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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 19:09

Ne pas exclure d'ouvrir une crise avec l'Europe

 

Le Mouvement républicain et citoyen, présidé par Jean-Luc Laurent - député du Val-de-Marne, maire du Kremlin-Bicêtre - réunissait son Conseil national ce 30 juin avec, comme premier et principal point à l'ordre du jour, la préparation de la Convention Europe prévue les 30 novembre et 1er décembre 2013. C'est Marie-Françoise Bechtel, vice-présidente, députée de l'Aisne, qui était chargée de préparer le texte « Une autre Europe » et d'y intégrer les amendements remontés des départements.

 

MRC-conseil-national-300613-016-T.jpgLe MRC Belfort a transmis une contribution, présentée par Bastien Faudot, qui a en charge les élections au sein du secrétariat national.


CONTRIBUTION DU MRC BELFORT


 

France - Europe : la rupture comme condition du changement


L’Europe est gravement malade. Atteinte à partir de 2008 par la crise des subprimes déclenchée outre-Altantique, sa configuration institutionnelle et monétaire l’a précipitée dans une situation économique particulièrement préoccupante : effondrement de la production industrielle dans la plupart des pays européens, augmentation d’un chômage devenu largement structurel, accroissement des dettes des Etats, des ménages et des entreprises, récession généralisée. Le niveau du chômage des jeunes donne la mesure de l’impasse : 63% en Grèce, 58% en Espagne, 42% en Italie. Ces chiffres signifient : no future.

 

C’est la viabilité même du système qui est atteinte en profondeur. Le risque est de voir le vieux continent se marginaliser durablement, à la périphérie des deux principales puissances mondiales : la Chine et les Etats-Unis. Cette marginalisation ne manquerait pas de se manifester au plan économique, mais aussi au plan politique et diplomatique. C’est donc l’influence du continent européen qui est aujourd’hui en danger dans la mondialisation. En quelques années, la crise en Europe est devenue la crise de l’Europe.


Les difficultés que traverse aujourd’hui l’Union européenne ont été largement analysées et anticipées par notre mouvement. Nous savons au MRC que ces difficultés sont le produit d’une orientation politique commencée il y a trente ans et contre laquelle nous nous sommes toujours dressés. La crise, trop souvent abordée comme s’il s’agissait d’une cause externe, d’une catastrophe naturelle, est d’abord un phénomène politique : celui du choix d’une Union européenne qui a mis au point une méthode, l’intégration à marche forcée, pour satisfaire une lubie, la libéralisation des marchés censée construire la prospérité du continent. Après le tournant de la rigueur, l’acte unique européen adopté en 1985 inaugurait un quart de siècle au cours duquel acquis sociaux, services publics et tissu industriel allaient être particulièrement malmenés. L’ouverture des marchés de capitaux, y compris à l’égard des pays tiers, a exposé les modèles sociaux en Europe à la concurrence féroce des pays à très bas coûts.

 

La mise en oeuvre de la monnaie unique, initiée par le traité de Maastricht, a été l’instrument de cette orientation économique néolibérale qui a conduit à ce que les exigences de la finance exercent une pression croissante sur le monde du travail. La politique de l’euro fort, voulue dès le départ par l’Allemagne, a entraîné des dégâts collatéraux considérables : en France, plus d’1 million d’emplois ont été sacrifiés pour la seule période 1992-2000 afin de préparer la convergence puis la fusion monétaire.

Pire qu’une erreur, la création de la monnaie unique européenne a été une faute économique dont nous n’avons pas fini de payer la facture. Comment se pouvait-il qu’une politique monétaire unique puisse convenir à des pays disposant de structures économiques aussi différentes ? Ailleurs, aucune autre région dans le monde n’a jugé opportun d’opérer à un mouvement de fusion monétaire.

Trop cher, l’euro est devenu un boulet dans la compétition mondiale. Surévaluée d’au moins 30 à 40 % par rapport au dollar, mais aussi au Yen, la monnaie unique européenne renchérit nos exportations et plonge notre base industrielle sous la ligne de flottaison.

Cette approche économique a été largement accompagnée par un mécano institutionnel qui débouche sur une bureaucratie déconnectée de la volonté populaire. Il convient de souligner que des trois instances véritablement décisionnelles à l’échelle européenne (Commission européenne, Banque centrale et Cour de justice européenne) ne disposent d’aucune légitimité démocratique et que la seule qui émane du suffrage universel (le parlement européen) est un théâtre d’ombres. Au-delà de la récession économique, la crise européenne est d’abord politique : c’est une crise de souveraineté dont il s’agit, c’est-à-dire à la fois de légitimité et de représentativité démocratique, mais aussi de puissance car il n’est pas de politique efficace qui ne soit solidement ancrée dans la volonté populaire.

Pour sortir du cycle infernal dans lequel gauche et droite se sont égarées depuis trente ans, il faut maintenant changer de braquet. Le Général de Gaulle avait su en d’autres temps assumer de tels positionnements avec la politique de la chaise vide. Il faut ouvrir une crise européenne par un rapport de force assumé avec Bruxelles et l’Allemagne afin de permettre aux peuples de se saisir positivement de l’enjeu. Seule la France est en capacité d’assumer ce rôle, par son poids politique et économique, mais aussi au nom de l’idéal républicain qui est le sien. Cette crise salutaire implique une rupture idéologique et politique avec les dogmes de l’époque. Le MRC peut aider en ce sens à double titre : parce qu’il a analysé et décrit de longue date l’impasse dans laquelle nous sommes aujourd’hui, mais aussi parce qu’il est membre de la majorité présidentielle et qu’il souhaite sa réussite. Donner du temps au Président de la République est nécessaire, mais notre patience sera rapidement dépourvue d’objet et stratégiquement inutile : les élections intermédiaires et la fin de mandat seront de puissants encouragements à l’immobilisme et nous ne saurions encourager jusqu’au terme l’idée d’un mandat pour rien.

 

Le MRC propose que la France prenne donc une initiative forte à l’échelle européenne en mettant les pieds dans le plat. Elle doit être capable de prendre l’opinion publique européenne à témoin en proposant des réformes majeures pour sortir l’Europe de la nasse :

1. Une modification profonde des statuts de la Banque Centrale Européenne, en mettant la croissance et l’emploi au coeur de ses objectifs

2. Une orientation monétaire à la baisse pour retrouver rapidement la parité 1€=1$ et une inflation maîtrisée

3. Assouplir les dispositifs de coopérations renforcées et favoriser une approche à

géométrie variable pour faire émerger l’Europe des projets contre l’Europe de la technostructure

4. Un plan européen de recherche et une politique de grands travaux à l'échelle du continent

5. Le retour de la capacité de la puissance publique à emprunter directement auprès des citoyens sans intermédiation bancaire

A défaut de ces orientations, la France doit exprimer sa volonté de sortir du carcan de la monnaie unique en transformant, le cas échéant, l'euro en monnaie commune.

 

Cet article est le 129èmeparu sur ce blog dans la catégorie MRCnational.

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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 23:53

Besoin de mise en perspective et d’une réforme fiscale

 

Ce 12 juin, les députés Jean-Luc Laurent (Val-de-Marne), Marie-Françoise Bechtel (Aisne) et Christian Hutin (Nord), ont présenté leur action au Parlement durant cette première année de mandat.

  Les députés du MRC: un an d'action au sein de la majorité

 

ENGAGÉS POUR FAIRE RÉUSSIR LA GAUCHE ET LA FRANCE

 

Le Mouvement Républicain et Citoyen agit pour la réussite de la gauche au pouvoir. Nous sommes membres de la majorité,  soutenons loyalement la politique du Gouvernement tout en faisant entendre notre voix sur les projets de loi présentés à l’Assemblée, dans le cadre de l’accord PS - MRC du 9 mars 2012. Notre discours est unique à gauche : celui d’un soutien responsable et réaliste au Gouvernement sans perdre de vue les impératifs de réorientation de l’Europe et de réindustrialisation de la France.

Notre ambition concrète au sein du groupe SRC à l’Assemblée : proposer, porter et faire aboutir les solutions que nous pensons bonnes pour sortir la France de la crise.

 

UNE LIBERTÉ DE VOTE POUR FAIRE PROGRESSER LE DÉBAT

 

Nous avons approuvé et accompagné la grande majorité des mesures présentées par le gouvernement

Emplois d’avenir et Contrats de génération 

Pacte de compétitivité et Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE)

Création de la Banque Publique d’Investissement (BPI) 

Loi de sécurisation de l’emploi (généralisation de la complémentaire santé etentrée des représentants de salarié aux conseils d’administration) 

Loi bancaire 

Embauche de 60 000 enseignants 

Priorité donnée à l’école primaire

Renforcement du logement locatif social et de la loi SRU 

Intervention au Mali

 

Nous avons également, lorsque c’était nécessaire, fait savoir nos réserves ou notre opposition sur des sujets essentiels : TSCG, "RÈGLE D’OR" : DISCIPLINE ET AUSTÉRITÉ EUROPÉENNE.

La question européenne est, à nos yeux, fondamentale. À travers nos votes sur cette question, nous avons souligné la nécessité d’une réorientation de la construction européenne.

 

Vote contre le TSCG : "Le TSCG a pour seul but d’organiser la rigueur en Europe. Ses procédures méprisent la démocratie délibérative comme la souveraineté budgétaire du Parlement. Ses objectifs sont dangereux pour les économies européennes." Communiqué de Jean-Luc Laurent, 9 octobre 2012

 

MARIAGE POUR TOUS : la liberté de vote a été décidée par le MRC concernant le Mariage pour tous. Jean-Luc Laurent et Marie-Francoise Bechtel se sont abstenus, Christian Hutin a voté pour.

 

Vote contre la "règle d’or" : "Nous déplorons des règles rigides, attentatoires au libre choix du législateur à toutes les étapes de la procédure." Intervention en discussion générale de Marie-Francoise Bechtel, 8 octobre 2012

 

Abstention sur le Programme de stabilité des finances publiques 2013-2017 :"Ce programme n’est ni opportun, ni réaliste [...] Le rythme soutenu auquel le redressement structurel est mené s’avère désastreux. " Communiqué de Jean-Luc Laurent, 23 avril 2013

 

LE MRC, FORCE DE PROPOSITION ET D’INFLUENCE

 

EMPLOI : en cette première année de législature, le MRC a participé activement au fond du travail législatif sur de nombreux de textes.  

