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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 17:34

La maison France sera-t-elle propre début novembre ?

 

L’épreuve de force est une course de vitesse. Le Sénat* doit adopter, si possible demain 21 octobre, le projet de loi de La réforme des retraites. Il y aura, ensuite, une recherche d’accord entre les deux assemblées, Assemblée nationale et Sénat, de façon à ce que le Parlement adopte un texte début novembre. Puis, ce sera la promulgation de la loi. Le président de la République pourra alors annoncer son nouveau gouvernement, avec lequel il tentera de se faire réélire en 2012 - si tout va bien.

C’est avec la satisfaction du devoir accompli au niveau national qu’il pourra, enfin, préparer avec soin la réunion du G20 en Corée du Sud le 12 novembre. A cette occasion, il prendra, au nom de la France, la présidence des pays qui comptent dans le monde, le G20. Pour une année.  

Le président ne le fait pas voir, mais il est contrarié par les perturbations liées au mouvement social en train de se radicaliser. Il pensait que les organisations syndicales allaient se disperser en se divisant, ce qui n’est pas encore le cas. Voir : Violences, blocages, pénurie : ça ne faiblit pas, ça se corse (Rue89, 19 octobre).

Syndicats : la radicalisation complique la sortie de crise (Le Monde, analyse de Michel Noblecourt, 20 octobre)

 

Retraites : la mobilisation se maintient dans la rue, la pression monte

 

Du jamais-vu ! Dans l'histoire des mobilisations sociales des quinze dernières années, la contestation syndicale de la réforme des retraites de Nicolas Sarkozy est sans précédent. Jamais, en septembre-octobre, période généralement peu propice aux grandes manifestations, on avait observé six journées nationales d'action consécutives d'une telle ampleur. Au soir du mercredi 19 octobre, François Fillon peut bien s'adonner à la méthode Coué en estimant que le mouvement social "plafonne, commence à s'essouffler ". Le pouvoir a l'art de se placer dans le déni de réalité (…).

 

* Au Sénat, parmi les opposants à l’adoption du projet de loi, le groupe des communistes, républicains, citoyens (CRC) et des sénateurs du Parti de Gauche (SPG) est le plus actif.

Voir Chronique d'une bataille parlementaire (12).

 

Sur son blog (20 octobre), le directeur de l’Humanité, Patrick Le Hyaric, invite le pouvoir exécutif à se conformer à la volonté de la majorité des Français : Retirer la contre-réforme des retraites

 (…) Que le pouvoir ne s’y trompe pas ! Au fil des jours, à partir de la question des retraites, le débat populaire porte de plus en plus sur le type de société dans laquelle nous voulons vivre. Nos concitoyens refusent l’injustice, les inégalités galopantes, la pauvreté, l’austérité pour le peuple, pendant que les grands fortunés et les puissants se gavent et spéculent. Le slogan chanté dans les manifestations :  « Les jeunes dans la galère, les vieux dans la misère », dit exactement ce que notre peuple ne veut plus alors qu’on apprend que notre pays est classé 3ème Nation au monde pour le nombre de ses multimillionnaires. Il n’y a qu’une issue raisonnable : celle réclamée par la majorité de notre peuple. Retirer ce texte. Organiser un débat public. Consulter le temps nécessaire les organisations syndicales et associer réellement le Parlement.

Cet article est le 43ème sur ce blog dans la catégorie Les retraites

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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 23:52

Le soutien du pouvoir au capitalisme financier est contesté

 

De mémoire de mayennais, on n’avait jamais vu autant de monde si souvent dans les manifestations. Les stratèges politiques qui gouvernent le pays n’avaient pas prévu que le mouvement de contestation de la réforme des retraites persisterait ainsi avec une détermination qui ne se dément pas. Ils utilisent les moyens répressifs, faute d’arguments, ayant sous-estimé la profondeur de la crise qui est à la fois économique, sociale et politique. Crise de société, écrit Pierre Haski (Rue89). Sans doute.

 

Le président élu en 2007 est bien incapable d’être l’homme de la situation, mais il n’est pas le seul. On ne trouvera personne, à l’UMP ou parmi ses alliés centristes, car ils soutiennent un système néolibéral capitaliste qui a failli. C’est au sein de la gauche qu’il faut trouver les ressources d’une politique de ressaisissement des pouvoirs publics. Le Mouvement Républicain et Citoyen a un rôle majeur à jouer dans la période qui vient, avec son programme de salut public et les capacités d’homme d’Etat de Jean-Pierre Chevènement. On le verra bientôt.

 

En Mayenne, ce 19 octobre, il y avait plus de 6000, peut-être 8000 personnes, ce matin à Laval, dont un millier de jeunes, dans le cortège conduit par les huit organisations syndicales. 

Le rendez-vous était donné au carrefour de la rue de Bretagne et des boulevards Duguesclin et du 8 mai 1945. Rue de Bretagne et rue du Général de Gaulle, puis le Cours de la Résistance, le pont de l’Europe, le quai Béatrix de Gâvre et la rue de la Paix avant de terminer à la préfecture.

 

Chaque manifestation a son parcours. C’est une façon de découvrir Laval. Aujourd’hui, nous sommes passés devant la Banque de France, symbole d’un Etat qui a transféré son pouvoir à la Banque centrale européenne. 

 

Lu dans la presse

Retraites : la réforme de trop pour les Français (Marianne2, blog d’Eugène, 19 octobre)

Elle aura été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Selon Eugène, la réforme des retraites cristalliserait en effet la déception de Français déjà cassés par les précédentes réformes du gouvernement Fillon. Un pouvoir qui traite aujourd'hui les manifestants avec mépris tout en restant arc-boutés sur ses positions : le signe qu'il est aux abois (...).

 

De la lutte contre la réforme des retraites à la révolte des jeunes (Rue89, Pierre Haski, 19 octobre). Extrait. 

 Crise de société

En octobre 2010, c'est donc une jeunesse qui voit un horizon bouché qui descend dans la rue. Et qui interpelle tout le monde, à sa manière, sur ce « no future » qui se dessine à l'horizon.

Le défi s'adresse au pouvoir actuel, qui ne s'en tirera pas uniquement en montrant au journal de 20 heures des images de casseurs et de lycées brûlés. Le défi s'adresse aussi à la gauche, qui ne peut pas se contenter de surfer sur le rejet du sarkozysme, mais peine à définir des alternatives crédibles.

