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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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18 octobre 2008 6 18 /10 /octobre /2008 16:38

 

M’PEP : cinq étapes pour reconstruire la gauche

 

Les signataires de l’appel initié par la revue Politis s’étaient donné rendez-vous le 11 octobre à Gennevilliers (voir L’appel de Politis pour une « nouvelle force » politique (L’Humanité du 13/10/08).

 

Après cette réunion, le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP - http://www.m-pep.org) a présenté, le 14 octobre, ses propositions sous le titre « 5 ETAPES POUR RECONSTRUIRE LA GAUCHE ».

 

Le M’PEP propose à toutes les forces de gauche un accord en 5 points :

 I.- S’unir à la base

La nouvelle force politique de gauche dont la France a besoin n’existera, se développera et n’intéressera les citoyens que si elle apparaît comme porteuse d’un projet collectif et s’enracine à l’échelon local. La définition du sens, des finalités et des formes de l’action militante de cette nouvelle force politique est une exploration à entreprendre dès maintenant. Autrement, une pratique politique de sommet s’imposera. C’est pourquoi le M’PEP propose que les militants des organisations favorables à la création d’une grande force de gauche s’organise aussi à l’échelle locale.

 II.- Agir par des campagnes communes

 Sans attendre l’élaboration d’une plateforme commune et la mise en place de premiers éléments d’organisation, c’est l’action unitaire qui devra prévaloir. C’est pourquoi les forces politiques situées à gauche ont une vocation naturelle à s’entendre pour mener des campagnes sur des sujets qui préoccupent ou devraient préoccuper les citoyens. Ces sujets sont parfaitement bien repérés. Il s’agit de l’emploi et du travail, de la sécurité, de l’éducation, des retraites, des transports en commun, de la santé, de l’environnement, de la laïcité... Dans l’immédiat, toutes les forces de la gauche doivent être mobilisées pour la défense de la Poste.

L’action devrait être menée sous forme de campagnes, ayant une date de début et une date de fin. Les campagnes peuvent avoir des objectifs variés : information et sensibilisation ; pétition ; préparation de manifestations ; conférences débat… L’idéal serait que ces forces politiques se rassemblent sous un label, acclimatant les citoyens afin de préparer le terrain pour les futures élections.

 III.- Elaborer un projet de gouvernement sur quelques points clé

Pour lancer une nouvelle dynamique de gauche, il faut un programme, un projet et une perspective s’inscrivant dans l’histoire. Il faut une suite à l’épopée de la gauche et du socialisme commencée en 1789. Mais une telle ambition demande du travail, beaucoup de travail.

C’est pourquoi le M’PEP veut participer au rassemblement de tous les groupes politiques qui cherchent dans cette direction, de sorte que de cette diversité jaillisse un projet fédérateur. Ce projet devrait concerner quelques points clé et s’élargir peu à peu : un domaine étendu de propriété sociale ; des droits opposables notamment celui de l’emploi ; une démocratisation généralisée de la société ; la promotion de la Charte de La Havane comme alternative au libre-échange.

Tout programme de gouvernement repose évidemment sur des présupposés idéologiques, implicites ou explicites. Le débat idéologique, on le sait, est nécessaire mais n’aboutira probablement pas à un accord. C’est pourquoi, tout en poursuivant le débat idéologique, les forces de gauche doivent être capables de se rassembler sur un programme de gouvernement concret. Le tout ou rien devra être proscrit. Aucune force ne pourra faire accepter toutes ses propositions aux autres. Il faudra donc que chacun accepte des compromis en distinguant ce qui va ou non dans le bon sens.

 IV.- Créer une structure de rassemblement entre mouvements et partis politiques

L’émiettement des forces de gauche peut être la pire ou la meilleure des choses. Il serait la pire des choses s’il devenait permanent, et qu’il se traduise par des attitudes sectaires ou le jeu des ego, comme au moment de la présidentielle de 2007. Mais cet émiettement peut être aussi la meilleure des choses si la mutualisation l’emporte sur la division. Car chaque groupe existant aujourd’hui à gauche possède sa propre spécificité. En rassemblant tous les groupes, ce sont les multiples facettes de la réalité qui seraient abordées, débouchant sur des propositions globales. Cette diversité doit être une richesse. Il faut donc créer un lien où ces groupes pourront engager le dialogue.

 V.- Préparer dès maintenant les prochaines échéances électorales

Le régime présidentiel pèse de plus en plus sur le système politique français. Il rend les alliances électorales très difficiles et favorise la bipolarisation. Mais il demeure, qu’on le veuille ou non, la clé de voûte des institutions françaises. Aucune force politique ne peut s’en échapper, sauf à se marginaliser et à disparaître du champ politique.

Toute élection présidentielle est une bataille politique à laquelle le M’PEP prendra part. Sa stratégie sera celle de l’union de la gauche dès le premier tour, y compris avec le PS si le contenu politique le permet. Autrement dit, le M’PEP est prêt à faire campagne pour un candidat commun de la gauche issu du Parti socialiste. Une telle décision, cependant, reposera sur un accord politique. Celui-ci devra comporter, évidemment, des engagements concernant la lutte contre les inégalités. Si ces engagements portent sur des mesures susceptibles de faire progresser significativement l’égalité, le M’PEP contribuera à faire élire le candidat qui les défendra.

Prenons un exemple avec le programme de Ségolène Royal à la présidentielle de 2007. Certes, ce programme, sur le papier, était « moins pire » que celui de Nicolas Sarkozy. Mais, rétrospectivement, le M’PEP n’y a vu aucune proposition susceptible de faire progresser significativement l’égalité. Si un candidat commun à la gauche, incluant le PS, ne peut pas être désigné, le M’PEP agira pour la présence d’un candidat commun de la gauche en dehors du PS, ce dernier étant disqualifié pour porter l’étiquette de gauche.

Enfin, si cette dernière hypothèse n’arrivait pas à voir le jour, le M’PEP n’écarte pas la possibilité de présenter son propre candidat ou sa propre candidate.

Mais il n’y a pas que l’élection présidentielle, il y a les élections européennes en 2009 et les élections régionales en 2010. Ces deux élections doivent être des étapes importantes dans la création de la nouvelle force politique de gauche que nous appelons de nos vœux, et pour préparer l’élection présidentielle de 2012. Un label de la gauche républicaine et sociale devrait pouvoir être accordé à des listes et candidats qui porteraient ses couleurs.

 

Voir aussi l’intervention de Jacques Nikinoff, porte-parole du M'PEP, le 6 septembre 2008, à l’université d’été MRC de Belfort :

 Les défis à relever. Les valeurs sur lesquelles reconstruire la gauche, par Jacques Nikonoff

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25 septembre 2008 4 25 /09 /septembre /2008 20:04

Les militants socialistes voteront pour le changement

 

Je continue de suivre de près la préparation du congrès du PS, car celui-ci aura de grandes conséquences sur l’avenir de la gauche ces prochaines années.

 

Dans l’histoire du PS, je considère que les congrès d’Epinay-sur-Seine (1971, fondateur) et de Metz (1979) ont été les plus marquants. Ils ont eu une incidence évidente sur la victoire de la gauche à l’élection présidentielle, le 10 mai 1981. Est-ce un hasard si ces deux congrès ont été aussi ceux de l’alliance décisive entre François Mitterrand et Jean-Pierre Chevènement ? Sûrement pas.

 

Je renvoie aux articles parus les 21 et 23 septembre sur ce blog pour le rappel des épisodes précédents, concernant ce congrès 2008.

