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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 17:40

Les partis de gouvernement sont déconnectés des réalités

 

En Finlande, aux élections législatives qui avaient lieu hier, un seul parti progresse, au détriment de tous les autres. C’est spectaculaire, par rapport aux précédentes élections, en 2007. Sur le nombre total de sièges à répartir (200), le Parti des Vrais Finlandais en obtient 39 (au lieu de 5). Les 7 autres partis en perdent 35. Ceux qui en perdent le plus sont le Centre finlandais, qui dirigeait le gouvernement (-16), le Rassemblement national, qui va diriger le prochain gouvernement (-6) et Les Verts (-5).

Résultats des élections - Info-Finlande - Le site francophone

Résultat des Elections législatives en Finlande le dimanche 17 avril 2011

Nombre de sièges par partie. Total des sièges au Parlement 200. Entre parenthèse le résultat en 2007.  Participation : 70,4 %. Liens : Ministère de la Justice / Elections www.vaalit.fi/53561.htm

Rassemblement national (Kansallinen Kokoomus) : 44 (50)

Parti Social Démocrate (Suomen sosiaalidemokraatit) : 42 (45) 

Parti des Vrais Finlandais (Perussuomalaiset) : 39 (5)

Centre finlandais (Suomen Keskusta) : 35 (51)

Alliance de Gauche (Vasemmistoliitto) : 14 (17)

Les Verts (Vihreät) : 10 (15)

Parti du peuple suédois (Svenska folkpartiet/ Ruotsalainen kansanpuolue) : 9 (10)

Les démocrates chrétiens (Kristillisdemokraatit) : 6 (7)

Autres : 1 (0)

 

La Fondation Robert Schuman a publié, dans le cadre de l’Observatoire des élections en Europe, une remarquable analyse de Corinne Deloy, un mois avant les élections du 17 avril.

 

Élections législatives en Finlande

Voici un extrait significatif de ce long document.

(…) « Le vote en faveur des Vrais Finlandais est un vote de protestation. Les partis de gouvernement paraissent déconnectés des réalités. Les gens veulent que quelqu’un les écoute et les prenne au sérieux » indique le professeur de sociologie, Risto Heiskala.

Les « Vrais Finlandais » ne s’inscrivent pas dans la tradition d’extrême droite que représentent par exemple le Parti libéral autrichien (FPÖ) ou le Front national français (FN).

Si la personnalité de Timo Soini est un élément important du succès de son parti (dont peu de cadres sont connus du grand public), l’homme n’est pas non plus un leader comparable à Jörg Haider, Jean-Marie Le Pen ou Geert Wilders (Parti de la liberté, PVV) aux Pays-Bas. Les « Vrais Finlandais » ne partagent pas non plus le rejet de l’islam de ce dernier. « Comparés à l’extrême droite européenne, la rhétorique du parti est beaucoup plus conciliatrice » affirme Miikka Pyykkonon, professeur à l’université Jyvaeskylae.

Les « Vrais Finlandais » attirent les électeurs de l’ensemble des autres partis politiques. Selon Jari Pajunen, directeur de recherche à l’institut Taloustutkimus, sur 100 électeurs des « Vrais Finlandais », 50 ont déjà voté pour ce parti, 10 sont d’anciens électeurs du Parti du centre, 10 d’anciens Sociaux-démocrates, 8 du Rassemblement conservateur, 5 de l’Alliance des gauches et 17 ne s’étaient jusqu’alors jamais rendus aux urnes.

Les 2/3 de ses électeurs sont des hommes peu diplômés, victimes des fermetures d’usines et des licenciements consécutifs à la crise économique (…).

 

Cet article est le 43ème sur ce blog dans la catégorie Etats Union européenne

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31 mars 2011 4 31 /03 /mars /2011 22:56

Forte mobilisation électorale sur la question de l’énergie nucléaire

 

Le 27 mars, en arrivant (de peu) devant les sociaux démocrates (SPD), les Verts allemands ont conquis, en alliance avec eux, le pouvoir exécutif dans le land du Bade Wurtemberg (Stuttgart), une terre de droite depuis plus de 50 ans. C’est un évènement significatif, d’autant plus qu’il s’ajoute à leur énorme progression en Rhénanie Palatinat (Mayence), permettant au SPD de conserver la majorité dans ce land de gauche.

Cela prouve que les écologistes, qui ont bénéficié du contexte de la catastrophe nucléaire du Japon, sont compétitifs sur tous les terrains et qu’il faudra compter avec eux au niveau fédéral. Ils ont la particularité de pouvoir s’allier avec la gauche (aujourd’hui) et, peut-être, avec la droite (demain).

Allemagne : Les "Grünen" incontournables (Francoise Diehlmann, 28 mars)

Le système électoral allemand est difficile à comprendre pour les observateurs étrangers. Chaque électeur dispose de deux voix: la première pour élire un candidat, la seconde pour la donner à un parti. Si le candidat arrivé en tête est automatiquement élu au suffrage uninominal à un tour, sa formation n'aura néanmoins pas plus de sièges que ceux dont elle a droit après la décompte de la seconde voix. Celle-ci reste alors déterminante pour calculer le rapport de forces au sein du Parlement. Toutefois, les grands partis ont très souvent plus d'élus que de suffrages. C'est alors qu'intervient le calcul des "mandats excédentaires" qui doivent rétablir l'équilibre entre les élus directs (1ere voix) et les résultats obtenus au scrutin proportionnel pour chacune des formations (2ème voix).

Par exemple, à l'échelon du parlement national, mais c'est valable aussi pour les parlements régionaux: Composé théoriquement de 299 députés élus dans les 299 circonscriptions allemandes auxquels il faut ajouter les 299 députés élus sur une liste, le Bundestag devrait compter 598 parlementaires. En fait, il en accueille plus, soit par exemple 614 depuis 2005.

 

Elections Bade Wurtemberg (capitale Stuttgart). Le Land a toujours été dirigé par les Chrétiens Démocrates. Participation 2011: 66% (+12,6%). Participation 2007: 53,4%.

CDU (Chrétiens démocrates): 39% + FDP (Libéraux): 5,3%

SPD (Sociaux-démocrates): 23,1% (leur plus mauvais score) + Grünen: 24,2%

Linke: 2,8% - Divers: 5,6%

Composition du Parlement du Land: CDU:60 - FDP: 7 (67) et SPD: 35 - Grünen: 37 (72).

 

Elections du Land Rhénanie-Palatinat (capitale Mayence)

SPD: 35,7% + Grünen: 15,4% - CDU: 35,2% + FDP: 4,2% (Linke: 3,0% et Divers: 6,5%)

Composition du Parlement du Land : SPD: 42 + Grünen: 19 (61) - CDU: 41

 

Lu dans la presse

Courrier international, 28 mars :

Les élections régionales du 27 mars marquent une césure historique. Dans le Bade-Wurtemberg, les Grünen s'imposent comme un grand parti sur l'échiquier politique et donnent pour la première fois dans l'histoire du pays un ministre-président écologiste - Lire la suite.

La droite allemande en crise, Merkel fragilisée (Ouest-France, Sébastien Vannier, 29 mars)

Le gouvernement conservateur-libéral d'Angela Merkel est sorti affaibli d'un vote sanction contre le nucléaire, même si la chancelière n'est pas directement menacée.

En Allemagne, l'avenir des écolos passe aussi par la droite (Rue89, Alain-Xavier Wurst, 28 mars).

