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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 00:08

Une piqûre de rappel pour l’égalité, enjeu de la présidentielle

 

Controverses Marciac 3et4 aout 2011 025 PMa référence en cette journée du 8 mars, c’est la militante* syndicaliste et féministe qui était présente à la soirée organisée par le collectif « Féministes en mouvements », qui regroupe 46 associations, à La Cigale à Paris, le 7 mars. Voir Droit des femmes : les timides propositions des candidats pour plus d’égalité (Le Monde, 8 mars).

 

* Militante FSU et adhérente de « Osez le féminisme » - voir Parmi les violences faites aux femmes, la manipulation destructrice - 6 août 2011 - Valérie Bouveri avait rencontré François Hollande dans le Val-d’Oise en mars 2011 et lui avait demandé de s’imprégner des positions de la FSU et d’Osez le féminisme dans sa future campagne. Elle lui avait rappelé le message en août 2011 à Marciac (Gers).

Le message a été entendu - voir Hollande aux Lilas et à Reims pour la journée des femmes (Nouvel Observateur, 8 mars).

 

Journée internationale des femmes : un enjeu de justice sociale et de démocratie (FSU, Les Lilas, 8 mars)

Dans un contexte de crise économique et sociale et de tensions dans de nombreux pays, la journée internationale des femmes reste d’une brûlante actualité. Les droits des femmes sont menacés et le développement de leur précarité ne fait qu’augmenter les violences dont elles sont victimes.

En France aussi il reste un long chemin à parcourir pour passer des droits inscrits dans la loi à leur application notamment dans le monde du travail : salaires inégaux, temps partiel imposés, précarité, inégalités dans l’accès aux responsabilités…

Il y a 60% de femmes dans la Fonction Publique et si le statut y protège mieux des inégalités de traitement entre les hommes et les femmes, elles restent bien réelles ( jusqu’à 20%). De plus, les blocages sont encore nombreux pour arriver à une linéarité pour tous dans le déroulement des carrières.

Alors que sera prochainement présenté par le Ministre de la Fonction publique, le protocole relatif « à l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes dans la Fonction publique », la FSU considère qu’il est temps d’aller plus loin que de simples déclarations de principe. Il faut une obligation de résultats et des contraintes pour aboutir enfin à une réelle égalité professionnelle.

Elle considère qu’avoir des enfants et s’en occuper, ce qui ne devrait pas reposer essentiellement sur les mères, ne doit pas pénaliser les salariées. La politique d’action sociale doit être effective dans tous les ministères par exemple en développant l’accès aux modes de garde des enfants. Les services publics de proximité doivent aussi jouer tout leur rôle.

Face à des propos menaçants quant aux droits des femmes, la FSU réaffirme qu’il appartient aux femmes de décider de leur vie. Ainsi, elle n’accepte pas la remise en cause du droit à l’avortement.

Et au-delà des mesures urgentes à mettre en œuvre notamment dans le monde du travail et contre les discriminations, la journée du 8 mars doit aussi rappeler à chacun qu’il faut changer la représentation des métiers pour faire une place aux femmes dans chacun d’eux et donner toute leur place aux femmes dans notre société.

L’égalité entre les femmes et les hommes est un enjeu de justice sociale et de démocratie.

A l’occasion de cette nouvelle journée du 8 mars, la FSU réaffirme son soutien et sa solidarité avec toutes les femmes qui luttent dans le monde entier pour leur émancipation, le respect de leur liberté et l’égalité des droits (…).

Cet article est le 9ème sur ce blog dans la catégorie Femmes.

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6 août 2011 6 06 /08 /août /2011 23:52

Valérie Bouveri, syndicaliste, se bat contre ce fléau

 

Controverses Marciac 3et4 aout 2011 087 TElle a de qui tenir. Arrière-petite-fille du mineur syndicaliste, puis parlementaire, Jean Bouveri (voir Jean Bouveri, mineur, syndicaliste, socialiste SFIO, ami de Jean Jaurès - 31 juillet 2011),Valérie Bouveri se bat sur tous les terrains afin de promouvoir les droits des femmes et des hommes, les droits des travailleurs, notamment.

 

Sa cible, ce soir sur Facebook, c’est la violence dont les femmes sont victimes, et dont les conséquences sont désastreuses pour les enfants. Elle déplore que la loi du 9 juillet 2011, votée trop rapidement, sur les violences faites aux femmes, ne soit pas appliquée ni applicable pour les violences psychologiques. Les femmes sont piégées, car la police n’est pas formée, selon ce qu’elle a pu, elle-même, observer. Les juges, aussi, manquent de formation en matière de Violence conjugale.

 

Les violences faites aux femmes n'ont pas été considérées comme une grande cause nationale (Libération, Valentine Pasquesoone, 12 juillet 2011)

Ernestine Ronai, responsable de l'Observatoire des violences faites aux femmes en Seine-Saint-Denis, dresse un premier bilan, un an après le vote de la loi instaurant notamment l'ordonnance de protection. En France, une femme meurt tous les deux jours et demi sous les coups de son conjoint. Déclarée «grande cause nationale» pour 2010 par François Fillon, la lutte contre les violences faites aux femmes a donné lieu au vote d'une loi le 9 juillet 2010. Responsable de l'Observatoire des violences faites aux femmes en Seine-Saint-Denis - département précurseur en la matière -, Ernestine Ronai dresse le bilan de cette loi et de l'action menée en France contre les violences conjugales.

 

Manipulation destructrice: quelques traits généraux

  

Parmi toutes les formes de violence conjugale, la violence psychologique tient une place importante. Mais, dans ce domaine, il existe une forme de violence psychologique très redoutable et très insidieuse: il s’agit de la manipulation destructrice, processus décrit par le Docteur Geneviève Reichert-Pagnard dans son livre “Crimes impunis ou Néonta: histoire d’un amour manipulé” - Prime Fluo Editions - 2004 -

Qu’est-ce que la manipulation destructrice?

Les lignes ci-dessous vous permettront de vous familiariser avec ce processus très destructeur et insidieux.
Les “manipulateurs destructeurs”, encore appelés, de façon  très réductrice,  “pervers narcissiques”, cachent des particularités insoupçonnées et très inquiétantes.

Le processus de manipulation destructrice dans la famille est un processus terriblement fréquent, insidieux, destructeur, qui fait des ravages tant au cours de la vie familiale qu’après la séparation, et qui pourtant, reste un processus encore très largement méconnu, notamment des professionnels intervenant sur la famille (magistrats et médiateurs dans les procédures de divorce, policiers et gendarmes dans le cadre des plaintes pour violence conjugale, psy lors des psychothérapies etc).

Les magistrats et les psy ne décelant pas l’existence d’un conjoint pathologique dans ces familles, donnent très fréquemment la garde des enfants, ou un droit de visite et d’hébergement au conjoint manipulateur destructeur, exposant ainsi les enfants à sa maltraitance insidieuse.

Ainsi, la victime se retrouve au banc des accusés, est ainsi survictimée, et les ravages se poursuivent bien au-delà de la séparation, et les crimes de rester impunis…

Nous empruntons cette page aux travaux de recherche du Docteur Pagnard sur la manipulation destructrice, son article du 18/05/2005, ainsi qu’à son livre “Crimes impunis ou Néonta: histoire d’un amour manipulé” - 2004 - 

Le Docteur Geneviève Pagnard est psychiatre, criminologue, auteur de « Crimes impunis ou Néonta: histoire d’un amour manipulé » - Prime Fluo Editions – 2004 - et d’un second ouvrage sur cette problématique en cours d’édition.

