négliger : ni les énergies renouvelables, ni la gestion raisonnable de l’énergie afin d’en réduire la consommation, ni l’indispensable développement de l’énergie nucléaire.

Des choix cohérents en matière d’énergie doivent être faits afin que la France ne devienne pas un pays en voie de sous développement.

 

Cet article est le 65ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement 

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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 14:40

Choix énergétiques 2012 : la gauche française divisée

 

L’accident nucléaire de Fukushima* - déclenché par le tsunami qui a ravagé la côte nord-est du Japon, à la suite d’un des plus importants séismes mondiaux - a été à l’origine d’une vague de rejet de l’énergie nucléaire un peu partout dans le monde.

* Rappel : Japon : le séisme et le tsunami à l'origine d'un grave accident nucléaire - 15 mars 2011

  Accident nucléaire au Japon : des raisons précises en sont à l'origine - 19 mars 2011

 

L’Allemagne a décidé la sortie du nucléaire progressivement avant 2022, en arrêtant immédiatement 8 réacteurs, puis les 9 autres entre 2015 et 2022, ce qui privera ce pays d’une énergie qui fait aujourd’hui 22% de sa production d’électricité. Le coût de cette décision n’a pas été chiffré officiellement (il sera de 100 à 200 milliards d’euros). Des éoliennes en mer, des centrales au gaz et au charbon, mais aussi des économies d’énergie, compenseront. Curieusement, la valorisation des technologies vertes sera accompagnée d’un surcroît de production de gaz à effet de serre, en raison du recours à des centrales thermiques polluantes.

Voir Nucléaire : la solitude française (Guillaume Malaurie, Nouvel Observateur, 30 mai).

 

L’accident japonais, suivi de cette décision allemande, accentue la pression mise par Europe Ecologie Les Verts (EELV) sur le PS afin qu’il choisisse, lui aussi, la sortie du nucléaire.

Jean-Pierre Chevènement a réagi sur son blog, le 31 mai : Un sujet clé pour l’indépendance nationale - La décision de sortir du nucléaire, que les Verts veulent imposer au PS, serait suicidaire pour la France. J’attends du candidat socialiste, quel qu’il soit, une fermeté exemplaire sur ce sujet qui concerne au premier chef l’intérêt national : celui de notre approvisionnement énergétique et celui d’une des rares filières technologiques d’excellence, où la France se trouve au premier rang mondial, bref un sujet-clé pour l’indépendance nationale.
Fukushima a d’abord été un accident naturel lié à la vague du tsunami qui a noyé les centrales de refroidissement. Aucune décision ne peut être prise en la matière sous le coup d’une émotion même légitime.
Le choix de l’Allemagne est désastreux pour l’Europe et d’abord pour elle-même. C’est le charbon qui va remplacer le nucléaire. Bonjour le CO2 !

Je demande un débat républicain dans les deux chambres du Parlement sur ce sujet capital.

La France n’est pas dans même situation que l’Allemagne, puisque 80% de l’électricité consommée en France provient des centrales nucléaires. Reste à savoir quel compromis pourrait être accepté par le PS et EELV pour aboutir à un accord de gouvernement en 2012. Compte tenu du contexte porteur, les écologistes vont se montrer très gourmands.

Cela pourrait inciter le PS à se tourner vers d’autres partenaires afin de construire un projet énergétique sur des bases plus équilibrées : économies d’énergie, amélioration de l’efficacité énergétique, fort développement des énergies renouvelables et maintien de l’énergie nucléaire permettant de se dégager des énergies fossiles carbonées.

 

Rappel :

Motions écologistes pour sortir du nucléaire : le MRC ne les vote pas - 15 avril 2011 

 

Diversification des énergies : recommandations d'un analyste financier - 19 mai 2011 

 

Cet article est le 64ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 22:53

Les grandes tendances des marchés dans le secteur de l’énergie

La Chronique AGORA est une publication électronique qui traite du monde de la finance, sous la forme de conseils aux investisseurs. Un nouveau rédacteur, Frédéric Laurent, a publié, les 18 et 19 mai, deux articles concernant les énergies. Ils contiennent des éléments d’information importants pour se faire une idée de la réalité du secteur énergétique dans le monde.

Sur ce même thème, Gérard Pierre, secrétaire national du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) s’était exprimé le 2 février 2010. Voir MRC 44 Energies : Gérard Pierre a présenté ses orientations à Nantes.