Pendant ce temps, le projet de loi de réforme des retraites continue son chemin parlementaire. Mais l'enjeu, progressivement, déborde de ce texte qui a mis le feu aux poudres ; c'est une crise de société qui se dessine. 

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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 21:20

Les grèves sélectives vont perturber l’activité du pays

 

Ce mouvement populaire ne ressemble à aucun autre en France et ailleurs. Il vise à reconquérir le pouvoir dont l’a dépossédé la nouvelle classe dominante, qui est au service du capitalisme financier mondialisé. Et, pour cela, le peuple n’a pas le choix : il faut faire plier Sarkozy, qui veut imposer l’ordre néolibéral en France. Au vu des manifestants ce jour, il  est clair que la détermination est bien là.

 

Le système de retraites est d’inspiration sociale, à l’opposé de l’ordre néolibéral. En s’attaquant à cette conquête de la Libération, issue du programme du Conseil national de la Résistance, le président s’attaque au cœur de ce qui fait le consensus national (la solidarité sociale). Les jeunes n’ont pas besoin d’avoir 18 ans pour comprendre ce que cela signifie pour leur avenir. Ils constatent, comme Hakim El Karoui (Contre Info, 14 octobre) que « Notre société ressemble de plus en plus à celle de l’Ancien Régime »

« Notre société ressemble effectivement de plus en plus à celle de l’Ancien régime avec une base très large, une petite élite et une masse assez importante de personnes - des avocats, des médecins à honoraires libres, des professionnels des loisirs... - qui travaillent pour la petite élite au sommet. Le reste de la société est entraînée vers les emplois de service peu qualifiés payés 40 % de moins que les emplois industriels. » Hakim El Karoui est membre du Conseil scientifique de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, et ancien conseiller de Jean-Pierre Raffarin.   Lire... »

 

Le grand intérêt des manifestations est le plaisir qu’on éprouve à se rencontrer pour discuter. Après les lycéens, hier (voir Retraites : défilé des lycéens, à Laval et ailleurs, contre le projet de loi - 15 octobre 2010), c’était, ce samedi 16 octobre, à Laval, une manifestation familiale et populaire rassemblant plus de 5000 personnes derrière la banderole unitaire des organisations syndicales mayennaises.

 

Par rapport au rassemblement précédent (voir Retraites : la plus forte journée de mobilisation dans l'ensemble du pays - 12 octobre 2010), il y avait beaucoup de nouveaux (le but était de permettre à ceux qui n’étaient pas disponibles mardi de participer le samedi), chacun se demandant comment ce sera possible de faire céder Sarkozy.

 

 

L’adoption probable du projet de loi par le Parlement (vote par le Sénat mercredi, puis recherche d’accord entre les deux assemblées) va coïncider, début novembre, avec la préparation du G20. Le président a l’intention de changer de gouvernement durant cette période. Cela ferait très mauvais effet sur le plan international s’il y avait des perturbations entravant l’activité économique du pays, d’autant plus que ses ambitions de président du G20 - à partir du 12 novembre, pour un an - sont grandes (réforme du système monétaire international, du marché des matières premières et de la gouvernance mondiale).

Et, pourtant, ces perturbations sont probables sur des points sensibles touchant l’Etat et les grands groupes économiques. L’épreuve de force aura lieu autour du 10 novembre, si l’union des organisations syndicales tient jusque-là.

Ce qui va se jouer maintenant, c’est l’avenir du projet de loi réformant les retraites (son retrait ou non), mais aussi le contenu des orientations que la gauche proposera en 2012 (sur des bases de gauche, vraiment républicaines, ou pas).

 

Lu dans la presse

Retraites. Aubry appelle Sarkozy à suspendre le débat (Ouest-France, 15 octobre)

Manifestations : l'opéra Bastille encerclé par les CRS (Rue89, 16 octobre). Extrait.

 

Les points de blocage

Trains, avions et ports devraient à nouveau être fortement perturbés par les arrêts de travail des salariés. Mais le point sensible, qui gêne le plus le gouvernement, est la situation des raffineries et dépôts de carburant désormais touchés par la contestation.

Ce samedi matin, en marge d'une visite au salon de l'automobile, la ministre de l'Economie a appelé les automobilistes à « ne pas paniquer ». Dix des douze raffineries françaises sont arrêtées. Christine Lagarde : « Je suis sûre que le dialogue social intelligent aidant, on arrivera à des situations de déblocage et non pas de blocage. » Sur Europe 1, le secrétaire général de la CGT a assuré que la pénurie d'essence n'est pas « l'objectif » du mouvement, mais que « dès lors que les salariés arrêtent de travailler là où ils sont, cela a un impact sur la vie économique et sociale. Une grève a comme conséquence (…) de perturber la vie quotidienne ».

Pour Bernard Thibault : « La participation et l'engagement sont bien plus importants que bien d'autres conflits auxquels on fait référence par comparaison ces derniers jours, je pense à 2003, à 1995. » Le rapport de force va donc encore une fois se compter dans la rue, par l'ampleur de la mobilisation.

La popularité du mouvement

La journée va aussi être à haut risque pour les protagonistes, sur le front de la bataille de l'opinion. L'arrivée des lycéens dans le conflit cette semaine renforce la volatilité du mouvement, avec des cortèges et rassemblements qui ne sont pas aussi maîtrisés que ceux des syndicats. Les policiers le savent : la moindre bavure, comme à Montreuil où un lycéen a été blessé par un tir de flashball, peut faire basculer l'opinion. Tout comme les exactions dont peuvent se rendre coupable jeunes et moins jeunes, ne contribuent pas à améliorer l'image d'un mouvement jusque là soutenu par une large majorité des Français.5

La réaction du gouvernement

Après une semaine en demi-teinte pour le gouvernement, l'exécutif va tenter de reprendre l'initiative avec plusieurs interventions prévues dimanche. Le ministre du Travail, Eric Woerth, sera notamment l'invité de l'émission politique de France Inter. François Fillon va aussi monter au créneau, dimanche soir sur TF1, pour défendre le projet de réforme. Le Premier ministre aura fort à faire, à environ un mois d'un vaste remaniement ministériel qui le donne partant de Matignon.  

