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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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Articles RÉCents

19 février 2007 1 19 /02 /février /2007 17:09

 

Face au réchauffement climatique : informer les citoyens

 Le collectif «Sauvons le climat» fondé en mai 2004, association loi 1901 depuis décembre 2005, a pour ambition d’informer nos concitoyens, de manière indépendante de tout groupe de pression ou parti politique, sur les problèmes relatifs au réchauffement climatique et sur les solutions proposées pour le ralentir. Il est doté d’un comité scientifique, présidé par Michel Petit, ancien responsable du groupe français d’experts au GIEC. Son manifeste a été signé par plusieurs milliers de personnes (www.sauvonsleclimat.org )
 

L’énergie éolienne et la grande panne électrique du 4 novembre 

 Chacun se souvient de la panne électrique du 4 novembre 2006, où l’on avait frôlé la catastrophe (15 millions d’Européens avaient été privés d’électricité - voir sur ce blog l’article paru le 6 novembre).

 Le collectif « Sauvons le climat » avait publié un communiqué le 8 novembre (voir sur son site) dans lequel il laissait entendre qu’il pouvait y avoir une part de responsabilité à rechercher du côté du parc éolien européen, ce qui avait été démenti par le SER (Syndicat des Energies renouvelables).

 Le 8 janvier dernier, dans un nouveau communiqué, le collectif faisait le point sur cette question à partir du rapport publié le  30 novembre par la commission d’enquête internationale.

 Il précisait que la responsabilité directe de l’énergie éolienne n’était pas engagée mais, bien que le rapport ne l’affirme pas explicitement, « le constat suivant est plus que probable : la surcharge de la liaison Landesbergen-Wehrendorf provoquée par la coupure volontaire d’une ligne 400 kV enjambant la rivière Ems (pour qu’un bateau quitte son chantier naval) a sans doute été accentuée, dans la demi-heure qui suivit, par une hausse mal prévue de la production éolienne du Nord de l’Allemagne, comme le démontre l'étude circonstanciée (…) ».

 « Sauvons le climat » conclut : « Sans doute le SER ne tenait-il pas à ce qu'on sache que l'éolien industriel peut s'avérer nuisible pour la stabilité du réseau électrique, sans, pour autant, présenter d’avantages significatifs, en France, dans la lutte contre le réchauffement climatique ».

 Des précisions après les déclarations de Ségolène Royal

 Un autre communiqué (début février 2007) de « Sauvons le climat » évoquait les déclarations, jugées inexactes, de Ségolène Royal, à l’occasion de la signature de la charte Nicolas Hulot par les candidats à l’élection présidentielle le 31 janvier. Le collectif apportait des précisions importantes, d’abord à propos des panneaux solaires, puis de l’évolution des parts respectives d’énergies renouvelables et d’énergie nucléaire à l’horizon 2020.

 Les panneaux solaires

 « Le terme « panneaux solaires » recouvre sans doute, ici, aussi bien les capteurs thermiques, chauffant de l’eau, que les capteurs photovoltaïques produisant de l’électricité. Dans les deux cas, il existe un certain nombre de fabricants sur le territoire national. La France compte même un « pionnier » dans chacun des domaines : Giordano en thermique, à Aubagne, et Photowatt en photovoltaïque, établi aujourd’hui à Bourgoin Jallieu, et 11ème producteur mondial. Photowatt à Caen a racheté en 1979 à Philips RTC l’activité photovoltaïque qui a installé en 1968 les premiers générateurs photovoltaïques terrestres au monde. Photowatt a fourni ensuite les modules alimentant toutes les premières mondiales en applications photovoltaïques, anticipations quasiment toutes françaises. Si nous savons anticiper, peut-être oublions-nous ensuite de concrétiser ? La France accueille trois autres fabricants : Free Energy à Lens, Solems à Palaiseau, et surtout Tenesol à Toulouse. Tenesol, filiale d’EDF et Total, produit aussi en Afrique du Sud, et devrait dépasser Photowatt en 2007 ».  

 Accroître les énergies renouvelables au détriment de l’énergie nucléaire ?

 La lutte contre le réchauffement climatique est une priorité absolue largement admise. Seules les énergies renouvelables et le nucléaire ne contribuent pratiquement pas à ce réchauffement.

 S’agissant de productions nationale et européenne d’électricité, l’hydraulique a peu de capacités supplémentaires (l’essentiel du potentiel français a été équipé et la nouvelle Loi sur l’eau et les milieux aquatiques entravera vraisemblablement l’exploitation des sites encore disponibles) et la biomasse n’a que des possibilités réduites pour la production d’électricité.

 Le solaire photovoltaïque comme l’éolien sont des énergies intermittentes. Les réseaux ne peuvent absorber une proportion d’énergies intermittentes importante, faute de moyens massifs de stockage d’électricité, moyens non envisageables sinon, peut-être, à très long terme.

 Par ailleurs, ces énergies ne produisent leur puissance maximale que pendant 20% du temps environ. La conjonction des ces deux facteurs limite, pour longtemps encore, à moins de 10% la contribution de ces énergies intermittentes dans le « mix » de production d’électricité européen.

 Dans ces conditions, la réduction de la part du nucléaire à 50 % ne pourra se réaliser sans recours aux énergies fossiles augmentant l’effet de serre.

 Les énergies renouvelables sont fortement subventionnées

Rappelons que, dès maintenant, les énergies renouvelables sont fortement subventionnées, soit directement, soit indirectement par la pratique de l’obligation d’achat. Nous avons déjà attiré l’attention sur la rente offerte par la construction d’éoliennes. Pour le photovoltaïque, les subventions (y compris un crédit d’impôt de 50% du prix du matériel) atteignent 75% dans certaines régions. Le prix de rachat de 55 c€ par kWh assure alors un retour sur investissement en 4 à 5 ans. Dans ces conditions, pour les particuliers c’est, de loin, l’investissement le plus rentable à la fois dans le domaine des économies d’énergie et dans celui des énergies renouvelables.

 Cette excellente rentabilité a d’ailleurs l’effet pervers de décourager les investissements dans les économies d’énergie puisque le crédit d’impôt est calculé sur une période de 5 ans et porte indistinctement sur les dépenses d’économie d’énergie et les investissements dans les énergies renouvelables. Nous suggérons que les deux types de dépenses soient traités indépendamment.

