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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 16:39

Elle a décidé d’être candidate à la direction du PS

 

Selon la presse disponible ce 11 novembre sur la Toile, Ségolène Royal aurait décidé de solliciter les suffrages des adhérents du PS, le 20 novembre (Ségolène Royal sera candidate à la direction du PS, Le Monde). Plus personne ne s’y oppose parmi ses proches au sein de la motion E. Elle est persuadée que, de cette façon, sa motion a le plus de chances de sortir majoritaire du congrès de Reims. Toutefois, il reste à trouver cette majorité, ce qui passe par un accord de fond avec les dirigeants des autres motions, au moins d’une partie d’entre eux.

 

Benoît Hamon a fait monter la pression, après Henri Emmanuelli qui prône une alliance Hamon-Aubry-Delanoë. Par contre, François Hollande a fait allégeance à la responsable de la motion arrivée en tête, souhaitant un accord avec elle au congrès. Tout est encore possible.

 

Ségolène Royal  a transmis, hier, aux responsables de motion, un texte destiné à servir de base aux discussions préparatoires à la constitution d’une majorité au congrès de Reims. En voici des extraits (Le Monde, 11 novembre).

 

Le “document de travail ouvert” proposé par Ségolène Royal

 

«  Pour l’unité et le renouveau du Parti Socialiste

 

Les militants ont voté le 6 novembre. Par leur vote, ils ont affirmé leur désir d’une transformation profonde de notre parti et leur soif de fraternité et d’unité. Ils l’ont fait dans un contexte où le monde change, où le libéralisme échoue et où monte la demande d’un projet de gauche. Face aux souffrances sociales qui s’accumulent, nos responsabilités ne peuvent plus être différées. Il y a urgence. Agir pour que les valeurs humaines s’imposent, porter haut l’exigence de justice sociale et d’émancipation de la personne humaine, c’est depuis toujours l’ambition des socialistes. Nos valeurs sont d’une vibrante actualité.

 

Le temps est venu d’écrire une nouvelle page de notre histoire. Celle du socialisme du 21ème siècle. La France a besoin d’un Parti socialiste à la hauteur des grands choix politiques qui l’attendent, capable de faire bloc pour s’opposer et proposer. Le congrès de Reims doit être le point de départ d’un patient et passionnant travail de reconquête idéologique autour de nos valeurs et de nos idées face à la droite, d’élaboration programmatique fondée sur une démocratie militante, participative et active, de mobilisation pour attirer les forces de la jeunesse, les salariés, les catégories populaires et moyennes et construire un nouveau rapport de force politique. Un travail considérable nous attend.

 

Nous proposons de mettre le parti en mouvement autour de quatre grands chantiers destinés à redonner au PS toute sa place auprès des Français. Avec la ferme volonté de mettre en avant une équipe cohérente, voulant vraiment rénover et fédérant tous les talents, toutes les intelligences, toutes les convictions. Tous ensemble, les socialistes peuvent réussir cette transformation nécessaire

. 1 - Répondre d’abord à l’urgence de la crise financière et sociale

Nombreux sont celles et ceux, personnes âgées, jeunes, salariés précarisés, chefs de PME qui ressentent durement les conséquences de la crise. Nous devons leur dire qu’une autre politique est possible. C’est au Parti socialiste de la proposer. La France entre en récession. Nous devons partout sur les territoires évaluer les effets de cette crise. Ce bilan, dressé par les fédérations en lien avec les élus locaux, sera le préalable à l’organisation d’un grand forum global associant le mouvement social, syndicats, représentants des services publics, salariés en lutte, entrepreneurs, associations, universitaires, altermondialistes, consommateurs, petits épargnants…

 Ce forum global aura une dimension européenne. La réponse à la crise du capitalisme n’est pas le domaine réservé des cercles technocratiques et des sommets intergouvernementaux. L’efficacité de la réponse en dépend.

 2 - Cinq orientations pour bâtir le socialisme du 21ème siècle

1) La finance doit être au service de l’économie productive et non pas au service d’elle-même. Et l’économie productive doit être au service de l’épanouissement humain. Cela suppose un nouvel 2
ordre économique et social juste, contre la précarité et pour la société du travail bien rémunéré, rééquilibrant le rapport capital/travail.

2) Il faut un Etat préventif et stratège qui change les rapports de force. Distribuer après coup ne suffit plus. Cela suppose un nouveau modèle de croissance associant dynamisme économique, politique industrielle, progrès social et écologie.

3) Faire partout le choix écologique de l’excellence environnementale. Urgence sociale et urgence environnementale sont désormais liées. Cela suppose de favoriser une croissance sobre qui tienne compte de la rareté des ressources, d’organiser l’après-pétrole et de promouvoir de nouvelles révolutions technologiques.

4) Oser la démocratie jusqu’au bout et refonder le pacte républicain. Cela suppose de nouvelles institutions, de nouveaux pouvoirs pour les territoires, une réelle démocratie sociale et participative, le pluralisme médiatique, l’indépendance de la justice. Cela suppose d’avoir pour objectif de l’égalité réelle et de reconnaître la France métissée comme une chance.

5) Réorienter l’Europe pour la relancer.

 3 - Faire du Parti Socialiste une force neuve

Notre objectif est de faire du Parti Socialiste le grand parti démocratique, populaire et de mobilisation sociale dont la France a besoin. Le respect du vote des militants sera la règle absolue, car c’est la condition première d’une unité nouvelle des socialistes. Nous voulons construire un parti de masse. Le montant de l’adhésion ne doit plus être un obstacle au militantisme qui est d’abord un don de temps. Des responsabilités seront décentralisées aux fédérations pour que le parti fonctionne de façon ascendante en s’appuyant sur notre action concrète dans les régions, les départements et les communes. Des dotations financières plus importantes leur seront attribuées aux fédérations.

Une université populaire de la connaissance sera créée dans chaque région pour permettre à tous les citoyens d’accéder à la culture politique qui permet à chacun d’avoir les outils de compréhension et d’analyse pour intervenir dans les débats d’idées. Le parti organisera de nouvelles formes de militantisme : réseaux de solidarité concrètes, actions en direction des salariés, implantation dans les quartiers, place des nouvelles technologies, recrutement de nouveaux adhérents etc.

4 - Fédérer la gauche

La stratégie des socialistes a toujours consisté d’abord à rassembler la gauche, toute la gauche, autour d’un contrat de gouvernement. Celui-ci doit être préparé par un comité d’action de la gauche, ouvrant la perspective à terme d’une fédération. Ce comité ouvrira largement ses débats en associant les militants, en organisant des campagnes de mobilisation et d’actions. C’est à partir de cette stratégie que les socialistes ont vocation à s’adresser seulement ensuite à toutes les forces susceptibles de se reconnaître dans le projet socialiste pour battre la droite. ».

Voir aussi l’article paru ce 11 novembre sur le site de Rue89. Royal candidate à la tête du PS : les plus et les moins

Cet article est le 76ème article paru sur ce blog dans la catégorie Gauche France 2007-08

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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 20:39

Mitterrand : une stratégie et un sens politique

 

Jean-Pierre Chevènement, en tant que vice-président de la Commission sénatoriale des Affaires étrangères et de la Défense, était aux USA au moment de l’élection du président Obama. Dès son retour, il a exprimé son avis sur le vote des adhérents du PS le 6 novembre (voir Chevènement: «le souffle de la crise a fait bouger les lignes au PS» - 9 novembre 2008).