La manipulation destructrice (MD),  particulièrement fréquente, insidieuse et dévastatrice, est à l’origine de la plupart des cas de violence conjugale qui aboutissent à des situations dramatiques, telles que des guerres par procédures interposées, enlèvement d’enfant, emprisonnement, maladies potentiellement mortelles, suicides, voire meurtres.
Il s’agit d’une forme d’agression à la fois particulièrement dévastatrice et insidieuse, difficilement détectable par la victime et son entourage. Elle se développe dans le secret du huis clos familial, détruisant tout sur son passage tel un cyclone, pour se poursuivre de façon plus redoutable encore après la séparation, avec la caution involontaire des juges qui tombent dans le même piège enjôleur que ses victimes, lors des procédures en avalanche qui suivent la séparation, le  manipulateur destructeur (MD) se faisant passer pour la victime, abusant à leur tour les magistrats, experts, etc. Les ravages provoqués par cette violence le plus souvent psychologique - la violence physique étant ici relativement ponctuelle - sont beaucoup plus profonds et dévastateurs que la violence physique, plus facile à détecter et à dénoncer.
Dans ces affaires judiciaires, le plus souvent complexes et d’apparence inextricable, les magistrats et les psy pensent fréquemment avoir affaire à “un simple conflit parental entraînant un conflit de loyauté chez les enfants”, faute d’avoir repéré qu’ils ont affaire en réalité, à une famille où l’un des parents est manipulateur destructeur, c’est-à-dire, ayant une personnalité pathologique. Devant les magistrats et les autres professionnels en charge de ces dossiers (psy, policiers, gendarmes, acteurs sociaux etc.), les manipulateurs destructeurs se font passer pour la victime, accusant le conjoint victime de ce qu’eux-mêmes font, portant plainte contre elle pour diffamation, plainte contre tous les témoins en faveur de la victime, plainte contre les médecins qui rédigent un certificat ou un signalement… De ce fait, les juges donnent fréquemment la résidence habituelle des enfants à ces parents qui cachent sous un masque lisse “sans reproche”, le despotisme machiavélique, la violence et autres comportements terriblement destructeurs qu’ils exercent dans le huis clos familial. La Justice ajoute ainsi une violence institutionnelle à la violence familiale, hautement préjudiciable au parent victime, mais aussi et surtout aux enfants qui continuent à être détruits, avec la bénédiction involontaire de la Justice.
En effet, grâce à la résidence habituelle des enfants ou au droit de visite et d’hébergement qui est fréquemment confiée aux parents agresseurs, ceux-ci vont ainsi continuer à détruire les enfants, sous les yeux d’une Justice pourtant attentive. Ils vont continuer à poursuivre le parent victime par une avalanche de procédures, toujours les mêmes d’un dossier à l’autre, embouteillant la justice qui tourne en rond entre les procédures chez le JAF, celles chez le juge pour enfants, ou le Procureur etc.
Les parents victimes sont alors parfois amenés à fuir avec les enfants pour les protéger de leur agresseur.
Le comportement stéréotypé des manipulateurs destructeurs les rend pourtant prévisibles…
Le profil des MD est particulier et fait partie du champ de la psychose (champ qui comprend notamment la paranoïa, la schizophrénie etc.).
Leur personnalité nécessiterait par ailleurs, un droit de visite simple dans un lieu neutre, en présence d’un professionnel formé à ce processus, afin d’éviter la poursuite de la destruction des enfants après la séparation. En effet, outre la violence quotidienne qu’ils exercent dans le huis clos familial, les manipulateurs agissent de façon chaotique, préjudiciable à la construction des enfants. On a peine à l’imaginer, lorsqu’on voit la façade lisse de ces agresseurs et lorsqu’on apprend qu’ils peuvent exercer des responsabilités professionnelles importantes, sauf lorsqu’ils exercent le fameux “harcèlement moral au travail” dont parle le Docteur M.F. Hirigoyen…
La manipulation destructrice (MD) se caractérise par l’emprise, le mensonge, et l’escroquerie financière. Elle se déroule en cinq phases:
°  Phase de séduction: au tout début de la relation « sentimentale », période « idyllique ».
°  Période insidieuse: où les mailles du filet vont se resserrer sur la victime, avec des critiques très insidieuses.
°  Période de la violence morale apparente: elle s’installe le plus souvent lors de la première maternité et comporte des réflexions désobligeantes, des reproches et des insultes de plus en plus fréquents, provoquant progressivement chez la victime, une perte de l’estime et de la confiance en soi et une culpabilité. Celle-ci est isolée de son entourage et souvent incitée sous différents prétextes à cesser son travail, ce qui va la rendre totalement tributaire de son agresseur. Le MD a un double visage, charmant à l’extérieur (se montrant excellent comédien), et, despotique dans le huis clos familial. Il se montre d’un égocentrisme forcené, passant d’une attitude de séduction à des colères, des bouderies sans raison. Il se fait sans cesse plaindre et se pose en victime. Il ment et organise une véritable escroquerie financière à l’insu de sa victime, développant sur son entourage une relation d’emprise et un « lavage de cerveau ».
L’inceste fait souvent partie du tableau.
°  Période de la violence paroxystique: lorsque la victime parle de séparation. Le tableau précédent devient cataclysmique, avec souvent violence physique associée, chantage au suicide, menaces de mort, et, menaces de prendre les enfants, de ne pas payer de pension alimentaire, de faire passer la victime pour folle, et de lui faire la guerre. Le viol peut faire partie du tableau, et, le MD peut aller jusqu’au crime.
°  Période suivant la séparation: pendant laquelle le processus de violence psychologique va se poursuivre dans les procédures de divorce, la guerre promise, par procédures interposées. Le MD présente une face lisse, au-dessus de tout soupçon aux professionnels judiciaires (police, magistrats etc.), se faisant passer pour la victime, accusant celle-ci de ce que lui-même fait. Il se sert de son droit de garde (résidence habituelle des enfants, ou, droit de visite et d’hébergement) pour continuer à détruire les enfants, à les dresser contre le parent victime et, pour se servir d’eux comme levier dans les procédures pour obtenir tous les avantages financiers possibles. Il continue à perpétrer l’inceste, bénéficiant d’une totale liberté d’action à chaque contact avec les enfants. L’incompréhension de la situation et du danger qu’encourent les enfants par la justice amène un certain nombre de victimes à fuir avec leurs enfants.
Le comportement des agresseurs est totalement stéréotypé induisant un comportement stéréotypé chez leurs victimes, dont les histoires sont toutes strictement superposables: les manipulateurs sont comme « clonés » les uns sur les autres.
Les répercussions sur les victimes (parents et enfants) sont graves, les enfants étant atteints indirectement par la violence dont ils sont témoins sur le parent victime, ou, directement, subissant eux-mêmes le même traitement que ce dernier : état anxio-dépressif, voire suicide, syndrome post-traumatique, troubles psychosomatiques divers, voire cancers, avec de plus chez les enfants, échec scolaire, violence scolaire et familiale etc.

 

Cet article est le 8ème sur ce blog dans la catégorie Femmes.

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13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 15:49

En 2011, les pouvoirs publics ont peu célébré le 8 mars

 

Est-ce parce qu’il y a d’autres priorités ? La journée internationale des droits de la femme ne semble pas avoir eu en 2011 un succès aussi important que les autres années. 

Rappel :

Journée internationale des droits de la femme (Wikipédia)

Histoire de la journée de la femme.

Journée de la Femme: les inégalités sont tenaces (France-info)

Journée internationale des femmes : cent ans de luttes pour l'égalité - 8 mars 2010

Droits des femmes : Aimée Gourdol (MRC) fait le point avant la manif - 11 octobre 2009

 

Profitons-en pour évoquer la chose avec humour, comme l’ont fait deux femmes qui font partie de mes amies sur Facebook.

 

D’abord, Odile Veillerette pour la première fois candidate à des élections politiques (cantonales à Alès), qui collait ses affiches le 8 mars.

Voir (Facebook) 8 mars journée de la femme tombée dans le panneau !

 

Et, ensuite, Coralie Delaume, qui publie sur sur son blog (repris par Marianne2 le 13 mars) ses réflexions, à partir de son expérience, sur la journée du 8 mars. Extraits.

Voir 8 mars: pourquoi pas un Musée de la femme ?

