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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 18:29

Garder un système gagné dans les luttes passées

 

Les motivations des lycéens en grève, qui défilaient ce 15 octobre dans les rues de Laval, étaient écrites sur la banderole « Retraite : les anciens l’ont gagnée. On se battra … pour la garder ! ». Signé : le comité des lycéens en grève du lycée Douanier Rousseau, à Laval.

 

En matinée, ils étaient nombreux, entre 1200 et 1500 en matinée, venant principalement des lycées publics de Laval, mais aussi des lycées privés de Haute-Follis (une bonne centaine) et d’Avesnières. Après le lycée Rousseau, ils se sont dirigés vers le pont de Pritz, puis le retour vers la mairie s’est effectué par la rue du Vieux-Saint-Louis.

L’après-midi, 700 à 800 ont rejoint le lycée Haute-Follis, emprunté le boulevard du 8 mai 1945 avant de passer devant le lycée Ambroise Paré et terminer devant la mairie. Les organisateurs ont appelé à participer demain samedi à la manifestation intersyndicale qui partira, à 11h, de la place de Hercé (près de la salle polyvalente) à Laval.  

«On est tout à fait capable à 16 ans de se mobiliser de son propre chef» (Libération, 15 octobre). Les lycéens se mobilisent et revendiquent leur solidarité avec le mouvement social contre la réforme des retraites. Quentin Delorme, secrétaire national de l'UNL, la première organisation syndicale lycéenne, a répondu aux questions des internautes (extraits).

Quelle est la signification de votre engagement ? Que souhaitez-vous faire passer comme message aux lycéens, aux étudiants, à nos concitoyens ? Quelles sont vos revendications ?

On se mobilise pour avoir un droit à l'avenir, ça signifie avoir un travail avant 30 ans, avoir une retraite avant 70 et, surtout, être considéré comme des gens suffisamment responsables pour intervenir sur un débat de société. On défend la retraite à 60 ans à taux plein, c'est le slogan des manifestations lycéennes. On souhaite une véritable politique de l'emploi pour permettre aux lycéens de trouver des stages, d'avoir un emploi stable avant 27 ans, comme c'est le cas aujourd'hui, et avoir une certaine sécurité par rapport à la vie professionnelle. Au lycée on nous parle beaucoup d'orientation, on s'inquiète de ce que seront pour nous les prochaines années au regard du taux de chômage actuel des jeunes.


Les lycéens, souvent mineurs, et qui n'ont jamais travaillé, ont-ils le recul nécessaire sur une question sociologique aussi importante que l'avenir des retraites ?  Même si le gouvernement a sabordé le débat, quel message peuvent porter ces jeunes ?

On ne peut pas faire une réforme au nom des jeunes, sans prendre une seconde en compte leurs considérations. On n'a pas vocation à construire une réforme des retraites, ce n'est pas notre travail, mais on est quand même capable d'analyser la précarité des étudiants aujourd'hui (celle qui attend les lycéens) et tenter d'apporter des réponses.

 

La position nationale du Mouvement Républicain et Citoyen

Samedi 16 octobre 2010, manifestons afin d'ouvrir de nouvelles perspectives pour les retraites

Le MRC manifestera auprès de celles et ceux qui réclament la tenue d'un véritable débat pour la prise en compte d'alternatives permettant de garantir l'avenir de notre système de retraite par répartition. Imposer par la force une politique injuste, inefficace et dépourvue de toute vision d'avenir ne construit rien de durable. Le tract distribué est disponible ici.

 

Cet article est le 40ème sur ce blog dans la catégorie Les retraites

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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 22:25

Seul un mouvement exceptionnel peut faire céder Sarkozy

 

La journée d’action du 12 octobre contre le projet de loi réformant les retraites a montré la détermination populaire (voir Retraites : la plus forte journée de mobilisation dans l'ensemble du pays - 12 octobre 2010).

C’est un grand mouvement social qui est en train de s’installer en France. Il ne se limite pas à la question des retraites, car il résulte de « l’accumulation de la peur et des rancoeurs, mêlant risques du chômage, conditions de travail et problèmes de salaires » (Fédération Chimie Energie CFDT - voir l’article ce 14 octobre sur le site du quotidien Le Monde Retraites : va-t-on vers une pénurie d'essence ?).

"On va vers un blocage du pays, je vous le garantis, et ce sera la faute du gouvernement, qui n'a pas voulu discuter de la réforme avec les syndicats !" Ce membre de la coordination du mouvement de grève sur le port de Marseille-Fos doit être pris au sérieux, les approvisionnements en carburants commençant à être bloqués.

(…) L'exemple le plus emblématique de cette "conjonction des luttes" concerne le port de Fos-Marseille, où des salariés bloquent depuis trois semaines les terminaux par lesquels transitent 40 % du pétrole brut importé en France. Ils entravent à eux seuls l'approvisionnement de la moitié des complexes pétroliers du pays (…).

 

L’intersyndicale a décidé une nouvelle journée de mobilisation mardi 19 octobre, à la veille du vote au Sénat. Avec la journée de samedi 16 octobre (à Laval, rassemblement à 11h place de Hercé, près de la salle polyvalente), les organisations syndicales veulent croire que les sénateurs tiendront compte de l’opposition populaire et refuseront d’adopter le projet de loi. Elles décideront, le 21 octobre, de la suite à donner au mouvement. C’est là que des approches différentes se manifesteront, les unes voulant arrêter, les autres continuer en élargissant les bases des revendications.

Sur ce point, lire la Déclaration du Front Syndical de classe : Enraciner, élargir (13 octobre)

(…) Le monde du travail, échaudé par la stratégie des seules manifestations répétées jusqu’à l’usure, a pris ses affaires en mains. Le résultat est là avec la force du mouvement actuel regroupant massivement salariés du privé et du public, enseignants, étudiants, lycéens, la jeunesse déjouant le piège tendu depuis des années pour opposer les générations en portant ce mot d'ordre admirable : « la retraite, nos parents l'ont gagnée, on se battra pour la garder ». 

 

En Mayenne

Les unions locales CGT et Force Ouvrière de Mayenne ont publié un communiqué de presse.

Elles ont constaté de nombreuses convergences concernant le dossier des retraites, notamment sur :

• la nécessité de revendiquer le retrait du projet de loi tant que le vote définitif n'est pas intervenu ; l'abrogation de la loi si cela devient nécessaire ;

• le constat selon lequel 10 journées d'action (dont 7 avec des appels à la grève) depuis janvier dernier n'ont pas réussi à faire plier un gouvernement qui se veut inflexible et refuse d'entendre la volonté des salariés, largement soutenus par l'opinion publique ;

• la nécessité de conforter les salariés dans leur volonté d'en découdre contre un projet qui entend leur voler 2 ans de leur vie.

Les unions locales CGT et FO de Mayenne appellent donc les salariés de Mayenne et du nord-Mayenne à se réunir dans leurs services, dans leurs entreprises et à discuter de la suite du mouvement, en envisageant notamment des débrayages et la grève reconductible. Elles appellent les salariés à manifester puissamment samedi matin 16 octobre, à Laval, à 11h, place de Hercé.

 

Cet article est le 39ème sur ce blog dans la catégorie Les retraites

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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 22:40

Nombreuses grèves reconductibles jusqu’à samedi ?

