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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 18:02

Ce sera le premier congrès sans Jean-Pierre Chevènement aux responsabilités

 

Le congrès du Mouvement Républicain et Citoyen aura lieu les 13 et 14 juin 2015 à Paris-Bercy. Voir (27 mars) Congrès 2015 MRC : le débat s'organise autour de textes d'orientation et (28 mars) Congrès MRC 2015 : le débat aura lieu sur l'orientation du Mouvement

Ce congrès clôt une longue période de 50 ans de vie politique active de Jean-Pierre Chevènement. Il va continuer à être présent mais différemment. Nul doute que ses analyses politiques seront toujours aussi appréciées. Mais il ne sera plus en première ligne. Il avait espéré que le Temps des Citoyens viendrait dans les années qui ont suivi la création du Mouvement des Citoyens, en 1993. Il a tout fait pour mettre la citoyenneté et la République en avant lors de la campagne de l'élection présidentielle de 2002. Ce n'était pas encore l'heure.

En janvier 2003, le Mouvement Républicain et Citoyen: MRC a pris le relais. Jean-Luc Laurent, en 2003 et 2004, Georges Sarre, de 2005 à 2008, puis Jean-Pierre Chevènement, de 2008 à 2010, et Jean-Luc Laurent, depuis 2010, se sont succédé à la tête du MRC. Jean-Pierre Chevènement en est le président d'honneur.

Le secrétariat national, le 15 avril, a validé la présence de trois motions d'orientation lors du congrès 2015, ce qui est le constat d'un renouveau démocratique. C'est, en effet, la première fois depuis le congrès fondateur de Saint-Pol-sur-Mer (Nord), en janvier 2003, qu'il y a plus d'une motion présentée au vote des adhérents.

- Le président Jean-Luc Laurent (Val-de-Marne), élu en 2010 et réélu en 2012, souhaitait rassembler à nouveau la direction sortante du MRC (le secrétariat national) autour de sa motion. Il n'y est pas parvenu (même s'il a le soutien de la majorité de ses membres) puisque des membres de cette direction ont signé l'un des deux autres textes :

- « Le Courage d'Avancer », qui est issu de la synthèse de deux projets de motion présentés, l'un par Hugo Prod'homme (Nord), et l'autre par Michel Sorin (Mayenne).

- « L'autre chemin », dont les premiers signataires sont Claude Nicolet (Nord), ainsi que Marie-Françoise Bechtel (Aisne) et Christine Meyer (Loire-Atlantique), qui avaient présenté des projets de motion distincts lors du Conseil national du 12 avril ;

D'autres articles vont suivre, concernant ce congrès MRC 2015.

Cet article est le 154ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

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28 mars 2015 6 28 /03 /mars /2015 17:42

La motion Maupouet-Sorin vise à mieux valoriser le logiciel Chevènement

 

Le congrès du Mouvement Républicain et Citoyen aura lieu les 13 et 14 juin 2015 à Paris-Bercy. Le but est de renouveler les orientations, la stratégie et les moyens du MRC, en même temps que les responsables à tous les niveaux, qui seront élus pour deux ans.

Les militants avaient jusqu'au 27 mars pour faire remonter au niveau national des contributions au débat, qui seront ensuite transmises aux adhérents. Lors du Conseil national du 12 avril, la répartition entre contributions et motions sera effectuée. Celles-ci, qui devront être signées par, au moins, dix membres du Conseil national, seront soumises au vote des adhérents, lequel déterminera la composition du Conseil national, qui est, en quelque sorte, le parlement du MRC. Le président est élu lors du congrès. Il demande au congrès de voter en faveur de l'équipe de direction qu'il propose (le secrétariat national).

Jean-Luc Laurent, Georges Sarre, Jean-Pierre Chevènement, puis Jean-Luc Laurent, se sont succédé à la tête du Mouvement depuis qu'il a pris le relais du Mouvement des Citoyens, en janvier 2003, après l'épisode du Pôle républicain pendant la campagne de l'élection présidentielle en 2002.

Ce congrès devra prendre position sur la stratégie à adopter en vue de l'élection présidentielle de 2017, le précédent congrès ayant validé l'accord signé avec le PS avant les élections de 2012.

 

Plusieurs textes ont été transmis à la direction nationale. Le secrétariat national fera le tri lors de sa prochaine réunion, mercredi 1er avril. Voici le texte porté par deux membres du Conseil national, Serge Maupouet (Charente-Maritime) et Michel Sorin (Mayenne). Ceux-ci veulent provoquer une mutation du MRC, afin de le rendre visible et réellement influent dans le paysage politique national. Pour cela, ils veulent prendre appui sur le logiciel républicain, résultat de 50 ans d'action politique de Jean-Pierre Chevènement, et en faire un outil politique entre les mains des citoyens.

 

Motion présentée par Serge MAUPOUET et Michel SORIN, membres du Conseil national

 

Voir (27 mars 2015, blog MRC 53) la 1ère partie : Congrès 2015 MRC : le débat s'organise autour de textes d'orientation. Voici la suite.

 

La question de la laïcité et de la République - les deux étant indissociables - se pose avec encore plus d'acuité depuis le début de l'année. Les leçons des évènements de janvier 2015 doivent être tirées. Voir Congrès MRC 2015 : la France citoyenne en marche depuis le 11 janvier

 

Nous devons prendre en compte les leçons des attentats de janvier 2015 à Paris, comme l'a fort bien indiqué Jean-Pierre Chevènement lors du colloque organisé par le Comité laïcité et République le 14 mars 2015. Crise de la laïcité, crise de la République, crise de la démocratie. Relevons le défi. Voir Nous sommes confrontés à une immense crise de la démocratie

 

« L'idéal laïc doit nous aider à relever le défi. La laïcité, c'est la croyance en la raison naturelle et en la capacité des citoyens à s'entendre sur une idée du bien commun dans un espace public soustrait à l'empire des dogmes (...).

La crise de la démocratie est plus sensible encore dans une République laïque comme la nôtre. Le triomphe d’idéologies obscurantistes résulte de l’abandon ou de la méconnaissance de la laïcité comme condition de validité de la formation d’une volonté générale, d’un bien commun à tous les hommes. 
C’est cette idée d’un bien commun qu’il faut relever. J’ai dit « un bien commun à tous les hommes » et non à une partie des hommes, par exemple à l’Occident. Il faut rejeter l’occidentalisme et penser un avenir de progrès pour tous, y compris le monde arabo-musulman qu’il faut réconcilier avec la modernité (Palestine, Iran). Mais cette modernité, avons-nous su la rendre aimable ? Poser la question c’est y répondre : la modernité du capital financier mondialisé suscite partout un immense rejet. C’est une autre modernité qu’il faut faire aimer (…). 

 

Il faut aussi expliquer la République et la laïcité, redonner sens au combat républicain - inséparable du combat pour la justice - en France et dans le monde. Ce qui unit doit être plus fort que ce qui divise. Relever l’Ecole de la République n’est pas possible si on ne relève pas la République elle-même (...) »

 

Le MRC est l'héritier de cinquante ans de militantisme socialiste et républicain autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Un parcours parsemé de succès et d'échecs, une ligne politique constante et un logiciel républicain qui s'est affirmé au cours du temps et dont la validité est confirmée par les évènements.

Nous disposons d'une mine documentaire avec les écrits de Jean-Pierre Chevènement depuis le CERES jusqu'au MRC, en passant par le Mouvement des Citoyens. Voir Congrès MRC 2015 : les livres de Chevènement, source d'inspiration

 

En 1969-1971, le CERES avait contribué à changer profondément la nature du Parti socialiste, ce qui ouvrait la voie au rassemblement de la gauche, préalable à la conquête du pouvoir.