Voici les deux textes de Frédéric Laurent, publiés par La Chronique AGORA :

Plutôt que le nucléaire, parions sur les énergies nouvelles

 

▪ Le salut, dans l’énergie comme dans la finance, passe aussi par la diversification. Le tremblement de terre suivi d’un raz-de-marée et de l’explosion partielle de la centrale nucléaire de Fukushima a pas mal bouleversé les données à venir en matière d’énergie. Le nucléaire est devenu subitement le vilain mouton noir. Un sentiment que l’on peut comprendre au regard de la tragédie vécue par le Japon… mais très exagéré si l’on considère nos besoins énergétiques.

Il est utopique de vouloir balayer du jour au lendemain cette ressource. Nos sociétés occidentales comme les pays émergents ont un besoin croissant d’énergie pour produire l’électricité nécessaire à la bonne marche des économies - et encore plus quand elles sont en développement et que des populations migrent par milliers dans les villes, dans des appartements modernes, afin de vivre “à l’occidentale”. Ainsi, beaucoup de pays ont fait appel depuis plusieurs années au nucléaire afin de diversifier leurs ressources. Evidemment, le nucléaire vient compléter une production énergétique d’abord basée sur le charbon ou le pétrole. On estime qu’il occupe la troisième place derrière ce que la filière appelle le “thermique à flamme” (67% répartis entre charbon, fioul et gaz) et l’hydraulique (19%).

 

▪ La nécessaire réallocation des ressources énergétiques

Seulement 32 pays font appel au nucléaire et les 442 réacteurs en fonctionnement produisent 370 gigawatts (GW), soit 17% de l’électricité mondiale. De très nombreux projets de nouvelles centrales étaient en cours, notamment dans les pays émergents comme la Chine. D’après les dernières estimations que donnent le magasine MoneyWeek, “au 1er mars, la Chine et l’Inde recensaient, à elles deux, 32 des 62 réacteurs en construction dans le monde et 68 des 158 réacteurs en phase de planification”.Compte tenu d’un environnement défavorable suite à l’accident de Fukushima, même si ces projets sont légèrement gelés et repoussés dans le temps, on peut imaginer que les dirigeants de ces puissances y reviendront petit à petit, tout simplement par nécessité énergétique.

Toutefois, je ne vais pas vous recommander d’investir dans l’énergie nucléaire aujourd’hui. Il me paraît un peu tôt pour y revenir. En revanche, cette situation implique obligatoirement une réallocation des ressources énergétiques : le charbon, le pétrole et le gaz resteront donc encore quelque temps les ressources les plus utilisées. Mais les énergies renouvelables pourraient prendre une nouvelle place dans la production énergétique mondiale.

Partons, si vous le voulez bien, du principe que la demande d’énergie est très forte avec une demande tirée en premier lieu par la croissance des pays émergents. La Chine est le deuxième consommateur d’électricité au monde. Les perspectives de la croissance mondiale avancées par le FMI laissent entrevoir un vrai redémarrage après les années de crise que nous avons connues — principalement dans les pays émergents qui vont donc encore augmenter leurs besoins en énergie. On l’a vu, les projets de développement de centrales sont gelés un peu partout — afin de mettre en place des protocoles qui garantiront encore plus de sécurité et rassureront les populations. Mais en attendant, où et comment augmenter la production d’énergie ?

Le prix du pétrole est durablement à la hausse et, d’après la théorie du Peak Oil, nous avons déjà consommé plus de la moitié des réserves et avons dépassé un maximum de production. La consommation mondiale de pétrole est de 89 millions de barils par jour. Par rapport à la production actuelle, il reste une infime marge de trois ou quatre millions de barils. Attendu que les experts estiment que la demande devrait monter à plus de 100 millions d’ici moins de 10 ans, et que la production maximale ne pourra dépasser les 100 millions, nul doute que l’ajustement se fera au niveau du prix.

Le charbon, vieux grigou des énergies fossiles, est bien reparti profitant de l’augmentation générale de la demande, mais est victime de son caractère très polluant — ceci dit, la Chine n’en a que faire : le charbon est pour elle la source d’énergie numéro un et elle ne peut arrêter sa production, et donc ralentir son économie, pour des critères écologiques.

Le gaz a de son côté le vent en poupe, avec pour très net avantage que les réserves mondiales y sont énormes et relativement diversifiées au niveau des pays producteurs.

Le principal problème des énergies fossiles est que leur consommation épuise les ressources disponibles. Ces matières premières qui nous permettent de faire tourner la machine économique par la transformation en électricité ou en chaleur s’épuisent car notre demande est en constante augmentation. Donc, il ne reste que la solution de trouver et de développer d’autres énergies.

