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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 18:20

Ne pas confondre besoins et désirs solvables

 

Depuis plusieurs mois, je n’ai pas trouvé l’opportunité d’aborder les questions énergétiques. Lacune que je rattrape ce 12 mai en évoquant le livre de Jean-Marc Jancovici, qui donne un délai de trois ans pour sauver le monde.

 

Je signale un article paru sur le site du quotidien Le Monde, le 21 avril, sous le titre Les antinucléaires ont-ils perdu la bataille de l'opinion ? J’avais constaté une évolution sur ce point, qui ne peut que faire plaisir aux membres du collectif Sauvons le climat, mais je me garderai bien de conclure que l’énergie nucléaire est bien acceptée en France et dans le monde.

 

Elle est mieux acceptée parce qu’elle apparaît comme une moins mauvaise solution, dans la mesure où il faut diminuer la consommation des énergies fossiles, en raison des gaz à effet de serre, et parce que les énergies renouvelables ne  peuvent répondre à tous les besoins, même si la consommation énergétique était freinée, comme il faut le souhaiter (voir sur ce blog MRC : la 3ème voie, réaliste, pour une politique énergétique de l'UE - 5 septembre 2008).

 

Pour introduire la lecture du livre de Jean-Marc Jancovici, je conseille l’article paru le 11 mai sur le site Rue89, sous la signature de Sophie Verney-Caillat (extrait) :

 

Jean-Marc Jancovici : « On vit à crédit écologique »

Dans « C'est maintenant ! Trois ans pour sauver le monde », Jean-Marc Jancovici nous force à voir une vérité qui dérange : notre économie vit comme si l'énergie était infinie et bon marché. Continuer à l'ignorer, c'est aller au-devant d'un chaos certain. Entretien.

Jean-Marc Jancovici est le « monsieur crise énergétique » de Nicolas Hulot, dont il avait contribué au pacte écologique. C'est à ce titre qu'il a participé au Grenelle de l'Environnement dans le groupe « changement climatique ». Cet ingénieur polytechnicien partage aussi son temps entre l'enseignement, l'écriture, et sa société de conseil en réduction d'impact climatique pour les entreprises, Carbone 4 (fondée avec son co-auteur l'économiste Alain Grandjean). Il a aussi créé les outils permettant de faire son bilan carbone personnel.

Au fil de ses conférences, sur un ton jovial et spirituel, à la limite du moqueur, il répète que ce qu'il avance est « juste destiné à sauver la planète ». Pourquoi ? C'est très logique :

« Le prix de l'énergie conditionne la transformation du monde. Et si on n'a plus d'énergie abondante à un prix faible, l'économie freine. Or le prix du pétrole a été multiplié par dix entre 2000 et 2008. On l'avait tragiquement oublié. »(…)

  Cet article est le 43ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat et énergies

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6 décembre 2008 6 06 /12 /décembre /2008 17:21

Un plan climat européen montrerait le bon exemple

 

Le groupe AFLEC* de St-Berthevin, en visite à Bruxelles les 3 et 4 décembre, afin de mieux connaître le fonctionnement des institutions européennes, était admis à pénétrer dans l’hémicycle du Parlement européen jeudi 4, entre 9h30 et 10h. Les députés débattaient en séance plénière du « paquet énergie-climat » proposé par la Commission européenne, en vue d’un accord des 27 chefs d’Etat et de gouvernement, lors du Conseil européen, les 11 et 12 décembre à Bruxelles.

 

Le ministre Jean-Louis Borloo était présent, la France assurant la présidence de l’Union européenne pendant ce semestre qui s’achève à la fin 2008. J’ai trouvé un site de presse qui évoque ce débat. C’est celui de La Tribune, en lien avec EurActiv.fr. Cet article, paru le 5 décembre, décrit les différences d’approche entre les groupes de pays européens (lire aussi sur le Site d'EurActiv.fr).

 

"Paquet énergie-climat" : le parlement européen craint de ne pas être entendu

 

Plusieurs députés européens sont montés au créneau, lors de la session plénière du 4 décembre à Bruxelles, pour protester contre une prise en compte insuffisante des avis de leur assemblée dans les négociations sur le paquet énergie-climat.

 

Au cours du débat en plénière du Parlement européen sur l’état des négociations du paquet énergie-climat, le ministre français de l’Environnement, Jean-Louis Borloo, a fait face aux reproches de nombreux eurodéputés quant à la prise en compte de leur avis dans les négociations du paquet énergie-climat.

 

«Le travail fourni sur le fond est bien ici, au Parlement européen», a lancé le président du Parti socialiste européen (PSE), Martin Schulz. «La décision du Conseil n’est pas la plus intelligente», a-t-il poursuivi, fustigeant une réunion tardive des chefs d’Etat et de gouvernement, les 11 et 12 décembre à Bruxelles. «Nous ne signerons pas d’accord si vous mettez le Parlement européen devant un fait accompli. Toutes les négociations doivent se faire en trilogue», a confirmé la Britannique Avril Doyle (PPE-DE), rapporteur de la directive sur le système d'échange de quotas d'émissions (ETS).

 

«Jamais le Parlement européen n’a pu se prononcer en plénière sur le paquet», a pour sa part déploré le socialiste luxembourgeois Robert Goebbels. «C’est inacceptable!», a-t-il dénoncé. Il a réclamé un accord «dans la transparence démocratique»: «une politique climatique ambitieuse ne peut pas se décider derrière des portes closes et à l’insu des citoyens».

 

Rapporteur de la directive sur la réduction des émissions de CO2 dans l’industrie automobile, un texte bouclé quelques jours auparavant (EurActiv.fr, 03/12/08), l’Italien Guido Sacconi (PSE) s’est félicité de l’aboutissement des négociations dans ce domaine. «J’ai pensé qu’il fallait clore ce dossier avant le Conseil européen, afin que personne ne puisse y toucher.»

 

«Pas de déni démocratique»

Dans le même sens, le Britannique Martin Callanan (PPE-DE), qui participe aux trilogues entre Conseil, Parlement et Commission, s’est plaint d’avoir reçu des documents de 60 pages venant de la Présidence seulement une heure avant de commencer les négociations. «Ce n’est pas une bonne façon de procéder, a-t-il dit au ministre français. Il est important que toute cette législation, très technique, soit étudiée de près.»

 

«Il n’y a pas de déni démocratique», a répondu Jean-Louis Borloo, qui a invoqué une nécessaire accélération du calendrier pour parvenir aux objectifs fixés par les échéances de Poznan et de Copenhague (2009), et donc la nécessité d'un accord en première lecture. Il s’exprimait dans l’enceinte du PE avant de rejoindre ses homologues pour un conseil des ministres européens de l’Environnement.

 

Les parlementaires européens devaient à l'origine voter sur le texte à la session plénière de fin décembre. Sous la pression de la délégation allemande, soudée pour limiter l'impact de la législation sur le climat sur son industrie, le vote avait été avancé au 4 décembre. Le Parlement européen ayant des positions plus "vertes" que le Conseil, un vote des députés avant le Conseil européen des 11 et 12 décembre rendait un accord en première lecture difficile. La Présidence française a donc réussi à faire à nouveau modifier la date de la décision du PE. Le vote aura finalement lieu le 17 décembre (EurActiv.fr, 25/11/2008).

 

«Trois blocs de pays»

Quoiqu’il en soit, certains députés participent, depuis plusieurs semaines, aux trilogues entre Commission européenne, Parlement européen et Conseil, afin de trouver un accord sur le texte. La veille du débat, la dernière réunion de ce type s’était terminée à 2h du matin. Trois réunions devraient encore se tenir d’ici le Conseil européen des 11 et 12 décembre. Enfin, des représentants du Conseil, de la Commission et du Parlement se réuniront une dernière fois en trilogue avant la plénière.

