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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 20:10

   

Préparer un rassemblement républicain pour 2012     G-rard-Beillard-et-Michel-Sorin-balcon-29-04-09-010.jpg

 

La gauche ne peut éluder la contradiction qui l’empêche d’être elle-même : se mirer dans Strauss-Kahn et prétendre représenter le peuple de France.  

Le PS est au centre de la contradiction, le directeur général du Fonds Monétaire International exprimant ce que pensent ses principaux dirigeants (Martine Aubry a affirmé sur France Inter qu’elle est sur la même longueur d’onde que Strauss-Kahn).  

Il doit choisir entre deux solidarités, avec les marchés financiers ou avec le peuple, car elles ne sont pas compatibles. Refuser la toute-puissance de l’argent est un choix politique très difficile (voir La Lettre du lundi, 23 mai : Fourches caudines ou tango argentin ?).  

La gauche doit, à la fois, gagner en 2012 et remettre la France et l’Europe sur la voie du redressement politique, économique, social et culturel. Elle doit le faire en harmonie avec son histoire et en prise directe avec son temps. Il lui faut être fidèle à ses valeurs dans un monde défiguré par trente années de capitalisme financier mondialisé et globalisé, imprégné des principes du « consensus de Washington ».  

 

Au sein du Mouvement Républicain et Citoyen, en préparant notre congrès des 26 et 27 juin, notre réflexion est concentrée sur ce double objectif : gagner en 2012 et redresser la France.  

Pour ma part, je suis le premier signataire d’une contribution au débat (voir MRC : une contribution au débat interne, proposée par Michel Sorin - 17 avril 2010) qui insiste sur la nécessité pour la gauche de rapprocher Europe et République.  

(…) Le moment est venu de donner l’impulsion décisive pour que la longue marche des socialistes républicains - initiée au sein de la SFIO à la fin des années 1960, autour de Jean-Pierre Chevènement, puis dans le cadre du PS de 1971 à 1992 - trouve son accomplissement dans les combats politiques des prochaines années.  

Après le désaccord de fond lié à l’ouverture de la « parenthèse libérale » en 1983, l’Europe de Maastricht, approuvée par le PS, a été la cause directe de la rupture avec les socialistes, suite à l’échec du NON à la ratification du traité de Maastricht en 1992.  

C’est bien la question européenne - son rapport avec la Nation et avec le peuple, et donc les contradictions fondamentales de la construction européenne avec la démocratie et la République, amplifiées par l’endoctrinement néolibéral et libre-échangiste - qui est principalement à l’origine de l’impossibilité de maintenir la cohabitation entre républicains et socialistes.  

Vingt ans plus tard, en 2012, se présente une échéance électorale qui sera décisive pour l’avenir de la France et de l’Europe, aux prises avec la crise du capitalisme financier. Impossible d’en sortir sans remettre en cause les règles de ce système économique et financier qui se veut globalisant dans le monde, c’est-à-dire s’imposant à tous, avec la bienveillance complice des Etats.  

La seule façon de s’opposer efficacement à cette emprise de la finance sur l’économie est de reconquérir le pouvoir politique. C’est cela l’enjeu de 2012. Comment la gauche parviendra-t-elle à être à la hauteur de cet enjeu national et européen ? C’est bien la question.  

Nous, républicains de gauche, qui avons vécu les aléas de la longue marche républicaine, avions raison de ne pas accepter la soumission des socialistes aux règles néolibérales, pas plus que l’effacement de la démocratie dans la construction européenne.  

Nous avions raison d’opposer notre NON républicain au traité constitutionnel européen en 2005, puis au traité de Lisbonne - qui en est, pour l’essentiel, la copie conforme - en 2008 (…).  

 

Cette problématique de la refondation de la gauche sur la base d’un projet cohérent rapprochant Europe et République a été développée par Albert Richez (voir L’Europe en crises - crises économique, politique, démocratique, institutionnelle - 18 mai 2009, ATTAC).  

 

Elections des euros députés de 2004 : 210 millions d’abstentionnistes (57%) sur 360 millions d’inscrits ! Et l’on nous annonce une abstention record, supérieure à 60 %, le 7 juin. Que signifie cette « crise abstentionniste » ? Que signifie que 3 des pays de l’Union Européenne ont confirmé leur défiance par référendum en 2005 et en 2008 ? Tout d’abord et globalement, qu’elle peine à rassembler les habitants des Etats-Nations qui la composent autour de ses valeurs et de ses pratiques !

 

Dès 1957, les européens n’ont pas été considérés comme acteurs premiers de la construction des Communautés Européennes et la mise en oeuvre de ces Communautés a été confiée à des « experts » au fil des problèmes à résoudre. Même si les Communautés ont inventé des politiques (Politique Agricole Commune : PAC) et des pratiques apparemment solidaires (fonds structurels aux régions plus défavorisées), dès le traité de Rome, le dogme de la « concurrence libre et non faussée », critiqué à l’époque par Pierre Mendès-France, est le 1° principe constitutif de l’Europe en construction.

 

En 1986, l’Acte Unique et, depuis, tous les actes européens, traités, projet de Constitution, élargissements et sommets n’ont fait que confirmer le sens de l’orientation originelle de l’Union Européenne. Et les européens n’ont été que peu consultés sur ce sens donné à l’Europe ; et, lorsqu’ils ont exprimé le refus de sa réalité et de son évolution, en 2005 et 2008, la portée de leur vote a été « confisquée » ! Face à cette situation, que pouvons-nous, comme citoyens, pour parvenir à une autre entité politique, qui deviendrait l’Europe citoyenne ?  

 

Ce professeur de philosophie avait publié le 6 février 2008, sur le site d’ATTAC, un excellent article sous le titre Socialisme et République, dont voici des extraits :  

 

Sommes-nous encore en République ? Depuis trop d’années, nous assistons à la destruction de ses valeurs : petits salaires non revalorisés bien que parfois sous le seuil de pauvreté, chômeurs suspectés de paresse mais tributaires de décisions d’embauches qu’ils ne maîtrisent pas, grands patrons qui reçoivent des prébendes financières sans rapport avec le bien-fondé d’un revenu et leurs responsabilités réelles, cadeaux fiscaux pour les plus riches, licenciements constants pour les opérateurs les plus modestes pour seuls motifs financiers, protection sociale menacée au profit d’un système d’assurance qui valorise le risque plutôt que la solidarité…

 

Ces faits nous ramènent, sous couvert de prétendues « réformes », à l’époque antérieure à la conquête d’un statut citoyen des travailleurs. L’égalité s’efface, entraînant la liberté dans sa chute. Aujourd’hui, ceux, qui portent les valeurs du Socialisme, peuvent-ils, s’inspirant de Jaurès, réinventer la République ? (…)

 

Bien entendu, aucune nation ne peut s’établir seule. Pas de République française sans reconnaissance politique des autres Nations et de leurs peuples. Mais pas de République sans recherche permanente de la cohésion sociale interne à la Nation, sans rapprochement du politique et du syndical ; les « règles économiques », en particulier le libre échange ne peuvent mettre en cause ces principes ! Et c’est leur refus, l’absence de stratégie de développement, la volonté d’asservir les peuples au nouvel ordre économique, qui mettent en péril la paix et développe des attitudes terroristes.

