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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 23:53

Les grandes tendances des marchés dans le secteur de l’énergie

La Chronique AGORA est une publication électronique qui traite du monde de la finance, sous la forme de conseils aux investisseurs. Un nouveau rédacteur, Frédéric Laurent, a publié, les 18 et 19 mai, deux articles concernant les énergies. Ils contiennent des éléments d’information importants pour se faire une idée de la réalité du secteur énergétique dans le monde.

Sur ce même thème, Gérard Pierre, secrétaire national du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) s’était exprimé le 2 février 2010. Voir MRC 44 Energies : Gérard Pierre a présenté ses orientations à Nantes.

Voici les deux textes de Frédéric Laurent, publiés par La Chronique AGORA :

Plutôt que le nucléaire, parions sur les énergies nouvelles

 

▪ Le salut, dans l’énergie comme dans la finance, passe aussi par la diversification. Le tremblement de terre suivi d’un raz-de-marée et de l’explosion partielle de la centrale nucléaire de Fukushima a pas mal bouleversé les données à venir en matière d’énergie. Le nucléaire est devenu subitement le vilain mouton noir. Un sentiment que l’on peut comprendre au regard de la tragédie vécue par le Japon… mais très exagéré si l’on considère nos besoins énergétiques.

Il est utopique de vouloir balayer du jour au lendemain cette ressource. Nos sociétés occidentales comme les pays émergents ont un besoin croissant d’énergie pour produire l’électricité nécessaire à la bonne marche des économies - et encore plus quand elles sont en développement et que des populations migrent par milliers dans les villes, dans des appartements modernes, afin de vivre “à l’occidentale”. Ainsi, beaucoup de pays ont fait appel depuis plusieurs années au nucléaire afin de diversifier leurs ressources. Evidemment, le nucléaire vient compléter une production énergétique d’abord basée sur le charbon ou le pétrole. On estime qu’il occupe la troisième place derrière ce que la filière appelle le “thermique à flamme” (67% répartis entre charbon, fioul et gaz) et l’hydraulique (19%).

 

▪ La nécessaire réallocation des ressources énergétiques

Seulement 32 pays font appel au nucléaire et les 442 réacteurs en fonctionnement produisent 370 gigawatts (GW), soit 17% de l’électricité mondiale. De très nombreux projets de nouvelles centrales étaient en cours, notamment dans les pays émergents comme la Chine. D’après les dernières estimations que donnent le magasine MoneyWeek, “au 1er mars, la Chine et l’Inde recensaient, à elles deux, 32 des 62 réacteurs en construction dans le monde et 68 des 158 réacteurs en phase de planification”.Compte tenu d’un environnement défavorable suite à l’accident de Fukushima, même si ces projets sont légèrement gelés et repoussés dans le temps, on peut imaginer que les dirigeants de ces puissances y reviendront petit à petit, tout simplement par nécessité énergétique.

Toutefois, je ne vais pas vous recommander d’investir dans l’énergie nucléaire aujourd’hui. Il me paraît un peu tôt pour y revenir. En revanche, cette situation implique obligatoirement une réallocation des ressources énergétiques : le charbon, le pétrole et le gaz resteront donc encore quelque temps les ressources les plus utilisées. Mais les énergies renouvelables pourraient prendre une nouvelle place dans la production énergétique mondiale.

Partons, si vous le voulez bien, du principe que la demande d’énergie est très forte avec une demande tirée en premier lieu par la croissance des pays émergents. La Chine est le deuxième consommateur d’électricité au monde. Les perspectives de la croissance mondiale avancées par le FMI laissent entrevoir un vrai redémarrage après les années de crise que nous avons connues — principalement dans les pays émergents qui vont donc encore augmenter leurs besoins en énergie. On l’a vu, les projets de développement de centrales sont gelés un peu partout — afin de mettre en place des protocoles qui garantiront encore plus de sécurité et rassureront les populations. Mais en attendant, où et comment augmenter la production d’énergie ?

Le prix du pétrole est durablement à la hausse et, d’après la théorie du Peak Oil, nous avons déjà consommé plus de la moitié des réserves et avons dépassé un maximum de production. La consommation mondiale de pétrole est de 89 millions de barils par jour. Par rapport à la production actuelle, il reste une infime marge de trois ou quatre millions de barils. Attendu que les experts estiment que la demande devrait monter à plus de 100 millions d’ici moins de 10 ans, et que la production maximale ne pourra dépasser les 100 millions, nul doute que l’ajustement se fera au niveau du prix.

Le charbon, vieux grigou des énergies fossiles, est bien reparti profitant de l’augmentation générale de la demande, mais est victime de son caractère très polluant — ceci dit, la Chine n’en a que faire : le charbon est pour elle la source d’énergie numéro un et elle ne peut arrêter sa production, et donc ralentir son économie, pour des critères écologiques.

Le gaz a de son côté le vent en poupe, avec pour très net avantage que les réserves mondiales y sont énormes et relativement diversifiées au niveau des pays producteurs.

Le principal problème des énergies fossiles est que leur consommation épuise les ressources disponibles. Ces matières premières qui nous permettent de faire tourner la machine économique par la transformation en électricité ou en chaleur s’épuisent car notre demande est en constante augmentation. Donc, il ne reste que la solution de trouver et de développer d’autres énergies.

 

▪ Les énergies nouvelles sont l’avenir de notre planète

Les énergies renouvelables, comme leur nom l’indique, permettent d’être disponibles en quantité illimitée. Avec en plus l’aspect extrêmement favorable de préserver l’environnement.

En 2008, la production mondiale d’électricité a été de 20 169 Térawatt/ heure (TWh). Pour le moment, la production annuelle d’électricité provient essentiellement des énergies fossiles avec en 2008 une production de plus de 13 641 TWh. Alors que l’énergie nucléaire mondiale ne représente que 2 724 TWh, et le renouvelable 3 804 TWh (dont 3 247 TWh pour l’hydraulique et 557 TWh pour le reste).

Pour remettre les choses en perspective, sachez que la France, en 2010, a produit 550,3 TWh pour une consommation intérieure de 488,1 TWh. La consommation annuelle monte régulièrement chaque année d’environ 1 à 2%, sauf en 2009 où, compte tenu de la crise économique, elle avait légèrement baissé de 1,6% par rapport à 2008. En 2010, la hausse a repris avec une progression de 1,9%.

Dans notre politique française énergétique, depuis le Général de Gaulle, nous avons fait largement confiance au nucléaire pour rester indépendants : 407,9 TWh étaient produits par le nucléaire, soit 74% de nos besoins totaux en électricité. 68 TWh provenaient de l’hydroélectrique, 59,4 TWh de la thermique à flamme, 9,5 TWh seulement de l’éolien. Et un tout petit 5,5 TWh des autres énergies renouvelables. En somme, depuis deux générations, nous sommes une nation “tout nucléaire”.

Conséquence de cette politique ? Tout a été mis en oeuvre pour continuer à favoriser le nucléaire… et ce, au détriment de la recherche d’autres sources d’énergie. Et pourtant, on voit à la simple lecture de ces chiffres le potentiel que recèlent les énergies renouvelables ! Certains des grands pays de la planète commencent depuis quelques années à entrevoir les bienfaits de ces nouvelles énergies. En 2008, les Etats-Unis occupent le premier rang mondial en termes d’investissements dans les énergies renouvelables (24 milliards de dollars). La tendance n’en est qu’au début — comme nous le verrons plus en détail demain.

 

Un tour d’horizon des énergies renouvelables

 

▪ Les différentes formes d’énergies renouvelables

Toutes les énergies renouvelables ne se valent pas en termes de rentabilité, d’efficacité et de coût. L’énergie solaire a deux utilisations principales.

Les centrales électriques thermiques solaires produisent de l’électricité directement grâce à la chaleur des rayons. Les installations sont situées dans des régions où l’ensoleillement est important avec une bonne transparence atmosphérique - souvent des régions arides et montagneuses. Elles agissent par la focalisation des rayons solaires sur des collecteurs ou une centrale à tour.

La seconde utilisation est l’électricité solaire photovoltaïque. C’est la conversion directe du rayonnement solaire en électricité par le biais de panneaux photovoltaïques faisant appel à des matériaux semi-conducteurs comme le silicium. Le principal pays qui a adapté bon nombre de ses toitures aux panneaux photovoltaïques est l’Allemagne. En France la puissance du parc atteignait 175 mégawatts (MW) en 2008 et le Grenelle de l’Environnement prévoit une croissance portant ce parc à 5 400 MW d’ici à 2020. C’est-à-dire le multiplier par 30 en 11 ans. Et pourtant l’année dernière, un brusque revirement de la politique a cassé la croissance de cette filière en plein vol en réduisant les subventions et allégements fiscaux.

