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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 22:52

 

Demain, premier acte de la mobilisation des citoyens

 

Ce 6 septembre, à Laval, avait lieu la réunion-débat organisée par les partis de gauche à la veille de la mobilisation intersyndicale nationale sur les retraites (voir Retraites : les partis de gauche 53 ensemble à Laval le 6 septembre - 30 août 2010).

 

Le Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) était représenté par Michel Sorin, au côté de Guillaume Garot, député-maire PS de Laval, Michel Neveu (Parti radical de gauche), Françoise Marchand (Europe Ecologie), Hervé Eon (Parti de Gauche), Aurélien Guillot (Parti communiste) et Serge Faguet (Parti ouvrier indépendant).  

 

Voici le texte de l’intervention de Michel Sorin

 

Retraites-gauche53-60910-003-T.jpgLe grand problème politique de ce début du 21ème siècle est que la puissance publique - c’est-à-dire, essentiellement, les Etats - est moins forte que les marchés financiers.

C’est ce qui est à l’origine de la crise, une crise nationale dans le cadre d’un capitalisme financier mondialisé lui-même en crise :

- crise nationale : jamais dans l’histoire de notre nation, le chef de l’Etat, président de la République, n’a été à ce point complice du pouvoir financier.

- crise du capitalisme financier, liée à la libération totale des capitaux, ce qui est à l’origine de la crise financière. Le capitalisme n’est plus contrôlé par les Etats depuis que la finance a su convaincre les élites politiques de libéraliser, c’est-à-dire désarmer et affaiblir la puissance publique.

 

Dans ce contexte, le rôle de l’opposition est de mettre en échec les initiatives rétrogrades du chef de l’Etat, ce qui est le cas du projet de loi de contre-réforme des retraites, qui va être débattu au Parlement, à partir de demain.

 

Pourquoi le président Sarkozy tient-il tant à imposer ce texte contre l’avis de la majorité des Français (7 français sur 10 soutiennent les manifestations demain, selon un sondage publié hier par Ouest-France) ? C’est pour satisfaire la commande des marchés financiers. Le pouvoir politique cède aux pressions de la finance, d’autant plus docilement qu’il représente les mêmes intérêts.

 

Le Mouvement Républicain et Citoyen se bat contre ce projet de loi, profondément injuste et inadapté.

Ce qui est en jeu, c’est notre modèle social et le pacte républicain qui s’y rattache. La logique de ce texte est de poursuivre, en l’accentuant, la baisse des pensions. Ce qui est le plus inacceptable est la remise en cause du droit à la retraite à 60 ans et de la pension à taux plein à 65 ans.

 

Il faut refuser ce projet

- car il creuse les inégalités entre les retraités, faisant travailler davantage les plus défavorisés tout en leur réduisant les pensions, en laissant les plus riches à l’écart des efforts significatifs,

- car il fait supporter l’effort principal de financement des retraites aux travailleurs qui subissent le chômage, la précarité, la modération salariale (ce sont surtout des travailleuses),

- car il fait la part belle aux agents du capitalisme financier (assurances privées, notamment), au lieu de jouer son rôle de régulation en faveur de l’intérêt général,

- car il accentue les risques d’éclatement de la société et de dérive vers des comportements violents et incontrôlables.

 

Il faut préparer une autre politique, portée par un sursaut populaire

Il existe d’autres sources de financement des retraites, que le gouvernement rejette car elles impliquent un changement de politique.

Plutôt que laisser détruire à petits feux les avancées sociales conquises par le Conseil national de la Résistance, il est préférable de dire non à ce qui est une contre-réforme, afin d’ouvrir la voie à une vraie réforme, nécessaire, dans le cadre d’une autre politique, portée par un sursaut populaire, qui fera baisser le chômage et mettra à contribution de nouveaux financements dans le but de rééquilibrer capital et travail.                                                                                                                      

Dire non, c’est préparer un autre chemin pour les retraites, en maintenant le système par répartition, sans exclure des aménagements à l’âge légal de départ, tenant compte de la tendance forte à la diversité et à la complexité du travail et du salariat.

La priorité absolue doit être accordée aux salariés confrontés à des travaux difficiles, notamment dans l’industrie et le bâtiment (les ouvriers ont, en moyenne, une espérance de vie inférieure de sept ans à celle des cadres). Priorité aussi aux personnes, souvent des femmes, qui travaillent à temps partiel et ont des accidents de parcours dans leur carrière professionnelle.

 

La retraite n’est pas un privilège. Elle doit être financée par une autre politique, une politique de salut public, car les défis sont gigantesques. Voici les trois orientations majeures de cette nouvelle politique, préconisée par le MRC :

 

Redresser l’économie est le principal moyen de la justice sociale. Financer les retraites de demain est donc inséparable de la reconquête d’une croissance solide, qui crée des emplois, donc des cotisations : cela commande une réindustrialisation du pays. Il faut réarmer l’Etat en matière économique et faire reculer les politiques libérales d’austérité, en s’opposant autant que nécessaire aux mesures « libé­rales » de l’Union européenne.

 

Relever le niveau des salaires des actifs, c’est relever d’autant le niveau des sommes disponibles pour les retraités, pour un même taux et une même durée de cotisation : il faut dissuader les actionnaires de continuer à faire leurs bénéfices sur la compression des salaires et limiter les versements exonérés.

 

Augmenter fortement la contribution des personnes tirant des revenus de placements financiers, qu’ils doivent largement au travail des actifs, y compris ceux qui sont aujourd’hui retraités, ou qu’ils ne doivent qu’à la spéculation, constitue une piste d’une légitimité évidente.

 

La mobilisation intersyndicale, demain, qui s’annonce à un niveau exceptionnel, aura des répercussions sur la capacité de la majorité politique en place à écouter le mécontentement populaire. Mais les salariés et les citoyens devront s’engager davantage dans l’opposition au projet de loi pour faire reculer le pouvoir élyséen. C’est le début de la grande confrontation qui aura son dénouement à l’élection présidentielle en 2012.

 

La vie ne vaut que si elle s’inscrit dans une perspective de progrès humain. Or, ce n’est plus le cas puisque toutes les « réformes » en cours n’ont pour objet que de faire supporter par les milieux sociaux les moins favorisés les conséquences d’une « rigueur » comptable qui ne s’applique pas aux bénéficiaires du système.

 

Demain 7 septembre, se jouera le premier acte de la mise en mouvement des citoyens pour se libérer de l’emprise d’un système qui les enferme dans la soumission.  

 

Retraites-gauche53-60910-006-T.jpg

 

 

 

Gérard Beillard à la table du MRC 53

 

 

 

 

 

Cet article est le 30ème sur ce blog dans la catégorie Les retraites

 

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30 août 2010 1 30 /08 /août /2010 22:36

NON à la remise en cause du droit à la retraite à 60 ans !

