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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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12 mai 2007 6 12 /05 /mai /2007 17:41

 

La refondation doit être celle de toute la gauche

 Le Conseil national du PS, réuni aujourd’hui, aborde en urgence la question des élections législatives. Le débat sur la refondation a commencé, lancé par Dominique Strauss-Kahn. Sur www.liberation.fr on peut lire ce jour plusieurs articles sur cette question.  

 Dans un entretien avec Paul Quinio, Laurent Fabius appelle le PS « à se moderniser, pas à se droitiser ». Voici sa réponse à l’une des questions.

 DSK estime que l'avenir de la gauche passe par un PS qui s'assume enfin franchement social-démocrate. Qu'en pensez-vous ? 

Laurent Fabius : « Je pense que, face aux nouveaux enjeux ­ la mondialisation financière, l'émergence de la Chine et de l'Inde, le risque de décrochage économique de la France, la précarisation accrue de la société, la confusion fréquente entre solidarité et assistanat, les périls environnementaux ­, il faut un PS modernisé et non pas droitisé. Le capitalisme a changé, il est davantage financier, transversal et transnational. Opposons-lui un socialisme offensif, une gauche décomplexée. Sans complexe à être ancrée à gauche, sans complexe à regarder le monde tel qu'il est pour l'améliorer ».

 De son côté, dans un entretien avec François Wenz-Dumas, Vincent Peillon estime que « le PS aurait dû engager sa refondation dès la défaite de 2002 ». Voici le texte de l’entretien.

  « Il y a une responsabilité collective dans l'échec de Royal »

 « Député européen, Vincent Peillon, 46 ans, a été un des fondateurs du courant NPS (Nouveau parti socialiste). Il a été porte-parole de Ségolène Royal pendant la campagne.

 Quel est l'enjeu du conseil national ? 

 Il y a qu'un seul objectif : se rassembler, tous, et relancer une dynamique pour les législatives. Elle a existé pour la présidentielle : 17 millions de voix, 47 %, ce n'est pas rien ! Il faut qu'elle se poursuive et s'amplifie pour permettre cette fois la victoire.

 N'y aura-t-il pas quelques règlements de comptes ? 

Certains pourraient être tentés de le faire, mais cela n'aurait aucun intérêt. La question n'est pas de chercher qui est responsable de l'échec du 6 mai. Elle est d'engager un travail de refondation en profondeur, de manière intransigeante et dans la durée. Il aurait déjà dû l'être après le 21 avril 2002. Cela n'a pas été fait. Aujourd'hui, c'est la troisième fois que le Parti socialiste subit un échec à la présidentielle. Est-ce que le PS est condamné à devenir un parti de protestation ? Ou est-ce qu'il est capable de s'assumer comme parti de gouvernement ? Nous devons poursuivre la reconquête des couches populaires et nous moderniser. Et cette refondation doit être celle de toute la gauche. Elle marquera la fin d'un cycle, entamé avec le congrès d'Epinay en 1971 et qui a permis en 1981 l'élection de François Mitterrand. Une nouvelle période doit s'ouvrir.

 Refonder seulement la gauche ? Cela risque d'être insuffisant pour revenir au pouvoir... 

Il ne faut pas réduire la gauche aux 37 % totalisés par la candidate socialiste et l'extrême gauche au premier tour. Il faut créer une gauche moderne et populaire capable d'élargir cette assise en s'adressant à tous ceux qui veulent concilier la conviction républicaine, le progrès social et l'ambition internationaliste.

 Ne devez-vous pas envisager une ouverture plus large, vers le centre ? 

 Qu'appelle-t-on le centre ? Si c'est le centre droit, il n'y a aucune ambiguïté : il a déjà rejoint la majorité de Nicolas Sarkozy. Si c'est le centre version François Bayrou, c'est autre chose. Il vient de la droite et il veut s'en émanciper mais, pour l'instant, il n'est ni à gauche ni à droite. Ce sera à lui de se déterminer en cohérence. Nous avons trois tâches à mener : d'abord, sortir des positions mi-chèvre mi-chou, et bâtir une nouvelle offre politique, en phase avec la société, courageuse et claire.

 Ensuite se pose la question de nouvelles formes d'organisation. Avec la campagne de Ségolène Royal, nous avons doublé le nombre d'adhérents. Quelles nouvelles façons de militer peut-on leur proposer ? Comment permettre à notre formation d'être utile à la victoire et non un empêchement ?

 La troisième question est celle de la stratégie politique. Il ne s'agit pas de se replier sur les 37 % de la gauche et de l'extrême gauche au premier tour ou de rêver à une alliance avec le centre mais de se demander pourquoi autant d'électeurs socialistes ont voté Bayrou et de recréer une dynamique de progrès en capacité d'être majoritaire demain.

 Pourquoi cette refondation n'a-t-elle pas été entreprise au lendemain du 21 avril 2002 ? Six années ont été perdues : il y a bien un responsable . N'est pas au premier secrétaire, François Hollande, que cela incombait ? 

 Certainement, mais il y a une responsabilité collective. Même le NPS, qui a souhaité accomplir ce travail dès 2002, a sa part de responsabilité, puisqu'il a échoué à convaincre la majorité du PS de la nécessité de ce travail en profondeur. Mais l'essentiel est maintenant de se tourner vers l'avenir. J'appelle à dépasser toutes les querelles du passé et à décloisonner le Parti socialiste, au-dedans comme au-dehors. J'appelle à s'engager résolument dans l'avenir.

 François Bayrou ne risque-t-il pas de séduire les militants proches de Strauss-Kahn ou ceux qui rêvent d'un socialisme façon Blair ? Chez les Verts, quelqu'un comme Jean-Luc Bennahmias a déjà sauté le pas. 

 On ne tire pas les mêmes conclusions quand on milite dans un parti dont la candidate recueille 1,5 % ou 26 % des voix. La démarche de Dominique Strauss-Kahn n'est pas de quitter le Parti socialiste mais bien de le transformer. Et ce qui est intéressant, c'est qu'aujourd'hui tout le monde semble vouloir la même chose. En voilà une bonne nouvelle ! Mener cette refondation en profondeur est d'autant plus urgent que nous avons en face de nous une droite dure, qui a déjà fait sa mue et contre laquelle la bataille doit être sans concession, mais sans amateurisme non plus ».

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12 mai 2007 6 12 /05 /mai /2007 15:15

 

La gauche doit clarifier son rapport au réel

 Cette fois-ci, le PS ne peut plus échapper à la remise en question de ce qu’il est devenu, 25 ans après avoir accepté d’ouvrir « la parenthèse libérale », selon le mot de Lionel Jospin, et 5 ans après avoir refusé toute réflexion critique sur la période gouvernementale 1997 - 2002. Les déclarations des dirigeants vont dans le sens d’une remise à plat après les élections législatives.

 Voici le point de vue de Guillaume Bachelay, membre du conseil national du PS et maire adjoint de Cléon (76), présenté sur www.lefigaro.fr  aujourd’hui.

 « La face cachée du socialisme »

 «Rénovation », « re- construction », « re- fondation » : au parti socialiste, depuis la défaite, chacun s'imagine en architecte. Mais pour l'heure, des archéologues seraient plus utiles pour comprendre l'origine de nos désillusions.

 Qu'il faille un leader rassembleur et sérieux, c'est entendu. Que le PS soit plus qu'une belle machine électorale, c'est souhaitable. Qu'il doive occuper tout le champ de la gauche depuis les antilibéraux jusqu'aux sociaux-démocrates, sans être l'otage des gauchistes ni la béquille des centristes, c'est recommandé. Reste le hic principal : pourquoi peine-t-il à accéder aux responsabilités depuis qu'on l'a vu à l'oeuvre ? 

François Mitterrand avait mis fin à la malédiction qui condamnait son camp à briller dans l'opposition ou à gouverner par éclipses. Un an en 1924 avec le Cartel, à peine plus avec le Front populaire, trois fois cinq ans depuis 1981 : dans la capacité à durer, la tendance est à la hausse. Peut-on en dire autant de la volonté de transformer la société ? 

La vérité, c'est que, depuis le tournant de 1983, chaque socialiste est un contorsionniste. Que nous ayons ou non vécu les deux ans qui l'ont précédé, nous ne nous sommes jamais remis du tournis de l'alternance : le vent chaud du changement, l'eau tiède de la pause, au final la douche froide de la rigueur.

 Les avancées les plus durables du double septennat mitterrandien furent réalisées au cours des dix-huit premiers mois. Après, la gauche changea de braquet. Il faut dire que ses adversaires avaient spéculé contre la monnaie et que le FMI menaçait d'intervenir... De guerre lasse et la tête basse, la France rejoignit alors le club des nations converties au libéralisme, renonçant à l'État producteur, célébrant l'initiative privée, pratiquant la rigueur salariale et la baisse des prélèvements. On sauva le gouvernement, pas le changement.

 

Bien sûr, pas question de tenir le langage abrupt de l'adaptation ! Ainsi naquirent « la parenthèse de la rigueur », « la société d'économie mixte » puis le « ni-ni ». Plus tard, on parla d'« ouvertures de capital » pour ne pas dire privatisations. Certes, bazarder des décennies de luttes et hypothéquer les réformes sociales sur l'autel de « la rupture avec le capitalisme » était un choix périlleux. Encore aurait-il fallu en débattre collectivement, en mesurer les effets réellement et assumer publiquement.

