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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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4 mai 2008 7 04 /05 /mai /2008 23:53

Face au tsunami à l’horizon, refonder la gauche

 

Dans la jeune existence du Mouvement Républicain et Citoyen, la date du 6 avril 2008 a marqué le retour de Jean-Pierre Chevènement aux responsabilités directes. Voir, à ce sujet, sur ce blog, l’article paru le 6 avril 2008 Chevènement président et présent dans la cabine de pilotage : un nouvel élan pour le MRC.

 

La séance du Conseil national, ce 4 mai, a confirmé l’impression laissée le 6 avril d’une redynamisation politique du MRC. En vue du congrès, qui aura lieu les 21 et 22 juin, le texte d’orientation de Jean-Pierre Chevènement a été amendé, puis adopté à l’unanimité, ce qui confère à ce texte le qualificatif de « motion », soumise à débat puis vote au niveau des adhérents dans les comités locaux.

 

Le président d’honneur a souhaité que ces orientations soient présentées à la presse par les responsables départementaux et régionaux car le MRC veut provoquer le débat sur la base de sa proposition de création d’un grand parti de la gauche.

 

La crise, qui se présente sous différentes formes, ouvre un nouvel espace à la gauche. D’autres politiques sont possibles, en dehors des politiques néolibérales que l’on nous impose depuis presque trente ans. La globalisation étant en crise, la pression des organismes internationaux en faveur du libre-échange va s’essouffler, laissant sa chance à une autre offre politique.

 

C’est pourquoi, en vue de 2012, la gauche doit s’organiser pour porter un projet républicain, qui soit une véritable alternative aux politiques néolibérales. Et, pour convaincre les électeurs, elle doit se rassembler dans un grand parti qui inspire confiance au peuple français.

 

Le MRC n’est pas seul à se positionner ainsi. Demain, Paul Quilès et Gauche Avenir organisent le premier des « forums de l’unité » avec des invités qui s’exprimeront devant les militants (voir l’article paru le 28 avril sur ce blog Gauche Avenir organise un banquet républicain avec Chevènement, Hamon et Cabanes).

 

Certes, la situation du MRC n’est pas florissante. Une souscription nationale va être lancée. Une nouvelle organisation sera mise en place lors du congrès. Le MRC n’est que la pointe émergée de l’iceberg républicain. Le courant républicain ne doit pas disparaître. Après des années difficiles entre 2002 et 2008, il faut repartir sur de nouvelles bases.

 

Le « tsunami » qui s’annonce à l’horizon (la grave crise du système financier mondial) déstabilise tous les pouvoirs libéraux sur la planète. Le PS est touché par ce phénomène et semble, plus que jamais, en panne de projet  et de repères solides.

 

L’analyse de la crise est absente des débats préparatoires au congrès de ce parti, alors que c’est l’absence d’un projet à la hauteur des défis de notre temps et l’éloignement des couches populaires qui sont à l’origine des échecs aux trois élections présidentielles de 1995, 2002 et 2007.

 

Place à la réflexion et à l’action politiques ! Le MRC va tout faire pour que la gauche soit à la hauteur de ses responsabilités en 2012.

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7 avril 2008 1 07 /04 /avril /2008 17:31

La gauche : trois leçons pour gagner

 

Prenant la parole, le 6 avril, pendant la réunion du Conseil national du MRC, le successeur de Jean-Pierre Chevènement à la mairie de Belfort (52 000 habitants) s’est fait connaître, même si son nom est un peu difficile à retenir.

Etienne Butzbach s’exprime clairement, avec détermination. Il affirme sa personnalité, sans craindre de marquer sa différence, le cas échéant, avec le président du MRC.

 

Voici l’essentiel de son intervention, d’après ce que j’ai pu noter.

 

Etienne Butzbach avait pris la succession de Jean-Pierre Chevènement après l’échec de celui-ci aux élections législatives 2007, quand il avait souhaité ne conserver que le mandat de conseiller municipal et la présidence de la communauté d’agglomération Belfort-Montbéliard (100 000 habitants). Les notices nécrologiques étaient prêtes pour les élections municipales 2008…

 

Et, pourtant, le 9 mars, la liste conduite par le maire sortant obtenait 33% des voix, soit 20% de plus que la liste dissidente PS (voir l’article paru sur ce blog le 11 mars, en catégorie « Municipales 2008 »). Ce n’était pas l’effet du hasard.

 

Etienne avait affirmé que Belfort serait le laboratoire de la refondation de la gauche, préparant la reconquête au plan national.

 

Trois leçons à retenir de Belfort par la gauche… pour gagner.

 

- La gauche doit être la gauche : avoir une démarche de projet, utiliser le logiciel MRC et valoriser le bilan (celui de JP Chevènement était bon). Ce qui compte avant tout, c’est le rapport au peuple, un rapport réel au peuple (c’était l’obsession d’Etienne à la présidence de l’office HLM depuis 2001), les couches populaires ne devant pas être oubliées par les municipalités de gauche.

 

- La gauche doit être unie, dès le premier tour. En l’occurrence, la moitié du groupe PS a participé dès le 1er tour, incitée par François Hollande et Arnaud Montebourg ; le PCF a été très coopératif dès le départ. L’union se fait autour d’un projet (20 pages), qui sert de base de réflexion pour des pratiques concrètes.

 

- La gauche doit renouveler ses méthodes, en faisant vivre des comités de citoyens, incluant des jeunes (quelques dizaines à Belfort et 300 personnes autour de la liste), en mobilisant les militants. C’est ce qu’on appelait « le rapport aux masses ». L’idée d’une université populaire fait son chemin. Avec les nouvelles technologies, il y a des progrès à faire.

 

Des idées aussi en ce qui concerne le parti de la gauche

 

Etienne Butzbach n’est pas passé par les structures historiques du MRC. Dans les années 1980, après avoir envisagé de créer un parti, il avait rejoint le PS et Jean-Pierre Chevènement à Belfort. Sa démarche ne le prédispose pas à militer dans un groupuscule. La perspective d’un grand parti de toute la gauche lui semble la seule viable à terme.

 

Le PS s’interroge. Il a pu le constater en rencontrant récemment Pierre Moscovici, président de l’agglomération de Montbéliard. Nous devons rester nous-mêmes. Rassembler n’est possible qu’avec des gens avec qui on n’est pas d’accord. Mais, pour pouvoir ouvrir, il faut savoir où nous sommes.

 

Ces propos sont de nature à conforter le futur président du MRC dans sa volonté de construire le grand parti dont la gauche a besoin pour répondre aux attentes du peuple français.

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6 avril 2008 7 06 /04 /avril /2008 23:49

 

Le Monde avait pris ses désirs pour la réalité

 

A partir du cas concret de l’article paru le 3 avril sur le site du Monde sous la signature de Sylvia Zappi, je recommande, à tous les lecteurs de ce journal, la plus grande prudence quand ils verront ce nom sous un article. Cette journaliste a réalisé un montage malveillant d’informations aboutissant à la conclusion que le MRC allait rejoindre le PS, par lassitude et impuissance (voir les articles parus sur ce blog les 3 et 4 avril). La réalité est bien différente.

