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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 16:30

 

On ne devra pas se passer de l’énergie nucléaire

 

Quelles énergies pour demain ? Pourra-t-on se passer du nucléaire ? Invité par Bruno Chevalier et Christine Meyer (MRC 44), Gérard Pierre a répondu à ces questions le 29 janvier à Nantes (voir MRC 44 : les énergies de demain, en débat le 29 janvier 2010 à Nantes - 23 janvier 2010). 

Energies Nantes G Pierre 290110 004Gérard Pierre
est professeur émérite de physique à l’université de Bourgogne, président de l’association « Sauvons Le Climat Bourgogne » et secrétaire national du MRC, chargé de l’énergie et de l’environnement. Son exposé prenait appui sur un montage de diapositives (voir http://icb.u-bourgogne.fr/SFPBFC/Documents/Nantes.pdf).

 

Le but était de faire le tour de ce qui existe en matière d’énergies (c’était l’objet de du précédent article - voir MRC 44 Nantes : Gérard Pierre a présenté les énergies disponibles), avant de se prononcer sur celles qui répondront le mieux aux besoins et aux conditions de demain, la plus importante étant la réduction de l’émission des gaz à effet de serre.

 

Dans ces articles, je reprends l’essentiel des diapositives projetées à l’écran. L’objectif de diviser par deux en 30 ans l’utilisation d’énergies fossiles est pris en compte.

 

Quelles énergies pour demain ?

Pourra-t-on se passer du nucléaire ?

 

Evolution (%) de la consommation mondiale d’énergie

 

                                                     2006                2036

Fossile                                             80                      40

Hydraulique                                        6

Biomasse                                          6                     }160

 Nucléaire                                          6

Solaire, éolien                                    2

 

Total                                            100                      200

 

Monde 2006                France 2006

 

Fossile                                            80                              36

Hydraulique                                       6                                5

Biomasse                                          6                               4

Nucléaire                                                                        55

 

Total                                             100                            100

 

Evolution des gaz à effet de serre par habitant

 

Pays                                    Tonne de carbone        Rang

 

Qatar                                              18,5                       1er

USA                                                 6,6                       6

Allemagne                                        3,2                      27

France                                              2,3                     54

Chine                                                1,1                     97

Inde                                                  0,5                   140

 

Emission de gaz à effet de serre pour produire de l’électricité

 

Dans le monde                        46 %

En France                               Entre 10 et 20 %, suivant les rigueurs de l’hiver

 

Estimation de la durée des réserves

 

Combustible                                Type d’énergie                 Durée des Réserves

 

Pétrole, Gaz                            Combustion chimique         Des dizaines d’années

 

Charbon                                  Combustion chimique         Des centaines d’années

 

Nucléaire Classique 235U       Fission                                Des dizaines d’années

Nucléaire Surgénérateur          Fission                               Des milliers d’années

Nucléaire                                  Fusion                                Des milliards d’années

« Renouvelables »                   Solaire                                Des milliards d’années

 

Quelles énergies utiliserons-nous demain ?

 

  • Le plus simple, c’est le charbon. Faire du pétrole à partir du charbon, c’est rentable à partir de 100 ou 150 $ le baril. Si on est capable de séquestrer et de stocker le CO2 produit, c’est une solution pour 100 à 200 ans.

Le nucléaire (fission ou fusion) à condition que les citoyens l'acceptent, c’est une solution pour plusieurs centaines d’années.

La biomasse, les biocarburants de seconde génération pourront être une solution au moins partielle.

Le solaire thermique ou même électrique dans les régions non reliées à un réseau électrique.

• ….

 

Conclusions

 

• Développer les énergies renouvelables.

• Développer les économies d’énergie et l’efficacité énergétique.

• Développer l’utilisation et la recherche nucléaire : EPR, Régénération, Surgénération, Exploitation des systèmes sous critiques, ITER, Laser Méga Joules…

 

La priorité des priorités doit être la diminution des rejets des gaz à effet de serre.

 

 Cet article est le 49ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat et énergies

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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 15:00

Le charbon reste la source d’énergie la plus répandue

 

Invité par Bruno Chevalier et Christine Meyer (MRC 44), Gérard Pierre est intervenu le 29 janvier à Nantes sur la question des énergies que nous utiliserons demain (voir MRC 44 : les énergies de demain, en débat le 29 janvier 2010 à Nantes - 23 janvier 2010).

 

Energies Nantes G Pierre 290110 004


Gérard Pierre est professeur émérite de physique à l’université de Bourgogne,
président de l’association « Sauvons Le Climat Bourgogne »
et secrétaire national du MRC, chargé de l’énergie et de l’environnement.

Son exposé prenait appui sur un montage de diapositives (voir http://icb.u-bourgogne.fr/SFPBFC/Documents/Nantes.pdf).

 



Le but était de faire le tour de ce qui existe en matière d’énergies
(c’est l’objet de ce premier article), avant de se prononcer sur celles qui répondront le mieux aux besoins et aux conditions de demain (article suivant). Dans ces articles, je reprends l’essentiel des diapositives projetées à l’écran.  



Interactions fondamentales
  

INTERACTION FORTE et INTERACTION FAIBLE

INTERACTION ELECTROMAGNETIQUE

INTERACTION GRAVITATIONNELLE

 

Quelques ordres de grandeur

 

Il est d’usage d’utiliser comme unité le Tep : Tonne Equivalent Pétrole.

– 1000 m3 de gaz naturel => 1,18 Tep

– 1 tonne d’hydrogène => 2,727 Tep

– 1 tonne de charbon => 0,659 Tep

– 1 gramme d'uranium => 1,88 Tep

– 1 gramme de deutérium => 5,68 Tep

 

Pour produire 1GW pendant un an, il faut :

 

Photovoltaïque                                     100 kilomètres carrés

Eolien                                                  5600 éoliennes en mer

Charbon                                               2 600 000 tonnes

Pétrole                                                 1 800 000 tonnes

Fission nucléaire                                    25 tonnes d’uranium

Fusion thermonucléaire                          0,1 tonne de deutérium et 0,15 tonne de tritium

 

Réserves énergétiques mondiales

 

§ Energies fossiles : Charbon, Gaz, Pétrole.