 

Cette 4ème journée d’action intersyndicale depuis la rentrée de septembre, la 10ème en 2010 (21 janvier, 30 janvier, 23 mars, 1er mai, 27 mai, 24 juin, 7 et 23 septembre, 2 et 12 octobre) - dont 7 avec grèves - a été celle de la plus forte participation, ce qui renforce le mouvement social engagé contre le projet de loi réformant les retraites (voir Rue89, 12 octobre Mobilisation en hausse contre la réforme des retraites).

 

En Mayenne, de la préfecture à la cite administrative de Laval, il y avait entre 6000 et 8000 manifestants, dont 600 lycéens (source : Ouest-France).

 

Selon Henri Vacquin, spécialiste des conflits sociaux, la mobilisation est plus proche de Mai 68 que de décembre 95 (David Servenay, Rue89, 10 octobre : « Les retraites sont un prétexte à la formulation de la colère »).

 

Sur le site de Marianne, on observe attentivement les réactions du sommet de l’Etat.

 

Retraites : le scénario imprévu qui inquiète l'Elysée (Laurence Dequay, Marianne2, 8 octobre)

Un nouveau 95 ou un autre CPE ? Ni l'un ni l'autre, ou peut-être les deux. L'unité syndicale, en tout cas, est en train de créer les conditions d'un mouvement de longue durée qui déborde les prévisions de sarkoland. Vivement le 13 octobre ?

 

Retraites: Sarkozy prie, mais Dieu n'entend pas (Jack Dion, Marianne2, 12 octobre)

Malgré tous les efforts du gouvernement pour faire gober aux Français que la réforme Woerth constitue une chance pour eux, la mobilisation de faiblit pas. Même les prières de Nicolas Sarkozy, le 8 octobre dernier au Vatican, n'ont servi à rien. Ce qui fait déjà un point commun entre notre Président et Dieu: ils ne veulent rien entendre!

 

Le président Sarkozy et son gouvernement n’ont plus rien à négocier au moment où la contestation monte dans le pays. Au niveau des organisations syndicales, le duo CGT-CFDT va devoir tenir compte de FO et de tous ceux qui militaient depuis le début pour le retrait du texte gouvernemental.

Les réponses de Jean-Claude Mailly (Les Echos, 22 septembre)

La position de FO est claire, connue depuis longtemps et mobilisatrice. Il faut une réforme des retraites mais pas celle-là. Nous avons fait des propositions en matière de financement qui ont le mérite d'assurer l'équilibre financier pour toutes les générations. Chaque organisation salariale est libre de ses positions et positionnement, y compris quand un duo se forme pour les raisons qui ont à voir avec la réforme de la représentativité syndicale. FO est là et bien là, et le sera encore pour longtemps.

Peut-on vraiment aller vers une crise sociale d'ampleur?
La situation est très particulière. Je ne sais pas ce qu
'il se passera ou non ces prochaines semaines mais je sais qu'absolument tout peut arriver tant le pays est marqué par les inégalités. On ne sent pas encore de radicalisation mais on ne peut absolument pas l'exclure. Les salariés ont parfaitement compris qu'on leur fait payer les conséquences de la crise financière et ne l'acceptent pas. Ils constatent aussi que les grandes promesses de changement de modèle face à la crise ont fait long feu. Nicolas Sarkozy reste figé sur la même logique comptable, obsédé par la note de la France sur les marchés boursiers. Aujourd'hui, le gouvernement veut réduire les dépenses sociales au nom du maintien d'une politique économique qui en France et ailleurs a conduit à la crise. Et de nouvelles inégalités se profilent avec les mesures annoncées sur l'assurance-maladie et la réforme à venir de la dépendance, que le gouvernement va tenter de faire basculer sur l'assurance privée. Sans oublier la dégradation continue des services publics.

 

L’union locale FO de Mayenne, dans un courrier daté du 7 octobre, avait pris l’initiative de proposer aux autres organisations syndicales une réunion ce 12 octobre à Mayenne après la manifestation.

Le gouvernement reste sourd et inflexible face à la revendication avancée par FO dès le printemps et reprise aujourd'hui dans tous les défilés : RETRAIT du projet de loi !

Mais qui pouvait être assez naïf pour penser qu'une, ou deux, ou dix "journées d'action" suffiraient à le faire céder ?

Certes, une grève générale ne se décrète pas. Certes, la situation difficile que vivent de nombreux salariés peut faire réfléchir.

Mais la responsabilité des confédérations et fédérations syndicales n'est-elle pas justement aujourd’hui de frapper fort, après de trop nombreux coups de semonce sans succès, et de conforter les salariés dans leur volonté d'en découdre ?

7 journées de grève de 24h depuis janvier : ce sont presque 2 semaines de grève reconductible pour préserver les 2 années de vie qu'on cherche à nous voler !

Alors, nous serons à nouveau en grève et dans la rue mardi prochain 12 octobre. Mais ne nous méprenons pas, ce qui est à l’ordre du jour, tous secteurs et toutes organisations syndicales confondues, c’est la reconduction de la grève dans les jours qui suivront.

 

De son côté, le Front syndical de classe avait pris cette position dès le 17 septembre.

La contre-réforme Parisot-Sarkozy-Woerth sur les retraites, appliquant à la lettre les accords européens de Barcelone signés en 2002 par Jospin et Chirac, est un maillon essentiel de la grande chaîne du recul social généralisé qui va de la casse des services publics à celle de la Sécu en passant par la compression des salaires et le chômage de masse.
Après les lois Balladur et Fillon de 1993 et 2003, il s’agit en effet d’amplifier les régressions (recul de l’âge de la retraite, augmentation des annuités, refus de la prise en compte de la pénibilité…), au nom d’un catastrophisme démographique qui « oublie » que les travailleurs produisent chaque année plus de richesses permettant de financer les retraites et plus largement la sécurité sociale. Rappelons à ce propos
que les monopoles privés du CAC 40 prévoient 80 milliards de bénéfice pour 2010 alors que le gouvernement et les médias aux ordres vendent la crise au peuple pour lui imposer tous les sacrifices.
Concernant les retraites, le souci du gouvernement et du patronat n’est pas démographique, il est simplement de subventionner le Capital au nom du profit maximum, d’une part en accentuant les exonérations de cotisations sociales et autres cadeaux fiscaux et d’autre part en ouvrant en grand la porte aux retraites individuelles par capitalisation (ou par points) et aux appétits des compagnies financières.
Cette contre-réforme, présentée comme « la mère de toutes les réformes », est massivement rejetée par la population. Elle aura en effet comme résultat la baisse générale des pensions, particulièrement dramatique pour les carrières marquées par la précarité, l’épuisement d’un plus grand nombre de salariés dont l’espérance moyenne de vie en bonne santé est de… 63 ans, la mise en concurrence pour l’emploi des jeunes et des vieux et la pression à la baisse sur les salaires qui en résulte…
Personne ne peut croire qu’on peut gagner quelque chose dans ce cadre et c’est pourquoi cette contre-réforme n’est ni négociable, ni amendable. C’est bien ainsi que l’entendent de nombreuses bases syndicales, professionnelles ou territoriales, qui réclament son RETRAIT pur et simple, point de départ pour mettre le pouvoir sur la défensive.

