Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
  • Contact

Texte libre

Recherche

Courriel

 

 

 

 

Articles Récents

5 juillet 2007 4 05 /07 /juillet /2007 22:07

 

Le président Lula pratique la diplomatie de l’éthanol 

 

 La lecture, ce matin, du site www.liberation.fr permet de bien se documenter sur les biocarburants, que cherche à promouvoir le Brésil afin de tirer parti de son avance technologique dans ce domaine.

 Le président Lula participait ce jour à la conférence organisée par la Commission européenne. Son pays s’est lancé depuis longtemps dans la production de l’éthanol à partir de la canne à sucre.

 Chantal Rayes donne des explications à ce qu’elle appelle « un pari écologique et économique risqué ».                                                                                           

 L’éthanol le plus compétitif et le plus écologique est brésilien

 « Premier exportateur d’éthanol, le Brésil veut encourager la consommation mondiale du biocarburant, et cela, en multipliant les pays producteurs (…).

 Devenu second producteur mondial d’éthanol derrière les Etats-Unis, le pays veut se poser en puissance énergétique, pour mieux se faire entendre dans le concert des nations. Pour Lula, les biocarburants, même s’ils ne remplaceront que partiellement les combustibles fossiles, sont une solution pour réduire le risque de réchauffement climatique et la dépendance vis-à-vis des pays pétroliers notamment du Moyen-Orient (…).

 C’est après le premier choc pétrolier que le pays, décidé à réduire sa facture énergétique, a commencé à développer l’éthanol, à grand renfort de subventions. Aujourd’hui, l’éthanol brésilien n’est plus subventionné, mais son prix de revient reste le plus bas au monde. Et son prix à la pompe est inférieur à celui de l’essence. Le rendement à l’hectare de la canne à sucre, duquel il est tiré, est près de 2,3 fois plus élevé que celui du maïs, dont est issu l’éthanol américain, mais légèrement inférieur à celui de la betterave, l’équivalent européen. L’éthanol brésilien est néanmoins le plus écologique ».

 Inquiétudes en ce qui concerne l’impact sur l’environnement   

 Mais le Brésil devra également prouver que cette politique respecte l’environnement. L’UE envisage déjà une certification de certaines plantations. A Bruxelles, Lula répétera donc que l’expansion de la canne à sucre ne met pas en péril l’Amazonie. La canne occupe aujourd’hui 6,7 millions d’hectares (8,9 % de plus que l’an dernier) et disposerait de 22 millions d’hectares vacants pour s’étendre encore. Sans menacer la forêt ni les cultures alimentaires, assure le gouvernement. Les ONG s’inquiètent pourtant. «L’avancée de la canne à sucre pourrait repousser le bétail et le soja dans la forêt amazonienne, où la terre est moins chère qu’ailleurs, explique Paulo Adario, de Greenpeace. Et le risque pour la sécurité alimentaire n’est pas exclu car la canne est plus rentable que d’autres cultures. Le gouvernement doit absolument encadrer son expansion».

 Dans un autre article, Julie Majerczak et Alexandra Schwartzbrod apportent des précisions en répondant à des questions.

 D’où vient l’emballement pour les biocarburants ? 

 Confrontés au double impératif de lutter contre le changement climatique et de réduire leur dépendance aux pays producteurs de pétrole, les pays développés ont découvert qu’ils pouvaient compter sur de nouveaux carburants, à base de végétaux, qui offrent aussi l’avantage de fournir un débouché à leurs agriculteurs.

 Les Etats-Unis, qui ambitionnent de réduire leur consommation de carburants fossiles de 20 % d’ici à dix ans, se sont engouffrés dans la brèche, ainsi que le Brésil qui voit là le moyen de rentabiliser ses champs de canne à sucre.

 Du coup, l’UE veut suivre. En mars, les chefs d’Etat et de gouvernement des 27 ont décrété que les biocarburants représenteraient 10 % de la consommation totale d’essence et de gazole destinée au transport en 2020.

 L’objectif est-il réaliste dans la mesure où la production de biocarburant représente aujourd’hui moins de 1 % de la consommation de l’UE en essence et diesel ?

 « On est conscient qu’il va falloir faire de gros efforts », reconnaît Mogens Peter Carl, le directeur général chargé de l’environnement à la Commission, tout en soulignant que la production européenne a augmenté de 60 % entre 2004 et 2005. Selon lui, on va assister à une véritable explosion de la production avec la deuxième génération de biocarburants, à base de cellulose, beaucoup plus prometteuse. Pari risqué, car ces nouveaux carburants ne font pas l’unanimité, notamment parmi les ONG.

 Quel est le réel impact écologique des biocarburants ? 

A priori, l’intérêt écologique est réel. Si l’on en croit Jean-Louis Bal, expert de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), pour la même quantité d’énergie produite, on économise 60 % d’émission de gaz à effet de serre en utilisant de l’éthanol plutôt que de l’essence. Mais tout dépend des conditions d’exploitation. «Les cultures destinées aux carburants sont engraissées aux pesticides, produits à partir de la filière pétrole», explique la primatologue Emmanuelle Grundmann. Sans parler de l’utilisation massive d’OGM, notamment pour la production américaine de maïs.

 Y a-t-il un lien entre biocarburants et déforestation ? 

 Il est de plus en plus évident. Emmanuelle Grundmann, qui est venue aux biocarburants en enquêtant sur la disparition des orangs-outans du fait de la déforestation, a ramené des témoignages accablants d’Indonésie ou du Pérou. «Pour augmenter les cultures de palmiers à huile, on rase ou l’on brûle des forêts tropicales entières. Or, la déforestation, sous les tropiques, est la principale cause du réchauffement, bien avant les émissions de gaz des transports et de l’industrie. L’Indonésie, qui compte aujourd’hui 6 à 7 millions d’hectares de palmiers à huile, compte passer très vite à 16 millions, notamment pour alimenter la demande européenne.

 Est-ce la demande de biocarburants qui fait grimper les prix agricoles ?   

 « Ils participent sans doute à la hausse, mais les sécheresses à répétition de ces dernières années en sont la principale raison» répond Jean-Louis Bal. Hier, un rapport de la FAO, l’agence des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation tirait pourtant la sonnette d’alarme sur la hausse du prix des végétaux que risque d’entraîner le boom des biocarburants, une hausse «problématique pour les populations pauvres ».

  Que répondent les écologistes ? 

 Ils sont partagés. Chez Greenpeace, on dit : «Non aux biocarburants, sauf.», exploitation locale certifiée «plutôt que, oui, mais.». On met en avant les problèmes posés par la déforestation et la migration forcée qu’elle entraîne, l’utilisation de pesticides et d’OGM, et la sécurité alimentaire.

 Au WWF, on se veut plus pragmatique. «C’est facile d’être contre les biocarburants. Mais toutes les sources d’énergies renouvelables posent des problèmes. Il n’y a pas de solution miracle. Si on veut lutter contre le réchauffement, il faut diversifier les sources d’énergie» réagit un de ses experts, Jean- Philippe Denruyter.

Aux critiques, Mogens Peter Carl, répond : « On a jamais dit que les biocarburants étaient la panacée, c’est un élément dans une panoplie de mesure». Mais surtout, «l’objectif européen doit être atteint sous réserve que la production ait un caractère durable». L’UE prépare pour l’automne un paquet de mesures en ce sens. En tout cas, conclut un expert, «le Brésil ne sera jamais aux biocarburants ce que l’Arabie Saoudite est au pétrole», sa production n’y suffirait pas.

Repost 0
1 juillet 2007 7 01 /07 /juillet /2007 22:39

 

Application exemplaire d’un dogme néolibéral

 Le 26 juin, un article sur ce blog montrait les conséquences prévisibles de la libéralisation de l’électricité (tract du MRC 92).