 

C’est pourquoi l’internationalisme doit se récréer sur des bases qui étaient les siennes avant la guerre de 14, qui fondaient encore la pensée après la deuxième guerre mondiale [7], loin des dérapages mondialistes de prétendues régulations économique et commerciale qui, aujourd’hui, ne servent qu’à justifier l’ordre dominant. L’internationalisme du mouvement des travailleurs peut et doit conduire à un monde où les peuples, respectés dans leurs identités nationales, vivent en paix, dans l’égalité de rapports harmonieux parce qu’égaux.

 

« Le politique » doit retrouver sa place première, qui est la loi des peuples ; et « l’économique », procédé technique, doit s’inscrire au service de la République des citoyens du Monde ! Tel était le message de Jaurès qui donna sa vie pour la paix et le progrès social (Albert Richez).  

 

Je crois nécessaire que se rassemblent celles et ceux qui partagent cette problématique de la refondation de la gauche sur la base d’un projet cohérent rapprochant Europe et République. Nous y réfléchissons dans le cadre du MRC, en souhaitant être rejoints par d’autres, dans la perspective des échéances électorales nationales de 2012.  

 

Cet article est le 121ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche refondation 

 

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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 21:02

 

Plus proches et complémentaires qu’ils ne le pensent ?

 

Certains militants, républicains de gauche, ne comprennent pas ce qui sépare Jean-Pierre Chevènement de Jean-Luc Mélenchon. Ils souhaiteraient les voir s’associer dans la perspective de refonder la gauche. Pascal Basse est de ceux-là, j’ai pu le constater dans un échange que nous avons eu sur Facebook ce 22 avril.

Cela m’a rappelé que j’avais rédigé un texte à la demande de Christine Tasin, publié par Riposte Laïque le 15 mars (voir Chevènement et Mélenchon : les chemins différents de deux républicains).

 

Voici ce texte, daté du 12 mars 2010, dans lequel j’ai essayé de montrer, avec ma subjectivité, mais le plus honnêtement possible, ce qu’ont été les parcours des deux anciens ministres, actuellement présidents du Mouvement Républicain et Citoyen et du Parti de Gauche, tous les deux potentiellement candidats* à l’élection présidentielle en 2012.

 

Chevènement et Mélenchon

Les chemins différents de deux républicains, vus par Michel Sorin

 

L’évolution de Jean-Luc Mélenchon ne me surprend pas. Il ne faut, ni la diaboliser, ni l’occulter. Je le connais depuis les années 1980, au PS. C’était un brillant orateur et un bon organisateur de courant interne. Il venait du syndicalisme étudiant et du trotskisme lambertiste (Organisation communiste internationaliste) et se tenait au sein du mitterrandisme, mais en périphérie de celui-ci. Il est resté proche de Jospin et de Fabius.

 

Pour ma part, j’étais engagé depuis 1973 avec Chevènement au CERES (Centre d'études, de recherches et d'éducation socialiste), qui s’est transformé en « Socialisme et République » au moment où Mélenchon et Dray ont créé le courant « La Gauche socialiste ».

Il n’y avait pas d’atomes crochus entre les deux courants de gauche du PS, tous les deux opposés à la « 2ème gauche rocardienne », réticente vis-à-vis de l’Etat (tendance libérale).

 

La « Gauche socialiste » de Mélenchon était un courant de gauche classique, poussant les feux sur le plan social, sur le mode contestataire, dans un parti de type social-démocrate.

Autour de Chevènement, la préoccupation était plus liée au pouvoir d’Etat et à la transformation de la société par la loi et la gestion publique. Chevènement est un homme d’Etat recherchant l’efficacité et la cohérence dans l’exercice des responsabilités publiques (maire, parlementaire, ministre).

Mélenchon est d’abord un tribun cherchant à mobiliser les masses pour faire progresser la gauche. C’est pourquoi il est si proche de Chavez, président du Venezuela, et si éloigné des références gaulliennes, mendésistes et républicaines de Chevènement.

 

C’est sur l’Europe que les positions divergent le plus.

Le NON de Mélenchon, le 29 mai 2005, à la ratification du Traité constitutionnel européen, était d’abord antilibéral et en faveur d’un processus constituant européen, faisant de l’Union européenne une entité politique se substituant aux nations.

Le NON de Chevènement était d’abord républicain, se référant à la souveraineté populaire, avec en point de mire la réorientation de la construction européenne, fondée sur la coopération entre les nations.

 

A partir du référendum européen, leurs stratégies divergent nettement.

- Mélenchon veut rassembler la gauche de la gauche, afin de créer un rapport de forces électoral vis-à-vis du PS se traduisant, dès que possible, par une prise de contrôle (stratégie de Die Linke en Allemagne vis-à-vis du SPD).

MRC national 002- Chevènement veut amener le PS à une refondation de l’ensemble de la gauche de gouvernement sur des bases républicaines, en influant sur le projet politique à présenter en 2012 (stratégie de type congrès d’Epinay du PS en 1971).

 

 

Jean-Pierre Chevènement, lors de la réunion du secrétariat national MRC le 24 mars 2010

 

 

 

La stratégie de rassemblement de la gauche de la gauche correspond bien à la personnalité et aux objectifs, notamment européens, de Mélenchon. Cela le conduit à s’éloigner de la République et à se rapprocher de l’écologie, afin de convaincre les militants du NPA et des Verts de s’entendre pour devenir plus forts ensemble que le PS. Les dérapages sur la question de l’islamisme et de la laïcité s’expliquent par la nécessité de coller à l’électorat d’extrême gauche, plutôt communautariste.

 

La stratégie de refondation républicaine de la gauche conduit Chevènement à se rapprocher du PS pour amener sa direction sur les orientations européennes du MRC (remise en cause des institutions de Bruxelles et de la politique de concurrence, gouvernement économique de la zone euro, Europe à géométrie variable pour des politiques de coopération renforcée, politique commerciale protégeant notre modèle social).

 

Si je dois résumer ce qui peut expliquer l’incapacité de ces deux hommes à s’accorder (on a pu le constater en 2009 lors de la recherche d’un accord entre le Front de gauche et le MRC pour les élections européennes – le président du Parti de Gauche n’acceptait que le SMS comme moyen de liaison avec le président du MRC), c’est la conception du rôle de la Nation républicaine, clé de voûte de la démocratie aux yeux de Chevènement, y compris dans la politique européenne, pour laquelle des compromis d’organisation sont possibles, à condition de respecter la volonté des peuples (le Parlement européen ne peut jouer qu’un rôle mineur et il est largement sous l’influence des forces libérales).

 

Pour Mélenchon, le prolétariat ne peut se libérer au niveau national. Sa vue des rapports sociaux est mondialiste, les nations européennes ayant des Etats qui favorisent les tendances politiques conservatrices, de son point de vue. L’Europe est considérée comme le bon niveau pour renverser le rapport des forces en faveur du travail, par la conquête de la majorité du Parlement européen.

 

Les deux cherchent à promouvoir une République laïque et sociale mais, derrière les mots, il y a deux personnalités politiques que tout sépare.

 

Témoignage.

- J’ai le souvenir, après l’élection présidentielle de 2002, sur les ondes de France Inter, de déclarations fort maladroites de Mélenchon, appelant au dépassement de la conception républicaine de Chevènement, et ne craignant pas d’affirmer que celui-ci avait fait son temps. JL-M-lenchon-Laval-23-10-08.jpg

 

- Quand je l’ai rencontré, il y a deux ans à Laval, où il était venu soutenir le porteur de la pancarte « casse-toi, pôvre con », poursuivi en justice pour offense au chef de l’Etat, ses premiers mots étaient pour souligner son désaccord avec Chevènement.