SÉCURISATION DE L’EMPLOI : cette loi est un compromis réussi entre les solides garanties apportées aux salariés (mutuelle pour tous, droits rechargeables au chômage, homologation par l’État des plans de sauvegarde de l’emploi) et une gestion plus souple de l’entreprise face aux difficultés nées de la crise. Par le biais de Christian Hutin, nous avons soutenu ce texte et pointé des améliorations possibles par voie d’amendement : abaissement du seuil aux entreprises de 50 salariés pour la représentation au CA (au lieu de 5000), surveillance de l’usage fait par les mutuelles des fonds générés par ces nouveaux contrats.  

REPRISE DE SITES INDUSTRIELS RENTABLES: FINANCE LOI BANCAIRE : dans le cadre de l’examen de ce projet de loi, dont l’objectif était de compartimenter activités de dépôt et d’investissement, Jean-Luc Laurent a insisté sur la nécessité de renforcer le dispositif sur le plan juridique pour aboutir à une séparation concrète. Il a, par ailleurs, annoncé son intention de déposer une proposition de loi en ce sens. L’impératif de réindustrialisation est un des thèmes forts portés de longue date par le MRC. Dans le cadre d’un travail concerté entre partis de la majorité, nous avons pris part activement à l’élaboration de cette proposition de loi pour laquelle Jean-Luc Laurent et Marie-Francoise Bechtel figurent parmi les premiers signataires. Christian Hutin est également signataire de cette proposition.

 

BUDGET 2013 : l’examen du budget 2013 a été l’occasion pour le MRC de faire valoir son soutien à la politique du Gouvernement sur le plan économique et à ses premières mesures de justice fiscale. Néanmoins, une réforme fiscale plus ambitieuse est nécessaire, comme l’a pointé et proposé Jean-Luc Laurent lors de ses interventions.

 

EDUCATION  

REFONDATION DE L’ÉCOLE : Approuvant absolument la volonté du Ministre de l’éducation de donner la priorité à l’école primaire, les députés du MRC ont apporté leur soutien à ce texte à travers leurs prises de paroles et présence en séance. Marie-Francoise Bechtel a, par ailleurs, fait savoir notre opposition ferme au renforcement des enseignements en langues régionales et notre attachement aux missions fondamentales de l’école de la République.  

ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET RECHERCHE : la mise en place d’une stratégie nationale de recherche et d’enseignement pilotée par l’État, la valorisation des filières courtes dans un souci d’équilibre avec les filières longues ainsi que les passerelles annoncées entre haute administration et doctorat sont autant d’avancées qui nous ont conduits à voter en faveur de ce projet de loi.  

Nous avons également, par la voix de Marie-Francoise Bechtel, agi pour promouvoir un compromis sur la question de l’enseignement en langues étrangères en le limitant aux masters ainsi qu’en l’assortissant d’une obligation de formation en français.

 

Au delà du travail effectué sur les textes législatifs, nous nous sommes impliqués dans les travaux de commissions d’enquête (sidérurgie, Cahuzac) et groupes de travail (amiante).

 

FAIRE FACE AUX VÉRITABLES DÉFIS DE L’AN II

 

La première année de la majorité a permis de mettre en place les premières mesures nécessaires au redressement de notre pays. Nous les avons soutenues. Néanmoins, pour faire de ce quinquennat une réussite, il faudra s’engager sur 3 axes majeurs que le Mouvement Républicain et Citoyen entend promouvoir en cet "An II".

 

1. RÉORIENTER L’EUROPE

L’Europe ne peut avoir pour tout projet l’austérité généralisée. Les cures de rigueur successives imposées aux peuples européens par la Commission ont fait la preuve de leur nocivité. La France doit parler haut et fort afin d’amener nos partenaires européens à considérer les solutions réalistes pour sortir de l’impasse : révision des objectifs de la BCE pour intégrer la croissance, fin de la politique de l’euro cher, mise en place d’un véritable gouvernement économique, emprunt européen en vue d’un grand plan d’investissement.

Au delà, nous considérons qu’il faut préparer la mutation de la monnaie unique en monnaie commune.

 

2. REMETTRE SUR PIED NOTRE APPAREIL PRODUCTIF

Dans ce contexte économique dégradé menaçant la viabilité de notre modèle social,les efforts du Gouvernement en matière de sauvegarde de l’emploi et de préservation de notre tissu industriel sont à saluer. Nous appelons à poursuivre sur cette voie et soutiendrons les mesures visant à inverser la courbe du chômage et remettre la France sur le chemin de la croissance.

 

3. RÉFORMER LA FISCALITÉ

Si les mesures prises sur le plan fiscal en cette première année vont dans le sens de la justice, une réelle reforme de notre fiscalité est nécessaire. Les efforts demandés aux Français ne peuvent s’additionner au fil des mois sans qu’une cohérence leur soit donnée. Il convient donc de mener en cet "An II" la grande réforme fiscale annoncée pour aller vers plus de lisibilité et assurer le financement de notre modèle social.

 

Cet article est le 128ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.

 

 

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28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 18:49

Sur cette base, Chevènement accepterait Matignon

 

Conseil national MRC 240313 013 TSi certaines conditions étaient réunies, amenant le président de la République à opter pour une autre politique, Chevènement accepterait de conduire un gouvernement de salut public. C’est ce qu’il a dit dans l’émission « Zemmour et Naulleau » sur TV Paris Première, le 26 avril 2013.

 

Le Programme de Salut Public du Mouvement Républicain et Citoyen a été adopté lors du congrès 2010. Il avait été préparé par Patrick Quinqueton et lancé à l’initiative de Jean-Pierre Chevènement, lors du congrès 2008, sur la base d’un diagnostic approfondi de la crise financière.

 

On retrouve, sous forme de projet, le plan et les 4 parties de ce programme sur le blog du MRC 53 :

 

Le MRC prépare un programme de Salut public pour la présidentielle - 28 février 2010

Programme MRC de Salut public : une nouvelle politique européenne - 1 mars 2010

Programme MRC de Salut public : une action internationale influente - 2 mars 2010 

Programme MRC de Salut public : une République laïque et sociale - 2 mars 2010 

Programme MRC de Salut public : un développement harmonieux - 2 mars 2010 

 

Avec cet exercice, le MRC veut aller au fond des questions et des réponses qu’il faut apporter à la crise. Ce n’est pas un programme qui vise à aborder tous les sujets ou à formuler toutes les critiques à l’égard de la droite comme de la gauche. Il s’agit d’aller à l’essentiel (…).

 

Le programme de salut public qui est proposé vise à redonner à toutes les femmes et à tous les hommes épris de  progrès un objectif concret, réaliste, fondé sur les valeurs républicaines. Ces valeurs n’appartiennent pas qu’au passé : la nostalgie n’est pas de mise. Elles sont modernes et forment un socle efficace sur lequel prendre appui pour lutter contre l’atomisation de nos sociétés. Elles sont le carburant qui permet à notre pays de conserver une influence sur notre avenir collectif. Elles sont universelles, c’est-à-dire qu’elles peuvent parler et parlent effectivement à tous les peuples.

Jean-Pierre Chevènement, répondant à une question (voir émission TV Paris Première), a indiqué qu’il n’irait pas à Matignon pour conduire la même politique qu’actuellement, bien que celle-ci aille dans le bon sens, mais elle est insuffisante. Il ne pourrait accepter d’aller à Matignon - si le président de la République le lui demandait - que pour mettre en œuvre une politique de salut public, dans le cadre de la majorité présidentielle actuelle.

Cela n’a rien à voir avec les projets d’union nationale qui sont portés par les médias afin de dévaluer le pouvoir en place. Voir Sondages : le fantasme de l'union nationale (Rue89, Pierre Haski, 28 avril 2013).

 

Ce qui se passe en Italie- dans le cadre d’un régime entièrement parlementaire avec deux Chambres ayant le même pouvoir - est différent puisqu’il s’agit de faire face à l’impossibilité de constituer un gouvernement, aucune coalition n’étant majoritaire seule au Sénat. La reconduction du président de la République (87ans) a permis de trouver une solution temporaire (union de tous les partis de gouvernement, en tenant compte des attentes citoyennes) qui semble plutôt satisfaire les italiens. Voir Italie: le nouveau gouvernement Letta prête serment (Le Point, 28 avril 2013).

 

Cet article est le 127ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 23:32

Le sage qui ne voit pas d’autre politique possible

 

J’ai rendu compte de la partie officielle du congrès du Mouvement Républicain et Citoyen, qui s’est déroulée dimanche16 décembre 2012, en matinée, dans la salle du Tapis rouge, face à la mairie du 10ème arrondissement de Paris.

 

La motion d’orientation (voir Le MRC, une boussole républicaine pour la gauche et pour la France) a été adoptée à l’unanimité. Vous la retrouvez dans ces 5 articles (introduction et 4 parties) :

Congrès MRC 2012 : la motion d'orientation a été adoptée à l'unanimité - 17 déc. 2012

Congrès MRC 2012 : du CERES, à l'intérieur du PS, au MRC, allié du PS - 19 déc. 2012

Congrès MRC 2012 : les fondamentaux républicains, logiciel du MRC - 19 déc. 2012 

Congrès MRC 2012 : la gauche a besoin d'une refondation républicaine - 20 déc. 2012 

Congrès MRC 2012 : développer le MRC par une action du faible au fort - 20 déc. 2012 

 

Les interventions de Jean-Pierre Chevènement, président d’honneur, et du président Jean-Luc Laurent ont clos, en fin de matinée, le congrès. Voir :

Congrès MRC 2012 : les encouragements de Jean-Pierre Chevènement - 21 déc. 2012

Congrès MRC 2012 : le président JL Laurent, réélu, avec une équipe - 21 déc. 2012

 

Parmi les nombreuses interventions des délégués (une quarantaine) samedi 15 décembre (dont la mienne - voir Congrès MRC 2012 : intervention de Michel Sorin, délégué du MRC 53 - 22 décembre 2012), celles des représentants du Territoire de Belfort (MRC 90) - Maurice Schwartz, Bastien Faudot et Christian Proust - méritent d’être soulignées, notamment celle de ce dernier.

 

Pourquoi souligner le rôle de Christian Proust ? Parce que le Mouvement Républicain et Citoyen - dans le département du Territoire de Belfort, terre d’élection de Jean-Pierre Chevènement- a connu de vives secousses après les élections législatives de juin 2012.

Le maire de Belfort, Etienne Butzbach, qui avait été candidat MRC dans le cadre de l’accord politique et électoral avec le PS, a quitté le MRC au cours de l’été, afin de rejoindre le PS.

Le sénateur du Territoire de Belfort, Jean-Pierre Chevènement, qui avait proposé à Etienne Butzbach le fauteuil de maire de Belfort en 2007, déplorant cette décision de son successeur à la mairie de Belfort, avait exprimé sa volonté de ne pas laisser détruire 35 ans d’action politique et annoncé la restructuration du MRC dans le département.

