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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 21:59

La stratégie et les alliances, au cœur du débat

 

Tel qu’il est, le Parti socialiste a très peu de chances de revenir au pouvoir. Depuis Jaurès, ce parti n’a pas su se donner des dirigeants capables de rassembler et de gouverner.

 

François Mitterrand est venu d’ailleurs, du camp républicain (un petit parti - la Convention des Institutions républicaines - et un savoir-faire politique acquis sous la IVème République).

 

En 1971, il a pris le PS par surprise, avec la complicité active de Jean-Pierre Chevènement, et lui a fait prendre des choix en matière de stratégie et d’alliances, qui ont été à l’origine de la victoire de la gauche en 1981.

 

Près de quarante ans plus tard, le PS a besoin de Jean-Pierre Chevènement pour le sortir de son enlisement actuel et empêcher Sarkozy d’être réélu, comme Mitterrand l’avait fait avec Giscard d’Estaing en 1981. Pour en savoir plus, consulter les précédents articles sur ce blog, notamment :

 

Jean-Pierre Chevènement a répondu à Martine Aubry, au nom du MRC - 16 juillet 2009

 

L'université d'été du MRC aura lieu à Toulouse les 5 et 6 septembre - 20 juillet 2009

 

 

Mon idée est de lancer en septembre une mobilisation citoyenne sur le thème :

 

« Avec Chevènement, pour gagner en 2012 »

 

En prenant appui sur des comités locaux, départementaux et régionaux.
Donc, en partant de la base, afin de pousser les partis* à travailler ensemble pour préparer sérieusement 2012.

 

* Le spectacle offert par les partis de gauche est désespérant.
Les citoyens doivent être l’aiguillon les incitant à se rapprocher
afin de proposer une véritable alternative au pouvoir en place.

 

 

 

Pour information, voici les titres d’articles de presse récents concernant le PS. Edifiant !

 

Bernard-Henri Lévy : le Parti socialiste "doit disparaître" (Le Monde, 19 juillet)

 

Au PS, Julien Dray dénonce "l'amateurisme" de Martine Aubry (Le Monde, 19 juillet)

 

Manuel Valls : "Le PS doit changer ou mourir" (Le Monde, 21 juillet)

 

Montebourg : le PS est "tombé dans le formol" (Nouvel Observateur, 20 juillet)

 

La crise de gouvernance au Parti socialiste tourne à la farce, par Michel Noblecourt (Le Monde, 20 juillet)

 

BHL, Dray, Lang: le PS est malade? Tuons-le!  (Marianne2, Sylvain Lapoix, 21 juillet)

 

Bianco rappelle à l'ordre les «éléphants et éléphanteaux» du PS (Libération, 22 juillet)

 

Moscovici : "Le PS ne doit pas disparaître, il doit profondément changer" (Le Monde, 22 juillet)

 

 

Cet article est le 112ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche refondation.

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16 juillet 2009 4 16 /07 /juillet /2009 22:03

Le PS aurait intérêt à se saisir des propositions du MRC


Martine Aubry, responsable du Parti Socialiste, n’a pas eu un franc succès avec l’initiative qu’elle a prise, le 7 juillet, d’adresser une lettre aux responsables des partis de gauche se situant dans la perspective de participer au gouvernement de la France - voir, sur ce blog :


L'appel du PS au rassemblement de la gauche, initiative intéressante
- 12 juillet 2009

Michel Sorin : le PS ne s'en sortira pas sans se remettre en question - 13 juillet 2009

 

Sur le site de Rue89, Julien Martin, le 13 juillet, expliquait : Union de la gauche : pourquoi Martine Aubry prend un râteau.

 

« Après son piètre score aux européennes, le PS échoue à créer une union de la gauche en vue des régionales ».

Avec plus ou moins de doigté, tous ont dit non à Martine Aubry. Mardi dernier, la première secrétaire du PS a envoyé une lettre à tous les représentants des partis de gauche, à l'exception du NPA, pour les appeler à une « nouvelle démarche de rassemblement », à la création d'une « maison commune », dès les élections régionales de 2010 (…).

Mais le Parti socialiste, qui éprouve les pires difficultés à rassembler en son propre sein, ne parvient plus à convaincre les autres partis à gauche de se réunir autour de lui. Un second désaveu cinglant pour la première secrétaire socialiste, après l'échec des européennes. Des partis qui ont chacun des raisons à faire valoir pour justifier leur refus.

Raison n°1 : Les alliances avec le MoDem.  Raison n°2 : La faiblesse électorale du PS. Raison n°3 : Les expériences passées.

Concernant le Mouvement Républicain et Citoyen, qui n’avait pas répondu, le journaliste anticipait une réponse négative.

(…) L'échec d'une alliance aux élections européennes semble toujours très présent dans les esprits. Selon nos informations, son président (Jean-Pierre Chevènement) ne rendra public sa réponse à Martine Aubry que mercredi, mais le dernier édito publié le 29 juin sur son blog ne laisse guère la place au doute :

« Nous avons cherché depuis trois décennies à réconcilier la gauche avec l'exigence républicaine. (…) C'est peu dire que le PS ne nous en a pas été reconnaissant. Nous avons cependant résisté à la campagne de marginalisation lancée contre nous, depuis longtemps et redoublée depuis 2002. (…) Le MRC fera donc entendre sa voix en toutes circonstances. »

La presse, y compris celle dite de gauche, ne veut pas croire en la crédibilité de l’initiative de Martine Aubry, car elle ne croit pas dans la crédibilité du PS.

J’ai observé que, depuis la parution publique de la réponse de Jean-Pierre Chevènement, relayée par une dépêche de l’AFP, aucun organe de presse ne l’a évoquée. Sans doute parce qu’elle ne va pas dans le sens attendu. Voici cette réponse, parue le 15 juillet sur le site du MRC.

Jean-Pierre Chevènement répond à la lettre de Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste

 

Madame la Première Secrétaire, chère Martine,

J’ai bien reçu votre lettre du 7 juillet 2009. Nous partageons l’idée que « la gauche doit changer », mais elle ne saurait, selon nous, surmonter ses divisions que si, tous ensemble, nous sommes capables de procéder à une analyse sérieuse et approfondie de la « globalisation financière » ou si vous préférez, du capitalisme financier de notre temps. Ce système qui a creusé les inégalités et entraîné un profond recul de la démocratie ne s’est pas installé d’hier. Sa crise implique que nous définissions des ripostes qui soient « à la hauteur ». Nous devons offrir un projet dans lequel le peuple français puisse se reconnaître.