 

▪ Les énergies nouvelles sont l’avenir de notre planète

Les énergies renouvelables, comme leur nom l’indique, permettent d’être disponibles en quantité illimitée. Avec en plus l’aspect extrêmement favorable de préserver l’environnement.

En 2008, la production mondiale d’électricité a été de 20 169 Térawatt/ heure (TWh). Pour le moment, la production annuelle d’électricité provient essentiellement des énergies fossiles avec en 2008 une production de plus de 13 641 TWh. Alors que l’énergie nucléaire mondiale ne représente que 2 724 TWh, et le renouvelable 3 804 TWh (dont 3 247 TWh pour l’hydraulique et 557 TWh pour le reste).

Pour remettre les choses en perspective, sachez que la France, en 2010, a produit 550,3 TWh pour une consommation intérieure de 488,1 TWh. La consommation annuelle monte régulièrement chaque année d’environ 1 à 2%, sauf en 2009 où, compte tenu de la crise économique, elle avait légèrement baissé de 1,6% par rapport à 2008. En 2010, la hausse a repris avec une progression de 1,9%.

Dans notre politique française énergétique, depuis le Général de Gaulle, nous avons fait largement confiance au nucléaire pour rester indépendants : 407,9 TWh étaient produits par le nucléaire, soit 74% de nos besoins totaux en électricité. 68 TWh provenaient de l’hydroélectrique, 59,4 TWh de la thermique à flamme, 9,5 TWh seulement de l’éolien. Et un tout petit 5,5 TWh des autres énergies renouvelables. En somme, depuis deux générations, nous sommes une nation “tout nucléaire”.

Conséquence de cette politique ? Tout a été mis en oeuvre pour continuer à favoriser le nucléaire… et ce, au détriment de la recherche d’autres sources d’énergie. Et pourtant, on voit à la simple lecture de ces chiffres le potentiel que recèlent les énergies renouvelables ! Certains des grands pays de la planète commencent depuis quelques années à entrevoir les bienfaits de ces nouvelles énergies. En 2008, les Etats-Unis occupent le premier rang mondial en termes d’investissements dans les énergies renouvelables (24 milliards de dollars). La tendance n’en est qu’au début — comme nous le verrons plus en détail demain.

 

Un tour d’horizon des énergies renouvelables

 

▪ Les différentes formes d’énergies renouvelables

Toutes les énergies renouvelables ne se valent pas en termes de rentabilité, d’efficacité et de coût. L’énergie solaire a deux utilisations principales.

Les centrales électriques thermiques solaires produisent de l’électricité directement grâce à la chaleur des rayons. Les installations sont situées dans des régions où l’ensoleillement est important avec une bonne transparence atmosphérique - souvent des régions arides et montagneuses. Elles agissent par la focalisation des rayons solaires sur des collecteurs ou une centrale à tour.

La seconde utilisation est l’électricité solaire photovoltaïque. C’est la conversion directe du rayonnement solaire en électricité par le biais de panneaux photovoltaïques faisant appel à des matériaux semi-conducteurs comme le silicium. Le principal pays qui a adapté bon nombre de ses toitures aux panneaux photovoltaïques est l’Allemagne. En France la puissance du parc atteignait 175 mégawatts (MW) en 2008 et le Grenelle de l’Environnement prévoit une croissance portant ce parc à 5 400 MW d’ici à 2020. C’est-à-dire le multiplier par 30 en 11 ans. Et pourtant l’année dernière, un brusque revirement de la politique a cassé la croissance de cette filière en plein vol en réduisant les subventions et allégements fiscaux.

Filière sponsorisée… il lui est difficile de se développer sans le soutien étatique… qui doit de son côté réduire les dépenses. La catastrophe de Fukushima reviendra-t-elle mettre de l’ordre dans cette décision ?

 

▪ L’énergie éolienne

C’est au moment du premier choc pétrolier que les premières éoliennes sont apparues. Les deux principaux pays européens faisant appel à l’éolien sont l’Allemagne et l’Espagne avec une capacité respective de 22 246 MW et de 15 145 MW pour l’Espagne en 2008. La France ne produit que 5 853 MW grâce à cette énergie aujourd’hui, bien que cette filière en pleine expansion rassemble déjà 7 000 employés et que le Grenelle de l’Environnement a décidé de passer la production à 25 000 MW d’ici à 2020, développant ainsi le travail de 60 000 personnes.

