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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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15 avril 2007 7 15 /04 /avril /2007 22:04

 

Le manque de repères républicains et de base populaire

 Hier, j’ai allumé la mèche en titrant sur ce blog « Les anciens de mai 1968 sont les amis de Bayrou ». Je voulais pointer la responsabilité de certains leaders du mouvement de mai 68 dans la dérive politique vers les rivages centristes, expérimentée d’abord au Parlement européen puis proposée maintenant au niveau national.

 La pensée de Xavier Dumoulin a rebondi aussitôt, produisant le texte publié ce jour sur son blog http://sr07.unblog.fr. Ce qui est fort intéressant, c’est l’explication de l’atonie des intellectuels issus de mai 1968 : ils ont intégré les contraintes de la mondialisation libérale et renoncé à l’esprit de résistance.

 Michel Rocard a reconnu la victoire du capitalisme et appelé à la démobilisation générale. Quoi d’étonnant à ce qu’il partage la vision poltronne de François Bayrou qui préconise de rassembler les défaitistes de droite et de gauche pour faire une politique d’acceptation des principes néo-libéraux en odeur de sainteté à Bruxelles, comme dans les organisations européennes et internationales ?

 Voici ce texte de Xavier Dumoulin, pas toujours facile à lire, mais très important sur le fond. Les intertitres sont de ma composition.

 « Du gauchisme au centrisme, qu’avez-vous fait de vos vingt ans ? »

 « Je ne porte pas de jugement monolithique et univoque sur les conséquences de l'agitation étudiante et du mouvement social de mai 68. Je retiens, dans la hiérarchie de leurs retombées, les acquis sociaux conjoncturels, en terme de pouvoir d'achat notamment, et structurels avec la reconnaissance de l'expression syndicale dans l'entreprise et surtout la dynamique en oeuvre dans la société civile : place des femmes, contraception, évolution des relations sociales et des rapports d'autorité, etc. Les idées de mai ont charrié, dans leur sillage, le meilleur et parfois le pire. N'oublions pas aussi l'aspect international de cette contestation des pouvoirs à l'Ouest et à l'Est.

 Mon propos s'intéresse au substrat idéologique des enfants de mai.

Les gauchistes libertaires ont cultivé à l'Université et dans les appareils idéologiques une approche centrée sur l'éclatement des pouvoirs. La contestation s'est organisée sur un mode nouveau : la société civile contre l'Etat, le mouvement social contre les appareils, la base contre le sommet, la périphérie contre le centre,  la spontanéité contre l'organisation et le savoir structuré etc.

Cette vision manichéenne et simpliste contenait en germe une critique diffuse des institutions, traversant les appareils politiques de la gauche et  accompagnant, paradoxalement, le mouvement des idées de la société bourgeoise en quête d'un nouveau libéralisme sans entrave et adapté à la marchandisation du monde.

 Les idées de mai ont été récupérées par un capitalisme avide de modernisation contre tous les archaïsmes.

Des discours managériaux nouveaux ont éclos dans ce nouvel esprit du capitalisme qui privilégie, dans l'entreprise, l'autonomie et la flexibilité à l'organisation pyramidale et aux rigidités organisationnelles, dans la société, le pédagogisme à la transmission des savoirs, l'individualisme au civisme et à l'engagement collectif, l'émotion à la raison et dans l'économie la main invisible du marché à la rationalité d'une planification démocratique et d'une impulsion de l'Etat.

 Des actions qui font l’impasse sur l’articulation avec le politique

 En politique ces tendances ont eu aussi leurs traductions avec la stratégie de conquête des pouvoirs à la base ("des Lip par milliers") sur différents fronts sociaux (les luttes des femmes, des jeunes et étudiants, des gays et lesbiennes, des sans papier, des sans logement, des chômeurs et des précaires…).

 Cette stratégie fait souvent l'impasse sur les articulations nécessaires entre les luttes sociales et politiques pour la transformation sociale. Impuissante à changer la donne, elle s'est parfois retournée contre ses protagonistes, isolés, sans perspective syndicale ou sans projet politique. Le néolibéralisme a su parfois phagocyter et pervertir cette démarche dans une modernisation des rapports sociaux.

 Le marché s’est imposé dans les têtes des élites

 La prédominance du marché et des politiques de l'offre semble devoir s'imposer dans les têtes des élites et des gouvernants en écho à cette critique diffuse de l'Etat et du modèle républicain de régulation économique et sociale. La machine à exclure s'est délestée d'un arsenal protecteur (assouplissement du droit du licenciement, déréglementation au profit du contrat, organisation flexible, remise en cause du système de retraites par répartition, etc.) quand, dans le même temps, de nouvelles protections ont pu être instituées ou revendiquées. La critique de la société de consommation s'est accompagnée d'une explosion sans précédent de la sphère marchande dans une société de marché inégalitaire et source d'exclusions.

 Le règne de la pensée unique

 Ce puissant mouvement de libéralisation explique l'entreprise de liquidation des institutions démocratiques : citoyenneté, République, Etat social, Etat-nation. Ces institutions sont pourtant le legs de la gauche républicaine attachée à la démocratie politique, économique et sociale. Quant au formidable effort de désidéologisation du marxisme, désencombré de la vulgate stalinienne, il est vilipendé par des idéologues repentis de leur effroyable orthodoxie d'hier, aujourd'hui véritables maîtres de la pensée unique. 

 Ce renouvellement de la pensée socialiste offrit pourtant des clefs à la compréhension du monde actuel, complétant utilement les grilles d'analyse marxiste de l'exploitation économique : le phénomène de domination idéologique au travers des écrits d'un Gramsci réhabilité et retrouvé; l'analyse de l'Etat et des rapports de classe dans l'oeuvre de Nicos Poulantzas; la question nationale dans l'austro-marxisme d'Otto Bauer… Le CERES a grandement contribué à ce réveil de la pensée politique critique dans les années soixante dix avant de mettre au coeur de sa perspective socialiste et républicaine la pensée de Jaurès si féconde et toujours  incontournable.

 La liquidation de la pensée critique a produit ses effets dévastateurs

 Du gauchisme, privé de repères intellectuels pertinents et coupé des couches populaires, à la deuxième gauche, le pas fut vite franchi par les esprits favorables à cette liquidation d'une pensée critique au profit d'un élan messianique hérité du vieux fonds chrétien social. On sait ce qu'il advint de la CFDT recentrée ou du rocardisme, pour ne prendre que ces deux figures emblématiques de la nouvelle gauche dite aussi américaine.

 Sans doute trop schématisé ici, ce glissement explique la mutation d'une importante fraction des intellectuels issus du gauchisme vers une acceptation des contraintes imposées par la mondialisation libérale. D'où l'évolution naturelle de nos gauchistes vers le centrisme. Car, si l'on devait chercher le trait commun à tous nos recentrés, ce serait peut être celui de leur jeunesse fascinée par le mouvement de mai.

 Chacun comprendra en quoi le ségolisme, ni gauchiste ni centriste, peut être un jalon utile dans la mutation républicaine et sociale d'une gauche à la croisée des chemins ».