A cet égard, nous sommes trop conscients des insuffisances que la gauche a manifestées après 1983 aussi bien que dans la période dite de la « gauche plurielle » (1997-2002) pour proposer de revenir à des formules qui ont montré leurs limites. Il a manqué et il manque encore à la gauche un « projet ».

 

Nous sommes donc partisans d’Etats généraux de la gauche où chacun pourrait exposer ses analyses et ses propositions, non pas sur un sujet particulier mais sur l’ensemble de la démarche qui permettrait de rendre un espoir à notre peuple.

Nous ne voulons pas noyer sous des initiatives particulières qui brouilleraient encore plus le message de la gauche, l’autocritique salubre et nécessaire et les propositions à la fois audacieuses et réalistes qui pourraient retisser un lien de confiance, aujourd’hui fortement distendu entre la gauche et les couches populaires.


Pour ce qui le concerne, le Mouvement Républicain et Citoyen avait proposé, lors de son dernier Congrès, les 28 et 29 juin 2008, au Kremlin-Bicêtre, une « refondation républicaine » de toute la gauche. Qu’entendons-nous par là ? Qu’en toutes choses l’intérêt du pays soit notre boussole. C’est cette exigence républicaine qui pourrait permettre de déboucher sur la création d’un grand parti de toute la gauche seul capable de fournir l’électrochoc nécessaire. Nous constatons que notre offre n’a rencontré aucun écho de la part de la direction du parti socialiste, jusqu’à votre lettre du 7 juillet 2009 évoquant une « maison commune », aux contours, il est vrai, pour le moins imprécis.

Le redressement de la construction européenne, le rôle que la France peut y prendre, la conception républicaine de la nation sont évidemment des questions clés. L’est également l’élaboration d’un nouveau modèle de développement qui soit soutenable dans la durée et tienne compte de la nouvelle multipolarité du monde. Entre les Etats-Unis et la Chine dont la relation structurera le XXIe siècle, la France et l’Europe ont des intérêts légitimes à défendre, à commencer par ceux de nos couches populaires, particulièrement éprouvées par les délocalisations d’activités.

L’intérêt général de notre peuple et celui de l’Humanité tout entière ne sont pas contradictoires. Encore faut-il inventer un nouveau chemin. C’est à cela qu’une gauche digne de ce nom devrait consacrer ses efforts. Pour ne pas décevoir à nouveau, la gauche doit tenir un discours de vérité.

C’est dans cet esprit que le Mouvement Républicain et Citoyen est prêt à participer à la rentrée à une rencontre des partis de gauche qui permette de « débroussailler le terrain ».

Je vous prie de croire, Madame la Première Secrétaire et chère Martine, en l’assurance de ma meilleure pensée.

 

Lire aussi la dépêche AFP (16 juillet) : Appel d'Aubry au rassemblement: le MRC "prêt" à rencontrer les partis de gauche

 

Cet article est le 111ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche refondation.

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13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 22:54

La lettre de Martine Aubry,

une chance à saisir par la gauche

 

 

Permettez à l’ancien militant et responsable PS que je suis de ne pas écarter d’un revers de la main la proposition de Martine Aubry (voir L'appel du PS au rassemblement de la gauche, initiative intéressante - 12 juillet 2009).

 

J’ai lu les articles de presse parus ce 13 juillet, indiquant que Le désarroi des dirigeants du PS s'accentue (Le Monde, Jean-Michel Normand) et que La maison commune d'Aubry se construit sur du sable(Marianne2, Gérald Andrieu).

 

Mais il faut prendre au sérieux la tentative des dirigeants socialistes de se remettre en question après leur échec des élections européennes : Réarmement, dépassement, projet... : le nouveau langage socialiste (Le Monde, 13 juillet, Jean-Michel Normand).

 

Nous n’avons rien à gagner à l’affaiblissement durable du PS, car, pour longtemps, ce serait l’échec de la gauche et des forces du progrès.

 

En France, il y a deux grands partis de gauche : le PS et le PCF. La crise doit les amener à dépasser leur rupture du congrès de Tours, en 1920. L’auteur du livre « Les socialistes, les communistes et les autres » (Editions Flammarion, 1977) et, aussi, de « Le vieux, la crise, le neuf » (Flammarion, 1975) peut les y aider. Il s’agit, bien sûr, de Jean-Pierre Chevènement.

 

Sur le site du PS, on peut lire ceci :

Martine Aubry s'adresse aux responsables des partis et mouvements de gauche et écologistes

7 juillet 2009

Pour une nouvelle démarche de rassemblement à gauche afin de dégager les bases d'une politique alternative, Martine Aubry a adressé une lettre aux responsables des partis et mouvements de gauche et écologistes.

Lire la lettre de Martine Aubry

La situation du pays est grave. Il est traversé par une crise profonde. Profonde dans l’ampleur des dégâts sur les vies humaines : la montée du chômage, l’explosion des inégalités et de la précarité sont terribles. Profonde aussi dans sa signification. Cette crise est celle d’un système qui impose la rentabilité à court terme, l’accumulation de biens matériels et d’argent comme principes majeurs de la société. C’est aussi un modèle de société qui oppose les hommes et les territoires et détruit la planète.


Pourtant la droite, aujourd’hui emmenée par Nicolas Sarkozy qui fait sienne cette idéologie néolibérale, n’a pas été sanctionnée dans les urnes.

En cela, le résultat des dernières élections est un nouvel échec pour les forces de progrès, même si les résultats individuels ont été contrastés. Nous réunissons plus de voix que la droite mais nous apparaissons collectivement comme les perdants du scrutin du 7 juin. Et si certains partis de gauche se détachent à telle ou telle élection, nous sommes incapables de transformer notre force collective en alternative politique à la droite.


Pour gagner, nous devons surmonter les divisions de nos mouvements et ou de nos partis. Nous devons changer. Nous devons, d’une seule voix, convaincre les Français que nous incarnons, ensemble, une alternative solide et durable pour bâtir un autre modèle de développement, un nouveau modèle de société, un nouveau monde.


Comme beaucoup d’entre vous, j’ai appelé de mes voeux une nouvelle démarche de rassemblement à gauche. Une « Maison commune » ouverte à tous les chemins que nous pouvons emprunter ensemble. Le Parti Socialiste aborde cette démarche sans préalable. Les formes que doit prendre cette démarche sont à inventer collectivement.


Bien sûr, nos partis et nos mouvements représentent tous une histoire particulière, des valeurs et des projets qui leur donnent une légitimité politique. Les enjeux changent, les solutions de demain ne sont pas celles d’hier, mais les valeurs et les combats menés demeurent notre socle commun.