 

▪ Après le vent, l’hydraulique

Etonnamment, peu d’endroits sont propices à des installations hydrauliques qui permettent de convertir l’énergie de la mer ou d’un fleuve en électricité. Des centrales marémotrices peuvent être installées mais ont des coûts d’investissements jusqu’à présent trop lourds par rapport au retour sur investissement. Ce qui explique un nombre très restreint à travers le monde. Des progrès sont réalisés dans la compréhension et la transformation de l’énergie des vagues avec l’énergie houlomotrice ou des courants sous-marins avec l’énergie hydrolienne. Il faut évidemment aussi prendre en compte les barrages hydroélectriques.

En France, notre système hydroélectrique comprend aussi bien des centrales sur des fleuves ou des rivières que sur des lacs. L’ensemble de cette production représente l’équivalent de 70 Térawatt/ heure (TWh). D’énormes constructions sont en cours notamment dans les pays émergents, mais posent un autre problème : celui de la migration obligatoire de millions d’individus qui ne peuvent plus vivre à l’emplacement du barrage et tout autour du site.

 

▪ La géothermie

Capter la chaleur emmagasinée dans nos sous-sols sous la forme de nappes d’eau pour la transformer en chaleur par le biais de turboalternateurs n’est pas la solution privilégiée en Europe. On la trouve principalement en Amérique du Nord et en Asie, mais les chiffres de production restent faibles.

L’avenir de notre puissance énergétique passe par ces énergies dites renouvelables. Et actuellement seule 19% de la consommation d’électricité provient de ces nouvelles énergies, avec pour leader incontesté l’hydroélectricité qui à elle seule réalise 92,5% de cette production.

 

* Diplômé d'un DESS de Gestion internationale de fortune, Frédéric Laurent exerce ses activités de conseil et gestion depuis une vingtaine d'années. Il a choisi de se mettre efficacement au service de l'investisseur particulier - bien souvent mal conseillé par les institutionnels. C'est dans ce but qu'il a rejoint les Publications Agora en tant que Rédacteur en Chef de Vos Finances, dont cet article est extrait.  

 

Cet article est le 63ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement

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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 16:53

Refuser la pollution mais pas les ressources de gaz

 

Les pouvoirs publics vont légiférer selon la procédure d’urgence afin de rattraper une « erreur » du précédent gouvernement. En 2010, le ministre Borloo avait signé en catimini des autorisations d’exploration du gaz de schiste (hydrocarbures non conventionnels) sur le territoire français, sans mesurer les incidences sur l’environnement (voir Gaz de schiste : défenseurs de l'environnement et industriels opposés - 24 avril 2011).

 

Christian Jacob, président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, a présenté une proposition de loi dans le but de revenir sur les autorisations d’exploration. Celle-ci a été amendée le 4 mai par la Commission du Développement durable (accord UMP-PS) dans le sens de la limitation de l’interdiction à la technique de fracturation hydraulique, très pénalisante pour l’environnement.

Voir les informations du site localtis.info, publiées le 5 mai : Hydrocarbures de schiste : la proposition de loi Jacob retouchée en commission par les députés

Les écologistes ont réagi devant cette « reculade » des députés. Voir 10 mai : Mobilisation contre les gaz et huile de schiste à l'Assemblée Nationale et  Gaz de schiste : pour une interdiction claire

 

Gérard Pierre, secrétaire national MRC (environnement, énergie), a fait passer cette note dans laquelle il indique sa position, prenant en considération la préservation de l’environnement et, aussi, l’intérêt national en matière de ressources énergétiques.

 

Gaz de schistes : réserves énergétiques providentielles ou pollution inacceptable ?

 

Dans les gisements conventionnels, le gaz est concentré dans des roches poreuses et perméables ce qui rend son extraction aisée. Les gaz de schistes sont diffus dans des roches mères argileuses, non poreuses et imperméables. Pour les extraire, la technique actuelle impose des puits nombreux et rapprochés avec des forages horizontaux, puis une fracturation de la roche par injonction d’eau sous pression, accompagnée de sables et d’adjuvants chimiques. Les conséquences environnementales sont une forte emprise au sol et une forte consommation d’eau pendant la phase de forage et de fracturation : 15 000 m3 par puits dont seulement 20 à 30 % sont récupérés et retraités. Dans certains cas, cette eau polluée par des produits chimiques nocifs peut-être entraînée vers des nappes phréatiques puis vers des circuits de distribution d’eau potable. Toutefois les gisements de gaz de schistes sont généralement situés à des profondeurs de 1000 à 2000 mètres à la différences des nappes phréatiques qui sont, en général, situées entre quelques mètres et 100 mètres de profondeur. Il est donc possible de récupérer les gaz de schistes sans mélanger les eaux d’extraction et de consommation. Les pouvoirs publics doivent l’imposer.

