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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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27 juin 2007 3 27 /06 /juin /2007 15:25

 

Le système de financement remis en cause

 Dans cette 3ème partie, François Martot, délégué national MRC au logement, aborde la question européenne qui est, de fait, une menace sur le financement du logement social en France.  

 B)- Les défis européens

 1- Quelles missions pour le logement social ?

 Si le logement n'est pas une compétence européenne, et ne disposait pas dans le  projet de Traité établissant une Constitution pour l'Europe de chapitre spécifique dans la partie III traitant des politiques et du fonctionnement de l'Union comme l'avaient l'agriculture, les transports, la recherche, l'énergie…Si le logement n'est pas un "domaine où l'Union peut décider de mener une action d'appui, de coordination ou de complément"…il n'a pas pour autant été absent des préoccupations européennes… 

L'existence d'un secteur aidé par l'Etat, missionné et régulé par l'Etat, doté d'opérateurs parfois puissants, ne pouvait pas ne pas être confronté à la logique de libre concurrence sous tendue par l'ensemble des traités européens : "le marché intérieur comporte un espace sans frontières intérieures dans lequel la libre circulation des personnes, des services, des marchandises et des capitaux est assurée conformément à la Constitution".

 Si le rejet par deux peuples fondateurs du projet de Constitution est une donnée politique majeure, la philosophie des traités antérieurs n'en a pas disparu pour autant. Des acquis ont été obtenus tout récemment et sont identifiés sous le nom de "paquet MONTI"

- les aides au logement social n'ont pas à être notifiées préalablement à la Commission et sont exclues du champ de la directive "services"

- le logement social est éligible aux fonds structurels ainsi que les investissements liés à la maîtrise de l'énergie et au développement des énergies renouvelables.

 Ces acquis ne règlent pas tout, loin s'en faut

- Si le principe de l'exclusion du logement social de la directive services est acquis, le passage à l'acte induit une définition précise du champ d'action du secteur du logement social. Sur ce point, Parlement, Commission et Conseil divergent entre une définition "ouverte" préservant l'essentiel de l'activité du secteur et une définition beaucoup plus restrictive limitant par exemple l'action des opérateurs HLM SEM au logement des plus démunis.

- Tous les opérateurs bailleurs sociaux se satisfont d'un des socles de la politique française de logement social : son financement à partir de l'épargne populaire centralisée par la Caisse des Dépôts et Consignations grâce aux collectes opérées par les réseaux de la Caisse d'Epargne, du Crédit Mutuel et de la Poste. Ce dispositif a toujours répondu aux attentes du secteur y compris en période de plan de relance ou d'engagement collectif. Si la faiblesse de l'aide à la pierre venant de fonds publics a souvent été un obstacle à l'équilibre financier des opérations, il n'en a pas été de même pour les financements à long terme qui n'ont jamais manqué, les fonds de collecte se trouvant ainsi régulés.

 Or, ce système est aujourd'hui remis en cause : le monopole à trois "tripole" est rejeté par la Commission qui le considérant comme non nécessaire à l'accomplissement des missions d'intérêt général a adressé une mise en demeure à la France. Il est pourtant à craindre que si la Commission obtenait gain de cause, si la collecte de cette épargne était banalisée et soumise à la concurrence de tous les réseaux bancaires, un système de financement pérenne et sécurisé qui a fait ses preuves s'en trouverait grandement déstabilisé.

 La fin de l'année 2006 et l'année 2007 seront donc essentielles et le secteur professionnel doit apprécier avec lucidité ses marges de manœuvre pour arrêter la stratégie la plus efficace.

2- Les choix étrangers

Trois pays européens symbolisent des choix alternatifs en matière de logement social

- le "modèle" britannique 

Pour les Britanniques très imprégnés de philosophie libérale, le modèle dominant d'accès au logement est la propriété.

 Les opérateurs bailleurs sociaux historiques ont été conviés à vendre massivement leur parc  et le logement social est limité au logement des plus démunis qui ne peuvent accéder à la propriété, quelle qu'en soit la forme.

 Dans ce contexte, pas besoin d'opérateurs immobiliers sociaux puissants – du type mouvement HLM – la mission relève du caritatif et doit être assurée par des associations.

