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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 21:22

Des points essentiels, non dits, dans l’histoire de Salmson

 

Georges-Minziere-Laval-300312-001-T.jpgGeorges Minzière*, ancien salarié Salmson, syndicaliste, secrétaire du comité central d’entreprise, voulait d’abord réagir à l’article de Ouest-France (voir Laval. Salmson, des pompes tournées vers l’étranger), afin de rétablir la vérité concernant le rôle de Robert Buron, ancien ministre et député de la Mayenne, et de Francis Le Basser, sénateur maire de Laval, dans l’implantation de Salmson à Laval en 1962.

 

Parler de « copinages » avec Robert Buron pour expliquer la décision d’implanter l’entreprise à Laval, c’est introduire le risque d’un malentendu. Pourquoi ne pas dire clairement que les relations entretenues par Georges Salmson et Robert Buron dans un réseau de Résistance lié au général de Gaulle, en 1942, ont été déterminantes dans ce choix ?

Pourquoi ne pas rappeler les efforts financiers consentis par la ville et, notamment, le rôle décisif du maire, Francis Le Basser, afin de faciliter l’implantation de Salmson à Laval ?

Voir Salmson en Mayenne : comment l'entreprise s'est implantée à Laval - 31 déc. 2012.

 

Georges Minzière voulait aussi souligner le parcours exceptionnel du fondateur Emile Salmson, sa capacité d’adaptation et d’invention de nouveaux produits, contribuant ainsi à l’effort de guerre entre 1914 et 1918, au service de l’Etat.

Né le 12 septembre 1859 à Paris, il était le fils de Jean-Baptiste Salmson, d’origine suédoise, arrivé à Paris en 1822. Devenu ingénieur, en 1890, Emile installe à Paris une entreprise qui fabrique, notamment, des pompes centrifuges. En 1896, la société devient « Emile Salmson et Cie », ingénieurs constructeurs. L’entreprise emploie dix ouvriers à Paris et dispose d’un magasin d’exposition. Sa production est variée, allant des pompes aux ascenseurs, en passant par les moteurs. Voir les repères historiques sur l’évolution de l’entreprise Salmson dans l’article :

Voir Les 50 ans des Pompes Salmson à Laval : une belle histoire industrielle - 30 déc. 2012.

 

Georges Minzière ne sait pas ce qui a conduit la famille Salmson à vendre l’entreprise au groupe américain Nash, en 1961, pendant la construction de la nouvelle usine à Laval. Cela ne manqua pas d’inquiéter les élus qui avaient accepté l’implantation de l’entreprise en consentant d’importants efforts financiers, au nom des contribuables lavallois.

 

Il se souvient de la décision, en 1976, de la holding américaine ITT (téléphonie), de vendre LMT et Salmson, achetées en 1962. ITT voulait vendre LMT (Le Matériel Téléphonique) et garder les Pompes Salmson. Le président Giscard d’Estaing s’y était opposé. Thomson (avec des fonds publics) a tout racheté à ITT.

 

Par la suite, Salmson a pris le nom de « Société Electro-Hydraulique » au sein du groupe Thomson (téléphonie et mécanique), lequel s’est désintéressé de ce secteur de production. Un PDG, nouvellement embauché, avait licencié 80 personnes (ingénieurs et cadres), ce qui montrait à l’évidence qu’il ne voyait pas d’avenir à Laval pour Salmson. Georges Minzière, secrétaire du comité central d’entreprise (à partir de 1979), était très inquiet de l’évolution de la situation.

 

Ce qui a sauvé Salmson est la nationalisation du groupe Thomson. Voir Wikipédia Loi de nationalisation du 13 février 1982. Thomson-Brandt et Thomson-CSF (dont fait partie LMT et, donc la SEH, ex-Salmson) sont nationalisés en 1982 et regroupés en un seul groupe, Thomson SA, en 1983, avec organisation autour de deux pôles : l’électronique grand public et l’électronique professionnelle, essentiellement militaire.

 

Alain Gomez, proche de Jean-Pierre Chevènement (ils avaient créé le CERES ensemble en 1966) est le nouveau président de Thomson en 1982. Il a reçu Georges Minzière**, accompagné d’une délégation du comité d’entreprise, qui veut lui présenter la situation très particulière de la SEH. Un collaborateur du président Gomez, Paul Calandra, qui sera nommé directeur des ressources humaines de Thomson, s’est déplacé à Laval. Il fera en sorte de consolider la SEH avec des investissements. Le PDG de la SEH, qui avait licencié 80 cadres, a disparu de l’organigramme SEH, suite aux protestations des représentants des salariés. Ceux-ci reprennent confiance, car ils sont écoutés par la direction de Thomson. Celle-ci prépare la vente de la SEH, car la fabrication de pompes ne peut pas rester dans le groupe Thomson restructuré.

 

L’évènement se produit en 1984. L’allemand Wilo (le groupe Opländer, société familiale, Dortmund) est acheteur. Il produit le même type de circulateurs, selon le même brevet de fabrication, qu’à Laval. Les syndicats de Salmson Laval se rendent sur place en Allemagne.

La direction Thomson propose la dénationalisation, démarche complexe qui rend possible la vente de Salmson. Le comité d’entreprise, les syndicats, pouvaient s’y opposer. Ils ne l’ont pas fait.

 

Les Allemands disposent d’un bon système de fabrication et du financement. Ils ont un projet industriel de développement européen à l’international. Les deux entreprises (Wilo et Salmson) conservent leurs spécialités et leurs marchés. Elles restent concurrentes et autonomes, mais pratiquent la coopération au sein du groupe Wilo-Salmson entre les deux entreprises. La langue commune est l’anglais.

 

La rencontre entre Salmson et Wilo a montré des différences de culture d’entreprises.

- Salmson, qui avait sur le site de Laval, des ingénieurs, des concepteurs, des laboratoires d’essais, savait s’adapter au marché en pratiquant la flexibilité (moins de stocks), avec le travail par équipes. Les salaires et charges étaient 30 % moins élevés qu'en Allemagne.

- Wilo ne travaillait pas le vendredi après-midi, ne pratiquait pas le travail par équipes. Il a été contraint d’évoluer dans son fonctionnement, vers davantage de flexibilité. Le syndicat IG Metal contrôle le recrutement (40 à 50 % des salariés sont syndiqués à IG Metal). Le président est un salarié en Allemagne.

 

Deux directeurs ont joué un rôle décisif dans la réussite de Wilo et de Salmson, séparément puis ensemble : Messieurs Opländer (Wilo) et Crupaux (Salmson).

 

Dans l’édito du journal interne de Salmson (n° spécial 41, mai 1995), Paul Crupaux, directeur de l’entreprise Salmson, mais aussi directeur industriel du groupe Wilo-Salmson, que Georges Minzière qualifie de « vrai patron d’industrie », écrivait, au moment de prendre sa retraite :

 

« Il y a déjà 25 ans que je suis arrivé à Laval pour y lancer la fabrication des moteurs électriques de circulateurs (…). 25 années riches d’expériences, de moments forts, d’échanges et de travail axées vers cette même ambition : faire de SALMSON une usine exemplaire, solide et solidaire, une entreprise pérenne et autonome, dont le savoir-faire, la compétence et la performance fûssent incontournables pour le développement de l’entité dont elle allait finalement faire partie, le groupe OPLAENDER.  (…).

Primordiale pour la crédibilité de SALMSON, cette capacité d’intégration nous a permis de traverser quelques zones de turbulences dont nous sommes sortis sans aucun licenciement. Mais cette victoire n’aurait sans doute pas été possible sans l’aboutissement de la mission que je m’étais donnée parallèlement : assouplir un mode de gestion sociale demeuré trop longtemps directif pour mettre en place un climat le plus serein possible, par la concertation, l’information et la transparence.

Et peut-être est-ce là le point le plus important de nos 25 années de collaboration : j’ai beaucoup appris de vous ; vous avez, de votre côté, intégré mon message… Tout ceci, tous ces échanges, ont apporté à SALMSON sa force et sa richesse : une véritable culture d’entreprise, une spécificité qui sera un formidable atout pour relever les challenges qui vont désormais se jouer à l’échelle de l’Europe, au sein du Groupe OPLAENDER (…).

 

En conclusion, Georges Minzière propose de remercier toutes celles et ceux qui ont apporté leur concours à l’implantation de Salmson en Mayenne, puis à la réussite de son parcours industriel depuis 50 ans.

Merci à Robert Buron et à Francis Le Basser. Merci à la femme de ménage d’origine mayennaise qui n’aurait pas été sans influencer Georges Salmson (ou l’un de ses frères…) de choisir la Mayenne.