 Concentrer les subventions sur les dépenses efficaces contre les gaz à effet de serre

 La question se pose d’ailleurs de savoir s’il ne vaudrait pas mieux subventionner davantage les dépenses ayant une efficacité certaine sur les émissions de gaz à effet de serre (comme l’isolation des logements, ou les installations solaires thermiques) que celles relatives au développement de la production d’électricité renouvelable, alors que le contraire est fait actuellement (crédit d’impôt de 25% pour les matériaux isolants contre 50% pour le solaire photovoltaïque). Ajoutons que :

 - le solaire photovoltaïque autonome, avec stockage sur batteries, a un brillant avenir dans les zones non reliées à un réseau électrique des pays en développement pour apporter, avec l’électricité, un confort minimum, la santé, l’éducation et une amorce de développement économique. De plus il y est, dès maintenant, économiquement rentable en se substituant à des équipements archaïques (bougies par exemple) ou polluants et onéreux (groupes électrogènes, piles).

 - le solaire thermique peut contribuer au chauffage partiel (50 à 75%) d’une maison et à la production d’eau chaude sanitaire. L’impact peut en être important, vu la place primordiale du chauffage dans le bilan énergétique national. Dans les conditions françaises, c’est une des formes d’énergie renouvelable à soutenir fortement.

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21 janvier 2007 7 21 /01 /janvier /2007 22:49

 

Une énergie nouvelle issue de la fusion nucléaire

 Dans un article mis en ligne sur ce blog le 31 juillet 2006 (j’en recommande la lecture), Gérard Pierre posait la question « Quelle sera la place de l’énergie nucléaire en France ? ».

 Il évoquait une nouvelle filière actuellement à l’étude « c'est la fusion du deutérium et du tritium qui cherche à reproduire les réactions qui ont lieu dans le soleil et dans les autres étoiles. C’est cette perspective qui est à l’origine du grand projet mondial de recherche nucléaire sur la fusion contrôlée, qui se réalise en France sur le site de Cadarache, en coopération avec l’ensemble des pays concernés. Ces recherches seront longues et onéreuses, mais sans comparaison avec les sommes investies actuellement dans les énergies fossiles. Le développement de cette filière permet d’envisager la suppression des déchets directs et une pérennité liée à des réserves quasi sans limites ».

Gérard Pierre, professeur émérite de physique à l’université de Bourgogne, a publié un livre intitulé « La physique : du laboratoire au quotidien » (Editions universitaires de Dijon, 4 bd Gabriel 21000 Dijon). Il était intervenu lors de la rencontre CIVIQ du 26 octobre 2006 à St-Berthevin et avait abordé brièvement cette nouvelle filière.

 L’un des participants à cette réunion vient de me transmettre un document inédit et exceptionnel : la traduction, qu’il a effectuée lui-même, d'un article de Kanamé Ikéda, directeur général d'ITER, paru sous la forme d'un point de vue dans une rubrique relative aux questions d'environnement du site web de la BBC.

 L’exercice de traduction est remarquable car il met à notre portée une information synthétique sur un projet très important, présentée par l’un des acteurs majeurs de ce projet. Toutefois, même si l’auteur aborde certaines objections, il faut prendre ce texte, ci-après, pour ce qu’il est : un plaidoyer en faveur du projet. N’oublions pas que les chercheurs eux-mêmes sont divisés sur sa justification (voir, par exemple, les articles du Monde du 3 septembre 2005 en faveur d’ITER et du 28 septembre 2005 contre ITER, « un projet pharaonique »).

 N’oublions pas, non plus, que François d’Aubert, maire de Laval et ancien ministre de la Recherche dans le gouvernement Raffarin, a été nommé en novembre 2005 « ambassadeur » de ce projet par le gouvernement français, c’est-à-dire « chargé de défendre les intérêts de la France dans les instances européennes et mondiales où est suivi le dossier. Le réacteur international ITER sera construit grâce à une collaboration entre l’Union européenne, les USA, la Russie, le Japon, la Corée du sud ». Il sera localisé à Cadarache (Bouches-du-Rhône).

 Voici le texte tel qu’il m’a été transmis par son traducteur. 

 

  LA FUSION NUCLÉAIRE : UN INVESTISSEMENT NÉCESSAIRE

 Le point de vue de Kanamé Ikéda*

 *publié sur le site de la chaîne britannique BBC http://news.bbc.co.uk/2/hi/science/nature/6158040.stm le 17 novembre 2006 (note du traducteur).

 Certains gouvernements vont engager l’expérience scientifique la plus grande et la plus chère depuis la station spatiale : un projet visant à construire un réacteur expérimental à fusion nucléaire. Pour la Green Room[1] (nom d’une rubrique hebdomadaire d’opinion sur des sujets environnementaux) de cette semaine, le Directeur général désigné du programme Iter, Kanamé Ikéda, soutient que les énormes moyens financiers en jeu sont, pour le monde, un investissement très valable.

 Le monde va affronter un énorme défi énergétique dans les années à venir.

Peu de gens seront en désaccord avec une telle affirmation, mais comment affronter ce défi est matière à un intense débat.

 Cependant une chose est certaine : nous avons besoin de développer rapidement nos meilleures options pour résoudre ce problème avec des estimations de besoins énergétiques qui accuseront une croissance de 60 % au cours des deux prochaines décennies, du fait des projections de la croissance démographique et de l’industrialisation des pays développés.

 Ajoutez à cela le fait qu’actuellement plus des trois quarts de l’énergie mondiale est produite en brûlant des combustibles fossiles qui produisent du CO2  et en utilisant des ressources naturelles, alors la nécessité de développer de nouvelles sources d’énergie qui ne produisent pas de gaz à effet de serre devient encore plus évidente.

L’efficience énergétique et les énergies renouvelables ont toutes deux un rôle à jouer pour résoudre le problème, mais elles sont incapables à elles seules de couvrir la demande.

 La fission nucléaire peut aider à surmonter la difficulté, mais son déploiement suscite des craintes d’ordre politique, technique et environnemental.

 Nous avons besoin, si possible, de développer d’autres alternatives. C’est la raison de la recherche entreprise pour développer l’énergie issue de la fusion nucléaire.

 Un rendement considérable

 Après des décennies de recherche dans des laboratoires du monde entier, un consortium de pays représentant plus de la moitié de la population de la planète est prêt à franchir une étape majeure en démontrant que l’énergie issue de la fusion nucléaire peut devenir réalité. Le 21 novembre des ministres de l’Europe, du Japon, de la République populaire de Chine, de l’Inde, de la République de Corée, de la Fédération de Russie et des Etats-Unis d’Amérique se réuniront à Paris pour signer un accord en vue de la réalisation d’une expérience internationale ramenée à l’échelle d’une centrale à fusion nucléaire dénommée Iter (International Thermonuclear Experimental Reactor[2] - Réacteur Expérimental Thermonucléaire International -  "la voie" en latin) dans le sud de la France.