 

Les gaz de schistes représentent les réserves (quantités présentes dans le sol) de gaz les plus importantes, mais il n’est pas évident qu’elles représentent des ressources (réserves exploitables) aussi importantes. L’exploitation de ces gaz de schistes est déjà bien avancée au Etats-Unis et le MIT estime que 40 % des besoins énergétiques seront fourni par le gaz naturel grâce aux abondantes réserves de gaz de schistes, contre 20% actuellement. Les Etats-Unis pourraient ainsi devenir le premier producteur de gaz naturel devant la Russie et l’Arabie Saoudite. L’Europe possède également d’importantes réserves de gaz de schistes, la France en possède également dans le sud est et dans le nord. Il est nécessaire de connaître les réserves disponibles présentes dans le sous sol Français, il est tout aussi nécessaire de le faire dans des conditions préservant au mieux l’environnement et assurant l’absence de dommages sanitaires.

 

Il faut que les pouvoirs publics interviennent pour imposer aux intervenants sur le terrain des contraintes environnementales et sanitaires, pour que l’exploration puisse avoir lieu dans des conditions correctes. Enfin, à l’issue de cette phase d’exploration, si l’inventaire des quantités est satisfaisant et si les conditions d’extraction sont acceptables, il faudra mener un débat dépassionné en vue d’une exploitation ou non, actuelle ou différée, de ces réserves.

 

 Cet article est le 62ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement

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24 avril 2011 7 24 /04 /avril /2011 20:39

Le gouvernement à la recherche d’un équilibre introuvable

 

Le gouvernement précédent, alors que le ministre compétent était Jean-Louis Borloo, avait autorisé les entreprises à prospecter les réserves de gaz de schiste argileux dans le sous-sol français (voir Gaz de schiste : des permis de prospection ont été délivrés en France - 24 février 2011).

 

Devant les réactions des associations de sauvegarde de l’environnement, la majorité parlementaire a souhaité que le gouvernement fasse marche arrière. Le pré-rapport sur les enjeux économiques, sociaux et environnementaux des huiles et gaz de schiste, demandé en février par le gouvernement, est favorable à des travaux de recherche et tests d'exploration mais sous un strict contrôle (voir Gaz de schiste : le gouvernement joue les équilibristes (Le Point, 22 avril).

"On ne ferme pas définitivement la porte" au gaz de schiste. Au lendemain de la publication d'un pré-rapport commandé sur le sujet par le gouvernement, Éric Besson, ministre de l'Industrie et de l'Énergie, a précisé la ligne du gouvernement vendredi sur France Info. Les permis d'exploration accordés sans la moindre transparence par le ministère de l'Énergie, alors dirigé par Jean-Louis Borloo, seront bien annulés par une loi. La technique d'exploitation, utilisée aux États-Unis pour extraire le gaz ou l'huile de schiste, s'est révélée trop nocive pour l'environnement. Elle nécessite de fracturer la roche en injectant de l'eau sous pression mélangée à du sable et à des produits chimiques, ce qui risque de polluer les nappes phréatiques. Mais le gouvernement ne s'interdit pas pour autant d'envisager l'exploitation de cette richesse potentielle du sous-sol français "d'ici deux, trois ans", a précisé le ministre.

Les experts du Conseil général de l'environnement et du développement durable et du Conseil général de l'industrie estiment en effet qu'il "serait dommageable, pour l'économie nationale et pour l'emploi, que notre pays aille jusqu'à s'interdire (...) de disposer d'une évaluation approfondie de la richesse potentielle". Et pour cause, "la comparaison avec les formations géologiques analogues exploitées en Amérique du Nord laisse à penser [qu'il] est parmi les plus prometteurs au niveau européen en huile dans le bassin parisien (100 millions de mètres cubes techniquement exploitables) et en gaz dans le sud du pays (500 milliards de mètres cubes)", soulignent les experts. Concrètement, cela pourrait "permettre à notre pays (...) de réduire très sensiblement ses importations d'hydrocarbures et de limiter d'autant le déficit de sa balance commerciale."

 

Un équilibre difficile

Alors que le prix de l'énergie - y compris celui de l'électricité nucléaire - explose, l'argument ne peut pas laisser insensible le gouvernement, confronté à l'érosion du pouvoir d'achat des Français. Encore lui faut-il satisfaire une opinion publique et des élus très hostiles à l'exploitation de ces gisements d'hydrocarbures "non conventionnels" sans se priver pour autant définitivement d'une source d'énergie plutôt bon marché. François Fillon s'est engagé le 13 avril à défendre la proposition de loi UMP présentée le 10 mai à l'Assemblée en procédure d'urgence afin d'abroger le plus rapidement possible les permis d'exploitation. Mais le texte, rédigé par le président du groupe UMP Christian Jacob, va en réalité beaucoup plus loin. Il prévoit l'interdiction pure et simple de l'exploitation et de l'exploration (…).

