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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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29 septembre 2008 1 29 /09 /septembre /2008 23:55

Offense au président de la République, vraiment ?

 

Faut-il en rire ou en pleurer ? La venue en Mayenne du président de la République, Nicolas Sarkozy, a été l’occasion pour la police de réaliser un exploit : prendre Hervé Eon en flagrant délit (délire ?) d’opposition à la personne du président de la République !

 

Voici le texte en faveur de la liberté d’expression, qui est diffusé actuellement par PRS.

 

Lors de la venue de Nicolas Sarkozy à Laval (Mayenne), le 28 août 2008, pour y annoncer la généralisation du RSA (revenu de solidarité active), Hervé EON militant mayennais de PRS (Pour la République Sociale), association politique, a voulu se rendre à la manifestation organisée contre le chef de l’Etat pour l’occasion. Se déplaçant à vélo sur le parcours du cortège présidentiel, après avoir été immobilisé et isolé sur le trottoir par des policiers en civil, il a brandi au passage du cortège une pancarte où il avait inscrit « casse toi, pov’con », pancarte qu’il avait prévue pour la manifestation...

Cette expression d’opinion lui a valu une interpellation ainsi qu’une convocation pour :

le 23 octobre 2008 à 14h00
devant le tribunal correctionnel de Laval
pour "offense" au Président de la République Française,


Traduit en justice, Hervé Eon ne doit pas l’être pour délit d’opinion mais alors pour plagiat, puisque l’auteur de ces propos est Nicolas Sarkozy. Sauf à considérer que ce qui est sanctionnable pour l’un, ne le serait pas pour le Président, pourtant garant de l’égalité républicaine.


Premiers soutiens : Syndicat National de la Magistrature, CGT, FSU, LCR, Les Verts, PCF, PRS 53, NPA, PRG, Sud Education, Jean-Pierre Bernard Hervé,
Michel Ferron (Conseillers Généraux) , Monique Doumeau (Maire), Gérard Pigois (Secrétaire Régional SNETAP-FSU), Michel Rose (Président de la ligue de l’enseignement 53)

Les signataires invitent tous ceux qui veulent lui apporter son soutien et rappeler leur attachement à la liberté d'expression au "pays des droits de l'Homme" à signer la pétition ci-dessous et à demander que les poursuites à son encontre soient abandonnées.


Voir   http://petitions.ironie.org/view?id=19&popup=1 


Cette affaire rocambolesque avait valu des articles sur Rue89 les 4 et 7 septembre derniers.

 

« Casse-toi pov'con »: au tribunal pour outrage au Président

 

Outrage à Sarkozy : faut-il passer par les tribunaux ?

Entre le respect de toute personne ayant autorité et la liberté d’expression, l’outrage. Gros plan sur un délit en vogue. La suite

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18 septembre 2008 4 18 /09 /septembre /2008 23:09

Le pouvoir recule devant l’ampleur des oppositions

 

C’est un feuilleton de l’été (voir Le fichier de police EDVIGE provoque l'inquiétude des associations - 26 juillet 2008). Le pouvoir a fait la sourde oreille, ne voulant pas entendre les critiques venant de tous horizons.

 

Il faut lire Comment Internet a mis Edvige au cœur de l'actualité et Edvige : les associations dénoncent une "fausse concertation" .

 

Même la Commission européenne s’en est mêlée : Edvige : les mises en garde de Bruxelles.

A leur tour, Les députés recommandent une révision du fichier Edvige.


Puis, le Premier ministre intervient ce 18 septembre Le fichier Edvige remodelé par Matignon

Extraits : « Le fichier de police Edvige, objet de vives critiques à droite comme à gauche, va être profondément modifié dans un nouveau projet de décret qui sera soumis ce vendredi pour avis à la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), annonce Matignon.

Le nouveau décret ne permettra plus le recensement de personnalités politiques, syndicales ou religieuses. Il exclut toute mention relative à la sexualité ou à la santé et se limite aux problèmes de sécurité, avec toujours la possibilité de ficher à ce titre des mineurs à partir de 13 ans.