 

§ Energies renouvelables : Hydraulique, Eolienne, Solaire (thermo-solaire, électro-solaire), Géothermique (pompes à chaleur, géothermie à haute température), Biomasse…

 

§ Energie nucléaire : Fission, Fusion

 

Réserves énergétiques fossiles - dont l’utilisation est responsable de l’augmentation de l’effet de serre (Interaction électromagnétique) - dans le monde :

 

Pétrole : essentiellement le Moyen-Orient, et secondairement, l’Afrique et l’Amérique du Sud.

Gaz : essentiellement la Russie et sa périphérie ex-soviétique, ainsi que le Moyen-Orient.

Charbon : essentiellement l’Amérique du Nord, l’Europe du Nord-ouest, La Russie et sa périphérie, l’Extrême-Orient et l’Océanie, l’Afrique.

Pétrole et gaz : les réserves sont concentrées dans peu de régions du monde.

Charbon : les réserves sont disséminées sur tous les continents.

 

Estimation de la durée des réserves énergétiques fossiles

 

                                                                       Pétrole      Gaz        Charbon

 

Avec la consommation actuelle                     50 ans       65 ans     260 ans

 

Avec l’augmentation de la consommation     30 ans      40 ans         ?

 

Consommation mondiale de pétrole (%) en 1973 et en 2002

 

                                              1973              2002

 

Amérique du Nord                32 2%           27,8%

Europe occidentale               26,8%           19,4%

Japon                                      9,6%               6,8%

Reste du monde                    31,4%            46,0%

 

Production (nette) de l’électricité en Allemagne (2006, 595 TWh)

 

Production d’origine thermique : 380 TWh    (64%) en augmentation entre 1996 et 2006

Production d’origine nucléaire :  159    «       (27%) stable

Production d’origine éolienne :     31    «       (5%) en augmentation

Production d’origine hydraulique :26    «       (4%) stable

 

Le plus grand parc éolien du monde

Puissance installée 22 250 MW pour un coût d’environ 33 M€, soit l’équivalent de 13,9 EPR qui eux coûteraient 45 M€, mais dont la production d’électricité serait 3 ou 4 fois plus grande que celle du parc éolien.

 

Energie nucléaire (interaction forte, interaction faible)

 

Fission : filière classique (fission de l’uranium, plutonium...)

Fusion : fusion de l’hydrogène (dans les étoiles), fusion du deutérium (naines brunes), fusion d’un noyau de deutérium et d’un noyau de tritium.

 

Historique de la fission

 

1932           Chadwick                                              Neutron

1935           Joliot-Curie                                            Radioactivité artificielle

1938           Fermi, Hahn et Strassmann                  Réalisation des premières fissions artificielles

1939          Joliot-Curie                                             Prise de brevets

1942          Fermi                                                      Premières expériences

 

Applications :

Militaires (Oppenheimer - bombe atomique en 1945)

Civiles (Fermi, Joliot-Curie, pile atomique, puis réacteur)

En France : Création du CEA - Applications civiles puis militaire…

 

Produits de la fission

 

Ce sont les déchets nucléaires :

• Résidus de la combustion de l’235U (uranium) - Période courte : 90Sr (Strontium) et 137Cs (Césium) - Période longue : 129I (Iode) et 135Cs (Césium)

• Transmutation de l’238U (uranium) en plutonium

 

Loi Bataille : stockage des déchets nucléaires

 

1. Recherche sur la séparation et la transmutation des éléments radioactifs à longue vie.

2. Conditionnement pour l’entreposage temporaire en surface.

3. Etude des procédés de conditionnement et de stockage réversible de longue durée, afin d’éviter toute dispersion de matériaux radioactifs.

 

Réserves mondiales (prouvées) d’uranium (en milliers de tonnes, début 2001, total monde 2516,1 milliers de tonnes - hors Chili et Chine) : Australie (667), Kazakhstan (432), Canada (314), Afrique du Sud (231), Brésil (162), Namibie (144), Russie (138), USA (104), Ouzbékistan (90), Mongolie (61), Niger (29), Algérie (26), France (12) …

 

Evolution de la production d’électricité en France

 

De 40 TWh en 1950 à 500 TWh en 2000.

En 1970, sur 140 TWh, 90 étaient d’origine fossile, 40 d’origine hydraulique et 10 d’origine nucléaire.

En 2000, sur 500 TWh, 40 étaient d’origine fossile, 80 d’origine hydraulique et 380 d’origine nucléaire.

 

Fusion contrôlée

 

1920 :    Aston et Eddington (Britanniques) -                    Compréhension du fonctionnement du soleil

1946 : Thomson et Blackman (Britanniques) -                  Dépôt d’un brevet. Pas de réalisation

1968 : Les soviétiques obtiennent 10 millions de degrés  TOKAMAK*

Après 1968 : France, Japon, USA, Europe, Cadarache    Développement des TOKAMAK

 

*TOKAMAK = TOroidalnaya KAmerac MAgnitinjni Katuskhani : Chambre à vide toroïdale et bobine magnétique.

 

Fusion : le projet Iter (voir Le projet de réacteur à fusion thermonucléaire ITER Cadarache).

 

Cet article est le 48ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat et énergies

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23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 23:35

La voie énergétique française de gauche est à construire

 

Le-Kremlin-Bicetre-CN-22-03-09-014.jpgA partir d’une idée de Christine Meyer, conseillère municipale de Nantes et candidate MRC sur la liste conduite par Jacques Auxiette aux prochaines élections régionales en Pays de la Loire, Bruno Chevalier et le MRC 44 invitent à une réunion publique et au débat qui suivra la présentation qui sera faite par mon collègue secrétaire national MRC, Gérard Pierre.

 

Le thème choisi est d’une extrême importance : les énergies pour demain.

 

Le lieu : salle Bretagne à Nantes vendredi 29 janvier à 20h30.

 

Voir Quelles Energies pour Demain ??

 

Sur le blog du MRC44 - Mouvement Républicain et Citoyen.

