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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 22:49

 

Des retraités heureux qui travaillent sans employeurs

 

On trouvera les références du livre de Bernard Friot, « L’enjeu des retraites », en cliquant sur le titre de l’article publié hier (Bernard Friot et l'enjeu des retraites : une façon de déplacer le débat - 25 mai 2010). Bernard-Friot-Retraites-Laval-190510-001.jpg

 

La première partie de son exposé à Laval le 19 mai, où il était invité par le Parti de Gauche, visait à réfuter les arguments des « réformateurs », concernant le déficit et la démographie.

 

- L’argument du déficit ne prend pas en compte le doublement du PIB entre 2010 et 2050. Actuellement, sur une production de 2000 milliards d’euros, il est prélevé 260 milliards pour financer les retraites (il reste 1740 milliards pour autre chose). En 2050, sur 4000 M² d’euros de PIB, il faudra en prélever au moins 620 pour les retraites (il en restera 3380 pour autre chose). A noter que les prévisions du COR sont inexactes (les besoins de financement sont minorés – ils sont estimés à 100 M²). Voir Réforme des retraites : COR.

 

- L’argument démographique ne tient pas plus que celui de la réduction de l’effectif de paysans pour nourrir la population. Il faut tenir compte de la croissance de la productivité (3% de paysans en 2000 produisaient davantage que 30% en 1900).

 

Le conférencier défend le principe de la continuité du salaire à vie (100% du meilleur salaire) dans la pension, considérant qu’il s’agit de rémunérer une qualification acquise qui se maintient, de la même façon qu’on maintient leurs salaires aux chômeurs et que les fonctionnaires sont payés pour leur grade, pas pour leur poste. Les pensions varient dans une fourchette de 1 à 5 (de 2000 à 10000 euros par mois, selon quatre niveaux de qualification).

 

Le directeur de la collection « Travail et salariat » des éditions La Dispute s’emporte contre ce peuple français capable de gober ces insanités sur les retraites car il n’a pas confiance dans l’avenir et s’estime voué à la décadence. L’avenir collectif est plus heureux que le passé. Il faut sauver les retraites. Mais de quoi ? Le problème est dans nos têtes ! C’est ainsi que des peuples meurent…

 

Depuis les années 1980, la croissance va entièrement aux profits, pas aux salaires. Les prévisions de croissance du Conseil d’Orientation des Retraites (COR), basées sur une croissance moyenne de 1,7% l’an, conduisent au doublement du PIB en 40 ans. Tout doit être affecté aux salaires et aux investissements, rien aux profits. Au lieu des 18% alloués actuellement à l’investissement, il faut passer à 30%.

 

La retraite n’est pas un problème, c’est la solution

 

Nous avons l’expérience de la nocivité du capitalisme. Il faut casser le mur des lamentations. On ne présente pas ses condoléances aux salariés qui prennent leurs retraites ! Sur les 14,5 millions de retraités, actuellement, 6 à 7 millions déclarent qu’ils sont heureux de travailler. Leur agenda est bien rempli. Bonheur, liberté ? Peu importe le mot, qui est positif. Ils travaillent sans employeur (c’est une libération), sans dictature du temps.

 

Le travail est la mesure de la valeur. Marx dénonce la valeur travail. Notre malheur est d’être sous la coupe de la valeur travail et de la production de marchandises sous la dictature du temps. La marchandise est une abstraction (ce sont des tomates, ou des contraventions, ou encore des expulsions).

 

Le capitalisme a inventé un rapport au travail abstrait, des emplois (des demandeurs d’emploi et des offreurs d’emploi) pour produire des marchandises. Il fait une chasse au temps, en permanence. Marché du travail (on se bat contre le marché de l’eau, ou de la santé, jamais contre le marché du travail…), employeur et employé, marchandise, dictature du temps, c’est ce qui fait l’emploi… et le chômage, par définition.

 

Combien disent qu’ils n’arrivent plus à faire du bon travail, qu’ils sont en souffrance dans l’emploi ? Après cela, on peut parler de nocivité de l’emploi et se garder de revendiquer le plein emploi. Le bonheur, c’est ne pas avoir d’emploi et un salaire irrévocable. La fin de l’emploi pour tous débouche sur la pleine qualification pour tous. Un cours de CV, c’est l’acquiescement à l’aliénation. Quelqu’un qui ne fait rien est moins nocif qu’un matheux qui fait des produits dérivés dans les banques.

Chacun peut participer à la création de richesses communes. Le SMIC doit être porté à 1500 euros. La qualification démarre à 2000 euros. La qualification est comme le droit de vote pour la citoyenneté. Il faut enrichir la citoyenneté pour démocratiser l’économie. Les retraités explorent les chemins nouveaux du travail. De la fin des études jusqu’à la mort, un salaire à vie. Si nous ne renonçons pas à notre avenir collectif.

 

Nous souffrons en France et en Europe de sous investissement (les « investisseurs » n’investissent pas), de non croissance, de qualifications sous-utilisées.

La retraite, c’est investir en nous débarrassant des « investisseurs ». L’investisseur, ce sont des titres financiers à convertir en monnaie, la monnaie étant la valeur attribuée au produit du travail.

Il faut distinguer le droit de propriété lucrative de la propriété d’usage, qui est dans l’espace privé (épargne d’usage). Le titre est un droit sur la valeur. L’investisseur, qui se rémunère au taux de 15%, est un pur prédateur, qui vole et aliène en même temps. Il est en plein collapsus depuis deux ans.

 

On entend dire qu’il faut apaiser les marchés, faire des sacrifices. Il faut séduire les marchés, ces dieux païens, cette nouvelle religion. Les Etats demandent de faire des sacrifices aux peuples pour sauver l’euro. La Grèce doit rembourser à un taux d’intérêt compris entre 4 et 8% aux banques prêteuses qui, elles, se fournissent au taux de 1%. Et, pour payer les intérêts, il lui faut emprunter, ce qui permet aux banques de faire des profits. La bataille des retraites doit conduire à la suppression des marchés financiers.

 

Il faut financer les pensions (18% du PIB, actuellement) sans épargne - les fonds de pension - et se débarrasser de l’épargne lucrative. Il faut supprimer l’épargne, qui est parasitaire, comme l’assurance vieillesse a supprimé les usuriers.

Le prélèvement pour les retraites doit passer de 18 à 30% du PIB en créant une caisse d’investissement (qui ne donne pas lieu à calcul d’intérêt - l’intérêt ne sert qu’en cas d’appropriation privée). La cotisation économique sur la valeur ajoutée par l’entreprise pourrait être égale à 60% du salaire brut (actuellement, pour 100 de salaire, il y a 83 de cotisations).

 

Tout cela suppose un changement de la création monétaire. Les retraités font des choses utiles, mais ce n’est pas du travail. Il faut les financer par prélèvement obligatoire. Les 13% du PIB qui leur sont versés en pensions sont ce qu’ils produisent (en moyenne, 1100 euros pour les femmes et 1600 euros pour les hommes). Nous identifions travail et emploi. Le travail, c’est ce qui nous aliène dans l’emploi. N’avons-nous pas assez d’expérience du capitalisme pour en sortir ? Il n’y a pas de solidarité intergénérationnelle. Nous sommes sous le joug de l’emploi. 13% du PIB vont à des gens qui travaillent en étant libérés de l’emploi.

 

Changer la création monétaire

Le discours misérabiliste nous tue. Tout va mal, réformons, c’est ce qu’on nous martèle.

Seules les banques commerciales peuvent créer de la monnaie, quand elles prêtent aux entreprises. Dans la société capitaliste, tout tourne autour de la marchandise. Ce qui n’est pas marchand est de la dépense. Ce sont les luttes qui ont permis de reconnaître le non marchand. Même les médecins libéraux sont dans le non marchand.

Créer la monnaie, c’est anticiper la production. La marchandise donne lieu à un profit non réinvesti, à un salaire, net d’impôt - qui a produit la marchandise - et à l’impôt. Le travail des retraités transite par la marchandise. La cotisation est la nécessaire reconnaissance de leur travail, mais cela ne nécessite pas de création monétaire.  Les banques sont prédatrices, il faut s’en débarrasser. On crée la monnaie quand on attribue une qualification à une personne.

 

En réponse aux questions de la salle

 

Le revenu universel est une fausse bonne idée. La croissance capitaliste, lucrative, prédatrice, doit disparaître, ainsi que le marché du travail. Il faut transformer l’activité en travail. C’est ce qui s’est passé en France quand les infirmières religieuses, dans les années 1950, sont passées du bénévolat au salariat. Le PIB a été augmenté, sans changement de la production. C’est ce qui se passe aujourd’hui avec les services à la personne, qui augmentent le PIB, pas la production.

 

Les retraités créent plus de lien social que 4000 kilomètres d’autoroute. Il faut engager la bataille révolutionnaire, une croissance non prédatrice (pas la décroissance, 4000 M² d’euros de PIB en 2050), le travail avec des contraintes, une hiérarchie élective et des échéances qui ne soient pas celles du marché. Réformer, c’est changer en pire. Mieux vaut la révolution.