 

La mobilisation populaire pour défendre le droit à la retraite à 60 ans est en marche. En Mayenne, sept partis de gauche appellent les citoyens à participer à une réunion publique le 6 septembre à Laval. C’est une initiative des partis du Front de gauche (PCF et Parti de Gauche), qui a recueilli l’assentiment du PS, des Verts, du PRG, du MRC et du POI.

 

Michel Sorin : la réforme des retraites est le symbole de la régression sociale - 20 juillet 2010

Michel Sorin : la mobilisation citoyenne, indispensable le 7 septembre - 25 juillet 2010

 

Pour le maintien du droit à la retraite à 60 ans

REUNION – DEBAT lundi 6 septembre 2010 à 20 H

Centre Multi-Activités à LAVAL

 (Ancien Leclerc de St Nicolas)

La remise en cause du droit à la retraite à 60 ans est INACCEPTABLE ! S’il était voté, ce projet entraînerait une nouvelle régression pour les retraites des salariés qui s’ajouterait à toutes celles mises en œuvre depuis 1993, il pénaliserait les jeunes à la recherche d’un emploi en obligeant des salariés à continuer à travailler au-delà de 60 ans, il ne répondrait pas au problème des salariés qui exercent un travail pénible.

L’allongement de la durée de cotisation prévu dans le projet gouvernemental est tout aussi INACCEPTABLE ! Il serait synonyme de nouvelles baisses du montant des retraites pour tous ceux qui sont mis hors des entreprises (souvent avant même 60 ans) sans avoir toutes leurs annuités. Le report à 67 ans de la limite d'application de la décote pour manque d'annuités aggraverait encore les conditions de départ en retraite des salariés aux carrières incomplètes, au premier rang desquels figurent de nombreuses femmes.

Les fausses solutions qui sont mises en avant conduiraient à une baisse des pensions et des salaires et frapperaient les revenus les plus faibles, alors que les plus riches et les revenus du capital passeraient entre les gouttes. La bonne solution aux questions qui se posent, c'est une plus juste répartition des richesses.

L’objectif gouvernemental reste toujours le même : fragiliser le système de retraite par répartition, favoriser la montée en puissance des retraites par capitalisation. L'objectif plus général de la droite est de s'attaquer à tous les acquis sociaux obtenus depuis la Libération.

Le Parti Socialiste, le Parti Communiste Français, le Parti de Gauche, les Verts, le Parti Radical de Gauche, le Mouvement Républicain Citoyen, le Parti Ouvrier Indépendant ont décidé de s’organiser en "Front politique pour la défense de la retraite à 60 ans" dans le but

·   d’exprimer leur totale opposition au projet gouvernemental,

·   de défendre le droit à la retraite à 60 ans,

·   de refuser l’allongement de la durée de cotisation prévu dans le projet gouvernemental,

·   de défendre le système de retraites par répartition,

·   de proposer de nouvelles sources de financement basées sur une autre répartition des richesses entre le capital et le travail.

Ils vous invitent à venir en discuter avec eux lors de cette réunion-débat et à participer à toutes les luttes afin d’obtenir le RETRAIT DE CE PROJET INACCEPTABLE, notamment lors de la journée de manifestation du lendemain (mardi 7 septembre à 10 H devant la préfecture).

 

Cet article est le 29ème sur ce blog dans la catégorie Les retraites

 

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25 juillet 2010 7 25 /07 /juillet /2010 10:48

Le 7 septembre, premier acte du pouvoir citoyen

 

Si nous voulons revenir à l'esprit de la révolution française, fondement de notre République, quelle autre démarche que l'affirmation du pouvoir citoyen, en France, en 2010 ? Je vous le demande. Ma réponse est : il n'y en a pas ! Je veux m'adresser à chaque lectrice, à chaque lecteur, de ce texte, car je suis arrivé à la conclusion qu'il n'est pas possible de continuer comme s'il ne se passait rien dans notre pays. G-rard-Beillard-et-Michel-Sorin-balcon-29-04-09-010.jpg

 

Pour ma part, j'ai pris la décision de mettre mon énergie en priorité au service de cette cause : la reconquête du pouvoir politique en France par les citoyens, collectivement. Ce pouvoir, nous l'avons perdu. Le capitalisme n'est plus contrôlé par les Etats depuis que la finance a su convaincre (par la corruption, y compris) les élites politiques de libéraliser, c'est-à-dire désarmer et affaiblir la puissance publique.

 

Jamais dans l'histoire de notre nation, le chef de l'Etat, président de la République, n'a été à ce point complice du pouvoir économique et financier. Il pense que son rôle est de gouverner le pays en faisant la politique des grands groupes capitalistes et en s'alignant sur les intérêts des nations les plus puissantes (USA, Allemagne). L'indépendance nationale ne signifie rien pour lui, pas plus que la citoyenneté. Comment cet homme, qui se disait gaulliste, a-t-il pu se laisser aller jusqu'à conduire une politique qui tourne le dos au gaullisme ?

 

La première priorité d'un pouvoir citoyen est de mettre en échec les initiatives rétrogrades du chef de l'Etat. Le projet de loi concernant les retraites en est un bel exemple, avec celui qui traite de l'avenir des collectivités territoriales. Mais il y en a beaucoup d'autres. Ces deux-là sont à arrêter en priorité."Si nous le voulons, nous pouvons", en liaison avec les parlementaires, les syndicats et toutes les forces qui s'opposent à ces projets que le gouvernement veut imposer.

 

La seconde priorité d'un pouvoir citoyen est de préparer l'alternative républicaine. C'est un exercice difficile, car les partis qui pourraient participer à cette renaissance démocratique ont, chacun, leurs pesanteurs et problèmes spécifiques. Il importe que les citoyens fassent valoir les grands principes à respecter pour qu'une candidature républicaine ait les meilleures chances de gagner l'élection présidentielle de 2012.

 

Voici le texte que je propose en appui à la mobilisation citoyenne du 7 septembre en faveur des retraites.  

 

Mobilisation citoyenne le 7 septembre en faveur des retraites

« Si nous le voulons, nous pouvons ! »

 

Le moment est venu de s’engager dans une nouvelle direction. Ce n’est pas seulement le pouvoir politique élu en France en 2007 qui est en échec - car engagé à contresens sur l’autoroute néolibérale - c’est le système capitaliste financier qui est à remettre en cause, car contraire aux intérêts de l’humanité.