 

A noter, deux articles qui aideront à préparer cette réunion :

 

MRC : la 3ème voie, réaliste, pour une politique énergétique de l'UE - 5 septembre 2008

 

Exposé de Gérard Pierre sur les énergies - rencontre CIVIQ 26 10 06 St-Berthevin - 21 avril 2007

 

Cet article est le 47ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat et énergies

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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 20:23

Rapprocher science et politique pour gérer la cité

 

L’échec de Copenhague était programmé, car ce sommet sur le climat n’avait pas été préparé sur des bases réalistes (voir Conférence mondiale sur le climat : nouvelle jeunesse du capitalisme - 10 décembre 2009).

 

L’enjeu de Copenhague était énorme, pour deux petites semaines de faux débats dans une enceinte inadaptée. Le réchauffement de la planète, la montée des eaux, la fonte des pôles, la disparition des espèces, autant de problèmes étudiés par les scientifiques.

 

Les travaux du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) sont remarquables, mais ce n’est pas le domaine de prédilection des chefs d’Etat, habitués à évoluer sur le terrain des relations humaines.

 

Comment ces deux mondes, le scientifique et le politique, pourraient-ils mieux coopérer, à tous les niveaux de la vie publique, en commençant par la gestion locale de la cité ? C’est la voie proposée par le philosophe Michel Serres dans l’entretien qu’il a accordé sur le site du quotidien Le Monde (voir l’article paru ce 21 décembre sous le titre Michel Serres : "On a oublié d'inviter la Terre à la conférence sur le climat").

 

L’échec de Copenhague est explicable. Le site Rue89 (Laurent Mauriac) s’y est essayé le 19 décembre. Voir Cinq raisons pour l'échec du sommet de Copenhague.

 

La France a jugé l’ONU responsable de l’échec. Est-ce bien raisonnable de la part du président Sarkozy et de ses ministres, de s’en prendre à cette instance qui, au moins, contrairement au G 20 ou à tous les G du monde, est légitime, puisqu’elle intègre toutes les nations du monde ?

 

Nicolas Sarkozy a déclaré dès la fin de Copenhague que le système des Nations Unies était « à bout de souffle » ; l'UMP lui a emboîté le pas samedi en décrétant le processus de décisions de l'ONU « en bout de course ». Possible, mais avant de signer l'acte de décès, par quoi remplacer le système de gouvernance mondiale mis en place à la fin de la deuxième guerre mondiale, et qui est encore aujourd'hui la seule instance de légitimité globale ?

 

Lire la suite de l’article de Pierre Haski, dirigeant de Rue89, publié le 20 décembre sur son site : Après l'échec de Copenhague : faut-il supprimer l'ONU ?

 

Le discours du président Sarkozy à Copenhague n’a pas produit l’effet escompté. Peut-être parce qu’il se situe clairement parmi les dirigeants du monde capitaliste. Dans cette enceinte, tous les pays étaient représentés, y compris les plus pauvres, qui applaudissent le président du Venezuela, Hugo Chavez, quand il met en cause le système capitaliste et les inégalités qu’il génère.

 

C’est un plaisir de voir et entendre la vidéo insérée dans l’article publié sur le site de Contre Info, ce 21 décembre, ou de lire le texte de son discours, qui ne manque pas de sel. Voir Hugo Chavez : lutter contre le changement climatique et les inégalités.

 

« Construisons un ordre économique et social plus juste et équitable. Eradiquons la pauvreté. Stoppons immédiatement les niveaux élevés d’émission de gaz, freinons la dégradation environnementale et évitons la grande catastrophe du changement climatique. Adhérons au noble objectif d’être tous plus libres et solidaires ! »

S’exprimant devant les délégués réunis à Copenhague, Hugo Chavez a lancé un vibrant plaidoyer contre les inégalités et un modèle économique d’accumulation illimitée, citant l’ouvrage d’Hervé Kempf « Les riches détruisent la planète » et faisant sienne l’interrogation du théologien de la libération Leonardo Boff : « une Terre finie peut-elle supporter un projet infini ? »   Lire....

 

Lire aussi

Copenhague : ultime rappel des scientifiques avant le sommet

 

Les discussions préparatoires de Copenhague échouent après la révolte africaine contre les pays riches

 

Sommet de Copenhague : les USA refusent de négocier sur la base du protocole de Kyoto

Et le point de vue d’ATTAC (19 décembre) Copenhague ou le fardeau légué par les riches.

 

Cet article est le 46ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat et énergies

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10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 19:05

Ne pas entraver le libre-échange et la concurrence

Des représentants de tous les pays du monde se réunissent à Copenhague (Danemark) du 7 au 18 décembre, dans le cadre de la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique, avec un objectif prioritaire : éviter que, d’ici à 2050, la température moyenne de la planète augmente de plus de deux degrés.

Lire la suite de ce texte, signé Ignacio Ramonet, sur le site de Mémoire des luttes (9 décembre) : Alerte, danger immédiat.

 

Un bon exercice pédagogique, également, sur le site Rue89 (Sophie Verney-Caillat, 7 décembre) : Cinq clés pour comprendre les enjeux de Copenhague.

 

Un appel pour la conférence de Copenhague a été lancé par les ONG. Voir Copenhague-2009.

 

Le PS n’est pas en reste (Le Monde, 2 décembre) : A Copenhague, il faut inventer la solidarité écologique du XXIe siècle, par Martine Aubry

 

Mais ce sont de belles paroles, dépourvues de tout esprit critique. Le réalisme est du côté de Aurélien Bernier, secrétaire national du Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP), auteur du livre « Le climat, otage de la finance », 2008, Mille-et-une-nuits, qui a publié cette tribune dans le n° 188 de L’Humanité Dimanche et, le 7 décembre, sur le site www.legrandsoir.info.

 

Copenhague : le sommet du "Capitalisme Vert"

 

Plus la conférence de Copenhague approche, plus il semble évident qu’il s’agira d’un échec. Rien d’étonnant à cela, puisque la communauté internationale s’est enfermée dès le protocole de Kyoto dans des mécanismes inefficaces et dangereux, et refuse obstinément d’en sortir. Mais certains mouvements contestataires portent également une part de responsabilité pour ne pas avoir posé les véritables termes des débats.

