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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 22:14

 

Le rassemblement des républicains face au capitalisme néolibéral

 

Je lis attentivement les interventions de Jean-Pierre Chevènement dans la presse et je l'ai vu s'exprimer lors du Conseil national du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) le 12 avril. Il multiplie les signes de sa détermination à initier une transmission de son idée de la République.

«  Tout n'est donc peut-être pas perdu si nous savons bâtir une alternative républicaine pour en finir avec le néolibéralisme ».

C'est la conclusion de l'entretien qu'il a accordé à Marianne le 17 avril (propos recueillis par Alexis Lacroix). Voir "Pour être fier d'être français, il faudrait déjà avoir de la mémoire". Extrait.

Rien ne sera possible tant qu'on ne rebattra pas les cartes de la construction européenne. Le cadenassage européen par des textes néolibéraux à valeur quasi constitutionnelle (Acte unique, Maastricht, Lisbonne) nous prive de notre liberté d'action. L'européisme, en renvoyant la France a un passé dépassé, sape l'estime de nous-mêmes sans laquelle notre peuple, pas plus que tout autre, ne pourrait continuer son histoire.

Contre cette tendance à l'amnésie généralisée, contre toutes les doctrines de la désappartenance et de la table rase, nous devons renouer avec la longue durée de notre histoire et travailler à sa transmission active.

La redécouverte du politique, si elle a lieu, sera la résultante des chocs inévitables qui nous attendent. Avant 1940, Aragon « conchi[ait] l'armée française », mais après le traumatisme de l'occupation nazie, il célébrait « [s]a France »'. Tout n'est donc peut-être pas perdu si nous savons bâtir une alternative républicaine pour en finir avec le néolibéralisme

 

Cette volonté de favoriser le rassemblement des républicains (au sens de Jaurès , qui disait « La République est un grand acte de confiance ») n'est pas nouvelle - Voir le Discours de Vincennes le 9 septembre 2001 - mais elle est aiguisée par la confirmation que la droite et la gauche conduisent des politiques économiques européennes également désastreuses.

 

C'est donc une démarche de type Conseil National de la Résistance que Jean-Pierre Chevènement préconise. Le commentaire du discours prononcé par Charles de Gaulle à Bayeux est significatif à cet égard. Voir cette intervention au Théâtre de Cergy (Val-d'Oise) le 8 avril 2015 : Commentaire du discours de Bayeux. Extraits.

(…) Les nations existent donc encore. La question est de savoir si la France peut encore avoir les moyens d’exister. L’Europe, c’est aussi un rapport de forces au sein du tandem France/Allemagne. Alors que dans l’Europe à six, la France jouait le premier rôle, l’Allemagne étant divisée, dans l’Europe à 28, l’Allemagne a une place centrale à la fois pour des raisons géographiques, géopolitiques, économiques, industrielles et politiques. Toutefois, la faiblesse de la France est un élément de déséquilibre de la construction européenne et constitue donc un problème très grave pour l’avenir de l’Europe toute entière (...). 

Il faut analyser l’état des pays, établir un diagnostic et comprendre leur projet. Quel est le projet de l’Allemagne ? Les Allemands exportent de plus en plus hors de l’UE, vers la Russie, la Chine, l’Inde, mais surtout vers les Etats-Unis. Cela explique beaucoup de choses par rapport au Traité Transatlantique. Les grands groupes allemands y sont en effet favorables car il leur permettrait de créer des plateformes à bas coûts à la frontière des Etats-Unis et du Mexique. Mais ce n’est peut-être pas dans l’intérêt de tous les Allemands de favoriser une politique qui va aboutir à la délocalisation de grandes unités de production aujourd’hui allemandes. Que va-t-il rester de la politique allemande dite du Standort Deutschland ? Parce qu’il y a des visions contradictoires dans la stratégie mondiale. La stratégie du capitalisme avancée avec le néo libéralisme a consisté à délocaliser une grande partie des unités de production vers les pays à bas coûts, tout en maintenant la centralisation des dividendes. Le capital ne reste pas dans les pays où il est investi, il revient. Mais en même temps, au bout de 20 ans, on s’aperçoit que la balance commerciale américaine est déficitaire de 500 à 600 milliards de dollars dont 200 par rapport à la Chine. M. Obama s’attache aujourd’hui à poursuivre une stratégie de relocalisation industrielle. Les systèmes économiques ne sont pas gouvernés par la raison politique, ils ont leur propre logique qui échappe à la volonté consciente des hommes. On devra s’interroger un jour, quand on fera le bilan, sur la signification de l’expérience néolibérale menée sous l’impulsion de Mme Tatcher, M. Reagan et plus particulièrement pour l’Europe continentale de M. Delors. 

Ce qui fait défaut à la France est une vision stratégique, une compréhension fine des objectifs poursuivis par les différents pays, pour mieux se positionner elle-même. La zone euro représente à peine 40% des débouchés de l’Allemagne. Cette dernière s’est servie de la zone euro comme d’un tremplin pour conquérir les marchés mondiaux, parce qu’elle est un acteur mondial, contrairement à la France, à l’Italie et à la Grande-Bretagne.

Les hommes politiques français ont une vision extrêmement étroite du champ des relations internationales, très politique. A titre d’exemple, le fait que le pouvoir européen serait concentré à la fois autour de l’Allemagne et de la France est un point de vue plutôt français, en démontre l’absence de traduction en allemand de l’expression « couple franco-allemand ». Nous ne pouvons actuellement parler de « politique industrielle européenne ». La France est aujourd’hui davantage dans une position de « suiveur ». Elle se voit imposer sans concertation des décisions qui ont été prises ailleurs (...).

Les membres du Conseil national du MRC ont vu et entendu le président d'honneur, Jean-Pierre Chevènement , faire un discours combatif, incitant à agir, à partir du MRC, en recherchant les convergences avec d'autres partis, considérant qu'elles sont possibles avec le Front de Gauche et avec ceux qui, au PS ou chez les Verts, n'acceptent pas la dérive différentialiste, mais aussi avec Debout la France, le dialogue avec les républicains de l'autre rive étant loin d'être épuisé.

Cette phrase a conduit l'un des participants à écrire sur son blog cet article publié le 16 avril sous le titre : Les Chevènementistes tendent la main à Nicolas Dupont-Aignan…

C'est une approche réductrice de ce qui semble être la stratégie de Jean-Pierre Chevènement. Nous ne tarderons pas à voir ce qu'il en est réellement. Dès le début de la semaine prochaine, se réunira le groupe de travail qu'il a demandé lors du Conseil national, qu'il présidera et qui sera composé de deux représentants de chacune des trois motions d'orientation (voir, à ce sujet Congrès MRC 2015).

Cet article est le 158ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

 

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19 avril 2015 7 19 /04 /avril /2015 16:09

Avec cette motion, nous souhaitons donner au MRC « Le Courage d'Avancer »

 

 

Le Conseil national du Mouvement Républicain et Citoyen était réuni le 12 avril pour débattre de la préparation du congrès qui aura lieu à Paris-Bercy les 13 et 14 juin 2015. Des textes d'orientation (motions) et contributions ont été enregistrés, tout en laissant un délai de trois jours aux signataires pour compléter la présentation de leurs documents et préciser les signataires des motions qui seront soumises au vote des adhérents.

Voir (16 avril) : Congrès MRC 2015 : la direction face à deux autres motions d'orientation

 

Les signataires du projet de motion Maupouet-Sorin se sont exprimés.

Voir (17 avril) : Congrès MRC 2015 : l'intervention de Michel Sorin au Conseil national

Voir (18 avril) : Congrès MRC 2015 : Serge Maupouet est intervenu au Conseil national

 

Hugo Prod'homme, signataire du projet de motion intitulé « Le Courage d'Avancer », était intervenu en début de séance. Voici le texte de son intervention.

Camarades conseillers, conseillères

Nous sommes réunis aujourd'hui pour préparer notre Congrès de juin, et j'interviens pour vous présenter le projet de motion « Courage d'Avancer ».

La situation politique, économique et sociale de notre pays nous impose d'avoir une discussion franche non seulement sur les causes de cette situation désastreuse, mais aussi sur les solutions que nous, à notre échelle, pouvons proposer et mettre en œuvre.

Notre société, je ne vous l'apprends pas, n'est pas devenue l'eden du tertiaire qualifié, ancré dans une mondialisation heureuse, où les hommes en plus d'être superbement qualifiés, sont libérés du diable travail à travers une liberté individuelle du temps de travail.

À la place de ce rêve post-industriel, que je caricature à peine, notre société s'est peu à peu retrouvée dans une situation d'extrêmes inégalités. Le chômage de masse, la paupérisation des travailleurs via un alignement sur le SMIC, l'insécurité de l'emploi, avec de plus en plus de contrats précaires (CDD, stages, emplois d'avenir, services civiques) contribuent à recréer une classe sociale de dominés, qui ne profitent pas de la mondialisation, sont extrêmement touchés par la compétition du moins-disant social en Europe et dans le monde ; Des « dominés » qui sont caractérisés par un manque de sécurité (économique, sociale, culturelle) qui les fait se replier parfois sur des identités individuelles ou communautaires, plutôt que sur la volonté commune et l'intérêt général.