 

Congres-MRC-2012-Paris-15-et-16-12-12-019-T.jpgChristian Proust aux avant-postes du MRC

 

Lors de l’université d’été du MRC, les 15 et 16 septembre 2012 à Belfort, il était clair que la reconstruction était dans les mains de Christian Proust, conseiller général depuis 1979 et président du Département de 1982 à 2004 (voir JP Cossin, B Moschetto et C Proust à l'université d'été MRC à Belfort - 23 septembre 2012). 

 

Le 15 décembre, au congrès MRC de Paris, Christian Proust s’est affirmé, apportant son expérience d’élu et de militant politique pendant de nombreuses années au côté de Jean-Pierre Chevènement. Il a présidé la séance officielle dimanche matin 16 décembre.

 

Voici le résumé de son intervention samedi après-midi, alors que la séance était présidée par Bastien Faudot.

 

Christian Proust a voulu calmer certaines critiques du type « Nous soutenons une politique dont on sait qu’elle va échouer », demandant aux délégués : quelle autre politique possible - on ne va pas rejoindre le Front de gauche ou hurler avec les loups ? Il n’y a pas d’alternative.

Nous soutenons le gouvernement parce que c’est la seule façon d’agir dans la durée. François Hollande n’est pas responsable de la crise. Avec l’Allemagne, c’est une guerre économique. La compétition avec l’Allemagne est à la base du rapport Gallois. Les ouvriers d’aujourd’hui sont les « poilus » d’hier.

Notre position n’est pas facile. Le rôle du MRC est d’être fidèle à ses idées, ce qui ne nous interdit pas d’exercer notre esprit critique, comme Jean-Pierre Chevènement, qui peut apporter son meilleur soutien au gouvernement et l’attaque la plus acérée. Etre un peu plus critiques, oui sans basculer dans l’irresponsabilité. Les prochaines élections seront très difficiles pour la gauche. Le PS aura besoin de nous. Nous avons une carte à jouer. A Belfort, nous devons rester pour assurer la victoire de la gauche.

 

Cet article est le 126ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.

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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 19:08

Faire du MRC une force citoyenne et républicaine

 

J’ai rendu compte de la partie officielle du congrès du Mouvement Républicain et Citoyen, qui s’est déroulée dimanche16 décembre 2012, en matinée, dans la salle du Tapis rouge, face à la mairie du 10ème arrondissement de Paris.

 

La motion d’orientation (voir Le MRC, une boussole républicaine pour la gauche et pour la France) a été adoptée à l’unanimité. Vous la retrouvez dans ces 5 articles (introduction et 4 parties) :

Congrès MRC 2012 : la motion d'orientation a été adoptée à l'unanimité - 17 déc. 2012

Congrès MRC 2012 : du CERES, à l'intérieur du PS, au MRC, allié du PS - 19 déc. 2012

Congrès MRC 2012 : les fondamentaux républicains, logiciel du MRC - 19 déc. 2012 

Congrès MRC 2012 : la gauche a besoin d'une refondation républicaine - 20 déc. 2012 

Congrès MRC 2012 : développer le MRC par une action du faible au fort - 20 déc. 2012 

 

Les interventions de Jean-Pierre Chevènement, président d’honneur, et du président Jean-Luc Laurent ont clos, en fin de matinée, le congrès. Voir :

Congrès MRC 2012 : les encouragements de Jean-Pierre Chevènement - 21 déc. 2012

Congrès MRC 2012 : le président JL Laurent, réélu, avec une équipe - 21 déc. 2012 

 

Cette partie (matinée du 16 décembre) était ouverte à la presse et aux invités des autres partis de gauche qui composent la majorité présidentielle (le PCF était représenté, mais pas le PG). Les grands organes de presse continuent de ne pas s’intéresser au MRC, y compris quand il réunit son congrès, ce qui arrive tous les deux ans. C’est un fait.

 

Samedi 15 décembre, pendant que la commission des résolutions examinait les amendements et en intégrait beaucoup dans le texte de motion, une quarantaine de délégués se succédait toute la journée au micro sur le tapis rouge.

 

Mon intervention a pris en compte ce qui s’était passé lors de la dernière réunion du secrétariat national, avant le congrès, le 12 décembre. J’avais exprimé le regret de constater le manque de dispositions dans notre organisation visant à développer le MRC à la base, dans les départements où il est peu implanté.

N’étant pas suivi au secrétariat sur ce point, j’ai indiqué que je n’étais pas certain de vouloir continuer d’être membre du secrétariat national dans ces conditions (je l’étais depuis le congrès 2008, sur les questions agricoles, à la demande de Jean-Pierre Chevènement, puis seulement membre du secrétariat élargi, sans affectation, en 2010, après avoir présenté au congrès une contribution au débat demandant un changement de gouvernance).

Je n’ai eu aucune surprise quand, le 16 décembre, j’ai vu que mon nom ne figurait pas parmi ceux qui étaient retenus par Jean-Luc Laurent pour composer le secrétariat national jusqu’au prochain congrès (voir Congrès de Paris : le nouveau Secrétariat national élu).

 

Congres-MRC-2012-Paris-15-et-16-12-12-007-T.jpg

Intervention de Michel Sorin, délégué de la Mayenne (MRC 53)

 

Je m’exprime ici au nom du MRC 53, au nom des quelques militants de la Mayenne qui se reconnaissent dans le Mouvement Républicain et Citoyen et dans le blog du MRC 53.

 

Ce blog s’adresse, en priorité, aux militants MRC et aux républicains de gauche mais pas seulement. Y sont abordés divers thèmes liés à l’actualité et proches de nos centres d’intérêt. Plus de 2 300 articles de fond ont été publiés depuis 2006. Le blog a de nombreux lecteurs au niveau national et un peu au-delà.

 

Le MRC 53, ce sont d’anciens militants PS qui ont quitté ce parti en 2001 parce qu’il s’éloignait des milieux populaires et ne combattait pas les politiques néolibérales.

 

Aujourd’hui, les orientations du MRC nous conviennent et nous souhaitons convaincre des citoyens de nous rejoindre, ce qui est difficile dans notre département mais, après dix ans de mise en quarantaine, devrait être possible.

 

La partie finale de la motion, intitulée « Le MRC pour quoi faire ? », pose de bonnes questions mais il manque un fil conducteur qui serait celui de notre action sur le terrain.

Nous voulons le rassemblement des républicains progressistes mobilisés pour le redressement du pays, ce que nous appelons « l’alliance des productifs ».

Mais comment nous faire entendre de celles et ceux qui partagent cet objectif ? Notre Mouvement doit se mobiliser pour y parvenir.

 

Le MRC, c’est trois mots qui ont chacun leur importance et aucun ne doit faire défaut : Mouvement, Républicain, Citoyen. Pour que notre parti soit en mouvement, il faut qu’il marche sur ses deux jambes : la République et les citoyens.

 

Républicains, nous le sommes. Il manque les groupes de citoyens, les réflexions politiques décentralisées qui inciteront des citoyens à se mobiliser avec nous pour la République et le redressement national. Il manque les troupes de citoyens républicains.

 

Lors de notre réunion du secrétariat national élargi, mercredi dernier, j’ai regretté le manque de propositions concrètes en direction des citoyens. L’une des participantes (elle se reconnaîtra) m’a dit, à l’issue de la réunion « Fais une proposition concrète ». J’en ai une.

 

Je propose de donner une dimension nationale à l’association CiViQ (Citoyenneté et Vie Quotidienne) que nous avons créée en Mayenne en 2002, en modifiant quelques points des statuts.

 

Le haut ayant besoin du bas pour se mettre en mouvement, et inversement, nous favoriserons le débat sur le redressement national en créant des groupes locaux et départementaux de réflexion politique.

 

Je demande au congrès de soutenir cette proposition qui consiste à créer des groupes de citoyens mobilisés pour le redressement du pays (groupes CiViQ ou de salut public).

 

Je vous demande, à vous délégués et responsables MRC dans les départements et régions, d’accueillir favorablement cette initiative et de la relayer quand je vous transmettrai des propositions concrètes.

 

Par avance, je vous en remercie et vous remercie de votre attention.

 

Cet article est le 125ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 23:53

La stratégie d’influence au cœur de la majorité de gauche

 

Nous avons assisté depuis 2008 à une vraie passation de pouvoir de Jean-Pierre Chevènement à Jean-Luc Laurent à la direction du Mouvement Républicain et Citoyen. Elle a été facilitée par le résultat des élections législatives 2012. Jean-Luc Laurent (Val-de-Marne) et Marie-Françoise Bechtel (Aisne) ont rejoint Christian Hutin (Nord), vice-président de la commission des affaires sociales, à l’Assemblée nationale. Le président et les deux vice-présidents sont désormais députés.

 

La compétence de la nouvelle députée de l’Aisne, Marie-Françoise Bechtel, ancienne collaboratrice du ministre Jean-Pierre Chevènement, vice-présidente de la commission des lois, est un atout pour Jean-Luc Laurent, qui est lui-même renforcé par sa propre présence au bureau de l’Assemblée, qui lui ouvre la possibilité de traiter directement avec les autres composantes de la gauche.

Avec l’appui de Catherine Coutard (Drôme) et de Julien Landfried (Hauts-de-Seine), qui sont passés très près de l’élection en juin dernier, et aussi de Patrick Quinqueton, qui continuera de ciseler les textes publiés par le MRC, Jean-Pierre Chevènement sait qu’il y a une équipe solide à la tête du Mouvement qu’il a créé, ce qui lui permet de s’en éloigner, tout en restant très proche en cas de besoin. Voir Congrès MRC 2012 : les encouragements de Jean-Pierre Chevènement - 21 décembre 2012. 

 

La composition de l’équipe nommée par Jean-Luc Laurent et confirmée par le vote du congrès est à voir ici : Congrès de Paris : le nouveau Secrétariat national élu.

 

Congres-MRC-2012-Paris-15-et-16-12-12-030-T.jpgVoici l’essentiel du discours de clôture prononcé par Jean-Luc Laurent au congrès.

 

"La gauche au pouvoir n'a pas le droit d'échouer"

 

Mes chers camarades,

(…) Composante républicaine de la majorité, le MRC est allié par l'accord politique que nous avons conclu le 9 mars 2012 avec le Parti Socialiste. Le MRC n'est pas un rallié. Il reste lui-même et il garde les yeux ouverts.
Nous nous retrouvons au cœur de la majorité sans être au gouvernement. Il nous faut maintenant réussir, faire réussir la gauche pour redresser la France. La réussite de la majorité sera celle de la France.

