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Présentation

  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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28 mai 2018 1 28 /05 /mai /2018 16:56

 

Face au néolibéralisme, construire une alternative populaire républicaine

Ce n’était pas une « marée populaire » - comme il avait été imprudemment avancé par certains - mais c’était un embryon de mouvement populaire organisé dans la perspective de constituer une alternative à la politique néolibérale du président de la République.

Au niveau national, une soixantaine d’organisations étaient parties prenantes des initiatives. En Mayenne, une dizaine. Voir (24 mai 2018) : Le MRC 53 s'est associé à la manifestation du 26 mai 2018 à Laval
A la suite d’un vote interne, la CGT avait accepté de prendre la responsabilité de l’organisation de ces manifestations, avec d’autres organisations syndicales (FSU et Solidaires), les partis politiques et associations étant invités à s’y joindre dans le respect des différences entre les uns et les autres.
En Mayenne, la participation populaire était canalisable... Le MRC était présent. Gérard Beillard a répondu aux questions du journaliste. Voir Ouest-France, 26 mai 2018 : Marée populaire. 300 manifestants anti-Macron à Laval

À l’appel des partis politiques, syndicats et associations de la Mayenne, tous bras dessus, bras dessous, trois cents personnes se sont mobilisées contre la politique du gouvernement, ce samedi 26 mai 2018. Puis ont défilé en centre-ville (...)

« Pour nous, cette grande première est un succès, un signe fort pour Laval et une lueur d’espoir pour l’avenir car les forces progressistes de gauche, partis, syndicats, collectifs, associations, qui pour certaines ne se parlaient plus, se sont toutes rapprochées dans des super-conditions de dialogue afin de construire ce mouvement , estime Jean-Marc Bédue, de la France insoumise.  Dans ce pays, il y a une opposition. L’idée de la mobilisation d’aujourd’hui est de la rendre visible. »

« Même si des gens ne manifestent pas, parce que ce n’est pas dans leurs habitudes, ils sont outrés, désabusés et ont peur » , selon Martine, Jean-Yves et Marie-Annick, de Génération. s Mayenne, qui défilent côte à côte. Il y avait « de la colère » et du « ras-le-bol »dans la bouche de Gérard, 64 ans, un autocollant CGT collé sur la poitrine, rencontré place du 11-Novembre, lieu de rassemblement.

Pourquoi ce Berthevinois militant MRC (Mouvement républicain et citoyen) qui touche une retraite de 1 200 € par mois est-il là ? « Parce qu’on a peur ! Tout ce qu’on a acquis après la guerre est en train de disparaître. La privatisation à tout va, ça suffit ! S’attaquer aux services publics, ça suffit ! Moi, je suis pour une Europe de marché, mais régulée, et je réclame des salaires décents pour tous. »

Cet article est le 3071 ème sur le blog MRC 53 - le 167ème catégorie Gauche France

La tête du cortège à l'entrée du Pont de l'Europe à Laval (Mayenne) lors de la manifestation populaire du 26 mai 2018.

La tête du cortège à l'entrée du Pont de l'Europe à Laval (Mayenne) lors de la manifestation populaire du 26 mai 2018.

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24 mai 2018 4 24 /05 /mai /2018 22:48

 

Se rassembler face à la politique libérale du président Macron

 

Le Mouvement Républicain et Citoyen milite pour la reconstruction de la gauche sur des bases républicaines. Il prépare une alternative politique au néolibéralisme afin de répondre aux mouvements sociaux et aux aspirations des citoyens.

Dans ce cadre, il participera aux manifestations du 26 mai pour l’égalité, la justice sociale et la solidarité.

Communiqué de Catherine Coutard, vice-présidente du MRC

Le modèle social français est l’outil pour que l’Égalité, valeur centrale de notre devise républicaine, s’inscrive dans la réalité. Ce modèle social a été redéfini dans ses moyens et ses objectifs par le programme du Conseil National de le Résistance. Il est au cœur de la cohésion nationale. Pourtant, notre modèle social appuyé sur des services publics, subit depuis bientôt 30 ans des réformes qui au final le font régresser alors que de nouvelles solidarités sont à inventer (4ème âge…)  et que le chômage de masse entraîne toujours plus de familles dans la pauvreté. 
Le MRC appelle à participer aux manifestations du 26 mai 2018 avec de nombreuses organisations politiques, syndicales et associatives  qui sont rassemblées contre la politique libérale d'Emmanuel Macron et de son gouvernement, et sont unies pour l'égalité, la justice sociale et la solidarité. 

 

En Mayenne, le MRC 53 s’est associé aux organisations qui souhaitent participer à une manifestation à Laval (CGT, FSU, Solidaires, France Insoumise, PCF, Générations, UNLSD, ATTAC et les Verts).

Dans une situation où les résistances à la politique gouvernementale se multiplient, un collectif national regroupant syndicats, associations et mouvements politiques a lancé un appel à une marée populaire pour l’égalité, la justice sociale et la solidarité.

En Mayenne, la CGT, la FSU, Solidaires, la France Insoumise, le PCF, le MRC, Générations, l’UNLSD, ATTAC et les Verts appellent l’ensemble de la population à déferler dans les rues de Laval avec leurs instruments de musique, leurs slogans, leurs pancartes, leurs banderoles…

SAMEDI 26 MAI, 10h30 place du jet d’eau et à 12h au square de Boston pour un pique-nique citoyen et solidaire.

 

Cet article est le 3070 ème sur le blog MRC 53 - le 166ème catégorie Gauche France

Manifestation des personnels de la Fonction publique à Laval le 22 mai 2018

Manifestation des personnels de la Fonction publique à Laval le 22 mai 2018

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4 mars 2018 7 04 /03 /mars /2018 21:23

 

Revenir avec la gauche aux combats pour la République, laïque et sociale

 

Marinette BACHE préside REsistance Sociale.

Voir Journal REsistance SOciale n° 167 - Février 2018 et l’édito sur son blog Marinette Bache.

Les mois se suivent et se ressemblent. Le gouvernement poursuit méthodiquement sa casse des services publics. Après le code du travail, après la diminution drastique des emplois aidés, après les réductions de personnels dans les hôpitaux, après les menaces contre l’ensemble de la fonction publique, c’est maintenant au tour de la SNCF de faire les frais de la politique ultra-libérale de Macron et de son gouvernement. 