Cet article est le 41ème sur ce blog dans la catégorie Les retraites

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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 19:29

Garder un système gagné dans les luttes passées

 

Les motivations des lycéens en grève, qui défilaient ce 15 octobre dans les rues de Laval, étaient écrites sur la banderole « Retraite : les anciens l’ont gagnée. On se battra … pour la garder ! ». Signé : le comité des lycéens en grève du lycée Douanier Rousseau, à Laval.

 

En matinée, ils étaient nombreux, entre 1200 et 1500 en matinée, venant principalement des lycées publics de Laval, mais aussi des lycées privés de Haute-Follis (une bonne centaine) et d’Avesnières. Après le lycée Rousseau, ils se sont dirigés vers le pont de Pritz, puis le retour vers la mairie s’est effectué par la rue du Vieux-Saint-Louis.

L’après-midi, 700 à 800 ont rejoint le lycée Haute-Follis, emprunté le boulevard du 8 mai 1945 avant de passer devant le lycée Ambroise Paré et terminer devant la mairie. Les organisateurs ont appelé à participer demain samedi à la manifestation intersyndicale qui partira, à 11h, de la place de Hercé (près de la salle polyvalente) à Laval.  

«On est tout à fait capable à 16 ans de se mobiliser de son propre chef» (Libération, 15 octobre). Les lycéens se mobilisent et revendiquent leur solidarité avec le mouvement social contre la réforme des retraites. Quentin Delorme, secrétaire national de l'UNL, la première organisation syndicale lycéenne, a répondu aux questions des internautes (extraits).

Quelle est la signification de votre engagement ? Que souhaitez-vous faire passer comme message aux lycéens, aux étudiants, à nos concitoyens ? Quelles sont vos revendications ?

On se mobilise pour avoir un droit à l'avenir, ça signifie avoir un travail avant 30 ans, avoir une retraite avant 70 et, surtout, être considéré comme des gens suffisamment responsables pour intervenir sur un débat de société. On défend la retraite à 60 ans à taux plein, c'est le slogan des manifestations lycéennes. On souhaite une véritable politique de l'emploi pour permettre aux lycéens de trouver des stages, d'avoir un emploi stable avant 27 ans, comme c'est le cas aujourd'hui, et avoir une certaine sécurité par rapport à la vie professionnelle. Au lycée on nous parle beaucoup d'orientation, on s'inquiète de ce que seront pour nous les prochaines années au regard du taux de chômage actuel des jeunes.


Les lycéens, souvent mineurs, et qui n'ont jamais travaillé, ont-ils le recul nécessaire sur une question sociologique aussi importante que l'avenir des retraites ?  Même si le gouvernement a sabordé le débat, quel message peuvent porter ces jeunes ?

On ne peut pas faire une réforme au nom des jeunes, sans prendre une seconde en compte leurs considérations. On n'a pas vocation à construire une réforme des retraites, ce n'est pas notre travail, mais on est quand même capable d'analyser la précarité des étudiants aujourd'hui (celle qui attend les lycéens) et tenter d'apporter des réponses.

 

La position nationale du Mouvement Républicain et Citoyen

Samedi 16 octobre 2010, manifestons afin d'ouvrir de nouvelles perspectives pour les retraites

Le MRC manifestera auprès de celles et ceux qui réclament la tenue d'un véritable débat pour la prise en compte d'alternatives permettant de garantir l'avenir de notre système de retraite par répartition. Imposer par la force une politique injuste, inefficace et dépourvue de toute vision d'avenir ne construit rien de durable. Le tract distribué est disponible ici.

 

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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 23:25

Seul un mouvement exceptionnel peut faire céder Sarkozy

 

La journée d’action du 12 octobre contre le projet de loi réformant les retraites a montré la détermination populaire (voir Retraites : la plus forte journée de mobilisation dans l'ensemble du pays - 12 octobre 2010).

C’est un grand mouvement social qui est en train de s’installer en France. Il ne se limite pas à la question des retraites, car il résulte de « l’accumulation de la peur et des rancoeurs, mêlant risques du chômage, conditions de travail et problèmes de salaires » (Fédération Chimie Energie CFDT - voir l’article ce 14 octobre sur le site du quotidien Le Monde Retraites : va-t-on vers une pénurie d'essence ?).

"On va vers un blocage du pays, je vous le garantis, et ce sera la faute du gouvernement, qui n'a pas voulu discuter de la réforme avec les syndicats !" Ce membre de la coordination du mouvement de grève sur le port de Marseille-Fos doit être pris au sérieux, les approvisionnements en carburants commençant à être bloqués.

(…) L'exemple le plus emblématique de cette "conjonction des luttes" concerne le port de Fos-Marseille, où des salariés bloquent depuis trois semaines les terminaux par lesquels transitent 40 % du pétrole brut importé en France. Ils entravent à eux seuls l'approvisionnement de la moitié des complexes pétroliers du pays (…).

 

L’intersyndicale a décidé une nouvelle journée de mobilisation mardi 19 octobre, à la veille du vote au Sénat. Avec la journée de samedi 16 octobre (à Laval, rassemblement à 11h place de Hercé, près de la salle polyvalente), les organisations syndicales veulent croire que les sénateurs tiendront compte de l’opposition populaire et refuseront d’adopter le projet de loi. Elles décideront, le 21 octobre, de la suite à donner au mouvement. C’est là que des approches différentes se manifesteront, les unes voulant arrêter, les autres continuer en élargissant les bases des revendications.

Sur ce point, lire la Déclaration du Front Syndical de classe : Enraciner, élargir (13 octobre)

(…) Le monde du travail, échaudé par la stratégie des seules manifestations répétées jusqu’à l’usure, a pris ses affaires en mains. Le résultat est là avec la force du mouvement actuel regroupant massivement salariés du privé et du public, enseignants, étudiants, lycéens, la jeunesse déjouant le piège tendu depuis des années pour opposer les générations en portant ce mot d'ordre admirable : « la retraite, nos parents l'ont gagnée, on se battra pour la garder ». 

 

En Mayenne

Les unions locales CGT et Force Ouvrière de Mayenne ont publié un communiqué de presse.