 Dans le même sens, hier dans Le Monde daté du 30 juin, s’exprimaient des syndicalistes et responsables d’associations connus pour leur engagement antilibéral : Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU ; Bernard Defaix, président de la Convergence pour les services publics ; Pierre Khalfa, secrétaire national de l'Union syndicale Solidaires ; Marc Mangenot, Fondation Copernic ; Christiane Marty, membre du Conseil d'administration d'Attac. Ils tenaient à rappeler qu’en Europe jusqu’à présent, l’ouverture à la concurrence du secteur de l’énergie a provoqué envolée des prix et pannes. Voici leur texte.

 « L’électricité libre jusqu’à l’absurde »

 « Le 1er juillet, la France achèvera le processus de libéralisation de l'électricité. Après les entreprises et les professionnels, ce sera au tour des particuliers de goûter aux délices de l'ouverture à la concurrence. Mais le plat risque de ressembler plus à de la junk food qu'à une création gastronomique.

 Le bilan de l'ouverture à la concurrence s'avère en effet catastrophique et ce, quel que soit le pays. Entre 2001 et 2006, les prix du marché ont connu une envolée spectaculaire : 39 % en Espagne, 49 % en Allemagne, 67 % en Finlande, 77 % en Suède, 81 % au Royaume-Uni et 92 % au Danemark ! En France, les entreprises qui ont choisi de quitter les tarifs réglementés de service public ont vu leur facture d'électricité augmenter en moyenne de 76 % sur la même période, quand les tarifs d'EDF restaient à peu près stables.

 De nombreux industriels réclament d'ailleurs la possibilité de réintégrer l'univers des tarifs réglementés. Situation si inconfortable que le gouvernement français a complété la loi de décembre 2006 relative au secteur de l'énergie par une disposition permettant un retour partiel aux tarifs réglementés pour les industriels insatisfaits !

 Nous sommes donc dans une situation paradoxale. L'ouverture à la concurrence permet de faire baisser les prix, nous disent les bons apôtres du néolibéralisme. Cet argument avait déjà été mis à mal lors de la libéralisation d'autres secteurs relevant auparavant des services publics en réseaux, comme par exemple les télécommunications. Dans ces secteurs, la libéralisation a signifié la fin de la péréquation tarifaire qui avait historiquement permis que les prestations les plus rentables financent celles qui le sont peu ou pas du tout.

 L'ouverture à la concurrence a donc entraîné “un rééquilibrage tarifaire”, selon l'expression savoureuse de la Commission européenne, avec une baisse de prix pour les gros consommateurs, en particulier les entreprises, la grande masse de la population voyant, au contraire, ceux-ci s'envoler. Les zélateurs de la libéralisation expliquaient que “ce rééquilibrage tarifaire” permettrait aux entreprises de baisser leurs prix, les particuliers étant donc gagnants sur le long terme. On ne peut ici que reprendre ce que disait Keynes aux économistes libéraux de son époque : “Sur le long terme, on sera tous morts.”

 On savait après les premières libéralisations dans les services publics que la promesse d'une baisse des prix relevait de la pure propagande pour la grande majorité de la population. Dans le cas de l'électricité, même la plupart des entreprises n'en profiteront pas ! On a là un exemple parfait de l'application dogmatique des préceptes néolibéraux.

 Mais ce n'est pas tout. L'ouverture à la concurrence pousse au sous-investissement, ce d'autant plus qu'elle s'accompagne d'une privatisation des opérateurs publics. Investir dans les services en réseaux coûte cher. Dans le cas de l'électricité, cela coûte d'autant plus cher qu'il faut investir dans des moyens de production pour lesquels le retour sur investissement prend beaucoup de temps. On est donc loin de la logique à court terme du capitalisme financier. La volatilité des prix sur le marché de l'électricité et l'absence de visibilité sur leur évolution renforcent encore cette tendance au sous-investissement, qui produit inévitablement des ruptures d'approvisionnement des usagers.

 De plus, l'électricité ne se stocke pas. Il faut donc en permanence ajuster l'offre à la demande. Cet équilibre n'était déjà pas simple à assurer avec un seul opérateur. Il devient très compliqué avec l'ouverture à la concurrence quand se multiplient les intervenants, surtout quand ceux-ci ont comme première préoccupation la rentabilité financière. Le risque est donc très important qu'un déséquilibre dans le réseau s'avère impossible à gérer.

 Enfin, le transport de l'électricité s'effectue avec des pertes en lignes importantes. Il est donc absurde économiquement et écologiquement de produire de l'électricité dans un pays pour aller la vendre à des milliers de kilomètres de là. L'ambition d'un “grand marché européen de l'électricité”, portée par la Commission européenne, est une absurdité dangereuse.

 Plus les réseaux sont interconnectés et plus les risques de dysfonctionnement majeur liés au sous-investissement et aux ruptures d'équilibre dans le réseau s'aggravent. Le cas de la Californie est emblématique, mais n'est pas unique. Les pannes géantes en Espagne, en Italie et, en novembre 2006, à travers l'Europe en sont les manifestations les plus visibles.

 La libéralisation est enfin incompatible avec l'objectif prioritaire de sobriété énergétique indispensable pour commencer à résoudre la crise écologique : aucune entreprise ne souhaite voir baisser son chiffre d'affaires et n'a donc intérêt à ce que la consommation diminue ! Au moment où le débat énergétique devient un enjeu citoyen intégrant à la fois les questions du réchauffement climatique, du développement durable et du principe de précaution, on peut douter que la concurrence soit le meilleur moyen d'ouvrir ce débat et de le mener démocratiquement.

 Tous ceux qui se sont, un minimum, penchés sur ce dossier savent tout cela. Cette analyse n'est plus vraiment contestée aujourd'hui. Et pourtant la Commission européenne ne renonce pas, et les gouvernements suivent. Sur ce sujet, la “rupture” promise par Nicolas Sarkozy attendra… à moins que, dans les jours qui viennent, la raison l'emporte et que le gouvernement proclame un moratoire sur le processus de libéralisation. Ne rêvons cependant pas, les apôtres du néolibéralisme ont montré qu'ils ne s'encombraient pas du principe de réalité ».

Repost 0
26 juin 2007 2 26 /06 /juin /2007 11:21

 

Usagers, personnels, service public menacés

 Nous sommes tout près d’une échéance importante pour le gaz et l’électricité : le 1er juillet, tous les consommateurs pourront choisir leur fournisseur énergétique, trois ans après les professionnels et six ans après les gros industriels.

 Il s’y ajoute la filialisation des activités de distribution d’EDF et de Gaz de France à la même date. Ainsi, sont concernés les usagers et les personnels des deux entreprises et, à travers eux, le service public lui-même.

 Le MRC 92 s’est mobilisé en vue de cette échéance (http://mrc92.free.fr). Il a rédigé un tract dont voici l’essentiel du contenu, ci-après.

 Ouverture des marchés du gaz et de l’électricité le 1er juillet aux particuliers

 ~ Danger pour les usagers

 Pour « offrir le choix » de leur fournisseur aux consommateurs d'électricité et de gaz, un profond bouleversement des entreprises du secteur de l'électricité et du gaz est en cours.

 Toutes les associations de consommateurs le disent à l'unisson : cette ouverture est un piège grossier, le moyen de faire sortir par la force ou par la ruse des millions de foyers des tarifs réglementés par l'État :

 - par la force puisqu'au 1er juillet le prix du gaz pour toutes les constructions neuves sort sans autre forme de procès du tarif public du gaz au profit du prix du marché, même si les propriétaires restent abonnés à Gaz de France.

 - par la ruse puisque les offres mixtes électricité gaz d'EDF comme de Gaz de France conduisent Ipso facto à sortir du tarif réglementé gaz ou électricité (voire les deux), du fait de la mise en concurrence d'EDF et de Gaz de France.