Dans le droit fil des décisions de Margareth Thatcher en Grande-Bretagne il y a vingt ans, Edouard Philippe et son gouvernement veulent mettre en place la privatisation des chemins de fer en France, revenant ainsi 80 ans en arrière. Le prétexte : la mise en concurrence du transport « voyageurs » voulue par la Commission européenne avec l’aval des gouvernements. Et pourtant, comme le reconnaît le rapport Spinetta lui-même, la SNCF fonctionne bien malgré des retards pour certains trains et des défaillances du réseau qui a besoin d’être modernisé à grande échelle puisque son entretien a été -on peut le penser : intentionnellement- négligé depuis des années. Tout cela dans le contexte d’un endettement important.

Pourtant, comme on l’a vu outre-manche, ce n’est pas la privatisation qui va pouvoir remédier à cette situation, bien au contraire. Comme on l’a vu pour d’autres services publics, la mise en concurrence a pour première conséquence de renchérir les coûts des opérateurs historiques qui perdent des parts de marchés sur les lignes les plus rentables et ne peuvent plus pratiquer une péréquation suffisante, permettant d’éviter un coût exorbitant pour les usagers des lignes locales qui n’ont le plus souvent pas d’autre moyen de transport. Et pour toute réponse à ce problème, le gouvernement envisage la fermeture de ces lignes. Mais, on l’a vu en Grande-Bretagne, même les voyages sur les lignes les plus fréquentées sont de plus en plus chers et pour un service de moins en moins performant, la sécurité étant elle-même en jeu. Non, la mise en concurrence, la privatisation ne sont pas les meilleures solutions pour améliorer le service. Au contraire ! (...)

 

Marinette Bache était parmi les premiers signataires de l’Appel Combat Laïque Combat Social - Fédérer Le Peuple. Voici le texte de son intervention lors de la première Rencontre nationale.

La gauche est en mauvais état. La laïcité aussi. J’ai le sentiment que ce n’est pas sans rapport. Je ne parle pas de l’état électoral de la gauche, je parle de ses débats internes qui me paraissent si peu à la hauteur des enjeux. Aussi, moi qui ai toujours situé mon engagement militant dans la suite et de la Révolution française et du Mouvement ouvrier, c’est ce lien enfin fait entre le combat laïque et le combat social qui m’a attirée à signer cet appel. Nous voulons porter ensemble, malgré nos différences, une exigence de Liberté, d’Egalité, de Fraternité. Pour toutes et tous. Une telle exigence ne peut s’exprimer pleinement qu’au sein d’une République sociale et laïque et qui s’assume comme telle. Il fût un temps où cela était naturel, où chacun connaissait notre Histoire, où la gauche était indissociable du combat républicain, du combat pour l’égalité, du combat pour la liberté de penser. Ce combat pour la République, il a été mené frontalement face à l’Eglise catholique. Il était alors porté par toute la gauche clairement, sans ambiguïté, fièrement ; et conjointement avec celui de l’Ecole publique. Il s’agissait de permettre à la pensée de se libérer du dogme. Il s’agissait, « en même temps », ☺ de permettre l’épanouissement de tous –en particulier des classes populaires, abandonnées jusqu’alors aux mains des « ignorantins », tout un programme ! La gauche savait que la République laïque, non seulement protégeait les plus faibles, mais était leur seule garantie de pouvoir s’élever, de devenir pleinement citoyens. Citoyennes !

Alors que s’est-il passé ? Il s’est passé que pour des raisons économiques et sociales mais aussi parce que la culture du « différentialisme » anglo-saxon s’est installée aux dépens de l’Universel, notre société fait de moins en moins « Nation » au sens de Renan. Le « Vivre ensemble » est devenu, au mieux, vivre les uns à côté des autres et trop souvent les uns contre les autres. Le drame de la République absente ne se joue pas dans les beaux quartiers. Là-bas, le mot « laïcité » est travesti pour servir d’alibi au rejet du pauvre. Ces pourvoyeurs de « manif pour tous » nient l’universalité de l’être humain que seule reconnaît la laïcité : même droits –dont le droit à l’indifférence !- quels que soient l’origine, le sexe, la religion, réelle ou supposée, ou l’orientation sexuelle. Le drame de la République absente saccage la vie de nos banlieues et de nos quartiers populaires. Les premières victimes en sont les femmes. C’est étrange de constater qu’une forme de néocolonialisme conduit une partie de la gauche à ne pas savoir traiter chacun –surtout chacune- comme un (une) Egale-e. Et refuse de débattre avec une autre tradition et surtout de s’y affronter, allant jusqu’à magnifier les racialistes, à soutenir le P.I.R. (le pire ! vous l’entendez comme vous voulez). C’est inquiétant que cette gauche présuppose spontanément qu’une femme issue de l’immigration maghrébine ait envie de porter le voile. Comme les catholiques d’il y a un siècle pensaient que la place des femmes étaient à la maison, qu’elles y trouvaient leur bonheur en élevant les enfants… C’est désespérant que le rapport de pouvoir des hommes sur les femmes et la pression de la bien-pensance soient évacués. Car enfin les fondamentalistes d’aujourd’hui donnent au hijab la même fonction que St Paul il y a 2000 ans. Il disait : «L'homme, lui, ne doit pas se voiler la tête: il est l'image et la gloire de Dieu, mais la femme est la gloire de l'homme. Voilà pourquoi la femme doit porter sur la tête la marque de sa dépendance».

 

Cet article est le 3058 ème sur le blog MRC 53 - le 165ème catégorie Gauche France

La Creuse dans le département de l'Indre, un paysage (près de Lurais) où Marinette aime se ressourcer

La Creuse dans le département de l'Indre, un paysage (près de Lurais) où Marinette aime se ressourcer

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28 novembre 2017 2 28 /11 /novembre /2017 18:40

 

Organiser la reconstruction de la gauche avec les citoyens

 

Avec le Centre d'études, de recherches et d'éducation socialiste (CERES) et le courant Socialisme et République au sein du PS jusqu’en 1993, de nombreux militants - dont je suis - se sont formés au contact de Didier Motchane et de Jean-Pierre Chevènement. Ensuite, il y a eu le Mouvement des citoyens (MDC) puis la campagne présidentielle en 2001-2002 dans le cadre du Pôle républicain. Et, enfin, le Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) depuis son congrès fondateur en janvier 2003.