Le Parti Socialiste est né des rapports entre capital et travail dans l’entreprise. Il a su unir, à force de luttes, l’aspiration à la justice sociale et l’attachement aux libertés. Il a apporté une puissante contribution à l’établissement de la protection sociale. Ces combats sont plus que jamais d’actualité. Mais, ils sont perdus s’ils ne prennent pas compte les nouveaux impératifs de notre société : la mondialisation, la société numérique, les chocs démographiques et écologiques.


Ces évolutions - pensées et régulées - peuvent être positives. Aujourd’hui, elles sont créatrices de nouvelles formes d’inégalités. Et si l’écologie politique a reçu un écho favorable lors des dernières élections, c’est aussi parce que les hommes comprennent l’urgence environnementale. Ils perçoivent ces enjeux environnementaux comme une nouvelle ligne de fracture entre ceux qui peuvent résister, se protéger et ceux qui, déjà, subissent la dégradation de la planète. Ils veulent qu’on pense aux générations futures.


Tous ensemble, nous devons relever les nouveaux défis de cette société exsangue. Nous aspirons à une société post-productiviste fondée sur une croissance sélective, sobre, socialement responsable et post-matérialiste portant le bien être, l’émancipation de chacun, le soin et le respect de l’autre.


Nous pouvons répondre aux aspirations des Français si nous sommes résolus à mettre en commun nos analyses, à partager nos perspectives et à proposer des solutions pour préparer un autre avenir.

Cela suppose que nous acceptions tous de réévaluer nos certitudes pour dégager ensemble les bases d’une politique alternative. Le Parti socialiste y est prêt.


Clairement, notre objectif est de participer à l’élaboration d’un projet commun de la gauche en 2012, mais aussi de mettre en oeuvre une stratégie politique électorale commune pour l’emporter. Nous pensons que la « maison commune » doit accueillir tous les citoyens qui se reconnaissent dans cette démarche de changement.


Nous avons déjà eu les uns et les autres des contacts informels. Je vous propose que nous entrions de plain-pied collectivement dans cette démarche. N’oublions pas que c’est toujours en étant unis que nous avons connus nos plus belles victoires au service de nos concitoyens, en 1936, en 1981 et en 1997, mais aussi récemment nos plus belles victoires locales.


Nous devons accorder à ce dialogue tout le sérieux nécessaire en nous donnant le temps qu’il faut, mais sans en perdre : pour nous, notre rassemblement doit s’engager dès les élections régionales. Elles sont un enjeu majeur pour la gauche, le Parti socialiste est prêt à travailler dans chaque région avec l’ensemble des partis de gauche et les écologistes, sur un projet commun et une réflexion commune sur notre stratégie électorale.


Au-delà, ce rassemblement pourrait se décliner sous la forme d’initiatives communes, par exemple sur la question de l’emploi à la rentrée -qui va être sans doute la plus difficile jamais connue particulièrement pour les 650 000 sortants du système scolaire- ou à l’automne sur le climat dans la perspective du sommet de Copenhague. Nous pourrions aussi décider du principe de ripostes communes aux atteintes contre les droits sociaux, et les libertés publiques ou locales.


Les hommes et les femmes que nous représentons réclament l’unité. Ils ont raison et la crise qu’ils subissent nous crée plus que jamais des obligations. Nous devons marquer notre volonté de changer la donne politique.

Pour inventer et porter ensemble un autre modèle de société, fondé sur nos valeurs de progrès, de justice sociale, de solidarité et de préservation des équilibres écologiques et des libertés collectives. Voilà pourquoi je vous propose de nous rencontrer au   plus tôt selon les formes dont nous pourrons convenir.


Je sais le chemin du rassemblement exigeant mais je m’y engage pleine d’espoir et d’optimisme, consciente de notre responsabilité historique et de l’attente populaire.


Cet article est le 110ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche refondation
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12 juillet 2009 7 12 /07 /juillet /2009 19:45

Clarifier les positions socialistes sur le fond est un préalable

 

 

L’organisation, le 7 juillet, à Marcoussis, d’un séminaire de réflexion sur les grands choix de société était le signe que le PS n’était pas mort, puisqu’il bougeait encore… Voir l’article paru le 7 juillet sur le site du quotidien Le Monde Le PS en séminaire pour jeter les bases d'"un projet de société").

Avant de s'atteler à la définition d'un programme en bonne et due forme, l'équipe dirigeante veut définir "un projet de société". Plutôt que de commencer à produire une batterie de propositions, le séminaire de Marcoussis doit jeter les bases du renouveau des idées du PS.
Dans la foulée (restons sur la métaphore sportive, après Marcoussis, haut lieu du rugby), le 10 juillet, le PS lance L'appel au rassemblement d'Aubry en vue des régionales. L’initiative ne concerne pas que les élections régionales. En arrière-plan, il y a les élections nationales en 2012.

Pour Martine Aubry, les habitants de ce qu'elle appelle la "maison commune" de la gauche doivent garder en ligne de mire la prochaine élection présidentielle, dans trois ans. "Notre objectif est de participer à l'élaboration d'un projet commun de la gauche en 2012, mais aussi de mettre en œuvre une stratégie politique électorale commune pour l'emporter. Nous pensons que la 'maison commune' doit accueillir tous les citoyens qui se reconnaissent dans cette démarche de changement", écrit-elle.


La société française semble mûre pour un examen de conscience, en vue de changements politiques profonds
.

 

A cet égard, les titres choisis par le quotidien l’Humanité ce soir sont significatifs :

 - L’aspiration à l’égalité revient en force

 - FÊTE DE L’HUMANITÉ : JEAN JAURÈS EN VEDETTE

 

Pourtant, un autre titre exprime des réserves vis-à-vis de l’initiative du PS « LE PS PEINE À IMPOSER SON LEADERSHIP. Malmenés aux européennes, les socialistes échouent à convaincre leurs partenaires de reconduire des alliances sans choix clairs ».

Il faut lire attentivement cette dernière phrase. « Des alliances sans choix clairs », bien sûr, les partis de gauche les refusent, car ils ont déjà donné.

 

Mais, après Marcoussis, le PS n’est-il pas engagé dans un mouvement de révision profonde de ses idées, sachant que le cycle du congrès d’Epinay-sur-Seine est épuisé depuis longtemps ? L’affirmer est prématuré, car, en préalable, le PS doit préciser sa pensée, afin de montrer sa volonté de sortir de sa torpeur intellectuelle.
           