A lire sur http://sr07.unblog.fr 

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14 avril 2007 6 14 /04 /avril /2007 22:32

 

Les anciens de mai 1968 sont les amis de Bayrou

 L’appel de Michel Rocard en faveur d’un accord PS-UDF a surpris parce qu’il s’est produit à dix jours du premier tour de l’élection présidentielle. Comment un membre éminent de l’équipe de Ségolène Royal peut-il affirmer délibérément et publiquement une position qui met en difficulté la candidate qu’il soutient ? Pour le comprendre, il est nécessaire de faire un retour sur le passé.

 En mai 1968, c’était Daniel Cohn-Bendit qui était l’inspirateur et le principal animateur du mouvement de revendication de la jeunesse étudiante. Aspiration à la liberté des mœurs, à l’émancipation individuelle et aux responsabilités sociales face aux rigidités du pouvoir gaulliste vieillissant et de la tutelle du parti communiste sur le mouvement social et culturel.

 Michel Rocard était alors, à la gauche du courant socialiste de l’époque, l’homme politique le plus proche du mouvement de mai. Cohn-Bendit et Rocard étaient anti-gaullistes et anti-communistes. Ils aspiraient à prendre des responsabilités publiques avec la gauche.

 Face au néo-libéralisme des années 1980 et 1990, ils ont refusé de lutter et ont fini par reconnaître la victoire du capitalisme. Ils se sont réfugiés au Parlement européen, l’endroit idéal pour mettre en œuvre le rapprochement entre les sociaux libéraux (les socialistes, plus sociaux que libéraux) et les libéraux sociaux (les centristes, plus libéraux que sociaux), les uns et les autres ayant la même idée, fédérale et supranationale, de l’Europe.

 Pour sa part, Xavier Dumoulin, sur son blog citoyen, socialiste et républicain http://sr07.unblog.fr/  a apporté un autre éclairage.

 « Les obscurs desseins de monsieur Rocard ».

« La déclaration de Michel Rocard ne me surprend pas. Elle est dans la lignée du combat de cette deuxième gauche contre laquelle nous avons toujours ferraillé. Ma mémoire de militant est pleine de ces luttes contre "la gauche américaine".

 Je me souviens du congrès de Nantes en 1977 et du discours de Michel Rocard sur les deux cultures. Je défendais alors la motion du CERES qui eut un certain écho dans ma section. Et puis vint le congrès de Metz. Alors responsable des étudiants socialistes de Bordeaux, j'ai en mémoire ces débats de fond dans une nouvelle configuration, celle de l'alliance entre le CERES et les mitterrandistes.

 Pour Rocard, il s'agissait encore de vilipender les jacobinistes et l'Etat contre la société civile, parée de toutes les vertus. La victoire de la stratégie d'union de la gauche en 1981 devait nous donner raison. Et nous pourrions aussi évoquer le rôle de Rocard dans les choix monétaires d'arrimage du franc au SME et ceux de la rigueur qui en découlaient. C'était en 1983. Nous avions eu des débats houleux dans ma fédération socialiste de l'Ain qui devait accueillir cette année là le congrès national; celui de Bourg en Bresse. Ces questions secouaient bien sûr tout le Parti et, notamment, le secteur entreprise au sein duquel je militais.

 Michel Rocard, premier ministre de l'époque, fut aussi un ardent préparateur et défenseur de la signature du traité de Maastricht - qui supposait plus tard l'adoption du pacte de stabilité - contre lequel nous fûmes nombreux à nous élever avant de quitter le P.S, qu'il dirigeait alors, pour fonder le Mouvement des Citoyens. Décidément, cet homme intelligent et influent, a toujours été du côté de la gauche qui renonce après son départ du PSU en 1974.

 Aujourd'hui de quoi s'agit-il ? La stratégie de rassemblement des forces de gauche au service d'une politique audacieuse visant la réorientation de l'Europe et la conduite d'une nouvelle politique économique et sociale en France, n'a pas la faveur de Michel Rocard. Constant dans son refus d'une politique vraiment alternative à celle des libéraux; il peut en toute bonne conscience déclarer aujourd'hui : "Socialiste et européen depuis toujours, j'affirme que sur les urgences d'aujourd'hui rien d'essentiel ne sépare plus en France les sociaux-démocrates et les démocrates-sociaux, c'est-à-dire les socialistes et les centristes.

 Sur l'emploi, sur le logement, sur la dette, sur l'éducation, sur l'Europe, nos priorités sont largement les leurs. Sur la société, sur la démocratie, sur les femmes, sur l'intégration, sur la nation, nous partageons les mêmes valeurs." Monsieur Rocard a le droit de penser cela. Mais il ne pense plus en homme de gauche quand il veut entraîner dans ses turpitudes les sociaux libéraux.

La réponse de notre candidate est sans appel et c'est dans la clarté qu'elle aborde aujourd'hui cette dernière ligne droite avant le premier tour. Une fois encore Michel Rocard a succombé à la tentation de renoncer à l'essentiel. Une fois encore, à la base, nous sommes appelés à combattre énergiquement ses funestes desseins de toute la force de nos convictions ».

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22 mars 2007 4 22 /03 /mars /2007 16:23

 

Porter avec conviction un projet alternatif au libéralisme

 D’où vient ce défaitisme, cette idée que la gauche est trop faible pour avoir une chance de gagner l’élection présidentielle ? Les sondages semblent confirmer cette impression en donnant à l’ensemble de la gauche environ 35% des voix, une partie des voix de gauche se portant sur le candidat de l’UDF, une autre partie restant en retrait en attendant de se prononcer au dernier moment.

 Pour ma part, je pense que la France ne va pas passer à côté de la possibilité qui lui est offerte de sortir de l’oppression néo-libérale. Après trente années (le début remonte à Giscard - Barre en 1976), plus précisément depuis le tournant libéral de 1983, il serait temps de fermer « la parenthèse libérale » et revenir aux fondamentaux de la République, en mettant la volonté politique aux commandes du pays.

 J’ai lu dans Le Figaro.fr hier un excellent article d’un membre du Conseil national du PS que je ne connais pas (j’ai quitté cette instance en décembre 2001 en m’éloignant du PS). Guillaume Bachelay signe un texte que je vous propose de lire, ci-après.

 Non, la gauche n'est pas morte !

 « Si on en croit les sondages, l'étiage électoral de la gauche serait au plus bas. Ce qui n'est à ce stade qu'une prédiction - faut-il rappeler que les Français n'ont pas encore voté ? - a un double impact. Sur nombre d'électeurs, la nouvelle fait l'effet d'un uppercut. Difficile d'entraîner quand, chaque jour, une enquête d'opinion prédit 36 % et des poussières d'intentions de vote à la gauche et à l'extrême gauche.

 Surtout quand l'actualité, d'Airbus aux négociations de l'OMC, exprime un besoin de résistance au tout-financier. Au plan idéologique, l'heure serait à la droitisation de la société française, sur fond de rapport de forces plus favorable que jamais au capitalisme. Les socialistes et leurs alliés, en retard d'une époque, ne seraient plus que des « anti » : antilibéraux, antiréformes, bref antiréel. En face, la droite « décomplexée » pourrait célébrer l'adaptation à la mondialisation et les intérêts de l'individu.