 - le "modèle" allemand 

Dans la société allemande, le poids du secteur locatif est très élevé et les évolutions récentes ont conduit à banaliser la fonction de bailleur ; les spécificités des bailleurs sociaux ont été  gommées, et l'ensemble du secteur locatif – public et privé – est régulé par des dispositifs publics : plafonnement des loyers, conventionnement.

 Les règles du jeu sont donc connues des investisseurs et plusieurs "stadtwerke" équivalent des SEM ou des offices publics ont vendu (Dresde) ou sont sur le point de vendre leur patrimoine à des investisseurs privées, y compris des fonds de pensions américains.

 Simultanément, un droit au logement opposable existe : dans le cadre de leur devoir de police, les collectivités locales ont l'obligation d'assurer à tous un hébergement.

 - le "modèle" néerlandais 

Il est le plus proche du modèle français et est actuellement dans le collimateur de la commission de Bruxelles. Il repose sur des opérateurs immobiliers sociaux puissants et sur une définition large d'une mission de service public permettant aux opérateurs de faire jouer des péréquations selon la solvabilité des ménages logés et la qualité des logements. La commission voit dans ces péréquations des dispositifs d'aides publiques allant au delà d'une mission d'intérêt général.

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26 juin 2007 2 26 /06 /juin /2007 13:51

 

Des changements dans les pratiques sociales

 François Martot est conseiller municipal d’Yvetot (76) et directeur d’un organisme de logement social. En novembre 2006, il a écrit, en tant que délégué national du MRC, une synthèse intitulée « Logement social : défis et pistes de réflexion ». Ce texte a été découpé en huit parties, qui seront publiées successivement sur ce blog. La première est parue hier. Voici la seconde partie, qui concerne les défis sociétaux du logement social.

 A) - Les défis sociétaux

1- Les données socio-démographiques

 Depuis l'engagement de l'Etat dans une politique de logement social, la référence dominante a été celle du parcours résidentiel du couple stable doté d'un emploi stable.

 Si l'environnement économique a beaucoup bougé, générant précarité, instabilité et mobilité, ce qui n'est pas ici notre sujet, les données démographiques engendrent par elles-mêmes de nouveaux parcours résidentiels :

 - Il est devenu banal d'affirmer que la France vieillit. Selon l'INSEE les plus de 60 ans représenteront en 2020 17 millions d'habitants et en 2035 21 millions d'habitants (1/3 de la population) en France métropolitaine contre 12 millions (21 %) aujourd'hui). La part des plus de 75 ans a pratiquement doublé entre 1962 et 2006. Or si le statut d'occupation dominant du logement chez les 60-74 ans est celui de propriétaire, le statut d'occupation dominant chez les plus de 75 ans est celui de locataire.

 - Les études prévisionnelles ont souvent sous-estimé l'évolution des "modes de vivre" qui conduit à une progression du nombre de ménages sensiblement supérieure à celle de la population. Il y a aujourd'hui 2 millions de familles monoparentales, plus de la moitié des ménages parisiens comporte une seule personne. De nombreux couples ne partagent pas le même logement.

 Ces pratiques sociales pèsent sur les besoins tant quantitatifs que qualitatifs en logement.

 Par contre, la décohabitation plus tardive des jeunes, liée notamment à des données économiques, joue en sens inverse.

 2- L'évolution des modes d'habiter

 De 1982 à 2002, la superficie moyenne par personne dans les logements est passée de 31 à 37 m² (soit 31 m² en habitat collectif et 41 m² en habitat individuel), c'est à dire plus de 20 %. Il faudrait un nouveau bond de 20 % pour atteindre les superficies rencontrées dans la plupart des pays d'Europe du Nord (Belgique, Allemagne, Pays Bas), voire davantage (Suède, Danemark, Norvège). Dans le même temps, le volume du contenu d'un déménagement aurait augmenté de 25 % en 20 ans.

 La demande d'espaces de rangement s'accroît ; la chambre, notamment celle des jeunes, devient davantage un espace de vie ; les équipements informatiques, de plus en plus souvent utilisés à des fins professionnelles doivent trouver leur place et l'extension du temps libre transforme de plus en plus le garage en espace à tout faire, dans lequel il est de plus en plus fréquent que la voiture ne trouve pas sa place.

 Pourtant, selon le rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre, la taille moyenne des logements locatifs est passée de 69,2 m² en 1996 à 67,7 en 2001.