 

PS : la logique est respectée dans les alliances internes de congrès - 21 septembre 2008

 

PS : six motions, dont quatre qui comptent, pour le vote du 6 novembre - 23 septembre 2008

 

Tout concourt pour que le congrès de Reims soit celui du changement.

 

Le PS est resté sur le non choix du congrès de Rennes, en 1990 (j’y étais). Les débats étaient vifs, intéressants, mais pollués par les rivalités entre Lionel Jospin, n° 2 du gouvernement, et Laurent Fabius, président de l’Assemblée nationale. Le premier s’était allié à Michel Rocard, premier ministre. Le second était le favori de François Mitterrand, président de la République. Mésentente cordiale entre ces deux derniers... Le congrès de Rennes fut un échec retentissant.

 

Lors du congrès de Brest (j’y étais), en 1997, Lionel Jospin, nouveau premier ministre, avait propulsé François Hollande pour le remplacer à la tête du PS, la majorité étant composée principalement de jospinistes et de rocardiens. De fait, comme j’ai pu l’observer au conseil national, pendant quatre ans (1997-2001), c’est Lionel Jospin, premier ministre, qui continuait d’imprimer sa marque aux orientations du parti.

 

Depuis 2002, la même ligne politique s’est imposée, les références à l’ancien premier ministre étant bien présentes, même si lui-même s’était éloigné.

 

Lors de ce congrès de Reims, non seulement la succession de François Hollande est en jeu, mais aussi celle de la ligne politique imposée par Jospin et Rocard jusqu’à présent.

 

La lecture des motions doit se faire sur cette base-là. Ceux qui assument le bilan de la gestion socialiste depuis 1995 sont regroupés autour de Bertrand Delanoë, François Hollande et Lionel Jospin. J’ai peine à croire qu’ils réussiront à trouver des alliés parmi les autres signataires de motions.

 

Il est vrai qu’il y a peu de différences, sur le fond, entre les textes Delanoë, Aubry et Collomb (trois grands maires, ce n’est pas un hasard). Le texte Hamon se distingue assez nettement sur le fond (voir  Au congrès du PS, tout le monde sera minoritaire  (Le Monde, 25 septembre).

 

Voici les propos, sur ce point, de Jean-Pierre Chevènement, tels qu’ils ont été rapportés par l’AFP, hier : Chevènement ne voit pas «très bien la différence» entre les motions du PS

 

La personnalité de Ségolène Royal la classe à part, presque en dehors du PS actuel (à tel point que François Hollande la soupçonne de vouloir créer un autre parti au cas où elle ne serait pas associée aux commandes du PS). Sa motion arrivera peut-être en tête des votes des adhérents le 6 novembre, mais elle-même devra se mettre en retrait pour qu’elle ait des chances de s’allier avec d’autres, lors du congrès. C’est ce qu’elle a commencé à faire en acceptant que le maire de Lyon soit le premier signataire de la motion qu’elle soutient.

 

Dans le contexte économique et social de crises multiples, et, compte tenu des échecs politiques assumés par la direction sortante, je crois que Martine Aubry et Benoît Hamon auront le vent en poupe, d’autant plus qu’un congrès se gagne par la gauche. Ils bénéficieront d’une dynamique auprès des militants.

 

N’oublions pas que Benoît Hamon était membre du cabinet de Martine Aubry lorsque celle-ci était la ministre de l’emploi et des affaires sociales, en 1997. J’en déduis que ces deux motions seront les plus compatibles sur le fond et sur la capacité de leurs signataires à travailler ensemble, en rupture avec la direction sortante. Elles seront bien placées pour trouver des alliés, si nécessaire, auprès des amis de Ségolène Royal.

 

Ainsi, des changements profonds devraient se produire à Reims, ouvrant des perspectives nouvelles pour la gauche dans son ensemble.

 

Pour s’informer sur les motions et leurs signataires, je propose la lecture de quelques articles en ligne.

 

PS : quatre « rassembleurs » et autant de divisions (Rue89, Julien Martin, 24 septembre)

Six "écuries" en lice pour le congrès (Le Monde, Michel Noblecourt, 25 septembre)

 

Des alliances à l'écologie, ce que disent les motions du PS (Le M, Jean-Michel Normand, 25 sept)

 

Le PS n'échappera pas à une clarification (Le Monde, Michel Noblecourt, 25 septembre)

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23 septembre 2008 2 23 /09 /septembre /2008 22:21

Benoît Hamon et l’aile gauche au complet

 

Le Conseil national du PS a enregistré ce soir six motions (textes d’orientation), qui seront présentés au vote des adhérents le 6 novembre. C’est conforme à ce qui se dessinait dimanche (voir PS : la logique est respectée dans les alliances internes de congrès - 21 septembre 2008).

 

En fait, quatre motions se partageront les votes ; les deux autres feront de la figuration.

Les gros bras sont les équipes Royal, Delanoë, Aubry et Hamon. Les deux autres sont « Utopia » et le « pôle écologique ».

Voir PS : 6 motions pour un fauteuil (Le Figaro, 23 septembre).

Les faits nouveaux sont les choix (difficiles, mais logiques) de Pierre Moscovici en faveur de la motion Delanoë et de Julien Dray en faveur de la motion Collomb-Royal d’une part, et le carton plein réalisé par Benoît Hamon, qui a rassemblé toute la gauche du PS (y compris Jean-Luc Mélenchon) d’autre part.   

Le Figaro, comme Marianne, prennent conscience que la gauche réunie peut jouer un rôle majeur dans ce congrès. Voici l’article signé Eric Dupin, paru sur le site de Marianne, ce 23 septembre.

La gauche du parti arbitrera-t-elle les rivalités internes au PS ?

Le congrès de Reims bouleverse la géographie du PS. Les courants traditionnels ont éclaté et l'affrontement ne se limite pas à celui des deux principaux présidentiables, Royal et Delanoë. Dans la bataille quadripolaire qui s'annonce, la gauche du parti pourrait jouer les arbitres.

La géographie politique du Parti socialiste est bouleversée à quelques mois du congrès de Reims. Les quatre principales motions déposées hier dessinent un drôle de paysage. L'affrontement annoncé, depuis des mois et des mois, entre Ségolène Royal et Bertrand Delanoë a cédé la place à une bataille quadripolaire aussi ambiguë qu'incertaine.

Les deux présidentiables les plus en vue – celle qui a déjà été candidate et celui qui voudrait l'être – sont certes toujours dans la course. Mais Royal et Delanoë ont dû prendre des gants. Consciente de l'affaiblissement de son influence dans le parti, la présidente de Poitou-Charentes s'abrite désormais derrière Gérard Collomb et les barons d'une « Ligne claire » qui ne mérite plus vraiment ce nom. Quant à l'ambition du maire de Paris, elle doit encore plus être dissimulée depuis le ralliement de Pierre Moscovici, l'homme qui était prêt à faire don de sa personne aux socialistes pour leur éviter de passer sous la coupe d'un présidentiable.

Les militants savent pourtant qu'en choisissant l'une de ces deux motions, ils avantageront Royal ou Delanoë dans la perspective de la présidentielle de 2012. Car ce n'est pas l'orientation de fond qui diffère vraiment entre elles. La nuance qui les distingue porte plutôt sur la pratique politique. La motion Collomb-Royal porte en germe une mutation du PS tandis que la motion Delanoë-Hollande incarne une certaine fidélité à sa tradition. Ce n'est pas un hasard si c'est la question de l'alliance avec le MoDem – envisagée par la première et rejetée par la seconde – qui apparaît ici la plus clivante.