 

(…) Ce qu’ignorent ces collègues masculins, rencontrés sur le « marché du travail » et appartenant pour la plupart à des « CSP + » c’est que la journée de la Femme est pour moi un jour de colère. Il se trouve que je suis blanche, d’âge moyen, globalement « de souche », voire « gauloise », non-musulmane et non-juive. A ce titre je croyais avoir échappé à tous les motifs putatifs d’assignation à résidence identitaire et de discrimination positive. Hélas, la « journée de la Femme » est là pour le rappeler chaque année : la moitié de l’Humanité est une « minorité visible ».

Et même si l’on s’est toujours efforcée de se distinguer avant tout par l’effort, par le travail et par l’esprit, le 8 mars, quoi que nous ayons pu FAIRE, nous SOMMES avant  tout des Femmes. Plus de place pour la maxime nietzschéenne « deviens ce que tu es, fais ce que toi seul peut faire ». Le 8 mars, c’est plutôt « fais ce que tu veux, de toute façon, tu demeureras ce que tu fus », ou comme le disait Bergson « tout est donné, et tout est déterminé ». Ainsi, l’espace d’une « journée dédiée », la Femme n’est plus un être en devenir, elle est une entité figée dans une féminité originelle qu’il demeure impossible de passer sous silence (…).

On pourrait évidemment  envisager une autre option, qui consisterait à suspendre de manière définitive la « Journée de la Femme ». Même si ce raisonnement semble a priori « un peu simpliste », on pourrait parier que les femmes, en France, préfèrent majoritairement être reconnues pour leurs compétences, pour leur talent, pour leur intelligence et pour leur travail plutôt que pour leur sexe. Messieurs qui nous gouvernez, vous êtes majoritaires aujourd’hui à exercer le pouvoir, et cela m’est totalement égal du moment que vous le fassiez bien. Veuillez noter, s’il vous plait, que « nous n’avons pas besoin de votre charité, nous voulons la justice ».  Faites en sorte que, pour une seule « Journée de la femme », je n’aie plus jamais à subir « 364 journées de l’Homme ». Le reste, je m’en charge.

Cet article est le 7ème sur ce blog dans la catégorie Femmes.

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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 12:45

 

Un cri citoyen qui veut être utile pour le droit des femmes

 

 

Le message que Martine Libot m’a adressé, hier, ne pouvait rester sans réponse. Il fallait le reprendre au bond en présentant le témoignage de Djemila Benhabib*, dont la lettre a été lue le 13 novembre 2009 au Palais du Luxembourg, lors de la journée « Femmes debout », organisée par Femmes Solidaires et la Ligue du Droit International des Femmes. Voici des extraits de cette lettre, dont on peut lire l’intégralité en cliquant sur Djemila Benhabib.  

(…) Trop de femmes dans le monde se font encore humilier, battre, violenter, répudier, assassiner, brûler, fouetter et lapider. Au nom de quoi ? De la religion, de l’islam en l’occurrence et de son instrumentalisation. Pour refuser un mariage arrangé, le port du voile islamique ou encore pour avoir demandé le divorce, porté un pantalon, conduit une voiture et même avoir franchi le seuil de la porte sans la permission du mâle, des femmes, tant de femmes subissent la barbarie dans leur chair. Je pense en particulier à nos sœurs iraniennes qui ont défilé dans les rues de Téhéran pour faire trembler l’un des pires dictateurs au monde : Ahmadinejad. Je pense à Neda, cette jeune Iranienne assassinée à l’âge de 26 ans. Nous avons tous vu cette image de Neda gisant sur le sol, le sang dégoulinant de sa bouche. Je pense à Nojoud Ali, cette petite Yéménite de 10 ans, qui a été mariée de force à un homme qui a trois fois son âge et qui s’est battue pour obtenir le droit de divorcer… et qui l’a obtenu. Je pense à Loubna Al-Hussein qui a fait trembler le gouvernement de Khartoum l’été dernier à cause de sa tenue vestimentaire.

La pire condition féminine dans le globe, c’est celle que vivent les femmes dans les pays musulmans. C’est un fait et nous devons le reconnaître. C’est cela notre première solidarité à l’égard de toutes celles qui défient les pires régimes tyranniques au monde. Qui oserait dire le contraire ? Qui oserait prétendre l’inverse ? Les islamistes et leurs complices ? Certainement…mais pas seulement.

Il y a aussi ce courant de pensée relativiste qui prétend qu’au nom des cultures et des traditions nous devons accepter la régression, qui confine l’autre dans un statut de victime perpétuelle et nous culpabilise pour nos choix de société en nous traitant de racistes et d’islamophobes lorsque nous défendons l’égalité des sexes et la laïcité. C’est cette même gauche qui ouvre les bras à Tarik Ramadan pour se pavaner de ville en ville, de plateau de TV en plateau de TV et cracher sur les valeurs de la République. Sachez qu’il n’y a rien dans ma culture qui me prédestine à être éclipsée sous un linceul, emblème ostentatoire de différence. Rien qui me prédétermine à accepter le triomphe de l’idiot, du sot et du lâche, surtout si on érige le médiocre en juge. Rien qui prépare mon sexe à être charcutée sans que ma chair n’en suffoque. Rien qui me prédestine à apprivoiser le fouet ou l’aiguillon. Rien qui me voue à répudier la beauté et le plaisir. Rien qui me prédispose à recevoir la froideur de la lame rouillée sur ma gorge. Et si c’était le cas, je renierais sans remords ni regret le ventre de ma mère, la caresse de mon père et le soleil qui ma vu grandir.

L’islamisme politique n’est pas l’expression d’une spécificité culturelle, comme on prétend ça et là. C’est une affaire politique, une menace collective qui s’attaque au fondement même de la démocratie en faisant la promotion d’une idéologie violente, sexiste, misogyne, raciste et homophobe.

Nous avons vu de quelle façon les mouvements islamistes, avec la complicité, la lâcheté et le soutien de certains courants de gauche cautionnent la régression profonde qui s’est installée au cœur même de nos villes. An Canada, nous avons tout de même failli avoir les tribunaux islamiques. En Grande Bretagne c’est déjà la norme dans plusieurs communautés. D’un bout à l’autre de la planète, le port du voile islamique se répand et se banalise, il devient même une alternative acceptable aux yeux de certains car c’est tout de même mieux que la burqa ?

Que dire de la démission des démocraties occidentales sur des enjeux primordiaux à la base du vivre ensemble et de la citoyenneté tels que la défense de l’école publique, des services publics et de la neutralité de l’Etat ?

Que dire des reculs en matière d’accessibilité à l’avortement ici même en France ?

Tout ça pour dire qu’il est toujours possible de faire avancer les sociétés grâce à notre courage, notre détermination et à notre audace. Je ne vous dis pas que ce sont là des choix faciles. Loin de là. Les chemins de la liberté sont toujours des chemins escarpés. Ce sont les seuls chemins de l’émancipation humaine, je n’en connais pas d’autres.

Cette merveilleuse page d’histoire, de NOTRE histoire, nous enseigne que subir n’est pas se soumettre. Car par-delà les injustices et les humiliations, il y a aussi les résistances. Résister, c’est se donner le droit de choisir sa destinée. C’est cela pour moi le féminisme. Une destinée non pas individuelle, mais collective pour la dignité de TOUTES les femmes. C’est ainsi que j’ai donné un sens à ma vie en liant mon destin de femme à tous ceux qui rêvent d’égalité et de laïcité comme fondement même de la démocratie. L’histoire regorge d’exemples de religions qui débordent de la sphère privée pour envahir la sphère publique et devenir la loi. Dans ce contexte, les femmes sont les premières perdantes. Pas seulement. La vie, dans ses multiples dimensions, devient soudainement sclérosée lorsque la loi de Dieu se mêle à la loi des hommes pour organiser les moindres faits et gestes de tous. Il n’y a plus de place pour les avancées scientifiques, la littérature, le théâtre, la musique, la danse, la peinture, le cinéma, bref la vie tout simplement. Seuls la régression et les interdits se multiplient. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai une aversion profonde à l’égard des intégrismes quels qu’ils soient, car je suis une amoureuse de la vie.