L'offre politique n'a jamais paru aussi faible. D'ailleurs, les citoyens ne s'y trompent pas, les chiffres de l'abstention et des bulletins blancs ou nuls l'attestant.

À droite et au centre, aucun projet, aucune idée neuve, aucune solution. Les postures d'opposant sont mises à mal par le fait que la politique suivie ne diffère pas vraiment de celle des dix dernières années, quand la droite gouvernait.

À gauche, le parti socialiste, schizophrène, qualifie d'extrême gauche les idées qu'il a pu défendre en 1981. Nationalisations, droits des salariés et conquêtes sociales sont des mots qui donnent de l'urticaire au gouvernement, et en premier lieu au ministre de l'économie et au Premier Ministre. Les postures de gauche fondent comme neige au soleil. Les masques n'en finissent plus de tomber. Un exemple : en 1992, elle avait promis que l'Europe, ce serait « plus d'emplois, plus de protection sociale, et moins d'exclusion » ; en 1999, elle soutenait sans sourciller le traité d'Amsterdam ; en 2005, elle nous disait que le non au référendum était du « populisme qui avait déjà mené l'Italie à ce que l'on sait ». Cela fait plus de 20 ans que Martine Aubry continue de montrer qu'elle n'est pas de gauche. Aujourd'hui, son soutien à la majorité du PS n'est en rien une nouvelle, une surprise. Il faut que les militants PS soient aveugles ! Ou qu'ils se cachent les yeux...

À gauche encore, il y a les écologistes, totalement divisés, illisibles et inaudibles sur des sujets qui méritent pourtant de meilleurs défenseurs.

Plus à gauche, le Front de gauche ! Réelle capture par Jean-Luc Mélenchon de l'appareil, de la force organisationnelle et du maillage territorial du PCF. Perclus de divisions entre pro et anti nucléaires, étatistes et associativistes, productivistes et décroissants, c'est aussi une résurgence de la bataille entre les deux gauches. C'est aussi devenu une réunion d'élites « bobo-ïsantes » tout aussi coupées des réalités que leurs adversaires PS. Ils n'ont toujours pas compris les exigences du peuple, qui ne sont pas de dévaloriser le travail et la force productive.

Enfin, à l'extrême droite, on tue le père. Et la rupture semble n'être que personnelle. L'extrême droite traditionnelle semble rester au sein du FN, auprès de la petite fille. Marine Le Pen va peut-être réussir son pari et abordera 2017 dans l'optique de son « rassemblement des patriotes » qui pourrait, après l'exclusion JM Le Pen, faire venir à eux une certaine frange de la droite. Il ne faut pas oublier que Nicolas Dupont Aignan avait dit que le seul obstacle qui s'opposait à une alliance avec le FN était Jean-Marie Le Pen ! Cet obstacle levé, il nous faudra observer leur comportement, alors que des rapprochements se font déjà à la base, comme à Béziers.

L'offre politique est dès lors bien maigre. De plus, la rupture entre les élites politiques et le peuple est bi-la-té-rale ! Si les élites ont oublié, méprisent le peuple, ce dernier n'a plus aucune confiance en ses élites ! La désaffection est profonde, et irrémédiable. La solution ne pourra pas venir d'une énième alliance d'appareils. Elle ne pourra venir que des citoyens, et d'un mouvement populaire qui défende les valeurs de notre République : Liberté, Egalité, Fraternité et Laïcité. Le MRC doit mettre en œuvre ce mouvement citoyen. Nous en sommes capables ! Nous avons un discours qui parle aux citoyens. Nous avons la responsabilité, en tant que républicains, de maintenir notre discours dans le débat public !

Cela fait trop longtemps que le MRC n'apparaît plus dans ce débat public. 2002 est loin ! En 2004, 2009 et 2014, nous n'avons pas su profiter des campagnes électorales pour transmettre notre discours sur l'Union Européenne. Nos campagnes pédagogiques de 2007 et 2012 n'ont jamais connu de succès populaire. D'estime, oui, mais pas populaire.

Et notre alliance avec le PS ne fait que brouiller notre positionnement. Le PS n'est même plus sur la ligne politique de notre accord commun. Nous devons finir la soumission librement consentie à un PS qui n'a plus les honneurs de ses débuts. Le PS est comme un fleuron industriel français, dont on a conservé la marque, mais qui décide sa stratégie dans son siège social bruxellois, et qui ne produit plus rien en France ! L'illusion ne perdure que par l'effet de marque. Nous ne pouvons plus nous allier avec le Parti Socialiste, car le PS n'est plus le parti socialiste.

Alors que la crise économique et sociale est la plus forte, où la France est au bord d'un double précipice : le Front National, ou l'abandon de souveraineté au profit d'une technocratie libérale. Deux voies qui nous emmènent dans une chute vertigineuse ! Aujourd'hui, nous ne devons pas être timides. Il nous faut nous présenter aux citoyens. Et cela passe certainement par 2017, et l'élection la plus suivie, et la plus populaire, au vu de la participation.

Mais pour être prêts à toute éventualité en 2017, il nous faut travailler dès maintenant. Le danger est présent au sein de notre parti, que nous fassions comme pour toutes les échéances électorales précédentes : que nous fixions un calendrier lointain, qu'il ne soit même pas respecté, et que, deux, trois mois avant l'élection, nous disions : nous ne sommes pas prêt, il faut trouver une autre solution.

Nous ne devons pas répéter nos échecs passés. La campagne pour les présidentielles doit commencer dès aujourd'hui, par des prises de contacts avec les nouveaux maires par la production de discours de proximité. Nous ne devons pas attendre. Les fédérations, les unions régionales doivent être encouragées, incitées à contacter les maires de leurs départements, de leurs régions. Les membres de la direction nationale doivent se déplacer, dans les comités locaux, pour organiser conférences, colloques, cafés-citoyens qui nous permettront une visibilité politique locale, mais aussi de transmettre à des invités de choix (les citoyens et les élus) les valeurs du MRC.

Camarades, ne cherchons pas à nous diviser pour nous diviser. Sans fuir le débat, il faut rassembler le parti pour qu'il soit uni. Les querelles personnelles n'ont pas lieu d'être. Il nous faut une direction nationale unie, mais surtout offensive et dynamique ! Nous avons intitulé notre motion le Courage d'Avancer parce que nous souhaitons donner à notre parti ce courage. Nous avons les armes. Fourbissons-les !

Cet article est le 157ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

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18 avril 2015 6 18 /04 /avril /2015 12:08

MRC : développer les complémentarités et synergies pour aller de l'avant

 

La mutation du Mouvement Républicain et Citoyen a-t-elle commencé lors de son Conseil national du 12 avril ? Certains signes le donnent à penser, notamment la tonalité des interventions, qui met en évidence la volonté de certains responsables de débattre des orientations du Mouvement. L'existence de plusieurs motions* - ce qui ne s'était pas produit depuis le congrès de lancement du MRC, en janvier 2003 - montre qu'il existe un ferment démocratique.

* Voir (16 avril) : Congrès MRC 2015 : la direction face à deux autres motions d'orientation

 

Lors du Conseil national du MRC, le12 avril, le projet de motion Maupouet-Sorin a été présenté par Michel Sorin**, en début de séance, et illustré par Serge Maupouet, au cours des débats.

** Voir (17 avril) : Congrès MRC 2015 : l'intervention de Michel Sorin au Conseil national

 

Voici le résumé qu'en a fait Serge Maupouet le 17 avril sur le blog http://saintongejacobine.eklablog.com

De l'idée-force aux synergies, pour aller de l'avant !

A l'occasion du Conseil national du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), le 12 avril 2015, au Kremlin-Bicêtre, les différents projets de motions déposés en vue du Congrès de Paris-Bercy (juin 2015) ont été présentés par leurs initiateurs ou les militants choisis pour les porter à cette occasion. L'expression, les échanges, les débats, ont été pleinement permis.

Dans ce contexte, Michel Sorin ayant présenté le projet de motion Maupouet-Sorinil m'a semblé utile d'en mettre aussi en relief une ligne de force pour le moyen/long terme.

L'idée-force a consisté à développer cet impératif : la poursuite de l'Intérêt général, par le moyen de la mise en œuvre concrète de notre programme de Salut public, nécessite de faire du MRC un parti politique de pleine dimension, avec une assise militante et citoyenne la plus large. C'est pourquoi, le MRC a devant lui une "mission historique", celle "d'amorcer le rassemblement des citoyens pour construire une alternative sociale et républicaine à la politique libérale en vigueur depuis 1983. Le Congrès 2015 doit être décisif sur ce point."

Cette idée-force s'est appuyée sur trois messages :

- le premier : le MRC, c'est tous les militants au grand complet, c'est pourquoi il faut mieux valoriser "les capacités militantes, en les sollicitant" et rassembler "dans l'action tous les militants de toutes les fédérations [...]." En ce but, un-e Secrétaire national-e à la coordination, de plein exercice, est indispensable, avec les moyens d'agir dans la durée.