 

Parmi les anciens du CERES, peu nombreux sont ceux qui se retrouvent actuellement au MRC. Didier Motchane, grand militant du lien entre socialisme et République nous a quittés il y a un mois. Jean-Pierre Chevènement a pris du champ il y a deux ans à l’égard du parti qu’il a fondé.

 

Donner un avenir politique aux idées républicaines et sociales de Jean-Pierre Chevènement et de Didier Motchane de ces 50 dernières années, tel est notre objectif.

 

C’est le sens de l’appel que j’ai lancé le 15 octobre. Voir :

- Michel Sorin opte pour que les républicains de gauche se rapprochent (19 octobre 2017)

- Un texte de Michel Sorin a été retenu par le secrétariat national MRC (16 octobre 2017)

 

Voir aussi (24 novembre) : MRC 53 ; contribuer à réunir la gauche républicaine, laïque et sociale

 

Au moment où s’opère une recomposition politique de grande ampleur, le MRC se tourne vers les citoyens et militants de la gauche républicaine, laïque et sociale, et leur propose de se rapprocher afin d’organiser une réflexion commune lors du premier trimestre 2018.

 

Une réponse positive a été donnée par République et socialisme. A partir de là, une dynamique doit s’enclencher. C’est ce que souhaiterait Didier Motchane.

 

La gauche a un avenir politique en France. A condition d’en prendre les moyens, en se réformant complètement. Et en s’appuyant sur la citoyenneté.

C’est le moment !

 

Cet article est le 3024ème sur le blog MRC 53 - le 164ème catégorie Gauche France

Didier Motchane, le 19 septembre 2014 à Caen, la veille de l'université de rentrée du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC)

Didier Motchane, le 19 septembre 2014 à Caen, la veille de l'université de rentrée du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC)

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24 novembre 2017 5 24 /11 /novembre /2017 23:16

 

Faire vivre les idées de Chevènement et de Motchane

 

Le 2 novembre 2017, en mairie de Montreuil (93), Jean-Pierre Chevènement a rendu hommage à Didier Motchane. Voir sur le blog de Jean-Pierre Chevènement le texte de son intervention : Voici venu le moment de nous séparer...

 

Voici les orientations proposées par le MRC 53 pour donner une suite concrète à la proposition de Michel Sorin le 15 octobre :

Michel Sorin opte pour que les républicains de gauche se rapprochent (19 octobre 2017)

 

Projet Gauche républicaine - 24 novembre 2017

 

Aux niveaux départemental, régional et national : contact avec les militants de la gauche républicaine et sociale en vue d’un rapprochement qui pourrait déboucher sur la création d’une nouvelle organisation de la gauche républicaine, laïque et sociale (voir texte du 15 octobre 2017).

Nous souhaitons un avenir politique aux idées républicaines et sociales développées à l’initiative de Jean-Pierre Chevènement et de Didier Motchane depuis les années 1960 (à partir du CERES - Centre d’études, de recherche et d’éducation socialiste).

 

Un effort est à faire - notamment en valorisant les travaux historiques sur la Révolution française, les pensées de Marx, Jaurès, Gramsci, les luttes du mouvement ouvrier, les critiques du capitalisme - pour rassembler les idées-force de la gauche républicaine et sociale.

 

Les principes de la République (le gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple) et de la souveraineté nationale (elle appartient au peuple, qui l’exerce par ses représentants ou par la voie du référendum) doivent être rappelés et appliqués, de même que la devise de la République et la loi de 1905 sur la laïcité. Aujourd’hui, le combat est à mener contre le multiculturalisme et le communautarisme, qui remettent en cause l’existence même de la République.

 

Face à la stratégie du pouvoir issu des élections 2017, qui conduit à la régression sociale, il est urgent d’articuler les luttes sociales avec des initiatives d’éducation populaire en vue de préparer les idées à un rassemblement politique de l’ensemble de la gauche.

Il faut approfondir la réflexion sur les questions liées à l’environnement et aux énergies, sur les questions du travail et de l’économie productive, notamment l’industrie et l’agriculture, sur l’avenir des institutions européennes, en introduisant la démocratie et la souveraineté des peuples. Cela pose la question de la validité de l’article 88-1 de la Constitution de la Vème République quand la volonté populaire n’a pas été respectée (traité de Lisbonne). Il faudra procéder par référendum afin de vérifier la validité des traités européens.

 

Cet article est le 3023ème sur le blog MRC 53 - le 163ème catégorie Gauche France

Didier Motchane, au côté de Jean-Yves Autexier, le 19 septembre 2014 à Caen, la veille de l'université de rentrée du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC)

Didier Motchane, au côté de Jean-Yves Autexier, le 19 septembre 2014 à Caen, la veille de l'université de rentrée du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC)

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30 octobre 2017 1 30 /10 /octobre /2017 21:46

 

Avec Chevènement, acteur influent du congrès refondateur du PS en 1971

 

Didier Motchane n’avait, certes, pas la notoriété de Jean-Pierre Chevènement avec qui il a mené ses combats politiques. Mais il avait de très grandes qualités humaines et intellectuelles, qu’il mettait à la disposition du collectif. Il est décédé le 29 octobre 2017, âgé de 86 ans.

 

C’est à Fabien Escalona, pour Mediapart, qu’il avait accordé récemment (25 mai 2017, après l’élection du nouveau président de la République) un entretien d’un grand intérêt politique. Voir Entretien avec Didier Motchane.

 

Il était intervenu en 2014 à Caen, au côté de Jean-Yves Autexier, à la veille de l’université de rentrée du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC). Voir Dîner-débat avec D Motchane et JY Autexier à Caen le 19 sept. 2014 - Michel Sorin

 

Gaël Brustier est, probablement, celui qui a eu le plus de contacts ces dernières années avec Didier Motchane car il a réalisé un important travail historique sur le CERES (Centre d’études, de recherches et d’éducation socialiste). Voir « CERES & Didier MOTCHANE ». Voici ce qu’il a écrit ce 30 octobre :

Didier Motchane s’est éteint ce dimanche. C’est un homme exceptionnel à tous égards qui s’en va. Une immense perte mais dont la pensée et l’action auront encore longtemps des répercussions heureuses pour qui s’emparera des idées d’émancipation pour les porter au pouvoir.