 

  Jean-Luc Mélenchon, à Laval, le 23 octobre 2008

 

 

Il ne peut donc y avoir le moindre espoir de voir ces deux personnalités consentir à rapprocher leur point de vue. Du moins, en temps de paix…

 

* Voir Chevènement propose au MRC une stratégie présidentielle pour 2012 - 27 mars 2010 

Pour la gauche, la vraie question est celle de la reconquête du peuple - 9 avril 2010. 

 

Cet article est le 120ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche refondation

 

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9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 21:03

 

Tenir compte des erreurs passées pour gagner en 2012

 

La gauche doit gagner les élections nationales en 2012 et réussir ce qu’elle n’avait pu faire en 1981, donner une base sociale à sa politique après 2012 afin de convaincre les électeurs qu’elle est la meilleure pour défendre les intérêts du peuple français.

Dans les deux ans qui viennent, la tache historique de la gauche en France est celle-ci : proposer une stratégie gagnante pour gagner les élections et gouverner dans l’intérêt du peuple.  

La question préalable est la suivante : la gauche est-elle consciente de ses faiblesses et est-elle disposée à y remédier ?  

 

Gaël Brustier, qui était en 2004 un jeune secrétaire national MRC, et a publié en 2009 (Bourin Editeur) avec Jean-Philippe Huelin un livre au titre évocateur - voir Recherche peuple désespérément (Marianne2, 13 octobre 2009) et Recherche (le) peuple désespérément (ReSPUBLICA, entretien avec Bernard Teper, 31 octobre 2009) - rappelle qu’aux élections régionales, la gauche n’a pas reconquis les classes populaires (l’Humanité, 19 mars, extrait) :

Après ces élections régionales, le grand impensé de la gauche française demeure la nouvelle géographie sociale du pays. Les chiffres parlent et les faits sont têtus. La gauche n’a pas reconquis les classes populaires. 53,65 % des Français se sont détournés des urnes dimanche dernier. 20,2 millions de Français seulement se sont donc déplacés et, parmi eux, 750000 ont voté blanc ou nul. Seulement 44,63 % des Français ont donc émis un choix positif pour un parti ou un autre. Rappelons seulement qu’il y avait 36,7 millions d’électeurs au premier tour de la présidentielle de 2007… Pour la République, la volatilisation de 16,5 millions d’électeurs est un fait grave. Pour la gauche, la situation est extrêmement préoccupante. De victoires en trompe-l’œil en myopie historique, c’est la capacité des forces de gauche à peser durablement qui est posée. Au-delà des légitimes stratégies adoptées par chacune des familles de la gauche française, au-delà de la non moins légitime satisfaction du bon résultat relatif des uns et des autres, il importe de poser quelques questions fondamentales.

La gauche n’a donc pas reconquis les classes populaires. Si l’on tient compte de l’abstention, les forces de gauche ne progressent nullement, en particulier dans la France périphérique et majoritaire. La droite, en revanche, payant les conséquences d’une campagne confinant à l’incompréhensible, a été délaissée par ces mêmes classes populaires qui s’étaient tournées vers Nicolas Sarkozy en 2007. Les marges de l’aire urbaine parisienne sont ainsi marquées par un net reflux de la participation civique, bien supérieur au recul enregistré dans les villes centres. Une fois de plus, la France périphérique, majoritaire, celle des classes populaires, des ouvriers et des employés, s’est massivement détournée du vote (…).

Le quotidien Les Echos (7 avril) semble effrayé par le volontarisme industriel du PS. Mais les divergences internes sont immenses, notamment sur la remise en cause du libre-échange.

 

Le Parti socialiste a mis en ligne hier 13 contributions devant servir de « matrice » à son projet pour la prochaine présidentielle. Ses dirigeants devaient en débattre lors d'un bureau national dans la soirée. Les socialistes défendent une politique industrielle très volontariste.

(…) Les socialistes préconisent de «  replacer l'industrie au coeur des préoccupations de la puissance publique  ». Pour ce faire, la France doit se doter d'un «  pôle public d'investissement industriel  » (coordonnant l'ensemble des structures financières publiques), mettre les PME-PMI au centre de la politique industrielle, «  réorienter le financement privé et l'épargne vers le long terme » (grâce à la création d'un « livret d'épargne industrie » qui fusionnerait le livret de développement durable et le livret d'épargne populaire), et encourager l'innovation et la recherche (notamment en recentrant le crédit impôt recherche sur les PME).

(...) Le rapport s'achève par la suggestion d'instaurer des «  écluses sociales et environnementales pour rétablir les conditions d'un juste échange  » entre l'Europe, le seul continent «  libre-échangiste  » et les autres blocs, selon eux, tous protectionnistes. Sur ce point, le texte se garde bien de trancher : en effet, les options sont radicalement différentes entre les différents courants du PS.

Calendrier PS

20 avril : remise du texte de synthèse des travaux des 13 groupes de travail.
29 mai : convention nationale sur « le nouveau modèle de développement » et vote des militants.
3 juillet : convention nationale sur « la rénovation du parti ».
9 octobre : convention nationale sur la politique internationale.
11 décembre : convention nationale sur « l
'égalité réelle ».
Eté 2011 : primaires ouvertes pour désigner le candidat à la présidentielle.

 

Le quotidien Le Monde (9 avril) constate que Jean-Luc Mélenchon bouscule ses alliés du Front de gauche et pousse ses pions pour 2012

Pour lui, le Front de gauche doit franchir une deuxième étape. "On a fait nos preuves comme cartel d'organisations mais cela ne peut plus durer comme ça", explique le député européen. Il veut discuter d'un projet et d'un commandement commun pour la présidentielle, dit-il. Et tout ça dans un "paquet" qu'il propose à ses amis communistes, afin de présenter ensemble des candidats aux cantonales, aux législatives et un seul à la présidentielle. "Je ne veux plus un truc de petits pas", prévient-il (…).  

 

Dans le journal en ligne ReSPUBLICA (Bernard Teper, 8 avril), on lit le point de vue suivant (extrait) :

(…) Côté PCF, la crise n’en finit plus et entre dans une nouvelle phase :

- le PCF n’a réussi à conserver par la stratégie du Front de gauche qu’un gros tiers des élus des dernières élections régionales. La trentaine d’élus supplémentaires ont été dès le premier tour sur la liste du PS et est tiraillée entre le fait de rester au PCF ou de rejoindre d’une façon ou d’une autre la stratégie de Robert Hue (ancien secrétaire général du PCF) et de son MUP visant à rejoindre le PRG et le MRC, comme soutien dès le premier tour à la direction du PS.

- ses deux présidences départementales (03,94) sont en difficulté pour 2011.

- le courant rénovateur communautariste, antilaïque et antirépublicain (Braouzec, Martelli, Zarka, etc.) qui s’était organisé avec la stratégie du « un pied dedans, un pied dehors » du PCF vient définitivement de quitter le parti avec des grands élus maires et députés pour rejoindre la Fédération pour une alternative, sociale et écologique (FASE) dans laquelle ils étaient déjà présents.

