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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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Articles Récents

4 septembre 2018 2 04 /09 /septembre /2018 21:51

 

Un laboratoire de recherche pour mettre la gauche dans le sens de la marche

Comment la gauche pourrait-elle redonner espoir au peuple français ? C’est pour esquisser une réponse à cette question que le Mouvement Républicain (MRC) et les militants de la sensibilité socialiste « L’Union et l’Espoir » organisent l'université de rentrée "Nos Causes Communes" au palais des Congrès de Marseille les 7, 8 et 9 septembre 2018

Voir le Programme de l'Université de rentrée "Nos Causes Communes".

Voir aussi, pour s’inscrire, https://noscausescommunes.fr/

Le programme est attractif. C'est là que se retrouveront toutes les forces de gauche pour débattre et réfléchir à l'avenir : LFI, PCF, PS, Radicaux de Gauche, EELV, République & Socialisme seront présents.  
  
Le MRC qui a inscrit son action après l'élection d'Emmanuel Macron dans la reconstruction de gauche participe avec "l'Union et l'Espoir" d'Emmanuel Maurel et Marie-Noëlle Lienemann à la plateforme "Nos Causes Communes". Ensemble nous organisons cette Université de rentrée. 
  
Les intervenants de qualité venant d'horizon divers et la présence de représentants de toute la gauche font de cette Université l'évènement politique de la rentrée.  

Jean-Luc Laurent, président du MRC, 31 août 2018

 

Rappel : Appel du 9 juin pour commencer à rassembler la gauche républicaine

 

Cet article est le 3084 ème sur le blog MRC 53 - le 171ème catégorie Gauche France

Bastien Faudot (MRC) le 9 juin 2018 au Sénat. Il a préparé avec Emmanuel Maurel l'université de rentrée "Nos causes communes" à Marseille les 7, 8 et 9 septembre 2018.

Bastien Faudot (MRC) le 9 juin 2018 au Sénat. Il a préparé avec Emmanuel Maurel l'université de rentrée "Nos causes communes" à Marseille les 7, 8 et 9 septembre 2018.

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30 juillet 2018 1 30 /07 /juillet /2018 18:10

 

Derrière l’affaire Benalla, la remise en cause des institutions républicaines

 

La crise des institutions républicaines existait avant le déclenchement de l’affaire Benalla, suite aux révélations de la presse. Mais, comme l’affirmait Christian Hutin, député du Nord et vice-président du Mouvement Républicain et Citoyen, le 24 juillet 2018 : plus que la faute d'un homme, la découverte d'un système.

L’avenir dira s’il s’agit bien d’une affaire d’État, comme le pensent les groupes de gauche à l’Assemblée nationale qui se sont accordés sur le dépôt d’une motion de censure, afin de contraindre le Premier ministre à débattre de la crise politique révélée par cette affaire Benalla. Voir (Le Monde, 28 juillet 2018) : Affaire Benalla : les trois groupes de gauche déposent une motion de censure commune.

Une première depuis 2017 ! C’est une excellente nouvelle qui réjouit les citoyens qui ne veulent pas être condamnés à un deuxième quinquennat d’Emmanuel Macron et ceux qui aspirent comme le MRC à une politique alternative avec une gauche reconstruite et rassemblée. Voir Affaire Benalla : Toute la gauche est rassemblée dans une motion de censure du gouvernement

Les groupes parlementaires Nouvelle gauche, La France insoumise, Gauche Démocratique et Républicaine qui rassemblent les députés de la LFI, du PCF, du PS et DVG, et le MRC avec Christian Hutin, ont déposé une motion de censure dont voici le texte :

« Notre pays traverse une crise politique qui révèle des dysfonctionnements graves au sommet de l’État et au cœur des institutions républicaines. Les auditions des commissions parlementaires et les révélations de la presse attestent de la dérive autocratique et du sentiment d’impunité qui prévalent au plus haut sommet de l’État.

Des employés de l’Élysée, collaborateurs de la Présidence de la République, ont participé à des opérations de police le 1er mai 2018, indépendamment de la hiérarchie préfectorale et policière, en usurpant insignes et fonctions et en faisant preuve d’une violence intolérable à l’égard de citoyens.

Malgré l’illégalité de ces actes, les responsables informés n’ont pas jugé bon d’en référer au procureur de la République comme le leur impose pourtant l’article 40 du Code de procédure pénale. Il apparaît donc que plusieurs responsables au plus haut niveau de l’État ont tenté de dissimuler volontairement des faits qui auraient dû être signalés à l’autorité judiciaire. Ces faits ne peuvent laisser le Parlement indifférent, au moment où le pouvoir exécutif entend de surcroît diminuer ses capacités d’initiative, d’évaluation et de contrôle. Ces circonstances exceptionnelles soulignent combien la teneur du projet de réforme constitutionnelle défendu par la majorité n’est pas à la hauteur de la crise des institutions de la Ve République.