 

Les conditions sont réunies pour que s’enclenche le mécanisme qui conduit à une confrontation sociale de grande ampleur, dont l’issue ne pourra être qu’un recul du président de la République sur les retraites et sur toutes les contre-réformes néolibérales qu’il a engagées.

 

Cet article est le 38ème sur ce blog dans la catégorie Les retraites

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8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 21:41

La gauche ne doit pas se soumettre au diktat néolibéral

 

La majorité au Sénat s’active pour que le projet de loi sur les retraites soit voté avant le 20 octobre, ce qui permettrait aux deux assemblées de s’accorder sur un texte définitif avant la fin de ce mois.

Le président de la République est pressé d’en finir, car les grèves et manifestations se multiplient. Une nouvelle journée de manifestations est prévue samedi 16 octobre, en plus du 12 octobre (avec, ce mardi, des grèves, qui pourront être reconductibles - décisions prises le 13 au matin).

Deux arguments incitent à la démobilisation : la loi sera votée au Parlement et on ne peut pas faire autrement pour équilibrer les comptes.

La loi sera votée. Il est vrai qu’une majorité UMP existe à l’Assemblée nationale et, au Sénat, l’UMP n’est pas majoritaire, mais le groupe centriste le rejoint sur cette question, comme sur la plupart des projets du gouvernement.

Ce qui est en jeu, désormais, c’est le refus par le peuple français des lois qui remettent en cause les acquis sociaux. L’intersyndicale, les grévistes et les manifestants, ont la volonté de faire obstacle à ce projet de loi, qui est le symbole des remises en cause des conquêtes historiques du monde du travail.

Le second point est financier : peut-on maintenir le droit à la retraite à 60 ans et la retraite à taux plein à 65 ans, compte tenu des arguments financiers et démographiques ?

 

Patrick Trannoy* (MRC) m’a transmis ce texte qui apporte des réponses à ces objections.

 

Pour nous c’est 60 ans, sans augmentation de la durée de cotisation.

Parce que c’est possible.

Parce que c’est une conquête de notre République sociale.

-          La retraite par répartition à 60 ans fait partie des conquêtes du peuple français.

-          Le problème de financement de la protection sociale ne peut pas être traité isolément de la question de la faible croissance économique, du chômage de masse et de la dégradation du rapport travail/capital.

-          Le vrai changement passe, face au diktat du capitalisme financier transnational, par une réorientation profonde de notre politique économique et sociale (monétaire, commerciale, industrielle, agricole, fiscale…) en France et en Europe.

 

La tentation existe partout, même dans les rangs de la gauche, de consentir au recul de l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans. Au PS,  malgré le slogan « pour la retraite à 60 ans », le flou entretenu sur l’approbation possible d’une augmentation de la durée des cotisations laisse entendre que 60 ans resterait l’âge légal de départ à la retraite… mais plus incomplète que jamais !

Le « réalisme » et l’esprit de « responsabilité » imposeraient-il ce sacrifice ? Les acquis sociaux doivent être défendus, et la mobilisation sociale très forte dans le pays nous le rappelle. Mais, après tout, « à l’impossible nul n’est tenu »… La vraie question est donc : peut-on financer durablement en France, et si oui comment, la retraite à 60 ans sans augmentation de la durée de cotisations, et pour tous ? Notre réponse est clairement oui.

 

1-                 Les déficits de la sécurité sociale (15 Md € environ pour l’assurance maladie en 2010, 10 Md € environ pour les retraites) sont consécutifs :

a)                  à la faiblesse de la croissance économique (les comptes étaient à l’équilibre lorsque la croissance était encore à 3%)

b)                  au chômage de masse (qui représente un manque à gagner de cotisations sociales, d’une part parce que les demandeurs d’emploi cotisent peu – et c’est bien logique -, d’autre part parce qu’avec moins de chômage, les cotisations chômage pourraient être transformées en cotisations maladie et retraites, ou encore dépendance…)

c)                  à de multiples exonérations de cotisations patronales (supérieures au déficit actuel de la sécurité sociale !), dont la Cour des Comptes a elle-même indiqué qu’il s’agissait d’un "dispositif incontrôlé à l'efficacité incertaine"

d)                  à la dégradation du rapport capital travail depuis 30 ans (10 points de Valeur Ajoutée gagnés par le capital au détriment du travail, soit quelque 170 Md € annuels aujourd’hui).

 

2-                 La fausse évidence démographique est une supercherie :

Il faudrait « travailler plus longtemps parce qu’on vit plus longtemps ». Fausse évidence ! Supercherie même ! Depuis des siècles, on vit plus longtemps. Et depuis des siècles, on travaille moins longtemps. Cela s’appelle le progrès ! Médical, social… et de la productivité.

 

On nous dit qu’en 2050, il n’y aura plus que 1,2 cotisant pour un retraité, contre 1,8 aujourd’hui, et que ce décalage démographique rend indispensable la casse de la retraite à 60 ans à taux plein. Mais on sait que les gains de productivité sont de 1,8% par an. En 40 ans, la productivité aura donc doublé. Les 1,2 cotisants pour un retraité produiront donc l’équivalent de 2,4 cotisants d’aujourd’hui, soit davantage que les 1,8 cotisants d’aujourd’hui !

 

Voilà l’argument majeur qui contrecarre celui d’une augmentation rapide de l’espérance de vie, et du nombre de retraités rapporté au nombre d’actifs : pourquoi, en produisant plus de richesses, ne pourrions-nous pas demain financer autant de retraites qu’aujourd’hui ?

 

Cette contre-réforme marque une soumission à l’ordre néo-libéral mondial et européen

Accepter cette contre-réforme telle qu’elle est, et même si elle devait être maquillée derrière quelques gadgets  « équitables », c’est donc admettre :

a)       qu’on ne peut pas rétablir un rapport travail/capital plus favorable au travail

b)       qu’on ne peut pas faire reculer le chômage de masse

c)       qu’on ne peut pas consacrer les gains de productivité du futur à l’amélioration de la qualité de vie des travailleurs, actifs et retraités.

Admettre cela serait se soumettre à l’ordre néo-libéral mondial et européen.

 

Au contraire, les Républicains de gauche que nous sommes proposent une autre politique, réellement alternative :

a)       sortir du carcan monétaire de l’Euro fort, d’une façon ou d’une autre (réorientation de la politique de la BCE, basculement vers une monnaie commune, création de plusieurs Euros…, voire retour aux monnaies nationales)

b)       protéger nos emplois, nos industries, notre agriculture, du nivellement social et environnemental par le bas induit par le libre-échangisme aveugle – et en Français, protéger s’appelle ériger des protections, donc faire du protectionnisme (osons le mot !)

c)       relancer la création de richesses utile socialement et responsable au plan environnemental, à l’échelle nationale et européenne (relance keynésienne par l’emprunt, et favorisant le développement des facteurs de croissance endogène, tels que les infrastructures, la recherche, etc.)

d)       imposer, par la réglementation et la fiscalité, un rééquilibrage du partage de la valeur ajoutée au profit du travail.

 

* Blog de Patrick TRANNOY

 

Cet article est le 37ème sur ce blog dans la catégorie Les retraites

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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 15:03

Qui aura le dernier mot, Sarkozy ou le peuple français ?