- les communistes orthodoxes qui se renforcent, eu égard au départ des précédents, emmenés par le député André Gérin pilonnent semaine après semaine la stratégie du Front de gauche en imputant à la direction actuelle du PCF et à son instigatrice Marie-George Buffet de vouloir « vendre la maison » à Jean-Luc Mélenchon et au Parti de gauche.

Le PG estime que le Front de gauche est enfin bien installé et que la possibilité que ce soit Jean-Luc Mélenchon qui soit le candidat de toute « l’Autre gauche » suffit pour nourrir un espoir pour la colonne vertébrale de l’organisation (…).

Jean-Luc Mélenchon a marqué deux points importants :

- lorsqu’il a décidé d’aller soutenir au deuxième tour la liste de l’Autre gauche dans le Limousin, vu que la liste PS-EE a été sanctionnée de ne pas avoir voulu l’union

- lorsqu’il impose la non-participation aux exécutifs régionaux qui s’apprêtent à refaire la même politique qu’hier défavorable aux couches populaires (ouvriers, employés).

Par ailleurs, Jean-Luc Mélenchon continue à vouloir renforcer son organisation en incorporant de nouveaux groupes de gauche et d’extrême gauche au sein du PG par une sorte de « dictature de la tactique » sans se poser la question « des déficits politico-stratégiques de la gauche du non ». On a vu par exemple, le changement symbolique du logo du PG réalisé pour incorporer le petit groupe Billard : incorporation du vert, instauration d’un triptyque posant l’écologie avant la république. Cette « tactique » ne lui a pas permis, par exemple, de récupérer électoralement les couches populaires perdues par le NPA qui se sont tournées vers l’abstention (…).

A noter que Bernard Teper, dans ce texte, classe le MRC, avec le PRG et le MUP de Robert Hue, parmi les soutiens inconditionnels du PS au premier tour de l’élection présidentielle. La décision du Conseil national MRC du 28 mars ne va pas en ce sens puisque, dans l’état actuel des positions du PS, le principe d’un candidat MRC au premier tour de l’élection présidentielle a été retenu (voir Chevènement (MRC), mécontent, écrit à Aubry (PS) : priorité au projet - 30 mars 2010).

Concernant l’évolution de Jean-Luc Mélenchon, j’ai rédigé un point de vue Chevènement et Mélenchon : les chemins différents de deux républicains (Riposte Laïque, 15 mars) qui a été également publié sur le site de L’esprit républicain (voir Chevènement et Mélenchon).

 

En fait, rien n’est joué pour la gauche en 2012. Le PS en est au stade des contributions sur la route qui mène au projet. Cette fois-ci, il ne peut plus biaiser, il lui faut décider, quitte à se diviser entre libéraux et républicains. C’est alors que le programme de salut public du MRC sera utile (voir Chevènement propose au MRC une stratégie présidentielle pour 2012 - 27 mars 2010).

 

 Cet article est le 119ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche refondation  

 

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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 23:38

 

Primaires* ou pas, le duel Aubry-Royal se prépare

 

Sans attendre le scrutin régional des 14 et 21 mars, l’effervescence de la préparation de l’élection présidentielle est perceptible au PS.

 

Mercredi matin, sur France Inter, répondant à une question qui ne lui était pas posée, « Laurent Fabius s’est clairement exprimé en faveur de l’émergence d’un candidat unique estampillé PS lors des primaires qui départageront les candidats de gauche pour désigner celui qui ira se frotter à Nicolas Sarkozy en 2012.  C’est donc un scénario du type accord entre les trois poids lourds socialistes qui semble tenir la corde rue de Solferino, de sorte que « vous n'aurez pas, dans les primaires, Dominique Strauss-Kahn, Martine Aubry et Laurent Fabius.» 


Faut-il voir là le retour du fameux TSS, le « Tout sauf Ségolène », comme lors du congrès Reims ? En tout cas, pour les formations alliées du PS qui sont invitées à participer au processus de désignation du candidat de la gauche, ça sent le traquenard à plein nez : ils devront non pas affronter une multitude de candidats socialistes mais peut-être donc un seul cacique derrière lequel sera rangé tout le parti et ses militants. Quel sera alors leur rôle face à ce rouleau compresseur solférinien ? Servir de faire-valoir au candidat estampillé PS ? Lui permettre de sortir grandi de cette bataille avant la guerre présidentielle ? PCF et PG, par exemple, n
'étaient déjà pas très enthousiastes à l'idée de participer à cette primaire, Laurent Fabius vient sans doute de leur assener un coup de grâce...

 

Lire cet article, signé Emmanuel Lévy, paru sur le site Marianne2 le 17 février, sous le titre Fabius confirme: il n'y aura qu'un seul candidat PS aux primaires.

 

Sur « le blog de soutien à la vision politique d'avenir de Ségolène Royal pour 2012 », Fraternité Royal, les réactions sont vives. Voir Faut-il quitter le parti socialiste? - 19 février 2010.

 

La dernière sortie médiatique de Fabius a achevé de convaincre que tout sera fait et mis en place pour faire barrage à cet espoir qui se léve. Un espoir qui s'est levé depuis 2006 pour montrer la possibilité d'un nouveau chemin pour le parti socialiste. Un chemin plus démocratique, plus socialiste, plus écologiste. Un espoir qui porte un nom: Royal. Fallait l'inventer à cet instant de l'histoire socialiste. Un espoir qui sera violemment combattu jusqu'au bout par ce parti solferinesque on le sait maintenant avec certitude.
On voudrait nous faire croire que les figures vivant dans le passé incarneraient l
'espoir de ce XXI ème siècle. On voudrait nous faire croire que ce même socialisme libéral ayant lamentablement échoué en 2002 sera à même de construire un projet plus humain pour le pays. Comment faire confiance à des politiques qui, une fois au pouvoir, ont déjà montré dans le passé combien ils faisaient une politique soumise aux puissants et donc incapable d'incarner un espoir de changement profond dans notre société (…).

 

Faut-il quitter le parti socialiste ?

C’est une question qui se pose avec de plus en plus d'acuité pour nombre de militants socialistes écœurés par la déliquescence de leur parti. Chaque jour ils constatent un peu plus combien ils sont méprisés par cette direction solferinesque et combien celle-ci ne changera pas. D'ailleurs depuis son intronisation à Reims rien n'a changé sinon en pire. Lors du dernier vote militant on nous a dépossédé du droit d'élire notre premier secrétaire au suffrage direct, ainsi que notre volonté […]

 

Des primaires* à l’avenir problématique… G-rard-Beillard-et-Michel-Sorin-balcon-29-04-09-010.jpg

 

Primaires : c’est le processus adopté par le PS pour aboutir à la désignation de son candidat (celui du PS et des partis de gauche associés à ce processus) à l’élection présidentielle en 2012.

Une première réunion a eu lieu en janvier, animée par Arnaud Montebourg, en présence des représentants des diverses sensibilités du PS, ainsi que du PRG et du MRC. A noter que la présence du MRC à cette réunion signifie qu’il s’inscrit dans la phase de préparation, sans préjuger de sa participation définitive.


En fait,
il est permis de douter de la crédibilité de l’organisation de ces primaires, au vu des positions antagonistes exprimées ci-dessus (Fabius, d’un côté, Royal de l’autre).