Didier a fondé avec plusieurs autres jeunes intellectuels et hauts-fonctionnaires le CERES, le Centre d’Etudes, de Recherches et d’Education Socialiste. C’était en 1964, les statuts furent officiellement déposés en janvier 1966. Parmi les fondateurs, on connait Jean-Pierre Chevènement mais on ne doit pas oublier Jacques-Arnaud Penant, Pierre Guidoni, Alain Gomez. Ils furent rejoints assez vite par Georges Sarre et ses postiers socialistes. Ce groupe ambitieux visait à susciter à l’intérieur même de la famille socialiste la détonation initiale d’une prise de conscience historique collective – mais aussi individuelle – qui dépassait mais comprenait la stratégie d’Union de la Gauche, le projet de transition au socialisme, l’adoption de l’autogestion comme objectif politique. Didier fit rajouter le É de CÉRES, tant il tenait à l’ambition d’autoformation du CERES contenue dès lors dans le mot « Etudes ». Commença une aventure intellectuelle et politique exceptionnelle. Didier a été à l’origine de différentes revues : Frontières, Repères, Non !, Enjeu pour la République et le Socialisme, République. Ces revues exprimaient une même ambition intellectuelle et politique.

Didier, dont la maman était pianiste et été la traductrice du Berlin AlexanderPlatz de Döblin, était virtuose des mots. Virtuose des mots et aussi des idées. Son phrasé et son écriture mêlaient en ce domaine une prudence et une forme de radicalité qui donnaient à sa pensée une forme aussi mélodieuse que soucieuse de vérité. Jeunes militants du MDC, comme auparavant jeunes militants de Socialisme et République ou du CERES nous attendions ses éditoriaux avec un mélange d’excitation et de gravité. C’était une symphonie mêlant concepts et analyses implacables. Ma première lecture de Didier fut celle d’un texte intitulé « radicalité et radicelles », à propose de la continuelle tentative de créer des pôles de radicalité à gauche.

Didier a inventé le Poing et la Rose, c’est un fait. « Hic Rhodus hic salta », « Hier ist die Rose hier tanze ». Le sursaut de la décision et la transition à un monde meilleur. Il ne faut pas résumer son parcours politique et intellectuel ou son apport militant à cela. Didier Motchane a été, avec Daniel Bensaïd, l’un des intellectuels de gauche majeurs, essentiels, du demi siècle passé. Dans son « Voyage imaginaire à travers les mots du siècles », Didier rappelait ses rencontres entre Bensaïd et lui, leurs tours d’horizon commun.

Les mots ne perdaient jamais leur sens avec Didier. Socialisme, laïcité, République, autogestion, je ne vous livrerai que plus tard un aperçu personnel et kaléidoscopique du sens qu’il donnait à ces mots.

Un petit exemple: « SOCIALISME : Du socialisme, prescience d’une société dont chaque civilisation s’efforce, chacune à sa manière de prendre conscience, on pourrait dire qu’il serait non pas l’addition mais la fusion, la synthèse de la démocratie idéale et de l’aristocratie idéale, agora complète et permanente qui constitue la collectivité des citoyens en un seul corps, faisant de la reconnaissance et d’un adoubement des meilleurs par le peuple le petit nombre de fondé de pouvoir chargés d’une mission renouvelable et renouvelée pour les affaires de la cité »…

Didier était un politique exceptionnel mais aussi un homme de lettres remarquable. Son don pour la poésie mérite d’être connu. Il m’a ébloui comme son sens de l’amitié et sa générosité, son empathie, m’ont immensément touché. Intellectuellement, c’est mon maître. Humainement, c’est un ami qui, dans de sombres moments, a été présent, attentif et bienveillant. Sa parole sobre et chaleureuse a énormément compté.

La première rencontre avec Didier c’était d’abord ce regard magnifique qui était la promesse ensuite chaque fois renouvelée et exaucée d’un échange toujours respectueux et exigeant. Récemment nous devisions avec Didier sur ce qui fait le sens d’une vision politique, cette part d’utopie qui, disait-il, permet au « surlendemain de l’emporter sur le lendemain ». Nous nous sommes réellement connus après sa décision de ne plus exercer de responsabilité politique directe. A notre première rencontre, si intimidé que je fus, c’est sa volonté d’inscrire les mots, les paroles, les actes dans le temps long, un temps dépassant nos vies mais leur offrant quelques exaltantes missions, qui m'a marqué. Nous devisions ainsi sur la force des idées.

Le CERES avait suscité, bien au-delà de ses rangs historiques, des boutures intellectuelles et politiques plus lointaines. Ainsi nous échangions sur les revues comme Le Vent se lève et d’autres entreprises heureuses qui s’inscrivaient dans une perspective d’émancipation.

Didier nous a quittés mais il sera toujours présent car son intelligence rayonnera encore longtemps. Il manque déjà à tous ses amis, terriblement, tant il a été d’une si grande humanité. Des larmes oui. Courage à Dominique sa femme.


 

Voir également :

- MRC (Jean-Luc Laurent, 29 octobre 2017) : Mort de Didier Motchane, une perte immense pour la gauche française

- Jean-Pierre Chevènement, 29 octobre 2017 : Didier Motchane, un homme magnifique

- Claude Nicolet, 30 octobre 2017 : Didier Motchane est mort

- Le Monde, 29 octobre 2017 : Didier Motchane, figure du Parti socialiste et inventeur du logo « Le poing et la rose », est mort

 

Cet article est le 3021ème sur le blog MRC 53 - le 162ème catégorie Gauche France

Didier Motchane, le 19 septembre 2014, à Caen, au côté de Jean-Yves Autexier (université de rentrée du MRC)

Didier Motchane, le 19 septembre 2014, à Caen, au côté de Jean-Yves Autexier (université de rentrée du MRC)

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23 octobre 2017 1 23 /10 /octobre /2017 17:52

 

Construire ensemble une République française souveraine
 

Moi aussi, je marche, mais ce n’est pas avec Macron, et ce n’est pas dans la même direction.