 Ce discours en vogue, d'autant plus imposant qu'un régiment de sociaux-démocrates et une légion de bobos en assurent la promotion, n'est qu'un faux-semblant. Plusieurs faits laissent penser, au contraire, que c'est la gauche qui a la main dans cette campagne ­présidentielle.

 Une demande durable de gauche

 1) Les sondages expriment une demande durable de gauche. Depuis 2004, une majorité d'interviewés souhaitent que le prochain chef de l'État soit issu de ses rangs (BVA pour L'Express). Depuis un an, la confiance à l'égard du PS est supérieure à celle dont jouit l'UMP (TNS-Sofres pour Le Figaro magazine). Surtout, les thèmes jugés prioritaires par les Français sont traditionnellement favorables au camp progressiste : lutte contre le chômage et la pauvreté, éducation, logement (CSA pour L'Humanité en janvier), auxquels s'ajoutent le pouvoir d'achat et la protection sociale (TNS-Sofres pour Le Figaro en mars).

 Alors que l'insécurité et les faits divers écrasaient le débat public en 2002, ce sont les enjeux économiques et sociaux qui mobilisent les électeurs de 2007. En témoigne le fait que deux salariés sur trois se sentent menacés par le chômage et qu'un sur deux craint de se retrouver sans emploi dans les cinq prochaines années (Ipsos pour Genworth en juin dernier).

 La droite n’ignore pas que le pays et les voix sont à gauche

 2) La droite et l'extrême droite font campagne... à gauche. Au point que leurs électeurs se pincent pour y croire ! Dans ses meetings, jusqu'à ces derniers jours, Sarkozy citait Jaurès et fustigeait les patrons voyous. Jadis promoteur de l'enseignement privé, Bayrou vante désormais l'école publique. Sans oublier Le Pen qui a lancé sa campagne à Valmy, sous les auspices de la Révolution française !

 Pourquoi ces candidats noient-ils leur identité propre (libérale-autoritaire pour l'UMP, régionale-européiste pour l'UDF, nationale-agressive pour le FN) sous des figures et des mots volés au patrimoine de leurs adversaires, sinon parce qu'ils pensent que le pays et les voix penchent à gauche ?

 Depuis 2002, les succès sont à gauche

 3) Depuis 2002, les mobilisations sociales ont traduit l'aspiration à l'égalité effective des chances et des droits : rejet du plan Fillon sur les retraites (2003), mouvement de Guéret pour les services publics locaux (2004), explosion dans les banlieues (2005), combat de la jeunesse contre le CPE (2006). Dans le même temps, les scrutins nationaux ont été favorables à la gauche. Elle dirige la quasi-totalité des régions et préside un département sur deux. Elle a remporté les élections au Parlement européen, progressé aux sénatoriales, assuré la victoire du non au traité constitutionnel.

 Jusqu’à présent, l’offre politique n’a pas été à la hauteur

 4) Enfin, la double décennie « libérale-concurrentielle » engagée avec Reagan et Thatcher s'achève, contestée de toutes parts. L'Amérique latine bascule à gauche, qu'elle ait le visage de Lula ou de Chavez. En Europe, les syndicats de salariés se lèvent contre les directives les plus régressives. Aux États-Unis, un débat sur les protections antidumping à l'égard de la Chine bat son plein. Un nouveau cycle mondial s'annonce, fondé sur la régulation démocratique et interétatique de la sphère marchande.

 Alors, d'où vient la faiblesse apparente de la gauche française dans les sondages ? De l'écart entre la demande populaire de gauche et l'offre politique à gauche. Les candidats non socialistes ne décollent pas, car ils portent le mistigri de la division du 21 avril 2002.

 Quant au PS, il doit être plus fier de ses valeurs, plus sûr de ses atouts et ne doit pas céder à l'air du temps. À quoi bon s'abandonner à la rengaine libérale-autoritaire à l'heure où les Français la rejettent et pourquoi se tourner vers le centre alors que, dans les idées comme dans les collectivités, UMP et UDF sont des formations siamoises ?

 Le changement est à notre portée

 Il faut, à l'inverse, porter un projet alternatif au libéralisme combinant solidarité et responsabilité, revendiquer la République laïque pour socle, avoir la réorientation de l'Europe pour dessein, la puissance publique pour levier, la démocratie pour méthode, la gauche rassemblée pour famille. Suivre ce chemin, c'est assurer mieux qu'une victoire électorale : c'est permettre le changement."

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14 mars 2007 3 14 /03 /mars /2007 19:20

 

Le Parti Socialiste à la croisée des chemins

 L’équipe de Ségolène Royal s’était préparée à un combat frontal gauche - droite avec le président de l’UMP. La percée du président de l’UDF l’oblige à se repositionner.

 Deux lignes politiques au sein du PS

 Deux orientations divergentes avaient été exprimées publiquement par Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius :

 - la première qui prépare une alliance de second tour avec le candidat centriste,

 - la seconde qui maintient la stratégie initiale, refusant de voir dans le candidat centriste un allié possible de la gauche.

 On retrouve, en fait, le clivage apparu en 2005 lors du débat européen mais il ne s’agit plus de position théorique sur un texte. A moins de six semaines du premier tour de l’élection présidentielle, face à un événement imprévu (Bayrou), que fait-on ?

 La ligne majoritaire est celle de Ségolène Royal

Constatons que les dirigeants du PS (auxquels ont été associés dans ces réunions du mardi soir, ceux du MRC et du PRG) ont mis nettement en minorité la ligne Strauss-Kahn.

 En réalité, les choix que Ségolène Royal avait présentés à Villepinte le 11 février, dans le cadre de son pacte présidentiel, ont été confirmés et renforcés sous l’impulsion de Laurent Fabius et de nombreux responsables socialistes.

 Jean-Marc Ayrault résumait  le débat en affirmant « La seule voie possible pour un vrai changement est Ségolène Royal, Bayrou n’étant qu’une solution alternative au sein de la droite. Il faut tout faire pour que Ségolène Royal soit le plus haut possible au premier tour et qu’on ait cette confrontation au deuxième, plutôt que le non-choix que serait un duel Bayrou-Sarkozy » (Myriam Lévy, Le Figaro, 14 mars).

 Une large recomposition politique se prépare en France

 Pour bien comprendre que nous assistons à une recomposition politique puissante lors de cette élection présidentielle, je reprends, ci-après, les commentaires de Xavier Dumoulin que j’ai lus aujourd’hui sur http://sr07.unblog.fr .

 « Ce qui se joue en fait c'est la recomposition des bases de classes de chaque camp. Depuis la crise de 2002, la droite et la gauche ont perdu leurs appuis populaires au profit de catégories sociales plus favorables à l'intégration européenne d'où la force de l'abstention combinée avec la montée des extrêmes.

 Pour reprendre l'analyse de B. Amable, on assiste à un processus de rupture interne à chaque bloc. N. Sarkozy veut agréger des couches salariées en attente de protection, d'où son discours sécuritaire, assorti de tentative d'usurpation de Jaurès. Mais il s'adresse aussi aux indépendants, favorables à une demande de libéralisation, d'où son attractivité auprès du patronat.

 F. Bayrou veut construire un bloc bourgeois pro-européen mais modérement néo-libéral. Ce projet parie sur les appuis d'une partie droitière du PS qui viendraient compléter son enracinement éprouvé à droite. Il fait l'impasse sur les couches populaires en privilégiant les couches moyennes et supérieures. Ce bloc virtuel ne correspond à aucune réalité politique structurée.

