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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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11 décembre 2007 2 11 /12 /décembre /2007 22:52

Une ou deux gauches, selon les choix du 4 février

 

On s’achemine vers une réunion du Congrès à Versailles le 4 février. Ce jour-là, les députés et sénateurs français seront invités par le président de la République à adopter la réforme constitutionnelle préalable à la ratification du traité de Lisbonne par la voie parlementaire.

 

On saura, le 4 février, si la gauche dite de gouvernement sera capable de se refonder et se rassembler, ou bien si elle se divisera en deux composantes, à l’image de ce qui se passe en Allemagne et de ce qui se prépare en Italie.

 

Tout dépendra du choix des parlementaires socialistes. Si leur vote est favorable à la réforme de la Constitution, ils fermeront la voie du référendum. Dans le cas contraire, ils ouvriront la voie de la consultation du peuple français par référendum pour ratifier le traité adopté par les Chefs d’Etat et de gouvernement à Lisbonne le 19 octobre dernier.

 

Sans réorientation de la politique européenne, impossible de se donner les moyens d’une vraie politique alternative favorable à l’emploi productif et durable.

 

C’est le sens de ce que j’écrivais le 4 décembre sur ce blog dans l’article intitulé

« Gauche démocrate et gauche républicaine, Chevènement et Royal proposent deux visions de la gauche ».

 

- Ségolène Royal s’inspire de l’Italie et de l’alliance entre la gauche démocrate et les partis du centre-gauche, qui ne mettent pas du tout en cause l’orientation néolibérale de la construction européenne. Elle ne s’attaque pas aux causes des difficultés ressenties par les citoyens.

 

- Jean-Pierre Chevènement, avec d’autres,  propose que les pouvoirs publics s’interposent afin de limiter les effets négatifs de la mondialisation libérale et de la logique exclusivement financière qui a pris le dessus dans les décisions des grands groupes économiques au niveau planétaire. C’est un choix de gauche, car de progrès sur le plan social, et un choix républicain, car il vise à redonner au peuple son pouvoir souverain.

 

Gauche démocrate, qui porte le nom de socialiste mais ne s’oppose pas au libéralisme, et gauche républicaine, de progrès social, qui propose une politique alternative au libéralisme économique, nous allons vers ces deux gauches qui seront en compétition. Ce n’est pas mon souhait, mais c’est ce qui se produira si le PS maintient sa ligne actuelle.

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10 décembre 2007 1 10 /12 /décembre /2007 22:29

La gauche républicaine existe, le PS le sait-il ?

                                                             

Deux élections avaient lieu hier, 9 décembre, l’une à Sarcelles (et Villiers-le-Bel) dans la 8ème circonscription législative du Val-d’Oise (95) pour élire le successeur de Dominique Strauss-Kahn, l’autre dans le canton de Saint-Lô, pour élire un Conseiller général de la Manche (50).

 

S’agissant d’élections intermédiaires, seul un électeur sur quatre s’est déplacé, ce qui est regrettable mais habituel dans ce type d’élection. Toutefois, il est possible d’en tirer des enseignements intéressants au niveau de la répartition des suffrages exprimés. Ce sont des sondages grandeur nature.

 

A Sarcelles, les résultats de deux candidats PS et UMP sont très proches (38,8% et 37,4%). Viennent ensuite les candidats FN et PCF (7,5% et 6%). Puis le candidat du MRC (3,1%) devant ceux du Modem (3%), de la LCR (2,5%) et des Verts (1,6%).

Le candidat du MRC, Rachid Adda, que je connais bien, est conseiller régional d’Ile-de-France et secrétaire national MRC à la citoyenneté (voir son blog http://www.rachidadda.com).

 

A St-Lô, les candidats UMP et PS ont obtenu, respectivement, 45% et 30% des suffrages exprimés. Le candidat du MRC, Jacques Declomesnil, arrive en 3ème position (8%) devant celui des Verts (6,7%), du Modem (6,5%) et du PCF (3,3%).

Jacques Declomesnil anime la gauche républicaine dans le sud Manche et je le félicite de son excellent résultat, d’autant plus que je le sais lecteur assidu de ce blog.

 

Dans les deux cas, le MRC se place en bonne position (5ème et 3ème), prouvant ainsi ses capacités électorales, dans un contexte où la gauche a besoin de rassembler toutes ses forces.

 

Dans cette période de préparation des élections municipales et cantonales, c’est bon à savoir et à rappeler au PS, qui se comporte comme si nous n’existions pas.

 

Parler de « gauche unie », comme il le fait en Mayenne, en laissant de côté les organisations de gauche qui ne partagent pas son point de vue sur l’Europe et la question de la ratification du traité de Lisbonne, ce n’est pas se placer dans les meilleures conditions pour gagner en mars 2008.

 

Nous avons soutenu la candidate du PS dès le premier tour de l’élection présidentielle, ainsi que le candidat du PS au second tour de l’élection législative à Laval. Il l’a d’ailleurs emporté avec un faible écart de voix, ce qui signifie que les voix du candidat MRC ont été utiles au second tour pour l’emporter.

 

On aurait pu penser que le PS en déduirait que le MRC est une composante politique avec laquelle il aurait le désir de dialoguer en vue de préparer les prochaines échéances électorales. Cela ne s’est pas produit.

 

Les résultats électoraux d’hier rappellent que le parti de la gauche républicaine est bien vivant, comme il l’était déjà lors de l’élection cantonale de mars 2004 lorsque le candidat MRC avait obtenu 10,5% des suffrages exprimés sur le canton de St-Berthevin.

 

Le moment est venu de remettre les pendules à l’heure. Nous sommes la seconde force de gauche à St-Berthevin et la gauche ne peut l’emporter aux élections municipales sans mobiliser l’ensemble des citoyens et militants qui peuvent apporter leur contribution à la démarche commune.

 

Le PS doit se faire à l’idée qu’il a besoin des autres. L’élection municipale, si je puis me permettre de faire part de mon expérience de six campagnes, dont deux victorieuses, implique de rassembler et de mobiliser autour d’un projet pour la commune, sur la base de principes et de valeurs, portés par des personnalités reconnues et crédibles.

 

A bon entendeur, salut !

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4 décembre 2007 2 04 /12 /décembre /2007 22:23

Gauche démocrate et gauche républicaine

 

Fallait-il ou non, après l’élection présidentielle, maintenir cette photo à l’entrée de ce blog, où l’on voit Royal et Chevènement rayonnant de bonheur ?

 

Cette question est revenue avec plus de force depuis le retour de Ségolène Royal au premier plan de l’actualité politique française. Tout compte fait, ses déclarations à l’occasion de la parution de son livre « Ma plus belle histoire, c’est vous » (Grasset) m’incitent à répondre par l’affirmative. Pour une bonne raison : je les prends aux mots !

 

J’étais présent le 10 décembre 2006 après-midi dans la salle Olympe de Gouges à Paris quand la candidate du PS s’est exprimée devant les délégués départementaux du MRC rassemblés le matin même pour désigner leur candidat à l’élection présidentielle.