Les syndicats CFDT, CGT, FSU et Solidaires disent dans un communiqué commun regretter "l'absence d'informations précises sur le contenu et les garanties liées aux trois nouveaux fichiers en passe d'être créés".  Ils déplorent le maintien du fichage des mineurs, s'interrogent sur la possibilité d'un droit d'accès au fichier et répètent leur voeu d'un débat parlementaire. Les opposants à Edvige ont promis une journée d'action le 16 octobre, jour de la Sainte-Edwige » (…).

Le nouveau texte renonce à recenser les informations relatives aux personnalités "exerçant un mandat ou jouant un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif", ce qui était prévu par le décret du 1er juillet.

Des "répertoires administratifs" recensant ces personnalités pourront être tenus à des fins pratiques dans les préfectures de région, avec les seules mentions des identités, des fonctions et les coordonnées personnelles, a précisé Michèle Alliot-Marie à l'Assemblée.

"Le décret devra prévoir explicitement qu'aucune donnée touchant à l'orientation sexuelle ou à la santé des personnes intéressées ne peut être collectée, même à titre exceptionnel", ajoute Matignon.

Est en revanche maintenue la possibilité de ficher à partir de 13 ans les mineurs susceptibles de "porter atteinte à la sécurité publique", mais avec une possibilité de radiation du fichier à leur majorité si aucun élément nouveau ne survient. La formulation semble par ailleurs plus restrictive que celle du décret de juillet qui parlait de personnes susceptibles de porter atteinte "à l'ordre public".

Dans sa nouvelle définition, le fichier pourra recenser "des personnes dont l'activité individuelle ou collective indique qu'elles peuvent porter atteinte à la sécurité publique ainsi que les personnes entretenant ou ayant entretenu des relations non fortuites avec elles".

Est en outre prévu le recensement de "personnes travaillant dans des secteurs ou des domaines sensibles et faisant à ce titre l'objet d'enquêtes administratives", ce qui semble renvoyer par exemple aux employés des secteurs relatifs à la défense nationale.


Pour sa part, le Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) a pris position, le 12 septembre, par ce communiqué de presse.

EDVIGE : un débat doit avoir lieu au Parlement

 

Le MRC s'inquiète des menaces que fait peser le fichier EDVIGE sur les valeurs et les libertés fondamentales de notre République.

Le fichage des données relatives à la santé et à l'orientation sexuelle, ainsi que l'enregistrement des déplacements et fréquentations des personnes est inacceptable.

De même étendre les données sensibles à l'ensemble des personnes « fichables » parce qu'elles ont sollicité ou exercé un mandat civique est une atteinte grave à la démocratie et à l'Etat de droit.

Le MRC constate et regrette que cette extension du fichage résulte d'une directive européenne de 1995, transposée dans le droit français en 2004, qui autorise également le fichage des mineurs de 13 à 18 ans, que nous refusons.

Nous demandons qu'un débat s'ouvre rapidement au parlement pour examiner non seulement le contenu du fichier Edvige, mais aussi l'ensemble des problèmes engendrés par la multiplication des fichiers centralisés et automatisés aussi bien publics que privés.
Ce débat doit permettre de trouver un équilibre entre les valeurs d'un Etat de droit républicain et les nécessités de l'information du gouvernement. Il doit aussi déboucher sur le renforcement des moyens de la CNIL, autorité indépendante et respectée qui n'a pas aujourd'hui les moyens d'exercer ses missions de contrôle.

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26 juillet 2008 6 26 /07 /juillet /2008 22:25

Soyons rassurés, nous sommes surveillés

 

La mise en fiche est quasi systématique en France puisque 20 millions de personnes sont fichées. La plupart s’en fichent mais ce décret du 1er juillet 2008 semble prouver que le gouvernement Sarkozy-Fillon affiche un fort penchant pour la surveillance généralisée des citoyens.