Ces faits interrogent les habitudes du président de la République en matière de sécurité, la pratique gouvernementale en matière d’ordre public, et plus généralement une pratique du pouvoir et des institutions. Ils fragilisent l’autorité de l’État. Ils expriment une irresponsabilité assumée du pouvoir alors que le Premier ministre, selon l’article 21 de la Constitution, assure l’exécution des lois et dirige l’action d’un Gouvernement qui comprend le ministre de l’Intérieur.

Pendant une semaine, le Premier ministre a refusé de s’exprimer devant l’Assemblée nationale, alors qu’il est responsable devant elle selon l’article 20 de la Constitution. Il a notamment décliné les sollicitations émanant des groupes parlementaires, en vertu de l’article 50-1 de la Constitution.

Enfin, cette crise au sommet de l’Etat a atteint l’Assemblée nationale au lendemain de l’intervention du Président de la République devant sa majorité. Depuis, les députés de la République en Marche ont fait obstruction au bon fonctionnement de la commission d’enquête parlementaire, mise en place grâce au volontarisme des groupes d’opposition. Cette commission d’enquête a été verrouillée de telle manière que ses travaux ne permettent pas de faire émerger la vérité.

La confiance que le peuple doit accorder au Gouvernement et dans ses institutions est donc compromise. L’Assemblée nationale doit pouvoir s’exprimer sur la responsabilité du gouvernement et lui retirer la confiance que son comportement a rompue.

Ils ont menti pour se protéger, nous avons cherché la vérité, ils ont refusé de s’expliquer, il ne nous reste plus qu’un moyen : la motion de censure que nous déposons en vertu de l’article 49-2 ».

Les signataires :

André Chassaigne, Jean-Luc Mélenchon, Valérie Rabault, Clémentine Autain, Joël Aviragnet, Ericka Bareigts, Marie-Noëlle Battistel, Huguette Bello, Ugo Bernalicis, Gisèle Biémouret, Christophe Bouillon, Jean-Louis Bricout, Moetai Brotherson, Alain Bruneel, Marie-George Buffet, Luc Carvounas, Éric Coquerel, Alexis Corbière, Alain David, Pierre Dharréville, Jean-Paul Dufrègne, Laurence Dumont, Elsa Faucillon, Olivier Faure, Caroline Fiat, Guillaume Garot, David Habib, Christian Hutin, Régis Juanico, Sébastien Jumel, Marietta Karamanli, Bastien Lachaud, Jérôme Lambert, Michel Larive, Jean-Paul Lecoq, Serge Letchimy, Josette Manin, Jean-Philippe Nilor, Danièle Obono, Mathilde Panot, George Pau-Langevin, Stéphane Peu, Christine Pires Beaune, Dominique Potier, Loïc Prud’homme, Joaquim Pueyo, François Pupponi, Adrien Quatennens, Jean-Hugues Ratenon, Muriel Ressiguier, Fabien Roussel, Sabine Rubin, François Ruffin, Hervé Saulignac, Gabriel Serville, Bénédicte Taurine, Sylvie Tolmont, Cécile Untermaier, Hélène Vainqueur-Christophe, Boris Vallaud, Michèle Victory, Hubert Wulfranc.


Cet article est le 3082 ème sur le blog MRC 53 - le 170ème catégorie Gauche France

Affaire Benalla-Macron : une motion de censure déposée par la gauche
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11 juin 2018 1 11 /06 /juin /2018 17:48

 

Une plate-forme « Nos causes communes » pour l’accueil des militants

 

La salle Médicis du Palais du Luxembourg accueillait samedi 9 juin 2018 la réunion-débat organisée par le Mouvement Républicain et Citoyen, République et Socialisme et « L’Union et l’Espoir ». Voir :

- Le MRC partie prenante de la rencontre-débat du 9 juin 2018

- Samedi 9 juin : Initiative commune "Gauche, année zéro"

A l’issue de cette rencontre fondatrice qui a occupé notre après-midi, cet appel du 9 Juin a été proclamé en conclusion des débats.

Appel du 9 juin de nos "causes communes"

Les forces de gauche et, au-delà, l’idée même de progrès, connaissent un reflux à travers le monde entier : la social-démocratie en Europe, les démocrates en Amérique du Nord, l’expérience bolivarienne en Amérique du Sud, la fin de l’illusion et la chute du bloc soviétique à l’est, les expressions socialistes et laïques dans le monde arabe, sans même parler d’un continent africain passé en un demi-siècle de la cause indépendantiste à la tutelle des marchés.

En France, cela s’est traduit par l’achèvement d’un cycle commencé avec Epinay, qui offrait à la fois une matrice au plan idéologique et un débouché politique à travers la stratégie de l’union des gauches qui a permis la victoire de 1981 et les grandes transformations qui l’ont suivie.

Après 30 années d’offensive des Libéraux, d’affaissement du débat et d’affaiblissement continu de la puissance publique, les forces progressistes sont aujourd’hui marginalisées et « éparpillées façon puzzle ». Les raisons de fond qui nous ont collectivement conduit à l’échec viennent de loin et l’inventaire des carences du mandat de François Hollande ne suffit pas à expliquer la situation actuelle.