Filière sponsorisée… il lui est difficile de se développer sans le soutien étatique… qui doit de son côté réduire les dépenses. La catastrophe de Fukushima reviendra-t-elle mettre de l’ordre dans cette décision ?

 

▪ L’énergie éolienne

C’est au moment du premier choc pétrolier que les premières éoliennes sont apparues. Les deux principaux pays européens faisant appel à l’éolien sont l’Allemagne et l’Espagne avec une capacité respective de 22 246 MW et de 15 145 MW pour l’Espagne en 2008. La France ne produit que 5 853 MW grâce à cette énergie aujourd’hui, bien que cette filière en pleine expansion rassemble déjà 7 000 employés et que le Grenelle de l’Environnement a décidé de passer la production à 25 000 MW d’ici à 2020, développant ainsi le travail de 60 000 personnes.

 

▪ Après le vent, l’hydraulique

Etonnamment, peu d’endroits sont propices à des installations hydrauliques qui permettent de convertir l’énergie de la mer ou d’un fleuve en électricité. Des centrales marémotrices peuvent être installées mais ont des coûts d’investissements jusqu’à présent trop lourds par rapport au retour sur investissement. Ce qui explique un nombre très restreint à travers le monde. Des progrès sont réalisés dans la compréhension et la transformation de l’énergie des vagues avec l’énergie houlomotrice ou des courants sous-marins avec l’énergie hydrolienne. Il faut évidemment aussi prendre en compte les barrages hydroélectriques.

En France, notre système hydroélectrique comprend aussi bien des centrales sur des fleuves ou des rivières que sur des lacs. L’ensemble de cette production représente l’équivalent de 70 Térawatt/ heure (TWh). D’énormes constructions sont en cours notamment dans les pays émergents, mais posent un autre problème : celui de la migration obligatoire de millions d’individus qui ne peuvent plus vivre à l’emplacement du barrage et tout autour du site.

 

▪ La géothermie

Capter la chaleur emmagasinée dans nos sous-sols sous la forme de nappes d’eau pour la transformer en chaleur par le biais de turboalternateurs n’est pas la solution privilégiée en Europe. On la trouve principalement en Amérique du Nord et en Asie, mais les chiffres de production restent faibles.

L’avenir de notre puissance énergétique passe par ces énergies dites renouvelables. Et actuellement seule 19% de la consommation d’électricité provient de ces nouvelles énergies, avec pour leader incontesté l’hydroélectricité qui à elle seule réalise 92,5% de cette production.

 

* Diplômé d'un DESS de Gestion internationale de fortune, Frédéric Laurent exerce ses activités de conseil et gestion depuis une vingtaine d'années. Il a choisi de se mettre efficacement au service de l'investisseur particulier - bien souvent mal conseillé par les institutionnels. C'est dans ce but qu'il a rejoint les Publications Agora en tant que Rédacteur en Chef de Vos Finances, dont cet article est extrait.  

 

Cet article est le 63ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement

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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 17:53

Refuser la pollution mais pas les ressources de gaz

 

Les pouvoirs publics vont légiférer selon la procédure d’urgence afin de rattraper une « erreur » du précédent gouvernement. En 2010, le ministre Borloo avait signé en catimini des autorisations d’exploration du gaz de schiste (hydrocarbures non conventionnels) sur le territoire français, sans mesurer les incidences sur l’environnement (voir Gaz de schiste : défenseurs de l'environnement et industriels opposés - 24 avril 2011).

 

Christian Jacob, président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, a présenté une proposition de loi dans le but de revenir sur les autorisations d’exploration. Celle-ci a été amendée le 4 mai par la Commission du Développement durable (accord UMP-PS) dans le sens de la limitation de l’interdiction à la technique de fracturation hydraulique, très pénalisante pour l’environnement.

Voir les informations du site localtis.info, publiées le 5 mai : Hydrocarbures de schiste : la proposition de loi Jacob retouchée en commission par les députés

Les écologistes ont réagi devant cette « reculade » des députés. Voir 10 mai : Mobilisation contre les gaz et huile de schiste à l'Assemblée Nationale et  Gaz de schiste : pour une interdiction claire

 

Gérard Pierre, secrétaire national MRC (environnement, énergie), a fait passer cette note dans laquelle il indique sa position, prenant en considération la préservation de l’environnement et, aussi, l’intérêt national en matière de ressources énergétiques.

 

Gaz de schistes : réserves énergétiques providentielles ou pollution inacceptable ?

 

Dans les gisements conventionnels, le gaz est concentré dans des roches poreuses et perméables ce qui rend son extraction aisée. Les gaz de schistes sont diffus dans des roches mères argileuses, non poreuses et imperméables. Pour les extraire, la technique actuelle impose des puits nombreux et rapprochés avec des forages horizontaux, puis une fracturation de la roche par injonction d’eau sous pression, accompagnée de sables et d’adjuvants chimiques. Les conséquences environnementales sont une forte emprise au sol et une forte consommation d’eau pendant la phase de forage et de fracturation : 15 000 m3 par puits dont seulement 20 à 30 % sont récupérés et retraités. Dans certains cas, cette eau polluée par des produits chimiques nocifs peut-être entraînée vers des nappes phréatiques puis vers des circuits de distribution d’eau potable. Toutefois les gisements de gaz de schistes sont généralement situés à des profondeurs de 1000 à 2000 mètres à la différences des nappes phréatiques qui sont, en général, situées entre quelques mètres et 100 mètres de profondeur. Il est donc possible de récupérer les gaz de schistes sans mélanger les eaux d’extraction et de consommation. Les pouvoirs publics doivent l’imposer.

 

Les gaz de schistes représentent les réserves (quantités présentes dans le sol) de gaz les plus importantes, mais il n’est pas évident qu’elles représentent des ressources (réserves exploitables) aussi importantes. L’exploitation de ces gaz de schistes est déjà bien avancée au Etats-Unis et le MIT estime que 40 % des besoins énergétiques seront fourni par le gaz naturel grâce aux abondantes réserves de gaz de schistes, contre 20% actuellement. Les Etats-Unis pourraient ainsi devenir le premier producteur de gaz naturel devant la Russie et l’Arabie Saoudite. L’Europe possède également d’importantes réserves de gaz de schistes, la France en possède également dans le sud est et dans le nord. Il est nécessaire de connaître les réserves disponibles présentes dans le sous sol Français, il est tout aussi nécessaire de le faire dans des conditions préservant au mieux l’environnement et assurant l’absence de dommages sanitaires.

 

Il faut que les pouvoirs publics interviennent pour imposer aux intervenants sur le terrain des contraintes environnementales et sanitaires, pour que l’exploration puisse avoir lieu dans des conditions correctes. Enfin, à l’issue de cette phase d’exploration, si l’inventaire des quantités est satisfaisant et si les conditions d’extraction sont acceptables, il faudra mener un débat dépassionné en vue d’une exploitation ou non, actuelle ou différée, de ces réserves.

 

 Cet article est le 62ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement

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24 avril 2011 7 24 /04 /avril /2011 21:39

Le gouvernement à la recherche d’un équilibre introuvable

 

Le gouvernement précédent, alors que le ministre compétent était Jean-Louis Borloo, avait autorisé les entreprises à prospecter les réserves de gaz de schiste argileux dans le sous-sol français (voir Gaz de schiste : des permis de prospection ont été délivrés en France - 24 février 2011).

 

Devant les réactions des associations de sauvegarde de l’environnement, la majorité parlementaire a souhaité que le gouvernement fasse marche arrière. Le pré-rapport sur les enjeux économiques, sociaux et environnementaux des huiles et gaz de schiste, demandé en février par le gouvernement, est favorable à des travaux de recherche et tests d'exploration mais sous un strict contrôle (voir Gaz de schiste : le gouvernement joue les équilibristes (Le Point, 22 avril).

"On ne ferme pas définitivement la porte" au gaz de schiste. Au lendemain de la publication d'un pré-rapport commandé sur le sujet par le gouvernement, Éric Besson, ministre de l'Industrie et de l'Énergie, a précisé la ligne du gouvernement vendredi sur France Info. Les permis d'exploration accordés sans la moindre transparence par le ministère de l'Énergie, alors dirigé par Jean-Louis Borloo, seront bien annulés par une loi. La technique d'exploitation, utilisée aux États-Unis pour extraire le gaz ou l'huile de schiste, s'est révélée trop nocive pour l'environnement. Elle nécessite de fracturer la roche en injectant de l'eau sous pression mélangée à du sable et à des produits chimiques, ce qui risque de polluer les nappes phréatiques. Mais le gouvernement ne s'interdit pas pour autant d'envisager l'exploitation de cette richesse potentielle du sous-sol français "d'ici deux, trois ans", a précisé le ministre.