 

Devant le Parlement, Jean-Louis Borloo a reconnu que la directive sur le système communautaire d’échange de quotas de CO2, dite «ETS», constituait le point le plus difficile des négociations. «Il y a trois grands blocs de pays, a-t-il expliqué :

 

- «Les Pays baltes, qui se sont attelés à démonter les centrales nucléaires», et qui sont sur une «île énergétique». «Eux mettent en avant des problèmes techniques matériels et spécifiques», a poursuivi le ministre.

 

- «Ensuite, il y a les pays les moins performants sur le plan énergétique, et qui dépendent d’une énergie très carbonée.» Parmi eux : la Pologne, qui dépend du charbon à 94%. «Il faut trouver des systèmes de progressivité qui ne modifient ni les objectifs globaux ni le calendrier», a estimé M. Borloo.

 

- Enfin, le troisième bloc est formé par «des pays attentifs au coût du système», parmi lesquels la France. «Ils sont très attentifs au coût de la nécessaire solidarité entre nous et au choix de la pré-affectation des crédits» dégagés dans le cadre de la directive ETS.

 

Face à cela, Jean-Louis Borloo a préconisé deux solutions, qui pourraient être adoptées ensemble ou séparément : la progressivité des enchères, et un mécanisme d’inclusion carbone (ou taxe carbone) pour limiter les délocalisations des industries européennes à cause des quotas payants.

«Il ne faut pas que le prix de l’énergie augmente», a-t-il affirmé. Egalement interrogé par plusieurs députés sur le financement des technologies de captage et de stockage de CO2, il a assuré que ce financement serait inclus dans les accords «sous une forme ou une autre, maintenant ou un peu plus tard» (EurActiv.fr, 4/11/2008).

 

Quelques heures plus tard, en marge du Conseil Environnement, le ministre français a par ailleurs estimé que les Etats membres étaient d’accord sur 90% des points à négocier, et que les 10% restants seraient résolus lors du Conseil européen. «Tout le monde est dans l’idée que c’est par la compétitivité qu’on sauvera le climat», a-t-il ajouté.


Sur ce même sujet, voici quelques articles apportant d’autres informations, complémentaires :


-
Dernière ligne droite pour le plan climat européen (Le Monde, 5 décembre) ;

- "La crise ne rend pas moins pertinente la lutte contre le changement climatique" (Le Monde, 1er décembre) ;

- Sarkozy négocie avec les pays de l'Est sur le climat (Nouvel Observateur, 6 décembre).

 

Ajoutons cet article paru le 5 décembre sur le site du Monde, qui conteste la mise à l’écart du méthane dans les efforts à réaliser pour lutter contre les gaz à effet de serre (lire Climat : alerte au méthane, par Benjamin Dessus).

 

* Ce déplacement était organisé par l’AFLEC Association Familiale Loisirs Et Culture Saint-Berthevin ... en relation avec Georges Garot, président de la Maison de l’Europe en Mayenne, ancien député au Parlement européen (1997-2004). Nous avons participé à des rencontres de grand intérêt avec des députés au Parlement européen et des fonctionnaires de la Commission européenne.

 

Cet article est le 42ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat et énergies

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5 septembre 2008 5 05 /09 /septembre /2008 09:38

Assurer l’indépendance énergétique de l’Europe

 

Sur proposition de son secrétaire national, Gérard Pierre, le MRC a publié hier un texte d’orientation concernant la politique énergétique de la France dans le cadre de l’Union européenne. Bien sûr, cette question est à l’origine de clivages majeurs au  niveau national et au sein de la gauche. Raison de plus pour en débattre. Cela concerne tous les citoyens. Chacun pourra cliquer sur Climat et énergies pour prendre connaissance des textes déjà parus sur ce blog à ce sujet.

 

Voir aussi sur Rencontres CIVIQ les interventions de Gérard Pierre et Michel Lemosquet lors de la rencontre du 26 octobre 2006 à St-Berthevin. Gérard Pierre intervenait en tant que membre du collectif qui a signé le manifeste "Sauvons le Climat".

 

Voici la position du Mouvement Républicain et Citoyen, que chacun peut consulter sur le site du MRC.

 

Energie, développement durable : le choix du progrès

 

Le projet de loi relatif au Grenelle de l'environnement rappelle les engagements des chefs d'Etat de l'Union Européenne en matière de lutte contre le changement climatique, le 3 fois 20 :
-20% de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
-20% d'augmentation de l'efficacité énergétique.
-20% d'augmentation des énergies renouvelables.

Réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre est le seul des trois engagements qui a un véritable impact écologique.

 

L'augmentation inéluctable des prix du gaz et du pétrole aura une incidence qui devrait permettre d'être plus exigeant vis-à-vis de cet engagement, car il représentera une véritable taxe carbone.

 

Mais imposer 20% d'énergie renouvelable, en France, n'est pas un objectif écologiquement intéressant contrairement à d'autres pays.

Toujours en France, l'utilisation des énergies renouvelables pour la production d'électricité n'est intéressante ni pour le climat, ni pour l'indépendance énergétique. Ce n'est pas le cas pour les pays qui utilisent les ressources fossiles pour cette production. Dans ces pays, chaque kWh produit par de l'énergie renouvelable réduit automatiquement les émissions de CO2.

 

L'Union devrait se donner un seul objectif, celui de diminuer ses rejets de gaz à effet de serre, et laisser la liberté aux pays membres d'améliorer l'efficacité énergétique ou de recourir aux énergies renouvelables pour atteindre cet objectif.

 

Pourquoi demander à tous les pays le même pourcentage de réduction ? Il est plus équitable et plus efficace de moduler ce pourcentage en fonction des rejets actuels par habitant de chaque pays, afin d'arriver, à terme, à un rejet uniforme pour chaque Européen.

L'Union devrait avoir une politique d'approvisionnement énergétique en développant avec les pays producteurs des contrats à longs termes, basés sur des collaborations durables. Une telle politique serait profitable à l'ensemble des pays qui la compose.

Il est clair que le souci de protéger le climat sera promoteur du vecteur électricité, à condition que le mode de production ne fasse pas appel aux énergies fossiles carbonées.

 

Le nucléaire doit jouer un rôle important dans la réduction des gaz à effet de serre. Il faudra à terme passer à la génération IV pour obtenir la durabilité de ce type de production. L'effort de recherche et développement doit se poursuivre.

Le transport collectif doit être développé, mais les Français sont attachés à leur voiture. Pour accompagner ce changement, il faut promouvoir les transports collectifs comme alternative à la voiture et prévoir un moyen de transport individuel propre et durable.

 

La voiture hybride est donc intéressante pour les déplacements urbains et périurbains. Elle doit être développée et améliorée ; la voiture hybride rechargeable ou la voiture tout électrique, dans un pays où l'électricité est produite sans gaz à effet de serre, est le moyen de déplacement individuel le plus économique et le plus écologique.

Pour le chauffage des habitations et des bureaux, il faut étudier la possibilité de développer des réseaux de chaleur où la source ne produirait pas de gaz à effet de serre.

Là, les énergies renouvelables (solaire thermique…) d'une part, et l'énergie nucléaire (pompe à chaleur…) d'autre part, peuvent apporter chacune des solutions complémentaires.

Enfin l'État, en termes d'aménagement du territoire, doit dans ses directives prendre en compte les problèmes énergétiques et en particulier s'efforcer de rapprocher les lieux de vie des lieux de travail.

 

En conclusion, au moins trois choix énergétiques sont possibles, ayant des conséquences différentes.

-          Le premier est de continuer à consommer les énergies fossiles, c'est un choix de développement non durable.

-          - Le deuxième consiste à n'utiliser que des énergies renouvelables, c'est un choix de « non développement », mais durable.

-          Le troisième est de ne rien négliger : ni les énergies renouvelables, ni la gestion raisonnable de l'énergie afin d'en réduire la consommation, ni l'indispensable développement de l'énergie nucléaire.

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17 novembre 2007 6 17 /11 /novembre /2007 23:34

La crise écologique s’articule à la crise sociale

 

On n’en a pas fini avec le réchauffement climatique. Ce n’est qu’un début. Le GIEC continue de tirer le signal d’alarme. Le programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) constate que les injustices environnementales concernent surtout les pauvres. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, dit que l’humanité est « au bord de la catastrophe » en parlant du climat.