 3- Le droit au logement

 Reconnu par plusieurs lois, ce "droit au logement " qui conditionne l'accès à d'autres droits, est-il un objectif à atteindre ou un droit reconnu et protégé ? Son cheminement chaotique mérite examen :

 - La loi Quilliot de 1982 ("le droit à l'habitat est un droit fondamental"),

 - La loi Mermaz de 1989 qui, aujourd'hui encore, règle les rapports locatifs ("le droit au logement est un droit fondamental"),

 - La loi Besson de 1990 ("garantir le droit au logement constitue un devoir de solidarité pour l'ensemble de la nation"),

 Le Conseil Constitutionnel, dans un avis de 1995, a estimé "que la possibilité pour toute personne de disposer d'un logement décent est un objectif à valeur constitutionnelle".

 La loi de lutte contre les exclusions de 1998 : "La présente loi tend à garantir sur l'ensemble du territoire l'accès effectif de tous aux droits fondamentaux dans les domaines de l'emploi, du logement, de la protection de la santé" …

 Les reconnaissances juridiques ne manquent donc pas, mais le nombre de mal logés, qui recouvre des situations très diverses, avoisine les 3 millions de personnes et, dans le parc social, les délais d'attribution des logements sociaux s'élèvent presque partout, alors que les taux de rotation diminuent.

 Un rapport du Haut Comité pour le logement des Défavorisés a très bien défini les conditions d'une avancée vers un droit opposable, qui dépassent les textes législatifs actuels. Celles-ci passent par la désignation d'une autorité politique responsable dotée de moyens d'agir et par l'octroi au citoyen de voies de recours.

 Les délégations de compétences nées de la loi de décentralisation de 2004 créent à cet égard une situation entièrement nouvelle, dont les développements vont inévitablement s'inscrire dans la durée et qui vont nécessiter des arbitrages politiques très complexes ; c'est en effet toute la conception de la solidarité nationale qui est en jeu.

La délégation des aides à la pierre aux EPCI est une étape décisive. Cette montée en puissance des intercommunalités dans le domaine du logement constitue-t-elle une étape vers un droit au logement opposable ? Quels seront alors les rôles et les responsabilités respectives des EPCI et de l'Etat garant de la solidarité nationale ?

 Ce débat est au cœur de toute politique de cohésion sociale.

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25 juin 2007 1 25 /06 /juin /2007 21:32

 

Une situation de crise qui a des causes précises

 Lors du Conseil national du Mouvement Républicain et Citoyen, hier,  François Martot s’est exprimé sur ce qu’il a appelé « le paradoxe du MRC » en prenant le cas de son département, la Seine-Maritime. Il est lui-même conseiller municipal d’Yvetot dans le pays de Caux et, sur le plan professionnel, directeur d’un organisme de logement social.

 En tant que délégué national MRC au logement, il avait écrit une bonne synthèse en novembre 2006 sur son thème de prédilection. Je vais publier ce texte assez long, en le découpant en huit parties. Voici la 1ère partie, introductive, qui pose la problématique.

 « En matière de logement, et notamment de logement social, 2006 est une année essentielle. Elle verra probablement battre le record, atteint en 2005, de 410 000 logements mis en chantier, après 360 000 en 2004, alors que l'INSEE situe à 320 000 le niveau de satisfaction des besoins (hors rattrapage des  déficits antérieurs).

 Pourtant, la perception d'une situation de crise grave ne cesse de progresser. En effet :

 - La part de constructions neuves dans des opérations d'urbanisme concerté (ZAC, lotissements) n'a cessé de baisser, ce qui illustre le triomphe du diffus et plus globalement du marché et la perte d'influence des décideurs publics sur la localisation des opérations.

 - La part du logement social ne suit pas la même courbe : 55 000 en 2005, peut-être 65 000 en 2006 dont une partie de PLS destinés à des ménages dépassant les plafonds de ressources HLM et une partie en remplacement de logement détruits dans le cadre du plan de cohésion sociale – c'est pour l'essentiel l'investissement privé placé dans une phase de cycle économique favorable (intérêts réels faibles) et dopé par la défiscalisation de Robien qui tire le marché – De même, en accession, la part des primo accédants diminue malgré le prêt à taux zéro.