 

En 2015-2017, le rôle du MRC est de rendre possible l'alternative républicaine et citoyenne par le rassemblement politique de la gauche, à tous les niveaux institutionnels, de la commune à la nation :

- autour du concept de nation citoyenne, fondateur de la République en 1792,

- autour de la souveraineté nationale et populaire, à redéfinir en récusant l'idéologie néolibérale et sa créature institutionnelle européenne,

- autour des idées qui ont permis au Conseil national de la Résistance de forger le compromis politique du redressement national à la Libération,

- autour du lien entre politique et économie productive à tous les niveaux institutionnels territoriaux.

 

La mission historique du MRC est d'amorcer le rassemblement des citoyens pour construire une alternative sociale et républicaine à la politique libérale en vigueur depuis 1983. Le congrès 2015 doit être décisif sur ce point. Sans attendre le mois de juin, le MRC pourrait soutenir l'idée - qui a été lancée par Le Monde Diplomatique - d'organiser des manifestions autour du 10ème anniversaire du refus du peuple français de ratifier le traité constitutionnel européen. Le NON républicain et le NON antilibéral auraient ainsi l'occasion de se rapprocher en vue de préparer ensemble un projet social et républicain, en rupture avec les politiques néolibérales.

 

Le rôle du MRC est de confronter le logiciel Chevènement au vécu des citoyens et d'inventer avec eux le projet social républicain adapté à notre temps et à notre pays.

 

Les idées politiques que Jean-Pierre Chevènement porte depuis cinquante ans sont le logiciel du MRC. Il doit être mis à la disposition des citoyens par l'intermédiaire des militants dans les départements, animateurs de groupes locaux de citoyens et, à partir de là, s'enclenchera une dynamique militante. Le logiciel peut être enrichi à la demande des groupes, si les arguments qu'ils avancent sont pertinents.

N'oublions pas les concepts que nous avions forgés dans les années 1970 : le mouvement d'en bas à relier au mouvement d'en haut, l'autogestion de l'entreprise. Réactualisons, innovons, accueillons les idées nouvelles, par exemple la revalorisation du travail du salarié, producteur de richesse économique et sociale, dont la qualification doit être reconnue et protégée. C'est le travail qui permet de produire la valeur économique correspondant au salaire, mais aussi la valeur sociale sous forme de cotisation. C'est ainsi que l'économie et le social sont étroitement liés. C'est le développement de l'économie qui conditionne la protection sociale.

 

Sous l'emprise du capitalisme financier, l'emploi enferme la valeur économique dans une logique marchande et devient une variable d'ajustement des dividendes pour les actionnaires.

 

La République doit faire de l'emploi, notamment dans l'économie productive, de la qualification professionnelle, de la qualité de l'instruction et d'une formation initiale ambitieuse pour tous, l'objectif n° 1.

 

Le MRC doit prendre l'initiative d'organiser le dialogue entre les citoyens et les professionnels par secteur d'activité afin de favoriser la démocratie économique et l'efficacité des secteurs productifs.

Il faut aussi réfléchir aux conséquences sociales du développement accéléré de l'économie numérique dans les secteurs des communications, de l'énergie et des transports. Ce peut être le moyen d'affaiblir le capitalisme financier et d'aller vers une économie plus citoyenne.

Le Mouvement Républicain et Citoyen est devant une responsabilité historique.

 

Ce congrès clôt une longue période de 50 ans de vie politique active de Jean-Pierre Chevènement. Il va continuer à être présent mais différemment. Nul doute que ses analyses politiques seront toujours aussi appréciées. Mais il ne sera plus en première ligne. Il avait espéré que le Temps des Citoyens viendrait dans les années qui ont suivi la création du Mouvement des Citoyens, en 1993. Il a tout fait pour mettre la citoyenneté et la République en avant lors de la campagne de l'élection présidentielle de 2002. Ce n'était pas encore l'heure. Celle-ci est peut-être venue. C'est le moment de donner un coup de jeune à notre Mouvement et de le relancer.

Lors de notre congrès 2010, nous avions conclu notre contribution par ces quelques mots qui restent valables aujourd'hui (voir Congrès MRC : l'intervention de Michel Sorin).

« Au moment où les faits nous donnent raison, notre priorité doit être de rassembler et d'organiser nos forces, afin de donner du souffle à notre combat politique. Il nous manque un peu de confiance en nous, en notre capacité militante de convaincre. Donnons-nous les moyens collectifs d’être nous-mêmes, sans complexes, le parti de rassemblement de la gauche républicaine.  

Sortons de l’isolement en multipliant les contacts avec les autres forces progressistes, qu’elles soient politiques, syndicales et associatives.  Attaquons-nous aussi à l’isolement des militants en mettant en œuvre la dialectique entre le mouvement d’en haut et le mouvement d’en bas. Organisons des déplacements de « mousquetaires » nationaux dans les départements, Jean-Pierre Chevènement montrant l’exemple. 

Valorisons mieux les capacités militantes, en les sollicitant, pour utiliser Internet et d’autres moyens de communication.  Faisons davantage confiance aux militants dans les régions et les départements. Ne sous-estimons pas, au niveau de la direction nationale, le rôle politique déterminant de la coordination, de l’animation et du développement des fédérations départementales. La formation des militants et des élus nécessite une structuration au niveau national et des relais dans les régions.  

Pratiquons la démocratie interne, en faisant vivre le bureau national élu par les régions et les départements. Avec le Conseil national, qui est réuni trois ou quatre fois par an, le Bureau est l’instance « parlementaire » chargée de contrôler l’exécutif, c’est-à-dire la direction (le secrétariat national). Concrètement, rassemblons dans l’action tous les militants de toutes les fédérations, par le dialogue et le souci de dépasser les clivages anciens. »

 

Revenons à Jean Jaurès, qui a su rassembler les socialistes au début du XXème siècle en s'appuyant sur la République. Ce serait un bon moyen de renforcer les fondations historiques du Mouvement au niveau des militants et de favoriser le rassemblement des citoyens autour d'un projet social républicain se substituant au social libéralisme qui est aux commandes de notre pays et qui a échoué.

Le congrès du MRC, à Paris-Bercy, doit être le moment de mettre en valeur l'apport politique de Jean-Pierre Chevènement ces 50 dernières années et d'adopter un projet politique ambitieux et rassembleur, ouvrant enfin des perspectives sociales et républicaines crédibles et porteuses d'avenir pour notre pays.

 

Serge Maupouet et Ricardo Mella (Charente-Maritime) - Gérard Beillard et Michel Sorin (Mayenne)

 

Cet article est le 153ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

Serge Maupouet et Michel Sorin, le 8 juin 2011 à Surgères (17)., lors d'une réunion sur le thème de l'agriculture et de l'alimentation. Voir l'article Agriculture et alimentation : intervention de Michel Sorin à Surgères (17)

Serge Maupouet et Michel Sorin, le 8 juin 2011 à Surgères (17)., lors d'une réunion sur le thème de l'agriculture et de l'alimentation. Voir l'article Agriculture et alimentation : intervention de Michel Sorin à Surgères (17)

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 23:30

Serge Maupouet et Michel Sorin signent un texte de débat et de combat

Serge Maupouet et Michel Sorin, responsables du Mouvement Républicain et Citoyen en Charente-Maritime et en Mayenne, veulent provoquer une mutation du MRC, afin de le rendre visible et réellement influent dans le paysage politique national. Pour cela, ils veulent prendre appui sur le logiciel républicain, résultat de 50 ans d'action politique de Jean-Pierre Chevènement, et en faire un outil politique entre les mains des citoyens.

Les militants avaient jusqu'au 27 mars pour faire remonter au niveau national des contributions au débat, qui seront ensuite transmises aux adhérents. Lors du Conseil national du 12 avril, la répartition entre contributions et motions sera effectuée. Celles-ci, qui devront être signées par, au moins, dix membres du Conseil national, seront soumises au vote des adhérents, lequel déterminera la composition du Conseil national, qui est, en quelque sorte, le parlement du MRC. Le congrès aura lieu les 13 et 14 juin 2015 à Paris-Bercy.