La mondialisation n’est pas une catastrophe naturelle. Elle procède de choix délibérés, et de décisions politiques qui ont fait quatre victimes principales :

  • la souveraineté populaire, autre nom de la démocratie, aujourd’hui sous contrôle des oligarchies, de la finance et des multinationales ;

  • la planète et ses ressources, objets d’une prédation qui met en péril la biodiversité et les conditions de vie et de survie de l’humanité avec le changement climatique;

  • le travail et l’économie réelle, soumis aux exigences exorbitantes de la spéculation, de l’appropriation des richesses par une infime minorité ;

  • la laïcité face au retour en force des réflexes identitaires, encouragé par l’affaissement des nations, des valeurs universalistes et le démantèlement des solidarités.

Face à ces désordres majeurs, le vieux monde politique, auquel Emmanuel Macron a donné sa forme la plus aboutie, passe son temps à commenter les conséquences de ce grand déséquilibre (dette, crises migratoires, insécurité, précarité, pauvreté) en prenant soin de ne jamais s’attaquer aux racines du mal : l’explosion des inégalités à l’échelle mondiale.

Nous appelons nos militants et sympathisants, et au-delà, à participer à la plate-forme « Nos causes communes » pour rassembler la gauche républicaine, anti-libérale et écologique. Notre ambition consiste d’abord à réfléchir ensemble, à produire des idées, à provoquer le débat et à contribuer au rassemblement de toutes les forces de progrès qui entendent faire vivre la souveraineté populaire, valoriser le travail et ceux qui travaillent, agir pour un nouveau modèle de développement et défendre une République émancipatrice débarrassée de ses complexes.

Cette gauche a une histoire – le front populaire, le conseil national de la résistance, 1981. Elle a surtout un bel avenir si elle le décide.

Voir aussi : Colloque "Gauche année 0" : discours introductif du Président du MRC

Cet article est le 3078 ème sur le blog MRC 53 - le 169ème catégorie Gauche France

Salle Médicis du Palais du Luxembourg, débat "Gauche, année zéro", 9 juin 2018

Salle Médicis du Palais du Luxembourg, débat "Gauche, année zéro", 9 juin 2018

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5 juin 2018 2 05 /06 /juin /2018 22:33

 

Le travail et la République, thèmes des deux tables rondes de l’après-midi

 

La gauche républicaine cherche la lumière. Voir Le MRC est engagé dans une démarche de refondation de la gauche.

Depuis l'élection présidentielle qui s'est traduite par l'élimination historique des partis qui se sont succédé au pouvoir pendant une trentaine d'années, le Mouvement Républicain et Citoyen a décidé d'inscrire son action pour faire émerger une alternative face au libéralisme et reconstruire la gauche.

C’est ainsi que Jean-Luc Laurent, président du Mouvement Républicain et Citoyen, a introduit son invitation à la rencontre-débat du 9 juin au Sénat.

Voir Samedi 9 juin : Initiative commune "Gauche, année zéro"

 

Introduction :

- Lucien Jallamion, secrétaire général de République et Socialisme

- Jean-Luc Laurent, président du Mouvement Républicain et Citoyen

- Marie-Noëlle Lienemann, vice-présidente PS du Sénat


1ère table ronde :

« Fin du travail, triomphe du capital ? Travail, production, redistribution »

. Animatrice : Catherine Coutard, médecin urgentiste, vice-présidente du MRC

. Intervenants : Laurent Baumel, ancien député PS d’Indre-et-Loire, David Cayla, économiste, maître de conférences à l’université d’Angers, Etienne Colin, avocat en droit du travail, Christophe Ramaux, économiste, maître de conférences à l’université Paris 1, Patrice Siard, secrétaire général adjoint de République et Socialisme

Burn-out, impacts négatifs du productivisme sur les conditions de travail et l’environnement, aliénation… Le travail a-t-il perdu toute vertu émancipatrice ? Peut-on le réhabiliter et l’humaniser ? Le droit du travail doit-il céder devant le droit à la concurrence ? Les nouvelles technologies préparent-elles une raréfaction du travail ou sa mutation ? Le travail, les salariés, ne sont-ils qu’un coût ? Peut-on orienter la production des richesses vers l’intérêt général, la couverture des besoins de la population, l’accès aux savoirs et à la culture ? Comment réorienter fondamentalement l’outil de production actuel et quels rôles doivent y jouer l’État, les services publics, les salariés, les citoyens ? Comment effectuer une autre redistribution des richesses directes et indirectes, selon quels critères ?


2ème table ronde :

« République : des paroles aux actes. Citoyenneté, souveraineté, laïcité »

. Animatrice : Martine Chantecaille, professeure de philosophie, conseillère municipale PS de La Roche-sur-Yon

. Intervenants : Gérald Andrieu, journaliste, auteur de « Le peuple de la frontière », Fatiha Boudjahlat (MRC), enseignante et auteure de « Le grand détournement », Virginie Rozière, députée européenne (Radicaux de gauche), Jérôme Sainte-Marie, politologue, président de Polling Vox

Les repères républicains sont aujourd’hui détournés quand ils ne sont pas tout simplement abandonnés. A gauche, en particulier, la laïcité, la souveraineté populaire et l’idée de Nation sont devenus suspects alors que ces concepts sont nés de la Révolution française. Comment comprendre ce grand renversement ? Comment actualiser le combat républicain au XXIème siècle ? La reconquête des classes populaires n’implique-t-elle pas d’avoir une approche enfin décomplexée de ces questions ?