 

J’ai participé, ce 6 avril, à la réunion du Conseil national du MRC (salle de la mairie du Kremlin-Bicêtre, dans le Val-de-Marne). J’ai vu un Chevènement lucide et déterminé, rappelant les faits qui ont marqué la vie du Mouvement depuis son lancement en 2003, dans de mauvaises conditions, qui l’avaient amené à prendre du champ (la présidence d’honneur) et posant clairement les termes de l’alternative : autodissolution ou nouveau départ.

 

Il avait répondu par avance en préparant un projet de texte d’orientation en vue du prochain congrès (voir sur www.chevenement.fr). Et ses propos montraient à l’évidence sa détermination à rebondir, souhaitant que les membres dirigeants du MRC s’engagent pleinement sur la voie, rude, qu’il propose pour que la gauche soit à la hauteur de ses responsabilités dans le pays.

 

C’est la situation du pays (le système craque, le capitalisme financier est en crise) qui l’amène à croire au sursaut possible de la gauche, parce que nécessaire après le tsunami qui se présente à l’horizon. Dans un tel contexte, il faut opérer rapidement une recomposition de la gauche, ce qui suppose un électro-choc.

 

Le MRC propose la création d’un grand parti de la gauche, rassemblant largement et sans sectarisme ses diverses sensibilités, à partir d’une analyse critique du capitalisme financier. Cette proposition se distingue de celle qui veut construire un parti révolutionnaire de gauche à côté du PS, social-libéral, car ce serait laisser un boulevard à la droite conservatrice.

 

Jean-Pierre Chevènement, en pleine forme et disponible après avoir assuré sa succession à Belfort (son successeur, Etienne Butzbach, est intervenu dans la matinée de manière fort convaincante), prend en charge directement la présidence du MRC et va préparer activement le congrès ordinaire qui aura lieu les 21 et 22 juin au Kremlin-Bicêtre (ville dont le maire, depuis 1995, est Jean-Luc Laurent ; sa liste a été élue dès le premier tour, le 9 mars, avec 57% des voix).

 

Un comité d’organisation va être mis en place, comprenant des délégués de chaque grande région (je serai le délégué du grand ouest). Le maire de Belfort, qui souhaitait accueillir le congrès, organisera l’université d’été du MRC.

 

Lire la dépêche AFP et les autres informations sur www.chevenement.fr

Le Mouvement Républicain et Citoyen a fait paraître le communiqué suivant, après cette réunion de son Conseil national (voir www.mrc-france.org).

Le Conseil national du MRC (Mouvement Républicain et Citoyen), réuni le 6 avril, a adopté un projet de texte d’orientation, en vue du Congrès qui se tiendra le 21 et 22 juin au Kremlin Bicêtre (Val de Marne).

La situation est d’une gravité exceptionnelle. La crise financière est là. La crise de l’hégémonie américaine est patente. La réponse est dans une réorientation de la construction européenne au sein d’un monde multipolaire. La gauche ne peut pas continuer à s’inscrire dans un projet de simple alternance. Elle doit offrir une alternative progressiste à la politique de M. Sarkozy.

Le MRC offre à la gauche un projet républicain, comportant notamment la possibilité de nationalisations partielles ou totales, pour préserver le tissu productif.

Le Conseil national s’est également félicité de la disponibilité de Jean-Pierre Chevènement (actuellement président d’honneur du MRC) à reprendre la présidence active du MRC à l’issue du Congrès de juin. Il a enfin manifesté la volonté du MRC de s’inscrire dans un processus de refondation républicaine par la création d’un grand parti de toute la gauche.

Cette refondation ne s’aurait en aucun cas être confondue avec une adhésion au PS. Il s’agit de créer un électrochoc pour rassembler toutes les sensibilités, attirer les nouvelles générations et ancrer la gauche dans le peuple.

 

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15 septembre 2007 6 15 /09 /septembre /2007 19:24


Construire un vrai projet cohérent de gauche

Je renvoie au site du MRC www.mrc-france.org  pour prendre connaissance de l'intervention de Georges Sarre lors de l'université d'été à Dunkerque-St-Pol-sur-Mer le 9 septembre dernier. 

Il a mis en évidence la cause essentielle de l'échec de la gauche à l'élection présidentielle : la contradiction entre une politique sociale hardie portée par la candidate et l'acceptation par le Parti socialiste d'une Europe libérale et libre-échangiste qui rend une telle politique impossible à financer et à réaliser. 

Il faut une gauche qui sorte de cette contradiction, qui se confronte directement au capitalisme transnational, sans pour autant nier l'évidence de l'économie de marché. C'est seulement à cette condition qu'elle obtiendra la confiance de l'électorat populaire.

Le MRC veut assumer sa part de responsabilité dans l'effort qui revient à toute la gauche pour construire ce projet cohérent et réaliste (indissociable du combat actuel contre la politique sarkosienne) qui devra être mis en oeuvre après l'accession au pouvoir. Autrement, ce serait l'échec certain à terme.

L'heure n'est pas au défaitisme. Il faut relever la tête, se parler, s'unir entre républicains de gauche, face à l'anarchie économique générée par le libre-échangisme débridé qui sape les Etats et les services publics et dans lequel l'Europe porte une lourde responsabilité car elle empêche toute régulation.

Comment nous faire entendre ? Par Jean-Pierre Chevènement, dont la voix est quand même écoutée par les médias. Par le MRC national dans le dialogue avec les autres partis de gauche et syndicats. Par les organisations locales et les militants MRC sur le terrain qui doivent prendre des initiatives et dialoguer avec les citoyens.

Georges Sarre a conclu son intervention en rappelant que nous sommes les continuateurs de ceux qui ont relevé la France, qui l'ont modernisée, qui l'ont fait progresser, notamment avec le programme du Conseil National de la Résistance. Nous combattons les forces du renoncement, contre les vieilles idées qui se font passer pour des idées neuves. Nous menons le combat pour la modernité contre la loi de la jungle. Telle est notre mission ! 

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12 septembre 2007 3 12 /09 /septembre /2007 16:51

 

Une Constitution maquillée, à avaler sans référendum  

Après l'intervention de Jean-Pierre Chevènement (sur ce blog, 10 septembre), et la première partie de celle de Sami Naïr (11 septembre), voici la seconde partie dans laquelle l'ancien député européen analyse le texte issu des négociations entre les chefs d'Etat et de gouvernement (juin 2007, Berlin), qualifié par le président français de traité simplifié, ce qu'il n'est pas en réalité. 
Les différentes interventions, lors de l'université d'été du MRC les 8 et 9 septembre à Dunkerque, peuvent être consultées sur les sites du MRC www.mrc-france.org et de JP Chevènement www.chevenement.fr .