Je marche à gauche pour rétablir une République souveraine en France, une République laïque, démocratique et sociale, partie prenante d’une Europe refondée sur la base de la coopération entre nations démocratiquement engagées.

Le chamboule-tout électoral que nous avons vu se produire en 2017 m’a incité à me mettre en marche avec mes concitoyens qui partagent cette idée que notre République doit être consolidée, et que la démocratie doit être de plein exercice, portée par des citoyens responsables.

Ce qui me gêne le plus, c’est que, depuis plus de trente ans, nous avons concédé à nos représentants politiques le droit de prendre des décisions en notre nom dans le cadre européen. Et ils ont agi sans nous informer correctement des conséquences des décisions qu’ils ont prises dans des cercles restreints avec leurs collègues, dans le cadre des institutions européennes.

En 1987, quand le gouvernement a statué sur le projet européen de marché unique totalement ouvert (liberté des capitaux), sans aucune explication publique il a fait voter le Parlement dans la plus grande discrétion des parlementaires et des médias.

Certes, en 1992, le président Mitterrand a décidé que la ratification du traité de Maastricht (décision de créer une monnaie unique) se ferait par référendum et non par la voie parlementaire. Mais je me souviens qu’en dehors de quelques personnalités très engagées en faveur du Non (Séguin et Chevènement, notamment), tout a été fait à l’époque pour faire miroiter les avantages en termes de croissance économique et d’emploi - qui ne se sont pas concrétisés par la suite. Rien sur les inconvénients probables.

Nos représentants nationaux ont systématiquement dissimulé aux citoyens la vraie nature de l’Europe qu’ils étaient en train de construire, ce marché libre pour permettre aux entreprises multinationales de prospérer, cette monnaie unique pour contraindre les gouvernements nationaux à se ranger derrière la loi du marché et de la finance (l’austérité n’étant que pour les classes populaires et moyennes). Ils affirmaient que l’Europe, c’était la coopération et la solidarité mais, dans la réalité, c’est la loi de la concurrence qui s’applique partout, entre les nations et, aussi, entre les groupes sociaux.

Afin d’être sûrs que cette politique européenne ne soit pas remise en cause par une ou plusieurs majorités nationales, le cas échéant rétives suite à des élections, les dirigeants européens ont voulu que cette politique soit formalisée (gravée dans le marbre) dans un traité constitutionnel européen (TCE).

La ratification de ce traité n’a pas posé de problème dans les pays ayant adopté la voie parlementaire. Par contre, dans le cas des Pays-Bas et de la France, la ratification par référendum (choix du président Chirac pour la France) a conduit à des majorités pour le Non (en France, 54,5 % le 29 mai 2005). Les autorités européennes ont considéré que les termes de la question posée avaient été mal choisis par le président Chirac et, de ce fait, la réponse donnée ne pouvait être entérinée.

En 2007, les responsables politiques français et européens en ont déduit qu’ils pouvaient reprendre l’essentiel du traité (TCE) dans le traité de Lisbonne, ratifié en février 2008 par la voie parlementaire (congrès de Versailles, députés et sénateurs).

En 2012, le président Hollande - coresponsable avec le président Sarkozy du oui au traité de Lisbonne - s’était fait élire en annonçant qu’il ne signerait pas le traité budgétaire préparé par son prédécesseur sans qu’il soit amendé (ce traité, qui impose aux gouvernements de soumettre les projets de budgets à la Commission européenne avant de les transmettre aux députés nationaux, est équivalent à une mise sous tutelle). Il n’en a rien été, se soumettant au refus de l’Allemagne, pays disposant de l’autorité en ce qui concerne la politique économique et monétaire de l’Union européenne.

En 2017, le président Macron s’est fait le chantre d’une relance politique de l’UE, souhaitant que la souveraineté européenne prenne le dessus sur les souverainetés nationales. Comment et avec qui pourrait-il mettre en œuvre cette avancée dans la construction fédérale de l’Europe ? La question se pose encore plus depuis les élections législatives en Allemagne, en Autriche et en République tchèque, qui ont toutes été favorables aux partis eurosceptiques de droite.

Sous l’impulsion de l’Union européenne, ce que nous voyons se dérouler sous nos yeux en France est une fuite en avant dans la recherche de solutions de plus en plus libérales, toujours profitables aux firmes multinationales et à une minorité de bénéficiaires des effets de la mondialisation capitaliste, mais le plus souvent défavorables à la majorité du peuple.

En même temps, la société-marché étend son emprise sur la quasi-totalité des activités humaines. Tout est fait pour que la citoyenneté n’ait plus de raison d’être, la décision politique étant strictement encadrée par le marché et par l’Union européenne.

Je ne me suis pas engagé politiquement après mai-juin 1968 pour en arriver là. J’avais alors en tête d’agir pour encadrer politiquement le développement de l’économie capitaliste. Peine perdue. Le capitalisme, devenu financier, a pris le contrôle des instances politiques nationales par l’intermédiaire des institutions européennes, elles-mêmes habitées par l’idéologie néolibérale au service des entreprises multinationales.
 

C’est pourquoi je veux m’impliquer dans une démarche citoyenne appelant la gauche à se refonder en symbiose avec l’idée républicaine. J’appelle les républicains de gauche à se rencontrer et échanger leurs points de vue.

Voir (19 octobre 2017) Michel Sorin opte pour que les républicains de gauche se rapprochent, incluant cette première partie (16 octobre) Un texte de Michel Sorin a été retenu par le secrétariat national MRC

La situation politique est carrément nouvelle depuis les élections 2017. Je propose aux républicains de gauche de coordonner leurs actions en vue de peser sur l'élaboration de la future doctrine politique que la gauche adoptera pour se présenter aux élections dans cinq ans. Car il faudra qu'elle se présente unie si elle veut avoir des chances de gagner.

Face au fédéralisme européen et aux options néolibérales de Macron, la gauche doit se positionner et se rassembler sur la question de la République et de la souveraineté nationale.