Il fallait être central pour gagner l'élection présidentielle mais le redressement de la France ne peut pas être centriste, le redressement de la France ne se fera pas au centre. Le redressement de la France passe par la reconquête industrielle et la compétitivité de nos entreprises. Il passe aussi par la réorientation de la construction européenne.

Les dernières semaines ont été marquées par l'affaire de Florange et d'Arcelor-Mittal. De nombreux délégués en ont parlé hier. Certains ont voulu y voir la preuve d'un tournant social-libéral, d'une trahison. Certains n'ont pas de mots assez forts pour invectiver le gouvernement et le président de la République. Ceux-là traduisent sans doute leur envie de retourner sur l'Aventin et pense qu'au fond le meilleur substitut à l'anti-sarkozysme serait l'anti-hollandisme.

Nous avons soutenu l'option de la nationalisation qui aurait marqué une rupture profonde, difficile mais conforme à l'intérêt national car la France a besoin de la sidérurgie qui n'est pas une industrie du passé mais un secteur de haute technologie.
Le gouvernement a fait un choix différent de négociation, en intégrant le fait que Mittal c'était un peu plus que deux hauts-fourneaux et qu'il fallait trouver un accord préservant l'emploi et permettant d'investir sur le site en préparant l'avenir. Les batailles symboliques sont importantes mais le gouvernement se doit de tenir les deux bouts de la chaîne. Le rapport de force politique a bougé et c'est une bonne nouvelle. L'interventionnisme public fait son chemin et il faut bien mesurer qu'Arnaud Montebourg n'est sorti ni vaincu ni humilié si l'on veut faire l'effort de regarder le tableau dans son ensemble. Il faut à présent veiller au respect de l'accord. C'est la tâche des représentants des salariés mais aussi de l'Etat.

La gauche républicaine c'est l'exigence et d'abord l'exigence avec nous même de ne pas céder à la première péripétie en fuyant les responsabilités. La situation est grave, nous retrouvons un pays en triste état que cinq ans d'immobilisme chiraquien et cinq ans d'agitation sarkozyste ont enfoncé dans une crise grave dont témoigne le chômage de masse, la perte de compétitivité de nos entreprises et la désindustrialisation avec la perte de 750 000 emplois en dix ans.
Situation d'autant plus grave que l'Union Européenne est verrouillée en mode austérité et qu'il faudra beaucoup d'efforts au président de la République pour changer le rapport de force en Europe. L'année 2013 sera une année particulièrement difficile et paradoxalement il faut faire en sorte que les difficultés opèrent comme un crash test pour les politiques d'austérité. Il est vital que l'objectif de 3% de déficit en 2012 soit apprécié non avec souplesse mais avec réalisme, en tenant compte de la situation sociale de la France et des effets récessifs de l'acharnement. La France ne doit pas mourir guérie.

Nous avons la volonté que la majorité s'occupe de l'essentiel : l'emploi, le redressement de la France qui appelle des réformes sociales et fiscales plutôt que des réformes sociétales qui renforcent le trouble et l'inquiétude des citoyens.
Etre partie prenante de la majorité, c'est rester libre dans notre expression pour soutenir, alerter, conseiller mais aussi...critiquer. C'est ainsi que nous soutenons le Pacte de Compétitivité et que nous souhaitons que le seuil d'accès dans les conseils d'administration des représentants de salariés soit abaissé pour mettre en place un véritable dialogue social et une alliance des productifs.

Nous nous reconnaissons dans le Pacte de Compétitivité qui va prendre forme dans les prochaines semaines et qui ne s'arrête pas au crédit d'impôt. La gauche a fait le choix de la production et c'est aussi une victoire pour nos idées. Souvenez-vous en 2010, l'avenir de la gauche et du pays semblait non dans une transition mais dans une Conversion écologique. Quel changement !

Croissance, investissement, production, industrie ne sont plus des mots tabous ou pire encore des mots du passé, des concepts ringards. C'est le cap que nous montrons depuis des années. Même en matière de politique commerciale, les temps changent. Les Français ne doivent plus aller à Bruxelles pour recevoir des diplômes de libéralisme et d'ouverture mais ils doivent y aller pour plaider la cause de l'industrie européenne, de la base productive européenne et la fin de la naïveté. Le protectionnisme européen, le protectionnisme intelligent, celui du mieux disant, celui de l'accès qualifié au marché est à construire.

Sur chacun de ces sujets règne une part de confusion à gauche, parce qu'aucune clarification n'a été faite pendant les années d'opposition. Ni organisationnelle ni programmatique. C'est regrettable car cela permettrait un exercice du pouvoir plus lisible, plus compréhensible pour les citoyens. C'est au contraire le rapport de force et l'intimidation qui rythme des débats dans lesquels nous devons faire valoir la force de nos idées et notre constance.

Notre constance c'est la République  et nous devons être la boussole républicaine de la gauche. Certains pensent parfois que la République est une évidence, l'air que nous respirons tous. Mais pas du tout. La République n'est pas du tout une évidence, elle est une exigence.
Et d'abord de prendre au sérieux ses principes et les traduire en actes. Ni l'ensemble du monde politique, ni l'ensemble de la gauche ne sont uniformément républicains. La souveraineté populaire n'est pas une évidence.


Les tentations sont nombreuses pour la gauche : tentation diversitaire plutôt que l'universalisme, la tentation oligarchique plutôt que la souveraineté, la fuite en avant fédérale à l'extérieur, la décentralisation irraisonnée à l'intérieur plutôt que l'unité et la solidarité nationale, les arrangements contre l'exigence, les accommodements contre la laïcité.
Notre singularité, notre raison d'être c'est de faire vivre la flamme de la République dans une époque qui semble souvent en refuser la discipline et l'exigence.

Oui, nous sommes les héritiers des jacobins. Nous croyons à la volonté générale et au volontarisme public. Oui, nous sommes les jacobins, qui croyons en l'universalité du genre humain et qui voyons le citoyen là où d'autres voient une couleur de peau, une religion, une orientation sexuelle. Oui, nous sommes les jacobins rétifs à l'Empire européen et à l'évaporation démocratique. Oui, nous sommes les jacobins qui ne voyons pas la France comme un empilement de fiefs et de territoires mais comme une collectivité unique en marche qui n'a pas besoin d'être uniforme mais qui refuse les séparatismes.

Voilà nos idées et nos convictions. Voilà notre constance. Et dans le champ de bataille qu'est la gauche au pouvoir nous ne pouvons pas nous contenter de subir un rapport de force qui en apparence ne nous est pas favorable.

Il nous faut nous renforcer et préparer les prochaines échéances. C'est notre tâche de 2013. Faire l'impasse comme nous l'avons fait en 2004 puis en 2009 nous est interdit. Il nous faut nous asseoir sur le grand mépris que nous inspire le Parlement Européen et entrer dans la bataille.
L'Union européenne est à la croisée des chemins, le saut en avant fédéral a été repoussé lors du Conseil Européen de Bruxelles mais le débat reviendra.

Les citoyens savent ce que nous ne voulons pas, ils ne savent pas toujours ce que nous voulons. Le savons nous nous-même ? N'avons-nous pas besoin d'y travailler encore, de préciser nos orientations et nos propositions au regard de la crise qui perdure et dont il faudra bien sortir autrement que par la fuite en avant dans le fédéralisme, c'est-à-dire la perte de toute souveraineté, que proposent les européistes. Invitons nos concitoyens à voir la réalité en face : avec l'austérité et les plans imposés, ce sont les nations et les peuples qui sont mis en tensions. Les apprentis sorciers ne sont pas les souverainistes mais bien les bruxellois.

C'est pourquoi je propose de tenir une convention sur la question européenne, un exercice avec lequel il nous faut renouer. Cette convention devra être précédée de conventions locales ouvertes. Ouvertes aux autres partis de gauche, aux associations, au monde du travail, aux entrepreneurs, à ceux qui réfléchissent à l'avenir de l'Europe, tous ceux qui se sont passionnés pour le débat de 2005, à tous ceux qui veulent sortir la France de l'ornière et de l'Europe du déclin. Nous pratiquerons l'introspection en public car il nous faut construire les bases d'une liste aux prochaines élections européennes.

Vous le savez, en 2014 auront lieu des élections municipales qui restent le scrutin le plus populaire après la présidentielle, le plus vivant. Localement aussi, 2014 se prépare maintenant.
Le parti et la fédération des élus devront être attentifs au texte sur la décentralisation qui viendra au Parlement en début d'année et qui sera lui aussi un champ de discussion, voire de bataille, entre les gauches, à un moment où la majorité bénéficie collectivement d'une forme d'hégémonie locale qui exacerbe les conflits de pouvoir. Plusieurs séminaires de préparation des élections municipales seront organisés au cours de l'année 2013 pour permettre de former nos militants, partager les expériences, réfléchir à des propositions qui fassent vivre la République partout et d'abord au coin de la rue.

Mes chers camarades, la gauche au pouvoir n'a pas le droit d'échouer. Le spectacle de la droite ne doit pas nous réjouir ni nous faire rire. Car au-delà de la querelle des roitelets, la recomposition de la droite est, par bien des aspects, inquiétante. On aurait pu espérer que la campagne de Nicolas Sarkozy renvoie Patrick Buisson à ses mauvais livres d'histoires, son histoire libidineuse de la Seconde Guerre mondiale. Il n'en est rien. La droite est idéologiquement en triste état : incapable de penser le monde tel qu'il fonctionne et tel qui maltraite les classes populaires.

La droite m'inquiète et le Front National, cent fois annoncé mort au cours des trente dernières années, est déterminé. Plus déterminé avec Mme Le Pen qu'avec son père. En musclant son discours économique et social, elle réussit un tour de passe-passe qui ne doit tromper personne. Le Front National, ça n'est pas la République, c'est l'anti-République. Quand la politique semble devenir un spectacle, une émission de téléréalité dont les responsables seraient les personnages, ne perdons pas le sens des responsabilités et le sens du tragique en histoire. Sortir la France de l'impasse, c'est aussi lui éviter le trou et les dérives !

C'est notre responsabilité. La gauche doit regarder loin devant et ne pas avoir le nez dans le guidon. L'horizon ce doit être la République, la République partout, à l'Ecole, au boulot, dans la rue. C'est notre devoir de faire vivre l'exigence républicaine.

Nous le devons à Jean-Pierre Chevènement qui nous a montré le chemin et donné un logiciel de qualité au MRC. Nous sommes plus qu'un parti politique comme vient de nous le dire Jean-Pierre.

Le MRC, c'est une boussole républicaine pour la gauche et pour la France. Nous savons le cap à tenir et nous connaissons le port, pour que vivent la République et la France.

 

Voir aussi : "Il faut faire retour à la patrie". Jean-Luc Laurent, Président du Mouvement Républicain et Citoyen, était l'invité du talk Orange-Le Figaro, vendredi 14 décembre 2012. Voir la vidéo.