 En fait, l'objectif de la commission européenne, avalisé par le conseil constitutionnel et applaudi par la Bourse (EDF a vu son cours de Bourse bondir lorsque le conseil constitutionnel a annoncé que les tarifs réglementés doivent être abolis), est de mettre fin à l'existence même de ces tarifs.

 La commission européenne n'hésite pas à considérer ces tarifs, inférieurs aux prix du marché, comme une entrave à la concurrence. Selon cette théorie fumeuse, le consommateur se porterait mieux (en terme de concurrence) si sa facture augmentait fortement !

 La conciliation des vertus supposées de la concurrence et du service public est un leurre.

C'est pourquoi nous devons oeuvrer pour une réorientation de la politique européenne en matière d'énergie par l'arrêt du processus de déréglementation, et a minima, le maintien des tarifs réglementés. Ceux-ci n'ont rien de scandaleux : ils sont basés sur les coûts de revient, intégrant le financement des investissements et même une marge substantielle pour les opérateurs (Les bénéfices 2006 d’EDF et Gaz de France en sont la démonstration).

 Le niveau attractif des tarifs d'électricité en France n'est pas le fruit d'une quelconque générosité de l'État envers EDF (ce sont EDF et GDF qui alimentent le budget de l'État et non l'inverse) mais d'une politique d'investissement adéquate dans les décennies précédentes (hydroélectricité et nucléaire font le gros de la production en France).

 Pour mémoire, l’ouverture aux entreprises a commencé dès 1999 et à été terminé en 2004. Depuis, les prix des nouvelles offres n’ont cessé d’augmenter. A tel point que pour les plus grosses, le gouvernement à dû intervenir pour créer un tarif de transition (TARTAM) pour celles qui avaient quitté les tarifs et qui trouvaient qui les prix libres étaient trop chers.

 La lois du marché : OUI, mais seulement quand cela arrange les patrons. Les particuliers, eux, n’auront au 1er juillet que le droit de ce faire plumer, par une publicité agressive et mensongère.

 1- Vous voulez une facture avec le Gaz et l’électricité regroupés ?

 2- Eh bien il va falloir sortir du tarif pour l’une des deux énergies !

3- Mais avant, j’avais une facture avec les 2 et au tarif.

 4- Oui, mais maintenant c’est moderne et conforme au droit européen.

 5- Bienvenue dans le monde de la concurrence !

 6- Le bonheur de consommer librement a un coût et les nouveaux actionnaires des entreprises énergétiques n’ont-ils pas, eux aussi, droit de jouir librement des profits ainsi générés ?

 ~ Danger pour le service public et les personnels d’EDF et de Gaz de France

Non seulement l'ouverture à la concurrence est mauvaise pour les usagers, mais elle s'avère destructrice du service public (investissements ralentis, emplois supprimés, concurrence stérile entre EDF et Gaz de France).

 S'ajoute, aujourd'hui, la filialisation des activités de distribution (acheminement par câble et tuyau) dans des conditions telles que la pérennité des missions de service public est menacée. Ce sont 50 000 emplois qui vont être filialisés pour les deux entreprises.

 L’attitude de Gaz de France, dont les dirigeants font toujours le forcing en vue de la privatisation (fusion GDF/SUEZ), pose de sérieux problèmes quant à la possibilité d'assurer la bonne exécution des activités de distribution communes à EDF et Gaz de France.

 La décision de renoncer à la privatisation de Gaz de France et de s'orienter vers un rapprochement d'EDF et de Gaz de France permettrait d'envisager l'avenir de la distribution (acheminement par câble et tuyau) de l'électricité et du gaz dans de bien meilleures conditions et de satisfaire pleinement les besoins des usagers et de la Nation.

Repost 0
13 juin 2007 3 13 /06 /juin /2007 22:20

 

L’électricité de France fait l’objet d’une enquête

 Deux journalistes de Libération, Grégoire Biseau et Julie Majerczack, ont présenté ce matin sur www.liberation.fr un bon résumé du projet de la Commissaire européenne en charge de la concurrence, Neelie Kroes, concernant le système de prix en vigueur en France dans le domaine de l’électricité. Le gouvernement va devoir expliquer pourquoi il ne procède pas à la dérégulation totale du marché de l’électricité.

 Cette offensive européenne contre la France permet de mieux comprendre les raisons de l’opposition citoyenne à la ratification du traité constitutionnel européen. La Commission fait comme si la France avait dit oui le 29 mai 2005. Les dirigeants de l’Union européenne n’ont pas conscience qu’une politique de la concurrence serait mieux admise si elle était associée à une politique industrielle, laquelle fait cruellement défaut actuellement.

 « Electricité : Bruxelles a la France dans le collimateur »

 « Bruxelles décide ce matin de passer à l’offensive contre les tarifs régulés de l’électricité en France. Voilà, a priori, le genre de sujet qui passera difficilement la barre d’un journal télévisé. On peut le comprendre : une histoire qui parle de déréglementation du marché de l’électricité, de tarifs régulés et d’aides d’Etat a fatalement du mal à tenir en haleine un citoyen normalement constitué. Et pourtant, ami lecteur, tu as raison de t’accrocher, car l’affaire est d’importance. Non seulement parce que tout ce pataquès risque à terme d’avoir des conséquences sonnantes et trébuchantes sur le montant de ta facture d’électricité, mais aussi (et peut-être surtout) parce que tu tiens là un magnifique cas d’école qui démontre que «le roi marché et la liberté des prix»  ne servent pas nécessairement les intérêts du consommateur. Bref, la démonstration que la Commission européenne peut, en matière de libéralisme économique, pratiquer l’excès de zèle. Décryptage.

 Que reproche la Commission à la France ?

 Le porte-parole de Neelie Kroes, la commissaire européenne en charge de la Concurrence, a confirmé hier que l’exécutif communautaire ­devait décider aujourd’hui d’ouvrir une enquête sur les tarifs régulés d’électricité. Depuis l’ouverture des marchés à la concurrence, deux prix de l’électron cohabitent en France : un prix libre fixé par l’offre et la demande du marché et un prix, dit régulé, fixé par l’Etat et imposé à EDF. Or le problème est que ce tarif est bien inférieur à celui du marché, (aujourd’hui entre 10 % et 20 %, mais il y a un an l’écart est allé jusqu’à 30 % voire 40 %).

Donc, Neelie Kroes cherche à savoir si les tarifs réglementés français constituent ou non une aide d’Etat en faveur des entreprises françaises qui en bénéficient. Si tel est le cas, alors les entreprises ayant bénéficié de ce tarif seraient amenées à mettre la main au portefeuille pour rembourser la différence.

 La Commission a depuis longtemps dans le nez ces maudits tarifs. Cette enquête vient s’ajouter à une première attaque de la Commission européenne lancée en décembre dernier. Cette dernière avait envoyé un avis motivé à Paris, estimant que la législation française était contraire aux directives libéralisant le marché de l’énergie. Car, pour elle, les prix réglementés ne sont justifiés que dans deux cas : protéger les consommateurs les plus vulnérables et garantir les obligations de services publics.

 La Commission étudie actuellement la réponse de la France. Si elle n’est pas satisfaisante, l’exécutif européen pourrait alors saisir la Cour européenne de justice. Pourquoi diable une telle obstination de Bruxelles ? Pour une raison simple : des prix réglementés trop bas empêchent l’arrivée de nouveaux concurrents à EDF sur le marché français et donc la constitution d’une vraie concurrence européenne. Voilà le joli paradoxe : la Commission préférerait, au nom de la concurrence, faire sauter ces tarifs d’Etat quitte à prendre le risque de faire monter les prix. En tout cas à court terme.

 Les consommateurs sont-ils concernés ?

 Non, pas encore. La Commission a choisi pour l’instant de ne s’intéresser qu’au tarif régulé pratiqué par EDF à ses entreprises clientes. Mais il ne fait guère de doute que si ce tarif tombe pour les gros industriels et les PME, il tombera ­demain pour les consommateurs.