 

Salaires et qualification : de 2000 euros (à la sortie de l’école) à 10000 euros par mois, en fin de carrière. L’école certifie mais ne détermine pas le salaire. La référence, en matière de qualification, est la validation des acquis de l’expérience (VAE). L’employabilité, en fonction de la capacité dont elle fait preuve, c’est la destruction d’une personne. La qualification, c’est à l’opposé. Cela existe déjà dans le cadre de grille et de convention collective. Le premier poste qualifie la personne. C’est le poste, et non la personne, qui est qualifié. Beaucoup d’animateurs de collectifs (employeurs) souffrent dans leur fonction d’employeurs.

 

Cette démarche  n’est pas utopique, mais révolutionnaire. Elle consiste à tirer l’émancipation de la réalité. Si ce n’est pas nous, au Front de Gauche, qui mettons la révolution en place centrale dans notre discours public, qui le fera ?

Il faut sortir du capitalisme, dont la vision est totalitaire, systémique, en raison de la contradiction au travail. Ce n’est pas du gauchisme. C’est lire ce qu’il y a d’émancipateur dans la politique.

 

Le système suédois des retraites est individualiste (j’ai cotisé, j’ai droit). Chacun a son compte individuel de points en fonction de l’espérance de vie de la classe d’âge. On peut prendre sa retraite quand on veut au-delà d’un âge minimal. C’est le système de Thomas Piketty, penseur conjoint du PS et de l’UMP.

La solidarité est un mot dangereux pour les partisans d’une réforme systémique (Chérèque). Quand la réforme est faite, on ne discute plus, on ne change plus rien (taux de cotisation fixé à 16% pour 50 ans). En Suède, il n’y a de travail que dans l’emploi (salaire). La cotisation n’est pas la reconnaissance d’une qualification. C’est un revenu différé

Aucun parti, aucun syndicat, ne revendique d’augmenter la cotisation patronale. Tous les gouvernements ont été battus sur la question des retraites. Mais la pression de la classe dirigeante est forte. Nous pouvons sortir du capitalisme.

Le système suédois est le plus astucieux pour nous faire rester dans le système. Les sociaux et chrétiens démocrates veulent des pensions de répartition de haut niveau, qui permettent d’épargner sur les marchés financiers. Les retraites sont une garantie de revenu différé, le taux de financement restant fixe. Le modèle suédois fait glisser du salaire continué vers le salaire différé. C’est donc l’ennemi par excellence.

 

Cet article est le 20ème sur ce blog dans la catégorie Les retraites

 

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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 22:33

 

Une analyse et des propositions hors du capitalisme

 

Le 19 mai, je n’ai pas regretté de préférer la conférence organisée par le Parti de Gauche à Laval à la réunion du secrétariat national de mon parti, le Mouvement Républicain et Citoyen. Car l’invité, Bernard Friot, enseignant chercheur spécialiste des questions du salariat, des salaires et des retraites, membre du PCF, a su transmettre ses convictions et les résultats de ses recherches

On pouvait aussi bien quitter la salle dès le début de son exposé en raison de l’irréalisme des propos que manifester beaucoup d’intérêt pour une démarche intellectuelle se situant dans le cadre d’une alternative au système capitaliste. Bernard Friot Retraites Laval 190510 001

 

Bernard Friot a publié en mars 2010 aux éditions La Dispute un ouvrage intitulé « L’enjeu des retraites », qui renouvelle le regard sur le « bonheur du retraité », celui qui bénéficie du « salaire continué » et dont le travail est enfin libéré du capital. Voir L'enjeu des retraites (par Bernard Friot, Carré rouge).

 

L’introduction a été mise en ligne par l’Institut Européen du Salariat (IES), réseau de chercheurs en sciences sociales attachés à l’analyse sociologique, politique, économique, historique et juridique du salariat (voir Les retraites. Déplacer le débat - Institut Européen du Salariat).

« Le salariat est défini par ses institutions constitutives comme la sécurité sociale, la qualification personnelle, la socialisation du salaire, l’ordre public social, qui l’ont sorti de sa réduction à une relation de subordination. Transposés dans les autres dimensions de la vie en société, ces outils d’émancipation peuvent mener le salariat, né dans le capitalisme, à un dépassement de celui-ci ».

 

Voir aussi, sur le site retraites-enjeux-débats.org "L'enjeu des retraites" de Bernard Friot et le site Mediapart (Thierry Ternisien) : Retraites, déplacer le débat

 

J’en viens à ce qu’a dit le 19 mai (du moins, ce que j’ai noté…) le professeur émérite d’économie, Bernard Friot.

Dans un premier temps, il tient à « balayer » les arguments réformateurs (des promoteurs de la réforme des retraites) avant de présenter ses idées.

Nous ne sommes plus en 2003. Chacun peut constater la nocivité du capitalisme. Mais il y a des risques que cela conduise au désespoir et à un recul démocratique. Par rapport aux impasses du capitalisme, la retraite est une solution. Elle constitue une alternative au capitalisme.

 

Il est navrant de constater que les arguments des réformateurs passent bien dans l’opinion, alors que ce sont des inepties. Les gens sont persuadés, à tort, qu’on ne peut sortir du capitalisme.

Ces deux arguments sont le déficit et la démographie.

-          On peut penser qu’en 2050, un actif produira ce que deux produisent aujourd’hui, ce qui résoudra le problème démographique.

-          Quant au déficit, 13% du PIB sont affectés aux pensions actuellement. Selon ses calculs, en 2050, il en faudra 15,5%. Ces 40 dernières années, ce pourcentage est passé de 5 à 13%. Les 40 prochaines années, il passera de 13 à 15,5%. Ce n’est pas difficile à financer.

 

Les premières réformes ont été celles de Séguin, en 1987 : les retraites, qui étaient indexées sur les salaires l’ont été désormais sur les prix. Rocard (Livre blanc) a continué. Bérégovoy avait préparé une réforme que Balladur, en deux mois, s’est empressé de réaliser en 1993. Il faudra revenir sur ces réformes, qui sont autant celles du PS que de la droite.

 

Il faudra ramener le taux de remplacement (rapport entre la première pension et le dernier salaire net) le plus près possible de 100%. Il était croissant jusqu’aux réformes. Il varie maintenant de 60% (salaires au-dessus de 3000 euros par mois) à 100% (salaires au SMIC), en moyenne 84%. L’alignement se fait du public sur le privé, par le bas. Il faut continuer le salaire dans la pension (salaires à vie - 100% du meilleur salaire). La qualification ne baisse pas.

 

La seconde partie : à suivre, demain.

 

Cet article est le 19ème sur ce blog dans la catégorie Les retraites

 

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 16:56

 

D’abord, cotiser assez pour avoir une pleine retraite

 

Le Mouvement Républicain et Citoyen, le 19 mai, a pris position dans le débat sur les retraites. Réuni en secrétariat national, il a adopté le texte présenté par Patrick Quinqueton, publié ce 21 mai sur son site :

 

Pas de financement durable des retraites sans une économie en croissance et une réindustrialisation

En posant la question du financement des retraites, le gouvernement cherche à fermer le débat en acceptant d’en diminuer le montant.


Au contraire, c’est d’abord en sortant de la politique d’austérité générale qui gagne l’Europe et en activant la croissance par une politique industrielle, de recherche et de formation, seule de nature à augmenter le nombre d’emplois et donc de cotisants – soit en engageant une action concertée et coopérative de la zone euro, soit en sortant de la zone euro pour défendre nos intérêts propres – que seront notamment trouvés les moyens de financer les retraites de demain.

L’augmentation de l’âge de départ en retraite n’a aucun sens quand on sait que plus de la moitié des personnes de 57 à 60 ans ne travaillent plus et que les jeunes de 20 à 30 ans galèrent pour entrer sur la marché du travail. Ce qui est prioritaire, c’est de donner à chacun la possibilité réelle de cotiser pour une carrière complète.

La spéculation financière effrénée qui est à l’origine de la crise économique actuelle conduit à deux priorités pour la réforme des retraites :

- les régimes de base doivent être confortés comme régimes par répartition qui fondent les retraites sur la confiance dans l’avenir et la cohésion sociale, c’est-à-dire sur l’exigence républicaine, en conduisant les cotisants d’aujourd’hui à financer les retraites d’aujourd’hui et à refuser d’augmenter la part de capitalisation, qui ne ferait qu’alimenter la spéculation financière ;

- l’assiette des revenus faisant l’objet de cotisation doit être franchement élargie aux revenus de la sphère financière : taxation sur les placements off shore par les banques et firmes françaises, prélèvement sociaux sur les bonus et les stock options, augmentation du forfait social de l’intéressement et de la participation, CSG sur les revenus du capital encore exonérés.

Le droit à la retraite doit être lié à l’espérance de vie. Les négociations sur les travaux pénibles, infructueuses depuis des années, doivent conduire à des décisions. La durée nécessaire de cotisation pour une retraite pleine doit être clairement liée à l’espérance de vie des grandes catégories sociales et professionnelles. Toute mesure indistincte d’augmentation du nombre d’années de cotisations nécessaire pour une retraite pleine conduirait à une aggravation des inégalités et à une explosion du nombre des petites pensions. Il est en outre nécessaire de prévoir un mécanisme de relèvement des petites pensions sur la longue durée.

L’avenir des retraites est une question de confiance. Seul un système juste trouvera les moyens de son financement. Ces moyens dépendent avant tout du retour à la croissance, qui serait fortement entravé par la multiplication en Europe des politiques d’austérité. C’est au contraire par la volonté du pays de retrouver son dynamisme industriel et sa capacité de créer des emplois que seront dégagés les moyens d’assurer l’avenir de nos retraites.