- le second : la persévérance au service de l'Intérêt général et la volonté de construire un mouvement citoyen dynamique, en situation de "confronter le logiciel Chevènement au vécu des citoyens et d'inventer avec eux le projet social et républicain adapté à notre temps et à notre pays", impose aux militants du MRC "la responsabilité [...] de faire émerger un MRC dont les trois lettres préfigurent le mouvement républicain et citoyen dont la gauche et les Français ont besoin." Pour permettre ce développement du mouvement, il faut repartir du terrain, des citoyens, avec lesquels nous devons établir des contacts concrets et directs par le moyen de "groupes locaux" et d'espaces de débats ouverts.

- le troisième : le MRC, c'est un programme de Salut public qui doit être mis en application jusqu'au niveau gouvernemental - au sein d'un exécutif où nous serions assez forts pour peser sur l'orientation politique -, ce qui nécessite de construire d'abord ce puissant mouvement citoyen pour ensuite créer les conditions de peser, sur le moyen et le long terme. Le MRC doit pour cela achever sa mue vers un parti politique ambitionnant de devenir un parti majeur.

La conclusion de l'intervention a découlé logiquement des trois messages appuyant l'idée-force : en bâtissant maintenant, au MRC, ce parti des citoyens dont la France a besoin, nous serons en mesure d'agir pleinement dans l'Intérêt général, pour la République, pour tous nos concitoyens !

Ainsi que Michel Sorin a pu l'écrire sur le blog qu'il anime  nous voulons "provoquer une mutation du MRC, afin de le rendre visible et réellement influent dans le paysage politique national".

Pour mener à bien cette ambition, après avoir entendu l'expression libre des uns et des autres au cours de ce Conseil national, le travail d'intégration progressivement concerté et travaillé entre les motions Maupouet-Sorin d'une part et "Le Courage d'avancer" présentée par Hugo Prod'homme d'autre part, a été validé par les militants impliqués dans ces deux textes. Les complémentarités et les synergies vont permettre d'aller de l'avant.

Cet article est le 156ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

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17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 23:54

Le MRC doit être le parti des citoyens et initier le rassemblement de la gauche

 

Lors de la réunion du 12 avril du Conseil national du Mouvement Républicain et Citoyen, les auteurs des motions d'orientation ont présenté leurs textes.

Voici l'intervention de Michel Sorin, qui a présenté la motion qu'il a déposée avec Serge Maupouet, dans la perspective d'une synthèse avec la motion « Le Courage d'Avancer ».

Voir les articles des 27 et 28 mars sur le blog du MRC 53 :

- Congrès 2015 MRC : le débat s'organise autour de textes d'orientation

- Congrès MRC 2015 : le débat aura lieu sur l'orientation du Mouvement

 

La gauche ne peut gagner en 2017 que sur la base d'un projet social et républicain de redressement de la France. Car, seul ce projet peut lui permettre de rassembler et de mobiliser son électorat dès le premier tour de l'élection présidentielle. Si la gauche a été divisée lors des élections départementales en 2015, c'était à cause de la politique du gouvernement socialiste. Pendant sa campagne électorale en 2012, le candidat François Hollande n'avait pas dit qu'il se soumettrait aux 3 B (Bruxelles, Berlin, Bercy). Et, pourtant, c'est ce qu'il a fait avec ses gouvernements Ayrault et Valls. C'est cette politique qui est mortifère pour la gauche et pour la France.

Notre objectif doit être de faire revenir la gauche et le président de la République au projet social et républicain que les Français attendent. Comment y parvenir ?

En comptant sur les citoyens, afin d'établir un rapport de forces au sein de la gauche, au sommet. Si nous nous limitons à notre stratégie d'influence à l'Assemblée nationale avec nos trois députés, nous pesons 1 %. Ce n'est pas suffisant. En utilisant l'effet de levier avec les citoyens, en étant présent auprès des divers partis et organisations de gauche, à tous les niveaux, notre force sera décuplée. C'est le seul moyen qui nous reste si nous voulons éviter d'être définitivement marginalisés, en n'ayant plus le choix qu'entre l'isolement et le ralliement au PS.

La question, maintenant, c'est comment les citoyens vont nous aider dans cet effet de levier . Nous devons aller vers eux, leur parler avec des mots qu'ils comprennent. Il faut simplifier notre discours, considérer les citoyens comme étant l'essentiel dans notre démarche politique républicaine.

 

- Nous devons leur dire clairement que l'état de semi-apesanteur démocratique de l'Europe n'est plus acceptable.

La France doit reconquérir la plénitude de sa souveraineté, ce qui est compatible avec des délégations de souveraineté consenties par référendum. Le traité de Lisbonne, copie conforme du traité constitutionnel européen, est un contre-exemple, dont la légitimité est contestable. C'est ce type de décisions qui est à l'origine de la montée du Front National. Nous ne pouvons l'accepter.

 

- Il faut dire de la même façon que la soumission aux marchés financiers est inacceptable. Même quand elle est relayée par les institutions européennes. C'est ce qui empêche une alternative démocratique. La responsabilité de l’État est de créer les conditions du développement de l'économie française. Ce n'est pas de relayer les messages des marchés financiers. Notre réponse à l'offensive du capitalisme financier doit être de reconstruire à la fois la défense des salariés, en tant que citoyens producteurs, et la défense des entreprises contre leur spoliation par certains actionnaires sans scrupules à l'égard de l'intérêt général.

 

- La 3ème chose la plus importante à dire aux citoyens, c'est que notre pays doit relever le défi républicain de la laïcité. Ce qui unit doit être plus fort que ce qui divise. C'est l'idée du bien commun qu'il faut relever. Nous souscrivons à ce qu'a dit Jean-Pierre Chevènement le 14 mars lors du colloque organisé par le Comité Laïcité et République. La crise de la laïcité, la crise de la République, la crise de la démocratie : tout est lié. Il faut relever le défi.

 

Cela pose la question du MRC, des décisions à prendre par notre congrès pour faire émerger un MRC dont les trois lettres préfigurent le mouvement républicain et citoyen dont la gauche et les Français ont besoin.

Ce congrès est un point d'étape important car il vient après 50 ans de militantisme socialiste et républicain autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Un parcours parsemé de succès et d'échecs. Une ligne politique constante et un logiciel républicain qui s'est précisé au cours du temps et dont la validité est confirmée par les évènements.

 

En 1971, le CERES avait contribué à changer en profondeur la pratique du Parti socialiste à partir du congrès d'Epinay, lequel avait ouvert la voie au rassemblement de la gauche, préalable à la conquête du pouvoir, qui s'est effectuée en 1981.

 

En 2017, le rôle du MRC sera de rendre possible l'alternative républicaine et citoyenne, par le rassemblement de la gauche de bas en haut, de la commune à la nation, autour de quelques notions simples :

- le concept de la nation citoyenne, fondateur de la République,

- la souveraineté nationale et populaire, à redéfinir en récusant l'idéologie néolibérale et sa créature institutionnelle européenne,

- les idées qui ont permis au Conseil National de la Résistance de forger le compromis politique du redressement national à la Libération,

- le lien entre politique et économie productive, à tous les niveaux institutionnels de la République.

 

La mission historique du MRC est d'amorcer le rassemblement des citoyens pour construire une alternative aux politiques néolibérales en vigueur depuis 1983. Si nous avons l'objectif de créer des groupes locaux de citoyens et si nous en prenons les moyens dans notre organisation, il s'enclenchera une nouvelle dynamique militante.

 

N'oublions pas les concepts que nous avions forgés dans les années 1970. En les actualisant (mouvement d'en haut et d'en bas, autogestion de l'entreprise), nous redonnerons des perspectives au monde du travail : la revalorisation du travail, producteur de richesse économique, l'importance de la qualification professionnelle, la valeur sociale du travail sous la forme de la cotisation, le lien entre économie et social, l'importance du développement économique pour financer la protection sociale.

La notion d'emploi, sous l'emprise du capitalisme financier, est enfermée dans une logique marchande et devient une variable d'ajustement des dividendes pour les actionnaires. Revenons à tout ce qui favorise l'économie réelle.

Le dialogue entre citoyens et professionnels, par secteur d'activité, est à développer pour accroître l'efficacité des secteurs productifs et favoriser la démocratie économique.

Il faut aussi réfléchir aux conséquences sociales du développement accéléré de l'économie numérique, notamment dans les secteurs des communications, de l'énergie et du transport. Ce peut être le moyen d'aller vers une économie plus citoyenne, moins financière.

 

Le MRC est devant une responsabilité historique.

- Il nous faut mieux valoriser ce que nous sommes après 50 ans de construction d'une ligne politique et d'un logiciel, mais qui est trop peu utilisé. Notre référence, c'est Chevènement.

- Il nous faut, en même temps, nous ouvrir à toutes les organisations politiques, syndicales et associatives, qui veulent rompre avec la logique néolibérale et financière du capitalisme. Notre référence historique, c'est Jaurès, qui a su rassembler les socialistes en s'appuyant sur la République.

Nous devons être les militants du réel en politique, les citoyens porteurs de la reconstruction du pays après l'avoir libéré de son emprise néolibérale sur l'économie.