Le vote vert est-il encore un vote de gauche ? La question se pose désormais en allemand. La défaite des conservateurs (CDU) et des libéraux (FDP) dimanche lors des élections dans le Land de Bade-Wurtemberg marque une étape historique pour le mouvement écologiste outre-Rhin. Pour la première fois dans l'histoire de la République fédérale, il réussit à placer un de ses candidats au poste de ministre-président, et pas dans n'importe quel Etat.

Que le Bade-Wurtemberg, le Land le plus emblématique de la réussite économique allemande, régulièrement présenté comme premier de la classe en matière d'innovation technologique, de formation et d'éducation, passe aux mains des Verts après 58 ans de règne conservateur ininterrompu, montre à quel point la société allemande a intégré et digéré les combats des écologistes.

L'assise historique du mouvement est certes ancrée dans les cercles pacifistes, mais son électorat se diversifie de plus en plus et touche désormais toutes les couches sociales. Majoritairement urbain, souvent aisé, le vote vert offre par ailleurs aux conservateurs mécontents une autre orientation politique qui ne contredit pas fondamentalement leurs valeurs.

Un Vert catholique pratiquant, homme du terroir

Ceci explique en partie le succès de Winfried Kretschmann : classé parmi les réalistes et les pragmatiques, catholique pratiquant et homme de terroir, il incarne des caractéristiques certainement plus appréciées dans le Bade-Wurtemberg qu'au sein de son parti.

Winfried Kretschmann dirigera donc le Bade-Wurtemberg à la tête d'une coalition verte-rouge, avec les sociaux-démocrates (SPD) dans le rôle de secondants – là aussi une première.

En Rhénanie-Palatinat, où l'on votait également dimanche, le SPD garde la présidence du Land, mais perd la majorité absolue. Les Verts font une entrée fracassante en gagnant dix points par rapport aux dernières échéances, la CDU faisant quant à elle presque jeu égal avec les sociaux-démocrates (…).

Voir aussi (Wikipédia) Élections législatives régionales de 2011 dans le Bade-Wurtemberg

 

 Cet article est le 42ème sur ce blog dans la catégorie Etats Union européenne

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23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 22:55

Entre surproduction immobilière et manque de logements

 

L’économie espagnole faisait des envieux, mais elle reposait sur la construction immobilière spéculative et sur l’endettement démesuré des ménages accédant à la propriété. La crise financière a balayé ce fragile échafaudage.

Pour bien comprendre ce qui s'est passé chez nos amis espagnols - nous entretenons des relations très amicales avec les habitants de Ceuti, près de Murcia (voir 10 ans du jumelage Saint-Berthevin-Ceuti : les avis des deux signataires - 5 avril 2010) - je propose de lire l’article paru le 22 octobre sur le site de l’hebdomadaire Marianne, signé de Elodie Carcolse. En voici l'essentiel.

 

Logement. Espagne : quand le «tous proprios» prend l’eau...

Longtemps enviés de tous pour son « miracle économique » qui se traduisait par des programmes de constructions à travers tout le pays, l'Espagne et le secteur du bâtiment - pilier de son économie - ont été balayés par la crise financière.

Le miracle espagnol », souhaité mais jamais égalé. Le 6 septembre 2007, Christine Boutin alors ministre du Logement et de la Ville est en visite sur les terres hispaniques afin de s’en inspirer pour notre cher pays. L’Espagne est alors le pays où le taux de propriétaires est le plus élevé d’Europe (86% en 2005 !), où les grues de chantiers poussent à chaque coin de rues (…).
Cette frénésie de construction a longtemps fait pâlir d’envie nos dirigeants. Aujourd’hui le « miracle espagnol » a la gueule de bois, la crise financière étant passé par là et en a révélé les failles. Les logements invendus se succèdent constituant de véritables cités fantômes aux périphéries des villes ; les ménages sont surendettés par l’obtention de crédits à risque et n’arrivent plus à rembourser.

Pourquoi ? L’économie espagnole est construite autour du bâtiment. Depuis 2000, l
'Espagne a construit 700 000 habitations chaque année. Autant que la France, l'Allemagne et l'Angleterre réunies ! En période de croissance c’est la panacée mais lorsqu’une crise pointe son nez, la bérézina est assurée. La spéculation immobilière allait bon train mais, avec la crise, la bulle a explosé entraînant avec elle le secteur immobilier mais aussi tous ceux qui lui sont liés. L’explosion du chômage depuis le début de la crise en est l’illustration flagrante.

Une politique historique de l’accession à la propriété

La période franquiste est emblématique d'une économie centrée autour du logement. A cette époque, ce secteur et celui du tourisme, les deux étant imbriqués, dominent l'économie espagnole. Une panoplie d'avantages fiscaux conséquents fabrique des générations de propriétaires. Cette politique pèse encore lourdement sur le secteur immobilier qui représente 21% du PIB.

Par ailleurs, la structure familiale espagnole a évolué : structure monoparentale, divorce, effet « Tanguy » et jeunes ménages repoussant l’âge de leurs premières cohabitations, etc. Cette évolution a relancé la demande en logement. Mais les promoteurs ont construit
beaucoup plus de logements que nécessaire. Entre 1997 et 2006, 5,5 millions de logements neufs ont été construits contre 3.5 millions de nouveaux ménages constitués ! Pour autant ces jeunes ménages ont toujours autant de mal à accéder à un logement. Le paradoxe est là : des invendus à la pelle et des jeunes gens qui ne trouvent pas à se loger. Si le locatif était plus facile d’accès, ils seraient sans doute encouragés à déménager.

Investir dans la pierre étant considéré comme un investissement sur l’avenir, nombre de personnes se sont porté acquéreurs d’un logement espérant une plus-value à la revente. Certaines mesures mise en place à l’époque ont accentué la crise : allongement de crédit sur 50 ans et particuliers autorisés à acquérir un logement sans apport personnel initial. Beaucoup ont alors contracté des crédits à taux variables (monnaie courante en Espagne) mais aujourd’hui leur taux de remboursement atteint des sommets et ils se trouvent dans l’impossibilité de rembourser.

Surendettés, ces ménages doivent se résoudre à vendre ou hypothéquer leurs biens. (Entre 2000 et 2006, le ratio dette/revenu disponible net est passé de 85 % à plus de 100 % dans la zone euro, mais a atteint 150 % en Espagne). Les politiques antérieures, qui n’ont pas été remises en cause depuis, confèrent nombre d’avantages fiscaux pour les accédants à la propriété. Déductions fiscales pour les ménages primo accédants et les détenteurs d’un plan d’épargne consacré à l’achat d’un logement (PEL français, ndlr) sous condition d’achat d’un logement dans les 4 ans.
 
A l’inverse et jusqu’à récemment la fiscalité était défavorable pour les locataires et propriétaires bailleurs. Nicolas Sarkozy qui martèle vouloir faire de la France « un pays de propriétaires » devrait loucher sérieusement vers l’Espagne afin de ne pas reproduire les mêmes erreurs. Son Taux à Prêt Zéro, censé aider les ménages aux revenus modestes mais surtout les classes moyennes à accéder à la propriété, attise les critiques de différents responsables politiques. Ces derniers reprochent à ce PTZ renforcé de pousser les ménages à s’endetter sur un crédit qu’ils ne pourront rembourser. La similitude avec le cas espagnol est troublante.