 

En parcourant l’article du Monde paru ce 10 novembre Au PS, les partisans de Royal cherchent un premier secrétaire, j’ai trouvé un trésor au bout de cette phrase :

 

(…) le congrès fondateur du PS, celui d’Epinay, n’avait pas été remporté par la motion majoritaire, mais par une alliance de motions minoritaire (un récit - forcément orienté - par Chevènement est disponible ici).  

 

Sur le site de l’Institut François Mitterrand (Archives), on peut retrouver effectivement ce récit inédit de Jean-Pierre Chevènement concernant le congrès, historique, d’Epinay-sur-Seine, en 1971.

Un récit inédit de Jean-Pierre Chevènement

Quand s’ouvre le congrès d’Epinay, aucune des composantes du Parti socialiste élargi à la C.I.R. n’est assurée de disposer d’une majorité. Les motions d’Alain Savary et de Jean Poperen (la gauche du N.P.S. d’Issy-les-Moulineaux) réunissent à elles deux 41 000 mandats environ, chiffre que n’atteint pas la réunion de la motion dite des "Bouches-du-Nord" (Pierre Mauroy et Gaston Defferre) et de celle des conventionnels (dite Mermaz-Pontillon).
Restait le C.E.R.E.S., dont les 7775 mandats (environ 8,5%) pouvaient être neutralisés ou décisifs selon le mode de désignation des dirigeants que retiendrait le congrès.

Jean-Pierre Chevènement raconte, dans le texte qu’on va lire, comment, en quelques heures, ses rapports avec François Mitterrand, qui n’étaient jusque là que d’"amicale connivence", se changèrent en alliance politique pour donner au congrès d’Epinay une majorité imprévue.

Lire la suite

 

Ségolène Royal, qui met ses pas dans ceux de l’ancien président de la République, saura-t-elle faire du congrès de Reims l’équivalent de ce que François Mitterrand avait fait du congrès d’Epinay ? Elle a réuni aujourd’hui au Sénat les responsables départementaux et nationaux de sa motion.

 

Elle va proposer un accord général (son texte sera rendu public le 12 novembre) et tout se jouera lors du congrès à Reims, les 14, 15 et 16 novembre. Voici l’article paru ce soir sur le site du Monde :

 

Pour Royal, la question du MoDem "ne doit pas servir de prétexte"

 

 

Cet article est le 75ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche France 2007-08

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8 novembre 2008 6 08 /11 /novembre /2008 15:21

Le NON de gauche au capitalisme et à l’Europe libérale

 

Le 23 octobre, Jean-Luc Mélenchon était venu à Laval pour témoigner en faveur de Hervé Eon* lors du procès pour offense au chef de l’Etat (voir Jean-Luc Mélenchon à Laval pour soutenir Hervé Eon au tribunal - 23 octobre 2008).

 

Le soir, il participait à une réunion publique organisée par l’association Pour la République sociale (PRS 53) dont il est le président. En attendant le début de cette réunion, il m’avait confié son désaccord avec la stratégie de Jean-Pierre Chevènement, qui consiste à vouloir refonder la gauche dans un grand parti de toute la gauche.

Selon lui, c’est impossible, car le PS est trop engagé sur une ligne libérale proeuropéenne. La seule solution est de créer un nouveau parti, à la gauche du PS, comme Die Linke en Allemagne, à la gauche du SPD. Le président de PRS ne pouvait plus rester au PS. Il restait quelques détails à mettre au point. Sa démission, qui était dans les tuyaux, serait prise dans les 15 jours …

 

Donc, sa décision de quitter le PS n’est en rien une surprise (voir Le Monde, 7 novembre : Mélenchon claque la porte du PS et crée une "nouvelle force"). Elle a été annoncée le lendemain du vote des adhérents du PS sur les motions, alors que la motion Hamon, dont il était signataire, avait obtenu un succès incontestable (près de 19%, au-dessus des 15% prévus).

 

Luc Mandret, dans Marianne, croit savoir que les vraies raisons de son départ ne sont pas celles qu’il invoque. Voir Marianne, 7 novembre : Mélenchon quitte le PS. Pourquoi ?

 

Et, toujours dans Marianne, ce 8 novembre, Gérald Andrieu apporte des précisions : Mélenchon crée le parti du ça-suffit-comme-ça ! Un communiqué est diffusé sur son blog Ça suffit comme ça !

 

En Mayenne, les responsables de PRS 53 ont emboîté le pas de leur président national. Voici le communiqué signé Manuel Doumeau, Morgan Legay, Monique Doumeau et Hervé Eon.

Répondant à l’appel de Jean-Luc Mélenchon (Sénateur) et Marc Dolez (Député)  qui, prenant acte des résultats du vote des motions du 6 novembre 2008, ont décidé de quitter le Parti Socialiste et de prendre l’initiative de la création d’un nouveau parti à gauche « pour porter publiquement notre conception du combat républicain et socialiste, sans concession face à la droite, au capitalisme et leur irresponsabilité destructrice contre la société humaine et l’écosystème », les animateurs et signataires mayennais de la motion C « un monde d’avance » décident, eux aussi, de quitter le Parti Socialiste et de rejoindre cette nouvelle force.

En Mayenne également, les motions issues de la majorité sortante regroupent plus de 80% des votes. C’est la validation d’une  ligne politique faite de l’acceptation de la construction libérale de l’Europe, de l’alliance à droite, de l’aménagement du capitalisme... dont nous ne saurions être porteurs.

C’est pourquoi, nous invitons, tous les mayennais qui sont convaincus de la nécessité d’un nouveau projet politique socialiste, laïque, républicain et alternatif à nous rejoindre et participer à  la constitution d’un front de forces de gauche pour les élections européennes.

Sur le site de PRS, mouvement politique d’éducation populaire, on a des explications concernant la crise : Crise d'en haut, crise d'en bas.

 

 

 

Le 23 octobre, dans la salle de l’Auditorium de Laval, le sénateur de l’Essonne avait décrit le système capitaliste comme étant un système instable, en proie à des crises à répétition (krach boursier, effondrement des banques). On en compte 16, en général des crises de surproduction, dont certaines ont débouché sur des guerres mondiales. Ce système est fondé sur la loi du plus fort, par assujettissement du travail d’autrui, socialisation de la production et privatisation des résultats.

 

L’accumulation du capital impose la conquête de nouveaux marchés ; l’impérialisme induit le contrôle de nouveaux territoires. Jean Jaurès a dit « le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage ». Les pays qui s’en sortent se protègent du libre-échange généralisé en organisant les échanges et en édictant des normes.

 

Jean-Luc Mélenchon a conclu en rappelant ses orientations fondamentales : il est de gauche, républicain et se situe dans une perspective de participation au gouvernement.

 

* Jugement du 6 novembre : voir Rue89 « Casse-toi pov'con » : 30 euros avec sursis pour Hervé Eon et Le Monde Trente euros d'amende avec sursis pour un "Casse-toi pov' con".

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7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 20:49

Une ligne nouvelle va s’imposer au congrès

 

Les adhérents du PS ont rendu leur verdict le 6 novembre. La direction sortante ne sera pas reconduite. Bertrand Delanoë ne sera pas candidat à la succession de François Hollande. Il était pourtant le favori des sondages, mais c’était un montage pour le mettre en valeur. Cela ne correspondait pas à la réalité, les militants ayant conscience de la nécessité de relancer leur parti et la gauche sur des bases nouvelles, à la fois plus offensives vis-à-vis du pouvoir et plus crédibles en ce qui concerne le contenu du projet alternatif à proposer aux français.