Voici des extraits du texte que Serge Maupouet et Michel Sorin ont transmis ce 27 mars à la direction nationale du MRC.

Ce congrès clôt une longue période de 50 ans de vie politique active de Jean-Pierre Chevènement. Il va continuer à être présent mais différemment. Nul doute que ses analyses politiques seront toujours aussi appréciées. Mais il ne sera plus en première ligne. Il avait espéré que le Temps des Citoyens viendrait dans les années qui ont suivi la création du Mouvement des Citoyens, en 1993. Il a tout fait pour mettre la citoyenneté et la République en avant lors de la campagne de l'élection présidentielle de 2002. Ce n'était pas encore l'heure. Celle-ci est peut-être venue. C'est le moment de donner un coup de jeune à notre Mouvement et de le relancer.

Il n'y a désormais plus de doute. La gauche ne pourra gagner l'élection présidentielle 2017 que si elle présente un candidat commun dès le premier tour et si - mais cela va de pair - elle est capable de rassembler son électorat autour d'un projet social et républicain de redressement de la France.

 

Ce n'est pas la voie choisie par le Président de la République, qui a opté pour un gouvernement dont la ligne politique est minoritaire à gauche. Celle-ci consiste à satisfaire les volontés des forces libérales au sein des institutions européennes, ce qui va à l'encontre des attentes de l'électorat de gauche et des intérêts du peuple français.

La division des forces politiques de gauche, que l'on a constatée encore lors des élections départementales le 22 mars, s'explique par la nature de la politique économique menée par le gouvernement, qui refuse le principe même d'une confrontation au niveau européen.

Le choix de soumission aux trois B - Bruxelles, Berlin, Bercy - est contraire aux engagements électoraux du président et se révèle mortifère pour la gauche et pour la France. Mais il serait encore possible de modifier le cours des choses lors du congrès du Parti socialiste en juin 2015, si les membres du PS en avaient vraiment l'intention et le pouvoir.

 

La responsabilité des militants du Mouvement Républicain et Citoyen est de réussir leur congrès, une semaine après celui du PS, c'est-à-dire faire émerger un MRC dont les trois lettres préfigurent le mouvement républicain et citoyen dont la gauche et les Français ont besoin.

Voir nos interventions lors des précédents congrès :

- 29 juin 2010, Congrès MRC : l'intervention de Michel Sorin, présentant sa contribution.

- 22 décembre 2012, Congrès MRC 2012 : intervention de Michel Sorin, délégué du MRC 53.

Depuis sa création en janvier 2003, le MRC s'est positionné sur une ligne politique républicaine de gauche, dans le sillage de Jean-Pierre Chevènement, en développant une stratégie d'influence auprès du Parti socialiste. Celle-ci a montré ses limites, qui se situent à l'Assemblée nationale. Les trois députés MRC s'expriment librement au sein du groupe SRC (Socialiste, républicain et citoyen), mais sans pouvoir infléchir la politique de la majorité gouvernementale. Celle-ci ne cherche pas à se soustraire à l'emprise du capitalisme financier, qui se manifeste essentiellement par le biais des institutions européennes, dominées par l'idéologie néolibérale.

 

Le MRC doit en tirer les enseignements dans la perspective des prochaines échéances électorales nationales. Sans remettre en cause la stratégie d'influence, qui a son intérêt au sein des institutions démocratiques nationales, il s'agit de faire en sorte qu'elle s'appuie sur les citoyens, afin d'établir un rapport de forces qui soit favorable.

 

Pour cela, nous devons dire clairement que le maintien de la France et de l'Union européenne dans un état de semi-apesanteur démocratique n'est plus acceptable.

Disons clairement que la France doit reconquérir la plénitude de sa souveraineté politique, ce qui peut être compatible avec des délégations de souveraineté consenties par référendum. Le contre-exemple a été fourni par le traité européen de Lisbonne, dont la légitimité n'est pas assurée car sa ratification par le parlement français est contestable, après la non ratification du traité constitutionnel européen - dont il avait repris l'essentiel - par le peuple français, lors du référendum le 29 mai 2005.

 

Plutôt que de laisser le débat politique se décentrer autour de la peur de l'accession au pouvoir d'un parti populiste en France, il faut prendre les moyens politiques faisant régresser définitivement son audience nationale. L'implantation de ce parti est le symptôme de l'épuisement de partis politiques qui se sont dévoyés en mentant sur la réalité de leur politique européenne, contraire aux intérêts nationaux des peuples européens.

L'abstention et la démotivation citoyenne sont les conséquences de la dérive du système politique qui s'est davantage préoccupé de lui-même dans un souci carriériste de ses membres que de porter les problèmes et difficultés des citoyens dans la vie quotidienne.

Plutôt que d'avoir peur des marchés financiers, il faut créer les conditions du développement de l'économie française. Le capitalisme financier néolibéral est à l'origine des divisions et des frustrations qui traversent la société. Il a réussi à provoquer le morcellement politique et syndical afin d'empêcher que se forme une alternative à la politique de soumission à ses intérêts. Notre réponse doit être de reconstruire à la fois la défense des salariés en tant que citoyens au travail et la défense des entreprises contre leur spoliation par des actionnaires n'ayant aucun souci de l'intérêt général et de l'importance de l'économie réelle dans la vie d'un pays.

Cet article est le 152ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

Serge Maupouet et Michel Sorin, le 8 juin 2011 à Surgères (17), lors d'une réunion sur le thème de l'agriculture et de l'alimentation.

Serge Maupouet et Michel Sorin, le 8 juin 2011 à Surgères (17), lors d'une réunion sur le thème de l'agriculture et de l'alimentation.

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22 mars 2015 7 22 /03 /mars /2015 18:16

La contribution Maupouet-Sorin veut un MRC plus ambitieux et plus militant

 

Le congrès du Mouvement Républicain et Citoyen aura lieu les 13 et 14 juin 2015 à Paris-Bercy. Les motions et contributions doivent être transmises avant le 28 mars au secrétariat national.Celui-ci les examinera le 1er avril et le Conseil national, le 12 avril, après débat, retiendra les motions et contributions qui seront transmises aux adhérents.

Voici la contribution d'orientation politique générale rédigée par Serge Maupouet (Charente-Maritime), Gérard Beillard et Michel Sorin (Mayenne), dans la perspective qu'elle serve de base à la rédaction d'une motion d'orientation.

Rappel concernant les congrès précédents :

Voir, 29 juin 2010, Congrès MRC : l'intervention de Michel Sorin, présentant sa contribution. Voir aussi, 22 décembre 2012, Congrès MRC 2012 : intervention de Michel Sorin, délégué du MRC 53.

Contribution de Serge MAUPOUET et de Michel SORIN, membres du Conseil national

Ce congrès doit être l'occasion de réfléchir à une stratégie plus ambitieuse pour notre Mouvement, avec la volonté de créer les conditions d'en faire un parti citoyen porteur de propositions pour remettre la France dans le sens de sa marche républicaine, commencée en 1792, afin de la conduire vers un avenir correspondant aux attentes du peuple français.

 

Depuis sa création en janvier 2003, le MRC s'est positionné sur une ligne politique républicaine de gauche, dans le sillage de Jean-Pierre Chevènement, en développant une stratégie d'influence auprès du Parti socialiste. Celle-ci a montré ses limites, qui se situent à l'Assemblée nationale, les trois députés MRC s'exprimant librement au sein du groupe SRC (Socialiste, républicain et citoyen), mais sans pouvoir infléchir la politique de la majorité gouvernementale, qui se maintient sous l'emprise du capitalisme financier, par le biais des institutions européennes.

 

Le MRC, lors du congrès 2015, doit en tirer les enseignements dans la perspective des prochaines échéances électorales nationales en 2017. Il n'est pas possible d'infléchir, de l'intérieur de la majorité, la ligne politique présidentielle, sans s'appuyer sur les citoyens.