 Cet effort réellement mondial est un indice du sérieux avec lequel cette recherche sera prise à cœur par les gouvernements au long des différentes étapes de son développement.

 C’est la fusion nucléaire qui fait fonctionner le soleil et les étoiles. Notre soleil est un très grand réacteur à fusion nucléaire, mais reprendre le même processus sur terre est loin d’être facile.

 Pour lancer la réaction de fusion, l’hydrogène gazeux doit être porté à plus de 100 millions de degrés Celsius (c'est-à-dire 10 fois la température du cœur du soleil) pour que les particules de combustible entrent en fusion, au lieu de simplement se repousser du fait de leurs charges électriques respectives, dans le plasma qui en résulte.

 La réaction utilise deux isotopes d’hydrogène, le deutérium et le tritium, qui produisent de l’hélium, un neutron et une très grande quantité d’énergie.

 Un des attraits de la fusion nucléaire est l’infime quantité de combustible requise. La libération d’énergie d’un réacteur à fusion nucléaire est 10 millions de fois plus grande que celle d’une réaction chimique classique, telle que la combustion d’un combustible fossile.

 Une centrale à fusion d’1 GW brûle environ 1 kg de deutérium et de tritium par jour, à comparer à une centrale thermique qui brûle 10 000 tonnes de charbon quotidiennement.

 Un système efficient

 Les matières premières qui produisent cette réaction sont l’eau et le lithium. Le lithium est un métal commun, utilisé quotidiennement dans les batteries des téléphones mobiles et des ordinateurs portables.

 Utilisé pour alimenter une centrale à fusion nucléaire, le lithium d’une batterie d’ordinateur portable, complété par du deutérium extrait de 45 litres d’eau, produirait quelque 200 000 kWh d’électricité, c'est-à-dire autant que 40 000 tonnes de charbon et l’équivalent la production actuelle d’électricité par habitant du Royaume Uni pendant 30 ans.

 Il y a assez de deutérium pour fournir de l’énergie pendant des millions d’années et du lithium facilement accessible pour plusieurs milliers d’années.

 Quoiqu’elle occupe un volume important, environ 1 000 m3, la quantité de tritium et de deutérium dans un  réacteur à fusion nucléaire sera infime : le poids du combustible chaud dans le cœur du réacteur sera à peu près le même que celui de dix timbres-poste.

 Il n’y a aucun risque d’emballement du réacteur et, parce que le gaz sera très peu dense, il n’y aurait pas assez d’énergie à l’intérieur de l’installation pour provoquer un accident majeur et peu de combustible serait libéré dans l’environnement si un accident se produisait.

 Le but d’Iter est pour la première fois de réunir physique et technologie à l’échelle d’un réacteur dans une expérience simple ayant pour but de démontrer la faisabilité d’une centrale à fusion nucléaire.

 L’expérience européenne Jet, hébergée au Royaume Uni, a déjà produit 16 MW d’énergie de fusion, mais en consommant 25 MW pour chauffer le plasma.

 Les dimensions d’Iter seront le double de celles de Jet et Iter a pour objectif de produire 500 MW d’énergie de fusion, c'est-à-dire 10 fois l’énergie consommée.

 Des prototypes de tous les composants d’Iter ont déjà été fabriqués et testés par l’industrie et les travaux de construction du projet d’un montant de 5 milliards d’euros sont programmés pour démarrer dans le courant de l’année prochaine.

 Des matériaux résistants

 Un autre défi majeur est de choisir et de tester des matériaux capables de résister au plasma d’une centrale à fusion nucléaire et de résister au bombardement continu des neutrons et, en même temps, susceptibles d’être recyclés après une période raisonnable de décroissance radioactive.

 Iter ne peut pas être utilisé pour cela car il aurait besoin d’être fait lui-même de tels matériaux. Aussi la seule façon de tester les matériaux convenables et de reproduire l’environnement réel d’une centrale consiste-t-elle à construire une installation fondée essentiellement sur un accélérateur afin de procéder aux tests requis dans laquelle des échantillons de matériaux pourraient être exposés à un flux de neutrons pendant plusieurs mois pour vérifier leur résistance.

 L’accord en vue de réaliser une telle installation – International Fusion Materials Irridiation Facility[3] (IFMIF) – sera conclu le lendemain de la signature de l’accord relatif à Iter.

 Ce sera une initiative conjointe Europe/Japon, résultant d’une stratégie d’approche la plus large en vue du développement de la fusion nucléaire telle qu’elle a été acceptée au moment du choix du site entre l’Europe et le Japon.

 Si le projet Iter et l’installation destinée à tester les matériaux aboutissent, un prototype de centrale à fusion nucléaire pourrait fournir de l’électricité au réseau d’ici 30 ans et l’exploitation commerciale de l’énergie issue de la fusion nucléaire suivrait 10 ans plus tard.

 Le long terme

 Des esprits sceptiques disent que l’énergie issue de la fusion nucléaire ne pourra être obtenue qu’à l’horizon de 50 ans, mais cette échéance semble actuellement en train de se raccourcir légèrement.

 Une des critiques émises sur la recherche relative à la fusion nucléaire consiste à dire qu’elle ne fournira pas de source d’énergie suffisamment tôt et que beaucoup trop d’argent est investi dans une entreprise risquée de longue durée.

 Pour situer le coût dans son contexte, disons que le marché actuel de l’énergie mondiale est d’environ 3 millions de millions de dollars, soit plusieurs fois le coût de l’expérience Iter pendant sa durée de vie.

 Quant à l’échelle de temps, la fusion nucléaire ne sera certainement pas disponible dans le court terme, mais la question de la production de sources d’énergie viables ne va pas devenir plus aisée même si  la protection de l’environnement, le piégeage du CO2, la fission et les sources d’énergie renouvelables sont plus largement utilisés, et il n’y a actuellement aucune autre option à grande échelle au-delà des 20 à 50 années à venir.

 Nous avons donc besoin de poursuivre la recherche sur la fusion nucléaire réduite à la dimension d’un réacteur expérimental par le moyen de la réalisation d’Iter pour voir si et dans quelle mesure** il peut apporter sa contribution. »

 *Kanamé Ikéda est ingénieur nucléaire de formation. Il a fait  aussi une brillante carrière dans les administrations publiques compétentes en matière  de science et de technologie et dans la diplomatie.

 **Souligné par le traducteur. Le texte anglais original est : « …to see whether and to what extent it can contribute » (NDT).  

[1] Green Room est le nom d’une rubrique hebdomadaire d’opinion sur des sujets environnementaux (id.).  