Merci au président Giscard d’Estaing, qui a permis de maintenir la fabrication de pompes en France, face à ITT, qualifiée de « sauvage »…

Merci aux acteurs de la nationalisation et aux dirigeants du groupe nationalisé Thomson, qui ont sauvé Salmson !

Et merci au remarquable dirigeant industriel que fut Paul Crupaux à Saint-Melaine.

 

* Voir Georges Minzière, syndicaliste CFDT retraité de l'industrie, citoyen actif - 5 mai 2012

 

** Depuis 1979, en Mayenne, Georges Minzière était secrétaire fédéral du PS aux entreprises, sous ma responsabilité de 1er secrétaire fédéral, cela jusqu’en 1983, et, en collégialité, de 1983 à 1985.

 

Cet article est le 13ème paru sur ce blog dans la catégorie Les élus en Mayenne.

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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 17:33

Robert Buron et Francis Le Basser, les passeurs décisifs

 

En lisant l’article paru dans Ouest-France « Mayenne » le 10 décembre 2012 (voir Laval. Salmson, des pompes tournées vers l’étranger), Georges Minzière, ancien salarié de Salmson, a été stupéfait.

 

Salmson-Laval-001-T.jpgLe directeur de l’usine Salmson de Laval, Pierre-Yves Bailly, expliquant pourquoi Salmson est présent en Mayenne depuis 1962, indiquait (entre guillemets) « C’est en raison des copinages avec Robert Buron ». Et le rédacteur de compléter « l’information » : Robert Buron était « mayennais et ministre des Travaux publics, des Transports et du Tourisme, à l’époque ». Voir Wikipédia Robert Buron.

 

Voir Les 50 ans des Pompes Salmson à Laval : une belle histoire industrielle - 30 décembre 2012.

 

Qualifier de « copinages » les relations entre Salmson et Robert Buron n’est pas acceptable. Cela peut sous-entendre magouilles ou pratiques de corruption. Or, il s’agit de relations qui sont nées pendant l’Occupation allemande, dans le cadre des actions de résistance (réseau « L’Arche de Noé »).

 

Georges Minzière m’a transmis un journal interne de l’entreprise (St MELAINE INFOS Salmson, n° 24, juillet 1992) qui, page 4, fait un rappel historique des premiers contacts entre des membres de la famille Salmson et Robert Buron.

Puis ce fut au sénateur maire de Laval, Francis Le Basser, de peser en faveur de la décision d’accueillir Salmson à Laval. Pas si simple, car l’Etat a décidé de supprimer les primes d’équipement. C’est ce qu’on apprend en lisant un autre n°, daté de septembre 2000, du journal interne de l’entreprise. Voici un résumé de ces articles, permettant de comprendre comment la décision a été prise.

 

D’ « ICI LONDRES » A ST MELAINE : AUTOPSIE D’UN CHOIX

 

1960 : leur usine d’Argenteuil étant devenue trop petite, les fils d’Emile Salmson décident de créer en province une nouvelle unité de production… Ce sera LAVAL, petite ville perdue dans la campagne mayennaise. Le choix peut paraître étonnant : ses racines ne sont rien moins que liées à l’histoire, à la seconde guerre mondiale, à la résistance, à cet idéal prôné par un certain Charles de Gaulle.

 

Maurice PERCHE évoque quelques points d’histoire. C’est Georges, fils du fondateur Emile Salmson, qui a joué un rôle majeur (auprès de ses frères Jacques et Pierre) dans le choix de Laval comme implantation d’une nouvelle usine, plus fonctionnelle que celle d’Argenteuil.

 

Pour comprendre cette surprenante option, il faut retourner en arrière, à ces années d’occupation et de résistance qui ont marqué la France, de 1940 à 1945 et que retrace le livre de Marie-Madeleine Fourcade, « L’Arche de Noé », dans la première partie duquel apparaissent Georges et Jean-Philippe Salmson, fils et petit-fils d’Emile.

 

Ce réseau, « L’Arche de Noé », a été fondé par le commandant Loustaunau-Lacan (pseudonyme Navarre). Georges et Jean-Philippe Salmson ont participé à de nombreuses missions de ce réseau, entre 1940 et 1945. Ils y ont rencontré d’autres combattants de l’ombre. C’est dans ce cadre qu’ils ont noué des relations avec Robert Buron. En 1946, ils ont rejoint la société « Les fils d’Emile Salmson », à Argenteuil, en Ile-de-France. En 1958, quand l’entreprise, qui est en croissance (400 salariés) a besoin d’espace, qu’elle ne trouve pas sur place, les dirigeants de l’entreprise pensent à la décentraliser en province. Mais où ?

 

Les données sont les suivantes. Logiquement, les pompes Salmson ont intérêt à se rapprocher des lieux de fabrication de la fonte, dans l’est de la France. La nouvelle implantation ne doit pas être éloignée de plus de 300 km de Paris afin de ne pas alourdir le coût des approvisionnements. Les cadres, sondés, préfèrent l’ouest de la France. Georges Salmson reprend contact avec Robert Buron, alors ministre dans le gouvernement présidé par le général de Gaulle.

 

Connaissant la réputation de Salmson, le ministre propose Laval, dont le maire est Francis Le Basser et lui-même était le député de la circonscription avant devenir ministre. La mairie de Laval  offre des conditions avantageuses. Depuis 1957, elle met à la disposition des entreprises une zone industrielle entièrement équipée (Saint-Melaine), avec quasi-gratuité du terrain (1F le m²), prêt à long terme pour financer la construction de l’usine, facilités de logement pour le personnel, recrutement d’ouvriers et d’employés…

Dans le cadre de la décentralisation, pour faciliter le transfert de l’entreprise, l’Etat apporte une prime d’équipement de 50 millions de francs (anciens).

 

Sur ces bases, le contact est pris entre le PDG de la société, Jacques Salmson, et le sénateur-maire de Laval, Francis Le Basser, à l’automne 1959. A partir de cette première rencontre à Laval, une véritable relation de confiance s’établit entre les deux hommes. Il y a un excellent climat social et de la main-d’œuvre sérieuse et qualifiée disponible. Les efforts financiers de la ville sont très importants, de l’ordre de 45 millions de francs.

 

Coup de théâtre : l’Etat supprime la prime d’équipement de 50 millions de francs !

 

Dans le bulletin de l’entreprise, intitulé « L’eau vive », n°73, septembre 2000, est relatée « L’Affaire SALMSON », titre de l’article du 2 novembre 1959 de Ouest-France Laval, qui rendait compte de la séance du 30 octobre du Conseil municipal de Laval.

L’ordre du jour de cette réunion était le vote d’un crédit supplémentaire de 50 millions de francs, suite à la décision de l’Etat de supprimer les primes d’équipement jusqu’alors accordées pour faciliter la décentralisation en province des entreprises localisées dans la région parisienne. Motif : il faut assurer la sauvegarde ou la reconversion des chantiers navals français, ce qui mobilise tous les crédits disponibles de l’enveloppe « Affaires économiques ».

 

Dès cette décision connue par Jacques Salmson, il écrit au maire de Laval, lui demandant de se substituer à l’Etat défaillant. C’est pourquoi le maire a convoqué cette réunion extraordinaire du Conseil municipal. Les débats ont été houleux entre les « pour » et les « contre » le vote d’une subvention de 50 millions d’anciens francs. « Le représentant de la classe ouvrière » ayant apporté son soutien inconditionnel au maire, Francis Le Basser, le Conseil municipal a fini par décider… de se donner une semaine de réflexion.

 

En fin de compte, les 50 millions manquants seront accordés, rejoignant les autres aides de la ville, notamment la quasi-gratuité des 7 hectares de terrain. Les travaux ont commencé en janvier 1961.

 

Georges Minzière 26 03 09Dans un autre article, je reprendrai les informations communiquées par Georges Minzière concernant la période où il était secrétaire du comité central d’entreprise Salmson, dans les années 1970 et 1980. C’est très important et complètement ignoré, notamment :

-          le rôle du président Giscard d’Estaing, qui a tenu à ce que Thomson rachète tout à ITT, y compris les pompes Salmson qu’ITT voulait garder,

-          le rôle du ministre Chevènement, au moment des nationalisations, et du président Gomez du groupe Thomson (que Georges Minzière avait rencontré), qui a contribué à sauver Salmson,

-          le rôle des syndicats de Salmson, qui pouvaient s’opposer à la dénationalisation, en 1984, nécessaire pour que Salmson rejoigne le groupe privé allemand Wilo,

-          la complémentarité des groupes Wilo et Salmson et la qualité du projet industriel, à la base de la réussite du groupe Wilo.

 

Cet article est le 12ème paru sur ce blog dans la catégorie Les élus en Mayenne.