"Prenons maintenant le texte du Traité simplifié et voyons ce qu'il en est sur quelques points importants.

1) Les prétendues avancées par rapport à la Constitution 
(retrait des références constitutionnelles : appellation, lois et lois cadres, symboles). 
 
Le mot Constitution a certes disparu, mais il est remplacé par un texte qui affirme :  

- La personnalité juridique pour l’Union européenne, qui n’est plus une Communauté, ce qui lui permet donc de signer des actes internationaux indépendamment des Etats mais contraignants pour eux.   

- La prééminence du droit européen sur le droit national, même si l’article sur la primauté du droit européen est formellement retiré. Le texte du Traité dit ceci, en note 2 de la partie concernant les Dispositions communes : « La Conférence rappelle que, selon une jurisprudence constante de la Cour de justice de l’UE, les traités et le droit adopté par l’Union sur la base des traités priment le droit des Etats membres, dans les conditions définies par ladite jurisprudence »( page16). Donc, on réintroduit par la fenêtre ce que le peuple a fait sortir par la porte.  

 2) Sur les institutions européennes  

 - La Commission : rien n’est changé ; la France a déjà perdu un commissaire sur deux et n’en aura probablement plus à partir de 2014, en raison du système de rotation. En plus, la commission continue d’avoir le monopole absolu du droit d’initiative.  

 - Nombre des députés au Parlement européen : la rupture de la parité au profit de l’Allemagne consentie dans le Traité de Nice est maintenue : 99 pour l’Allemagne, 77 pour la France, alors qu’il y avait égalité. La France avait accepté semble-t-il cette rupture pour sauvegarder la parité dans les votes au Conseil.  

 - Sur le système de vote au Conseil. On s’aperçoit que cette parité saute : dans la Constitution et dans le Traité modifié, la France abandonne cette dernière position : en effet, si dans le Traité de Nice, la France et l’Allemagne disposaient de 9% des voix chacune ; dans la Constitution comme dans le Traité institutionnel, la France ne dispose plus que de 8,5% des voix tandis que l’Allemagne grimpe à 11% des voix en raison de l’adoption de la double règle de majorité (pondération démographique plus nombre d’Etats, soit 65% de la population, 55% des Etats), ce qui déséquilibre de façon très significative le couple franco-allemand.  

 L’Allemagne peut désormais plus facilement que la France obtenir une minorité de blocage dans les votes au Conseil: il lui suffirait, comme le souligne JPC dans La faute de M. Monnet, d’ajouter 75 millions d’habitants répartis dans 3 Etats différents alors que la France en nécessiterait 95 millions.  

 C’est là une source de crises entre les deux piliers de la construction européenne, sachant surtout les liens structurels d’interdépendance entre l’Allemagne et certains pays de l’Est.  

 Certes, comme le souligne encore JPC dans son livre, on pourrait dans l’absolu accepter le critère démographique qui sert de base à cette inversion des rapports, mais il faudrait alors qu’il soit compensé par exemple par l’engagement, de la part de l’Allemagne, de mettre en place un gouvernement économique pour la zone euro : or nos amis allemands ne veulent pas en entendre parler…  

 - Sur le périmètre du vote à la majorité qualifiée :  

 On nous dit qu’il y a extension de ce vote à 51 domaines supplémentaires, dont : la coopération judiciaire et policière (sauf pour le Royaume Uni), l’éducation, la politique économique (sans autre précision) etc. Ce n’est pas rien ! J’ai essayé d’obtenir des informations sur ces 51 nouveaux domaines, mais la réponse des autorités européennes est invariable : ils sont encore en négociation. Nous verrons donc en octobre prochain à quelles matières précisément sera étendue cette majorité qualifiée.  

 L’unanimité restera, certes, la règle pour la politique étrangère, la sécurité sociale, la fiscalité et la culture. Mais je le rappelle : la majorité qualifiée sera basée sur le principe de la double majorité : 55% des Etats membres représentant 65% de la population européenne. La Pologne a nuancé ce principe en obtenant que le système n’entre en vigueur qu’en 2014 au lieu de 2009 et que jusqu’en 2017, selon le compromis de Ioannina (qui permet à un groupe d’Etats proches de la minorité de blocage, sans l’atteindre, de demander un nouvel examen), un Etat-membre peut demander le réexamen d’une décision adoptée à la majorité qualifiée au Conseil.  

 La Pologne, et c’est le seul pays à le faire, demande d’ailleurs l’intégration de cette procédure au corps même du texte du traité simplifié, alors que pour l’instant, cette procédure est simplement une annexe.  

 - Sur le renforcement des compétences nationales par l’extension des droits d’information des parlements nationaux, surtout sur le principe de subsidiarité : grande innovation : au lieu d’avoir six semaines pour donner un avis motivé, les parlements auront…huit semaines !  

 Et s’il y a conflit sur un acte législatif, une procédure compliquée est prévue, qui ne défavorise nullement, en dernier recours, la Commission.  

 Sur ce point, en rendant compte du Traité adopté, Monsieur Junker, Président de l’Eurogroupe, a été très clair : « les droits des parlements nationaux, a-t-il dit, seront renforcés sans qu’un groupe de parlements n’ait le droit de brandir un « carton rouge » mettant fin à la procédure législative ».  

 - Au total, la logique qui prévaut dans le domaine institutionnel est celle à la fois d’un renforcement indéniable du modèle fédéraliste et d’un affaiblissement inéluctable du poids et du rôle de la France, surtout, soit dit en passant, au profit de l’Allemagne. Ceci n’est pas un jugement de valeur, mais un fait empirique objectivement démontrable.  

 3) Sur la Charte des droits fondamentaux :  

 Bien qu’elle ne figurera pas dans les traités, le mandat donné à la CIG précise que « l’article sur les droits fondamentaux contiendra une mention de la Charte des droits fondamentaux … à laquelle il conférera une valeur juridiquement contraignante et dont il définira le champ d’application ».  

 Cela signifie que la Cour de justice européenne acquiert des compétences nouvelles en matière de jurisprudence par une référence à cette Charte, ce qui lui permet de motiver ses décisions. La juridicisation de l’espace européen va avancer à grands pas, sachant que la Cour de Justice européenne est le principal vecteur de fédéralisation de la loi européenne.  

 4) Sur la suppression de la « concurrence libre et non faussée » des objectifs de l’Union. L’article 3 sur « la concurrence libre et non faussée » a en effet été formellement retiré, mais une lecture attentive du texte vous fait découvrir le passage suivant, dissimulé dans l’Annexe 1 sur les dispositions communes, note 16 intitulée : « Protocole sur le marché intérieur et la concurrence : les hautes parties contractantes, compte tenu du fait que le marché intérieur tel qu’il est défini à l’article 3 du traité sur l’Union européenne comprend un système garantissant que la concurrence n’est pas faussée, sont convenues que : à cet effet, l’Union prend, si nécessaire, des mesures dans le cadre des dispositions des traités, notamment l’article 308 du traité sur le fonctionnement de l’Union ».(page 24, mandat CIG juillet 2007).  