 

Voici ce qu’on pouvait lire ce jour sur www.lemonde.fr.

 

« Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé samedi 17 novembre à prendre des mesures urgentes pour combattre le réchauffement climatique, avertissant que le monde est "au bord de la catastrophe", alors qu'un nouveau rapport du groupe intergouvernemental d'experts sur le changement climatique (Giec) doit être officiellement adopté dans la journée à Valence, en Espagne.

 

"On est tous d'accord. Le changement est réel et nous, les humains, en sommes la principale cause. Pourtant même à l'heure actuelle, peu de personnes réalisent vraiment la gravité de la menace ou son immédiateté", écrit M. Ban Ki-moon dans l'International Herald Tribune."J'ai toujours considéré le réchauffement climatique de la planète comme un sujet d'une urgence extrême. Maintenant, je crois qu'on est au bord d'une catastrophe si l'on n'agit pas" ».

 

Hier, le même site du quotidien Le Monde présentait les travaux et les conclusions du PNUE sous le titre : « Terre : le dilemme de l'ONU, marché roi ou écologie ».

 
« La destruction systématique des ressources naturelles de la Terre a atteint un point où la viabilité des économies est en danger, et où la facture que nous laisserons à nos enfants pourrait être impossible à régler" : le constat est posé par Achim Steiner, directeur du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE). Présentant le rapport "GEO 4 - Avenir de l'environnement mondial", le 25 octobre à New York, il a souligné la vigueur du lien entre système économique et dégradation de l'environnement. "GEO 4", résultat du travail de 1 400 scientifiques et experts, dresse un tableau alarmant de la situation écologique de la planète, mais souligne aussi combien son évolution dépend du choix des politiques économiques.

Vingt ans après le Rapport Brundtland qui, en 1987, avait inventé le concept de développement durable, la majorité des indicateurs sont au rouge : climat (les concentrations de gaz carbonique dans l'atmosphère ont augmenté d'un tiers depuis vingt ans), biodiversité (les populations d'amphibiens ont été divisées par deux dans le même laps de temps), pollutions (celle de l'air est responsable de 500 000 morts par an, selon l'Organisation mondiale de la santé, l'OMS), artificialisation des sols (un étalement urbain "anarchique" en Amérique du Nord), etc.

Le PNUE observe que la crise écologique s'articule à la crise sociale. Le contraste est marqué entre la pression écologique intense que subit la biosphère et l'expansion économique qui a fait passer le produit annuel par être humain de 6 000 dollars à 8 000 dollars entre 1987 et 2007. Mais de façon très inégale, insiste le rapport : "Les injustices environnementales continuent à augmenter, affectant surtout les pauvres (qui sont beaucoup plus touchés par les dangers naturels), les femmes et les peuples indigènes." L'environnement reflète ces inégalités : "Certaines régions développées ont accompli des progrès environnementaux aux dépens d'autres régions en y exportant la production et ses impacts." Les valeurs culturelles propres au système économique dominant ont aussi un effet majeur. Ainsi, "un modèle de développement "du Nord" prévaut toujours avec, par exemple, un développement urbain basé sur la dépendance envers la voiture".

Le PNUE va plus loin en présentant des scénarios imaginant les évolutions d'ici à 2050, selon différentes politiques. Ce travail de scénarisation a été élaboré par plusieurs groupes d'experts internationaux, en se fondant sur les modèles de prospective existant dans plusieurs institutions. Il définit quatre scénarios. Pour chacun, un but est privilégié :

- Marché d'abord : "Le gouvernement aide le secteur privé à atteindre une croissance économique maximale."

- Politique d'abord : "Le gouvernement met en place des politiques fortes afin d'atteindre l'objectif tout en accordant toujours beaucoup d'importance au développement économique."

- Sécurité d'abord : l'accent est mis "sur la recherche de la sécurité, qui l'emporte sur d'autres valeurs, et place des limites croissantes sur la façon dont les gens vivent".

- Ecologie d'abord : cela "implique la collaboration entre le gouvernement, la société civile et le secteur privé pour améliorer l'environnement et le bien-être de tous".

Sans surprise, le "scénario écologique" atteint le mieux l'objectif d'amoindrir l'ampleur de la crise écologique. Il suppose que la démographie évolue selon le bas de la fourchette prévue par l'ONU, soit 8 milliards d'habitants en 2050. Le taux de croissance annuel de l'économie mondiale est modéré, mais loin d'être nul, puisqu'il conduit à un triplement du produit intérieur brut (PIB) mondial.

Le "scénario marché" poursuit la logique dominante des années 1990 : on y suppose que la population atteindra 9 milliards d'individus en 2050 et que la croissance multipliera par cinq le PIB mondial. Il aboutit à une situation écologique très dégradée en 2050, comme le "scénario sécurité" - qui induit quant à lui des "conflits permanents" à travers la planète. "Dans le scénario marché d'abord, l'environnement et la société évoluent le plus rapidement vers - voire au-delà - des points de basculement où des changements soudains et irréversibles pourraient survenir."

La poursuite de la libéralisation apparaît ainsi comme le scénario le plus risqué. Les experts rappellent que la logique écologique est incompatible avec la recherche illimitée de la croissance économique : "La perte de la biodiversité et le changement climatique ont des conséquences irréversibles, que la croissance des revenus ne peut résoudre."

L'analyse du PNUE ne devrait pas changer, à court terme, le sens des politiques économiques, qui restent focalisées sur la libéralisation et la croissance. Mais, venant à l'appui du diagnostic pessimiste du GIEC sur le climat, et quelques jours avant que le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) souligne les effets du changement climatique sur les pays les plus pauvres, il témoigne que la communauté environnementaliste entend dorénavant peser sur les choix économiques engageant l'avenir.

Consulter le rapport sur le site Internet : www.unep.org/geo (cliquer sur « français ».

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27 octobre 2007 6 27 /10 /octobre /2007 11:32

Montrer que l’écologie est l’affaire de tous

 

Après avoir évoqué, hier et avant-hier, à partir d’articles de presse, les points essentiels du Grenelle de l’environnement, je propose aujourd’hui de prendre connaissance de l’analyse qu’en fait le collectif « Sauvons le climat » (http://www.sauvonsleclimat.org ).

Le président, Hervé Nifenecker, compare les résultats du Grenelle avec ses propres propositions, transmises à Jean Jouzel, président du groupe 1 (voir sur ce blog l’article paru le 7 septembre 2007, ainsi que d’autres articles, catégorie « Environnement climatique et énergies » - 38 articles sur ce blog).

 

Voici le commentaire de « Sauvons le climat » sur le Grenelle de l’environnement.

Bilan globalement positif du "Grenelle de 'Environnement" 

Le "Grenelle de l'Environnement" a popularisé avec une ampleur sans précédent les thèmes environnementaux parmi nos compatriotes. Il a abouti à des propositions pratiques intéressantes ayant réuni un consensus. Il a démontré que l'écologie était l'affaire de tous et non le  domaine réservé de militants plus ou moins endoctrinés. C'est un résultat marquant et, pour tout dire, inespéré. Il a été conclu par un remarquable discours du Président de la République (voir le texte de l'allocution sur notre site http://sauvonsleclimat.org/colloque.php )

"Sauvons le Climat" n'a pas les compétences pour juger de tous les sujets abordés par le "Grenelle". Pour préciser notre appréciation des propositions faites dans les domaines climatiques et énergétiques, nous reprenons les propositions que nous avions faites au Groupe 1 présidé par le Pr. Jean Jouzel.

- Favoriser la diminution de l’intensité Carbone plutôt que de la simple intensité énergétique 
Des signaux dans ce sens se trouvent dans le discours du Président de la République. Citons : toutes les décisions publiques seront arbitrées en intégrant leur coût pour le climat, leur « coût en carbone ».