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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 23:46

L’implantation de Salmson à Laval, toute une histoire…

 

Le 50ème anniversaire de Salmson à Laval n’a pas attiré l’attention des médias. Cela s’explique par la date du 1er juin 2012, qui coïncidait avec les élections législatives en France. Toutefois, signalons cet article paru le 4 juin 2012 dans « L’Usine nouvelle » : Les Pompes Salmson

 

À l’occasion du cinquantième anniversaire de l’usine de Laval, les Pompes Salmson, du groupe allemand Wilo, ouvraient le 1er juin un showroom célébrant les anciens succès de la marque dans l’automobile et l’aéronautique. Et, surtout, lance la production d’une nouvelle génération de moteurs.

"Nous vivons une période particulière, mais captivante pour la France. L’Allemagne a suivi l’élection présidentielle plus que toute autre élection, car les relations franco-allemandes sont de première importance". Oliver Hermes, PDG du groupe allemand Wilo, maison mère des Pompes Salmson depuis 1984, a commencé son intervention - en français - par une ode aux relations franco-allemandes. Il inaugurait le showroom de l’usine de Laval (Mayenne) qui rappelle le glorieux passé de la marque Salmson dans le domaine de l’automobile et de l’aviation et célébrait du même coup le cinquantième anniversaire de l’usine de Laval.

Ce site est en cours de modernisation de sa production. Les anciennes chaînes de fabrication de moteurs traditionnels font place à celles destinées à la fabrication de moteurs à aimants permanents. La directive ErP les rend obligatoires dès le premier janvier 2013 en Europe, pour les circulateurs non-intégrés aux chaudières et deux ans plus tard pour les moteurs intégrés. Cette nouvelle génération de moteurs à pilotage électronique, plus compacts, consomme beaucoup moins grâce à un rendement identique quelle que soit la vitesse de rotation. L’économie d’énergie peut atteindre 70 %.

Cette modernisation est réalisée grâce à un investissement de 50 millions d’euros, répartis sur cinq ans. "Cet effort important était indispensable afin de poursuivre l’activité du site, explique Oliver Hermes. Cela prouve l’importance pour nous du site de Laval. Cela correspond aux valeurs de notre entreprise familiale. Nous voulons consolider nos différents sites en Europe par une production à forte valeur ajoutée. L’enrichissement de notre capital humain en est un des éléments importants." L’usine de Laval, qui emploie environ 700 employés, a embauché 110 ingénieurs et 60 techniciens sur les quatre dernières années et consacre 3 % de sa masse salariale pour la formation.

 

La société Salmson, dont le siège est à Chatou (Yvelines) a diffusé un communiqué de presse à l’occasion de l’évènement, le 1er juin 2012. Extrait.

Voir SALMSON inaugure son showroom de Laval

 

A propos de Salmson

 

SALMSON est une SAS (Société par Actions Simplifiées) française au capital de 16 775 000€, intégrée au groupe allemand WILO SE. Basée à Chatou, la société compte 790 salariés, dont 600 sur le site de production de Laval (53 – Mayenne).

SALMSON fabrique, commercialise et assure la maintenance de pompes et de systèmes de pompage.

SALMSON couvre trois marchés : le Bâtiment, le Cycle de l’Eau et l’Industrie. Son offre, l’une des plus complètes du marché, couvre la quasi-totalité des besoins du génie climatique, du cycle de l’eau, et du péri-process industriel.

SALMSON propose des produits et des solutions pour :

- Le génie climatique, les échanges thermiques : circulateurs et pompes In-line (en ligne).

 

- L’adduction, la surpression : pompes multicellulaires, surpresseurs.

 

- Le relevage : pompes et modules pour les eaux claires et chargées.

 

- L’assainissement : pompes et agitateurs pour les eaux de drainage et les eaux usées.

 

Le 10 décembre 2012, le quotidien Ouest-France, dans ses pages « Mayenne », a publié un article présentant les activités du site de Laval, dans la rubrique « Produit en Mayenne ».

 

Laval. Salmson, des pompes tournées vers l'étranger

 

Situé à Laval, le site emploie plus de 600 salariés. Il est spécialisé dans les pompes et les circulateurs de chauffage. 90 % de la production lavalloise est exportée.

 

Boulevard de l’Industrie à Laval, les 26 000 m² de l’usine de métallurgie Salmson sont bien à l’abri derrière les grillages. Et il faut montrer patte blanche pour pénétrer dans l’enceinte. Pierre-Yves Bailly, le directeur de l’usine depuis 2008, reçoit dans une salle de réunion. Avant de se muer en guide de l’usine. Costard gris anthracite, et chaussures de sécurité de rigueur aux pieds, il explique pourquoi Salmson est présent en Mayenne depuis 1962. « C’est en raison des copinages avec Robert Buron », tranche le directeur. Pour mémoire, Buron était mayennais mais surtout, le ministre des Travaux publics, des Transports et du Tourisme de l’époque.

 

L’origine de la société remonte au XIXe siècle. Emile Salmson, un industriel français, concurrent de Renault, développe des pompes, des machines à vapeur et des moteurs. Dans les années 50, les ventes s’effondrent et les fils de l’industriel revendent le bébé. A deux groupes américains d’abord, puis en 1984, aux Allemands de Wilo, l’équivalent de Salmson, outre-Rhin. Le siège du groupe est aujourd’hui basé à Dortmund, en Allemagne (…).

 

Il est nécessaire de compléter les explications du directeur, concernant l’histoire de Salmson. C’est possible, à partir des journaux internes de l’entreprise, qui m’ont été communiqués par Georges Minzière, ancien salarié Salmson, qui fut secrétaire du comité central d’entreprise, dans les années 1970 et 1980.

 

Georges Minzière 26 03 09Dans un autre article, je reprendrai les observations de Georges Minzière, qui sont tout à fait essentielles pour la bonne compréhension des évènements qui ont émaillé l’histoire de l’entreprise, notamment son implantation en Mayenne. On verra précisément le rôle joué par Robert Buron dans le choix de la décentralisation à Laval et les efforts réalisés par les contribuables lavallois, qui ont permis cette implantation.

 

Dans l’immédiat, je me limiterai à présenter un résumé de ce que fut l’itinéraire de la famille Salmson et de l’entreprise depuis 50 ans qu’elle existe sur le site de Laval.

 

Repères historiques

 

Emile Salmson (1859-1917), ingénieur, crée en 1890 une entreprise à Paris, qui fabrique, notamment, des pompes centrifuges. Elle devient « Emile Salmson et Cie » en 1896 et s’agrandit, en fabriquant des moteurs.

La « Société des moteurs Salmson » (SMS) s’installe à Boulogne-Billancourt en 1912. Elle travaille pour l’Etat (moteurs d’avion) pendant la guerre. Puis elle s’engage dans la fabrication d’avions en 1916. Les fils Salmson prennent la succession des diverses entreprises, au décès du fondateur, en 1917. Mais, en 1919, ils quittent la SMS, qui choisit la reconversion de ses activités vers la vitesse (automobiles et avions).

 

En 1921, est créée la SARL des « Fils de Emile Salmson », à Argenteuil. En 1956, elle devient la « Société des pompes Salmson », qui développe les circulateurs de chauffage. L’extension du site d’Argenteuil étant impossible, le choix est fait en 1959 de la décentralisation en province.

Au moment où le projet de transfert d’Argenteuil à Laval se concrétise, la société (450 salariés, multiplication du chiffre d’affaires par 5) est vendue, en 1961, au groupe américain Nash.

 

Le 19 mai 1962, est inauguré le site de Saint-Melaine à Laval (Mayenne). Mais, cinq mois plus tard, la Société des Pompes Salmson devient une division de LMT (centraux téléphoniques), qui fait partie de la holding américaine ITT (multinationale spécialisée dans les communications téléphoniques).

En 1976, le groupe Thomson reprend LMT, ce qui englobe la Société des pompes Salmson, qui prend le nom de « Société Electro-Hydraulique ».

 

En 1984, la SEH intègre le groupe Opländer à Dortmund (Allemagne). L’entreprise fabrique le même type de circulateurs que Salmson à Laval. Le site industriel de Laval se transforme. Les deux marques, Salmson et Wilo, continuent séparément.

En 1996, Monsieur Opländer quitte la direction opérationnelle mais reste à la présidence du directoire. Le groupe devient Wilo-Salmson AG. Le site lavallois développe les circulateurs domestiques et les pompes à eau froide. En 2002, le groupe prend le nom de Wilo AG.

En 2011, le chiffre d’affaires du site lavallois est de 222 millions d’euros. Celui du groupe Wilo a franchi la barre du milliard d’euros en 2010.