Elles ont constaté de nombreuses convergences concernant le dossier des retraites, notamment sur :

• la nécessité de revendiquer le retrait du projet de loi tant que le vote définitif n'est pas intervenu ; l'abrogation de la loi si cela devient nécessaire ;

• le constat selon lequel 10 journées d'action (dont 7 avec des appels à la grève) depuis janvier dernier n'ont pas réussi à faire plier un gouvernement qui se veut inflexible et refuse d'entendre la volonté des salariés, largement soutenus par l'opinion publique ;

• la nécessité de conforter les salariés dans leur volonté d'en découdre contre un projet qui entend leur voler 2 ans de leur vie.

Les unions locales CGT et FO de Mayenne appellent donc les salariés de Mayenne et du nord-Mayenne à se réunir dans leurs services, dans leurs entreprises et à discuter de la suite du mouvement, en envisageant notamment des débrayages et la grève reconductible. Elles appellent les salariés à manifester puissamment samedi matin 16 octobre, à Laval, à 11h, place de Hercé.

 

Cet article est le 39ème sur ce blog dans la catégorie Les retraites

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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 23:40

Nombreuses grèves reconductibles jusqu’à samedi ?

 

Cette 4ème journée d’action intersyndicale depuis la rentrée de septembre, la 10ème en 2010 (21 janvier, 30 janvier, 23 mars, 1er mai, 27 mai, 24 juin, 7 et 23 septembre, 2 et 12 octobre) - dont 7 avec grèves - a été celle de la plus forte participation, ce qui renforce le mouvement social engagé contre le projet de loi réformant les retraites (voir Rue89, 12 octobre Mobilisation en hausse contre la réforme des retraites).

 

En Mayenne, de la préfecture à la cite administrative de Laval, il y avait entre 6000 et 8000 manifestants, dont 600 lycéens (source : Ouest-France).

 

Selon Henri Vacquin, spécialiste des conflits sociaux, la mobilisation est plus proche de Mai 68 que de décembre 95 (David Servenay, Rue89, 10 octobre : « Les retraites sont un prétexte à la formulation de la colère »).

 

Sur le site de Marianne, on observe attentivement les réactions du sommet de l’Etat.

 

Retraites : le scénario imprévu qui inquiète l'Elysée (Laurence Dequay, Marianne2, 8 octobre)

Un nouveau 95 ou un autre CPE ? Ni l'un ni l'autre, ou peut-être les deux. L'unité syndicale, en tout cas, est en train de créer les conditions d'un mouvement de longue durée qui déborde les prévisions de sarkoland. Vivement le 13 octobre ?

 

Retraites: Sarkozy prie, mais Dieu n'entend pas (Jack Dion, Marianne2, 12 octobre)

Malgré tous les efforts du gouvernement pour faire gober aux Français que la réforme Woerth constitue une chance pour eux, la mobilisation de faiblit pas. Même les prières de Nicolas Sarkozy, le 8 octobre dernier au Vatican, n'ont servi à rien. Ce qui fait déjà un point commun entre notre Président et Dieu: ils ne veulent rien entendre!

 

Le président Sarkozy et son gouvernement n’ont plus rien à négocier au moment où la contestation monte dans le pays. Au niveau des organisations syndicales, le duo CGT-CFDT va devoir tenir compte de FO et de tous ceux qui militaient depuis le début pour le retrait du texte gouvernemental.

Les réponses de Jean-Claude Mailly (Les Echos, 22 septembre)

La position de FO est claire, connue depuis longtemps et mobilisatrice. Il faut une réforme des retraites mais pas celle-là. Nous avons fait des propositions en matière de financement qui ont le mérite d'assurer l'équilibre financier pour toutes les générations. Chaque organisation salariale est libre de ses positions et positionnement, y compris quand un duo se forme pour les raisons qui ont à voir avec la réforme de la représentativité syndicale. FO est là et bien là, et le sera encore pour longtemps.

Peut-on vraiment aller vers une crise sociale d'ampleur?
La situation est très particulière. Je ne sais pas ce qu
'il se passera ou non ces prochaines semaines mais je sais qu'absolument tout peut arriver tant le pays est marqué par les inégalités. On ne sent pas encore de radicalisation mais on ne peut absolument pas l'exclure. Les salariés ont parfaitement compris qu'on leur fait payer les conséquences de la crise financière et ne l'acceptent pas. Ils constatent aussi que les grandes promesses de changement de modèle face à la crise ont fait long feu. Nicolas Sarkozy reste figé sur la même logique comptable, obsédé par la note de la France sur les marchés boursiers. Aujourd'hui, le gouvernement veut réduire les dépenses sociales au nom du maintien d'une politique économique qui en France et ailleurs a conduit à la crise. Et de nouvelles inégalités se profilent avec les mesures annoncées sur l'assurance-maladie et la réforme à venir de la dépendance, que le gouvernement va tenter de faire basculer sur l'assurance privée. Sans oublier la dégradation continue des services publics.

 

L’union locale FO de Mayenne, dans un courrier daté du 7 octobre, avait pris l’initiative de proposer aux autres organisations syndicales une réunion ce 12 octobre à Mayenne après la manifestation.

Le gouvernement reste sourd et inflexible face à la revendication avancée par FO dès le printemps et reprise aujourd'hui dans tous les défilés : RETRAIT du projet de loi !

Mais qui pouvait être assez naïf pour penser qu'une, ou deux, ou dix "journées d'action" suffiraient à le faire céder ?

Certes, une grève générale ne se décrète pas. Certes, la situation difficile que vivent de nombreux salariés peut faire réfléchir.

Mais la responsabilité des confédérations et fédérations syndicales n'est-elle pas justement aujourd’hui de frapper fort, après de trop nombreux coups de semonce sans succès, et de conforter les salariés dans leur volonté d'en découdre ?

7 journées de grève de 24h depuis janvier : ce sont presque 2 semaines de grève reconductible pour préserver les 2 années de vie qu'on cherche à nous voler !

Alors, nous serons à nouveau en grève et dans la rue mardi prochain 12 octobre. Mais ne nous méprenons pas, ce qui est à l’ordre du jour, tous secteurs et toutes organisations syndicales confondues, c’est la reconduction de la grève dans les jours qui suivront.

 

De son côté, le Front syndical de classe avait pris cette position dès le 17 septembre.