L'option qui reste est de conduire une alternative républicaine et citoyenne en faisant du MRC la base d'un rassemblement politique:

- autour du concept de nation citoyenne, fondateur de la République en 1792,

- autour de la souveraineté nationale et populaire, à redéfinir en récusant l'idéologie néolibérale et le lien que la construction européenne entretient dans l'opacité avec les grands groupes économiques et financiers, et en revenant sur les conditions dans lesquelles le traité de Lisbonne a été adopté après l'échec de la ratification du traité constitutionnel européen,

- autour des idées qui ont permis au Conseil national de la Résistance de forger le compromis politique du redressement national à la Libération,

- autour du lien entre politique et économie productive à tous les niveaux institutionnels territoriaux.

 

Plutôt que de laisser le débat politique se décentrer autour de la peur de l'accession au pouvoir d'un parti populiste en France, il faut prendre les moyens politiques qui feront régresser définitivement son audience nationale. Plutôt que d'avoir peur des marchés financiers, il faut créer les conditions du développement de l'économie française.

Le capitalisme financier néolibéral est à l'origine des divisions et des frustrations qui traversent la société. Il a réussi à provoquer le morcellement politique et syndical afin d'empêcher que se forme une alternative à la politique de soumission à ses intérêts.

 

La mission historique du MRC est d'amorcer le rassemblement des citoyens pour construire une alternative républicaine à la politique libérale en vigueur depuis 1983. Le congrès 2015 doit en être la base de lancement.

 

Nous disposons d'une mine documentaire avec les écrits de Jean-Pierre Chevènement depuis le CERES jusqu'au MRC, en passant par le Mouvement des Citoyens.

 

Une orientation politique puisée dans les livres de Jean-Pierre Chevènement : Voir Congrès MRC 2015 : les livres de Chevènement, source d'inspiration

Les leçons des évènements de janvier 2015 doivent être tirées. Voir Congrès MRC 2015 : la France citoyenne en marche depuis le 11 janvier

Le rôle du MRC est de confronter le logiciel Chevènement au vécu des citoyens et d'inventer avec eux le projet social républicain adapté à notre temps et à notre pays.

 

Les idées politiques que Jean-Pierre Chevènement porte depuis cinquante ans sont le logiciel du MRC. Il doit être mis à la disposition des citoyens par l'intermédiaire des militants dans les départements, animateurs de groupes locaux de citoyens et, à partir de là, s'enclenchera une dynamique militante. Le logiciel peut être enrichi à la demande des groupes, si les arguments qu'ils avancent sont pertinents.

N'oublions pas les concepts que nous avions forgés dans les années 1970 : le mouvement d'en bas à relier au mouvement d'en haut, l'autogestion de l'entreprise. Réactualisons, innovons, accueillons les idées nouvelles, par exemple la revalorisation du travail du salarié, producteur de richesse économique et sociale, dont la qualification doit être reconnue et protégée. C'est le travail qui permet de produire la valeur économique correspondant au salaire, mais aussi la valeur sociale sous forme de cotisation. C'est ainsi que l'économie et le social sont étroitement liés. C'est le développement de l'économie qui conditionne la protection sociale.

 

Sous l'emprise du capitalisme financier, l'emploi enferme la valeur économique dans une logique marchande et devient une variable d'ajustement des dividendes pour les actionnaires.

 

La République doit faire de l'emploi, notamment dans l'économie productive, de la qualification professionnelle, de la qualité de l'instruction et d'une formation initiale ambitieuse pour tous, l'objectif n° 1.

 

Le MRC doit prendre l'initiative d'organiser le dialogue entre les citoyens et les professionnels par secteur d'activité afin de favoriser la démocratie économique et l'efficacité des secteurs productifs.

Il faut aussi réfléchir aux conséquences sociales du développement accéléré de l'économie numérique dans les secteurs des communications, de l'énergie et des transports. Ce peut être le moyen d'affaiblir le capitalisme financier et d'aller vers une économie plus citoyenne.

Le Mouvement Républicain et Citoyen est devant une responsabilité historique.

 

Revenir à Jean Jaurès, qui a su rassembler les socialistes au début du XXème siècle en s'appuyant sur la République, serait un bon moyen de renforcer les fondations historiques du Mouvement au niveau des militants et de favoriser le rassemblement des citoyens autour d'un projet social républicain se substituant au social libéralisme qui est aux commandes de notre pays et qui a échoué.

Le congrès du MRC, à Paris-Bercy, doit être le moment de la décision d'adoption de ce projet politique ambitieux, valorisant tout ce qui a été fait depuis 50 ans par les militants autour de Jean-Pierre Chevènement et ouvrant des perspectives sociales et républicaines pour notre pays.

 

Cet article est le 151ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

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22 mars 2015 7 22 /03 /mars /2015 12:20

 

La France doit mettre le citoyen et la République au centre de la vie publique

 

Gérard Beillard, Serge Maupouet et Michel Sorin ont préparé une contribution qui pourra être intégrée dans une motion d'orientation, dans le cadre du congrès du Mouvement Républicain et Citoyen, qui aura lieu les 13 et 14 juin 2015 à Paris-Bercy. Après la partie de cette contribution qui reprend des extraits de quelques livres de Jean-Pierre Chevènement (voir, 21 mars, Congrès MRC 2015 : les livres de Chevènement, source d'inspiration), voici la partie qui traite des évènements de janvier à Paris et de leurs enseignements.

Les leçons des évènements de janvier 2015 doivent être tirées.

Nous devons prendre en compte les leçons des attentats de janvier 2015 à Paris, comme l'a fort bien indiqué Jean-Pierre Chevènement lors du colloque organisé par le Comité laïcité et République le 14 mars 2015. Crise de la laïcité, crise de la République, crise de la démocratie. Relevons le défi. Voir Nous sommes confrontés à une immense crise de la démocratie.

« L'idéal laïc doit nous aider à relever le défi. La laïcité, c'est la croyance en la raison naturelle et en la capacité des citoyens à s'entendre sur une idée du bien commun dans un espace public soustrait à l'empire des dogmes (...).

La crise de la démocratie est plus sensible encore dans une République laïque comme la nôtre. Le triomphe d’idéologies obscurantistes résulte de l’abandon ou de la méconnaissance de la laïcité comme condition de validité de la formation d’une volonté générale, d’un bien commun à tous les hommes. 

C’est cette idée d’un bien commun qu’il faut relever. J’ai dit « un bien commun à tous les hommes » et non à une partie des hommes, par exemple à l’Occident. Il faut rejeter l’occidentalisme et penser un avenir de progrès pour tous, y compris le monde arabo-musulman qu’il faut réconcilier avec la modernité (Palestine, Iran). Mais cette modernité, avons-nous su la rendre aimable ? Poser la question c’est y répondre : la modernité du capital financier mondialisé suscite partout un immense rejet. C’est une autre modernité qu’il faut faire aimer (…). 

Il faut aussi expliquer la République et la laïcité, redonner sens au combat républicain - inséparable du combat pour la justice - en France et dans le monde. Ce qui unit doit être plus fort que ce qui divise. Relever l’Ecole de la République n’est pas possible si on ne relève pas la République elle-même (...). 

Comment voyons-nous l’avenir de notre société ? Et l’avenir du monde ? De quel projet sommes-nous porteurs ? La laïcité est un combat. C’est celui de la Raison qu’il faut remettre à l’œuvre dans l’Histoire, après trois décennies d’obscurantisme consenti, une histoire qui sera inséparablement la nôtre et celle des autres peuples. Enoncer ce défi est une manière d’en prendre la mesure. Comme dit l’adage « Il n’y a pas de cap pour qui ne connaît pas le port ». Ce cap c’est celui de la République et de la laïcité retrouvées ! »

 

La France citoyenne s'est levée le 11 janvier, comme l'a écrit Anne Françoise Franceschini :

(…) « Cette marche a permis à la République de revenir dans les consciences de chacun, dans les médias où la réflexion, les débats que l’on pensait d’un autre siècle ont animé durant plusieurs jours l’actualité, chez les citoyens à la maison, au bureau, entre amis ou chacun, à travers ses émotions, ses craintes, essayait de trouver des réponses au mal de notre société.