Les experts du Conseil général de l'environnement et du développement durable et du Conseil général de l'industrie estiment en effet qu'il "serait dommageable, pour l'économie nationale et pour l'emploi, que notre pays aille jusqu'à s'interdire (...) de disposer d'une évaluation approfondie de la richesse potentielle". Et pour cause, "la comparaison avec les formations géologiques analogues exploitées en Amérique du Nord laisse à penser [qu'il] est parmi les plus prometteurs au niveau européen en huile dans le bassin parisien (100 millions de mètres cubes techniquement exploitables) et en gaz dans le sud du pays (500 milliards de mètres cubes)", soulignent les experts. Concrètement, cela pourrait "permettre à notre pays (...) de réduire très sensiblement ses importations d'hydrocarbures et de limiter d'autant le déficit de sa balance commerciale."

 

Un équilibre difficile

Alors que le prix de l'énergie - y compris celui de l'électricité nucléaire - explose, l'argument ne peut pas laisser insensible le gouvernement, confronté à l'érosion du pouvoir d'achat des Français. Encore lui faut-il satisfaire une opinion publique et des élus très hostiles à l'exploitation de ces gisements d'hydrocarbures "non conventionnels" sans se priver pour autant définitivement d'une source d'énergie plutôt bon marché. François Fillon s'est engagé le 13 avril à défendre la proposition de loi UMP présentée le 10 mai à l'Assemblée en procédure d'urgence afin d'abroger le plus rapidement possible les permis d'exploitation. Mais le texte, rédigé par le président du groupe UMP Christian Jacob, va en réalité beaucoup plus loin. Il prévoit l'interdiction pure et simple de l'exploitation et de l'exploration (…).

 

L'eurodéputé José Bové, à l'origine de la contestation, n'entend donc pas relâcher la pression. Selon lui, le pré-rapport rendu au gouvernement a été rédigé, entre autres, par deux scientifiques du corps des Mines, "ceux-là mêmes qui ont accordé les permis d'exploitation" aujourd'hui sur la sellette. Et d'illustrer la dangerosité de l'exploitation du gaz de schiste par la fuite de milliers de litres d'eau d'un puits de gaz de schiste en Pennsylvanie, mercredi 20 avril, qui a nécessité l'évacuation des habitants de la localité.

Une fois n'est pas coutume, l'ancien porte-parole de la Confédération paysanne semble sur la même ligne que l'UMP. Comme les élus de la majorité, il réclame une révision du Code minier de 1956, notamment pour "le mettre en conformité avec le principe de précaution" et l'adapter aux nouvelles réglementations environnementales adoptées au niveau européen, ainsi qu'un débat sur "la transition énergétique". Pour contrer une telle opposition des élus de tous bords, le pré-rapport préconise "une révision de la fiscalité pétrolière de sorte que les collectivités locales trouvent un intérêt à une exploitation d'hydrocarbures sur leur territoire". La marge de manoeuvre du gouvernement, lui-même tiraillé entre le ministère de l'Écologie et du Développement durable et celui de l'Industrie, est plus qu'étroite.

 

Voir aussi Gaz de schiste : Les eurodéputés Verts organisent une mobilisation européenne (blog de Michèle Rivasi, 14 avril)

 

A noter que le site de Radio Canada a lancé (1er avril 2011) un Débat sur le gaz de schiste et répond à 5 questions sur le gaz de schiste.

 

Rappel : Gaz de schiste : une note de Claude Pénit (ex CNRS) publiée par Attac - 24 mars 2011

 

Lire aussi les articles du Figaro :

Gaz de schiste : les experts pour la recherche (Le Figaro, Marc Mennessier, 22 avril)  

Schiste : une ressource non quantifiée en France (Le Figaro, Frédéric de Monicault, 22 avril).


Cet article est le 61ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement

 

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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 21:51

La transition énergétique ne se fera pas sans le nucléaire

 

Plusieurs collectivités territoriales ont pris position sur la sortie du nucléaire, à l’initiative des écologistes, qui s’appuient sur l’émotion créée par les Accidents nucléaires de Fukushima.

 

MRC-national-005-T.jpgAinsi, la Région du Nord-Pas-de-Calais, le 14 avril. Claude Nicolet, Conseiller régional, a expliqué pourquoi les élus MRC votaient contre. Extrait :

(…) A ce titre nous réclamons la création d’un grand service public de l’énergie, car le danger se situe dans la marche forcée vers toujours plus de privatisation et de concurrence.

- Pour le nucléaire, en ce qui nous concerne, nous pensons que la France doit poursuivre son effort et en particulier contribuer au développement du nucléaire de 4ème génération afin de s’affranchir des ressources d’uranium et bénéficier de réserves énergétiques sur le très long terme. La question des déchets nucléaire qui inquiète très justement les Français, doit également être prise très au sérieux. La 4ème génération de réacteur nucléaire encore plus sûr, qui produira environ 10 fois moins de déchets et brûlera une grande partie de ceux produits par la génération précédente, sera une importante source d’énergie en même temps qu’un moyen efficace pour une meilleure gestion de ces déchets. Vous comprenez donc que nous ne nous inscrivons pas dans « la sortie du nucléaire » (…).

Cette question de la sécurité doit par ailleurs être totalement articulée à la question démocratique et à l’indispensable transparence dans le domaine de l’information. L’analyse des faiblesses des centrales y compris de leur emplacement sur des zones sismiques doit être faite pour que des améliorations dans le domaine de la sécurité soient proposées afin de les rendre plus fiables, en particulier dans le cas de catastrophes naturelles (…). Lire la suite sur le site de Claude Nicolet.

 

A noter la réponse qualifiée d’humoristique » par son auteur, Jean-Pierre Chevènement, à un étudiant qui semblait favorable à la décroissance, le 11 avril (voir JP Chevènement à Nantes a débattu avec des étudiants sur l'industrie - 13 avril 2011).

(…) En matière énergétique, les risques de l’énergie nucléaire sont mis en avant à partir de l’accident du Japon, mais on ne dit pas que la sécurité n’a pas été assurée puisque le mur protégeant la centrale n’avait pas la hauteur correspondant au risque de tsunami (7m, alors que la vague aurait fait 23m de haut).

Les autres sources d’énergie ont aussi des inconvénients. L’énergie solaire n’est pas, actuellement, rentable mais elle a de l’avenir. L’hydrogène, avec des voitures électriques, est prometteur pour les transports.

Votre mode de pensée a une origine très ancienne…Dans les livres bibliques, Eve a été chassée du paradis terrestre parce qu’elle a croqué la pomme qui était sur l’arbre de la connaissance. Et, dans la mythologie grecque, Prométhée a dérobé le feu de Dieu, à l’insu de Zeus, pour le donner aux hommes.

Pessimisme ou optimisme de la raison humaine. Le débat sur la science est très ancien. Mais une forme de pessimisme, voire de technophobie, relève de l’obscurantisme.

La Chine était très en avance au niveau scientifique jusqu’au début du 19ème siècle. Elle revient en pointe maintenant avec les pays émergents qui, tous, ont confiance en eux.

A votre question, j’ai fait une réponse quelque peu humoristique … En fait, ma réflexion est équilibrée sur cette question de l’écologie, de la biodiversité, de la protection des animaux et des hommes. Seulement, je ne voudrais pas que soit jeté le bébé avec l’eau du bain (…).

 

Au Mouvement républicain et citoyen (MRC), c’est Gérard Pierre, professeur émérite de l’université de Bourgogne, qui est responsable de l’énergie et de l’environnement. Il est intervenu récemment en Charente-Maritime, à la demande de Serge Maupouet, secrétaire MRC 17. Voir MRC 17 : la transition énergétique, débat avec Gérard Pierre à Saintes - 17 octobre 2010.         

 

Il a proposé, lors du Conseil national MRC, le 3 avril, un projet d’orientation sur l’écologie et le développement humain : Ecologie et développement humain : la réponse républicaine

En voici un extrait (la 4ème et dernière partie, qui concerne l’énergie nucléaire).


Avec 9 milliards d’habitants prévus vers 2050, la diminution des ressources énergétiques fossiles, le réchauffement climatique et la raréfaction annoncée de matériaux indispensables aux technologies modernes, le questionnement sur la biodiversité, les questions écologiques sont au cœur des politiques publiques actuelles.

L’humanité va devoir faire face au changement climatique : en limiter l’impact humain nécessite un plan d'action développé sans démagogie et sans catastrophisme. Il faut développer des systèmes de productions d’énergies décarbonées et cela sans exclusive, en prenant toutefois en compte les facteurs économiques. La France devrait développer un pôle énergétique public, ou au moins très majoritairement contrôlé par le public.

Le 21ème siècle verra la raréfaction des ressources gazières et pétrolières. Il faut anticiper la pénurie à venir, développer les économies d’énergie et les énergies alternatives aux énergies fossiles. Il faut donc réorienter la consommation énergétique vers l’électricité en particulier quand elle est, comme en France, produite à 90 % sans gaz à effet de serre. L’isolation et le chauffage des habitations par pompe à chaleur, la voiture électrique doivent être développés.