La contre-réforme Parisot-Sarkozy-Woerth sur les retraites, appliquant à la lettre les accords européens de Barcelone signés en 2002 par Jospin et Chirac, est un maillon essentiel de la grande chaîne du recul social généralisé qui va de la casse des services publics à celle de la Sécu en passant par la compression des salaires et le chômage de masse.
Après les lois Balladur et Fillon de 1993 et 2003, il s’agit en effet d’amplifier les régressions (recul de l’âge de la retraite, augmentation des annuités, refus de la prise en compte de la pénibilité…), au nom d’un catastrophisme démographique qui « oublie » que les travailleurs produisent chaque année plus de richesses permettant de financer les retraites et plus largement la sécurité sociale. Rappelons à ce propos
que les monopoles privés du CAC 40 prévoient 80 milliards de bénéfice pour 2010 alors que le gouvernement et les médias aux ordres vendent la crise au peuple pour lui imposer tous les sacrifices.
Concernant les retraites, le souci du gouvernement et du patronat n’est pas démographique, il est simplement de subventionner le Capital au nom du profit maximum, d’une part en accentuant les exonérations de cotisations sociales et autres cadeaux fiscaux et d’autre part en ouvrant en grand la porte aux retraites individuelles par capitalisation (ou par points) et aux appétits des compagnies financières.
Cette contre-réforme, présentée comme « la mère de toutes les réformes », est massivement rejetée par la population. Elle aura en effet comme résultat la baisse générale des pensions, particulièrement dramatique pour les carrières marquées par la précarité, l’épuisement d’un plus grand nombre de salariés dont l’espérance moyenne de vie en bonne santé est de… 63 ans, la mise en concurrence pour l’emploi des jeunes et des vieux et la pression à la baisse sur les salaires qui en résulte…
Personne ne peut croire qu’on peut gagner quelque chose dans ce cadre et c’est pourquoi cette contre-réforme n’est ni négociable, ni amendable. C’est bien ainsi que l’entendent de nombreuses bases syndicales, professionnelles ou territoriales, qui réclament son RETRAIT pur et simple, point de départ pour mettre le pouvoir sur la défensive.

 

Les conditions sont réunies pour que s’enclenche le mécanisme qui conduit à une confrontation sociale de grande ampleur, dont l’issue ne pourra être qu’un recul du président de la République sur les retraites et sur toutes les contre-réformes néolibérales qu’il a engagées.

 

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8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 22:41

La gauche ne doit pas se soumettre au diktat néolibéral

 

La majorité au Sénat s’active pour que le projet de loi sur les retraites soit voté avant le 20 octobre, ce qui permettrait aux deux assemblées de s’accorder sur un texte définitif avant la fin de ce mois.

Le président de la République est pressé d’en finir, car les grèves et manifestations se multiplient. Une nouvelle journée de manifestations est prévue samedi 16 octobre, en plus du 12 octobre (avec, ce mardi, des grèves, qui pourront être reconductibles - décisions prises le 13 au matin).

Deux arguments incitent à la démobilisation : la loi sera votée au Parlement et on ne peut pas faire autrement pour équilibrer les comptes.

La loi sera votée. Il est vrai qu’une majorité UMP existe à l’Assemblée nationale et, au Sénat, l’UMP n’est pas majoritaire, mais le groupe centriste le rejoint sur cette question, comme sur la plupart des projets du gouvernement.

Ce qui est en jeu, désormais, c’est le refus par le peuple français des lois qui remettent en cause les acquis sociaux. L’intersyndicale, les grévistes et les manifestants, ont la volonté de faire obstacle à ce projet de loi, qui est le symbole des remises en cause des conquêtes historiques du monde du travail.

Le second point est financier : peut-on maintenir le droit à la retraite à 60 ans et la retraite à taux plein à 65 ans, compte tenu des arguments financiers et démographiques ?

 

Patrick Trannoy* (MRC) m’a transmis ce texte qui apporte des réponses à ces objections.

 

Pour nous c’est 60 ans, sans augmentation de la durée de cotisation.

Parce que c’est possible.

Parce que c’est une conquête de notre République sociale.

-          La retraite par répartition à 60 ans fait partie des conquêtes du peuple français.

-          Le problème de financement de la protection sociale ne peut pas être traité isolément de la question de la faible croissance économique, du chômage de masse et de la dégradation du rapport travail/capital.

-          Le vrai changement passe, face au diktat du capitalisme financier transnational, par une réorientation profonde de notre politique économique et sociale (monétaire, commerciale, industrielle, agricole, fiscale…) en France et en Europe.

 

La tentation existe partout, même dans les rangs de la gauche, de consentir au recul de l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans. Au PS,  malgré le slogan « pour la retraite à 60 ans », le flou entretenu sur l’approbation possible d’une augmentation de la durée des cotisations laisse entendre que 60 ans resterait l’âge légal de départ à la retraite… mais plus incomplète que jamais !

Le « réalisme » et l’esprit de « responsabilité » imposeraient-il ce sacrifice ? Les acquis sociaux doivent être défendus, et la mobilisation sociale très forte dans le pays nous le rappelle. Mais, après tout, « à l’impossible nul n’est tenu »… La vraie question est donc : peut-on financer durablement en France, et si oui comment, la retraite à 60 ans sans augmentation de la durée de cotisations, et pour tous ? Notre réponse est clairement oui.

 

1-                 Les déficits de la sécurité sociale (15 Md € environ pour l’assurance maladie en 2010, 10 Md € environ pour les retraites) sont consécutifs :

a)                  à la faiblesse de la croissance économique (les comptes étaient à l’équilibre lorsque la croissance était encore à 3%)

b)                  au chômage de masse (qui représente un manque à gagner de cotisations sociales, d’une part parce que les demandeurs d’emploi cotisent peu – et c’est bien logique -, d’autre part parce qu’avec moins de chômage, les cotisations chômage pourraient être transformées en cotisations maladie et retraites, ou encore dépendance…)

c)                  à de multiples exonérations de cotisations patronales (supérieures au déficit actuel de la sécurité sociale !), dont la Cour des Comptes a elle-même indiqué qu’il s’agissait d’un "dispositif incontrôlé à l'efficacité incertaine"

d)                  à la dégradation du rapport capital travail depuis 30 ans (10 points de Valeur Ajoutée gagnés par le capital au détriment du travail, soit quelque 170 Md € annuels aujourd’hui).