 

Cet article est le 11ème paru sur ce blog dans la catégorie Les élus en Mayenne.

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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 22:26

Participer à l’élaboration du projet de territoire

 

Pendant la campagne électorale municipale à Laval, le 7 février 2008, deux associations membres du Conseil de développement de Laval Agglo, Mayenne Nature Environnement et l’antenne mayennaise de la FNAUT (usagers des transports) avaient lancé un signal d’alarme. « A  Laval : le Conseil de Développement de Laval Agglomération serait-il virtuel ? »
Voir Mais où est donc passé le Conseil de Développement de Laval ?

Cela fait presque trois ans que le Conseil de Développement de Laval Agglomération ne s’est pas réuni c’est un paradoxe alors que les candidats aux élections municipales redoublent d’attention pour recueillir les avis de leurs concitoyens et que l’actuel maire de Laval et à ce titre Président de Laval Agglo, redécouvre les qualités du dialogue social et des rencontres avec les habitants.

Laval : une exception en Pays de La Loire

C’est que jusqu’en décembre 2004 Laval faisait exception dans les Pays de la Loire ; c’était la seule agglomération de taille importante à ne pas s’être dotée spontanément de cette instance de démocratie participative (Nantes, Angers, Le Mans … même Châteaubriant et Ancenis avaient leur Conseil de Développement et en Mayenne le Pays de la Haute Mayenne s‘était doté de cette instance de concertation…).

Les Conseils de Développement ont été institués par la Loi d’Orientation pour l’Aménagement et le Développement Durable du Territoire (LOADDT) dite loi Voynet du 25 juin 1999. Le Conseil de développement est une instance qui permet d'associer la société civile à l'élaboration et au suivi des projets concernant une agglomération ou un Pays.

C’est un lieu de dialogue entre les acteurs économiques, sociaux, associatifs afin de faire émerger des idées, des propositions pour un développement durable du territoire. Il est en quelque sorte un outil d’aide à la décision des élus.

 

Le contraste est fort avec le Pays de Haute Mayenne, qui a su se doter d’un Conseil de développement efficace (président : Jean-Claude Louarn ; chargée de mission : Anne Amblès)

Le Conseil de développement invite les habitants de Haute Mayenne à s'exprimer sur leur avenir collectif. Il se penche sur les problématiques prioritaires et réunit des " représentants " de toutes les catégories d'habitants et d'organismes concernés, dont des élus. Les participants sont des volontaires qu'il sollicite ou qui viennent spontanément. C'est ouvert à tous.

Il travaille en lien étroit avec les élus pour que des propositions issues de ses rencontres de travail soient prises en compte dans les décisions du Pays de Haute Mayenne, des communautés de communes et des communes qui le composent. Il s'appuie sur la Charte du Pays. Cette concertation produit de l'intelligence collective : c'est plus que la somme des intelligences individuelles, c'est une vision nouvelle et globale de la question.  

Voir Réforme territoriale : les Pays Voynet (ex : Haute Mayenne) sur le qui vive - 28 septembre 2010 

 

Guillaume Garot maire de Laval 081010 TGuillaume Garot (photo), élu maire de Laval en mars 2008 et président de Laval Agglo (voir Laval Agglo a élu son nouveau président, Guillaume Garot, et ses 27 vice-présidents - 18 avril 2008), a mis en place les assemblées de quartiers, le conseil des sages, le conseil des jeunes citoyens et les assises de la culture.

 

Il lui restait à recréer le conseil de développement, « dernière étape du renouveau du dialogue démocratique » (Emmanuel Blois, Courrier de la Mayenne, 7 octobre 2010). C’est fait depuis son installation, le 29 septembre 2010 à l’hôtel de ville de Laval.

Il est composé de « 50 membres - désignés pour trois ans - 30 représentant les syndicats, associations, chambres consulaires et 20 étant des personnalités locales reconnues pour leurs expertises. Le conseil se réunira au moins deux fois par an en séance plénière.

 

Représentant les organisations : Jean-Louis Dautin (Clarté), Michel Foucher (Chambre d’agriculture), Michel Gougeon (Chambre de métiers), Laurent Lachaze (Jeune Chambre économique), Hervé Lepert (Centre des jeunes dirigeants), Gérard Marchand (Chambre du commerce et de l’industrie), Sébastien Gageot (Grandes écoles ESEIA et ESTACA), Yves Guillotin (Université du Maine), Catherine Le Souder (Conservatoire national des arts et métiers), Brigitte Maudet (Association pour la formation professionnelle des adultes), Michel Rose (Fédération des associations laïques), Alain Tancrel (Comité départemental olympique et sportif), Gérard Bardoux (Méduane Habitat), Marie-France Gourmelon (Association départementale Information Logement), Philippe Mottier (Place au vélo), Béatrice Orliaguet (Office du tourisme), Nicole Pillet (Habitat jeunes Laval), Louis Racine (Mayenne Nature Environnement), Franck Bouteiller (Associations familiales), Christel Fouache (Instance régionale d’éducation et de la promotion de la santé), Michèle Morato (Caisse d’allocations familiales), Samuel Tarlé (Centre local d’information et de coordination gérontologique), Pascaline Clavier (syndicat de salariés UNSA), Jérôme Deniau (syndicat patronal CGPME), Gérard Goupil (syndicat Force ouvrière), Bénédicte Moutin (CFDT), Samuel Tual (Medef), Isabelle Vitry-Brochard (CGT).

A titre personnel : Didier Chastel, Marcel Chesnay, Patrice Deniau, Roland Dumet, Pascal Durand, Patrick Génin, François Gloria, Alain Guidoux, Fatiah Hamadaïne, Yvette Hautbois, Victor Landais (président), Claudine Livet, Colette Lolon, Louis Nezan, Philippe Noury, Jacques Poirier, Dominique Walkstein.

 

Ouest-France, le 1er octobre : Un conseil de développement pour l'Agglo

Les nouveaux conseillers ont découvert leurs chantiers : agriculture, cohésion, économie, emploi industriel. Le conseil de développement de l'Agglo, installé mercredi soir à l'hôtel de ville de Laval, regroupe cinquante personnes désignées par Laval.

Trente d'entre elles représentent des syndicats (CGT, CFDT, FO, Medef, Unsa, CGPME), des associations comme Mayenne environnement ou Place aux vélos, l'Université du Maine, des chambres consulaires... Les vingt autres sont « des personnalités locales reconnues pour leurs expertises. » Sur la liste de 45 noms, on compte 13 filles. Les gars ont su sauvegarder leurs prérogatives. Bravo !

Ces conseillers, nommés pour trois ans, siégeront deux fois par an en plénière et travailleront en commission. Victor Landais, ancien maire de Louverné, ancien directeur de la MSA, en retraite depuis 1998, présidera les débats. Guillaume Garot, président de Laval Agglo, dont on connaît l'attachement à la démocratie participative, explique qu'il s'agit de « faire vivre la démocratie de l'agglomération en mobilisant ses forces vives ».

Les missions du conseil concernent l'aménagement ou le développement durable. Pour 2010-2011, il s'agit de participer à l'élaboration du projet de territoire de Laval Agglo. Les chantiers concernent l'agriculture, la cohésion du territoire, le soutien à l'économie sociale et solidaire, le développement de l'emploi industriel (…).

 

Le recrutement du chargé de mission est lancé (Gazette des communes du 13/09/2010)

Description : Titulaire de la fonction publique territoriale, catégorie A (attaché ou ingénieur) ou contractuel
Sous l'autorité du Directeur Général des Services, vous animez et coordonnez les travaux du conseil de développement.
Vous procédez à l'élaboration et à la transmission d'outils méthodologiques et initiez des actions tendant à renforcer la participation de la population à la vie du territoire.
Vous contribuez à la production et à la rédaction de rapports d'étude et de comptes rendus.
Vous coordonnez des travaux de communication (lettre d'information, site Internet...) et assurez le suivi et le pilotage de projets. Poste à temps plein, à pourvoir pour le 1er décembre 2010.

 

Cet article est le 10ème paru sur ce blog dans la catégorie Les élus en Mayenne.

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14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 22:01

Laval et la Mayenne confortent leur attractivité

 

Le très haut débit va irriguer les agglomérations de Laval, Mayenne et Château-Gontier, dans la perspective d’une couverture totale du département de la Mayenne, par la suite.

 

Dans cette décision, la réflexion de l’association Mayenne Point Org, présidée par Rodolphe Chauvelier, a pesé car elle avait émis des réserves (voir Mayenne Point Org s'interroge : Fibre Optique - Trés haut débit ...) sur la première décision de Laval Agglomération (Ouest-France, 24 septembre 2009 Le très haut débit arrivera dans l'agglo en 2012) et avait été reçue par les élus de Laval Agglo.