Nous devons être à l'initiative du mouvement citoyen qui va conduire au rassemblement de la gauche. Nous devons être le parti des citoyens !

 

Ce congrès doit être celui du sursaut pour notre Mouvement. Nous faisons trop appel à l'intellect. Ajoutons-y de l'affect. Nous donnons trop l'impression de nous adresser à l'élite politique. Ajoutons-y une présence militante près des citoyens. Nous nous limitons à la politique en haut. Ajoutons-y la politique en bas.

Avançons sans nous diviser mais en débattant de nos orientations, avec la volonté de nous rassembler lors du congrès. Là, nous prendrons ce qu'il y a de meilleur dans nos textes et nous choisirons notre route commune.

Il faut faire confiance aux militants. L'un d'eux a pris l'initiative d'intégrer notre projet de motion dans un autre. Nous avons décidé de suivre sa proposition et de constituer une motion à partir des deux textes.

Continuons à rechercher la synthèse entre les motions en présence, afin d'arriver à la motion du congrès qui sera portée par tous les adhérents de notre Mouvement et fera le lien entre l'idéal socialiste et la réalité républicaine.

Cet article est le 155ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 18:02

Ce sera le premier congrès sans Jean-Pierre Chevènement aux responsabilités

 

Le congrès du Mouvement Républicain et Citoyen aura lieu les 13 et 14 juin 2015 à Paris-Bercy. Voir (27 mars) Congrès 2015 MRC : le débat s'organise autour de textes d'orientation et (28 mars) Congrès MRC 2015 : le débat aura lieu sur l'orientation du Mouvement

Ce congrès clôt une longue période de 50 ans de vie politique active de Jean-Pierre Chevènement. Il va continuer à être présent mais différemment. Nul doute que ses analyses politiques seront toujours aussi appréciées. Mais il ne sera plus en première ligne. Il avait espéré que le Temps des Citoyens viendrait dans les années qui ont suivi la création du Mouvement des Citoyens, en 1993. Il a tout fait pour mettre la citoyenneté et la République en avant lors de la campagne de l'élection présidentielle de 2002. Ce n'était pas encore l'heure.

En janvier 2003, le Mouvement Républicain et Citoyen: MRC a pris le relais. Jean-Luc Laurent, en 2003 et 2004, Georges Sarre, de 2005 à 2008, puis Jean-Pierre Chevènement, de 2008 à 2010, et Jean-Luc Laurent, depuis 2010, se sont succédé à la tête du MRC. Jean-Pierre Chevènement en est le président d'honneur.

Le secrétariat national, le 15 avril, a validé la présence de trois motions d'orientation lors du congrès 2015, ce qui est le constat d'un renouveau démocratique. C'est, en effet, la première fois depuis le congrès fondateur de Saint-Pol-sur-Mer (Nord), en janvier 2003, qu'il y a plus d'une motion présentée au vote des adhérents.

- Le président Jean-Luc Laurent (Val-de-Marne), élu en 2010 et réélu en 2012, souhaitait rassembler à nouveau la direction sortante du MRC (le secrétariat national) autour de sa motion. Il n'y est pas parvenu (même s'il a le soutien de la majorité de ses membres) puisque des membres de cette direction ont signé l'un des deux autres textes :

- « Le Courage d'Avancer », qui est issu de la synthèse de deux projets de motion présentés, l'un par Hugo Prod'homme (Nord), et l'autre par Michel Sorin (Mayenne).

- « L'autre chemin », dont les premiers signataires sont Claude Nicolet (Nord), ainsi que Marie-Françoise Bechtel (Aisne) et Christine Meyer (Loire-Atlantique), qui avaient présenté des projets de motion distincts lors du Conseil national du 12 avril ;

D'autres articles vont suivre, concernant ce congrès MRC 2015.

Cet article est le 154ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

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28 mars 2015 6 28 /03 /mars /2015 17:42

La motion Maupouet-Sorin vise à mieux valoriser le logiciel Chevènement

 

Le congrès du Mouvement Républicain et Citoyen aura lieu les 13 et 14 juin 2015 à Paris-Bercy. Le but est de renouveler les orientations, la stratégie et les moyens du MRC, en même temps que les responsables à tous les niveaux, qui seront élus pour deux ans.

Les militants avaient jusqu'au 27 mars pour faire remonter au niveau national des contributions au débat, qui seront ensuite transmises aux adhérents. Lors du Conseil national du 12 avril, la répartition entre contributions et motions sera effectuée. Celles-ci, qui devront être signées par, au moins, dix membres du Conseil national, seront soumises au vote des adhérents, lequel déterminera la composition du Conseil national, qui est, en quelque sorte, le parlement du MRC. Le président est élu lors du congrès. Il demande au congrès de voter en faveur de l'équipe de direction qu'il propose (le secrétariat national).

Jean-Luc Laurent, Georges Sarre, Jean-Pierre Chevènement, puis Jean-Luc Laurent, se sont succédé à la tête du Mouvement depuis qu'il a pris le relais du Mouvement des Citoyens, en janvier 2003, après l'épisode du Pôle républicain pendant la campagne de l'élection présidentielle en 2002.

Ce congrès devra prendre position sur la stratégie à adopter en vue de l'élection présidentielle de 2017, le précédent congrès ayant validé l'accord signé avec le PS avant les élections de 2012.

 

Plusieurs textes ont été transmis à la direction nationale. Le secrétariat national fera le tri lors de sa prochaine réunion, mercredi 1er avril. Voici le texte porté par deux membres du Conseil national, Serge Maupouet (Charente-Maritime) et Michel Sorin (Mayenne). Ceux-ci veulent provoquer une mutation du MRC, afin de le rendre visible et réellement influent dans le paysage politique national. Pour cela, ils veulent prendre appui sur le logiciel républicain, résultat de 50 ans d'action politique de Jean-Pierre Chevènement, et en faire un outil politique entre les mains des citoyens.

 

Motion présentée par Serge MAUPOUET et Michel SORIN, membres du Conseil national

 

Voir (27 mars 2015, blog MRC 53) la 1ère partie : Congrès 2015 MRC : le débat s'organise autour de textes d'orientation. Voici la suite.

 

La question de la laïcité et de la République - les deux étant indissociables - se pose avec encore plus d'acuité depuis le début de l'année. Les leçons des évènements de janvier 2015 doivent être tirées. Voir Congrès MRC 2015 : la France citoyenne en marche depuis le 11 janvier

 

Nous devons prendre en compte les leçons des attentats de janvier 2015 à Paris, comme l'a fort bien indiqué Jean-Pierre Chevènement lors du colloque organisé par le Comité laïcité et République le 14 mars 2015. Crise de la laïcité, crise de la République, crise de la démocratie. Relevons le défi. Voir Nous sommes confrontés à une immense crise de la démocratie

 

« L'idéal laïc doit nous aider à relever le défi. La laïcité, c'est la croyance en la raison naturelle et en la capacité des citoyens à s'entendre sur une idée du bien commun dans un espace public soustrait à l'empire des dogmes (...).

La crise de la démocratie est plus sensible encore dans une République laïque comme la nôtre. Le triomphe d’idéologies obscurantistes résulte de l’abandon ou de la méconnaissance de la laïcité comme condition de validité de la formation d’une volonté générale, d’un bien commun à tous les hommes. 
C’est cette idée d’un bien commun qu’il faut relever. J’ai dit « un bien commun à tous les hommes » et non à une partie des hommes, par exemple à l’Occident. Il faut rejeter l’occidentalisme et penser un avenir de progrès pour tous, y compris le monde arabo-musulman qu’il faut réconcilier avec la modernité (Palestine, Iran). Mais cette modernité, avons-nous su la rendre aimable ? Poser la question c’est y répondre : la modernité du capital financier mondialisé suscite partout un immense rejet. C’est une autre modernité qu’il faut faire aimer (…). 

 

Il faut aussi expliquer la République et la laïcité, redonner sens au combat républicain - inséparable du combat pour la justice - en France et dans le monde. Ce qui unit doit être plus fort que ce qui divise. Relever l’Ecole de la République n’est pas possible si on ne relève pas la République elle-même (...) »

 

Le MRC est l'héritier de cinquante ans de militantisme socialiste et républicain autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Un parcours parsemé de succès et d'échecs, une ligne politique constante et un logiciel républicain qui s'est affirmé au cours du temps et dont la validité est confirmée par les évènements.

Nous disposons d'une mine documentaire avec les écrits de Jean-Pierre Chevènement depuis le CERES jusqu'au MRC, en passant par le Mouvement des Citoyens. Voir Congrès MRC 2015 : les livres de Chevènement, source d'inspiration

 

En 1969-1971, le CERES avait contribué à changer profondément la nature du Parti socialiste, ce qui ouvrait la voie au rassemblement de la gauche, préalable à la conquête du pouvoir.