Ces débats, ces réflexions, ne doivent pas être remisés dans un coin de notre tête attendant le prochain traumatisme pour redevenir d’actualité. Nous devons continuer la marche du 11 janvier, nous devons revenir à l’essentiel, aux valeurs de la République et réfléchir au choix de société au regard de ses valeurs et de ce que la République considère comme son centre, sa base, le citoyen.

Le citoyen doit reprendre sa place ; le 11 janvier, des citoyens se sont unis pour dire ce qui leur était précieux, ils ont pris conscience de la puissance de cette union. Nous devons mobiliser les citoyens, leur redonner la parole, créer des agoras en dehors des partis politiques qui ne sont plus que des machines électorales, des courroies de transmission des élus, sans débats, sans idées. La République doit retrouver son essence, la Res Publica, la chose publique, qui appartient au peuple, qui est pour le peuple, les citoyens.

Les médias guident la pensée des citoyens en mettant en exergue tel évènement au détriment d’un autre, ou en le développant d’un unique point de vue, parfois ils deviennent les porte-parole de tel ou tel parti, ou de telle pensée idéologique ; les citoyens n’ont souvent pas le temps d’aller rechercher la contradiction et, inconsciemment, s’imprègnent de ces analyses et les admettent comme des évidences indiscutables, et qu’il n’y a pas d’autres alternatives. L’esprit critique du citoyen est annihilé.

Nous devons réveiller les esprits par des débats contradictoires, en apportant d’autres éléments à la réflexion de chacun, afin qu’il puisse se déterminer en toute conscience. C’est en cela que le citoyen reprendra sa place et son pouvoir, c’est en cela qu’il redeviendra maître de son destin, c’est en cela que la République retrouvera l’aura de 1792, c’est en cela que la France redeviendra le pays des droits de l’homme et du citoyen ».

Cet article est le 150ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

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31 janvier 2015 6 31 /01 /janvier /2015 23:36

 

Le projet MRC de transformer l’euro en monnaie commune a intéressé

 

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La salle Colbert de l’Assemblée nationale était pleine le 28 janvier, à l’appel des députés du Mouvement Républicain et Citoyen : Jean-Luc Laurent (Val-de-Marne), Marie-Françoise Bechtel (Aisne) et Christian Hutin (Nord). C’était une première « Rencontre du MRC » sur un thème peu débattu à gauche, car mettant en évidence des visions différentes sur la question de l’euro.


Rappel : Mercredi 28 janvier, rencontre MRC sur le thème : faut-il sauver l'euro ?

 

Un écho de la soirée est publié sur le site du MRC. Voir Revivez la Rencontre MRC "Faut-il sauver l'euro ?"

 

 

Je vais ici résumer ce que j’ai entendu, exprimé par les intervenants et au cours du débat.

 

Romaric Godin, rédacteur en chef adjoint à La Tribune, voit dans l’euro une construction brinquebalante d’inspiration néolibérale au bénéfice de l’Allemagne, dans laquelle les inégalités se creusent. La gouvernance de la zone euro n’a pas pour but la solidarité entre ses membres mais le sauvetage de l’existant en plaçant des rustines pour colmater les difficultés des pays endettés. Les politiques économiques sont asphyxiantes pour les économies des pays membres. Si l’Europe est en crise, c’est, en grande partie, la faute à la zone euro. L’austérité ne permet pas de rétablir la confiance. La démocratie était neutralisée jusqu’au résultat de l’élection en Grèce. L’Europe est représentée par une idéologie, une foi, et c’est la foi qui sauve l’euro.

Les alternatives sont la sortie de la zone euro, qui peut se faire de plusieurs façons - sans se faire la guerre - et la réforme de la zone euro dans le sens d’une plus grande solidarité, de manière à faire une véritable économie de la zone euro, un ensemble économique cohérent, comme le demande Syriza. Mais l’Allemagne ne veut pas payer pour les autres. Ce sont les pays pro-européens, fédéralistes, ayant une superstructure néolibérale, qui sont contre un pays favorable à une zone euro cohérente, mettant en œuvre une solidarité interne.  Ils dominent à Bruxelles.

 

Guillaume Balas, député européen PSE, secrétaire général d'Un Monde d'Avance, rappelle sa proximité avec Jean-Luc Laurent depuis la campagne du référendum européen de 2005. Il souhaite une réflexion rationnelle autour de l’objet politique qu’est l’Europe. L’euro est atteint d’un défaut de conception à l’origine. C’est une monnaie sans objet macroéconomique de régulation, qui est transformée, notamment outre Rhin, en institution. Il faut une manière laïque d’envisager l’euro. Quatre scénarios : 1- On continue comme actuellement, mais cela ne marche pas. 2- Tsipras se tient à ses exigences et c’est la crise. L’Allemagne pousse la Grèce à la sortie de l’euro, ce qui ne serait pas une bonne nouvelle pour la France. Le débat à ce sujet au sein de la droite allemande n’est pas rationnel. C’est assimilé à une question de morale, d’identité. 3- La monnaie commune est une solution de recours intéressante, au cas où le 4ème scénario ne marcherait pas. Il faudrait faire le deuil de la solution fédérale pour passer à la confédération, peut-être plus réaliste. 4- C’est le scénario d’une véritable intégration économique de la zone euro. Il s’agit, dans l’intérêt général de la zone euro, de développer une identité commune. C’est la voie progressiste, qui implique de tout changer : renégociation des traités, nouvelle gouvernance, fiscalité (taxe sur les produits financiers). La France arrête le rapport franco-allemand. François Hollande bénéficie d’une séance de rattrapage par rapport à 2012.


André Chassaigne, député PCF-Front de Gauche, président du groupe Gauche démocrate et républicaine (GDR), déclare d’emblée qu’il n’est pas spécialiste de cette question. Il va présenter la position des spécialistes au PCF, qui est de prendre le pouvoir à la finance et de refonder l’Europe sur d’autres bases. Il se réjouit de la victoire de Syriza en Grèce et voit un enjeu majeur pour l’Europe de la réussite du nouveau gouvernement grec. Le PCF a une démarche commune avec Die Linke en Allemagne. Il ne s’agit pas de sortir de l’euro mais d’aller vers un euro différent. Les leviers sont le changement des statuts et de objectifs de la Banque Centrale européenne, la réorientation des crédits bancaires, le rachat massif de dettes publiques par la BCE, incluant une restructuration de ces dettes.