 

2-                 La fausse évidence démographique est une supercherie :

Il faudrait « travailler plus longtemps parce qu’on vit plus longtemps ». Fausse évidence ! Supercherie même ! Depuis des siècles, on vit plus longtemps. Et depuis des siècles, on travaille moins longtemps. Cela s’appelle le progrès ! Médical, social… et de la productivité.

 

On nous dit qu’en 2050, il n’y aura plus que 1,2 cotisant pour un retraité, contre 1,8 aujourd’hui, et que ce décalage démographique rend indispensable la casse de la retraite à 60 ans à taux plein. Mais on sait que les gains de productivité sont de 1,8% par an. En 40 ans, la productivité aura donc doublé. Les 1,2 cotisants pour un retraité produiront donc l’équivalent de 2,4 cotisants d’aujourd’hui, soit davantage que les 1,8 cotisants d’aujourd’hui !

 

Voilà l’argument majeur qui contrecarre celui d’une augmentation rapide de l’espérance de vie, et du nombre de retraités rapporté au nombre d’actifs : pourquoi, en produisant plus de richesses, ne pourrions-nous pas demain financer autant de retraites qu’aujourd’hui ?

 

Cette contre-réforme marque une soumission à l’ordre néo-libéral mondial et européen

Accepter cette contre-réforme telle qu’elle est, et même si elle devait être maquillée derrière quelques gadgets  « équitables », c’est donc admettre :

a)       qu’on ne peut pas rétablir un rapport travail/capital plus favorable au travail

b)       qu’on ne peut pas faire reculer le chômage de masse

c)       qu’on ne peut pas consacrer les gains de productivité du futur à l’amélioration de la qualité de vie des travailleurs, actifs et retraités.

Admettre cela serait se soumettre à l’ordre néo-libéral mondial et européen.

 

Au contraire, les Républicains de gauche que nous sommes proposent une autre politique, réellement alternative :

a)       sortir du carcan monétaire de l’Euro fort, d’une façon ou d’une autre (réorientation de la politique de la BCE, basculement vers une monnaie commune, création de plusieurs Euros…, voire retour aux monnaies nationales)

b)       protéger nos emplois, nos industries, notre agriculture, du nivellement social et environnemental par le bas induit par le libre-échangisme aveugle – et en Français, protéger s’appelle ériger des protections, donc faire du protectionnisme (osons le mot !)

c)       relancer la création de richesses utile socialement et responsable au plan environnemental, à l’échelle nationale et européenne (relance keynésienne par l’emprunt, et favorisant le développement des facteurs de croissance endogène, tels que les infrastructures, la recherche, etc.)

d)       imposer, par la réglementation et la fiscalité, un rééquilibrage du partage de la valeur ajoutée au profit du travail.

 

* Blog de Patrick TRANNOY

 

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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 16:03

Qui aura le dernier mot, Sarkozy ou le peuple français ?

 

manif Laval 230910 006 TTrois journées de manifestations de haut niveau populaire n’ont pas fait bouger d’un pouce le pouvoir élyséen. Celui-ci joue le temps qui passe et qui lasse. Avec le temps, tout s’efface… même la mobilisation populaire qui, pourtant, a montré hier qu’elle ne manque pas de souffle. Le pouvoir est persuadé de l’effritement du mouvement social porté par l’ensemble des organisations syndicales. Il se trompe. Bien sûr, il peut faire pression sur les sénateurs et ne s’en prive pas, ce qui lui donne un peu de répit.  

Mais, quand le peuple se dresse face à lui, sous la forme de manifestations dans les rues ou de grèves dans les entreprises, comme ce sera le cas le 12 octobre, le président de la République ne pourra, durablement, faire semblant de regarder ailleurs.

Il sait bien que, derrière les retraites, c’est l’ensemble de sa politique qui est rejetée par le peuple français. C’est le résultat de la crise financière et d’une politique néolibérale favorable à la finance. Changer de politique ? Il ne s’y résoudra pas, même s’il prépare l’effacement du bouclier fiscal (en même temps que l’impôt sur la fortune) sous le prétexte d’alignement sur l’Allemagne.

La grande confrontation entre Sarkozy et le peuple est, donc, inévitable. En France, la République proclame que c’est le peuple qui a le dernier mot. Montrons que nous sommes encore en République.

Nous savons que la République, pour rester elle-même dans un environnement économique hostile à ses principes et à ses valeurs - ce qui est le cas du capitalisme financier - ne peut éviter de combattre. Le président Sarkozy défend les intérêts du monde de la finance. C’est la raison de son obstination à mener à son terme la casse de la sécurité sociale et du système de retraite par répartition.

 

Ce texte de Bernard Friot*, daté du 20 mai 2003, montre que le financement de ces conquêtes sociales remet en cause le fondement même du capitalisme. Bernard Friot Retraites Laval 190510 001

 

Financement des retraites : l'enjeu des cotisations patronales

 

Il est plus facile de dépenser beaucoup quand on est riche que de dépenser peu quand on est pauvre. Comme on va le voir, le volet financier du dossier « retraites » est vite présenté : il est plus facile de consacrer aujourd’hui aux retraites 12% d’un PIB de 1500 milliards d’euros qu’il ne l’était il y a quarante ans d’y consacrer 5% d’un PIB de 750 milliards, et il sera plus facile encore dans quarante ans de dépenser pour les retraites 20% d’un PIB qui sera alors de 3000 milliards. De quarante ans en quarante ans, le doublement du PIB en monnaie constante permet de consacrer de trois à cinq fois plus aux retraites tout en quasi-doublant la richesse affectée aux actifs ou à l’investissement.

Cela, la classe dirigeante le sait parfaitement. Pourquoi alors son acharnement à « sauver » une institution en parfaite santé ? C’est que c’est cette santé qui l’affole. A la naissance des assurances sociales, le salaire était fait de 85% de salaire direct et de 15% de cotisation sociale, et ça ne prêtait pas à conséquence. Aujourd’hui, nous sommes à 60/40 : c’est déjà peu tolérable que 40% du salaire nous paie à ne rien faire, c’est-à-dire à travailler librement, à produire de la richesse et non pas à mettre en valeur du capital. Demain, continuer à financer les retraites par cotisations sociales supposera que plus de la moitié du salaire finance non pas le travail subordonné mais le travail libre. Alors notre destin de force de travail subordonnée à la loi de la valeur pourra être déjoué, d’autant que - seconde dimension subversive du financement de la retraite par cotisation sociale - financer les retraites sans épargne financière montre le caractère parasitaire de celle-ci ... et donc qu’il est possible aussi de financer l’investissement productif (220 milliards d’euros aujourd’hui, à peine plus que les 180 milliards des retraites) sans accumulation financière. Là, c’est le droit de propriété lucrative qui est en jeu, et avec lui le fondement même du capitalisme (…).