 

L'eurodéputé José Bové, à l'origine de la contestation, n'entend donc pas relâcher la pression. Selon lui, le pré-rapport rendu au gouvernement a été rédigé, entre autres, par deux scientifiques du corps des Mines, "ceux-là mêmes qui ont accordé les permis d'exploitation" aujourd'hui sur la sellette. Et d'illustrer la dangerosité de l'exploitation du gaz de schiste par la fuite de milliers de litres d'eau d'un puits de gaz de schiste en Pennsylvanie, mercredi 20 avril, qui a nécessité l'évacuation des habitants de la localité.

Une fois n'est pas coutume, l'ancien porte-parole de la Confédération paysanne semble sur la même ligne que l'UMP. Comme les élus de la majorité, il réclame une révision du Code minier de 1956, notamment pour "le mettre en conformité avec le principe de précaution" et l'adapter aux nouvelles réglementations environnementales adoptées au niveau européen, ainsi qu'un débat sur "la transition énergétique". Pour contrer une telle opposition des élus de tous bords, le pré-rapport préconise "une révision de la fiscalité pétrolière de sorte que les collectivités locales trouvent un intérêt à une exploitation d'hydrocarbures sur leur territoire". La marge de manoeuvre du gouvernement, lui-même tiraillé entre le ministère de l'Écologie et du Développement durable et celui de l'Industrie, est plus qu'étroite.

 

Voir aussi Gaz de schiste : Les eurodéputés Verts organisent une mobilisation européenne (blog de Michèle Rivasi, 14 avril)

 

A noter que le site de Radio Canada a lancé (1er avril 2011) un Débat sur le gaz de schiste et répond à 5 questions sur le gaz de schiste.

 

Rappel : Gaz de schiste : une note de Claude Pénit (ex CNRS) publiée par Attac - 24 mars 2011

 

Lire aussi les articles du Figaro :

Gaz de schiste : les experts pour la recherche (Le Figaro, Marc Mennessier, 22 avril)  

Schiste : une ressource non quantifiée en France (Le Figaro, Frédéric de Monicault, 22 avril).


Cet article est le 61ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement

 

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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 20:51

La transition énergétique ne se fera pas sans le nucléaire

 

Plusieurs collectivités territoriales ont pris position sur la sortie du nucléaire, à l’initiative des écologistes, qui s’appuient sur l’émotion créée par les Accidents nucléaires de Fukushima.

 

MRC-national-005-T.jpgAinsi, la Région du Nord-Pas-de-Calais, le 14 avril. Claude Nicolet, Conseiller régional, a expliqué pourquoi les élus MRC votaient contre. Extrait :

(…) A ce titre nous réclamons la création d’un grand service public de l’énergie, car le danger se situe dans la marche forcée vers toujours plus de privatisation et de concurrence.

- Pour le nucléaire, en ce qui nous concerne, nous pensons que la France doit poursuivre son effort et en particulier contribuer au développement du nucléaire de 4ème génération afin de s’affranchir des ressources d’uranium et bénéficier de réserves énergétiques sur le très long terme. La question des déchets nucléaire qui inquiète très justement les Français, doit également être prise très au sérieux. La 4ème génération de réacteur nucléaire encore plus sûr, qui produira environ 10 fois moins de déchets et brûlera une grande partie de ceux produits par la génération précédente, sera une importante source d’énergie en même temps qu’un moyen efficace pour une meilleure gestion de ces déchets. Vous comprenez donc que nous ne nous inscrivons pas dans « la sortie du nucléaire » (…).

Cette question de la sécurité doit par ailleurs être totalement articulée à la question démocratique et à l’indispensable transparence dans le domaine de l’information. L’analyse des faiblesses des centrales y compris de leur emplacement sur des zones sismiques doit être faite pour que des améliorations dans le domaine de la sécurité soient proposées afin de les rendre plus fiables, en particulier dans le cas de catastrophes naturelles (…). Lire la suite sur le site de Claude Nicolet.

 

A noter la réponse qualifiée d’humoristique » par son auteur, Jean-Pierre Chevènement, à un étudiant qui semblait favorable à la décroissance, le 11 avril (voir JP Chevènement à Nantes a débattu avec des étudiants sur l'industrie - 13 avril 2011).