Pour le nucléaire, la France doit poursuivre son effort et en particulier contribuer au développement du nucléaire de 4ème génération afin de s’affranchir des ressources d’uranium et bénéficier de réserves énergétiques pour plusieurs milliers d’années. La question des déchets nucléaire qui inquiète très justement les Français, doit également être prise être au sérieux. La 4ème génération de réacteur nucléaire encore plus sûr, qui produira environ 10 fois moins de déchets et brulera une grande partie de ceux produits par la génération précédente, sera une importante source d’énergie en même temps qu’un moyen efficace pour une meilleure gestion de ces déchets.

En 1974, lorsque la France a lancé son programme nucléaire, trois types de réacteurs ont été envisagés :
- le graphite-gaz (filière française des années 50 à 60)
- le BWR de General Electric (comme à FUKUSHIMA).
- le PWR de Westinghouse (comme à Three Mile Island).
La France a choisi le PWR, car le graphite gaz n'était pas bien adapté à une exploitation industrielle, et le BWR de General Electric (le même qu'à FUKUSHIMA) a été jugé insuffisant sur le plan de la sûreté en cas d'accident.

Il existe des recombineurs d'hydrogène sur tous les réacteurs français limitant les risques d’explosions qui se sont produit à FUKUSHIMA ; l’enceinte de confinement est plus petite pour les PWR et le bâtiment réacteur n’est pas sécurisé ; les piscines de stockage du combustible sont en hauteur dans le bâtiment réacteur ; enfin il n’y a pas de filtre en sable qui permettent de réduire considérablement les rejets radioactifs. Pour l'avenir il faudra traiter explicitement le risque de fusion de cœur, comme cela a été fait pour l'EPR.
Les constructeurs avaient sous estimé le risque tsunami. L’EPR, réacteur de type PWR, est un réacteur dont la sécurité a encore été renforcée par l’analyse des incidents déjà observés au niveau mondial.
Les centrales BWR d'Onagawa (100km de l'épicentre) ont parfaitement résisté au séisme, seule une ligne d'arbre Turbine-Alternateur a été endommagée par le tremblement de terre, tandis qu'à Tokyo (320km) les unités de stockage et de distillation pétrolières ont été détruites par le feu. Les réacteurs de la centrale de Fukushima ont également assez bien résisté au tremblement de terre, mais pas au tsunami qui a submergé la centrale et endommagé le système électrique des réacteurs.

L’origine des causes des 3 accidents nucléaires majeurs sont différentes : erreurs humaines et déficit démocratique à Tchernobyl, défaillances techniques et erreurs humaines à Three Mile Island, catastrophe naturelle et déficit de la sécurité vis à vis des risques naturels à Fukushima. L’ensemble de ces éléments est à prendre en compte pour l’avenir : prendre en compte l’ensemble des risques, former les personnels et informer les populations concernées.
L’énergie nucléaire étant extrêmement concentrée, les problèmes de sécurité sont à prendre au sérieux. Ceux qui ont proposé de développer à la place de l’EPR un réacteur « low cost » permettant de remporter plus facilement les marchés internationaux ont commis une erreur monumentale : la sécurité doit être le maitre mot de cette filière.

Comme pour Tchernobyl, il faut tirer toutes les leçons de cet accident dont la cause première est une catastrophe naturelle d’une ampleur considérable faisant plusieurs dizaines de milliers morts et disparus. L’analyse des faiblesses de ces centrales y compris de leur emplacement sur des zones sismiques doit être faites pour que des améliorations dans le domaine de la sécurité soient proposées afin de les rendre plus fiable, en particulier dans le cas de catastrophes naturelles : Tsunamis, tempêtes, ...

La diminution de la biodiversité présente de grands risques pour l’humanité, car la grande majorité des molécules contenues dans nos médicaments sont obtenus par synthèse de molécules d’origine biologique. Elles représentent un stock d’une importance primordiale pour l’Homme. Nous devons tout faire pour maintenir ce stock (…).

La méthode, utilisée sous l’impulsion du député Christian Bataille, peut être considérée comme exemplaire et devrait servir de modèle. En décembre 1991, les députés ont voté une loi sur les déchets nucléaires. Différentes solutions sont envisagées : le stockage en surface, qui consiste à attendre après avoir correctement conditionné les déchets, l’enfouissement profond, à condition que le confinement des déchets soit assuré, ou la transmutation des déchets par réaction nucléaire. Les députés ont voté une loi qui exige des organismes publics (CEA, CNRS, ANDRA) de travailler sur ces trois axes de recherche, et rendez-vous leur est donné 15 années plus tard. Voici l’exemple qu’il faut suivre du bon rapport entre élus et scientifiques. Les élus qui doivent prendre des décisions difficiles interrogent alors les scientifiques, leur demandent de travailler sur des domaines qui paraissent encore trop mal connus. Cet exemple d’interaction entre le monde scientifique et le monde politique aurait pu être suivi dans de nombreux cas.

La question de l’énergie sera le grand débat du 21ème siècle. L’énergie consommée dans le monde est actuellement pour 80% d’origine fossile carbonée : gaz, pétrole et charbon. Les réserves de pétrole d’abord et de gaz ensuite s’épuisent faisant exploser le prix de ces combustibles. Certains proposent de sortir du nucléaire, ils proposent même un grand débat ouvert aux seuls antinucléaires. Dans ces conditions le débat est inutile et les conclusions sont connues d’avance.

Nous sommes favorables à un débat sur l’énergie : toutes les formes d’énergie, économies d’énergie incluses, sans exclure personne. Il faut comprendre le mixte énergétique dont l’humanité pourra disposer et donner à espérer aux jeunes et aux générations à venir.

 

Cet article est le 60ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement

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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 23:18

L’angoisse de l’après pic pétrolier pour les actionnaires

 

Selon la rédactrice de Money Week, Cécile Chevré, et la spécialiste des matières premières, Isabelle Mouilleseaux (publications Agora), il y aurait des réserves de pétrole pouvant se situer à 60 milliards de barils dans le sous-sol parisien. Encore faudrait-il pouvoir les ramener à la surface et, quand la surface, c’est Paris, il faut être conscient des défis technologiques à relever.

Une petite société texane aurait décidé de forer selon une technique nouvelle (le forage horizontal) qui permet d’atteindre des nappes qui sont en très grande profondeur et s’étendent sur de grandes longueurs mais de très faibles épaisseurs, parfois dispersées. Cette technologie sera-t-elle celle de l’avenir énergétique français ? Quels sont ses effets sur l’environnement ?

 

Dans l’immédiat, c’est la question du gaz de schiste qui est à l’ordre du jour (voir Gaz de schiste : des permis de prospection ont été délivrés en France - 24 février 2011). Des manifestations ont rassemblé des milliers de personnes (voir Mobilisation nationale contre le gaz de schiste en Ardèche (France-Info, 26 février 2011).

Ce 24 mars, à Montpellier, une réunion d’information est organisée par Jeudi de l'écologie 2012 sur « Gaz de Schiste : quels risques, quels recours pour les citoyens et quelles alternatives énergétiques ? »

 

Dans le n° 39 de La Lettre du Conseil scientifique d’Attac, en mars, on trouve une note d’information rédigée par Claude Pénit, ancien directeur de recherche au CNRS, qui pose le problème énergétique, globalement. En voici des extraits.

 

Le schiste comme source d'énergie : fausse solution

 

La ruée vers le gaz et le pétrole de schiste : fausse solution et modèle dépassé.

 

La mobilisation se développe dans le Sud de la France et dans le Bassin Parisien contre la prospection des hydrocarbures non conventionnels. Dans un contexte marqué par le pic pétrolier, cet engouement pour le gaz de schiste ressemble à la recherche désespérée d’une nouvelle source d’enrichissement des actionnaires des compagnies pétrolières.

 

Cette fuite en avant doit être refusée, non seulement à cause des risques qu’elle engendre pour les populations des régions concernées, mais aussi parce qu’elle retardera la transition nécessaire vers la sobriété énergétique et le développement des énergies renouvelables. Cette lutte se heurtera à des difficultés, liées la capacité des compagnies en cause à offrir des compensations substantielles aux communes et aux propriétaires des terrains concernés, dans un contexte de paupérisation et de désertification rurales.

La lutte contre l'exploitation des gaz et huiles de roche mère doit s'insérer dans une problématique globale, qui ne laisse de côté aucun des aspects de la crise écologique actuelle, changement climatique et protection de la ressource en eau d’abord, mais elle doit être aussi liée à la défense des services publics des régions rurales et au maintien de leurs ressources financières.