 Car, à partir du 1er juillet, c’est au tour des ménages français de tomber dans le grand bain de l’ouverture des marchés du gaz et de l’électricité. Concrètement, chacun aura le droit de choisir entre rester au tarif régulé, rester chez EDF mais adopter les tarifs libres, ou alors partir à la concurrence. Or, depuis l’ouverture des marchés, plusieurs industriels qui ont quitté EDF et joué le jeu de la concurrence espérant bénéficier de baisses de tarifs s’en sont mordu les doigts. A l’occasion du débat parlementaire de l’été dernier sur la privatisation de GDF, ils ont obtenu la possibilité de revenir à un nouveau tarif régulé pour deux ans. Aujourd’hui, ils sont entre 1 500 et 2 000 clients à avoir fait la demande de revenir à la bonne vieille économie administrée et ses tarifs régulés. Ce qui n’est pas du tout du goût de Bruxelles.

 Les tarifs régulés sont-ils des aides d’Etat ?

 La question devrait faire l’objet d’une magnifique bataille juridique entre la France et les services de Neelie Kroes. Selon l’article 87 du traité instituant la communauté européenne, les aides d’Etat sont «des aides accordées par un Etat ou au moyen de ressources d’Etat, sous quelque forme que ce soit, qui faussent ou qui menacent de fausser la concur­rence en favorisant certaines entreprises ou certaines productions». 

 La jurisprudence européenne a, par ailleurs, clairement précisé qu’une aide d’Etat n’était pas nécessairement une contribution positive (sous forme par exemple de subvention publique ou aides en tous genres), mais pouvait être aussi un manque à gagner pour l’Etat.

 «Nous allons ouvrir une enquête, rappelle le porte-parole Neelie Kroes, nous n’avons pas tranché l’affaire. Nous allons entendre les arguments des autorités françaises. A elles de nous convaincre.» Si ce n’était pas le cas, cela promet un très beau tollé politique sur le mode «haro sur Bruxelles et son libéralisme débridé». Avec cette fois une chance de faire les titres du journal télévisé ». 

Repost 0
3 juin 2007 7 03 /06 /juin /2007 21:42

 

Des propositions concrètes pour agir efficacement

 L’association « Sauvons le climat » propose des moyens d’action pour s’engager concrètement dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Elle rappelle que l’objectif fixé par le gouvernement Raffarin (diviser par 4 les rejets français entre 2005 et 2050) n’a pas été accompagné, jusqu’à présent, de propositions concrètes. Ce sera l’objet du « Grenelle de l’environnement » à l’automne 2007.

 « Sauvons le climat » a présenté des idées que chacun peut consulter sur le site http://www.sauvonsleclimat.org

Elles ont été résumées, ci-après, dans un souci de clarifier les enjeux, de mieux définir le rôle des institutions et de définir des priorités aux actions et axes de recherche.

Pour réduire les émissions de gaz à effet de serre 

Des confusions, comment les éviter : 

- Les économies d'énergie : plutôt que de rechercher les économies d'énergie " en général ", il faut chercher à économiser la consommation des combustibles fossiles. 

- Les énergies renouvelables : elles devraient être soutenues prioritairement en fonction de leurs performances prouvées en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre. 

- Un critère objectif d'efficacité des actions : Nous proposons de retenir comme indicateur simple et généralisé le coût de la tonne de gaz carbonique évitée - voir (1). 

 

 Des institutions au rôle mieux défini : 

Il nous paraît nécessaire, soit de redéfinir fondamentalement les objectifs de l'ADEME, soit, si cela n'est pas possible, de créer une agence spécifiquement chargée de proposer les instruments nécessaires pour mener une politique de réduction des émissions de gaz à effet de serre aussi efficace que possible. Cette agence devrait être le bras armé du ministère en charge du changement climatique aux plans national, européen et international. 

 Sur le plan européen, le Ministère de l'Écologie, du Développement et de l'Aménagement durables devra être plus présent et plus fort qu'il n'a été. Les désaccords entre pays européens sur la question du nucléaire empêchent la mise sur pied d'une véritable politique énergétique européenne. L'UE devrait fixer des objectifs de réduction des émissions en termes de trajectoires convergeant à la même valeur d'émissions par tête pour tous les états européens, laissant aux Etats le soin de définir leur stratégie pour les atteindre. 

 

Sur le plan international, le Ministère de l'Écologie, du Développement et de l'Aménagement durables devra défendre l'éligibilité du nucléaire aux mécanismes de Développement Propre et, pour aider à l'électrification des pays en voie de développement, participer de façon intensive au projet " le solaire pour le développement ". 

Propositions d'actions : 

 

Selon les cas, on peut promouvoir les actions susceptibles de limiter les émissions de CO2 par des subventions ou par la réglementation, ou décourager les actions émettrices de CO2 par des taxes. 

Le niveau des taxes et subventions devra être tel que l'usage des combustibles fossiles pour l'action envisagée ne soit plus justifié économiquement. Les actions les moins onéreuses sont à encourager en priorité. En nous inspirant du critère d'optimisation du coût de la tonne de carbone évité, nous proposons les actions suivantes : 

 

Maintenir et renforcer la performance carbone du secteur électrique :  

Tant que le captage-stockage du CO2 n'est pas assuré, la proportion de la production électrique assurée par des centrales à gaz, fioul ou charbon ne doit pas augmenter, mais doit, au contraire, diminuer. Les principales voies à explorer nous semblent devoir être :   

-La réduction des besoins de pointe par des politiques tarifaires appropriées.
-La construction d'un deuxième EPR aussi tôt que possible pour faire face à une demande croissante d'électricité liée, entre autres, aux importantes possibilités de substitution de l'électricité à l'usage des combustibles.
-L'utilisation en semi-base des centrales nucléaires déjà largement amorties. 
-Le développement du stockage de l'électricité par pompage (STEP) et en tirant parti des batteries qui équiperaient les voitures hybrides à batteries rechargeables. 

 

Diminuer l'usage des combustibles fossiles dans les secteurs de l'habitat et des bureaux : 

 

Des solutions adaptées existent ou pourraient être facilement développées :
- combustible biomasse utilisé dans les réseaux de chaleur.
- chauffage au bois.
- pompes à chaleur.
- chauffage électrique avec effacement aux heures de pointe, quand le contenu carbone de l'électricité devient important.
- chauffage et eau chaude solaire associé à un chauffage électrique avec effacement. 

- amélioration de l'isolation du bâti, surtout là où une solution utilisant des combustibles fossiles est maintenue. 

 

Rechercher l'efficacité carbone dans le secteur des transports : 

 

- Par la réduction de vitesse,  

- Par la généralisation du ferroutage avec traction électrique et le développement du fluvial grand gabarit, 

- Par le développement des transports en communs électriques,  

- Par l'extension des voitures individuelles électriques ou hybrides-électriques avec échange standard des batteries vides par des pleines dans les stations service,  

- Plutôt que produire des biocarburants de première génération, utiliser la biomasse pour produire de la chaleur, ce qui est actuellement économiquement préférable.

Par contre, développer les biocarburants de deuxième génération, fabriqués à partir de la plante entière, dans la mesure où des sols sont disponibles pour cet usage. 

 

Les DOM-TOM et la Corse terres d'élection des énergies renouvelables : dans les îles, les conditions de vent et d'ensoleillement, la disponibilité d'énergie hydraulique et géothermique aussi bien que le couvert végétal sont très favorables à la réalisation d'un système intégré de production d'électricité renouvelable à rejet zéro, en remplacement d'une électricité produites par des groupes électrogènes ou des turbines à gaz. Ces réalisations pourraient servir d'expérience pilotes pour les régions ayant des caractéristiques similaires et donner lieu à des collaborations dans le cadre des Mécanismes de Développement Propre. 