 

J’avais bien noté les déclarations de Ségolène Royal, qui étaient des engagements « C’est un moment historique important pour l’histoire de la gauche. Ce n’est pas une union factice ni un rassemblement de circonstance, c’est une alliance au long cours ».

 

Auparavant, Jean-Pierre Chevènement avait lui-même déclaré « Personne ne me force à retirer ma candidature. Je le fais en pleine conscience pour ouvrir la voie à une dynamique positive au premier tour de l’élection présidentielle ».

 

Ce jour-là, j’avais accepté de voter en faveur du soutien du MRC à la candidate du PS, car nous n’avions pas le choix. La veille, les deux partis s’étaient mis d’accord sur une déclaration politique commune (très favorable aux thèses du MRC) mais aussi sur la question des candidatures aux élections législatives (beaucoup moins en faveur du MRC…).

 

En arrivant le matin, nous pensions que Chevènement serait notre candidat. Dès le début de son intervention, nous comprenions que l’accord MRC-PS conduisait à son retrait et au soutien de la candidate du PS. S’opposer ? Certains de mes camarades l’ont fait, je pense à Christine Tasin qui a bondi au micro, furibonde,  pour exprimer avec passion et talent son désaccord total.

 

J’aurais bien partagé cette réaction à chaud mais je préférais raisonner à plus long terme. Cet accord était bon à prendre, compte tenu de la façon dont le MRC avait été tenu à l’écart de la gauche par le PS et la fatwa de Jospin sur Chevènement en 2002… Et puis, quelle autre possibilité, sinon celle de nous retirer sous notre tente pendant la campagne présidentielle ?

 

Je reconnais que, depuis le premier tour de l’élection présidentielle, Ségolène Royal ne m’a pas impressionné favorablement. Les points de désaccord s’ajoutent les uns aux autres, le plus grave concernant le traité de Lisbonne et la ratification par la voie parlementaire.

 

Ce que la présidente de la Région Poitou-Charentes vient de dire, à l’occasion du lancement médiatique de son livre, montre que sa vision stratégique est celle d’un rassemblement de la gauche autour d’un grand parti démocrate à l’italienne, picorant ce qu’il trouve bon dans les sensibilités diverses allant de Besancenot à Bayrou, en passant par Bernard-Henri Lévy et Jean-Pierre Jouyet, l’actuel secrétaire d’Etat aux affaires européennes.

 

Bien sûr, l’ex et future candidate à l’élection présidentielle montre beaucoup d’affection pour le président d’honneur du MRC. Dans son livre, elle écrit « Jean-Pierre Chevènement a été d’une loyauté totale dans cette campagne. Il s’est investi à fond. Il a retrouvé une nouvelle jeunesse. Il a mis sa petite équipe à ma disposition (…). Ah ! S’il y avait eu vingt Jean-Pierre Chevènement autour de moi… Ou même dix… ».  

 

 

Cela ne change rien au fait qu’elle va tout faire pour transformer le PS en un parti démocrate, tout à fait compatible avec le Mouvement démocrate de Bayrou et avec la gauche Jouyet-Kouchner, associée au gouvernement actuel, mais qui s’en retirera le moment venu pour se ranger derrière le panache européen de Ségolène Royal.

 

Tout cela démontre l’urgence de créer, sous l’égide de Jean-Pierre Chevènement, un grand parti républicain de gauche, qui sera dans une stratégie de concurrence et d’alliance avec le parti de la gauche démocrate.

 

Car, après trois défaites successives, la gauche ne peut pas perdre une quatrième fois. Entre les deux partis, démocrate et républicain, que le meilleur gagne ! La concurrence sera bénéfique et positive face au président en place, qui a fait le vide autour de lui en concentrant le pouvoir sur sa personne, ce qui sera sa faiblesse quand le pays tout entier s’opposera frontalement à sa politique.

 

La situation économique et sociale du pays, qui se dégrade à grande vitesse, exigera un bon accord entre les deux partis rivaux. Le fait d’avoir à leurs têtes Royal et Chevènement sera une garantie de leur capacité à s’entendre pour briguer le pouvoir et, ensuite, l’exercer.

 

Voilà pourquoi j’ai décidé de maintenir la photo sur ce blog. J’espère les revoir aussi heureux quand ils auront battu Sarkozy et assuré la victoire de la gauche. En 2012… ou avant, si nécessaire !

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3 décembre 2007 1 03 /12 /décembre /2007 16:40

Socialistes, progressistes et républicains, au boulot !

 

Gaël Brustier* et Jean-Philippe Huelin* ont signé un texte qui est paru dans L’Humanité le 1er décembre dernier, sous le titre « Une Gauche à la Pyrrhus ? ».

 

Ils font une analyse pertinente de la situation du PS qui, tout en étant bien placé pour gagner les prochaines élections municipales, est en train de passer à côté de l’essentiel : le nouveau rapport à adopter face à la mondialisation, les choix politiques à faire en matière de protectionnisme européen, de rééquilibrage entre le travail et le capital, de revalorisation des services publics, notamment de l’éducation.

Bref, le PS et la gauche ne font pas leur devoir, qui est de proposer une politique qui tourne le dos au néolibéralisme. 

 

Voici leur texte.

 

La Gauche peut gagner les municipales mais elle peut être vaincue par ses propres conquêtes, comme en 2004. Six mois après sa défaite à la présidentielle et trois mois avant les élections municipales, le Parti Socialiste ne semble faire preuve d’aucune lucidité quant aux causes de son échec.

 

- Incapable de sortir des petits conflits de personnes, il est en train de rater son renouvellement idéologique.

- Incapable de répondre à la question essentielle de la mondialisation, il s’abaisse à laisser deux des siens – Pascal Lamy et DSK – diriger l’OMC et le FMI, dont le rôle est précisément de renforcer le processus de dérégulation planétaire.

- Incapable en France de faire une critique efficace de la politique sarkozyenne, il se contente d’en critiquer le « style » ou la « méthode ».

- Incapable de rassembler la Gauche, il s’acharne, en guise de stratégie électorale, à éradiquer ses derniers partenaires (PCF, MRC et Divers Gauche) et laisse son allié radical de gauche flirter avec les radicaux de droite de Jean-Louis Borloo.

 

Pourtant le PS « gagnera » les municipales. Sans grand suspens gagnera-t-il à Paris et Lyon, sans doute conservera-t-il d’importantes villes comme Tours ou Lille et peut-être même conquerra-t-il des villes comme Strasbourg ou Bordeaux.

 

Mais, loin de ce cosmétique « socialisme municipal », ce sont des évolutions structurelles préoccupantes qui frappent la composition sociologique de l’électorat socialiste. Il nous faut regarder de près l’incompréhension que le PS manifeste à l’égard de la nouvelle sociologie électorale française qui le condamne, en fait et malgré les apparences, à une très longue cure d’opposition…

La France est, comme l’ont brillamment souligné les géographes Christophe Guilluy et Christophe Noyé dans leur Atlas des nouvelles fractures sociales, victime d’une forme de ségrégation spatiale et sociale d’ampleur.