 

manif Laval 230910 006 TTrois journées de manifestations de haut niveau populaire n’ont pas fait bouger d’un pouce le pouvoir élyséen. Celui-ci joue le temps qui passe et qui lasse. Avec le temps, tout s’efface… même la mobilisation populaire qui, pourtant, a montré hier qu’elle ne manque pas de souffle. Le pouvoir est persuadé de l’effritement du mouvement social porté par l’ensemble des organisations syndicales. Il se trompe. Bien sûr, il peut faire pression sur les sénateurs et ne s’en prive pas, ce qui lui donne un peu de répit.  

Mais, quand le peuple se dresse face à lui, sous la forme de manifestations dans les rues ou de grèves dans les entreprises, comme ce sera le cas le 12 octobre, le président de la République ne pourra, durablement, faire semblant de regarder ailleurs.

Il sait bien que, derrière les retraites, c’est l’ensemble de sa politique qui est rejetée par le peuple français. C’est le résultat de la crise financière et d’une politique néolibérale favorable à la finance. Changer de politique ? Il ne s’y résoudra pas, même s’il prépare l’effacement du bouclier fiscal (en même temps que l’impôt sur la fortune) sous le prétexte d’alignement sur l’Allemagne.

La grande confrontation entre Sarkozy et le peuple est, donc, inévitable. En France, la République proclame que c’est le peuple qui a le dernier mot. Montrons que nous sommes encore en République.

Nous savons que la République, pour rester elle-même dans un environnement économique hostile à ses principes et à ses valeurs - ce qui est le cas du capitalisme financier - ne peut éviter de combattre. Le président Sarkozy défend les intérêts du monde de la finance. C’est la raison de son obstination à mener à son terme la casse de la sécurité sociale et du système de retraite par répartition.

 

Ce texte de Bernard Friot*, daté du 20 mai 2003, montre que le financement de ces conquêtes sociales remet en cause le fondement même du capitalisme. Bernard Friot Retraites Laval 190510 001

 

Financement des retraites : l'enjeu des cotisations patronales

 

Il est plus facile de dépenser beaucoup quand on est riche que de dépenser peu quand on est pauvre. Comme on va le voir, le volet financier du dossier « retraites » est vite présenté : il est plus facile de consacrer aujourd’hui aux retraites 12% d’un PIB de 1500 milliards d’euros qu’il ne l’était il y a quarante ans d’y consacrer 5% d’un PIB de 750 milliards, et il sera plus facile encore dans quarante ans de dépenser pour les retraites 20% d’un PIB qui sera alors de 3000 milliards. De quarante ans en quarante ans, le doublement du PIB en monnaie constante permet de consacrer de trois à cinq fois plus aux retraites tout en quasi-doublant la richesse affectée aux actifs ou à l’investissement.

Cela, la classe dirigeante le sait parfaitement. Pourquoi alors son acharnement à « sauver » une institution en parfaite santé ? C’est que c’est cette santé qui l’affole. A la naissance des assurances sociales, le salaire était fait de 85% de salaire direct et de 15% de cotisation sociale, et ça ne prêtait pas à conséquence. Aujourd’hui, nous sommes à 60/40 : c’est déjà peu tolérable que 40% du salaire nous paie à ne rien faire, c’est-à-dire à travailler librement, à produire de la richesse et non pas à mettre en valeur du capital. Demain, continuer à financer les retraites par cotisations sociales supposera que plus de la moitié du salaire finance non pas le travail subordonné mais le travail libre. Alors notre destin de force de travail subordonnée à la loi de la valeur pourra être déjoué, d’autant que - seconde dimension subversive du financement de la retraite par cotisation sociale - financer les retraites sans épargne financière montre le caractère parasitaire de celle-ci ... et donc qu’il est possible aussi de financer l’investissement productif (220 milliards d’euros aujourd’hui, à peine plus que les 180 milliards des retraites) sans accumulation financière. Là, c’est le droit de propriété lucrative qui est en jeu, et avec lui le fondement même du capitalisme (…).

* Voir aussi Bernard Friot (19 mai à Laval) : propos iconoclastes sur les retraites - 26 mai 2010. 

Lu dans la presse

 

François Chérèque : une réforme des retraites injuste et bâclée (Contre Info, 1er octobre)

 « Cette réforme est injuste pour ceux qui ont commencé à travailler jeune : 44 ans de cotisations. Cette réforme est injuste pour ceux qui ont des travaux pénibles, du fait d’une autre espérance de vie. Cette réforme est injuste pour ceux qui sont poly-pensionnés, qui ont travaillé dans plusieurs secteurs. Cette réforme est injuste pour les femmes - c’est ce que je dis depuis le début, par rapport à cette borne de soixante cinq ans. Cette réforme est injuste pour ceux qui ont des emplois précaires. Et maintenant le gouvernement découvre que cette réforme est aussi injuste pour les travailleurs handicapés, et qu’elle est aussi injuste pour les seniors qui seront au chômage à 60 ans. Si cette réforme est aussi injuste... c’est que d’une part il faut en faire une autre, et d’autre part qu’elle a été bâclée. » François Chérèque s’exprime sur les dispositions qu’il juge « scandaleuses » dans le projet gouvernemental.   Lire.... »

Le mouvement contre la réforme des retraites ne s'essouffle pas (Rue89, 2 octobre)

(…) Le mouvement ne s'essouffle pas, la volonté de Nicolas Sarkozy de passer en force non plus : c'est le schéma classique du jeu de « La Fureur de vivre » -deux autos lancées l'une contre l'autre, la première qui dévie a perdu. « C'est le gouvernement qui est bloqué », affirme le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, selon lequel « plus de 70% des Français sont opposés à cette réforme » (…).

Retraites : la pression sur l'Elysée s'accentue (Le Monde, 3 octobre)

Le niveau de mobilisation reste élevé dans le pays, comme l'a montré la manifestation du samedi 2 octobre. L'exécutif préfère jouer la montre, convaincu que le mouvement de contestation finira par s'effriter.

 

Cet article est le 36ème sur ce blog dans la catégorie Les retraites

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2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 16:46

Octobre sera le mois du durcissement des luttes sociales

 

Ce matin, à Laval, c’était différent des manifestations précédentes. Il pleuvait, ce qui limite la participation, mais la volonté était bien là. Une grande détermination. Beaucoup disaient qu’il va falloir aller au bout, durcir le mouvement. La météo n’était pas bonne, mais le climat excellent …  

 

Laval : 6 000 manifestants contre la réforme des retraites, selon les syndicats (Ouest-France, 2 octobre). Malgré la pluie, la manifestation qui a parcouru le centre-ville de Laval samedi matin, contre le projet gouvernemental de réforme des retraites, a mobilisé 6 000 personnes, selon l’intersyndicale à l’origine du mouvement. L’estimation des forces de l’ordre n’est pas encore connue. Le cortège est parti à 10 h 30 de la place Jean-Moulin, devant la préfecture, et s’est dispersé à partir de midi sur la place du 11-novembre. Les syndicats comptaient sur ce samedi, jour de congé, pour faire descendre dans la rue les salariés du privé, mais peu de lycéens et d’étudiants battaient le pavé. 