 

L'attribution de permis de recherche de gaz de schiste (ou gaz de roche mère) dans de larges zones du Sud de la France (Ardèche, Gard, Hérault, Aveyron et Lozère) en mars et avril 2010, passée inaperçue sur le moment, a déclanché depuis quelques mois la mobilisation des populations concernées. D'autres permis avaient été accordés en 2008 et 2009 pour la recherche d'huiles de schistes dans le Bassin Parisien, en particulier dans la Brie où de modestes gisements de pétrole conventionnel sont exploités depuis les années 1960. Là aussi, des collectifs d'opposants se sont constitués récemment, alors que des forages exploratoires ont commencé en Seine et Marne. De nombreux collectifs se sont constitués comme par exemple en Ardèche et leur coordination nationale est en cours d’organisation, en particulier à partir de la pétition « Gaz de Schiste Non Merci ».

 

La Ministre de l'écologie vient de décréter la suspension des projets de prospection et l'exploitation des gaz de schiste sur le territoire Français jusqu'aux résultats d'une étude des risques potentiels, attendus en juin 2011. Elle prétend répondre ainsi à l'opposition manifestée par les élus et les populations des régions concernées, en confiant une mission d'expertise au Conseil général de l’industrie, de l’énergie et des technologies (CGIET) et au Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) qui, comme le rappelle Fabrice Nicolino sont respectivement les anciens Corps des Mines et des Ponts et Chaussées. Qu'attendre de ces « experts Mines-Ponts », responsables de la plupart des choix énergétiques et d'aménagement de la France comme le développement autoroutier et le tout nucléaire?

Dans le même temps se tenait à Paris, en toute discrétion, un « Sommet Européen sur les gaz non conventionnels », organisée par le lobby Energy Exchange avec pour sponsors toutes les compagnies gazières et pétrolières d'Europe regroupées dans Eurogaz (pour la France, Total, GDFSuez et EDF), ainsi que l'Institut Français du Pétrole.

 

Les hydrocarbures non conventionnels et leur extraction

Pour la définition des hydrocarbures non conventionnels, ainsi que pour la description détaillée des techniques d’extraction, de nombreux textes ont été publiés ces derniers mois. On se reportera au document du Centre Tyndall de recherche sur le changement climatique (Université de Manchester), critique, très détaillé et illustré mais en anglais, ou à la note de l’IFRI (Institut Français des Relations Internationales) signée B. Weymuller et nettement favorable, mais en français.

 

Voici un résumé, forcément schématique, de la question.

Les hydrocarbures dont le charbon, le pétrole et le gaz résultent de la décomposition de dépôts sédimentaires végétaux (soit marins : algues et plancton, soit terrestres). Les premières étapes aboutissent à des gisements de surface de tourbe et de lignite. La tectonique des plaques a entraîné ces dépôts alluviaux à de grandes profondeurs sous la croûte terrestre et, sous l’effet des fortes pressions et des hautes températures qui y règnent, ils y ont poursuivi leur transformation en charbon, pétrole et gaz. Dans le cas des gisements conventionnels, pétrole et gaz, plus légers que les roches environnantes, remontent vers la surface jusqu’à être piégés dans des roches poreuses, sous des couches imperméables. Il suffit pour les extraire de forer un puits, et ils jaillissent en surface spontanément sous l’effet de la pression. Il n’en est pas de même pour les hydrocarbures non conventionnels. Ce terme regroupe divers types de gisements : gaz de schistes, huiles de roche mère, schistes et sables bitumeux, etc… Nombre d’entre eux sont déjà en exploitation comme les sables bitumeux dans le Nord-Ouest du Canada et le gaz de schistes (shale gaz) dans plusieurs états de l’Est et du centre des USA. Dans le cas des sables bitumeux, ce n’est pas l’accessibilité qui pose problème, puisque l’érosion les a fait affleurer en général à la surface, mais la transformation incomplète qui s’est arrêtée au stade de bitume très visqueux, voire solide à la température ambiante. Les sables bitumeux sont exploités à ciel ouvert, et sont rendus utilisables par chauffage.

 

Ce processus entraîne une dégradation catastrophique du paysage et de l’écosystème, et nécessite de grandes quantités d’énergie.

Dans le cas des gaz et pétrole de schiste, la roche mère, trop dense, a retenu les hydrocarbures à grande profondeur. Pour les exploiter, il ne suffit pas de forer, mais il faut aussi les « libérer » de la roche mère. La technique utilisée est la fracturation hydraulique, qui est déjà pratiquée pour pousser jusqu’au bout l’exploitation des gisements conventionnels. Un forage vertical à grande profondeur (3000 à 4000 m) est poursuivi par plusieurs forages horizontaux de plusieurs centaines de mètres de longueur. On injecte dans le puits de forage de grandes quantités d’eau sous forte pression, pour provoquer des fractures dans la roche. En plus de l’eau, le liquide injecté contient du sable, pour maintenir ouvertes les fractures, et divers produits plus toxiques les uns que les autres pour éviter le développement de bactéries et faciliter la circulation de l’eau. La plus grande partie de l’eau reste en profondeur, mais une partie variable remonte en surface et doit être stockée dans des réservoirs, avant retraitement ou réinjection dans un autre puits ou dans le même pour refracturation. Cette eau contient les produits initialement injectés, souvent très nocifs pour l’environnement, plus des polluants récupérés en profondeurs, comme des métaux lourds ou radioactifs, de l’arsenic, etc…

L’ensemble de l’opération doit être répétée dans la même région, un nombre variable de fois selon la taille du gisement. Bien entendu, et comme dans tous les cas de forage, les puits traversent les nappes aquifères, et doivent être rendus hermétiques par des gaines cimentées pour éviter les fuites.

On voit que l’exploitation des gaz et pétroles de roche mère n’est pas une petite affaire : elle est coûteuse, agressive pour l’environnement et fortement consommatrice d’eau. Mais il faut savoir que les réserves de ces hydrocarbures, sont potentiellement très importantes (…).

 

Comment lutter contre cette nouvelle offensive des multinationales pétrolières et gazières?

 

Étant donné la composition de la commission d’évaluation créée par la ministre de l'écologie, il est fort probable que des permis de forages d'exploration seront accordés. La preuve : CAP 21 nous apprend que le Conseil des Ministres du 19 janvier a approuvé une ordonnance modifiant le code minier en vue de « moderniser et simplifier les dispositions applicables aux exploitations minières en veillant à leur intégration dans l’environnement ». Selon CAP21, l’analyse de ce texte montre en réalité que le gouvernement a décidé de brader le sous-sol et ses ressources en simplifiant les procédures et sans prendre les garanties qui s’imposent. Il faut donc développer la mobilisation, déjà bien engagée dans les départements de l’Ardèche, le Languedoc, les Causses et les Cévennes, ainsi que plus récemment en Ile de France et en Picardie.

 

Comme l'écrit Hervé Kempf dans le Monde du 9 février 2011, « le gaz sert à se chauffer, à s'éclairer et à se nourrir. Or, indique la dernière note de conjoncture énergétique du Commissariat au développement durable, la consommation de gaz en France a augmenté de 3 % en 2010 (en données corrigées du climat) ». Le refus de l'exploitation des gaz de schiste doit donc être accompagné par la revendication d'une politique concertée et efficace de baisse de la consommation d'énergie et de priorité absolue au développement des énergies renouvelables. La cohérence nécessite alors d'évaluer les priorités et les alliances possibles. Il faut aller au-delà du mot d'ordre « Pas de ça chez nous! », qui risque d’entraîner des conflits, par exemple entre les propriétaires de résidences secondaires inquiets de voir diminuer la valeur de leurs biens et les paysans à la recherche de l’équilibre financier. Il n’est pas non plus très satisfaisant de voir se multiplier les forages dans les pays pauvres, ou dans lesquels la société civile est moins bien organisée, pour fournir la ressource aux pays qui auraient évité les forages chez eux.

 

En conclusion, la lutte contre l'exploitation des gaz et huiles de roche mère est juste, et s’insère dans une problématique globale, qui ne laisse de côté aucun des aspects de la crise écologique actuelle, changement climatique en tête, mais aussi dégradation des paysages, atteintes à la ressource en eau et à la biodiversité. Cette lutte est liée à la défense des services publics, démantelés et/ou en cours de privatisation, pour éviter la paupérisation et la désertification des territoires ruraux, propices aux fuites en avant du type de celle à laquelle nous assistons dans le cas des gaz de schistes. Il n’en reste pas moins que nous avons besoin d’énergie pour vivre bien, et que la phase de transition vers une société plus sobre ne fera pas dans un premier temps diminuer la consommation. La cohérence nécessite donc, en même temps que la mobilisation contre les foreurs à tout va, le soutien au développement des parcs d’éoliennes et centrales photovoltaïques, même si eux aussi entraînent des modifications pas toujours heureuses des paysages.