Un marché noir locatif très développé

Par ailleurs, la marginalité du parc locatif espagnol est saisissante. Celui-ci ne représente que 11 % de l’ensemble du parc et le logement social en accession à la propriété seulement 1% ! Les Espagnols ont acheté sans mettre à bail officiellement - c’est à dire qu’ils se déclarent occupant des lieux – le taux mirifique de propriétaires s’expliquent donc en partie. Néanmoins le marché noir locatif est très développé. La frilosité des propriétaires se justifie en partie par la longueur des procédures d’expulsions en cas de loyers impayés et par les avantages fiscaux dont ils bénéficient. En 2009 le gouvernement s’est engagé sur une procédure accélérée d’expulsion lors d’un avant projet de réforme de la loi sur les baux immobiliers urbains.

Dans le droit espagnol, en matière de logement, le « tout urbanisable » prévaut. Si les pouvoirs publics souhaitent « protéger » un espace, il leur revient d’en faire la démarche pour motiver la protection à l
'inverse de ce qui se passe en France par exemple. La loi du sol parue en 2007 établit le cadre d’une politique sociale de logements aidés; 30 % des nouveaux espaces urbanisés consacrés à un usage résidentiel doivent être dévolus à la construction de logements « protégés » (logements sociaux, ndlr). Ces mesures ne sont pas forcément respectées, d’où la folie constructrice de certains promoteurs immobiliers pour entreprendre des programmes de construction au moindre lopin de terre se présentant. 

En plein « miracle économique », les constructions de résidences fleurissaient même en plein désert, le littoral était bétonisé à tout va. Mais les déchets de la crise financière sont désormais visibles, la crise du logement est devenue endémique. L’offre explose mais la demande fait la sourde oreille. Personne ne veut aller s’exiler en rase campagne quand les infrastructures élémentaires n’ont pas été installées faute de moyens. En pleine crise c’est la grande braderie (…). La mégalomanie de certains promoteurs et la corruption d’élus locaux (gérants de l’offre foncière) ont amplifié la surproduction immobilière. En Juin 2008, selon une étude ministérielle, 500 000 logements neufs étaient toujours invendus.

Repenser le modèle économique espagnol

Frappé de plein fouet par la crise financière, l’Espagne se devait de réagir. Face à ce constat alarmant de nouvelles mesures ont été prises en urgence par le gouvernement espagnol afin de palier les effets de la crise. Crise financière premièrement - frappant de plein fouet les ménages les plus modestes et stoppant net les programmes de constructions en cours - et crise du logement également surfant entre surproduction immobilière et difficulté d’accès aux logements.

Ainsi, fin 2009, le gouvernement socialiste dirigé par José Luis Zapatéro a opté pour un changement radical de sa politique économique. Des mesures ont été prises afin de valoriser le locatif et le logement aidé (logement social chez nous donc, ndlr). Une aide a été allouée aux promoteurs immobilier afin qu’ils s’engagent à mettre à bail les logements non vendus. Une mise aux enchères du patrimoine foncier régi par les communes a également été prévue afin qu’elles puissent se financer. Enfin, la loi du sol, adoptée en 2007, met fin au « tout urbanisable » des années précédentes qui a permis cette boulimie constructrice.
La crise du logement espagnol est définitivement due à un choix politique ancien dont il est difficile de se dépêtrer dès lors que le vent tourne. Le réformer c’est réformer toute une législation. Chantier en cours.

 

En complément de cet article, cliquer sur Urbanisme et spéculation.

En juillet 2008, Thomas Ubricht (thomais@hotmail.com), sociologue et urbaniste, volontaire à Madrid auprès de l’école d’architecture d’Alcala de Henares en partenariat avec Architecture & Développement (A&D) - Association de Solidarité Internationale - a produit cette étude sur la politique du logement dans la Communauté autonome de Madrid.

 

Cet article est le 41ème sur ce blog dans la catégorie Etats Union européenne

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6 août 2010 5 06 /08 /août /2010 21:38

L’argent plus important que les impératifs de sécurité

 

Un premier rapport attribue à de graves manquements aux règles de sécurité la bousculade de Duisbourg, qui a fait 21 morts (Ouest-France, 30 juillet). Le ministère de l’intérieur du land de Rhénanie du Nord-Westphalie a rendu public un rapport qui accable l’organisateur de la Love Parade (musique techno). Mais il n’est pas le seul sur la sellette.

Il est reproché au maire de Duisbourg d’avoir autorisé  la manifestation alors que les conditions de sécurité n’étaient pas remplies. Pour cette raison, une Love Parade avait été annulée à Bochum, l’année dernière.

Voir «Love Parade» mortelle : Duisbourg rend hommage aux victimes (Le Parisien, 31 juillet)

(…) Colère contre le maire. La ville ne décolère pas contre le maire conservateur (CDU) Adolf Sauerland, accusé d'avoir privilégié l'appât du gain sur les règles élémentaires de sécurité. Le maire refuse de démissionner. Autorités et organisateurs se rejettent la responsabilité après que 21 personnes, dont sept étrangers, sont mortes étouffées aux abords d'un tunnel, unique accès au terrain d'une ancienne gare de fret qui hébergeait la Love parade. «Le maire voulait absolument cette Love Parade pour l'image de sa ville malgré les doutes sur la sécurité. Qu'il parte !», lance Ulrike Huesken, qui fait signer une pétition en ce sens devant le stade.

L'édile s'était battu pour accueillir la manifestation, prisée par des centaines de milliers de jeunes amateurs de musique techno. Une façon de donner un coup de jeune à une ville endettée et sinistrée par la désindustrialisation, à des lieues de l'image jeune et dynamique de Berlin ou de Cologne, à 70 kilomètres au sud. Duisbourg, qui revendique toujours le titre de premier site sidérurgique d'Europe et de premier port fluvial du monde, est frappée par un taux de chômage de 13%, près du double de la moyenne nationale.

 

Jacques Omnès*, dans son Editorial (05.08.2010) sur son site Mes Allemagnes, apporte des précisions et des commentaires très intéressants (extraits).

(…) Cet événement m'a aussi rappelé une vérité somme toute banale : les faits divers tragiques sont souvent révélateurs de l'état d'une société, de ses problèmes, de ses dérives. L'enquête n'en est qu'à ses débuts, mais d'ores et déjà quelques lignes de force apparaissent. Sous la houlette d'un organisateur soucieux surtout de faire de la publicité pour ses studios de mise en forme, la Love Parade était devenue une opération à but commercial, loin de l'esprit originel de la manifestation. La ville de Duisbourg, notamment son maire, a apparemment vu dans l'organisation de ce qui devait être une grande fête une occasion de donner de cette cité touchée, comme beaucoup de municipalités de la Ruhr, par les difficultés économiques et sociales une image plus attirante. Ces puissantes motivations ont amené les responsables à négliger les impératifs de sécurité pour réaliser à tout prix la Love Parade.