 - Le coût du service logement est de plus en plus élevé et inadapté à la demande : explosion des loyers privés (reflet de la bulle immobilière), hausse des loyers sociaux, hausse des charges chauffage, non revalorisation des aides à la personne ; la part des dépenses liées au logement augmente dans le budget des ménages.

 La situation actuelle dans le secteur du logement résulte ainsi d'une double cause : 

- L'effondrement de la nouvelle économie en 2000 a généré, dans un contexte de faiblesse historique des taux d'intérêt longs, des arbitrages chez les investisseurs institutionnels et particuliers favorables à un important report de capitaux du marché des actions vers le marché immobilier.

 - La crise du logement et notamment du logement social résulte également d'une mauvaise anticipation des besoins. Par manque de volonté politique, l'Etat n'a pas rempli son rôle ».

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10 mars 2007 6 10 /03 /mars /2007 22:26

 

Favoriser l’information et l’expression des locataires

 Georges Minzière, conseiller municipal de Laval, habite dans le quartier St-Nicolas. Il a contribué, au début des années 1990, à créer un comité de locataires dans ce quartier. Après quinze ans de fonctionnement, il considère que les pouvoirs publics devraient apporter un complément législatif afin de renforcer la légitimité de ces comités et encourager la démocratie sociale participative.

 Peux-tu préciser ce que tu entends par besoin de légitimité ?

 Le problème posé est celui de l’expression et de la représentation institutionnelle des locataires de logements sociaux. La loi dite Besson du 31 mai 1990 stipule que les locataires de logements sociaux HLM peuvent créer des comités. Ceux-ci ne sont représentatifs que s’ils représentent au moins 10% des locataires dans un périmètre défini. Mais les textes n’indiquent pas par quels moyens les comités de locataires peuvent obtenir cette légitimité de représentation.

 Les architectes ont besoin de consulter les habitants des quartiers. Comment le faire s’il n’y a pas de structure représentative compétente reconnue pour faire le lien entre eux et les professionnels chargés de l’urbanisation et de l’intégration de l’habitat social dans les quartiers ?

 Tu t’appuies sur l’expérience de ton comité de locataires. Comment a-t-il été créé ?

 Dès 1991, nous avons créé une association de quartier (AGIR, Association de Gestion des Idées des Résidents) dans la partie Kellermann du quartier Saint-Nicolas. Il y avait plusieurs commissions, dont celle des locataires HLM. Nous avons demandé à la mairie en 1992 de faire effectuer une enquête par le Centre d’Etude et d’Action sociale (CEAS) de la Mayenne auprès des habitants des immeubles collectifs du Kellermann, ce qui a été accepté.

 Un comité de pilotage a été mis en place avec la participation de représentants de l’Office public départemental HLM et de la mairie. En 1993, avec l’aide du CEAS, nous cherchons  à nous informer sur la procédure « Habitat et Vie sociale » et sur les nouvelles dispositions réglementaires concernant la consultation des habitants lors des opérations de réhabilitation avec financement de l’Etat.

 La loi Besson a entr’ouvert des portes ?

 Oui, la circulaire ministérielle du 18 décembre 1992 apporte des précisions mais elle reste floue sur certains points. Voici ce qu’elle dit. C’est le bailleur - maître d’ouvrage qui a l’initiative du processus de consultation des habitants. L’association de locataires, à condition d’être « représentative » (représenter au moins 10% des locataires ou être affiliée à une organisation fédérative), donne son avis sur le projet et bénéficie d’une part (1%) de la subvention prévisionnelle de l’Etat, afin de financer l’information et la réflexion des locataires. Le préfet peut différer l’octroi d’une subvention s’il estime que les conditions de la concertation avec les habitants n’ont pas été satisfaisantes.

 Votre problème, c’était d’être représentatif ?

 Selon ces textes, la commission de locataires devait représenter au moins 10% des locataires. Comment y parvenir autrement que par des élections ? Celles-ci ont eu lieu pour la première fois en 1993 à l’initiative du comité de soutien des locataires, créé au sein de l’association AGIR. Elles sont renouvelées tous les trois ans et se font sur la base des règles en vigueur dans les élections aux comités d’entreprise (en l’absence de précisions dans la circulaire).

 Comment se déroulent les élections ?

 Le périmètre concerné (Kellermann) comprend 900 logements. La liste des électeurs est établie par l’organisme HLM (titulaires d’un contrat de location, à jour des loyers, dans le quartier). Les bureaux de vote sont temporaires et itinérants sur une semaine. Le vote par procuration est autorisé. Le dépouillement a lieu à la maison de quartier (siège du comité et de l’association).