 L’article 308 du Traité de Nice (baptisé Traité sur le fonctionnement de l’Union) concerne le processus décisionnel : cet article précise que : « Le Conseil, statuant à l’unanimité sur proposition de la Commission et après consultation du Parlement européen, prend les dispositions appropriées ».  

 - Comment faut-il comprendre cette formulation, sinon comme une possibilité pour que ce principe de l’ultralibéralisme puisse aussi devenir la règle dés lors qu’il y a accord entre les membres du Conseil ?  

 On voit d’ailleurs là toute la stratégie rhétorique adoptée par les rédacteurs du projet de Traité institutionnel : on retire du texte ce qui choque, ou qui a été mis en accusation dans le débat référendaire, mais on le replace, souvent sous une autre formulation, ailleurs, si possible en annexe ou note en bas de page.  

 Ou encore : lorsqu’il s’agit de respecter la souveraineté des nations, les rédacteurs introduisent des formules qui la brident ; lorsqu’il s’agit d’étendre des prérogatives importantes pour la Commission, les rédacteurs s’arrangent pour les dissimuler dans les détails !  

 En tous cas, si la concurrence libre n’est plus un objectif, c’est bien un « instrument », comme l’a souligné le Président de l’Eurogroupe, Jean- Claude Junker le 26 juin 2007.  

 Et vous jugerez par vous-mêmes de ce que peut donner la dialectique des fins et des moyens dans l’Europe libérale !  

 5) Le retrait de la partie III sur les politiques économiques de l’UE :  

 On ne sait pas encore où cette partie va être replacée. Il faudra sur ce point être très attentif aux matières qui vont être soumises à la nouvelle majorité qualifiée, car on risque de retrouver cette troisième partie en tranches, éparpillée ça et là.  

 6) Sur les coopérations renforcées, principal instrument d’une construction réaliste et pragmatique de l’Europe. On les rend plus difficiles ! On pouvait les entreprendre à huit pays, ce qui était déjà quasiment impossible, sans compter qu’il fallait qu’elles soient consenties par les non participants, il faut désormais être 9, ce qui les rend à peu près chimériques…  

 7) Sur la PESC :  

 On refuse le titre de ministre des AE, mais on nomme un Haut Représentant de l’Union pour la politique étrangère et de sécurité, qui sera également Vice-président de la Commission européenne et aura le droit de proposition au conseil « Relations extérieures ».  

 On institue un service diplomatique commun à 27 (quelle sera sa langue de travail ?) dont on peut se demander ce qu’il fera dès lors qu’il n’y a pas d’accord sur les objectifs.  

 8) Sur la défense :  

 On ne change rien ; cela signifie-t-il qu’on maintient le dispositif prévu par le projet de Constitution, et surtout l’article I 41, paragraphe 7, qui place l’Europe à la remorque de l’OTAN ( donc des Etats-Unis ) ?  

 D’autres réformes sont prévues : 

 - nomination d’un président de Conseil européen pour deux ans et demi renouvelable une fois ;  

 - réduction du nombre de Commissaires à partir de 2014 (18 commissaires) ;  

 - réduction du nombre de parlementaires européens (on passera de 785 à 750), etc.  

 - Enfin, on élargit les pouvoirs du PE, grâce au développement des champs politiques dans lesquels Parlement et Conseil des ministres prennent des décisions communes.  

 Toutes ces mesures ne sont en fait que des reprises, allégées ou alourdies, du texte constitutionnel.  

 En revanche, Nicolas Sarkozy n’a rien obtenu en ce qui concerne la BCE, la politique industrielle (il ne peut même pas obtenir de madame Merkel une réunion du G7 en pleine crise financière), rien obtenu non plus pour la préférence communautaire, etc.  

 On doit se poser, au final, la question suivante : quelle est l’orientation centrale de toutes ces décisions ? La réponse est d’une évidence aveuglante : c’est la poursuite inexorable de la logique fédéraliste et libérale à travers le texte institutionnel.  

 La « substance du Traité constitutionnel reste », se vante Jean Claude Junker, mais c’est encore Giscard d’Estaing qui a le mieux résumé la situation dans son intervention, le 17 juillet, devant la Commission des affaires constitutionnelles du PE. Il affirme goulûment :« En termes de contenu, les propositions demeurent largement inchangées, elles sont juste présentées de façon différente… La raison, ajoute-t-il, est que le nouveau texte ne devait pas trop ressembler au Traité constitutionnel. Les gouvernements européens se sont ainsi mis d’accord sur des changements cosmétiques à la Constitution pour qu’elle soit plus facile à avaler. » Orgueil paternel mis à part, Giscard ne se trompe pas.  

 Face à cela, que faire ? A mon avis, si l’on veut être logique avec le vote du 29 mai 2005, et au nom même d’une autre conception de l’Europe, celle d’un modèle social fort, d’une union de nations responsables, du respect de la volonté populaire, on doit s’opposer à ce Traité institutionnel, qui reprend la substance de la Constitution.  

 Ce texte doit être rejeté pour une raison de forme et plusieurs raisons de fond :  

 - Raison de forme :  

 Un texte qui a été soumis au référendum et qui revient, même baptisé autrement, ne peut être adopté que par référendum, car il engage la souveraineté nationale, et implique donc la sanction de la volonté populaire.  

 Je rappelle en outre que la Constitution française a déjà été modifiée pour accueillir la Constitution européenne : que valent ces modifications après le référendum qui les a désavouées ?  

 Il faut qu’à l’occasion du débat parlementaire sur le Traité institutionnel, les partis de gauche demandent non seulement le retrait de ces modifications mais aussi fassent acter que toute nouvelle modification de la Constitution française pour cause d’adaptation au Traité institutionnel européen et qui engage la souveraineté nationale, soit soumise au référendum.  

 J’ajoute que la France, en refusant d’emblée aujourd’hui le référendum, se prive, dans l’actuelle négociation, d’un argument essentiel face au reste des européens. Pourquoi d’ailleurs se prive-t-elle de cette arme ? Est-ce pour mieux capituler sur les matières qui seront soumises à la majorité qualifiée ?  

 Je rappelle que Ségolène Royal s’était engagée au cours de la campagne présidentielle à organiser un référendum sur l’adoption de ce texte. Le parti socialiste doit clarifier sa position sur ce point.  

 Il faut exiger que ce texte soit soumis à référendum 

 - Raisons de fond :  

 Elles sont nombreuses et j’en ai souligné la plupart au cours de cette analyse. Il suffit de rappeler ici la raison la plus importante : le Traité institutionnel n’est pas à la hauteur des défis auxquels sont confrontés les peuples européens aujourd’hui.  