Conclusion

- Béatrice Durand, secrétaire générale de République et Socialisme à Paris

- Bastien Faudot, conseiller départemental (Territoire de Belfort), porte-parole du MRC

- Emmanuel Maurel, député européen PS

 

Cet article est le 3075 ème sur le blog MRC 53 - le 168ème catégorie Gauche France

Le MRC partie prenante de la rencontre-débat du 9 juin 2018 au Sénat
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28 mai 2018 1 28 /05 /mai /2018 16:56

 

Face au néolibéralisme, construire une alternative populaire républicaine

 

Ce n’était pas une « marée populaire » - comme il avait été imprudemment avancé par certains - mais c’était un embryon de mouvement populaire organisé dans la perspective de constituer une alternative à la politique néolibérale du président de la République.

Au niveau national, une soixantaine d’organisations étaient parties prenantes des initiatives. En Mayenne, une dizaine. Voir (24 mai 2018) : Le MRC 53 s'est associé à la manifestation du 26 mai 2018 à Laval
A la suite d’un vote interne, la CGT avait accepté de prendre la responsabilité de l’organisation de ces manifestations, avec d’autres organisations syndicales (FSU et Solidaires), les partis politiques et associations étant invités à s’y joindre dans le respect des différences entre les uns et les autres.
En Mayenne, la participation populaire était canalisable... Le MRC était présent. Gérard Beillard a répondu aux questions du journaliste. Voir Ouest-France, 26 mai 2018 : Marée populaire. 300 manifestants anti-Macron à Laval

À l’appel des partis politiques, syndicats et associations de la Mayenne, tous bras dessus, bras dessous, trois cents personnes se sont mobilisées contre la politique du gouvernement, ce samedi 26 mai 2018. Puis ont défilé en centre-ville (...)

« Pour nous, cette grande première est un succès, un signe fort pour Laval et une lueur d’espoir pour l’avenir car les forces progressistes de gauche, partis, syndicats, collectifs, associations, qui pour certaines ne se parlaient plus, se sont toutes rapprochées dans des super-conditions de dialogue afin de construire ce mouvement , estime Jean-Marc Bédue, de la France insoumise.  Dans ce pays, il y a une opposition. L’idée de la mobilisation d’aujourd’hui est de la rendre visible. »

« Même si des gens ne manifestent pas, parce que ce n’est pas dans leurs habitudes, ils sont outrés, désabusés et ont peur » , selon Martine, Jean-Yves et Marie-Annick, de Génération. s Mayenne, qui défilent côte à côte. Il y avait « de la colère » et du « ras-le-bol »dans la bouche de Gérard, 64 ans, un autocollant CGT collé sur la poitrine, rencontré place du 11-Novembre, lieu de rassemblement.

Pourquoi ce Berthevinois militant MRC (Mouvement républicain et citoyen) qui touche une retraite de 1 200 € par mois est-il là ? « Parce qu’on a peur ! Tout ce qu’on a acquis après la guerre est en train de disparaître. La privatisation à tout va, ça suffit ! S’attaquer aux services publics, ça suffit ! Moi, je suis pour une Europe de marché, mais régulée, et je réclame des salaires décents pour tous. »

Cet article est le 3071 ème sur le blog MRC 53 - le 167ème catégorie Gauche France

La tête du cortège à l'entrée du Pont de l'Europe à Laval (Mayenne) lors de la manifestation populaire du 26 mai 2018.

La tête du cortège à l'entrée du Pont de l'Europe à Laval (Mayenne) lors de la manifestation populaire du 26 mai 2018.

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24 mai 2018 4 24 /05 /mai /2018 22:48

 

Se rassembler face à la politique libérale du président Macron

 

Le Mouvement Républicain et Citoyen milite pour la reconstruction de la gauche sur des bases républicaines. Il prépare une alternative politique au néolibéralisme afin de répondre aux mouvements sociaux et aux aspirations des citoyens.

Dans ce cadre, il participera aux manifestations du 26 mai pour l’égalité, la justice sociale et la solidarité.

Communiqué de Catherine Coutard, vice-présidente du MRC

Le modèle social français est l’outil pour que l’Égalité, valeur centrale de notre devise républicaine, s’inscrive dans la réalité. Ce modèle social a été redéfini dans ses moyens et ses objectifs par le programme du Conseil National de le Résistance. Il est au cœur de la cohésion nationale. Pourtant, notre modèle social appuyé sur des services publics, subit depuis bientôt 30 ans des réformes qui au final le font régresser alors que de nouvelles solidarités sont à inventer (4ème âge…)  et que le chômage de masse entraîne toujours plus de familles dans la pauvreté. 
Le MRC appelle à participer aux manifestations du 26 mai 2018 avec de nombreuses organisations politiques, syndicales et associatives  qui sont rassemblées contre la politique libérale d'Emmanuel Macron et de son gouvernement, et sont unies pour l'égalité, la justice sociale et la solidarité. 