La perspective de l'établissement d'une taxe carbone avec le souci de ne pas pénaliser les ménages les plus modestes va clairement dans le bon sens. Il en est de même de l'affirmation faite par le Président que le prix des hydrocarbures continuera à augmenter. Il faudra, bien sûr, être vigilant sur les modalités pratiques de mise en oeuvre.

- Evaluer les choix de politique de l’énergie en fonction du coût de la tonne de carbone évité, en favorisant les actions qui minimisent ce coût 

Voir plus haut.

- Renoncer progressivement à l’usage du fioul, du gaz et du charbon pour la production de chaleur

L'accélération du programme d'isolation et de rénovation des bâtiments va clairement dans ce sens. Nous regrettons qu'on ne soit pas allé jusqu'à l'éventualité de mettre hors norme les chaudières à fioul et  à gaz, de peur de déplaire aux associations antinucléaires qui n'acceptent pas l'augmentation éventuelle du recours à l'électricité pour le chauffage (l'électricité c'est le nucléaire honni).

- Augmenter la part de l’électricité dans la consommation finale et engager la construction d’un deuxième EPR. Soumettre toute nouvelle centrale utilisant des combustibles fossiles à l’obligation du captage-stockage. Développer l’usage du combustible bio-masse dans des réseaux de chaleur avec co-génération.
 

Le pouvoir a tenu bon sur l'EPR. Il ne ferme pas la porte à la construction de nouvelles centrales sur des sites existants. Par contre, rien n'est dit sur la construction des centrales à charbon ou à gaz, prévue pour une puissance égale à 4 EPR. Ces centrales produiraient, à elles seules, 50 millions de tonnes de CO2, soit le quart de émissions du secteur des transports. Ce silence est, nous le pensons, la conséquence de l'attitude des associations anti-nucléaires qui préfèrent les centrales fossiles aux centrales nucléaires, et aussi de la pression des électriciens nouveaux venus sur le marché qui n'ont pas la maîtrise du nucléaire. 

Par contre nous apprécions la déclaration du Président que nous citons : Cela ne signifie évidemment pas que le nucléaire soit la solution unique au défi climatique. Notre première priorité est de réduire notre besoin d’énergie. L’objectif est d’améliorer de 20 % notre efficacité énergétique en 2020. Notre deuxième priorité de viser un objectif de plus de 95 % d’énergie électrique sans effet sur le climat, c'est-à-dire sans carbone. C’est à mes yeux, le seul objectif pertinent pour lutter contre les défis climatiques.

Notons que le maintien à 95% d'énergie électrique sans effet sur le climat est incompatible avec la mise en oeuvre des nouvelles centrales à charbon et à gaz si elles ne sont pas équipées de captage-stockage.

 

- Encourager le développement des véhicules électriques

Rien de précis ni de dynamique sur cet important sujet. Le tabou "électrique" a encore sévi. Bien sûr nous nous félicitons du transfert de priorité de la route vers le rail, avec l'augmentation des voies TGV et du ferroutage. Une réduction de trafic de camions de 3 millions de trajets longue distance permettrait d'économiser environ 10 millions de tonnes de CO2. Ce n'est pas négligeable, mais faible devant les rejets prévus par les centrales à charbon en projet.

- Supprimer l’obligation d’achat de l’électricité éolienne et photovoltaïque

Une remarque intéressante du Président de la République : Nous ferons les éoliennes prioritairement sur les friches industrielles, et loin des sites emblématiques. Va-t-on devenir plus raisonnable dans ce domaine ? Le futur nous le dira. 

Favoriser la mise au point et la diffusion des biocarburants de deuxième génération.

Le Président a confirmé cette approche prudente.

La réflexion va continuer après l'étape du Grenelle. Nous espérons que  nous pourrons, cette fois, nous exprimer normalement afin que la "biodiversité" des opinions des ONG soit assurée. Le Monopole que se sont accordé l'Alliance et la FNE n'est pas acceptable.

Rappelons que les associations qui ont organisé le colloque "pré-Grenelle" du 10 octobre regroupent plusieurs dizaines de milliers de membres.  Elles revendiquent une présence au sein des comités, commissions et autres instances qui poursuivront le "Grenelle". Elles estiment aussi devoir être présentes au sein du Conseil Economique et Social s'il s'ouvre au secteur associatif.


Le collectif "Sauvons le climat " fondé en mai 2004, association loi 1901 depuis Décembre 2005, a pour ambition d’informer nos concitoyens, de manière indépendante de tout groupe de pression ou parti politique, sur les problèmes relatifs au réchauffement climatique et sur les solutions proposées pour le ralentir. Il est doté d’un comité scientifique, présidé par Michel Petit, ancien responsable du groupe français d’experts au GIEC. Son manifeste a  été signé par plusieurs milliers de personnes.
La signature du manifeste et les adhésions sont possibles sur le site http://www.sauvonsleclimat.org .

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26 octobre 2007 5 26 /10 /octobre /2007 17:00

Vers un mode de développement plus écologique

 

Sans la menace du changement climatique, le Grenelle de l’environnement n’aurait pas eu lieu. Sans l’impérieuse nécessité d’une nouvelle croissance, le président de la République n’aurait pas accepté de déplaire aux forces économiques qui ont soutenu son accession au pouvoir. Sans la proximité des élections municipales et cantonales, celui qui reste le chef de l’UMP n’aurait pas osé violer sa majorité parlementaire.

 

Ces trois conditions, réunies, ont été à l’origine de l’événement qui s’est produit hier. Maintenant, il n’est plus possible de revenir en arrière. Même si le pouvoir en avait la tentation. Car, pour le moment, il ne s’agit que des annonces de décisions. Il y aura des obstacles nombreux, notamment lors de la mise en œuvre de ce qui dépendra de la bonne volonté du Parlement ou de l’Union européenne.

 

La réussite de ce Grenelle de l’énergie et de l’environnement a tenu, pour une bonne part, à la perspicacité et à la compétence des ministres en responsabilité, Jean-Louis Borloo et Nathalie Kosciusko-Morizet, qui ont su gagner la confiance des partenaires associatifs, avec l’appui efficace de Nicolas Hulot. La mise à l’écart des contestataires, ou de ceux qui semblaient avoir des liens avec des partis politiques de l’opposition, a facilité les choses.

 

Il importe que les citoyens s’emparent de ce Grenelle et en contrôlent la réalisation. Avec l’article paru ce matin sur www.liberation.fr sous la signature de Guillaume Launay, Laure Noualhat et Tonino Serafini, et le titre « Les principales mesures, entre desiderata et objectifs chiffrés », nous avons connaissance des points essentiels du dossier. Voici ce texte.

 

Fiscalité écologique - Vers une taxe climat

Les groupes de travail s’en étaient remis à la sagesse du chef de l’Etat. Nicolas Sarkozy a donc rendu son verdict hier, en tentant le grand écart entre les ONG, les syndicats et le patronat. Le président a d’abord demandé la mise en place d’une TVA à taux réduit sur les produits écologiques, qu’il avait déjà évoquée en juillet. Il a surtout annoncé que dans le cadre de la révision générale des prélèvements obligatoires, le gouvernement se penchera sur la mesure phare du pacte écologique de Nicolas Hulot : la création d’une taxe climat énergie. Il a précisé que cet impôt écolo pourrait être compensé par un allégement de la taxation du travail. Vaste chantier en perspective.

Agriculture - Moins de pesticides, plus de bio

A 10 heures, surprise, un représentant associatif annonce que, pressé par Jean-Louis Borloo, le groupe s’est mis d’accord sur l’interdiction d’une cinquantaine de pesticides les plus dangereux d’ici à quatre ans et sur la réduction de 50 % de la fréquence de traitement en pesticides en dix ans. Une décision inespérée, étant donné l’opposition de la FNSEA à tout objectif chiffré. Mais deux heures après, Jean-Michel Lemétayer, patron du syndicat agricole, revient à la charge. L’échéance de dix ans disparaît, la réduction se fera «sous réserve de la mise au point de méthodes alternatives». L’ambition a baissé d’un cran, mais le maintien de l’objectif de 50 % reste une bonne nouvelle pour les associations. Et le calendrier ? «Le plus vite possible», a précisé Jean-Louis Borloo. Nicolas Sarkozy concluant : «si possible dans les dix ans qui viennent». Concernant le bio, l’objectif est de tripler la surface agricole d’ici à 2010, en passant de 2 à 6 %. Pour développer la filière, 3 millions d’euros seront alloués à l’agence bio. La restauration collective, notamment publique, prendra sa part de l’effort : objectif 20 % de produits bio en 2012.