 En réalité, ce dont nous avons besoin pour construire réellement une Europe forte et unie sur l’essentiel, c’est d’un texte qui définisse les règles de fonctionnement de l’ensemble européen dans le cadre d’objectifs stratégiques en termes de projet de civilisation.  

 Or ce texte :  

 - ne met pas l’Europe au service de l’emploi et de la croissance concertée ;  

 - ne propose pas de gouvernement économique de la zone euro, alors même que des voix s’élèvent, y compris dans les milieux financiers les plus en vue, pour demander une régulation de l’euro ( voir la déclaration de Georges Pauget, directeur du Crédit agricole, dans Les Echosdu 31-O8-O7).  

 - ne cherche nullement à créer les conditions d’une réforme des statuts de la Banque centrale pour inscrire dans ses missions la croissance et l’emploi ;  

- ne propose rien en matière de recherche et d’innovation ;  

 - ne propose rien en matière de tarif extérieur, laissant au contraire la porte grande ouverte au dumping social : voici ce qu’a dit sur ce point, à l’Université d’été du Medef il y a quelque jours, Monsieur Peter Mandelson, à qui l’on reprochait l’ouverture débridée du marché européen : « Je cherche une réciprocité constructive, pas une politique qui dresse des obstacles contre d’autres obstacles ». C’est clair.  

 Ce texte modifié ne crée aucun nouvel équilibre avec le pouvoir de la Commission de Bruxelles qui, par la sacralisation de la politique de concurrence et le corset du pacte de stabilité, a sombré dans un ultralibéralisme fondamentaliste ;  

 - il ne définit aucune norme en matière de convergences fiscales et sociales ;  

 - il ne permet pas un bon fonctionnement des coopérations renforcées ;  

 - il fait l’impasse sur la solidarité avec les pays du Sud ;  

 - il ne postule aucune stratégie de défense centrée sur le renforcement de l’indépendance européenne, la laissant, comme aujourd’hui, à la remorque des USA.  

 En somme, il ne répond ni au projet de construction d’une Europe européenne indépendante et porteuse d’un modèle social fort, ni aux dérives de la mondialisation libérale. C’est un mauvais texte de compromis pour continuer à construire l’Europe libérale et fédérale dans le dos des peuples !  

 Absence de volonté politique, fondamentalisme libéral, soumission des sociétés aux mécanismes aveugles du marché, absence de projet social mais fédéralisme accentué pour aligner plus encore les modèles sociaux par le bas : comment pourrait-on accepter ce Traité institutionnel ?  

 Au Parlement, les partis de gauche doivent affirmer leur refus de cette manipulation de la souveraineté populaire. 55% des français ont dit Non à la Constitution européenne.  

 Ils prendront une grande responsabilité ceux qui, en montant dans le carrosse du Traité institutionnel, voudront, comme s’en réjouit déjà Valéry Giscard d’Estaing, leur faire « avaler » une Constitution maquillée.  

 Parce que ce texte engage la démocratie, la souveraineté populaire et l’avenir de la nation, il faut exiger qu’il soit soumis à référendum !" 

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11 septembre 2007 2 11 /09 /septembre /2007 16:12

 

L’Europe doit répondre aux défis de la mondialisation

 Après avoir présenté, hier, des extraits de l’intervention de Jean-Pierre Chevènement lors de l’université d’été du Mouvement Républicain et Citoyen, je propose aujourd’hui la première partie du rapport de Sami Naïr sur la question européenne. Sami est membre du secrétariat national du MRC, universitaire et ancien député européen. La seconde partie (le traité européen dit simplifié) sera présentée dans un autre article sur ce blog et je renvoie au site du MRC www.mrc-france.org ou de Chevènement www.chevenement.fr pour prendre connaissance dès maintenant de l’ensemble des rapports soumis aux deux cents militants présents à Dunkerque.

 Exposé de Sami Naïr (première partie) le 8 09 2007

Je ne veux pas revenir sur l’analyse qui a été faite ce matin sur la mondialisation mais, de même qu’il n’est pas possible de parler de l’Europe en mettant entre parenthèses le rôle spécifique qu’y joue chaque nation, de même est-il impossible de parler de l’Europe sans se rapporter à la globalisation en cours. Car si l’Europe a une justification historique, c’est bien celle-ci : répondre aux défis de la mondialisation.

 Or la crise financière de cet été illustre les méfaits d’une globalisation libérale qui repose essentiellement sur le « court-termisme », l’absence de régulation macro-économique, l’anarchie des marchés financiers, la fonction prédatrice de l’économie américaine. C’est un système aberrant, gros de ruptures violentes et d’irrationalités économiques.

 Et, en effet, une mondialisation fondée sur l’idée qu’il faut tout déréguler pour que ça marche, qu’il faut enrichir les riches pour développer l’économie, qu’il faut mettre en concurrence tous les systèmes sociaux de la planète, ne peut que conduire à l’anarchie dominée par le despotisme des grandes entreprises transnationales, à l’appauvrissement des pauvres, à l’ajustement par le bas de tous les systèmes sociaux. C’est une spirale de crises sans fin.

 Devant les conséquences sociales du libéralisme triomphant au 19ème siècle, Henrich Heine s’exclamait déjà: « Nous dansons sur un volcan, et nous dansons ! ». L’éruption n’avait pas tardé à venir ! La question que les observateurs sérieux de l’économie mondiale se posent aujourd’hui est de même nature : à quand l’éruption ? Je souligne seulement en passant que cette menace d’explosion est accentuée par la stratégie d’« exportation du chaos » mise en oeuvre à l’échelle de la planète par les USA, maîtres de l’empire de la spéculation financière débridée.

 Et l’Europe ?

 On en parle depuis si longtemps : est-ce donc un concept introuvable ? Le fédéralisme, déployé sur fond d’internationalisation de l’économie depuis le milieu des années trente du 20ème siècle, renforcé par les désastres des guerres intereuropéennes, jouant aussi le rôle d’idéologie post-nationale conforme aux intérêts de la démocratie chrétienne européenne et, pour les sociaux démocrates, de substitut commode à l’internationalisme dévoyé par l’expérience soviétique, ce fédéralisme a été utilisé par les élites dirigeantes pour dessaisir les nations de leur souveraineté.

 S’il est vrai qu’il rencontrait un sincère désir de paix des peuples européens, il faut aussi noter que celui-ci a été largement hypostasié par les élites dirigeantes européennes en credo essentiellement économiste et, à partir du début des années 80, en adhésion au libéralisme conquérant.

 Mais l’onde de choc fédéraliste, devenue élitaire, et dont témoignent à la fois l’Acte unique et le Traité de Maastricht, a finalement trouvé sur son chemin l’obstacle des peuples et de la souveraineté populaire.