 

Les trois prétendants à la relève dirigeante (Ségolène Royal, Martine Aubry et Benoît Hamon) ont gagné le droit de participer au tour de table qui va désigner la coalition qui sera majoritaire au congrès de Reims les 15 et 16 novembre, ainsi que le candidat à la succession de François Hollande, ce choix devant être ratifié par les adhérents, le 20 novembre.

 

Bien sûr, ce matin, sur France Inter, l’ancienne candidate à l’élection présidentielle a affirmé qu’elle allait consulter tous ses collègues, responsables de motion, le maire de Paris inclus. Mais ce congrès n’a rien à voir avec les précédents. Il ressemble beaucoup au congrès fondateur d’Epinay-sur-Seine, en 1971, et va se conclure par une nouvelle majorité et une minorité.

 

Ce qui reste en suspens, c’est la configuration de la majorité qui sortira de Reims. La réalité impose aux trois prétendants de trouver un terrain d’entente entre eux, qu’il s’agisse de la ligne politique et du pilote.

 

Pour bien comprendre ce qui se passe, il faut avoir lu les épisodes précédents (voir PS : Benoît Hamon plaide en faveur d'un nouveau réalisme de gauche - 29 octobre 2008).

 

Les résultats du vote des adhérents sont présentés et commentés par la presse (voir Le Monde, ce 7 novembre "Royal n'aura pas les mains libres" et les réponses de Jean-Louis Bianco, dans Libération : Bianco: «Aubry et Hamon représentent le renouveau, Delanoë moins»).


Rue89 avait donné la parole à chaque motion avant les votes. Voici les entretiens réalisés avec Delphine Batho (Ségolène Royal), Martine Aubry et Benoît Hamon.

 

Batho : « Le PS doit discuter avec Besancenot et Bayrou »

Martine Aubry : « Les 35 heures n'étaient qu'une étape »

Benoît Hamon : « Les problèmes sont devant Besancenot »  

Cet article est le 73ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche France 2007-08

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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 22:44

L’Europe doit fixer des restrictions au libre-échange

 

La fin de campagne interne au PS est proche. Le 6 novembre, les adhérents choisiront entre les 6 motions en présence. Le favori des médias, Bertrand Delanoë, ne mobilise pas et s’énerve. Il veut succéder à François Hollande en dirigeant autrement et en adoptant une ligne plus claire, c’est-à-dire plus en phase avec les autres partis social démocrates européens et moins sensible aux idées de la gauche du PS et, moins encore, à celles d’Olivier Besancenot.

 

Il apprécie le soutien de ses amis Lionel Jospin et Michel Rocard, mais moins celui de François Hollande, plus préoccupé par son propre avenir que par celui du maire de Paris. Celui-ci s’est aventuré dans la rédaction d’un livre « audacieux » qu’il assume, mais qui le dessert, car ce n’est vraiment pas le moment de se déclarer socialiste et libéral.

 

En face, un seul candidat alternatif déclaré : Benoît Hamon. Mais, deux autres candidats sont prêts, au cas où le vote des adhérents conduirait à des compromis entre les différentes motions. Il s’agit de Vincent Peillon, homme de confiance de Ségolène Royal, et de Pierre Moscovici, qui est actuellement proche de Bertrand Delanoë et se voit bien dans les habits d’un premier secrétaire de compromis (les compromis, il a l’habitude d’en faire, plus souvent qu’à son tour).

 

Les évènements vont dans le sens que je décrivais (voir, sur ce blog Michel Sorin : le congrès PS ouvrira des perspectives pour la gauche - 25 septembre 2008).

La motion A des sortants se retrouvera isolée, face aux trois autres (Ségolène Royal, Martine Aubry, Benoît Hamon) qui sont bien décidés à s’entendre pour faire une majorité. Entre ces deux derniers, c’est assez facile. Les compromis seront nécessaires et plus difficiles avec l’ancienne candidate à l’élection présidentielle.

 

Tout dépendra des résultats du 6 novembre. Si, comme c’est probable, Ségolène Royal est bien placée, elle poussera Vincent Peillon et celui-ci, ancien porte-parole du PS au côté de François Hollande, aura de bonnes chances de gagner face à Pierre Moscovici, car le maire de Paris ne sera pas en situation de l’emporter et, donc, de se présenter.

 

Dans l’immédiat, je propose de lire l’intervention de Benoît Hamon lors d’une conférence à l’Institut d’études politiques à Paris animée par Liêm Hoang-Ngoc. Ce texte est paru dans L’Humanité le 17 octobre 2008. En voici des extraits, concernant l’analyse du capitalisme.


A compléter par cet entretien «Le monde change, mais au PS rien ne change» (Libé, 29 octobre).


Pour un nouveau réalisme économique de gauche. Par Benoît Hamon

(…) Alors, pour répondre d’emblée à la question posée pour nos travaux : ce que doit proposer la gauche, en France, en Europe et dans le Monde, c’est un changement profond des règles du jeu, des réformes à la fois réalistes qui s’enracinent dans les causes objectives de la crise que nous subissons, et radicales car les enjeux sont énormes.

LA CRISE ACTUELLE VALIDE NOTRE CRITIQUE FONDAMENTALE DU CAPITALISME

Il faut se féliciter du fait que la crise actuelle ait permis une pédagogie sans précédent de l’analyse critique du capitalisme. Depuis longtemps, ceux qui critiquaient les dérives de l’économie libérale étaient taxés de gauchistes, de rétrogrades, au mieux de nostalgiques ou de rêveurs. Il n’y a pas d’honneur à avoir été des prophètes, pas même au sein du Parti socialiste… Lorsque l’on n’a pas su se faire entendre, c’est que l’on a en partie échoué. Mais ne laissons pas passer l’occasion de rappeler la permanence et la pertinence de notre critique du capitalisme :

La financiarisation du capitalisme est directement à la source la crise : l’argent créé ou échangé ne va plus principalement à l’économie réelle, donc à l’industrie, à l’emploi, à la création de ressources ou de biens de consommation, mais bien à la rémunération des détenteurs de capitaux. Même si la crise des « subprimes » provient du secteur du logement, ce n’est pas à un secteur économique en particulier que cela est dû, mais à la perversion d’un de ses principaux mécanismes de financement ; si le logement social existait aux Etats-Unis et s’il n’était pas remplacé par une course effrénée à la propriété financée par des crédits à risques, nous n’en serions sans doute pas là.

La déréglementation de l’économie de marché est la « seconde mamelle » de la crise : depuis plus de vingt ans, la pensée économique dominante est de « jouir sans entraves » ; l’arnaque principale est d’avoir réussi à faire croire que la déréglementation de l’économie, l’affaiblissement des mécanismes de contrôle et de solidarité, permettraient l’enrichissement du plus grand nombre et sans frais. La réalité de la crise nous montre l’inverse : si le niveau de vie a incontestablement augmenté sur la planète, la répartition des richesses est malheureusement de plus en plus inégalitaire, et les mécanismes de régulation échappent désormais pour l’essentiel à la responsabilité politique.