Depuis les années 1970, toutes les négociations internationales sur l’environnement obéissent à une loi fondamentale : aucune mesure adoptée ne doit entraver le commerce mondial et la concurrence. Pour cette raison, les objectifs de réduction des gaz à effet de serre adoptés en 1997 par les pays développés à Kyoto sont dérisoires : 5,2% d’ici fin 2012 par rapport à l’année de référence 1990. Or, pour contenir le changement climatique dans des limites supportables, il faudrait diviser par deux les rejets mondiaux avant 2050.

Rideau de fumée

L’effondrement des économies d’Europe de l’Est permettra peut-être d’atteindre l’objectif de Kyoto. Mais ce résultat est un véritable rideau de fumée. En effet, les émissions des pays riches sur la période ont progressé de 12,8%. Surtout, les émissions mondiales, pays émergents inclus, ont bondi d’au moins 25% entre 1997 et 2006.

Logique, puisque les pays occidentaux sont en phase de désindustrialisation, la production étant déplacée dans les pays à bas coût de main d’œuvre et sans réglementation environnementale grâce aux politiques de libre-échange de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et de l’Union européenne.

Pour faire semblant d’agir, les États ont décidé à Kyoto de créer un marché des droits à polluer pour contrôler les gaz à effet de serre. Ils ont donc donné aux entreprises des quotas d’émission comme on donne des quotas de pêche, et ouvert une Bourse du carbone où ces quotas peuvent s’acheter et se vendre.

Les acteurs de la finance se sont précipités sur ce nouveau marché porteur, et y spéculent honteusement. En quelques années, les fonds d’investissement spécialisés dans le commerce des droits à polluer se sont multipliés, les marchés à terme ont gonflé, et des produits dérivés sont apparus, reproduisant presque à l’identique le scénario qui a conduit à la crise de septembre 2008 sur le marché des « subprimes ».

Le bilan de Kyoto est déplorable

Le bilan de Kyoto a beau être déplorable, les négociations en cours s’inscrivent dans l’exacte continuité. Le marché du carbone sera conforté, puisqu’on y intègrera progressivement la gestion des forêts, l’agriculture, le transport... Il est tout simplement amené à devenir d’ici trois ou quatre ans le premier marché au monde ! Les prochains objectifs chiffrés de réduction font couler beaucoup d’encre, mais tout indique qu’ils seront bien en deçà du nécessaire. De toute façon, la contrainte juridique qui découle de ce type d’accords est inexistante puisqu’il n’est prévu aucune sanction pour les États qui ne tiendraient pas leurs engagements.

Les gouvernements continueront par contre à promouvoir le « capitalisme vert », c’est-à-dire à servir sur un plateau les profits des technologies faiblement émettrices de carbone aux grandes multinationales. Areva, Suez ou Veolia mettent la main sur les énergies renouvelables. Total ou General Electric testent l’enfouissement du dioxyde de carbone dans d’anciens puits de pétrole ou d’anciens gisements de gaz, largement soutenus par les aides publiques. Grâce à la crise environnementale, le capitalisme est en train de vivre une seconde jeunesse. Et rien de tel que l’argument du climat pour faire tout accepter au public, sans le moindre débat de fond.

Ambiguïtés des mouvements écologistes et altermondialistes

Malheureusement, les mouvements écologistes et altermondialistes iront à Copenhague avec des mots d’ordre vagues. Ils réclameront des engagements de réduction des gaz à effet de serre élevés et des transferts de fonds vers les pays pauvres pour l’adaptation aux modifications du climat. De bonnes intentions, mais qui oublient l’enjeu majeur : celui du libre-échange et de son corollaire, le productivisme. Que personne ne fasse le lien entre les négociations de l’OMC, qui étendent la mondialisation néolibérale, et celles sur le climat, qui préservent les acquis du libre-échange, est tout à fait regrettable.

Pourtant, dix ans après le contre-sommet altermondialiste de Seattle, l’occasion est belle de dépasser le procès de la mondialisation pour énoncer des revendications concrètes et radicales.

-          D’une part, il faut absolument fermer la Bourse du carbone, qui nous prépare le prochain krach financier et privatise de façon scandaleuse les ressources naturelles.

-          D’autre part, il faut réguler le commerce international en créant des normes, des interdictions, des taxes aux frontières basées sur des critères sociaux et environnementaux.

-          Enfin, pour ne pas pénaliser les populations des pays à bas coût de main d’œuvre, cette régulation doit s’accompagner de mesures exemplaires de solidarité internationale : annulation de la dette, reconnaissance et remboursement de la dette écologique par les pays du Nord, création d’un statut de réfugié climatique.

Voilà le premier pas à faire pour casser le chantage aux délocalisations pratiqué par les grandes firmes, amorcer une relocalisation et une mutation écologique de l’économie et, au final, imposer une sérieuse redistribution des richesses. Bien sûr, l’OMC et l’Union européenne condamneront ces initiatives. Il faudra donc passer outre.

Cet article est le 45ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat et énergies

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28 juillet 2009 2 28 /07 /juillet /2009 22:49

Une taxe carbone pour satisfaire les écologistes

 

 

Conférence des experts (économistes, industriels, syndicalistes et responsables associatifs), réunie début juillet, puis table ronde (une quinzaine de personnes, élus, économistes, patrons et syndicats), sous la présidence prestigieuse de l’ancien premier ministre (et pas vraiment ami…) de François Mitterrand, quoi de mieux pour préparer les Français à une décision impopulaire.

 

Michel Rocard est mis à contribution par le président de la République, ce qui le ravit. Il se rend utile, peu importe si celui qui est à la tête de l’Etat se sert de lui. Cela lui importe peu parce que, en réalité, en matière de climat et d’énergie, Sarkozy et Borloo font la politique de Hulot et de Cohn-Bendit, ce qui convient parfaitement à Rocard.

 

Taxe carbone ou Contribution Climat Energie ? Le rapport  parle de la CCE. Revue de presse.