Dans un Communiqué de Presse du 25 Avril 2010, Mayenne Point Org expliquait la position de son conseil d’administration :

Notre association fait vivre depuis 10 ans un débat sur la nécessité ou non du très haut débit au service des mayennais. Elle a répondu aux invitations de l’AMF, puis à la mission de Laval agglomération afin d’expliquer au élus les tenants et aboutissants de THD au service de  tous les mayennais. Elle c’est faite amplificateur de débats dans la presse locale, nationale et internationale, mais aussi lors de soirées de mutualisation et naturellement sur le web.

Avant tout,  l'association Mayenne Point Org n'est pas contre un débat public et y participera volontiers si celui-ci a lieu. Elle tient à affirmer sans équivoque sa position en faveur du très haut débit. Elle rappelle à nouveau son souhait de participer à un groupe de travail départemental ouvert à tous les acteurs du département (collectivités, institutionnels, entreprises, professionnels....)

Il ne s'agit plus de s’interroger sur la nécessité de ce projet, adopté en 2007, mais sur la manière dont il sera réalisé.

Notre société évolue dans un cadre technologique en perpétuelle mutation et difficile à appréhender, car il est trop souvent incompréhensible, dissimulé par un vocabulaire trop technique pour le grand public. Il vaut mieux procéder par analogie ou métaphore pour comprendre ce dont il s’agit et s’imprégner du concept des « autoroutes de l’information », déjà énoncé dans les années 90 :

Envisagerions-nous aujourd’hui de construire et de rouler sur  des chemins d'un autre temps ou des rues pavées, de construire un lotissement sans y prévoir un aménagement de qualité pour la chaussée ?

Tout réside dans la façon de réaliser ce projet, c’est la clé de sa réussite, tout en préservant les finances de la collectivité et en entraînant une croissance économique et sociale. Il faut commencer par construire les routes qui seront empruntées en envisageant les augmentations de trafics et les développements futurs, éviter les péages trop chers, ne pas faire deux routes qui relient le même endroit, ne pas connecter  uniquement les entreprises entre elles, penser aux particuliers qui ont besoin de se déplacer.

La réserve que nous émettons sur le projet actuel du déploiement du très haut débit en Mayenne est qu’il semble être conçu en priorité pour les entreprises. On l'a constaté : la réussite du développement du haut débit par l’Adsl est le fait des particuliers qui représentent  la grande majorité des abonnements.

Il faut avoir conscience dès maintenant que le très haut débit est l’affaire de tous.

Le 27 octobre 2010, Patrick Richard adressait ce message aux adhérents de www.association.mayenne.org : « Je suis heureux, en tant qu'élu communautaire, membre de la   commission innovation et enseignement supérieur de Laval agglomération, de vous annoncer 100% de couverture en Très Haut débit à l'horizon 2017 (…).Le  membre fondateur  est heureux d'avoir porté les valeurs de notre association, c'est un petit bout de Mayenne-point-org qui était présent ».

 

Photo : Guillaume Garot, maire de Laval, président de Laval Agglo (voir Laval Agglo a élu son nouveau président, Guillaume Garot, et ses 27 vice-présidents - 18 avril 2008)

                                                                                                                                                    Guillaume Garot maire de Laval 081010 T

Le 26 octobre, Ouest-France avait publié cet article :

Entreprises et usagers bénéficieront d'un débit énorme. De quoi rendre l'agglomération attractive et compétitive.

Laval agglo connecté au très haut débit    

Pourquoi ? Comment ? Pourquoi le très haut débit ?

L'idée est d'être plus compétitif, en attirant les entreprises mais aussi les particuliers. « Laval sera leader en France sur le numérique, aime à rappeler Guillaume Garot, le président de Laval agglo. Nous serons l'égal de Paris, en proposant du 100 mégabits à tous nos habitants ».

Qu'est-ce que c'est ? Grâce à des fibres optiques enterrées dans le sol, le débit Internet va augmenter de manière considérable. On va passer d'une moyenne de 4 mégabits maximum, à 100 méga bits. Les temps de chargement, et d'envoi de données s'en trouveront améliorés.

Quels avantages ? Les particuliers disposeront tous sans exception de l'offre triple play : Internet, télévision, Internet. Et d'un confort accru, grâce à des connexions beaucoup plus rapides. Quant aux entreprises, elles pourront se servir de la visioconférence, transférer des fichiers très lourds (plans, imageries médicales...). « Quand il fallait 19 minutes pour charger un fichier, il ne faudra plus que 0,06 » précise Idir Aït Arkoub, vice-président de Laval agglo.

À quelle date ? 100 % du territoire doit être couvert dans 7 ans. Le chantier se fera par étape. « Mais tous les foyers et entreprises auront un débit de 2 mégabits par seconde, d'ici à 18 mois » précise Guillaume Garot.

Quel prix ? L'investissement total revient à 28,6 millions d'euros. L'agglomération prend 9,8 millions à sa charge. « Nous demanderons un pourcentage de subventions compris entre 0 et 33 % », a déclaré Jean-Christophe Boyer, le vice-président de l'agglo, en charge des finances.

Quel opérateur ? La concession est accordée à France Télécom pour une durée de 25 ans. « Mais ils devront ouvrir leurs lignes à au moins deux fournisseurs Internet, précise Guillaume Garot. De manière à maintenir de la concurrence. »

Le 27 octobre, également, Patrick Richard adressait un second message aux adhérents de Mayenne Point Org, concernant, cette fois-ci, les villes de Mayenne et de Château-Gontier..

« Je suis heureux en tant qu'élu communautaire - commission innovation et enseignement supérieur de Laval agglomération - siégeant en tant que suppléant de Idir AIT ARKOUB au syndicat GIGALIS http://www.gigalis.org/ de vous faire part de la liaison en fibre optique de la ville de Mayenne et de la ville de Château-Gontier.

La mission confiée par Laval agglomération m'a autorisé à imaginer que l'on pouvait dépenser de l'argent dans une liaison inter ville. Gigalis réalisait un économie de 7M€ en choisissant un axe de backbone différent, en choisissant "Nantes Rennes Laval" en place de "Nantes Châteaubriant Laval". Je me suis alors autorisé à déroger à ma mission en prenant la parole en place des représentants de Mayenne et de Château-Gontier pour faire part de la nécessité de relier ces deux villes. Une solidarité numérique départementale.

L'économie réalisée pouvait servir au maillage  du département de la Mayenne, c'est l'esprit MAYENNE-POINT-ORG qui m'a poussé à cette mutualisation. J'ai ensuite conseillé aux élus de chacune des communes de prendre contact avec le président du syndicat, yann HELARY.

http://www.gigalis.org/-L-equipe-Gigalis-.html. La suite est à venir dans les nouveaux usages à développer.

Le  membre fondateur  est heureux d'avoir porté une deuxième fois les valeurs de mutualisation de notre association. MAYENNE-POINT-ORG force tranquille de propositio ».

 

Le 29 octobre, Ouest-France (page Mayenne ville) titrait « Le très haut débit pour la fin de l’année. Il arrive via la fibre optique, pour un accès à Internet et des échanges de données plus rapides. Il desservira zones d’activités, collèges et lycées publics ainsi que l’hôpital » (…).

 

« En mégabits, 100 est le seuil à partir duquel on parle de très haut débit. Le mégabit est l’unité de mesure du volume d’information qui passe dans une connexion Internet en une seconde. Actuellement, une connexion standard, c’est 8 mégabits, et 18 au maximum ».

 

Cet article est le 9ème paru sur ce blog dans la catégorie Les élus en Mayenne.

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29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 22:07

Les députés UMP ont voté contre la réforme territoriale

 

L’Assemblée nationale se prononçait, hier, sur le projet de réforme des collectivités territoriales (voir Scrutin public n° 0602 sur l'ensemble du projet de loi de réforme des collectivités territoriales (2e lecture), au cours de la 1ère séance du mardi 28 septembre 2010 et, plus généralement, Réforme des collectivités territoriales).

Le texte a été adopté par 299 voix (UMP et Nouveau Centre) contre 241. La droite est loin de son potentiel de voix. Parmi les 12 députés UMP qui ont voté contre, on trouve les deux députés mayennais, Marc Bernier et Yannick Favennec.

Dans l’édition de Ouest-France (29 septembre, page Mayenne), ils disent pourquoi. C’est parce que le texte n’est pas bon, avancent-ils en substance.

« Si les objectifs initiaux étaient louables, sa mise en application au travers de la loi ne sera, au final, ni cohérente ni efficace », estime Yannick Favennec. Le député proche de Jean-François Copé redoute « une professionnalisation du mandat de conseiller territorial » et un effacement de plus en plus important de la Mayenne avec seulement 19 élus sur 175 dans la future assemblée régionale.