[2] Réacteur Expérimental Thermonucléaire International (id.).  

[3] Équipement pour l’irradiation des matériaux de fusion (id.). 

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14 janvier 2007 7 14 /01 /janvier /2007 20:37

 

La Commission européenne veut démanteler EDF

La Commission européenne était divisée sur cette question de la libéralisation du marché de l’énergie. Ce sont les arguments de la Commissaire néo-libérale chargée de la concurrence, la néerlandaise Neelie Kroes, qui l’ont emporté : le collège des commissaires recommande aux Etats membres de l’Union européenne de dissocier les activités de production et de distribution de gaz et d’électricité détenues par les principaux groupes européens comme EDF, GDF, en France, E.On et RWE, en Allemagne. C’est donc l’option la plus radicale qui a été retenue en dépit des avertissements répétés de Paris et de Berlin

 En France, la production d’électricité est assurée par EDF et son transport par RTE, société juridiquement distincte d’EDF mais détenue à 100% par la maison mère. La France s’oppose à l’éclatement d’EDF en deux entreprises à capitaux distincts pour le transport et la production, ainsi qu’à la suppression des tarifs régulés. L’Allemagne est très réticente, le Royaume-Uni favorable. Les Etats membres vont décider, lors du prochain Sommet, les 8 et 9 mars, de l’opportunité de légiférer pour imposer cette réforme voulue par la Commission européenne.

 Voici, à ce sujet, l’article paru dans La Tribune (www.latribune.fr ) le 10 janvier 2007. J’ai ajouté les sous-titres.

 

 Production et distribution d'énergie : bras de fer entre Bruxelles et EDF

La Commission européenne a annoncé mercredi qu'elle s'attaquerait aux grands groupes intégrés qui dominent le marché européen de l'énergie et freinent la concurrence au détriment des consommateurs.

La commissaire européenne à la Concurrence, Neelie Kroes, a présenté mercredi les résultats de l'enquête entamée en juin 2005 alors que son institution rendait publiques ses propositions pour bâtir une véritable politique européenne de l'énergie, à laquelle elle entend contribuer avec ses armes.

  "La lecture de ce rapport mettra mal à l'aise plus d'une entreprise du secteur de l'énergie", a-t-elle déclaré. "Le sous-investissement y est très répandu, en particulier dans les réseaux, et les consommateurs en font les frais".

Le respect des règles de la concurrence

 "Sur la base des faits concrets contenus dans ce rapport, la Commission prendra de nouvelles mesures en application des règles de concurrence et s'emploiera à améliorer le cadre réglementaire afin de veiller à ce que les consommateurs tirent pleinement profit de la libéralisation", a-t-elle ajouté.

L'intégration verticale de l'offre, de la production et de l'infrastructure, pratiquée notamment par des entreprises comme le groupe français EDF, permettent aux opérateurs historiques de bloquer l'accès des concurrents à un marché. Et le manque d'accès aux infrastructures telles que les réseaux de transport, de distribution ou les installations de stockage est d'autant plus criant que les investissements manquent.

Selon la Commission, l'autorité italienne de la concurrence a constaté qu'un exploitant de réseau verticalement intégré avait bloqué un projet d'investissement pour priver ses concurrents de l'accès à une capacité plus importante. 
 

Séparer production et distribution d’énergie

La séparation entre distribution et production d'énergie - soit par transfert de propriété, soit par la gestion indépendante des infrastructures - est donc jugée nécessaire.

La concentration des marchés constitue aussi une "préoccupation majeure" pour la concurrence et, comme dans les fusions entre les groupes Suez et GDF ou entre E.ON et Endesa, l'exécutif européen entend se montrer vigilant.

Les groupes qui souhaitent fusionner devront céder des actifs et les contrats de livraison de longue durée seront examinés à la loupe par les services chargés de la concurrence, qui n'hésiteront pas à imposer des mesures correctives.

La lutte contre les "pratiques collusoires", comme les cartels pour fixer les prix, continuera d'être menée, notamment par des inspections pouvant mener à des amendes d'un maximum de 10% du chiffre d'affaire total d'un groupe.

La réaction d’EDF

EDF a aussitôt réagi à ces annonces de la Commission européenne. Le groupe français a réaffirmé ce mercredi son opposition à toute séparation des activités de production et de transport.

Certes, EDF, par la voix d'une de ses porte-parole, souligne son adhésion à l'objectif d'achever la construction du marché européen de l'énergie. "EDF qui réalise d'ores et déjà plus de 40% de son chiffre d'affaires en Europe hors France, s'est en effet engagé dans une stratégie de croissance européenne. Le renforcement et la coordination des autorités de régulation, la définition de règles contraignantes en matière de transparence ainsi que les mesures visant à améliorer la protection des consommateurs vont dans le sens d'un meilleur fonctionnement du marché" souligne le groupe.

La porte-parole ajoute que le groupe avait engagé la relance de ses investissements, en particulier dans la production et les réseaux, et contribuait ainsi "de manière significative à la sécurité d'approvisionnement de l'Europe et à la lutte contre l'effet de serre", la production étant majoritaire nucléaire et hydraulique, ce qui donne une énergie indépendante à 95% des énergies fossiles.

"Pour EDF, l'achèvement du marché intérieur de l'électricité et du gaz naturel appelle un renforcement des interconnexions et une plus grande harmonisation de la régulation des marchés en Europe mais ne nécessite pas une séparation patrimoniale des réseaux de transport et de distribution", a-t-elle dit.

Elle a souligné qu'en France, RTE, Réseau de Transport d'Electricité, filiale d'EDF, avait "totalement démontré son efficacité dans la mise en place de la concurrence en garantissant un accès neutre et non discriminatoire aux réseaux de transport de l'électricité à tout fournisseur". EDF conclut qu'il "va bien entendu poursuivre le dialogue engagé en particulier avec les services du commissaire chargé de l'énergie relatif à ces orientations".

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27 décembre 2006 3 27 /12 /décembre /2006 19:12

 

L’élection présidentielle doit être l’occasion de clarifier la politique énergétique de la France. Nous entendons des voix à gauche pour exiger des futurs candidats aux élections présidentielle et législatives qu’ils annoncent leur intention de « sortir du nucléaire ». Car la priorité serait de refuser tout nouvel investissement concernant l’énergie nucléaire.

 Ce n’est pas l’avis du MRC et du PS qui ont signé l’accord du 9 décembre qui a été ratifié par les instances nationales de ces deux partis (voir www.chevenement.fr  ).

 Ce n’est pas, non plus, l’avis des trois personnalités qui sont les premiers signataires du texte ci-après.

