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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 16:29

La crise, seul moyen de retour à la raison sportive ?

 

Depuis trois ans, trois clubs anglais sur quatre parviennent au sommet de la plus prestigieuse compétition européenne du football professionnel (demi-finales de la Ligue des Champions). Ce n’est pas par hasard. L’argent - c’est-à-dire le capitalisme financier mondialisé, produit de la doctrine néolibérale - est passé par là.

 

Le retour à la raison passe par la crise, qui ne va pas manquer de se répercuter sur cette activité, puis par un encadrement légal aux niveaux national et européen.

 

Dans l’immédiat, il est utile de comprendre le cheminement historique qui a conduit ce sport à devenir un produit marchand très intégré au système capitaliste.

 

L’article paru le 17 avril sur le site Rue89, sous la signature de Philippe Marlière, professeur à Londres, montre ce qui s’est passé ces vingt dernières années dans le football anglais (extraits).

 

Hillsborough : quand le football devint capitaliste

 

Le 15 avril 1989, 96 supporteurs de l'équipe de football de Liverpool meurent asphyxiés et piétinés dans le stade de Hillsborough à Sheffield. Leur équipe venait d'entamer la demi-finale de la coupe d'Angleterre contre Nottingham Forest. La rencontre est interrompue après 6 minutes (…).

Le football, sport populaire et de masse, est sur le point de disparaître. Il sera la victime expiatoire des mesures prises à la suite de ce dramatique événement.

Le rapport Taylor

En août 1989, Lord Taylor remet un rapport au gouvernement établissant les responsabilités de ce désastre. Les autorités sportives et la police sont violemment critiquées. Un deuxième rapport Taylor est rendu public en janvier 1990. Afin d'éviter de nouveaux Hillsborough, Taylor préconise que tous les stades de football de première et de deuxième division soient dotés de places assises (…).

Contrairement aux recommandations de Lord Taylor, les correctifs structurels (places assises, confort et sécurité accrus) ont fourni aux clubs un prétexte pour fortement augmenter les prix des billets. Au début des années 90, il en coûtait moins de 5 livres sterling pour assister à un match de première division. Aujourd'hui, il est difficile d'obtenir un billet pour moins de 40 livres.

Cette mesure a eu pour effet d'exclure des stades les classes populaires et les jeunes. Roy Keane, qui lui-même gagna plus de 400 000 livres par mois pour jouer au football, omet d'expliquer que si les publics sont de nos jours aussi calmes, c'est que les spectateurs présents sont d'âge mûr et appartiennent, en majorité, aux classes moyennes et supérieures. Les autres catégories de la population sont condamnées à regarder les matches au pub sur Sky Sports, la chaîne à péage de Rupert Murdoch.

Une activité capitaliste

Dans l'après Hillsborough, la Football Association (FA) décide que le football a besoin d'un rebranding radical. La FA cible les classes moyennes et tourne le dos au monde ouvrier, une clientèle associée au hooliganisme et dont le pouvoir d'achat est peu élevé.

Elle fait ainsi d'une pierre deux coups. D'une part, elle flatte le pouvoir thatchérien pour qui le football est une activité socialement nuisible. D'autre part, la FA comprend que la gentrification du football est une étape nécessaire pour en faire un business lucratif.

En avril 1991, la FA publie un document intitulé Blueprint for the Future of Football, qui projette la création d'un nouveau championnat en remplacement de la First Division. La Premier League se vend bien : la FA perçoit des droits de retransmission télévisée astronomiques. Le football est ainsi devenu une activité purement et brutalement capitaliste.

L'argent de la télévision a révolutionné la compétition sportive. Dotés d'une manne financière largement supérieure à tout autre pays européen (à l'exception du Real Madrid et de Barcelone qui s'appuient sur des socios nombreux et fidèles), les clubs anglais peuvent attirer les meilleurs coaches et joueurs dans le monde.

La domination du football anglais en Europe n'est que le reflet de sa domination économique. Puisque le football est une entreprise capitaliste, il attire en premier lieu les capitalistes. Les clubs de la Premier League sont la propriété de richissimes hommes d'affaires, pour la plupart étrangers, qui n'ont souvent aucune attache sportive avec leur club : Manchester United et Liverpool sont aux mains de business men étatsuniens, Manchester City a été racheté par un cheikh d'Abu Dhabi qui a récemment proposé 100 millions de livres sterling à l'AC Milan pour le transfert du brésilien Kakà.

Des clubs comme Chelsea (avec le russe Roman Abramovich) et Portsmouth (avec le franco-russo-israélien Alexandre Gaydamak) sont détenus par des personnalités aux activités et aux connections politiques les plus troubles.