- Les villes-centres concentrent les foyers disposant d’un très important capital économique, social et culturel.

- Les périphéries urbaines et les zones rurales accueillent, pour leur part, un nombre croissant d’ouvriers et d’employés. Pour mémoire, peut-on rappeler qu’il y a en France environ 60% d’ouvriers et d’employés, curieusement absents du discours des élites du PS…

 

Physiquement, on constate bien que la séparation entre les classes sociales est en train de former une sorte d’apartheid social et politique. Béatement, certains socialistes se sont mis à admirer les scores réalisés par leur parti dans les arrondissements du centre de Paris ou dans certains quartiers en voie de gentrification ; la proximité avec les grandes rédactions parisiennes explique peut-être cela. Seulement, les socialistes ont oublié que dans le même temps, ils sont en perdition dans de larges secteurs de notre pays.

 

Dans le nouveau contexte sociologique français, le rapport à la mondialisation est déterminant. 51% des Français qui sont pour « imposer les entreprises qui délocalisent » et 49% de ceux qui voyaient la mondialisation comme un « danger » ont voté… Nicolas Sarkozy !

 

Si Ségolène Royal a fait mieux que Jospin (95 et 2002) chez les ouvriers (25% le 22 avril), le PS reste à la traîne par rapport à la Droite qui rassemble plus de 60% d’entre eux.

Chez les employés, le PS accuse un retard de huit points par rapport à l’UMP. Par ailleurs 61% des sans-diplômes ont fait le choix de l’UMP et, dans un autre ordre d’idées, 54% des salariés du privé ont choisi Sarkozy le 6 mai...

 

On peut multiplier les exemples de la crise sociologique qui frappe l’électorat de Gauche et du faux virage à droite de la société française.

En effet, les ouvriers et les employés ne sont pas devenus de droite. Avec un taux global record de refus de l’économie de marché (50%), on ne peut pas dire que nos concitoyens cèdent au néolibéralisme !

Ce n’est pas être de droite que de s’inquiéter de la mondialisation, du libre-échange ou de l’avenir démocratique de l’Europe comme ce fut le cas le 29 mai 2005.

 

Le PS mise actuellement sur une alliance des villes-centres et de ses proches banlieues, alliance sociologique durablement minoritaire (le 29 mai 2005 comme le 6 mai 2007), alors qu’il lui faut penser l’alliance des banlieues et des zones péri-urbaines, c’est à dire reconquérir les classes populaires et constituer ce qui fait le succès d’une authentique stratégie socialiste : un front de classes !

 

Ouvriers, employés des banlieues et des zones périurbaines ou rurales mais aussi artisans ou professions intermédiaires doivent faire l’objet d’une attention et d’un dialogue renouvelés.

Eux qui ont soutenu le discours volontariste de Sarkozy ne seront convaincus par le PS que s’il adopte un projet républicain et socialiste tournant le dos aux serpents de mer néolibéraux.

 

Pour ce faire, la Gauche doit définir un nouveau rapport à la mondialisation, se déterminer sur le protectionnisme européen, sur le déséquilibre capital-travail, sur les services publics, sur l’Ecole...

Alors que toute une petite camarilla (Valls, Gorce etc.) claironne que le PS doit succomber aux délices d’une social-démocratie battue dans le monde entier, les préférences des classes populaires sont à l’opposé de celles des hiérarques solférinesques…

Socialistes, progressistes, républicains, nous devons désormais procéder au renouvellement idéologique et programmatique de notre camp pour établir, le plus tôt possible, l’hégémonie culturelle nécessaire aux victoires électorales à venir.

A défaut, le risque pour le PS c’est, pour prendre une allégorie astrophysique, de se rétracter sur les centres-villes et de devenir une « naine blanche ». Refusant de s’adresser aux marges, c’est lui qui, finalement, sera électoralement marginalisé.

 

* Gaël BRUSTIER, 29 ans, étudiant, est chercheur en science politique.

* Jean-Philippe HUELIN, 28 ans, est professeur d’histoire et géographie.

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30 novembre 2007 5 30 /11 /novembre /2007 23:49

Après le gaullisme, le socialisme va-t-il disparaître ?

 

On ne compte plus, ces jours-ci, les articles de journalistes qui prennent le pouls du PS en se demandant si sa fin est proche. Cela fait penser à son ancêtre, la SFIO, dans les années 1960, qui survivait difficilement à la création de la Vème République, directement liée à l’échec de la politique algérienne du parti de Guy Mollet.

 

Il avait fallu les mouvements sociaux de mai-juin 1968 et le départ du général de Gaulle en 1969 pour que le parti socialiste se refasse une nouvelle carte d’identité en 1971 lors du congrès d’Epinay-sur-Seine, avec du sang neuf venu de l’extérieur (François Mitterrand et la Convention des Institutions Républicaines - CIR - notamment) et de l’intérieur (Chevènement et le Centre d’Etude et d’Education Socialistes - CERES - principalement).

 

Que lit-on dans la presse aujourd’hui ?

 

Le philosophe Jean-Pierre Le Goff, sur www.marianne2.fr, explique que « les socialistes vivent une crise qui dure en réalité depuis très longtemps » (…). «Au PS on ne sait plus penser en terme d'analyse objective, de querelles entre grands courants : tout est réduit à l'individu » (…), « le PS est devenu un syndicat d'élus, un rassemblement de gens qui ont des intérêts communs électoraux ».

 

Sur le même site de l’hebdomadaire Marianne, Paul Thibaud fait remonter à la naissance du socialisme en France (sous forme d’un parti, à la fin des années 1880) les difficultés du PS à assumer, à la fois, les responsabilités de la gestion gouvernementale et son identité socialiste.

 

« Cette schizophrénie entre le point de vue de l'identité et celui de la participation politique, les socialistes français en sont-ils jamais sortis ? Elle ne les a pas lâchés, obligeant leurs leaders à toutes les conciliations et les contorsions » (…).

 

« La situation originelle du Parti socialiste est celle d'être un allié malgré lui de la gauche républicaine, incité à participer au pouvoir mais empêché ontologiquement de le faire. De ce point de départ résultent des traits constants de ce parti. Il est remarquable en particulier que les dirigeants qui l'ont marqué (Jaurès, Blum, Mitterrand) lui sont arrivés de l'extérieur. Avant Jospin et Hollande, la vie interne du parti n'avait fait émerger qu'un seul dirigeant, Guy Mollet. Comme s'il fallait ne pas en être pour diriger ce parti, comme si le parti devait sortir de lui-même pour exister utilement dans la politique française » (…).

 

Paul Thibaud constate aujourd’hui « l’absence de passion, l'usure des idées et des sentiments dont on ne se détache pas. L'absence de polémique est un symptôme grave : ne sont présents ni l'espoir de surmonter les contradictions, ni le talent de les faire miroiter comme une richesse à exploiter. Ne reste que la pure perplexité. Peu de choses ont changé mais tout s'est usé. Cela donne à penser que c'est une histoire qui se termine… avant nouvelle fondation ».