L’essor du « libre échange » au niveau mondial est venu parachever l’édifice : l’OMC vante la mécanique vertueuse du libre échange qui serait gagnante-gagnante. La course à la compétitivité entre les nations se déroule à coup de dumping social, dumping fiscal et dumping environnemental. Elle a pour principale conséquence de d’encourager la baisse des recettes publiques (comme démontrée en Europe par le cabinet KPMG sur la baisse tendancielle de l’IS dans le marché intérieur grâce à la concurrence fiscale) mais aussi de pousser la réduction du coût du travail et donc à la modération salariale.

Dans le monde occidental, la pente est la même. En France, ce sont onze points de PIB qui ont été transférés de la rémunération du travail à celle du capital. Le rendement demandé au capital investi est devenu tel qu’il détourne la valeur ajoutée de l’investissement comme de la rémunération du travail. La principale conséquence sociale de ce phénomène est le développement d’une nouvelle forme de prolétariat constitué de travailleurs pauvres et de leurs familles.

LA CRISE ACTUELLE EST UNE CRISE DU SYSTÈME, UNE CRISE DU CAPITALISME

Nous assistons bien à une crise du capitalisme. Quelles en sont les caractéristiques ?

C’est une crise de liquidités : prudentes, méfiantes ou fragilisées, les banques ne se prêtent plus d’argent, et le manque de liquidités pour honorer des créances provoque des réactions en chaîne.

C’est une crise spéculative : à cause des spéculations à la baisse contre les valeurs bancaires, les banques voient leurs fonds propres se dévaloriser.

C’est une crise financière d’un type nouveau : l’accumulation de créances douteuses liées à la prolifération de produits financiers dérivés, ajoute un aspect surréaliste puisque les pertes sont pour une grande part d’entre elles de nature virtuelle.

C’est une crise qui condamne les modèles de régulation de nature privée voire corporatiste : les normes comptables aujourd’hui appliquées, qui valorisent les entreprises en fonction du cours du marché, condamnent les entreprises cotées dès lors que les marchés s’effondrent, même si leur activité productive est saine ; de leur côté, les agences de notation qui sont pourtant sensées se porter garantes, se sont en fait avérées incompétentes, aveugles ou consanguines ; d’autres normes comptables et une agence publique européenne de notation sont devenues essentielles.

C’est donc bien une crise du modèle capitaliste : il semble que nous ayons heureusement atteint les limites d’un système prédateur reposant sur la captation par le capital de la valeur ajoutée et sur une dérégulation à outrance, mais rien aujourd’hui ne permet de croire que l’issue de la crise débouchera sur une remise en cause profonde du système économique et financier (…).


Lire la suite : Pour un nouveau réalisme économique de gauche. Par Benoît Hamon


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24 octobre 2008 5 24 /10 /octobre /2008 14:24

 

Congrès : le PS face à un choix gauche droite

 

Hier soir, à Laval, j’ai parlé avec Jean-Luc Mélenchon avant qu’il montre, une fois de plus, sa remarquable éloquence lors de son intervention dans le cadre de la réunion publique organisée par PRS 53 (j’y reviendrai, voir mon article Jean-Luc Mélenchon à Laval pour soutenir Hervé Eon au tribunal - 23 octobre 2008).

 

Ce matin, j’ai été alerté par le blog de Xavier Dumoulin (http://sr07.unblog.fr) de l’explosion de colère saine de Marie-Noëlle Lienemann, ancienne ministre, comme Jean-Luc Mélenchon, actuelle députée au Parlement européen. C’est important, car c’est une description hyper réaliste de ce que sont les députés socialistes et social démocrates européens, dans leur grande majorité.

 

Avant de présenter ce texte de Marie-Noëlle, je propose une incursion en territoire national PS, avec deux articles significatifs, l’un concernant Benoît Hamon, l’autre Martine Aubry, les deux amis qui préparent une alliance lors du congrès de Reims, afin de mettre en échec la direction sortante du PS (Delanoë, Hollande, Jospin, Rocard).

Benoît Hamon, un Sarko de gauche ? (Marianne, Malakine, 24 octobre),

«Un autre modèle face à l'argent et à la loi du plus fort» (Libération, LibéLille, 23 octobre).

 

Avec la crise financière, qui va déboucher sur une crise économique et sociale, en plus des crises écologique et alimentaire incontournables, les partis de gauche sont obligés de revenir à gauche. La crise, ainsi que la stratégie du président de la République, rendent impraticable toute autre voie.

 

Le PS (qui avait fait le choix social libéral démocrate des traités européens, notamment du traité de Lisbonne), le PCF (qui hésitait entre la République, le radicalisme et la social démocratie), Les Verts (qui retournent à leur écologie ni droite ni gauche), mais aussi le PRG (qui flirte avec les radicaux valoisiens - Borloo) vont devoir choisir entre la voie de droite et la voie de gauche.

 

Olivier Besancenot et le nouveau parti anticapitaliste vont être confrontés au dilemme gauche droite (s’ils maintiennent leur non à toute alliance de gauche, c’est qu’ils choisissent la droite).

 

Le MRC a choisi depuis son congrès de 2003 à St-Pol-sur-Mer et la confirmation sans appel est venue du congrès du Kremlin-Bicêtre en juin 2008. Nous avons de l’avance. C’est pourquoi nous devons parler fort et nous faire entendre des Français, ce qui n’est pas suffisamment le cas actuellement, même si l’élection de Jean-Pierre Chevènement au Sénat a marqué un progrès dans cette direction.

 

Et, maintenant, voici le cri de colère de Marie-Noëlle Lienemann, qui est la responsable socialiste la plus proche de Jean-Pierre Chevènement et du MRC (cliquer sur le titre de l’article, paru sur son blog hier).

 

Parti des Socialistes Européens : Désolant! Affligeant!!


Comme de coutume, le Parlement européen a délibéré sur les suites du dernier conseil européen qui traitait de la crise financière !
Hier N. Sarkozy est venu en présenter les conclusions à Strasbourg devant les députés européens.
L'exposé fut brillant, les réponses habiles mais sur le fond les propos ne pouvaient être approuvés. Rien sur une stratégie de relance de l'économie européenne, rien sur la nécessité d'augmenter les salaires et le pouvoir d'achat.... Bref rien au delà du « sauvetage » des banques.

Cette seule constatation aurait suffi à une critique forte des Socialistes Européens; la crise que nous vivons n'est pas seulement financière, elle est économique, sociale et demeurent la crise écologique, la famine...

C'est le capitalisme financier, le libre échange généralisé qui sont en crise et en cause. Alors, ne pas être capable d'être la voix des salariés, des habitants, de ceux qui subissent cette crise à un moment où de plus en plus de gens sont percutés de plein fouet par les problèmes de pouvoir d'achat, d'emploi, de santé, d'avenir pour leurs enfants est une grave faute des Socialistes européens.
Ne pas avoir la volonté de créer un rapport de force pour imposer des initiatives sociales et en faveur de la croissance au moment où les libéraux, la droite sont sur la défensive est une grave erreur!