Rappelez-vous une chose : lorsque la religion régit la vie de la Cité, nous ne sommes plus dans l’espace du possible, nous ne sommes plus dans le référentiel des doutes, nous ne sommes plus dans le repère de la raison et de la rationalité si chères aux Lumières. Séparer l’espace public de l’espace privé en réaffirmant la neutralité de l’État me semble indispensable, car seule la laïcité, permet de se doter d’un espace commun, appelons-le un référentiel citoyen, loin de toutes croyances et de toutes les incroyances, pour prendre en main la destinée de la Cité (…).

A vous chers amis, s’il y a une chose, une seule, que je souhaiterais que vous reteniez de ces quelques mots, c’est la suivante. Entre une certaine gauche démissionnaire, le racisme de l’extrême droite et le laisser-faire et la complicité des gouvernements nous avons la possibilité de changer les choses, plus encore, nous avons la responsabilité historique de faire avancer les droits des femmes. Nous sommes, en quelque sorte, responsables de notre avenir et de celui de nos enfants. Car il prendra la direction que nous lui donnerons. Nous, les citoyens. Nous, les peuples du monde. Par nos gestes, par nos actions et par notre mobilisation. Toutes les énergies citoyennes sont nécessaires d’un pays à l’autre au-delà des frontières. L’avenir nous appartient. La femme est l’avenir de l’homme disait Aragon. S’agissant d’homme, je veux en saluer un présent aujourd’hui, c’est mon père à qui je dois tout.

Et je finirai par une citation de Simone de Beauvoir : « On a le droit de crier mais il faut que ce cri soit écouté, il faut que cela tienne debout, il faut que cela résonne chez les autres. » J’ose espérer que mon cri aura un écho parmi vous.

 

* Née en Ukraine, en 1972, d’une mère Chypriote grecque et d’un père algérien, Djemila a grandi, à Oran, dans une famille de scientifiques engagée dans les luttes politiques et sociales. Très tôt, elle prend conscience de la condition subalterne des femmes de son pays, de leurs douleurs et de leurs aspirations. Cependant, bien avant cela, elle réalise que la coloration singulière de l’union des ses parents dérange. Qu’importe ! Son identité complexe est un héritage précieux qu’elle garde jalousement et enrichit perpétuellement. La mixité, elle l’assume et la défend, d’abord avec ses mots d’enfant puis, plus tard, avec ses choix de femme. Curieuse de tout, à l’école, elle questionne, interroge et interpelle…jusqu’à l’existence de Dieu. C’est déjà l’outrage, l’injure, l’hérésie et le blasphème (…).   

 

Voir aussi Djemila BENHABIB.

 

Cet article est le 6ème sur ce blog dans la catégorie Femmes.

 

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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 22:02

Egalité homme-femme : un objectif à portée universelle


Le 8 mars 1910, à Copenhague, Clara Zetkin proposait d’organiser une journée internationale des femmes dans le but d’obtenir le droit de vote pour les femmes. Clara Zetkin a joué un rôle très important dans le mouvement progressiste à perspective révolutionnaire.


Journaliste allemande, elle avait fondé, en 1890, la revue Die Gleichheit (L’égalité) et c’est elle qui convoqua les conférences internationales des femmes socialistes de Stuttgart (1907) et de Copenhague (1910) où elle imposa son point de vue et qui l’élirent secrétaire, faisant de son journal Die Gleichheit leur organe officiel.

C’est à Copenhague en 1910, lors de la 2ème conférence internationale des femmes socialistes, que l’allemande Clara Zetkin propose, pour la première fois, d’organiser une Journée internationale des femmes en vue de servir à la propagande pour le vote des femmes. La conférence réunit une centaine de femmes venues de 17 pays, et adopte aussitôt cette proposition, inspirée des manifestations d’ouvrières qui se sont déroulées aux États-Unis en 1908 et en 1909. Le 8 mars 1914, les femmes réclament le droit de vote en Allemagne. Elles l’obtiennent le 12 novembre 1918.

Clara Zetkin est emprisonnée en 1915 en raison de ses convictions pacifistes. En 1916, elle joue avec Rosa Luxemburg, un rôle essentiel dans la création du parti communiste allemand. En 1920, élue au Reichstag, Clara Zetkin assiste à la montée du nazisme en Allemagne, tandis que l’arrivée au pouvoir de Staline la met à l’écart de l’Internationale communiste.
Le 30 août 1932, à 75 ans, elle est chargée, en sa qualité de doyenne du Reichstag, de prononcer le discours d’inauguration du parlement où dominent les chemises noires. Elle lance un vibrant appel à lutter contre le nazisme. Ce sera sa dernière manifestation publique. En exil à Moscou, elle meurt le 20 juin 1933 dans des conditions qui n’ont jamais été élucidées.

 

Ses convictions lui ont survécu. Elle a défendu une conception du couple au sein duquel les partenaires devaient être égaux en droits. Elle est favorable au divorce par consentement mutuel et pense que les garçons, comme les filles, doivent prendre part aux soins du ménage. Mère de deux garçons, elle a vécu elle-même en union libre, et s’est toujours montrée une ardente partisane du travail des femmes, seul moyen pour elles d’accéder à l’autonomie.

 

Voir aussi : Cent ans et plus de luttes féministes (l’Humanité, 8 mars) : « De l’initiative de Clara Zetkin et des femmes socialistes à la conquête du droit de vote, du droit à disposer de son corps à la revendication de l’égalité, le combat féministe continue » (…).

Dans le Programme MRC de Salut public : une République laïque et sociale, la proposition 29 n’est pas éloignée de cette conception.  

         29 – L’égalité entre les hommes et les femmes, un objectif à portée universelle 

Au-delà de la lutte contre les discriminations et à l’égal accès aux mandats politiques, l’égalité entre les hommes et les femmes est un des axes forts de l’émancipation des êtres humains. Des actions doivent être menées avec ténacité contre l’inégalité économique (salaires, statuts précaires, retraites). Les violences faites aux femmes doivent être plus énergiquement combattues. Le droit des femmes à disposer de leur corps doit être clairement défendu.

 

Voir aussi : Droits des femmes : Aimée Gourdol (MRC) - 11 octobre 2009

 

Revue de presse

 

«Tant que des femmes seront discriminées, cette journée aura droit de cité» (Libération, 8 mars) : « A l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, Marie-Pierre Martinet, secrétaire générale du Mouvement français pour le Planning familial, a répondu à vos questions ».

 

Le Monde, 8 mars) : « Pour la Journée des femmes, "Le Monde" montre la diversité de leurs situations à travers les paroles d'une féministe iranienne, la réflexion d'une sociologue ou des portraits de Guadeloupéennes ».
La révolution inaboutie (Le Monde, 6 mars) : « En quarante ans, le taux d'activité féminin a explosé. Mais les inégalités salariales perdurent, frisant les 30 %, et les femmes restent cantonnées dans certains métiers ».

Journée de la femme : les inégalités persistent (Nouvel Observateur, 8 mars) : « Un rapport sur le travail des femmes en Europe, publié à l'occasion de la journée internationale de la femme, souligne de nombreuses inégalités ».

 

Danielle Bousquet : «Des forces conservatrices bloquent les avancées des droits des femmes» (Libération, 8 mars).  

 

Certaines formes de religion sont à rebours du principe d’égalité :

 

Rencontre avec Taslima Nasreen, écrivaine errante (Le Monde, 8 mars)

            Le 6 mars souvenons nous des femmes victimes des barbus (Riposte Laïque, 5 mars)

Christine Tasin : « Alors, en cette journée de la femme, j'ai une pensée pour toutes celles qui, parce qu'elles sont femmes, dans le monde, sont obligées de couvrir leurs cheveux, leurs mains, leurs pieds, de s'envelopper dans d'horribles prisons ambulantes, de baisser la tête ».

 

Cet article est le 5ème sur ce blog dans la catégorie Femmes.