 

En Mayenne, le MRC 53 s’est associé aux organisations qui souhaitent participer à une manifestation à Laval (CGT, FSU, Solidaires, France Insoumise, PCF, Générations, UNLSD, ATTAC et les Verts).

Dans une situation où les résistances à la politique gouvernementale se multiplient, un collectif national regroupant syndicats, associations et mouvements politiques a lancé un appel à une marée populaire pour l’égalité, la justice sociale et la solidarité.

En Mayenne, la CGT, la FSU, Solidaires, la France Insoumise, le PCF, le MRC, Générations, l’UNLSD, ATTAC et les Verts appellent l’ensemble de la population à déferler dans les rues de Laval avec leurs instruments de musique, leurs slogans, leurs pancartes, leurs banderoles…

SAMEDI 26 MAI, 10h30 place du jet d’eau et à 12h au square de Boston pour un pique-nique citoyen et solidaire.

 

 

Cet article est le 3070 ème sur le blog MRC 53 - le 166ème catégorie Gauche France

Manifestation des personnels de la Fonction publique à Laval le 22 mai 2018

Manifestation des personnels de la Fonction publique à Laval le 22 mai 2018

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4 mars 2018 7 04 /03 /mars /2018 21:23

 

Revenir avec la gauche aux combats pour la République, laïque et sociale

 

Marinette BACHE préside REsistance Sociale.

Voir Journal REsistance SOciale n° 167 - Février 2018 et l’édito sur son blog Marinette Bache.

Les mois se suivent et se ressemblent. Le gouvernement poursuit méthodiquement sa casse des services publics. Après le code du travail, après la diminution drastique des emplois aidés, après les réductions de personnels dans les hôpitaux, après les menaces contre l’ensemble de la fonction publique, c’est maintenant au tour de la SNCF de faire les frais de la politique ultra-libérale de Macron et de son gouvernement. 

Dans le droit fil des décisions de Margareth Thatcher en Grande-Bretagne il y a vingt ans, Edouard Philippe et son gouvernement veulent mettre en place la privatisation des chemins de fer en France, revenant ainsi 80 ans en arrière. Le prétexte : la mise en concurrence du transport « voyageurs » voulue par la Commission européenne avec l’aval des gouvernements. Et pourtant, comme le reconnaît le rapport Spinetta lui-même, la SNCF fonctionne bien malgré des retards pour certains trains et des défaillances du réseau qui a besoin d’être modernisé à grande échelle puisque son entretien a été -on peut le penser : intentionnellement- négligé depuis des années. Tout cela dans le contexte d’un endettement important.

Pourtant, comme on l’a vu outre-manche, ce n’est pas la privatisation qui va pouvoir remédier à cette situation, bien au contraire. Comme on l’a vu pour d’autres services publics, la mise en concurrence a pour première conséquence de renchérir les coûts des opérateurs historiques qui perdent des parts de marchés sur les lignes les plus rentables et ne peuvent plus pratiquer une péréquation suffisante, permettant d’éviter un coût exorbitant pour les usagers des lignes locales qui n’ont le plus souvent pas d’autre moyen de transport. Et pour toute réponse à ce problème, le gouvernement envisage la fermeture de ces lignes. Mais, on l’a vu en Grande-Bretagne, même les voyages sur les lignes les plus fréquentées sont de plus en plus chers et pour un service de moins en moins performant, la sécurité étant elle-même en jeu. Non, la mise en concurrence, la privatisation ne sont pas les meilleures solutions pour améliorer le service. Au contraire ! (...)

 

Marinette Bache était parmi les premiers signataires de l’Appel Combat Laïque Combat Social - Fédérer Le Peuple. Voici le texte de son intervention lors de la première Rencontre nationale.

La gauche est en mauvais état. La laïcité aussi. J’ai le sentiment que ce n’est pas sans rapport. Je ne parle pas de l’état électoral de la gauche, je parle de ses débats internes qui me paraissent si peu à la hauteur des enjeux. Aussi, moi qui ai toujours situé mon engagement militant dans la suite et de la Révolution française et du Mouvement ouvrier, c’est ce lien enfin fait entre le combat laïque et le combat social qui m’a attirée à signer cet appel. Nous voulons porter ensemble, malgré nos différences, une exigence de Liberté, d’Egalité, de Fraternité. Pour toutes et tous. Une telle exigence ne peut s’exprimer pleinement qu’au sein d’une République sociale et laïque et qui s’assume comme telle. Il fût un temps où cela était naturel, où chacun connaissait notre Histoire, où la gauche était indissociable du combat républicain, du combat pour l’égalité, du combat pour la liberté de penser. Ce combat pour la République, il a été mené frontalement face à l’Eglise catholique. Il était alors porté par toute la gauche clairement, sans ambiguïté, fièrement ; et conjointement avec celui de l’Ecole publique. Il s’agissait de permettre à la pensée de se libérer du dogme. Il s’agissait, « en même temps », ☺ de permettre l’épanouissement de tous –en particulier des classes populaires, abandonnées jusqu’alors aux mains des « ignorantins », tout un programme ! La gauche savait que la République laïque, non seulement protégeait les plus faibles, mais était leur seule garantie de pouvoir s’élever, de devenir pleinement citoyens. Citoyennes !