 

La vie ne vaut que si elle s’inscrit dans une perspective de progrès humain. Or, ce n’est plus le cas puisque toutes les « réformes » en cours n’ont pour objet que de faire supporter par les milieux sociaux les moins favorisés les conséquences d’une « rigueur » comptable qui ne s’applique pas aux bénéficiaires du système.

 

Le projet de loi sur les retraites a toutes les caractéristiques de ces « réformes » imposées d’en haut par les institutions qui veulent maintenir des politiques libérales contraires aux intérêts des peuples concernés.

 

Ce qui est en jeu, c’est notre modèle social et le pacte républicain qui s’y rattache. Depuis 2003 et la mise en œuvre du plan Fillon, la moyenne des pensions a baissé de 20%. Cette réforme va dans la même direction.

 

C’est pourquoi, dans une démarche citoyenne de responsabilité politique républicaine, nous devons enclencher la mise en échec de ce projet qui sera débattu au Parlement en septembre et octobre 2010.

 

La seule façon de montrer notre détermination est de participer aux manifestations publiques organisées à l’appel unanime des syndicats le 7 septembre.

Ce jour-là, se jouera le premier acte de la mise en mouvement des citoyens pour se libérer de l’emprise d’un système qui les enferme dans la soumission.  

 

  • - Cette initiative citoyenne est indépendante des partis et syndicats mais complémentaire de leur action car, sans mobilisation citoyenne, ils ne parviendront pas à mettre en échec le système tentaculaire qu’est le capitalisme financier mondialisé. Elle vise à conforter le modèle social républicain et l’influence des citoyens sur les décisions des pouvoirs publics.
  • - A l’origine de cette initiative, Michel Sorin a eu diverses fonctions politiques et électives, depuis près de quarante ans, qui l’ont amené à s’engager sur le terrain de la mobilisation citoyenne. Il est président de l’association CIVIQ et membre de l’équipe dirigeante du Mouvement Républicain et Citoyen (il milite, au sein du MRC, en faveur du développement de la citoyenneté).
  • - Le slogan « Si nous le voulons, nous pouvons ! » fait référence au pouvoir collectif des citoyens dans une République, à condition qu’il y ait la volonté d’agir, ce qui suppose pour eux de savoir ce qu’ils veulent et, donc, d’en débattre collectivement. 

A Saint-Berthevin, le 24 juillet 2010  

…………………………………………………………………………………………………………………………………….

 

Pour s’associer à l’initiative citoyenne de Michel Sorin, lui adresser ce message (par les moyens à votre convenance) : En accord avec cette initiative visant à la mobilisation citoyenne en faveur des retraites, je signe ce texte publiquement et m’associe à la campagne « Si nous le voulons, nous pouvons ! »

 

Nom, Prénom : ………………………………………….Adresse postale : ……………………………………………….

Courriel : ……………………………… ………………...Tél ………………………………………………………………..

 

Mobilisation citoyenne - M SORIN 46 rue du Poitou 53940 St-Berthevin – 06 23 18 05 55 ou 02 43 69 06 32 - sorinmichel@wanadoo.fr et http://mrc53.over-blog.com

 

Cet article est le 28ème sur ce blog dans la catégorie Les retraites

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21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 21:24

 

Les députés votent la fin de l’âge légal de la retraite à 60 ans

 

Le projet de loi réformant les retraites est examiné, du 20 au 22 juillet, par les députés membres de la commission des Affaires sociales. Des amendements sont intégrés au texte, quand ils ne s’opposent pas à l’essentiel (voir l’article de Ouest-France, 14 juillet Les points clés du projet de loi sur les retraites).

Et l’essentiel, c’est le symbole de la retraite à 60 ans, mis en place en 1983, sous la présidence de François Mitterrand. Le président actuel, sans en avoir parlé aux Français pendant sa campagne électorale en 2007, veut absolument mettre fin à ce symbole de progrès social. La fin de la retraite à 60 ans est actée en commission (Nouvel Observateur, 21 juillet). Ensuite, il y aura les débats en séance plénière, à partir du 6 septembre, à l’Assemblée nationale. Le vote de la réforme par le Parlement est programmé fin octobre.

Voir aussi, sur le site du quotidien Le Monde, ce 21 juillet : La fin de la retraite à 60 ans validée en commission.

 

Christian Hutin, vice-président du Mouvement Républicain et Citoyen, est membre de la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale. Il m’a transmis le communiqué de presse qu’il a publié ce 21 juillet. Christian a raison : ce qui est en jeu, c’est notre modèle social et le pacte républicain qui s’y rattache. Accepter ces « réformes » néolibérales, c’est revenir au Moyen Age. Nous, citoyens, nous ne devons pas laisser faire ces régressions politiques et sociales.

 

La position de Christian Hutin, député MRC du Nord

 

Le projet de loi portant réforme des retraites, entre dans sa phase finale à l'occasion de l'examen depuis hier et jusque jeudi du projet de loi par la commission des Affaires Sociales de l'Assemblée Nationale.
Après les auditions de Monsieur Eric Woerth, Ministre du Travail la semaine passée, c
'est maintenant le travail sur chaque article et sur chaque amendement déposés par les députés.
C
'est la dernière bataille avant l'examen du projet par le Parlement en septembre prochain.


Christian HUTIN, Député MRC du Nord et Maire de Saint Pol sur Mer entend se battre pied à pied contre ce projet de loi qu
'il considère comme particulièrement injuste. "La retraite c'est le patrimoine de celles et ceux qui n'en ont pas" et la retraite à 60 ans a été et reste une grande conquête de la classe ouvrière. Elle a représenté un progrès social considérable.


La commission des Affaires Sociales dont est membre Christian HUTIN, siège donc en permanence jusque jeudi soir. Le combat qui s
'y déroule et les résultats qui en sortiront, marqueront durablement le visage de notre société. Ce qui est en jeu c'est notre modèle social et le pacte républicain qui s'y rattache. On sait parfaitement que depuis la mise en œuvre du plan Fillon en 2003, la moyenne des pensions a baissé de 20%. Cette réforme va dans la même direction.

S'attaquer aux retraites sans s'attaquer au chômage de masse revient en réalité à poursuivre le déséquilibre des revenus entre les salariés, leurs salaires et leurs pensions en faveur du capital et de sa rémunération. C'est bien le pacte social et républicain issu du programme du Conseil National de la Résistance qui est mis à bas. Pour Christian HUTIN c'est intolérable et il utilisera tous les moyens à sa disposition pour faire échec à ces propositions.

Il convient donc de maintenir la pression populaire et de faire de la journée de protestation du 7 septembre, un grand succès.

 

Lu dans la lettre de juillet du Réseau d’Action Promouvoir Sécuriser l’Emploi (RAPSE), animé par le PCF : l’intervention de Pascal Joly, secrétaire général de l’Union régionale Ile-de-France de la CGT, le 13 juillet, lors du rassemblement devant le ministère du travail).