 Mais c'est l'Europe - le maintien dans le SME - qui servit de véritable rideau de fumée pour cacher l'ampleur du revirement. Puisque la France était devenue trop petite pour le socialisme, l'Europe lui servirait d'horizon. Celle-ci serait l'Hexagone en plus grand ; et l'euro, notre franc en plus fort. Jusqu'à Maastricht, les Français qui avaient le coeur à gauche vécurent positivement cette projection et crurent sincèrement que l'Europe allait permettre de préserver notre modèle social. L'ennui, c'est que, loin de stopper la sainte trinité - libéralisation-dérégulation-précarisation -, l'Union européenne l'accéléra. Lors du référendum sur la Constitution en 2005, c'est par la gauche que le non l'emporta. Heureusement, certains l'avaient anticipé et ne l'ont pas oublié depuis.

 La politique n'infléchissait plus la logique économique, l'État ne pouvait pas tout et la République ne servait plus à grand-chose ? Qu'à cela ne tienne, le PS changea de terrain. Ses propositions se firent de plus en plus sociétales et morales. Récemment, on y ajouta même une dose de régional et une ration de familial.

 Résultat : les catégories populaires et les couches moyennes déclassées ont déserté la gauche.

 On l'a vu le 21 avril 2002. Rebelote en 2007 : au premier tour, le duo Sarkozy-Le Pen a recueilli deux fois plus de suffrages des ouvriers et des employés que Ségolène Royal. Pendant que les inclus des grandes villes, la bourgeoisie d'artistes branchouilles, une partie de la jeunesse et les minorités sont devenus notre base sociale, Sarkozy fait un carton chez les salariés du périurbain et dans le monde rural en parlant travail, pouvoir d'achat, lutte contre les délocalisations et Europe qui protège.

La leçon de cette histoire, c'est que la gauche doit clarifier son rapport au réel. La mondialisation est un fait dont il faut corriger les effets. Le problème, pour un socialiste, commence quand cette contrainte ne lui apparaît plus comme une donnée extérieure à laquelle il peut opposer une politique, mais comme l'intériorisation de l'impossibilité d'agir. C'est alors que le gestionnaire tue le réformiste, que la droite consume la gauche et que les dégelées succèdent aux déroutes. Et si on parlait enfin de tout cela au PS ? 

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9 mai 2007 3 09 /05 /mai /2007 16:30

 

Changer en profondeur face à la mutation capitaliste

 L’élection présidentielle a mis en évidence le besoin de clarifier la stratégie du principal parti de la gauche, créé lors du congrès d’Epinay-sur-Seine en 1971 par François Mitterrand, Jean-Pierre Chevènement, Pierre Mauroy et Gaston Defferre, notamment.

 La dynamique d’Epinay n’existe plus depuis longtemps. Tout a changé en France et dans le monde. Les politiques néo-libérales se sont imposées progressivement dans le monde capitaliste à partir des années 1980 (Thatcher, Reagan) au moment où la gauche accédait enfin au pouvoir le 10 mai 1981. Trop tard ! Le projet économique de la gauche était incompatible avec le néo-libéralisme ambiant et Mitterrand optait en 1983 pour l’Europe et l’alignement sur les forces économiques dominantes.

 La mutation du capitalisme continue. La droite gaullienne a fini par céder et s’aligner sur la volonté du MEDEF. Sarkozy est arrivé dans les fourgons des maîtres de la puissance financière. Désormais, comme c’était le cas en Italie avec Berlusconi, l’Etat en France est entre les mains d’un homme politique parvenu au sommet en étant catapulté directement par les grands dirigeants de l’économie capitaliste.

 La démocratie est en question à partir du moment où il n’y a pas de contre-pouvoir. Il est significatif que des organes de presse comme Le Monde, prudemment, et Libération, plus nettement, aient pris position pour Ségolène Royal au second tour de l’élection présidentielle. Sans négliger leurs intérêts d’entreprise, j’y vois une volonté de rééquilibrer la démocratie en donnant la parole à la gauche et en l’incitant à se réorganiser efficacement.

 Hier, c’était Libération qui présentait un éventail des idées des personnalités du PS et au-delà (voir l’article de Chevènement paru hier sur ce blog) pour refonder le PS et la gauche. Aujourd’hui, c’est Le Monde, daté du 9 mai, qui publie une réflexion de Henri Weber, membre du Parlement européen et secrétaire national du PS, proche de Laurent Fabius.

 Parti socialiste : quelle refondation ? 

« Le résultat de l'élection présidentielle impose sans doute au Parti socialiste de repenser sa stratégie d'alliance. Mais, plus encore, il lui impose de se transformer lui-même. 

 

Les partis de la "gauche radicale" et les Verts pèsent davantage que les scores lilliputiens qu'ils ont obtenus le 22 avril ; ils n'en traversent pas moins une crise profonde et durable. Le "mouvement démocrate" de François Bayrou se heurtera à l'"UDF maintenue", alliée à l'UMP au sein de la majorité présidentielle et au gouvernement. Il pâtira du scrutin majoritaire à deux tours, propre à nos institutions, qui lamine le centre et pousse à la bipolarisation gauche-droite.

 Nous saurons le 17 juin ce que pèse réellement le nouveau parti de François Bayrou. Tout indique qu'il ne sera pas le parti central, pivot de toutes les recompositions, dont rêve son fondateur, mais bel et bien une force d'appoint. En tout état de cause, si la gauche s'ouvre aux électeurs du centre, ce ne saurait être sur la base du programme économique et social qu'a défendu François Bayrou au cours de l'élection présidentielle.

 Reprenant le mot d'Eduard Bernstein (1850-1932, figure de la social-démocratie allemande qui prônait une "révision" du marxisme dans un sens réformiste), beaucoup exhortent le Parti socialiste à "oser enfin paraître ce qu'il est", comme si le PS ne s'assumait pas depuis longtemps comme un parti réformiste, rallié à la démocratie et à l'économie sociale de marché. Oserai-je soutenir que le problème principal du PS n'est malheureusement pas là, et qu'il est autrement plus ardu ? Plus que d'oser "paraître ce qu'il est", le PS doit oser enfin devenir ce qu'il n'est pas : un grand parti socialiste moderne, capable de recueillir par ses propres forces au moins 35 % des suffrages aux élections décisives, comme y parviennent la plupart de ses homologues en Europe. Il n'y a aucune fatalité qui condamne le PS français à osciller autour de 25 % des suffrages. C'est le cas du PSOE espagnol (42,6 %, le 14 mars 2004), du SPD allemand (34,3 %, le 18 septembre 2005), du SPO autrichien (35,7 %, le 1er octobre 2006), du SAP suédois (35,2 %, le 17 septembre 2006), du Parti travailliste norvégien (32,7 % le 12 septembre 2005), du Labour Party britannique (35,2 %, le 5 mai 2005).

 Le Parti socialiste fut longtemps et reste encore un "parti d'élus entourés d'aspirants à l'élection", une machine électorale. Ses liens avec les syndicats et les grandes associations populaires sont traditionnellement lâches et se sont distendus encore. Sa capacité à agir sur l'opinion publique est faible, son aptitude à mobiliser et à organiser ses bases sociales est plus faible encore. Sa force principale réside dans son dense réseau d'élus locaux et nationaux.

 Longtemps, ce fut le Parti communiste qui assumait les grandes fonctions qui incombent au parti dominant de la gauche dans nos démocraties salariales. La marginalisation irréversible de ce dernier assigne au PS la responsabilité d'occuper tout le champ de la gauche et d'assumer lui-même pleinement les fonctions de lutte idéologique, d'élaboration programmatique, de direction stratégique et d'association des citoyens aux décisions qui les concernent, nécessaires au bon fonctionnement de notre démocratie.

 Pour la première fois depuis 1936, la mutation du PS, d'un parti d'élus de 120 000 adhérents à un authentique parti de masse, assumant toutes les grandes fonctions d'un parti réformiste moderne, est possible. Les socialistes sont-ils décidés à fournir l'effort nécessaire pour accomplir ce qui est bien plus qu'une simple rénovation ? Ou bien vont-ils chercher dans une illusoire "alliance au centre" le substitut à ce formidable effort sur eux-mêmes ? Telle est la question, au lendemain de cette défaite du 6 mai. Le PS doit intégrer les dizaines de milliers de nouveaux adhérents venus à lui à l'occasion de l'élection présidentielle et, pour cela, se doter de structures d'accueil efficaces : "sections locales à taille humaine", commissions thématiques, organismes associés. Il doit associer ses adhérents et ses sympathisants à l'élaboration de ses propositions, rajeunir, féminiser, différencier son corps militant. Etablir des liens étroits, à tous les niveaux, avec les syndicats de salariés et les associations progressistes.

 Il doit perfectionner et systématiser le recours à l'Internet, pour sa communication, sa formation interne, son action politique et idéologique. Il doit pérenniser la pratique de la démocratie participative, expérimentée sur grande échelle dans la première phase de la campagne présidentielle. Sur le plan idéologique, le Parti socialiste doit assumer pleinement et fièrement son réformisme et mener, mieux qu'il ne l'a fait, la bataille contre "la pensée unique", conservatrice et libérale.

 Les batailles politiques se gagnent d'abord dans les têtes, sur le terrain des valeurs et des idées, Nicolas Sarkozy vient d'en faire la démonstration. Le PS doit proposer aux salariés une représentation de la société et de son évolution qui leur permette de comprendre le monde nouveau dans lequel nous sommes entrés et d'y agir. Il doit élaborer des réponses plus convaincantes que celles qu'il a proposées au cours de la campagne présidentielle sur la reconquête du plein-emploi, la réforme des retraites, la préservation de notre système de santé, la maîtrise de la mondialisation...