Le lait sur le feu (Paul Quinio, Libération, 2 octobre) La contestation contre la réforme des retraites va prendre ce week-end un tour politique. Avant une nouvelle grève programmée le 12 octobre, les organisations syndicales, chose assez rare, appellent à manifester ce samedi avec l’espoir de mobiliser davantage les salariés du secteur privé. (…) Pour les syndicats, comme pour Nicolas Sarkozy, l’heure de vérité approche. Sauf à se suicider politiquement, le Président ne peut pas reculer. Mais si la contestation dépasse le cadre des retraites, sa stratégie de la tension avec les syndicats se transformera en piège.

 Lire aussi Retraites : il faut se battre pour un référendum (Ségolène Royal, Libération, 1er octobre)

 

Gérard Beillard (militant MRC 53 et correspondant en Mayenne de Résistance sociale) : Halte à la provocation et aux mépris de nos concitoyens ! 

G-rard-Beillard-et-Michel-Sorin-balcon-29-04-09-002.jpgLa retraite, maintenant la sécurité sociale, demain les allocations logements et puis quoi encore ? Concernant la sécu j'en parlerai une autre fois. Aujourd'hui je reviens sur le projet de loi sur la réforme des retraites. Le gouvernement attaque totalement notre système de retraite par répartition.

C'est la remise en cause du droit à la retraite à partir de 60 ans, notamment pour les ouvriers et employés (n'oublions pas que les ouvriers ont en moyenne 7 ans de vie en moins que les cadres). C'est la remise en cause inacceptable d'avoir une retraite à taux plein à 65 ans. Que l'on veuille ou non c'est en fait la concrétisation de la politique libérale qui fait toujours payer la " crise " aux mêmes, à ceux qui se lèvent tôt et qui font tourner l'économie. Bien sûr, ce tour de force social se fait sans toucher au cadeau du bouclier fiscal pour les riches et les possédants.  

Résistance sociale s'oppose fermement à la régression sociale que constitue ce projet. Lors du débat à l'Assemblée Nationale, des amendements ont été déposés et certains votés. Ce sont de nouvelles attaques. Résistance sociale s'oppose à la suppression de la cessation progressive  d'activité (CPA) des fonctionnaires, s'oppose également à la remise en cause  de la médecine du travail que le MEDEF voudrait avoir sous sa coupe, alors que les conditions de travail se détériorent partout !  

Résistance sociale demande le retrait de ce projet et l'ouverture de véritables négociations avec les partenaires sociaux, veut garder le principe du programme du Conseil National de la Résistance, soutiendra toutes les actions prévues par les organisations syndicales et participera à toutes les initiatives pour le retrait de ce projet. Résistance sociale appelle aux manifestations du 2 et du 12 Octobre. Ensemble construisons une alternative pour la France !

Résistance sociale : gerardbeillard@wanadoo.fr 

 

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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 21:46

L’épreuve de force est engagée, Fillon sûr de lui

 

Le premier ministre a opposé un non ferme et tranquille aux syndicats, afin de conduire la réforme à son terme, comme l’a voulu le président de la République. C’est tout simple, cela doit se passer comme en 2003, quand Fillon était aux manettes du ministère des affaires sociales : les manifestants et les grévistes vont s’essouffler et la réforme pourra s’appliquer.

Et s’il y avait un grain de sable ? Depuis 2003, la France a bien changé, la crise financière est passée par là. Et Sarkozy est de plus en plus contesté, y compris par une partie de ceux qui l’ont élu en 2007.

 

A la suite des manifestations d’hier (voir Retraites : ce 23 septembre, les syndicats mobilisent mais s'interrogent), le MRC 53 a communiqué ce texte à la presse.

 

Michel SorinRetraites : soutien aux syndicats, qui défendent les intérêts du monde du travail

 

Comme au niveau national, les Mayennais, le 7 et le 23 septembre, ont exprimé dans les rues de Laval leur opposition au projet de loi sur les retraites. Le premier ministre refuse d’en tenir compte. Il compte sur le soutien d’une majorité des sénateurs, après celui des députés, pour imposer sa politique de régression sociale contre la volonté de la majorité des Français.

 

Ce que veut le peuple français, c’est un changement de politique, dès que possible. Car la France s’enfonce dans tous les domaines, économique, social, démocratique, éthique.

 

Le chef de l’Etat accentue les effets de la crise en voulant maintenir sa complicité avec les privilégiés de la finance, au lieu de rechercher le soutien du peuple. Avec son gouvernement et la majorité parlementaire, avec l’appui inconditionnel du MEDEF, qui défend le système financier capitaliste, le président de la République a opté pour l’épreuve de force avec les syndicats, qui représentent les intérêts du monde du travail.

 

Si nous voulons continuer à vivre dans une République du progrès social, il nous faut relever ce défi présidentiel. Le MRC 53 souhaite que les citoyens se mettent en mouvement pour se libérer de l’emprise d’un système qui les enferme dans la soumission.

 

Lu dans la presse

 

Retraites : nouvelles mobilisations les 2 et 12 octobre (Le Monde, 24 septembre)

Le bras de fer continue entre les syndicats et le gouvernement à propos du projet de réforme sur les retraites. L'intersyndicale, réunie vendredi 24 septembre au siège de la CGT à Montreuil (Seine-Saint-Denis), a décidé d'organiser deux nouvelles journées de mobilisation : une journée de manifestations le samedi 2 octobre et une "journée massive de grève et manifestations" le 12 octobre (…).

L'intersyndicale prépare la suite du mouvement (Le Point, 24 septembre)

François Chérèque, le leader de la CFDT, a réussi à imposer ses vues à l'intersyndicale et à FO pourtant favorables à des mouvements de grève reconductible (…). Dès jeudi soir, Bernard Thibault assumait cette ligne : "Il nous revient, en tant que syndicats, de trouver des formes qui permettent la participation du plus grand nombre." Alors, contrairement aux précédentes journées d'actions, la prochaine manifestation aura lieu un samedi, comme l'avaient proposé la CFTC et surtout la CFDT (…)

Mais tous les syndicats ne sont pas convaincus. "On n'a jamais été en faveur d'une manifestation le week-end, où il y aura plus de poussettes que de salariés, mais on a dû faire contre mauvaise fortune bon coeur", reconnaît Bernard Devy, chargé du dossier retraite à FO (…). Or, pour lui, le seul moyen de faire plier l'exécutif est d'avoir recours à des arrêts de travail reconductibles. Un point de vue partagé par Jean-Marie Pernot, spécialiste du syndicalisme, cité par l'Agence France-Presse : "Le conseiller social de Nicolas Sarkozy, Raymond Soubie, est plus attentif aux grèves qu'aux manifestations", considère-t-il.

 

Il est encore temps pour le gouvernement d'entendre le rejet de son projet (Le Monde, Bernadette Groison, FSU, 22 septembre)

Le gouvernement a choisi un calendrier serré pour la réforme des retraites pour éviter les mobilisations et esquiver les questions de fond en assénant de fausses évidences : rien n'y fait. Il a créé toutes les conditions d'un conflit social majeur. Face à la déferlante de contre-vérités et de fausses négociations, les organisations syndicales ont su, ensemble, imposer tous les termes du débat, convaincre l'opinion qu'il est possible de faire autrement et rassembler des millions de salariés. Elles ont su dépasser des différences d'appréciation pour faire front (…).