 

Sur le plan international, dans les pays en voie de développement: mettre en œuvre le projet " le solaire pour le développement " proposé par Patrick Jourde et Claude Birraux (2) qui associe le micro crédit, le développement d'un monde autonome sans réseau à très haute efficacité énergétique, les transferts de technologie fabriquant ce monde sur place, un contrôle scrupuleux des marges et des coûts utilisant l'e-commerce en vue de doter les habitants de régions rurales non raccordées au réseau d'un équipement photovoltaïque minimum (…). 

Des actions engagées qu'il convient de revisiter : 

Les subventions directes ou indirectes à l'éolien et au solaire photovoltaïque : 

 

Dans le cas de la France, les éoliennes et les panneaux photovoltaïques contribuent peu à la diminution des rejets de CO2. Les investissements dans ces domaines ne devraient pas être prioritaires.  

Nous proposons, pour les nouvelles implantations, de supprimer la procédure d'obligation d'achat du courant éolien ou photovoltaïque. La poursuite d'un programme de construction d'éoliennes resterait possible sur une base d'engagement volontaire des consommateurs à acheter du courant éolien à son coût réel de production et de distribution. De même les usagers de l'électricité pourront continuer à s'équiper, à leurs frais, de systèmes photovoltaïques. 

 

La déréglementation du marché de l'électricité : 

 

Elle risque de rendre difficile la mise en œuvre de la stratégie de contrôle des émissions de CO2. Se pose les questions du financement des actions d'économie d'énergies fossiles, de celui de la recherche-développement et de l'engagement d'investissements lourds comme les réacteurs nucléaires.  

Références: (1) Henri Prévot, " Trop de Pétrole " - Edition le Seuil. (2) http://www.sauvonsleclimat.org communiqué " Le solaire photovoltaïque au service du développement " de juillet 2005.  

Le collectif "Sauvons le climat " fondé en mai 2004, association loi 1901 depuis Décembre 2005, a pour ambition d’informer nos concitoyens, de manière indépendante de tout groupe de pression ou parti politique, sur les problèmes relatifs au réchauffement climatique et sur les solutions proposées pour le ralentir. Il est doté d’un comité scientifique, présidé par Michel Petit, ancien responsable du groupe français d’experts au GIEC. Son manifeste a  été signé par plusieurs milliers de personnes.
La signature du manifeste et les adhésions sont possibles sur le site http://www.sauvonsleclimat.org .

Repost 0
13 mai 2007 7 13 /05 /mai /2007 10:53

 

Pour débattre, il faut savoir de quoi on parle

 L’article paru le 4 mai dernier sur ce blog traitait de l’énergie nucléaire et de la part de celle-ci dans la production d’électricité (Michel Naud dans ReSPUBLICA), suite au débat télévisé entre les deux candidats du second tour de l’élection présidentielle.

 Dans le numéro 536 du journal en ligne de « la Gauche républicaine, laïque, écologique et sociale », daté du 11 mai, Thierry de Larochelambert, qui est un universitaire, spécialiste de cette question, apporte des précisions utiles concernant les chiffres relatifs à la production d’électricité d’origine nucléaire en France. Voici son texte Lien permanent vers cet article et des liens intéressants.

 « La production d'électricité en France »  

« Les statistiques nationales françaises délivrées chaque année par la DGEMP (Direction Générale de l'Energie et des Matières Premières)/Observatoire de l'Energie au Ministère de l'Industrie donnent la production brute d'électricité primaire et la production nette d'électricité en France.

 Production brute d'électricité: c'est la quantité d'électricité annuelle qui sort des alternateurs et des génératrices de toutes les sources d'électricité (nucléaires, hydrauliques, thermique gaz ou fioul ou charbon, éoliennes, géothermiques, photovoltaïques, thermique bois). Une partie de cette électricité est directement consommée par les centrales elles-mêmes, les rotors des groupes alternateurs, et perdue dans les transformateurs des centrales.

 Production nette d'électricité: c'est la quantité d'électricité effectivement distribuée sur le réseau électrique français, à la sortie des transformateurs des centrales, c'est à dire après l'autoconsommation et les pertes de production. C'est la seule qui ait un intérêt énergétique et économique et qui entre dans le bilan d'énergie utilisable par les consommateurs (industrie, tertiaire, domestique, agriculture).

 Pour 2006 par exemple, les chiffres officiels sont les suivants :  

Production brute d'électricité totale: 574,5 TWh, dont nucléaire 450,2 TWh (78,4%), hydraulique 61,6 TWh (10,7%), thermique fossile 60,5 TWh (10,5%), éolien 2,1 TWh (0,37%), photovoltaïque 1 TWh (0,02%)

 Production nette d'électricité totale: 548,8 TWh, dont nucléaire 428,7 TWh (78,1%), hydraulique 60,9 TWh (11,1%), thermique fossile 57,1 TWh (10,4%), éolien 2,1 TWh (0,40%), photovoltaïque 1 TWh (0,02%).

 La part de l'énergie nucléaire dans la production électrique nette totale est donc de 78,1%.
Les valeurs de 85% et 88% avancées dans l'article cité plus haut sont physiquement inconsistantes car elles représentent uniquement la part du nucléaire dans la production brute d'électricité non thermique (87,6%), ce qui n'a strictement aucun intérêt puisque les centrales thermiques représentent tout de même 10,4% de la production française et que ce n'est pas la production brute qui compte mais la production nette! Cette présentation des chiffres est purement artificielle et gonfle artificiellement l'importance du nucléaire, probablement dans un but propagandiste ou commercial, mais certainement pas d'information neutre...


Pour terminer cette petite mise au point objective (je ne fais partie d'aucun lobby, ni nucléaire, ni pétrolier, ni gazier, ni charbonnier, ni écologiste mais je suis physicien sans carte politique), je rappelle qu'une partie importante de l'électricité produite en France est exportée (60 TWh, soit 11%), et que sur les 480,6 TWh d'électricité consommés en France, une bonne part (au moins 25 TWh, soit 5%) est autoconsommée dans le fonctionnement du cycle nucléaire (enrichissement de l'uranium dans l'usine Eurodiff du Tricastin entre autres) et perdue dans les lignes électriques et les transformateurs de lignes (32 TWh, soit 6,6% en 2006).

Comme la part de l'électricité dans la consommation d'énergie finale totale française en 2006 (161,7 MTEP) n'est que de 22,9%, la part du nucléaire n'en représente que 15,2% à 17,6% selon les méthodes de calcul.

 Vous trouverez toutes les données sur les sites ministériels (www.industrie.gouv.fr/energie, www2.ademe.fr) et une analyse plus complète dans le volet III de mon étude « L'urgence énergétique » (ReSPUBLICA n°524) ».

 Thierry DE LAROCHELAMBERT
Chaire supérieure de Physique-Chimie en CPGE,
Professeur de mécanique des fluides en École d'Ingénieurs,
Chercheur à l'Université. voir tous ses articles

Repost 0
5 avril 2007 4 05 /04 /avril /2007 12:02

 

Augmenter volontairement le prix de l’énergie

 Ingénieur-conseil spécialisé dans l’énergie et le climat auprès de l’Etat français et de diverses grandes entreprises, Jean-Marc Jancovici a également contribué au “Pacte écologique” de Nicolas Hulot. Il manie avec humour le franc-parler et est accessible au plus grand nombre.

 J’ai trouvé sur son site www.manicore.com un entretien paru dans "La Libre Belgique " le 2 avril 2007, dans lequel il remet les choses à leur place en ce qui concerne les énergies de l’avenir. Voici ce document qui donne envie d’approfondir en dehors de tout sectarisme les questions énergétiques. L’entretien est réalisé par Gilles Toussaint.

 

 

  A vous lire, on a le sentiment que les conséquences du réchauffement climatique seront avant tout sociales et géopolitiques... 