(…) En matière énergétique, les risques de l’énergie nucléaire sont mis en avant à partir de l’accident du Japon, mais on ne dit pas que la sécurité n’a pas été assurée puisque le mur protégeant la centrale n’avait pas la hauteur correspondant au risque de tsunami (7m, alors que la vague aurait fait 23m de haut).

Les autres sources d’énergie ont aussi des inconvénients. L’énergie solaire n’est pas, actuellement, rentable mais elle a de l’avenir. L’hydrogène, avec des voitures électriques, est prometteur pour les transports.

Votre mode de pensée a une origine très ancienne…Dans les livres bibliques, Eve a été chassée du paradis terrestre parce qu’elle a croqué la pomme qui était sur l’arbre de la connaissance. Et, dans la mythologie grecque, Prométhée a dérobé le feu de Dieu, à l’insu de Zeus, pour le donner aux hommes.

Pessimisme ou optimisme de la raison humaine. Le débat sur la science est très ancien. Mais une forme de pessimisme, voire de technophobie, relève de l’obscurantisme.

La Chine était très en avance au niveau scientifique jusqu’au début du 19ème siècle. Elle revient en pointe maintenant avec les pays émergents qui, tous, ont confiance en eux.

A votre question, j’ai fait une réponse quelque peu humoristique … En fait, ma réflexion est équilibrée sur cette question de l’écologie, de la biodiversité, de la protection des animaux et des hommes. Seulement, je ne voudrais pas que soit jeté le bébé avec l’eau du bain (…).

 

Au Mouvement républicain et citoyen (MRC), c’est Gérard Pierre, professeur émérite de l’université de Bourgogne, qui est responsable de l’énergie et de l’environnement. Il est intervenu récemment en Charente-Maritime, à la demande de Serge Maupouet, secrétaire MRC 17. Voir MRC 17 : la transition énergétique, débat avec Gérard Pierre à Saintes - 17 octobre 2010.         

 

Il a proposé, lors du Conseil national MRC, le 3 avril, un projet d’orientation sur l’écologie et le développement humain : Ecologie et développement humain : la réponse républicaine

En voici un extrait (la 4ème et dernière partie, qui concerne l’énergie nucléaire).


Avec 9 milliards d’habitants prévus vers 2050, la diminution des ressources énergétiques fossiles, le réchauffement climatique et la raréfaction annoncée de matériaux indispensables aux technologies modernes, le questionnement sur la biodiversité, les questions écologiques sont au cœur des politiques publiques actuelles.

L’humanité va devoir faire face au changement climatique : en limiter l’impact humain nécessite un plan d'action développé sans démagogie et sans catastrophisme. Il faut développer des systèmes de productions d’énergies décarbonées et cela sans exclusive, en prenant toutefois en compte les facteurs économiques. La France devrait développer un pôle énergétique public, ou au moins très majoritairement contrôlé par le public.

Le 21ème siècle verra la raréfaction des ressources gazières et pétrolières. Il faut anticiper la pénurie à venir, développer les économies d’énergie et les énergies alternatives aux énergies fossiles. Il faut donc réorienter la consommation énergétique vers l’électricité en particulier quand elle est, comme en France, produite à 90 % sans gaz à effet de serre. L’isolation et le chauffage des habitations par pompe à chaleur, la voiture électrique doivent être développés.

Pour le nucléaire, la France doit poursuivre son effort et en particulier contribuer au développement du nucléaire de 4ème génération afin de s’affranchir des ressources d’uranium et bénéficier de réserves énergétiques pour plusieurs milliers d’années. La question des déchets nucléaire qui inquiète très justement les Français, doit également être prise être au sérieux. La 4ème génération de réacteur nucléaire encore plus sûr, qui produira environ 10 fois moins de déchets et brulera une grande partie de ceux produits par la génération précédente, sera une importante source d’énergie en même temps qu’un moyen efficace pour une meilleure gestion de ces déchets.

En 1974, lorsque la France a lancé son programme nucléaire, trois types de réacteurs ont été envisagés :
- le graphite-gaz (filière française des années 50 à 60)
- le BWR de General Electric (comme à FUKUSHIMA).
- le PWR de Westinghouse (comme à Three Mile Island).
La France a choisi le PWR, car le graphite gaz n'était pas bien adapté à une exploitation industrielle, et le BWR de General Electric (le même qu'à FUKUSHIMA) a été jugé insuffisant sur le plan de la sûreté en cas d'accident.