On n'en saurait cependant exagérer la cohérence de ces deux motions. Le camp de la « mutation » est soutenu par certaines grosses fédérations comme les Bouches-du-Rhône qui n'ont jamais brillé par leur sens de l'innovation. Et le camp « traditionnel » de l'appareil hollandais est tout de même appuyé par bon nombre de rocardiens historiques. La confusion atteint cependant des sommets avec la troisième motion, emmenée par Martine Aubry. Celle-ci mêle des partisans de Laurent Fabius et de Dominique Strauss-Kahn. Elle balaie tellement large qu'elle risque de donner le tournis aux militants. La question stratégique de l'alliance au centre va d'ailleurs mettre mal à l'aise le maire de Lille qui a passé un accord local avec le MoDem dans sa propre ville. La motion Aubry pourra, au mieux, proposer une vaste redistribution des cartes et, au pire, un front du refus aux deux principaux présidentiables.

La motion Hamon va peser


Reste la motion la plus aisée à définir : celle du député européen Benoît Hamon. Pour la première fois depuis des lustres, la gauche du PS s'est unie autour d'un seul texte à proposer aux militants. Cette motion rassemble à la fois les amis d'Henri Emmanuelli, ceux de Paul Quilès et Marie-Noëlle Lienemann, de Jean-Luc Mélenchon et même de Pierre Larrouturou. S'y mêlent à la fois des vétérans de la gauche historique et des figures plus récentes. La clarté de son discours devrait lui assurer une audience non négligeable.

Or il suffira que la gauche du parti recueille entre 15% et 20% des mandats, un score qui semble tout à fait à sa portée, pour qu'elle puisse être en position d'arbitrer l'issue du congrès. Les motions Royal et Delanoë auront le plus grand mal à s'allier, rivalité d'ambitions oblige. La motion Aubry tentera également de jouer sa propre carte. L'appoint de la motion Hamon a donc toutes les chances d'être décisif pour forger la future majorité du PS.

 

Voir aussi Union «historique» de l'aile gauche du Parti socialiste (Le Figaro, 23 septembre).
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21 septembre 2008 7 21 /09 /septembre /2008 13:40

Royal, Aubry, Delanoë, Hamon dans l’ordre d’arrivée ?

 

Le parti socialiste prépare son congrès de novembre à Reims. Le 23 septembre, à 17 heures, il enregistrera les dépôts des motions (textes d’orientation du parti) qui seront soumises au vote des adhérents.

 

Selon les informations communiquées par la presse à ce jour, il y aura quatre motions de poids, c’est-à-dire sur lesquelles les militants socialistes porteront principalement leur attention :

-          l’alliance « présidentielle » de Ségolène Royal avec les élus de la « ligne claire »,

-          le pôle sortant de la direction du PS Delanoë - Hollande,

-          le rassemblement réalisé par Martine Aubry des anciens frères ennemis Fabius et Strauss-Kahn,

-          la gauche du PS avec ou sans Jean-Luc Mélenchon.

 

Derrière ces reclassements, il y a des raisons politiques de fond et des soucis tactiques, en relation avec la personnalité des dirigeants.

 

D’abord, le fond.

 

Ségolène Royal et ses amis rassemblent les pragmatiques réalistes, engagés dans les collectivités territoriales, plutôt classés à la droite du PS. Leur objectif est de rompre avec les pratiques antérieures et de rapprocher le PS du peuple.

 

La continuité des idées et des pratiques de l’alliance Rocard -Jospin est représentée par Bertrand Delanoë, serré de près par Lionel Jospin et François Hollande.

 

Le changement dans la continuité est porté par Martine Aubry, qui s’affirme plus à gauche, mais aussi plus proeuropéenne, dans le sens fédéraliste.

 

Avec Benoît Hamon, on retrouve les artisans et partisans d’une gauche dite décomplexée, cohérente à tous les niveaux de son action, y compris aux niveaux européen et mondial.

 

Ensuite, les questions de personnes.

 

D’une part, Martine Aubry et Bertrand Delanoë n’éprouvent aucune sympathie à l’égard de Ségolène Royal. D’autre part, celles et ceux qui veulent se démarquer de François Hollande et de la gestion passée se retrouvent dans les trois autres groupes.

 

- Ségolène Royal tire sa force de son implantation répartie dans de nombreux départements, dont le Rhône et les Bouches-du-Rhône, et de sa candidature à la dernière élection présidentielle.

 

- Martine Aubry est portée par les militants de sa région Nord-Pas-de-Calais et bénéficie de la bonne implantation nationale des élus fabiusiens. Elle représente à la fois la continuité et le changement par rapport à la gestion des dix dernières années. Son principal atout est de représenter une démarche volontariste, qui lui a déjà permis de rapprocher d'anciens partisans du oui et du non au référendum européen.

 

- Benoît Hamon et ses amis du Nouveau Parti Socialiste (ce qui reste de ce courant après les départs de Vincent Peillon vers Ségolène Royal et d’Arnaud Montebourg vers Martine Aubry) tranchent avec les trois autres par leur positionnement politique en faveur d’un rassemblement de toute la gauche et par leur fidélité au NON du 29 mai 2005.

 

Lire, à ce sujet, l’analyse rapportée par Xavier Dumoulin sur son blog citoyen, socialiste et républicain  Les quatre points cardinaux du Parti socialiste.

 

Se reporter aussi aux articles parus dans la presse en ligne, ces derniers jours :

 

Ségolène Royal se met entre parenthèses (Le Monde, 18 septembre).

Aubry prête à prendre «toutes ses responsabilités» à la tête du PS (Libération, 20 septembre).

 

 Aubry-Fabius-DSK : soyez réalistes, demandez l'impossible

Martine Aubry et les fabiusiens n’ont pas grand chose en commun  ? Une raison de plus pour faire alliance. La suite

Par Guillemette Faure | Rue89 | 20/09/2008 | 23H03

Voici un article paru sur www.marianne2.fr le 18 septembre.
Congrès PS: Hamon, Emmanuelli, Lienemann et Filoche présentent une motion

Henri Emmanuelli, Benoît Hamon, Marie-Noëlle Lienemann et Gérard Filoche, tous de l'aile gauche du Parti socialiste, ont décidé vendredi de déposer une motion commune en vue du congrès de Reims, pour "une gauche décomplexée".


MM. Emmanuelli et Hamon ne font donc pas alliance, à ce stade de la procédure du congrès, avec Martine Aubry, une hypothèse qu'ils avaient envisagée au tout début de l'été.


Les contributions "Reconquêtes" -défendue par l'eurodéputé Benoît Hamon et le député des Landes Henri Emmanuelli-, "Changer" portée par l'eurodéputée Marie-Noëlle Lienemann, et "D'abord redistribuer les richesses" de Gérard Filoche, "se rassemblent en vue de l'élaboration d'une motion pour le congrès de Reims", ont-ils annoncé dans un communiqué à quatre jours de la date-limite pour le dépôt des textes.


Ils ont appelé à les rejoindre "tous ceux qui partagent leur analyse et leur volonté d'affirmer un avenir pour le PS à gauche".


"Loin des synthèses molles et des meccano improbables, il faut au PS une majorité nouvelle et cohérente, qui incarne une gauche décomplexée et fière de ses valeurs", ont-ils estimé.


"Réussir ce Congrès, c'est en ressortir avec une ligne politique assumée sur le fond, une stratégie clarifiée sur les alliances, une équipe renouvelée", ont ajouté les signataires. "Nous proposons de construire un grand parti de la gauche, à la fois social, écologiste, laïc et populaire".


Ils ont égrené leur credo en "six priorités": "construire un nouveau pacte européen, redistribuer les richesses, réguler le libre échange, affirmer le rôle économique de la puissance publique, promouvoir une politique étrangère de gauche, agir pour une société de progression des droits et de l'égalité".