 La France doit rester en tête de la lutte

 contre le réchauffement climatique

 Par Georges Charpak *, Pierre-Gilles De Gennes * et Jean-Marie Lehn ** 

* Prix Nobel de physique ** Prix Nobel de chimie.

 La concentration des gaz à effet de serre dans l'atmosphère de notre planète atteint aujourd'hui un niveau supérieur à tout ce qu'elle a connu depuis plus d'un demi-million d'années.

 Démarrée au début de l'ère industrielle, vers les années 1880, cette hausse est essentiellement due à l'accumulation des émissions croissantes de gaz carbonique et de méthane résultant de l'acti­vité humaine. Si nous ne faisons rien, cette hausse va se poursuivre.

 En très grande majorité les experts qui observent et étudient ces phénomènes sont formels : sauf à réduire les émissions, notamment celles de gaz carbonique, d'un facteur au moins égal à 2, notre globe verra sa température moyenne augmenter de plusieurs degrés au cours du présent siècle.

Une telle augmentation de température, comparable en ordre de grandeur à celles qui ont suivi les périodes glaciaires, mais qui se produira de façon beaucoup plus rapide, aura des conséquences majeures sur le climat.

 Les conséquences qui en résulteraient sur notre santé, la végétation et les productions agricoles, le niveau des mers, les espèces vivantes… sont évidemment plus difficiles à cerner, mais nul ne peut exclure que des évolutions irréversibles catastrophiques, allant jusqu'à mettre en cause les conditions de vie de l'espèce humaine, puissent se produire.

 Qu'attendons-nous pour agir face au réchauffement climatique qui nous menace ? Il nous faut limiter les émissions de gaz à effet de serre par tous les moyens à notre disposition.

Si des économies d'énergie importantes sont possibles et souhaitables dans les pays développés, il est impossible d'exiger des efforts similaires de la part des pays en voie de développement. Sauf récession économique catastrophique, la consommation énergétique mondiale va continuer à croître.

 Il est donc capital de mettre en oeuvre, chaque fois que cela est possible, des techniques de production d'énergie ne faisant pas appel aux combustibles fossiles.

 De telles techniques existent dans le domaine de la production d'électricité pour les réseaux centralisés : énergie nucléaire, hydroélectricité, éolien.

 Le solaire photovoltaïque est particulièrement bien adapté aux sites isolés et aux pays dont le réseau de distribution électrique est peu développé. Le solaire thermique, la géothermie, la biomasse bien gérée, les pompes à chaleur doivent prendre davantage de place pour le chauffage des locaux et la production d'eau chaude.

 Les transports demeureront encore longtemps les plus tributaires des combustibles fossiles ; il n'en est que plus important de rechercher d'autres solutions : développement des transports en commun, véhicules électriques, utilisation de l'hydrogène produit par électrolyse ou décomposition thermochimique de l'eau.

 Face aux grands pays en émergence qui vont, par nécessité et comme nous l'avons fait au cours des deux siècles passés, fonder leur développement sur le charbon, le gaz et le pétrole, et donc (sauf aboutissement suffisamment rapide des études en cours sur la séquestration du gaz carbonique) voir croître leurs rejets de gaz carbonique, les pays développés doivent démontrer que la limitation des émissions de gaz à effet de serre grâce aux technologies modernes est possible, sans handicap économique majeur et sans diminution de qualité de vie.

 La France (qui, grâce au nucléaire, a déjà une position enviée, avec des émissions de 6 tonnes de gaz carbonique par tête et par an, contre 10 en Allemagne et 20 aux États-Unis) doit continuer à montrer l'exemple.

 Il est temps que les Français se convainquent que l'objet du débat énergétique n'est pas de savoir s'il faut ou non « sortir du nucléaire » (un nucléaire qui, maîtrisé comme il l'est dans nos pays, ne présente que des risques minimes comparés à ceux des gaz à effet de serre), mais plutôt de savoir comment « limiter le plus possible ces combustibles fossiles qui menacent notre climat » (et non pas « sortir des combustibles fossiles », car ce serait totalement irréaliste).

 Nous appelons nos concitoyens et nos dirigeants à engager une politique volontariste et décidée, à la fois d'économies d'énergie et de développement de l'énergie nucléaire et des énergies renouvelables.

 Une telle politique est la seule qui puisse raisonnablement garantir à notre génération et aux générations futures le maintien de conditions climatiques acceptables et prévisibles.

M. Georges Charpak, Académicien des Sciences, Prix Nobel de Physique, Paris France

M. Pierre Gilles De Gennes Académicien des Sciences, Prix Nobel de Physique, Paris France

 M. Jean Marie Lehn Académicien des Sciences, Prix Nobel de Chimie Strasbourg France

Suivent : d’autres signataires, parlementaires, académiciens et des citoyens, dont Jean-Pierre Chevènement.

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9 novembre 2006 4 09 /11 /novembre /2006 17:57

 

Entre déchets nucléaires et gaz à effet de serre, il faut choisir !

 

Je découvre dans le Courrier de la Mayenne, ce matin, un article titré « Un militant écologiste répond à CIVIQ : la seule chose de durable avec le nucléaire, ce sont les déchets ».

 Dans cet article, Daniel Landelle, qui était présent à la rencontre CIVIQ le 26 octobre à Saint-Berthevin, explique : « Cette réunion était censée traiter du climat et des énergies. Très rapidement, il est apparu que la lutte contre l’effet de serre n’était qu’un alibi pour parler de la relance du programme nucléaire. Le professeur Gérard Pierre a fait un exposé plutôt brillant, dont toutes les conclusions mettaient en évidence les avantages du nucléaire ».

 Ce n’est pas exact. Je précise, en tant que président de l’association CIVIQ (Citoyenneté et Vie Quotidienne), que CIVIQ ne prend pas position sur le contenu des thèmes qui sont abordés lors de ses rencontres. Nous organisons des débats et demandons aux deux conférenciers de présenter leurs positions et de débattre avec leur contradicteur et avec les citoyennes et citoyens présents dans la salle.

 Le 26 octobre, Gérard Pierre était invité à s’exprimer en tant que membre de l’association « Sauvons le climat ». Celle-ci s’est constituée récemment dans le but « d’informer nos concitoyens de manière indépendante de tout groupe de pression ou parti politique, sur les problèmes relatifs au réchauffement climatique et sur les solutions proposées pour le ralentir ».

 Il a développé le thème de l’énergie nucléaire, car il considère qu’elle est incontournable en France si l’on veut lutter efficacement contre le réchauffement climatique, celui-ci étant un problème beaucoup plus grave que les déchets nucléaires. Mais il a également insisté sur la nécessité de développer toutes les énergies durables, de lutter contre les gaspillages et d’accroître l’efficacité et la complémentarité des énergies utilisées.