Alors que s’est-il passé ? Il s’est passé que pour des raisons économiques et sociales mais aussi parce que la culture du « différentialisme » anglo-saxon s’est installée aux dépens de l’Universel, notre société fait de moins en moins « Nation » au sens de Renan. Le « Vivre ensemble » est devenu, au mieux, vivre les uns à côté des autres et trop souvent les uns contre les autres. Le drame de la République absente ne se joue pas dans les beaux quartiers. Là-bas, le mot « laïcité » est travesti pour servir d’alibi au rejet du pauvre. Ces pourvoyeurs de « manif pour tous » nient l’universalité de l’être humain que seule reconnaît la laïcité : même droits –dont le droit à l’indifférence !- quels que soient l’origine, le sexe, la religion, réelle ou supposée, ou l’orientation sexuelle. Le drame de la République absente saccage la vie de nos banlieues et de nos quartiers populaires. Les premières victimes en sont les femmes. C’est étrange de constater qu’une forme de néocolonialisme conduit une partie de la gauche à ne pas savoir traiter chacun –surtout chacune- comme un (une) Egale-e. Et refuse de débattre avec une autre tradition et surtout de s’y affronter, allant jusqu’à magnifier les racialistes, à soutenir le P.I.R. (le pire ! vous l’entendez comme vous voulez). C’est inquiétant que cette gauche présuppose spontanément qu’une femme issue de l’immigration maghrébine ait envie de porter le voile. Comme les catholiques d’il y a un siècle pensaient que la place des femmes étaient à la maison, qu’elles y trouvaient leur bonheur en élevant les enfants… C’est désespérant que le rapport de pouvoir des hommes sur les femmes et la pression de la bien-pensance soient évacués. Car enfin les fondamentalistes d’aujourd’hui donnent au hijab la même fonction que St Paul il y a 2000 ans. Il disait : «L'homme, lui, ne doit pas se voiler la tête: il est l'image et la gloire de Dieu, mais la femme est la gloire de l'homme. Voilà pourquoi la femme doit porter sur la tête la marque de sa dépendance».

 

Cet article est le 3058 ème sur le blog MRC 53 - le 165ème catégorie Gauche France

La Creuse dans le département de l'Indre, un paysage (près de Lurais) où Marinette aime se ressourcer

La Creuse dans le département de l'Indre, un paysage (près de Lurais) où Marinette aime se ressourcer

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28 novembre 2017 2 28 /11 /novembre /2017 18:40

 

Organiser la reconstruction de la gauche avec les citoyens

 

Avec le Centre d'études, de recherches et d'éducation socialiste (CERES) et le courant Socialisme et République au sein du PS jusqu’en 1993, de nombreux militants - dont je suis - se sont formés au contact de Didier Motchane et de Jean-Pierre Chevènement. Ensuite, il y a eu le Mouvement des citoyens (MDC) puis la campagne présidentielle en 2001-2002 dans le cadre du Pôle républicain. Et, enfin, le Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) depuis son congrès fondateur en janvier 2003.

 

Parmi les anciens du CERES, peu nombreux sont ceux qui se retrouvent actuellement au MRC. Didier Motchane, grand militant du lien entre socialisme et République nous a quittés il y a un mois. Jean-Pierre Chevènement a pris du champ il y a deux ans à l’égard du parti qu’il a fondé.

 

Donner un avenir politique aux idées républicaines et sociales de Jean-Pierre Chevènement et de Didier Motchane de ces 50 dernières années, tel est notre objectif.

 

C’est le sens de l’appel que j’ai lancé le 15 octobre. Voir :

- Michel Sorin opte pour que les républicains de gauche se rapprochent (19 octobre 2017)

- Un texte de Michel Sorin a été retenu par le secrétariat national MRC (16 octobre 2017)

 

Voir aussi (24 novembre) : MRC 53 ; contribuer à réunir la gauche républicaine, laïque et sociale

 

Au moment où s’opère une recomposition politique de grande ampleur, le MRC se tourne vers les citoyens et militants de la gauche républicaine, laïque et sociale, et leur propose de se rapprocher afin d’organiser une réflexion commune lors du premier trimestre 2018.

 

Une réponse positive a été donnée par République et socialisme. A partir de là, une dynamique doit s’enclencher. C’est ce que souhaiterait Didier Motchane.

 

La gauche a un avenir politique en France. A condition d’en prendre les moyens, en se réformant complètement. Et en s’appuyant sur la citoyenneté.

C’est le moment !

 

Cet article est le 3024ème sur le blog MRC 53 - le 164ème catégorie Gauche France

Didier Motchane, le 19 septembre 2014 à Caen, la veille de l'université de rentrée du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC)

Didier Motchane, le 19 septembre 2014 à Caen, la veille de l'université de rentrée du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC)

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24 novembre 2017 5 24 /11 /novembre /2017 23:16

 

Faire vivre les idées de Chevènement et de Motchane

 

Le 2 novembre 2017, en mairie de Montreuil (93), Jean-Pierre Chevènement a rendu hommage à Didier Motchane. Voir sur le blog de Jean-Pierre Chevènement le texte de son intervention : Voici venu le moment de nous séparer...