 

Prenons plutôt le problème en sens inverse : l’histoire des sociétés humaines montre que les événements qui ont été les plus dommageables à la taille de la population, à son espérance de vie ou à son confort de vie, c’est la famine, la maladie et l’oppression politique. Le changement climatique pourrait-il augmenter ces événements-là ? Question difficile, tout raisonnement s’apparentant à du billard à 25 bandes, mais on peut craindre que oui.

 Un réchauffement ample et rapide fera très probablement baisser les productions agricoles en de nombreux endroits. Si cela se conjugue avec une diminution de l’énergie disponible, des conséquences sont à craindre. Rappelons que l’intensification de l’agriculture a été rendue possible par l’augmentation de l’énergie consommée par ce secteur.

 Un autre risque augmentera en cas de contexte troublé : l’oppression politique. Une évolution brusque du climat provoquera de temps à autre des crises, notamment économiques (c’est exactement la conclusion du rapport Stern), et l’histoire nous enseigne qu’une économie massivement déstabilisée augmente fortement la probabilité de l’oppression politique (révolution, dictature, guerre ou savante combinaison des trois…). Ceci dit, il est seulement possible d’exprimer des craintes, mais pas de tenir des raisonnements prédictifs, et il ne faut pas confondre les deux. Inversement, balayer d’entrée de jeu tout scénario catastrophe serait de l’inconscience.

 L’ère du pétrole bon marché est-elle de toute façon terminée ?

 Le pétrole de plus en plus abondant prendra fin à l’échelle d’une vie humaine (10 à 30 ans, en gros). Va-t-il cesser d’être bon marché dans sa phase de décroissance ? Si on ne gère pas le problème, cela paraît vraisemblable, au moins au début. Si on gère le problème, ce n’est même pas sûr. Si la “taxe carbone” que j’appelle de mes voeux voit le jour, on aboutira à une situation paradoxale en apparence : la consommation d’hydrocarbures baissera alors même que les prix de marché n’exploseront pas, puisque la taxe incitera à diminuer la consommation plus vite que la possibilité maximale de production.

 Quelles sont les perspectives des énergies renouvelables ?

 Elles sont réelles pour leurs promoteurs, mais secondaires à bref délai pour vous et moi. Aujourd’hui, nous avons hélas tendance à confondre 1 et 100 : si vous faites les comptes, la calculatrice vous dira que vous n’arriverez pas à remplacer en 30 ou 40 ans pétrole, gaz et charbon (80% de l’énergie mondiale) par des énergies renouvelables (15% en gros, dont 10% de bois et 5% d’hydroélectricité).

 En d’autres termes, un approvisionnement identique en prix et en volume est hors de portée des renouvelables, et ce quel que soit le mix proposé. Je ne vois pas non plus comment on arrive à se passer du nucléaire tout en réduisant les émissions de CO2 en quelques dizaines d’années. Mener les deux chantiers de front signifie diviser la quantité d’énergie que nous consommons par cinq à six en 45 ans.

 Il faut donc réduire drastiquement la consommation énergétique et cela passe par la taxation…

 Oui, il faut augmenter le prix de l’énergie. Le paradoxe est que plus vous refuserez une hausse volontaire du prix pour modérer la consommation, plus vite arrivera une hausse involontaire, soit à travers un choc de marché (la production ne peut pas suivre), soit à travers la facture des conséquences (choc climatique). Bref, ou bien le prix de l’usage de l’énergie augmentera, ou bien celui des conséquences. Et une telle évolution, si elle arrive, nous fera probablement regretter de manière amère (ou fera regretter de manière amère à nos enfants, qui nous haïront) de ne pas avoir choisi la voie volontaire.

 Mais pour être vraiment efficace, une telle taxe ne devrait-elle pas être imposée à l’échelle mondiale ?

 Oui et non. Juridiquement, la fiscalité est du ressort des Etats, qui sont donc des premiers acteurs incontournables. Mais à partir du moment où vous considérez que l’atmosphère est un bien commun, la saine concurrence n’est obtenue que si, partout sur la planète, on paie la même chose pour émettre une tonne de CO2. En pratique, un pays A qui taxe fortement son énergie carbonée pourrait légitimement taxer l’importation de produits issus d’un pays B où cette énergie n’est pas taxée et détaxer ses propres exportations. L’OMC devrait à l’évidence soutenir ce point de vue.

 Mais un pays qui se lancerait seul dans une aventure pareille mettrait ses entreprises en situation défavorable…

 Le seul pari perdant à coup sûr est de ne rien faire : n’importe quelle solution imparfaite est donc préférable à l’inaction. De plus en plus de grandes entreprises le comprennent, et seraient prêtes à accepter une telle taxe, traitée comme une TVA. Dans ce cas-ci, le plus réactionnaire de tous les lobbies, c’est celui des consommateurs. Comment devrait s’appliquer cette taxe et à quoi cet argent devrait-il être affecté ? Il faut augmenter de 5 à 10% par an le prix de l’énergie pour le consommateur, sur une période longue. Si vous dites aujourd’hui que le prix de l’énergie va augmenter indéfiniment à l’avenir, vous allez éviter aux gens de se placer dans une situation dans laquelle ils seront pris à la gorge dans 15 ou 20 ans.

 Avec ce que rapporte cette taxe, l’Etat peut notamment se doter d’un bras armé dont le rôle serait justement de subventionner les investissements qui seront indispensables pour effectuer la transition. Il faut par exemple aider à la relocalisation des activités économiques et de l’habitat.

 C’est une chimère de penser que l’on va créer le moment venu des transports publics partout où il n’y en a pas : à moins de 20 habitants par hectare, vous ne faites rien. Il faudra donc plutôt implanter les activités à côté des réseaux qui existent déjà. L’urbanisme étalé, les banlieues pavillonnaires d’aujourd’hui ne correspondront plus à rien dans un monde où l’énergie est chère. Il faudra faire déménager des gens de manière importante dans la douceur, en faire changer un certain nombre de métiers…

 Vous évoquez un retour à la terre, quels seront les métiers qui vont se développer ?

 Je ne peux pas dire précisément lesquels ni si ce changement prendra son essor dans 10, 20 ou 40 ans, mais tout ce qui est manuel devrait logiquement être favorisé par une énergie plus chère. Il n’est pas question de retour vers le passé, car le temps est à sens unique, mais vous aurez probablement plus de personnes actives dans l’agriculture et dans l’artisanat.

 Et cet artisanat sera plus polyvalent : moins d’ouvriers spécialisés, moins de centres spécialisés qui ne couvrent qu’une étape de la fabrication d’un produit, des zones de chalandises moins vastes et des produits davantage réparables. L’avantage comparatif de la fabrication pas chère par rapport à la réparation chère devrait s’estomper voire s’inverser.

Repost 0
23 mars 2007 5 23 /03 /mars /2007 19:48

 

Pour une politique énergétique tenant compte des réalités

 

On peut lire dans le journal en ligne des Amis de ReSPUBLICA  paru le 20 mars (numéro 521 ) http://www.gaucherepublicaine.org un article très intéressant portant sur la question de l’énergie. Christian Gaudray souligne l’incapacité de tout gouvernement de relever le défi de la réduction des énergies fossiles en se fixant pour but de réduire l’énergie nucléaire. Voici son texte.

 « Quelle politique énergétique pour la France de 2007 ? »  

« La question énergétique est présente dans la campagne présidentielle. Pourtant, aucun candidat ne tient un discours qui possède la cohérence capable de résoudre l'équation suivante : comment garantir l'accès pour tous à l'énergie en tenant compte des trois défis du siècle que sont l'explosion démographique, la limitation du réchauffement climatique et l'épuisement des ressources de pétrole et de gaz naturel dans un contexte géopolitique sous tension ?