 

Selon le Contre Journal de Libération, Le fichage EDVIGE mélange ordre public et renseignement politique. Edvige (Exploitation documentaire et valorisation de l'information générale) est un nouveau fichier qui recense les personnes susceptibles de porter atteinte à l’ordre public, en dehors du cadre des procédures judiciaires.

Les informations concerneront à la fois le domaine public comme l'appartenance politique, l'engagement associatif, l'appartenance religieuse mais aussi des données beaucoup plus personnelles comme l'orientation sexuelle ou la situation familiale.

Il recensera, de manière systématique et généralisée,  toute personne « ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique, ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif ».

 

Ce mélange des genres est extrêmement choquant puisqu'on confond les « délinquants » et les citoyens paisibles. La deuxième critique concerne le fichage de mineurs dès l'âge de 13 ans.

 

Pour Rue89, Arthur Nazareth a mené l’enquête (article daté du 24 juillet sur www.rue89.com).

 

Edvige : un fichier de plus, un fichier de trop?

 

Le fichier Edvige suscite la colère des associations. Pour Hélène Franco, du Syndicat de la magistrature, le problème est qu’« on va pouvoir ficher des informations extrêmement larges, à caractère personnel sur potentiellement toute la population de plus de treize ans, mais évidemment plus spécifiquement les militants et le monde associatif, avec des informations à caractère très intime ».

 

C’était le premier juillet. Le Journal officiel publiait le décret de naissance du fichier Edvige (Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale). Il s’agissait de mêler les fichiers des RG et ceux de la DST, ces deux entités fusionnant. Mais, pour beaucoup d’association, près de 300, le ministère de l’Intérieur est allé plus loin. Trop loin.

Depuis, le 10 juillet une pétition circule, en attendant un recours devant le Conseil d’Etat. Alain Bauer, lui, criminologue et auteur en 2007 d’une étude sur les fichiers de police et de gendarmerie, estime qu’il n’y a là « rien de nouveau sous le soleil ». Selon lui, ce n’est pas ce fichier qui nous fera passer dans une société de surveillance. Pour une raison simple : on y est déjà !

Car dans le monde de la surveillance, ce fichier n’est pas seul. En 2OO7, le rapport Bauer en énumérait déjà trente six. « On voit fleurir des fichiers dans lesquels prévaut la logique policière et non pas la logique judiciaire, estime Hélène Franco, secrétaire générale du Syndicat de la magistrature. Des personnes qui sont innocentes, présumées innocentes, ou déclarées innocentes se retrouvent dans ce type de fichier, ça nous semble particulièrement dangereux » (…).

 

Voir le 28e rapport de la Cnil, édition 2008.

 

Lire aussi L’inquiétude grandit face au fichage policier Edvige

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9 juillet 2008 3 09 /07 /juillet /2008 22:08

Alignement général sur les Etats-Unis d’Amérique

 

Comme il l’avait indiqué lors de la première réunion du secrétariat national, le 29 juin dernier (voir MRC : Chevènement au poste de pilotage pour la 1ère fois depuis 2003), Jean-Pierre Chevènement s’assure de la mise en ligne, sur le site www.mrc-france.org, des prises de position sur les principaux thèmes politiques de fond « la défense, le communautarisme, l’Europe, la politique énergétique, la politique agricole commune (PAC) ».

 

Voici la position sur la défense, parue le 2 juillet dernier sur le site du MRC.

 

A propos du livre blanc sur la défense  

Le Livre blanc sur la défense dessine les grands axes de la politique de défense pour plusieurs années. Ainsi, le Livre blanc de 1972 était fondé sur la dissuasion ; celui de 1994 centrait la politique militaire sur la projection de force sur des théâtres extérieurs.

Le livre blanc de 2008 est clairement marqué par la réintégration complète dans l’OTAN et l’alignement général sur les Etats-Unis.