Cet assourdissant silence, cette absence de proposition permet à N.Sarkozy d'occuper le terrain, de développer sa stratégie de communication, de promettre... Et comme de coutume de ne pas concrétiser...
Dernière annonce du genre, N. Sarkozy  explique devant le Parlement européen qu'il est favorable à un gouvernement économique européen ...
Très bien ....Que ne l’a-t-il négocié et défendu pour le traité de Lisbonne? Pourquoi n'a-t-il pas alors utilisé le rapport de force, crée par le NON français pour obtenir des avancées sur ce point ?
Mais cette prise de position- au demeurant récente- a surtout pour lui un avantage, elle lui permet de rappeler devant les conservateurs européens qu'il est favorable à l'indépendance de la banque centrale. Le gouvernement économique pour on ne sait quel horizon - d'autant que la Présidence française ne prend aucune initiative pour tenter de concrétiser sa mise en œuvre - mais l'indépendance de la B.C.E. renforcée tout de suite ! Voilà la pirouette.
Pirouette aussi en lançant des propositions de méthodes, un gouvernement commun pour éviter des choix quand au contenu de la politique économique, immédiate et pour demain.
Le Pacte de stabilité n'est pas contesté dans la durée, simplement mis entre parenthèse le temps de cette crise " passagère ".
Après la crise ... ce sera comme avant, à quelques bémols près !
C'est la thèse de la " moralisation " du capitalisme et non du changement de société, de logique de systèmes!

Cela ne saurait être la position de la Gauche.

Et Martin Schulz (Président du groupe socialiste européen ), une fois de plus, est tombé dans le panneau de Sarkozy. Ses propos ont d’ailleurs mis à nu les graves dérives et insuffisances de la social-démocratie européenne. En effet, il a jugé judicieux de déclarer à la tribune du Parlement que les propositions de N. Sarkozy étaient celles des Socialistes européens.....
Inutile de vous dire que Kouchner et Jouyet étaient aux anges au coté de Sarkozy qui évidemment s'est réjouit de ce soutien et " regrette " que les Socialistes français soient tellement en décalage ! Eh oui.

De surcroît, quand il s’est agit de voter, ce qui au demeurant est essentiel, la dérive est encore plus surprenante. Le groupe P.S.E. a trouvé le moyen de voter une résolution de "compromis" qui se félicite de l'action des Institutions européennes, mais qui ne dit rien du social, de l'économie. Évidemment pas l’ombre d’une autocritique sur la politique européenne passée ! Quand le président de la délégation grecque explique qu’il ne saurait voter un tel texte qui ne reprend rien des propositions socialistes, le président du groupe lui explique qu’il n’a rien compris et qu’on a obtenu un point majeur à savoir l'appel à " la coordination des politiques économiques ".Quelle audace ! On rêve!! Au passage, notons bien que nul ne s’avance à dire sur quelle perspective nouvelle, il faudrait s’engager.

Dans cette résolution, il n’y a rien sur les paradis fiscaux!
Le P.S.E.- sauf les Français, les Grecs... n'ont pas voté l'amendement des Verts demandant qu'on les combatte dans l'U.E. et hors de l'U.E. Bilan des courses seulement 183 voix pour la lutte contre ces paradis fiscaux, les centres off shore etc....amendement refusé !

Même attitude désespérante du P.S.E. sur la taxe Tobin. L'amendement demandant son instauration n'a recueilli que 178 voix;
Mardi soir, j'ai eu l'occasion de manifester au sein du groupe P.S.E. mon profond désaccord et même ma colère. C'est incroyable, la plupart des députés européens du P.S.E. vivent dans une bulle. Les défaites successives n'ont pas l'air de les perturber. Ils paraissent très satisfaits d'eux-mêmes, ne pensent en aucun cas revoir leurs analyses. Leur seule réelle préoccupation était de savoir si le Traité de Lisbonne serait approuvé avant la fin de l'année!

Il est temps que le P.S. français tape du poing sur la table et propose aux Socialistes européens une autre voie, une autre stratégie ! Faut-il encore qu'au Congrès de Reims notre ligne politique ne soit l'alignement sur la Social-démocratie européenne! 
         

Sur ce blog, lire les articles concernant Gauche refondation.

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19 octobre 2008 7 19 /10 /octobre /2008 21:46

 

La gauche française organise un forum à Paris

 

Le comité de liaison de la gauche organise le premier forum public (mais très limité en places) des partis de gauche et écologistes (MRC, PCF, PRG, PS, Les Verts) mardi 21 octobre à 18h dans une salle du Conseil régional d’Ile-de-France à Paris, sur le thème « Quelle alternative politique dans la mondialisation ». En voici la présentation.

 

Chacun mesure la gravité de la crise de la globalisation financière qui traverse aujourd’hui le monde. Face à la crise financière et économique, écologique et alimentaire, énergétique, sociale, d’autres politiques sont possibles. Ces crises ne datent pas d’hier, elles ont une ampleur mondiale. Pour autant, la responsabilité, dans le cadre national, des politiques menées ces dernières années ne peut être négligée. Ces crises ne sont pas apparues sans raisons, elles sont la conséquence de choix politiques exercés à l’échelle mondiale, mais aussi à l’échelle européenne et au niveau national.

 

Les Partis de gauche et écologistes se sont engagés dans une démarche d’organisation de forums pour débattre sur le fond des dossiers essentiels pour l’avenir de notre pays. Ouverts aux spécialistes, aux organisations syndicales, au monde associatif, à tous les citoyens, ces débats seront des moments de travail essentiels pour la gauche : pour confronter nos analyses et propositions alternatives.

 

Le premier forum a pour thème « quelle alternative politique dans la mondialisation. » Ensemble, les partis de gauche et écologistes veulent confronter leurs analyses et leurs propositions à celle de personnalités scientifiques et d’acteurs du monde social.

 

Jean-Pierre Chevènement s’exprimera au nom du MRC. C’est un thème qui n’est pas nouveau pour lui (voir Appel à une refondation de toute la gauche).

 

Il faut être conscient de la situation dégradée des partis de gauche en Europe. Stéphane Dupont le montre dans un article paru le 15 octobre sur le site des Echos (cliquer sur le titre).

 

Les socialistes européens privés d'espace vital  

On vous l'avait bien dit. » La crise est du pain bénit pour tous ceux qui dénoncent depuis des années les « dérives du capitalisme financier », la « dictature des marchés » ou la « dérégulation sauvage ». L'Etat fait un retour en force remarqué un peu partout dans le monde, y compris aux Etats-Unis, gagnés par le « socialisme financier », de l'aveu même de son secrétaire au Trésor, Henry Paulson.

L'heure est clairement à plus de réglementation et d'interventionnisme public. Un boulevard s'ouvre devant les sociaux-démocrates européens. Mais ils peinent manifestement à s'y engouffrer. Qu'ils soient travaillistes, socialistes ou sociaux-démocrates, les partis de gouvernement de gauche sur le Vieux Continent semblent incapables de surfer sur la vague des faillites retentissantes et des nationalisations expresses, qui se succèdent depuis quelques semaines, si l'on se fie aux sondages ou aux derniers résultats électoraux.

La victoire à la Pyrrhus obtenue, voilà un peu plus de deux semaines, par les sociaux-démocrates aux élections législatives anticipées en Autriche et la défaite historique des conservateurs au scrutin régional en Bavière n'annoncent pas le retour gagnant de la gauche en Europe à la faveur de la crise financière. Bien au contraire.