L’association AGIR présente une liste de candidats et il y a une campagne électorale. Les frais de courriers sont à la charge de l’Office HLM.

 Il pourrait y avoir d’autres listes présentées par une organisation reconnue par l’Office public départemental HLM (CNL proche de la CGT, CLCV proche de la CFDT et AFOC proche de FO).

La participation est en général comprise entre 20 et 30%. Pour être élus au comité de soutien des locataires, les candidats doivent obtenir 50% des suffrages exprimés et 10% des électeurs inscrits (les électeurs peuvent rayer les noms).

 A quoi sert le comité de locataires élus ?

 Le rôle du comité élu est de défendre les intérêts des locataires auprès de l’Office Public HLM et les représenter dans diverses instances (ville de Laval, Etat, CAF, La Poste, Service Solidarité du Conseil général, Sauvegarde de l’Enfance…).

 Les interventions ont concerné :

 - la réhabilitation, l’entretien, les loyers, les charges, en particulier le chauffage, le gardiennage, les troubles de voisinage…

 - l’aménagement des espaces verts, des pieds d’immeubles, de l’ancien magasin Leclerc…

 - la mise en œuvre du Contrat Local de Sécurité (propositions aux services de la préfecture),

 - la médiation afin de rechercher des solutions dans les situations les plus difficiles.

 Il y a un règlement intérieur qui doit être respecté par tous les locataires. Par exemple, la propreté de la cage d’escalier. Si ce n’est pas le cas, il est fait appel à une entreprise de nettoyage aux frais de l’ensemble des locataires concernés.

 Quel a été le rôle d’un organisme comme le CEAS dans vos actions ?

Je tiens à  souligner le rôle joué par le CEAS dans l’appui à la mise en place puis à l’action du comité de locataires et de l’association de quartier. Il a été décisif pour donner aux locataires et aux habitants les moyens de s’exprimer et de prendre leurs responsabilités au niveau du quartier. La méthode CEAS pourrait être prise comme référence pour favoriser l’expression collective des locataires et la diffusion des informations sous leur responsabilité.

 Et l’influence de la loi Besson ?

 La loi Besson a eu le mérite d’amorcer la pompe en ce qui concerne la mise en place de comités de locataires. Mais il faudrait formaliser l’élection afin de renforcer la légitimité des comités et développer cette démocratie sociale participative que Ségolène Royal appelle de ses voeux.   

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15 janvier 2007 1 15 /01 /janvier /2007 22:13

 

Droit opposable au logement : et si c’était vrai ?...

 Le gouvernement a fait connaître son intention de déposer un projet de loi sur le droit au logement, à quelques semaines de la fin des travaux parlementaires.

 Saisi en urgence, le Parlement ne pourra qu’agir dans la précipitation. Et, pourtant, le sujet est sérieux. Cette initiative aura eu, au moins, le mérite de poser le problème du logement. Quant aux solutions, elles sont diverses.

 L’exemple de Montréal

 A l’opposé de la proposition gouvernementale, un professeur d’économie politique à l’IEP de Paris suggère des mesures en faveur des propriétaires (favorisant les conditions d’expulsion) et d’autres en faveur des locataires (interdisant les multiples dépôts de garantie et de caution) s’inspirant des réalisations du Québec, à Montréal, où personne n’est à la rue et où il n’y a pas de logements vides (Le Monde, 11 01 07).

 L’échec des politiques d’aides au logement en France

 Dans Libération, ce jour, Thomas Piketty se place aussi au niveau de l’efficacité. Il fait un rappel historique intéressant, concluant à l’inefficacité des différentes formes d’incitations publiques.

 « Jusque dans les années 70, la puissance publique prenait directement en charge de grands programmes de construction de logements sociaux, avec certains succès mais également avec des échecs cuisants, comme en témoignent les grands ensembles et autres barres HLM aujourd'hui détruits.

 Depuis les années 70-80, la priorité est passée des aides à la pierre aux aides à la personne, sous la forme d'allocations logement progressivement augmentées, étendues à l'ensemble des ménages modestes et visant à solvabiliser leur demande sur le marché privé comme dans le logement social.