 

Revue de presse  

La réforme à pas mesurés (Paul Burel, Ouest-France, 18 mai)  

Retraites : ce que propose le PS (La Tribune, 19 mai)  

Retraites : Thibault estime que le projet du gouvernement est "le contraire de l'équité" (Le Monde, 18 mai)

 

Rappel : La réflexion du MRC 17 sur les retraites : poser les vraies questions - 17 mai 2010. 

 

Cet article est le 18ème sur ce blog dans la catégorie Les retraites

 

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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 22:24

 

Choisir la justice et la solidarité, lutter contre les inégalités

 

Les amis MRC de Saintes et de Charente-Maritime sont très actifs. Je les connais bien depuis la Conférence-débat sur la réforme territoriale à Saintes le 1er décembre - 6 décembre 2009. Serge Maupouet, responsable départemental, m’a transmis le texte de leur réflexion sur les retraites

 

La réflexion du Mouvement Républicain et Citoyen sur les retraites

 

(…) Aujourd'hui, le MRC Saintes, soutenu par la Fédération MRC 17, s'engage logiquement dans le Collectif retraites à Saintes.

 

- Nous estimons, d'abord, indispensable d’affirmer le droit à la retraite et de revenir à une logique de solidarité nationale, responsable et respectant un humanisme républicain.

- Nous affirmons, ensuite, qu'il faut former, à gauche, un front puissant, pour la défense d’un espace non marchand regroupant tous les biens communs que sont l’éducation, la santé, les retraites, etc.

- Nous affirmons, enfin, qu'il faut garder la retraite par répartition, car c’est la seule retraite garantie et la retraite plus juste pour nos concitoyens. En outre, défendre la retraite par répartition, c'est défendre le système social français hérité du CNR (Conseil National de la Résistance), basé sur la solidarité nationale et la solidarité intergénérationnelle.

 

L'alternative aujourd'hui mise en avant – entre allongement de la durée de cotisation ou abaissement des pensions – est factice : en effet, allonger la durée de cotisation équivaut à baisser le montant moyen des pensions puisqu'on partira, de fait, toujours au même âge moyen, mais avec une retraite moins élevée calculée à proportion d'une durée de cotisation plus longue; or, l'abaissement des pensions est rejetée par tous.

Depuis 1993, les différentes réformes des retraites (système de décote, indexation sur les prix et non plus sur les salaires des actifs, calcul sur les 25 meilleures années pour le privé) aboutissent à en réduire les montants. Cette logique est intenable et insupportable; il faut y porter un coup d'arrêt.

 

Nos concitoyens doivent, par ailleurs, prendre conscience que les retraites par capitalisation sont risquées et aléatoires : on sait ce que l'on verse, mais on ne peut jamais avoir une assurance sur ce que l'on touchera à terme. Les plus modestes n'ont, de toute manière, pas de quoi se constituer une telle retraite, seuls les plus aisés seraient à même de réellement se constituer un tel complément, qui serait soumis aux aléas de la conjoncture et de la spéculation. Les fonds de pension ne font qu'engendrer de nouveaux risques; la capitalisation repose sur du sable.

 

Ce constat permet de mettre le doigt sur une incohérence de l'argumentaire du gouvernement, qui dit vouloir réformer le système par répartition pour le préserver, alors même que les réformes prévues vont favoriser la constitution de compléments de retraite basés sur la capitalisation, pour ceux qui voudront tenter de compenser l'abaissement des pensions. Il est nécessaire, dans l'immédiat, de se positionner contre l'idée même de toute réforme pour améliorer le système, car on sait trop bien ce que le terme de "réforme" signifie lorsqu'il est utilisé par la droite au pouvoir.

 

Il faut poser les vraies questions.

Ce sont celles, primo, de l'amélioration du taux d'activité des jeunes et des salariés après 50 ans, du retour au plein emploi, du maintien d'une croissance suffisante de la production de richesses, et du meilleur partage des richesses au profit des travailleurs. Il est indispensable de réaffirmer la primauté de l’économie productive sur la finance mondialisée, de corriger les choix européens et mondiaux qui induisent un nivellement social et environnemental par le bas. Le chômage important des jeunes et des salariés après 50 ans constitue une immense perte de cotisations pour les régimes de protection sociale. A contrario, en assurant le plein emploi, en soutenant production et croissance, on finance les retraites.

 

Mais encore, on peut, secondo, élargir l'assiette des cotisations (valeur ajoutée, profits, revenus financiers, etc.) et mettre en place tout dispositif permettant de faire contribuer l'ensemble des richesses du pays, et non plus seulement les salariés et employeurs.

 

Tertio, il faut combattre les inégalités nombreuses, d'espérance de vie, de salaires, de revenus entre les hommes et les femmes, de fragmentation des parcours professionnels et affirmer hautement qu'une alternative à la régression sociale existe. Les déficits des caisses de retraite sont essentiellement dus au refus obstiné de porter au niveau adéquat les prélèvements sur la richesse produite ou circulante.

 

Il est temps de faire des choix politiques de justice et de solidarité.

 

Revue de presse

 

Retraites : le gouvernement abat ses cartes (Ouest-France, 17 mai)

 

Dans ce document fixant les contours de la réforme et envoyé hier soir aux partenaires sociaux, le gouvernement prévoit l'allongement de la durée du travail et la taxation des hauts revenus et de ceux du capital.

« C'est un document d'étape », précise-t-on au ministère du Travail. Mais même si on est encore loin d'une proposition de réforme clés en main, les quatorze pages envoyées hier soir, par Éric Woerth, aux partenaires sociaux, fixent les grands principes sur lesquels le gouvernement s'engage pour sauver le financement de notre système de retraites très menacé.

Allongement de la durée d'activité. Les Français devront travailler plus longtemps pour toucher leur retraite, indique ce document d'orientation qui a « fuité » hier soir. Les règles seront changées « de manière très progressive ». « L'augmentation de la durée d'activité se fera au fur et à mesure que les générations, déterminées par leur année de naissance, atteindront l'âge de la retraite. » Autre précision : « L'équité de la réforme suppose que l'augmentation de la durée d'activité concerne l'ensemble des Français, du public comme du privé (…). »

Réforme des retraites : les syndicats craignent que les salariés fassent de "nouveaux sacrifices" (Le Monde, 17 mai)

 

Le gouvernement "fera de l'augmentation de la durée d'activité le socle d'une réponse durable et juste au déséquilibre des régimes de retraite", indique un document d'orientation (PDF) de 17 pages, envoyé dimanche aux partenaires sociaux au terme de plus d'un mois de concertation. Autre piste envisagée par le gouvernement : mettre en place une "contribution supplémentaire de solidarité sur les hauts revenus et les revenus du capital".

 

Retraites : le gouvernement entretient le flou sur la taxation du capital (Le M, 17 mai)

 

Combien va représenter la taxation du capital et des hauts revenus ? Il est trop tôt, après la diffusion du document d'orientation sur la réforme, pour savoir précisément en quoi il va consister. Le document évoque simplement "une contribution supplémentaire de solidarité sur les hauts revenus et les revenus du capital". (Lire le détail du document)

 

Une proposition volontairement imprécise. La gauche et les syndicats s'étonnent du flou du gouvernement sur ces propositions. Qu'est-ce qu'un haut revenu ? Quels sont les revenus du capital visés ? Les ménages s'acquittent déjà, sur leur capital, de contributions spécifiques (CSG, contribution de 2 %…). Un point de prélèvement rapporte environ 1,3 milliard d'euros. Mais pour les hauts revenus, il faut prendre en compte les revenus supplémentaires, notamment les stock-options (…).

 

Mensonges, manipulations et mauvaise foi : la réforme des retraites en trois dimensions (ATTAC, 17 mai) - Analyse du « Document d’orientation sur la réforme des retraites »

 

Cet article est le 17ème sur ce blog dans la catégorie Les retraites

 

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 21:09

     

Tenir compte de l’évolution de la rémunération du travail

 

La campagne de communication du gouvernement a pour but de convaincre les Français que l’évolution démographique justifie une réforme du financement des retraites. Il est nécessaire de prendre du recul et de tenir compte d’éléments très importants qui ne sont pas dans le débat.

Tel est le sens de La Lettre du Lundi paru ce lundi. Les rédacteurs ne se dévoilent pas, contrairement à leur pensée qui est à découvert. Voici cet article.  

Retraites : l’arnaque

 

« En 1990, 9,5 millions de retraités. En 2010, 16 millions de retraités. En 2030, 21 millions de retraités ». Avec des slogans de ce type, dans le cadre d’une campagne de communication de plus de 5 millions d’euros, le trio Sarkozy-Fillon-Woerth a lancé il y a quelques semaines la « réforme des retraites ». Objectif de cette première phase : persuader les Français que « ça ne peut plus durer comme ça », qu’il « va falloir faire quelque chose » et que, compte tenu de l’augmentation du nombre des retraités, nous allons devoir nous résigner à cotiser plus longtemps… et à percevoir moins.

 

Présenté sous cet angle, le débat est complètement biaisé, faussé. Ne traiter que de la question des retraites en l’isolant du thème beaucoup plus large de la rémunération du travail et de la répartition des richesses, c’est vouloir, dès le départ, que l’arbre cache la forêt.
Prenons donc un peu de recul et revenons aux « fondamentaux » des relations entre coût du travail et partage de la valeur générée par le travail.