Je l'ai dit : j'ai été ému par la cérémonie, et tout particulièrement par la brève allocution d'Hannelore Kraft, nouveau ministre-président de Rhénanie du Nord-Westphalie. Je suppose que cette femme politique, comme ses homologues masculins, n'aurait pas pu atteindre ce niveau de responsabilité sans s'être endurcie dans le combat impitoyable que se livrent ceux et celles qui aspirent au pouvoir. La pitié, la compassion ou même le simple fair-play ne sont pas, me semble-t-il, des vertus cardinales dans ce milieu. Mais là, j'ai senti une femme réellement bouleversée, qui n'a pu terminer son discours qu'au prix d'un réel effort pour contrôler son émotion. Le choc de l'événement aurait-il provoqué chez elle une réflexion sur le sens même de l'engagement en politique ? Ce passage de son discours le donne à penser :

"Ces derniers jours, j'ai parlé avec de nombreux parents de victimes. Ces conversations m'ont beaucoup émue. Le père d'une victime m'a à cette occasion transmis une prière qui s'adresse à nous tous. Il m'a dit que la mort de sa fille pourrait encore après coup prendre sens, si cette mort nous exhorte à repenser le système de valeurs qui est le nôtre. L'homme, son bien-être et sa sécurité doivent redevenir la ligne directrice essentielle de notre action, avant toute autre motivation. Cela aura pour nous valeur d'engagement."

Repenser le système de valeurs de la société. Remettre au centre de ses préoccupations l'homme, pas l'argent, pas l'intérêt personnel. Un vaste programme, indispensable dans une Allemagne comme dans une France de plus en plus soumises au néolibéralisme. Souhaitons qu'il s'agisse d'une prise de conscience qui survivra à l'émotion du moment et aux dures réalités du combat politique.

 

* Voir les deux articles, publiés les 4 et 5 juillet, issus du même site, concernant l’Allemagne : Election allemande du président de la République : le rôle de Die Linke - 5 juillet 2010.

 

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5 juillet 2010 1 05 /07 /juillet /2010 22:30

L’abstention au 3ème tour était-elle la bonne décision ?

 

A cette question, Jacques Omnès* a répondu oui dans l’éditorial du 4 juillet sur son site (voir Allemagne : sur son site, Jacques Omnès évoque la vie dans ce pays - 4 juillet 2010).

 

Les arguments de Die Linke, le parti de la gauche en Allemagne, m’ont semblé plutôt convaincants.

Ce parti a choisi délibérément de s’abstenir au 3ème tour de l’élection présidentielle, faisant ainsi élire Christian Wulff, le candidat de la CDU de la chancelière Angela Merkel. S’il avait décidé de voter en faveur du candidat soutenu par le SPD et les Verts, le président de l’Allemagne fédérale aurait été Joachim Gauck, conservateur, mais très populaire en Allemagne.

 

Die Linke a-t-il laissé passer une occasion de s’intégrer dans la gauche de ce pays et de rendre possible une alliance avec les sociaux démocrates et les écologistes, qui lui est refusée jusqu’à présent au niveau national ? C’est ce qu’affirme Gilbert Casasus, dans un article publié ce 5 juillet sur le site Marianne2. Jacques Omnès avait répondu, par avance, à cet argument. C’est un sujet important. Faisons vivre le débat. Voici le texte de l’article de Casasus.

 

Allemagne: Die Linke au secours de Merkel ?

 

Universitaire spécialiste de la question allemande, Gilbert Casasus décrypte l'élection laborieuse de Christian Wulff, le candidat de la CDU, à la présidence de l'Allemagne. Selon lui, Die Linke a joué la politique du pire en appelant à l'abstention.

 

La situation politique de l’Allemagne n’est pas bonne. C’est là le principal enseignement à tirer après l’élection au troisième tour de scrutin du nouveau Président de la République fédérale, Christian Wulff. Ce jeune, mais néanmoins expérimenté chrétien-démocrate n’est pas la cause de l’état lamentable dans lequel se trouve la coalition chrétienne-libérale. En place depuis moins d’une année, celle-ci déçoit un électorat qui lui avait accordé une solide majorité en septembre 2009. S’il fallait désigner une responsable, le choix se porterait très vite sur Angela Merkel. Celle qui manifeste son assurance, voire son arrogance, sur la scène internationale, fait pâle figure sur le plan intérieur. Assez à l’aise à l’époque de « la Grande Coalition » avec les sociaux-démocrates entre 2005 et 2009, elle n’arrive désormais plus à gouverner son pays avec cette indispensable maîtrise que l’on attend de la part de tout chef de gouvernement. Bref, Angela Merkel n’est plus tout à fait à la hauteur de sa fonction de chancelière.

Cependant, et contre vents et marées, elle a réussi à imposer in fine Christian Wulff comme Président de l’Allemagne. Même si cette élection fut entachée par des défections au sein de la droite allemande, force est de constater qu’elle a su faire élire son candidat. D’ailleurs, d’ici quelques années, seuls quelques férus de la politique allemande se rappelleront que trois tours ont été nécessaires pour que Christian Wulff soit élu. Qui se rappelle aujourd’hui qu’il en a été de même pour Roman Herzog, devenu Président de la RFA en 1994 ? Personne ou presque.

Ainsi, qu’on le veuille ou non, la CDU détient toujours les deux principaux postes de la politique allemande. Celui de chancelier et celui de la Président de la République. Elle reste aussi le plus grand parti d’Allemagne et, sauf coup de théâtre imprévisible, dirigera encore la RFA durant les trois ans à venir. En effet, elle n’a nul intérêt à provoquer des élections anticipées, même si elle devait rompre avec les libéraux du FDP et renouer, au cours de cette législature, l’expérience de « la Grande Coalition » avec les sociaux-démocrates. Toute autre solution serait suicidaire et contraire à ses propres desseins.

Die Linke, allié objectif de la CDU ?

Alors que tous les observateurs ont souligné avec raison le camouflet subi par la chancelière lors de cette élection, d’autres, aussi aguerris, n’ont pas manqué de relever le jeu joué par la Linke. Qu’elle ne le nie ou pas, elle a favorisé la candidature de Christian Wulff à la présidence allemande. Malgré ses mille et unes raisons, peut-être toutes justifiées, de ne pas se désister pour Joachim Gauk, présenté en commun par le SPD et les Verts, la Linke est devenue ipso facto l’allié objectif de la droite allemande.

Bien qu’il lui fût âprement difficile de voter pour l’ancien responsable de « l’Office fédéral des archives de la Stasi », présidé durant dix ans par ce même Joachim Gauk, la Linke aurait pu saisir cette occasion unique pour prouver qu’elle est désormais capable d’assumer son propre travail de mémoire. En refusant cette opportunité historique, elle a en revanche démontré sa rigidité idéologique et son incapacité de faire le deuil du passé antidémocratique, répressif et corrompu de la RDA. Ainsi, la Linke a, ne serait-ce que le temps du vote d’un nouveau Président de la République fédérale, fait preuve d’une faiblesse intellectuelle et politique dont elle devra porter, à elle seule, toutes les conséquences.

En prônant l’abstention et non le désistement au profit de Joachim Gauk, la Linke a ostensiblement, et en pleine connaissance de cause, choisi la politique du pire.

Elle a mis provisoirement fin à toutes les formes d’alliance qui auraient pu s’opérer avec ses potentiels alliés verts et sociaux-démocrates. De plus, elle a considérablement affaibli celles et ceux qui au sein de ces deux partis avaient plaidé pour un rapprochement avec elle. En agissant de la sorte, et malgré quelques vagues hésitations enregistrées ici et là au gré des situations locales et régionales, elle a suivi la ligne qu’elle s’était fixée lors de son congrès national de janvier dernier.