Le Monde
, 28 juillet : Tout ce qu'il faut savoir sur le projet de taxe carbone et Editorial du "Monde" : Impôt vert.


Libération
, 28 juillet : Taxe carbone: ce que propose concrètement le rapport Rocard et Le rapport Rocard sur la contribution climat-énergie.


Rue89
, 26 et 27 juillet : Tout ce qu'il faut savoir sur la taxe carboneet Taxe carbone : Rocard calme le jeu, Cohn-Bendit s'enflamme.

 

L’humanité, 27 juillet : Un "hold up fiscal sur le mode de la vignette"et le point de vue d’Yves Dimicoli dans l’édition à paraître demain, sous le titre « Un impôt de plus sur la consommation ! ».

 

Les Echos, 28 juillet : Rocard présente sa taxe carbone, déjà critiquée.  

 

Le Monde avec l’agence Reuters, 28 juillet : après réception du rapport, les ministres Borloo et Lagarde, dans un communiqué, « rappellent que la loi programme de mise en oeuvre du "Grenelle de l'Environnement" prévoit une compensation stricte de la CCE par une baisse des prélèvements obligatoires ».

 

Jean-Louis Borloo a cependant laissé entendre que les modalités de cette compensation n'étaient pas encore arrêtées. "Sur le principe d'une contribution climat-énergie, il y a consensus sous conditions", a-t-il dit à des journalistes.

 

"Ces conditions, c'est la progressivité et la visibilité et que ce soit équitable, et que donc les compensations aux ménages soient à 100%", a ajouté le ministre de l'Ecologie. "Certains pourront avoir plus ou moins que d'autres (...) et pour les entreprises, c'est la même chose."

 

De même, Jean-Louis Borloo a laissé entendre que le montant initial de la CCE pourrait être inférieur aux 32 euros proposés par Michel Rocard. Le produit annuel de cette contribution pourrait aussi bien être deux ou quatre milliards d'euros que huit ou neuf milliards, a-t-il ainsi dit.

A noter, par ailleurs, la réflexion de Patrick Trannoy (MRC), dans sa Lettre électronique de Demain la Gauche (21 juillet) : TAxe CArbone : TA CA la subir ou peut-on en débattre ?!

 Cet article est le 44ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat et énergies

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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 18:20

Ne pas confondre besoins et désirs solvables

 

Depuis plusieurs mois, je n’ai pas trouvé l’opportunité d’aborder les questions énergétiques. Lacune que je rattrape ce 12 mai en évoquant le livre de Jean-Marc Jancovici, qui donne un délai de trois ans pour sauver le monde.

 

Je signale un article paru sur le site du quotidien Le Monde, le 21 avril, sous le titre Les antinucléaires ont-ils perdu la bataille de l'opinion ? J’avais constaté une évolution sur ce point, qui ne peut que faire plaisir aux membres du collectif Sauvons le climat, mais je me garderai bien de conclure que l’énergie nucléaire est bien acceptée en France et dans le monde.

 

Elle est mieux acceptée parce qu’elle apparaît comme une moins mauvaise solution, dans la mesure où il faut diminuer la consommation des énergies fossiles, en raison des gaz à effet de serre, et parce que les énergies renouvelables ne  peuvent répondre à tous les besoins, même si la consommation énergétique était freinée, comme il faut le souhaiter (voir sur ce blog MRC : la 3ème voie, réaliste, pour une politique énergétique de l'UE - 5 septembre 2008).

 

Pour introduire la lecture du livre de Jean-Marc Jancovici, je conseille l’article paru le 11 mai sur le site Rue89, sous la signature de Sophie Verney-Caillat (extrait) :

 

Jean-Marc Jancovici : « On vit à crédit écologique »

Dans « C'est maintenant ! Trois ans pour sauver le monde », Jean-Marc Jancovici nous force à voir une vérité qui dérange : notre économie vit comme si l'énergie était infinie et bon marché. Continuer à l'ignorer, c'est aller au-devant d'un chaos certain. Entretien.

Jean-Marc Jancovici est le « monsieur crise énergétique » de Nicolas Hulot, dont il avait contribué au pacte écologique. C'est à ce titre qu'il a participé au Grenelle de l'Environnement dans le groupe « changement climatique ». Cet ingénieur polytechnicien partage aussi son temps entre l'enseignement, l'écriture, et sa société de conseil en réduction d'impact climatique pour les entreprises, Carbone 4 (fondée avec son co-auteur l'économiste Alain Grandjean). Il a aussi créé les outils permettant de faire son bilan carbone personnel.

Au fil de ses conférences, sur un ton jovial et spirituel, à la limite du moqueur, il répète que ce qu'il avance est « juste destiné à sauver la planète ». Pourquoi ? C'est très logique :

« Le prix de l'énergie conditionne la transformation du monde. Et si on n'a plus d'énergie abondante à un prix faible, l'économie freine. Or le prix du pétrole a été multiplié par dix entre 2000 et 2008. On l'avait tragiquement oublié. »(…)

  Cet article est le 43ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat et énergies

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6 décembre 2008 6 06 /12 /décembre /2008 17:21

Un plan climat européen montrerait le bon exemple

 

Le groupe AFLEC* de St-Berthevin, en visite à Bruxelles les 3 et 4 décembre, afin de mieux connaître le fonctionnement des institutions européennes, était admis à pénétrer dans l’hémicycle du Parlement européen jeudi 4, entre 9h30 et 10h. Les députés débattaient en séance plénière du « paquet énergie-climat » proposé par la Commission européenne, en vue d’un accord des 27 chefs d’Etat et de gouvernement, lors du Conseil européen, les 11 et 12 décembre à Bruxelles.

 

Le ministre Jean-Louis Borloo était présent, la France assurant la présidence de l’Union européenne pendant ce semestre qui s’achève à la fin 2008. J’ai trouvé un site de presse qui évoque ce débat. C’est celui de La Tribune, en lien avec EurActiv.fr. Cet article, paru le 5 décembre, décrit les différences d’approche entre les groupes de pays européens (lire aussi sur le Site d'EurActiv.fr).