 

RETRAITE : LES SALARIÉS RELÈVENT LE DÉFI

 

UN RECUL DE CIVILISATION

Tous les indicateurs montrent que les Français et singulièrement les salariés refusent ce qu’ils considèrent comme une dégradation de leurs conditions de vie, à un moment où ils aspirent justement et légitimement à profiter de leurs moments de vie hors travail. On voudrait leur faire croire qu’un progrès humain comme celui de l’allongement de la vie devrait se traduire inéluctablement par un recul social.

Ils refusent ce projet parce qu’il est aussi synonyme de creusement des inégalités sociales et teinté d’une profonde injustice pendant que le luxe s’étale et que les dividendes des actionnaires coulent à flot.

Ils constatent que les banques sont renflouées à coup de milliards de fonds publics, et ensuite la facture est présentée aux salariés, en leur disant que les budgets publics sont à réduire. Enfin, la véritable raison de ce projet est bien de satisfaire l’appétit sans fin des marchés financiers.

 

LA RIPOSTE EST ENGAGÉE

Mais plus le temps passe, plus les salariés résistent ! Comme le démontrent toutes les initiatives prises en juin, particulièrement les puissantes mobilisations du 24 juin !

Et pourtant, le gouvernement, avec le MEDEF qui joue toujours leur rôle de «monsieur plus », (le MEDEF d’Ile-de-France va jusqu’à proposer la retraite à 70 ans!) n’aura pas lésiné sur les moyens de propagande pour convaincre les salariés français de la justesse de sa réforme.

Le gouvernement doit réfléchir. Plus il développe l’artillerie médiatique, plus les salariés résistent et se mobilisent ! !

La CGT pense que rien n’est joué. Plus que jamais ! Et quoi qu’en dise Nicolas Sarkozy.

Le gouvernement sent bien que le contexte est délicat, sinon pourquoi attendre le 13 juillet pour tenter de faire passer ses projets ? Les salariés prennent confiance dans leur capacité d’intervention et dans l’unité syndicale.

Et dans cette unité, il y a de la place pour tout le monde ! C’est toujours quand il est rassemblé que le monde du travail a gagné les plus grandes conquêtes sociales.

 

D’AUTRES SOLUTIONS À PROMOUVOIR

Les salariés prennent conscience de la nocivité du projet gouvernemental, et ils sont de plus en plus nombreux à penser qu’il est possible de gagner une vraie réforme qui aille dans le sens du progrès social. Qu’il est possible de trouver de nouveaux financements, prenant comme base une nouvelle répartition et utilisation des richesses créées.

C’est cette prise de conscience que le gouvernement et le MEDEF craignent par-dessus tout, car elle est facteur de mobilisations et peut chambouler bien des scénarios considérés jusqu’ici inévitables. !

Il faut poursuivre pendant les mois d’été notre travail de contact avec les salariés, notre travail d’explication, prendre avec eux des initiatives dans le prolongement de ce que nous avons déjà fait, mais avec la perspective de l’amplifier encore et encore.

Allons interpeller les parlementaires de la Région pour les placer devant leurs responsabilités et faire entendre la voix des salariés (…).

 

Lu dans la presse

 

Retraites : vivement le vrai débat ! (Le Monde, édito, 14 juillet)

DOSSIER Retraites: réforme à hauts risques (Libération)

 

En rappel : Woerth fait sa pub gratuitement dans la presse en faveur de sa retraite - 6 juillet 2010

Michel Sorin : la réforme des retraites est le symbole de la régression sociale - 20 juillet 2010 

 

Cet article est le 27ème sur ce blog dans la catégorie Les retraites

 

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20 juillet 2010 2 20 /07 /juillet /2010 22:47

Le 7 septembre, le peuple français dans les rues !

 

Le projet de loi de réforme de la retraite est le symbole de la régression sociale mise en œuvre par le président de la République élu en 2007, sous le parrainage européen. La Commission européenne l’a fait savoir - voir Le Figaro - Retraite : Les Européens devront tous travailler plus longtemps (Le Figaro, 7 juillet).

 

Les salariés, notamment les employés et ouvriers, tout particulièrement les femmes, ressentent ce projet de loi comme une agression. Ils ont raison, car les retraites sont représentatives du combat que mène le capital mondialisé contre le monde du travail. Même les cadres sont amenés à s’engager, ce qui est très important au niveau du rapport de forces qui sera établi à la rentrée de septembre - voir Retraites: la CGC se joint à la journée d'action du 7 septembre(Le Monde, 20 juillet).

 

Les salariés ne s’y trompent pas, ils supporteront l’essentiel de l’effort de redressement du dispositif de retraites. Le Mouvement Politique d’Education Populaire (M’PEP) le démontre. Voir le texte de Pierre Mascomère, publié le 17 juillet M'PEP - Retraites : la grande tricherie.

 

Le gouvernement a présenté son projet de « réforme » des retraites. Des quatre-pages publicitaires dans toute la presse en vantent à profusion les mérites. Le quotidien Les Échos du 10 juillet présente cette réforme comme le souhaite le gouvernement. Mais ce journal, peu suspect de critiquer cette réforme, la présente aussi, dans la même page, selon sa propre vue.
Se plaçant en 2020, il détaille en effet « l
'effort de redressement » de 30 Md€ prévu. Cet « effort »  est supporté par les salariés, les entreprises, et des recettes nouvelles ne touchant pas les entreprises. Les salariés, du fait du report de l'âge légal de la retraite, participent pour 20,2 Md€, et, du fait de la hausse des cotisations salariales des fonctionnaires, pour 4,9 Md€.
Les entreprises, notamment du fait de minorations d
'allégements de charges, participeront pour 2,2Md€. Le solde est constitué de diverses recettes nouvelles, hors entreprises, dont 1 Md €  de taxes supplémentaires sur les revenus du capital.
L
'effort supporté par les salariés est donc de près de 84%, celui supporté par les entreprises de 7% (…).

 

Les syndicats seront unis le 7 septembre (voir Retraites : mobilisation en progrès contre le projet du gouvernement - 24 juin 2010).

 

Les partis politiques de gauche soutiennent les syndicats. C’était le cas à l’Assemblée nationale aujourd’hui - voir Retraites : PS et UMP s'accusent mutuellement de saper le débat (Nouvel Observateur, 20 juillet). Les débats, qui ont débuté ce matin en commission, ont été houleux. Les socialistes ont demandé et obtenu une suspension de séance, dénonçant le "mépris absolu" du gouvernement.