 Face à la mondialisation, l’Europe avait principalement deux voies :

 - soit la constitution d’un bloc de nations confédérées et unies sur la base d’un projet économique et d’objectifs stratégiques communs,

 - soit un espace économique large, ouvert à tous les vents de l’économie mondiale, et exigeant des gouvernements européens des délégations permanentes de souveraineté sous la férule d’un Conseil d’administration économique baptisé « Commission de Bruxelles ».

 C’est cette deuxième voie qui a été suivie : l’Europe est donc devenue, de fait, un relais de la mondialisation libérale. Pour légitimer la création de l’euro, on arguait notamment qu’il allait contrer le dollar : le dollar dame le pion chaque jour à l’euro ! On disait que le marché unique allait protéger l’Europe et doper la croissance : or, ainsi que le reconnaît Peter Mandelson lui-même, Commissaire européen au commerce, l’Europe est ouverte à tous les vents de la concurrence, souvent plus que déloyale, la croissance est atone, et le chômage tourne autour de 10% en moyenne dans cette Europe libérale ! Et je pourrai citer d’autres exemples encore…

 Il n’est donc pas étonnant que, sur le plan politique, là où la souveraineté populaire n’a pas encore été totalement confisquée, l’affaire ne fonctionne pas comme prévu. Au moins deux événements majeurs son venus souligner, ces dernières années, que le dessaisissement de souveraineté ne s’opérerait pas si facilement : d’une part, l’opposition à l’invasion américano-britannique de l’Irak, et d’autre part les Non français et hollandais au référendum sur la Constitution européenne en 2005.

 L’attitude résolue de la France et en particulier de Jacques Chirac, soutenu par l’Allemagne de Schröder et plus loin par la Russie, a traduit un refus de soumission à l’autorité impériale US, centre névralgique de la mondialisation libérale.

 Cet acte symbolique a fait exploser l’unité apparente de l’Europe, révélant l’inféodation de la plupart des gouvernements européens à la politique impériale US, et, tout à la fois, l’opposition résolue de toutes les opinions publiques européennes contre cette guerre.

Ensuite, le Non en 2005. Ce n’était pas une petite affaire. Nous ne reviendrons pas ici sur sa signification ni même sur l’analyse de son contenu. Il suffit de souligner sa caractéristique principale : il était fondamentalement hétérogène, traversé par des courants alliés dans le refus du texte constitutionnel, mais souvent opposés dans leurs orientations respectives.

 Pour faire bref, et en réservant la possibilité de nuancer plus encore l’analyse, disons qu’il y avait au moins trois orientations principales :

 - un Non de gauche, souvent proeuropéen quand il n’était pas carrément fédéraliste-social ;

 - Un Non antieuropéen, quand il ne renouait pas directement avec des traditions chauvines ;

 - Un Non républicain, proeuropéen mais fondé sur une dialectique réaliste des Etats nations et qui rejetait la Constitution au nom de la nécessaire articulation démocratique du social et de la souveraineté nationale.

 Inutile de dire que toutes ces forces n’ont pu vaincre que parce que, au fond, le peuple français avait décidé de refuser un texte qui lui paraissait dangereux pour sa propre identité historique, sociale et politique.

 Il ne faut jamais oublier cette détermination populaire : le texte a été rejeté parce qu’il attentait à une certaine idée du lien national, que celui-ci fut perçu au niveau social, culturel, politique ou pour d’autres raisons encore.

 C’est précisément ce point, cette détermination du peuple, ce refus, qui est aujourd’hui contourné, phagocyté, manipulé, par le principe même d’un Traité dit simplifié non soumis au vote du peuple. Tout se passe comme si l’on assistait, avec ce texte « modifié » en trompe l’oeil par rapport à la Constitution, à une offensive surprise de la part des partisans du oui, désavoués une première fois, de faire quand même adopter par la représentation nationale l’essentiel de ce qui a été rejeté par référendum.

 Il est vrai que depuis 2005, deux événements majeurs se sont produits : d’une part, les partisans du Non, en raison même de leur hétérogénéité, n’ont pas été capables de tirer les bénéfices de la victoire ; d’autre part, les deux candidats à l’élection présidentielle étaient des partisans du Oui.

Ce dernier point est important car, à gauche, il renvoie à une ambiguïté au sein du Parti socialiste : en fait, il n’y a pas eu de débat sérieux après le vote de 2005. Les partisans du Non ont accepté une synthèse, au Mans, qui constitue une alliance sans clarification sur la question européenne. L’objectif de chacun était surtout de se positionner pour les présidentielles.

 Ségolène Royal a affirmé tout au long de la campagne présidentielle qu’elle voulait une synthèse entre le oui et le non. Et elle a développé des positions réalistes et de bon sens dans ce domaine. Mais nous devons à la vérité de dire que le seul document où il y ait des propositions claires sur cette synthèse, est l’accord signé avec le MRC pour les présidentielles (voir www.chevenement.fr , déclaration commune PS-MRC volet politique).

 Cet accord dessine pour l’Europe une autre voie : celle de la réorientation européenne. Au cours de la campagne, la candidate de la gauche a rappelé ces orientations, même si nous aurions voulu que ce rappel fût plus offensif. L’essentiel était cependant préservé.

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27 juillet 2007 5 27 /07 /juillet /2007 12:38

 

OUI au referendum et NON au traité européen

 Sur ce blog, le 23 juillet dernier, je mettais en ligne l’appel du MRC 64 pour un congrès extraordinaire, sans attendre le prochain congrès prévu au printemps 2008 après les élections municipales.

 Georges Sarre a répondu à cet appel transmis par Nadine Kanhonou *, 1ère secrétaire des Pyrénées Atlantiques, qui se qualifiait de « démissionnaire » lors de sa brillante intervention le 24 juin devant le Conseil national du MRC.

 Nadine, qui avait répondu positivement à mon appel du 15 juillet pour que le MRC soit le levain républicain de la gauche à refonder, m’a fait savoir que le texte adopté par les militants des Pyrénées Atlantiques n’est pas orienté contre les dirigeants nationaux ; il est le signe d’un manque de débat au sein du Mouvement avant de prendre les décisions essentielles.

 Elle explique : les militants ont été pris à contre-pied par l’accord MRC-PS du 9 décembre, entériné le 10 décembre par la convention nationale sans que les délégués aient pu en débattre avec eux. Ils souhaitent que le MRC soit plus proche des citoyens et plus à l’écoute de la gauche dans son ensemble, pas seulement du PS qui a montré lors des élections récentes qu’il n’est pas clair dans ses orientations.

Les dirigeants leur semblent trop préoccupés par le futur immédiat des alliances lors des prochaines élections locales, municipales et cantonales, en mars 2008, et pas assez par le travail des idées afin de renforcer les fondations du Mouvement.

Ce qui est positif, c’est la volonté de dialogue des deux côtés. Georges Sarre apporte dans les meilleurs délais une réponse politique. C’est la preuve qu’il est conscient du problème. Voici le texte de sa lettre à Nadine Kanhonou .