On me dit : le clivage droite-gauche est fini, les partis sont finis, ce qui compte, c’est le rapport direct avec le peuple. Je réponds : le clivage droite-gauche est aboli dans la forme qu’il prenait depuis trente ans, parce que droite et gauche de gouvernement s’étaient ralliées au néolibéralisme européen.

Les partis concernés risquent de payer de leur vie ce ralliement contre-nature. Macron a clarifié la situation. Les partis sont confrontés à la recomposition politique, de toute façon nécessaire car ils ont perdu toute crédibilité au niveau des citoyens.

Le rapport direct des gouvernants avec le peuple n’est pas possible dans la durée. Il y a besoin de partis pour représenter les différentes sensibilités et permettre au gouvernement de diriger le pays en tenant compte de la volonté des citoyens.

Désormais, l'enjeu est d'amener l'ensemble de la gauche dans l'opposition à Macron. Pour cela, il y a besoin d'une gauche républicaine, composée des républicains de gauche et de toutes celles et ceux qui optent pour la souveraineté républicaine nationale, face au souverainisme européen néolibéral.

Comme il y a 45 ans, je milite pour la transformation sociale, c'est-à-dire le fait d'encadrer le capitalisme dans l'intérêt général, celui du monde du travail. Ce n'est possible que dans le cadre d'une majorité de gauche qui s'assure de la souveraineté du peuple et le meilleur niveau pour cela est le niveau national, là où fonctionne au mieux la démocratie.
 

Cet article est le 3020ème sur le blog MRC 53 - le 161ème catégorie Gauche France

Manifestation à Paris le 14 juin 2016 contre la loi travail El Khomri

Manifestation à Paris le 14 juin 2016 contre la loi travail El Khomri

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19 octobre 2017 4 19 /10 /octobre /2017 15:51

 

L’association intime entre la gauche et la République reste à faire

 

La Vème République gaullienne, née en 1958, modifiée en 1962, est - depuis cinq mois - chevauchée par un jeune président, bien peu républicain, plutôt tenté par le bonapartisme, manifestement pressé de faire glisser la souveraineté du peuple français vers une forme de pouvoir politique jupitérien qui serait post-démocratique, entrepreneurial et européen.

 

Emmanuel Macron a réussi un véritable exploit en s’emparant du pouvoir d’État avec une remarquable détermination. Qu’on s’en réjouisse ou non, cette année 2017 aura été celle de la clarification politique après plus de 30 ans de confusion programmatique entre droite et gauche au gouvernement, liées par leur engagement européen.


Voir, à ce sujet, le texte que j’ai proposé le 16 octobre à mes camarades du secrétariat national du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), et que je propose à tous les républicains de gauche, sous le titre « FAIRE VIVRE LA GAUCHE REPUBLICAINE AVEC UN PROJET POUR LA FRANCE ».


La première partie (description de la situation politique nationale) a été publiée le 16 octobre sur le blog du MRC 53 : Un texte de Michel Sorin a été retenu par le secrétariat national MRC

Voici la seconde partie, qui introduit la réflexion stratégique proposée aux républicains de gauche.

La question posée aux militants de la gauche républicaine que nous sommes - que ce soit au Mouvement Républicain et Citoyen ou dans d’autres formations politiques - est simple dans sa formulation :

Comment, sur quelles bases, fonder une stratégie

de conquête du pouvoir à moyen terme (cinq ou dix ans) ?

 

L’association entre la gauche et la République - laïque, démocratique et sociale – s’est limitée à de très courtes périodes de notre histoire nationale. Le projet de Jaurès reste à mettre en œuvre, avec conviction et méthode.

Mitterrand avait commencé le travail en 1981 mais il s’est vite détourné de l’objectif, se soumettant à la loi du néolibéralisme dès 1983 et s’en remettant à la virtualité européenne, comme substitut au socialisme, à l’opposé des idées de Jaurès, de la République et de la gauche.

Ce devait être une « parenthèse libérale ». En réalité, la gauche française s’est perdue, noyée dans le néolibéralisme européen. C’est pourtant elle, renouvelée, refondée sur des bases républicaines et populaires, qui pourra rassembler le peuple français autour d’un projet pour la France.

 

Comment créer les conditions de cette refondation ? Cela ne pourra se faire qu’en mettant sur pied un projet de redressement national, incluant à terme l’ensemble des forces représentatives du peuple français, notamment du monde du travail.

 

Dans l’immédiat, le mouvement de la gauche républicaine et citoyenne doit se régénérer en dialoguant avec les citoyens :

- Partir de l’analyse de la politique libérale et européenne de Macron, montrer en quoi elle ne peut résoudre les problèmes posés aux pays européens car elle est contraire au bon sens politique d’une vraie construction européenne.

- Ouvrir la perspective de maîtrise du destin du pays et introduire l’espoir pour les jeunes de peser par la politique sur l’avenir de la France et de l’Europe.

- Proposer un guide citoyen développant l’argumentation du mouvement.

- Organiser des rencontres locales citoyennes.

- Ces actions permettront de préparer les élections européennes de 2019.

 

C’est autour de la critique du projet libéral et européen de Macron que l’action militante des Républicains de gauche doit être conduite en priorité, en mettant en avant un projet de redressement économique et social du pays, avec un contenu républicain et citoyen reposant sur la laïcité.

 

Après les élections européennes de 2019, le moment sera venu de préparer le projet qui sera présenté aux Français lors des élections nationales de 2022. On y verra plus clair sur les possibilités de rapprochement avec d’autres composantes de la gauche. L’objectif sera de rendre souhaitable et possible une coalition de l’ensemble des formations de gauche.

 

Rappel (article du 21 avril 2017, avant le premier tour de l’élection présidentielle) :

La gauche aborde, dispersée, le premier tour de la présidentielle 2017

 

Cet article est le 3019ème sur le blog MRC 53 - le 160ème catégorie Gauche France

 

Michel Sorin, lors de la campagne des élections régionales en 2015

Michel Sorin, lors de la campagne des élections régionales en 2015

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21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 22:52

 

Hamon rassemble des partis pour gouverner, Mélenchon s’adresse au peuple

 

A deux jours du premier tour, le 23 avril, de l’élection présidentielle 2017, quand on regarde la gauche, le premier constat est celui de la dispersion de son électorat. C’est le signe de sa dislocation, avant une recomposition probable, le cycle de l’après-mai 1968 et d’Epinay étant achevé. La décomposition de la gauche a été accélérée par les options néolibérales défendues par Valls et Macron sous le quinquennat Hollande.