Biodiversité - L’espoir d’un droit contraignant

Dans les deux ans qui viennent, une trame verte nationale (faire en sorte que tous les espaces naturels puissent être reliés) doit être établie. Le texte est fondamental car il est censé être opposable en cas de construction de nouvelles infrastructures. L’association Alsace Nature s’est vue confier la mission de reconstituer de la biodiversité là où il n’y en a plus. Tandis que les députés vont créer une commission sur la disparition des abeilles, mais d’ici à 2009.

OGM - Une loi avant le printemps

C’est acté : le gouvernement entérine la clause de sauvegarde concernant le maïs Monsanto 810, le seul actuellement commercialisé en France. Qu’est-ce que cela signifie ? Tout dépend de l’application de la clause : soit les agriculteurs ne peuvent plus acheter de semences, comme en Allemagne et en Autriche, soit ils ne peuvent plus les planter, soit ils n’ont plus le droit d’en importer. Le superministre Borloo s’est engagé à discuter de la future loi sur les OGM dès le mois de janvier, histoire d’avoir un texte pour les prochains semis qui démarrent… en avril. Jean-Jack Queyranne de l’Association des régions de France, a juste précisé qu’il était quasiment impossible de faire passer un tel texte de loi en si peu de temps. Borloo s’y est engagé. Mais qu’il y ait une loi ou pas, les agriculteurs sont bien décidés à planter du maïs transgénique à la prochaine saison. «Si l’arsenal juridique français n’est pas prêt, nous nous référerons à la directive européenne», clame la FNSEA. La loi devra formaliser la création d’une haute autorité sur les biotechnologies. Elle devra par ailleurs définir les principes de responsabilité, de non-brevetabilité et de coexistence des filières. Le droit de produire et de consommer sans OGM y sera consigné.

Transports - Une écopastille qui reste à définir

Dans l’ensemble, les ONG sont mi-figue mi-raisin. Pourtant, 2 000 km de lignes à grande vitesse seront lancées d’ici à 2020, deux grandes autoroutes ferroviaires. On a parlé d’un gel de la construction des autoroutes. En réalité, la mesure est la suivante : «Les nouvelles infrastructures routières et autoroutières seront limitées à la résolution des cas de sécurité et de congestion, ou d’intérêt local». «Une fois que l’on a dit ça, on déshabille complètement l’essence de la limitation», s’inquiète Olivier Louchard, du Réseau Action Climat. L’écopastille est validée mais on ne connaît ni les montants, ni les seuils de CO2 à partir desquels elle s’appliquera. Les poids lourds seront exemptés de taxation quand ils empruntent une autoroute. Quant aux vols domestiques, l’idée de la taxation du kérosène a fait bondir le Medef. Elle reste «à l’étude».

Bâtiment - Basse consommation pour tous

Dès 2012, toutes les constructions neuves devront respecter les normes de «basse consommation», soit 50 kWh d’énergie par mètre carré. Ce qui se traduira par une hausse de l’ordre de 1 % du prix des logements. Puis à l’horizon de 2020 les bâtiments neufs devront être à «énergie positive» et produire plus qu’ils ne consomment. Reste le parc ancien, notamment les 20 millions de logements construits avant le choc pétrolier de 1974 qui sont les plus énergivores (250 kWh/m2). Sarkozy veut en rénover 400 000 par an, ce qui représente 12 milliards d’euros de travaux. L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie a chiffré à 800 milliards d’euros la mise à la norme de 50 kWh de tout le parc immobilier existant. A étaler jusqu’en 2050. Pour les HLM, il est question de rénover les 800 000 plus anciens. Là encore, il faudra trouver les crédits.

Selon les informations captées sur France-Inter ce matin et reproduites sur www.lemonde.fr ce jour,  voici la suite du programme.

Un calendrier pour l’après-Grenelle

Une loi de programmation pour mettre en œuvre les conclusions du Grenelle de l'environnement "sera proposée au parlement dès cet hiver, en janvier-février", a indiqué sur France Inter, vendredi, la secrétaire d'Etat à l'écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet.
Interrogée sur la taxe carbone chère à Nicolas Hulot et que le président Nicolas Sarkozy s'est engagé à étudier dans le cadre d'une remise à plat globale de la fiscalité, Mme Kosciuko-Morizet a précisé que "la revue générale des prélèvements obligatoires (RGPO) sera mise en place par la ministre Christine Lagarde dans les semaines qui viennent".
En revanche, la baisse de la TVA sur les produits propres, qui doit se faire dans le cadre européen, devra "attendre la présidence française de l'UE en juillet 2008". - (avec AFP)

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25 octobre 2007 4 25 /10 /octobre /2007 18:39

Vers la transparence de l’information environnementale

 

Je viens de prendre connaissance des principales décisions annoncées par le président de la République en conclusion des travaux du Grenelle de l’environnement. Elles me semblent aller dans le bon sens mais tout dépendra de leur application.

 

J’approuve l’affirmation concernant le droit à la transparence en matière d’information environnementale, la réduction des pesticides et la suspension des commercialisations de semences de plantes génétiquement modifiées. J’attends avec impatience de voir comment l’Union européenne va se saisir de la proposition de taxe carbone sur les produits importés…

 

Je reviendrai sur ces mesures, notamment en ce qui concerne l’agriculture (l’encouragement à l’agriculture biologique est significatif mais c’est l’ensemble de l’agriculture qu’il faut réorienter en fonction des contraintes environnementales et climatiques).

 

Le site du Nouvel Observateur a publié ce jour les points essentiels des déclarations du président Sarkozy (voir sur http://tempsreel.nouvelobs.com). Voici ce texte.

Les principaux points de la déclaration du président de la République

Le chef de l'Etat s'engage notamment à "étudier" la création d'une taxe-carbone et à instaurer un "droit à la transparence totale" de l'information environnementale, "y compris sur le nucléaire". Il propose une réduction de 50% des pesticides "si possible dans les 10 ans". Sur les OGM, le président suspend leur culture commerciale jusqu'à une nouvelle expertise.

Le président Nicolas Sarkozy présentait, jeudi 25 octobre, ses arbitrages sur différentes mesures du Grenelle de l'environnement.

LE GRENELLE

Nicolas Sarkozy a affirmé que le Grenelle de l'environnement était "une révolution dans nos comportements, dans nos politiques, dans nos objectifs et dans nos critères", qu'il ne s'agissait pas "d'une fin mais d'un commencement" qui nécessitait "un suivi". Le président s'est engagé à "porter et à mettre en oeuvre" les propositions issues du Grenelle, qu'il a déclaré "faire siennes".

FINANCEMENT


Nicolas Sarkozy a annoncé un programme doté d'un milliard d'euros sur quatre ans "pour les énergies et les moteurs du futur". "Les prélèvements du Grenelle iront au Grenelle".
La "taxe écologique annuelle sur les véhicules neufs les plus polluants" - l'éco-pastille - doit "permettre de financer le retrait des vieilles voitures polluantes grâce à une prime à la casse progressive et durable pour aider au rachat d'un véhicule propre".