La réforme des retraites, victoire à la Pyrrhus ? (Le Monde, Gérard Courtois, 13 septembre)

La réforme des retraites aurait pu, aurait dû, être l'occasion d'un grand débat démocratique. Tous les éléments du pacte social et des réalités françaises s'y trouvent en effet rassemblés : le rapport au travail constitutif de la vie de chacun ; la manière de concevoir le formidable allongement de la durée de la vie et l'usage que l'on peut en faire ; la solidarité entre générations sur lequel repose notre système par répartition ; enfin, la protection sociale des personnes âgées, bâtie par plus d'un siècle de luttes et de mobilisations.

Tout cela - à quoi il faudrait ajouter les innombrables inégalités devant le travail comme devant la vieillesse - aurait mérité un débat approfondi. A défaut de s'accorder sur les solutions, on aurait pu dégager un constat partagé : après tout, chacun admet que l'évolution démographique, la prolongation de l'espérance de vie et l'état des finances publiques imposent de réformer le financement des retraites pour garantir leur pérennité (…).

 

Sur la réforme des retraites, un renoncement peut en cacher un autre (Le Monde, dix personnalités de la mouvance d’ATTAC, 22 septembre)

 

Retraite: discriminer pour garantir la justice sociale? (Marianne, tribune Elie Arié, 22 septembre)

Devant les changements de mode de vie et du temps passé au travail qui ont profondément changé depuis plusieurs années, c'est notre façon de penser la retraite qui doit être modifiée. Elie Arié nous explique les enjeux en cours (…).

 

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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 21:34

Quelle stratégie d’action pour faire reculer le pouvoir ?

manif-Laval-230910-017-T.jpgPeu de temps après le 7 septembre (voir Manifs retraites : dix à douze mille à Laval, deux à trois millions en France), il y avait du monde dans les rues, presqu'autant qu’il y a 15 jours. Le parcours à Laval, ce 23 septembre, était différent. De nombreux jeunes. Plus de diversité, mais moins de combativité apparente. 

Tous les syndicats étaient représentés en tête de défilé, cette fois-ci. En fait, les interrogations sont grandes sur la suite à donner au mouvement.

Les slogans anti-Sarkozy prennent de l’ampleur. On va vers l’épreuve de force car, d’un côté et de l’autre, personne ne cèdera. La mauvaise foi du gouvernement est de plus en plus évidente. Il rabaisse les chiffres pour faire croire à l’adhésion croissante à sa réforme. Or, c’est l’inverse qui se produit.

 

Lu dans la presse

 

Retraites : syndicats et gouvernement jouent l'épreuve de force (Le Monde, 23 septembre)

Retraites: la rue durcit le ton, mais l'Elysée n'écoute déjà plus (Marianne, 23 septembre)

 

Quelle stratégie ?

 

Les positions des syndicats divergent. La CGT et la CFDT sont sur une ligne commune de recherche de compromis, sans trop de concessions et avec la volonté de rester unis. FO et Solidaires veulent le retrait de ce projet de réforme des retraites.

Bernard Thibault : « La CGT ira jusqu'au bout » (OF 17 septembre)

Retraites : Chérèque prêt à poursuivre la mobilisation (Le Monde, 22 septembre)

 

Dans un tract, Force Ouvrière rappelle ses positions :

Avec la réforme Balladur d’août 1993, puis les réformes Fillon de 2003 et de Bertrand de 2007 et 2008, le droit à la retraite à 60 ans est battu en brèche : remise en cause de la durée de cotisation de 37,5 années dans le secteur privé, alignement à 40 ans de cotisation dans le public et le privé, passage à 41 ans en 2012, remise en cause des régimes spéciaux.

La crise montre la faillite et le danger du modèle économique libéral et la nécessité d’en changer.

Depuis 1993, FO affirme qu’il est possible, comme pour les banques, de dégager des recettes pour les retraites. Cela suppose une répartition plus juste des richesses, une politique économique et sociale différente, axée sur la croissance et la création d’emplois, ainsi qu’une grande réforme fiscale.

Dans le projet gouvernemental, il n’y a rien de bon pour les salariés. C’est pourquoi, depuis le début, FO demande la retrait pur et simple du projet que veut imposer le gouvernement.

 

Cette position se rapproche de celle du Mouvement Républicain et Citoyen (voir Retraites : le MRC diffusera un tract demain à la manifestation à Laval). Voir aussi le tract national du MRC, disponible ici.

 

Jean-Luc Mélenchon, ce matin sur Europe1, a développé l’idée d’un référendum (voir Retraites: et si le référendum était la meilleure des armes ? (Marianne2, 23 septembre).

Le candidat Sarkozy avait développé deux engagements forts : le maintien de la retraite à 60 ans et l'instauration du référendum d'initiative populaire. En demandant un referendum sur la réforme des retraites, Jean-Luc Mélenchon fait coup double. 

 

De son côté, Bernard Teper, coresponsable du secteur Santé et protection sociale à l’Union des Familles laïques expose ses idées dans le n° 117 de UFAL Flash (19 août 2010). Elles sont proches de celles de Bernard Friot (voir Bernard Friot (19 mai à Laval) : propos iconoclastes sur les retraites - 26 mai 2010). 

 

(…) Une des faiblesses de l’actuel front large contre la réforme régressive des retraites provient du fait qu’une partie des opposants utilisent le même paradigme de pensée que les “réformateurs” du gouvernement. Il convient de dire que pour certains, c’est en toute bonne foi, et que cela touche bien sûr les sociaux-libéraux mais aussi une partie de la gauche antilibérale et altermondialiste. Et que pour les sociaux-libéraux, il ne faut pas seulement avoir en tête les partis politiques mais aussi le monde associatif et surtout mutualiste. Il ne suffit pas de défendre le système de répartition contre la capitalisation
Deux marqueurs de cette confusion peuvent être rappelés :
 

- la croyance que le recul progressif de la Sécurité sociale au profit des régimes complémentaires (des firmes multinationales assurantielles et bancassurantielles, des instituts de prévoyance des amis de Guillaume Sarkozy et des mutuelles) n’a pas d’influence sur le niveau de solidarité de la protection sociale, 

- la croyance qu’il faut simplement défendre le système de répartition contre la capitalisation.  

Et cela pour deux raisons :

·         l’ensemble des complémentaires santé ont partie liée depuis la construction de l’Union nationale des organisations complémentaires de la Sécurité sociale (UNOCAM) lors de la contre-réforme régressive de Douste-Blazy en 2004. La Fédération nationale de la mutualité française jouant le rôle d’apprenti-sorcier et de cheval de Troie de ses compagnons dans l’UNOCAM ;

·          la politique néolibérale ne porte pas au remplacement de la répartition par la capitalisation mais à l’accroissement de la partie en capitalisation, avec le maintien d’une majorité de la retraite en répartition, mais selon le mode du revenu différé avec neutralité actuarielle. Donc le slogan “défendons la répartition contre la capitalisation” est un slogan erroné et démobilisateur.

 (...)  Lire la suite 

 

  Voir, par ailleurs, la Déclaration du Front Syndical de Classe après le 23 septembre  

 

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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 22:47

Même voté à l’Assemblée, le projet de loi peut être retiré

 

Les mobilisations intersyndicales, demain, prolongent celles du 7 septembre et précèdent les suivantes. Le combat continue et ne s’arrêtera pas avec un vote programmé du Parlement en octobre. Voici le texte du tract recto verso que nous distribuerons, au nom du MRC 53 d’une part, et de Résistance sociale d’autre part. Gérard Beillard est le correspondant en Mayenne de cette association.