"Nos concitoyens ont besoin d'une gauche offensive pour s'opposer et inventive pour proposer", ont jugé les signataires.


"Le PS n'a plus gagné d'élection présidentielle depuis 20 ans ni de législative depuis 11 ans", ont-ils rappelé, en regrettent que "les querelles internes et le choc des ambitions l'emportent sur la nécessaire
confrontation d'idées".

 Les articles parus sur ce blog, concernant le congrès du PS sont ici Gauche France 2007-08
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3 septembre 2008 3 03 /09 /septembre /2008 20:16

 

Pétition contre la privatisation de la Poste

 

Les réunions se suivent avec entrain. Après celle du 2 juillet dernier (voir Les partis de gauche : leurs priorités pour la présidence française UE), le comité de liaison de la gauche n’a pas manqué, aujourd’hui, de prendre position sur la privatisation de la Poste.

 Hier, les organisations syndicales (CGT, SUD, CFDT, FO, CFTC, CGC) ont appelé ensemble (ce qui est rarissime) les salariés de La Poste à des grèves et manifestations le 23 septembre 2008, afin de mettre en échec le projet de modification du statut et d’ouverture du capital, voulu par le président de La Poste, avec l’appui du gouvernement.

Il me semble que nous tenons là l’opportunité de mettre en échec le pouvoir dans sa volonté de privatiser les services publics. C’est toute la France qui doit faire comprendre à ses représentants élus qu’ils doivent trouver d’autres solutions pour organiser le service postal.

Je reviendrai sur le contenu du projet et les réactions qu’il provoque. Dans l’immédiat, je me limite aux positions adoptées par les partis de gauche (dépêche AFP, 3 septembre).

Pétition commune PS, PCF, MRC, PRG contre la privatisation de la Poste

 

Les leaders des partis de la gauche François Hollande (PS), Marie-George Buffet (PCF), Jean-Pierre Chevènement (MRC) et Jean-Michel Baylet (PRG) ont décidé mercredi de lancer une pétition commune contre la privatisation de la Poste.

La rencontre a eu lieu au siège du PS, dans le cadre du "Comité de liaison de la gauche", en l'absence des Verts qui préféraient un "débat de fond".

François Hollande, premier secrétaire du PS, veut néanmoins "que les Verts soient pleinement associés aux décisions".

"Nous avons décidé trois choses, a-t-il résumé : réunion chaque mois à rythme régulier, avec réunion préparatoire; préparation d'un Forum, en octobre, avec pour thème "l'alternative politique dans la nouvelle phase de la mondialisation" et un sur le "progrès". Par ailleurs, sortira en fin de semaine "une pétition commune contre la privatisation de la Poste, sur le projet de loi tel qu'il nous est présenté", en liaison avec les syndicats et collectifs.

"Il faut qu'on lève des millions de signatures par rapport à un mauvais projet qui aboutirait à retirer la présence des services publics sur le territoire", assure le député de Corrèze.

Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, s'est en outre réjouie que "beaucoup de responsables de gauche vont se retrouver à la Fête de L'Humanité la semaine prochaine".

Pour Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de Gauche (PRG) qui avait voté en juillet la réforme de la Constitution, à la différence de la gauche, "nous sommes des partis différents" mais "les uns, les autres respectueux des positions de chacun". "La question est de montrer que nous sommes tous réunis pour une véritable alternative au pouvoir actuel", a-t-il dit.

Pour Jean-Pierre Chevènement, cette réunion a été "cordiale et constructive", notamment sur la "dangereuse privatisation" de la Poste.

Sur le RSA, également abordé, "nous sommes avec les radicaux de gauche relativement ouverts, plutôt pour un vote positif, pour une mesure qui va quand même dans le bon sens. Le PS a une position réservée", a observé M. Chevènement.

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31 août 2008 7 31 /08 /août /2008 22:55

Les dirigeants socialistes semblent loin des réalités 

 

Faisons le point après l’université d’été du PS à La Rochelle. Certes, il ne fallait pas attendre de cette université d’été qu’elle apporte des clarifications sur les textes d’orientation qui seront déposés dans trois semaines en vue du congrès de Reims. Mais nous en savons un peu plus sur les stratégies de rapprochements entre certains dirigeants, dans le but de constituer une majorité au congrès et lors de l’élection du premier secrétaire par les adhérents.

 

La première observation concerne la présidente de la Région Poitou-Charentes qui, à ce titre, comme chaque année, a ouvert les travaux de l’université d’été. Son intervention est reproduite sur son site Désirs d’avenir : Discours de Ségolène Royal lors de l'ouverture de l'université d'été du PS à La Rochelle. En voici un extrait significatif.

(…) D’immenses défis surgissent, de grands dangers menacent. La circulation folle de l’argent détruit les économies. La crise alimentaire plonge dans la malnutrition ou la famine des centaines de millions de personnes. La spéculation sur les matières premières fait rage. Les délocalisations sauvages se multiplient. Le coût du pétrole renchérit les prix. La crise écologique et climatique précipite les échéances. Dans de trop nombreux pays, les nationalismes, le terrorisme et les guerres régentent ce que nous n’arrivons pas à organiser politiquement. La voilà, la mondialisation malheureuse, celle que nous subissons.

Car la mondialisation n'entraîne pas que des désastres. D’immenses progrès ont aussi été accomplis. Il n’est pas trop tard : soit la mondialisation provoque un progrès de civilisation. C’est possible. Soit elle est porteuse de toujours plus de malheurs. C’est là le danger. Et la réponse, c'est encore et toujours de la volonté politique. En particulier la nôtre, à nous, les socialistes, à l’échelle de la planète.

L'heure n'est plus aux diagnostics tièdes, aux appréciations timorées, mais à la lucidité radicale. Oui, il y a besoin de radicalité, car ce ne sont plus simplement les effets du système qu’il faut dénoncer, mais ses fondements et ses présupposés. Pour mettre l’économie au service de l’homme sans détruire les trésors de la planète.

Nous socialistes, nous ne voulons pas que ce capitalisme nous arrache notre avenir et réduise à néant notre espoir de vivre paisiblement en humains parmi d’autres humains.

Une autre politique est possible, telle est là notre responsabilité historique ! (…).



Ségolène Royal tire sa force de son implantation locale. Elle cherche à convaincre les militants socialistes de voter pour sa motion. Elle s’appuiera ensuite sur ses résultats de vote au congrès pour convaincre les autres de la rejoindre au sein d’une coalition majoritaire.

Voici le commentaire, ce 31 août, de l’envoyé du Monde.fr à La Rochelle, Nabil Wakim, sous le titre

 

Les alliances se précisent au Parti socialiste

 

Ségolène Royal, toujours dans la partie socialiste.

 

(…) L’ex candidate socialiste continue à tenir le même discours : elle ne veut pas de combinaisons ou d’alliances contre-nature. Quasiment absente de La Rochelle, elle a rassemblé ses militants, vendredi soir, pour les encourager à aller défendre sa contribution “Combattre et proposer” dans leurs fédérations. Si Royal semble isolée dans le parti, elle a toujours un fort soutien militant, qu’il est difficile de quantifier. Ses partisans répètent que sa contribution a rassemblé 7 000 signataires sur les 14 000 recueillies par l’ensemble des textes. Elle s’est montrée offensive, vendredi, contre Nicolas Sarkozy, avec un discours radical contre les “fondements du système” (…) (Lire sa contribution).

 

Bertrand Delanoë, l’autorité et la fidélité.