 Dans le cadre de cette réunion, Michel Lemosquet a fort bien présenté la critique de l’énergie nucléaire et le débat a permis d’aborder des aspects non évoqués par les intervenants, notamment l’habitat et les transports, là où la lutte contre les gaz à effet de serre implique le plus les citoyens. Donc, il est faux d’écrire que cette rencontre CIVIQ n’a pas traité les sujets qui étaient annoncés. De plus, chacun a pu observer qu’elle a permis un véritable débat dans le respect et l’écoute des interlocuteurs.

 Sur la question de l’énergie nucléaire, je suggère à Daniel Landelle de lire attentivement les recommandations de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) pour lutter contre le changement climatique (Le Monde, 9 novembre).

 S’adressant aux gouvernements, cet organisme international, « pour la première fois depuis sa création en 1974, conseille de construire des centrales nucléaires car elles produisent l’énergie plus propre, plus sûre et moins coûteuse dont le monde a besoin pour assurer son développement tout en limitant le réchauffement climatique ». Ce qui fait titrer Le Monde « L’AIE prône la relance du nucléaire pour éviter une catastrophe climatique ». 

 Daniel Landelle a-t-il raison de se réjouir du fait « qu’aujourd’hui, aucun gouvernement n’est capable de faire face à l’opposition des populations concernées par les projets de sites nucléaires » ? La Bretagne a-t-elle raison de refuser tout équipement nucléaire sur son sol alors que le dynamisme de son économie lui impose de faire venir l’électricité d’autres régions de France ? A chacun de se faire sa propre opinion à ce sujet.

 L’Agence internationale de l’énergie préconise « le développement des biocarburants pour le transport, et le nucléaire pour la production d’électricité, deux sources d’énergie capables de réduire les émissions de CO² et la dépendance aux hydrocarbures. Pour l’heure, l’électricité nucléaire est plus compétitive que le courant produit à partir du gaz et du pétrole et moins vulnérable aux évolutions erratiques des prix ».

 Le débat est nécessaire sur notre avenir énergétique. Le PCF apporte sa contribution avec la prochaine réunion sur ce thème mardi 14 novembre à 18h30, salle du Vieux Château à Laval.    

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6 novembre 2006 1 06 /11 /novembre /2006 22:47

 

La libéralisation du secteur de l’électricité

et des erreurs allemandes à l’origine de la panne

   Selon Libération.fr, qui cite un représentant du Réseau de transport français (RTE), filiale de EDF (qui a en charge la gestion du transport électrique), « on n’est pas passé loin d’un black-out européen » samedi soir.

 Une coupure d’électricité d’une heure concernant neuf pays et dix millions d’européens, dont la moitié de français, c’est une première qui pourrait ne pas rester unique.

 En effet, si les causes directes se situent au niveau d’un des quatre gestionnaires du réseau allemand et, comme l’affirme le député Christian Bataille, de « la gestion fantaisiste de l’électricité en Allemagne », les causes profondes doivent être recherchées au niveau de la faiblesse des interconnexions européennes et des investissements nécessaires aux infrastructures de transport et de production de l’électricité.

 La libéralisation du secteur n’a pas été accompagnée de mesures de régulation et d’obligation de service public. On risque d’avoir les inconvénients de la dérégulation américaine qui a produit en 2001 un gigantesque black-out en Californie et qui continue d’occasionner de fréquentes coupures de courant.

 Néanmoins, ce n’est pas en appelant, comme le fait le ministre François Loos, à une « réflexion sur la nécessité de nouveaux investissements » que l’on règlera le problème.

 Le bilan de la libéralisation n’est pas glorieux : augmentation du prix de l’énergie, baisse globale des marges de production, progression lente des interconnexions et insuffisance des investissements en matière d’infrastructures.

 La fédération CGT de l’énergie, syndicat majoritaire chez EDF, demande « l’arrêt de la déréglementation du secteur » et poursuit « cette gigantesque panne démontre la fragilité du système électrique européen qui conduit à une dépendance de la France ».

 

 A ce propos, le MRC 53 a reçu une invitation à participer à un grand débat organisé par le PCF des régions des Pays de la Loire, de Bretagne et de Normandie sur le thème

 Quel avenir énergétique en France, en Europe et dans le monde ? 

 Mardi 14 novembre 2006 à 18h30, salle du Vieux Château à Laval.

 Avec la participation de Daniel PAUL, député de Seine-Maritime,  Hervé NIFENECKER, conseiller scientifique au CNRS, et Jean BARRA, syndicaliste de la fédération CGT mines - énergies.

  Partant du réchauffement climatique engendré par les émissions de gaz à effet de serre provenant principalement de la combustion des ressources fossiles (charbon, pétrole, gaz), les organisateurs posent des questions essentielles :

 « L’amélioration de l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables seront-elles suffisantes pour répondre aux besoins d’énergie, notamment d’électricité ?

 Peut-on se passer de l’énergie nucléaire ?

 L’ouest de la France est-il à même de maîtriser tous ces enjeux ?

 La maîtrise sociale des questions énergétiques est-elle compatible avec une régulation par le marché, la concurrence et la privatisation des entreprises du secteur public ? »  

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3 novembre 2006 5 03 /11 /novembre /2006 22:17

 

La peur du danger climatique commence à réveiller

les gouvernements et les citoyens

 

Le rapport du gouvernement britannique chiffre à 5 500 milliards € les conséquences prévisibles du changement climatique au 21ème siècle, dans le cas où rien ne serait fait pour lutter contre la croissance des gaz à effet de serre (Le Monde, 1er novembre 2006).

 Cette évaluation du prix à payer, en termes de baisse de produit intérieur brut mondial, est spectaculaire et volontiers alarmiste. Mais elle est justifiée par l’ampleur du problème posé à l’humanité et, donc, aux citoyens que nous sommes, ainsi qu’ aux pouvoirs publics qui nous représentent.

 En outre, ce rapport présenté par le directeur du budget et des finances publiques du Royaume-Uni cherche à contrecarrer les arguments avancés par les Etats les plus pollueurs de la planète, notamment le principal d’entre eux, les USA. Ceux-ci n’acceptent pas les contraintes économiques liées à la lutte contre le réchauffement climatique.

L’autre intérêt de ce rapport est son approche volontariste. Il met clairement la responsabilité de l’action dans le camp des artisans de la politique étrangère et économique.