Le SPÖ autrichien du probable futur chancelier Werner Faymann a perdu six points par rapport aux dernières élections parlementaires, il y a tout juste deux ans, au profit notamment d'une extrême droite à un plus haut historique. Et son cousin allemand, le SPD, n'a pas gagné de terrain face à une CSU en pleine déroute, contrairement aux libéraux ou aux indépendants. Au niveau fédéral, le parti reste à la traîne dans les intentions de vote derrière la CDU/CSU de la très populaire chancelière Angela Merkel, même s'il a repris un peu de poil de la bête récemment.

En Italie, le Parti démocrate de Walter Veltroni ne s'est toujours pas remis de sa très nette défaite, au printemps, face au Peuple de la liberté de Silvio Berlusconi. En Espagne, le PSOE de José Luis Rodriguez Zapatero est, pour la première fois depuis bien longtemps, devancé dans les sondages par le Parti populaire, qu'il avait clairement battu lors des élections législatives en mars. Et au Royaume-Uni, les travaillistes du Premier ministre Gordon Brown accusent un retard considérable dans l'opinion sur les conservateurs, même s'ils ont un petit peu réduit l'écart ces dernières semaines.

Les dirigeants des gauches européennes ne parviennent manifestement pas à se faire entendre et à se démarquer, alors même que la crise financière vient de valider nombre de leurs analyses passées.

Les explications de cette impuissance ne manquent pas. Le PS en France, le Parti démocrate en Italie, le SPD en Allemagne ou le Labour en Grande-Bretagne se perdent, tout d'abord, en querelles de personnes quand il faudrait afficher un front uni.

Dans l'Hexagone, les « éléphants » ont rallumé la guerre des chefs dans la perspective du congrès de Reims et y consacrent une bonne part de leur énergie. Dans la péninsule, Walter Veltroni, affaibli après sa défaite face au « Cavaliere », essaie de se maintenir, alors que la fronde interne grossit. Outre-Manche, la jeune garde travailliste tente de pousser l'un des siens, David Miliband, l'actuel ministre des Affaires étrangères, au 10, Downing Street, à la place du très impopulaire Gordon Brown. Et outre-Rhin, le SPD vient de débarquer son trop peu médiatique numéro un, Kurt Beck, et de se choisir un nouveau candidat à la chancellerie, Frank-Walter Steinmeier, le très apprécié chef de la diplomatie au sein du gouvernement Merkel.

Les grands partis de gauche européens se sont, ensuite, beaucoup recentrés ces derniers mois, allant même parfois jusqu'à céder aux sirènes du social-libéralisme.

Un repositionnement pour le moins maladroit tactiquement, au moment où Wall Street appelait les fonds souverains et le Trésor au secours. Au moment où l'interventionnisme public et la régulation s'imposaient comme les nouvelles boussoles du capitalisme aux abois.

Avant même les élections d'avril dernier, le Parti démocrate, en Italie, avait, ainsi, jugé bon de couper les ponts avec la myriade de petits partis de gauche radicale. En France, Bertrand Delanoë s'était déclaré « libéral et socialiste » avant de se lancer à la conquête du parti socialiste. Et en Allemagne, le SPD vient de se choisir comme champion l'ancien bras droit de Gerhardt Schröder, l'un des principaux artisans du fameux « agenda 2010 », l'ensemble de réformes libérales du début de la décennie, aujourd'hui honni par la gauche du parti.

Mieux inspirés, les dirigeants de droite se sont, eux, empressés, cet été, de donner un coup de barre à gauche.

Du financement du RSA au discours de Toulon, Nicolas Sarkozy a été particulièrement en pointe dans ce domaine. Mais Silvio Berlusconi n'a pas démérité, non plus, en se muant en « sauveur » d'Alitalia. L'un comme l'autre, mais aussi Angela Merkel, ont lancé une véritable OPA sur des thèmes qu'auraient pu enfourcher avec profit leurs challengers de gauche. Les privant pour le coup d'espace vital.

Les gauches de gouvernement en Europe se retrouvent, en effet, désormais comprimées entre des droites recentrées et des gauches radicales revigorées par la déroute de la finance toute puissante et l'effondrement d'un système qu'elles n'ont cessé de combattre.

Die Linke (« la gauche ») outre-Rhin, est crédité de 15 % des voix au prochain scrutin fédéral dans un an, par certains sondages, contre à peine 20 % au SPD. Et le parti d'Oskar Lafontaine est donné gagnant lors des élections régionales à venir en Sarre.

Olivier Besancenot se classe souvent dans les enquêtes d'opinion comme le « meilleur opposant » à Nicolas Sarkozy. Et aux Pays-Bas, les travaillistes, actuellement au pouvoir avec les chrétiens-démocrates, sont débordés sur leur gauche par les socialistes aux positions nettement moins consensuelles.

Les sociaux-démocrates sont probablement convaincus que les événements actuels leur donnent raison et que leur heure fatalement viendra. Que la récession et la remontée du chômage feront leur oeuvre et leur profiteront à terme dans les urnes. Mais rien n'est moins sûr, le SPD et le SPÖ viennent d'en faire l'amère expérience en Allemagne et en Autriche.

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18 octobre 2008 6 18 /10 /octobre /2008 17:38

 

M’PEP : cinq étapes pour reconstruire la gauche

 

Les signataires de l’appel initié par la revue Politis s’étaient donné rendez-vous le 11 octobre à Gennevilliers (voir L’appel de Politis pour une « nouvelle force » politique (L’Humanité du 13/10/08).

 

Après cette réunion, le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP - http://www.m-pep.org) a présenté, le 14 octobre, ses propositions sous le titre « 5 ETAPES POUR RECONSTRUIRE LA GAUCHE ».

 

Le M’PEP propose à toutes les forces de gauche un accord en 5 points :

 I.- S’unir à la base

La nouvelle force politique de gauche dont la France a besoin n’existera, se développera et n’intéressera les citoyens que si elle apparaît comme porteuse d’un projet collectif et s’enracine à l’échelon local. La définition du sens, des finalités et des formes de l’action militante de cette nouvelle force politique est une exploration à entreprendre dès maintenant. Autrement, une pratique politique de sommet s’imposera. C’est pourquoi le M’PEP propose que les militants des organisations favorables à la création d’une grande force de gauche s’organise aussi à l’échelle locale.

 II.- Agir par des campagnes communes

 Sans attendre l’élaboration d’une plateforme commune et la mise en place de premiers éléments d’organisation, c’est l’action unitaire qui devra prévaloir. C’est pourquoi les forces politiques situées à gauche ont une vocation naturelle à s’entendre pour mener des campagnes sur des sujets qui préoccupent ou devraient préoccuper les citoyens. Ces sujets sont parfaitement bien repérés. Il s’agit de l’emploi et du travail, de la sécurité, de l’éducation, des retraites, des transports en commun, de la santé, de l’environnement, de la laïcité... Dans l’immédiat, toutes les forces de la gauche doivent être mobilisées pour la défense de la Poste.

L’action devrait être menée sous forme de campagnes, ayant une date de début et une date de fin. Les campagnes peuvent avoir des objectifs variés : information et sensibilisation ; pétition ; préparation de manifestations ; conférences débat… L’idéal serait que ces forces politiques se rassemblent sous un label, acclimatant les citoyens afin de préparer le terrain pour les futures élections.

 III.- Elaborer un projet de gouvernement sur quelques points clé

Pour lancer une nouvelle dynamique de gauche, il faut un programme, un projet et une perspective s’inscrivant dans l’histoire. Il faut une suite à l’épopée de la gauche et du socialisme commencée en 1789. Mais une telle ambition demande du travail, beaucoup de travail.