Rappel des articles publiés concernant le congrès

Cinq articles pour la motion d’orientation adoptée à l’unanimité par le congrès le 16 décembre :

Congrès MRC 2012 : la motion d'orientation a été adoptée à l'unanimité - 17 décembre 2012

Congrès MRC 2012 : du CERES, à l'intérieur du PS, au MRC, allié du PS - 19 décembre 2012

Congrès MRC 2012 : les fondamentaux républicains, logiciel du MRC - 19 décembre 2012 

Congrès MRC 2012 : la gauche a besoin d'une refondation républicaine - 20 décembre 2012 

Congrès MRC 2012 : développer le MRC par une action du faible au fort - 20 décembre 2012 

 

Le texte complet de la motion d’orientation est à lire sur le site du MRC.

Voir Le MRC, une boussole républicaine pour la gauche et pour la France

 

Cet article est le 124ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.

 

 

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 18:27

La France, pays de citoyens où la République est exigence

 

L’histoire retiendra qu’à ce congrès 2012, Jean-Pierre Chevènement s’est éloigné de la direction effective du Mouvement Républicain et Citoyen.

Il en avait pris la présidence en 2008 afin de le remettre sur les rails, confiant à Jean-Luc Laurent les clés de la gestion quotidienne du Mouvement.

Puis, en 2010, il avait souhaité redevenir président d’honneur, laissant Jean-Luc Laurent commencer à se mettre en avant en tant que président, et préparer les échéances 2012.

En 2012, après avoir réussi à obtenir un accord politique et électoral avec le PS, sous l’effet de sa candidature « pédagogique » - pour faire bouger les lignes - à l’élection présidentielle, il s’éloigne, prodiguant ses conseils à Jean-Luc Laurent, Marie-Françoise Bechtel, Christian Hutin, les trois députés qui, avec Catherine Coutard, forment la direction collective du Mouvement. Nul doute que le président d’honneur, sénateur du Territoire de Belfort, ne restera pas sans influence sur les grandes décisions. Et il continuera de s’exprimer en tant que parlementaire et homme d’Etat.

En introduction, Jean-Pierre Chevènement a résumé ce qu’est le MRC.

Un parti politique, le MRC ? Plus qu’un parti, c’est d’abord un courant d’idées ancré dans 40 ans d’histoire politique française depuis le Congrès d’Epinay en 1971. C’est un superbe logiciel, rarement pris en défaut. Bref, c’est une boussole, indispensable à la gauche et à la France car il n’y a pas de cap pour qui ne connaît pas le port.

Congres-MRC-2012-Paris-15-et-16-12-12-029-T.jpgVoici le texte - publié sur le site du MRC - de son intervention le 16 décembre 2012, lors du congrès de Paris. Ce sont des extraits significatifs de son discours, lequel a précédé celui de Jean-Luc Laurent, réélu président (voir autre article).

 

"Le MRC est plus qu’un parti politique"

 

Chers camarades,

Le MRC est plus qu’un parti politique. C’est d’abord un courant d’idées ancré dans 40 ans d’histoire politique française depuis le Congrès d’Epinay en 1971. C’est un superbe logiciel, rarement pris en défaut. Bref, c’est une boussole, indispensable à la gauche et à la France car il n’y a pas de cap pour qui ne connaît pas le port.

Quelle capacité avons-nous d’influer dans la vie politique française ?

D’abord parler le langage de la vérité qui, par principe, est celui de l’intérêt général. Combattre la facilité, celle du mensonge triomphant qu’ânonnent ceux qui se soumettent par principe aux puissants. Être libres, être citoyens, être Français, c’est-à-dire hommes et femmes de caractère, francs comme l’est le nom de notre pays. Nous devons retrouver la « grande vue », la vue générale, qui nous permettra de sortir la France de l’ornière.

Depuis la fin du communisme et le choix fait par la Chine du marché mondial, la France et l’Europe ont perdu la rente de situation sur laquelle elles avaient vécu depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. À la faveur de la globalisation libérale, de nouvelles puissances ont émergé, quelquefois milliardaires en hommes, qui maîtrisent la technologie, développent une croissance rapide et montrent une ambition conquérante.
Face à ce renversement du monde, les nations européennes, particulièrement la France, doutent d’elles-mêmes. Elles ont fait, il y a trente ans, derrière les États-Unis, le choix d’un néolibéralisme qui les vide de leur substance industrielle.

Il est temps de réagir, de rétablir des règles du jeu équilibrées en matière commerciale et monétaire, de remobiliser les atouts de la France.

C’est possible. Il n’y a pas de raison que l’Allemagne excelle et que la France périclite. Le rapport Gallois nous dit que la cote d’alerte est atteinte. Sur la base de ce constat et des propositions du rapport Gallois, le gouvernement et François Hollande ont fait un choix stratégique clair : la reconquête de la compétitivité conditionne la réindustrialisation de la France et le retour à l’emploi.

Le chemin a été ouvert. Il faut s’y engager pleinement, mobiliser le pays. C’est le rôle de la gauche d’abord et, en son sein, de notre parti, le MRC, qui se veut la « boussole républicaine » de la majorité mais aussi du pays tout entier. Car c’est aussi le rôle de toutes les forces vives, de tous ceux pour lesquels le mot « patriotisme » a gardé un sens. C’est ainsi que la France ira « du déclin au renouveau », selon l’expression employée jadis par le Général De Gaulle.

Certes il y a beaucoup à faire pour repenser l’euro d’abord mais aussi pour fonder un nouveau « pacte social », afin de réaliser cette « Alliance des productifs » qui est la clé du redressement.

La France est un grand pays au cœur de l’Europe. Ouverte sur le grand large et vers le monde, mais pays méditerranéen aussi, tourné vers le monde arabe et vers l’Afrique. Elle doit appuyer son renouveau sur l’essor des pays émergents : la Chine, l’Inde, la Russie, le Brésil, l’Algérie, le Maroc, l’Afrique mais aussi la Turquie et demain l’Iran quand celui-ci aura accepté le protocole additionnel de l’AIEA, en échange de la levée des sanctions.

Où sommes-nous dans la majorité présidentielle ?

Nous soutenons François Hollande et le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Nous ne les soutenons pas les yeux fermés. Ils connaissent nos analyses. Nous n’en faisons pas mystère. Elles s’expriment d’ailleurs rationnellement, de façon argumentée. Nous apportons une contribution précieuse à la majorité présidentielle. Nous voulons en effet sa réussite parce qu’elle est celle de la France.

Cinq ans nous séparent des échéances de mai 2017. Ne gâchons pas tout ce temps.
Rassemblons les Français sans sectarisme sur l’essentiel. Je suis persuadé que les communistes n’ont pas oublié ce que signifie le mot production et je suis convaincu aussi qu’il est des hommes et des femmes venus de l’autre rive qui peuvent comprendre ce que signifie l’intérêt national, dès lors qu’on cesse d’ânonner le bréviaire européiste et libéral.

Pour réorienter l’Europe, il faut rompre avec la rigidité d’une monnaie unique qui a d’emblée méconnu la spécificité et l’hétérogénéité des nations. Il faut remettre la charrue derrière les bœufs et refonder l’Europe, non dans la coercition, mais dans la politique.

Comme l’a dit Joschka Fischer, Madame Merkel ne peut pas prendre la responsabilité de faire apparaître l’Allemagne, pour la troisième fois en l’espace d’un siècle, comme le pays qui conduit l’Europe au naufrage. Ayons avec l’Allemagne une bonne et franche discussion. Nous lui proposons « l’union solidaire ». Mais l’Allemagne ne veut pas payer au-delà d’une certaine limite. L’Allemagne défend en principe la responsabilité des États. Elle a raison jusqu’à un certain point. Mais si c’était le système européen, tel qu’il a été conçu, qui conduisait à des distorsions insoutenables ? N’est-il pas possible de le corriger, de rétablir des amortisseurs tenant compte de la compétitivité relative de chaque pays ?

J’ai la conviction que nous pouvons être « le sel de la terre » à condition de présenter nos vues de manière positive, en nous appuyant sur la marche des événements.

Bien sûr, il y a des choix politiques à faire. Pour ce qui nous concerne, nous n’acceptons pas le fameux grand saut fédéral qui serait aujourd’hui un saut dans le vide, dans cette Europe « post-démocratique » dont a parlé Jurgen Habermas. Un livre, récemment primé, est intitulé « Le passage à l’Europe ». Nous n’acceptons pas que ce passage soit payé du sacrifice de la France et de la fin de la démocratie.

J’ai un peu réfléchi sur l’avenir du MRC dans l’actuelle majorité. Souvenez-vous que nous valons par la qualité de notre logiciel. La Fondation de recherche Res Publica que j’anime par ailleurs est un précieux outil de réflexion.

Pour ma part, je sais que le Président d’Honneur est destiné à s’effacer. Je me réjouis de voir la troïka constituée autour de notre Président, Jean-Luc Laurent, avec nos deux autres parlementaires, également vice-présidents. Ils constituent la direction effective du Mouvement.

Mon rêve est celui du Tao Te King, selon Lao Tseu :
« Il agit sans rien faire
Et enseigne sans rien dire
Les choses apparaissent et il les laisse venir
Les choses disparaissent et il les laisse partir
Il a, mais ne possède pas
Agit mais n’attend rien
Son œuvre accomplie, il l’oublie
C’est pourquoi elle dure toujours. »

Je vous lègue ce dernier distique. Il vous demande une rude tâche.

Soyez fidèles au peuple, c’est-à-dire aux simples gens,
À la France, terre de liberté, d’où un « cavalier français – Descartes – partit un jour d’un si bon pas »,
Liberté qui donne le caractère et non le laisser aller,
Pays de citoyens où la République est exigence ou bien n’est pas.


Bon courage, chers camarades.
Je ne m’effacerai pas tout à fait, me réservant de parler si possible à bon escient.

Rappel des articles publiés concernant le congrès

Cinq articles pour la motion d’orientation adoptée à l’unanimité par le congrès le 16 décembre 2012 à Paris :

Congrès MRC 2012 : la motion d'orientation a été adoptée à l'unanimité - 17 décembre 2012

Congrès MRC 2012 : du CERES, à l'intérieur du PS, au MRC, allié du PS - 19 décembre 2012

Congrès MRC 2012 : les fondamentaux républicains, logiciel du MRC - 19 décembre 2012 

Congrès MRC 2012 : la gauche a besoin d'une refondation républicaine - 20 décembre 2012 

Congrès MRC 2012 : développer le MRC par une action du faible au fort - 20 décembre 2012 

 

Le texte complet de la motion d’orientation est à lire aussi sur le site du MRC.