Le villepiniste Marc Bernier est sur la même longueur d’onde. « Cette réforme n’apporte ni la modernisation, ni la simplification, ni la clarification, ni les économies recherchées », fustige-t-il. Pour le député-maire de Vaiges, « ce texte ne pourra être adopté qu’aux forceps, rencontrant l’hostilité du Sénat et de la grande majorité des élus locaux ».

Pour Guillaume Garot, député-maire PS de Laval, qui a voté contre (c’était attendu), « la loi remet en cause la liberté des collectivités territoriales et rend l’organisation territoriale encore plus opaque et compliquée pour le citoyen. La seule motivation de la droite est d’affaiblir le contre-pouvoir que représentent à ses yeux les collectivités territoriales ».

 

La partie n’est pas terminée au Parlement, puisque le Sénat s’est prononcé différemment, notamment sur le mode de scrutin pour élire les futurs conseillers territoriaux (voir Réforme territoriale : adoption demain du projet de loi par les députés). Une commission mixte paritaire se réunira en octobre, mais, en cas de désaccord persistant, la loi donne le dernier mot aux députés.

 

En première lecture, les deux sénateurs mayennais, Jean Arthuis et François Zocchetto, avaient voté contre le remplacement des conseillers généraux (départementaux) et régionaux par les conseillers territoriaux qui siégeront dans les deux collectivités territoriales.

Dans Ouest-France (10 juin, page Mayenne), Jean Arthuis expliquait sa position « Le conseiller territorial est un prétexte, pour le gouvernement, d’annoncer sans le dire la fusion absorption des départements par les régions et donc, à terme, leur disparition programmée ».

Seize conseillers territoriaux, contre vingt-neuf dans l’Orne, département moins peuplé, « c’est inacceptable et totalement injuste », renchérit François Zocchetto. « Je ne vois pas bien, par ailleurs, comment vont s’articuler, demain, les compétences entre départements et régions », ajoute l’élu centriste.

 

Les deux sénateurs rêvent d’unir tous les centristes en vue de l’élection présidentielle. C’est l’objet de l’Alliance centriste, qui tenait sa première université d’été à Laval le 28 août, sous la présidence de Jean Arthuis, en présence d’invités de l’UMP et du MoDem.

L’objectif est de présenter un candidat, qui se distingue de la gauche, bien sûr, mais aussi du « bonapartisme des uns et du populisme des autres » (Ouest-France, 29 août). Ici, ce sont de Villepin et Sarkozy, qui sont dans le collimateur du président de cette Alliance centriste, mais il ne parle pas d’un autre obstacle sur la route de son rassemblement centriste, le Nouveau Centre, qui voudrait aussi prendre quelque distance avec Sarkozy, tout en restant très proche.

Les deux députés UMP sont en conflit entre eux, mais aussi en rupture plus ou moins nette avec le président de la République. Arnaud Bélier, dans Ouest-France (18 août) s’est entretenu avec Yannick Favennec. Celui-ci « redoute la droitisation de l’UMP. Le climat sécuritaire au sein du parti vise à attirer les électeurs FN mais risque de faire fuir les centristes », estime le député du nord Mayenne. Dans le même quotidien, le 25 août, c’est Marc Bernier, le député du sud Mayenne qui se confie au même journaliste, directeur départemental. « Notre pays est divisé et affaibli ». Après le débat sur l’insécurité, le député villepiniste dénonce une réforme des retraites « injuste économiquement et socialement ». Il observe « une profonde déconnexion entre les annonces de la politique nationale et ce que vivent nos concitoyens ».

 

Les deux députés UMP ont un contradicteur en la personne de l’ancien député RPR du sud Mayenne, Henri de Gastines. Il n’apprécie pas le ralliement de son successeur, Marc Bernier, au mouvement République solidaire fondé par Dominique de Villepin et ne comprend pas pourquoi, en plein débat sur les retraites, « les parlementaires qui ont été élus, pour l’essentiel, pour leur engagement à soutenir le président de la République, s’associent à une entreprise de division qui n’aura d’autre but que d’affaiblir celui-ci ».

 

Trois ans après sa victoire électorale, le président Sarkozy a réussi cet exploit de ne plus avoir un seul parlementaire en Mayenne qui le soutienne. Conclusion : la gauche a une belle carte à jouer dans ce département où, historiquement, elle était très minoritaire.

 

Cet article est le 8ème paru sur ce blog dans la catégorie Les élus en Mayenne.

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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 23:56

Un héritage de la municipalité précédente, bien mal venu

 

Il y avait forte affluence, hier soir, à l’hôtel de ville de Laval, pour assister à la séance du Conseil municipal. Les contribuables* ont voulu prendre la parole, mais le maire, Guillaume Garot (PS), a répondu qu’il la leur donnerait après le vote des taux d’imposition 2009.

 

Pour bien comprendre le problème lavallois, voir Laval, souffrant de l'endettement, augmente les taux d'imposition - 28 décembre 2008.

 

Voici un extrait de l’article du quotidien Ouest-France, paru ce 31 mars, sous le titre

Impôts : la Ville récupère 5,6 millions d'€ de plus

Impôt

L'impôt, c'est le résultat d'un taux par une base. Les bases, connues en mars, sont fixées par l'État et correspondent à la valeur du bien. Les taux sont votés par les collectivités territoriales (commune, Département et Région).

À Laval, ces taux d'imposition (habitation, foncier, foncier non bâti) augmentent de 26 %. La recette fiscale supplémentaire se monte à 5,6 millions d'euros, pour atteindre 27,175 millions d'euros. Les taux lavallois restent dans la moyenne des villes de même taille.

Recettes supplémentaires

La recette de 5,6 millions d'euros comble les 2,9 millions d'euros de « déficit » de fonctionnement de 2007 et 2008.

Les recettes supplémentaires compensent également le désengagement de l'État (500 000 €), la baisse des droits de mutation due à la chute des transactions immobilières (500 000 €), la baisse des cessions immobilières de la Ville (1 000 000 €), le capital d'emprunt à rembourser (500 000 €) et le coût des dettes « toxiques » (100 000 €).

Exemple : Pour un appartement de 56 m2 (voir l'infographie), la hausse de l'impôt (foncier et habitation) atteint 124 € et la « douloureuse » passe de 481 à 605 €.

C'est comparable à Saint-Brieuc (607 €) mais moins qu'à Lorient (718 €) ou Rennes (744 €) mais plus qu'à Vannes (480 €) ou Saint-Malo (596 €).

Il convient de préciser que ces chiffres sont ceux de l'an dernier sauf pour Laval (hausse incluse).

Dette « toxique »

Près de 66 % de la dette avait été négociée à taux variable ou liée à des produits structurés. Après restructuration, la Ville conserve encore 46 % de produits variables ou toxiques. Le reste de la dette a été consolidé, à taux fixe.

La Ville n'a pas voulu résilier ces contrats « dangereux » avec Dexia, pour éviter d'avoir à payer des pénalités. L'évolution actuelle des taux (en baisse) donne raison pour l'heure à l'équipe dirigeante.

 

* Les contribuables se sont regroupés derrière le collectif de citoyens qui a lancé la pétition "Non à l'augmentation des impôts locaux".

 

Voir, à ce sujet, le blog des municipaux FO de Laval qui, le 29 mars, a titré Qui va banquer ? Extraits :

 

Ce comité a pour objectif "l'annulation de la hausse de 26 % de la taxe d'habitation et de la taxe foncière par le moyen de l'annulation des intérêts et des pénalités indus réclamés par les banques à la ville et réalisés en accordant des "crédits toxiques" qui ne sont que des outils spéculatifs."

Ce collectif a rencontré le maire de Laval le 13 mars 2009. Le collectif souhaitait notamment que M. Garot s'associe à la démarche entreprise par son collègue Maurice Vincent, maire PS de Saint Etienne, qui, confronté à une situation semblable, envisage d'aller devant les tribunaux pour obtenir l'annulation de ces crédits toxiques (
voir article de presse).

Le Vecteur Libre rend public
l'intégralité du contenu du  compte rendu de  cette rencontre, établi par le collectif lavallois.

Il en ressort qu'il est manifeste que le maire exonère un peu facilement les banques ayant proposé ces crédits toxiques de leurs responsabilités dans la situation financière tendue que connaît la Ville de Laval.