Réponse de Georges Sarre à l’appel du MRC 64

 Chère camarade

 Votre appel à un congrès extraordinaire du MRC m’est bien parvenu. Les statuts du MRC prévoient que ce congrès est de droit si et seulement si le Conseil National ou un tiers des adhérents du parti le demandent. Cette condition n’est pas remplie à ce jour. Surtout, je voudrais vous répondre politiquement.

  Nous aurons à la rentrée de septembre des Universités d’Eté qui seront un moment du débat démocratique du MRC. Nous avons ensuite des échéances électorales qui comptent pour nos idées, pour la gestion quotidienne des collectivités territoriales, au service des citoyens, et pour l’implantation de notre parti dans le tissu institutionnel local, gage d’une existence nationale.

  La période qui va jusqu’au printemps 2008 me semble donc vouée à ce que le MRC, ses cadres, ses militants, aillent au-devant des citoyens, sur la base des orientations programmatiques et stratégiques votées au cours des précédents rendez-vous internes (Congrès et Convention de 2006, Conseils Nationaux…).

 Je souhaite aussi que nous prenions des initiatives politiques pour rassembler la gauche républicaine et participer au débat sur la refondation républicaine de la gauche, conformément à nos orientations de congrès. Le temps du prochain congrès interne viendra après. Ce congrès aura lieu dans le courant de l’année 2008, comme le prévoient les statuts, puisque le dernier congrès a eu lieu au printemps 2006.

 Je comprends très bien que certains d’entre vous aient été désorientés par la décision que Jean-Pierre CHEVENEMENT et la direction du parti ont prise en décembre dernier : soutenir la candidature de Ségolène ROYAL. Je dois vous rappeler que cette décision a été validée par la Convention du 10 décembre dernier, alors même que ceux qui s’y sont opposés ont pu le faire librement, évidemment. Avec le recul, on voit surtout qu’une autre décision eût sans doute mené à l’impasse.

 Ceci étant dit, le débat sur la stratégie du MRC, ses buts, sa doctrine, son fonctionnement, n’est pas clos par ces décisions. Et il faudra faire le bilan de cette stratégie et tracer des perspectives d’avenir. Vous aurez donc tout le loisir de faire valoir vos analyses et vos orientations lors du débat préparatoire et du congrès proprement dit en 2008, et, d’ici là, lors des rendez-vous internes (Université d’Eté, Conseils Nationaux, Bureaux Nationaux, etc.).

  J’ajoute que le débat qui s’ouvre sur le Traité Simplifié sera éclairant pour savoir ce qu’il est possible de faire, et avec qui, du côté de nos « alliés » socialistes. D’ores et déjà, il faut lancer la bataille pour un référendum et pour le NON.

 Je sais l’importance des militants et des cadres sans lesquels le MRC serait une coquille vide. C’est pourquoi d’ailleurs je considère qu’il est décisif de renforcer nos rangs. Je mesure la sincérité de votre engagement et votre attachement aux principes républicains et sociaux me réconforte.

  Sachez que je ferai tout pour que chacun puisse s’exprimer et que les différentes options puissent être tranchées dans la transparence et le respect des militants. Je pense même que le respect du calendrier régulier de notre mouvement est un gage de débat loyal et approfondi.

 Je vous prie de croire, chère camarade, en mes amitiés républicaines et sociales,

 Georges SARRE , ancien Ministre, Premier Secrétaire du MRC.

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25 juillet 2007 3 25 /07 /juillet /2007 21:37

 

Vers la refondation républicaine de la gauche

 Le MRC organise sa réunion de rentrée à Dunkerque-St-Pôl-sur-Mer (59). Pour s’inscrire, voir sur le site du MRC . Voici le programme. 

 

UNIVERSITE D’ETE 2007 : "VERS LA REFONDATION REPUBLICAINE DE LA GAUCHE”

 SAMEDI 8 & DIMANCHE 9 SEPTEMBRE 2007
Dunkerque-St Pôl sur mer

Adresse : Petit Kursal - Place du Casino - Dunkerque - Malo les Bains

 PROGRAMME :
Samedi 8 septembre
9h : accueil des participants
9h30 : ouverture des travaux par Christian Hutin,
député du Nord, maire de St Pôl sur mer

 TABLES RONDES :
   10h : LA MONDIALISATION, LA FINANCE ET LES PEUPLES
Rapport de Claude Nicolet
Intervenant invité : Bernard Cassen
   14h : L’EUROPE : LE TRAITE OU LE PEUPLE BAFOUE
Rapport de Sami Naïr
Intervenant invité : Paul Thibaud
   16h : FAIRE FRANCE POUR VIVRE ENSEMBLE
Rapport de Patrick Quinqueton
Intervenant invité : Vincent Peillon

   Dimanche 9 septembre
10h30 : accueil des invités
Intervention de Georges Sarre
Intervention de Jean-Pierre Chevènement

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23 juillet 2007 1 23 /07 /juillet /2007 19:43

 

Débattre des choix fondamentaux du MRC

 Lors du dernier Conseil national du MRC, Nadine Kanhonou avait exprimé, au nom des militants des Pyrénées Atlantiques, un point de vue critique sur le bilan des élections nationales du printemps dernier. En réponse à l’appel aux républicains que j’ai diffusé sur ce blog le 15 juillet dernier, elle m’avait ensuite fait savoir son intention de réfléchir avec les militants du MRC 64 à une initiative possible, Voici le texte adopté par sa fédération, qu’elle m’a transmis ce jour.

 APPEL DU M.R.C DES PYRENEES ATLANTIQUES POUR UN CONGRES EXTRAORDINAIRE

 « Notre dernier conseil national s’est tenu le 24 juin 2007 à Paris. Il avait pour objet de faire le bilan de la campagne présidentielle et des législatives.

 Quasiment toutes les interventions ont évoqué nos liens avec le parti socialiste, ne serait-ce qu’en raison de l’accord qui nous a liés pour ces campagnes. Notre fédération des Pyrénées Atlantiques avait alors exprimé une grande réserve quant à la forme et quant au fond même de cet accord.

 Plus que jamais, ces réserves nous semblent justifiées :

 Certains militants estiment que cette campagne a été une occasion pour le MRC de retrouver une certaine visibilité médiatique : n’avons-nous pas plutôt été absents, masqués par le parti socialiste ? Qu’en avons-nous retiré ?  En quoi la Gauche en a-t-elle bénéficié ?

 Quelle est la place des militants dans l’action partisane ? Comment expliquer la fuite de nombreux adhérents et sympathisants depuis les présidentielles de 2002 ? Quel est le projet du MRC ?

 Autant de questions qui devraient susciter un débat approfondi entre nous. Or le conseil national est apparu bien peu ambitieux de ce point de vue ; la contribution de JP Chevènement appelle certes à rester mobilisé : mais dans quel but ?