L’appréciation des menaces

Le Livre blanc reprend la vision américaine de l’ordre mondial. La menace viendrait d’un arc de crise allant de l’Atlantique à l’Océan indien : il n’est pas difficile d’y voir le « greater Middle East », objet de toutes les préoccupations américaines. C’est accepter en fait une vision de confrontation Occident - Islam, qui fait du monde arabe une source de périls, du monde persan un ennemi désigné et de l’Asie musulmane un danger permanent. C’est cette vision du monde qui a conduit à l’invasion de l’Irak, à l’enlisement en Afghanistan, et aux menaces répétées d’intervention en Iran.

Dans cette vision des choses, la France perd son libre-examen, et se trouve enrôlée dans les croisades américaines à forte odeur de pétrole. L’unité du monde occidental est présentée comme une condition de la paix : mais cet « Occident » n’existe pas ! Les intérêts de l’Europe et ceux de l’Amérique, que 6000 km d’océan séparent, sont distincts ; ils sont même souvent divergents au Moyen-Orient ou face aux défis énergétiques.

De plus cette vision du monde ignore la réalité : la montée en puissance de la Chine, de l’Inde, de la Russie, l’émergence du Brésil ou de l’Afrique du Sud... Bref de tous les acteurs de la planète qui remettent en cause l’unipolarité du monde sous la férule de Washington.

Il est consternant de voir la France épouser ces vues dépassées, pour complaire aux Etats-Unis, au lieu d’anticiper, de remettre en cause des situations aujourd’hui révolues, et de s’inscrire dans le monde multipolaire en train d’apparaître.

Embrigadement risqué

Déjà, l’accent mis sur les capacités de projection à l’extérieur des forces armées françaises a conduit le plus souvent à fournir des renforts aux opérations américaines. Nos soldats sont partout : 17 opérations extérieures en cours, mais la France est à peu près nulle part, car les clés de ces opérations sont dans d’autres mains. Le renforcement de nos troupes en Afghanistan en est le témoignage le plus absurde.

L’intégration pure et simple dans l’Alliance renforce le risque d’être entraîné dans des guerres qui ne sont pas les nôtres. Ceux qui se font aujourd’hui les plus actifs propagandistes de ce Livre blanc étaient en 2003 favorables à la participation française à l’invasion de l’Irak (*).

Certes, il est toujours possible juridiquement à un Etat membre de participer ou non à une opération de l’OTAN. Mais l’intégration crée un état d’esprit, un rapport de force, dans les états-majors, dans les instances de décision, et, dès lors qu’au sommet de l’Etat on se rallie à la vision américaine de la sécurité, il est logique d’en suivre les conséquences. La défense est un outil de notre diplomatie. L’intégration complète dans l’OTAN retentira inévitablement sur celle-ci.

La France doit au contraire conserver la maîtrise de sa défense pour garder une politique étrangère indépendante. Lorsque la voix de la France se confond avec celle de l’Amérique, elle n’est plus audible et n’est d’ailleurs plus entendue (cf. Liban).

Défense américaine de l’Europe

Ce ralliement à l’OTAN sonne le glas de toute politique d’émergence d’une défense européenne de l’Europe. Comme nous n’avons cessé de l’annoncer, les incantations à la « défense européenne » aboutissent à l’intégration dans l’OTAN c’est-à-dire à une défense américaine de l’Europe. Le traité de Lisbonne nous avait prévenus « l’OTAN reste pour les Etats qui en sont membres le fondement de leur défense collective et l’instance de sa mise en œuvre ».

Cette vision américaine de la défense de l’Europe aboutira à une stratégie de confrontation avec la Russie, parfaitement contraire aux intérêts français, allemands et européens. Elle conduira quelque jour à faire adhérer à l’OTAN l’Ukraine, la Géorgie, pour cerner la Russie, en plaçant nos relations avec Moscou sous le signe de l’hostilité alors que nous avons tout à gagner à conduire avec la Russie un partenariat stratégique.