 

Retraites : la position du MRC présentée par Michel Sorin*

 

Michel SorinLe grand problème politique de ce début du 21ème siècle est que la puissance publique - c’est-à-dire, essentiellement, les Etats - est moins forte que les marchés financiers.

C’est ce qui est à l’origine de la crise, une crise nationale dans le cadre d’un capitalisme financier mondialisé lui-même en crise :

- crise nationale : jamais dans l’histoire de notre nation, le chef de l’Etat, président de la République, n’a été à ce point complice du pouvoir financier.

- crise du capitalisme financier, liée à la libération totale des capitaux, à l’origine de la crise financière. Le capitalisme n’est plus contrôlé par les Etats depuis que la finance a convaincu les élites politiques de libéraliser, c’est-à-dire désarmer et affaiblir la puissance publique.

Il faut refuser ce projet de réforme des retraites

- car il creuse les inégalités entre les retraités, faisant travailler davantage les plus défavorisés tout en leur réduisant les pensions, en laissant les plus riches à l’écart des efforts significatifs,

- car il fait supporter l’effort principal de financement des retraites aux travailleurs qui subissent le chômage, la précarité, la modération salariale (ce sont surtout des travailleuses),

- car il fait la part belle aux agents du capitalisme financier (assurances privées, notamment), au lieu de jouer son rôle de régulation en faveur de l’intérêt général,

- car il accentue les risques d’éclatement de la société et de dérive vers des comportements violents et incontrôlables.

Il faut préparer une autre politique, portée par un sursaut populaire.

Il existe d’autres sources de financement des retraites, que le gouvernement rejette car elles impliquent un changement de politique.

Plutôt que laisser détruire à petits feux les avancées sociales conquises, notamment, par le Conseil national de la Résistance, il est préférable de dire non à ce qui est une contre-réforme, afin d’ouvrir la voie à une vraie réforme, nécessaire, dans le cadre d’une autre politique, portée par un sursaut populaire, qui fera baisser le chômage et mettra à contribution de nouveaux financements dans le but de rééquilibrer capital et travail.                                                                                                                      

Dire non, c’est préparer un autre chemin pour les retraites, en maintenant le système par répartition, sans exclure des aménagements à l’âge légal de départ, tenant compte de la tendance forte à la diversité et à la complexité du travail et du salariat.

La priorité absolue doit être accordée aux salariés confrontés à des travaux difficiles, notamment dans l’industrie et le bâtiment (les ouvriers ont, en moyenne, une espérance de vie inférieure de sept ans à celle des cadres). Priorité aussi aux personnes, souvent des femmes, qui travaillent à temps partiel et ont des accidents de parcours dans leur carrière professionnelle.

 

La retraite n’est pas un privilège. Elle doit être financée par une autre politique, une politique de salut public, car les défis sont gigantesques. Voici les trois orientations majeures de cette nouvelle politique, préconisée par le Mouvement Républicain et Citoyen :

Redresser l’économie est le principal moyen de la justice sociale. Financer les retraites de demain est donc inséparable de la reconquête d’une croissance solide, qui crée des emplois, donc des cotisations : cela commande une réindustrialisation du pays. Il faut réarmer l’Etat en matière économique et faire reculer les politiques libérales d’austérité, en s’opposant autant que nécessaire aux mesures « libé­rales » de l’Union européenne.

Relever le niveau des salaires des actifs, c’est relever d’autant le niveau des sommes disponibles pour les retraités, pour un même taux et une même durée de cotisation : il faut dissuader les actionnaires de continuer à faire leurs bénéfices sur la compression des salaires et limiter les versements exonérés.

Augmenter fortement la contribution des personnes tirant des revenus de placements financiers - qu’ils doivent largement au travail des actifs, y compris ceux qui sont aujourd’hui retraités, ou qu’ils ne doivent qu’à la spéculation - c’est devenu une nécessité d’une légitimité évidente.

 

La mobilisation intersyndicale aura des répercussions sur la capacité de la majorité politique en place à écouter le mécontentement populaire. Mais les salariés et les citoyens devront s’engager davantage, ensemble, dans l’opposition au projet de loi pour faire reculer le pouvoir élyséen. 

La vie ne vaut que si elle s’inscrit dans une perspective de progrès humain. Or, ce n’est plus le cas puisque toutes les « réformes » en cours n’ont pour objet que de faire supporter par les milieux sociaux les moins favorisés les conséquences d’une « rigueur » comptable qui ne s’applique pas aux bénéficiaires du système.

 

Le 7 septembre, puis le 23 septembre, se joue le premier acte de la mise en mouvement des citoyens pour se libérer de l’emprise d’un système qui les enferme dans la soumission.

 

* Michel Sorin (MRC 53) à Laval : la position du MRC sur les retraites (6 septembre 2010)

 

Retraites : la position de Résistance sociale

 

G-rard-Beillard-et-Michel-Sorin-balcon-29-04-09-002.jpgCraignant une lame de fond (du type CPE) provoquée par le mouvement de contestation sur les retraites, le pouvoir multiplie les projets afin de détourner l’attention. Dans l’immédiat il faut éviter de tomber dans le piège de l’éparpillement et s’en tenir à l’essentiel : le retrait du projet  de réforme des retraites.

 

Comment déjouer le piège ?

 

Etablir le lien entre la réforme des retraites et toutes les autres :

Ø       La réforme des retraites suit exactement la même logique que les réformes de l’enseignement, la loi Bachelot, le non remplacement de dizaines de milliers de fonctionnaires chaque année…

Ø       C’est la même politique que celle qui voit le chômage et la précarité de masse, le quasi gel des salaires dans le privé et le public …

La réforme des retraites est partie prenante d’un plan d’austérité « à la grecque »,  destiné à ponctionner, dès 2013, 80 milliards d’euros.

 

La réforme des retraites est le verrou de toutes les autres

 

Pour protéger ce qui reste de notre modèle social,  pour pouvoir négocier des réformes de progrès si nécessaire,  il faut immédiatement :

 

Ø     Rassembler, dans l’unité, toutes les générations, le privé et le public sur le premier objectif : l’abandon de la réforme,

Ø     Concentrer les forces sur le succès de la manif du 23 septembre.

 

Rejoignez le Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), qui porte dans la vie politique les aspirations des citoyens à vivre dans une République démocratique, indivisible, décentralisée, laïque et sociale.

 

Rejoignez le Mouvement CIVIQ, qui affirme concrètement le caractère républicain et démocratique de la société française.

 

Nom, Prénom : ………………………………Adresse………………………………………………………………………..

Tél…………………………………………….. Courriel ……………………………………………………………………….

 

MRC 53 et CIVIQ : Michel Sorin 46 rue du Poitou 53940 St-Berthevin  - 06 23 18 05 55 ou 02 43 69 06 32  Internet : sorinmichel@wanadoo.fr et http://mrc53.over-blog.com

                               Mouvement Républicain et Citoyen 3 avenue de Corbéra 75012 Paris - www.mrc-france.org  

 

Rejoignez Résistance sociale, qui apporte sa pierre à l’édifice des luttes que nous espérons les plus unitaires, les plus larges et les plus intransigeantes possible. 

 

Nom, Prénom : ………………………………Adresse………………………………………………………………………..