De même, le refus de l’extension du réseau autoroutier et des aéroports implique le soutien au transport ferroviaire des marchandises et des personnes, par l’extension et l’amélioration du réseau classique en priorité, mais aussi des lignes TGV.

 

Cet article est le 59ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement

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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 23:17

Technique pas sûre, résultat aléatoire, Borloo pas sérieux

 

Au vu des conditions dans lesquelles le gaz de schiste a commencé d’être exploité aux USA, on aurait pu s’attendre à ce que le gouvernement français ne se lance pas dans l’octroi de permis de prospection. Et, pourtant, c’est ce qu’a fait Borloo en 2010, au grand dam de la ministre actuelle de l’écologie.

 

Rappel : Gaz de schiste : après le Québec, des explorations ont lieu en France - 10 janvier 2011

 

Pour leurs fournitures en hydrocarbures, de plus en plus de pays se tournent vers l’extraction des gaz dits de schiste, une catégorie particulière de gaz naturel*. Une manne économiquement séduisante mais potentiellement dévastatrice sur le plan environnemental.

 

* Gaz naturel

Le gaz naturel est un combustible fossile qui se compose principalement de méthane. Ce mélange d’hydrocarbures trouvé naturellement sous forme gazeuse est issu de la désagrégation d’anciens êtres vivants. Sa combustion, elle, produit essentiellement du gaz carbonique et de la vapeur d’eau. Dans la mesure où il dispose de la meilleure efficacité énergétique de toutes les énergies fossiles du marché, le gaz naturel est depuis peu la deuxième source d’énergie la plus utilisée au monde, après le pétrole mais désormais devant le charbon.

Il existe plusieurs formes de gaz naturel  gaz associé, gaz biogénique, gaz de charbon, gaz conventionnel non associé (NDLR : la forme la plus exploitée de gaz naturel), gaz de schiste, hydrates, biogaz qui diffèrent selon l’origine, la composition et le type de réservoirs naturels dans lequel ils sont stockés. Source de conflits ou tout du moins de différends géopolitiques, notamment en Europe et dans les anciennes républiques de l’Union Soviétique, le gaz naturel est la principale ressource de la Russie, qui représente près du quart de la production mondiale, laquelle dépasse aujourd’hui les 3 000 milliards de mètres cubes.

Il y a actuellement dans le sud de la France le commencement d’explorations dont peu de personnes parlent. Dans le Gard, l’Hérault, la Lozère, l’Aveyron et l’Ardèche, trois permis exclusifs de recherche de gaz de schiste pour une future exploitation ont été accordés par le précédent ministre chargé de l’énergie, Jean-Louis Borloo (Jean-Louis Bianco, le 5 janvier, sur son blog).

 

José Bové : "L'Etat a décidé de l'omerta sur le gaz de schiste" (Le Monde, 21 janvier)

 

Le gaz naturel est exploité en allant chercher des nappes, des poches de gaz dans le sous-sol. En France, par exemple à Lacq, il y a eu une exploitation pendant plusieurs décennies de gaz naturel qui était dans les poches. Avec le gaz de schiste, le gaz est prisonnier dans la roche. Et pour l'extraire, il faut faire exploser la roche. C'est la technique dite de fracturation, qui se fait en injectant de l'eau sous très haute pression, additionnée de produits chimiques qui permettent d'ouvrir la roche. C'est donc suite à ces fracturations que du gaz peut s'échapper de cette roche. Pour extraire du gaz de schiste, il faut faire des forages très rapprochés, tous les 200 à 500 mètres (…).

 

Pour l'instant, les éléments d'étude proviennent des Etats-Unis, mais aussi du Canada. Aux Etats-Unis, notamment dans la région de Pennsylvanie, où ces gaz ont été exploités, et dans d'autres régions, on a vu à la fois des pollutions de nappes phréatiques par la technique de la fracturation, puisque les tuyaux de fracturation se sont lézardés, et l'eau sous très haute pression, chargée de produits chimiques et de gaz, s'est répandue dans les nappes phréatiques. Il y a aujourd'hui, dans certaines communes des Etats-Unis, des milliers de personnes qui n'ont plus accès à l'eau potable. Un des problèmes majeurs liés à cette pollution des nappes, c'est que les firmes pétrolières ont refusé de donner la liste des produits chimiques utilisés pour la fracturation au ministère de l'environnement des Etats-Unis, sous prétexte de brevet industriel. Ce qui pose évidemment des problèmes pour pouvoir évaluer les pollutions et les conséquences sur la santé publique (…).

 

Le débat n'a eu lieu ni à l'Assemblée nationale, ni au Sénat, ni au Conseil économique et social. Et quand les permis ont été signés, l'Etat ne s'est même pas donné la peine de prévenir les collectivités locales concernées. Ni les mairies, ni les conseils généraux, ni les conseils régionaux, ni les parcs régionaux, ni le parc national des Cévennes. L'Etat a véritablement décidé de l'omerta en espérant que personne ne réagisse. C'est aujourd'hui la seule analyse qu'on puisse faire, ou alors il faut dire qu'ils sont irresponsables et n'ont pas étudié le dossier.

 

Gaz de schiste : «Nous demandons l'abrogation des permis» (Libération, 9 février).

 

A la télévision : Complément d'enquête lundi 28 février à partir de 22h10 sur France2 (avec diffusion de Gasland, documentaire sur le gaz de schiste).

Lire aussi : Gaz de schiste: un permis passé inaperçu (France2, 23 février).

 

Campagne électorale : Les candidats écologistes ne se privent pas d’aborder ce sujet lors de leurs réunions publiques. Ainsi, dans le Gard, cette invitation à un débat à Saint-Christol-lez-Alès, samedi 26 février, à partir du film Gasland (Odile Veillerette Facebook : Soirée débat et forum sur les ENERGIES et le Gaz de Schiste).

 

Cet article est le 58ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement

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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 23:47

Une pétition a été signée par 120 000 citoyens québécois

 

Mon ami québécois (Facebook), directement concerné par les explorations de gaz de schiste, me signalait depuis quelque temps le danger écologique de l’exploitation de cette forme d’énergie.

Le gaz de schiste, nouveau poison ? | zegreenweb (13 décembre 2010).

 

Les couches de schiste, de par leur composition feuilletée, renferment d’importantes quantités d’hydrocarbures. Celles-ci ne manquent pas d’intéresser les géants du secteur…

Pour leurs fournitures en hydrocarbures, de plus en plus de pays se tournent vers l’extraction des gaz dits de schiste, une catégorie particulière de gaz naturel. Une manne économiquement séduisante mais potentiellement dévastatrice sur le plan environnemental.

A travers des slides interactifs, nos confrères d’Owni se sont attachés à montrer comment l’exploitation des gaz de schiste, sous son apparente simplicité, dissimule de graves dangers sanitaires pour la population.

Le principe de cette technique est assez basique. On commence d’abord par forer un puits pour atteindre une couche de roche appelée schiste, laquelle se situe entre 2 300 et 3 000 mètres de profondeur. Ledit schiste est ensuite consolidé avec des coffres en béton et on y place une charge explosive pour fracturer cette couche où se trouve justement le gaz. Reste ensuite à le faire remonter. C’est le rôle du liquide de fracturation, propulsé à 600 bars de pression dans le puits et qui doit pousser le gaz vers la surface.

 

Une recette aussi secrète que celle du Coca-Cola

Ce liquide suscite bien des interrogations, à plus forte raison parce qu’il est mis au point par la société Halliburton – dont les négligences dans la marée noire du golfe du Mexique ont été pointées par les experts. Le groupe livre sur son site la composition supposée de ce liquide – « du sable, de l’eau et de la pression » - et, à destination des curieux qui se demandent ce qui se cache derrière cette formulation un tantinet absconse, l’entreprise livre une liste d’ingrédients pas franchement moins évasive.

Car c’est sur le chemin de la remontée des gaz que les dégâts peuvent survenir. A chaque fracturation de la couche de schiste, pas moins de 7 à 15 000 m3 d’eau sont nécessaires – dans la composition du liquide – (!). Or la moitié tout au plus remonte à la surface. Des fissures peuvent par ailleurs apparaitre dans le coffre de béton, d’où des échappements de gaz et de liquide de fracturation qui se retrouvent ensuite dans les nappes phréatiques et dans les robinets des habitations…

Chaque fracturation s’accompagne aussi d’une séparation des gaz et de l’eau remontée à la surface. Les gaz recueillis sont alors séparés des autres composants dans un condensateur, ce qui occasionne la fuite de vapeurs d’hydrocarbures – dioxyde de carbone, monoxyde et dioxyde d’azote et autres gaz à effet de serre (GES). La gabegie écologique nécessite enfin la mise en place d’un ballet de centaines de camions, ce qui n’arrange en rien l’état de l’atmosphère…

Malgré tous les secrets et accusations qui tournent autour de cette technique, celle-ci semble promise à un bel avenir. Elle n’est, pour l’heure, que l’apanage de l’Amérique du Nord, mais un projet de prospection géant a été lancé depuis le début du printemps dernier en France, dans une zone s’étendant de Montélimar (Drôme) à Montpellier (Hérault)… Trois permis exclusifs ont été signés par Jean-Louis Borloo en personne pour explorer 10 000 kilomètres carrés de terres. Une « fleur » aux groupes français Total et à l’entreprise américaine Texan Schuepbach.