 Dans cette recomposition d'ensemble, l'émergence d'un bloc socialiste et républicain, ancré à gauche, devrait partir d'une large reconquête des couches salariées du privé et du public en attente d'un nouveau compromis social inspiré par un projet politique compatible avec le pacte présidentiel de Ségolène Royal : retour en tous points à la République, à la citoyenneté, à la solidarité et au civisme, d'une part ; volontarisme économique et protection sociale renforcée dans un processus de réorientation de l'Europe, d'autre part.

 La nature du projet est un facteur d'agrégation pour reconstituer une base électorale populaire, ce que nous appelions hier front de classe(s) anti-capitaliste. Il n'est pas inutile de s'interroger sur la filiation entre la base de classe et le projet quand d'aucuns spéculent sur une offre politique imaginaire perdant de vue la légitimité première de la gauche républicaine : celle de la défense et de l'émancipation du monde du travail, autrement dit la République sociale ».

 Xavier DUMOULIN, 14 mars 2007, sur  http://sr07.unblog.fr , le blog citoyen, socialiste et républicain pour 2007.

 Ce blog est animé par deux rédacteurs de sensibilité socialiste et républicaine. Dans le cadre de cette campagne présidentielle, ils ouvrent ce forum pour en faire un espace de réactions et de réflexions sur l'actualité et les thèmes développés par les candidats.

 Eric Fricot, certifié en  sciences économiques et sociales, est enseignant en lycée. Il collabore à l'édition d'ouvrages scolaires.

 Xavier Dumoulin, ancien élève de l'Ecole Nationale de Santé Publique et de formation supérieure pluridisciplinaire, a exercé des responsabilités dans les services publics de l'emploi et de la santé.

 Tous deux ont eu des engagements associatifs, syndicaux et politiques. Ils partagent une vision exigeante de la politique et poursuivent un même objectif : ouvrir une perspective d'alternative aux politiques néolibérales en oeuvre depuis trop longtemps.

 « Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques » Jean Jaurès.

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2 février 2007 5 02 /02 /février /2007 19:54

 

Donner du sens à la politique et de la force à la République

 Le PS organise ce soir un forum participatif au Centre de rencontres de Saint-Berthevin (voir sur ce blog l’article paru hier). Cette réunion est ouverte à toutes celles et ceux qui veulent « contribuer à enrichir le projet socialiste et bâtir avec Ségolène Royal le projet présidentiel ».

 Il est écrit « Venez exprimez, vos attentes, vos idées, vos propositions… TOUT sera transmis à Ségolène Royal ». Cette formulation me convient.

 J’ai beaucoup de choses à dire, mais il faut aller à l’essentiel. Je n’aime pas la façon dont s’est engagée la campagne présidentielle.

 La tendance n’est pas bonne pour la candidate que je soutiens (depuis que le MRC a ratifié l’accord politique et électoral passé avec le PS au niveau national).

 Je pense qu’elle a eu raison de vouloir débattre avec les citoyens avant de présenter officiellement ses propositions. Mais, en sortant des sentiers battus, elle prend le risque de l’innovation dans notre « démocratie surveillée », selon l’expression retenue par Jean-Pierre Chevènement sur son blog, hier soir, commentant les mésaventures du Président actuel dans ses relations avec la presse (voir www.chevenement.fr ).

 « La démocratie surveillée dans laquelle nous sommes entrés ne tolère plus que le babil inconsistant dicté par la bien-pensance. Malheur à ceux qui, comme Jacques Chirac ou Ségolène Royal, ont gardé un peu de spontanéité ! Ca ne pardonne pas aux yeux des bien-pensants. Mais si c'était ce que le peuple attendait ? Une démocratie en liberté... ».

 Une démocratie en liberté

 De fait, le peuple français vit mal l’évolution de notre société. C’est pourquoi il exprime son insatisfaction quand il est consulté. Ce fut le cas le 29 mai 2005. Il a dit non. Ce non était un refus. Le 22 avril, puis le 6 mai, il aspire à un vrai choix, pas comme en 2002 (le second tour était aussi un refus, après un premier tour qui exprimait l’embarras du choix).

 Dans les conditions de l’élection présidentielle, où le premier tour est décisif pour le résultat du second tour et pour les élections législatives qui suivront en juin, comment notre candidate doit-elle mener sa campagne ?

 A mon avis, elle doit marquer clairement sa différence en faisant comprendre aux français qu’avec elle, la France ira vers « une démocratie en liberté », dans laquelle les libertés individuelles seront réelles et les dirigeants, à tous les niveaux, seront réellement au service du peuple, de l’intérêt général, de la société dans son ensemble.

 Une nouvelle organisation des pouvoirs publics

 C’est d’abord un état d’esprit qui doit venir d’en haut, donc de la présidence de la République, mais c’est aussi une organisation des pouvoirs publics, donc des institutions, qu’il faudra reconsidérer avec le souci de faire vivre la démocratie et la citoyenneté.

 Des institutions républicaines rééquilibrées afin que les différents pouvoirs jouent pleinement leur rôle dans la liberté de chacun, c’est-à-dire de manière séparée (les pouvoirs exécutif, législatif, judiciaire, mais aussi médiatique).

 La future présidente de la république devra partager les responsabilités exécutives avec le gouvernement. Elle doit donc dire, dès maintenant, comment elle a l’intention d’exercer le pouvoir, en veillant au bon fonctionnement de l’ensemble, au respect des principes et des valeurs de la République.

En étant à l’écoute des citoyens, ceux-ci étant les décideurs en dernier ressort. Mais aussi en les informant de la réalité de la situation du pays et des rapports de force avec les institutions européennes et mondiales.

 Celles-ci sont actuellement beaucoup trop soumises, et dans la plus grande discrétion, aux influences des représentants de la finance mondialisée. C’est cela qui doit changer.

 Le rôle de la France et de l’Europe dans la mondialisation

 La candidate Ségolène Royal doit affirmer ce qu’elle fera à la présidence de la République, ses grandes options pour la France et, surtout, les initiatives qu’elle prendra pour réorienter la construction européenne dans le respect de la démocratie et dans la recherche de l’efficacité politique.

 L’enjeu essentiel se situe dans le rôle que doivent jouer l’Europe et les nations européennes dans la mondialisation, afin que les peuples aient confiance dans leurs représentants politiques.

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31 janvier 2007 3 31 /01 /janvier /2007 19:50

 

La République face à la finance mondialisée

Je ne me réjouis pas de l’échec des républicains de gauche dans leur entreprise de recomposition de la gauche antilibérale, à partir des collectifs antilibéraux pour un NON de gauche le 29 mai 2005.

 Eric Coquerel, Michel Naudy et Pierre Carassus, qui animent des mouvements (Mars et la Gauche républicaine) issus de ruptures avec Jean-Pierre Chevènement, font l’état des lieux de la gauche antilibérale dans un texte publié par Libération le 29 janvier dernier (voir, ci-après).