La décision de Martine Aubry de se désolidariser de la liste de Georges Frêche, pourtant votée par les adhérents du PS, aux élections régionales en Languedoc-Roussillon, puis l’exclusion, de fait, des socialistes restés sur cette liste, peuvent illustrer sa volonté d’affaiblir Ségolène Royal, cette région étant une des places fortes de celle-ci.

La déclaration de Laurent Fabius sur l’antenne de France Inter signifie que la direction actuelle du PS ne présentera qu’un candidat aux primaires et tout porte à croire qu’il s’agit de Martine Aubry.

C’est une façon de pousser Ségolène Royal à choisir entre le PS et ses primaires, et une candidature en dehors du PS.

La réaction très vive de la rédaction de Fraternité Royal pourrait laisser entendre que le choix vient d’être fait et sera rendu public après le 21 mars : ce sera le choix de la liberté. Comme en 1995, entre Chirac et Balladur, l’arbitrage entre Martine Aubry et Ségolène Royal sera fait par les Français, au premier tour de l’élection présidentielle. On prend les paris ?

Faut-il y voir un signe ?... Sur le site Désirs d'avenir, le 18 février, « l'Equipe de Ségolène Royal » a publié un article élogieux sur  le très intéressant colloque intitulé « Que sont devenues les couches populaires ? », organisé par la Fondation Res Publica, présidée par Jean-Pierre Chevènement, sénateur et ancien ministre. Voir Colloque : « Que sont devenues les couches populaires? ».

Et faut-il voir un mini signe dans la décision in extremis d’accorder une place éligible au MRC en Charente ? Voir Régionales : l'accord PS-MRC appliqué diversement selon les régions - 14 février 2010    

 


En tout cas Le Monde Magazine, daté du 20 février, a cru bon de réserver quatre pages à la candidate 2007 à l’élection présidentielle. Extraits de ce reportage réalisé par Jean-Michel Normand en Poitou-Charentes, sous le titre « Mais où est donc passée Ségolène ? »

 

(…) Ségolène Royal serait-elle devenue une cause désespérée ? Les apparences ne jouent certes pas en sa faveur mais l'ex-candidate conserve un réel impact dans l'opinion et – cela n'est plus à démontrer – une capacité de nuisance inégalée. Voilà pourquoi les dirigeants socialistes, même s'ils se gaussent, restent sur leurs gardes. Curieusement, pas un ne se hasarde à parler d'elle au passé. Tous conservent en mémoire l'énergie avec laquelle elle a remonté la pente – pour échouer d'extrême justesse, et dans des conditions restées troubles – dans sa tentative de conquérir le parti, fin 2008, face à Martine Aubry. Leur grande peur ? Que Ségolène se présente en 2012 quoi qu'il arrive (…).

" Le problème va bien au-delà du parti. En vérité, Ségolène Royal entretient un rapport parfaitement allergique avec toute organisation collective structurée, considère Pouria Amirshahi, proche de l'aile gauche du PS, patron de la fédération de Charente et membre de la direction nationale socialiste. Je suis toujours surpris par le fait qu'elle prend généralement ses décisions au dernier moment et respecte rarement son agenda. Il y a chez elle un curieux mélange de dame patronnesse dans ses manières d'être et d'anticonformisme, voire de tête brûlée, dans ses façons de faire. " (…)

" Au Parti socialiste, je peux compter sur beaucoup plus de gens qui me sont fidèles que vous ne le croyez. Jean-Louis Bianco, qui fut secrétaire général de l'Elysée sous François Mitterrand, ou de jeunes élus comme Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres, ou Guillaume Garot, le député-maire de Laval. Je ne suis pas sûre que Martine Aubry en ait autant ", objecte Ségolène Royal dans la voiture qui la ramène vers Poitiers.

Tout en contemplant la campagne charentaise à travers la vitre, elle éreinte d'une voix égale, presque neutre, ces hiérarques du PS auxquels elle dit " ne rien devoir, moins que rien ". "Des gens dont certains ne savent même plus pourquoi ils sont socialistes. " L'instant suivant, elle part dans un franc fou rire en assurant que, oui, ses adversaires ont raison de penser qu'elle est " capable de tout ". On se hasarde à poser la question qui, précisément, les taraude. Pourrait-elle concourir en 2012 contre le ou la candidate investi(e) par le PS ? " Je ne me laisserai pas marcher dessus, prévient-elle après un instant de réflexion. Si les primaires ne sont pas correctes, s'il y a de la triche, je reprendrai ma liberté. Il pourrait y avoir des recompositions… " D'ici là, comment compte-t-elle rebondir après les régionales ? Ségolène Royal sait botter en touche. " On verra bien. Les choses finiront par se cristalliser. " Et puis, elle lance, regardant de nouveau dans le lointain : " Il n'y a pas de politique sans événements fracassants. " Tremblez, ténors socialistes !

Pour bien comprendre l’histoire du PS, il est utile de lire l’article de Michel Noblecourt dans Le Monde daté du 24 janvier 2010 : La lente mort des courants du Parti socialiste

Cet article est le 118ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche refondation

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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 22:41

 

La Fête de l’Humanité, creuset d’une nouvelle gauche ?

 

La gauche revient en 2009, Année Jaures, parce qu’elle est tombée trop bas et doit impérativement se relever pour gagner en 2012 et reprendre en mains la République.

 

Jean Jaurès est une référence pour les partis de gauche : le PCF (Jaurès fut le fondateur de l’Humanité en 1904), le PS (Jaurès fut le rassembleur des socialistes en 1905), le PRG (Jaurès a écrit 1500 articles dans La Dépêche du Midi, le journal préféré du président Baylet), le MRC (Jaurès, à la croisée de la République et du socialisme, est la référence pour Jean-Pierre Chevènement).

 

En clôture de la Fête de l’humanité, ce 13 septembre 2009, Patrick Le Hyaric s’est référé à Jaurès :

(…) Rester fidèle à l’œuvre de Jean Jaurès, c’est aussi, et peut être surtout, œuvrer sans relâche au rassemblement du monde du travail et de la culture, au rassemblement des forces sociales et des forces politiques de gauche et écologiste. Ce n’est pas au moment où Sarkozy élargit sa majorité sur sa droite et sur sa gauche qu’il faut diviser son propre camp en lorgnant sur une partie de la droite, rebaptisée centre.

La pluralité de la gauche devient une richesse quand elle vise à mieux prendre en compte les aspirations populaires. Elle est un obstacle quand elle les lamine.

Notre pays a besoin de confrontations honnêtes sur les réponses les plus efficaces aux difficultés que rencontre sa population. Elle a besoin que ces confrontations bénéficient de l’apport des premiers intéressés, femmes, hommes, jeunes, organisations sociales qui veulent donner durablement un sens progressiste à la vie du plus grand nombre et au devenir de la société (…).

Son discours (voir sur le site de l’Humanité "Chers amis, quel bonheur…") commence ainsi :

Il faut maintenant trouver un chemin pour changer radicalement de société et de monde. Cela nous oblige. Cela oblige à rechercher du neuf, à proposer un projet tout à fait nouveau. Voilà le grand enjeu de l’heure. Voilà l’œuvre historique à laquelle nous devons nous atteler toutes et tous ensemble (…).

Au-delà des aspects tactiques, il semble bien que les lignes ont bougé entre le PS et le PCF, ce 13 septembre, si j’en juge par les échanges entre Marie-George Buffet et Martine Aubry.