L’enjeu de la confrontation sociale qui aura lieu à la rentrée est très important.

En Mayenne, une réunion publique est prévue le 6 septembre

Voici le texte de l’article paru dans Ouest-France, page départementale Mayenne, le 6 juillet.

Pour marquer leur opposition au projet gouvernemental de réforme des retraites, les partis politiques de gauche* ont décidé de s’unir au sein d’un « front politique pour la défense de la retraite à 60 ans ». Ils organisent une réunion publique commune lundi 6 septembre, à 20h, au centre multi-activités de St-Nicolas à Laval.

« Nous défendons le droit à la retraite à 60 ans, le système par répartition et refusons l’allongement de la durée de cotisation. Il est possible de mettre en avant un financement assis sur une nouvelle répartition des richesses entre le capital et le travail ».

* Parti socialiste, Parti communiste français, Parti de gauche, Parti radical de gauche, Mouvement républicain et citoyen, Parti ouvrier indépendant, Les Verts.

Cet article est le 26ème sur ce blog dans la catégorie Les retraites

 

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6 juillet 2010 2 06 /07 /juillet /2010 22:53

Nous avons tout compris sur la réforme des retraites

 

Comme tous les lecteurs du quotidien Ouest-France, j’ai eu droit à une publicité présentée sous la forme d’un supplément de  quatre pages, le 1er juillet, intitulé « Réussissons une réforme juste. Tout comprendre sur la réforme des retraites ».

Voir Communiquer sur la réforme des retraites : une publicité qui coûte très cher (Nouvel Observateur) et le journal l'Humanité refuse de faire de la pub pour la réforme gouvernementale des retraites (blog de Patrick Le Hyaric, directeur du journal).

 

Gérard Beillard, qui s’est exprimé sur la question des retraites lors du congrès du MRC (voir Congrès MRC : Gérard Beillard (MRC 53) est intervenu sur les retraites - 28 juin 2010), m’a écrit pour me faire part de sa répulsion vis-à-vis de la propagande gouvernementale.

 

G-rard-Beillard-et-Michel-Sorin-balcon-29-04-09-002.jpg « C'est un comble, je n'aurais jamais imaginé que le gouvernement fasse de la publicité pour les retraites afin de valider la réforme.

C'est une sorte de passage en force qu'il effectue. En effet, il n'écoute pas les Français, qui sont majoritairement contre. Je suis choqué de constater qu'il conçoit les retraites comme une marchandisation. Cela montre l'intention du gouvernement de faire passer une partie de la retraite par le système de capitalisation et que le peuple, résigné, l’accepte.

En somme c'est la fin, à moyen terme, de la répartition de génération en génération. Le gouvernement nous ment et nous le verrons au fur et à mesure. D'ailleurs, comment croire ce gouvernement, ainsi que le président de la République qui, au moment des élections nationales, avait promis qu'il ne toucherait pas à la retraite à 60ans ?

Nous voyons bien qu'il nous mène en bateau au profit des banques et des assurances qui, bientôt, si ce n'est déjà pas fait, prendront le contrôle du système de retraites, suite au désengagement de l'Etat.

Comment croire à la bonne cause lorsque les inégalités augmentent de plus en plus entre  les riches et les pauvres ? J'espère que les Françaises et les Français seront très nombreux le 7 septembre 2010* pour manifester et montrer leur mécontentement.

Faire de la politique par le biais  de la publicité  pour convaincre les Français que la réforme est juste et bonne, c’est sous-estimer nos concitoyens et à vrai dire très peu démocratique. Il faut admettre qu'ils ne sont pas à une tentative près.

Il ne faut plus tolérer la campagne de conditionnement de l'opinion orchestrée par la publicité et les médias pour faire accepter ce projet injuste comme une fatalité, alors qu'il n'est absolument pas inéluctable. Peuple de France, réveille-toi !... »

 

* Voir Réforme des retraites : la course contre la montre des syndicats (Le Monde, 30 juin)  et Retraites : mobilisation en progrès contre le projet du gouvernement - 24 juin 2010. 

 

A lire la presse, ce jour, on se demande si le ministre Woerth restera à son poste jusqu’en septembre pour présenter le projet de loi au Parlement. Voir L'affaire Woerth continue de déchaîner les passions (Le Monde, 6 juillet).

 

Cet article est le 25ème sur ce blog dans la catégorie Les retraites

 

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24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 22:47

Vers un front politique mayennais pour le maintien à 60 ans

 

L’impression dominante est que la mobilisation syndicale, ce 24 juin, a trouvé un nouveau souffle. 

manif-retraites-240610-008-T.jpgEn Mayenne, à Laval, nous étions environ 6 000 (selon Ouest-France, voir Retraites. Mobilisation massive dans l'Ouest. Le point) à exprimer notre opposition au projet de réforme des retraites. Un taux de participation en hausse par rapport au mouvement du 27 mai dernier auquel 3 000 personnes avaient participé.

Au niveau national, les syndicats français estiment avoir nettement amplifié l'opposition à la réforme des retraites en mobilisant, jeudi 24 juin, environ deux millions de personnes dans la rue, selon leurs chiffres. Il s'agit de la plus grosse manifestation en France depuis le début de l'année, contre le projet gouvernemental de relever l'âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans. Au vu de cette montée en puissance, Bernard Thibault a estimé qu'il serait "sage" que le président Nicolas Sarkozy "renonce à soumettre le projet de loi" dans sa version actuelle au conseil des ministres du 13 juillet. François Chérèque a souligné qu'il s'agissait "de la plus forte manifestation de l'année : cela montre que le sentiment d'injustice face à cette réforme brutale monte très fort dans le pays"

 

Voir, Le Monde, 24 juin, Retraites : près de deux millions de manifestants, selon les syndicats.

 

Et Retraites : les syndicats ont gagné leur pari en mobilisant davantage (Le Monde, 24 juin).

 

Ce même jour, à l’initiative du PCF et du PG, les partis de gauche, en Mayenne, étaient invités à donner leur avis sur un projet de texte appelant à constituer un Front politique pour la défense de la retraite à 60 ans. Réponses attendues au début de la semaine prochaine. Voici ce texte.

 

Un Front politique pour la défense de la retraite à 60 ans

La réforme des retraites souhaitée par le gouvernement s'attaque à un puissant symbole du progrès social. Elle va à l'encontre de l'attachement des français à cet acquis social majeur : la retraite à 60 ans. S’il était voté, ce projet entraînerait une nouvelle régression pour les retraites des salariés qui s’ajouterait à toutes celles mises en œuvre depuis 1993.