 Ils ne voient pas que les collectifs unitaires du printemps 2005, qui étaient porteurs d’un refus, ne l’étaient pas de la solution. En outre, ils avaient sous-estimé la force de la logique de l’élection présidentielle, parce qu’ils ont dans la tête de mettre en place un régime parlementaire dans lequel le président de la République serait marginalisé.

 La gauche républicaine, de mon point de vue, au lieu de chercher à recomposer la gauche antilibérale, doit exercer son influence sur l’ensemble de la gauche afin de l’amener à adopter la stratégie et les orientations politiques qui lui permettront de regagner la confiance de l’électorat populaire et de se rassembler autour d’un projet alternatif à la vision néo-libérale.

 L’enjeu de l’élection présidentielle est d’une importance majeure, car elle décidera du rapport de force entre la république et la finance mondialisée.

 C’est cela l’essentiel et les différents courants, aujourd’hui dispersés, de la gauche républicaine devraient impérativement se rapprocher pour devenir l’axe de la gauche demain au sein des pouvoirs publics nationaux, avec la capacité de mettre en œuvre la réorientation de la construction européenne, en priorité sur les plans économique et financier.

 Voici le texte signé par Eric Coquerel et Michel Naudy (président et vice-président du Mouvement pour une Alternative Républicaine et Sociale) et Pierre Carassus (président de la Gauche Républicaine).

 José ! Et après?

 Après avoir gâché l'occasion des Présidentielles, la gauche antilibérale doit tenter de renouer les fils de l'unité pour les Législatives.

 Si à l'applaudimètre, la proposition de candidature faite dimanche dernier à José Bové a, sans conteste, été largement adoptée lors de la réunion nationale des collectifs antilibéraux, ce dernier en est-il pour autant devenu le candidat capable d'unifier l'ensemble de ce mouvement ?

 A  reprendre le long feuilleton à épisodes de nos débats depuis l'été, la question mérite, pour le moins, d'être posée. On le sait, la campagne contre le traité constitutionnel européen, inaugurant notre mouvement, a été marquée, à gauche, par un puissant mouvement unitaire « à la base ».

 Près d'un millier de collectifs ont organisé une mobilisation et une réflexion citoyenne sans guère
d'équivalent. Sur  toutes les tribunes, les grandes sensibilités de la gauche antilibérale se sont retrouvées incarnées par Olivier Besancenot, José Bové, Marie-George Buffet et Jean-Luc  Mélenchon.

 De notre retentissante victoire et du travail d'élaboration mené en commun un projet est né : il était possible de battre durablement la droite en modifiant le rapport de force à gauche entre le social-libéralisme et la gauche de transformation. Il était devenu pensable de « recomposer » la gauche et d'envisager son rassemblement durable.

 Certes, la majorité de la LCR se plaçait immédiatement en dehors du mouvement au nom d'une prétendue ambiguïté sur la question des alliances avec le Parti Socialiste alors même que nos textes dénonçaient à l'avance toute inféodation à une logique Blairiste sans, pour autant, tirer un trait sur les larges fractions socialistes gagnées à une politique antilibérale qui s'étaient exprimées dans le vote référendaire.

 Malgré tout, l'arc de force demeuré en place était large et finit par aboutir en octobre à un véritable programme de gouvernement portant notamment une critique radicale de la 5ème République. Ironie du sort,  c'est bien sur les logiques empoisonnées de cette dernière  que nous venons de nous casser les dents…

 La « logique » présidentialiste porteuse de bipartisme et de providentialisme qui impliquait de réduire notre diversité à une seule figure se révéla une tâche insurmontable pour une démarche d'essence plurielle qui réunissait autant de courants, héritiers à la fois du mouvement « ouvrier » du siècle passé, d'une vision égalitaire et sociale de la République, de l'écologie politique, de l'altermondialisme et de ce qu'il est convenu d'appeler le mouvement social…

 Sans omettre, pour compliquer l'affaire, la prégnance d'objectifs partidaires à plus courte vue. Après la LCR, le PCF choisissait fin décembre de privilégier unilatéralement la candidature de Marie-Georges Buffet.

 Et maintenant José… Sans doute a-t-il été préféré par une partie substantielle des
collectifs de base qui en est aussi la partie la moins homogène. Grosso modo une grande majorité des délégués de 300 collectifs sur 600, souvent amputés de leur sensibilité communiste, se sont prononcés en sa faveur à Montreuil. Ce n'est pas négligeable même si on peut
regretter que les méthodes reprochées en décembre au Parti communiste n'aient pas été tout à fait absentes dans son propre processus de désignation (sifflets, chahuts, pression « extérieure », de type pétitionnaire dans ce cas, appel au fait majoritaire pour imposer le… consensus).

 Cependant, si nous,  républicains de gauche, avons refusé d'avaliser la synthèse finale, c'est pour une raison plus forte encore : la mise en péril accrue de l'unité et de la diversité  que doit
conserver le mouvement des collectifs. En refusant d'engager l'ensemble du mouvement autour d'une sensibilité – sans être d'un parti, José Bové représente incontestablement un courant – nous estimons ainsi être restés fidèles au refus qui fut déjà le notre en décembre d'engager un processus identique autour du PCF à travers la candidature de Marie-George Buffet.

 Cela précisé, José Bové, et ceux qui le soutiennent, ont sans doute autant de légitimité à s'engager dans la bataille présidentielle que les candidats déjà déclarés de la gauche antilibérale. Mais ni plus, ni moins. Quelque soit  le résultat final des « trois B », aucun ne pourra prétendre représenter ni même synthétiser à lui seul l'ensemble de la gauche antilibérale et cet échec est d'autant plus rageant que leur résultat cumulé  dépassera probablement un score à deux chiffres,
lui-même inférieur à ce que nous aurions pu obtenir unis. Et ce, au moment même, où les tenants de Ségolène Royal semblent à la peine…

 Et maintenant, que faire, comme disait l'autre ? A court terme, après avoir gâché l'occasion des Présidentielles, ne pas gâcher le potentiel des collectifs unitaires, leur épargner la querelle, la division et l'enrôlement, tenter de renouer les fils de l'unité pour les élections législatives, tirer les leçons de notre échec commun, envisager des regroupements politiques intermédiaires
pour mieux bannir les rapports de force écrasants dont nous avons pâti.

 Dès l'automne, nous devrons nous retrouver rapidement pour réfléchir à l'avenir structurel de la gauche antilibérale. Nous avons pour notre part avancé l'idée d'une confédération permettant un travail qui associe des sensibilités indépendantes et des adhérents directs.

 Tout reste ouvert si la division et le sectarisme – deux plaies de la gauche de transformation au XXème siècle – ne l'emportent pas. C'est bien le moins que nous devons à des citoyens qui dans les urnes comme dans les rues ont démontré ces derniers temps leur force de résistance. Une autre voie à gauche reste à construire, sans oublier au passage, de battre la droite en 2007.

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1 janvier 2007 1 01 /01 /janvier /2007 21:18

 

Avec la gauche, tout faire pour gagner en 2007

 Les lecteurs de ce blog ne voudraient, sous aucun prétexte, rater* l’élection présidentielle 2007 comme ce fut le cas de la précédente, un certain 21 avril 2002 (* rater : au sens propre « ne pas partir » et au sens figuré « échouer, manquer »).