Après avoir écarté son aile réformatrice, la Linke y a adopté une stratégie d’affrontement. Ainsi, son objectif n’est pas l’arrivée la gauche au pouvoir en Allemagne, mais la consolidation de ses propres positions électorales et partisanes. Non seulement fera-t-elle alors de la surenchère, mais renforcera-t-elle vraisemblablement l’aile droite des Verts et du SPD, traditionnellement opposée à toute forme d’union de la gauche allemande.

En ce sens, l’élection de Christian Wulff à la présidence de la République fédérale d’Allemagne laissera des traces. A droite, d’abord où la coalition au pouvoir paraît bien fragile. Mais aussi à gauche, celle-ci ayant affiché sa profonde division. Affaiblie par un scrutin dont elle avait prédit un autre scénario, la chancelière a toutefois eu son motif de satisfaction. Grâce à l’attitude de la Linke, Angela Merkel a obtenu beaucoup plus qu’un maigre lot de consolation.

 

* Nous sommes d’accord pour faire connaître à nos lecteurs certains articles publiés sur l’autre site, comme j’ai commencé à le faire, hier.

 

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4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 16:38

Le nouveau président n’a pas eu une élection facile

 

Jacques Omnès - que j’ai souvent côtoyé dans ma vie militante en Mayenne (sur cette photo, à Laval, le 26 février 2009, Jacques lit un message de soutien aux travailleurs des Antilles) - est professeur d’allemand à la retraite. Il m’avait signalé, en mars dernier, la naissance de son site Mes Allemagnes - voir la rubrique "Présentation" - et il m’informe régulièrement de sa mise à jour. Manif-Antilles-Laval-001.jpg

 

On y trouve un article sur son dernier voyage en Allemagne de l’est, du 9 au 21 juin 2010. Dans la rubrique Quoi de neuf ?, voir  I- Impressions générales.

 

Son Editorial* traitant cette semaine de l’élection du nouveau président fédéral, je saisis cette opportunité pour vous faire découvrir ce site, fort bien documenté, notamment à partir de son témoignage personnel sur la vie dans Ma RDA.

 

 

* Editorial du 4 juillet concernant l’élection du président de l’Allemagne

 

J'ai passé une bonne partie de mercredi dernier sur Internet pour suivre en direct sur le site de l'ARD l'élection** du nouveau président fédéral, suite à la démission du précédent, Horst Köhler (voir mon éditorial du 6 juin dernier). Ce fut une journée édifiante. Le déroulement du scrutin a révélé la complexité de la situation politique en Allemagne, avec une coalition de droite au pouvoir (CDU/CSU et FDP) au bord de l'implosion : alors que le candidat soutenu par la chancelière Angela Merkel, Christian Wulff, disposait potentiellement de 644 voix et aurait donc dû être élu dès le premier tour (la majorité absolue requise étant de 623 voix), il a dû se contenter de 600 suffrages. Et, immédiatement, les alliés libéraux de Madame Merkel se sont empressés de suggérer que les défections ne venaient pas essentiellement de leurs rangs mais de ceux de la CDU d'Angela Merkel.

 

Le principal adversaire de Christian Wulff, Joachim Gauck, obtenait quant à lui 499 voix et pouvait espérer l'emporter au deuxième ou au troisième tour s'il bénéficiait du report des 126 voix qui s'étaient portées sur la candidate du parti de gauche Die Linke, qui rassemble d'anciens communistes, d'anciens sociaux-démocrates déçus par la politique droitière de la SPD et des syndicalistes.

Monsieur Gauck avait fait dans les semaines précédentes une percée dans l'opinion publique allemande, qui aurait majoritairement voté pour lui dans le cadre d'une élection au suffrage universel. Il apparaissait comme un homme au-dessus des partis, au langage clair, dont le comportement tranchait sur les intrigues des hommes et des femmes politiques traditionnels. Et surtout son passé de dissident courageux dans l'ex-RDA et sa responsabilité dans la création de l'institution chargée d'exploiter les archives de la Stasi (police politique de la RDA) lui conféraient une véritable aura.

 

Il reste que Joachim Gauck est un vrai conservateur, à cent lieues des valeurs de la gauche. Et la décision de la SPD et des Verts de lancer et de soutenir sa candidature relevait de l'opération politicienne destinée à mettre Angela Merkel en difficulté en opposant à Wulff un conservateur ... populaire.

 

Bien entendu, SPD et Verts ont exercé après le premier tour une forte pression sur Die Linke sommée de démontrer que ce parti rompait "enfin" véritablement avec le passé en votant pour un adversaire acharné de la Stasi ! Finalement, Die Linke a maintenu sa candidate pour le deuxième tour, avant de la retirer au troisième pour appeler à l'abstention, tout en laissant la liberté de vote à ses représentants à l'Assemblée fédérale. Christian Wulff a donc été élu. La SPD et les Verts ont immédiatement accusé le parti de gauche d'avoir fait élire le candidat de la droite et de s'être montrée incapable de rompre avec le système de l'ex-RDA. L'argument peut théoriquement fonctionner, d'autant que certains membres éminents de Die Linke sont soupçonnés ou convaincus d'avoir collaboré avec la Stasi.

Mais c'est tout de même oublier que Die Linke avait aussi de bonnes raisons de refuser de servir de force d'appoint à la SPD et aux Verts :

·         ces derniers avaient refusé de rechercher avec elle un candidat commun qui aurait pu faire l'unanimité ;

·         malgré ses mérites, Joachim Gauck est un conservateur bon teint et, comme on dirait chez nous, lui et Wulff c'était, en ce qui concerne les options politiques, bonnet blanc et blanc bonnet....

J'avoue comprendre ces arguments... (…)

 

 

** A ce sujet, voir aussi sur le site du quotidien Le Monde (30 juin) : Allemagne : pénible victoire du candidat de Merkel à la présidentielle et (2 juillet) : Une majorité d'Allemands estime le gouvernement Merkel en danger

 

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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 23:53

Le N-VA flamand a les cartes de la Belgique en mains

 

Une devinette : "La N-VA et Bart de Wever apportent chaque jour la preuve de leur sens politique, déjouant leurs détracteurs, et inscrivant leur détermination fondamentale dans une démarche souple et pleine d’intelligence politique. N-VA a pris désormais un poids considérable, en Flandre certes, mais aussi pour l’ensemble de la Belgique car il sera incontournable dans les futurs équilibres gouvernementaux. Or, la Belgique va présider pendant les six mois à venir l’Union Européenne, à la suite de l’Espagne. Pour l’ALE, s’ouvre donc une période politique pleine de potentialités nouvelles".

Qui se réjouit ainsi du "succès éclatant" de la N-VA qui va donner corps à l'Europe des régions et dénonce "l'intox" dont ce parti ferait l'objet en France ?

Accrochez-vous : Europe Ecologie, le rassemblement écologiste créé par Daniel Cohn-Bendit. On trouve cet ode à la N-VA, signée François Alfonsi, député européen, sur le site des députés européens d'Europe Ecologie.Il faut savoir que la seule élue de ce parti au Parlement européen, Frida Brepoels, siège sur les bancs du groupe écolo à Strasbourg, groupe co-présidé par Daniel Cohn-Bendit (…).

C'est à lire sur le blog de Jean Quatremer, le correspondant de Libération à Bruxelles : Ca roule entre Europe Ecologie et Bart De Wever (15 juin).