 

Mon témoignage personnel d’ancien responsable socialiste

 

Je puis témoigner avoir ressenti cette « usure » au sein du PS, laquelle s’est installée progressivement pendant le temps où j’en ai été membre, entre 1973 et 2001. Le début remonte à 1982-83, au moment où il a été évident que la gestion gouvernementale oubliait en route les orientations progressistes de 1981 (sans parler de la « rupture avec le capitalisme »…).

 

Ensuite, à partir de 1983, le PS s’est aligné sur la ligne politique du président de la République, la construction libérale de l’Europe devenant le but à atteindre, ce qui était parfaitement contradictoire avec le socialisme.

 

La « parenthèse libérale » (selon l’expression de Jospin en 1983) n’a pu être refermée par le PS pour une bonne raison : il est resté fidèle à la ligne européenne de Mitterrand, laquelle oblige au respect de la doctrine officielle libérale de l’Union européenne.

 

Cette doctrine, le « néo-libéralisme », est cette forme ultralibérale caractérisée par la collusion entre les dirigeants politiques (des Etats et des institutions internationales) et les grands patrons de la finance mondiale. Leur objectif est d’installer durablement la liberté du capital sans entraves, au niveau planétaire. Jusqu’à présent, c’est réussi.

 

Le peuple français, qui a osé voter contre la ratification du traité constitutionnel européen le 29 mai 2005, est l’objet d’une opération de prestidigitation de la part de l’illusionniste Sarkozy, qui se prépare à faire ratifier par la voie parlementaire le même traité, présenté sous une forme différente.

 

Les parlementaires auront la possibilité, en février, de s’opposer à la révision de la Constitution afin d’obliger Sarkozy à ratifier par référendum. Le choix du PS sera déterminant. S’il persiste dans sa volonté d’approuver le choix du président de la République, rien ne pourra plus faire cesser sa dérive droitière et son déclin.

 

Appel aux républicains de gauche et de progrès

 

La reconstruction d’un parti républicain de gauche se fera avec le concours de Jean-Pierre Chevènement et des citoyens qui voudront s’engager dans le combat pour un monde délivré du néolibéralisme et attaché aux valeurs humanistes de la démocratie.

 

Dès maintenant, nous devons agir concrètement pour aider nos concitoyens à comprendre pourquoi les conditions de vie et de travail se dégradent et pourquoi le fossé se creuse entre la majorité du peuple et quelques privilégiés de la finance qui profitent des bienfaits de la mondialisation libérale.

 

Sarkozy mise à fond et exclusivement sur l’individualisme et la logique de la motivation financière dans toutes les activités humaines. C’est ainsi qu’il a toujours raisonné lui-même afin d’assouvir sa soif de puissance et de pouvoir sur les autres. Ayant accédé à la plus haute responsabilité nationale, il va chercher désormais à devenir le leader de l’Europe.

 

Pour y parvenir, il ne lésinera pas sur les moyens. C’est ainsi qu’il a déjà accepté de renier le vote du peuple français pour ramener la France dans le conformisme libéral européen et l’alignement sur les Etats-Unis d’Amérique.

 

La gauche républicaine et tous les républicains de progrès vont devoir prendre des initiatives pour organiser la résistance et préparer la relève politique. A notre niveau, en Mayenne, c’est ce que nous allons faire. J’invite les volontaires à nous rejoindre.

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15 novembre 2007 4 15 /11 /novembre /2007 23:48

L’avenir de l’Europe est dans le refus du néolibéralisme

 

Notre président l’a reconnu dans les couloirs du Parlement européen de Strasbourg : si un référendum était organisé en France (ou dans les autres pays) pour ratifier le traité de Lisbonne, la réponse serait non. C’est la raison pour laquelle il s’est mis d’accord avec Angela Merkel et les autres chefs d’Etat pour ratifier par la voie parlementaire.

 

Que penser de ce président qui se comporte comme un représentant du NON quand il fait un discours le 13 novembre à Strasbourg devant les parlementaires européens, alors qu’il a accepté de signer le traité de Lisbonne qui reprend le contenu du traité constitutionnel européen, sans tenir compte des arguments des Français, majoritaires, qui ont refusé de le ratifier ?

 

Voici ce qu’écrivait, hier, Philippe Cohen, sur www.marianne2.fr.

 

« L'Europe, ce ne peut pas être qu'une machine, une machine administrative, une machine juridique, une machine à édicter des normes, des règlements, des directives, une machine à fabriquer des contraintes, des règles, des procédures. Elle ne peut pas être tenue à l'écart de la vie, à l'écart des sentiments et des passions humaines.
L'Europe n'est une réalité, l'Europe n'a une chance d'exister pleinement que si pour des millions d'hommes et de femmes elle est vivante, si elle parle à leur cœur, si elle est pour eux l'espoir d'une vie, d'un monde meilleur, si elle est un grand idéal, une grande promesse.
L'Europe se fera avec les peuples, elle ne se fera pas sans eux, elle ne se fera pas contre eux.
Quand les peuples disent « non », il ne faut pas se dire que les peuples ont tort, il faut se demander pourquoi les peuples ont dit « non ».
(…) Je crois à la démocratie. Je crois que l'Europe doit être la plus démocratique possible. C'est pourquoi j'ai toujours considéré que l'on ne rendait pas service à la cause de l'Europe en récusant le débat, en taisant les divergences, en étouffant les critiques.
J'ai toujours pensé qu'il fallait à l'Europe plus de débat, plus de démocratie et au fond plus de politique et non pas moins.
Je suis convaincu que c'est parce qu'il n'y avait plus assez de débat, de démocratie et de politique dans l'Europe que tant d'hommes et de femmes s'en sont détachés.»


Incroyable discours de Nicolas Sarkozy devant le Parlement européen. On le voit ci-dessus, le Président proclame l'impérieuse nécessité de tenir compte de la signification du non au TCE et de refonder l'Europe avec les peuples. Belles phrases, beau discours que n'aurait renié aucun partisan du Non. Le problème est que le Président fait juste le contraire de ce qu'il dit au parlement européen puisque, comme l'a bien établi Valéry Giscard d'Estaing, il n'y a que des différences de forme entre le TCE et le Traité dit simplifié que la France et, désormais, l'Union européenne, propose de faire adopter par les parlements : « Les outils sont exactement les mêmes. Seul l'ordre a changé ».

En réalité, le discours européen de Sarkozy sur le sujet ne tient pas devant les arguments de la raison. Le traité n'est ni simplifié ni résumé car il reprend toutes les dispositions qui furent contestées lors du débat sur le référendum de 2005. Si les partisans du référendum, qu'ils soient ou non favorables au Traité de Lisbonne, parviennent à imposer le débat, la position présidentielle sera intenable.

                                                                                          

Le président de la République tient manifestement un double langage. Il veut montrer devant les représentants des citoyens, à Strasbourg, qu’il a compris le message du NON du 29 mai 2005.