Notons que la plupart de ces clubs sont fortement endettés du fait d'une masse salariale exorbitante. Par ailleurs, des clubs ont été achetés à crédit (Manchester United, Liverpool). La situation financière de ces grands clubs est par conséquent des plus incertaines et aléatoires (…).

Lire aussi l’article paru ce 20 avril sur le site de Marianne Foot : vivement la Crise !

Par Antidote. Les journalistes sportifs, si prompts à critiquer le bouclier fiscal, sont les premiers à se plaindre des impôts payés par les joueurs et de la fiscalité qui handicape le foot français. Petit plaidoyer contre les tartuffes en short et chaussures à crampons.

… et l’édito de Laurent Joffrin, le 18 avril, sur le site de Libération Dérive

 

Cet article est le 3ème paru sur ce blog dans la catégorie Les sports .

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18 octobre 2008 6 18 /10 /octobre /2008 19:57

La liberté de siffler n’est pas limitée à l’arbitre !

 

Les sifflets du Stade de France visaient l’équipe de France, ses joueurs, ses maillots, son hymne. Et ils étaient nombreux parce que les supporters tunisiens étaient beaucoup plus nombreux et plus déterminés que les Français, ce 14 octobre à 21h dans ce magnifique stade de la Seine-St-Denis.

 

Ils étaient venus avec l’envie de se défouler et de voir leur équipe gagner. Où est le mal ? Il n’y a pas eu de violences sur les personnes, ni de dégâts matériels. Nous devrions être contents de voir notre Stade de France rempli pour un match de foot, ce qui n’était pas le cas contre la Serbie.

 

Si les supporters français ne se déplacent pas, il doit y avoir une raison à ce manque de motivation. Pas besoin de chercher : le spectacle fourni par l’équipe de France à l’Euro, en juin dernier, était pitoyable… Tout s’explique.

 

A celles et ceux qui ne s’intéressent pas à ce jeu d’argent, qu’est devenu le football professionnel, je vais mettre à leur disposition quelques articles de journaux qui les aideront à comprendre.

   

Antoine Guiral, dans Libération, le 16 octobre, commente : Marseillaise: du bruit et une odeur de démagogie. Le 17 octobre, le secrétaire d’Etat aux sports confirme ses réactions initiales, dans le même journal (La «Marseillaise» sifflée : Bernard Laporte persiste et signe).

Non, je ne regrette rien. Hier, Bernard Laporte a assumé sa proposition de ne plus jouer à Paris les matchs contre les équipes du Maghreb après les sifflets de mardi soir contre la Marseillaise.

«J’assume tout ce que j’ai dit», a déclaré le secrétaire d’Etat aux Sports sur France 3. Il a ensuite repris son argumentaire, estimant «inadmissible que l’hymne national soit sifflé», et affirmant : «Les matchs à risque, il faut les délocaliser et aller les jouer en province.»

Fadela Amara, elle, s’est déclarée en désaccord avec cette «mesure [qui] tendrait à donner de l’importance à des actes inqualifiables». Pourtant, la secrétaire d’Etat à la Politique de la ville se veut intransigeante, réclamant «sanction» et «justice exemplaire» contre les auteurs des sifflets. «On a tendance à banaliser ce genre de comportement», a-t-elle expliqué, dans le Parisien d’hier. Selon elle, il faut arrêter «de parler de malaise social ou de problème d’intégration». «Il ne faut leur trouver aucune excuse. Pas de pitié avec ces gens-là !» a-t-elle insisté.

Régis Soubrouillard (Marianne, 17 octobre) persifle : Siffler la Marseillaise, c'est mal. La chanter, c'est pire !

 

Le coup de massue, c’est Michel Platini qui l’assène (Le Monde, 17 octobre, Stéphane Mandard). Le président du foot européen, qui fut l’un des plus brillants joueurs français de football, dénonce la récupération de l’évènement par le pouvoir politique Platini : "Le football est pris en otage par le politique".

 

En ce qui concerne les symboles du drapeau et de l’hymne français, je renvoie à trois articles parus sur ce blog, classés dans la catégorie République :

 

L'origine des trois couleurs du drapeau français, selon Xavier Dumoulin - 30 mars 2007

Les paroles de La Marseillaise sont à resituer dans leur contexte historique - 28 juillet 2007

14 juillet, fête nationale de la République française depuis 1880 - 14 juillet 2008
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23 octobre 2007 2 23 /10 /octobre /2007 18:35

L’individualisme et l’affairisme au sommet de l’Etat

 

Le 19 juin dernier, Bernard Laporte était nommé « Secrétaire d'Etat chargé de la Jeunesse et des Sports auprès de Madame la ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports », avec prise de fonction après la Coupe du monde de rugby. C’était la première fois qu’un membre du gouvernement était nommé trois mois avant sa prise de fonction. C’est dire l’importance du personnage. Le président de la République avait anticipé la victoire de la France le 20 octobre.