 

Montée des doutes

De l’autre côté de l’Atlantique, l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) a esquissé un début de révolte en demandant à un producteur de gaz de schiste, Range Resources, de fournir de l’eau potable à de nombreuses personnes dans le Texas, en raison de la pollution de la nappe aquifère dans cette région, une responsabilité sans surprise rejetée par l’intéressé. Le Colorado, autre Etat où la technique se développe, voit de son côté son sol criblé de points blancs, symbolisant tous les puits de gaz de schiste qui se développent – à peu près un tous les 200 mètres !

Le Canada, lui, s’interroge sur la viabilité économique et écologique de cette invraisemblable entreprise. Les terres de l’Alberta, déjà mises à très rude épreuve avec les gisements pétroliers des sables bitumineux, n’échappent cependant pas à son extension. Alors que la population québécoise semble pencher en faveur d’un moratoire sur ce type d’exploration, le président de l’Association pétrolière et gazière du Québec, André Caillé, y est farouchement opposé. « Quand on parle de moratoire, c’est comme un moratoire dans le but de ne pas savoir ou de ne pas connaître », soutient celui qui, face à la contestation naissante, passe pour un très vilain petit canard.

Si cette technique s’étend dans nos contrées, elle ne manquera pas de transgresser quelques règles, le Grenelle de l’environnement ayant fixé pour objectif de « garantir l’approvisionnement durable en eau de bonne qualité propre à satisfaire les besoins essentiels des citoyens ». Un point capital qui entre en contradiction avec les pratiques des acteurs du gaz de schiste, ce à trois niveaux : l’utilisation de quantités astronomiques d’eau pour les différentes fracturations, la pollution des nappes phréatiques en raison des fissures et, plus localement, la sécheresse endémique qui frappe la Drôme et l’Ardèche. Le ministère de l’Ecologie en a lui-même convenu,  estimant que « l’approvisionnement en eau nécessaire à l’exploitation des gaz de schiste se posera à un moment ou à un autre ».

Difficile, compte tenu de tous ces éléments, de faire confiance aux acteurs de cette industrie néanmoins vouée à un développement rapide. Elle pourrait remettre en cause le leadership sur le marché du gaz de la Russie et du Moyen-Orient, voire « redessiner la carte du monde des hydrocarbures », ainsi que le prédit OWNI. Face à de tels enjeux, l’écologie sera-t-elle une nouvelle fois la grande oubliée ?

 

Pétition : Exploration et exploitation du gaz de schiste

 

La plupart des puits ont des fuites | Charles Côté | Gaz de schiste (Cyberpresse, 5 janvier 2011)

 

Les gaz de schistes en Europe: un laborieux démarrage qui se fait discret (Le blog des énergies nouvelles, Raymond Bonnaterre, 5 janvier 2011) 

 

Gaz de schiste : seuls les intérêts des firmes exploitantes privées semblent prévaloir  (Jean-Louis Bianco, 5 janvier 2011)

 

Il y a actuellement dans le sud de la France le commencement d’explorations dont peu de personnes parlent. Dans le Gard, l’Hérault, la Lozère, l’Aveyron et l’Ardèche, trois permis exclusifs de recherche de gaz de schiste pour une future exploitation ont été accordés par le précédent ministre chargé de l’énergie, Jean-Louis Borloo.

Ces autorisations ont été attribuées au groupe Total et à la firme américaine Schuepbach avec la plus grande discrétion sans que les populations et les élus des territoires concernés en soient informés.

Suite à d’importants accidents aux États-Unis et au Canada, des moratoires sur ce type d’exploitations très dangereuses ont été décrétés pour protéger les réserves d’eau potable et l’environnement.

Si l’exploitation du gaz de schiste peut être créateur d’emplois et permettre une plus grande indépendance énergétique, encore faudrait-il au minimum garantir la protection de l’environnement par une législation très stricte, un contrôle étatique de premier ordre et une limitation du zonage d’exploration. Or, à ce jour, seuls les intérêts des firmes exploitantes privées semblent prévaloir.

J’ai pour ma part saisi le gouvernement pour connaître l’avancement des recherches en France, leur coût précis, la manière dont le gouvernement compte y associer les élus et la population et surtout, l’ensemble des mesures de sécurité prévues pour garantir la protection de l’environnement.

 

Cet article est le 57ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement

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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 15:10

Economie d’énergie, énergie renouvelable et nucléaire

 

La conférence-débat sur la question énergétique était annoncée (voir MRC 17 : conférence à Saintes avec Gérard PIERRE sur les énergies - 20 septembre 2010 et MRC 17). Elle a eu lieu le 14 octobre.

Serge Maupouet, qui l’avait organisée, m’a transmis le communiqué diffusé à la presse*.

 

La conférence-débat « Quelles énergies pour demain ? » 

Un grand sujet, un large public, un débat de fond

 

La conférence sur la transition énergétique organisée à Saintes le 14 octobre 2010 par le MRC 17 (Mouvement Républicain et Citoyen de Charente-Maritime), a été suivie par de nombreux représentants de l’ensemble des partis de gauche ainsi que d’un mouvement gaulliste et républicain, des militants associatifs et des citoyens intéressés par la question énergétique. Plus d’une quarantaine de personnes étaient présentes dans la salle. conference-debat-energies---Gerard-PIERRE-tribune.jpg

 

Le conférencier, Gérard Pierre, Secrétaire national du MRC - dont Jean-Pierre Chevènement est le président d’honneur – a, dans un premier temps, fait le bilan des réserves actuelles et des difficultés d’approvisionnement à venir en fonction de l’accroissement de la population et des risques de changement climatique. Dans un second temps, l’ensemble des ressources énergétiques primaires a été développé en regardant les avantages et les inconvénients de chacune d’elles. Gérard Pierre a ensuite terminé son exposé en proposant des pistes pour passer au mieux la transition énergétique du 21ème siècle.

 

Le débat s’est engagé avec la salle. Il s’est d’abord situé entre les opposants de principe au nucléaire et ceux qui ne rejettent aucune forme énergétique a priori, puis s’est élargi (évocation de la loi NOME, de la Charge de Service Public d’Electricité, etc.). Le conférencier a conclu en rappelant que l’on ne pourrait pas continuer à consommer le mixte énergétique actuel au regard de l’épuisement prévisible des réserves, que les économies d’énergie étaient indispensables, que les énergies renouvelables ne pouvaient en aucun cas fournir à elles seules ni les énormes quantités d’énergie actuellement consommées, ni celles encore plus importantes qui le seront demain et, par conséquent, que la seule solution était de ne rien négliger : ni les économies d’énergie, ni les énergies renouvelables, ni le nucléaire.

 

* La correspondante de l’hebdomadaire Le Littoral a prévu de l’insérer dans l’édition du 22 octobre.

 

conference-debat-energies---Serge-MAUPOUET-tribune.jpgContact : Serge Maupouet mrc17@laposte.net - MRC 17

 

 

 

 

 

Cet article est le 56ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement

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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 22:13

Que de choses à dire sur la question énergétique !

 

Saintes-1-12-09-002.jpgC’est vraiment une réunion importante que Serge Maupouet et le MRC 17 organisent à Saintes le 14 octobre, avec la participation du spécialiste MRC sur les énergies, Gérard Pierre.

 

Serge Maupouet (au centre sur la photo)

Voir Conférence-débat sur la réforme territoriale à Saintes le 1er décembre  

 

Je renvoie aux articles qui concernent les déplacements de Gérard Pierre en Mayenne et en Loire-Atlantique, sur le même thème :

- Exposé de Gérard Pierre sur les énergies - rencontre CIVIQ 26 10 06 St-Berthevin - 21 avril 2007

- MRC 44 Energies : Gérard Pierre a présenté ses orientations à Nantes - 2 février 2010

 

Conférence-débat animée par Gérard PIERRE

« Quelles énergies pour demain ? »

Jeudi 14 octobre 2010 à 20h30

Auditorium salle Saintonge, rue Fernand Chapsal, SAINTES (17)

 

Energies Nantes G Pierre 290110 004Gérard Pierre

Secrétaire national du MRC en charge de l’énergie et de l’écologie

Président de la section Bourgogne de l’association « Sauvons Le Climat »

Professeur de physique émérite à l’université de Bourgogne

 

Pour la mise en bouche : Énergie en France (Wikipédia) et Politique énergétique de la France (rapport du Sénat). Mais aussi, les actes du colloque de la Fondation Res Publica (20 octobre 2008) Quelle politique européenne de l'énergie ?