 

En 2015-2017, le rôle du MRC est de rendre possible l'alternative républicaine et citoyenne par le rassemblement politique de la gauche, à tous les niveaux institutionnels, de la commune à la nation :

- autour du concept de nation citoyenne, fondateur de la République en 1792,

- autour de la souveraineté nationale et populaire, à redéfinir en récusant l'idéologie néolibérale et sa créature institutionnelle européenne,

- autour des idées qui ont permis au Conseil national de la Résistance de forger le compromis politique du redressement national à la Libération,

- autour du lien entre politique et économie productive à tous les niveaux institutionnels territoriaux.

 

La mission historique du MRC est d'amorcer le rassemblement des citoyens pour construire une alternative sociale et républicaine à la politique libérale en vigueur depuis 1983. Le congrès 2015 doit être décisif sur ce point. Sans attendre le mois de juin, le MRC pourrait soutenir l'idée - qui a été lancée par Le Monde Diplomatique - d'organiser des manifestions autour du 10ème anniversaire du refus du peuple français de ratifier le traité constitutionnel européen. Le NON républicain et le NON antilibéral auraient ainsi l'occasion de se rapprocher en vue de préparer ensemble un projet social et républicain, en rupture avec les politiques néolibérales.

 

Le rôle du MRC est de confronter le logiciel Chevènement au vécu des citoyens et d'inventer avec eux le projet social républicain adapté à notre temps et à notre pays.

 

Les idées politiques que Jean-Pierre Chevènement porte depuis cinquante ans sont le logiciel du MRC. Il doit être mis à la disposition des citoyens par l'intermédiaire des militants dans les départements, animateurs de groupes locaux de citoyens et, à partir de là, s'enclenchera une dynamique militante. Le logiciel peut être enrichi à la demande des groupes, si les arguments qu'ils avancent sont pertinents.

N'oublions pas les concepts que nous avions forgés dans les années 1970 : le mouvement d'en bas à relier au mouvement d'en haut, l'autogestion de l'entreprise. Réactualisons, innovons, accueillons les idées nouvelles, par exemple la revalorisation du travail du salarié, producteur de richesse économique et sociale, dont la qualification doit être reconnue et protégée. C'est le travail qui permet de produire la valeur économique correspondant au salaire, mais aussi la valeur sociale sous forme de cotisation. C'est ainsi que l'économie et le social sont étroitement liés. C'est le développement de l'économie qui conditionne la protection sociale.

 

Sous l'emprise du capitalisme financier, l'emploi enferme la valeur économique dans une logique marchande et devient une variable d'ajustement des dividendes pour les actionnaires.

 

La République doit faire de l'emploi, notamment dans l'économie productive, de la qualification professionnelle, de la qualité de l'instruction et d'une formation initiale ambitieuse pour tous, l'objectif n° 1.

 

Le MRC doit prendre l'initiative d'organiser le dialogue entre les citoyens et les professionnels par secteur d'activité afin de favoriser la démocratie économique et l'efficacité des secteurs productifs.

Il faut aussi réfléchir aux conséquences sociales du développement accéléré de l'économie numérique dans les secteurs des communications, de l'énergie et des transports. Ce peut être le moyen d'affaiblir le capitalisme financier et d'aller vers une économie plus citoyenne.

Le Mouvement Républicain et Citoyen est devant une responsabilité historique.

 

Ce congrès clôt une longue période de 50 ans de vie politique active de Jean-Pierre Chevènement. Il va continuer à être présent mais différemment. Nul doute que ses analyses politiques seront toujours aussi appréciées. Mais il ne sera plus en première ligne. Il avait espéré que le Temps des Citoyens viendrait dans les années qui ont suivi la création du Mouvement des Citoyens, en 1993. Il a tout fait pour mettre la citoyenneté et la République en avant lors de la campagne de l'élection présidentielle de 2002. Ce n'était pas encore l'heure. Celle-ci est peut-être venue. C'est le moment de donner un coup de jeune à notre Mouvement et de le relancer.

Lors de notre congrès 2010, nous avions conclu notre contribution par ces quelques mots qui restent valables aujourd'hui (voir Congrès MRC : l'intervention de Michel Sorin).

« Au moment où les faits nous donnent raison, notre priorité doit être de rassembler et d'organiser nos forces, afin de donner du souffle à notre combat politique. Il nous manque un peu de confiance en nous, en notre capacité militante de convaincre. Donnons-nous les moyens collectifs d’être nous-mêmes, sans complexes, le parti de rassemblement de la gauche républicaine.  

Sortons de l’isolement en multipliant les contacts avec les autres forces progressistes, qu’elles soient politiques, syndicales et associatives.  Attaquons-nous aussi à l’isolement des militants en mettant en œuvre la dialectique entre le mouvement d’en haut et le mouvement d’en bas. Organisons des déplacements de « mousquetaires » nationaux dans les départements, Jean-Pierre Chevènement montrant l’exemple. 

Valorisons mieux les capacités militantes, en les sollicitant, pour utiliser Internet et d’autres moyens de communication.  Faisons davantage confiance aux militants dans les régions et les départements. Ne sous-estimons pas, au niveau de la direction nationale, le rôle politique déterminant de la coordination, de l’animation et du développement des fédérations départementales. La formation des militants et des élus nécessite une structuration au niveau national et des relais dans les régions.  

Pratiquons la démocratie interne, en faisant vivre le bureau national élu par les régions et les départements. Avec le Conseil national, qui est réuni trois ou quatre fois par an, le Bureau est l’instance « parlementaire » chargée de contrôler l’exécutif, c’est-à-dire la direction (le secrétariat national). Concrètement, rassemblons dans l’action tous les militants de toutes les fédérations, par le dialogue et le souci de dépasser les clivages anciens. »

 

Revenons à Jean Jaurès, qui a su rassembler les socialistes au début du XXème siècle en s'appuyant sur la République. Ce serait un bon moyen de renforcer les fondations historiques du Mouvement au niveau des militants et de favoriser le rassemblement des citoyens autour d'un projet social républicain se substituant au social libéralisme qui est aux commandes de notre pays et qui a échoué.

Le congrès du MRC, à Paris-Bercy, doit être le moment de mettre en valeur l'apport politique de Jean-Pierre Chevènement ces 50 dernières années et d'adopter un projet politique ambitieux et rassembleur, ouvrant enfin des perspectives sociales et républicaines crédibles et porteuses d'avenir pour notre pays.

 

Serge Maupouet et Ricardo Mella (Charente-Maritime) - Gérard Beillard et Michel Sorin (Mayenne)

 

Cet article est le 153ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

Serge Maupouet et Michel Sorin, le 8 juin 2011 à Surgères (17)., lors d'une réunion sur le thème de l'agriculture et de l'alimentation. Voir l'article Agriculture et alimentation : intervention de Michel Sorin à Surgères (17)

Serge Maupouet et Michel Sorin, le 8 juin 2011 à Surgères (17)., lors d'une réunion sur le thème de l'agriculture et de l'alimentation. Voir l'article Agriculture et alimentation : intervention de Michel Sorin à Surgères (17)

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 23:30

Serge Maupouet et Michel Sorin signent un texte de débat et de combat

Serge Maupouet et Michel Sorin, responsables du Mouvement Républicain et Citoyen en Charente-Maritime et en Mayenne, veulent provoquer une mutation du MRC, afin de le rendre visible et réellement influent dans le paysage politique national. Pour cela, ils veulent prendre appui sur le logiciel républicain, résultat de 50 ans d'action politique de Jean-Pierre Chevènement, et en faire un outil politique entre les mains des citoyens.

Les militants avaient jusqu'au 27 mars pour faire remonter au niveau national des contributions au débat, qui seront ensuite transmises aux adhérents. Lors du Conseil national du 12 avril, la répartition entre contributions et motions sera effectuée. Celles-ci, qui devront être signées par, au moins, dix membres du Conseil national, seront soumises au vote des adhérents, lequel déterminera la composition du Conseil national, qui est, en quelque sorte, le parlement du MRC. Le congrès aura lieu les 13 et 14 juin 2015 à Paris-Bercy.

Voici des extraits du texte que Serge Maupouet et Michel Sorin ont transmis ce 27 mars à la direction nationale du MRC.

Ce congrès clôt une longue période de 50 ans de vie politique active de Jean-Pierre Chevènement. Il va continuer à être présent mais différemment. Nul doute que ses analyses politiques seront toujours aussi appréciées. Mais il ne sera plus en première ligne. Il avait espéré que le Temps des Citoyens viendrait dans les années qui ont suivi la création du Mouvement des Citoyens, en 1993. Il a tout fait pour mettre la citoyenneté et la République en avant lors de la campagne de l'élection présidentielle de 2002. Ce n'était pas encore l'heure. Celle-ci est peut-être venue. C'est le moment de donner un coup de jeune à notre Mouvement et de le relancer.

Il n'y a désormais plus de doute. La gauche ne pourra gagner l'élection présidentielle 2017 que si elle présente un candidat commun dès le premier tour et si - mais cela va de pair - elle est capable de rassembler son électorat autour d'un projet social et républicain de redressement de la France.

 

Ce n'est pas la voie choisie par le Président de la République, qui a opté pour un gouvernement dont la ligne politique est minoritaire à gauche. Celle-ci consiste à satisfaire les volontés des forces libérales au sein des institutions européennes, ce qui va à l'encontre des attentes de l'électorat de gauche et des intérêts du peuple français.