Le maire de Paris a lui aussi profité de La Rochelle pour rassembler ses partisans. Il a reçu un nouveau soutien appuyé de Lionel Jospin. Et pourrait engranger un soutien de François Hollande, qui a commencé un rapprochement. Même si certains partisans du premier secrétaire souhaitent l’ouvrir plus largement. Julien Dray affirme croire encore à une synthèse Royal-Hollande-Delanoë. Une hypothèse toutefois peu probable. Car Delanoë a le même avantage et le même inconvénient, selon le point de vue, que Ségolène Royal : il est à la fois clair dans sa stratégie et présidentiable. Ses proches s’y voient déjà : “Arriver en tête au Congrès est possible, estime l’un deux, car nous sommes les plus clairs sur nos objectifs”.  (Lire sa contribution)

Martine Aubry, la troisième femme.

La maire de Lille pourrait avoir réalisé la bonne opération du week-end. A l’origine signataire de la contribution du Nord, une “fédé” qui pèse lourd, elle a reçu le soutien appuyé des fabiusiens, d’une partie des Strauss-kahniens et d’Arnaud Montebourg. Benoît Hamon et Henri Emmanuelli n’ont pas exclu de rejoindre cette alliance hétéroclite, cimentée par une vision commune du parti plutôt que par un accord sur le fond. Martine Aubry n’a pas encore fait connaître son intention, mais elle pourrait se déclarer rapidement. Seul problème : cet attelage a conduit à la marginalisation de Pierre Moscovici, qui n’a pas renoncé au poste de premier secrétaire. (Lire la contribution portée par Martine Aubry)

Pierre Moscovici veut une “ligne claire”.

Le député du Doubs a peu goûté la manière dont s’est opéré un rapprochement entre certains de ses amis (Cambadélis, Montebourg) avec Martine Aubry et Laurent Fabius. Il a annoncé, comme prévu, son alliance avec les grands élus de la “Ligne claire” : le maire de Lyon, Gérard Collomb, le président du Conseil général des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini, et Manuel Valls, notamment. Il reste ouvert à une alliance avec Aubry, mais sans les fabiusiens… et tout en restant candidat au poste de premier secrétaire. “Une question d’égo”, raillent ses adversaires. “Une question de cohérence, contre les combinaisons politiques”, répond-il. Mais au sortir de La Rochelle, il n’apparaît pas renforcé au sein du parti. (Lire sa contribution)

La gauche du PS, l’impossible alliance ?

Le duo Hamon-Emmanuelli, qui a annoncé une fusion avec le texte de Marie-Noëlle Lienemann, se serait donné une dizaine de jours pour trancher entre une alliance avec Martine Aubry, hypothèse qui leur permettrait de participer à une éventuelle majorité et le rapprochement avec les autres composantes de la gauche du PS. Jean-Luc Mélenchon a  déjà annoncé son intention de présenter une motion avec Marc Dolez, avec ou sans les autres composantes de la gauche du PS. (Lire les contributions de Benoît Hamon et Henri Emmanuelli , de Jean-Luc Mélenchon , de Marie-Noëlle Lienemann , de Gérard Filoche , de Marc Dolez).

Au sortir de La Rochelle, le paysage politique socialiste est toujours un champ de bataille entre personnalités. A l’heure actuelle, trois ou quatre motions  (Delanoë, Royal, Aubry, Moscovici) issus de la majorité actuelle pourraient voir le jour : et tous peuvent prétendre arriver en tête lors du vote des militants. Mais d’ici au 23 septembre, date de dépôt des motions pour le congrès de Reims, les lignes peuvent encore beaucoup bouger.


Pour compléter le tableau, notamment sur les prétendus « reconstructeurs », lire l’article paru ce 31 août sous la signature d’Eric Dupin (Marianne) Quand la droite et la gauche du PS tentent de s'allier contre son centre.


Lire aussi, sur les sites de Paul Quilès
PS : regroupement à gauche et de Jean-Luc Mélenchon UN CIRQUE INACCEPTABLE.

 

Et, sur son blog, Jean-Pierre Chevènement a reproduit le communiqué de l’AFP paru ce jour Chevènement (MRC): «il est temps que le PS se reprenne».

 

Voir les textes parus sur ce blog à ce sujet Gauche France 2007-08 et, en particulier, Michel Sorin : le PS est placé devant un choix déterminant pour son avenir - 30 novembre 2007.

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13 août 2008 3 13 /08 /août /2008 15:21

Le socialisme est l’alternative au capitalisme

 

Les prises de position des leaders du PS en vue de leur congrès sont consternantes. On comprend pourquoi ils ont perdu la confiance des Français et, en premier lieu, des milieux populaires. Que voit-on ? Des tentatives de rapprochement par certains en évitant les autres. Des petites guerres internes qui ne sont pas à la hauteur des enjeux politiques du moment. Mais pas de renouveau de la pensée socialiste. Désespérant.

 

Pour bien comprendre, il faut partir du dépôt des contributions (voir  PS : 21 contributions à caractère général déposées pour le congrès - 3 juillet 2008), puis faire un arrêt, fin juillet, sur la situation du PS au moment où Paul Quilès rappelait ce que fut l’action de Jaurès en faveur du socialisme (voir Paul Quilès demande aux socialistes de relire Jaurès le rassembleur - 31 juillet 2008).

Voir aussi un blog (hébergé par Le Monde) PS : le grand troc avant le grand choix sans être obligé d’adopter, telle quelle, la proposition de solution.

 

Tout récemment, nous avons observé comment la gauche allemande se débat dans ses difficultés (voir La gauche allemande, divisée, cherche la voie qui conduit au pouvoir - 11 août 2008). Aujourd’hui, nous allons, à nouveau, écouter aux portes du principal parti de la gauche française.

 

D’un côté, Pierre Moscovici cherche à rassembler les anti-Royal et anti-Hollande, avec l’appui, lointain, de Dominique Strauss-Kahn, et, plus proche, de Martine Aubry et de Laurent Fabius.

De l’autre, Julien Dray fait de même avec les pro-Royal et pro-Hollande en tentant d’aller plus loin.

 

Ce qui est plus surprenant est le peu d’empressement des différents courants de gauche à se rassembler. La tactique peut l’expliquer, à condition qu’elle ne cache pas une forme de résignation.

Lire, à ce sujet, La droite proclame avoir gagné “la bataille idéologique” quand la gauche du PS se cherche encore et toujours … (blog citoyen, socialiste et républicain, de Xavier Dumoulin).

 

Les animateurs de Gauche Avenir ont exprimé leur inquiétude dans un article paru hier sur le site de Libération, rubrique Rebonds :

 

Pour que demain ne soit pas comme aujourd’hui

 

Quel décalage ! Le chômage augmente. La croissance ne cesse de chuter. La moitié des Français ne part pas en vacances. Nicolas Sarkozy annonce qu’il va poursuivre à marche forcée ses «réformes». Le moral de nos concitoyens est en berne et le mécontentement est profond. Pendant ce temps, les dirigeants socialistes s’engluent dans la préparation du congrès de Reims !

Les militants sont déboussolés, les sympathisants déçus, le peuple de gauche circonspect, voire quelquefois en colère. Plébiscité localement, le PS stagne nationalement. Il peine à incarner une opposition déterminée à Sarkozy. Il ne parvient pas à relayer efficacement les aspirations de sa base sociale et paraît peu crédible comme force de transformation sociale. Pire encore, au moment où le système craque de partout, certains de ses dirigeants semblent découvrir les vertus de l’économie libérale et du marché.