Et, devant ceux qui ont le pouvoir réel (les chefs d’Etat et la Commission), il veut leur montrer qu’ils peuvent compter sur lui pour faire les réformes néolibérales qui briseront les résistances républicaines à la française.

 

La lecture de l’édito d’Evariste, dans ReSPUBLICA  paru le 9 novembre (n° 567), permet de faire le lien avec les mouvements sociaux qui se multiplient en France.

Voici des extraits de ce texte. Lien permanent vers cet article

« La nécessaire convergence des aspirations de gauche »

 « La liste est loin d'être close, et pourtant elle est déjà bien longue pour ce début Novembre : mobilisation des étudiants contre l'entrée des entreprises dans le fonctionnement des universités ; manifestations des marins pêcheurs ; contestation dans la magistrature face aux objectifs de réduction présentés par la chouchou du président parachutée ministre de la justice ; contestation de la réforme des retraites ; grèves à Air-France ; mécontentement dans la fonction publique face aux réductions drastiques d'effectifs ; grondes dans l'enseignement suite aux orientations données par le gouvernement ; malaise généralisé de la profession journalistique qui réclame à présent des lois protégeant son travail d'utilité publique contre les puissances économiques (…).

Mais, hors cela, que montrent ces mouvements ? Simplement le fait qu'une vision du monde est en conflit avec une autre. Il ne s'agit pas seulement d'une vision économique et sociale, ce qui est en jeu est à un niveau plus fondamental. Exactement comme le pouvoir au moyen âge avait eu besoin d'une éthique chrétienne pour asseoir sa domination économique, le libéralisme économique a besoin que les individus adhèrent à une culture et une éthique de vie afin qu'il puisse asseoir son emprise sur les esprits et rendre nulle toute forme de résistance. Le système culturel et l'éthique supportant le libéralisme anglo-saxon sont en lutte contre le système qui porte le modèle de la République française. Ce conflit est global, généralisé. En ce mois de Novembre, l'explosion du nombre de luttes sociales partout en France n'est que l'expression de cette réalité sous-jacente (…).

Pour sa part, la République française s'oppose plus radicalement sur le plan culturel et éthique, la colonisation de la France doit donc passer par une phase d'éducation éthique et culturelle des individus afin de rendre « normales » les valeurs de vie qui sous-tendent le fonctionnement du libéralisme anglo-saxon.

Ce choc se traduit par des attaques en règle de la laïcité, par le martelage du sentiment de peur à travers les média (là où le courage était une vertu du citoyen), par le nombre croissant de discours imposant la responsabilité individuelle comme seule valable, et par la vision d'un déterminisme individuel (pouvant aller jusqu'à la détermination génétique) contre lequel l'individu ne peut rien (…).

Face à cela, que faire ?

D'abord, intégrer que la dimension sociale et économique ne suffira pas à elle seule à contrecarrer l'assaut du monde libéral. Seule l'intégration de la dimension culturelle et éthique permettra d'asseoir nos valeurs et de provoquer le refus massif de cette vision de la vie individuelle et des règles de la société libérale.
Ensuite, cette compréhension doit passer par la construction d'un projet sociétal neuf, issu des traditions de la gauche française, mais en les élargissant et en intégrant d'autres référents qui, eux, tiennent compte du système culturel et éthique individuel. La réponse apportée par la gauche a été fondamentale pendant des décennies, mais faute d'ouverture intellectuelle connaît aujourd'hui des limites. La force des militants sera de réclamer cette ouverture de la pensée, la responsabilité et la fierté des militants de gauche portent sur le devoir de progrès, non sur celui de la conservation.

Enfin, sur le terrain immédiat de la lutte, la partition et la stricte division des conflits serait une erreur grave. La culture française a toujours reposé sur cette dualité : l'individualité et le collectif. L'individu est citoyen parce qu'il est armé du Pacte Républicain fondé par l'ensemble des individualités. C'est la conscience de partager un avenir commun qui fonde le Pacte Républicain entre les individus.

Ce pacte n'est pas une masse informe, il est l'expression d'un projet commun, de volontés individuelles, de désir d'édifications et de progrès. Les luttes actuelles ne doivent pas se morceler, mais se rassembler. Et ce rassemblement ne doit pas être une simple addition des manifestants et des réclamations, il doit être réfléchi, travaillé pour réclamer des statuts communs, des revendications plus globales et exprimer, non une simple liste d'exigences, mais un réel projet global.

Là réside la force de la gauche, l'esprit de gauche ; le même qui habitait le CNR (…).

La force et la construction d'un réel projet alternatif réside bel et bien dans la conscience qu'en ont les citoyens qui s'y engagent, et non dans les décisions des directions syndicales. D'ailleurs, il est notoire que le dépassement des directions syndicales par la base des citoyens est souvent un bon indicateur pour mesurer la réussite d'un projet...

Pendant ce temps, comme pour l'écriture pathétique d'un livre d'histoire au goût douteux, le président Sarkozy aux Etats-Unis d'Amérique, signe une fois de plus l'allégeance de son action à la vision globalisante des libéraux anglo-saxons ; ceux-là mêmes, dont le modèle sociétal prend eaux de toute part sur la planète ».

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2 octobre 2007 2 02 /10 /octobre /2007 18:08

Les responsabilités de Jospin dans les échecs du PS

 

Comme hier et avant-hier, je reste aujourd’hui sur la question du PS et de la gauche, plus précisément concernant Lionel Jospin, très présent dans les médias, invité pour parler de son livre « L’impasse ». J’ai noté la réplique cinglante de Charles Fiterman, dans Libération, hier, qui renvoie l’ancien Premier Ministre à ses responsabilités au sein du PS.

 

Charles Fiterman, après avoir été le collaborateur de Georges Marchais, restera dans l’Histoire de France comme l’un des quatre ministres communistes, de 1981 à 1984, sous la présidence de François Mitterrand. Il était ministre des transports. Dans les années 1990, il a rejoint le PS. Je me souviens l’avoir invité en Mayenne, lorsque j’étais premier secrétaire du PS, entre 1997 et 2001. Il avait présenté un texte national aux militants dans le cadre d’une réunion-débat interne.

 

Voici son texte paru sur www.liberation.fr le 1er octobre 2007.

 

« Lionel Jospin dans l’impasse »

L’ancien leader socialiste et candidat malheureux à la présidence en 1995 et 2002 persiste et signe dans son refus de remise en question.

« L’attaque virulente lancée par Lionel Jospin à l’encontre de Ségolène Royal constitue une faute politique majeure.

Faute de méthode d’abord. Lionel Jospin veut écarter la candidate socialiste de 2007 de l’avant-scène politique et de la candidature en 2012. Il devrait savoir, puisqu’il dit la connaître, que l’agression va plutôt l’inciter à vouloir relever un défi aussi provocant. Il va rendre plus difficile un examen critique collectif sérieux de ce qui s’est passé, et obliger à des prises de distance avec la parole inconvenante du maître à penser qu’il veut être. A vouloir juger des capacités de quelqu’un à l’aune d’un résultat électoral, il prend un terrible risque, car la comparaison entre 2002 et 2007 ne plaide certes pas en sa faveur. Comment comprendre un tel aveuglement ?