 

Hamon et le PS ont passé des accords avec plusieurs partis (EELV, PRG, UDE) dans la perspective des élections législatives des 11 et 18 juin 2017. S’y ajoute le Mouvement Républicain et Citoyen qui appelle à voter B Hamon sur la base d'un accord avec le PS.

 

Ce rassemblement ne peut masquer l’incertitude stratégique du PS. Entre la ligne Hamon (les « frondeurs ») et la ligne gouvernementale Hollande-Valls, on devine le partage des ralliements, les uns vers Mélenchon (ligne républicaine populaire de gauche) et les autres vers Macron (ligne démocrate libérale centriste). Ceux-ci attendent la qualification de Macron au second tour, ce qui est annoncé par les sondages avec une forte probabilité.

 

Il est clair que le remarquable parcours de Mélenchon lors de cette campagne présidentielle, qui peut déboucher sur sa qualification au second tour (faible probabilité, toutefois), a contribué aussi à affaiblir la candidature Hamon. Il renforce la ligne républicaine de gauche dans la recomposition qui commencera dès que les résultats seront connus, le 23 avril au soir.

 

La décomposition concerne l’ensemble du système politique. Voir, à ce sujet, ce qu’en disait, hier, Gérard Courtois (Le Monde) : "L’indécision actuelle de bon nombre d’électeurs résulte d’une situation de décomposition accélérée du paysage politique. Bien des ressorts habituels d’une présidentielle se sont détraqués. Elimination de bon nombre de favoris (Juppé, Sarkozy, Valls), renoncement du président sortant à se représenter, candidate du Front national en position de favorite, affaires judiciaires mettant en cause deux des principaux candidats, fractures de la gauche après un quinquennat raté : il n’est pas très surprenant que bien des Français soient désorientés et tourneboulés". A propos de ceux qui hésitent entre Macron et Mélenchon,"il est pour le moins paradoxal, par exemple, d’hésiter entre Mélenchon et Macron tant leur programme et leurs orientations sont opposées".

 

Voir aussi, et surtout, le livre de B. Amable et S. Palombarini, L’Illusion du Bloc Bourgeois. Sur son nouveau blog, LEMOUVEMENTREEL.COM, Romaric Godin en parle savamment : Comprendre la crise politique française.

Ce livre aide à comprendre l'évolution de la vie politique française. La présidentielle contribue à faire évoluer les clivages autour de personnalités politiques mais l'essentiel va venir avec les élections législatives qui vont suivre immédiatement. Le clivage gauche-droite ne va pas disparaître. Il va se refonder en tenant compte du clivage UE-nation. Hamon et le PS vont-ils choisir la gauche ou l'UE ?

 

Voir aussi, pour comprendre la situation politique actuelle, le texte de Serge Halimi dans Le Monde Diplomatique (avril 2017) : Et cette fois encore, le piège du vote utile ?

Extrait. L’Union européenne était devenue indifférente aux choix démocratiques de ses peuples, assurée que les orientations fondamentales des États membres étaient verrouillées par des traités. Depuis le vote du « Brexit » et la victoire de M. Trump, la politique prend sa revanche. Une Union désormais fébrile observe chaque scrutin national comme si elle y jouait sa peau. Même la victoire d’un des candidats français qu’elle a adoubés ne la rassurerait pas longtemps.

 

La position de Jean-Pierre Chevènement s’inscrit dans le cadre de cette décomposition politique.

Chevènement hésite entre Mélenchon (vote "idéologique") et Macron (vote "politique"). Il décidera au dernier moment le 23 avril. En fait, il voudrait que son vote pèse pour ce qui se passera dans les cinq ans. Voir (Le Figaro, 19 avril 2017) : Présidentielle : les hésitations de Jean-Pierre Chevènement.

A noter que cet article met en évidence sa divergence avec le choix stratégique MRC du congrès 2015, qui était de participer à la recomposition de la gauche.

 

Chevènement a beaucoup évolué à l’égard des positions de Mélenchon. Voir (22 avril 2010) : Chevènement et Mélenchon : deux républicains, vus par Michel Sorin

De nombreux adhérents du Mouvement Républicain et Citoyen ont annoncé leur vote Mélenchon le 23 avril. Voir, par exemple, le texte de Françoise Dal (Nord), publié sur le blog de Jean-Pierre Lettron le 20 avril 2017 : Lettre ouverte aux citoyens qui voteront Dimanche à l’élection présidentielle

 

A noter que des économistes, dont David Cayla, répondent aux critiques de Guillaume Duval (Alternatives économiques) sur le programme économique du candidat de la France insoumise. Voir Oui, Jean-Luc Mélenchon est une alternative crédible.

 

Cet article est le 2987ème sur le blog MRC 53 - le 159ème catégorie Gauche France

Jean-Luc Mélenchon, le 23 octobre 2008 à Laval (Mayenne). C'était deux semaines avant sa démission du PS

Jean-Luc Mélenchon, le 23 octobre 2008 à Laval (Mayenne). C'était deux semaines avant sa démission du PS

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5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 22:07

 

Le candidat propose 15 idées neuves pour redresser la France

 

En présentant son projet le 24 septembre à Malakoff, Bastien Faudot est entré dans la seconde phase de sa campagne - commencée le 7 février 2016 - en vue de l'élection présidentielle, dont le premier tour aura lieu le 23 avril 2017. Il est le candidat du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC).

Voir le texte (DISCOURS DE MALAKOFF) et la vidéo du discours de Malakoff

 

Le projet que j’entends présenter aux Français repose sur cinq piliers, cinq orientations majeures pour aborder les temps qui viennent. Ces piliers incarnent la gauche républicaine que nous représentons : notre ambition, notre belle ambition, c’est la reconquête de la souveraineté populaire et nationale pour réussir la transformation sociale !