La gauche française s'endort dans les bras de l'Europe (Gaël Brustier, Marianne, 12 juillet). Gaël, qui était secrétaire national MRC, pose les bonnes questions. La gauche française s’est dissoute dans la social-démocratie européenne. Elle peut en sortir par le haut en dépassant le clivage entre la première et la deuxième gauche.

 


"L'appel d'Aubry au rassemblement sent le double jeu", estime Mélenchon
(Le Monde, 11 juillet). Cette réaction est logique, venant de Jean-Luc Mélenchon, dont la stratégie repose sur le postulat que le PS ne peut choisir d’autre voie que le libéralisme, ce qui a conduit le Parti de Gauche (PG) à rechercher une alliance avec le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA).

 

L'offre d'Aubry ne convainc ni Mélenchon, ni le PRG (Nouvel Observateur, 12 juillet), pas plus que Les Verts et Europe Ecologie, engagés avec Cohn-Bendit dans une stratégie de différenciation écologiste au premier tour des scrutins, dans l’espoir de supplanter le PS partout où c’est possible.

 

L’initiative de Martine Aubry suscite des réactions qui étaient prévisibles (voir PS, entre écologistes-démocrates et gauche radicale, cherche alliés - 5 juillet 2009). Cela conforte le Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), qui soutient les initiatives de Gauche Avenir (voir Forum sur l'Etat de la gauche) et de Robert Hue (Le MRC s'associe à l'appel à un « pacte unitaire de progrès »).

 

Cet article est le 109ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche refondation.

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7 juillet 2009 2 07 /07 /juillet /2009 22:34

 

Quilès et Lienemann persistent et signent … une lettre

 

L’initiative de Paul Quilès et de Marie-Noëlle Lienemann semble commencer à porter ses fruits. Il a fallu la défaite cinglante du PS aux élections européennes pour que ce parti s’ouvre aux diverses propositions de reconstruction de la gauche (voir PS, entre écologistes-démocrates et gauche radicale, cherche alliés - 5 juillet 2009).

 

A noter aussi la tentative de Robert Hue (Point de vue paru le 6 juillet sur le site du Monde) : La gauche doit se rassembler, au-delà des partis politiques. Jean-Luc Laurent (MRC) est parmi les signataires, au côté de nombreux socialistes et des personnalités de gauche, de cet appel à élaborer « un pacte unitaire de progrès ».

 

Le PS ne reste pas insensible à ce « remue-méninges ». Il organisait, ce 7 juillet, un séminaire de réflexion stratégique, en vue de la « reconquête de l’esprit d’équipe »  et de son « réarmement idéologique » - voir Le PS en séminaire pour jeter les bases d'"un projet de société".

 

Voici le texte de la Lettre aux leaders de la gauche que les animateurs de Gauche Avenir, Paul Quilès et Marie-Noëlle Lienemann, ont adressée le 6 juillet à Martine Aubry, Jean-Michel Baylet, Marie-George Buffet, Jean-Pierre Chevènement, Cécile Duflot, Jean Luc Mélenchon.

 

Notre club, Gauche Avenir, créé en mai 2007, réunit des personnalités et des militants politiques, syndicaux, associatifs, issus des différentes  sensibilités de la gauche. Il s’est fixé comme objectif  d’œuvrer à son rassemblement, en s’efforçant notamment de l’aider à reprendre l’offensive idéologique.
           

Nous nous adressons à vous aujourd’hui, parce qu’à trois ans de la future élection présidentielle, le temps nous est compté pour réaliser le rassemblement des forces de gauche et écologistes, sur la base d’une charte commune, d’un programme de gouvernement et d’un accord législatif. Notre conviction  est que, en dehors de cette démarche, aucune victoire n’est possible en 2012.
           

Le 2 Juillet dernier, nous avons organisé un Forum sur « l’état de la gauche », qui a réuni de nombreux participants autour de responsables des différents partis, d’intellectuels, d’animateurs d’associations et de mouvements sociaux. Au-delà des différences, tous ont soutenu l’idée de constituer immédiatement un comité national de rassemblement des forces de gauche, réunissant non seulement les partis de la gauche et de l’écologie, mais aussi les associations, les clubs, les mouvements, voire les syndicats, qui se situent à gauche.
           

 Chacun voit bien qu’un simple accord électoral de dernière heure ne suffirait pas à créer une dynamique victorieuse. Le projet et le contenu des engagements qui le scelleront ne sauraient être  préparés en cercle restreint. Ils doivent être le fruit d’un travail sérieux, de débats approfondis, d’une volonté de synthèses nouvelles autour des valeurs fondamentales de la gauche, qui, pour la plupart, demeurent d’une grande actualité.
           

Ce comité national pourrait, à travers des Etats généraux de la gauche,  associer à des « primaires du projet » ces milliers de femmes et d’hommes de gauche qui, trop souvent, ne se reconnaissent plus  dans le paysage politique actuel.
            

Ainsi pourrions-nous reconstruire la confiance, l’espoir et un mouvement d’engagement politique et citoyen. C’est de cette attente et  de cette  proposition que nous  nous faisons ici les interprètes.
           

A l’occasion du forum de Gauche Avenir, nous avons commandé un sondage. Celui-ci montre que  59% des Français  pensent que la création d’un tel comité* est une action qui va dans le bon sens. Ce score atteint près de 70% pour les électeurs de gauche et des Verts.
          
Nous pensons, avec celles et ceux qui ont participé à notre forum, qu’il vous revient de prendre une initiative forte et unitaire en ce sens et nous espérons vivement que vous accepterez de vous y engager rapidement (…).
 

Cet article est le 108ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche refondation.

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5 juillet 2009 7 05 /07 /juillet /2009 15:17

 

Pour le rassemblement de la gauche autour d’un projet

 

 

Après les élections européennes, on assiste à des prises de position qui clarifient le paysage politique français dans la perspective de l’élection présidentielle 2012 et avant les élections régionales de mars 2010. J’y trouve la confirmation de ce que je disais dimanche dernier - voir Michel Sorin devant le Conseil national (28 juin) : le MRC doit changer - 29 juin 2009.

 

Le principal vainqueur des européennes - Europe Ecologie - a le vent en poupe. Cohn-Bendit appelle les écologistes du PS et du MoDem à le rejoindre (Le Monde, 4 juillet). Il n’exclut pas un rapprochement avec les démocrates du Modem qui sont sortis affaiblis du scrutin du 7 juin.

 

Rapprochement facilité par la proximité idéologique libérale et la même conception fédéraliste de l’Europe d’une part, et par choix tactique (nécessité d’avoir un allié pour gagner des Régions face à la gauche et à la droite) d’autre part - voir l’article paru ce 5 juillet sur le site du Nouvel Observateur : Cohn-Bendit courtise les écolos du PS et du MoDem).