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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 23:51

 

Des avancées qu’il faut préserver
et surtout consolider

 

Le MRC sera présent le 17 octobre à la manifestation pour les droits des femmes à Paris (14h30, de la Bastille vers l’Opéra).
« L’idée d’organiser cet événement est née au lendemain de la mobilisation de février dernier pour la défense du Planning Familial, menacé de voir ses crédits coupés.
Cette tentative du gouvernement de faire disparaître un outil indispensable de l’éducation à la sexualité d’un côté et la persistance des inégalités (salaires, violences, responsabilités politiques…) de l’autre nous montrent que les avancées obtenues depuis des années par les féministes n’ont pas suffi ».
Voir Le 17 octobre, une date à ne pas rater ! (ReSPUBLICA, 17 septembre).

Cette initiative du Collectif national des droits des femmes et de Femmes solidaires est relayée par de nombreuses associations féministes, des syndicats et des partis politiques.

 

Belfort-6-09-08-007-Citadelle-Aimee-Gourdol-T1.jpgAimée Gourdol* (photo lors de la visite de la Citadelle à Belfort - université d'été 2008 du MRC), qui a la responsabilité Droits des femmes au secrétariat national du Mouvement Républicain et Citoyen, a fait adopter, mercredi dernier, un texte à diffuser sous forme de tract, qui est une information sur les réalités des droits des femmes en France en 2009. Il a été mis en ligne hier sur le site national du MRC.

 

Téléchargez et distribuez le tract : "France de 2009 : constats sur la situation des femmes"

 

France de 2009 : constats sur la situation des femmes

 

Temps partiel subi / sortie du monde du travail

• Avec la possibilité, depuis le début des années 80, d’embaucher à temps partiel, l’activité des femmes ne progresse plus. 83 % des personnes travaillant à temps partiel sont des femmes ; elles constituent l’essentiel des travailleurs pauvres. Le temps partiel bride l'accès aux postes de responsabilité.

• En 1994, l’attribution, pour le second enfant, de l'Allocation parentale d’éducation (APE) a poussé les femmes les moins qualifiées hors du monde du travail.

Rémunérations

• Les femmes gagnent en moyenne 25 % de moins que les hommes. L’écart s’est réduit depuis la fin des années 60 (il était de 50 %) mais ne diminue plus depuis le milieu des années 90. Les femmes sont près de deux fois plus souvent au SMIC que les hommes.

Accès aux responsabilités

• Malgré un investissement massif dans les études supérieures, les femmes sont quasiment absentes des hiérarchies des entreprises (17,2 % des dirigeantes de sociétés).

Travail de nuit

• Depuis la directive européenne autorisant le travail de nuit des femmes, celui-ci a augmenté plus rapidement que celui des hommes, en particulier dans l’industrie.

Chômage

• La crise qui frappe durement le monde industriel semble pour l’heure épargner un peu les femmes, majoritairement salariées dans le tertiaire. On aurait tort de sous-estimer l’effet retard qui ne manquera pas de se produire avec le non renouvellement des fins de contrats.

Retraite

• Pour les plus âgées on note des écarts avec les hommes en termes de salaire de référence (27 % en 2006 et 2007), de durée d'assurance et de rémunération durant l’activité. Malgré les majorations pour enfants, seules 44 % des femmes ont une carrière complète contre 86 % des hommes. L’allongement des durées de cotisation aggrave ce problème.

Formation initiale / Formation tout au long de la vie

• Malgré de meilleurs résultats, les filles font des études plus courtes que les garçons et s’orientent davantage vers des branches littéraires aux débouchés moins rémunérateurs.

• Les femmes en formation professionnelle réorganisent leur vie deux fois plus que les hommes. Les mères accèdent moins souvent à la formation que les femmes sans enfant.

Politique familiale

• Entreprises et collectivités locales doivent mieux prendre en compte la parentalité : aménagements d’horaire, création de structures d’accueil diversifiées (crèches publiques, d’entreprises ou familiales, nourrices agréées...)

• Les attaques réactionnaires contre l’école maternelle la menacent dans sa survie même : remise en cause de l’accueil des enfants à partir de 2 ans, regroupement intercommunal d’écoles, communes contraintes de financer le projet éducatif... Pourtant l’école maternelle est un lieu d’éveil des enfants et un instrument moderne de soutien aux parents !

 

France de 2009 : les droits des femmes

 

Droit à une carrière professionnelle conforme aux investissements consentis

 

• L’accès aux formations d'excellence, prometteuses de professions bien rémunérées, doit être le fait des talents réels des étudiants et non de leur appartenance à un sexe.

• Il faut rendre plus efficaces les Négociations annuelles obligatoires (NAO) en particulier sur l’égalité professionnelle. Un budget spécifique de rattrapage doit être prévu afin de ne pas grignoter sur le budget d’augmentations salariales

 

Droit à une retraite décente

• La Majoration de durée d’assurance (MDA) accordée aux seules mères a pour objet de compenser le scandale de pensions de retraites inférieures de 30 à 40 % en moyenne à celle des hommes. Il ne s’agit en aucun cas d’une discrimination envers les pères et son partage entre les deux parents ne représenterait rien d’autre qu’un recul du droit des femmes !

• Le minimum vieillesse est principalement versé aux femmes (63 % en 2004 selon le COR). Résultante de l'entrée massive des femmes dans le monde du travail, dans les conditions que l'on sait (salaires inférieurs, carrières incomplètes), le nombre de bénéficiaires ne diminue plus depuis 2003. Un effort particulier doit être fait en faveur des petites retraites.

 

Droit à une juste représentation dans les instances de la République

• Volontariste, la loi sur la parité a réussi à faire entrer des femmes dans les assemblées issues des scrutins de liste. En revanche, Assemblée nationale et Sénat restent majoritairement masculins : à l’évidence, les pénalités financières n’émeuvent pas les grands partis, ceux dont sont issus la plupart des parlementaires. Il est temps d’en finir avec le double langage !

 

Droit à la contraception de son choix

• Toutes les femmes ont droit à une sexualité dissociée de la procréation et, pour ce faire, doivent avoir accès à une information sérieuse sur la contraception.

• Les centres du planning familial doivent recevoir les moyens de leur existence et de leur développement. Rappelons qu’en début d’année le gouvernement avait envisagé une coupe sombre de 42 % de l’aide attribuée au planning !

 

Droit à l’avortement

• Il est aujourd’hui menacé par des années de pénurie financière : très faible revalorisation des actes qui ne présentent que peu d'intérêt pour les jeunes praticiens et moyens refusés aux centres d’IVG. Il est urgent de mener une politique volontariste sur ce sujet.

 

Droit à l’intégrité physique

• Pour les femmes victimes de violences et leurs enfants témoins de ces violences, police et justice doivent mieux coordonner leurs actions.

 

Droits des femmes et communautarismes

• Les droits des femmes sont universels et doivent s’appliquer indistinctement à toutes les femmes quelle que soit leur origine réelle ou supposée.

 

* Voir L'évolution des droits des femmes au fil des élections présidentielles - 8 mars 2009.

 

Cet article est le 4ème sur ce blog dans la catégorie Femmes.

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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 22:30

Un évènement : la présence d’une femme au 2ème tour

 

Ma collègue au secrétariat national du MRC, Aimée Gourdol, chargée du droit des femmes, a eu la bonne idée de publier un document relatant l’évolution des droits des femmes, depuis que l’élection du président de la République a lieu au suffrage universel. Le voici.

 

Présidentielle au suffrage universel

Une chance pour les droits des femmes

 

Depuis la réforme constitutionnelle de 1962, le Président de la République est élu au suffrage universel ce qui tendrait à faire de lui un élu de la Nation tout entière. En pratique, du moins jusqu'à une période récente, les seuls prétendants sérieux à la fonction Suprême étaient ceux qui disposaient de la logistique d'un grand parti. On peut se demander si les conflits internes (et malheureusement chroniques…) au PS ne sont pas en train de changer la donne ?

 

Pour les femmes, ce changement constitutionnel majeur aura des répercussions, peut-être insoupçonnées tant de l'initiateur de la réforme, le Général de Gaulle, que de la majeure partie des acteurs politiques de l'époque et de ce ceux qui suivirent.