Le premier pilier, c'est la démocratie. Le deuxième, c'est l'Europe. Le troisième pilier, c'est le travail. Le quatrième pilier, c'est l'Etat. Le cinquième pilier, c'est l'école.

Voici le texte en cours de diffusion par l'équipe de Bastien Faudot, qui met en avant 15 idées neuves pour redresser la France.

 

1 NOUVEAU VISAGE ET 15 IDÉES NEUVES POUR REDRESSER LA FRANCE

 

La France est un grand pays qui a le malheur de posséder l’une des pires classes politiques au monde. Voilà trente années que les mêmes têtes se perdent dans des jeux d’appareils et un spectacle médiatique totalement coupé des réalités quotidiennes. Ils ont toujours trahi tous leurs engagements. Ils défendent leurs intérêts plutôt que les nôtres. Et le pire, c’est qu’ils n’ont pas la moindre idée neuve pour sortir le pays de l’impasse dont ils sont responsables !

 

Depuis ma déclaration de candidature à la présidence de la République, j’ai passé six mois à sillonner la France, six mois à rencontrer la France d’en haut et la France d’en bas, des Français de droite, des Français de gauche, des Français des villes, des Français des champs.

 

Je suis candidat à l’élection présidentielle pour faire du neuf. Je propose un projet pour reconquérir notre souveraineté, construire une France patriote et retrouver le plein emploi. Je propose des idées neuves pour redresser la France.

 

UN RENOUVEAU DÉMOCRATIQUE

1- JOURNÉE RÉFÉRENDAIRE ANNUELLE

Voie référendaire obligatoire pour les traités européens, la révision de la Constitution et les grands traités commerciaux. Chaque année, plusieurs questions posées aux Français par les représentants élus et par les citoyens.

2- SEPTENNAT

Pour redonner de la hauteur et du temps long au président de la République, revaloriser le rôle du Gouvernement et libérer le Parlement. Sans changer de république, faire le choix de la souveraineté populaire et de la responsabilité. Décider ensemble, anticiper, choisir : la politique doit cesser d’être un théâtre.

3- ENA ET OLIGARCHIE

Supprimer l’École Nationale d’Administration pour diversifier la haute fonction publique et limiter l’emprise des technocrates. Interdire le pantouflage dans le privé et encadrer le rôle de tous les lobbys qui court-circuitent les citoyens.

 

UNE COOPÉRATIVE DES NATIONS EN EUROPE

4- EURO

L’euro a échoué et n’est pas réparable. Sans drame, négocier la fin de l’euro dont plus personne ne veut en Europe. Déménager la Banque Centrale de Francfort à Paris pour renationaliser la politique monétaire. Choisir la coopération monétaire plutôt que la fusion forcée.

5- FRONTIÈRES

La crise migratoire a fait exploser Schengen. La libre-circulation doit être limitée aux résidents de l’Union. La frontière extérieure doit être renforcée et la circulation intérieure contrôlée par chaque État membre afin de réussir l’intégration.

6- SOUVERAINETÉ ET DÉMOCRATIE

Il faut en finir avec le projet fédéral qui étrangle les démocraties en Europe. Pour révolutionner l’Union européenne , il faut supprimer la Commission de Bruxelles. Choisir une Nouvelle Europe des projets, des solidarités choisies et du concret contre la super administration européenne, la contrainte libérale et le pouvoir des eurocrates.

 

TOUS AU TRAVAIL !

7- PRODUISONS CHEZ NOUS

Collectivement, travaillons plus en favorisant l’économie de production contre les rentiers. Individuellement, travaillons tous en réduisant le temps de travail à l’échelle de la vie (durée hebdomadaire, départ à la retraite, formation et éducation).

8- PROTECTION

Le système est globalement défavorable au travail. Sortons de l’impasse en abrogeant la Loi El Khomri. La richesse collective doit être mobilisée de manière plus intelligente (succession des grandes fortunes, fiscalité sur les entreprises, impôt universel sur les revenus).

9- DÉCOUPER LES BANQUES

La grande crise de 2008 n’a rien changé. Découpons les banques pour réduire la spéculation et augmenter le financement de l’économie réelle. Taxons l’ensemble des transactions financières et luttons contre l’évasion fiscale des multinationales.

 

L’AUTORITÉ DE L’ÉTAT

10- SERVICE NATIONAL

Donnons du sens à la citoyenneté en créant un nouveau service national mixte et obligatoire pour permettre à tous les Français et les Françaises de consacrer une année au service de la Nation pour des tâches civiles, sécuritaires et militaires.

11- SÉCURITÉ - JUSTICE

Recruter 25 000 policiers et gendarmes sur un mandat. Donnons des moyens à la Justice pour lui permettre de juger dans un délai d’un an et rendre les peines de prison effectives.

12- LAÏCITÉ

Trop de défense des intérêts particuliers, de priorité donnée aux différences, d’affirmations identitaires et de revendications religieuses ! La loi de la République est supérieure aux dogmes religieux et s’applique à tous, c’est elle qui permet de créer du commun. La religion doit rester une affaire privée.

 

L’ÉCOLE, PILIER DE LA RÉUSSITE

13- PROFESSEURS

La République attend tout d’eux sans les rémunérer correctement. En 5 ans, le salaire des enseignants sera augmenté de 25 %. Limiter la bureaucratie et bâillonner les idéologues de la pédagogie pour revaloriser l’apprentissage des savoirs.

14- UNIFORME

L’École n’est pas la rue : elle doit être protégée de la société de consommation et du séparatisme social. L’uniforme doit redonner du sens à une École du travail et de l’exigence qui apprenne à être libre.

15- LIRE, ÉCRIRE, COMPTER

En voulant faire beaucoup, l’École s’est perdue. Il faut la recentrer sur ses missions en se donnant d’abord les moyens pour lire, écrire et compter. À tous les niveaux, ouvrir sur les savoirs, la culture et les arts dans le cadre de disciplines structurées.

 

Cet article est le 2935ème sur le blog MRC 53 - le 158ème catégorie Gauche France

Bastien FAUDOT, le 24 septembre 2016, à Malakoff, lors de la présentation de son projet pour la France

Bastien FAUDOT, le 24 septembre 2016, à Malakoff, lors de la présentation de son projet pour la France

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