 Tout indique que les leçons ont été tirées et que la gauche se présente dans de meilleures dispositions cette fois-ci. Mais il convient de faire preuve de la plus grande vigilance. Le but n’est pas seulement la victoire le 6 mai prochain. Il s’agit d’ouvrir une nouvelle période historique.

 1981 – 2007 : des similitudes

 En 1981, la France élisait le candidat de la gauche, François Mitterrand, à la présidence de la République française. Une première sous la Vème République, après 23 ans de gestion de droite.

 Le coup de pouce décisif était alors venu des gaullistes qui avaient voulu éviter de prolonger le bail du candidat de la droite libérale, atlantiste et conservatrice, Giscard d’Estaing.

 En 2007, la situation se présente un peu comme en 1981 : il s’agit de barrer la route de l’Elysée au candidat de la droite libérale, atlantiste et communautariste, lequel a pour adversaire Ségolène Royal qui met ses pas dans ceux de François Mitterrand.

 On peut penser que ce qui reste du courant gaulliste dans la droite actuelle, ajouté au courant centriste (UDF « maintenue »), fera pencher la balance du côté de la candidate socialiste, comme en 1981.

 En 2007, un double enjeu

 Mais, cette fois-ci, l’enjeu est double : il ne suffit pas de battre la droite conservatrice, il faut aussi réorienter la construction européenne afin de fermer la « parenthèse libérale » ouverte en 1983 par la gauche.

 En fait, le PS conçu en 1971 par le tandem Mitterrand – Chevènement, et arrivé aux responsabilités politiques nationales en 1981, ne pouvait mettre en œuvre son projet social et républicain au moment où le vent néo-libéral anglo-américain (Thatcher - Reagan) commençait à souffler fort sur l’Europe.

 En 2007, alors que les citoyens constatent les effets des libéralisations économiques et commerciales dans un capitalisme mondialisé, les conditions semblent plus favorables pour mettre en œuvre le projet social et républicain abandonné par Mitterrand en 1982-1983 sous la pression extérieure.

 Il revient au tandem Royal – Chevènement de réussir le changement qu’attend la société française depuis un quart de siècle.

 Le choix des internautes

 Lors du congrès 2004 du Mouvement Républicain et Citoyen, j’avais écrit une contribution à l’élaboration des choix stratégiques de mon nouveau parti (notre petit groupe mayennais l’avait rejoint dans l’année).

 J’en ai repris la conclusion dans ce blog (article mis en ligne le 25 juillet 2006). Ce texte semble avoir rencontré l’intérêt des internautes puisqu’il est associé à mon nom (taper Michel Sorin) par leur moteur de recherches préféré. En voici un extrait significatif, sous le titre :

 « Remettre la France au travail et en ordre de marche démocratique ».

« Il faut  changer l’Europe pour construire un autre monde ! Et, pour réorienter l’Europe, il faut changer la donne politique en France.

 La première marche à gravir est une victoire du non au référendum constitutionnel européen.

La seconde sera, ensuite, l’adoption d’un projet stratégique alternatif à celui du néo-libéralisme.

 Dans tous les cas, nous aurons un rôle majeur à jouer, en proposant aux citoyens un projet d’alternative démocratique, fondé sur une double rupture avec le néo-libéralisme : une rupture sociale, afin de rééquilibrer le rapport capital - travail et rapprocher la gauche et le peuple français d’une part, une rupture démocratique, afin que les citoyens prennent leurs affaires en mains et se rendent maîtres de leur destin d’autre part.

 Il nous appartient de nous rassembler avec la volonté de convaincre les citoyens, à commencer par les milieux populaires et toutes celles et ceux qui ne bénéficient pas des bienfaits de la mondialisation néo-libérale.

 Nous devons nous tourner en priorité vers celles et ceux qui seront invités à participer à la révolution démocratique : le monde du travail, pas seulement les salariés mais aussi les dirigeants économiques, ceux dont les entreprises et les emplois font vivre les territoires, en premier lieu, les paysans ; les enseignants et formateurs, le monde de la culture, de l’action sociale, et de la santé ; les services publics et privés, notamment mutuels et coopératifs, bien ancrés dans les territoires ».

 Un vœu pour 2007

 En ce début d’année, mon vœu est de faire de ce texte une référence de l’action de la gauche républicaine, en Mayenne et au-delà.

 Je lance un appel aux internautes, qui sont nombreux à lire régulièrement des articles de ce blog, au-delà de la trentaine d’abonnés. Nous devons franchir une nouvelle étape en ce début d’année : faire de ce blog un outil militant de rassemblement de la gauche républicaine.

 L’enjeu en vaut la peine : ouvrir au printemps 2007 une brèche démocratique et républicaine dans la forteresse néo-libérale du capitalisme mondialisé.

Avis aux volontaires ! Signalez-vous. Plus nous serons nombreux, plus notre motivation sera grande, plus nous serons efficaces !

 « Je veux une nouvelle République qui soit au service des citoyens ».

 C’est ce qu’a déclaré hier soir la candidate des groupes « Désirs d’avenir » et des partis politiques PS, PRG et MRC.

 Soyons présents et actifs dans la mise en place du projet social et républicain de Ségolène Royal et de Jean-Pierre Chevènement.

 Mettons-nous en marche à la façon de Robert Buron, ancien ministre du général de Gaulle et maire PS de Laval (1971 – 1973) qui, à la fin de sa vie, avait écrit une lettre aux jeunes qui veulent changer le monde, leur donnant ce conseil (Par goût de la vie, 1973) : « Investissez votre vie dans une entreprise qui en vaille la peine : le changement du monde et de vous-même ». 

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3 octobre 2006 2 03 /10 /octobre /2006 18:46

 

Du nouveau au PS ?

 Ce qui s’y passe intéresse le MRC et toute la gauche

 

 

  Trois candidats à l’investiture du PS à l’élection présidentielle se sont engagés dans la campagne électorale interne, qui va se dérouler sur six ou sept semaines. Trois autres sont restés à l’écurie mais ils ne seront pas sans influence sur l’issue de la compétition.

 Cette présélection a eu le mérite de mettre en avant les trois personnalités les plus motivées et les mieux positionnées, chacune ayant su convaincre de nombreux militants, élus et citoyens, de sa capacité à concourir avec des chances de succès dans la compétition officielle, puis à exercer la fonction présidentielle.

 Il y a une dimension que les adhérents du PS ne devront pas négliger dans leur choix, c’est la capacité de ces postulants à rassembler la gauche et à mobiliser l’électorat des classes moyennes et populaires qui a boudé les urnes et les socialistes le 21 avril 2002. Ce même électorat qui a désespéré les élites européennes en refusant de ratifier le traité constitutionnel le 29 mai 2005.

 Le candidat le moins bien placé, à cet égard, est certainement  Dominique Strauss-Kahn qui, avant les élections 2002, avait écrit un livre dans lequel il prenait acte du refus des classes populaires de voter pour la gauche et en tirait la conclusion que la gauche devait se tourner désormais vers les classes supérieures afin de rester au pouvoir.

 Il veut libérer le PS de ses attaches historiques ouvrières et populaires, et aussi de ses analyses marxistes, et en faire un parti social-démocrate comme les autres, qui joue le jeu de la mondialisation libérale et mise sur l’Europe communautaire et fédéraliste pour  moderniser et démocratiser notre pays.