Pourquoi rémunère-t-on un salarié ? Tout simplement parce qu’il « rapporte », c’est-à-dire qu’il « dégage » une certaine productivité, créant ainsi, pour son employeur, un montant de richesses supérieur au salaire qui lui est versé.
  
Cette productivité, cette richesse créée par le travailleur, permet :

– de le rémunérer sous forme de salaire ;

– de dégager une marge, un profit, pour l’entreprise qui l’emploie ;

– de régler les retraites de ceux qui ne travaillent plus (si l’on se trouve dans un système de retraite par répartition) ou de constituer une épargne pour les futurs retraités (dans un système de retraite par capitalisation).

En toute logique, plus la productivité du travailleur augmente, plus il crée de richesses, plus son salaire devrait augmenter, comme devraient croître le bénéfice de l’entreprise et la somme versée ou épargnée pour les retraites. Est-ce le cas ? Un simple coup d’œil au graphique de l’INSEE va permettre de comprendre l’état de la situation… et la véritable nature du problème.

Comme on le voit, pendant une vingtaine d’années, de 1959 à 1979, tout gain de productivité se traduisait automatiquement par une hausse équivalente des salaires. Et puis, à compter du début des années 1980, tout déraille : la productivité des salariés continue de s’améliorer mais les salaires décrochent. Trente ans après ce décrochage, ils sont aujourd’hui 35 % inférieurs à ce qu’ils devraient être s’ils avaient augmenté en phase avec les gains de productivité !
  
De plus, ce graphique ne reflète pas un élément aggravant qui a pris naissance à la même époque : plus élevé le salaire, plus forte la hausse dont il a bénéficié. Ainsi, en 10 ans, les 0,1 % de salariés les mieux rémunérés (environ 13 000 personnes en France) ont vu leur salaire mensuel progresser de 28 %, inflation déduite, soit un gain de 5 426 € par mois (oui, par mois…) alors que 90 % des salariés n’ont enregistré aucune progression significative.

Pour 90 % des salariés, la rémunération est donc restée à peu près la même (inflation déduite) entre 2000 et 2010 ! La conséquence ? En 30 ans, l’écart entre augmentation de la productivité et augmentation des salaires (hormis les salaires les plus élevés) atteint 45 % ! Vous avez bien lu : si, ces trente dernières années, votre salaire avait augmenté dans les mêmes proportions que votre productivité, vous seriez rémunéré 45 % de plus qu’aujourd’hui !
  
Mais où sont allés tous ces gains de productivité ? Qui en a bénéficié ? Les entreprises, tout simplement, sous la forme d’une véritable explosion des bénéfices, lesquels, ne trouvant pas à s’employer dans l’investissement productif faute d’une demande solvable suffisante, se sont rués vers la finance et l’investissement spéculatif, générant des « bulles » boursières à répétition. Mais ceci est une autre histoire qui fera certainement l’objet d’un prochain billet…
  
Revenons au cœur de notre sujet en mettant en perspective, au niveau national, les montants des salaires d’une part, des bénéfices d’autre part. La masse totale des salaires de l’ensemble des entreprises du secteur privé est de l’ordre de 500 milliards d’euros par an. En comparaison, les 40 sociétés du CAC 40 « dégagent » 100 milliards d’euros de bénéfices par an (à l’exception de 2009, « mauvaise année » où les bénéfices n’ont été « que » de 47 milliards d’euros). 40 entreprises réalisent donc un bénéfice égal au cinquième de la rémunération de tous les salariés du privé en France !
  
On le comprend mieux : aborder uniquement la question des retraites avec pour seul objectif de faire peser la charge de leur paiement sur les seuls salariés, c’est traiter volontairement le problème par le petit bout de la lorgnette et c’est surtout charger encore plus la barque de ceux qui, depuis 30 ans, n’ont absolument pas bénéficié des efforts qu’ils ont réalisés pour augmenter la productivité des entreprises, notamment des plus grandes.
  
Poursuivons en effet le calcul : le rattrapage de l’écart existant entre augmentation cumulée de la productivité et augmentation cumulée des salaires (35 à 45 % selon le mode de calcul ; voir ci-dessus) représente 168 à 216 milliards d’euros par an. Dans ces conditions, la centaine de milliards d’euros de déficit du régime des retraites que l’on nous présente comme un épouvantail est tout à fait « absorbable » par les entreprises, notamment les plus importantes, qui ont profité à plein, depuis 30 ans d’une productivité sans cesse accrue de leurs collaborateurs, sans les en faire bénéficier en retour.

lire le texte dans son intégralité

 

Revue de presse  

Retraites : le bras de fer commence le 1er mai (Le Monde, 1er mai)

            Ce que Jean-Claude Mailly (FO) voit dans la réforme des retraites (Ouest-France, 1er mai)

Retraites : Sarkozy envisage un départ à 63 ans en 2030 (Le Monde, 3 mai)

Une hypothèse portant l'âge légal de la retraite à 61 ans en 2015, 62 ans en 2020 et 63 ans en 2030 serait à la base du projet de réforme de M. Sarkozy.            

La bataille des retraites aura bien lieu (l’Humanité, 3 mai)

Indigence pour des millions de retraités, ou pérennité de notre système fondé sur la solidarité intergénérationnelle, tel est l’enjeu.

 

Cet article est le 16ème sur ce blog dans la catégorie Les retraites

 

 

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18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 17:25

 

Savoir raison garder face aux choix gouvernementaux

 

La réaction de la rédaction de Contre Info, le 15 avril, à la publication, la veille, du rapport du Conseil d’Orientation des Retraites : Retraites : la France est-elle incapable de mobiliser 2% du revenu national ?

Quel est l’effort requis pour le financement des retraites ? Selon les scénarios retenus par le Conseil d’Orientation des Retraites, entre 1,8 et 2,8% du revenu national à l’horizon 2030, puis de 1 à 2,3% en 2050. La part de la richesse nationale consacrée aux retraites passe de 13,4% en 2008 à une fourchette de 14,4-15,4% en 2030, avant de revenir à 13,6-15% en 2050.

On peut discuter de telle ou telle hypothèse retenue par le COR, ou s’interroger sur la solidité de prévisions à 40 ans, au vu de l’expertise récemment déployée. Mais l’important n’est à notre sens pas là. Au vu de ces chiffres, faut-il conclure, comme certains s’empressent de le faire, à la catastrophe, au gouffre financier ? Il faut raison garder.

L’effort demandé n’est à l’évidence que marginal. La société française peut et doit faire preuve de solidarité sans remettre en cause les conquêtes sociales.

 

Ce rapport du COR fait suite à celui de 2007 (voir Le Conseil d'Orientation des Retraites a remis son rapport au Premier ministre - 16 janvier 2007).

 

Contre Info a publié plusieurs articles à ce sujet :

Tribune : Dix contrevérités sur les retraites (ATTAC, Fondation Copernic, 9 avril),

Retraites : un peu de sang froid SVP, par Guillaume Duval (Alternatives Economiques, 16 avril)

 

La CGT a publié ce communiqué le 14 avril (Eric Aubin, chargé de ce dossier, voir Rapport du COR) :

Il est possible de financer les retraites

La CGT s’inscrit en totale opposition avec le catastrophisme des commentaires qui accompagnent depuis 2 jours la publication du rapport du Conseil d’orientation des retraites. Ce rapport que le COR vient de rendre public, démontre avant tout la dégradation de l’équilibre financier des retraites, sous le coup de la crise.

Si les conséquences de la démographie à long terme ne sauraient être niées, elles sont parfaitement surmontables. La France est le pays d’Europe où la situation démographique est la plus favorable ; la seule à assurer à terme le renouvellement des générations.

Le rapport du COR montre que la raison fondamentale de la dégradation de l’équilibre financier des régimes est la chute de l’emploi : 680.000 emplois détruits en 2009, une baisse historique de la masse salariale de 1,4%. La crise coûterait à elle seule plus de 600 milliards d’€ aux régimes de retraite. Il n’est pas question que les salariés qui ne sont en rien responsables de la crise en paient le coût.

Pour la CGT il faut une nouvelle politique de l’emploi rompant avec la situation que nous avons connue depuis un quart de siècle. Cela passe par une remise en cause du mode de croissance actuel orienté vers un accaparement de plus en plus important, par les actionnaires, des richesses crées : depuis 25 ans les dividendes versés par les entreprises ont explosé au détriment de l’emploi, des salaires et de l’investissement.

La réduction du chômage ne résout pas la totalité des problèmes mais est indispensable, c’est la moitié du problème du financement des retraites qui serait résolu à long terme. A court terme, une hausse des ressources est indispensable. C’est pourtant la perspective que refuse Monsieur Woerth.

Pour la CGT, il faut une réforme du financement de la protection sociale.

La CGT exige la mise en oeuvre d’une contribution sur les revenus financiers des entreprises au même taux que la cotisation retraite des employeurs (8,2%). Elle exige la remise en cause des exonérations de cotisations patronales et des exemptions de cotisations dont bénéficient l’intéressement, l’épargne salariale, l’épargne-retraite, les stock-options et les attributions d’actions gratuites. Elle propose d’instituer une double modulation des cotisations patronales qui tiendrait compte de la part des salaires dans la valeur ajoutée et des comportements d’emploi des entreprises

En appliquant l’ensemble de ces mesures, on dégagerait les 5 à 6 points de PIB nécessaires à l’horizon 2050 pour garantir de bonnes retraites. Les autres réponses, et en particulier le recul de l’âge de la retraite n’auraient pour effet que de baisser le niveau des retraites et de faire basculer de nombreux salariés âgés dans la précarité.