C’est pourquoi le M’PEP veut participer au rassemblement de tous les groupes politiques qui cherchent dans cette direction, de sorte que de cette diversité jaillisse un projet fédérateur. Ce projet devrait concerner quelques points clé et s’élargir peu à peu : un domaine étendu de propriété sociale ; des droits opposables notamment celui de l’emploi ; une démocratisation généralisée de la société ; la promotion de la Charte de La Havane comme alternative au libre-échange.

Tout programme de gouvernement repose évidemment sur des présupposés idéologiques, implicites ou explicites. Le débat idéologique, on le sait, est nécessaire mais n’aboutira probablement pas à un accord. C’est pourquoi, tout en poursuivant le débat idéologique, les forces de gauche doivent être capables de se rassembler sur un programme de gouvernement concret. Le tout ou rien devra être proscrit. Aucune force ne pourra faire accepter toutes ses propositions aux autres. Il faudra donc que chacun accepte des compromis en distinguant ce qui va ou non dans le bon sens.

 IV.- Créer une structure de rassemblement entre mouvements et partis politiques

L’émiettement des forces de gauche peut être la pire ou la meilleure des choses. Il serait la pire des choses s’il devenait permanent, et qu’il se traduise par des attitudes sectaires ou le jeu des ego, comme au moment de la présidentielle de 2007. Mais cet émiettement peut être aussi la meilleure des choses si la mutualisation l’emporte sur la division. Car chaque groupe existant aujourd’hui à gauche possède sa propre spécificité. En rassemblant tous les groupes, ce sont les multiples facettes de la réalité qui seraient abordées, débouchant sur des propositions globales. Cette diversité doit être une richesse. Il faut donc créer un lien où ces groupes pourront engager le dialogue.

 V.- Préparer dès maintenant les prochaines échéances électorales

Le régime présidentiel pèse de plus en plus sur le système politique français. Il rend les alliances électorales très difficiles et favorise la bipolarisation. Mais il demeure, qu’on le veuille ou non, la clé de voûte des institutions françaises. Aucune force politique ne peut s’en échapper, sauf à se marginaliser et à disparaître du champ politique.

Toute élection présidentielle est une bataille politique à laquelle le M’PEP prendra part. Sa stratégie sera celle de l’union de la gauche dès le premier tour, y compris avec le PS si le contenu politique le permet. Autrement dit, le M’PEP est prêt à faire campagne pour un candidat commun de la gauche issu du Parti socialiste. Une telle décision, cependant, reposera sur un accord politique. Celui-ci devra comporter, évidemment, des engagements concernant la lutte contre les inégalités. Si ces engagements portent sur des mesures susceptibles de faire progresser significativement l’égalité, le M’PEP contribuera à faire élire le candidat qui les défendra.

Prenons un exemple avec le programme de Ségolène Royal à la présidentielle de 2007. Certes, ce programme, sur le papier, était « moins pire » que celui de Nicolas Sarkozy. Mais, rétrospectivement, le M’PEP n’y a vu aucune proposition susceptible de faire progresser significativement l’égalité. Si un candidat commun à la gauche, incluant le PS, ne peut pas être désigné, le M’PEP agira pour la présence d’un candidat commun de la gauche en dehors du PS, ce dernier étant disqualifié pour porter l’étiquette de gauche.

Enfin, si cette dernière hypothèse n’arrivait pas à voir le jour, le M’PEP n’écarte pas la possibilité de présenter son propre candidat ou sa propre candidate.

Mais il n’y a pas que l’élection présidentielle, il y a les élections européennes en 2009 et les élections régionales en 2010. Ces deux élections doivent être des étapes importantes dans la création de la nouvelle force politique de gauche que nous appelons de nos vœux, et pour préparer l’élection présidentielle de 2012. Un label de la gauche républicaine et sociale devrait pouvoir être accordé à des listes et candidats qui porteraient ses couleurs.

 

Voir aussi l’intervention de Jacques Nikinoff, porte-parole du M'PEP, le 6 septembre 2008, à l’université d’été MRC de Belfort :

 Les défis à relever. Les valeurs sur lesquelles reconstruire la gauche, par Jacques Nikonoff

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25 septembre 2008 4 25 /09 /septembre /2008 21:04

Les militants socialistes voteront pour le changement

 

Je continue de suivre de près la préparation du congrès du PS, car celui-ci aura de grandes conséquences sur l’avenir de la gauche ces prochaines années.

 

Dans l’histoire du PS, je considère que les congrès d’Epinay-sur-Seine (1971, fondateur) et de Metz (1979) ont été les plus marquants. Ils ont eu une incidence évidente sur la victoire de la gauche à l’élection présidentielle, le 10 mai 1981. Est-ce un hasard si ces deux congrès ont été aussi ceux de l’alliance décisive entre François Mitterrand et Jean-Pierre Chevènement ? Sûrement pas.

 

Je renvoie aux articles parus les 21 et 23 septembre sur ce blog pour le rappel des épisodes précédents, concernant ce congrès 2008.

 

PS : la logique est respectée dans les alliances internes de congrès - 21 septembre 2008

 

PS : six motions, dont quatre qui comptent, pour le vote du 6 novembre - 23 septembre 2008

 

Tout concourt pour que le congrès de Reims soit celui du changement.

 

Le PS est resté sur le non choix du congrès de Rennes, en 1990 (j’y étais). Les débats étaient vifs, intéressants, mais pollués par les rivalités entre Lionel Jospin, n° 2 du gouvernement, et Laurent Fabius, président de l’Assemblée nationale. Le premier s’était allié à Michel Rocard, premier ministre. Le second était le favori de François Mitterrand, président de la République. Mésentente cordiale entre ces deux derniers... Le congrès de Rennes fut un échec retentissant.

 

Lors du congrès de Brest (j’y étais), en 1997, Lionel Jospin, nouveau premier ministre, avait propulsé François Hollande pour le remplacer à la tête du PS, la majorité étant composée principalement de jospinistes et de rocardiens. De fait, comme j’ai pu l’observer au conseil national, pendant quatre ans (1997-2001), c’est Lionel Jospin, premier ministre, qui continuait d’imprimer sa marque aux orientations du parti.

 

Depuis 2002, la même ligne politique s’est imposée, les références à l’ancien premier ministre étant bien présentes, même si lui-même s’était éloigné.

 

Lors de ce congrès de Reims, non seulement la succession de François Hollande est en jeu, mais aussi celle de la ligne politique imposée par Jospin et Rocard jusqu’à présent.

 

La lecture des motions doit se faire sur cette base-là. Ceux qui assument le bilan de la gestion socialiste depuis 1995 sont regroupés autour de Bertrand Delanoë, François Hollande et Lionel Jospin. J’ai peine à croire qu’ils réussiront à trouver des alliés parmi les autres signataires de motions.

 

Il est vrai qu’il y a peu de différences, sur le fond, entre les textes Delanoë, Aubry et Collomb (trois grands maires, ce n’est pas un hasard). Le texte Hamon se distingue assez nettement sur le fond (voir  Au congrès du PS, tout le monde sera minoritaire  (Le Monde, 25 septembre).