Pierre-Alain Muet, député SRC (PS), vice-président de la commission des finances, économiste, salue Jean-Pierre Chevènement, cofondateur du PS, se sent proche de Thomas Piketty et considère que la crise de 2009 est comparable à celle de 1929 et que l’Europe est proche de la déflation, comme les USA l’étaient dans les années 1930. C’est une crise de l’union monétaire, de la BCE et du fédéralisme. La Grèce ne représente que 3 % du PIB de la zone euro. Et, pourtant, celle-ci n’a pas été capable de mettre en œuvre un soutien rapide avant que la spéculation intervienne. Les politiques économiques menées en Europe ne peuvent marcher que pour un seul pays. Schröder a démoli le modèle social allemand mais il avait laissé le déficit se creuser, pendant que le reste de l’Europe était en croissance, ce qui permet les rentrées fiscales. Quand ces politiques s’appliquent à tous les pays en même temps, la croissance diminue, les recettes ne font que compenser la réduction des dépenses. C’est la même chose pour les politiques de compétitivité. La déflation est la conséquence de ces politiques. C’est tragique pour l’Europe, qui s’est construite sur la solidarité (l’Espagne, le Portugal et la Grès ont bénéficié des fonds structurels européens à leur entrée). La compétitivité s’obtient par l’innovation, pas par des baisses du coût du travail. Il faut tirer vers le haut. L’Allemagne est sur le haut de gamme. Elle joue l’innovation. La France, étant sur des secteurs fortement concurrencés, a besoin des dévaluations. L’intervention de la troïka en Grèce est la négation de la construction européenne. Le jugement de l’Histoire sera terrible pour les dirigeants européens qui laissent la demande intérieure s’effondrer alors qu’il y a 230 milliards d’euros d’excédents extérieurs. Cette épargne devrait financer un plan d’investissement. La coordination par les règles ne marche pas. La politique fédérale implique de coordonner les politiques économiques des pays de la zone euro. Il faut un gouvernement économique de la zone euro, un parlement de la zone euro, un pouvoir politique au côté de la BCE. Le grand marché qui met les Etats en concurrence (politiques de Blair et de Schröder), ce n’est pas la modernité. La solidarité est la seule vraie bonne réponse à la crise.


Bastien Faudot, secrétaire national du MRC, constate que deux évènements récents (victoire de Syriza, ouvrant un chemin alternatif et initiative de Draghi qui brise un tabou) ouvrent le jeu en Europe. Si l’euro, c’est l’Europe et si l’Europe, c’est la paix, il y a un risque de guerre en Europe. La question « Faut-il sauver l’euro ? » ne devrait-elle pas être remplacée par « Peut-on sauver l’euro et à quel prix ? » La monnaie unique est-elle viable ? Le droit d’inventaire devrait exister sur ce point (selon la déclaration de Jospin en 1995 après la fin des deux septennats de Mitterrand). La zone euro est un boulet pour l’économie mondiale (chômage, croissance, industrie, endettement). L’euro est le produit de l’ordolibéralisme allemand (concurrence libre et non faussée, stabilité des prix, la libre initiative privée garantissant le progrès social) et de l’économie dite sociale de marché (contresens). L’euro mène un combat obsessionnel contre l’inflation. L’abandon du mark a été obtenu contre les promesses de libéralisation des capitaux et de souveraineté de la BCE. L’euro est un frein à la croissance. C’est une machine à fabriquer de la divergence entre les pays : risque de déflation, polarisation entre les pays du sud et du nord concernant le choc de compétitivité, provoquant un fossé entre les uns et les autres, comme l’annonçait Paul Krugman en 1993. C’est sur le plan social que la situation est la plus préoccupante. Faut-il sortir de l’euro ou le transformer ? Comme l’a dit Benoît Hamon, le problème est le double abandon, budgétaire et monétaire, de souveraineté. La souveraineté est un héritage de la Révolution française. Les effets générés par cette monnaie posent un grave problème. Trois grands scénarios : 1- mutation coordonnée en monnaies nationales. 2- scission en deux (nord et sud). 3- sortie anarchique, non préparée.


Jean-Pierre Chevènement est intervenu dès le début du débat, indiquant les éléments qui posent problème. L’Europe n’est pas un espace homogène. La solidarité, qui paie ? La question des zones monétaires optimales (Robert Mundel) n’a pas été prise en compte lors de la création de l’euro. La solidarité n’étant pas réalisable (montants très élevés à la charge des pays comme l’Allemagne et la France : 10 % du PNB, cela représente 200 milliards d’euros pour la France). La confédération est la seule qui corresponde à l’état actuel du monde. La monnaie commune serait conservée pour les transactions internationales et il y aurait des subdivisions nationales de l’euro, apportant la flexibilité indispensable dans un monde qui bouge. Les Allemands ont des engagements à hauteur de 300 milliards d’euros, qui les inquiètent. Les Français ne sont pas inquiets car ils ne savent les engagements qu’ils ont pris. Il faut partir des nations, sinon on se perd dans la mer des Sargasses.

Il apporte des précisions un peu plus loin dans le débat. L’Allemagne a creusé l’écart à la fin du 19ème siècle avec les biens d’équipements. La parité de la monnaie joue un rôle très important. La conversion en eurofrancs et en euromarks se ferait au cours de l’euro. La décote serait d’environ 30 % pour la Grèce, 15 % pour la France et la réévaluation de 5 à 10 % pour l’Allemagne. Il est possible de faire fonctionner un système monétaire bis, avec des bandes de variation de + 2,25 % et de – 2,25 %, par exemple, de faire des émissions monétaires et d’utiliser un panier de monnaies nationales. Il faut garder l’euro en tant que symbole pour aller vers une solidarité croissante. Tout cela implique une négociation avec l’Allemagne et d’autres pays. En 1989, Bérégovoy avait demandé qui était pour une monnaie commune. Il n’y avait que le Royaume-Uni. Les autres suivaient l’Allemagne. Il ne faut pas une Europe germano-centrée. Une monnaie, c’est fait pour un pays. Une dévaluation de 15 %, ce serait + 5 % d’inflation. Répondant à la question « Par qui est portée actuellement la monnaie commune ? », Jean-Pierre Chevènement a répondu « Par le bon sens ! »

 

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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 23:49

 

Coralie Delaume et Romaric Godin : proposez des alternatives

 

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Ils intervenaient lors de la première Table ronde de l’université de rentrée du Mouvement Républicain et Citoyen (photo, de gauche à droite : Bruno Moschetto, Coralie Delaume, Patrick Quinqueton, Clotilde Valter, Romaric Godin), le 20 septembre 2014, sur le thème « Europe, libre-échange, mondialisation : lever les tabous ». Voir Rétrospective sur l'université de rentrée MRC Caen 20 et 21 sept. 2014

 

Coralie Delaume a d’abord présenté son itinéraire. Elle avait lancé un blog « L’arène nue », certains de ses articles étant publiés sur Marianne2 (le site de Marianne, qui était dirigé par Philippe Cohen). Elle s’est spécialisée sur l’Europe, ce qui l’a amenée à écrire un livre « Europe, les Etats désunis » (Michalon, 2014). Voir Questions sur l'Europe des Etats désunis, le livre de Coralie Delaume.

 

Coralie Delaume veut expliquer l’Europe, en tant que citoyenne. Il lui apparaît que rien ne se passera si on ne modifie pas le cadre rigide européen et si l’on en reste au discours quasi religieux, mystique, sur l’Europe. C’est tabou de critiquer l’Europe, cette Europe de Monnet, technicienne, avec sa méthode fonctionnaliste et ses instruments.

 

Le problème, c’est la souveraineté des peuples d’Europe. Car, en économie, la politique économique des Etats est strictement encadrée par la Commission européenne. Elle est figée dans le marbre des traités. La Banque Centrale Européenne a un poids politique énorme. Elle est fédérale, sans être adossée à un Etat fédéral. On peut s’interroger qui gagnera le duel politique Draghi-Merkel entre la BCE et l’Etat dominant.

 

Les traités donnent aux marchés de capitaux le pouvoir de prêter aux Etats. Leur intérêt est que les Etats se serrent la ceinture afin de rembourser les prêts.

 

La question de la sortie de l’euro reçoit une réponse négative de la part des gens, car ils ont peur pour leur épargne. A cet égard, le MRC a besoin d’expliquer sa proposition de monnaie commune, succédant à la monnaie unique, car ce n’est pas clair.

 

Comme Aurélien Bernier le dit, il faut réfléchir aux questions juridiques. Où est la souveraineté ? Il y a quasi constitutionnalisation dans les traités, ce qui oblige les Etats à modifier leurs constitutions. La Cour de justice de l’Union européenne a pris des arrêts dans les années 1960 hors de tout contrôle par les pouvoirs politiques. Elle a décidé que le droit européen prime sur les droits nationaux. Par ses arrêts, la Cour a entériné l’avancée supranationale de l’Europe.