D'une part, le dialogue “ direct ” entre le prétendant à l'Elysée et l'ensemble du peuple, permettra aux femmes de populariser leurs revendications (à cet égard, la télévision sera une immense caisse de résonance) ; d'autre part, l'élection elle-même sera l'opportunité pour certaines femmes de se tracer un destin national, cela en dépit d'un score négligeable.

 

Pour la première fois dans l'histoire de France, la présence en 2007 d'une femme au deuxième tour de l'élection présidentielle aura été le fruit d'une longue et quasi fortuite maturation de l'opinion publique, qui bousculera les habitudes des personnels politiques établis.

 

Des électrices invisibles et peu considérées

 

Electrices et éligibles dans les même conditions que les hommes ” depuis l'ordonnance du 21 avril 1944(1), les femmes n'en restaient pas moins quasi invisibles dans la sphère politique et leurs droits de citoyennes se déclinaient sur le mode inférieur.

 

Qu'on en juge, aux débuts de la Cinquième République : l'adultère était inscrit dans la loi pénale et plus fortement sanctionné chez la femme, la gestion des biens relevait de la seule responsabilité du mari, l'autorité parentale était celle du père qui était seul “ chef de famille ”, il n'y avait pas de liberté de procréation et l'accès même à la contraception était interdit, les femmes n'avaient pas de possibilité de suivre des études, de travailler, d'ouvrir un compte en banque sans l'autorisation de leur mari…

 

Sous la Quatrième République et aux débuts de la Cinquième, les élus politiques étaient, quasi exclusivement des hommes et des notables bien peu intéressés par les questions féminines. En 1965, l'élection présidentielle au suffrage universel, va bousculer cet entre soi, popularisant et nationalisant les revendications (légitimes !) des femmes.

 

Première constatation, les électrices sont plus nombreuses que les électeurs (52 % de femmes lors de l'élection présidentielle de 2007). On imagine mal un candidat se désintéresser de la majorité du corps électoral, d'autant que, progrès des études statistiques et des sondages aidant, il est devenu possible de différencier les intentions de vote des femmes de celles des hommes !

 

Des revendications féministes plus audibles

 

Election présidentielle de 1965 : déjà le candidat François Mitterrand affirmait que désormais les femmes pourraient “ prendre en main leur avenir ”. Lors de cette campagne, il s'est également déclaré favorable à la régulation des naissances, ce qui, pour l'époque, représentait une position avant-gardiste et courageuse : n'oublions pas que, jusque là, le PC s'était opposé à cette revendication des femmes.

Le Général de Gaulle, sur un registre beaucoup plus traditionaliste (mais certainement audible des femmes de l'époque !) compara la France à “ la ménagère (qui) veut avoir un aspirateur, elle veut avoir un frigidaire, elle veut une machine à laver ”2).

 

1969 : le Général de Gaulle a démissionné suite à l'échec du referendum sur la réforme du Sénat. Candidat, Georges Pompidou va s'employer à fédérer les voix gaullistes qui ne lui sont pas acquises d'emblée. Le second tour se jouera exclusivement à droite entre Georges Pompidou et Alain Poher. A gauche, notamment au PC on appelle à l'abstention.

 

Election prématurée, dominée par des luttes de personnes pour une présidence qui se terminera prématurément par le décès d'un Président qui n'aura pas entrepris d'action significative à l'égard des femmes.

 

1974 : l'élection se déroule alors que la bataille pour la légalisation de l'avortement fait rage. Les deux principaux candidats, François Mitterrand et Valéry Giscard d'Estaing, se montrent prudents (bons pères de famille) afin de ne pas effrayer l'électorat conservateur des deux camps. Il n'empêche, c'est sous la présidence Giscard que les femmes obtiennent un Secrétariat d'Etat, le divorce par consentement mutuel, l'autorité parentale, l'interruption volontaire de grossesse.

 

1981 : le candidat Mitterrand, devra mener une campagne tout en finesse pour ne pas laisser l'avantage à son concurrent, Président sortant au bilan somme toute honorable vis-à-vis des femmes. Mitterrand présentera six mesures en faveur des femmes : égalité des chances devant l'emploi, égalité de rémunération, reconnaissance d'un statut aux conjointes de travailleurs indépendants (agriculteurs, commerçants, artisans), information sur la contraception, révision des conditions de l'obtention de l'IVG, respect de la dignité de la femme dans les images et représentations, aide aux femmes divorcées, chargées de familles et aux veuves. Surtout, François Mitterrand a su s'attirer l'adhésion de militantes connues qui ont pris ouvertement position en sa faveur : Simone de Beauvoir (pour la promesse d’un Ministère des Droits des femmes), Antoinette Fouque, Gisèle Halimi. Le 28 avril 1981 François Mitterrand s'exprime seul (Giscard a refusé l'invitation) devant un parterre de quelque 2000 femmes lors d'un meeting intitulé “ Quel président pour les femmes ? ”, organisé par l'association Choisir.

 

1988 : après l'ouverture de la parenthèse libérale de 1983, la campagne présidentielle se jouera, bilan contre bilan entre le Président sortant, François Mitterrand, et son Premier ministre de cohabitation, Jacques Chirac. Les féministes semblent avoir déserté le terrain de la lutte politique et les droits des femmes sont à peine évoqués par les deux protagonistes. Preuve s'il en fallait que la prise en main de leur sort par les intéressées elles-mêmes et la bataille politique dans ce qu'elle a de plus noble – la lutte pour les idées - sont indissociables de la progression des droits des femmes.

 

1995 : Les deux septennats Mitterrand n'ont pas vu, loin s'en faut, l'aboutissement de toutes les promesses du candidat mais cette année là, c'est la parité qui est, pour les femmes, à l'ordre du jour de la campagne. Lionel Jospin veut “ faire avancer cette grande idée de parité ”, et conditionner le financement des partis politiques à la place que chacun réserve aux femmes, notamment dans les assemblées élues. Edouard

Balladur (qui sera défait au premier tour) s'en tient à l'instauration de quotas féminins.

Quant à Jacques Chirac, il abandonne son conservatisme passé pour s'en prendre au “ machisme ” du monde politique et à “ l'exception française ” qui tient les femmes éloignées des cercles élus et décisionnels. Président de la République, il mettra en place l'Observatoire de la Parité mais ne saura pas éviter la calamiteuse affaire des “ Jupettes ” qui vit disparaître huit femmes entre le premier et le deuxième gouvernement Juppé.

 

Arrivé inopinément aux affaires en 1997, Lionel Jospin fera voter par le Congrès la loi constitutionnelle du 8 juin 2000 (“ La loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives ”) mise en oeuvre par la loi du 6 juin 2000.

La loi sur la parité a fait couler beaucoup d'encre, certains craignant une mise à mal de l'universalisme républicain. En fait, huit ans après la promulgation de la loi, l'Assemblé nationale ne compte que 18,5 % de femmes et le Sénat 22 %. Force est de constater que ce qui est mis à mal, par les partis parlementaires, autrement dit par ceux-là même qui l'ont votée, c'est la loi elle-même ! Il y a fort à parier que sans l'élection présidentielle au suffrage universel, la parité aurait conservé son statut de simple revendication féministe.

 

2002 : selon les sondages, c'est la revendication d'égalité salariale qui demeure la préoccupation numéro un des Françaises mais il s'agit là d'une revendication touchant aux choix économiques. Pressés par des contraintes européennes qui hypothèquent toute velléité en matière d'égalité professionnelle, les candidats optent pour des attitudes de séduction (mise en avant des épouses…) plutôt que de répondre aux préoccupations des électrices. Le résultat sera sans appel : Le Pen au deuxième tour !

Les femmes des milieux populaires ne sont pas en reste dans l'élimination du candidat socialiste : 14 % des employées ont voté Jospin, 21 % Chirac et… 18 % Le Pen.