 

"Paquet énergie-climat" : le parlement européen craint de ne pas être entendu

 

Plusieurs députés européens sont montés au créneau, lors de la session plénière du 4 décembre à Bruxelles, pour protester contre une prise en compte insuffisante des avis de leur assemblée dans les négociations sur le paquet énergie-climat.

 

Au cours du débat en plénière du Parlement européen sur l’état des négociations du paquet énergie-climat, le ministre français de l’Environnement, Jean-Louis Borloo, a fait face aux reproches de nombreux eurodéputés quant à la prise en compte de leur avis dans les négociations du paquet énergie-climat.

 

«Le travail fourni sur le fond est bien ici, au Parlement européen», a lancé le président du Parti socialiste européen (PSE), Martin Schulz. «La décision du Conseil n’est pas la plus intelligente», a-t-il poursuivi, fustigeant une réunion tardive des chefs d’Etat et de gouvernement, les 11 et 12 décembre à Bruxelles. «Nous ne signerons pas d’accord si vous mettez le Parlement européen devant un fait accompli. Toutes les négociations doivent se faire en trilogue», a confirmé la Britannique Avril Doyle (PPE-DE), rapporteur de la directive sur le système d'échange de quotas d'émissions (ETS).

 

«Jamais le Parlement européen n’a pu se prononcer en plénière sur le paquet», a pour sa part déploré le socialiste luxembourgeois Robert Goebbels. «C’est inacceptable!», a-t-il dénoncé. Il a réclamé un accord «dans la transparence démocratique»: «une politique climatique ambitieuse ne peut pas se décider derrière des portes closes et à l’insu des citoyens».

 

Rapporteur de la directive sur la réduction des émissions de CO2 dans l’industrie automobile, un texte bouclé quelques jours auparavant (EurActiv.fr, 03/12/08), l’Italien Guido Sacconi (PSE) s’est félicité de l’aboutissement des négociations dans ce domaine. «J’ai pensé qu’il fallait clore ce dossier avant le Conseil européen, afin que personne ne puisse y toucher.»

 

«Pas de déni démocratique»

Dans le même sens, le Britannique Martin Callanan (PPE-DE), qui participe aux trilogues entre Conseil, Parlement et Commission, s’est plaint d’avoir reçu des documents de 60 pages venant de la Présidence seulement une heure avant de commencer les négociations. «Ce n’est pas une bonne façon de procéder, a-t-il dit au ministre français. Il est important que toute cette législation, très technique, soit étudiée de près.»

 

«Il n’y a pas de déni démocratique», a répondu Jean-Louis Borloo, qui a invoqué une nécessaire accélération du calendrier pour parvenir aux objectifs fixés par les échéances de Poznan et de Copenhague (2009), et donc la nécessité d'un accord en première lecture. Il s’exprimait dans l’enceinte du PE avant de rejoindre ses homologues pour un conseil des ministres européens de l’Environnement.

 

Les parlementaires européens devaient à l'origine voter sur le texte à la session plénière de fin décembre. Sous la pression de la délégation allemande, soudée pour limiter l'impact de la législation sur le climat sur son industrie, le vote avait été avancé au 4 décembre. Le Parlement européen ayant des positions plus "vertes" que le Conseil, un vote des députés avant le Conseil européen des 11 et 12 décembre rendait un accord en première lecture difficile. La Présidence française a donc réussi à faire à nouveau modifier la date de la décision du PE. Le vote aura finalement lieu le 17 décembre (EurActiv.fr, 25/11/2008).

 

«Trois blocs de pays»

Quoiqu’il en soit, certains députés participent, depuis plusieurs semaines, aux trilogues entre Commission européenne, Parlement européen et Conseil, afin de trouver un accord sur le texte. La veille du débat, la dernière réunion de ce type s’était terminée à 2h du matin. Trois réunions devraient encore se tenir d’ici le Conseil européen des 11 et 12 décembre. Enfin, des représentants du Conseil, de la Commission et du Parlement se réuniront une dernière fois en trilogue avant la plénière.

 

Devant le Parlement, Jean-Louis Borloo a reconnu que la directive sur le système communautaire d’échange de quotas de CO2, dite «ETS», constituait le point le plus difficile des négociations. «Il y a trois grands blocs de pays, a-t-il expliqué :

 

- «Les Pays baltes, qui se sont attelés à démonter les centrales nucléaires», et qui sont sur une «île énergétique». «Eux mettent en avant des problèmes techniques matériels et spécifiques», a poursuivi le ministre.

 

- «Ensuite, il y a les pays les moins performants sur le plan énergétique, et qui dépendent d’une énergie très carbonée.» Parmi eux : la Pologne, qui dépend du charbon à 94%. «Il faut trouver des systèmes de progressivité qui ne modifient ni les objectifs globaux ni le calendrier», a estimé M. Borloo.

 

- Enfin, le troisième bloc est formé par «des pays attentifs au coût du système», parmi lesquels la France. «Ils sont très attentifs au coût de la nécessaire solidarité entre nous et au choix de la pré-affectation des crédits» dégagés dans le cadre de la directive ETS.

 

Face à cela, Jean-Louis Borloo a préconisé deux solutions, qui pourraient être adoptées ensemble ou séparément : la progressivité des enchères, et un mécanisme d’inclusion carbone (ou taxe carbone) pour limiter les délocalisations des industries européennes à cause des quotas payants.

«Il ne faut pas que le prix de l’énergie augmente», a-t-il affirmé. Egalement interrogé par plusieurs députés sur le financement des technologies de captage et de stockage de CO2, il a assuré que ce financement serait inclus dans les accords «sous une forme ou une autre, maintenant ou un peu plus tard» (EurActiv.fr, 4/11/2008).

 

Quelques heures plus tard, en marge du Conseil Environnement, le ministre français a par ailleurs estimé que les Etats membres étaient d’accord sur 90% des points à négocier, et que les 10% restants seraient résolus lors du Conseil européen. «Tout le monde est dans l’idée que c’est par la compétitivité qu’on sauvera le climat», a-t-il ajouté.