 Sa refondation doit être à la fois idéologique, programmatique et organisationnelle. Principal parti de gauche, le Parti socialiste doit se sentir responsable de l'évolution de toutes ses familles et travailler à les rassembler. Il doit s'efforcer de gagner à sa lutte contre la politique de régression sociale de Nicolas Sarkozy les démocrates sociaux qui se reconnaissent dans le "centre". Mais sur une plate-forme politique compatible avec son projet de société solidaire et d'approfondissement de notre démocratie. Mieux il réussira sa propre mutation, mieux il parviendra à rassembler toutes les forces de progrès ».

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8 mai 2007 2 08 /05 /mai /2007 16:55

 

La victoire de Sarkozy est potentiellement explosive

Dans sa chronique, Evariste analyse le scrutin présidentiel, soulignant d’abord le rôle joué par Henri Guaino auprès du candidat de la droite, puis montrant comment celui-ci avait su capter les suffrages de l’électorat populaire en mettant en cause les dérives d’une culture issue du mouvement de mai 1968. Il décrit les responsabilités du PS et de la gauche antilibérale dans le succès de Sarkozy, observant que le mouvement social n’est pas défait et va exercer une grande vigilance. Sa conclusion est plutôt optimiste.

 Ce texte est à lire dans le n° 535, paru ce jour, du journal des amis de ReSPUBLICA Lien permanent vers cet article  

 « Henri Guaino fait gagner son second président en douze ans »

Les conditions de la victoire de Sarkozy sont certes différentes de celles de Chirac, en 1995. Quand, il y a douze ans, Guaino a commencé à écrire sur la fracture sociale, la situation du maire de Paris était désespérée, et il faisait l’objet des sarcasmes de l’ensemble du monde politico-médiatique. Mais cet animal politique a compris qu’il fallait la jouer « à gauche toutes », pour rétablir la situation, et a finalement réussi à gagner. Il ne mettra pas plus de six mois à renier tout ce qu’il a dit, et imposer, par Juppé, une taxation de plus de 100 milliards de francs sur les familles.

 Une telle escroquerie fera que, en décembre, quand les fonctionnaires, derrière les cheminots, entameront une épreuve de forces avec le gouvernement, toute la population sera derrière eux, ce qui ne sera pas le cas en 2003, lors de la grève sur les retraites.

 L’attelage Guaino-Sarkozy a une autre histoire. Il y a un an, Sarkozy avait trop de handicaps pour pouvoir gagner. Il était considéré comme atlantiste, communautariste, ultra-libéral, pour la discrimination positive sur des bases ethniques, et anti-laïque. Il avait commis l’erreur de dire qu’il aimait le modèle anglo-saxon, et qu’il se sentait souvent « comme un étranger dans son propre pays ».

 Ses conseillers lui ont dit qu’on ne pouvait pas remporter une présidentielle avec un tel programme. Notre collaboratrice Marie Perret explique fort bien (lire Respublica 532) comment Sarkozy, qui sait remarquablement sentir l’état de l’opinion, contacta alors Henri Guaino, qui lui écrivit des discours sur l’amour du travail, de la République, de la Nation, Jaurès et Blum, de la France qui se lève tôt, etc. Il saura rectifier le tir sur la laïcité, et tenir un discours sur le besoin d’ordre et d’autorité assez proche de celui du Front national.

 Résultat : beaucoup d’électeurs frontistes votèrent utile dès le premier tour, plaçant Sarkozy en position de grand favori au soir du 22 avril, et mettant le FN sur le recul. Sarkozy a su capter le vote des classes populaires, car il a également attaqué sans complexe le discours post-soixante-huit dont la majorité du peuple ne veut plus.

 Il convient d’être clair, mai 1968 fut une magnifique grève générale, avec des conquêtes sociales, un moment d’émancipation de la jeunesse face à l’ordre moral, un combat féministe contre le patriarcat, une révolte de toute la société pour davantage de liberté. Une chape de plomb étouffante s’est soulevée, et tous ceux qui parlent de ces moments le font avec beaucoup de fierté. C’est l’élan de 68 qui a permis aux femmes, en quarante ans, de gagner le droit à la contraception, à l’avortement et au travail. C’est ce même élan qui a amélioré le rapport de forces, sur les lieux de travail, jusqu’à l’apparition du chômage de masse.

 Mais on ne peut nier, dans les années qui suivirent, certaines dérives d’une culture issue de ce mouvement, sous l’influence de la pensée bobo et gauchiste : 

Haine de la République et de la Nation, jugées comme des valeurs réactionnaires, voire fascistes, au nom de l’internationalisme. Perte de l’autorité des enseignants et des parents, culte de l’enfant roi. Abandon de la transmission des savoirs à l’école, grâce aux délires des pédagogistes, au nom de l’enfant au centre de ses apprentissages. Mépris du peuple, des classes populaires, jugées racistes et lepénisées, parce qu’elles réclament de la sécurité dans des quartiers abandonnés aux petits caïds et aux délinquants. Défense de tous les particularismes, religieux, linguistiques, ethniques, régionalistes, au nom du droit à la différence. Aveuglement face à la montée de l’islamisme, au nom d’un combat antiraciste dévoyé. Haine de tout symbole d’autorité de l’Etat, dictature du politiquement correct, etc.

 Ségolène Royal, et ce n’est pas son moindre mérite, a essayé de rompre avec ce discours, depuis qu’elle a été investie par les militants du Parti socialiste. Mais chacun voyait bien que les Strauss-Kahn, Lang et Cohn-Bendit, omniprésents autour d’elle, n’étaient pas sur ces positions. Chacun entendait bien que les écologistes et l’extrême gauche trotskiste sont encore porteurs de cette idéologie.

 Il était donc inévitable que Sarkozy sache capter, par la clarté de son discours, et son refus de la dictature du politiquement correct, le rejet des classes populaires de cette culture souvent prétentieuse et méprisante à leur égard. La défense du squatt de Cachan par les gauchistes, c’était du pain béni pour Sarkozy. Les ambiguïtés de la gauche, autour des émeutes de décembre 2005 et des violences de la gare du Nord, c’était du pain béni pour Sarkozy. Les demandes de régularisation automatique de parents sans-papiers ayant un enfant scolarisé, c’était du pain béni pour Sarkozy.

 Ce dernier a su gagner le vote des classes populaires, en promettant du salaire, de l’ordre dans les quartiers, en affirmant son amour et sa fierté la France, en jurant qu’il n’y aurait pas de nouvelle constitution européenne, et refusant l’adhésion de la Turquie, en demandant du protectionnisme, etc.

 Mais il est également le chouchou du Medef, à qui il a promis de nombreux avantages fiscaux. C’est le candidat qui encourage Johnny Hallyday à s’exiler en Suisse pour ne pas payer l’impôt républicain. C’est celui qui veut exonérer les puissants de cotisations sociales, qu’il appelle des charges. Or, ce que les riches n’acquitteront pas en impôts, ce seront les plus modestes qui le paieront en taxes.

 Les attentes qu’il a suscitées, le volontarisme qu’il a démontré en promettant un taux de chômage à 5 % à la fin de son mandat, se heurteront obligatoirement à la réalité des faits. Sarkozy croisera probablement le fer rapidement avec les syndicats du secteur public. Un de nos lecteurs, Luc Douillard, expliquait dans un article (Respublica 532) qu’il ne faudra pas tomber, non plus, dans le piège des luttes minoritaires. La bataille des retraites, en 2003, a montré qu’aujourd’hui, le secteur public ne peut gagner sans l’appui de toute l’opinion, y compris les salariés du privé.

 Dans cet esprit, pour combattre efficacement Sarkozy, il faudra démontrer aux salariés, aux retraités, aux assurés sociaux, combien va leur coûter son discours libéral et démagogique. Ce sera prouver que toutes les exonérations qu’a promises le nouveau président de la République auront un coût, et préparer, avec les organisations syndicales, des mobilisations unitaires pour défendre le monde du travail, et les systèmes solidaires de retraite et de protection sociale.

 Mais surtout n’oublions pas que le peuple français est politisé, et disponible pour l’action. Il l’a montré lors du référendum sur le TCE, et lors des manifestations contre le CPE. Il l’a confirmé par sa participation massive aux présidentielles. Surtout ne soyons pas pessimiste, au soir de cette défaite, et n’écoutons pas les gauchistes qui y verront une lepénisation de la France.

 La République est de retour, plus aucun candidat ne peut l’occulter. Il n’est plus ringard de chanter « La Marseillaise ». La culture gauchiste est sur le recul, et il faut s’en réjouir pour toute la gauche. Sarkozy a certes gagné, et nettement, surtout grâce au discours de Guaino. Les interventions du nouveau président, hier soir, portaient la trace de sa plume talentueuse. Mais les classes populaires, si elles réclament que les lois de la République s’appliquent partout, n’ont pas voté pour lui pour qu’il favorise les riches, ferme les services publics, et se couche devant la logique libérale de Bruxelles.

 En ce sens, la victoire du leader de l’UMP est explosive par les contradictions qu’elle comporte, face à un mouvement social qui n’est pas défait, et qui saura lui demander des comptes.

 Le Parti socialiste, au vu de l’ampleur de la défaite de Ségolène Royal, va avoir des lendemains difficiles. Ségolène Royal était certes au deuxième tour, contrairement à Jospin en 2002, mais elle fait moins que le candidat socialiste en 1995.