La division des forces politiques de gauche, que l'on a constatée encore lors des élections départementales le 22 mars, s'explique par la nature de la politique économique menée par le gouvernement, qui refuse le principe même d'une confrontation au niveau européen.

Le choix de soumission aux trois B - Bruxelles, Berlin, Bercy - est contraire aux engagements électoraux du président et se révèle mortifère pour la gauche et pour la France. Mais il serait encore possible de modifier le cours des choses lors du congrès du Parti socialiste en juin 2015, si les membres du PS en avaient vraiment l'intention et le pouvoir.

 

La responsabilité des militants du Mouvement Républicain et Citoyen est de réussir leur congrès, une semaine après celui du PS, c'est-à-dire faire émerger un MRC dont les trois lettres préfigurent le mouvement républicain et citoyen dont la gauche et les Français ont besoin.

Voir nos interventions lors des précédents congrès :

- 29 juin 2010, Congrès MRC : l'intervention de Michel Sorin, présentant sa contribution.

- 22 décembre 2012, Congrès MRC 2012 : intervention de Michel Sorin, délégué du MRC 53.

Depuis sa création en janvier 2003, le MRC s'est positionné sur une ligne politique républicaine de gauche, dans le sillage de Jean-Pierre Chevènement, en développant une stratégie d'influence auprès du Parti socialiste. Celle-ci a montré ses limites, qui se situent à l'Assemblée nationale. Les trois députés MRC s'expriment librement au sein du groupe SRC (Socialiste, républicain et citoyen), mais sans pouvoir infléchir la politique de la majorité gouvernementale. Celle-ci ne cherche pas à se soustraire à l'emprise du capitalisme financier, qui se manifeste essentiellement par le biais des institutions européennes, dominées par l'idéologie néolibérale.

 

Le MRC doit en tirer les enseignements dans la perspective des prochaines échéances électorales nationales. Sans remettre en cause la stratégie d'influence, qui a son intérêt au sein des institutions démocratiques nationales, il s'agit de faire en sorte qu'elle s'appuie sur les citoyens, afin d'établir un rapport de forces qui soit favorable.

 

Pour cela, nous devons dire clairement que le maintien de la France et de l'Union européenne dans un état de semi-apesanteur démocratique n'est plus acceptable.

Disons clairement que la France doit reconquérir la plénitude de sa souveraineté politique, ce qui peut être compatible avec des délégations de souveraineté consenties par référendum. Le contre-exemple a été fourni par le traité européen de Lisbonne, dont la légitimité n'est pas assurée car sa ratification par le parlement français est contestable, après la non ratification du traité constitutionnel européen - dont il avait repris l'essentiel - par le peuple français, lors du référendum le 29 mai 2005.

 

Plutôt que de laisser le débat politique se décentrer autour de la peur de l'accession au pouvoir d'un parti populiste en France, il faut prendre les moyens politiques faisant régresser définitivement son audience nationale. L'implantation de ce parti est le symptôme de l'épuisement de partis politiques qui se sont dévoyés en mentant sur la réalité de leur politique européenne, contraire aux intérêts nationaux des peuples européens.

L'abstention et la démotivation citoyenne sont les conséquences de la dérive du système politique qui s'est davantage préoccupé de lui-même dans un souci carriériste de ses membres que de porter les problèmes et difficultés des citoyens dans la vie quotidienne.

Plutôt que d'avoir peur des marchés financiers, il faut créer les conditions du développement de l'économie française. Le capitalisme financier néolibéral est à l'origine des divisions et des frustrations qui traversent la société. Il a réussi à provoquer le morcellement politique et syndical afin d'empêcher que se forme une alternative à la politique de soumission à ses intérêts. Notre réponse doit être de reconstruire à la fois la défense des salariés en tant que citoyens au travail et la défense des entreprises contre leur spoliation par des actionnaires n'ayant aucun souci de l'intérêt général et de l'importance de l'économie réelle dans la vie d'un pays.

Cet article est le 152ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

Serge Maupouet et Michel Sorin, le 8 juin 2011 à Surgères (17), lors d'une réunion sur le thème de l'agriculture et de l'alimentation.

Serge Maupouet et Michel Sorin, le 8 juin 2011 à Surgères (17), lors d'une réunion sur le thème de l'agriculture et de l'alimentation.

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22 mars 2015 7 22 /03 /mars /2015 18:16

La contribution Maupouet-Sorin veut un MRC plus ambitieux et plus militant

 

Le congrès du Mouvement Républicain et Citoyen aura lieu les 13 et 14 juin 2015 à Paris-Bercy. Les motions et contributions doivent être transmises avant le 28 mars au secrétariat national.Celui-ci les examinera le 1er avril et le Conseil national, le 12 avril, après débat, retiendra les motions et contributions qui seront transmises aux adhérents.

Voici la contribution d'orientation politique générale rédigée par Serge Maupouet (Charente-Maritime), Gérard Beillard et Michel Sorin (Mayenne), dans la perspective qu'elle serve de base à la rédaction d'une motion d'orientation.

Rappel concernant les congrès précédents :

Voir, 29 juin 2010, Congrès MRC : l'intervention de Michel Sorin, présentant sa contribution. Voir aussi, 22 décembre 2012, Congrès MRC 2012 : intervention de Michel Sorin, délégué du MRC 53.

Contribution de Serge MAUPOUET et de Michel SORIN, membres du Conseil national

Ce congrès doit être l'occasion de réfléchir à une stratégie plus ambitieuse pour notre Mouvement, avec la volonté de créer les conditions d'en faire un parti citoyen porteur de propositions pour remettre la France dans le sens de sa marche républicaine, commencée en 1792, afin de la conduire vers un avenir correspondant aux attentes du peuple français.

 

Depuis sa création en janvier 2003, le MRC s'est positionné sur une ligne politique républicaine de gauche, dans le sillage de Jean-Pierre Chevènement, en développant une stratégie d'influence auprès du Parti socialiste. Celle-ci a montré ses limites, qui se situent à l'Assemblée nationale, les trois députés MRC s'exprimant librement au sein du groupe SRC (Socialiste, républicain et citoyen), mais sans pouvoir infléchir la politique de la majorité gouvernementale, qui se maintient sous l'emprise du capitalisme financier, par le biais des institutions européennes.

 

Le MRC, lors du congrès 2015, doit en tirer les enseignements dans la perspective des prochaines échéances électorales nationales en 2017. Il n'est pas possible d'infléchir, de l'intérieur de la majorité, la ligne politique présidentielle, sans s'appuyer sur les citoyens.

L'option qui reste est de conduire une alternative républicaine et citoyenne en faisant du MRC la base d'un rassemblement politique:

- autour du concept de nation citoyenne, fondateur de la République en 1792,

- autour de la souveraineté nationale et populaire, à redéfinir en récusant l'idéologie néolibérale et le lien que la construction européenne entretient dans l'opacité avec les grands groupes économiques et financiers, et en revenant sur les conditions dans lesquelles le traité de Lisbonne a été adopté après l'échec de la ratification du traité constitutionnel européen,

- autour des idées qui ont permis au Conseil national de la Résistance de forger le compromis politique du redressement national à la Libération,

- autour du lien entre politique et économie productive à tous les niveaux institutionnels territoriaux.

 

Plutôt que de laisser le débat politique se décentrer autour de la peur de l'accession au pouvoir d'un parti populiste en France, il faut prendre les moyens politiques qui feront régresser définitivement son audience nationale. Plutôt que d'avoir peur des marchés financiers, il faut créer les conditions du développement de l'économie française.

Le capitalisme financier néolibéral est à l'origine des divisions et des frustrations qui traversent la société. Il a réussi à provoquer le morcellement politique et syndical afin d'empêcher que se forme une alternative à la politique de soumission à ses intérêts.

 

La mission historique du MRC est d'amorcer le rassemblement des citoyens pour construire une alternative républicaine à la politique libérale en vigueur depuis 1983. Le congrès 2015 doit en être la base de lancement.

 

Nous disposons d'une mine documentaire avec les écrits de Jean-Pierre Chevènement depuis le CERES jusqu'au MRC, en passant par le Mouvement des Citoyens.

 

Une orientation politique puisée dans les livres de Jean-Pierre Chevènement : Voir Congrès MRC 2015 : les livres de Chevènement, source d'inspiration

Les leçons des évènements de janvier 2015 doivent être tirées. Voir Congrès MRC 2015 : la France citoyenne en marche depuis le 11 janvier

Le rôle du MRC est de confronter le logiciel Chevènement au vécu des citoyens et d'inventer avec eux le projet social républicain adapté à notre temps et à notre pays.

 

Les idées politiques que Jean-Pierre Chevènement porte depuis cinquante ans sont le logiciel du MRC. Il doit être mis à la disposition des citoyens par l'intermédiaire des militants dans les départements, animateurs de groupes locaux de citoyens et, à partir de là, s'enclenchera une dynamique militante. Le logiciel peut être enrichi à la demande des groupes, si les arguments qu'ils avancent sont pertinents.