 Tous les candidats antilibéraux s'accordent sur le fait qu'il faut un service public de l'énergie et que la politique énergétique doit permettre une réduction des émissions de gaz à effet de serre, notamment en développant les énergies renouvelables et en augmentant les moyens de la recherche.

 Mais aucun ne défend simultanément les deux mesures sans lesquelles leur projet est incomplet, donc inefficace s'il devait être appliqué : la réduction de la consommation d'énergie et la poursuite du programme nucléaire civil tant que la réduction nécessaire de la production des gaz à effet de serre ne sera pas obtenue.

 Réduire la consommation d’énergie

 Il n'est pas contestable que la réduction de l'empreinte écologique des pays développés passera entre autre par une réduction de la consommation énergétique. Or certains programmes électoraux sont résolument productivistes et occultent cette question. Il ne s'agit pas d'exiger de chacun de diminuer sa qualité de vie, mais de combiner :

 - une certaine sobriété dans la consommation, en commençant par identifier et supprimer l'inutile ;

 - une amélioration de l'efficacité énergétique sur l'offre d'énergie (en améliorant les rendements à la production et en diminuant les déperditions au cours du transport et de la distribution) ;

 - une amélioration de l'efficacité énergétique sur la demande (rénovation de l'habitat ancien, rupture dans la politique des transports, modification des règles d'urbanisme, développement des transports en commun, amélioration des rendements des appareils domestiques et industriels, etc.).

 Réduire les émissions de gaz à effet de serre

 Si on admet comme prioritaire la réduction des émissions de gaz à effet de serre pour limiter le réchauffement climatique, on ne peut pas mener de front la sortie du nucléaire et la division par 4 de nos émissions de gaz à effets de serre d'ici le milieu du siècle. Or plusieurs candidats antilibéraux réclament haut et fort la sortie du nucléaire tout en prétendant réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre.

Le problème, c'est qu'avec les technologies actuellement disponibles, aucun gouvernement ne serait en mesure d'atteindre démocratiquement les objectifs de réduction des gaz à effet de serre tout en se désengageant du nucléaire civil. De plus, nos centrales nucléaires sont amorties et durent plus longtemps que prévu, cela doit permettre de dégager des financements durables pour la recherche et l'innovation !

 Des solutions qui reposent sur la réalité plutôt que la sentimentalité

 L'urgence environnementale et la priorité sociale imposent une politique volontariste courageuse qui doit d'une part s'appuyer sur une analyse globale de la question énergétique replacée dans le contexte des grands défis planétaires, et d'autre part reposer sur des solutions démocratiquement applicables et technologiquement réalisables, en s'appuyant sur la réalité et non sur la sentimentalité ».

Repost 0
17 mars 2007 6 17 /03 /mars /2007 23:25

 

« Sauvons le climat » démonte les arguments de Greenpeace

 Plusieurs milliers de manifestants contre l'EPR* dans cinq villes de France, selon Le Monde.fr ce soir. "Ni civil, ni militaire, sortons, sortons du nucléaire". Les manifestants interpellent les candidats à l'élection présidentielle et réclament "un plan de sortie du nucléaire avant un drame comme Tchernobyl", a dit Stéphane Lhomme.

 *Le réacteur pressurisé européen (EPR, de l'anglais European Pressurized Reactor) a été conçu et développé par Areva NP. Ses objectifs affichés sont d'améliorer la sûreté et la rentabilité économique par rapport à celles des précédents réacteurs à eau pressurisée. Pour ses détracteurs, l'EPR est dangereux, coûteux et aggrave le problème des déchets radioactifs.

 Ces manifestations ne sont pas les premières. Elles visent à remettre en cause une décision prise par les pouvoirs publics, la construction d’un nouveau réacteur nucléaire, dont la mise en œuvre est prévue à la fin de l’année en cours. L’un des arguments avancés par les opposants à l’énergie nucléaire concerne la sécurité et prend appui sur le rapport d’un expert britannique. L’objectivité et les compétences de cet expert sont la cible du collectif « Sauvons le climat », dont voici des extraits du texte qu’il vient de diffuser.

 « Non, l'EPR n'est pas le réacteur le plus dangereux du monde, c'est un des plus sûrs ».

« Sauvons le Climat » a démontré qu'une sortie du nucléaire se traduirait automatiquement par la construction de nombreuses centrales thermiques à gaz ou à charbon (éolien et solaire ne pouvant contribuer à plus de 15% de la production électrique) et, par conséquent, par une augmentation importante des rejets de gaz carbonique. C'est pourquoi nous ne pouvons rester neutres devant la campagne mensongère d'organisations comme Greenpeace et « Sortir du nucléaire » qui redouble de virulence dans le contexte de l'élection présidentielle. Ces organisations appliquent avec maestria le principe selon lequel « plus les mensonges sont gros et mieux ils sont acceptés par des esprits non avertis ».

Dans ce contexte, Greenpeace a récemment fait état du rapport d'un « expert indépendant » et « internationalement reconnu » M.John Large, selon lequel l'EPR serait le réacteur le plus dangereux au monde. Les conclusions de ce rapport ont été largement diffusées dans les médias. Le rapport et sa diffusion sont une bonne illustration des méthodes de Greenpeace et de la crédulité d'un trop grand nombre de nos compatriotes (…).

Manifestement Greenpeace a obtenu de Monsieur John Large un rapport visant à démontrer qu'EPR était plus dangereux que tout autre réacteur en fonctionnement. On pouvait craindre, en effet, qu'à l'occasion de l'élection présidentielle, un marchandage sacrifie, par exemple, le ou les réacteurs de Fessenheim à la réalisation de l'EPR. Or seul l'abandon de l'EPR permettrait de donner un coup très dur, sinon mortel, à l'industrie nucléaire française (1). Large & Associates est, d'ailleurs, l'un de ces « cabinets d'études » prétendument indépendants dont la liste des clients ou partenaires, des organisations anti-nucléaires déclarées, trahit la partialité. Nombre des publications de M. Large ont été ainsi commandées par Greenpeace.

Plusieurs études de John Large ont fait l'objet de vives critiques de la part de la communauté scientifique. Par exemple, la publication de son étude « The implication of September 11 for the Nuclear Industry » a été rejetée par la revue de la Société britannique du génie nucléaire (British Institution of Mechanical Engineers), alors même qu'il est membre de cette institution. Dans un autre article relatif à l'impact environnemental d'un accident de transport maritime de combustible MOX (2) , M. John Large cite à l'appui de ses dires une étude d'un institut allemand, le Fraunhofer Institut, qui en a démenti l'existence.

Dans son rapport M. Large concentre son tir sur EDF en dissimulant que la sûreté de l'EPR a été validée par les autorités de sûreté françaises et finlandaises. Ces deux autorités considèrent que l'EPR est le plus sûr des réacteurs à eau pressurisée. On aurait pu comprendre que M. Large posât des questions aux autorités de sûreté sur certains aspects au sujet desquels il aurait eu des doutes ou qu'il aurait mal compris. Eh bien non, M. Large, s'il n'a pas confiance dans les meilleurs experts mondiaux, a une confiance d'acier en lui-même. Sans doute pense-t-il que les ingénieurs français allemands et finlandais sont tous des imbéciles ou des malhonnêtes.

 Que pouvait faire M. Large pour remplir son contrat ? A l'évidence, il lui était difficile d'argumenter que les nouveaux dispositifs de sûreté prévus pour l'EPR, la double enceinte de béton, le récupérateur de corium, les absorbeurs d'hydrogène, la multiplication des systèmes de secours rendaient l'EPR moins sûr que les réacteurs plus anciens. L'idée géniale a été de découvrir que l'EPR était le réacteur le plus puissant du monde, et, que, par conséquent, son inventaire en produits de fission excédait celui des réacteurs de plus faible puissance. De plus, si le cœur de l'EPR était MOxé à 100%, il contiendrait plus de Plutonium que les réacteurs partiellement ou non MOxés. Il fallait donc inventer une situation dans laquelle le cœur fondu aurait été découvert et l'enceinte de confinement ruinée, ce qui permettait de ne prendre en compte aucun des dispositifs de sécurité (3) (…).