 

Voir les articles parus ce jour sur les sites

-          du Nouvel Observateur Buffet propose un Front de gauche "élargi")

-          du Monde "Le rassemblement de la gauche", priorité de Martine Aubry

-          de Libération Alliances à gauche: la fête de l'Huma réveille le débat

 

Ce rapprochement du PCF avec le PS est dicté par la proximité des élections régionales et crédibilisé par l’évolution du PS (voir, sur ce blog Université d'été PS 2009 à La Rochelle : les bases de la refondation - 30 août 2009).

 

Il n’en reste pas moins évident que tout reste à faire dans l’élaboration d’un projet permettant le rassemblement et la mobilisation de la gauche (voir, sur ce blog Recomposition de la gauche : la voie Chevènement, la seule réaliste - 4 septembre 2009).


Cet article est le 117ème paru sur ce blog dans la catégorie

Gauche refondation







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4 septembre 2009 5 04 /09 /septembre /2009 11:06

Un pôle socialiste, un pôle écologiste, un pôle anticapitaliste

 

La rentrée politique française a été marquée par l’université d’été du PS à La Rochelle (en résumé : Martine Aubry, Jean-Pierre Chevènement, Cécile Duflot) et par la taxe carbone (Ségolène Royal, les Verts et Nicolas Sarkozy).

 

Voir, à ce sujet, L'intervention de Jean-Pierre Chevènement à l'université d'été du Parti socialiste à la Rochelle. Il s'exprimait sur le thème "Penser l'avenir" aux côtés notamment de Benoît Hamon, Cécile Duflot et Betrand Delanoë.

 

Le PS a besoin de primaires, ouvertes à d’autres partis de gauche, pour se décoincer. Il en sortira bouleversé. La question énergétique est incontournable. Avec la réorientation nécessaire de l’Europe, elle va structurer le futur paysage politique.

 

La Rochelle, le 29 août, a révélé deux projets politiques (le PS n’en a pas) : celui de Cécile Duflot, qui est un projet de société, et celui de Jean-Pierre Chevènement, qui est une vision du monde.

 

Le premier met en avant une société économe, écologique, méfiante à l’égard de la croissance et carrément opposée à l’utilisation de l’énergie nucléaire, qui est la base du choix énergétique français depuis de Gaulle.

 

Le second propose une vision du monde, conforme aux choix fondamentaux historiques de notre pays, tenant compte des évolutions géopolitique et capitaliste, afin de réorienter profondément le système.

 

Au stade actuel, si rien n’est fait pour rapprocher ces deux visions, elles pourraient bien être incompatibles. Nous irions, tout droit, vers un pôle socialiste recomposé (c’est une question de vie ou de mort), flanqué à sa droite d’un pôle écologiste proeuropéen et, à sa gauche, d’un pôle anticapitaliste.

 

Demain et dimanche, à Toulouse, nous parlerons de tout cela. Voir Le programme de l'université d'été du Mouvement Républicain et Citoyen.

 

Cet article est le 116ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche refondation

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1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 22:10

 

Le PS et la gauche ont besoin de penser l’avenir

 

La participation de Jean-Pierre Chevènement à l’université d’été du PS à La Rochelle a été évoquée sur ce blog (voir Université d'été PS 2009 à La Rochelle : les bases de la refondation - 30 août 2009). Son intervention a été nourrie par le texte présenté sur son blog sous la forme de thèses. Parmi les seize, j’en ai retenu trois, qui éclairent l’ensemble de la réflexion.

 

Seize thèses pour penser l'avenir

 

Première thèse : Le cycle néo-libéral se ferme

Le problème de la gauche aujourd’hui est que, confrontée à la grande crise du capitalisme financier, qu’elle a non seulement laissé s’installer mais fortement contribué à mettre ou à maintenir en selle en Europe, en France après 1983, en Grande-Bretagne avec Tony Blair, en Allemagne avec Gerhard Schröder, et en Italie avec Romano Prodi, elle se bat les flancs sans voir quoi d’autre mettre à la place. C’est une crise de l’imagination qui n’est pas sans lien avec une pratique politique opportuniste qui a éloigné de la gauche les couches populaires.

Pour beaucoup de femmes et d’hommes se disant « de gauche », la dictature de l’actionnariat à travers les marchés financiers régentant l’allocation du capital, la production, les échanges et la reproduction sociale paraît être aujourd’hui inévitable et comme procédant de la nature des choses. Sans doute la gauche sociale-libérale peut-elle imaginer quelques correctifs à la marge (RMI, CMU) mais la domination des marchés financiers qui s’est installée depuis trente ans sur les décombres du fordisme, du keynésianisme, de l’Etat-providence et des régulations nationales, semble borner son horizon.

 

Cette gauche doit donc penser l’impensable : qu’il puisse y avoir un « au-delà » du capitalisme financier, que les marchés financiers ne bornent pas l’horizon de l’Humanité, que ce sont les peuples et les nations qui font l’Histoire et qu’il est temps de remettre celle-ci consciemment en marche.

 

A une gauche digne de ce nom, il faut donc penser et proposer un dépassement du capitalisme financier à travers des mesures concrètes réalistes et convaincantes. C’est ainsi seulement qu’elle pourra surmonter le discrédit qui est le sien dans les couches populaires, convaincues aujourd’hui que le social-libéralisme n’a été et ne peut être qu’une stratégie d’accompagnement de la mondialisation financière honnie.

 

Bref, il lui faut être crédible et elle ne peut l’être, comme après Epinay, qu’à partir d’une autocritique, qui vaille rupture aux yeux du plus grand nombre, avec la pratique antérieure.

 

Neuvième thèse : Une autre logique que celle de l’accumulation financière

Sans prétendre substituer du jour au lendemain un autre système au capitalisme financier actuel, nous pouvons imaginer l’introduction d’une autre logique, politique celle-là, dans le fonctionnement des marchés financiers, en vue de les orienter, de les encadrer voire de les réduire.

Notre première tache sera donc de parvenir à la définition d’un intérêt général mondial et européen dans l’inévitable compétition des monnaies et des économies. La vocation européenne de la France ne se substitue pas en effet à une vocation mondiale plus générale. La France est membre du Conseil de Sécurité des Nations Unies, et figure au nombre des puissances nucléaires reconnues. Elle est la tête de la francophonie, répandue sur cinq continents. Sa diplomatie est une des toutes premières du monde. Son histoire, enfin, la rend comptable de l’avenir des idées républicaines et de l’héritage de la Révolution de 1789, non seulement en Europe mais dans le reste du monde.

Pour ce qui est de l’Europe, la question-clé sera évidemment celle de l’avenir de la zone euro, hétérogène économiquement et sujette à des divergences profondes de politique économique. Cette zone euro n’a pas de pilote. Le traité de Maastricht qui, en matière de change, donne le pouvoir à l’Eurogroupe, n’est pas appliqué. Il faudra amener l’Allemagne à une vision plus coopérative de sa politique économique. La limitation constitutionnelle à 0,35% du PIB du déficit budgétaire, à horizon 2012, ne rendra pas facile cette coopération. Évidemment la question de l’euro est indissociable de celle du dollar.

Le principe de la concurrence ne doit plus s’opposer à celui d’une politique industrielle si possible à l’échelle européenne (par exemple dans le domaine de l’énergie) même si cette politique européenne reste une juxtaposition coordonnée de politiques nationales. Pas davantage le principe de la concurrence ne doit faire obstacle à la réaffirmation du rôle des services publics.