N'oublions pas les concepts que nous avions forgés dans les années 1970 : le mouvement d'en bas à relier au mouvement d'en haut, l'autogestion de l'entreprise. Réactualisons, innovons, accueillons les idées nouvelles, par exemple la revalorisation du travail du salarié, producteur de richesse économique et sociale, dont la qualification doit être reconnue et protégée. C'est le travail qui permet de produire la valeur économique correspondant au salaire, mais aussi la valeur sociale sous forme de cotisation. C'est ainsi que l'économie et le social sont étroitement liés. C'est le développement de l'économie qui conditionne la protection sociale.

 

Sous l'emprise du capitalisme financier, l'emploi enferme la valeur économique dans une logique marchande et devient une variable d'ajustement des dividendes pour les actionnaires.

 

La République doit faire de l'emploi, notamment dans l'économie productive, de la qualification professionnelle, de la qualité de l'instruction et d'une formation initiale ambitieuse pour tous, l'objectif n° 1.

 

Le MRC doit prendre l'initiative d'organiser le dialogue entre les citoyens et les professionnels par secteur d'activité afin de favoriser la démocratie économique et l'efficacité des secteurs productifs.

Il faut aussi réfléchir aux conséquences sociales du développement accéléré de l'économie numérique dans les secteurs des communications, de l'énergie et des transports. Ce peut être le moyen d'affaiblir le capitalisme financier et d'aller vers une économie plus citoyenne.

Le Mouvement Républicain et Citoyen est devant une responsabilité historique.

 

Revenir à Jean Jaurès, qui a su rassembler les socialistes au début du XXème siècle en s'appuyant sur la République, serait un bon moyen de renforcer les fondations historiques du Mouvement au niveau des militants et de favoriser le rassemblement des citoyens autour d'un projet social républicain se substituant au social libéralisme qui est aux commandes de notre pays et qui a échoué.

Le congrès du MRC, à Paris-Bercy, doit être le moment de la décision d'adoption de ce projet politique ambitieux, valorisant tout ce qui a été fait depuis 50 ans par les militants autour de Jean-Pierre Chevènement et ouvrant des perspectives sociales et républicaines pour notre pays.

 

Cet article est le 151ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

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22 mars 2015 7 22 /03 /mars /2015 12:20

 

La France doit mettre le citoyen et la République au centre de la vie publique

 

Gérard Beillard, Serge Maupouet et Michel Sorin ont préparé une contribution qui pourra être intégrée dans une motion d'orientation, dans le cadre du congrès du Mouvement Républicain et Citoyen, qui aura lieu les 13 et 14 juin 2015 à Paris-Bercy. Après la partie de cette contribution qui reprend des extraits de quelques livres de Jean-Pierre Chevènement (voir, 21 mars, Congrès MRC 2015 : les livres de Chevènement, source d'inspiration), voici la partie qui traite des évènements de janvier à Paris et de leurs enseignements.

Les leçons des évènements de janvier 2015 doivent être tirées.

Nous devons prendre en compte les leçons des attentats de janvier 2015 à Paris, comme l'a fort bien indiqué Jean-Pierre Chevènement lors du colloque organisé par le Comité laïcité et République le 14 mars 2015. Crise de la laïcité, crise de la République, crise de la démocratie. Relevons le défi. Voir Nous sommes confrontés à une immense crise de la démocratie.

« L'idéal laïc doit nous aider à relever le défi. La laïcité, c'est la croyance en la raison naturelle et en la capacité des citoyens à s'entendre sur une idée du bien commun dans un espace public soustrait à l'empire des dogmes (...).

La crise de la démocratie est plus sensible encore dans une République laïque comme la nôtre. Le triomphe d’idéologies obscurantistes résulte de l’abandon ou de la méconnaissance de la laïcité comme condition de validité de la formation d’une volonté générale, d’un bien commun à tous les hommes. 

C’est cette idée d’un bien commun qu’il faut relever. J’ai dit « un bien commun à tous les hommes » et non à une partie des hommes, par exemple à l’Occident. Il faut rejeter l’occidentalisme et penser un avenir de progrès pour tous, y compris le monde arabo-musulman qu’il faut réconcilier avec la modernité (Palestine, Iran). Mais cette modernité, avons-nous su la rendre aimable ? Poser la question c’est y répondre : la modernité du capital financier mondialisé suscite partout un immense rejet. C’est une autre modernité qu’il faut faire aimer (…). 

Il faut aussi expliquer la République et la laïcité, redonner sens au combat républicain - inséparable du combat pour la justice - en France et dans le monde. Ce qui unit doit être plus fort que ce qui divise. Relever l’Ecole de la République n’est pas possible si on ne relève pas la République elle-même (...). 

Comment voyons-nous l’avenir de notre société ? Et l’avenir du monde ? De quel projet sommes-nous porteurs ? La laïcité est un combat. C’est celui de la Raison qu’il faut remettre à l’œuvre dans l’Histoire, après trois décennies d’obscurantisme consenti, une histoire qui sera inséparablement la nôtre et celle des autres peuples. Enoncer ce défi est une manière d’en prendre la mesure. Comme dit l’adage « Il n’y a pas de cap pour qui ne connaît pas le port ». Ce cap c’est celui de la République et de la laïcité retrouvées ! »

 

La France citoyenne s'est levée le 11 janvier, comme l'a écrit Anne Françoise Franceschini :

(…) « Cette marche a permis à la République de revenir dans les consciences de chacun, dans les médias où la réflexion, les débats que l’on pensait d’un autre siècle ont animé durant plusieurs jours l’actualité, chez les citoyens à la maison, au bureau, entre amis ou chacun, à travers ses émotions, ses craintes, essayait de trouver des réponses au mal de notre société.

Ces débats, ces réflexions, ne doivent pas être remisés dans un coin de notre tête attendant le prochain traumatisme pour redevenir d’actualité. Nous devons continuer la marche du 11 janvier, nous devons revenir à l’essentiel, aux valeurs de la République et réfléchir au choix de société au regard de ses valeurs et de ce que la République considère comme son centre, sa base, le citoyen.

Le citoyen doit reprendre sa place ; le 11 janvier, des citoyens se sont unis pour dire ce qui leur était précieux, ils ont pris conscience de la puissance de cette union. Nous devons mobiliser les citoyens, leur redonner la parole, créer des agoras en dehors des partis politiques qui ne sont plus que des machines électorales, des courroies de transmission des élus, sans débats, sans idées. La République doit retrouver son essence, la Res Publica, la chose publique, qui appartient au peuple, qui est pour le peuple, les citoyens.

Les médias guident la pensée des citoyens en mettant en exergue tel évènement au détriment d’un autre, ou en le développant d’un unique point de vue, parfois ils deviennent les porte-parole de tel ou tel parti, ou de telle pensée idéologique ; les citoyens n’ont souvent pas le temps d’aller rechercher la contradiction et, inconsciemment, s’imprègnent de ces analyses et les admettent comme des évidences indiscutables, et qu’il n’y a pas d’autres alternatives. L’esprit critique du citoyen est annihilé.

Nous devons réveiller les esprits par des débats contradictoires, en apportant d’autres éléments à la réflexion de chacun, afin qu’il puisse se déterminer en toute conscience. C’est en cela que le citoyen reprendra sa place et son pouvoir, c’est en cela qu’il redeviendra maître de son destin, c’est en cela que la République retrouvera l’aura de 1792, c’est en cela que la France redeviendra le pays des droits de l’homme et du citoyen ».

Cet article est le 150ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

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Published by Michel SORIN - dans MRC national
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31 janvier 2015 6 31 /01 /janvier /2015 23:36

 

Le projet MRC de transformer l’euro en monnaie commune a intéressé

 

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La salle Colbert de l’Assemblée nationale était pleine le 28 janvier, à l’appel des députés du Mouvement Républicain et Citoyen : Jean-Luc Laurent (Val-de-Marne), Marie-Françoise Bechtel (Aisne) et Christian Hutin (Nord). C’était une première « Rencontre du MRC » sur un thème peu débattu à gauche, car mettant en évidence des visions différentes sur la question de l’euro.


Rappel : Mercredi 28 janvier, rencontre MRC sur le thème : faut-il sauver l'euro ?

 

Un écho de la soirée est publié sur le site du MRC. Voir Revivez la Rencontre MRC "Faut-il sauver l'euro ?"

 

 

Je vais ici résumer ce que j’ai entendu, exprimé par les intervenants et au cours du débat.

 

Romaric Godin, rédacteur en chef adjoint à La Tribune, voit dans l’euro une construction brinquebalante d’inspiration néolibérale au bénéfice de l’Allemagne, dans laquelle les inégalités se creusent. La gouvernance de la zone euro n’a pas pour but la solidarité entre ses membres mais le sauvetage de l’existant en plaçant des rustines pour colmater les difficultés des pays endettés. Les politiques économiques sont asphyxiantes pour les économies des pays membres. Si l’Europe est en crise, c’est, en grande partie, la faute à la zone euro. L’austérité ne permet pas de rétablir la confiance. La démocratie était neutralisée jusqu’au résultat de l’élection en Grèce. L’Europe est représentée par une idéologie, une foi, et c’est la foi qui sauve l’euro.