 

En fait, le droit européen est frappé d’illégitimité. Quelle est la légitimité du traité de Lisbonne, qui est la reprise du traité constitutionnel européen, rejeté par deux pays ? Quelle est la légitimité du droit européen quand des pays ont été amenés à revoter ?

 

La construction européenne semble inéquitable et de plus en plus contestée, notamment en Grèce. L’Allemagne, par contre, a parfaitement préservé sa souveraineté, sa Cour constitutionnelle veillant scrupuleusement sur le respect des textes nationaux.


Romaric Godin*, rédacteur en chef adjoint à l’économie au journal La Tribune, était le second intervenant de cette Table ronde. Il se donne un objectif en tant que journaliste économique : briser les tabous, afin que le pouvoir ne soit pas réservé  à certains experts. Le problème, c’est que ceux qui brisent les tabous ne sont pas très recommandables…

 

Il faut expliquer les rapports entre la BCE et l’Allemagne, les limites de la politique monétaire, mais aussi l’impulsion européenne nécessaire à des pays en difficulté (-France et Italie) alors que l’Allemagne ne veut pas bouger.

 

La France est en position de faiblesse par rapport à l’Allemagne. Celle-ci lui demande de faire des réformes mais le pacte budgétaire européen pèse sur la France. L’Allemagne a les moyens de peser sur la France, pas l’inverse. Depuis leur rencontre de Deauville, Sarkozy a cédé à Merkel. Celle-ci joue sur la faiblesse de la France et lui demande de faire son devoir, c’est-à-dire des réformes.

 

Pour en sortir, la France, tout en étant pour l’euro, devrait prendre le risque de la sortie de l’euro, car c’est l’Allemagne qui a le plus profité de l’euro, par sa modération salariale pendant que les autres augmentaient les salaires. Son intérêt national est d’être dans la zone euro.

 

C’est le rôle de politiques républicains et de gauche de proposer afin de peser pour faire changer la zone euro. La politique de convergences est une folie qui abat les peuples. La peur de l’inconnu entrave la démocratie européenne. Les Grecs ont « bien voté » en 2012. Le résultat : ils ont perdu le quart de leur richesse nationale et les deux tiers de leurs patrimoines.

 

C’est sur la peur que s’appuie l’Europe. En fait, quand elle dit « l’euro, c’est la paix », c’est le contraire qui se passe, ce sont les dévaluations internes par la baisse du coût du travail. La coopération ? En fait, l’euro, c’est la même monnaie avec la compétition, comme le veut Mme Merkel.

 

Le devoir des politiques, c’est de prendre ces tabous en mains et de proposer des alternatives.


* Romaric Godin interviendra Mercredi 28 janvier, rencontre MRC sur le thème : faut-il sauver l'euro ?

 

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25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 23:45

 

Le thème était « Quel projet pour un sursaut républicain ? »

 

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Le Mouvement Républicain et Citoyen a publié en janvier un « Citoyens militants » spécial université de rentrée (19, 20 et 21 septembre 2014, Caen).

 

Rappel des éléments publiés sur le site du MRC :

- Revivez l'Université de rentrée du MRC (photos et échanges)

- "La seule loyauté qui importe est celle à nos idées"  (discours de clôture de Jean-Luc Laurent)

- L'économie française à la croisée des chemins  (intervention de Bruno Moschetto)

Compte rendu du Dîner-débat avec D Motchane et JY Autexier à Caen le 19 sept. 2014

 Photo : Jean-Luc Laurent (au micro), Bastien Faudot, Julien Landfried, Marie-Françoise Bechtel, Jean-Pierre Chevènement, Pascal Blanchetier, Adeline Crépin (de gauche à droite)    

 

Extraits du Citoyens Militants janvier 2015

 

- L’édito du président Jean-Luc Laurent 

 

Le sursaut républicain, tel était le thème de notre université de rentrée cette année. Pendant deux jours, nous nous sommes nourris des interventions de nos invités. Tous ont apporté un éclairage et une contribution utiles à notre réflexion sur la situation politique, sociale et économique de la France après trente ans de dérégulation financière et de saut dans l’Europe libérale.

Comment provoquer alors ce sursaut républicain en conscience et surtout en actes ?Notre solution repose sur la souveraineté. Je le disais en conclusion, la politique fait face à l’absence de souveraineté : notre budget est décidé par Bruxelles, notre politique économique est largement alignée sur la vision de Berlin, nos ministres à Bercy ont depuis bien longtemps renoncé à placer les intérêts de la nation au dessus de ceux de l’Europe libérale. La souveraineté est également la clef de la construction d’une société harmonieuse fondée sur l’égalité des droits et des devoirs plutôt que la haine et le repli culturel par peur de «l’autre».

Le sursaut républicain, c’est celui du volontarisme et de toute la nation, de tous ses citoyens pour redonner corps à la France et formuler un projet d’avenir.

Vous trouverez dans ce CITOYENS MILITANTS des extraits des interventions de nos invités. Bientôt seront disponibles les actes complets de notre université de rentrée qui reprendront la totalité des interventions. C’est forts de ce projet enrichi des analyses de nos invités que nous abordons les enjeux à venir, aussi bien nationaux que locaux. En mars se tiendront les élections départementales et le MRC sera présent autant qu’il le peut pour défendre son projet et faire apparaître de nouveaux visages. 

Aidé du secrétariat national, je souhaite par ailleurs que nous soyons offensifs sur les propositions. Des rencontres thématiques, nourries par le travail de la direction, sont prévues ; la première aura lieu le mercredi 28 janvier à l’Assemblée nationale*. Elles nous permettront de faire entendre notre voix dans le débat public et de positionner le MRC sur les enjeux d’avenir : travail, politique énergétique, traité transatlantique, autant de dossiers sur lesquels nous travaillons dès aujourd’hui.

Enfin, en juin 2015, se tiendra notre congrès qui sera l’occasion de préciser notre stratégie politique dans un contexte difficile pour la France. Depuis notre précédent congrès, la donne a changé et nous devons faire entendre les exigences républicaines qui sont d’autant plus d’actualité : réorienter la construction européenne, poser la question de l’euro monnaie unique, trop fort pour l’économie française, nous libérer des dogmes libéraux pour retrouver la croissance et notre compétitivité. Dans la perspective des combats qui nous attendent, le MRC a besoin de tous, de votre adhésion pour l’année qui vient. 

* Voir Mercredi 28 janvier, rencontre MRC sur le thème : faut-il sauver l'euro ? 


- Synthèse par Julien Landfrieddes travaux des deux premières tables rondes 

 

Je souhaite remercier les différents intervenants qui nous ont montré qu’il était possible de faire d’autres choix que ceux qui sont menés. 

Dans la première table ronde, « Europe, libre-échange, mondialisation : lever les tabous », je voudrais mentionner l’intervention de Coralie Delaume qui a questionné la construction technicienne de l’Union Européenne et la légitimé aujourd’hui du droit européen, en particulier après le traité de Lisbonne qui venait finalement en contradiction avec le choix des Français lors du référendum de 2005.

Son intervention a été suivie de celle du journaliste Romaric Godin de La Tribune. Il a largement souligné le fait que depuis un certain temps, la France refuse d’engager un rapport de force avec l’Allemagne. De la même manière que la droite n’a pas essayé, la gauche ne l’a pas fait pour autant.

Clotilde Valter, députée PS, a tenté de défendre le bilan du gouvernement, essentiellement en expliquant que les marges de manœuvre sont étroites, la mondialisation restreignant les choix possibles. C’est donc difficile pour les gouvernements qui font au mieux. On a pu percevoir à certains moments un discours de résignation.

Enfin, Bruno Moschetto a pu faire une longue discussion sur les vertus du passage à une monnaie commune, qui aurait le mérite de sacrifier la monnaie à l’économie et de ne pas faire l’inverse comme depuis trente ans. 