 

Le principal vaincu des européennes - le PS - est pris en tenailles par les écologistes et par la gauche radicale. De ce côté, c’est le Parti de Gauche (PG) et Jean-Luc Mélenchon qui ont le vent en poupe. Ils veulent en profiter pour se rapprocher du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA, Olivier Besancenot) à l’occasion des élections régionales - voir Régionales : Besancenot cède aux avances de Mélenchon (Marianne, 1er juillet).

 

Le PS actuel de l’après-Congrès de Reims me fait penser au PS de 1969 qui hésitait sur la marche à suivre après avoir changé de nom. Martine Aubry, pleine de bonne volonté, veut « inventer le postmatérialisme, associer l’écologie et l’humanisme social » - voir Le Monde, 4 juillet : Mme Aubry : "Le PS doit être fort sur ses valeurs", ce qui revient à ce que voulait le PS il y a 40 ans (approfondir le dialogue idéologique avec le PCF), qui ne débouchait sur rien de concret.

Selon Benoît Hamon, un rassemblement des partis de gauche est urgent. «Il faut proposer des régions à nos alliés» (Libération, 2 juillet). C’est la bonne voie, qui doit aboutir à un programme de gouvernement pour 2012 (union de la gauche et programme commun, comme en 1971, au congrès d’Epinay du PS).



Le Mouvement Républicain et Citoyen (MRC)
a décidé de préparer un programme de salut public, compte tenu de la crise, qu’il soumettra aux partis de gauche afin de réaliser une alliance solide et de présenter un projet cohérent aux citoyens en vue des élections nationales.



Une telle démarche permettrait d’assurer, dès le premier tour des élections régionales, les conditions de soutien
des républicains, des radicaux, des communistes et des socialistes, créant les conditions du succès au second tour dans la plupart des Régions de France.



Cet article est le 107ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche refondation
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28 juin 2009 7 28 /06 /juin /2009 22:54

 

Chevènement espère les revoir à l’université d'été du MRC

 

De retour du Conseil national du MRC, je prends connaissance d’un communiqué publié hier par la nouvelle association nationale « République et socialisme » animée par Lucien Jallamion, composée des militants MRC qui ont soutenu les listes du Front de gauche, le 7 juin, aux élections européennes.

 

Ce matin, Michel Jallamion (fédération de Paris) s’est exprimé en tant que membre du Conseil national, soulignant qu’il était solidaire de ces dissidents et a quitté la salle.

 

Jean-Pierre Chevènement a regretté ses propos excessifs et lui a conseillé de prendre du recul, souhaitant qu’il participe à l’université d’été du MRC à Toulouse les 5 et 6 septembre 2009.

 

D’autres membres du Conseil national, dont moi-même (j’y reviendrai), ont souhaité qu’un dialogue s’engage avec ces militants, qui n’ont pas accepté la position du MRC (voir Après les élections européennes, le MRC réunit son Conseil national - 27 juin 2009).

 

Voici le communiqué de République et socialisme, en date du 27 juin.

 

République et Socialisme, rassemblement national de militants de la gauche républicaine qui se sont investis de façon loyale et active dans le Front de Gauche avec le PCF, le Parti de Gauche et Gauche Unitaire à l’occasion des élections européennes de juin 2009 – son acte fondateur – a tenu, ce samedi 27 juin 2009 à Paris, son assemblée générale constitutive.

A cette occasion, ses militants, venus notamment de nombreuses fédérations du MRC (Chevènement) ou du PS en rupture de parti, ont décidé, dans un premier temps, de se constituer en association loi 1901, afin de favoriser l’adhésion la plus large sur la base des principes de la République sociale.

République et Socialisme se projette d’ores et déjà dans la perspective des élections régionales de 2010, à l’occasion desquelles elle ne restera pas inerte. Notre courant de pensée est dès lors ouvert à la discussion franche et fraternelle avec les partenaires du Front de Gauche pour que les choses changent dans notre pays.

 

Conformément aux statuts adoptés à cette occasion, un secrétariat national provisoire a été élu. Il se compose de :

 

Lucien Jallamion (75) Pierre Kerdraon (75) Bernard Jusserand (75) Pascal Langlois (76) Patrice Siard (76) François Martot (76) Laurent Bouvier (08) Boris Spirta (08) Gino Tognolli (54) Jacky Eouzan (22) Gwenael Doré (56) Bruno Valentin (12) Mario Mandes (32)

 

Cet article est le 106ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche refondation.

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17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 11:35

Mobiliser les citoyens sur la base d’un projet politique

 

 

Les derniers mots du texte que j’ai publié hier soir « rien n'indique que le rose et le vert se marient harmonieusement » (voir La gauche social-démocrate paie sa dépendance au néolibéralisme - 16 juin 2009) m’ont rappelé ce que j’avais écrit dans ma profession de foi de candidat aux élections législatives 2007.

 

Voici l’extrait de ce texte (voir Circulaire - profession de foi - de Michel Sorin, candidat MRC à Laval - 24 mai 2007), qui me semble d’actualité :   

La gauche a un objectif historique : construire­ un grand parti républicain et socialiste réunissant la gauche de gouvernement en France.

La gauche que je représente est :

- Républicaine car fidèle aux principes et aux valeurs de la République.
- Radicale car son projet est à l’opposé de celui de la finance mondialisée.

- Raisonnable car elle recherche le meilleur équilibre possible par le compromis.

Face une droite qui accepte le jeu de la mondialisation libérale (fonctionnant selon les intérêts du capital financier mondialisé), la gauche doit prendre en charge les intérêts du monde du travail, ce qui correspond dans le long terme à l’intérêt général de la société.

Tout récemment, le 17 mai 2007, sur mon blog j’ai résumé ainsi les principales orientations que la gauche, à mon avis, devrait adopter demain :

 - Construction d’une Europe in­dé­pen­dante et consolidation du modèle social et républicain national,

 - Adoption d’une politique énergétique cohérente et relance d’une croissance écologique, riche en emplois,

 - Nouvelles règles pour le commerce international et priorité à la sécurité alimentaire partout dans le monde.

La réorientation européenne et la recherche de l’in­dé­pen­dance stratégique de l’Europe ne font qu’un. C’est une nécessité absolue si l’on veut préserver notre modèle républicain et jouer un rôle dans la façon dont s’organise la vie sur la planète.

Le réchauffement climatique est une réalité qu’il faut combattre par une politique énergétique avisée. Celle-ci doit rechercher les économies d’énergie, l’efficacité  énergétique et la capacité, non seulement à ne pas polluer l’atmosphère, mais à relancer la croissance en la réorientant dans un sens plus écologique.