PRINCIPE DE PRECAUTION

Le chef de l'Etat a défendu le "principe de précaution (...) qui doit être interprété comme un principe de responsabilité", notamment pour les auteurs de pollutions.
"Le principe de précaution n'est pas un interdit mais un principe de vigilance et de transparence (...) qui doit être interprété comme un comme principe de responsabilité", a-t-il déclaré.
Ce principe, a-t-il poursuivi, doit s'appliquer à "celui qui pollue (et) doit être comptable de ses actes, même des années plus tard".
Il a promis de "faire sauter les barrières juridiques" afin de poursuivre les maisons-mères quand leur filiale est responsable d'une pollution.
"Le principe de responsabilité limitée ne doit pas devenir prétexte à un principe d'irresponsabilité".

OGM

Nicolas Sarkozy a suspendu la culture commerciale des OGM "en attendant les conclusions d'une expertise à conduire par une nouvelle instance, qui sera créée" d'ici la fin de l'année.

PESTICIDES

Nicolas Sarkozy a "demandé" au ministre de l'Agriculture "Michel Barnier de proposer avant un an, un plan pour réduire de 50% l'usage des pesticides, dont la dangerosité est connue, si possible dans les dix ans qui viennent".
Il a promis, pour atteindre cet objectif, "d'accélérer la mise au point de substances de substitution" et a jugé "urgent de renforcer la recherche publique".
"Il est temps de reconsidérer le système", a estimé Nicolas Sarkozy, pour qui cependant "ce n'est pas aux agriculteurs d'être seuls responsables".
"Ceux qui recommandent et vendent ces produits doivent aussi rendre des comptes", a-t-il prévenu.

TAXE CARBONE

Le président s'est engagé à étudier "la création d'une taxe 'climat-énergie', en contrepartie d'un allègement de la taxation du travail", dans le cadre d'une remise à plat de la fiscalité en France.
"La fiscalité écologique ne doit pas se résumer à une compilation de petites taxes", a estimé Nicolas Sarkozy. "Il faut une profonde révision de tous nos impôts et taxes".
"L'objectif est de taxer plus les pollutions, notamment les énergies fossiles, et de taxer moins le travail", a-t-il poursuivi.
"Je m'engage à ce que la révision générale des prélèvements obligatoires se penche sur la création d'une taxe 'climat-énergie' en contrepartie d'un allègement de la taxation du travail pour préserver le pouvoir d'achat et la compétitivité", a-t-il affirmé.
Le chef de l'Etat a en outre appelé à "étudier" au niveau européen, "dans les six mois", "la possibilité de taxer les produits importés de pays qui ne respectent pas le protocole de Kyoto", interpellant le président de la Commission européenne présent dans la salle, José Manuel Barroso.

INFORMATION

Nicolas Sarkozy a promis un "droit à la transparence totale" de l'information environnementale, "y compris sur le nucléaire". Les Français "ont le droit de connaître la vérité sur les menaces d'aujourd'hui et de demain", "ont le droit de se faire leur propre opinion", a déclaré Nicolas Sarkozy.
"Nous allons donc créer un droit à la transparence totale des informations environnementales et de l'expertise", a-t-il ajouté. "Toutes les données sans exception seront désormais communicables, y compris sur le nucléaire et les OGM", a-t-il expliqué.
"Les seules limites seront le secret de la vie privée (...), la sécurité nationale et les secrets industriels", a-t-il indiqué.

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6 octobre 2007 6 06 /10 /octobre /2007 22:34

Peu d’impact positif de l’éolien sur l’effet de serre

 

L’énergie éolienne a pris son essor tardivement en France. La part des énergies renouvelables dans notre électricité étant trop faible (15%), l’Europe a exigé qu’elle soit portée à 23% d’ici 2010. Le gouvernement français, constatant les limites actuelles de l’apport de la biomasse, de l’énergie solaire et de la géothermie, a décidé de soutenir (15 milliards d’euros) les investissements dans l’énergie éolienne, fixant à 6% la part de l’éolien dans notre consommation électrique dans dix ans. Les 5 000 à 6 000 éoliennes qui vont se mettre en place sont, donc, largement subventionnées. Et la loi oblige EDF à racheter cette électricité jusqu’en 2023 à un prix exorbitant !

 

Des manifestations anti-éoliennes (pour des raisons liées à l’environnement, essentiellement) avaient lieu aujourd’hui à Paris.

Le collectif « Sauvons le climat » (www.sauvonsleclimat.org) n’y participait pas, mais il a répondu aux organisateurs en présentant sa position concernant cette énergie. La voici.

 

« Dans le système électrique français l'éolien ne contribuera que marginalement  à la diminution des émissions de CO2. Nous n'avons donc pas de raison d'en défendre la mise en oeuvre. Il est souvent avancé qu'un développement important de l'éolien ne pourrait se faire sans mettre en oeuvre d'importants moyens "thermiques à flamme" de substitution, et, que, de ce fait, il s'accompagnera d'un accroissement des émissions de CO2. Nous pensons, pour notre part, que, jusqu'à un niveau de production élevé, c'est le nucléaire et l'hydraulique qui se substitueront à l'éolien en absence de vent. Il est probable que le taux d'utilisation des centrales nucléaires diminuera puisque la production des éoliennes remplacera partiellement la production nucléaire. Il est aussi possible que les exportations de courant augmentent, particulièrement lorsque la production éolienne se produira en période de  faible demande.

 

"Sauvons le Climat" s'oppose au développement de nouvelles centrales à gaz ou au charbon aussi longtemps qu'elles ne seront pas équipées de dispositifs de captage-sockage de gaz carbonique. En particulier, nous dénonçons la programmation des 6100 MWe de la PPI 2006-2015. Notre opposition à ces équipements "thermiques à flamme" est indépendante de leur rôle vis-à-vis de l'éolien.

 

"Sauvons le Climat" considère que le programme éolien est beaucoup trop onéreux et s'oppose, en particulier, à la pratique d'achat obligatoire du courant fourni par les éoliennes. Ceci ne signifie pas que nous rejetons systématiquement l'éolien industriel. En particulier, nous pensons qu'il a une place à prendre sur les îles, à condition qu'il soit accepté par les populations.

 

Nous comprenons que certains de nos concitoyens, soucieux de notre patrimoine paysager s'opposent  à ce qu'ils considèrent comme un attentat contre lui. Mais une conservation systématique et généralisée des paysages empêcherait également toute construction de TGV; de lignes à haute tension, de nouvelles implantations urbaines etc. et cette "glaciation" absolue et généralisée ne nous paraît pas souhaitable.

 

Enfin il nous semble capital que nos prises de position se conforment strictement à la "constitution" qu'est notre Manifeste. Celui ci ne nous permet pas de nous opposer par principe à une  forme ou une autre d'énergie renouvelable non émettrice de gaz carbonique ».

 

Le collectif "Sauvons le climat " fondé en mai 2004, association loi 1901 depuis Décembre 2005, a pour ambition d’informer nos concitoyens, de manière indépendante de tout groupe de pression ou parti politique, sur les problèmes relatifs au réchauffement climatique et sur les solutions proposées pour le ralentir. Il est doté d’un comité scientifique, présidé par Michel Petit, ancien responsable du groupe français d’experts au GIEC. Son manifeste a  été signé par plusieurs milliers de personnes.
La signature du manifeste et les adhésions sont possibles sur le site "http://www.sauvonsleclimat.org ".

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3 octobre 2007 3 03 /10 /octobre /2007 16:17

Le mode de développement en arrière-plan

 

La démarche du « Grenelle de l’environnement » (allusion à la rue de Grenelle, où se situe le ministère de l’emploi et des affaires sociales, lieu historique des négociations qui ont conclu le mouvement de mai-juin 1968) a été proposée par les associations écologistes.

 

Le quotidien Le Monde (26 septembre) a réalisé une présentation des participants. Les trois familles écologistes représentées sont :

- L’alliance pour la planète, à laquelle appartiennent les grandes organisations non gouvernementales (ONG : Greenpeace, Amis de la terre),

- Le réseau France Nature Environnement, qui fédère plus de 3000 associations locales et régionales,

- La Fondation Nicolas Hulot.

 

L’objectif fixé par le gouvernent, le 6 juillet dernier, est de définir une politique écologique qui permette de relever le défi du réchauffement climatique et d’engager la France dans le développement durable.