 

Du même journaliste, sur son blog : Le triomphe du flamingant (14 juin) et La Belgique, un pays en voie d'évaporation (15 juin).

 

Rappel : Belgique : un pays écartelé entre flamands au nord et francophones - 3 avril 2010.

 

Lu dans la presse

L'homme qui veut faire "s'évaporer" la Belgique (Le Monde, 15 juin)

La leçon du scrutin belge: Le grand repli identitaire (JF Kahn, Marianne2, 15 juin)

Victoire des séparatistes en Belgique. Et après ?  (Rue89, 14 juin) 

Réaction de Jean-Pierre Chevènement aux résultats des élections en Belgique (14 juin)

La victoire des séparatistes flamands dont le chef, M. Bart de Wever prône « l’évaporation de la Belgique » ne doit pas mettre la communauté wallonne le dos au mur. Qu’il s’agisse des mécanismes de solidarité sociale, du statut de Bruxelles ou des droits légitimes des francophones habitant le district de Bruxelles-Hal-Vilvorde, il y a des valeurs d’égalité et des principes démocratiques que la Belgique peut faire respecter avec le soutien de l’opinion publique européenne.

Mais si le programme d’évaporation de M. Bart de Wever devait entrer en application, les Wallons doivent savoir qu’une majorité sans cesse croissante de Français accepterait, si bien sûr eux-mêmes le décidaient, de les accueillir au sein de la République française.

 

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30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 22:41

 

L’Allemagne et le FMI imposent leur politique à la Grèce

 

Le sénateur Chevènement, à peine rentré, hier, des USA avec une délégation de la commission des affaires étrangères et de la défense, s’est exprimé ce jour sur France Info, notamment sur le rôle de l’Allemagne dans la crise grecque. Du 5 au 7 mai, il se rendra, avec le Président du Sénat Gérard Larcher, en visite officielle en Allemagne à l’invitation du président du Bundesrat. 4166416726 fe9cdcd8f8 s[1]

 

Jean-Pierre Chevènement souligne le fait que la politique de déflation salariale de nos voisins d’outre-Rhin est bonne pour la compétitivité des produits allemands sur les marchés, européen et mondial, mais néfaste à la recherche d’une politique européenne équilibrée dans la zone euro (voir Chevènement et la zone euro : l'Allemagne détient la clé de la solution - 15 avril 2010).

 

A l’antenne de France Info (Jean-Pierre Chevènement sur France Info le vendredi 30 avril), il a mis en évidence le risque que la nation leader de la zone euro compromette l’avenir de la monnaie unique.

Chevènement : Berlin responsable d'empêcher l'éclatement de la zone euro

 

Il faut que "l'Allemagne rompe avec la politique de déflation salariale qu'elle mène depuis dix ans et choisisse de jouer son rôle de locomotive de la zone euro", a affirmé le président du Mouvement républicain et citoyen sur France info.
Selon lui, "l'Allemagne n'a pas trouvé le bon équilibre entre le souci de la compétitivité sur les marchés mondiaux" et "son appartenance à l'Union européenne et à la zone euro". "L'Allemagne est devenue le numéro un européen et privilégie ses propres intérêts", a-t-il assuré.
Tout en restant "critique" à l'égard de la monnaie unique, l'ancien ministre estime qu'il faut chercher "une issue par le haut" à la crise. "Sinon il y aura un processus d'éclatement de la zone euro, parce qu'on n'aura pas su trouver une dynamique d'ensemble, et là, c'est la responsabilité principale de l'Allemagne" qui "fait plus de la moitié de ses exportations vers l'Union européenne".
"Il faut que l'Allemagne fasse bouger le curseur et que la France l'y aide", a estimé M. Chevènement, pour qui "il faut avoir une politique économique coordonnée pour l'ensemble de zone euro".
"On ne peut pas laisser partir la Grèce" de la zone euro car "après, c'est le Portugal, c'est l'Espagne, c'est l'Italie. Et pourquoi pas la France ? Il ne resterait rien du tout", lance-t-il.

 

Le 29 avril, le MRC publiait un communiqué de presse de solidarité au peuple grec.

 

               Crise de l’euro : le MRC exprime sa solidarité avec le peuple grec

 

La crise de l’euro permet de tirer trois enseignements majeurs :
- La logique de la finance est indécente : les organismes bancaires accablent aujourd’hui les Etats qui leur ont apporté hier les garanties nécessaires à leur survie.
- L’Union européenne est impuissante. La prétendue solidarité européenne apparaît comme une fable.
- Le mythe de l’euro-qui-protège est une contrefaçon. L’euro, assorti de ses dogmes inflexibles, expose aujourd’hui les nations à la voracité du marché.

La crise de l’euro illustre l’impasse d’une monnaie unique qui a résilié la souveraineté monétaire sur l’autel du marché. Il serait aujourd’hui inconséquent de surenchérir en réclamant davantage d’intégration européenne, lorsque celle-ci nous a précisément précipité vers l’échec.
Le MRC exprime son soutien au peuple grec que l’orthodoxie libérale entend assujettir par ses « réformes structurelles » pour se conformer au pacte de stabilité. Nous ne pouvons pas laisser le destin des peuples entre les mains des agences de notations, de la spéculation et de la logique de la globalisation financière.
Il est temps de respecter les peuples et les nations. En Europe, il nous faut retrouver une raison monétaire, c’est-à-dire une politique de change, au service de la production, de la croissance et du travail. Cela passe par le retour sur l’indépendance de la banque centrale, la modification des critères d’encadrement de la monnaie et la mise en place d’un gouvernement économique de la zone euro en s’appuyant sur la volonté des nations, et donc des peuples.

 

Revue de presse

 

Grèce : "Ce qui se passe est une preuve de l’échec de l’UE" (l’Humanité, 29 avril)

Economiste à l’Université Pantheion d’Athènes, Apostolos Dedoussopoulos propose des alternatives.

 

"Le coût social exigé des Grecs est énorme" (Le Monde, 30 avril)

Pierre-Antoine Delhommais, journaliste au "Monde", estime, dans un chat sur LeMonde.fr, que la grande question des prochains mois est de savoir si les Grecs supporteront "la cure d'austérité" que l'Europe et les FMI leur demandent.

 

Voir aussi Avec la Grèce et Goldman Sachs, vers un rebond de la crise financière - 24 avril 2010.

 

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25 avril 2010 7 25 /04 /avril /2010 22:26

 

 L’arrondissement bilingue de Bruxelles (BHV) en question

   

Les libéraux flamands voient leur audience électorale baisser au profit de partis flamands (néerlandophones) plus radicaux sur la question des revendications linguistiques (voir Belgique : un pays écartelé entre flamands au nord et francophones - 3 avril 2010). 

 

Avant d’évoquer cette crise qui mine l’unité de la Belgique, il est bon de se reporter à la précédente. Voir La Belgique plus divisée que jamais, Le Monde, Jean-Pierre Stroobants, 30 décembre 2008, qui se concluait ainsi :  

"Quelque chose cloche quand personne ne veut du pouvoir", écrivait ainsi l'influent quotidien flamand De Standaard. "La mission de chef du gouvernement fédéral est, en effet, désespérée. D'abord parce que ce gouvernement n'est pas celui d'un pays, mais de deux. Qui évoluent différemment, qui développent d'autres vues et d'autres besoins, qui ont même une vision différente de ce que doit être et faire un gouvernement fédéral."  