La libéralisation du commerce international n’est pas la priorité si l’on considère les besoins des populations dans le monde. La priorité, c’est la sécurité alimentaire, en quantité et en qualité. L’agriculture doit être productive et in­ten­sive, tout en étant économe et écologique, afin de nourrir une planète marquée par d’énormes disparités.

 

Dans un « Point de vue » publié le 16 juin sur le site de Libération, le philosophe Jean-Claude Monod (voir Jean-Claude MONOD - Fiche personnelle - Nonfiction), chercheur au CNRS, propose de relier le social et l’écologie dans la recherche d’un nouvel équilibre d’ensemble de la gauche.


Je ne partage pas complètement ce point de vue. Mais il a le mérite de poser des questions, mises sur le devant de la scène depuis les élections européennes.
Des compromis seront nécessaires entre les différentes sensibilités de la gauche, afin de proposer un projet républicain, social et écologique. Le mouvement Europe Ecologie, qui rassemble des tendances diverses et se situe au niveau européen sur des bases libérales, devra choisir entre les projets de la gauche et de la droite.

 

L’urgence d’une social-écologie (Extrait)


Bien au-delà d’un résultat conjoncturel, l’égalisation des niveaux électoraux du parti socialiste et des Verts pourrait constituer une chance de recomposition de l’équilibre d’ensemble de la gauche. Cette recomposition implique de reconnaître que le PS a perdu non seulement sa vocation hégémonique «naturelle» sur la constellation de la gauche de gouvernement, mais aussi les conditions de son hégémonie sur les demandes sociales «de gauche».


Hégémonie
n’est pas ici à entendre en un sens péjoratif, mais au sens qu’ont élaboré des théoriciens marxistes et post-marxistes comme Gramsci et, plus récemment, Ernesto Laclau : dans des sociétés démocratiques et capitalistes aussi complexes que les nôtres, la gauche ne représente plus «une» classe (ouvrière), elle doit construire des «chaînes d’équivalences» et organiser des alliances autour de mots d’ordre qui agrègent des demandes sociales diverses émanant de groupes transversaux.


Ces groupes ne se constituent plus à partir d’une identité de condition, mais à partir de leurs revendications ou de leurs aspirations. La gauche socialiste a un temps su combiner son identité de parti ouvrier et de chambre d’écho des mouvements sociaux, pour l’extension des droits des femmes, des homosexuels, des immigrés, des prisonniers, etc. Elle n’y parvient plus, pour des motifs à la fois intellectuels, organisationnels et sociologiques.


- Motifs intellectuels
 : le socialisme a été pensé dans le cadre de la société industrielle ascendante et triomphante, pour rendre possible une autre organisation de la production.


Le productivisme implicite
de cette philosophie politique a été mis en cause depuis des décennies, par des théoriciens restés marginaux, comme André Gorz, dont la conclusion était la nécessité d’une refondation du socialisme sur deux piliers, le social élargi au-delà de la base ouvrière initiale, et l’écologique, en rupture avec la glorification stalinienne de la grande industrie.

Faute d’avoir opéré cette refonte du socialisme en social écologisme, le socialisme risque d’être balayé par l’urgence écologique et par l’inquiétude, scientifiquement fondée, pour l’avenir très proche de la Planète. Avoir fait de cette inquiétude un souci «bobo» en lui opposant le primat du social a été une erreur durable de certaines franges du PS.


Au plan doctrinal
, la social-démocratie européenne ne semble offrir qu’un horizon de protection et de préservation des acquis de l’Etat-Providence, là où une social-écologie pourrait prendre motif de la faillite du capitalisme spéculatif et destructeur pour proposer un projet mobilisateur, enthousiasmant, d’invention de modes de production fondés non sur l’exploitation indéfinie des ressources et des hommes, mais sur un souci de justice et de viabilité. Les inventions sociales en matière de commerce équitable, de microcrédit, de banque pour les pauvres, de notation sociale des entreprises, pourraient ici se conjuguer avec les propositions de reprise en main du secteur bancaire, de taxation des banques d’affaires et de contrôle des banques de dépôt, etc (…).

 

Cet article est le 105ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche refondation.

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16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 22:42

 

La refondation républicaine de la gauche, de toute urgence

 

C’est au moment où la gauche est au plus mal qu’elle peut trouver l’énergie pour se redresser. Postulat optimiste, me direz-vous. Certes, mais il n’est pas possible de laisser le peuple français en déshérence au moment où la crise va faire sentir ses effets redoutables.

 

Le pouvoir est atteint de schizophrénie (voir sur le site de Marianne Sarkozy à l'OIT: ce qu'il dit à l'extérieur ne se voit pas à l'intérieur).Il brouille les cartes, afin de laisser croire qu’il protège les Français.

 

L’opposition manque de percussion, car elle est faible et divisée.

 

Le médecin Elie Arié délivre son diagnostic sur le site de Marianne, dont il est un habitué, dans un article daté du 15 juin : Encéphalogramme plat à gauche.

 

La gauche renaîtra le jour où elle sera capable de dire : « Voilà les quatre ou cinq mesures essentielles qui nous distinguent de la droite et que nous mettrons en oeuvre si nous sommes élus » - à condition que ces mesures apparaissent à la fois comme essentielles et crédibles.

L’analyste Frédéric Lemaître, sur le site du quotidien Le Monde, ce 16 juin, met le doigt sur la contradiction entre la dureté de la crise et la faiblesse de la gauche en Europe.

 

La social-démocratie, victime inattendue de la crise, par Frédéric Lemaître

 

Tel le crime, le théorème était presque parfait. La droite, c'est le camp du capital. Donc du capitalisme. Puisque celui-ci est en crise, la droite l'est également. La gauche ne pouvait donc que gagner les élections européennes. Problème : dans toute l'Union, les électeurs ont retourné leur bulletin de vote contre la gauche social-démocrate. Est-ce parce que les 21 gouvernements de droite ne gèrent pas la crise si mal que cela ? Sans doute. Mais cela n'explique pas tout puisqu'en Allemagne, où les deux partis sont au pouvoir, la CDU obtient un score bien supérieur à celui du SPD. C'est donc que la gauche n'est pas crédible. Soit parce que son bilan ne plaide pas en sa faveur, soit parce qu'elle n'incarne pas l'avenir. Deux hypothèses qui se renforcent plus qu'elles ne s'excluent.