 Son discours, prononcé quelques minutes après 20 heures, était surréaliste. « Que la défaite est belle », semblait-elle dire. Le but de la rapidité de cette intervention était évident : montrer que la candidate avait gagné sa légitimité pour mener les législatives. Strauss-Kahn a immédiatement réagi, et sans attaquer directement Royal, a critiqué très vivement la direction du PS, jugée trop en retard par rapport aux autres PS européens, et responsable de la troisième défaite consécutive aux présidentielles. Fabius s’est voulu plus pudique, mais a laissé entendre qu’il allait falloir tirer les bilans de cette élection. Il est évident que la main tendue à Bayrou, et l’axe UDF-PS-Verts va faire parler, avant les législatives, dans le Parti socialiste, et dans toute la gauche.

 Quant à la gauche antilibérale, elle n’a fait que payer, au lendemain du 29 mai 2005, son incapacité d’offrir des perspectives crédibles, et le repli sur la boutique de chacun. Elle a également contribué, par sa faillite, à l’ampleur de la victoire de Nicolas Sarkozy, qui marque une nouvelle étape dans les équilibres politiques français.

 Une gauche nouvelle doit naître, en brisant les carcans dogmatiques de la vieille gauche plurielle, dernière évanescence de la parenthèse soixante-huitarde, y compris en remettant en cause sans concession les fausses idoles qui ont dévalorisé les travailleurs, la culture ouvrière, l'héritage de Blum et de Jaurès.

 Une gauche qui ne doit être ni bobo, ni gaucho, mais tout simplement celle dans laquelle se reconnaissent les syndicalistes et les petites gens modestes à la vie simple, honnête et honorable.

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29 avril 2007 7 29 /04 /avril /2007 12:54

 

 La crise politique est toujours là, mais autrement

 Le débat Royal-Bayrou, hier, a mis en évidence des convergences sur les questions de société et d’organisation de la vie politique, mais confirmé des divergences sur le rôle de l’Etat dans la vie économique en France et en Europe. En clair, François Bayrou ne remet pas en cause le néo-libéralisme et, selon lui, l’Etat n’a pas à intervenir dans la vie économique et sociale. Par contre, Ségolène Royal, qui refuse les dogmes, a réaffirmé le rôle de l’Etat et la nécessité de redéfinir les orientations de la Banque Centrale Européenne.

 L’un des articles du journal en ligne des amis de ReSPUBLICA, paru vendredi, est signé Jacques Sapir, économiste, directeur d’études à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales, auteur du livre « Les trous noirs de la science économique » (Le Seuil, 2000), qui a écrit dans Le Monde Diplomatique, en juillet 2006 : « Pourtant, les vertus prêtées à ce principe (de la concurrence) reposent moins sur la science que sur la croyance, intéressée. Affirmer ainsi un tel dogme permet aux économistes néolibéraux d’écarter tout débat, et aux entreprises d’imposer leurs choix ». 

Voici des extraits de l’article  de Jacques Sapir, publié dans la lettre 532 du journal de la gauche républicaine Lien permanent vers cet article .

 « Fausses et vraies leçons d'un premier tour » 

 

« Les résultats du premier tour de l'élection présidentielle semblent nous suggérer que le « système » politique français, après les chocs du 21 avril 2002 puis du succès du « non » au référendum de 2005, a connu le sort du phénix : renaître de ses propres cendres. Il est incontestable que les deux premiers candidats ont accumulé plus de 56% des suffrages, chiffre qui atteint pratiquement les 75% si l'on inclut le « troisième homme » de 2007, François Bayrou.

 Les partisans du « non » semblent avoir quasiment disparu de l'espace politique, étant réduits à moins de 25% et l'importante participation des électeurs au scrutin (85%) semble témoigner de la réconciliation des Français avec leur système politique.

 Il est certain que les médias entonneront un chant de victoire, cette élection semblant rejeter dans le passé la crise politique larvée que le système politique français connaissait depuis cinq ans. Cette analyse serait pourtant extrêmement superficielle. La crise politique est toujours là, mais elle a changé de forme. Il convient d'en comprendre les conséquences pour le futur (…).

 « Une première observation que l'on doit faire concerne l'expression des préférences des électeurs (…) ». « Une seconde observation doit alors être faite, qui concerne les discours des 3 premiers candidats (…). Or le discours des trois premiers candidats lors du premier tour de 2007 a en commun un élément majeur : la reprise de thèmes défendus jusque-là par des candidats « hors système » voire « anti-système ». La banalisation d'un discours qui était minoritaire avant 2005 est alors la seconde caractéristique déterminante du scrutin du 22 avril.

 Prenons tout d'abord François Bayrou. Ce dernier n'a réellement commencé à progresser dans les intentions de vote qu'à partir du moment où il a tenu - avec une réelle violence - un discours « anti-système » mêlant dans le même rejet et le système bipolaire français et la complaisance des grands médias vis-à-vis de ce dernier.

 Ce n'est pas faire injure aux convictions de François Bayrou que de constater qu'il a repris ici une partie du discours tenu par Jean-Marie Le Pen et, en 2002, par Jean-Pierre Chevènement. Désormais, même Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy sont obligés de parler du « système » comme s'il s'agissait d'une chose honteuse. On va retrouver le même phénomène avec d'autres thèmes.

 Hier encore, attaquer la Banque Centrale Européenne faisait de vous un extrémiste. Durant la campagne, tant Mme Royal que M. Sarkozy ont tenu des propos très durs sur la BCE et le rôle néfaste de l'Euro. La question n'est pas de savoir si l'un ou l'autre mettront en pratique ces critiques une fois élu, mais de comprendre qu'un discours qui passait pour marginal et que les médias cherchaient à refouler vers le non-dit a obtenu droit de cité. Ceci restera. Désormais, il ne sera plus possible d'user de l'argument d'autorité contre ceux qui mettront en cause la politique de la BCE et l'Euro.

 De même, les trois premiers candidats ont dénoncé les délocalisations, faisant référence soit à la nécessité de protections (cas de Bayrou, Royal et Sarkozy) qui ne peuvent quoi qu'on en dise qu'être des mesures protectionnistes même si on refuse encore le mot. Ségolène Royal, le soir de ce premier tour appelle dans son allocution prononcée depuis Melle à conserver en France les « centres de décision » ; un tel discours eut été taxé immédiatement de souverainiste il y a moins de six mois. La référence insistante à la Nation et à son identité (même si le contenu de l'une comme de l'autre varie fortement entre les trois candidats) va dans le même sens.

 On pourrait multiplier les exemples. Le fait est là, et il est un des enseignements que l'on doit tirer de ce premier tour. Pour attirer à eux près des trois-quarts de l'électorat, les trois principaux candidats ont dû reprendre des thèmes et des termes qui étaient ceux des forces qui avaient porté la victoire du « non » lors du référendum de 2005. Que des partisans du « oui » intègrent un tel discours peut être perçu comme un élément de confusion, limitant la pertinence du débat politique. Mais, et c'est cela l'élément principal, cette intégration vaut symboliquement reconnaissance.

 Elle fait exploser les barrières du non-dit. Le « politiquement correct » libéral-européiste est mort dans les semaines qui ont précédé l'élection. Ceci n'est pas un petit événement même s'il n'est pas souligné par les commentateurs. Il signifie que les forces « pro-système » ont perdu leur hégémonie idéologique durant le cours de cette campagne. Elle ne peuvent survivre électoralement que par l'intégration d'un discours qui est en contradiction tant avec leur idéologie propre que leurs pratiques politiques quotidiennes. Une telle situation où des forces pro-système doivent reprendre une partie du discours des forces anti-système a toujours et partout été le signe d'une crise politique grave, et potentiellement explosive. Des segments entiers des forces pro-système sont déstabilisés et idéologiquement prêts à basculer. Telle est donc la seconde leçon qu'il faut tirer du résultat du premier tour, avec l'analyse qui a été faite du rôle des effets de contexte dans la construction des préférences des électeurs.

 Ces deux enseignements ont des conséquences multiples et importantes. La première, la plus évidente, est que les scores des mouvements et forces de contestation du « système » est aujourd'hui sous-estimé. Elles sont cependant loin d'avoir disparu du champ politique et l'on peut raisonnablement penser que la combinaison des contextes qui a abouti à la concentration du second tour au sein même du premier n'est pas prête à se reproduire.

 D'une certaine manière, parce que le résultat du 22 avril 2007 semble effacer celui du 21 avril 2002, il contribue à casser l'effet de contexte qui a dominé la présente élection. Mais, on ne doit pas s'en tenir à ce constat. Ces forces de contestation sont aussi confrontées à un véritable choix stratégique : comment survivre face à l'intégration d'une partie de leurs discours par les partis du « système ». La radicalisation du discours n'est pas ici une solution. Elle ne ferait que souligner les problèmes de manque de cohérence et de crédibilité que toutes ces forces connaissent, et qui les empêchent, jusqu'à maintenant, de passer du statut de mouvements de protestation à celui de mouvements portant des propositions réellement alternatives.

 Une possible option est une stratégie « entriste » (…).

 Une seconde option est celle de la position ultimatiste (…).

 La troisième option est donc de construire à la fois une cohérence et une crédibilité. Ce n'est ni simple ni facile et, pour l'instant aucune de ces forces de contestation ne semble en mesure de s'atteler rapidement à un tel projet. Ceci peut changer dans les semaines ou les mois à venir. La survie de ces forces dépendra largement de leur capacité à adapter leur stratégie pour faire face au choix auquel elles sont confrontées.

 Des deux leçons que l'on peut tirer de ce premier tour, émerge alors une double conclusion. 