A cela s’ajoute l’exaspérant «feuilleton» socialiste de l’été, fait de petites intrigues, de mini rebondissements, de «téléphones qui chauffent», d’alliances de dernière minute. L’heure est, dit-on, à la recherche de «mini-synthèses». «Mini» : le terme est pertinent tant les textes proposés ressemblent à un sympathique enfilage de perles. Leur ligne : «Dorénavant, c’est comme avant»

Créer un «parti socialiste cohérent et solidaire», susciter une «dynamique de changement», «préparer une véritable alternative», vouloir une «une mutation politique maîtrisée», «être à la hauteur des défis du socialisme moderne dans la mondialisation». Qui au PS refuserait d’adhérer à cette sorte de minimum socialiste garanti ? Le problème – et il est de taille — c’est qu’aucune réponse n’est apportée aux insuffisances qui sont la cause depuis des années de nos défaites successives aux élections nationales.

Ce rassemblement sur des bases minimales, simple redistribution des cartes entre les mêmes mains, risque de devenir un scénario catastrophe. Il est indispensable de proposer pour le congrès de Reims une autre voie, fondée sur une nouvelle dynamique unitaire, tant entre socialistes qu’avec toute la gauche, sur un renouveau des analyses, des pratiques et des propositions, autour d’objectifs de transformation profonde d’un système en crise. Pour nos concitoyens, «changer la vie» n’est pas un slogan vide de sens, parce qu’ils n’en peuvent plus de subir des injustices criantes, des reculs sociaux mais aussi de ne pouvoir espérer.

Comment ne pas voir que la victoire future passe d’abord par la reconquête idéologique, indispensable tant les promoteurs du libéralisme se sont échinés à disqualifier toute remise en cause, toute recherche d’une autre politique. Une partie de la gauche européenne a malheureusement laissé croire que la politique n’était désormais qu’un arbitrage entre deux pragmatismes au sein d’un système incontestable*.

Renouer avec le combat pour la transformation sociale, c’est remettre en cause le libre échange généralisé, réorienter la construction européenne, défendre un retour efficace de l’intervention publique, inventer un nouveau compromis social favorable au monde du travail : face à l’urgence sociale et écologique, les remèdes homéopathiques ne suffisent plus.

Mais le succès électoral se bâtit aussi autour d’une stratégie claire. L’alliance au centre est une impasse, le cartel électoral de la gauche de gouvernement est insuffisant. Ce qu’il faut, c’est une nouvelle étape de l’unité de la gauche. Tout plaide aujourd’hui pour la préparation d’un parti de toute la gauche qui fédère les partis existants (PS, PC, Verts, MRC, PRG....) et surtout qui crée un mouvement d’entraînement de celles et ceux qui, de plus en plus nombreux, ne se reconnaissent pas dans le paysage actuel de la gauche.

La réalité est que le neuf ne peut venir que de la gauche et des forces contestatrices souvent portées par la jeunesse, que notre parti a trop souvent anesthésiées. Elles ne pourront peut-être pas relever seules le défi, mais, sans elles et sans le nouveau cap stratégique, celui de l’unité de la gauche, sans des propositions qui rompent avec l’accompagnement du libéralisme et du capitalisme financier, demain sera comme aujourd’hui.

La gauche n’a pas disparu. Contrairement à une partie de ses dirigeants prompts à traquer «l’archaïsme» et tentés par le renoncement, des millions d’hommes et de femmes continuent de croire en l’actualité de ses valeurs, à la pertinence de sa grille de lecture de la société, à sa mission historique, à ses luttes.

Les guerres picrocholines entre prétendants socialistes ne sauraient longtemps cacher le fait que ceux qui s’affrontent n’ont pas vraiment décidé d’incarner une vision d’avenir et qu’aucun leader ne s’impose de façon évidente. C’est probablement la raison pour laquelle ils tentent d’accréditer la thèse selon laquelle la «gauche du PS» serait totalement hors jeu. Cette affirmation est aussi peu fondée que celle concernant la prétendue disparition de la gauche dans le paysage politique français et elle risque de conduire aux mêmes impasses.

Celles et ceux qui ont déposé, en vue du congrès de Reims, des contributions souvent convergentes sur des choix clairement de gauche ont une responsabilité particulière. Ils ne doivent pas sous-estimer leur influence et montrer leur volonté de rassembler, pour que le PS sorte de son enlisement et qu’il adopte une stratégie capable de remettre la gauche en mouvement.

 * C’est aussi l’avis de l’UMP, qui considère que le choix est entre le capitalisme libéral et le capitalisme autoritaire (Voir Libéralisme et autoritarisme, le choc des modèles).

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31 juillet 2008 4 31 /07 /juillet /2008 22:38

Au PS, des alliances se nouent en vue du congrès

 

La référence à Jaurès, assassiné le 31 juillet 1914, que je découvre dans deux Rebonds de Libé sur www.liberation.fr, ce 31 juillet 2008, m’incite à faire le point sur la façon dont le PS prépare son congrès de novembre.

Paul Quilès a raison de recommander à ses collègues socialistes de relire Jean Jaurès. Ils y trouveraient l’inspiration pour réussir leur congrès. L’ancien ministre, qui fut l’un des responsables du PS avant 1981, et député pendant 14 ans, entre 1993 et 2007, de la circonscription de Jaurès à Carmaux (Tarn), est aussi l’un des fondateurs du mouvement Gauche Avenir (voir son blog http://paul.quiles.over-blog.com).

 

Voici ce qu’il écrit dans l’article paru dans le quotidien Libération ce jour.

 

Socialistes, il est encore temps de relire Jaurès

 

Ce 31 juillet 1914, un cri s’élève dans les rues de Carmaux : «Ils ont tué Jaurès… Terrible tragédie, qui se poursuit le lendemain par la déclaration de guerre. C’est à Carmaux que le grand tribun que fut Jean Jaurès a mené ses premiers combats aux côtés des mineurs et des verriers et qu’il a façonné les chemins de sa pensée politique (…).

Modernité et actualité… que d’affirmer la nécessité d’aller plus loin dans l’approfondissement de la République, que de répéter que les droits sociaux sont indissociables des droits politiques, que de combattre pour l’abolition de la peine de mort, que de plaider pour l’arbitrage international des conflits et de rejeter les solutions militaires pour les résoudre. Il faut relire Jaurès, quand on est de gauche. Méditer son histoire, sa pensée et surtout sa pratique. Celle d’un Jaurès à la fois intellectuel et philosophe brillant, homme politique influent, journaliste courageux, militant socialiste ardent et sans tache, parlementaire actif, présent sur tous les terrains, sachant faire la synthèse entre l’action locale, les discours à la tribune de la Chambre des députés, les débats dans les congrès de son parti et l’action au sein de l’Internationale socialiste.

Orateur exceptionnel, qui maniait le verbe avec un rare bonheur devant tous les publics, Jaurès ne cédait jamais à la démagogie, même sur la forme, puisqu’il considérait qu’il ne fallait pas mépriser le peuple en réservant la belle langue aux élites.

Mais la grandeur de Jaurès, c’était probablement d’agir, car qu’est-ce que la parole sans l’acte ? Et Jaurès n’a cessé d’agir : pour la paix, contre la guerre ; pour l’unité des socialistes ; pour la défense des plus humbles ; pour la justice (son combat pour la réhabilitation du capitaine Dreyfus). Comme il agissait, il était critiqué, détesté. Nul ne fut plus que Jaurès l’objet d’un tel dénigrement, d’une telle haine.

Avec le temps, on a parfois tendance à donner de lui une image consensuelle, presque «bonhomme», alors qu’il était un homme au tempérament fort, un lutteur déterminé à défendre à tout prix ses convictions. Il en fut d’ailleurs la victime, le 31 juillet 1914. Ce jour-là, son assassin pensait tuer tout ce qu’il représentait. Près d’un siècle plus tard, sa mémoire demeure bien vivante, son message de paix reste toujours actuel (…).