 

La première n'est que trop évidente : la gauche ne gère pas mieux que la droite. La situation catastrophique de l'Espagne, de la Grande-Bretagne et du Portugal, dirigés par des socialistes, le prouve. Surtout, que les partis conservateurs soient l'émanation politique des thèses libérales ne saurait occulter que la social-démocratie, par opportunisme ou aporie intellectuelle, n'a cessé, ces dernières décennies, de s'adapter à la fameuse "loi du marché".

 

Bien sûr, il y a l'exemple britannique, que nul n'incarne mieux que Gordon Brown, principal artisan de la dérégulation durant ses dix ans passés au ministère des finances. Aujourd'hui le système est à bout de souffle. Voir les membres du Parlement jadis le plus respecté du monde se vautrer dans l'argent comme de vulgaires parvenus de la City illustre jusqu'à la caricature la dérive des années Blair.

 

La gauche anglo-saxonne n'est pas la seule à s'être laissé séduire par les sirènes libérales. Même les Allemands y ont succombé. Comme le montrent le score correct de Die Linke (7,5 % des voix) et celui du SPD (20,8 %), le plus bas depuis la seconde guerre mondiale, la gauche allemande n'a toujours pas fait le bilan des années Schröder. Doit-elle se féliciter que la politique libérale du prédécesseur socialiste d'Angela Merkel ait rendu à l'Allemagne sa compétitivité de jadis ou au contraire juger trop lourd le prix payé : développement du travail précaire et émergence de travailleurs pauvres à l'ouest ? Le SPD n'a pas plus tranché que son homologue français.

 

Pourtant, le PS dispose d'une "déclaration de principes" adoptée en juin 2008. Un document important puisque le parti ne s'est plié à cet exercice qu'à cinq reprises depuis 1905. On y lit qu'"être socialiste, c'est ne pas se satisfaire du monde tel qu'il est". Ou que "les socialistes portent une critique historique du capitalisme, créateur d'inégalités, porteur d'irrationalité, facteur de crises". Mais ce document a été rédigé à la va-vite, en trois réunions. Résultat : sitôt publié, sitôt oublié.

 

Surtout, comment ne pas relever les contradictions du texte et certaines réformes conduites par les socialistes ?

 

Qui a libéré les marchés de capitaux ? Pierre Bérégovoy, ministre des finances de François Mitterrand de 1988 à 1991. Qui a rendu plus attractive la fiscalité sur les stock-options ? Dominique Strauss-Kahn, titulaire du même portefeuille une décennie plus tard. Qui, en 2000, jugeait qu'il fallait réduire l'impôt sur le revenu, y compris des plus riches "afin d'éviter la fuite ou la démotivation des contribuables aux revenus les plus élevés" ? Laurent Fabius, dans les mêmes fonctions.

Que pense le PS de ces réformes ? Qu'elles ont contribué au succès international des groupes français et donc à la grandeur du pays ? Que ce sont de nécessaires compromis avec le capitalisme qui nous entoure ? Qu'elles ont participé aux excès de la finance et à l'accroissement des inégalités ? Nul ne le sait. Le rapport de la gauche à l'argent reste un impensé. D'où le malaise de nombreux électeurs et militants. Comme partout en Europe.

 

Heureusement pour elle, la gauche française n'a pas connu de scandale comparable au SPD quand M. Schröder est devenu l'un des (riches) dirigeants de Gazprom moins d'un mois après avoir quitté la chancellerie.

Malgré tout, certains parcours individuels de ministres ou de leurs conseillers à la tête de grands organismes internationaux ou de grandes entreprises privées (Capgemini, Casino, Cetelem, Lazard, demain France Télécom...) brouillent les frontières entre la gauche et la droite et déstabilisent l'opinion. Vu le chacun pour soi qui règne Rue de Solferino, comment ne pas penser que, pour nombre de leaders socialistes, l'exercice du pouvoir est davantage vécu comme un accélérateur de carrière que comme une mission reçue d'électeurs soucieux de changements collectifs ? Ce n'est pas un hasard si, malgré les limites évidentes du sympathique attelage, nombre d'électeurs de gauche se sont reportés sur une liste conduite par un éternel rebelle qui ne briguera pas l'Elysée et une magistrate symbole de la lutte contre l'argent fou.

 

Pendant vingt ans (1988-2008), la social-démocratie a pu, au nom de la construction européenne et de l'euro, faire accepter le libéralisme au nom du fédéralisme.

Moins d'Etat mais plus d'Europe. Ce cycle s'achève et, comme le prouve l'engagement de certains socialistes en faveur de José Manuel Barroso, la gauche européenne n'a plus ni leader ni programme crédible. Et rien n'indique que le rose et le vert se marient harmonieusement.

 

Cet article est le 104ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche refondation.

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11 juin 2009 4 11 /06 /juin /2009 17:35

 

Un regard lucide sur le scrutin du 7 juin en France

 

J’avais déjà remarqué les écrits de Guillaume Bachelay avant le congrès du PS à Reims et sa nomination au secrétariat national, ayant en charge l’industrie. Ce matin, sur France Inter, il a montré qu’il sait débattre et parler juste. Ce soir, je découvre son point de vue sur le site du Monde. Il confirme que l’équipe Fabius est la plus qualifiée pour piloter la refondation du PS. A chacun d’en juger. Voici l’article du Monde.

 

Projet, stratégie, leadership : les socialistes doivent tirer les leçons du 7 juin, par Guillaume Bachelay

 

Si le Parti socialiste a subi un échec aux élections européennes, ce n'est pas la faute du mode de scrutin ou du découpage territorial. Ce n'est pas non plus à cause des médias, des sondeurs ou d'Yann Arthus-Bertrand. De telles certitudes en carton pâte reviennent, à la fin des fins, à penser que les élections seraient plus simples sans électeurs. Si l'on en juge par les résultats du 7 juin, cette perspective est à portée de main...

 

Pas de sursaut sans lucidité. Les couches populaires, les classes moyennes dans la galère, les jeunes et les retraités précarisés sont découragés, consternés, par l'incapacité du PS à se rassembler et à proposer. Certains nous font encore confiance. La plupart s'abstiennent. Beaucoup se tournent vers le vote écologiste comme un refuge d'espoir. D'autres préfèrent une droite qui donne - propagande à l'appui - l'impression de faire ce qu'elle peut plutôt qu'une gauche qui ne dit pas ce qu'elle veut. Inverser la vapeur suppose de tirer trois leçons.

 

La première leçon est politique. L'UMP a su mobiliser, pas nous. Elle a brandi un étendard : le bilan, certes maquillé, de la présidence française de l'Union européenne. Santé, poste, éducation, énergie, emploi - les prochains mois prouveront que décidément, quand l'Europe veut être libérale, elle peut l'être.