La remise en cause du droit à la retraite à 60 ans est inacceptable ! Elle pénaliserait les jeunes à la recherche d’un emploi en obligeant des salariés, qui comptaient partir en retraite à 60 ans, à continuer à travailler.  Elle ne répondrait pas au souhait légitime de partir avant 60 ans des salariés qui exercent un travail pénible.

Quant à l’allongement de la durée de cotisation prévu dans le projet gouvernemental, il est tout aussi inacceptable ! Il serait synonyme des nouvelles baisses du montant des retraites pour tous ceux qui sont mis hors des entreprises (souvent avant même 60 ans) sans avoir toutes leurs annuités.

Le report à 67 ans de la limite d'application de la décote pour manque d'annuités aggraverait encore les conditions de départ en retraite des salariés aux carrières incomplètes, au premier rang desquels figurent de nombreuses femmes.

 

Les fausses solutions qui sont mises en avant conduiraient à une baisse des pensions et des salaires et frapperaient les revenus les plus faibles, alors que les plus riches et les revenus du capital passeraient entre les gouttes (plus 1 % pour la tranche supérieure d'impôt alors que de 2002 à 2010 ce taux a diminué de 12,75 %).

Ce n'est pas la solution aux questions qui se posent : la bonne voie passe par une plus juste répartition des richesses.  

L’objectif gouvernemental reste toujours le même : fragiliser le système de retraite par répartition, favoriser la montée en puissance des retraites par capitalisation (« la capitalisation ne doit pas être un tabou » a déclaré Xavier Bertrand, le secrétaire général de l’UMP).  La droite n’a jamais réellement  accepté les avancées sociales du programme du Conseil National de la Résistance, en particulier le principe des cotisations sociales qui représentent un salaire socialisé : les cotisations des actifs sont immédiatement versées aux retraités et échappent totalement aux banques et assurances.

Des actions ont eu lieu pour exiger  du gouvernement qu'il retire son projet, mais celui-ci s'entête à maintenir sa contre-réforme.

Les partis signataires ont donc décidé de s’organiser en "Front politique pour la défense de la retraite à 60 ans" dans le but :

·         D’exprimer leur totale opposition au projet gouvernemental

·         De défendre le droit à la retraite à 60 ans

·         De refuser l’allongement de la durée de cotisation

·         De défendre les retraites par répartition

·         De combattre toute attaque contre l’ensemble des régimes de retraite

·         De mettre en avant un financement assis sur une nouvelle répartition des richesses entre le capital et le travail

Les partis signataires resteront mobilisés tout l'été pour pouvoir réagir à toute éventualité et le "Front politique" qu'ils constituent organisera le lundi 6 septembre une réunion publique d'information et de débats : l'objectif est clair, ce projet ne doit pas voir le jour et seule une forte mobilisation populaire permettra d'obtenir son retrait.

 

Lu dans la presse

 

Retraites mal traitées : un scandale déguisé en réalisme (Henri Pena Ruiz, Le Monde, 24 juin).  

Les retraites mal traitées. Réalisme ? Non. Mystification et régression. Invoquer seulement l'évolution du rapport entre "actifs" et "passifs" et celle de l'élévation de l'espérance de vie pour élever l'âge légal de départ à la retraite et la durée de cotisation est irrecevable. On prétend le faire au nom de la pure économie.

 

Retraites : une réforme sans courage (Le Monde, 23 juin, point de vue de trois députés socialistes)

L'effort va toucher de plein fouet les salariés. Le président de la République a décidé de réformer les retraites à la hâte. Une réforme alibi pour faire oublier toutes celles qu'il a manquées ; une réforme pour tenter de rassurer des marchés qui s'inquiètent de notre situation financière et donner des gages à une Allemagne qui, agacée de recevoir des leçons de la France, conditionne désormais le maintien de ses relations privilégiées avec nous à l'instauration d'une politique de rigueur dénuée d'ambiguïté.

 

Rocard : sur les retraites, « le gouvernement passe en force » (Rue89, 24 juin)

En réformant vite et sans négocier, le gouvernement « n'a pas pu couvrir tout le sujet ». Rocard suggère une « retraite à la carte ».

 

Réforme des retraites : les principales mesures (Le Monde, 16 juin)  

Réforme des retraites : les arbitrages et les enjeux (La Tribune, 16 juin)

 

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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 17:09

 

Appel de FO à la grève interprofessionnelle le 15 juin

 

La division syndicale est une réalité sur la question des retraites. Les six centrales syndicales organisatrices des défilés le 27 mai (voir Avenir des retraites : au-delà du bilan des manifs, un vrai clivage 2012 - 28 mai 2010) ont programmé un rendez-vous significatif le 24 juin.

 

FO fait cavalier seul, jugeant que les manifestations répétées ne sont pas efficaces et préférant une grève interprofessionnelle d’un jour, le 15 juin (cliquez ici).

 

La contre-réforme des retraites sera présentée "le 15 juin" a annoncé mardi 8 juin le ministre du Travail, Eric Woerth.

·                        Toujours plus pour la bourse et les banques,

·                        Toujours moins pour les salariés !

Pour FO, c'est NON ! C'est une régression sociale inacceptable !

 

 TOUS EN GREVE INTERPROFESSIONNELLE LE 15 JUIN !

 

Semaine après semaine, le gouvernement a distillé les annonces : l'âge légal de départ à la retraites passerait à 62 ou 63 ans au lieu des 60 ans actuels, l'âge permettant de bénéficier d'une retraite à taux plein, aujourd'hui fixé à 65 ans, serait également relevé, et la durée de cotisation augmentée en conséquence à 42, 43 ans, 44 ans...

En outre, pour les fonctionnaires,

·                         le taux de cotisation actuellement de 7,85% passerait à 10,55% (soit une baisse brutale du pouvoir d'achat de 2,70 %),

·                        le calcul de la pension sur la base du salaire brut des six derniers mois serait abandonné avec un scénario de passage aux dix dernières années (ce qui signifierait une baisse importante du montant de la pension) ;

·                        serait menacée la majoration de 5 % de la pension à partir du quatrième enfant qui s'ajoute à la majoration de 10 % accordée aux pensions des parents de trois enfants et plus ;

·                         la possibilité, pour les mères de trois enfants, de partir à la retraite quand elles le souhaitent après quinze ans de service serait également remise en cause.

 

9 journées d'action n'ont pas fait reculer le gouvernement.

Qui peut croire qu'une dixième, fin juin, à quelques jours des congés d'été, lui fera baisser pavillon ?

 

Il faut bloquer le pays, cesser le travail partout, pendant 24 heures pour commencer. C'est ce qu'a proposé, sans succès, FORCE OUVRIERE aux autres organisations depuis le printemps 2009.

 

Plutôt que de rester l'arme au pied, FO prend ses responsabilités.