Voir Le MRC, une boussole républicaine pour la gauche et pour la France

 

Cet article est le 124ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.

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20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 21:51

Faire levier pour que les idées du MRC soient partagées

 

Suite de la motion d’orientation adoptée à l’unanimité par le congrès le 16 décembre 2012 à Paris.

Voir Congrès MRC 2012 : la motion d'orientation a été adoptée à l'unanimité - 17 décembre 2012

Congrès MRC 2012 : du CERES, à l'intérieur du PS, au MRC, allié du PS - 19 décembre 2012

Congrès MRC 2012 : les fondamentaux républicains, logiciel du MRC - 19 décembre 2012 

Congrès MRC 2012 : la gauche a besoin d'une refondation républicaine - 20 décembre 2012 

 

Voici la 4ème et dernière partie du texte de la motion, qui indique ce qui doit être fait pour développer le MRC.

 

Congres-MRC-2012-Paris-15-et-16-12-12-020-T.jpgLe texte complet est à lire sur le site du MRC. Voir Le MRC, une boussole républicaine pour la gauche et pour la France

 

 

Le MRC, pour quoi faire ?

Nous devons apprécier précisément les possibilités et les limites d’un mouvement comme le nôtre. Il nous appartient de concevoir et de mettre en œuvre comme souvent en politique, une « action du faible au fort ». Cela passe simultanément par une stratégie d’influence – en nous en donnant les moyens – et par une stratégie d’affirmation – en faisant un bon usage de la force de nos idées. La poursuite et l’aggravation de la crise, la dégradation de la situation politique et la volonté de gagner en 2017, peuvent permettre les révisions et les réorientations nécessaires.

Une réalité doit retenir notre attention : créé il y a 20 ans, notre parti doit continuer à inscrire sa stratégie dans la durée. Il nous appartient de développer le MRC en prenant une part plus active dans ce développement.

1 – Participer au mouvement des idées : quels moyens pour les faire connaître ?
Nous ne devons pas seulement avoir une stratégie de communication, mais surtout une stratégie de diffusion de nos idées et d’échange sur nos propositions. Qui visons-nous, sur quels sujets, et donc comment atteindre les publics que nous recherchons à convaincre ou à faire réagir à nos propositions politiques : c’est à ces questions que nous devons répondre, puis mettre en œuvre ces réponses.

2 – Etre présents dans la vie économique et sociale : quels réseaux, quelles priorités choisir ?
La question fondamentale est celle de l’euro. Après le rapport Gallois, il y aura lieu de rendre effectives les orientations qui devront toucher aussi bien la monnaie que la politique industrielle, les politiques du travail et de l’emploi comme l’aménagement du territoire ou les services publics. L’exigence de compétitivité de nos entreprises à l’exportation implique la mobilisation des partenaires sociaux sur la sortie de la crise. Cela rend nécessaire un dialogue étroit avec les forces organisées représentatives sur le terrain industriel et sur le terrain social.

3 – Avoir une audience internationale : quels axes prioritaires à notre portée retenir ?
Nous sommes des défenseurs de la charte de l’ONU, qui est fondée sur la souveraineté des États. Nous sommes donc en principe contre les interventions militaires fondées sur le pseudo droit d’ingérence. Une action de politique étrangère est à mettre en place, qui couvre les relations internationales dans leurs dimensions politique et économique, ainsi que la défense nationale. Pour ce faire, il nous faut bâtir des relations sérieuses et suivies avec des forces politiques, notamment en Europe.

4 – Etre actifs au Parlement : comment le rendre visible pour le plus grand nombre ?
L’activité de nos parlementaires ne peut pas être connue indépendamment de notre propre notoriété. C’est à une articulation entre l’activité du mouvement et celle de ses élus que nous devons travailler.

5 – Elargir le champ de nos interventions : dans quelles directions le faire ?
Si nous avons travaillé sur des sujets comme la santé et la protection sociale, nous devons en faire un champ d’intervention plus important. Il ne fait cependant pas partie de nos identifiants actuels. Nous pourrions en faire un champ d’intervention important. Il est d’autant plus d’actualité que des changements auront nécessairement lieu dans ce domaine (cotisations/contributions, dépenses de maladie, avenir des retraites, etc.) et que la protection sociale n’est pas sans rapport avec la compétitivité des économies et donc les échanges.
La défense et la protection de l’environnement doivent être inscrites dans le logiciel du MRC et donc fondées en Raison. Par ailleurs, nous avons des propositions intéressantes à formuler sur les questions de logement qui préoccupent particulièrement nos concitoyens.

6 – Promouvoir et former de nouvelles générations de militants : y mettre davantage de moyens ?
Cet effort a déjà été entrepris : il nous faut le démultiplier. Un mouvement politique exige des militants formés, qui ne récitent pas un programme inchangé, mais qui sont capables de penser par eux-mêmes et collectivement la politique. Un parti politique doit aussi assurer le renouvellement et la promotion de nouvelles générations de militants. La création du comité des jeunes et le rayonnement qu’il exerce seront poursuivis et soutenus. Dans cette perspective, les jeunes du MRC ont vocation à s’impliquer davantage dans le parti.

7 – Faire connaître nos idées dans les partis de gauche : quelle stratégie adopter ?
Il nous appartient de faire levier pour que nos idées et nos propositions ne restent pas seulement les nôtres, mais soient discutées et partagées par d’autres dans le champ politique. Nous avons à nous organiser en ce sens.

8 – Préparer les échéances électorales à venir
Le MRC devra se mettre en ordre de bataille pour préparer les échéances futures. Elections municipales, européennes, cantonales, régionales et sénatoriales auront lieu en 2014 et 2015. Il convient d'ici là de mobiliser les militants et d'anticiper notre préparation pour être en mesure de décider librement, le moment venu, des modalités de notre participation à ces scrutins. Le travail que nous serons collectivement capables de réaliser pour préparer ces échéances est la seule condition essentielle du plein exercice de notre liberté.

***
Le Mouvement Républicain et Citoyen est engagé dans un objectif de longue haleine, dans un contexte tourmenté : il s’agit de rechercher les voies du redressement de notre pays. Cela exige de notre part de la rigueur, de l’échange et une capacité à comprendre les événements pour les orienter et les infléchir.
Notre boussole est la République. Notre rôle ne consiste pas à réciter un bréviaire républicain mais à faire avancer par la pertinence de nos analyses la conscience de la gauche et du pays tout entier. Tâche exigeante. Mais c’est seulement si nous nous en montrons capables que nous pourrons être nous-mêmes la « boussole républicaine » de la gauche et de la France.

Cet article est le 123ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.

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20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 20:41

La gauche n’a plus ni ligne directrice ni idéologie

 

Suite de la motion d’orientation adoptée à l’unanimité par le congrès le 16 décembre 2012 à Paris.

Voir Congrès MRC 2012 : la motion d'orientation a été adoptée à l'unanimité - 17 décembre 2012

Congrès MRC 2012 : du CERES, à l'intérieur du PS, au MRC, allié du PS - 19 décembre 2012

Congrès MRC 2012 : les fondamentaux républicains, logiciel du MRC - 19 décembre 2012 

 

Congres-MRC-2012-Paris-15-et-16-12-12-001-T.jpgVoici la 3ème partie du texte de la motion, qui affirme la nécessité de refondation républicaine de la gauche.

 

Le texte complet est à lire sur le site du MRC. Voir Le MRC, une boussole républicaine pour la gauche et pour la France

 

La gauche a besoin d’une refondation républicaine
Plus que jamais face à une droite décomplexée et à un centre européiste, l’idéal républicain ne peut être porté que par une gauche responsable. Nous devons mesurer la portée et les limites de l’actuelle équation politique. L’élection de François Hollande peut permettre des avancées décisives. Nous nous situons dans une perspective qui est la seule qui doit nous déterminer : faire réussir la France. C’est à cette aune-là que nous devons mesurer nos soutiens et le cas échéant, nos critiques, mais toujours avec l’objectif de servir le pays.

Il y a des républicains et des libéraux (ou des différentialistes) dans toutes les familles de la gauche : c’est aussi le cas au PS bien sûr, mais également au Front de gauche. Notre tâche est de nouer des liens avec tous les républicains et de faire mûrir les prises de conscience.

La gauche n’a plus de ligne directrice. Les mythes de la gauche – communiste et social-démocrate – se sont effondrés de pair. Les organisations demeurent avec des militants et des responsables sincères mais souvent déboussolés. La gauche doit se mettre au niveau. C’est le sens de la conversion républicaine que nous lui proposons (par opposition à la conversion libérale).

La social-démocratie se débat difficilement dans une situation historique où il n’y a plus rien à distribuer, parce que les marchés financiers dictent leur loi aux États et que la croissance a disparu. Or, si elle a réfléchi à la distribution, la social-démocratie a insuffisamment pensé les conditions de la production et la lutte contre le capitalisme financier. Partout en Europe, elle régresse durablement. Les difficultés actuelles de la social-démocratie allemande en sont le signe. Cela ne lui interdit pas quelques victoires ponctuelles. Le parti socialiste français est par ailleurs traversé de courants divers, que l’exercice du pouvoir devrait permettre de dépasser en une nouvelle synthèse républicaine.

L’idéologie communiste s’est dissoute avec la chute du mur de Berlin et l’effondrement de l’URSS. Le discours du PCF, en l'absence de débouché politique clair, est devenu largement incantatoire, se limitant à la défense, souvent louable mais essentiellement protestataire, des intérêts des "gens", qu’il oublie parfois de présenter comme des travailleurs. Il décline de plus en plus un discours sur les droits de l’homme oubliant ceux du citoyen, faute d’assumer aussi sa propre histoire. L’effondrement de sa base électorale est préoccupant. Son insertion en France dans le Front de gauche et son alliance municipale de fait avec le PS entrent en contradiction. Nous devons cependant maintenir un dialogue ouvert, à condition bien entendu que le parti communiste ne se dérobe pas devant le débat de fond, en cherchant à jeter l’anathème sur le discours républicain.

L’écologie politique est devenue un des modes d’expression des couches moyennes supérieures qui ont une activité tertiaire. Cette idéologie souvent a-républicaine et opportuniste a connu des succès relatifs aux élections régionales et européennes (scrutins peu clivants, où le taux d'abstention est de plus en plus élevé), mais ne s’est jamais vraiment affirmée comme une force politique nationale dotée de positions politiques claires, sauf dans le refus viscéral de l’électricité d’origine nucléaire et, parfois de toute forme d’aménagement structuré du territoire qui dépasserait la seule conservation de la Nature idolâtrée (tandis que le génie créateur de l’Homme est systématiquement dévalorisé).