 Le gouvernement britannique, appuyé par l’ensemble des forces politiques du pays, met la pression sur ses partenaires européens et américains (USA, Canada). Il mise sur la double présidence allemande (G8 et UE) en 2007 et peut compter aussi sur les élections législatives aux USA le 7 novembre, et sur l’action médiatique de l’ancien vice-président Al Gore (par son film sur la défense de la planète) pour faire pression sur l’administration Bush, afin que celle-ci décide de ratifier, enfin, le protocole du traité de Kyoto.

 En fait, les mesures préconisées par le rapport Stern ont pour objet d’impliquer tous les pays, riches et pauvres, dans l’action (le protocole de Kyoto n’a été signé que par 34 pays et les pays en développement sont autorisés à ne pas appliquer les conventions signées).

 Désormais, il faut passer à la vitesse supérieure : l’approche isolée ne suffit plus, elle doit laisser la place à une action internationale avec des objectifs communs à long terme.

 Les quatre grandes mesures concernent les permis d’émission de gaz à effet de serre, la coopération technique pour le développement des technologies qui n’émettent pas beaucoup de CO², la lutte contre la déforestation et l’adaptation économique (agricole et industrielle).

 La date de publication de ce rapport ne doit rien au hasard. En effet, s’ouvre le 6 novembre au Kenya, la 12ème conférence internationale sur le climat (Le Monde, daté du 4 novembre), et les principaux pays pollueurs ne semblent toujours pas déterminés à agir.

 Lors de la rencontre CIVIQ, le 26 octobre à Saint-Berthevin, Gérard Pierre avait indiqué le classement de quelques pays selon leur production de carbone par habitant. Ainsi, les tout premiers sont le Qatar (1er, 18 tonnes), l’Australie, les USA (6ème avec 6,6 t). L’Allemagne et la France sont classées respectivement 27ème  (3,2t) et 54ème (2,3t). La Chine et l’Inde sont 97ème (1,1t) et 140ème (0,5t) mais avec une forte croissance économique et une grande consommation d’énergies fossiles (charbon, notamment, pour la Chine).

 Il avait aussi rappelé que 80% de l’énergie consommée dans le monde est d’origine fossile (charbon, pétrole, gaz, environ 1/3 chacun), et que la combustion de ces énergies est à l’origine des gaz à effet de serre.

 En France, l’autosatisfaction gouvernementale cache mal des moyens d’actions inappropriés et très insuffisants.

Face à la réduction drastique de l’utilisation des énergies fossiles, la solution nucléaire ne suffira pas. Il faudra associer, dans une bonne complémentarité, énergie nucléaire et énergies renouvelables, en cherchant à économiser et à rendre plus efficace l’énergie consommée.

C’est le moment de saisir l’opportunité de la période électorale pour engager un grand débat citoyen sur la politique énergétique nationale, en relation avec l’Union européenne.

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25 octobre 2006 3 25 /10 /octobre /2006 16:03

 

Extraits du courriel à la presse départementale 

 « La soirée-débat CIVIQ jeudi soir au Centre de Rencontres de St-Berthevin, portera sur le thème dont il est beaucoup question actuellement : le réchauffement climatique et ses conséquences, notamment dans les choix énergétiques.

 Ce thème sera traité par le professeur de l’université de Bourgogne, Gérard Pierre, qui est membre du collectif « Sauvons le climat » et spécialiste des questions scientifiques liées aux énergies, en particulier l’énergie nucléaire. La priorité exprimée par les scientifiques est de réduire les émissions de gaz à effet de serre sur la planète. Comment y parvenir en sachant que les activités économiques nécessitent de faire toujours plus appel aux ressources énergétiques ?

 Protection de l’environnement et développement économique doivent être pris en considération par les pouvoirs publics, aux niveaux national et international. Il n’y a pas de sujet de préoccupation plus important que celui-ci en vue des échéances électorales de 2007.

 Nous vivons en démocratie dans une République, c’est-à-dire, selon les termes de la Constitution française de la Vème République, « le gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple ».

 Ce ne sont pas seulement des mots. Il y a un idéal que ces mots portent : faire en sorte que les citoyens puissent décider des grandes orientations de la politique de la nation. Encore faut-il que les citoyens soient correctement informés, ce qui ne se fait pas sans efforts. Et personne n’est dispensé d’apporter sa contribution à cette recherche de la meilleure information possible des citoyens, à commencer par les citoyens eux-mêmes !

 L’association CIVIQ se situe sur ce terrain de l’éducation à la citoyenneté. Nous vous remercions de participer à votre niveau en informant vos lecteurs et auditeurs ».

 

 

 INVITATION

L’association CIVIQ a choisi de traiter le thème du climat et des énergies

 Jeudi 26 octobre à 20h30 au Centre de Rencontres de Saint-Berthevin

 Salle Primevère, entrée près de la grande salle, face à l’église

 Nous avons sollicité un universitaire de Dijon, proche du président du collectif « Sauvons le climat », pour nous aider à mieux cerner le problème du réchauffement climatique lié à l’effet de serre.

 Le professeur Gérard Pierre fera une présentation scientifique à la portée de ses auditeurs, puis abordera les moyens à prendre afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre sur la planète. Il prendra ensuite le cas de la France pour lequel il est favorable au maintien du programme en cours de développement de l’énergie nucléaire, les autres sources d’énergie n’étant pas suffisantes, selon lui, pour répondre aux besoins du pays.

Comme nous le faisons à chaque rencontre CIVIQ, nous demandons à un second intervenant de présenter une autre vision du problème et des solutions possibles. Ce sera un agriculteur mayennais, qui s’est intéressé aux enjeux énergétiques en s’opposant au projet d’étude de l’enfouissement des déchets radioactifs en Mayenne.

 Michel Lemosquet milite en faveur de la promotion des énergies renouvelables et s’oppose au programme de construction d’un nouveau réacteur nucléaire EPR à Flamanville (Manche) et de la ligne THT (à très haute tension) Cotentin - Maine. Il expliquera pourquoi la France doit cesser de privilégier l’énergie nucléaire et se tourner résolument vers d’autres énergies.

 Les conditions seront alors réunies pour qu’il y ait un débat intéressant, permettant aux citoyens présents de se faire une opinion sur ce thème controversé mais à enjeu très important.

 CIVIQ ne prend pas position. Ce n’est pas un parti politique. Son rôle est d’aider les citoyens à exercer leurs responsabilités dans la vie publique démocratique.  

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21 octobre 2006 6 21 /10 /octobre /2006 21:11

 

Diviser par 4 les émissions de gaz à effet de serre

  au cours des 40 prochaines années

  Un rapport remis au gouvernement et rendu public le 9 octobre affirme que c’est possible. A condition de s’y mettre tout de suite et tous ensemble, au niveau mondial. Sous réserve aussi de ne pas faire confiance aux seules forces du marché !