* Voir aussi Bernard Friot (19 mai à Laval) : propos iconoclastes sur les retraites - 26 mai 2010. 

Lu dans la presse

 

François Chérèque : une réforme des retraites injuste et bâclée (Contre Info, 1er octobre)

 « Cette réforme est injuste pour ceux qui ont commencé à travailler jeune : 44 ans de cotisations. Cette réforme est injuste pour ceux qui ont des travaux pénibles, du fait d’une autre espérance de vie. Cette réforme est injuste pour ceux qui sont poly-pensionnés, qui ont travaillé dans plusieurs secteurs. Cette réforme est injuste pour les femmes - c’est ce que je dis depuis le début, par rapport à cette borne de soixante cinq ans. Cette réforme est injuste pour ceux qui ont des emplois précaires. Et maintenant le gouvernement découvre que cette réforme est aussi injuste pour les travailleurs handicapés, et qu’elle est aussi injuste pour les seniors qui seront au chômage à 60 ans. Si cette réforme est aussi injuste... c’est que d’une part il faut en faire une autre, et d’autre part qu’elle a été bâclée. » François Chérèque s’exprime sur les dispositions qu’il juge « scandaleuses » dans le projet gouvernemental.   Lire.... »

Le mouvement contre la réforme des retraites ne s'essouffle pas (Rue89, 2 octobre)

(…) Le mouvement ne s'essouffle pas, la volonté de Nicolas Sarkozy de passer en force non plus : c'est le schéma classique du jeu de « La Fureur de vivre » -deux autos lancées l'une contre l'autre, la première qui dévie a perdu. « C'est le gouvernement qui est bloqué », affirme le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, selon lequel « plus de 70% des Français sont opposés à cette réforme » (…).

Retraites : la pression sur l'Elysée s'accentue (Le Monde, 3 octobre)

Le niveau de mobilisation reste élevé dans le pays, comme l'a montré la manifestation du samedi 2 octobre. L'exécutif préfère jouer la montre, convaincu que le mouvement de contestation finira par s'effriter.

 

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2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 17:46

Octobre sera le mois du durcissement des luttes sociales

 

Ce matin, à Laval, c’était différent des manifestations précédentes. Il pleuvait, ce qui limite la participation, mais la volonté était bien là. Une grande détermination. Beaucoup disaient qu’il va falloir aller au bout, durcir le mouvement. La météo n’était pas bonne, mais le climat excellent …  

 

Laval : 6 000 manifestants contre la réforme des retraites, selon les syndicats (Ouest-France, 2 octobre). Malgré la pluie, la manifestation qui a parcouru le centre-ville de Laval samedi matin, contre le projet gouvernemental de réforme des retraites, a mobilisé 6 000 personnes, selon l’intersyndicale à l’origine du mouvement. L’estimation des forces de l’ordre n’est pas encore connue. Le cortège est parti à 10 h 30 de la place Jean-Moulin, devant la préfecture, et s’est dispersé à partir de midi sur la place du 11-novembre. Les syndicats comptaient sur ce samedi, jour de congé, pour faire descendre dans la rue les salariés du privé, mais peu de lycéens et d’étudiants battaient le pavé. 

Le lait sur le feu (Paul Quinio, Libération, 2 octobre) La contestation contre la réforme des retraites va prendre ce week-end un tour politique. Avant une nouvelle grève programmée le 12 octobre, les organisations syndicales, chose assez rare, appellent à manifester ce samedi avec l’espoir de mobiliser davantage les salariés du secteur privé. (…) Pour les syndicats, comme pour Nicolas Sarkozy, l’heure de vérité approche. Sauf à se suicider politiquement, le Président ne peut pas reculer. Mais si la contestation dépasse le cadre des retraites, sa stratégie de la tension avec les syndicats se transformera en piège.

 Lire aussi Retraites : il faut se battre pour un référendum (Ségolène Royal, Libération, 1er octobre)

 

Gérard Beillard (militant MRC 53 et correspondant en Mayenne de Résistance sociale) : Halte à la provocation et aux mépris de nos concitoyens ! 

G-rard-Beillard-et-Michel-Sorin-balcon-29-04-09-002.jpgLa retraite, maintenant la sécurité sociale, demain les allocations logements et puis quoi encore ? Concernant la sécu j'en parlerai une autre fois. Aujourd'hui je reviens sur le projet de loi sur la réforme des retraites. Le gouvernement attaque totalement notre système de retraite par répartition.

C'est la remise en cause du droit à la retraite à partir de 60 ans, notamment pour les ouvriers et employés (n'oublions pas que les ouvriers ont en moyenne 7 ans de vie en moins que les cadres). C'est la remise en cause inacceptable d'avoir une retraite à taux plein à 65 ans. Que l'on veuille ou non c'est en fait la concrétisation de la politique libérale qui fait toujours payer la " crise " aux mêmes, à ceux qui se lèvent tôt et qui font tourner l'économie. Bien sûr, ce tour de force social se fait sans toucher au cadeau du bouclier fiscal pour les riches et les possédants.  

Résistance sociale s'oppose fermement à la régression sociale que constitue ce projet. Lors du débat à l'Assemblée Nationale, des amendements ont été déposés et certains votés. Ce sont de nouvelles attaques. Résistance sociale s'oppose à la suppression de la cessation progressive  d'activité (CPA) des fonctionnaires, s'oppose également à la remise en cause  de la médecine du travail que le MEDEF voudrait avoir sous sa coupe, alors que les conditions de travail se détériorent partout !  

Résistance sociale demande le retrait de ce projet et l'ouverture de véritables négociations avec les partenaires sociaux, veut garder le principe du programme du Conseil National de la Résistance, soutiendra toutes les actions prévues par les organisations syndicales et participera à toutes les initiatives pour le retrait de ce projet. Résistance sociale appelle aux manifestations du 2 et du 12 Octobre. Ensemble construisons une alternative pour la France !