 Les allocations logement sont ainsi devenues le plus important transfert social du système français : elles totalisent en 2006 près de 15 milliards d'euros, soit près de deux fois plus que le RMI et la prime pour l'emploi réunis.

 Leur bilan est malheureusement mitigé. Comme l'ont montré les travaux de Gabrielle Fack, les différentes réformes du système permettent d'estimer qu'environ 80 % des allocations logement se sont répercutées en hausse des loyers perçus par les propriétaires, sans amélioration sensible de la qualité.

 Ce résultat décevant semble s'expliquer par la très faible élasticité de l'offre de logement : la construction privée n'a que très peu réagi aux nouvelles incitations ».

 Le « droit opposable » selon Jacques Nikonoff   

Sur le thème du droit opposable, Jacques Nikonoff se montre pédagogue dans un article du journal en ligne ReSPUBLICA n° 502 (www.gaucherepublicaine.org).

 « L'initiative de l'association les Enfants de Don Quichotte pour le logement des Sans domiciles fixes, largement relayée par les médias, a mis sur le devant de la scène la notion de " droit opposable " au logement (…). Précisément au moment où 2006 est présentée comme une " année en or " pour la finance mondiale (voir sur ce blog l’article paru le 9 janvier dernier).

 Il serait donc question de mettre en oeuvre un droit " opposable " au logement ; de quoi s'agit-il ?  

 

 

En France le droit au logement, comme d'autres droits, existe depuis longtemps. Sur le papier. Car il est nécessaire d'opérer une distinction entre les droits sociaux. Certains ne sont que de l'encre sur du papier. Ils peuvent certes figurer dans des textes de loi (par exemple le droit à l'emploi qui figure même dans la Constitution), mais ils sont considérés comme des droits indicatifs ou " programmatiques ". Ils ne sont qu'une simple orientation, un cap que se donne l'Etat. Ils ne sont associés à aucune obligation de résultat de la part de l'Etat et n'accordent aucune garantie aux citoyens.   

D'autres droits sociaux sont dits " opposables ". Le droit " opposable " permet en effet à tout citoyen de faire condamner par la justice toute autorité politique qui ne respecte pas la loi, et d'obtenir réparation quand un droit n'est pas respecté.   

Le droit " opposable ", pour se matérialiser, repose sur trois conditions   

- Désigner une autorité politique responsable. Ce doit être en général l'Etat. C'est ce dernier en effet, pour reprendre une expression tombée en désuétude, qui est en charge de la " bienfaisance nationale " (…).   

- Doter cette autorité des moyens et prérogatives nécessaires. Pour être effectif, le droit au logement par exemple induit un " devoir de loger ". Pour le droit à l'emploi, l'Etat aurait l'obligation de proposer des emplois ; pour le droit aux soins, il doit organiser l'accès aux soins pour tous, etc. Le droit n'est plus un simple objectif indicatif pour les politiques publiques, la puissance publique est contrainte par une obligation de résultat sous peine de sanction. Tout citoyen en difficulté pour accéder ou se maintenir dans le logement bénéficiera par conséquent d'une aide qui lui permettra effectivement d'être logé ou relogé.   

- Ouvrir des voies de recours pour le citoyen. Le droit est garantit par des voies de recours auprès d'une autorité politique responsable. Elles sont d'abord amiables puis en dernier ressort juridictionnelles.   

Deux droits opposables actuellement   

Aujourd'hui, seuls deux droits fondamentaux sont déjà opposables : le droit à la scolarité et celui à la protection de la santé. Une éducation doit être garantie aux enfants jusqu'à l'âge de 16 ans, les responsabilités respectives de l'Etat et des collectivités territoriales étant clairement établies. Si l'inscription scolaire d'un enfant pose un problème, il existe des voies de recours, y compris devant le tribunal administratif. En clair si vos enfants ne sont pas pris à l'école, vous pouvez porter plainte et vous êtes sûr de gagner...   

Le droit à la protection de la santé ne permet pas d'imaginer un refus d'accorder des soins de la part d'un hôpital. D'autant qu'il existe l'obligation d'assistance à personnes en danger, appliquée notamment grâce au " caractère universel, obligatoire et solidaire de l'assurance maladie " (article L. 111-2-1 du Code de la Sécurité sociale).   

Qu'adviendrait-il si le droit à la scolarité et celui à la protection de la santé n'étaient pas opposables ?  