Et s'il serait présomptueux de penser que tout sera réglé mardi soir, il est évident qu'une grève suivie et une manifestation imposante à Paris fera réfléchir, de tous côtés. 

De leur côté (voir Journée nationale d’action interprofessionnelle unitaire), les organisations syndicales CFDT, CFTC, CGT, FSU, Solidaires, UNSA, rappellent que :

·         la remise en cause de l’âge légal à 60 ans est inacceptable et injuste, en particulier elle fait porter les efforts sur les salariés qui ont commencé à travailler tôt et les travailleurs et travailleuses les plus précaires ;

·         la reconnaissance de la pénibilité est incontournable et ne peut se concevoir à partir d’un examen médical ;

·         la question des nouvelles ressources reste pleine et entière ;

·         La situation de l’emploi se dégrade, notamment pour les jeunes et les seniors, nécessitant une autre politique de l’emploi.

Les orientations du gouvernement ignorent l’essentiel des exigences formulées par les organisations syndicales.  Le gouvernement, avec mépris, a affirmé vouloir maintenir le cap sans prendre en compte la mobilisation des salarié(e)s. Il écarte toute idée d’un véritable débat et distille son projet au fil de l’eau. C’est inacceptable.

Le gouvernement reste campé sur l’allongement de la durée de cotisations et le report de l’âge légal de départ à la retraite. Taxation des hauts revenus et des revenus du capital, harmonisation éventuelle entre le public et le privé… autant d’incertitudes et d’inquiétudes sur ses véritables intentions !
Rien n’est joué ! Le projet de loi devrait être présenté autour du 18 juin. L’intersyndicale se retrouvera régulièrement tout au long du processus qui court jusqu’à l’automne. Elle précisera ses analyses, continuera à faire connaître ses propositions et affinera ses mots d’ordre. Elle continuera à convaincre les salarié(e)s que leur intervention est indispensable.


Elles décident et appellent les salarié(e)s du public et du privé, les retraités, les privés d’emploi, les jeunes à une nouvelle journée de mobilisation le 24 juin 2010.

 

Le point de vue de la CGT

 

Retraites: la CGT apporte ses pétitions à Woerth (9 juin, Reuters)

"Le ministre confirme qu'on sera fondamentalement en désaccord sur le texte de loi", a dit Bernard Thibault à la presse. "Les principales lignes qui inspirent la réflexion du gouvernement qui est en train de rédiger sa loi sont tout à fait à l'opposé de nos attentes, c'est aujourd'hui clair."

Selon lui, le gouvernement va repousser l'âge légal de départ à la retraite, "toucher" à la durée de cotisation et préférer un traitement individualisé pour la prise en compte de la pénibilité, autant de désaccords profonds avec la CGT.

"Ça nous incite à redoubler d'ardeur, d'initiatives, singulièrement pour préparer le 24 juin. Nous souhaitons être d'un plus haut niveau que le 27 mai", a-t-il dit. "Nous avons besoin d'immenses manifestations et de nombreux arrêts de travail" dans le public et le privé, a-t-il ajouté, disant s'attendre à une participation de grande ampleur (…).

Lu dans la presse

Retraites : Fillon prépare les esprits à la fin du départ à 60 ans (La Tribune, 12 juin)

A quelques jours de la présentation du projet de réforme des retraites, François Fillon prépare les Français à l'abandon du "symbole des 60 ans" et à l'allongement de la durée de cotisation (auquel le Congrès de la CFDT vient de se rallier sous condition). Le ministre du Travail et des Affaires sociales, Eric Woerth, devrait dévoiler mercredi prochain le plan gouvernemental qui reste ouvert à d'ultimes arbitrages, notamment sur le relèvement de l'âge légal de départ à la retraite. Fixé à 60 ans depuis 1983, il pourrait être repoussé à 62 ou 63 ans (…).

 

Retraites : les derniers points en suspens (Le Monde, Samuel Laurent, 14 juin)

 

(…) Restent cependant quelques points en suspens : Age de départ : 62 ou 63 ans ? Durée de cotisation : prévoir au-delà de 2020 ? Quelles "nouvelles sources de financement" ? Pénibilité : quelle prise en compte ? Fonctionnaires : quels changements ? Régimes spéciaux : pas touche ? Emploi des seniors : quelles mesures ? Financement : comment équilibrer le système ? Que faire du fonds de réserve ?

 

Réforme des retraites : l'autre solution (Le Monde, 14 juin)

Le point de vue de Jean-Marie Harribey, Attac ; Willy Pelletier, Fondation Copernic ; Gérard Filoche, inspecteur du travail ; Christiane Marty, féministe ; Christophe Delecourt, CGT-Finances ; Didier Horus, FSU ; Pierre Khalfa, Solidaires ; Olivier Besancenot, NPA ; Martine Billard, PG ; Marie-George Buffet, PCF ; Razzy Hammadi, PS ; Alain Lipietz, Les Verts.

 

Après un mois de consultations en trompe-l'oeil, le gouvernement a remis sa copie aux syndicats et au patronat. Ce document d'orientation est précieux, car il renferme toutes les contre-vérités proférées et fausses solutions avancées depuis près de vingt ans. Choc démographique, catastrophe des régimes de retraite par répartition et travailler plus longtemps se mêlent dans un projet aussi mystificateur qu'inefficace.

 

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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 21:58

 

Les propositions de Bruno Chevalier (MRC 44)

 

Outre le report de l'âge légal, le projet de loi sur la réforme des retraites prévoit une hausse des cotisations de la fonction publique et une taxation "provisoire" sur les revenus de plus de 11.000 euros par mois. C’est ce que la presse annonce ce 9 juin (sites du Nouvel Observateur et du Monde) :

Les contours de la réforme des retraites se précisent (NO)

Retraites : la majorité planche sur des "mesures de justice" (Le M)

 

Le-Kremlin-Bicetre-CN-22-03-09-010.jpgDans un message qu’il m’a adressé hier, Bruno Chevalier me fait part de ce qu’il a l’intention de dire, au nom du MRC 44, lors d’une réunion publique à Nantes, Maison des syndicats, le 23 juin, à l’initiative des partis de gauche de Loire-Atlantique.

 

Après le constat et les besoins de financement, puis la critique de la réforme en préparation, il prévoit de faire le tour des solutions possibles.

 

L’attachement au système hérité du CNR

 

Les syndicats sont attachés à un revenu socialisé héritier du CNR, géré indépendamment des caisses de l'Etat et qui correspond à des prestations définies en fonction de la durée de cotisation et de ton âge, et c'est pourquoi ils sont fermement opposés sur le principe à une ponction de l'Etat sur les revenus autres que ceux du travail, car ils souhaitent que si taxe ou contribution, il y a, elle soit collectée par l'URSSAF et donc aille directement dans les caisses du régime retraite.