Sur ce même sujet, voici quelques articles apportant d’autres informations, complémentaires :


-
Dernière ligne droite pour le plan climat européen (Le Monde, 5 décembre) ;

- "La crise ne rend pas moins pertinente la lutte contre le changement climatique" (Le Monde, 1er décembre) ;

- Sarkozy négocie avec les pays de l'Est sur le climat (Nouvel Observateur, 6 décembre).

 

Ajoutons cet article paru le 5 décembre sur le site du Monde, qui conteste la mise à l’écart du méthane dans les efforts à réaliser pour lutter contre les gaz à effet de serre (lire Climat : alerte au méthane, par Benjamin Dessus).

 

* Ce déplacement était organisé par l’AFLEC Association Familiale Loisirs Et Culture Saint-Berthevin ... en relation avec Georges Garot, président de la Maison de l’Europe en Mayenne, ancien député au Parlement européen (1997-2004). Nous avons participé à des rencontres de grand intérêt avec des députés au Parlement européen et des fonctionnaires de la Commission européenne.

 

Cet article est le 42ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat et énergies

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5 septembre 2008 5 05 /09 /septembre /2008 09:38

Assurer l’indépendance énergétique de l’Europe

 

Sur proposition de son secrétaire national, Gérard Pierre, le MRC a publié hier un texte d’orientation concernant la politique énergétique de la France dans le cadre de l’Union européenne. Bien sûr, cette question est à l’origine de clivages majeurs au  niveau national et au sein de la gauche. Raison de plus pour en débattre. Cela concerne tous les citoyens. Chacun pourra cliquer sur Climat et énergies pour prendre connaissance des textes déjà parus sur ce blog à ce sujet.

 

Voir aussi sur Rencontres CIVIQ les interventions de Gérard Pierre et Michel Lemosquet lors de la rencontre du 26 octobre 2006 à St-Berthevin. Gérard Pierre intervenait en tant que membre du collectif qui a signé le manifeste "Sauvons le Climat".

 

Voici la position du Mouvement Républicain et Citoyen, que chacun peut consulter sur le site du MRC.

 

Energie, développement durable : le choix du progrès

 

Le projet de loi relatif au Grenelle de l'environnement rappelle les engagements des chefs d'Etat de l'Union Européenne en matière de lutte contre le changement climatique, le 3 fois 20 :
-20% de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
-20% d'augmentation de l'efficacité énergétique.
-20% d'augmentation des énergies renouvelables.

Réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre est le seul des trois engagements qui a un véritable impact écologique.

 

L'augmentation inéluctable des prix du gaz et du pétrole aura une incidence qui devrait permettre d'être plus exigeant vis-à-vis de cet engagement, car il représentera une véritable taxe carbone.

 

Mais imposer 20% d'énergie renouvelable, en France, n'est pas un objectif écologiquement intéressant contrairement à d'autres pays.

Toujours en France, l'utilisation des énergies renouvelables pour la production d'électricité n'est intéressante ni pour le climat, ni pour l'indépendance énergétique. Ce n'est pas le cas pour les pays qui utilisent les ressources fossiles pour cette production. Dans ces pays, chaque kWh produit par de l'énergie renouvelable réduit automatiquement les émissions de CO2.

 

L'Union devrait se donner un seul objectif, celui de diminuer ses rejets de gaz à effet de serre, et laisser la liberté aux pays membres d'améliorer l'efficacité énergétique ou de recourir aux énergies renouvelables pour atteindre cet objectif.

 

Pourquoi demander à tous les pays le même pourcentage de réduction ? Il est plus équitable et plus efficace de moduler ce pourcentage en fonction des rejets actuels par habitant de chaque pays, afin d'arriver, à terme, à un rejet uniforme pour chaque Européen.

L'Union devrait avoir une politique d'approvisionnement énergétique en développant avec les pays producteurs des contrats à longs termes, basés sur des collaborations durables. Une telle politique serait profitable à l'ensemble des pays qui la compose.

Il est clair que le souci de protéger le climat sera promoteur du vecteur électricité, à condition que le mode de production ne fasse pas appel aux énergies fossiles carbonées.

 

Le nucléaire doit jouer un rôle important dans la réduction des gaz à effet de serre. Il faudra à terme passer à la génération IV pour obtenir la durabilité de ce type de production. L'effort de recherche et développement doit se poursuivre.

Le transport collectif doit être développé, mais les Français sont attachés à leur voiture. Pour accompagner ce changement, il faut promouvoir les transports collectifs comme alternative à la voiture et prévoir un moyen de transport individuel propre et durable.

 

La voiture hybride est donc intéressante pour les déplacements urbains et périurbains. Elle doit être développée et améliorée ; la voiture hybride rechargeable ou la voiture tout électrique, dans un pays où l'électricité est produite sans gaz à effet de serre, est le moyen de déplacement individuel le plus économique et le plus écologique.

Pour le chauffage des habitations et des bureaux, il faut étudier la possibilité de développer des réseaux de chaleur où la source ne produirait pas de gaz à effet de serre.

Là, les énergies renouvelables (solaire thermique…) d'une part, et l'énergie nucléaire (pompe à chaleur…) d'autre part, peuvent apporter chacune des solutions complémentaires.

Enfin l'État, en termes d'aménagement du territoire, doit dans ses directives prendre en compte les problèmes énergétiques et en particulier s'efforcer de rapprocher les lieux de vie des lieux de travail.

 

En conclusion, au moins trois choix énergétiques sont possibles, ayant des conséquences différentes.

-          Le premier est de continuer à consommer les énergies fossiles, c'est un choix de développement non durable.

-          - Le deuxième consiste à n'utiliser que des énergies renouvelables, c'est un choix de « non développement », mais durable.

-          Le troisième est de ne rien négliger : ni les énergies renouvelables, ni la gestion raisonnable de l'énergie afin d'en réduire la consommation, ni l'indispensable développement de l'énergie nucléaire.