Résistance sociale : gerardbeillard@wanadoo.fr 

 

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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 22:46

L’épreuve de force est engagée, Fillon sûr de lui

 

Le premier ministre a opposé un non ferme et tranquille aux syndicats, afin de conduire la réforme à son terme, comme l’a voulu le président de la République. C’est tout simple, cela doit se passer comme en 2003, quand Fillon était aux manettes du ministère des affaires sociales : les manifestants et les grévistes vont s’essouffler et la réforme pourra s’appliquer.

Et s’il y avait un grain de sable ? Depuis 2003, la France a bien changé, la crise financière est passée par là. Et Sarkozy est de plus en plus contesté, y compris par une partie de ceux qui l’ont élu en 2007.

 

A la suite des manifestations d’hier (voir Retraites : ce 23 septembre, les syndicats mobilisent mais s'interrogent), le MRC 53 a communiqué ce texte à la presse.

 

Michel SorinRetraites : soutien aux syndicats, qui défendent les intérêts du monde du travail

 

Comme au niveau national, les Mayennais, le 7 et le 23 septembre, ont exprimé dans les rues de Laval leur opposition au projet de loi sur les retraites. Le premier ministre refuse d’en tenir compte. Il compte sur le soutien d’une majorité des sénateurs, après celui des députés, pour imposer sa politique de régression sociale contre la volonté de la majorité des Français.

 

Ce que veut le peuple français, c’est un changement de politique, dès que possible. Car la France s’enfonce dans tous les domaines, économique, social, démocratique, éthique.

 

Le chef de l’Etat accentue les effets de la crise en voulant maintenir sa complicité avec les privilégiés de la finance, au lieu de rechercher le soutien du peuple. Avec son gouvernement et la majorité parlementaire, avec l’appui inconditionnel du MEDEF, qui défend le système financier capitaliste, le président de la République a opté pour l’épreuve de force avec les syndicats, qui représentent les intérêts du monde du travail.

 

Si nous voulons continuer à vivre dans une République du progrès social, il nous faut relever ce défi présidentiel. Le MRC 53 souhaite que les citoyens se mettent en mouvement pour se libérer de l’emprise d’un système qui les enferme dans la soumission.

 

Lu dans la presse

 

Retraites : nouvelles mobilisations les 2 et 12 octobre (Le Monde, 24 septembre)

Le bras de fer continue entre les syndicats et le gouvernement à propos du projet de réforme sur les retraites. L'intersyndicale, réunie vendredi 24 septembre au siège de la CGT à Montreuil (Seine-Saint-Denis), a décidé d'organiser deux nouvelles journées de mobilisation : une journée de manifestations le samedi 2 octobre et une "journée massive de grève et manifestations" le 12 octobre (…).

L'intersyndicale prépare la suite du mouvement (Le Point, 24 septembre)

François Chérèque, le leader de la CFDT, a réussi à imposer ses vues à l'intersyndicale et à FO pourtant favorables à des mouvements de grève reconductible (…). Dès jeudi soir, Bernard Thibault assumait cette ligne : "Il nous revient, en tant que syndicats, de trouver des formes qui permettent la participation du plus grand nombre." Alors, contrairement aux précédentes journées d'actions, la prochaine manifestation aura lieu un samedi, comme l'avaient proposé la CFTC et surtout la CFDT (…)

Mais tous les syndicats ne sont pas convaincus. "On n'a jamais été en faveur d'une manifestation le week-end, où il y aura plus de poussettes que de salariés, mais on a dû faire contre mauvaise fortune bon coeur", reconnaît Bernard Devy, chargé du dossier retraite à FO (…). Or, pour lui, le seul moyen de faire plier l'exécutif est d'avoir recours à des arrêts de travail reconductibles. Un point de vue partagé par Jean-Marie Pernot, spécialiste du syndicalisme, cité par l'Agence France-Presse : "Le conseiller social de Nicolas Sarkozy, Raymond Soubie, est plus attentif aux grèves qu'aux manifestations", considère-t-il.

 

Il est encore temps pour le gouvernement d'entendre le rejet de son projet (Le Monde, Bernadette Groison, FSU, 22 septembre)

Le gouvernement a choisi un calendrier serré pour la réforme des retraites pour éviter les mobilisations et esquiver les questions de fond en assénant de fausses évidences : rien n'y fait. Il a créé toutes les conditions d'un conflit social majeur. Face à la déferlante de contre-vérités et de fausses négociations, les organisations syndicales ont su, ensemble, imposer tous les termes du débat, convaincre l'opinion qu'il est possible de faire autrement et rassembler des millions de salariés. Elles ont su dépasser des différences d'appréciation pour faire front (…).

La réforme des retraites, victoire à la Pyrrhus ? (Le Monde, Gérard Courtois, 13 septembre)

La réforme des retraites aurait pu, aurait dû, être l'occasion d'un grand débat démocratique. Tous les éléments du pacte social et des réalités françaises s'y trouvent en effet rassemblés : le rapport au travail constitutif de la vie de chacun ; la manière de concevoir le formidable allongement de la durée de la vie et l'usage que l'on peut en faire ; la solidarité entre générations sur lequel repose notre système par répartition ; enfin, la protection sociale des personnes âgées, bâtie par plus d'un siècle de luttes et de mobilisations.

Tout cela - à quoi il faudrait ajouter les innombrables inégalités devant le travail comme devant la vieillesse - aurait mérité un débat approfondi. A défaut de s'accorder sur les solutions, on aurait pu dégager un constat partagé : après tout, chacun admet que l'évolution démographique, la prolongation de l'espérance de vie et l'état des finances publiques imposent de réformer le financement des retraites pour garantir leur pérennité (…).

 

Sur la réforme des retraites, un renoncement peut en cacher un autre (Le Monde, dix personnalités de la mouvance d’ATTAC, 22 septembre)

 

Retraite: discriminer pour garantir la justice sociale? (Marianne, tribune Elie Arié, 22 septembre)

Devant les changements de mode de vie et du temps passé au travail qui ont profondément changé depuis plusieurs années, c'est notre façon de penser la retraite qui doit être modifiée. Elie Arié nous explique les enjeux en cours (…).

 

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