 

Lu dans la presse

La politique énergétique de la France à la loupe (Le Monde, Hervé Kempf, 26 juillet 2010)

Elève appliqué, mais peut mieux faire : ainsi peut-on résumer le jugement que porte l'Agence internationale de l'énergie (AIE) sur la politique énergétique de la France. Comme elle le fait périodiquement pour chaque pays membre, l'AIE a étudié la politique française. Elle publie ses observations lundi 26 juillet.

Les experts de l'AIE saluent la "continuité stratégique" de la politique française, marquée par la recherche de la sécurité des approvisionnements et une égalité de services sur tout le territoire. Ils louent le niveau modéré des émissions de gaz à effet de serre – un des plus faibles parmi les pays riches –, et les objectifs fixés par la loi sur l'énergie de 2005 : diviser par quatre les émissions en 2050 par rapport à 1990. L'Agence relève cependant plusieurs incertitudes (…).

Gros regain d'intérêt pour l'énergie nucléaire (Ouest-France, Yann Bessoule, 22 mai 2010)

Cinquante-six réacteurs sont en construction dans le monde entier. Les projets se comptent par centaines, et par centaines de milliards de dollars... Ce qui aiguise la concurrence.

Décrié, redouté, voire condamné, même s'il éclaire et chauffe bien des pays (plus de 15 % de la production mondiale d'électricité), le nucléaire fait, depuis quelques années, un retour en force (…).

A 50 ans, l'OPEP affiche puissance et incertitudes (Le Monde, JMichel Bezat, 15 septembre 2010)

L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) vient de fêter ses 50 ans à son siège de Vienne.

 

Cet article est le 55ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement

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30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 23:23

L'avenir de l'énergie nucléaire conforté par les décisions prises ?

  

L'actualité de la semaine est riche en informations sur l'énergie nucléaire. 

  

Lu dans la presse

 

L'Europe s'alarme de l'explosion du coût du réacteur à fusion nucléaire ITER (Le Monde, 28 juillet)

Iter : le conseil met la fusion thermonucléaire sur orbite  (Les Echos, 27 juillet)

 

L'Europe donne le coup d'envoi à l'énergie du futur (Les Echos, 27 juillet)    

 

La politique énergétique de la France à la loupe (Le Monde, 26 juillet)

 

 L'Elysée chapeaute une alliance entre EDF et Areva (Nouvel Observateur, 28 juillet)

  

EDF contre Areva : la victoire de Proglio sur Lauvergeon (Rue89, 28 juillet)

   

François Roussely : "Il faut retrouver le sens de l'intérêt commun" (Les Echos, 29 juillet)   

 

Ancien PDG d'EDF, aujourd'hui vice-président Europe de Credit Suisse, François Roussely connaît évidemment bien la filière nucléaire civile française sur laquelle il a remis un rapport à l'Elysée, rendu public mardi. Ce qui lui a valu de reprendre du service quand l'échec cinglant d'Abu Dhabi face aux Coréens a mis en évidence la nécessité de remettre de l'ordre dans la maison. Il explique aux Echos ses recommandations. Propos recueillis par DAVID BARROUX et ALAIN  RUELLO,  Les Echos

Comment la filière française du nucléaire civil a-t-elle perdu son excellence ?

Pour répondre, il faut se pencher sur les facteurs qui, il y a trente ou quarante ans, ont présidé à la constitution de cette filière. A l'époque, les entreprises concernées (CEA, Creusot Loire, et EDF) jouissaient d'un monopole, répondant à une demande uniquement nationale. Il en résultait une maîtrise du temps et d'importantes synergies, qui ont permis de construire jusqu'à 4 à 5 centrales par an, en respectant les délais et les budgets. Aujourd'hui, nous sommes dans un univers où plus personne n'a de monopole. De plus, la technologie a évolué, et permet d'allonger la durée de vie des centrales en France, comme aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni. La renaissance du nucléaire est portée par l'international dans des pays allant de la Chine à l'Inde, du Vietnam à la Jordanie,…

... la France s'est endormie sur ses lauriers en résumé ?

La France n'a pas mesuré toutes les conséquences de la transition d'un marché où la demande est nationale à un marché où la demande est internationale et concurrentielle. Elle doit donc adapter ses structures, et son offre technologique.

Comment ?

L'Etat doit renforcer son rôle dans l'organisation de la filière nucléaire française, dans la nouvelle donne internationale. Pour l'Etat, l'énergie est toujours une priorité stratégique. Il lui faut donc une structure dédiée, regroupant l'ensemble des compétences nécessaires, pouvant être un ministère. Par ailleurs, le conseil de politique nucléaire instauré par le Président de la République pourrait se substituer à bien des conseils existants. Il faut ensuite disposer d'une structure qui recense et qualifie les besoins nucléaires dans le monde, sans préjuger de la suite, c'est à dire de savoir qui répondra et comment aux appels d'offres. Cette structure regrouperait tous les acteurs de la filière, privés ou publics.

Et du point de vue industriel ?

L'industrie nucléaire doit être regroupée autour de ses champions nationaux. Il faut confirmer EDF comme architecte-ensemblier de l'Equipe de France. La France jouit d'une position exceptionnelle : quand Areva vend un réacteur, elle vend sa technologie mais aussi l'expérience d'un électricien qui exploite 58 réacteurs, de même nature depuis des années. Cette expérience d'exploitant d'EDF est un élément dont on ne peut pas se priver. L'intégrateur de l'offre française ne peut donc être que celui qui apporte ce retour d'expérience.

Et pour Areva, dont certains voulait remettre en cause le modèle intégré : de l'extraction du combustible à son retraitement en passant, évidemment, par la construction des îlots nucléaires ?

Le modèle «intégré» constitue une référence que les concurrents entendent imiter. D'ailleurs, l'immense majorité des auditions ont confirmé les valeurs de ce modèle. L'ouverture du capital des actifs miniers d'Areva mérite néanmoins d'être étudiée avec attention (lire ci-contre). Cela ne dispense pas Areva de continuer à élargir sa gamme de réacteurs, comme elle le fait avec Mitsubishi pour l'Atmea (réacteur de moyenne puissance, NDLR).

Votre recommandation de créer un « partenariat stratégique » entre EDF et Areva suscite beaucoup de déception, par manque de concret. Comment l'imaginez vous ?

EDF est le premier client d'Areva qui est le premier fournisseur d'EDF. L'univers du nucléaire civil français doit être celui de la complémentarité forte entre ceux qui construisent l'îlot nucléaire, ceux qui fournissent les éléments conventionnels, ceux qui assurent le génie civil, ou encore ceux qui développent les systèmes électroniques de contrôle et de supervision. Les équipes des deux entreprises savent bien, que le succès réside dans leurs réalisations concrètes à travers le monde.

Ils ont eu tendance à l'oublier ?

Les liens entre les deux groupes se sont distendus au cours des dernières années. EDF a cherché à diversifier ses fournisseurs, Areva à développer ses ventes à l'étranger. Dans la situation passée de monopole, peut-être la vision partagée de l'intérêt général constituait-elle un ciment entre les industriels. Aujourd'hui, l'univers éclaté dans lequel nous évoluons a pu laisser croire à chacun qu'il avait une carte à jouer indépendamment des autres. L'appel d'offres d'Abou Dhabi a servi de révélateur tardif de cet état. Les acteurs qui ont besoin de se retrouver entre eux, en Chine par exemple.

Doit-on geler la construction du second EPR de Penly le temps de tirer toutes les conséquences des chantiers de Flamanville, Olkiluoto, et Taishan ?

Non, mais il faut porter une attention soutenue au retour d'expérience, même si tout ne peut pas être transposé d'un projet à l'autre. On a sans doute un peu tardé à tirer les enseignements des projets en cours. Le calendrier prévu des réacteurs de Penly et en Grande-Bretagne sont parfaitement compatibles avec un retour d'expérience mené conjointement par Areva et EDF.

Concrètement, comment faire en sorte que les deux entreprises réapprennent à travailler ensemble ? Faut-il aller jusqu'à faire d'EDF l'actionnaire industriel de référence d'Areva ?

Je propose d'approfondir la coopération sur tous les projets communs, comme à Flamanville, dans un souci de standardisation de l'EPR. Il faut retrouver le sens de l'intérêt commun et porter à l'optimum l'offre industrielle. C'est ce qui ressort des décisions du Président de la République, qui ouvrent notamment la question d'un renforcement d'EDF au capital d'Areva. Pour simplifier le fonctionnement de l'équipe de France du nucléaire, il faut en aligner les intérêts.  

Voir aussi Le rapport Roussely et Le rapport Roussely contrarie les ambitions de GDF Suez   

 

Cet article est le 54ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement

 

 

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