 

Le même, correspondant du Monde à Bruxelles, décrivait ainsi la situation, le 23 avril 2010 :  

 

Bruxelles-Hal-Vilvorde, une région qui risque de faire exploser la Belgique  

 

BHV : trois lettres qui résument les malheurs de la Belgique et symbolisent un montage institutionnel d'une infinie complexité, qui, aujourd'hui, touche sans doute à ses limites extrêmes. BHV, comme Bruxelles-Hal-Vilvorde. Un arrondissement judiciaire et une circonscription électorale qui réunit les 19 municipalités formant la région de Bruxelles et 35 communes du Brabant flamand.  

 

Une structure que certains (flamands, surtout) décrivent comme hybride, à cheval sur Bruxelles bilingue et la Flandre unilingue - et désireuse que tous les points de son territoire le deviennent.  

 

D'autres (francophones surtout) voient plutôt BHV comme le dernier trait d'union au sein d'une Belgique qui, depuis 1970, a confié, par vagues successives, des pouvoirs très étendus à ses régions : la Flandre, la Wallonie et - plus tard - Bruxelles. Une Belgique divisée par bien d'autres choses : la langue, la culture, l'économie, la politique (la gauche domine en Wallonie, la droite en Flandre).  

 

En 1963, le monde politique commence à réformer l'Etat unitaire, né 133 ans plus tôt, de la volonté des grandes puissances. Un Etat longtemps dominé par les francophones et progressivement confronté aux revendications linguistiques, culturelles, puis politiques et économiques du "mouvement flamand", une structure qui traverse tous les grands courants politiques.  

 

C'est en 1963 qu'est tracée la "frontière linguistique", ligne fictive divisant le territoire en deux. Bruxelles est dans une situation paradoxale : très majoritairement francophone, elle est géographiquement située en Flandre. A sa périphérie - sur le sol flamand, donc - va progressivement s'installer une population francophone qui se voit garantir des droits : celui d'être jugée dans sa langue et de voter pour des candidats francophones bruxellois. Six municipalités sont, en outre, dotées d'un statut spécial : les francophones y sont progressivement devenus majoritaires et y acquièrent des "facilités", dont, surtout, le droit d'obtenir - sur demande - des documents administratifs dans leur langue.  

 

"PRIVILÈGES"  

 

Au fil du temps et des réformes institutionnelles, le "cas" BHV est devenu de plus en plus insupportable aux yeux d'une Flandre politique, partagée entre fédéralistes, autonomistes et séparatistes. Le premier courant perdant progressivement du terrain au profit des deux autres qui, ensemble, drainent aujourd'hui quelque 40 % de l'électorat.  

 

La persistance de l'arrondissement bilingue a acquis une puissance symbolique. Il est vu comme l'endroit où des francophones refusent l'assimilation, l'usage du néerlandais, et tentent de maintenir des "privilèges" des temps passés. Ces populations, souvent aisées, qui ont fait grimper les prix de l'immobilier, sont perçues comme les héritières de l'élite qui a dominé, et parfois méprisé, le "petit peuple" flamand.  

 

Le cas de trois bourgmestres (maires) francophones de communes "à facilités" est devenu le véritable point de crispation. Elus démocratiquement en 2006, ils n'ont pas été nommés par la région flamande, qui leur reproche d'avoir distribué des convocations en français aux électeurs... francophones.  

 

L'affaire va ressouder des partis francophones plus divisés qu'il n'y paraît sur le sort de BHV. Et pousser des partis flamands unanimes à voter, en novembre 2007, la scission de l'arrondissement. C'était en commission de la Chambre. Et c'est le même texte que certains voulaient faire adopter, jeudi 22 avril, en séance publique. Bloc flamand contre bloc francophone. Du jamais-vu dans l'histoire du royaume.  

 

D'où l'idée que BHV est bel et bien "la" bombe qui pourrait, un jour, faire exploser le pays du roi Albert II. Un pays qui, s'il survit, n'échappera pas à de nouvelles réformes institutionnelles. Parce que la Flandre les veut.  

 

Si l’on veut en savoir plus :  

 

"La Belgique vit sa crise la plus grave depuis 2007" (Le Monde, Stroobants, 23 avril)

Dans un chat au Monde.fr, Jean-Pierre Stroobants, correspondant du "Monde" à Bruxelles, estime qu'il ne semble plus y avoir, côté néerlandophone comme francophone, de leader capable de forger un véritable consensus.

La presse belge s'inquiète pour l'avenir du pays (Le Monde, 23 avril)

(…) Pour La Libre Belgique, c'est "le coup de force flamand" qui retient surtout l'attention. A savoir une tentative jeudi de tous les partis flamands, juste après la démission du gouvernement, de faire voter à la Chambre des députés un texte de loi remettant en cause des droits linguistiques des francophones vivant en Flandre.

"Gâchis", titre l'éditorialiste du quotidien après cette crise "d'une gravité sans précédent" et "qu'aucun citoyen n'a souhaité." Selon cet article, l'Open VLD, le parti des libéraux flamands "n'a agi que pour des raisons électorales. Mal à l'aise dans un gouvernement où il est absent, traversé par des divisions internes, géré par des novices, le VLD veut au plus vite gagner l'opposition où il pourra se refaire une santé. C'est son droit. Pas celui de prendre un pays, une population en otage." (…)

 

Belgique : Flamand délit de scission (Coulisses de Bruxelles, blog de Jean Quatremer, 23 avril)

 

Eric Zemmour: "Si la Belgique tombe, l'Europe tombe" (RTBF, Thierry Bellefroid, 23 avril)

"Seule Bruxelles empêche les Flamands de revendiquer la scission de la Belgique. Pour autant, je ne fais pas partie des optimistes qui pensent que les querelles linguistiques sont nées avec la Belgique et y existeront de tout temps, faisant pour ainsi dire partie de son Histoire. Pour moi, la Belgique a créé la question flamande, c'est une de ses composantes de base, et cette question risque d'en avoir raison. Si la Belgique tombe, c'est toute l'Europe qui risque de s'écrouler".

Zemmour fait donc partie de ces Français qui observent notre pays à la fois comme un rat de laboratoire et comme une sorte de création du diable. Pour lui, la Belgique est la RDA de la France. "Ce que je veux dire par cette formule choc, c'est qu'en imposant la création de cet Etat artificiel à la France en 1830, la Grande-Bretagne veut lui signifier clairement qu'elle a perdu. Car la Belgique est l'épicentre du rêve français, toutes les batailles importantes qu'a connues la France - et pas seulement Waterloo - se sont déroulées sur son territoire".

Si la démonstration d'Eric Zemmour, forcément orientée et subjective, peut irriter, elle a le mérite de mettre le doigt où ça fait mal. En démontrant que l'émancipation de la Flandre et son désir de plus en plus grand de partition ne sont pas un épiphénomène lié à la seule survie de notre pays, mais une question vitale pour la survie de l'Europe.

Cet article est le 35ème sur ce blog dans la catégorie Etats Union européenne. 

 

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24 avril 2010 6 24 /04 /avril /2010 17:33

 

L’Europe va devoir se réinventer dans l’urgence

 

Le Titanic grec s’enfonce inéluctablement. Mais il ne peut couler, affirme le commandant de bord Trichet. Pendant ce temps, la banque américaine Goldman Sachs* évoque l’idée d’une renégociation de la dette grecque, combinée avec des aides de l’Union européenne et du Fonds Monétaire International. Cette même banque accusée par ailleurs de « faillite morale ». Essayons d’y voir clair, à partir des informations à notre disposition.