 

Les voies à explorer :

 

- suppression ponctuelle des allègements sociaux aux entreprises qui ont renoncé dans les faits aux 35 heures,

- suppression du "paquet fiscal",

- suppression de la TVA minorée à 5.5% pour les restaurateurs.

Chaque euro perdu pour ces réformes n'a pas apporté de recettes fiscales ou cotisations sociales équivalentes.

- taxe sur les mouvements les plus spéculatifs de bourse.

Aller/retour journalier sur une action par simple motif spéculatif.

- taxe augmentée sur le SRD en Bourse

Le SRD permet, avec 10% de mise, d'acheter 100% d'une action et de liquider sa position en fin de mois en faisant une plus ou une moins value mais en n'ayant déboursé que 10% du montant global de l'investissement avec la possibilité de prendre 100% de la plus value - ça marche aussi dans l'autre sens on ne peut pas gagner à tout coup.

- taxe accrue sur les dépôts des banques dans les paradis fiscaux.

Chaque année par un tour de passe-passe entre une banque en France et sa filiale dans un paradis offshore, la banque française perd sur une position au profit de sa filiale offshore – schématiquement, sur une position la banque française dénoue une position avec une perte par exemple de 10% et la banque offshore rachète la position en faisant un profit de 10%. C'est un sport national mais cela fait perdre des millions, voire des centaines de millions d'euros, au fisc. Et ce sport n'est pas réservé aux banques mais aussi aux grandes entreprises du Cac 40. Ils se font rarement prendre ; les vérificateurs des impôts n'y voient souvent que du feu dès lors que les commissaires aux comptes (que l'entreprise paie) ont certifié les comptes.

- Possibilité pour ceux qui ont cotisé la totalité de leurs trimestres mais avant d’atteindre 60 ans, de partir plus tôt.

- Relever les bas salaires (+ de cotisations),

- Supprimer les heures supplémentaires à taux minoré (+ de cotisations)

- Emploi des seniors : augmenter la pénalité en cas de licenciement entre 55 et 60 ans ; cela doit être absolument dissuasif. Un licencié à 55 ans touche 30 mois de chômage et après ? Quoi, à part le RSA ?

- Par ailleurs, réformer la loi sur le cumul retraites /travail : il faudrait sur le principe que la totalité des cotisations soient payées par le patron, car il s'agit pour le retraité d'augmenter sa capacité de subsistance ; par contre pour le patronat, c'est une main d'œuvre corvéable à merci, avec un salaire au rendement pour des rendements souvent inatteignables (voir recours devant les prud'hommes envers Adrexxo ou autre).

 

Depuis l'arrivée de ce gouvernement, les cadeaux au MEDEF ont été innombrables. Ils n'ont cependant pas été payés d'effet car même avant la crise le solde net d'emplois créés était faible par rapport à la croissance des profits. L'emploi des jeunes et celui des seniors ne s'est pas amélioré. Les baisses de cotisations patronales ces dix dernières années n'ont créé aucune dynamique salariale. Les entreprises continuent à recruter les jeunes diplômés BAC +3 +4 à un SMIC juste amélioré alors que ces baisses de cotisations devaient entraîner une amélioration des rémunérations et donc des cotisations puisque l'employeur raisonne logiquement en salaire brut + charges patronales.

 

Le besoin de financement supplémentaire des retraites, par rapport à la loi Fillon de 2003, a été estimé par le rapport du COR de 2007 à un point de PIB en 2020 et à 1,7 point en 2050. Personne ne peut croire que l’évolution de l’économie ne permettra pas de le couvrir. Un point de PIB correspondait en 2007 à 10 % des dividendes versés aux actionnaires des sociétés non financières.  

 

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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 21:50

 

60 ans, un marqueur de la gauche face au capitalisme

 

Evidemment, le 27 mai 2010 n’a rien d’une date importante dans l’histoire des mouvements sociaux en France. Mais c’était prévu. Toutes les cartes n’étaient pas abattues. Il en ira différemment dans un mois.

Même si, comme c’est probable, le gouvernement  fait passer son texte, cette question des retraites sera en jeu dans le débat des élections 2012.

 

Ce n’est pas par hasard que le président de la République actuel a mis en cause François Mitterrand, qui avait voulu la retraite à 60 ans lors de l’élection présidentielle en 1981 et l’avait fait voter par la majorité de gauche en 1982.

Sarkozy veut effacer toutes les conquêtes sociales de la gauche au début des années 1980 et, aussi, celles de l’après-guerre. La réforme en cours ne lui suffit pas. C’est en 2012 qu’il sortira le grand jeu du chambardement de notre système de retraite.

 

Voici une revue de presse concernant les manifestations du 27 mai.

 

Retraites : mobilisation importante, mais pas massive (Ouest-France, 28 mai)

 

Aller au-delà de 60 ans : le pour et le contre (Ouest-France, 28 mai)

 

Réforme : le plus dur reste à faire (Point de vue de Paul Burel, Ouest-France, 28 mai))

 

Retraites : la presse oscille entre "revers" et "choc frontal" à venir (Le Monde, 28 mai)

 

Nicolas Sarkozy tacle la réforme des retraites de François Mitterrand (Le Monde, 26 mai)

 

Bruxelles préconise un recul de l'âge de départ à la retraite (Le Monde, 28 mai)

 

Face à la propagande gouvernementale,
Attac lance le site "retraites-2010.fr : Réussissons vraiment une réforme juste" (27 mai).


Le gouvernement français mène depuis plusieurs semaines une campagne de communication sans précédent pour promouvoir sa réforme des retraites. Le centre de cette propagande est le site retraites2010.fr  qui matraque l'idée que l'évolution démographique ne laisse pas d'autre choix que de travailler plus longtemps.
Face à cette propagande, Attac répond aujourd
'hui en lançant le site retraites-2010.fr , pour montrer qu'une autre réforme des retraites est possible :
- Que les déficits du système de retraite, principalement provoqués ces dernières années par la crise financière, n
'est pas une fatalité pour peu que l'on brise le tabou du partage de la richesse.
-  Que la réforme des retraites du gouvernement, loin d
'être guidée par une volonté de sauver un système en danger, s'inscrit dans les politiques menées par les gouvernements à travers l'Europe pour mettre fin à ce qu'il reste du modèle social européen pour satisfaire les marchés financiers et les agences de notation.

 

Voir aussi Financement des retraites : la position du MRC, critique et constructive - 21 mai 2010

 

Cet article est le 21ème sur ce blog dans la catégorie Les retraites

 

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