 La posture de Ségolène Royal est plus difficile à cerner. Elle s’est tenue éloignée des responsabilités au sein du PS, voire distante de ses « éléphants », tout en les soutenant et en s’engageant clairement en faveur de la Constitution européenne. Récemment, à Bruxelles, elle ne s’est pas exprimée sur l’Europe, contrairement à ce qu’elle avait prévu, probablement consciente de devoir approfondir sa réflexion afin de ne pas décevoir son entourage et ses électeurs potentiels qui avaient voté NON lors du référendum européen.

 A l’occasion de sa déclaration de candidature à Vitrolles, vendredi, elle a surpris par les accents républicains de son discours (voir, ci-après, des extraits de l’article du journal Le Monde, daté du 1er octobre). Posture tactique ou position de fond ? A suivre ...

 Laurent Fabius est le dirigeant socialiste le mieux préparé à rassembler la gauche en 2007.  Il a tiré les enseignements du 21 avril 2002 et choisi de faire campagne pour le NON au TCE le 29 mai 2005. Sans être très âgé, il a exercé des responsabilités qui en font un bon connaisseur des rouages de la République.   Il est bien armé pour le poste à pourvoir et a réussi brillamment le premier examen devant les militants du Pas-de-Calais et les caméras de la télévision. Ses propositions des trois cercles pour réorienter la construction européenne sont proches de la conception que nous avons.

 Notre désaccord porte sur la possibilité de soumettre à un nouveau référendum une Constitution européenne, même réduite à la première partie du TCE.

 Cela, nous ne le voulons pas car, bien loin d’être un seul peuple, l’Europe ne peut être à court et moyen termes qu'une confédération de nations partageant un même socle de valeurs et capables de s’unir sur des projets communs et des délégations de compétences (voir l’intervention de Jean-Pierre Chevènement le 10 septembre dernier à l’université d’été du MRC – article paru le 12 09 06 sur ce blog).

 

     Extraits de l’article du Monde le 1er octobre 2006, rendant compte de la prestation de Ségolène Royal à Vitrolles

 

     (…) Tout au long de son discours, Mme Royal a exalté la nation et appelé à "refonder le pacte républicain". "Plus les insécurités quotidiennes et sociales et les précarités gagnent du terrain, a-t-elle déclaré, plus les Français ont mal à la France et plus ils s'inquiètent de la pérennité de la nation, moins ils sont portés à la vouloir généreuse avec les siens et hospitalière avec les autres."

 "LE NATIONAL ET LE SOCIAL"

 Elle poursuit : "Le drapeau tricolore et la sécurité sociale, l'emblème de la République et les outils de solidarité, voilà ce qui cimente en premier lieu l'appartenance commune (...). Car chez nous, on le sait, le national et le social marchent ensemble, et c'est l'Etat qui est garant de cette alliance."

 Pour cette "nation remplissant son devoir", qu'elle appelle de ses voeux, "innovante et non pas bridée de trop de lourdeurs bureaucratiques", Mme Royal a soulevé la question de son identité, en appelant la France à "reconnaître tous ses enfants". "Jusqu'à quand parlera-t-on de deuxième, troisième, quatrième génération ? Jusqu'à quand parlera-t-on de Français de souche comme si les autres étaient de feuillage ou de branchage ?", s'est-elle exclamée.

 L'éducation, "la réussite scolaire, la récompense de l'effort", la sécurité, avec le projet de proposer "aux jeunes qui dérapent autre chose que la prison pour les recadrer", font partie des priorités de Mme Royal, pour qui "être fidèle au patrimoine vivant des socialistes, c'est faire ce qu'ont fait nos prédécesseurs : inventer des droits nouveaux, des libertés nouvelles"(…).

  

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30 septembre 2006 6 30 /09 /septembre /2006 15:45

 

Rassembler la gauche autour de l’idée républicaine pour gagner en 2007

 

En juin, le MRC 53 avait décidé de participer à l’initiative de rassemblement de la gauche antilibérale en Mayenne.

 

 Nous avions observé que l’appel du 11 mai, au niveau national, « pour un rassemblement antilibéral de gauche et des candidatures communes » n’était pas contradictoire avec nos orientations, que nous avions formulées ainsi :

« Rassembler la gauche autour de propositions concrètes et d’actions de terrain afin de créer une dynamique de réflexions et d’échanges politiques entre les Mayennais »,

en ajoutant (parce que nous étions conscients du problème), « le nom du (de la) candidat(e) à l’élection présidentielle ne doit pas être un préalable ».

 

 Au vu du texte adopté le 10 septembre à St-Denis, lors de la réunion nationale des collectifs unitaires et populaires, nous avons constaté que la troisième partie intitulée « procédure pour le choix de nos candidats » n’est pas compatible avec la démarche adoptée par le MRC pour les élections 2007.

Nous avons donc décidé de ne pas nous engager dans le collectif unitaire et populaire mayennais, dont continuent de faire partie le PCF et l’association PRS (Pour une République Sociale), aux côtés de citoyens à titre individuel.

 

 Le Mouvement Républicain et Citoyen, au niveau national, n’est pas membre de ce collectif, qui se situe dans la mouvance des collectifs antilibéraux pour le NON au traité constitutionnel européen et dont le but est de présenter des candidats communs aux élections 2007. Le seul parti signataire, le PCF, s’est engagé pleinement dans ce collectif, en espérant que Marie-George Buffet sera la candidate commune du PCF et de la gauche antilibérale.

  La gauche est dispersée, à sept mois de l’élection présidentielle, entre plusieurs stratégies et plusieurs orientations politiques.

Le PS, qui n’a pas tiré les leçons des scrutins du 21 avril 2002 et du 29 mai 2005, est obligé de choisir entre trois ou quatre candidats à la candidature, sans compter ceux qui voulaient l’être, à condition de ne pas avoir de concurrents. Le projet du PS est un compromis appelé à être amendé par le (la) futur(e) candidat(e).

 

 Dans ce paysage mouvementé, le MRC milite pour une gauche rassemblée autour d’un projet républicain clair de redressement du pays et de réorientation de la construction européenne (les deux étant liés), conformément à la volonté des citoyens, telle qu’ils l’ont manifestée lors du référendum européen.

 Actuellement, comme l’a dit Jean-Pierre Chevènement devant les militants réunis le 10 septembre à l’université d’été, le MRC attend de savoir ce qui va sortir des votes internes du PS. Il prendra position en décembre sur la question de l’élection présidentielle.

 Pour information complémentaire, je vous invite à lire le texte, ci-après, extrait du blog de Patrick Trannoy, rapportant son intervention au nom du MRC dans les débats de la fête de L’Humanité, à La Courneuve, le 17 septembre dernier.

 

 

 

 

 Extrait du blog www.patrick-trannoy.skyblog.com

 Chers camarades,

Le MRC a un objectif pour les élections de 2007 : faire gagner la gauche, mais une gauche qui ne trahit pas le peuple. Car la gauche a trahi, elle a trahi en 1983, avec le "tournant de la rigueur" ; elle a trahi en 1999-2000, sous Lionel Jospin, avec les privatisations, la non intervention de l'Etat dans les dossiers industriels (ça donne Michelin : "l'Etat ne peut pas tout"), avec la Corse, Barcelone, etc.