Voir aussi l’article de Gilles Candar, qui complète celui de son ami Quilès.

«Le courage, c’est dire la vérité sans subir la loi du mensonge triomphant»


Retour au PS. Nous en étions restés au dépôt des contributions (voir PS : 21 contributions à caractère général déposées pour le congrès - 3 juillet 2008).

Le président de la République, avec sa réforme des institutions (Congrès du Parlement : la réforme des institutions adoptée de justesse - 21 juillet 2008), n’a pas rendu la vie facile aux socialistes.

Le PS "n'aura été ni en capacité de faire échec" à la réforme de la Constitution "ni en situation de l'infléchir", accusent ces quatre personnalités* qui avaient déjà signé en mai, avec quatorze autres élus socialistes, une tribune dans Le Monde intitulée "Donnons une chance à la réforme". "Ce résultat est le fruit d'une double erreur d'appréciation", estiment les quatre députés (Le Monde, 23 juillet).  * Christophe Caresche (Paris), Jean-Marie Le Guen (Paris), Gaëtan Gorce (Nièvre) et Manuel Valls (Essonne).

« Alors que Ségolène Royal est critiquée dans son propre camp pour son opposition systématique à Sarkozy, ses proches affirment que la politique du président «ne se divise pas» et forme «un bloc» (Libération, 29 juillet).

 

Dans une tribune publiée dans le Monde daté de mercredi, sept proches de la candidate au poste de premier secrétaire du PS défendent sa stratégie de «fermeté» face à la politique de Nicolas Sarkozy, qui, selon eux, «ne se divise» pas mais est «un bloc».

Le texte est signé par le sénateur David Assouline, les députés Delphine Batho, Jean-Louis Bianco, Aurélie Filippetti et Guillaume Garot, par le député européen Vincent Peillon, la maire du 4e arr. de Paris Dominique Bertinoti, et par l’avocat Jean-Pierre Mignard. Ces élus répondent aux quatre députés socialistes qui, au lendemain du vote de la réforme des institutions, avaient critiqué la stratégie d’opposition «systématique» au chef de l’Etat, pratiquée selon eux par le PS ».

« Pour un Parti socialiste cohérent et solidaire », tel est le titre de l’article paru dans Libération le 28 juillet, signé par des proches de François Hollande et d’autres personnalités, comme Pierre Mauroy. « Dans le cadre de la préparation du congrès du Parti socialiste, prévu en novembre, l’essentiel du débat ne peut plus être entre nous. Il doit être une confrontation idéologique avec la droite et devant les Français ».

 Ils disent partager "le dessein d'un socialisme moderne, d'une Europe politique, du retour des valeurs de la gauche". Le texte aux accents de réquisitoire contre la direction sortante, poursuit: "Pendant dix ans, la promesse du rassemblement a été l'excuse de bien des renoncements. Il faut changer, nous devons être à la hauteur des défis du socialisme moderne dans la mondialisation".

Ce qui s’amorce, à travers ces diverses déclarations, c’est le rassemblement des partisans de Strauss-Kahn, Delanoë, Aubry, Jospin, qui veulent construire une majorité aux dépens de François Hollande et Ségolène Royal. Ceux-ci adoptent une posture ferme anti-Sarkozy, reprochant aux autres d’être trop conciliants avec la politique du président de la République.

Pour sa part, Razzy Hammadi, proche de François Hollande, se tourne vers Benoît Hamon.

PS : Hammadi réclame un "big bang générationnel"

Le 26 juillet, sur le site du Nouvel Observateur, « le secrétaire national du Parti socialiste à la Riposte plaide pour un renouvellement de la direction du parti. Il appelle les socialistes "à se ressaisir vite" afin d'être "digne de la confiance des Français".

"Nous devons de nouveau savoir être de gauche, avoir une capacité d'indignation", a expliqué le secrétaire national en déplorant que le PS ait laissé passer "comme des lettres à la poste" des lois modifiant profondément le droit du travail et l'ordre social.

Pour Razzy Hammadi, l'eurodéputé Benoît Hamon, un des leaders de la gauche du parti, représente un espoir puisqu'il incarne à la fois "l'exigence intellectuelle et le renouveau générationnel".

A suivre …

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16 juillet 2008 3 16 /07 /juillet /2008 13:25

 

Bayrou ou Chevènement, le démocrate ou le républicain

 

Compte tenu de l’état de délabrement du paysage politique que laissera Sarkozy, au plus tard en 2012, l’heure des non-conformistes durs à cuire est venue, des hommes d’Etat qui auront su dire non et seront restés fermes sur leurs convictions dans les tempêtes.

J’en vois deux, capables de coagulation populaire autour de leur nom, François Bayrou à droite (car il peut attirer à lui une partie de la gauche) et Jean-Pierre Chevènement à gauche (qui est crédible pour une partie de la droite).

L’hebdomadaire Marianne a un faible pour Bayrou, chacun le sait et son directeur ne le cache pas. Le 14 juillet, sur son site, on pouvait lire  Le Bayrou nouveau est arrivé. Celui-là peut gagner. Malakine « n'hésite pas à écrire ce qu'aucun analyste politique n'ose prédire : un scénario gagnant pour François Bayrou en 2012 ».

« (…) Bayrou n'est plus le tenant d'une démocratie rationalisée et apaisée, à l'allemande ou la bruxelloise : Il est l'ultime défenseur du modèle politique et social français que Sarkozy, ce néoconservateur libéral fasciné par le modèle américain, entreprendrait de détruire consciencieusement.

Il n'est plus l'apôtre de la construction européenne et de son œuvre de normalisation libérale. Il se range désormais dans le rang des eurocritiques en appelant lui aussi à une « autre Europe » qui protège notre civilisation, notre identité et notre modèle social. Il n'est plus l'homme de la raisonnable synthèse entre la droite et de la gauche. Il se range résolument dans un camp, celui de l'anti-sarkozysme, et veut prendre la tête d'un vaste front républicain » (…).

 

A en croire l’auteur de cet article, Bayrou est un opportuniste qui anticipe l’échec du président actuel et se positionne en défenseur du modèle républicain. Mais le fondateur du Mouvement démocrate est-il le mieux placé pour défendre le modèle républicain français ? Et, seconde question, où est la gauche dans ce scénario Bayrou, qui semble passer sous silence le fait que François Bayrou veut affaiblir et effacer la gauche , et non la rassembler ?

 

Paraphrasant Malakine, je n’hésite pas à écrire ce qu’aucun analyste n’ose prédire : un autre scénario qui ferait de Jean-Pierre Chevènement le rassembleur de la gauche républicaine, défenseur du modèle républicain et social français.

 

Le récent congrès du Mouvement Républicain et Citoyen, les 21 et 22 juin, a démontré sa capacité à rassembler le MRC sur une ligne républicaine de gauche. Il s’agit maintenant d’occuper tout l’espace de la gauche républicaine, afin de convaincre le reste de la gauche de la validité de cette ligne politique républicaine et de la stratégie du rassemblement de toute la gauche.

 

Je renvoie aux articles parus sur ce blog depuis un an, dans lesquels j’ai évoqué cette perspective. En voici quelques échantillons.

 

Appel de Michel Sorin aux républicains pour peser sur la refondation de la gauche - 15 juillet 2007

 

« (…) Rassemblons-nous autour de l’idée républicaine dans l’objectif d’en faire un projet politique qui puisse peser dans le projet de la gauche en refondation ».