La tâche des Européens, dans l’ordre international, est de ne pas se laisser entraîner dans une quelconque croisade, soit contre l’Islam (mais tel ne paraît pas être l’orientation du Président Obama), soit contre la Russie ou encore contre la Chine, ou plus généralement contre les pays émergents. Les crises favorisent toujours les guerres. À cet égard, la question du « modèle de développement » est centrale pour « penser l’avenir ».

 

Douzième thèse : La question du modèle de développement est indissociable du dépassement du capitalisme financier

A) La tâche la plus urgente est de remédier aux déséquilibres économiques fondamentaux qui ont engendré la crise.

Déficits abyssaux aux Etats-Unis. Excédents commerciaux et excès d’épargne chez les autres. On n’en a pas pris le chemin. Une relance équilibrée et réellement concertée n’a pas été possible jusqu’ici. C’est un échec du G20. La réforme du système monétaire international a été différée, mais chacun pressent qu’elle ne pourra plus l’être indéfiniment. L’assainissement financier du système bancaire est sans doute loin d’être terminé. L’ubris des financiers guette plus que jamais.

B) Les propositions que j’avance sont des pistes à explorer pragmatiquement en fonction des alliances internationales qui pourront être nouées :

1. Relance concertée des économies dans le cadre d’un New Deal mondial. Un effort supplémentaire sera demandé à chacun (davantage d’épargne aux Etats-Unis, relance du marché intérieur en Chine, sécurité sociale, relance allemande et japonaise, financement du développement de l’Afrique et des PMA).

2. Création d’une nouvelle monnaie internationale de réserve reflétant la place des différents pays dans l’économie mondiale et ayant vocation à se substituer au dollar. L’émission de 250 Milliards de DTS par le FMI est un premier pas. Il faut aller beaucoup plus loin pour aider au développement des pays pauvres.

3. Nouveaux « accords du Louvre », fixant des fourchettes aux parités monétaires (dollar, euro, yen, yuan) afin de parvenir à une concurrence équitable.

4. Redéfinition du mandat de l’OMC (en fonction des principes comme la « concurrence équitable » et la « souveraineté alimentaire »).

5. Plan mondial d’aide à l’Afrique et aux PMA.

6. Contrôle du crédit par la voie de nationalisations bancaires.

7. Réglementation des marchés financiers visant à éliminer les fonds purement spéculatifs.

8. Chasse aux paradis fiscaux et traçabilité obligatoire des mouvements de capitaux, les banques devant être tenues de communiquer à la police et à la justice leurs archives informatiques.

9. Réintroduction d’éléments de planification au niveau régional et mondial par exemple en matière de politique énergétique, d’autosuffisance alimentaire (suspension des négociations agricoles de l’OMC et redéfinition du mandat de l’OMC sur cette base), de planification industrielle, d’eau potable et de grandes infrastructure (assainissement, routes, chemins de fer, hôpitaux, écoles).

Ces propositions seront à l’ordre du jour de notre université d’été à Toulouse les 5 et 6 septembre (voir Le programme final de l'université d'été du Mouvement Républicain et Citoyen et, sur ce blog, le Rappel du programme de l'université d'été du MRC à Toulouse - 29 août 2009).

 

Cet article est le 115ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche refondation

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30 août 2009 7 30 /08 /août /2009 22:49

 

Une gauche nouvelle en gestation, avec Chevènement

 

Ce rendez-vous annuel à La Rochelle était un exercice périlleux pour un PS à la mine défaite depuis les élections européennes. Benoît Hamon a exprimé son soulagement en déclarant à la presse, ce 30 août : Université d'été du PS: «Excusez-nous, on est mieux !» (Libération). Voir aussi Le PS en chantier.

 

Emmanuel Maurel*, responsable de l’organisation de l’université d’été, faisait partie des orateurs de la matinée, juste avant Martine Aubry (voir A contre courant et l’Intervention d'Emmanuel Maurel lors du lancement de Gauche Avenir en juillet 2007).

 

Le site de Libération et la Chaîne parlementaire offrant de voir les interventions en direct de La Rochelle, j’ai pu constater que le PS est en train de changer de manière significative. Martine Aubry reprend la main au Parti socialiste (Le Monde, 30 août). C’est aussi mon avis.

 

Julien Martin, sur le site Rue89, ce 30 août, le pense aussi : Bonne nouvelle pour le PS : il ne s'est rien passé à La Rochelle. « Moins de piques, plus de fond : le parti socialiste sort de son université d'été apaisé, et (peut-être) enfin prêt à se reconstruire ».


Le site de L’Humanité rend compte des universités d’été des partis de gauche : La gauche en quête d'un « nouveau modèle de développement ». « PS, PCF et PG tenaient leurs universités d’été ce week-end. Au terme d’une semaine marquée par la question des alliances au centre et des primaires, la nécessité d’opposer, en pleine crise, des projets cohérents à la politique de la droite a fait retour ».

 

Les positions du PCF et du PG sont rapportées aussi par Libération : PCF et Parti de gauche: ni primaires, ni alliance avec le Modem.

 

Sur le blog citoyen de Xavier Dumoulin, hier, celui-ci décrivait les Objectifs stratégiques, équations partisanes et primaires à Gauche.

 

L’intervention de Jean-Pierre Chevènement

 

C’est un évènement ! Jean-Pierre Chevènement s’est exprimé hier après-midi devant un millier de militants socialistes (voir sur ce blog Rappel du programme de l'université d'été du MRC à Toulouse - 29 août 2009).

 

L'intervention de Jean-Pierre Chevènement à l'université d'été du Parti socialiste à la Rochelle est à voir sur son blog.


* Emmanuel Maurel était venu en Mayenne à ma demande, afin d’animer une réunion départementale interne, lorsque j’étais premier secrétaire du PS 53, entre 1997 et 2001.


Cet article est le 114ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche refondation

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14 août 2009 5 14 /08 /août /2009 16:57

Un seul objectif : définir une politique d’intérêt général

 

Au moment où le tireur de ficelles de la droite, qui est aussi président de la République, organise le ralliement du chef aristocratique de la Vendée et de ses amis de la vieille France des traditions, la dispersion des forces de gauche fait peine à voir. Quel cataclysme politique pourrait amener les différents partis progressistes à accepter l’idée de préparer les conditions du rassemblement ?

 

Dans l’immédiat, contentons-nous d’enregistrer les démarches positives. En laissant de côté Gauche Avenir qui, le premier, a pris l’initiative (voir Se rassembler à gauche, d’hier à demain).

 

Parmi les altermondialistes, certains posent les bonnes questions (Aurélien Bernier, le 11 août, sur le site de Marianne) : «Ne soyons pas des altermondialistes benêts».

 

Le M’PEP appelle à la continuation et à la transformation du Front de Gauche et a formulé six propositions (http://www.m-pep.org/spip.php?article1469) :
 
1.- Travailler à l’élaboration d’un « tronc commun » politique sur lequel pourraient se greffer des accords à géométrie variable entre le plus grand nombre possible d’organisations de gauche
 
2.- Renforcer les liens des militants du Front de Gauche à l’échelle locale
 
3.- Réévaluer la question européenne
 
4.- Accepter la diversité et le pluralisme

 

1. La cohérence du Front de Gauche ne doit pas s’opposer à sa diversité et à son pluralisme
2. La « double appartenance » commence à être reconnue
3. Le Front de Gauche commence à rassembler au-delà des partis politiques
4. Les désaccords doivent être identifiés, reconnus et acceptés

 

5.- Participer aux élections régionales
 
6.- Donner au Front de Gauche le dynamisme et la structure du Front populaire.