 

Voici les orientations proposées par le MRC 53 pour donner une suite concrète à la proposition de Michel Sorin le 15 octobre :

Michel Sorin opte pour que les républicains de gauche se rapprochent (19 octobre 2017)

 

Projet Gauche républicaine - 24 novembre 2017

 

Aux niveaux départemental, régional et national : contact avec les militants de la gauche républicaine et sociale en vue d’un rapprochement qui pourrait déboucher sur la création d’une nouvelle organisation de la gauche républicaine, laïque et sociale (voir texte du 15 octobre 2017).

Nous souhaitons un avenir politique aux idées républicaines et sociales développées à l’initiative de Jean-Pierre Chevènement et de Didier Motchane depuis les années 1960 (à partir du CERES - Centre d’études, de recherche et d’éducation socialiste).

 

Un effort est à faire - notamment en valorisant les travaux historiques sur la Révolution française, les pensées de Marx, Jaurès, Gramsci, les luttes du mouvement ouvrier, les critiques du capitalisme - pour rassembler les idées-force de la gauche républicaine et sociale.

 

Les principes de la République (le gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple) et de la souveraineté nationale (elle appartient au peuple, qui l’exerce par ses représentants ou par la voie du référendum) doivent être rappelés et appliqués, de même que la devise de la République et la loi de 1905 sur la laïcité. Aujourd’hui, le combat est à mener contre le multiculturalisme et le communautarisme, qui remettent en cause l’existence même de la République.

 

Face à la stratégie du pouvoir issu des élections 2017, qui conduit à la régression sociale, il est urgent d’articuler les luttes sociales avec des initiatives d’éducation populaire en vue de préparer les idées à un rassemblement politique de l’ensemble de la gauche.

Il faut approfondir la réflexion sur les questions liées à l’environnement et aux énergies, sur les questions du travail et de l’économie productive, notamment l’industrie et l’agriculture, sur l’avenir des institutions européennes, en introduisant la démocratie et la souveraineté des peuples. Cela pose la question de la validité de l’article 88-1 de la Constitution de la Vème République quand la volonté populaire n’a pas été respectée (traité de Lisbonne). Il faudra procéder par référendum afin de vérifier la validité des traités européens.

 

Cet article est le 3023ème sur le blog MRC 53 - le 163ème catégorie Gauche France

Didier Motchane, au côté de Jean-Yves Autexier, le 19 septembre 2014 à Caen, la veille de l'université de rentrée du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC)

Didier Motchane, au côté de Jean-Yves Autexier, le 19 septembre 2014 à Caen, la veille de l'université de rentrée du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC)

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30 octobre 2017 1 30 /10 /octobre /2017 21:46

 

Avec Chevènement, acteur influent du congrès refondateur du PS en 1971

 

Didier Motchane n’avait, certes, pas la notoriété de Jean-Pierre Chevènement avec qui il a mené ses combats politiques. Mais il avait de très grandes qualités humaines et intellectuelles, qu’il mettait à la disposition du collectif. Il est décédé le 29 octobre 2017, âgé de 86 ans.

 

C’est à Fabien Escalona, pour Mediapart, qu’il avait accordé récemment (25 mai 2017, après l’élection du nouveau président de la République) un entretien d’un grand intérêt politique. Voir Entretien avec Didier Motchane.

 

Il était intervenu en 2014 à Caen, au côté de Jean-Yves Autexier, à la veille de l’université de rentrée du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC). Voir Dîner-débat avec D Motchane et JY Autexier à Caen le 19 sept. 2014 - Michel Sorin

 

Gaël Brustier est, probablement, celui qui a eu le plus de contacts ces dernières années avec Didier Motchane car il a réalisé un important travail historique sur le CERES (Centre d’études, de recherches et d’éducation socialiste). Voir « CERES & Didier MOTCHANE ». Voici ce qu’il a écrit ce 30 octobre :

Didier Motchane s’est éteint ce dimanche. C’est un homme exceptionnel à tous égards qui s’en va. Une immense perte mais dont la pensée et l’action auront encore longtemps des répercussions heureuses pour qui s’emparera des idées d’émancipation pour les porter au pouvoir.

Didier a fondé avec plusieurs autres jeunes intellectuels et hauts-fonctionnaires le CERES, le Centre d’Etudes, de Recherches et d’Education Socialiste. C’était en 1964, les statuts furent officiellement déposés en janvier 1966. Parmi les fondateurs, on connait Jean-Pierre Chevènement mais on ne doit pas oublier Jacques-Arnaud Penant, Pierre Guidoni, Alain Gomez. Ils furent rejoints assez vite par Georges Sarre et ses postiers socialistes. Ce groupe ambitieux visait à susciter à l’intérieur même de la famille socialiste la détonation initiale d’une prise de conscience historique collective – mais aussi individuelle – qui dépassait mais comprenait la stratégie d’Union de la Gauche, le projet de transition au socialisme, l’adoption de l’autogestion comme objectif politique. Didier fit rajouter le É de CÉRES, tant il tenait à l’ambition d’autoformation du CERES contenue dès lors dans le mot « Etudes ». Commença une aventure intellectuelle et politique exceptionnelle. Didier a été à l’origine de différentes revues : Frontières, Repères, Non !, Enjeu pour la République et le Socialisme, République. Ces revues exprimaient une même ambition intellectuelle et politique.