L'étude de John Large & Associates est dénuée de toute légitimité scientifique

 En conclusion, contrairement à ce qu'affirme M. John Large, l'EPR n'est pas un réacteur plus dangereux mais un réacteur encore plus sûr, fruit de plus de 40 ans d'expérience sans accident grave en France et en Allemagne. Le réacteur nucléaire de 3ème génération EPR dispose d'une sûreté renforcée :
- Dans le contexte post-11 septembre, la conception de l'EPR a été adaptée pour résister à la chute d'un avion de ligne. On comprendra aisément que les caractéristiques en soient gardées secrètes.
- Bien que les dispositions techniques rendent infinitésimale la probabilité d'un accident grave avec fusion totale du cœur, l'EPR est conçu de telle manière que si, malgré tout, celui-ci se produisait, il n'y aurait pas de conséquence significative en dehors de la centrale.

(1) Rappelons que « Sortir du nucléaire » s'est réjoui qu'AREVA n'ait pas remporté le contrat récent de construction de 4 réacteurs de 3ème génération en Chine, sans se formaliser du retour des Etats-Unis sur la scène du nucléaire civil.

(2) Le MOX (Mixed OXyde) est un mélange d'oxydes d'uranium et de plutonium.

(3) Le raisonnement est ici analogue à celui qui voudrait que la dangerosité d'une voiture soit mesurée par le volume de son réservoir d'essence, faisant foin des freins, airbags, ABS, ceintures de sécurité etc.

Repost 0
9 mars 2007 5 09 /03 /mars /2007 18:55

 

Quelle politique énergétique européenne ?

 Les 27 chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne ont l’ambition d’adopter une véritable politique énergétique qui sécurise les approvisionnements, à moindre coût, tout en préservant l’environnement.

 Presque tous considèrent le réchauffement climatique comme le défi majeur mais ils divergent sur la stratégie énergétique. Ils s’accordent pour développer les énergies renouvelables, mais se dispersent sur l’attitude à adopter vis-à-vis de l’énergie nucléaire. Ils cherchent aussi à ménager l’industrie (automobile, aviation, production d’électricité).

 La volonté de la Commission de dissocier les activités de transport et de production d’énergie, afin de renforcer la concurrence sur le marché européen, se heurte à la diversité des situations nationales, la France avec EDF et GDF étant la plus réticente à cette dissociation.

 Le problème de la sécurité des approvisionnements et des rapports avec la Russie, grand pays fournisseur, n’est pas abordé de la même façon dans tous les pays membres de l’Union. Toutefois, le sentiment de la nécessité d’adopter une politique énergétique commune a progressé énormément depuis deux ans.

 La position du collectif « Sauvons le climat »

  « Sauvons Le Climat veut, en cette occasion, rappeler que les politiques nationales et leur intégration dans une politique énergétique européenne doivent, sans tarder, mettre en oeuvre les meilleures solutions du double problème du changement climatique et de la sécurité d'approvisionnement. Cette exigence difficile suppose que tous les moyens soient mis en œuvre :

- La diminution de l'intensité en émission de gaz carbonique, c'est-à-dire la diminution de la quantité d'énergie fossile nécessaire à la production de chaque unité de richesse,

 - L'optimisation globale en termes de coûts, de sécurité et de protection environnementale des diverses sources d'énergies aujourd'hui maîtrisées : biomasse, nucléaire, solaire, éolienne, géothermique de façon à diminuer le plus tôt possible l'appel aux énergies fossiles carbonées,

 - La poursuite et l'intensification des efforts de recherche entrepris par le consortium international CSLF (Carbon Sequestration Leadership Forum) sur la capture et la séquestration du gaz carbonique émis par les utilisations énergétiques du charbon, des produits pétroliers et du gaz naturel. "Sauvons le Climat" rappelle, à ce propos, que la France participe, en compagnie de 22 autres pays aux travaux de CSLF. Il est souhaitable que tous les pays européens se joignent à CSLF,

 - La poursuite et l'intensification de la participation de l'Union européenne, et des pays européens qui en sont aujourd'hui membres, au Forum Génération IV chargé d'étudier et de développer les réacteurs nucléaires de 4ème génération ».

 Le compromis sur les énergies renouvelables 

 Denis Delbecq, dans Liberation.fr, ce 9 mars, commente les décisions prises par le conseil européen à Bruxelles « Les 27 pays membres de l'Union européenne ont adopté ce vendredi un objectif de 20% d'énergies renouvelables consommées dans l'UE d'ici 2020. A la demande de la France, dont l'électricité est principalement d'origine nucléaire, cet objectif sera modulé pays par pays ».

 Une modulation par pays afin de prendre en compte l’énergie nucléaire

 « La France a donc remporté son pari : s'opposer à la fixation d'un objectif contraignant, Etat par Etat, sur la production d'énergie renouvelable en 2020. Un compromis a été trouvé ce vendredi au Conseil européen qui se tient à Bruxelles. Paris, qui tient à son nucléaire, et Berlin, qui souhaite s'en débarrasser, s'opposaient depuis plusieurs semaines sur ce dossier.

 Un objectif contraignant de 20% sera bien donné, mais à l'échelle de l'Union européenne, chaque pays recevant un objectif propre, en fonction de ses spécificités. Une manière pour la France d'exiger le moment venu un objectif plus bas en reconnaissance de la faible teneur en carbone de son électricité, principalement d'origine nucléaire et donc non créatrice d'effet de serre.

 Les chamailleries entre Paris et Berlin portaient essentiellement sur des questions de vocabulaire. Angela Merkel, rejointe par la plupart des grands pays européens, comme la Grande-Bretagne, ne voulait pas entendre parler d'autre chose que d'énergies renouvelables comme l'éolien, le solaire ou la biomasse. C'était pour elle la seule manière de réduire les rejets de gaz à effet de serre tout en s'assurant de la pérennité de la production d'énergie sur le long terme ». 


 Ce matin, dans un autre article de Liberation.fr, signé Julie MAJERCZAK, c’était la question de la libéralisation de l’énergie qui était abordée.

 La libéralisation du marché de l’énergie

 La libéralisation du marché de l'énergie (…) « c’est la question de la séparation des activités de production et de transport de l'énergie. Ce sujet, d'apparence technique, a en réalité des implications politiques et sociales pour la France. L'enjeu porte en effet sur un probable démantèlement d'EDF et de Gaz de France ». Il sera reporté le 9 mars, les Vingt-sept se contentant de soutenir une «séparation effective», formule suffisamment floue pour laisser la porte ouverte à plusieurs options et tenir compte des spécificités nationales.

 Mais ce n'est que partie remise. Aux yeux de la Commission européenne, «il y a danger de discrimination et d'abus quand les compagnies contrôlent à la fois les réseaux d'énergie et la production ou la vente». Or, aujourd'hui, les réseaux de transport de gaz de GDF et d'électricité d'EDF sont bien logés dans une filiale à part avec sa propre comptabilité mais toujours détenus à 100 % par leur maison mère ».

 La Commission veut aller plus loin dans le démantèlement des géants énergétiques

 « Pour Bruxelles, il faut aller plus loin. En janvier dernier, la Commission a donc recommandé une séparation patrimoniale totale entre les activités d'approvisionnement et de production d'une part et les activités de gestion des réseaux de l'autre. Ce qui signifie, en pratique, le démantèlement des géants énergétique tels les allemands E. ON et RWE, et les français Gaz de France et EDF. Conséquence : le RTE, le réseau de transport électrique de EDF, serait mis à l'encan. Une perspective évidemment inacceptable pour Paris ».

Repost 0