La CGT mènera une lutte déterminée pour défendre le droit au départ à la retraite à 60 ans et un niveau de pension au moins égal à 75% du salaire d’activité.

Elle appelle à une forte mobilisation unitaire, des actifs et des retraités, dès maintenant et en particulier le 20 avril dans les entreprises et le 1er mai, pour imposer d’autres solutions et empêcher une nouvelle étape de régression des droits à retraite.

 

Le Front Syndical de Classe a publié le 14 avril une déclaration sur le Rapport du COR qui s’inspire du Dossier retraites du FSC.

 

Le chroniqueur Elie Arié est sur une toute autre longueur d’ondes quand il s’exprime sur les conditions de réussite des réformes sur le site Marianne2, le 8 avril : La Retraite ? Parlons-en, mais chiffres en mains !

 

Et si, avant de prendre position sur les retraites, on savait un peu de quoi on parlait ? Quelques données brutes qu’il n’est pas inutile d’avoir présentes à l’esprit.

 

L’espérance de vie

La loi de 2003 prévoit « un partage actuellement neutre de l’augmentation de l’espérance de vie », de façon à ce que le rapport entre retraite et activité reste constant.
L’espérance de vie ne cesse de progresser, n’en déplaise à certains : en 2009, l’espérance de vie à la naissance était de 84,5 ans pour les femmes, 77,8 ans pour les hommes ; mais, plus intéressante pour la  question des retraites est  l’espérance de vie à 60 ans : 27 ans pour les femmes, 22,2 pour les hommes, soit respectivement 1,8 ans et 2 ans de plus qu’en 1999 : l’espérance de vie à 60 ans augmente d’environ 1 an tous les 10 ans (en 2050, 1 Français sur 3 aura plus de 60 ans, contre 1 sur 5 en 2005).

 

La fin d’activité

S’il existe de grandes différences sur l’âge auquel on liquide sa retraite entre public et privé (respectivement 57,5 ans et 61,3 ans), les différences sont très faibles en ce qui concerne l’âge de cessation d’activité : 58,8 ans dans le privé, 58,2 ans dans le public.

 

Que font les pays autres que la France ?

La tendance générale est de limiter les possibilités de départs anticipés et de créer des barèmes de pension qui incitent à la prolongation, afin de reculer  l’âge moyen de cessation d’activité ; mais on constate qu’il existe deux stratégies différentes :
Certains pays ( Espagne, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suède, Italie) reculent l’âge d’ouverture des droits à la retraite. D’autres (Etats-Unis, Japon, Allemagne, Canada), sans toucher à l’âge d’ouverture des droits, reculent l’âge d’obtention d’une pension à taux plein.
Les pays les plus « performants » sont le Canada et le Japon, où l’âge moyen de cessation d’activité est parmi les plus élevés, bien que leurs âges d’ouverture des droits soient assez bas ; à l’opposé, les moins « performants » sont la France et la Belgique, où l’âge de cessation d’activité est plus bas que celui de l’ouverture des droits, bien que ce dernier soit  plus bas que dans tous les autres pays.

 

Les conditions de réussite des réformes

Les pays qui ont le mieux réussi à retarder l’âge de la cessation réelle d’activité sont ceux qui ont  mené leurs réformes  de façon très  progressive et étalée dans le temps, avec un accord dans la durée  entre majorité, opposition et syndicats, qu’il s’agisse de l’âge d’ouverture des droits (porté de 65 à 67 ans en Allemagne : mais l’augmentation commencera par étapes en 2012 et s’échelonnera jusqu’en 2029) ou de la politique de maintien de l’emploi des seniors dans les entreprises, publiques ou privées, comme dans les pays scandinaves : ces pays mènent en permanence une mobilisation sociale autour de l’objectif d’emploi des seniors, axée sur la prise de conscience collective de l’importance de l’enjeu social ; ils ont lancé de vastes campagnes d’information et de formation en direction des entreprises pour les inciter à garder ou à embaucher des travailleurs seniors, à modifier leur politique de gestion des carrières, à développer une politique de formation professionnelle tout au long de la carrière, à améliorer les conditions de travail ; des séminaires de formation sont organisés pour améliorer la gestion des âges au travail ; des labels sont accordés aux entreprises les plus engagées dans l’emploi des seniors ; des campagnes sont lancées en direction des salariés pour les inciter à travailler plus longtemps.
Cette mobilisation, dans la durée, de l’ensemble des partis politiques et des syndicats autour d’un objectif commun dont ils renoncent à faire un sujet d’affrontement idéologique, politicien ou syndical ne faisant malheureusement pas partie de nos traditions, on ne peut qu’être pessimiste sur l’avenir de nos réformes des retraites, quelles qu’elles soient... et, par conséquent, sur l’avenir de nos retraites ; nous avons trop tendance à oublier que la meilleure stratégie, pour un gouvernement économiquement libéral qui voudrait liquider définitivement notre système de retraites par répartition, consisterait à...ne rien faire, s’assurant ainsi popularité, paix sociale, et passage inéluctable au système par capitalisation.

Le PS à la recherche d'un consensus sur les retraites (Agence Reuters, 18 avril)

Après avoir raté le coche en 1997 et en 2003, les socialistes assurent qu'ils seront cette fois au rendez-vous de la réforme des retraites mais refusent, le temps de trouver un consensus interne, de se plier à l'agenda de la droite.

Martine Aubry, que la victoire de la gauche aux élections régionales a solidement installée à la tête du parti, entend montrer que le PS est capable de contre-propositions crédibles, avec à la clé pour elle un supplément de stature présidentielle (…).

 

LA BATAILLE DE LA DURÉE DE COTISATION

Les "lignes rouges" communes sont connues: consolider le système par répartition, ne pas toucher à l'âge légal du départ à la retraite, maintenir le niveau des pensions et taxer les revenus financiers.

Dans une tribune publiée cette semaine par Le Monde, le premier secrétaire évoque, entre autres, la piste d'une surtaxe de 10% sur l'impôt sur les sociétés acquitté par les banques. Mais Martine Aubry, qui a entamé une série de consultations avec les syndicats, a fort à faire pour harmoniser les positions des différents courants.

Des membres de l'aile gauche du parti, pilotée par Benoît Hamon, ont signé, aux côtés de dirigeants du Parti communiste ou du NPA, le texte d'Attac et de la Fondation Copernic visant à "en finir avec l'actuel partage éhonté de la richesse au bénéfice des revenus financiers".

Comme eux, Vincent Peillon a fait savoir qu'il était opposé à tout allongement de la durée de cotisation mais l'idée séduit un nombre grandissant de cadres socialistes.

"Le système français a toujours privilégié le niveau de cotisation plutôt que la durée: on est à 25% contre 16% en Suède", fait valoir Olivier Ferrand, proche de Dominique Strauss-Kahn. A ses yeux, "ce qui est logique aujourd'hui, c'est de pousser la durée de cotisation".

"Si on y réfléchit, c'est un levier plus juste que de toucher l'âge légal de départ à la retraite", fixé à 60 ans, estime Marisol Touraine, chargée de rédiger une note de synthèse sur les retraites pour la réunion de mardi.

Parce qu'elle ne croit pas à une "réforme ultime" et pour renforcer la lisibilité du système, la député suggère d'importer le système suédois des "enveloppes oranges": tous les ans, les salariés reçoivent un état de leurs pensions et de l'évolution du système.  

 

Voir aussi les réflexions de Gérard Beillard :

Gérard Beillard : contribution à la réflexion du MRC sur les retraites - 5 juin 2008

Gérard Beillard (MRC 53) à propos des retraites : s'inspirer de la CGT - 28 avril 2009

Gérard Beillard (MRC 53) : nouvelles réflexions portant sur les retraites - 19 février 2010

 

Revue de presse

 

Les prévisions sur l'avenir des retraites font débat (Ouest-France, 15 avril)

Comme prévu, le Conseil d'orientation a annoncé de mauvaises nouvelles, hier : le déficit plongerait de manière alarmante. Des chiffres contestés par les syndicats. Qui demandent que l'on étudie toutes les pistes.

Retraites : les alarmants calculs de 1995 se vérifient en 2010 (Rue89, 16 avril)

Comme le dernier rapport sur les retraites, celui de 1995 était critiqué. On s'aperçoit aujourd'hui qu'il était dans le vrai.

 

Dossier: Les retraites (Marianne2, 17 avril) 

 

Cet article est le 15ème sur ce blog dans la catégorie Les retraites

 

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13 avril 2010 2 13 /04 /avril /2010 22:55

 

Le système par capitalisation : un désastre pour les retraités  

 

Selon l’agence Reuters (site du Monde, 12 avril), la concertation sur la réforme des retraites en France a montré dès son coup d'envoi lundi 12 avril les divergences entre gouvernement, syndicats et patronat sur la question de savoir qui subira les mesures visant à juguler les déficits.