 

C’est le même président qui avait mis son épouse sur le devant de la scène quand il est entré à l’Elysée. Cinq mois plus tard, il n’y a plus d’épouse.

Qu’en sera-t-il de son ami, Secrétaire d’Etat aux sports ? Seulement aux sports, car le président l’a déjà sanctionné. Son échec en coupe du monde, ses déclarations maladroites (mais sincères) concernant sa liberté de rester au gouvernement le temps qu’il lui plaira, ses nombreuses irrégularités fiscales présumées, dévoilées par un journal sportif, tout cela faisait beaucoup pour un seul homme…

 

Pour qui a suivi la Coupe du monde de rugby, il est clair que l’équipe de France, sélectionnée et dirigée par Bernard Laporte, avait été préparée pour jouer à l’anglaise (jeu essentiellement défensif et statique, basé sur la force de percussion), sans chercher à valoriser les caractéristiques du jeu à la française (jeu d’attaque et de mouvement avec passes à la main).

Ce plan était destiné à battre les Néo-Zélandais en finale ! Mais, contre les Argentins et les Anglais, cela ne marchait pas.

Les Français ont manqué d’esprit d’initiative et de capacité d’adaptation, de cohésion aussi. Autant de points faibles qu’on peut imputer aux choix de Bernard Laporte.

 

Pour compléter, je propose un extrait de l’article lu le 20 octobre sur le site de Libération www.liberation.fr . 

« Bernard Laporte secrétaire d’Etat aux Sports, c’est un peu comme si Didier Barbelivien (autre pote de Sarkozy) était nommé ministre de la Culture. Car rien dans le parcours du désormais ex-sélectionneur du XV de France ne justifie qu’on lui ait confié ce maroquin. Rien à part sa proximité avec le président de la République.

S’il a une «vision» du sport, elle est restée pour l’instant aussi cachée qu’un ballon enfoui dans un groupé pénétrant. A l’heure où se multiplient les tentatives de privatisation du sport (tel le team Lagardère), Bernard Laporte sera-t-il un ardent défenseur du «modèle français», basé sur l’intervention de l’Etat, la solidarité entre sports professionnels et amateur, ou sera-t-il l’homme de la grande dérégulation?

Le coach pour qui le dopage, ça a toujours été les autres, en l’occurrence les adversaires – victorieux – des Français, fera-t-il de la lutte contre la performance pharmaceutiquement assistée une des priorités de son action? Mystère » (..).

Aux amateurs de rugby, je propose de consulter un blog (hébergé par Le Monde.fr), très bien documenté. Voir http://nicerugby.blog.lemonde.fr. J’en extrais une partie de l’article paru le 19 octobre sous le titre « L’ère Laporte ou l’apologie de l’individualisme ».

« Et j’en viens à réfléchir sur Bernard Laporte. Ce qui a tant plu à notre président Nicolas Sarkozy, c’est ça: Bernard Laporte est un instinctif, un homme qui s’est fait tout seul, qui est parti d’en bas pour arriver tout en haut. Un autodidacte animé d’une ambition personnelle farouche.

Sarkozy-Laporte, c’est une revanche sur l’ordre établi. On ne peut que s’incliner face à une telle volonté de réussir mais on peut se poser des questions dés lors sur son habilité réelle à générer chez les joueurs l’ambition collective. Nul doute que Laporte a été un grand entraîneur. La question est: jusqu’à quand ? Cette capacité à générer l’aventure partout où il est passé, à Bègles, au SBUC, au Stade Français puis en équipe de France est évidente mais son succès personnel l’a sans doute rattrapé ces deux dernières années. Il est devenu la star de l’équipe de France quand il aurait fallu qu’il mette en avant le talent des joueurs. Tandis que son staff était totalement transparent.

Face à cet homme au charisme évident, boulimique, autoritaire et craint, face à cet homme qui cumule les « mandats », entraîneur national, businessman, homme de pub, secrétaire d’état aux sports, face à cet homme qui d’une certaine façon glorifie le pouvoir de l’argent, les joueurs ont-ils inconsciemment lâché leur coach? Pour agir finalement comme lui et s’atteler essentiellement à leur propre réussite plutôt qu’à celle du groupe. L’ère Laporte aura donc été celle de l’individualisme ».

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