La crise du système politique n'est pas moindre aujourd'hui qu'il y a deux ou cinq ans, bien au contraire. La rupture des tabous discursifs, l'évolution des thématiques marquée par la critique globale du système politico-médiatique (Bayrou), celle des délocalisations et de la politique de la BCE, ou la revendication à une véritable souveraineté économique adossée à la notion de nation, montre la désintégration de l'idéologie dominante depuis 1983. C'est un fait majeur. Quand les représentations des acteurs commencent à se transformer, de nouvelles réalités deviennent possibles.

 Mais, cette crise va rester contenue, non par la force des éléments pro-système mais en raison de la faiblesse stratégique présente des forces de contestation. Que cette situation change et le rythme de la crise et de notre histoire politique et sociale s'accélèrera de manière décisive". 

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24 avril 2007 2 24 /04 /avril /2007 18:48

 

« Nous n’avons jamais confondu la droite et la gauche »

 Ils n’ont pu s’entendre pour soutenir un candidat commun à l’élection présidentielle et ont voté différemment le 22 avril. Mais, avant d’envisager une démarche commune pour les élections législatives, leur objectif prioritaire est de battre Sarkozy. Et, pour battre Sarkozy, il faut voter Royal.

 Leur appel (publié ce jour sur www.liberation.fr ) s’adresse à l’ensemble de la gauche antilibérale afin de faire barrage au candidat de l’UMP. Les signataires sont : Clémentine Autain, féministe, élue de Paris ; Eric Coquerel, président du Mouvement pour une Alternative Républicaine et Sociale ; Claude Debons, ex-coordinateur des collectifs du 29 mai, François Labroille, élu Alternative citoyenne ; Roger Martelli, communiste ; Christian Picquet, LCR ; Catherine Tricot, communiste.

 « Pour battre Sarkozy, il faut voter Royal »

 "La «drôle de campagne» est terminée. Malgré le brouillage de tous les repères, la candidate du Parti socialiste s'est qualifiée pour le second tour. Divisée, la gauche antilibérale n'a pu s'imposer comme un acteur essentiel de cette élection. Il lui revient aujourd'hui de dépasser sa dispersion électorale pour prendre ses responsabilités et contribuer à battre Sarkozy au second tour.

 Nous nous adressons en ce sens à toute la gauche de gauche, des socialistes du «non» à l'extrême gauche,­ qui avait mené unitairement la campagne contre le traité constitutionnel européen.

 Nous lui proposons de se retrouver à l'occasion d'un grand meeting commun à Paris et de réunions du même type partout en France, pour appeler à battre la droite sur la base des exigences et valeurs de transformation sociale qui forment son patrimoine commun.

 Nous savons que les discours d'Olivier Besancenot, de José Bové, de Marie-George Buffet, de Jean-Luc Mélenchon, des animateurs de la campagne du «non» dont nous fûmes, et de bien d'autres encore, seront divers. Mais nous ne doutons pas de l'efficacité, pour mobiliser toutes les énergies à gauche, de ce qui serait l'une des initiatives les plus significatives de l'entre-deux-tours.

Voilà bien le minimum que nous devons aux millions d'hommes et de femmes qui veulent conjurer la menace Sarkozy mais ne se retrouvent pas dans le «pacte présidentiel» de Ségolène Royal.

 Nous en sommes convaincus : la gauche ne doit pas s'adapter au libéralisme mais le combattre; c'est le plus sûr moyen de battre la droite.

 Nous n'avons pas changé d'avis, nous pensons toujours que les propositions de la candidate et la politique du Parti socialiste ne sont pas une réponse à la hauteur des attentes de l'immense majorité de la population, faute d'une volonté d'imposer un autre partage des richesses et des pouvoirs.

 Nous pensons toujours qu'il y a besoin d'une gauche qui saura de nouveau se tourner vers les classes populaires, donner la priorité à la satisfaction des besoins du plus grand nombre, affirmer son parti pris féministe, relever enfin le défi de la redistribution des richesses, défendre un nouveau mode de développement respectueux des équilibres écologiques, replacer la souveraineté populaire au coeur de ses propositions pour la France et pour l'Europe.

 La campagne du premier tour a confirmé qu'il existait bien deux orientations divergentes à gauche et nous regrettons d'autant plus qu'une alternative unitaire à gauche n'a pu peser de tout son poids pour empêcher la droitisation du débat électoral. Mais nous n'avons jamais confondu la droite et la gauche ; c'est pourquoi nous appelons à battre Nicolas Sarkozy en votant Ségolène Royal.

 Car Nicolas Sarkozy est un homme dangereux. Il aspire à être l'artisan d'une contre-révolution conservatrice et ultralibérale inspirée de George Bush. Il veut mettre en pièces ce qu'il reste des conquêtes sociales arrachées depuis la Libération (code du travail, protection sociale, service public, Etat social). Il entend promouvoir un autoritarisme attentatoire aux libertés et n'hésite même plus à s'en prendre à l'héritage des Lumières.

 Il abandonne l'ambition d'égalité républicaine au profit d'une vision communautariste de l'avenir de la société. Il prône un alignement atlantiste de la politique étrangère de la France sur celle des Etats-Unis. Il est poussé par une extrême droite à laquelle il aura emprunté tout un pan de sa terminologie et de ses idées pour récupérer une partie de ses voix. Oui, décidément, aucune voix ne doit manquer pour lui barrer la route du pouvoir suprême.

 Mais on ne battra pas Sarkozy en écoutant les sirènes centristes qui charment déjà d'importantes figures du Parti socialiste. C'est en répondant aux attentes sociales, en proposant une réelle alternative à l'ordre libéral, en retrouvant le peuple de gauche qui souffre des politiques menées depuis vingt-cinq ans, que l'on y parviendra. Ce message, il revient aux diverses composantes de la gauche antilibérale de le porter dans l'unité. Par-delà un total de voix qui représente son plus mauvais score de la décennie.

 Rassemblée à l'occasion de la campagne référendaire de 2005 comme dans les mobilisations sociales, la gauche de transformation avait démontré son utilité de contestation et de proposition et permis de révéler l'opposition majoritaire de nos concitoyens à la mondialisation libérale.

 Divisée, elle aura été vécue comme incapable de changer la donne à gauche. Le temps des bilans viendra, mais la question d'une alternative à l'alternance reste posée. Serait-il responsable de reproduire sans fin les concurrences qui viennent de nous conduire à l'échec ?

 Pour notre part, nous en restons convaincus, l'ambition de changer la donne à gauche, pour y rendre majoritaire une politique de transformation profonde de la société, reposera très vite la question de l'unité de la gauche antilibérale. De nouveaux chemins devront sans doute être explorés pour y parvenir.

 Cela dit, dès les législatives, la gauche antilibérale s'honorerait de présenter un maximum de candidatures communes plutôt que de chercher à se compter en une compétition dérisoire. Et, tout de suite, l'organisation du meeting commun que nous proposons pour battre la droite serait un signe d'espoir envoyé à celles et ceux qui aspirent à une gauche authentiquement de gauche. Notre ambition est d'y travailler ".

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16 avril 2007 1 16 /04 /avril /2007 16:39

 

La gauche républicaine en marche vers son unité

 Le 14 avril, j’ai reçu le faire-part de mariage entre le Mouvement pour une Alternative Républicaine et Sociale (Mars) et la Gauche Républicaine. Auparavant, le 24 mars, le nouveau Mouvement avait diffusé un communiqué, qui commence ainsi :

 « Aujourd’hui, à l’issue de leur réunion nationale commune, le Mars et la Gauche Républicaine, constatant la convergence de leurs points de vue et de leurs actions depuis leur création respective en 2003, ont décidé de fusionner. Ce nouveau mouvement politique, le MARS-Gauche Républicaine, a élu un bureau national de 16 membres dans lequel on retrouve notamment Eric Coquerel, Président du mouvement, Pierre Carassus, secrétaire général, le syndicaliste André Deluchat. Hayat Dhalfa et Michel Naudy en seront les  porte-parole. Représentant des groupes locaux, plusieurs centaines de militants et sympathisants implantés dans 31 départements et de nombreux élus en Ile de France et en Province (conseillers généraux, maires, élus municipaux), le Mars-Gauche Républicaine a adopté ce 24 mars un manifeste fondateur titré « Au nom de la République et du Socialisme ».

 Ces deux Mouvements étaient nés de la séparation avec le Mouvement des Citoyens (MDC) en ce qui concerne la Gauche Républicaine en 2002, et avec le Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) pour ce qui est du Mars en 2003. Ils ont été actifs au sein de la gauche antilibérale, mais n’ayant pu faire prévaloir une candidature unique, ils n’ont soutenu personne lors de ce premier tour de l’élection présidentielle.

 Avec le MRC 53, j’ai rejoint le Mouvement Républicain et Citoyen en 2004, alors qu’Eric Coquerel et Michel Naudy, notamment, venaient de le quitter. Ce texte fondateur du Mars - Gauche Républicaine est de nature à faciliter un rapprochement futur.

 Dans l’immédiat, nous serons ensemble dans la bataille du second tour pour faire élire Ségolène Royal. Ce blog veut être un moyen d’information pour la gauche républicaine en Mayenne. Le MRC 53 est ouvert à des contacts avec le Mars - Gauche républicaine, si celui-ci a des correspondants en Mayenne.

 Voici le texte du manifeste fondateur du Mars – Gauche Républicaine.