Tous les enfants de moins de seize ans seraient-ils scolarisés ? On peut en douter car certains d'entre eux, selon des critères opaques, feraient l'objet d'un refus d'inscription sous des prétextes variés : nombre insuffisant d'écoles ou de classes construites ; manques d'enseignants ; budgets trop faibles... En vérité, c'est l'établissement de l'instruction publique laïque, gratuite et obligatoire qui a contribué à la construction des écoles, et non l'inverse. De même, c'est le droit au logement opposable qui contribuera à la construction suffisante de logements sociaux.   

En matière de santé, le schéma américain se mettrait vite en place : sur le brancard et aux urgences, la première démarche de l'hôpital faite auprès des patients serait de leur demander leur carte de crédit...  

Quels sont les autres droits qui devraient devenir " opposables " ?  

Il paraîtrait logique et conforme à l'esprit des Lumières, poursuivi dans le programme du Conseil national de la Résistance, de commencer par les droits établis dans le préambule de la Constitution de 1946, partie intégrante de la Constitution de 1958 actuellement en vigueur :   

Le droit à l'égalité entre les hommes et les femmes : " La loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l'homme. "   

Le droit à l'emploi : " Chacun a le devoir de travailler et le droit d'obtenir un emploi. "   

Le droit au respect : " Nul ne peut être lésé, dans son travail ou son emploi, en raison de ses origines, de ses opinions ou de ses croyances. "   

Le droit de participation à la gestion des entreprises : "Tout travailleur participe, par l'intermédiaire de ses délégués, à la détermination collective des conditions de travail ainsi qu'à la gestion des entreprises."   

Le droit au service public : "Tout bien, toute entreprise, dont l'exploitation a ou acquiert les caractères d'un service public national ou d'un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité."   

Le droit au revenu : "Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l'incapacité de travailler a le droit d'obtenir de la collectivité des moyens convenables d'existence."   

Le droit à la formation professionnelle et à la culture : "La Nation garantit l'égal accès de l'enfant et de l'adulte à l'instruction, à la formation professionnelle et à la culture."   

Le fanatisme de marché contre les droits opposables  

Malgré le grand nombre de droits inscrits dans les textes juridiques, pourquoi si peu sont opposables et restent lettre morte ? Les obstacles sont d'ordres idéologique, politique et culturel, et liés à une certaine conception de la propriété et de la concurrence.   

Le logement, pour reprendre cet exemple, est aujourd'hui un marché. Pour les libéraux, la catastrophe guette car un droit opposable au logement reviendrait à permettre à toute personne dépourvue d'un logement d'en occuper un, même si elle se trouve dans l'incapacité d'en payer le prix de marché. La charge du logement serait alors transférée sur les contribuables, comme tout financement de droits opposables.   

Toute tentative de faire appliquer le droit au logement ne pourrait donc qu'encourager la construction massive de logements sociaux par la puissance publique, augmentant les dépenses sociales de la nation et provoquant une concurrence déloyale avec le secteur privé. Le logement social, en outre, en proposant des loyers inférieurs à ceux résultant de la confrontation de l'offre et de la demande sur un marché " libre ", engendrera mécaniquement une baisse du prix des loyers dans le secteur privé. Horreur ! La sphère publique dominera la sphère privée.   

De beaux débats en perspective lors de la campagne électorale  

C'est certainement sur le terrain des droits opposables que la campagne électorale qui débute sera la plus intéressante. Car le droit opposable condense à lui seul toute la question libérale. Il pose d'abord le problème de la finalité de l'économie. Avec des droits opposables qu'il faut financer, l'économie est remise à sa place qui est de produire des richesses permettant de répondre aux besoins de la population. On produira biens et services pour permettre l'application du droit au logement, aux soins, à l'éducation, etc. C'est l'orientation générale de l'économie qui est changée, les activités productives seront par nature économes en énergie et en pollutions.   

Ensuite, l'autre mérite du droit opposable est d'entrer dans le détail. Nulle vague promesse électorale n'est possible. Il faut être concret et débattre des moyens de réaliser le droit. C'est le retour de la politique contre la marche au hasard de l'économie de casino.   

Cette perspective a été esquissée dans la Charte antilibérale et dans le Manifeste d'Attac. Il faut maintenant lui donner l'ampleur et le souffle requis par la situation ».

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