Son analyse des causes de la dette est la suivante :
"Le maire reprendra l'argumentation qu'il a maintes fois développée dans les organes de presse (responsabilité de la municipalité précédente sur l'aggravation de la dette de la ville, explosion des frais de fonctionnement de + 2,5 millions d'euros entre 2006 et 2008, primes versées aux agents, augmentation des subventions aux associations, étalement de la dette en contractant des prêts à taux structurés exposant la Ville à un retournement de conjoncture)"

Sur la question de l'importance des prêts toxiques, il indique :

"J'ai cherché toutes les solutions pour éviter ce "crève coeur" qu'est pour moi l'augmentation de 26 %, contraire à mes promesses de campagne, mais aucune solution crédible n'a été dégagée.
Je m'emploie à renégocier les prêts pour "sécuriser" la dette.

J'ai fait le choix de consacrer mon énergie sur des projets porteurs pour la ville plutôt que d'engager une démarche près de la préfecture en entamant un combat que je ne vois pas gagnant.
Mon collègue de Saint Etienne n'est pas au bout de ses peines.
L'effacement des pénalités auquel je ne crois pas ne changerait guère la situation.
Pour moi l'urgent est de sortir la ville de la zone rouge.
"

Le maire de Laval en vient ensuite aux mesures qui lui permettraient de sortir du rouge. Il détaille le contenu de son "plan de redressement" et notamment :

"- Maîtrise de la masse salariale et de toutes les charges. Le maire expose qu'il passe son temps à dire Non. Pour exemple, il indique que le matin même, il vient de refuser le retour à temps plein d'une employée municipale à 90 %."

 

Avant de conclure, le syndicat met en cause le maire de Laval :

 

Enfin, il convient de mettre un terme à une légende : M. Garot était parfaitement informé de la situation des finances de la ville, malgré l'opacité. De nombreux acteurs de la vie municipale l'avaient alerté.
Dès 2003, le Vecteur avait publié un ouvrage de 45 pages intitulé "
Le petit d'Aubert illustré", qui dénonçait les pratiques financières du système.

 

Cet article est le 7ème paru sur ce blog dans la catégorie Laval en Mayenne.

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28 décembre 2008 7 28 /12 /décembre /2008 15:08

L’ancien maire voudrait baisser les impôts !

 

La situation financière difficile de la mairie de Laval a contraint la nouvelle municipalité à décider une hausse drastique des taux d’imposition fiscale en 2009 (+ 26%). L’adjoint aux finances, Jean-Christophe Boyer, rappelle la nécessité de « maîtriser les dépenses de fonctionnement, limiter les charges courantes et augmenter les impôts » (Ouest-France, 9 décembre 2008).

 

Certes, pendant la campagne électorale, Guillaume Garot s’était engagé à ne pas augmenter les taux, mais, pour redresser les finances de la ville (85 millions d’euros de dette), il a dû changer d’avis (voir Audit financier de Laval : Garot (PS) et d'Aubert (UMP) face à face -  30 septembre 2008).

 

Lors de la séance du Conseil municipal, le 8 décembre, l’ancien maire, François d’Aubert, n’a pas hésité à déclarer « Cette hausse de la fiscalité est un contresens. Vous prenez cinq millions d’euros dans la poche des Lavallois. Et tout le monde paie, riche ou modeste. Il faudrait plutôt baisser les impôts ».

Il fallait le faire ! Sa ligne de défense signifie qu’il mise sur le rejet par les contribuables de la purge administrée par la nouvelle municipalité.

Sur son blog (voir dépouilles et reliques, 23 décembre), ». le syndicat FO des municipaux de Laval ironise sur la vente de ce qu’il appelle « Les dépouilles du Système d'Aubert mises en vente". 

Le problème des emprunts à risques mobilise de nombreuses collectivités locales, dont Laval. Le quotidien Ouest-France a traité cette question dans son édition du 26 décembre (Guillaume Le Du et Jacques Sayagh).

      La Ville de Laval et le CHU de Nantes renégocient avec leurs banques. L'État a identifié ces collectivités comme ayant un ou plusieurs emprunts à risques.

 

(…) « À Laval, la Ville, lourdement endettée (86 millions d'euros de dettes), a renégocié d'arrache-pied avec ses banques. L'encours de la dette en produits structurés est passé de 40 millions, en mars, à 25 millions au 8 décembre.

L'opération sauvetage n'est pas terminée.
« Nous surveillons tous les jours les taux de change », explique Jean-Christophe Boyer, l'adjoint aux finances de Laval. La Ville a en effet quelques prêts indexés notamment sur le cours franc suisse/euro. Et ces prêts ne sont pas plafonnés. Les taux pourraient monter jusqu'à 12 % voire plus ! »

 

Sur cette question des emprunts à risques, un conseiller municipal de Clichy (92), délégué aux nouvelles technologies, a publié sur son blog, le 4 novembre 2008, des informations aidant à mieux comprendre le problème.

 

CE QUE JE CROIS : Emprunts toxiques, le poison des Maires

 

Combien de villes ou de départements ont-ils goûté aux prêts dits «toxiques» ? Et se retrouvent avec des échéances insupportables. Tous ne le crient pas sur les toits. Bien embêtés de s’être fait ainsi piéger. Telle cette petite ville (24 000 habitants) du Sud-Ouest, occupée à renégocier ses prêts. Pour d’autres, comme Tulle, Saint-Etienne, Laval ou Chartres… la facture est parfois si lourde ou si encombrante que le débat a été porté sur la place publique, en espérant que cela aide à trouver une solution.

A l’origine du désastre, les montages sophistiqués de banques, comme Dexia (ex-Crédit local de France), la Caisse d’Epargne-Natixis, le Crédit agricole ou encore Fortis. Au lieu d’emprunts tranquilles à taux fixes, les banques se sont mises à inventer des formules proches, à bien des égards, des crédits subprimes qui conduisent à la faillite des millions de ménages américains. Ce sont les produits structurés. Au début, le taux est avantageux, mais il peut vite déraper à cause de formules d’indexations sophistiquées.

 

«Ces formules sont une sorte de pari, explique un ancien de Dexia. Elles jouent sur des anticipations divergentes, par exemple, l’évolution du yen comparé au franc suisse, ou encore sur le différentiel entre le loyer de l’argent à court terme et à long terme.» Cela s’appelle «jouer sur la pente de la courbe des taux». Et cette pente se fait toboggan.

Volatils. 

Il ne s’agissait pas pour les édiles de miser comme au casino, mais de décrocher des conditions de prêts extrêmement compétitives par rapport à des emprunts classiques. Ce fut vérifié pour une majorité d’entre eux. Tout au moins à court terme. En tout cas, tant que le pari fait à un moment donné ne se retourne pas subitement. Mais les indices sont devenus aujourd’hui si volatils que les prêts sont devenus risqués.

 

Selon une étude de l’agence d’évaluation Fitch Ratings, publiée l’été dernier, entre 30 et 35 milliards d’euros, soit un quart environ des emprunts des collectivités locales (sur un volume d’environ 120 à 130 milliards d’euros) seraient toxiques. Néanmoins pour certaines villes, ces produits structurés peuvent atteindre jusqu’à 50 % de la dette, a évalué Fitch Ratings. Les collectivités territoriales sont assises ainsi sur une petite bombe, sans que l’on puisse encore évaluer les dégâts de la déflagration. Pour Michel Klopfer, conseiller en finances locales, «la moitié de ces prêts sont dangereux, parce qu’ils ne sont bordés par aucun plafond». Et les taux pourraient grimper jusqu’à 15 ou 20 %. Un autre cabinet, Finances locales, évalue entre 10 et 15 % l’encours vraiment risqué des collectivités.

«Brebis galeuses».

A l’Association des départements de France (ADF), on ne connaît pas de conseils généraux aussi «plantés» que la Seine-Saint-Denis. Une affirmation que d’autres mettent en doute. «Il ne faudrait pas croire qu’il n’y a que quelques brebis galeuses !» lance un observateur.

 

A l’Association des maires de France (AMF), même retenue sur l’impact des dérives à la subprime. Jacques Pélissard, son président, raconte que chez lui, à Lons-le-Saunier (Jura), il a failli croquer aux produits structurés : «On me proposait un taux de 1,9 %, contre 3,95 % pour un crédit classique.» Cruel dilemme, explique Pélissard, soulagé d’avoir choisi «la sécurité». Philippe Laurent, maire de Sceaux (Hauts-de-Seine) et vice-président de l’AMF, minore le danger des crédits exotiques. «J’en ai un et son taux n’augmente pas !» Et il ne pèse, assure-t-il, que «2 à 3 %» de son endettement. Il connaît des maires heureux, dont le taux du prêt est calé sur le franc suisse et «c’est tout bénéfice pour eux !» Comme on le résume à l’AMF, «il faut être honnête, les communes ont été plutôt gagnantes !»