 

En temps réel et non à intervalles réguliers de cinq ans, la gauche devra mieux dénoncer la dérégulation opérée par les gouvernements conservateurs en Europe et dire quels contre-feux progressistes elle y oppose. A également pesé la synthèse des droites réussie par Nicolas Sarkozy qui lui assure mécaniquement, quel que soit le scrutin, un socle électoral d'un quart des votants. Autre facteur-clé : la droite convainc une majeure partie de l'électorat qui vieillit et vote, particulièrement sensible aux notions d'autorité et de sécurité. A cette élection, comme à d'autres dans le passé, nous avons payé chèrement le malaise socialiste sur ce sujet - d'autant plus inexplicable que, sur le terrain, la politique gouvernementale échoue et les élus de gauche agissent. Les plus de 60 ans avaient déjà montré leur poids lors de l'élection présidentielle de 2007. A l'avenir, préoccupons-nous davantage de leurs attentes.

 

De notre côté, malgré l'engagement de Martine Aubry dans la campagne, nous n'avons pas imposé notre thématique, celle d'une autre majorité politique en Europe. C'était le sens du "manifesto" du Parti socialiste européen et du rejet de José Manuel Barroso. L'ennui est que peu de gens connaissaient la substance de l'un et l'existence de l'autre. Notre plate-forme socialiste tirait des enseignements du non à la Constitution européenne, à commencer par l'indispensable harmonisation fiscale et sociale. Mais nous avons tardé à isoler quelques mesures emblématiques et concrètes. A cet égard, faire l'impasse sur les frontières de l'UE a été une faute collective : l'Europe à vingt-sept ne doit pas seulement être sociale, elle doit être différenciée. Redonner vie à l'ensemble européen dans la mondialisation suppose de lui fixer un cap et des limites. Tout cela a contribué à la grève du vote en général et au boycottage du bulletin socialiste en particulier.

 

La deuxième leçon, qui saute aux yeux, est idéologique : si l'échec du libéralisme économique se traduit par une déroute politique de la social-démocratie, c'est parce que celle-ci en a souvent appliqué les solutions et parfois accompagné les dérives. Que les socialistes français aient moins versé dans le social-libéralisme que d'autres ne change rien à l'affaire ! En privatisant l'économie et en individualisant la société, en prônant le développement durable sans contester le déploiement du capitalisme, la gauche gouvernementale a moins fait perdre la droite qu'elle ne s'est perdue elle-même. Que deux chefs de gouvernement sociaux-démocrates, José Luis Zapatero et Gordon Brown, approuvent la reconduction de José Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne illustre ce dévoiement. La chute du New Labour britannique, fer de lance de la "troisième voie", en confirme l'impasse.

 

En France, au congrès de Reims de novembre 2008, le PS a utilement distingué modernisation et droitisation. Hélas, cette réorientation salutaire, à la fois radicale et efficace, de gauche tout simplement, a été éclipsée par les batailles de chiffonniers pour la direction, la vaine querelle des générations, le combat résiduel des courants et sous-courants, le refuge anesthésiant dans un localisme flirtant avec l'apolitisme à mesure que l'on se rapproche du centre-ville des grandes métropoles.

 

L'ultime leçon est stratégique : si l'UMP est en tête dans les régions, c'est la gauche, qu'elle se dise "réformiste" ou "mouvementiste", qui est majoritaire dans le pays. Majoritaire et impuissante car fragmentée en une multitude de partis et d'aspirants chefs. Alors même - fait rarement souligné - que l'émiettement politique des forces de gauche contraste avec son homogénéité idéologique, la plus forte depuis le programme commun d'il y a trois décennies, pensé et adopté avant la déferlante néolibérale amorcée dans les années Thatcher-Reagan. Intervention de la puissance publique face au capitalisme financier pour plus de transparence et de justice, encadrement du libre-échange commercial pour une mondialisation régulée, amélioration des conditions de travail et de la rémunération des salariés, "mutation verte" de l'appareil de production et des modes de consommation, ces options étaient communes aux projets du PS, d'Europe Ecologie, du Front de gauche, voire du NPA.

 

Ces trois leçons dessinent un horizon : rassembler les formations de la gauche autour d'un projet post-libéral et pas seulement antilibéral ; bâtir une organisation qui dépasse les bunkers actuels ; identifier le leader aux épaules assez solides pour mener la reconquête face à Nicolas Sarkozy.

 

Le projet post-libéral sera social-écologique. Il mêlera plus qu'il hiérarchisera croissance économique, progrès social, saut technologique, préservation environnementale, diversité culturelle, contre-pouvoirs démocratiques. Son point d'appui réside dans les politiques innovantes engagées par la gauche (déjà) unie dans les collectivités locales. Profitons des élections régionales pour organiser, sur le terrain et dès maintenant, des "rassemblements du changement" ouverts aux syndicats, aux associations, aux universitaires et aux scientifiques, aux citoyens qui pourront non seulement discuter le projet, mais le voter. Sur cette base, un contrat de législature pour 2012 pourra être élaboré entre les partis de gauche.

 

Leur unification en découlera. La fusion est impensable - le caporalisme est étranger à tous - et l'absorption irréalisable - quand bien même le voudrait-il, le PS n'est pas en mesure de pratiquer l'hégémonisme. C'est d'une fédération que la gauche a besoin. Cette "maison commune" est affaire de volonté plus que de procédures. D'autant qu'en ramenant, aux municipales puis aux européennes, le MoDem à ses basses eaux, les électeurs ont tranché la question des alliances.

 

L'incarnation, enfin, s'impose. Que cela plaise ou non, l'élection présidentielle structure le débat public et nos institutions. Se chercher un candidat, c'est donc rechercher un président. Avant de se lancer dans les expérimentations hasardeuses, réfléchissons : quel sens et quel bénéfice y a-t-il à mettre en concurrence devant les Français des personnalités pour incarner un projet qu'elles auront bâti ensemble ? Pour avoir mis dans des "primaires de personnes" toute son énergie, oubliant au passage d'en garder pour les idées, la gauche italienne a été laminée par Silvio Berlusconi. Méditons ce contre-exemple.

 

L'histoire l'a prouvé : les cycles politiques vont et viennent, tandis que les partis naissent, vivent et meurent. S'il trouve la force collective de se reconstruire, le PS ne se sauvera pas seulement lui-même : il préservera les chances d'une alternative imminente au libéralisme autoritaire de la droite européenne dont le sarkozysme est l'avatar français.

   

Cet article est le 103ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche refondation.

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