Faute sur le fond surtout. Ce qui a manqué et ce qui manque encore au Parti socialiste, c’est avant tout un projet politique fondé sur ses valeurs et inscrit dans le XXIe siècle, capable de constituer ainsi une alternative mobilisatrice à la politique de la droite. Un travail avait été engagé dès 1994 en vue de construire à gauche un tel projet sous le label des «assises de la transformation sociale». Or Lionel Jospin qui a d’abord pris appui sur cette initiative l’a par la suite fait interrompre et n’a jamais depuis ni permis ni favorisé sa reprise.

Il a fait perdre une douzaine d’années à son parti et à la gauche tout entière. Il s’est contenté de quelques interventions personnelles et a laissé sans réponse pertinente en 2002 le besoin de proposition d’une véritable perspective politique, ce qui est la cause centrale de la défaite. Il a voulu en 2001 une inversion du calendrier électoral qui a donné le résultat que l’on sait et qui a accentué la présidentialisation et la personnalisation du système politique, favorisant toutes les dérives médiatiques de la campagne de 2007.

Pour ces raisons, je considère Lionel Jospin comme le premier responsable du déficit de projet dont souffre aujourd’hui le Parti socialiste. Cherche-t-il à le faire oublier avec une diversion grossière ? Et puis, il y a la faute de savoir vivre ensemble. C’est peut-être la plus irrémédiable.

En 2002, le projet rassembleur fait défaut, la gauche plurielle se délite, Lionel Jospin perd… et il s’en va. Le peuple de gauche lui a manqué, il n’a pas su reconnaître ses mérites. Lionel Jospin regrette très vite son départ et passe les années qui suivent à tenter d’organiser son retour, en faisant peser sur le parti son ombre tutélaire.

Et voilà qu’une «moins que rien» surgie de nulle part se lance dans le vide existant et se fait désigner candidate, s’octroyant au surplus le droit de faire l’inventaire de l’héritage de son prédécesseur.

Pour couronner le tout, le premier secrétaire, sollicité, ne lance pas l’appel au retour du partant d’hier. Une telle outrecuidance ne pouvait rester sans suite. Lionel Jospin remâche son ressentiment et se venge. On ne peut que s’interroger sur les ressorts d’une attitude aussi affligeante. Elle n’aura pour seul effet que d’enfoncer définitivement Lionel Jospin dans l’impasse qu’il a lui-même choisie.

Tournons la page et passons, comme nous y a appelé François Hollande à La Rochelle, au travail d’élaboration d’un projet politique porteur des changements attendus par le pays et d’un parti libéré de ses entraves, capable de réaliser autour de lui un rassemblement victorieux. L’avenir est ouvert ».

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30 septembre 2007 7 30 /09 /septembre /2007 22:44

Le PS est-il prêt à se fondre dans un nouveau parti ?

 

A quelques heures de la fin du mois de septembre, je me mets à réfléchir à ce qui s’est passé à gauche depuis la rentrée. Il y a d’abord eu les universités d’été, puis les livres de personnalités donnant leur point de vue sur la campagne présidentielle, le plus souvent pour s’en prendre à la candidate du PS. Et, une amorce de riposte à la politique de la droite se met en place.

 

Le discours de François Hollande à La Rochelle le 2 septembre (http://rochelle2007.parti-socialiste.fr/category/les-videos-de-luniversite-dete) n’est pas réellement innovant mais il reprend des points fondamentaux. J’en extrais quelques-uns :

« L’exigence de régulation : il n’est pas possible d’accepter que la Chine puisse obtenir 135 milliards d’euros d’excédents commerciaux sans respecter les normes environnementales et le droit du travail ; des finances (4è crise financière en 15 ans), écologie (épuisement des ressources naturelles) ».

« Et c’est ainsi que l’on retrouve l’origine même du socialisme, car la consécration de l’individu est au cœur de notre idéal autour de l’émancipation, de l’accomplissement, de l’autonomie et de la promotion. Partir de l’individu pour justifier le collectif et revenir au citoyen qui décide souverainement de son avenir, mais aussi du destin collectif. Telle doit être notre démarche ».

« La Nation est au cœur du pacte républicain. Elle est un « vivre ensemble », en aucune façon une exclusion. Nous n’avons pas besoin de rapprocher identité nationale et immigration. Jaurès disait que le nationalisme est la haine des autres, la Nation c’est l’amour des siens. Elle n’est pas un renfermement, mais un projet collectif, un destin commun. C’est là que s’exerce le débat démocratique. Le débat entre la gauche et la droite n’est donc pas le plus ou moins grand attachement à la Nation, mais le projet que nous lui assignons, la perspective que nous lui ouvrons, l’avenir que nous lui préparons ».

 

A La Rochelle, l’ambiance studieuse a été soulignée, en l’absence des principaux dirigeants. Dans un article paru le 2 septembre dernier sur le blog http://www.rue89.com, Julien Martin s’intéresse au débat interne et à la possibilité de rapprochement entre les deux lignes politiques au sein du PS, que sont la ligne social-démocrate et la ligne de gauche. Voici ce qu’il écrivait :

 

« La social-démocratie toujours en débat au PS »

« Quelle attitude adopter face à l'économie de marché ? A l'université d'été du parti, la question divise toujours les ténors. Il est certainement encore trop tôt, mais aucun début de consensus ne s'est encore dégagé entre la gauche du parti et son courant social-démocrate, dimanche, jour de clôture de l'université d'été du PS.

L'opposition avait déjà ressurgi au cours de la dernière campagne présidentielle, Dominique Strauss-Kahn polarisant sur sa personne les critiques des défenseurs d'une économie davantage contrôlée. Prônant une économie sociale des marchés, DSK se voyait reprocher une trop grande adhésion aux mécanismes de la libre concurrence.

Si les attaques se sont révélées feutrées à La Rochelle, chacun des deux camps a affirmé que le PS ne pouvait envisager l'avenir sans tendre dans leur direction. Strauss-Kahn absent pour cause de course à la direction du Fonds monétaire international, Michel Rocard a repris le rôle de porte-drapeau de la social-démocratie, appelée "rocardisme" lorsqu'il était Premier ministre de 1988 à 1991.

Aujourd'hui, il dit voir de nouveau "une vaste progression militante" vers le social-libéralisme. Progression qui, espère Rocard, permettra de conjurer "l'incapacité interne" du parti à prendre le pouvoir: Ex-rocardien -"par obligation quand on commence à militer au PS à la fin des années 80"-, Benoît Hamon est désormais présenté comme le chantre de la gauche du parti. Il "ne doute pas qu'on est en économie de marché" et "ne propose pas d'en sortir", mais refuse que des socialistes aillent jusqu'à rejoindre la droite, dans la théorie ou dans la pratique.