Le trotskisme, qui s’est construit contre le communisme d’État et qui a connu quelques poussées électorales éphémères, est malade d’une vision exclusivement protestataire de l’action politique qui n’échappe pas toujours au communautarisme et ne se pose plus la question de la prise du pouvoir.

La crise politique qui s’est déclenchée à droite après la défaite de Nicolas Sarkozy est révélatrice d’un système politique obsolète qui a vu progressivement les grands partis muter en des appareils dont l’activité consiste essentiellement à gérer des ambitions et distribuer les postes, l’œil rivé sur les courbes de sondage pour coller à l’ "opinion publique". Le dessein d’un grand mouvement hégémonique à droite et l’approche d’un bipartisme à l’américaine ont échoué.

C’est donc à un vide idéologique que doit faire face la gauche française, alors même que la droite semble avoir définitivement rompu les amarres avec le gaullisme et que l’extrême droite essaie – hélas avec succès actuellement– de s’inscrire dans le paysage politique en profitant de la crise sur les décombres de la classe ouvrière. C’est aussi l’envers de la trahison de la plupart de ses élites politiques, médiatiques et économiques, qui ont perdu le sens de la patrie. Nous continuons de penser, avec Jaurès, que la République sociale que nous appelons de nos voeux, suppose d'organiser "les noces de la classe ouvrière et de la Nation".

La question républicaine est elle aussi revenue en force, parce que la question sociale est brûlante d’actualité. Or, la République en France est le système, la perspective, le moyen qui met en œuvre la question sociale comme question politique et démocratique. La question de l’égalité est au cœur de la République. Or, il est plus facile de parler de diversité que d’égalité, car on touche à des intérêts moins puissants en occultant le rapport entre le travail et le capital et les rapports de domination qui en découlent.

Pour réussir, la gauche doit d’abord se ressourcer dans sa meilleure tradition, qui est en France l’exigence républicaine. Nous le rappelions récemment lors de l’Université d’été de Belfort en septembre 2012 : « Cette exigence est particulièrement actuelle dans une époque dominée par l’Argent roi, celle du capitalisme financier à son apogée, où les marchés financiers rançonnent les États et où le Capital met les territoires en concurrence, en n’hésitant pas à coup de plans sociaux, à délocaliser la production au nom d’intérêts purement financiers. Actuelle est la République, face au déchaînement des intérêts particuliers et des corporatismes, à l’explosion de l’individualisme et des inégalités, et à la fragmentation de l’espace public au profit de revendications identitaires et communautaristes qui obscurcissent l’idée même d’un intérêt commun à tous les citoyens. »

Nous devons faire un bon usage de l’accord PS-MRC de 2012, qui préserve entièrement notre identité politique. Son contenu, qui identifie nos convergences, mais aussi quelques divergences importantes, doit nous conduire à une utilisation intelligente des termes de cet accord. Nous ne devons pas nous situer dans une opposition de gauche systématique qui chercherait à affaiblir le gouvernement. Mais il est utile de saisir toutes les occasions de mettre en évidence nos priorités politiques, en soutenant clairement les décisions gouvernementales qui vont dans le bon sens et en faisant entendre notre différence chaque fois que cela s’avère nécessaire.

A cet égard, le vote de nos quatre parlementaires contre la ratification du TSCG et la loi organique qui inscrit ce traité dans notre droit national, s’inscrit clairement dans ce qui est présenté comme une des positions communes de cet accord : « Le prochain traité européen est inacceptable, il provoquerait une austérité et une récession généralisée, et doit être renégocié : rachat des dettes publiques par la BCE qui doit soutenir la croissance, grand plan d’investissement financé par un emprunt européen, relance salariale, politique de change assurant un euro compétitif ». Mais il peut aussi se référer à l’un des points de désaccords reconnus par l’accord : « Le MRC rappelle son opposition au traité de Maastricht, propose la révision des statuts de la BCE afin que l’objectif de croissance soit intégré dans ses missions et qu’il soit mis fin à la politique de l’euro cher. De plus, la souveraineté budgétaire ne saurait en aucun cas être soustraite au contrôle des Parlements nationaux, et la monnaie devra être conforme à nos intérêts ». Il nous revient de faire un usage politique de cet accord qui permette de faire les choix que nous jugerons opportuns. La tâche du MRC est d’être la boussole républicaine de la majorité que nous voulons aider à réussir. Là est notre objectif central.

La forme politique que prendra la refondation républicaine de la gauche ne peut pas encore à ce stade être précisée. Mais si nous observons des limites sérieuses à court terme, il existe des possibilités à moyen terme, dès lors que le débat politique sera conduit sérieusement, sans opposition facile et sans approbation mécanique.

C’est par notre présence dans le débat politique à gauche que nous pourrons aider le plus efficacement la gauche de gouvernement à faire face aux difficultés de l’heure. La gauche comme force de gouvernement rencontre les limites de cette seule perspective, même si elle est nécessaire : faire de la politique, c’est agir sur le réel. Nous avons choisi, en soutenant « les yeux ouverts » François Hollande, d’être dans la majorité et d’en être l’aiguillon républicain. Cela signifie que, « les yeux ouverts », nous travaillons dans la majorité présidentielle, à sa réussite. Car il s’agit de la réussite et de l’avenir de la France. Nous savons que la réussite ou non du quinquennat passera par des changements que nous devons faire émerger en pesant dans le débat public.

"Donner du temps à François Hollande", comme nous l'affirmions à notre Université d'été, ne signifie pas que nous ne sommes pas conscients des choix politiques décisifs auxquels le gouvernement devra procéder rapidement si les mots d'ordre de la campagne doivent avoir un sens. A titre d'exemple, il convient que nous appuyions la proposition formulée par le candidat François Hollande consistant à organiser la séparation des activités bancaires. Face à la montée du risque systémique, la déconnexion des banques de dépôt et des banques d'affaires est une étape essentielle pour assainir la finance mondialisée. La responsabilité monétaire, élément fondamental de l'ordre public, doit être dissociée des responsabilités économiques, et en particulier des activités de marché. A contrario, le projet de supervision bancaire unifiée par la BCE, elle-même soustraite à tout contrôle démocratique, ne permettra pas d'encadrer les activités spéculatives.

Notre solidité politique consiste à être conséquents avec nous-mêmes en portant l'accord politique que nous avons passé. Dans l'immédiat, le MRC doit prendre la mesure de ses responsabilités pour aider la gauche à réussir, au service de la France. Comme le général De Gaulle avait su s'adapter hier face à l'évolution du problème algérien, François Hollande est confronté à des résistances aussi puissantes, parce qu'elles s'enracinent dans des croyances anciennes, sur la question européenne notamment. Mais les événements ne manqueront pas selon nous de fragiliser les certitudes des plus européistes. Le MRC doit avoir suffisamment confiance dans ses propres analyses pour exercer son influence et peser. La mobilisation de nouvelles générations de républicains sera la condition essentielle pour assurer la continuité de ce combat. 

Cet article est le 122ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.

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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 22:52

L’Europe, le peuple, l’Etat, l’industrie, la recherche, l’école

 

Suite de la motion d’orientation adoptée à l’unanimité par le congrès le 16 décembre 2012 à Paris.

Voir Congrès MRC 2012 : la motion d'orientation a été adoptée à l'unanimité - 17 décembre 2012

Congrès MRC 2012 : du CERES, à l'intérieur du PS, au MRC, allié du PS - 19 décembre 2012

 

Congrès MRC 2012 Paris 15 et 16 12 12 001 TVoici la 2ème partie du texte de la motion, qui rappelle les fondamentaux républicains, logiciel du MRC. 

Le texte complet est à lire sur le site du MRC. Voir Le MRC, une boussole républicaine pour la gauche et pour la France

 

Notre logiciel politique républicain garde toute sa pertinence dans la situation actuelle

Le logiciel politique du Mouvement Républicain et Citoyen repose sur quelques fondamentaux, qu’il est nécessaire de rappeler. Ce logiciel, ces fondamentaux, doivent être les outils de notre influence, qui n’est pas séparable de l’affirmation claire et publique de nos positions.

1 – L’Europe ne peut se construire qu’en s’appuyant sur des peuples souverains.

Cette question est plus actuelle que jamais. En tant qu'entités historiquement constituées, les nations sont le cadre essentiel de la démocratie et de la solidarité. Bien entendu, nous défendons la conception républicaine de la Nation, communauté de citoyens, et nous condamnons la conception ethnique. Nous ne confondons pas la nation et le nationalisme qui en est une maladie. Nous sommes des patriotes car le patriotisme est l'amour des siens, tandis que le nationalisme est la haine des autres. On ne peut rien faire dans l'ordre international si on ne s'appuie pas sur les nations, briques de base de toute organisation supranationale. Le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN est une faute.

On ne gagne rien à occulter le rôle et la spécificité de chaque Nation, comme l'a fait le système de la monnaie unique. Celle-ci se révèle être une impasse. La situation de nombreux pays montre combien la création de l’euro, monnaie unique rassemblant des pays radicalement hétérogènes sur le plan économique et social, est une erreur profonde. Dans la tempête, l’orientation monétariste héritée de Maastricht (et sa seule obsession de lutte contre l’inflation) a été le principal facteur de divergence des nations européennes dont les économies demeurent structurellement différentes. Les intérêts propres de l’Allemagne ne sont pas les mêmes que ceux de la France et encore moins de la Grèce. Il faut nous rendre à l’évidence : il est peu probable que l’Allemagne accepte que la BCE vienne en appui du MES (mécanisme européen de stabilité), et accepte une politique de création monétaire à l’image de celle de la Réserve fédérale américaine, bref devienne une banque centrale comme les autres. Dans ces conditions, il nous appartient de rendre crédible la mutation de la monnaie unique en une monnaie commune qui permette de rétablir une compétitivité adéquate pour chaque économie nationale. Pour les membres de la zone euro, le maintien contre vents et marées de la monnaie unique n'est pas viable en l'état car la crise de l’euro n’est pas une crise de la dette mais d’abord une crise de divergence de compétitivité entre les différentes économies. Une politique monétaire tournée vers la croissance dans l’UE et dans chacun des États membres est l’une des clés d’une politique de progrès. Au-delà, il nous faut redresser et réorienter la politique européenne : le libre-échange intégral doit céder la place à une protection raisonnée des industries européennes. Les coopérations renforcées doivent progressivement remplacer le processus bureaucratique de l’unification juridique. La politique commune de commerce extérieur doit être sérieusement réorientée pour avoir comme unique objectif la défense de l’industrie et de l’agriculture européenne.

2 – Le peuple français peut se rassembler autour de l’intérêt général.