Les moyens de la défense

La dissuasion est maintenue, mais le Livre blanc en diminue le format. De plus, son sens stratégique et politique s’efface : l’outil, en dernier recours, de notre autonomie et de notre indépendance coexistera avec un système militaire où l’intégration sous commandement américain sera la règle. C’est une profonde déstabilisation. Nous ne pouvons nous en remettre à un système occidental global du soin d’assurer notre sécurité en dernier recours.

En matière de renseignement par satellite, l’effort proposé est utile. Mais il ne changera rien au fond des choses : nos partenaires européens se refusent à construire un bouclier spatial européen indépendant. Rappelons que, pour la construction du système Galiléo, la Commission européenne impose un appel d’offres mondial ! Nous nous retrouverons peut-être avec des satellites américains et des lanceurs russes, pour ce système « européen »... En tout état de cause, nous resterons tributaires des renseignements fournis par les Américains.

Enfin la diminution drastique des effectifs, conséquence à retardement de l’abandon du service national et l’inorganisation des réserves nous laisseraient fort dépourvus en cas de crise majeure (incapables de protéger les abords maritimes, les réseaux d’eau potable, d’électricité, les relais de radio, TV, téléphonie...)

Le livre blanc renonce à toutes les conditions qui étaient posées auparavant pour une réintégration totale dans l’OTAN. La France réduit donc son outil de défense et regagne, tête basse et affaiblie, une place au fond de la classe OTAN.

 (*) Cf. Thérèse Delpech, audition devant la commission des affaires étrangères du Sénat, 11 février 2003 François Heisbourg, Tribunes publiées par Le Monde du 27 février et 10 septembre 2003

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26 novembre 2007 1 26 /11 /novembre /2007 18:13

Régression aussi dans le domaine judiciaire

 

La Justice est un point sensible, compte tenu de la séparation des pouvoirs et, donc, de l’indépendance proclamée du pouvoir judiciaire. Précisons : le pouvoir législatif vote les budgets de l’administration judiciaire et le pouvoir exécutif  a autorité sur les procureurs de la République (le Parquet) pour exprimer le point de vue de l’intérêt général de la société qu’il représente au quotidien, sous le contrôle du Parlement. Les magistrats à la tête des tribunaux (le Siège) sont les garants de l’indépendance de la Justice.

 

La refonte de la carte judiciaire est menée à la baguette par Rachida Dati sous l’autorité du président de la République. En Mayenne, les tribunaux d’instance des deux sous-préfectures, Mayenne et Château-Gontier, sont supprimés, la préfecture (Laval) conservant ses tribunaux d’instance (justice de la vie quotidienne) et de grande instance, mais perdant l’instruction des dossiers criminels dans le cadre de la création des pôles d’instruction dans les villes plus importantes, telles que Le Mans, pour ce qui concerne la Mayenne.

 

Les députés UMP (Bernier et Favennec) et PS (Garot) ont réagi très négativement (mais le premier n’est pas allé au bout de son intention de ne pas voter le budget de la justice) pendant que les sénateurs UDF (Arthuis et Zocchetto) manifestaient plutôt leur approbation, ce dernier ayant eu le privilège d’être reçu par la Garde des Sceaux.

 

Le bâtonnier, Doreau, du barreau de Laval (représentant les avocats du département de la Mayenne) a exprimé sa désapprobation (Courrier de la Mayenne, 8 novembre).

« Nous sommes révoltés, ces tribunaux étant importants pour les justiciables ; ils traitent beaucoup de contentieux, de petits litiges, les tutelles, le surendettement et la petite police. Tout cela va venir à Laval. C’est tout à fait contradictoire avec la justice de proximité. Les motifs économiques ne sont pas une explication satisfaisante car on a en France un des budgets de la justice les plus bas d’Europe ».

 

Dans la presse nationale, j’ai relevé deux articles repris par le journal en ligne ReSPUBLICA http://www.gaucherepublicaine.org, initialement parus dans les hebdos Politis http://www.politis.fr et Le Nouvel Observateur http://hebdo.nouvelobs.com.