   Et les rapporteurs ajoutent « La lutte contre les changements climatiques implique une transformation de l’économie et de la société mondiale ».

  Autrement dit, une remise en cause de notre modèle de développement.

  Ce rapport justifie, sans l’écrire, le retour du politique aux commandes de la planète et la réorientation de la mondialisation sous contrôle de l’intérêt général public par l’effet de la coopération entre les nations.

  Notre information est puisée dans Le Monde (qui, en l’occurrence, porte bien son nom) daté du 10 octobre dernier.

  Citons quelques extraits, bien utiles avant la rencontre CIVIQ jeudi 26 octobre à St-Berthevin sur « les enjeux climatiques et énergétiques en France et dans le monde ».

  Un rapport qui présente des lignes directrices pour l’action des pouvoirs publics

 « L’énergie nucléaire en Europe représente 6% de l’énergie finale, 2% dans le monde, 17% en France, chiffres qui n’incitent pas, pour bâtir une stratégie climat, à centrer le débat sur l’énergie nucléaire. Quant aux énergies renouvelables, elles ne constitueront pas la panacée et la solution à tous les problèmes, même si la biomasse, notamment la filière bois, semble présenter un potentiel important. L’accent doit être mis sur la maîtrise de la demande d’énergie. Aussi faut-il agir prioritairement sur le transport et le bâtiment, qui sont responsables de plus de la moitié des émissions de gaz à effet de serre en France. L’adaptation de l’habitat représente un marché de plusieurs centaines de milliards d’euros d’ici 2050. Quant aux transports, il faut agir sur la motorisation des voitures, en instaurant une vignette écologique. L’enjeu est énorme. Reste à convaincre les citoyens de cette politique ».

  Le ministre de l’économie en flagrant délit d’électoralisme

  Avec ce rapport, nous sommes bien loin des pompes à bioéthanol (sans carburant disponible !) du ministre de l’économie.

  Comme l’affirme la Confédération Paysanne dans un communiqué de presse daté du 12 octobre, c’est de la désinformation.

 Il est normal que le bioéthanol soit moins cher à la pompe puisqu’il est moins énergétique que l’essence et occasionne une perte de recettes fiscales autour de 0,56 € par litre. Sans oublier que l’Etat reverse aux industriels 0,33 € par litre, ce qui fait d’eux les grands gagnants de l’opération.

  De plus, le ministre n’a pas dit que le bilan énergétique de l’éthanol est loin d’être satisfaisant puisqu’il nécessite presque autant d’énergie pour le produire qu’il n’en restitue. Rien à voir avec l’éthanol issu de la canne à sucre au Brésil.

  Les biocarburants peuvent être utiles dans certaines conditions, mais à un niveau modeste par rapport aux besoins d’économies d’émission de gaz à effet de serre.

 Le gouvernement fait de la propagande au lieu d’informer clairement les citoyens et tous les acteurs énergétiques de la situation et des enjeux réels.

  En ce qui nous concerne, nous prenons nos responsabilités d’éducation à la citoyenneté en organisant un vrai débat avec des intervenants qui font le même constat sur le réchauffement de la planète mais ont un avis différent sur ce qu’il faut penser de l’énergie nucléaire.

 

   Monsieur Gérard Pierre est professeur émérite de physique à l'université de Bourgogne à Dijon. Il est membre du collectif "Sauvons le climat", spécialiste des questions liées à l'énergie, notamment l'énergie nucléaire.

  Monsieur Michel Lemosquet est agriculteur à Champgénéteux (Mayenne) et responsable du Coedra Maine, le collectif créé en opposition à l'enfouissement des déchets radioactifs, auteur de propositions alternatives à l'énergie nucléaire.

  RENCONTRE CIVIQ

  Jeudi 26 octobre 2006 à 20h30 au Centre de Rencontres de Saint-Berthevin

  Les enjeux climatiques et énergétiques en France et dans le monde.     

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6 octobre 2006 5 06 /10 /octobre /2006 11:18

 

Gaz de France doit rester nationalisé

 

Le projet de loi en débat au Parlement, concernant la fusion de GDF avec Suez, organise la privatisation de Gaz de France et, parmi d’autres aberrations, aggrave la mise en concurrence de ce futur groupe avec EDF.

 Dans l’électricité, la concurrence débouche sur la hausse des prix.

 Chacun peut constater que la privatisation partielle d’EDF et l’ouverture du marché de l’électricité aux entreprises se traduisent par des augmentations vertigineuses du prix de l’électricité.

 A tel point qu’un journaliste de Libération (Grégoire Biseau, 4 octobre 2006) pose la question de « re-nationaliser EDF avec l’assentiment du patronat et des syndicats » ! Non pas au nom du service public pour aller dans le sens de ce que demande la gauche, mais « pour forcer EDF à transformer sa rente nucléaire en baisse de prix pour ses clients, car il est  difficile aujourd’hui à l’Etat, principal actionnaire, d’imposer aux autres actionnaires privés d’EDF des baisses de tarifs, donc de profits ».

 En fait, ce journaliste joue sur le mode ironique pour mettre en évidence la confusion née de « l’ouverture à la concurrence des marchés de l’énergie en Europe, en application des principes néo-libéraux selon lesquels la concurrence entraîne la baisse des prix et l’amélioration de la compétitivité de l’Union européenne ».

 L’incohérence du gouvernement.

 La situation peut paraître comique, en effet, quand on voit le gouvernement annoncer qu’il va réglementer les tarifs en faveur des entreprises, en parfaite violation de ses engagements libéraux européens pour « la concurrence libre et non faussée » ! En dédommagement, il se prépare à verser des subventions aux concurrents d’EDF, car c’est autorisé par Bruxelles, mais les donner au secteur public est interdit par les autorités européennes !

 On peut en conclure que l’ouverture totale au 1er juillet 2007 du marché de l’électricité  aura le même résultat pour les particuliers.

 Et, pourtant, cela n’incite pas le gouvernement à remettre en cause l’ouverture totale du marché de l’électricité au 1er juillet prochain, pas plus qu’il ne remet en cause l’ouverture totale du courrier postal, ni la privatisation de GDF !... Tout cela est inacceptable !

 Le Mouvement Républicain et Citoyen dit non à la privatisation du secteur de l’énergie. GDF doit rester une entreprise publique.

 Privatiser, c’est livrer le secteur de l’énergie à quelques actionnaires, qui ne manqueront pas d’en faire des monopoles privés.

 Pour nous, les monopoles ne peuvent se justifier que s’ils ont un statut public.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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