La République française est fondée sur la citoyenneté. Celle-ci est le corollaire de la souveraineté nationale. Chaque citoyen est une parcelle du souverain. La République ne va donc pas sans civisme, valeur aujourd'hui décriée, voire ignorée. République de citoyens, la République française se veut aussi une République sociale. Or, qu'en restera-t-il dans l'océan de la mondialisation libérale ? Ancienne base sociale de la gauche, les couches populaires l’ont largement rejetée ou abandonnée. La tentation est grande de chercher dans des réformes sociétales une diversion aux difficultés sociales. Mais dans une société en perte de repères, la structuration de la famille, la citoyenneté, la fermeté par rapport à la drogue ne peuvent être exclues de nos débats, ni dévoyées. Ainsi le MRC se prononce contre la libéralisation du cannabis. Il est essentiel de ne pas déstabiliser encore plus des couches populaires inquiètes pour leur avenir et de leur fournir les sûrs repères de la République et de la citoyenneté. Celles-ci sont en recherche de sécurité devant l’incertitude de l’avenir. Elles sont de plus en plus installées dans les zones périurbaines et rurales sans l'avoir forcément choisi : c'est la France des personnes modestes, des oubliés, des invisibles. Il ne suffit pas de constater que la classe ouvrière vote en partie à l’extrême-droite, encore faut-il mener une politique qui supprime le terreau sur lequel prospèrent les thèses du Front National et tenir un discours qui réponde au besoin de sécurité de ces couches populaires sans céder à la logique tendant à faire de l'immigré le bouc émissaire de la crise. Cette vision qui ethnicise les problèmes sociaux, est une impasse, non seulement parce qu’elle divise, mais parce qu’elle tourne le dos aux valeurs républicaines. Le droit de vote des étrangers aux élections locales déconnecterait le lien entre droit de vote et citoyenneté auquel le MRC est particulièrement attaché. Nous y sommes donc opposés mais favorable à un accès élargi à la naturalisation dans le respect des valeurs de la République.
Comment rendre le peuple acteur de son propre devenir ? Pour agir dans l’intérêt général, il nous faut retrouver des marges de manœuvre au niveau national comme au niveau européen. Nous proposons de relocaliser la dette publique par un grand emprunt, qui serait ouvert aux ménages afin d’assurer notre indépendance par rapport aux marchés financiers. Nous sommes favorables à une dette responsable pour assurer une politique de relance fondée sur la croissance et les investissements d’avenir. Si chacun peut admettre qu’elle ne peut être sans limite, la dette française se doit d’être relativisée. En effet, le montant de la dette nationale est à mettre en perspective (deux années de recettes).
L’impôt est un des fondements de la solidarité nationale, c’est un acte fort d’appartenance à la nation. Nous devons revoir l’assiette de l’impôt pour assurer une plus juste égalité entre le capital et le travail. Nous défendons un impôt progressif, assumé par tous en fonction des capacités contributives de chacun.
Mais il faut aussi mesurer que l’éclatement des cadres collectifs et le délitement de l'esprit républicain amènent les individus à s’identifier à des communautés aussi diverses que variées : le communautarisme est répandu à gauche comme à droite. La situation de victime est un des moteurs de l’action individuelle, fût-ce pour des causes parfaitement défendables, mais elle conduit aux recours juridictionnels plus qu’à l’action. Il est nécessaire de contrer par la laïcité et par le civisme républicain les communautarismes de toutes sortes, qui sont aujourd’hui flattés par la gauche et par la droite "branchées". Cela exclut toute inscription du concordat en Alsace-Moselle dans la Constitution. Pour lutter contre l'hyper individualisme libéral et les diverses formes de communautarismes qui l'accompagnent, il y a un remède : relever les valeurs républicaines, et particulièrement la laïcité.

3 - L'Etat républicain est le garant de l'égalité des citoyens

La République décentralisée n’est pas une juxtaposition de territoires "féodaux" ; elle reste une et indivisible. Le rôle de l’État républicain porteur de l’intérêt général doit être rappelé dans un contexte d’effritement de la notion de territoire national. Il appartient à l’État d’exercer pleinement ses fonctions régaliennes. Il assure l’aménagement du territoire. La sécurité doit être garantie à tous par l’État. En France, l’État républicain doit être en mesure de garantir la cohésion institutionnelle et sociale à chaque niveau d’administration du territoire, plus particulièrement en période de crise. Il convient de stopper le démantèlement des services de l’État dont les compétences et les capacités se sont réduites considérablement ces cinq dernières années avec l'application de la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques). La mise en oeuvre de politiques publiques comme l’emploi ou l’aménagement du territoire, si elles doivent être coordonnées au niveau régional, comme au niveau national, s’inscrivent aussi dans le cadre de « bassins de vie » souvent infra-départementaux. Nous devons asseoir et défendre des services publics efficaces qui s’adaptent aux enjeux et aux nouveaux modes de vie de nos concitoyens, dans le respect des valeurs d’égalité républicaine et de non-marchandisation des services. C’est par la modernisation de notre administration et de nos services que nous pourrons contribuer aussi à la réduction des inégalités et assurer la continuité territoriale, jusque dans les espaces ruraux aujourd'hui abandonnés (notamment victimes de la désertification médicale). La commune doit être réaffirmée comme cellule de base de l’organisation républicaine du pays et nous affirmons notre attachement à l’existence des départements.

4 – L’industrie est la base de notre richesse collective.

Pour sortir de la crise et du chômage de masse, il est illusoire de penser que c’est par le seul développement des services et sans aucune base productive qu’on y parviendra. Notre pays ne renouera avec la prospérité et l’emploi que par une politique économique et industrielle cohérente visant à la réindustrialisation du "site de production France". Il n’y a aucune raison pour que l’Allemagne excelle et que la France périclite. Notre balance commerciale se détériore régulièrement depuis la fin des années 90 alors que celle de l’Allemagne s’améliore. La productivité des salariés français est plus performante que celle de nos voisins, mais les productions allemandes sont encore peu confrontées à la concurrence des pays émergents. Un pays sans industrie est un pays qui s’appauvrit et cesse de peser. Le discours environnementaliste se satisfait parfois d’un recul de l’activité industrielle, certains allant jusqu’à théoriser la décroissance. A l’inverse, nous plaidons pour une politique qui recherche les voies de la compétitivité de notre industrie pour créer des emplois. Cette compétitivité dépend de la base de financement de la protection sociale, des structures des entreprises, de l’organisation de la sous-traitance, de la recherche et de l’innovation, de la formation et la qualification des salariés, de l’indépendance, du bas coût de l'énergie, et enfin de la participation des représentants des salariés à la stratégie des entreprises. Si l’État Républicain se doit d’agir en ce sens, il doit aussi être un État stratège pour soutenir et développer les filières industrielles prioritaires. Il doit se donner la possibilité d’introduire un contrôle public pouvant aller jusqu’à la nationalisation vis-à-vis d’entreprises qui mettent en péril nos capacités productives, l’emploi salarié et l’intérêt national. Cela doit nous conduire à élargir la base des prélèvements sociaux pour qu’ils pèsent moins sur le travail et davantage sur les revenus financiers et cela doit nous conduire à faire baisser le taux de la monnaie, aujourd'hui surévaluée. La relance industrielle doit s’accompagner d’une politique de relance de l’emploi par le biais de grands travaux. Il convient de prendre des dispositions pour protéger l’économie de production à l’échelle de l’Europe par une préférence communautaire assumée vis-à-vis des pays à bas coût de main d’œuvre.

5– Notre pays a besoin de recherche, c’est-à-dire de science et de rationalité.

La rationalité exige un effort de recherche qui s’inscrit dans le long terme. Nous ne sommes pas des partisans du principe de précaution, qui n’est pas un principe scientifique. Les questions relatives au développement énergétique, à la nutrition ou à la nécessaire protection de l’environnement ne doivent pas être traitées frileusement. Ces questions doivent être passées au crible du doute méthodique. C’est par la recherche et l’innovation que les déséquilibres nés des excès de l’économie mondialisée et financiarisée seront contenus et pourront être dépassés.

Si l’on veut avoir une vision à long terme pour la recherche, il ne faut pas oublier ses fondements qui reposent sur l’amélioration de la connaissance, du savoir, du bien-être de l’humanité. C’est ce pourquoi la recherche fondamentale doit rester indépendante des lobbys financiers. L’innovation est la partie appliquée issue de la recherche fondamentale qui, valorisée, permet de générer des richesses. De nouvelles dynamiques de notre système de recherche doivent être trouvées en renforçant l’interdisciplinarité.

Enjeu majeur du XXIème siècle, la question de l'énergie doit satisfaire aux exigences d'indépendance, d'efficacité et d'accès pour tous. A ce titre, l'énergie nucléaire reste pour la France un atout majeur non seulement parce qu'elle favorise la réduction des émissions de gaz à effet de serre, mais aussi parce qu'elle permet de fournir une électricité à bon marché (aujourd'hui l'une des moins chère d'Europe). Nous sommes favorables à la recherche publique sur les gaz de schiste en même temps qu’une recherche sur la captation du CO2.

6 – L’école de la République est le socle de la France de demain.

C’est l’instruction, la transmission de savoirs, qui est la mission fondamentale de l’école. L’école ne doit pas se construire sur l’idée d’un enfant construisant lui-même ses savoirs, mais autour de l’acquisition méthodique par l’élève, sous l’autorité de maîtres compétents, des principaux savoirs de base. La République a besoin de citoyens éclairés : l’École est le lieu par excellence de la formation du citoyen. Elle est une institution de la République. Il revient à la Nation de définir les programmes et les objectifs qu’elle lui assigne. L’école élémentaire constitue une étape déterminante du parcours scolaire. Le socle des savoirs fondamentaux (lire, écrire, compter) doit être acquis à la fin de l’école élémentaire et la priorité doit être mise sur la maîtrise de la langue française, condition vitale de l’exercice d’une pleine citoyenneté. Pour les élèves en difficulté d’apprentissage, l’école doit veiller également à rester son propre recours, au travers de la prise en compte des besoins éducatifs de chacun : il convient de s’opposer fermement à toute marchandisation de l’accès au savoir.

***

Bien entendu, le projet du MRC ne se limite pas à ces piliers porteurs. Il est rappelé que le MRC a en 2010 adopté un programme de salut public qui est encore d’actualité. Les 40 propositions de ce programme constituent le support du projet du MRC pour sortir la France et l’Europe de l’impasse. Il est de notre responsabilité d’être davantage présents dans les débats économiques et sociaux. Il nous faut être à la fois offensifs et efficaces dans l’affirmation de nos propositions et de nos refus lorsque l’essentiel est en jeu.  

 

Cet article est le 121ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.

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