Le premier, publié le 17 novembre dans Politis, est signé Hélène Franco, juge pour enfants et secrétaire générale du Syndicat de la magistrature (article publié le 26 novembre dans la lettre 569 de ReSPUBLICA)

« Justice : risque zéro pour les VIP »

La dépénalisation du droit des affaires est, selon Hélène Franco, le point culminant d’une politique qui n’étend la répression que pour les plus vulnérables.

« Cynisme et brutalité sont assurément les deux mots qui résument le mieux le bilan des six premiers mois de la présidence Sarkozy en matière de justice. C’est sans doute dans ce domaine que le projet de société réactionnaire qui est à l’oeuvre est le plus en pointe.

Denis Kessler, ex-numéro 2 du Medef, organisation inspiratrice principale du nouveau pouvoir, écrivait récemment : « Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! » Et il ajoutait : « Le problème de notre pays est qu’il sanctifie ses institutions, qu’il leur donne une vocation éternelle. »

Il n’est donc pas étonnant que la reprise en main de l’institution judiciaire, au mépris du statut de la magistrature, soit une priorité des actuels gouvernants.

C’est pourquoi il n’est pas aisé de savoir quelle est la plus dangereuse mesure prise ces derniers mois : des peines-planchers qui aboutissent au prononcé de peines d’emprisonnement démesurées en contraignant la décision judiciaire à la réforme à la hache de la carte judiciaire, qui se traduit par le sacrifice du service public de la justice d’instance, laquelle est la vraie justice de proximité, les exemples abondent de mesures faisant reculer les droits fondamentaux.

Mais le projet le plus caricatural de ce début de législature est sans doute la dépénalisation du droit des affaires. Celle-ci n’a pas été annoncée pendant la campagne présidentielle, mais lancée par Nicolas Sarkozy devant l’université d’été du Medef, le 6 septembre. Il faut dire qu’il s’agit de l’une des plus anciennes revendications de l’organisation patronale.

Après avoir, comme ministre de l’Intérieur d’abord, comme président de la République ensuite, oeuvré sans cesse dans le sens d’une extension continue du domaine de la punition à l’égard des plus vulnérables (familles suivies par les services sociaux, gens du voyage, étrangers...), Nicolas Sarkozy proclame une empathie déchirante à l’égard des dirigeants d’entreprise indélicats.

Il revendique à leur profit un sanctuaire d’impunité dans un océan de répression et se fonde pour cela sur une vision pour le moins erronée de la réalité : « Une simple erreur de gestion peut conduire en prison », s’alarme-t-il, oubliant de préciser qu’une mise en cause pénale suppose que l’accusation prouve une intention frauduleuse, et que les condamnations pour infractions financières ne représentent que 0,8 % de l’ensemble des condamnations pénales.

Qu’importe, c’est encore trop pour ceux qui verraient bien coexister une tolérance zéro pour le plus grand nombre et un risque zéro pour quelques privilégiés. La garde des Sceaux s’y est attelée, elle a récemment installé un groupe de travail sur la « dépénalisation de la vie des affaires ».

À cette occasion, elle a rappelé « les sages paroles du doyen Ripert, qui alertait contre une loi pénale excessive : à déclarer indignes tant de gens qui ne le sont pas, on affaiblit l’indignité de ceux qui le sont ». Rappelons que « le doyen Ripert » fut ministre de Pétain. « Adieu 1945 », disiez-vous ? »

Hélène Franco - Observatoire du 6 mai - Lien permanent vers cet article

Concernant le bilan de la garde des Sceaux après six mois de règne au ministère de la Justice, la journaliste Agathe Logeart, en a fait une description très précise dans le Nouvel Observateur daté du 24 novembre. En voici un extrait, bref mais significatif, sous le titre

« Dati, l'heure du doute »