 Nous souhaitons pour notre part ouvrir des perspectives plus dynamiques, ce que permettrait la tenue d’un congrès extraordinaire :

 - Il paraît en premier lieu normal de tenir un congrès après une année électorale aussi chargée, dans un contexte de crise profonde de la gauche ; c’est un moment important du débat militant qu’on ne doit pas négliger ; la démobilisation d’une partie des camarades est liée à un manque d’implication dans la vie du mouvement. Il en va également de notre participation à la rénovation de la gauche : pouvons - nous dans ce contexte faire l’économie d’une autocritique sévère, exigeante, mais aussi constructive en ce qu’elle nous porte au renouvellement, à la reconquête des territoires perdus par la gauche ?

 - Qu’irons-nous faire aux assises de la gauche si nous ne sommes pas forts, du moins idéologiquement ? Or nous sommes, comme le reste de la gauche, coupés de certaines réalités, voire de certaines luttes que les mouvements dits « alter-mondialistes » animent depuis quelques années : n’occupent-ils pas le terrain déserté par la gauche de « gouvernement » ?

 - Il nous semble que le MRC indépendant doit arriver aux assises de la gauche avec une assurance nouvelle, basée sur ses propres valeurs, et doit prétendre à mieux qu’une position d’aiguillon intellectuel vis à vis du PS. Le MRC doit prendre toute sa place et remobiliser les forces de gauche qui ont dit NON au dernier référendum s’opposant au libéralisme économique.

 - Une de nos actions fortes doit être de réhabiliter la politique, dans un temps où règnent la tactique, les manœuvres d’appareil, les ambitions personnelles qui contribuent à l’affaiblissement de la gauche ; nous devons revendiquer notre identité de gauche démocratique, républicaine, sociale, dans l’espoir de retrouver une légitimité populaire.

 - Le moment est propice à l’émergence d’un parti de gauche tel que le MRC. Le MRC doit proposer des perspectives sans attendre ni les décisions du Parti socialiste, ni la fin du mandat de Nicolas Sarkozy, car les mesures prises actuellement sont inquiétantes : la réforme du Sénat n’est pas un débat de constitutionnaliste, inaccessible aux citoyens ; c’est à nous d’en expliquer les enjeux, de même que les enjeux des élections municipales.

 - La tenue d’un congrès serait vécue comme une dernière chance de re - mobiliser les militants, et au-delà le peuple de gauche ; la forte participation au premier tour des élections présidentielles traduit davantage un réflexe de survie ( contre le vote UMP), qu’un réflexe citoyen durable. La gauche, par ses divisions d’un côté, et son manque d’enthousiasme de l’autre, n’a pas convaincu.

 - Le calendrier ne doit pas nous paralyser mais nous inciter à prendre l’initiative : aller aux municipales n’est pas une fin en soi ; le mandat présidentiel est court, nous risquons encore de prendre du retard dans notre rénovation, et d’être inefficaces, inaudibles dans nos réactions aux politiques gouvernementales.

 Notre proposition de congrès extraordinaire est un appel au débat, qui pour certains d’entre nous est vécu comme une dernière chance de prendre la place qui devrait être celle du MRC, de relever la gauche. Pour voir aboutir notre proposition, nous devons réunir 1/3 des adhérents ».

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13 octobre 2006 5 13 /10 /octobre /2006 18:05

 

La candidature CHEVENEMENT de plus en plus probable

   

 

Le Conseil national du Mouvement Républicain et Citoyen a été marqué par une intervention tonique de son président d’honneur, qui est apparu « dans une grande forme intellectuelle et physique », selon les mots de Georges Sarre, épaté, et même ému, au constat du tour de force réalisé par Jean-Pierre Chevènement dans sa démarche d’approche de candidature.

A croire qu’il a beaucoup appris de son expérience 2002.

 

 Ce que je retiens de son discours et de sa réponse à ma question précise à ce sujet, c’est qu’il s’est engagé dans la phase finale précédant sa décision d’être candidat à l’élection présidentielle.

Il lui reste à vérifier qu’il peut réunir les 500 parrainages d’élus, d’une part, et qu’il aura l’espace politique suffisant pour rassembler bien au-delà du MRC, d’autre part.

   Sur ce point, il semble persuadé que le projet du PS ne répond pas correctement à ce qu’attendent les Français.

Il a indiqué les principaux points qui font problème.

  

Le premier, c’est l’Europe : le projet du PS n’est pas clair et peut même se révéler dangereux. Redressement ou enfoncement ? Processus constituant ou traité institutionnel ? Ce qui est en cause dans l’Europe, c’est ce qui constitue la 3ème partie du traité constitutionnel. Le redressement économique et social n’est pas possible sans changer profondément les statuts et les orientations données à la Banque Centrale Européenne, sans coopérations renforcées en dehors des traités, sans le choix d’une Europe à géométrie variable, à trois cercles (les pays de la zone euro, les 25 et les voisins proches), sans réformer les règles de l’OMC et protéger l’économie européenne.

Le second point porte sur les institutions françaises : le projet du PS n’est pas clair et comporte même des incohérences graves. Il ne tire pas les conséquences du quinquennat. Comment revaloriser le Parlement sans faire le choix d’un système présidentiel, sachant qu’il n’est pas envisageable de remettre en cause l’élection présidentielle au suffrage universel ? Il y a des solutions pour séparer clairement les pouvoirs exécutif et législatif, les amener à coopérer et, en cas de conflit entre eux, rendre le peuple juge en organisant de nouvelles élections présidentielle et législatives.

Les autres points de divergence concernent les choix industriels (le projet du PS n’est pas clair, face à la nécessité de maîtriser les centres de décision, d’orienter l’épargne salariale, afin de constituer des noyaux durs pour lutter contre les OPA) et les choix énergétiques (le PS est tenté de renoncer à l’EPR et au renouvellement des centrales nucléaires arrivant en fin de vie à partir de 2020, alors que l’énergie nucléaire est tout à fait appropriée à lutter conre l’effet de serre).

En outre, ce qui est écrit sur les Etats Unis d’Amérique est jugé parfaitement insuffisant. On ne peut pas se limiter à refuser l’anti-américanisme de principe et l’atlantisme à la britannique…

   

 

Face à ces lacunes du PS, d’un côté, et à la gestion erratique et dangereuse de Sarkozy de l’autre, Jean-Pierre Chevènement considère qu’il faut élever le débat.

Il a conseillé aux dirigeants du MRC de ne pas se précipiter pour traiter des élections législatives, ajoutant que celles-ci seront abordées différemment « selon que l’élu à l’Elysée sera Sarko, Ségolène ou moi ! ».

Et il a conclu son intervention par sa nouvelle devise « Même mort, je reviens ! », complétée par cette pensée « Mourir n’est pas grave. Ce qui est très important, c’est d’être en conformité avec son idéal ».

 

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