Didier, dont la maman était pianiste et été la traductrice du Berlin AlexanderPlatz de Döblin, était virtuose des mots. Virtuose des mots et aussi des idées. Son phrasé et son écriture mêlaient en ce domaine une prudence et une forme de radicalité qui donnaient à sa pensée une forme aussi mélodieuse que soucieuse de vérité. Jeunes militants du MDC, comme auparavant jeunes militants de Socialisme et République ou du CERES nous attendions ses éditoriaux avec un mélange d’excitation et de gravité. C’était une symphonie mêlant concepts et analyses implacables. Ma première lecture de Didier fut celle d’un texte intitulé « radicalité et radicelles », à propose de la continuelle tentative de créer des pôles de radicalité à gauche.

Didier a inventé le Poing et la Rose, c’est un fait. « Hic Rhodus hic salta », « Hier ist die Rose hier tanze ». Le sursaut de la décision et la transition à un monde meilleur. Il ne faut pas résumer son parcours politique et intellectuel ou son apport militant à cela. Didier Motchane a été, avec Daniel Bensaïd, l’un des intellectuels de gauche majeurs, essentiels, du demi siècle passé. Dans son « Voyage imaginaire à travers les mots du siècles », Didier rappelait ses rencontres entre Bensaïd et lui, leurs tours d’horizon commun.

Les mots ne perdaient jamais leur sens avec Didier. Socialisme, laïcité, République, autogestion, je ne vous livrerai que plus tard un aperçu personnel et kaléidoscopique du sens qu’il donnait à ces mots.

Un petit exemple: « SOCIALISME : Du socialisme, prescience d’une société dont chaque civilisation s’efforce, chacune à sa manière de prendre conscience, on pourrait dire qu’il serait non pas l’addition mais la fusion, la synthèse de la démocratie idéale et de l’aristocratie idéale, agora complète et permanente qui constitue la collectivité des citoyens en un seul corps, faisant de la reconnaissance et d’un adoubement des meilleurs par le peuple le petit nombre de fondé de pouvoir chargés d’une mission renouvelable et renouvelée pour les affaires de la cité »…

Didier était un politique exceptionnel mais aussi un homme de lettres remarquable. Son don pour la poésie mérite d’être connu. Il m’a ébloui comme son sens de l’amitié et sa générosité, son empathie, m’ont immensément touché. Intellectuellement, c’est mon maître. Humainement, c’est un ami qui, dans de sombres moments, a été présent, attentif et bienveillant. Sa parole sobre et chaleureuse a énormément compté.

La première rencontre avec Didier c’était d’abord ce regard magnifique qui était la promesse ensuite chaque fois renouvelée et exaucée d’un échange toujours respectueux et exigeant. Récemment nous devisions avec Didier sur ce qui fait le sens d’une vision politique, cette part d’utopie qui, disait-il, permet au « surlendemain de l’emporter sur le lendemain ». Nous nous sommes réellement connus après sa décision de ne plus exercer de responsabilité politique directe. A notre première rencontre, si intimidé que je fus, c’est sa volonté d’inscrire les mots, les paroles, les actes dans le temps long, un temps dépassant nos vies mais leur offrant quelques exaltantes missions, qui m'a marqué. Nous devisions ainsi sur la force des idées.

Le CERES avait suscité, bien au-delà de ses rangs historiques, des boutures intellectuelles et politiques plus lointaines. Ainsi nous échangions sur les revues comme Le Vent se lève et d’autres entreprises heureuses qui s’inscrivaient dans une perspective d’émancipation.

Didier nous a quittés mais il sera toujours présent car son intelligence rayonnera encore longtemps. Il manque déjà à tous ses amis, terriblement, tant il a été d’une si grande humanité. Des larmes oui. Courage à Dominique sa femme.


 

Voir également :

- MRC (Jean-Luc Laurent, 29 octobre 2017) : Mort de Didier Motchane, une perte immense pour la gauche française

- Jean-Pierre Chevènement, 29 octobre 2017 : Didier Motchane, un homme magnifique

- Claude Nicolet, 30 octobre 2017 : Didier Motchane est mort

- Le Monde, 29 octobre 2017 : Didier Motchane, figure du Parti socialiste et inventeur du logo « Le poing et la rose », est mort

 

Cet article est le 3021ème sur le blog MRC 53 - le 162ème catégorie Gauche France

Didier Motchane, le 19 septembre 2014, à Caen, au côté de Jean-Yves Autexier (université de rentrée du MRC)

Didier Motchane, le 19 septembre 2014, à Caen, au côté de Jean-Yves Autexier (université de rentrée du MRC)

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