 

Après des rencontres bilatérales avec le ministre du Travail, les syndicats ont rejeté toute réforme qui pèserait uniquement sur les salariés et les fonctionnaires, à travers un relèvement de l'âge légal de la retraite ou de la durée de cotisation nécessaire pour toucher une pension complète. Ils ont demandé à Eric Woerth de jouer plutôt sur les sources de financement des retraites, en évoquant, entre autres, des hausses générales ou ciblées des cotisations, contre lesquelles se sont élevées les organisations patronales.

 

Eric Woerth a refusé toute hausse générale des impôts ou des cotisations, sans toutefois écarter des ajustements "ici ou là". "Il y a un sujet sur lequel le gouvernement n'est pas ouvert, c'est l'augmentation des prélèvements", a-t-il dit à des journalistes. "Nous ne sommes pas favorable à l'augmentation des impôts, nous ne sommes pas favorables à l'augmentation des cotisations d'une manière générale."

 

Les syndicats ont déploré l'insistance du gouvernement sur l'âge légal, aujourd'hui de 60 ans, et la durée de cotisation pour une retraite complète, qui atteindra 41 ans en 2012.

"On n'a rien sur la question des financements, rien sur l'élargissement de l'assiette", a dit le président de la CFTC, Jacques Voisin. "On a le sentiment que le ministre reste sur ces deux paramètres: l'âge et la durée des cotisations." (...)

 

Voici ce qu’écrivait, ce 13 avril, sur son blog, une spécialiste du droit du travail : La véritable réforme des retraites : Actualités droit du travail, par Artemis/Velourine

 

La véritable réforme des retraites

 

Avec la crise financière, la retraite par capitalisation est un désastre pour de nombreux seniors. Dans la plupart des pays de l'OCDE  on a enregistré  une  baisse des actifs des fonds de pension.  Les rendements ont chuté de 35 % dans la zone OCDE. Ce sont les systèmes où le montant de la retraite qui est  versée n'est pas garanti (à cotisations définies mais pas à prestations définies) qui vont ainsi  ruiner l'avenir  de leurs retraités.

Aux Etats-Unis les fonds de pension à prestations définies  se sont développés dans les entreprises dès 1940 pour compléter la retraite par répartition publique (the Social security créée en 1935).

 

Ces  fonds de pensions ont été supplantés par des plans d'épargne salariale (dits plans « 401 k ») dont le montant à la sortie n'est pas défini. Employeurs et salariés ont trouvé leur intérêt à se tourner vers ce type de placement. A ce jour  31% des salariés américains ont un plan d'épargne salariale et  8% un régime de retraite professionnelle à prestations définies (12% ont les deux).
La crise  financière  a réduit de façon brutale les avoirs des salariés épargnants. Ceux qui étaient proches de la retraite ont bien souvent été dans l'obligation de  différer  leur départ ou de rechercher du travail. 
Au Royaume-Uni  70% des fonds sont en déficit a déclaré Catherine Mathieu, chercheur à l'OFCE. Une tendance qui devrait se confirmer puisqu'à partir de 2012 va se mettre en place un plan national de retraite à cotisations définies dans les entreprises baptisé NEST (National Employment Savings Trust).N'oublions pas  qu'au Royaume-Uni  le taux de pauvreté des plus de 65 ans est le plus élevé de l'Union européenne. Avec la réduction des avoirs des  salariés épargnants la pauvreté chez les personnes âgées risque d'exploser. Ce sont surtout les personnes proches de la retraite qui ont beaucoup perdu. Pour ceux qui sont encore éloignés de l'âge de la retraite  les effets de la crise financière  seront certainement réduits  en cas de reprise  des marchés financiers.

 

Malgré cette situation qui est loin d'être satisfaisante  les régimes par capitalisation à prestations non définies progressent. La France n'échappe pas à cet engouement ! (…)

 

Force est de constater que tous se focalisent sur l'age de départ à la retraite, la hausse de la durée des cotisations etc... Mais  personne  n'évoque le réel changement  celui qui commence  à bouleverser notre paysage social, celui  qui va exposer les retraités et futurs retraités aux aléas de la finance internationale .... à savoir  le remplacement progressif mais inexorable de notre système de retraite par répartition par celui de la capitalisation.

 

Depuis  plus d'une vingtaine d'années   les entreprises ont développé des systèmes  dans lesquels chacun peut se constituer sa retraite en épargnant.(Patrick Aubert, chef du bureau « retraites » de la DREES a publié une étude sur la « retraite supplémentaire facultative en France). Les   réformes Balladur (1993) et Fillon (2003) ont  facilité ce changement.

 

Selon Pascale Coton, secrétaire générale adjointe de la CFTC, en charge de la protection sociale.« Il y a un désengagement de la solidarité avec ces deux réformes et une montée de la capitalisation rampante, notamment depuis la loi Fillon de 2003 qui a créé des systèmes d’épargne collective en entreprise, comme le PERCO, permettant aux salariés de compléter leur retraite de base »


12 milliards d’euros de cotisations en capitalisation pour 230 milliards d’euros en répartition ; et 6 milliards en prestations contre 245 milliards, selon l’étude DREES.  A ces chiffres il faut ajouter  les assurances vie qui ne sont pas considérées  comme des produits  retraite (selon cette étude, 25 % des ménages déclarent détenir des produits d’assurance-vie « pour préparer la retraite »)

 

Aujourd’hui, la capitalisation reste un complément de retraite  mais demain ? Selon un chercheur à l’IDHE-Nanterre : « On est dans une époque où les mérites du système par répartition ne sont pas évoqués. On peut s’interroger sur le comportement patronal qui veut bien mettre de l’argent dans le PERCO mais pas dans l’AGIRC-ARCCO. C’est d’autant plus étonnant que la crise financière a montré la fragilité de la capitalisation. Et l’on sait aussi que la capitalisation mène à une inégalité devant la retraite, notamment entre salariés des grandes entreprises bien équipées en produits retraites et ceux des PME-TPE ».

Le régime par répartition se meurt vive le régime par capitalisation ! La solidarité  entre les générations se meurt vive  l'individualisme !

Le véritable changement de notre système de retraite et  au delà de notre paysage social est bien là.

 

Voir aussi sur ce blog : Gérard Beillard (MRC 53) : nouvelles réflexions portant sur les retraites - 19 février 2010.  

 

Cet article est le 14ème sur ce blog dans la catégorie Les retraites

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19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 20:55

La plus grande vigilance est demandée aux syndicats

 

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Gérard Beillard
milite au MRC en Mayenne. Il s’intéresse tout particulièrement aux questions de la protection sociale - santé et retraite - et du logement, mais aussi à tout ce qui concerne les conditions et la législation du travail (il est ouvrier dans une entreprise textile à Laval). 

Il m’a remis trois textes qui seront publiés sur ce blog, portant sur la sécurité sociale, les retraites et le logement social.


Commençons par les retraites, dossier le plus médiatisé actuellement (le président de la République a « ouvert le chantier de la réforme des retraites » - voir l’article de Rémi Barroux et Françoise Fressoz, Le Monde, 15 février Retraites : Sarkozy dit qu'il "ne passera pas en force").

 


Ne laissons pas marchander nos retraites !

 

Les retraites sont le fruit de plus d’un siècle de mobilisation des salariés, intégrées à la Sécurité sociale en 1945, il ne faut pas l’oublier, complétées par les retraites complémentaires obligatoires. Régulièrement combattues par tous les bouts par le patronat et les divers gouvernements : loi Balladur de 1993 pour le privé (passage à 40 années de cotisation, le calcul du salaire de référence passant des 10 aux 25 meilleures années), loi Fillon contre les retraites de la fonction publique en 2003, imposition des 40 années aux régimes spéciaux.

 

Cela n’a rien changé et le gouvernement veut remettre une couche supplémentaire pour satisfaire toujours les mêmes ! La solidarité nationale, c’est fini ! Les patrons ne veulent plus payer pour des gens qui sont devenus inutiles à leurs profits, spécialement aux actionnaires.

Le ministre Darcos l’a affirmé devant le Parlement : il n’est pas question de relever les cotisations, surtout la part employeur. Le Sénat estime que le chômage va augmenter et restera à un haut niveau pendant plusieurs années. C’est vrai mais, en disant cela, il ne se mouille pas trop.

 

Le gouvernement a plusieurs axes de réformes, déjà expérimentés et prévus.

 

1) L’augmentation de l’âge de départ à la retraite, selon deux modalités, la première étant de relever l’âge légal du droit à la retraite, la seconde, plus malicieuse et appliquée depuis 1993, étant d’augmenter le nombre de trimestres de cotisations pour percevoir une retraite à taux plein, ce qui incite, bien sûr, les salariés à repousser leur départ.

Ceci ne marche pas vraiment d’ailleurs, soit à cause du chômage définitif après 50 ans, soit en raison du management moderne insupportable qui pousse des salariés à prendre leur retraite, même s’ils n’ont pas leur nombre de trimestres validés (les deux options peuvent se cumuler).

 

2) Il est question aussi de faire des économies de prestations, afin de stabiliser le système financier. Une proposition avantageuse pour le patronat est avancée. On supprime les trimestres de cotisation obligatoires et l’assiette, déjà moins avantageuse, des 25 meilleures années est mise au placard. Place au « compte rationnel ». De quoi s’agit-il ? Une pension en fait pour des morts.