Il s'étonne des arguments des sociaux-démocrates français: "Il faudrait s'aligner sur une doctrine qui ne dirige que trois pays [Grande-Bretagne, Espagne et Portugal, ndlr] sur vingt-sept dans l'Union européenne? Et de quelle façon en plus..." Le député européen n'en démord pas, l'unique moyen de reprendre les rênes du pays, face à une droite décomplexée, est d'ancrer le PS à gauche:

Acceptée par tous les socialistes, l'économie de marché fait pourtant toujours débat. Le Premier secrétaire François Hollande a une nouvelle fois tenté de mettre fin à la polémique en conclusion de l'université d'été: "Ce n'est pas le marché qui pose problème aujourd'hui, c'est la mondialisation." Avant de rappeler l'objectif à venir du PS, dessiné durant ces trois jours de "diagnostic pour la rénovation":

"Les socialistes vivent depuis trop longtemps sous une double pression: celle de l'extrême gauche, qui lui fait le procès de la trahison, et celle des bien-pensants, qui voudraient que le parti socialiste abjure ses idées redistributives. On ne mobilise pas sur une contradiction. Il faut donc réaffirmer franchement notre identité. Et sans rien perdre de nos valeurs."

Pour y parvenir avant que le parti ne soit définitivement gangrené par cette "contradiction", trois forums de débats d'idées seront organisés d'ici mi-2008. En préambule du congrès de l'été 2008. François Hollande y passera la main. Les tenants des deux courants ont un an pour tenter d'imposer un leader ».

 

Lors de l’université d’été du MRC, le 8 septembre à Dunkerque (voir www.mrc-france.org), Vincent Peillon a présenté ses idées sur la refondation de la gauche et a souhaité que le Mouvement Républicain et Citoyen s‘y associe. Selon lui, un grand congrès de la refondation doit précéder le congrès du PS, car c’est un nouveau parti que la gauche doit fonder. L’ancien porte-parole de Ségolène Royal a été applaudi mais il s’était bien gardé d’aborder les questions précises, notamment sur la réorientation de l’Europe, qui faisait l’objet d’une autre table ronde.

 

A propos de l’ex-candidate à l’élection présidentielle, les livres de la rentrée l’ont habillée pour l’hiver. L’auteur le plus médiatisé est un certain Lionel Jospin, qui fait dans son livre, « L’impasse », une brillante analyse, souvent pertinente, de la défaite de la gauche en 2007. Je me réfère à ce que j’en ai lu sur www.lemonde.fr le 21 septembre (reprise de l’article paru dans Le Monde 2).

Je ne comprends pas pourquoi cet auteur n’a pas décortiqué avec autant d’acuité visuelle la défaite de 2002, qui avait privé la gauche du second tour. Cela viendra, assurément, comme il lui a fallu du temps pour évoquer son passé trotskiste.

 

Hier, je lisais sur le blog de Xavier Dumoulin, http://sr07.unblog.fr, un article du Monde intitulé « Ségolène Royal n’écarte pas l’idée de diriger le PS ». A priori, je n’y vois pas d’inconvénients, mais à condition qu’elle exprime des idées cohérentes sur ce qu’elle veut faire pour refonder la gauche. Autrement dit, elle doit faire ses preuves.

 

Quant à Laurent Fabius, qui est certainement le plus capable d’exercer de hautes fonctions politiques, il s’est exprimé hier soir sur TF1, plaidant pour une refondation de la gauche sur des « valeurs de gauche » (lu sur www.liberation.fr ce jour).

 

Pour sa part, Jean-Luc Mélenchon essaie de se frayer un chemin en marge du PS et au plus près du PCF, misant sur ce dernier pour servir de base à la création d’un parti de gauche à l’allemande (Lafontaine), le PS étant engagé, selon lui, sans espoir de retour sur la voie du social-libéralisme (comme le SPD).

Son ami François Delapierre, membre du bureau du PS (et animateur de PRS), a écrit un bel article paru dans Le Monde, daté du 25 septembre, et intitulé « Le PS ou l’opposition en gants blancs », dans lequel il classe le PS dans la catégorie des partis démocrates à l’américaine.

 

La question est de savoir si le PS est capable, de gré ou de force (par la force de la politique de la droite, notamment, mais aussi par la volonté de ses militants), de rompre avec sa pente libérale ou social-démocrate, symbolisée par Rocard et Strauss-Kahn, et d’inventer, avec d’autres, un avenir crédible de gauche.

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28 septembre 2007 5 28 /09 /septembre /2007 16:05

Non au néolibéralisme, oui à une nouvelle gauche

 

Les Amis de ReSPUBLICA, qui mettent en ligne chaque semaine sur www.gaucherepublicaine.org le « journal du réseau de la gauche républicaine, laïque, écologique et sociale », ont fait un choix récemment entre deux orientations républicaines, l’une mettant l’accent sur la laïcité au-delà des clivages politiques, l’autre sur la construction d’une nouvelle gauche, capable de s’opposer au néolibéralisme et de défendre la laïcité.

 

C’est la seconde qui l’a emporté, celle qui met en avant les valeurs républicaines traditionnelles françaises par opposition au néolibéralisme et à la culture anglo-saxonne. Pour ces militants, il ne s’agit pas de négliger la laïcité, mais celle-ci est menacée, en même temps que la République, par la déferlante néolibérale anglo-saxonne.

 

C’est la responsabilité de la nouvelle gauche de promouvoir une République sociale et laïque, novatrice et émancipatrice, respectant la tradition et porteuse de la laïcité, c’est-à-dire, la séparation stricte entre la sphère publique et la sphère privée. Les Amis de ReSPUBLICA souhaitent s’engager dans cette démarche politique et apporter leur contribution.

La Chronique d'Evariste dans le dernier numéro (n° 561) paru le 26 septembre (Lien permanent vers cet article) se présente ainsi, pour l’essentiel :

« Ligne de Respublica : une nouvelle gauche, républicaine et laïque ».

« A l'aube d'une gauche nouvelle, Respublica réaffirme sa ligne héritière d'une tradition républicaine et laïque, ancrée résolument dans les idéaux héritiers de la tradition de la pensée française depuis 1789.

En conséquence de quoi, la lutte contre le néolibéralisme et toutes les politiques qui le soutiennent est une priorité ; comme il est une priorité de mettre en lumière les effets dévastateurs de ce système économique, car seule la mise à nu, l'explication et la compréhension des mécanismes permettent la conscience et l'action politique qui sont des marques indiscutables des citoyens de notre pays.

La défense de la Laïcité passe par le respect de la stricte séparation entre la sphère privée et la sphère publique et sur le fait que nulle loi liberticide ne doit venir s'attaquer ou entraver l'intimité de la pensée, la liberté de conscience et d'expression, le libre usage de son corps.

A cet égard, la distinction entre les différentes formes de laïcité est essentielle. Il n'est pas question pour Respublica d'accepter une laïcité dite « ouverte » ou « libérale », ainsi qu'une vision communautariste de la société. La laïcité permet l'égalité de tous les citoyens devant les lois de la République, ce que la logique communautariste ne reconnaît pas.