 

Signalons aussi le texte de deux socialistes
, Gaël Brustier (ex-MRC) et Jean-Philippe Huelin, qui militent pour un débat sur les primaires, afin de réveiller la gauche (site de Marianne, 12 août).
 

Primaires: il faut sauver le soldat Montebourg!  

 

En cet été 2009, on a bien du mal à imaginer les partis de gauche engager la reconquête électorale du pays. La preuve bien sûr par les élections européennes et son taux d’abstention record. La preuve aussi par toutes les élections partielles (dont les exemples médiatisés de Perpignan ou Aix) qui ne révèlent aucune faiblesse de la droite. Certes, le problème de la gauche est triple : c’est un problème d’analyse (de la mondialisation, de la société française) de projet et évidemment de leadership. L’habitude à gauche veut que l’on prenne les problèmes dans cet ordre ce qui ne nous sort pas de l’état de déprime puisque les questions idéologiques semblent lasser jusqu’aux militants les plus aguerris. Et si, dans ce contexte plus que morose, le débat sur les primaires n’était pas finalement le plus stimulant et le seul salvateur ?

Parce que le naufrage électoral menace et que, plus encore, c’est à une défaite historique que l’on peut s’attendre, aucune des familles de la gauche n’a intérêt à se désintéresser de cette question des primaires. Les socialistes peuvent y trouver un moyen de renouer avec les classes populaires, les communistes le moyen de reconvertir une tradition politique estimable, les amis de Jean-Pierre Chevènement celui de faire peser de nouveau l’exigence républicaine, les altermondialistes celui de promouvoir des idées innovantes, les écologistes celui d’irriguer l’ensemble de la gauche de leurs vues. Toutes ont intérêt à engager une forme de « compétition coopérative » par laquelle les citoyens progressistes contribueraient à forger l’outil commun d’une victoire électorale, la désignation d’un leader et la mise en avant des idées qui pourraient permettre à la gauche française de gouverner dans la durée.

Si la question des primaires concerne toute la gauche, faire basculer le Parti Socialiste est pour nous une priorité. Pour cela, il faut enfin faire rendre gorge à la fausse idée récemment apparue dans les esprits socialistes que le leader est l’ennemi du projet. On se souvient pourtant que la prise à la hussarde du PS en 1971 avait réglé pour longtemps cette question permettant au cours des années 1970 de parler surtout du « Projet Socialiste » fondateur de la victoire du peuple de gauche en 1981 ! En réalité, si les réticences face aux primaires restent importantes dans l’appareil du PS, c’est essentiellement à cause des primaires internes de 2006 qui ont désavoué (définitivement ?) les faux ennemis mais vrais jumeaux produits au cours des années 1980-1990 par l’appareil du PS : Fabius et Strauss-Kahn ! Avec les primaires, la possibilité de voir émerger un « homme nouveau », comme le fut Ségolène Royal, est un risque que la nomenklatura de Solferino ne souhaite pas rééditer. Elle craint de ne pas tenir le candidat, voilà tout !

Le mode opératoire retenu par Arnaud Montebourg et Olivier Ferrand est loin d’être inintéressant puisqu’il tend à dépasser le strict cadre du PS en s’adressant à tous les partis de gauche pour s’adresser in fine à des millions de citoyens français. Notons que la rupture avec les classes populaires ne concerne pas uniquement le Parti Socialiste mais tous ceux qui ont, pendant quelques décennies, incarné les attentes et les espoirs d’une large majorité des ouvriers et des employés français. Les primaires sont le seul moyen dont nous disposons à court terme pour leur redonner la parole. Il y a en effet nécessité à dépasser cette réalité organique quelque peu étriquée que sont les partis de gauche. Loin d’être le produit d’appareils jugés désuets, les primaires peuvent être le début d’une régénération intellectuelle et civique de la gauche française, la première pierre posée à l’édification d’un parti de toutes les gauches, enfin conscient des enjeux nés de la globalisation. Ce grand moment de citoyenneté que seraient les primaires de la gauche française peut y contribuer…

Il y a donc urgence à imposer ces primaires ! Pour les citoyens attachés aux valeurs progressistes, il est temps d’exercer un droit d’ingérence dans les affaires du Parti Socialiste et de ses partenaires. 


Cet article est le 113ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche refondation

 

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22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 21:59

La stratégie et les alliances, au cœur du débat

 

Tel qu’il est, le Parti socialiste a très peu de chances de revenir au pouvoir. Depuis Jaurès, ce parti n’a pas su se donner des dirigeants capables de rassembler et de gouverner.

 

François Mitterrand est venu d’ailleurs, du camp républicain (un petit parti - la Convention des Institutions républicaines - et un savoir-faire politique acquis sous la IVème République).

 

En 1971, il a pris le PS par surprise, avec la complicité active de Jean-Pierre Chevènement, et lui a fait prendre des choix en matière de stratégie et d’alliances, qui ont été à l’origine de la victoire de la gauche en 1981.

 

Près de quarante ans plus tard, le PS a besoin de Jean-Pierre Chevènement pour le sortir de son enlisement actuel et empêcher Sarkozy d’être réélu, comme Mitterrand l’avait fait avec Giscard d’Estaing en 1981. Pour en savoir plus, consulter les précédents articles sur ce blog, notamment :

 

Jean-Pierre Chevènement a répondu à Martine Aubry, au nom du MRC - 16 juillet 2009

 

L'université d'été du MRC aura lieu à Toulouse les 5 et 6 septembre - 20 juillet 2009

 

 

Mon idée est de lancer en septembre une mobilisation citoyenne sur le thème :

 

« Avec Chevènement, pour gagner en 2012 »

 

En prenant appui sur des comités locaux, départementaux et régionaux.
Donc, en partant de la base, afin de pousser les partis* à travailler ensemble pour préparer sérieusement 2012.

 

* Le spectacle offert par les partis de gauche est désespérant.
Les citoyens doivent être l’aiguillon les incitant à se rapprocher
afin de proposer une véritable alternative au pouvoir en place.

 

 

 

Pour information, voici les titres d’articles de presse récents concernant le PS. Edifiant !

 

Bernard-Henri Lévy : le Parti socialiste "doit disparaître" (Le Monde, 19 juillet)

 

Au PS, Julien Dray dénonce "l'amateurisme" de Martine Aubry (Le Monde, 19 juillet)

 

Manuel Valls : "Le PS doit changer ou mourir" (Le Monde, 21 juillet)

 

Montebourg : le PS est "tombé dans le formol" (Nouvel Observateur, 20 juillet)

 

La crise de gouvernance au Parti socialiste tourne à la farce, par Michel Noblecourt (Le Monde, 20 juillet)

 

BHL, Dray, Lang: le PS est malade? Tuons-le!  (Marianne2, Sylvain Lapoix, 21 juillet)

 

Bianco rappelle à l'ordre les «éléphants et éléphanteaux» du PS (Libération, 22 juillet)

 

Moscovici : "Le PS ne doit pas disparaître, il doit profondément changer" (Le Monde, 22 juillet)

 

 

Cet article est le 112ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche refondation.

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