 

Michel Sorin : le MRC doit être le levain républicain de la gauche à refonder - 17 juillet 2007

«  (…) Le MRC ne peut être un « levain » de cette gauche nouvelle que s’il devient une force citoyenne et militante, dans le but de créer les conditions de la refondation de la gauche » (…). Nous avons besoin de JP Chevènement comme lui-même a besoin de nous ».

Michel Sorin : oui à un nouvel Epinay, avec JP Chevènement dans le rôle de F Mitterrand - 3 avril 2008

 

« Jean-Pierre Chevènement peut jouer un rôle primordial dans le rassemblement de la gauche (et, au-delà, des gaullistes sociaux refusant l’atlantisme et le néo-libéralisme du président de la République) ».

Du Congrès du Kremlin-Bicêtre à la refondation républicaine de la gauche : Soyons l’aiguillon de la reconquête ! Par Jean Pierre Chevènement

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7 juillet 2008 1 07 /07 /juillet /2008 10:44

 

L’accord du 1er juillet 2008 ouvre des perspectives

 

La France préside le Conseil de l’Union européenne durant le second semestre 2008. Elle le fait avec la volonté de convaincre les 26 autres chefs d’Etat et de gouvernement que l’UE doit s’adapter aux impératifs du capitalisme financier et de la globalisation néolibérale.

 

Par bonheur, le 1er juillet, à Paris, la gauche française adoptait une déclaration commune mettant en avant des points de convergence sur ce que devrait être la réorientation de la construction européenne. C’est une bonne nouvelle, dont la presse a peu parlé, ce qui n’a rien de surprenant.

Les lectrices et lecteurs de ce blog en ont pris connaissance par cet article, paru le 2 juillet : Les partis de gauche : leurs priorités pour la présidence française UE.

 

Le secrétariat national du MRC a opté pour une large diffusion de ce texte, qui ouvre des perspectives de débat au sein de la gauche en ce qui concerne la réorientation européenne. Voici la version MRC 53 de ce document.

 

LES PRIORITÉS DE LA PRÉSIDENCE FRANÇAISE DE L’UNION EUROPÉENNE

 

DÉCLARATION COMMUNE DU MRC, DU PCF, DU PRG ET DU PS

 

Cette déclaration a été adoptée le 1er juillet 2008, à l’unanimité, au siège du PCF, par les quatre partis de la gauche (MRC, PS, PC, PRG) réunis dans le cadre du comité de liaison de la gauche et en l’absence des Verts.

 

Elle traduit un accord large sur l’attitude que la gauche doit adopter face à la Présidence française de l’Union Européenne. Elle balise des points de convergence de fond sur ce que doit être la réorientation européenne en même temps qu’elle ouvre des perspectives très intéressantes de débat au sein de la gauche.

 

Les priorités de la présidence française de l’Union européenne sont fixées. Elles concernent principalement : l’immigration, l’Union pour la Méditerranée, l’environnement et la lutte contre le changement climatique, l’énergie, la politique de défense.

 

En arrière plan, le gouvernement français prévoit également d’aborder la question de la réforme de la PAC, de l’Europe du futur, de la politique économique, de l’influence de l’Europe sur la scène internationale, du renouvellement des institutions européennes.

 

Le référendum irlandais qui a vu la nette victoire du non ne traduit pas un rejet de l’Europe mais une exigence de réorientation des politiques en clarifiant les priorités de la construction européenne.

 

C’est ce qu’entend proposer la gauche, à un moment où le gouvernement, en acceptant un compromis sur le temps de travail au niveau européen, fait sauter la durée légale pourtant fixée à 48h hebdomadaire. Ce choix fait au nom de la France par Nicolas Sarkozy est significatif de ce que va être cette présidence : transposer à l’échelle de l’Europe la politique aujourd’hui conduite en France. C’est le choix de l’adaptation à la globalisation économique libérale.

 

Face aux conséquences de ces choix de Nicolas Sarkozy, les partis de gauche proposent d’autres priorités pour la présidence française de l’Union européenne, qui permettent de répondre à la fois aux attentes sociales, aux enjeux environnementaux, à la préservation de la paix, à la coopération et au développement avec l’Afrique et la Méditerranée.

 

CELA IMPLIQUE LA DÉFINITION DE PRIORITÉS.

 

1ère priorité : La question sociale en Europe : croissance, emploi, pouvoir d’achat, salaires, retraites.

 

Cette question sociale ne peut être affrontée sans réorientation de la stratégie économique qui prévaut en Europe aujourd’hui. Elle implique que la question sociale soit au coeur de la coordination des politiques économiques dans la zone euro et un changement des objectifs de la Banque centrale.

Les droits sociaux existants doivent être préservés, notamment en ce qui concerne le droit du travail.

 

De même, la lutte pour l’emploi, la sécurisation des salariés contre la précarisation des conditions de travail doit être une priorité pour l’Europe. Elle doit notamment avoir pour objectif l’instauration d’un salaire minimum dans tous les pays européens.

 

Il s’agit pour les partis de gauche de renforcer et d’harmoniser les politiques sociales protectrices à l’échelle européenne, de garantir une clause de sauvegarde sociale pour qu’aucune directive relative au marché intérieur ne remette en cause les droits sociaux existants dans un Etat membre.

 

2ème priorité : Contrôler les marchés financiers, modifier la politique monétaire et de crédit de la BCE.

 

Face à la crise financière, qui traduit une crise profonde du système financier mondial, il faut renforcer les pouvoirs de contrôle des marchés financiers et modifier la politique monétaire et de crédit de la Banque centrale européenne au profit de l’emploi, de la recherche, de la formation et de l’investissement dans les grandes infrastructures de transport collectif et de communication.

 

3ème priorité : L’environnement et la lutte contre le réchauffement climatique

 

Lancer une vraie politique européenne pour l’environnement et la lutte contre le réchauffement climatique. Cette politique doit concrétiser les objectifs visant à réduire de 20 % les émissions de gaz à effet de serre, à développer les énergies renouvelables, les économies d’énergie et lancer les bases d’une fiscalité environnementale. L’Europe doit défendre le principe du service public de l’énergie, et tirer les leçons des politiques de libéralisation du marché de l’énergie menées depuis une dizaine d’années.

 

4ème priorité : Les services publics

 

Promouvoir et protéger les services publics, en particulier par la mise en oeuvre d’une directive cadre sur les services publics.

 

5ème priorité : Politique agricole commune et préférence communautaire

 

Face à la crise alimentaire, il faut affirmer l’impératif d’une Politique agricole commune et le maintien d’une préférence communautaire dans le contexte de cette crise mondiale. Cela implique aussi la régulation des marchés agricoles et la prise en compte de l’environnement et de l’aménagement du territoire rural.

 

6ème priorité : Une politique internationale européenne

 

Concevoir une politique internationale européenne qui refuse tout alignement sur la politique américaine. A propos de l’Afghanistan, cette politique doit privilégier l’aide au développement promis par les Nations Unies et non pas l’envoi de troupes.

 

7ème priorité : Le développement de l’Afrique ; un partenariat euro-méditerranéen

 

Engager une politique européenne ambitieuse pour le développement de l’Afrique, s’appuyant sur la suppression de la dette au profit d’investissements locaux dans les infrastructures, l’éducation, la santé et l’écologie en construisant un vrai partenariat euro-méditerranéen qui respecte les engagements en termes d’aide publique au développement et des initiatives fortes pour la paix au Proche-Orient. La politique d’immigration doit être fondée sur un vrai co-développement et non sur la seule vision sécuritaire et répressive du président de la République.

 

PRENDRE CONTACT, ADHERER AU MRC

 

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MRC - 9 rue du Faubourg Poissonnière - 75009 PARIS / 01 44 83 83 00

contact@mrc-france.org http://www.mrc-france.org

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