 « AU NOM DE LA RÉPUBLIQUE ET DU SOCIALISME »

 « La chute du mur de Berlin en 1989 nous a fait entrer dans une ère nouvelle. Le XXe siècle s’est arrêté là. La désagrégation du camp socialiste, qui s’est achevée avec l’effondrement du système soviétique, a bouleversé l’ordre international en abandonnant aux seuls Etats-Unis d’Amérique l’ambition impériale. Leur projet, dans sa version absolutiste, suppose de briser tous les obstacles à la mondialisation financière. Il prétend laisser l’individu seul face au marché.

 Dans cet ordre nouveau, rien ne doit échapper à la marchandisation, dès lors qu’une source de profit existe ou surgit : la santé, la culture, l’éducation, le transport, l’énergie, l’eau, les moyens de communication… Pas un domaine ne doit lui être étranger. Sous le manteau de l’individu roi, libéré de toutes contraintes, on assiste, en vérité, à un grand bond en arrière. Une régression historique  sur tous les fronts :

 - Régression sociale assise sur la pression continue exercée sur les revenus du travail –ce que la technocratie libérale baptise « coût du travail »- au profit de ceux du capital. D’où un « moins disant généralisé » qui fait de la rentabilité du capital financier un impératif catégorique et qui émousse les instruments collectifs d’intervention économique.

 - Régression démocratique quand se distille l’idée selon laquelle les peuples sont désarmés face à un ordre capitaliste présenté comme naturel et que les citoyens se sentent impuissants dans la tentative d’influer par l’action collective.

 - Régression de la paix quand les peuples sont lancés dans une concurrence malsaine et des régions entières  de la planète  mises à feu et à sang au nom du contrôle des ressources énergétiques et de celui des richesses naturelles.

 - Régression écologique enfin, quand la priorité donnée à la libre circulation des marchandises et aux délocalisations des activités (quel qu’en soit  le coût polluant), vise à accélérer la mise en place de productions méprisantes du danger qu’elles font courir à l’espèce humaine et à la planète victime du réchauffement climatique et de l’épuisement de ressources naturelles vitales.

 Avec la dislocation du bloc soviétique ce phénomène s’est accéléré faute de projet alternatif à lui opposer. Il a fallu en effet prendre acte, non seulement de l’échec du projet transformateur qui prétendait exister à l’est de l’Europe, mais aussi de la responsabilité dans cet échec du socialisme bureaucratique d’état. Ce fut, c’est encore un  ébranlement pour l’idée socialiste, elle-même. La puissance états-unienne s’est ainsi vue renforcée et s’est alors sentie investie de la mission de propager, au moyen du marché, ce qu’elle considère comme ses valeurs civilisatrices.

 Depuis lors, l’emprise de la finance internationale est totale et à l’échelle de toute la planète  comme le montrent la montée en puissance de l’Inde et la Chine dans le concert du capitalisme mondialisé. Dans ce contexte, le fait religieux lui-même, est devenu un acteur, un partenaire et une caution de l’Empire, mais aussi, d’une certaine manière, une forme de protestation contre ce dernier comblant de façon confuse et régressive le vide laissé par l’échec communiste.

 Partout la loi de la jungle se substitue à l’idée du bien commun, la charité se doit de remplacer la solidarité. Cette main mise se veut  commerciale, politique, sociale, idéologique et culturelle. En cela, elle ignore aussi bien l’individu que le bien commun. Elle combat l’égalité, elle refuse les solidarités. Là où la politique était un processus qui devait permettre aux citoyens de décider des modalités du Contrat Social, le capitalisme mondialisé cherche aujourd’hui à briser tout cadre destiné à permettre l’exercice d’une pensée critique et d’une action collective.

 Dans ce nouvel ordre mondial, l’Europe aurait pu, aurait dû se poser en rempart. Son ambition initiale de rapprocher des peuples pour en finir avec les guerres intracontinentales était plus que légitime. Sa réalisation et sa concrétisation dans l’Europe de Maastricht en ont fait, au contraire, le véritable cheval de Troie de la mondialisation libérale qui a bien des égards s’avère plus extrémiste encore que son modèle états-unien.

 C’est cela que les Français ont repoussé avec force le 29 mai 2005 en votant Non au Traité Constitutionnel Européen. Ils ont ainsi rejeté une harmonisation sociale et fiscale par le plus petit dénominateur commun. Ils ont refusé la casse des services publics qui sont les outils du bien commun. Ils ont contesté  la concurrence libre et non faussée  en tant que loi  de fer dans des espaces qui doivent échapper à la logique du marché. Ils ont signifié au pouvoir économique et à la Banque Centrale Européenne leur refus  de la construction d’une Europe de la finance. Ils ont enfin affirmé l’incontournable de leurs prérogatives démocratiques et de la maîtrise de leur destin.

 Malgré tout, l’Europe peut encore se poser en alternative à ce modèle unipolaire du monde. La résistance à la croisade impérialiste en Irak en a donné l’indice fort. À cette occasion, la France et l’Allemagne, en refusant l’enrôlement sous la bannière étoilée, ont dit leurs capacités de non-alignement. Cette proximité devrait être porteuse d’une politique de coopération renforcée entre nos deux pays pour refonder une Europe répondant aux aspirations de ses peuples.

 Pour se construire, l’Europe doit s’appuyer sur ses meilleures traditions humanistes, sociales et républicaines. Elle doit harmoniser par le haut ses règles sociales, fiscales et environnementales et protéger tous les acquis nationaux en faisant du principe de non régression une base incontournable. Elle doit promouvoir une politique active de coopération et d’aide au développement avec les pays du Sud. Utile aux peuples qui la composent, vecteur de progrès social, de démocratie et d’un nouvel ordre international, cette Europe là gagnerait enfin la légitimité populaire contrairement au grand marché européen que l’on essaie de nous vendre pour idéal commun.

 Il s’agit d’un long combat qui n’est pas contradictoire avec le combat national mais qui, au contraire, en est la résultante. Car les Etats-Nations restent encore le cadre de résistance collectif le plus opérant à la mondialisation libérale. C’est en effet parce qu’ils sont encore le cadre le plus pertinent d’expression de la souveraineté populaire, seule garante d’une démocratie effective, qu’ils indisposent à ce point ceux qui veulent l’uniformisation et la modélisation de l’homme, son assujettissement au marché roi. En eux et par eux peut encore renaître un projet à vocation universaliste et internationaliste.

 En rendant le politique au peuple, en s’appuyant sur l’héritage des Lumières, de la grande révolution de 1789 et de figures historiques comme celle de Jaurès, il est plus que temps de réaffirmer la vitalité du modèle républicain. Celui-ci, loin d’être dépassé, est au contraire d’une extrême pertinence, et le sera plus encore dans les années à venir. Car la République, si elle est garante des valeurs fondamentales de démocratie, de laïcité et de bien commun, ne peut s’entendre comme une proclamation gravée dans le marbre. Le contenu du projet républicain est bel et bien inachevé, en évolution permanente, et se doit d’être porteur de la transformation des structures sociales, politiques et économiques. Selon l’heureuse formule de Jaurès, « le socialisme, c’est la République poussée jusqu’au bout ».

 En ce sens, nous sommes incontestablement socialistes lorsque nous réaffirmons et faisons nôtre le triptyque républicain « Liberté, Egalité, Fraternité », soulignant ainsi la place centrale que doit y occuper la valeur égalitaire. Le modèle républicain est plus que jamais nécessaire dans une période où les changements sont  multiples. Face aux risques encourus, la protection dont peut se revendiquer chaque individu ne pourra être effective sans une prise en charge collective. Nul ne peut aujourd’hui se construire en opposition aux autres et prétendre simultanément œuvrer pour le bien commun. C’est le pacte républicain qui lie les citoyens entre eux et doit être le moteur qui permettra à chacun de progresser en assurant la promotion et l’émancipation de tous.

 Tant sur l’analyse de la situation que sur les perspectives politiques, les adhérents du MARS et de la Gauche Républicaine se sont souvent retrouvés, ces derniers mois, côte à côte sur le même chemin. Face à l’émiettement des républicains de gauche, qui tient au moins autant aux expériences récentes qu’au détournement des valeurs républicaines par certains courants, nous avons jugé qu’il était plus que temps, pour nous, d’unir nos forces pour porter nos idéaux.

 Républicains, nous affirmons donc notre ancrage à gauche parce que la distinction droite-gauche reflète encore, même de façon plus confuse qu'autrefois, des intérêts de classe. Notre combat s'appuie en effets sur deux axes : celui  de la démocratie (qui ne saurait se réduire au seul exercice du droit de vote) à travers la réaffirmation de la souveraineté populaire et celui de l'égalité sociale.

 La République ne se situe pas « au-delà de la gauche et de la droite ». Cet épisode de la Présidentielle 2002 fut une erreur. La gauche républicaine y a perdu pour longtemps l’occasion de refonder la gauche autour d'elle, tout au moins une gauche de transformation.

  Porter plus haut une vision de gauche de la république, c'est ne pas renoncer à changer le monde, bien au contraire. La république, en effet, est insoluble dans le libéralisme et dans toutes ses politiques d'accompagnement. Notre axe stratégique est de changer toute la gauche, de proposer un projet alternatif à vocation majoritaire ce qui implique de changer le rapport de force à gauche au détriment des sociaux libéraux. 

 Ce choix implique une refondation de la gauche afin qu'émerge dans les années à venir un grand mouvement politique rassemblant toute la gauche de transformation. Ce mouvement nous devons en être l'une des forces initiatrices. Il ne se créera certes pas autour d'un regroupement des seuls républicains, mais nous pouvons, de façon ouverte, y porter toutes nos idées car nous demeurons persuadés que le projet alternatif dont la gauche a besoin devra s'appuyer sur les fondements d'une république démocratique et sociale.