 

Ségolène Royal, première présidentiable

 

Bénéficiant d'une crise de la démocratie représentative, d'une absence de leadership au sein du PS et aussi d'un défaut de programme rassembleur, Ségolène Royal a gagné l'investiture socialiste pour la présidentielle de 2007. Coup de tonnerre dans le landernau politique : l'outsider a distancé deux sérieux “ éléphants ” : Dominique trauss-Kahn et Laurent Fabius ! La suite prouvera combien la pilule fut amère pour certains au PS qui ne soutiendront la candidate que du bout des lèvres ! Cette campagne a servi de révélateur : si l'électorat est prêt, par delà les choix politiques, pour une candidature féminine à la présidentielle ce n'est pas le cas d'une partie du personnel politique.

 

Quant aux féministes, si certaines soutiennent la candidature Royal (Antoinette Fouque, Yvette Roudy ou encore Maïté Albagly, secrétaire générale du Planning familial, qui dénonce dans Le Monde du 13 avril 2007 “ la boîte de Pandore du mépris misogyne ”), Gisèle Halimi, pour sa part, s'interroge sur la faiblesse du programme et les conséquences pour les droits des femmes, elle écrit dans le numéro 98 du journal Choisir : « Une femme à l'Elysée ? Oui. Mais pas n'importe laquelle, sur n'importe quel programme. Nous ne voterons pas les yeux (féministes) fermés ». Pensez au risque. En cas d'échec, quel terrible recul pour la cause des femmes… ” Marie-Victoire Louis ou Clémentine Autain font également partie de celles qui doutent… En fait, à l'image des partis de gauche, le mouvement féministe est profondément divisé.

 

Alors, soucieux des femmes ou non, le programme présidentiel de Ségolène Royal ?

Parmi les 100 propositions du pacte présidentiel, deux seulement concernent nommément les femmes: la proposition 39 sur la contraception gratuite pour les jeunes femmes de moins de 25 ans et la proposition 85 sur le respect l'égalité hommes femmes, notamment au travail. C'est peu évidemment ! Surtout, cela ne révèle ni une grande originalité ni un souci de cohérence à l'égard l'engagement féministe qui selon ses propres dires a conduit Ségolène Royal au socialisme.

En revanche, si on y regarde de plus près, certaines mesures, parce qu'elles touchent essentiellement les femmes, sont de nature à faire progresser l'égalité. Citons la revalorisation immédiate des petites retraites la mise en place d'un revenu de solidarité active (RSA) pour les bénéficiaires de minima sociaux reprenant le travail, la mise en place d'un service public de la petite enfance et la scolarisation obligatoire dès 3 ans.

 

Globalement, le programme de la candidate à l'égard des femmes est peu ambitieux, alors qu'il porte une grande attention à la famille ou aux jeunes, il ne se réclame, par exemple, pas du congé parental rémunéré et alterné entre la mère et le père, il est peu disert sur la manière d'atteindre l'égalité salariale… Or, les revendications des femmes aujourd'hui portent essentiellement sur le pouvoir d'achat et l'exigence de dignité (reconnaissance des savoirs et refus de la violence). Résultat, Ségolène Royal n'a pas bénéficié d'un surcroît de votes féminins comme on aurait pu l'espérer.

 

Présidentielle : l’élection majeure

 

Candidate défaite à la présidentielle, il n'en demeure pas moins que Ségolène Royal a mené une bataille dont certains diront qu'elle représentait une “révolution culturelle”. Cela lui vaut aujourd'hui, malgré ses nombreux détracteurs, une place inédite, incontournable, au sein de l'échiquier politique. Place qu'aucune autre campagne électorale, même victorieuse, ne lui aurait apportée.

 

D'autres avant elle, se sont essayé à l'exercice et y ont gagné un destin national alors même que représentantes de partis très minoritaires la notoriété leur semblait interdite.

 

Quoi que l'on pense de son extrémisme politique, qui se souviendrait aujourd'hui d'Arlette Laguiller si elle n'avait pas été immanquablement présente à chaque campagne présidentielle depuis 1974 ?

Ces quarante dernières années ont vu les droits des femmes progresser, en France, de manière considérable. L'élection présidentielle au suffrage universel a compté pour beaucoup dans cette avancée sociale et démocratique. A chaque étape, les féministes ont su profiter de cette opportunité pour interpeller les candidats sur les questions féminines qui, de “ problèmes de femmes ”, sont devenus des thèmes et des enjeux politiques nationaux.

 

Mise en place pour donner “ un homme fort ” au régime, l'élection du Président de la République au suffrage universel n'accorde pas seulement une légitimité populaire au vainqueur, elle apporte la notoriété aux concurrents et, de manière inattendue, fait des sujets qu'elle traite une “cause nationale”. Les femmes y ont beaucoup gagné.

 

 

(1) Article 17 de l'ordonnance du 21 avril 1944 signée du Général de Gaulle et portant organisation des pouvoirs publics en France après la Libération.

 

(2) Alexandre Borrell : “1965 : les candidats à la présidentielle crèvent le petit écran ”, Parlements, no

4, 2005 - Cité par Mariette Sineau “ La force du nombre, Femmes et démocratie présidentielle”, Editions de l'aube - Diffusion Seuil.

 

Cet article est le 3ème sur ce blog dans la catégorie Femmes.

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19 octobre 2008 7 19 /10 /octobre /2008 19:22

La faute à l’entreprise ou un problème de société ?

 

De retour aux responsabilités au sein du MRC, après une suspension de deux ans, Aimée Gourdol a proposé un texte de fond sur la question de l’inégalité des sexes dans la sphère économique, alors que la réussite des filles est remarquable à l’école.

 

Voici ce texte. En cliquant sur son titre, on peut lire également la partie annexée.

 

La réussite scolaire des filles : à quand la traduction dans le monde du travail ?

En 1900, l’université comptait 642 étudiantes ; en 2005, elles étaient 719 000, soit 182 000 de plus que les étudiants. La percée des filles au sein de l’institution scolaire est indéniable, elle ne s’est jamais démentie au cours du siècle et se poursuit aujourd’hui. Elle mérite que l’on s’y intéresse d’autant plus, que cette réussite sans précédent ne trouve pas sa traduction dans le monde du travail.

Egalité républicaine et responsabilités du politique


L’école laïque qui intègre, avec les mêmes droits et les mêmes devoirs les filles et les garçons, démontre de la plus belle manière la force et la pertinence des valeurs universelles dont elle est porteuse. Quasi exclues de l’éducation donnée aux garçons, il y a, à peine plus d’un siècle, les filles font aujourd’hui jeu égal avec eux. C’est une joie et une fierté pour ceux qui ont toujours défendu cette institution, outil fondamental de l’égalité républicaine et de la promotion par le mérite !

Il reste à transformer l’essai, notamment en donnant aux femmes des possibilités de carrières professionnelles identiques à celle des hommes. La société tout entière sera gagnante à réserver aux femmes la place qui leur revient. Il serait en effet contre-productif de former les femmes et de les cantonner ensuite dans des rôles subalternes ou même de brider leur progression. Voici donc quelques axes de réflexion :

Au sein de l’institution scolaire


- Mener des campagnes d’information auprès des élèves et de leurs parents pour que l’orientation, à l’issue de la classe de seconde, soit véritablement basée sur les savoirs des élèves, non sur une sous (ou sur) estimation d’eux-mêmes, non sur une anticipation des charges futures. En effet, c’est lors de l’orientation à l’issue de la classe de seconde que les filles choisissent massivement des filières moins prestigieuses que les garçons.
- Ouvrir les filières scientifiques et techniques ; ce qui suppose, par ailleurs, une politique industrielle audacieuse.
- Etablir des passerelles entre les filières littéraires et les filières techniques ou professionnelles qui favoriseraient la mixité tout en diversifiant les savoirs.
- Sensibiliser les responsables d’éducation sur l’aide à apporter aux garçons afin qu’ils intègrent mieux les règles de l’apprentissage scolaire.

Dans l’univers économique


L’écart salarial entre les sexes trahit un manque de réactivité des entreprises face à l’évolution de la société. Alors que l’école, même au travers d’une mixité inachevée, donne aux filles les mêmes chances que les garçons, l’entreprise peine à se défaire de modes de fonctionnement traditionnels où les cadres sont libérés d’une bonne part des contraintes familiales.