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17 novembre 2007 6 17 /11 /novembre /2007 23:34

La crise écologique s’articule à la crise sociale

 

On n’en a pas fini avec le réchauffement climatique. Ce n’est qu’un début. Le GIEC continue de tirer le signal d’alarme. Le programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) constate que les injustices environnementales concernent surtout les pauvres. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, dit que l’humanité est « au bord de la catastrophe » en parlant du climat.

 

Voici ce qu’on pouvait lire ce jour sur www.lemonde.fr.

 

« Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé samedi 17 novembre à prendre des mesures urgentes pour combattre le réchauffement climatique, avertissant que le monde est "au bord de la catastrophe", alors qu'un nouveau rapport du groupe intergouvernemental d'experts sur le changement climatique (Giec) doit être officiellement adopté dans la journée à Valence, en Espagne.

 

"On est tous d'accord. Le changement est réel et nous, les humains, en sommes la principale cause. Pourtant même à l'heure actuelle, peu de personnes réalisent vraiment la gravité de la menace ou son immédiateté", écrit M. Ban Ki-moon dans l'International Herald Tribune."J'ai toujours considéré le réchauffement climatique de la planète comme un sujet d'une urgence extrême. Maintenant, je crois qu'on est au bord d'une catastrophe si l'on n'agit pas" ».

 

Hier, le même site du quotidien Le Monde présentait les travaux et les conclusions du PNUE sous le titre : « Terre : le dilemme de l'ONU, marché roi ou écologie ».

 
« La destruction systématique des ressources naturelles de la Terre a atteint un point où la viabilité des économies est en danger, et où la facture que nous laisserons à nos enfants pourrait être impossible à régler" : le constat est posé par Achim Steiner, directeur du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE). Présentant le rapport "GEO 4 - Avenir de l'environnement mondial", le 25 octobre à New York, il a souligné la vigueur du lien entre système économique et dégradation de l'environnement. "GEO 4", résultat du travail de 1 400 scientifiques et experts, dresse un tableau alarmant de la situation écologique de la planète, mais souligne aussi combien son évolution dépend du choix des politiques économiques.

Vingt ans après le Rapport Brundtland qui, en 1987, avait inventé le concept de développement durable, la majorité des indicateurs sont au rouge : climat (les concentrations de gaz carbonique dans l'atmosphère ont augmenté d'un tiers depuis vingt ans), biodiversité (les populations d'amphibiens ont été divisées par deux dans le même laps de temps), pollutions (celle de l'air est responsable de 500 000 morts par an, selon l'Organisation mondiale de la santé, l'OMS), artificialisation des sols (un étalement urbain "anarchique" en Amérique du Nord), etc.

Le PNUE observe que la crise écologique s'articule à la crise sociale. Le contraste est marqué entre la pression écologique intense que subit la biosphère et l'expansion économique qui a fait passer le produit annuel par être humain de 6 000 dollars à 8 000 dollars entre 1987 et 2007. Mais de façon très inégale, insiste le rapport : "Les injustices environnementales continuent à augmenter, affectant surtout les pauvres (qui sont beaucoup plus touchés par les dangers naturels), les femmes et les peuples indigènes." L'environnement reflète ces inégalités : "Certaines régions développées ont accompli des progrès environnementaux aux dépens d'autres régions en y exportant la production et ses impacts." Les valeurs culturelles propres au système économique dominant ont aussi un effet majeur. Ainsi, "un modèle de développement "du Nord" prévaut toujours avec, par exemple, un développement urbain basé sur la dépendance envers la voiture".

Le PNUE va plus loin en présentant des scénarios imaginant les évolutions d'ici à 2050, selon différentes politiques. Ce travail de scénarisation a été élaboré par plusieurs groupes d'experts internationaux, en se fondant sur les modèles de prospective existant dans plusieurs institutions. Il définit quatre scénarios. Pour chacun, un but est privilégié :

- Marché d'abord : "Le gouvernement aide le secteur privé à atteindre une croissance économique maximale."

- Politique d'abord : "Le gouvernement met en place des politiques fortes afin d'atteindre l'objectif tout en accordant toujours beaucoup d'importance au développement économique."

- Sécurité d'abord : l'accent est mis "sur la recherche de la sécurité, qui l'emporte sur d'autres valeurs, et place des limites croissantes sur la façon dont les gens vivent".

- Ecologie d'abord : cela "implique la collaboration entre le gouvernement, la société civile et le secteur privé pour améliorer l'environnement et le bien-être de tous".

Sans surprise, le "scénario écologique" atteint le mieux l'objectif d'amoindrir l'ampleur de la crise écologique. Il suppose que la démographie évolue selon le bas de la fourchette prévue par l'ONU, soit 8 milliards d'habitants en 2050. Le taux de croissance annuel de l'économie mondiale est modéré, mais loin d'être nul, puisqu'il conduit à un triplement du produit intérieur brut (PIB) mondial.

Le "scénario marché" poursuit la logique dominante des années 1990 : on y suppose que la population atteindra 9 milliards d'individus en 2050 et que la croissance multipliera par cinq le PIB mondial. Il aboutit à une situation écologique très dégradée en 2050, comme le "scénario sécurité" - qui induit quant à lui des "conflits permanents" à travers la planète. "Dans le scénario marché d'abord, l'environnement et la société évoluent le plus rapidement vers - voire au-delà - des points de basculement où des changements soudains et irréversibles pourraient survenir."

La poursuite de la libéralisation apparaît ainsi comme le scénario le plus risqué. Les experts rappellent que la logique écologique est incompatible avec la recherche illimitée de la croissance économique : "La perte de la biodiversité et le changement climatique ont des conséquences irréversibles, que la croissance des revenus ne peut résoudre."

L'analyse du PNUE ne devrait pas changer, à court terme, le sens des politiques économiques, qui restent focalisées sur la libéralisation et la croissance. Mais, venant à l'appui du diagnostic pessimiste du GIEC sur le climat, et quelques jours avant que le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) souligne les effets du changement climatique sur les pays les plus pauvres, il témoigne que la communauté environnementaliste entend dorénavant peser sur les choix économiques engageant l'avenir.

Consulter le rapport sur le site Internet : www.unep.org/geo (cliquer sur « français ».

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