 Voilà l'axe stratégique qui guide depuis leur création en 2003, le Mars et la Gauche Républicaine. Voilà  ce qui nous a décidés à être parmi les initiateurs du « non de gauche » au Traité Constitutionnel. Voilà le chemin que nous avons choisi. Voilà ce qui fonde notre engagement. Au nom de la République et du socialisme ».

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15 avril 2007 7 15 /04 /avril /2007 22:04

 

Le manque de repères républicains et de base populaire

 Hier, j’ai allumé la mèche en titrant sur ce blog « Les anciens de mai 1968 sont les amis de Bayrou ». Je voulais pointer la responsabilité de certains leaders du mouvement de mai 68 dans la dérive politique vers les rivages centristes, expérimentée d’abord au Parlement européen puis proposée maintenant au niveau national.

 La pensée de Xavier Dumoulin a rebondi aussitôt, produisant le texte publié ce jour sur son blog http://sr07.unblog.fr. Ce qui est fort intéressant, c’est l’explication de l’atonie des intellectuels issus de mai 1968 : ils ont intégré les contraintes de la mondialisation libérale et renoncé à l’esprit de résistance.

 Michel Rocard a reconnu la victoire du capitalisme et appelé à la démobilisation générale. Quoi d’étonnant à ce qu’il partage la vision poltronne de François Bayrou qui préconise de rassembler les défaitistes de droite et de gauche pour faire une politique d’acceptation des principes néo-libéraux en odeur de sainteté à Bruxelles, comme dans les organisations européennes et internationales ?

 Voici ce texte de Xavier Dumoulin, pas toujours facile à lire, mais très important sur le fond. Les intertitres sont de ma composition.

 « Du gauchisme au centrisme, qu’avez-vous fait de vos vingt ans ? »

 « Je ne porte pas de jugement monolithique et univoque sur les conséquences de l'agitation étudiante et du mouvement social de mai 68. Je retiens, dans la hiérarchie de leurs retombées, les acquis sociaux conjoncturels, en terme de pouvoir d'achat notamment, et structurels avec la reconnaissance de l'expression syndicale dans l'entreprise et surtout la dynamique en oeuvre dans la société civile : place des femmes, contraception, évolution des relations sociales et des rapports d'autorité, etc. Les idées de mai ont charrié, dans leur sillage, le meilleur et parfois le pire. N'oublions pas aussi l'aspect international de cette contestation des pouvoirs à l'Ouest et à l'Est.

 Mon propos s'intéresse au substrat idéologique des enfants de mai.

Les gauchistes libertaires ont cultivé à l'Université et dans les appareils idéologiques une approche centrée sur l'éclatement des pouvoirs. La contestation s'est organisée sur un mode nouveau : la société civile contre l'Etat, le mouvement social contre les appareils, la base contre le sommet, la périphérie contre le centre,  la spontanéité contre l'organisation et le savoir structuré etc.

Cette vision manichéenne et simpliste contenait en germe une critique diffuse des institutions, traversant les appareils politiques de la gauche et  accompagnant, paradoxalement, le mouvement des idées de la société bourgeoise en quête d'un nouveau libéralisme sans entrave et adapté à la marchandisation du monde.

 Les idées de mai ont été récupérées par un capitalisme avide de modernisation contre tous les archaïsmes.

Des discours managériaux nouveaux ont éclos dans ce nouvel esprit du capitalisme qui privilégie, dans l'entreprise, l'autonomie et la flexibilité à l'organisation pyramidale et aux rigidités organisationnelles, dans la société, le pédagogisme à la transmission des savoirs, l'individualisme au civisme et à l'engagement collectif, l'émotion à la raison et dans l'économie la main invisible du marché à la rationalité d'une planification démocratique et d'une impulsion de l'Etat.

 Des actions qui font l’impasse sur l’articulation avec le politique

 En politique ces tendances ont eu aussi leurs traductions avec la stratégie de conquête des pouvoirs à la base ("des Lip par milliers") sur différents fronts sociaux (les luttes des femmes, des jeunes et étudiants, des gays et lesbiennes, des sans papier, des sans logement, des chômeurs et des précaires…).

 Cette stratégie fait souvent l'impasse sur les articulations nécessaires entre les luttes sociales et politiques pour la transformation sociale. Impuissante à changer la donne, elle s'est parfois retournée contre ses protagonistes, isolés, sans perspective syndicale ou sans projet politique. Le néolibéralisme a su parfois phagocyter et pervertir cette démarche dans une modernisation des rapports sociaux.

 Le marché s’est imposé dans les têtes des élites

 La prédominance du marché et des politiques de l'offre semble devoir s'imposer dans les têtes des élites et des gouvernants en écho à cette critique diffuse de l'Etat et du modèle républicain de régulation économique et sociale. La machine à exclure s'est délestée d'un arsenal protecteur (assouplissement du droit du licenciement, déréglementation au profit du contrat, organisation flexible, remise en cause du système de retraites par répartition, etc.) quand, dans le même temps, de nouvelles protections ont pu être instituées ou revendiquées. La critique de la société de consommation s'est accompagnée d'une explosion sans précédent de la sphère marchande dans une société de marché inégalitaire et source d'exclusions.

 Le règne de la pensée unique

 Ce puissant mouvement de libéralisation explique l'entreprise de liquidation des institutions démocratiques : citoyenneté, République, Etat social, Etat-nation. Ces institutions sont pourtant le legs de la gauche républicaine attachée à la démocratie politique, économique et sociale. Quant au formidable effort de désidéologisation du marxisme, désencombré de la vulgate stalinienne, il est vilipendé par des idéologues repentis de leur effroyable orthodoxie d'hier, aujourd'hui véritables maîtres de la pensée unique. 

 Ce renouvellement de la pensée socialiste offrit pourtant des clefs à la compréhension du monde actuel, complétant utilement les grilles d'analyse marxiste de l'exploitation économique : le phénomène de domination idéologique au travers des écrits d'un Gramsci réhabilité et retrouvé; l'analyse de l'Etat et des rapports de classe dans l'oeuvre de Nicos Poulantzas; la question nationale dans l'austro-marxisme d'Otto Bauer… Le CERES a grandement contribué à ce réveil de la pensée politique critique dans les années soixante dix avant de mettre au coeur de sa perspective socialiste et républicaine la pensée de Jaurès si féconde et toujours  incontournable.

 La liquidation de la pensée critique a produit ses effets dévastateurs

 Du gauchisme, privé de repères intellectuels pertinents et coupé des couches populaires, à la deuxième gauche, le pas fut vite franchi par les esprits favorables à cette liquidation d'une pensée critique au profit d'un élan messianique hérité du vieux fonds chrétien social. On sait ce qu'il advint de la CFDT recentrée ou du rocardisme, pour ne prendre que ces deux figures emblématiques de la nouvelle gauche dite aussi américaine.

 Sans doute trop schématisé ici, ce glissement explique la mutation d'une importante fraction des intellectuels issus du gauchisme vers une acceptation des contraintes imposées par la mondialisation libérale. D'où l'évolution naturelle de nos gauchistes vers le centrisme. Car, si l'on devait chercher le trait commun à tous nos recentrés, ce serait peut être celui de leur jeunesse fascinée par le mouvement de mai.

 Chacun comprendra en quoi le ségolisme, ni gauchiste ni centriste, peut être un jalon utile dans la mutation républicaine et sociale d'une gauche à la croisée des chemins ».

A lire sur http://sr07.unblog.fr 

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14 avril 2007 6 14 /04 /avril /2007 22:32

 

Les anciens de mai 1968 sont les amis de Bayrou

 L’appel de Michel Rocard en faveur d’un accord PS-UDF a surpris parce qu’il s’est produit à dix jours du premier tour de l’élection présidentielle. Comment un membre éminent de l’équipe de Ségolène Royal peut-il affirmer délibérément et publiquement une position qui met en difficulté la candidate qu’il soutient ? Pour le comprendre, il est nécessaire de faire un retour sur le passé.

 En mai 1968, c’était Daniel Cohn-Bendit qui était l’inspirateur et le principal animateur du mouvement de revendication de la jeunesse étudiante. Aspiration à la liberté des mœurs, à l’émancipation individuelle et aux responsabilités sociales face aux rigidités du pouvoir gaulliste vieillissant et de la tutelle du parti communiste sur le mouvement social et culturel.

 Michel Rocard était alors, à la gauche du courant socialiste de l’époque, l’homme politique le plus proche du mouvement de mai. Cohn-Bendit et Rocard étaient anti-gaullistes et anti-communistes. Ils aspiraient à prendre des responsabilités publiques avec la gauche.

 Face au néo-libéralisme des années 1980 et 1990, ils ont refusé de lutter et ont fini par reconnaître la victoire du capitalisme. Ils se sont réfugiés au Parlement européen, l’endroit idéal pour mettre en œuvre le rapprochement entre les sociaux libéraux (les socialistes, plus sociaux que libéraux) et les libéraux sociaux (les centristes, plus libéraux que sociaux), les uns et les autres ayant la même idée, fédérale et supranationale, de l’Europe.

 Pour sa part, Xavier Dumoulin, sur son blog citoyen, socialiste et républicain http://sr07.unblog.fr/  a apporté un autre éclairage.

 « Les obscurs desseins de monsieur Rocard ».

« La déclaration de Michel Rocard ne me surprend pas. Elle est dans la lignée du combat de cette deuxième gauche contre laquelle nous avons toujours ferraillé. Ma mémoire de militant est pleine de ces luttes contre "la gauche américaine".