Les alternatives sont la sortie de la zone euro, qui peut se faire de plusieurs façons - sans se faire la guerre - et la réforme de la zone euro dans le sens d’une plus grande solidarité, de manière à faire une véritable économie de la zone euro, un ensemble économique cohérent, comme le demande Syriza. Mais l’Allemagne ne veut pas payer pour les autres. Ce sont les pays pro-européens, fédéralistes, ayant une superstructure néolibérale, qui sont contre un pays favorable à une zone euro cohérente, mettant en œuvre une solidarité interne.  Ils dominent à Bruxelles.

 

Guillaume Balas, député européen PSE, secrétaire général d'Un Monde d'Avance, rappelle sa proximité avec Jean-Luc Laurent depuis la campagne du référendum européen de 2005. Il souhaite une réflexion rationnelle autour de l’objet politique qu’est l’Europe. L’euro est atteint d’un défaut de conception à l’origine. C’est une monnaie sans objet macroéconomique de régulation, qui est transformée, notamment outre Rhin, en institution. Il faut une manière laïque d’envisager l’euro. Quatre scénarios : 1- On continue comme actuellement, mais cela ne marche pas. 2- Tsipras se tient à ses exigences et c’est la crise. L’Allemagne pousse la Grèce à la sortie de l’euro, ce qui ne serait pas une bonne nouvelle pour la France. Le débat à ce sujet au sein de la droite allemande n’est pas rationnel. C’est assimilé à une question de morale, d’identité. 3- La monnaie commune est une solution de recours intéressante, au cas où le 4ème scénario ne marcherait pas. Il faudrait faire le deuil de la solution fédérale pour passer à la confédération, peut-être plus réaliste. 4- C’est le scénario d’une véritable intégration économique de la zone euro. Il s’agit, dans l’intérêt général de la zone euro, de développer une identité commune. C’est la voie progressiste, qui implique de tout changer : renégociation des traités, nouvelle gouvernance, fiscalité (taxe sur les produits financiers). La France arrête le rapport franco-allemand. François Hollande bénéficie d’une séance de rattrapage par rapport à 2012.


André Chassaigne, député PCF-Front de Gauche, président du groupe Gauche démocrate et républicaine (GDR), déclare d’emblée qu’il n’est pas spécialiste de cette question. Il va présenter la position des spécialistes au PCF, qui est de prendre le pouvoir à la finance et de refonder l’Europe sur d’autres bases. Il se réjouit de la victoire de Syriza en Grèce et voit un enjeu majeur pour l’Europe de la réussite du nouveau gouvernement grec. Le PCF a une démarche commune avec Die Linke en Allemagne. Il ne s’agit pas de sortir de l’euro mais d’aller vers un euro différent. Les leviers sont le changement des statuts et de objectifs de la Banque Centrale européenne, la réorientation des crédits bancaires, le rachat massif de dettes publiques par la BCE, incluant une restructuration de ces dettes.


Pierre-Alain Muet, député SRC (PS), vice-président de la commission des finances, économiste, salue Jean-Pierre Chevènement, cofondateur du PS, se sent proche de Thomas Piketty et considère que la crise de 2009 est comparable à celle de 1929 et que l’Europe est proche de la déflation, comme les USA l’étaient dans les années 1930. C’est une crise de l’union monétaire, de la BCE et du fédéralisme. La Grèce ne représente que 3 % du PIB de la zone euro. Et, pourtant, celle-ci n’a pas été capable de mettre en œuvre un soutien rapide avant que la spéculation intervienne. Les politiques économiques menées en Europe ne peuvent marcher que pour un seul pays. Schröder a démoli le modèle social allemand mais il avait laissé le déficit se creuser, pendant que le reste de l’Europe était en croissance, ce qui permet les rentrées fiscales. Quand ces politiques s’appliquent à tous les pays en même temps, la croissance diminue, les recettes ne font que compenser la réduction des dépenses. C’est la même chose pour les politiques de compétitivité. La déflation est la conséquence de ces politiques. C’est tragique pour l’Europe, qui s’est construite sur la solidarité (l’Espagne, le Portugal et la Grès ont bénéficié des fonds structurels européens à leur entrée). La compétitivité s’obtient par l’innovation, pas par des baisses du coût du travail. Il faut tirer vers le haut. L’Allemagne est sur le haut de gamme. Elle joue l’innovation. La France, étant sur des secteurs fortement concurrencés, a besoin des dévaluations. L’intervention de la troïka en Grèce est la négation de la construction européenne. Le jugement de l’Histoire sera terrible pour les dirigeants européens qui laissent la demande intérieure s’effondrer alors qu’il y a 230 milliards d’euros d’excédents extérieurs. Cette épargne devrait financer un plan d’investissement. La coordination par les règles ne marche pas. La politique fédérale implique de coordonner les politiques économiques des pays de la zone euro. Il faut un gouvernement économique de la zone euro, un parlement de la zone euro, un pouvoir politique au côté de la BCE. Le grand marché qui met les Etats en concurrence (politiques de Blair et de Schröder), ce n’est pas la modernité. La solidarité est la seule vraie bonne réponse à la crise.


Bastien Faudot, secrétaire national du MRC, constate que deux évènements récents (victoire de Syriza, ouvrant un chemin alternatif et initiative de Draghi qui brise un tabou) ouvrent le jeu en Europe. Si l’euro, c’est l’Europe et si l’Europe, c’est la paix, il y a un risque de guerre en Europe. La question « Faut-il sauver l’euro ? » ne devrait-elle pas être remplacée par « Peut-on sauver l’euro et à quel prix ? » La monnaie unique est-elle viable ? Le droit d’inventaire devrait exister sur ce point (selon la déclaration de Jospin en 1995 après la fin des deux septennats de Mitterrand). La zone euro est un boulet pour l’économie mondiale (chômage, croissance, industrie, endettement). L’euro est le produit de l’ordolibéralisme allemand (concurrence libre et non faussée, stabilité des prix, la libre initiative privée garantissant le progrès social) et de l’économie dite sociale de marché (contresens). L’euro mène un combat obsessionnel contre l’inflation. L’abandon du mark a été obtenu contre les promesses de libéralisation des capitaux et de souveraineté de la BCE. L’euro est un frein à la croissance. C’est une machine à fabriquer de la divergence entre les pays : risque de déflation, polarisation entre les pays du sud et du nord concernant le choc de compétitivité, provoquant un fossé entre les uns et les autres, comme l’annonçait Paul Krugman en 1993. C’est sur le plan social que la situation est la plus préoccupante. Faut-il sortir de l’euro ou le transformer ? Comme l’a dit Benoît Hamon, le problème est le double abandon, budgétaire et monétaire, de souveraineté. La souveraineté est un héritage de la Révolution française. Les effets générés par cette monnaie posent un grave problème. Trois grands scénarios : 1- mutation coordonnée en monnaies nationales. 2- scission en deux (nord et sud). 3- sortie anarchique, non préparée.


Jean-Pierre Chevènement est intervenu dès le début du débat, indiquant les éléments qui posent problème. L’Europe n’est pas un espace homogène. La solidarité, qui paie ? La question des zones monétaires optimales (Robert Mundel) n’a pas été prise en compte lors de la création de l’euro. La solidarité n’étant pas réalisable (montants très élevés à la charge des pays comme l’Allemagne et la France : 10 % du PNB, cela représente 200 milliards d’euros pour la France). La confédération est la seule qui corresponde à l’état actuel du monde. La monnaie commune serait conservée pour les transactions internationales et il y aurait des subdivisions nationales de l’euro, apportant la flexibilité indispensable dans un monde qui bouge. Les Allemands ont des engagements à hauteur de 300 milliards d’euros, qui les inquiètent. Les Français ne sont pas inquiets car ils ne savent les engagements qu’ils ont pris. Il faut partir des nations, sinon on se perd dans la mer des Sargasses.

Il apporte des précisions un peu plus loin dans le débat. L’Allemagne a creusé l’écart à la fin du 19ème siècle avec les biens d’équipements. La parité de la monnaie joue un rôle très important. La conversion en eurofrancs et en euromarks se ferait au cours de l’euro. La décote serait d’environ 30 % pour la Grèce, 15 % pour la France et la réévaluation de 5 à 10 % pour l’Allemagne. Il est possible de faire fonctionner un système monétaire bis, avec des bandes de variation de + 2,25 % et de – 2,25 %, par exemple, de faire des émissions monétaires et d’utiliser un panier de monnaies nationales. Il faut garder l’euro en tant que symbole pour aller vers une solidarité croissante. Tout cela implique une négociation avec l’Allemagne et d’autres pays. En 1989, Bérégovoy avait demandé qui était pour une monnaie commune. Il n’y avait que le Royaume-Uni. Les autres suivaient l’Allemagne. Il ne faut pas une Europe germano-centrée. Une monnaie, c’est fait pour un pays. Une dévaluation de 15 %, ce serait + 5 % d’inflation. Répondant à la question « Par qui est portée actuellement la monnaie commune ? », Jean-Pierre Chevènement a répondu « Par le bon sens ! »

 

Cet article est le 149ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national

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