Alors, est-ce que ce serait un progrès de faire gagner la gauche, si c'était pour avoir la même politique ? Ce serait surtout, je crois, une étape supplémentaire dans l'escalade du désespoir populaire.

Symétriquement, je veux poser une autre question, notamment à Alain (KRIVINE) : à quoi servirait-il de se borner à la contestation, de se retrancher dans une Tour d'Ivoire supposée idéologiquement pure, sans se confronter à la responsabilité des affaires du pays ? Ce serait se limiter à des mots, qui ne changent pas véritablement la réalité de la vie des Françaises et des Français.

Entre ces deux écueils, il y a un chemin. Celui de l'action républicaine, d'un gouvernement qui ne subisse pas des mouvements qui lui échappent, mais qui traduise en acte le resaisissement par le peuple de son destin.

Pour cela, il ne suffit pas, Henri (EMMANUELLI), d'en appeler comme tu viens en quelque sorte de le faire, au vote utile. Il ne suffit même pas, comme Patrice (COHEN SEAT) l'a fait à l'instant, de proposer des objectifs (même si j'y souscris). Il faut se mettre d'accord sur un axe politique autour duquel construire l'action gouvernementale dans la durée. Il faut que nous décidions d'actionner ensemble le même levier face à la mondialisation néo-libérale. Ce levier, c'est celui de la puissance publique.

Il n'est pas contradictoire avec l'importance du mouvement social. Mais sans la puissance publique, sans la politique monétaire, comment résister à l'hégémonie du Dollar, qui permet aux Etats-Unis de capter les richesses du monde ? Sans la puissance publique, comme jouer sur le levier fiscal pour plus de justice ? Sans la puissance publique, comment protéger notre économie et lutter contre les délocalisations ? Sans la puissance publique, comment faire progresser l'égalité sociale et spatiale, et l'aménagement du territoire, via les services publics ? Bref, la gauche doit réhabiliter la puissance publique.

Cela suppose de se mettre d'accord sur son cadre, et sur sa substance.

Son cadre : qui peut croire que c'est au niveau des régions (même Poitou-Charentes !), que l'on va lutter efficacement contre la déferlante néo-libérale ? La gauche doit s'opposer au démantèlement de l'Etat républicain, qu'on appelle parfois la "décentralisation". Elle doit refuser aussi la dillution de cet Etat dans un magma européen castrateur : Bruxelles, ce n'est pas le contre-poids des Etats-Unis en Europe, c'est, comme dit
Jean-Yves AUTEXIER , le chausse-pied de la mondialisation néo-libérale sur notre continent ! Alors le cadre, c'est la France. C'est l'Etat-Nation, et je voudrais que la gauche soit fière de son pays, de la Nation, de l'Etat républicain, qui, je le rappelle, a été sauvé et relevé par la résistance - notamment la résistance communiste.

La substance : c'est la citoyenneté, la République. Parce qu'il ne suffit pas d'être gouverné en France. Il faut être gouverné par les citoyens de France. Cela suppose de relever la démocratie et la citoyenneté, en un mot la République. Relever la démocratie, c'est soigner une démocratie représentative malade au point qu'aujourd'hui, le Parlement est littéralement squatté par 90% de députés et sénateurs qui étaient favorable au OUI au TCE, donc qui représentent seulement 45% des Français ! Il faut changer les règles d'élections des députés et des sénateurs !

 

 

Relever la démocratie, c'est nous permettre de débattre, à travers une presse libérée des tutelles financières et de la mainmise des sphères du pouvoir. Relever la démocratie, c'est permettre aux citoyens de se faire une idée, de comprendre, de participer à la définition de l'intérêt général, de défendre leur point de vue... et pour cela, il faut relever l'Ecole de la République ! Relever la citoyenneté, c'est enfin rejeter le communautarisme. Voulez-vous d'une société dans laquelle blacks, blancs, beurs, jaunes, se battent non pas tous ensemble pour plus de justice, mais les uns contre les autres pour se partager les miettes laissées par l'actionnariat mondialisé ? La gauche doit opposer la laïcité au communautarisme, une laïcité qui, je le rappelle, a été conquise par la gauche, contre les obscurantismes.

Voilà chers camarades : la gauche pourra gagner et ne pas trahir si elle se reconstruit autour d'un axe politique clair, la réhabilitation de la puissance publique, la défense de son cadre (la France), de sa substance (la République), et c'est pourquoi je suis fier de représenter ici la gauche patriotique, internationaliste, républicaine, rassemblée derrière
Jean-Pierre CHEVENEMENT et Georges SARRE . C'est une gauche qui offre une opposition construite à la droite extrême de Nicolas SARKOZY, une opposition que je crois, à terme, plus efficace que le blairisme - que j'observe parfois ici, et que le maximalisme incantatoire - que j'entends parfois là.

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14 août 2006 1 14 /08 /août /2006 14:50

 

Pour gagner, la gauche doit créer une dynamique populaire

 

Les grands enjeux de 2007 :

 Le message des Français (21 avril 2002, 29 mai 2005) est clair : la conduite du pays doit être assurée par ses élus et non par une technostructure européenne et nationale qui échappe à tout contrôle démocratique. C’est une exigence démocratique et patriotique. En 2007, le nouveau président de la République devra proposer des réformes engageant de vrais changements dans la construction européenne.

 La mondialisation :

 On ne peut se résigner à la domination du monde par la finance mondiale et les intérêts nord-américains, laquelle se traduit par une économie sans règles, une concurrence exacerbée qui conduit au nivellement social et environnemental par le bas, une dilution des pouvoirs et des responsabilités, une citoyenneté qui cède le pas à l’identitarisme et au communautarisme. Il faut mettre de l’ordre et de la justice dans tout cela, instaurer des clauses sociales et environnementales à l’OMC ou protéger le marché européen, organiser des coopérations européennes et internationales.

 La relance de la construction européenne :

 La priorité est économique et sociale : revenir sur les statuts de la Banque Centrale Européenne et remettre la monnaie entre les mains des gouvernants, réformer le pacte de stabilité budgétaire, changer cette politique libre-échangiste stupide qui ouvre l’Europe à tous les courants d’air et provoque les délocalisations.

 L’immigration :

 Il faut revenir à l’immigration maîtrisée avec des critères de régularisation fondés sur la capacité d’intégration, en mettant en place des mesures de coopération et de co-développement avec les pays du sud, pour agir sur les causes de l’immigration.

 La crainte d’un nouveau 21 avril :

 C’est une manœuvre qui cache mal l’absence de dynamique de rassemblement sur des bases politiques nouvelles. Une réorientation du PS est nécessaire. Or, jusqu’à présent, sur le fond et sur les questions électorales, il semble plus soucieux de maintenir le statu quo que de créer les conditions du rassemblement et du succès.

 Le parrainage du candidat socialiste :

François Hollande doit comprendre que, pour gagner, la gauche doit être capable de créer une dynamique. Prendre une mesure administrative ne résout rien.

 En cas de second tour Sarkozy-Royal :

La discipline républicaine devrait jouer. Mais, pour que le courant républicain se mobilise, il serait préférable que les conditions politiques soient réunies en amont.

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