 Je me souviens du congrès de Nantes en 1977 et du discours de Michel Rocard sur les deux cultures. Je défendais alors la motion du CERES qui eut un certain écho dans ma section. Et puis vint le congrès de Metz. Alors responsable des étudiants socialistes de Bordeaux, j'ai en mémoire ces débats de fond dans une nouvelle configuration, celle de l'alliance entre le CERES et les mitterrandistes.

 Pour Rocard, il s'agissait encore de vilipender les jacobinistes et l'Etat contre la société civile, parée de toutes les vertus. La victoire de la stratégie d'union de la gauche en 1981 devait nous donner raison. Et nous pourrions aussi évoquer le rôle de Rocard dans les choix monétaires d'arrimage du franc au SME et ceux de la rigueur qui en découlaient. C'était en 1983. Nous avions eu des débats houleux dans ma fédération socialiste de l'Ain qui devait accueillir cette année là le congrès national; celui de Bourg en Bresse. Ces questions secouaient bien sûr tout le Parti et, notamment, le secteur entreprise au sein duquel je militais.

 Michel Rocard, premier ministre de l'époque, fut aussi un ardent préparateur et défenseur de la signature du traité de Maastricht - qui supposait plus tard l'adoption du pacte de stabilité - contre lequel nous fûmes nombreux à nous élever avant de quitter le P.S, qu'il dirigeait alors, pour fonder le Mouvement des Citoyens. Décidément, cet homme intelligent et influent, a toujours été du côté de la gauche qui renonce après son départ du PSU en 1974.

 Aujourd'hui de quoi s'agit-il ? La stratégie de rassemblement des forces de gauche au service d'une politique audacieuse visant la réorientation de l'Europe et la conduite d'une nouvelle politique économique et sociale en France, n'a pas la faveur de Michel Rocard. Constant dans son refus d'une politique vraiment alternative à celle des libéraux; il peut en toute bonne conscience déclarer aujourd'hui : "Socialiste et européen depuis toujours, j'affirme que sur les urgences d'aujourd'hui rien d'essentiel ne sépare plus en France les sociaux-démocrates et les démocrates-sociaux, c'est-à-dire les socialistes et les centristes.

 Sur l'emploi, sur le logement, sur la dette, sur l'éducation, sur l'Europe, nos priorités sont largement les leurs. Sur la société, sur la démocratie, sur les femmes, sur l'intégration, sur la nation, nous partageons les mêmes valeurs." Monsieur Rocard a le droit de penser cela. Mais il ne pense plus en homme de gauche quand il veut entraîner dans ses turpitudes les sociaux libéraux.

La réponse de notre candidate est sans appel et c'est dans la clarté qu'elle aborde aujourd'hui cette dernière ligne droite avant le premier tour. Une fois encore Michel Rocard a succombé à la tentation de renoncer à l'essentiel. Une fois encore, à la base, nous sommes appelés à combattre énergiquement ses funestes desseins de toute la force de nos convictions ».

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22 mars 2007 4 22 /03 /mars /2007 16:23

 

Porter avec conviction un projet alternatif au libéralisme

 D’où vient ce défaitisme, cette idée que la gauche est trop faible pour avoir une chance de gagner l’élection présidentielle ? Les sondages semblent confirmer cette impression en donnant à l’ensemble de la gauche environ 35% des voix, une partie des voix de gauche se portant sur le candidat de l’UDF, une autre partie restant en retrait en attendant de se prononcer au dernier moment.

 Pour ma part, je pense que la France ne va pas passer à côté de la possibilité qui lui est offerte de sortir de l’oppression néo-libérale. Après trente années (le début remonte à Giscard - Barre en 1976), plus précisément depuis le tournant libéral de 1983, il serait temps de fermer « la parenthèse libérale » et revenir aux fondamentaux de la République, en mettant la volonté politique aux commandes du pays.

 J’ai lu dans Le Figaro.fr hier un excellent article d’un membre du Conseil national du PS que je ne connais pas (j’ai quitté cette instance en décembre 2001 en m’éloignant du PS). Guillaume Bachelay signe un texte que je vous propose de lire, ci-après.

 Non, la gauche n'est pas morte !

 « Si on en croit les sondages, l'étiage électoral de la gauche serait au plus bas. Ce qui n'est à ce stade qu'une prédiction - faut-il rappeler que les Français n'ont pas encore voté ? - a un double impact. Sur nombre d'électeurs, la nouvelle fait l'effet d'un uppercut. Difficile d'entraîner quand, chaque jour, une enquête d'opinion prédit 36 % et des poussières d'intentions de vote à la gauche et à l'extrême gauche.

 Surtout quand l'actualité, d'Airbus aux négociations de l'OMC, exprime un besoin de résistance au tout-financier. Au plan idéologique, l'heure serait à la droitisation de la société française, sur fond de rapport de forces plus favorable que jamais au capitalisme. Les socialistes et leurs alliés, en retard d'une époque, ne seraient plus que des « anti » : antilibéraux, antiréformes, bref antiréel. En face, la droite « décomplexée » pourrait célébrer l'adaptation à la mondialisation et les intérêts de l'individu.

 Ce discours en vogue, d'autant plus imposant qu'un régiment de sociaux-démocrates et une légion de bobos en assurent la promotion, n'est qu'un faux-semblant. Plusieurs faits laissent penser, au contraire, que c'est la gauche qui a la main dans cette campagne ­présidentielle.

 Une demande durable de gauche

 1) Les sondages expriment une demande durable de gauche. Depuis 2004, une majorité d'interviewés souhaitent que le prochain chef de l'État soit issu de ses rangs (BVA pour L'Express). Depuis un an, la confiance à l'égard du PS est supérieure à celle dont jouit l'UMP (TNS-Sofres pour Le Figaro magazine). Surtout, les thèmes jugés prioritaires par les Français sont traditionnellement favorables au camp progressiste : lutte contre le chômage et la pauvreté, éducation, logement (CSA pour L'Humanité en janvier), auxquels s'ajoutent le pouvoir d'achat et la protection sociale (TNS-Sofres pour Le Figaro en mars).

 Alors que l'insécurité et les faits divers écrasaient le débat public en 2002, ce sont les enjeux économiques et sociaux qui mobilisent les électeurs de 2007. En témoigne le fait que deux salariés sur trois se sentent menacés par le chômage et qu'un sur deux craint de se retrouver sans emploi dans les cinq prochaines années (Ipsos pour Genworth en juin dernier).

 La droite n’ignore pas que le pays et les voix sont à gauche

 2) La droite et l'extrême droite font campagne... à gauche. Au point que leurs électeurs se pincent pour y croire ! Dans ses meetings, jusqu'à ces derniers jours, Sarkozy citait Jaurès et fustigeait les patrons voyous. Jadis promoteur de l'enseignement privé, Bayrou vante désormais l'école publique. Sans oublier Le Pen qui a lancé sa campagne à Valmy, sous les auspices de la Révolution française !

 Pourquoi ces candidats noient-ils leur identité propre (libérale-autoritaire pour l'UMP, régionale-européiste pour l'UDF, nationale-agressive pour le FN) sous des figures et des mots volés au patrimoine de leurs adversaires, sinon parce qu'ils pensent que le pays et les voix penchent à gauche ?

 Depuis 2002, les succès sont à gauche

 3) Depuis 2002, les mobilisations sociales ont traduit l'aspiration à l'égalité effective des chances et des droits : rejet du plan Fillon sur les retraites (2003), mouvement de Guéret pour les services publics locaux (2004), explosion dans les banlieues (2005), combat de la jeunesse contre le CPE (2006). Dans le même temps, les scrutins nationaux ont été favorables à la gauche. Elle dirige la quasi-totalité des régions et préside un département sur deux. Elle a remporté les élections au Parlement européen, progressé aux sénatoriales, assuré la victoire du non au traité constitutionnel.

 Jusqu’à présent, l’offre politique n’a pas été à la hauteur

 4) Enfin, la double décennie « libérale-concurrentielle » engagée avec Reagan et Thatcher s'achève, contestée de toutes parts. L'Amérique latine bascule à gauche, qu'elle ait le visage de Lula ou de Chavez. En Europe, les syndicats de salariés se lèvent contre les directives les plus régressives. Aux États-Unis, un débat sur les protections antidumping à l'égard de la Chine bat son plein. Un nouveau cycle mondial s'annonce, fondé sur la régulation démocratique et interétatique de la sphère marchande.

 Alors, d'où vient la faiblesse apparente de la gauche française dans les sondages ? De l'écart entre la demande populaire de gauche et l'offre politique à gauche. Les candidats non socialistes ne décollent pas, car ils portent le mistigri de la division du 21 avril 2002.

 Quant au PS, il doit être plus fier de ses valeurs, plus sûr de ses atouts et ne doit pas céder à l'air du temps. À quoi bon s'abandonner à la rengaine libérale-autoritaire à l'heure où les Français la rejettent et pourquoi se tourner vers le centre alors que, dans les idées comme dans les collectivités, UMP et UDF sont des formations siamoises ?

 Le changement est à notre portée

 Il faut, à l'inverse, porter un projet alternatif au libéralisme combinant solidarité et responsabilité, revendiquer la République laïque pour socle, avoir la réorientation de l'Europe pour dessein, la puissance publique pour levier, la démocratie pour méthode, la gauche rassemblée pour famille. Suivre ce chemin, c'est assurer mieux qu'une victoire électorale : c'est permettre le changement."

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