Chaque assuré est titulaire d’un compte d’épargne virtuel. Les cotisations acquittées par l’assuré créditent virtuellement le compte qui est revalorisé chaque année, par le gouvernement ou, comme dans les retraites complémentaires, par les « partenaires sociaux » en fonction du bon vouloir du patronat. Le montant de la pension serait proportionnel au capital virtuel accumulé par chaque salarié. Ce coefficient de proportionnalité dépendrait de l’âge effectif de départ à la retraite (d’où, bien sûr, le maquillage idéologique de la retraite dite choisie).

 

C’est donc sur la totalité de la carrière, et pas seulement sur les 25 meilleures années, que serait évaluée la retraite. En fait, bonjour les précaires, les périodes de chômage, de maladie, de handicap, les invalidités, les temps partiels (qui concernent encore plus les femmes qui souffrent déjà d’une dévalorisation de leur retraite par rapport aux hommes (écart de 29%, tous régimes confondus).

 

De plus, une grande nouveauté, le calcul de « l’espérance de vie » à l’âge du départ à la retraite ! La retraite devient une rente viagère. « La méthode conduit ainsi à prendre en compte dans le calcul de la pension le risque de longévité ». On dit de façon plus claire « Le montant de la pension liquidée est d’autant plus grand que les probabilités de survie sont faibles ».

 

Si cela se faisait ainsi, c’en serait fini de la Sécurité sociale. Vive l’assurance privée ! Mais deux conséquences, au moins, seraient à prévoir : une baisse très violente des pensions et l’individualisation totale du calcul des retraites, sans règles communes et sans contrôles possibles, donc sans revendications collectives facilement formulables. Dans ce cas, la mobilisation massive contre un tel projet s’imposerait.

 

Le risque est que cela pousse les salariés qui le peuvent à se tourner vers les assurances privées ou mutuelles, afin d’aboutir aux fonds de pension, ce qui n’est pas prudent par ces temps d’instabilité boursière. On en a vu des exemples aux USA et dans le Royaume-Uni.

Bien sûr, le gouvernement ferait des correctifs dits sociaux, de la bienfaisance, pour masquer la réalité qui serait la mise en place d’un système à l’opposé, philosophiquement, de la Sécurité sociale.

 

Il ne faudrait pas croire que les retraites complémentaires pourraient amortir le choc. Leurs rendements sont en baisse constante depuis dix ans et cela va continuer. La pension servie pour 100 euros de cotisation a chuté de 5,82% à l’Arrco (non cadres) et de 5,59% à l’Agirc (cadres). Il faut savoir que ces retraites complémentaires représentent entre 50 et 70% de la retraite pour un cadre et entre 20 et 30% pour un non cadre. Cherchez l’erreur et trouvez la justice, tant criée par le gouvernement !

 

Par ailleurs, un accord a été signé, fin 2009, par deux syndicats (CFDT et CFTC) et le Medef. La CGT ne l’a pas signé et les autres syndicats ont émis des réserves. Cet accord prévoit de renégocier en 2010 afin d’articuler les nouvelles règles des retraites complémentaires avec celles qui seront décidées par la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav).

 

J’espère que nous serons tous très vigilants à l’égard des négociations concernant les retraites, et que les syndicats penseront à défendre l’intérêt des salariés, sans se laisser attirer par les leurres gouvernementaux (cela s’est déjà produit et nous en subissons, actuellement, les conséquences). Il est temps de se réveiller et d’agir !

 

Article précédent sur ce thème (28 avril 2009) : Gérard Beillard (MRC 53) à propos des retraites : s'inspirer de la CGT -

 

Cet article est le 13ème sur ce blog dans la catégorie Les retraites

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28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 18:11

Le bilan des réformes de 1993 et 2003 est désastreux

 

Le dossier des retraites est suivi de près par Gérard Beillard, domicilié à Saint-Berthevin, ouvrier dans une entreprise de textile à Laval. Il était intervenu sur cette question lors du congrès MRC (voir Gérard Beillard, délégué de la Mayenne, est intervenu au congrès MRC - 23 juin 2008).  


Hier, sur ce blog, il avait traité le problème des retraites complémentaires (voir
Les pensions de retraite sont garanties jusqu'à la fin 2010, pas après - 27 avril 2009).

 

Ayant recherché les positions des centrales syndicales sur la question des retraites, il a retenu celles de La cgt, publiées le 27 mars 2008 sur le site de ce syndicat  La CGT fait 7 propositions.

 

La CGT : un bilan des réformes, des propositions

 

Quatre mesures sont pénalisantes :

 

- Près de 42 ans de cotisations seront exigés pour toucher une retraite à taux plein en 2020. Si plusieurs pays d’Europe affichent des objectifs similaires ou supérieurs, c’est en maintenant des mécanismes favorables de départ anticipé.

 

- Le taux de remplacement (montant de la pension, comparé au salaire avant retraite) est passé de 50% à 43% en 2008, conséquence de la désindexation des salaires qui servent à calculer le montant de la retraite pour les salariés du privé.

 

- Une baisse sensible de la valeur des pensions servies par les régimes de retraite complémentaire Agirc et Arrco (20 à 25%, pour une même somme affectée à l’achat de points de retraite).

 

- Une indexation des pensions servies sur les seuls prix, et non sur l’évolution du salaire moyen. Au bout de 15 ans de retraite, le pensionné aura perdu au moins 20% de pouvoir d’achat par rapport aux actifs.

 

Le monde du travail est attaché au droit à la retraite à 60 ans.

 

La présidente du Medef, Madame Parisot, veut reculer cet âge à 62 ou même 63 ans. Le gouvernement fait semblant de ne pas toucher à l’âge de 60 ans, mais allonge sans cesse la durée de cotisation exigée pour toucher une retraite à taux plein correcte :

-          En 1993, il a pris la décision de passer à 160 trimestres (40 ans) pour les salariés du privé.

-          En 2003, même décision pour les fonctionnaires. Et 164 trimestres pour tous en 2012, puis progressivement 167 trimestres en 2020.

-          En 2007, alignement des régimes spéciaux sur la durée de cotisation générale.

 

Dans les faits, cette exigence sans cesse accrue ne permettra plus aux salariés d’exercer leur droit au départ à 60 ans. La CGT réclame, et elle n’a pas tort, la reconnaissance de carrière complète à 60 ans, en intégrant toutes les périodes d’études, de formation, d’apprentissage, d’activité professionnelle ou d’inactivité forcé (chômage, recherche d’un premier emploi). Bien entendu, le choix de partir ou non à la retraite dès l’âge de 60 ans doit appartenir au salarié, et à lui seul, sans pression de l’employeur.

 

Il faut assurer l’égalité en matière de retraite.

 

Les gouvernements successifs ont mis en avant le principe d’égalité pour justifier leurs réformes régressives. Mais, en réalité, ils ont laissé de côté les inégalités les plus criantes.

 

La reconnaissance des travaux pénibles, dangereux et astreignants, par un départ anticipé à la retraite était réclamée par la CGT et d’autres syndicats, depuis longtemps. Elle était prévue dans l’article 12 de la loi 2003 sous forme d’une négociation interprofessionnelle devant établir la reconnaissance de la pénibilité en matière de retraite. Elle n’est toujours pas effective.

 

Chaque année, des salariés meurent prématurément en raison de leurs conditions de travail. L’espérance de vie d’un ouvrier est de 7 ans inférieure à celle d’un cadre. La mise en place d’un dispositif immédiat permettant de mettre fin à cette inégalité insupportable, et de réduire ensuite la pénibilité pour les salariés les plus jeunes par un effort sans précédent de prévention, reste à faire.

 

Le financement du dispositif pérenne de prévention et de reconnaissance de la pénibilité doit être assuré par les entreprises, les branches et un complément interprofessionnel.

 

Le rééquilibrage de la compensation entre les régimes de retraite.

 

Les gouvernements, au fil des réformes, ont organisé des transferts financiers entre les régimes. Chaque salarié du régime général paie en moyenne 300 à 400 euros par an à ce titre, les agents publics : 700 à 800 €. 2/3 de ces sommes vont aux régimes de retraite des non salariés (exploitants agricoles, commerçants, artisans).

 

La CGT n’est pas contre le principe d’une compensation démographique au profit des régimes en situation défavorable, salariés ou non salariés, car cela permet, par la solidarité, de sécuriser la retraite par répartition. Mais elle pose une condition : que les plus favorisés dans les professions bénéficiaires fassent des efforts proportionnels à leurs ressources.

Un récent rapport de la Cour des Comptes a mis en évidence le fait que, par divers mécanismes de forfaitisation et de niches fiscales et sociales, les professions indépendantes, agricoles et libérales, parviennent à réduire leurs contributions. Le taux de prélèvements sociaux, corrigé des effets d’assiette, est de 10 points plus bas pour ces professions jusqu’au plafond de la sécurité sociale. Il est de 30 points plus bas entre 1 et 4 plafonds !

 

L’épargne retraite

 

La CGT  refuse d’entretenir des illusions à propos de l’épargne retraite et, aussi, des primes sur salaires qui, au moment de la retraite, ne sont pas comptabilisées.

 

Gouvernement et patronat incitent les salariés à recourir à l’épargne individuelle pour compenser les baisses prévues des retraites. Avantages fiscaux, abondements des entreprises, tout est bon pour favoriser le recours à ces produits d’épargne.