Lors de la deuxième table ronde intitulée « Quelle réponse à la crise politique ? », le politologue Yves-Marie Cann de l’institut CSA a pu décrire une France profondément en proie aux doutes et a indiqué que, selon les dernières études de son institut, à peu près 30% de la population française se considère comme le cadet des soucis de la classe politique. Il a parlé de « France amère » qui recoupe en partie le concept de France périphérique développé par Christophe Guilluy.

Henri Pena-Ruiz, philosophe membre du PG, a été quant à lui extrêmement critique par rapport au PS. Il a soutenu qu’il fallait en finir avec l’idée qu’il n’y aurait pas d’alternative.

Emmanuel Maurel, député européen membre du courant Maintenant La Gauche, a également été dans la même veine que Godin : selon lui, la gauche n’essaie pas. Le grand reproche qu’on peut faire au gouvernement c’est de ne pas essayer. On pourrait lui faire passer ses échecs s’il avait essayé mais ce n’est malheureusement pas le cas ; en conséquence, il reste deux ans et demi pour essayer.

Jean-Louis Frostin, du conseil national du PCF, a fait une intervention énigmatique. Je crois que le PCF n’a pas encore énoncé une ligne politique claire.

Bastien Faudot, quant à lui, a pu résumer la longue liste d’événements qui ont pu démoraliser le peuple Français depuis les années 80 dont le référendum de 2005. Il a en outre rappelé qu’il fallait trouver une issue politique à cette crise qui n’en finissait pas.

Téléchargez et distribuez le numéro de Citoyens Militants de janvier 2015

 

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 21:28

 

Des intervenants MRC, PS et PCF ouvriront le débat sur ce sujet tabou

 

Le Mouvement Républicain et Citoyen inaugure en cette rentrée une série de débats intitulée « les rencontres du MRC ». Leur but : réunir et faire échanger parlementaires, responsables politiques, chercheurs, universitaires et acteurs concernés sur des thématiques politiques majeures.

 

L’Assemblée nationale, salle Colbert, accueillera cette première Rencontre du MRC :

 

Mercredi 28 janvier 2015 à 18h30

 

Le thème choisi : "Faut-il sauver l'euro ?"

 

Intervenants :

  • Guillaume Balas, député européen PSE, secrétaire général d'Un Monde d'Avance
  • André Chassaigne, député PCF-Front de Gauche, président du groupe Gauche démocrate et républicaine (GDR)
  • Bastien Faudot, secrétaire national du MRC (photo
  • Romaric Godin, rédacteur en chef-adjoint à La Tribune
  • Pierre-Alain Muet, député SRC, vice-président de la commission des finances, économiste

Débat animé par Christophe Blot, économiste à l'OFCE. En présence de Jean-Luc Laurent et Jean-Pierre Chevènement.

Conseil national MRC 240313 015 TPour s’inscrire : adresser un courriel à rencontres.mrc@gmail.com

 

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3 janvier 2015 6 03 /01 /janvier /2015 23:48

 

La mondialisation ne périme que les nations qui s’abandonnent


MRC-universite-de-rentree-Caen-19-20-21-sept-2014-001-T.jpgEn préambule à son université de rentrée 2014 à Caen (voir Université de rentrée 2014 du MRC: Quel projet pour un sursaut républicain ?), le Mouvement Républicain et Citoyen avait organisé un dîner-débat le 19 septembre sur le thème de la Nation avec :

- Didier Motchane, l’ancien complice de Jean-Pierre Chevènement, fondateur du CERES (Centre d'études, de recherches et d'éducation socialiste),

- Jean-Yves Autexier, ancien parlementaire et conseiller de Paris.

 

Didier Motchane a rappelé les mots qui comptent aujourd’hui :

- la laïcité, élément fondamental de la République, l’œuvre commune. Il n’y a pas d’exclus par la laïcité. Une seule autorité : la raison.

- la démocratie, qui est le pouvoir du peuple, lequel n’existe pas, il doit se constituer (peuple de la cité), ce qui implique un effort, car c’est toujours à recommencer. La démocratie a commencé à Athènes, mais les esclaves n’étaient pas alors encore considérés comme des êtres humains.

- la devise de la République : l’égalité républicaine doit être mise devant, car c’est ce qui ouvre la compréhension du reste (la liberté et la fraternité).

- il faut reconnaître dans un être humain ce qui est commun, ce qui conduit aux droits de l’homme et du citoyen en 1789. Les droits civiques n’ont été reconnus qu’en 1848 et, en France, le droit de vote des femmes n’a été acquis qu’en 1945…

- L’ordre et le mouvement, c’est la droite et la gauche.


Jean-Yves Autexier a rappelé le thème, la nation, en soulignant que « la mondialisation ne périme que les nations qui s’abandonnent ». 

Il n’y a pas de fatalité. Selon la doxa libérale, les nations sont vouées à disparaître, car c’est l’intérêt du libéralisme. Pour cette doctrine, la nation est un obstacle, un ennemi à abattre. Les socialistes sont piégés : ils ont voulu la fin des nations. Ils ont eu la globalisation marchande. 

Dans l’Histoire, il n’y a que des nations ou des empires.  La chimère libérale ne résiste pas à la réalité de l’histoire. L’Algérie n’est pas le Maroc. Les USA se sont fondés sur des déserts, en ayant exterminé les indiens. 

On compte 46 Etats nouveaux sur les 40 dernières années. Cela correspond à l’aspiration des peuples. Ce n’est pas bon quand cela se fait sur une base ethniciste (cas de l’ex-Yougoslavie). C’est bon quand c’est pour reprendre en main son destin et fonder une démocratie. 

La chimère européenne s’est effondrée (le rêve français, c’était une Europe française). L’Europe a été faite à partir de l’économie et de la monnaie dans un but fédéral d’en faire l’unité politique. Le Royaume-Uni a un projet, l’Allemagne a un projet, c’est l’Europe allemande.

Pour cette chimère européenne, la France a sacrifié le socialisme et a même commencé de sacrifier la République. Alain Touraine voyait la France s’engager dans la société post-industrielle, basée sur les services. Pascal Lamy évoquait le partage du travail entre la Chine fabriquant des tissus et la France des avions. 

On parlait en France d’une société sans usines, pendant que les Allemands continuaient l’industrie, la Cour de Karlsruhe veillant à la préservation des intérêts nationaux de l’Allemagne. En France, le Conseil constitutionnel accompagnait la volonté des gouvernements, abandonnant l’intérêt national. 

La politique étrangère, ce n’est pas suivre les autres. Où en est la politique arabe ? La France suit et laisse faire les USA., en Libye, vis-à-vis de la Russie aussi. La France ne devrait pas avoir les mêmes positions que les USA, car elle n’a pas les mêmes intérêts. Le Japon, le Brésil, la Chine, les USA, font valoir leurs intérêts nationaux respectifs. En France, il y a une crise de la volonté. 

Notre projet doit se faire à partir des intérêts de la France. C’est le nouveau rêve républicain, avec une politique européenne respectant les nations. On n’a pas la même monnaie pour l’Allemagne et la Grèce. L’espace francophone, qui unit le Nord et le Sud (le Maghreb, l’Afrique), doit être valorisé par la conquête des marchés africains. 

Ce message n’a malheureusement aucune chance aujourd’hui. Du CERES, nous sommes passés à Socialisme et République, puis au Mouvement des citoyens, puis au Mouvement Républicain et Citoyen. La France est un peuple politique. Là où il n’y a pas de projet, il n’y a pas de destin. 

Mais, dans l’obscurité, une simple chandelle suffit à éclairer le mondeIl faut maintenir le fil directeur qui va des années 1968 à aujourd’hui, car cette ténacité, un jour, sera utile à notre pays. 

Cet article est le 145ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

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Published by Michel SORIN - dans MRC national
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