Jusqu’à quand ? En Italie, s’endetter en prenant des risques est interdit depuis 2003 en raison d’un cadre réglementaire très strict, sur le point d’être durci. Mais à l’ADF, c’est moins les prêts exotiques que le budget à venir qui inquiète. Tout autant que la finalisation des budgets pour 2008. D’ici quelques semaines, vont débuter les séances de renégociation des collectivités locales avec les banquiers. Et les «financeurs», après avoir tant courtisé les communes, montrent beaucoup moins d’empressement. Ou alors, explique le chef du service finances de l’ADF, «elles répondent avec des taux exorbitants !»

  Cet article est le 6ème sur ce blog dans la catégorie La droite en Mayenne.

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30 septembre 2008 2 30 /09 /septembre /2008 20:30

Les contribuables auraient aimé savoir avant le vote

 

La situation financière de la Ville de Laval est beaucoup plus dégradée qu’il n’avait été dit lors de la campagne électorale. Guillaume Garot, élu maire en mars 2008, ne s’attendait pas à trouver un déficit d’épargne et une dette aussi importants. Il en déduit qu’une augmentation des taux d’imposition est incontournable (le cabinet d’audit préconise 26%). François d’Aubert contre-attaque et justifie son bilan financier avec l’aplomb qu’on lui a toujours connu.

 

Je renvoie à l’article paru sur ce blog le 20 septembre 2008, sous le titre Laval : la gestion de l'ancien maire (UMP) mise en cause par un audit.  

 

Le maire en place organise des réunions publiques dans les quartiers et publie le rapport d’audit sur le site de la mairie www.laval.fr avec cette présentation :

« Notre ville est aujourd'hui dans une situation financière grave.

Vous trouverez sur cette page, la synthèse du rapport d'audit et de la prospective financière produit par le cabinet indépendant Ressources Consultants Finances. Reconnu pour son expertise, ce cabinet travaille pour des collectivités publiques de toutes tendances politiques.
Ce rapport nous informe que Laval souffre de deux handicaps majeurs : un très grave déficit d'épargne et une dette très importante, à taux variable ».

 

en savoir plus : Notre ville est aujourd'hui dans une situation financière grave.  

 

Pour sa part, le Vecteur libre et indépendant, l’organe des municipaux FO de Laval, apporte son éclairage, avec sa rigueur habituelle, sur la controverse qui divise les lavallois : Guillaume Garot connaissait-il la gravité de la situation financière quand il était dans l’opposition et candidat aux élections municipales ? Beaucoup pensent qu’il n’aurait pas dû prendre l’engagement de ne pas accroître la pression fiscale.

 

Le Vecteur est sceptique, tout en alignant la liste des bonnes raisons de ne pas avoir vu clair dans les finances opaques de la ville sous la gestion d’Aubert. Mais il suffisait de lire le Vecteur pour être bien informé… Voici ce qu’il en dit (je recommande vivement la lecture du Petit d’Aubert illustré - voir, dernière ligne) !

Audit des finances de la Ville de Laval

SAVAIT ? SAVAIT PAS ?

 

Au cours des réunions de quartiers qu'il organise, comme dans ses interviews dans la presse locale, Guillaume Garot fait état d'une relative méconnaissance de la réalité de la situation financière de la Ville de Laval, avant la publication du rapport de la Chambre Régionale des Comptes et l'Audit effectué par un cabinet privé.
L'augmentation de 26% des impôts locaux apparaît désormais indispensable.

Ses interlocuteurs lui font toutefois observer qu'il siégeait au Conseil municipal depuis 2001, et certains autres élus de gauche avec lui.

Ainsi, dans Ouest France du 19 septembre 2008 :

"Vous étiez conseiller municipal, vous deviez savoir que la ville était endettée ?

-Je ne pouvais pas le savoir. Quand on a construit notre projet, on s'est appuyé sur le compte administratif 2006… Nous ne connaissions pas la dette de la SACOLA, un outil que François d'Aubert utilisait pour réaliser des investissements. On nous avait virés du conseil d'administration en 2005. Je rappelle aussi que l'opposition n'était pas représentée au conseil de l'Agglo
".

De même, répondant au Courrier de la Mayenne du 25 septembre 2008 :

"Vous avez annoncé lors de votre campagne un gel des taux d'imposition, que vous ne pouvez pas honorer. Plusieurs de vos conseillers siégeaient pourtant jusqu'au début de l'année dernière au conseil municipal, vous n'étiez pas au courant de ces difficultés ?


-Nous avons pris nos engagements de campagne fin 2007, sur la base des documents que nous avions en notre possession, à savoir le compte administratif 2006. A l'époque, la situation se tenait, avec une évolution plutôt légèrement favorable…"

Qu'en conclure ? Savait-il, ne savait-il pas ?

Il est indiscutable que le Système d'Aubert était particulièrement opaque, et les circuits financiers particulièrement tordus ; certains même ont été déclarés illégaux par la justice dans le cas précis de certains bassins d'orage réalisés non par financement sur le budget général mais en prélevant le budget assainissement.

Il est vrai que l'opposition, écartée du conseil d'administration de la SACOLA, et en l'absence même de présentation des CRAC (Comptes rendus d'Activité à la Collectivité), pourtant obligatoire, avait du mal à appréhender la réalité de cette Société d'Économie Mixte Locale.

Il est vrai aussi que d'Aubert avait refusé la présence d'élus lavallois de l'opposition au sein du Conseil d'Agglo, écartant ainsi la représentation de 45 % des lavallois de cette assemblée qui vote des impôts et de gros investissements.

Il est vrai aussi que les procédés d'externalisation de la dette employés par le Système d'Aubert (par la Sacola notamment) masquaient la réalité des comptes municipaux.

Il est vrai enfin que d'Aubert avait des facilités intellectuelles qui lui permettaient de bien présenter les choses, et il ne faisait pas bon contester ou contredire sa gestion.

QUI SAVAIT ?  LE VECTEUR !

Mais tous les lavallois, et les nouveaux élus, pouvaient en savoir beaucoup en lisant le Vecteur Libre et Indépendant !

Début 2003, le Vecteur avait publié une étude de 45 pages, renvoyant également à plus de 100 pages de documents et d'articles, intitulée "Le Petit d'Aubert illustré".

Analysant les rapports de la Chambre Régionale des Comptes de la Ville, de la Communauté de Communes et de la Sacola pour la période 1996-1999, révélant plusieurs affaires non connues par la CRC, ce document démontait le système d'Aubert et prévoyait ce que découvrent seulement aujourd'hui les nouveaux élus et la population.

D'Aubert agissait sous l'œil bienveillant d'un contrôle de légalité dont le responsable, le Préfet, était nommé en Conseil des Ministres, alors même que d'Aubert était ministre ! C'est là le résultat des disfonctionnements d'une décentralisation mal contrôlée, qui a permis la reconstitution de féodalités au détriment de l'état républicain. Les liens étaient si forts que l'on vit même une préfète de la Mayenne, sitôt en retraite, adhérer à "l'Association des Amis de François d'Aubert".

Lisez, ou relisez "Le Petit d'Aubert illustré" (publié début 2003) et faites vous votre opinion !

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20 septembre 2008 6 20 /09 /septembre /2008 12:27

Le nouveau maire (PS) confronté à la réalité des comptes

 

Les lecteurs du Vecteur libre et indépendant, le journal des municipaux FO de Laval, ne sont pas surpris par les révélations qui viennent d’être publiées, concernant la situation des comptes de la ville de Laval (se reporter à l’article paru sur ce blog le 25 juin 2008 La gestion d'Aubert, ancien maire de Laval, lourdement mise en cause).

 

Depuis la publication des conclusions du cabinet d’audit, lors de la séance du 15 septembre du Conseil municipal de Laval (en l’absence délibérée des conseillers d’opposition), les langues se délient à propos de la situation financière de la ville. La presse locale (Ouest-France et Le Courrier de la Mayenne) relaie les prises de position des élus et des contribuables.

 

Guillaume Garot, maire (PS) élu en mars dernier, organise des réunions dans les quartiers afin d’informer les lavallois et les préparer à entendre ce qui semble inéluctable : une forte hausse des taux d’imposition (taxe d’habitation et taxe sur le foncier bâti).

 

Le Vecteur n’a pas manqué de porter et de commenter l’information, apportant son éclairage d’acteur engagé sous le titre Audit : La situation financière de la Ville de Laval est catastrophique !

 

Il a relevé aussi le rôle particulier d’un fonctionnaire municipal qui, en tant que contribuable lavallois, a déposé un recours contre une délibération adoptée par le Conseil municipal (cliquez ici).

 

Voir l’ensemble des articles sur ce blog concernant La droite en Mayenne.

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