 

Voici, en substance, ce qu’écrivait, hier, Isabelle Mouilleseaux, dans La Chronique Agora :

Prenez garde à la Grèce !

 

(…) La réalité ? La voici
Ils ont beau dire, ils ont beau faire... L'annonce de Moody's a fait trembler les marchés hier. L'agence s'acharne sur la Grèce et dégrade une nouvelle fois sa note. En faisant bien comprendre que le prochain tour de vis n'est pas loin... Coup de tonnerre en provenance d'Eurostat, qui enfonce le clou en affirmant que le déficit grec atteindra en 2009 13,6% du PIB et non 12,7%. Et encore... cette estimation pourrait être sous-estimée ! 14% étant plus que probable. Alors ? Vous feriez, vous, confiance aveuglément aux belles paroles des "politiques" et à leur exquise rhétorique ?

 

Les marchés ont choisi leur camp
Pas question de porter des oeillères. La réaction a été immédiate. Assèchement du marché de la dette obligataire grecque dont les volumes seraient passés de 12 milliards d'euros par jour à... 1Md euros. Imaginez le challenge que cela va être pour la Grèce de trouver 8,1 Mds d'euros le 19 mai prochain pour faire face à son échéance. Explosion des taux grecs à 2, 5 et 10 ans à des niveaux record. Fuite des acheteurs = baisse des cours = hausse des taux. Envolée immédiate du prix des CDS (contrat d'assurance contre le risque de défaut de paiement de la Grèce). Pas étonnant. Les assureurs sentent le risque de défaillance de la Grèce s'approcher toujours plus.

 

La spirale destructrice est en place
Je résume la situation. Tous les jours, le déficit grec se creuse un peu plus. Donc : La Grèce, qui n'arrive déjà pas à faire face à ses échéances, doit emprunter de plus en plus pour financer ce "puits sans fond". Donc : Le coût d'emprunt est de plus en plus cher, puisqu'il croît avec le risque. Donc : Le coût de la dette pèse de plus en plus (intérêts) dans le budget de la Grèce. Ce qui creuse son déficit... etc.

Avez-vous une idée de la rapidité avec laquelle l'insubmersible Titanic a coulé ? Moins de deux heures ! Combien de temps mettra notre bateau grec ? (…)

 

Contre Info, ce 24 avril, rapporte les propos de Simon Johnson et les commente ainsi :

Crise grecque : le risque de contagion européenne

 

La hausse des taux des obligations souveraines manifeste un « risque de contagion très clair et très important », juge l’économiste Simon Johnson. Les pertes subies par les investisseurs et les banques sont suffisantes pour les détourner longtemps des émissions de dette publique des pays de la périphérie de l’Europe, et la hausse des taux va pénaliser leur système bancaire déjà fragilisé par la baisse de valeur des actifs portés dans les bilans.

 

Dans l’immédiat, la BCE doit continuer à fournir des liquidités pour prévenir les paniques, mais le risque reste important, juge-t-il, car les réticences de l’Allemagne à s’engager dans le sauvetage de la Grèce, pourraient provoquer une perte de confiance généralisée dont le Portugal, l’Espagne et l’Irlande seraient les premières victimes. Les USA ne devraient pas se croire à l’abri de cette nouvelle phase de crise financière, avertit Johnson, qui suggère que la Fed et le Président Obama prennent sans attendre des mesures préventives.

 

Au risque de lasser, répétons encore une fois que l’accumulation phénoménale de dettes durant la dernière décennie, alimentée par la baisse des taux US et les déficits commerciaux qui ont multiplié la base monétaire mondiale sans rapport avec la croissance, est la dimension centrale et toujours non résolue de cette crise.

 

Les dettes accumulées par le privé, adossées à des actifs surévalués, dépassent les capacités de remboursement dès lors que le niveau d’activité et la valeur des actifs ne sont plus soutenus par une quantité toujours croissante de nouveaux crédits.

La masse de capitaux spéculatifs, regonflée par l’intervention des banques centrales, tente désormais de préserver sa valeur fondamentalement compromise et accroît les tensions dès qu’une faiblesse apparaît.

Hier les futurs les plus sombres étaient promis tantôt à l’Angleterre, tantôt au Japon ou aux USA. Aujourd’hui c’est l’Europe qui pâtit des mouvements erratiques de cette arme de destruction massive détenue par la foule hystérique, grégaire et irresponsable de traders que l’on nomme marché.

 

Ceci posé, l’Europe n’est pas absoute, loin de là. La séquence actuelle révèle cruellement les limites et les faiblesses d’une construction où le politique a été évacué, au nom d’une confiance aveugle - et absurde - dans les mécanismes de marchés qui étaient censés résoudre les problèmes de convergence, à la seule condition du respect des règles de Maastricht.

 

Ce n’était pas une fatalité. Ensemble, l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne représentent 75% du PIB de la zone euro et disposent d’un poids suffisant pour en dessiner le futur ou en modifier les règles. Mais il aurait fallu faire preuve de lucidité et de volonté, ne pas se satisfaire des collections de phrases creuses d’un « agenda de Lisbonne » aujourd’hui oublié de tous, et concevoir les relations entre la France et l’Allemagne autrement qu’en fonction des atomes plus ou moins crochus des dirigeants de l’heure.

Aujourd’hui, faute d’avoir su se penser, l’Europe va devoir s’éprouver au réel et se réinventer dans l’urgence. Le réveil s’annonce difficile. 

 

Si l’on en croit Marie de Vergès, ce 24 avril, sur le site du quotidien Le Monde,

Le plan d'aide à la Grèce ne rassure pas les marchés

(…) "On entend dire que les prêts de 45 milliards d'euros promis à la Grèce couvrent le risque pour cette année, mais ne règlent pas le problème à plus long terme", explique Jean-Louis Mourier, analyste chez Aurel BGC. Bref, le camion de pompier UE-FMI ne suffira sans doute pas à éteindre l'incendie et à décrédibiliser le scénario qui titille les investisseurs : une banqueroute de la Grèce, ou pour le moins une restructuration de sa dette (…).

Reste un espoir pour briser la spirale infernale : la solidarité européenne. Mais, au moment d'activer le plan de soutien, la cacophonie menace une nouvelle fois de l'emporter. L'Allemagne, encore et toujours, traîne les pieds. La chancelière** Angela Merkel a précisé qu'il n'était "pas possible aujourd'hui de livrer des informations sur la nature ou le montant de l'aide". Tiens donc. Le mécanisme, a-t-elle répété, sera déclenché seulement si "la stabilité de la zone euro dans son ensemble" est menacée. L'euro, d'ailleurs, tâtonne, à 1,3289 dollar.

Le feuilleton grec est sans doute loin d'être terminé. Même avec un soutien financier, de nombreuses questions restent en suspens. D'abord, le pays parviendra-t-il à tenir son programme de rigueur, comme l'exigent les Européens ? (…)

 

* Voir Goldman Sachs, l'autre volcan qu'on n'a pas vu venir (Marianne2, 19 avril)

 

** Voir La Grèce appelle à l’aide, l’Allemagne renâcle (Le Monde, 24 avril).  

Cet article est le 34ème sur ce blog dans la catégorie Etats Union européenne.

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