 

Banques et compagnies d’assurances cherchent à tout prix à placer ces produits, semant de graves illusions sur ce qui reviendra aux salariés le jour de leur retraite.

Ces produits d’épargne sont très coûteux, pour un rendement aléatoire. Les entreprises, qui refusent d’augmenter les cotisations sur les retraites, placent des millions d’euros dans les retraites d’entreprise en capitalisation !

 

Les failles de ces produits d’épargne collective sont des coûts de gestion trop élevés, par rapport à ceux du système par répartition. Ils viennent s’imputer sur le montant de la rente future. La seule chose que connaît l’épargnant, c’est le montant de sa cotisation. Le niveau de la rente, lui, dépend des fluctuations des marchés financiers et de l’habilité du gestionnaire. Le niveau attendu de la future rente est souvent surestimé.

 

Pourtant, d’après un calcul de la Fédération des Sociétés d’Assurances, un salarié devrait placer depuis l’âge de 30 ans l’équivalent d’un mois de salaire tous les ans pour espérer au mieux une augmentation de 15% du niveau de ses revenus à la retraite. Quel salarié pourrait placer une somme pareille ?

 

Alors qu’ils sont mis en place depuis quelques années, il faut demander que soit assurée la plus grande transparence sur ces produits d’épargne collective, notamment sur les coûts de gestion et les niveaux de rente escomptés.

 

Quant au système d’épargne retraite individuelle, il faut mettre en garde les éventuels souscripteurs. Le choix d’épargner relève de la décision individuelle, mais il ne faut pas confondre produits d’épargne et système de retraite. La CGT a fait remarquer que ce système d’épargne retraite mis en place en Grande-Bretagne a fait faillite.

 

Le problème financier

 

La question décisive est celle de l’équilibre financier des régimes de retraite à moyen et long terme. Le trou de la Sécurité sociale n’est pas une fatalité. Depuis 20 ans, gouvernements et patronat ont refusé de donner des moyens complémentaires à la protection sociale et bien sûr aux systèmes de retraite.

 

Chacun sait bien que la clé principale du financement est dans le développement de l’emploi. Quatre millions d’emplois supplémentaires apporteraient la moitié des besoins de financement nécessaires pour la retraite, via les cotisations. C’est à peu près le nombre de salariés disponibles aujourd’hui pour un vrai emploi.

 

Le compromis de 2003, passé par le patronat sur le recyclage en faveur de la retraite des cotisations UNEDIC, ne tient pas debout.

-          D’une part, que veut dire un excédent UNEDIC quand plus d’un chômeur sur deux n’est pas indemnisé ?

-          D’autre part, la priorité dans l’affectation des moyens est dans le retour à l’emploi. Augmenter le nombre de salariés en emploi est la meilleure garantie pour l’équilibre financier de notre système de retraite.

Siphonner les ressources de l’UNEDIC est donc quelque chose d’aberrant. Toutes les organisations syndicales s’étaient opposées à cette mesure lors du rapport Charpin sur les retraites en 1999.

 

Une priorité doit être accordée à l’emploi des jeunes et des seniors. Six salariés, environ, sur dix ne sont plus en activité lorsqu’ils liquident leurs droits à la retraite. La priorité n’est pas le cumul emploi-retraite, mais le maintien dans l’emploi jusqu’à 60 ans.

 

Le second problème est celui du déséquilibre dans le partage de la valeur ajoutée, au détriment du salarié socialisé. L’entreprise a réduit sa contribution au financement de la protection sociale.

En 15 ans, la part des cotisations sociales dans le PIB a reculé de 2,5 points, ce qui représente un gain considérable pour les entreprises et un manque à gagner correspondant pour la Sécurité sociale.

 

La CGT fait cinq propositions pour apporter les ressources complémentaires. Elles sont discutables, mais elles ont le mérite d’exister.

 

1 – Tous les éléments de rémunérations complémentaires sont à soumettre à la cotisation pour la retraite.

2 – Une contribution sur les revenus financiers des entreprises doit être instaurée, à une juste valeur.

3 – La contribution des entreprises doit être modulée afin de pénaliser celles qui licencient et recourent à une main-d’œuvre précaire.

4 – Le fonds de réserve pour les retraites, dont la fonction de « lissage » des besoins serait confirmée, doit être doté d’une ressource pérenne, à hauteur des besoins, prélevée sur les dividendes versés par les entreprises.

5 – Au bout du compte, les salariés pourraient consentir une hausse de leurs cotisations, afin de permettre l’équilibre des régimes et sécuriser le droit à la retraite pour tous et par répartition, qui est le modèle le plus sûr pour accéder à une retraite convenable et juste, socialement.

 

Cet article est le 12ème sur ce blog dans la catégorie Les retraites.

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27 avril 2009 1 27 /04 /avril /2009 20:47

 

Maintien des règles actuelles pour les régimes complémentaires

 

Début 2009, alerte sur le montant des retraites complémentaires ! Elles étaient menacées à partir d’avril si les partenaires sociaux (les représentants du patronat et des salariés, au niveau national) ne trouvaient pas un accord garantissant le financement des pensions entre 60 et 65 ans, l’âge minimal pour avoir une retraite complémentaire complète étant fixé à 65 ans.

 

La retraite complémentaire (voir Ma retraite complémentaire), c’est important, puisqu’elle représente, en moyenne, 1/3 de la retraite des non cadres et jusqu’à 2/3 de celle des cadres.

 

Le 23 mars, un accord était trouvé, qui n’en était pas un, puisque c’était une simple reconduction jusqu’à fin 2010 des règles actuelles (voir Retraites complémentaires : le statu quo au moins jusqu'à fin 2010 ...).

 

Congres-MRC-2008-023-T.jpgGérard Beillard, ouvrier dans une usine textile de Laval, domicilié à Saint-Berthevin, milite au MRC 53. Il s’est chargé des questions liées au travail, à la protection sociale et aux retraites (voir l’un de ses articles sur ce blog Gérard Beillard (MRC 53) : la santé, vers un système à l ...).

 

Gérard Beillard et Michel Sorin, délégués de la Mayenne au congrès du Mouvement Républicain et Citoyen,
le 21 juin 2008, dans la salle du Kremlin-Bicêtre (Val-de Marne)

Voici le texte qu’il m’a remis, portant sur les négociations entre les partenaires sociaux

 

La négociation sur les retraites complémentaires Arrco et Agirc du privé s’est ouverte depuis le début de l’année. Suite à la journée de mobilisation du 29 janvier des salariés de tous les secteurs d’activité, ce contexte social a contraint le Medef à être très prudent, assez loin de ses déclarations précédentes sur la nécessité de supprimer immédiatement le droit de partir en retraite à 60 ans, sans pour autant vouloir la garantir.

 

Ont été réaffirmées les exigences des salariés d’un maintien au droit au départ en retraite à 60 ans dans les régimes complémentaires et d’un niveau de pension leur permettant de répondre à leurs besoins une fois en retraite.

 

La CGT a décliné un certain nombre d’objectifs et de propositions pour assurer ces droits et les financer. En ce qui concerne l’âge de départ en retraite, elle a demandé que ce droit à la retraite complémentaire à 60 ans sans abattement soit directement assuré par chacun des régimes Arrco et Agirc, sans passer par la structure Association pour la Gestion du Fonds de financement (AGFF), qui n’est pas pérenne.

 

Pour le niveau des droits, un taux de remplacement doit être garanti sur la durée, de façon à assurer là aussi une véritable solidarité entre les générations.

 

Le déséquilibre des régimes Arrco et Agirc va apparaître plus tôt que prévu, à cause des politiques salariales et d’emploi des entreprises. Pour autant, des solutions peuvent être trouvées, notamment avec l’utilisation des réserves des régimes.

 

Le Medef et toutes les autres organisations syndicales ont reconnu que la logique des accords successifs depuis 10 ans environ de baisse continue du rendement des régimes, et donc des futurs droits à la retraite, n’était plus tenable.

Il n’est pas normal qu’un ouvrier qui a travaillé 42 ans se retrouve avec une retraite mensuelle totale (de base + complémentaire) de l’ordre de 950 à 980 euros, tandis que des classes sociales gagnent 5 à 6 fois plus. Un jour, il faudra se pencher sur cette dérive, car c’est inadmissible.

 

Par contre, sur les autres solutions pour assurer l’équilibre des régimes, les positions sont différentes.

 

Le patronat refuse toute augmentation des cotisations et ne souhaite jouer que sur l’âge de départ, avec l’éventualité d’un décalage progressif de celui-ci.

 

Certaines organisations syndicales, comme la CGC et la CFTC, ne sont pas opposées à des discussions sur ce type de mesures, à condition qu’elles soient associées à quelques autres décisions ; d’autres veulent des efforts partagés, tels que la réalisation d’économies sur les droits familiaux et conjugaux.

 

La CGT a réaffirmé le besoin de traiter de la question des ressources des régimes de retraites. Ne pas vouloir la traiter ne peut qu’aboutir à remettre en cause le pacte de solidarité intergénérationnel en sacrifiant la retraite des jeunes et des futures générations.

 

Il faut garder la retraite par répartition, c’est la seule garantie et la plus juste pour nos concitoyens. Il faut regarder ce qui est arrivé aux retraites par capitalisation, le désarroi pour ceux qui ont de petites pensions et même pour les classes moyennes.  

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Cet article est le 11ème sur ce blog dans la catégorie Les retraites

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