Il existe des recombineurs d'hydrogène sur tous les réacteurs français limitant les risques d’explosions qui se sont produit à FUKUSHIMA ; l’enceinte de confinement est plus petite pour les PWR et le bâtiment réacteur n’est pas sécurisé ; les piscines de stockage du combustible sont en hauteur dans le bâtiment réacteur ; enfin il n’y a pas de filtre en sable qui permettent de réduire considérablement les rejets radioactifs. Pour l'avenir il faudra traiter explicitement le risque de fusion de cœur, comme cela a été fait pour l'EPR.
Les constructeurs avaient sous estimé le risque tsunami. L’EPR, réacteur de type PWR, est un réacteur dont la sécurité a encore été renforcée par l’analyse des incidents déjà observés au niveau mondial.
Les centrales BWR d'Onagawa (100km de l'épicentre) ont parfaitement résisté au séisme, seule une ligne d'arbre Turbine-Alternateur a été endommagée par le tremblement de terre, tandis qu'à Tokyo (320km) les unités de stockage et de distillation pétrolières ont été détruites par le feu. Les réacteurs de la centrale de Fukushima ont également assez bien résisté au tremblement de terre, mais pas au tsunami qui a submergé la centrale et endommagé le système électrique des réacteurs.

L’origine des causes des 3 accidents nucléaires majeurs sont différentes : erreurs humaines et déficit démocratique à Tchernobyl, défaillances techniques et erreurs humaines à Three Mile Island, catastrophe naturelle et déficit de la sécurité vis à vis des risques naturels à Fukushima. L’ensemble de ces éléments est à prendre en compte pour l’avenir : prendre en compte l’ensemble des risques, former les personnels et informer les populations concernées.
L’énergie nucléaire étant extrêmement concentrée, les problèmes de sécurité sont à prendre au sérieux. Ceux qui ont proposé de développer à la place de l’EPR un réacteur « low cost » permettant de remporter plus facilement les marchés internationaux ont commis une erreur monumentale : la sécurité doit être le maitre mot de cette filière.

Comme pour Tchernobyl, il faut tirer toutes les leçons de cet accident dont la cause première est une catastrophe naturelle d’une ampleur considérable faisant plusieurs dizaines de milliers morts et disparus. L’analyse des faiblesses de ces centrales y compris de leur emplacement sur des zones sismiques doit être faites pour que des améliorations dans le domaine de la sécurité soient proposées afin de les rendre plus fiable, en particulier dans le cas de catastrophes naturelles : Tsunamis, tempêtes, ...

La diminution de la biodiversité présente de grands risques pour l’humanité, car la grande majorité des molécules contenues dans nos médicaments sont obtenus par synthèse de molécules d’origine biologique. Elles représentent un stock d’une importance primordiale pour l’Homme. Nous devons tout faire pour maintenir ce stock (…).

La méthode, utilisée sous l’impulsion du député Christian Bataille, peut être considérée comme exemplaire et devrait servir de modèle. En décembre 1991, les députés ont voté une loi sur les déchets nucléaires. Différentes solutions sont envisagées : le stockage en surface, qui consiste à attendre après avoir correctement conditionné les déchets, l’enfouissement profond, à condition que le confinement des déchets soit assuré, ou la transmutation des déchets par réaction nucléaire. Les députés ont voté une loi qui exige des organismes publics (CEA, CNRS, ANDRA) de travailler sur ces trois axes de recherche, et rendez-vous leur est donné 15 années plus tard. Voici l’exemple qu’il faut suivre du bon rapport entre élus et scientifiques. Les élus qui doivent prendre des décisions difficiles interrogent alors les scientifiques, leur demandent de travailler sur des domaines qui paraissent encore trop mal connus. Cet exemple d’interaction entre le monde scientifique et le monde politique aurait pu être suivi dans de nombreux cas.

La question de l’énergie sera le grand débat du 21ème siècle. L’énergie consommée dans le monde est actuellement pour 80% d’origine fossile carbonée : gaz, pétrole et charbon. Les réserves de pétrole d’abord et de gaz ensuite s’épuisent faisant exploser le prix de ces combustibles. Certains proposent de sortir du nucléaire, ils proposent même un grand débat ouvert aux seuls antinucléaires. Dans ces conditions le débat est inutile et les conclusions sont connues d’avance.

Nous sommes favorables à un débat sur l’énergie : toutes les formes d’énergie, économies d’énergie incluses, sans exclure personne. Il faut comprendre le mixte énergétique dont l’humanité pourra disposer et donner à espérer aux jeunes et aux générations à venir.

 

Cet article est le 60ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement

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