 

Cinq collèges siègent à la table des négociations. Six groupes de travail (lutte contre le réchauffement climatique, biodiversité, santé et environnement, agriculture, démocratie écologique, économie) ont été constitués pour élaborer les propositions devant servir de base à la négociation finale fin octobre.

 

Voici le résumé des principales propositions, établi par le Courrier des maires et des élus locaux (selon la lettre électronique de L’hebdo, 28 septembre). Dans un autre article, je ferai état d’informations concernant les positions de différents acteurs de ces négociations, lesquelles n’incluent pas l’énergie nucléaire.

 

 

« Les principales propositions du Grenelle »

« Les principales propositions des six groupes de travail et des deux ateliers (OGM et déchets) du Grenelle de l'environnement, ont été remises au gouvernement, le 27 septembre. Sur cette base va s'engager un débat en région et sur Internet pendant le mois d'octobre. Au terme de ces échanges, l'Etat et les principaux acteurs du grenelle s'accorderont sur une vingtaine de propositions. Les principales propositions sont les suivantes :

TRANSPORTS
Il s'agit de ramener les émissions du secteur transport (25% des émissions françaises de gaz à effet de serre, +22% depuis 1990) à leur niveau de 1990 d'ici 15 ans :
- réduction de vitesse immédiate de 10 km/h sur routes et autoroutes,
- écopastille annuelle avec un système de bonus et malus, accompagnement des ménages et des salariés contraints d'utiliser leurs véhicules,
- doubler les km de tramways et couloirs de bus, développer le vélo, la marche, instaurer un code de la rue,
- rétablir le vrai coût du transport aérien, notamment avec une taxe sur le kérosène des vols domestiques concurrents du train,
- porter le fret non routier de 14% aujourd'hui à 25% du fret total en 15 ans,
- pas d'accord sur une taxe kilométrique pour les poids lourds.

BATIMENT
Le bâtiment, premier consommateur d'énergie, doit opérer une "rupture technologique" dès 2008 :
- étendre l'étiquetage énergétique à tous les appareils de grande consommation (téléviseurs, ordinateurs...),
- interdiction des lampes à incandescence à l'horizon 2010,
- imposer des régimes de "veille" peu consommateurs pour les appareils,
- plan de rénovation de l'ancien pour réduire de 20% la consommation d'énergie du tertiaire et de 12% dans le secteur résidentiel en 5 ans, grâce à des prêts bonifiés et fonds de garantie,
- rendre obligatoire en 2010 le bâtiment à très haute performance énergétique (20% de mieux que les normes thermiques actuelles), en 2015 le bâtiment à basse consommation et en 2020 le bâtiment "passif" (autosuffisant en énergie).

ENERGIE
- une contribution climat énergie taxerait les produits dont le contenu en carbone ou en énergie est élevé (carburants...) mais l'assiette de cette "taxe carbone" ne fait pas consensus,
- passer la part des énergies renouvelables de 9% à 20% dans la consommation finale d'énergie en 2020,
- désaccord sur l'avenir du parc nucléaire.

NATURE ET BIODIVERSITE
- une "trame verte" (un réseau écologique national) relierait les parcs naturels et autres espaces protégés,
- réduire de façon "drastique" toutes les pollutions diffuses (produits phytosanitaires, nitrates, métaux lourds ...),
- mettre aux normes toutes les stations d'épuration d'ici 2012.

SANTE
- intégrer au prochain plan santé-environnement (2008) des objectifs pour les substances nocives: benzène, mercure, trichloréthylène...
- pollution de l'air: objectif pour les particules fines de 10 microgrammes/m3 (sans précision de date),
- renforcer la surveillance de l'air à l'intérieur des lieux de vie,
- résorber en 5 ans les "points noirs" du bruit liés aux infrastructures de transports terrestres et aériennes,
- pas d'accord sur la réduction d'utilisation des pesticides, soupçonnés d'avoir des effets cancérigènes et sur la reproduction: "certains membres du groupe demandent un objectif de 50% à moyen terme".

AGRICULTURE
- multiplier par 3 les surfaces en agriculture biologique (6% de la surface en 2010), et par dix en 2020,
- 20% de produits bio en restauration collective d'ici 2012.

OGM
- pas d'accord sur un éventuel moratoire en attendant l'adoption d'une loi - renforcer la recherche publique, créer une Haute autorité, adopter avant la fin du printemps 2008 une loi traitant des OGM et permettant le libre choix du consommateur et du producteur.

DEMOCRATIE ECOLOGIQUE
- reconnaître les partenaires environnementaux au même titre que les partenaires sociaux,
- réformer le Conseil économique et social pour intégrer un collège environnement,
- introduire l'environnement dans les missions des comités d'entreprise et des comités hygiène et sécurité (CHSCT).

DECHETS
- réduire les quantités de déchets produites de 5 kg par habitant et par an (sur 500 kg/habitant/an) sur 5 ans,
- instaurer une taxe plus équitable et incitative que l'actuelle taxe sur les ordures ménagères, qui ne tient pas compte des volumes,
- pas de consensus sur la place de l'incinération ».

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7 septembre 2007 5 07 /09 /septembre /2007 18:10

 

Réflexions concrètes pour le groupe climat et énergie

 Le « Grenelle de l’environnement » est une consultation organisée par le gouvernement en vue de sélectionner une quinzaine de projets qui ancreront la France dans le développement durable. Six thèmes ont été retenus (chacun étant traité par un groupe) : changement climatique et énergie ; biodiversité et ressources naturelles ; environnement et santé ; production et consommation durables (qui comprend l'agriculture) ; démocratie écologique ; emploi et compétitivité. Chaque groupe est structuré en cinq collèges paritaires (Etat, ONG, collectivités locales, syndicats, patronat).

 L’association « Sauvons le climat » a souhaité y participer (2ème collège) mais sa candidature n’a pas été retenue. Par un communiqué, le 5 juillet dernier, elle s’exprimait ainsi.

 « Un Grenelle de l'environnement cadenassé »

« L'initiative prise par le Président de la République de convoquer un " Grenelle de l'Environnement " est judicieuse. Dans son principe elle devait permettre de prendre des décisions nécessaires et urgentes en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre après un large débat où tous les points de vue pourraient s'exprimer. Malheureusement on doit bien constater qu'il y a loin de la coupe aux lèvres. En effet, si on peut espérer que le monde syndical et celui des politiques sera représenté de façon suffisamment exhaustive, on doit constater que le monde associatif ne le sera pas, loin de là.

 Rappelons que, indépendamment de la fondation Nicolas Hulot, les seules ONG parties prenantes des groupes de travail sont membres de l'Alliance pour la Planète (WWF, Greenpeace, Amis de la Terre, Ecologie sans Frontière, France Nature Environnement, Réseau Action Climat, Ligue de Protection des Oiseaux, Ligue ROC) . Toutes ont signé la demande d'un quadruple moratoire sur l'EPR, sur les OGM, sur les constructions d'autoroutes et sur les incinérateurs.

 Pour ce qui concerne le réchauffement climatique, l'Alliance considère que les économies d'énergie et les énergies renouvelables " nouvelles " (éolien et solaire) suffiront à ramener les émissions de CO2 à un niveau suffisamment bas pour que sa concentration dans l'atmosphère se stabilise. La plupart des membres de l'Alliance souhaitent également une sortie plus ou moins rapide du nucléaire.

 Le monopole de fait qui a été attribué à l'Alliance pour représenter le secteur associatif au Grenelle de l'Environnement pourrait se justifier si cette approche était indiscutable. Il se trouve qu'elle a été très précisément celle suivie depuis une vingtaine d'années par le Danemark. Ainsi, le Danemark est le meilleur élève européen en ce qui concerne l'intensité énergétique alors que la Suède voisine fait, apparemment, beaucoup moins bien. De même le Danemark produit 17% de son électricité grâce aux éoliennes, un record mondial, alors que la production éolienne de la Suède est négligeable.