 « Le 29 novembre, avec une détermination et une unité rarement observées dans le monde de la justice, un mouvement national de grève est lancé à l'appel du Syndicat de la Magistrature et des principales organisations de fonctionnaires, Usaj, CGT et CFDT. L'USM, qui veut «dire non à la politique du mépris», se joindra au mouvement, sans pour autant appeler à bloquer les tribunaux. Rachida Dati, ou quand les petits pois se rebiffent... »

Lien permanent vers cet article (lettre 569 de ReSPUBLICA) - Source: Nouvel Observateur

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10 juin 2007 7 10 /06 /juin /2007 15:43

 

La belle vie pourrait bien être de courte durée…

 Chirac ne peut s’éloigner trop des palais de justice, après avoir vécu l’essentiel de sa vie politique dans les palais républicains (hôtel de ville de Paris, Elysée).

 David Servenay (Rue89) s’inspire des révélations du Monde et de l'AFP, selon lesquelles le gouvernement, en 2004, aurait fait pression sur la justice pour couvrir les Djiboutiens.

 Voici un extrait conclusif de ce qu’on peut lire sur http://www.rue89.com/user/david-servenay sous le titre « Dossier Borrel : Chirac au coeur d'une affaire d'Etat » 

« Une affaire contre l’Etat »

 « (…) En dévoilant l’arrière-plan politique des nombreuses conversations entre Paris et Djibouti, les télégrammes diplomatiques révèlent un drôle de deal. D’un côté, le président de Djibouti, Ismaël Omar Guelleh, ancien inspecteur des Renseignements généraux, réclame un dossier dans lequel les plus haut fonctionnaires de son Etat sont mis en cause. De l’autre, le président français Jacques Chirac organise, anime et anticipe la contre-attaque des autorités djiboutiennes impliquées dans plusieurs enquêtes judiciaires: un assassinat et une subornation de témoins. Depuis douze ans, Elisabeth Borrel se bat donc seule contre tout le monde.

 L’argument de la raison d’Etat peut-il encore tenir? Dans un article confus paru cette semaine dans Paris Match, propriété du groupe Lagardère, la "thèse du suicide demeure" comme le titre l’hebdomadaire à sensations. Sur six pages, quelques témoins, Français expatriés, décrivent un Bernard Borrel déprimé par le suicide d’un proche, lui aussi magistrat. Ce père de famille de 39 ans aurait donc choisi de s’immoler dans l’anse du Diable pour mettre fin à cette "tragédie humaine". Lyrique, mais peu convaincant. Manière d’entretenir le doute sur l’affaire. Et de relayer une thèse dont l’ancien Monsieur Afrique de l’Elysée, Michel de Bonnecorse, se disait encore persuadé dans un entretien au Monde, juste avant de quitter ses fonctions. Manière de déstabiliser une fois encore les quatre magistrats qui, en toute connaissance de cause, se sont ralliés à la thèse de l’assassinat.

 Chirac devant la Haute Cour ?

Compte tenu des éléments rassemblés lors des perquisitions, les magistrats vont-ils devoir transmettre leur dossier à la Haute Cour? En clair: Chirac s’est-il rendu coupable de "haute trahison" telle le statut pénal du chef de l’Etat la définit? Traîner l’ancien président de la République devant des juges supposerait d’abord un vote à la majorité absolue du Parlement… Improbable vue la vague bleue qui s’annonce.

 En revanche, l’apôtre de la "rupture" pourrait décider de changer la donne. Nicolas Sarkozy voit là un nouveau défi se présenter à sa présidence: jouer la transparence, quitte à provoquer de nouveaux remous avec Djibouti, ou renouer avec les arrangements passés, lorsqu'aucun scrupule ne semblait effrayer les serviteurs de l’Etat. Seule certitude, l’affaire Borrel franchit aujourd’hui un point de non-retour, où l’Etat n’a plus qu’un seul choix: faire éclater la vérité sur l’assassinat d’un juge mort en service. Pour la France ».

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