Tél…………………………………………….. Courriel ……………………………………………………………………….

 

Résistance Sociale : Gérard Beillard 13 rue Parmentier  53940 St-Berthevin  - 06 89 93 65 46 ou 02 43 90 76 97 gerardbeillard@wanadoo.fr

                        Site : www.resistancesociale.fr  

 

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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 18:05

Les syndicats préparent d’autres initiatives dans l’unité

 

Plus de 10 000 personnes à défiler à Laval en cette matinée du 7 septembre, ce n’est pas fréquent. Cela rappelle 1968 ou 1973. Avec de nombreux salariés d’entreprises lavalloises, de jeunes, beaucoup de femmes. C’est normal, celles-ci sont les plus concernées par les mesures de régression sociale contenues dans le projet de loi sur les retraites. Tous les syndicats étaient là, contrairement au 24 juin.  Manif-retraites-Laval-70910-069.jpg

 

Voir Retraites : le débat expliqué aux nuls et aux jeunes  insouciants (Pascal Riché, Rue89, 6 septembre) et Retraites : ce qui va changer concrètement pour vous(François Krug, Eco89, 7 septembre).  

 

Dans l’ouest : Retraites. La grève fortement suivie (Ouest-France, 7 septembre)

La journée d'action contre la réforme des retraites bat son plein. Avant les grandes manifestations de Paris et Marseille, les chiffres nationaux de grévistes sont en augmentation par rapport au 24 juin dernier. Dans l'Ouest, les premiers cortèges démontrent une très forte mobilisation.

 

 

Au niveau national, la participation dépasse deux millions de personnes, malgré des conditions météorologiques défavorables dans certaines régions. « Beaucoup plus de monde que le 24 juin » pour les retraites (Rue89, 7 septembre)

Les syndicats crient victoire : selon la CFDT, 2,5 millions de personnes ont manifesté ce mardi contre la réforme. Interrogé ce matin sur LCI par Christophe Barbier (L'Express) sur une éventuelle reconduite du mouvement, Jean-Claude Mailly (FO) s'est dit prêt à « d'autres initiatives » si le défilé de ce mardi dépasse les 2 millions de manifestants, objectif des syndicats. Le secrétaire général de FO, syndicat qui a rejoint l'intersyndicale mais qui demande le retrait pur et simple du texte, au contraire de la CGT et de la CFDT, appelle à « l'unité d'action ».  

 

Lu dans la presse (articles de fond)   

 

Retraites: les chiffres font débat  (Nouvel Observateur, 6 septembre)

Taux de cotisation, espérance de vie, âge effectif de départ… les données chiffrées sont au coeur du débat sur les retraites. Encore faut-il les manier avec discernement et éviter les pièges. Les explications de David Larousserie (Sciences et Avenir).

L’Assemblée nationale débat à partir de mardi 7 septembre du projet de loi sur les retraites. Les grandes lignes de la réforme sont désormais connues : report progressif de l’âge légal de 60 à 62 ans jusqu’en 2018, report de l’âge dit du taux plein de 65 à 67 ans. Les mesures proposées, qui font reposer le sauvetage du système actuel sur des arguments essentiellement démographiques, n’ont pas manqué de susciter des critiques politiques et syndicales mettant en avant des arguments plus économiques. Dans ce débat, chiffres et statistiques valsent à tout-va : milliards d’euros de déficit (ou besoin de financement), espérance de vie, taux de chômage… Au point de parfois brouiller les pistes. Nous avons donc souhaité donner des éléments de compréhension en nous interrogeant sur l’origine de ces données et sur la façon dont elles sont calculées, présentées ou utilisées. Pour nous apercevoir que la plupart elles émanent d’une source unique, le Conseil d’orientation des retraites (COR), qui, depuis dix ans, est chargé d’éclairer les différents acteurs sur l’avenir du système français. Les résultats de cet organisme indépendant sont rarement contestés. Mais les chiffres ne sont jamais neutres. Tout est question de présentation, de non-dits, d’imprécisions, d’hypothèses… Plongée dans les modèles de prospective, pour appréhender autrement les chiffres et les statistiques.

Edito septembre 2010, Alternatives Economiques - Occasion manquée (Philippe Frémeaux)

 

Le Parlement examine ce mois-ci la réforme des retraites. Réforme ? Le mot est fort s'agissant d'une loi qui, pour l'essentiel, se contente de modifier deux paramètres - l'âge minimal de départ, repoussé à 62 ans, et l'âge de la retraite à taux plein quelle que soit la durée de cotisation, reporté à 67 ans. Le but avoué est de faire rapidement quelques milliards d'économies, le report de l'âge légal devant réduire, dès 2011, le nombre de départs à la retraite, et donc le coût des pensions.

 

Combinée à l'exigence d'une durée de cotisation de 41 ans, cette réforme va faire du système français un des plus durs d'Europe et accentuer les inégalités entre retraités, au détriment des plus fragiles. Nicolas Sarkozy avait affirmé qu'il entendait éviter toute diminution des pensions. Ces mesures auront l'effet inverse. Compte tenu du niveau du chômage, une majorité de personnes sont aujourd'hui hors emploi quand vient l'heure de liquider leurs droits à la retraite. Le report de l'âge légal les fera dépendre plus longtemps des maigres revenus de remplacement qu'elles touchent actuellement, bien inférieurs à leur future pension.

Au-delà, la majorité des salariés encore en emploi n'a aujourd'hui qu'une envie: partir dès que possible, sans trop réfléchir au montant de sa future pension. Aussi, personne ou presque, parmi les personnes ayant une carrière incomplète, ne travaillera jusqu'à 67 ans - en admettant qu'un employeur désire les conserver jusqu'à cet âge. Résultat: les pensions de ces personnes, en majorité des femmes, vont subir une importante décote. Enfin, que dire d'un report de l'âge légal qui ne s'accompagne d'aucune véritable mesure en faveur de ceux qui, en raison des contraintes subies au cours de leur vie active, ont une moindre espérance de vie?  

 

Au final, le gouvernement a choisi de procéder à un rafistolage comptable, dicté par la nécessité de démontrer aux marchés financiers sa volonté de réduire les déficits. C'est une occasion manquée de mettre en chantier une vraie réforme de fond, qui rende le système français de retraite à la fois plus lisible, plus pérenne et plus juste.  

Pour y parvenir, il aurait fallu commencer par ne pas fermer la porte d'emblée à toute augmentation des ressources des régimes. La hausse des prélèvements doit certes être maniée avec précaution, car d'autres besoins collectifs vont croître (éducation, santé, environnement…). Mais la France pourrait néanmoins consacrer un à deux points de PIB en plus à assurer une vie décente à tous ses retraités.  

 

La seconde exigence aurait été d'agir sérieusement pour que l'allongement des durées de carrière, justifié par l'augmentation de l'espérance de vie moyenne, ne pénalise pas les plus fragiles: en accordant des avantages concrets à tous ceux qui ont subi des conditions de travail pénibles; en agissant résolument pour améliorer ces conditions pour l'avenir; en aménageant les fins de carrière afin de rendre plus acceptable pour le plus grand nombre une poursuite d'activité; en mettant en oeuvre des mesures incitatives qui respectent la liberté de chacun, sans pénalités excessives, et conditionnées à une réelle amélioration de la situation de l'emploi.  

 

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