 

Voici les propos, sur ce point, de Jean-Pierre Chevènement, tels qu’ils ont été rapportés par l’AFP, hier : Chevènement ne voit pas «très bien la différence» entre les motions du PS

 

La personnalité de Ségolène Royal la classe à part, presque en dehors du PS actuel (à tel point que François Hollande la soupçonne de vouloir créer un autre parti au cas où elle ne serait pas associée aux commandes du PS). Sa motion arrivera peut-être en tête des votes des adhérents le 6 novembre, mais elle-même devra se mettre en retrait pour qu’elle ait des chances de s’allier avec d’autres, lors du congrès. C’est ce qu’elle a commencé à faire en acceptant que le maire de Lyon soit le premier signataire de la motion qu’elle soutient.

 

Dans le contexte économique et social de crises multiples, et, compte tenu des échecs politiques assumés par la direction sortante, je crois que Martine Aubry et Benoît Hamon auront le vent en poupe, d’autant plus qu’un congrès se gagne par la gauche. Ils bénéficieront d’une dynamique auprès des militants.

 

N’oublions pas que Benoît Hamon était membre du cabinet de Martine Aubry lorsque celle-ci était la ministre de l’emploi et des affaires sociales, en 1997. J’en déduis que ces deux motions seront les plus compatibles sur le fond et sur la capacité de leurs signataires à travailler ensemble, en rupture avec la direction sortante. Elles seront bien placées pour trouver des alliés, si nécessaire, auprès des amis de Ségolène Royal.

 

Ainsi, des changements profonds devraient se produire à Reims, ouvrant des perspectives nouvelles pour la gauche dans son ensemble.

 

Pour s’informer sur les motions et leurs signataires, je propose la lecture de quelques articles en ligne.

 

PS : quatre « rassembleurs » et autant de divisions (Rue89, Julien Martin, 24 septembre)

Six "écuries" en lice pour le congrès (Le Monde, Michel Noblecourt, 25 septembre)

 

Des alliances à l'écologie, ce que disent les motions du PS (Le M, Jean-Michel Normand, 25 sept)

 

Le PS n'échappera pas à une clarification (Le Monde, Michel Noblecourt, 25 septembre)

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23 septembre 2008 2 23 /09 /septembre /2008 23:21

Benoît Hamon et l’aile gauche au complet

 

Le Conseil national du PS a enregistré ce soir six motions (textes d’orientation), qui seront présentés au vote des adhérents le 6 novembre. C’est conforme à ce qui se dessinait dimanche (voir PS : la logique est respectée dans les alliances internes de congrès - 21 septembre 2008).

 

En fait, quatre motions se partageront les votes ; les deux autres feront de la figuration.

Les gros bras sont les équipes Royal, Delanoë, Aubry et Hamon. Les deux autres sont « Utopia » et le « pôle écologique ».

Voir PS : 6 motions pour un fauteuil (Le Figaro, 23 septembre).

Les faits nouveaux sont les choix (difficiles, mais logiques) de Pierre Moscovici en faveur de la motion Delanoë et de Julien Dray en faveur de la motion Collomb-Royal d’une part, et le carton plein réalisé par Benoît Hamon, qui a rassemblé toute la gauche du PS (y compris Jean-Luc Mélenchon) d’autre part.   

Le Figaro, comme Marianne, prennent conscience que la gauche réunie peut jouer un rôle majeur dans ce congrès. Voici l’article signé Eric Dupin, paru sur le site de Marianne, ce 23 septembre.

La gauche du parti arbitrera-t-elle les rivalités internes au PS ?

Le congrès de Reims bouleverse la géographie du PS. Les courants traditionnels ont éclaté et l'affrontement ne se limite pas à celui des deux principaux présidentiables, Royal et Delanoë. Dans la bataille quadripolaire qui s'annonce, la gauche du parti pourrait jouer les arbitres.

La géographie politique du Parti socialiste est bouleversée à quelques mois du congrès de Reims. Les quatre principales motions déposées hier dessinent un drôle de paysage. L'affrontement annoncé, depuis des mois et des mois, entre Ségolène Royal et Bertrand Delanoë a cédé la place à une bataille quadripolaire aussi ambiguë qu'incertaine.

Les deux présidentiables les plus en vue – celle qui a déjà été candidate et celui qui voudrait l'être – sont certes toujours dans la course. Mais Royal et Delanoë ont dû prendre des gants. Consciente de l'affaiblissement de son influence dans le parti, la présidente de Poitou-Charentes s'abrite désormais derrière Gérard Collomb et les barons d'une « Ligne claire » qui ne mérite plus vraiment ce nom. Quant à l'ambition du maire de Paris, elle doit encore plus être dissimulée depuis le ralliement de Pierre Moscovici, l'homme qui était prêt à faire don de sa personne aux socialistes pour leur éviter de passer sous la coupe d'un présidentiable.

Les militants savent pourtant qu'en choisissant l'une de ces deux motions, ils avantageront Royal ou Delanoë dans la perspective de la présidentielle de 2012. Car ce n'est pas l'orientation de fond qui diffère vraiment entre elles. La nuance qui les distingue porte plutôt sur la pratique politique. La motion Collomb-Royal porte en germe une mutation du PS tandis que la motion Delanoë-Hollande incarne une certaine fidélité à sa tradition. Ce n'est pas un hasard si c'est la question de l'alliance avec le MoDem – envisagée par la première et rejetée par la seconde – qui apparaît ici la plus clivante.

On n'en saurait cependant exagérer la cohérence de ces deux motions. Le camp de la « mutation » est soutenu par certaines grosses fédérations comme les Bouches-du-Rhône qui n'ont jamais brillé par leur sens de l'innovation. Et le camp « traditionnel » de l'appareil hollandais est tout de même appuyé par bon nombre de rocardiens historiques. La confusion atteint cependant des sommets avec la troisième motion, emmenée par Martine Aubry. Celle-ci mêle des partisans de Laurent Fabius et de Dominique Strauss-Kahn. Elle balaie tellement large qu'elle risque de donner le tournis aux militants. La question stratégique de l'alliance au centre va d'ailleurs mettre mal à l'aise le maire de Lille qui a passé un accord local avec le MoDem dans sa propre ville. La motion Aubry pourra, au mieux, proposer une vaste redistribution des cartes et, au pire, un front du refus aux deux principaux présidentiables.

La motion Hamon va peser


Reste la motion la plus aisée à définir : celle du député européen Benoît Hamon. Pour la première fois depuis des lustres, la gauche du PS s'est unie autour d'un seul texte à proposer aux militants. Cette motion rassemble à la fois les amis d'Henri Emmanuelli, ceux de Paul Quilès et Marie-Noëlle Lienemann, de Jean-Luc Mélenchon et même de Pierre Larrouturou. S'y mêlent à la fois des vétérans de la gauche historique et des figures plus récentes. La clarté de son discours devrait lui assurer une audience non négligeable.

Or il suffira que la gauche du parti recueille entre 15% et 20% des mandats, un score qui semble tout à fait à sa portée, pour qu'elle puisse être en position d'arbitrer l'issue du congrès. Les motions Royal et Delanoë auront le plus grand mal à s'allier, rivalité d'ambitions oblige. La motion Aubry tentera également de jouer sa propre carte. L'appoint de la motion Hamon a donc toutes les chances d'être décisif pour forger la future majorité du PS.

 

Voir aussi Union «historique» de l'aile gauche du Parti socialiste (Le Figaro, 23 septembre).
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