 Et pourtant, malgré une politique conforme aux souhaits de l'Alliance, chaque danois émet 10,5 tonnes de CO2 alors que les " mauvais élèves " suédois n'en émettent que 6 par tête. On voit sur cet exemple concret, que les recettes proposées par l'Alliance sont, pour le moins, discutables, et qu'il serait extrêmement regrettable que des associations les mettant en cause ne puissent se faire entendre.

 Cependant, dans un esprit constructif, Sauvons le climat a voulu faire connaître son point de vue aux participants du groupe 1, présidé par Jean Jouzel. Voici les propositions concrètes adressées au président Jouzel début septembre.

Propositions adressées au Groupe 1 du Grenelle de l'Environnement 

Atelier n°1 : Transports et déplacements 

Déplacements urbains - Transports collectifs  
Développer l'usage des transports doux (vélo, zones piétonnes). Développer l'offre de transport ferroviaire interurbaine et périphérique (TER) grâce à des cadencements suffisants, des tarifs attractifs et une régularité assurée.

Infrastructures
Améliorer le ferroutage et généraliser les terminaux rail-route. Rendre compétitif l'usage du ferroutage par rapport aux transports routiers lourds. Développer le trafic fluvial à grand débit. Reprendre et réaliser le projet de liaison Rhin-Rhône.

 Report modal - Fret
Rendre obligatoire la compatibilité rail route pour les nouveaux véhicules routiers lourds, de façon à ce que tous les poids lourds puissent être, à terme, chargés sur les navettes ferroviaires.

 Véhicules individuels  
Encourager fortement la diffusion de petites voitures électriques (ou hybrides électriques) ayant une autonomie d'au moins 100 km et une vitesse inférieure à 90 km/h. Généraliser l'échange standard des batteries par les stations services (pleines contre vides). En ville, réserver des places de stationnement équipées de prises de courant aux véhicules électriques. Malus bonus sur les véhicules automobiles avec un fort bonus pour les voitures électriques.

Atelier n°2 : Bâtiment et Urbanisme  

Etalement urbain  
Prise en charge des trajets domicile-travail par les entreprises.

 Rénovation
Augmenter et réserver les crédits d'impôts aux opérations d'isolation et de mise en œuvre de moyens de chauffage et de climatisation non émetteurs de gaz à effet de serre.

 Ceci entraîne l'arrêt des subventions au solaire PV (actuellement le crédit d'impôt utilisé pour le solaire PV, sans effet sur les émissions de CO2, n'est plus disponible pour les investissements qui réduisent effectivement les émissions), sauf pour des installations de climatisation d'été.

 Les moyens de chauffage à encourager sont : le chauffage solaire, les pompes à chaleur, le chauffage biomasse (particulièrement en réseau de chaleur), la géothermie.

 Atelier n°3 : Energie et stockage du carbone 

Maîtrise de la demande
Il est nécessaire de bien préciser de quoi on parle. S'il s'agit de maîtriser et diminuer la consommation d'énergie finale, par exemple en instaurant des normes exigeantes sur les performances des équipements un consensus est relativement facile à établir.

 Il n'en n'est pas de même pour ce qui concerne l'énergie primaire : par exemple, passer d'un chauffage gaz à un chauffage électrique tout en maintenant la consommation finale se traduit par une importante augmentation de la consommation primaire (rendement des centrales électriques) mais peut se traduire par une diminution drastique des émissions de CO2, si l'électricité est produite sans émission de CO2.

Nous demandons que la quantité de GES émise sur le cycle de vie soit prise comme facteur de mérite principal dans les choix de politiques de lutte contre les émissions de GES. Pour l'utilisation de la biomasse ceci doit être modulé par la contrainte sur les ressources (terre arable et eau, par exemple).

 Les filières nucléaire, thermique et renouvelable.
La France possède une maîtrise pratiquement unique dans le monde dans le domaine de la production électrique nucléaire. Or l'énergie nucléaire est, avec l'hydroélectricité, et pour longtemps, la seule méthode massive de production électrique à la fois fiable, disponible, et non émettrice de CO2.

 Avec quelques autres rares pays (Suède, Suisse), notre pays pourrait diviser, sans sacrifices exagérés, les émissions de CO2 par 2 ou 3 d'ici 2030. En effet, dans la perspective de diminuer nos rejets de CO2 nous pouvons recourir à l'électricité pour les transports et la production de chaleur, ce que ne pourront pas faire l'Allemagne ou le Danemark, par exemple.

 Il faudra, pour cela, augmenter le nombre de centrales nucléaires, en spécialisant éventuellement les plus anciennes dans un fonctionnement en semi-base.

 Il ne faut évidemment pas accepter que le pourcentage de production par thermique à flamme augmente, sauf si les nouvelles centrales sont équipées du captage stockage. Enfin un programme important de construction d'éoliennes largement subventionné ne présente pas d'intérêt sur le plan des émissions de CO2.

Nous proposons la mise en construction dès maintenant d'un deuxième EPR et la fin de l'obligation d'achat pour les éoliennes.
Des centrales électriques, fonctionnant si possible en co-génération, réparties à proximité des zones de production agricoles importantes seraient un moyen très utile pour faire face à la demande électrique de pointe, pour fournir de la chaleur et pour contribuer à résorber les déchets agricoles. Nous proposons de construire plusieurs centrales utilisant la biomasse comme combustible.

 Stockage du carbone.
Le captage et stockage du carbone doivent être opérationnels avant toute mise en service industriel de nouvelles centrales à charbon, à gaz et au fioul.

 Biocarburants.
Le bilan énergétique et CO2 du bio éthanol est mauvais dans les pays européens. Nous ne pensons pas que cette production soit à encourager actuellement. Le bilan du bio-diesel est meilleur mais la productivité surfacique est faible. Nous proposons de réserver le bio-diesel à l'usage des agriculteurs et des marins de manière à protéger ces professions des fluctuations des cours du pétrole.

Nous pensons que le développement des biocarburants de deuxième génération doit être soutenu en priorité.

Récapitulation de nos propositions 

- Favoriser la diminution de l'intensité Carbone plutôt que de la simple intensité énergétique 

- Evaluer les choix de politique de l'énergie en fonction du coût de la tonne de carbone évité, en favorisant les actions qui minimisent ce coût 

- Renoncer progressivement à l'usage du fioul, du gaz et du charbon pour la production de chaleur 

- Augmenter la part de l'électricité dans la consommation finale et engager la construction d'un deuxième EPR. Soumettre toute nouvelle centrale utilisant des combustibles fossiles à l'obligation du captage-stockage. Développer l'usage du combustible bio-masse dans des réseaux de chaleur avec co-génération

- Encourager le développement des véhicules électriques

- Supprimer l'obligation d'achat de l'électricité éolienne et photovoltaïque

- Favoriser la mise au point et la diffusion des bio-carburants de deuxième génération.

 Règles d'urbanisme
Rapprocher zones d'activités et d'habitation. Mettre en œuvre une politique dynamique de soutien aux commerces de proximité par une taxe sur les grandes surfaces.

Nature des constructions et isolation
Interdire la construction de nouveaux logements ou bureaux utilisant le gaz, le fioul ou le charbon pour le chauffage et l'Eau Chaude Sanitaire. Instaurer une taxe progressive sur les chaudières à gaz, fioul et charbon de façon à décourager le remplacement des installations existantes vieillissantes par de telles installations (taxe sur le carbone actualisé)".  

  Le collectif "Sauvons le climat " fondé en mai 2004, association loi 1901 depuis Décembre 2005, a pour ambition d’informer nos concitoyens, de manière indépendante de tout groupe de pression ou parti politique, sur les problèmes relatifs au réchauffement climatique et sur les solutions proposées pour le ralentir. Il est doté d’un comité scientifique, présidé par Michel Petit, ancien responsable du groupe français d’experts au GIEC. Son manifeste a  été signé par plusieurs milliers de personnes.
La signature du manifeste et les adhésions sont possibles sur le site http://www.sauvonsleclimat.org .

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