 

Il ne faudrait pourtant pas jeter la pierre aux seuls entrepreneurs. En effet, l’entreprise, tenue qu’elle est par la concurrence et l’obsession de la meilleure rentabilité à court terme, hésite souvent à investir dans le capital humain. On peut le déplorer mais c’est ainsi ! Il est donc du rôle de l’Etat, entre incitations et contraintes, d’aider à une évolution des entreprises.

 

Il faut :


- Une politique familiale audacieuse et innovante avec évidemment les équipements sociaux pour la petite enfance et pour la jeunesse mais aussi des lois permettant aux hommes de jouer leur rôle de parent au même titre que les femmes.

Aujourd’hui les congés d’éducation sont en théorie proposés aux deux parents mais face aux inégalités professionnelles, les couples optent très majoritairement pour un congé maternel. Choix qui alimente les inégalités ! La mise en place d’un congé rémunéré du père en alternance avec celui de la mère devrait être étudiée.


- La loi du 9 mai 2001, dite loi Génisson, exige que le rapport annuel de situation comparée présenté au comité d’entreprise dresse un bilan de la situation respective des femmes et des hommes. Mais sans pouvoirs autres que consultatifs que peuvent faire les syndicalistes une fois les inégalités constatées et déplorées ? La question se pose du pouvoir réel des forces sociales au sein de l’entreprise.


Emblème républicain par excellence, l’école
a transmis aux filles, peut-être à leur insu, le goût de l’insoumission à l’égard des rôles dans lesquels la société traditionnelle les cantonnait.

Le diplôme, arme des plus démunis, est devenu pour elles (comme d’ailleurs pour les enfants d’ouvriers) l’outil de leur émancipation. Mais l’aventure n’est pas totalement écrite, il reste à la société tout entière, pour son plus grand profit, à se saisir de cet immense progrès.


Pour une information plus complète sur le sujet lire l’annexe sur www.mrc-france.org.

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9 mars 2008 7 09 /03 /mars /2008 14:46

Les principes républicains d’égalité et de laïcité

 

Christine Tasin a écrit pour Riposte laïque n°31 un « point de vue », qui n’engage qu’elle, à l’occasion de la journée internationale de la femme, le 8 mars. Elle exprime sa sensibilité féminine personnelle, qui n’est pas triste, et aussi, et surtout, les avantages pour elle et pour les femmes de vivre dans une nation républicaine laïque.

 

Je lis avec intérêt les articles que Christine met en ligne sur son blog http://christinetasin.over-blog.fr. Il y a de la vie et de la spontanéité, de quoi réagir, parfois, et on y trouve de nombreux commentaires d’internautes, lecteurs fidèles et apporteurs de points de vue complémentaires.

 

Voici ce texte, paru ce 9 mars sur son blog.

 

« Femme... et si heureuse de l'être ! »

 

D'aucuns vont crier à la provocation, d'autres à l'ignorance, certains en appeler au péché d'orgueil… peu me chaut ! Certes, en cette veille du 8 mars, de la journée internationale de la femme, je n'oublie pas mes sœurs méprisées, battues, contraintes de supporter des salaires inférieurs à ceux des hommes, de faire double journée, à la maison et au boulot dans le meilleur des cas, ou de rester enfermées à la maison, de porter voile ou burka, d'être excisées, de supporter polygamie ou mariages forcés dans le pire des cas …

 

Je n'oublie pas non plus l'horreur absolue, ces femmes qui, tous les trois jours, meurent sous les coups (j'encourage toutes celles qui sont en situation de les rejoindre à rendre coup pour coup, si la force physique de leur bourreau n'est pas exceptionnelle).  

Merci à toutes les féministes qui ont fait évoluer les choses, merci à toutes les femmes qui ont réussi à dire non et à faire avancer les choses, parfois au prix de leur vie.

 

Mais on peut avoir deux conceptions du féminisme et, là-dessus comme sur d'autres sujets, la rédaction de "Riposte Laïque" peut vous proposer plusieurs points de vue.

 

En effet, le malheur des unes doit-il m'empêcher de clamer le bonheur d'être femme, jusqu'au bout des ongles, n'en déplaise à ceux qui refusent, à eux comme aux autres, le droit d'être heureux sous prétexte que ce monde est imparfait ?

 

Alors j'ai bien envie de chanter les bienfaits des principes républicains auxquels je dois ma jubilation : c'est parce que nous sommes dans une République LAÏQUE qui prône l'EGALITE que, malgré ma famille très modeste et inculte, je suis devenue professeur agrégé (l'école des années 70 permettait l'ascenseur social !) ; c'est parce que l'Etat, mon employeur, est obligé de respecter les principes républicains que je gagne la même chose que mes collègues masculins ; c'est parce que nous sommes dans un Etat laïque que je peux, comme mon père ou mon mari, conduire et m'habiller comme bon me semble ; c'est parce que je vis en France que je peux faire des chèques et prétendre à la même part d'héritage que mon frère ; c'est parce que Marianne me protège que je peux choisir mon mari et le quitter, choisir d'avoir ou pas des enfants… bref, j'ai les mêmes droits et devoirs que les hommes.

 

On m'objectera que j'ai la chance d'être blanche, d'avoir un métier, un emploi, une famille, un endroit agréable où vivre et que ce n'est pas le cas de la majorité des femmes. Certes, mais c'est parce que des millions de femmes sont comme moi que nous pouvons dire "c'est possible" que nous devons nous battre que pour que rien ne vienne remettre en question les principes républicains qui nous régissent.

 Rien, et surtout pas un possible retour du religieux dans la vie politique, mais, surtout pas, non plus, un retour du puritanisme moral féministe ; en effet, les deux peuvent se retrouver, castrateurs et tristes, dans la dénonciation du plaisir, de la sexualité féminine et même dans  l'utilisation du corps féminin, dans la publicité notamment ; or, le corps n'est pas impur, la beauté n'a pas à être cachée,  et je ne vois pas pourquoi on hurlerait devant une femme en sous-vêtements dans une voiture, quand un bel homme en pagne faisant la publicité pour une moto peut être une chose agréable à regarder !  "kaloskagathos : beau et bon" était l'idéal des Grecs. Ils savaient vivre !       

 

J'ajouterai, pour être tout à fait honnête, qu'être femme, contrairement à ce qu'affirment un certain nombre de féministes, présente, au-delà de l'égalité avec les hommes, de gouleyants avantages. J'ai envie de chanter un hymne aux différences sexuelles, au jeu de la séduction, au porte-jarretelles, aux talons hauts et aux robes fendues… 

 

Les pisse-froid peuvent bien s'ingénier à me prouver que je suis conditionnée à jouer mon rôle de prostituée privée, à complaire à mon seigneur et maître pour exister, que tout cela c'est du culturel et que la femme s'avilit en refusant de porter le jean unisexe ou le sac de patates, je leur ris au nez : c'est, justement, parce que j'existe, par ailleurs, en toute égalité, que j'ai mon indépendance et mes droits de citoyenne que tous les jeux amoureux – et égaux- sont possibles, que tous les plaisirs sont possibles, que l'on peut déguster et partager le "Carpe Diem" du vieil épicurien Horace…(qu'on soit hétéro ou homo, d'ailleurs, évidemment ! )

 

De la même façon, quoique dans un autre registre, je ne vois pas pourquoi, les mains dans la farine, je ne pétrirais pas allègrement mon pain, tandis que mon cher et tendre mettrait les siennes dans le cambouis, au motif qu'il faut faire exploser les rôles traditionnels …

 

Il se trouve que j'aime faire la cuisine, lui pas ; qu'il aime "bricoler " et que je déteste ça. C'est culturel ? On a été formatés à avoir ces goûts ? Peut-être, mais s'ils nous rendent heureux, s'ils concourent à notre équilibre, on ne va s'en priver ! Le reste n'est que littérature.

 

Christine Tasin dans : ETRE REPUBLICAIN

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