De même, la République doit être le garant de la séparation entre sphère privée et sphère publique, car c'est parce que cette séparation existe qu'alors des institutions comme l'école, les hôpitaux et tous les biens communs mis au service des citoyens peuvent fonctionner pour tous, de manière égalitaire, sans avoir à subir dans leur fonctionnement des prises de positions qui relèvent uniquement de la sphère privée (que celle-ci émanent de convictions d'origines religieuses ou d'une autres éthiques de vie).

Sur le plan politique, le bouleversement engendré par le néolibéralisme n'est pas que social et économique, il est fondamentalement culturel et éthique. Avec ce modèle économique dominant déferlent sur nous les valeurs qui l'ont engendré, qui lui sont fondatrices et qui animent les libéraux anglo-saxon : visions de l'individu, de son rapport au monde et à la société.

C'est parce qu'elle remet en cause nos valeurs de vie sur tous ces plans que la morale anglo-saxonne est dangereuse pour notre pays et que le libéralisme détruit notre société et les individus qui la composent. De toute son histoire, l'orientation de la politique française n'a jamais été autant tournée vers une destruction de nos valeurs et l'embrassement des valeurs anglo-saxonnes.

Face à un choc culturel et éthique tel que celui-ci, la simple refonte sur le plan politique et social est une réponse bien trop faible. A cette attaque en règle des valeurs qui sont les nôtres, la réaction de la gauche ne peut faire l'impasse d'une remise en cause de ses valeurs fondatrices et de sa manière d'agir.

Dans ce contexte de réaction face à l'oppression néolibérale, Respublica aura pour soucis de contrer les changements de valeurs opérés, d'en montrer les ressorts et les enjeux, d'opposer à ces valeurs d'autres référents identitaires, porteurs des idées républicaines laïques et sociales de gauche (…).

Dans le cadre d'une reconstruction de la gauche, Respublica militera sur plusieurs plans : Le journal militera pour l'édification d'une pensée où oeuvrent toutes les traditions fondatrices de la gauche française, car seule une telle logique est à même de produire une idéologie capable de pacifier les divergences, de créer une réelle unité d'action, et de ramener les rancunes intestines au rang de parasites rétrogrades.

Respublica entend promouvoir et encourager les idées novatrices sur les plans politiques, économiques, mais aussi culturels et éthiques : usage de nouveaux penseurs non plus comme référents secondaires mais comme véritables piliers fondateurs ; usage de la tradition de la pensée française et des valeurs qui lui sont propres ; prise en considération de l'individu ; féminisme et identité masculine ; égalité des citoyens ; conception de la justice et institutions ; écologie et représentation du monde ; éducations ; rapports à la société ; communication, psychologie et média ; usage personnel du corps et bioéthique.

Dans le cadre de la République sociale et laïque, tout ce qui relève de la pacification du rapport au monde, à autrui et à soi-même, en tant que citoyen, est directement profitable à la société. Aucune société ne perdure là où les valeurs culturelles et éthiques proposées conduisent à des rivalités fratricides, et où le fonctionnement social a pour conséquence le mal être des individus.

C'est pourquoi Respublica défend la laïcité et refuse la logique d'un prétendu « choc des civilisations » qui liguerait un « occident chrétien » contre un « monde islamiste », intégriste par nature. A elle seule, cette doctrine illustre la logique de fond de la culture et de l'éthique anglo-saxonne libérale : obscurantisme et vulgarité de pensée.

La République laïque française s'est élevée non dans les guerres de religions, mais dans sa capacité à opposer le progrès, d'où qu'il vienne, face à l'obscurantisme, la fraternité face à la méfiance, le savoir face à la bêtise, l'effort de pacification face aux esprits belliqueux et craintifs. C'est pourquoi la défense de la République passe inévitablement par l'émancipation du savoir, la défense de la laïcité et la construction de la paix.

La République est une audace, un pari, un grand acte de confiance. Elle repose sur une mise en commun d'efforts, d'énergies, pour que chaque citoyen qui la compose puisse recevoir les fruits de son investissement en paix, en sérénité de vie avec autrui, en assurance qu'il a d'avoir à sa disposition des moyens légaux et respectueux pour bâtir le parcours individuel qu'il aura choisi pour sa vie. La République de 1789 a été un tel souffle précisément parce qu'elle a ouvert la possibilité d'une nouvelle forme de société aux individus.

La Gauche républicaine ne relèvera le défi qui lui est posé qu'à la condition de s'inscrire dans la logique de cette tradition. Aujourd'hui, une guerre culturelle et éthique est engagée entre nos valeurs, porteuses de la République, et les valeurs anglo-saxonnes, porteuses de la vulgarité néolibérale. Entre ces deux systèmes, un seul peut avoir la suprématie en un même lieu. La France de notre époque sera le théâtre de cet affrontement. C'est tout l'enjeu de la nouvelle gauche, et c'est dans ce cadre que s'inscrira la ligne de Respublica ».

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13 septembre 2007 4 13 /09 /septembre /2007 21:30


Une mise en perspective du combat historique de la gauche

Sur son blog http://christinetasin.over-blog.fr le 10 septembre, Christine Tasin a présenté ses réflexions concernant l'intervention de Jean-Pierre Chevènement, la veille, en clôture de l'université d'été du MRC à Dunkerque. J'y ai répondu sous forme de commentaires sur son blog. En voici l'essentiel.

"Pour ma part, je n'ai pas perçu l'intention de faire du MRC une composante (un courant) du PS. L'avenir est ouvert. Le MRC veut contribuer à refonder la gauche sur des bases républicaines. Il appelle à des assises de la gauche pour aller dans ce sens. Mais que va faire le PS ? 
A mon avis, ce sont les évènements (Sarkozy et l'échec de sa politique, à cause de ses contradictions, notamment avec l'Europe, qui provoquera une division de la droite) qui influeront sur les décisions du PS. 

C'est en situation de crise nationale que Chevènement aura un rôle majeur à jouer. Cela peut survenir plus tôt qu'on ne le pense. 
Et il pourrait être l'homme de la situation, une sorte de mi-de Gaulle, mi-Mitterrand, seul capable de rassembler la nation française autour d'un projet de renouveau économique et social, culturel et démocratique, de la République dans le cadre d'une Europe à réorienter. 

J'en déduis que nous devons redoubler d'énergie et d'initiative pour faire vivre la gauche républicaine et sociale sur le terrain, car ce sera la composante décisive de la gauche demain.

La démarche proposée par Chevènement n'est pas de mettre d'accord toute la gauche sur une orientation politique abstraite. C'est d'amener le PS et la gauche à débattre autour d'un projet stratégique alternatif aux politiques néolibérales, qui tienne compte des réalités du monde capitaliste tel qu'il est, et qui soit sur des bases républicaines. 

Cela conduira les partis de gauche à se situer par rapport à ce projet et à choisir d'y aller ou pas, l'objectif étant le plus large rassemblement et l'adhésion des classes populaires au sens large (y compris les couches intermédiaires et supérieures attachées à la justice sociale et au développement économique du pays".

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